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Transformateurs statiques

Principes et fonctionnement
par Georges MANESSE
Professeur au Conservatoire national des arts et métiers

1. Méthode des composantes symétriques D 3 050 - 3


1.1 Principe......................................................................................................... — 3
1.2 Composantes symétriques triphasées....................................................... — 3
1.2.1 Matrice de Fortescue [F3] ................................................................... — 3
1.2.2 Matrice de transformation inverse [F3]–1 .......................................... — 5
1.3 Distribution triphasée.................................................................................. — 5
1.3.1 Connexion d’un récepteur symétrique au réseau ............................ — 5
1.3.2 Composantes symétriques des grandeurs simples
et composées ...................................................................................... — 7
1.3.3 Récepteur passif symétrique ............................................................. — 8
1.4 Détermination des composantes symétriques ......................................... — 10
1.4.1 Composantes directe et inverse ........................................................ — 10
1.4.2 Composante homopolaire d’un système étoilé ............................... — 11
1.5 Méthode de Fortescue généralisée ............................................................ — 12
1.5.1 Matrices de Fortescue d’ordre q ........................................................ — 12
1.5.2 Théorème de Fortescue généralisé .................................................... — 13
1.5.3 Système diphasé déséquilibré en amplitude ................................... — 13
1.6 Puissances en régime sinusoïdal ............................................................... — 13
1.6.1 Cas monophasé .................................................................................. — 13
1.6.2 Alimentation à quatre fils ................................................................... — 14
1.6.3 Alimentation monophasée d’un récepteur triphasé ........................ — 14
1.6.4 Liaison équilibrée en tension et courant........................................... — 15
1.6.5 Alimentation à trois fils équilibrée en tension
et déséquilibrée en courant ............................................................... — 15
1.7 Applications des composantes symétriques............................................. — 18
1.7.1 Quantification du déséquilibre d’un réseau ...................................... — 18
1.7.2 Calcul des courants de court-circuit ................................................... — 19
2. Transformateurs ....................................................................................... — 22
2.1 Transformateur monophasé ....................................................................... — 22
2.1.1 Bobine à noyau de fer ........................................................................ — 22
2.1.2 Circuits couplés ................................................................................... — 24
2.1.3 Constitution des transformateurs de distribution............................ — 27
2.1.4 Transformateur alimenté par une source
de tension sinusoïdale ....................................................................... — 28
2.2 Groupements de transformateurs monophasés ...................................... — 33
2.2.1 Association en parallèle ..................................................................... — 33
2.2.2 Groupements triphasés de transformateurs monophasés ............. — 34
2.3 Transformateurs triphasés.......................................................................... — 44
2.3.1 Circuits magnétiques des transformateurs triphasés ..................... — 44
2.3.2 Admittances magnétisantes cycliques
des transformateurs triphasés........................................................... — 44
2.3.3 Court-circuit « phase-neutre » au secondaire
d’un transformateur YNyn4................................................................ — 46
Références bibliographiques ........................................................................ — 48

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es développements récents de l’électronique de puissance dans le domaine


L de la conversion statique de l’énergie électrique conduisent à reconsidérer
l’approche du transformateur traditionnellement axée sur des régimes de fonc-
tionnement harmonique. Il est en effet nécessaire d’envisager des modèles de
comportement temporels capables de prendre en compte de manière instanta-
née les grandeurs électriques et magnétiques de ces systèmes.
Pour atteindre cet objectif, les mécanismes de mise en équation du transfor-
mateur monophasé sont analysés, puis étendus au cas triphasé, en tenant
compte de la diversité des circuits magnétiques rencontrés. Cette étude conduit
alors à la définition de modèles idéaux construits à partir du concept de modu-
lateur énergétique de rendement unitaire qui constitue l’élément de base de
toute chaîne de conversion d’énergie, quelle que soit la nature des convertis-
seurs utilisés, électromagnétiques, électroniques, ou électromécaniques.
Dans ces conditions, le choix d’un modèle peut être discuté en considérant un
environnement électrique donné, aussi bien pour l’étude des modes sinusoï-
daux déséquilibrés que non sinusoïdaux, notamment lorsque le transformateur
est associé à un convertisseur statique. On peut alors placer le transformateur en
amont ou en aval du convertisseur, ou encore l’intégrer totalement à son fonc-
tionnement.
L’objectif de cet article est de familiariser le lecteur avec les méthodes d’étude
des circuits électriques assurant le transfert de l’énergie électrique au moyen des
liaisons triphasées.
Il ne s’agit donc pas de décrire les techniques et les appareils assurant la dis-
tribution électrique, mais d’expliquer les fondements théoriques sur lesquels
s’appuient les modèles simplifiés des lignes et des transformateurs utilisés dans
le domaine industriel, ainsi que les principaux montages permettant la mesure
de la puissance « transportée ».
La méthode des composantes symétriques est sur ce plan particulièrement
utile puisqu’elle permet de retrouver, dans le cas triphasé déséquilibré, les rai-
sonnements et les schémas en usage en monophasé. Grâce aux résultats établis,
de nombreuses configurations de déséquilibre (coupures de fil ou courts-cir-
cuits) peuvent être analysées et calculées, que l’on se trouve ou non en présence
de transformateurs.
Le lecteur pourra se reporter aux références bibliographiques [1] à [7] en fin d’article.

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1. Méthode des composantes Axe imaginaire Im

symétriques (j 3) = (a – a2)

1.1 Principe
(– ja2 3) = (a – 1) (z 2 = a) (– a2) (– ja 3) = (1 – a2)

■ La méthode des composantes symétriques de Fortescue consiste


à substituer à un système déséquilibré de q grandeurs complexes
quelconques un système de q grandeurs « génératrices », permet-
tant de définir q systèmes « q-phasés » équilibrés. Ces dernières Axe
grandeurs sont les composantes symétriques du système initial. (– 1) (z 1 = 1) réel
La transformation est assurée par un opérateur matriciel
Re
complexe, appelé matrice de Fortescue, d’ordre q noté [Fq].
On a donc, pour le système initial :

[ V ] = [ V 1 , V 2 , …, V q ] t = [ F q ] [ V ′]

et pour le système transformé :


(ja 3) = (a2 – 1) (z 3 = a2) (– a) (ja2 3) = (1 – a)
[ V ′ ] = [ V 1′ , V 2′ , …, V q′ ] t = [ F q ] Ð1 [ V ]

Les grandeurs V 1′ , V 2′ , …, V q′ sont les composantes symétri-


ques du système initial défini par V 1 , V 2 , …, V q . (– j 3) = (a2 – a)

■ En électricité, un circuit symétrique polyphasé, soumis à l’action Figure 1 – Disposition, dans le plan complexe, des racines
de tensions et courants déséquilibrés, peut être représenté par du polynôme z 3 ± 1 = 0 et de leurs différences deux à deux
autant de schémas équivalents indépendants monophasés qu’il y a
de phases ; la superposition de tous ces modes équilibrés restitue le
fonctionnement déséquilibré du circuit symétrique considéré.
donc : 3 ϕ = 0 (modulo 2π)
2π 4π
et les arguments respectifs de z 1 , z 2 et z 3 sont 0 , ------- et ------- .
3 3
1.2 Composantes symétriques triphasées On vérifie, en plaçant z 1 , z 2 et z 3 dans le plan complexe
(figure 1), les relations :

1 + a + a2 = 0
1.2.1 Matrice de Fortescue [F3]
ainsi que :
Les coefficients de la matrice [F3] sont formés à partir des racines
de l’équation complexe : a Ð a2 = j  3 a2 Ð a = Ð j  3
 
a2 Ð1 = j a 3  1Ð a2= Ðj a 3 
z3 = 1  
1 Ð a = j a2 3  a Ð 1 = Ð j a2 3 
pour laquelle z est un complexe de la forme
1 + a = Ð a2  Ð 1 Ð a = a2 
z = α + j β = ρ e jϕ .  
a + a 2 = Ð1  Ða Ð a 2 = 1 
 
Cette équation s’écrit sous forme factorisée : a 2 + 1 = Ða  Ð a2 Ð 1 = a 

z 3 Ð 1 = ( z Ð z 1)( z Ð z 2)( z Ð z 3) = 0 ■ Le théorème de décomposition de Fortescue s’énonce alors :


un système de trois grandeurs complexes V 1 , V 2 et V 3 se décom-
avec pose en trois systèmes symétriques :
— un système homopolaire, défini par V h , constitué de trois
z1 = 1  grandeurs de même argument et de même module V h , V h et V h ;

 — un système direct, défini par V d , correspondant au système
1 3
z2 = Ð --- + j ------- = e j ( 2π ⁄ 3 )
= a  direct V d, a 2 V d et aV d ;
2 2 
 — un système inverse, défini par V i , correspondant au système
1 3 Ð j ( 2π ⁄ 3 )  inverse V i , aV i et a 2 V i .
z3 = Ð --- Ð j ------- = e = a2 
2 2  On obtient donc :
Nota : 0 indique un zéro complexe : module nul, argument nul.
V1 Vh Vd Vi
En effet, si 1 1 1
z = e jϕ V2 = 1 V h + a 2 V d + a V i = V h + a 2 V + aV i
d
(1)
V3 1 a a2 Vh a 2 Vi
z 3 = e j3 ϕ = 1 , aV d

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Système équilibré direct


3
Composante directe Vd

1
V1 = Vd V1 1 1 1 0

1
2
V2 = a Vd V2 = 1 a2 a Vd
3 2
V3 = a Vd V3 1 a a2 0

Système équilibré inverse


2 Composante inverse Vi

V1 = Vi V1 1 1 1 0
3 2 V2 = a Vi V2 = 1 a2 a 0
1 2
V3 = a V i V3 1 a a 2 Vi

Système direct équilibré, déséquilibré par un système homopolaire

3 Composante homopolaire Vh
3
1 V'1 = V1 + Vh V'1 1 1 1 Vh
2 V'2 = V2 + Vh V'2 = 1 a2 a Vd
1 V'3 1 a a2 0
V'3 = V3 + Vh

V'1 + V'2 + V'3 = 3Vh

Système direct équilibré, déséquilibré par un système équilibré inverse

1
V'1 = V1 + Vi V'1 1 1 1 0
V'2 = V2 + a Vi V'2 = 1 a2 a Vd
1
3
2 V'3 = V3 + a2 Vi V'3 1 a a 2 Vi

V'1 + V'2 + V'3 = 0


2

Cas général : formules de passage

Vh = 1 (V'1 + V'2 + V'3)


V'1 = Vh + Vd + Vi V'1 1 1 1 Vh Vh 1 1 1 V'1 3
V'2 = Vh + a2 Vd + a Vi V'2 = 1 a2 a Vd , Vd = 1 1 a a2 V'2 Vd = 1 (V'1 + a V'2 + a2 V'3)
3 3
2
V'3 = Vh + a Vd + a2 Vi V'3 1 a a Vi Vi 1 a2 a V'3
Vi = 1 (V'1 + a2 V'2 + a V'3)
3

Figure 2 – Caractérisation des systèmes triphasés déséquilibrés. Définition des composantes symétriques homopolaire, directe et inverse

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et, sous forme matricielle : On constate, également, qu’un système triphasé comportant
comme seule grandeur non nulle V 1 présente trois composantes
[ V 123 ] = [ F 3 ] [ V hdi ] (2) symétriques identiques :
soit : V
V h = V d = V i = -----1- .
3
V1 1 1 1 Vh
V2 = 1 a2 a Vd (3)
V3 1 a a2 Vi 1.3 Distribution triphasée
La figure 2 montre que le théorème de décomposition s’inter-
prète graphiquement en associant aux grandeurs complexes, défi-
nies par leur module et leur argument, des vecteurs de même
1.3.1 Connexion d’un récepteur symétrique
norme et de même direction : au réseau

{ V1 , V 2, V 3, V h, V d, V i } = { V 1 , V 2 , V 3 , V h , V d , V i } Un récepteur triphasé est symétrique lorsque les éléments ou


ensembles d’éléments constituant ses trois phases sont identiques.
● Pour un système équilibré, d’ordre de succession direct, on a : On y accède par une plaque à bornes (figure 3), qui permet son
alimentation au moyen de connexions extérieures reliées à un
( V 1, V 2, V 3 ) avec V 2 = a 2 V 1 et V 3 = aV 1 . réseau d’alimentation.
Un récepteur symétrique en fonctionnement (figure 3) se caracté-
La composante directe est alors V d = V 1 , première grandeur du rise par quatre systèmes triphasés, les tensions simples et courants
en ligne du côté du réseau, les tensions aux bornes des trois
système initial. Une permutation d’indice a alors comme effet de
éléments du récepteur, ainsi que les courants qui les parcourent du
2π côté de l’utilisation.
déphaser de ------- l’argument de la composante directe.
3
La numérotation des tensions et des courants obéit à des règles
● Le raisonnement est identique pour un système équilibré strictes (figure 4) qu’il convient de respecter scrupuleusement au
inverse : risque d’introduire des erreurs dans le positionnement angulaire
des systèmes triphasés en présence.
V 1, V 2 = aV 1, V3 = a 2 V1 et V i = V 1
Le couplage étoile à 4 fils (figure 4a) conduit aux relations :
avec la numérotation choisie.
V1 = VA  IA = I1 
● Un système homopolaire ( V , V , V ) est l’ensemble de trois
1 2 3  
grandeurs identiques telles que : V2 = VB  et IB = I2 
 
V1 = V2 = V3 = Vh . V3 = VC  IC = I3 

tandis que le couplage triangle (figure 4b) permet d’écrire :


–1
1.2.2 Matrice de transformation inverse [F3] U1 = VB Ð VC  I A = Ð J2 + J3 
 
U2 = VC Ð VA  et I B = Ð J3 + J1 
Si on a la relation (2) :  
U3 = VA Ð VB  I C = Ð J1 + J2 
[ V 123 ] = [ F 3 ] [ V hdi ] ,

alors :

[ V hdi ] = [ F 3 ] Ð1 [ V 123 ] . (4)


1
En effectuant le calcul de [F3 ]–1 : A 1 A
I
Ð1 Couplage B 2
1 1 1 a Ð a2 a Ð a2 a Ð a2 1 1 1 B 2 « étoile » II
1 1
1 a2 a = -----------------------
- a Ð a2 a2 Ð 1 1 Ð a = --- 1 a a2 , (3 ou 4 fils) C 3 N'
3(a Ð a ) 2 3
1 a a2 a Ð a2 1 Ð a a2 Ð 1 1 a2 a C 3 III
N
il vient :
N
A
Vh 1 1 1 V1 1 III
1 Alimentation Utilisation Couplage B
Vd = --- 1 a a 2 V2 (5)
3 (réseau) (Récepteur « triangle » 2 I
Vi 1 a2 a V3 symétrique) (3 fils) C
3 II
La condition V h = 0 implique que la somme V 1 + V 2 + V 3 soit N
nulle, d’où la règle suivante.
Un système déséquilibré de somme nulle est caractérisé par une Figure 3 – Couplages usuels d’un récepteur triphasé symétrique
composante homopolaire nulle. au réseau d’alimentation

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VC VC
C IC C IC

3 I3 3 J2
U2

II
III
V3 V1
1 A 1 A
I U1 I
N' I1 IA VA IA VA
J3
II
V2 III
J1
I2 3Ih = 0 U3
2 N 2 N
B IB B IB
VB VB

C C

U2
VC = V3 VC
I3 = IC
IA
VA = V1 J2 VA
A U1 IC J3 A
I2 = IB π J1
I1 = IA 6 IB

VB
U3
VB = V2

B B
π π
j6
Récepteur : 3(Ze ) Récepteur : 3(3Ze j 6 )

a couplage étoile b couplage triangle

Figure 4 – Notations et diagrammes vectoriels des tensions et courants pour deux récepteurs symétriques couplés au réseau

Ces expressions sont conformes à la notation matricielle plus En considérant les grandeurs du côté du récepteur, il vient :
générale :
— pour les tensions simples du couplage étoile : [ U 123 ] = [ K ] [ V 123 ] 
 (6)
[ V 123 ] = [ 1 ] [ V ABC ] et [ I 123 ] = [ K ] t [ J 123 ] 

— pour les courants en ligne du couplage étoile : avec


[ I ABC ] = [ 1 ] [ I 123 ]
0 1 Ð1 

— pour les tensions composées du couplage triangle : [ K ] = Ð1 0 1 

[ U 123 ] = [ K ] [ V ABC ] 1 Ð1 0 
 (7)
0 Ð1 1 
— pour les courants étoilés du couplage triangle : 
et [ K ]t = 1 0 Ð1 

[ I ABC ] = [ K ] t [ J 123 ] Ð1 1 0 

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1.3.2 Composantes symétriques des grandeurs — d’autre part, des courants en ligne, à partir des courants étoilés
simples et composées déterminés par la nature du récepteur symétrique ou dissymétrique.
La présence d’une ligne 0 dans les matrices [[F3]–1 [K ] [F3]] et
Les relations entre composantes symétriques de systèmes quel- [[F3]–1 [K ]t [F3]] montre que la procédure suivie n’est pas inversible
conques de grandeurs simples et composées s’obtiennent en appli- dans le cas général.
quant les transformations de Fortescue : En effet, les matrices [K ] et [K ]t ne peuvent pas être inversées
1
[ F 3 ] [ U hdi ] = [ K ] [ F 3 ] [ V hdi ]  (directement) ; cependant, en formant le produit --- [ K ] t [ K ] , on
obtient l’identité : 3
 (8)
[ F 3 ] [ I hdi ] = [ K ] t [ F 3 ] [ J hdi ] 
2 Ð1 Ð1 1 0 0 1 1 1
soit, en multipliant à gauche par [F3]–1 : 1 1 1
--- [ K ] t [ K ] = --- Ð 1 2 Ð1 = 0 1 0 Ð --
-
3 3 3 1 1 1
[ U hdi ] = [ F 3 ] Ð1 [ K ] [ F 3 ] [ V hdi ]  Ð1 Ð1 2 0 0 1 1 1 1
 (9)
[ I hdi ] = [ F 3 ] Ð1 [ K ] t [ F 3 ] [ J hdi ]  1 1
Dans ces conditions, les opérateurs --- [ K ] [ K ] t ou --- [ K ] t [ K ]
3 3
Ces relations deviennent :
conduisent au même résultat que la matrice identité à condition de
traiter un système triphasé de composante homopolaire nulle ; en
Uh 0 0 0 Vh Ih 0 0 0 Jh effet les expressions :
Ud = 0 a2 Ða 0 Vd et Id = 0 aÐ a2 0 Jd
1
Ui 0 0 a Ð a 2 Vi Ii 0 0 a 2 Ð a Ji 1
--- [ K ] t [ K ] [ V 123 ] = [ V 123 ] Ð V h 1
3
soit (cf. § 1.2.1) : 1

Uh = 0 Vh  1
 1
 et --- [ K ] [ K ] t [ J 123 ] = [ J 123 ] Ð J h 1
Ud = Ð j 3 Vd  3
 1
Ui = j 3 Vi 
 vont s’écrire [avec les relations (6)], si V h = 0 et J h = 0 :
(10)
 1
I h = 0 Jh --- [ K ] t [ U 123 ] = [ V 123 ]
 3

I d = j 3 Jd  1
et --- [ K ] [ I 123 ] = [ J 123 ] ,
 3
I i = Ð j 3 Ji  soit :

1
Le schéma fonctionnel de la figure 5 précise le mode opératoire [ K ] Ð1 = --- [ K ] t si Vh = 0
3
régissant le calcul :
Ð1 1
— d’une part, des tensions composées, en fonction des tensions et [ K ]t = --- [ K ] si Jh = 0
3
simples supposées données ;

[K]
0 1 –1

–1 0 1

1 –1 0
[F3] – 1 [F3]
1 1 1 0 0 0 1 1 1
1 [Vhdi] [Uhdi]
2 2
[V123] 1 a a 0 –j 3 0 1 a a [U123]
3
1 a2 a 0 0 j 3 1 a a2
Récepteur
1 1 1 0 0 0 1 1 1
1
[I123] 1 a2 a 0 j 3 0 1 a a2 [J123]
[Ihdi] [Jhdi] 3
2 2
1 a a 0 0 –j 3 1 a a
[F3] [F3] – 1
0 –1 1

