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Plan de travail

Chapitre préliminaire : généralités

1- Notion de l’audit
2- Audit financier et audit opérationnel
3- Caractéristiques
A – Indépendance
B- Objectivité
C- Universalité
D- Périodicité
4- Niveaux d’audit opérationnel
A- Conformité
B- Efficacité
C- Management
D- Stratégie
5- Approches d’audit opérationnel
A- Approche audit système ; audit procédure ; audit opérationnel
B- Approche audit total
C- Approche audit transversal
D- Approche qualité totale
E- Approche par les risques
6- Les intervenants
A- Les cabinets d’audit
B- Le service d’audit interne
C- The Institute of Internal Auditor (IIA)
7- Cadre de référence
A- Code de déontologie
B- Normes d’audit interne
8- Audit et contrôle interne
A- Notion du contrôle interne
B- Objectifs
C- Composantes
9- Démarche d’audit opérationnel

Partie I: Notions fondamentales de banque et d’audit:

Chapitre I : La banque et son environnement

1- La banque : organisation et rôles


2- Normes universelles régissant l’activité bancaire
A- Les normes de Bale II
B- Les normes IAS/IFRS
3- La banque et la gestion des risques
A- Risque crédit : identification, mesure et gestion
B- Risque de taux d’intérêt : identification, mesure et gestion
C- Risque de change : identification, mesure et gestion
D- Risque de liquidité : identification, mesure et gestion
E- Risque opérationnel : identification, mesure et gestion
F- Risque informatique : identification, mesure et gestion

Chapitre II : Outils et techniques d’audit

1- Le sondage
2- L’interview
3- Les diagrammes
4- Les narratifs
5- La confirmation
6- Les questionnaires du contrôle interne
7- Le scoring du contrôle interne
8- La cartographie des risques
9- L’examen analytique
10-Les outils informatiques

Chapitre III : Audit des opérations bancaires

1- Les opérations de caisse


A- Aperçu des opérations
B- Audit
2- Les opérations de crédit
A- Aperçu des opérations
B- Audit
3- Les opérations de commerce extérieur
A- Aperçu des opérations
B- Audit

Partie II : Pratique de l’audit opérationnel

Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil

1- Historique, missions et objectifs


2- Infrastructures et moyens
3- Organisation

Chapitre II : Audit opérationnel : réalité dans les banques algériennes


1- Cadre de référence algérien
A- Ordonnance 03/11 sur la monnaie et le crédit
B- Règlement 02/03 du contrôle interne
2- Etat des structures d’audit interne dans les banques publiques
algériennes
A- Un retard de mise en place : causes et conséquences
B- Une faible opérationnalité : confrontation avec les normes
C- Difficultés majeures
3- Remarques et recommandations

Chapitre III : Conduite d’une mission d’audit opérationnel par opposition à


une mission d’audit financier dans une banque

1- La préparation
2- La réalisation
3- La conclusion
Introduction : 1

Après les multiples scandales financiers qu’a connu le secteur bancaire Algérien
(Khalifa Bank, Union Bank, BCIA, BADR, BNA et d’autres), toutes les banques algériennes
parlent de mettre en place ou de renforcer des structures réalisant une activité d’audit
opérationnel, comme s’il s’agissait d’une bouée de sauvetage ou d’un remède miracle à tous
les maux.
Vous nous avez compris, l’audit opérationnel est devenu le mot qui sort de la bouche de
tous les banquiers, la mode de la banque Algérienne de XXIème siècle. C’est pourquoi nous
avons choisi de réaliser nôtre mémoire de fin d’étude sur l’audit opérationnel, curieux de
savoir ce qu’a ce produit de particulier pour que les banques Algériennes s’y intéressent
autant.
A partir de cette idée, nous avons choisi de formuler nôtre problématique comme suit :
« De quelle manière l’audit opérationnel peut-il servir et sert les banques Algériennes ? ».

Nous avons supposé que l’audit opérationnel adopte une certaine démarche, laquelle,
appliquée à la banque, permet à cette dernière soit de réaliser des bénéfices, soit de se
prémunir contre des pertes probables.
Selon le dictionnaire Ortho net, l’audit signifie le contrôle, donc l’audit opérationnel
bancaire signifierait un contrôle des opérations bancaires et, donc, aurait pour rôle d’éviter à
la banque des pertes.
Afin d’approfondir le sujet, nous avons opté pour la méthode descriptive, la méthode
analytique et la méthode historique pour mener nos recherches. Et pour rester dans la même
logique que nôtre hypothèse de départ, nous avons décidé de procéder de la manière suivante :
- D’abord, nous allons essayer de comprendre l’audit opérationnel et ses particularités
afin de comprendre comment ce dernier pourrait être, éventuellement, pratiqué dans
une banque. C’est pourquoi nous avons réservé un chapitre préliminaire à cet effet.
- Une fois que nous aurons compris la démarche de l’audit opérationnel, nous allons
tenter de l’appliquer à la banque et voir si, réellement, l’audit opérationnel permet à la
banque de se prémunir des pertes. Cela fera l’objet de la première partie de nôtre
mémoire que nous avons choisi d‘intituler : « Notions fondamentales de banque et
d’audit ».
- Une fois que nous serons rassuré par rapport au dernier point, nous allons nous
diriger vers le terrain et comprendre comment et dans quelles conditions l’audit
opérationnel est pratiqué en Algérie, afin de vérifier s’il sert les banques Algériennes
convenablement et, sinon, quelles sont les raisons pour lesquelles son service est mal
Introduction : 2

assuré. Cela fera l’objet de la seconde partie de nôtre mémoire intitulée : « Pratique de
l’audit opérationnel ».
La plus grosse contrainte à laquelle nous avons été soumis est la contrainte de temps. En
effet, il nous a été difficile de concilier nôtre stage pratique à KPMG Algérie et le travail de
recherche concernant ce mémoire. Aussi, le rapprochement des structures bancaires qui
pratiquent l’audit opérationnel a été difficile et les informations très difficile à tirer
(Problèmes de terminologie, de confidentialité par rapport à la méthodologie de conduite des
missions). Nous espérons que cela n’a pas pénalisé la qualité du travail.
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á

Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel

Il est impossible de parler de pratique dans n’importe quel domaine sans connaître au
préalable ses fondements théoriques et spécificités. Nous avons donc jugé utile de revenir sur
quelques notions générales afférant à l’audit opérationnel afin de faciliter la compréhension
des parties qui vont suivre.
Nous tenterons dans un premier temps d’approcher l’audit opérationnel en partant de
la notion d’audit puis en faisant la distinction avec l’audit financier. Ensuite, nous nous
intéresserons à ses principales caractéristiques, ses niveaux, ses approches et ses intervenants.
Enfin, nous essaierons de lui définir un cadre de référence et de lui tracer une démarche
propre sans oublier de passer en revue un concept central lié à la notion d’audit qui est le
contrôle interne.
Ce chapitre ne sera pas divisé en sections en raison de sa nature et de son contenu. Et
pour rendre « à césar ce qui appartient à césar », nous tenons à préciser que certains points de
ce chapitre ont été inspirés des cours d’audit bancaire, de management stratégique et de
communication dispensés au niveau de l’école et nous profitons de ce cadre pour remercier
nos professeurs de leurs considérables efforts.

I- Notion de l’audit :

Au sens étymologique du terme, l’audit vient du latin « audire » qui veut dire écouter. Le
mot anglais « to audit » signifie vérifier, surveiller, inspecter.
La comptabilité a donné naissance à sa première définition au milieu du XIXe siècle et
qui était l’examen critique permettant de vérifier que l’activité de l’entreprise est fidèlement
traduite dans ses comptes annuels conformément à un référentiel comptable précis.
L’apparition et le développement de l’audit interne après le crash boursier de 1929 ont
élargi le champ de l’audit aux activités de tous types dans n’importe quelle organisation.
A l’heure actuelle, l’audit désigne l’activité qui applique en toute indépendance des
procédures cohérentes et des normes d’examen en vue d’évaluer l’adéquation, la pertinence, la
sécurité et le fonctionnement de tout ou partie des actions menées dans une organisation par
référence à des normes1.
Le besoin de réaliser des audits provient du fait que l’audit permet d’assurer la
conformité du produit ou service audité aux normes y afférant, l’adaptation et l’efficience du
contrôle interne ainsi que la fiabilité des chaînes de contrôle.

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JC BECOURT ET H BOUQUIN, Audit opérationnel : Efficacité, efficience ou sécurité?‘ ÐŽYŽwsÐA ? édition, Paris,
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Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á

II- Audit financier et audit opérationnel :

L’audit se caractérise par deux activités distinctes mais complémentaires qui se servent
mutuellement de référence à savoir l’audit financier et l’audit opérationnel.
L’audit financier est l’examen auquel procède un professionnel compétent et indépendant
en vue d’exprimer une opinion motivée sur la régularité et la sincérité des états financiers d’une
organisation. Il s’étend également à toute mission qui prend directement appui sur ces états
comme l’audit des procédures informatisées de comptabilisation, l’audit des comptes
clients…etc.
L’audit financier relève généralement du domaine de l’audit externe. Ses missions légales
sont assurées par des commissaires aux comptes tandis que ses missions contractuelles sont
assurées par des cabinets d’audit indépendants.
L’audit opérationnel, quant à lui, est une évaluation indépendante et objective des
systèmes de contrôle interne d’une activité, fonction, opération,…etc. qui s’intéresse à la
manière dont l’organisation ou certaines de ses entités définissent et respectent leurs objectifs,
obtiennent, préservent, allouent et consomment tous les moyens pour ces fins et non à la tenue et
la présentation des comptes relatives à son activité.
Il a pour objectif l’analyse des risques et des déficiences existants dans le but de donner
des conseils, de faire des recommandations, de mettre en place des procédés (informatiques, de
gestion des stocks…) ou encore de proposer de nouvelles stratégies afin d’améliorer les
performances de l’organisation2.
Contrairement à l’audit financier qui dispose de références précises et générales, l’audit
opérationnel s’inscrit dans une perspective propre du domaine concerné, à l’organisation et à son
environnement.
L’audit opérationnel relevait exclusivement du domaine de l’audit interne mais les
cabinets d’audit ont commencé à le développer avec l’apparition d’une demande chez des tiers à
l’entreprise et des soucis de concurrence et de diversification d’activité.
III – Caractéristiques de l’audit opérationnel :

La pratique de l’audit opérationnel revêt quatre caractéristiques essentielles :


A)- L’indépendance : Pour garantir la fiabilité des résultats d’une mission d’audit opérationnel,
il est indispensable que les auditeurs qui l’effectuent soient indépendants financièrement et
hiérarchiquement de la structure à auditer ce qui leur permet de porter des jugements libres et
sans idées préconçues.

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A MIKOL, Les audits financiers : comprendre les mécanismes du contrôle légal, Editions de l’organisation, Paris,
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Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á

En audit interne, l’indépendance s’obtient par le rattachement aux structures les plus élevées de
la hiérarchie à savoir la direction générale, le comité d’audit, le secrétariat général, la direction
financière ou la direction du contrôle de gestion.
Les cabinets d’audit, quant à eux, sont indépendants des structures qu’ils auditent par défaut.
B)- L’objectivité : L’audit opérationnel ne s’intéresse qu’aux faits. Il évalue de manière
équitable tous les éléments pertinents relatifs aux processus, opérations ou fonctions audités.
L’auditeur ne se laisse donc pas influencer par ses propres intérêts ou par autrui.
L’objectivité s’obtient par l’indépendance et la référence aux normes professionnelles mais elle
reste avant tout un état d’esprit.
C)- L’universalité : L’audit opérationnel est applicable à n’importe quelle organisation quel que
soit son statut juridique ainsi qu’à n’importe quelle opération, processus, système ou fonction.
D)- La périodicité : Pour donner à l’organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses
opérations, les missions d’audit opérationnel doivent être périodiques pour mieux suivre
l’évolution et le dynamisme de l’environnement relatif à l’activité ; fonction, opération, système
ou domaine à auditer.
La périodicité dépend de l’importance du domaine dans la vie de l’organisation, la nature des
risques qui lui sont liés ainsi que des capacités de la structure qui audite en termes de temps, de
moyens et de volume de travail.
Si l’audit opérationnel est le fait de cabinets externes, la périodicité est stipulée dans le contrat.
Par contre, s’il est le fait de l’audit interne, la périodicité est déterminée par le plan et le
programme d’audit.

1- Le plan d’audit : C’est un calendrier pluriannuel qui attribue à chaque type de mission
une fréquence et un budget temps de façon à maîtriser les risques inhérents à l’organisation. Il
peut être réalisé de diverses façons. La plus simple consiste à :

- Recenser toutes les activités, fonctions et processus susceptibles d’être audités.


- Evaluer le contrôle interne de ces activités, fonctions et processus en utilisant un système de
score.
- Evaluer l’importance des activités, fonctions et processus ans l’organisation par un
indicateur de base (part du chiffre d’affaire réalisé, d’investissement ou de budget consacré à
chaque activité, fonction et processus à auditer).
- Evaluer la vulnérabilité de ces activités, fonctions et processus par rapport à leurs risques
spécifiques (il est possible d’utiliser l’évaluation des risques résiduels de la cartographie des
risques).
- Etablir un système de notation pour les trois évaluations (du contrôle interne, des enjeux et
de la vulnérabilité).
- Attribuer un coefficient de risque (K) à chaque activité, fonction et processus comme suit :

K=Note du contrôle interne×Note de l’enjeu×note de la vulnérabilité


Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á

- Etablir un système d’appréciation de périodicité par intervalles de coefficients de risques.


- Etablir un budget temps par tête en utilisant la logique suivante : Pour évaluer le contrôle
interne, une mission d’audit a été effectuée par Y personnes et elle a pris un temps T. Le
temps de mission par tête est celui qu’aurait pris la mission si elle avait été menée par une
seule personne. Il est égal à Y×T (Il s’agit là d’une appréciation terre à terre. L’utilisation de
critères économiques tels que la productivité marginale est plus recommandée).
Ce plan est complété, enrichi et mis à jour en fonction des changements de structures et des
modifications de processus ou d’environnement. Sa pertinence dépend essentiellement de la
performance des instruments de mesure des risques développés par l’organisation.
2- Le planning d’audit : C’est un planning annuel reprenant les missions d’audit à effectuer
conformément au plan d’audit, l’équipe concernée et la période de chaque mission. Il doit tenir
compte des compétences et des périodes d’indisponibilité des auditeurs. Il peut subir des
modifications avec l’introduction de missions imprévues par ordre de la hiérarchie.

IV- Niveaux d’audit opérationnel :

L’audit opérationnel peut se pratiquer à 4 niveaux. Le degré de complexité et


l’importance des enjeux augmentent d’un niveau à un autre.

Niveau 01 : Conformité ou régularité : C’est une démarche d’audit qui a pour but de s’assurer
que tous les dispositifs mis en place pour l’application des règles internes de l’organisation et
de la réglementation externe, en matière de sécurité, sont appliquées et fonctionnent
parfaitement3. Elle consiste en la comparaison entre la règle et la réalité, ce qui devrait être et ce
qui est. L’auditeur doit détecter les entorses aux règles, identifier leurs causes, évaluer leurs
conséquences et proposer une solution pour remédier aux causes.
Cette démarche suppose l’existence d’un référentiel préétabli.
Niveau 02 : Efficacité : C’est une démarche d’audit qui a pour objet de s’assurer que les
dispositifs mis en place pour maîtriser une fonction donnée sont adéquats, efficaces, efficients
et qu’il n’y a pas lieu de les modifier, d’en supprimer certains et d’en ajouter d’autres. Il s’agit
donc de recommander tout ce qu’il y a lieu de faire pour une meilleure efficacité dans l’exercice
de cette fonction et ce pour atteindre les objectifs fixés.
L’auditeur utilise dans ce cas son expérience et son savoir faire dans le domaine à auditer. Il se
constitue donc un référentiel idéal.
Niveau 03 : Management : Cette notion porte toujours à controverse et peut être appréciée de
trois façons différentes. Nous retenons dans ce cadre celle qui correspond à la pratique
dominante : L’auditeur se fait expliquer la mission par le responsable de la fonction auditée et
apprécie la cohérence entre la politique régissant cette fonction et la stratégie générale arrêtée
par l’organisation. C’est donc un audit de conformité portant sur le domaine stratégique. Il est
exercé par des auditeurs très confirmés en raison de sa complexité.

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J RENARD, Théorie et pratique de l’audit interne?‘ EúsOú
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Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á

Niveau 04 : Stratégie : C’est une démarche d’audit consistant à confronter l’ensemble des
politiques et stratégies de l’organisation avec le milieu dans lequel elles se situent pour
apprécier la cohérence globale. C’est donc l’appréciation de la cohérence des différentes
activités ou fonctions entre elles. Ce niveau d’audit exige des compétences sérieuses et n’est
pratiqué que par peu d’auditeurs.

V- Approches d’audit opérationnel :

Nous avons recensé les six approches suivantes :


A)- Approche audit système/audit procédures/audit opérationnel : C’est l’approche classique et
traditionnelle qui considère que l’audit opérationnel s’adresse à des opérations, des procédures
et processus de sorte qu’il soit limité dans le temps et dans l’espace à une partie de
l’organisation ou à des secteurs d’activité. Ce type d’audit requiert des compétences et une
capacité à comprendre les spécificités des fonctions auditées.
Cet audit est destiné aux responsables opérationnels, auditeurs externes, gouvernement
d’entreprise, …etc.
Cette approche consiste en l’examen de tous les aspects du contrôle interne des systèmes,
opérations, procédures,…etc.
Cette approche néglige les aspects liés à la gestion des interfaces, la remise en cause de la
stratégie et la recherche d’opportunités.
B)- Approche audit total : Dans cette approche, l’étendue de la couverture de l’audit est
illimitée. Il s’agit de couvrir tous les sites, toutes les fonctions sur une période plus ou moins
longue et toutes les opérations.
Cet audit est non économique et des fois même improductif car il est quasiment impossible
qu’une organisation soit en dysfonctionnement dans son ensemble.

C)- approche audit transversal : Il s’agit de couvrir au sein d’une organisation complexe l’audit
d’une fonction, système, procédure ou processus quel que soit le site sur lequel ceux-ci sont
opérés. Les audits réalisés sont de type management tendant à apprécier la cohérence entre la
politique du manager et son application sur le terrain.

D)- Approche qualité totale : La notion « qualité totale » a été développée par Joseph JURAN
dans les années 1980. Son objectif est de se mettre en conformité avec les besoins du client.
La norme NFX 50-120-150-8402 la définit comme étant l’ensemble des propriétés et
caractéristiques d’un produit ou service qui lui confèrent l’aptitude à satisfaire des besoins
exprimés ou explicites.
Elle s’exerce sur l’organisation et l’approche de l’audit en terme de politique, plans,
déroulement des missions,…etc. Il s’agit de les remettre en cause et les améliorer pour rendre le
service d’audit plus efficace, plus efficient et plus économique.
E)- Approche par les risques : Elle part du principe qu’il est peu utile d’auditer certaines parties
de l’organisation où un risque de perte, de défaillance, d’inefficience du contrôle est peu
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á

susceptible d’apparaître. Il s’agit donc d’auditer des structures à fort risque apparent.
Les risques peuvent être classés en risques politiques liés aux pays ou à l’organisation, risques
spécifiques liés à l’activité de l’organisation et risques de management de l’organisation.
Cette approche nécessite des instruments de mesure de risque très performants.

F)- Le self audit : Partant du principe « do it yourself », le self audit est l’audit que fait le
responsable d’une fonction pour s’assurer de la maîtrise de celle-ci et de la performance du
contrôle interne. Il peut être très utile dans les petites organisations ne pouvant mettre en place
un service d’audit interne ou dans une organisation complexe où il sert de pré audit.
Le responsable peut utiliser, pour mener cet audit, des questionnaires préparés par l’audit
interne, par ses supérieurs ou préparer ses propres questionnaires.

VI- Les intervenants :

Nous aborderons dans ce point les offreurs du service d’audit opérationnel à savoir les
cabinets d’audit et les services d’audit interne ainsi que l’une des associations de promotion de
l’audit opérationnel l’IIA.

A)- Les cabinets d’audit : Ce sont des prestataires de services ayant une forte spécialisation. Ils
réalisent une activité nécessitant des compétences et des connaissances approfondies afin de
garantir la qualité de leurs certifications. Ils disposent d’un contrôle interne très poussé reposant
sur la structure pyramidale de l’organisation. Les rapports écrits remis aux clients à l’issue de
leurs missions sont relativement succincts car le cœur de la mission consiste à approuver ou à
rejeter le produit fini. Eventuellement, les cabinets d’audit peuvent adopter une position
intermédiaire qui consiste à accepter le produit sous réserve d’un certain nombre d’observations
afférentes aux anomalies relevées.4
Un cabinet d’audit est une entreprise pouvant adopter n’importe quelle forme juridique. Sa
principale caractéristique est son indépendance qui garantit le sérieux de son opinion.
Un cabinet d’audit est composé d’associés propriétaires qui ont pour rôle la signature des
rapports d’audit, la supervision des collaborateurs et le respect des normes ainsi que de
collaborateurs salariés qui réalisent les missions d’audit. Il obéit à une organisation très
formelle et hiérarchisée.
B)- Le service d’audit interne : C’est une structure interne dans l’organisation qui a pour but
d’apporter une valeur ajoutée et d’améliorer le fonctionnement de l’organisation et ce en
adoptant une approche systématique et raisonnée d’évaluation des processus de management
des risques, de contrôle et de gouvernement d’entreprise.
Ce service est apparu en 1930 et était chargé d’aider les réviseurs externes dans le contrôle des
comptes dans le but de réduire les coûts. Avec le temps, son champ d’investigation s’est élargi
jusqu’à l’assistance du management.
Il réalise des missions pour le compte et par ordre de la direction générale ou du supérieur

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Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á

hiérarchique et constitue un instrument d’action du comité d’audit vu qu’il lui permet de


s’assurer de la mise en place de ses recommandations.
Ce service dispose d’un champ d’investigation plus large que celui d’un consultant externe du
fait qu’il est composé des salariés de l’organisation.
C)- Institut of Internal Auditors (IIA) : C’est l’organisation internationale de l’audit interne.
Elle a été fondée en 1941 aux Etats-Unis. Elle compte plusieurs filiales à travers le monde dont
l’IFACI (devenue Institut de l’audit interne au lieu de Institut Français des auditeurs consultants
internes à partir de 1998). Elle regroupait à l’an 2000 prés de 70000 membres répartis dans 110
pays. Son activité est importante en matière de formation et de recherche. Elle publie des
ouvrages comme The Internal Auditor, organise des conférences, définit les normes de la
profession et organise le CIA (certificated internal auditor examination) un examen
professionnel très apprécié.

VII- Cadre de référence :

Le cadre de référence le plus adéquat est celui de l’audit interne du fait que l’audit
opérationnel relève essentiellement de cette activité. Il s’agit de :

A)- Code de déontologie : Traduction française de « Code of Ethics » un court document de 12


articles résumant les principes dont l’auditeur interne ne doit pas s’écarter s’il ne veut pas se
trahir ou trahir sa mission. Publié pour la première fois en 1968 et révisé en 1988 puis en juin
2000, ce code reprend des principes relatifs à l’intégrité, l’objectivité, la confidentialité et la
compétence des auditeurs internes. En vertu de ce code les auditeurs internes :
- Doivent accomplir leur mission avec honnêteté, diligence et responsabilité.
- Doivent respecter la loi et faire les déclarations requises par les lois et règles de la profession.
- Ne doivent pas sciemment prendre part à des activités illégales ou s’engager dans des actes
déshonorants pour la profession d’audit interne ou leur organisation.
- Doivent respecter et contribuer aux objectifs éthiques et légitimes de leur organisation.
- Ne doivent pas prendre part ou établir des relations qui pourraient compromettre ou risquer de
compromettre le caractère impartial de leurs jugements.
- Ne doivent rien accepter qui pourraient compromettre ou risquer de compromettre leurs
jugements personnels.
- Doivent révéler tous les faits matériels dont ils ont connaissance et qui, s’ils n’étaient pas
révélés, auraient pour conséquence de fausser le rapport sur les activités examinées.
- Doivent utiliser avec prudence et protéger les informations recueillies dans le cadre de leur
activité.
- Ne doivent pas utiliser ces informations pour en tirer un bénéfice personnel, ou d’une manière
qui contre viendrait aux dispositions légales ou portant préjudice aux objectifs éthiques et
légitimes de leur organisation.
- Ne doivent s’engager que dans des travaux pour lesquels ils les connaissances, le savoir-faire
et l’expérience nécessaire.
- Doivent réaliser leurs travaux d’audit interne dans le respect des normes pour la pratique
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á?á

professionnel de l’audit interne.


- Doivent toujours s’efforcer d’améliorer leurs compétences, l’efficacité et la qualité de leurs
travaux.
B)- Les normes d’audit interne : Elles constituent une référence indispensable vu qu’elles
contiennent tout ce qu’il faut savoir sur la fonction d’audit interne. Néanmoins, elle revêtent un
caractère général et sont teintées de culture anglo-saxonne en plus du fait qu’elles ne sont
assorties d’aucune sanction, ce qui les rendent relatives dans leur conception et leur application.
Publiée pour la première fois en 1978, ces normes ont fait l’objet de plusieurs modifications
dont les dernières datent de 2003. Elles se déclinent en :
1- Normes de qualification : Elles énoncent les caractéristiques relatives aux organisations et
personnes réalisant des activités d’audit et soulignent essentiellement :
- L’exigence d’une charte définissant le statut e l’audit interne.
- La nécessité de l’indépendance et l’objectivité des auditeurs internes ; l’obtention de ces
dernières et ce qui leur porte atteinte.
- L’importance de la compétence professionnelle des auditeurs et les comportement du
responsable à son défaut dans le cadre des missions de conseil.
- La conscience professionnelle dont doit faire preuve les auditeurs concernant leurs travaux,
les risques rencontrés et les attentes de leurs clients.
- Exigence d’une formation professionnelle continue des auditeurs.
- Exigence d’u programme d’assurance et d’amélioration qualité conforme aux normes et au
code de déontologie qui aidera l’auditeur interne à apporter une valeur ajoutée.
2- Normes de fonctionnement : elles décrivent les aspects liés à la gestion de l’audit interne
en ce qui concerne la nature de ses activités et des critères de qualité permettant d’évaluer les
services fournis et la valeur ajoutée apportée. Ces normes mettent l’accent sur :
- La nécessité d’un plan d’audit approuvé.
- L’importance d’une bonne gestion des ressources, de l’établissement des règles et
procédures, du partage de l’information et la coordination avec les partenaires internes et
externes du service d’audit interne.
- Les aspects liés au management des risques, contrôle et gouvernement d’entreprise.
- L’exigence de la mise au point et la formalisation d’un plan pur chaque mission définissant
ses objectifs, son champ, les ressources à lui affecter et un programme de travail adéquat.
- La nécessité de l’identification, l’analyse, l’évaluation et la documentation des informations
pertinentes collectées lors de l’accomplissement de la mission ainsi qu’une supervision
appropriée.
- La nécessité de la communication rapide des résultats de la mission d’une manière claire,
exacte et constructive incluant les objectifs, le champ, les conclusions et recommandations de
la mission d’audit.
- Exigence d’un système de suivi des recommandations.
3- Normes de mise en œuvre : Elles déclinent les normes de qualification et de
fonctionnement à des types de missions spécifiques comme l’audit de conformité,
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á?á

l’autoévaluation,…etc. Elles se confondent dans les normes de qualification et de


fonctionnement et sont désignées par « A » pour les activités d’assurance et « C » pour les
activités de conseil
Ces normes seront présentées en annexe.

VIII- L’audit opérationnel et le contrôle interne :

Ces deux notions sont intimement liées du fait que l’audit opérationnel est une évaluation
de l’efficacité et de la pertinence du système de contrôle interne. D’où l’importance de cerner le
concept « contrôle interne ».
A)- La notion de « contrôle interne » : D’un œil externe, il est perçu comme étant un outil ;
d’un œil interne, on le voit plutôt comme un objectif. Le contrôle interne est la traduction du
terme anglais « Internal Control » dont le sens porte toujours à controverse. En effet, « control »
signifie à la fois maîtriser et vérifier. Dés lors, une question se pose : Doit on comprendre par
contrôle interne une action ou un état d’esprit ?
Plusieurs définitions lui ont été données : De la comptabilité (ordre des experts comptables
1977, consultative commitee of accountancy 1978, American Institut of certified public
accounts 1978) jusqu’aux institutions spécialisées (COSO 1992, COCO 1995), l’ensemble
s’accorde, à quelques divergences d’ordre lexique, à dire que le contrôle interne n’est pas une
action mais un ensemble de dispositifs mis en œuvre par les responsables de tous niveaux pour
maîtriser le fonctionnement de leurs activités. Néanmoins, la conception française reste toujours
penchée vers le sens action qui sera ultérieurement développé.
Nous retenons dans ce cadre rois définitions des plus récentes :
1- Définition du COSO (Committee of Sponsoring Organization of the Treadway
Commission) : “Le contrôle interne est un processus mis en oeuvre par le conseil
d’administration, les dirigeants et le personnel d’une organisation destine à fournir une
assurance raisonnable quant à le réalisation des objectifs”.
2- Définition du COCO (Criteria on Control Committee) : « Eléments de l’organisation
(incluant ressources, systèmes, procédés, culture et tâches) qui, mis ensemble, aident à
atteindre les objectifs ».
3- Définition de Benoît PIGE dans « Audit et contrôle interne » : « Le contrôle interne
d’une entreprise est l’ensemble des systèmes de contrôle, établis par les dirigeants pour
conduire l’activité de l’entreprise de manière ordonnée, pour assurer le maintien et l’intégrité
des actifs, et fiabiliser, autant que possible, les flux d’information. Le concept de contrôle
interne comprend les matières comptables et financières ainsi que la sauvegarde des actifs de
l’entreprise, mais il inclut également les contrôles destinés à améliorer l’efficience
opérationnelle et à renforcer l’adhésion à la politique stratégique de l’entreprise ».
Son indispensabilité provient du fait qu’il permet de s’assurer de l’application correcte des
décisions prises, garantir un niveau minimum de qualité à la prestation effectuée et de déceler
les anomalies de fonctionnement.
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á?á

Ces définitions permettent de constater que le contrôle interne est un concept à la fois
universel et relatif. Universel parce qu’il concerne d’une part tout le monde dans toutes les
activités de n’importe quel type d’organisation et parce qu’il se construit avec les mêmes
dispositifs et s’apprécie avec les mêmes outils et la même méthode dans tous les domaines
d’autre part. Relatif parce qu’il doit s’adapter aux spécificités de l’organisation dans laquelle il
est instauré.
B)- Objectifs du contrôle interne : Ses principaux objectifs sont d’assurer :
- La fiabilité et l’exhaustivité de l’information ainsi que sa pertinence et sa disponibilité.
- Le respect des politiques, plans, procédures, lois et règlements.
- La protection du patrimoine y compris le capital humain, technologique et l’image de marque
de l’organisation.
- L’utilisation économique et efficace des ressources.
- La réalisation des objectifs et des buts attribués à un activité ou à un programme.
« Le contrôle interne ne supprime jamais totalement les risques d’erreur, de fraude,
d’insuffisance, d’inefficience, d’incohérence, d’inconsistance, mais il permet de les prévenir, de
les limiter autant qu’il est possible, de déceler leur réalisation, et donc d’intervenir. »5
C)- Composantes du contrôle interne : Elles différent selon la conception choisie à savoir la
conception française et la conception anglo-saxonne :
1- La conception française : Elle fait du contrôle interne un métier et considère qu’il est
généralement constitué en paliers d’intervention épousant une forme pyramidale. Chaque
pallier exerce des dispositifs (procédures et moyens d’action) qui lui sont propres.
Dans une banque, par exemple, nous pouvons trouver quatre paliers :
Palier 01 : l’autocontrôle : Il est exercé au niveau des agences d’exploitation. Chaque agent
doit opérer des vérifications d’abord avant d’exécuter les opérations par mesures de sécurité
puis lors de l’arrêté de la journée comptable.
Palier 02 : Le contrôle du premier degré : Il relève de la direction régionale d’exploitation. Il
s’agit d’un contrôle opérationnel qui comprend un contrôle classique de suivi auquel est
soumise chaque agence rattachée au moins deux fois par an et des contrôles spécifiques
répondant à un besoin particulier. Ce contrôle est superflu et peu étoffé.
Palier 03 : Le contrôle du second degré : Il est assuré par l’inspection générale et les
inspections régionales. L’inspection doit pouvoir intervenir en toute objectivité dans
n’importe quel domaine. Ses interventions sont spontanées et ont pour but de s’assurer du
respect des règles et procédures lors du traitement des opérations. Ses investigations sont très
approfondies et étoffées et elle dispose du pouvoir de sanction.
Palier 04 : L’audit interne : La définition étant connue, nous tenteront dans ce cadre
d’éliminer quelques confusions :
- L’audit interne intervient par mandat et apporte des jugements constructifs sur les systèmes,
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JC BECOURT et H BOUQUIN, Audit opérationnel : Efficacité, Efficience ou sécurité, Economica, Parsú


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Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á?á

les opérations, les procédures et non sur les hommes, ce qui le différentie de l’inspection.
- Il s’assure que les moyens mis en place pour atteindre les objectifs existent et fonctionnent
correctement et ne s’intéresse ni aux grands équilibres ni à l’écart entre les résultats prévus et
réalisés, ce qui le différentie du contrôle de gestion.
Les missions effectuées par les trois derniers paliers obéissent à une planification rigoureuse et
peuvent être ponctuelles, de suivi ou spéciales.
Dans cette conception, il est attendu du contrôleur interne :
- Qu’il ait l’esprit d’équipe.
- Qu’il sache convaincre avec des arguments fondés.
- Qu’il fasse preuve de neutralité dans l’exercice de ses fonctions en évitant tout laxisme.
- Qu’il place l’intérêt de l’organisation au dessus de tout.
Cette conception a su démontrer son inefficacité en Algérie à l’instar des scandales bancaires
récents à cause du fait que cette conception néglige plusieurs aspects à savoir l’existence d’un
environnement de contrôle favorable; une bonne évaluation des risques ; la transparence de
l’information et le pilotage efficace.
2- La conception anglo-saxonne : Elle considère que pour bâtir un système de contrôle
interne pour une activité, il faut :
- Identifier préalablement la mission et les facteurs clés de réussite.
- Mettre en place un dispositif permettant d’avoir une assurance raisonnable de la maîtrise de
son activité et ce à travers les objectifs, la stratégie, le système de pilotage, l’organisation, les
procédures et la supervision.
- L’évaluer régulièrement grâce à la fonction audit.
Les préalables :
a- La mission : Elle représente la raison d’être d’une activité. Elle indique les actions à
mener, dans quel domaine et pour quelle finalité.
b- Les facteurs clés de réussite : Ce sont les éléments sans lesquels la mission ne peut pas
être remplie. Ils sont exprimés en terme de besoins tant quantitatifs que qualitatifs et se
matérialiseront par la suite dans la rubrique « stratégie ».
Le dispositif : Il existe plusieurs regroupements possibles mais qui s’accordent sur
l’essentiel. Nous retenons l’un d’eux. L’important étant qu’il y en ait un.
a- Les objectifs : C’est l’ensemble des meilleures cibles à atteindre pour remplir une mission
donnée. Ils doivent être mesurables, fondés sur la base de bonnes prévisions et non des
vœux pieux. Ils doivent aussi décliner de la politique générale de l’organisation et s’inscrire
dans le cadre des objectifs généraux du contrôle interne.
b- La stratégie : C’est l’ensemble des actions majeures et des moyens humains, financiers et
techniques à mettre en place pour atteindre les objectifs fixés et matérialiser les facteurs clés
de réussite.
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á?á

c- Le système de pilotage : Il s’agit de tableaux comportant des indicateurs pertinents et


clairs en nombre limité et en temps réel mis à la disposition des responsables leur permettant
de suivre l’avancement des réalisations par rapport aux objectifs, d’identifier, mesurer et
analyser les écarts et de prendre les décisions correctives à temps.
d- L’organisation : Henry MINTZBERG la définit comme étant un ensemble relativement
stable d’acteurs tournés vers des objectifs généraux communs et qui, en vue de leur
réalisation, recourent à une division de travail (une spécialisation des tâches) et à des
modalités de coordination et de contrôle.
Pour maintenir sa pérennité, une organisation doit pouvoir s’adapter à la réalité quelle
qu’elle soit. Elle doit donc s’inscrire dans un cadre institutionnel et non officiel, anarchique
ou charismatique.
Une organisation se décrit grâce à un ensemble de critères comme la prise de décision
individuelle ou collective, la prise de responsabilité, les modalités de promotion, la nature
des contrôles, le degré de supervision…etc. et se matérialise notamment par un
organigramme, la définition des postes, la délégation de pouvoirs et la séparation des tâches.
e- Les procédures : Ce sont les instructions permanentes concernant toutes les activités et
tous les processus. Elles doivent être écrites, simples et spécifiques, mises à jour
régulièrement et portées à la connaissance des exécutants.
f- La supervision : C’est le processus permanent de contrôle exercé par tout responsable sur
les échelons hiérarchiques qui lui sont rattachés.
Elle permet au responsable d’assister ses collaborateurs, de leur montrer qu’il s’intéresse à
leurs travaux et de s’assurer avec une fréquence adéquate du respect et de la bonne
exécution des procédures mises en place.
Il va de soit qu’avoir un système d’information performent et automatisé accessible au
personnel par codes selon leur niveau hiérarchique facilite la réalisation de la mission et
permet une meilleure supervision.
Un bon système de contrôle interne repose donc sur un bon management, un bon contrôle de
gestion et une bonne gestion des ressources humaines.
D)- Le contrôle interne et le comité de Bâle : L’exigence d’un contrôle interne adéquat est
devenue une préoccupation majeure sur le plan international. Ainsi, le Comité de Bâle a publié
en Septembre 1997 "25 principes fondamentaux pour un contrôle interne efficace". Ces
principes sont destinés à compléter les dispositifs réglementaires locaux. Ils ont été conçus en
étroite concertation avec plusieurs autorités de contrôle du monde entier. Ces 25 principes
peuvent se résumer comme suit:
1. Conditions préalables à un contrôle bancaire efficace (principe 1)
Ce contrôle bancaire n'est qu'un élément de l’ensemble du dispositif nécessaire pour
promouvoir la stabilité sur les marchés financiers,
2. Agrément et structure de propriété (2-5)
3. Réglementation et exigences prudentielles (6-15)
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á?á

4. Méthodes de contrôle bancaire permanent (16-20)


5. Exigences en matière d'information applicables aux organisations bancaires (21-25)
6. Pouvoirs institutionnels des autorités prudentielles (principe 12)
Le comité développa en octobre 1999 «la méthodologie des principes fondamentaux» dans le
but de faciliter son application et évaluation. Cette méthodologie est dispensée aux superviseurs
à travers des documents internationaux publiés ou non publiés. Dans la majorité des cas, les
autorités de supervision qui ne font pas partie du groupe G 10, l’ont considéré publiquement
adéquate avant de s’associer aux initiatives du comité.

IX- Démarche d’audit opérationnel :

La démarche consiste en :
A)- La prise de connaissance de l’organisation : Il faut prendre connaissance de l’organisation,
son secteur d’activité, ses partenaires, éventuellement ses concurrents, sa structure
organisationnelle, sa politique stratégique et si possible son environnement socioculturel interne
et ce pour bien comprendre comment elle fonctionne et apprécier les risques globaux liés à son
activité pou mieux mener l’audit.
B)- La prise de connaissance du domaine à auditer : Il est impossible de mener un audit
opérationnel sans connaître les spécificités du domaine à auditer c'est-à-dire ces principes de
fonctionnement, les normes, règles et procédures liées à sa pratique et, si possible, les résultats
des missions de contrôle antérieures concernant sa pratique dans l’organisation en question.
Cela permet à l’auditeur de comprendre comment le domaine devrait fonctionner, apprécier les
risques qui lui sont spécifiques, avoir une idée sur sa pratique au niveau de l’organisation à
auditer et identifier ses forces et faiblesses apparentes.
C)- La détermination des objectifs et la méthodologie à adopter : Une fois la prise de
connaissance effectuée, l’auditeur devra tracer les objectifs à atteindre dans sa mission en
fonction des attentes du demandeur et l’actualité du domaine.
Il devra ensuite déterminer la méthodologie à adopter une fois sur le terrain en indiquant :
- Le périmètre de la mission c'est-à-dire les sites à visiter.
-La marche à suivre c'est-à-dire la manière de procéder.
- Les moyens et outils à utiliser.
- Les équipes à constituer.
D)- L’évaluation du contrôle interne : Une fois bien préparé, l’auditeur passe à l’étape la plus
importante où il se rendra sur le terrain et appréciera le fonctionnement effectif du domaine
dans l’organisation.
Il devra examiner toues les composantes du contrôle interne et apprécier leur existence et leur
application en usant de toute la panoplie d’outils qu’il a préalablement préparé.
Tout dysfonctionnement relevé devra faire l’objet d’une détermination des causes, une
évaluation des conséquences sur le système et la proposition de recommandations pour
remédier à ces causes.
Chapitre préliminaire : Généralités sur l’audit opérationnel ?á?á

Une fois toutes les composantes examinées, l’auditeur sera en mesure d’apprécier le système de
contrôle interne dans sa globalité.
V- Réalisation d’un compte rendu et rédaction du rapport final : Une fois le travail sur le terrain
terminé, l’auditeur devra présenter un compte rendu dans chaque site visité où il exposera aux
dirigeant ses conclusions.
Il devra aussi rédiger un rapport à présenter au demandeur où il présentera les résultats de sa
mission avec preuves à l’appui. Le rapport contient généralement une partie détaillée et une
synthèse.
En conclusion, l’audit opérationnel est une activité indépendante et objective qui
procure aux divers types d’organisations une assurance raisonnable sur le degré de maîtrise
de leurs opérations et une assistance dans le développement et l’amélioration de ces dernières.
Il obéit à une démarche propre et puise les informations dont il a besoin du système de
contrôle interne mis en place. Il peut donc jouer un rôle capital dans la promotion et la survie
des entreprises, en particulier des banques, dans leur environnement à la fois risqué et hostile.
La partie suivante mettra en exergue certains points théoriques relatifs à la démarche
d’audit opérationnel appliquée à la banque à savoir la prise de connaissance de
l’établissement bancaire, la prise de connaissance de quelques opérations bancaires, les
techniques et outils pouvant être utilisés pour mener un audit opérationnel et quelques
indications concernant la réalisation de l’audit sur le terrain.
Nous espérons, enfin, que ce chapitre, malgré sa taille réduite, a pu donner une idée
générale sur l’audit opérationnel et ses particularités.
P a r t ie 0 1

N o t io n s fo n d a m e n t a le s

d e b a n q u e e t d ’a u d i t

« Celui qui tient pour réel ce qu’il croit être et qui ne


l’est pas court à une ruine inévitable »

M achiavel
Chapitre I : La banque et son environnement : 18

Chapitre I : La banque et son environnement :

Depuis la nuit des temps, les hommes riches ne savant pas quoi faire de leur argent
rêvaient d‘un endroit sûr, leur permettant à la fois de sauvegarder leur patrimoine et de le
fructifier, alors que les hommes pauvres et ambitieux ne trouvant pas d’adhérant à leurs idées
clairvoyantes pouvant les rendre riches rêvaient de trouver des personnes qui feraient
confiance à leurs projets et les aideraient à les réaliser. Et pourquoi ne pas réunir les deux ?
C’est cette idée qui a donné naissance à des institutions communément appelées
« Banques » devenues par la suite le moteur de la vie économique du globe terrestre grâce à
leur activité diversifiée et leur importante prise de risques qui explique leur obéissance à une
réglementation stricte et rigoureuse.
Nous allons tenter dans ce chapitre d’approcher l’activité bancaire et l’environnement
dans lequel elle se pratique afin d’apprécier l’importance des enjeux et mesurer les risques
d’éventuels dysfonctionnements. Pour se faire, nous l’avons subdivisé en trois sections.
La première section traitera du rôle économique de la banque et des différentes
fonctions qu’elle met en place pour bien le remplir. La seconde abordera brièvement les
risques bancaires et quelques techniques de mesure et de gestion de ces risques. La dernière
exposera sommairement deux cares de référence universels régissant l’activité bancaire à
savoir les normes de Bâle II et les normes IAS/IFRS.
Section 01 : La banque : Rôle et fonctions :
Avant d’entamer la section, il serait intéressant de se pencher sur la notion « banque ».
Les métiers de la banque sont tellement vastes, complexes et mouvants qu’il est difficile de
trouver une définition à la fois simple et exhaustive du terme « banque ». Nous nous
contenterons, à cet effet, de citer deux définitions :
1- Définition juridique : « Les établissements de crédit sont des personnes physiques ou
morales qui effectuent à titre de profession habituelle des opérations de banque.
Les opérations de banque comprennent la réception de fonds du public, les opérations de
crédit, ainsi que la mise à disposition des moyens de paiements »1.
Rappelons que la notion établissement de crédit se substitue, en vertu d’une directive
européenne de 1977, au vocable banque.
2- Définition économique : « La banque est l’intermédiaire entre offreurs et demandeurs de
capitaux et ceci à partir de deux processus distincts :
- En intercalant son bilan entre offreurs et demandeurs de capitaux. C’est l’intermédiation
bancaire.

