Vous êtes sur la page 1sur 46

CHAPITRE III- LE SOLAIRE

THERMIQUE

Page 1
Sommaire

Glossaire ................................................................................................................................. 3
Introduction Générale ......................................................................... Erreur ! Signet non défini.
CHAPITRE 3 : L’ENERGIE SOLAIRE THERMIQUE ............................ Erreur ! Signet non défini.
I-ENERGIE SOLAIRE THERMIQUE BASSE TEMPERATURE............................................... 4
1. Introduction....................................................................................................................... 4
2-Les différents capteurs solaires basse température .............................................................. 4
a) Les capteurs solaires sans vitrage ..................................................................................... 4
b) capteurs solaires avec vitrage ............................................................................................ 4
a- Les capteurs solaires sous vide ......................................................................................... 5
3 Les différentes applications du solaire thermique basse température ................................... 6
a- Le froid solaire ................................................................................................................. 7
4-Le chauffage solaire ........................................................................................................... 15
a)La cuisson solaire .............................................................................................................. 16
b)Le séchage solaire ............................................................................................................. 17
II- MODELISATION ET DIMENSIONNEMENT D’UN CAPTEUR PLAN................................ 20
1. Introduction..................................................................................................................... 20
2. Les éléments fondamentaux d’un capteur solaire plan.................................................... 20
3. Modélisation d’un capteur solaire plan ............................................................................ 21
Bilan thermique autour d’un capteur solaire plan vitré ............................................................ 22
4-Dimensionnement d’un capteur solaire plan ....................................................................... 24
III-ENERGIE SOLAIRE THERMIQUE A CONCENTRATION (HAUTE TEMPERATURE) ........ 27
1. Introduction..................................................................................................................... 27
2-Principes de base des centrales électrosolaires thermodynamiques (à concentration) ..... 29
a)Les composantes d’une centrale solaire thermodynamique CSP................................. 29
b)Les différentes filières des centrales solaires thermodynamiques CSP ...................... 30
Capteur arabolique ................................................................................................................ 31
c-Les centrales à capteurs linéaires .................................................................................... 31
a) les centrales à tour ........................................................................................................ 34
b) Les centrales paraboliques ........................................................................................... 36
le stockage ............................................................................................................................ 39
L’hybridation .......................................................................................................................... 39
-les systèmes mixtes.............................................................................................................. 40
2. Modélisation des centrales solaires thermodynamiques ................................................. 40
a) Modélisation d’un capteur cylindro-parabolique ........................................................ 40
b) Modélisation d’une centrale à tour ............................................................................... 41
3.Dimensionnement des centrales électrosolaires thermodynamiques .................................. 46
Conclusion générale ............................................................................................................... 50
Références Bibliographiques ................................................................................................. 51
Sources d’information sur l’irradiation solaire ......................................................................... 53
Stations au sol ....................................................................................................................... 53
Images satellites .................................................................................................................... 53
Autres ..................................................................................................................................... 53

Page 2
Glossaire

Capteur ou « collecteur » : c’est le composant de base du champ solaire ; il est composé


d’un réflecteur (miroir), d’une structure métallique, d’un tube récepteur et du système de suivi
du soleil.

Champ solaire : c’est la partie réceptrice de l’installation, la radiation solaire y est


transformée en énergie thermique.

Capteur cylindro-parabolique : assemblage élémentaire constituant le capteur solaire de la


plupart des centrales à concentration linéaire, constitué de miroirs de forme cylindro-
parabolique, d’un tube absorbeur sous vide placé au foyer des miroirs, d’une structure de
support, d’un mécanisme d’orientation sur un axe, et de fondations.

Fluide de travail : fluide qui permet d’actionner la turbine et de produire de l’électricité.

Fluide caloporteur : fluide circulant à travers le récepteur solaire, transférant la puissance


thermique solaire vers le cycle thermodynamique. S’il est différent du fluide de travail un
échangeur de chaleur est nécessaire.

Héliostats : assemblage élémentaire d’un concentrateur de centrale à tour constitué de


miroirs, d’une structure de support, d’un mécanisme d’orientation sur deux axes, et de
fondations, qui suit le soleil pour en réfléchir en permanence les rayons sur un récepteur fixe.

Puissance thermique solaire : puissance thermique gagnée par le fluide caloporteur à son
passage dans le récepteur solaire de la centrale.

Système solaire mixte : installation génératrice d’électricité solaire thermodynamique dans


laquelle l’énergie solaire est captée par deux ou plusieurs types de systèmes optiques. Il
désigne généralement une centrale contenant des capteurs cylindro-paraboliques et un
concentrateur héliostats-tour.

Page 3
I-ENERGIE SOLAIRE THERMIQUE BASSE TEMPERATURE
1. Introduction
L’énergie solaire thermique basse température concerne les applications solaires dont les
niveaux de températures sont relativement basses allant des températures négatives (-5°C par
exemple pour la production du froid solaire) jusqu’aux températures positives dont le
maximum tourne autour de 120°C et concerne plusieurs applications telles que le chauffage,
la cuisson…

2-Les différents capteurs solaires basse température


Il existe plusieurs catégories de capteurs solaires basse température :

a) Les capteurs solaires sans vitrage


Ces capteurs sont constitués souvent d'un caoutchouc souple très résistant : l'Ethylène
Propylène Diène Monomère (EPDM). Du fait de l'absence de vitrage, et donc des pertes de
transmission afférentes, ils possèdent un très bon rendement pour les températures proches de
la température de l'air ambiant. Ils ne permettent pas de produire d'eau chaude sanitaire. Ils
sont très faciles à mettre en œuvre et sont souvent utilisés pour le chauffage des piscines…

Il existe aussi des capteurs non vitrés sélectifs utilisant un absorbeur métallique. Ces capteurs
permettent d'atteindre des températures un peu plus élevées.

Figure 2.1 : exemple de capteurs solaires sans vitrage

b) capteurs solaires avec vitrage

Le principe de fonctionnement des capteurs solaires vitrés se repose sur le phénomène de l’effet

Page 4
de serre. En effet, la plus grande partie de l'énergie émise par le soleil l'est sous forme de
rayonnement dont les longueurs d'onde correspondent à la lumière visible. Le verre ou les
plastiques utilisés sur les capteurs plans vitrés sont transparents dans cette tranche de longueurs
d'onde. Ils laissent donc passer une grande partie de l'énergie. Par contre ils sont opaques aux
ultra-violets et retiennent une grande partie des infrarouges que l'absorbeur émet lors de son
échauffement. La chaleur dégagée par ce dernier reste emprisonnée dans l'enceinte du capteur.
C'est le phénomène d'effet de serre. En définitive, un capteur solaire thermique avec vitrage
doit accepter le maximum de rayonnement solaire (transmittance élevée), en absorber la
majeure partie (absorbance élevée), en émettre et en laisser sortir le moins possible
(transmittance réduite dans les ondes longues).

Les capteurs plans avec vitrage sont les capteurs les plus répandus et les mieux adaptés aux
besoins de chauffage et d'eau chaude sanitaire dans les bâtiments. Ces types de capteurs se
présentent sous forme de caissons de différentes dimensions ou sous forme d'éléments séparés
à intégrer directement dans l'architecture des bâtiments. Les surfaces mises en œuvre vont de
quelques mètres carrés pour les chauffe-eau solaires individuels à plusieurs centaines de
mètres carrés pour les installations collectives. Les capteurs vitrés restent les plus
performants.

Figure 2.2 : exemples de capteurs solaires plans vitrés

a- Les capteurs solaires sous vide

Les capteurs sous vide (ou «caloduc») sont parmi les plus efficaces et parmi les types les plus

Page 5
coûteux de capteurs solaires. Les capteurs sous vide permettent d'atteindre des hautes
températures (jusqu’à environ 150°C) avec des rendements corrects. Le vide créé à l'intérieur
des tubes permet de réduire de manière importante les déperditions lors de la montée en
température. Ces capteurs conviennent mieux à des applications à températures modérées où
la température en demande atteint 50 à 95 ºC et/ou à des applications où le climat est très
froid.

Il existe également des capteurs sous vide à concentration qui combinent l'effet de
concentration des miroirs paraboliques (CPC = compound parabolic concentrator) avec des
capteurs sous vide permettant d'obtenir des hautes températures avec des surfaces de captage
réduites.

Tout comme pour les capteurs solaires de types vitrés, les applications des capteurs sous vide
comprennent le chauffage de l’eau, des bâtiments ainsi que celui des piscines intérieures.
Comme ces systèmes sont capables de fournir des températures élevées avec une bonne
efficacité, une autre application possible est le refroidissement des bâtiments en régénérant les
cycles de réfrigération.

