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Revue d'histoire des colonies

Fernandès (Valentin). — Description de la côte d'Afrique de Ceuta


au Sénégal (1506-1507)

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Fernandès (Valentin). — Description de la côte d'Afrique de Ceuta au Sénégal (1506-1507). In: Revue d'histoire des colonies,
tome 26, n°116, quatrième trimestre 1938. pp. 138-139;

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tionnaires et c'est pourquoi, avec des effectifs aussi réduits, nous


avons pu non pas conquérir mais amener à nous des populations
que le prestige d'une haute valeur morale retenait ensuite dans
l'obéissance ou plutôt dans une soumission volontaire à notre
autorité.
C'est la leçon qui se dégage de toutes ces opérations à la fois
pacifiques et militaires que le général Duboc nous expose avec
de mesure et de clarté. Un chapitre final traite de
politique de l'Afrique occidentale française, au fur et à mesure
des progrès de notre occupation. Limitée d'abord au Sénégal, en
vue surtout de la traite des esclaves pour nos colonies des Antilles,
lorsque l'esclavage fut aboli, il apparut que notre colonie ne pouvait
désormais vivre que du drainage des richesses des hauts pays et des
fertiles vallées du Niger et ce fut avec Faidherbe, puis avec Archi-
nard, Trentinian, Humbert et Bonnier la pénétration de l'intérieur
du pays, d'abord jusqu'au Niger puis jusqu'au Tchad, où s'arrête
aujourd'hui notre Afrique occidentale.

Fernandès (Valentin). — Description de la côte d'Afrique de


Ceuta au Sénégal (1506-1507). — Publications du Comité d'Etudes
historiques et scientifiques de l'Afrique occidentale française,
Larose, 1938, 214 p.
Valentin Fernandès, né en Moravie à la fin du xve siècle, fut
amené, à la suite de circonstances que nous ignorons, à se fixer à
Lisbonne, où il fut tout à la fois auteur et imprimeur. En 1506-1507,
il fit à la côte d'Afrique un voyage qui semble avoir été son seul
voyage africain ; c'est le récit de ce voyage que nous donnent
MM. de Cénival et Th. Monod, tout à la fois en portugais et
en français (126 pages).
C'est un recueil d'importance très diverse, qui complète plutôt
qu'il ne rectifie les informations que nous avions déjà, soit par
Gabriel Pereira, soit par Léon l'Africain, et par d'autres encore.
Tel qu'il est, il constitue néanmoins la source portugaise la plus
complète que nous possédions sur le Sahara occidental. Cette
description renferme un grand nombre d'observations précises sur
les sujets les plus variés : par exemple, les engins de la navigation,
le commerce local, les tribus ; les animaux, les aliments, les cultures.
Elle est suivie de 251 notes explicatives, dues les 6Q premières, de
Ceuta à Arguin, à M. de Cénival, prématurément décédé l'an dernier,
et les autres, d' Arguin à la rivière du Sénégal, à M. Th. Monod.

Hazoumé (Paul). — Doguicimi. — Paris, Larose, 1937, 510 p.,


14/20.
L'auteur de cet ouvrage est un instituteur dahoméen, et si son
teint ne trahissait pas son origine, on le prendrait pour un Français
de France, tant en sa personne qu'en ses écrits. Mais, ainsi que
le dit M. Hardy dans sa préface : « à la manière de beaucoup d'entre
nous qui, sans cesser un instant d'être d'excellents patriotes,
une particulière tendresse à leur région natale, M. Hazoumé
n'entend point se détacher du sol de ses ancêtres, du passé de sa
famille, des habitudes de son entourage, de toutes les forces qui ont
concouru à former sa personnalité... La forme romancée qu'il a cru
bon d'adopter en son ouvrage, n'est qu'une apparence ; c'est bel
et bien de l'histoire qu'il nous apporte, exacte, parfaitement
et de l'histoire psychologique, la seule qui compte... Et si l'on
se rappelle qu'il ne s'agit pas ici d'événements très reculés ni
entièrement disparues, on conviendra que cette méthode
est plus près que toute autre de la vérité. Voilà dans quel esprit
il convient de lire ce livre ; qu'on se garde d'y voir un roman
; l'auteur n'invente rien... »
M. Hazoumé lui-même a pris soin de nous dire dans un
qui suit cette préface : « Cet ouvrage, qui traite des mœurs
et coutumes de l'ancien royaume du Dahomey, est une ébauche
de peintures d'une race conquérante à un tournant de l'histoire
de ses guerres, de ses trafics et sacrifices humains qui lui ont fait,
dans le monde civilisé, une triste célébrité. » Et, à travers une
fiction romanesque créée pour divertir le lecteur, il développe une
action historique où apparaissent les qualités et le vrai visage de
la cour et des rois, malgré des crimes auxquels la cupidité des
négriers ne fut pas toujours étrangère.
Les événements se passent au temps du roi Tofîa, c'est-à-dire
il y a une cinquantaine d'années, et se terminent par la mort
de la reine Doguicimi qui se laissa enterrer vivante pour rester
fidèle à la mémoire de son mari. Il serait trop long d'analyser
et même de résumer cette action, qui prend 510 pages ; disons
seulement que le style en est clair et agréable. Seul le fréquent