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Le Parti conservateur se cherche depuis plusieurs années.

 
Bien qu’il ait remporté le vote populaire aux élections d’octobre
dernier, le parti a été incapable d’étendre ses appuis au-delà des
convertis.
On ne peut pas dire que cette course aura permis au Parti
conservateur de brasser de nouvelles idées.
Il a même, au contraire, beaucoup été question de conservatisme
social et d’avortement. Deux des quatre candidats, Leslyn Lewis et
Derek Sloan, sont issus de cette mouvance, à différents degrés. 
Les militants se féliciteront toutefois de l’émergence de Mme Lewis,
une avocate torontoise d’origine jamaïcaine, qui apporte de la
diversité et du sang neuf à un parti qui en a bien besoin.
Un troisième candidat, Erin O’Toole, mise lui aussi sur l’appui des
membres pro-vie du parti, davantage par stratégie que par
conviction. 
Pourquoi ? 
Parce que les membres conservateurs ont le choix d’indiquer
plusieurs noms sur leur bulletin de vote. M. O’Toole espère donc
être le deuxième choix de ceux qui donneront d’abord leur appui à
Mme Lewis et à M. Sloan. 
Méfiance envers Mackay
Ce qui nous amène à parler de Peter MacKay, le plus progressiste
du groupe. Trop centriste, même, au goût de nombreux ténors
conservateurs, qui s’en méfient. 
Mais M. MacKay demeure l’homme à battre. C’est lui qui a amassé
le plus d’argent et qui a l’avantage de la notoriété publique.
S’il l’emporte facilement au premier tour, ce sera le signe que les
membres du parti souhaitent une rupture claire avec le régime
d’Andrew Scheer.
Le politologue de l’Université McGill Daniel Béland analyse qu’à
l’inverse, «si MacKay ne l’emporte pas au premier tour, ça veut dire
que moins de la moitié des militants pensent qu’il faut réformer le
parti pour le ramener plus vers le centre. 
«Ça va en dire long sur l’état d’esprit des membres.»