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« Je ne pourrais croire qu’à un Dieu qui saurait

danser… maintenant je suis léger, maintenant Xavier RICHER


je vole, maintenant je me vois au-dessous
de moi, maintenant un dieu danse en moi. » Texte d’Hélène JOUBERT
F. NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra, 1891

« I would only believe in a God who


knows how to dance… now I’m nimble,
now I fly, now I see myself under myself,
now a god dances within me. »
F. NIETZSCHE, Thus Spoke Zarathoustra, 1891

Dance with
Danse avec
Shango
Danse avec

Shango
Dance with
Au sein du foisonnant panthéon yoruba, Shango Within the abundant pantheon of the Yoruba
est l’une des divinités les plus puissantes : il incarne deities, Shango is one of the most powerful

GODOFTHUNDER
DIEUDUTONNERRE
une force de la nature redoutable qui frappe avec gods: an incredible force of nature that strikes
la foudre et les météorites. À la fois homme, roi et with lightning and meteorites. At once man,
DIEUDUTONNERRE
force de la nature, il est un support particulière- king and force of nature, he is a particularly GODOFTHUNDER
ment complexe de la pensée yoruba au Bénin et complex example of the belief system of the
au Nigeria, entre énergie et équilibre. Yoruba of Benin and Nigeria, incarnating both
Dans le cadre de son culte, les fidèles s’entourent energy and balance.
d’objets à la symbolique remarquable. Le oshe, Shango’s believers surround themselves with re-
bâton orné d’une double hache, est le plus varié markable symbols. The oshe, a double-headed
de tous : tenu en main lors de la danse de posses- axe, is the most varied of all: during ceremoni-
sion, il prolonge le bras et les gestes de celui qui al dances, it extends the arms and the gestures
le tient et les met en valeur par son esthétique of those holding it and showcases them with its
raffinée, parfois très descriptive, ou au contraire refined beauty, which is sometimes descriptive
très abstraite. Il concourt à affirmer par sa beau- and sometimes abstract. It also complements
té et sa diversité la magnificence de l’autel où se the magnificent altar, which overflows with offer-
répandent offrandes alimentaires et libations. ings of food and libations.
978-27572-1397-1 45 €
Cet ouvrage restitue la richesse du patrimoine This book aims to highlight the richness of African
matériel et de la pensée d’Afrique, à travers de heritage and thought, through many different
nombreux chefs-d’œuvre inédits. works of art.

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Conception de l’ouvrage : Xavier Richer,
avec l’aide précieuse de Françoise Liotet
Design of the book: Xavier Richer,
with the precious help of Françoise Liotet

Les notices ont été rédigées par Xavier Richer


et saisies par Françoise Liotet
The captions were wriŸen by Xavier Richer
and typed by Françoise Liotet

© Somogy éditions d’art, Paris, 2018 © Somogy éditions d’art, Paris, 2018
© Xavier Richer, Paris, 2018 © Xavier Richer, Paris, 2018

Ouvrage réalisé sous la direction de Somogy éditions d’art Produced under the direction of Somogy Éditions d’Art
Directeur éditorial : Nicolas Neumann Director: Nicolas Neumann
Responsable éditoriale : Stéphanie Méséguer Managing Editor: Stéphanie Méséguer
Coéditions : Véronique Balmelle Co-editions : Véronique Balmelle
Coordination et suivi éditorial : Céline Benard Editorial Coordination: Céline Benard
Conception graphique : Nelly Riedel Graphic Design: Nelly Riedel
Traduction du francais vers l’anglais : Adam Rickards Translation from French to English: Adam Rickards
Cartographie : Thierry Renard Cartographer: Thierry Renard
Fabrication : Béatrice Bourgerie et Mélanie Le Gros Technical Production: Béatrice Bourgerie et Mélanie Le Gros

ISBN Somogy éditions d’art : 978-27572-1397-1 ISBN Somogy éditions d’art: 978-27572-1397-1
Dépôt légal : juillet 2018 Registration of copyright: July 2018
Imprimé en Union européenne Printed in the European Union

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Danse avec

Shango
Dance with

DIEU¡DU¡TONNERRE
GOD¡OF¡THUNDER

Xavier RICHER
Texte d’Hélène JOUBERT

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Page de droite,
Un initié ou prêtre d’Héviosso, vodoun
au Bénin, équivalent au Shango yoruba au Nigeria,
assis sur le toit de tôle du temple, brandit
en avant une hache, oshe Shango, vers la foule,
symbolisant la chute de la foudre.
Photo Pierre Verger, Ouidah, Dahomey, 1950

Opposite page,
A devotee or priest of Héviosso—the vodoun
in Benin counterpart of the Shango of the Yoruba
in Nigeria—seated on the tin roof a temple
holds in front of him an axe—the oshe Shango—
toward the crowd, symbolising the fall
of lightning from the sky.
Photo: Pierre Verger, Ouidah, Dahomey, 1950

Bâton rituel oshe Shango yoruba


Nigeria, OYO, Ede
Bois, pigments
Hauteur 61 cm, largeur 12 cm
Collection Loeb

Yoruba oshe Shango ritual staff


Nigeria, OYO, Ede
Wood, pigment
Height: 61 cm, Width: 12 cm
Loeb Collection

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« Sàngo dé ! Sàngo dé !!
Kàwoo Kàbiyèsi !!! »

« Shango arrive ! Shango arrive !!


Venez le voir (et admirer) le roi !!! »
“Here comes Shango! Here comes Shango!
Come see him (and admire him), the king!!!”
In Dieux d’Afrique, Pierre Verger, 1954.

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Sommaire / Content
Danse avec Shango 10
Dance with Shango 11
XAVIER¡RICHER¡

Carte du territoire Yoruba / Map of Yorubaland 12

Esthétiques d’un dieu séducteur : Shango, roi magicien, 14


dieu du tonnerre yoruba, et ses objets de culte
The Æsthetics of a Seductive God: Shango, the Magician King, 24
the Yoruba God of Thunder, and the Cult Objects Devoted to Him
HÉLÈNE¡JOUBERT

ÀÁ ÂÃ
L’emblème majeur du Dieu du Tonnerre : le oshe Shango
The Primary Emblem of the God of Thunder: the oshe Shango
ÀÄÀ ÄÅÁ
Sur l’autel de Shango : la richesse d’un hommage multiforme
Atop the Altar of Shango: A Rich and Varied Veneration
ÀÂÀ ÄÂÁ
Le Roi-Dieu et les Orisha du Panthéon :
dialogues de perles et cauris
The God-King and the Orishas of the Pantheon:
a dialogue of beads and cowries shells

Biographies / Biographies 242-243

Bibliographies / Bibliographies 244-245

Remerciements / Acknowledgments 247

Bâton rituel oshe Shango yoruba


Nigeria, EGBA, EGBADO, AWORI (?)
Bois, pigments
Hauteur 46,5 cm, largeur 21 cm
Collection Marceau Rivière, Paris

Yoruba oshe Shango ritual staff


Nigeria, EGBA, EGBADO, AWORI (?)
Wood, pigment
Height: 46.5 cm, width: 21 cm
Collection of Marceau Rivière, Paris

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Danse avec Shango
Danse avec Shango, jusqu’à la transe, jusqu’à l’épuisement. Danse avec Shango,
ce dieu foudroyant qui se joue du ciel, de la foudre, du tonnerre et des éclairs. Il
est à la fois craint, respecté et vénéré. On le dit coléreux, impulsif, extrêmement
viril, séducteur et époux peu fidèle. Les femmes l’adorent, il leur donne beaucoup
d’enfants, des jumeaux, les ibeji. Baba Shango, c’est ainsi que l’on appelle ce dieu
tempétueux, le père et le protecteur des ibeji.
L’élaboration et la présentation d’une maqueŸe réunissant plus de 80 pièces ont
décidé l’auteur Hélène Joubert à rédiger un texte et l’éditeur Somogy à publier un
ouvrage, Ibeji, divins jumeaux, paru en 2016.
L’idée d’un second volume sur le culte de Shango nous est venue à peine ce livre
achevé. Alors, une nouvelle et belle aventure, comme un nouveau voyage en terres
yoruba, une chasse aux trésors constitués d’objets d’une grande beauté, sculptés
par des maîtres de génie, imaginés sans le moindre dessin, a commencé.
Elle a débuté au musée du quai Branly—Jacques-Chirac, puis chez les galeristes,
les collectionneurs et les maisons de ventes. Je les remercie de la confiance qu’ils
m’ont tous accordée. Ils se sont aussi mobilisés pour dénicher des pièces enfouies
depuis des décennies chez des particuliers, rechercher les documents, les réfé-
rences comme les provenances les concernant. Une tâche difficile, sachant que les
objets circulent aisément d’une collection à une autre, d’un pays à un autre.
Grâce à eux tous, j’ai eu la chance et l’immense bonheur de découvrir des chefs-
d’œuvre en pénétrant des maisons très fermées, inaccessibles sans solides recom-
mandations. Ce travail collectif qui s’est mis en place a finalement permis de réunir
les nombreuses pièces présentées dans ce livre.
Enfin, une pensée pour ceŸe belle Afrique, que j’ai régulièrement parcourue. Elle
m’a beaucoup apporté et reste bien ancrée dans mon cœur. Je lui rends hommage
en espérant, par la publication de cet ouvrage, faire découvrir l’immense talent
des artistes de l’un de ses territoires, le territoire yoruba.
XAVIER RICHER

