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A la famille WOWE :

Mon père, M. WOWE André ;

Ma mère, Mme WOWE Marcelline ;

Mes frères et sœurs, Aymar, Raïssa, Pascale, Sara et Salomon


SOMMAIRE
SOMMAIRE ............................................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS .................................................................................................................................. ii
AVANT-PROPOS .................................................................................................................................. iii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................... iv
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................................... 1
PARTIE I : CADRE REGLEMENTAIRE ET FONCTIONNEL DU CONTRÔLE DES
TRANSACTIONS FINANCIERES AVEC L’EXTERIEUR ................................................................... 6
CHAPITRE I : DISPOSITIF FONCTIONNEL DE CONTRÔLE DES FLUX FINANCIERS
DU COMMERCE EXTERIEUR ............................................................................................................ 8
SECTION I : Les organes de contrôle des transactions financières avec l’extérieur.......... 8
SECTION II : Les pouvoirs reconnus aux personnes habilitées à constater les
infractions .......................................................................................................................................... 11
CHAPITRE II : LES MECANISMES DOUANIERS DE CONTRÔLE DES FLUX
FINANCIERS DU COMMERCE EXTERIEUR ............................................................................... 13
SECTION I : Les procédures encadrant les opérations du commerce extérieur ........... 13
SECTION II : Le Contrôle et répression exercé par la Division du Contrôle des
opérations financières du Commerce extérieur et des Changes ......................................... 18
PARTIE II: ANALYSE PROSPECTIVE DU DISPOSITIF DE CONTRÔLE DES OPERATIONS
FINANCIERES DU COMMERCE EXTERIEUR ................................................................................. 24
CHAPITRE III : ANALYSE CRITIQUE DU DISPOSITIF DE CONTRÔLE DOUANIER DES
OPERATIONS FINANCIERES DU COMMERCE EXTERIEUR ................................................ 25
SECTION I : De nécessaires réformes du cadre règlementaire ........................................... 25
SECTION II : La nécessité de rationaliser l’action des organes de contrôle ..................... 28
CHAPITRE IV : LA MISE EN PLACE D’UN CONTRÔLE DOUANIER INTELLIGENT .... 31
SECTION I : L’organisation des contrôles et l’enrichissement des bases de données de
référence............................................................................................................................................ 31
SECTION II : Le développement de nouvelles procédures de contrôle ............................ 33
CONCLUSION GENERALE ................................................................................................................. 36
ANNEXES.............................................................................................................................................. 37
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................. 38
TABLE DES MATIERES....................................................................................................................... 41

i
REMERCIEMENTS

Nous ne saurions remercier qui que ce soit sans au préalable rendre grâce à Dieu, pour sa
protection tout au long de ces deux années de formation loin de chez nous.

Nos sincères remerciements au Directeur Général et à tout le personnel de l’IEF-PR pour


l’encadrement dont nous avons bénéficié tout au long de nos études.

Toute notre reconnaissance à notre encadreur, le Dr. DIFFOUO Guy Innocent, Inspecteur
Principal des Régies Financières-Douanes, pour l’orientation qu’il nous a aidé à donner à ce
travail, ses conseils pratiques et directives qui nous ont permis de cerner les contours de notre
sujet.

Notre gratitude va également à l’endroit de tout le personnel de la Direction Générale des


Douanes du Cameroun, pour l’accueil, l’acceptation, et la disponibilité à toutes nos
sollicitations.

Nos remerciements vont également à l’endroit de mes camarades de promotion, pour l’esprit
de famille, la coopération, et les échanges enrichissants qui ont rendus ces années de rude
formation supportables.

Enfin, en l’absence de mots plus forts, je voudrai dire merci à mes parents, mes frères et
sœurs, pour leur soutien constant, leur présence malgré la distance, la foi et la quête de
l’excellence qu’ils nous ont transmises.

ii
AVANT-PROPOS

Conformément aux dispositions réglementaires relatives au déroulement des études à l’Institut


de l’Economie et des Finances, Pôle Régional de Formation des Régies Financières de
l’Afrique Centrale, le stage d’insertion professionnelle constitue l’une des pièces maitresses
du processus pédagogique. Il consiste à placer l’élève fonctionnaire en situation
d’apprentissage dans les conditions de la vie professionnelle, tout en lui faisant réaliser un
travail précis de longue durée, traitant d’un problème pratique de son choix correspondant à
sa spécialité. Aussi, le processus de contrôle et d’évaluation de ce stage s’articule autour de la
présentation de 03 travaux :

- le projet de stage dans lequel l’élève fonctionnaire fait une analyse du sujet choisi, en
évalue toutes les implications possibles et fait état de sa démarche méthodologique. Ce
projet fait l’objet d’une présentation orale devant un jury ;
- le projet de rapport qui est une ébauche du document final, dans lequel l’élève
fonctionnaire met en œuvre la méthodologie choisie afin de répondre au problème
identifié ;
- le rapport de stage qui est le résultat final de ses travaux, sa contribution à la
résolution de la problématique choisie. Ce rapport fait l’objet d’une soutenance devant
un jury au cours de laquelle l’élève fonctionnaire présente son travail et défend ses
conclusions et propositions.

Notre stage d’insertion professionnelle à la Direction Générale des Douanes du Cameroun a


été le lieu pour nous de traiter de la problématique suivante :

« LE CONTROLE DOUANIER DES TRANSACTIONS FINANCIERES AVEC

L’EXTERIEUR DANS LE CADRE DU CONTRÔLE DU COMMERCE

EXTERIEUR ».

Le présent document représente le résultat de notre réflexion sur le sujet et notre contribution
à l’amélioration du contrôle douanier existant.

iii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

ANIF Agence Nationale d'Investigation Financière

BEAC Banque des Etats de l'Afrique Centrale

CD Code des Douanes CEMAC

CEMAC Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale

COBAC Commission Bancaire en Afrique Centrale

DE Déclaration d'Exportation

DGD Direction Générale des Douanes

DGD6 Division du Contrôle des Opérations Financières du Commerce Extérieur


Et des Changes

DGTCFM Direction Générale du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire

DI Déclaration d'Importation

E-FORCE Formulaire unique des opérations du Commerce Extérieur,

EMF Etablissement de Microfinance

FCFA Franc de la Coopération Financière Africaine

FOB Free On Board

LF Loi de finances

PVI Programme de Vérification des Importation

SGS Société Générale de Surveillance

SYDONIA Système Douanier Automatisé

SYGEC Système de Gestion Electronique du Commerce Extérieur

TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée

UMAC Union Monétaire de l’Afrique Centrale

iv
INTRODUCTION GENERALE

1. Objectifs et instruments du contrôle du commerce extérieur

Définit par l’article 5 de la loi n° 2016/004 du 18 Avril 20161, le commerce extérieur renvoi aux
activités se rapportant à l’importation, l’exportation et au transit des produits. Il est soumis à une
réglementation spécifique, à laquelle sont tenus de se soumettre les acteurs du commerce
extérieur, et que l’administration des douanes est chargée de faire respecter.

Le contrôle du commerce extérieur consiste ainsi en un ensemble des formalités obligatoires


prévues par les textes en vigueur en matière d’importation, d’exportation et de transit des
marchandises. Ces formalités visent notamment la régulation des importations et des
exportations, ainsi que toutes autres activités connexes; la stimulation de la production nationale
de biens, la compétitivité et la croissance; la création d’emplois; la satisfaction des besoins du
consommateur. Le contrôle du commerce extérieur est donc un instrument au service des
politiques protectionnistes des Etats. Par ailleurs, au-delà de la nécessité de protéger l’économie
nationale de la concurrence étrangère, ces mesures visent aussi à préserver l’équilibre extérieur
de l’économie, c’est-à-dire la balance des paiements et la valeur extérieure de la monnaie, et par
là concourir à la réalisation des objectifs de la politique monétaire commune2.

Les moyens pris pour la mise en œuvre du contrôle du commerce extérieur sont de deux ordres :

 les mesures contingentes visant à encadrer les quantités importées et exportées à l’aide de
prohibitions à titre absolu pour les marchandises soumises à restrictions ou à des
formalités particulières ; et à titre relatif pour les marchandises nécessitant une
autorisation, une licence ou un certificat3 ;
 le contrôle des changes par la gestion du taux de change et le durcissement des conditions
pour le transfert des devises.

Avec la libéralisation croissante des échanges consécutive à la signature des accords du GATT4
et les différents cycles de négociation subséquents ayant abouti à la création de l’OMC en 1994,
on observe une tendance générale à la réduction des droits de douane et au démantèlement

1
Loi régissant le commerce extérieur au Cameroun
2
Préambule du règlement n°02/00/CEMAC/UMAC/CM du 29 avril 2000
3
Article 51 du CD
4
General Agreement on Tarifs and Trade, ou Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce

1
d’autres obstacles au commerce. Aussi, l’usage d’obstacles tarifaires et non tarifaires au
commerce est fortement encadré par les règles de l’OMC.

Aussi, le Code des Douanes reconnait aux Etats membres de la communauté, la possibilité de
prendre des mesures de contrôle du commerce extérieur. Elles peuvent revêtir la forme de
prohibitions à titre absolu pour les marchandises soumises à restrictions ou à des formalités
particulières ; et à titre relatif pour les marchandises nécessitant une autorisation, une licence ou
un certificat5. Ces mesures s’appliquent à tous les opérateurs du commerce extérieurs tels que
précisé à l’article 53 du Code des Douanes : « Indépendamment des obligations prévues par le
présent Code, les importateurs et les exportateurs doivent se conformer à la réglementation du
contrôle du commerce extérieur et des changes ».

Il ressort de cet article que le contrôle du commerce extérieur et de change sont liés. En effet,
dans le commerce extérieur, à chaque mouvement de biens doit correspondre un mouvement
contraire de capitaux, et inversement. La réglementation des changes6 étant le cadre légal et
communautaire régissant les transactions financières entre les entités résidentes des Etats
membres et celles non résidentes, elle définit les obligations auxquelles sont soumis les
opérateurs du commerce extérieur ainsi que le cadre d’intervention du Service des Douanes pour
l’exercice de ses contrôles. Elle dispose en son article 36 « De manière générale, les pays de la
CEMAC n’utilisent plus les restrictions quantitatives comme moyen de protection de la
production locale. » Aussi, les marchandises en provenance de tous les pays peuvent être
importées librement, sauf l’or qui fait l’objet d’une réglementation particulière7. Toutefois,
certaines importations peuvent faire l’objet d’interdiction, de restrictions ou être soumises à
autorisation pour des raisons humanitaires, de sécurité ou de santé.

Le contrôle du commerce extérieur pour les Etats de la CEMAC revient dès lors à s’assurer du
respect des dispositions de la règlementation des changes en matière de transactions financières
avec l’extérieur.

5
Article 51 du CD
6
Règlement n°02/00/CEMAC/UMAC/CM du 29 avril 2000
7
Article 37 du Règlement n°02/00/CEMAC/UMAC/CM du 29 avril 2000

2
2. Enjeux du contrôle douanier des transactions financières avec l’extérieur dans le
cadre du contrôle du commerce extérieur

Au-delà des bénéfices inhérents aux mesures protectionnistes pour l’économie et les réserves de
change, le contrôle douanier8 des transactions financières avec l’extérieur dans le cadre du
contrôle du commerce extérieur a pour principal enjeu la lutte contre la fraude. En effet, la
surveillance des transactions financières avec l’extérieur peut permettre de mettre à jour de
nombreux mécanismes de fraudes, allant de la simple fausse déclaration de valeur, à des
infractions plus graves telles que le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme. On
peut tenter de classifier ces enjeux en fonction des types de fraude observés :

a) Lutte contre les infractions douanières

L’importation ou l’exportation de marchandises suppose le paiement ou le recouvrement d’un


prix qui peut correspondre dans certains cas à la valeur en douane. Cette valeur à l’importation
est le prix effectivement payé ou à payer, ce qui implique qu’il s’agit d’un flux financier allant
vers l’extérieur. De nombreux importateurs minimisent les valeurs déclarées en douane afin de
réduire la base taxable et partant les droits et taxes de douane à payer. L’étude des flux financiers
permet dès lors de reconstituer le prix effectivement payé pour les marchandises importées, et
détecter dans le cadre du contrôle à postériori les fausses déclarations de valeur.