1 0 –1

–1 1 0 Figure 5 – Flux de données correspondant


au couplage en triangle d’un récepteur
[K]t
sur le réseau

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1.3.3 Récepteur passif symétrique


Zh Z Z Zh
1.3.3.1 Récepteur couplé en étoile sur un réseau à 4 fils Zd = [ F3 ] Z ′ et Z ′ = [ F 3 ] Ð1 Z d
Un récepteur symétrique couplé en étoile ou en triangle absorbe Zi Z ′′ Z ′′ Zi
un système de courants triphasés dont les composantes symétri-
ques s’expriment simplement en fonction des composantes des Toutes les matrices ainsi définies sont inversibles, de sorte que les
tensions d’alimentation. flux de données, correspondant aux différentes opérations matri-
Pour une impédance Z alimentée par une simple source de cielles envisagées, sont bidirectionnels (figure 6).
tension V , on a
V = Z I 1.3.3.2 Récepteur couplé en triangle
Un récepteur couplé en triangle alimenté par un réseau triphasé
tandis que pour un système symétrique alimenté en étoile, on écrit
introduit, dans le flux des données (tensions et courants) du
par extension :
système, des opérateurs matriciels [K ] et [K ]t qui ne sont pas inver-
[ V 123 ] = [ Z ] [ I 123 ] sibles.
Plus généralement, la perte d’information qu’entraîne le seul
Si l’on développe ce produit, on constate l’invariance des coeffi- calcul possible de grandeurs composées [ ∆ 123 ] en fonction de
cients de [ Z ] face à une permutation circulaire des indices 1, 2 et 3 :
grandeurs simples ou étoilées [ Y 123 ] impose donc de considérer le
V 1 = Z I 1 + Z ′ I 2 + Z ′′ I 3  système [ Y 123 ] comme influent et le système [ ∆ 123 ] comme
 influencé.
V 2 = Z I 2 + Z ′ I 3 + Z ′′ I 1 
 On peut alors dire qu’une opération matricielle inversible définit,
V 3 = Z I + Z ′ I + Z ′′ I 
3 1 2 entre grandeurs influentes et influencées, une relation rigide, tandis
qu’une opération matricielle non inversible définit une relation
Pour la matrice Z , il en résulte la forme particulière : rigide non inversible, pour laquelle toute interversion des grandeurs
influentes et influencées est impossible (figure 7).
Z Z ′ Z ′′ Il en résulte que, pour un récepteur symétrique alimenté en
[ Z ] = Z ′′ Z Z′ . triangle, ses impédances Z et admittances Y symétriques sont défi-
nies du côté de l’utilisation mais, du côté de l’alimentation, seules
Z ′ Z ′′ Z sont définies l’admittance matricielle vue du réseau (indice R) et son
admittance symétrique associée (figure 8).
La relation liant les composantes symétriques de [ V 123 ] et [ I 123 ]
On obtient ainsi les formules de transfert des impédances et
en découle [avec la relation (4)] :
admittances d’aval en amont, de chaque niveau de conversion ou de
[ V hdi ] = [ F 3 ] Ð1 [ Z ] [ F 3 ] [ I hdi ] transformation (tableau 1).

soit, tous calculs faits :


Ces résultats appellent les conclusions suivantes.
Pour un réseau à trois fils :
Zh 0 0 — la composante homopolaire des tensions composées est
[ V hdi ] = [ Z λ ] [ I hdi ] = 0 Z d 0 [ I hdi ] . (11) toujours nulle ;
— la composante homopolaire des courants en ligne est tou-
0 0 Zi jours nulle et trois conducteurs suffisent pour assurer le trans-
port de l’énergie électrique que la source d’énergie soit ou non
La matrice [ Z λ ] est une matrice diagonale dont les coefficients équilibrée.
sont, dans l’ordre, les impédances homopolaire, directe et inverse En cas de dysfonctionnement sur la ligne de transport (cou-
associées aux impédances propre et de couplage des trois phases rant de défaut), la seconde condition n’est plus remplie, tandis
du récepteur symétrique Z , Z ′ et Z ′′ . qu’un déséquilibre au niveau des tensions va altérer la qualité
Les matrices de Fortescue et son inverse [relation (3) et (5)] de l’énergie pour l’utilisateur en affectant notamment la forme
permettent alors le passage du système des impédances symétri- d’onde de la puissance instantanée consommée et, éventuelle-
ques aux impédances du récepteur : ment, l’amplitude des tensions.

[F3] – 1
[V123] [Vhdi]

[F3]
[Z] [Z] – 1 [Zλ] [Zλ] – 1

[F3] – 1
[I123] [Ihdi]

[F3] Figure 6 – Processus de diagonalisation


des matrices impédance et admittance
d’un récepteur symétrique alimenté en étoile

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0 1 –1
1 0 0 [K ] = –1 0 1
0 0 1 1 –1 0
0 1 0

[V123] [U123]
[V123] [V'123]
[I123] [J123]
[I123] [I'123]

0 –1 1
1 0 0 [K ]t = 1 0 –1
0 0 1 –1 1 0
0 1 0
[ 123
] [ 123
]

t
([K ] ou [K ] )
Figure 7 – Relations définies par deux matrices
Relations rigides inversibles Relations rigides non inversibles de conversion inversibles et non inversibles

0 0 0

3 0 –j 0

0 0 j

0 1 –1
[F3] – 1 [V123] [U123] [F3] – 1
[Vhdi] –1 0 1 [Uhdi]

1 –1 0
[F3] [F3]
([K ])
[YRλ] [YR] [Y ] [Z ] [Zλ] [Yλ]
([K ]t )
–1 –1
[F3] [F3]
0 –1 1

[Ihdi] 1 0 –1 [Jhdi]
[F3] [I123] [J123] [F3]
–1 1 0

0 0 0

3 0 j 0
Figure 8 – Modélisation matricielle
0 0 –j
d’un récepteur symétrique couplé en triangle,
Alimentation Utilisation alimenté par un réseau triphasé

C
J2 Y

U2
I3

V3 V1
I1
Y U1 A
N

J1 Exemple : si l’on alimente par un système triphasé de générateurs


V2 J3 de tension, trois admittances identiques indépendantes on obtient
I2 U3 (figure 9) :

Y
Ih = 0 
B 
I d = 3 Y Vd 
Figure 9 – Alimentation déséquilibrée en tension 
I i = 3 Y Vi 
et courant d’un récepteur symétrique

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Tableau 1 – Structure étoile-triangle : admittances et impédances, en amont et en aval, de la ligne de distribution


[ Z ] = [ F 3 ] [ Z λ ] [ F 3 ] Ð1 [ Z λ ] = [ F 3 ] Ð1 [ Z ] [ F 3 ]

[ Y ] = [ F 3 ] [ Y λ ] [ F 3 ] Ð1 [ Y λ ] = [ F 3 ] Ð1 [ Y ] [ F 3 ]

[ YR ] = [ K ]t [ Y ] [ K ]

Y Y ′ Y ′′ Yh 0 0 Yh 1 1 1 Y
[Y ] = Y ′′ Y Y′ [ Yλ ] = 0 Yd 0 Yd = 1 a 2 a Y ′
Y ′ Y ′′ Y 0 0 Yi Yi 1 a a 2 Y ′′

Z Z ′ Z ′′ Zh 0 0 Zh 1 1 1 Z
[Z ] = Z ′′ Z Z′ [ Zλ ] = 0 Zd 0 Zd = 1 a 2 a Z ′
Z ′ Z ′′ Z 0 0 Zi Zi 1 a a 2 Z ′′

YR Y R′ Y R′′ Y Rh 0 Y Rh
0 1 1 1 YR
[ YR ] = Y R′′ YR Y R′ [ Y Rλ ] = 0 Y Rd 0 Y Rd = 1 a 2 a Y R′
Y R′ Y R′′ YR 0 0 Y Ri Y Ri 1 a a 2 Y R′′

YR Y Rh
2 Ð1 Ð1 Y 0 0 0 Y
Y R′ = Ð1 2 Ð1 Y ′ Y Rd = 3 3 a 2 3 a Y′
Y R′′ Ð 1 Ð 1 2 Y ′′ Y Ri 3 3 a 3 a2 Y ′′

1.4 Détermination des composantes A


symétriques 3
α
A'

1.4.1 Composantes directe et inverse


1
1.4.1.1 Méthode du triangle '
1 d

Un triangle définit sans ambiguïté un, et un seul, système triphasé 2

[ ∆ 123 ] de grandeurs composées ; en revanche, le choix arbitraire 3

d’un point du plan permet de définir une infinité de systèmes [ Y 123 ]


3 G' 2 i
de grandeurs simples ou étoilées. Tous ces systèmes ont en
commun leurs composantes directe et inverse :

j  C B
Y d = ------- ∆ d  1
3 
 (12) Figure 10 – Construction graphique des composantes directe
Y i = Ð ------- ∆ i 
j
 et inverse étoilées Y d et Y i correspondant
3  à un système donné de grandeurs composées [ ∆ 123 ]

La méthode consiste donc à choisir une origine du système étoilé


qui fasse apparaître simplement les vecteurs représentant Y d et Y i
associés à un triangle donné. On a en effet :
On part du triangle ABC des grandeurs composées formé à partir 3Y d = Y 1 + a Y 2 + a 2 Y 3
des grandeurs étoilées (non représentées) (figure 10).
= Y 1′ + 3Y + a Y 2 + a 2 Y 3 = 3Y 1′ + 3Y
On trace le système étoilé ayant comme origine le centre de
gravité G’ du triangle équilatéral A’BC de base BC ( BC = ∆ 1 ) . soit : Y d = Y 1′ + Y = G′ α
On obtient alors : De la même manière, on a :
3Y = A′A
3Y i = Y 1 + a 2 Y 2 + a Y 3

et : Y i = Y = A′ α = Y 1′ + 3Y + a 2 Y 2 + a Y 3 = Y 1′ + 3Y + Y 3 + Y 2

tandis que : Y d = G′ α
soit : Y i = Y = A′ α

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A, A', α A'
I1
K J'3
A
K I1
d i

G' G', α I2
K J'1
A
C B C B K I2

a système équilibré
direct I3
K J'2
A
K I3

b système équilibré
inverse A
IN A

A, A', α A' K rapport de transformation des transformateurs de courant


i Figure 12 – Distribution à quatre fils : détermination expérimentale
α des composantes symétriques des courants
d

d
N, G' N, A, G'
I1 J 1′ = I 2 Ð I 3
i= 0 Id
I 2 → J ′2 = I 3 Ð I 1 →
C B C B Ii
I3 J 3′ = I 1 Ð I 2
c branchement correct d branchement incorrect
du neutre du neutre Le montage correspondant est donné sur la figure 12.
Un ampèremètre A placé sur le fil neutre donne alors :
Figure 11 – Composantes symétriques obtenues
pour des systèmes équilibrés et en confondant une phase IN = I1 + I2 + I3 = 3 Ih
du réseau avec le neutre

1.4.2 Composante homopolaire


1.4.1.2 Exemples d’un système étoilé

Exemple 1 : Systèmes direct et inverse équilibrés. 1.4.2.1 Système de courants en ligne


Dans le premier cas (figure 11a), les points A,A’ et α sont confondus La composante homopolaire d’un système de courants en ligne
tandis que, dans le second cas, A et A’ se placent symétriquement par ne peut être différente de zéro que dans le cas d’une alimentation à
rapport à BC (figure 11b). quatre fils.
Exemple 2 : Branchement incorrect du neutre La somme des trois courants apparaît naturellement dans le fil
neutre ou, si celui-ci n’est pas accessible, grâce au montage en
Si l’on confond le point neutre N du réseau avec la phase A, parallèle des trois secondaires de transformateurs de courant
(figure 11d ), les points N, A et G’ sont superposés et l’on constate, (figure 13).
par rapport au montage normal (figure 11c), une diminution de 33 %
de la composante symétrique directe des tensions étoilées appliquées
à la charge. L’erreur de montage fait apparaître une composante inverse
I1
égale au tiers (en module) des tensions simples initiales).
K I1
1.4.1.3 Ligne de distribution d’énergie
I1
La détermination des composantes symétriques d’un système A I2
triphasé de tensions ne pose pas de problèmes particuliers, puisque I2
B K I2
le triangle des tensions composées fournit les composantes V d et
V i des tensions simples. I3
C
Pour un système de courants, deux cas sont à considérer selon le I3
nombre de conducteurs : 3 Ih
A K I3
— pour un réseau à trois fils, les courants en ligne I 1 , I 2 et I 3
permettent de tracer un triangle de courants et donc de connaître les
composantes J d et J i des courants étoilés, d’où l’on tire facile-
A 3K Ih
ment I d et I i ;
— pour un réseau à 4 fils, il convient de faire apparaître un trian- Figure 13 – Distributions triphasées à trois et à quatre fils :
gle de courants en considérant les différences 2 à 2 des deux cou- détermination expérimentale de la composante homopolaire
rants en ligne : des courants en ligne

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1.4.2.2 Système de tensions simples Lorsque Y ′ → 0 , N’ et G sont confondus et on retrouve


V h = V GN .
Pour obtenir la composante homopolaire du système de tensions
simples d’un réseau A, B, C, N, il suffit de faire apparaître un point
dont le potentiel se place au centre de gravité G du triangle ABC des
tensions composées.
1.5 Méthode de Fortescue généralisée
La tension V GN représente alors la composante homopolaire V h
relative aux tensions simples :
V 1 = V AN , V 2 = V BN , V 3 = V CN . 1.5.1 Matrices de Fortescue d’ordre q

Le montage en étoile de trois admittances Y identiques crée un L’équation complexe z q = 1 admet q racines de module unité et
point neutre N’ au potentiel de G (figure 14). d’argument
On a, en effet :
0 ( 2π ) 2π 4π 2 ( q Ð 1 )π
I 1 = Y V AG --------------- = 0, -------, -------, …, -------------------------
q q q q
I 2 = Y V BG En posant a ’ = ej(2π/q) ces racines s’écrivent :
et I 3 = Y V CG
{1, a’, a’2, a’3, …, a’(q – 1)} ou {1,a’ –1, a’ –2, …, a’–(q – 1)}.
Comme G et N ne sont pas reliés (figure 14a), on a : La figure 15 donne la position, dans le plan complexe, de ces
racines dans le cas particulier où q = 12.
I1 + I2 + I3 = 0
■ La matrice de Fortescue [Fq] d’ordre q définit q systèmes
donc V AG + V BG + V CG = 0 . directs d’ordre k = 0, 1, 2, …, q – 1 :
Dans ces conditions :
1 1 1 … 1
V AN = V AG + V GN  …
1 a ′ Ð1 a ′ Ð2 a ′ Ð( q Ð 1 )

V BN = V BG + V GN  [ Fq ] = 1 a ′ Ð2 a ′ Ð4 … a ′ Ð2 ( q Ð 1 ) (13)

V CN = V CG + V GN  : : : :
1 a ′ Ð( q Ð 1 ) a ′ Ð2 ( q Ð 1 ) … a ′ Ð( q Ð 1 ) 2
et : 3 V h = 3 V GN .
En reliant N’ et N par une admittance Y ′ (figure 14b), le potentiel ordre : k= 0 1 2 q–1
du point N’ ne se place plus en G et il vient :
I 1 = Y V AN′ Pour un système triphasé, il vient, avec a’ = a [cf. relation (3)] :

I 2 = Y V BN′ 
 1 1 1 1 1 1
I 3 = Y V CN′  [ F 3 ] = 1 a Ð1 a Ð2 = 1 a 2 a

I ′ = Y ′ V N′N  1 a Ð2 a Ð4 1 a a2

et I′ = I1 + I2 + I3 ,
Le système direct d’ordre 1 est le système direct tandis que le
soit, en effectuant la somme des tensions simples : système direct d’ordre 2 est le système inverse.
Y′
3 V h =  ----- + 3 V N′N
Y 

Y ′+ 3 Y Axe imaginaire Im
ou V h = V N′N -------------------- a' 3
3Y
a' 4 1 a' 2
a' – 9 a' –10
a' 5 a' – 8 a'
a' –11
A –7
I1 a'
π
B a' 6 a' – 6 6 1 Re
I2
I3 I2 I1 –1 π
C Axe réel
6
I3 N'
a' – 5 a' –1
I'
(a) (b)
Y Y Y VN'N a' 11
Y' a' 7 a' – 4
N' = G a' – 2
Vh = VGN N a' – 3
N a' 8 a' 10
a' 9 – 1
Figure 14 – Détermination expérimentale de la composante
homopolaire d’un système de tensions simples Figure 15 – Disposition, dans le plan complexe,
d’une distribution à quatre fils des racines du polynôme z 12 Ð 1 = 0

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■ La matrice inverse [Fq]–1 s’écrit simplement en changeant le En posant :


signe des exposants de a’ puis en divisant par q, soit plus
généralement : [ F 2′ ] = 1 1
1 Ðj j
[ F q ] Ð1 = --- [ F q ] * (14)
q
il vient :
1 1 … 1 1
[ F 2′ ] Ð1 = --- 1 j ,
1 a′ … a ′(q Ð 1) 2 1 Ðj
[ F q ] Ð1 = --- 1 (15)
q : : :
soit :
1 a ′(q Ð 1) … a ′ ( q Ð 1 )2
[ V 12 ] = [ F 2′ ] [ V di ]

Pour q = 3 (système triphasé), on obtient [cf. relation (5)] : et :


[ V di ] = [ F 2′ ] Ð1 [ V 12 ] .
1 1 1 1 1 1
1 1
[ F 3 ] Ð1 = --- 1 a a 2 = --3- 1 a a2 . On reconnaît les matrices intervenant dans les formules d’Euler :
3
1 a2 a 4 1 a2 a
ejx = 2 [ F 2′ ] Ð1 cos x
e Ðj x sin x
1.5.2 Théorème de Fortescue généralisé et :
1 jx
Un système polyphasé de q grandeurs V 1 … V q est la somme de cos x = --- [ F 2′ ] e
sin x 2 e jx
Ð
q systèmes élémentaires symétriques directs d’ordre 0, …, k, q – 1
respectivement caractérisés par les composantes
V d0, V d1, …, V d ( q Ð 1 ) .
1.6 Puissances en régime sinusoïdal
En effet, on a :

V1 V d0
1.6.1 Cas monophasé
V2 V d1 ■ Un récepteur soumis à une tension u (t ) et parcouru par un cou-
= [ Fq ]
: : rant i (t) (figure 16) consomme une puissance instantanée
Vq Vd ( q Ð 1 ) p (t ) = u (t ) i (t).