1
Article 01 de la loi bancaire Française de 1984.
Chapitre I : La banque et son environnement : 19

- En mettant en relation directe offreurs et demandeurs de capitaux. C’est le phénomène de


désintermédiation »2.
I- Rôle économique d’une banque :
La banque, avec ses processus d’intermédiation et de désintermédiation bancaires,
permet de rapprocher les capacités et les besoins de financement des différents agents
économiques qui forment ses partenaires. Elle constitue donc le levier de la croissance
économique dans un pays.
A- Les agents économiques : En comptabilité nationale, les agents économiques sont des
personnes physiques ou morales constituant des centres autonomes de décision économique.
Ils sont regroupés en sept secteurs institutionnels selon leurs différents comportements à
savoir :
a)- Les ménages : Ils correspondent, dans le jargon bancaire, aux particuliers. Leurs
principaux comportements sont la consommation et l’épargne. Ils peuvent investir en
immobilier et produire (exploitation individuelle). Ils sont plus offreurs que demandeurs de
capitaux.
b)- Les sociétés non financières : Sont plus connues sous l’appellation « entreprises ». Elles
réalisent la production de biens et services marchands à but lucratif. Dans la plupart des cas,
elles sont demandeuses de capitaux.
c)- Les institutions de crédit : Il s’agit des banques et établissements financiers. Notons que
les établissements financiers, contrairement aux banques, ne peuvent ni collecter des fonds du
public ni mettre à leur disposition des moyens de paiement. Les banques et établissements
financiers sont concurrents sur le marché néanmoins, des liens de solidarité et de coopération
existent entre eux du fait de l’interdépendance du système bancaire.
d)- Les administrations publiques : Il s’agit de l’Etat et ses administrations. Ils produisent des
biens non marchands destinés à la collectivité et ce, en redistribuant les revenues et richesses
nationaux. Ils entretiennent des relations avec la banque via le Trésor public considéré
comme le caissier de l’Etat.
e)- Les administrations privées : Il s’agit des associations, syndicats…etc. Elles produisent
des services non marchands à but non lucratif. Leurs principales sources de revenue sont les
dons et subventions. Leurs relations avec la banque se limitent à la tenue d’un compte.
f)- Les entreprises d’assurance : Leur activité consiste à transformer les risques individuels
en risques collectifs. Elles collaborent avec les banques dans le cadre des garanties.
g)- Le reste du monde : Il s’agit de l’ensemble des comportements (consommation,
production, financement, transformation) réalisés par l’ensemble des agents non résidents

2
P GARSUAULT& S PRIAMI, La banque fonctionnement et stratégies, Economica 2ème
édition, Paris, 1997, P.8.
Chapitre I : La banque et son environnement : 20

pour le compte des agents résidents. Les relations bancaires avec le reste du monde entrent
dans le cadre du commerce extérieur.
B- L’intermédiation bancaire : Elle constitue le métier de base du banquier et le fondement
de l’économie d’endettement. L’intermédiation bancaire consiste en la collecte de fonds
auprès des offreurs de capitaux pour le compte de la banque et la prise de risque de les prêter
aux demandeurs.
a)- La collecte des ressources : Les banques se procurent leurs ressources auprès des offreurs
de capitaux sous trois grandes formes :
1- Les dépôts à vue : Il s’agit de fonds déposés par les clients pouvant être utilisés à tous
moments par le biais de retraits, virements ou paiements par cartes. Ils constituent une
ressource à faible coût pour la banque en raison de leur non rémunération.
2- L’épargne : Elle représente des dépôts de fonds soumis à des conditions particulières en
matière de liquidité et de disponibilité en contre partie d’une rémunération spécifique. Son
coût est plus élevé comparé à celui des dépôts à vue mais la durée de conservation des fonds
est plus longue.
3- Les fonds propres et quasi-fonds propres : Ils sont caractérisés par leur sûreté du fait de
la qualité d’associés et non de créanciers de leurs offreurs.
Les parts sociales et les bénéfices conservés en réserves ou en report à nouveau constituent
les fonds propres alors que certains types de valeurs mobilières telles que les titres
participatifs et les certificats d’investissements représentent les quasi-fonds propres.
b)- La distribution de prêts : Nous pouvons distinguer 4 grandes masses de financement
octroyés par les banques aux demandeurs de capitaux :
1- Les financements à court terme : Ils représentent des concours généralement accordés
aux entreprises dans le but de couvrir leurs besoins momentanés en trésorerie. Leur durée ne
dépasse pas une année. Ils peuvent être spécifiques ou à blanc.
2- Les financements à moyen et long terme : Ils sont utilisés pour financer les projets
d’investissement des entreprises et les acquisitions de biens immeubles et meubles durables
des particuliers. Leur durée est supérieure à deux ans.
3 Les prises de participation : Il s’agit de financer une entreprise en participant directement
dans son capital.
4- Les participation en filiales : Il s’agit de financer indirectement les entreprises par la
création de filiales spécialisées telles que des entreprises de capital risque, crédit-bail,…etc.
c)- La création monétaire : Dans son activité de distribution de crédits, la banque crée de la
monnaie ex-nihilo.
Le besoin de créer de la monnaie provient du fait que le niveau des ressources que la banque
collecte est insuffisant pour satisfaire aux besoins des demandeurs de capitaux.
Chapitre I : La banque et son environnement : 21

La création monétaire part du principe qu’il est quasiment impossible que tous les agents
économiques retirent les fonds existant dans leurs comptes en même temps. Elle consiste à
débiter un compte d’actif « prêts » par le crédit d’un compte de dépôts. Il s’agit donc d’un
mécanisme purement comptable ne reposant sur aucun support monétaire.
Comme la banque n’est pas seule dans le système bancaire (existence des autres banques et
de la banque centrale), elle ne peut pas créer autant de monnaie qu’elle veut du moment
qu’elle doit disposer d’un niveau de liquidité lui permettant de faire face à ses fuites en
billets, vers les autres banques et en réserves obligatoires.
Du fait qu’elle augmente la masse monétaire, la création monétaire génère de l’inflation.
C- La désintermédiation : Comme l’offre et la demande de capitaux peuvent directement se
rencontrer sur les marchés, la banque peut intervenir sur ces derniers pour son propre compte
ou pour le compte de sa clientèle. C’est la désintermédiation, la caractéristique propre de
l‘économie de marché. Les marchés directs sont au nombre de trois. Il s’agit de :
a)- Le marché financier : C’est le lieu de rencontre de l’offre et la demande de capitaux à
moyen et long terme. Deux principaux types d’instruments y sont négociés : Les actions
représentant les titres de propriété et les obligations correspondant aux titres de créance. Il se
subdivise en quatre compartiments à savoir : Le marché officiel, le second marché, le
nouveau marché et le hors cote (OTC) ou marché de gré à gré. Les banques peuvent jouer le
rôle d’intermédiaire (IOB) sur ce marché. Elles peuvent également intervenir sur ce marché
par l’émission d’actions, de titres de quasi-fonds propres ou d’obligations ; le placement de
ses excédents de trésorerie et les prises de participation par l’achat d’actions.
b)- Le marché monétaire : C’est le lieu de rencontre de l’offre et de la demande des capitaux
à court terme (1jour à 2ans). Il est composé de deux compartiments : Le marché interbancaire
et le marché des titres de créances négociables (TCN). La banque peut intervenir sur le
marché interbancaire en effectuant des opérations de prêts/emprunts à blanc, de rémérés ou
de prises de pensions et peut émettre des certificats de dépôts négociables ou souscrire à des
bons de Trésor (BTC ou BTA), billets de trésorerie,…etc. sur le marché des TCN.
c)- Les marchés de produits dérivés : C’est un marché fonctionnant parallèlement aux
marchés monétaire, financier et de change où sont négociés des produits destinés à se couvrir
contre les risques inhérents à ces trois marchés. Il se subdivise en deux grands
compartiments : Le marché de gré à gré et le marché organisé. Les principaux produits qui y
sont négociés sont les swaps, les financial futures et les options. La banque intervient souvent
sur ce marché dans le cadre de la couverture de ses risques financiers.
II- Les principales fonctions existant dans une banque : La banque est un ensemble de
processus institutionnels destinés à servir sa clientèle. Les principales fonctions lui permettant
de remplir à bien son rôle économique peuvent être résumées comme suit :
A- La fonction distribution : Axée principalement sur la clientèle, cette fonction regroupe le
réseau et la fonction commerciale :
Chapitre I : La banque et son environnement : 22

a)- Le réseau de distribution : Constitué par les agences, le réseau est le socle de l’activité et
de la rentabilité bancaire. Assisté par la fonction commerciale, le réseau se doit de développer
ses capacités à attirer la clientèle, préserver et améliorer la qualité de ses prestations et gérer
convenablement les risques liés à son activité.
b)- La fonction commerciale : C’est une fonction géographiquement décentralisée qui a pour
principale mission de piloter et d’animer l’action commerciale des agences en se basant sur
les orientations et les lignes directrices du marketing. Elle fixe, en collaboration des
directions d’agences, les objectifs commerciaux, suit leur réalisation et assiste les agences
dans leurs besoins commerciaux.
B- La fonction engagements : Elle représente la composante essentielle du produit net
bancaire et la source majeure des risques bancaires. Elle est chargée de l’étude et l’accord des
prêts, de la mise en place des concours ainsi que de la gestion et du suivi des recouvrements.
Les agents qui l’exercent doivent faire preuve de rapidité, de performance et de prudence en
raison de l’importance du risque encouru.
C- La fonction marché des capitaux : Cette fonction connaît une évolution importante liée à
la croissance des marchés de capitaux. Sa mission est d’intervenir sur ces marchés pour son
propre compte ou celui de sa clientèle comme nous l’avons précédemment expliqué dans le
paragraphe plus haut. Elle est organisée en Front office chargé d’effectuer les transactions,
Middle office chargé du contrôle et du suivi des opérations en matière de procédures, de
rentabilité et de risques et Back office chargé de la saisie et de la comptabilisation.
D- La fonction international : Cette fonction s’intéresse au traitement des opérations
bancaires d’origine ou à destination étrangère pour le compte de sa clientèle (ordres de
paiement, opérations documentaires,…etc.) ou son propre compte (Crédits acheteurs,…etc.)
en s’appuyant sur un réseau de partenaires ou des implantations propres de la banque.
E- La fonction informatique : L’informatique dans la banque peut être considéré comme le
centre névralgique de toute la production bancaire. Cette fonction assure la collecte des
informations nécessaires à l’activité, le traitement et le stockage des données, l’exploitation de
ces données par les utilisateurs et le pilotage de l’activité.
F- La fonction production bancaire : Cette fonction assure la gestion des actifs financiers de
la clientèle. Elle comporte quatre composantes :
a)- La fonction gestion des dépôts : Chargée d’assurer la gestion des comptes de dépôts à vue
de la clientèle (ouverture, mouvements, clôture) ainsi que des événements pouvant les
affecter (Saisie-arrêt, Avis à tiers détenteur, oppositions, successions…etc.).
b)- La fonction gestion de l’épargne : Chargée de la gestion de l’ensemble des produits
d’épargne (livrets, dépôts à terme, bons de caisse, …etc.) de l’ouverture à la clôture (calcul
des intérêts, renouvellement, règles fiscales, remboursement,…etc.).
c)- La fonction gestion des titres : Elle consiste à effectuer les souscriptions demandées par la
clientèle, transmettre leurs ordres d’achat ou de vente au marché, leur ouvrir des comptes
Chapitre I : La banque et son environnement : 23

titres et les gérer, leur transmettre les communiqués des sociétés émettrices, leur assurer le
recouvrement des coupons et des dividendes et les conseiller au mieux.
d)- La fonction gestion des encaissements : Sa principale mission est d’organiser, piloter et
surveiller l’ensemble des mouvements financiers transigeant par les circuits d’encaissement
de la banque.
G- La fonction moyens généraux : Elle a pour mission de gérer le parc mobilier et
immobilier de la banque (entretien du matériel, comptabilisation des entrées et sorties, gestion
du courrier et du téléphone, organisation de la fonctionnalité des points de vente,…etc.).
H- La fonction direction générale : Elle a pour principales missions de déterminer et
coordonner la mise en place de la stratégie bancaire en s’appuyant sur les informations que lui
transmettent les fonctions qui lui sont rattachées (plans annuels et pluriannuels) et de veiller à
la mise en place des conditions nécessaires à la réussite de cette stratégie. Elle détient tous les
pouvoirs de décision conférés par l’assemblée générale mais elle reste soumise à l’autorité des
organismes de tutelle (banque centrale, inspection des finances,…etc.).
On entend par fonctions rattachées la fonction inspection et audit, la fonction études et
prévisions et la fonction affaires spéciales.
J- La fonction ressources humaines : Elle est chargée de la gestion du capital humain de la
banque. Elle organise et dynamise son potentiel humain et gère, d’une manière quotidienne,
tous les aspect matériels et règlementaires afférent à ce potentiel.
Pour ce faire, elle est organisée en Front office qui s’occupe du recrutement, administration du
personnel qui s’occupe de la gestion des dossiers et de la formation et en Back office qui
s’occupe de la détermination des besoins en postes de travail, des aspects règlementaires et de
la gestion des carrières.
K- La fonction financière : Il s’agit de la fonction qui assure la pérennité de la banque et
veille à sa permanente solvabilité. Elle intervient dans les états financiers de la banque et
pilote la détermination des grandes orientations stratégiques de la direction générale en
matière d’investissement, de développement ou de management des risques. Elle est organisée
ainsi :
a)- La fonction comptable : Elle a pour principale mission de veiller à ce que les informations
comptables donnent une image fidèle de la banque dans le respect des prescriptions
juridiques et comptables en vigueur. Elle est décentralisée pour mieux suivre l’activité
bancaire dans les réseaux et les directions.
b)- Le contrôle de gestion : C’est une fonction qui adopte le processus suivant :
- Découper la banque en centres de responsabilités (profit, supports et coûts).
- Fixer les objectifs et les moyens à mettre en place pour les atteindre.
- Piloter l’activité bancaire via le tableau de bord.
- Evaluer la performance du pilotage et la manière de fixer les objectifs pour les améliorer
dans les années à venir.
Chapitre I : La banque et son environnement : 24

Pour réussir ce processus, le contrôle de gestion utilise les outils de contrôle budgétaire et de
comptabilité analytique.
c)- La fonction trésorerie : Elle peut être considérée comme une banque à l’intérieur de la
banque. Elle est Chargée de la coordination des montants, maturités, monnaies et positions
afin de maximiser la rentabilité des placements bancaires et de minimiser le coût des
emprunts. Elle utilise, pour y parvenir, des méthodes de gestion actif passif.
L- La fonction marketing : Le marketing est un ensemble de moyens dont une entreprise
dispose afin de créer, conserver et développer sa clientèle. Son processus consiste à prendre
connaissance de l’environnement de l’entreprise (objectifs, marché), fixer la stratégie pour
atteindre les objectifs visés puis passer à l’action en agissant sur les quatre P de McCarthy
(Produit, Prix, Distribution, Promotion).
Ainsi, la banque joue un rôle vital dans la vie économique de part la nature des services
qu’elle propose à sa clientèle. La qualité de ces derniers dépend essentiellement de la
performance des fonctions mises en place pour les assurer. Cependant, la multitude de
partenaires avec lesquels elle opère rend son activité difficile et risquée.
Section 03 : La banque et la gestion des risques :
La section précédente nous a permis de constater l’importance économique de l’activité
bancaire et de sa diversité. Cette dernière implique l’exposition de la banque à des risques
importants pouvant avoir un impact dévastateur sur elle s’ils se réalisent. Nous avons donc jugé
utile de consacrer une section à la description de ces risques et de quelques techniques
développés par les banques pour les gérer.
Rappelons que les méthodes de mesure et de gestion des risques décrites dans cette
section sont en réalité très complexes. Nous nous contenterons juste de les définir et, dans
certains cas, de présenter leurs principes d’utilisation.
I- Les risques majeurs de l’activité bancaire :
On peut regrouper les risques bancaires en 4 catégories :
A- Le risque crédit : C’est la perte potentielle consécutive à l’incapacité par un débiteur
d’honorer ses engagements.3Il s’applique aux créances inscrites au bilan (crédits et
obligations) ainsi qu’à l’ensemble des positions dont la valeur de marché dépend de la qualité
de crédit de la contre partie, ou dont le défaut de la contre partie peut entraîner une perte
comme pour les engagements par signature, les opérations à terme,…etc.
B- Les risques de marché : Ce sont les pertes potentielles résultant de la variation du prix des
instruments financiers dans le portefeuille de négociation ou dans le cadre d’une activité dite
aussi de trading ou de négoce.4Pour la banque, il s’agit essentiellement du :

3
A SARDI, Audit et contrôle interne bancaires, Afgees, Paris, 2002, P39.
4
Idem, P40.
Chapitre I : La banque et son environnement : 25

a)- Risque de taux d’intérêt : C’est l’écart subi par le résultat d’une entreprise suite à une
variation des taux d’intérêts sur le marché à la hausse comme à la baisse.
b)-Risque de change : C’est la probabilité non nulle que la valeur d’un actif ou d’un flux
monétaire sont modifiés suite au changement du taux de change. Il survient lors de la
négociation de contrats commerciaux ou financiers en devises étrangère ou de la détention
d’actifs ou d’engagements à l’étranger.
C- Les risques opérationnels : Le comité de Bâle définit les risques opérationnels comme
étant les risques provenant de processus internes inadéquats ou défaillants, de personnes et
systèmes ou d’événements externes. Les risques opérationnels sont :
a)- Le risque juridique : C’est le risque de tout litige avec une contre partie résultant de toute
imprécision, lacune ou insuffisance d’une quelconque nature susceptible d’être imputables à
la banque ou à l’établissement financier au titre de ses opérations.5 (Règlement BA 02/03).
b)- Le risque de fraude : C’est le risque lié à des actes de mauvaise foi en violation des lois et
règlements commis par des personnes étrangères (Effets de cavalerie par exemple) ou par le
personnel de la banque (Détournement de fonds, opérations irrégulières au profit de certains
clients) pouvant porter préjudice à cette dernière.
c)- Le risque règlementaire : C’est le risque relatif aux opérations relevant de dispositions
règlementaires dont le non respect est de nature à entraîner un risque de sanctions civiles ou
professionnelles pour la banque.
d)- Le risque déontologique : C’est le risque de tout manquement de la part du personnel de
la banque aux principes déontologiques du secteur bancaire.
e)- Le risque de blanchiment : C’est le risque auquel s’exposent les banques qui acceptent
des client susceptibles d’œuvrer dans la criminalité ou dont une partie du personnel est
corrompue par des criminels. Il implique la perte de confiance du public, la multiplication des
fraudes et des sanctions règlementaires.
f)- Le risque comptable : C’est le risque de la non traduction par la comptabilité d’une image
fidèle de la situation financière de la banque (manque de justificatifs, mal comptabilisation,
non respect des normes,…etc.).
g)- Le risque informatique : C’est un risque lié à une architecture inadaptée induisant une
lourder des coûts, une sécurité insuffisante se manifestant par des pertes de mémoire, de
confidentialité, possibilité de fraude, défaillances, …etc. (Comité de Bâle).
D- Les autres risques :
a)- Le risque de liquidité : C’est le fait pour une banque de ne pouvoir faire face à ses
engagements par l’impossibilité de se procurer les fonds dont elle a besoin.6

5
Règlement 02/03 du 14/11/2002 portant sur le contrôle interne des banques et établissements financiers.
6
A SARDI, Audit et contrôle interne bancaires, Editions Afgees, Paris, 2002, P43.
Chapitre I : La banque et son environnement : 26

b)- Le risque de transformation : C’est le fait pour une banque d’employer des ressources à
court terme dans des financements à moyen et long terme.
c)- Le risque de réputation : C’est le risque d’atteinte à la l’image de marque de la banque et
à la confiance qu’elle inspire à sa clientèle et au marché suite à une publicité portant sur des
faits réels ou supposés. Il entraîne des retraits massifs des dépôts, la méfiance du marché,…
d)-Le risque stratégique : C’est le risque de perte suite à l’application d’une stratégie qui se
révèle, par la suite, être infructueuse.
e)- Le risque systémique : Le risque systémique, tel que décrit par BEIJI dans la théorie du
comportement du troupeau (Heard Behavior), est le risque de défaillance de tout ou partie du
système bancaire suite à la défaillance d’un établissement de crédit. Comme le système
bancaire est interdépendant de part les opérations interbancaires, les prises de participation et
la solidarité des banques, il subit un effet jeu de dominos si l’un des établissements le
composant déclare faillite et peut s’effondrer complètement.
II- La mesure des risques bancaires :
Il existe plusieurs méthodes de mesure des risques bancaires. Parmi elles on trouve :
A- La Value at Risk (VaR) : La VaR est la perte maximale qu’un établissement pourrait
subir sur un portefeuille d’instruments financiers en cas de mouvements défavorables du
marché fonctionnant dans des conditions normales, sur une période donnée pour un horizon
temporel précis, et avec un degré déterminé de probabilité.7
La VaR peut être utilisée pour le calcul des exigences en fonds propres pour le risque de
marché ou la gestion de portefeuille d’instruments financiers. Elle constitue dans certains cas
une étape de mesure des autres risques (crédit, opérationnels, de réputation,…etc.).
Pour calculer la VaR, il faut préalablement choisir les facteurs de risque qui vont influencer les
variations du portefeuille et déterminer la distribution de ces valeurs. Dans la pratique, Trois
méthode de calcul coexistent : Le modèle Risk Metrics de JP Morgan qui utilise la variance du
portefeuille et la loi normale, la simulation de Monte Carlo qui s’utilise pour les options et
l’analyse historique de Chase Martin.
La formulation mathématique de la VaR pour un jour s’obtient en développant la probabilité
suivante :
P(VaR<R)=1-?f??f
Où R est rendement réalisé par le portefeuille et 1-α le degré de probabilité. Le
développement donne :
VaR=W(E(R)-?kR×C1-?=)

7
Idem, P197
8
www. Wiekkipedia.fr.
Chapitre I : La banque et son environnement : 27

Où W est la valeur du portefeuille au jour considéré (il est ajouté pour obtenir le montant de la
VaR et non un pourcentage),E(R) est le rendement espéré du portefeuille, σR est l’écart type
du rendement et C1-α est la fractile d’ordre 1-α d’une loi normale centrée réduite.
B- Les modèles de risque crédit : Ce sont des modèles conçus pour mesurer les pertes
potentielles associées au risque crédit, calculer les exigences en fonds propres pour ce risque et
améliorer sa gestion et le système de tarification. Ces modèles mesurent les pertes attendues et
inattendues en cas de défaut. Ils peuvent se regrouper comme suit :
a)- Les modèles Default Mode (DM) : Ces modèles s’intéressent uniquement à l’événement
de défaut dans la mesure du risque crédit. Il s’agit essentiellement des modèles Credit Risk et
KMV développés par JP Morgan.
b)- Les modèles Mark to Market : Ces modèles considèrent que le risque crédit se manifeste
en cas de défaut, de changement de rating ou de modification de l’écart entre les taux de
rendement des actifs risqués et sans risques ou spread.
c)- Les modèles inconditionnels : Ces modèles supposent que les probabilités de défaut sont
indépendantes des mouvements cycliques de l’économie comme pour le modèle Credit
Metrics développé par Crédit Suisse.
d)- Les modèles conditionnels : Ces modèles incorporent certaines variables économiques
dans la mesure du risque crédit. Elles permettent d’estimer la probabilité de transition de
notation des emprunteurs. Ces modèles considèrent à la fois les risques systématiques et les
risques spécifiques dans la mesure du risque crédit. Parmi les modèles conditionnels, on
trouve le modèle Credit Portfolio View de McKinsey.
C- La position de change : La position nette de change (PNC) est la différence entre le
montant acheté et vendu dans une même monnaie.
PNC=(Devises détenues+devises à recevoir)-(Devise à tlivrerspot+devises à livrerforward)
La position de change dans une devise déterminée est dite longue (overbought) si la PNC en
cette devise est positive. Le risque, dans ce cas, est que la valeur de la monnaie se déprécie.
Elle est dite courte (oversold) si la PNC est négative. Le risque, dans ce cas est que la valeur
de la monnaie s’apprécie.
Elle est dite clôturée (squared) si la PNC est nulle.
La position de change permet de mesurer l’exposition au risque de change indépendamment de
la maturité.
D- Le risque opérationnel : Plusieurs méthodes existent pour mesurer les risques
opérationnels mais aucune n’est entièrement satisfaisante du fait de la diversité et de la
complexité de ces risques. Nous pouvons citer, à juste titre, l’approche top-down similaire à
l’approche indicateurs de base de Bâle II, Box approach, Risk assessement, la méthode Marion
pour le risque informatique,…etc.
Chapitre I : La banque et son environnement : 28

III- Gestion des risques bancaires :


Il est possible de gérer les risques bancaires en utilisant les méthodes suivantes :
A- La gestion Actif Passif (ALM) : C’est une méthodologie générale permettant à une
banque d’optimiser son couple rendement/risque suivant sa fonction d’utilité. Elle vise, pour
Dubernet, à cantonner dans des limites consciemment déterminées les conséquences négatives
éventuelles des risques financiers, principalement risque de liquidité, risque de taux et risque
de change. Elle cherche à atteindre cet objectif dans les meilleures conditions de rentabilité.
Pour ce faire, elle passe par la mesure et l’analyse des risques financiers et débouche sur des
préconisations d’actions.
Parmi les méthodes d’analyse des risques développés par l’ALM, on trouve :
a)- La méthode des impasses : Elle consiste, pour une banque, de tenir un historique de ses
avoirs et engagements en chaque monnaie sous forme de tableaux comprenant des
fourchettes d’échéances ou bandes. De chaque bande se dégage un solde entre les avoirs et
engagements qu’on appelle GAP.
-Si le GAP >0, le risque encouru est une baisse des taux d’intérêts et/ou de change.
- Si le GAP<0, la banque court un risque de liquidité pour le montant du GAP et un risque de
hausse des taux d’intérêts et/ ou de change.
La gestion des impasses s’effectue sur la base des anticipations du marché dans le respect des
règles internes (MCO limits, IRE,…etc.).
b)- La méthode des durations : La duration D exprime la durée moyenne de remboursement
actualisée et pondérée d’une obligation. Elle mesure le risque de taux.

I 2I n ( I + V0 )
+ + ...
(1 + t ) (1 + t ) 2
(1 + t )
n

D=
I I ( I + V0 )
+ + ... +
(1 + t ) (1 + t ) 2
(1 + t )
n

Où I représente l’intérêt, V0 la valeur initiale de l’obligation, n le nombre d’années de


détention et t le taux d’intérêt.
La duration est calculée pour les actifs et les passifs de la banque comme suit :
i =n
D= ∑ xi Di
i =1

Où xi est la proportion du poste i dans l’actif (resp. passif).


- Si Dactif>Dpassif, la banque devra s’engager dans des passifs à duration plus grande.
- Si Dactif<Dpassif, la banque devra investir dans des actifs à duration plus grande.
Il faut toujours égaliser la duration à l’actif et au passif car si la duration est égale à l’horizon
d’investissement, le rendement est certain.
Chapitre I : La banque et son environnement : 29

Notons que les opérations de prêts/emprunt sont assimilables à des obligations en utilisant la
méthode Loans stripping.
En général, les banques constituent des comités ALCO (Assets Liabilities Committee) qui se
réunissent mensuellement afin de décider des stratégies immédiates à adopter et des directives
pour les opérations bancaires en matière de maturités, gapping et monnaies en se basant sur
une analyse des conditions de marché et de la position de la banque par rapport à celles-ci.
B- Le risque crédit : Plusieurs méthodes ont été développées pour juger de la qualité de
l’emprunteur. Nous citons à titre d’exemple :
a)- Les crédits bureaus : C’est une technique très répandue aux Etats-Unis qui consiste à
octroyer des lignes de découvert (envoi de cartes de crédit) à des particuliers sans que ces
derniers le demandent. S’ils sont solvables, ces lignes sont allongées et les taux d’intérêts
sont réduits. Dans le cas contraire, ces personnes sont mises sur liste rouge et ne peuvent
effectuer aucune transaction (même pas acheter dans un super marché). Cette technique
permet d’attester de la solvabilité des personnes afin de leur appliquer une tarification
différenciée.
b)- Le crédit scoring : C’est des modèles qui permettent de déterminer, par client, un niveau
chiffré ou score représentatif du niveau de risque crédit pour se prononcer sur la décision
d’octroi ou non du crédit. Ces modèles ont été développés dans les années 1930 pour les
particuliers et leur utilisation s’est élargie ensuite aux PME.
Le score est déterminé sur la base d’une fonction incluant plusieurs paramètres tels que les
impayés passés, le nombre de mutations, les revenus, des ratios financiers, …etc. Cette
fonction est obtenue en utilisant la méthode d’analyse factorielle discriminante (AFD) qui
utilise la fonction discriminante linéaire de Fisher ou la méthode Logit. Ces méthodes sont
facilement utilisables sur un logiciel informatique tel que SPSS.
La notation (Rating) : C’est un processus ayant pour objectif de mesurer la qualité de crédit
relatives aux entreprises et/ou pays. Il tente de fournir des évaluations ordinales sur la base
des états financiers, la valeur de l’enseigne, la qualité de la gestion et de la position
concurrentielle de la firme. Elle peut être pratiquée en interne ou par des agences de notation.
C- Le risque opérationnel : Il existe plusieurs méthodes permettant de le réduire telles que la
contraction de polices d’assurance, la mise en place de systèmes de sécurité (portes blindées,
accès informatique par mot de passe,…etc.), mais la meilleure est de mettre en place un
système de contrôle interne efficace (voir chapitre préliminaire).
D- Les instruments de couverture : La banque emploi souvent ces instruments dans le but de
couvrir les risques financiers inhérents à son activité. Il s’agit de :
a)- Les swaps : Ce sont des contrats d’échange de flux financiers entre deux contre parties,
qui sont généralement des banques ou des institutions financières. Ils sont apparus sur le
marché de change sous forme de prêts croisés entre banques centrales. Il en existe plusieurs
types dont les plus importants sont :
Chapitre I : La banque et son environnement : 30

1- Les swaps de taux d’intérêts : Ce sont des contrats permettant d’échanger les intérêts
d’un prêt ou dépôt notionnel à taux variable contre des intérêts à taux fixe. Le premier a été
arrangé en 1981 par Salomon Brothers entre IBM et la banque mondiale.
2- Les swaps de change : Ce sont des contrats qui permettent d’échanger la valeur à
l’échéance d’un prêt ou dépôt dans une devise contre sa valeur dans une autre devise.
3- Les credit default swaps : Ce sont des contrats où un acheteur de protection sur une entité
de référence s’engage à payer un montant régulier pendant la durée du swap au vendeur de
protection de cette entité en contre partie du paiement par ce dernier d’une certaine somme
s’il se produit, pendant la durée du swap, un événement affectant le crédit de l’entité de
référence.
b)- Les contrats à terme (Financial futures) : Ils représentent les instruments financiers les
plus traités dans le monde. Il s’agit d’engagements de livraison standardisés dont les
caractéristiques sont connues à l’avance, portant sur une quantité déterminée d’un actif sous
jacent précisément défini à une date (échéance) et un lieu donné et négocié dans un marché à
terme organisé. La chambre de compensation de ce marché se substitue à tous les
intervenants. Ces derniers y laissent un dépôt de garantie (notionnel) d’un pourcentage
minime du contrat. L’engagement dans les contrats à terme est réversible. Ces contrats sont
utilisés dans la couverture du risque de taux et de change mais connaissent, dans la réalité,
beaucoup de spéculation.
c)-Les contrats de gré à gré (forwards) : Ce sont des engagements fermes de réaliser dans
l’avenir une transaction d’achat ou de vente à une date, un prix et pour une quantité
déterminée d’un actif sous jacent.
Pour les opérations de change, le taux forward peut se calculer comme suit :
Cours forward= cours spot*{(1+ tauxterm*nj/360)/(1+tauxcommodity*nj/360)}
Où le tauxterm est le taux d’intérêt en la monnaie à l’incertain et le tauxcommodity est le taux
d’intérêt en la monnaie de base.
d)- Les options : L’option est un contrat par lequel une partie (l’acheteur) prend le droit et
non l’obligation de s’échanger un actif sous jacent à un prix donné (prix d’exercice) à
l’intérieur (option américaine) ou à une échéance donnée (option européenne).
Une option peut être d’achat (call) ou de vente (put) et peut être remise in the money (spot-
prix d’exercice ›0 pour call et ‹0 pour put), out of the money (spot- prix d’exercice‹0 pour
call et ›0 pour put) ou at the money (spot= prix d’exercice).
Le spot est le prix à terme pour les options européennes et le maximum ou minimum entre le
prix spot et le prix à terme pour les options américaines.
L’option est caractérisée par deux valeurs : La valeur intrinsèque qui est la différence entre le
spot et le prix d’exercice et la valeur temps qui est la probabilité non nulle qu’une option
devienne in the money.
Chapitre I : La banque et son environnement : 31

La valeur de l’option est évaluée soit en utilisant le modèle binomial de Cox-Rox-Robenstein


soit le modèle de Black &Scholes.
Les options sont utilisées dans la gestion du risque de taux, de change et même de risques
relatifs à la gestion de portefeuille.
e)- Le réméré (repo) : Il est utilisé dans le marché des bons de Trésor. Il s’agit d’emprunter
des liquidités en mettant le portefeuille de bons du Trésor de la banque en garantie. La
banque vend donc son portefeuille pour une durée déterminée.

Section 03 : Cadre de référence international régissant l’activité bancaire :


Les sections précédentes ont montré l’importance du rôle économique que jouent les
banques via leur activité et les risques importants qu’elle implique. Il apparaît donc clairement
que la faillite d’une banque peut provoquer des dommages importants sur l’économie nationale
ou internationale proportionnels à la taille de la banque en question.
Par conséquent, l’activité bancaire obéit à une réglementation nationale et à des normes
internationales strictes et rigoureuses visant la réduction, voire l’annihilation des risques de
faillites bancaires et donc de crises économiques.
Dans cette section, nous essaierons de donner un aperçu de deux types de normes
internationales à savoir les normes bancaires de Bâle II et les normes comptables IAS/IFRS.
I- La réglementation de Bâle II :
A- Historique :
Suite à la faillite de la banque allemande Herstatt en 1974, les pays du G10 élargi ont
institué le comité de Bâle. Celui-ci a pour but de proposer des standards et orientations en
matière de supervision et d’émettre des recommandations relatives aux meilleures pratiques
bancaires.
En 1988, ce comité a instauré le ratio Cooke, exigeant que le niveau de capital d’une
banque (fonds propres et quasi-fonds propres) doit être au moins égal à 8% du total de ses
engagements en bilan et en hors bilan pondérés par le risque crédit auquel elle est exposée. Ce
ratio a classé les actifs en 4 catégories et a attribué à chacune d’elles un coefficient de risque.
Il fut amélioré en 1996 en vertu de la directive européenne sur l’adéquation des fonds
propres qui a imposé l’intégration du risque de marché dans son calcul mais cela ne suffit pas
à combler ses faiblesses ignorées jusque là en privilège de sa simplicité.
En effet, les pondérations des risques du ratio Cooke négligent la qualité des emprunteurs
et le risque opérationnel n’est pas pris en considération.
Chapitre I : La banque et son environnement : 32

Au fil des années, les faiblesses de cette version commencèrent à apparaître. Des crises
systémiques (Asie 1997, Russie 1998) et des faillites bancaires (Barings Brothers) surgissaient
des différents coins du monde et les innovations en matière de produits financiers amplifiaient
les risques.
C’est dans ce contexte que le nouvel accord de Bâle (Bâle II) a été conclu en 1999
instaurant un nouveau ratio de solvabilité, le ratio McDonough qui devrait remplacer le ratio
Cooke dans l’horizon 2007-2010 à travers le monde.
Actuellement, le comité Bâle est composé de 13 membres et présidé par M Jaime
CARUANA, le gouverneur de la banque d’Espagne.
B- Les trois piliers de Bâle II :
La réglementation Bâle II, venue renforcer les faiblesses de la précédente réglementation
de Bâle, comprend trois volets :
a)- Pilier 01 : Exigences minimales en fonds propres : Il vise à définir le niveau de fonds
propres que la banque doit mobiliser pour faire face aux risques de crédit, de marché et
opérationnels auxquels elle est exposée suivant le ratio de McDonough qui stipule :
FPB + FPC ± E / IP
=8%
( FPRC + FPRM + FPRO ) *12,5

Tel que :
FPB : Fonds propres de base (fonds propres)
FPC : Fonds propres complémentaires (quasi fonds propres)
E/IP : Excédent ou insuffisance de provision
FPRC : Exigences en fonds propres en matière de risque crédit
FPRM : Exigence en fonds propres en matière de risque de marché.
FPRO : Exigence en fonds propres en matière de risques opérationnels.
1- Le risque crédit : Le comité propose de donner aux banques le choix entre deux grandes
méthodes dans le calcul des exigences en fonds propres pour ce risque :
* Approche standardisée : Basée sur la notation des agences de rating (standard &Poor’s,
Moody’s,…etc.), elle consiste à répartir les actifs en classes homogènes et à affecter à
chaque classe une pondération selon la notation en prenant compte des garanties retenues.
* Approche IRB (Internal Rating Based): Cette approche considère que l’exigence
minimale en fonds propres pour le risque crédit dépend de la probabilité de défaut PD,
l’exposition en cas de défaut EAD, la perte en cas de défaut LGD et l’échéance effective.
Elle consiste, tout d’abord à estimer la perte attendue EL en utilisant la formule suivante :
EL=PD×EAD×LGD9

9
P DUMONTIER &D DUPRE, Pilotage bancaire : Les normes IAS et la réglementation Bâle II, Revue Banque
édition, Paris, 2005, P
Chapitre I : La banque et son environnement : 33

Ensuite, sur la base d’une estimation d’une Value at Risk et d’un taux de défaillance la
banque peut calculer le montant de sa perte inattendue UL comme suit :
UL=Perte maximale- EL
Sachant que : Perte maximale= VaR.
La perte attendue doit être provisionnée et la perte inattendue constitue l’exigence en fonds
propres pour le risque crédit.
Pour l’estimation de ces paramètres, la banque a le choix entre deux méthodes : La
méthode simple, consistant à estimer uniquement la probabilité de défaut, le reste étant
imposé par la réglementation, et la méthode avancée consistant à estimer tous les
paramètres. Dans les deux cas, elle se basera sur son système de notation interne.
1- Le risque opérationnel : Trois approches sont proposées par le comité pour la mesure des
exigences en fonds propres pour ce risque. Notons que la finesse de l’approche adoptée
diminue la charge en fonds propres :
* Approche indicateur de base : Cette approche consiste pour la banque à choisir un
indicateur représentatif de l’exposition globale au risque (en 2003 c’était le produit brut
moyen des trois derniers exercices). Le niveau des fonds propres exigibles sera égal à cet
indicateur multiplié par un facteur de pondération compris entre 10 et 12% selon la
banque.
* Approche standardisée : Elle consiste à répartir les activités de la banque en catégories
standards, choisir un indicateur de risque opérationnel pour chacune d’elles et le multiplier
par un facteur de conversion .La somme donnera l’exigence en fonds propres.


i =n
FPRO = i =1 i *I

Sachant que :
n : Nombre de catégories.
I : Indicateur du risque opérationnel i.
?‘i : Facteur de conversion de la catégorie i.
Les facteurs de conversion i sont fournis par le comité de Bâle sur la base des données du
secteur bancaire.
* Approche AMA (Advanced Measuring Approach) : Selon cette approche, l’exigence en
fonds propres pour une catégorie i est fonction de l’exposition à l’événement ELi, la
probabilité d’occurrence de l’événement PEi et des pertes à supporter si l’événement se
produit LGEi. Elle se calcule donc comme suit :
FPROi=ELi×PEi×LGEi10

10
Idem, P32.
Chapitre I : La banque et son environnement : 34

Outre les dispositions prévues dans l’approche standardisée, cette approche requiert la mise
en place d’un dispositif de contrôle et de gestion des risques opérationnels ainsi que d’un
système d’identification de ces risques et de recensement des données par catégories
d’activités. Les paramètres de calcul des fonds propres doivent être estimés sur la base de
données pluriannuelles.
1- Le risque de marché : Les risques de marché ne représentent qu’une partie minime du
ratio McDonough. La banque peut opter pour une méthode de mesure de risque standard ou
une méthode basée sur les modèles internes (modèles de mesure des risques, stress
scénarios) pour le calcul des exigences en fonds propres pour ce risque.
Pour le risque de change, par exemple, la méthode standard pourrait être la prise d’un
pourcentage de 8% sur la position de change en chaque monnaie et la méthode avancée
pourrait être le calcul d’une Value at Risk.
Il est à noter que les méthodes de mesure internes sont les plus recommandées par Bâle II du
fait de leur précision. Mais ces méthodes doivent respecter un certain nombre de conditions
et faire l’objet de contrôles réguliers par les autorités.
b)- Pilier 02 : Processus de surveillance prudentielle : Ce pilier définit les modalités de
contrôle bancaire à mettre en œuvre par les superviseurs nationaux dans le but de s’assurer
que les banques appliquent des procédures internes saines et efficaces leur permettant de
déterminer l’adéquation de leurs fonds propres en se basant sur une évaluation approfondie
des risques encourus. Il responsabilise, aussi, les directions générales en considérant qu’il
leur incombe de maîtriser les procédures de contrôle et de mesure de risques mis en place et
impose une totale séparation entre les services opérationnels et les organes de contrôle
(inspection, audit).
Le comité n’impose pas de normes spécifiques concernant les modalités de ce processus. Les
autorités de contrôle doivent donc s’appuyer sur leurs connaissances des meilleures pratiques
en vigueur. Il définit, néanmoins, 4 principes sur lesquels ce processus doit s’appuyer à
savoir :
Principe 01 : Les banques doivent disposer d’une procédure permettant une évaluation
adéquate de leurs fonds propres par rapport à leur profil de risque ainsi que d’une stratégie
permettant le maintien de leur niveau de fonds propres.
Principe 02 : Les autorités de contrôle devraient examiner et évaluer les mécanismes internes
d’appréciation du niveau des fonds propres et la stratégie des banques à cet égard ainsi que
leur capacité à surveiller et garantir le respect des ratios de fonds propres règlementaires. Si
leurs conclusions ne sont pas satisfaisantes, elles doivent prendre les mesures prudentielles
appropriées.
Principe 03 : Les autorités de contrôle devraient attendre des banques qu’elles maintiennent
des fonds propres supérieurs aux ratios règlementaires et devraient pouvoir exiger qu’elles
détiennent des fonds propres au-delà des montants minimaux.
Chapitre I : La banque et son environnement : 35

Principe 04 : Les autorités de contrôle devraient se forcer d’intervenir rapidement afin


d’empêcher que les fonds propres deviennent inférieurs aux niveaux minimaux
correspondant aux caractéristiques de risque. Elles devraient imposer la mise en œuvre, à bref
délai, de mesures correctives si le niveau de fonds propres n’est pas maintenu ou rétabli.
c)- Pilier 03 : La communication financière : Ce pilier impose aux banques de divulguer des
informations spécifiques qui permettront à la communauté financière de les contrôler
indirectement. Le but étant d’améliorer leur transparence financière. La communication
financière porte sur :
1- Le montant et la structure des capitaux propres ainsi que les méthodes de valorisation des
éléments du bilan de la banque.
2- Une analyse détaillée de l’exposition des banques aux risques en termes quantitatifs et
qualitatifs ainsi que leurs stratégies de gestion de ces risques.
3- Les montants des fonds propres et leur adéquation avec le niveau de risque de la banque
ainsi que leur allocation par activité.
Les autorités de contrôle devraient s’assurer de la mise en place de mesures correctives en cas
de manquements.
II- Les normes IAS/IFRS :
A- Historique et généralités : Avec la globalisation des échanges et l’apparition des grandes
sociétés multinationales cotées dans les différentes places boursières, la normalisation de la
comptabilité qui, auparavant, adoptait plusieurs approches propres chacune à la politique
économique de chaque pays, était devenue indispensable.
Aussi, à l’initiative de sir Henry BENSON, l’IASC (International Accountig Standard
Committee) a été créé en 1973 à Londres par les institutions comptables des 9 pays les plus
industrialisés du monde. Ce comité avait pour but d’élaborer des normes comptables à
vocation universelle et de promouvoir leur utilisation à travers le monde.
C’est ce comité qui a donné naissance aux normes IAS (International Accounting Standards)
et IFRS (International Financial Reporting Standards). Ces normes ont révolutionné la
comptabilité en introduisant la comptabilisation à la juste valeur, qui est le montant par lequel
un actif pourrait être échangé entre parties bien informées, consentantes et agissant dans des
conditions de concurrence normale (IAS 16), permettant ainsi la réévaluation et dévaluation
des actifs et le provisionnement sur une base statistique.
A partir du 1er Avril 2002, toutes les normes édictées par l’IASC, devenue IASB en 2001, ont
été qualifiées de IFRS au lieu de IAS, l’ancienne appellation.
Le 19 Juillet 2002, le conseil et le parlement européen ont rendu obligatoire, à compter du
01er Javier 2006, l’application de ces normes.
Chapitre I : La banque et son environnement : 36

Les normes IAS/IFRS considèrent que l’information financière présentée dans les états
financiers doit répondre aux besoins des investisseurs. Elles doivent, de ce fait, être
compréhensibles, pertinentes, fiables et comparables avec celles d’autres entreprises.
Chaque norme comporte un objectif, un champ d’application, une définition, les informations
à fournir la concernant, des dispositions transitoires, une date d’entrée en application et des
annexes illustratives de son application.
Ces normes sont applicables à n’importe quelle entité. Néanmoins, certaines d’entre elles
concernent les banques en particulier à savoir la norme IFRS 7 et les normes IAS 32 et 39.
La norme IFRS 7 a remplacé la norme IAS 30 : Informations à fournir dans les états financiers
des banques et institutions financières, et devrait entrer en application en janvier 2007. Les
normes IAS 32 et 39, quant à elles, n’avaient pas fait l’objet d’un consensus dans leur
première version de 2003 du fait de la complexité de leurs règles notamment celles concernant
la couverture des risques, les provisions pour dépréciation de créances et l’évaluation à la juste
valeur entraînant pour les banques des difficultés dans le calcul du ratio de solvabilité et
l’élaboration des reporting. Une nouvelle version de ces deux normes a été publiée et adoptée
en 2004.
B- La norme IAS 32 : Instruments financiers : présentation et IAS 39 : Instruments
financiers : comptabilisation et évaluation :
a)- Principes et objectifs :
- Les produits dérivés entraînent des droits et obligations remplissant la définition d’actifs et
de passifs financiers.
- La juste valeur est la seule mesure pertinente pour les produits dérivés.
- La comptabilisation de couverture est une exception. La couverture doit donc respecter
certaines conditions et être efficace.
- Seuls les éléments répondant aux critères d’actifs et de passifs financiers peuvent être
reconnus au bilan.
b)- Champs d’application : Les normes IAS 32 et 39 s’appliquent à la quasi-totalité des
instruments financiers, à certains contrats de garantie financière, à certains engagements de
prêts ainsi qu’à certains contrats sur actifs non financiers.
c)- Fonctionnement :
1- Les actifs et passifs financiers : Au sens de la norme IAS 32, « Un instrument financier
est un contrat qui donne lieu à la fois à un actif financier d’une entité et à un passif financier
ou à un instrument de capitaux propres d’une autre entité. »11
Constituent les actifs financiers les liquidités, le droit d’obtenir les liquidités, le droit
d’obtenir des liquidités ou d’autres actifs de la contre partie au contrat, le droit d’échanger

11
R.OBERT, Pratique des normes IAS/IFRS, Edition Dunod, Paris, 2003, P.
Chapitre I : La banque et son environnement : 37

des instruments financiers à des conditions potentiellement favorables et les instruments de


capitaux propres émis par une tierce société.12
Constituent les passifs financiers les dettes nées d’obligations contractuelles prévoyant la
remise de liquidités ou d’autres actifs financiers à la contre partie au contrat ou l’échange
d’instruments financiers avec un tiers à des conditions potentiellement défavorables.13
2- Les produits dérivés : Au sens de l’IAS 39, un produit dérivé est un instrument financier
dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution d’un taux ou d’un prix, qui ne requiert
aucun placement net initial ou peu significatif et dont le règlement s’effectue à une date
future.
3- Les dérivés incorporés : Ce sont des composantes de contrats financiers ou non
répondant à la définition d’un produit dérivé et dont les caractéristiques économiques ne
sont pas étroitement liées à celles des contrats hôte tels que les obligations convertibles en
actions, les crédits bail assorties d’une option d’achat,…etc.
4- Principe de valorisation : Les instruments financiers sont initialement évalués à la juste
valeur de la contre partie donnée ou reçue. Il s’agit généralement du coût d’acquisition avec
coûts de transaction inclus. Notons que pour les actions non cotées, les prêts et créances
émis par l’entreprise et les titres détenus jusqu’à échéance, la comptabilisation est au coût
amorti, qui est le coût d’acquisition augmenté ou diminué des remboursements en principal,
corrigé d’éventuelles provisions pour dépréciations. Toutefois, il est recommandé de
calculer leur juste valeur à titre indicatif.
5- Détermination de la juste valeur : Si les actifs et passifs financiers sont cotés, la juste
valeur sera leur valeur sur le marché. Sinon, des techniques de valorisations internes
peuvent être utilisées.
Les variations de juste valeur des actifs et passifs de transactions sont comptabilisés en
résultat tandis que celles des actifs disponibles à la vente le sont en fonds propres.
6- Dépréciations : La recherche d’une dépréciation probable est fondée sur des indicateurs
objectifs présents en date d’arrêté en cas de difficultés financières importantes de l’émetteur,
défaut de paiement, forte probabilité de faillite ou restructuration financière…14
- La provision pour dépréciation des actifs évalués au coût amorti est la différence entre la
valeur comptable et la valeur des recouvrements estimés VRE (Ce sont les flux futurs
actualisés au taux du marché) ou la juste valeur.
- Pour les actifs disponibles à la vente, il faut prendre en résultat la moins value latente
enregistrée en capitaux propres. Cette perte est égale à la différence entre la valeur
d’acquisition et la juste valeur (pour les actions) ou la VRE.

