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20 questions sur le roman La

princesse de Clèves
Séance introductive
Durée 1h15
A chaque étape du survol du roman, une énigme
1. ESPACE
• Le roman débute à Paris, à la cour. Il se clôture au couvent.
Qu’en déduire?

• Le roman comporte 160 pages (in-8°, pour nous au 21e s.). Est-
ce long ou court pour un roman?
• Le roman comporte quatre parties signalées comme telles (le
roman est divisé en « parties » correspondant aux quatre
volumes successivement édités). Les quatre parties sont à peu
près de longueur égales entre elles. Pourquoi?
2. Les dates
La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec
tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri
second.
Pourquoi un roman daté de 1678 se passe-t-il à la fin du règne de
Henri second (seconde moitié du 16e siècle)?

Début: fin du règne de Henri II (1558-59), fiançailles de Claude de


France (fille de Henri II) et s’achève avec la rencontre d’Elisabeth,
l’autre fille, avec son futur époux Philippe II d’Espagne (=début
1559). On est juste avant les Guerres de religion (débutant en
1562): qu’en comprendre?
3. Le système des personnages
• Sur 95 personnages sont évoqués et nommés dans ce roman, 24
ont droit à une caractérisation - voire description- ou physique.
Pourquoi ce flou sur les 3/4?

• Le personnage principal – notre princesse de Clèves – est le seul


qui soit entièrement fictif. Que comprendre de ce choix
paradoxal?
4. Le PRO-LOGUE

La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France


avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de
Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ;
(…)

Pourquoi ne pas commencer directement par l’héroïne éponyme?


5. Les désordres amoureux
(…) quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de
Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en
était pas moins violente, et il n'en donnait pas des témoignages
moins éclatants.

Henri seconde… ce prince … Diane de Poitiers… Duchesse de Valentinois.


• Quel est le champ lexical dominant? (cf. fin du roman!)
• Que penser du fait que ce couple soit propulsé en début de roman?
• A quoi le lecteur repère-t-il immédiatement, à leurs désignations
respectives, qu’ils sont faits l’un pour l’autre?
6. La Cour

Jamais cour n'a eu tant de belles personnes et d'hommes


admirablement bien faits ; et il semblait que la nature eût pris
plaisir à placer ce qu'elle donne de plus beau, dans les plus
grandes princesses et dans les plus grands princes.

Quelle est la figure de style dominante? Qu’est censé


ressentir le lecteur?
7. Les prétendants
Le chevalier de Guise… Le prince de Condé… le duc de
Nevers… 3 fils … le second qu’on appelait le Prince de Clèves…
Le vidame de Chartres… digne d’être comparé au duc de
Nemours

• Pourquoi avoir placé Nemours à la fin de l’énumération?


• Où se trouve Monsieur de Clèves? Qu’en penser?
8. Enfin l’héroïne

Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de


tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté
parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu
où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes.

- Eloge?
9. La bonne éducation
Madame de Chartres (…) faisait souvent à sa fille des peintures de
l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader
plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui
contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur
infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ;
et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la
vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et
d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la
naissance.

Pourquoi a-t-on une si longue phrase pour résumer (!) l’éducation


dispensée ?
10. Fin de la 1e partie: Histoire de Diane de
Poitiers
• Très longue histoire de mme de Valentinois,
puis… « […] souvenez-vous, si vous pouvez, de tout ce que je viens
de vous dire. »
• Mort de la mère en fin de 1e partie.

• Peut-on se souvenir d’une si longue histoire?


• Pour ceux qui se rappellent son déroulement, quelle en est la
morale à retenir?
• Pourquoi faire mourir la mère à la fin de la 1° partie ? (Et m. de
Clèves à la fin de la 3° partie ?)
2e partie (début: histoire de mme de Tournon.
• Pour mme de Clèves « amour et tromperie » / pour m. de
Clèves, « adresse et dissimulation » (NB: le terme de
« dissimulation » avait déjà caractérisé Catherine de Médicis,
l’épouse légitime de Henri II).

• Puis épisode du débat sur les horoscopes


2e partie (suite) histoire (grandeur et décadence)
d’ Ann Boleyn (récit par la dauphine)
(=3e histoire rapportée dans le roman, après celle de Diane de Poitiers
et celle de madame de Tournon);
Les portraits;
Les horoscopes, les portraits et Ann Boleyn se passent chez la
Dauphine.

RECAP’ Les portraits/ La lettre/ Plus tard, on aura le tableau.


Que comprendre de cet aller-retour entre le vu et le lu?
3e partie : dire ou ne pas dire?

