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UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE TECHNOLOGIE D’ORAN MOHAMED

BOUDIAF

FACULTE D’ARCHITECTURE ET DE GENIE CIVIL

DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL

BETON PRECONTRAINT

COURS DU DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL

CHAPITRE VI

CALCULS AUX ETATS LIMITES ULTIMES (ELU) :

Dr.BERRACHED Kouider

Maître de Conférences A

Département Génie-Civil

ORAN- 2019 /2020


CHAPITRE VI

I.CALCULS AUX ETATS LIMITES ULTIMES (ELU) :

1.combinaisons des charges :

Les combinaisons de calcul ne pourront être décrites que lorsque seront définis :

- Les situations dans lesquelles la structure se trouvera,


- Les actions qui sont appliquées dans chaque situation,
- Les états-limites à ne pas dépasser pour chaque situation,
- Les actions variables qui peuvent être appliquées simultanément.

2.etat limite de résistance :

Un tel état limite peut être atteint soit sous l’effet d’un usage normal (combinaison
fondamentale) soit sous l’effet d’une action accidentelle (combinaison accidentelle) ; il y a
donc théoriquement deux combinaisons à étudier :

a- Combinaison fondamentale des sollicitations :


Le BPEL retient l’expression simplifiée suivante :

S(ɤ.Pm + 1,35.Gmax + Gmin +ɤQ1.Q1k + Σ 1,3.Ψ0i.Qik )

Avec :
Pm : valeur probable de la précontrainte
Gmax : actions permanentes défavorables (même sens que Q1k )
Gmin : actions permanentes favorables ( sens contraire que Q1k )
Q1k : action variable de base de la combinaison
Ψ0i.Qik : actions variable d’accompagnement
ɤQ1 =1.5 (dans le cas général)

b- combinaison accidentelle :
l’expression générale est de la forme suivante :

S( Pm + FA + Gmax + Gmin +Ψ11.Q1k + Σ.Ψ2i.Qik )

Avec : FA : valeur caractéristique de l’action accidentelle

c- Justifications :
Les combinaisons les plus défavorables étant déterminées, la justification consiste
à montrer qu’elles ne dépassent pas la sollicitation résultante ultime de la section
d’étude.
II.comportement des matériaux :
a- Le béton :
σc
fcj digramme expérimental

0,85.fcj/ɤb modèle de
calcul

2.10-3 3,5.10-3 Ɛ%0

Fig.1 : Digramme contrainte déformation en compression.


ɤb =1 ;5 cas courant
ɤb = 1,15 cas accidentel

b- Acier :
Deux phases caractérisent le comportement mécanique
- Phase élastique comme dans le cas des ELS
- Phase plastique , caractéristique du dépassement de la limite élastique et de la création
de déformation permanente au sein du matériau.
Valeur maximale de déformation Ɛmax = 10%0

-fils tréfilés ou torons :


σp
Diagramme de base

fprg
B Diagramme de calcul
0,9fpeg/ɤp A
Ɛp= σp/Ep +100(1,15.σp/fprg – 0,9)puis5 pour σ>0,9fpeg/ɤp

Equation de la courbe

Ɛp = σ/Ep pour σp<0,9fpeg/ɤp


O
1%0 Ɛp
Fils trempés ou barres :

fpeg

Diagramme de base
Fpeg/ɤp

Diagramme de calcul

Ɛp

Armatures passives :

Fpeg diagramme de base

fpeg/ɤp
diagramme de calcul

Ɛp
-10/%0 10%0

Fig.2

c- Hypothèses fondamentales :

- La résistance en traction du béton est négligée


- Le diagramme (σ-Ɛ) pour le béton en compression est rectangulaire
- Le béton et l’acier ne subissent aucun glissement relatif
- Les sections droites restent planes
- Le diagramme des déformations d’une section correspondant à l’atteinte de l’état
limite ultime, respecte la ‘’règle des 3 pivots’’
règle des 3 pivots
y y

3,5%0

b c B

h 3h/7

Z G EXTENSION RACCOURCIMT

Ap 1 2 C

As A 3
10%0 2%0

fig.3
plusieurs types de sollicitations sont à envisager :
- Cas d’une flexion composée de traction :
ELU correspondant à la déformation limite avec (pivôt A ; déformation
Ɛa =10/1000 ;domaine1).
- Cas d’une flexion composée n’entrainant pas une compression complète de la
section (ELU du béton) (pivôt B ; Ɛbu = 3,5 pour 1000 ; domaine2).
- Cas de flexion composée de compression telle que toute la section soit
comprimée :
(pivôt C ; Ɛbu = 3,5 à 2 pour 1000 ;domaine 3).
Remarques : les diagrammes représentés sur la figure ci-dessus correspondent à
l’application d’un moment fléchissant positif au niveau de la section considérée.

III. Diagrammes des déformations et des contraintes à l’ELU dans le cas d’une
section non totalement comprimée ( Fig.4)

Y y 3,5%0 y 0,85fcj/ɤb

Ɛb
0,8y
Y
z axe neutre
ds dp Ɛ σ

∆’’Ɛp ∆’Ɛp Ɛpm ∆’’σp ∆’σp . σp


Ɛs σs
10%0 sous charges permanentes seules
1.Contrainte dans le béton :
Dans le cas le plus courant, lorsque la section étudiée n’est pas entièrement
comprimée , on utilise une distribution de contrainte rectangulaire définie comme
suit :
- La contrainte est nulle sur une distance de 0,2y à partir de l’axe neutre.
- La contrainte vaut sur la distance de 0,8y restante :

σb = 0,85.fcj/ɤb

2.Contrainte dans l’acier :


La déformation à l’état limite ultime d’une armature de précontrainte est la somme de
3 termes :
a- L’allongement préalable :

Ɛpm = σpm/Ep

Avec : σpm : contrainte probable dans les armatures sous les actions permanentes

σpm = Pm/Ap = (P0 - ∆P)/Ap

b- L’accroissement d’allongement :
∆’Ɛp accompagnant le retour à la déformation nulle de béton au niveau de
l’armature moyenne de précontrainte.