Figure 2.3 : exemples de capteurs sous vide

3 Les différentes applications du solaire thermique basse température


Il existe plusieurs applications utilisant l’énergie solaire basse température. Nous traiterons
dans ce document quelques unes :

Page 6
a- Le froid solaire

Les principes généraux

L'énergie délivrée par le système solaire est utilisée par des machines de production de froid
ou de traitement d'air pour produire de l'énergie frigorifique permettant d'assurer le
rafraîchissement des locaux. On parle souvent de "systèmes de conditionnement d'air des
bâtiments assistés par le solaire". Il indique bien que l'alimentation de l'installation repose sur
un mix énergétique solaire/énergie conventionnelle, la contribution solaire pouvant aller de
quelques % à 100 %. Lorsque l'installation fonctionne uniquement grâce à la ressource
solaire, le système ne permet alors d'obtenir qu'une diminution de la température de l'air du
local de quelques degrés par rapport à l'air extérieur: on parle alors de rafraîchissement. A
l'inverse, une installation associant systèmes solaire et d'appoint permet de maintenir une
ambiance thermique et hygrométrique constante dans les locaux, quelles que soient les
conditions extérieures: on parle alors de climatisation.

Il existe de multiples configurations possibles d'installations solaires de rafraîchissement de


locaux:

o Couplage capteurs solaires thermiques et machine de froid à sorption


(absorption ou adsorption)

o Couplage capteurs solaires thermiques à un système de conditionnement d'air


par rafraîchissement évaporatif (DEC)

o Couplage panneaux photovoltaïques et machine de froid à compression

o Conversion d'énergie solaire thermique en énergie mécanique couplée avec une


machine de froid à compression.

Parmi celles-ci, seules les deux premières ont fait l'objet de réels travaux de développement et
d'opérations de démonstration de taille significative.

Les technologies disponibles

Page 7
L’état de l’art en matière de systèmes de rafraîchissement utilisant de l’énergie solaire
thermique pour produire du froid fait apparaître deux grandes familles :

 Les systèmes fermés


Ces systèmes de production de froid à sorption produisent de l’eau glacée, utilisée ensuite
pour le refroidissement ou la déshumidification de l’air. Dans ces systèmes, la compression
mécanique est remplacée par une compression thermique.

Les systèmes existant sur le marché et adaptés au solaire sont les machines à absorption
(sorption du réfrigérant sur un liquide absorbant) et les machines à adsorption (sorption du
réfrigérant sur un solide adsorbant). Ces procédés fonctionnent grâce à une source de chaleur,
de température comprise en général entre 60 et 110°C. Leur Coefficient de Performance
(COP) nominal est de l’ordre de 0,5 à 0,7 (systèmes simple effet). Ces systèmes fermés
représentent la majorité des installations existantes de rafraîchissement solaire, avec une part
prépondérante pour les systèmes à absorption (60 % environ des installations).

 Les systèmes ouverts


Dans ces systèmes, l’air est directement traité (refroidissement, déshumidification) par mise
en contact avec le ‘réfrigérant’ (l’eau) et des organes de dessiccation. Ces systèmes à
dessiccation utilisent soit une roue dessiccante rotative (matériau déshydratant solide) soit un
lit dessicant liquide. La température de source chaude nécessaire pour la régénération des
matériaux dessicants et le fonctionnement du système est de l’ordre de 45 à 95°C. Le COP
nominal de ces systèmes varie entre 0,5 et des valeurs supérieures à 1. Les systèmes ouverts
constituent actuellement une part relativement faible des installations existantes (de l’ordre de
10 à 15 %), mais peuvent représenter un futur prometteur pour le rafraîchissement solaire.

De manière générale, les installations solaires de production de froid positif, destiné au


rafraîchissement de locaux, sont composées des éléments suivants (les éléments italiques sont
optionnels) :

 Un champ de capteurs solaires plans, le plus souvent à tubes sous vide, et un circuit
primaire,

 Un échangeur et un circuit secondaire,

Page 8
 Un stock solaire composé d’un ou plusieurs ballons, côté froid ou chaud

 Un système d’appoint chaud agissant sur le stock solaire chaud,

 Une machine à absorption, une machine à adsorption ou un système DEC

 Un système d’appoint froid séparé placé en série en aval du stock solaire,

 Un système de régulation général

4-Le chauffage solaire

Les panneaux solaires thermiques sont employés sous toutes les latitudes pour plusieurs
utilisations concernant le chauffage : chauffage des piscines, chauffage de l'eau sanitaire,
chauffage des locaux ...

Le chauffe-eau solaire reste tout de même la principale utilisation des panneaux solaires
thermiques du fait de sa rentabilité et de la faible évolution saisonnière des besoins en eau
chaude, presque toujours important sur toute l’année.

Le principe

L'énergie solaire captée dans la journée est stockée sous forme d'eau chaude dans un ballon de
quelques centaines de litres (pour une maison). Suivant la latitude du lieu, une autonomie de
plusieurs jours est possible avec une surface de capteurs suffisante et un volume important du
ballon. Afin de compenser les insuffisances d'ensoleillement, un appoint est nécessaire. On
utilise dans la plupart des cas une résistance électrique raccordée au réseau, avec une
régulation adaptée.

En combinant une isolation et une ventilation performante, une conception bioclimatique


permettant de capter et redistribuer les apports solaires passivement, et le recours à une
installation solaire active pour l'eau chaude sanitaire et le complément de chauffage, il est
possible de couvrir près de 80 % des besoins de chauffage (dans les régions ou périodes
froides) et 60 % des besoins thermiques d'eau chaude sanitaire, gratuitement. Une telle
couverture est néanmoins obtenue moyennant un investissement élevé et une adaptation de
l'architecture du projet. Trois conditions doivent être réunies à la construction pour obtenir la
couverture solaire totale des besoins:
Page 15
 Orientation optimale du bâtiment par rapport à l'ensoleillement (dans l'hémisphère
nord, orientation Sud), qui permet le placement optimal de panneaux thermiques en
quantité suffisante.
 Très bonne isolation thermique du toit, des murs extérieurs et de toutes les ouvertures
et fenêtres.
 Place suffisante faite à un gros réservoir saisonnier d'eau bouillante placé au sol au
centre de la maison.

a)La cuisson solaire

Le principe de la cuisson solaire se base sur l’utilisation des rayons du soleil comme
combustible pour cuire les aliments.

Il existe une multitude de variétés de cuisinières solaires. Cependant leurs principes de base
sont identiques et se décomposent comme suit:

 Concentration de la lumière solaire: des composants, généralement un miroir ou des


métaux réfléchissants, sont utilisés pour concentrer la lumière et la chaleur du soleil
sur une petite aire de cuisson, ce qui rend l'énergie plus concentrée et donc plus
puissante.
 Conversion de la lumière à la chaleur: tout noir à l'intérieur d'une cuisinière solaire,
ainsi que certaines matières pour les pots, permettra d'améliorer l'efficacité de la
conversion de la lumière en chaleur. Ainsi, une poêle noire absorbe la quasi-totalité de
la lumière du soleil et la transforme en chaleur, en améliorant sensiblement l'efficacité
de la cuisinière.
 Piégeage de la chaleur: isoler l'air intérieur de la cuisinière de l'air extérieur fait une
différence importante. Généralement, il est utilisé un solide transparent tel un sac
plastique ou un couvercle en verre, qui va permettre à la lumière d'entrer, mais une
fois que la lumière est absorbée et convertie en chaleur, le sac plastique ou le
couvercle en verre emprisonne la chaleur à l'intérieur de la cuisinière. Cela permet
d'atteindre des températures similaires par temps froid et venteux que par temps
chaud.

Page 16
Le haut d’une cuisinière solaire est généralement amovible pour permettre de placer et de
retirer les pots contenant les aliments à cuire à l’intérieur de la cuisinière. La cuisinière solaire
atteint habituellement une température de 150°C. Ce n'est pas aussi chaud qu'un four standard,
mais toujours assez chaud pour cuire les aliments au cours d'une période relativement plus
longue. Par conséquent, l'isolant à l'intérieur de la cuisinière solaire doit être capable de
supporter des températures jusqu'à 150 °C sans fondre ou émettre de gaz.

