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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

ELECTROTECHNIQUE III XVIIIe siècle et c’est la maîtrise de l’énergie électrique qui avait
permise au monde de connaître l'avènement de la seconde révolution
industrielle. Aujourd'hui encore, l'énergie électrique est toujours
omniprésente dans les pays industrialisés et elle est produite à partir de
différentes sources d'énergie, principalement hydraulique dont le
LES OBJECTIFS GENERAUX : Cameroun dispose le second potentiel en Afrique et par ailleurs 18e
dans le globe qu’est la terre, thermique et nucléaire. Vu que l'électricité
Le cours d’électrotechnique de la troisième année électricité est une énergie employé à de très nombreux usages domestiques et
d’équipement (3e ELEQ) vise à : industriels, il est donc indispensable voire, inéluctable non seulement de
l’étudier, mais surtout, de la maîtriser en n’oubliant pas que : « l'art naît
 Continuer la formation de base en électrotechnique ; lorsque, d'une multitude de notions expérimentales, se dégage un seul
 Initier les élèves aux notions de l’électromagnétisme ; jugement universel, applicable à tous les cas semblables » disait
 Initier les élèves aux notions de création de l’électricité ; Aristote et que : « la principale fonction de l'art est de construire des
 Rendre les élèves aptes à résoudre un problème en courant types sur la base fournie par la Science» Auguste COMTE. Ayant
alternatif ; étudiées les lois et les circuits fondamentaux de l’électrotechnique en
 Développer l’aptitude à résoudre un problème deuxième année électricité d’équipement (2e ELEQ), nous allons dans
d’électrotechnique ; ce cours, étudier non seulement la naissance, comment produire de
L’INTRODUCTION GENERALE : l’électricité et les éléments qui peuvent constitués un circuit électrique.

L’électrotechnique, science et technique des applications


industrielles de l’énergie électrique ou encore, discipline qui étudie la
production, le transport, le traitement, la transformation et
l'utilisation de l'énergie électrique, est née en 1871 grâce aux travaux de
Zénobe GRAMME. Mais, avant lui, beaucoup de célèbre savants tels
que : Alessandro VOLTA, André-Marie AMPERE, Pierre-Simon
LAPLACE, etc avaient déjà pénétré l’univers de l’électricité et établi
même les lois, les principes, les théorèmes fondamentaux de
l’électrotechnique pour ne pas dire de l’électricité. Depuis l’antiquité,
les Grecs, comme les Chinois, avaient découvert qu’en frottant l’ambre
jaune, celui-ci attirait d’autres objets et produisait parfois des
étincelles ; ce fût alors l'origine du mystérieux mot « électricité » qui
provient du mot ambre qui signifie en grec « elektron ». Cependant, les
propriétés de l'électricité n’ont été découvertes qu’au cours du

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CHAPITRE 0 : RAPPELS MATHEMATIQUES


LES OBJECTIFS SPECIFIQUES :
L’INTRODUCTION :
I- LES OPERATIIONS ELEMENTAIRES DUR LES
FRACTIONS ET EQUATIONS
II- UTILISATION DE LA CALCULATRICE SCIENTIFIQUE
III- LE SYSTEME INTERNATIONAL D’UNITE
LA CONCLUSION :

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CHAPITRE 1 : LE MAGNETISME immense aimant et il fut le premier à utiliser le mot électricité.


Cependant, c’est au cours du XIXe siècle que les scientifiques
OBJECTIFS SPECIFIQUES découvrirent le lien existant entre le magnétisme et l’électricité grâce
aux célèbres travaux des imminents savants et chercheurs dont nous
A la fin de ce chapitre, l’élève doit être capable de :
ferons leur connaissance tout au long du chapitre. Le magnétisme est un
 Définir le magnétisme, l’aimant et le champ magnétique ; phénomène qui influence le monde (les hommes, les animaux et les
 Donner les caractéristiques d’un aimant et d’un champ choses) ainsi, il est maintenant omniprésent dans notre quotidien, que ce
magnétique ; soit sous forme d'aimants pour fixer des notes sur les réfrigérateurs ou
 Calculer la valeur d’un champ magnétique et le flux d’induction encore d'électroaimant servant à soulever de lourde charge et les
magnétique ; travaux dans ce domaine se sont grandement améliorées. Pour mieux
 Différencier les inductions de champ magnétique créées par un comprendre ce phénomène, nous étudierons les aimants, le champ
conducteur, une spire circulaire (bobine plate) et un solénoïde magnétique, l’induction du champ magnétique et le flux d’induction
(bobine longue), etc. magnétique.

INTRODUCTION
Les siècles avant la naissance de Jésus-Christ, l’attraction
mutuelle de pierres appelée magnétite1 provenant de certaines roches de
Magnésie en Asie mineure avait été observée par les Chinois, les
Romains et les Grecs dont Thalès de Milet fut le premier à étudier le
phénomène. Dès le XIe siècle, les marins chinois exploitèrent ce
phénomène comme boussole2 pour s'orienter et naviguer en mer dont
Shen Kuo fut le premier à décrire le principe d’une aiguille aimantée.
Au XIIIe siècle en 1269, Pierre de Maricourt observa que lorsqu'une La cuillère boussole chinoise3
aiguille aimantée se déplace autour d'une pierre magnétisée, cette
aiguille dessine des lignes qui convergent en deux points de la pierre
d’une extrémité à une autre et ce qui l’avait conduit à appeler ces deux
régions les pôles magnétiques. Mais scientifiquement, c’est vers 1600
après Jésus-Christ que William Gilbert découvrit ce phénomène et il
fut d’ailleurs, le premier à affirmer que la planète Terre soit en fait, un

1
Espèce minérale composée d'oxyde de fer (Fe3O4).
2
Aiguille aimantée utilisée pour observer la direction du champ magnétique
terrestre 3
Utilisée pour prédire l’avenir, puis pour naviguer.

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I- MAGNETISME  Les aimants artificiels (électro-aimants) : ce sont les


corps capables d’attirer le fer et d'autres matériaux ayant les mêmes
Le magnétisme est une partie de la physique qui étudie les propriétés lorsqu’ils sont traversés par un courant électrique.
aimants et leurs propriétés.

Figure : électro-aimant Figure : batterie + bobine à


Figure : deux aimants en influence mutuelle d’Ampère noyau de fer
II- AIMANTS
1- Définition NB : les aimants artificiels peuvent être permanents ou temporaires.

L’aimant est tout corps capable d’attirer le fer et d'autres 3- Différentes formes d’aimant
matériaux ayant les mêmes propriétés. On distingue généralement deux formes d’aimant quelque soit
2- Différents types d’aimants son type:

Il existe deux types d’aimants :  L’aimant droit.

 Les aimants naturels (oxyde de fer) : ce sont les corps


capables d’attirer le fer et d'autres matériaux ayant les mêmes propriétés
qu’on retrouve dans la nature.
Figure : aimant naturel droit Figure : aimant artificiel droit

 L’aimant en U ou en fer à cheval.

Figure : magnétite ou pierre d’aimant Figure : aimant naturel en U Figure : aimant artificiel en U
N
(oxyde de fer)
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4- Caractéristiques d’un aimant  La répulsion : deux pôles magnétiques de même nature


ou de même nom se repoussent.
Un aimant est caractérisé par :
 Deux pôles magnétiques: le pole4 nord (N) et le pole sud
(S).
 D’un champ d’induction magnétique.
 D’un spectre magnétique.
S
N
Figure : répulsion des aimants

 Les pôles magnétiques d’un aimant sont


inséparables.

S N
Figure : caractéristiques d’un aimant
5- Propriétés d’un aimant
Un aimant a les propriétés suivantes :
 L’attraction : deux pôles magnétiques de nature ou de Figure : aimant brisé en quatre morceaux
nom différent s’attirent.

 Les lignes de champ ou de force d’un aimant ne se


coupent jamais et sont toujours orientés à l’extérieure du pôle nord (N)
vers le pôle sud (S) : N→S.
Figure : attraction des aimants

4
L’extrémité d’un aimant.

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III- CHAMP D’INDUCTION MAGNETIQUE


1- Définition
Le champ d’induction magnétique est toute région de l’espace
où un aimant émet son influence.
2- Caractéristiques d’un champ d’induction magnétique
Un champ d’induction magnétique est caractérisée par :

 Le vecteur champ d’induction magnétique 𝐁 ⃗;


Figure : lignes de champ magnétique  La direction du vecteur champ d’induction magnétique :
elle est prise par une aiguille aimantée placée dans le champ ;
Remarque : le circuit magnétique est comparable au circuit électrique  Le sens du vecteur champ d’induction magnétique : il se
car, les lignes de champ se referment comme les courants électriques. dirige toujours du pole sud vers le pole nord de l’aiguille ;
 Le module ou la valeur B du vecteur champ magnétique :
6- Expérience elle s’exprime en Tesla (T).
a) Matériaux de l’expérience
On le mesure à l’aide d’un teslamètre.
Pour effectuer l’expérience, nous aurons besoin de :
 Deux aimants naturels ; Sud
 Un électro-aimant ;
 Une pile ou une batterie ;
 La limaille de fer.
Nord
b) Déroulement de l’expérience
Nord
L’expérience pourra dérouler selon l’enseignant tout mettant en
valeur l’approche par compétence (APC).
Sud

Figure : caractères d’un champ d’induction magnétique

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3- Les lignes de force ou de champ et le spectre révèle l'intensité relative du champ d’induction magnétique. De plus, ce
magnétique sont des lignes qui s'orientent toujours du pôle nord vers le pôle sud.
a) Les lignes de force ou de champ Même si on ne peut pas voir leur orientation, il est intéressant de
remarquer comment la forme des lignes de champ d’induction
Les lignes de force ou de champ sont des courbes qui, en chacun magnétique se compare d’un dessin à l’autre : les limailles de fer
de leurs points sont tangentes au vecteur champ d’induction magnétique s'orientent dans la même direction que les lignes imaginaires du champ
⃗ et orientées du pôle nord (N) vers le pôle sud (S) d’un aimant.
𝐁 d’induction magnétique.
b) Le spectre du champ d’induction magnétique
Le spectre du champ d’induction magnétique est l’ensemble des
lignes de champ d’un aimant.
c) Expérience

Si l’on saupoudre de la limaille de fer sur une feuille de papier


sur laquelle est placé un aimant permanent, les grains de la limaille de
fer s’aimantent : chaque grain tend à s’orienter dans la direction du
champ d’induction magnétique au point où il se trouve en dessinant les
lignes de force ou lignes de champ et on obtient une figure appelée Figure : dessin du champ d’induction Figure : aimant droit entouré
spectre du champ d’induction magnétique. Plus elles sont rapprochées, magnétique et les lignes de champ émis de la limaille de fer
plus le champ est intense dans la zone considérée. par un aimant
droit
4- Représentation des lignes de force et de champ b) Lignes de force et champ d’induction magnétique
d’induction magnétique autour d’un aimant en U
a) Lignes de force et de champ d’induction
magnétique autour d'un aimant droit Les figures suivantes représentent les lignes de force et le
champ d’induction magnétique autour d’un aimant en U. La figure de
Les figures suivantes représentent les lignes de force et le champ droite nous permet de visualiser le champ d’induction magnétique
d’induction magnétique autour d’un aimant droit. La figure de droite existant autour de l'aimant entouré de la limaille de fer. La figure de
nous permet de visualiser le champ d’induction magnétique existant gauche permet de représenter le champ d’induction magnétique à l'aide
autour de l'aimant entouré de la limaille de fer. La figure de gauche de lignes de champ encore appelées lignes de force.
permet de représenter le champ d’induction magnétique à l'aide de
lignes de champ encore appelées lignes de force. Leur espacement

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IV- L’INDUCTION DE CHAMP DUE AU COURANT


ELECTRIQUE ET EXCITATION MAGNETIQUE
Un champ d’induction magnétique se produit lorsque des
N S charges électriques sont en mouvement. Autrement dit, seule
l'électricité dynamique5 peut engendrer un champ d’induction
magnétique; l'électricité statique6 en est incapable. Le champ
d’induction magnétique crée existe lorsque le courant électrique circule
et dès qu’il cesse, le champ d’induction magnétique disparaît.

Figure : dessin du champ d’induction Figure : aimant en U entouré de


magnétique et les lignes de champ émis la limaille de fer
par un aimant
en U
Entre les branches d’un aimant en U ou en fer à cheval, les
lignes de champ sont parallèles et le champ d’induction magnétique a la
même intensité : on dit que le champ d’induction magnétique est dit Figure : électricité dynamique Figure : électricité statique
uniforme.
Sur une surface pas trop grande, le champ d’induction Il existe trois procédés pour créer l’induction de champ
magnétique terrestre est aussi sensiblement uniforme ; sa valeur magnétique :
moyenne est de 5×10-5 T. Dans un champ uniforme, un aimant est  Le champ d’induction magnétique crée par un
soumis à deux forces égales et opposées : il s’oriente mais ne se déplace conducteur rectiligne ;
pas.  Le champ d’induction magnétique crée par une spire
circulaire ou bobine plate ;
 Le champ d’induction magnétique crée par un solénoïde
ou bobine longue.

5
Circulation des électrons dans un conducteur.
6
Accumulation des électrons lorsqu’on frotte deux objets non métalliques l’un
contre l’autre.

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1- Le champ d’induction magnétique crée par un fil a) Définition du fil conducteur


conducteur rectiligne
Un fil conducteur est fil qui permet la circulation des électrons.
En 1819, le Danois Hans Christian Oersted réalise qu’une
boussole est influencée lorsqu’elle est située près d’un fil parcouru par b) Expérience
un courant électrique et en 1820, il présente ses travaux au monde (voir
b1) Expérience théorique
figure). Il conclue alors qu’un fil transportant un courant électrique I
génère un champ d’induction magnétique ⃗𝐁 ⃗ autour de celui-ci. Le champ d’induction magnétique autour d’un fil droit prend
Cependant, c’est André-Marie AMPERE qui établit la théorie du toujours la forme de cercles concentriques dont le plan est
phénomène magnétique en 1821. Après avoir pris connaissance des perpendiculaire par rapport au fil que le fil soit vertical ou horizontal.
travaux D’Oersted, les Français Jean-Baptiste Biot et Félix Savart
furent en mesure de déterminer une expression mathématique de la
valeur et décrivant l’orientation du champ magnétique.
B B
S A Nord

O
B
E B Sud

I
Figure : création du champ d’induction magnétique à
l’aide d’un fil conducteur rectiligne

b2) Expérience pratique

Figure : Hans Christian Oersted présentant ses travaux

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c) Caractéristiques  La règle de l’observateur ou bonhomme du


d’Ampère
Le champ d’induction magnétique crée par un fil conducteur
rectiligne est caractérisé par : L’observateur d’Ampère est placé le long du fil conducteur
rectiligne de telle façon que le courant électrique circule des pieds vers
 La direction : ⃗𝐁 est tangent à la ligne de champ au point la tête ; le regard tourné vers le point A et son bras gauche tendu
A; indique le sens du champ d’induction magnétique𝐁 ⃗.
 Le sens du champ d’induction magnétique 𝐁 ⃗⃗ peut être
donné par les règles ci-dessous car, comme le champ d’induction
Sens de ⃗𝐁
magnétique tourne sur lui-même, on ne peut pas dire que le champ
d’induction magnétique sort par le nord et entre par le sud. Par Sens de I
conséquent, le champ d’induction magnétique d’un fil droit ne
possèdera jamais de pôle nord et de pôle sud:

 La règle du tire bouchon

Sens de I

Figure : bonhomme d’Ampère


Sens de ⃗𝐁
Figure : tires bouchons

Lorsqu’on place un tire bouchon le long d’un fil conducteur


rectiligne et qu’on le fait tourner dans le sens entrant c'est-à-dire dans le
même sens que le courant électrique, le sens de rotation du tire bouchon
indique celui du champ d’induction magnétique𝐁 ⃗.

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 La première règle de la main droite Sens du courant

On enroule la main droite autour du fil conducteur rectiligne en


plaçant le pouce dans le même sens que celui du courant électrique
(dans le sens conventionnel du courant). Les doigts indiquent le sens du
champ d’induction magnétique ⃗𝐁 autour du fil (les doigts pointent dans
le sens de rotation).
Sens du champ
Sens de I Figure : sens du courant électrique et du champ
d’induction magnétique

d) Le module ou la valeur du champ d’induction


magnétique ⃗𝐁⃗

On démontre et nous admettons que le champ d’induction


magnétique crée par un fil conducteur rectiligne est donné par la

Sens de 𝐁 relation suivante :
Figure : doigts de la main droite indiquant le sens du
d1) Le champ magnétique ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑩𝟎 dans le vide
champ d’induction magnétique
I I
B0=µ0 ↔ B0= .µ0 avec µ0=4πx10−7 et R=OA
OA 2πR
 La règle de la vis
I
Lorsque le courant pénètre dans le conducteur, on voit la tête de B0=4πx10−7 x avec d=2πR
d
la vis, nous dessinerons donc une croix. Lorsque le courant sort du
conducteur, nous verrons la pointe de la vis et nous dessinerons un d2) Le champ d’induction magnétique ⃗𝐁
⃗ dans un
point. matériau

 Si le courant sort du conducteur, la flèche I I


B= µrµ0 ↔ B= .µ avec µ0=4πx10−7 et R=OA
indique le sens des lignes de force et par conséquent, le sens du champ OA 2πR
d’induction magnétique est sortant ; I
 Si le courant entre dans le conducteur, la B=4πx10−7x avec d=2πR
d
flèche indique le sens des lignes de force et par conséquent, le sens du
champ d’induction magnétique est entrant.

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Avec B0 est le champ d’induction dans le vide en Tesla (T) 2) On considère un fil conducteur rectiligne placé dans le vide
B est le champ d’induction dans un matériau en Tesla (T) et parcouru par un courant électrique constant d'intensité 2
I est l’intensité du courant électrique en Ampère (A) A.
R est la distance entre O et A en mètre (m)
d est la circonférence balayée par B en mètre (m) Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide
µ0 est la perméabilité magnétique à vide d'un schéma et calculer le champ et l’excitation magnétique à 3 cm du
µr est la perméabilité magnétique relative
fil.
µ est la perméabilité magnétique absolue
3) Le champ d’induction magnétique dans un matériau
e) L’excitation magnétique H
soumis à une excitation magnétique de 3,44.105 A/m vaut 0,435 T.
L’excitation magnétique H permet de quantifier le champ Calculer la perméabilité magnétique absolue et en déduire
d’induction magnétique ⃗𝐁 : c’est son intensité. la perméabilité magnétique relative.

Elle dépend du milieu magnétique, de la forme et de la 2- Le champ d’induction magnétique crée par une spire
dimension du circuit. circulaire ou bobine plate
Elle est donnée par la relation suivante :
e1) L’excitation magnétique H0 dans le vide a) Définitions
I B0  Une spire circulaire un circuit électrique fermé et
H0= avec H0 en A/m et B0=µ0H0→ H0=
2πR µ0 parcouru par un courant électrique.
 Une bobine plate est une bobine dont le diamètre est très
e2) L’excitation magnétique H dans un matériau grand par rapport à l'épaisseur et la longueur.
I B b) Expériences
H= avec H en A/m et B=µH→ H=
2πR µ b1) Expérience théorique
f) Exemple Toutes les lignes de champ créées une bobine plate sortent par
1) Un fil conducteur rectiligne placé dans le vide est une face appelée face nord (N) et entrent par l'autre face appelée face
traversé par un courant électrique de 8 A. sud (S). Le sens dépend du sens du courant électrique I et le champ
d’induction magnétique 𝐁 ⃗⃗ au centre O est d'autant plus grand que
Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide
d'un schéma et calculer le champ et l’excitation magnétique à 6 cm du l'intensité de courant est plus élevée et que le rayon est plus petit.
fil.