12
N RUEF, Normes IAS/IFRS : Que faut-il faire ? Comment s’y prendre, Editions organisation, Paris, 2005, P384.
13
Idem, P.385.
14
www.lyonfinance.org
Chapitre I : La banque et son environnement : 38

7- Comptabilisation des dettes hybrides : On entend par instrument hybride un instrument


de dettes auquel est attaché un dérivé sur instruments de capitaux propres tel que les
obligations convertibles. L’émetteur d’un instrument hybride doit le décomposer pour
enregistrer séparément l’élément fonds propres et l’élément dettes.15
Initialement, pour une obligation convertible, par exemple, la valeur dettes est obtenue en
actualisant ses flux futurs au taux actuel du marché alors que la valeur fonds propres
représentera la différence entre la valeur d’émission et la valeur dettes.
Ultérieurement, l’élément dettes est comptabilisé au coût amorti.
8- Principe de couverture : La norme IAS 39 précise les éléments pouvant être couverts et
les instruments de couverture. Elle reconnaît trois types de comptabilité de couverture : La
juste valeur (relation de couverture où les variation de juste valeur de l’élément couvert sont
compensées par celles de l’instrument de couverture), les flux de trésorerie (relation de
couverture où les variations des flux de trésorerie de l’élément couvert sont compensées par
les variations de valeur de l’instrument de couverture) et l’investissement net en devises.
Pour les options, la norme considère comme instrument de couverture toutes les
combinaisons aboutissant à une position nette acheteuse. La prime qui en découle doit donc
être positive ou nulle.
La norme exige de documenter toute couverture en matière d’élément couvert, instrument
de couverture, méthode utilisée et d’objectif de la couverture pour permettre d’évaluer son
efficacité.
C- La norme IFRS 7 : Instruments financiers : Informations à fournir :
a)- Objectif : Imposer aux entités de fournir des informations dans leurs états financiers afin
de permettre aux utilisateurs d’évaluer l’importance des instruments financiers au regard de
la situation financière et de la performance financière de l’entité, la nature et l’importance des
risques qui en découlent ainsi que la façon dont l’entité les gère.
b)- Champ d’application : Cette norme devrait être appliquée par toutes les entités à tous
types d’instruments financiers sauf :
- Les participations dans les filiales, les entreprises associées et les coentreprises
comptabilisées selon l’IAS 27, IAS 28,et IAS 31 sauf cas particuliers.
- Les droits et obligations des employeurs découlant des plans d’avantages au personnel.
- Les contrats au titre d’une contre partie éventuelle dans un regroupement d’entreprises.
- Les contrats d’assurances.
- Les instruments financiers, contrats et obligations liés à des transactions fondées sur des
actions.

15
N RUEF, Normes IAS/IFRS : Que faut-il faire ? Comment s’y prendre, Editions organisation, Paris, 2005, P.389.
Chapitre I : La banque et son environnement : 39

c)- Informations à fournir :


1- Au bilan :
Actif Passif
- Actifs financiers à la juste valeur - Passifs financiers à la juste valeur
* Actifs financiers initialement à la juste valeur * Passifs financiers initialement à a juste valeur
* Actifs financiers de transaction * Passifs de transactions
- Placements détenus jusqu'à échéance - Passifs évalués au coût amorti
- Prêts et créances
- Actifs financiers disponibles à la vente

2- Au compte de résultat : Si l’entité désigne un prêt, une créance ou un passif financier


comme étant à sa juste valeur par le biais du compte de résultat, elle doit indiquer :
Pour les prêts et créances Pour les passifs financiers
- Le montant du changement de la juste valeur au
- L'exposition maximale au risque crédit à la date de cours de la période (à imputer aux changements du
clôture risque crédit du passif financier en question)
- La différence entre la valeur comptable et le
- Le montant couvert par les instruments de couverture montant à payer au créancier à l'échéance
- Le montant du changement de la juste valeur au cours
de la période (Il est à imputer aux changements du risque
crédit de l'actif financier en question)
- Le montant de la variation de la juste valeur des
instruments de couverture
L’entité se doit de préciser les méthodes utilisées pour le changement de la juste valeur pour
les actifs et passifs financiers.
3- Instruments de garantie : Si l’entité donne des actifs financiers en garantie du passif, elle
doit indiquer leur valeur comptable ainsi que les termes et conditions relatives à cette mise
en garantie.
Egalement, si l’entité détient des actifs en garanties échangeables en cas de défaillance de la
contre partie, elle doit indiquer leur juste valeur ainsi que les conditions inhérentes à
l’utilisation de cette garantie.
4- Eléments de produits et charges, de profit et pertes : L’entité doit mentionner sur ses
états financiers :
- Les profits et pertes nets sur les actifs et passifs financiers du bilan.
- Le produit et la charge d’intérêts et commissions pour les actifs et passifs financiers non
comptabilisés à la juste valeur par le biais du compte de résultat.
- Les produits d’intérêts sur les actifs financiers ayant subi une perte de valeur ainsi que la
valeur de cette perte.
Chapitre I : La banque et son environnement : 40

5- Autres informations à fournir : L’entité doit indiquer :


- Les méthodes comptables et les bases d’analyse utilisées lors de l’élaboration de ses états
financiers.
- Les informations relatives à la couverture des risques décrites par l’IAS 39.
- La juste valeur par catégorie d’actifs et de passifs financiers sans compensations ainsi que
les techniques de valorisation.
- Les expositions aux risques, stratégies de gestion et méthodes de mesure des risques.
Il apparaît clairement que ces deux normes se rapprochent en ce qui concerne la
communication financière et que leur application requiert la mise en place de processus de
management des risques performants et un très haut niveau de vigilance, de professionnalisme et
de responsabilisation de tous les agents de la banque. Ces normes sont certes contraignantes mais
permettent aux banques qui les appliquent d’avoir une assurance raisonnable de leur solvabilité
et donc de leur survie dans un environnement très risqué.

Tout au long de ce chapitre, nous avons pu voir que la banque réalise une activité très
diversifiée et bénéfique pour l’économie. Toutefois, si cette dernière ne prend pas en
considération ses risques et qu’elle n’applique pas les règles prudentielles instauré par son
pays et pat la communauté internationale, elle peut mener l’économie vers la dérive.
Il est donc important qu’une banque soit assistée tout au long de sa vie opérationnelle
pour veiller à ce qu’elle respecte les procédures et lui recommander les meilleures pratiques
pour maintenir sa pérennité.
Le chapitre qui va suivre traitera des techniques et outils que pourront utiliser les
assistants de la banque afin de remplir à bien leur mission.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 41

Chapitre II : Techniques et outils d’audit :

Pour mener à bien ses travaux, un auditeur doit connaître au préalable les techniques
qu’il peut utiliser et les outils dont il doit disposer. Ainsi, il saura ce qu’il doit utiliser et quand
l’utiliser.
Cette connaissance est tellement indispensable que nous avons jugé utile de
transgresser le plan annoncé dans la conclusion du chapitre préliminaire et aborder ces
techniques et outils avant d’entamer la prise de connaissance du domaine à auditer.
Ce chapitre sera subdivisé en deux sections : La première abordera quelques
techniques d’audit tandis que la seconde traitera de quelques outils dont la maîtrise est
importante.

Section I : Les techniques d’audit :


I- Les sondages : Le sondage est une méthode permettant à partir d’un échantillon prélevé
d’une manière aléatoire ou réfléchie sur une population de référence, d’extrapoler à la
population les caractéristiques observés sur l’échantillon. Il est utilisé à des fins de dépistage
(déceler des dysfonctionnements et/ou mesurer leur ampleur), de validation (se prononcer sur la
cohérence et l’application d’une procédure par exemple) ou d’estimations (pourcentages,
parts,…etc.).
Parce qu’il permet de limiter l’étude à une partie de la population, le sondage procure un gain
de temps et d’argent et réduit l’erreur de mesure. Par contre, il introduit l’erreur de précision car
il peut comporter un biais.
La réalisation d’un sondage doit respecter les étapes suivantes :
A- La préparation : C’est l’étape décisive de la réussite ou de l’échec d’un sondage car c’est
dans laquelle que sont définis :
a)- L’objet de l’étude : On ne fait pas de sondages gratuitement ou pour le plaisir. Il faut
d’abord analyser le problème pour lequel le sondage sera réalisé (le problème doit il être
traité de la sorte ? n’y a-t-il pas une solution meilleure ?...etc.), établir une liste des
informations utiles à collecter et vérifier s’il est possible de les obtenir de certaines sources
(enquêtes, statistiques internes,…etc.).
b)- Une grille d’analyse de résultats possibles : Elle est établie pour les sondages très étoffés
nécessitant une pré étude. Il s’agit de recenser les résultats possibles et de les croiser avec les
résultats de la pré étude afin de déterminer les regroupements significatifs.
c)- La nature du sondage à effectuer : En fonction des contraintes budgétaires, des délais et
de la grille d’analyse des résultats possibles, l’auditeur optera pour un sondage statistique ou
empirique.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 42

B- La constitution de l’échantillon : C’est l’étape dans laquelle est définie la population à


examiner et est choisie la taille et le mode de sélection de l’échantillon.
a)- La population : C’est l’ensemble sur lequel l’étude sera effectuée. Il peut s’agir de
comptes, d’individus, de factures,…etc. Elle peut être dénombrée ou non dénombrée.
Pour qu’un sondage soit pertinent, il est indispensable que la population soit homogène c'est-
à-dire qu’elle suive la même distribution de probabilités (en d’autres termes, ne pas mélanger
les choux et les carottes). Dans le cas contraire, procéder à une stratification peut être utile
pour obtenir des classes homogènes.
b)- L’échantillonnage : Il peut être opéré suivant deux familles de méthodes :
1- Les méthodes probabilistes : Elles consistent à choisir aléatoirement les individus de la
population sous l’hypothèse d’égalité des probabilités de sélection des individus (comme
pour les tirages de boules dans une urne).
* La taille de l’échantillon : Elle dépend du niveau de confiance (probabilité de pouvoir
extrapoler à la population les caractéristiques de l’échantillon) et de l’erreur ε. Pour un
niveau de confiance de 95%, la taille de l’échantillon s’obtient comme suit :
4 P (1 − P )
n≥
?‘
Où P est la proportion observée dans l’échantillon. Elle est fixée à 0,5 par défaut.
Dans la pratique, il existe des tables qui donnent la taille de l’échantillon pour une
précision et un niveau de confiance donné.
* Choix des éléments de l’échantillon : Il s’effectue par un tirage au hasard pouvant
s’opérer de deux façons :
• Le tirage élémentaire : Il consiste à utiliser des tables de nombres au hasard. Ces
tables fournissent des séries de nombres, calculés de telle sorte que la probabilité de
tirage des chiffres soit égale pour tous.2
• Le tirage systématique : Il consiste à prélever, à intervalles réguliers, à partir d’un
point de départ choisi au hasard, les élément successifs de la population à condition
que ces éléments soient rangés au hasard. L’intervalle peut être le rapport entre la
taille de la population et celle de l’échantillon.
* La stratification : C’est la répartition de la population en différentes classes dans le but
de rechercher des classes homogènes.
En statistique descriptive, le nombre de classes correspond à la racine carrée de la taille de
la population et l’étendue de chaque classe est le rapport entre l’étendue de la population et
le nombre de classes.

1
JP HELFER et J ORSONI, Marketing, Vuibert 9ème Edition, Paris, 2007, P.37.
2
M BENLAIBOUD, Pratique de l’audit, Berti Editions, Alger, 2007, P.142.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 43

2- Les méthodes non probabilistes ou empiriques : Elles consistent à choisir l’échantillon à


partir d’un choix raisonné. Les principales méthodes empiriques sont :
* La méthode des quotas : Elle consiste à choisir l’échantillon de telle sorte qu’il
reproduise des caractéristiques choisies propres à la population. Par exemple, si la
population est constituée de 40% d’agences bancaires au sud et de 60% nord, l’échantillon
devra être choisie dans les mêmes proportions sud et nord. Si les caractéristiques sont
multiples, la constitution de l’échantillon est difficile.
* La méthode de convenance : Elle est utilisée surtout si le temps de la recherche est
limité. Elle consiste à choisir l’échantillon suivant la logique de l’enquêteur. Dans ces cas
de figure, il est préférable d’opter pour la méthode des 20/80 de Pareto qui consiste à
choisir 20% des postes qui procurent 80% du résultat. Par exemple, si l’on doit choisir les
agences bancaires à auditer pour les opérations de commerce extérieur, le choix se fera
suivant le volume de transactions par agence.
C- Analyse des résultats : Selon la démarche adoptée et la méthode de sélection de
l’échantillon, les résultats peuvent être extrapolés à l’ensemble de la population à condition
que toutes les étapes de la démarche choisie aient été respectées.
II- L’interview : C’est une technique très utilisée en audit du fait qu’elle constitue un moyen
rapide de collecte d’informations. Il s’agit d’une communication entre l’auditeur et l’audité
réalisée dans le lieu de travail de ce dernier, portant sur un sujet précis et satisfaisant à un
objectif préalablement fixé pouvant être la compréhension de l’organisation du service, d’une
procédure non écrite,du fonctionnement du système d’informations,…etc.
L’interview n’est pas un interrogatoire, ni une conversation, encore moins un discours.3
La conduite d’une interview passe essentiellement par les étapes suivantes :
A- La préparation de l’interview : C’est l’étape de :
- Définition du sujet suivant la nécessité de l’information et l’objectif de sa collecte.
- Recherche d’informations générales sur l’interviewé et le sujet.
- Elaboration des questions (Elles doivent être ouvertes et bien structurées).
- Prise de rendez-vous.
B- Le début de l’interview : C’est l’étape dans laquelle l’auditeur se présente, rappelle l’objet
de l’interview et pose les questions préliminaires (demander à l’audité de se présenter, de
présenter son service,…etc.). Dans cette étape, l’auditeur vise deux objectifs : D’abord,
familiariser l’audité à l’interview et détendre l’atmosphère. Ensuite, détecter les traits
dominants de la personnalité de l’audité (personne rectangulaire froide, triangulaire
paternaliste ou circulaire drôle) afin de choisir la manière adéquate de communiquer avec lui
(en adulte ou en enfant nature).

3
J RENARD, L’audit interne : Ce qui fait débat, Editions Maxima, Paris, 2003, P.168.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 44

C- Les questions : C’est l’étape la plus importante qui permettra à l’auditeur de collecter les
informations recherchées. Pour se faire, il doit poser ses questions d’une manière claire et
précise, laisser l’audité s’exprimer sans pour autant le laisser dévier vers des considérations
subjectives et prendre des notes tout au long de l’interview.
Il serait intéressant de placer des questions filtres dans l’interview qui permettront de juger de
la crédibilité de l’interviewé et de la fiabilité de ses réponses. Toutefois, il ne faut pas que cela
se transforme en stratagème destiné à piéger l’audité.
C- Conclusion de l’interview : C’est l’étape finale dans la quelle l’auditeur résume à l’audité
l’ensemble des points qu’il a noté pour s’assurer qu’il n’a rien omis ou mal compris, lui
demande s’il ne voudrait pas ajouter certains points qui lui semblent importants et le remercie
pour son aimable accueil.
Tout au long de l’interview, l’auditeur doit :
- Se mettre au même pied d’égalité que l’audité sans pour autant lui manquer de respect.
- Faire preuve de neutralité et écarter toute idée préconçue.
- Avoir le réflexe de poser les questions : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ?
- Savoir écouter et ne pas interrompre.
- Faire court et ne pas dépasser deux heures.
- Eviter d’utiliser un magnétophone ou autres instruments du genre qui pourront donner à
l’audité l’impression d’être dans un interrogatoire.
III- La feuille de révélation et d’analyse des problèmes (FRAP) : La FRAP ne constitue pas une
technique proprement dite. Ce n’est qu’un document normalisé utilisé en audit interne qui guide
le raisonnement de l’auditeur jusqu’à la formulation de la recommandation. Par contre, sa
rédaction est la concrétisation d’un long travail d’analyse et d’investigation que nous allons
tenter d’approcher.
La FRAP est remplie par l’auditeur interne à l’occasion de la rencontre d’un
dysfonctionnement, une anomalie, une erreur,…etc. Elle est divisée en cinq parties se succédant
comme suit :
A- Le problème : C’est un court résumé du constat, ses causes et conséquences destiné aux
supérieurs hiérarchiques leur permettant de juger de la nécessité de l’examen de la FRAP. Il
est rédigé en dernier.
B- Le constat (funding): C’est la rubrique dans laquelle l’auditeur interne énonce l’erreur, le
dysfonctionnement ou la malversation constaté(e). Il doit être bref évitant toutes explications
ou expressions décoratives.
Dans le cas général, un seul fait est examiné par FRAP. Toutefois, il est admis d’en regrouper
plusieurs s’ils sont de même nature, se manifestent pour les mêmes raisons et ont un impact
similaire sur l’entité.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 45

C- Les causes : C’est la rubrique dans la quelle l’auditeur interne doit s’arrêter sur les raisons
du dysfonctionnement. Il n’est pas attendu de lui à cette phase une analyse terre à terre du
genre ce dysfonctionnement existe parce que la réglementation n’a par été respectée mais une
investigation approfondie visant à ressortir les causes profondes du problème.
Dans la recherche des causes, il peut se référer à la méthode de l’arête de poisson dite des 5M
d’Ishikawa. Cette dernière part du principe que les causes d’un dysfonctionnement se cachent
dans un ou plusieurs des cinq domaines suivants :
a)- La main d’œuvre : Le personnel a pu faire preuve d’imprudence, il n’est pas assez
qualifié pour faire le travail, ou mal informé des risques…etc.
b)- Le milieu : Le milieu du travail ne favorise pas l’utilisation de certaines méthodes, aucun
problème n’a été rencontré dans ce sens, il n’y a pas de contrôles,…etc.
c)- La matière : La matière première n’est pas disponible pour faire le travail, plusieurs
ruptures de stocks,…etc.
d)- Le matériel : Le matériel nécessaire pour faire le travail n’est pas disponible, il est jugé
inutile de l’acquérir,…etc.
e)- La méthode : Aucune procédure informative n’existe dans ce sens, la méthode utilisée par
le service ne permet pas de se couvrir contre les risques, la procédure est ambiguë, mal
formulée,…etc.
L’auditeur n’aura qu’à examiner ces points un à un afin que son analyse soit complète sans
oublier à chaque fois d’apporter la preuve.
D- Les conséquences : C’est la rubrique dans laquelle l’auditeur interne aborde son évaluation
de l’impact du dysfonctionnement sur l’organisation. Cette évaluation peut être quantitative ou
qualitative. Dans les deux cas, l’auditeur se doit d’être précis et d’éviter toutes dramatisations
(ne pas faire tout un plat de quelque chose d’insignifiant).
Pour que son évaluation soit exhaustive, l’auditeur doit structurer son raisonnement comme
pour l’analyse des causes. Il peut, partant du même principe classer les conséquences en
catégories. Cela peut donner des :
a)- Conséquences financières : Il s’agit de la perte occasionnée suite à une erreur, une
malversation, une fraude,…etc.
b)- Conséquences juridiques et fiscales : Il s’agit des pénalités dont a fait objet l’organisation
suite au dysfonctionnement ou aurait pu si le dysfonctionnement en question a été découvert.
c)- Les conséquences économiques : Il s’agit de la baisse de la demande sur un produit donné
suite à une anomalie, un dysfonctionnement,…etc.
d)- Les conséquences techniques : Il s’agit des dommages subis par les systèmes mis en place
suite à une erreur, un dysfonctionnement,…etc.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 46

E- Les recommandations : C’est la rubrique dans laquelle l’auditeur interne apporte des
solutions qui permettront d’éviter au problème de se reproduire. La solution proposée doit être
à la hauteur de la cause recensée. Pour se faire, l’auditeur devra user de son imagination et de
sa connaissance des meilleures pratiques en vigueur. Toutefois, il doit veiller à ce que ses
recommandations soient réalisables sinon, elles ne verraient jamais le jour.
Les FRAP sont généralement rédigées au fur et à mesure de la mission d’audit (elles suivent
généralement le questionnaire de contrôle interne) et doivent être validées par les chargés de
missions. Elles constituent l’ossature du rapport d’audit.
La FRAP est certes une méthode développée par l’audit interne mais le raisonnement qui
conduit à son élaboration devrait être adopté par n’importe quel auditeur.
IV- La confirmation (circularisation) : Très utilisée en audit externe, beaucoup moins en audit
interne, la confirmation est la technique consistant à demander à des tiers, en relation avec
l’entité, la confirmation de leurs opérations ou de leurs soldes. Elle permet à l’auditeur de
valider ses constats et observations surtout si aucun autre moyen ne le permet (fichier
informatique, états divers,…etc.). Elle peut être positive ou négative :
A- La confirmation positive : C’est une circularisation exigeant la réponse du tiers. Elle peut
revêtir deux formes :
a)- La confirmation ouverte : Elle consiste à demander au tiers les informations sans lui
fournir de détails. Par exemple, demander à un client de confirmer les encours de l’ensemble
des crédits que la banque lui a accordé sans lui communiquer les encours figurant sur les
comptes de la banque. Cette méthode est la plus fiable mais la plus pénible pour les tiers,
surtout si le volume d’informations demandées est important.
b)- La confirmation fermée : Elle consiste à demander au tiers son accord sur une information
que l’auditeur lui fournit et des détail en cas de désaccord. Par exemple, dire au client que
l’encours du crédit X qui lui a été octroyé est de Y DA et lui demander une copie de la
convention de crédit en cas de désaccord. Si le client est d’accord, il aura juste à retourner la
lettre de confirmation avec sa signature dessus. Cette méthode peut influencer le tiers et le
pousser à ne pas fournir d’efforts de recherche surtout s’il entretient de bonnes relations avec
l’entité auditée.
B- La confirmation négative : C’est une circularisation dans laquelle l’auditeur demande au
tiers de ne répondre que s’il est en désaccord avec l’information que ce premier lui a fournie.
Elle est rarement utilisée car elle n’est pas sure. En effet, il est possible que le tiers ne réponde
pas parce qu’il n’a jamais reçu de lettres ou par négligence.
Pour réussir une circularisation, il est recommandé de suivre les étapes suivantes :
A- Sélection des tiers : Les tiers pouvant être circularisés varient en fonction de l’information
recherchée. Si elle peut être obtenue de plusieurs tiers (solde du compte, encours des
engagements par signature,…etc.), l’auditeur peut recourir à une sélection par sondages.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 47

Sinon, elle est demandée à l’administration ou la personne concernée (Par exemple,


circulariser l’avocat pour les litiges en cours de la banque).
B- Préparation des lettres de confirmation : Les lettres de circularisation doivent être
rédigées comme des lettres administratives et contenir l’enseigne de l’entité auditée en entête.
L’auditeur doit s’exprimer d’une manière claire et sans ambiguïtés car c’est de cela que va
dépendre la qualité de la réponse.
C- Envoi des lettres : Les lettres sont généralement envoyées par courrier recommandé avec
accusé de réception. Si aucune réponse n’est obtenue la première fois, une relance doit être
effectuée par fax ou autres moyens disponibles. Il est recommandé de contacter le tiers par
téléphone, si possible, pour l’inciter à répondre.
D- Exploitation des réponses : Les réponses sont généralement rapprochées avec les
informations disponibles chez l’entité. En cas de divergences importantes, l’auditeur doit
examiner les détails fournis par le tiers et par l’audité afin de justifier cet écart.
L’inconvénient d’utiliser cette technique est que certains tiers ne répondent pas et que d’autres
n’envoient pas les informations recherchées. Dans ces cas, il est recommandé de contacter les
tiers par téléphone et de leur expliquer convenablement. Si l’information est indisponible sous
la forme recherchée, demander celle qui s’en approche le plus et effectuer les retraitements
nécessaires.
V- Les vérifications et les rapprochements : Si les techniques précédemment énoncées étaient
plus axées sur la recherche d’informations ou la validation de celles préexistantes, les
techniques de vérification et de rapprochement sont plus axées sur l’analyse et le traitement de
l’information. Elles constituent l’essentiel des travaux d’audit surtout dans les approches
substantives (contrôles exhaustifs sur pièces) où le contrôle interne est absent ou inefficace.
Elles sont utilisées, en audit opérationnel, pour la validation de l’application et de l’efficacité du
contrôle interne. Elles peuvent prendre plusieurs formes que nous pouvons recenser en trois
grandes catégories :
A- Les vérifications : Elles consistent à reprendre un raisonnement censé aboutir à un résultat
donné le but étant de savoir si le chargé du travail a respecté scrupuleusement les étapes du
raisonnement en question. Les vérifications peuvent adopter plusieurs formes dont les plus
courantes sont les vérifications arithmétiques. L’auditeur reprend toujours certains calculs
effectués par l’audité pour voir s’il ne s’est pas trompé. Par exemple, l’auditeur pourra vérifier
si l’encours de découvert consenti à un client algérien n’a pas dépassé 15 jours de son chiffre
d’affaires.
B- Les rapprochements : Ils consistent à confronter deux ou plusieurs sources d’informations
différentes mais qui sont censé contenir ou aboutir à la même information. S’il y a une
divergence, l’auditeur tentera de détecter les causes de cet écart. Par exemple, rapprocher le
type d’hypothèque (de premier rang, de second,…etc.) enregistrée au niveau de
l’administration des hypothèques et du cadastre avec ce qui est déclaré sur l’étude du dossier
de crédit.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 48

C- Les examens analytiques : Ce sont des techniques permettant à l’auditeur d’avoir une
vision dynamique sur une situation donnée. Elles consistent à comparer des données
concernant cette situation sur plusieurs années afin de dégager des relations et d’analyser les
fluctuations et les tendances. Ainsi, des éléments inhabituels peuvent apparaître permettant à
l’auditeur de détecter une anomalie ou d’expliquer celles qu’il a déjà constatées,…etc. Par
exemple, l’auditeur pourra examiner les mouvements du personnel sur plusieurs périodes afin
de tester la capacité de l’entité à préserver ses cadres.
Les examens analytiques peuvent adopter plusieurs formes. Il est possible, par exemple de
comparer les résultats d’une entité avec ceux d’une entité concurrente de même taille,
comparer les conditions qu’elle offre avec celles du marché,…etc.
Les vérifications et les rapprochements peuvent, par moments, être complexes entraînant ainsi
de grosses pertes de temps. Il est donc recommandé de ne recourir à ces méthodes que si ces
dernières n’ont pas été réalisées par l’entité auditée auquel cas, il suffira d’examiner le travail
déjà effectué.
VI- Le score du contrôle interne : C’est une technique intéressante pour deux raisons : La
première est qu’elle permet d’apporter un jugement qualitatif sur le contrôle interne d’une
activité en sa globalité. La seconde est que ses résultats peuvent être exploités lors de
l’élaboration du plan d’audit (voir chapitre préliminaire).
Cette technique consiste d’abord à établir des critères de qualité sur la base du questionnaire de
contrôle interne (voir section suivante) auxquels sera affectée une notation. Cette dernière est
constituée de notes qualitatives variant de 1 à 3, 4 jusqu’à 10. Si l’on retient un système de
notation de 1 à 5 par exemple, les notes pourront être : 1- Inexistant, 2- Faible, 3- Moyen, 4-
Bon, 5- Très satisfaisant. Le système de notation peut prévoir des coefficients pour certains
points de contrôle interne jugés plus importants que d’autres.
Tout au long de la mission, l’auditeur notera chaque point de contrôle interne examiné suivant
le système de notation choisi et le résultat de ses investigations. Il se doit d’être objectif dans sa
notation (ne pas juger un contrôle interne faible celui dont est responsable une personne que
l’auditeur a détesté ou dont l’investigation a été pénible pour lui mais celui qui présente des
anomalies significatives en sa conception et/ou son application,…etc.).
A la fin de la mission, la somme pondérée des notes donnera la note du contrôle interne de
l’activité auditée. Le système de notation devra prévoir des règles d’appréciation par intervalles
de notes. Par exemple si la note du contrôle interne est supérieure à 300, le contrôle interne de
l’activité est jugé très satisfaisant, si elle est comprise entre 300 et 200, il est jugé bon,…etc.
Pour que cette méthode soit pertinente, il faut que le système de notation soit élaboré par des
personnes expérimentées et qu’il soit normalisé (tous les auditeurs de la structure doivent
utiliser le même système).

Section II : Les outils de l’audit :


Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 49

I- La cartographie des risques : Si pour les auditeurs externes une cartographie des risques
constitue un outil qui leur permet de centrer leur raisonnement sur les zones de risques les plus
significatives, elle constitue pour les auditeurs internes un préalable à la mise en place de leur
structure. La cartographie des risques est un relevé des principaux risques pour lesquels sont
et/ou seront mis en place des systèmes de mesure, d’analyse, de surveillance et de maîtrise. Elle
permet d’analyser et d’interroger les risques dans leurs caractéristiques spatiales. Elle intervient
à plusieurs échelles et peut représenter soit la répartition spatiale des aléas, soit celle des enjeux
(ce qui est susceptible d’être endommagé), soit celle des vulnérabilités, soit une combinaison
des trois facteurs.4
Une cartographie des risques (modèle KPMG) peut se présenter comme étant une grille ou une
matrice qui met en lignes la probabilité d’occurrence du risque (rare, peu probable, possible,
probable, quasiment certain) et en colonne l’impact sur l’entité (non significatif, mineur,
modéré, majeur, très significatif) et sur laquelle les risques majeurs sont placés en brut et en net
(après intégration du contrôle interne). La combinaison entre la probabilité et l’impact donne
une appréciation du risque (mineur, modéré, élevé, critique).
La réalisation d’une cartographie des risques dans une banque peut se faire en trois temps :
1- Le recensement des principales activités ou processus des directions opérationnelles, des
états de surveillance, des états des principales anomalies ainsi que des contrôles des risques liés
à ces activités. (Etat des lieux)
2- L’identification des principaux risques et de leur regroupement en familles de risques à
suivre.
3- La cotation des risques bruts et leur hiérarchisation auxquels sont déduits la qualité des
contrôles internes mis en oeuvre pour chaque catégorie de risque, ce qui donne alors le niveau
des risques résiduels ou risques nets. Il est important que cette cotation soit basée sur les
systèmes de mesure des risques comme ceux développés dans le chapitre précédent.
La cartographie des risques doit être mise à jour périodiquement suivant l’évolution de
l’activité de l’entité, l’adoption de nouvelles techniques de gestion des risques et les
changements dans l’environnement, les marchés, l’organisation,…etc.
II- Les diagrammes : Certains les trouvent dépassés et sans intérêt du fait qu’ils peuvent être
remplacés par des techniques ou outils plus faciles à utiliser, d’autres recommandent fortement
leur utilisation parce qu’ils permettent d’avoir une vue d’ensemble. Les diagrammes sont des
schémas servant à décrire une organisation, le déroulement d’une opération, le fonctionnement
d’un système,…etc. Ils peuvent prendre diverses formes selon l’objet de la description et parmi
elles :
A- Les organigrammes : Ce sont des schémas décrivant des organisations. Ils peuvent être
fonctionnels c'est-à-dire qu’ils définissent les relations de pouvoir, ou fonctionnels c'est-à-dire
qu’ils répartissent les fonctions de l’organisation en plusieurs tâches élémentaires.

4
www. Wiekipedia.com
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 50

Si les premiers doivent être communiqués par les entités auditées à l’étape de prise de
connaissance, de l’organisation, les seconds sont élaborés par les auditeurs suivant leur
connaissance des fonctions.
Le regroupement de ces deux types d’organigrammes dans une matrice (grille) que l’auditeur
remplira tout au long du travail sur le terrain peut permettre d’apprécier le principe de
séparation des tâches du contrôle interne (les tâches sont-elles effectuées par les bonnes
personnes ? Est-ce que celui qui donne l’autorisation est celui qui décaisse ? …etc.).
B- Les diagrammes de circulation : Ce sont des techniques de description de procédures et
de circulation de documents, à base de symboles proches de ceux utilisés en
informatique5accompagnés d’observations si nécessaire.
Ils mettent en évidence les points forts et les points faibles d’une procédure et permettent de
suivre les opérations à la trace. L’auditeur pourra donc améliorer les procédures et optimiser,
via son imagination et sa connaissance des pratiques universelles, l circulation des documents
(si les circuits sont très longs et complexes, l’auditeur peut chercher des circuits courts et plus
sécurisés).
Malgré l’existence de logiciels de dessins, la conception de ces diagrammes est très difficile
surtout pour les procédures et circuits complexes. Aussi, leur lecture par une tierce personne
peut être difficile si les symboles utilisés ne sont pas normalisés.
C- Les ordinogrammes : Ce sont des outils de représentation graphique des modes
opératoires des systèmes informatiques. Ils mettent en évidence les intervenants, les tâches
(humaines ou machinales), les supports utilisés et les liaisons entre les phases. Il se dessine de
la même manière qu’un diagramme de circulation, présente les mêmes avantages et
inconvénients sauf que les symboles utilisés pour sa conception sont plus complexes.
Une liste de symboles de diagrammes sera annexée à cette étude. Notons que cette liste n’est
pas exhaustive car les symboles peuvent différer d’une organisation à une autre.
Pour réussir un diagramme, un auditeur doit :
- Mettre chaque service intervenant dans une colonne différente pour les diagrammes de
circulation et les ordinogrammes (ou flow charts).
- Varier les sources d’informations pour garantir l’exhaustivité du diagramme.
- Eviter les détails superflus et les lignes de circulation diagonales.
- Ne pas surcharger les flow charts d’observations.
- Valider les diagrammes avec les responsables audités.
III- Les narratifs : Ce sont les outils les plus élémentaires ne nécessitant aucune formation
préalable. Il s’agit d’exposer par écrit le déroulement d’une opération, le contenu d’une
procédure,…etc.

5
A SARDI, Audit et contrôle interne bancaires, Editions Afgees, Paris, 2002, P.167.
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 51

Utilisés généralement pour la description d’opérations ou procédures difficiles à schématiser, la


rédaction des narratifs s’effectue en deux temps :
A- La collecte d’informations : Il est possible de se baser sur la narration de l’audité pour
rédiger un narratif. Pour cela, il faudra lui demander de décrire ce qu’il fait et prendre des
notes. Toutefois, cette narration ne suit pas forcément un ordre logique et l’audité peut recourir
à l’utilisation d’abréviations que l’auditeur ne connaît pas forcément. Ce dernier devra donc
compléter cette information par l’observation ou les tests.
B- La rédaction : Une fois l’information collectée, vient la phase de sa transcription.
L’auditeur doit être conscient que le narratif doit être compris et exploités par ses collègues
et/ou ses supérieurs vu qu’il sera ajouté au dossier permanent. Il doit donc le rédiger d’une
manière claire et structurée.
IV- Le questionnaire de contrôle interne (QCI) : Ce sont des questionnaires fermés ou ouverts
destinés à évaluer la conception et l’application du système de contrôle interne de l’activité
auditée. Ils couvrent l’ensemble des points que l’auditeur devra examiner une fois sur le terrain.
Il est possible de se procurer des QCI dans le commerce ou utiliser ceux qui ont été élaborés
dans les missions précédentes concernant la même activité au risque qu’ils ne soient plus
d’actualité. Le mieux est donc de préparer ses propres questionnaires tout en se référant aux
questionnaires préexistants.
L’élaboration d’un questionnaire de contrôle interne doit respecter le cheminement suivant :
- Découpage de l’activité en tâches élémentaires.
- Identification des principaux risques liés à l’activité et à chaque tâche.
- Définition d’un dispositif de contrôle interne qui pourrait, à priori, donner une assurance
raisonnable de la maîtrise des risques et ce sur la base de la réglementation en vigueur, des
meilleures pratiques existantes et du bon sens de l’auditeur.
- Elaborer le questionnaire qui en découle.
Il est possible d’élaborer deux types de questionnaires :
A- Les questionnaires fermés : Ce sont des questionnaires qui admettent uniquement trois
réponses : oui, non et non applicable. Ils sont généralement utilisés pour les questionnaires à
envoyer aux entités afin de garantir un niveau élevé de probabilité de réponse. Les réponses
positives constituent des forces que l’auditeur devra tester et les réponses négatives constituent
des faiblesses pour lesquelles l’auditeur doit rechercher les causes, évaluer les conséquences et
proposer des recommandations pour palier ces faiblesses.
B- Les questionnaires ouverts : Ce sont des questionnaires admettant des réponses libres. En
audit opérationnel, les questionnaires utilisés sont de type check list c'est-à-dire que les
questions posées sont de type :
a)- Qui ?: Il s’agit des questions relatives aux personnes qui effectuent les opérations (qui est
chargé de l’étude des dossiers de crédit ? qui la valide ? qui comptabilise ?...etc.).
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 52

b)- Quoi ?: Il s’agit des questions relatives à l’objet de l’opération (vous faites quoi ?).
c)- Où ?: Il s’agit des questions relatives aux lieux où se déroule l’opération (Où est délivrée
l’autorisation de crédit ? où est ce que les dossiers sont classés ?...etc.).
d)- Quand ?: Il s’agit des questions relatives aux périodicités (Quand sont effectuées les
déclarations d’impayés à la banque centrale ?...etc.).

e)- Comment ?: Il s’agit des questions de description du mode opératoire (Comment est
effectuée une étude de dossier de crédit ? Comment les remboursements sont ils
suivis ?...etc.).
Des questions fermées peuvent y être ajoutées.
V- Les outils informatiques : Ils sont devenus de plus en plus indispensables dans toute activité.
Ces outils constituent pour un auditeur un gain de temps considérable. En général, les auditeurs
utilisent :
- Des logiciels de traitement de textes tels que Microsoft Word pour la rédaction des mémos et
des rapports.
- Des logiciels de présentation tels que Microsoft Power Point pour la préparation des comptes
rendus sur site.
- Des tableurs tels que Microsoft Excel pour réaliser leurs travaux (calculs, graphes,…etc.).
- Des logiciels de dessin tels que Flow Charting pour dessiner les diagrammes.
- Des logiciels de statistiques et d’analyse des données tels que SPSS ou Statistica pour les
estimations.
Il est préférable pour l’auditeur de travailler avec des modèles préétablis pour les travaux
récurrents (modèles de lettres, modèles de FRAP,…etc.).
Parmi tous ces logiciels, nous avons choisi de présenter Microsoft Excel du fait de sa large
utilisation en audit.
A- Présentation et généralités : Excel est un tableur formé de feuilles de calculs (work
sheets). Chacune des feuilles est divisée en lignes numérotés par des chiffres et de colonnes
numérotés par des lettres. L’intersection entre une ligne et une colonne s’appelle cellule. La
cellule se caractérise par la lettre de sa colonne et le chiffre de sa ligne. Ainsi, une cellule se
trouvant à l’intersection de la colonne A et de la ligne 1 s’appellera A1.
Il est possible sur Excel de saisir des tables, effectuer des calculs sur des cellules, dessiner des
courbes, des organigrammes hiérarchiques, consolider des tables,…etc.
B- La presse papier sur Excel : Il est possible de couper ou de copier le contenu d’une ou
plusieurs cellules dans d’autres cellules. Il suffit de sélectionner les cellules que l’on veut
couper ou copier à l’aide du bouton gauche de la souris, cliquer sur le bouton droit pour sortir
le menu contextuel, cliquer sur couper ou copier, se positionner sur les cellules de destination,
cliquer sur le bouton droit pour sortir le menu contextuel et cliquer sur coller. Les cellules
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 53

peuvent se trouver dans une autre feuille de calcul, un autre fichier Excel, un fichier SPSS,
SORITEC,…etc. Il est même possible de coller dans un document Word.
Il est possible de coller uniquement certaines caractéristiques des cellules (la valeur, le format,
la formule,…etc.) en utilisant le collage spécial (procéder de la même façon que pour copier
sauf qu’il faut cliquer sur collage spécial au lieu de coller à la fin. Une boite de dialogue
apparaît sur laquelle il est possible de sélectionner ce que l’on veut coller).
C- Les fonctions sur Excel : Excel permet de créer une variété de formules, qu’il s’agisse
d’effectuer des opérations simples ou complexes. En voici quelques unes très utilisées en
audit :
a)- La fonction somme : Elle permet d’additionner les valeurs de plusieurs cellules. Pour se
faire :
- Cliquer avec le bouton gauche sur la cellule où l’on veut obtenir la somme.
- Taper la formule =somme (la plage sur laquelle on veut calculer à sélectionner avec le
bouton gauche de la souris en appuyant sur Ctrl si les cellules ne sont pas adjacentes).
b)- La fonction moyenne : Elle permet de calculer la moyenne arithmétique de plusieurs
cellules. Pour se faire :
- Se positionner sur la cellule dans laquelle on veut avoir la moyenne.
- Taper la formule = moyenne (plage).
La fonction ignore les cellules vides.
c)- La fonction si : Elle est utilisée pour effectuer des tests conditionnels sur des valeurs et
des formules. Elle renvoi à une valeur si le test logique est vrai et à une autre si le test logique
est faux. Elle est utilisée ainsi :
= si (test logique ; valeur si vrai ; valeur si faux).

d)- La fonction recherche : Renvoie une valeur provenant soit d'une plage à une ligne ou à
une colonne, soit d'une matrice. Pour améliorer sa précision, on utilise ses dérivés recherchev
et rechercheh.

1- Recherchev : La syntaxe est la suivante :


= Recherchev (valeur cherchée ; table matrice ; n° index col ; valeur proche) tel que :
-Table matrice : la table où il va rechercher la valeur recherchée.
- N° index col : le numéro de la colonne qui contient la valeur qu’on cherche.
- Valeur proche : la valeur à partir de laquelle il va chercher s’il ne trouve pas la valeur
recherchée dans la table.

2- Rechercheh : La syntaxe est la suivante :


= Rechercheh (valeur cherchée ; table matrice, n°index ligne ; valeur proche)

Par exemple, on a une table contenant les mouvements au débit, au crédit et le solde sur une
période donnée. Si l’on veut connaître le solde du compte du client en date X, on peut utiliser
Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 54

recherchev connaissant quel est le rang de la colonne contenant le solde, la date de


l’opération et la plage de la table.

D- Les tableaux croisés dynamiques : Un tableau croisé dynamique est un tableau interactif qui
combine et compare rapidement un grand nombre de données. Il est possible de faire pivoter ses
lignes et colonnes pour afficher diverses synthèses des données sources, et afficher les détails des
zones intéressantes. Ils sont utilisés pour analyser des totaux associés surtout si la liste des
données source est longue.

Pour réaliser un tableau croisé dynamique, il faut procéder comme suit :


- Cliquer sur données et choisir rapport de tableaux croisés dynamiques
- Un assistant apparaît. Il est demandé au départ de sélectionner les données sources. Il faut les
sélectionner et cliquer sur suivant.
- L’assistant confirme ensuite la plage des données sources. Cliquer sur suivant.
- L’assistant demande ensuite si le résultat sera affiché dans une nouvelle feuille ou la même.
Choisir l’option qui convient puis cliquer sur disposition.
- Une fenêtre s’affiche contenant un tableau semblable à un tableau de contingence et des
étiquettes correspondant aux intitulés des colonnes des données source. Choisir les données en
ligne et en colonne qui intéressent l’utilisateur puis cliquer sur OK.
- Cliquer sur terminer.

VI- La statistique descriptive : La statistique descriptive est une branche des statistiques qui
s’intéresse à la description des caractéristiques d’une population donnée. Pour se faire, elle
utilise plusieurs grandeurs telles que :

A- La moyenne : C’est la valeur qu’aurait pris chaque modalité si celles-ci étaient égales. Elle
peut être arithmétique c'est-à-dire qu’elle représente la somme des effectifs des modalités
divisée par le nombre de modalités, pondérée c'est-à-dire qu’elle représente la somme des
effectifs des modalités pondérées par les coefficients divisée par la somme des coefficients ou
géométrique c'est-à-dire qu’elle représente la racine énième de la somme des effectifs des
modalités où n est le nombre de modalités (elle est utilisée généralement pour calculer un taux
d’intérêt moyen sur plusieurs années).

B- La variance : C’est la moyenne arithmétique des écarts au carré des valeurs des modalités
par rapport à leur moyenne. Sa racine carrée est l’écart type.

C- Le mode : C’est la modalité du caractère qui correspond au plus grand effectif.

D- La médiane : C’est la modalité qui divise la population en deux parties égales.

E- L’étendue : C’est la différence entre la plus grande et la plus petite modalité.


