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Analyse de la vulnérabilité au

changement climatique et du risque et


identification des stratégies d’adaptation
Introduction

L’appui au programme LoCAL pour la mise en place d’un système d’information locale sur
les risques climatiques, la vulnérabilité et l’adaptation aux changements climatiques
(RVALIS) en Gambie, passe nécessairement par l’analyse des risques actuels et futurs au
niveau local. Dès lors, nous nous basons sur l’approche préconisée dans le cinquième rapport
(AR5) par le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) qui
propose des stratégies d’adaptation selon une méthodologie bien définie.
Cette dernière adopte une démarche inclusive et participative intégrant des procédures
d’analyse de la vulnérabilité et du risque climatique, d’identification des stratégies
d’adaptation (outils AVCA, CRiSTAL et APCR).

A. Approche méthodologique
L’approche proposée pour atteindre les objectifs fixés, comprend trois (03) phases
complémentaires :
- Une méthodologie d’analyse du risque au niveau local.
Cette première phase a pour objectif d’évaluer le risque et ses composantes (vulnérabilité,
exposition et danger) au niveau local conformément à l’approche de l’AR5, et de proposer des
stratégies visant à renforcer la résilience des communautés. Les résultats obtenus alimenteront
la base de données du RVALIS et serviront de référence pour apprécier l’évolution de la
vulnérabilité et du risque.
- Une méthodologie de mise en place du RVALIS.
Le RVALIS sera mis en place à travers une démarche participative et inclusive dans le but
d’assurer son appropriation par les différentes parties prenantes et de garantir une offre de
services répondant à leurs attentes. Les données collectées dans la première phase
alimenteront en partie le RVALIS qui devra fournir les informations pertinentes et accessibles
sur les risques, la vulnérabilité et les stratégies d’adaptation. Le système sera aussi alimenté
par d’autres sources de données (climatiques, socio-économiques, biophysiques, etc.) de
façon continue, garantissant ainsi la mise à disposition d’informations en temps réel
- Une méthodologie d’évaluation du risque au niveau local
Dans le cinquième rapport d’évaluation (AR5) du Groupe de travail II (GTII) du GIEC, le
concept de vulnérabilité a été remplacé par celui de risque d’impacts du changement
climatique (GIZ, 2017). Le concept de risque s’est inspiré de la méthode et des pratiques

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d’évaluation du risque utilisées dans le milieu de la réduction des risques de catastrophes. Le
concept de risque de l’AR5 est axé sur l’évaluation du risque de conséquences ou d’impacts
spécifiques pouvant nuire à un système. La vulnérabilité du système est désormais l’une des
trois composantes du risque.
La méthodologie proposée pour la mise en œuvre de cette étude est conforme au concept de
risque de l’AR5 qui est définie comme « les conséquences éventuelles et incertaines d’un
événement sur quelque chose ayant une valeur, compte tenu dûment de la diversité des
valeurs. Le risque est souvent représenté comme la probabilité d’occurrence de tendances ou
d’événements dangereux que viennent amplifier les conséquences de tels phénomènes ou
tendances lorsqu’ils se produisent (...) le terme risque sert principalement à désigner
l’éventualité, quand un résultat se révèle incertain, d’effets néfastes sur les personnes, les
modes de subsistance, la santé, les écosystèmes et les espèces, le patrimoine économique,
social et culturel, les services (y compris les services environnementaux) et les
infrastructures. » (GIEC., 2014).
Le concept du risque dans l’AR5 du GIEC a été développé autour du terme central de «
risque ». Dans ce concept, le risque résulte de l’interaction de la vulnérabilité, de
l’exposition et du danger (aléas).

Figure 1Illustration des notions essentielles du Groupe de Travail 2 (GTII) du GIEC


dans l’AR5

La vulnérabilité, « propension ou prédisposition à subir des dommages (…) englobe divers


concepts ou éléments, notamment les notions de sensibilité ou de fragilité et l’incapacité de
faire face et de s’adapter. » (GIEC, 2014).