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 La règle de la main droite ;

 La règle des lettres N et S :


N B Lorsqu’on regarde sur l'une des faces, on examine le sens du
S courant électrique:
 S'il correspond au sens indiqué par la
lettre S on regarde sur une face Sud et le sens du champ d’induction
magnétique est celui qui entoure la lettre S;
I  S'il correspond à celui indiqué par la lettre
N on regarde sur une face Nord et le sens du champ d’induction
S magnétique est celui qui entoure la lettre S.
E
Sens du courant
Figure : création du champ d’induction magnétique à l’aide
d’une spire circulaire
b2) Expérience pratique

Sens du champ
c) Caractéristiques
Figure : sens du courant électrique et du champ
Le champ d’induction magnétique crée par une bobine plate ou d’induction magnétique
une spire circulaire est caractérisé par : d) Le module ou la valeur du champ d’induction ⃗𝐁⃗
 La direction : elle est perpendiculaire aux lignes de On démontre et nous admettons que le champ d’induction
champ.
magnétique ⃗𝐁 crée par une bobine plate ou une spire circulaire est
 Le sens du champ d’induction magnétique ⃗𝐁 ⃗ peut être
donnée par la relation suivante :
donné par les règles ci-dessous car, comme le champ d’induction
magnétique tourne sur lui-même en des points précis comme le montre d1) Le champ d’induction magnétique ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑩𝟎 dans le vide
la figure, on ne peut pas par conséquent dire que le champ d’induction
magnétique sort par le nord et entre par le sud. NI NI
B0= µ0 ↔ B=4πx10−7 x R
R

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⃗ dans un
d2) Le champ d’induction magnétique 𝐁 f) Exemple
matériau 1) Une bobine plate placée dans le vide et ayant un rayon de
6 cm, est traversée par un courant électrique de 8 A.
NI NI
B= µrµ0 ↔ B= .µ Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide
R R
d'un schéma et calculer le champ et l’excitation magnétique au centre
Avec B0 est le champ d’induction dans le vide en Tesla (T) de la bobine.
B est le champ d’induction dans un matériau en Tesla (T)
I est l’intensité du courant électrique en Ampère (A) 2) On considère une bobine plate placée dans le vide de
R est le rayon de la bobine en mètre (m) rayon 3 cm est parcourue par un courant électrique constant d'intensité
N est le nombre de spires 2 A.
µ0 est la perméabilité magnétique à vide
µr est la perméabilité magnétique relative Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide
µ est la perméabilité magnétique absolue d'un schéma et calculer le champ et l’excitation magnétique au centre
de la bobine.
e) L’excitation magnétique H
3- Le champ d’induction magnétique crée par un
L’excitation magnétique H permet de quantifier le champ solénoïde ou bobine longue
⃗ : c’est son intensité.
d’induction magnétique 𝐁 Le solénoïde se construit à l’aide d'un fil conducteur en formant
Elle dépend du milieu magnétique, de la forme et de la des hélices circulaires régulières. L’hélice a été inventée par Jean-
dimension du circuit. Baptiste Marie Meusnier en 1776 et lorsqu’André-Marie Ampère fit
une expérience sur les courants circulaires au cours de l'année 1820 à
Elle est donnée par la relation suivante : l’aide de ces hélices, il imagina le nom de solénoïde.
a) Définition du solénoïde

e1) L’excitation magnétique H0 dans le vide Un solénoïde est un dispositif constitué d'un fil conducteur
enroulé en plusieurs boucles et parcouru par un courant électrique.
NI B0
H0= avec H0 en A/m et B0=µ0H0→ H0=
2R µ0 b) Expérience

e2) L’excitation magnétique H dans un matériau b1) Expérience théorique

NI B Autour d'un solénoïde, la forme du champ d’induction


H= avec H en A/m et B=µH→ H= magnétique est identique à celle formée autour d’un aimant droit.
2R µ

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Cependant, contrairement à l’aimant, le solénoïde est vide et donc on la figure, on ne peut pas par conséquent dire que le champ d’induction
peut y observer un champ magnétique à l’intérieur. D'ailleurs, l'intensité magnétique sort par le nord et entre par le sud.
du champ magnétique est quasi-uniforme dans son entourage et est à  La règle du bonhomme d’Ampère (ici, il faut
son maximum au centre du cylindre. regarder à la droite) ;
 La règle des lettres N et S :
Lorsqu’on regarde sur l'une des faces, on examine le sens du
courant électrique:
N B S  La deuxième règle de la main droite
La deuxième règle de la main droite précise que lorsque les
doigts sont enroulés dans le même sens que le courant électrique (le
sens conventionnel) qui circule dans le solénoïde, le pouce indique la
direction des lignes de champ d’induction magnétique à l'intérieur du
solénoïde et pointe le pôle nord du solénoïde.
I Sens de I
S Sens de I
⃗ Sens de ⃗𝐁

Sens de 𝐁
E
Figure : création du champ d’induction magnétique à l’aide
d’un solénoïde ou d’une bobine longue

b2) Expérience pratique


c) Caractéristiques N
S S N
Le champ d’induction magnétique 𝐁⃗⃗ crée par un solénoïde ou
une bobine longue est caractérisé par : I I

 La direction : elle est parallèle aux lignes de champ.


 Le sens du champ d’induction magnétique ⃗𝐁 ⃗ peut être Figure : doigts de la main droite indiquant le sens du
donné par les règles ci-dessous car, comme le champ d’induction champ d’induction magnétique crée par un solénoïde
magnétique tourne sur lui-même en des points précis comme le montre

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d) Module ou la valeur du champ d’induction e1) L’excitation magnétique H0 dans le vide


magnétique ⃗𝐁 NI B0
H0= avec H0 en A/m et B0=µ0H0→ H0=
On démontre et nous admettons que le champ d’induction l µ0
magnétique ⃗𝐁 ⃗ crée par un solénoïde ou une bobine longue est donné par
e2) L’excitation magnétique H dans un matériau
la relation suivante :
NI B
d1) Le champ d’induction magnétique ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑩𝟎 dans le vide H= avec H en A/m et B=µH→ H=
l µ
NI NI
B0= µ0 ↔ B=4πx10−7 x l f) Les facteurs influençant le champ magnétique dans
l
un solénoïde
d2) Le champ d’induction magnétique ⃗𝐁 dans un
matériau Il existe trois facteurs qui influences le champ d’induction
NI NI
magnétique autour du solénoïde :
B= µrµ0 ↔ B= .µ
l l
 Le nombre de spires (nombre de tours) : plus il y a autant
Avec B0 est le champ d’induction dans le vide en Tesla (T) de spires (tours), plus le champ d’induction magnétique sera grand.
B est le champ d’induction dans un matériau en Tesla (T)
I est l’intensité du courant électrique en Ampère (A)  L’intensité du courant électrique (I) : plus l’intensité du
l est la longueur de la bobine en mètre (m) courant électrique est grande, plus le champ d’induction magnétique
N est le nombre de spires sera grand.
µ0 est la perméabilité magnétique à vide
µr est la perméabilité magnétique relative  La nature du noyau : si le noyau du solénoïde a une
µ est la perméabilité magnétique absolue nature ferromagnétique (fer, nickel ou cobalt), alors le champ
d’induction magnétique sera plus grand.
e) L’excitation magnétique H
L’excitation magnétique H permet de quantifier le champ
d’induction magnétique ⃗𝐁 : c’est son intensité. g) Exemples
1) Un solénoïde placé dans le vide ayant une longueur de
Elle dépend du milieu magnétique, de la forme et de la 38 cm et 60 spires, est traversé par un courant électrique de 8 A.
dimension du circuit.
Elle est donnée par la relation suivante :

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Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide Avec B est le champ d’induction magnétique en Tesla (T)
d'un schéma et calculer le champ et l’excitation magnétique au centre Φ est le flux magnétique en Weber (Wb)
du solénoïde. S est la section en mètre carré (m2)
2) On considère un solénoïde placé dans le vide de 19 cm b) Flux magnétique de plusieurs spires
de longueur et 30 spires est parcouru par un courant électrique constant
d'intensité 2 A.
On démontre et nous admettons que le flux magnétique de
Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide plusieurs spires est donné par la relation suivante :
d'un schéma et calculer le champ et l’excitation magnétique au centre
du solénoïde. Le flux à travers une bobine de N spires est la somme des flux à
travers chacune des spires :
V- LE FLUX MAGNETIQUE
1- Définition Φ=NBS
Le flux magnétique est le nombre de lignes de champ qui Avec B est le champ d’induction magnétique en Tesla (T)
traverse une surface sous l’influence d’un aimant. Φ est le flux magnétique en Weber (Wb)
S est la section en mètre carré (m2)
2- Calcul du flux magnétique N est le nombre de spires
Lorsqu’une surface est placée dans un champ d’induction
c) Exemples
magnétique uniforme, elle est traversée par un flux magnétique Φ. Il
1) Un solénoïde placé dans le vide ayant une longueur de
s’exprime Weber (Wb) en hommage au physicien allemand Wilhelm
38 cm et 60 spires, est traversé par un courant électrique de 8 A.
Eduard Weber.
Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide
a) Flux magnétique d’un fil conducteur rectiligne ou
d'un schéma et calculer le champ et le flux magnétique.
une spire
2) On considère un solénoïde placé dans le vide de 19 cm
On démontre et nous admettons que le flux magnétique d’un fil
de longueur et 30 spires est parcouru par un courant électrique constant
conducteur rectiligne ou d’une spire est donné par la relation suivante :
d'intensité 2 A.
Φ=BS
Préciser l’orientation du champ d’induction magnétique à l'aide
d'un schéma et calculer le champ et le flux magnétique.
3) Un aimant de forme carré de 6 cm de coté émet 30
lignes de champ de 65 mWb chacune. Calculer :

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17
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

c) La valeur du courant électrique si l'on introduit un


a) Le flux magnétique de l’aimant ; matériau magnétique de perméabilité 10 000.
b) Le champ d’induction magnétique B crée par d) Conclure.
l’aimant.

VI- APPLICATIONS DU MAGNETISME 2- Un courant de 3 A traverse une bobine de 500 spires.


Le magnétisme est utilisé dans tous les domaines de la vie. On Combien de spires devrait avoir une bobine pour obtenir le
peut citer : même champ d’induction magnétique si le courant passe à 900 mA?
 Les machines électriques ; 3- Une bobine sans noyau présente une induction
 Les métros ; magnétique de 1.5 T. Elle est composée de 1000 spires et parcourue par
 Les appareils de mesures ; un courant de 2 A.
 Les téléviseurs ; a) Quel sera le nombre de spires si nous utilisons un
 Les radios ; noyau de perméabilité µr = 200?
 Les ordinateurs ; b) Quel sera le courant dans la bobine si nous
 Les haut-parleurs ; conservons le même nombre de spires mais que nous utilisons un noyau
 Les cassettes vidéo ; de µr = 300?
 Les montres à quartz (à aiguilles) ;
 L’imagerie par résonance magnétique7 (IRM) ; 4- Avec un fil de cuivre d'une longueur de 150 m et d'un
 L’éclairage ; etc. diamètre de 500 µm, nous réalisons une bobine sans noyau de 200
spires jointives. Elle est raccordée sur une tension continue de 1.5 V.
VII- EXERCICES D’APPLICATION
Calculer le champ d’induction magnétique B et la longueur de
1- Le courant électrique traversant une bobine longue dans cette bobine.
l'air est de 5000 mA. Cette bobine a une surface de 50x10−6 m2 et est 5- On désire obtenir une induction magnétique de 1.5 T
composée de 350 spires réparties en une seule couche sur une longueur dans un tore magnétique fermé en fer, dont le diamètre moyen est de 30
utile de 8 cm. Calculer : cm.
a) Le champ d’induction magnétique crée ;
b) Le flux magnétique engendré ; Quel doit-être le nombre de spires si le courant est de 6 A et la
perméabilité relative de 1040 ?

7
Technique permettant d'obtenir des vues en deux ou en trois dimensions de
l'intérieur d’un corps.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CONCLUSION :
Le magnétisme l’avons-nous vu, existe depuis la nuit des temps.
Cependant, il a fallu l’apparition des esprits très élevés pour le
découvrir et le mettre au profit du bien être de l’humanité (l’Homme).
Aujourd’hui, le magnétisme est omniprésent dans tous les domaines de
la vie : c’est un phénomène qui joue un rôle important dans la plupart
des composants de l'Electrotechnique comme les contacteurs, les
moteurs, les transformateurs, etc. Nous devrons donc essayer d'en
connaître le vocabulaire et d'en comprendre les principes et les lois,
pour mieux comprendre le fonctionnement de tous ces composants.
Dans la suite, nous étudierons une notion qui permet d’immortaliser le
magnétisme jusqu’à nos jours : le ferromagnétisme.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

Figure : valeurs des perméabilités des matériaux

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20
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CHAPITRE 2 : FERROMAGNETISME I- MATERIAUX MAGNETIQUES


OBJECTIFS SPECIFIQUES : Dans la nature, il existe plusieurs types de matériaux
magnétiques et classés selon la catégorie. Dans ce cours, nous
A la fin de ce chapitre, l’élève doit être capable de : intéressons à trois catégories :
 Définir le ferromagnétisme, le cycle d’hystérésis et la  Les matériaux ferromagnétiques ;
perméabilité à vide, relative et absolue ;  Les matériaux paramagnétiques ;
 Expliquer l’aimantation d’un matériau ;  Les matériaux diamagnétiques ; Ses théories de
 Choisir la perméabilité relative d’un matériau, l'antiferromagnétisme (1936) et du ferrimagnétisme
 Calculer la valeur la perméabilité à vide ou absolue ; (1948) vaudront
 Expliquer le cycle hystérésis,  à Louis Néel le prix Nobel de physique en 1970. C'est un
 Comparer les matériaux magnétiques, etc. an après la publication de
 la première qu'est découvert le premier
antiferromagnétique incontestable, MnO, par
INTRODUCTION :
 Henri Bizette et Belling Tsaï..
Après la découverte du magnétisme, le monde de la science n’a
cessé d’évoluer. Vers 1820 l’année de l’invention du solénoïde, 1- Matériaux ferromagnétiques
François Arago découvrit qu’une boucle de fil peut induire des
Un matériau ferromagnétique est un matériau qui s’aimante très
comportements magnétiques sur un morceau de fer. Dans la même
fortement en présence d’un champ d’induction magnétique et garde son
année, son collègue André-Marie Ampère qui avait déjà une
aimantation aussitôt que ce champ soit supprimé.
connaissance sur l’expérience du champ d’induction magnétique crée
par ce dispositif suggérait que, faire plusieurs boucles augmenterait Il existe deux sous-catégories de matériaux ferromagnétiques :
l’efficacité magnétique de la boucle. C’est ainsi que l’électroaimant fut
découvert donnant naissance au ferromagnétisme dont son importance  Les ferromagnétiques durs (aimants permanents) ;
n’est plus à démontrer de nos jours et c’est en 1825 le Britannique  Les ferromagnétiques doux (le fer, le nickel, l’acier, le
William Sturgeon construisit le premier électroaimant. Cependant, cobalt, les alliages des ces matériaux, etc.).
comment ont-ils procédé pour inventer des aimants artificiels ? Telle est
la véritable interrogation que nous nous proposons de résoudre dans ce Les matériaux ferromagnétiques présentent une perméabilité très
chapitre. Pour mieux comprendre, nous allons d’abord connaitre ce très supérieure à un (µr>>1).
qu’est le ferromagnétisme, l’aimantation du fer, la perméabilité, les
La figure ci-dessous illustre le comportement d’un matériau
matériaux magnétiques, le cycle d’hystérésis et les applications du
ferromagnétique soumis à un champ d’excitation magnétique.
ferromagnétisme.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

B (T) B (T)

0 H (A/m) 0 H (A/m)
Figure : courbe illustrant le comportement d’un
matériau ferromagnétique Figure : courbe illustrant le comportement d’un
matériau paramagnétique
Remarque : les matériaux ferromagnétiques sont les plus utilisés pour
toutes les applications magnétiques en électrotechnique.
3- Matériaux diamagnétiques
2- Matériaux paramagnétiques
Un matériau diamagnétique est un matériau qui s’aimante
Un matériau paramagnétique est un matériau qui s’aimante faiblement dans le sens opposé du champ d’induction magnétique et son
faiblement dans le même sens du champ d’induction magnétique et son aimantation disparaît aussitôt que ce champ soit supprimé.
aimantation disparaît aussitôt que ce champ soit supprimé.
Nous avons par exemple : le cuivre, le zinc, l’or, l’argent, le
Nous avons par exemple : l’aluminium, la platine, le manganèse, silicium, l’alumine, etc.
le sodium, etc.
Les matériaux diamagnétiques furent aussi décrits par Michael
Les matériaux paramagnétiques furent décrits par Michael Faraday en 1845 et présentent une perméabilité inférieure à un (µr<1).
Faraday en 1845 et présentent une perméabilité supérieure à un (µr>1).
La figure ci-dessous illustre le comportement d’un matériau
La figure ci-dessous illustre le comportement d’un matériau diamagnétique soumis à un champ d’excitation magnétique.
paramagnétique soumis à un champ d’excitation magnétique.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012
B (T)
II- DEFINITION DU FERROMAGNETISME
Le ferromagnétisme est une partie de la physique qui étudie le
comportement d’un noyau de fer placé dans un champ d’induction
magnétique.
0 H (A/m)

Figure : courbe illustrant le comportement d’un


matériau diamagnétique

4- Illustration du comportement des principaux matériaux Figure : trombone attiré par un noyau de fer aimanté
magnétiques
III- AIMANTATION D’UN NOYAU DE FER
La figure ci-dessous
B (T) 1- Définitions
a) Le noyau de fer
B et H sont de même sens Le noyau de fer est un matériau qui s'aimante et qui perd
rapidement son aimantation une fois qu'il n'est plus soumis à un champ
Ferromagnétique magnétique.
Paramagnétique b) L’électro-aimant
L’électro-aimant est l’ensemble constitué d’un noyau de fer
placé dans une bobine.
0 H (A/m)
2- Principe
B et H sont de sens contraire
Le principe de l’aimantation d’un noyau de fer est une opération
Diamagnétique consiste à placer un noyau de fer dans un champ d’induction
Figure : courbe récapitulative du comportement des magnétique produit par un solénoïde lorsqu’il est traversé par un
matériaux magnétiques courant électrique.
Remarque : dans le vide, la perméabilité est égale à un (µr=1).