D’autre part, le commerce électronique prend de l’ampleur et ne concerne plus seulement des
biens matériels, mais dans une large mesure des biens immatériels, en particulier les logiciels
téléchargés,9 pour lesquels, les douanes aux frontières ne peuvent capter les mouvements. Les
transactions financières du commerce extérieur peuvent donc permettre de révéler des infractions
constitutives d’importation sans déclaration.

b) Lutte contre les infractions financière et fiscale

Les opérations du commerce extérieur ont très souvent été utilisées pour dissimuler des
infractions plus graves que celles purement douanières. Le Cameroun a en effet perdu entre
2003 et 2012 plus de 4200 Milliards suite à des transferts illicites de fonds effectués au travers
des établissements bancaires et financiers. Ces transferts ont été effectués en violation de la

8
Le contrôle douanier fait référence à l’ensemble des mesures prises par la Douane en vue d’assurer l’observation
des lois et règlements qu’elle est chargée d’appliquer.
9
Loi de Finance 2018, Article DEUXIEME, Alinéa 6 ; selon lequel « ….les logiciels, redevances, droits d’usage,
licences et mises à jour sont soumises aux modalités de dédouanement ci-après quel que soit le moyen d’entrée au
Cameroun : … »

3
réglementation des changes qui prévoit explicitement les opérations pouvant justifier un transfert
de fonds à l’étranger.

Il s’agit très souvent des cas de fraude et d’évasion fiscales notamment à travers les mécanismes
des prix de transferts, des transferts de fonds issus des détournements des fonds publics, et dans
des cas plus graves de fonds destinés à financer des groupes terroristes.

c) Lutte contre les infractions budgétaires

Les sociétés exportatrices compte tenu de la structure de leur activité se retrouvent très souvent
en position de réclamer à l’administration un remboursement des crédits de TVA. Cependant, ce
remboursement est conditionné à l’obtention d’une attestation d’exportation effective, document
qui certifie le rapatriement des recettes d’exportation.

L’examen des transactions financières dans la cadre de l’établissement de cette attestation


conduit à sécuriser l’établissement de ce document et prévenir des remboursements indus de
crédits de TVA.

3. Problématique

Compte tenu des enjeux qui découlent du contrôle des opérations financières du commerce
extérieur, le décret N°2008/365 du 08 Novembre 2008 portant organisation du Ministère des
Finances et repris par le décret N°2013/066 du 28 Février 2013 a institué au sein de la Direction
Générale des Douanes une division spéciale chargée du Contrôle des Opérations Financières du
Commerce Extérieur Et des Changes (DGD6). Cette mission était auparavant assumée par la
DGTCFM qui ne disposait pas des compétences nécessaires en matière d’opérations du
commerce extérieur. Cependant, c’est une division jeune dont le responsable a été nommé en fin
2017, et qui a débuté ses activités en Février 2018. Par ailleurs, des dispositions émanant de
différentes lois de finances ont enrichi le cadre réglementaire régissant les opérations financières
du commerce extérieur. Nous nous interrogeons sur l’efficacité du dispositif de contrôle douanier
existant en questionnant l’exhaustivité des mesures mises en place par la douane afin de
s’assurer du respect des dispositions légales d’une part, et d’autre part rechercher et réprimer la
fraude en matière de change.

4. Délimitation du sujet

Ce travail a pour objet le contrôle douanier des transactions financières avec l’extérieur dans le
cadre du contrôle du commerce extérieur. Ce contrôle a pour principale base juridique le

4
règlement N°02/00/CEMAC/UMAC/CM portant harmonisation de la règlementation des
changes dans les Etats membres de la CEMAC.

Il s’agit pour nous de procéder à une évaluation du dispositif mis en place par les douanes
camerounaises afin de s’assurer du respect de la réglementation de changes, en ce qui concerne
ses dispositions relatives aux opérations financières du commerce extérieur10. Cette évaluation se
focalise à la fois sur le cadre légal et le dispositif opérationnel. Cet objectif exclu de fait les
mesures liées aux obligations découlant des transactions relatives aux voyages et celles de
capitaux11.

En conséquence, notre travail traite du cadre juridique relatif aux obligations des opérateurs du
commerce extérieur d’une part, et des moyens et méthodes mises en place par la douane pour
sécuriser les transactions financières avec l’extérieur relatives au commerce extérieur d’autre
part.

10
Ensemble des formalités obligatoires prévues par les textes en vigueur en matière d’importation, d’exportation
et de transit des marchandises ;
11
Prêts et emprunts, valeurs mobilières, etc.

5
PARTIE I : CADRE REGLEMENTAIRE ET FONCTIONNEL DU
CONTRÔLE DES TRANSACTIONS FINANCIERES AVEC
L’EXTERIEUR
La réglementation des changes est le cadre légal qui régit les relations financières entre les
entités résidentes12 dans un des Etats membres de la CEMAC et l’étranger, hormis la Zone
Franc13. Elle pose le principe de liberté des transferts pour les paiements relatifs aux transactions
internationales courantes, tels que définis par les Statuts du Fonds Monétaire International, et
dans une moindre mesure pour les mouvements de capitaux dont certaines exceptions font l’objet
d’un contrôle administratif14. Cependant, ce principe de liberté n’exempte pas de
l’accomplissement de certaines formalités. Ainsi, elle prévoit les opérations pouvant justifier un
transfert de fonds, les obligations des parties prenantes, ainsi que le rôle des organes de contrôle
chargés de s’assurer du respect des dispositions légales. Notre travail portant sur les transactions
financières dans le cadre du contrôle du commerce extérieur, seules nous intéressent les
dispositions relatives aux opérations financières du commerce extérieur. S’agissant des
importations, la réglementation pose comme préalable l’obligation de déclaration à des fins
statistiques de toutes les opérations, et la domiciliation auprès d’un intermédiaire agréé pour
toutes celles portant sur un montant supérieur à 5 Millions. Elle astreint par ailleurs les
intermédiaires agréés au contrôle des documents justificatifs, et à l’obligation de procéder à une
vérification renforcée pour les règlements des importations supérieurs à 100 millions de FCFA.
Quant aux exportations, les obligations déclaratives et de domiciliation s’imposent dans les
mêmes conditions que pour les importations. Cependant, la réglementation exige en sus le
rapatriement des recettes d’exportation et leur rétrocession à la banque centrale. Afin de
s’assurer du respect scrupuleux de ces différentes dispositions, la réglementation des changes a
défini les principes d’organisation du travail dans le cadre de la collaboration entre l’Autorité
Monétaire Nationale et les intermédiaires agréés. Cette première partie sera le lieu pour nous de

12
Article 6 du Règlement 02/00 « … toute entité est dite résidente si son centre d’intérêt économique principal est
situé dans la CEMAC »
13
La Zone Franc est un espace de coopération monétaire qui comprend :
• La France
 ses départements d’outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion);
 ses territoires d’outre-mer (Nouvelle- Calédonie, Polynésie, Terres Australes et Antarctiques
françaises, Wallis et Futuna);
 ses collectivités territoriales (Mayotte, Saint- Pierre-et-Miquelon);
 Monaco.
 Les Etats Africains dont l’Institut d’Emission est lié au Trésor Français par un Compte d’Opérations à
savoir;
 le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, Le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Guinée Bissau ;
 le Cameroun, le Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad (pour la CEMAC);
 Les Comores
14
Article 5 du Règlement 02/00

6
préciser le rôle de chaque acteur impliqué dans le contrôle des transactions financières avec
l’extérieur en mettant en évidence le rôle central de l’administration des douanes. Nous
présenterons ensuite les mécanismes douaniers mis en place dans le cadre de la recherche et de la
répression de la fraude en matière de change.

7
CHAPITRE I : DISPOSITIF FONCTIONNEL DE CONTRÔLE DES FLUX
FINANCIERS DU COMMERCE EXTERIEUR
Le dispositif fonctionnel de contrôle des flux financiers relatifs au commerce extérieur en zone
CEMAC est défini par la réglementation des changes, puis précisé par différents textes
réglementaires et législatifs nationaux. En son article 4, le règlement suscité attribue
l’administration de ladite règlementation au Ministère en charge des Finances, ce dernier
pouvant déléguer tout ou partie de ses pouvoirs à la BEAC, à la COBAC et aux intermédiaires
agréés.

Dans ce chapitre, il est question pour nous de préciser le rôle de chaque acteur impliqué dans la
mise en œuvre dudit Règlement, leurs compétences, en mettant l’accent sur les compétences de
l’administration des douanes.

SECTION I : Les organes de contrôle des transactions financières avec l’extérieur

Le dispositif de contrôle des transactions financières des opérations financières du commerce


extérieur s’articule autour de deux axes : le contrôle immédiat exercé par les intermédiaires
agréés à qui l’autorité monétaire a délégué l’administration de ladite réglementation ; et le
contrôle à postériori exercé par l’autorité administrative et l’autorité monétaire.

I. Les intermédiaires agréés

Le Règlement énonce clairement en son article 17 que le Ministre chargé des Finances délègue
l’administration des opérations avec l’Extérieur aux intermédiaires agréés. En conséquence, ces
derniers constituent le premier niveau de la mise en œuvre de la réglementation des changes. Il
convient dès lors de définir la notion d’intermédiaire agréé et d’identifier leur rôle dans la
conduite des opérations financières avec l’extérieur.

1. L’identification des intermédiaires agréés

Le Règlement a défini dans son annexe 1 ce que recouvre le concept d’intermédiaire agréé.
Ainsi, sont considérés comme intermédiaires agréés :

 les établissements de crédit au sens de la Convention du 17 janvier 1992 portant


harmonisation de la réglementation bancaire en Afrique Centrale;
 l’administration des postes;
 les bureaux de change agréés par les autorités compétentes pour les opérations de change
manuel.

8
2. Le Rôle des intermédiaires agréés

Les intermédiaires agréés constituent le premier niveau de la mise en œuvre de la réglementation


des changes. Ceci est rendu possible par l’obligation de domiciliation qui contraint les agents
économiques à effectuer leurs opérations d’import-export par le biais de leurs guichets. Ainsi,
dans le conduite des opérations, il incombe aux intermédiaires agréés de vérifier la conformité
des opérations. Ceci passe par la collecte de toute la documentation exigée pour les transferts, et
à lever tout soupçon sur la réalité de l’opération commerciale, afin d’émettre le cas échéant une
déclaration de soupçons. Il leur revient également de collecter les statistiques et d’en rendre
compte à l’Autorité Monétaire Nationale.

Dans ce domaine, leur responsabilité s’étend jusqu’au dénouement des opérations d’exportation
et à la rétrocession des devises à la BEAC. Par ailleurs, de par leurs responsabilités, les
intermédiaires agréés doivent prélever et reverser, pour le compte de l’Autorité Monétaire
Nationale, toutes les taxes afférentes prévues par la Loi. Il leur revient également de rapporter à
l’Administration toute infraction constatée dans l’exercice de cette délégation.