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L’exposition, deuxième composante du risque, est définie comme la « présence de personnes,
de moyens de subsistance, d’espèces ou d’écosystèmes, de fonctions, ressources ou services
environnementaux, d’éléments d’infrastructure ou de biens économiques, sociaux ou culturels
dans un lieu ou dans un contexte susceptible de subir des dommages. » (GIEC, 2014). Le
degré d’exposition peut être exprimé par un nombre absolu, les densités, les proportions, etc.
des éléments à risque (par ex. la densité de population dans une zone touchée par la
sécheresse).
Quant au danger (aléas), il traduit l’« éventualité d’un phénomène ou d’une tendance
physique, naturelle ou anthropique, ou d’une incidence physique susceptible d’entraîner des
pertes en vies humaines, des blessures ou autres effets sur la santé, ainsi que des dégâts et des
pertes touchant les biens, les infrastructures, les moyens de subsistance, la fourniture des
services, les écosystèmes et les ressources environnementales. Dans le présent rapport, ce
terme se rapporte en général aux phénomènes et tendances physiques dangereux associés au
climat ou à leurs impacts physiques. » GIEC, 2014).
La quantification du risque proprement dit se fera à travers un processus qui comprend les
étapes suivantes :
- la sélection d’indicateurs de vulnérabilité, d’exposition, et de danger ;
- le renseignement de ces indicateurs ;
- la normalisation et la pondération des indicateurs ;
- l’agrégation des indicateurs pour la construction d’un indicateur synthétique qui
représente le risque sous la forme d’une composante unique. Il est aussi possible,
d’agréger plusieurs sous-risques, par exemple relatif à plusieurs secteurs économiques
appropriés pour quantifier les facteurs de risque.
Le risque futur sera évalué sur la base de deux scenarii du changement climatique définis par
le GIEC : le scénario moyen (RCP4.5) et le scénario extrême (RCP8.5). Les modèles
climatiques CMIP5 (GIEC) et les données désagrégées de CORDEX seront utilisés.
Spécifiquement pour le secteur agricole, les modèles de simulation de la croissance des
cultures SARRA-H (Système d’Analyse Régionale des Risques Agro-climatiques-H)
développé par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le
développement (CIRAD) et DSSAT (Decision Support System for Agrotechnology Transfer)
(Jones et al., 2003) seront sollicités pour évaluer le risque futur (en plus des scénarii RCP4.5
et RCP8.5).

B. Revue documentaire
La consultation de documents pertinents permettra de faire l’état des lieux sur les aspects liés
aux changements climatiques, les caractéristiques biophysiques et socio-économiques du
milieu, les stratégies sectorielles, les plans de développement communautaires ou nationaux,
les mesures d’adaptation en cours et les priorités en matière d’adaptation aux niveaux local et
national, etc. A titre d’exemple, les documents suivants sont consultés :
- les communications nationales à la CCNUCC ;
- les Contributions Déterminées au niveau national (CDN) ;
- les études de la vulnérabilité et d’analyse du risque préexistantes ;

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- etc.
Cette revue donne un aperçu des risques actuels et futurs, ainsi que de leurs différentes
composantes (vulnérabilité, exposition et danger) dans la zone d’étude, les stratégies
d’adaptation développées par les communautés et la disponibilité des ressources susceptibles
de renforcer leur résilience. Elle permet aussi de renseigner en partie les indicateurs
sélectionnés.
Les acteurs clés pour l’analyse du risque sont identifiés pendant cette phase, ce qui a constitué
un travail préliminaire à la cartographie des parties prenantes.

C. Cartographie des parties prenantes


L’étude des acteurs pertinents pour l’analyse (organisations de producteurs, services
déconcentrés et décentralisés de l’Etat, ONG, programmes et projets de développement, etc.),
appelée aussi « cartographie des parties prenantes », permet de mieux comprendre leurs
intérêts particuliers et leurs attentes. Elle permet aussi d’avoir une idée de la façon dont
chacune de ces institutions peut contribuer à l’analyse.
La collaboration avec les parties prenantes est un facteur crucial de réussite. En effet, les
analyses de risque associent des connaissances issues de différentes disciplines et nécessitent
une expertise spécifique dans des secteurs ou des régions variées et s’appuient souvent sur les
informations recueillies sur le terrain à des fins d’analyse et de validation. En outre, impliquer
les institutions locales peut contribuer à une meilleure acceptation et donc une meilleure
appropriation des résultats et recommandations contenus dans l’analyse de la vulnérabilité.
Du point de vue opérationnel, la cartographie des parties prenantes s’est faite sous la forme de
consultations bilatérales et d’atelier(s) visant à définir les points fondamentaux de l’analyse.
La liste des indicateurs de vulnérabilité, d’exposition, et de danger à renseigner est établie de
manière participative avec les différentes parties prenantes à travers un atelier « de
cartographie des parties prenantes ». Les sources d’acquisition des données sont aussi
identifiées pendant cet atelier. Au préalable, le CSE a préparé une liste provisoire
d’indicateurs qui a servi de base de travail.