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

3- Expériences
On considère un noyau de fer placé dans un solénoïde alimenté
par le courant électrique fourni par une pile.
a) Expérience théorique

I
S

E
Figure : limaille de fer attiré par le noyau de fer

I On constate à travers la figure que, l’interrupteur S est fermé et


S par conséquent, un courant électrique circule dans le solénoïde. Alors,
la limaille de fer est attirée par le noyau de fer car il y’a eu la création
E d’un champ d’induction magnétique.
Figure : limaille de fer non attiré par le noyau de fer

Conclusion : tout corps ferromagnétique initialement non aimanté et


On constate à travers la figure que, l’interrupteur S est ouvert et placé dans un champ magnétique devient lui-même un aimant : on dit
par conséquent, aucun courant électrique ne circule dans le solénoïde. qu'il est aimanté.
Alors, la limaille de fer n’est pas attirée par le noyau de fer car il n’y a
pas de champ d’induction magnétique créé. Remarque : certains corps tel que l'acier restent aimantés lorsqu'on
supprime le champ qui les a aimanté et d'autres corps tel que le fer sont
alors très vite désaimantés.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

b) Expérience pratique  La perméabilité relative µr ;


 La perméabilité absolue µ ;

a) Perméabilité du vide
Dans le vide, les lignes de champ se comportent de la même
façon que dans l’air.

Elle est une constante : µ0=4πx10−7 ou µ0=1, 25x10−7

b) perméabilité relative
La perméabilité relative est la valeur de la perméabilité qu’il faut
prendre en compte lorsqu’on choisit le matériau à introduire dans une
bobine.
 Pour les matériaux non magnétiques, la valeur de la
Figure : trombone attiré par un noyau de fer aimanté perméabilité est égale à 1(µr=1) ;
 Pour les matériaux magnétiques, la valeur de la
perméabilité varie (voir le tableau de la figure de la page 16).
IV- PERMEABILITES c) Perméabilité absolue

La perméabilité est un terme qui fut inventé en 1885 par Oliver La perméabilité absolue est le produit de la perméabilité dans le
HEAVISIDE. vide ou dans l’air et la perméabilité relative.

1- Définition Elle est donnée par la relation suivante :

La perméabilité est la facilité d’un matériau magnétique ou non µ=µrµ0


de laisser passer les lignes de champ.
Remarques : en général, la perméabilité n’est pas une constante parce
2- Types de perméabilité qu’elle varie avec la position dans le matériau, la fréquence du champ
appliqué, l’humidité, la température et d’autre paramètres.
On distingue trois types de perméabilité :
 La perméabilité à vide µ0 ;

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

3- Perméabilité des principaux matériaux magnétiques 1- Definitions


a) Hystérésis
L'hystérésis est la propriété d'un système qui tend à demeurer
dans un certain état quand la cause extérieure qui a produit le
changement d'état a cessé.
b) Cycle d’hystérisis
Le cycle d’hystérisis est la durée de vie de l’aimantation d’un
matériau magnétique.
2- Fonctionnement d’un cycle d’hystérisis
Nous seulement étudier les matériaux ferromagnétiques car, ils
sont les plus utilisés pour toutes les applications magnétiques en
Figure : Tableau de la perméabilité des principaux matériaux électrotechnique.
magnétiques Le cycle d’hystérisis fonctionne en trois phases :
magnétiques

4- Exemples  La première aimantation ;


 La désaimantation ;
a) Calculer la perméabilité absolue d’un milieu  La réaimantation.
magnétique ayant une perméabilité relative de 40 150.
b) Calculer la perméabilité relative d’un milieu
magnétique ayant une perméabilité absolue de 40 000.

V- CYCLE D’HYSTERISIS B=f(H)


Après la découverte du magnétisme, de nombreux travaux se
sont réalisés vers la fin du XIXe siècle. C’est ainsi qu’en 1880, Emil
Warburg découvre le retard des variations de l’aimantation d’une
substance ferromagnétique soumise aux variations d’un champ
magnétique et en 1890, le physicien et ingénieur écossais James Alfred
Ewing étudie les propriétés magnétiques des métaux et découvre le
phénomène d’hystérésis.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

 Hc est l’excitation coercitive : c’est la valeur de l’excitation


magnétique nécessaire pour annuler le champ d’induction rémanent Br
B (T) Courbe de la 1e lors de la réexcitation ou de la réalimentation de la bobine.
aimantation
+Bmax
Courbe de la
désaimantation Br
3- Analyse de la courbe de la première aimantation

B (T)
-Hmax -Hc
0 Hc +Hmax B C
H (A/m) Bmax
(3)
(2)
-Br Courbe de la
réaimantation A
-Bmax
(1)

0 H H (A/m)

Figure : cycle d’hystérisis d’un matériau ferromagnétique Figure : courbe de la première aimantation

 OA est la zone linéaire. Elle est exploitée pour fabriquer les


transformateurs et le machines tournantes.
 AB est la coude de saturation : c’est la partie qui indique le
début de la saturation du matériau.
 Br est le champ d’induction rémanent : c’est le champ qui  BC est la zone de saturation (l’aimantation d’un matériau est
subsiste dans un matériau lorsque la bobine n’est plus excitée ou saturée lorsque l’excitation magnétique H augmente et le champ
alimentée (H=0 et I=0) ; d’induction est constant) c'est-à-dire que Bmax.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

4- Conséquences de l’hystérisis CONCLUSION :


Lorsque le champ magnétique varie, le phénomène d'hystérésis Le ferromagnétisme ou le phénomène ferromagnétique est basé
engendre à travers le matériau magnétique un échauffement. Cet sur l’électro-aimant (noyau de fer dans une bobine). Il est non
échauffement engendre lui aussi une énergie perdue par effet Joules seulement très important mais, très influent dans plusieurs domaines de
proportionnelle à la surface du cycle d'hystérésis : ces pertes sont l’industrie, en particulier dans l’industrie électrique à cause de ses
appelées pertes par effet Hystérésis ou pertes fer. nombreuses applications. Dans le domaine de l’électromécanique par
exemple, il est omniprésent car, les systèmes motorisés ont pour
élément de base l’électroaimant. Dans la suite, nous continuerons les
études sur les effets produits par un corps en mouvement en présence
VI- APPLICATION DU FERROMAGNETISME
d’un champ magnétique : l’électromagnétisme.
Un électro-aimant peut être exploité pour fabriquer :
 Transformateur ;
 Electroaimants (contacteurs, relais, vibreurs, levage) ;
 Sustentation8 (paliers magnétiques, train à sustentation
magnétique) ;
 Mouvement (machine à courant continu, appareils de mesure à
cadre mobile) ;
 Champ tournant (machine asynchrone, machine synchrone,
moteur pas à pas) ; etc.

VII- EXERCICES D’APPLICATION

8
Effet d'une force qui permet de maintenir un corps à une faible distance au-
dessus d'une surface et sans contact avec elle.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CHAPITRE 3: ELECTROMAGNETISME
OBJECTIFS SPECIFIQUES
A la fin de ce chapitre, l’élève doit être capable de :
 Illustrer et interpréter le phénomène électromagnétique;
 Différencier les notions de la force électromagnétique et de
l’induction électromagnétique;
 Résoudre un problème de l’électromagnétisme;
 Connaitre les applications du phénomène électromagnétique;
etc.
INTRODUCTION :
La découverte du magnétisme, son influence sur un conducteur
et l’invention en 1800 de la pile électrique par Alessandro Volta, va
permettre aux savants du XIXe siècle, de développer une nouvelle
science : l’électromagnétisme. C’est ainsi qu’en 1831 les phénomènes
électromagnétiques fut développé d’une part par le Français Pierre-
Simon LAPLACE et d’autre part par le Britannique Michael
FARADAY. En 1833, les travaux de FARADAY furent complétés par
ceux du physicien russe, Heinrich Friedrich LENZ, marquant ainsi
l’origine du fonctionnement des générateurs, des transformateurs, etc.
Cependant, il faut noter que l’ingénieur et professeur d’université
américain Joseph HENRY a aussi travaillé un an avant l’invention de
FARADAY c'est-à-dire en 1830 sur le phénomène de l’induction
électromagnétique. Le phénomène de l’électromagnétisme fut l’une des
majeures découvertes en vue de la production de l’électricité utilisée Figure : courbe de la première aimantation
dans la vie de tous les jours et il ne faut surtout pas oublier que c’est le
physicien et mathématicien français André-Marie AMPERE qui est
l’inventeur des lois sur l’électromagnétisme et l’utilisation moderne du
mot électricité. Dans ce chapitre, nous nous intéresserons à l’étude des
phénomènes électromagnétiques en portant une très grande attention sur
les forces et les inductions électromagnétiques.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

I- DEFINITION DE L’ELECTROMAGNETISME
S I

Lignes de champ
L’électromagnétisme est une partie de la physique qui étudie les ⃗⃗
𝐇
relations entre le magnétisme et l’électricité.

II- PHENOMENES ELECTROMAGNETIQUES


En électrotechnique, les phénomènes électromagnétiques sont
basés sur trois théorèmes fondamentaux. Il s’agit du :
 Théorème d’Ampère qui nous renseigne sur la création Figure : force magnétomotrice créée par un
de la force magnétomotrice (ε); fil conducteur rectiligne
 Théorème de Laplace qui nous renseigne sur la création
de la force électromagnétique (F); C= μo ∑ I avec μo=4π. 10−7H/m
 Théorème de Faraday qui nous renseigne sur la création NOTA : Le théorème d’Ampère donne ni la direction, ni donne le sens,
de la force électromotrice (e). mais il nous renseigne uniquement sur l’intensité du champ d’excitation
magnétique H.
III- FORCE MAGNETOMOTRICE Pour simplifier l’étude des circuits magnétiques, on définit à
partir du théorème d’Ampère, la force magnétomotrice ε. Elle est égale
1- Définition
à la somme algébrique des intensités des courants traversant une surface
La force magnétomotrice (FMM) ε est une force due au dont le vecteur champ d’excitation magnétique 𝐇 ⃗⃗ permet de les
⃗⃗ qui crée un flux
déplacement du champ d’excitation magnétique 𝐇 compter.
magnétique ϕ.
Nous avons :
2- Enoncé du théorème d’Ampère ε=∑ I=Hl
Avec ε est la force magnétomotrice en A.tr
"La circulation du champ magnétique ⃗𝐁 le long d’un contour ∑ I est la somme algébrique des intensités en (A)
fermé (C) est égale à la somme des intensités algébriques des courants H est l’excitation magnétique en A.tr/m
enlacés, multipliée par la perméabilité du vide μo". l est la longueur de la ligne moyenne du circuit
magnétique en mètre (m)

Remarque:
 Dans le cas d’une bobine ayant N spires, on a la relation
suivante :ε=NI=Hl.

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30
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012
l
 Le courant sera pris positivement s’il est dans le sens de la H
normale à la surface (règle du tire-bouchon par rapport au sens de
parcours du contour C). I
(N) O R
 Le courant sera pris négativement s’il est dans le sens
contraire de la normale à la surface (règle du tire-bouchon par rapport I
au sens de parcours du contour C).

3- Les exemples d’application Figure : surface en forme de tore


a) L’exercice 1 La force électromotrice ε est :ε=Hl= NI avec l=2πR
On considère la figure ci-dessous représentant une surface de longueur c) L’exercice 3
moyenne l traversée par les intensités des courants. On considère la figure ci-dessous représentant un circuit
H magnétique cuirassé, de longueur moyenne l et constitué de deux
bobines dont l’une est traversée par une intensité du courant I1 de N1
I2 spires et l’autre est traversée par une intensité du courant I2 de N2
spires.

I1
I1 I4 H1 H2 I2
. I3
Figure : surface plane traversée par plusieurs courants (N1) (N2)

La force électromotrice ε est : ε=H l = I2- I3- I4- I2

b) L’exercice 2 Figure : surface en forme cuirassée


On considère la figure ci-dessous représentant un circuit magnétique à
noyau de fer torique de centre O, de longueur moyenne l traversé par La force électromotrice ε est :
l’intensité du courant I et constitué de N spires. ε= ε1- ε2 avec ε1 la force magnétomotrice créée par la bobine de
N1 spires et ε2 la force magnétomotrice créée par la bobine de N2 spires.

ε= H1l- H2l= N1I1- N2I2 ε= Hl= N1I1- N2I2

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31
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

IV- FORCE ELECTROMAGNETIQUE


Conducteur
1- Définitions B rectiligne S
a) Force
F
La force est toute cause capable de modifier l’état de I
I
mouvement ou de déplacement d’un corps.
B Conducteurs
b) Force électromagnétique Aimant en
F “U“ Générateur
La force électromagnétique est d’une force qui permet le
déplacement d’un fil conducteur parcouru par un courant d’intensité I et I
placé dans un champ d’induction magnétique𝐁⃗. Figure : fil conducteur rectiligne placé dans un
champ magnétique soumis à la fore de Laplace
2- Enoncé de la loi de Laplace
On considère un aimant en forme de “U“ à l’intérieur duquel
D’après la loi de Laplace, un fil conducteur de longueur l, placé sont placés deux fils conducteurs reliés à une source d’alimentation. Sur
dans un champ d’induction magnétique ⃗𝐁 ⃗ et traversé par un courant ces conducteurs, on dispose un autre fil conducteur rectiligne de
d’intensité I, est soumis a une force électromagnétique appelée force de longueur l.
Laplace𝐅.
b) Interprétation de l’expérience
3- Illustration de la loi de Laplace à travers ses rails
a) Schéma expérimental Si on ferme l’interrupteur S, un courant d’intensité I traverse le
La figure () ci-dessous illustre le comportement d’un fil fil conducteur rectiligne de longueur l et comme il est soumis à un
conducteur placé dans un champ magnétique et traversé par un courant champ d’induction magnétique𝐁 ⃗⃗ , il subit une force électromagnétique
d’intensité I. appelée force de Laplace 𝐅 dont le sens de déplacement du fil
conducteur rectiligne est donné par l’une des règles détaillées plus bas.
Remarque : cette illustration décrit le principe de fonctionnement d’un
moteur électrique.
4- Force de Laplace

La force de Laplace est caractérisée par :


 Le point d’application ;

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32
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

 La direction ;
 Le sens ; F
 Le module ou la formule.

a) Point d'application de la force de Laplace 𝐅


I
Le point d’application de la force de Laplace 𝐅 est au milieu de
la longueur du fil conducteur placée dans le champ d’induction B
magnétique𝐁⃗⃗ .
NB : le fil conducteur participe à la création de la force Figure : trois doigts de la main droite
électromagnétique ou la force de Laplace𝐅.  La règle de bon homme d'ampère :
Pour déterminer le sens de la force de Laplace 𝐅 en utilisant la
règle du bon homme d'ampère, on considère qu’il est couché sur le fil
b) Direction
conducteur, le courant lui traverse en entrant par les pieds et en sortant
La direction de la force de Laplace 𝐅est perpendiculaire (⊥) au par la tête. Il regarde fuir les lignes de champs et sa main gauche
champ d’induction magnétique 𝐁 ⃗ et de l’intensité du courant I c'est-à-
tendue, indique le sens de la force de Laplace𝐅.
⃗ , I).
dire perpendiculaire (⊥) au plan (𝐁
⃗⃗
Sens de 𝐁
c) Sens de la force de Laplace 𝐅
Le sens de déplacement de la force de Laplace 𝐅 est donné par Sens de I
l'une des règles suivantes :
 La règle des trois doigts de la main droite :
Pour déterminer le sens de la force de Laplace 𝐅 en utilisant la
règle des trois doigts de la main droite, on fait correspondre les trois
premiers doigts (pouce, index et majeur) et les trois grandeurs (force,
intensité du courant et le champ magnétique) de la façon suivante :
Pouce=Force Index=Intensité Majeur=Champ magnétique
se dex jeur
Pous In Ma
ce tensité gnétique
Figure : bonhomme d’Ampère

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33
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

 La règle des cinq doigts de la main droite :


Pour déterminer le sens de la force de Laplace 𝐅 en utilisant la
règle de la main droite, on oriente d'abord son avant-bras le long du fil
conducteur, les doigts dépliés pointant dans le sens conventionnel du F
B
courant. Ensuite, on fait tourner le bras sur lui-même jusqu'à ce que les
α
doigts, repliés cette fois, pointent dans la direction du champ
d’induction magnétique. Le pouce tendu indique alors le sens de la I. l
force de LAPLACE 𝐅.
F
Figure : trièdre

D’après le triangle des grandeurs caractéristiques ci-dessous,


nous avons :
I
F = B.I. l.sinα et B=µ02πr

B
I F est la force de LAPLACE en Newton (N)
Avec B est le champ magnétique en Tesla (T)
Figure : cinq doigts de la main droite I est l’intensité du courant en Ampère (A)
l est la longueur du fil conducteur en mètre (m)
α est l’angle entre B et I en degré (°)
 La règle du tire-bouchon
Les cas particulier de la force de LAPLACE:
d) Le module ou la formule  Le fil et le vecteur sont perpendiculaires :
A partir de ces expériences, on démontre et nous admettons que α = 90°→F = B.I. l
l'intensité de la force de LAPLACE 𝐅 est proportionnelle à l'intensité du  Le vecteur champ est parallèle au fil : α = 0°→F = 0
courant I qui parcourt le fil conducteur rectiligne, à la longueur l de Remarque :
celui-ci, située dans le champ d’induction magnétique ⃗𝐁 supposé
En électrotechnique, nous admettons que α = 90° :
uniforme.
Si le fil fait un angle α avec le champ magnétique, l'intensité de  Pour une bobine à une spire, nous avons : F = B.I. l.
la force de LAPLACE 𝐅 est proportionnelle au sinus de cet angle.  Pour une bobine à N spires, nous avons : F = N.B.I.l.

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34
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

5- Le travail des forces électromagnétiques 7- L’interaction des forces


Lorsque le fil conducteur se déplace, il effectue un travail W L’interaction des forces est l’attraction ou la répulsion
dont nous pouvons évaluer : réciproque des corps.

