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On procède de la même façon que pour l’évaporateur : calcul des pincements à

l’entrée et la sortie de chaque zone (quatre pincements), puis calcul des trois DTLM et des
trois surfaces d’échange. La surface d’échange totale doit être au moins égale à la somme des
trois surfaces calculées.

k,2 k,1

4 DS
c,s
SR c,2

c,1
c,e

0 Condensation
S échange
Condenseur : surf totale

figure 11 : profil de températures dans un condenseur contre courant, fluide azéotrope ;


SR : zone de sous-refroidissement ; DS : zone de désurchauffe

2.3. Classification des PAC

2.3.1. Selon la mise en œuvre des échanges thermiques avec les


sources de chaleur
Qu’elles soient à compression mécanique de vapeur ou à absorption, on peut classer les PAC
selon le type d’échanges thermiques mis en œuvre avec chacune des sources de chaleur :

PAC à détente directe :


Le fluide frigorigène est mis directement en contact avec les sources : la chaleur est prélevée
dans la source froide par l’évaporateur, et rejetée dans la source chaude par le condenseur.

Remarque : Le terme détente directe est totalement inapproprié : toutes les PAC utilisées
dans le résidentiel ou le tertiaire sont à détente directe. Lorsque le fluide frigorigène est mis
directement en contact avec la source de chaleur, il est plus correct de parler de chauffage ou
de refroidissement direct. Dans le cas où l’on utilise des fluides secondaires, on parlera de
chauffage ou de refroidissement indirect.

Cnam 20 2009
figure 12 : PAC à chauffage direct (Ademe)

PAC avec fluide intermédiaire


On utilise deux boucles secondaires : un circuit d’eau glycolée prélève la chaleur dans la
source froide et la cède à l’évaporateur ; la chaleur est rejetée par le condenseur dans la source
chaude par l’intermédiaire d’un circuit caloporteur.

figure 13 : PAC avec fluides intermédiaires (Ademe)

PAC mixte
Pour ce type de PAC, l’échange thermique est direct avec une source, et indirect avec l’autre :

figure 14 : PAC mixte (Ademe)

Les principaux avantages ou inconvénients des PAC avec ou sans fluide secondaires
sont résumés dans le tableau 6.

Cnam 21 2009
Détente directe Fluides intermédiaires
Eau chaude sanitaire production possible en production possible (PAC
période de chauffage indépendante ou non)
Rafraîchissement délicat sur plancher chauffant possible et bien maîtrisé
possible avec des ventilo-
convecteurs
Adaptabilité difficulté avec le plancher, si le circuit de chauffage peut
souhait éventuel de changer être conservé, si souhait
de mode de production de éventuel de changer de mode
chaleur de production de chaleur
Avantages Système simple coût limité Faible charge en fluide
frigorigène
Inconvénients forte quantité de fluide coût d’investissement
frigorigène étanchéité du supérieur à la détente directe
circuit primordiale utilisation pour les petits logements
de capteurs verticaux
impossible
mise en oeuvre du circuit de
chauffage délicate
Coûts d'investissement : de 70 à 100 d'investissement :
€ TTC par m² chauffé hors Systèmes à capteurs
eau chaude sanitaire et horizontaux
rafraîchissement de 85 € TTC/m² chauffé
fonctionnement : de 2,3 à 3,5 (option chauffage)
€ TTC par m² et par an à 135 € TTC/m² chauffé
(option chauffage et
rafraîchissement)
Systèmes à capteurs verticaux
De 145 à 185 € TTC/m²
chauffé • de fonctionnement :
de 2,3 à 3,5 € TTC par m² et
par an
tableau 6 : comparaison des PAC avec ou sans fluide secondaire (Ademe ; 2006).

2.3.2. Selon les sources de chaleur utilisées


La dénomination officielle des PAC s’appuie sur cette classification. De façon
générale, on parlera de PAC X /Y, où X décrit le milieu dont la PAC extrait la chaleur, et Y
celui dans laquelle la PAC rejette la chaleur, ces milieux n’étant pas nécessairement les
sources de chaleur. Les milieux décrivant X sont les suivants : air, air extrait, eau, eau
glycolée, sol. Ceux décrivant Y sont air ou eau.

Exemple :
Une PAC air/air prélève la chaleur à l’extérieur du bâtiment et la rejette directement dans les
locaux : les milieux correspondent aux sources.

Une PAC air/eau prélève la chaleur à l’air extérieur et la rejette dans un réseau hydraulique
qui lui même la restituera aux locaux à chauffer : la source chaude n’est pas l’eau, mais les
locaux.