D. La collecte de données
L’objectif général de cet exercice est de recueillir des informations permettant 1) de définir la
situation biophysique et socio-économique des huit 8 wards cibles, 2) d’évaluer la
vulnérabilité (actuelle et future), 3) d’évaluer l’exposition (actuelle et future), 4) de faire la
cartographie des aléas ou dangers (actuels et futurs) et d’évaluer leurs impacts, 5) d’évaluer le
risque (actuel et futur) et 6) de définir de manière participative des stratégies d’adaptation
susceptibles de renforcer la résilience des communautés cibles.
Les données collectées sont en mesure de bien renseigner les indicateurs choisis pour
procéder à l’analyse et à la modélisation des risques actuels et futurs.
Pour affiner l’analyse, les données qualitatives de terrain sont collectées au même titre que les
données d’observation de la terre et les données secondaires.

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- Collecte de données qualitatives à travers les focus group
Elle consiste en une collecte de données auprès des communautés sur la connaissance du
milieu biophysique et socio-économique, la perception des populations vis-à-vis des
changements climatiques, les aléas qui se manifestent dans la zone d’étude, le niveau de
vulnérabilité et d’exposition des communautés et leurs ressources, le niveau du risque, les
stratégies d’adaptation déjà développées au niveau local (y compris celles connaissances
endogènes) et les stratégies possibles ou alternatives efficaces et durables.
Pour y arriver, les outils d’analyse de la vulnérabilité et de la capacité d’adaptation aux
changements climatiques (AVCA) et d’identification des risques au niveau communautaire -
Adaptation et moyens d’existence (CRiSTAL) sont sollicités pour conduire les différents
focus groupes. Ces outils sont tirés de la trousse développée dans le cadre du programme
Adaptation au Changement Climatique en Afrique (ACCA) soutenu par le Centre de
Recherche et de Développement International (CRDI) et par the Department of Fund for
International Development (DFID). Cette trousse à outils a été élaborée par le Centre
Régional AGRHYMET (CRA) et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature
(UICN) en 2011).
Ces outils sont adaptés dans le but de prendre en charge les différents aspects du concept de
risque de l’AR5 et pour mieux renseigner les indicateurs des différentes composantes du
risque. Au bésoin un outil complémentaire d’animation des focus groupe est élaboré pour
faciliter le renseignement de certains indicateurs aucours des seances de focus group.
Pour rappel, AVCA permet :
- de mieux connaitre les ressources par catégories (naturelles, physiques,
financières, humaines et sociales) dont disposent les membres d’une communauté
pour leur existence ;
- d’appréhender la localisation spatiale des effets des aléas climatiques lorsqu’ils se
manifestent ;
- de connaitre le niveau de vulnérabilité des ressources.
L’outil 2 (CRiSTAL) permet, à partir des données collectées par le premier (AVCA) :
- d’analyser les niveaux d’influence des aléas climatiques sur les ressources ;
- d’analyser les stratégies actuelles d’adaptation ainsi que leur efficacité et leur
durabilité et les alternatives possibles ;
- de réviser, réajuster ou renforcer les actions initialement prévues par une entité de
développement pour qu’elles contribuent davantage au renforcement de la
résilience.
- Collecte de données climatiques
Les données quantitatives concernant les conditions climatiques et météorologiques, les
évènements extrêmes passés sont déterminantes pour quantifier les indicateurs d’exposition et
de danger et pour faire des projections (avec les scénarii RCP4.5 et RCP8.5 et les modèles
SARRA-H et DSSAT).
L’étude a privilégié l’utilisation de données pluviométriques et thermiques historiques et de
données projections disponibles. Cependant le ciblage des données dépend de l’aléa exprimé
par les acteurs de chaque secteur ; la collecte d’autres types de données climatiques