W=I∆ϕ ou W=F.d a) L’attraction


L’attraction s’effectue lorsque les corps chargés de nature
F est la force de LAPLACE en Newton (N) différente se rapprochent.
ϕ est le flux magnétique en Weber (Wb)
Avec I est l’intensité du courant en Ampère (A) a1) Le schéma expérimental
d est la distance de déplacement du fil en mètre (m)
W est le travail de la force de LAPLACE en Joule (J)
Fils conducteurs
6- La force portante rectilignes à l’état

Générateur G Interrupteur S
initial
La force portante est la force nécessaire pour décoller l’armature
des noyaux quand l’entrefer est nul. N1 N2
I1 I2
Pour calculer la force portante, on applique la formule ci- F1 F2 B1
dessous : Fils conducteurs
B2 P P rectilignes à l’état final
B2 S 2
G= 2µ 1
0 M1 M2
G est la force portant en Newton (N) Paroi isolant
Avec µ0 est la perméabilité du vide Récipient contenant le
B est le champ magnétique en Tesla (T) liquide conducteur
S est la surface de contact des noyaux en mètre carré
(m²) Liquide conducteur
Figure : attraction réciproque des corps
a2) L’interprétation de l’expérience
On considère deux longs fils conducteurs rectilignes parallèles,
placés l’un et l’autre à une distance M1M2= N1N2= r et dont les portions
N1M1=l1 et N2M2=l2 des fils conducteurs respectivement de gauche et

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

de droite sont des zones où les champs magnétiques crées émettent leur a3) La force de LAPLACE 𝐅
influence. La paroi isolant empêche le courant d’intensité I1 circulant
dans le fil conducteur de gauche de ne pas y circuler dans le fil  Au point P1
conducteur de droite et empêche le courant d’intensité I2 circulant dans La force de LAPLACE 𝐅1 au point P1 est caractérisée par :
le fil conducteur de droite de ne pas y circuler dans le fil conducteur de
gauche.  Son origine ou son point d’application P1.
 Son support ou sa direction qui est perpendiculaire au
 Lorsque l’interrupteur S est ouvert, aucun courant ne
champ magnétique ⃗𝐁2 et de l’intensité du courant I1 c'est-à-dire
circule dans les fils conducteurs rectilignes c’est à dire que les intensités
⃗ 2, I1).
perpendiculaire au plan (𝐁
des courants I1 et I2 sont nulles (I1=I2=0) car le générateur G ne peut pas
 Son sens qui est du point P1 vers le point P2 selon l’une
fournir de l’énergie électrique. Alors, ces fils restent dans leur état
des règles appliquées.
initial. I2
 Lorsque l’interrupteur S est fermé :  Son module qui est : F1= B2. I1. l1 et B2=µ02πr
 Un courant d’intensité I1 traverse le fil conducteur de Ainsi, la force de LAPLACE devient :
⃗ 1 qui le soumet I
gauche qui crée au point P2 un champ magnétique 𝐁 2
F1=I1.l 1.µ02πr
alors à une force appelée force électromagnétique ou force de  Au point P2
LAPLACE 𝐅1.
 Un courant d’intensité I2 traverse aussi le fil conducteur La force de LAPLACE 𝐅2 au point P2 est caractérisée par :
de droite qui crée au point P1 un champ magnétique ⃗𝐁 ⃗ 2 qui le soumet
 Son origine ou son point d’application P2.
aussi à une force appelée force électromagnétique ou force de  Son support ou sa direction qui est perpendiculaire au
LAPLACE 𝐅2. champ magnétique 𝐁 ⃗ 1 et de l’intensité du courant I2 c'est-à-dire
⃗ 1 et 𝐁
⃗ 2 crées respectivement par le fil ⃗ 1, I2).
perpendiculaire au plan (𝐁
Les champs magnétiques 𝐁
conducteur de gauche et le fil conducteur de droite provoquent entre-  Son sens qui est du point P2 vers le point P1 selon l’une
eux des attractions réciproques telles que montrées sur la figure () en des règles appliquées.
I1
pointillé car les courants traversant les fils conducteurs sont de même  Son module qui est : F2= B1. I2. l2 et B1=µ02πr
sens. Ainsi, la force de LAPLACE devient :
I
1
F2=I2.l2.µ02πr

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36
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

Comme le système est équilibré c'est-à-dire que I1= I2 et B1= B2, b2) L’interprétation de l’expérience
alors la force créée par le fil conducteur de gauche est égale à la force
On considère deux longs fils conducteurs rectilignes parallèles,
créée par celui de droite :
placés l’un et l’autre à une distance M1M2= N1N2= r et dont les portions
l l N1M1= l1 et N2M2= l2 des fils conducteurs respectivement de gauche et
F1=F2= I1.I2.µ02πr avec N1M1=N2M2=l
de droite sont des zones où les champs magnétiques crées émettent leur
b) La répulsion
influence. Le liquide conducteur permet au courant d’intensité I1
La répulsion s’effectue lorsque les corps chargés de même circulant dans le fil conducteur de gauche d’y circuler dans le fil
nature se repoussent. conducteur de droite et cette fois avec l’appellation I2.
b1) Le schéma expérimental  Lorsque l’interrupteur S est ouvert, aucun courant ne
circule dans les fils conducteurs rectilignes c’est à dire que les intensités
Générateur G
des courants I1 et I2 sont nulles (I1=I2=0) car le générateur G ne peut pas
Interrupteur S

fournir de l’énergie électrique. Alors, ces fils restent dans leur état
initial.
Fils conducteurs  Lorsque l’interrupteur S est fermé :
rectilignes à l’état  Un courant d’intensité I1 traverse le fil conducteur de
initial
gauche qui crée au point P2 un champ magnétique 𝐁 ⃗⃗ 1 qui le soumet
N1 N2 alors à une force appelée force électromagnétique ou force de
LAPLACE 𝐅1.
B1 I2
 Un courant d’intensité I2 traverse aussi le fil conducteur
F2 F2 Fils conducteurs
P P rectilignes à l’état final de droite qui crée au point P1 un champ magnétique ⃗𝐁 ⃗ 2 qui le soumet
I11 B2 2 aussi à une force appelée force électromagnétique ou force de
M1 M2 LAPLACE 𝐅2.
Récipient contenant le
liquide conducteur Les champs magnétiques ⃗𝐁1 et ⃗𝐁2 crées respectivement par le fil
conducteur de gauche et le fil conducteur de droite provoquent entre-
eux des répulsions réciproques telles que montrées sur la figure () en
Liquide conducteur
pointillé car les courants traversant les fils conducteurs sont de sens
Figure : repulsion réciproque des corps
opposés.

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37
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

a3) La force de LAPLACE 𝐅 Comme le système est équilibré c'est-à-dire que I1= I2 et B1= B2,
alors la force créée par le fil conducteur de gauche est égale à la force
 Au point P1 l
créée par celui de droite :
La force de LAPLACE 𝐅1 au point P1 est caractérisée par : y
F1=F2= I1.I2.µ0 2πr avec N1M1=N2M2=l
 Son origine ou son point d’application P1.
 Son support ou sa direction qui est perpendiculaire au En conclusion, on peut aisément constater d’après les différentes
figues que la force exercée par le fil conducteur de droite sur le fil
champ magnétique ⃗𝐁2 et de l’intensité du courant I1 c'est-à-dire conducteur de gauche a la même intensité et est de sens opposé, ce qui
⃗ 2, I1).
perpendiculaire au plan (𝐁 satisfait bien au principe de l'action et de la réaction.
 Son sens qui est du point P1 vers le point P2 selon l’une
des règles appliquées. 8- Les exercices d’application
I2
a) L’exercice 1
 Son module qui est : F1= B2. I1. l1 et B2=µ02πr
Ainsi, la force de LAPLACE devient : La relation () est utilisée pour définir l'ampère. Si I1 = I2 = 1 A et
I2 que les deux fils se trouvent à 1 m l'un de l'autre, alors un ampère se
F1=I1. l1.µ02πr
définit comme le courant circulant dans deux longs conducteurs
parallèles, séparés par une distance de 1 m et produisant l'un sur l'autre
 Au point P2 une force de 2 × 10-7 N par mètre de longueur.
Le coulomb quant à lui est défini par rapport à l'ampère :
La force de LAPLACE 𝐅2 au point P2 est caractérisée par : Le coulomb est la charge qui traverse une section d'un conducteur
parcouru par un courant d'un ampère pendant une seconde 1 C ≡ 1 A . s.
 Son origine ou son point d’application P2. V- L’INDUCTION ELECTROMAGNETIQUE
 Son support ou sa direction qui est perpendiculaire au 1- La définition
champ magnétique 𝐁 ⃗ 1 et de l’intensité du courant I2 c'est-à-dire
L’induction électromagnétique est la création d’une force
⃗ 1, I2).
perpendiculaire au plan (𝐁 électromotrice (f.é.m.) induite à travers une bobine lorsqu’il y’a
 Son sens qui est du point P2 vers le point P1 selon l’une variation du flux magnétique.
des règles appliquées.
I1
 Son module qui est : F2= B1. I2. l2 et B1=µ02πr
Ainsi, la force de LAPLACE devient :
I1
F2=I2. l2.µ02πr

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

2- L’énoncé de la loi de FARADAY et de LENZ La figure () ci-dessous illustre le comportement d’un fil
a) La loi de Faraday conducteur en mouvement dans un champ magnétique.
“Toute variation de flux à travers un circuit électrique Déplacement gauche-droite
donne naissance à une force électromagnétique induite (e). “ iinduit

 Si le circuit est fermé, la force électromotrice (f.é.m.) induite  l


produit la circulation d’un courant induit. S B
b) La loi Lenz V
mV l
« Le courant induit a un sens tel que le flux induit qu’il crée
L
s’oppose aux variations du flux inducteur. »
« La f.é.m. induite tend par ses conséquences à s’opposer à la Conducteurs
cause qui lui a donné naissance. » rectiligne
B Aimant en
« Le courant induit est tel que par ses effets, il s’oppose à la “U“
cause qui lui a donné naissance.» V l
3- L’illustration de la loi de FARADAY et de LENZ à Figure : fil conducteur rectiligne placé dans un champ
travers les rails de Laplace magnétique soumis à la force électromotrice
a) La force électromotrice (e) de vitesse
a1) Le schéma expérimental a2) L’interprétation de l’expérience
Si on déplace le fil conducteur l placé dans un champ
La figure () ci-dessous illustre le comportement d’un fil magnétique B à une vitesse V, le millivoltmètre va dévier : preuve qu’il
conducteur en mouvement dans un champ magnétique. y’a création d’une force électromotrice induite e et si on ferme
l’interrupteur S, la lampe à incandescence L s’allume pour prouver la
circulation d’un courant induit iinduit. On dit qu’il y’a eu une induction
électromagnétique.

Remarque : Cette illustration décrit le principe de fonctionnement


d’une génératrice. On pourrait aussi faire l’opération inverse c'est-à-dire
faire plutôt varier le champ magnétique : c’est ce principe qui est
utilisé dans l’alternateur.

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b) La force électromotrice (e) de transformation 4- La force électromotrice induite (e)


b1) Le schéma expérimental La force électromotrice est caractérisée par :
 Le point d’application ;
La figure () ci-dessous illustre le comportement deux bobines  La direction ;
fixes dont l’une est traversée par un courant variable et l’autre  Le sens ;
connectée à un millivoltmètre mV et à une lampe à incandescence L.  Le module ou la formule.
 l
S1 i1
a) Le point d'application de la force électromotrice
H1 H2 iinduit S2 induite (e)
e Le point d’application de la force électromotrice induite (e) est
mV au milieu de la longueur du fil conducteur placée dans le champ
(N1) (N2)
L ⃗.
magnétique𝐁

NB : le fil conducteur participe à la création de la force électromotrice


Figure : bobines placées dans un champ magnétique induite (e).
soumises à la force électromotrice b) La direction
La direction de la force électromotrice induite (e) est perpendiculaire
(⊥) au champ magnétique 𝐁 ⃗⃗ et au fil conducteur l c'est-à-dire
b2) L’interprétation de l’expérience ⃗ , l).
perpendiculaire (⊥) au plan (𝐁
Si on ferme l’interrupteur S1, on va constater que le
millivoltmètre mV dévie : preuve qu’il y’a création d’une force c) Le sens de la force électromotrice induite (e)
électromotrice induite e et si on ferme l’interrupteur S, la lampe à Le sens de déplacement de la force électromotrice induite (e) est
donné par l'une des règles suivantes :
incandescence L s’allume pour prouver la circulation d’un courant
 La règle des trois doigts de la main gauche :
induit iinduit. On dit qu’il y’a eu une induction électromagnétique. Pour déterminer le sens de la force électromotrice induite (e) en
utilisant la règle des trois doigts de la main gauche, on fait correspondre
Remarque : Cette illustration décrit le principe de fonctionnement d’un
les trois premiers doigts (pouce, index et majeur) et les trois grandeurs
transformateur.
(force, longueur du fil et le champ magnétique) de la façon suivante :

Pouce=Force Index= longueur Majeur=Champ magnétique

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

V
e est la force électromotrice en Volt (V)
Avec ∆ϕ est la variation du flux en Weber (Wb)
t est la durée de circulation du courant induit en
l seconde (s)
I est l’intensité du courant induit en Ampère (A)
B R est la résistance du circuit extérieur en Ohm (Ω)
Q est la quantité d’électricité en Coulomb (C)

Figure : trois doigts de la main gauche


d) Le module ou la formule 5- Les exercices d’application
d1) La force électromotrice a) L’exercice 1
Considérons une tige métallique de longueur l plongée dans un
C’est l’apparition de la tension aux bornes d’un circuit lorsqu’un champ magnétique uniforme et entraînée à la vitesse v :
conducteur se déplace dans un champ magnétique ⃗𝐁. L’expérience montre qu’il apparaît une tension électrique entre
les deux extrémités de la tige : c’est une « force électromotrice induite »
∆ϕ (ou fém induite) e. Dans cet exemple : e = Blv.
 e=-
∆t Application :
 e=BlV C’est le principe de la génératrice à courant continu, du
e est la force électromotrice en Volt (V) microphone électrodynamique …
Avec ∆ϕ est la variation du flux en Weber (Wb)
∆t est la variation du temps en seconde (s) Remarque sur la convention de signe :
l est la longueur du fil conducteur en mètre (m) La détermination du sens du courant induit se fait de la façon
V est la vitesse de déplacement du fil conducteur en suivante :
mètre par seconde (m/s)  On se choisit arbitrairement un sens de circulation le
long du circuit.
d2) Le courant induit et la quantité d’électricité  Ce sens définit, grâce à la règle du bonhomme
induite d’Ampère, une normale au circuit.
 Le signe du flux est alors déterminé en faisant le produit
e scalaire du champ magnétique par cette normale.
 e=RI→ I=
R  En utilisant ensuite la loi de Faraday, on obtient la valeur et
∆ϕ
 Q= ou Q=It le signe de la fém.
R

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41
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 Enfin, le courant est obtenu à partir de la loi d’Ohm (son


signe peut aussi être directement connu en utilisant la loi de Lenz).

CONCLUSION :
Les phénomènes électromagnétiques sont fondamentaux en
électromécanique et surtout en électrotechnique car, ils sont à la base de
tous systèmes électromécaniques et ceux qui utilisent comme source
d’énergie, l’électricité. Par ailleurs, sans l’électromagnétisme,
l’invention des génératrices à courants continus et à courants
alternatifs et par conséquent, la production de l’énergie électrique serait
quasi impossible ; le monde cesserait de se moderniser et nous ne
serions pas loin de retomber dans l’époque ancienne comme celle de
l’antiquité. La suite nous permettra d’étudier un autre phénomène qui a
permis l’éclosion voir, l’expansion de la science de l’électricité dans le
monde entier et de connaitre un développement aussi si splendide :
l’auto-induction.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CHAPITRE 4 : AUTO-INDUCTION II- EXISTENCE ET SENS DE LA F.E.M D’AUTO-


INDUCTION
OBJECTIFS SPECIFIQUES
1- Expériences
A la fin de ce chapitre, l’élève doit être capable de :
 Illustrer et interpréter le phénomène d’auto-induction; a) Expérience théorique
 Expliquer la naissance du courant de Foucault;
 Résoudre un problème de l’auto-induction; Si on alimente la bobine (L) par un courant électrique variable
 Calculer l’inductance d’une bobine ; (i) en fermant l’interrupteur S, un champ magnétique se forme à
 Connaitre les applications du phénomène d’auto-induction; etc.
l’intérieur de la bobine. Si le courant est alternatif, le champ ne change
pas de direction mais devient variable en suivant l’axe des spires et
INTRODUCTION : donne naissance à une force électromotrice induite (e) d’après la loi de
Lorsque les phénomènes de l’électromagnétisme furent FARADAY. Il en résulte donc la formation d’un courant induit dans
découverts, ils ouvrirent une large voie à un autre phénomène qui vint ces spires qui s’oppose au champ magnétique crée et est par conséquent
alors faire découvrir l’utilité du magnétisme. Ce fut donc en 1832 que de sens opposé au courant fourni par le générateur d’après la loi de
Michael FARADAY et Joseph HENRY en continuant chacun de leur LENZ.
côté leurs travaux, ont confirmé l’hypothèse que, le phénomène
d’induction électromagnétique produit le courants et donc la f.é.m. à
partir du champ magnétique : c’est l’auto-induction. C’est un N
i
phénomène qu’on rencontre particulièrement dans les bobines
électriques et plus particulièrement dans les solénoïdes. Pour le
comprendre, nous aborderons dans la suite la définition de l’auto-
induction, l’existence et le sens de la force électromotrice (f.é.m.) S
d’auto-induction, la valeur de l’inductance d’une bobine encore appelée
+ B e
coefficient d’auto-induction, le courant de Foucault et la roue de L
Barlow. Fi
u gu
I- DEFINITION
re
L’auto-induction est la création simultanée par une bobine d’une :
force électromotrice induite (e) et d’un flux magnétique variable (Φ) qui ai
opposent. S ma
nt
nat
Troisième année Electricité d’équipement COLLECTIONure
LA COLOMBE
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l
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

On démontre et nous admettons que l’inductance d’une bobine


Figure : trois doigts de la main gauche
peut se calculer à l’aide des formules ci-dessous :

∆Φ
b) Expérience pratique  L=
∆i
Φ
 Φ=LI → L=
I
2- Calcul de la force électromotrice induite (e)
µ0 N 2 S
La force électromotrice induite (e) peut être calculer :  Dans vide: L=
l
µ N2 S
 D’après la loi des mailles :  Dans un matériau : L=
l
u+e=0→ u=−e
L est l’inductance en Henry (H)
 D’après la loi de FARADAY-LENZ : Avec Φ est le flux magnétique en Weber (Wb)
I est l’intensité du courant en Ampère (A)
∆Φ ∆i est la variation du courant en Ampère (A)
e=− µ0est la perméabilité dans vide
∆t
µ est la perméabilité dans un matériau magnétique
e est la force électromotrice en Volt (V) S est la section en mètre carré (m2)
Avec ∆ϕ est la variation du flux en Weber (Wb) N est le nombre de spires
∆t est la variation du temps en seconde (s)
u est la tension d’alimentation en Volt (V) Un solénoïde sans noyau de fer de 10 spires et de 20 cm de
Remarque : le courant continu ne produit pas le phénomène d’auto- longueur est soumis à une tension variable de 20 v.
induction car, le flux n’est pas variable dans le temps (∆ϕ=0) : pas de
phénomène d’auto-induction. a) Calculer l’inductance de la bobine sachant que la
surface d’une spire est 2 dm².
III- INDUCTANCE D’UNE BOBINE OU COEFFICIENT
b) Quelle est la valeur de la force électromotrice
D’AUTO-INDUCTION
induite ?
Le terme “inductance“ fut inventé en 1886 par Oliver
HEAVISIDE, le symbole L est utilisé pour l’inductance en honneur de
LENZ et l’unité elle se mesure en Henry (H).

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

IV- COURANT DE FOUCAULT 5- Applications


Léon FOUCAULT s’intéressa à la théorie d’ARAGO Les applications du courant de Foucault sont nombreuses. On
concernant le magnétisme rotative abandonné à cause de la cécité. C’est peut citer entre autre :
ainsi qu’en 1850, il expliqua que des courants électriques circulent à
l'intérieur des conducteurs soumis à des champs magnétiques variables  Chauffage par induction ;
et il les appela les courants induits ou encore les courants de Foucault.  Freinage de camions (véhicules lourds);
1- Définition du courant de Foucault  Moteur à induction ou moteur asynchrone : le stator d'un
moteur asynchrone est constitué de bobines alimentées en alternatif (les
Le courant de Foucault est un courant induit dans les masses courants de Foucault dans le rotor s'opposent à la variation du champ
métalliques soumises à un champ magnétique variable ou dans les magnétique de stator et provoquent sa rotation).
masses métallique en déplacement dans un champ magnétique constant.
2- Expériences
a) Expérience théorique V- EXERCICES D’APPLICATION
b) Expérience pratique
Le disque métallique est le siège de f.é.m. induite. Le circuit
métallique permet la circulation des courants induits d'où l'apparition
des forces de Laplace qui s'oppose au mouvement. On retrouve un autre
exemple d'application de la loi de Lenz.

3- Conséquences des courants de Foucault

Les courants de Foucault sont responsables des pertes par effet


joule ou les pertes par courant de Foucault dues aux échauffements des
circuits magnétique.

