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Section 5 / Les sociétés financières

 5.1. Définition du SI
 Fonction principale, ressources
principales, contours du secteur
 5.2. L’évaluation particulière de leur
production
 Le traitement des SIFIM

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5.1. Définition du SI des SF

 Le secteur des sociétés financières


regroupe l’ensemble des intermédiaires
financiers (banques, OPCVM, entreprises
d’assurance, fonds de pension…) dont la
fonction principale est de financer (c’est-à-
dire de créer, collecter, transformer et
répartir des moyens de financement) ou
de gérer des moyens de financement.

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 Leurs ressources principales sont les
fonds qui proviennent des
engagements financiers contractés:
• dépôts dans le cas des banques
• primes d’assurance dans le cas des
assurances
• cotisations volontaires dans le cas des
fonds de pension
• etc.
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 Au sein du secteur des SF (86,2 Mds de VA
en 2009), on distingue :
• Les « institutions financières » (57,6 Mds soit 67%
de la VA des SF) avec :
• la banque centrale (la banque des banques)
• les autres institutions de dépôts (i.e. les banques)
• les autres intermédiaires financiers (OPCVM,
entreprises d’investissement)
• les « sociétés d’assurances et les fonds de
pension » (19,2 Mds soit 22% de la VA des SF)
• les « auxiliaires financiers » (sociétés de gestion de
portefeuille, bureaux de change…) (cf dans SNF
avant => nouveauté SEC 95 / base 1980) (9,5 Mds
soit 11% de la VA des SF)
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5.2. L’évaluation particulière de
leur production
5.2.1. Présentation
 La VAB des SF (86,2 Mds en 09)
représente 5% de la VAB de l’ensemble
des SI, ce qui est peu.
 Leur production marchande comprend :
• d’une part des services qu’elles tarifent
normalement ou qui donnent lieu à des
commissions (ce volet ne pose pas de problème
comptable majeur)
• et d’autre part des services d’intermédiation
indirectement mesurés par les comptables
nationaux (SIFIM) (beaucoup plus difficile à
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mesurer)
 La production de SIFIM dans le nouveau traitement opéré par la
base 2000 est mesurée par la différence entre les intérêts reçus et
les intérêts versés, c’est-à-dire par une marge d’intermédiation.
 Cela évite la double comptabilisation qui existait dans la base 1995
(on corrigeait ce déséquilibre par une ligne «ajustement pour
services bancaires imputés» en emploi du compte d’affectation
des revenus primaires)
 De plus les SIFIM ne sont plus enregistrés comme CI d’une branche
fictive comme auparavant, mais comme suit
• La marge réalisée par la banque sur les dépôts est enregistrée
en DC des ménages tout comme celle réalisée sur le crédit à la
consommation des ménages. En revanche la partie
correspondant aux crédits logements des ménages est
enregistrée en CI des ménages
• La marge réalisée sur les crédits aux entreprises est enregistrée
en CI des entreprises.

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 Cette marge ou ce coût d’opportunité pour les
clients de SIFIM est appréciée par rapport au
coût du refinancement des banques (taux du
marché monétaire):
• Coût d’opportunité des prêts bancaires = taux
débiteur – taux du marché monétaire
• Coût d’opportunité des dépôts bancaires =
taux du marché monétaire - taux créditeur
Avec :
 taux débiteur = intérêt reçu par la banque noté id
 taux créditeur = intérêt versé par la banque noté ic
 taux du marché monétaire = « taux sans risque » noté r

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 Soit S la somme collectée par les banques
auprès des épargnants et prêtée aux
entreprises ou aux ménages, la production
de SIFIM sera égale à :
PSIFIM = S (id – ic) = S [(id – r) + (r - ic)]
 S (id – r)  CI des SNF, DC des ménages
(CI des ménages pour la partie crédits au
logements)
 S (r - ic)  CI des SNF, DC des ménages