• (L’aveu à son mari) - Eh bien, Monsieur, lui répondit-elle en se


jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais
fait à son mari, mais l'innocence de ma conduite et de mes
intentions m'en donne la force.

• (Le secret éventé) Mais ce qui lui causait une douleur violente,
était de savoir que ce secret était entre les mains de quelqu'un,
et qu'apparemment il serait bientôt divulgué.
4e partie
(…) pendant les dix jours de la maladie du roi (…) ; de sorte que
sitôt que le roi fut mort, la reine ordonna au connétable de
demeurer aux Tournelles auprès du corps du feu roi, pour faire les
cérémonies ordinaires.

La mort du Roi est évacuée en un paragraphe or on sait que


l’agonie d’Henri II fut longue.
• Qu’en déduire au plan philosophique?
• Qu’en déduire, au plan narratologique, sur le statut de l’Histoire
dans l’histoire?
4e partie: crise à la Cour

Enfin, la cour changea entièrement de face.

• Revanche des Guise


• Répudiation de la Valentinois;
• disgrâce de Condé et du Connétable.
4e partie. Crise à la maison. Les reproches
- Vous ne vous trouviez donc mal que pour lui, reprit monsieur de
Clèves. Puisque vous avez vu tout le monde, pourquoi des
distinctions pour monsieur de Nemours ? Pourquoi ne vous est-il
pas comme un autre ? Pourquoi faut-il que vous craigniez sa vue ?
Pourquoi lui laissez-vous voir que vous la craignez ? Pourquoi lui
faites-vous connaître que vous vous servez du pouvoir que sa
passion vous donne sur lui ? Oseriez-vous refuser de le voir, si vous
ne saviez bien qu'il distingue vos rigueurs de l'incivilité ? Mais
pourquoi faut-il que vous ayez des rigueurs pour lui ? (…)
- (…) Je vous demande seulement de vous souvenir que vous m'avez
rendu le plus malheureux homme du monde.
Coulommiers , le tableau (réponse aux portraits?)
Sitôt que la nuit fut venue, il entendit marcher, et quoiqu'il fît
obscur, il reconnut aisément M. de Nemours. Il le vit faire le tour du
jardin. (…) Il se rangea derrière une des fenêtres, qui servaient de
porte, pour voir ce que faisait Mme de Clèves. Il vit qu'elle était
seule; (…) elle prit un flambeau et s'en alla proche d'une grande
table, vis-à-vis du tableau du siège de Metz où était le portrait de M.
de Nemours. Elle s'assit et se mit à regarder ce portrait avec une
attention et une rêverie que la passion seule peut donner.

Le lecteur-voyeur regarde le gentilhomme qui regarde Nemours (caché


« dans le jardin ») qui regarde la Princesse qui regarde Nemours
représenté. = complicité avec le lecteur (et exclusion du mari) pris dans
la cascade de regards et consécration d’un amour contemplatif.
Retour à Paris
• Fuite de Nemours à Chambord
• Agonie de Clèves à Paris ; retour de mme de Clèves, escale à
Blois (rdv manqué avec Nemours).
• Reproches (bis) du mari: « - Vous versez bien des pleurs,
Madame, lui dit-il, pour une mort que vous causez (…) »
• Mort de M. de Clèves. Séjour au couvent de la Princesse, retour
à Paris.
• «dans l’endroit le plus reculé du jardin» (= exacerbation du
jardin de Coulommiers)
• Rencontre arrangée de la Princesse et de Nemours chez le
Vidame (complice de Nemours).
4 e partie, l’excipit en forme d’apothéose
• Dernière entrevue La Princesse/ Le Duc. « - J'avoue, répondit-elle,
que les passions peuvent me conduire ; mais elles ne sauraient
m'aveugler. »
• Déclin : « une maladie violente » , « cet extrême péril », (…), « vue
si longue et si prochaine de la mort » : quelle figure de style?
• Couvent (« dans une maison religieuse »). « une partie de l'année
dans cette maison religieuse, et l'autre chez elle ; mais dans une
retraite et dans des occupations plus saintes que celles des
couvents les plus austères ; et sa vie, qui fut assez courte, laissa des
exemples de vertu inimitables. » Quel est le champ lexical
dominant?
PUBLICATION anonyme

L’autrice à propos du roman: (….) Pour moi, je suis flattée


que l'on me soupçonne et je crois que j’avouerais le
livre, si j’étais assurée que l'auteur ne vînt jamais me le
redemander. (lettre d’avril 1678)

Pourquoi ne pas assumer son roman?