Figure 2.4 : exemple de cuisinières solaires (sources : www.nature-propre.org, www.boliviainti-


sudsoleil.org )

b)Le séchage solaire

Depuis des siècles, on utilise le soleil pour le séchage des récoltes. La forme la plus simple de
séchage solaire des récoltes consiste à les laisser sécher là où elles poussent. Les activités de
recherche et de développement sur le séchage solaire des produits agricoles (tout comme pour
la cuisson solaire) ont pour objet la réduction de l'utilisation du bois et des combustibles
fossiles pour le séchage des produits agricoles dans les pays en développement. En plus
d'amoindrir la dépendance à l'égard des combustibles fossiles et du bois de chauffage, la
recherche sur le séchage solaire des récoltes vise à réduire la contamination, à rehausser la
qualité des récoltes et à améliorer le contrôle de la température et de l'humidité.

Les séchoirs solaires pour produits alimentaires constituent un exemple de la technologie de


séchage. Ces séchoirs fonctionnent de la même manière que les cuisinières solaires, car ils
utilisent une boîte recouverte d'une plaque de verre. Afin d'assurer une plus grande ventilation

Page 17
et une meilleure circulation de l'air, de même que pour obtenir les basses températures
requises pour le séchage des produits alimentaires (environ sous 40°C) et l'effet de séchage,
ces séchoirs sont habituellement dotés de supports faits de grillage fin superposés, comme les
déshydrateurs électriques classiques. On a recours à la convection ou à un ventilateur pour
faire circuler l'air à travers les supports de séchage. Même sous les climats humides, on peut
construire des séchoirs solaires pour aliments à l'échelle individuelle ou commerciale à partir
de matériaux faciles à trouver et de plans simples.

On peut classer les séchoirs, suivant la façon dont ils utilisent le rayonnement solaire, en
séchoirs naturels, séchoirs directs et séchoirs indirects.

 Les séchoirs naturels


Ils utilisent directement le soleil et l'air, dont l'action n'est ni particulièrement favorisée, ni
contrôlée. Le produit est réparti sur des claies ou des nattes, dans des cribs, ou disposé à même
le sol. Les cribs sont orientés perpendiculairement au vent dominant.

Ces séchoirs sont très bon marché, mais supposent une intervention humaine régulière et
soutenue : protection ou ramassage du produit en cas de pluie, malaxage fréquent pour éviter
la surchauffe de la couche supérieure et homogénéiser le produit pour permettre à la couche
inférieure de sécher. Ce type de séchoir est souvent traditionnel dans les communautés
paysannes, pour répondre au problème de la conservation temporaire du produit en attendant
la vente ou la consommation.

Il présente cependant des inconvénients : pertes de produits mal séchés ou gâchés lors des
remuages, destruction de vitamines A et C par l'exposition directe au soleil, dégradation par
les intempéries et les nuisibles (insectes, rats, poussière).
 Les séchoirs solaires directs

Par définition, les rayons solaires frappent directement les produits dans ces séchoirs. Ce sont
des appareils simples et rustiques d'un châssis vitré, sous lequel les produits à sécher sont des
clayettes. Une circulation d'air se fait à travers l'appareil, par tirage naturel dû au
réchauffement (effet cheminée) ou par action du vent sur les ouvertures, mais rarement à
l'aide d'un ventilateur, du fait de la rusticité des modèles. Ce type de séchage présente deux
avantages :

Page 18
- les produits sont mieux protégés de l'attaque des mouches et autres insectes,

- ils sont soumis à un effet de serre au même titre qu'un absorbeur de capteur plan, d'où
une amélioration du bilan radiatif et une élévation de la température du produit à
sécher, ce qui permet de diminuer notablement les temps de séchage par rapport aux
systèmes traditionnels.

Parmi les inconvénients de ce type d'appareil, on peut noter la destruction de certaines


vitamines et la photo-oxydation du produit, dues à la partie des ultra-violets transmise par la
couverture et au risque de dépassement de la température maximale admise par le produit,
souvent due à la mauvaise circulation de l'air, fréquente dans ces systèmes.

Les bottes de séchage sont de petites unités, transportables, destinées le plus souvent à la
cellule familiale pour la conservation de ses produits. Des surchauffes peuvent y apparaître du
fait de leur faible volume et du faible débit d'air qui les traverse en convection naturelle.

Les séchoirs "serres" sont une version à grande échelle des bottes de séchage; leur utilisation
est à envisager lorsqu'il faut sécher une grande quantité de produits frais. Pour être efficaces,
les surfaces de séchage doivent être limitées à quelques mètres carrés.

 Les séchoirs solaires indirects


Les produits à sécher ne sont pas exposés directement au rayonnement solaire. Ils sont
disposés sur des claies à l’intérieur d’une enceinte ou d’un local en rapport avec l’importance
des quantités à sécher. L'air neuf est admis dans l'enceinte de séchage après passage dans des
capteurs à air ou autres préchauffeurs qui le réchauffent en fonction du débit utilisé.

Figure 2.5 : exemples de différents types de séchoirs solaires

Page 19
II- MODELISATION ET DIMENSIONNEMENT D’UN CAPTEUR PLAN

1. Introduction
Le dimensionnement des capteurs solaires nécessite une connaissance précise des
phénomènes physiques qui interviennent dans le fonctionnement de ces capteurs. Ce chapitre
va être consacré à la modélisation et au dimensionnement d’un capteur solaire plan.

2. Les éléments fondamentaux d’un capteur solaire plan


Un capteur solaire plan est essentiellement constitué d’une boîte métallique surmontée d’un
vitrage en verre ou en plastique, et d’une plaque absorbante de couleur foncée au fond, avec
les côtés et l'arrière généralement isolées pour réduire les pertes thermiques.
 La plaque absorbante:
Il est un matériau caractérisé par une conductivité thermique élevée, une résistance adéquate
à la traction et une bonne résistance corrosive. Il est plus souvent en cuivre, acier ou en
thermoplastique.
 Les conduites d’écoulement des fluides
Elles assurent la circulation du fluide de travail à travers le capteur. Si le fluide est un
liquide, la conduite d'écoulement est généralement un tube qui est soudé à la plaque
absorbante ou est une partie de la plaque absorbante. Si le fluide de travail est l'air, la
conduite d’air devrait être en dessous de la plaque absorbante afin de minimiser les pertes de
chaleur.

 Le vitrage
Il est généralement fait en verre (ou en plastique) trempé, très résistant, non dégradable et
transparent. Il joue essentiellement trois importants rôles :
- il transmet le maximum de l’énergie solaire à l’absorbeur ;
- il permet de réduire les pertes thermiques convective et radiative provenant de l’absorbeur ;
- il préserve la plaque absorbante d’une exposition directe aux intempéries.
 L’isolation
Le matériau utilisé pour l’isolation doit :
 avoir une faible conductivité thermique ;

Page 20
 être stable à des températures élevées (jusqu’à 200°C) ;

 pas émettre de gaz jusqu’à 200°C ;


 être anticorrosif.
Les isolants sont généralement placés à l’arrière et sur les côtés du capteur afin de réduire les
pertes thermiques.

 Le Boîtier
Une boîte avec une très grande résistance aux intempéries abrite généralement le capteur. Elle
rassemble tous les composants afin de les protéger contre les intempéries, facilite l'installation
du capteur sur un toit ou dans un cadre approprié.

Figure 3.1 : Les composantes d’un capteur solaire plan vitré

3. Modélisation d’un capteur solaire plan


Principe de fonctionnement d’un capteur plan vitré:

Une partie de l'irradiation solaire qui arrive sur le vitrage traverse celui-ci pour atteindre
l'absorbeur. Ce dernier s'échauffe et transmet la chaleur au fluide caloporteur qui circule dans
les tubes. Comme tout corps qui s'échauffe, l'absorbeur émet un rayonnement (en grande
partie dans les infrarouges) qui est d'une part absorbé par le vitrage, d'autre part réfléchi par le
film placé sur l'isolant.

Page 21
Figure 3.2 : Bilan thermique autour d’un capteur solaire plan vitré (source : www.ines-
solaire.com)

Bilan thermique autour d’un capteur solaire plan vitré

Le bilan thermique autour d’un capteur solaire plan peut être résumé suivant l’équation ci-
après :

& &
utile  E opt  Q pertes
Q & (3.1)

Avec :

&
Q utile : Puissance utile que transmet l’absorbeur au fluide de travail (W)

E& opt : Puissance solaire incidente optique absorbée par l’absorbeur (W)

&
Q pertes : Déperditions thermiques au niveau de l’absorbeur (W)

Développement de chaque terme de l’équation bilan (3.1)

Page 22
 La puissance utile
La puissance utile est la chaleur sensible transmise au fluide de travail et peut être exprimée
comme suit :

utile  mCp Te  Tf 


&
Q & (3.2)

& : Débit du fluide de travail (kg/s)


m

Cp : Capacité thermique du fluide (J/kg.K)

Te et Tf sont respectivement les températures du fluide à l’entrée et à la sortie de l’absorbeur


(K).

