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I-1  La culture sous serre
I.1.1- Introduction
I.1.2- Rev�tement de la serre
I.1.3- D�finition de l'effet serre
I.1.4- Apport �nerg�tique de la serre
I.1.5- Evolution de la serriculture en Tunisie

I.1.1- Introduction:

La serre agricole a pour r�le de produire une r�colte en s'affranchissant du climat local. Elle permet
soit d'am�liorer le rendement des plantes, soit de cultiver des plantes qui ne survivraient pas au
climat naturel.
Nous allons pr�senter quelles sont les sp�cificit�s � prendre en compte pour concevoir et r�aliser
un dispositif automatis� de commande de serre agricole.
L'objectif le plus g�n�ral du producteur est de mettre sur le march� des quantit�s de produits
agricoles en rapport avec la demande �conomique. Pour cela, il doit d�terminer les conditions
favorables fonction du stade de d�veloppement de la plante. Ces consignes sont d'une part d'ordre
climatique, d'autre part de nature nutritive (eau, engrais). Une fois ces consignes sont fix�es, il faut
passer de l'action pour les r�aliser. Cette action peut �tre manuelle ou automatis�e ou contr�l�
automatiquement.

Depuis une quarantaine d'ann�es, gr�ce aux progr�s r�alis�s dans la fabrication des mat�riaux
(vitres, plastiques, structures m�talliques, composant �lectroniques, capteurs) et gr�ce aux
progr�s de la recherche agronomique, les serres agricoles sont devenues des enceintes
bioclimatiques pouvant cr�er un milieu semi artificiel, un microclimat (figure 1.1.1) permettant de
cultiver des v�g�taux avec des rendements tr�s sup�rieurs aux rendements des cultures en plein
champs.
Actuellement, gr�ce � la contribution de l'automatique dans la r�gulation du microclimat interne des
serres et dans la r�gulation des solutions nutritives distribu�es aux plantes, les serres agricoles
permettent certes, d'obtenir de hauts rendement de production et une meilleure qualit�, mais vont
permettre aussi de g�rer les dates de mise sur le march� des produits agricoles en acc�l�rant ou
en retardant la croissance des plantes.

L'automaticien qui s'int�resse � des syst�mes tels que les cultures sous serres agricoles est
confront� � un probl�me complexe. En effet, il doit aborder des domaines aussi vari�s que la
thermodynamique et l'�nerg�tique, l'agronomie te l'environnement et l'�conomie.
Figure 1.1.1  Sch�ma de principe

Tr�s sch�matiquement, cette analyse des cultures sous serres fait appara�tre trois niveaux (figure
1.2)

Figure 1.1.2  Niveau hi�rarchiques de contr�le d'une serre agricole

L'objectif poursuivi au premier niveau consiste � r�guler le micro climat interne de la serre compte
tenu des conditions m�t�orologiques externes. Les constantes de temps d'�volution sont ici de
l'ordre de quelques secondes � quelques minutes. Au deuxi�me niveau, il s'agit de prendre en
compte l'�tat de la plante. Des constantes de l'ordre d'une � plusieurs journ�e sont observ� pour
ce niveau. Le troisi�me niveau concerne la r�colte et sa distribution. Il est conditionn�e notamment
par des donn�es �conomiques du march�. Il faut envisager � ce niveau des constantes de temps
de un � quelques mois.
Le syst�me consid�r� pr�sente donc des fr�quences d'�chantillonnage multiples � chaque
niveau et pour les trois niveaux.

Le premier niveau, dont on s'int�resse dans le pr�sent m�moire, a fait l'objet de nombreux travaux
scientifiques en automatique. Actuellement, les �tudes se poursuivent pour tenter d'am�liorer les
logiciels de premier niveau et pour int�grer les deux autres niveaux.

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I.1.2- Rev�tement de la serre:

La serre est une simple enceinte limit� par une paroi transparente, qui amplifie certaine
caract�ristiques du climat ext�rieur.
Le revêtement de la serre constitue la partie la plus importante de l'ensemble. C'est le principal
élément responsable de la perte de chaleur et du niveau de lumière dans la serre. Plusieurs
matériaux de recouvrement sont disponibles; chacun possède des avantages et des inconvénients.

Verre
Du point de vue de la transmission lumineuse, le verre est sans doute le meilleur matériau. Sa
capacité de rétention du rayonnement infrarouge lui permet de provoquer l'effet de serre véritable. Dû
à leur poids élevé et à leur fragilité, les panneaux de verre ne sont produits qu'en dimensions réduites,
ce qui a pour effet de nécessiter une structure importante et forte qui crée de l'ombrage. La structure
doit être très stable et nécessite une fondation rigide se prolongeant sous la ligne de gel. La méthode
de pose du verre implique de nombreux joints produisant un calfeutrage imparfait de la serre. Même
si le verre est d'une durée quasi-illimitée, il faut quand même prévoir un certain taux de remplacement
suite aux bris. Le verre n'étant pas un matériau isolant, son utilisation en recouvrement simple laisse
place à des pertes de chaleur importantes. L'emploi de verre à faible émissivité permet de réaliser des
économies de 20% avec une réduction de la luminosité d'environ 10% alors que l'emploi de verre
double (type "thermos") diminue les pertes de chaleur de 40%. Les coûts élevés d'investissement et
de chauffage font de la serre de verre, un type de serre peu adapté en Tunisie.

