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Royaume du Maroc

Université Mohamed Premier

Faculté des sciences Juridiques Économiques et Sociales

-Oujda-Maroc-

MASTER EN ECONOMIE,
FINANCE ET EMERGENCE
ECONOMIQUE

Encadré par: Réalisé par:

Mr. E. Mejdoubi Gerrouj Rachid

Khalifa Nasser

Bekkali Akram

Belghiti Mohamed

Messoudi Zakariae

Boujaada Youssef

Année universitaire: 2019/2020

0
Sommaire :

1 Introduction.....................................................................................................................................................2
2 Pays émergent et risque financier....................................................................................................................3
2.1 Pays émergents :......................................................................................................................................3
2.2 Les critères de l’émergence économique:................................................................................................4
2.3 Le risque financier :..................................................................................................................................5
3 Diagnostic et l’impact des risques financiers dans les pays émergent...........................................................10
3.1 Diagnostic du marché financier dans les pays émergents.....................................................................10
3.2 Crises liées aux risques financiers dans les pays émergents:.................................................................11
3.3 Pays émergents faire face aux crises financières :..................................................................................17
4 Gestion des risques financiers : Diagnostic et  Stratégies...............................................................................19
4.1 Diagnostic du risque financier :..............................................................................................................19
4.2 Les différentes stratégies pour la gestion du risque financier:...............................................................27
5 Conclusion......................................................................................................................................................33
6 Bibliographie..................................................................................................................................................34

1
1 Introduction

D’une façon générale le risque est un danger éventuel plus au moins prévisible, inhérent à une
situation ou à une activité. En droit c’est l’éventualité d’un événement future, incertain ou d’un terme
indéterminé, ne dépendant pas exclusivement de la volonté des parties et pouvant causer la perte d’un
objet ou tout autre dommage.

En finance le risque signifie la perte de l’argent suite à une opération financière (sur actif
financier), ainsi il tient à la présence d’une dette dans la structure de financement de l’entreprise.
Dans ce travail nous avons fait une synthèse de tous les types des risques financiers ainsi que les
stratégies employées pour gérer ces risques. Dans cette optique un diagnostique à été fait permettant de
dégager les principales causes des risques,  à savoir : l’auto-couverture ,la fixation immédiate du prix ou
du taux futur : le terme ,l’assurance et la cession immédiate de l’actif ou du passif porteur du risque.

Notre travail est organisé comme suit : dans le chapitre (1), nous avons introduit d’une part la
définition des pays émergents, risque financier et d’autre part la présentation des types des risques
financiers (risque du taux, risque de contrepartie, risque de liquidité.…).

Dans le chapitre (2), nous avons étudié les crises liées aux risques financiers (les causes et  les
conséquences), ce qui a permet de connaître la finalité de la gestion des crises financières.
Le troisième chapitre a été consacre, à l’étude détaillée des stratégies développées pour mieux
gérer les risques financiers, après avoir fait un diagnostic de chaque risque à part.
Ces faits nous conduisent à poser une question cruciale autour de laquelle s’articuler a notre travail
de recherche:
Comment les pays émergents faire face aux risques financiers?

2
2 Pays émergent et risque financier

2.1 Pays émergents :

En 2001, un économiste de Goldman Sachs introduisait l’acronyme BRICS 1 pour marquer


l’entrée des pays émergents dans l’économie mondiale. Le concept d’émergence connaît un renouveau
marqué qui correspond à un contexte international profondément métamorphosé. Depuis l’apparition de
ce concept, des classifications aux critères larges et parfois vagues sont apparues pour tenter d’identifier
les nouveaux pays émergents. Dix ans après, les BRICS ont émergé et sont confrontés aux défis de
sociétés quasiment développées. Parallèlement, de nouveaux pays émergents, définis par cinq critères
économiques, apparaissent.
Ces critères sont une population nombreuse, un taux de croissance potentielle à dix ans oscillant
autour de 5 %, une urbanisation à 50 % en croissance, des besoins en infrastructures permettant
d’accompagner le décollage économique et une stabilité politique qui permet de mettre en œuvre des
projets à long terme. En vertu de ces critères, les prochains pays émergents sont les BENIVM, désignant
le Bangladesh, l’Éthiopie, le Nigeria, l’Indonésie, le Vietnam et le Mexique. Déjà, derrière les
BENIVM, d’autres pays, disposant d’une population moins nombreuse et d’une économie davantage
liée à l’exploitation des matières premières, sont prêts à prendre le relais de la croissance mondiale ou,
du moins, à y participer fortement. Or la France est économiquement peu présente dans les BENIVM et
ne fournit pas (encore ?) les efforts nécessaires pour redéployer ses moyens économiques et
commerciaux vers ces futures puissances économiques.
Pourtant, la définition de ces pays émergents est restée floue. « Dragons asiatiques », « BRICS
», « BIICS », « Next Eleven », « E7 », « CIVETS »… des classifications nombreuses sont apparues,
dont la plupart dans les dernières années, souvent sans véritable cohérence d’ensemble, et rassemblant
des pays dont les caractéristiques sont parfois très éloignées.

En 2014, Coface (Compagnie Française d'Assurance pour le Commerce Extérieur) donne une liste de
10

« nouveaux émergents » qui remplissent tous les critères. Mais ces pays ne sont pas égaux en matière
d’environnement des affaires dont les lacunes peuvent brider la croissance. Ce qui conduit Coface à en
distinguer 2 groupes :
La Colombie, l’Indonésie, le Pérou, les Philippines et le Sri Lanka bénéficient d’un climat des
1
Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.

3
affaires convenable (A4 ou B), niveau similaire à celui des BRICS aujourd’hui.
Le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Bangladesh et l’Ethiopie sont soumis à un environnement
des affaires très difficile (évaluation C) ou extrêmement difficile (évaluation D), ce qui pourrait être un
frein à l’exploitation de leur potentiel.

2.2 Les critères de l’émergence économique:

Les critères retenus pour définir l’émergence économique sont divers et relativement imprécis.
Ainsi, la plupart des classifications ne procèdent pas d’une analyse économique rigoureuse et, souvent,
les pays se retrouvent classés sous plusieurs acronymes.
À ce titre, il convient de repartir de l’analyse première de Jim O’Neill, qui combinait les deux
facteurs essentiels au développement : le facteur économique et le facteur démographique. Cinq critères
peuvent ainsi être retenus pour identifier les prochains grands pays émergents, cinq critères cumulatifs
structurants qui permettent de définir finement l’émergence économique.
Le premier critère est la population. Elle doit être suffisamment nombreuse – au moins 100
millions d’habitants – pour constituer un marché domestique important qui constitue à la fois le premier
débouché de l’industrie locale, mais également le débouché des importations nécessaires à l’équilibre
des échanges. Cette population doit connaître une croissance démographique significative. Plus elle est
jeune et éduquée, avec un taux d’alphabétisation féminine élevé, plus elle pourra contribuer au
développement économique.
Le deuxième critère est une croissance économique potentielle ou, autrement dit, un sentier de
croissance de long terme combinant le facteur travail et le facteur capital, à 10 ans, oscillant autour de 5
% 2. En effet, selon le modèle développé par l’économiste néoclassique américain Robert Solow 3,
l’interaction d’un accroissement du stock de capital, de la quantité de travail et du progrès technique
influence le niveau de l’activité.
Le troisième critère est une urbanisation importante ou fortement dynamique, puisque
l’urbanisation est un facteur fondamental dans le décollage économique. La ville permet le
développement des transports, l’accès à l’eau potable et à l’électricité notamment. Elle facilite les
échanges. En ce sens, l’urbanisation est une condition indispensable à l’émergence.
Le quatrième critère est un besoin en infrastructures permettant d’accompagner le décollage
économique. Il s’agit de faciliter les déplacements avec la construction de routes, de ponts, de voies

2
Soit la croissance économique des BRI CS ces dix dernières années.
3
Né en 1924, prix Nobel d’économie en 1987

4
ferrées, d’aéroports et d’infrastructures énergétiques. D’autre part, il faut assurer l’équilibre du mix
énergétique en vue d’atténuer la dépendance vis-à-vis des fournisseurs extérieurs mais également
d’assurer l’accès à l’eau courante et son traitement afin d’augmenter l’hygiène et de diminuer la
mortalité infantile.
Le cinquième critère est constitué par une stabilité politique, indépendamment du type de régime,
qui permet de mettre en oeuvre des projets à long terme. L’exemple de la Chine a montré que le
développement de l’économie ne va pas forcément de pair avec l’ouverture démocratique. Il montre, en
revanche, qu’un pouvoir stable, détenteur d’une vision à long terme et d’une permanence dans les
institutions, permet des politiques de grands travaux, comme la construction d’infrastructures
énergétiques, de lignes ferroviaires à grande vitesse ou d’aéroports, nécessaires pour le développement
économique d’un pays.
En vertu de ces critères, et à quelques exceptions dans les pays retenus 4, les prochains pays
émergents sont le Bangladesh, l’Éthiopie, le Nigeria, l’Indonésie, le Vietnam et le Mexique. Ces pays
peuvent être regroupés sous le nouvel acronyme de BENIVM.