II. Le contrôle de l’autorité administrative et le rôle central de l’administration des


douanes
Le Règlement ainsi que l’instruction ministérielle de 2003 relative à son application confèrent le
pouvoir de sanction des entorses au dit Règlement à l’autorité administrative. Ce terme renvoi à
une pluralité d’acteurs : les services du Ministère des Finances et du Budget et éventuellement
ceux des Ministères du Commerce et des Affaires Economiques du Plan et de l’Aménagement
du Territoire. Conformément à son organigramme, le Ministère des Finances a confié à la
Direction Générale des Douanes l’élaboration et l’application de la législation et de la
réglementation douanières en matière de régimes économiques et particuliers, de commerce
extérieur et de change, de prohibition d’entrée ou de sortie, et d’autres restrictions. A ce titre, elle
est chargée de l’émission des déclarations d’importation et d’exportation, de la répression des
infractions relatives aux transferts et au change, ainsi que du suivi du rapatriement effectif des
recettes d’exportation15.

1. La compétence de l’administration des douanes en matière de contrôle

Les missions de l’administration des douanes dans la mise en œuvre de la réglementation des
changes, dans ses dispositions relatives au commerce extérieur, consistent essentiellement au
suivi des dossiers de domiciliation et à s’assurer du bon dénouement des opérations. Cependant

15
Article 95 du Décret 2013/066 du 28 Février 2013 portant organisation du Ministère des Finances

9
dans le souci d’assurer une meilleure traçabilité des transferts, la douane s’est vue attribuer
l’émission des DI pour des importations d’un montant FOB inférieur à 1 000 000 FCFA (un
million)16, ainsi que celles relatives aux marchandises non soumises au Programme de
Vérification des Importations dont la liste est reprise par la Circulaire N°006024/MINFI/CAB du
30 Novembre 2016.

Par ailleurs, la constatation des infractions à la réglementation des changes relève des
prérogatives des agents de douanes tels que précisé dans l’article 2 de la Loi n°2003/017 du 22
décembre 2003. Cette constatation peut se faire par le biais de procès-verbaux de constat ou de
saisie selon le cas.

2. L’intervention de la Sous-Direction des changes et des transferts

Logée au sein de la Direction Générale du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire,


l’organigramme du MINFI confère à cette Sous-Direction entre autre, les missions de suivi de la
mise en œuvre de la réglementation des changes ; de suivi des opérations de rapatriement des
recettes d’exportation en liaison avec les administrations concernées 17. A ce titre, elle émet en
faveur des opérateurs qui en font la demande, les attestations d’exportation effective, qui
certifient la réalité de l’exportation par le rapatriement des recettes correspondantes, et servent de
base au remboursement des crédits de TVA aux entreprises exportatrices.

III. La Banque Centrale et la COBAC

Le rôle de la BEAC a été renforcé conformément à la convention régissant l’Union Monétaire de


l’Afrique Centrale. Il recouvre la surveillance des règles de change, l’appréciation de la
couverture des risques de change, l’avis conforme à l’ouverture des comptes en devises en faveur
de certaines personnes morales résidentes, ainsi que le suivi du rapatriement des recettes
d’exportation. Pour ce qui est de la compétence de la COBAC, elle doit s’assurer conformément
aux textes de l’UMAC, que les dispositions de ce Règlement sont respectées par les
intermédiaires agréés, afin qu’une application inadéquate de ses dispositions ne fragilise le
système bancaire de la CEMAC. En effet, le suivi de la position extérieure des banques, des
conditions des transferts et de change manuel, des couvertures des risques, ainsi que d’ouverture
des comptes en devises rentrent dans le cadre du mandat de la Commission Bancaire, tel que
spécifié dans les textes organiques de la CEMAC.

16
Ces DI étaient émises par le Ministère du Commerce, parfois pour des montants supérieurs à 1 millions, et ont
servi à des transferts illicites de fonds.
17
Article 241 du Décret N° 2013/066 du 28 Février 2013 portant organisation du Ministère des Finances

10
SECTION II : Les pouvoirs reconnus aux personnes habilitées à constater les
infractions

Afin de s’assurer de l’application de leurs obligations en matière des opérations financières du


commerce extérieur, la loi n°2003/017 du 22 décembre 2003 portant Loi des Finances pour
l’exercice 2004 a précisé les personnes habilitées à constater les infractions à la législation et à la
réglementation des relations financières avec l’étranger. Il s’agit notamment des agents des
douanes ; des autres agents de l’administration des finances ayant au moins le rang d’inspecteur ;
et des officiers de police judiciaire18. Ces agents disposent à cette fin de divers pouvoirs allant du
droit de communication au droit de visite domiciliaire.

I. Le droit de communication

Les agents habilités à constater les infractions à la législation cambiaire, sont investis des divers
droits de communication prévus au bénéfice des administrations fiscales. A ce titre, ils peuvent
demander à tout assujetti, directement ou indirectement concerné par des opérations de change
ainsi qu’aux services publics, tous les renseignements qu’ils jugent nécessaires pour
l’accomplissement de leur mission de contrôle sans que le secret professionnel ne puisse leur être
opposé (article 4 de la loi suscitée).

Ces agents sont néanmoins, sous les peines de droit, tenus au secret professionnel qu’ils ne
peuvent à leur tour opposer au juge d’instruction ou au tribunal qui les interroge sur les faits
faisant l’objet de la plainte ou sur les faits connexes19.

II. Les visites domiciliaires

L’article 3 de la LF de 2004 octroi aux agents le droit de visite domiciliaire dans les conditions
prévues à l’article 75 du Code des Douanes. Cette disposition leur confère le pouvoir de
rechercher le corps du délit en tous lieux, en se faisant accompagner soit d’un officier municipal
du lieu, soit d’un officier de police judiciaire, soit d’un représentant de l’autorité régionale ou
locale.

1. Conditions relatives à l’objet de la recherche

En matière douanière, le droit de visite est donné pour la recherche des marchandises de fraude.
En matière de réglementation financière avec l’étranger par contre, ce droit est donné pour

18
Article 2
19
DJEUWO M., Le contentieux douanier dans les pays de la CEMAC, Harmattan Cameroun, Yaoundé, 2017 ; Page
190

11
rechercher les infractions cambiaires. Dans ce domaine, très souvent il n’y a pas le corps du délit
(les infractions consistent très souvent en des compensations irrégulières par jeu d’écriture
comptable) et les recherches portent généralement sur les documents (livres comptables,
chéquiers) susceptibles de faire apparaitre l’existence d’une infraction cambiaire. La visite
domiciliaire peut toujours dans ce domaine porter sur un objet matériel (lingot d’or, devise ou
titre) ; mais en général, la visite domiciliaire porte sur les documents qui peuvent être saisis s’ils
font apparaitre ou laissent présumer l’existence d’une infraction à la réglementation financière
avec l’étranger.

2. Conditions relatives au lieu de la recherche

En matière de réglementation financière avec l’étranger comme en matière de recherche de


marchandises assujetties aux prescriptions de l’article 291 du Code de Douane, les agents des
douanes sont autorisés à pratiquer des visites domiciliaires sur toute l’étendue du territoire
national y compris les zones franches.

12
CHAPITRE II : LES MECANISMES DOUANIERS DE CONTRÔLE DES
FLUX FINANCIERS DU COMMERCE EXTERIEUR
Les mécanismes prévus par le cadre juridique pour un meilleur contrôle des transactions
financières avec l’extérieur dans le cadre du commerce extérieur s’articulent d’une part autour
des procédures du commerce extérieur, et d’autre part de l’action de l’organe douanier de
contrôle et les dispositions répressives. En effet, avec la liberté d’exercice du commerce
extérieur ainsi que celle des paiements qui leurs sont liés, le législateur a soumis les opérateurs
du commerce extérieur de l’accomplissement de formalités destinées à assurer un suivi
statistique et lutter contre la fraude. Ces obligations s’articulent autour de la levée de déclarations
d’importations / d’exportations, de la domiciliation des opérations, et du rapatriement des
recettes en ce qui concerne les exportations. Les intermédiaires agréés en outre sont soumis à un
devoir de communication et de déclaration de soupçons. Le contrôle douanier réalisé par la
DGD6 quant à lui est essentiellement un contrôle à postériori. Cependant, il peut être effectué à
priori lors de l’émission des déclarations préalables.

SECTION I : Les procédures encadrant les opérations du commerce extérieur

Les procédures des opérations du commerce extérieur consistent en un ensemble de formalités à


accomplir par les opérateurs du commerce extérieur ou leur déclarants d’une part, et celles que
doivent réaliser les intermédiaires agréés d’autre part.

I. Les actes incombant aux opérateurs économiques

1. L’inscription au fichier des Importateurs / Exportateurs

La loi de 2016 sur le commerce extérieur en son article 11 dispose que « toute personne physique
ou morale désirant exercer les activités d’importation ou d’exportation est tenue de s’inscrire
aux fichiers des importateurs et des exportateurs suivant les modalités fixées par voie
réglementaire. ». Cette inscription des ouverte à toute personne physique ou morale ayant le
statut de commerçant, conformément à la législation en vigueur, sous réserve de certaines
conditions20.

Cependant, des autorisations spéciales peuvent être accordées par le Ministre chargé du
commerce extérieur aux personnes physiques ou morales, n’ayant pas la qualité de commerçant,

20
Article 4 et 6 du décret N° 2017/6523/PM du 07 Juin 2017 fixant les modalités d’application de la loi N°
2016/004 du 18 Avril 2016 régissant le commerce extérieur

13
et désirant effectuer une importation ou une exportation à des fins non commerciales 21. Ces
autorisations spéciales permettent de lever des déclarations d’importation ou d’exportation.

Dans la pratique, les attestations d’inscription à ces différents fichiers sont émises au niveau des
délégations départementales du Ministère du Commerce. Les fichiers ne sont pas centralisés ni
informatisés, ce qui ne permet pas d’assurer une vérification adéquate de leur authenticité
compte tenu de l’importance de la fraude documentaire ; et d’en sécuriser le processus
d’établissement.

2. La levée des déclarations d’importation et d’exportation

La levée des déclarations d’importation ou d’exportation est rendue obligatoire par les différents
textes régissant les relations financières avec l’étranger, et ce, avant toute opération du
commerce extérieur. C’est un titre du commerce extérieur par lequel l’importateur / l’exportateur
manifeste son intention d’importer ou d’exporter. Il sert de support pour le transfert des fonds
dans le cadre des importations, et le rapatriement des devises pour ce qui est des exportations.

a. Les fondements juridiques

En effet, le Règlement dispose en son article 38 « Toutes les importations doivent être déclarées
à des fins statistiques et celles portant sur un montant supérieur à 5 millions de FCFA doivent en
outre être domiciliées auprès d’un intermédiaire agréé résident, sauf lorsqu’il s’agit de
marchandises en transit ». Cette obligation de déclaration préalable est également reprise par le
décret portant application de la loi sur le commerce extérieur qui prévoit en son article 13 que
toute importation ou exportation doit faire l’objet d’une déclaration préalable à des fins
statistiques, d’inspection, de contrôle ou de délivrance d’un certificat d’origine en ce qui
concerne notamment les exportations. Ces déclarations sont valides pour une durée de 9 mois
renouvelables prorogeable de 3 mois.

b. Les modalités pratiques

Sur un plan organisationnel, les déclarations d’importation et d’exportation soumises aux


Programmes de Vérification des Importations et des Exportations ainsi qu’au Programme de
Sécurisation des Recettes Douanières sont obligatoirement ouvertes auprès de la Société

21
Article 11 du décret N° 2017/6523/PM du 07 Juin 2017 fixant les modalités d’application de la loi N° 2016/004
du 18 Avril 2016 régissant le commerce extérieur

14
Générale de Surveillance, mandataire du gouvernement22. Il s’agit de toutes celles d’un montant
FOB supérieur ou égal à 2 000 000 (deux millions) de FCFA et qui ne font pas partie de la liste
d’exclusions reprise par la circulaire N°006024/MINFI/CAB du 30 Novembre 2016.