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disponibles (par exemple : vitesse du vent, durée d’insolation, humidité, etc.) et pertinentes
pour l’étude fut envisagée au besoin.
Les sources d’acquisition de ces données sont multiples :
- les rapports et publications d’études similaires ;
- les communications nationales, les CDN, la banque mondiale (pour les données de
projections du Web) ;
- les institutions gambiennes chargées de la gestion des données issues des stations
hydrométéorologiques ;
- les structures de recherche et de développement qui mènent des études similaires
dans les wards cibles ;
- le centre de Suivi Ecologique (CSE) à travers son unité de cartographie et de
télédétection (pour les données climatiques satellitaires) ;
- le ministère de l’agriculture (qui collecte des informations sur les cultures et les
conditions météorologiques liées à la productivité agricole) ;
- etc.
- Collecte de données secondaires
Ces données sont de diverses natures (socio-économiques, statistiques agricoles, productions
fourragères, taille du cheptel, production halieutique, etc.) et complètent celles collectées à
travers les focus groupes et les enquêtes individuelles. Ce qui permet d’avoir assez d’éléments
pour affiner l’analyse et de renseigner certains indicateurs.
Les sources d’acquisition de ces données sont généralement les structures déconcentrées et
décentralisées de l’Etat, les programmes et projets de développement intervenant dans les
différentes wards, etc.
- Méthodologie d‘analyse des données
Les séries de données collectées sont contrôlées et stockées dans une base commune pour
éviter les risques de redondance et de perte. Ces données sont analysées à l’aide d’outils
éprouvés (Arcs Gis, R, MS office Excel, KhronoStat, SARRA-H, DSSAT etc.) pour :
- déterminer la vulnérabilité (en déterminant d’abord la sensibilité et la capacité
d’adaptation conformément au cadre de l’AR5) actuelle et future ;
- déterminer l’exposition actuelle et future au niveau local ;
- cartographier les principaux aléas climatiques actuels et futurs ;
- évaluer les risques actuel et futur;
- évaluer les stratégies d’adaptation en cours.
L’analyse de ces différents éléments a abouti à la proposition de stratégies d’adaptation tenant
compte des besoins d’adaptation exprimés par les communautés lors des enquêtes et des
engagements pris par la Gambie au niveau international.
La revue documentaire et l’analyse des données collectées au niveau local, ont permis de
dresser le profil socioéconomique et biophysique des différents « wards » cibles.
Les données liées aux perceptions des populations sont confrontées aux données climatiques
recueillies grâce aux stations météorologiques, à la télédétection et aux données de projection.

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E. La vulnérabilité

La vulnérabilité liée au changement climatique est déterminée grâce à l’analyse des facteurs
qui lui sont attribués : la sensibilité et la capacité d’adaptation. L’analyse de la vulnérabilité
structurelle (socio-économique) est faite en parallèle. Son importance réside dans le fait
qu’elle puisse permettre d’expliquer certains aspects de la vulnérabilité climatique et les
impacts du changement climatique.
La sensibilité est déterminée par les facteurs qui influent directement sur les conséquences
d’un danger. La sensibilité peut comprendre les attributs physiques d’un système (par ex. les
matériaux de construction des maisons, le type de sol sur les champs cultivés), les attributs
sociaux, économiques et culturels (par ex. la structure d’âge ou de revenu).
La capacité, dans le contexte de l’évaluation du risque climatique, fait référence à la capacité
des sociétés et des communautés à se préparer et à réagir aux impacts climatiques actuels et
futurs. Elle se décompose en :
- Capacité à faire face : « Aptitude des personnes, des institutions, des organisations et
des systèmes à réagir efficacement à des situations difficiles et à les surmonter, à court
et à moyen terme, en s’appuyant pour cela sur leurs compétences, leurs valeurs, leurs
croyances, leurs ressources et d’éventuelles opportunités » (par ex. en mettant en place
des systèmes d’alerte précoce). (GTII AR5, glossaire p. 182)
- Capacité d’adaptation : Faculté d’ajustement des systèmes, des institutions, des êtres
humains et d’autres organismes, leur permettant de se prémunir contre d’éventuels
dommages, de tirer parti des opportunités ou de réagir aux conséquences (par ex.
connaissances permettant d’introduire de nouvelles méthodes agricoles).
Afin de mieux structurer cette partie, l’étude s’est référée aux quatre dimensions de la
capacité d’adaptation que sont :
- le savoir : existe-t-il un savoir (technique et ancestral/communautaire) ou une
expertise qui puisse favoriser l’adaptation ?
- la technologie : quelles sont les options techniques disponibles et financièrement
viables qui peuvent améliorer la capacité d’adaptation ?
- les institutions : comment l’environnement institutionnel peut-il contribuer à la
capacité d’adaptation ?
- l’économie : quelles ressources économiques et financières disponibles pour
renforcer la capacité d’adaptation et mettre en œuvre des mesures d’adaptation ?
Dans cette partie, il est établi un lien entre les facteurs de vulnérabilité et les impacts
intermédiaires correspondants. Aussi, pour les facteurs de vulnérabilité, une terminologie est
utilisée qui indique un état critique, par exemple « conditions de sol défavorables », au lieu de
« type de sol » ou « connaissances insuffisantes des systèmes d’irrigation » plutôt que «
connaissances sur l’irrigation ».
Les ensembles de données liées aux indicateurs de sensibilité et de capacité sont transférés en
valeurs sans unité (c’est la normalisation), suivant une échelle allant de 0 (situation optimale)
à 1 (situation critique). Les indicateurs sont normalisés en utilisant la méthode min - max.
𝑿𝒊 − 𝑿𝑴𝒊𝒏
𝑿𝒊,𝟎 à 𝟏
𝑿𝑴𝒂𝒙 − 𝑿𝑴𝒊𝒏

