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Université Mohammed Premier

Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales


Oujda

Marchés financiers et
performance des pays émergents

Master : Économie, Finance et émergence économique

Réalisé par :

Encadré par :
• Mlle Grari yousra
• Mlle elhassouni sakina Mr MEJDOUBI
• Mlle elghazi chaimae
• Mlle ladjoua zineb
• Mr rabhi mohammed

Année universitaire : 2019/2020

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Plan

Introduction générale

Partie 1 : cadre conceptuel des pays émergents et aperçu sur les marches financières.

Chapitre 1 : notionde marchés financières internationales

1.1: définition des marchés financiers internationaux

1.2 : Le rôle des marchés financiers internationaux

1.3 : Les instruments des marchés financiers internationaux

1.4 : Les acteurs des marchés financiers internationaux

Chapitre 2 : Cadre conceptuel des pays émergents

Partie 2 : Libéralisation des marchés financiers des pays émergents bénéfices,
insuffisances et défis macroéconomiques.

Chapitre 1 : Libéralisationdes marchés financiers aperçus.

1.1 : Libéralisation des marchés financiers des pays émergents

1.2 : Libéralisation des marchés financiers : bénéfices aux pays émergents

Chapitre 2: Insuffisances et défis macroéconomiques aux pays émergents.

2.1 :Insuffisances macroéconomiques aux pays émergents.


2.2 : Défis macroéconomiques aux pays émergents.
Chapitre 3 : Les investissements dans les pays émergents
Chapitre 4 : La crise économique dans les économies émergentes
Chapitre 5 : Le relancement des pays émergents dans l’économie mondiale 

Conclusion

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Introduction
Les institutions de Bretton-Woods ont encouragé le développement des marchés financiers
qui constitue une partie importante de la libéralisation financière dans les années 1980. Durant
la décennie 80, le domaine de la finance a connu de profonds changements tant dans les pays
du Nord que dans les pays du Sud. En occident, les systèmes de financement organisés en
circuits administrés au profit de financements directs via les bourses de valeurs ont été
abandonnés. Cet abandon a permis une meilleure allocation de ressources financières. Le
gaspillage des ressources a entraîné des déséquilibres majeurs des indicateurs économiques ;
ceci étant dû à l'ancien système qui était porteur d'effets pervers.

En ce qui concerne le tiers-monde, la quasi-totalité des endettés ont eu la nécessité de trouver


des solutions au début des années 80 à la crise de la dette. Ces pays ont procédé sous l'effet
des programmes d'ajustements structurels et de nouvelles réalités financières internationales, à
la libéralisation et à l'ouverture de leur économie. La plupart d'entre eux ont enregistré des
taux de croissance dépassant souvent ceux des pays développés. Compte tenu de la croissance
de leur économie, les places financières des pays émergents ont réduit sensiblement le
recours aux prêts bancaires et ceci les a conduits à développer d'autres sources de
financements. Les gouvernements de ces pays ont procédé à d'importants programmes de
privatisation sous la pression des grandes institutions financières internationales entraînant la
l’ouverture et libéralisation des marchés financiers. En parallèle la plupart des pays émergents
ont fondé leur succès sur un modèle de croissance caractérisé par le développement d’un
secteur exportateur puissant s’appuyant sur le coût faible de leur main-d'œuvre, la capacité à
attirer du capital international pour développer leurs systèmes productifs, et donc l’intégration
financière internationale été une nécessité pour ces pays et a joué un rôle clé dans cette
stratégie de développement , la notion même de pays émergents faisant allusion à l’entrée de
ces économies sur les marchés internationaux de capitaux.

Dans ce cadre notre travail est repartie en deux chapitres, le premier traite la notion de base et
donne une vision théorique et conceptuel sur les marches financiers, leurs types et instruments
et dans un deuxième rang un aperçu sur la notion des pays émergents. Le deuxième chapitre
s’articule autour de la libéralisationfinancière et les grandes mutations des structures
financières durant les années 80 toute en donnant les éléments de réponse à notre

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problématique qui s’interroge surl’impact de la libéralisationfinancière sur les

structures économiques et financières des pays émergents ?

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Partie I : Cadre conceptuel des pays émergents et aperçu
sur les marchés financiers.
Chapitre 1: Notion des marchés financiers internationaux
1 .Définitions des marches financiers internationaux.

Les marchés financiers internationaux sont des marchés ou se créent, s’échangent, circulent et
s’effacent des créances et des actifs monétaires et financiers liés à des opérations de
transactions ou de circulation internationale de flux financiers.

Ces flux internationaux de capitaux répondent à des déterminants microéconomiques, de type


rendements escomptés ou risques encourus, auxquels réagissent les emprunteurs ou les
investisseurs intervenant sur les marchés internationaux. Mais dans le même temps ils
contribuent à l’équilibre macroéconomique en économie ouverte en relâchant l’égalité
nécessaire entre l’épargne et l’investissement domestique au sein de chaque économie.

Les marchés financiers permettent la confrontation de l'offre et de la demande de capitaux. Il


s'agit donc d’un lieu où s'échangent les instruments financiers.

Selon SCANNAVINO, les marchés financiers internationaux sont trois types à savoir ; le
marché des Eurodevises, les marchés des Eurocrédits et les marchés des obligations
internationales.

Le marché des Eurodevises : les Eurodevises désignent, depuis les années 50,
des capitaux déposés dans des banques implantées hors du pays d’émission de la
monnaie dans laquelle ces avoirs sont libellés. Ces institutions, expertes dans la
gestion de tels dépôts, sont appelées Eurobanque.

Le marché des Eurocrédits : les banques font des avances libellées en
eurodevises aux emprunteurs ; on parle alors d’eurocrédit. Jusqu’aux années 1970, les
investisseurs se finançaient sur les euromarchés à partir des obligations mais suite à
une hausse du taux d’intérêt les investisseurs furent obligés de réaliser et remplacer
leur financement par des eurocrédits à moyen et long terme au taux variables.

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Les marchés des obligations internationales : on s’attachera ici aux marchés
des obligations étrangères et aux marchés des Euro-obligations ; les premiers sont des
titres émis par un emprunteur non résident sur une place financière ou ils seront donc
ensuite cotés ; ils sont libellés dans la devise du pays où se fait l’émission. Alors que
les deuxièmes désignent des titres de créance émis dans plusieurs pays (l’absence de
lieu unique d’émission en fait un vrai placement international) par un syndicat de
banques internationales ; elles sont libellées dans une devise pouvant être celle du pays
de l’emprunteur ou une autre monnaie (on désigne les euro-obligations lancées en
dollars, par exemple,).

2. Rôle des marchés financiers internationaux

Les marchés financiers internationaux assurent l’extension à l’échelle internationale des


fonctions assumées par les marchés financiers sur le plan domestique, au plan
macroéconomique, des agents à capacité de financement dont les ressources courantes
dépassent leurs plans de dépenses, à un horizon donné, et que des agents à besoin de
financement se trouvent dans la situation inverse, alors s’exprime la nécessité d’ajuster et de
coordonner ces deux types de situations.

La justification première des marchés financiers est donc de remplir cette fonction. Il
ne s’agit pas seulement d’organiser le transfert des fonds prêtables, mais aussi de rendre
compatibles les motivations qui s’expriment aux deux pôles du circuit financier. Car les
exigences de ces deux catégories d’agents économiques ont toute chance de s’avérer, ex-ante,
peu conciliables.