Sont également émises par l’organisme mandataire les DI d’un montant FOB supérieur ou égal à
1 000 000 (Un million) de FCFA, mais inférieure à 2 000 000 (deux millions) de FCFA. Il s’agit
de DI non soumises au Programme de Vérification des Importations23.

Les déclarations d’importations / exportations d’un montant FOB inférieur à 1 000 000 (un
million) de FCFA quant à elles relèvent de la compétence des services compétents du ministère
chargé du commerce extérieur. Cependant, cela a conduit à de nombreuses dérives notamment le
transfert illégal de capitaux sur la base de DI émises par ledit ministère, et posé de nombreux
problèmes de traçabilité des opérations. Ainsi, à la faveur de la Loi N°2017/021 du 20 Décembre
2017 en son Article Neuvième, cette compétence a été réattribuée à la Direction Générale des
Douanes, et assumée par la DGD6 selon le décret portant organisation du Ministère des
Finances24.

Le traitement desdites demandes se fait conformément aux dispositions du E-FORCE25 et seuls


les dossiers régulièrement constitués sont reçus.

Pour être recevables, les demandes d’ouverture des DI/DE doivent satisfaire aux conditions
prévues par la E-FORCE. La délivrance de la DI/DE est subordonnée au paiement d’une
contribution spécifique auprès de l’Administration des Douanes :

A l’exportation, les prestations sont gratuites ; à l’importation, le payement de la somme de


6 000 (six mille) FCFA. Les paiements doivent être effectués en espèces, par chèque certifié ou
par voie électronique.

Seules les demandes remplissant les conditions ci-dessus seront prises en comptes et intégrées
dans la base des données.

22
Article 14 du décret N° 2017/6523/PM du 07 Juin 2017 fixant les modalités d’application de la loi N° 2016/004
du 18 Avril 2016 régissant le commerce extérieur
23
Instruction N° 000625/MINFI/CAB fixant les modalités d’exécution du Programme de Vérification des
Importations
24
La note de Service N°060 du 20 Février 2018 précise les modalités de mise en œuvre de cette disposition
25
FORrmulaire unique des opérations du Commerce Extérieur, qui permet à l’usager ou son représentant
d’accomplir les formalités de chacune des phases des opérations du commerce extérieur en remplissant un seul
formulaire sur la plateforme informatique E-GUCE.

15
3. L’obligation de domiciliation

La domiciliation consiste d’abord pour un importateur ou un exportateur à faire le choix d’une


banque, chez laquelle et par laquelle, il s’engage à effectuer ou à faire effectuer pour son compte,
les opérations et les formalités bancaires prévues par la réglementation ; et relatives à un même
contrat d’importation ou d’exportation. Ces opérations concernent principalement le règlement
des importations ainsi que le rapatriement des recettes d’exportations.

La domiciliation consiste ensuite pour la banque, à :

 effectuer pour le compte de son client, les opérations et formalités prévues par la
réglementation ;
 réunir pour le compte de la Direction chargée des changes, les documents commerciaux
et financiers permettant de contrôler la régularité des opérations effectuées.

La composition du dossier de domiciliation dépend de la nature de l’opération. Ainsi dans le cas


d’une importation, il contient les éléments suivants :

 La facture pro forma en 03 exemplaires ;


 La DI/SGS.

Lorsqu’il s’agit d’une exportation, les documents suivants sont requis :

 Un contrat d’exportation ou une facture définitive ;


 Un engagement de change.

II. Les actes incombant aux intermédiaires agréés

Avec la libre circulation des moyens de paiement liés aux transactions courantes, les
intermédiaires agréés sont devenus le centre de l’administration de la règlementation des
changes. Ils effectuent les opérations financières pour le compte de leurs clients et rendent
compte aux autorités administratives et monétaires. Ils sont donc soumis aux obligations
suivantes.

1. L’obligation de rapatriement des recettes d’exportation

Le rapatriement des recettes d’exportations est primordial pour l’équilibre de la balance des
paiements. En effet, le règlement des importations s’effectue en devise, et cela n’est rendu
possible, que dans la mesure où les réserves de change existent et sont suffisantes. Ces dernières
sont alimentées principalement par les recettes d’exportations. Le rapatriement des recettes

16
d’exportations devient alors un enjeu important pour les Etats compte tenu des risques de
dévaluation.

Aussi, le Règlement dispose en son article 65 « Les recettes d’exportation en provenance de


l’étranger doivent être recouvrées et rapatriées dans les 30 jours suivant l’échéance stipulée
dans le contrat, à travers la banque domiciliataire par l’entremise de la Banque Centrale. ».
L’article 66 prévoit en outre que « Les recettes d’exportation recouvrées en devises doivent être
rétrocédées à la Banque Centrale dans les 30 jours qui suivent leur recouvrement. ».

Ces dispositions concernent aussi bien les transactions avec l’étranger liées aux services et
revenus (article 67), que les montants dus par des non-résidents au titre de services ; ainsi que les
revenus d’actifs réalisés hors de la CEMAC (article 68).

2. L’obligation de communication des intermédiaires agréés

L’article 108 du Règlement dispose que les intermédiaires agréés sont tenus de déclarer à la
Banque Centrale et aux autorités administratives compétentes toutes les transactions avec
l’extérieur, que celles-ci portent sur les marchandises, les services, les capitaux ou les transferts
unilatéraux. Quant au contenu de la déclaration en matière de changes et dans le cadre du
traitement des opérations du commerce extérieur, il est défini par le Paragraphe 17 a) de l’article
deuxième de la Loi de Finance pour l’exercice budgétaire 2018.

Ce paragraphe leur prescrit en outre la communication par voie électronique et sur une
périodicité mensuelle à la Direction Générale des Douanes, de l’état des transactions financières
opérées avec l’étranger ; tant pour le compte de leurs clients que pour leur compte propre,
conformément aux articles 108 à 112 du Règlement.

Les énonciations de la déclaration doivent être dans l’ordre : Le numéro de dossier, la référence
et les dates d’effet de la déclaration d’importation, de la déclaration d’exportation ou le numéro
de la facture domiciliée selon le cas, les noms et adresses du donneur d’ordre, le numéro
d’identifiant fiscal du donneur d’ordre, le numéro de compte bancaire du donneur d’ordre le cas
échéant, les noms et adresses du bénéficiaire, la devise, le montant domicilié en devise puis en
monnaie locale, le pays de destination des fonds, les références respectives des numéros de
transferts, le total des imputations par déclaration d’importation, déclaration d’exportation ou de
numéro de facture selon le cas, le motif de la transaction, la nature de l’opération (transfert émis
ou reçu), la nature de la marchandise ou du service le cas échéant.

Par ailleurs, le défaut de transmission dans les délais de grâce prévus à l’article 113 du
Règlement est passible d’une amende de 100 000 F CFA par jour de retard.

17
3. L’exigence supplémentaire de l’Attestation de Non Redevance (ANR) avant toute
exécution de règlement d’une transaction financière avec l’étranger
Face au constat alarmant des transferts des fonds effectués par des personnes morales non
connues des services des impôts, ou des redevables de charges fiscales transférant leur dû à
l’étranger, le législateur a procédé dans le cadre de la LF 2018 à l’exigence supplémentaire de
l’Attestation de Non Redevance26 avant l’exécution de tout transfert de fonds à l’étranger.

Ainsi, aux termes de l’article L 94 quater de la Loi de finances 2018, la délivrance des
autorisations de transferts de fonds à l’étranger au profit des contribuables professionnels est
conditionnée à la présentation d’une Attestation de Non Redevance en cours de validité.

Selon cette disposition, seuls sont concernés les personnes morales et établissements
(contribuables professionnels).

L’attestation ne couvre que les opérations de transfert de fonds effectués durant sa période de
validité. L’Attestation de Non Redevance a une durée de validité de trois (03) mois à compter de
sa date de signature. Cette durée est ramenée à un (01) mois lorsque le contribuable a bénéficié
d’un sursis de paiement ou d’un moratoire sur sa dette fiscale.

4. L’obligation de déclaration de soupçon

Cette obligation a vu le jour avec la LF 2018 et engage un peu plus la responsabilité des
intermédiaires agréés. Le paragraphe 17 f) de l’Article Deuxième de ladite loi prévoit que les
intermédiaires agréés sont tenus, dès qu’ils ont un doute sur la régularité d’une opération
financière avec l’étranger se rapportant au commerce extérieur d’un montant supérieur à 10
millions de FCFA, de faire une déclaration de soupçon à la Direction Générale des Douanes dans
les mêmes formes et conséquences que celles prescrites par la réglementation en matière de lutte
contre le blanchiment d’argent.

SECTION II : Le Contrôle et répression exercé par la Division du Contrôle des


opérations financières du Commerce extérieur et des Changes

La Division du contrôle des opérations financières du commerce extérieur et des changes est la
division de la Direction générale des Douanes qui a compétence pour l’élaboration et la mise en
œuvre de la réglementation douanière relative au commerce extérieur et des changes. Afin de

26
Conformément à l’article L94 bis du CGI, l’ANR est un document qui certifie que le contribuable n’est redevable
d’aucune dette fiscale exigible à la date de sa délivrance

18
mener à bien ses missions, elle s’appuie sur des contrôles à priori, ainsi que des contrôles à
postériori. Elle développe par ailleurs une application dénommée SYGEC comme outil principal.

I. Les formes de contrôle et les outils de la dgd6

1. Le contrôle à priori

a. Le contrôle de cohérence avant émission des déclarations préalables

Le premier contrôle effectué par la DGD6 se fait avant l’émission des DI. Il consiste en un
contrôle de cohérence. Il s’agit de déceler les informations contradictoires dans les éléments de
la déclaration. Par exemple, s’assurer que :

 l’objet de l’importation est licite, que l’activité fournisseur indiqué sur la DI correspond
bien à la nature de l’opération.
 Le fournisseur n’est pas une entité fictive,
 Le montant à transférer correspond bien à celui de la transaction commerciale ;
 La déclaration de l’espèce à importer est celle qui figure sur les documents commerciaux.

On s’est ainsi rendu compte que les importateurs déclaraient importer de la Friperie, mais
viraient sur la base de cette DI des fonds au fournisseur, qui, après vérification, avait pour
activité la vente de voitures d’occasions. D’autres par contre levaient des DI pour des montants
de l’ordre du milliard pour l’importation de quelques véhicules d’occasions.

Ces opérations avaient pour but d’utiliser le commerce extérieur pour des transferts illicites de
fonds en violation de la réglementation de change. Ces fonds provenaient très souvent des
détournements de deniers publics et des produits de la corruption.

Ces contrôlent visent également à s’assurer que la marchandise importée est identique à celle qui
figure sur la DI.

b. Le contrôle de l’apurement des DI / DE dans les délais

Les DI/DE doivent être apurées dans les 9 mois qui suivent leur émission. L’apurement consiste
en une déclaration en douane consécutives à une importation / exportation effective. Cependant,
une DI peut être prorogée pour une durée de 3 mois. Ainsi, une DI non apurée par l’importateur
fonde la douane à exercer un contrôle visant à déterminer les causes du non apurement. Par
ailleurs, il convient de souligner qu’une DI peut être abandonnée.

19
2. Le contrôle à postériori

Le contrôle à postériori s’exerce dans le cadre de l’enquête douanière. Il porte sur les opérations
douanières effectuées dans le délai de prescription de 3 ans27 par une entreprise. Les documents
exploités dans ce cadre sont essentiellement ceux issus de la liasse fiscale et comptable, ainsi que
les relevés bancaire. Dans le cadre du contrôle de change, les établissements bancaires sont
également assujettis afin de s’assurer du respect de leurs obligations règlementaires.