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 Incidence de na nouvelle base / PIB :
• CI PIB : la consommation de SIFIM n’est plus entièrement
comptabilisée en CI, donc la CI globale diminue et la VA globale
augmente (cf le passage a la nouvelle base 2000 s’est traduit
par une hausse du PIB d’environ 1,5%
• De même hausse du RDM des ménages (pour un montant
imputé égal à leur CF de SIFIM).
 Au final :
• si une SNF fait un emprunt de 10 000 € à un tx d’i de 7% et que
le tx du marché monétaire est de 5% => marge d’intermédiation
de 2% (200 €). Sur les 700 € d’i annuels que paye la SNF, 500 €
sont comptabilisés en versement d’intérêts et 200 € en CI
des SNF (et en production de SIFIM des SF).
• Si un ménage dépose 10 000 € rémunérés à 2% (avec le TMM
toujours à 5%). Il reçoit 200 € d’intérêts. Et il a une CF pour 300
€ de SIFIM. Pour que cette consommation apparaisse, il faut lui
attribuer fictivement une rémunération de 5% sur son dépôt (et
non de 2%) de sorte qu’il reçoit 200 € d’i et consomme 300€ de
SIFIM.
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5.2.2. Exercice sur le traitement des
SIFIM
Les SNF ont obtenu 1 million d’euros de crédit
auprès des banques au taux de 8% et les
ménages ont effectué un placement de même
montant auprès des banques rémunéré au taux
de 2%. Le TMM (auquel les banques se
refinancent) est de 3%.
a) Calculer la production de SIFIM
b) Affecter l’utilisation des SIFIM aux ménages et
aux entreprises
c) Refaire l’exercice en supposant que les banques
ont collecté auprès des ménages 500 000 euros
et qu’elles ont dû se refinancer pour 500 000
euros sur le marché interbancaire
a) Production de SIFIM = 1 [(0,08-0,03) + (0,03-
0,02)] = 0,06 millions d’euros
b) Coût d’opportunité des SIFIM pour les
entreprises emprunteuses = 1(0,08-0,03) = 0,05
million d’euros
 d’où une CI de SIFIM affectée aux SNF pour un
montant de 0,05 million d’euros
Coût d’opportunité des SIFIM pour les ménages
épargnants = 1(0,03–0,02), d’où DC de SIFIM
pour les ménages = 0,01 million d’euros
On vérifie que CI de SIFIM par les SNF + DC de
SIFIM par les ménages = production de SIFIM
c) si les banques ont collecté 0,5 millions
d’euros auprès des déposants et qu’elles
octroient 1 million d’euros de crédits aux
entreprises, elles devront se refinancer pour un
montant de 0,5 millions d’euros :
- production de SIFIM :
1(0,08) – 0,5(0,02) – 0,05(0,03)= 0,055
- DC de SIFIM par les ménages :
0,5(0,03-0,02) = 0,005
- CI de SIFIM par les SNF:
1(0,08-0,03) = 0,05
5.2.3. Remarques sur les SF

 Les SF et la crise. En dépit de la crise financière


amorcée en 2007, la CN n’a pas enregistré de
dégradation de la VA des banques. Au contraire, la
VA des « institutions financières » (67% de la VA
des SF en 2009) est passée de 48,3 Mds en 07 à
50,4 en 08 et 57,6 en 09 !
 La financiarisation se voit partout sauf dans les
comptes nationaux !
• Pb1 : les CNx échouent à comptabiliser les activités de
marchés des banques (dans l’évaluation de la production
de SF, seules les commissions relatives à ces activités sont
comptées, pas les marges d’intérêts (plus loin ds le CARP),
ni les plus ou moins values (ds le compte de patrimoine)
• Pb2 : environ la moitié de l’activité des banques françaises
est réalisée à l’étranger  filiales non résidentes donc pas
dans la VA

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Section 6 / Le Reste du Monde
 6.1 - La définition du secteur du RDM
 6.2 - Le compte des opérations avec le
RDM
 6.3 – Quelques tendances

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6.1. La définition du secteur du RDM
 Le secteur du RDM regroupe l’ensemble des
opérations des unités résidentes avec les unités non
résidentes. Dit autrement : c’est le compte où l’on
décrit l’ensemble des opérations effectuées entre
des u.i. résidentes et des u.i. non résidentes, toutes
regroupées (sociétés, ménages, etc.) sous le terme
de « reste du monde »
 Il ne représente pas un véritable SI : il enregistre
uniquement les opérations que les UI résidentes ont
avec les UI non résidentes.