ÉÊ¡

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Dance with Shango
Dance with Shango! Dance yourself into a trance! Dance to the point of exhaus-
tion! Dance with Shango, the thunderous god who plays with the sky, with thunder
and with lightning. He is at once feared, respected and worshipped. He is prone
to anger. He is impulsive, extremely virile, seductive and an unfaithful husband.
Women adore him: he gives them many children—the twins called ibeji. Baba
Shango, as he is called, is both father of and protector to the ibeji.
I put together a mock-up for a book containing more than 80 of the pieces I had
collected, and this convinced the author Hélène Joubert to write, and the publish-
ing house Somogy to publish, a book, Ibeji: Divine Twins, about these wonderful
pieces in 2016.
Just aÏer this book was published, we decided to create another volume, this time
devoted to the cult of Shango. Thus began a new and beautiful adventure—just like
a new journey through the land of the Yoruba—a treasure hunt for objects of great
beauty, sculpted by masterful hands guided by no blueprint drawing.
This project began at the Musée du Quai Branly–Jacques Chirac, and spread
among gallerists, collectors and auction houses. I thank each of them for their con-
fidence. They also mobilised their resources to track down pieces that had been
buried for decades in private collections; they searched the archives and records,
and verified the objects’ provenances. It was no small task: these objects circulate
widely from collection to collection, country to country.
Thanks to them, I have had the immense pleasure of discovering masterpieces
hidden behind closed doors, inaccessible without solid recommendations. This
collective effort is what has permiŸed us to bring together the many pieces pre-
sented in this book.
Finally, I would like to take a moment to think of the beautiful continent of Africa,
which I have traversed on so many occasions. It has brought me many things and
will remain anchored in my heart. I wish to render it homage in the hope that,
through the publication of this book, I may help others discover the immense tal-
ents of the artists from one of its regions—the region of Yoruba.
XAVIER RICHER

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Esthétiques d’un dieu séducteur :
Shango, roi magicien, dieu du tonnerre
yoruba, et ses objets de culte

Dans l’important panthéon des dieux yoruba, qui en compte métaphoriquement plus
de quatre cents, Shango, l’orisha du tonnerre et des éclairs, est l’un des plus puissants.
Ancêtre déifié aux sources de la lignée royale d’Oyo au Nigeria, il incarne une force de
la nature des plus redoutables qui frappe avec la foudre et les météorites, feux naturels
issus du ciel. Devenu international à travers la traite des esclaves, véhiculé par la diaspora
yoruba, le culte de Shango, toujours présent sur son territoire d’origine et son territoire
d’expansion1, est devenu très vivant sur le continent amérindien et dans la culture afro-ca-
ribéenne, au gré des syncrétismes et mouvements revivalistes, prenant une forme de
prééminence sur les autres orisha notamment à Trinidad2. Au temps de la criminalisation
des croyances africaines, il s’est caché sous les traits de saints catholiques : sainte Barbe,
jeune martyre chrétienne décapitée par son propre père qui fut vengée par la brutalité
de la foudre, mais aussi saint Jean, saint Michel, saint Jérôme ou saint Pierre3 . Dans les
Caraïbes, sous l’effet d’une réduction du panthéon, Shango fusionne avec un ou plusieurs
autres orisha majeurs, prenant des aspects d’Ogun, Yemoja, Oshun, Sanpona ou Obatala,
incarnant la religion des orisha venus d’Afrique. Le mouvement Oyotunji, au début des
années  1970, a réactualisé l’africanité de Shango et l’organisation traditionnelle de son
culte aux États-Unis, autour de son leader qui a pris le nom de Kabiyesi, salutation d’hom-
mage traditionnelle au tonnerre et à l’Alaafin d’Oyo4 .

Ce culte impérial très organisé et dominant, lié à l’hégémonie militaire et administrative


d’Oyo, a gardé sa popularité dans le contexte afro-brésilien du candomblé, exportant
ses symboles majeurs, les tambours bata et le oshe Shango. Le plus ancien terreiro de
Salvador de Bahia, fondé vers 1830, porte le nom de la prêtresse du plus haut titre du culte
de Shango à Oyo, Iya Naso. Ces héritages démontrent la vitalité sans cesse renaissante
de ce dieu guerrier épris de justice, dont la présence et les symboles se sont maintenus
dans les arts visuels. Le panneau arrière du siège épiscopal de la cathédrale catholique
Oke Padi à Ibadan montre une trinité syncrétique où figure au centre le Christ ressuscité,
entouré d’un prêtre de Shango tenant le oshe et d’un prêtre d’Ifa ; il a été réalisé par le
fameux atelier de sculpture néo-traditionnelle d’Oye-Ekiti sous l’impulsion du père Kevin
Carroll dans les années 19505 .

De la punition à la bénédiction : les figures universelles du tonnerre


Les dieux de la foudre font partie des plus anciens panthéons de l’humanité : en Scandi-
navie Thor le dieu guerrier au marteau ; dans l’antiquité gréco-romaine Zeus/Jupiter, père
et maître des dieux qui manie la foudre fabriquée par Vulcain ; Tlaloc, dieu de la foudre et
de la pluie en Méso-Amérique, dont l’aŸribut est le miroir d’obsidienne polie ; Rudra, roi
du ciel, de l’éther et du jour qui tient la foudre en Inde ; Taranis dieu du ciel, de la foudre
et du tonnerre dans la mythologie celtique ; Raiden, dieu du tonnerre et de la foudre du
panthéon japonais qui s’oppose jusqu’à la mort à son frère jumeau Fujen, dieu du vent ;
ou Baal, divinité de l’orage et de la fertilité dont l’aŸribut est le taureau dans les mythes
cananéens et qui a pour équivalent le dieu égyptien du tonnerre, de la confusion et du
désordre, Seth. Tous ces dieux partagent des traits communs.

ÉÓ¡

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L’Alaafin dans la grande salle des audiences de son palais d’Oyo, entouré L’Elegun de Shango d’Oyo est chevauché par Shango une fois l’an,
des membres de sa suite. La fourrure du léopard est mangée par les lors du festival annuel dédié au dieu. Il parcourt alors, en transe, les deux
mites, le dais qui surplombe le trône ne tient que grâce à quelques kilomètres qui séparent le lieu-dit Koso du palais de l’Alaafin, mais il ne
morceaux de fil de fer, le roi a subi un traitement pour s’éclaircir le teint, pénètre pas dans le palais, car le roi ne peut recevoir son ancêtre incarné
mais l’ensemble peut encore impressionner. devant lequel il devrait s’incliner alors qu’il ne doit révérence à personne.

The Alaafin stands in the great hall of audiences, in his palace in Oyo, The Elegun of Shango, from Oyo, is ridden by Shango once a year, during
surrounded by his chamberlains. The leopard skin has been ravaged the annual festival dedicated to him. During this ceremony, he rides around
by mites, the dais that overhangs the throne is held in place only by a in a trance, covering the two kilometres that separate the place called Koso
few pieces of iron wire—the king has been submiŸed to a treatment to from the palace of the Alaafin. He does not, however, enter the palace,
brighten his colours—but the ensemble is no less impressive. because the king cannot himself receive his incarnated ancestor, before
whom he would be obliged to bow down: he owes reverence to no one.

