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Le régime parlementaire

Les régimes politiques représentent le mode dont les pouvoirs sont organisés et


exercés au sein d'une entité politique donnée. „Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il
faut que, par disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir”. Ceci est l’affirmation de
Montesquieu, qui voit dans la séparation des pouvoirs la modalité idéale d’établir l’équilibre
entre les trois pouvoirs étatiques: le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir
judiciaire. Dans ce cadre, une question controversée de la démocratie moderne est la
présentation de la séparation stricte des pouvoirs (le régime présidentiel) et encore la
séparation souple des pouvoirs (le régime parlementaire), et nous allons présenter le régime
parlementaire.
Le régime parlementaire est le régime dans lequel il y a une distinction des fonctions
entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire, dans lequel le Gouvernement est responsable
devant le Parlement. Cette responsabilité sert à vérifier que le Gouvernement a été choisi
par le Parlement et que le Gouvernement doit faire en permanence une politique qui est
approuvé par les parlementaires, parce que les parlementaires sont les représentants des
peuples. Les relations entre les organes sont fondées sur une collaboration qui repose sur
une interdépendance: interdépendance structurelle, fonctionnelle et relationnelle.
L’interdépendance structurelle signifie que le législatif peut participer à l’élection du
Chef de l’État ou à la nomination du gouvernement. L’exécutif organise par exemple les
élections législatives.
L’interdépendance fonctionnelle signifie que chaque organe est affecté d’une
fonction précise qui le caractérise, mais il participe également aux autres fonctions (par
exemple, le législatif contrôle l’exécutif – l’action gouvernementale et l’exécution de la loi;
l’exécutif participe à la fonction législative, concuite de la procédure législative).
L’interdépendance relationnelle signifie que chacun des organes dispose de moyens
d’action sur les autres (l’exécutif dispose au droit de dissolution c’est-à-dire du droit de
mettre fin au mandat d’une assemble avant l’expiration de ce dernier; le législatif a le droit
de forcer l’exécutif à la démission en engagement sa responsabilité politique – responsabilité
ministérielle ou responsabilité gouvernementale). Dans ce régime, la séparation est dite
souple parce que les deux pouvoirs ont des moyens d’action réciproques (la responsabilité
politique et la dissolution).
Le régime parlementaire a l’objectif d’associer la légitimité, la responsabilité et le
pouvoir. Dans une démocratie, il est légitime un pouvoir qui est conforme à la volonté du
peuple. Selon Max Weber, il existe trois grandes formes de légitimité: légitimité
traditionnelle, légitimité charismatique et légitimité légale, rationnelle.
Dans la légitimité traditionnelle, on a droit de gouverner car c’est dans la tradition,
une tradition considérée comme immémoriale et incontestable (par exemple, la Reine du
Grande-Bretagne).
La légitimité charismatique est liée à une autorité exceptionnelle et il est basé sur le
charme – Hitler.
La légitimité légale, rationnelle représente la conformité à la loi. Dans ce cas,
l'autorité qui est reconnue est liée à la fonction et non à la personne qui la représente.
Le régime parlementaire apparaît pour la première fois en Suède (XVIII ème siècle) mais
ce sera l'Angleterre (véritablement régime parlementaire à partir de 1882) qui deviendra le
modèle du régime parlementaire. La naissance du régime parlementaire corresponde à la
naissance de la responsabilité politique. Il faut remonter au XVIII ème siècle, en Grande
Bretagne, où le système est équilibré grâce à la balance des pouvoirs: la loi est votée par la
chambre des communes et par les normes, puis elle est sanctionnée par le roi. En ce qui
concerne la fonction exécutive, il n’y a pas de balance car l’exécution des lois est l’affaire
exclusive du monarque. Par conséquent, le roi choisit seul et librement ses ministres. Les
chambres de parlements vont s’efforcer de trouver un moyen pour contrôler l’usage de
l’intervention du roi dans la fonction législative. Le roi ne pouvait être soumis à aucun
contrôle, « le roi ne peut mal faire ». Tout ce que le roi fait est bien, il a raison. Pour
contourner cette absence de moyens, on va contrôler ces ministres, les chambres disposent
d’un moyen qui est l’impeachment. Cette procédure est pénale et politique. La France
pratique un régime parlementaire depuis la IIIème République, hormis la parenthèse du
régime de Vichy.