Du côté des prêteurs éventuels, se combinent le souci d’obtenir le rendement le plus


élevé, l’objectif de minimiser les risques, de conserver une réelle liquidité en privilégiant, par
exemple, des placements à court terme. À l’inverse, du côté des emprunteurs potentiels,
prédominent l’objectif de minimiser les charges de remboursement et de s’endetter à moyen
ou long terme, le souci d’accéder à des financements non réversibles. Quant à la prise de
risque, elle est inhérente à la plupart des investissements, alors que les épargnants éprouvent
une certaine aversion pour le risque. D’où la nécessité d’un ensemble d’institutions et de
mécanismes de marché aptes à assurer la conciliation de ces antagonismes qui touchent les
prix et les rendements des actifs, les échéances, la liquidité des engagements, les prises de
risque…

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Ainsi, à partir des dépôts à vue ou à court terme de leurs clients, les banques peuvent
accorder des crédits à long terme ou réaliser des investissements de portefeuille. La
transformation financière porte sur les échéances mais aussi sur la nature des risques assumés
vis-à-vis des emprunteurs. Le rôle essentiel des institutions financières, les banques en
particulier, mais aussi de l’ensemble des marchés d’actifs monétaires ou financiers, est de
redistribuer les attributs des capacités et des besoins de financement.

3. Les instruments des marchés financiers internationaux

On peut distinguer quatre catégories d’instruments financiers internationaux à savoir :


les obligations, les contrats à terme, les options et les warrants.

3.1 :Les obligations :
Elles peuvent être des obligations étrangères ; et les euroobligations ; les obligations
étrangères sont soumises à la réglementation nationale du pays à l’origine de l’émission sur
les valeurs mobilières nationales. Dans Le marché secondaire des obligations étrangères la
plupart des transactions se déroulent hors de la bourse lieu d’émission.

Alors que pour les euro-obligations, on distingue trois catégories ;

 Les obligations classiques (Straight) : appelées également les euroobligations à taux


fixe. Ce sont des titres négociables à taux d’intérêt fixe. A ces titres sont attachés des
coupons arrivant à échéance avec une fréquence fixe et à des dates prédéterminées.
 Les euro-obligations à taux variables (Floating Rate Notes ou FRNS) : les notes à taux
variables se distinguent des premières par le système de calcul du coupon. Il peut être
indexe sur le taux d’intérêt à court terme et il est généralement paye tous les six mois
et calcule ex-ante.
 Les obligations convertibles en actions : résultent de la combinaison de deux éléments,
d’une part, une reconnaissance des dettes portant intérêt (fixe ou variable), d’autre
part, un droit de convertir ce titre en actions ordinaires de la compagnie émettrice.

3.2 :Les produits dérivés :


 Il existe trois familles de produits dérivés : les contrats forward et futures, les swaps et les
contrats d’option. Les contrats à terme de type forward et futures ont des principes identiques
et, ne divergent que par leurs modalités d’exécution. Le contrat à terme forward constitue un
engagement d’acheter ou de vendre une certaine quantité d’actifs supports ou « actifs sous-

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jacents » à une date d’échéance future et à un prix spécifié au moment où le contrat est passé.
Si à la date d’échéance, le prix comptant de l’actif support au contrat est supérieur au prix
spécifié et convenu à l’origination du contrat, l’acheteur du contrat réalise un profit ; dans le
cas contraire, il réalise une perte, et vice versa pour le vendeur. Le profil de gains ou de pertes
des forward et futures est identique. Mais à l’inverse du contrat forward, le risque de crédit,
c’est-à-dire le risque de défaut du contractant peut être éliminé dans le contrat futur, grâce à
deux mécanismes spécifiques : le dépôt de garantie et l’appel de marge d’une part, l’existence
d’une chambre de compensation et la standardisation des contrats d’autre part.

 Les contrats d'échange (aussi appelés « swaps ») : Ces produits sont des contrats d'échange
d'actifs ou de flux financiers. Ils portent notamment sur l'échange de devises ou sur des taux. Ils
permettent de répondre au besoin de gérer les risques, et pour spéculer sur les mouvements de
taux. Un swap est une transaction financière pour laquelle deux parties conviennent d’échanger
une série de flux de trésorerie, ils sont également très utilisés lors des échanges de devises afin de
contrôler les taux de changes fluctuant considérablement.

 Les contrats d'option : Ces produits sont des contrats sur lesquels un acheteur paie une prime
pour s'assurer la possibilité d'acheter ou de vendre (option de vente et/ou d'achat) un certain
nombre d'instruments financiers soit à un prix et une date fixés d'avance soit pendant une
période donnée. Une option est un contrat ou une entente entre un acheteur et un vendeur
portant sur un titre ou un élément particulier, appelé élément sous-jacent. L’acheteur paie le
prix de l’option pour obtenir des droits du vendeur, et lui, reçoit le prix de l’option et en
accepte les obligations. Comme preuve d’engagement, il y a un avis d’exécution. Il existe
deux types d’options : Option d’Achat et Option de Vente

 Option d’achat : Donne le droit de l’acheteur d’acheter l’élément sous-jacent au prix


d’exercice jusqu’à l’échéance.

 Option de vente : Donne le droit à l’acheteur le droit de vendre l’élément sous-jacent au


prix d’exercice jusqu’à l’échéance.

3.3 :Les warrants :

Ce sont des bons de souscription d’actions qui ne sont pas émis par la société concernée,
mais par d’autres sociétés, le plus souvent des établissements de crédit ou des entreprises

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d’investissement. De plus, ce sont des options dans la mesure où il existe des calls warrants
(donc des options d’achat de bons de souscription d’action) et des puts warrants (donc des
options de vente de bons de souscription d’action), avec des échéances, des prix d’exercice et
des primes. Les warrants existent sur des actions, des obligations, des paniers d’actions et
d’obligation, d’indices boursiers, des devises, des titres de créances négociables, des contrats
à terme financiers ou de marchandises, des instruments dérivés négociés sur les marchés
réglementés

4. Les acteurs des marchés financiers internationaux


On peut repérer cinq grandes catégories d’intervenants sur les marchés financiers : Les
banques, les courtiers, les entreprises industrielles et commerciales, les banques centrales, les
investisseurs institutionnels.

 Les banques et les coutiers : principaux animateurs de ces marchés :Les


banques interviennent pour leur propre compte ou pour celui de leurs clients. Et
il faut noter que ce ne soit pas toutes les banques qui sont actives sur ces
marchés ; pour bon nombre d’entre elles, de taille moyenne, cette activité et
secondaire et elles s’en remettent aux banques plus importantes. En fait, il y’a
lieu de distinguer les banques qui jouent un rôle de mainteneurs de marchés
(market-maker) de celles qui n’en sont que les utilisateurs. Seules les banques
qui, continuellement, achètent et vendent des devises et qui, en tout temps, sont
en position de coter un taux acheteur et un taux vendeur pour les devises les plus
importantes sont considérées comme des market-maker. Comme on le sait une
importante partie de volumes des opérations financières se fait directement entre
les banques; cependant, certains utilisateurs préfèrent ou doivent recourir à des
courtiers (brockers). Les courtiers ne transigent pas pour leur propre compte et
ne prennent pas des positions de change. A l’opposé des mainteneurs de
marchés, leur fonction d’intermédiaires leur permet de regrouper des positions
de clients et d’assurer l’anonymat des transactions évitant ainsi aux intervenants
de faire connaitre leur position. Pour leur service, les courtiers reçoivent une
commission dont le taux varie avec l’importance et la liquidité du marché de la
devise transigée.

 Les entreprises industrielles et commerciales  : offrent ou demandent des


services en contrepartie d’opérations d’importations et utilisent les marchés de

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capitaux pour financer leurs opérations à l’étranger, en particulier cela permet à
ces entreprises une assurance concernant la circulation des fonds entre la maison
mère et les filiales des entreprises transnationales ; et cela leur offre des
possibilités de couverture pour parer au risque de change. Dans la majorité des
cas, les entreprises industrielles et commerciales n’interviennent pas directement
sur les marchés financiers internationaux, elles passent par les banques
commerciales et des courtiers néanmoins centaines entreprises transnationales
effectuent un volume d’opérations considérables qui leur donne un accès au
marché et justifie la mise en place d’une équipe de cambistes.
 Les banques centrales : Ils interviennent sur le marché pour rétablir des
déséquilibres temporaires afin d’atteindre des objectifs de parité pour la monnaie
nationale ou dans le cadre de la gestion de leurs réserves officielles.
 Les investisseurs institutionnels : Ils constituent le dernier groupe identifiable
d’acteurs majeurs des marchés financiers internationaux. Les compagnies
d’assurance, les fonds de pension et les gestionnaires de fonds de placement sont
devenus, au cours des années, des utilisateurs de plus en plus importants de ce
marché, en raison d’une part de l’internationalisation de leurs activités ; mais
aussi en raison de la tendance généralisée à la diversification des produits de
placement.