Cnam 22 2009
Pour une PAC eau glycolée/eau ou eau glycolée/air, la chaleur extraite du circuit d’eau
glycolée provient du sol ou bien de l’eau de surface ou encore de nappes aquifères.

2.4. PAC à compression mécanique de vapeur

On utilise un compresseur pour fournir de l’énergie au fluide frigorigène. Le compresseur


est le plus souvent entraîné par un moteur électrique, mais on peut aussi le coupler à un
moteur thermique.

2.4.1. Diagramme enthalpique ; puissances et COP


Le fluide frigorigène subit un cycle de quatre transformations :

condenseur
4 3

4 3 2is
Eau ou air 5 2
5 2

6
Eau ou air 6=7 8 1
1

7 8
évaporateur
figure 15 : schéma de principe et diagramme enthalpique

- 1-2 : les vapeurs de fluide frigorigène basse pression reçoivent de l’énergie


mécanique de la part du compresseur et sont comprimées jusqu’à la haute
pression. Avec un compresseur idéal, la compression serait isentropique ; dans
la réalité, les vapeurs reçoivent aussi de l’énergie thermique, et le point de
refoulement 2 est le plus souvent à droite du point 2is.
- 3-4 : les vapeurs HP sont refroidies et cèdent de la chaleur à la source chaude.
Ce refroidissement permet la désurchauffe et la condensation des vapeurs, ainsi
que le sous-refroidissement du liquide formé.
- 5-6 : le liquide sous-refroidi est détendu jusqu’à la BP. Cette détente est
effectuée par simple laminage, sans échange thermique et sans récupération du
travail : il s’agit d’une détente isenthalpique. La détente provoque la
vaporisation partielle du liquide.
- 7-8 : le liquide BP introduit dans l’évaporateur reçoit de la chaleur de la source
froide, ce qui provoque son évaporation. Les vapeurs formées sont ensuite
surchauffées (5 à 10°C)

Cnam 23 2009
Par ailleurs, le fluide frigorigène subit des échanges thermiques et des pertes de charge dans
les tuyauteries.

A l’aide du diagramme enthalpique (figure 15), on peut calculer les coordonnées


thermodynamiques de chacun des points caractéristiques du cycle et déduire :
- la production frigorifique massique "hev ! (h8-h7)
- la production calorifique massique "hcd ! (h3-h4)
Connaissant le point de fonctionnement du compresseur, on déduit le débit
massique m de fluide frigorigène circulant dans la machine et la puissance Wcp absorbée par le
groupe moto-compresseur. La puissance calorifique dégagée au condenseur est alors
Qcd !m "hcd , et le COP s’exprime par :

Qcd
COP !
Wcp #Waux

Waux représente la puissance absorbée par tous les auxiliaires de la pompe à chaleur
(télécommande, régulation, ventilateurs, pompes de circulation….).

Dans le cas d’une pompe à chaleur réversible, on calcule aussi la puissance frigorifique et
l’EER :
Qev
Qev !m "hev ; EER !
Wcp #Waux

2.4.2. Evolution des performances d’une PAC à compression


mécanique de vapeurs
Comme pour tout système frigorifique, les performances d’une pompe à chaleur
dépendent étroitement des températures d’évaporation et de condensation, elles mêmes liées
aux températures des sources. Par ailleurs, le COP comme l’EER ne peuvent jamais dépasser
la valeur calculée pour le cycle de Carnot : COPC ! Tk et EERC ! To , où Tk et To
Tk $To Tk $To
représentent respectivement les températures de condensation et d’évaporation, exprimées en
Kelvin.

Les graphes suivants présentent l’évolution du COP d’une machine de Carnot en


fonction des températures d’évaporation et de condensation.

Cnam 24 2009
20
16°C 20°C 25°C 30°C

18

16

Tcd
14
40°C
12
COP

10
50°C

8 60°C

70°C
6

0
-20 -15 -10 -5 0 5 10 15
Tev (°C)

figure 16 : Evolution du COP Carnot avec la température d’évaporation

20

15°C
18
5°C

16

14

Tev
12
-5°C
COP

10

-15°C
8

0
20 30 40 50 60 70 80 90 100
Tcd (°C)

figure 17 : Evolution du COP Carnot avec la température de condensation

Pour une machine de Carnot, on a : EER=COP-1. L’évolution de l’EER est donc semblable à
celle du COP. On remarque que le COP et l’EER sont plus sensibles aux variations de la
température d’évaporation. Le COP d’une PAC réelle est environ deux fois plus faible que
celui d’une machine de Carnot.