Fibre de verre ou polyester stratifié


Le fibre de verre ou polyester stratifié est un plastique rigide parfois utilisé comme recouvrement. Il
est habituellement vendu en panneaux rigides ondulés ou plats. Sa durée est très longue, 15 à 20
ans. Cependant, sa transparence à la lumière est faible; de ce fait, il ne peut être utilisé qu'en paroi
simple. Les pertes de chaleur sont alors très élevées, environ 40% plus élevé qu'un double
poly�thylène. De plus, le panneau de fibre de verre ondulé présente plus de surface par rapport au
panneau plat, d'où une perte de chaleur plus importante d'environ 8%. Les panneaux plats
nécessitent cependant une structure plus importante pour leur assurer une bonne rigidité. Après un
certain temps d'exposition, le fibre de verre subit une dégradation de sa surface et un jaunissement
dû à l'action du rayonnement ultraviolet. Ceci réduit de façon notable sa transmission lumineuse. Ce
matériau nécessite un nettoyage à tous les 6 mois et un traitement périodique (à tous les 4 ou 5 ans)
de sa surface avec un enduit spécial à base de résine pour lui redonner une certaine transparence. À
cause de sa transmission lumineuse plutôt faible et de son coefficient de perte de chaleur élevé,
l'emploi du fibre de verre ne devrait être utilisé qu'aux endroits où il est difficile de changer
périodiquement les polyéthylènes comme dans les bouts de serre.   

Polyéthylène
L'utilisation de film plastique a permis un grand développement des serres en Tunisie au cours de la
dernière décennie. Le matériau le plus utilisé est le polyéthylène. Il est robuste, léger, flexible et
permet une structure légère. Sa transmission de la lumière est bonne et son action diffusante élimine
les ombrages directs au sol causés par la structure. La pose facile d'un film de polyéthylène et son
faible coût en font présentement le matériau le plus utilisé en Tunisie comme revêtement de serre.
Pour l'instant, la double paroi de polyéthylène soufflée semble le recouvrement le mieux adapté. Son
incapacité à retenir le rayonnement infrarouge ne lui confère pas l'effet de serre que possède le verre.
Par contre, la condensation qui se forme à l'intérieur par temps froid permet sous certaines conditions
un effet de serre. Utilisé en paroi simple, son coefficient de transmission de chaleur est élevé;
cependant, son faible coût permet l'installation d'une double paroi laissant un espace d'air isolant.
L'utilisation d'une double paroi permet de réduire d'environ 40% la perte de chaleur par rapport à une
paroi simple et d'éliminer considérablement la condensation à l'intérieur, phénomène rencontré en
utilisant une simple paroi. La principale faiblesse du polyéthylène est sa courte durée. Selon les
conditions d'utilisation, elle est de 1 à 2 ans pour les polyéthylènes normaux de serre et peut aller à 3
ou 4 ans pour les polyéthylènes longue durée. La principale conséquence du vieillissement est
l'apparition de bris mécaniques. De plus, la présence de salissure provoque une baisse de la
transmission lumineuse.

Polyéthylène vinyle acétate (EVA)


Le pourcentage de transmittance du polyéthylène vinylacétate est comparable à celui du
polyéthylène. Il permet un meilleur effet de serre que le polyéthylène mais bien moindre que celui du
verre. Comparé au film de polyéthylène recouvert d'un mince film d'eau de condensation, il n'amène
pas d'économies importantes d'énergie. Son prix d'achat élevé réduit son intérêt pour une utilisation
commerciale.

Chlorure de polyvinyle
  Ce film plastique permet un très bon effet de serre mais sa largeur limitée et son élasticité trop
élevée le rendent inadapté aux structures de grand tunnel. De plus, il est très coûteux.

Autres
D'autres revêtements plastiques rigides sont maintenant disponibles sur le marché. À base de
polycarbonate ou de polymétacrylate, ces matériaux sont disponibles en plus grandes pièces que le
verre, les fuites au niveau des joints en sont diminuées et le rayonnement solaire est moins intercepté
par la structure. Les coûts très élevés de ces matériaux limitent actuellement leur utilisation à de
petites surfaces. Tous les revêtements plastiques sont hautement inflammables. Il faut donc prendre
toutes les précautions nécessaires pour éliminer les risques d'incendie. Un dégagement adéquat
autour des fournaises et des tuyaux est requis.

