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Le cinquantenaire

de la malédiction

Les Etats africains vont célébrer leur cinquantenaire de l'indépendance, les peuples vont
pleurer à chaudes larmes. Cinquante ans après la proclamation des fausses indépendances
en Afrique, celle-ci est, plus que jamais colonisée et dépendante de tout et de tout le
monde. Nous tâcherons, au nom du respect et du droit d'aînesse, de ne pas répéter la
célèbre réplique du regretté – et qu'il repose enfin en paix – Aimé Césaire, la dignité
personnifiée. Car, nous sommes poussés par nos dirigeants à nous identifier à n'importe
quoi (et à n'importe qui) sauf à un Africain. Cette identité et cette appartenance africaines
sont salies, souillées, diabolisées. Et de cette Union Africaine, il est suggéré de la
rebaptiser en Union des Cirques Africains, dénomination encore très respectueuse.

Hier vous faisiez peur, aujourd'hui la peur a changé de camp. En Kabylie, les jeunes disent:
"Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts"

Ni la Chine ou l'Inde avec chacune son milliard d'habitants et leurs diversités et difficultés
ethniques, culturelles, religieuses et sociales, ni l'Union Européenne avec ses 500 millions
d'habitants et toutes ses diversités et ses difficultés, ni les Etats Unis avec ses 250 millions
d'habitants et ses problèmes ethniques, sociaux et économiques n'auront émis autant de
résolutions, de déclarations et n'auront comptabilisé autant de conférences aux sommets, de
séminaires et de rencontres que l'Afrique. Pourtant tous fonctionnent, s'auto-suffisent,
s'exportent et se permettent même d'exploiter d'autres continents et d'autres peuples.
Pendant que l'Afrique se satisfait de son inertie, de sorte qu'avec les siècles qui passent, le
continent est plus arriéré qu'à l'âge de pierre. Nulle résolution, nulle déclaration ou
décision, encore moins la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples n'auront
été mises en œuvre et n'auront connu un quelconque résultat. L'Union Africaine n'est
qu'une institution d'engraissement.

Lorsque, interminablement, vous paraphrasez que l'Afrique est indépendante, vous ne


marquez que votre mépris à l'égard des peuples africains. Mensonges ! Mayotte et la
Réunion sont des colonies françaises, Diego Garcia – pays des Chagossiens qui se
revendiquent Africains – est une colonie britanique vidée de sa population et louée aux
Etats Unis. Ceuta, Melilla et les Iles Canaries sont des colonies espagnoles. La Somalie,
l'Erythrée, Djibouti, le Soudan, l'Egypte et toute l'Afrique du Nord y compris le Sénégal
sont des colonies inavouées des Arabes. Sur le plan barbare et idéologique, le sunnisme
génocidaire va de la Somalie à la Mauritanie avec le Nord, ce que le Wahabisme occupe
l'Afrique Occidentale échappée au Hizbollah libanais qui ne s'est arraché que le libéria, la
Sierra Léone et le Nigéria. Ce constat n'est pas exhaustif ni historique, il est en pleine
expansion, il est en cours. Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir. Et c'est à de telles

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puissances de nuisance que l'Afrique, l'Union Africaine et les Africains de mangeoire se
sont inféodés, se sont asservis, se sont soumis à la dhimmitude, voire même à l'esclavage:
esclaves en Mauritanie et Soudan, talibés au Sénégal, Enfants enchaînés au Tchad. C'est ce
qui fait dire à un diplomate, représentant l'Organisation de l'Unité Africaine: "Qu'on le
veuille ou non, nous ne serons jamais des Africains". Il avait raison, il ne fait qu'en tirer
profit, se faire engraisser et faire ses affaires, comme les siens. Et il est soutenu, entretenu,
par des Africains (non par négritude) dhimmis, très dociles, asservis. L'indépendance, ce
n'est certainement pas, non plus, par les bases et les présences militaires et de services de
renseignements, ni des ingérences des puissances, ni des activités en toute impunité des
groupes terroristes (frères musulmans, aqmi, hezbollah, ), etc. Ce doit être Saint-Cyr, la
Couronne, la ligue arabe et la conférence islamiste, en gros l'Eurabia, qui doivent célébrer
ce cinquantenaire qui leur a bien profité et hissés au rang des pays les plus développés, les
plus riches, les plus aisés… grâce aux Africains !

Rougir est le propre de l'Etre humain.

