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La villa Savoie 1931.

Application idéale des « cinq points d'une architecture moderne », c’est la plus
remarquable de cette période, et qui aura une influence considérable dans l'histoire de l'architecture.

L’unité d’habitation de Marseille.


• L’unité d’habitation de Marseille Cette unité d'habitation qui reprend le système du familistère est
l'une des premières applications de la théorie de Le Corbusier sur la concentration verticale.

Croquis dessinée par le Corbusier de l’appartement type.–

Immeuble d'habitation sous la forme d'un parallélépipède sur pilotis, qui constitue une innovation
importante dans la conception architecturale des résidences d'habitations. Dans cet immeuble, il a tenté
d'appliquer ses principes d'architecture pour une nouvelle forme de cité en créant un village vertical,
composé de 360 appartements en duplex distribués par des rues intérieures. Édifiée entre 1945 et
1952,
située sur le boulevard Michelet de Marseille,. Essentiellement composée de logements, elle comprend
également à mi-hauteur de ses dix sept niveaux, des bureaux et divers services commerciaux (épicerie,
boulangerie, café, hôtel / restaurant, librairie, etc.). Le toit-terrasse de l'unité, libre d'accès au public,
est
occupé par des équipements publics : une école maternelle, un gymnase, une piste d'athlétisme, une
petite piscine et un auditorium en plein air.
Plan et coupe
d'un logement type de l'unité d'habitation de Marseille..

La première caractéristique de l'appartement type est d'être construit sur deux étages comme une maison
particulière. La salle commune bénéficie des deux hauteurs d'étage, une grande baie laissant apparaître le
paysage, les équipements de cuisine font corps avec l’appartement .

Appartement type G de l'Unité d'habitation de Le Corbusier à Marseille,


L'architecte Bruno Taut, auteur en
1912 à Berlin de la résidence Falkenberg, , disait que Le Corbusier pensait l'espace en peintre.

Thierry Durousseau architecte, auteur du travail de relevé de restitution des couleurs et Cécile Braneyre, graphiste.

Les aménagements en toiture de la Cité radieuse.

Cet immeuble a suscité un grand intérêt, provoquant parfois de vives réactions. Il n'en demeure pas moins
un exemple par l'ingéniosité dont put faire preuve l'architecte dans les détails et par la beauté sculpturale de
l'ensemble.

• Le Corbusier urbaniste visionnaire et utopiste.


« Vous êtes devant des faits, sous nos pieds la terre bouge, mais en vérité ce n'est pas la terre qui bouge.
Nous sommes sur un tapis roulant qui est l'évolution de l'époque. Nous sommes une civilisation machiniste,
nous devons prendre une tournure d'esprit. »Le Corbusier

Parallèlement à cette pratique du métier d'architecte, il mène une réflexion théorique sur l'urbanisme, au
travers de projets violemment polémiques.
• Plan Voisin pour Paris

en 1925, dans lequel il propose de ré-urbaniser Paris, en détruisant les habitations le long des quais et du
centre (sauf les monuments historiques reconnus) pour y construire de vastes immeubles gratte-ciel.

• Algérie : le Plan obus


Le Plan obus, Aménagement du front de mer d'Alger en 1930, Dans son essai critique, Manfredo Tafuri
qualifiera ce projet d’ « hypothèse théorique la plus achevée de l’urbanisme moderne. »

Le Corbusier dira de son propre projet qu’ « un travail comme celui-là est du domaine de l’attaque : on fonce en
avant, à la recherche de quelque chose. Ce qu’on recherche c’est la direction du futur. La direction vraie….Mon
propre projet était un projet obus. Son but était de fixer la direction. »

J-J Deluze à propos du plan Obus :


« Le projet d’Alger fut baptisé " projet Obus" parce qu’il pulvérisait toutes les idées reçues : le long du
littoral, de Saint-Eugène à Maison Carrée (de Bologhine à El-Harrach), dans un geste magistral, Le
Corbusier faisait sinuer un immeuble de plus de dix kilomètres, dont la toiture était une autoroute. Cet
immeuble était conçu comme un meuble à casiers, chaque casier pouvant être aménagé en logement,
avec sa propre façade, au gré de l’occupant ; on pourra même y faire du néo-mauresque,(je cite de
mémoire), disait l’architecte. Les rues étroites de la ville coloniale, "où les gens se regardent d’une
façade à l’autre et ne voient pas la mer" n’étaient, pour Le Corbusier, qu’un résidu urbain sans intérêt,
autant les démolir ; à la place, des milliers de gens en première loge, feraient face à la Méditerranée.
Quant à La Casbah, qui fut une découverte, voire même une révélation pour l’architecte, la route la
survolait pour ne pas y toucher. On comprend la panique des notables. Démolir une partie de la ville
coloniale, survoler La Casbah, investir d’un coup sur un ouvrage faramineux, paraissait (je dirais
même : était) une véritable folie. »
L’Algérie a été le théâtre d’un des plus importants de ses projets inaboutis. Le Corbusier a en effet
travaillé, 13
ans durant, sur un projet d’aménagement urbain pour Alger. Si elles n’ont jamais vu le jour, les
propositions de
l’architecte ont marqué par leur radicalité : il proposait par exemple un immense viaduc habité,
surmonté d’une
autoroute.