Chapitre 2 : définition des pays émergents et performance.

1. Les pays émergents, naissance du terme.


Pays émergents : la paternité du terme est, en règle générale, attribuée à Antoine van
Agtmael, économiste à la Société Financière Internationale qui voulait, par ce terme, faire la
distinction à l’intérieur de la catégorie des Pays En Développement (PED) entre ceux qui
présentaient des risques importants pour les investisseurs internationaux et ceux qui, au
contraire, pouvaient être des « terres d’opportunités ». Il s’agissait dans les années 1980 par la
désignation « pays émergents », de distinguer le bon grain (pays à forte croissance, faiblement
endettés, dont le compte de capital était suffisamment ouvert pour accueillir des capitaux) de
l’ivraie (pays à faible croissance, croulant sous le poids de la dette, relativement fermé aux
entrées de capitaux).
Comment caractériser aujourd’hui un pays émergent ? Une réponse concise à cette
question est difficile à formuler voire impossible. Il suffirait, se dit-on, de se référer aux listes

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de pays établies par les institutions internationales (Banque Mondiale, FMI), les organismes
financiers (Goldman et Sachs) ou groupe d’experts (Boston Consulting Group, Standards and
Poor’s), pour cerner le contour de cette catégorie de pays. Or, depuis les années 1980, les
listes de pays émergents ne cessent de se multiplier (chaque organisme international à sa
propre liste de pays émergents), de se renouveler, sans qu’il soit réellement possible de les
regrouper.
À l’origine la liste BCG comptait 14 pays, aujourd’hui plus de 35 pays peuvent être
classés dans la liste de pays émergents ou de pays à fort potentiel. La valse des entrants et des
sortants des listes est perpétuelle au fil des bonnes ou mauvaises performances ou des
renversements politiques, a l’exception du Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du
Sud(BRICS) qui y apparaissent systématiquement.
La notion de pays émergents a été élaborée dans une optique opérationnelle en sorte de
faire le tri parmi les pays en développement entre les bons et les mauvais performeurs. Ce
sont donc les indicateurs macroéconomiques de richesse et de performance à l’international,
et non les indicateurs de développement humain, qui guident l’élaboration des listes.Si on se
réfère à la classification par niveau de revenu national brut proposée par la Banque mondiale
(Méthode Atlas - 2013), les pays émergents sont plutôt issus des rangs de pays à revenus
moyens supérieurs (4086 dollars à 12 6015 dollars) ou de revenus moyens inférieurs (1036
dollars à 4085 dollars). On notera que le Chili et la Russie appartiennent au groupe des pays à
revenus élevés car leur RNB est supérieur à 12 616 dollars qui est, selon la Banque mondiale,
le seuil établissant la frontière entre pays développés et pays en développement.

Il est cependant nécessaire de manier avec prudence le critère de richesse car il existe
des pays à revenus intermédiaires qui sont des pays rentiers mais qui n’entrent pas dans les
nombreuses listes de pays émergents, et des pays émergents qui sont également des pays
rentiers comme la Russie et qui y figurent (Bensidoun, Lemoine, Ünal, 2009). Se pose ainsi
régulièrement la question de classer ou pas comme émergents des pays producteurs de pétrole
tels que l’Angola, le Nigéria ou le Venezuela.

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Partie II : Libéralisation des marchés financiers des pays
émergents bénéfices, insuffisances et défis
macroéconomiques.

Chapitre 1 : libéralisation des marchés financiers des pays


émergents.

1. libéralisation des marchés financiers des pays émergents.

L’un des changements les plus marquants de la scène financière internationale durant
les dernières décennies a été le développement et la maturation rapide des marchés financiers
émergents dans le monde. Selon les chiffres publiés par la société financière internationale
(IFC), les 32 marches d’action émergents identifies en 1982 totalisent une capitalisation
boursière de 67 milliards de dollars américains, soit 2,5 pour cent de la capitalisation
boursière mondiale, moins de 20 ans plus tard, en 1999 le nombre de marchés émergents
suivis par l IFC s’élèveà 81. La capitalisation boursière de ces marches a excédé le 3000
milliard de dollars américains et représente alors 8,5 de la capitalisation boursière mondiale.

Les marches émergentes occupent actuellement une place importante sur la scène
financière internationale. Cela étant, les actifs financiers de ces marchés sont largement
acceptés par les investisseurs tant individuels qu’institutionnels et ils jouent un rôle de plus en
plus considérable dans la stratégie de diversification de portefeuilles, même les grandes
institutions financières internationales tel le FMI et la banque mondiale sont activent présent
sur ces marchés financiers ce qui donne une notoriété aux économies de ces pays émergents.

Les développements ci-dessus n’auraient jamais pu être obtenu sans La libéralisation


des marchés financiers des pays émergents, Les premiers actes de reformes des secteurs
financiers et bancaires ont permis aux marches émergentes de se doter de ressources externes
pour entretenir la croissance de l’économie nationale.

Les pays émergents ont alors opéré de profondes réformes structurelles destinées à
favoriser l’ouverture internationale de leurs marches, qu’elle soit commerciale àtravers la
réduction des niveaux de droits de douane, la suppression des restrictions quantitatives et

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l’adoption d’accords de libre-échange, ou financière afin d’élargir les opportunités pour les
acteurs économiques et de diversifier les sources de devises.

La libéralisation financière permet effectivement d’attirer les flux de capitaux puisque


les investisseurs étrangers sont légalement autorisés à détenir les titres financiers sur les
marchés domestiques.Les flux de capitaux avec l’extérieur peuvent prendre plusieurs formes
avec des effets très variables sur les économies : investissements directs étrangers (IDE),
investissements de portefeuille sur les Bourses locales, flux de dette à court et long termes.

Ce qui permet la réduction du cout du capital Grace à des offres de capitaux plus
abondantes incite également les entreprises à s’engager massivement dans un processus de
privatisation et à s’introduire en bourse.

Le degré d’ouverture aux différents flux de capitaux est très variable suivant les pays
émergents, certains pays favorisent les investissements directs étrangers d’autres ont opté
pour une ouverture financière plus importante.

2.Libéralisation des marchés financiers : bénéfices aux pays émergents.

L’ouverture financière exerce un effet positif sur le développement financier àtravers


l’approfondissement des secteurs bancaires et des marchés boursiersintérieurs (Mishkin,
2009). Plus précisément, la libéralisation du compte financier peut contribuer au
développement des systèmes financiers domestiquesà travers différents canaux (Chin et Ito
(2006), Calderón et Kubota (2009)).

Premièrement, l’ouverture financière améliore l’efficacité de l’intermédiationfinancière


et la profondeur des marchés financiers, en éliminant la répressionfinancière. Deuxièmement,
la suppression des contrôles sur les mouvements decapitaux internationaux est susceptible
d’accroître les possibilités dediversification de portefeuille tant pour les investisseurs
domestiquesqu’étrangers, avec des effets positifs sur la taille, la stabilité et la liquidité
desmarchés boursiers. Troisièmement, une politique d’ouverture financièreaméliore
l’efficience du système financier et ce, par l’élimination d’institutionsfinancières inefficaces
et la présence de pressions plus fortes favorables à uneréforme de l’infrastructure financière.
Ceci est de nature à réduire l’asymétried’information (en abaissant la sélection adverse et
l’aléa moral) et à accroitre ladisponibilité du crédit.