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… où :
- Xi représente le point de données individuel à transformer,
- XMin la valeur la plus faible pour cet indicateur,
- XMax la valeur la plus élevée pour cet indicateur, et
- Xi,0 à 1 la nouvelle valeur que vous souhaitez calculer, c’est à dire les points de données
normalisées à l’intérieur du champ de 0 à 1.
La pondération est appliquée lorsque l’on considère que certains des indicateurs de sensibilité
et de capacité ont une influence plus forte sur la vulnérabilité par rapport à d’autres
indicateurs. Les coefficients de pondération sont définis de manière participative pendant les
séances de focus group.
Une fois que les indicateurs des sous composantes de sensibilité et de capacité ont été
normalisés et pondérés, ils sont intégrés en indicateurs composites (IC) représentant la
sensibilité et la capacité.
Pour calculer les IC de sensibilité et de capacité, les indicateurs individuels sont multipliés par
leurs coefficients respectifs de pondération, additionnés, puis divisés par la somme de
l’ensemble de leurs coefficients, comme indiqué dans la formule suivante :
𝑰 𝟏 ∗ 𝒘𝟏 + 𝑰 𝟐 ∗ 𝒘 𝟐 + ⋯ 𝑰 𝒏 ∗ 𝒘𝒏
𝑰𝒄 =
∑𝒏𝟏 𝒘
… où IC est l’indicateur composite (de la sensibilité par exemple), I est un indicateur
individuel et W est le coefficient assigné à l’indicateur.

Après avoir obtenu un IC de sensibilité (ICS) et un IC de capacité (ICC), on les combine pour
former un indicateur composite de vulnérabilité (ICV).
𝑰𝒄𝒔 ∗ 𝒘𝒔 + 𝑰𝒄𝒄 ∗ 𝒘𝒄
𝑰𝒄𝒗 =
𝒘𝒔 + 𝒘𝒄
… où ICV est l’indicateur composite de vulnérabilité, ICS la composante sensibilité, ICC est
la composante capacité et W est le coefficient de pondération attribué à chaque composante.
La vulnérabilité future sera déterminée à l’issue de l’analyse des données des scénarii RCP
4.5 et RCP 8.5 ; des résultats des modèles SARRA-H et DSSAT ainsi que l’analyse des
données qualitatives et secondaires.
a. L’exposition

Le terme « exposition » a une nouvelle signification dans le concept de l’AR5 du GIEC. Il fait
maintenant référence à la présence de quelque chose de valeur dans le système de
préoccupation. (GIZ, 2017).
Les indicateurs d’exposition, sont généralement des nombres, des densités ou des proportions.
Exemples : « les superficies de terres cultivées affectées » ou « le nombre de petits exploitants
susceptibles ».

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Les ensembles de données liées aux indicateurs d’exposition seront normalisés suivant une
échelle commune allant de 0 à 1 en utilisant la méthode min - max.
La pondération sera appliquée pour les indicateurs d’exposition qui ont une influence plus
forte sur le risque par rapport à d’autres indicateurs.
Une fois que les indicateurs de la composante exposition ont été normalisés et pondérés, ils
sont intégrés en un indicateur composite (IC) représentant l’exposition.
Pour calculer l’IC d’exposition (ICE), les indicateurs individuels sont multipliés par leurs
coefficients respectifs de pondération, additionnés, puis divisés par la somme de l’ensemble
de leurs coefficients, comme indiqué dans la formule suivante :
𝑰 𝟏 ∗ 𝒘𝟏 + 𝑰 𝟐 ∗ 𝒘 𝟐 + ⋯ 𝑰 𝒏 ∗ 𝒘𝒏
𝑰𝒄𝒆 =
∑𝒏𝟏 𝒘
… où ICE est l’indicateur composite d’exposition, I est un indicateur individuel et W est le
coefficient assigné à l’indicateur.
L’exposition future sera déterminée sur la base des projections issues des scénarii RCP 4.5 et
RCP 8.5.
b. Le danger