4- Combat des courants de Foucault

Pour lutter contre les courants de Foucault, on feuillette les


tôles du circuit magnétique et on les isole entre-elles à l’aide du vernis.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CONCLUSION :
Le phénomène d’auto-induction permet de convertir l’énergie
électrique (transformateur) et l’énergie mécanique (alternateur) en
énergie électrique. Dans le phénomène d'induction, l'inducteur et
l'induit sont deux éléments différents. Dans le phénomène d'auto-
induction, l'inducteur est aussi l'induit.
D’après ce que l’on a pu voir un peu plus tôt, il en résulte la
formation d’un courant induit dans les spires. Celui-ci s’oppose à la
création du champ magnétique et est donc de sens opposé à celui fourni
par le générateur à la bobine.

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CHAPITRE 5 : CONDENSATEUR la charge et la décharge et le groupement ou l’association des


condensateurs.
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
Au terme de ce chapitre, l’élève doit être capable de :
 Définir un condensateur ;
 Schématiser la constitution annoter ;
 Expliquer le principe de fonctionnement d’un condensateur ;
 Calculer la valeur d’un ou des condensateurs associés ; etc.
INTRODUCTION :
Dans l’antiquité, les Grecs, comme les Chinois produisirent les
charges électriques à l’aide des boules d’ambre en frottant l’ambre
jaune, qui attirait d’autres objets et produisait parfois des étincelles. En Figure : bouteilles de Leyde Figure : quatre bouteilles de Leyde
1672, l’Allemand Otto von Guericke construisit un générateur de
charge électrique et en Octobre 1745, un autre Allemand, Ewald von
Kleist, stocka cette charge dans une bouteille en verre remplie à moitié Le liège est un matériau présent dans l'écorce de quelques arbres
d'eau et refermée à l'aide d'un bouchon de liège par l'intermédiaire d'un
clou inséré dans le liège et touchant le fluide. Mais, c’est en Janvier
1746 que le premier condensateur appelé la bouteille de Leyde fût
présenté à la communauté scientifique par trois savants hollandais,
Petrus Van Musschenbroek, Allaman et Cuneus pouvant stocker une
charge électrique importante sous un faible volume en courant continu:
on l’appelle aussi, accumulateur d'énergie. En courant alternatif, il peut Figure : ambres
jouer le rôle de compensateur d’énergie et contrairement à un réactor, le
condensateur est caractérisé par un seul paramètre : la capacitance (C).
Les condensateurs sont très répandus sur les circuits imprimés et sont
très divers vu des technologies variées qui imposent différentes
applications. Dans ce chapitre, nous nous intéresserons sur la définition
et les symboles, la constitution générale, les types, les caractéristiques,

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47
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

I- DEFINITION ET SYMBOLES DU III- TYPES DE CONDENSATEURS


CONDENSATEUR
1- Définition Les condensateurs peuvent se classer d’après la nature du
diélectrique et la grande variété des matériaux diélectriques employés
Le condensateur est un ensemble constitué de deux armatures conduit à de nombreux types de condensateurs de propriétés diverses.
conductrices séparées par un isolant. L’usage de telle ou telle technologie dépend alors de la gamme de
capacités et des performances attendues. Les principales familles
2- Symboles
technologiques les plus répandues sont :

 Les condensateurs à film plastique (ils ne sont pas


Figure : symbole général du condensateur polarisés) ;
 Les condensateurs céramiques (ils ne sont pas polarisés);
+ + +  Les condensateurs électrolytiques (ils sont polarisés);
 Les condensateurs au tantale (ils ne sont pas polarisés);
Figure : condensateur non polarisé Figure : condensateurs polarisés  Les condensateurs variables.

1- Condensateurs à film plastique (ils ne sont polarisés)


II- CONSTITUTION DU CONDENSATEUR
Les condensateurs à film plastique sont les plus utilisés vu les
Un condensateur est constitué de deux plaques conductrices bonnes performances et les pertes sont réduites. Nous avons : les
(appelées armatures), séparées par un milieu isolant (appelé condensateurs polyester, les condensateurs polystyrène, les
diélectrique). Les armatures d’un condensateur portent des charges condensateurs polycarbonate, les condensateurs polypropylène… et
électriques opposées. leurs valeurs varie du micro Farad (μF) au nano Farad (nF).

Conducteurs  Condensateurs polyester MKT ;


Armatures

Diélectriques (isolants)
Figure : condensateurs polyester MKT
Figure : constitution générale du condensateur
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48
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

 Condensateurs polycarbonate MKC ; 2- Condensateurs céramique

Les condensateurs céramiques sont variés et sont surtout


destinés à une utilisation en hautes fréquences. Les pertes peuvent être
importantes en particulier aux fréquences basses et leurs valeurs varient
du nano Farad (nF) au pico Farad (pF).
Figure : condensateurs polycarbonate MKC

 Condensateurs Polypropylène MKP ;

Figure : condensateurs céramiques

3- Condensateurs électrolytiques

Figure : condensateurs Polypropylène MKP Les condensateurs électrolytiques à l’aluminium ont de fortes
valeurs de capacité, on fait appel aux plus simplement appelés
 Condensateurs Polystyrène MKJ. condensateurs chimiques. On trouve ces composants pour des capacités
comprises entre 1 μF et quelques millifarads, voire parfois quelques
dizaines de millifarads. Les condensateurs chimiques ne peuvent être
utilisés qu’aux basses fréquences. Ils sont polarisés : un mauvais sens
de branchement peut amener l’explosion du composant.

Figure : condensateurs Polystyrène MKJ

Figure : condensateurs chimiques

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49
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

4- Condensateurs au tantale et une tenue à toutes les fréquences. Les pattes de sortie sont en argent
pur à 99,99% et les feuilles peuvent être en aluminium, en étain ou en
Pour les condensateurs au tantale, on trouve des capacités cuivre sans oxygène.
élevées de 0,1 μF à quelques centaines de microfarads. Ils sont moins
encombrants et plus fiables que les chimiques à l’aluminium. Ils sont
polarisés et leurs tensions de service sont faibles (quelques volts ou
quelques dizaines de volts). Leur coût est plus élevé que pour les
condensateurs à l’aluminium.

Figure : condensateurs au papier


Figure : condensateurs tantale
2- Condensateurs variables ou ajustables
5- Condensateurs au mica
Les condensateurs au mica utilisés pour les faibles valeurs de En général, on ne dispose pas de condensateurs variables ou
capacité ont une très bonne tenue en température. Ils sont parfois ajustables, sauf dans quelques cas particuliers. On a d’abord les
remplacés par les condensateurs au verre compte tenu de leurs coûts. condensateurs à lame d’air dont les capacités sont très faibles (quelques
picofarads ou quelques dizaines de picofarads). Ils sont utilisés pour
l’accord des circuits oscillants des récepteurs radio. On trouve aussi des
ajustables à la céramique ou au plastique. Dans les condensateurs
ajustables ou variables, l’air constitue le diélectrique entre des lamelles
parallèles.
En général ils sont réglables à l'aide d'un simple tournevis.

Figure : condensateurs au mica

1- Condensateurs au papier
Les condensateurs au papier sont musicalement supérieurs à
tous les condensateurs de type papier ou plastique. Ils ont une précision
Figure : condensateurs ajustables

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50
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

IV- CARACTERISTIQUES D’UN CONDENSATEUR V- CHARGE ET LA DECHARGE D’UN CONDENSATEUR


Un condensateur doit avoir les principales caractéristiques La charge d’un condensateur ou d’une batterie se fait
suivantes : uniquement en courant continu.
 Capacité nominale Cn : c’est la capacité pour laquelle le 1- Montage expérimental
condensateur a été élaboré ; RP 0
1 2
 Tolérance : c’est l’écart maximal admis entre la valeur
nominale Cn figurant au catalogue et la valeur réelle C et on l’exprimée
S
en pourcentage ; I
 Tension nominale en courant continu Un : c’est la valeur
de la tension continue qui peut être appliquée au condensateur en
régime permanent ; + UC C
 Résistance d’isolement et facteur de pertes : tous les E 1 2 L

isolants ne sont pas parfaits et un léger courant de fuite est inévitable.

1- Influences sur les charges mA


2- Quelques permittivités usuelles

Figure : montage expérimental de la charge


et décharge d’un condensateur
2- Interprétation de la charge du condensateur
Lorsqu’on place l’interrupteur S en position 1, le courant
électrique I circule dans le circuit de la maille 1 à travers la résistance
de protection RP pour charger le condensateur C et le milliampèremètre
mA dévie jusqu’à une valeur maximale : on dit que le condensateur est
chargé.
3- Interprétation de la décharge du condensateur
Lorsqu’on place l’interrupteur S en position 2, le courant
électrique stocker dans le condensateur C circule dans le circuit de la
maille 2 pour se décharger à travers la lampe L et le milliampèremètre

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51
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

mA dévie en sens inverse jusqu’à zéro (0) : on dit que le condensateur 3- Charge d’un condensateur
est déchargé. La charge d’un condensateur peut se calculer à l’aide les
relations suivantes :
VI- CALCUL DES GRANDEURS D’UN CONDENSATEUR
Q=CU ou Q=It
1- Capacité d’un condensateur
La capacité d’un condensateur peut se calculer à l’aide la Q est la charge du condensateur en Coulomb (C)
relation suivante : Avec C est la capacité du condensateur en Farad (F)
U est la tension aux bornes du condensateur en Volt (V)
Q
Q=CU→C= I est l’intensité du courant en Ampère (A)
U t est le temps de charge du condensateur en seconde (s)

Q est la charge du condensateur en Coulomb (C) 4- Energie emmagasinée dans un condensateur chargé
Avec C est la capacité du condensateur en Farad (F)
U est la tension aux bornes du condensateur en Volt (V) L’énergie emmagasinée par un condensateur est sous forme
électrique.
2- Capacité d’un condensateur plan
Elle se note W et s’exprime en joules (J) :
La capacité d’un condensateur plan peut se calculer à l’aide la
relation suivante : 1
W= CU2
2
ε0 εr S
C=
e W est l’énergie stockée en joules (J)
Avec C est la capacité du condensateur en Farad (F)
e est l’épaisseur de l’isolant en mètre (m) U est la tension aux bornes du condensateur en Volt (V)
Avec C est la capacité du condensateur en Farad (F)
ε0 est la permittivité du vide, elle vaux 8, 854x10−12
εr est la permittivité relative 5- Sous-multiples du Farad
S est la surface des armatures en mètre carré (m²)
1 dF 1 cF 1 mF 1 μF 1 nF 1 pF
F 10−1 10−2 10−3 10−6 10−9 10−12

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52
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

6- Exercices d’application C1 C2 C3
A I B
Exercice 1 :
Un condensateur, parcouru par un courant électrique S U1 U2 U3 S
d’intensité 200 mA, se charge pendant 45 s sous une tension électrique 1
de 75 V.
Calculez : UT
1- La charge stockée par le condensateur.
2- La capacité du condensateur.
Figure : montage en série des condensateurs
3- L’énergie emmagasinée par le condensateur.
a) Calcul de la charge
QT=CéqUT ou QT=Q1=Q2=Q3 car I est constante.
Exercice 2
Avec Q1=C1U1, Q2=C2U2 et Q 3=C3U3
Un condensateur de 100 μF est chargé sous une tension de 30 V. b) Calcul de la tension électrique
a) Quelle est la quantité d'électricité emmagasinée? D’après la loi des mailles, nous avons :
QT
b) Quelle est l'énergie électrique emmagasinée? UT−U1−U2−U3=0→ UT=U1+U2+U3 ou UT=
Céq

VII- GROUPEMENT DES CONDENSATEUR Q1 Q2 Q3


Avec U1= , U2= et U3=
1- Groupement série C1 C2 C3

Pour associer ou grouper des condensateurs en série, ils doivent c) Calcul de la capacité
être identiques. Pour calculer la capacité équivalente d’un groupe de
On considère le circuit ci-dessous constitué de trois condensateur monté en série, on procède comme suit : l’inverse de la
condensateurs montés en série et traversés par le même courant capacité équivalente d’un groupe de condensateur monté en série est
électrique d’intensité I. égal à la somme des inverses de chaque capacité du circuit.
1 1 1 1 1 C2 +C1 1
= + + ↔ = +
Céq C1 C2 C3 Céq C1 ×C2 C3

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

1 (C2 +C1 )C3 +C1 ×C2 On considère le circuit ci-dessous constitué de trois
↔ =
Céq C1 ×C2 ×C3 condensateurs montés en parallèle et soumis à la même tension
électrique UT.
1 C2 ×C3 +C1 ×C3 +C1 ×C2 C1
↔ = I1
Céq C1 ×C2 ×C3

1 C1 ×C2 +C2 ×C3 +C3 ×C1 U1


↔ =
Céq C1 ×C2 ×C3
C2
IT A I2
C1 ×C2 ×C3 B
→ Céq=
C1 ×C2 +C2 ×C3 +C3 ×C1
S U2 S
QT Q1 Q2 Q3
Céq= avec C1= , C2 = et C3= C3
UT U1 U2 U3 I3
Céq
A I B U3
S S
UT UT

d) Exemple :
Figure : montage équivalent Figure : montage en parallèle des condensateurs
Un circuit est composé de 2 condensateurs identiques a) Calcul de la charge
montés en série ayant chacun une capacité de 29 μF, est alimenté par QT=CéqUT ou QT=Q1+Q2+Q3 ou QT=ITt
une tension de 220V. Calculez :
1- La capacité équivalente Céq du circuit. Avec Q1=C1UT, Q2=C2UT et Q 3=C3UT
2- La charge stockée par chaque condensateur.
3- La charge totale du circuit QT. Q1=I1t, Q2=I2t et Q 3=I3t
4- L’énergie emmagasinée par le circuit.
b) Calcul de la tension électrique
QT
2- Groupement parallèle UT=U1=U2=U3 ou UT=
Céq
Pour associer ou grouper des condensateurs en parallèle, ils
doivent être identiques.

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54
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

c) Calcul de l’intensité du courant 4) L’énergie emmagasinée par le circuit.


Remarques :
D’après la loi des nœuds, nous avons :
 L’association des condensateurs en série permet
QT
IT−I1−I2−I3=0→ IT=I1+I2+I3 ou IT= d’augmenter la tension ;
t  L’association des condensateurs en parallèle
Q1 Q2 Q3 permet d’augmenter la capacité.
Avec I1= , I2= et I3=
t t t
3- Groupement mixte
d) Calcul de la capacité
On dit qu’un montage est mixte, lorsqu’il comporte les
Pour calculer la capacité équivalente d’un groupe de condensateurs montés en série et en parallèle.
condensateur monté en parallèle, on procède comme suit : la capacité C3
équivalente d’un groupe de condensateur monté en parallèle est égal à I2
la somme de toutes les capacités du circuit. C1 C2
A I1 B U3 C
Céq=C1+C2+C3
S S C4
U1 U2 I3 S
QT Q1 Q2 Q3
Céq= avec C1= , C2 = et C3=
UT UT UT UT
U4
Céq
A I B UT

S S Figure : montage mixte des condensateurs


UT
Pour calculer la capacité équivalente d’un montage mixte, il faut
Figure : montage équivalent procéder par partiellement c'est-à-dire calculer les capacités
e) Exemple : équivalentes partielles.
Un circuit est composé de 2 condensateurs identiques
Pour le montage précédent, nous allons le diviser en deux
montés en parallèle ayant chacun une capacité de 29 μF, est alimenté
par une tension de 220V. Calculez : groupes :
1) La capacité équivalente Céq du circuit.
2) La charge stockée par chaque condensateur.
3) La charge totale du circuit QT.

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 Le premier groupe est en série :


C1 C2 Céq’’
A I1 B B I’’ C

S U1 U2 S S S
U’’

1 1 1 1 C2 +C1 Figure : montage équivalent partiel du


= + ↔ = deuxième montage
Céq′ C1 C2 Céq′ C1 ×C2

C1 ×C2
→ Céq′ =  Conclusion :
C2 +C1
Céq′ Céq′′
A I1 B C
Céq’
A I1 B
S S S
S S UT
U’
1 1 1 1 Céq′′ +Céq′
Figure : montage équivalent partiel du = + ↔ =
premier montage CéqT Céq′ Céq′′ CéqT Céq′ ×Céq′′

Céq′ ×Céq′′
 Le deuxième groupe est en parallèle : → CéqT = 2
C3 Céq′ +Céq′′
: I2
CéqT
B U3 A I1 C
C
S C4 S S
I3 S
UT

U4 Figure : montage équivalent total

Céq′′ =C3+C4

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56
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

Exercice 3

4- Exercices d’application
Calculez la charge et la tension aux bornes de chacun des
Exercice 1 condensateurs des circuits suivants :
Calculez la capacité totale de:

a) 3 condensateurs en série : 10 μF, 10μF et 22 μF;

b) 4 condensateurs en parallèle : 10 pF, 10 pF, 33 pF et 33 pF;

c) 2 condensateurs en parallèle (100 pF et 220 pF) placés en


série avec un 3ème de 220 pF.

Exercice 4
Exercice 2

Un condensateur de 47 μF et un autre de 33 μF supportent la Un condensateur de 47 μF chargé sous une tension de 25 V et un


même tension maximale soit 25 V. On les branche en série puis en autre de 33 μF chargé sous une tension de 10 V.
parallèle. Calculer dans chaque cas:
1. Calculer la charge et l’énergie emmagasinée par chaque
a) La capacité équivalente. condensateur
b) La tension maximale que peut supporter le groupement.
c) L'énergie emmagasinée par le groupement lorsqu'il est chargé 2. On les branche en parallèle (la borne + de l’un avec la borne +
sous la tension maximale. de l’autre), calculer la nouvelle tension des condensateurs et l'énergie
emmagasinée par le groupement.

3. On les branche en parallèle (la borne + de l’un avec la borne -


de l’autre), calculer la nouvelle tension des condensateurs et l'énergie
emmagasinée par le groupement.

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57
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

Exercice 5
2) Quelle est la tension vers laquelle le condensateur tend à se
1) Un courant de 5 mA circule dans un condensateur de 25 μF charger ?
durant 10 ms. Que vaut alors la tension à ses bornes si initialement UC =
2 volts ? 3) Que vaut la tension aux bornes du condensateur après 3 s, si
initialement UC = 0 et que l'interrupteur est en position 1 ?
2) Un courant de 20 mA circule durant 2 ms dans un
condensateur créant une différence de potentiel de 40 volts. Quelle est 4) Combien de temps prendra-t-on avant que le voltage aux
la capacité de ce condensateur ? bornes du condensateur atteigne 15 volts lorsque l'interrupteur est en
position 1 et que initialement UC = 0 ?
VIII- EXERCICES D’APPLICATION
5) Que vaut la constante de temps lorsque l'interrupteur est en
Exercice 1: position 2 ?

6) Que vaut la tension aux bornes du condensateur après 2,1 s, si


Utiliser les courbes universelles de charge et de décharge d'un la tension aux bornes du condensateur était de 20V lorsque
condensateur pour répondre aux questions Suivantes : l'interrupteur fut mis en position 2 ?

1) Que vaut la constante de temps de ce réseau lorsque Courbes universelles de charge et de décharge d'un condensateur.
l'interrupteur est en position 1 ?