Chapitre II : Techniques et outils d’audit : 55

Les techniques et outils précédemment évoqués permettent à l’auditeur de mener à bien


ses investigations à condition de bien les choisir en fonction du temps dont il dispose et de
l’objectif d’audit qu’il veut couvrir. Dans la banque, les techniques de sondages, de
vérifications et rapprochements et d‘interview sont les plus utilisées c’est pourquoi leur
préparation doit être réfléchie afin de couvrir les objectifs d’audit en totalité. L’auditeur doit,
donc, toujours user de son bon sens et de ses connaissances des meilleures pratiques pour bien
mener son audit.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 56

Chapitre III : Audit des opérations bancaires

La banque, dans le cadre de l’accomplissement de son rôle économique, réalise des


opérations pour sa clientèle. Chacune d’elles obéit à un réglementation propre et, donc, doit
être auditée d’une façon différente.
Dans ce chapitre, nous allons tenter d’expliquer le déroulement de quelques opérations
bancaires basiques suivant le contexte algérien, apprécier certains de leurs risques spécifiques
et d’énoncer quelques travaux d’audits utiles y afférent.
Nous tenons à préciser que les dispositions relatives au traitement des opérations qui
seront exposés ne sont ni exhaustives (Elles n’abordent que certains volets de l’opération) ni
universelles car elles varient d’une banque à une autre. L’auditeur devra toujours se référer
aux procédures internes de la banque à auditer (sous réserve de les avoir préalablement étudié
en terme de conformité aux lois, d’exhaustivité et de cohérence) ainsi qu’aux lois et
règlements en vigueur.
Ce chapitre sera divisé en trois sections : La première traitera des opérations de caisse,
la seconde abordera les opérations de crédit, tandis que la dernière sera consacrée aux
opérations de commerce extérieur.
Section 01 : Les opérations de caisse :
Le service caisse est l’ensemble des services matériels que doit offrir la banque à son
client pour lui permettre une utilisation la plus souple possible des fonds déposés sur un compte
en banque.1 A ce titre, il lui incombe de réaliser les opérations suivantes :
I- L’ouverture des comptes :
A- Dispositions générales :
Le compte bancaire est une convention passée entre le banquier et son client ayant pour but
d’aménager leurs relations financières. Il se matérialise par un état comptable qui reprend les
créances et les dettes réciproques des deux parties.
Avant d’ouvrir un compte, le banquier doit préalablement :
- Vérifier que la personne voulant ouvrir le compte en a la capacité juridique c'est-à-dire
qu’elle n’est pas mineur, frappée d’interdiction judiciaire, frappée de démence ou d’imbécillité
ou présentant des handicaps pouvant altérer le fonctionnement du compte (aveugle, mains
paralysées ou amputées). Dans ces cas, la loi prévoit soit la désignation d’un tuteur, d’un
curateur ou d’un mandataire.
- Vérifier que la personne a fourni les documents exigibles à l’ouverture des comptes prévus
par la loi tels qu’une pièce d’identité pour les personnes physiques et les statuts pour les

1
L BERNET ROLLANDE, Principes de technique bancaire, Dunod 24ème édition, Paris, 2006, P49.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 57

personnes morales. Ces documents varient en fonction de la nature du compte à ouvrir et de la


personnalité juridique du client.
-Vérifier que la personne n’a pas présenté d’incidents de paiements antérieurs en consultant la
centrale des impayés de la banque centrale.
Une fois ces vérifications effectuées, le banquier établi une convention d’ouverture de compte
(elle est généralement préétablie) qu’il fait lire à son client. Cette lecture devrait permettre de
savoir si le client n’est pas illettré. Ensuite, il lui demande de la signer en inscrivant la mention
lu et approuvé. Après, il lui demande de signer sur un spécimen de signature. Cette signature
sera celle avec laquelle le client autorisera tout retrait de son compte.
Enfin, il classe les documents et le convention d’ouverture du compte dans un classeur conçu à
cet effet, enregistre les références de l’opération (informations sur le client, nature du compte)
sur système afin que ce dernier lui attribue un numéro, l’inscrit sur le spécimen de signature
qu’il classe avec les autres spécimens de signature des clients de la banque.
B- Audit :
Le risque le plus important pour la banque lié à l’ouverture des comptes est celui de se
retrouver en infraction à la loi contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme
qui prévoit que le banquier doit vérifier l’identité et l’adresse de toute personne voulant ouvrir
un compte. La vérification de l’identité se fait par l’examen des pièces d’identité (recherche
d’aspects louches tels qu’un aspect neuf d’une pièce délivrée depuis longtemps, des
différences de mentions d’identité entre une pièce et une autre,…etc.). La vérification de
l’adresse s’effectue par l’envoi périodique d’une lettre recommandée avec accusé de réception
à l’adresse indiquée sur les pièces.
L’auditeur, lors de l’examen des points évoqués dans les dispositions générales doit
s’intéresser de prés aux dernières dispositions. Il devra notamment :
- Examiner le contenu des dossiers d’ouverture de comptes (choisis de préférence par la
méthode des quotas) et vérifier si leur contenu correspond à la nature du compte et à la
personnalité juridique du client, s’ils comportent les accusés de réception, s’ils sont gardés
dans un lieu sûr (même chose pour les spécimens de signature).
- Comprendre le système de codification utilisé pour étudier d’éventuels risques de confusion
(débiter ou créditer un compte par erreur).
- Discuter des cas de refus d’ouverture avec le chargé de l’opération. Cela peut révéler des
défaillances dans le réseau (Agences peu fréquentées car situées dans des lieux risqués,
mauvaise qualité d’accueil,…etc.)
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 58

II- Les versements espèces :


A- Dispositions générales :
Le versement est l’opération qui consiste pour une personne à remettre des espèces au guichet
de la banque, destinés à alimenter son propre compte ou celui d’un tiers. Une opération de
versement peut se résumer comme suit :
- Un client se présente au guichet pour verser une somme d’argent dans son compte ou celui
d’un tiers.
- Le guichetier lui remet un bordereau de versement sur lequel il doit inscrire le numéro du
compte dans lesquels les fonds seront versés, le nom de son titulaire, éventuellement son
propre nom, et le montant qu’il souhaite verser. Il remet, ensuite, ce bordereau, accompagné
de la somme à verser, au caissier.
- Le caissier procède au décompte des espèces et inscrit le détail sur le bordereau. Au passage,
Il doit vérifier l’authenticité des billets grâce à la machine de décompte mise à sa disposition.
Si l’on lui remet de faux billets, il doit les garder et en informer ses supérieurs pour qu’une
enquête soit ouverte.
- Si aucune anomalie n’est relevée (billets authentiques, montant déclaré sur le bordereau égal
à celui remis), le caissier enregistre l’opération dans son brouillard de caisse et transmet le
bordereau au guichetier pour la comptabilisation.
- Le guichetier procède à la saisie de l’opération sur ordinateur, établit un avis de crédit en
trois exemplaires (Ils sont généralement générés par le système d’information) destinés
respectivement au client, à la comptabilité et aux archives.
- Si le versement est effectué dans une agence autre que celle où le compte est ouvert, le
guichetier devra établir un document liaison sièges dans lequel il informe l’agence
domiciliataire qu’il a reçu un versement pour le compte de son client. Ce compte ne sera
crédité par cette agence qu’à réception du document.
B- Audit :
Les risques liés aux versements espèces peuvent être résumés comme suit :
a)- Risque de comptabiliser un montant erroné : Bien que se soit difficile et peu probable, il
est possible de se rendre compte de ce type d’erreurs lors des travaux de fin de journée (avec
un rapprochement entre le brouillard de caisse et les avis de crédit). Comme il s’agit d’un
flux entrant, il suffit de rectifier la comptabilisation sur ordinateur.
b)- Risque d’enregistrer l’opération dans le mauvais compte : Cette erreur peut survenir, par
exemple, si le nombre d’opérations est important et la clé de contrôle ne permet pas de se
rendre compte des erreurs courantes de saisie (intervertir deux chiffres, par exemple). Il est
impossible de s’en rendre compte lors des travaux de fin de journée (le rapprochement est fait
en grandes masses). Il faudra rapprocher les bordereaux de versements et les avis de crédit
(en vérifiant le numéro de compte et le nom). Ce travail ne devrait être effectué que si
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 59

l’auditeur constate une mauvaise conception du système de codification (dans le cadre de


l’évaluation des conséquences) ou a des doutes sur la moralité des agents de la banque.
c)- Risque de vol : Ce risque est amoindri par la mise en place d’un système de sécurité
(Contrôle à l’entrée, caméras de surveillance, Portes blindées, coffres forts,…etc.). Certaines
banques prévoient un transfert des fonds existant dans une agence à une caisse centrale plus
sécurisée à partir d’un certain montant.
c)- Risque d’infraction à la loi contre le blanchiment d’argent et le financement du
terrorisme : Elle prévoit que les agents de la banque doivent déclarer aux autorités
compétentes toute opération qu’ils jugent douteuses sous peine de poursuites pénales de la
banque et de l’agent. Une opération douteuse peut être le versement en liquide d’une somme
importante.
d)- Risque de détournement : Ce risque apparaît surtout dans les comptes dormants c'est-à-
dire ceux qui n’ont pas été mouvementés depuis longtemps. Généralement, après une période
de non mouvement de six mois, la banque envoi un courrier au client lui demandant de
justifier cela. Si aucune réponse n’est obtenue, le solde est viré dans un compte bloqué.
A partir de ces risques et de la procédure interne, l’auditeur définit son approche de telle sorte
à vérifier tous les points de contrôle précédemment énoncés. Il peut :
- Observer le déroulement des opérations sur place et discuter les anomalies qu’il rencontre
avec les agents concernés (qualité d’accueil, le guichetier ne prend pas le temps de lire le
bordereau, le caissier ne passe pas les billets par la machine,..)
- Demander l’historique de comptes choisis par sondages statistiques, examiner leurs
mouvements en terme de périodicité et de montants et demander à leurs titulaires une
confirmation de solde.
- Comprendre le fonctionnement du système d’information et vérifier s’il permet d’obtenir
certaines informations (Récapitulatif des opérations de la journée, état des comptes n’ayant pas
mouvementé depuis un certain temps) et s’il est sécurisé (systèmes de codes d’accès,
d’identifiant).
- Rapprocher l’information dégagée des systèmes d’information avec les liasses comptables
(bordereau de versement, avis de crédit).
Il serait intéressant qu’en parallèle une autre équipe effectue des examens analytiques pour
vérifier si la banque arrive à atteindre le niveau de dépôts souhaité. Les deux équipes devront
vérifier si l’information sur système remonte correctement.
III- Les paiements et retraits :
A- Dispositions générales :
Les opérations de paiements/retraits portent sur des fonds déposés dans des comptes ou des
lignes de crédit préalablement autorisées. Ils se font généralement aux moyens de chèques,
traites ou cartes.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 60

a)- Le chèque : C’est un titre de paiement à vue par lequel le titulaire d’un compte (le tireur)
donne ordre à son banquier (le tiré) de payer soit à lui-même soit à une autre personne
dénommée ou non (le bénéficiaire) un montant déterminé à prélever sur les fonds ou le crédit
dont il dispose chez ce banquier. Il comporte un certain nombre de mentions obligatoires
dont le montant en chiffres et en lettres, la date et le lieu de création et la signature du tireur.
Il est transmissible par simple remise ou par endossement et est payable sur une période
excédant 03 ans. Son détenteur bénéficie du droit cambiaire s’il le présente à la banque dans
les délais de présentation.
Avec le chèque ordinaire, il existe plusieurs formes de chèques :
1- Les chèques barrés : Ce sont des chèques comportant un barrement (général ou spécial).
Ils ne sont pas payables en espèces et transitent par le circuit d’encaissement.
2- Les chèques guichet (omnibus) : Ce sont des chèques fournis par la banque permettant
les retraits à des clients n’ayant plus de formules de chèques ou possédant des comptes sur
livret, INR ou CEDAC (ces comptes n’ouvrent pas droit au carnet de chèques).
3- Les chèques de banque : Ce sont des chèques tirés des chéquiers de la banque, non
endossables et dont le paiement est garanti puisque leur provision est initialement
constituée. Ils sont délivrés sur demande écrite du client après avoir loger la provision dans
un compte « chèques à payer ». La signature de deux agents agréés de la banque sur ces
chèques est indispensable pour leur paiement.
b)- La lettre de change (traite) : C’est un écrit par lequel un créancier (le tireur) donne ordre
à son débiteur (le tiré) de payer à une certaine échéance, une somme déterminée à une
personne indiquée (le bénéficiaire).2 Elle représente un instrument de paiement du fait qu’elle
soit endossable et payable à échéance, ainsi qu’un instrument de crédit vu qu’elle procure au
débiteur un délai de paiement et qu’elle est escomptable par la banque.
La traite comporte, elle aussi, un certain nombre de mentions obligatoires dont le montant en
chiffres et en lettres, le nom du tiré, l’échéance, le lieu de paiement, le nom du bénéficiaire, la
date et le lieu de création et la signature du tireur. Elle est payable à vue (à présentation. Au
maximum une année après son émission), à un délai de vue (un délai courant à partir de la
date d’acceptation), à un délai de date (un délai courant à partir de la date de création de la
traite). Son détenteur bénéficie du droit cambiaire et de l’inopposabilité des exceptions.
c)- La carte bancaire : Considérée comme un portefeuille électronique, la carte bancaire
comporte une bande magnétique et/ou une puce et permet à son détenteur de retirer des
espèces de son comptes à partir d’un distributeur automatique (GAB ou DAB) et/ou de payer
ses achats domestique chez les commerçants disposant de TPE.
Les paiements et retraits par cartes peuvent être effectués 7jours/7 et 24 heures/24 à partir de
n’importe quel distributeur de la localité, du pays ou du monde entier (cartes VISA et Master

2
A HABLAL, Manuel de procédures des opérations de portefeuille, ESB, Alger, P8.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 61

Card). Sa validité est limitée dans le temps et parfois dans l’espace. En Algérie, les cartes
bancaires sont confectionnées par la SATIM en respectant la norme EMV.
Une opération de paiement ou retrait se déroule selon les cas de figure suivants (Les paiements
et retraits par cartes n’ont pas été expliqués faute d’informations sûres):
a)- Paiement ou retrait par chèque au niveau de l’agence de domiciliation du compte :
- Un client se présente au niveau du guichet de l’agence pour se faire payer par chèque. Il
remet le chèque ainsi que sa pièce d’identité au guichetier.
- Le guichetier procède à la vérification matérielle du chèque et au rapprochement avec la
pièce d’identité. Il s’assure que :
* Toutes les mentions obligatoires existent sur le chèque.
* Le nom du bénéficiaire sur le chèque (s’il est indiqué) est bien celui sur la pièce.
* La photo sur la carte d’identité correspond au porteur du chèque.
- Il vérifie, ensuite, si le chèque n’est pas frappé d’opposition et si le compte n’est pas bloqué
pour saisie arrêt ou pour succession, auquel cas le chèque n’est pas payé du tout ou pas
directement (en cas de succession, par exemple, seuls les chèques émis avant la date de décès
sont payables).
- Après, il doit authentifier la signature via le spécimen de signature (dans les banques
manuelles, cette vérification n’est obligatoire qu’à partir d’un certain montant prévu par la
procédure interne) ou sur support informatique et vérifier que la provision existe et qu’elle est
suffisante. Si le titulaire du compte a bénéficié d’un découvert et que son compte n’est pas
suffisamment provisionné, le guichetier doit demander l’accord du service crédit pour
effectuer l’opération.
- Si toutes les conditions précédemment énoncées sont satisfaites, le guichetier procède à la
comptabilisation de l’opération, appose le cachet d’acquittement au verso du chèque, reprend
dessus les références de la pièce d’identité du porteur et demande à ce dernier de signer en
bas du cachet. Si, au contraire, l’une des conditions n’a pas été satisfaite, le chèque est
retourné au porteur avec le motif correspondant.
- Le guichetier établit, enfin, un avis de débit en trois exemplaires à remettre respectivement
au titulaire du compte, à la comptabilité et aux archives. Il transmet le chèque, par la suite au
caissier.
- Ce dernier décompte les espèces qu’il remet au client et enregistre aussitôt l’opération dans
son brouillard de caisse.
b)- Paiement et retraits à distance :
Auparavant, l’encaissement des chèques et effets à distance prenait un temps considérable. Il
fallait envoyer le chèque ou l’effet avec un liaison sièges par courrier à l’agence concernée et
attendre qu’elle réponde favorablement ou défavorablement par le même canal. S’il s’agissait
de banques différentes, les chèques ou effets étaient envoyés à la chambre de compensation
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 62

pour l’échange interbancaire des appoints. Avec l’apparition des nouveaux systèmes de
paiement, ces opérations sont traitées en temps réel ou dans un délai maximal de 24 à 48
heures.

En Algérie, les opérations inter agences transitent par le réseau interne (certaines banques
manuelles ont mis en place un système de courtiers. Les banques automatisées ont soit un
réseau centralisé ou décentralisé), tandis que les opérations interbancaires sont centralisées au
niveau du centre de pré compensation interbancaire (CPI). Les opérations se déroulent,
généralement, comme suit :
- Après vérification de l’identité du bénéficiaire, une image du chèque (ou la barre
normalisée si son montant est inférieur à un seuil déterminé) ou de la traite est envoyée par le
réseau interne au site central (si le réseau interne est centralisé).
- Ce dernier accuse réception et transmet le message à l’agence concernée ou le CPI.
- S’il s’agit d’une opération inter agences, l’agence concernée, à réception de l’image, vérifie
la signature et la provision, comptabilise l’opération et transmet son accord au site central (ou
à l’agence si le réseau n’est pas décentralisé) qui le transmet à l’agence qui a reçu l’effet de
commerce. Cette dernière paie le porteur ou crédite son compte (selon qu’il s’agisse d’un
paiement ou d’une remise à l’encaissement). Le chèque ou la traite sont, ensuite, envoyés par
courrier.
- S’il s’agit d’une opération inter bancaire, le CPI transmet l’image au site central de la
banque domiciliataire qui se chargera de la transmettre à l’agence concernée via le réseau
interne. L’agence qui a reçu l’effet de commerce paie le porteur ou crédite son compte à
réception de l’accord de l’agence domiciliataire. Une ou plusieurs compensations sont
effectuées par l’intervention de la Banque centrale.
B- Audit :
Les risques liés aux opérations de paiements et retraits ont une plus grande ampleur que ceux
des versements car leur réalisation entraîne des pertes sèches pour la banque. Ces principaux
risques peuvent être résumés comme suit :
a)- Risque de payer un montant supérieur : Ce type d’erreurs est détectable lors des travaux
de fin de journée dans lesquels un rapprochement en grandes masses est effectué entre les
soldes d’avis de débit et de crédit de la journée, le brouillard de caisse et le niveau encaisse.
Sachant que le solde de clôture de caisse = solde d’ouverture+entrées (versements)- sorties
(retraits) +appels de fonds- transferts. En cas d’écart un rapprochement sur pièces est effectué
(brouillard de caisse et avis de débit et crédit confondus). Si l’erreur vient du guichetier, cette
dernière est rectifiée sur système. Si elle vient du caissier, ce dernier est responsabilisé.
b)- Risque de payer la mauvaise personne : Dans une banque manuelle, il est difficile de
contrôler la signature pour chaque paiement. Aussi, quand le nombre de clients est important,
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 63

les guichetiers ont tendance à négliger la vérification de l’identité et des oppositions. Ceci
peut entraîner des poursuites judiciaires du client victime.
c)- Risques de fraude : Ils peuvent se manifester pour les chèques de banque donnés sans
constitution de la provision. C’est pourquoi ces chèques doivent être soigneusement gardés
(coffres forts avec code tenu par le comptable) et les deux signatures requises doivent émaner
de hauts responsables de la banque (directeur d’agence et chef de service caisse).
d)- Risque de non respect des dispositions de la banque centrale : Cette dernière oblige la
banque à déclarer tout incident de paiement à la centrale des impayés (provision insuffisante,
sans provision). En cas de défaut, elle risque d sévères sanctions. Aussi, elle court un risque
règlementaire si elle n’interdit pas de chéquier les clients présentant des incidents de
paiement répétitifs.
e)- Risque de blanchiment : Il se manifeste si les agents de la banques ne déclarent pas les
retraits d’espèces isolés à montant important aux autorités compétentes (Elles sont même
tenues de demander au client la destination des fonds).
f)- Risque de défaillance du système d’information et/ou de paiement : Il est toujours possible
dans ces cas de recourir aux méthodes traditionnelles (Chambre de compensation, liaison
sièges, enregistrement manuel des opérations) mais ces méthodes entraînent moins de
transparence et plus de risques de réputation. C’est pourquoi, le système d’information doit
régulièrement être entretenu par des personnes compétentes (informaticiens).
L’auditeur devra vérifier l’existence et l’application des points de contrôle précédemment
énoncés et recommander celles qui ne sont pas utilisées. Il devra aussi apprécier les procédures
existantes en terme d’efficacité opérationnelle (si ces dernières sont bien conçues). Il peut :
- Observer le déroulement de quelques opérations et discuter des anomalies rencontrées avec
les employés.
- Assister aux travaux de fin de journée et observer leur déroulement et se rapprocher de
l’agent chargé de la journée comptable (il effectue une seconde vérification des
rapprochements effectués par le différents agents de la banque en utilisant un fichier
récapitulatif des opération de la journée avec initiales des exécutants. Cet agent rapproche ce
fichier avec les différentes récaps comptables délivrées par ces agents) afin de récupérer ses
travaux sur plusieurs journées (choix par sondages), les documents de base qui ont servi à leur
élaboration et la sauvegarde des récapitulatifs informatisés (le but étant de comprendre les
méthodes de rapprochement qu’il utilise, étudier leur conception et leur efficacité).
- Prendre connaissance du système d’information et interviewer les personnes chargées de son
entretien par rapport aux défaillances rencontrées. Aussi, il faut vérifier si leur intervention est
périodique en consultant leurs comptes rendus d’intervention (s’ils sont établis).
- Prendre connaissance de la procédure de traitement des impayés, vérifier son application par
l’examen de certains dossiers choisis par sondages statistiques et demander la confirmation
fermée de la centrale des impayés.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 64

- Effectuer un examen analytique, en collaboration avec le contrôle de gestion pour étudier la


rentabilité de la mise en place des systèmes de paiements (est ce qu’ils génèrent plus de coûts
que de recettes ? Ces recettes couvrent elles les coûts d’installation sur plusieurs années ?).

IV- Les virements :


A- Dispositions générales :
Le virement consiste à débiter le compte du client donneur d’ordre pour créditer ou faire
créditer du même montant le compte du bénéficiaire.
Une opération de virement peut être décrite comme suit :
- Le client donneur d’ordre se présente au niveau du guichet de la banque muni d’un ordre de
virement qui doit indiquer son nom, son numéro de compte, le nom et le numéro de compte du
bénéficiaire, sa domiciliation bancaire et la signature du donneur d’ordre.
- Le chargé de l’opération vérifie la signature du donneur d’ordre, la non existence d’une
opposition et s’assure de l’existence et de la suffisance de la provision.
- Si le bénéficiaire est domicilié dans la même agence que le donneur d’ordre, l’agent procède
directement au transfert des fonds et établit des avis de débit et de crédit en trois exemplaires
(ils sont générés par système).
- Si le bénéficiaire est domicilié dans une agence ou banque différente, l’opération transitera
par le système de paiement de masse pour les petits montants et par RTGS pour les autres.
B- Audit :
Les virements comportent un certain nombre de risques tels que :
a)- Risques d’erreur : Ces risques se manifestent surtout pour les virements multiples (un
ordre de virement à plusieurs bénéficiaires comme pour la paie). Il est possible de les
rattraper si l’on se rend compte vite. L’agent est tenu de se contrôler en fin de journée en
rapprochant les avis de débit et de crédit avec les ordres de virement.
b)- Risque de détournement : Sachant que les comptes sont suffisamment provisionnés, des
agents de mauvaise foi peuvent opérer des virements à blanc vers des comptes fictifs. C’est
pourquoi, il est important que le système d’information soit suffisamment verrouillé. Aussi,
l’agent chargé de la journée comptable doit revérifier le contenu des liasses comptables
(ordre de virement, avis de débit et avis de crédit collés ou agrafés) et doit rapprocher le total
débit et crédit sur les récaps avec son fichier récapitulatif.
c)- Risque de blanchiment : La banque est tenue de déclarer les virements importants qu’elle
juge douteux pour ne pas subir les sanctions de la loi.
L’auditeur devra vérifier l’application de la procédure en tenant compte des risques évoqués. Il
prendra pour le faire un échantillon de virements qu’il testera (Attention : Les virements
simples et multiples ne constituent pas un population homogène. Il faudra donc stratifier).
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 65

Aussi, il devra juger de la rapidité des agents à exécuter les opérations et discuter avec eux des
anomalies qu’il pourra rencontrer.
V- Les placements bancaires :
A- Dispositions générales :
Les placements bancaires constituent des moyens permettant à une banque de se procurer des
ressources à moyen et long terme. Il en existe plusieurs types dont :
a)- Les comptes sur livret d’épargne : Ce sont des comptes ouverts aux personnes physiques,
productifs d’intérêts et qui fonctionnent comme des comptes à vue. L’ouverture de ce compte
est conditionnée par la présentation d’une pièce d’identité en cours de validité et un
versement initial dont le seuil est déterminé par la banque. Tous les mouvements du compte
sont transcrits sur un livret délivré au titulaire du compte à cet effet.
b)- Les bons de caisse (BDC) : Ce sont des titres nominatifs ou anonymes délivrés par la
banque à un épargnant en contre partie d’un dépôt effectué à son niveau et dans lequel elle
s’engage à rembourser le dit dépôt à une date donnée au déposant ou à tout bénéficiaire
désigné par endossement. A ce bon sont attachées des coupons représentatifs des intérêts que
la banque doit payer. Les BDC sont souscrits pour une période dépassant 03 mois. Leurs
intérêts sont payés annuellement ou à échéance avec un taux fixé par la grille de conditions
de banque. Ils peuvent être remboursés par anticipation (avec une pénalité d’un point) ou
constituer une garantie pour un prêt. Ils ne sont pas bloqués par une saisie arrêt.
c)- Les comptes de dépôt à terme (DAT) : C’est une formule par laquelle l’épargnant
demande à sa banque de bloquer une certaine somme pour un certain temps moyennant
rémunération.3 La somme bloquée est logée dans un compte au nom de l’épargnant. A
échéance, le DAT est renouvelé par tacite reconduction i l’épargnant ne se présente pas dans
un délai fixé par la banque. Tout comme le BDC, il admet le remboursement par anticipation
et est souscrit pour un période supérieure à 03 mois.
B- Audit :
Les risques liés aux placements bancaires sont généralement :
a)- Risque de taux : Si la banque négocie ses placements à taux fixe et que le taux d’intérêt
sur le marché baisse, elle a un manque à gagner. C’est pourquoi la négociation est toujours à
taux variable ou révisable périodiquement.
b)- Risque fiscal : Les intérêts sur placements sont soumis à l’impôt sur le revenu global
(IRG). Par exemple, il représente 10% sur les BDC nominatifs et 40% sur les BDC
anonymes. Si la banque n’en tient pas compte, elle risque des pénalités.
c)- Risque de blanchiment : Les placements à gros montants en BDC anonymes peuvent
constituer des opérations suspectes à déclarer.

3
L BERNET ROLLANDE, Principes de techniques bancaires, Editions Dunod, Paris, 2006, P.96.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 66

L’auditeur devra orienter ses travaux de telle sorte à :


- Vérifier si les prévisions d’évolution des taux sont effectuées avant de définir la grille des
conditions de banque, si les taux proposés sont alignés avec le marché et s’ils correspondent à
la politique de la banque en matière de collecte de ressources.
- Vérifier s’il existe un système de suivi du paiement des intérêts et principal, s’il est
informatisé et s’il est efficace.
- Vérifier si le système comptable informatisé prévoit le paiement de l’IRG.
- Recalcules les intérêts pour certains placements et comparer avec les intérêts payés.
- Vérifier si la périodicité de décompte des intérêts pour les comptes sur livret est respectée et
si les frais de tenue de compte (Agios) sont pris en considération par le système comptable
automatisé.
VI- Les oppositions :
A- Dispositions générales :
Il existe divers types d’oppositions. Certaines font défense au paiement de chèques, aux
retraits par cartes et au remboursement de bons, d’autres ont pour incidence de bloquer des
comptes. Nous nous limiterons dans ce cadre à l’opposition sur chèques et à la saisie arrêt.
a)- L’opposition sur chèques : C’est l’opération par laquelle le tireur fait à sa banque défense
de payer un chèque. Le code de commerce Algérien prévoit que ce type d’oppositions n’est
admis qu’en cas de perte, de vol ou de faillite du porteur. Néanmoins, la pratique tolère des
oppositions pour des motifs de litiges.
En général, l’opposition sur chèques se déroule comme suit :
- Un client se présente avec une demande d’opposition (elle doit reprendre le numéro du
chèque, le montant, la date et le lieu de création, le nom du bénéficiaire et le motif
d’opposition) au guichet de la banque.
- Le chargé de l’opération vérifie la signature du tireur et les autres indications puis s’assure
que le chèque n’a pas été déjà réglé (sous réserve que le guichetier reprenne le numéro du
chèque lors de la saisie informatique du paiement et que le système d’information permette la
recherche).
- Il doit ensuite vérifier l’existence et la suffisance de la provision (si le chèque n’est pas en
blanc) auquel cas il procède à l’enregistrement de l’opération et au blocage de la provision. Si
la provision est insuffisante, il faudra demander au client de la compléter. Sinon, l’opposition
est considérée comme nulle et non avenue.
- Il adresse ensuite au tireur une lettre recommandée avec accusé de réception (suivant
modèle), avise le service juridique, ouvre un dossier d’opposition et l’enregistre dans un
répertoire conçu à cet effet.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 67

- Si le chèque est présenté, il sera refusé avec le motif opposition. Il ne sera payé qu’après
production d’une mainlevée par le tireur.
b)- La saisie arrêt : C’est une procédure qui a pour objet de permettre à un créancier
chirographaire (le saisissant) de bloquer les deniers de son débiteur (le saisi) qui se trouvent
entre les mains d’une tierce personne (le tiers saisi). La saisie arrêt peut émaner d’une
décision de justice (saisie arrêt judiciaire), de l’administration publique (saisie arrêt
administrative) ou d’une banque (saisie arrêt bancaire). Les saisies arrêts bancaires t
administratives n’ont pour effet que de bloquer le montant de la créance. Ce n’est pas le cas
de la saisie arrêt judiciaire.
Si le banquier reçoit une saisie arrêt concernant un de ses clients, il doit :
-Bloquer totalement le ou les comptes du saisi ou le montant de la créance selon cas. Si une
saisie arrêt judiciaire est cantonnée, seul le montant de la créance est bloqué et le ou les
comptes fonctionnent normalement.
- Informer le client par lettre recommandée avec accusé de réception (lettre suivant modèle)
de la saisie arrêt ainsi que le service juridique de la banque.
- Etablir un dossier pour la saisie arrêt.
La saisie arrêt comporte deux phases : une phase conservatoire et une phase de validation.
Durant la phase conservatoire qui ne saurait excéder 15 jours, aucun retrait sur le compte
bloqué n’est autorisé (saisie arrêt judiciaire). Pendant la phase de validation (exécutoire), la
saisissant se fait rembourser par ordre du juge à partir des deniers du saisi. Si la provision
existant dans les comptes de ce dernier est insuffisante pour le remboursement, le saisissant
se fait rembourser par les versements futurs opérés sur ces comptes.
- Une fois le saisissant remboursé, il produit une mainlevée qu’il adresse à la banque. Sur sa
base, le banquier débloque le compte.
B- Audit :
Les risques liés aux oppositions peuvent être résumés comme suit :
a)- Risque de non déclaration : A réception d’une saisie arrêt, le banquier doit recenser tous
les comptes saisissables ouverts au nom du saisi au saisissant pour les bloquer par la suite.
Cette opération est contrôlée par un huissier de justice. Si la banque dissimule certains
comptes du client, elle engage sa responsabilité.
b)- Risque de retrait : C’est la possibilité de payer un chèque frappé d’opposition ou de
permettre des retraits sur des comptes bloqués par saisie arrêt, par erreur ou
intentionnellement. Pour le premier cas, le banquier peut se référer à liste des oppositions (si
elle est informatisée et que le système d’information est efficace, à la saisie du numéro de
chèque une alerte s’affiche). Pour le second cas, le système ne devrait pas permettre des
retraits sur comptes bloqués auxquels cas il est défaillant. Par prudence, la personne chargée
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 68

des paiements ne doit pas être celle qui bloque ou débloque les comptes (c’est en général le
chef de service portefeuille ou le directeur d’agence).
L’auditeur doit prendre connaissance des procédures liées à ces opérations et les comparer
avec les dispositions énoncées ci-dessus. Pour vérifier l’application des procédures, il peut :
- Examiner quelques dossiers d’oppositions et de saisies arrêt choisis par sondages statistiques
pour vérifier si les déclarations nécessaires ont été effectuées.
- Vérifier que les comptes sont débloqués soit quinze jours après la date de saisie soit après
délivrance d’une mainlevée.
- Vérifier si le système permet de recenser les comptes ouverts au nom du même client ou
tester la conception et l’application de la méthode utilisée pour cela.
VII- La clôture des comptes :
A- Dispositions générales :
Trois cas de figure sont prévus pour la clôture des comptes :
a)- La clôture d’office : Elle est opérée sur les comptes de clients ayant des comportements
préjudiciables à la banque (présence en état d’ivresse, provocation de bagarres, incidents de
paiement,…etc.). Généralement, l’opération se déroule comme suit :
- Le directeur de l’agence donne ordre à l’agent chargé de l’opération de clôturer le compte
du client indésirable.
- L’agent adresse un préavis au client par lettre recommandée avec accusé de réception où il
lui explique les raisons de la clôture du compte et l’invite à restituer son carnet de chèques et
à récupérer le solde.
- Il établit un avis de clôture du compte qu’il transmet au service comptable qui se chargera
de calculer les frais de gestion du compte pour dégager le solde à restituer.
- Quand le client se présente et qu’il remet son carnet de chèques, l’agent lui établit un
chèque guichet qu’il invite à encaisser au guichet.
- La clôture définitive aura lieu le 31/12 de l’année considérée.
b)- Clôture par demande du client : Dans ce cas, c’est le client qui se présente avec une
demande de clôture de compte à l’agence. La procédure est la même que pour la clôture
d’office.
c)- La succession : Elle intervient lors du décès d’un client. Ses héritiers se présentent,
généralement à la banque avec un acte de décès. A sa réception, la provision du compte du
client est virée dans un compte succession. La banque est tenue d’avertir son service
juridique et l’administration fiscale de la succession. Il doit, aussi, annuler tout mandat
délivré par le client décédé à une autre personne.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 69

Si des chèques délivrés par le client ou son mandataire sont présentés pour paiement, il y a
lieu de vérifier si sa date de création se situe avant la date du décès. Sinon, il faut refuser le
paiement.
Ensuite, le solde restant doit être réparti entre les héritiers. La banque doit exiger un certain
nombre de documents de ces derniers tels que la frédha. Après répartition, le banquier doit
faire signer un document aux héritiers les responsabilisant du paiement éventuel d’autres
chèques tirés par le client décédé.
B- Audit :
Les risques les plus importants sont liés au non respect des dispositions énoncées lors de la
succession. L’auditeur est donc tenu d’examiner des dossiers de succession et de sortir
l’historique de comptes de personnes décédées à partir de la date de décès pour détecter tout
retrait de chèques daté d’après le décès.
Il serait intéressant d’examiner le niveau de clôture sur demande sur plusieurs périodes et en
étudier la tendance pour voir si les clients ne fuient pas la banque. Si c’est le cas, une étude
causale doit être menée.
Nous tenons, enfin, à rappeler que les travaux d’audit précédemment énoncés ne sont pas
exhaustifs car ils ne prennent pas en considération la réalité des banques (les procédures de
départ sont des procédures modèles. Dans la pratique, les procédures peuvent varier d’une
banque à une autre et leur degré d’application aussi). L’auditeur doit prendre en considération le
contexte dans lequel il se trouve pour mener à bien sa mission.
Section II : Les opérations de crédit :
Elles constituent la principale source de rentabilité et le plus grand foyer de risque dans l’activité
bancaire classique. Les opérations de crédit peuvent être définies comme étant des engagements
par lesquels une personne met ou promet de mettre à la disposition d’une autre des fonds à
condition que cette dernière procède au remboursement à échéance suivant ce qui est convenu
dans le contrat. (Article 68 de l’OMC).
Une banque peut prêter de l’argent, comme le précédent article le souligne, comme elle peut
prêter du temps en donnant un engagement par signature. Nous allons nous limiter dans ce cadre
à quelques types de crédits classiques. Les engagements par signature seront brièvement abordés
dans la section suivante.
I- Les découverts :
A- Dispositions générales :
Les découverts sont des prêts à blanc accordés généralement à des entreprises industrielles
ayant des besoins de trésorerie sur plusieurs mois. Ces prêts permettent le fonctionnement des
comptes de ces entreprises en position débitrice, à un plafond déterminé par la banque, durant
la période de besoin. Comme chaque prêt, les découverts se réalisent en deux phases :
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 70

a)- L’étude et l’accord :


Tout d’abord, le client se présente au niveau du département engagements de la banque
solliciter un découvert. Le chargé d’études lui demande de se présenter et de présenter
brièvement son activité. Ensuite, il lui demande depuis quand il exerce, s’il a ouvert un
compte courant au niveau de l’agence et vérifie depuis quand il a été ouvert (Certaines
banques exigent pour consentir un découvert au moins trois années d’exercice et une année
de domiciliation dans ses guichets).
S’il ne retient aucune réserve par rapport à cela, il lui communique le dossier à fournir. Les
documents généralement requis sont :
- Les statuts de la société.
- Le registre de commerce.
- L’acte de propriété ou le contrat de location du lieu d’exercice.
- Les dernières attestations fiscales et parafiscales apurés ou l’échéancier de remboursement
convenu avec l’administration des impôts ou la sécurité sociale.
- Les états financiers (Bilans et comptes de résultat) des trois derniers exercices.
- Une demande manuscrite qui reprend le montant de prêt souhaité et les garanties qu’il est
prêt à fournir.
- La domiciliation bancaire (Si le client a des comptes dans d’autres banques).
Si le dossier remis par le client est complet, le chargé d’étude étudie l’honorabilité du client
en consultant la centrale des impayés et la centrale des risques pour vérifier s’il n’a pas
présenté des incidents de paiement antérieurs et s’il n’a pas obtenu de prêts chez d‘autres
banques et en se renseignant sur lui par son entourage (fournisseurs, clients, banque).
Ensuite, il doit examiner les mouvements du compte de ce client sur les trois derniers
exercices (si possible) pour en dégager le chiffre d’affaire confié chaque année. Ce dernier va
être rapporté au chiffre d’affaire et une étude de variation doit être menée.
Une fois le chiffre d’affaire étudié, le chargé d’étude passe à la situation financière du client
en examinant les états financiers. Cet examen est réalisé en plusieurs étapes :
1- Passage du bilan comptable au bilan financier : Le bilan conçu suivant le plan
comptable ne traduit pas fidèlement la situation financière réelle de l’entreprise. C’est
pourquoi il doit être retraité. Ce retraitement peut être opérée suivant l’une des deux
approches suivantes :
* L’approche fonctionnelle : C’est l’approche la plus utilisée en raison de sa simplicité.
Elle propose d’enregistrer les actifs en valeurs brutes et d’incorporer leurs amortissements
et provisions dans les fonds propres. Elle permet, aussi, d’effectuer des déclassements afin
que les actifs soient classés par ordre de liquidité et les passifs par ordre d’exigibilité
suivant les règles suivantes :
- Tout actif qui reste dans l’entreprise pour plus d’une année est considéré comme actif
immobilisé (Il s’agit des immobilisations corporelles, incorporelles et financières). Ainsi,
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 71

le stock minimum, les dépôts à terme et les titres de participation dont l’échéance est
supérieure à une année sont déclassés des actifs circulants vers les actifs immobilisés.
- Tout actif utilisé dans l’année est considéré comme actif circulant (Il s’agit des valeurs
d’exploitation (stocks), valeurs réalisables (créances) et valeurs disponibles).
- Tout passif exigible dans un délai dépassant une année est classé avec les capitaux
permanents (Il s’agit des fond propres et des dettes à moyen et long terme).
- Tout passif exigible dans un délai inférieur à une année est classé avec les dettes à court
terme (Il s’agit des dettes commerciales et des dettes financières). Ainsi, l’annuité à payer
concernant un crédit à moyen et long terme est déclassée vers les dettes à court terme.
* L’approche liquidité : Moins utilisée car contraignante, cette approche propose de
classer les actifs par ordre de liquidité croissante et les passifs par ordre d’exigibilité
croissante. Elle requiert, non seulement un classement selon les règles de l’approche
fonctionnelle, mais une réévaluation des actifs. Parmi ses règles :
- Les frais préliminaires sont des non valeurs à élaguer du bilan financier.
- Les investissements acquis par crédit bail doivent être inclus au bilan. Leur contre valeur
au passif est enregistrée en dettes à moyen et long terme pour la partie non échue et en
dette à court terme pour la partie échue.
- Toute réévaluation ou dévaluation d’actif doit être ajoutée à l’écart de réévaluation au
passif.
Il est à noter que les bilans établis en normes IAS/IFRS n’ont pas besoin de retraitement.
2- Etude des indicateurs d’équilibre financier : L’équilibre financier signifie que les
emplois longs sont financés par des ressources longues et les emplois courts sont financés
par des ressources courtes. Les indicateurs d’équilibre permettent au chargé d’étude de
savoir à quel niveau ce principe est-il respecté. Ils sont au nombre de trois et sont détaillés
dans le tableau ci-dessous.

Indicateur Formule Signification


Capitaux permanents- Actif - >0: Les investissements sont financés par des
Fonds de immobilisé (généralement capitaux à longue maturité.
roulement exprimé en nombre de jours du '- <0: Les investissements sont financés par des
(FR) chiffre d'affaire) capitaux à courte maturité
Actifs circulants hors valeurs
Besoin en disponibles- dettes
fonds de commerciales (exprimé en
roulement nombre de jours du chiffre
(BFR) d'affaire
La
trésorerie Valeurs disponibles- Avances Elle doit être maintenue à un niveau minimum
(TR) bancaires ou FR- BFR pour éviter le manque à gagner.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 72

Ces indicateurs doivent être étudiés simultanément et sur plusieurs années. Par exemple, un
FR positif et un BFR négatif peuvent être un signe de surliquidité, un FR négatif et un BFR
négatif peuvent être signe d’un déséquilibre structurel qu’un découvert ne fera qu’empirer.
Il faut, aussi, relier ces interprétations avec les caractéristiques du secteur d’activité de
l’entreprise (Cycle de production (long, court), besoins en matières premières, délais clients
et délais fournisseurs,…etc.).
3- Etude des soldes intermédiaires de gestion (SIG): Ils sont calculés à partir du tableau des
comptes de résultat. Il s’agit de :
Indicateur Formule Signification
Production vendue+
Le chiffre d'affaire Marchandises vendues+ Il représente les entrées d'argent générées par l'activité
(CA) Prestations fournies de l'entreprise
Caractéristique des entreprises réalisant de la revente
La marge brute Marchandises vendues- en l'état. Rapportée au CA, elle permet de suivre
(MB) marchandises consommées l'évolution du taux de marge.
Production vendue+ production Représente tout ce qu'a produit l'entreprise durant
stockée+ Production de l'exercice. Il faut apprécier les postes qui influent sur
La production (P) l'entreprise pour elle-même elle.
Représente ce qu'a apporté l'entreprise en plus à
MB+P+Prestations fournies+ l'économie. Il faut la rapporter au CA et aux facteurs de
Transfert de charges de production qu'elle rémunère (force de travail (frais de
production- (Matières et personnel), Etat (impôts et taxes), prêteurs (frais
La valeur ajoutée fournitures consommées+ financiers), Investissement (amortissement) et
(VA) services) actionnaires (bénéfice).
L'excédent brut
d'exploitation VA- Frais de personnel- impôts et Représente le résultat hors coûts de financement. Il est
(EBE) taxes généralement rapporté au CA
Excédent net
d'exploitation EBE- dotations aux
(ENE) amortissements et aux provisions A rapporter au CA
ENE+ Produits divers+ transferts
Le résultat de charges d'exploitation- Frais
d'exploitation financiers- Frais divers
Le résultat Produits ors exploitation- charges
exceptionnel hors exploitation Il est généralement faible
Résultat d'exploitation+ résultat
Le résultat net hors exploitation- IBS
La capacité
d'autofinancement Résultat net + dotations aux Elle mesure la capacité de l'entreprise à se développer
(CAF) amortissements et aux provisions par ses propres moyens

Ces SIG doivent être étudiés sur plusieurs années.


Chapitre III : Audit des opérations bancaires 73

4- Calcul et étude des ratios de gestion : Les ratios de gestion sont des indicateurs
permettant e déceler l’existence de facteurs déstructurants dans l’entreprise à savoir : Le
surdimensionnement, le surstock, le sureffectif et le surendettement. Il s’agit généralement
de rapports entre deux grandeurs financières. Il en existe plusieurs dont :
Type Ratio Signification
L'endettement à court terme finance l'actif circulant. Il doit
Actif circulant/DCT être supérieur à 1
VR+VD/DCT Il atteste d'une bonne gestion s'il avoisine le 1
Ratios de Exprime le pourcentage de dettes que l'entreprise pourra
liquidité VD/DCT payer à présentation
Ratio de solvabilité permettant de savoir si l'entreprise
dispose d'un niveau de fonds propres lui permettant de
FP/Total passif faire face à ses engagements. Il doit dépasser 30%.
Ratio d'endettement permettant de savoir si l'entreprise
Frais financiers/EBE peut s'endetter davantage. Il ne doit pas dépasser 30%.
Ratio de capacité de remboursement. Donne le nombre
d'années que l'entreprise mettrait pour rembourser ses
Ratios DMLT en utilisant la totalité de son cash-flow. IL doit être
d'endettement DMLT/CAF situé entre 2 et 3.
Résultat/fonds
propres Représente la rentabilité de l'activité
AEN=Immobilisations nettes+ BFR. Représente la
EBE/AEN rentabilité économique.
Ratios de ENE/CA Représenta la marge commerciale
rentabilité CA/AEN Représente le coefficient de transformation

Ces ratios doivent faire l’objet d’une étude sur les trois années (évolution, tendance).
Si la situation financière est favorable, le chargé d’étude passe au calcul du plafond de
découvert qu’il autorise. Ce plafond représente un certain nombre de jours du chiffre
d’affaire confié correspondant aux besoins du client. Toutefois, ce plafond ne doit pas
excéder les limites règlementaires (15 jours du chiffre d’affaire en Algérie). Sinon, le refus
d’octroi de crédit doit être notifié au client.
Si la décision est favorable, le chargé d’étude s’intéresse aux garanties que l’emprunteur
pourra lui fournir. En général, les garanties qui intéressent la banque sont :
1- Garanties réelles :
- Caution solidaire des associés.
- Chaîne de billets à ordre pour les découverts mobilisables.
2- Garanties personnelles :
- Nantissement de police d’assurance.
- Nantissement de titres de placements.
Si les garanties que l’emprunteur offre sont suffisantes, l’avis favorable est définitivement
donné. Le chargé d’étude oit faire un exposé écrit es raisons l’ayant poussé à donner son avis
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 74

favorable et dans lequel il reprend : les informations générales sur l’entreprise (raison sociale,
actionnaires, activité,…etc.), le prêt demandé, les moyens humains et matériels dont dispose
l’entreprise, commentaire sur la situation financière et les garanties à collecter. Cet exposé est
lu pat le directeur (d’agence, de succursale, financier selon cas) et c’est sur sa base
qu’il donnera son accord.
Pour les découverts, l’accord est donné verbalement au client pour permettre à la banque
d’arrêter le financement en cas de difficultés (C’est ce qu’on appelle retirer le parapluie). Le
client peut demander une convention écrite (Crédit confirmé). La banque peut l’établir
moyennant rémunération.
b)- Le suivi :
Le découvert constitue un engagement en compte débiteur octroyé pour une durée d’une
année. Donc, le compte courant de l’emprunteur doit être rigoureusement surveillé pour
éviter tout dépassement. En général, le système d‘information de la banque refuse de passer
des retraits sur un compte débiteur et doit donc être forcé.
A l’occasion de chaque retrait sur un compte débiteur, le service caisse signale préalablement
l’opération au service crédit (Sur Delta, l’opération est saisie en mode dérogation). Le chargé
d’étude vérifie s’il est possible de passer l’opération sans que le plafond ne soit dépassé. Si
oui, il contacte le service caisse pour effectuer le retrait après avoir forcé le système
d’information.
Aussi, le chargé d’étude doit examiner mensuellement les mouvements de compte de son
client pour savoir si le chiffre d’affaire confié n’a pas une tendance haussière ou baissière,
auquel cas, il penserait à réviser le découvert.
Chaque année, le chargé d’étude doit décider du renouvellement ou non du découvert. Pour
se faire, il doit réétudier le dossier de crédit avec les nouveaux états financiers.
Les intérêts sont calculés sur le montant utilisé s’il s’agit d’un découvert simple et sur le
plafond entier s’il s’agit d’un découvert mobilisable. Le système d’information doit permettre
le calcul.
B- Audit :
Le découvert constitue l’un des crédits les plus risqués pour la banque parce qu’il n’est pas
destiné à un financement particulier. Il comporte des risques généraux liés à n’importe que
type de crédit et des risques spécifiques :
a)- Les risques généraux :
1- Le risque de contre partie : C’est l’incapacité de remboursement de l’emprunteur à
échéance. Pour les découverts, c’est le fait que le compte ne soit pas créditeur en fin
d’année. Le renouvellement peut être une solution de secours mais mieux vaut demander un
renforcement des fonds propres.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 75

En cas d’impayé, une procédure de poursuite doit être lancée. Au départ, il faut tenter un
arrangement à l’amiable (envoi d’une mise en demeure, discussion avec le client). Si ce
dernier ne donne rien, il faut informer le service juridique et faire jouer les garanties.
3- Risque d‘infraction à la loi : Il se manifeste si la banque :
- Octroi un crédit à une de ses filiales.
- Octroi un crédit supérieur à 25% de ses fonds propres.
- Ne demande pas de rapport d’audit externe pour les prêts excédant 15% de ses fonds
propres.
- Ne déclare pas le prêt (bénéficiaire, montant, échéance, garanties) à la centrale des risques
et ne la consulte pas avant l’octroi.
- N’envoi pas les bilans des trois derniers exercices de ses emprunteurs à la centrale des
bilans (sous réserve qu’elle soit opérationnelle).
- Ne classe pas et ne provisionne pas ses créances, comme c’est expliqué dans le tableau
suivant :
Créances Provision Signification
Saines 1 à 3% Clients jugés solvables
Clients pouvant présenter des problèmes de part leur secteur d'activité,
A problème leur équilibre financier,…etc. Il s'agit d'un jugement du banquier
potentiel 30% indépendant du retard ou non du paiement
Clients présentant de sérieux problèmes de gestion, parts de
Très risquées 50% marchés,…etc. qui pourraient remettre en cause sa solvabilité
Compromises 100% Société dissoute, cessation de paiement,…etc.