Se prétendre et s'affirmer Africain – sans aucune référence à la couleur de la peau ou à la


taille – c'est très justement rougir de honte et d'indignation ou de colère d'être originaire du
"Jardin d'Eden" et d'être colonisé, opprimé, spolié, exilé, affamé et assoiffé par des peuples,
des idéologies et des cultures des plus abruties que la terre aura accouchés. Se prétendre
Africain, c'est avoir honte, c'est se sentir lâche d'être un descendant des dignes fils de ce
continent et des plus grands de l'Histoire; à l'instar de Massinissa (avec son l'Afrique aux
Africains), de Juba, de Jughurta, de Saint-Augustin "qui ne reniait rien de ses origines
africaines" (à l'évêque Julien: Ne méprise pas, fier de ta race terrestre, ce Punique qui
t'admoneste; ne va pas, parce que tu es né dans les Pouilles, t'imaginer pouvoir l'emporter
sur ces Puniques que tu es incapable de vaincre en intelligence); de Kahina la dernière
reine de l'Afrique du Nord, de l'Empereur Hailé Sélassié, de Patrice Lumumba, du Colonel
Amirouche et de Abbane Ramdane, de Sékou Touré, de Abdelkrim ElKhettabi, de
N'Kwamé N'Krumah, d'Amilcar Cabral, du Général Oufkir, de Thomas Sankara, de Mano
Dayak… Pour n'en citer que ceux-là, mais l'Histoire se chargera de les énumérer et de les
glorifier dans leur totalité. Il est de quoi se faire harakiri si nous avions le même sens de
l'honneur et de la dignité que les Japonais.

Chaque fois qu'un Africain achète une arme, c'est contre son frère africain. Thomas
Sankara.

Parmi les premiers importateurs d'armes au monde, nous pouvons trouver l'Afrique du Sud,
l'Egypte, la Lybie et l'Algérie. Les quelques chiffres avancés sont approximativement de
6,5 milliards de dollars pour l'Algérie, 4 milliards de dollars pour la Lybie. Deux exemples
fort de sens. Pour quoi et contre qui ? le leadership ! Ceux-là même qui s'arment et se
surarment contre l'Afrique et les Africains sont incapables de mener un combat d'un jour
contre Malte ou Chypre. Et pour preuve, il suffit de recenser toutes les défections
d'officiers supérieurs, des renseignements militaires ou de simples soldats dans leurs
armées pour demander l'asile politique à l'étranger ou contracter avec les Légions
Etrangères. l'Afrique du Sud veut affirmer sa suprématie en Afrique et particulièrement en

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Afrique Australe et anglophone. Et l'esprit d'une Afrique du Sud toujours blanche au
pouvoir reste omniprésent. Ajoutée à l'interpellation de Nasser par l'Empereur Hailé
Sélassié, lors de la création de l'Organisation de l'Union Africaine, L'Egypte n'a d'autres
adversaires ou ennemis que l'Ethiopie: avec ses deux plans militaires (Aïda et Timsah ou
crocodile) au cas où, frappée par la sécheresse et la famine, l'Ethiopie s'aventurerait à
puiser de l'eau du Nil. Avec un acharnement démesuré, l'Egypte préférera laisser se
déverser les eaux du Nil en Méditerranée et que d'en faire profiter le peuple éthiopien, en
proie à la mort. Et personnellement, je m'en ferais une raison de vivre pour dénoncer et
défaire la politique raciste et panarabiste de l'Egypte à l'encontre de tout le reste des
Africains – qui eux sont dignes – contre lesquels ce pays s'arme et planifie des agressions
idéologiques et militaires. Quant à l'Algérie et la Lybie, c'est une course effrénée pour le
leadership en Afrique, par des armes et le terrorisme et l'arabo-islamisation du continent.
Quitte à se doter d'armes de destruction massive. Ne perdons pas de vue que l'arabo-
islamisant de l'Algérie et du continent n'est autre que, Ben Bella qu'il connaisse l'enfer sur
la terre d'abord, président du Conseil des Sages de l'Afrique qui aura donné le caractère
arabe et islamiste à l'Algérie et que, Kaddafi, le roi des rois traditionnels africains n'est
autre que le plus panarabo-islamiste et raciste (assassinat des Nigérians, agression sauvage
et récente expulsion des Toubous).

Nous voilà donc avec des milliards et des milliards de dollars africains pour l'armement
d'Africains contre des Africains, des milliers de milliards de dollars déposés à l'étranger,
alors que le continent souffre terriblement d'approvisionnement en eau potable (pour la
consommation et pour l'hygiène), d'autosuffisance alimentaire, de centres de santé, d'écoles
et de centres d'apprentissage, des voies et moyens de communication, etc. Et de tous ces
milliers de milliards, ils n'apparaissent que les défilés militaires (pour terroriser les
populations) et des limousines ou voitures de luxe des dirigeants, de leurs familles et des
barons des Etats. Parallèlement, des enfants et des familles recherchent leur nourriture
quotidienne dans les grandes déchetteries des villes et par la mendicité ou la prostitution, y
compris enfantine. Et la grande majorité de cette jeunesse a sombré dans la consommation
de la drogue ou sniffant la colle pour oublier leur faim, leurs cauchemars éveillés et le
désespoir. Cette indécente situation, répétons-le n'est pas l'exclusivité de tel ou tel peuple
ou pays, mais de l'ensemble du continent. Il sera utile de rappeler que les chefs d'Etats
africains (les principaux dépositaires de fonds à l'étranger) présents au G8 de 2003 étaient
transportés dans des VAN à prostituées avant d'être menés (au sens propre et au sens figuré
du terme) en bateau. Alors que les déplacement des dirigeants des puissances et des Etats
souverains et démocratiques se faisaient par hélicoptères. Les Africains dignes se seraient
toutes et tous mobilisés pour assurer leur sécurité et les honorer. Fort malheureusement,
entre la méfiance de leurs ressortissants et l'indécence étrangère, le choix est vite fait. Ils
avaient choisi les insultes et le caillassage des manifestants: parole de diplomate algérien.