Cours 5
L’Algérie de Le Corbusier : Voyages et visions d’Alger.
L’école d’Alger (Alger vitrine du mouvement moderne)
Influence corbuséenne sur l’école d’Alger (un modernisme affiché).
L’école d’Alger (un modernisme tempéré).
Introduction : De 1931 à 1942, le Corbusier fera une dizaine de voyages en Algérie
Le Corbusier travaille près de 10 ans sur Alger, séduit par la lumière qui inonde le pays et par sa
végétation luxuriante. Il conçoit de multiples plans qui ne seront jamais exécutés.
Le Corbusier, fasciné par la Casbah qui doit, selon lui, être préservée et dont les toits-terrasses
inspireront ses oeuvres, et son concept de brise soleil, empreint aux architectures vernaculaires
d’Algérie pour atténuer la puissance trop vive du soleil d’Afrique du nord, par la vallée du M'Zab avec
a pentapole qui a été et est toujours une «source inépuisable» (Jean Bossu) ou encore une «leçon» pour
(Pierre-André Emery et André Ravéreau).
Le Corbusier a désigné la «Ville Sainte» du M'Zab, Beni-Isguen, comme «Ville Radieuse», comme
«ville pétillante». Toute sa vie, ce nom signifiait la ville dont il avait rêvé de bâtir.

Cet émerveillement pour Alger la blanche et son site, lui inspirent, en 1942, un court ouvrage qui paraitra huit ans plus tard
Poésie sur
Alger.
Regard de Le Corbusier sur la ville d’Alger et son paysage Algérois.
1er voyage à Alger Paris-Alger (Tipaza –Tizi Ouzou-Boussada.) :
Contexte intellectuel et artistique des années 30 à Alger : en 1931 l’aménagement urbain d’Alger est au
coeur des préoccupations des architectes Algérois et notamment « les amis d’Alger » qui invitent des
urbanistes renommés pour apporter des solutions et des propositions à l’aménagement de la zone insalubre du
quartier de la marine. C’est dans ce cadre que le Corbusier est invité pour deux conférence
intitulés « la révolution architecturale accomplie par les techniques modernes » le 17 et le 21 mars 1931.

o Dans une correspondance de fin mars 1931 à sa mère il écrit : « C’est un paysage splendide où les
beautés fraternelles s’amoncellent avec tous les caractères depuis la mer si belle, aux montagnes
neigeuses et au désert. Un charme, une lumière, un attrait sans fond des races musulmanes. Ici
(…) mon coeur s’attache, s’éprend (…) Déjà je me sens africain. Corbu l’Africain. »

o « L’architecte Jean de Maisonseul guida Le Corbusier à Alger en 1931, avant de devenir son ami.
Il témoigna de l’importante influence qu’exerça l’Algérie sur l’oeuvre de Le Corbusier et le virage
qu’elle prit après qu’il eut étudié la Casbah d’Alger et la Pentapole du M’Zab : « Il apparaît bien
que les voyages à Alger ont eu une importance capitale dans l’évolution de l’oeuvre de Le
Corbusier, dans ce qu’on pourrait appeler son « humanisation ». C’est en effet l’homme qu’il
retrouve à Alger, architecturalement et plastiquement (…) ». Alex Gerber.

Dans les carnets de croquis de Le Corbusier, les dessins d’Alger exécutés depuis le bateau font
apparaître clairement trois éléments forts de la ville : la Casbah, un système modulaire intégré au site,
le viaduc de Chassériau, une annexion du site, et le Palais du Gouvernement de Guiauchain, une
pièce urbaine majeur dans le site algérois.
• Le front de mer /Le viaduc –Chassériau- préfiguration du viaduc habité du plan obus .

Ce projet de première importance est conçu par Frédéric Chassériau,( architecte de la ville), qui
dessine l’ensemble de la structure soutenant le boulevard et les rampes entre les quais et la ville.qui à
débuté en 1860 et Inauguré en 1865 (avant son achèvement), il accueillera , par étapes, d’importants
édifices publics : la Préfecture, le Palais des Assemblées, le Casino, l’Hôtel de ville...

• Le palais du gouvernement.

Architecte Guiauchain , entreprise des frères Perret 1930 .

Le Corbusier est admiratif de ce bâtiment ostensiblement moderne : arrivée par bateau « là se dresse
un immense bâtiment en béton armé, cette façade lisse et ferme qui s’impose, le nouveau palais du
gouvernement de l’Algérie. Il dira « quel état au monde à jusque là décidé de construire (moderne) le
palais du gouvernement ».

• La Casbah d’Alger.

« Cette dominance horizontale fait écho au plan de la mer «Sur la terrasse le « dedans devient dehors ».
Le Corbusier à propos de la Casbah d’Alger :
o » elle à fait le site , elle à donnée à Alger le nom d’Alger la blanche , à cette apparition étincelante
qui accueille les bateaux arrivant au port , inscrite dans le site, elle est irréfutable, elle est en
consonance avec la nature , car de chaque logis ,De la terrasse , et ces terrasses additionnées font
comme un magnifique escalier descendant à la mer(…) »
o L’architecte de la Villa Savoie l’a dit à maintes reprises, la terrasse est la partie la plus
importante de la maison , la cinquième façade , « il explique avec enthousiasme que la maison de
la Casbah possède l’essentiel de ce qu’il réclame des constructions actuelles et futures , une plate
forme pour se baigner dans l’air et le ciel , et pour cela il faut fréquenter non pas les rues et les
patios mais les terrasses , il dira « elles sont d’une beauté et surtout d’une variété infinie »
o Cependant Le Corbusier à propos de la ville européenne pose un regard très critique :Il à dit à ce
propos : « Alger européenne dans la croissance violente de ces 50 dernières années, anéanti le site
dans lequel elle s’installait, et non pas la façonner, non pas composer de ciel, d’Atlas, de monts de
Kabylie et d’une admirable végétation, pour le bien des hommes, avec leurs oeuvres dressées sur son
immense Amphithéâtre de la mer (…) «

Le 2em voyage de Le Corbusier : la découverte de la pentapole du Mzab .