La composante « danger » comprend deux parties : le signal climatique et l’impact physique


direct.
Dans cette partie les indicateurs de danger sont clairement définis et renseignés. Ils sont
relatifs à la précipitation (ex : nombre de jours de pause pluviométrique, durée de la saison
des pluies, quantité de pluie par rapport à la moyenne, nombre de jours d’inondation etc.) la
température (nombre de jours à température supérieure à la moyenne annuelle, nombre de
jours température faible) à la vitesse du vent (nombre de jours à vitesse élevée, etc.).
Les indicateurs de danger renseignés sont normalisés, puis pondérés avant d’être agrégés en
un indicateur composite (IC) représentant le danger.
Pour calculer l’IC de danger (ICD), les indicateurs individuels sont multipliés par leurs
coefficients respectifs de pondération, additionnés, puis divisés par la somme de l’ensemble
de leurs coefficients, comme indiqué dans cela formule suivante :
𝑰 𝟏 ∗ 𝒘𝟏 + 𝑰 𝟐 ∗ 𝒘 𝟐 + ⋯ 𝑰 𝒏 ∗ 𝒘𝒏
𝑰𝒄𝒅 =
∑𝒏𝟏 𝒘
… où ICD est l’indicateur composite de danger, I est un indicateur individuel et W est le
coefficient de pondération assigné à l’indicateur.
Dans cette partie, les aléas futurs issus des modèles et scénarii sont aussi décrits.
c. Évaluation du risque

Le risque est évalué en croisant les indicateurs de vulnérabilité, d’exposition et de danger. Ces
trois indicateurs sont proportionnels au niveau du risque, c’est-à-dire que plus les aléas
(danger) sont fréquents et intenses et la vulnérabilité est élevée dans un système très exposé,
plus le risque est élevé. Les résultats obtenus permettent de classer les risques en fonction de
leur sévérité.

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Dans cette partie, les indicateurs composites de vulnérabilité, d’exposition et de danger sont
agrégées de façon à aboutir à un indicateur composite du risque.

Figure 2: Agrégation des composantes du risque

Source : GIZ, 2017


Ici à nouveau on applique l’agrégation arithmétique :
𝑰𝒄𝒗 ∗ 𝒘𝒗 + 𝑰𝒄𝒆 ∗ 𝒘𝒆 + 𝑰𝒄𝒅 ∗ 𝒘𝒅
𝑰𝒄𝒓 =
𝒘𝒗 + 𝒘 𝒆 + 𝒘𝒅

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… où ICR est l’indicateur composite du risque, ICV la composante vulnérabilité, ICE est la
composante exposition, ICD la composante danger et W est le coefficient de pondération
attribué à chaque composante.
Il est toujours possible de combiner les sous-risques en un risque global.
Les résultats peuvent être présentés de la façon suivante :

Figure 3: Exemple de catégorisation du risque

Source : GIZ, 2017


Le risque futur sera déterminé en combinant, la vulnérabilité future, l’exposition future et le
danger futur.
d. Identification des stratégies d’adapta tion actuelles et optionnelles /
alternative

En général, les mesures d’adaptation peuvent diminuer le risque en réduisant la vulnérabilité


et, dans certains cas, l’exposition. La vulnérabilité peut être réduite en diminuant la sensibilité
ou en augmentant la capacité. Par exemple, l’introduction de techniques d’irrigation
économes en eau réduit la sensibilité et le renforcement des connaissances sur les techniques
de gestion de l’eau améliore la capacité. En principe, les mesures d’adaptation peuvent aussi
se concentrer sur la diminution de l’exposition, par exemple en déplaçant les agriculteurs dans
une zone qui n’est pas sujette à la sécheresse.
Les stratégies d’adaptation optionnelles sont identifiées en tenant compte des éléments
suivants :
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- le niveau de risque ;
- les priorités nationales et locales en matière d’adaptation ;
- les limites des stratégies en cours de mise en œuvre ;
- la disponibilité des ressources nécessaires à l’adaptation.
Les stratégies identifiées sont priorisées au cours des focus group selon l’approche AMC
(analyse multicritère). Cette technique permet de soutenir la prise de décision sur la base de
critères quantitatifs et/ou qualitatifs. Elle est surtout utilisée pour des décisions où plusieurs
acteurs ont des objectifs différents voire contradictoires.

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