 La puissance solaire incidente optique


La puissance solaire incidente optique absorbée par l’absorbeur est exprimée par :

E& opt    I s A capt (3.3)

 : absorptance de la surface de l’absorbeur

 : transmittance du vitrage

Is : irradiation solaire incidente arrivant à la surface du capteur (W/m2)

Acapt : surface du capteur (m)

 Les pertes thermiques


Les pertes thermiques sont de trois types. Il y a des pertes conductives ( Q& pertes_ cond ),

convectives ( Q& pertes _ conv ) et radiatives ( Q& pertes _ rad ), dont les expressions sont ci-après
détaillées :

& & & &


Q pertes  Q pertes _ cond  Q pertes _ conv  Q pertes _ rad (3.4)

pertes _ cond   e A abs Tabs  Tamb 


&
Q (3.5)

pertes _ conv  A abs h conv Tabs  Tamb 


&
Q (3.6)

Page 23
&
Q  4 4

pertes _ rad    Tabs  Tciel


 (3.7)

 : conductivité thermique moyenne équivalente (W/m.K)

e : épaisseur moyenne de l’isolant (m)

Aabs : surface de l’absorbeur (m2)

hconv : coefficient global moyen de transfert de chaleur par convection (W/m2.K)

 : émissivité de la surface de l’absorbeur

 : constante de Stefan-Boltzmann (5.670 × 10-8 W/m2K4)

Tabs, Tamb, Tciel sont respectivement la température moyenne au niveau de l’absorbeur, la


température ambiante et la température de la voûte céleste (toutes exprimées en K).

Des équations (3.2) à (3.7), on peut récrire finalement l’équation (3.1) comme suit :

&
Q & Cp Te  Tf 
utile  m


 Is A capt  Aabs hTabs  Tamb   Tabs
4
 Tciel
4


(3.8)

Où h’ est ici un coefficient combiné de la convection et de la conduction (W/m2/K).

4-Dimensionnement d’un capteur solaire plan


La méthodologie du dimensionnement d’un capteur solaire plan fait intervenir les différents
points suivants :

 La demande en énergie thermique


 Le bilan thermique autour du capteur
 La performance du capteur
 L’efficacité du capteur
 La sélection des matériaux

 La demande en énergie thermique

Page 24
L’évaluation de la demande en énergie thermique est la première étape dans le
dimensionnement d’un capteur solaire plan. Il est important de bien évaluer la demande avec
les niveaux de températures requises.

 Le bilan thermique autour du capteur


Il est développé au paragraphe précédent. Il est important de bien évaluer la ressource solaire
ainsi que les déperditions thermiques pour mieux estimer la taille du capteur.

 La performance du capteur
La performance d’un capteur dépend beaucoup de son orientation : son azimut et son angle
d’inclinaison.

 L'azimut le plus évident pour une surface donnée dans l'hémisphère nord est orientée
plein sud, ou vice-versa. Certains facteurs peuvent influer sur l’orientation du champ
des capteurs tels que les bâtiments ou l’orientation des terrains, la demande d’énergie
thermique, les obstacles (montagne, arbres…), le climat (couverts nuageux persistants
matin ou après midi)…
 L'inclinaison : pour un capteur plan donné, il s’agit d'incliner sa surface, par rapport à
l'horizontale, à un angle égal à l'angle de la latitude du milieu concerné. A cette
inclinaison, si le capteur est orienté plein sud (en supposant l’hémisphère Nord), le
soleil sera normal au capteur à midi, deux fois par an (aux équinoxes). En outre la
position du soleil à midi ne peut varier en dessous ou au dessus de sa position
(normale à la surface du capteur incliné) qu’avec un écart maximal de 23,5°.

 L’efficacité du capteur
L’efficacité instantanée du capteur est le rapport de la puissance utile fournie au fluide de
travail par rapport à l’ensoleillement reçu à la surface du collecteur. Il est exprimé comme
suit :

& C p Te  Tf 
m (3.9)
capt  IA
s capt

Où tous les paramètres sont déjà définis plus haut.

Page 25
Il existe aussi l’efficacité optique du capteur qui est le rapport de la puissance optique
absorbée par l’absorbeur et l’ensoleillement approprié ; il est exprimée par :

opt      (3.10)

Où  est une constante, les autres paramètres étant définis plus haut.

 La sélection des matériaux


La sélection des matériaux reste une étape très importante dans le dimensionnement des
capteurs solaire plan.

 Pour la plaque absorbante, il faut des matériaux avec une bonne diffusivité thermique
(voir en annexe le tableau de quelques matériaux usuels). Le revêtement sélectif de la
plaque doit se faire avec un matériau de bonne absorptance et une faible émissivité et
qui résiste à des températures élevées de près de 200°C.
 Pour l’isolant, il faut des matériaux de faible conductivité thermique, stable à des
températures avoisinant 200°C et qui n’émettent pas de gaz à ces niveaux de
température.
 La couverture en haut du capteur doit être faite avec un matériau qui a une bonne
transmittance mais une faible réflexivité et qui n’absorbe pratiquement pas la chaleur.

Page 26
III-ENERGIE SOLAIRE THERMIQUE A CONCENTRATION (HAUTE
TEMPERATURE)

1. Introduction
Nous avons vu dans les chapitres précédents que l’énergie solaire peut être utilisée pour un
usage thermique direct, par exemple pour le chauffage, la cuisson… Elle peut également être
utilisée pour produire de la chaleur puis de l’électricité à partir des systèmes thermiques à
concentration. Ces derniers n’utilisent que l’irradiation directe. En conséquence, ils ne
peuvent être installés que dans des zones fortement ensoleillées. Ainsi, un ensoleillement de
1800 kWh/m2/an est le seuil minimum estimé nécessaire pour obtenir un rendement suffisant.
Le solaire thermique à concentration est une idée ancienne (les Grecs utilisaient un ancêtre du
miroir parabolique pour produire la flamme olympique) qui est celle de la concentration du
rayonnement solaire pour produire de la chaleur à haut niveau de température. Depuis les
années 1980, plusieurs technologies ont été développées et sont toujours en cours
d’amélioration dans le but de diminuer le coût de la production de l’électricité et donc
vulgariser ces technologies.
En effet, La capacité installée des centrales solaires thermiques à concentration (notées CSP
selon la terminologie anglaise Concentrating Solar Power) est de l’ordre de 500 MW. Les
premières centrales furent installées en Californie à la fin des années 80 et au début des
années 90 (354 MW, miroirs cylindro-paraboliques, avec gaz naturel comme source
secondaire). Plusieurs projets sont actuellement en cours d’implantation ou de développement
(Espagne, Grèce, États-Unis, Égypte, Maroc, Algérie, etc.) cumulant une capacité de plus de
3000 MW au total dans le monde une fois ces projets achevés, dont plus de 2000 MW en
Espagne (figures 4.1 et 4.2).

Page 27
Figure 4.1 : Capacité installée de centrales solaire thermique à concentration

Figure 4.2 : Projets en cours dans le monde

Page 28
Nous allons passer en revue les différentes technologies solaires thermiques à concentration
(encore appelées les centrales solaires thermodynamiques) qui existent avec leurs avantages et
inconvénients dans un premier temps. Puis, une deuxième partie va concerner la modélisation
et le dimensionnement de ces technologies dans le but d’outiller le lecteur pour leur
conception éventuellement.

2-Principes de base des centrales électrosolaires thermodynamiques (à


concentration)

On appelle « solaire thermodynamique» l’ensemble des techniques qui visent à transformer


l’énergie rayonnée par le soleil en chaleur à température élevée puis celle-ci en énergie
mécanique (et ensuite en énergie électrique) à travers un cycle thermodynamique.

a)Les composantes d’une centrale solaire thermodynamique CSP


Les composantes de base d’une centrale solaire thermodynamique (CSP) sont :

 Le champ solaire,
Il représente l’équivalent de l’alimentation en combustible (charbon, pétrole, gaz, uranium)
pour les centrales thermiques.
Les composants optiques des centrales électrosolaires thermodynamiques, appelés
concentrateurs ou collecteurs permettent de capter le rayonnement solaire direct et de le
concentrer sur le récepteur qui transmet la puissance captée à un fluide caloporteur sous forme
de chaleur. L’ensemble composé du concentrateur et du récepteur s’appelle le capteur solaire,
qui convertit la puissance rayonnée en puissance thermique avec des rendements supérieurs à
70%.
 Le réseau de conduites
Il assure le transfert du fluide caloporteur chauffé du champ solaire vers l’unité de production
d’électricité et son retour après refroidissement vers le champ solaire.