(16)
V d0 V d1 Vd ( q Ð 1 )
Rappel : un port est un terme général qui recouvre les élé-
V d0 a ′ Ð1 V d1 a ′ Ð( q Ð 1 ) V d ( q Ð 1 ) ments intervenant comme des nœuds dans un graphe de
= + +…+ liaison [1]. Il en existe plusieurs catégories :
: : : — ports de production ou de consommation d’énergie
V d0 a ′ Ð( q Ð 1 ) V d1 a ′ Ð( q Ð 1 ) 2 V d ( q Ð 1 ) [sources d’efforts ou de flux (Se, Sf] ;
— ports de stockage inertiel I et de stockage d’énergie poten-
k = 0 k = 1 k = qÐ1 tielle C ;
— ports de dissipation énergétique, pour tout élément dissi-
et patif (R) ;
V d0 V1 — ports de conversion (puissance consommée = puissance
fournie = puissance transmise)
V d1 V2 [Transformateur ou gyrateur (TF, GY)].
= [ F q ] Ð1 (17)
: :
Vd ( q Ð 1 ) Vq Lorsque tension et courant sont des fonctions sinusoïdales du
temps, il est toujours possible d’écrire, quelle que soit l’origine des
temps définie par l’angle ψ

1.5.3 Système diphasé déséquilibré en amplitude u = U 2 cos ( ωt + ψ ) 



Un système diphasé déséquilibré est constitué par deux gran- i = I 2 cos ( ωt + ψ Ð ϕ ) 
deurs V 1 et V 2 d’amplitudes différentes, mais déphasées de π/2.
Les systèmes direct et inverse sont alors respectivement ( V d, Ð j V d )
et ( V i , j V i ) . i(t)
Port u(t) Port
On adopte la convention suivante : Générateur u(t) Récepteur
générateur récepteur
i(t)
V1 = Vd + Vi 
.
V2 = Ð j Vd + j Vi 
Figure 16 – Lien énergétique monophasé générateur-récepteur

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π
Si ϕ ∈ ] 0, --- ] , le récepteur est dit inductif.
2 i1
π
Il devient capacitif, lorsque ϕ ∈ ] 0, Ð --- ] . i2
2
Générateur Récepteur
■ Le passage aux notations complexes consiste à introduire, pour i3
chaque grandeur, une fonction cissoïdale dont la partie réelle donne v1 v2 v3
sa valeur instantanée.
On définit les complexes u et i , ainsi que les « amplitudes
complexes réduites » U et I dont les modules sont les valeurs effi-
caces U et I :
Port [v ] Port
u = U 2 e j ( ωt + ψ ) = U 2 e j ωt  générateur 3 récepteur
 [i ]
i = I 2 e j ( ωt + ψ Ð ϕ ) = I 2 e j ωt  v1
[v ] = [v123] = v2
On obtient donc :
v3
u (t ) = Re ( u )  i1

i (t ) = Re ( i )  [i ] = [i123] = i2
 i3
π (t ) = Re ( π ) 
1 Figure 17 – Lien énergétique générateur-récepteur à quatre fils
en notant π = --- u i .
2
1
Le produit --- u i * définit la puissance complexe
2 or
S = UI ejϕ = P + jQ
3 0 0
dont les parties réelle et imaginaire correspondent respectivement à [ F3 ] t [ F3 ] = 0 0 3 .
la puissance active 0 3 0
P = U I cosϕ
Les expressions générales des puissances complexes instan-
et à la puissance réactive tanée, fluctuante et apparente, s’écrivent alors respectivement :
Q = U I sinϕ
p = 3 ( V h I h* + V d I d* + V i I i* + ( V h I h + V d I i + V i I d )e j2 ωt )
et dont le module est la puissance apparente S.
Nota : on rappelle que * indique la valeur conjuguée. π = 3 ( V h I h + V d I i + V i I d )e j2 ωt = p Ð S (18)
Dans ces conditions :
S = 3 ( Vh I *
h
+ Vd I *
d
+ V i I i* ) = pÐπ

ui = Re  --- ( u i + u i * ) = P + S cos [ 2 ( ωt + ψ ) Ð ϕ ] = Re ( p )


1
2

soit : ui = P [ 1 + cos 2 ( ωt + ψ ) ] + Q sin 2 ( ωt + ψ ) .


1.6.3 Alimentation monophasée
d’un récepteur triphasé
La valeur moyenne de ce produit est donc égale à la puissance
active P = U I cosϕ tandis que l’amplitude de la puissance fluctuante
est constante et égale à la puissance apparente : En associant en série (figure 18a) ou en parallèle (figure 18b) un
générateur G monophasé à un récepteur triphasé constitué de trois
S = U I. récepteurs Rx identiques, il est possible, d’une part, de retrouver le
cas monophasé du côté du générateur et, d’autre part, le cas
triphasé à quatre fils du côté du récepteur.
1.6.2 Alimentation à quatre fils
■ Dans l’association série (figure 18a), on obtient, du côté du
récepteur :
Le lien de puissance réalisé entre générateur et récepteur est
constitué par une distribution triphasée à quatre fils (3 phases et u = v1 + v2 + v3 
neutre) représentée figure 17. 
i = i1 = i2 = i3 
La liaison est caractérisée par les amplitudes complexes des trois
tensions simples [ V 123 ] et des trois courants en ligne [ I 123 ] . u
avec v 1 = v 2 = v 3 = --- ,
3
La puissance instantanée échangée est ici la somme
soit :
v 1 i1 + v 2 i2 + v 3 i3 U 1
et il en résulte pour la puissance instantanée complexe : V h = ---- = --- ( V 1 + V 2 + V 3 )
3 3
p = [ V 123 ] t [ I 123
* ] + [V
123
] t [ I 123 ]e j2 ωt et :
1
En introduisant les composantes symétriques des systèmes de I h = I = --- ( I 1 + I 2 + I 3 ) .
3
tensions et de courant [relation (2) et (14), représentées figures 5
et 8], il vient : La formule générale [relation (18)] s’applique en prenant
p = [ V hdi ] t [ F 3 ] t [ F 3 ] * [ I hdi
* ] + [V
hdi
] t [ F 3 ] t [ F 3 ] [ I hdi ]e j2 ωt Vd = V i = 0 et Id = Ii = 0

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i1
i i
Récepteur
R1 v1
i1 i2 i3
i2

Générateur Récepteur Générateur Récepteur Récepteur Récepteur


u v2 u v1 v2 v3
R2 R1 R2 R3
G G
i3

Récepteur
R3 v3

Port R1 Port R1

v1 i1 v1 i1

u v2 u v2
Port G 1:i Port R2 Port G 0:u Port R2
i i2 i i2

v3 i3 v3 i3

Port R3 Port R3

a jonction série b jonction parallèle

Figure 18 – Alimentations monophasées d’un récepteur triphasé. Couplages série et parallèle

et l’on vérifie : On obtient alors :

p = 3 V h I h* + 3 Vh I h e j2 ωt = U I* +U I e j2 ωt π = 0 e j2 ωt

■ Dans l’association parallèle (figure 18b), on aboutit au même donc p = S = 3 V d I d* = P + j Q


résultat en tenant compte des connexions réalisées :
On constate, comme dans le cas d’une alimentation continue, que
u = v1 = v2 = v3  la puissance instantanée consommée est égale à tout instant à la
 puissance moyenne fournie soit :
i = i1 + i2 + i3 
p (t ) = p = P .
i
avec i 1 = i 2 = i 3 = ---
3

soit : Vh = U
1.6.5 Alimentation à trois fils équilibrée
en tension et déséquilibrée en courant
I
et : I h = ---- .
3 1.6.5.1 Diagramme des puissances
On obtient ainsi deux images concrètes d’un récepteur homopolaire ■ Dans le cas habituel d’un réseau équilibré en tension mais désé-
triphasé. quilibré en courant (charge quelconque), le diagramme des puissan-
ces complexes tracé dans le plan (P, Q) (figure 19) permet de
1.6.4 Liaison équilibrée en tension et courant déterminer géométriquement l’amplitude πmax de la puissance fluc-
tuante complexe π .
Pour une liaison réalisée entre un générateur et un récepteur Les relations générales :
triphasés équilibrés en tension et courant, on a du côté générateur
comme du côté récepteur des composantes homopolaires et S 1 = V 1 I 1* 
inverses nulles, ce qui dispense de l’utilisation d’un fil neutre : 

S 2 = V 2 I 2* 
Vh = Vi = 0  
 S 3 = V 3 I 3* 
Ih = Ii = 0  

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ainsi que l’égalité :


Axe imaginaire
Q
A1
OA 1 + OA 2 + OA 3 = 3 OG
Q1
qui montre que le point G est le centre de gravité du triangle A1A2A3,
d par ailleurs équilatéral.

A2
■ D’après les relations générales [(18)], on a :
Q2 V I*i
aV I*i
π = 3 V I i e j2 ωt (19)
G

a2V I*i tandis que le diagramme des puissances donne le produit V I i* .


S1 En rapprochant ces deux expressions, il vient :
S2
V Id* π max = 3 V I i
= 3 V I i* = 3 V I i

Q3 A3 soit, en notant d le côté du triangle équilatéral A1A2A3,

S3 π max = 3d (20)
Axe réel

O P2 P3 P1 P 1.6.5.2 Méthodes de mesure de p max


De nombreuses formules permettent d’exprimer π max en fonc-
Figure 19 – Puissances complexes pour un récepteur dissymétrique tion des indications de wattmètres donnant P1, P2, P3, Q1, Q2 et Q3.
alimenté par des tensions équilibrées En écrivant l’expression de d directement (figure 19), on obtient :

d 2 = ( P1 Ð P2 ) 2 + ( Q1 Ð Q2 )2
V1 = V = Vd  = ( P2 Ð P3 ) 2 + ( Q2 Ð Q3 )2

et V2 = a 2 V  = ( P3 Ð P1 ) 2 + ( Q3 Ð Q1 )2

V 3 = aV  π max2
= ------------
-
deviennent pour une alimentation à trois fils du récepteur : 3
Les montages permettant d’obtenir, avec les hypothèses de
S 1 = V ( I d* + I i* ) = V I d* + V I i* = P 1 + j Q 1  départ, les puissances actives P1, P2, P3 et réactives Q1, Q2, Q3 sont
 donnés sur le tableau 2.

S 2 = a 2 V ( a I d* + a 2 I i* ) = V I d* + aV I i* = P2 + j Q2  Nota : W veut dire wattmètre ; on a par exemple W BC 1 wattmètre dont le circuit courant
 est parcouru par le courant i1 et dont le circuit tension est soumis à la différence de poten-
S 3 = aV ( a 2 I d* + a I i* ) = V I d* + a 2 V I i* = P3 + j Q3  tiel vB – vC.

Pour réduire à trois le nombre des mesures, on peut utiliser l’iden-
tité trigonométrique :
■ Les triangles des puissances de la figure font apparaître dans ces
conditions 7 vecteurs :
cos 2 x + cos 2  x + ------- + cos 2  x + ------- = ---
2π 4π 3
● les 3 vecteurs :  3  3 2

OA 1 = S 1 
 Les composantes des vecteurs A 1 A 2 , A 2 A 3 et A 3 A 1 (figure 19)

OA 2 = S 2  suivant les axes P et Q s’écrivent en effet (figure 20) :


OA 3 = S 3   P 2 Ð P 1 = d cos α
A1 A2 
 Q 2 Ð Q 1 = d sin α
● le vecteur OG = V I d*

 P 3 Ð P 2 = d cos  α + -------
● les 3 vecteurs formant un système équilibré inverse : 2π
 3
 A2 A3 
GA 1 = V I i*
  Q Ð Q = d sin  α + 2π -------
  3 2  3
GA 2 = aV I i*  

 
GA 3 = a 2 V I i*   P 1 Ð P 3 = d cos  α + -------

 3
On a évidemment les relations vectorielles : A3 A1 
 Q Ð Q = d sin  α + 4π -------
 1 3  3
 
OA 1 = OG + GA 1 
 On en déduit les formules :
OA 2 = OG + GA 2 

OA 3 = OG + GA 3 
3
( P 2 Ð P 1 ) 2 + ( P 3 Ð P 2 ) 2 + ( P 1 Ð P 3 ) 2 = --- d 2
2

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Tableau 2 – Mesure des puissances actives et réactives consommées par un récepteur triphasé dissymétrique équilibré
en tension

I1 I1
A A
1 1
Montage WAN WBC

N B C

C
V
N A
ϕ
1
I1

V
– jV 3 A
ϕ
1
π I1

2
Diagramme vectoriel

π
1
W BC = 3 V I 1 cos  ϕ 1 Ð ---
 2
1
W AN = V I 1 cos ϕ 1
= 3 V I 1 sin ϕ 1

 Q 2 = W CA ⁄ ( 3 )
2 1 2
1  2
P = W BN W BC
Formule P 1 = W AN  3
Q 1 = ------------ 
 P 3 = W CN 3  Q 3 = W AB 3
⁄ ( 3)

et :
A2 P2
π max = 2 ( Q1 Ð Q2 )2 + ( Q2 Ð Q3 )2 + ( Q3 Ð Q1 )2 (22)
Q2
Q
2π Cette dernière formule conduit à la méthode des trois wattmètres,
α+ en adoptant d’abord les notations qui précisent le branchement des
3
appareils :
1
W BC
Q 1 = ------------ ,
3
2
α W CA
Q 2 = ------------- ,
3
A3 P3 A1 P1 3
W AB
Q3 Q1 Q 3 = ------------
-

α+ 3
3
O P et en remarquant ensuite que la valeur de πmax est inchangée si l’on

Figure 20 – Diagramme des puissances d’une distribution triphasée ajoute un déphasage de ------- à toutes les tensions.
3
équilibrée en tension et déséquilibrée en courant
Cette opération se traduit, dans la formule (22) utilisant les puis-
sances réactives, par les substitutions :
3
et : ( Q 2 Ð Q 1 ) 2 + ( Q 3 Ð Q 2 ) 2 + ( Q 1 Ð Q 3 ) 2 = --- d 2 A ← C, B ← A, C ← B
2
soit, d’après la relation (20) : soit : ABC ← CAB
et :
π max = 2 ( P1 Ð P2 ) 2 + ( P2 Ð P3 ) 2 + ( P3 Ð P1 ) 2 (21) AB ← CA, BC ← AB, CA ← BC

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I1
*
A
1
WAB
I2
I2 * I1
Générateur *
B Récepteur
équilibré 2
W BC dissymétrique
en tension
I3
* I3
I3
* a 2 I1
C
3
WCA – ∆I a I1
I2 Ii
*
∆I
Figure 21 – Mesure de l’amplitude de la puissance fluctuante
par une méthode wattmétrique

Figure 23 – Construction vectorielle de la composante inverse


On obtient en définitive : des courants en ligne dans une distribution à 3 fils équilibrée
en tension et déséquilibrée en courant

2
π max = --- ( W AB
1 Ð W 2 )2 + ( W 2 Ð W 3 )2 + ( W 3 Ð W 1 )2 .
BC BC CA CA AB
3 On a, par ailleurs :
I 2 = a 2 I 1 + ∆I
Le montage correspondant est donné sur la figure 21.
et I 3 = a I 1 Ð ∆I
1.6.5.3 Utilisation des courants en ligne Dans ces conditions, la puissance fluctuante complexe s’écrit :

Le module de la puissance fluctuante complexe peut s’obtenir π (t ) = ( V 1 I 1 + V 2 I 2 + V 3 I 3 )e j2 ωt


facilement à partir des courants en ligne absorbés par une charge
déséquilibrée. Il suffit pour cela de considérer que le déséquilibre = V I 1 + a 2 V ( a 2 I 1 + ∆I ) + aV ( a I 1 Ð ∆I ) e j2 ωt (23)
est provoqué par un récepteur monophasé connecté entre deux
= ( a2 Ð a)V ∆I e j2 ωt = Ð j 3 V ∆I e j2 ωt
phases d’un récepteur symétrique (figure 22).
Pour le récepteur symétrique, on a : Le courant efficace absorbé par le récepteur monophasé est donc
proportionnel à πmax pour V donné et, si l’on considère la tension
V 1 = V, composée U du générateur, on obtient :
V2 = a 2 V
π max = U ∆ I
et V 3 = aV
tandis que les courants sont de la forme : qui correspond à la puissance apparente mise en jeu dans la charge
fictive monophasée.
I 1 , a 2 I 1 et a I 1 .
Le courant de déséquilibre ∆ I est également proportionnel à
la composante inverse des courants absorbés car, en rappro-
chant l’expression (23) de sa forme générale [relation (19)], on
obtient :
V π = 3 V I i e j2 ωt = Ð j 3 V ∆ I e j2 ωt
I1 I1
soit :
3 Ii = Ð j ∆ I
a2V
2
I2 a I1 Récepteur et : ∆I = 3 Ii .
symétrique
On en déduit (figure 23), une construction graphique rapide
a V ∆I de la composante inverse des courants en ligne.
I3 a I1

U1
1.7 Applications des composantes
symétriques
Récepteur Récepteur
monophasé dissymétrique
1.7.1 Quantification du déséquilibre d’un réseau

Figure 22 – Dissymétrie créée par une charge monophasée : Le déséquilibre d’un système de trois grandeurs vectorielles ou
courant de déséquilibre complexe peut être caractérisé par les facteurs suivants formés avec

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les normes ou les modules des composantes symétriques


correspondantes : I Z A
composante inverse
— facteur de dissymétrie = ---------------------------------------------------------
composante directe
composante homopolaire
— facteur d’asymétrie = ------------------------------------------------------------------------- E I CC
composante directe
Pour un système de grandeurs composées ∆1, ∆2, ∆3, la formule
de Kennely fournit le facteur de dissymétrie.
Pour un triangle de côtés a, b, c, pour lequel on exprime le demi- N
périmètre 3 et la surface 6 par :
Figure 24 – Court-circuit sur générateur de Thévenin monophasé
a+b+c 
3 = ---------------------- 
2 
6 = [3(3 Ð a)(3 Ð b)(3 Ð c)] 1 ⁄ 2  — Z est son impédance interne :

 V AN
on a : Z =  -----------
 I E = 0
a 2 + b 2 + c 2 26
∆ d2 = ------------------------------- + -------- 
6 3  — Y est son admittance :

2 a 2 + b 2 + c 2 26   I 
∆ i = ------------------------------- Ð -------- 
6 3 Y =  -----------
 V AN E = 0
La définition des puissances complexes apparente S et fluc-
tuante π fournit le coefficient de Darrieus indépendant du nombre On obtient alors le courant de court-circuit :
de phases du réseau considéré :
E
π max I cc = ----- = EY . (25)
ν = -----------
- (24)
Z
S
■ Dans le cas triphasé, la présence de trois ou quatre fils d’alimen-
Dans le cas monophasé : tation entraîne cinq types de courts-circuits dont trois conduisent
ν = 1, nécessairement à un fonctionnement déséquilibré du générateur
(figure 25).
tandis que, en triphasé équilibré en tension :
I 1.7.2.2 Modèles complexes symétriques
ν = ----i = µ
Id Pour utiliser les composantes symétriques dans le calcul des
courants de court-circuit, on raisonne sur les schémas équivalents
facteur de dissymétrie en courant. monophasés correspondant aux trois systèmes symétriques (homo-
Dans le cas général d’un réseau déséquilibré à la fois en tension polaire, direct ou inverse) du générateur triphasé supposé égale-
et en courant, ν est donné par la formule : ment symétrique.