2.3 Le risque financier :

C’est un risque de perdre de l’argent suite à une opération financière(sur un actif financier) ou une
opération économique ayant une incidence financière( par exemple une vote à crédit ou en devises
étrangère) ainsi il tient à la présence d’une dette dans la structure de financement de l’entreprise, c’est
outre le risque économique , le risque spécifique à une entreprise endetté, et dans une de ses forme
externe il désignerait, par exemple le cas d’une entreprise dont l’excédent brut d’exploitation est
pourtant positif mais dont les charges financières dues à l’endettement sont plus importants et
provoquant en définitive une perte avec les mêmes conséquences que ci-dessus.

C’est la conjoncture entre le risque financier et celui de risque économique qui justifie l’addition
d’une prime de risque globale au taux d’intérêt pur sans risque. Le diagnostique de ces types de
risque conduit une analyse de levier financier, nous exprimons ensuite, la solvabilité de l’entreprise et sa
liquidité.
Types des risques financiers

4
Il convient de relever un taux d’urbanisation de 33 % au Bangladesh, mais avec la première densité de population au monde, et de 17 % en Éthiopie, mais en très
forte croissance.

5
La notion du risque retenue dans le finance est différent, on rencontre dans l’analyse et la gestion
financière de nombreux catégories de risque d’abord les principaux types de risque financier sont les
suivants : le risque de change, le risque de contrepartie, le risque de taux d’intérêt, le risque de liquidité,
le risque pays, le risque de faillite et le risque politique.

A- Le risque de change :


C’est le risque sur les variations des cours des monnaies entre elles, c’est un risque sensiblement
lié au facteur temps.
D’autres façons, le risque de change trouve son origine dans les déséquilibres du marché des
changes. Si ce dernier était en permanence en équilibre.
Les entreprises pourraient se satisfaire d’une gestion passive et se contenter de subir le risque
l’existence de déséquilibre justifie une gestion active du risque de change qui consiste à se protéger contre
le risque défavorable tout en profitant éventuellement de l’évolution favorable

B- Le risque de contrepartie :


C’est le risque que la partie avec laquelle un contrat a été conclu ne tienne pas ses engagements
(livraison, paiement ; remboursement etc.) pour une banque, c’est le risque que ses clients soient dans
l’incapacité de rembourser leurs emprunt ou qu’une autre banque avec laquelle des opérations encours
(correspondant bancaire) est défaillants.

C- Le risque de taux d’intérêt :


Dite aussi le risque des perts-emprunts, c’est le risque que les taux des crédits évoluent
défavorablement, ainsi un emprunteur à taux variable subit un risque de taux lorsque les taux
augmentent car il doit payer plus cher, à l’inverse un préteur subit un risque lorsque les taux baissent car
il perd des revenus.

Pour une banque, c’est le risque que l’évolution des taux du marché conduit à un coût de
rémunération. Des dépôts supérieurs aux gains générés par les intérêts des prêts accordés.

L’entreprise représente un portefeuille d’actif dont la contrepartie est constituée par un ensemble
des titres financiers, titre de capital ou de créance.

6
Le risque de taux d’intérêt d’une entreprise naît des variations de la valeur du marché des capitaux
propres dues aux fluctuations non anticipées des taux d’intérêt.
Cette définition très générale appelle trois remarques :

L’incidence du risque peut être favorable ou défavorable même si le plus souvent on prête
attention qu’au second aspect.

Une gestion efficace du risque de taux d’intérêt vise à couvrir l’entreprise contre les effets
défavorables tout en permettant de bénéficier des effets favorables.

Le risque de taux d’une entreprise s’appréhende à partir de la somme des variations de valeur des
actifs et des engagements reçus engendrés par les fluctuations des taux d’intérêt diminué de celle des
dettes et engagements donnés.

Variation de la valeur d’actif (va) = variation de la v.a (actifs + engagement reçus – variation de la
v.a (dettes + engagements donnés)

Cette mesure qui résulte directement de la règle d’additivité des v.a montre que le risque de taux
est attaché non seulement aux actifs et dettes figurant en bilan, mais également aux engagements par
l’entreprise qui conditionne les flux futures de trésorerie.

La notion d’engagement doit être prise au sens large pour inclure les décisions futures projetés par
l’entreprise.

Le prix d’un actif étant égal à la v.a des flux. Le risque de taux peut s’appréhender indifféremment
en terme de valeur (de pris) ou de taux : si le taux augmente, le prix baisse et inversement :

Le risque de taux naît d’une variation potentielle de la valeur d’un actif de dette ou d’un
engagement, associé aux fluctuations des taux d’intérêt existante il y a risque car la valeur obtenue au
terme d’un horizon donné peut différer de la valeur anticipée, autrement dit il y a risque de prix, car le
prix des actifs ou des titres financiers peuvent s’écarter des prix anticipés.

7
En termes de taux, il y risque pour un investisseur lorsque le taux de rentabilité obtenue de
l’investissement peut différer du taux anticipé de façon symétrique, pour un financement. Le risque
existe si le coût réalisé peut s’écarter du coût anticipé.

D-  Le risque de liquidité :


C’est le risque sur la facilité à acheter ou à revendre un actif. Si un marché n’est pas liquide, vous
risquez de ne pas trouver d’acheteur quand vous le voulez ou de ne pas trouver de vendeur quand vous
en avez absolument besoin, c’est un risque lié à la nature du sous-jacent (de la marchandise) mais aussi
à la crédibilité de l’acheteur-vendeur.

En effet, il est facile d’acheter ou de vendre un produit courant à une contrepartie de confiance,
mais plus difficile avec un produit très spécialisé, le risque de contrepartie pour les éventuels
fournisseurs/ clients, les dessoudent de traiter.

L’acheteur/ vendeur est en risque d’approvisionnent ; en risque de « liquidité » pour une banque,
c’est le risque de se trouver dans l’incapacité de faire face à un retrait massif des dépôts par les clients.
Si ce risque est susceptible de s’étendre de proche en proche entre les banques « effet domino »,
notamment du fait, soit de l’assèchement des financements interbancaires, soit des contagions
psychologiques entre déposants, on parle de risque systémique.

E- Le risque pays :

Si un pays connaît une crise très grave (guerre, révolution ; faillite en cascade etc.) alors même les
entreprise « de confiances » malgré leur crédibilité vont se trouver en difficulté. C’est un risque de
contrepartie lié à l’environnement de la contrepartie.

F- Le risque de faillite :


Ce risque dit aussi risque d’illiquidité ou de défaillance c’est un risque qui nous permet de
s’intéresser à la santé financière de l’entreprise, c’est-à-dire à la solidité de ses structures financières, en
portant un jugement sur sa solvabilité, sa liquidité et son aptitude à faire face aux risques.

Dans le langage courant, il faut distinguer entre deux types de solvabilité :

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 Solvabilité immédiate, qui est le fait d’être capable de payer ces dettes lorsque celles-ci sont
exigibles.
 Solvabilité globale ou à long terme, qui est le fait de disposer d’un actif dont la valeur est
supérieure au montant des dettes. Mais comment appréhender son risque de défaillance ?
On peut, en premier lieu, effectuer l’étude des masses du bilan et de leur structure. On procède
alors à ce que l’on appelle une « analyse du bilan » qui sera examiné en premier lieu.

Cette analyse du bilan peut être complétée par l’étude de l’évolution des masses du bilan, et par
l’examen des nouveaux emplois et des nouvelles ressources qui apparaissent dans le tableau de
financement et leurs interprétations.