Ghardaïa (Mzab), vue générale (photo L. Golvin).


Pour l'architecte déjà célèbre, la rencontre avec la civilisation Berbère Ibadite vieille de plus de 1000
ans va être déterminante, il sera très vite préoccupé par sa sauvegarde et va sensibiliser ses disciples à
la construction d’un corpus de relevés d’architecture, à ce propos il dit :
« je ne parlerai pas des maisons des oasis, faites de terre moulées à la main et construites selon
des plans émouvants d’efficacité et de déférence aux desseins de l’âme , ces plans, il faudrait bien
vite, et avant leurs destructions et la décadence toujours possible, en faire le relevé et le déposer
aux archives des écoles, je m’en suis préoccupé à maintes reprises mais sans succès. »
C’est seulement a partir de 1968 que l’architecte André Ravereau va mettre en place « l’atelier du
M’zab qui fera un travail de recherche systématique sur la base de relevé et de photos qui seront
publiés.

Publication :Mosquée de Beni Isguen (Mzab) (plan Y. Bonète).


Plan d’une maison de Ghardaïa (relevé J. Echalier).

Croquis de Le Corbusier.
Ghardaia ( L Benevolo storia della citta)1933.

Le Corbusier : Croquis de la cour de la mosquée de Ghardaïa.1933


Le Corbusier exprimera en ces termes l’émotion suscitée par la rencontre de cette architecture vernaculaire
idéale : »Sous la poussée de l’esprit la surface se creuse ».l’architecture du Mzab se traduira aussi bien dans la
conception des niches de son appartement que dans les murs épais de la chapelle de Ronchamp puis dans les
monuments de Chandigarh.

• Le magasin Bailly à Paris transformé par Le Corbusier en 1948, projet qui exprime clairement la
référence puisée dans l’architecture Ibadite, en l’occurrence la mosquée de Sidi Brahem de El Atteuf ,
l’organicité du plan de ce projet le relie à sa perception des formes plastiques de l’architecture du
M’Zab ( l’espace , la lumière , le volume , la proportion et la poésie ). La sensibilité de L’architecte
urbaniste est manifeste à l’architecture du M’Zab mais également en tant que peintre, sculpteur et
poète.
• La chapelle de Ronchamp 1950-1955 :
Le Plan de cet édifice cultuel est irrégulier et dissymétrique, l’épaisseur des murs varient de 0.5m à 3m
, son implantation suit la pente du terrain qui monte symboliquement vers l’autel principal , les murs
sont enduits de crépis blanc ( chaux), la chapelle est construite essentiellement en béton ;cet édifice
révèle la puissance évocatrice et inspiratrice de l’architecture vernaculaire du M’Zab .

la façade sud perforés de lucarnes aux dimensions diverses s’inspire directement de la mosquée Sidi
Brahem , le Corbusier en fait les seules sources de lumière intérieure , par ce procédé l’architecte se
rapproche de l’atmosphère de cette admirable mosquée dans les variations subtiles des ombres et
lumières .
L’architecture du M’Zab par la plasticité des volumes, par la sobriété de sa culture qui ne tolère
aucune ornementation à contribué à fonder une leçon d’architecture en partant d’une identité locale qui
à conquis une renommée et une dimension universelle.

• Chandigarh 1955.

Les beaux bâtiments de Chandigarh révèle la maturité acquise par l’architecte, Le Corbusier adapta
sa théorie urbanistique de la Ville Radieuse aux problèmes spécifiques da l'Inde. Il dessina donc le
plan d'ensemble de la ville en créant le plus d'ombre et de courants d'air possibles. Les magasins,
construits du côté ombragé de la rue, permettent la flânerie sans l'incommodité de la chaleur et évitent
de traverser continuellement les voies de circulation. Les toits des habitations ont été étudiés en
fonction de la possibilité d'y dormir lors des nuits très chaudes.la plasticité qu’offre le béton et le travail de
l’architecte sur les parois alvéolées rappelle ses croquis de l’architecture du M’zab.
Je finis par le Plans obus qui fut le projet phare le plus connu (cependant rejeté) de Le Corbusier pour
l’Algérie.

« Le projet le plus connu et le plus radical de Le Corbusier à Alger est celui d’un aménagement de la ville, le
plan « Obus ». Le terme « Obus » a été utilisé car c’était une sorte de pulvérisation totale de l’urbanisme
existant. Le Corbusier faisait sinuer face à la baie d’Alger un immeuble, sorte de ruban long de plus de dix
kilomètres. Il comptait démolir la presque totalité de la ville coloniale pour construire des logements avec vue
sur la mer Méditerranée, pour laquelle l’architecte vouait une vénération. Pour autant il ne voulait pas détruire la
Casbah, , avec son architecture mauresque. Le projet fut perçu par le public et les édiles locaux comme délirant
et coûteux. La critique fut virulente, pourquoi construire sur un territoire déjà très urbanisé ? C’était absurde. »

L’école d’Alger (Alger vitrine du mouvement moderne)


Introduction : C’est dans la recherche d’une identité propre se distinguant de la métropole que s’est
constitué cette » école d’Alger », identité qui se préoccupe de territorialiser l’architecture en l’ancrant
dans Le climat, la lumière, le relief et la végétation du pays justifiant le recours à des éléments
architecturaux caractéristiques de cette atmosphère ; la terrasse, les galeries, les
portiques, les volumes simples, l'enduit blanc, les claustras.
Contexte : L’euphorie du centenaire de 1930 et le déclin de l’orientalisme jugé par les modernistes de
«pastiche sans intérêt », va favoriser l’émergence d’une jeune génération d’architectes (nés en Algérie
pour la plupart) épris de modernité et du désir de redonner à l’architecture Algérienne un caractère
méditerranéen, ces jeunes architectes du Mouvement moderne sont souvent qualifiés de «puristes »,
Un petit groupe se détache et constituera ce qu’on a appelé l’Ecole corbuséenne: Miquel, Emery,
Simounet, Bourlier, Ducollet, Bize, Hanning et de Maisonseul (peintre et urbaniste).