∆’Ɛp = 5. σbpm/Ep

Avec : σbpm = contrainte dans le béton au niveau de l’armature moyenne de


précontrainte sous l’effet des actions permanentes et de la précontrainte

σbpm = Pm/B + (Pm.ep + Mm).ep/I

c- Une variation complémentaire ∆’’Ɛp : accompagnant la déformation au-delà de


la valeur nulle, directement accessible sur le diagramme de déformation de la
section.

y
Ɛb ∆’’Ɛp / Ɛb = (dp-y)/y
y ∆’’Ɛp = (dp-y). Ɛb /y (3)

h ds dp Ɛ Ɛs/ Ɛb = (ds-y)/y (4)

∆’’Ɛp ∆’Ɛp Ɛpm


Ɛs
Fig.5
3- Détermination des contraintes dans les armatures est effectuée par les fonctions
suivantes :

σ σp=f(Ɛp) σ σs=f(Ɛs)

∆’’ σp
∆’σp
σs

σpm

Ɛpm ∆’Ɛp ∆’’Ɛp Ɛs Ɛs

Armature de précontrainte Armature passive


Fig.6

4- Principe et méthode de justification :

a- Sollicitation de calcul :
Dans le cas ou seule la précontrainte crée un effort normal (dans le cas de la
combinaison fondamentale)

Nu = Pm avec (Pm=P0 - ∆P)

Mu = 1,35.MGmax +MGmin +ɤQ1.M(Q1k) + Σ 1,3.Ψ0i.M(Qik)

(M ): désigne le moment fléchissant défini au centre d’inertie de la section

b- Méthode de résolution :
Il est seulement nécessaire de déterminer Mu pour vérifier que :

Mu ≤ Mu barrre
Mu : sollicitation résultante ultime
Mu barre : capacité portante de la section (Moment résistant)

c- Equations d’équilibre :
A l’état ultime, sous l’effet de la sollicitation agissante Nu, on peut au niveau
de la section considérée ,traduire l’équilibre par :

Nu = Bc.0,85.fcj/ɤb – Ap.∆σp – As.σs (1)


y 0,85fcj/ɤb

: Nu :effort normal sollicitant


y 0,8y
Mu
axe neutre

Nu
ds dp z
Ap.∆σp : surtension de précontrainte
As.σs : tension des armatures passives
∆’’σp ∆’σp . σp
σs
Bc.0,85.fcj/ɤb : compression du béton
Bc = b.0,8.y : section de béton comprimé de hauteur (0,8.h)
Fig.7

Le moment résistant ultime est défini par :

Mu = Bc.0,85.fcj/ɤb.z + As.σs (dp-ds) (2)

d- Equations liées à l’hypothèse des section planes équations


géométriques) :

Ɛs/Ɛb = (ds-y)/y (3)

∆’’Ɛp/Ɛb = (dp-y)/y == ∆’’Ɛp= (dp-y). Ɛb /y (4)

e- Equations traduisant le comportement de l’acier :(équations physiques)

Pour les armatures passives :

σs = g(Ɛs) (5)

pour les armatures actives :

∆σp = f(Ɛpm + ∆’Ɛp +∆’’Ɛp) – f(Ɛpm ) (6)

Remarque : g et f sont des fonction du type d’acier utilisé.

f- Equations traduisant l’atteinte d’un état ultime :

Il existe deux possibilités suivant que cet état est atteint sur le béton nou sur
l’acier.
Ɛb = Ɛbu = 2 ou 3,5 %0 (compression et flexion) (7)

Ɛs = Ɛsu = 10 %0

Nous avons 7 équations , on peut donc écrire les 7 inconnues à savoir :

∆σp ; σs ; y ; ∆’’Ɛp ; Ɛb ; Ɛs ; Mu barre

Le problème est résolu par approximations successives à partir du diagramme


de déformations choisi à priori ; par exemple celui passant par les pivots A et
B ; ce qui impose :

Ɛs = 10 %0 ; et Ɛb = 3,5 %0
A partir de ces valeurs :
L’équation (3) donne y
‘’ (4) ‘’ ∆’’Ɛp
‘’ (5) ‘’ σs
‘’ (6) ‘’ ∆σp

Le diagramme de déformation n’étant pas celui qui assure l’équilibre, sauf cas
exceptionnel , c’est pourquoi l’équation (1) ne peut être vérifiée ; on calcule
cependant :

Nu1 = Bc.0,85.fcj/ɤb – Ap.∆σp – As.σs (8)

La comparaison entre Nu et Nu1 va nous permettre de modifier le diagramme


de déformation que l’on s’est imposé :

Si Nu1 > Nu  cela signifie que la section de béton comprimée est trop
grande on doit donc faire pivoter le diagramme autour de A (y diminue Bc
diminue)

B
y1
y

y1 < y

A
Fig.8
Si Nu1 < Nu  le diagramme doit au contraire pivoter autour de B (y
augmente Bc augmente).

B
y
y1

y1 >y

Fig.9

Remarque : un calcul itératif permet de trouver le diagramme d’équilibre et


c’est à ce moment là que l’équation ( ) peut être utilisée pour déterminer Mu
Finalement on vérifie :

Mu ≤ Mu

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