2.4.2.1. Performances d’une PAC réelle selon les températures de cycle Tev
et Tc
Les graphes présentés dans la figure 18 montrent que la puissance calorifique d’une PAC
augmente fortement avec la température d’évaporation (graphe de droite) ; elle augmente
aussi, mais faiblement si la température de condensation diminue.

Cnam 25 2009
T e v = 1 5 °C

40 40

T e v = 1 5 °C T c d = 2 5 °C
35 35
3 5 °C
T e v = 1 0 °C
4 5 °C
30 30 5 5 °C
T e v = 5 °C

25 25 6 5 °C

20 20
T e v = - 1 0 °C

T e v = - 1 5 °C
15 15
T e v = - 2 0 °C

T e v = - 2 5 °C
10 10

5 5

0 0
25 30 35 40 45 50 55 60 65 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15

T c d ( °C ) T e v ( °C )

figure 18 : évolution de la puissance thermique en fonction des températures de cycle

D’après la figure 19, le COP d’une PAC réelle varie comme celui d’une machine de Carnot
ditherme.

figure 19 : évolution du COP en fonction des températures de cycle

2.4.2.2. Performances d’une PAC selon les températures de sources :


Le tableau 7 indique les performances d’une PAC air/eau en fonction des températures
de source. Pour la source froide, il s’agit de la température d’entrée, alors que pour la source
chaude, on indique la température départ utilisateur (sortie condenseur). Le COP est indiqué
dans le tableau 8.

Temp
(°C) Sortie d'eau chaude
Air ext. 25 30 35 40 45 50
Pc Pa Pc Pa Pc Pa Pc Pa Pc Pa Pc Pa
(kW) (kW) (kW) (kW) (kW) (kW) (kW) (kW) (kW) (kW) (kW) (kW)
-10 14,72 3,47 14,1 3,93 13,08 4,45 12,04 5,05
-5 16,01 3,5 15,76 3,96 15,19 4,48 13,84 5,07 12,74 5,74
0 17,74 3,53 17,38 3,99 17,02 4,5 16,26 5,08 14,88 5,75 13,63 6,51
5 19,65 3,53 18,86 4,02 18,4 4,53 17,92 5,1 17,26 5,75 16,13 6,5
10 22,6 3,63 21,08 4,07 20,18 4,56 19,56 5,12 19,11 5,76 18,57 6,5
15 24,82 3,73 23,74 4,15 22,06 4,63 20,96 5,18 20,27 5,8 19,83 6,51
20 26,65 3,81 25,55 4,23 24,35 4,7 22,75 5,23 21,75 5,84 21,15 6,54
tableau 7 : puissance calorifique et puissance absorbée

Cnam 26 2009
Temp
(°C) Sortie d'eau chaude
Air ext. 25 30 35 40 45 50
-10 4,24 3,59 2,94 2,38
-5 4,57 3,98 3,39 2,73 2,22
0 5,03 4,36 3,78 3,20 2,59 2,09
5 5,57 4,69 4,06 3,51 3,00 2,48
10 6,23 5,18 4,43 3,82 3,32 2,86
15 6,65 5,72 4,76 4,05 3,49 3,05
20 6,99 6,04 5,18 4,35 3,72 3,23
tableau 8 : COP d’une PAC air/eau

2.5. PAC à absorption

Une PAC à compression mécanique de vapeur fonctionne entre deux sources de chaleur,
et dans la majorité des cas, elle consomme de l’énergie électrique (le compresseur peut aussi
être entraîné par un moteur thermique).

Un autre type de systèmes frigorifiques permet de limiter la consommation électrique à


celle des auxiliaires : il s’agit des PAC à absorption, qui utilisent pour fonctionner de
l’énergie thermique provenant d’une troisième source de chaleur (rejet thermique, chaudière
gaz, capteur solaire…). Une PAC à absorption comprend les mêmes quatre éléments de base
qu’une PAC à compression mécanique de vapeur : un condenseur, un détendeur, un
évaporateur et un dispositif permettant de fournir de l’énergie au fluide frigorigène pour
élever le niveau de la chaleur qui vient d’être prélevée à l’évaporateur. Dans le cas des PAC à
compression mécanique, ce dispositif est le moto-compresseur, qui fournit essentiellement de
l’énergie mécanique et reçoit, dans la plupart des cas, de l’énergie électrique. Dans une PAC à
absorption, on utilise l’affinité de certains fluides frigorigènes avec d’autres substances, et sa
variation selon les conditions de température et de pression, et l’on fournit de l’énergie
thermique.