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

VI- EMPLOI DES CONDENSATEURS

1- Emploi en courant continu


En courant continu, les condensateurs ont de multiples usages et
ils peuvent jouer le rôle suivant :
 Accumulateur d’énergie : exemple le plus frappant de
l’accumulation d’énergie est le flash d’un appareil photo (les piles
chargent un condensateur pendant un certain temps, puis le
condensateur se décharge brusquement dans le tube du flash et la
quantité d’énergie fournie pendant cette brève durée permet l’obtention
de l’éclair);
 Temporisateur ;
 filtrage dans les alimentations continues à partir du
secteur; etc.
En général, on dit qu’en courant continu, un condensateur se
comporte comme un interrupteur ouvert.

2- Emploi en courant alternatif


Les condensateurs sont utilisés en courant alternatif pour
produire les déphasages avant en courant : on parle alors de
compensation.
En général, on dit qu’en courant alternatif, le condensateur se
comporte comme un interrupteur fermé (court-circuit).

CONCLUSION :
Les études faites dans ce chapitre nous permettent de connaitre
l’utilité des condensateurs en régime permanent continu (u=cte) et en
régime permanent sinusoïdal (t↦u). Ce chapitre nous a aussi donc
permis de connaitre comment la capacité d’un condensateur peut être
déterminée sans pour autant avoir un appareil à mesure directe : le
capacitancemètre. Dans la suite du programme, nous étudierons le
condensateur. Dans la suite du cours, nous étudierons les circuits
déphaseurs.

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59
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CHAPITRE 6 : COURANT ALTERNATIF I- NOTIONS DE BASE DU COURANT ALTERNATIF


1- Définition
OBJECTIFS SPECIFIQUES
Le courant alternatif est un courant électrique qui change de sens
A la fin de ce chapitre, l’élève doit être capable de : périodiquement.
 Définir le courant alternatif, la fréquence, la période, etc ;
 Nommer les grandeurs caractéristiques du courant alternatif ;
 Appliquer le théorème de l’addition des grandeurs en alternatif ;
 Symboliser le courant alternatif ;
 Calculer les grandeurs caractéristiques du courant alternatif ; 2- Symbole
 Construire le diagramme de Fresnel ; etc. a) Symbole graphique

~
INTRODUCTION : b) Symbole littéraire

L'histoire de l'électricité remonte à la nuit des temps comme  En français :


nous l’avons vu dans les chapitres qui précédent et son application
pratique s'est appuyée au début, sur les méthodes expérimentales. Avec CA : courant alternatif.
la découverte des phénomènes d’induction électromagnétique en 1831
par Michael FARADAY et la réalisation de la première machine à  En Anglais :
induction en 1832 par Hippolyte PIXII, ce fût alors la naissance du AC : alternatif current.
courant alternatif qui ne fût exploité plus tard que grâce à l’invention en
1888 d’une génératrice à courant alternatif par Nikola Tesla. Le
courant alternatif qui était au début un élément de curiosité, devint
aussitôt mondial, voire omniprésent. L’électricité permit par exemple la
révolution industrielle dès le milieu du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle,
dans la société occidentale, la demande notable en énergie électrique a
débuté par l'éclairage des rues des villes. Pour mieux comprendre ce
qu’est ce courant électrique alternatif, nous verrons d’abord sa
définition, ses grandeurs caractéristiques et les notions de déphasage.

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60
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

3- Représentation d’une grandeur alternative II- EFFETS DU COURANT ALTERNATIF


La figure ci-dessous représente le signal d’une tension sinusoïdale Les effets du courant alternatif sont nombreux. Nous les
classons comme suit :
u= Ûsin (ωt+φ) a la forme d’une sinusoïde:
 Les effets magnétiques

N
i

S L

 Les effets thermiques


i

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 Les effets chimiques III- QUELQUES GRANDEURS FONDAMENTALES


1- Fréquence d’une grandeur alternative
S a) Définition
La fréquence d’une grandeur alternative est le nombre de fois
S
que cette grandeur se répète identiquement à elle-même par seconde.
i u
b) Calcul de la fréquence du courant alternatif
La fréquence f d’une grandeur alternative d’un réseau est liée à
sa période. Pour la calculer, on exploite la formule suivante :
1 ω
f= ou f =
T 2π

Liquide conducteur Avec f est la fréquence en hertz (Hz)


ω est la pulsation en radian par seconde (rd/s)

 Les effets inductifs 2- Période d’une grandeur alternative


Noyau de fer a) Définition
i
La période d’une grandeur alternative est la durée constante qui
sépare deux instants consécutifs où cette grandeur se répète
identiquement à elle-même.
S
b) Calcul de la période du courant alternatif
S
Bobine La période T d’une grandeur alternative d’un réseau est liée à sa
fréquence. Pour la calculer, on exploite la formule suivante :
u
1 2π
T = ou T =
f ω
T est la période en seconde (s)
Anneau métallique Avec f est la fréquence en hertz (Hz)
ω est la pulsation en radian par seconde (rd/s)

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

3- Pulsation
a) Définition 7- Valeurs maximales
La pulsation est une grandeur proportionnelle à la fréquence La valeur maximale est la plus grande valeur qu’une grandeur
d’une grandeur alternative. peut atteindre.
c) Calcul de la pulsation On l’écrit toujours en majuscule. Par exemple :
La pulsation ω d’une grandeur alternative d’un réseau est liée à  La tension Û ou Umax ;
sa fréquence. Pour la calculer, on exploite la formule suivante :  Le courant électrique Î ou Imax ;
2π  La puissance Pmax ; etc.
ω=2πf ou ω=
f
8- Valeurs efficaces
4- Amplitude d’une grandeur alternative
La valeur efficace d’une grandeur variable est la même valeur
L’amplitude d’une grandeur alternative est la distance entre des qu’une grandeur continue devrait avoir pour produire le même effet
valeurs extrêmes. thermique.
On l’appelle aussi valeur maximale. On l’écrit toujours en majuscule. Par exemple :
5- Alternance ̅ ou U;
 La tension Ueff ou U
 Le courant électrique Ieff ou I̅ ou I;
L’alternance d’une grandeur alternative est une demi-période.
̅ ou P; etc.
 La puissance Peff ou P
6- Valeurs instantanées
9- Valeurs moyennes
La valeur instantanée est une valeur qui varie dans le temps.
La valeur moyenne est la moyenne des valeurs d’une grandeur
C’est aussi une valeur qui caractérise une grandeur à un instant t prise dans un intervalle de temps.
donné.
On l’écrit toujours en majuscule. Par exemple :
On l’écrit toujours en minuscule. Par exemple :
 La tension Umoy ;
 La tension u(t) ;  Le courant électrique Imoy ;
 Le courant électrique i(t) ;  La puissance Pmoy ; etc.
 La puissance p(t) ; etc.

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63
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

NB : la valeur moyenne d’une grandeur sinusoïdale est toujours nulle. 2- Construction du diagramme de Fresnel

10- Exercices d’application Pour construire le diagramme de Fresnel, on doit tenir compte
de l’angle de déphasage φ.

IV- CONVENTIONS DE NOTATIONS Nous avons trois représentations possibles :

 φ=0 ;
 φ=π ;
Force π
Grandeurs
Valeurs
Courant Tension Puissance  φ= .
électromotrice 2
a) La tension et le courant sont en phase : φ=0
valeurs
I u e p
instantanées
0 I U
valeurs
maximales Î ou Imax Û ou Umax Ê ou Emax Pmax
b) La tension et le courant sont en opposition de phase :
φ= π
valeurs
Ieff ou I̅ ou I ̅ ou Eeff ou E
Ueff ou U ̅ ou E ̅ ou
Peff ou P
efficaces
U P
valeurs I 0 U
moyennes Imoy Umoy Emoy Pmoy
c) La tension et le courant sont quadrature de phase :
Deux cas se présentent :
V- NOTION DE DEPHASAGE π
1- Définition  Courant est en quadrature arrière de la tension : φ=
2
Le déphasage est la différence de phase entre la tension et le U
courant ayant la même fréquence f.
En effet, c’est l’angle entre la tension et le courant. Il peut
s’exprimer en radian (rd) ou en degré (°). π
2

0 I
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64
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

 Courant est en quadrature avant de la tension : 2- Addition des courants efficaces


π
φ=− 2 En alternatif, les courants ne s’additionnent jamais.
I

0 π i1 Z1
−2

I2 Z2

U iT
u
VI- ADDITION DES GRANDEURS EFFICACES EN
ALTERNATIF IT2 =I12 +I22 →IT =√I12 + I22
On considère deux récepteurs alimentés par un réseau alternatif. 3- Addition des puissances efficaces
a) Théorème de Boucherot
1- Addition des tensions efficaces
« La puissance active d’un système est la somme des puissances
En alternatif, les tensions ne s’additionnent jamais. actives des éléments le comportant, de même pour les puissances
réactives. Cependant, c’est faux en ce qui concerne la puissance
apparente ».
i Z1 Z2
b) Addition des puissances actives
u1 u2
En alternatif ou en continu, les puissances actives
+ s’additionnent.
uT PT=P1+ P2
c) Puissance réactive
UT2 =U12 +U22 →UT =√U12 + U22
En alternatif ou en continu, les puissances réactives
s’additionnent.
QT=Q1+ Q2

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65
COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

d) Addition des puissances apparente


En alternatif, les puissances apparentes ne s’additionnent jamais.

ST2 =PT2 +Q2T →ST =√PT2 + Q2T


NB :

 Les formules vues précédemment s’appliquent quelque


soit le type de récepteur.
 On n’additionne jamais les puissances apparentes.

VII- EXERCICES D’APPLICATION


CONCLUSION :
Aujourd’hui, le courant alternatif est au centre du monde. Il est
devenu incontournable pour l’Homme et pour tout système nécessitant
l’utilisation de l’énergie électrique. La suite nous permettra d’étudier et
de connaître les influences du courant alternatif sur les récepteurs dits
récepteurs élémentaires.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CHAPITRE 7 : RECEPTEURS ELEMENTAIRES SOUS TENSION Cette grandeur est dite sinusoïdale si et seulement si son signal a
SINUSOIDALE la forme d’une sinusoïde et la valeur moyenne Umoy= U++ U-=0 V.
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
Umoy=0 V
A la fin de ce chapitre, l’élève doit être capable de :
 Définir la grandeur sinusoïdale, le dipôle, la résonance, etc ; II- NOTION D’IMPEDANCE ET DE REACTANCE D’UN
 Rappeler des formules des dipôles traversés par le courant DIPOLE
alternatif ; 1- Notion de dipôle
 Calculer l’impédance et la réactance d’un dipôle ou d’un groupe a) Définition d’un dipôle
de dipôle; Un dipôle est toute portion de circuit comprise entre deux
 Résoudre un problème en alternatif ayant plusieurs récepteurs bornes (points).
montés en série ou en parallèle ;
 Construire le diagramme de Fresnel ; Exemple :
 Expliquer le phénomène de résonance d’un réseau ; etc. A I Z B

S S
INTRODUCTION : U

Un réseau électrique peut être constitué d’un ou de plusieurs


récepteurs et le courant alternatif peut qu’en a lui présenter un
En régime sinusoïdal, le courant qui traverse un dipôle est
phénomène périodique, alternatif ou sinusoïdal. Cependant, nous nous
proportionnel à la tension.
intéresserons dans ce chapitre à l’étude des phénomènes sinusoïdaux
car, il est utilisé par l’industrie électrique pour la commercialisation L’impédance est le coefficient de proportionnalité d’un dipôle.
l’énergie électrique. Nos études porteront sur la définition d’une
grandeur sinusoïdale, l’étude des dipôles, l’association des dipôles b) Loi d’Ohm
élémentaires et le phénomène de résonance.
En alternatif, la loi d’Ohm s’écrit :
I- DEFINITION D’UNE GRANDEUR SINUSOIDALE
U U
U=ZI→Z= → I=
Une grandeur sinusoïdale est une grandeur alternatif dont la I Z
valeur moyenne est nulle. I est l’intensité du courant en Ampère (A)
Avec Z est l’impédance en Ohm (Ω)
Exemple : soit la grandeur u= 220sin ωt
U est la tension d’alimentation en Volt (V)

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2- Types de dipôles PR=RIR2


On distingue les dipôles passifs, les dipôles linéaires et les PR est la puissance active en Watt (W).
dipôles linéaires et passifs. Mais, dans ce cours, nous porterons notre
attention uniquement sur les dipôles linéaires et passifs : c) Puissance réactive

 Le résistor appelé « résistance » (R) ; Une résistance ne consomme pas de l’énergie réactive :
 Le réactor ou la bobine sans noyau de fer appelée
QR=0 VAR
« inductance » (L) ;
 Le condensateur (C). QR est la puissance réactive en voltampère-résistance
(VAR).
Dans la suite, nous considérerons que ces dipôles sont parfaits
ou purs et étudiés en convention moteur. d) Puissance apparente
3- Etude du dipôle purement résistif (résistor)
SR=URIR ou SR2 =PR2 +Q2R →SR=√PR2 + Q2R or QR=0

A IR R B D’où SR=PR

S S SR est la puissance apparente en voltampère (VA).


UR
e) Déphasage
a) Loi d’Ohm
Aux bornes d’une résistance, la tension et le courant sont
UR=RIR ou UR=ZRIR car en alternatif, ZR=R. en phase :

IR est l’intensité du courant en Ampère (A) φ=0


Avec ZR est l’impédance en Ohm (Ω)
UR est la tension d’alimentation en Volt (V) f) Facteur de puissance
R est la résistance en Ohm (Ω)
Le facteur de puissance est un paramètre qui rend compte de
l'efficacité qu’un dipôle a pour consommer une puissance lorsqu'il est
b) Puissance active
traversé par un courant.
La puissance active d’une résistance est la puissance nécessaire Pour un dipôle purement résistif, cosφ =1
pour produire les effets thermiques.
NB : le facteur de puissance n’a pas d’unité et il est toujours compris
On l’appelle aussi puissance dissipée ou perdue : entre 0 et 1 (0≤cosφ≤1).

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g) Construction du diagramme de Fresnel d) Puissance réactive


La puissance réactive d’une inductance est la puissance
0 UR
IR inductif (réactor nécessaire pour créer des effets magnétiques :
4- Etude du dipôle purement ou la bobine
sans noyau de fer) QL=XLIL2 ou QL=LωIL2

A IL L B e) Puissance apparente

S S La puissance apparente est la puissance disponible pour


UL alimenter un récepteur.

a) Loi d’Ohm SL=ULIL ou SL2 =PL2 +Q2L →SL=√PL2 + Q2L or PL=0

UL=ZLIL ou UL=XLIL avec XL=Lω car en alternatif, D’où SL=QL


ZL=Lω. SL est la puissance apparente en voltampère (VA).
D’où : UL= LωIL f) Déphasage
IL est l’intensité du courant en Ampère (A) Aux bornes d’une inductance, la tension est en avance
Avec ZL est l’impédance en Ohm (Ω) sur le courant ou le courant est en quadrature arrière de la tension:
UL est la tension d’alimentation en Volt (V)
L est l’inductance en Henry (H) φ=+ 2
π

b) Réactance g) Facteur de puissance


XL= Lω cosφ =0
XL est la réactance en Ohm (Ω) h) Construction du diagramme de Fresnel
UL
c) Puissance active
Une inductance ne consomme pas de l’énergie active :
PL=0 W π
+2

0 IL
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5- Etude du dipôle purement capacitif (condensateur) d) Puissance réactive

C La puissance réactive d’un condensateur est la puissance


A IC B nécessaire pour diminuer le retard de phase dû au réactor:

S 1
S QC=-XCIC2 ou QC=- .I 2
UC Cω C

e) Puissance apparente
a) Loi d’Ohm SC=UCIC ou SC2 =PC2 +Q2C →SC=√PC2 + Q2C or PC=0
1
UC=ZCIC ou UC=XCIC avec XC= car en alternatif, D’où SC=QC

1
ZC=XC= . SC est la puissance apparente en voltampère (VA).

1 IC f) Déphasage
D’où : UC= .IC ou UC=
Cω Cω
Aux bornes d’une inductance, la tension est en retard sur
IC est l’intensité du courant en Ampère (A) le courant ou le courant est en quadrature avant de la tension:
Avec ZC est l’impédance en Ohm (Ω) π
UC est la tension d’alimentation en Volt (V) φ=− 2
C est la capacité en Farad (F)
g) Facteur de puissance
b) Réactance
cosφ =0
1
XC= h) Construction du diagramme de Fresnel

IC
XC est la réactance en Ohm (Ω)
0 π
−2
c) Puissance active
Un condensateur ne consomme pas de l’énergie active :
PC=0 W UC

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6- Exercices d’application III- ASSOCIATION DES RECEPTEURS ELEMENTAIRES


Exercice 1 :
Comme en courant continu, les récepteurs peuvent être montés
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 10 Ω, soit en série ou en parallèle.
d’une inductance de 0, 5 H et d’un condensateur de 12 µF.
1- Association série
Ce circuit est alimenté par un réseau 120 V-50 Hz. En supposant
que le circuit est en série, calculer : En association série, le courant électrique est pris comme origine
des phases pour construire les diagrammes de Fresnel car à chaque
a) La réactance de chaque élément. point du circuit, il est constant.
b) L’intensité traversée par le circuit.
c) La puissance active, réactive et apparente de chaque a) Association RL série
élément.
L’association RL série est constituée d’une résistance R et d’une
d) En déduire le déphasage de chaque élément.
inductance L traversées par le même courant électrique.
e) Tracer le diagramme de Fresnel de chaque élément.
A IT R L B
Exercice 2 :
S S
Un circuit électrique est constitué d’une résistance de 200 Ω, UR UL
d’une inductance de 0, 05 H et d’un condensateur de 36 µF.
UT
Ce circuit est alimenté par un réseau alternatif u= 220sin 314t
(V). En supposant que le circuit est en série, calculer :
a1) Tensions aux bornes du circuit RL série
a) La tension efficace.
b) La fréquence du réseau. UT2 =UR2 +UL2 →UT =√UR2 + UL2
c) La réactance de chaque élément.
Avec UR=RIT
d) L’intensité traversée par le circuit.
e) La puissance active, réactive et apparente de chaque UL=LωIT
élément.
f) En déduire le déphasage de chaque élément. D’où UT =√(RIT )2 + (LωIT )2
g) Tracer le diagramme de Fresnel de chaque élément.
↔UT =√[R2 + (Lω)2 ]IT2

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↔UT =√ZT2 xIT2 ST=PTcosφ

UT=ZTIT a6) Déphasage du circuit RL série



a2) Impédance du circuit RL série tgφ=
R

ZT2 =R2+X L2 = R2+(Lω)2→ZT =√R2 + (Lω)2 L’angle de déphasage sera déterminé en utilisant une
calculatrice scientifique en procédant comme suit :
UT
UT=ZTIT→ZT=
IT tgφ→2ndF tgφ→φ
a3) Puissance active du circuit RL série a7) Facteur de puissance du circuit RL série
La puissance active d’un circuit RL série est la puissance ST
ST=PT.cosφ→ cosφ=
dissipée ou perdue par la résistance R car, une inductance ne consomme PT
pas de l’énergie active :
R
cosφ=
PT= PR+ PL or PL=0 W ZT

D’où PT =PR=RIT2 a8) Diagrammes de Fresnel du circuit RL série

a4) Puissance réactive du circuit RL série


Une résistance ne consomme pas de l’énergie réactive : UT ZT
QT= QR+ QL or QR=0 VAR UL XL