La branche corbuséenne de l’école d’Alger.( un modernisme affiché).


Cette école corbuséenne sera à la pointe du combat contre les bidonvilles ceinturant les grandes
villes d’Algérie et pour la construction d’une mixité sociale et culturelle. Si Le Corbusier n’a pas pu
construire à Alger, quelques projets « phares » portent l’empreinte de son influence sur les architectes
algérois.
Trois oeuvres « fortes » se distinguent : l’immeuble pont de l’architecte(1952) de Pierre Marie, l’Aero
–Habitat (1950-1954), de Louis Miquel, Pierre Bourlier et José Ferrer-Laloë et La CITE Djenan el-
Hassan (1956-1958) de Roland Simounet.

1. l’immeuble pont de l’architecte(1952) de Pierre Marie.


Comme le dit si bien le guide sur Alger « le petit futé » l'esprit de l'architecte suisse plane sur le
boulevard du Télémly. Cet immeuble étant conçu selon le principe des immeubles viaducs inventés
par Le Corbusier .L’immeuble a été construit sur un ravin. Sa toiture-terrasse, d’une longueur de 18
mètres reçoit la chaussée et les trottoirs de cette voie. Sous cette chaussée toiture-terrasse, sur
laquelle circulent automobiles et piétons, 82 logements ont été aménagés. L’immeuble possède un
accès à partir de la rue haute, une autre dans sa partie basse au creux du ravin. On peut également se
servir d’un ascenseur ou d’un escalier pour accéder soit à la route sur la terrasse soit à la rue au bas
du ravin. L’édifice rappelle le projet « Obus » de Le Corbusier dont la toiture sinusoïdale de
l’immeuble était conçue pour être une autoroute longeant la baie d’Alger. Il n’existe que deux
immeubles-ponts au monde : celui d’Alger, un autre au Brésil.

2. l’Aero -Habitat (1950-1954), de Louis Miquel, Pierre Bourlier et José Ferrer-Laloë.

L’aéro-habitat est certainement le bâtiment algérois le plus représentatif de l’esprit corbuséen. Inspiré
de l’unité d’habitation de Marseille, l’ensemble est composé de quatre immeubles liant le quartier
dense du centre-ville en aval au quartier-jardin situé en amont, sans toutefois obstruer le paysage.

En haut Maquette d’étude initiale En bas maquette finale vue d’ensemble du quartier

La position en éperon des deux plus grands bâtiments permet une double exposition des logements en
duplex, ce qui leur offre une vue sur l’étendue du paysage algérois et sur la baie d’Alger. Une rue
intérieure dévolue au commerce est savamment aménagée en fonction de la déclivité du terrain.. Au
sous-sol de ces deux bâtiments, il y a les garages ou de petits équipements collectifs.

Le logement Le grand ensemble de l’Aéro-habitat compte au total 284 logements, du studio à


l’appartement cinq pièces, avec une majorité d’appartements à trois ou quatre pièces. Les bâtiments
hauts sont constitués d’appartements en duplex ce qui permet de mettre une coursive un étage sur
deux. Ils comprennent les appartements F3 ou F4 dont la superficie vari entre 95 et 130m². Les petits
bâtiments sont composés quant à eux de logements en simplex, les F2 ou les F5, d’une superficie
variant entre 54 et 180m². Du point de vue du plan, chaque logement bénéficie d’une loggia, située
dans le prolongement du séjour. Les appartements, traversant, bénéficient ainsi d’une double
exposition et d’une meilleure ventilation. Les appartements en duplex ont un niveau jour avec le
séjour, la cuisine, les circulations et un niveau nuit avec les chambres, les sanitaires. Les loggias sont
dans ce cas en double hauteur et sont protégées de la lumière vive par un système de brise soleil.

L Miquel à fait preuve d’un talent certain par l’alliance d’une esthétique épurée moderniste et la
subtilité de la relation au contexte. Cet ensemble d’édifice démontre toutes ses qualités urbaines
notamment l’articulation du centre ville avec les hauteurs verdoyantes de la ville.

De l’Unité d’habitation à l’Aéro-habitat : la référence à l’unité d’habitation

L’analyse de la configuration des logements de l’Aéro-habitat rappelle sans conteste les logements de
l’Unité d’habitation (1945-52), , les idées d’immeuble-villas comme un empilement de maisons
individuelles, de rues intérieures et de coursives, d’immeuble de vie globale avec les activités
commerciales associées, rendant le bâtiment quasiment autonome dans le tissu urbain. »

« Il n’est pas exagéré d’y voir la plus intéressante des réalisations d’habitations collectives françaises
après l’unité d’habitation de Marseille. Bien que très corbuséenne d’esprit, cette oeuvre est d’une
composition et d’une structure qui ne lui doivent rien, sans parler de l’exceptionnelle audace de sa
construction et de sa parfaite insertion dans le paysage. » EMERY (P.-A.), « L’architecture en Algérie
1930-1962 », Techniques et architecture, n°329, février 1980
3. La CITE Djenan el-Hassan (1956-1958) de Roland Simounet.
• Le relevé du bidonville de Mahiedine.