Divination devant le temple de Shango à Koso. Le temple renferme la Cérémonie privée en l’honneur de Shango. Après qu’un sacrifice
faille par laquelle Shango, emporté par sa dernière colère, aurait disparu accompagné d’offrandes végétales, d’huile de palme, de boissons et de
dans la Terre, désespéré par l’hostilité des habitants d’Oyo. Les cheveux chants a été célébré et un repas rituel partagé, un initié de Shango (le
du jeune prêtre de Shango au centre de l’image sont tressés selon la fils et successeur désigné de l’actuel Elegun d’Oyo) danse et exhibe les
coiffure typique des initiés de Shango, comportant une raie médiane qui pouvoirs du dieu, entouré d’assistants qui miment stupeur, admiration ou
zigzague comme un éclair. Après avoir sacrifié et décollé un bouc noir, le peur.
prêtre a jeté des noix de kola pour tirer un oracle. Il récite l’odu (oracle)
correspondant au lancer qui vient d’être fait. Private ceremony in Shango’s honour: aÏer the celebration of a sacrifice,
accompanied by an offering of vegetables, palm oil, drinks and singing,
Divination in front of the temple of Shango at Koso: the temple and a ritual meal, an initiate of Shango (the son and designated successor
houses the fracture through which the angered Shango is said to have to the current Elegun of Oyo) dances and displays the powers of the god,
disappeared into the Earth, distraught over the hostility held toward surrounded by assistants who mime stupor, admiration or fear.
him by the habitants of Oyo. In the centre of the image, the young priest
of Shango can be seen with hair braided in a fashion typical for the
initiates of Shango—a parting in the middle zigzags like a lightning bolt. Documentaire Pierre Guicheney et Malika Lasfar,
AÏer sacrificing and soaking off a black goat, the priest has tossed kola Ancestors from beyond the Sea, Oyo, Nigeria, 26 juillet-2 août 2015
nuts to read from them an oracle. He then recites the odu (oracle) that
corresponds to the reading he has just made. Documentary by Pierre Guicheney and Malika Lasfar,
Ancestors from Beyond the Sea, Oyo, Nigeria, 26 July–2 August 2015

Éס

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The Æsthetics of a Seductive God:
Shango, the Magician King,
the Yoruba God of Thunder, and
the Cult Objects Devoted to Him
In the expansive pantheon of Yoruba gods, who metaphorically number in the four hun-
dreds, Shango, the orisha of thunder and lightning, is among the most powerful. A deified
ancestor at the origin of the royal lineage of Oyo in Nigeria, he embodies a fearsome
force of nature, striking through the natural fires that emanate from the sky—thunderbolts
and meteorites. Internationalised via the slave trade, and driven by the Yoruba diaspora,
the cult of Shango—still present in its land of origin and expansion1 —has come alive in the
Americas and in Afro-Caribbean culture, thanks to religious mixing and revivalist move-
ments, and Shango has held a preeminent position among the orisha, notably in Trinidad.2
As African religious beliefs became criminalised, he was hidden within the aŸributes of
several Catholic Saints: Saint Barbara, a young Christian martyr decapitated by her own
father, whose death was brutally avenged by a thunderbolt, but also Saint John, Saint
Michael, Saint Jerome and Saint Paul.3 In the Caribbean, Shango, due to the shrinking
of the pantheon, was merged at times with one or several other major orishas, taking on
aspects of Ogun, Yemoja, Oshun, Sanpona or Obatala, incarnating the religion of orishas
that had come from Africa. In the early 1970s, the Oyotunji movement reaffirmed the
Africanity of Shango and the traditional organisation of his worship in the United States, all
around a leader who had taken the name Kabiyesi, a traditional salutation to thunder and
to the Alaafin of the Oyo Empire. 4

This highly organised and dominant imperial cult, which was tied to the military and
administrative hegemony of the Oyo, held on to its popularity in the Afro-Brasilian
context of the candomblé, exporting its major symbols, the bata drums and the oshe
Shango. The oldest terreiro of São Salvador, founded around 1830, is named for the
highest priestess of the Shango cult in Oyo, Iya Naso. This inheritance demonstrates
the endlessly renewed vitality of the warrior god driven by justice, whose presence and
symbolism have been maintained in the visual arts. The back panel of the episcopal seat
of the Catholic Cathedral of Oke Padi in Ibadan shows a syncretic trinity featuring the
resurrected Christ in the centre, flanked by a Shango priest holding the oshe, and an Ifa
priest; it was made by the famous neo-traditional sculpture workshop of Oye-Ekiti at the
urging of Father Kevin Carroll in the 1950s.5

From Punishment to Benediction: Universal Figures of Thunder


Gods of thunder can be found in many of the oldest pantheons: in Scandinavia, Thor, the
hammer-wielding warrior-god; in Greco-Roman antiquity, Zeus/Jupiter, father and master
of the gods, who wields thunderbolts created by Vulcan; Tlaloc, god of thunder and rain in
Meso-America, whose aŸribute is a mirror of polished obsidian; Rudra, king of the sky, of
the ether and of the daytime, who controls thunder in India; Taranis, god of sky, thunder
and lightning in Celtic mythology; Raijin, god of thunder and lightning in the Japanese
pantheon, engaged in a death struggle with his twin brother Fujin, god of wind; and Baal,
the divinity of the storm and of fertility, whose aŸribute is the bull, in the myths of Canaan,
and whose Egyptian equivalent is the god of thunder, confusion and disorder—Seth. All of
these gods have traits in common.

ÙÓ¡

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Chapitre 1

L’emblème majeur
du Dieu du Tonnerre :
le oshe Shango
Dans le corpus des objets consacrés à Shango,
le oshe vient en premier aussi bien pour le chercheur,
le conservateur de musée ou le collectionneur. Il occupe
une place privilégiée par la clarté de son motif visuel – la
double-hache – et exprime une relation intime avec
Shango par la richesse de ses déclinaisons iconographiques.
La variété des régions stylistiques et des mains de
grands artistes yoruba (Bénin et Nigeria), pour la plupart
demeurés anonymes, donne à voir un éventail de formes
et de formules qui refuse la répétition et la monotonie, Chapter 1
comme en témoigne sa dimension sculpturale raffinée
et pleine d’imagination. Objet personnel et personnalisé,
il accompagne l’expérience d’une rencontre directe The Primary Emblem
avec le dieu du tonnerre, le corps et l’esprit humain
devenant réceptacles temporaires de son incarnation.
À la croisée des mondes, arme redoutable d’un des
of the God of Thunder:
plus puissants orisha, support d’expression relationnel
de celui-ci avec son adepte, devenu objet de passion
the oshe Shango
et de délectation pour l’amateur d’art, le oshe Shango
For the researcher, the museum conservator and
exprime la puissance créatrice de sculpteurs inspirés
the collector alike, the oshe always comes first among
par la vitalité inépuisable de Shango.
the corpus of objects devoted to Shango. It occupies
H. J. this privileged place due to the clarity of its visual motif—
the double-headed axe—and expresses an intimate
relationship with Shango through the richness of
its iconographic variation. The wide range of regional
styles and the diversity of Yoruba artists (from Benin and
Nigeria), who have mostly remained anonymous, give the
oshe a whole spectrum of forms and formulas that never
display repetition or monotony, as evidenced by the
refinement and imagination found in its sculptural forms.
A personal and personalised object, it assists in the direct
interaction with the god of thunder, with the body
and the human spirit becoming temporary receptacles for
his embodiment. At the crossroads of many worlds,
the oshe Shango—the fearsome weapon of one of the
most powerful of the orishas, an emblem of the intimate
CeŸe initiée de Shango brandit relationship between the god and his devotee, and an
un oshe au milieu de la foule. object of passion and delight for the art lover—testifies
foremost to the creative power of the sculptors who
This initiate of Shango brandishes have been inspired by the boundless vitality of Shango.
an oshe in the middle of a crowd.
Photo Pierre Verger, Ouidah, Dahomey, 1950 H. J.