D’où QT=QL=XLIT2 ou QT=QL=LωIT2 φ φ

QT=PT.tgφ 0 UR 0 R
IT IT
QT=ST.sinφ Diagramme des tensions Diagramme des impédances

a5) Puissance apparente du circuit RL série

ST=UTIT ou ST2 =PT2 +Q2T → ST=√PT2 + Q2T

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b) Association RC série UT
UT=ZTIT→ZT=
IT
L’association RC série est constituée d’une résistance R et d’un
condensateur C traversées par le même courant électrique. b3) Puissance active du circuit RC série
C
A IT R B La puissance active d’un circuit RC série est la puissance
dissipée ou perdue par la résistance R car, un condensateur ne
S S consomme pas de l’énergie active :
UR UC
PT= PR+ PC or PC=0 W
UT D’où PT =PR=RIT2
b1) Tensions aux bornes du circuit RC série a4) Puissance réactive du circuit RC série

UT2 =UR2 +UC2 →UT =√UR2 + UC2 Une résistance ne consomme pas de l’énergie réactive :

Avec UR=RIT QT=QR+ QC or QR=0 VAR


1 1
UC= IT D’où QT=QC=-XCIT2 ou QT=QC=- .I2
Cω Cω T

2 QT=PT.tgφ
1
D’où UT =√(RIT )2 + ( IT )
Cω QT=ST.sinφ

1 2 b5) Puissance apparente du circuit RC série


↔UT =√[R2 + (Cω) ]IT2
ST=UTIT ou ST2 =PT2 +Q2T → ST=√PT2 + Q2T
↔UT =√ZT2 xIT2
ST=PTcosφ
UT=ZTIT
b6) Déphasage du circuit RC série
b2) Impédance du circuit RC série 1
1
1 2 1 2 tgφ= Cω
↔ tgφ=
R RCω
ZT2 =R2+X L2 = R2+( ) →ZT =√R2 +( )
Cω Cω

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L’angle de déphasage sera déterminé en utilisant une c) Association RLC série


calculatrice scientifique en procédant comme suit :
L’association RLC série est constituée d’une résistance R, d’une
tgφ→2ndF tgφ→φ inductance L et d’un condensateur C traversés par le même courant
électrique.
b7) Facteur de puissance du circuit RC série C
A IT R L B
ST
ST=PT.cosφ→ cosφ= S S
PT
UR UL UC
R
cosφ=
ZT UT
b8) Diagrammes de Fresnel du circuit RL série
c1) Tensions aux bornes du circuit RLC série
0 UR IT 0 R IT
φ φ UT2 =UR2 + (UL−UC) 2 →UT =√UR2 + (UL − UC )2
Avec UR=RIT
UC XC
UT ZT UL=LωIT
1
UC= IT

Diagramme des tensions Diagramme des impédances

1 2
D’où UT =√(RIT )2 + (LωIT − IT )

1 2
↔UT =√[R2 + (Lω − Cω) ]IT2

↔UT =√ZT2 xIT2


UT=ZTIT

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c2) Impédance du circuit RLC série c5) Puissance apparente du circuit RLC série

1 2 ST=UTIT ou ST2 =PT2 +Q2T → ST=√PT2 + Q2T


ZT2 =R2+X L2 =√R2 + (Lω − )

ST=PTcosφ
1 2
↔ZT =√R2 + (Lω − Cω) c6) Déphasage du circuit RLC série
1
UT Lω− LCω2 −1
UT=ZTIT→ZT= tgφ= Cω
↔ tgφ=
IT R RCω

c3) Puissance active du circuit RLC série L’angle de déphasage sera déterminé en utilisant une
calculatrice scientifique en procédant comme suit :
La puissance active d’un circuit RLC série est la puissance
dissipée ou perdue par la résistance R car, une inductance et un tgφ→2ndF tgφ→φ
condensateur ne consomment pas de l’énergie active :
c7) Facteur de puissance du circuit RLC série
PT= PR+ PL+ PC or PL=0 W et PC=0 W ST
ST=PT.cosφ→ cosφ=
D’où PT =PR=RIT2 PT

R
c4) Puissance réactive du circuit RLC série cosφ=
ZT
Une résistance ne consomme pas de l’énergie réactive :
c8) Diagrammes de Fresnel du circuit RL série
QT= QR+ QL+ QC or QR=0 VAR
UC XC
D’où QT= QL+ QC ↔ QT=XLIT2 −XCIT2 ou
1 1
QT= LωIT2 − Cω.IT2 ↔ QT=(Lω − ) I2
Cω T UT ZT
LCω2 −1 UL XL
↔ QT=( ) IT2

φ φ
QT=PT.tgφ
0 UR 0 R
IT IT
QT=ST.sinφ Diagramme des tensions Diagramme des impédances

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d) Exercices d’application 5) La puissance active, réactive et apparente du circuit.


6) En déduire le déphasage du circuit.
Exercice 1 : 7) Tracer le diagramme de Fresnel du circuit.
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et Solution 2 :
d’une inductance de 0, 16 H. Elles sont branchées en série et parcourues
un courant électrique de 3 A-50 Hz.
Travail à faire :
Calculer : Exercice 3 :
1) La réactance de chaque élément. Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω,
2) L’impédance du circuit. d’une inductance de 0, 16 H et d’un condensateur de 100 µF. Ils sont
3) La tension aux bornes de chaque élément. branchés en série et parcourus un courant électrique de 3 A-50 Hz.
4) La tension aux bornes du circuit.
5) La puissance active, réactive et apparente du circuit. Travail à faire :
6) En déduire le déphasage du circuit.
Calculer :
7) Tracer le diagramme de Fresnel du circuit.
1) La réactance de chaque élément.
2) L’impédance du circuit.
Solution 1 : 3) La tension aux bornes de chaque élément.
Exercice 2 : 4) La tension aux bornes du circuit.
5) La puissance active, réactive et apparente du circuit.
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et 6) En déduire le déphasage du circuit.
d’un condensateur de 100 µF. Ils sont branchés en série et parcourus un 7) Tracer le diagramme de Fresnel du circuit.
courant électrique de 3 A-50 Hz.
Solution 3 :
Travail à faire :
Calculer :
1) La réactance de chaque élément.
2) L’impédance du circuit.
3) La tension aux bornes de chaque élément.
4) La tension aux bornes du circuit.

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2- Association parallèle U 2 U 2
D’où IT =√( T ) + ( T )
En association parallèle, la tension électrique est prise comme R Lω

origine des phases pour construire les diagrammes de Fresnel car à


1 2 1 2
chaque point du circuit, elle est constante. ↔IT =√[( ) + ( ) ]UT2
R Lω
a) Association RL série
U 2
L’association RL série est constituée d’une résistance R et d’une ↔IT =√( T )
ZT
inductance L sont soumises à la même tension électrique.
UT
IR R ↔IT=
ZT

IT A a3) Impédance du circuit RL parallèle


UR B
L 1 2 1 2 1 2 1 2 1 2
S IL S ( ) =( ) +( ) =( ) +( )
ZT R XL R Lω

UL 1 1 2 1 2
↔ =√( ) + ( )
ZT R Lω
UT
1
→ ZT = 2 2
a1) Tensions aux bornes du circuit RL parallèle √( 1 ) +( 1 )
R Lω
UT=UR=UL
UT
UT=ZTIT→ZT=
a2) Intensités du courant du circuit RL parallèle IT

a4) Puissance active du circuit RL parallèle


IT2 =IR2 +IL2 →IT =√IR2 + IL2
UT
La puissance active d’un circuit RL parallèle est la puissance
Avec UT=UR=RIR→IR= dissipée ou perdue par la résistance R car, une inductance ne consomme
R
pas de l’énergie active :
UT
UT=UL=LωIL→IL= PT= PR+ PL or PL=0 W

D’où PT =PR=RIR2

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a5) Puissance réactive du circuit RL parallèle a9) Diagrammes de Fresnel du circuit RL parallèle
Une résistance ne consomme pas de l’énergie réactive : 0 IR UT 0 R UT
QT= QR+ QL or QR=0 VAR φ φ
D’où QT=QL=XLIL2 ou QT=QL=LωIL2 IC XL
IT ZT
QT=PT.tgφ
QT=ST.sinφ
a6) Puissance apparente du circuit RL parallèle Diagramme des courants Diagramme des impédances

ST=UTIT ou ST2 =PT2 +Q2T → ST=√PT2 + Q2T

ST=PTcosφ b) Association RC parallèle

a7) Déphasage du circuit RL parallèle L’association RC parallèle est constituée d’une résistance R et
d’un condensateur C sont soumis à la même tension électrique.
R IL IR R
tgφ= ou tgφ=
Lω IR

L’angle de déphasage sera déterminé en utilisant une IT A UR B


calculatrice scientifique en procédant comme suit :
S IC C S
tgφ→2ndF tgφ→φ
a8) Facteur de puissance du circuit RL parallèle UC
ST
ST=PT.cosφ→ cosφ= UT
PT

R b1) Tensions aux bornes du circuit RC parallèle


cosφ=
ZT UT=UR=UC

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b2) Intensités du courant du circuit RC parallèle b4) Puissance active du circuit RC parallèle

IT2 =IR2 +IC2 →IT =√IR2 + IC2 La puissance active d’un circuit RC parallèle est la puissance
dissipée ou perdue par la résistance R car, un condensateur ne
UT consomme pas de l’énergie active :
Avec UT=UR=RIR→IR=
R
PT= PR+ PC or PC=0 W
1
UT=UC= IC→IC=UTCω
Cω D’où PT =PR=RIR2

U 2 b5) Puissance réactive du circuit RC parallèle


D’où IT =√( T ) + (UT Cω)2
R
Une résistance ne consomme pas de l’énergie réactive :
1 2
↔IT =√[( ) + (Cω)2 ]UT2 QT= QR+ QC or QR=0 VAR
R
1
2 D’où QT=QC=−XCIC2 ou QT=QC=− Cω.IC2
U
↔IT =√( T )
ZT QT=PT.tgφ
UT
↔IT= QT=ST.sinφ
ZT
b6) Puissance apparente du circuit RL parallèle
b3) Impédance du circuit RL parallèle

1 2 1 2 1 2 ST=UTIT ou ST2 =PT2 +Q2T → ST=√PT2 + Q2T


( ) =( ) +(Cω)2 =( ) +(Cω)2
ZT R R
ST=PTcosφ
1 1 2 b7) Déphasage du circuit RL parallèle
↔ =√( ) + (Cω)2
ZT R
IC
1 tgφ =RCω ou tgφ=
→ ZT = 2
IR
√( 1 ) +(Cω)2
R L’angle de déphasage sera déterminé en utilisant une
UT
calculatrice scientifique en procédant comme suit :
UT=ZTIT→ZT=
IT tgφ→2ndF tgφ→φ

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b8) Facteur de puissance du circuit RC parallèle IR R

ST
ST=PT.cosφ→ cosφ= UR
PT

R IT IL L
cosφ= A B
ZT

b9) Diagrammes de Fresnel du circuit RL parallèle S UL S

IC C

IT ZT
UC
IC XC
φ φ UT

0 IR 0 R c1) Tensions aux bornes du circuit RC parallèle


UT UT
Diagramme des courants Diagramme des impédances UT=UR=UL=UC
c2) Intensités du courant du circuit RC parallèle

c) Association RLC parallèle IT2 =IR2 + (IL−IC) 2 →IT =√IR2 + (IL − IC )2


L’association RLC parallèle est constituée d’une résistance R, UT
d’une inductance L et d’un condensateur C sont soumis à la même Avec UT=UR=RIR→IR=
R
tension électrique.
UT
UT=UL=LωIL→IL=

1
UT=UC= IC→IC=UTCω

1 2 1 2
D’où IT =√[( ) + (
R Lω
− Cω) ]UT2

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U 2 D’où QT= QL+ QC ↔ QT=XLIT2 −XCIT2 ou


↔IT =√( T )
ZT 1 1
QT= LωIT2 − Cω.IT2 ↔ QT=(Lω − ) I2
UT Cω T
↔IT=
ZT LCω2 −1
↔ QT=( ) IT2

c3) Impédance du circuit RL parallèle
QT=PT.tgφ
1 2 1 2 1 2 1 2 1 2
( ) =( ) +( − Cω) =( ) +( − Cω)
ZT R Lω R Lω QT=ST.sinφ

1 1 2 1 2 c6) Puissance apparente du circuit RLC parallèle


↔ =√( ) + ( − Cω)
ZT R Lω
ST=UTIT ou ST2 =PT2 +Q2T → ST=√PT2 + Q2T
1
→ ZT = 2 2 ST=PTcosφ
√( 1 ) +( 1 −Cω)
R Lω
c7) Déphasage du circuit RLC parallèle
UT
UT=ZTIT→ZT= 1
IT −Cω R(1−LCω2 ) IL −IC
tgφ = Lω
→tgφ = ou tgφ=
c4) Puissance active du circuit RLC parallèle R Lω IR

La puissance active d’un circuit RLC parallèle est la puissance L’angle de déphasage sera déterminé en utilisant une
dissipée ou perdue par la résistance R car, une inductance et un calculatrice scientifique en procédant comme suit :
condensateur ne consomment pas de l’énergie active : tgφ→2ndF tgφ→φ
PT= PR+ PL+ PC or PL=0 W et PC=0 W c8) Facteur de puissance du circuit RC parallèle
D’où PT =PR=RIT2 ST
ST=PT.cosφ→ cosφ=
PT
c5) Puissance réactive du circuit RC parallèle
R
Une résistance ne consomme pas de l’énergie réactive : cosφ=
ZT
QT= QR+ QL+ QC or QR=0 VAR

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c9) Diagrammes de Fresnel du circuit RL parallèle 7) Tracer le diagramme de Fresnel du circuit.

0 IR UT 0 R UT
Solution 1 :
φ φ
Exercice 2 :
IL XL Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et
IT ZT d’un condensateur de 100 µF. Ils sont branchés en série et alimentés par
une tension électrique de 120 V-50 Hz.
Travail à faire :
IC XC
1) Calculer : La réactance de chaque élément.
2) L’impédance du circuit.
Diagramme des courants 3) L’intensité du courant traversant chaque élément.
Diagramme des impédances
4) L’intensité du courant traversant le circuit.
5) La puissance active, réactive et apparente du circuit.
6) En déduire le déphasage du circuit.
d) Exercices d’application 7) Tracer le diagramme de Fresnel du circuit.
Exercice 1 :
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et Solution 2 :
d’une inductance de 0, 16 H. Elles sont branchées en parallèle et
alimentées par une tension électrique de 120 V-50 Hz.
Travail à faire :
Exercice 3 :
Calculer :
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω,
1) La réactance de chaque élément. d’une inductance de 0, 16 H et d’un condensateur de 100 µF. Ils sont
2) L’impédance du circuit. branchés en série et alimentés par une tension électrique de 120 V-50
3) L’intensité du courant traversant chaque élément. Hz.
4) L’intensité du courant traversant le circuit.
5) La puissance active, réactive et apparente du circuit. Travail à faire :
6) En déduire le déphasage du circuit.

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Calculer : 1
Alors, ZT= et le courant électrique dans le circuit est maximal.
R
1) La réactance de chaque élément.
2) L’impédance du circuit. 4- Conclusion
3) L’intensité du courant traversant chaque élément. Les phénomènes de résonance sont aussi néfastes dans les
4) L’intensité du courant traversant le circuit.
circuits industriels électriques. Nous pouvons citer :
5) La puissance active, réactive et apparente du circuit.
6) En déduire le déphasage du circuit.  Les surtensions peuvent se produire entre les bornes du
7) Tracer le diagramme de Fresnel du circuit. réactor du condensateur ;
 Les surtensions causées par la résonance sont dangereuses
pour les personnes et les appareils ;
Solution 3 :
Cependant, la résonance est très utile pour :
 Amplifier les tensions capter par les antennes
IV- PHENOMENE DE RESONANCE (radiodiffusion et la télévision) ;
1- Définition  Amplifier les tensions sinusoïdales ; etc.
On dit qu’il y a résonance lorsqu’un réseau RLC se comporte
comme un réseau purement résistif (φ=0). 5- Exercices d’application

2- Le réseau série bExercice 1 :

On dit qu’un réseau série est résonant lorsque : Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et
d’une inductance de 0, 16 H. Elles sont branchées en série et parcourues
LCω2 −1 un courant électrique de 3 A-50 Hz.
tgφ= =0→ LCω2 − 1=0↔ LCω2 = 1
RCω
Travail à faire :
Alors, ZT=R et le courant électrique dans le circuit est maximal.
Le circuit est-il résonant ? Si non, que faut-il faire pour le rendre
3- Le réseau parallèle résonant ? En déduire le déphasage du circuit.
On dit qu’un réseau parallèle est résonant lorsque :
R(1−LCω2 ) Solution 1 :
tgφ = =0→ 1 − LCω2 =0↔ LCω2 = 1

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Exercice 2 : Exercice 4 :
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et
d’un condensateur de 100 µF. Ils sont branchés en série et parcourus un d’une inductance de 0, 16 H. Elles sont branchées en parallèle et
courant électrique de 3 A-50 Hz. alimentées par une tension électrique de 120 V-50 Hz.
Travail à faire : Travail à faire :
Le circuit est-il résonant ? Si non, que faut-il faire pour le rendre Le circuit est-il résonant ? Si non, que faut-il faire pour le rendre
résonant ? résonant ?

Solution 2 : Solution 4 :

Exercice 5 :
Exercice 3 : Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω et
d’un condensateur de 100 µF. Ils sont branchés en série et alimentés par
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω, une tension électrique de 120 V-50 Hz.
d’une inductance de 0, 16 H et d’un condensateur de 100 µF. Ils sont
branchés en série et parcourus un courant électrique de 3 A-50 Hz. Travail à faire :
Travail à faire : Le circuit est-il résonant ? Si non, que faut-il faire pour le rendre
résonant ?
Le circuit est-il résonant ? Si non, que faut-il faire pour le rendre
résonant ? Solution 5 :
Solution 3 :

Exercice 6 :
Un circuit électrique est composé d’une résistance de 20 Ω,
d’une inductance de 0, 16 H et d’un condensateur de 100 µF. Ils sont

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branchés en série et alimentés par une tension électrique de 120 V-50


Hz.
Travail à faire :
Le circuit est-il résonant ? Si non, que faut-il faire pour le rendre
résonant ?

Solution 6 :

CONCLUSION :
Le courant alternatif et en particulier le courant alternatif
sinusoïdal, permet à l’univers de maintenir inexorablement son
développement car, il est presqu’au centre de toutes les activités
humaines. Les éléments étudiés précédemment sont les principaux
récepteurs utilisés dans l’industrie électrique et connaître non seulement
leurs caractéristiques mais, surtout leur comportement lorsqu’ils sont
traversés par le courant alternatif est donc inévitable car, tout réseau
électrique est au moins constitué d’un de ces éléments. Comme « le
détail est l'essentiel dans la pratique » disait Arthur Schopenhauer, il
faut par conséquent suivre avec beaucoup d’attention les cours des
essais et mesures afin de pouvoir arriver à maîtriser ces récepteurs
élémentaires qui sont jadis, au centre de l’industrie électrique. Dans la
suite, nous allons étudier la notion des puissances d’un réseau
monophasé et triphasé.