Depuis la contribution de simounet en 1953 à la grille du groupe des CIAM d’Alger (sur l’habitat pour
le plus grand nombre), le jeune concepteur réalise un relevé du bidonville Algérois de Mahiedine
comme base pour une cité de relogement ; le relevé de Mahiedine va permettre à Simounet de mieux
comprendre l’habitat en Afrique du nord et des mode de vie , il met en place une nouvelle démarche
ou l’habiter est conçu non pas seulement dans sa fonction mais comme un acte culturel .Travail
effectué entre 1951 et 1952 dans la perspective du 9ème Congrès du CIAM (Congrès International
d'Architecture Moderne) à Aix-en-Provence, sur la Charte de l'Habitat, son oeuvre correspond a un
engagement social, avec le double souci de l'économie dans la construction et de la préservation de
l'identité culturelle des Algériens .
Le document FLC R2-12/141-1, bien que schématique en raison de la pauvreté du logis, permet une
lecture des pièces et des activités. Un espace partiellement couvert fait la médiation avec l’extérieur et
introduit à l’entrée.
D’ici les pièces s’enchaînent pêle-mêle : un WC se rattache à un trame sanitaire, deux pièces ont des
lits, d’autres des tables, la silhouette d’un homme se détache sur la linge tendue à sécher.

Planche réservée à l’habitation du président du comité de défense de Mahieddine est la plus détaillée,
au centre de la planche Simounet écrira : « Les bases essentielles du logis musulman : la chambre, la
cour, le patio couvert, la pièce d’eau et le WC. »

Le travail élaboré par Simounet à cette occasion accorde la plus grande importance à l’observation de
la relation de la maison à son habitat, et fonde le projet sur l’analyse de l’existant. le groupe d’Alger
saisit le thème par rapport à un enjeu spécifique : le problème des bidonvilles, habitat précaire et
illégal, et propose l’étude de Mahieddine, vaste Cité au coeur d’Alger.la grille dédiée à l’analyse de
Mahieddine met en correspondance serrée les dessins de Simonet avec les photos qu’il a pris sur place.
Les hommes, les femmes, les enfants de Mahieddine viennent habiter les planches, qui restituent une
vision lucide et perçante de cette réalité.

Aucun architecte n’avait encore imaginé utiliser le relevé d’un bidonville pour faire projet. Au delà de
l’extraordinaire précision graphique et de la richesse iconographique de ces planches, la grille affirme
la description critique du réel comme étape structurant l’invention architecturale. Si aujourd’hui cette
démarche est normalement retenue, elle était totalement nouvelle à l’époque.

Dans la partie réservée au projet, la grille expose une hypothèse de relogement temporaire pour les
habitants du
bidonville, à construire sur le même site de Mahieddine.

Simounet va développer sa proposition pour des logements de transit. La cellule duplex proposée
permet de bien lire l’influence des donnés du relevé.

IAM 9, Grille du Groupe CIAM Alger, Croquis de projet, 1954


Propos de Simounet « À mon grand étonnement, je découvrais un habitat spontané, ingénieux,
économie de moyens, des espaces maîtrisés, un respect de l'ancrage et de la végétation, une vie de
quartier organisée, une solidarité saisissante. Bien sûr, la trame sanitaire restait nécessaire et
urgente, mais la leçon d'espoir était là et la poésie sous-tendue interdisait de détruire le milieu sans
discernement, sans une longue réflexion. Ainsi, cette formule à laquelle je crois toujours vint s'inscrire
sur les panneaux présentés au congrès d'Aix : « ne rien détruire avant d'être sûr de proposer mieux ».
La leçon reçue du bidonville d'Alger est très forte et restera déterminante pour toute l'oeuvre
architecturale à venir. «

La CITE Djenan el-Hassan, la leçon du bidonville.


Cette cité a connu une renommée internationale. Elle est construite en trois phases sur les pentes de la
ville et combine un langage vernaculaire et contemporain. C’est « l’invention du logement collectif
horizontal » .
• Dans les choix d’ancrage au sol des interventions, l’interaction avec le site s’avère toujours
déterminante. Djenan el-Hasan associe les logements en bandes horizontales parallèles aux courbes de
niveau. Superposée au territoire, l’architecture échelonne le paysage. Ce système dérive, bien sur, de
l’observation de la casbah d’Alger et des modalités d’assise remarquées à Mahieddine.
• Simounet associe au logement collectif horizontal » la typologie casbah « La densification
horizontale obtenue par l’association en bandes est nourrie par un système de circulation à coursives
couvertes, qui font progressivement la médiation entre l’extérieur et l’intérieur.
• Le choix d’un seul volume, au sein du quel différentes espaces se dégagent par l’aménagement des
plafonds, des planchers, des rangements, revient à Djenan el- Hasan , La séquence axiale qui relie la
coursive à la salle centrale et celle ci à la loggia ouverte sur le paysage reviendra couramment dans les
logements de Simounet.
• Conçue selon les proportions du “modulor” élaboré par Le Corbusier, elle reprend les
caractéristiques
de l’habitat spontané Djenane el-Hassen est répartie en trois entités harmonieusement ancrées dans le
site du Frais Vallon.
• La cité est structurée par des coursives qui distribuent des logements couverts de voûtes de terre cuite
apparente. Chacun occupe une surface minimale de 16 m2 et est doté d’une loggia de 4 m2.