Les contrôles en entreprise visent à s’assurer de la régularité des opérations du commerce


extérieur d’une entreprise pour une période déterminée. Dans le cadre des missions de la DGD6,
ils ont pour objet de s’assurer que :

 les transferts émis ou reçus correspondent bien à une dette fournisseur / créance client, et
donc une opération commerciale ;
 les transferts émis ont été suivi d’une importation effective ;
 les DI levées ont toutes été apurées ou abandonnées.

Ces contrôles sont menés sur la base d’un programme de contrôle établi par la DGD et suivant
les procédures utilisées dans le cadre de l’enquête douanière. Ce programme défini la liste des
entreprises à contrôler ainsi que les périodes de contrôle. Cependant, des missions ponctuelles
peuvent être diligentées sur la base des dénonciations reçues de l’ANIF, la COBAC, la BEAC ;
ou initiées sur la foi des croisements effectués par la DGD6. Ces missions sont généralement des
missions conjointes avec la Division des Enquêtes Douanières.

3. Le développement de l’application SYGEC

L’application Système de Gestion Electronique du Commerce Extérieur (SYGEC) est l’outil


développé pour aider la DGD6 dans ses missions. Cette application en cours de finalisation aura
plusieurs modules définis en fonction des missions assignées à la DGD6 :

 L’émission des DI : les DI d’un montant FOB inférieur à 1 million FCFA relèvent
désormais de la compétence de la DGD6, ainsi que celles non éligibles au PVI.
L’application permettra d’assurer une meilleure traçabilité et un contrôle croisé des
données du commerce extérieur ;

27
Article 332 CD

20
 Le contrôle des opérations des banques, EMF, opérateurs de change : Ce module
permettra de recevoir et de stocker les informations bancaires afin de pouvoir effectuer
plus tard des contrôles croisés (données bancaires, SYDONIA, DI/DE)

A ce jour, l’application est en phase test et seul le module d’émission des DI est opérationnel.

II. L’outil répressif de la DGD6 : les infractions de change

Les infractions à la réglementation de changes sont prévues et réprimées par l’article 114 et
l’annexe 3 du Règlement CEMAC, ainsi que par les dispositions de la loi n°2003/017 du
22/12/2003 portant Loi de Finances pour l’exercice 2004 en ses articles 8 et suivants. Elles
concernent les intermédiaires agréés et les opérateurs économiques.

1. Le champ de l’infraction de change

Les faits constitutifs consistent en une violation ou tentative de violation d’une obligation légale
instituée par la réglementation sur le change. Il s’agit :

 du non-respect de l’obligation de déclaration ou de rapatriement des devises ;


 de l’inobservation des procédures ou des formalités exigées par la loi ;
 l’absence des autorisations requises ;
 du blanchiment des capitaux,
 du défaut de déclaration de devises à l’entrée ou à la sortie ;
 du délit d’incitation à commettre une infraction de change.

Ces infractions sont prévues par l’article 114 du Règlement qui dispose que « L’absence de
demande d’autorisation, de déclaration ou de notification ultérieure, tout comme les fausses
déclarations ou le refus de communiquer les statistiques relatives à l’élaboration de la Balance
des Paiements et des autres agrégats de la comptabilité nationale ou toute autre entorse à la
réglementation des changes, exposent les auteurs et leurs complices à des sanctions. ».

La loi de 2003 prévoit en outre en son article 8 le délit d’incitation à commettre une infraction de
change, et le délit de blanchiment de capitaux en son article 12.

2. La nature des peines encourues

Le système de répression en douane répond à certains traits spécifiques de la criminalité


douanière. La très grande sévérité de la répression s’explique à la fois :

21
 par le caractère fugace de l’infraction, d’où de très grande chance d’échapper à la
répression ;
 par le faible degré ou l’absence de réprobation sociale attachée à l’infraction douanière ;
 la nature essentiellement économique de la délinquance commise en matière douanière et
de change conduit à préférer une répression de type patrimoniale destinée à réparer le
préjudice économique résultant de l’infraction, en une répression affectant seulement la
personne de l’infraction (peine à caractère personnel).

a. Les sanctions fiscales

Elles sont au nombre de deux en matière cambiaire :

 L’amende

C’est une sanction consistant au paiement par l’auteur de l’infraction d’une somme dont le
montant ou le mode de calcul est fixe par la loi. Elle est calculée sur la base d’un pourcentage du
montant de la transaction, qui diffère suivant la nature de l’infraction28. Par ailleurs, en prévoyant
le délit d’incitation à commettre une infraction de changes, la LF 2004 a prévu en plus des peines
de prison, l’affliction d’une amende de 300.000 à 10.000.000 FCFA. En outre, Lorsque, pour une
cause quelconque, les objets passibles de confiscation n’ont pu être saisis ou ne sont présentés
par le délinquant ou lorsque le Ministre en charge des Finances ou son représentant en fait la
demande, le tribunal doit, pour tenir lieu de confiscation, prononcer une condamnation au
paiement d’une somme égale à la valeur de ces objets29.

 la confiscation

Définie par l’art.369-1 CD, la confiscation consiste en l’attribution par décision de justice au
profit de l’administration de tout bien frauduleux et/ou ayant été affecté à un usage frauduleux
(marchandises, objets, moyens de transports ou moyens de paiement). Elle porte est
généralement utilisée en matière cambiaire aux frontières lors de l’importation/ l’exportation de
devises sans déclaration et en cas de défaut de paiement des amendes y relatives.

b. Les peines attachées à la personne

Elles sont prévues essentiellement par la loi de 2003 portant LF 2004. Il s’agit principalement :

28
Annexe 3 du Règlement 02/00/CEMAC/UMAC/CM du 29 avril 2000 portant harmonisation de la réglementation
des changes dans les Etats de la CEMAC
29
LF 2004, Chapitre 4, Article 7-2)

22
 de peines privatives de liberté

Elles vont de un à cinq ans d’emprisonnement pour les délits d’incitation à la commission d’une
infraction de change ; et sont de deux à dix ans d’emprisonnement pour les délits de blanchiment
de capitaux ;

 de peines privatives de droit

Les dispositions de l’article 417 CD qui édicte diverses incapacités frappant ceux qui sont
condamnés comme intéressés à titre quelconque à un délit de contrebande ou à un délit
d’importation ou d’exportation sans déclaration sont également prévus en matière cambiaire.
L’article 8. 4) de la Loi de 2003 prévoit à cet effet que : « Les personnes condamnées pour
infraction à la législation et à la réglementation relative aux relations financières avec
l’étranger peuvent, en outre, être déclarées incapables d’exercer une des fonctions reprises sur
la liste d’incapacité établie par le Ministre en charge des Finances, tant et aussi longtemps
qu’elles n’auront pas été relevées de cette incapacité. ».

23
PARTIE II: ANALYSE PROSPECTIVE DU DISPOSITIF DE
CONTRÔLE DES OPERATIONS FINANCIERES DU
COMMERCE EXTERIEUR
Le dispositif de contrôle des transactions avec l’extérieur tels que dimensionné par le cadre légal
s’articule autour des procédures du commerce extérieur, de l’intervention des intermédiaires
agréés dans leur mise en œuvre, et du contrôle de régularité exercé par l’autorité administrative.
En effet, la levée des déclarations d’importation ou d’exportations, la domiciliation des
opérations auprès des intermédiaires agréés, et l’obligation de rapatriement des recettes
d’exportations constituent le préalable à l’exécution des opérations financières du commerce
extérieur. Les autorisations préalables de l’administration ont ainsi été remplacées par un régime
déclaratif auprès d’intermédiaires agréés, ces derniers étant chargés de rendre compte à l’autorité
monétaire nationale et la banque centrale aux fins de contrôles statistiques. L’autorité
administrative, en l’occurrence l’administration des douanes, prononce les sanctions et applique
les amendes relatives aux entorses au règlement. Cela implique un dispositif de recherche et de
répression des infractions préalablement définies par la règlementation. Ce dispositif s’appuie
essentiellement autour des contrôles à priori et à postériori exercés par la Division du Contrôle
des Opérations Financières du Commerce Extérieur et des Changes, non seulement auprès des
opérateurs du commerce extérieur, mais aussi auprès des intermédiaires agréés. Dans cette
partie, il est question pour nous de procéder à une analyse prospective de ce dispositif de
contrôle. Ainsi, les principales difficultés dans la mise en place d’un contrôle efficace, couvrant
les risques de détournement des opérations du commerce extérieur à d’autres fins, et assurant une
maitrise des réserves de change, se trouvent liées à la non maitrise des valeurs aussi bien à
l’importation qu’à l’exportation malgré le Programme de Sécurisation des Recettes Douanières
et l’intervention de la SGS. Ces difficultés ont également trait à l’organisation des contrôles à
postériori et le chevauchement des missions initiées par différentes administrations fiscales. Afin
de contribuer à l’amélioration du contrôle douanier actuellement effectué, nos propositions
visent à enrichir les bases de données de valeurs de référence, l’utilisation des méthodes de
gestion de risque telles que le scoring pour la planification des contrôles, et le développement
des contrôles croisés sur la base des valeurs de référence pour la détection de la fraude.

24
CHAPITRE III : ANALYSE CRITIQUE DU DISPOSITIF DE CONTRÔLE
DOUANIER DES OPERATIONS FINANCIERES DU
COMMERCE EXTERIEUR
Les différentes perméabilités du dispositif actuel de contrôle des transactions financières avec
l’étranger s’observent au travers des modes de détournement des opérations du commerce
extérieur à des fins de transfert illicites de capitaux. Dans ce chapitre, nous présenterons les
failles qu’offrent le cadre légal actuel aux activités financières illicites. Ces failles sont
amplifiées par la pratique douanière qui a consacré un certain nombre d’aménagements à la
réglementation afin de saisir au mieux la matière taxable. Nous présenterons ensuite les limites
liées à l’absence de coordination des organes de contrôle.

SECTION I : De nécessaires réformes du cadre règlementaire

L’étude des modes de détournement des opérations du commerce extérieur à des fins illicites a
permis d’identifier les insuffisances liées aux dispositions réglementaires, ainsi que celles
permises par la pratique douanière.

I. Les vulnérabilités liées aux dispositions réglementaires

1. L’identification des importateurs / exportateurs (inscription au fichier des


importateurs, carte de contribuable et quitus fiscal insuffisants)
L’inscription au fichier des importateurs/exportateurs est une formalité nécessaire pour la
conduite des opérations du commerce extérieur. En effet, sans cette formalité, il est en théorie
impossible de lever des DI/DE. Cependant, il a été observé que de nombreux transferts de fonds
ont été émis vers l’étranger par des opérateurs « fictifs » qui ont été créés pour l’occasion, sans
qu’aucune importation ne soit consécutive. Ces transferts ont été effectués au cours d’une année
budgétaire, lesdits opérateurs ayant complètement cessé toute activité au terme de celle-ci.

Ceci pose le problème pose la nécessité de sécuriser le fichier des contribuables, du registre de
commerce, et par conséquent celui des importateurs/exportateurs. Cela implique une
identification non seulement des personnes morales, mais aussi celle des personnes physiques
qui en sont les mandataires sociaux et ayant droit. L’informatisation desdits fichiers est donc une
étape indispensable.

2. Les délais de validité des déclarations d’importation / d’exportation

Les déclarations préalables (DI/DE) sont émises pour une durée de 9 mois prorogeable de 3
mois. Ceci signifie qu’elles doivent être apurées au bout de cette période de temps, ou être

25
abandonnées. Cela implique que l’administration ne sera fondée d’exercer un quelconque
contrôle qu’au bout de cette période.