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Yoruba oshe Shango ritual staff
Nigeria, Abeokuta, EGBA, EGBADO
AŸributed to the master sculptor Akinyode (1875-1936)
from the Esubiyi school
Bâton rituel oshe Shango yoruba Wood, pigment
Nigeria, Abeokuta, EGBA, EGBADO Height 62 cm, Width 18 cm
AŸribué au maître sculpteur Akinyode (1875-1936) de l’école d’Esubiyi. Provenance
Bois, pigments Collection of Bernard and Patricia Wagner, New Jersey, United States
Hauteur 62 cm, largeur 18 cm Collection of Leendert Van Lier, Amsterdam
Provenance Sold at Christie’s Amsterdam, 15 April 1997, lot 67
Collection Bernard et Patricia Wagner, New Jersey, États-Unis Collection of Alain Bovis, Paris
Collection Leendert Van Lier, Amsterdam Collection of Xavier Richer, Paris
Vente Christie’s Amsterdam, 15 avril 1997, lot 67 “Shango dances in a majestic manner, for he is the mythi-
Collection Alain Bovis, Paris cal ancestor of the king of Oyo. He holds an oshe, a stylised
Collection Xavier Richer, Paris
double-headed axe. He moves as a god in anger, taking in his
« Shango danse avec majesté, car il est l’ancêtre mythique du roi sack the Neolithic stones of thunder called edun ara, which he
d’Oyo. Il tient un oshe, une double hache stylisée. Il fait les gestes throws to the ground. The Greeks of antiquity sprinkled the
du dieu en colère en prenant dans son sac des pierres de foudre altar of Ares or Apollo with the blood of animals, just as the
néolithiques, edun ara, qu’il projeŸe sur le sol. Dans l’Antiquité, les Africans do the stones of Shango.”1
Grecs arrosaient du sang des animaux l’autel d’Arès ou d’Apollon
Shown here are four figures: a kneeling figure, a mother and chil-
tout comme les Africains les pierres de Shango »1.
dren, and an imposing masculine figure, who is standing. The elegant
Il représente quatre personnages  : une figure agenouillée, mère et
enfants, une figure masculine imposante debout. D’une grande élé- coiffure of the female figure is braided and hemstitched, and bears
gance, la coiffe féminine est montée en naŸes tressées et ajourées traces of indigo. Above her is the double-headed axe bearing scar-
portant des traces de couleur indigo. Elle est surmontée d’une double ification marks. It represents the stones of thunder, which are the
hache portant les marques scarificatoires. Elle représente les pierres aŸributes of the orisha Shango, the god of thunder and lightning.
de foudre, les aŸributs de l’orisha Shango, le dieu du tonnerre, de Scarification can be seen on the faces. The eyes are pierced so that,
la foudre et des éclairs. Les visages portent des scarifications. Leurs according to oral tradition, they can be kept awake. The mother
yeux sont percés pour, d’après la tradition orale, les tenir éveillés. La holds a child on her back, swaddled in a cloth; in her arms another
mère porte un enfant dans le dos, emmailloté dans un pagne ; dans child, whose head she holds with her right hand, appears sated and
ses bras, un autre enfant dont elle soutient la tête de la main droite asleep aÏer breastfeeding. An amulet (called tirah) around the neck
semble repu et endormi après l’allaitement. Sont sculptés une amu-
and a bracelet with a straight band are also sculpted.
leŸe dite tirah autour du cou et un bracelet au poignet droit.
The masculine figure imposes upon the group an amplified viril-
Le personnage masculin impose une virilité soulignée. Il tient dans
sa main droite un bâton massue. Un large bandeau frontal sou- ity. He holds in his right hand a bludgeon. On his back, a large
tient sur son dos un lourd sac, appelé laba Shango, probablement band holds a heavy sack, called laba Shango, which is probably
chargé de pierres de foudre. filled with stones of thunderbolts.

1. In Dieux d’Afrique, Pierre Verger, Paul Hartmann éditeur, 1954, page 15 1. Verger, Pierre. Dieux d’afrique, Ed. Paul Hartmann, 1954, p. 15.

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Bâton rituel oshe Shango yoruba Yoruba oshe Shango ritual staff
Nigeria Nigeria
Bois, camwood, pigments Wood, camwood, pigment
Hauteur 51 cm, largeur 13,5 cm Height 51 cm, width 13.5 cm
Provenance Provenance
Collection Aaron Furman, Lisbonne Collection of Aaron Furman, Lisbon
Collection Jacqueline Loudmer, Paris Collection of Jacqueline Loudmer, Paris
Vente Christie’s, 23 juin 2016, lot 107 Sale: Christie’s, 23 June 2016, lot 107
Collection Pierre Loos, Bruxelles Collection of Pierre Loos, Brussels
Collection Xavier Richer, Paris Collection of Xavier Richer, Paris
Il représente un personnage féminin agenouillé sur une fine base Shown here is a kneeling female figure on a fine base decorated
décorée de zigzags. Le collier et les mains sont très finement with zigzags. Her necklace and her hands are finely sculpted.
sculptés. Les haches en pierre polie constituent le symbole le The polished stone axe constitutes the most sacred symbol
plus sacré sur un autel dédié à Shango, en raison de la conviction atop the altar of Shango; this is because it is he who throws
considérant que c’est ce dieu qui précipite les roches sur Terre stones to Earth during storms. The stones can also be seen at
pendant les tempêtes. Elles surgissent aussi au sommet du bâton the top of the ritual staff, which personifies the devotees of the
rituel qui personnalise les adeptes du dieu en public. Les deux god for the audience. The two objects protruding from the head
projections sur la tête de la figure agenouillée représentent les of the kneeling figure represent stylised stone axes and serve
haches de pierres stylisées et symbolisent la descente du dieu to symbolise the god’s descent into the body of the worshipper
dans le corps de son adepte durant la transe de possession, during the possessed trance; at the same time they signify the
tout en signalant la connexion entre le ciel masculin et la Terre connection between the masculine sky and the feminine Earth.
féminine. Ce sceptre est enduit d’osun, une pâte constituée de The sceptre is coated with osun, a paste formed from camwood
poudre de bois de camwood et d’huile végétale, censée pro- powder and vegetable oil, said to protect the skin. A beautiful
téger la peau. Un très beau détail sur l’œuvre est le pagne de detail in the work is the cloth made of cowrie shells, a symbol of
cauris, un symbole de richesse, porté par l’adepte de Shango. Il wealth, worn by the adept of Shango. This projects its wearer’s
affiche son rang social dans la communauté. social standing within the community.
La hache est gravée sur les deux côtés de son épaisseur par The axe is engraved on both sides by three incisions in the form
trois incisions en forme de losanges concentriques. C’est la of concentric rhomboids. This is the signature of Akinyodé
signature d’Akinyodé (1875-1936), le maître sculpteur de l’école (1875-1936), the master sculptor of the school of Esubiyi, from
d’Esubiyi de la région d’Ibara Orilé. La présence d’une signa- the Ibara Orilé region. The presence of such a signature is
ture sur une œuvre est extrêmement rare et permet de la extremely rare for a work like this and allows us to situate it
situer dans son ancienneté. chronologically.

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Bâton rituel oshe Shango, yoruba
Nigeria, EGBA, EGBADO
Bois, pigments
Hauteur 34 cm, largeur 13,5 cm
Provenance
Collection Louis Broder, France
Collection privée

Il représente un personnage féminin, une prêtresse de Shango,


se tenant la poitrine, agenouillé posé sur une base conique
endommagée. Le manche de l’objet est cassé. La tête au visage
scarifié, aux yeux percés, coiffée en naŸes tressées fermées en
chignon, est surmontée d’une double hache incisée de marques
tribales. Des bracelets sculptés soulignent les poignets.

Yorube oshe Shango ritual staff


Nigeria, EGBA, EGBADO
Wood, pigment
Height: 34 cm, Width: 13.5 cm
Provenance
Collection of Louis Broder, France
Private Collection

Shown here is a female figure—a priestess of Shango—holding


her breast and kneeling on a damaged conical base. The shaÏ
of the object is broken. Above the head, whose face bears
scarification marks, pierced eyes and braids held up in a bun,
is a double-headed axe carved with tribal markings. Sculpted
bracelets amplify the wrists.

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Bâton rituel oshe Shango yoruba
Nigeria, OYO, Ede
Bois, pigments
Hauteur 60 cm,
Provenance
Collection Anne et Jacques Kerchache, Paris
Vente Christie’s, Paris, 29 octobre 2008, lot 91, « intérieurs »,
Collection Anne et Jacques Kerchache
Vente Pierre Bergé, Paris, 12 et 13 juin 2010, lot 365
Collection Joaquin Pecci, Bruxelles

Il représente un personnage féminin agenouillé, une prêtresse


de Shango, tenant entre ses mains un bol à offrandes. Le visage
scarifié dégage une profonde expression d’intériorité. La tête
coiffée en naŸes tressées tenues par un large bandeau est sur-
montée d’une double hache.
La patine de cet objet du e siècle (?) est croûteuse à la suite
de nombreux sacrifices d’usages cérémoniels, ce qu’affection-
nait particulièrement Jacques Kerchache. On note des dom-
mages au pied du bâton dus aux aŸaques des xylophages.