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Les pays engagés dans ce processus d’ouverture financière en anticipaientplusieurs
effets bénéfiques. L’ouverture allait :

– accroître l’épargne disponible pour financer l’investissement via un recours accru à


l’épargne extérieure. En l’absence d’ouverture financière, le principalmode de financement
d’un déficit du compte courant de la balance despaiements est le recours à l’endettement en
devises, qui est toutefois limité par lasoudabilité de la dette externe. L’ouverture financière,
en diversifiant lesmodes de financement de ce déficit peut permettre à une économie de
dégager à moyen-long terme un déficit soutenable du compte courant de sa balance
despaiements, notamment s’il est financé par des IDE. De même, à court terme, face à un
choc négatif conjoncturel sur le revenu ou à une détériorationtemporaire des termes de
l’échange ;

– faciliter la mise en place et le financement de politiques économiques contra- cycliques et


offrir ainsi une alternative à la contraction de la demande interne ;

– faciliter le financement des opérations commerciales avec le reste du monde, via l’octroi de
crédits commerciaux, et donc favoriser l’ouverture commerciale bénéfique à la croissance ;

– encourager la concurrence et les transferts de technologies grâce aux IDE.

Chapitre 2 : Insuffisances et défis macroéconomiques aux pays


émergents.

1. Insuffisances macroéconomiques aux pays émergents.

Les capitaux étrangers ne financent pas systématiquement l’investissement nécessaire


au processus de rattrapage. Dans certains cas, ils se traduisent par des achats de titres
financiers qui ne débouchent pas sur un accroissement de l’investissement productif, mais qui,
en étant réalisés dans une logique de court terme, exposent le pays réceptacle à des sorties
soudaines de capitaux potentiellement déstabilisantes sur le plan macroéconomique. En outre,
lorsqu’elles ne sont pas entièrement stérilisées par la banque centrale, les entrées de capitaux
se traduisent par une accélération du crédit domestique pouvant provoquer une fragilisation
du bilan des banques, des entreprises et parfois des ménages. C’est notamment le cas lorsque
le crédit additionnel est accordé en devises et diffuse ainsi du risque de change dans
l’économie. Souvent, cet accroissement du crédit bancaire s’effectue alors que le dispositif de
supervision bancaire demeure fragile. Enfin, l’afflux de capitaux étrangers peut provoquer une

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appréciation excessive du taux de changeréel débouchant sur une diminution de la
compétitivité du secteur des biens échangeables. En effet, lorsqu’elles sont très supérieures
aux besoins de financement externe, ces entrées de capitaux provoquent un « sur-financement
externe » de l’économie, c’est-à-dire, sur le plan comptable, des excédents très élevés de la
balance globale.

La crise de 2008-2009 confirme le caractère potentiellement déstabilisant d’une


intégration financière trop poussée ou mal maîtrisée. Tout d’abord, le manque de
discrimination dont les investisseurs ont fait preuve à l’égard des pays émergents a une
nouvelle fois remis en cause les effets disciplinant de l’intégration financière sur la conduite
des politiques publiques. De fait, entre septembre 2008 (chute de LehmanBrothers) et le
printemps 2009, les pays émergents ont enregistré des sorties colossales de capitaux
correspondant à une période d’aversion maximale au risque et de fuite vers la liquidité et en
l’occurrence vers l’actif le plus liquide que sont les bons du Trésor américain. Même si les
grands pays émergents ont été particulièrement touchés en raison de marchés financiers plus
profonds et plus liquides (Brésil, Mexique, Russie, Afrique du Sud, Corée du Sud), la chute a
été globale, touchant l’ensemble des pays de façon indiscriminée.

En outre, les flux de capitaux ont confirmé leur caractère déstabilisant en matière de
politiques économiques. Sur ce plan, il convient de distinguer deux types de pays
émergents :ceux dont la croissance de la demande intérieure tend à générer d’importants
déficits courants (Turquie, Afrique du Sud, Europe centrale et, plus récemment, Vietnam) et
ceux dans lesquels la croissance est assortie d’excédents élevés tant au niveau du compte de
capital qu’à celui du compte courant (Chine, une partie de l’Asie émergente et de nombreux
exportateurs de matières premières). Pour les premiers, les entrées de capitaux entraînent une
appréciation rapide de leur monnaie qui à terme peut être annonciatrice de nouvelles crises de
change. On retrouve les mêmes dilemmes que dans la période qui a précédé l’année 2008 : les
flux de capitaux poussent le taux de change à l’appréciation quand, sous la pression de la
dynamique des demandes internes, le compte courant se dégrade. Dans ce cas, les forces de
rappel attendues à la suite du creusement du déficit courant ne peuvent pas agir puisque les
flux de capitaux font plus que compenser les pressions baissières s’exerçant depuis le haut de
la balance des paiements. Ces pressions contradictoires sont de nature à provoquer des crises
de change et entretiennent de fait une forte volatilité de la devise.

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Pour la deuxième catégorie de pays, les entrées de capitaux sont susceptibles
d’entretenir les bulles de prix d’actifs, boursiers ou immobiliers et un accroissement de la
création monétaire. Aussi l’appréciation du taux de change consécutive aux entrées de
capitaux est bien entendu problématique pour l’industrie manufacturière qui est souvent
perçue comme devant jouer un rôle essentiel dans le rattrapage économique.

Ainsi, dans les pays émergents, l’instabilité de la finance mondiale, ses conséquences
sur les taux de change et la valorisation des actifs compliquent la politique macroéconomique
à bien des égards. Il n’est donc guère étonnant qu’un consensus émerge pour domestiquer les
effets déstabilisants de la globalisation financière.

2.Défis macroéconomiques aux pays émergents.

2.1 : Vieillissement de la population :

Le vieillissement de la population est une préoccupation croissante dans la plupart des


marchés. La baisse des taux de fertilité et l’augmentation de l'espérance de vie se traduisent
par une contraction de la main d’œuvre et une hausse des ratios de dépendance. Pendant
longtemps, le vieillissement de la main d’œuvre a été perçu comme une problématique propre
aux marchés avancés. Cependant, les projections démographiques actuelles montrent que le
vieillissement dans les marchés émergents est sur le point de s'accélérer. L’ajustement dans
certains marchés émergents majeurs sera plus abrupt que pour les marchés avancés
auparavant. Les populations de Chine et de Thaïlande, par exemple, vieilliront nettement plus
vite dans les prochaines décennies que celles d’Europe et d’Amérique du Nord dans le passé.
Ces deux marchés s’enrichissent et se développent, mais risquent d’épuiser leurs dividendes
démographiques. La réponse apportée par les pouvoirs publics sera cruciale. Il pourrait être
plus facile de relever l’âge de départ à la retraite en Chine, où les pouvoirs publics ont établi
un plan à long terme, que dans les pays européens. L’assouplissement de la politique de
l’enfant unique ne mettra pas un terme aux dynamiques démographiques actuellement à
l’œuvre. D’ici à 2055, le ratio de dépendance des personnes âgées de la Chine devrait
atteindre 50 %, faisant peser un défi considérable sur la société. En Afrique, la population est
toujours très jeune, et ses marchés continueront à bénéficier d’une population active
croissante

2.2 :Dépendance commerciale :

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Depuis que les marchés émergents ont délaissé les modèles d’industrialisation par
substitution aux importations, la mondialisation est devenue un des principaux facteurs
structurels de croissance économique. L’intensification du commerce de biens et de services
s’est traduite par des transferts de technologies et de connaissances, des niveaux plus élevés
d’investissements directs étrangers (IDE) et une concurrence accrue, autant de facteurs ayant
permis aux marchés émergents d’augmenter leurs niveaux d’emploi et de revenus et de se
développer plus vite. Cependant, la plus grande ouverture des marchés a entraîné une
dépendance commerciale dans certains pays. Elle les a rendus plus vulnérables à la volatilité
des prix des matières premières, qui trouve parfois son origine dans des développements
externes. La composante conjoncturelle du commerce s’exprime plus particulièrement dans
les fluctuations des prix des matières premières, soumises à des chocs transitoires au niveau
de l’offre et de la demande. Prenons à titre d’exemple les importantes corrections des prix des
matières premières entre 2014 et 2016, ayant mis à mal considérablement les pays
exportateurs de matières premières. La détérioration conjoncturelle des échanges
commerciaux – causée par les craintes d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise et des
interruptions de la production pétrolière pour des motifs politiques – a affecté les revenus,
l’emploi, les finances publiques, la stabilité des marchés financiers, les IDE et la production
totale.