 L’unité de puissance
C’est l’unité de production d’électricité. Il contient les pompes à eau de haute pression, les
échangeurs de chaleur pour le préchauffage de l’eau, la production de vapeur, le chauffage de

Page 29
la vapeur, la turbine à vapeur, le générateur, le tour de refroidissement et l’unité de
déminéralisation, requise pour éviter la formation de cristaux de sel très abrasifs dans la
turbine.
Les composantes en option d’une centrale solaire thermodynamique sont :

 Source de chaleur supplémentaire


L’intégration d’une source supplémentaire de chaleur réduit l’impact de l’intermittence du
rayonnement solaire sur la production d’électricité. Un autre effet de cette introduction a été la
réduction du coût moyen de production du kWh ; ce fut le cas pour les centrales solaires de la
Californie étant donné le niveau des prix du gaz à la fin des années 80.

 Élargissement du champ solaire et introduction d’un système de stockage de chaleur :


Cette option présente plusieurs avantages. Elle pourait :
 Améliorer la stabilité de la production en réduisant considérablement les pertes de
qualité de production résultant des variations d’irradiation, par exemple dues aux
passages nuageux ;
 Permettre une production à base d’énergie solaire après le coucher du soleil ;
 Permettre un démarrage de production avant le lever du soleil ;
 Augmenter le facteur de capacité, qui peut atteindre, selon la capacité de stockage, le
niveau des centrales répondant aux besoins en heures pleines et même celui des
centrales de base.
 Permettre une réduction du coût de production du kWh.

b)Les différentes filières des centrales solaires thermodynamiques CSP

L’'expérience des trente dernières années dans production d'électricité solaire par voie
thermodynamique montre que trois principales filières permettent en pratique de réaliser la
concentration du rayonnement solaire dans des conditions techniques et économiques viables.
Il s’agit de :
 systèmes à capteurs linéaires ;

Page 30
 systèmes à récepteur central ou centrale à tour ;
 systèmes paraboliques.

CONCENTRATEURS LINEAIRES CONCENTRATEURS PONCTUELS

Capteur hélio stats-


cylindro- Tour
parabolique

Capteur
Capteur parabolique
linéaire de
Fresnel

Figure 4.3: Principales technologies de concentration solaire (source :


www.labothap.ulg.ac.be )
Chaque filière se subdivise en plusieurs technologies en fonction du type de récepteur, du
fluide caloporteur, du système de stockage et du bloc électrique.

c-Les centrales à capteurs linéaires


Les champs de capteurs sont constitués ici de miroirs (cylindro-paraboliques ou de Fresnel)
qui réfléchissent le rayonnement solaire vers un récepteur parcouru par un fluide caloporteur
(huile synthétique, eau/vapeur…). Cette filière n’est installée généralement que sur des
terrains plats (pente inférieure à 3%) et se décline en trois principales technologies à savoir :

 Les capteurs cylindro-paraboliques à caloporteur huile


Les systèmes à capteurs cylindro-paraboliques à caloporteur huile sont actuellement la plus
mâture et la plus éprouvée des technologies de concentration solaire. Ils ont un faible facteur

Page 31
de concentration optique (40-80) et la limite de stabilité du fluide caloporteur est de l’ordre de
400°C.

Figure 4.4 : capteur cylindro-parabolique à caloporteur huile

 Les capteurs cylindro-paraboliques à caloporteur eau


Ce sont des installations à génération directe de vapeur (DSG) car ici l’eau joue à la fois le
rôle de fluide caloporteur et de fluide de travail. Le cycle est ainsi largement simplifié. Cette
technologie est considérée comme une évolution de la catégorie cylindro-parabolique car les
coûts d’investissements, d’exploitation et de maintenance d’une centrale commerciale
utilisant cette technologie seraient fortement réduits. La difficulté de ce concept est qu’aux
conditions de température et de pression nécessaires à la détente dans une turbine à vapeur
(environ 100 bars et 400°C), l’écoulement diphasique stratifié de l’eau dans les tubes
absorbeurs cause des effets d’asymétrie et d’instabilité, et donc de forts gradients de
température difficilement acceptables pour les matériaux.

Page 32
Figure 4.5 : capteur cylindro-parabolique à caloporteur eau
 Les capteurs linéaires à miroirs de Fresnel
Un facteur de coût important dans la technologie des capteurs cylindro-parabolique est la mise
en forme du verre pour avoir la configuration parabolique requise. Afin de diminuer ce coût,
plusieurs groupes de recherche travaillent actuellement sur des prototypes de capteurs
linéaires à miroirs de Fresnel. L’idée est d’approximer la forme parabolique du collecteur par
une succession de miroirs plats.

Page 33
Absorbeur tubulaire

Figure 4.6 : capteur linéaire à miroirs de Fresnel

a) les centrales à tour


Les centrales à tour sont constituées de nombreux miroirs ou héliostats concentrant les rayons
solaires vers une chaudière située au sommet d'une tour. Le facteur de concentration optique
d’une installation centrale à tour varie de 200 à 1000 et le fluide caloporteur peut atteindre des
températures comprises entre 250 et 1000 °C selon le type de récepteur et de caloporteur, ce
qui permet de mettre en œuvre un cycle de Rankine, ou un cycle à gaz (Brayton) ou même un
cycle combiné (vapeur-gaz). Elle a une capacité de production qui se situe entre 10 et 200
MWel.
Cette filière se décline en trois principales technologies, qui se différencient principalement
par la nature du fluide caloporteur :

 Systèmes à caloporteur sels fondus


Les sels fondus (composés par exemple de nitrate de sodium et de nitrate de potassium)
représentent un fluide de stockage économique et adapté au niveau de température d’un cycle
de Rankine. Il s’avère donc intéressant d’employer des sels fondus à la fois comme fluide
caloporteur et fluide de stockage d’une centrale à tour. La température des sels peut atteindre
environ 560 °C ce qui permet d’actionner une turbine à vapeur plus performante que celles
couplées à un champ de capteurs cylindro-paraboliques.
Cette technologie est la plus développée des concepts de centrales à tour (comme exemple de
réalisations, on peut citer « THEMIS » en France et « Solar Two » aux USA).

Page 34
Figure 4.7 : Centrale tour à sels fondus

 Les systèmes à tour à caloporteur vapeur


Cette technologie a été envisagée dans les centrales à tour dès la fin des années 1970 et
permet de simplifier au maximum l’intégration de l’énergie solaire dans un cycle à vapeur
conventionnel, le récepteur solaire jouant ici le rôle de générateur de vapeur. La principale
difficulté de cette technologie réside dans le fait que l’évaporation et la surchauffe de l’eau
dans les tubes absorbeurs causent de forts gradients de température et donc des contraintes
thermomécaniques qui occasionnent des surchauffes des parois absorbantes, des déformations
et finalement des fuites raccourcissant la durée de vie du récepteur.
La pointe actuelle de cette filière est la centrale PS10 (11 MWel) inaugurée en mars 2007 qui
représente une étape essentielle dans la réduction des risques technologiques.

Figure 4.8 : Centrale tour à vapeur d’eau

Page 35
 Systèmes à caloporteur air et récepteur ouvert
Dans ces systèmes, le circuit de transfert de chaleur est basé sur un schéma où l’air
atmosphérique est aspiré à travers un récepteur volumétrique à absorbeur poreux (treillis
métallique ou céramique) au travers duquel il est chauffé jusqu’à environ 700°C et utilisé
pour alimenter un cycle vapeur entre 480-540°C. L’air en sortie d’échangeur est rejeté devant
l’entrée du récepteur pour minimiser les pertes thermiques. Le rendement total est assez faible
pour une centrale à tour, à cause des performances relativement mauvaises des récepteurs
volumétriques actuels qui sont moins développés que les récepteurs à sels ou à vapeur saturée.

Figure 4.9 : Centrale tour à air

b) Les centrales paraboliques


Les capteurs paraboliques suivent le soleil sur 2 axes afin de concentrer le rayonnement
solaire sur le foyer de la parabole réfléchissante. Le rapport de concentration optique est
souvent supérieur à 2000 avec une température de 750°C. La technologie la plus répandue de
cette filière est la parabole-Stirling.