ε 2 + µ 2 + 2 εµ cos ( ϕ i Ð ϕ d )
ν = -------------------------------------------------------------------------------
-
1 + ε 2 + µ 2 + 2 εµ cos ( ϕ i Ð ϕ d )
V Générateur
avec ε = ------i facteur de dissymétrie en tension, triphasé
Vd
symétrique
I A B C N
µ = ----i facteur de dissymétrie en courant,
Id
ϕ i = Arg V i Ð Arg I i
A B C N court-circuit phases-neutre
équilibré
et ϕ d = Arg V d Ð Arg I d
On retrouve ν = µ lorsque ε = 0. A B C N courts-circuits phases-neutre
déséquilibrés (trois cas)

1.7.2 Calcul des courants de court-circuit A B C N courts-circuits phase-neutre


déséquilibrés (trois cas)
1.7.2.1 Généralités
■ Dans le cas d’un réseau monophasé (figure 24), le courant de A B C N court-circuit entre phases
court-circuit I cc s’obtient simplement à partir des éléments du équilibré
générateur série ou parallèle équivalent au réseau considéré :
— E est l’amplitude complexe de la f.é.m. (force électromotrice) A B C N courts-circuits entre phases
à vide du générateur : déséquilibrés (trois cas)

E = ( V AN ) I=0 Figure 25 – Configurations de courts-circuits en triphasé

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La symétrie du générateur est réalisée lorsque son impédance et


son admittance interne ont la forme matricielle suivante :
Ih Ih
Zh
Z Z ′ Z ′′ Eh Vh Yh Eh Zh Vh

[Z] = Z ′′ Z Z′
Z ′ Z ′′ Z
Id Zd Id
Y Y ′ Y ′′ Ed Vd Yd Ed Zd Vd

ou [Y] = [Z ] Ð1 = Y ′′ Y Y′ .
Y ′ Y ′′ Y
Ii Zi Ii
Dans ces conditions, les équations des mailles constituées par les
Ei Vi Yi E i Zi Vi
trois phases du générateur peuvent être regroupées dans une
expression matricielle unique qui rend compte du système triphasé
des forces électromotrices [ E 123 ] généralement équilibré. Elle
prend les deux formes équivalentes suivantes :
Figure 26 – Schémas équivalents aux générateurs associés
[ V 123 ] = [ E 123 ] Ð [ Z ] [ I 123 ]  aux composantes symétriques du système
 (26)
[ I 123 ] = [ Y ] [ E 123 ] Ð [ Y ] [ V 123 ] 

En introduisant les composantes symétriques des trois systèmes Le tableau 3 précise, pour un générateur donnant des tensions à
triphasés en présence (cf. relation (11) et tableau 1], on obtient : vide équilibrées dans le sens direct de composante directe E d , les
simplifications observées dans les composantes symétriques
[ V hdi ] = [ E hdi ] Ð [ Z λ ] [ I hdi ]  correspondantes.
 (27)
[ I hdi ] = [ Y λ ] [ E hdi ] Ð [ Y λ ] [ V hdi ] 

Zh 0 0
Tableau 3 – Contraintes dues aux différentes configurations
avec [ Z λ] = 0 Zd 0 , de court-circuit
0 0 Zi

Yh 0 0 3 I3cc 3 3 3

[ Y λ] = 0 Yd 0 , Défaut 2 I2cc 2 2 2 I2cc


1 I1cc 1 I1cc 1 I1cc 1 I1cc
0 0 Yi
N N N N

Z V1 0 0 0
V
[ Z hdi ] = [ F 3 ] Z ′ ,
Z ′′ V2 0 V2 V 0

V3 0 V3 V3 V
Y
et [ Y hdi ] = [ F 3 ] Y ′ , . I1 I 1cc = E d Y d I cc I cc I 1cc
Y ′′
I2 I 2cc = a 2 E d Y d 0 Ð I cc I 2cc
On arrive ainsi aux circuits équivalents complexes indépendants
de la figure 26 qui présentent indifféremment des sources de I3 I 3cc = aE d Y d 0 0 0
tension ou de courant liées aux composantes symétriques du
système des forces électromotrices du générateur.
Vh 0 0 V⁄3

S’il n’y a pas de couplage entre phases dans le générateur Vd 0 ? a2 ( V ⁄ 3 )


( Z ′ = Z ′′ = 0 ) , les impédances Z h , Z d et Z i sont égales. ?
Si le couplage entre phases est le même vers l’avant et vers Vi 0 a(V ⁄ 3)
l’arrière (Z ’ = Z ’’), seules les impédances Z d et Z i sont égales.
Ih 0 I cc ⁄ 3 0
1.7.2.3 Méthode de calcul des courants de court-circuit
Id Ed Yd I cc ⁄ 3 ( 1 Ð a ) I cc ⁄ 3 ?
■ La procédure de calcul consiste à prendre en compte, dans un
premier temps, les caractéristiques des tensions ( V 1, V 2, V 3 ) et cou- Ii 0 I cc ⁄ 3 ( 1 Ð a 2 ) I cc ⁄ 3
rants ( I 1, I 2, I 3 ) au niveau du défaut.

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■ En second lieu, il convient de tenir compte des équations des et V 1 = V 2 entraîne :


3 générateurs symétriques et d’en tirer :
V d + V i = a 2 V d + aV i
— soit le courant de court-circuit I cc dans le cas d’un court-cir-
cuit simple (entre 1 et N ou entre 1 et 2) ; soit : Vd ( 1 Ð a 2 ) + Vi ( 1 Ð a ) = 0
— soit la tension V pour un court-circuit double (entre 1, 2 et N).
● Dans le premier cas (court-circuit 1 – N), on obtient :
3 Ed
d’où - .
I cc = ----------------------------------------
( 1 Ð a ) ( Zd + Zi )
I cc 
0 = V h + Z h --------- 
3 
 ● Dans le troisième cas (court-circuit 1 – 2 – N), on obtient :
I cc 
E d = V d + Z d ---------  V
3  0 = ---- + Z h I 

I cc 
3

0 = V i + Z i ---------  a2 V 
3
 E d = ---------- + Z d I d 
3 
aV 
0 = ------- + Z i I i 
et V1 = 0 = Vh + Vd + Vi
3
3 Ed et I 3 = 0 entraîne :
soit - .
I cc = ------------------------------
Zh + Zd + Zi
I h + a I d + a2 I i = 0
● Dans le second cas (court-circuit 1 – 2), il vient :
3 a Ed Yd
d’où : V = -------------------------------
-.
0 = Vh  Yh + Yd + Yi

I cc  Dans ces conditions, toutes les grandeurs au niveau du court-
E d = V d + Z d ( 1 Ð a ) ---------  circuit peuvent être exprimées en fonction des données E d , Z h , Z d
3 
 et Z i .
I cc 
0 = V i + Z i ( 1 Ð a 2 ) ---------  Le tableau 4 précise les résultats obtenus pour les configurations
3 
choisies tableau 3.

Tableau 4 – Courts-circuits triphasés : tensions et courants de défaut

3 3 3 3 3
Défaut 2 2 2 2 2
V3cc
1 1 1 I1cc 1 I1cc 1
N N N N N

I 1cc Z i
V1 Ed 0 0 ----------------
- 0
j 3

I 1cc I 1cc Z i
V2 a 2 Ed 0 Ð ------------ ( aZ h Ð Z i ) ----------------
- 0
j 3 j 3

I 1cc 2 I 1cc Z i 3 a Ed Yd
V3 aE d 0 - ( a 2 Zh Ð Zi )
----------- Ð --------------------- -------------------------------
-
j 3 j 3 Yh + Yd + Yi

Ed 3 Ed j 3 a Ed V 3cc
I1 0 ------ ------------------------------
- Ð ------------------------ Ð ----------- ( aY h Ð Y i )
Zd Zh + Zd + Zi Zd + Zi j 3

a 2 Ed j 3 a Ed V 3cc
I2 0 ------------- 0 ------------------------ - (Y Ð aY i )
------------
Zd Zd + Zi ja 3 h

a Ed
I3 0 ------------ 0 0 0
Zd

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2. Transformateurs
B N .6
B

2.1 Transformateur monophasé côté


N
côté
dL entrée sortie
i
i
L’étude de transformateur monophasé permet de donner les prin- dL
f.é.m. dϕ
cipales conventions, notations et propriétés physiques dans le cas :– avance (N )
d'induction dt
où un circuit magnétique principal porte deux enroulements
distincts.
N
Les résultats relatifs au régime sinusoïdal peuvent alors être rotation (dL)
6
étendus aux transformateurs triphasés équilibrés et déséquilibrés.

2.1.1 Bobine à noyau de fer Figure 28 – Orientations relatives des circuits électrique
et magnétique du système et conventions de signe

2.1.1.1 Équations de base


En revanche, du fait de la perméabilité relative élevée du matériau
On considère un enroulement unique de n spires, de résistance r, ferromagnétique, le tube d’induction se refermant dans le fer peut
soumis à une tension u (t) variable et disposé sur un circuit magné- être confondu avec le volume défini par les culasses et les noyaux.
tique supposé homogène de perméabilité µ = µ0 µr, de section
moyenne 6 , de longueur + et de volume : On peut y considérer une induction B en tout point colinéaire avec
9 = 6+ (28) la normale N à la section droite 6 de ce circuit magnétique orienté
par la règle du tire-bouchon de Maxwell (figure 28).
■ Les lignes d’induction se trouvent en grande majorité dans le
■ Le flux ϕ traversant la section 6 du noyau est donné par le pro-
matériau ferromagnétique, mais quelques-unes ( B f ) s’échappent duit scalaire :
pour se refermer dans l’air (figure 27).
Indépendamment de toute hypothèse sur la disposition des lignes ϕ = B ⋅N 6. (30)
d’induction dans l’air, on peut admettre la proportionnalité du flux
de fuite totalisé ψf au courant i dans le bobinage. On a donc ϕ positif dans le sens de B lorsque i a le sens de d+ .
On définit alors une inductance de fuite < conformément à Cette relation se simplifie pour donner :
l’expression : — le flux utile par spire :
ψf = < i (29) ϕ = B 6 (31)
grandeur algébrique comptée positivement dans le sens de N ;
— le flux utile total créé par le matériau magnétique pour les
n spires de l’enroulement :
r
nϕ = n B 6 (32)
i
Dans ces conditions, le flux totalisé ψ embrassé par les n spires
u e' du bobinage s’obtient en ajoutant les flux utiles au flux de fuite :

Fer ψ = nϕ + < i (33)


(perméabilité : µ = µr µ0)
■ Le système est alors régi par l’ensemble des quatre équations
suivantes :
6 N — l’équation de la maille électrique (figure 27) :

Bf u + e ′ = ri (34)
i — l’équation du milieu ferromagnétique liant en tout point le vec-
teur induction magnétique B au champ magnétique (ou excitation
u n
{ i
i e'
B

B
magnétique) H :
i dL
B = µ H = µ0 µr H (35)
Air
(perméabilité : µ0 = 4π . 10– 7 H . m– 1) — les équations de couplage entre domaines électrique et
magnétique données par :
• la loi de Faraday :
dψ dϕ di
Figure 27 – Circuit électrique équivalent à une bobine e ′ = Ð -------- = Ð n ------- Ð < ------ (36)
comportant un noyau ferromagnétique dt dt dt

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• le théorème d’Ampère : 2.1.1.3 Modèle linéaire


La seule hypothèse nécessaire à la linéarisation du système

°∫
B
ni = H ⋅ d+ = H + = ---- + (37) consiste à admettre que, dans le domaine de fonctionnement, il y a
µ proportionnalité entre le champ magnétique créé par les ampères-
C
tours d’excitation et l’induction magnétique au sein du matériau.
d+ désigne un élément de longueur orienté placé sur une ligne Comme on a, d’après les relations (35) et (37) :
d’induction (C) fermée, de longueur totale + , se refermant dans le
fer. ni
B = µH = µ ------ ,
Le théorème d’Ampère prend alors la forme d’Hopkinson : +

% = 5ϕ (38) il en résulte que la perméabilité µ est constante.


L’énergie stockée [relations (39) et (38)] pendant l’intervalle de
pour laquelle : temps dt s’écrit alors :
— % (At) est la force magnétomotrice :
9 ni
% = ni 9 H d B = ---- B d B = +6 ------- d B = ni d ϕ = 5 ϕ d ϕ .
µ +
— ϕ (Wb) est le flux dans une section droite du circuit magné-
tique : En introduisant le courant i, on aboutit aux formes équivalentes :
ϕ = B 6,
n2
— 5 (H–1) est la réluctance du circuit magnétique : 9 H d B = 5 ϕ d ϕ = L µ i d i = ------ i d i (40)
5
1 +
5 = --- ------
µ 6 On retrouve ainsi la définition de l’inductance magnétisante de la
bobine, exprimée en henrys, qui prend en compte, à la fois, les
Cette image n’a de sens physique que lorsque les dimensions du caractéristiques magnétiques et électriques du système :
circuit sont bien définies et lorsque la perméabilité relative appa-
rente du matériau est élevée (entre 103 et 104).
n2 n2 6
L µ = ------ = µ -------------- (41)
5 +
2.1.1.2 Bilan énergétique

La puissance instantanée ui fournie à la bobine par la source de Cette hypothèse conduit à un schéma électrique équivalent
tension est consommée de la manière suivante : comportant simplement l’inductance de fuite < et l’inductance
— par effet Joule dans le conducteur… : terme ri 2 magnétisante Lµ placées en série (figure 30).
— pour stocker de l’énergie dans l’air… : terme L’analyse causale réalisée sur le graphe de liaison de la figure 31
montre que le flux totalisé d’induction
< i ------ = ------  --- < i 2 
di d 1
dt dt 2  ψ = < i + nϕ = < i + L µ i

— pour stocker de l’énergie dans le fer : terme ni ------- . peut être utilisé comme variable d’état pour organiser le flux de
dt
Comme on a, d’après les relations (37) et (31) : données d’un modèle numérique ou analogique permettant la simu-
lation du système.
ni = H +
et :
Il est possible, à partir de ces résultats, d’introduire la satura-
ϕ = B 6 1
tion du matériau en substituant à la transmittance ------ une rela-

on obtient avec l’équation (28) :
tion non linéaire instantanée du type
dϕ dB
ni ------- = 9 H -------- (39) i = i ( nϕ ) ,
dt dt
L’arbre des puissances instantanées du dispositif est alors donné ni = ni ( ϕ ) ,
sur la figure 29.
ou H = H (B )

sans altérer l’arbre de puissance de la figure 29.


En considérant le graphe de liaison de la figure 32, qui repré-
di
ri2 ,i sente tous les stockages énergétiques envisagés, on s’aperçoit
dt
que l’on introduit un coefficient du gyrateur k pour lequel la per-
méabilité µ dépend de manière instantanée de l’induction B.
dB
ui 9H Les relations du gyrateur sont les suivantes :
dt
+
i = ------- ⋅ B
Domaine électrique Domaine magnétique nµ
9 dB + dϕ
Figure 29 – Arbre des puissances instantanées d’une bobine ---- -------- = ------- ⋅ n -------
µ dt nµ dt
à noyau ferromagnétique

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i
DÉBUT
,
r

u Lµ u = u (t )

.
ψ (t ) = u – r i (t )

.
Figure 30 – Modèle électrique linéaire d’une bobine à noyau de fer ψ (t + h ) = ψ (t ) + h ψ (t )

n ϕ(t ) = ψ (t ) – , i (t )

Port dissipatif
i (t ) = i (n ϕ)
R:r I:, Ports de stockage
Source d'effort inertiel
di t=t+h
ri i , i
dt dϕ
n
u e' dt
Se : u 1:i 1:i I : Lµ Figure 33 – Modèle numérique non linéaire d’une bobine
i i i
à noyau de fer
variable d'état : ψ = ,i +nϕ
2.1.2 Circuits couplés

+ +
u dt
edt ψ nϕ 1

i Le champ d’induction B intense et homogène créé au sein du
domaine délimité par un circuit taillé dans un matériau de perméa-
– – bilité relative élevée permet la réalisation d’un convertisseur
ri ,i statique d’énergie électrique dont les ports d’alimentation et d’utili-
sation sont deux enroulements exposés à ce même champ d’induc-
r ,
tion B .
Le schéma de la figure 34 précise les notations utilisées ainsi que
la convention qui désigne la source d’énergie (source de tension u1)
reliée à l’enroulement primaire de n1 spires, tandis que l’enroule-
Figure 31 – Graphe de liaison et flux de données du modèle linéaire ment secondaire de n2 spires se trouve placé en position de généra-
teur pour une charge éventuelle.

Les orientations relatives des circuits électriques ( d+ 1 et d+ 2 )


Port de Port de
dissipation stockage inertiel ainsi que du circuit magnétique N et B sont alors données sur la
Port de figure 34, conformément aux règles introduites sur la figure 28.
R:r I:, stockage
Source d'effort d'énergie ■ Les f.é.m. d’induction induites par les flux embrassés par les
di L potentielle deux bobinages s’écrivent :
ri i , i k :n µ
dt dϕ
u e'
n
dt B 9
d ψ1
Se : u 1:i 1:i GY C: µ e 1′ = Ð -----------
i i i dt
9 dB (42)
Jonction Jonction µ dt d ψ2
série série Gyrateur e ′2 = Ð -----------
dt

Figure 32 – Graphe de liaison d’une bobine En posant [relations (30) et (31)] ϕ = B ⋅ N 6 = B 6 , il vient :
à noyau de fer dénuée de pertes fer
ψ 1 = n1 ϕ + <1 i1 Ð m i2 

ψ 2 = n 2 ϕ + mi 1 Ð < 2 i 2 
1
Sur le schéma de la figure 31, le bloc ------ peut être remplacé par
Lµ • n1ϕ et n2ϕ sont respectivement les flux totalisés au primaire et
un bloc non linéaire régi par la relation rigide au secondaire correspondant aux lignes de champ situées dans le
fer ;
i = i (nϕ)
• < 1 i 1 et < 2 i 2 sont les flux totaux au primaire et au secondaire
L’organigramme de la figure 33 utilise les flux de données décrits définissant les inductances propres de fuite primaire et secon-
par le graphe de liens causal ainsi que par le schéma fonctionnel de
daire < 1 et < 2 ;
la figure 31. Ce modèle numérique restitue le comportement transi-
toire du système quelle que soit la forme d’onde de la source u (t), à • – m i2 et m i1 sont les flux totaux au primaire et au secondaire
condition de fixer un pas de calcul h très inférieur à la constante de correspondant à l’inductance mutuelle m créée par les lignes de
< champ situées dans l’air et enserrées à la fois par des conducteurs
temps --- . appartenant aux circuits primaire et secondaire (figure 35).
r

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i1 i2

N6 N B
u1 u2
i1
i1 d L1 n1 n2
i2
e'1
i1
– i2 dL
2 i2
( µ0) e'2 u2
u1

– i2 i2 r1 r2
i1
i2
i1 e'1
u1 e'2 u2
i1 i1 – i2

( µ, 9)

Port Port
Figure 34 – Dispositif de conversion d’énergie
d'alimentation d'utilisation
par couplage électromagnétique

Cela signifie, pratiquement, qu’un échelon de courant imposé au


i1 i2 secondaire provoque l’apparition d’un échelon d’intensité primaire
m
dans le rapport du nombre de spires sans entraîner de modification
r1 ,1 ,2 r2 ni de la tension u1, ni de la force contre-électromotrice d’induction
u1
dϕ dϕ u2 dϕ
– n1 – n2 n 1 ------- . Ce phénomène est mis à profit dans les alimentations à
dt dt dt
i1
découpage et les transformateurs d’impulsions.
– i2
Lorsque le couplage des inductances propres de fuites < 1 et < 2
est lâche, les équations des mailles électriques primaire et secon-
daire deviennent :
Figure 35 – Schéma électrique des circuits primaire et secondaire
n1 d i1 d n1 
u 1 = r 1 i 1 +  < 1 Ð m ------ -------- + ------  n 1 ϕ + m ------ i 1µ

■ Pour rendre le flux utile ϕ indépendant de la charge du circuit n2 d t d t n2 
secondaire, il faut réaliser un couplage serré des inductances de  (45)
n2  d  n1    n 2 d i 2 
fuite primaire et secondaire en s’efforçant, par construction, de ------ ------ n 1 ϕ + m ------ i 1µ = r 2 i 2 + < 2 Ð m ------ -------- + u 2 
satisfaire la relation : n1  d t  n2   n 1 d t 
< < m
-----12- = -----22- = ------------- . ■ Pour obtenir un modèle d’état de ce système, on s’appuie sur
n1 n2 n1 n2
les observations suivantes.
On peut définir, au primaire, un courant magnétisant i1µ influencé
exclusivement par l’induction B et écrire à chaque instant : ●La variable B caractérisant le champ d’induction B dans le fer
1 9
n2 est une variable d’état liée à l’énergie --- ---- B 2 stockée dans ce maté-
i 1 (t ) = ------ i 2 (t ) + i 1µ (B (t ) ) (43) 2 µ
n1 riau.
soit pour la maille primaire : ● L’énergie stockée dans l’air intervient si, d’une part, le courant
primaire est très supérieur au courant magnétisant et si, d’autre
dϕ n d i2 d i 1µ
u 1 Ð n 1 ------- Ð  < 1 -----2- Ð m -------- Ð < 1 ----------- = r 1 i 1 part, le couplage des inductances de fuite est lâche.
dt n1 dt dt
On obtient, alors, dans cette hypothèse :
dϕ d i 1µ
n n
u 1 = r 1 i 1 + n 1 ------- + < 1 ----------- . 1 
--- < 1 Ð m -----1- i 12 + ---  < 2 Ð m -----2- i 22 = --- L 2 i 22
d’où : 1 1
dt dt
2  n 2 2  n 1 2
On montre ainsi que, à la condition que i1µ soit faible devant i1 et
que les variations de ϕ ou de B soient lentes, il est possible de véri- avec :
fier les relations instantanées :
n2 2 n2
n2  L 2 = < 2 +  ------ < 1 Ð 2 m ------ . (46)
i 1 = ------ i 2  n1 n1
n1 
 (44)
dϕ  Cette inductance ramenée au secondaire s’annule pour un
u 1 = r 1 i 1 + n 1 -------  couplage serré et l’on vérifie que le graphe de liaison de la figure 36
dt
 concilie le système réel et son modèle.