Il est à noter que ces types de risques doivent être traités au niveau central. C’est pourquoi,
le système d’information doit permettre la centralisation de ce type de données.
3- Risque de non respect des limites d’autorisation : Pour réduire le risque crédit, les
banques appliquent un système de limitation de pouvoirs d’octroi de crédit. Elles fixent pour
chaque niveau d’intervention (agence, succursale, direction) un plafond d’autorisation.
Ainsi, une agence ne pourra pas donner l’accord d’octroi de crédit à montant supérieur à
celui de son plafond d‘autorisation. En Algérie, ce système présente un inconvénient de
lenteur puisqu’un dossier concernant un niveau d’intervention donné doit d’abord être traité
par les niveaux qui lui sont inférieurs avant de lui parvenir.
4- Risque de taux : C’est le fait d’appliquer un taux d’intérêt inadéquat avec la situation de
l’emprunteur et du marché. Pour éviter cela, le taux doit être indexé à un taux de référence
(comme celui du réescompte) et augmenté d’une marge correspondant au profil de risque de
l’emprunteur (Si la banque dispose d’un système de notation interne).
5- Le risque de fraude : Il se manifeste, par exemple, par :
- L’exercice de pressions par les responsables sur les chargés d’études pour qu’ils donnent
des avis favorables pour des dossiers ne remplissant pas les conditions requises.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 76

- La manipulation des systèmes d’information pour octroyer des avantages à certains clients
(réduction es intérêts, des commissions,…etc.)
Ce type de manœuvre peut être détecté par le réexamen de dossiers de crédit et l’utilisation
de programmes mouchards.
b)- Les risques spécifiques : Il s’agit du :
1- Risque de dépassement : C’est le fait que le compte de l’emprunteur soit débiteur pour
un montant supérieur au plafond autorisé. Ce type d’erreur peut être détecté en examinant le
mouvement des comptes sur une période donnée.
2- Risque de non régularisation : C’est le fait de laisser l’emprunteur utiliser un découvert
échu sans lui avoir renouvelé le dossier. Ce qui veut dire que le découvert n’est pas suivi par
la banque.
L’auditeur devra prendre en considération tous les points évoqués ci-dessus quand il mènera
ses investigations. Il pourra en plus :
- Vérifier s’il existe des comités de crédit au sein des agences, succursales et direction pour se
prononcer sur les dossiers à gros montant ou présentant des problèmes particuliers.
- Vérifier s’il existe un système de tableau de bord et s’il permet de suivre les engagements en
comptes débiteurs,
- Etudier le temps pris pour accorder un prêt par rapport aux moyens humains et matériels dont
dispose le service crédit et le mécanisme des limites d’autorisation mis en place.
- Utiliser un modèle générique de crédit scoring (modèles vendus dans le commerce) sur les
dossiers de découvert des PME (ou autres types de crédit) et voir si le modèle aboutit aux
mêmes décisions que le banquier (pour les auditeurs ne maîtrisant pas suffisamment l’analyse
financière et l’évaluation des projets).
- Vérifier si les garanties exigées ont été recueillies par observation physique (voir les
garanties) et vérifier leur véracité en utilisant des circularisations.
- Consulter la centrale des risques pour vérifier si les prêts ont été effectivement déclarés.
- Vérifier l’exhaustivité de certains dossiers de crédits sélectionnés par sondages et examiner
leur lieu de conservation pour vérifier sa sécurisation.
II- L’escompte commercial :
A- Dispositions générales :
L’escompte est l’opération par laquelle le banquier met à la disposition de son client le
montant d’une remise d’effets sans attendre leur échéance. Le recouvrement des effets, qui lui
sont cédés en pleine propriété, oit normalement procurer au banquier escompteur le
remboursement de son avance. L’escompte se déroule en deux étapes :
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 77

a)- L’étude et l’accord :


Cette étape a pour objet de juger si l’emprunteur est éligible à l’escompte d’une part, et de
fixer le plafond ‘autorisation d’autre part.
Malgré le fait que l’escompte soit assujettie à l’effet de commerce, et donc le remboursement
de l’avance dépend de la solvabilité du tiré, le chargé d’étude doit étudier la solvabilité de
l’emprunteur (qui est le bénéficiaire de l’effet). En fait, si l’effet de commerce revient impayé
à présentation, la banque peut se retourner contre l’emprunteur et se faire rembourser par le
débit de son compte.
La phase d’étude se déroule comme pour les découverts à deux exceptions :
- Lorsque le chargé d’étude s’intéresse aux mouvements d’affaire, il doit se pencher sur la
partie du chiffre d’affaire matérialisée par des effets de commerce.
- Le plafond d’escompte peut être obtenu par diverses méthodes. La plus simple serait de
prendre un certain nombre de jours du chiffre d‘affaire matérialisé par des effets (1 mois
dans la pratique courante). L’auditeur qui devra examiner ce point peut se référer aux
dispositions prévues dans le manuel de procédures concernant les opérations d’escompte.
Si l’accord pour le découvert est donné verbalement, une convention doit être rédigée pour
l’escompte. Cette convention doit exprimer l’engagement du banquier vis-à-vis de
l’emprunteur et reprendre les conditions et modalités d’octroi du crédit (montant, échéance,
taux d‘intérêt, garanties, clause particulières,…etc.). Elle doit être signée par le directeur
(d‘agence, de succursale, financier selon cas).
Si l’accord est donné par la succursale ou la direction financière, il doit être notifié à l’agence
domiciliataire pour la réalisation du crédit.
b)- Le suivi :
L’escompte se réalise par la remise de l’emprunteur d’effets de commerce, sur lesquels il
obtient des fonds égaux au montant de chaque effet diminué des intérêts.

A l’occasion de chaque remise à l’escompte, le client se présente muni de l’effet à escompter


et de la fracture le justifiant au service crédit de l’agence domiciliataire ou au service
portefeuille (tout dépend de l’organisation de l’agence).
L’agent chargé de l’opération doit :
- Vérifier les mentions obligatoires de l’effet.
- Vérifier si la facture ne comporte pas d‘anomalies (chiffre rond, décalage important entre
la date de facturation et la date de remise de l’effet, le tireur et le tiré sont de secteurs
d’activité incompatibles, mentions sur la facture différentes de celles sur l’effet,…etc.)
- Consulter la centrale des impayés pour vérifier si le tiré n’a pas d’antécédents.
- Vérifier si l’effet est endossé au nom de la banque.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 78

Si aucune réserve n’est retenue, l’agent consulte le dossier risque du client (dossier de suivi
de l’escompte comportant : la cote autorisée, les mouvements, l’encours, les impayés, les
effets prorogés (à paiement décalé)). Sur sa base, il saura si oui ou non le plafond ne sera pas
dépassé en ajoutant l’effet présenté.
Si le plafond n’est pas dépassé, l’agent doit :
- Accuser réception des effets et remettre l’accusé au client.
- Apposer sur les effets la griffe du siège et la mention sauf bonne fin.
- comptabiliser l’opération (saisie informatique).
- Etablir un bordereau d’escompte qui reprend : le montant, le lieu de paiement, l’échéance,
les intérêts et commissions, les références du tiré, le montant de la remise, la taxe et le
montant de l’effet.
- Inscrire l’opération dans le dossier risque.
Les effets sont, ensuite, soit envoyés à l’encaissement soit conservés au niveau de la direction
compétente en attendant leur échéance.
Si l’effet revient impayé, la banque a le choix entre :
- Débiter le compte de l’emprunteur.
- Se retourner contre le tiré ou n’importe quel autre endossataire.
- Se retourner contre l’organisme avaliseur si l’effet est avalisé.
Comme les découverts, les lignes d’escompte sont octroyées pour une durée d’une année et
doivent faire l’objet d’un renouvellement et d’un suivi des mouvements.
Si le chargé d’escompte remarque que son client tire plusieurs effets à répétition sur une
entreprise ou un particulier, il devra demander des renseignements sur ce ou cette dernière
auprès de leurs banques domiciliataires.
B- Audit :
L’escompte comporte, autres les risques généraux évoqués avec les découverts, des risques
spécifiques qui sont :
a)- Risque des tirages de complaisance (tirages croisés) : Il s’agit d’une forme de fraude
externe qui consiste à ce que deux ou plusieurs personnes s’entendent pour tirer des effets
chacune sur l’autre d’une manière répétitive, sans qu’une transaction commerciale soit
conclue à la base. Ces personnes vont, chacune, escompter les effets tirés auprès de leurs
banques domiciliataires de telle sorte à ce qu’à la tombée de l’échéance d’une des traites, le
compte du tiré soit provisionné du moment qu’il a escompté une autre traite. Ce risque peut
être couvert par la mise à jour des dossiers risque et la demande de renseignements
commerciaux.
b)- Risque d’immobilisation : Une banque qui a escompté une traite peut, en cas de besoin, la
réescompter auprès de la banque centrale au taux de réescompte en vigueur si la traite remplit
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 79

un certain nombre de conditions (traite acceptée, échéance inférieure à 3 mois,…etc.). Si la


traite ne remplit pas les conditions, elle restera immobilisée dans la banque jusqu’à échéance.
c)- Risque d’infraction à la loi : La loi bancaire Algérienne a interdit l’octroi de lignes
d’escompte de chèques après la mise ne place du nouveau système de paiement et suite aux
multiples cas de fraudes internes recensées dans les banques.
d)- Risque de non régularisation : C’est le risque de laisser un client utiliser une ligne
d’escompte déjà échue.
L’auditeur devra se pencher sur tous les points de contrôle précédemment évoqués tout en
mettant l’accent sur les risques liés à l’opération. Il pourra :
- Vérifier si la banque tient des dossiers risques pour chaque emprunteur bénéficiant d’une
ligne d‘escompte, s’ils sont informatisés et mis à jour. Pour se faire, il faudra sélectionner par
sondages un certain nombre de dossiers (par la méthode des convenances), demander leurs
extraits de comptes et leurs dossiers risques puis effectuer un rapprochement.
- Examiner par sondages statistiques quelques dossiers pour vérifier si les conditions d’octroi
de la ligne sont respectées et juger de la performance des chargés d’études.
- Si lors de l’examen des dossiers risques l’auditeur tombe sur des clients tirant des traites
d’une manière répétitive sur un même tiré, il doit demander les renseignements commerciaux
collectés pour ce tiré.
A ces travaux peuvent être ajoutés ceux concernant tout type de crédit, évoqués avec les
découverts.
III- Les crédits d’équipements :
A- Dispositions générales :
Le crédit d‘équipements est une forme de concours bancaires à moyen terme destinés à
financer l’acquisition d’équipements de production dans le but de lancer un nouveau projet ou
d’élargir l’activité d’une entreprise. Ce crédit se réalise en trois étapes :
a)- L’étude et l’accord :
S’agissant d’un concours remboursable sur une longue période, le crédit d’équipement
nécessite à la fois l’étude de la situation financière de l’entreprise et l’étude de la rentabilité
du projet.
L’étude de la situation financière de l’entreprise s’effectue comme celle des découverts tandis
que l’étude de la rentabilité du projet est fournie dans une étude technico-économique que la
banque exige à l’entreprise ans le dossier de crédit. Le chargé d’étude n’aura qu’à l’apprécier
et corriger d’éventuelles erreurs.
L’étude technico-économique d’un projet est subdivisée en trois grandes parties :
1- L’analyse de viabilité : Cette étude a pour but de juger, à partir d’un certain nombre
d’indicateurs, si le projet est économiquement viable. Elle comporte :
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 80

* Une analyse de marché : Elle a pour but d’apprécier l’offre existante sur le marché en
termes quantitatifs et qualitatifs (offreurs, prix, qualité) et la demande sur le produit
(demandeurs, quantité) et ce, pour juger de la saturation ou non du marché. Elle
comprend une analyse de l’offre et de la demande passée et présente, une estimation de
l’offre et de la demande future et une comparaison entre l’offre et la demande.
* Une analyse commerciale : Elle a pour but d’apprécier les quatre P de McCarthy qui
sont :
- Le produit : Il s’agit de déterminer à quel type de besoin répond le produit en le situant
sur la pyramide de Maslow et d’indiquer à quelle période il se situe ans son cycle de vie
(lancement, croissance, maturité ou déclin).
- Le prix : Il s’agit de choisir la manière avec laquelle le prix sera fixé (alignement sur le
marché, coût de revient + marge,…etc.) et d’indiquer la clientèle visée par ce choix
(politique de pénétration ou d‘écrémage).
- La distribution : Il s’agit d‘opter pour un cycle de distribution (long ou court), de choisir
qui distribue (l’entreprise elle-même, un sous-traitant) et d’indiquer le réseau qui va être
couvert (rural, urbain, national, international).
- La promotion : C’est la manière avec laquelle l’entreprise compte faire connaître son
produit (panneaux publicitaires, télévision, radio, mécénat,…etc.), comment elle va
concevoir l’emballage,…etc. Il serait intéressant de faire une enquête d’opinion auprès
des consommateurs potentiels pour connaître leurs attentes avant de réfléchir à la
campagne de promotion.
* Une analyse technique : Elle a pour but de déterminer les besoins techniques nécessaires
à la réalisation du projet conformément à l’analyse commerciale (local spécial, personnel
spécialisé, équipements spéciaux, matières premières,…etc.) et d’opter pour un type de
technologie à utiliser (banalisée ou de pointe).
* Une analyse des coûts : Cette analyse donnera une estimation des coûts générés par les
besoins identifiés dans l’analyse technique.
Le chargé d’étude doit vérifier si l’analyse concorde dans son ensemble (qu’il n’y a pas e
contradictions entre un point et un autre) et s’il est possible de vérifier dans la réalité
certains points évoqués (comparer avec d’autres études sur le même produit, demander des
factures pro forma pour les équipements, effectuer une visite sur site pour vérifier si le local
répond bien aux critères de l’analyse technique,…etc.).
2- L’analyse de rentabilité avant financement : Cette étude a pour objectif d’attester de la
capacité du projet à générer ses ressources de remboursement. Elle expurge, à cet effet, tout
compte relatif au financement (intérêts intercalaires, frais financiers, emprunts). Notons que
si le projet n’est pas viable, il n’y a pas lieu d’étudier sa rentabilité.
Pour analyser la rentabilité avant financement d‘un projet, il y a lieu de :
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 81

* Déterminer sa durée de vie : Elle peut être divisée en deux phases :


- La phase de préparation : Comprise entre 1 et 3 ans, c’est la phase dans laquelle les
équipements sont acquis et installés.
- La phase de réalisation : C’est la phase d’activité. Elle est égale au minimum entre la
durée de vie de l’investissement (combien de temps on peut l’utiliser), sa durée de vie
économique (combien de temps il tiendra avant d’être remplacé par un équipement plus
avancé) et la durée de vie du produit. Elle comporte une période de montée en cadence de
0 à 4 ans dans laquelle les capacités de production ne sont pas utilisées à 100% et une
période de croisière dans laquelle les capacités de production sont utilisées en totalité.
* Réaliser un tableau des investissements : Il s’agit d’un tableau reprenant les
investissement à acquérir et la répartition de leur acquisition dans la phase de préparation.
Il peut avoir la forme suivante :

Intitulé Montant Année 01 Année 02 Année 03


Investissement1 X (=X1+X2+X3) X1 X2 X3
Investissement2 Y=(Y1+Y2+Y3) Y1 Y2 Y3
…etc.
Total Investissement Total 01 Total 02 Total 03

* Réaliser un tableau d’amortissement : Il s’agit d’un tableau reprenant l’amortissement


de chaque investissement sur la durée de vie du projet. Il peut avoir la forme suivante :

Amort Amort Amort Amort


Intitulé Montant Durée amort 01 02 03 … N VRI
Investissement1 X 2 A1 A2 0 0 0 0
Investissement2 Y N+2 B1 B2 B3 … BN BN+1
…etc.
Total

La finalité est de calculer la valeur résiduelle des immobilisations (VRI) qui est la
différence entre la valeur totale des acquisitions (immobilisations non amortissables
incluses) et la valeur totale des amortissements.
* Etablir un tableau des comptes de résultat prévisionnel : Il s’agit d’un tableau reprenant
les charges et produits prévisionnels sur la phase de réalisation du projet de façon à
dégager les soldes intermédiaires de gestion.
Pour l’apprécier, il existe certains indicateurs utiles pour un chargé d‘étude :
- Un TCR prévisionnel ne doit pas contenir de provisions car la dépréciation est
imprévisible.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 82

- Les frais de personnel sont considérés comme fixes sur toute la durée.
- La variation des charges et produits variables doit correspondre aux pourcentages
d‘utilisation des capacités.
- Les charges prévues doivent correspondre à l’analyse des coûts.
- Le chiffre d’affaire doit correspondre à la quantité à produire multipliée par le coût
unitaire.
* Calculer le BFR prévisionnel : L’entreprise oit prévoir un certain pourcentage (3 à 5%)
De son chiffre d’affaire pour couvrir ses dépenses de fonctionnement au démarrage du
projet. Il est calculé une seule fois sur le chiffre d’affaire de la période de croisière. Il faut
savoir que le BFR d’une année doit être prévu un an à l’avance et que la différence entre le
BFR de l’année suivante et celui de l’année est prévue dans l’année. Ce BFR est récupéré à
la fin du projet.
* Réaliser un tableau de financement : Il s’agit d’un tableau configuré comme suit :
Intitulé -2 -1 0 1 2 3 … N
Les ressources:
CAF 0 0 0 X1 X2 X3 XN
BFR récupéré 0 0 0 0 0 0 0 BFR
VRI 0 0 0 0 0 0 0 VRI
Les emplois:
Investissement initial Total1 Total2 Total3
Variation du BFR BFR1 BFR2 BFR3
Flux de trésorerie

* Calculer le taux d’actualisation (T) : Il représente le prix de la renonciation à la


consommation. Il s’agit du coût moyen pondéré des ressources :
T=?Ù
Pt*It+Pb*Ib
Où :
- Pt : Pourcentage de financement de l’investisseur t.
- It : Le taux de rendement espéré de l’investisseur t (peut être estimé en utilisant le modèle
d’évaluation des actifs financiers MEDAF).
- Pb : Pourcentage de financement de la banque.
- Ib : Taux de rendement espéré de la banque (peut être estimé en utilisant la méthode
Loans stripping).
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 83

* Calculer les indicateurs de rentabilité : Ils sont expliqués dans le tableau suivant :
Indicateur Signification Interprétation
Délai mis par les flux de
Délai de trésorerie cumulés pour Indicateur de liquidité intéressant pour l'investisseur
récupération (DR) s'annuler. voulant récupérer rapidement ses fonds.
Délai de Délai mis par les flux de
récupération trésorerie actualisés et cumulées
actualisé (DRA) pour s'annuler. Plus pertinent que le DR
Valeur actuelle Somme des flux de trésorerie
nette (VAN) actualisés. Une VAN>0 signifie que le projet est rentable
1+ VAN/IA (valeur que rapporte
Indice de toute unité monétaire investie) Un IP >1 signifie que le projet est rentable. Il
profitabilité (IP) IA: Investissement actualisé. permet la comparaison entre différents projets.

3- L’analyse de la rentabilité après financement : Cette analyse a pour objectif d’attester


de la rentabilité du projet en incluant les facteurs de financement. Même si elle est comprise
dans l’étude technico-économique, il est préférable que le chargé d‘étude la reprenne. Sa
réalisation implique que le projet est rentable avant financement. Elle comporte les étapes
suivantes :
* Etablissement d’un échéancier de remboursement : Il s’agit d’un tableau configuré
comme suit :
Dif 01 Dif 02 Année 01 Année 02 … Année X
A-(X-1)
Encours A A A A- A/X … A/X
Principal 0 0 A/X A/X A/X
Intérêts A*t A*t A*t (A-A/X)*t Encours*t
Annuité A*t A*t A*t+A/X A/X+(A-A/X)*t Pr+int

* Correction du tableau d’amortissement : Il faut ajouter à ce tableau l’amortissement des


intérêts intercalaires (intérêts payés durant la période de différé). Ils sont amortissables sur
2 à 4 ans.
* Correction du TCR prévisionnel : Il faut intégrer les frais financiers et les nouvelles
dotations aux amortissements.
* Etablissement d’un plan de financement : Il ressemble au tableau de financement sauf
qu’il intègre, en plus, le montant de l’apport de l’emprunteur (intérêts intercalaires inclus)
et le montant du principal de l’emprunt en ressources et le remboursement de l’emprunt
(annuités) en emplois.
Un bon plan de financement oit revêtir les caractéristiques suivantes :
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 84

- En phase de préparation, les flux de trésorerie sont nuls (le projet ne doit manquer de
rien).
- La première année de la phase de réalisation doit avoir un flux de trésorerie positif.
- Pour les autres années, les flux positifs doivent compenser les flux négatifs.
En cas de flux négatifs importants, le chargé d’étude doit réexaminer les conditions du prêt
(augmenter le différé, la durée de remboursement, les deux) pour corriger la situation.
Si les flux de trésorerie sont excessivement positifs, le chargé d’étude doit effectuer des
tests pour voir s’il est possible de réduire la durée de remboursement.
* Calcul des indicateurs de rentabilité :
- Le DR, DRA, la VAN et l’IP sont calculés avec les flux de trésorerie du plan de
financement et comparés avec ceux figurant ans l’analyse avant financement.
- Le taux interne de rendement (TIR) : C’est le coût maximal de l’argent que le projet est
prêt à supporter. Il s’agit du taux d’actualisation qui annule la VAN. Il peut être obtenu
par itérations successives. Si le TIR est supérieur au taux bancaire*(1- taux IBS) on dit
qu’il y a effet de levier, c'est-à-dire qu’emprunter est plus intéressant que s’autofinancer.
Le résultat des deux études (entreprise et projet) orientera le choix du banquier quant à
l’octroi du crédit :
- Si le projet est rentable et que l’entreprise est saine, il émet son avis favorable.
- Si le projet n’est pas rentable et que l’entreprise est saine, il informe l’entreprise que son
projet n’est pas rentable. Si elle persiste, il le finance quand même.
- Si le projet est rentable et que l’entreprise est défaillante, il finance le projet sous réserve
que l’entreprise ne question créé une filiale indépendante pour sa réalisation.
- Si le projet n’est pas rentable et que l’entreprise est défaillante, il émet son avis
défavorable.
Généralement, le financement est compris entre 60 et 80% du montant des équipements.
Les garanties généralement demandées pour ce type de prêt sont :
1- Garanties personnelles :
- Caution solidaire des associés.
- Chaîne de billets à ordre.
2- Garanties réelles :
- Hypothèque de premier rang sur un bien immeuble de l’entreprise.
- Nantissement des équipements.
- Nantissement de polices d’assurance.
Comme pour n’importe quel autre type de crédit, cette étude doit faire l’objet d’un exposé
écrit qui devra être approuvé par le directeur (d’agence, de succursale, financier). Ce dernier
donnera l’accord pour l’octroi du crédit. Cet accord doit être formalisé dans une convention
signée par les deux parties (directeur, client) qui reprend les modalités d’octroi du crédit et
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 85

une clause de remboursement par anticipation. L’auditeur, pour l’examen de ce point, peut se
référer aux textes de droit et à la procédure interne.
Il est à noter que l’échéancier de remboursement doit être annexé à la convention. Ce dernier
est établi par le département comptable sur la base du taux d‘intérêt en vigueur. Il doit être lu
et approuvé par les deux parties. La convention doit contenir une clause selon laquelle il est
possible de réviser cet échéancier en cas de variation des taux d‘intérêt.
b)- La réalisation :
C’est la phase de déblocage des fonds. Elle est généralement assurée par le service
comptable.
Une fois la convention établie, il est procédé à l’ouverture d’un compte courant pour le client
destiné à recevoir le prêt et à son remboursement (pour les clients n’ayant pas de comptes
courants au niveau de la banque).
Ensuite, quand la commande est effectuée, ce client se présente à la banque, muni des
factures définitives pour le déblocage des fonds. Il y a lieu de s’assurer :
- Qu’il s’agit des mêmes équipements (rapprocher les factures pro forma et les factures
définitives).
- Que les équipements ont été commandés conformément au plan de financement.
- Que les garanties ont été recueillies (à l’exception du nantissement).
Si aucune anomalie n’est relevée, il y a lieu d’établir un ticket d‘autorisation au client (à
inclure dans le dossier de crédit) et de comptabiliser le déblocage.
Notons que ces vérifications doivent être opérées à l’occasion de chaque déblocage.
c)- Le suivi :
S’agissant de crédits à moyen terme, les crédits d’équipements doivent être suivis en
permanence notamment concernant :
- L’avancement des installations par rapport aux prévisions du plan.
- Le suivi du développement du projet en apportant des conseils si nécessaire.
- Le suivi du paiement des annuités via l’échéancier de remboursement.
Si des difficultés apparaissent, il y a lieu de voir comment y remédier (revoir l’échéancier,
octroyer un découvert,…etc.). Si la situation ne s’améliore pas, il y a lieu de demander le
recouvrement de la créance à l’amiable ou par voie de justice en utilisant les garanties
recueillies.
B- Audit :
Autres les risques généraux liés à n’importe quel type de prêt, les crédits d’équipements
comportent les risques suivants :
a)- Risque d’augmentation des prix : Ce risque survient si le délai pris par l’étude dépasse le
période de devis. En principe, les services crédit sont dotés de systèmes informatisés
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 86

d‘analyse financière et d’évaluation de projets. L’accord ou non peut, donc, être notifié ans la
semaine si le service est performent. Aussi, il est préférable d’orienter les emprunteurs vers
le service ayant le pouvoir d’octroi de crédit.
b)- Risque d’inadéquation des échéances : C’est le risque de prêter à des maturités longues
sachant que les ressources disponibles sont de courtes maturités. Cela peut provoquer des
problèmes de liquidité bancaire. Ce risque est géré par la fonction trésorerie chargée de
manager les impasses. L’audit doit s’orienter vers cette fonction en s’armant de
connaissances sur le marché monétaire, le marché de changes, et l’ALM.
L’auditeur devra prendre en considération tous les points précédemment évoqués notamment
pour la phase d’étude en réexaminant par sondages quelques dossiers. Il pourra, aussi :
- Confirmer au niveau de l’administration des hypothèques et du cadastre l’existence et le
rang des hypothèques prises en garantie.
- Confirmer avec les avocats les affaires de crédit litigieuses et vérifier par sondages de
convenance si les créances ont été correctement provisionnés suivant l’issue des affaires.
- Vérifier s’il existe des contrôles ou un système de supervision permettant aux échelons
hiérarchiques supérieurs de suivre l’octroi des crédits de leurs subordonnés et si ces
contrôles ou systèmes sont efficaces.

Section III : Les opérations de commerce extérieur :


Les opérations à l’international ne font pas partie des métiers classiques d‘une banque. Aussi,
elles ne sont exercées que dans le cadre ‘un agrément de l’autorité de tutelle.
Si les échanges internationaux se sont libéralisés dans la plupart des pays du monde, ils restent
soumis à une réglementation très stricte en Algérie. Les banques agrémentées doivent la
respecter au risque de se voir retirer leur agrément, chose qui peut être fatale pour les banques
privées. Parmi ces opérations, on trouve :
I- Les importations des biens et services :
A- Dispositions générales :
Sont considérées comme importations les achats de biens et services effectués par les résidents
d‘un pays de provenance étrangère.
Si un client veut procéder à des opérations d’importations, il doit préalablement avoir un
compte spécifique. L’ouverture de ces comptes est soumise aux règles suivantes :
- La constitution d’un dossier comprenant : Un registre de commerce spécifique, un numéro
d’identification fiscal, un certificat d’existence, les statuts, un acte de propriété ou contrat
de location du lieu d’exercice, extraits de naissance des signataires, le numéro
d’identification statistique et le premier contrat d’importation.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 87

- Des exigences minima les en capital qui sont : 100.000 DA pour les entreprises de
production et 20.000.000 DA pour les entreprises commerciales.
A l’occasion de chaque opération d’importation, il y a lieu de domicilier l’opération. La
domiciliation est une formalité administrative Algérienne consistant à enregistrer les
opérations d’importations ou d’exportations pour des fins statistiques et de contrôle. La
réglementation es changes oblige les importateurs et les exportateurs de domicilier leurs
opérations avant de conclure la transaction.
A chaque ouverture de domiciliation, l’agent chargé de l’opération doit :
a)- Vérifier si le dossier de domiciliation est complet : Un dossier complet comporte :
- Une facture pro forma ou bon de commande en quatre exemplaires.
- Une demande de domiciliation.
- Une attestation de la taxe de domiciliation pour les opérations d’importations (à demander
aux entreprises réalisant de la revente en l’état).
- Une lettre d’engagement.
b)- Vérifier si le produit importé n’est pas soumis à des dérogations spéciales, auquel cas il
faudra les demander.
c)- Vérifier si le client n’est pas interdit de commerce extérieur par la banque centrale.
d)- Vérifier si l’incoterm utilisé n’est pas soumis à dérogation ou interdit : Les incoterms
sont des codes de trois lettres représentant les principaux termes de vente, établis par la
chambre de commerce internationale (CCI) afin de réduire les incompréhensions et
ambiguïtés résultant de contrats avec un partenaire étranger. Chaque incoterm indique le
moyen de transport utilisé (maritime, multimodal) et les obligations des contractants. La
version 2000 des incoterms sera annexée à la présente étude.
Si un terme de vente est interdit, il y lieu de refuser l’opération. S’il est soumis à dérogation,
il faut la recueillir.
e)- Apposer le cachet de domiciliation sur les factures pro forma ou bons de commande : Il
s’agit d’une immatriculation comprenant : le code ville, code banque, code agence, l’année,
le trimestre, la nature du contrat, un numéro d’ordre, le code iso de la monnaie de transaction.
f)- Enregistrer la domiciliation dans un répertoire conçu à cet effet : Le répertoire doit
indiquer : Le numéro de domiciliation, le montant, le moyen de paiement utilisé et le nom de
l’importateur.
g)- Etablir une fiche de contrôle par dossier de domiciliation : Cette fiche doit indiquer :
- Le nom de l’agence et son numéro de guichet (code ville, code banque, code agence).
- Le numéro de domiciliation et sa date.
- Le nom, l’adresse et le nom commercial du client (nom de son commerce).
- La nature de la marchandise et son montant en devise.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 88

- Le tarif douanier (codes donnés par la douane pour chaque type de marchandise).
- Le moyen de paiement utilisé.
h)- Percevoir les frais et commissions de domiciliation.
i)- Classer le dossier de domiciliation.
Le déroulement e l’opération dépend, ensuite, du moyen de paiement que l’importateur et
l’exportateur ont convenu d‘utiliser. Nous pouvons en distinguer trois :
a)- Le transfert libre :
L’utilisation de ce moyen de paiement suppose une confiance totale entre l’importateur et
l’exportateur. En effet, l’exportateur envoi la marchandise et les documents qui vont avec
(document de prix, d’expédition, d’assurance, autres) au nom de l’importateur. Ce dernier,
après avoir réceptionné sa marchandise, paiera l’exportateur quand il le décidera. Le risque
bancaire est donc quasiment nul et est lié au transfert de fonds. L’opération se déroule ainsi :
v L’importateur, qui a domicilié préalablement l’opération, se présente au niveau de
l’agence domiciliataire pour transférer les fons à l’exportateur.
v L’agent chargé de l’opération lui demande de fournir :
- Une demande de transfert signée par le client et précisant le montant et le tarif douanier.
- Une facture définitive.
- Un document douanier « copie banque » (D10 en Algérie) attestant du montant de la
marchandise dédouanée.
v L’agent procède, ensuite, aux vérifications d’usages qui sont :
- Rapprochement entre le montant de la facture définitive et celui sur le document
douanier.
- Vérification de la non existence d’oppositions sur le compte.
- Comparaison entre la signature se trouvant sur la demande de transfert et celle figurant
sur la carte de signature de son compte.
- Vérification de l’existence et de la suffisance de la provision.
v Si aucune anomalie n’est relevée par rapport à ces documents, l’agent procède au report
de domiciliation sur la facture définitive. Ensuite, il procède au débit du compte du client
de la contre valeur de la marchandise au taux de change en vigueur (ou de celui de son
compte devise si le client en possède un), par le crédit d’un compte de provision.
v L’agent doit, par la suite, attribuer un numéro d’ordre à la demande de transfert ainsi :
n° Agence OPE N° d'ordre Année Code monnaie

v Il comptabilise, aussi, les frais et commissions de l’opération, établi un ordre de transfert


(Message SWIFT MT100 ou 103) et une formule de transfert (Formule 04 en Algérie)
qu’il envoi à la division internationale.
Une fois que la division internationale reçoit le message SWIFT et la formule 04, elle doit :
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 89

- acheter les devises auprès de la banque centrale pour alimenter son compte ouvert chez
cette dernière pour ces opérations.
- adresser un ordre de règlement à la banque centrale, lui demandant le transfert du montant
en faveur de la banque de l’exportateur.
- Saisir l’opération sur ordinateur.
- Etablir un document liaison- sièges à destination à envoyer à l’agence accompagnée de la
formule 04 dûment annotée (justifiant que le transfert a été effectué).
A réception de ces derniers documents, l’agence doit :
- Restituer la provision au compte du client.
- Comptabiliser le transfert avec la vraie valeur.
- Comptabiliser les frais et commissions liés à l’opération.
- Etablir les avis de débit correspondant (ils sont généralement générés par le système).
b)- La remise documentaire :
L’utilisation de ce moyen de paiement suppose une confiance partielle entre l’importateur et
l’exportateur. La remise documentaire est l’opération par laquelle une banque (remettante),
sur instruction de son client exportateur (tireur), se charge de l’encaissement du montant de la
transaction, par l’intermédiaire d’une banque (chargée de l’encaissement) auprès de
l’importateur (tiré) contre remise des documents. Il en existe trois formes :
1- La remise documentaire contre paiement : La banque chargée de l’encaissement ne oit
remettre les documents au tiré que contre paiement au comptant.
2 – La remise documentaire contre acceptation : La banque chargée de l’encaissement ne
doit remettre les documents au tiré que contre acceptation de la traite qui accompagne les
documents.
3- La remise documentaire contre acceptation ou aval : L’exportateur demande, en plus de
l’acceptation de la traite, que cette dernière soit garantie par l’aval de la banque chargée de
l’encaissement.
Pour ce moyen de paiement, l’exportateur expédie les documents avec un bordereau
d’instruction. Ce dernier indique à la banque chargée de l’encaissement les documents qui
doivent arriver et ordonne à celle-ci de ne les délivrer que contre paiement du titré ou
acceptation d’une traite.
A réception des document et du bordereau d’instruction par l’agence, l’agent chargé de
l’opération procède à :
- La vérification de l’existence de tous les documents inscrits sur le bordereau d’instruction.
Si des documents manquent, il y a lieu de les réclamer à la banque remettante.
- l’attribution d’un numéro d‘ordre à l’opération semblable à celui des transferts libres. La
mention OPE (ordre de paiement émis) est remplacée par IRD (importation remise
documentaire).
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 90

- L’ouverture d’un dossier « remise documentaire » et l’établissement d’une chemise


« remise documentaire reçue » où sont portés tous les renseignements relatifs à l’opération.
- La saisie informatique de l’opération.
- L’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception au tiré pour l’informer de la
réception des documents et attente de sa réponse. Si, après un certain délai, aucune réponse
n’est fournie, l’agent contacte la banque remettante pour de nouvelles instructions.
La réponse de l’importateur peut être l’acceptation ou le refus des documents.
Si l’importateur, qui a préalablement domicilié son opération, accepte les documents et que la
remise est contre paiement, ce dernier devra se présenter à l’agence avec un ordre de
transfert. L’agent chargé de l’opération doit :
- Vérifier la situation du compte de l’importateur pour procéder au provisionnement de la
contre valeur de la marchandise.
- Effectuer le report de domiciliation sur la facture définitive.
- Remettre les documents à l’importateur ou à une personne désignée à cet effet par ce
dernier contre la signature d’un accusé de réception.
- Etablir un ordre de transfert (message SWIFT MT 202) et une formule 04 à envoyer à la
division internationale.
Le reste de l’opération se déroule comme un transfert libre.
Si la remise documentaire est contre acceptation, il suffira que l’emprunteur signe la traite
pour que la banque lui remette les documents. La traite est retournée, ensuite, à la banque
remettante.
Si la remise documentaire est contre acceptation ou aval, il faudra, en plus de la signature du
tiré, que la banque avalise la traite en apposant la mention bon pour aval sur son verso. Ainsi,
cette dernière s’engage à payer la traite à échéance si l’importateur est défaillant. Il faut
préciser que l’aval est une forme d’engagements par signature. Son octroi oit donc faire
l’objet d’une étude de la santé financière de l’importateur.
Si l’importateur refuse les documents, il y a lieu de les retourner à la banque remettante, lui
demander paiement des frais et commissions de l’opération et classer le dossier après avoir
perçu ces dites commissions.
c)- Le crédit documentaire :
Largement utilisé puisqu’il ne repose sur aucune confiance, le crédit documentaire est
l’opération par laquelle une banque (émettrice) s’engage à la demande et pour le compte de
son client importateur (donneur d’ordre) à régler à un tiers exportateur (bénéficiaire), dans un
délai déterminé, un certain montant, contre remise de documents strictement conformes
justifiant la valeur de l’expédition des marchandises ou des prestations de services. Le crédit
documentaire peut être révocable (l’une des parties peut l’annuler ou le modifier sans
consulter l’autre partie), irrévocable (l’une des parties doit consulter l’autre pour annuler ou
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 91

modifier le crédit documentaire) ou irrévocable et confirmé (la banque de l’exportateur


s’engage à le payer à réception des documents conformes). Il se réalise en trois étapes :
1- L’ouverture :
Dans cette étape, l’importateur se présente au guichet de la banque pour ouvrir un crédit
documentaire. Le chargé de l’opération lui donne un imprimé « Demande d’ouverture e
crédit documentaire » comportant les 19 mentions des règles et usances uniformes (Règles
édictées par la CCI pour faciliter les échanges internationaux) représentant les instructions
du donneur d’ordre, et qu’il lui demande de remplir.
Ensuite, il doit demander l’accord du service crédit pour l’aspect engagement. Cet accord
peut être obtenu sur la base d’une étude de dossier semblable à celle d’un découvert qui
permettra de se prononcer sur le montant de la provision à constituer (0%,30%,50%,100%
ou 120% du montant des factures pro forma).
Une fois cet accord obtenu, l’agent enregistre l’ouverture dans un répertoire conçu à cet
effet en lui attribuant un numéro d’ordre (identique à celui de la remise documentaire.
Remplacer la mention IRD par ICD). Puis, il établi une chemise spéciale « crédit
documentaire » dans la quelle il porte les renseignements concernant l’opération et vise la
demande ‘ouverture de crédit documentaire.
Il est à noter qu’en parallèle, il doit procéder à la domiciliation de l’opération.
Une fois toutes ces formalités accomplies, l’agent procède à la constitution de la provision
pour crédit documentaire (telle que précisée dans le bon à exécuter délivré par le service
crédit) par le débit du compte du client, et à la comptabilisation des frais et commissions.
Sur la base de la demande d’ouverture et de la comptabilisation, l’agent procède, ensuite, à
la conception des messages MT700 « Emission d’un crédit documentaire » et MT799
« Format libre » qui vont servir à la notification du crédit documentaire à la banque de
l’exportateur. Ces messages doivent être vérifiés et validés par le directeur de l’agence avant
d’être transmis à la division internationale par le biais de PC CONNECT.
A réception de ces messages, la division internationale va les compléter et, éventuellement,
les corriger. Aussi, elle doit choisir le correspondant étranger qui sera chargé du paiement
contre la remise de documents conformes.
Les messages SWIFT sont, ensuite, envoyés au correspondant étranger. Une copie de ces
messages est gardée au niveau de la division et une autre est transmise à l’agence.
A réception des messages, le correspondant envoi un accusé de réception MT730.
2- La gestion :
Durant la période séparant l’ouverture du crédit documentaire et la réception des documents,
l’agence peut procéder à des modifications à la demande de son client donneur d’ordre.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 92

Si le donneur d’ordre se présente pour modifier une des clauses de sa lettre de crédit
documentaire, l’agent doit d’abord vérifier si cette modification n’est pas contraire aux
règles et usances uniformes ou à la réglementation des changes.
Ensuite, il agit suivant la nature de la modification :
- Si le donneur d’ordre veut modifier le montant du crédit documentaire, l’agent devra
réviser le montant de la provision initialement constituée (à la hausse si la situation du
compte le permet ou à la baisse), régulariser le montant e l’engagement (avec accord du
service crédit) et percevoir les commissions de modification.
- Si le client veut modifier la date de validité (date limite de réalisation du crédit
documentaire) et/ou la date d’embarquement, l’agent modifier le montant des commissions
(il s’agit d’un pourcentage trimestriel).
Toute instruction de modification doit être formulée dans un message SWIFT
« modification d’un crédit documentaire » ou MT707 et envoyée via PC CONNECT à la
division internationale qui se chargera de le réviser et de l’envoyer au correspondant
étranger.
3- La réalisation : Elle recouvre deux aspects :
* La réalisation physique :
Une fois que les messages SWIFT parviennent à la banque de l’exportateur et que ce
dernier lui remet les documents, elle les expédie au correspondant étranger.
Ce dernier vérifie la conformité des documents suivant le MT700 (exhaustivité, signes de
falsifications aberrants,…etc.). Deux cas de figure peuvent se présenter :
v Si les documents sont conformes, le correspondant les envoi à la division
internationale de la banque émettrice. Cette dernière, après vérification des
documents, les envoi à l’agence avec une note d’accompagnement.
A réception de ces documents, l’agence doit :
- Mentionner sur le répertoire et sur la fiche que le crédit documentaire a été utilisé.
- Effectuer le report de domiciliation sur la facture définitive.
- Régulariser les documents de transport (endossement du connaissement maritime,
établissement de bons de cession pour les autres documents de transport) pour
permettre à l’importateur de retirer sa marchandise.
v Si les documents comportent des réserves, le correspondant expédie les documents à
la division internationale et demande une levée de réserve. La division, après examen,
envoi les documents à l’agence pour accord de paiement. Cette dernière adresse à
l’importateur un courrier recommandé dans lequel elle énonce les réserves constatées
sur les documents et invite le client à se prononcer pour leur levée.
Ce dernier dispose d’un délai de sept jours pour exprimer une opinion. S’il lève les
réserves, l’agence notifie l’accord à la division internationale qui le notifie au
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 93

correspondant étranger via un message SWIFT MT754. Sinon, les documents sont
retournés à l’exportateur.
* La réalisation financière : Elle dépend du mode de réalisation du crédit documentaire
sur lequel l’importateur et l’exportateur se sont mis d’accord :
- Réalisation par paiement à vue : ans ce cas, la banque est tenue de payer à réception des
documents conformes. L’opération se déroule comme suit :
* Le correspondant étranger adresse un appel de fonds à la division internationale.
* Cette dernière effectue une commande de devises auprès de la banque centrale. Pour se
faire, elle établit une formule 04, un ordre d’achat de devises et une pièce crédit. Une
fois le transfert effectué, elle envoi la formule 04 annotée et un liaison- sièges à l’agence
domiciliataire.
* A réception des documents, l’agence procède à l’annulation de la provision, la
comptabilisation à la vraie valeur et au prélèvement des frais et commissions.
- Réalisation par acceptation : Dans ce cas, la banque règle à une échéance déterminée.
Elle se contente, au départ, de faire signer la traite envoyée avec les documents par
l’importateur et d’envoyer cette dernière à l’exportateur.
- Réalisation par paiement différé : Dans ce cas, la banque règle après un délai convenu
entre l’importateur et l’exportateur (crédit fournisseur).
Toutes les opérations d’importation que réalise la banque doivent être apurés. Il s’agit de
s’assurer de la conformité et de la régularité de ces opérations et de leur réalisation suivant la
réglementation des changes en vigueur. En vertu de cette réglementation, les banques sont
tenues de déclarer au contrôle des changes les dossiers de domiciliation :
- Le 30/04 : Pour les dossiers ouverts le premier semestre de l’année écoulée.
- Le 31/10 : Pour les dossiers ouverts le second semestre de l’année écoulée.
La déclaration doit contenir une comparaison entre la valeur de la marchandise dédouanée
(figurant sur le D10) et celle transférée (figurant sur la formule 04). Les dossiers sont
déclarés :
a)- Apurés : Il s’agit soit de dossiers ayant une valeur apurée égale à celle transférée, soit de
dossiers annulés ou inutilisés. Ces dossiers doivent être conservés pendant 05 ans.
b)- en insuffisance de règlement : Il s’agit des dossiers ayant une valeur dédouanée
supérieure à celle transférée. Cela est généralement dû à un retard de transfert. Un compte
rendu d’apurement doit être établi et envoyé à la banque centrale.
c)- en excédent de règlement : Il s’agit e dossiers ayant une valeur dédouanée inférieure à la
valeur transférée. Cela est dû soit à un retard d’arrivée du D10, soit à une surévaluation de la
marchandise. Ces dossiers sont déclarés et transmis à la banque centrale.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 94

B- Audit :
Les risques liés aux opérations d’importations sont principalement :
a)- Le risque documentaire : C’est le risque de payer dans le care d’un crédit documentaire à
vue alors que les documents ne sont pas conformes ou celui de délivrer les documents à
l’importateur, dans le cadre d’une remise documentaire contre paiement, alors que le compte
du client n’est pas suffisamment provisionné. La banque risque la perte de la totalité u
montant de la marchandise.
b)- Le risque de contre partie : C’est le risque qu’au moment du débit définitif pour un crédit
documentaire que le compte du client ne soit pas suffisamment provisionné alors que la
provision constituée est inférieure au montant payé par la banque (il peut survenir, aussi, pour
les remises documentaires contre acceptation ou aval). Cette dernière pourra faire jouer les
garanties qu’elle a constituées.
c)- Le risque de change : En Algérie, il est supporté par l’importateur. La lettre
d’engagement en fait foi.
d)- Risque d’infraction à la réglementation prudentielle et à la réglementation des changes :
Ce risque survient si :
- La banque accepte de domicilier à posteriori.
- La banque s’engage au titre des opérations d’importations à plus de 04 fois ses fonds
propres nets (les systèmes de reporting devraient permettre de suivre le niveau des
engagements extérieurs).
- La banque n’apure pas régulièrement ses dossiers de domiciliation.
- La banque accepte de domicilier pour un particulier ou un non commerçant sans motif.
- La banque accepte de transférer un montant en USD (dollar américain) sans vérifier si les
contractants ne figurent pas sur liste rouge (liste élaborée par les Etats-Unis contenant le
nom de terroristes).
La banque risque des pénalités de la commission bancaire et même un retrait d’agrément.
Les opérations d’importation offrent un large éventail de rapprochements à l’audit de
conformité (enregistrements sur système, répertoire, dossiers). Il serait intéressant de
constituer deux équipes : Une se déplace au niveau agence, l’autre à la division internationale.
Le but étant de reconstituer le cheminement d’opérations choisies par sondages (c’est ce qu’on
appelle rechercher la piste d’audit). Les auditeurs peuvent :
- Examiner des dossiers de domiciliation (surtout pour les transferts libres et les remises
documentaires) et vérifier leur enregistrement dans le répertoire.
- Rapprocher des lettres d’ouverture de crédit documentaire avec les messages MT700
(vérifier si l’aval du directeur a été donné).
- Examiner des comptes rendus d’apurement et rapprocher avec la date de domiciliation, les
documents douaniers et les formules de transfert.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 95

- Examiner les disquettes de douane pour s’assurer de l’authenticité des D10.