En pratique, on a observé que de nombreuses entreprises fictives ont été créées afin de profiter
de cette faille. En effet, elles ont levé de nombreuses DI sur la base desquelles elles ont procédé
à des transferts de fonds, sans qu’aucune importation de soit suivie desdits transferts. Au terme
d’une année, ces sociétés ont fermées et d’autres ont été créées à leur place pour recommencer le
même processus. L’administration lorsqu’elle vient un an après contrôler l’apurement desdites
déclarations préalables ne trouve plus de personne pouvant répondre de l’infraction30.

A défaut de pouvoir réduire les délais de validité des déclarations préalables, il conviendrait de
procéder à des contrôles trimestriels par lesquels elle s’assurera que tous les transferts émis sur la
base des DI émises ont fait l’objet d’une déclaration en douane dans les 120 jours qui ont suivi.
Ce délai tient largement compte des délais de livraison, de transport ainsi que du temps mis pour
le dépôt des déclarations en détail. Il sera ainsi possible de prendre des mesures conservatoires à
l’encontre de tels opérateurs, qui durant une période, auront levé des DI et émis des transferts de
fonds sans qu’aucune importation de s’en soit suivie.

3. L’obligation de plainte préalable pour le déclenchement de l’action publique

L’article 2 du Titre 1 de la LF 2004 dispose que les procès-verbaux de constatation des


infractions à la législation et à la réglementation des relations financières avec l’étranger, dressés
par les officiers de police judiciaire sont transmis au Ministre en charge des Finances qui saisit le
parquet, s’il le juge nécessaire. Ainsi, aucune action en justice ne peut être initiée par le
procureur de la république territorialement compétent sur la base des constatations des agents
habilités à constater les infractions. Il en résulte un fort pouvoir du Ministre des Finances, surtout
en matière de transaction, dont les modalités en matière cambiaire sont celles du Code des
Douanes.

Il serait à notre avis opportun de retirer l’obligation de plainte préalable pour le déclenchement
de l’action publique, ce qui constituerait un élément dissuasif important. Les infractions
cambiaires étant particulièrement dangereuses pour l’économie, il convient également d’encadrer
plus strictement les conditions de la transaction en la matière.

30
Les dispositions de l’article vingt-sixième de la LF 2019 sur les transferts frauduleux de fonds prévoient que les
émissions/réceptions de fonds par l’utilisation des entités fictives sans contrepartie justifiée en termes
d’importation de marchandises ou de services sont assimilés à l’infraction d’importation / exportation sans
déclaration.

26
4. Le déclassement tarifaire de plusieurs produits de première nécessité

Depuis l’an 2008, le gouvernement a entrepris d’exonérer de droits de douane plusieurs produits
dits de première nécessité (riz, blé, poisson, etc.) afin d’en alléger le prix pour le consommateur
final et apaiser le climat social. Ces produits qui sont par ailleurs l’objet d’importations en
volume important, et dont la vente se fait généralement en espèces, ont été utilisés pour le
transfert illicite des fonds vers l’étranger. En effet, il est possible d’intégrer d’importantes
sommes en espèces dans le système bancaire sous le couvert des recettes commerciales, de les
transférer à l’étranger sous le prétexte du règlement des importations, d’importer des
marchandises d’une valeur inférieure aux fonds transférés mais de les déclarer à la valeur de ces
fonds. Ces marchandises étant défiscalisées, l’impact au niveau des droits est nul et l’opération a
servi de couverture à un transfert illicite de capitaux.

II. Les limites liées à la pratique douanière

La pratique douanière a prévu de nombreux aménagements à la réglementation douanière afin de


tenir compte de la nature de la matière imposable. Ces aménagements conçus pour optimiser la
perception des droits et taxes de douanes, ont cependant des conséquences quant à la maitrise des
flux financiers de contrepartie.

1. Les valeurs administratives à l’import et à l’export

L’utilisation de valeurs administratives est très présente dans les douanes camerounaises. En
effet, la nature de certaines marchandises, et les défis liées à la fraude documentaire sur les
documents commerciaux, a conduit les autorités douanières à fixer des mercuriales afin de
préserver les intérêts du trésor public, uniformiser la perception des droits et taxes de douane au
niveau des différents bureaux de douane, tout en facilitant et accélérant les procédures de
dédouanement.

A l’import par exemple, les marchandises faisant l’objet de valeur administratives sont entre
autres, les brocantes, les véhicules d’occasion, les articles de friperies, les pneus d’occasion et
neufs, les carreaux, etc. Les articles concernés sont généralement de seconde main.

A l’export, des valeurs administratives ont été fixées pour le bois qui à lui seul représente un peu
plus de 80 % des exportations du pays.

La présence de ces valeurs administratives conduit les opérateurs à effectuer leurs déclarations
en douane sur la base de ces dernières, et non celle du prix effectivement payé ou à payer. La
prééminence de la mission fiscale dans les activités de la douane, et les exigences de célérité

27
dans le traitement des déclarations en douane, conduit les inspecteurs de première ligne à ne
vérifier que la conformité de la déclaration avec lesdites valeurs mercuriales.

Ainsi donc, la nécessité de concordance entre la valeur des fonds transférés pour l’achat des
marchandises, et celle de ces marchandises déclarée en douane, se trouve être compromise.

2. L’absence d’un fichier national des contrevenants

Que ce soit en matière douanière ou cambiaire, il n’existe pas de fichier central reprenant les
contrevenants. A ce jour, seules des évaluations trimestrielles lors des commissions
d’approbation des dossiers contentieux font ressortir les plus gros contrevenants par secteur de
douane.

Ce fichier permettrait non seulement de permettre aux agents d’exercer une vigilance renforcée
sur les opérations de ces contrevenants, mais aussi à l’administration de prendre des sanctions
administratives à leur encontre. Ces mesures conservatoires pourraient prendre la forme
d’interdiction de mener des opérations du commerce extérieur.

SECTION II : La nécessité de rationaliser l’action des organes de contrôle

Le contrôle des transactions financières avec l’extérieur met en jeu l’intervention de plusieurs
acteurs dont il convient de définir clairement les prérogatives et compétences, ainsi que d’assurer
une meilleure coordination des actions dans un souci d’efficacité du service.

I. Le chevauchement des attributions de la Douane et du Trésor dans le contrôle


du rapatriement des recettes d’exportation
Vue sa compétence générale en matière de contrôle des finances extérieures et du respect de la
réglementation des changes, la DGTCFM dispose en son sein une Sous-direction des changes et
de transferts. Cette dernière est chargée du suivi des opérations de rapatriement des recettes
d’exportations, en liaison avec les administrations concernées ; et du contrôle des mouvements
de capitaux avec l’extérieur31.

L’organigramme du MINFI attribue également à la DGD6 la mission du suivi des opérations de


rapatriement des recettes d’exportation, en liaison avec les administrations concernées ; ainsi que

31
Article 241 du Décret n°2013 / 066 du 28 Février 2013 portant organisation du Ministère des Finances

28
celle du suivi et du contrôle du financement des opérations de transfert et de change auprès des
intermédiaires dans le cadre du commerce extérieur32.

Il résulte de cet organigramme un dédoublement des attributions des deux administrations,


chacune pouvant émettre les attestations d’exportation effective, document servant de base au
remboursement des crédits de TVA aux entreprises exportatrices. Ainsi, une même demande
d’attestation d’exportation effective peut être refusée par la douane et établie par l’administration
du trésor. Il se pose donc un problème de cohérence de l’action administrative au-delà des enjeux
de sécurisation du trésor public par l’octroi d’un remboursement de crédits de TVA indus.

II. La nécessaire coordination des missions de contrôles en entreprise des


différentes administrations fiscales
L’administration des douanes n’est pas la seule administration fiscale fondée à exercer des
contrôles en entreprise. Ces contrôles s’étendent sur une période assez longue (90 jours
maximum pour la douane, mais renouvelables une fois). Très souvent, il arrive qu’on observe
une superposition des missions de contrôle douane et impôts, ce qui cause des problèmes de
disponibilité des espaces (ces contrôles étant effectués au sein des entreprises), et des documents
(la liasse documentaire étant déjà mis à disposition de l’une ou l’autre mission).

Cette superposition de contrôle créée également des résistances de la part des opérateurs car ils
sont obligés de réorganiser leurs services afin de répondre aux besoins des missions de contrôle,
et ralenti le déroulement de leurs activités.

Afin de pallier à cette difficulté, la solution de missions conjointes Douane – Impôts a été émise.
Cependant, les critères de sélectivité des entreprises à contrôler diffèrent d’une administration
fiscale à une autre.

Il convient dès lors d’utiliser les outils qu’offrent les méthodes de gestion des risques afin
d’affiner la sélection des entreprises à contrôler lors l’établissement des plans annuels de
contrôle.

III. Le renforcement des capacités des agents chargés du contrôle

Comme nous l’avons noté plus haut, la DGD6 est une division nouvellement mise en place de
par la nomination d’un responsable en Novembre 2017. Les structures de ladite division toujours

32
Article 95 du Décret n°2013 / 066 du 28 Février 2013 portant organisation du Ministère des Finances

29
en attente de mise en place. Cependant, les personnels qui y ont été affectés en Février 2018 ne
disposent que d’une formation douanière de base, malgré leur expérience dans d’autres services.

Cependant, un contrôle efficace des transactions financières avec l’extérieur requiert une
connaissance approfondie des moyens de paiements internationaux, une bonne lecture des
documents comptables, ainsi qu’une parfaite compréhension des instruments financier33. Il en
résulte que des besoins de formation spécifiques se font sentir. En effet, l’efficacité des contrôles
dans la recherche de la fraude dépend de l’aptitude des agents à être inventifs dans l’élaboration
de procédures de contrôles. Il se fait donc sentir un fort besoin de formation continue des agents
de ladite division.

En outre, il serait opportun de procéder à une spécialisation des agents de douanes dès leur
formation initiale.

33
Instruments de paiement internationaux, instruments de gestion et couverture des risques

30
CHAPITRE IV : LA MISE EN PLACE D’UN CONTRÔLE DOUANIER
INTELLIGENT
Dans une démarche prospective, celle de proposer des mesures visant à améliorer le travail des
unités en charge du contrôle douanier des transactions financières avec l’extérieur, nos
suggestions s’articulent autour de deux plans. D’une part, l’adoption des méthodes de gestion des
risques pour la programmation des missions de contrôle à postériori, en ciblant les entreprises
présentant un fort risque de défaillance vis-à-vis de la réglementation des changes. D’autres
part, le choix de nouvelles procédures de contrôle pouvant permettre à la DGD6 de s’assurer au
quotidien du respect des dispositions de la législation cambiaire par les opérateurs du commerce
extérieur et les intermédiaires agréés.

SECTION I : L’organisation des contrôles et l’enrichissement des bases de données


de référence

La mauvaise planification des missions de contrôles peut être un véritable frein à l’efficacité de
l’action de la DGD6 tels que constaté au chapitre précédent. En effet, la succession des missions
de contrôle en entreprise des différentes administrations fiscales, en plus d’entraver l’activité des
entreprises, créent de la résistance de leur part. Ainsi, afin de rationaliser l’action des organes de
contrôles tout en améliorant leur efficacité, le recours à des méthodes statistiques telles que le
scoring pour la planification des missions de vérification constituerait une avancée notable.

I. L’utilisation du scoring pour l’élaboration du plan annuel de contrôle

Le scoring est une méthode statistique très usitée dans le domaine bancaire afin de déterminer la
probabilité de défaillance d’un emprunteur potentiel. Elle se présente sous la forme d’une
fonction construite à partir d’une population d’emprunteurs défaillants. De cette population, on
extrait les régularités statistiques, les caractéristiques pertinentes pouvant expliquer le défaut de
l’emprunteur ; ce à l’aide de modèles économétriques.