Les couples très majoritairement utilisés en conditionnement d’air sont le couple


LiBr/eau, où le bromure de lithium est l’absorbant et l’eau est le fluide frigorigène, et le
couple eau/NH3, où le fluide frigorigène est l’ammoniac. Dans le premier cas, le point triple
de l’eau interdit de descendre en dessous de 5°C.

A l’heure actuelle, il n’y a pas d’offre de PAC à absorption pour le résidentiel individuel ;
la gamme de puissances disponibles commence à une trentaine de kilowatts, ce qui
correspond au résidentiel collectif ou au tertiaire. Enfin, il est à noter que nombre de PAC à
absorption fonctionnent en réalité comme des chaudières sous vide pour le chauffage pendant
l’hiver ; en effet, le COP d’un système de chauffage par absorption est relativement bas (1,5
environ), pour un prix d’achat plus élevé que celui d’une PAC CMV (compression mécanique
de vapeur).

Le COP d’une machine à absorption (env 1,5) semble nettement plus bas que celui d’une
machine à compression mécanique (de 2 à 5). En réalité, le premier dispositif consomme de
l’énergie primaire, alors que le second consomme de l’électricité. Si l’on tient compte du

Cnam 27 2009
rendement de conversion du parc de centrales électriques (environ 0,35 en France), les
performances des deux systèmes deviennent tout à fait comparables.

2.5.1. PAC simple effet : description, performances


Les phases de condensation, détente et évaporation ne changent pas ; pour la
‘compression’, on utilise un dispositif schématisé sur la figure 20 :

La phase de compression se déroule entre les points 1 et 2, grâce à la mise en


circulation d’une solution (absorbant+fluide frigorigène) entre l’absorbeur (abs) et le
générateur (géné).

L’absorbeur est à la pression d’évaporation ; il reçoit en 1 les vapeurs de fluide


frigorigène formées dans l’évaporateur, et en (A) la solution pauvre (faible fraction massique
en frigorigène). La basse pression et la basse température favorisent l’absorption du fluide
dans l’absorbant.

6 5
7 4
Evapor ateur Condenseur
0 k

3
8
F D 2
A Géné
Troisième
1 Abs + source de
chaleur h
C
E
-
B
figure 20 : schéma de principe d’une PAC simple effet

Cette phase est exothermique (dégage de la chaleur) : pour maintenir les conditions
optimales d’absorption, on refroidit l’absorbeur en évacuant la chaleur dans la source froide.
En (B), la solution riche (en fluide frigorigène) quitte l’absorbeur, mais elle est sous basse
pression ; on utilise une pompe pour la porter au niveau de la pression de condensation.
Puisque ce pompage s’effectue en phase liquide, l’énergie électrique consommée est
beaucoup plus faible que dans le cas de la compression de vapeur (quelques pour cent).

Le générateur reçoit en D la solution riche et sous haute pression ; pour séparer le


fluide frigorigène, le générateur reçoit de la chaleur en provenance d’une troisième source de
chaleur. La solution pauvre, chaude et sous haute pression, quitte le générateur pour retourner

Cnam 28 2009
à l’absorbeur après une simple détente par laminage (F-A), et les vapeurs de fluide frigorigène
vont au condenseur.

L’absorbeur envoie au générateur une solution froide qui doit être chauffée, et reçoit
du générateur une solution chaude qui doit être refroidie. Pour améliorer les performances
énergétiques de ce type de machine, on utilise un échangeur qui permet de préchauffer la
solution riche entre C et D, tout en pré-refroidissant la solution pauvre de E à F.

2.5.1.1. PERFORMANCES
Le COP d’une machine de Carnot tritherme fonctionnant entre les sources T0, Tk et TH
s’écrit :
COP3T ! TH $Tk . Tk
TH Tk $T0

Pour TH fixé, le COP3T augmente si T0 augmente ou si Tk diminue ; pour T0 et Tk fixées, il


augmente si TH augmente.

Le tableau 9 présente les performances d’une PAC eau/ammoniac sur air extérieur en mode
chauffage:

tableau 9 : performances d’une PAC à absorption eau/ammoniac en mode chauffage (doc Robur) ;
PT : puissance calorifique (kW) et GUE : rendement d’utilisation du gaz

Le rendement d’utilisation du gaz (GUE) représente le COP sur énergie primaire.

2.5.2. PAC double effet


L’équivalent d’une PAC double effet dans les machines à compression mécanique de vapeur
serait une machine bi-étagée. Le fractionnement de la compression en deux étages permet
d’améliorer le COP.