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6.2. Les opérations avec le RDM
 Les opérations du RDM sont retracées dans 3
comptes (2 en fait)
 Compte extérieur d’opérations sur biens et
services, où figurent :
• les exportations (en emplois du compte car les
exportations françaises = dépense du RDM) et
les importations (côté ressources car les
importations de la FR sont une ressource pour le
RDM). Autrement dit on écrit les comptes du point
de vue du RDM, mais on désigne les opérations
par le nom qu’elles ont pour la France.
• Le solde de ce compte est le solde extérieur des
biens et services (la Fr est le 3e exportateur
mondial de service) de la nation.

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• Compte extérieur de revenus primaires et transferts
courants, où sont retracées toutes les opérations de
revenus entre résidents et reste du monde ;
• Rémunérations salariales versées par les SNF à des
ménages non résidents, côté ressources du compte, ou
par des SNF non résidentes à des ménages résidents,
côté emplois (travailleurs frontaliers ou saisonniers)
• Revenus de la propriété versés et perçus par le
reste du monde, notamment les intérêts et des
dividendes.
• Les transferts courants entre ménages (sommes
reversées par des résidents à des non résidents et
réciproquement : pour la France, solde négatif) .
• Coopération internationale, « quatrième ressource »,
etc.

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 Le solde du « compte extérieur de revenus primaires et
transferts courants » = solde extérieur courant (qui est
l’équivalent de l’S pour les autres SI, ie le solde du compte
d’utilisation du revenu)
• Ce solde ext courant est pratiquement égal au solde des
transactions courantes de la balance des paiements
(laquelle est publiée par la Banque de France et qui a
l’avantage d’être publiée mensuellement)
 Le solde du « compte de capital » (3e compte donc) du RDM
est à peu près équivalent au précédent, ce solde n’enregistrant
quasiment rien => solde = capacité de financement du RDM,
par construction égale mais avec signe opposé à la capacité de
financement de la nation (car une opération ne peut pas
accroître la capacité de financement d’un non-résident si elle
n’accroît pas du même montant le besoin de financement d’un
résident)
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 Dans la présentation actuelle des opérations
avec le RDM seuls deux soldes apparaissent
donc :
• le solde extérieur des biens et services de la Nation
(vis-à-vis du RDM) : il exprime l’excédent ou le
déficit commercial de la France
• La capacité (+) ou le besoin (-) de financement de
la Nation : le besoin de financement de la France
correspond nécessairement à la capacité de
financement du RDM et réciproquement une
capacité de financement de la France correspond
nécessairement à un besoin de financement du
RDM.
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Solde commercial
 Exportations et importations sont
enregistrées du point de vue des UINR
(NR = non rés.)
• X nationales  emplois pour le RDM
• M nationales  ressources pour le RDM
 Mais le « solde extérieur des biens et
services de la Nation » est exprimé du
point de vue de la Nation (des UIR)

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Capacité ou besoin de financement
 Une capacité de financement positive pour le RDM
(négative pour la Fr donc) signifie que les SI
résidentes ont dû contracter plus de dettes auprès
d’unité non résidentes qu’ils n’ont acquis d’actifs
financiers dans le RDM (toutes ces opérations
financières sont retracées dans le compte financier
du RDM => cf chapitre suivant)
 Le solde de ce compte dépend en partie, mais pas
uniquement, de la position commerciale (solde du
premier compte du RDM) de la nation

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6.3. Quelques tendances sur
longue période

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Capacité/Besoin de financement et Balance commerciale de la nation en % du
PIB, 1959-2008, base 2000

(EX-IM)/PIB (%) Nation

-2

-4
1960
1945

1950

1955

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

2005

2010
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