G- Le risque politique :

Il résulte des évènements, des décisions et des actions d’ordre politique ou administratif, national
ou international pouvant entraîner des pertes pour l’entreprise importatrice. Travaillant ou investissant à
l’étranger.

Naissance du risque :

En effet le risque prend sa rive de l’impact et de l’endettement sur la rentabilité et le risque de


l’entreprise. Il faut ensuit dire que c’est un risque qu’est lié à la structure du capital de l’entreprise.
Et pour la mesurer, il faut procéder à l’aide du levier financier qui reflète l’incidence, qui peut être
positive ou négative ou nulle de l’endettement de l’entreprise sur la rentabilité de ces capitaux propres
après distinction entre rentabilité économique et rentabilité financière.

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3 Diagnostic et l’impact des risques financiers dans les pays émergent.

3.1 Diagnostic du marché financier dans les pays émergents


La plupart des pays émergents ont fondé leur succès sur un modèle de croissance caractérisé par le
développement d’un secteur exportateur puissant s’appuyant sur le coût faible de leur main-d’oeuvre, la
capacité à attirer du capital international pour développer leurs systèmes productifs et la maîtrise de la
croissance de leurs coûts salariaux unitaires, souvent grâce à des politiques de change de sous-
évaluation. À partir de la fin des années 1980, l’intégration financière internationale a joué un rôle clé
dans cette stratégie, la notion même de pays émergents faisant allusion à l’entrée de ces économies sur
les marchés internationaux de capitaux.
Avec les grandes crises de la fin des années 1990, l’intégration financière internationale des pays
émergents est devenue plus discutée et l’ouverture du compte de capital a parfois été perçue comme
génératrice de distorsions et de bulles. La crise financière de 2008-2009 a d’une certaine manière
accéléré cette prise de conscience. Le choc de liquidité a en effet été brutal après la chute de Lehman
Brothers et a parfois contribué à une perte de croissance importante. Dans la plupart des pays émergents,
les États ont dû consentir des efforts budgétaires conséquents pour soutenir l’activité ; parfois, le
sauvetage d’entreprises et de banques en détresse a été nécessaire.
Les dangers associés à l’intégration financière et la manière dont les pays émergents ont
expérimenté, à leurs dépens, pendant et après la crise, les difficultés à maîtriser les flux de capitaux.
Tout d’abord, le cadre théorique et les limites de la stratégie d’intégration financière internationale sont
rappelés, puis illustrés à partir de l’étude des flux de capitaux durant la crise. Ensuite, nous explicitons la
manière dont certains pays émergents ont réagi après la crise en mettant en place des formes diverses de
contrôle des capitaux. Dans les pays émergents les plus ouverts à la finance mondiale, cela peut illustrer
une volonté de redéfinition de la stratégie d’intégration financière internationale afin de renforcer
l’efficacité de la politique économique. Mais cela peut également conduire à un scénario de sortie de
crise qui reposerait largement sur le dynamisme des pays émergents alors que ces derniers adopteraient
des stratégies nettement moins coopératives.
Pour les pays émergents, la crise financière mondiale montre une nouvelle fois les limites des
stratégies de financement de la croissance fondée sur l’intégration financière internationale.et a cause de
gestion du risque financier

10
3.2 Crises liées aux risques financiers dans les pays émergents:
La crise russe de 1998 :

La crise financière que la Russie a connue en août 1998 a représenté un choc financier
considérable. La combinaison d’une forte dévaluation et d’un défaut sur la dette dans un marché ouvert
aux non-résidents a provoqué une secousse de première importance sur les marchés financiers
internationaux. Mais cette crise a été suivie par une période de forte croissance qui a permis à la Russie
de se reconstruire de manière spectaculaire. Cette crise est aussi une crise paradigmatique en cela qu’elle
enterre les espoirs et les illusions qui s’étaient constitués sur la transition en Russie. Cette crise a ainsi
montré comment les comportements spéculatifs des banques et des agents financiers ont pu se déployer
en raison d’un effondrement des capacités fiscales et règlementaires de l’État Elle est donc, à bien des
égards, la preuve que les marchés ont besoin d’un État auquel ils ne peuvent se substituer. Il s’agit,
enfin, d’une crise extrêmement intéressante en ce qu’elle préfigure peut-être un mode de « sortie de
crise » dont certains pays, et en particulier la Grèce, pourraient s’inspirer.

La crise fut directement liée à l’attribution d’un nouveau prêt du FMI (et de la Banque mondiale) à la fin
du mois de juin 1998. Les négociations qui entourèrent ce prêt révélèrent l’extrême difficulté dans
laquelle se trouvait le gouvernement russe de l’époque. Alors que la confiance revenait pour quelques
semaines chez les opérateurs financiers occidentaux, les négociations avaient exposées au grand jour les
problèmes pour l’élite russe. La fuite des capitaux commença en août 1998, s’accéléra brutalement, et
obligea le gouvernement, non sans une dernière pantalonnade de Boris Eltsine à prendre trois décisions :

Un défaut sur la dette souveraine.

L’abandon de la défense du rouble.

Des vacances bancaires.

Immédiatement, le rouble s’effondra d’environ 50% de sa valeur initiale. Les banques firent faillite,
mais celle-ci fut étalée sur une période de 3 mois, en raison des « vacances bancaires ». Mais l’économie
ne s’effondra pas. En fait, le choc  politique fut bien plus fort que le choc économique. Le gouvernement
Kirienko démissionna et, après quelques jours de confusion, Evguenni Primakov fut nommé Premier
ministre, soutenu par la quasi-totalité du Parlement.

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La crise révéla l’ampleur de la collusion et de la corruption en Russie à l’époque. Ainsi, une des
responsables de la Bank of New York, licenciée à la suite du scandale provoqué par le défaut russe,
Mme Lucy Edwards, était la femme de Peter Berlin. Ce dernier un émigré russe bien introduit dans les
milieux financiers américains, avait créé une société, la Benex. Celle-ci fut accusée d’avoir blanchi entre
4 et 10 milliards de dollars au début 1998. Berlin, par ailleurs, était bien connu comme l’un des contacts
entre la communauté financière américaine et les nouveaux banquiers russes Il fait le lien avec ces
derniers. Un autre nom émerge alors. Konstantin Kagalovsky, un dirigeant de la banque russe
MENATEP. MENATEP, une des nouvelles banques qui ont été à la base de la structure oligarchique de
la Russie, avait été fondée par un des jeunes libéraux russes, Mikhail Khodorkovsky dont on connaît le
parcours par la suite. Kagalovsky, quant à lui, avait été en 1991 l’un des principaux intermédiaires entre
Jeffrey Sachs et Gaïdar. Quand Gaidar devint Premier-Ministre, il nomma – un prêté pour un rendu –
Konstantin Kagalovsky comme premier représentant de la Russie au FMI. Natacha Kagalovsky, la
femme de Konstantin, se trouvait être la responsable des opérations menées depuis Londres par la Bank
of New York au profit de détenteurs russes de comptes aux États-Unis. Opportune coïncidence. C’est
par cette banque que transitèrent des milliards de dollars d’argent détournés et mafieux, lors de l’une des
plus grandes opérations de blanchiment d’argent que l’on connaisse. Un détail  : le Parlement russe, la
Douma, avait proposé et voté une loi contre la criminalité financière en 1997. Boris Eltsine y mit son
veto. Il fallut attendre le printemps 2001, et l’appui résolu du Président Poutine pour qu’une telle loi,
proposée à nouveau par Mikhail Grishankov, un jeune député de la Douma, soit adoptée et promulguée.
L’ancien responsable de la CIA, et du Conseil National de Sécurité américain, Fritz Ermath n’a pas
hésité à évoquer ces problèmes publiquement lors de son audition devant la commission aux affaires
bancaires et financières de la Chambre des Représentants

Les effets de cette crise ont surpris les économistes libéraux et occidentaux. Le FMI annonçait pour
1999 une dépression du PIB de -7%. Au contraire, on assista à une croissance de 5,6%. Cette erreur de
prévision, plus de 12% entre la prévision et la réalité, en dit long sur les présupposés idéologiques
régnant à l’époque au FMI.