2.3 : Volatilité financière :

Un secteur financier plus profond et une meilleure intégration au système financier


mondial sont des facteurs propices au développement à long terme des économies émergentes.
Ils aident à canaliser l’épargne vers l’économie réelle et à réduire le coût du capital grâce à
une meilleure allocation du risque et facilitent l’accès aux capitaux étrangers. Nous pensons
aussi que la libéralisation financière est bénéfique aux marchés émergents malgré une
potentielle volatilité macroéconomique à court terme due à l’exposition accrue aux
fluctuations du système financier mondial. En fin de compte, l’éventualité d’une crise
financière généralisée imputable à un événement externe est généralement la résultante d’une
gestion politique médiocre. La politique des banques centrales dans les marchés avancés
continue à exercer une influence significative sur les conditions financières à l’échelle
mondiale. Les banques centrales des marchés émergents sont souvent contraintes d’effectuer
des ajustements de politique monétaire à des moments inopportuns afin de contrer les effets
de décisions prises à l’étranger. Par exemple, en 2018, une politique fiscale laxiste aux Etats-
Unis associée à un resserrement de la politique monétaire par la Réserve fédérale a conduit au

17
renforcement du dollar américain. La chute consécutive de la demande pour des actifs des
marchés émergents a eu des répercussions non négligeables sur leurs monnaies et taux
d’intérêt. Les banques centrales des marchés émergents ont dû resserrer leurs politiques
monétaires afin d’éviter des effets secondaires sur les prix à la consommation susceptibles de
mettre en péril leurs économies. L’interconnexion économique et financière entre le Mexique
et les Etats-Unis illustre parfaitement ce phénomène. Les cycles des deux pays sont tellement
synchronisés que lorsque la banque centrale des Etats-Unis a augmenté son taux directeur en
2015, pour la première fois depuis la crise financière mondiale, la banque centrale du
Mexique lui a emboîté les pas deux jours plus tard afin de garantir une correction ordonnée
sur le marché financier mexicain – quoiqu’avec un succès limité. Dans plusieurs économies
d’Asie émergente, telles que l’Indonésie et les Philippines, les responsables politiques ont
relativement bien réussi à défendre leurs monnaies en relevant les taux d’intérêt.

2.4 : Croissance de la productivité :

Au ralenti L’analyse des données obtenues à l'aide d'un modèle de la croissance montre
que l’économie mondiale a été touchée par un ralentissement de la croissance de la
productivité globale des facteurs (PGF) ces dernières années. Ce ralentissement tendanciel est
majoritairement le fait des marchés émergents et de la crise des matières premières des années
2014‒2016.26 Durant cette période, les taux d’emploi sont restés relativement stables, mais la
production a baissé, soulignant la relation entre la croissance de la productivité et les prix des
matières premières dans les marchés émergents. Une étude réalisée en 2017 a démontré que
cette relation est plus prononcée à court terme qu’à long terme, et qu’une économie émergente
exportatrice de matières premières moyenne doit s’attendre à un recul de la croissance de la
PGF de 0,7 à 1,0 point de pourcentage en cas de chute des prix des matières premières de 10
%. L’étude conclut par ailleurs que les prix des matières premières à eux seuls ne peuvent
expliquer la totalité de la baisse récente de la productivité, rendant indispensable la
réévaluation d’autres facteurs structurels potentiellement en jeu.

2.5 :Niveau élevé d’endettement :

La croissance par la dette – que ce soit en monnaie nationale ou en devises – devrait, tout au
plus, être utilisée comme un stimulant à court terme et être accompagnée de réformes
structurelles afin de garantir que la dette émise soit soutenable. Nous pensons que la
croissance par la dette est une stratégie

18
L’augmentation rapide de la dette libellée en devises étrangères dans les marchés émergents
est devenue un problème majeur. La dette étrangère n’est pas seulement un obstacle
caractérisé à la croissance, mais de nombreux marchés émergents ont une capacité limitée à
emprunter dans leur propre monnaie. L’accès au crédit bon marché est facilité généralement
en période de croissance économique où les emprunteurs présentent un profil de risque faible.
Lorsque le cycle se retourne, emprunter en devises étrangères devient vite problématique face
à une dépréciation réelle des monnaies puisque le service de la dette devient plus difficile.

Chapitre 3 : Les investissements dans les pays émergents

Les investisseurs étrangers ne se ruent pas sur le continent comme on s’y serait attendu,
parce que les décisions d’investir à l’étranger sont souvent structurées de façon méthodique et
très minutieuse. Le niveau trop élevé du risque en est l’un des facteurs évoqués. Or le risque
et le profit sont des frères siamois : les investissements à risque élevé sont souvent associés à
des bénéfices plus importants.

L’environnement semble donc favorable aux actions, mais certaines régions offriront
sans doute plus d’opportunités que d’autres et il convient donc de rester sélectif. Toutefois, la
fenêtre d’opportunité pourrait se refermer relativement rapidement : les relations
commerciales resteront sujettes à controverses, et le bras de fer qui se joue actuellement entre
les États-Unis et la Chine est loin d’être terminé. Enfin, le resserrement des conditions de
liquidité finira par peser sur la performance à plus long terme.

3.1 : Perspective optimiste pour les marchés émergents asiatiques

Les marchés émergents asiatiques sont notre région favorite pour les actions en raison
de la politique accommodante de la Fed, du cessez-le-feu dans la guerre commerciale et de
l’attitude moins dure de la Chine en matière de désendettement. Un cycle américain plus long,
se poursuivant au-delà du premier semestre, serait également favorable. La croissance des
bénéfices et les valorisations sont attrayantes.

 Chine : l’escalade des tensions commerciales, la baisse du yuan et le processus de


désendettement ont pesé lourdement sur les actions chinoises l'an dernier. La
croissance ralentit mais elle reste toutefois deux fois plus rapide qu’aux États-Unis et
trois fois plus rapide que dans le reste du monde développé ! La Chine est aussi l’une
des rares grandes économies ayant la capacité d’assouplir encore sa politique

19
budgétaire, comme l’ont prouvé les annonces récentes. Le potentiel de hausse est
énorme à long terme pour autant que le modèle continue d’évoluer vers une croissance
durable. Les valorisations semblent également raisonnables.

 Inde : l’Inde a elle aussi beaucoup à offrir. Les élections parlementaires du mois de
mai et les tensions concernant le Cachemire pourraient représenter des obstacles à
court terme, mais les avantages structurels restent inchangés. Les bénéfices des
entreprises progressent, et la normalisation des résultats des sociétés financières
devrait se poursuivre. Croissance et ré endettement des entreprises devraient définir
les cinq prochaines années, et cette combinaison devrait permettre d’améliorer la
performance des cours. Les flux domestiques ont également apporté un soutien
majeur. Ils ont en effet contribué à réduire la volatilité, la sensibilité aux autres
marchés émergents ainsi que les pertes. Nous pensons que les actions indiennes
devraient être une composante clé des portefeuilles émergents à l’avenir.

 Indonésie : la croissance bénéficiaire reste solide et les élections à venir devraient se


dérouler sans trop de difficultés, de sorte que nous restons optimistes. La sensibilité
limitée aux cours du pétrole et du yuan offre une croissance à un prix abordable. La
stabilité actuelle devrait soutenir des afflux de capitaux étrangers à destination des
actions et des obligations.