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d’énergie cinétique de type I et potentielle de type C) est représenté


R : r1 R : r2 sur la figure 37.
r1 i1 i1 n2 r2 i 2 i2 ■ L’organisation causale du système est explicitée par le schéma
n1 dϕ n1 n2 dϕ
fonctionnel de la figure 38 à structure en échelle qui fait apparaître
u1 n1 dϕ u2
dt dt dt les variables de tension, de flux d’induction et de courant sur trois
Se : u1 1 : i1 0 : n1 dϕ TF 1 : i2
i1 i1 dt n i2 i2 axes horizontaux.
2i
Port n1 2 di2 Port On peut, dans ces conditions, adopter une image plus familière
n1 dϕ i1µ L2 i
d'alimentation dt dt 2 d'utilisation totalement électrique en utilisant des sources liées de tension ou de
L
courant, qui respectent, par définition, les liaisons causales du
GY I : L2 modèle.
n1 µ
9 dB Cette approche permet de définir le concept d’un bloc idéal de
B µ dt transformation qui coïncide, sous certaines conditions, avec
9 l’élément TF des graphes de liaison (figure 39).
C:
µ

Figure 36 – Graphe de liaison du système de deux circuits couplés La présence du flux de fuite L2i2 totalisé au secondaire a pour
conséquence, si l’on ne veut pas remettre en question le modèle
du convertisseur, d’impliquer, pour la charge, soit un port pure-
ment dissipatif, soit un port de stockage capacitif imposant au
Dissipation secondaire la tension u2 comme variable d’état.
r1 i 2 r2 i 22 Si l’on déroge à cette règle d’alternance de la nature des sour-
ces pour l’association générateur-récepteur, il est clair qu’il fau-
u1 i1 n1 i1 dϕ n2 i2 dϕ u 2 i2
dt dt dra intégrer la charge au modèle du circuit électrique
Alimentation Utilisation secondaire, ce qui signifie qu’il ne sera plus possible d’associer
simplement les modèles établis séparément du convertisseur et
de sa charge pour obtenir un modèle global.
Lorsque la puissance utile instantanée u2i2 est nulle, le
dB d 1 L i2
9H
dt (
dt 2 2 2 ) modèle du convertisseur n’est pas remis en cause et l’on pourra
accéder au courant magnétisant i1µ en ouvrant le circuit secon-
Stockage
daire et aux paramètres r1, r2 et L2 en refermant ce circuit sur un
Figure 37 – Arbre des puissances instantanées du système court-circuit. On peut remarquer que, pour ce dernier essai, réa-
de deux circuits couplés lisé nécessairement sous tension réduite, l’énergie stockée dans
le fer devient négligeable devant l’énergie stockée dans l’air : le
courant magnétisant peut alors être négligé, ce qui donne
■ L’arbre donnant le bilan des puissances instantanées consom- l’impression que le convertisseur a « perdu » son circuit magné-
mées (ports dissipatifs de type R) et stockées (ports de stockage tique principal.

u1 + n1 dϕ n2 dϕ + + – u2 Axe des
dt n2 dt
n1 tensions
– – (volts)

edt
edt Axe des
r1 n1 ϕ r2 flux
L2 i2 d'induction
(webers)
1
L2
+ n2
i1µ i Axe des
i1 n1 2 n2 i2 i2
n1 courants Figure 38 – Modèle d’état
+ (ampères) du système de deux circuits
couplés

r1 r2 L2
i1 i2

n
u1(t ) e1 ( n21 ) n2
e
n1 1
u2
n2
i1µ (e1) i i2
n1 2
Transformateur idéal
Alimentation Transformateur Utilisation
Figure 39 – Modèle électrique causal
dϕ aux sources liées du système
e1 = n1 force contre-électromotrice d'induction primaire
dt de deux circuits couplés

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2.1.3 Constitution des transformateurs


de distribution
A B
2.1.3.1 Circuits magnétiques
La forme et les dimensions des circuits magnétiques de distribu-
tion dépendent essentiellement de la puissance apparente
convertie. Ils sont formés de tôles de fer doux, dont l’épaisseur varie
de 0,35 à 0,4 mm, assemblées pour former 2, 3 ou 5 colonnes Coupes AB
Ruban Ruban
situées dans l’axe des enroulements et reliées transversalement par
des culasses de section légèrement supérieure à celle des colonnes
de façon à assurer, au sein du matériau, une induction magnétique
identique dans tous les tronçons.
Tôles plates Tôles plates
Les joints qui assurent la continuité du circuit magnétique sont
généralement imbriqués pour réduire l’épaisseur de l’entrefer plan noyau torique 2 colonnes, 3 colonnes,
équivalent, à environ 0,05 mm par joint. 2 culasses 2 culasses

■ La présence des joints, qui majore le courant magnétisant, peut Figure 40 – Circuits magnétiques pour transformateurs monophasés
être évitée, pour les transformateurs monophasés de petites puis-
sances en utilisant un ruban métallique enroulé (figure 40). Ce pro-
cédé permet de réaliser un circuit magnétique dont la perméabilité Axes des enroulements Axes des enroulements
apparente est très proche de celle du matériau.
La masse M de fer utilisée, exprimée en kg, est sensiblement
proportionnelle à la puissance apparente convertie S, donnée en A B
kVA, soit :
M=KS
avec :
3, 5 < K < 5 si 10 > S > 2  Structure à 3 colonnes Structure à 5 colonnes
 et 2 culasses et 2 culasses
2, 75 < K < 3, 5 si 100 > S > 10 

2 < K < 2, 75 si 1 000 > S > 100 
Sections A – B
■ Pour les transformateurs triphasés de forte puissance, on adopte
des dispositions à 3 ou 5 colonnes, et, pour éviter d’introduire un
espace entre colonnes et enroulement, la section des colonnes est Figure 41 – Circuits magnétiques pour transformateurs triphasés
plus arrondie, tandis que les angles vifs des culasses sont adoucis
(figure 41).
Ces structures doivent être mécaniquement sérieusement frettées
et immobilisées pour réduire les vibrations occasionnées par le Colonne Colonne Colonne
phénomène de magnétostriction dans les tôles.

2.1.3.2 Enroulements
■ Il existe une grande diversité de dispositions des enroulements, BT BT
qui obéissent cependant à quelques règles dictées par des

Galettes de choc
HT HT
considérations : BT BT
HT BT BT HT BT HT BT BT HT BT
— magnétiques (réduire les espaces de perméabilité relative fai-
ble entre nappes de courants et matériau magnétique) ;
— diélectriques (ménager des intervalles où placer des isolants) ; HT HT
— électriques (réaliser les connexions aux réseaux situés en BT BT
Fer Fer
amont et en aval du transformateur) ;
— thermiques (prévoir la circulation de fluides caloporteurs (air
ou huile).
■ Pour les transformateurs de distribution, chaque colonne a enroulement concentrique b enroulement alterné
porte au moins deux enroulements :
— un primaire associé généralement à la haute tension (HT) ; Figure 42 – Dispositions, par colonne, des enroulements
— un secondaire associé à la basse tension (BT). primaire et secondaire
Ils sont constitués de fils conducteurs en cuivre ou en aluminium
de section circulaire ou rectangulaire :
— les fils ronds présentent un diamètre inférieur à 3 mm, cette ● Les enroulements HT et BT, rarement situés sur des colonnes
valeur étant liée à l’effet de peau à la fréquence de fonctionnement différentes pour favoriser le couplage serré des inductances de fui-
(50 Hz) ; tes propres, sont presque toujours concentriques avec l’enroule-
— les méplats sont utilisés pour les connexions ; ils sont disposés ment BT placé à l’intérieur (figure 42a). Lorsque celui-ci est traversé
dans l’axe des colonnes pour éviter qu’ils ne soient le siège de cou- par de forts courants, on ramène les spires BT à l’extérieur pour
rants de Foucault intenses. pouvoir réaliser des connexions.
Tous ces conducteurs doivent en outre être immobilisés mécani- ● La disposition alternée (figure 42b) consiste à superposer
quement car ils transmettent, en charge, des forces de Laplace autour d’une même colonne des galettes BT et HT, en les séparant
importantes, qui occasionnent des vibrations supplémentaires. par des isolants et en disposant des galettes BT aux extrémités.

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Le bobinage HT est toujours divisé en galettes dont la tension est D’après la relation (44), il est possible de remplacer B par u1 dans
limitée à 1 000 V pour éviter un claquage des isolants. la relation (43) :
Les premiers éléments situés près des extrémités sont soumis à n2
des contraintes diélectriques sévères du fait de surtensions ; ils i 1 = i 1µ ( u 1 ) + ------ i 2
n1
comportent donc moins de spires (entre 2 et 3 % de moins) et
forment alors des galettes dites de choc. Le nombre de ces galettes, il vient alors :
pour un transformateur donné, dépend de son type (monophasé ou i1 i 1µ n 2
triphasé) et du couplage HT utilisé en triphasé. - + ------ .
---- = ------
i2 i2 n1
Exemple : il faut deux galettes de choc par phase pour un couplage
triangle tandis qu’un couplage étoile ou zigzag n’en réclame qu’une Cette dernière relation se simplifie si le courant magnétisant
seule par phase. n2
primaire i1µ est très petit devant le courant primaire utile ------ i 2
n1
2.1.4 Transformateur alimenté par une source (hypothèse de Kapp) et l’on obtient en définitive :
de tension sinusoïdale n2 2
∆ r 2 = r 1  ------
 n 1
2.1.4.1 Modèle causal à flux forcé
et
Le modèle causal à flux forcé du transformateur constitue une
variante du modèle instantané causal à sources liées défini par le n2 2
schéma électrique équivalent de la figure 39 et, d’une manière plus R 2 = r 2 + r 1  ------ (47)
n1
générale, par le graphe de liaison de la figure 36. Il intègre les
simplifications introduites par le choix d’une forme d’onde pour la
tension primaire u1 et suppose qu’un régime permanent périodique ■ Le graphe de liaison correspondant est donné sur la figure 43.
est établi pour l’induction B (t ) dans le circuit magnétique principal ■ Le flux de données correspondant est, dans ces conditions,
du transformateur. conforme au schéma fonctionnel de la figure 44, il explicite la pro-
Ce modèle causal s’obtient en admettant comme seule hypothèse cédure à suivre pour prédéterminer la forme d’onde du courant
que l’état magnétique du transformateur est exclusivement magnétisant i1µ à partir du relevé du cycle stabilisé ϕ (i1µ) lorsque
influencé par la tension de la source d’alimentation placée aux l’alimentation est périodique de valeur moyenne nulle.
bornes de l’enroulement primaire.
■ L’équation du circuit primaire prend alors la forme simplifiée :
R : R2

u 1 = n 1 ------- Port Port
dt i2
d'alimentation n d'utilisation
m : n2 n2
au lieu de sa forme initiale [relation (44)]. u1 u1 1 u
u2
n1 1
On vérifie en effet que, en régime établi, la tension r1i1 reste très Se : u1 0 : i1 TF 1 : i2
i1 n2 i2 i2
inférieure à la f.c.é.m. (force contre électromotrice) d’induction i
n1 2
dϕ n16 dB i1µ i2
primaire e 1 = n 1 ------- . dt
dt
La disparition du port dissipatif primaire r1 sur le graphe de L I : L2
GY
liaison initial déséquilibre le bilan des puissances instantanées n1 µ
consommées par effet Joule et, pour retrouver un bilan correct, on
9 dB
majore la résistance r2 d’une quantité ∆r2 telle que B µ dt
r 1 i 12 + r 2 i 22 = ( r 2 + ∆ r 2 ) i 22 = R 2 i 22 9
C:
µ
i1 2
soit ∆ r 2 = r 1  ---- . Figure 43 – Graphe de liaison du modèle causal à flux forcé
 i 2 du transformateur monophasé

n
u1 u20 = n2 u1
n2 1 + – +
u2
n1
+
1
edt
n1
edt
ϕ R2
Alimentation L 2 i2 Utilisation

1
L2
+ i1µ
i1 n2 i2 i2
i2
n2 n1
+ i Figure 44 – Schéma fonctionnel du modèle
n1 2
causal à flux forcé du transformateur

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Avec une alimentation sinusoïdale le flux est également sinu-


soïdal. ^
u1 = U1 sin ωt ϕ = –^
ϕ cos ωt ^
ϕ ϕ
En posant :

ϕ = Ð ϕö cos ωt = Ð Bö 6 cos ωt i1µ Cycle


ϕ (i1µ)
on obtient, en effet : i1µ

0 π π 3π ωt

u 1 = n 1 ------- = n 1 ϕö ω sin ωt = n 1 Bö 6 ω sin ωt = U 1 2 sin ωt . 2 2
dt
L’amplitude de l’induction dans le matériau magnétique est, dans
–^
ϕ
ces conditions, donnée par la relation :
i1µ

U1 2 0
Bö = -------------------- . (48)
n1 ω 6

La forme du cycle ϕ (i1µ) relevé à vide permet de construire la


forme d’onde du courant magnétisant i1µ à partir de la seule tension
primaire u1(ωt) (figure 45).
i1µ (ωt )

L’existence d’un cycle limite ϕ (i1µ) symétrique implique des


valeurs moyennes des grandeurs influentes u 1 (t ) et i 2 (t ) nul-
les et conduit au modèle instantané causal aux sources liées de ωt
la figure 46, qui peut être utilisé avec des formes d’onde non
sinusoïdales du côté primaire (alimentation non linéaire), Figure 45 – Construction graphique de la forme d’onde du courant
comme du côté secondaire (charge non linéaire). magnétisant primaire
La seule restriction à apporter à ce modèle est due au passage
obligé par les deux relations causales résultant de l’application
de la loi de Faraday au primaire et au secondaire (figure 36) :

dϕ  R2 L2
n 1 ------- = e 1
dt  n2
 i
dϕ  i1 i1µ (u1) n1 2 i2
e 2 = n 2 -------
dt  u1
n
u20 = n2 u1 u2
1
Si les valeurs moyennes des deux grandeurs influentes u2 et n
i2 ne sont pas nulles, la valeur moyenne du flux par spire est ( n21 )
donnée par la relation d’Hopkinson :

u1
n 1 ------ Ð n 2 i 2 = 5 ϕ Figure 46 – Modèle instantané causal électrique à sources liées
r1
et grandeurs périodiques à valeurs moyennes nulles
Il n’y a pas d’« effet transformateur » pour ces grandeurs
continues et le modèle de la figure 46 est conservé à condition
de substituer aux variables réelles u1 et i2 leurs écarts à leurs
valeurs moyennes respectives u 1 et i 2 .
On aboutit alors à la superposition des deux modèles de la i1 – i1 R2 L2
i2 – i2
figure 47 :
— un modèle « alternatif » (figure 47a), où les grandeurs i1µ
électriques en amont et en aval du transformateur présentent u1 – u1 u2 – u2
une valeur moyenne nulle malgré la dissymétrie du cycle ϕ (i ) ;
— un modèle « continu » (figure 47b), où les grandeurs en n
amont et en aval du transformateur sont constantes et pour ( n21 )
lequel l’effet transformateur est absent malgré la présence
1
d’une énergie stockée --- 5 ϕ 2 constante dans le circuit magnéti- a modèle alternatif
2
que. r1 r2
i1
i2
2.1.4.2 Modèles complexes
u1 u 2 = r2 i 2
Pour établir un modèle complexe du transformateur, il suffit de
substituer à toutes les grandeurs électriques ou magnétiques pério-
diques du système des grandeurs sinusoïdales de même fréquence
produisant les mêmes effets énergétiques que les grandeurs réelles.
b modèle continu
Cette démarche respecte les bilans des puissances actives et réac-
tives puisque la puissance complexe est conservative au même titre
que la puissance instantanée, mais, en revanche, elle occulte la Figure 47 – Schémas électriques instantanés aux sources liées
notion de causalité puisque le passage aux grandeurs complexes en présence de composantes continues de tension et de courant

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substitue aux opérations d’intégration des relations rigides parfaite- — la puissance réactive consommée par l’impédance magné-
ment inversibles qui ignorent notamment l’effet de mémoire intro- tisante :
duit par les conditions initiales.
Pour une inductance < ou une capacité C, on écrit : U 12
Q 1µ1 = Im ( S 1µ1 ) = ------------
- (54)
L 1µ ω


1 t U
i = --- u dt + i ( 0 )  I = --------- ou U = j< ω I — la puissance déformante mise en jeu par les harmoniques du
< 0  j< ω
→ courant magnétisant :

∫i dt + u ( 0 )  U = ----------
1 t I
u = ---- ou I = j CωU D 1µ1 = h S 1µ1
C 0 j Cω

définie par la relation [cf. relation (50)] :
Il en résulte que les modèles instantanés causaux du transfor- 2 2 2
mateur conduisent toujours à des modèles complexes, mais D 1µ1 = S 1µ Ð S 1µ1 . (55)
que, en revanche, tout modèle complexe ne conduit pas néces-
sairement à un modèle causal. ● Dans ces conditions, le modèle complexe du transformateur est
donné par le schéma équivalent électrique de la figure 48, qui res-
pecte le principe de conservation de la puissance apparente com-
■ Dans le cas du transformateur placé dans un environnement plexe de Boucherot.
linéaire (alimentation et charge), la seule difficulté provient de la
forme d’onde du courant magnétisant i1µ dont le développement en
série de Fourier comporte uniquement des harmoniques de rang
Tout modèle complexe consommant les mêmes puissances
impair.
active et réactive que le modèle présenté permet de définir un
En effet, si u 1 = U 1 2 sin ωt , il vient : modèle équivalent complexe du transformateur.

i 1µ = ∑ i1µ ( 2 k + 1 ) avec k = 0, 1, 2, … ■ Comme il n’a pas été tenu compte de manière explicite dans le
k=0 modèle proposé de l’effet Joule dû aux courants de Foucault cir-
culant au sein du matériau magnétique, on peut considérer que la
et i 1µ ( 2 k + 1 ) = I 1µ ( 2 k + 1 ) 2 sin ( ( 2 k + 1 ) ωt Ð ϕ 2 k + 1 ) . résistance R1µ dissipe les pertes fer PFe du transformateur décompo-
sées traditionnellement en pertes par hystérésis PH et pertes par
● En séparant le premier harmonique de période T du courant courant de Foucault PF de sorte que :
magnétisant (k = 0) des autres termes, on définit :
PFE = PH + PF
— l’amplitude complexe réduite de la tension primaire : U 1 ;
— l’amplitude complexe réduite du fondamental de i 1m : I 1µ1 ; On admet les relations empiriques
— la puissance apparente complexe : S 1µ1 = *
U 1 I 1µ1 ; 2
P H = K H f Bö 
2
— le taux global de distorsion harmonique du courant magné-
tisant : P F = K F f 2 Bö 

∞ 1⁄2 qui expriment que ces pertes évoluent respectivement, à induction


 
 ∑ I 1µ 2
( 2 k + 1 )
maximale constante, soit proportionnellement à la fréquence de
k = 1  ω
h = ------------------------------------------------- (49) l’alimentation f = ------- , soit proportionnellement au carré de cette
I 1µ1 2π
fréquence.

● La puissance apparente magnétisante s’écrit alors : En remplaçant Bö par son expression (48), il vient :

S 1µ = U 1 I 1µ = S 1µ1 1 + h 2 U2 K U 12
P Fe = --------1- =  ------H- + K F ----------------------------
(50)
,
R 1µ f 2 n 12 π 2 6 2
Comme S1µ1 est le module de la puissance complexe S 1µ1 , il
vient soit :

2π 2 n 12 6 2 f
S 1µ1 = u 1 i 1 µ + j u 1  t Ð ---  i 1µ = P 1µ1 + j Q 1µ1
T
(51) R 1µ = ------------------------------
- (56)
4 KH + f KF
Dans ces conditions, on définit :
— le facteur de déplacement de l’impédance magnétisante : qui ne dépend que de la fréquence.

Q 1µ1
cos ϕ 1 = cos  Arc tan ------------
-
P 1µ1  = cos ( Arg ( S 1µ1 ) ) (52) 2.1.4.3 Rendement

■ Les paramètres du modèle complexe de la figure 48 sont
— la puissance moyenne consommée par l’impédance magné- donnés par les deux essais à vide et en court-circuit du transforma-
tisante : teur.
● L’essai à vide sous la tension U1v permet d’atteindre l’induction
U 12
P 1µ1 = P 1µ = Re ( S 1µ1 ) = --------
- (53) maximale nominale du matériau magnétique à la fréquence d’utili-
R 1µ sation.