Pièce de comparaison
Black Gods and Kings, Robert Farris Thompson, University of
California, Los Angeles, 1971, chapitre 13, n° 42.X70-618

Yoruba oshe Shango ritual staff


Nigeria, OYO, Ede
Wood, pigment
Height: 60 cm
Provenance
Collection of Anne and Jacques Kerchache, Paris
Sale: Christie’s, Paris, 29 October 2008, lot 91, “intérieurs”,
Collection of Anne and Jacques Kerchache
Sale: Pierre Bergé, Paris, 12 and 13 June 2010, lot 365
Collection of Joaquin Pecci, Brussels
Shown here is a female figure—a priestess of Shango—holding a
bowl of offerings in her hands. Her face, which bears scarifica-
tion marks, reveals a deep expression of inwardness. Above her
braided hair held up by a large headband is a double-headed axe.
The patina of this object from the 19th century (?) is coarse as a
result of many ceremonial sacrifices, something that especially
moved Jacques Kerchache. Also visible is some damage at the
foot of the staff caused by wood-eating insects.

For comparison:
Black Gods and Kings, Robert Farris Thompson, University of
California, Los Angeles, 1971, chap. 13, no. 42.X70-618

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Chapitre 2

Sur l’autel de Shango :


la richesse d’un hommage
multiforme
Son culte est une expression du pouvoir de l’Alaafin
de la ville d’Oyo qui s’est étendu avec l’influence
L’autel de Shango Agbeni à Ibadan,
de l’empire du même nom jusqu’à la fin du e siècle.
photographié par Léo Frobenius en 1910.
L’autel du roi Shango adopte les codes d’un palais yoruba Frobenius Institute, Francfort, Allemagne
avec ses vérandas ornées de magnifiques piliers figuratifs
et ses murs ornés de peintures où sont accrochés The altar of Shango Agbeni in Ibadan,
photographed by Léo Frobenius in 1910.
les grands sacs de cuir multicolores et brodés du prêtre
Frobenius Institute, Frankfort, Germany
de Shango. Sur l’aire cultuelle de l’autel qui prend
la forme d’une longue et profonde banqueŸe
rectangulaire en terre se répartissent de splendides
poteries couvertes de motifs, des sculptures à poser,
de grandes porteuses de coupes à couvercle où sont
déposées les haches de pierre polie de forme oblongue,
Chapter 2
des mortiers sculptés, qui servent de piédestal
aux coupes contenant aussi des edun ara, éclairs Inside the Altar of
de Shango minéralisés, de nombreuses offrandes liquides
ou alimentaires et boîtes à offrandes, des oshe Shango
de taille monumentale – un ensemble de sculptures
Shango: A Rich and
prestigieuses qui renforcent le statut de cet orisha qui
vécut une expérience terrestre courte, intense
Varied Veneration
et exceptionnelle.
The cult of Shango is the expression of the power
H. J. of the Alaafin of the city of Oyo, a power which expanded
outward—until the end of the 19th century—alongside
the influence of the empire which bears the same name.
The altar of Shango the king took on the tropes of the
Yoruba palace, with its ornate verandas featuring
magnificent figurative pillars and its painted walls upon
which hung large, multicolour leather sacks embroidered
by the priest of Shango. Across the spaces devoted to
religious ritual on the altar, upon a long, deep rectangular
bench, could be found extraordinary paŸerned poŸery;
standing statues; large covered receptacle holders
upon which lay oblong axes made of polished stone;
Un adepte de Shango brandit un grand oshe sculpted mortars serving to hold up the receptacles for
très richement sculpté. On aperçoit, en bas the edun ara, the mineralised lightning bolts of Shango;
à droite de l’image, une calebasse remplie de numerous offerings of liquid or food and boxes of
pierres de foudre, posée sur un mortier, Odoo.
offerings; and monumental oshe Shango staffs, which
An adept of Shango brandishes a large, richly constituted a whole spectrum of prestigious sculptural
sculpted oshe. Also visible, in the lower leÏ, evocations of the orisha, whose earthly life had been
is a gourd containing thunderstones placed so short, intense and exceptional.
on a mortar (odoo).
© Dr Kevin Caroll, S. M. A., 1967 H. J.

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Objet d’autel du culte de Shango yoruba Yoruba object from the shrine
Nigeria, OYO, Oke-Iho of the cult of Shango
e siècle Nigeria, OYO, Oke-Iho
Bois, perles, cuir, camwood 19th century
Hauteur 55,5 cm, largeur 16,5 cm Wood, beads, leather, camwood
Provenance Height: 55.5 cm, Width: 16.5 cm
Collection Serge Schoffel, Bruxelles Provenance
Collection of Serge Schoffel, Brussels
Il représente un personnage féminin debout posé sur une base
épaisse. À ses pieds sont agenouillés deux de ses sujets, l’un Shown here is a female figure standing on a thick base. At her feet
féminin, les mains posées sur le ventre, l’autre, masculin, jouant are two kneeling subjects: one of them female, her hands resting
de la flûte. Le personnage central porte sur sa tête coiffée en on her belly; the other male, playing the flute. The central figure
hautes naŸes tressées une double hache incisée de marques holds on her head, with its tall braided coiffure, a double-headed
tribales. Son cou est orné d’un double collier en perles de verre axe inscribed with tribal markings. Her neck is adorned with a
aux couleurs de Shango. necklace made of glass beads of the colours of Shango.
Les coiffures des personnages agenouillés ainsi que le tablier The coiffures of the kneeling figures, as well as the sculpted frock
sculpté évoquant les cauris, prouvent que ceŸe pièce provient suggestive of cowrie shells, prove that this piece was commis-
d’une commande de la cour royale d’Oyo. On aperçoit des sca- sioned for the royal court of Oyo. Also visible are scarification
rifications, un labret dans la lèvre inférieure, des ceintures en marks, a lip plate in the lower lip, and belts of glass beads and
perles de verre et en cuir. Sur l’ensemble de l’œuvre, la patine au leather. The dark brown patina, which verges on coated red in
ton brun foncé par endroit rouge laqué est d’une grande beauté. places, across the whole of the object is exceptionally beautiful.

Pièce de comparaison For comparison:


Voir pour une scène identique, Nigerian Traditional sculpture, For an identical scene, see: Nigerian Traditional Sculpture, University
University College, Cardiff, 1974, figure 37 College, Cardiff, 1974, figure 37

ÙÊÙ / ÙÊÜ

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Une prêtresse de Shango une main posée
sur une porteuse de coupe, Arugba, dans
un village du Nigeria, IGBOMINA, Aran-Orin

A priestess of Shango with one hand resting


on a receptacle (Arugba), in a Nigerian village,
IGBOMINA, Aran-Orin
© Fr Kevin Carroll

Porteuse de coupe, arugba, objet d’autel


du culte de Shango yoruba Receptacle (arugba), object of the Yoruba
Dahomey, République du Bénin, cercle de Porto-Novo cult of Shango
Bois, pigments, camwood Dahomey, Republic of Benin, Porto-Novo
Hauteur 85 cm Wood, pigment, camwood
Provenance Height: 85 cm
Collectée in situ par Xavier Richer dans les années 1970 Provenance
Collected in situ by Xavier Richer during the 1970s
CeŸe magnifique coupe du  siècle (?) représente une prêtresse

de Shango agenouillée en signe de respect, d’allégeance et de This wonderful cup from the 19th century (?) shows a priestess
vénération pour son dieu. Elle porte à bout de bras, posée sur sa of Shango kneeling in a sign of respect, allegiance and vener-
tête coiffée en hautes naŸes tressées, un large réceptacle et son ation for her god. At the ends of her arms, which rest on her
couvercle destiné à recevoir les pierres de foudre. Elle est abon- head with its tall, braided coiffure, is a large covered receptacle
damment décorée de signes de couleurs blanche et bleu indigo sur meant to receive the thunderstones. She is highly decorated
le visage, la poitrine et l’abdomen, qui évoquent des scarifications. with paŸerns of white and blue indigo on the face, chest and
L’œuvre d’une grande maîtrise est totalement enduite d’une abdomen, which suggest scarification marks.
épaisse couche de camwood, osun, de la poudre de bois rouge A work of great skill, this object is coated in a thick layer of
broyé mélangée à de l’huile de palme. On note de nombreux camwood (osun), a mixture of crushed wood and palm oil.
manques causés par les aŸaques des xylophages, des cassures Noteworthy are several elements missing as a result of
importantes comme les deux personnages disparus qui enca- wood-eating insects—such as the two missing figures who
draient la prêtresse. would have framed the priestess.