Page 36
Figure 4.10 : photograhie de la parabole Dish-Sterling (en avant plan) du laboratoire
PROMES-CNRS, France (www.promes.cnrs.fr)

Tableau 4.1 : Récapitulatif des différentes filières de centrales solaires thermodynamiques


avec leurs avantages, inconvénients ainsi que leur domaine d’application

CENTRALE CAPTEURS CENTRALE A CENTRALE


CYLINDRO- LINEAIRES DE TOUR PARABOLIQUE
PARABOLIQUE FRESNEL(CLFR)

-Coût - coût des miroirs -concentration -concentration(750) et


d’investissement faible (200-1000) et température (650-
moins élevé par -coût des température 750°C) élevées.
rapport aux autres investissements réduit élevées (jusqu’à
technologies 1000°C) -Rendement élevé
(3000€/KWel) -contraintes (plus de 30%)
AVANTAGES mécaniques réduites -moins sensibles
-Connexion au grâce à la disposition aux variations -Adapté pour la
réseau ( plane des miroirs saisonnières production électrique
Cas de solar one) -frais de maintenance décentralisée
réduit par rapport aux -possibilité de
-possibilité de capteurs PT stockage
stockage -Connexion au

Page 37
-LEC réduit réseau
(environ
17c€/KWel)

-Faible - LEC élevé - pas de stockage


concentration (20- -performance optique (environ possible
80) et donc faible des miroirs plus faible 20c€/KWh el)
température de que celle des capteurs -coût d’investissement
fonctionnement PT -surface au sol élevé (14000€/KWel))
(400°C) importante
-Huile synthétique -manque d’études -improbable tenue des
chère et nocive d’écoulements -Nécessité d’une joints d’étanchéité des
pour diphasiques source d’eau dans pistons aux conditions
l’environnement en disponibles pour des des régions très dures (fortes
cas de fuite tubes de grand généralement en températures)
-inflammabilité diamètre. carence hydrique. -surface de collecte
INCONVENIENTS
dangereuse des -manque de maturité faible
huiles
-Très sensible aux
variations
saisonnières
-Forte
consommation
d’eau(les SEGS
californiennes
consomment
3,4m3/MWhe)

-Moyennes et - Petites puissances


APPLICATIONS
-Moyennes et -Moyennes grandes puissances (25KWhe installée au

Page 38
grandes puissances puissances(en (11MWe installée, nouveau Mexique
(80MWe installée, expérimentation) PS10, Séville)
SEGSIX,
Californie)

le stockage
Le stockage augmente considérablement la valeur de l’électricité produite en lissant la
production de la centrale. En effet il est plus intéressant pour un distributeur d’électricité de
disposer d’un moyen de production permettant de produire de manière constante et prévisible,
selon une courbe de charge prédéterminée, que de subir les aléas de production d’une centrale
produisant « au fil du soleil ». Le stockage permet d’accroître la durée de fonctionnement
(facteur de capacité) des centrales par rapport aux heures d’ensoleillement disponibles, qui
passe typiquement de 20% sans stockage à 30-50% avec stockage.

Tableau 4.2 : Les différents types de stockage disponibles

L’hybridation
La disponibilité de l'énergie solaire étant intermittente, il n'est pas rentable d'investir dans un
champ solaire seul avec sa turbine et son générateur électrique. Afin de mettre à profit le
système même quand l'énergie solaire n'est pas disponible, l'installation est généralement
hybridée : une unité auxiliaire au gaz, au pétrole ou au biocarburant est utilisée pendant les
périodes nuageuses ou en fin de journée afin d'assurer une production continue.

Page 39
-les systèmes mixtes
Les systèmes mixtes combinent plusieurs filières de capteurs solaires thermodynamiques dans
une même installation.

2. Modélisation des centrales solaires thermodynamiques


La connaissance minutieuse des différents phénomènes physiques qui apparaissent dans le
fonctionnement des centrales thermodynamiques est importante pour leur bon
dimensionnement. Dans ce paragraphe, il est proposé la modélisation d’un capteur cylindro-
parabolique et d’une centrale à tour.

a) Modélisation d’un capteur cylindro-parabolique


Plusieurs études ont été menées sur la modélisation des centrales cylindro-paraboliques.
Toutes ces études concernent la détermination de l’efficacité de l’absorbeur à travers la
puissance effectivement transmise au fluide caloporteur (puissance utile) par l’absorbeur.

Les travaux pionniers sont ceux de Hottel et Whillier(1958) et de Bliss(1959) qui développent
un modèle permettant le calcul de la conversion du rayonnement solaire en énergie thermique.
Dans ce modèle le coefficient de perte de chaleur U est supposé constant le long de
l’absorbeur. En 1981, Dunkle propose un modèle qui prend en compte la variation du
coefficient de perte de chaleur en fonction de la température ; mais l’inconvénient de ce
modèle est que le coefficient de perte de chaleur est fonction de la température du fluide
plutôt que de la température de l’absorbeur ce qui ne rend pas compte de l’efficacité réelle du
récepteur. En 1982 et 1985, Rabl et al, à partir des résultats expérimentaux, ont proposé un
modèle simple dans lequel la puissance utile transmise au fluide caloporteur est exprimée
par :


Qu,CP  m& C P UL  U0UL U0  2 h (4.1)
4 h U1

& : débit du fluide caloporteur (kg/s)


m

Cp : capacité calorifique du fluide caloporteur (J/kg/m2)

h : coefficient global d’échange au niveau de l’absorbeur (W/m2/K)

Page 40
U(0) et U(L) sont respectivement les coefficients de pertes globales respectivement à l’entrée
et à la sortie de l’absorbeur exprimées comme suit :

UL   U 0   2U 1 Ta L   Ta 0  (4.2)

UL   U 0   2U 0  2U 1 Ta L   Ta 0   2Tamb  (4.3)

Où U0 et U1 sont des constantes caractéristiques du capteur cylindro-parabolique et Ta 0 et

Ta L sont respectivement les températures à l’entrée et à la sortie de l’absorbeur exprimées


comme suit :

h  U  
T 0  T  0  
  1  1   1 a
4U q  hT  0   T   (4.4)
f amb

a amb
 2U1   h  U 0 2 



h  U  
T L  T  0  
  1  1   1 a
4U q  hT  L  T   (4.5)
f amb

a amb
 2U1   h  U 0 2 


Dans ces expressions, Tamb est la température ambiante, Tf 0 et Tf L sont respectivement
les températures d’entrée et sortie du fluide caloporteur (généralement supposées connues). qa
est la puissance solaire absorbée exprimée par :

q a  opt,CP I Copt (4.6)

Avec :

opt,CP le rendement optique du capteur cylindro-parabolique, Copt est le facteur de

concentration solaire et I est l’irradiation solaire du milieu concerné.

b) Modélisation d’une centrale à tour


La première configuration d’une centrale à tour a été proposée par Rabl en 1976; ce système
est formé d’un réflecteur hyperboloïde placé au sommet d’une tour et qui concentre les
rayonnements solaires sur un récepteur situé au niveau du sol. Les travaux de Vant-Hull en

Page 41
1991 montrent que cette configuration proposée par Rabl en 1976 n’est pas la meilleure car
elle offre un faible facteur de concentration et on note d’importantes pertes de puissance
causées notamment par la mauvaise réflectivité des miroirs sur le récepteur situé au sommet
de la tour. Cependant l’intégration dans ce système d’une nouvelle technologie de miroirs à
haute réflectivité et d’un cycle thermodynamique à haute efficacité permettrait de l’optimiser.
En 1986, Faas SE et al montrent que pour les petites puissances (de l’ordre de 1MW), la
configuration avec la tour au nord du champ d’héliostats est celle qui offre une meilleure
efficacité.

De façon générale, la puissance utile Qu,CT fournie au fluide caloporteur par une centrale à

tour est définie comme la puissance absorbée Qabs,CT par le récepteur (en haut de la tour) à

laquelle on soustrait les pertes radiatives et convectives (respectivement Qconv et Qrad ). Il


vient:

Qu,CT  Qabs,CT  Qrad  Qconv (4.7)

Qabs,CT , Qrad et Qconv sont respectivement exprimés comme suit:

Q abs ,CT   opt ,CT I Scapt



,CT (4.8)
Qrad    Sabs,CT Tabs,CT 
4 4

(4.9)
Tamb
Q
conv
h S T
conv rec abs,CT
T
amb

(4.10)
En intégrant ces expressions dans l’équation (4.7), on a finalement l’expression de la
puissance utile Q u,CT :
 

Qu,CT   opt,CT I Scapt,CT    abs,CT T4
abs,CT  Tamb
4

 h convS rec Tabs,CT  Tamb  (4.11)
S

Où :

,  et  sont respectivement le facteur d’absorptivité de l’absorbeur, l’émissivité du capteur


et la constante de Boltzmann.

opt ,CT est le rendement optique de la central à tour et hconv est le coefficient global de

Page 42
transfert par convection au niveau du récepteur. I est l’irradiation solaire du milieu concerné.