La crise de l’Argentine en 2001 :

Le cas de ce pays est très révélateur car réuni tous les facteurs déclencheurs d'une crise de
troisième génération. Tous comme dans les autres pays, se trouvent au centre du déclenchement de la
crise un taux de change fixe devenu progressivement irréaliste et un endettement extérieur insoutenable
qu'il s'agisse des emprunts obligatoires du gouvernement, des lignes de crédits interbancaires ou des

12
dettes contractées par les entreprises. La particularité de l'Argentine est le Currency Board, un système
monétaire gageant chaque Peso sur un dollar américain. Dans un tel système, la monnaie locale est aussi
bonne que la devise étrangère puisque chaque Peso émis par la Banque centrale corresponde à un dollar
qu'elle détient en réserve.

Examinons alors la genèse et le manifeste de la crise. Afin de sortir du marasme économique et de


l'hyper-inflation, l'Argentine avait opté dès 1991, pour un régime de Currency Board couplé à une
libéralisation financière totale afin de voir les capitaux étrangers revenir alimenter l'activité économique.
Le système de Currency Board permet de contrôler l'inflation et d'attirer des capitaux étrangers en
offrant une garantie contre le risque de change. En outre, ce système retire toute latitude à la politique
monétaire : ainsi toute entrée de capitaux entraîne une expansion de la masse monétaire et inversement.

Ces mesures, accompagnées d'un ensemble de privatisation apportent des recettes supplémentaires à
l'Etat, connurent un vrai succès jusqu'en 1996. Malheureusement, les évènements qui suivent infligent
au système politique argentin des pressions insoutenables.

Quatre choses externes surviennent successivement : les prix des produits primaires exportés par
l'Argentine arrête de monter, la croissance américaine fait que le dollar américain s'apprécie à l'ensemble
des monnaies, le coût du capital emprunté par les économies émergentes s'élève à la suite la crise
asiatique, le premier partenaire commercial de l'Argentine, le Brésil dévalue le Real en 1999. [Gerard
Mary Henry, 2003, p211].

Ayant été élu par un second mandat présidentiel en 1996, M.CARLOS MENEM qui s'est séparé de
M.CAVALHO cherche à obtenir les soutiens politiques nécessaires pour un troisième mandat, pourtant
proscrit par la constitution. Mais le système de Currency Board ne lui permet pas de faire « tourner la
planète à billets » face à un déficit publique insoutenable (6% du PIB en 1996) et la hausse rapide des
finances publiques s'explique par la progression du service de la dette, la montée du chômage, la
reforme ambitieuse du système des retraites mais aussi pour l'augmentation des effectifs des
fonctionnaires provinciaux et par la corruption. Dans le même temps, les recettes de l'Etat stagnent.
Carlos Menem ne réussit pas à faire modifier les règles constitutionnelles en sa faveur, et fin 1999, il
laisse la place à Fernand de la Rua, le candidat non péroniste de l'alliance qui ne bénéficie pas la
majorité parlementaire au Congrès. M. De la Rua promet de réduire le déficit budgétaire, pour avoir le
soutien du FMI alors que le pays est en récession.

13
Le 12 janvier 2001, le FMI annonce qu'il accepte d'augmenter la ligne de crédit de l'Argentine de
6,7milliards de dollars à 14milliards de dollars. Mais le rejet du congrès à majorité péroniste du
programme budgétaire présenté par le Ministre de l'Economie, M. Lopez va faire disparaître la dernière
chance de sauvetage de la crise d'émission.

M De la Rua, fait appel alors à Domingo Cavalho, l'artisan du miracle des années 1990. Il va
prendre des mesures hétérodoxes pour relancer la croissance. Ainsi en dépit des règles de Mercosur , il
augmente les tarifs douaniers pour protéger l'économie argentine, de son voisin brésilien10(*). Plus
grave encore, il annonce le 19 juin 2001 que le Peso est désormais fixé par rapport à deux monnaies, le
dollar et l'Euro, ce qui revient à détacher le Peso du dollar. Les investisseurs demandent ainsi une prime
de risque élevée pour détenir des obligations argentines, ce qui fait monter les taux argentins à plus de
10 %. Ce n'est que le début de l'envolée des spreads de taux, au-dessus des taux américains
correspondant ce qui aggrave encore la récession.

Les mesures dangereuses de D. Cavalho ne s'arrêtent pas là. Après l'éviction de Pedro Pou, le
Gouverneur de la banque centrale a pris des mesures draconiennes.Ainsi désormais, les banques sont
contraintes d'échanger les obligations d'Etat qu'elles détiennent et qui rapportent en théorie, des taux
d'intérêt élevé contre de nouvelles obligations dont le taux est fixé à niveau beaucoup plus faible. Les
caisses de retraites sont également obligées d'acheter prioritairement les obligations d'Etat dont ne
veulent plus les banques d'investissements étrangers.Le FMI a décidé d'accroître le crédit stand-by de
l'Argentine de 21,5 milliards de dollars et autorise un tirage immédiat de 6,3milliards de dollars. En
décembre 2001, la convertibilité est suspendue, l'Argentine suspend le remboursement de sa dette et le
gouvernement doit démissionner. La monnaie est dévaluée quelques semaines plus tard.Comme le
suggère Kenneth ROGOFF, l'économiste en chef de FMI, dans le cas de l' Argentine, « le mixe de
politique budgétaire, endettement et régime de change n'est pas soutenable ». D. Coher et Richard Portes
poursuivent l'analyse : en maintenant obstinément le système du Currency Board durant ces années de
récession tout en voulant faire face à ses contraintes de remboursement, le gouvernement fut finalement
contraint de contingenter les retraits des dépôts bancaires des particuliers en décembre 2001, provoquant
une crise sociale et politique qui n'est pas encore résolue. [ Richard Portes et D Cohen, 2003, p117]

La publication du « Risque pays 2004 » du COFACE montre que l'Argentine présente encore un
risque très élevé dans l'ensemble.

14
 La crise brésilienne de 1998-1999 :

Si le Brésil semble bien avoir subi les effets de la crise russe de 1998 (voir Baig et Godfajn,
2000), les raisons de ses difficultés sont plus profondes et plus spécifiques. Depuis le Plan Real de 1994,
le Brésil tente de lutter contre une inflation historiquement très élevée, qui a généré une faiblesse
structurelle de l'épargne financière intérieure. En outre, l'Etat central gère les déficits publics
conséquents (6 à7 % du PIB) et persistants, via des émissions de dette publique, le plus souvent à court
terme qui reste détenue principalement par des résidents. Les taux d'intérêt étant restés élevés (plus de
30% en terme réel), les poids et les charges de la dette n'ont cessé de croître dans les premiers mois
suivant la crise russe, l'impact sur le Brésil est déjà substantiel : les investisseurs étrangers commencent
à rapatrier leurs capitaux et les résidents convertissent leur épargne en devises étrangères. La banque
centrale intervient massivement pour maintenir le taux de change dans les limites de son système de
crémaillère (crawlimg-band).Mais ce faisant, en alourdissant la dette (à taux flottant), elle a dégradé
après court terme une situation budgétaire déjà précaire.Ainsi, le gouvernement a bien tenté de faire
voter puis d'appliquer des programmes successifs de correction budgétaire, mais les résultats ont été
longs : le solde primaire a été réduit d'un point de PIB en 1998, mais le paiement d'intérêt se sont accrus
de plus de quatre points, tandis que la dette publique a augmenté de dix points de PIB en dix huit mois
de crise.