ÙÉÊ / ÙÉÉ

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Statue d’autel du culte de Shango yoruba
Nigeria, IGBOMINA, Esie
Bois, pigments, camwood
Hauteur 60 cm
Provenance
Vente Christie’s, Paris, 23 juin 2016, page 60, lot 253
Collection Galerie Afrique, Saint-Maur-des-Fossés, France
Publication
Catalogue de l’exposition Nigeria, Galerie Afrique,
Saint-Maur-des-Fossés, France, 2017, figure 7
Exposition
Parcours des Mondes, 2017, Galerie Afrique,
Saint-Maur-des-Fossés, France

CeŸe statue représente un personnage masculin, posé debout


sur une base circulaire. Il porte un pantalon dont on aperçoit la
ceinture, un habit de cour, une tunique fermée sur le devant par un
large nœud passé dans une boucle. Il tient dans sa main droite, au
poignet souligné par un bracelet sculpté, un bâton oshe Shango.
La main gauche est malheureusement cassée. Un simple collier
orne le tour de cou et on découvre sous la ceinture en pendentif
ce qui semble être la représentation de plusieurs amuleŸes, dites
tirah. La tête au visage scarifié, aux yeux percés, est coiffée en
hautes naŸes tressées. Ce bel objet d’autel présente une patine
au ton gris luisant avec par endroits des traces de camwood, osun.

Pièces de comparaison
Nine Centuries of African Art and Thought, Henry John Drewal et
John Pemberton III, page 76, the Center of African Art, New-York, 1989
Vente Christie’s, Amsterdam, 2 juin 2002, page 56, lot 196

Statue from the Yoruba cult of Shango


Nigeria, IGBOMINA, Esie
Wood, pigment, camwood
Height: 60 cm
Provenance
Sale: Christie’s, Paris, 23 June 2016, page 60, lot 253
Collection of Galerie Afrique, Saint-Maur-des-Fossés, France
Publication
Exhibition Catalogue: Nigeria, Galerie Afrique,
Saint-Maur-des-Fossés, France, 2017, figure 7
Exhibition
Parcours des Mondes, 2017, Galerie Afrique,
Saint-Maur-des-Fossés, France

This statue shows a male figure standing on a circular base.


On his pants, one can distinguish a belt, a courtly outfit and
a tunic tied up in front in a large knot held in a buckle. In his
right hand, with a sculpted bracelet outlining the wrist, he holds
an oshe Shango staff. Unfortunately, his leÏ hand is broken.
A siple necklace adorns the bend of his neck, and under his
belt is a pendant which appears to represent several amulets
(tirah). Scarification marks appear on his face, and his hair is
braided. This beautiful object form the shrine displays a shiny
grey patina with traces of camwood (osun) in places.

For comparison:
Nine Centuries of African Art and Thought, Henry John Drewal and
John Pemberton III, page 76, the Center of African Art, New-York, 1989
Sale: Christie’s, Amsterdam, 2 June 2002, page 56, lot 196

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Objet rituel de divination du culte
de Shango yoruba
Nigeria
Bois, cuir, fer, miroir, calebasse, cauris, coquillages
Hauteur 61 cm
Provenance
Collection Galerie Afrique, Saint-Maur-des-Fossés, France

Ce rare objet du culte de Shango était suspendu près des


sacs, laba Shango, dans le sanctuaire. Il sortait probablement
à l’occasion des festivités. Toutes sortes de symboles faits de
divers matériaux sont accrochés à une grande lanière en cuir.
On aperçoit autour d’une sculpture féminine, positionnée
la tête en bas, plusieurs bâtons oshe Shango, un miroir, une
calebasse, des sonnailles, des cauris, des coquillages… La
présence de cauris associés à des statueŸes, la tête en bas, fait
penser au style des objets liés au culte eshu.

Ritual divination object form the Yoruba


cult of Shango
Nigeria
Wood, leather, iron, mirror, gourd, cowrie shells, seashells
Height: 61 cm
Provenance
Collection of Galerie Afrique, Saint-Maur-des-Fossés, France

This rare object of the Shango cult was once suspended near
the laba Shango sacks in the sanctuary. It was probably taken
out during festivals. All sorts of symbols constituted of vari-
ous materials hang from the large leather strap. Clearly visible
around the sculpture of the female figure, which is positioned
upside down, are several oshe Shango staffs, a mirror, a gourd,
a cowbell, cowrie shells, and seashells… the presence of cowrie
shells associated with the small upside down figurines recalls
the style of the cult objects of eshu.

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Paire de jumeaux ere ibeji yoruba Pair of Yoruba twins (ere ibeji)
Nigeria, IBADAN, OWU, EGBA Nigeria, IBADAN, OWU, EGBA
Bois, perles, tissu Wood, beads, cloth
Hauteur 26 cm, largeur des manteaux 18 cm Height: 26 cm, Width: 18 cm
Provenance Provenance
Collection Professeur Annie de Neue Collection of Professeur Annie de Neue
Collection Joris Visser, Bruxelles Collection of Joris Visser, Brussels
Collection Françoise Liotet, Paris Collection of Françoise Liotet, Paris
Publication Publication
Ibeji, divins jumeaux, Hélène Joubert, Xavier Richer, Ibeji, divins jumeaux, Hélène Joubert, Xavier Richer,
Somogy, Paris, 2016, pages 128-129 Somogy, Paris, 2016, pages 128-129

Ces figurines féminines sont présentées debout sur leur base These figurines are shown standing on a base adorned with
ornée de losanges, vêtues de très beaux manteaux de perles mul- rhomboids, dressed in very beautiful multi-coloured bead jack-
ticolores. Le rouge et le blanc indiquent l’appartenance à baba ets. The red and white indicate that they belong to baba Shango,
Shango, le père des ere ibeji dont ils sont les messagers. Les habits the father of the ere ibeji, of whom they are the messenger.
de cauris réfèrent à l’orisha Shango. Ils sont un signe de richesse The outfits of cowrie shells make reference to the orisha Shango.
pour toute la famille propriétaire des statueŸes. Ils évoquent les They would have been a sign of wealth for the family that owned
tuniques que portent les dévots lors des festivals. De face, on the statueŸes. They suggest the tunics worn by adepts of the
retrouve des dessins géométriques et des visages de divinités cult during festivals. In front, one can see geometric drawings
perlés comme sur les couronnes royales, les fourreaux des poi- and the faces of divinities, bead in the same manner as on the
gnards et des épées, ainsi que sur les étuis des bâtons sacrés des royal crown, along with sheaths for daggers and swords, and
anciens dignitaires des grandes chefferies. Au dos sont représen- cases for the sacred staffs of former dignitaries and chieÏains.
tés les symboles de sagesse et de prudence du caméléon. Dans Shown on the back is a chameleon, the symbol of knowledge
le mythe de la création yoruba, il est le premier animal sur Terre. and caution. In the Yoruba creation myth, the chameleon was
Les coiffes sont montées en hautes naŸes tressées fermées en the first animal on the Earth. The coiffures are gathered up in
chignon. On aperçoit des scarifications sur les visages. Les yeux tall braids held in place with a bun. Scarification marks are vis-
sont percés. Collier, ceinture et bracelets de chevilles en perles de ible on the faces. The eyes are pierced. Necklaces, belts and
verre granulaires et tubulaires embellissent les œuvres. anklets of granular and tubular glass beads finish off the works.