Cnam 29 2009
3. SOURCES DE CHALEUR
3.1. Sources froides

Dans le cas du chauffage, la source froide est le milieu extérieur dans lequel la PAC
prélève de l’énergie thermique. Les contraintes d’ordre législatif, environnemental et
technico-économiques varient selon le type de source utilisé.

3.1.1. Air extérieur


La pompe à chaleur prélève de la chaleur dans l’air extérieur et la restitue à un niveau
de température plus élevé dans les locaux à chauffer ; elle est le plus souvent installée à
l’extérieur des bâtiments, mais les implantations dans un local technique avec raccordement à
l’extérieur par une gaine isolée se généralisent.

La mise en œuvre d’une PAC utilisant l’air comme source froide est très simple et
moins coûteuse que les autres types. Par contre, les performances énergétiques saisonnières
sont faibles en comparaison des autres systèmes, et elles se dégradent fortement lorsque la
température extérieure diminue, alors que les besoins augmentent. Pour la plupart des
modèles existant, un système d’appoint est nécessaire dés que la température extérieure est
inférieure à –5°C (PAC en relève de chaudière), et de plus, lorsque cette dernière devient
inférieure à la limite basse de la plage d’utilisation, la PAC est totalement arrêtée. Les
constructeurs s’attachent à reculer cette limite basse, et il existe maintenant des modèles
pouvant fonctionner par –20°C. Notons que pour l’année 2008, les crédits d’impôts ne sont
applicables qu’aux PAC pouvant fonctionner jusqu’à –15°C, ce qui couvre pratiquement
toutes les zones climatiques rencontrées en France (figure 22). La figure 21 présente à titre
d’exemple un diagramme d’utilisation d’une PAC sur air extérieur ; les besoins de chauffage
augmentent lorsque la température extérieure diminue ; pour le climat et le bâtiment
considérés, la PAC suffit aux besoins de chauffage tant que la température extérieure est
positive ; en dessous, une chaudière assure le complément. A partir de –15°C, la PAC est
arrêtée et la chaudière assure à elle seule les besoins de chauffage .

figure 21 : exemple de diagramme d’utilisation d’une PAC air/eau en relève de chaudière fonctionnant
jusqu’à –15°C (air extérieur ; doc Airwell)

Cnam 30 2009
30,0

25,0

20,0

15,0

10,0
Strasbourg
5,0 Paris

Marseille
0,0
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
-5,0

-10,0

-15,0

-20,0
Température (°C)

figure 22 : températures moyennes mensuelles de quelques villes de France

Enfin, selon les conditions climatiques, l’échangeur externe (évaporateur) est soumis à
un givrage progressif, à l’origine d’une diminution des performances de la PAC (la zone de
température la plus favorable au givrage de la batterie se situe entre 7°C et 0°C) et pouvant
provoquer des pannes. Il est donc impératif de dégivrer la batterie dés que nécessaire ; la
méthode la plus courante est l’inversion de cycle : on produit alors du froid dans les locaux
tout en consommant de l’énergie primaire !

En raison de leur coût d’installation moins élevé, les PAC sur air extérieur sont souvent
utilisées, notamment dans le résidentiel individuel et en rénovation. Cependant, pour les
constructions neuves, elles sont peu à peu supplantées par les PAC sur eau et sur sol,
présentant de meilleurs COP saisonniers.

Le choix de la température d’évaporation résulte d’un compromis :


- en considérant le cycle frigorifique, le COP sera meilleur si on travaille avec
des températures d’évaporation élevées. Pour cela, il faut un pincement faible
entre l’air et le fluide frigorigène, et une variation faible de la température d’air
à travers l’évaporateur : le débit d’air doit donc être élevé, avec des
ventilateurs plus puissants et consommant plus d’électricité, et la surface
d’échange à installer est plus grande ;
- pour diminuer la consommation des ventilateurs et la surface d’échange de
l’évaporateur, on a intérêt à choisir des écarts de températures plus élevés,
mais alors le COP du cycle se dégrade.

En pratique, pour de l’air à 10°C, on choisit un refroidissement de l’air compris entre 3,5 °C
et 6,5°C, et une pincement compris entre 7 et 11 °C. L’avantage principal d’une PAC sur air
extérieur est la facilité et le coût d’installation. Les inconvénients sont éventuellement la gêne
sonore pour le voisinage (dans ce cas, il convient de choisir judicieusement l’emplacement,
voire d’apporter des actions correctives), la dégradation des performances lorsque la
température extérieure diminue, mais aussi celle liée à la diminution du coefficient global
d’échanges thermiques de l’évaporateur (encrassement ; givrage de la surface ailetée).

Cnam 31 2009

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