Finalement, le 6 janvier 1998, deux après le plan de soutien préventif du FMI, l'Etat du Minas
Gerais déclarait un moratoire sur sa dette à l'égard du gouvernement fédéral, suivi par la plupart des
autres Etats. La dynamique de sorties de capitaux, pesant à la baisse de Réal, contraignit alors les
autorités à laisser flotter le Réal .Dans les jours suivant, plus de un milliard de dollars sont sortis du pays
quotidiennement. On a commencé par élargir la bande de fluctuation du Real le 13 janvier, mais la
manoeuvre a échoué comme au Mexique, en Indonésie, en Corée, en Russie. L'encrage est abandonné le
16, après quoi l'échange s'effondre de 35% en trois semaines dans un contexte d'extrême volatilité des
marchés et d`incertitude sur la capacité de l'économie à absorber le choc, voir sur la capacité des
autorités à financer la dette publique ( Baig at Gldfajn, 2000.Le retour de confiance des investisseurs et
du marché après l'accord avec le FMI a accéléré le rétablissement de la situation. Ainsi, les taux d'intérêt
ont chuté fortement d'avril en juin, ce qui a facilité la stabilisation budgétaire. Le Brésil a réussi enfin à
rétablir les confiances du marché et le Real revient presque au niveau d'avant crise.La crise est presque
passée fin 1999. Toutefois, la situation financière et économique du pays reste toujours

15
embarrassante.En effet, la croissance économique reste atone en raison d'une politique monétaire et
budgétaire restrictive qui a passé de 0,8 % en 1999 à 1,4% en 2001 et de 0,5% en 2003.Cet années 2004
la Coface estime une croissance de 3,7 % du pays. De l'autre côté le déficit public reste toujours dans un
niveau critique de 5,8 % en 1999 à -3,6% en 2001 et estimé à 4,7 % cette année. La dette extérieure du
pays a presque stagné de 243 milliards de dollars en 1999 à 227,3 en 2000 et 244,3 cette année. Enfin, le
réserve en mois d'importation du pays a passé de 4,8 milliards de dollars en 1999 à 4,5 en 2001, et
devait atteindre 7,2 milliards de dollars cette année. Dans la dernière publication du Coface 2004, le
pays est classé parmi les pays « à risque élevé. L'accession en pouvoir du président LULA en 2002
offres un nouvel espoir de développement à la population dont la majorité vivent dans des conditions
très précaires avec un PNB / habitant de l'ordre de 3070 dollars par an, et un indice de développement de
0,777 sur l'échelle de un, avoisinant alors la moyenne régionale qui est de 0,77 et excédant un peu celle
de PED de 0,708.

CRISE DES SUBPRIMES :

La crise des subprimes est une crise financière qui toucha les États-Unis à partir de juillet 2007 et
qui se diffusa dans le monde entier. Les subprimes sont des prêts immobiliers dont le taux d'intérêt varie
en fonction de la valeur du bien qu'ils ont permis d'acheter : plus celui-ci vaut cher, et plus les intérêts
que paie l'emprunteur sont bas. Quand le bien perd de la valeur, le taux d'intérêt augmente.

Or, en 2007, la valeur des biens immobiliers s'effondre aux États-Unis. Les taux d'intérêts
augmentent donc considérablement, et des millions d'Américains ne peuvent plus rembourser leurs
emprunts.

Les entreprises de crédit qui ont accordé ces prêts les ont en grande partie revendus sous forme de
titres (on parle de « titrisation ») à d'autres banques, auxquelles sont versés les remboursements
effectués par les emprunteurs initiaux.

Les banques américaines et européennes possèdent un grand nombre de titres subprimes. Dans les
faits, elles ne peuvent plus espérer toucher de versement de la part des emprunteurs, et le montant global
de ce qu'elles possèdent vraiment diminue considérablement. Les banques vendent alors de nombreuses
actions pour augmenter leurs réserves monétaires, ce qui fait chuter les cours des Bourses. La Réserve
fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (B.C.E.) dépensent des milliards de dollars
et d'euros pour sauver les banques et endiguer la crise. Mais, le 15 septembre 2008, la faillite de la
grande banque d'affaires américaine Lehman Brothers provoque une panique sur les marchés financiers.

16
La crise se répercute alors sur l'activité des pays développés, qui connaissent un fort ralentissement
économique dans les mois qui suivent.

3.3 Pays émergents faire face aux crises financières :


Face aux désordres provoqués par le déplacement rapide de la liquidité mondiale, comment les
pays émergents peuvent-ils garantir leur stabilité macroéconomique et financière ? Après les grandes
crises financières de la fin des années 1990, les banques centrales de ces pays avaient conçu
l’accumulation de réserves de change comme une police d’assurance face aux risques liés à la
globalisation financière. Très rapidement, leurs réserves se sont établies à un niveau très supérieur aux
seuils généralement préconisés5 et certains pays sont même devenus créanciers nets à l’égard du reste
du monde (les réserves de change étant supérieures à leur dette extérieure). Cette stratégie était
pleinement justifiée par l’approfondissement de la globalisation financière. En particulier, l’accès plus
aisé des acteurs résidents aux financements en devises et l’entrée des non-résidents sur les marchés
d’actifs en monnaie locale faisaient craindre des chocs de liquidité potentiellement plus destructeurs que
ceux des grandes crises des années 1990. En 2008, cette crainte s’est avérée fondée après la faillite de
Lehman Brothers car, comme nous l’avons vu précédemment, le blocage des marchés interbancaires
dans les pays développés a conduit les investisseurs à liquider leurs actifs financiers sans discrimination.
Pour autant, l’accumulation de réserves a aussi montré ses limites, notamment parce qu’elle est
coûteuse pour les banques centrales. En effet, non seulement ces dernières endossent un risque de
change important, en particulier sur le dollar qui constitue encore l’actif de référence dans les réserves
officielles de change, mais, en outre, les intérêts qu’elles perçoivent sur ces actifs sont généralement
inférieurs à ceux payés sur les passifs contractés lors des opérations de stérilisation. De plus, dans la
période actuelle, les coûts de ces opérations augmentent en raison de l’accroissement du différentiel de
taux d’intérêt entre les pays industrialisés et les pays émergents. Avec la crise, en effet, le niveau des
taux d’intérêt aux États-Unis et en Europe est devenu beaucoup plus faible que dans les pays émergents.
Surtout, les taux d’intérêt sur le dollar et l’euro devraient rester stables à court terme alors que dans la
quasi-totalité des pays émergents, le cycle de baisse des taux d’intérêt a été stoppé au début de 2010 et
certains de ces pays ont déjà commencé le durcissement de leur politique monétaire en raison du retour
de l’inflation. Par conséquent, le coût implicite de la stérilisation, déjà élevé actuellement, va-t-il être
orienté à la hausse ? Par ailleurs, dans une économie ouverte au plan financier, la hausse des taux
d’intérêt aura tendance à stimuler les entrées de capitaux étrangers, notamment dans le cas de figure
actuel où les taux des pays investisseurs sont à des niveaux qui devraient rester durablement très faibles.
Il est donc probable que le découplage progressif des cycles de politique monétaire des pays émergents

17
et des pays développés accélère les flux de capitaux à destination des pays émergents. Dans ce contexte,
afin d’élargir la palette des instruments de régulation au-delà de l’accumulation de réserves, certains
pays émergents étudient l’opportunité de recourir à un contrôle des entrées de capitaux. De fait, en
matière de régulation du compte de capital, nous observons plusieurs avancées concrètes depuis la fin de
l’année 2009. En octobre 2009, les autorités brésiliennes ont annoncé l’introduction d’une taxe (IOF –
impôt sur les opérations financières) de 2 % sur les achats d’actions et d’obligations par les investisseurs
non-résidents dans le but de ralentir l’appréciation du réal 5. Cette taxe a été doublée en octobre 2010.
D’autres économies ont indiqué à la suite de la crise des mesures de même nature. À Taiwan, un mois
après la décision brésilienne, le gouvernement a signifié l’interdiction des placements en dépôts à vue
pour les non-résidents. Au début du mois de janvier 2011, la banque centrale signalait des enquêtes
touchant les investisseurs étrangers détenant des fonds « excessifs » en monnaie locale. En Chine, à la
fin du mois de novembre 2009, les autorités ont mis en place un train de mesures destinées à contrôler le
contournement par les résidents des règles tenant à l’achat de devises, chacun bénéficiant depuis 2007
d’un quota de devises à disposition (la Chine renforçant ici une réglementation existante) (Xu, 2009).
Enfin, en juin 2010, les autorités coréennes ont établi une nouvelle réglementation bancaire :
l’exposition en produits dérivés sur devises des banques locales ne peut désormais excéder 50 % de
leurs fonds propres et les banques étrangères doivent ramener ce ratio à moins de 250 %. Des mesures
de contrôle seraient enfin également discutées en Inde. Dans la phase de sortie de crise, plusieurs
observateurs s’attendent ainsi à un renforcement des contrôles de capitaux dans le monde émergent et
plus particulièrement en Asie6

5
La taxe de novembre 2009 est la version modifiée de celle introduite en mars 2008 qui était au taux de 1,5 % et qui a ensuite été abolie après la chute de
Lehman Brothers.
6
Longueville et Faure (2010) attendent « un resserrement du contrôle des changes souvent discriminatoire et source de corruption qui pourrait s’intensifier
(Argentine, Nigeria, Ukraine, Venezuela) ». Anderson et Baweja (2009) indiquent, pour leur part, que les pays dans une situation analogue au Brésil
pourraient être tentés par des mesures similaires : ils citent notamment l’Égypte, la Colombie, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Corée du Sud. Ces deux auteurs
vont même jusqu’à annoncer une possible « dé-globalisation financière ».