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Petite couronne perlée, Orikogbofo ou Ojewe,
yoruba
Nigeria, OYO, Oshogbo
Coton, fils, tissu, perles de verre, fibres de palme, fer
Hauteur 23 cm, diamètre 20 cm
Provenance
Collection famille Dufour, Saint-Maur-des-Fossés, France
Collection Xavier Richer, Paris

Elles sont portées par les dévots et les devins des orisha.
Ce sont des objets de cour. L’intérieur est recouvert de tissu,
de bandes de vêtements collées sur l’armature rigide du cône,
pako. Montés sur fils, des rangs de perles multicolores couvrent
l’ensemble de la couronne. Elles dessinent des visages, des
entrelacs, des zigzags, des figures géométriques. Ce sont des
expressions d’appartenance, chacune en lien avec un orisha.
On les identifie par les couleurs, le rouge et le blanc pour
Shango. Sur le sommet, des petits réceptacles contiennent des
plantes médicinales censées protéger la tête du porteur. Les
décors des couronnes sont multiples. Certains artistes se sont
inspirés de la couronne royale britannique, d’autres montrent
des signes religieux comme des croix catholiques.

Pièce de comparaison
Beads Body and Soul, Art and Light in the Yoruba Universe,
Henry John Drewal et John Mason, régent de l’Université
de Californie, 1998, pages 62, 70-77, 207

Small Yoruba beaded crown (Orikogbofo


ou Ojewe)
Nigeria, OYO, Oshogbo
CoŸon, string, cloth, glass beads, palm fibres, iron
Height: 23 cm, Diameter: 20 cm
Provenance
Collection of the Dufour family, Saint-Maur-des-Fossés, France
Collection of Xavier Richer, Paris

These would have been worn by the adepts and soothsayers of


the orisha. They are court objects. Their interiors are covered
in cloth, with strips of garments glued to the rigid frame of the
cone (pako). Held up by string, rows of multi-coloured beads
cover the entire crown. They trace faces, interlacing forms,
zigzag paŸerns and geometric figures. They serve as signs of
belonging, each linked with an orisha. They are identifiable by
their colours—red and white for Shango. On the tops, small
receptacles contain medicinal plants meant to protect the head
of the wearer. The decorations of the crowns are varied. Some
artists were inspired by the British royal crown, while others
display the religious signs of the catholic cross.

For comparison:
Beads Body and Soul, Art and Light in the Yoruba Universe,
Henry John Drewal and John Mason, University of California,
1998, pages 62, 70-77, 207

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Couronne perlée, Adenla, yoruba
Nigeria, IJESA, Ile-Ife (?) Okuku (?)
Coton, fils, tissu, fibres de palme, perles de verre, fer
Hauteur totale 86 cm ; sans les fils perlés 39 cm, diamètre 22 cm
Provenance
Collection famille Dufour, Saint-Maur-des-Fossés, France

À l’occasion des festivals, lorsque les rois quiŸent leur palais,


ils portent ces couronnes entièrement perlées, cachant ainsi
leurs visages à la foule. La figure en relief représente le divin
Oduduwa, l’ancêtre et le progéniteur de tous les rois. Sur le
sommet, les oiseaux expriment les pouvoirs spirituels, ase, dont
le roi dispose. Ses sujets peuvent en bénéficier. Ils évoquent
également la présence des mères. L’oiseau royal est appelé
okin. Les nombreuses familles royales passaient commande de
leurs couronnes à Baba Adesina, un des artistes les plus talen-
tueux. Quatre générations plus tard, les célèbres fabricants
résident essentiellement dans la région d’Efon Alaiye. Moins
couteuses, les perles en plastique ont aujourd’hui remplacé
celles en verre d’autrefois.

Pièces de comparaison
Tribal Arts, hiver 2001-printemps 2002, n° 27, page 93, figure 22
Beads Body and Soul, Art and Light in the Yoruba Universe,
Henry John Drewal et John Mason, régent de l’Université
de Californie, 1998, pages 58, 63, 67 et 204

Beaded Yoruba crown (Adenla)


Nigeria, IJESA, Ile-Ife (?) Okuku (?)
CoŸon, string, fabric, palm fibres, glass beads, iron
Height: 86 cm ; without glass strings: 39 cm, Diameter: 22 cm
Provenance
Collection of the Dufour family, Saint-Maur-des-Fossés, France

On the occasion of festivals, when the king would leave his


palace, he would wear these crowns entirely covered in beads
to hide his face from the crowd. The figure in relief represents
the divine Oduduwa, the ancestor and progenitor of all the
kings. On top, birds express the spiritual powers (ase) of the
king. His subjects could also benefit from these. They also rep-
resent the presence of mothers. The royal bird was called okin.
The many royal families all commissioned their crowns from
Baba Adesina, one of the most talented artists. Four genera-
tions later, these famed makers reside in the Efon-Alaiye region.
Less costly, plastic beads are used today instead of glass beads.

For comparison:
Tribal Arts, Winter 2001-Spring 2002, no 27, page 93, figure 22
Beads Body and Soul, Art and Light in the Yoruba Universe,
Henry John Drewal and John Mason, University of California,
1998, pages 58, 63, 67 and 204

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Biographies / Biographies
HÉLÈNE¡JOUBERT
Diplômée de l’École du Louvre, de l’Uni- -  Éclectique, une collection du xxie  siècle, – « Les dons d’objets d’art africain d’Alix de
versité de Paris I, de l’Institut national des musée du quai Branly, 2016 Rothschild au musée de l’Homme  : essai
langues et civilisations orientales et de d’interprétation », in Les Rothschild, une
l’École nationale du patrimoine, Hélène Elle est également l’auteur d’articles et dynastie de mécènes en France, Somogy,
Joubert a fait des arts africains, du Nigeria d’essais, 2016
et de l’art yoruba en particulier, le centre - « Messages noués, paroles cousues : l’art –  « Quelques moments le long des routes
de son intérêt et de ses études. des adire du Nigeria », in Chemins de cou- du métal au Nigeria », in catalogue d’expo-
leur, musée du quai Branly, Paris, 2008 sition L’Afrique des routes, sous la direction
Conservateur en chef et responsable de -  « Connaître hier pour expliquer de Catherine Coquery-Vidrovitch, Actes
l’Unité patrimoniale Afrique au musée aujourd’hui  : l’art divinatoire chez les Sud/musée du quai Branly, 2017
du quai Branly depuis 2005, elle a été Yoruba », in catalogue d’exposition Voir - « Collections et collectionneurs, éléments
commissaire de plusieurs expositions, en l’invisible, musée d’Aquitaine, Bordeaux, d’analyse. L’éclectisme au e  siècle », in
France et à l’étranger : 2011 Éclectique, une collection du e  siècle,
–  Ubuntu, arts et cultures d’Afrique du –  « Objets de pouvoir et de désir, une catalogue d’exposition sous la direction
Sud, musée national des arts d’Afrique et exploration des arts du Nigeria dans les d’Hélène Joubert, Flammarion/musée du
d’Océanie, Paris, catalogue Éditions RMN, collections privées françaises », et notices quai Branly, 2016.
février-juin 2002 d’objets in Les Arts du Nigeria dans les col-
–  Visions d’Afrique, musée national d’his- lections privées françaises, Éditions Cinq Elle a contribué à de nombreux catalogues
toire de Taipei, Taiwan, décembre  2003- Continents, 2012, catalogue d’exposition, d’expositions, à des tournages de docu-
mars 2004 musée de la Civilisation, Québec mentaires, notamment, en 2007, « Les ibeji
– Dieux, rois et peuples du Bénin, Historial -  « Représentation des vierges kongo yoruba », de la série Enquête d’art, et en
de Vendée, octobre 2008-février 2009 et figures féminines dans l’art kongo  : 2008, « Osun Osogbo, la forêt et l’art sacré
–  Central Nigeria unmasked, arts of the quelques points de convergence de la des Yoruba », interviews sous la direction
Benue river valley, en collaboration avec pensée, des croyances et des images entre de Pierre Guicheney.
Marla Berns, Richard Fardon, Sydney l’Occident et l’Afrique », in catalogue d’ex-
Kasfir, Fowler Museum, UCLA, Los position, Du Jourdain au Congo, sous la
Angeles, février-juillet 2011, musée du quai direction de Julien Volper, Flammarion/
Branly, Paris, 2012 musée du quai Branly, 2016