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

CHAPITRE 8 : NOTION DES PUISSANCES D’UN RESEAU I- PUISSANCE EN MONOPHASE


MONOPHASE ET TRIPHASE
OBJECTIFS SPECIFIQUES : Lorsqu’un récepteur est alimenté par un réseau alternatif
A la fin de ce chapitre, l’élève doit être capable de : sinusoïdal constitué d’une phase et d’un neutre, ce réseau est dit
 Rappeler des formules des puissances d’un réseau monophasé et monophasé alternatif sinusoïdal.
triphasé; 1- Puissance absorbée ou active
 Calculer la puissance d’un dipôle ou d’un groupe de dipôle;
 Coupler un montage triphasé en triangle ou en étoile ; La puissance absorbée ou active est la puissance nécessaire pour
 Compenser le facteur de puissance d’un circuit électrique; faire fonctionner un composant ou un appareil.
 Connaître les effets néfastes d’un mauvais facteur de puissance ;
etc. On peut la calculer à l’aide des formules ci-dessous :

Pa=UIcosφ ou Pa=Scosφ
INTRODUCTION :
PaT=∑ Pa ↔ PaT=Pa1+Pa2+….. +Pan
Depuis la découverte de l’électricité par Alessandro Volta en
1800, l’homme a toujours été à la recherche de son amélioration. C’est 2- Puissance réactive
ainsi qu’en 1882 Nikola Tesla découvrit le courant alternatif triphasé
La puissance réactive est la puissance nécessaire pour créer des
qui est très important dans la production, le transport et la
consommation de l’énergie électrique. Dans ce chapitre, nous allons effets magnétiques.
étudier les puissances et les couplages des enroulements en triphasé et
l’amélioration du facteur de puissance. Pour l’utilisation d’un Q=UIsinφ ou Q=Ssinφ
composant ou d’un appareil, il faut non seulement connaître sa
QT=∑ Q ↔ QT=Q1+Q2+….. +Qn
performance à effectuer un travail pendant un temps prédéterminé ou
non mais, il faut aussi connaître la nature et le domaine de tension du 3- Puissance apparente
réseau. Le présent chapitre nous permet de connaître comment estimer
ou calculer la performance d’un équipement. Pour mieux les connaître, La puissance apparente est la puissance disponible pour
nous allons étudier la puissance en monophasé, en triphasé et alimenter un récepteur.
l’amélioration du facteur de puissance.

ST=UI ou ST2 =PaT


2
+ Q2T → ST=√P2aT + Q2T

ST=PaT cosφ

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Exercice 2 :

ST Sur un réseau électrique monophasé alimentant un aspirateur et


un compresseur, on a effectué les mesures suivantes avec deux
ST
wattmètres et on a respectivement obtenu : P1=2200W et P2=5500W.
φ 1) Calculer sa puissance active, sa puissance réactive et sa
0 puissance apparente.
PaT 2) Calculer le facteur de puissance.
Triangle des puissances

Solution 2 :
4- Facteur de puissance
1) Calculons :
ST  Puissance active : PT=P1+P2 AN :
ST=PaT cosφ→ cosφ=
PaT PT=2200+400=2600W ;
 Puissance réactive : QT= (P1- P2) √3 AN : QT=√3 (2200-
5- Exercices d’application
400) √3 =3117,7VAR ;
 Puissance apparente : S=√𝑃2 + 𝑄 2 AN :
Exercice 1: S=√26002 + 3117,72 =4059,6VA.
𝑃
Un récepteur alimenté par un réseau monophasé 127/220V 2) L’intensité du courant : P= Scos𝜑 → Cos𝜑=𝑆 AN :
consommé une puissance active de 500W et puissance réactive de 2600
Cos𝜑=4059,6=0,64
200VAR.
Calculer la puissance apparente et l’intensité du courant absorbée
par le récepteur. Exercice 3 :

Solution 1 : Une installation électrique a une puissance de 220 W. Elle


alimente sous une tension monophasé de 110 V et absorbé un courant
Puissance apparente : S=√𝑃2 + 𝑄 2 AN : d’intensité 2 A.
S=√5002 + 2002 =538,5VA. 1) Calculer sa puissance active, sa puissance réactive et sa
𝑆 538,5 puissance apparente.
Intensité du courant : S=UI√3 → I=U√3 AN : I=380√3=0,8A. 2) Calculer le facteur de puissance.

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3) Crayonner le triangle des puissance. a) Couplage étoile (Y)


I1
L1
J1 Z1= Z2= Z3= Z
Solution 3 :
I1= I2= I3=I
Z1
U12 V1 J1= J2= J3= J

V1= V2=V3 =V
N
U12= U23= U31= U
U31 V2 Z2 Z3
J3
I2
L2 J2
II- PUISSANCE EN TRIPHASE U23 V3
I3
Lorsqu’un récepteur est alimenté par un réseau alternatif L3
sinusoïdal constitué de trois phases, ce réseau est dit triphasé alternatif
sinusoïdal.
a1) Intensité du courant traversant chaque ligne
1- Couplage des enroulements d’un récepteur en triphasé  Pour la ligne 1 : I1
Un récepeur triphasé équilibré est formé de trois éléments  Pour la ligne 2: I2
identiques et pour l’alimenter, il d’abord le coupler. On distingue trois  Pour la ligne 3 : I3
types de couplage :
a2) Intensité du courant traversant chaque récepteur
 Le couplage étoile (Y) ;
 Pour le récepteur Z1 : J1
 Le couplage triangle (D) ;
 Le couplage zig-zag (Z).  Pour le récepteur Z2 : J2
 Pour le récepteur Z3 : J3
Dans ce cours, nous étudierons uniquement les deux premiers
types.

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a3) Tension aux bornes d’un récepteur  Pour le récepteur Z3 :


 Tension aux bornes du récepteur Z1 : Z3=
V3
ou Z3=
V3
car I3=J3
V1=Z1I1 ou V1=Z1J1 I3 J3
U12
V1= En considérant que les trois récepteurs sont identiques, nous avons:
√3
 Tension aux bornes du récepteur Z2 : V
V2=Z2I2 ou V2=Z2J2 V=ZI→Z= sachant que :
I
U23
V2= Z1= Z2= Z3= Z
√3
 Tension aux bornes du récepteur Z3 :
I1= I2= I3=I
V3=Z3I3 ou V3=Z3J3
U31 J1= J2= J3= J
V3=
√3
a4) Tension de deux récepteurs V1= V2=V3 =V
 Tension aux bornes des récepteurs Z1 et Z2:
U12= U23= U31= U
U12=V1√3
 Tension aux bornes des récepteurs Z2 et Z3: Z: impédance d’un récepteur
U23=V2√3
 Tension aux bornes des récepteurs Z1 et Z3: I: courant en ligne
U31=V3√3 J : courant traversant un récepteur

a5) Impédance V : tension aux bornes d’un récepteur ou tension simple du réseau

 Pour le récepteur Z1 : U : tension aux bornes de deux récepteurs ou tension composée du


V1 V1
Z1= ou Z1= car I1=J1 réseau
I1 J1
 Pour le récepteur Z2 : Remarques : en étoile, nous avons : I=J, V=ZJ et U=V√3.
V2 V2
Z2= ou Z2= car I2=J2
I2 J2

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b) Couplage triangle (D) b3) Tension de deux récepteurs


 Tension aux bornes des récepteurs Z1 et Z2:
I1
L1 Z1= Z2= Z3= Z U12=V1√3
 Tension aux bornes des récepteurs Z2 et Z3:
I1= I2= I3=I U23=V2√3
U12 J1  Tension aux bornes des récepteurs Z1 et Z3:
J1= J2= J3= J
Z2 Z1 U31=V3√3
U31
U12= U23= U31= U
J2 b3) Impédance
I2 Z3
L2  Pour le récepteur Z1 :
U23 J3
U12 U12 √3
I3 Z1= ou Z1=
L3 J1 I1
 Pour le récepteur Z2 :
U23 U23 √3
Z2= ou Z2=
b1) Intensité du courant traversant chaque ligne J2 I2
 Pour le récepteur Z3 :
 Pour la ligne 1 : I1=J1√3 U31 U31 √3
 Pour la ligne 2 : I2=J2√3 Z3= ou Z3=
J3 I3
 Pour la ligne 3 : I3=J3√3
b2) Tension aux bornes d’un récepteur
b2) Intensité du courant traversant chaque récepteur
 Tension aux bornes du récepteur Z1 :
I1
 Pour le récepteur Z1 : J1= Z1 I1
√3 U12=Z1J1 ou U12=
I2 √3
 Pour le récepteur Z2 : J2=
√3  Tension aux bornes du récepteur Z2 :
I3
 Pour le récepteur Z3 : J3= U23=Z2J2 ou U23=
Z2 I2
√3
√3

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 Tension aux bornes du récepteur Z3 :  En triangle


Z3 I3 Pa=UI√3cos𝜑 ou Pa=Scos𝜑
U31=Z3J3 ou U31=
√3 PaT=∑ Pa ↔ PaT=Pa1+Pa2+….. +Pan
En considérant que les trois récepteurs sont identiques, nous avons:
b) Puissance réactive
U ZI  En étoile
U=ZJ→Z= ou U= sachant que :
J √3
QT =3VIsin𝜑ou QT=UI√3sin𝜑 ou QT=Ssin𝜑
Z1= Z2= Z3= Z
QT=∑ Q ↔ QT=Q1+Q2+….. +Qn
I1= I2= I3=I
 En triangle
J1= J2= J3= J
QT=UI√3sin𝜑 ou QT= Ssin𝜑
U12= U23= U31= U
QT=∑ Q ↔ QT=Q1+Q2+….. +Qn
Z: impédance d’un récepteur

I: courant en ligne c) Puissance apparente


 En étoile
J : courant traversant un récepteur
U : tension aux bornes de deux récepteurs ou tension composée du ST=3VI=UI√3 ou ST2 =PaT
2
+ Q2T → ST=√P2aT + Q2T

réseau ST=PaT cosφ


Remarques: en triangle, nous avons: I=J√3, U=ZJ
2- Puissances en courant alternatif triphasé  En triangle
a) Puissance active
 En étoile
ST=UI√3 ou ST2 =PaT
2
+ Q2T → ST=√P2aT + Q2T
Pa=3VIcos𝜑 ou Pa=UI√3cos𝜑 ou Pa=Scos𝜑
ST=PaT cosφ
PaT=∑ Pa ↔ PaT=Pa1+Pa2+….. +Pan

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d) Facteur de puissance Exercice 2 :


ST Un récepteur constitué de trois enroulements est alimenté par un
ST=PaT cosφ→ cosφ=
PaT réseau triphasé 220/380V. Il est traversé par un courant électrique de 20
A et a un facteur de puissance de 0, 86.
Remarques :
1) On considère que le récepteur est couplé en étoile (Y).
 pour un réseau triphasé équilibré avec neutre, la puissance active a) En déduire la tension aux bornes de chaque enroulement et
peut être mesurée à l’aide d’un wattmètre branché entre une la tension aux bornes de deux enroulements ;
phase et le neutre et la puissance totale active sera : PaT=3Pa. b) En déduire l’intensité du courant qui traverse chaque
 pour un réseau triphasé équilibré sans neutre, la puissance active enroulement et l’intensité du courant en ligne ;
peut être mesurée à l’aide de la méthode des deux wattmètres et c) Calculer l’impédance de chaque enroulement du récepteur ;
la puissance totale active sera : PaT=Pa1+Pa2 et la puissance d) Calculer la puissance active, la puissance réactive et la
réactive sera : QaT= |Pa1 −Pa2 | √3 puissance apparente.
e) Crayonner le triangle des puissances.
𝑐𝑎𝑙𝑖𝑏𝑟𝑒 𝑡𝑒𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛∗𝑐𝑎𝑙𝑖𝑏𝑟𝑒 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑛𝑠𝑖𝑡é
avec Pa1= x lecture
é𝑐ℎ𝑒𝑙𝑙𝑒 2) On considère que le récepteur est couplé en triangle (D).
a) En déduire la tension aux bornes de chaque enroulement ;
3- Exercices d’application
b) En déduire l’intensité du courant qui traverse chaque
enroulement et l’intensité du courant en ligne ;
Exercice1: c) Calculer l’impédance de chaque enroulement du récepteur ;
d) Calculer la puissance active, la puissance réactive et la
Un récepteur alimenté par un réseau triphasé 220/380V puissance apparente.
consommé une puissance active de 500W et puissance réactive de e) Crayonner le triangle des puissances.
200VAR.
Calculer la puissance apparente et l’intensité du courant absorbée
par le récepteur. Solution 2 :
Solution 1 :

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

Exercice 3 : III- AMELIORATION DU FACTEUR DE PUISSANCE


Un récepteur, alimenté sous une tension triphasé de 380 V et Lorsque le facteur de puissance d’un récepteur est égal à 1, le
traversé par un courant électrique de 20 A, a un facteur de puissance de courant électrique est en phase avec la tension et la puissance appelée
0, 8. est au maximale. Cependant, lorsqu’il est égal à 0, le courant électrique
est en quadrature de phase avec la tension et le récepteur n'absorbe
1) Calculer sa puissance active, sa puissance réactive et sa
aucune puissance au réseau et par conséquent, il ne dissipe aucune
puissance apparente.
énergie sous forme de chaleur.
2) Calculer le facteur de puissance.
3) Crayonner le triangle des puissances.
Le facteur de puissance d’un récepteur ou d’une installation doit
être compris entre 0, 86 et 1 (0, 86≤cosφ≤1) afin d’éviter certaines
Solution 3 : situations désagréables.
1- Inconvénient d’un mauvais facteur de puissance
La consommation exagérée de l’énergie réactive dans une
installation électrique cause des effets très néfastes tels que :
 L’élévation du courant en ligne ;
 La chute de tension importante en ligne ;
 Les pertes par effet Joule élevées en ligne et dans les
installations ; etc.
Pour résoudre ces problèmes, on préfère améliorer le facteur de
puissance à l’aide d’un condensateur ou une batterie de condensateurs
monté en parallèle avec l’installation ou le récepteur. L’objectif étant de
faire tendre le facteur de puissance vers 1.

A I’ I

S IC
Installation ou
U C
récepteur

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La figure ci-dessous nous permet de représenter les différentes 3- Calcul de la capacité du condensateur ou de la batterie
phases du facteur de puissance d’une installation ou d’un récepteur : de condensateurs en triphasé

De manière générale : QT=QT’−Qc → Qc= QT’−QT

Qc  En étoile

Qc=3C𝜔V2, QT’=PaTtg 𝜑′ et QT=PaTtg 𝜑


QT
QT=QT’−Qc → Qc= QT’−QT
QT’ ↔ 3C𝜔V2=PaTtg 𝜑′ − PaTtg 𝜑
𝜑 ′ 𝜑′ ↔ 3C𝜔V2=PaT(tg 𝜑′ −tg 𝜑)
PaT |tg 𝜑−tg 𝜑′ |
→ CY=
3𝜔V2

QT : puissance réactive consommée par le récepteur ou l’installation  En triangle


avant le branchement du condensateur;
Qc=3C𝜔U2, QT’=PaTtg 𝜑′ et QT=PaTtg 𝜑
QT’ : puissance réactive consommée par le récepteur ou l’installation
lorsque le condensateur est branché ; QT=QT’−Qc → Qc= QT’−QT
↔ 3C𝜔U2=PaTtg 𝜑′ − PaTtg 𝜑
Qc : puissance réactive consommée par le condensateur ; ↔ 3C𝜔U2=PaT(tg 𝜑′ −tg 𝜑)
PaT |tg 𝜑−tg 𝜑′ |
PaT : puissance active du récepteur ou de l’installation. → CΔ=
3𝜔U2
2- Calcul de la capacité du condensateur ou de la batterie
de condensateurs en monophasé
Qc=C𝜔U2, QT’=PaTtg 𝜑′ et QT=PaTtg 𝜑

QT=QT’−Qc → Qc= QT’−QT


↔ C𝜔U2=PaTtg 𝜑′ − PaTtg 𝜑
↔ C𝜔U2=PaT(tg 𝜑′ −tg 𝜑)
PaT |tg 𝜑−tg 𝜑′ |
→ C=
𝜔U2

Troisième année Electricité d’équipement COLLECTION LA COLOMBE


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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

d) Calculer la puissance active, la puissance réactive et la


4- Exercices d’application puissance apparente.
e) Crayonner le triangle des puissances.
f) On souhaite relever ce facteur de puissance à 0, 98. Quelle
Exercice1: est la valeur du condensateur à installer ?
Un récepteur alimenté par un réseau triphasé 220/380V
2) On considère que le récepteur est couplé en triangle (D).
consommé une puissance active de 500W et puissance réactive de
a) En déduire la tension aux bornes de chaque enroulement ;
200VAR.
b) En déduire l’intensité du courant qui traverse chaque
1) Calculer la puissance apparente, l’intensité du courant absorbée enroulement et l’intensité du courant en ligne ;
par le récepteur et le facteur de puissance. c) Calculer l’impédance de chaque enroulement du récepteur ;
2) On souhaite relever ce facteur de puissance à 0, 98. Quelle est d) Calculer la puissance active, la puissance réactive et la
la valeur du condensateur à installer ? puissance apparente.
e) Crayonner le triangle des puissances.
f) On souhaite relever ce facteur de puissance à 0, 98. Quelle
est la valeur du condensateur à installer ?
Solution 1 :

Solution 2 :
Exercice 2 :
Un récepteur constitué de trois enroulements est alimenté par un
réseau triphasé 220/380V. Il est traversé par un courant électrique de 20
A et a un facteur de puissance de 0, 86.
1) On considère que le récepteur est couplé en étoile (Y). Exercice 3 :
a) En déduire la tension aux bornes de chaque enroulement et
la tension aux bornes de deux enroulements ; Un récepteur, alimenté sous une tension triphasé de 380 V et
b) En déduire l’intensité du courant qui traverse chaque traversé par un courant électrique de 20 A, a un facteur de puissance de
enroulement et l’intensité du courant en ligne ; 0, 8.
c) Calculer l’impédance de chaque enroulement du récepteur ;

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COURS D’ELECTROTECHNIQUE 2012

1) Calculer sa puissance active, sa puissance réactive et sa CONCLUSION GENERALE :


puissance apparente.
2) Calculer le facteur de puissance. Le cours d’électrotechnique de la troisième année électricité
3) Crayonner le triangle des puissances. dont nous venons d’achever nous a non seulement permis de
4) On souhaite relever ce facteur de puissance à 0, 98. Quelle est comprendre comment l’énergie électrique est née mais, renforce notre
la valeur du condensateur à installer ? aptitude à maîtriser la science et la technique des applications
industrielles de l’électricité : l’électrotechnique. L’école étant un
Solution 3 : univers très complexe, large et volumineux, nous devons jour après jour
consulter nos leçons et les approfondir à travers les recherches car, les
connaissances doivent être entretenues. Voilà pourquoi saint Augustin
disait : « nul ne connaît personne si non par l’amitié ».
La science antique portait sur des concepts, tandis que la science
moderne cherche des lois. Henri BERGSON

IV- EXERCICES D’APPLICATION

CONCLUSION :
La connaissance de la performance d’un corps à effectuer un
travail pendant un temps prédéterminé ou non permet de maîtriser non
seulement la demande des consommateurs, mais aussi l’offre en énergie
par le fournisseur. Ainsi, la puissance est donc très importante dans
tous les domaines et en particulier en électricité car, sans elle, il n’y a
pas de travail. Ce chapitre nous a permis d’acquérir les notions sur la
puissance en monophasé et triphasé. Nous avons aussi étudié les
couplages réalisés en triphasé les plus rencontrés en Electrotechnique et
surtout, comment compenser ou améliorer l’énergie réactive d’une
installation électrique.

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