18
4 Gestion des risques financiers : Diagnostic et  Stratégies

4.1 Diagnostic du risque financier :


Le risque financier découle de l’utilisation de l’endettement, il est lié à la structure financière de
l’entreprise c à d à la structure du passif du bilan, et il augmente avec l’endettement.
Ainsi pour comprendre le risque financier, nous commencerons par l’étude d’un compte
fondamentale en analyse financière, l’effet de levier financier. Ensuite nous examinerons la solvabilité
de l’entreprise et sa liquidité.

1 – Effet de levier financier : rentabilité financière et endettement.


1/ Notion du levier financier :

L’effet de levier financier, mesure l’incidence positive ou négative de l’endettement sur la


rentabilité financière de l’entreprise, le levier financier, est mesuré par le ratio :

Dettes totales  / actif


Qui caractérise la structure financière de l’entreprise. L’effet de levier financier et positif lorsque
le taux de la rentabilité des actifs et supérieur au coût de dettes, et il est négatif dans le cas inverse.
2/ Mise en équation du levier financier :

L’effet en levier financier peut s’exprimer par l’indice suivant :

Indice du levier financier  =  Taux de rentabilité des capitaux propre/ (*) Taux de rendement
économique
(*) Taux de rendement économique :   bénéfice + frais fixe*(1 – impôts) / actif
C’est-à-dire, le rapport entre le bénéfice et les frais fixes, après impôts et actif d’autre part.
Ou : bénéfice avant impôts et intérêt né / Capitaux permanents

Exemple :

Si une entreprise a un taux de rentabilité des capitaux propre de 9% et un taux de rendement


économique de 6%.

L’indice du levier financier sera égal à : 0.09 / 0.06  =  1.50

19
L’entreprise peut théoriquement, s’endetter tant que cet indice est supérieur à l’unité car cet
endettement lui permet d’obtenir un taux de rentabilité des capitaux propres plus élevé.

De même cette équation peut s’exprimer par la formule suivante :

R= r + (r – i) D/C
Soit :–  R : rentabilité des capitaux propre

– r : rentabilité des capitaux permanents

– i : coût de la dette

– D : montant de l’endettement

– C : montant des capitaux propres

Cette formule permet de constater que :

L’entreprise à intérêt à emprunter pour financer ses investissement, dans la mesure ou son taux de
rentabilité et supérieur ou coût des capitaux permanents (r – i >0).

L’effet est d’autant plus fort que l’entreprise est endettée, (accroissement du rapport D/C), mais il
faudra veiller à la sauvegarder de l’indépendance et de l’autonomie financière de l’entreprise.

L’effet est également d’autant plus fort que la rentabilité est élevée.

2 : Solvabilité de l’entreprise

L’effet du levier financier exprime l’effet de l’endettement sur la rentabilité des capitaux propres,
mais le risque que court une entreprise endettée est de ne pouvoir faire face à ses engagements.

La solvabilité est définie comme l’aptitude de l’entreprise à faire face à ces échéance à long et
moyen terme, elle dépend de :

20
l’importance de l’endettement à long et moyen terme
frais financier

1-   Analyse de l’endettement.

a-   Le taux de l’endettement

Ce taux à long terme traduit la structure du capital de l’entreprise, il est mesuré par le rapport entre
l’endettement à long terme et les ressources propres.

Taux d’endettement à long terme = Dette à long terme / Capitaux propres


Ce ratio exprime le degré de dépendance de l’entreprise vis-à-vis de ses créanciers à long terme.
C’est un indicateur de risque.

Plus ce ratio est élevé et plus la variabilité des bénéfices est grande, et par suite, le risque de
l’entreprise.

Ce ratio varie selon les secteurs, il est beaucoup élevé pour les industries de biens intermédiaires
que pour les industries de biens d’équipement et des biens de consommation.

NB : en période d’inflation, les sous évaluations des actifs conduit à une surestimation du ratio
d’endettement à long terme.

b-    La capacité de remboursement

La capacité de remboursement complète utilement l’indication donnée par l’endettement à long


terme.

Capacité de remboursement =    Capacité emprunt à long terme  /  Capacité d’autofinancement


Ce ratio indique, en année de délai théorique minimal nécessaire pour rembourser la totalité des
capitaux empruntés.

21
c-   Autres ratios de structure financière

Plusieurs ratios sont utilisés qui indique par exemple la capacité d’endettement à long terme de
l’entreprise.

Capitaux propres  /  Capitaux permanents


Ou bien   :    actif / dettes

Un ratio inférieur à 0.5 signifie que l’entreprise à une capacité d’endettement faible.

NB : ce ratio doit entre compléter par l’étude de l’effet de levier, il ne s’agit pas pur l’entreprise de
maximiser ses dettes mais choisir la structure financière.

2-    Importance des charges financières

Pour apprécier la solvabilité de l’entreprise, il faut calculer l’importance des charges financières par
rapport au résultat de l’entreprise avant impôt et charges financières.
Ratio de charges financières    =   Charges financières  /  Résultat avant impôt et charges financiers
On peut aussi calculer le ratio de couverture des charges financières.

Un ratio de couverture des charges de x signifie que l’entreprise gagne x fois le montant de ses
charges financières, et plus ce ratio est élevé et plus les risques de non paiement sont faibles.

Pour éviter le risque d’insolvabilité, les entreprises tentent d’observer deux règles de gestion :

le montant de la dette à long terme et moyen terme est limité à un certain pourcentage du total du
bilan.
le ratio des frais financiers / production (HT) doit être inférieur à un certain pourcentage.
3 : Analyse de la liquidité :

La liquidité d’une entreprise mesure son aptitude à faire face à ses obligations à court terme, elle
implique la capacité de transformation rapide des actifs circulants en disponibilités.

22
A – NOTION DE LIQUIDITE

Un défaut de liquidité peut conduire une entreprise à ne plus pouvoir faire face à ses obligations et
à cesser ses paiements.

– une insuffisance de liquidité à des conséquences importantes : + Pour l’entreprise :     

– il limite son développement.

–    il lui limite de saisir les occasions favorables qui s’offrent sur le marché.

–    il mène à une perte de contrôle+ Pour les créanciers de l’entreprise :

–    il entraîne le retard de paiements

–    perte partielle des créances. +  Pour les clients de l’entreprise :

– modification des conditions de crédits.

Plusieurs ratios relatifs à la liquidité de l’entreprise peut-être calculer mais, ils ne sont pas
suffisant pour apprécier la liquidité, ils doivent être complété par les ratios de gestion.

2 – Les ratios de liquidité :

Ces ratios se rapportent tous ou partie des actifs circulant aux dettes à court terme.

– ratio de liquidité générale :

Ce ratio et dite ratio de fond de roulement, qui montre dans quelle mesure les actifs circulants
couvrent les dettes à cour terme.

Ratio de fond de roulement = actif circulant / dettes à court terme.


Ce ratio malgré son utilisation il souffre de certaines limites :

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Il est statique c’est-à-dire qu’il exprime un équilibre financier à la date de clôture de
l’exercice, or à la fin de l’exercice de l’entreprise recouvrent à un bilan, donc ce ratio risque
d’être fructifié (biaisé).
Les stocks et encours figurant ou numérateur ont degré de liquidité variable selon les
entreprise de même elle connaisse une variation défirent
La liquidité dépend des encaisses or le possibilité de crédit ne sont pas pris en compte
dans le ratio de liquidité générale
La liquidité dépend du cash flow futur de l’entreprise ainsi que des engagements de
l’entreprise.
L’intérêt de se ratio de fond de roulement est donc limité on l’utilisera dans une optique de
cessation d’activité de l’entreprise plutôt que dans une optique de continuité.