Il est temps, pour répéter Feu Thomas Sankara, de noter les dirigeants africains. Ou bien
nous sommes des Africains et rien (ni la couleur, ni la taille, ni l'éloignement) ne nous
sépare, ou bien on ne l'est pas, et dans ce cas, il faut quitter l'Afrique. Il appartient aux
individus et aux peuples, aujourd'hui, de s'affirmer Africains ou pas et de s'engager
définitivement; il ne doit plus y avoir d'ambigüité sur cette question. S'ils le sont, alors la

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décolonisation doit se faire sans plus tarder. Autrement, ils se doivent accepter de vivre en
étrangers en terre africaine, se soumettre aux us et coutumes, aux lois et aux constitutions
du pays de résidence.

L'Afrique est plus que jamais inféodée. Aux puissances coloniales qui n'ont jamais quitté
les pays, se sont ajoutés les pays et les peuples arabes, eux-mêmes, rien d'autres que des
locataires de leurs propres pays; mais qui ont réussi à s'imposer comme les maîtres des
Africains. Et comme destructeurs ! Mais interrogeons l'Histoire et nous verrons que c'est la
France qui aura arabisé et islamisé l'Algérie, et par conséquent les successeurs de la France
ne sont que des supplétifs chargés de la mise en œuvre du projet napoléonien. Le seul à
tenir tête n'est autre que SEM Robert Mugabé, mais isolé d'abord en Afrique avant d'être
isolé et soumis à un embargo international. Parallèlement le Soudan qui a à son actif deux
génocides (Nuba Moutains et Darfour), il bénéficiera de l'indulgence et de la protection
africaine sous les injonctions de la ligue arabe. A ce point ! A ce point est l'Afrique de ces
Africains qui veulent terroriser leurs peuples et qui roucoulent et s'aplatissent devant le
premier venu. Il ne nous viendra jamais à l'idée que vous ignorez ces situations, loin de là,
puisque vous le faites sciemment, contraints par la corruption à laquelle vous vous étiez
laissés prendre, aux flatteries des chancelleries, etc. Ainsi, pour soumettre, pour
domestiquer vos peuples et populations vous les aviez affamés, assoiffés, privés de toutes
libertés et mouvements Et vous condamnerez l'étranger et des patriotes "au service de
l'étranger". Que dalle ! Personne au monde ne vous donne le moindre crédit. Nous citerons
la célèbre phrase d'un politicien suisse "Tous les dictateurs africains sont des macaques…
Avec toutes mes excuses pour les macaques". Et l'on dit: "Qui se tait consent !" Aucun ne
lui avait répondu, ni hier, ni aujourd'hui.

Nous pouvons donc dire que les indépendances africaines ne sont que des lègues (héritage)
aux personnes et parties les plus proches des puissances coloniales. A la seule différence
près, c'est que pendant la colonisation, même si tout ne se fait que pour son intérêt, il y
avait des édifications, il y avait des voies de communication, il y avait des soins, il y avait
des écoles etc. Tout le monde n'y accédait pas ? Certes, aujourd'hui encore moins, avec la
sécheresse, la famine, les génocides et les guerres civiles planifiés, la dépendance
alimentaire, l'insuffisance énergétique, et l'absence totale de liberté d'expression et la
répression en plus. S'il en est qui doivent célébrer ce cinquantenaire, ce ne serait
certainement pas les peuples, mais les plus nantis, les plus protégés par les puissances
coloniales, les Saint-Cyriens, ceux qui ont assuré leur avenir, celui de leurs enfants et de
leurs tribus grâce aux ressources africaines par toutes les fuites de capitaux: 1'800 milliards
de dollars US sortis du continent pour servir les puissances coloniales. Allez donc célébrer
ailleurs, la mangeoire est pleine et vous leur devez bien cela. Vous braillerez l'hymne
national de vos protecteurs, de vos tuteurs, de vos maîtres. Les peuples africains sont loin
de tout cela, ils en ont honte et, par vous ils ont perdu la face. Et dire que des mères ont
souffert, ont perdu leurs enfants et les leurs, … Pour rien !

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