Cette méthode appliquée au contrôle des transactions financières avec l’extérieur permettra
différencier les entreprises performantes de celles défaillantes vis-à-vis de la réglementation des
changes, afin de procéder à des contrôles ciblés notamment sur celles présentant le plus de risque
de défaillance.

1. La démarche de construction d’une fonction score

La démarche de construction de cette fonction pourrait se décomposer en diverses étapes :

31
 L’établissement du profil des importateurs/exportateurs (capital, secteur
d’activité, partenaires commerciaux, méthode de paiement, etc.) ;

 Par secteur d’activité, l’identification des entreprises ayant commis des


infractions à la réglementation des changes afin de déterminer des régularités
statistiques ;

 La mise en œuvre d’outils statistiques aux fins d’identifier les caractéristiques


communes à ces entreprises défaillantes à la réglementation de changes et établir
ainsi un profil de risque.

 L’estimation du modèle :

La défaillance est considérée comme étant le dépassement d’un seuil critique au niveau des
critères prédéfinis.

2. L’identification des facteurs de risque

Il s’agit des infractions à la législation cambiaire, ou d’indicateurs pouvant révéler l’existence


d’une d’infraction.

 le non rapatriement des produits d’exportations de biens et services, ou de créances


détenues sur des clients étrangers ;

 les transferts irréguliers (transferts sur des DI non apurées par exemple) ;

 l’excès du recours aux dépenses en devises par rapport à la taille de l’entreprise ;

 le secteur d’activité (les secteurs d’activité générant beaucoup de liquidité sont


particulièrement vulnérables au blanchiment de capitaux à l’exemple des quincailleries,
poissonneries, stations-services, etc.) ;

 le recours excessif aux produits de couverture contre les risques financiers (swaps,
forward, futures, etc.).

3. La détermination des seuils critiques

Une analyse statistique permet d’établir les profils de risque des différents critères retenus. Le
profil de risque d’un critère est calculé comme sa fréquence de fraude, c’est-à-dire le nombre
d’opérations financières portant sur ce critère et ayant fait l’objet d’une infraction cambiaire
rapporté au nombre total d’opérations financières pour ce critère. Ces fréquences sont calculées à

32
partir de l’indication « 1 » pour les déclarations qui ont fait l’objet d’une infraction et « 0 » pour
celles qui ne l’ont pas fait.

II. L’enrichissement des bases de données des valeurs de référence des douanes
La maitrise du fichier de la valeur est à la base d’un contrôle efficace des transactions financières
relatives au commerce extérieur. En effet, ces dernières doivent représenter le prix effectivement
payé pour les marchandises vendues à l’étranger ou importées de l’étranger.

Les problématiques prégnantes en matière d’opérations financières du commerce extérieur ont


trait à la majoration de la valeur en douane déclarée à l’importation, la minoration de la valeur en
douane déclarée lorsqu’il s’agit d’opérations d’exportation. Identifier ce type de fraude suppose
une bonne connaissance du marché international des différentes marchandises dans le commerce,
ainsi que de la formation des prix.

Nos économies étant exportatrices de matières premières en grande majorité, ces matières
premières faisant l’objet d’échanges sur les marchés financiers internationaux ; les douanes
peuvent dès lors avoir accès à des informations fiables sur les cours de ces dernières. Ces cours
peuvent ainsi servir à titre de comparaison avec les valeurs en douane déclarées à l’export, aux
fins d’identifier non seulement les minorations de valeurs, mais aussi les défauts de rapatriement
des recettes d’exportation.

S’agissant des importations, nos économies dépendent grandement des produits alimentaires de
base importés tels que le riz, le poisson, le blé, pour faire face au déficit de leur production
interne. Ces produits font également l’objet d’une cotation sur les marchés financiers
internationaux. Ces cotations34 peuvent constituer des éléments fiables pour apprécier les valeurs
déclarées en douane.

La comparaison des cours de matières premières avec les valeurs déclarées en douane pourrait
constituer une avancée notable pour la constitution d’un fichier de valeur fiable.

SECTION II : Le développement de nouvelles procédures de contrôle

Ces propositions visent à contribuer à améliorer l’action de la toute jeune DGD6 dans ses
missions de contrôle des opérations financières du commerce extérieur, et de recherche et
répression des infractions qui leurs sont liées. Ces suggestions consistent en des contrôles par

34
Données des agences d’information comme Thomson Reuters

33
croisement des données à effectuer auprès des intermédiaires agréés ainsi que des opérateurs du
commerce extérieur.

I. Contrôles à effectuer auprès des intermédiaires agréés

Les intermédiaires agréés étant ceux à qui incombe l’administration de la réglementation, le


contrôle de la DGD6 consiste à s’assurer qu’ils accomplissent effectivement toutes les
diligences visant à garantir la régularité des opérations financières du commerce extérieur.

1. Contrôle des transferts émis sur la base de DI valides

Ce contrôle à effectuer auprès d’établissements de crédit visera à s’assurer que ces derniers
respectent bien leurs obligations en matière de transferts liés au commerce extérieur.

Les banques devant communiquer à l’administration des douanes le détail des transferts émis par
leurs soins sur une base mensuelle, ce contrôle peut s’effectuer tous les mois.

Ainsi, tous les transferts émis pour un montant supérieur à 5 millions pour régler une importation
doivent être justifiés par une DI. Concrètement, il s’agira de trier dans la base de données reçue
des banques les opérations liées aux importations, qu’il s’agisse de paiements partiels ou totaux,
et de vérifier à travers la base de données de la SGS, que les numéros de DI existent et
concordent effectivement.

2. Contrôle de la vigilance renforcée sur les opérations supérieures à 100 millions

Les règlements d’importations d’une valeur supérieure à 100 millions doivent faire l’objet d’une
vigilance renforcée de la part des intermédiaires agréés35.

Le contrôle pourra s’effectuer sur une base mensuelle. Il consistera à collecter les différents
dossiers de domiciliation auprès des différentes banques, afin de s’assurer que tous les
documents justificatifs y ont été insérés, et que l’apurement du dossier se fait par le dépôt d’une
déclaration en douane couvrant l’opération.

3. Contrôle du rapatriement des recettes d’exportations

Les intermédiaires agréés ont la possibilité d’encaisser le produit des exportations pour le compte
de leurs clients auprès de leurs correspondants étrangers, sans procéder à leur rapatriement
auprès de la banque centrale.

35
Article 41 et 48 du Règlement 02/00

34
Le contrôle pourra consister à s’assurer que tous les dossiers de domiciliation à l’export ont été
apurés, la domiciliation des exportations étant rendue obligatoire en pratique par les services de
douanes quel que soit le montant.

II. Contrôles à effectuer auprès des opérateurs du commerce extérieur

Il s’agit pour nous de proposer des contrôles supplémentaires à ceux déjà menés par la DGD6
lors des missions de contrôles à postériori auprès des opérateurs du commerce extérieur.

1. Contrôle des valeurs déclarées avec les valeurs de référence


Ce contrôle visera à détecter les majorations de valeurs à l’importation et minoration de valeurs à
l’exportation. Il s’agira de comparer les prix moyens pratiqués par l’entreprise exportatrice à
ceux pris sur les marchés internationaux ; comparer les prix moyens appliqués à chaque client
étranger afin de détecter des liens éventuels. Un très grand écart constituerait un indice que les
prix n’ont pas été fixés dans les conditions de pleine concurrence, et qu’on est potentiellement en
face d’un cas de prix de transferts ou de fuite illicite de capitaux ou d’un cas de financement du
terrorisme.

A l’importation, ce contrôle pourrait amener à identifier les opérations du commerce


international servant de base à la sortie illicite de capitaux, ou celles support au blanchiment de
capitaux.

2. Contrôle du rapatriement effectif des recettes d’exportations

Les entreprises effectuant des prestations de service ou exportant des marchandises ont la
possibilité d’en recevoir le paiement sur des comptes situés à l’étranger en violation de la
réglementation des changes.

Le contrôle consistera à s’assurer que toutes les créances pour exportation de marchandises ou de
services ont été rapatriées. Il s’agira de s’assurer que ces exportations ont fait l’objet d’une levée
de DE, d’une domiciliation, et d’un rapatriement effectif et intégral des recettes y afférentes.

35
CONCLUSION GENERALE

Notre travail sur le contrôle douanier des transactions financières avec l’extérieur dans le cadre
du contrôle du commerce extérieur a consisté d’une part à déterminer le cadre légal et
réglementaire qui fixe les obligations des personnes assujetties dans la conduite de leurs
opérations, de faire état du contrôle exercé par les organismes chargés du contrôle, avec un
accent sur le contrôle douanier. D’autre part, nous avons identifié les failles qu’offrent le
dispositif juridique et les limites du dispositif actuel de contrôle, qui permettent le détournement
des opérations du commerce extérieur à des fins illicites. Nous avons montré que le contrôle
douanier des transactions financières du commerce extérieur s’articule principalement autour des
formalités prévues par la réglementation du commerce extérieur et des changes. Il s’agit en
l’occurrence des déclarations préalables d’importation et d’exportation, qui permettent le
transfert des fonds nécessaires au règlement des importations et le suivi du rapatriement des
recettes d’exportations qui constitue une obligation réglementaire.

L’action de la douane pour le contrôle de ces transactions consiste essentiellement en des


missions de contrôle à postériori auprès des opérateurs du commerce extérieur aux fins de
déceler les éventuelles infractions à la législation du commerce extérieur et des changes. Aussi,
les principales failles du dispositif de contrôle se trouvent être liées d’une part au cadre
réglementaire, et à la pratique douanière ; d’autre part à la diversité des organes de contrôle.
S’agissant du cadre réglementaire, nous avons relevé entre autres la nécessité d’améliorer
l’identification des opérateurs du commerce extérieur ainsi que de leur ayant droit afin de lutter
contre les entités fictives ; le délai de validité excessivement long des déclarations préalables qui
constituent une entrave au contrôle de la douane. Pour ce qui est des failles liées à la pratique
douanière, l’utilisation des valeurs administratives constitue le principal frein au contrôle des
transactions financières, car compromettant l’égalité entre valeur en douane déclarée des flux
physiques et les flux financiers correspondants. Quant à l’organisation des contrôles, nous avons
constaté un chevauchement des compétences des services chargés du contrôle douanier et ceux
de la direction générale du trésor. Aussi, la coordination des missions de contrôle des différentes
administrations fiscale nécessite des progrès significatifs afin d’en améliorer l’efficacité.

Afin d’apporter notre contribution pour l’amélioration du dispositif de contrôle douanier, nos
propositions vont dans le sens d’adopter de nouvelles procédures de contrôle s’appuyant sur la
réglementation en vigueur, l’enrichissement des valeurs de référence, ainsi que la meilleure
programmation des missions de contrôle par l’utilisation du scoring.

36
ANNEXES

Annexe 1 : demande de déclaration d’importation

Annexe 2 : déclaration d’importation SGS

Annexe 3 : Attestation d’inscription au fichier des importateurs

Annexe 4 : Annexe 3 du Règlement n°02/00/CEMAC/UMAC/CM du 29 avril 2000

Annexe 5 : Dispositions d’application de la réglementation des changes CEMAC (loi


n°2003/017 du 22 décembre 2003)

37
BIBLIOGRAPHIE
Sources Internationales :

 CONVENTION DE NAÏROBI D’ASSISTANCE MUTUELLE


ADMINISTRATIVE EN VUE DE PREVENIR, DE RECHERCHER ET DE
REPRIMER LES INFRACTIONS DOUANIERES (1977) ;

 CONVENTION DE JOHANNESBURG SUR L’ASSISTANCE MUTUELLE EN


MATIERE DOUANIERE (2003).