 Malaisie : les indicateurs macros sont en cours de stabilisation. Le pays bénéficie


également du redressement des cours des matières premières, qui s'est traduit par une
augmentation des exportations. Les valorisations restent toutefois proches de la
moyenne, malgré la nette sous-performance des autres valeurs asiatiques ces 12
derniers mois, ce qui pourrait limiter les gains potentiels.

 Corée: en dépit de leur rebond récent, les actions coréennes devraient continuer de
sous-performer les actions asiatiques, notamment sous l'effet des révisions de
bénéfices à la baisse attendues dans le secteur technologique.

 Taïwan : les perspectives sont tout décourageantes pour les actions taïwanaises. Les
valorisations restent légèrement supérieures à la moyenne, et seule une amélioration
dans le secteur technologique pourrait redynamiser les cours, ce qui ne semble pas
probable pour le moment.

3.2 : Un avis neutre sur l’Amérique latine

20
 Brésil : un retour à la réalité est probable, dès lors que la forte relance observée au
deuxième semestre 2018 s'essouffle, d’autant plus que les investisseurs ont besoin de
nettement plus de clarté quant au processus de réforme. Les cours intègrent déjà le
soutien à long terme du programme politique plus favorable au marché. Compte tenu
de la faible croissance du PIB, nous ne nous attendons pas à une forte croissance des
entreprises.

 Russie : l’escalade des tensions avec les États-Unis provoque une volatilité
persistante. La réaction positive des cours du pétrole à l’accord de baisse de la
production conclu par l’OPEP+ devrait apporter un soutien, mais la possibilité
de sanctions plus dures des États-Unis pèse sur la perspective à long terme.
Malgré les valorisations peu élevées, la prudence est de mise.

 Mexique : les perspectives sont incertaines, dès lors que le nouveau dirigeant est
résolument de gauche. La détérioration des perspectives commerciales et le
resserrement des conditions de financement devraient peser sur la demande,
mais des investissements publics plus importants pourraient pousser la
croissance dans certains secteurs. Les valorisations peu élevées devraient
conférer un intérêt tactique à ce marché.

 Pologne : la demande interne, la consommation et la croissance des


investissements devraient rester solides, mais les bénéfices des entreprises sont
en baisse sous l’effet d’une concurrence accrue et de pressions sur les coûts. Les
projets de relance budgétaire préélectorale sont susceptibles d'apporter un certain
soulagement, mais l’approche des élections en 2020 pourrait engendrer une plus
grande volatilité.

3.3 : Une stratégie viable pour investir en Afrique

L’Afrique est la région la plus rentable au monde. Un rapport de la Conférence des


Nations Unies sur le commerce et le développement indique qu’entre 2006 et 2011, l’Afrique
a enregistré le taux le plus élevé de rendement des investissements directs étrangers, soit
14 %, à comparer aux taux de 9,1 % en Asie, 8,9 % dans la région Amérique latine et
Caraïbes. Le taux à l’échelle mondiale est de 7,1 %. Les exemples d’entreprises qui réalisent
de très juteux bénéfices en Afrique sont légion : en 2017, Sonatrach a enregistré, pour ses
seules activités pétrolières et gazières, un chiffre d’affaires de 33,2 milliards de dollars EU ; le

21
groupe MTN a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de dollars ; et le groupe
Dangote a quant à lui affiché 4,1 milliards de dollars EU au compteur. Divers facteurs rendent
les perspectives de rentabilité de l’Afrique plus radieuses et font qu’il est impératif pour les
entreprises européennes, nord-américaines, asiatiques et latino-américaines d’investir sur le
continent et de contribuer ainsi à son progrès socioéconomique  ;Les perspectives de
croissance économique en Afrique comptent parmi les plus prometteuses au monde. Six des
12 pays à plus forte croissance sur la planète se trouvent en Afrique (Éthiopie, Côte d’Ivoire,
Mozambique, Tanzanie, République démocratique du Congo et Rwanda). Qui plus est, selon
le FMI, entre 2018 et 2023, les perspectives de croissance de l’Afrique seront des plus
intéressantes au monde. La bonne nouvelle est que les secteurs où les entreprises étrangères
pourraient avoir un avantage comparatif, notamment la banque, les télécommunications et les
infrastructures, font partie des moteurs de la croissance économique actuelle de l’Afrique ce
qui ouvre des possibilités d’investissement manifestes pour ces entreprises.

Enfin, les évolutions internes dans les différents pays donnent du crédit à l’idée que le
programme de transformation économique de l’Afrique est effectivement en marche. Une
plus grande prudence macroéconomique et l’amélioration de la gouvernance globale sont
quelques-unes de ces évolutions. À titre d’exemple, l’Indice Ibrahim de la gouvernance
africaine 2017 montre que l’indice global de gouvernance de l’Afrique s’est amélioré au
rythme annuel de 1,4 % depuis 2007, soit une progression de plus de 5 % dans au moins 12
pays (notamment la Côte d’Ivoire, la Tunisie, le Rwanda et l’Éthiopie). Ces avancées
contribuent à atténuer l’idée que de nombreux investisseurs se font du risque sur le continent.

Les gouvernements africains devraient s’appuyer sur cette tendance positive pour
optimiser les investissements étrangers. Ce qui signifie, entre autres, éliminer la corruption ;
améliorer la sécurité et la sûreté ; renforcer l’environnement macroéconomique ; investir dans
une éducation de qualité et dans le développement des compétences en science, technologie et
innovation ; et éviter le « syndrome du nivellement par le bas », qui consiste à accorder des
exonérations et des dérogations fiscales inutiles aux sociétés étrangères ; Pour les
investisseurs étrangers, investir en Afrique représente une bonne affaire et une stratégie
d’entreprise viable. Les gouvernements et le secteur privé des pays avancés et des pays
émergents devraient saisir au vol ces nouvelles opportunités d’investissement rentable. Une
mesure essentielle pour attirer les IDE consiste à utiliser l’aide publique au développement
pour tirer parti du climat d’investissement en Afrique et en éliminer les risques. L’opération
de l’agence japonaise Nippon Export and Investment Insurance (NEXI) visant à assurer une

22
unité de production au Ghana est une initiative louable qui devrait être poursuivie à une plus
grande échelle et soutenue par d’autres acteurs. La réalisation des Objectifs de développement
durable (ODD) en Afrique offre des possibilités d’investissement aux entreprises étrangères.
Les bons exemples ne manquent pas : la technologie des moustiquaires de Sumitomo
Chemical aide à lutter contre le paludisme ; la technologie de désalinisation de l’eau de mer
de Sonatrach, JGC et Hitachi accélère l’accès à l’eau potable ; et l’assurance fondée sur des
indices météorologiques de CommodityRisk Management Group et SompoJapanNiponkoa
contribue à atténuer les effets du changement climatique. En Afrique, chaque ODD offre des
solutions commerciales et des possibilités d’investissement aux entreprises étrangères.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) œuvre avec les
gouvernements africains et les acteurs du secteur privé à l’élimination des risques et à
l’amélioration du climat d’investissement sur le continent. Certains des efforts déployés par le
PNUD portent sur l’élaboration de stratégies et la mise en place de pôles d’activité industriels,
la promotion de zones économiques spéciales, l’élargissement de l’accès à l’énergie, la
mobilisation et la sensibilisation en faveur du développement des chaînes de valeur dans les
pays, et l’appui à la promotion des investissements par le biais de la Conférence internationale
sur l’émergence de l’Afrique.

Chapitre 4 : La crise économique dans les économies émergentes

L’économie mondiale sort aujourd’hui de la pire crise économique qu’elle ait connuedepuis la
Grande Dépression. Cette récession a été exceptionnelle à la fois par son intensités par le
caractère synchrone de ses manifestations. Entre 2008 et 2009, l’économiemondiale s’est
contractée de 0.8 % (FMI, 2010), le recul le plus brutal enregistré depuis la Seconde Guerre
mondiale. Pratiquement toutes les économies, qu’elles aient ou non été exposéedirectement à
la tourmente financière qui a déclenché la crise, ont ressenti ses effets. Un moyen concis et
synthétique d’estimer l’impact économique de la crise dans les neuves économies émergentes
consiste à mesurer leurs pertes de production et de croissance cumulées.