Propos de Simounet : « Je crois que d’être né en Algérie à beaucoup compté. Je fais depuis quelques
temps cette constatation : dans l’Algérois où je suis né, et d’une manière générale dans le Maghreb, se
trouvent les éléments fondamentaux du Mouvement Moderne en architecture : la terrasse, le lait de
chaux, la rue intérieure, le coté vernaculaire des choses, avec cette géométrie simple que l’on retrouve
dans la casbah d’Alger et qui a séduit beaucoup d’architectes. De là vient aussi que je sais m’adapter
et prendre en compte la géographie des lieux. J’ai eu la grande chance de connaître l’habitat
primordial, le village authentique et même le bidonville, qui est le contraire du taudis. Le bidonville
est une structure vivante, une promesse de logement, alors que le taudis arrive à détruire l’idée même
du logis. J’ai commencé mon métier en faisant des enquêtes de sociologie urbaine et, avant cela, en
creusant des canalisations dans les quartiers démunis. J’en ai toujours gardé quelque chose. »
Aujourd’hui, la cité offre l’image désolante d’un bidonville

Le projet Djnen el Hasan est inspiré de la leçon du bidonville Mahiedine mais aussi du projet, non
abouti « Roq et Rob »de Le Corbusier (Les voûtes étagées sur une pente abrupte) Comme dans le
projet de Le Corbusier, Simounet privilégie ici la vue panoramique sur un paysage méditerranéen
omniprésent et met en avant la plastique de l’architecture associée à un langage vernaculaire.

Ce projet de Le Corbusier non réalisé est dominé par un souci de composition de l'architecture avec le
site si particulièrement méditerranéen de la Côte d'Azur, Pour avoir le bénéfice de son climat et de ses
vues admirables. II s'agit donc, en premier lieu, d'assurer la visibilité - la vue-sur les paysages les plus
choisis. Tel est l'objet même du logis à construire.

L’école d’Alger, (Un modernisme tempéré.)


Fernand Pouillon.
Pouillon est un bâtisseur hors du commun dont l’urbanité et la sensibilité à la méditerranée dépeint
toute l’oeuvre de cet architecte singulier.

Son oeuvre surgit ainsi singulière et originale. Elle actualise, au coeur du siècle moderne, une tradition
millénaire de constructeurs, faite de respect, d’admiration pour les chefs-d'oeuvre de leurs aînés et de
créations continuelles ; une oeuvre révolutionnaire par son attachement même à la longue tradition des
maîtres d’oeuvre. Ignorant superbement la rupture historique promulguée par les tenants d’une
modernité qui voulut s’affranchir de ce que les formes doivent au temps, Fernand Pouillon affirme sa
foi en la grandeur des oeuvres du passé, au coeur d’un siècle où la pensée technique oublieuse de ses
origines a progressivement tout envahi
.
Contrairement au Corbusier , qui a beaucoup théorisé et finalement très peu construit (des bâtiments
qui structurellement vieillissent mal), Fernand Pouillon, vrai homme de chantier, a peu écrit sur ses
pratiques, mais aligne au final quelques trois millions de mètres carrés et 50 000 logements en France,
en Algérie et en Iran (plutôt en bon état malgré le manque d'entretien).

L'architecture de Fernand Pouillon, d'une monumentalité à la fois moderne dans son agencement
intérieur (double exposition, grandes cuisines, loggias abritées et espaces communs soignés) et très
classique dans son aspect, présente un certain nombre de constante:

• La pierre « Les chapelles d'architecture modernes me l'ont toujours reproché : être de son temps,
c'est construire en béton et en acier, sinon on n'est pas dans le coup », écrit Pouillon dans ses
mémoires. Pour cet homme du midi, le matériau de prédilection, celui qui sait prendre la lumière et
embellit avec le temps, c'est la pierre. Il en fait l'éloge dans Les Pierres sauvages.

• La monumentalité « Plus le logement est modeste, plus l'architecture doit être monumentale »,
martèle Pouillon dans ses mémoires. . Il s'en prend d'ailleurs vertement à ses confrères : «
Pourquoi à l'ère atomique, alors que l'on découvre les espaces intersidéraux, n'est-il plus possible
de créer de la beauté pour tous ? Pourquoi, de l'antiquité au XIXe siècle, l'harmonie était-elle
partout, malgré l'absence des machines et de la démocratie ? Pourquoi, à l'époque du socialisme,
de l'abondance, nous contraint-on à vivre dans des cités livides, des rues casernes ? Pouvez-vous
croire que l'égout, l'eau, l'électricité, la salle de bain sont responsables de l'inconfort de l'âme ? »

• Le sens du détail Poignée de porte, céramiques des cages d'escalier, fontaines, bassins,
plantations, les chantiers de Pouillon sont toujours excellemment bien conçus jusque dans les
moindres détails.

• Pouillon à l’opposé des modernes va continuellement utiliser l’héritage et l’histoire de


l’architecture comme source d’inspiration, de création, « il ne rompt ni avec l’urbanisme classique
« beaux arts » ni avec l’art de bâtir ni avec l’architecture traditionnelle, ce qui donne à son
architecture une qualité et une urbanité indéniable.

• Diversité des écritures, sensibilité méditerranéenne dépeignent donc son oeuvre, toute entière…
"témoin de sa recherche d'une beauté familière, naturelle et intemporelle, de cette quête qui hantait
déjà les Grecs anciens".lucien Bonillo

Pouillon est lui aussi fasciné par ce pays : "Dans les cités du M'Zab et dans les oasis, il n'existe qu'une
maison traditionnelle, mais répétée sous les aspects les plus humains, avec un maximum de fantaisie.
La Casbah d'Alger est bâtie suivant les mêmes principes et il est indiscutable que nulle part, on
n'éprouve une impression d'ennui ou de monotonie."

Sans rompre jamais avec un sens profond de l’histoire, de l’architecture et de l’harmonie des cités
anciennes, Fernand Pouillon fit preuve au coeur du siècle moderne d’une grande clairvoyance en ces
moments de foi collective dans un progrès qui fit table rase des formes et des vérités du passé.