…etc.
II- L’exportation de biens et services :
A- Dispositions générales :
On désigne par exportation toute vente de biens et services locaux à destination étrangère. Les
opérations se déroulent comme pour les importations sauf qu’il faut inverser les positions.
L’exposé suivant est juste un petit résumé.
Tout client voulant procéder à des exportations doit détenir trois comptes : Un compte
commercial en monnaie nationale, un compte commercial devise et un compte personnel
devise. L’ouverture des comptes commerciaux obéit aux mêmes conditions que celles des
importations. L’ouverture du compte personnel devise est subordonnée à la présentation d’un
extrait de naissance et d’une pièce d’identité en cours de validité.
Comme les importations, chaque exportation doit être préalablement domiciliée. Il suffit au
client de se présenter muni d’une facture pro forma ou un contrat en quatre exemplaires et une
demande de domiciliation. L’agent n’aura qu’à :
- Vérifier si le produit n’est pas soumis à dérogation, auquel cas il faudra l’exiger.
- Vérifier si l’exportateur n’est pas interdit de commerce extérieur, auquel cas refuser la
domiciliation.
- Attribuer un numéro de domiciliation aux factures ou aux contrats.
- Etablir une fiche de contrôle semblable à celle des importations.
- Enregistrer l’opération dans un répertoire conçu à cet effet.
- Percevoir les commissions de domiciliation.
Le dénouement de l’opération dépend du moyen de paiement utilisé. On distingue :
a)- Le transfert libre :
De part la nature de l’opération, le rôle de la banque se limite à la comptabilisation du
transfert reçu.
A réception du virement et du message SWIFT MT100 ou 103, la division internationale
vérifie les intitulés du message (nom, n° compte,…etc.) et le transmet à l’agence concernée.
Cette dernière lui attribue un numéro d’ordre (remplacer la mention OPE par la mention
OPRE (ordre de paiement reçu exportation)) puis comptabilise l’opération et perçoit les frais
et commissions.
Il est à noter que la réglementation des changes algérienne impose aux exportateurs de
rétrocéder 50% des devises reçues à la banque centrale (l’exportateur de la contre partie en
dinar). Le reste des devises devra être utilisé à 40% dans le cadre de l’activité (importations,
missions,…etc.) et à 10% pour usage personnel.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 96

C’est pourquoi, l’agence doit établir une formule de cession de devises (Formule 104) à
transmettre à la division internationale pour qu’elle effectue la rétrocession. Elle doit, aussi,
enregistrer la contre valeur en dinar du montant rétrocédé dans le compte commercial en
dinar, les 40% dans le compte commercial devise et les 10% dans le compte personnel.
b)- La remise documentaire :
L’exportateur, qui a préalablement domicilié son opération, se présente au guichet muni des
documents et du bordereau d’instruction.
Le préposé à l’opération vérifie la conformité des documents remis au détail figurant sur le
bordereau. Ensuite, il établi une fiche de contrôle ans laquelle il reprend toutes les
informations relatives à l’opération (n° domiciliation, nom de l’exportateur, n° compte, nom
de l’importateur, les documents, la banque de l’importateur, montant, monnaie,…etc.) et
enregistre l’opération dans un répertoire conçu à cet effet. Après, il confectionne une formule
de cession de devises qu’il envoi avec les documents et le bordereau d’instruction à la
division internationale.
La division internationale expédie les documents et le bordereau d’instruction au
correspondant étranger qui se chargera de les envoyer à la banque de l’exportateur.
Le dénouement de l’opération s’effectue à réception du virement et du message MT202. Le
déroulement est semblable à celui d’un transfert libre.
c)- Le crédit documentaire : La banque de l’exportateur peut avoir l’une des deux positions
suivantes :
- La position notificatrice pour les crédits documentaires révocables ou irrévocables.
- La position confirmatrice pour les crédits documentaires irrévocables et confirmés. Dans
ce cas, elle court le risque de défaillance de l’importateur ainsi qu’un risque pays (risque
que le pays de l’importateur n’assure pas la convertibilité de sa monnaie locale en devises).
Elle doit, donc, demander le rating du pays et celui de l’importateur et juger, ensuite, si oui
ou non elle donne sa confirmation.
D’une façon générale, l’opération se déroule comme suit :
- La division internationale reçoit les messages SWIFT MT700 et 799, elle informe
l’exportateur par courrier recommandé à son adresse puis expédie les messages à l’agence.
- A réception des messages, l’agence procède à l’enregistrement de l’opération dans un
répertoire en lui attribuant un numéro d’ordre (remplacer la mention ICD par ECD
(exportation crédit documentaire)) et perçoit les frais et commissions de l’opération.
- Quand le client se présente au guichet avec les documents, l’agent chargé de l’opération
vérifie leur conformité aux instructions reprises dans le message MT700.
- Si les documents sont conformes, il les expédie à la division internationale et crédite,
éventuellement, le compte du client banque confirmatrice).
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 97

- La division internationale revérifie les documents, établi un appel de fonds qu’elle


transmet au correspondant étranger par SWIFT. Elle lui expédie, aussi, les documents par
courrier express.
- A réception du transfert, l’opération se déroule comme pour un transfert libre.
Comme pour les importations, les exportations doivent, aussi, être apurées. Le dossier
d’apurement doit comporter : Un contrat commercial ou facture définitive dûment domiciliée,
un document douanier « copie banque » et un exemplaire de la formule de cession de devises
dûment annotée. Les comptes rendus d’apurement sont établis trimestriellement au profit de
la banque centrale pour les périodes suivantes :
- Le 28/02 : Dossiers ouverts durant le 3ème trimestre de l’année précédente.
- Le 31/05 : Dossiers ouverts durant le 4ème trimestre de l’année précédente.
- Le 31/08 : Dossiers ouverts durant le 1er trimestre de l’année en cours.
- Le 30/11 : Dossiers ouverts durant le second trimestre de l’année en cours.
Les dossiers sont déclarés apurés si la valeur rapatriée est égale à celle dédouanée.
Ils sont déclarés en excédent de règlement si la valeur rapatriée est supérieure à celle
dédouanée.
Ils sont déclarés en insuffisance de règlement si la valeur rapatriée est inférieure à la valeur
dédouanée.
B- Audit :
Les risques liés aux exportations sont moindres et semblables à ceux des importations et leur
volume est négligeable par rapport à celui de ces dernières en Algérie. Aussi, les travaux
d’audit de conformité ne seront pas aussi étoffés mais le principe restera le même que pour les
importations.
Le plus intéressant serait d’évaluer les performances du service par rapport aux moyens mis en
place (qualification du personnel, système d’information, PC CONNECT,…etc.).
III- Le change manuel :
A- Dispositions générales :
Les opérations de change consistent pour une banque d’échanger pour sa clientèle une
monnaie contre une autre au taux de change en vigueur.
En chaque début de journée, une cotation prix (monnaie locale à l’incertain) est affichée au
guichet de la banque reprenant les cours spot (à vue) des devises les plus courantes (USD,
EUR, GBP, CHF, CAD, SEK, DEK, JPY, …etc.). Deux cours sont affichés par monnaie : le
cours bid (à l’achat) et le cours ask (à la vente). C’est sur la base de ces cours que les
transactions sont conclues.
Comme le dinar algérien n’est pas totalement convertible, le banquier doit se conformer à la
réglementation des changes lors du traitement des opérations de change manuel.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 98

a)- L’allocation touristique : Si un Algérien veut voyager à l’étranger, la réglementation


l’autorise à convertir annuellement 15.000 DA pour couvrir ses différentes dépenses à
l’extérieur. Cette allocation n’est pas cumulative, c'est-à-dire que si une personne ne voyage
pas pendant l’année, elle ne peut pas cumuler l’allocation l’année suivante pour convertir
30.000 DA.
Quand un client se présente pour demander cette allocation, le préposé à l’opération lui
réclame :
- Le passe port.
- Le billet d’avion, de bateau ou la quittance des impôts (voyage par voie terrestre).
- Le montant en DA.
L’agent établit un document « change voyage » dans lequel il reprend les détails de
l’opération (client, devise, n° passe port,…etc.) et enregistre l’opération dans un répertoire
journalier conçu à cet effet. Ensuite, il saisit l’opération sur ordinateur et calcule le montant
de l’allocation en divisant 15.000 DA par le cours ask de la devise. Enfin, il appose le cachet
de la banque sur le passe port pour attester de l’utilisation de l’allocation.
b)- Achat billets : La réglementation des changes ne permet pas aux étrangers ni aux
résidents qui effectuent un voyage comportant une escale de payer leur billet en dinar. A leur
charge de se procurer les devises nécessaires (souvent par le marché noir).
Une fois ces devises procurées, ces personnes se présentent au guichet pour les convertir. Le
préposé à l’opération reçoit les devises, procède à l’enregistrement de l’opération sur
ordinateur, calcule le montant à délivrer en dinar et établit une attestation de changes qu’il
délivre au client pour lui permettre d’acheter son billet.
c)- Les frais de mission : La réglementation des changes permet la convertibilité du dinar aux
entreprises qui envoient leurs employés en mission à l’étranger. La banque prend en charge
uniquement les entreprises domiciliées dans ses guichets.
Les documents exigés de l’intéressé sont :
- Passe port.
- Billet ou quittance des impôts.
- Une demande d’attestation de devises.
- Un ordre de mission.
- Un ordre de paiement émanant de la société.
L’agent chargé de l’opération, après avoir vérifié la conformité des documents, vérifie le
grade de l’employé et le secteur d’activité de l’entreprise et cherche l’allocation journalière à
lui convertir à partir de la grille de la banque centrale.
Ensuite, il établi une fiche de renseignements où il reprend les informations concernant
l’opération et l’enregistre dans un répertoire conçu à cet effet.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 99

Après cela, il procède à la saisie informatique de l’opération et comptabilise par le débit du


compte de la société le montant de l’allocation en dinar à convertir à l’intéressé.
d)- Le transfert des excédents de recettes : La réglementation des changes permet aux
entreprises étrangères de répartir leurs bénéfices nets à leurs pays d’origine. Le transfert obéit
à la même procédure qu’un transfert libre à l’importation.
e)- La cession des devises des particuliers : Les particuliers peuvent céder des devises contre
des dinars. Le change est assuré par un caissier au cours bid de la journée.
B- Audit :
Le risque le plus important lié aux opérations de changes est celui d’infraction à la
réglementation des changes si les règles précédemment évoquées ne sont pas respectées.
L’auditeur aura à vérifier les documents requis pour la réalisation des opérations suivant la
procédure interne en choisissant des dossiers par sondages statistiques et de juger si ces
documents sont suffisants pour sécuriser l’opération (identification de l’intéressé, autorisation
de l’entreprise pour les missions, la situation bilancielle pour le rapatriement). Pour les frais de
missions, l’auditeur vérifie si le calcul de l’allocation est conforme à la grille.
Aussi, il doit vérifier que la personne qui enregistre l’opération n’est pas celle qui décaisse (le
décaissement doit être assuré par un caissier qui tient un brouillard de caisse. Un
rapprochement doit pouvoir se faire en fin de journée) pour éviter les erreurs et les fraudes.
En outre, il pourra examiner des travaux de fin de journée de la caisse devise et vérifier s’il n’y
a pas d’irrégularités.
En terme de durée, les opérations de change manuel ne prennent pas plus d’une journée à
l’exception des transferts qui peuvent prendre jusqu’à dix jours.

Aux termes de ce chapitre, nous avons pu constater que les travaux d’audit varient en
fonction du type des opérations à auditer d’où le besoin important de leur prise de
connaissance préalable. Les opérations de caisse sont plus caractérisées par des risques
opérationnels d’où le besoin que les contrôles mis en place par la banque (travaux de fin de
journée) soient efficaces. Les opérations de crédit sont plus caractérisées par le risque de
contre partie d’où le besoin que les études de dossiers soient de qualité. Les opérations à
l’étranger sont plus caractérisées par des risques règlementaires qu’il conviendrait de
superviser au quotidien.
La partie qui va suivre sera entièrement consacrée à la pratique de l’audit opérationnel en
Algérie. Nous allons voir à travers cette partie comment les cabinets d’audit et les structures
d’audit interne s’organisent pour conduire à bien leurs travaux et présenter les résultats d’une
enquête effectuée auprès de structures d’audit interne bancaires concernant cette pratique.
Chapitre III : Audit des opérations bancaires 100
P a r t ie 0 2

P r a t i q u e d e l ’a u d i t

o p é r a t io n n e l b a n c a ir e

« M ieux vaut penser les changements que de


changer les pansements »

F rancis B lanche
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 101

Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie :

Comme nous l’avons expliqué dans le chapitre préliminaire, les cabinets d’audit sont
connus pour leur indépendance qui garanti le sérieux de leur opinion et leur organisation très
formelle et hiérarchisée.
Pour vérifier cette déclaration, nous avons choisi de prendre pour exemple le cabinet
KPMG. Nous allons tenter à travers ce chapitre de décrire son organisation et son mode de
travail pour ressortir les facteurs clés de sa réussite.
KPMG, comme n’importe quel autre cabinet d’audit, vend une expertise et une image
de marque. Sa signature est donc une assurance de crédibilité. Si une de ses entreprises (telles
que KPMG Algérie) à travers le monde donne une mauvaise expertise, elle met en péril la
réputation de tout le cabinet (c’est ce qui s’est passé avec Arthur Anderson et le groupe
Enron).
Nous avons choisi de diviser le chapitre en trois sections. La première abordera
l’organisation de KPMG monde et de KPMG Algérie. La seconde traitera de l’organisation du
service d‘audit de KPMG Algérie et la dernière abordera la méthodologie de missions d’audit
adoptée par le cabinet.
Section 01 : Présentation de KPMG et de KPMG Algérie :
I- Historique et présentation :
KPMG est un réseau mondial de prestations de services d’audit, fiscaux et de conseil dédié aux
entreprises du monde entier.1Il est présent dans plus de 144 pays et compte 113 000
collaborateurs. Avec un chiffre d’affaire de 16,9 milliards de dollars, KPMG fait partie des
« big four » avec Price Waterhouse Coopers, Deloitte et Ernest Young.
Le réseau doit son nom aux initiales de quatre personnes :
- K est l’initiale de KLYNVELD Piet, le fondateur du cabinet d’expertise comptable
Klynveld Kraaayenhof & co en 1917 à Amsterdam.
- P est l’initiale de William Barclay PEAT, le fondateur du cabinet d’expertise comptable
William Barclay Peat & co en 1870 à Londres.
- M est l’initiale de James MARWICK, le fondateur du cabinet d’expertise comptable
Marwick Mitchell & co, en collaboration avec Roger MITCHELL, en 1897.
- G est l’initiale du Dr. Reinhard GOERDLER, le premier à la tête de KPMG.
Le réseau est né en 1987 suite à la fusion des groupes Peat Marwick International (PMI) et
Klynveld Main Goerdeler (KMG).

1
www. Wikipédia.org.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 102

KPMG International est constituée en tant que coopérative de droit suisse. Les membres du
réseau sont des entités juridiques distinctes et indépendantes dont KPMG Algérie SPA.
Cette dernière a été inaugurée le 10 Mars 2002 faisant de KPMG le premier « big four » à
s’installer en Algérie. Depuis, son activité n’a cessé de prospérer.
Actuellement, la société est détenue par M Jean Mary PINEL, fondateur de la société, et KPMG
France. Elle compte 80 personnes dans son effectif. Ce nombre est appelé à augmenter dans les
années à venir. Ses principaux concurrents sont KPMG France, KPMG Tunis et Ernest Young
France.
KPMG Algérie propose un large éventail de services adaptés à la forme juridique et la taille de
la structure demandeuse, ainsi qu’au contexte socioéconomique de l’Algérie. Ces services
peuvent être résumés comme suit :
A- L’audit financier et comptable :
KPMG Algérie réalise des audits contractuels des états financiers pour tout type
d‘organisations (grandes entreprises multinationales, PME, administrations publiques,
exploitants individuels, associations) suivant les normes nationales (comptabilité en PCN) et
internationales (Comptabilité en IFRS). Elle permet, ainsi, à ces organisations d’avoir une
appréciation des risques auxquels elles sont exposées et d’améliorer leurs méthodes de gestion.
Il est à noter que la société dispose d’une filiale (Fiduciaire Audit Algérie) pour assurer les
missions d’audit légal.
B- La restructuration :
KPMG Algérie assiste les entreprises dans leur restructuration en les aidant à identifier leurs
sources de création de valeur. Ceci permettra à ces dernières d’accélérer leur développement
tout en maîtrisant leurs risques.
Aussi, elle assiste les entreprises dans leurs acquisitions en leur proposant des travaux de due
diligence qui vont permettre d’apprécier l’entreprise à acquérir avant de déposer leurs offres.
C- Information Risk Management (IRM) :
KPMG Algérie propose à ses clients des audits de systèmes d‘information qui leur permettront
d’avoir une assurance sur la performance, la fiabilité et la sécurité de leurs systèmes
d’information.
Aussi, elle propose les meilleures solutions inspirées de ses pratiques et de celles connues de
part les expériences afin de corriger les défaillances et améliorer le fonctionnement des
systèmes en question.
D- Réaction des procédures :
KPMG Algérie propose aux entreprises voulant bâtir ou améliorer leur système de contrôle
interne de les aider à mettre en place des procédures qui leur permettront de maîtriser les
risques de leur activité et maintenir leur pérennité.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 103

F- Assistance aux entreprises :


KPMG Algérie offre une assistance aux entreprises durant tout leur cycle de vie. Elle leur
propose des études économiques pour orienter leurs choix d‘investissements, les aide à
accomplir les formalités juridiques pour leur installation (par exemple, elle aide les banques
voulant s’installer à obtenir leur agrément) et propose de les aider dans leurs problèmes
juridiques et fiscaux quotidiens.
Cette diversité implique l’existence e deux types de clients à KPMG Algérie : Des clients audit
et des clients non audit. C’est pourquoi, afin de garantir une indépendance et jugement
impartial, KPMG n’audite jamais un client non audit et le contraire et vrai.
La clientèle de KPMG Algérie est essentiellement constituée de grandes entreprises appartenant
à divers secteurs d’activité et ce, parce qu’elle pratique des coûts de prestations élevés.
II- Infrastructure et moyens :
De part la nature de son activité et de sa récente installation, KPMG Algérie ne dispose pas
d‘un réseau couvrant le territoire national. Tout le personnel de l’entreprise est installé au siège
social à Hydra.
Afin de réussir son activité, elle a mis en place un ensemble de moyens humains et matériels.
A- Les moyens humains :
Comme l’activité de KPMG consiste à vendre une expertise, son principal actif est ses
ressources humaines. La plupart des employés de KPMG Algérie sont jeunes et de profils
différents. On y trouve :
a)- Les auditeurs :
Ils sont plus ou moins généralistes (à l’exception des IRM). Ce profil correspond à la réalité
de l’économie Algérienne (toujours en démarrage).
b)- Les conseillers :
Il s’agit de personnes spécialisées en droit et en fiscalité algérienne.
c)- Les informaticiens :
d)- Les agents administratifs :
Ils maîtrisent, généralement, trois langues.
B- Les moyens matériels :
Ces moyens sont mis en place pour faciliter au maximum le travail du personnel. Il s’agit
principalement de :
a)- Le réseau interne :
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 104

KPMG Algérie dispose d’un réseau interne qui permet :


- L’accès à Internet pour faciliter les recherches.
- Le lancement d’impression de documents.
- Le stockage des travaux.
- La communication entre les agents.
- Le travail concomitant sur un même dossier.
b)- Les ordinateurs :
Chaque employé à KPMG Algérie dispose de son propre ordinateur. Ce dernier est configuré
de telle sorte à faciliter les travaux de son utilisateur (modèles des documents de travail,
logiciels appropriés, supports pédagogiques, dictionnaire,…etc.). Il est à noter que les agents
souvent en déplacement disposent tous d’ordinateurs portables.
KPMG Algérie met, aussi, à la disposition de ses employés les outils d’impression
(photocopie, imprimantes, scanner,…etc.).
c)- La gestion du personnel :
Elle est assurée grâce à un système de time sheet. Chaque employé est tenu d’enregistrer
chaque journée travaillée sur un logiciel spécialisé. Il doit indiquer le nombre d’heures
travaillées, sur quel client (missions d’audit et de due diligence uniquement), ce qui a été fait,
les absences (congés, récupérations) et les frais de restauration et de transport engagés durant
la journée (missions d’audit et de due diligence uniquement). Le système permet :
- Le calcul de la paie des employés.
- Le calcul des honoraires par client.
- l’évaluation des travaux du personnel.
- Le remboursement des frais.
d)- Le matériel de sécurité :
Comme KPMG Algérie garde à son niveau des informations hautement confidentielles
concernant ses clients, elle a mis en place un dispositif de sécurité comprenant notamment :
- L’installation de chambres fortes pour la protection du réseau interne.
- L’installation de logiciels mouchards dans les ordinateurs des employés.
- La conservation des dossiers dans des meubles fermés à clef.
- La mise en place de caméras de surveillance.
…etc.
III- L’organisation :
Afin d’assurer au mieux les services qu’elle propose, KPMG Algérie est installée en plusieurs
départements à savoir :
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 105

A- Le département audit :
C’est le département le plus important. Il compte environ 40 employés. Il est chargé de mener
des missions d’audit de tout genre. Ses membres, de part la nature de son activité, sont souvent
en déplacement. L’activité de ce département sera examinée en détail dans la section suivante.
B- Le département juridique et fiscal :
Ce département compte environ 24 employés. Il est chargé de réaliser des études sur le droit et
la fiscalité algérienne pour le compte des entreprises étrangères et assistent les auditeurs dans
l’identification des risques inhérents. Ils peuvent intervenir dans des missions d’audit si les
risques juridiques et fiscaux sont élevés.
C- Le département informatique :
Ce département compte 02 employés. Il lui incombe de :
- Configurer les ordinateurs selon le format KPMG entreprise.
- Les contrôler périodiquement pour vérifier si les consignes réglementaires en matière
d’utilisation ont été respectées, notamment en ce qui concerne :
* L’installation de programmes que ceux déjà existant.
* La visite de sites Internet illicites.
* Le téléchargement ou la gravure de programmes protégés par les droits d’auteurs.
- Maintenir le bon fonctionnement du réseau interne.
- Accéder mensuellement aux boites Outlook des employés pour vérifier l’enregistrement des
travaux et supprimer les enregistrements inutiles (images, musique,…etc.).
D- Le département administratif :
Ce département compte environ 09 employés. Il est chargé de :
- Tenir la comptabilité de la société.
- Assurer l’approvisionnement (papier, cartouches d’ancre, stylos,…etc.).
- Gérer l’accueil, le courrier, le fax et la caisse.
- Organiser les conditions de déplacement des auditeurs (réservation de billets, hôtels,…etc.).
- Gérer la paie des employés et la formation.
- Assurer la sécurité.
E- La direction générale :
Elle comporte trois directeurs associés (Partners). Ils sont chargés de la certification et de la
supervision des travaux.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 106

Nous pouvons présenter KPMG Algérie dans l’organigramme suivant :

Partner Partner Partner

Informatique Administratif

Senior Senior
manager manager

Juridique & Audit


fiscal

Section 02 : Le département audit de KPMG Algérie :


I- Présentation du département :
Le département audit est le principal département de KPMG Algérie et constitue son plus
important centre de profit. Il s’accapare 50% de la force de travail du cabinet pour la réalisation
des travaux suivants :
A- L’audit contractuel :
Il s’agit essentiellement de la certification des états financiers reportés de filiales algériennes
d’entreprises multinationales. KPMG Algérie certifie ces états suivant les normes comptables
adoptés par l’entreprise à la quelle appartient la filiale (normes norvégiennes, US GAAP,
IFRS,…etc.).
Cet audit s’effectue suivant la méthodologie KAM que nous aborderons dans la section
suivante.
B- L’audit opérationnel :
Il s’agit d’une activité secondaire à KPMG Algérie (ce type de missions est généralement
demandé en été). Il s’agit essentiellement des audits de procédures et des audits management.
Pour mener à bien ces missions, KPMG a mis en place des questionnaires de contrôle interne
(check lists). Ils sont généralement complétés par l’équipe d’audit pour correspondre aux
spécificités des procédures internes de l’entreprise à auditer. Ce type d‘audit n’a pas été encore
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 107

réalisé dans une banque du fait que la majorité des banques disposent de structures d’audit
interne qui effectuent ce type de travaux.
C- L’IRM :
Comme nous l’avons précédemment expliqué, l’IRM est l’audit des systèmes d‘information.
Toute fois, il convient de signaler que les services des IRM sont sollicités, parfois, dans des
audits contractuels quand le système d’information a une importance capitale dans l’activité de
l’entreprise à auditer (comme c’est le cas d’une banque).
D- La due diligence :
Certains la surnomment « l’audit avant acquisition ». Elle est généralement sollicitée par des
entreprises voulant acquérir d’autres entreprises. Les travaux des auditeurs vont permettre à
l’entreprise acheteuse d’avoir des indicateurs lui permettant de fixer son offre. Il s’agit, en fait,
d‘une évaluation de l’entreprise à acquérir sur la base de ses états financiers. Dans le cadre de
ces missions, le cabinet n’est pas responsable de la sincérité de l’information financière sur
laquelle se base son étude.
II- L’organisation du service :
Le département audit est organisé par grades. Le passage d’un grade à un autre augmente la
responsabilité de l’auditeur. Ces grades peuvent être résumés comme suit :
A- L’assistant débutant (AD):
Il s’agit du grade de démarrage à KPMG Algérie. Les AD sont chargé d’effectuer les travaux
que leurs seniors leur confient. Il s’agit essentiellement de tests substantifs, d’entretiens avec
le personnel pour des renseignements ou explications, la prise de notes lors des réunions de
seniors ou de managers avec de hauts responsables de l’entreprise, des recherches sur l’activité
de l’entité à auditer,…etc.
B- L’assistant confirmé (AC):
Ce grade s’obtient généralement après un an d’expérience à KPMG Algérie. Un AC effectue
des travaux similaires à l’AD sauf qu’il peut être désigné comme chef de missions sur de
petites entités (associations, PME,…etc.).
C- Le senior :
Ce grade s’obtient généralement après deux ans d’expérience à KPMG Algérie. Le senior est
généralement le chef des missions d’audit. Il est chargé de :
- La planification des missions.
- La supervision des travaux des AC et AD et la gestion des problèmes sur le terrain.
- La concertation avec le manager sur certains points relatifs à la mission.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 108

D- Le senior confirmé :
Ce grade s’obtient généralement après trois ans d’expérience à KPMG Algérie. LMe senior
confirmé se voit attribuer les plus grandes missions. Il est chargé, en plus des travaux confiés
au senior, de :
- S’entretenir avec les hauts responsables de l’entité dans le cadre de la planification de la
mission.
- Assister aux réunions d’ouverture et de clôture des missions.
- Fixer le seuil de signification avec le manager et le partner.

E- Le manager :
Il s’agit de l’interlocuteur direct avec le partner. Il est chargé de superviser les missions
d’audit. Il assiste le senior dans la phase de planification, corrige les travaux d’audit et les
différents rapports, se prononce sur le seuil de signification et se prononce, avec le partner,
sur la certification ou non des états financiers de l’entité auditée.
F- Le partner :
C’est l’associé. C’est lui qui conclut les interventions de KPMG Algérie avec les entreprises,
désigne le senior et le manager en charge de la mission, assiste à la réunion d’ouverture et de
clôture, se prononce sur la stratégie d’audit à adopter et se base sur les travaux des auditeurs
(qu’il contrôle) pour décider de la certification ou non des états financiers.
Nous pouvons définir les relations hiérarchiques dans l’organigramme suivant :
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 109

Partner Partner Partner

Senior manager

Manager

Assistant
manager

Senior confirmé Senior confirmé

Senior Senior Senior

AC/AD AC/AD AC/AD AC/AD

Chaque grade est tenu d’évaluer le grade qui lui est inférieur (le contraire est vrai).
Malgré cette hiérarchisation, l’accessibilité est libre à KPMG Algérie (par exemple, un AD
peut directement consulter le partner s’il le veut). Il y a donc un certain environnement
familial au sein du cabinet que, nous pensons être l’un des facteurs clés de sa performance.
III- La formation :
Le rythme ininterrompu des missions ainsi que l’inexistence de formations professionnelles en
audit fait que la formation soit limitée à KPMG Algérie. Néanmoins, la société assure :
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 110

- Une formation par an sur la méthodologie KAM avant d’accéder à un grade supérieur.
- Des formations en Anglais à partir du grade de senior.
- Des parrainages pour accéder à des écoles spécialisées telles que l’Ecole Supérieure
Algérienne des Affaires (ESAA).
- Une documentation interne très riche pour l’autoformation.
La devise du cabinet : Il n’y a pas meilleur professeur que le terrain.

Section 03 : Bref aperçu de la méthodologie d’audit de KPMG :

La méthodologie KAM (KPMG Audit Methodology) est basée sur les normes ISA
(International Standard Auditing, normes universelles d‘audit édictées par la Fédération
Nationale de Comptabilité). Bien qu’elle concerne l’audit financier et comptable, nous avons
jugé utile de la présenter pour deux raisons :
- Faire la distinction entre l’audit financier et l’audit opérationnel.
- La méthodologie est assez intéressante et peut être adaptée, en partie, à l’audit opérationnel.
Pour des raisons de confidentialité, seul un aperçu bref sera présenté.
KAM est composée de quatre phases : Planning, control evaluation, substantive testing et
completion.
I- Planning :
Cette étape est importante car c’est de son déroulement que va dépendre la réussite ou non de la
mission. Elle nécessite, essentiellement, l’intervention du senior, du manager et du partner. En
terme de temps, elle représente 40 à 50% u temps de la mission. Dans cette étape, il y lieu de :
A- comprendre l’entité :
Cette étape doit aboutir à la compréhension de l’activité de l’entité à auditer, son
environnement économique, les normes et principes comptables qui la régissent et ses
performances. Pour la réussir, il y a lieu de collecter toute information juger utile à partir des
sources suivantes :
- Les états financiers de l’entité.
- Ses rapports de gestion.
- Les rapports de commissaires aux comptes et d‘audit interne (s’il existe).
- Les manuels de procédures.
- Les articles de journaux, sites Internet.
- Les procès verbaux de l’assemblée générale.
- Les entretiens avec la direction générale, direction financière, direction des ressources
humaines,…etc.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 111

Ces informations doivent, ensuite, être traitées, résumées et analysées pour aboutir à
l’identification des risques apparents relatifs à l’entité (Fraude, erreurs,…etc.).
B- Identification des comptes significatifs :
Un compte est considéré comme significatif si une anomalie dans ce compte, seule ou agrégée
à d’autres, peut remettre en cause la sincérité et la fiabilité des états financiers de l’entité à
auditer. Il s’agit des :
- Comptes à montants significatifs.
- Comptes enregistrant des traitements récurrents.
- Comptes comportant un risque de fraude élevé.
…etc.
Une fois ces comptes identifiés, il y a lieu de leur affecter leurs risques inhérents et de donner
à chaque risque une évaluation (faible, moyen, élevé).
Ensuite, il y a lieu d’affecter à chaque compte des objectifs qui, s’ils sont vérifiés, permettent
de valider la sincérité et des comptes en question. Ces objectifs peuvent être :
- L’exhaustivité des enregistrements.
- l’existence des biens, créances et autres enregistrés.
- L’exactitude des enregistrements.
- La bonne valorisation de certains enregistrements.
- L’appartenance des biens enregistrés à la société.
- La correcte présentation des enregistrements.
C- Définir lé stratégie d’audit :
Après avoir compris l’entité, identifié ses comptes significatifs et évalué ses risques, le senior,
le manager et le partner doivent se concerter pour décider de :
a)- Le seuil de signification : C’est un seuil d’erreur qui pourrait remettre en cause la
sincérité des états financiers s’il est dépassé. Il existe des règles pour le situer mais reste
souvent soumis à l’appréciation des risques. Un seuil minimum d‘ajustement (seuil à partir
duquel une erreur sur un compte doit être corrigée) est, aussi, fixé.
b)- L’équipe d’audit : Il y a lieu de choisir, suivant les caractéristiques de l’entité, l’équipe
qui va auditer. Plusieurs facteurs sont à prendre en considération :
- Si le système d’information a une importance majeure dans l’activité, l’équipe doit
comporter un IRM.
- Si le secteur d’activité de l’entité est en dehors des spécialités développées par KPMG
Algérie, il faudra faire appel à des experts externes ou à des auditeurs internes de l’entité à
auditer.
- Les critères de choix des externes (évaluation, entretien,…etc.).
…etc.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 112

Généralement, les auditeurs de KPMG Algérie qui seront chargés de la mission sont désignés
par le senior.
D- Définir l’approche d’audit :
Pour chaque compte significatif, il est possible d’opter soit pour une approche contrôle, soit
pour une approche substantive. Quelle que soit l’approche choisie, il y a lieu d’expliquer son
déroulement :
- L’approche contrôle consiste à prendre connaissance du contrôle interne mis en place pour
un compte donné et à évaluer sa conception et son application. Elle est généralement
utilisée si les risques inhérents sont élevés.
- L’approche substantive consiste à effectuer des tests de détails et des tests analytiques pour
valider directement les objectifs d’audit. Elle est utilisée si le risque inhérent est faible et le
test substantif est plus facile à mettre en place qu’une approche contrôle ou si le contrôle
interne est inexistant ou défaillant pour ce contrôle (si des missions antérieures ont été
menée et qu’aucune recommandation n’a été mise en place).
Tout au long de cette phase, les documents suivants sont établis ou entamés :
- Le document de planification de la mission qui résume la phase planning.
- Le programme d’évaluation du contrôle interne (programme d’audit).
- Le programme de travail pour les thèmes spécifiques qui traite de la fraude, des lois et
réglementation des parties liées, des litiges et réclamations et de la continuité d‘exploitation
(Ces travaux sont laissés au senior ou au manager).
- Une évaluation du service bureau, de l’audit interne ou des experts externes.
Les documents susmentionnés sont normalisés.
II- Control evaluation :
Il s’agit de la première étape de travail sur le terrain. Sa finalité est d’arriver à évaluer, par
compte, le risque d’erreur significative. Afin d’y parvenir, il y a lieu de :
A- Pour l’approche contrôle :
La démarche consiste, pour un compte significatif donné, à :
a)- Comprendre les activités comptables : Dans cette étape, les auditeurs vont prendre
connaissance de la procédure comptable non écrite (autorisation, enregistrement,…etc.), u
fonctionnement du système d’information (traitements automatiques, manuels) et du système
de reporting (remontée des information vers les états financiers).
b)- Identifier les zones de risque et les contrôles existant pour les contrer : La compréhension
préalable va permettre à l’équipe d’audit de confirmer ou d’infirmer l’existence des risques
recensés lors de la phase planning ainsi que de constater l’existence d’autres risques. A
chaque risque identifié, il y a lieu d’associer la procédure interne censée la contrer (si elle
existe). Ensuite, il y a lieu de comprendre les contrôles qu’elle prévoit et leur périodicité.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 113

c)- Evaluer la conception et l’application des contrôles sélectionnés : Comme la mission est
limitée dans le temps, il est généralement impossible d’évaluer tous les contrôles mis en
place par l’entité. C’est pourquoi, seuls les contrôles les plus pertinents sont sélectionnés
pour être évalués.
L’évaluation de la conception et de l’application des contrôles est effectuée grâce à des tests
de design. Ces tests utilisent divers outils et techniques d’audit (interviews, confirmations,
piste d’audit, sondages) afin de répondre aux questions suivantes :
- Comment le contrôle est-il effectué ?
- A quelle fréquence ?
- A quel risque est il censé parer ?
- Le contrôle est-il détéctif ou préventif ?
- La personne qu l’effectue a-t-elle les compétences nécessaires ?
- Le contrôle est automatisé ou manuel ?
d)- Evaluer l’efficacité opérationnelle des contrôles : Cette étape n’est pas systématique car
elle requiert que les le contrôle soit bien conçu et appliqué. De plus, par contrainte de temps,
on a recours à cette méthode si :
- Les tests substantifs n’ont pas fournis de preuves suffisantes pour la validation ou non des
objectifs d’audit.
- Le risque de fraude est élevé.
Dans cette étape, l’équipe a recours à des tests d’application. Ces derniers consistent à refaire
les contrôles de l’entité. Le nombre de tests sur un contrôle dépend de sa fréquence. L’équipe
d‘audit peut se référer aux normes internes de KPMG pour déterminer ce nombre. Les outils
et techniques d’audit utilisés sont les confirmations, les requêtes système (tests
informatiques), les vérifications et rapprochements et les sondages.
e)- Evaluer le ROSM (risque d’erreur significative) : Le ROSM est la combinaison u risque
inhérent et du risque de contrôle interne. Son évaluation se lit sur une matrice prédéfinie, une
fois l’évaluation du risque inhérent et du risque de contrôle interne connue.
- Le risque inhérent est un risque qui naît de l’activité de l’entité. Cette dernière peut le
maîtriser, jamais l’annuler. Comme le risque informatique pour une banque.
- Le risque de contrôle interne est le risque de défaillance des contrôles mis en place par
l’entité pour gérer les risques.
B- L’approche substantive :
L’équipe d’audit doit prendre connaissance des systèmes comptables de l’entité et réaliser les
tests substantifs suivant les objectifs d’audit. Le ROSM est, dans cette approche, égal au risque
inhérent.
La phase control evaluation permet de définir l’étendue de la phase substantive :
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 114

- Si le ROSM est faible, l’étendue est courte.


- Si le ROSM est élevé, l’étendue est longue.
Tout au long de cette phase, les documents suivants sont établis, complétés ou entamés :
- Programme de travail (contient l’ensemble des travaux d’audit).
- Programme de travail- thèmes spécifiques.
- Programme de travail- Etats financiers (contient divers rapprochements entre les états
financiers. Par exemple, entre la balance d’ouverture de l’année et celle de clôture de l’année
précédente).
- Programme d’évaluation des contrôles généraux informatiques (concerne les IRM).
Ces documents sont normalisés.
III- Substantive testing :
Dans cette étape, l’équipe va vérifier si chaque compte satisfait à ses objectifs d‘audit. Pour se
faire, il y a lieu de :
A- planifier les procédures substantives :
Il faudra choisir, par compte, les tests substantifs à faire et comment les faire (tests complets,
par sondages). Le choix dépendra :
- Des objectifs d’audit à couvrir.
- Des conclusions de la phase précédente concernant le ROSM.
- Des procédures obligatoires.
…etc.
B- Réaliser les tests substantifs :
Ces derniers peuvent adopter trois formes :
a)- Les tests analytiques : Se référer au chapitre « outils et techniques d’audit ».
b)- Les tests de détail : Il s’agit d’effectuer des vérifications et des rapprochements sur pièces
(voir le chapitre « Techniques et outils d’audit »).
c)- Les procédures relatives à la fraude : Il s’agit de tests prédéfinies destinés à détecter la
fraude dans les comptes. Ils contiennent des vérifications, des rapprochements et des
examens analytiques spécifiques. Ils sont laissés au senior ou au manager.
Chaque test substantif est matérialisé dans un papier de travail. Ce dernier reprend les objectifs
d’audit, les travaux réalisés, le résultat des travaux et la conclusion quant aux objectifs d’audit.
Le papier de travail ainsi que les documents ayant servi pour sa réalisation doivent être
codifiés pour permettre au lecteur du papier de revenir au document qui a servi à sa réalisation
ou le contraire.
Les tests substantifs peuvent ressortir des écarts. Dans ces cas, il y a lieu de :
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 115

- Revérifier les étapes du test utilisé (s’il n’y a pas d’erreurs).


- Interroger les personnes concernées (comptable, responsable des ressources humaines,
directeur financier,…etc.).
Ces derniers peuvent soit reconnaître l’erreur, soit donner une explication logique, soit ne pas
donner d‘explications.
- Dans le premier cas, il y a lieu d’ajuster le compte (si l’erreur dépasse le seuil minimum
d’ajustement).
- Dans le second cas, il faut vérifier la concordance e l’explication avec les résultats puis la
noter. Une note de contrôle interne est généralement annexée au test.
- Dans le troisième cas, il y a lieu de rechercher d’autres causes (voir le chapitre « techniques
et outils d’audit- diagramme d’ishikawa »). Si aucun résultat n’est obtenu, il faudra
reconsidérer le test.
Parfois, si l’on adopte une technique de sondages qui révèle un écart, l’extrapolation l’amplifie
généralement et il est difficile de faire reconnaître cela au client. C’est pourquoi, ces
techniques ne sont utilisées qu’en cas de nécessité.
C- Examiner la suffisance et l’appréciation des tests :
Un test substantif est considéré comme suffisant et approprié s’il permet de conclure pour
chaque objectif d’audit.
Dans cette phase, les documents suivants les documents suivants sont établis, complétés ou
entamés :
- Le programme de travail.
- La synthèse des ajustements d’audit.
- La programme de travail- Etats financiers.
- Le programme de travail- Thèmes spécifiques.
IV- Completion :
C’est l’étape de finalisation. Elle prend environ 10 à 20% du temps de la mission. Elle consiste
à:
A- Réaliser des procédures de synthèse :
Il s’agit de :
- Effectuer une revue analytique finale de l’entité et étudier toute autre information jugée
utile.
- Conclure sur les thèmes spécifiques.
- Etablir une lettre d‘affirmation (lettre dans laquelle le directeur général et le directeur
financier de l’entité reconnaissent n’avoir caché aucune information susceptible de remettre
en cause l’opinion d’audit) et la faire signer aux responsables audités.
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 116

B- Effectuer une évaluation d‘ensemble :


Il s’agit de :
- Revoir les travaux d’audit (détecter toute erreur ou omission).
- Associer les objectifs d’audit aux risques significatifs pour vérifier si les risques imaginés
lors de la phase planning se sont révélés sur le terrain.
- Réexaminer la synthèse des ajustements (séparer les ajustements comptabilisés par l’entité,
les ajustements non comptabilisés et les erreurs et omissions).
- Réviser, éventuellement, la stratégie d’audit (le seuil de signification).
- Réexaminer les défaillances importantes du contrôle interne.
- Examiner le respect des règles d’éthique et indépendance.
C- Exprimer une opinion d‘audit :
L’opinion d’audit est la certification ou non des états financiers. Elle se base sur la suffisance
des preuves d‘audit collectées et se matérialise par l’émission du rapport d’audit.
Cette phase donne lieu à l’établissement ou le bouclement des documents suivants :
- Document de synthèse de la mission (Rapport d’audit).
- Programme de travail- Etats financiers.
- Programme de travail- Thèmes spécifiques.
Ces documents sont normalisés.
Puisque KPMG Algérie est soumise à un contrôle de qualité annuel de KPMG France ou Europe,
elle se doit toujours de respecter la méthodologie KAM précédemment résumée au risque de voir
son agrément retiré.
Comme cette méthodologie le montre, les objectifs d’audit d’une mission d’audit financier sont
complètement différents de ceux de l’audit opérationnel mais les outils et techniques utilisés sont
identiques.
La méthodologie KAM peut être adaptée à l’audit opérationnel comme nous l’avons énoncé
précédemment :
- La compréhension de l’entité doit être complétée avec la compréhension du domaine à auditer
en restant dans la même logique.
- L’identification des comptes significatifs doit être remplacée par l’identification des tâches
importantes.
- Les objectifs à associer à chaque tâche doivent être des objectifs de contrôle interne
- Aucun seuil de signification ne doit être pris.