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Si l’on change la position (au primaire ou au secondaire) des


n2
I1 I R2 L2 impédances magnétisantes et de court-circuit, on obtient :
n1 2 I2
I1µ1 U 2v 2 
n2 n2 R 2µ = ---------
- ; 
U1 ( )
n1 U
n1 1
U2 Pv 
R1µ L1µ 
U 2v 2

L 2µ ω = ---------
- 
Transformateur idéal Qv 
Transformateur  (60)
Pc 
R 1 = --------
2
- ; 
I 1c 
Figure 48 – Modèle complexe à sources liées
Qc 
du transformateur monophasé L 1 ω = --------
- 
I 1c2 

ainsi que les relations de transfert de ces éléments du primaire
vers le secondaire :
Le bilan des puissances complexes s’établit ainsi :

n2 2 
R 2µ =  ------ R 1µ , 
U 1v* U 1v *
S v = U 1v I 1v - + U 1v  --------------
* = U --------- - n1 
1v R  j L 1µ ω

1µ 
n2 2 
soit, avec les relations (53) et (54) : L 2µ =  ------ L 1µ 
n1 
 (61)
n 2

R 2 =  ------ R 1 , 
2 2 2
U 1v U 1v
S v = P v + j Q v = ---------
- + j ------------- n1 
R 1µ L 1µ ω
n 2 
L 2 =  ------ L 1 
2
tandis que l’on obtient au secondaire la f.é.m. n1 

n2
U 2v = ------ U 1v
n1
■ Le rendement du transformateur η s’obtient, sous sa forme
générale, en écrivant le rapport de la puissance active consommée
● L’essai en court-circuit sous tension réduit U 1c permet de négli- au secondaire à la puissance active fournie au primaire dans des
ger les effets énergétiques des éléments R1µ et L1µ (induction faible), conditions d’utilisation données par ϕ2 et I2 :
ce qui se traduit par l’expression de la puissance complexe
absorbée :
U 2 I 2 cos ϕ 2
* = S 2 + jL ω I 2 . η = ----------------------------------------------------------------------
- (62)
S 1c = U 1c I 1c 2c
= P c + j Q c = R 2 I 2c 2 2c U2
U 2 I 2 cos ϕ 2 + R 2 I 22 + --------1-
R 1µ

■ On exprime ainsi les paramètres du schéma équivalent en


fonction des résultats de ces deux essais : Pour les transformateurs de distribution, les variables ϕ2 et I2 sont
fixées par l’utilisateur, tandis que la tension U1 est maintenue sensi-
— le rapport de transformation : blement constante par le producteur d’énergie électrique. Il en
résulte, en négligeant la chute de la tension secondaire, que le
U 2v n rendement est maximal si :
---------- = -----2- ; (57)
U 1v n1
U2
cos ϕ2 = 1 et R 2 I 22 = --------1- .
— les éléments parallèles de l’impédance magnétisante placée R 1µ
au primaire :
Les valeurs optimales de fonctionnement sont alors données par
les expressions suivantes :
U 1v 2

R 1µ = ---------- ,  ϕ 2op = 0
Pv 
2 
(58)
U 1v  U1
L 1µ ω = X 1µ = ----------  I 2op = --------------------
-
Qv  R 2 R 1µ

— les éléments série de l’impédance de court-circuit placée au


I 2op Pv U1
ou ---------- = ------ ----------
secondaire : I 2c P c U 1v

Pc  en se rapportant aux essais à vide et en court-circuit.


R 2 = --------
2
- 
I 2c  Dans ces conditions, le rendement optimal s’écrit :
 (59)
Qc  U2
L 2 ω = X 2 = --------
2
- η op = ------------------------------------- ,
I 2c  U 2 + 2 R 2 I 2op

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PV
n2
U1V U2V U2V Essai à vide U = U2C
n1 1C
jL2ωI2C U20
Z2c I2
jL2ωI2
I2C θ
U2 ϕC
PC
U1C I2C Essai en court-circuit
ϕ2 ϕ2
R2 I2C R2 I2

I2 = I2C
Figure 49 – Détermination expérimentale du rendement optimal Triangle de Triangle de
d’un transformateur monophasé Kapp en Kapp en
court-circuit charge

Figure 50 – Diagrammes vectoriels du transformateur en charge


et en court-circuit ( I2c = I )
soit, en tenant compte des résultats des essais à vide et en court- 2
circuit donnés sur la figure 49 :

U 2v I 2c En considérant que l’axe réel est confondu avec U 2 , on obtient en


η op = ----------------------------------------------
- . (63)
U 2v I 2c + 2 P c P v posant θ = ϕc – ϕ2 :
U 20 = U 2 + λU 20 ( cos θ + j sin θ ) ,
2.1.4.4 Chute de tension soit :
Le chute de tension d’un transformateur est définie par la varia-
tion de valeur efficace de la tension secondaire entre la marche à
2
U 20 = ( U 2 + λU 20 cos θ ) 2 + ( λU 20 sin θ ) 2
vide et la marche en charge lorsque la tension d’alimentation est
constante : ∆U
En introduisant y = ----------2- , on aboutit à l’équation du second
U 20
∆U2 = U20 – U2
degré :
avec U1 = Cte.
y 2 Ð 2 y ( 1 + cos θ ) + λ 2 + 2λ cos θ = 0 .
Elle s’exprime également en valeur relative par rapport à la
tension à vide : La plus petite solution de cette équation peut être donnée par un
développement limité à ses premiers termes puisque nous sommes
∆U U2 dans le cadre d’un modèle approché.
y = ----------2- = 1 Ð ---------
U 20 U 20 L’expression exacte

Ces deux formulations sont équivalentes et permettent le calcul y = 1 + λ cos θ Ð ( 1 Ð λ 2 sin 2 θ ) 1 / 2


de la tension en charge de deux manières différentes :
devient alors :
U 2 = U 20 Ð ∆ U 2 ,
1
U 2 = U 20 ( 1 Ð y ). y ≈ λ cos θ + --- ( λ sin θ ) 2
2

Le modèle complexe de la figure 48 permet de déterminer y à ou plus simplement


partir du diagramme vectoriel traduisant l’équation du secondaire y ≈ λ cos θ .
indépendante de l’impédance magnétisante placée au primaire
(figure 50) : Cette dernière expression conduit, en développant cosθ et avec la
relation (65), à une formulation qui reprend les résultats de l’essai
U 20 = U 2 + R 2 I 2 + j L 2 ω I 2 = U 2 + Z 2c I 2 . (64) en court-circuit représenté figure 49 :

Pour simplifier les calculs de la chute de tension relative, formons


le rapport λ liant les normes de l’hypoténuse du triangle de Kapp et I 2 P c cos ϕ 2 + Q c sin ϕ 2
y ≈ ------- --------------------------------------------------------- (66)
de la tension à vide : I 2c U 20 I 2c

Z 2c I 2 Z 2c I 2 I 2* R 2 I 22 + j L 2 ω I 22
λ = ------------------
- = ---------------------------
- = -------------------------------------------
- Cette formule se simplifie en exprimant directement ∆U2 en fonc-
U 20 U 20 I 2 U 20 I 2 tion des résultats de l’essai en court-circuit, ou, avec les éléments du
modèle complexe :
En utilisant les résultats d’un essai en court-circuit donnant, pour
un courant I2c au secondaire, les puissances actives et réactive
consommées Pc et Qc, il vient : P c cos ϕ 2 + Q c sin ϕ 2 
∆ U 2 ≈ I 2 --------------------------------------------------------
2  -
I 2c  (67)
P c + j Q c I 22 I2 Sc 
λ = ------------------------ --------
- = ------
- ----------------
- (65) ∆ U 2 ≈ R 2 I 2 cos ϕ 2 + L 2 ω I 2 sin ϕ 2 
U 20 I 2 I 22c I 2c U 20 I 2c

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2.2 Groupements de transformateurs Dans ces conditions, pour avoir I 2 = 0 , il faut satisfaire la
condition :
monophasés
n2 n 2′
-.
------ = -------
n1 n 1′
2.2.1 Association en parallèle
Si l’on souhaite, de surcroît, que l’évolution du flux d’induction
L’association en parallèle de deux transformateurs TF et TF’ par spire soit la même dans les deux transformateurs, il convient de
impose d’abord une condition sur les nombres de spires primaires respecter la condition plus restrictive :
et secondaires des enroulements puis, lorsque celle-ci est satisfaite,
une condition sur l’équilibre des puissances mises en jeu dans les n 1 = n 1′ et n 2 = n 2′ .
deux secondaires connectés à la même charge (figure 51).

2.2.1.1 Condition de couplage à vide Pratiquement, il est préférable de vérifier, avant de fermer le
circuit formé par les deux secondaires, que la différence des
Pour obtenir, dans l’hypothèse d’une alimentation commune de tensions à vide, observables aux bornes de ces deux enroule-
forme d’onde sinusoïdale, le même flux d’induction par spire dans ments, est bien nulle à tout instant en les mettant en série.
les deux transformateurs, il convient de s’assurer que l’égalité
n 1 = n 1′ 2.2.1.2 Fonctionnement en charge

est bien satisfaite. ■ D’après le modèle complexe établi précédemment pour chacun
de deux transformateurs de l’association (figure 8), le schéma équi-
Les courants magnétisants i1µ et i 1µ′ vont alors s’ajouter pour valent du montage complet comporte deux générateurs de
former le courant magnétisant total i1µT à la condition que les Thévenin en parallèle alimentant une impédance de charge Z ch
courants i2 et i 2′ soient nuls. (figure 52).
On a en effet, conformément au modèle instantané des deux ● Du premier schéma, on déduit le rapport des courants
primaires : secondaires :
n2 n 2′ U 20 Ð U 2 = Z 2c I 2 = Z 2c′ I 2′ ,
i 1T = i 1µ + i 1µ′ + ------ i 2 + -------- i 2′ ,
n1 n 1′
soit :
tandis qu’au secondaire :

i 2T = i 2 + i 2′ . I2 Y 2c R 2′ + j L 2′ ω
-------- = ----------
- = ------------------------------- .
I 2′ Y 2c′ R2 + j L2 ω
A vide, charge déconnectée, on a :
i2T = 0 ● Le second schéma fournit directement la tension secondaire
d’utilisation :
donc i 2 + i 2′ = 0 .
Il convient, par conséquent, de s’assurer qu’aucun courant de Y 2c + Y 2c′
circulation n’affecte la maille formée par les deux secondaires. U 2 = U 20 ------------------------------------------
Y 2c + Y 2c′ + Y ch
On obtient donc, en utilisant le modèle de la figure 48 :
n2 n 2′ ● On constate que, à vide ( Y → ∞ ) , U 2 = U 20 tandis que, en
- U Ð ( R 2′ + j L 2′ ω ) I 2′
------ U 1 Ð ( R 2 + j L 2 ω ) I 2 = ------- ch
n1 n 1′ 1 charge, les courants dans les deux enroulements secondaires se
répartissent dans le rapport des admittances de court-circuit des
soit : transformateurs correspondants.
n n 2′  ′ qui exprime l’égalité des modules et des
U 1  -----2- Ð -------
- = [ R 2 + R 2′ + j ( L 2 + L 2′ ) ω ] I 2 La condition Z 2c = Z 2c
n 1 n 1′ 
arguments des impédances de court-circuit des deux transforma-
teurs entraîne :
puisque : I 2′ = Ð I 2 .
I 2T = I 2′ + I 2 = 2 I 2 = 2 I 2′

i1T i1 i2 i2T
(secondaires)
Alimentation
(primaires)

Utilisation

u1 n1 n2 u2 I2 I'2 I2T I2T

Z2c Z'2c U20Y2c U20Y'2c


i'1 (TF) i'2
U2 Y2c Y'2c Ych
Zch
U2
n'1 n'2 U20 U20

(TF')
Figure 52 – Représentations complexes équivalentes des circuits
Figure 51 – Groupement en parallèle de deux transformateurs secondaires de l’association en parallèle

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■ En considérant un enroulement primaire de n1 spires par trans-


formateur, on obtient deux couplages possibles au primaire (étoile
U20 ou triangle), tandis qu’au secondaire, pourvu généralement de deux
enroulements identiques de n2 spires, on trouve, en plus des deux
U2 ϕ'c ϕc couplages précédents, le couplage zigzag qui place en série, dans
chaque phase, deux enroulements de sens opposés appartenant à
α ϕ2 deux phases différentes.
α
I'2 2 En adoptant les majuscules Y, D pour désigner les couplages étoile
I2T et triangle côté haute tension (HT) et les minuscules y, d, z pour les
couplages côté basse tension (BT), il apparaît, sans tenir compte du
α I2 sens relatif des enroulements, six couplages donnés par le produit
cartésien :
Figure 53 – Diagramme vectoriel de l’association en parallèle { Y, D } × { y, d, z } = { Yy, Yd, Yz, Dy, Dd, Dz } .

de deux transformateurs remplissant la condition Z 2c = Z 2c
Le grand nombre de configurations possibles impose donc une
identification précise de chaque montage au moyen d’une notation
Tout se passe comme si on utilisait un transformateur unique normalisée fixant, à la fois, la nature des connexions réalisées et les
d’impédance de court-circuit : amplitudes et phases des systèmes de tensions (plus accessibles à
l’utilisateur que les courants) présents du côté haute tension (géné-
1 1 ′ ralement, au primaire) et du côté basse tension (généralement, au
--- Z 2c = --- Z 2c .
2 2 secondaire) où se placent la charge et l’utilisateur.
■ Un groupe de transformateurs alimenté par une source de ten-
sion triphasée équilibrée du côté HT formant un système direct
Ce cas ne doit pas être confondu avec la condition Z 2c = Z 2c′
(figure 54) de composante directe V D , fournit, du côté BT, un sys-
qui rend compte de l’égalité des modules des impédances inter-
nes, ce qui signifie que les deux transformateurs (pour lesquels tème équilibré direct de composante V d .
n2 n 2′
- ) ont même courant de court-circuit lorsqu’ils sont
------ = ------- On a :
n1 n 1′ — au primaire :
soumis à la même tension primaire. Les courants débités en VA = VD 
charge ont alors la même valeur efficace I 2′ = I 2 mais leurs 
VB = a 2 VD 
arguments sont différents (figure 53). 
V C = aV D 
En notant α = ϕ c′ Ð ϕ c la différence des arguments de Z 2c′ et Z 2c ,
il vient, pour le module du courant dans la charge : — au secondaire :
Va = Vd 
α 
I 2T = 2 I 2 cos --2- . Vb = a 2 Vd 

V c = aV d 
On retrouve, pour que I2T soit maximal, la condition α = 0, qui
entraîne
On définit le facteur de transformation complexe M par la
ϕ c′ = ϕ c relation :

et Z 2c = Z 2c′ . Vd = M VD (68)

soit
2.2.2 Groupements triphasés de transformateurs Va = M VA
monophasés
Les groupements triphasés de trois transformateurs identiques
monophasés à deux ou trois enroulements (un primaire et un ou HT BT
deux secondaires) permettent d’établir des résultats utilisables pour
les transformateurs triphasés dont les circuits magnétiques par IA Ia
phase sont indépendants. A a

La simplification essentielle apportée par cette hypothèse de


IB Ib
travail apparaît lors de l’étude des régimes de fonctionnement désé- B b
quilibré de ces montages par le fait que les schémas équivalents
monophasés correspondants, pour des sources de tension IC Ic
d’alimentation équilibrées homopolaire, directe et inverse, se dédui- VA C c Va
VB Vb
sent facilement du schéma équivalent unique associé à chaque
transformateur monophasé constituant le montage. VC Vc
N n
2.2.2.1 Indice horaire et facteur de transformation
complexe
Alimentation Conversion Utilisation
Un groupe triphasé de trois transformateurs monophasés est
d’abord caractérisé par la nature des connexions réalisées entre les Figure 54 – Bornes primaires et secondaires d’un groupement
enroulements tant au primaire qu’au secondaire. triphasé de transformateurs monophasés

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En posant M = M e j θ il vient :
0 π
— pour les modules : –
0 6
11 1 11
V a = MV A , 1
A A
— pour les arguments : 10 a 2 10 a 2

π
Arg V a Ð Arg V A = θ = Ð IH --- . N, n n
6 9 b 3 9 3
N
L’indice horaire C
θ
c B 4 4
8 8

IH = Ð ------ (69)
π 7 5 7 5
6 6
avec IH ∈ { 0, 1, 2, …, 11 }
dépend uniquement du couplage choisi et du sens relatif des enrou- a b
lements tandis que le rapport M dépend à la fois du couplage et du
nombre de spires primaire et secondaire. Figure 55 – Définition de l’indice horaire IH = 11

L’indice horaire IH s’obtient par lecture directe de l’heure don-


née par V a (figure 55) lorsque V A indique midi.

A
■ Les figures 56 et 57 montrent la méthode vectorielle de déter-
mination de l’indice horaire IH pour deux couplages usuels Dyn et
Dzn. La présence d’un neutre sorti au secondaire est signalée par la
lettre « n ». HT BT N
A a C B
● Dans le premier cas, couplage Dyn11 (figure 56), V a indique A
U11 U21
π
11 heures ; avec θ = Ð 11 --- , on obtient donc, pour l’indice horaire,
6 B b U13 U11
d’après la relation (69) : U12 U22 U12
IH = 11 C B
C c a
et le facteur de transformation complexe s’écrit : U21
U13 U23
N n1 n2 b
n 2 Ðj 11π
----------
n U23 n U22
M = 3 ------ e 6 .
n1
c
● Dans le second cas, couplage Dzn10 (figure 57), V a indique π
a montage θ = – 11 – –> IH = 11
10 heures. 6
On a :
c diagramme vectoriel
— pour le couplage primaire (D) :
U 11 = V AN Ð V BN
U 12 = V BN Ð V CN Van = M VAN
A a
U 13 = V CN Ð V AN
B b Vd = Md VD
— pour le couplage secondaire (z) : n2 – j 11 π
C c Md = 3 e 6
V an = U 21 Ð U 24 n1
N n
V bn = U 23 Ð U 26
b schéma normalisé d facteur de transformation
V cn = U 25 Ð U 22 complexe direct
10π
Avec θ = Ð ---------- , l’indice horaire est donc : Figure 56 – Détermination vectorielle du facteur de transformation
6
IH = 10 complexe du groupement Dyn11

et le facteur de transformation s’écrit :


n 2 Ðj 10π
----------
M = 3 ------ e 6
n1 On obtient alors :

■ Le passage d’une alimentation équilibrée directe à une alimen- Va = M VA = Vd


tation équilibrée inverse d’un groupement triphasé s’effectue 

en substituant, pour un même montage, aux éléments directs Vb = M VB = a 2 M VA 
complexes (tensions simples primaires et secondaires) leurs conju- 
V c = M V C = aM V A 
gués respectifs.

