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CATHERINE RIBEIRO : UNE RÉVOLUTION NÉCESSAIRE.

Femme humaniste, spirituelle, artiste aux multiples talents et fière défenseure de la liberté comme
principe, le nom de Catherine Ribeiro est indissociable des luttes, des songes et des espoirs levés de
toute une génération. Aujourd’hui, à la veille de son 73ème anniversaire, le 22 septembre, et à plus de
50 ans du commencement de sa carrière en tant que comédienne et chanteuse au début des années
1960, les idéaux soutenus par Catherine Ribeiro se veulent encore indispensables.
La trajectoire de Catherine Ribeiro est liée de façon indiscutable à la collaboration qu’elle entamera
avec Patrice Moullet : ce dernier l’encouragera à écrire et lui proposera de mettre ses textes en
musique, après s’être rencontrés lors du tournage du film de Jean-Luc Godard, Les Carabiniers, où
elle joue le rôle de Cléopâtre. Le résultat de cette collaboration, le groupe Catherine Ribeiro +
Alpes –auparavant Catherine Ribeiro + 2 Bis-, passera à l’histoire du rock français, considéré à
juste titre comme le plus libéral et progressif de son temps, à une époque où les nouvelles tendances
se battaient dans une société polarisée. Et bien que Catherine eût déjà fait des incursions dans la
musique avant la parution du premier album du groupe, c’est l’interprétation bouleversante de ses
propres poèmes à sa voix indescriptiblement prodigieuse, à nulle autre pareille, que certains
attribueront à ses origines portugaises, ce qui deviendra sa marque distinctive. Ses paroles fortes et
sincères, engagées, ainsi que sa participation active en faveur des minorités opprimées et contre la
censure, demeurent actuelles : un cri d’espoir et de douleur, de liberté et de paix au sein d’une
révolte essentielle qui est toujours là, cherchant à s’exprimer.
Et comme si tout cela ne suffisait pas pour donner envie de l’écouter, Catherine Ribeiro a su
revitaliser à son tour la chanson française, tout en interprétant des classiques d’Edith Piaf, Léo
Ferré, Jacques Brel (Le blues de Piaf [1977], L’amour aux nus [1992], Chansons de légende
[1997]), et des textes inédits de Jacques Prévert (Jacqueries [1978]). Les reprises de chansons dont
De l’autre côté de la rue, Aimer à perdre la raison, Sœur Anne, ou encore l’incontournable
québécois, Quand les hommes vivront d’amour, sont un véritable délice. Enfin, il me serait
impossible d’oublier la chanson qui m’a fait découvrir Catherine Ribeiro : Entre morir y no morir,
d’après le texte du poète Pablo Neruda sur une musique de Sergio Ortega, qu’elle a interprétée en
1980 avec le groupe chilien Quilapayún.
Finalement, c’est en écoutant presque entièrement sa discographie qu’on arrive à comprendre la
dimension atemporelle présente dans l’œuvre de Catherine Ribeiro, qui inclut aussi un récit,
L’enfance : un ensemble de passion, d’agonie, de résistance. Le sentiment en toute pureté.
Actuellement plus que jamais, ses convictions resurgissent et s’envisagent comme une révolution
nécessaire dans un monde qui semble négliger son côté le plus humain.

Par Sebastián Ibarra Gutiérrez, collaborateur. Québec, le 20 août 2014.