Ainsi, KPMG a réussi brillamment son entrée sur le marché algérien grâce à ses
rigoureux principes d’éthique et de méthodologie et à son organisation basée sur la confiance
maîtrisée et l’esprit de famille. Toutefois, un problème organisationnel y existe méritant d’être
Chapitre I : Pratique des cabinets : Cas de KPMG Algérie : 117

signalé. La phase planning, qui est assurée exclusivement par les seniors et les managers
(sachant qu’un seul senior et un seul manager est désigné par mission), peut se révéler
contraignante à cause de sa longueur. Nous estimons que certains travaux relatifs à cette
phase peuvent être délégués aux AC et AD qui sont beaucoup plus nombreux.
Le chapitre suivant va être consacré au deuxième praticien de l’audit opérationnel qui
est le service d’audit interne.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 118

Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien :

L’audit interne est le principal praticien d’audit opérationnel. Il doit obéir à une
organisation spécifique et à des normes et principes méthodologiques qui vont lui permettre de
mener à bien ses travaux.
En Algérie, cette notion est très récente et mal comprise par la plupart des entreprises
notamment les banques qui la confondent avec l’inspection, toujours considérée comme étant
un gendarme.
Dans ce chapitre, nous allons tenter de suivre la structure d’audit interne bancaire
dans ses étapes de vie et voir comment cette activité a évolué en Algérie. Pour ce faire, nous
avons divisé ce chapitre en deux sections : La première abordera la conception et le
fonctionnement d’une structure d’audit interne dans une banque, tandis que la seconde
abordera en partie, l’existant Algérien. L’autre partie sera traitée dans le chapitre suivant.
Section 01 : L’audit interne bancaire: Constitution, organisation et fonctionnement :
I- Les préalables à la constitution :
Fonder une structure d’audit interne dans une banque ou n’importe quel autre type
d’organisation est loin d’être une mince tâche. Il est important que des préalables soient mis en
place graduellement.
Dans son livre, Audit interne : ce qui fait débat, Jacques RENARD propose, pour mettre en
place une structure d‘audit, la méthodologie suivante :
A- Elaborer une charte :
Certains la considèrent comme un document qui permet aux agents de la banque de savoir à
qui ils ont affaire, d’autres estiment que c’est un document que le service d’audit télécharge
sur Internet et publie en prenant le soin de changer l’entête. Conçue selon ces deux visions, la
charte d’audit dévie complètement de l’objectif pour lequel elle est élaborée.
D’abord, même si la charte est élaborée à l’attention du personnel de la banque pour
l’informer des missions, pouvoirs et responsabilités de l’audit interne, elle doit inspirer, au
final, le respect du métier d’auditeur interne afin de permettre une meilleure acceptation de ce
concept, inconnu auparavant es agents de la banque. Si la charte inspire la crainte, sa diffusion
ne fera que générer des réticences et nuire à l’image de l’audit interne, plus considéré comme
un médecin mais comme un gendarme.
Aussi, comme elle est destinée à être communiquée, la charte doit être claire et cohérente avec
la culture et les habitudes de la banque. Une charte plagiée est une source d’ambiguïté qui
risque de donner une fausse image du service.
C’est pourquoi, il est préférable qu’elle soit rédigée par des personnes internes à la banque
(responsable chargé de mettre en place la structure, superviseur de contrôle interne,…etc.) et
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 119

validée par le conseil d’administration pour permettre sa correction et lui donner plus de poids
lors de sa diffusion.
Nous estimons que le charte d‘audit dans une banque doit essentiellement mettre l’accent sur
les différences existant entre l’audit interne et ses métiers voisins.
B- Elaborer une cartographie des risques ou exploiter celle qui existe déjà :
Pouvoir exploiter une cartographie des risques pour élaborer un plan d’audit couvrant tous les
risques bancaires est très intéressant voire important, mais ce n’est pas forcément
indispensable.
Les banques dotées de systèmes de supervision performants, d’analystes qualifiés et d’une
fonction management des risques efficace peuvent identifier avec précision les zones de
risques significatifs et orienter l’audit interne dans l’élaboration du plan.
C- Prendre contact avec les managers :
Cette étape est cruciale car c’est d’elle que va dépendre la réussite ou l’échec du service
d’audit interne. Il s’agit de l’étape où le responsable chargé de la mise en place de la structure
se réunit avec l’ensemble es managers de la banque pour leur expliquer ce qu’est l’audit
interne et ce que la mise en place de ce service va apporter de plus à leur activité. Les
managers expriment, ensuite, leurs avis respectifs. Certains seraient réticents et il faudra les
convaincre.
Il serait intéressant d’impliquer ces managers dans la mise en place de cette structure
(appréciation des risques, leurs attentes de l’audit interne, contributions dans la compréhension
des activités,…etc.).
D- Elaborer le plan d’audit :
Cette étape est importante car c’est elle qui va permettre de juger des besoins en termes de
personnel et de budget. Toutefois, l’élaboration d’un plan d’audit nécessite un temps important
et des travaux d’audit préalables (voir chapitre préliminaire) surtout concernant l’appréciation
du contrôle interne, c’est pourquoi, il est préférable que la structure ait exercé au moins deux
ans avant son élaboration. Notons qu’il existe certaines normes pouvant aider à déterminer les
besoins en personnel et en budget.
E- Elaborer un manuel d’audit interne :
Il s’agit d’un document à usage interne qui défini le cadre de travail des auditeurs (Il doit
comporter un organigramme, une analyse des postes, une copie de la charte et les conditions
générales de travail) afin d’aider les auditeurs débutants à se familiariser avec le service et leur
servir de référentiel (Il doit comprendre, aussi, les normes de l’IIA, la méthode retenue pour
élaborer le plan d’audit, la méthodologie de conduite d’une mission d’audit au sein de la
banque et quelques règles spécifiques à la phase de réalisation).
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 120

F- Définir la méthode de recrutement et les besoins en formation :


Le service peut opter pour deux méthodes :
a)- Le recrutement externe : Par le biais d’annonces, Internet ou d’agences pour l’emploi.
Cela permet de capter des personnes compétentes si la rémunération proposée est intéressante
et que les conditions de travail sont optimales.
b)- Le recrutement interne : Par le biais de notes aux services. Cela permet peut être de capter
des professionnels de la banque pas forcément formés en audit.
Le plus intéressant serait de combiner les deux méthodes. Les recrutés en externe formeront
les recrutés en interne et les recrutés en interne expliqueront les spécificités du métier de la
banque aux recrutés externes.
Le recrutement doit être défini suivant les besoins en postes de travail. En général, l’effectif
retenu pour une banque est de 1% l’effectif total si ce dernier est inférieur à 1000. Au-delà de
1000 personnes, l’effectif supplémentaire est de 0,5% l’effectif total.
G- Etablir des normes de fonctionnement du service :
Ces normes doivent être incluses dans le manuel de procédures et concernent notamment : la
présentation du rapport, le suivi des recommandations, les documents de travail, les
reporting,…etc.
H- Etablir les prévisions budgétaires :
Lorsque la structure est en phase de constitution, il faut prévoir deux budgets :
- Le budget de fonctionnement qui inclut les dépenses en terme d personnel, déplacement,
restauration, fournitures,…etc. suivant le planning d’audit. Dans la littérature, il est
compris entre 0,1 et 0,2% du chiffre d’affaire de la banque.
- Le budget d’investissement qui inclut l’estimation de l’ensemble des équipements à
acquérir pour faire fonctionner la structure (ordinateurs, bureaux, chaises, ordinateurs
portables,…etc.).
I- Le recrutement :
En général, le profil recherché est des personnes ayant une honnêteté intellectuelle, une
capacité d’analyse et de synthèse développée, un esprit curieux et une facilité de
communication. Ces personnes doivent, en outre, avoir des connaissances en comptabilité,
informatique, statistiques, techniques bancaires et en procédures internes de banque. Le niveau
universitaire est requis (licence à master minimum). Il serait préférable que des critères de
recrutement soi préalablement fixés par la personne chargée de la mise en place de la
structure.
J- Communiquer sur l’audit interne : La communication peut s’établir en divulguant la
charte d’audit dans l’ensemble des structures de la banque et en organisant des journées et
séminaires pour le personnel afin de le familiariser avec la notion de l’audit interne.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 121

II- Organisation du service d’audit interne :


Généralement, un service d’audit interne comporte :
A- Un directeur :
Il s’agit du plus haut responsable de la fonction. Il est chargé de :
- Définir la politique du service et ses grandes orientations.
- Rédiger le planning d’audit et suivre sa réalisation.
- Affecter les missions et en établir l’ordre (pour les missions planifiées).
- Apprécier le travail de ses collaborateurs et développer leurs compétences.
- Valider les étapes des missions d’audit.
- Présenter la synthèse des rapports à la direction générale.
- Intervenir dans les missions à caractère spécial (fraude, affaires spéciales).
Le directeur doit, donc, être un auditeur expérimenté. Il est nommé pour une période pouvant
dépasser 07 ans.
B- Le chef de mission (le senior):
Il ne s’agit pas forcément d’un poste figé organique. Le chef de mission est un auditeur
rattaché au directeur d’audit. Il est chargé de :
- Piloter les missions que le directeur lui confie.
- Affecter les travaux aux auditeurs et suivre leur réalisation.
- Contribuer à la réalisation de toutes les étapes de la mission surtout la planification.
C- Les auditeurs :
Rattachés au chef de mission, les auditeurs réalisent les travaux d’audit qui leur sont confiés.
Ils restent généralement entre 3 et 5 ans au niveau de la structure pour être affectés à des
postes de responsabilité.
D- L’assistant :
Rattaché au directeur d’audit, l’assistant s’occupe des travaux administratifs de la direction
d’audit ainsi que de la mise en forme des rapports de mission et de la mise à jour des dossiers
permanents. Il est généralement nommé pour une période de 5 à 7 ans.
La taille de la banque peut être un facteur décisif du choix du type d‘organisation. Une banque à
grande taille (très vaste réseau) peut opter pour un audit décentralisé avec une structure centrale
qui sera chargée d’assurer un certain équilibre entre les différents services d’audit installés un
peut partout ans le pays ou à l’extérieur, de normaliser l’activité, d’auditer ces services d’audit
et de mener les missions à caractère très spécial. Cette organisation a l’avantage d’être proche
des structures auditées mais peut être contraignante en termes de coûts.
Il est possible d’opter pour une structure d’audit centralisée ont les équipes se déplacent dans
les différents services de la banques (c’est l’organisation existant en Algérie). Dans ce cas, il est
possible de s’organiser de deux façons : soit créer des équipes par grandes fonctions de la
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 122

banque (Engagements, International, Informatique, Administration,…etc.) et donc constituer


des équipes de spécialistes, soit recruter des auditeurs généralistes qui peuvent se constituer
comme bon leur semble. Cette organisation a l’avantage d’être plus simple. Néanmoins, le
recrutement des auditeurs sera difficile s’il on opte pour une organisation de spécialistes alors
qu’il faudra faire appel à des experts dans les missions techniques s’il on opte pour une
organisation de généralistes.
III- Conduite des missions :
Dés que la structure d’audit est opérationnelle, elle commence à réaliser des missions d’audit
soit prévues dans le planning, soit demandées par la direction générale ou le comité d’audit.
Elles peuvent concerner un service déterminé ou un thème spécifique.
Toute mission d‘audit interne est entamée par un ordre de mission émanant généralement de la
direction générale. Il s’agit d‘un manat délivré par cette dernière aux auditeurs pour leur
permettre d’accéder à toute information jugée utile au niveau des structures audités. Il reprend
notamment l’objet et l’objectif général de la mission, le champ d’intervention, la durée et la
période de la mission, la désignation des auditeurs et du chef de la mission et la méthodologie
qui sera adoptée. L’ordre de mission, sauf s’il s’agit d’une mission spéciale, est confectionné
par le directeur d’audit et validé par le président directeur général. Il est, ensuite, envoyé aux
entités à auditer pour information.
Chaque mission d’audit interne comporte trois phases :
A- La phase de préparation (d’étude) :
Elle représente 10 à 30% du temps de la mission. Elle facilite le travail des auditeurs sur le
terrain vu qu’elle permet e comprendre le fonctionnement de la structure à auditer, de se
familiariser avec le domaine, d’identifier les forces et faiblesses et de sélectionner les travaux
à réaliser sur le terrain. Elle comporte cinq étapes :
a)- L’étape de reconnaissance :
Elle consiste pour l’auditeur à collecter toute information qu’il juge utile pour comprendre les
structures et le domaine à auditer. Pour se faire, il doit structurer son raisonnement en se
posant les bonnes questions. Par exemple, s’il doit auditer une structure, il devra se demander
ce qu’elle fait, comment et ans quelles conditions. S’il doit auditer une fonction, il devra se
demander en quoi elle consiste, elle concerne quelles structures,…etc.
D’une façon générale, les informations collectées attraient au contexte socioéconomique
(taille des activités du secteur audité, situation budgétaire, situation commerciale, effectifs et
environnement de travail), au contexte organisationnel (organisation générale, organigramme
hiérarchique, environnement informatique) et au fonctionnement des structures à auditer
(méthodes et procédures internes, réglementation, organisation du travail, système
d’information, problèmes rencontrés, réformes engagées et prévues). L’auditeur les obtient
en consultant :
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 123

- Les manuels de procédures, lois, règlements, instructions, notes aux services concernant le
domaine à auditer.
- Les rapports de missions d’inspection ou d’audit au niveau des structures ou concernant
le domaine à auditer.
- Les états comptables, rapports de gestion et les statistiques internes concernant les
structures ou le domaine à auditer.
- Les organigrammes hiérarchiques.
Les documents énoncés ci-dessus sont soit conservés dans des dossiers permanents au niveau
du service d’audit interne, soit tenues par un service documentation conçu à cet effet.
Cette étape devrait permettre à l’auditeur de réaliser un plan d‘approche qui est un document
dans lequel le mode opératoire du domaine à auditer est réparti en tâches élémentaires et un
objectif est associé à chaque tâche. Ce plan servira de référence pour l’étape suivante et pour
l’établissement du QCI.
b)- L’analyse des risques :
Cette étape consiste à exploiter (retraitement, analyse,…etc.) l’information collectée dans la
première étape dans le but d‘identifier les zones de risques significatifs ans l’activité à auditer
et pouvoir apprécier ses forces et faiblesses. L’exploitation des informations consiste
généralement à :
- Réaliser des flow chart sur la base es manuels de procédures et des anciens rapports afin
d’avoir une vue d’ensemble sur l’activité et identifier quelques dysfonctionnements.
- Tracer des objectifs de conformité sur la base des informations juridiques.
- Effectuer des examens analytiques sur les états comptables et les statistiques internes
pour relever les évolutions anormales.
- Extraire les anomalies relevées des anciens rapports d’inspection et d’audit, examiner les
recommandations ainsi que leur suivi.
- Examiner les appréciations des risques spécifiques de la cartographie des risques.
Ces différentes études devraient permettre à l’auditeur de dresser un tableau récapitulatif des
forces et faiblesses apparentes (ou tableau des risques). Ce tableau reprend le découpage en
tâches élémentaires et les objectifs de contrôle figurant sur le plan d’approche. Il affecte à
chaque tâche des risques spécifiques, ce que prévoit la structure pour s’en prémunir et si ces
dispositions sont appliquées ou pas. Ce qui a été mis en place est considéré comme une force,
ce qui ne l’a pas été comme une faiblesse.
Ce tableau permettra à l’auditeur de cibler les points importants qu’il doit absolument vérifier
sur le terrain (risque élevé, rien n’est mis en place).
c)- Définition des objectifs :
Une fois les forces et faiblesses apparentes détectées, les auditeurs doivent se concerter les
points sur lesquels ils devraient baser leur intervention. En effet, il est impossible au cours
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 124

d’une seule, mission de couvrir tous les aspects du domaine et d’intervenir dans toutes les
places où l’activité à auditer est pratiquée au sein de la banque, d’où le besoin d’arbitrage.
En arbitrant, les auditeurs doivent prendre en considération l’importance des risques
identifiés relatifs à chaque tâche, les projets de réforme mis en place et l’avancement de leur
réalisation, les conclusions des rapports d’audit et d’inspection antérieurs, les statistiques
internes de l’activité,…etc.
Cette concertation devrait aboutir à la réalisation d’un contrat : Le rapport d’orientation. Ce
dernier va spécifier les rapports entre les auditeurs et les structures auditées. Il reprend les
objectifs généraux du contrôle interne (Protection du patrimoine, fiabilité de l’information,
respect des directives, optimisation des ressources), les objectifs spécifiques de la mission
(les objectifs de contrôle interne sur lesquels les auditeurs vont intervenir) et le champ
d‘application de la mission (structures concernées, les documents, accès aux systèmes
d’information qui seront demandés). Il s’agit d‘un contrat d‘adhésion que l’audité ne pourra
remettre en cause. Il pourra toujours proposer des modifications que les auditeurs discuteront
mais la décision leur revient de les accepter ou les refuser.
d)- La réunion d’ouverture :
Avant de commencer le travail sur le terrain d’environ une semaine, l’équipe d’audit est
tenue d’organiser une réunion avec les responsables audités pour discuter des modalités de
déroulement de la mission. Cette réunion est tenue au lieu de travail de l’audité et porte
essentiellement sur :
- La présentation des auditeurs aux responsables audités.
- L’explication de la signification de l’audit interne.
- La discussion du rapport d’orientation.
- La désignation des contacts susceptibles d’aider les auditeurs à mener leurs investigations.
- La discussion des conditions de travail (existence d’un local pour travailler, réfectoire,
accès au réseau, heures d’ouverture et fermeture,…etc.).
- La discussion d’autres modalités relatives à l’intervention de l’audit (autres réunions,
discussion des constats, réunion de clôture, suivi des recommandations,…etc.).
Cette réunion doit faire l’objet d’un compte rendu. Donc, le chef de mission doit désigner un
auditeur chargé de la prise de notes.
La réunion d’ouverture permettra à l’équipe d’audit de réviser le rapport d’orientation et aux
structures auditées de s’organiser pour mieux recevoir les auditeurs.
e)- La répartition des tâches :
Une fois les objectifs clairement définis, il y a lieu d’organiser l’intervention sur le terrain. Le
chef de mission et les auditeurs qui lui sont rattachées vont :
- Etablir le QCI auquel ils vont se référer.
- Décider des investigations à mener, des tests à réaliser et des outils à utiliser.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 125

- Décider de la répartition de la durée ou des auditeurs entre les sites à visiter.


- Décider de la répartition des travaux sur les membres de l’équipe.
Ces travaux devraient aboutir à la réalisation d’un programme de vérification (programme
d’audit). Ce document sera sous forme d’un tableau qui reprend par auditeur les tâches à
effectuer, le budget temps à associer à chaque tâche et les techniques et outils à utiliser pour
réussir la tâche.
En parallèle, l’assistant administratif doit organiser, suivant le planning par site, les conditions
de transport et d‘hébergement des auditeurs (réservation des billets, hôtels, location de
véhicules, réservation de chauffeurs,…etc.). Il doit établir un coût estimatif des dépenses en
nourriture et en transport sur site (le manuel de procédures devrait prévoir des normes relatives
à des plafonds de dépenses). Ce coût administratif augmenté d’une majoration pour les
imprévues représentera le budget de la mission qui sera mis à la disposition du chef de mission
pour effectuer les dépenses nécessaires sur le terrain.
Chaque étape doit être suivie et approuvée par le directeur d’audit. Ce dernier doit disposer
d’un système de tableau de bord par mission qui lui permettra de suivre la réalisation des
tâches par rapport au budget temps initialement convenu.
B- La phase de réalisation (vérification) :
Cette phase représente 20 à 50% du temps de la mission d’audit. Elle a pour objectifs de
valider les risques potentiels identifiés lors de la phase de planification, prendre connaissance
du dispositif de contrôle interne existant et mettre en avant sa bonne application ainsi que ses
limites.1
Au cours de cette phase, l’auditeur va, dans un premier temps, observer le déroulement de
l’activité au niveau de la structure auditée. Il va se rapprocher du personnel regarder sa façon
de travailler et l’interroger sur les points qui lui semblent intéressants. Cette observation va lui
permettre de comprendre le fonctionnement général de la structure, de constater les procédures
non écrites et certaines anomalies éventuellement. Ceci permet de reconsidérer les travaux
d’audit initialement prévus.
Ensuite, l’auditeur passe à la réalisation des travaux et tests en utilisant les techniques et outils
prévus dans le programme de vérification ou imposés par lé réalité du terrain. D’une façon
générale, il existe trois types de tests que l’auditeur peut effectuer :
a)- Les tests généraux : Ces tests visent à savoir s la réglementation interne ne comporte pas
de failles qu’il faudrait compléter. Il consiste à suivre le cheminement d’une opération (1 seul
exemple) par les documents pour remonter aux systèmes d’information, puis à suivre le
cheminement inverse.
b)- Les tests de conformité : Ces tests visent à vérifier la piste d’audit. Ils permettent, à partir
d’un document final ou le résultat d’une opération, de remonter à la source en passant par

1
HP MADERS & JL MESSELIN, Contrôle interne des risques, éditions d’organisation, Paris, 2004, P187.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 126

toutes les phases intermédiaires. Le principe étant que toute tâche effectuée peut être
remontée par sa pièce justificative. Les auditeurs ont recours aux techniques
d’échantillonnage pour les réaliser.
c)-Les tests de permanence : Ces tests visent à assurer la conformité du traitement réel d’une
opération aux descriptions lors des entretiens (pour les procédures non écrites) sur une
période déterminée. Les auditeurs ont recours aux sondages pour les réaliser.
Tous les travaux d’audit (tests, comptes rendus d’entretiens,…etc.) doivent faire l’objet d‘un
papier de travail sur lequel sont repris : le nom de l’auditeur, l’objet du travail, les travaux
effectuées, les documents utilisés, le résultat des travaux et la conclusion (ce document doit
être normalisé). Les documents utilisés doivent être annexés au papier de travail pour que la
preuve d’audit soit complétée.
Tous les dysfonctionnements constatés doivent faire l’objet d’une FRAP (voir le chapitre :
outils et techniques d’audit).
Il serait intéressant que le service d’audit interne dispose d’un réseau de messageries connecté
au réseau de la banque qui permettra aux auditeurs d’envoyer leurs travaux sous format
informatique au directeur d’audit pour lui permettre de suivre la réalisation des travaux et de
les valider (apporter des améliorations, demander plus de tests sur certains points).
L’équipe d’audit doit se réunir périodiquement pour discuter les constats de chacun afin de :
- Juger de la pertinence et de l’utilité des constats.
- Examiner la cohérence entre les différentes conclusions des travaux (elles se corroborent,
l’une élimine l’autre).
- Traiter les divergences d’opinions.
C- La phase de conclusion :
Elle représente 20 à 50% du temps de la mission. Dans cette phase, l’équipe finalise ses
travaux pour réaliser un rapport d’audit. Elle se déroule généralement en trois étapes :
a)- Préparation du projet de rapport :
Le projet de rapport est le document qui sera présenté aux audités lors de la réunion de
clôture. Pour l’élaborer, il y a lieu de :
- Valider la cohérence globale de tous les constats de la phase de réalisation.
- Les classer par ordre décroissant d’importance de conséquences.
- Classer les recommandations par ordre d’urgence de mise en place.
Ensuite, l’équipe a le choix entre présenter le projet de rapport comme une succession de
FRAP ordonnées et accompagnées d’un sommaire, ou de rédiger un rapport proprement dit
avec sommaire, introduction, corps du rapport, conclusion.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 127

b)- Organisation de la réunion de clôture :


Elle regroupe les mêmes participants à la réunion d’ouverture sauf qu’elle est destinée à
communiquer aux audités les résultats de la mission afin que ces derniers puissent être
discutés et qu’un plan d’action soit mis en œuvre.
Au préalable, une copie du projet de rapport est remise à chaque responsable de l’entité
auditée pour consultation, et un rendez-vous est fixé pour la réunion (à une semaine
d’intervalle généralement).
La réunion commence généralement par une présentation (élaborée par l’équipe sur power
point) qui rappelle les objectifs de la mission et les travaux d’audit effectués, énonce les
résultats les plus importants ainsi que les recommandations les plus urgentes.
Ensuite, le débat est ouvert sur les points évoqués dans le projet de rapport. Les audités
s’expliquent sur certains, proposent la mise en place d’actions pour d’autres et, parfois,
refusent certaines conclusions ou recommandations. Dans ce cas, les auditeurs devraient être
en mesure de fournir des explications sur la base des preuves d’audit collectées. Ils
pourraient même revoir leurs recommandations et proposer d’autres.
Toutes les modifications approuvées lors de cette réunion doivent être portées sur le rapport
définitif, d’où l’importance de la prise de notes et de la rédaction d’un PV.
c)- Rédaction du rapport définitif :
Le rapport définitif est un document informatif destiné à la hiérarchie (direction générale,
superviseur de contrôle interne, comité d’audit). Il comporte généralement :
-Une page de garde qui reprend le thème de la mission, les auditeurs participants et le nom
du destinataire.
- Une introduction rappelant les objectifs de la mission et décrivant l’organisation auditée.
- Une synthèse brève dans laquelle les résultats de la mission et les recommandations sont
résumés.
- Un corps qui reprend soit une succession de FRAP organisées ou un texte écrit. Cette parie
doit être claire et détaillée pour permettre à la hiérarchie de comprendre comment les
travaux d’audit ont été effectués pour arriver aux résultats énoncés.
- Une conclusion qui reprend le plan d’action convenu lors de la réunion de clôture.
L’auditeur devra, ensuite, formaliser ce plan sous forme d‘un tableau qui reprend, par
recommandation, le nom du responsable chargé de la mettre en place, et la date limite e sa
réalisation. Ce document sera envoyé aux responsables audités avec le rapport final pour
validation. C’est après cela que le rapport final est envoyé à la hiérarchie à laquelle il est
destiné.
Il est à noter que le rapport final ne doit pas comporter des considérations subjectives, ni être
très long. Il doit être clair, constructif e établi en temps utile (il faut respecter les délais de
mission).
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 128

D- Le suivi des recommandations :


Sur ce point, deux conceptions existent :
a)- La conception française :
Elle part du principe que l’audit interne a la charge de vérifier la mise en place des
recommandations. Elle propose soit de réaliser des missions de suivi (mini audits) qui vont
permettre d’attester de l’avancement de la mise en place des recommandations, soit
d’envoyer un questionnaire qui reprend le plan d’action, dans lequel il est demandé aux
audités de préciser l’état d’avancement.
Si les cations ne sont pas mises en place, il faudra prévoir d’autres missions de suivi ou
déléguer le suivi à une autre structure plus compétente (l’inspection, la direction générale).
b)- La conception anglo-saxonne :
Elle part du principe que le rôle de l’auditeur s’arrête à la diffusion du rapport d’audit. Il
appartient, ensuite, à la hiérarchie compétente de prendre les dispositions nécessaires pour la
mise en place des recommandations ou de ne pas donner suite.
Quelle que soit sa décision, elle doit la notifier à la direction d’audit qui prendra le soin de la
classer dans le dossier de mission.

Section 02 : Audit interne bancaire : Existant Algérien :


I- Historique :
L’existence de l’audit interne au niveau des banques Algériennes est très récente. En effet, la
première banque Algérienne à avoir mis en place une structure d’audit interne est le « Crédit
Populaire Algérien » (CPA) au 4ème trimestre de l’année 1992. Sa charte d’audit avait été
publiée un an plus tard par lettre commune n° 07/93 du 14/01/1993. Les autres banques l’ont
suivi les années suivantes.
Malgré le retard immense par rapport à l’existence de l’audit interne (qui, pour rappel, existe
depuis les années 1930), les experts du milieu bancaire s’accordent à dire que ce retard est tout
à fait normal.
M Ali BOUABANI, ex inspecteur général de la Banque d’Agriculture et du Développement
Local (BADR), estime que l’activité d’audit interne, elle-même, n’a commencé à prendre sa
forme actuelle qu’entre les années 60 et 80, alors, il était tout à fait normal qu’une notion,
encore mal comprise dans les pays développés, apparaisse tardivement en Algérie. Néanmoins,
d’autres facteurs sont à prendre en considération et parmi eux le système économique Algérien.
Après son indépendance, l’Algérie a opté pour une économie socialiste inspirée du système
soviétique, où l’Etat prenait toutes les décisions économiques et dirigeait les entreprises
publiques avec des plans annuels et pluriannuels. Dans ce système, les banques étaient
considérées comme des caisses destinées à financer les projets planifiés. Elles étaient dotées
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 129

d’inspections destinées à vérifier l’application des plans et la non existence de fraudes. Dans un
contexte pareil, l’audit interne n’avait pas sa place.
C’est à partir des années 1980, avec l’effondrement des prix du pétrole et les crises sociales qui
l’ont suivi, que le système économique a été graduellement remis en cause. Es réformes ont été
engagées notamment avec la promulgation de la loi 88/01 du 12 Janvier 1988 portant
autonomie des entreprises publiques économiques, qui a donné à ces entreprises le statut de
SPA. C’est cette même loi qui a obligé ces dernières à se doter de structures d‘audit interne, en
vertu de son article 40 qui stipule : « Les entreprises publiques économiques sont tenues
d’organiser et de renforcer des structures d‘audit d’entreprises et d’améliorer d’une manière
constante leurs procédés de fonctionnement et de gestion. ».
Les entreprises publiques ont, aussitôt commencé à mettre en place ces structures. Sonatrach fut
la première et une association a été créée afin de promouvoir cette activité en 1993 (Association
des auditeurs consultants internes algérienne (AACIA)). Cette association réalise des études sur
la pratique de l’audit interne en Algérie.
Les banques publiques, peu conscientes de la différence entre l’audit et l’inspection, ont réagi
tardivement à la loi par rapport aux autres entreprises. Les premières structures créées étaient
des cellules dépendant soit de la direction générale, soit de l’inspection générale. Ces cellules
étaient quasiment inactives jusqu’à quelques années (à partir de 2001), avec la libéralisation du
système bancaire et les scandales financiers qui l’ont suivi.
Actuellement, presque toutes les banques algériennes disposent de directions d’audit interne
rattachées à la direction générale.
II- Les progrès législatifs :
A l’heure actuelle, il n’existe pas de textes législatifs spécifiques à l’activité d’audit interne
bancaire en Algérie. Seulement, le règlement 02/03 du 14 novembre 2002 portant sur le
contrôle interne des banques et établissements financiers, édicté par la Banque d’Algérie afin
de définir les composantes du contrôle interne que les banques et établissements financiers
doivent mettre en place pour assurer un management efficace de leurs risques, impose certaines
règles aux organes de contrôle applicables à l’audit interne.
Le règlement commence par la définition de certains concepts relatifs aux risques bancaires et
au gouvernement d’entreprise. Nous reprendrons dans ce cadre ceux non définies dans le
présent mémoire. Il s’agit du :
A- Risque global de taux d’intérêt : Risque encouru en cas de variation des taux d’intérêt du
fait de l’ensemble des opérations de bilan et de hors bilan, à l’exception, le cas échéant,
des opérations soumises aux risques de marché.
B- Risque de règlement (settlement risk) : Risque encouru notamment dans les opérations
de change au cours de la période qui sépare le moment où l’instruction de paiement s’un
instrument financier vendu ne peut être annulée unilatéralement et la réception définitive
de l’instrument acheté. (ce risque est souvent relatif aux contrats à terme).
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 130

C- Organe exécutif : Personnes chargées de la détermination effective de l’orientation de


l’activité des banques et établissements financiers.
D- Organe délibérant : Conseil d’administration ou conseil de surveillance.
En vertu de ce règlement, le contrôle interne des banques et établissements financiers doit être
adéquat avec les métiers que ces derniers développent, leur taille ainsi qu’avec les différents
risques que leur activité engendre. Dans tous les cas, il doit comporter :

A- Un système de contrôle des opérations et des procédures internes :


Afin de vérifier la conformité des opérations aux règles et procédures, la traçabilité de
l’information comptable et financière ainsi que la qualité de ses systèmes d‘information et de
communication, les banques et établissements financiers doivent mettre en place un système
de contrôle qui doit assurer un contrôle régulier des unités opérationnelles et des audits de
conformité et/ou d‘efficacité des opérations suivant une périodicité adaptée. Pour se faire :
- Les personnes qui réalisent les contrôles doivent être suffisamment qualifiées et
indépendantes des unités à contrôler. Elles doivent se doter des moyens nécessaires pour
mener leurs investigations.
- L’intervention de ces personnes doit être planifiée au moins sur l’année.
Pour renforcer ce système, le règlement exige, en outre :
- Une totale séparation entre les unités chargées des engagements et celles chargées de leur
validation (principe de séparation des fonctions).
- La désignation d’un superviseur de contrôle interne en contact direct avec l’organe
délibérant.
- Une évaluation régulière des processus de management des risques.
B- Une organisation comptable et un traitement des informations :
Pour garantir la traçabilité des informations comptables ainsi que la sécurité informatique, le
règlement exige que :
- La comptabilité soit conforme au plan comptable national et au plan comptable bancaire.
- L’entité mette en place des procédures comptables.
- Toute information figurant dans les comptes puisse être justifiée par une pièce d’origine
afin de pouvoir reconstituer la piste d’audit.
- Des contrôles périodiques sur systèmes soient mis en place.
C- Des systèmes de mesure des risques et des résultats :
Les banques et établissements financiers sont tenus de mettre en place des systèmes de mesure
et d’analyse des risques adaptés à leur environnement.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 131

a)- Le risque crédit :


Les banques et établissements financiers doivent disposer d’un système de sélection des
risques crédit reposant sur :
- Une étude de la situation financière des clients, de leur capacité de remboursement et de la
rentabilité de leur activité, qui intègre les facteurs environnementaux.
- La documentation des études et études et de toute information utile ans des dossiers de
crédit tenus par client.
- Des procédures indiquant clairement les délégations de pouvoir en matière de décisions
d’octroi et les critères à prendre en compte par ligne de crédit.
Aussi, ils doivent mettre en place des systèmes d‘identification et de mesure des risques de
contre partie liés aux crédits et aux engagements par signature et évaluer, au moins
trimestriellement, l’évolution de la qualité de leurs engagements.
b)- Les risques de marché :
Les banques et établissements financiers doivent tenir un suivi des opérations effectuées sur
les marchés pour leur propre compte, en particulier pour les opérations de change. Ils doivent
les enregistrer quotidiennement et mesurer leur exposition au risque par devise.
c)- Le risque de taux d’intérêt :
Les banques et établissements financiers doivent mettre en place un système d’information
leur permettant d’estimer leur exposition au risque de taux d’intérêt.
d)- Le risque de règlement :
Les banques et établissements financiers doivent mesurer leur risque de règlement
notamment pour les opérations de change, en considérant toutes les phases de l’opération.
D- Un système de surveillance et de maîtrise des risques :
Les banques et établissements financiers doivent mettre en place un système de surveillance et
de gestion des risques bancaires comportant :
- Des procédures internes et des limites d’exposition par pilier d’intervention.
- Des audits de conformité à ces procédures et limites.
- Une supervision de l’organe délibérant via l’examen des états de synthèse sur la gestion des
risques à confectionner par ces organismes.
Les banques habilitées à effectuer des opérations de commerce extérieur sont tenues de
s’assurer de la traçabilité et de l’apurement correct des opérations domiciliées et du
dénouement des opérations avant leur déclaration.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 132

E- Un système d‘information et de documentation :


Le règlement 02/03 exige :
- L’envoi, par le superviseur du contrôle interne, des informations relatives à l’activité et au
résultat du contrôle interne au comité d’audit (ou conseil d’administration). Ces
informations doivent être étudiées par ce dernier au moins une fois (resp. deux fois) par an.
- L’établissement de manuels de procédures pour toutes les opérations bancaires.
- L’établissement d’une documentation relative aux délégations de pouvoirs, la séparation
des fonctions, le management des risques et la sécurité informatique. Cette documentation
doit être mise à la disposition des organes de contrôle ou le conseil d’administration sur
demande.
- Les rapports du commissaire aux comptes, d’inspection ou d’audit doivent être transmis à
l’organe exécutif qui se chargera de les transmettre à l’organe délibérant sur demande.
- L’élaboration d’un rapport annuel sur les conditions d’application du contrôle interne et
d‘un autre sur le management des risques à transmettre à l’organe délibérant pour étude.
Donc, en vertu de ce règlement, les organismes d’audit interne bancaire doivent :
- Elaborer un planning d’audit.
- Elaborer un manuel de procédures interne.
- Communiquer leurs rapports à la direction générale.
- Elaborer un rapport de gestion annuellement.
- Appliquer les consignes de ce règlement lors des audits qu’ils effectuent.

En guise de conclusion, les organismes d’audit internes, bancaires ou autres, doivent obéir
à une planification exhaustive, une organisation stricte ainsi qu’à une démarche spéciale de
travail pour mener à bien leur mission. Leurs facteurs clés de réussite sont la compétence de
leur personnel, leur totale indépendance et impartialité ainsi que leur méthodologie.
L’Algérie, malgré sa prise de connaissance tardive de l’audit interne, a essayé de
promouvoir cette activité par le biais de textes législatifs et règlementaires et la création d’une
association de promotion de l’audit interne. Mais, ces efforts ont-ils porté leurs fruits ? Les
structures d’audit interne existant dans les banques algériennes répondent elles aux normes
nationales et internationales de ce métier ? Nous allons tenter d’y répondre dans le chapitre
suivant.
Chapitre II : L’audit interne bancaire : Principes et existant Algérien 133
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 133
d’audit Interne Algériennes

Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire


au sein des structures d’audit interne Algérienne :

Afin de comprendre comment et dans quelles conditions se pratique l’audit


opérationnel dans les milieux bancaires algériens, nous avons décidé de mener une petite
enquête auprès de quelques structures d’audit interne. L’enquête a été effectuée sous forme
d’un mini audit d’efficacité de la fonction audit au niveau de trois banques.
Nous avons opté, pour la réalisation de cet audit, pour la méthodologie de l’audit
interne car la méthodologie KAM nécessite des travaux approfondis et l’utilisation des normes
et de la documentation interne de KPMG.
Pour des raisons de confidentialité, les banques concernées se verront attribuer les
noms Banque 01, Banque 02 et Banque 03.
Section 01 : La phase de préparation :
I- Etape de reconnaissance :
Afin de constituer nôtre référentiel idéal, nous avons effectué des recherches dans différents
livres d’audit interne et de réglementations (normes de l’IIA, le règlement BA 02/03). Les
informations que nous aurons à utiliser sont résumées dans le chapitre préliminaire, le chapitre
II de la première partie et le chapitre II de la seconde partie du présent mémoire.
A partir de ces informations, nous avons élaboré nôtre plan d’approche. S’agissant de structures
jamais auditées auparavant, le plan va recouvrer tous les aspects liés aux structures, de leur
conception à leur fonctionnement.
Le plan d’approche que nous avons réussi à établir est présenté dans le tableau suivant :

Tâche Objectif
1- La conception:
- Elaborer une charte - Faire connaître la structure
- La valider par le conseil
d'administration - Lui donner une accréditation
- Elaborer une cartographie des risques
ou utiliser celle qui existe déjà - Elaborer un plan d'audit exhaustif
- Evaluer celle qui existe déjà - Travailler sur une bonne base
- Convaincre les managers de l'utilité de
la structure - Eviter les réticences et obtenir des aides
- Elaborer le plan d'audit - Couvrir les risques bancaires
- Apprécier les besoins en personnel et en budgets de
fonctionnement
- Elaborer un manuel de procédures
internes - Définir un cadre de travail
- Servir de référentiel
- Définir le mode recrutement - Elaborer une stratégie de recrutement
- Définir les besoins en formation
- Normaliser les documents de travail - Faciliter le travail des auditeurs
- Etablir des prévisions budgétaires - La structure ne doit manquer de rien
- Recruter - Avoir l'effectif suffisant pour le travail
- Communiquer sur l'audit interne - Faire connaître le métier aux employés
2- L'organisation
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 134
d’audit Interne Algériennes
- Rattacher la structure à la direction
générale ou le comité d'audit - Garantir son indépendance et son jugement impartial
- Choisir la taille de la structure en
fonction de la taille de la banque - Réaliser les travaux dans de bonnes conditions
- Choisir le profil des auditeurs
(spécialistes ou généralistes) - Optimiser les travaux

- Planifier l'intervention chaque année - Réaliser le plan d'audit dans de bonnes conditions
3- La conduite des missions
A- Phase de préparation:
- Rédiger l'ordre de mission et le faire
signer par le directeur général - Permettre l'accès aux informations confidentielles
- Constituer des dossiers permanents ou
mettre en place un service
documentation - Réduire le temps de collecte des informations
- Les mettre à jour quotidiennement - Avoir une information récente et exhaustive
- Aider dans l'élaboration du questionnaire de contrôle
- Etablir un plan d'approche interne
- Aider dans l'identification des risques
- Traiter l'information collectée - Repérer les zones de risques
- Etablir un tableau des risques - Fixer les objectifs d'audit à vérifier
- Préparer un projet de rapport - Délimiter les objectifs de la mission et son champ
d'orientation d'intervention
- Organiser une réunion d'ouverture - Discuter le rapport d'orientation
- Prendre connaissance mutuellement (auditeurs et
audités)
- Discuter les conditions d'intervention
- Elaborer un programme d'audit - Organiser l'intervention sur le terrain
B- Phase de réalisation
- Effectuer des entretiens avec le - Comprendre le mode de travail et les procédures non
personnel et observer les travaux écrites

- Formaliser les travaux d'audit dans des


papiers de travail - Constituer des preuves d'audit
- Evaluer les travaux des auditeurs
- Utiliser les techniques appropriées - Couvrir les objectifs d'audit

- Formaliser les dysfonctionnements - Permettre aux hauts responsables de comprendre une


dans des FRAP situation sans lire un certain nombre de travaux d'audit
- Organiser des réunions d'équipe
quotidiennes - Réviser les travaux par d'autres auditeurs de l'équipe
- Situer l'avancement des travaux d'audit
- Discuter les conclusions
C- Phase de conclusion
- Effectuer une revue globale des
travaux - Examiner leur cohérence et leur exhaustivité
- Présenter les constats et les conclusions les plus
- Préparer un projet de rapport importants lors de la réunion de clôture
- Organiser une réunion de clôture - Valider les constats
- Aboutir à un plan d'action
- Compléter le rapport
- Présenter les résultats de la mission à la direction
- Préparer un rapport d'audit générale
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 135
d’audit Interne Algériennes
- Evaluer la qualité des travaux des auditeurs
4- La gestion
- Programmer préalablement les
conditions de transport et
d'hébergement - Ne pas retarder la mission
- Etablir des normes de dépenses - Gérer les coûts
- Envoyer les travaux d'audit au
directeur par messagerie - Lui permettre de suivre l'avancement de la mission
- Lui permettre de diriger le chef de mission
- Juger s'il faut qu'il intervienne ou pas
- Etablir annuellement un rapport de - Justifier à la direction le respect ou non du planning
gestion d'audit
- Annoncer les difficultés rencontrées
- Aider à l'évaluation du service

II- L’analyse des risques :


A partir des tâches précédemment recensées, nous allons tenter d’identifier les événements qui,
s’ils se réalisent, peuvent altérer la réalisation des objectifs pour lesquels les tâches ont été
définies.
L’évaluation des risques sera subjective (selon nôtre propre appréciation) et comprendra trois
notes :
- A : Risque élevé
- B : Risque moyen
- C : Risque faible
Comme nous n’avons pas encore pris connaissance des structures d’audit, les procédures qui
vont parer aux risques seront soit imaginées, soit inspirées des pratiques connues. La colonne
constat a été remplie à posteriori.
Selon nôtre vision, le tableau des risques devrait être comme suit :
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures d’audit Interne Algériennes 136

Tâche Constat (O/N)


Objectif Risques Evaluation Dispositif de CI B 01 B 02 B 03
- Elaborer une charte Faire connaître la structure - Risque de non élaboration C (Obligation de l'IIA) O O O
- Risque de mauvaise - Validation par le conseil
conception B d'administration O O O
- Cartographie des - Couverture optimale des - Risque de mauvaise - Evaluer la cartographie et
risques risques par le plan d'audit conception B/A la corriger N N O
- Risque d'inexistence B/A - Trouver un substitut N/A N N/A
- Eviter les réticences et les - Risque de négligence de ce - Communiquer sur l'audit
- Contacter les managers bâtons dans les roues point A interne O O O
- Obtenir leur aide - Enquête d'opinion I I I
- Risque sur l'appréciation du - Audit des fonctions avec
- Elaborer le plan d'audit - Couvrir les risques bancaires contrôle interne B/A système de score N N O
- Apprécier les besoins en (Elle peut être faite à
personnel et en budget de posteriori pour les structures
fonctionnement - Risque de non élaboration C/B en démarrage) O O N
- Elaborer un manuel de - Se servir de la charte en
procédures - définir le cadre de travail - Risque de non élaboration B attendant O O I
- Le valider avec les
managers, la direction
- Risque de mauvaise générale et la supervision
- Servir de référentiel conception C/B du contrôle interne N/A N/A I
- Définir le mode de - Capter les meilleurs profils - Risques de contraintes - Indépendance de l'audit
recrutement et les pour permettre à la structure internes (salariales, mode de interne et l'appui de la
besoins en formation de fonctionner correctement recrutement) B/A direction générale N O O
- Aider dans les prévisions
budgétaires
- Normaliser les
documents de travail - Faciliter les travaux d'audit - Non normalisation C
- Normes limitatives ou - Le manuel doit se référer
- Evaluer la qualité obsolètes B aux pratiques courantes N/A N/A I
- Etablir les prévisions - Acquisition du matériel - Refus d'accorder le - Indépendance et appui de
budgétaires nécessaire matériel demandé B/A la direction N O O
- Permettre le fonctionnement - Mauvaise estimation des
normal des structures coûts C - Demander des rallonges I O O
- Recruter - Avoir l'effectif suffisant - Recruter des A - Formation continue O O O
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures d’audit Interne Algériennes 137

incompétences
- Etablir des critères et les
respecter O N O
- Proposer des avantages
attrayants N O N
- Rattacher à la direction
générale et/ou comité - Rattachement théorique
d'audit - Garantir l'indépendance (sur papier seulement) A O N N
- Adapter la taille de la
structure à la taille de la - Couvrir le réseau et les
banque risques bancaires - Sous effectif A - Recruter N O O
- Mettre en place les
- Manque de moyens A budgets N O O
- Planifier l'intervention - Réaliser le plan d'audit (s'il - Intégrer des missions
annuellement existe) - Non exhaustivité B/A spéciales O O O
- Inexistence (infraction au - Audit à la demande (le
- Couvrir les risques bancaires règlement 02/03) A risque n'est pas couvert) N O N
- Constituer des dossiers
permanents ou mettre en
place un service - Réduire le temps de l'étape - A constituer par mission
documentation de reconnaissance - Inexistence B réalisée N N/A N/A
- Mal constitution (manque
de documents, mauvaise
organisation de la gestion - Organiser les dossiers
- Mettre à jour des interfaces, pas de mise permanents selon la
régulièrement à jour A classification du plan d'audit N/A N/A N/A
- Etablir un plan (Il est possible de l'intégrer
d'approche - Aider à élaborer le QCI - Non élaboration C dans le tableau des risques) I I I
- Aider dans l'analyse des - Ne pas couvrir toute - Exhaustivité de
risques l'activité B l'information collectée N O O
- Permettre l'évaluation de la
qualité
- Evaluer la conception des
- Traiter l'information procédures Traitement incomplet B/A - Compétence du personnel I O O
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures d’audit Interne Algériennes 138

- Existence de procédures
obligatoires définies dans le
- Identifier les zones de risque manuel N/A N/A I
(Le tableau des risques
n'est qu'une synthèse du
traitement de l'information
Etablir un tableau des - Aider dans la fixation des collectée. Il est possible de
risques objectifs d'audit Non élaboration C faire un exposé écrit) I I I
- Permettre l'évaluation à
posteriori
- Existence d'une procédure
de conduite de mission
d'audit propre obligeant à le
- Préparer un projet de - Définir les objectifs et le faire avec contrôle de
rapport d'orientation champ d'intervention Non élaboration B qualité I N I
Existence de contraintes (sur
- Permettre l'évaluation à les sites à visiter par - Charte claire par rapport à
posteriori exemple) A ce point O O I
Ordre de mission assez
détaillé (certaines structures
- Organiser une réunion - Avoir l'avis des audités sur le élaborent, aussi, des lettres
d'ouverture rapport d'orientation Pas de réunion C de mission pour les détails) I I O
- discuter les conditions
d'intervention
- Elaborer un programme
d'audit et un
questionnaire de contrôle - Répartir les travaux entre les Non élaboration ou - Obligation réglementaire+
interne auditeurs élaboration à posteriori A contrôle de qualité I I I
- Supervision du directeur
- Organiser l'intervention d'audit I O O
- Effectuer des entretiens - Comprendre le mode de
et assister à une journée fonctionnement et les Entretiens et observation (Peu probable voire
de travail procédures non écrites non effectués C impossible) N N N
- Savoir si la procédure Entretiens et observations - Supervision du chef de
appliquée n'est pas obsolète mal effectués B mission O O O
- Existence de check lists
préétablies I I I
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures d’audit Interne Algériennes 139

- Compétence des auditeurs I O O


- Formaliser les travaux
dans des papiers de - Non élaboration ou - Obligation réglementaire +
travail - Constituer la preuve d'audit élaboration à posteriori A contrôle de qualité I I I
- Correction du chef de
mission et du directeur
- Permettre l'évaluation - Mal élaboration B d'audit I O O
- Réunion quotidiennes O O O
- Existence de procédures
- Utiliser les techniques Couvrir les risques et les Utilisation de techniques de obligatoires ou de tables de
et outils appropriés objectifs d'audit convenance (Sondages) A référence ans le manuel N/A N/A I
- Choix du directeur et du
chef de mission O O O
- Formaliser les - Synthétiser aux responsables
dysfonctionnements dans un ensemble de travaux sur un - Existence d'autres
des FRAP dysfonctionnement donné - Non élaboration C/B formalisations N O N
- Ne pas suivre le - Supervision du chef de
raisonnement de la FRAP mission et du directeur+
par dysfonctionnement A contrôle de qualité O O O
- Compétence des auditeurs I O O
- Réalisation d'un projet - Le présenter à l'audité lors de Obligation réglementaire +
de rapport la réunion de clôture - Non élaboration B contrôle de qualité I I I
- Servir de référence pour le
rapport final
- Organiser une réunion - Valider les constats et les - Obligation règlementaire +
de clôture conclusions - Non organisation A contrôle de qualité I I I
- Non prise en compte de - Réalisation d'un compte
- Aboutir à un plan d'action l'avis des audités B rendu I N I
- Organisation avant le projet
- Compléter le rapport de rapport C/B (question de bon sens) I I I
- Programmer les
conditions Compétence de l'assistant
d'hébergement et de ou de la personne chargée
transport - Ne pas retarder la mission - Mauvaise organisation C/B de l’opération. N/A I I
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures d’audit Interne Algériennes 140

- Prévoir des normes de


dépenses par site dans le
manuel - Gérer les coûts - Pas de normalisation B - Possibilité de révision N/A N/A O
- Non prise en compte de la
réalité du marché
- Non élaboration (risque
- Etablir un rapport de - Justifier le respect du d'infraction au règlement
gestion annuel planning d'audit à la hiérarchie 02/03) C (peu probable) I I I
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 141
d’audit Interne Algériennes

III- Fixation des objectifs :


S’agissant d‘une initiative personnelle n’entrant pas dans le cadre d’une mission officielle,
certaines contraintes inhérentes à ce travail méritent d’être considérées.
D’abord, il est impossible d’accéder à une structure d’audit interne dans une banque sans
connaître une personne susceptible de vous introduire. C’est pourquoi, les trois banques
choisies (constituant nôtre champ d’intervention) ne l’ont pas été suivant une méthode
scientifique. Donc, il n’y a pas de possibilité d‘extrapolation sûre.
Ensuite, la validation de certains objectifs définis dans le tableau des risques ne peut être faite
qu’en consultant des dossiers de missions, de personnel,…etc. Or, ces documents sont
confidentiels et, donc, inexploitables. C’est pourquoi, les objectifs seront couverts d’une
manière superficielle quand c’est possible et donc, on ne peut pas vraiment parler de preuves
d‘audit.
D’une manière globale, nos principaux objectifs sont :
- Vérifier que les préalables existent et sont maîtrisés.
- Vérifier que l’organisation de la structure lui permet de bien fonctionner.
- Vérifier, si possible, si certains points relatifs à la conduite des missions sont respectés.
Nôtre champ d’investigation est très restreint voire terre à terre.
De part la nature de ce travail, la réunion d’ouverture n’a pas été organisée à l’exception de
Banque 02 où le directeur a tenu de nous rencontrer avant d’organiser une séance de travail.
IV- La séparation des tâches :
Comme nous sommes seul sur le travail et comme les travaux d’audit que nous allons effectuer
sont peu étoffés, nous n’avons pas jugé utile de réaliser un programme d’audit proprement dit.
Les informations que nous allons utiliser seront le résultat de diverses interviews avec des
auditeurs internes des trois banques sélectionnées. Pour nous assurer de leur transparence, nous
avons joué sur l’effet de la surprise (Les personnes interrogées n’étaient pas au courant de
l’objectif des entretiens). Nous allons essayer d’évaluer la conception des procédures existantes
et comparer certains indicateurs avec les normes définies dans le mémoire.
A partir de ces travaux, nous allons évaluer le contrôle interne des trois structures en utilisant
un système de score. Pour y parvenir, nous avons élaboré le QCI suivant (vous remarquerez que
le questionnaire est déjà rempli) :
Banque 01 Banque 02 Banque 03
Questions Oui Non N/A Oui Non N/A Oui Non N/A
1- Les préalables:
* La charte d'audit
- La structure dispose t-elle d'une charte d'audit? X X I
- A-t-elle été approuvée par le conseil
d'administration? X X I
- A-t-elle été communiquée aux audités? X X I
* La cartographie des risques:
- Existe-t-il une cartographie des risques dans la
banque? X X X
- A-t-elle été évaluée par la structure? X X X
- Est-elle mise à jour? I X X
- Est-elle exploitée par la structure? X X X
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 142
d’audit Interne Algériennes
- Existe-t-il un substitut? X X X
* Contact avec les managers:
- Les managers de la banque ont-il été préalablement
réunis pour être informés de la mise en place de la
structure? X I I
- Ont-ils approuvé la structure? X X X
- Se sont-ils impliqués dans la mise en place de la
structure? X X I
* Le plan d'audit:
- La structure travaille-t-elle sur la base d'un plan
pluriannuel? X X X
- Ce plan couvre-il les risques bancaires X X X
- Ce plan est-il complété et mis à jour régulièrement? X X X
- Le plan prévoit-il des audits de management et de
stratégie? X X X
* Le manuel des procédures:
- La structure a-t-elle élaboré un manuel de
procédures? X X I
- Ce manuel comporte-il:
1- Des normes de documentation du service? X X I
2- Des normes de dépenses? X X I
3- Des procédures d'audit obligatoires par opération
bancaire? X X I
4- Des normes de sondages? X X I
- Ce manuel a-t-il été approuvé par le superviseur du
contrôle interne ou le comité d'audit? X X I
- Le manuel est-il mis à jour régulièrement? X X I
* Méthode de recrutement et besoins en formation:
- La méthode de recrutement a-t-elle fait l'objet d'une
étude préalable? X X I
- Le choix de la méthode a-t-il été sous contraintes
internes? X X X
- Les besoins en formation ont-ils étaient définis:
1- Sur la base d'une étude? X I I
2- Par contrainte? X X X
* Normes de fonctionnement du service:
- Existe-il des normes concernant:
1- La présentation des rapports? X X I
2- Le suivi des recommandations? X X X
3- La tenue des dossiers de mission? X X I
4- La qualité? X X I
- Ces normes sont-elles respectées? X X I
- Existe-il un contrôle externe dans ce sens? X* X I
* Prévisions budgétaires
- Les prévisions du budget d'investissement ont-elle
fait l'objet d'une étude préalable? X I I
- Les investissements demandés ont-ils été acquis? X X X
- Les prévisions du budget de fonctionnement sont-
elles élaborées en fonction du planning d'audit? X X X
- En cas de dépassement, est-il possible de
demander des rallonges? I I X
- Ces rallonges sont-elles automatiquement
accordées? I I X
- Existe-il un contrôle budgétaire à posteriori? X X X
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 143
d’audit Interne Algériennes
* Le recrutement:
- Existe-il des critères de recrutement? X X X
- Ces critères sont-ils adéquats avec les normes
généralement admises? X X X
- Le salaire proposé correspond-il au profil
recherché? X X X
- Les profils sont-ils établis sous contraintes internes? X X X
- Les critères de recrutement élaborés sont-ils
toujours respectés? X X I
- La structure offre-t-elle des avantages autres que
salariaux? X X X
* La formation:
- Les formations sont-elles effectuées en continue? X X X
- Les thèmes sont-ils choisis par la structure? X X X
- Les formations permettent-elles de combler les
lacunes des débutants ou de remettre à niveau les
incompétents? X X X
- Existe-il des formations professionnelles (stages à
l'étranger)? I X X
- Des journées de séminaires sur l'audit interne sont-
elles organisées pour le personnel de la banque? I X I
2- L'organisation:
- La structure est-elle rattachée à la direction
générale ou le comité d'audit? X X X
- Ce rattachement lui permet-elle de mener à bien
ses missions? X X X
- La structure travaille-t-elle sur la base d'un planning
annuel? X X X
- Ce planning est-il conforme au plan d'audit? X X X
- Ce planning est-il respecté? X X X
- Ce planning admet-il des modifications? X X X
- Ce planning est-il approuvé? X X I
- Le planning est-il réalisé en équipe? X X X
- La structure doit-elle rendre compte de sa
réalisation? I X I
- La structure effectue-t-elle des missions spéciales? X X X
- Ces missions ont-elles un caractère prépondérant? X X X
- La structure dispose-t-elle d'un organigramme? X X X
- Les fonctions sont-elles clairement définies? X X X
- Cette définition des postes est-elle respectée? X X X
- L'organisation comprend-elle des spécialistes? X X X
- La structure tient-elle des dossiers permanents? X X X
- Ces dossiers sont-ils constitués à priori? X X X
- Ces dossiers sont-ils constitués suivant le plan
d'audit? X X X
- Ces dossiers sont-ils mis à jour régulièrement? X X X
- Existe-il une personne ou un service chargé de
cette mise à jour? X X X
- La structure est-elle soumise à un contrôle de
qualité? X X X
3- Les moyens:
- La structure dispose-t-elle:
1- D'un réseau interne? X X X
2- D'un local spacieux? X X X
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 144
d’audit Interne Algériennes
3- De suffisamment d'ordinateurs et de PC
portables? X X X
4- De logiciels statistiques et graphiques? X X X
5- D'une documentation sur l'audit et la banque? X X X
6- D'un système de tableau de bord? X X X
4- La conduite des missions:
- Les missions d'audit sont-elles menées sur ordre de
la hiérarchie? X X X
* La phase de préparation:
- Les informations que la structure collecte
proviennent:
1- Des règles et procédures concernant l'opération? X X X
2- Des lois, règlements et instructions? X X X
3- Des anciens rapports d'audit et d'inspection? X X X
4- Des statistiques internes? X X X
5- Des organigrammes? X X X
- La lecture des informations collectées conduit-elle à
l'élaboration d'un plan d'approche? I I I
- Les informations collectées sont-elles traitées? X X X
- Ces traitements aboutissent-ils à l'identification des
risques inhérents au domaine à auditer? I X X
- L'identification des risques est-elle concrétisée par
l'élaboration d'un tableau des forces et faiblesses
apparentes? I X I
- Le champ d'intervention est-il délimité par des
méthodes statistiques? X X X
Le champ d'intervention est-il soumis à des
contraintes internes? X X X
- Les objectifs et le champ d'intervention sont-ils
transcrits dans un rapport d'orientation? I I I
- Ces points font-il l'objet d'un consensus de l'équipe? X X X
- L'équipe d’audit organise-t-elle une réunion
d’ouverture avec les responsables audités avant la
phase de vérification ? X X X
- L’équipe prend-t-elle en considération les
recommandations des responsables audités ? I X I
- Un PV de réunion est il établi ? I I I
- Une lettre de mission est elle diffusée au niveau des
structures à auditer ? X X X
- l’équipe d’audit élabore-t-elle un programme de
vérification avant de se rendre sur le terrain ? X X X
- Les conditions d’hébergement et de transport sont-
elles organisées avant le travail sur le terrain ? X X X
- Un budget de mission est il délivré au chef de
mission ? X I X
- La personne chargée des prévisions de dépenses
est-elle qualifiée ? X I I
- Les étapes précédemment évoquées sont-elles
validées par le directeur d’audit ? I X X
* La phase de réalisation :
- L’équipe effectue-t-elle des entretiens de prise de
connaissance avec le personnel avant de
commencer les travaux d’audit ? X X X
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 145
d’audit Interne Algériennes
- Les questions posées sont-elles validées par le chef
de mission ? X I I
- Y a-t-il un feed back ? I I I
- Les travaux d’audit sont-ils automatiquement
formalisés dans des papiers de travail ? I I I
- Cette formalisation est-elle effectuée à posteriori ? I I I
- Les documents de base à la réalisation du papier de
travail sont-ils annexés à ce dernier ? I I I
- Est-il procédé suite au constat d’un
dysfonctionnement :
1- A une analyse causale ? X X X
2- A une évaluation des conséquences X X X
3- A la proposition de recommandations X X X
- L’équipe tient-elle des réunions quotidiennes pour
discuter des travaux réalisés ? I I X
- Les travaux réalisés sont-ils automatiquement
envoyés au directeur pour validation ? I I I
* Phase de conclusion :
- L’équipe d’audit organise-t-elle une réunion de
clôture avec les responsables audités pour discuter
des constats et conclusions ? X X X
- L’équipe d’audit prépare-t-elle un projet de rapport
auparavant ? X I I
- Les travaux d’audit sont-ils validés auparavant ? I I X
- Le projet est-il envoyé aux responsables audités
avant la réunion ? X I I
- Un procès verbal est-il dressé pour la réunion ? I X I
- Le rapport final est-il validé par les responsables
audités avant sa transmission à la direction générale X X X
* Suivi des recommandations :
- La structure est-elle chargée du suivi des
recommandations ? X X X

X* : Le contrôle ne concerne que le rapport final.