La perte de production cumulée correspond à la perte de production totaleenregistrée au cours


de la période de récession, et la perte de croissance cumulée à la perte de production totale par
rapport au niveau de croissance de la production qui aurait étéenregistré enl’absence de la
crise mondiale. Ces deux mesures dressent un même tableauqualitatif de la situation.

23
La perte de production cumulée varie considérablement entre les pays. La Turquie, Fédération
de Russie et le Mexique subissent les pertes de production totales les plus élevées,
respectivement 14.2 %, 9.8 % et 8.8 %. Ces pourcentages sont nettement supérieurs à la
moyenne de l’ensemble de la zone OCDE, qui s’établit à 4.6 %. Dans les autres pays
émergents, la récession a été globalement plus modérée que dans la moyenne des pays de
l’OCDE. Trois pays – la Chine, l’Inde et l’Indonésie – ne sont jamais entrés en récession
(définie par au moins deux trimestres consécutifs de croissance négative de la
production),quoique la croissance indienne ait brièvement viré au rouge au quatrième
trimestre de 2008. Cependant, la perte de production cumulée associée aux récessions risque
de donner une image déformée de la réalité dans la mesure où elle ne tient pas compte des
niveaux très différents auxquels se situaient les pays au moment où ils ont été frappés par la
crise mondiale. Le fait est qu’au moment où la crise économique s’est déclarée, tous les pays
sélectionnés devançaient la zone OCDE en moyenne en termes de croissance sous-jacente du
PIB, avec, pendant les trois années ayant précédé la crise, des taux de croissance moyens qui
allaient de 4.0 % au Mexique à 11.4 % en Chine, contre 2.9 % pour l’ensemble de la zone
OCDE. En conséquence, la perte de production absolue tend à sous-estimer l’impact
économique de la crise mondiale dans les pays examinés dans ce chapitre. L’incidence
économique de la crise mondiale apparaît considérablement plus marquée dès lors que l’on
prend en considération, pour les pertes de croissance cumulées, les différences de taux de
croissance qui prévalaient dans les pays avant la crise mondiale. Dans ce cas, la Fédération de
Russie et la Turquie se distinguent encore une fois comme étant les pays les plus durement

24
touchés par la crise. Si l’on se réfère aux tendances du PIB entre le premier trimestre 2005 et
le début de la crise, le PIB des deux pays est inférieur d’environ 20 % au niveau qu’il aurait
atteint en l’absence de la crise, soit deux fois et demie la perte de croissance cumulée dans
l’ensemble de la zone OCDE (environ 8 %). Le Mexique a accusé une perte de croissance de
13 %, bien supérieure également à la moyenne de l’OCDE. Le Chili, l’Afrique du Sud et le
Brésil ont enregistré une perte de croissance cumulée comparable à la moyenne de l’OCDE.
Quant à la Chine, l’Inde et l’Indonésie, le recul de la croissance y a été relativement modeste,
allant de 2 % en Indonésie à 5 % en Chine. La perte de croissance cumulée offrant une
description plus précise des répercussions économiques de la crise mondiale. Dans le reste de
cette section, nous examinons par quels mécanismes la crise mondiale s’est propagée aux
économies émergentes et pourquoi son impact économique a été aussi variable entre les pays.
Après avoir passé en revue les principaux vecteurs de transmission que sont les échanges
commerciaux et les liens financiers, nous concluons par une brève analyse des principales
mesures macroéconomiques adoptées en réaction à la crise.

La demande d’exportations a dégringolé… Le premier vecteur par lequel la récession


économique, qui a d’abord touché les économies avancées, s’est propagée aux économies
émergentes est celui des échanges internationaux. Au cours des dernières décennies,
l’importance des échanges a grandi partout sur le globe, mais plus particulièrement dans les
économies émergentes. Compte tenu d’un ensemble de facteurs politiques, économiques et
géographiques, nombre de ces économies n’étaient pas étroitement liées à l’économie
mondiale au début des années 80. Cependant, suite à la mise en œuvre d’importants
changements politiques, à l’adoption de politiques économiques de plus en plus axées sur les
exportations et à la baisse du coût des échanges, toutes sont devenues des nations
commerciales de premier plan. Leur intégration plus poussée à l’économie mondiale les a
néanmoins rendues plus vulnérables aux chocs économiques défavorables qui touchent les
pays avancés. À cet égard, le Chili et la Chine sont particulièrement exposés dans la mesure
où leurs exportations représentaient respectivement environ 40 % et 35 % de leur PIB en
2008, soit bien plus que la moyenne de l’OCDE ; par comparaison, le Brésil et l’Inde sont peu
vulnérables aux chocs sur les échanges puisque leurs exportations ne pèsent que pour 15 %
environ de leur PIB.

Si le ratio exportations/PIB donne une première indication du degré d’exposition des


économies émergentes aux chocs économiques qui touchent les pays avancés, pour bien saisir
le rôle des échanges commerciaux, il est nécessaire d’examiner également la structure des

25
échanges bilatéraux et le contenu national des exportations. Conséquence de la crise
économique qu’ont subie les États-Unis et les autres économies avancées, les échanges
mondiaux se sont effondrés au cours du dernier trimestre de 2008 et au début de 2009. La
contraction des échanges mondiaux a été huit fois plus marquée que celle de la production
mondiale. Par ailleurs, la réaction des échanges mondiaux à l’évolution de la demande
mondiale a été beaucoup plus forte en proportion qu’elle ne l’avait été par le passé. Ce
phénomène est à mettre au compte de l’importance croissante des réseaux de production
internationaux et de l’impact de l’assèchement du crédit sur le financement des transactions
commerciales (Cheung et Guichard, 2009 ; Freund, 2009). Par conséquent, la demande
étrangère pour les produits nationaux a été sérieusement mise à mal dans toutes les économies
émergentes. En outre, d’importants exportateurs nets de ressources naturelles et de produits
agricoles tels que le Chili et la Fédération de Russie ont souffert d’une forte dégradation de
leurs termes de l’échange, provoquée par le déclin des prix des produits primaires. Entre les
troisièmes trimestres de 2008 et de 2009, la valeur des exportations a reculé dans des
proportions allant de presque 4 points de pourcentage au Brésil à plus de 11 points en
Fédération de Russie, contre 6 points dans la zone OCDE (graphique 2.2). Le déclin
relativement modeste observé au Brésil, en Inde et en Indonésie reflète l’ouverture aux
exportations assez faible au début de la crise (en particulier dans les deux premiers pays) et
l’importance relative des échanges Sud-Sud pour ces pays. Malgré la contraction brutale des
échanges mondiaux, les exportations mondiales ont rebondi plutôt rapidement

Et certaines économies émergentes ont été confrontées à une restriction drastique du crédit
Les liens financiers ont été le deuxième principal mécanisme de transmission de la crise aux
26
économies émergentes. Bien que l’effet direct du resserrement du crédit dans leséconomies
avancées sur l’offre intérieure de prêts dans les économies émergentes ait été relativement
modeste en raison de la faible exposition des institutions financières nationales aux crédits
hypothécaires à haut risque et autres produits dérivés complexes, plusieurs économies
émergentes ont été confrontées à une forte restriction du crédit, due aux « sudden stops »,
c’est-à-dire au renversement rapide et drastique des afflux de capitaux privés internationaux.
Les prêts bancaires et les investissements en portefeuille sont les activités qui ont le plus
régressé en termes proportionnels (FMI, 2009). Néanmoins, même les flux d’investissement
direct étranger (IDE), qui sont traditionnellement moins sensibles à la conjoncture et
constituaient en général la source de financements extérieurs la plus importante pour les
économies émergentes avant la crise, ont fortement décliné entre 2008 et 2009 dans tous les
pays sauf en Chine. Cette tendance est particulièrement marquée au Chili et en Fédération de
Russie, où les flux d’IDE en pourcentage du PIB de 2008 ont cédé environ 2 points de
pourcentage, ce qui reflète l’importance relativement élevée de l’IDE pour ces pays avant la
crise. Dans les pays émergents d’Asie, le déclin de l’offre de financements extérieurs
(mesurée par les afflux d’IDE) a été limité. Ces tendances apportent des éléments
d’explication importants au déclin brutal des investissements du secteur privé et de la
croissance de la production.