A graduate of the École du Louvre, the quai Branly, Paris, 2012 Julien Volper, Flammarion/musée du quai
Université de Paris I, the Institut national -  Éclectique, une collection du xxie  siècle, Branly, 2016
des langues et civilisations orientales and musée du quai Branly, 2016 –  “Les dons d’objets d’art africain d’Alix de
the École nationale du patrimoine, Hélène Rothschild au musée de l’Homme : essai d’in-
Joubert has made African art—and that of She has also published many articles and terprétation”, in Les Rothschild, une dynastie
Nigeria and of the Yoruba in particular— essays: de mécènes en France, Somogy, 2016
the centre of her interest and research. - “Messages noués, paroles cousues : l’art – “Quelques moments le long des routes du
des adire du Nigeria”, in Chemins de cou- métal au Nigeria”, in exhibition catalogue
Conservator in chief and head of the African leur, musée du quai Branly, Paris, 2008 L’Afrique des routes, under the direction
Heritage Unit at the Musée du quai Branly -  “Connaître hier pour expliquer aujo- of Catherine Coquery-Vidrovitch, Actes
since 2005, she has commissioned many urd’hui : l’art divinatoire chez les Yoruba”, Sud/musée du quai Branly, 2017
exhibitions, both in France and abroad: in exhibition catalogue Voir l’invisible, - “Collections et collectionneurs, éléments
–  Ubuntu, arts et cultures d’Afrique du musée d’Aquitaine, Bordeaux, 2011 d’analyse. L’éclectisme au e  siècle”, in
Sud, musée national des arts d’Afrique et –  “Objets de pouvoir et de désir, une Éclectique, une collection du e  siècle,
d’Océanie, Paris, catalogue published by exploration des arts du Nigeria dans les exhibition catalogue under the direction
the Éditions RMN, February-June 2002 collections privées françaises”, and object of Hélène Joubert, Flammarion/musée du
–  Visions d’Afrique, National Museum of captions in Les Arts du Nigeria dans les col- quai Branly, 2016.
History, Taipei, Taiwan, December  2003- lections privées françaises, Éditions Cinq
March 2004 Continents, 2012, exhibition catalogue, She has been a contributor to numerous
– Dieux, rois et peuples du Bénin, Historial musée de la Civilisation, Québec exhibition catalogues, and to many doc-
de Vendée, October 2008-February 2009 - “Représentation des vierges kongo et fig- umentaries, notably in 2007 to “Les ibeji
–  Central Nigeria unmasked: arts of the ures féminines dans l’art kongo : quelques yoruba,” from the series Enquête d’art, and
Benue river valley (in collaboration with points de convergence de la pensée, des in 2008 to “Osun Osogbo, la forêt et l’art
Marla Berns, Richard Fardon and Sydney croyances et des images entre l’Occident sacré des Yoruba,” a series of interviews
Kasfir) Fowler Museum, UCLA, Los et l’Afrique”, in exhibition catalogue Du directed by Pierre Guicheney.
Angeles, February-July 2011, musée du Jourdain au Congo, under the direction of

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XAVIER¡RICHER
Embarqué à seize ans sur un cargo à destination de l’Afrique de l’Ouest, Xavier Richer tente une
carrière dans la marine marchande. Le mal de mer en décidera autrement. De retour à Paris,
il se passionne déjà pour les arts africains en visitant les galeries du quartier Saint-Germain-
des-Prés. Sa rencontre avec Jacques Kerchache sera déterminante. Ce dernier confie à Xavier
Richer une véritable carte aux trésors du Dahomey (République du Bénin depuis 1975) sur
laquelle figurent tous les repérages qu’il y a effectués. Deux mois de remontée du fleuve
Ouémé en pirogue lui permeŸront d’acquérir auprès des villageois de nombreux objets dont
une première paire d’Ibeji présentée en page  117 de l’ouvrage Ibeji, divins jumeaux (Hélène
Joubert et Xavier Richer, éditions Somogy, 2016). Ce sera le point de départ de la constitution
de sa collection d’art africain, avec une préférence pour les pièces du Nigeria, du Bénin et de
la Côte d’Ivoire.
Aujourd’hui, Xavier Richer, photographe depuis les années  1980, distribue dans les grands
magazines ses reportages sur l’Afrique, le Moyen-Orient et Paris. Il est l’auteur et le coauteur
de plus de quarante ouvrages notamment au Chêne, chez Flammarion, HacheŸe, Bower, Atlas,
la Bibliothèque des Arts et, récemment chez Glénat, Maroc, émotions couleurs.
Il a nouvellement rejoint l’équipe du Comité chargé du dossier de candidature au classement
des toits de Paris au patrimoine de l’UNESCO. Un ouvrage photographique en préparation
accompagnera ce projet.

Having set sail at age sixteen aboard a cargo ship destined for West Africa, Xavier Richer orig-
inally intended on a career in the merchant marine. His confrontation with sea-sickness, how-
ever, would convince him otherwise. Upon his return to Paris, he already harboured a passion
for traditional art, a passion nourished by visits to the galleries of Saint-Germain-des-Prés.
Particularly important to the course of his career would be a meeting with Jacques Kerchache,
who entrusted to Xavier Richer a veritable treasure map of Dahomey (known as the Republic of
Benin since 1975). On this map, Kerchache had marked out all of the discoveries he had made
in the area. Two months spent following the Ouémé River in a dugout canoe gave Richer the
opportunity to acquire many village objects, including his first pair of Ibeji, shown on page 117
of the book Ibeji: Divine Twins (Hélène Joubert and Xavier Richer, Somogy éditions d’art, 2016).
This served as the starting point for his collection of African art, with a preference for pieces
from Nigeria, Benin and the Ivory Coast.
Today, Xavier Richer, who has been a photographer since the 1980s, works with major maga-
zines on coverage of Africa, the Middle East and Paris. He is the author and co-author of more
than forty books with many publishing houses, including Chêne, Flammarion, HacheŸe, Bower,
Atlas, the Bibliothèque des Arts, and, most recently, Glénat, for the work Maroc, émotions
couleurs.
He has recently joined the team charged with assembling the nomination files of the rooÏops
of Paris for UNESCO World Heritage status. He is currently preparing a book of photographs
to accompany this project.

ÙÓÜ¡

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« Je ne pourrais croire qu’à un Dieu qui saurait
danser… maintenant je suis léger, maintenant Xavier RICHER
je vole, maintenant je me vois au-dessous
de moi, maintenant un dieu danse en moi. » Texte d’Hélène JOUBERT
F. NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra, 1891

« I would only believe in a God who


knows how to dance… now I’m nimble,
now I fly, now I see myself under myself,
now a god dances within me. »
F. NIETZSCHE, Thus Spoke Zarathoustra, 1891

Dance with
Danse avec
Shango
Danse avec

Shango
Dance with
Au sein du foisonnant panthéon yoruba, Shango Within the abundant pantheon of the Yoruba
est l’une des divinités les plus puissantes : il incarne deities, Shango is one of the most powerful

GODOFTHUNDER
DIEUDUTONNERRE
une force de la nature redoutable qui frappe avec gods: an incredible force of nature that strikes
la foudre et les météorites. À la fois homme, roi et with lightning and meteorites. At once man,
DIEUDUTONNERRE
force de la nature, il est un support particulière- king and force of nature, he is a particularly GODOFTHUNDER
ment complexe de la pensée yoruba au Bénin et complex example of the belief system of the
au Nigeria, entre énergie et équilibre. Yoruba of Benin and Nigeria, incarnating both
Dans le cadre de son culte, les fidèles s’entourent energy and balance.
d’objets à la symbolique remarquable. Le oshe, Shango’s believers surround themselves with re-
bâton orné d’une double hache, est le plus varié markable symbols. The oshe, a double-headed
de tous : tenu en main lors de la danse de posses- axe, is the most varied of all: during ceremoni-
sion, il prolonge le bras et les gestes de celui qui al dances, it extends the arms and the gestures
le tient et les met en valeur par son esthétique of those holding it and showcases them with its
raffinée, parfois très descriptive, ou au contraire refined beauty, which is sometimes descriptive
très abstraite. Il concourt à affirmer par sa beau- and sometimes abstract. It also complements
té et sa diversité la magnificence de l’autel où se the magnificent altar, which overflows with offer-
répandent offrandes alimentaires et libations. ings of food and libations.
978-27572-1397-1 45 €
Cet ouvrage restitue la richesse du patrimoine This book aims to highlight the richness of African
matériel et de la pensée d’Afrique, à travers de heritage and thought, through many different
nombreux chefs-d’œuvre inédits. works of art.

Couv Shango Format DEF.indd 1 13/06/2018 14:54