 CODE DE DOUANE CEMAC, EDITION 2003

 REGLEMENT N°02/00/CEMAC/UMAC/CM PORTANT HARMONISATION DE


LA REGLEMENTATION DES CHANGES DANS LES ETATS MEMBRES DE LA
CEMAC ;

Sources nationales :

 LOI N°2003/017 DU 22 DECEMBRE 2003 PORTANT DISPOSITIONS


D’APPLICATION DE LA REGLEMENTATION DES CHANGES CEMAC ;

 LOI N°2016/018 DU 14 DECEMBRE 2016 PORTANT LOI DE FINANCES DE


LA REPUBLIQUE DU CAMEROUN POUR L’EXERCICE 2017 ;

 LOI N°2017/021 DU 20 DECEMBRE 2017 PORTANT LOI DE FINANCES DE


LA REPUBLIQUE DU CAMEROUN POU R L’EXERCICE 2018 ;

 LOI N° 2016/004 DU 18 AVRIL 2016 REGISSANT LE COMMERCE


EXTERIEUR AU CAMEROUN ;

 DECRET N°2013 / 066 DU 28 FEVRIER 2013 PORTANT ORGANISATION DU


MINISTERE DES FINANCES ;

 DECRET N°2017/6523/PM du 07 JUIN 2017 FIXANT LES MODALITES


D’APPLICATION DE LA LOI N° 2016/004 DU 18 AVRIL 2016 REGISSANT LE
COMMERCE EXTERIEUR AU CAMEROUN ;

 ARRETE N°04/132/CF/MINFIB/DCFMA/D FIXANT LES MODALITES DE


RECOUVREMENT DES AMENDES RELATIVES A LA REPRESSION DES

38
INFRACTIONS A LA REGLEMENTATION DES CHANGES ET LE REGIME DU
PRODUIT DE CES AMENDES ;

 CIRCULAIRE N°004/MINFI/DGD du 04 JANVIER 2018 PRECISANT LES


MODALITES D’APPLICATION DE CERTAINES DISPOSITIONS DE LA LOI N°
2017/021 DU 20 DECEMBRE 2017 PORTANT LOI DE FINANCES DE LA
REPUBLIQUE DU CAMEROUN POUR L’EXERCICE 2018 ;

 CIRCULAIRE N°006024/MINFI/CAB DU 30 NOVEMBRE 2016 FIXANT LA


LISTE DES MARCHANDISES NON SOUMISES AU PROGRAMME DE
VERIFICATIOIN DES IMPORTATIONS ;

 INSTRUCTION GENERALE N° 03/009/CF/MINFI/DCE/D RELATIVE A


L’APPLICATION DU REGLEMENT N°02/00/CEMAC/UMAC/CM DU 29
AVRIL 2000 PORTANT HARMONISATION DE LA REGLEMENTATION DES
CHANGES DANS LES ETATS MEMBRES DE LA CEMAC ;

 INSTRUCTION N° 00625/MINFI/CAB FIXANT LES MODALITES


D’EXECUTION DU PROGRAMME DE VERIFICATION DES IMPORTATIONS
DU 30 NOVEMBRE 2016 ;

 INSTRUCTION N° 00626/MINFI/CAB FIXANT LES MODALITES


D’EXECUTION DU PROGRAMME DE CONTRÔLE D’IDENTIFICATION DES
VEHICULES IMPORTES AU CAMEROUN (CIVIC) DU 30 NOVEMBRE 2016 ;

 INSTRUCTION N° 00627/MINFI/CAB FIXANT LES MODALITES


D’EXECUTION DU PROGRAMME SECTORIEL DE SUIVI DES
EXPORTATIONS (PSSE) DU 30 NOVEMBRE 2016 ;

 NOTE DE SERVICE N°060 DU 20 FEVRIER 2018 PRECISANT LES


MODALITES DE MISE EN ŒUVRE DE CERTAINES DISPOSITIONS DE
L’ARTICLE NEUVIEME DE LA LOI DE FINANCES POUR L’EXERCICE 2018 ;

Ouvrages et travaux scientifiques

 MADANI Ouardia, MAZA Faiza ; Le contrôle douanier et son rôle dans le


développement du commerce extérieur en Algérie Cas de l’Inspection divisionnaire
des douanes de Bejaia, UNIVERSITE ABDERRAHMANE MIRA DE BEJAIA.

39
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES, COMMERCIALES ET DES
SCIENCES GESTION ; Département des Sciences Commerciales Mémoire de fin de
Cycle Pour l’obtention du diplôme de Master en Sciences Commerciales, 2013 ;

 DJEUWO M. ; Le Contentieux douanier dans les pays de la CEMAC, Harmattan


Cameroun, Yaoundé, Cameroun, 2017

 Office des Changes du Maroc, Charte du contrôle et du Contentieux change, 2012

 Bertrand Jacques ; Les techniques sud-américaines de contrôle des changes. In: Revue
économique, volume 9, n°3, 1958. pp. 414-443; doi :
https://doi.org/10.3406/reco.1958.407305 https://www.persee.fr/doc/reco_0035-
2764_1958_num_9_3_407305

40
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE ............................................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS .................................................................................................................................. ii
AVANT-PROPOS .................................................................................................................................. iii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................... iv
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................................... 1
PARTIE I : CADRE REGLEMENTAIRE ET FONCTIONNEL DU CONTRÔLE DES
TRANSACTIONS FINANCIERES AVEC L’EXTERIEUR ................................................................... 6
CHAPITRE I : DISPOSITIF FONCTIONNEL DE CONTRÔLE DES FLUX FINANCIERS
DU COMMERCE EXTERIEUR ............................................................................................................ 8
SECTION I : Les organes de contrôle des transactions financières avec l’extérieur.......... 8
I. Les intermédiaires agréés ..................................................................................................... 8
1. L’identification des intermédiaires agréés..................................................................... 8
2. Le Rôle des intermédiaires agréés ................................................................................. 9
II. Le contrôle de l’autorité administrative et le rôle central de l’administration
des douanes ..................................................................................................................................... 9
1. La compétence de l’administration des douanes en matière de contrôle ............ 9
2. L’intervention de la Sous-Direction des changes et des transferts .................... 10
III. La Banque Centrale et la COBAC ............................................................................. 10
SECTION II : Les pouvoirs reconnus aux personnes habilitées à constater les
infractions .......................................................................................................................................... 11
I. Le droit de communication ............................................................................................... 11
II. Les visites domiciliaires .................................................................................................. 11
1. Conditions relatives à l’objet de la recherche .......................................................... 11
2. Conditions relatives au lieu de la recherche ............................................................. 12
CHAPITRE II : LES MECANISMES DOUANIERS DE CONTRÔLE DES FLUX
FINANCIERS DU COMMERCE EXTERIEUR ............................................................................... 13
SECTION I : Les procédures encadrant les opérations du commerce extérieur ........... 13
I. Les actes incombant aux opérateurs économiques ..................................................... 13
1. L’inscription au fichier des Importateurs / Exportateurs ....................................... 13
2. La levée des déclarations d’importation et d’exportation ..................................... 14
a. Les fondements juridiques ........................................................................................ 14
b. Les modalités pratiques ............................................................................................. 14
3. L’obligation de domiciliation ......................................................................................... 16

41
II. Les actes incombant aux intermédiaires agréés ....................................................... 16
1. L’obligation de rapatriement des recettes d’exportation ...................................... 16
2. L’obligation de communication des intermédiaires agréés ................................... 17
3. L’exigence supplémentaire de l’Attestation de Non Redevance (ANR) avant
toute exécution de règlement d’une transaction financière avec l’étranger .............. 18
4. L’obligation de déclaration de soupçon ..................................................................... 18
SECTION II : Le Contrôle et répression exercé par la Division du Contrôle des
opérations financières du Commerce extérieur et des Changes ......................................... 18
I. Les formes de contrôle et les outils de la dgd6 ........................................................... 19
1. Le contrôle à priori ........................................................................................................ 19
a. Le contrôle de cohérence avant émission des déclarations préalables .......... 19
b. Le contrôle de l’apurement des DI / DE dans les délais .................................... 19
2. Le contrôle à postériori ................................................................................................ 20
3. Le développement de l’application SYGEC .............................................................. 20
II. L’outil répressif de la DGD6 : les infractions de change ........................................ 21
1. Le champ de l’infraction de change ............................................................................. 21
2. La nature des peines encourues .................................................................................. 21
a. Les sanctions fiscales .................................................................................................. 22
b. Les peines attachées à la personne ......................................................................... 22
PARTIE II: ANALYSE PROSPECTIVE DU DISPOSITIF DE CONTRÔLE DES OPERATIONS
FINANCIERES DU COMMERCE EXTERIEUR ................................................................................. 24
CHAPITRE III : ANALYSE CRITIQUE DU DISPOSITIF DE CONTRÔLE DOUANIER DES
OPERATIONS FINANCIERES DU COMMERCE EXTERIEUR ................................................ 25
SECTION I : De nécessaires réformes du cadre règlementaire ........................................... 25
I. Les vulnérabilités liées aux dispositions réglementaires ............................................. 25
1. L’identification des importateurs / exportateurs (inscription au fichier des
importateurs, carte de contribuable et quitus fiscal insuffisants) ................................ 25
2. Les délais de validité des déclarations d’importation / d’exportation ................. 25
3. L’obligation de plainte préalable pour le déclenchement de l’action publique .. 26
4. Le déclassement tarifaire de plusieurs produits de première nécessité ............. 27
II. Les limites liées à la pratique douanière .................................................................... 27
1. Les valeurs administratives à l’import et à l’export ................................................. 27
2. L’absence d’un fichier national des contrevenants .................................................. 28
SECTION II : la nécessité de rationaliser l’action des organes de contrôle ...................... 28

42
I. Le chevauchement des attributions de la Douane et du Trésor dans le contrôle
du rapatriement des recettes d’exportation ......................................................................... 28
II. La nécessaire coordination des missions de contrôles en entreprise des
différentes administrations fiscales .......................................................................................... 29
III. Le renforcement des capacités des agents chargés du contrôle .......................... 29
CHAPITRE IV : LA MISE EN PLACE D’UN CONTRÔLE DOUANIER INTELLIGENT .... 31
SECTION I : L’organisation des contrôles et l’enrichissement des bases de données de
référence............................................................................................................................................ 31
I. L’utilisation du scoring pour l’élaboration du plan annuel de contrôle................... 31
1. La démarche de construction d’une fonction score ............................................... 31
2. L’identification des facteurs de risque ........................................................................ 32
3. La détermination des seuils critiques.......................................................................... 32
II. L’enrichissement des bases de données des valeurs de référence des douanes
33
SECTION II : le développement de nouvelles procédures de contrôle.............................. 33
I. Contrôles à effectuer auprès des intermédiaires agréés............................................ 34
1. Contrôle des transferts émis sur la base de DI valides .......................................... 34
2. Contrôle de la vigilance renforcée sur les opérations supérieures à 100 millions
34
3. Contrôle du rapatriement des recettes d’exportations ......................................... 34
II. Contrôles à effectuer auprès des opérateurs du commerce extérieur ............. 35
1. Contrôle des valeurs déclarées avec les valeurs de référence ............................. 35
2. Contrôle du rapatriement effectif des recettes d’exportations ........................... 35
CONCLUSION GENERALE ................................................................................................................. 36
ANNEXES.............................................................................................................................................. 37
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................. 38
TABLE DES MATIERES....................................................................................................................... 41

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