Sabs,CT , Srec et Scapt,CT sont des surfaces respectivement de l’absorbeur, du récepteur et du


capteur. Tabs,CT et Tamb sont respectivement la température moyenne de l’absorbeur et la
température ambiante.

3.Dimensionnement des centrales électrosolaires thermodynamiques

 Puissance de la centrale
Dans le dimensionnement des centrales électrosolaires thermodynamiques, on défini en
premier lieu la puissance de la centrale. Cette grandeur est généralement soumise à un certain
nombre de contraintes, qui sont soit technologiques (une technologie est généralement
disponible entre deux puissances, une minimale et l’autre maximale), soit législatives (par
exemple, en Espagne, la puissance unitaire d’une centrale à concentration solaire ne peut
excéder 50 MW pour bénéficier des avantages de la loi sur les énergies renouvelables).
D’autres contraintes possibles sont la capacité du système d’absorber des ressources
intermittentes (capacité et composition du parc de production, courbe de charge ainsi que
l’état du réseau), la capacité du réseau de transport, etc. Si la demande est supérieure à l’une
des deux contraintes imposées, il est possible d’installer plusieurs unités pour répondre à la
demande en puissance.

 Le volume de la production
Le volume de la production peut être la seconde grandeur cible. En général, pour les
ressources intermittentes comme le rayonnement solaire et le vent, le volume de la production
est défini par la puissance installée et par les caractéristiques du gisement sur le site. La
production annuelle peut varier un peu d’une année à l’autre, mais la grandeur moyenne est
pratiquement constante. Ainsi, pour augmenter le volume de la production, il faut augmenter
la puissance installée.
Les centrales solaires à concentration présentent néanmoins une exception : il est possible
d’augmenter le volume de production annuelle sans augmenter la puissance de la turbine,
grâce au stockage de la chaleur excédentaire produite dans un champ solaire élargi, qui

Page 46
permet l’augmentation du facteur de capacité et l’amélioration de la qualité d’électricité
produite. Ainsi, dans un concept de base, le champ solaire assure la couverture de la demande
en chaleur pour la production de la vapeur permettant le bon fonctionnement du générateur à
puissance nominale durant les heures où l’ensoleillement dépasse 95 % de la valeur maximale
au site. Dans le cas d’un système photovoltaïque (PV) ou éolien, l’augmentation de la
production ne peut se faire qu’à partir d’une augmentation de la puissance installée. En effet, la
production en l’absence de la source primaire (rayonnement solaire ou vent) ne peut se faire
qu’avec stockage d’électricité produite durant le temps de disponibilité de la source primaire.
On notera aussi que le stockage d’électricité est généralement plus coûteux que le stockage de
chaleur. Cette différence des caractéristiques de la composante de stockage entre les systèmes
CSP et PV et très importante.

 L’ombrage mutuel des réflecteurs


Un autre point déterminant de la puissance installée des systèmes à concentration par unité de
surface est l’ombrage mutuel des réflecteurs. Pour atteindre un ensoleillement complet des
réflecteurs à partir d’une hauteur donnée du soleil sur l’horizon, la distance entre les rangées
devrait être 3 fois la largeur de la rangée elle-même. Ainsi, la surface des réflecteurs d’une
centrale cylindro-parabolique ne représente au maximum que le tiers de la surface du champ
solaire. Une augmentation de la distance augmenterait la durée journalière pendant laquelle
les réflecteurs sont totalement ensoleillés, mais elle réduirait la puissance installée par unité
de surface et augmenterait la longueur du réseau de transport du fluide caloporteur et par
conséquent l’investissement et les pertes de chaleur.

 Intensité et intermittence
La puissance et le niveau de l’intermittence pour un site donné sont des caractéristiques
naturelles du rayonnement solaire à la surface de la terre. Les systèmes CSP, recourant à la
chaleur comme forme d’énergie intermédiaire, offrent des possibilités de stockage très
importantes et, par conséquent, une réduction importante de l’impact des intermittences de la
source.

 Température maximale du fluide caloporteur

La température qui peut être atteinte au niveau de l’absorbeur d’une centrale CSP dépend, en
plus du niveau de perte de chaleur par convection, conduction et rayonnement, du facteur de

Page 47
concentration du rayonnement solaire et du débit du fluide caloporteur. Les pertes de chaleur
augmentent considérablement avec l’augmentation de la température. La température du
fluide caloporteur à la sortie du champ solaire dépend essentiellement de deux paramètres : le
débit et la stabilité thermique du fluide. L’huile synthétique utilisée actuellement dans les
systèmes à miroirs cylindro-paraboliques a encore une bonne stabilité thermique à 400 °C. Un
fluide caloporteur supportant une température plus élevée permettrait une augmentation du
rendement du système de production d’électricité. Les activités R&D visent, d’une part, le
développement d’huiles avec une stabilité thermique plus grande et, d’autre part, la
production directe de la vapeur d’eau dans le champ solaire. Les fluides utilisés dans les
centrales à tour ou dans le système Stirling supportent des températures beaucoup plus
élevées, mais ne s’adaptent pas aussi bien que l’huile synthétique utilisée aux conditions
techniques des CSP cylindro-paraboliques.

 Puissance du champ solaire par unité de surface


La puissance installée par km2 pour les centrales CSP avec champ de miroir cylindro-
parabolique ou avec une tour est d’environ 50 MW. Pour les systèmes Dish-Stirling et les
centrales PV avec suivi solaire biaxial, la puissance par km2 est plus faible, résultant de
l’ombrage biaxial mutuel des panneaux PV ou des réflecteurs (Dish). La substitution des
miroirs paraboliques dans la technologie CSP, par des miroirs Fresnel et des capteurs fixes,
permettrait d’augmenter considérablement la puissance installée par unité de surface, grâce
notamment à la réduction de l’ombrage mutuel des miroirs, car l’angle de rotation pour le
suivi du soleil des miroirs Fresnel n’est que la moitié de l’angle de rotation des miroirs
cylindro-paraboliques. De plus, le capteur du système Fresnel étant fixe, il peut être plus
lourd, plus volumineux et plus solide, pouvant ainsi supporter une plus grande pression de la
vapeur haute pression dans le champ solaire. L’état fixe des conduites du fluide caloporteur
réduit aussi les risques de fuite du fluide caloporteur et de l’usure mécanique par rapport au
système cylindro-parabolique avec des parties flexibles. Le système Fresnel présente en plus
des conditions favorables à une utilisation secondaire de l’espace sous les miroirs, par une
production agricole par exemple, ce qui augmenterait la valeur ajoutée créée par unité de

Page 48
surface. Cette production agricole pourrait valoriser l’eau de nettoyage des miroirs et
bénéficier de la réduction d’évaporation résultant de la réduction sensible du rayonnement
solaire direct arrivant au sol.

 L’entretien
L’expérience d’environ deux décades de fonctionnement des centrales CSP montre que les
besoins d’entretien et de maintenance sont faibles, grâce au fait que les composantes des
centrales sont des produits « classiques » des industries métallurgiques, énergétiques ou
chimiques utilisés depuis des décennies.
Néanmoins, un point important, bien que simple, est le nettoyage périodique des miroirs :
l’accumulation de la poussière sur les miroirs peut réduire leur réflectivité considérablement
et donc le rendement de la centrale. Un nettoyage adéquat conserve la bonne réflectivité
initiale pendant de longues années.

 Les besoins en matériaux de construction


Les besoins en matériaux pour la construction et l’équipement des différents types des
centrales CSP sont relativement importants. Ces matériaux sont principalement des produits
des industries classiques (acier, verre, ciment, etc.), et ils sont pratiquement totalement
recyclables. De plus, une partie de la R&D vise la simplification de montage et de
démontage ; des installations à la fin de leur vie, et de faciliter le tri des différents matériaux
en vue de leur réutilisation directe ou de leur recyclage plus facile et plus économique.