Les cases où la lettre « I » est inscrite représentent des zones d’incertitudes pour lesquels les
questions n’ont pas été posées ou les réponses ont été ambiguës.
Section II : Phase de réalisation :
Dans cette phase, nous nous sommes déplacé au niveau des structures d’audit interne des
trois banques muni de longues check lists. La prise e rendez-vous a été assurée par nos contacts
au niveau des banques.
Les interview étaient directifs mais nous avons préférer, aussi, laisser les interviewés
s’évader pour comprendre certaines spécificités des structures.
Les informations collectées ont été, ensuite, retraitées pour aboutir aux constats et
conclusions. Comme nous sommes limités en nombre de pages, nous formaliserons uniquement
certains travaux à titre d‘exemple. Les autres constats et conclusions seront présentés dans la
phase de conclusion.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 146
d’audit Interne Algériennes

ESB La cartographie des risques


Entreprises : Banque 01 et Banque 03 Date : 19/08/2007
Réalisé par : RABHI Amine N° : 03

Objectif :
S’assurer de la fiabilité des cartographies des risques utilisées par Banque 01 et Banque 03

Travaux effectués :
- Récupération d’une présentation sur la cartographie des risques de Banque 03
- Interview avec le DOCG de banque 03
- Interview avec l’auditeur senior de Banque 01.

Documents utilisés :
Présentation sur la cartographie des risques de Banque 03

Résultat :

Les cartographies des risques de Banque 01 et Banque 03 ont été élaborés sous la direction
de M CHOUBA, un expert MEDA.

1- Banque 03 :

La cartographie des risques a été élaborée par le service d’audit interne de la banque. Elle
regroupe 09 familles de risques avec 18 risques spécifiques.

- Le service a procédé au découpage des principales opérations de la banque en un ensemble


de tâches élémentaires et à affecter des risques spécifiques à ces tâches compris dans les
familles de risques initialement prévues.

- L’évaluation des risques bruts a été effectuée par auto-évaluation sous la supervision de la
structure (c’est elle qui a élaboré les questionnaires et les a envoyés aux structures centrales).

- Ensuite, la structure a élaboré un système de score de contrôle interne avec lequel elle a
évalué le contrôle interne des opérations.

- Enfin, l’évaluation du contrôle interne a été déduite des risques bruts pour aboutir à des
risques nets.

- Il a été convenu de refaire ces travaux tous les six mois le temps de constituer une base
incidence à partir de laquelle il sera possible de calculer des probabilités d’occurrence, le
montant de l’exposition et les pertes occasionnées par l’incident (idée semblable à l’approche
AMA de Bâle II). Cette base sera reliée aux familles de risques.

- Des années après l’élaboration de cette cartographie, on a constaté que :


* Une seule mise à jour a été
effectuée.
* Les bases incidences n’ont pas été constituées.
La cause annoncée est que la banque a été préoccupée par d’autres projets de modernisation
notamment celui des systèmes de paiement.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 147
d’audit Interne Algériennes

2- Banque 01 :

La cartographie des risques de Banque 01 a été élaborée dans la même logique que celle de
Banque 03 seulement :

- Le service d’audit interne n’a pas été impliqué dans son élaboration (l’auditeur senior interrogé
ignorait comment la cartographie a été élaborée.).

- M CHOUBA a retenu des réserves quant à son élaboration.

- Selon le responsable interrogé, la forme définitive arrive régulièrement au niveau de la


structure et c’est sur sa base qu’elle élabore son planning annuel.

Conclusion :

Nous estimons que les cartographies des risques de Banque 01 et Banque 03 ne sont pas
fiables
du fait que le risque brut a été évalué sur une base subjective (selon l’appréciation de la
direction
concernée) et que la cartographie de Banque 03 est obsolète alors qu’il n’y a aucune assurance
sur la fiabilité de celle de Banque 01. Toutefois, en l’absence d’autres indicateurs de risques, il
est possible de se référer à ces cartographies.

Nous recommandons à Banque 03 de mettre à jour sa cartographie avant d’élaborer son


planning
d’audit de 2008 et à Banque 01 de prévoir une mission d’audit au niveau de la structure chargée
de la mise à jour de cette cartographie dans son plan d’action de 2008.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 148
d’audit Interne Algériennes

ESB Le personnel auditeur


Entreprises : Banque 01, Banque 02 et Banque 03 Date : 21/08/2007
Réalisé par : RABHI Amine N° : 06

Objectifs :
- S’assurer que les conditions de recrutement sont cohérentes.
- S’assurer que le système de promotion est correct.
- S’assurer que le salaire et les avantages sociaux sont attrayants.
Travaux effectués :
- Récupération des fiches de poste de banque 01
- Interview avec le sous-directeur d’audit de Banque 02.
- Interview avec une auditrice de Banque 03.
- Etude de la cohérence des documents et des déclarations.
Résultat :
1- Banque 01 :
L’organigramme hiérarchique de la structure d’audit de Banque 01 prévoit trois grades d’auditeurs :
a)- Auditeur junior :
Il est chargé de contribuer à la réalisation des travaux d‘audit. Autres les qualités humaines, il doit
connaître les risques bancaires et les principes de base de l’audit et maîtriser l’outil informatique.
Pour accéder à ce poste, le postulant doit avoir un niveau universitaire avec une expérience de trois
ans dans la banque ou un autre secteur (auquel cas, il est soumis à un stage d’intégration d’une
année, dés son recrutement)
Les auditeurs juniors recrutés ont le grade de chef de service. Ils bénéficient, à cet effet, d’un salaire
de 30000 DA.
b)- Auditeur :
Ce grade est obtenu 05 ans d’expérience en tant qu’auditeur junior ou peut être accordé à un
universitaire ayant 05 ans dans une banque et occupant un poste de responsabilité. Il est chargé de
réaliser les travaux confiés par son chef dans le respect du budget temps, donner des
recommandations et de proposer des thèmes de mission. Il exige, à cet effet, une maîtrise de l’activité
bancaire et des principes d’audit, une autonomie dans la réalisation de ses travaux et une force
argumentative.
Les auditeurs gardent le grade de chef de service. Leur rémunération est comprise entre 30000 et
35000 DA. Notons que ce grade n’a jamais été attribué.
c)- Auditeur senior :
Il a les prérogatives du chef de mission en plus de la rédaction du rapport final. Ce grade est obtenu
après cinq ans d’expérience en tant qu’auditeur ou accordé à un chef de département confirmé dans
son poste depuis au moins deux ans. Il exige une parfaite maîtrise des opérations bancaires et des
techniques d’audit et une large autonomie dans la conduite des missions. Il est rémunéré à hauteur de
35000 DA.
De plus, une directive interne de Banque 01 interdit le recrutement externe. Elle a même imposé une
limite de recrutement des auditeurs à 12.
La non existence d’un nombre important de postulants satisfaisant les conditions ainsi que la petitesse
du local attribué à la direction (Il contient 05 bureaux) a contraint la structure à limiter le recrutement à
08 auditeurs.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 149
d’audit Interne Algériennes

Le responsable nous a déclaré, aussi, avoir été forcé par des hauts responsables de recruter certains
éléments ne remplissant pas les conditions requises.
A partir de cette description, les anomalies suivantes ont pu être relevées :
- Partant du principe qu’un auditeur reste de trois à cinq ans dans une structure d’audit interne, nous
estimons que le système de promotion présente une lenteur. Aussi, nous recommandons de réduire
l’expérience requise pour passer d’un grade à un autre à un ou deux ans.
- Le passage d’un grade à un autre n’augmente pas significativement la rémunération par rapport à la
responsabilité. La cause énoncée est que la grille des salaires de Banque 01 ne reconnaît que le grade
d’auditeur et que l’intégration des deux autres grades nécessite l’approbation de l’ABEF (Association
des banques et établissements financiers).
En fait, les banques ont signé une convention collective avec l’ABEF portant sur une grille des salaires
uniforme. L’ABEF a attribué à chaque poste de la grille une fourchette de salaires dans laquelle toute
banque peut fixer la rémunération qu’elle juge la plus appropriée.
Nous proposons qu’au lieu de chercher après une progression verticale, la structure peut demander une
progression horizontale en utilisant la fourchette audit. Ainsi, l’auditeur junior se verrait attribuer le plus
bas salaire de la fourchette et le senior le plus élevé.
- L’existence de contraintes sur le mode de recrutement et les besoins en formation ainsi que les
pressions sur le recrutement, remet en cause l’indépendance de la structure d’audit interne et altère
significativement son fonctionnement.
Il nous semble important que la directive ne s’applique pas à l’audit interne et que les personnes ayant
un niveau inférieur à celui requis bénéficient de stages d’intégration. Aussi, la direction générale doit
assurer à la structure suffisamment d’autonomie pour ne plus avoir à subir ce genre de pressions.
- La rédaction du rapport final est du ressort de toute l’équipe d’audit et non pas du senior uniquement.
Aussi, nous proposons que cette attribution soit supprimée.
Conclusion :
- Les critères de recrutement sont abusifs mais cohérents avec la méthode de recrutement proposée.
- Le système de promotion est très lent et il fait le modifier.
- Le salaire est attrayant uniquement pour le grade de junior.
2- Banque 02 :
Les critères de recrutement ne sont pas formalisés au niveau de Banque 02. La structure recherche les
majeurs de promotion sortant tout droit des universités.
Le recrutement est effectué sur la base de CV et d’entretiens. Les lauréats sont retenus en tant que
chargés d’études pour une période d’essai d’une année qui décidera de leur confirmation entant
qu’auditeur au niveau de la structure. Toutefois, la direction générale a autorisé la structure à recruter
des personnes sans période d’essai avec un salaire hors catégorie si elle juge que ses compétences
peuvent apporter une valeur ajoutée importante à la banque.
Le salaire de l’auditeur en période d’essai s’élève à 26000 DA. Il est sensiblement augmenté après la
confirmation (L’interviewé n’a pas donné de détails par rapport à ce point). La structure assure à ses
employés une augmentation annuelle minimale de 2000 DA, le 13ème mois et offre des prêts à taux
réduit (automobile, immobilier)
Aussi, les nouvelles recrues bénéficient de formations professionnelles de haut niveau avec des stages
pratiques dans les grandes banques internationales.
Banque 03 a contourné la rigidité de la grille des salaires de l’ABEF en offrant une promotion d’auditeur
senior en tant que sous-directeur. Néanmoins, la personne promue est restée 08 ans avec le grade
d’auditeur.
Conclusion :
- Les critères de recrutements sont plus ou moins satisfaisants.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 150
d’audit Interne Algériennes

- Le système de promotion est très lent à partir de la confirmation.


- La promotion en auditeur senior sera très limitée (on ne peut avoir qu’un seul sous-directeur).
- Le salaire et les avantages sociaux sont satisfaisants mais insuffisants pour les majeurs de promotion
(En général, ils sont recrutés par des organismes privés leur offrant des salaires beaucoup plus
attrayants).

3- Banque 03 :
Le grade d’auditeur est existant dans la structure. Les conditions d’accès au poste sont exprimées dans
une fiche que nous n’avons, malheureusement, pas pu obtenir. Toutefois, de part nos entretiens avec le
personnel, le niveau requis pour accéder au poste d’auditeur est de licence à master. La structure
recrute des personnes spécialistes (comptabilité et fiscalité, crédit, informatique,…etc.).
Aucun système de promotion n’existe dans la structure. De plus, au bout de cinq années, les auditeurs
ne sont pas forcément affectés à des postes de responsabilité.
Le recrutement s’effectue avec une période d’essai d’une année où la personne recrutée obtient un
grade de chargé d’études. Une fois confirmé, l’auditeur est rémunéré à hauteur de 23000 DA. Il
bénéficie du 13ème mois et de séminaires et formations professionnelles.
Conclusion :
- Les critères de recrutement sont satisfaisants.
- La promotion est quasi impossible.
- Les salaires proposés sont très bas par rapport à la moyenne du secteur (ce qui explique le taux de
démission élevé que connaît la structure. En effet, entre une visite en début d’été et une visite en fin
d’été, deux auditeurs ont quitté la structure).
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 151
d’audit Interne Algériennes

ESB Organisation
Entreprises : Banque 01 et Banque 02 Date : 22/08/2007
Réalisé par : RABHI Amine N° : 08

Objectifs :
- S’assurer de l’indépendance de la structure d’audit interne.
- Vérifier si la taille de la structure est adéquate avec celle de la banque.
- S’assurer de la bonne planification des missions.
- S’assurer de la correcte séparation des fonctions.
Travaux effectuées :
- Entretien avec les responsables des structures.
- Comparaison des déclarations avec les normes d’audit interne.
Résultat :
1- Banque 01 :
a)- Rattachement hiérarchique :
La structure est rattachée à la direction générale depuis 2004 mais ce rattachement ne lui procure pas
le moindre avantage :
- La structure est soumise aux mêmes contraintes en matière de recrutement que toute la banque
alors que c’est une structure en démarrage.
- Les équipes d’audit ne sont pas prises en charge par la banque dans la phase de réalisation. C’est
pourquoi, il a été convenu que l’intervention de l’audit se limite à la wilaya d’Alger.
- La structure est pénalisée par la lenteur de la direction des moyens généraux et par les réductions
budgétaires.
b)- Taille de la structure/ taille de la banque :
- Effectif :
Le tableau suivant montre la disposition des effectifs de la structure d’audit de Banque 01 par rapport
aux normes :

Existant Norme Ecart Pourcentage


Auditeurs 9 30 -21 -70%
Assistants 2 1 1 100%
Directeur 1 1 0 0%
Total 12 32 -20 -63%

Ce tableau montre que la structure est en sous effectif. De plus, sur les 9 auditeurs existants, 8 sont
des juniors récemment recrutés n’ayant presque aucune connaissance en audit mis à part ce que
leur a apporté une formation théorique en début de carrière.
Il s’agit là d’une conséquence de l’imposition d’un recrutement interne.
Les auditeurs recrutés sont tous généralistes (anciens chargés d’études). Le responsable ne voyait
pas la nécessité de recruter quelques spécialistes.
Pour information, les audits financiers dans les banques effectués par KPMG Algérie sont assurés
par des seniors expérimentés ayant de l’expérience dans une banque. En plus, un IRM est associé à
l’équipe pour effectuer les tests informatiques.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 152
d’audit Interne Algériennes

- Moyens matériels :
La structure manque énormément de moyens matériels notamment de l’outil informatique. Voici une
comparaison entre les besoins exprimés en matière d’ordinateurs et ce qui a été satisfait :

Demandé Réalisé Ecart Pourcentage


Ordinateurs 12 3 -9 -75%
PC portables 2 0 -2 -100%

La direction des moyens généraux a prétexté en début d’année 2007 le fait qu’elle attendait toutes les
demandes pour effectuer une commande globale.
Concernant les ordinateurs portables, la direction chargée des budgets n’a reconnu qu’un seul pour
le directeur d’audit. Or, ces ordinateurs ont été demandés pour assurer les travaux sur le terrain.
Par conséquent, les travaux d’audit sont formalisés à posteriori et le rapport final d’une mission
censée durer une semaine est rendu deux mois plus tard.
- Séparation des tâches :
Dans la fonction audit de banque 01, l’auditeur senior assure, en plus de ses travaux :
- La réalisation des travaux d’audit des auditeurs confirmés.
- La réalisation du plan d’action.
- l’élaboration du manuel de procédures de l’audit interne (le manuel n’a pas encore été réalisé.
L’auditeur senior prévoit le réaliser au courant de l’année 2008. Nous avons des doutes par rapport
à cette affirmation).
Ce qui est frappant est l’absence du rôle du directeur d’audit qui délègue ses travaux à l’auditeur
senior. Nous avons demandé à le rencontrer. Malheureusement, cela n’a pu se réaliser.
- Planning d’audit :
Depuis sa création, la structure a réalisé un seul planning d’audit. Ce dernier a prévu la réalisation de
missions entrant dans le cadre des quatre grandes fonctions de la banque et qui sont :
- La comptabilité.
- Les crédits.
- L’informatique.
- L’international.
Il est possible qu’il soit modifié suite à l’introduction de missions spéciales. Le budget temps attribué
par mission est généralement flexible sauf cas exceptionnel.
Ce qui attire l’attention est l’absence de la fonction « administration » et autres (marketing, moyens
généraux,…etc.) dans ce plan. Or, s’il on croit les experts, la fonction ressources humaines doit être
auditée au moins deux fois par an.
Cette absence est du à l’inexistence de compétences relatives au domaine administratif. Aussi, le
manque de moyens humains et matériels contraint la structure à se concentrer sur les fonctions les
plus risquées.
Aussi, d’après les déclarations de l’auditeur senior, la réalisation du planning tient compte des
appréciations de la cartographie des risques. Or, cette dernière n’est pas fiable (voir PT n° 03).
- Les dossiers permanents :
Ils ne sont pas constitués. La structure n’en voit pas l’utilité car elle considère les procédures internes
exhaustives. L’étape de reconnaissance dans les missions d’audit de cette structure est biaisée.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 153
d’audit Interne Algériennes

Conclusion :
- Le rattachement hiérarchique nous semble théorique. Aussi, nous proposons à la structure de gagner
son respect en effectuant des travaux à la hauteur.
- La taille de la structure n’est pas adaptée à la taille de la banque. Aussi, nous recommandons de
recruter d’autres auditeurs en externe et de changer le siège de la direction d’audit.
- La planification annuelle n’est pas fiable. Aussi, nous recommandons à la structure de scorer le contrôle
interne des opérations qu’elle audite et comparer le score avec celui trouvé par la structure chargée de la
mise à jour de la cartographie.
- L’auditeur senior accumule des tâches incompatibles (Elaboration du planning et conduite des missions,
d’où risque d’élaboration du planning selon ses convenances). Le directeur d’audit doit reprendre les
tâches qui lui sont initialement attribuées dont l’élaboration du planning d’audit.
2- Banque 02 :
a)- Rattachement hiérarchique : La structure est rattachée à la direction générale, ce qui lui procure
des avantages de travail considérables notamment en ce qui concerne :
- La validation des budgets (tout ce qui est demandé est accordé).
- Le recrutement externe (la structure peut proposer des salaires hors catégories pour les candidats
très intéressants).
b)- Taille de la structure/ Taille de la banque :
- Effectifs :
Voici un état comparatif entre ce que propose la norme en termes d’effectifs et ce sui existe au_
niveau de la structure d’audit de Banque 02 :

Existant Norme Ecart Pourcentage


Auditeurs 5 38 -33 -87%
Assistants 1 1 0 0%
Directeur 1 1 0 0%
Contractuel 2 0 2 100%
Total 9 40 -31 -78%

Les contractuels sont deux personnes recrutées (expert comptable, directeur d’agence) afin d’aider à
élaborer le manuel de procédures et à former les jeunes recrues.
Il est à noter que 4 des 5 auditeurs ont été récemment recrutés. La structure est toujours en
démarrage. Or, elle a été créée en 1995. La cause de cela est que cette direction était sous-estimée
auparavant. Elle a du s’imposer en apportant à la direction une nouvelle vision des choses (remise en
cause des procédures, recherche des causes et conséquences). Lorsque la direction s’est aperçue
de la valeur ajoutée qu’apportait l’audit, elle a commencé à lui demander plus de travaux. C’est ainsi
que la structure est devenue privilégiée. Ce qui lui permet de se refonder sur de meilleures bases.
La structure compte augmenter son effectif en recrutant des jeunes de profil spécialisé.
- Moyens matériels :
La structure dispose des moyens matériels nécessaires pour mener à bien ses missions. Elle
manque d’applications et de normes statistiques qu’elle compte développer dans un proche avenir.
- Séparation des fonctions :
Dans la structure d’audit de banque 02, le directeur d’audit et le senior prennent les décisions
stratégiques relatives à la conduite des missions d’audit (champ d’intervention, budget temps,
programme d’audit,…etc.) quand ces dernières ne sont pas définies par la direction générale. Ils
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 154
d’audit Interne Algériennes
supervisent, aussi, les travaux des auditeurs et des contractuels. Il ya donc un partage des décisions
entre le directeur et le senior et un partage des tâches entrez les auditeurs.
- Le planning d’audit :
La structure ne planifie pas ses interventions. Elle effectue de l’audit à la demande. Elle réalise des
missions pour le compte de la direction générale qui lui limite généralement les objectifs et le champ
d’intervention.
Selon le sous-directeur, la structure ne veut pas planifier son intervention d’une manière arbitraire.
Elle veut d’abord pouvoir évaluer le contrôle interne existant et les risques inhérents à la banque et
établir des critères d’appréciation sur des bases scientifiques.
Abstraction faite de l’obligation règlementaire, nous sommes tout à fait d’accord avec la non
élaboration du planning.

- Les dossiers permanents :


La constitution des dossiers permanents au niveau de la structure d’audit de Banque 02 est très
récente et s’inscrit dans le cadre de ses projets de modernisation.
En effet, la structure a procédé à l’inventaire des textes bancaires. Ensuite, elle a procédé à leur
étude et leur classement par métiers de la banque. L’étape suivante, en cours de réalisation, consiste
à se déplacer sur le terrain et vérifier l’application de ces textes.
Conclusion :
- Le rattachement hiérarchique est satisfaisant.
- La banque tente de développer des moyens humains et matériels. Ce point ne pourra être vérifié
qu’à posteriori.
- La banque ne planifie pas ses interventions en attendant de mettre en place des systèmes
d’appréciation des risques.
- La séparation des fonctions est moyenne à bonne.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 155
d’audit Interne Algériennes

Le score de contrôle interne :


Après une série d’étude de conception des critères d’appréciation d’une structure d’audit interne
tels que ceux précédemment énoncés, nous sommes arrivé au système de score suivant :
Le système comprend des notes variant de 1 à 4 telles que ;
1 : Absent ou inexistant.
2 : Faible
3 : Moyen
4 : Satisfaisant
Les pondérations seront comprises entre 1 et 3 selon les risques recensés lors de la phase
« analyse des risques » comme suit ;
1 : Risque faible.
2 : Risque moyen.
3 : Risque élevé.
La note finale sera divisée sur la note maximale pour l’appréciation :
- Si la note> 0,7 : le contrôle interne est bon.
- Si 0,6<note<=0,7 : le contrôle interne est moyen.
- Si la note <=0,6 : le contrôle interne est faible.
Il est à noter que les points d’incertitude ne seront pas comptés.

Note Note Note


Critère Pondération B 01 B 02 B 03

* La charte d'audit
- Contenu 2 3 2 0
- La diffusion 2 4 4 0

* La cartographie des risques:


- La conception 3 2 1 3
- La mise à jour 3 2 1 1
- L'évaluation 2 1 1 3

* Le contact avec les managers: 3 1 1 1

* Le plan d'audit
- Conception 3 1 1 1
- Mise à jour 2 1 1 1

* Le manuel des procédures


- Contenu 2 1 1 0
- Mise à jour 2 1 1 0

* Mode de recrutement et besoins en formation:


- Etude
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 156
d’audit Interne Algériennes
- Choix

* Normalisation des documents: 1 2 1 2

* Prévisions budgétaires:
- Etude 2 2 0 2
- Réalisation 3 2 4 4

* Recrutement:
- Critères retenues 3 2 4 4
- Salaire et promotion 2 3 3 2
- Autres avantages 1 1 4 2
- Formation 2 2 4 3

2- L'organisation;

* Rattachement hiérarchique: 3 2 4 3

* Taille structure/ taille banque:


- Effectif 3 3 2 3
- Moyens 3 2 4 4

* Séparation des fonctions: 3 1 3 4

* Type d'organisation: 2 2 3 4

* Planning d'audit: 3 2 1 3

* Dossiers permanents:
- Contenu 3 1 3 3
- Mise à jour 2 1 3 3

3- Conduite des missions:

* Planification:
- Elaboration du plan d'approche 1 0 0 0
- Couverture de l'information collectée 2 2 3 3
- Traitement de l'information 3 2 3 3
- Tableau des risques 1 0 0 0
- Choix des sites 3 1 3 3
- Procédure de conduite des missions 3 3 1 3
- Réunion d'ouverture 1 4 1 4
- Programme d'audit 3 2 3 4

* Réalisation
- entretiens 2 3 3 3
- Papiers de travail 3 2 3 4
- FRAP (raisonnement) 3 4 4 4
- FRAP 1 0 1 0
- outils et techniques utilisées 3 3 3 3
-Validation des travaux 2 0 0 4

* Conclusion:
- Préparation d'un projet de rapport 2 0 0 0
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 157
d’audit Interne Algériennes
- Réunion de clôture 2 3 3 3
- Rapport d'audit 3 2 4 4

* Gestion:
- Normes de dépenses 2 0 0 3
- Supervision du directeur 3 0 4 4
- Rapport de gestion 1 0 0 0

* Suivi des recommandations: 1 3 0 2

Note Finale 188 242 276


Note maximale 368 372 364
Note 0,51087 0,65054 0,758242

Section 03 : La phase de conclusion :


La présente synthèse a pour objet de présenter les résultats et conclusions du mini audit
réalisé auprès des trois structures d’audit interne de banques. Le but étant de vérifier si ces
dernières ont été conçues sur de bonnes bases et apprécier leur mode de fonctionnement, afin de
vérifier si les banques Algériennes accordent réellement de l’importance à l’audit opérationnel.
Il a été procédé pour le faire à la collecte d‘informations de différents ouvrages et
normes, l’analyse des risques pouvant apparaître à partir de ces informations et la délimitation de
nôtre champ d’investigation.
Ensuite, nous avons établi un long questionnaire (Check list) que nous avons soumis au
trois structures Certaines questions n’ont pas été posées parce que certains points plus importants
méritaient d’être clarifiés.
Nous avons essayé, ensuite, d’étudier ces réponses et de tirer les dysfonctionnements,
analyser leurs causes, évaluer leurs conséquences et proposer des recommandations quand nous
l’avons pu.
I- Banque 01 :
A- Présentation :
La structure d‘audit de la Banque 01 a été créée en 1995 sous forme d’une cellule rattachée à
la direction générale. Ensuite, elle a été rattachée à l’inspection générale où elle a connue une
hibernation jusqu’en Octobre 2004, date à partir de laquelle on a commencé à mettre en place
la direction d’audit interne.
La structure est opérationnelle depuis le 28 Décembre 2006 et est actuellement rattachée à la
direction générale.
La structure compte 09 employés dont 09 auditeurs. Elle a réalisé 15 missions d’audit de
conformité et d’efficacité depuis sa création, d’une durée située entre une semaine et deux
mois. Nous proposons de la présenter dans l’organigramme suivant :
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 158
d’audit Interne Algériennes

Directeur d’audit

Assistant Assistant

Auditeur senior

Auditeur Auditeur Auditeur Auditeur


junior junior junior junior

B- Problèmes rencontrés :
La structure d’audit interne de Banque 01 souffre d’un problème de sous-estimation de la
direction générale et des directions opérationnelles. C’est pourquoi, les moyens demandés ne
sont pas mis en place. Il s’agit d’un problème conjoncturel par lequel toutes les autres
structures d’audit sont passées et que la structure pourra dépasser en s’affirmant par la qualité
de ses travaux.
Mais pour y parvenir, la structure doit bénéficier de formations de qualité, surtout qu’elle
comprend une majorité de juniors. Or, les thèmes de formation sont choisis par la direction du
personnel puis proposés à l’audit interne pour sélection. A cet effet, elle doit tenter de
chercher, de sa part, des formations intéressantes et de les proposer à la direction du personnel.
Aussi, elle doit se constituer une documentation riche au lieu de se contenter uniquement des
procédures internes.
Aussi, la structure souffre d’un problème organisationnel grave. Une multitude de tâches
d’audit et e gestion est laissée à l’auditeur senior à lui seul et cela a deux conséquences :
D’abord, l’organisation devient charismatique et donc, si jamais cet auditeur démissionne, la
structure risque de se retrouver dans de grosses difficultés. Ensuite, la surcharge de travail
importante n’implique qu’une mauvaise qualité.
C’est pourquoi, nous proposons soit qu’il y ait une séparation claire ou un partage des tâches
entre le directeur et le senior, soit, comme chez Banque 03, que toutes les tâches soient
réalisées en équipe (et nous sommes plus favorables pour cette idée car elle va permettre de
développer les capacité des auditeurs juniors).
C- Réformes engagées ou prévues :
En l’absence d’un manuel de procédures, la structure se réfère à la charte d’audit élaborée par
M CHOUBA, et qui reprend la méthodologie de conduite d’une mission d’audit interne.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 159
d’audit Interne Algériennes

La structure, consciente de l’insuffisance de la charte, compte élaborer un manuel de


procédures en 2008. Nous estimons que dans l’état actuel de la structure, il est préférable
qu’elle fasse appel à un cabinet externe pour l’aider à le réaliser.
II- Banque 02 :
A- Présentation :
La structure d’audit interne de banque 02 a été rattachée en 1995 à la direction générale. Elle
demeure, néanmoins en démarrage depuis.
La structure compte 9 employés dont 02 contractuels chargés de la formation des auditeurs
juniors et de la rédaction du manuel de procédures. Elle réalise entre 8 et 10 missions d’audit
par an d’une durée située entre une journée et 3 mois. Nous pouvons la présenter dans
l’organigramme suivant :

Directeur d’audit

Sous-directeur
auditeur senior
Conseillers Secrétaire
contractuels

Auditeur Auditeur Auditeur Auditeur

B- Problèmes rencontrés :
Le fait que la structure d‘audit interne de Banque 02 ait dépassé le problème de sous-
estimation que rencontre celle de Banque 01 lui permet de d’aller de l’avant et se restructurer.
Nous pensons que les problèmes sur lesquels la structure doit se focaliser sont :
- L’absence de règles claires notamment en ce qui concerne ma conduite des missions, le
recrutement et la documentation.
- Le recrutement : Le fait que la structure choisisse uniquement de recruter les majeurs de
promotion peut poser un réel problème vu que ces derniers sont rarement disponibles (surtout
dans les créneaux économiques). De plus, un excellent élève n’est pas forcément un très bon
employé. Nous recommandons à la structure de palier la renonciation aux majeurs de
promotions par l’organisation de concours écrits et oraux avec des critères de base sur la
moyenne, parcours scolaire,…etc.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 160
d’audit Interne Algériennes

C- Réformes engagées :
La structure, consciente de son retard en matière de normes, a engagé des réformes
conformément aux recommandations des experts MEDA et Ernst Young. Ces réformes
comptent :
- La préparation d’un manuel de procédures qui définira la méthodologie de la structure dans
la conduite de ses missions d’audit, des procédures obligatoires par opération bancaire, des
normes de sondages statistiques (précision, signification).
- La mise en place d’une cellule statistique qui élaborera les critères de sondages par opération
bancaire.
- La mise en place d’un système de frais de missions avantageux et d’une caisse noire.
- La mise à jour de la charte d‘audit, considérée comme théorique et ne répondant pas aux
attentes des employés.
- La mise en place d‘un système de score de contrôle interne par métier de la banque, pour
introduire la mise en place d’une cartographie des risques (la structure compte faire appel à un
cabinet externe pour son élaboration).
Ces réformes devraient aboutir à la réalisation d’un plan d’audit exhaustif, la conduite efficace
des missions et l’attraction d’effectifs.
Nous avons juste une réserve à émettre à propos de la cellule statistique. Nous pensons que la
désignation d’un expert est suffisante.
III- Banque 03 :
A- Présentation :
La structure d’audit de la Banque 03 a débuté son activité en 2001. Elle compte 9 employés
dont 7 auditeurs. La structure réalise 5 à 6 missions par an d’une durée moyenne de 02 mois
dont 03 semaines pour la phase de réalisation. Ces missions sont des audits de conformité et
d’efficacité. Son organisation est assez simple et est présentée dans l’organigramme suivant :

Directeur d’audit

Secrétaire

Auditeur Auditeur Auditeur Auditeur


Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 161
d’audit Interne Algériennes

B- Problèmes rencontrés :
D’abord, nous tenons à souligner un point de force important dans cette structure et qui est son
organisation. La structure est formée de plusieurs spécialistes dans un domaine bancaire
précis. A l’occasion d‘une mission d’audit, la personne spécialisée est le chef de mission.
Aussi, tous les travaux sont réalisés en équipe (collecte d’informations, gestion des coûts,
cartographie des risques, planning d’audit,…etc.).
Les problèmes que rencontre la structure peuvent être résumés comme suit :
a)- L’ignorance de l’audit : La structure d’audit de Banque 03 est confrontée à la crainte du
personnel audité car ce dernier croit qu’il s’agit de l’inspection. Nous pensons que la
structure devrait revoir sa charte (mettre l’accent sur la différence entre l’audit et
l’inspection). Aussi, le chef de mission doit prendre le temps de rassurer le personnel.
b)- La valeur ajoutée : La structure n’arrive pas à cerner ce qu’elle apporte de plus à sa
banque. Il est vrai qu’il est difficile de cerner la valeur ajoutée d’un centre de coûts.
Toutefois, partant du principe que l’audit interne a été créé pour réduire les coûts relatifs à
l’audit externe et que les cabinets, actuellement, offrent des travaux d‘audit interne, il est
possible de soumettre le planning d‘audit à un cabinet externe et lui demander un devis.
Ensuite, le coût estimatif du cabinet pourra être considéré comme étant le coût des prestations
de l’audit interne. Il suffira, ensuite, de déduire les charges.
c)- La maîtrise des coûts : La structure n’arrive pas à gérer ses coûts car son budget temps
des missions d’audit est toujours dépassé, ce qui engendre des coûts supplémentaires, sans
parler des missions imprévues. Après une analyse causale, nous avons compris que le
problème ne venait pas d’une mauvaise gestion des coûts (existence de normes de dépenses
raisonnables, estimation des coûts par mission avec marge de sécurité, un auditeur est chargé
de cette mission) mais d’une mauvaise prévision. En fait, la structure, dans le souci de
réaliser des économies pour la banque sous-estime ses coûts. Nous nous sommes rapprochés
de la direction de contrôle de gestion de Banque 03 qui nous a affirmé qu’elle acceptait
automatiquement toute demande de rallonges émanant de l’audit interne du fait e leur bonne
gestion.
d)- La sous-estimation : Malgré l’appui de la direction générale à l’audit interne de Banque
03, le secteur est lésé du fait que la rémunération est largement inférieures à celles pratiquées
par les banques consoeurs. Nous recommandons à la direction de réviser les salaires aux
risques de fuite des effectifs qui peuvent être difficilement remplacés.
C- Réformes engagées ou prévues :
Concernant le fonctionnement de la structure, aucune réforme n’a été prévue. La structure a
été associée à une étude sur l’application des référentiels Bâle II et IFRS dans la Banque 03.
Notons que la structure a arrêté de mettre à jour sa cartographie des risques et qu’elle devrait
le faire dans un proche avenir.
Aussi, nous pensons que la structure d’audit de Banque 03 s’est assez développée pour ne plus
utiliser exclusivement des méthodes de convenance. Aussi, nous recommandons à cette
dernière de recruter un statisticien pour programmer des tests statistiques qui lui donneront
plus d’assurance de la couverture de ses objectifs d’audit, ainsi que pour les aider à réaliser un
plan d’audit pluriannuel.
Chapitre III : Etat de la pratique de l’audit opérationnel bancaire au sein des structures 162
d’audit Interne Algériennes

Cette étude nous permet finalement de dire que l’activité de l’audit interne en Algérie est
toujours à ses balbutiements et qu’elle ne se pratique pas suivant les normes et pratiques
récentes.
Certaines banques algériennes commencent à se rendre compte de l’importance de
l’audit interne et lui consacrent une certaine attention alors que d’autres restent cloîtrées dans
leurs anciennes idéologies ignorant les risques auxquels cela peut les mener.
Finalement, les banques algériennes n’accordent pas autant d’importance à l’audit
que ce qu’elles prétendent.
Conclusion : 163

Aux termes d’un semestre de recherches, nous pouvons dire que l’audit opérationnel
est le métier qui consiste à comprendre le fonctionnement d’une organisation, à le remettre en
cause et à proposer des solutions pour l’améliorer. Son application au domaine bancaire
requiert une connaissance approfondie des risques et des particularités liés à cette activité, un
esprit ouvert à toutes les possibilités et une adaptation de sa méthodologie et de ses outils. S’il
est bien pratiqué, il permet à la banque d’avoir une assurance sur le degré de maîtrise de ses
opérations et l’aide à gérer ses risques convenablement.
Dans la pratique, chaque organisme pratiquant est libre de définir sa propre
méthodologie d’audit opérationnel en fonction de ses objectifs et de ses contraintes tout en
respectant la démarche. Les structures d’audit interne ont moins besoin de temps pour
comprendre le domaine à auditer qu’un cabinet qui doit aussi comprendre le contexte général
de l’organisation bancaire, alors qu’un cabinet d’audit a plus de chances de détecter les
problèmes et les résoudre du fait de son expérience de plusieurs types d’organisations.
En Algérie, l’audit opérationnel bancaire est exclusivement pratiqué par des structures
d’audit interne. Ces dernières ont une existence récente et des difficultés à faire comprendre le
rôle important qu’elles peuvent jouer du fait qu’elles sont considérées comme des entités
génératrices de coûts inutiles. Chaque jour, ces structures tentent de s’affirmer dans un milieu
parfois réceptif d’idées nouvelles et parfois imprégné d’une culture désuète. Par conséquent, il
n’apporte pas à la banque Algérienne tout ce qu’il aurait du lui apporter.
Nous espérons avoir réussi à répondre à nôtre problématique et nous nous excusons de
la longueur de l’exposé.
Bibliographie

I- Les ouvrages :

- BECOURT Jean Charles et BOUQUIN Henry, Audit opérationnel : Efficacité,


efficience ou sécurité, Economica, Paris, 1996, 418P.
- MIKOL Alain, Les audits financiers : Comprendre le mécanisme du contrôle légal,
Editions d’organisation, Paris, 1999, 198P.
- PIGE Benoit, Audit et contrôle interne, Editions Litec, Paris, 1997, 190P.
- RENARD Jacques, Théorie et pratique de l’audit interne, Editions d’organisation,
Paris, 2000, 462P.
- MADERS Henry pierre, Audit opérationnel dans les banques, Editions d’organisation,
Paris, 1994, 221P.
- BERNET-ROLLANDE Luc, Principes de technique bancaire, Dunod 24ème édition,
Paris, 2006, 505P.
- SARI Antoine, Audit et contrôle interne bancaires, Editions Afgees, 2002, 1099P.
- MASSELIN Jean Luc et MADERS Henry Pierre, Contrôle interne des risques,
Editions d’organisation, Paris, 2004, 225P.
- RENARD Jacques, Audit interne : Ce qui fait débat, Editions Maxima, Paris, 2003.
- HELFER Jean Pierre et ORSONI Jacques, Marketing, Vuibert 9ème Edition, Paris,
2007.
- BELAIBOUD Mokhtar, Pratique de l’audit, Editions Berti, Alger, 2005.
- Groupe d’étude, Normes IAS/IFRS : Que faut-il faire ? Comment s’y prendre ?,
Editions d’organisation, Paris, 2005.
- DUMONTIER Pierre et DUPRE Duc, Pilotage bancaire : Les normes IAS et le
réglementation Bâle II, Revue banque Editions, Paris, 2005.
- GARUSUAULT Pierre et PRIAMI Serge, La banque : Fonctionnement et stratégies,
Economica 2ème édition, Paris, 1997.
- OBERT Romain, Pratique des normes IAS/IFRS, Editions Dunod, Paris, 2003.
- KPMG, Guide investir en Algérie, Alger, 2007.

II- Documentation :

- SIBF, Le contrôle interne d’une banque, 11P.


- ABOU BAKR Belaid, Rapport d’étude sur la Banque Nationale d’Algérie, Ecole
Supérieure de Commerce, 1997, 29P.
- AHMED SAADI Zahir, Les opérations documentaires, IFID, 2004, 35P.
- HABLAL Abdelkader, Manuel de procédures pour les opérations de portefeuille, ESB,
46P.
- Cours de droit bancaire de Mme BENSOUAT, ESB, 2006, 80P.
- KPMG, Audit Committee Institute: Outil 07: Exemple de cartographie des risques, 2006,
4P.
- RÈGLEMENT (CE) No 108/2006 DE LA COMMISSION du 11 janvier 2006 Modifiant
le règlement (CE) no 1725/2003 de la Commission du 29 septembre 2003 portant
adoption de certaines normes comptables internationales conformément au règlement
(CE) no 1606/2002 du Parlement européen et du Conseil, pour ce qui concerne les IFRS 1,
4, 6 et 7, les IAS 1, 14, 17, 32, 33,2006, 26P.
- Normes internationales pour la pratique professionnelle de l'audit interne, IIA, 2004,
20P.
- Banque des règlements Internationaux, Nouvel accord de Bâle sur les fonds propres,
2003, 208P.
- Fédération Bancaire Française, Le ratio de solvabilité, les normes IAS : Les principales
conséquences, 2004, 14P.
- Banque de développement Local, Recommandations du comité de Bâle La réforme de la
gestion prudentielle du secteur bancaire, Algérie, Algérie, 2006, 66P.

III- Sites Internet :

- www.Lyon-finance.org.
- www. KPMG.dz.
- www.Wikipédia.com.
- www. Ernst young.fr.

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