Pour répondre aux problèmes de logement, notamment ceux de la population musulmane, le maire
Jacques Chevalier confie à Fernand Pouillon la réalisation de plusieurs cités d’habitation parmi
lesquelles Diar Mahçoul, Climat de France et Diar es-Saâda.

Diar es-Saada Cette dernière est réalisée dans un temps record, entre 1953 et 1954. Conçue
comme une cité de “confort normal” destinée aux Européens, elle comprend 19 bâtiments de 4 à 5
niveaux, qui s’organisent autour d’une tour de 15 étages.

Pouillon conçoit ses projets comme une petites ville , son point de départ est la rationalisation de
l’immeuble système constructif économique , structure à murs porteurs , de pierre ou de brique ,sans
armatures , ceci mène à des écritures architecturales ordonnancés , auxquels la pierre donne une
durabilité et une force visuelle , cette architecture rationnelle se nourrit d’une foule d’image fortes De
culture méditerranéenne( soit européenne ou mauresques d’Afrique du nord .
L’objectif principal qui guide l’architecture de Pouillon c’est la relation primordiale entre le bâtiment
et l’espace public.
la succession d’espaces hiérarchisés et enchainés créent l’harmonie, De longs axes piétonniers
s’inscrivent dans les fortes pentes créant de longues vues, des percées inattendues, la diversité des sols
conçus comme des façades articulant minéral et végétal.
La recherche d’une écriture méditerranéenne se manifeste par l’emploi de ( loggias , claustras ,
encorbellements , de même que l’emploi de divers matériaux mettent en valeur la pierre ( briques et
céramiques ).

Pouillon travaillait avec des artistes pour embellir les façades, comme ce totem signé Jean Amado sur
la façade de la tour de la cité de Diar-es-Saâda.

Diar el Mahçoul (la cité de la promesse tenue) 1954-55.


Contexte : Fernand Pouillon a remarquablement tiré parti de la position des terrains sur lesquels la cité
Diar El Mahçoul (cité de la promesse tenue) a été construite, sur la crête du plateau qui domine
l'extraordinaire baie d'Alger, presque à l'aplomb du très beau Jardin d'Essai. Depuis la mer, la
volumétrie de la cité avec sa tour, son belvédère, la mosquée et les jardins de la Villa des Arcades
-agence et résidence de Fernand Pouillon- est une entité remarquable dans le paysage. Dans la cité
elle-même, les espaces publics intérieurs, y compris dans leur pavement de sol, sont décorés,
généreux, et reliés par de grands escaliers et des portiques qui offrent des vues magnifiques sur la mer,
la ville et le port en contrebas.

Diar Mahçoul est édifiée en 1955 par Fernand Pouillon comme une double cité composée de deux
quartiers différents, selon une certaine ségrégation spatiale : l’un, dénommé “confort”, est destiné aux
Européens ; l’autre, “moyen confort” est destiné aux Algériens musulmans.

La première cité bénéficie d’une position privilégiée sur les coteaux surplombant le Hamma, avec un
large vu sur la mer. La seconde, de l’autre côté de la route, occupe un terrain moins avantagé. Pouillon
met ici au point un langage métissé pour lequel il puise ses référents tant dans l’histoire de
l’architecture maghrébine qu’européenne.

Pour le quartier “confort”, conçu à l’image d’une petite ville, Pouillon pense un parcours à l’allure
monumentale qui mène vers la grande place centrale occupée par l’immeuble-tour sculpté. Le quartier
“moyen confort” se distingue quant à lui par l’échelle réduite de ses immeubles et témoigne des
recherches de Pouillon sur une typologie adaptée au logement “algérien”. L’utilisation des
encorbellements en bois rappelle les ruelles de la Casbah, tandis que l’emploi de la pierre de taille
évoque des murailles médiévales
La cité Moyen-Confort Forme un front d’immeubles bas, bordé d’une large place surplombant
en belvédère la ville basse et la mer. L’escalier large et monumental construit le parcours les «
entredeux » par un passage c constitué de 5 travées d’arcades majestueuses.

L’écriture architecturale s’appui sur le thème classique de la tripartite Base, corps et attique cependant
il introduit un répertoire architectonique composé d’encorbellement ( tour) l’emploi de divers
matériaux ( voutes des passages couverts , pans de briques rythmant les façades , parties des façades
en recul , décor de céramiques Le marché : Structure basse et ouverte, constitué d’arches en pierre,
couvertes de voutes de briques , qui sépare la place centrale d’une autre place , on perçoit l’horizon et
la mer . l’église transformée en mosquée est une oeuvre moderne réalisée en béton et faisant appel à
une réelle prouesse technique .

Richesse et diversité de parcours.


Un répertoire architectonique métissé.

L’entité " simple confort " de Diar El Mahçoul.

celle-ci fait appel au modèle de la casbah, d'autant plus aisément que le site est escarpé : rues, ruelles,
placettes,
passages étroits entre immeubles, escaliers, montées, descentes, densité importante, moins de décors
de céramiques mais plus de travail des ombres et des lumières sur les façades, pas de tour mais des
voûtes pour le marché. La première rangée d'immeubles renferme sept patios. Les très hauts
encorbellements de bois qui enfermaient les balcons d'un immeuble tout en rythmant sa façade ont
disparu.
Si l’inspiration architecturale est la même que pour la cité confort destinée aux européens, il n’en
demeure pas moins qu’il y a des différences notables, la hiérarchie classique des façades à disparu, la
densité est plus forte , l’échelle des immeuble est réduite, les dimensions des placettes sont rétrécies.
Pouillon recherche une typologie Pour le logement Algérien.