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A
HT BT
A a
U21
N
U11
C B
A
U22

B b U13 U11
U23 U12
n2 C B
U12
– U24
U24 a b
U21
C c – U26
U25 nU
U25 23

U13 – U22
U26 c
n1 n2
N n θ = – 10π –> IH = 10
6
a montage c diagramme vectoriel

Van = M VAN
A a
Vd = Md VD
B b
n2 – j 10 π
C c Md = 3 e 6
n1
N n
Figure 57 – Détermination vectorielle
b schéma normalisé d facteur de transformation du facteur de transformation complexe
complexe direct
du groupement Dzn10

puis, substitution faite :

V a* = M * V A* 


V b* = aM * V A* 

V c* = a 2 M * V A*  A B C C' B' A'
 n a b c c' b' a' n'

Dans ces conditions, en écrivant les composantes symétriques


des tensions secondaires dans les deux cas :

Vd = M VA = M VD = Md VD 
 0
V i = M * V A* = M * V I = M i V I  0
11 1 11 1
A A'
On obtient le résultat suivant : 10 2 10 2
c c'

n'
n
Md = M e j θ 9
b
3 9
b'
3
(70) C B B' C'
M i = M d* = M e Ðj θ a a'
8 4 8 4

7 5 7 5
On en déduit (figure 58) que les indices horaires d’un même 6 6
groupement alimenté par un système direct (IH = IHd) et par un
système inverse (IH = IHi) vont satisfaire par raison de symétrie la
Alimentation directe : IHd = 5 Alimentation inverse : IHi = 7
relation simple de complémentarité à 12 :
Figure 58 – Indices horaires complémentaires d’un groupement
Dyn5 alimenté soit par un système de tensions symétrique équilibré
IH d + IH i = 12 (71)
direct, soit par un système inverse

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2.2.2.2 Bloc de conversion idéal triphasé-triphasé. On définit de cette manière trois matrices [K1], [mT] et [K2] carac-
Matrice de conversion téristiques de chaque conversion réalisée.
Le principe de conversion de l’énergie appliqué à un groupement Pour le groupement Dzn10 de la figure 57, on obtient par
triphasé de trois transformateurs monophasés identiques alimenté exemple :
par une source de tension sinusoïdale symétrique et équilibrée ●
permet l’extension au triphasé du concept de transformateur idéal
définie en monophasé (§ 2.1.4). 1 Ð1 0
Dans ce cadre, quels que soient les couplages des enroulements [ K1 ] = 0 1 Ð1 (72)
primaires et secondaires réalisés, la puissance complexe fournie par Ð1 0 1
le port d’alimentation est consommée intégralement dans le port
d’utilisation. car
■ Le graphe de liaison et le schéma fonctionnel de la figure 59  U 11 = V A Ð V B
représentent les relations de conversion réalisées avec les notations 
matricielles suivantes :  U 12 = V B Ð V C

● Côté alimentation :  V 13 = V C Ð V A

[ V A , V B , V C ] t = [ V ABC ]  et

[ I A , I B , I C ] t = [ I ABC ]  [ U 1 ] = [ K 1 ] [ V ABC ] (73)

● Côté utilisation : ●

[ V a , V b , V c = [ V abc ] 
]t
 1 0 0
[ I a , I b , I c ] t = [ I abc ]  1 0 0
n2
■ La matrice de conversion [M ] est une matrice de dimension 3 × 3 [ m T] = ------ 0 1 0 (74)
n1 0 1 0
à coefficients constants dépendant des couplages des enroule-
ments et du nombre de spires ; elle assure, grâce à de simples pro- 0 0 1
duits matriciels, le passage de l’alimentation à l’utilisation. 0 0 1
La puissance complexe s’écrit en effet :

S = [ V ABC ] t [ I ABC
* ] = [ V abc ] t [ I abc
* ] = [V ] t [M ] t [ I abc
* ]  n n2
ABC
 U 21 = -----2- U 11 U 24 = ------ U 12
 n1 n1
car 
[ I ABC ] = [M ] t [ I abc ]  n2 n2
car  U 22 = -----
n 1 11
- U U 25 = ------ U 13
n1

et [ V abc ] = [ M ] [ V ABC ] . 
U = n -----2- U 12
n2
U 26 = ------ U 13
Le calcul des coefficients de [M ] s’effectue à partir des équations  23 n1 n1
générales décrivant successivement : 
— le couplage primaire, rendant compte des connexions réali-
sées à partir du réseau d’alimentation pour mettre sous tension les et
enroulements primaires ;
— la conversion, introduite par les enroulements des transforma- [ U 2 ] = [ m T] [ U 1 ] (75)
teurs donnant les tensions secondaires en fonction des tensions
primaires ; ●
— le couplage secondaire, donnant les tensions simples du côté
utilisation en fonction des connexions effectuées sur les enroule- 1 0 0 Ð1 0 0
ments secondaires pour réaliser le réseau de distribution secon- [ K2 ] = 0 0 1 0 0 Ð1 (76)
daire.
0 Ð1 0 0 1 0

V a = U 21 Ð U 24
[VABC] [M ] [Vabc]
car V b = U 23 Ð U 26
V c = U 25 Ð U 22
[IABC] [M ]t [Iabc]
et
[ V abc ] = [ K 2 ] [ U 2 ] (77)
[VABC] [M ] [Vabc]
Port Port Le résultat :
3 TF 3
d'alimentation d'utilisation
[IABC] [Iabc]
n2 1 Ð2 1 n2 1 1 Ð2
[M ] = ------ 1 1 Ð2 et [M ] t = ------ Ð 2 1 1
Figure 59 – Schéma fonctionnel et graphe de liaison multilien n1 n1
complexes d’un groupement triphasé idéalisé Ð2 1 1 1 Ð2 1

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est alors conforme aux formules générales :


[ V hdi ] = [ M λ ] [ V HDI ]


[M ] = [ K 2 ] [ m T] [ K 1 ] [ I HDI ] = [ M λ [ I hdi ]  ]t
(78) 
[M ] t = [ K 1 ] t [ m T] t [ K 2 ] t 
Mh 0 0 

Un groupement triphasé du transformateurs monophasés avec Mλ = 0 Md 0 
constitue donc un système symétrique pour lequel les configura- 
tions électriques rencontrées sur chaque phase sont identiques du 0 0 Mi 

côté de l’alimentation et du côté de l’utilisation.
Il en résulte, en tenant compte de l’identité [relation (70)] :

Il en résulte que les matrices de conversion attachées à un M i = M d* ,


groupement donné sont des matrices « circulantes », dont les
lignes et colonnes se déduisent les unes des autres par permu- les relations entre composantes symétriques des tensions et
tation circulaire. courants calculées en amont et en aval d’un groupement triphasé
quelconque, ainsi que la formule du calcul matriciel des facteurs de
transformation symétriques M h et M d :
Cette propriété permet, pour un groupement donné, de définir
analytiquement les facteurs du transformation complexes homopo- Vh = Mh VH
laire, direct et inverse rencontrés en cas de déséquilibre simultané
Vd = Md VD
de l’alimentation et de la charge.
En introduisant les composantes symétriques des tensions et V i = M d* V I
courants du côté HT (indices H,D,I) et du côté BT (indices h, d, i), il
vient [d’après la relation (9)] : I H = M h* I h
I D = M d* I d
[ V HDI ] = [ F 3 ] Ð1 [M ] [ F 3 ] [ V HDI ] 
 I I = Md I i
[ I HDI ] = [ F 3 ] Ð1 [M ] t [ F 3 ] [ I hdi ] 
soit : M λ = [ F 3 ] Ð1 [M ] [ F 3 ] (79)
Comme la matrice de Fortescue [F3] opère un changement de
base qui diagonalise une matrice circulante, on obtient le résultat Le tableau 5 donne, pour la plupart des couplages usuels, les
général : facteurs M h et M d ainsi que la matrice de conversion [M ].

Tableau 5 – Couplages usuels. Connexions. Matrice de conversion et facteurs de transformation symétrique complexes
Couplage IHd Diagramme vectoriel Connexions [M ] Md Mh

A
a
A a n2 2 Ð1 Ð1 n2
Dd0 ---------
- Ð1 2 Ð1 ------ 0
B b 3 n1 n1
C c b Ð1 Ð1 2
B C c

a A a n2 1 0 0 n2 n2
Yy0 ------ 0 1 0 ------ ------
B b n1 n1 n1
c b
C 0 0 1
B C c

A
a A a
n2 2 Ð1 Ð1 n2
Dz0 ------ Ð1 2 Ð1 3 ------ 0
B b n1 n1
b
C c Ð1 Ð1 2
C c
B

a A a n2 1 Ð1 0 n2
Dy11 ------ 0 1 Ð1 ------ ( 1 Ð a 2 ) 0
b B b n1 n1
C
c
Ð1 0 1
B C c

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Tableau 5 – Couplages usuels. Connexions. Matrice de conversion et facteurs de transformation symétrique complexes (suite)

A
A a
a
n2 1 Ð1 0 n2
Yd11 B b
---------
- 0 1 Ð1 - ( 1 Ð a2 )
--------- 0
b 3 n1 3 n1
C Ð1 0 1
c C c
B

A
A a
a
n2 1 Ð1 0 n2
Yz11 b ------ 0 1 Ð1 ------ ( 1 Ð a 2 ) 0
B b n1 n1
C Ð1 0 1
c C c
B

A
A a
n2 Ð2 1 1 n2
b c
Dd6 ---------
- 1 Ð2 1 Ð ------ 0
B b 3 n1 n1
C 1 1 Ð2
C c
a B

A a
n2 Ð1 0 0 n2 n2
b c
Yy6 ------ 0 Ð1 0 Ð ------ Ð ------
B b n1 n1 n1
C 0 0 Ð1
a B C c

A
A a
c n2 Ð2 1 1 n2
Dz6 b ------ 1 Ð2 1 Ð 3 ------ 0
B b n1 n1
C 1 1 Ð2
C c
a B

c A a
n2 Ð1 1 0 n2
Dy5 ------ 0 Ð1 1 ------ ( a 2 Ð 1 ) 0
b
B b n1 n1
C
a
1 0 Ð1
B C c

A
A a
c
n2 Ð1 1 0 n2
Yd5 ---------
- 0 Ð1 1 - ( a2 Ð 1 )
--------- 0
b B b 3 n1 3 n1
C 1 0 Ð1
a C c
B

A
A a
c
n2 Ð1 1 0 n2
Yz5 b ------ 0 Ð1 1 ------ ( a 2 Ð 1 ) 0
B b n1 n1
C 1 0 Ð1
a C c
B

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[VHDI] + [Vhdi]
[F3] – 1 [M ] [F3]

t
[F3] –1
[K1] [Y1µ] [K1] [F3] [F3] –1
[K2] [Z2] [K2]t [F3]

++
Figure 60 – Modèle complexe
[F3] – 1 [M ]t [F3]
[IHDI] [Ihdi] symétrique d’un groupement
triphasé

2.2.2.3 Modèles complexes symétriques soit


d’un groupement triphasé
Mh = 0 
Pour tenir compte des impédances magnétisantes et de court- 
circuit du modèle complexe de chaque transformateur, il suffit 3 n2 
M d = Ð ---------- a 2 
d’écrire sous forme matricielle les expressions des trois courants n1 
primaires ainsi que les équations des mailles secondaires 
[cf. relations (43) et (64)] : 3 n2 
M i = Ð ---------- a = M d* 
n1 
[ I 1 ] = [ I 1µ ] + [ m T] t [ I 2 ] = [ Y 1µ ] [ U 1 ] + [ m T] t [ I 2 ] 

[ U 2 ] = [ U 20 ] Ð [ Z 2 ] [ I 2 ] = [ m T] [ U 1 ] Ð [ Z 2 ] [ I 2 ]  Les impédances symétriques homopolaire, directe et inverse du
En utilisant les relations de couplage primaire et secondaire groupement s’obtiennent par une voie analogue en effectuant le
[relations (73) et (77)] : produit (cf. figure 60) :

[ U 1 ] = [ K 1 ] [ V ABC ] 
Zh 0 0

[ I ABC ] = [ K 1 ] t [ I 1 ]  [ F 3 ] Ð1 [ K 2 ] [ Z 2 ] [ K 2 ] t [ F 3 ] = 0 Zd 0

[ V abc ] = [ K 2 ] [ U 2 ] 0 0 Zi

et 
[ I 2 ] = [ K2 ]t [ I abc ] 
La valeur de [K2] est donnée par la relation (76) et on a :
on obtient finalement :
Z2 0
[ I ABC ] = [ K 1 ] t [ Y 1µ ] [ K 1 ] [ V ABC ] + [M ] t [ I ] [ Z2 ] =
abc 0 Z2
 (80)
[ V abc ] = [M ] [ V ABC ] Ð [ K 2 ] [ Z 2 ] [ K 2 ] [ I abc ] 
t

de dimension 6 × 6 .
Si les transformateurs sont identiques, les matrices [ Y 1µ ] et
Tous les secondaires possèdent en effet la même impédance de
[ Z 2 ] sont diagonales et tous leurs coefficients sont égaux à Y 1µ
court-circuit
pour la première et à Z 2 pour la seconde.
Le passage aux composantes symétriques, grâce aux matrices de Z2 = R2 + j L2 ω
Fortescue [F3] et [F3]–1 [relations (3) et (5)] conduit, dans ces condi-
tions, au schéma fonctionnel de la figure 60 dont tous les opéra- On arrive ainsi au résultat suivant :
teurs complexes sont des matrices 3 × 3 diagonales.
Il en résulte les trois schémas équivalents de la figure 61 qui Zh = Zd = Zi = 2 Z2
traduisent le découplage des effets des trois composantes homopo-
laires directes et inverses des tensions et des courants. Les conditions d’alimentation (source équilibrée directe) et de
Ce résultat se généralise à la condition que la structure interne du court-circuit entre les phases d’utilisation a et b sont données sur la
port de conversion soit symétrique. figure 62.
Les conditions de court-circuit entraînent au secondaire du port
2.2.2.4 Court-circuit entre deux phases secondaires de transformation :
(primaire à trois fils)
Considérons, à titre d’exemple, un court-circuit réalisé au secon- Va = Vb = V
daire du groupement Dzn10 dont la matrice de conversion [M ] est
calculée au paragraphe 2.2.2.2. et I a = Ð I b = I cc
Les facteurs de transformation complexes homopolaire, direct et
inverse sont donnés par le produit matriciel [relation (79)] : Les schémas équivalents symétriques, ainsi que leurs conditions
d’alimentation et de charge, sont représentés sur la figure 63.
Comme le courant homopolaire au secondaire est nul du fait de la
Ð1 n2 1 1 1 1 Ð2 1 1 1 1
[ F 3 ] [M ] [ F 3 ] = ---------- 1 a a 2 1 1 Ð 2 1 a2 a situation de court-circuit, les composantes symétriques directe et
3 n1 inverse de système des courants secondaires s’expriment en fonc-
1 a 2 a Ð2 1 1 1 a a2 tion du courant de court-circuit

Mh 0 0 1
I d = --- ( 1 Ð a ) I cc 
= 0 Md 0
3 

I i = --- ( 1 Ð a 2 ) I cc 
1
0 0 Mi 3 

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On peut alors exprimer V d en fonction de E en écrivant l’équa-


IH Z 2h Ih tion des deux mailles secondaires directe et inverse :

3 n2 2 Z2 
VH Y1µh Mh* I h Mh V H Vh Ð ---------- E = ---------- ( 1 Ð a ) I cc + V d 
n1 3 

Z 2d 0 = 2 Z 2 ( 1 Ð a 2 ) I cc + V i 
ID Id

Il en résulte :
VD Y1µd Md* I d Md V D Vd
3 E n2
I cc = j 3 --- ------ ------ (81)
Z 2i
4 Z2 n1
II Ii
Le tableau 6 donne la situation électrique complète du port de
VI Y1µi Md I i Md* V I Vi conversion tandis que le diagramme vectoriel de la figure 64
montre la disposition des vecteurs associés aux tensions et
courants du côté du réseau et du côté du court-circuit lorsque l’argu-
ment de Z 2 vaut 60 degrés.
Figure 61 – Schémas symétriques équivalents
à un groupement triphasé
Tableau 6 – Tensions et courants en amont et en aval
du groupement Dzn10 présentant deux phases
en court-circuit
VA = E IA Ia Va
a
2 A I cc Alimentation Utilisation
VB = a E IB Ib Vb
b
B Ic VA = E 3 n2
VC = a E IC c Vc V a = --- ------ E
2 n1
C n1 n2
n
n2
VB = a 2 E 3 n2
N V b = --- ------ E
2 n1
Figure 62 – Court-circuit entre deux phases
d’un groupement triphasé Dzn10 VC = a E 3 n2
V c = --- ------ a E
2 n1

IA = 0 3 n2
2Z 2 I a = j 3 --- ------ E Y 2 = I cc
IH = 0 Ih = 0 4 n1
0
3 n2 2 3 n2
VH = 0 V h= 0 I B = Ð j 3  --- ------ E Y 2 I b = Ð j 3 --- ------ E Y 2 = Ð I cc
0  2 n 1 4 n1
Mh = Mh* = 0
3 n2 2
I C = j 3  --- ------ E Y 2
2Z 2 Ic = 0
Id
n2  2 n 1
– 3 n a Id
1 n2
VD = E – 3 n a2E Vd
1

2Z 2
Ii
n2
– 3 n a2 Ii VC
1
VI = 0 0 Vi I a = I cc
Vc
IC
n2
2
Md = – 3
n1 a VA
IB V a = Vb
Mh = 0

Figure 63 – Schémas symétriques équivalents pour un court-circuit I b= I cc


π
entre phases d’un groupement triphasé Dzn10 –
3 π

2
VB
D’autre part, l’égalité V a = V b entraîne la relation entre V d et V i :

V a = V d + V i = a 2 V d + aV i = V b
Figure 64 – Diagramme vectoriel du groupement triphasé Dzn10
présentant deux phases en court-circuit

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2.2.2.5 Mise en parallèle des groupements triphasés Trois opérations élémentaires sont réalisables :
— l’opération r4 de décalage à droite de l’indice horaire, qui
■ La mise en parallèle (par connexion des bornes homologues) de gagne ainsi 4 heures ;
deux groupements ou transformateurs triphasés T1 et T2 est possi-
ble à condition de satisfaire l’égalité des facteurs de transformation — l’opération r–4 de décalage à gauche, qui retranche 4 heures à
complexes : l’indice horaire ;
— l’opération s de symétrie, qui effectue une complémentarité à
12 de l’indice horaire (cf. § 2.2.2.1), elle s’obtient par l’introduction
M d1 = M d2 (82) au primaire d’une alimentation de sens de succession des phases
opposé au sens d’origine, tout en respectant sa composante symé-
soit : trique.
— égalité des modules : La figure 66 précise les changements de notation apportées par
ces trois opérations, tandis que la figure 67 fait apparaître les trois
Md1 = Md2 groupes de couplage compatibles :
— égalité des arguments ou des indices horaires : — groupe I : {0, 4, 8} ;
— groupe II : {2, 6, 10} ;
θ1 = θ2 — groupe III : {1, 3, 5, 7, 9, 11}.
ou IH1 = IH2
Exemple :
Toutes les tensions homologues sont alors égales en amplitude et
en phase et les connexions de la figure 65 sont autorisées : ■ Pour mettre en parallèle un transformateur T d’indice 0 avec un
transformateur T’ d’indice 4 (groupe I), on peut arriver soit à deux trans-
formateurs d’indice 0, soit à deux transformateurs d’indice 4.
A1 = A2 
 Dans le premier cas, il convient de retarder l’indice de T’ de 4 heures,
B1 = B2  c’est-à-dire d’appliquer l’opération r–4 à T’, ce qui donne :

C1 = C2 
IH(T) = IH(T’) – 4
a1 = a2  Il faut, par conséquent, effectuer un décalage à gauche au secon-

b1 = b2  a2 b2 c2

c1 = c2  daire de T’ soit , conduisant aux relations a1 = c2,
b1 c1 a1
b1 = a2 et c1 = b2 et aux connexions de la figure 68, soit :
■ Lorsque seule la seconde condition (arguments) n’est pas rem-
plie, l’association en parallèle de T1 et T2 est possible si, et seule-
ment si, les couplages T1 et T2 appartiennent à un même groupe de rÐ4
compatibilité. T′ ( 4 ) → T′ ( 0 ) = T ( 0 )
Un groupe de compatibilité est formé par l’ensemble des
couplages obtenus lorsqu’on effectue toutes les permutations cir- Dans le cas où T est d’indice 1 et T’ d’indice 7 (groupe III), nous pou-
culaires et interversions des bornes disponibles (A, B, C, a, b, c) sur vons aboutir à deux transformateurs d’indice 7 en effectuant la cascade
un même groupement de transformateurs. de transformations suivante :

r4 s
T(1) → T(5) → T(7) = T′ ( 7 )

A1 (T1) a1 soit, sous forme explicite :


B1 b1
[K11] [K21]
C1 c1 T(1) : A1 B1 C1 a1 b1 c1
Md1
T(5) : A′2 B′2 C′2 c′2 a′2 b′2
A2 (T2) a2 T(7) : A′3 C′3 B′3 b′3 a′3 c′3
B2 b2
T′ ( 7 ) : A2 C2 B2 b2 a2 c2
[K12] [K22]
C2 c2
Md2 On obtient en définitive les connexions représentées sur la
figure 69 :
— au primaire (HT) :
U V W u v w
Alimentation Utilisation A2 = A1 ; B2 = C1 ; C2 = B1
(HT) (BT) — au secondaire (BT) :
[K11], [K12] et [K21], [K22] désignent respectivement les matrices a2 = b1 ; b2 = a1 ; c2 = c1
de couplage des enroulements primaires et secondaires
des transformateurs.
En repérant les extrémités des vecteurs des tensions simples pri-
maires et secondaires de T et T’ sur un même cadran horaire, on vérifie
facilement les connexions obtenues par la méthode des permutations
Figure 65 – Mise en parallèle de deux groupements triphasés (figure 70).