Chapitre 5 : Le relancement des pays émergents dans l’économie


mondiale :

En 2020, la croissance mondiale devrait s'améliorer légèrement pour atteindre 3,4 %, ce
qui correspond à une révision à la baisse de 0,2 % de nos projections d'avril. La croissance
des pays avancés devrait ralentir pour s'établir à 1,7 % en 2019 et 2020, tandis que celle des
pays émergents et des pays en développement devrait s'accélérer, passant de 3,9 % en 2019 à
4,6 % en 2020. Cette accélération s’explique pour moitié par une reprise ou une récession
moins forte dans des pays émergents en difficulté, comme la Turquie, l'Argentine et l'Iran, et
pour le reste par une reprise dans des pays où la croissance a considérablement ralenti en 2019
par rapport à 2018, comme l'Arabie saoudite, le Brésil, l'Inde, le Mexique et la
Russie. L’atonie de la croissance en 2019 se caractérise notamment par un ralentissement
marqué et généralisé sur le plan géographique de l'industrie manufacturière et du commerce
mondial.

27
La hausse des droits de douane et l'incertitude prolongée qui entoure les politiques
commerciales ont entraîné une baisse de l'investissement et de la demande de biens
d'équipement, qui font l'objet d’un commerce intense. Certains indicateurs
avancés, notamment les nouvelles commandes de services, se sont affaiblis en
Allemagne, aux États-Unis et au Japon, mais sont restés robustes en Chine. Il faut garder à
l'esprit que la croissance mondiale affiche un faible niveau de 3 % à un moment où la
politique monétaire s'est considérablement assouplie de manière presque simultanée dans tous
les pays avancés et pays émergents. Nous estimons que, sans cette relance monétaire, la
croissance mondiale serait inférieure de 0,5 point de pourcentage en 2019 et en 2020.

Ces mesures de relance ont donc contribué à compenser les effets néfastes des tensions
commerciales entre les États-Unis et la Chine, qui, selon des estimations, entraîneraient une
réduction cumulée du niveau du PIB mondial de 0,8 % d'ici à 2020. Les mesures de relance
budgétaire prises en Chine et aux États-Unis ont également contribué à contrer l'incidence
négative des droits de douane. Les économies des pays avancés continuent de ralentir, en
s’approchant de leur potentiel à long terme. Aux États-Unis, l'incertitude liée au commerce a
eu des effets négatifs sur l'investissement, mais l'emploi et la consommation demeurent
solides, stimulés également par des mesures de relance.

Dans la zone euro, la croissance a été révisée à la baisse en raison de la faiblesse des
exportations, tandis que l'incertitude liée au Brexit continue de peser sur la croissance au
Royaume-Uni. Certaines des révisions à la baisse les plus marquées concernent les pays
avancés d'Asie, notamment la Région administrative spéciale de Hong Kong, la Corée et
Singapour, qui sont tous particulièrement exposés au ralentissement de la croissance en Chine
et aux répercussions des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. La croissance
en 2019 a été révisée à la baisse dans tous les grands pays émergents et pays en
développement, en partie à cause des incertitudes liées aux politiques commerciales et
nationales. Une croissance vigoureuse est attendue dans les pays non exportateurs de produits
de base, comme le Viet Nam et le Bangladesh, tandis que les résultats des pays exportateurs
de produits de base, notamment le Nigeria, devraient rester médiocres.

Les obstacles au commerce et la montée des tensions géopolitiques, y compris les risques
liés au Brexit, pourraient perturber davantage les chaînes d'approvisionnement et peser sur la
confiance, l'investissement et la croissance. Ces tensions, ainsi que d'autres incertitudes

28
entourant les politiques nationales, pourraient avoir une incidence négative sur la reprise
prévue de la croissance dans les pays émergents et dans la zone euro. Si ces risques se
concrétisaient, la propension au risque pourrait varier brusquement et des facteurs de
vulnérabilité financière accumulés pendant des années de faibles taux d'intérêt pourraient être
mis au jour. La faiblesse de l'inflation dans les pays avancés pourrait persister et restreindre
davantage la marge de manœuvre monétaire, ce qui en limiterait l'efficacité.

À défaut, et pour écarter d'autres risques pesant sur la croissance et accroître la


production potentielle, l'activité économique devrait être stimulée d'une manière plus
équilibrée. La politique monétaire ne peut pas être le seul instrument utilisé et devrait
s'accompagner d'une relance budgétaire lorsque l’espace le permet et si la politique n'est pas
déjà trop expansionniste. Un pays comme l'Allemagne devrait profiter de taux d'emprunt
négatifs pour investir dans le capital social et les infrastructures, même dans une simple
perspective coûts-avantages. Si la croissance devait ralentir davantage, il pourrait être
nécessaire d’élaborer une riposte budgétaire coordonnée à l'échelle internationale, et adaptée à
la situation de chaque pays.

Bien que l'assouplissement des politiques monétaires ait favorisé la croissance, il est
important de faire en sorte que les risques financiers ne s'accumulent pas. Les pays devraient
entreprendre simultanément des réformes structurelles visant à accroître la productivité, la
résilience et l'équité. Comme le montre le chapitre 2 du présent rapport, les réformes qui
mettent en valeur le capital humain et assouplissent les marchés du travail et des produits
peuvent contribuer à inverser la tendance de divergence croissante entre des régions de pays
avancés qui est apparue à la fin des années 1980. Le chapitre 3 établit le bien-fondé d’une
relance des réformes structurelles dans les pays émergents et les pays en développement, y
compris ceux à faible revenu.

Les réformes structurelles ont ralenti depuis les années 2000. Dans le contexte d'un
ralentissement synchronisé et d'une reprise incertaine, les perspectives mondiales demeurent
précaires. Avec une croissance de 3 %, les dirigeants ne disposent d'aucune marge d'erreur et
doivent coopérer pour atténuer de toute urgence les tensions commerciales et
géopolitiques. Ils peuvent ainsi non seulement stimuler la croissance, mais aussi catalyser les
solutions concertées nécessaires pour améliorer le système commercial mondial. Il est en
outre essentiel que les pays continuent de collaborer pour faire face aux grands

29
enjeux, notamment le changement climatique l’édition d'octobre 2019 du Moniteur des
finances publiques, la fiscalité internationale, la corruption et la cyber sécurité.

30
Conclusion

Les marches financières remplissent les fonctions qui permettent de stimuler le développement
économique en réduisant des frictions de marchés ce qui implique une production instantanée
d’informations sur des opportunités d’investissement ; la surveillance des investissements financés
et le contrôle de la gouvernance d’entreprise ; la diversification et la gestion du risque ;la
mobilisation et la mise en commun de l’épargne ;etla facilitation des échanges debiensetservices.

Denombreuxtravauxempiriquesmettenten évidenceun impact positif du développement et de


libéralisation du marché financier sur la croissance et le développement économique. Cependant, le
lien entre les marchés financiers el la performance des marches émergents peut s’avérer non-
linéaire, c’est-à-direqu’au-delàd’uncertainniveaudedéveloppementfinancier, la finance peut
menacer la stabilité économique,notammentenraisond’un accroissement du risque de crise
financière qui déstabilise le fonctionnement del’économie d’une façon générale et des économies
émergentes en particuliers du fait de leurs connexion permanente sur les sphères financières
internationale.

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