Autre innovation à souligner, l’accessibilité aux toitures protégées par des gardes corps assez élevés
montre La volonté de Pouillon de tirer des leçons de la casbah d’Alger.

Remarquable Marché aux voutes ellipsoïdales en brique.

Jean-Jacques Deluze dans " Alger, chronique urbaine « analyse très bien les composantes de la beauté
de cette réalisation. Il met en évidence comment Fernand Pouillon fabrique les qualités élémentaires
de la ville par le traitement de l'espace urbain :
- dans toutes ses dimensions, dont le sol est traité comme l'une des façades,
- dans son continuum : l'enchaînement sans rupture,
- dans la hiérarchisation qui inclut à la fois le contraste dimensionnel et la centralité, c'est-à-dire que
places, placettes,, portiques, passages, diversité de hauteur, tours, immeubles, etc… accompagnent la
hiérarchie des espaces publics.
- dans l'équilibre des volumes, les harmonies et les contrastes, la mise en valeur des volumes par les
jeux des ombres et des lumières, les matières et la composition des façades, la décoration

La cité Climat de France


Climat de France est un incroyable ensemble urbain de 5000 logements situé sur les hauteurs d'Alger,
à Oued Koriche au-dessus de Bab-El-Oued. Conçue pour abriter la population la plus pauvre et la plus
démunie des bidonvilles aux alentours, la cité offre une qualité urbaine exceptionnelle.

Cette cité est une métaphore, Pouillon à voulu donner à la plus humble des cités la grandeur du
monument, mêlant l’échelle monumental du « Meidan » d’Ispahan aux Ambiances esthétiques
algéroises et sahariennes .Au milieu de la cité se trouve le colossal édifice central et la place
monumental des 200 colonnes , vers le bas et vers le haut de cette place s’organisent les quartiers
autour d’un axe piétonnier en escalier et d’une placette traversée par cet axe ,a leur tour ces quartiers
sont composés de placettes et de tracés plus irréguliers .Cet ensemble est conçu comme « une oeuvre
fermé » en haut par le talus et en contrebas par l’immeuble sinueux conçu comme un véritable rempart
autour du quartier inférieur .Du coté nord ouest un large portique monumental qui mène à l’axe de la
place ,c’est un seuil , une porte de « ville » , Pouillon dira « pour la première fois dans les temps
modernes , nous avions installés des hommes dans un monument »

Fernand Pouillon dans ce projet va puiser son inspiration de la Casbah, ville réelle et encore vivante en
retenant de celle-ci ses principes architecturaux et urbanistiques. « Une casbah moderne au climat de
France titre la revue « Algéria « lors de l’inauguration de cette cité.un chantier de 700 hommes
fondent les assises d’une ville, d’une autre casbah, non plus médiévale, mais « ultra moderne « peut-
on lire dans cet article.

L’édifice des 200colonnes. Toute l’activité se concentre dans cette place, boutiques et accès aux
cages d’escalier, la combinaison entre échelle monumentale et échelle domestique est la
caractéristique fondamentale de cette place,, la réconciliation entre les échelles se fait par la colonnade
de pierre qui unifie celle-ci, l’ampleur des colonnes ( 1m2)se superposant dans la perspective créent
une certaine intimité qui rappelle paradoxalement les ruelles de la casbah., la façade de brique apporte
la petite échelle.

Les 200 colonnes, édifice de 260 m de long sur 65 m de large entourant d’une colonnade une place de
235m sur 40m, les façades extérieurs ne permettent aucun accès individuel, de part et d’autre de larges
porches de 5travées marquent l’axe longitudinal., d’autres accès dans les cotés longs ne se situent pas
dans le prolongement de l’autre et marque ainsi une diversité de perception de cette pièce urbaine
inédite . Là encore, le génie de Fernand Pouillon est à l'oeuvre pour masquer la densité réelle de la
population. Manifestement sans entretien, et surpeuplée, la cité conserve grâce à son solide mode
constructif et à son harmonieuse conception architecturale un caractère urbain de belle qualité qui
marque tout voyageur : les vues vers la mer ou sur la montagne, l'utilisation optimale de la topographie
accidentée, les espaces publics internes et leurs relations avec les environs du quartier, la prise en
compte de la lumière méditerranéenne, tout est remarquablement bien conçu et interprété

Le logement :les recherches de Diar el Mahçoul « simple confort »sont poursuivies , on retrouve
encore les petits volumes en alternance avec de plus grands immeubles , des terrasses accessibles sur
les toits , les toitures montrent un paysage animé de petites coupoles qui couronnent les abris donnant
accès aux terrasses , aux parois d’escalier des petites percées qui forment des compositions
géométriques faisant d’infinies variations sur un même thème , Pouillon à mentionné son inspiration
par les motifs géométriques des tapis sahariens .
Conclusion.
Comme le souligne l'historien architecte Jean-Lucien Bonillo : " une même variété d'éléments qui,
chez Fernand Pouillon, filtrent la lumière méditerranéenne, même délicatesse et poésie dans la peau
des édifices où le façonnage et la mise en oeuvre inventive et joyeuse des matériaux, pierre, brique,
bois, béton, accrochent et piègent la lumière et le temps comme pour exprimer la mémoire des
hommes et leur plaisir au travail."
Diversité des écritures, sensibilité méditerranéenne dépeignent donc son oeuvre, toute entière…
"Témoin de sa recherche d'une beauté familière, naturelle et intemporelle, de cette quête qui hantait
déjà les Grecs anciens".L Bonillo

Bonne lecture ^^

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