– Autre ratio de liquidité

a -Ratio de liquidité relative

Ratio de liquidité relative = créance+disponibilité+VMP

Dettes à moins d’un anAvec  VMP : valeur mobilière de placement

De même ce ratio souffre des limites puisque il exclut les stocks qui constituent une partie moins
liquide de l’actif circulant

b – ratio de liquidité immédiate

Ratio de liquidité immédiate  =   VMP+disponibilité / Dettes à moins d’un an

3/autres mesures de liquidités

On mesure combien de fois les dettes a court terme sont couvertes par le flux de fond génère par
l’exploitation avec le ratio suivant : Excédent brut d’exploitation Dettes a court terme

Certes les dettes à court terme de l’année doivent être payes a partir des cash flow a venir, plutôt
de l’année écoulée. Ce ratio peut être complet par le ratio suivant.

24
Un endettement a court terme élevé est très risqué car :

les crédits fournisseur peuvent diminuer rapidement.


les crédits des banques sont généralement non confirmes et peuvent être réduits en cas
d’encadrement du crédit, ou si l’entreprise devient trop risquées.
Enfin une attention doit être a la capacité d’emprunter de l’entreprise pour apprécier sa liquidité
.Celle-ci sujette a des variations rapides, elle est fonction de la rentabilité, de la taille de l’entreprise, la
composition des actifs, structure financière, et la politique monétaire .

B – DIAGNOSTIC DU RISQUE DE FAILLITE

1 – les outils d’analyse :

L’analyse du risque de faillite, qui s’impose sur les notions d’exigibilité et de liquidité, met en
correspondance la structure de l’actif et du passif, les principaux outils auxquels recourt cette analyse
sont le fonds de roulement et les ratios.

a- le fonds de roulement (FDR) et le besoin de fonds de roulement (BFR) :

Dans le cadre de fonds de roulement, en constate entre le fonds de roulement financier et le fonds
de roulement propre :

Le fonds de roulement financier   =   financement permanent – actif immobilise


Le fonds de roulement constitue une marge de sécurité pour faire face aux risques, est un
indicateur de solvabilité et de risque d’illiquidité à court terme de l’entreprise.

Généralement les créanciers et notamment les banquiers exigent le plus souvent que le besoin de
fonds de roulement soit positif

Fonds de roulement propre = actif net comptable – actif immobilisé


Ou :

Fonds de roulement propre = fonds de roulement financier – dettes à long et moyen terme

25
Signalons que le fonds de roulement propre constitue un indicateur d’autonomie encore plus
sécurisant pour les créanciers, dans la mesure où les actifs circulants couvrent non seulement le passif
circulant, mais également les dettes à moyen terme.

Ainsi le besoins de fonds de roulement varie sous l’effet d’opération telles que :

achat comptant
vente au comptant
règlement des clients
Règlement aux fournisseurs
En considérant une expression simplifie du BFR telle que :

BFR = stocks + clients – fournisseurs


On voit donc comment le temps peut modifier profondément l’aspect d’une situation, et le fait
pour qu’une entreprise ne puisse encaisser ses créances immédiatement crée un besoin de fonds de
roulement.

La comparaison crée du FDR et le BFDR donne une vision juste sur la situation de l’entreprise’
car le fait que le FDR soit positif n’indique pas son soi que la situation est bonne ou mauvaise, il
convient de déterminer le BFDR de comparer au FDR pour porter un jugement.

Si le  FDR > BFDR le fonds de roulement finance en totalité le BFDR et il existe un excédent de
ressource qui se trouve en trésorerie

Si le FDR  <  BFDR  le fonds de roulement ne finance qu’une partie du BFR la différence doit
alors être financée par crédit bancaire ceci donc va augmenter le risque financier.

26
4.2 Les différentes stratégies pour la gestion du risque financier:

La gestion des risques financiers repose sur quatre attitudes possibles :

 l’auto-couverture qui consiste en apparence à ne rien faire, et qui ne concerne que quelques très
grands groupes pour certains de leurs risques.
la fixation dès aujourd’hui du prix ou des taux d’une opération qui se déroulera dans le
futur. L’entreprise ne peut pas alors bénéficier d’une évolution favorable à ses intérêts du prix ou du
taux dans la future.
l’assurance qui consiste à payer d’une façon ou d’une autre une prime à un tiers qui prendra
alors à sa charge le risque s’il se matérialise. L’entreprise peut donc bénéficier d’une évolution favorable
à ses intérêts du prix ou du taux dans la future.
la cession immédiate de l’actif ou du passif porteur de risque.
I – L’Auto-Couverture

A- le risque de change


La gestion du risque de change comporte deux volets distincts. Le premier concerne la
détermination et la surveillance permanente de la position de change, le deuxième volet présente un
caractère plus actif.
Ses deux composants sont l’évaluation du degré de probabilité de la réalisation effective d’une
perte découlant du risque de change et la mise en œuvre, quand elle apparaît justifier, des techniques
adéquates en vue de se protéger effectivement contre ce risque.

L’opération de couverture ne cherche pas à réaliser un profit mais à annuler les conséquences des
variations du taux de change, alors que la couverture du risque de change repose sur cinq axes
principaux :

1- le marché interbancaire au comptant et la gestion du risque de change


Pour se couvrir, l’importateur possédant une dette en devise doit acheter, dés maintenant, sur le
marché au comptant, les devises dont il aura besoin plus tard. Si sa trésorerie ne l’autorise pas à
procéder à cet achat, l’importateur doit emprunter des dirhams pour les vendre sur le marché au
comptant afin d’obtenir la devise dont il aura besoin.

27
Cette procédure a pour inconvénient de faire perdre à l’entreprise qui se protège contre le risque
de change le crédit qui lui avait été consenti par son fournisseur.

Pour l’exportateur possédant une créance en devise, la couverture la plus simple consiste à
emprunter le montant des devises et à les vendre immédiatement sur le marché au comptant pour obtenir
des dirhams.

2- le marché interbancaire à terme et la gestion du risque de change


Le besoin de couverture contre le risque de change explique le développement des transactions sur
le marché à terme. Les opérations d’exportation et l’importation comporte en effet des délais  de
règlement qui rend incertain le montant de monnaie nationale reçus ou payé dans l’avenir pour une
certaine quantité de devises étrangères.

–  la couverture contre le risque de hausse des cours : l’importateur qui contracte dans sa monnaie
connaît la somme qu’il devra verser à l’échéance du crédit qu’on lui accorde. N’est plus le cas si la dette
est libellée en devises étrangères.
Pour éviter ces inconvénients, sans devoir pour autant immobiliser sous forme d’un achat au
comptant la somme à payer à l’échéance du crédit, l’importateur qui redoute une hausse du taux de
change achète à terme des devises correspondant au montant de sa dette

–  la couverture contre le risque de baisse des cours  : l’exportateur qui contracte dans sa monnaie
connaît parfaitement les montants dirhams qu’il recevra à l’échéance du crédit qu’il accorde. Tel n’est
pas le cas si le contrat est libellé dans la monnaie de l’importateur ou dans une devise tierce.
Pour remédier à cet inconvénient, l’exportateur qui redoute une baisse du cours de la devise vend à
terme auprès de son banquier le montant de sa créance et détermine, de cette manière, avec précision, la
somme en franc qu’il recevra ultérieurement

3- le marché des contrats à terme de devises et la gestion du risque de change

  En intervenant sur les marchés de contrats à terme pour se protéger contre le risque de change,
l’exportateur détenant une créance en devise et l’importateur ayant dette en devise ne s’adressant plus à
un banquier comme ils le feraient sur le marché interbancaire.

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Ils prennent directement contact avec un courtier de l’international monetary market pour vendre
et acheter un ou plusieurs contrats de devises.

4- le marché de swaps de devises et la gestion du risque de change

Le swap de taux : un accord par lequel deux parties conviennent de s’échanger des conditions
d’intérêt, cet accord concerne seulement les flux d’intérêt.
Ceux –ci sont calculés sur la base d’un capital de référence identique les taux réciproquement
payés par l’un et l’autre des deux participant sont différents, en nature ou en niveaux. Le cas le plus
classique et celui le swap « taux fixe contre taux variable »

Les swaps sont très intéressants et fort utiles pour gérer le risque de change sur longue période.
Ceci explique qu’ils sont souvent associés à des emprunts ou à des placements en devises à moyen
terme et à long terme.

5 – le marché des options de devises et la gestion du risque de change


Le développement des marchés d’option conduit les banques et les entreprises à recourir de plus
en plus souvent aux services offerts par ces instruments.