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I.1.3- D�finition de l'effet serre:

L'�nergie solaire qui p�n�tre dans la serre est absorb�es par les plantes, le sol, et les diff�rentes
structures. Il en r�sulte une augmentation de temp�rature de ceux-ci et une augmentation
d'�mission de chaleur par ces diff�rents corps sous forme de rayonnement infrarouge longs, par
cons�quent, l'�nergie solaire est pi�g�e par la serre, c'est l'effet serre. Cette effet est favorable
aux cultures, gr�ce au maintien ou � l'�l�vation des temp�rature de l'air et du sol lorsque les
temp�ratures ext�rieures sont basses.
Mais en �t�, lorsque les temp�ratures ext�rieures sont �lev�es, cet effet devient d�favorable.
Pratiquement, la quantification de l'effet serre peut �tre estim�e en l'absence de chauffage, par la
diff�rence entre la temp�rature diurne atteinte � l'int�rieure de la serre et celle de l'ext�rieure,
multipli�e par le nombre d'heures pendant laquelle cette diff�rence subsiste (somme de«degr�s-
heure») [JEM�A 95]
Dans les r�gions � fort ensoleillement, telles que les r�gions m�diterran�ennes et arides, et
malgr� l'a�ration naturelle ou forc�e, l'effet serre g�n�re en conditions estivales un
accroissement consid�rables de la temp�rature int�rieure pouvant atteindre 40�C. Parall�lement,
on observe une diminution consid�rable de l'humidit� relative de l'air. De telles conditions interdisent
la production sous serre pendant plusieurs mois dans les pays m�diterran�ens. Ainsi le recours �
des techniques qui permettent de diminuer artificiellement la temp�rature et accro�tre l'humidit� de
l'air est indispensable si on veut r�duire cette p�riode d'intersection culturale au minimum.[JEM�A
95]

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I.1.4- Apport �nerg�tique de la serre:

Dans la serre, les apports d'�nergie peuvent �tre soit de type naturel (rayonnement solaire), soit de
type artificiel (Chauffage, �clairage artificiel).

 Rayonnement solaire: Il est tr�s irr�gulier et fonction de la saison; il peut varier d'un rapport
de vingt; entre une belle journ�e en �t� et une journ�e couverte en hivers.
 Rayonnement atmosph�rique: Il est plus r�gulier que le rayonnement solaire, il est de
l'ordre 200 � 300 w/m2 la nuit et 300 � 400 w/m2 le jour.
 Chauffage: La serre, contrairement � un b�timent en dur, se refroidit rapidement et atteint
une temp�rature tr�s proche de l'ext�rieur. Un proc�d� de chauffage doit �tre alors
utilis�, pendant les p�riodes froides pour atteindre les valeurs de temp�rature que l'on veut
maintenir � l'int�rieur (consigne).
 Refroidissement:
 Ventilation naturelle ou forc�e 

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I.1.5- Evolution de la serriculture en Tunisie:

Le secteur de la serriculture en Tunisie a connu une �volution rapide durant la d�cade 1976-1987.
En effet, l'introduction en 1975 des serres tunnels (type Fil clair) couverte avec du poly�thyl�ne (PE)
normal (type long life) a apport� une pr�cocit� d'un mois par rapport aux serres de types petit
tunnel. L'inconv�nient majeur du PE normal r�side dans le fait n'accro�t que d'1�C la
temp�rature moyenne minimale.
Dans la r�gion de ceinture littorale (Nabeul, Sousse, Monastir, Gab�s), la temp�rature moyenne
minimale est de 7�C pendant le p�riode comprise entre les mois de D�cembre et F�vrier.
Cependant dans les r�gions continentales d�sertiques (K�belli, Tozeur), Cette temp�rature peut
descendre au dessous de 5�C. Les temp�ratures nocturnes moyennes pour ces r�gions sont dans
la fourchette de 8�C � 10�C. Compte tenu de ces donn�es, et afin de maintenir des
temp�ratures minimales dans la serre de 12�C, il faut �lever la temp�rature de l'air de 5�C ou
7�C respectivement aux r�gions de littoral ou de Sud Tunisien. Cet apport �nerg�tique favorise
les conditions de productions sous les serres en plastiques.
Le m�canisme d'a�ration utilis� dans les serres tunnels se limite � l'a�ration naturelle. Pour les
premi�res serres tunnels install�es en Tunisie, le syst�me d'a�ration a �t� r�alis� par
entra�nement manuel de la couverture en plastique. Depuis quelques ann�es, les serristes ont
introduit un «m�canisme � cha�nes» permettant un �cartement facile et r�gulier des ouvrants
situ�s en haut de la couverture de la serre.

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