 Nécessité de politiques d’appui


La pénétration de l’énergie solaire à concentration (et plus globalement des énergies
renouvelables) requiert un engagement et un appui des gouvernements, notamment pour
garantir leur compétitivité à moyen terme : besoin de tarifs d’achat garantis, mix énergétique
obligatoire, faciliter les possibilités de raccordement au réseau. Pour les pays en
développement, les mécanismes tels que le Mécanisme de Développement Propre du
Protocole de Kyoto, et l’appui des banques d’investissement peuvent contribuer au
développement des projets de centrale solaire à concentration.

Page 49
Conclusion générale

L’énergie solaire thermique de manière générale et surtout celle à concentration est très
prometteuse aujourd’hui avec les différents grands projets et chantiers en cours dans ce
domaine pour la production d’électricité de grandes capacités.
Les intérêts d’une mobilisation de plus en plus importante de l’énergie solaire de
concentration en particulier (exemple du projet DESERTEC voir annexe), sont immenses et
toucheront, certainement d’une façon différenciée, tous les pays et auront un impact bénéfique
sur l’ensemble de la biosphère. Pour les uns, il y aura les possibilités d’investissements,
d’exportations de technologies et de savoir-faire, ainsi que la garantie de couverture durable
des besoins en énergies par des vecteurs propres à des prix stables. Pour les autres, il y aura
les possibilités d’acquisition de nouvelles technologies, la mobilisation de ressources
naturelles renouvelables et abondantes, augmentation considérable du PIB et par la suite,
réduction de la pauvreté et du chômage. Mais ce développement nécessite une volonté de
coopération globale ainsi que la mise en place des mesures adéquates avec la vitesse critique
que nécessite l’état du développement et de la dégradation de l’environnement dans les
différents pays.
Une maîtrise et une connaissance minutieuse des technologies solaires thermiques s’imposent
donc pour faire face à cet engouement du développement du solaire thermique.
Ce document n’est en définitif qu’un outil d’aide au lecteur pour prendre connaissance de
l’énergie solaire thermique, les technologies existantes et leurs applications de façon générale.
Son exploitation est purement à but académique.

Page 50
Références Bibliographiques

1. Duffie J. A., Beckmann W. A., solar engineering of thermal processes, John Wiley &
Sons, 913 p
2. Suter J.-M., Letz T., Weiss W., Inäbnit J., solar combisystems in Austria, Denmark,
Finland, France, Germany, Sweden, Switzerland, the Netherlands and the USA;
overview 2000 ; iea shc - task 26, Bern, 2000, 42 p.
3. Weiss W et al., solar heating systems for houses - a design handbook for solar
combisystems, James and James, 2003, 314 p.
4. Fundamentals of heat transfer and mass transfer. 5 ed. Incropera et Dewitt.- J. Wiley
2002
5. Abengoa Solar http://www.abengoasolar.es/sites/solar/en/tec_termosolar.jsp
6. Département américain de l’énergie (US DOE), Recherche sur le solaire à
concentration http://www1.eere.energy.gov/solar/csp.html
7. EcoSources, section solaire à concentration http://www.ecosources.info/-Energie-
renouvelable-Solaire-thermodynamique-
8. Espace des énergies renouvelables, section solaire thermique à concentration
9. http://news.espace-enr.com/solaire_concentration/
10. Goddard Institute for Space Studies, http://www.giss.nasa.gov/research/
news/20080116/
11. Greenpeace International and European Solar Thermal Power Industry (ESTIA), 2003.
Solar thermal power. 2020. Exploiting the heat from the sun to combat climate
change. http://www.greenpeace.org/raw/content/international/press/reports/solar-
thermal-power-2020.pdf
12. National Renewable Energy Laboratory, programme sur l’énergie solaire de
concentration http://www.nrel.gov/csp/
13. Pitz-Paal R., 2004. Solar Power Technologies: Status and perspectives for
dispatchable power supply. (DLR).
14. SolarPACES, programme de l’Agence internationale de l’énergie sur l’énergie solaire
de concentration http://www.solarpaces.org/
15. SOLLAB, Alliance de laboratoires européens pour la recherche et les technologies des
systèmes solaires à concentration http://www.sollab.eu/

Page 51
16. World Energy Council, 2004. Survey of energy resources, Chapter 11: Solar Energy.
http://www.worldenergy.org/publications/324.asp
17. : Pierre Garcia, Outils d’évaluation technico-économique et d’aide à la conception des
centrales solaires thermodynamiques du futur, thèse de doctorat, université de
Perpignan, France, (2007).
18. :Alain Ferrière, les technologies solaires à concentration
appliquées à la production d’électricité et d’hydrogène :Situation et perspectives,
séminaire IPN Orsay, Septembre 2007
19. Quoilin Sylvain, les centrales solaires à concentration, SQ70925, mai 2007,
disponible sur www.labothap.ulg.ac.be.
20. Nesrin Ozalpa, Abraham Koganb, Michael Epsteinb, Solar decomposition of fossil
fuels as an option for sustainability, Internationl Journal of Hydrogen Energy
34(2009)710-720.
21. :El Hadj Malick Kane, Intégration et optimisation thermoéconomique &
environomique de centrales thermiques solaires hybrides, thèse N° 2565(2002),Ecole
polytechnique fédérale de lausanne,page 18.
22. :R. Pitz-Paal, J. Dersch, B. Milow, A. Ferriere, M. Romero, F. Tellez, A. Steinfeld, U.
Langnickel, E. Shpilrain, O. Popel, M. Epstein, J. Karni, ECOSTAR RoadMap
Document, SES-CT-2003-502578, (2005). Disponible sur :
http://www.promes.cnrs.fr.
23. Milton Matos Rolim, Naum Fraidenraich, Chiguru Tiba, Analytic modeling of a solar
power plant with parabolic linear collector, Solar Energy 83(2009)126-133.
24. :N. Fraidenraich, J.M.Gordon and Rita De C. F De lima, Improved solutions for
temperature and thermal power delivery profiles in linear solar collectors, Solar
Energy vol.61, N°.3, pp.141-145,1997.
25. N. Fraidenraich, R. De C. F. De Lima, C. Tiba and E. M. De S. Barbosa, Simulation
Model of a CPC Collector With Temperature dependent Heat Loss Coefficient, Solar
Energy vol. 65, N°.2, pp. 99-110,1999.
26. A.Kribus, R.Zaibel, D.Carey, A.Segal and J.Karni, A Solar-Driven Combined Cycle
Power Plant,Solar Energy,vol 62, pp.121-129,1998.

Page 52
27. Yao Z et al., Modeling and simulation of the pioneer 1MWsolar thermal central,
Renewable Energy (2009), doi:10.1016/j.renene.2009.02.022 .
Sources d’information sur l’irradiation solaire
Stations au sol
1. World Meteorological organization http://www.wmo.ch
2. World Radiation Data Center http://wrdc-mgo.nrel.gov et http://www.mgo.rssi.ru
3. Global Energy Balance Archive http://bsrn.ethz.ch/gebastatus
4. Baseline Surface Radiation network http://bsrn.ethz.ch
5. International Daylight Measurement Prog http://idmp.entpe-fr

Images satellites
1. National Center for Env Prediction and National Center for Atm Research
http://www.cdc.noaa.gov/PublicData
2. European Center for Medium Range Weather Forecasts http://data.ecmwf.int/data/
3. NASA’s Surface Meteo and Solar Energy http://eosweb.larc.nasa.gov/sse/
4. Helioclim-1 http://helioclim.org
5. Satel-Light http://satel-light.com
6. Solar Energy Mining http://www.solemi.com

Autres
1. Meteonorm http://www.meteonorm.com
2. European Solar Radiation Atlas http://helioclim.org/esra/
3. Photovoltaic Geog Info service http://re.jrc.ec.europa.eu/pvgis/pv
4. US National Renewable Energy Laboratory http://rredc.nrel.gov/
5. Solar Info resource Service http://www.iedat.com/sirs-ny/sirs-ny.php3
6. Canadian Forest Service and CANMET Energy Technology
https://glfc.cfsnet.nfis.org/mapserver
7. Solar and Wind Energy Resource Assessment http://swera.unep.net
8. SoDa Service http://www.soda-is.com

9. http://www.ines-solaire.com/

10. http://www.astralys-solutions.com/nantes-energie-micro-cogenaration.
11. http://www.ddmagazine.com/centrale-solaire-thermique-californie.htl.
Page 53
http://www.avel.vor.fr/document/Etude_comprative_stirling_rankine.

Page 54
Page 55

Vous aimerez peut-être aussi