Dans la mesure où les options sont des actifs asymétriques, ils permettent à ceux qui les utilisent
d’être protéger contre le risque de change sans les priver pour autant d’une évolution qui leur serait
favorable et qu’ils auraient mal anticipée.

  La protection contre la baisse du taux de change  : la technique traditionnellement utilisée pour se


protéger contre la baisse du taux de change est l’achat d’option du de vente.
Cette pratique est bien adaptée à l’hypothèse d’une baisse importante du cours de la devise, en
revanche dans le cas d’une baisse modérée, il peut être envisagé de recourir à la vente d’option d’achat.
  La protection contre la hausse du taux de change : la technique traditionnellement utilisée pour se
protéger contre la hausse du taux de change est l’achat d’option d’achat.
Cette méthode est bien adaptée à l’hypothèse d’une hausse importante du cours de la devise. En
revanche dans le cas d’une hausse modérée, il peut être envisagé de recourir à la vente d’option de
vente.

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B- le risque de liquidité
Le risque de liquidité est présent si le crédit à long terme est financé à l’aide de ressources
récoltées pour des durées plus brèves (problème général du risque de transformation de durée). Le
banquier peut réagir au risque d’intérêt en prévoyant que ses propres prêts seront consentis à des taux
variables.

A la limite, les taux sur les prêts seraient revus au moment précis ou les taux versés sur les
ressources en assurant le financement donneraient lieu eux-mêmes à une révision.

C- le risque du taux d’intérêt


Les principes de la gestion du risque de taux par les marchés à terme :

La gestion du risque de taux peut se faire au moyen d’opération réalisée sur les marchés à terme.
Nous présentons tout d’abord les principes de couverture du risque par les opérations à terme (ferme et
conditionnel), avant de décrire succinctement les caractéristiques des marchés à terme.

1 : La couverture par contrat à terme ferme

A- le principe des opérations à terme ferme

1- le risque de fluctuation des cours pour un actif physique

L’opération de couverture à terme revient si on a une position longue dans l’actif physique, à créer
une position courte équivalente en vendant un contrat à terme. L’adossement entre l’actif physique et le
contrat vendu permet d’annuler le risque. Inversement, un agent court en actif physique crée une
position longue dans le contrat, en achetant un contrat à terme.

La présence des spéculateurs permet la réalisation des opérations de couverture, car la seul
existence des opérations qui souhaitent se couvrir contre le risque, ne suffit pas le plus souvent à assurer
la création et le fonctionnement d’un marché à terme.

Les opérations à terme permettent de gérer le risque de fluctuation des prix par transfert entre les
différentes catégories d’agent.

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2- fluctuation des cours des actifs financiers et risque de taux d’intérêt

La couverture du risque résultant des fluctuations des taux d’intérêt repose sur les mêmes
principes que celle du risque lié aux variations des cours des céréales. Au lieu de porter sur un actif
physique tel que le blé, le contrat à terme a un actif financier comme sous-jacent.

Le vendeur du contrat s’engage à vendre l’actif financier à un prix déterminé et l’acheteur à


l’acquérir les cours des titres étant égaux VA des flux issus des actifs, en garantissant le cours de vente
de l’actif financier, les deux parties fixent simultanément le taux d’intérêt.

Les principales opérations de couverture portant sur des actifs financiers peuvent être classées en
deux grandes catégories, selon qu’on cherche à se protéger contre une hausse ou une baisse des taux :

3- les opérations de couverture contre une hausse des taux.

Une hausse des taux entraîne des pertes si on détient des actifs rémunérés à taux fixe ou si on se
finance par des ressources à taux variable. Par exemple, les opérations suivantes conduisent à des pertes
qu’il est possible de couvrir par des ventes de contrats à terme :

Détention de portefeuilles de valeurs à revenus fixes (par exemple, des    obligations) ;


Financement par des lignes de crédit, à taux renégociés mensuellement ou trimestriellement ;
Opération de financement différée (par exemple, le lancement d’un emprunt obligataire).
4- les opérations de couverture contre une baisse des taux

De façons symétrique, une baisse des taux entraîne des pertes si on détient des actifs dons les taux
sont variables ou si le financement se fait par des ressources à taux fixe. Les opérations suivantes
entraînent ainsi des pertes qu’il est possible de courir par des achats de contrats à terme :

Détention d’un portefeuille d’obligations à taux variable ;


Gestion d’excédents de trésorerie prévisionnels ;
financement par des emprunts à taux fixe.
La politique de couverture varie en fonction des anticipations. Si les anticipations sur l’évolution
des taux sont favorables, une entreprise n’a par intérêt à bloquer les taux. Cependant, une telle politique
est risquée si les anticipations sont erronées.

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B- la relation entres les cours à terme et les cours au comptant
L’opération de couverture du risque de taux impliquant un adossement entre une position  «
physique »portant sur un actif financier et une position virtuelle, constituée d’une opération sur un
contrat à terme, il importe pour pouvoir gérer le risque de taux, de connaître et de comprendre les
relations qui lient les cours à terme aux cours au comptant.

La relation entre les prix    au comptant et les prix à terme peut être mise en évidence à partir du
raisonnement d’arbitrage. A un instant donné, la différence entre le cours à terme et le cours au
comptant constitue la base :

Base = cours à terme – cours au comptant


La notion de base est particulièrement importante pour appréhender les risques encourus dans une
opération de couverture de risque de taux. En effet, le principe de la couverture du risque est de
compenser une éventuelle perte de valeur sur une position au comptant par un gain de valeur équivalent
sur une position à terme.

Si l’échéance du contrat à terme concorde exactement avec l’horizon de la couverture, et en


supposant une corrélation parfaite entre évolution des cours de l’actif couvert et du contrat à terme, le
risque est totalement annulé, car à l’échéance la base est nulle et le cours à terme est égal au cours au
comptant.

En revanche, si l’horizon de l’opération de couverture est inférieur à celui de l’échéance du contrat


à terme, la valeur de la base de la réalisation de l’opération devient incertaine, et l’opérateur supporte un
risque de base.

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5 Conclusion

Donc la protection de la croissance mondiale est indispensable pour éviter une dépression
mondiale pénible. Il faut mettre en place des mécanismes juste-à-temps afin de prévenir le resserrement
du crédit et faciliter l’adoption de mesures budgétaires et monétaires contracycliques visant à échapper à
des ralentissements en série dans les pays en développement. Le problème est planétaire. Il importe
donc de ne pas limiter ces mécanismes aux économies émergentes « stratégiques » et de faire en sorte
que la conditionnalité puisse à la fois inciter à l’adoption de politiques judicieuses et protéger l’activité
économique. En ce sens, les mesures prises récemment par le FMI et la Réserve fédérale américaine en
vue de préserver la liquidité des marchés financiers des principaux pays émergents ne constituent que
les premiers pas dans la bonne direction. Les mécanismes doivent être élargis, c’està-dire qu’ils ne
doivent pas être circonscrits aux seuls problèmes de liquidité à court terme et qu’ils doivent par ailleurs
englober les pays non stratégiques. À cette fin, il faut concevoir les mécanismes institutionnels de
manière à mobiliser les ressources des pays qui affichent des excédents structurels.
Les politiques visant à corriger les déséquilibres mondiaux actuels doivent tenir compte des effets
sur les pays en développement. Cela est particulièrement pertinent s’agissant des taux de change et des
mesures visant à rétablir la liquidité des marchés mondiaux. Les pays en développement doivent être en
mesure de participer aux groupes et aux institutions qui cherchent à coordonner les décisions
internationales selon leur importance parmi les sources de croissance mondiale.
Il est temps de s’attaquer aux enjeux de la création de réserves mondiales et de mécanismes
multilatéraux permettant de fournir de la liquidité internationale, de manière à ce que cela constitue un
bien public mondial. Tout échec à ce chapitre entraînera des solutions unilatérales ou régionales qui
seront sous-optimales, et probablement instables. Cela est particulièrement essentiel pour éviter que les
pays émergents se dotent de stratégies inefficaces d’auto-assurance. Une architecture financière
internationale dysfonctionnelle incite les autorités à adopter des stratégies « mercantilistes » et à
manipuler les taux de change.

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6 Bibliographie

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FRANÇOIS-XAVIER BELLOCQ
YVES ZLOTOWSKI

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