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A2, A1 a1 c2 a1 b1 c1

B2, B1 b1 a2 IH2 = IH1 + 4


c2 a2 b2 c2
C2, C1 c1 b2
T
opération r4

a1 b1 c1
A2, A1 a1 b2
IH2 = IH1 – 4
B2, B1 b1 c2 a2 b2 c2 a2
C2, C1 c1 a2
opération r– 4

a1 b1 c1
A2, A1 a1 a2 a2 c2 b2
C2, B1 b1 c2 IH2 = 12 – IH1 A1 B1 C1
B2, C1 c1 b2 Figure 66 – Opérations de décalage
A2 C2 B2 et de symétrie sur les connexions
d’alimentation et d’utilisation
opération s
d’un transformateur triphasé

0 10 2
A1 a1

B1 b1

8 4 C1 c1
6 T (1)
groupe I groupe II A2 a2

11 1 B2 b2
C2 c2
T' (7)
9 3
s r4
IH1 12 – IH1 IH1 IH1 + 4 U V W u v w
Alimentation Utilisation
12 – IH1 IH1 IH1 – 4 r IH1 (HT) (BT)
s 7 5 –4

opération s opérations r4 et r– 4 Figure 69 – Mise en parallèle de deux transformateurs du groupe III


(en trait gras cyan) groupe III (en trait fin)

Figure 67 – Groupes de compatibilité pour l’association


en parallèle de transformateurs triphasés

A2 A1
T (indice 0) A1 A2
A1 a1 0 0
11 1 11 1
B1 b1 a1 b2
10 c2 2 10 a1 2
C1 c1

A2 T' (indice 4) a2 9 3 9 c1 c2 3

B2 b2 c1 b2 a2 b1
4 8 b1 4
8
C2 c2 C2 B1 C2 a2 B2
C1 B2 B1 C1
7 5 7 5
6 6
U V W u v w
T(0); T'(4) T(1); T'(7)
Alimentation Utilisation
(HT) (BT)
Figure 70 – Détermination vectorielle des connexions correspondant
Figure 68 – Mise en parallèle de deux transformateurs du groupe I aux montages en parallèle {T(0), T’(4)} et {T(1), T’(7)}

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2.3 Transformateurs triphasés Φ1 Φ2 Φ3

2.3.1 Circuits magnétiques des transformateurs


U11 U12 U13
triphasés

Le guidage des lignes d’induction nécessite un circuit magnétique a


dont la forme, pour des raisons de simple économie de matière, doit
être adaptée à la nature triphasée des sources de tensions créant Φ2
l’induction dans le matériau. Φ3
Φ1
Il est possible, comme le montre la figure 71, d’envisager les Φ1 Φ2 Φ3
dispositions suivantes. Φt Φt
Φt 2 2
■ Les circuits magnétiques, portant les enroulements relatifs à cha-
que phase, sont de type monophasé (figure 71a).
En notation complexe, on a alors : b c
U 11 = j n 1 ω Φ 1 
Φ2

U 12 = j n 1 ω Φ 2  Φ3
 Φ1
U 13 = j n 1 ω Φ 3  Φ1 Φ2 Φ3

soit :
U 11 
Φ 1 = --------------
-
j n1 ω  d e

U 12 
Φ 2 = --------------
- Figure 71 – Circuits magnétiques à flux forcés indépendants,
j n1 ω  libres et liés

U 13 
Φ 3 = --------------
-
j n1 ω 
Dans les cas des figures 71b et 71c pour lesquels :

Les flux complexes Φ 1 , Φ 2 et Φ 3 sont donc fixés respectivement Φ1 + Φ2 + Φ3 = Φt ,


par les trois tensions aux bornes des enroulements primaires, de
manière parfaitement indépendante et tout le fer est utilisé. le circuit magnétique est dit à flux libre.
La condition :
■ Les trois colonnes de retour du flux peuvent être fusionnées dans
la colonne centrale d’une structure cylindrique (figure 71b). Dans Φ1 + Φ2 + Φ3 = 0 ,
cette colonne, en vertu du principe de conservation du flux, on a
alors : correspondant aux cas des figures 71d et 71e conduit à un cir-
cuit magnétique à flux liés (ou à flux forcés).
1
Φ t = Φ 1 + Φ 2 + Φ 3 = --------------- ( U 11 + U 12 + U 13 )
j n1 ω
2.3.2 Admittances magnétisantes cycliques
Si le système d’alimentation est tel qu’à tout instant
des transformateurs triphasés

u 11 + u 12 + u 13 = 0 Le calcul des courants magnétisants s’effectue :


— d’une part, dans l’hypothèse linéaire pour le ou les circuits
soit : magnétiques du transformateur (réluctances constantes) ;
— d’autre part, en évaluant, le cas échéant, son degré de dissy-
U 11 + U 12 + U 13 = 0 ,
métrie, qui conditionne l’établissement, pour ces systèmes, de sché-
mas équivalents symétriques indépendants.
on obtient
Φt = 0 2.3.2.1 Cas monophasé
Pour exprimer le courant magnétisant du modèle causal instan-
et la colonne centrale, qui n’est le siège d’aucune induction, peut tané du transformateur monophasé, on raisonne sur les équations
être supprimée sans inconvénient. simplifiées traduisant la loi de Faraday et le théorème d’Ampère en
reportant au secondaire (§ 2.1.4.1) toutes les fuites magnétiques
De la même manière, pour la structure plane symétrique à cinq ainsi que la résistance du primaire.
colonnes (figure 71c), les colonnes latérales sont le siège d’un flux
Φt Les équations liant le flux par spire et le courant magnétisant
complexe ------ et l’équilibre des tensions primaires conduit égale- s’écrivent alors pour le modèle linéaire :
2
ment à les supprimer. dϕ 
u 1 = n 1 ------- 
On aboutit ainsi aux circuits magnétiques à trois colonnes des dt 
figures 71d et 71e de structures respectivement cylindrique et n 1 i 1µ = 5 ϕ 
plane. 

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soit, en notation complexe (cas sinusoïdal) :


Φ2
U1 = j n1 ω Φ  Φ3
 (83) Φ1
n 1 I 1µ = 5 Φ  I1µ2
I1µ3
d’où, en éliminant Φ : U12 n1
U13 n1
U 1 = j L 1µ ω I 1µ
I1µ1
5
ou - U .
I 1µ = ----------------
j n 12 ω 1 U12 n1

On définit ainsi l’inductance magnétisante vue du primaire


lorsque le secondaire est ouvert :
a système électromagnétique
n2
L 1µ = -----1- . (84)
5
Φ1 Φ2 Φ3
2.3.2.2 Cas triphasé
Pour un transformateur triphasé à vide, on retrouve la même
R1 R2 R3 Rc
forme d’équations en respectant les relations de causalité entre flux
et tensions appliquées aux bornes des enroulements primaires. Ces
tensions sont fixées par trois générateurs éventuellement déséquili-
brés selon les notations du paragraphe 2.2.2.2 (figure 72a). n1 I1µ1 n1 I1µ2 n1 I1µ
En notant 5 1 , 5 2 , 5 3 et 5 c les réluctances des trois colonnes
latérales et de la colonne centrale, on obtient avec les notations de
la figure 72b : b schéma équivalent électrique
n 1 I 1µ1 = 5 1 Φ 1 + 5 c ( Φ 1 + Φ 2 + Φ 3 )  (théorème d'Ampère)

n 1 I 1µ2 = 5 2 Φ 2 + 5 c ( Φ 1 + Φ 2 + Φ 3 )  Figure 72 – Transformateur triphasé à vide.
 Courants magnétisants primaires
n 1 I 1µ3 = 5 3 Φ 3 + 5 c ( Φ 1 + Φ 2 + Φ 3 ) 

U 11 = j n 1 ω Φ 1 
 Cette matrice n’est pas diagonale dans le cas général ; cependant
et U 12 = j n 1 ω Φ 2  avec un circuit magnétique plan à 5 colonnes (figure 71c), la réluc-
 tance du noyau central est légèrement plus faible que celles des
U 13 = j n 1 ω Φ 3 
colonnes latérales de sorte que :
soit, sous forme matricielle :
5 1 = 5 3 = 5 et 5 2 = 5 Ð d5 .
I 1µ1 51 + 5c 5c 5c Φ1
Dans ces conditions, on obtient :
n 1 I 1µ2 = 5c 52 + 5c 5c ⋅ Φ2
I 1µ3 5c 5c 53 + 5c Φ3 5 + 35 c 0 0 1 a2 a
d5
[ F 3 ] Ð1 [ 5 ] [ F 3 ] = 0 5 0 Ð --------- a 1 a2
3
U 11 Φ1 0 0 5 a2 a 1
et U 12 = j n 1 ω Φ 2
Si l’on néglige la dissymétrie du circuit magnétique, on obtient les
U 13 Φ3 relations indépendantes exprimant les composantes symétriques
du système des courants magnétisants dans les enroulements :
et sous forme abrégée :
1 5 + 35 c
- [ 5 ] [ U1 ]
[ I 1µ ] = ---------------- - U 1h
I 1µh = ---------------------
j n 12 ω j n 12 ω
En introduisant les composantes symétriques des courants 5
- U
I 1µd = ---------------- (85)
magnétisants et des tensions primaires, on obtient : j n 12 ω 1d
1
[ I 1µ hdi ] = ----------------
- [ F ] Ð1 [ 5 ] [ F 3 ] [ U 1 hdi ] 5
- U
I 1µi = ----------------
j n 12 ω 3 j n 12 ω 1i
avec :
Si le couplage au primaire est tel que U 1h soit différent de zéro, le
[ F 3 ] Ð1 [ 5 ] [ F 3 ] courant magnétisant homopolaire peut prendre des valeurs impor-
tantes du fait de l’augmentation de réluctance due aux caractéristi-
5 1 + 5 2 + 5 3 + 95 c 51 + a 2 52 + a 53 51 + a 52 + a 2 53 ques des matériaux traversés par les lignes de champ formant le
1 flux Φ t . Cette augmentation est d’autant plus forte que les lignes de
= --- 5 1 + a 5 2 + a 2 5 3 51 + 52 + 53 51 + a 2 52 + a 53 champ issues des trois colonnes principales se referment dans l’air,
3
ce qui est le cas des transformateurs à flux liés limités à trois
51 + a 2 52 + a 53 51 + a 52 + a2 53 51 + 52 + 53
noyaux. Dans ce cas, le rapport des admittances homopolaire et

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directe peut être supérieur à 10 et, pour pallier cet inconvénient, ce En négligeant d5 , on rétablit la symétrie du système et les
type de transformateur est de préférence couplé en triangle au composantes symétriques des courants en ligne du côté de
primaire. l’alimentation s’écrivent finalement :

2.3.2.3 Couplage du primaire en triangle I H = 0 VH + 0 I h = 0


Pour un transformateur à flux liés, un couplage en triangle du 35
primaire permet de satisfaire, quel que soit le déséquilibre du - V + M d* I d
I D = ----------------
j n 12 ω D (87)
réseau d’alimentation, la contrainte :
35
Φ1 + Φ2 + Φ3 = 0 . - V + Md I i
I I = ----------------
j n 12 ω I
On a alors, d’après la relation (80) :
On vérifie qu’aucune composante homopolaire n’affecte les
[ I ABC ] = [ I µABC ] + [M ] t [ I abc ] courants en ligne tandis que les relations secondaires établies au
paragraphe 2.2.2.3 pour les groupements de transformateurs
monophasés restent inchangées.
avec : [ I µABC ] = [ K 1 ] t [ Y 1µ ] [ K 1 ] [ V ABC ]

1 2.3.3 Court-circuit « phase-neutre » au secondaire


et : - [5] .
[ Y 1µ ] = ---------------- d’un transformateur YNyn4
j n 12 ω
En prenant par exemple la relation (72) : Il convient, pour le calcul des courants appelés au réseau par un
court-circuit franc réalisé au secondaire d’un transformateur YNyn4
entre la première phase a et le neutre n (figure 73) d’utiliser simul-
1 Ð1 0
tanément les résultats établis aux paragraphes 2.2.2.2 et 2.3.2.3 de
[ K1 ] = 0 1 Ð1 ,
façon à voir l’influence du circuit magnétique sur ses admittances
Ð1 0 1 magnétisantes symétriques.
La matrice de conversion du transformateur s’obtient en tenant
on obtient :
compte des connexions réalisées au primaire et au secondaire ainsi
que du rapport du nombre de spires.
51 + 53 Ð51 Ð53 En effet, la relation (78) s’écrit :
1
[ K1 ]t [ Y 1µ ] [ K 1 ] = ----------------
- Ð51 51 + 52 Ð52 (86) [M ] = [K2][m T ][K1],
j n 12 ω
Ð53 Ð52 52 + 53
1 0 0
avec : [ K1 ] = 0 1 0 ,
On constate la disparition de 5 c ; cela signifie que, quel que soit 0 0 1
le type de circuit magnétique, le flux Φ t est toujours nul : le trans-
formateur a donc apparemment « perdu » le fer prévu pour cana-
liser ce flux. n2 1 0 0
[ m T] = ------ 0 1 0
n1
En exprimant les composantes symétriques des courants magné- 0 0 1
tisants et des tensions au niveau du réseau d’alimentation, il vient :

[ I HDI ] = [ F 3 ] Ð1 [ I µABC ] + [ F 3 ] Ð1 [M ] t [ F 3 ] [ I hdi ] 0 1 0


et [ K2 ] = 0 0 1
1 1 0 0
avec [ F 3 ] Ð1 [ I µABC ] = ----------------
- [ F ] Ð1 [ K 1 ] t [ 5 ] [ K 1 ] [ F 3 ] [ V HDI ] .
j n 12 ω 3

Les composantes des courants magnétisants en ligne s’écrivent


alors d’une manière générale :
VA
U11 U21
[ I µHDI ]
I11 I21 Ia
a
0 0 0 IA
1
= ----------------
- 0 51 + 52 + 53 Ð a ( 5 1 + a 2 5 2 + a 5 3 ) [ V HDI ] VB
j n 12 ω U12 U22
0 Ða 2 ( 5 1 + a 52 + a2 53 ) 51 + 52 + 53 I12 I22 Ib
b
IB
Si la dissymétrie du circuit magnétique est due au noyau médian, Icc
on a : VC Vb
U13 U23
Va
5 1 = 5 3 = 5 et 5 2 = 5 Ð d5 I13 I23 Ic
c
et : IC
Vc
0 0 0 0 0 0 N n
n1 n2
[ F 3 ] Ð1 [ K 1 ] t [ 5 ] [ K 1 ] [ F 3 ] = 0 35 0 Ð d5 0 1 Ð1
0 0 35 0 Ð1 1 Figure 73 – Court-circuit franc « phase-neutre » au secondaire
d’un transformateur triphasé YNyn4

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Les inductances magnétisantes symétriques sont alors :


n2 0 1 0
soit [M ] = ------ 0 0 1 n 12
n1 L 1µh = ---------------------
-,
1 0 0 5 + 35 c

n2
1 0 0 L 1µd = L 1µi = -----1- .
n2 5
et : [ F 3 ] Ð1 [M ] [ F 3 ] = ------ 0 a2 0
n1
0 0 a Il reste à prendre en compte le déséquilibre introduit par le court-
circuit a-n sous forme de contraintes en courant et tension :

I a = I cc ,
On en déduit les facteurs de transformation complexes
symétriques :
Ib = Ic = 0
n
M h = -----2-
n1
et : Va = 0 .
n2
M d = a 2 ------
n1 On en tire immédiatement, pour les composantes symétriques au
n2 secondaire :
M i = M d* = a ------
n1 I cc
I h = I d = I i = --------
-
3
En vertu des résultats du paragraphe 2.3.2.2, les composantes
symétriques des courants magnétisants appelés au primaire et Vh + Vd + Vi = 0 .
s’écrivent :

5 + 35 c Pour arriver au courant de court-circuit, il convient d’écrire les


- VH
I µH = --------------------- équations des trois mailles secondaires symétriques et d’en effec-
j n 12 ω tuer la somme pour éliminer V h , V d et V i :
5
- V
I µD = ---------------- (88)
j n 12 ω D
I cc 
5 0 = Z h --------- + V h 
- V
I µI = ---------------- 
j n 12 ω I 3

I cc 
M d E = Z d --------- + V d 
On arrive ainsi aux trois schémas équivalents complets de la
3 
I cc 
figure 74 sur lesquels est prise en compte l’alimentation du dispo- 
sitif par un système direct de tensions équilibrées. 0 = Z i --------- + V i 
3

On obtient :

I cc
Mh* I h Ih Zh M d E = ( Z h + Z d + Z i ) --------- ,
3
IH I µH
VH = 0 L 1µh Mh V H = 0 Vh et, en remplaçant M d par son expression dans le cas traité :
n2
( Mh = n1 )
Md* I d Zd n2 3 a2 E
Id
I cc = ------ -------------------------------
ID I µD n1 Zh + Zd + Zi
VD = E L 1µd Md V D Vd
n2
( Md = a2 n1)
Il est alors possible de calculer les composantes symétriques I H ,
Md I i Ii Zi
I D et I I des courants appelés au primaire et d’en déduire les
II I µI
VI = 0 Vi courants en ligne I A I B et I C . On procède de la même manière
L 1µi Md* V I = 0
n2 avec les composantes symétriques des tensions du côté secondaire
( Mi = a n1 ) pour exprimer les tensions V b et V c .

Figure 74 – Schémas équivalents symétriques du transformateur


YNyn4 alimenté par un système direct de tensions équilibrées Les résultats des calculs sont donnés sur le tableau 7.

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Tableau 7 – Tensions et courants primaires et secondaires pour un court-circuit « phase-neutre »


sur un transformateur YNyn4
Grandeurs primaires Grandeurs secondaires

Tensions Courants Tensions Courants

n2 2 a2 E n2 Zh n2 a2 E
VH = 0 I H =  ------ ------------------------------- V h = Ð ------ a 2 E ------------------------------- I h = ------ -------------------------------
 n 1 Z + Z + Z n1 Zh + Zd + Zi n1 Zh + Zd + Zi
h d i

E5 n2 2 E n2 Zh + Zi n2 a2 E
VD = E - +  ------ -------------------------------
I D = ---------------- V d = ------ a 2 E ------------------------------- I d = ------ -------------------------------
j n1 ω 2  n 1 Z h + Z d + Z i n1 Zh + Zd + Zi n1 Zh + Zd + Zi

n2 2 a E n2 Zi n2 a2 E
VI = 0 I I =  ------ ------------------------------- V i = Ð ------ a 2 E ------------------------------- I i = ------ -------------------------------
 n 1 Z + Z + Z n1 Zh + Zd + Zi n1 Zh + Zd + Zi
h d i

5 n2 3 a2 E
VA = E I A = E ----------------
- Va = 0 I a = ------ -------------------------------
j n 12 ω n1 Zh + Zd + Zi

5 n 2 3 a2 E n2 Zh ( a 2 Ð 1 ) + Zi ( a 2 Ð a )
VB = a 2 E - +  -----2- -------------------------------
I B = a 2 E ---------------- V b = ------ a 2 E ----------------------------------------------------------- Ib = 0
j n1 ω 2  n 1 Z h + Z d + Z i n1 Zh + Zd + Zi

5 n2 Zh ( a Ð 1 ) + Zi ( a Ð a 2 )
VC = a E I C = a E ----------------
- V c = ------ a 2 E --------------------------------------------------------- Ic = 0
j n 12 ω n1 Zh + Zd + Zi

Références bibliographiques

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