En considérant qu’une analyse approfondie est utile pour individualiser le sujet du


régime parlementaire, la question suivante s’impose: En quelle mesure les modèles du
régime parlementaire peut-être conçu fragiles? On peut analyser le modèle du régime
parlementaire: l’équilibre entre les pouvoirs (I) et les mutations du régime parlementaire:
l’exemple britannique (II).

I. Le modèle du régime parlementaire : l’équilibre entre les pouvoirs


Dans cette première partie, on va présenter quelle était la forme brute de ce type de
régime (A – Courte histoire du régime parlementaire classique) et comment le régime
parlementaire fonctionne, en utilisant un schéma (B – Le fonctionnement du régime
parlementaire).

A. Courte histoire du régime parlementaire classique


Le système parlementaire établi en Grande-Bretagne est devenu une référence, un
modèle du régime parlementaire. On peut faire remonter l’origine du système
parlementaire britannique à 1215, lorsque le roi d’Angleterre Jean sans Terre fut totalement
démuni politiquement; excommunié, il dut supplier le pardon du pape. Perdant la bataille de
Bouvines – et risquant une invasion française – il fut contraint de demander aux barons de
royaume ce contre quoi ils exigèrent de pouvoir consentir à contribuer aux dépenses du
royaume.
Pour mettre noir sur blanc ces conditions, le roi acceptera de concéder aux barons la
« Grande Charte », qui donnera au Grand Conseil le pouvoir de consentir à l’impôt et le droit
de pétition; elle est aussi une ébauche de constitution garantissant certains droits, tel que le
droit de ne pas être arrêté ou condamné arbitrairement.
Au XIVème siècle, on décide de faire siéger les chevaliers et les bourgeois dans une
seconde chambre, la Chambre des communes, au côté de la Chambre des lords. Le droit de
pétition établit un moyen de faire pression sur le roi, acceptant de lui donner les budgets
qu’il demande en échange de son approbation aux pétitions présentées par les chambres.
C’est ça l’ancêtre du pouvoir législatif : néanmoins le roi reste titulaire du droit de prendre
des ordonnances, de ne pas exécuter la loi ou de la suspendre et lorsqu’il n’a pas besoin
d’argent, le Parlement n’a plus de moyen de pression. En ce temps-là, le parlement est une
sorte d’assemblée générale, il n’est pas permanent.
Après l’intermède de la dictature de Cromwell (1650-1658) puis la restauration
(1680) et la Glorieuse Révolution (1688), est rédigée en 1689 la Déclaration des droits, qui
contient les principes essentiels du parlementarisme contemporain : « la loi est au-dessus du
roi » et « le roi doit être soumis à la loi ». La déclaration ne peut être suspendue ni abolie,
sans le consentement du Parlement (article 4). Le Parlement est souverain en matière de
levée d’argent, de levée d’entretien des armées et ses membres jouissent d’une totale
liberté d’expression (article 8). Le Parlement doit être fréquemment réuni (article 13).
Dès 1707, les lois votées par le Parlement seront encore soumises à la signature du
roi mais, dans les faits, celle-ci est quasi automatique. Le roi s’entoure de conseillers. Cette
équipe est l’ancêtre du gouvernement moderne. À l’origine, il les embauche et les révoque à
sa guise : ils sont responsables devant le Parlement, mais non politiquement; en effet,
lorsqu’un ministre commet une infraction, il est destitué par une procédure pénale de mise
en accusation diligentée par le Parlement, mais il ne s’agit que d’une mesure pénale : le
ministre doit démissionner parce qu’il a commis une infraction.
L’invention capitale de la motion de censure c’est l’un des piliers du parlementarisme
moderne; à partir de ce moment, l’aspect pénal sera peu à peu oublié au profit de la
confiance politique.

B. Le fonctionnement du régime parlementaire


Dans le schéma suivant, on va voir que, quand on parle du fonctionnement du régime
parlementaire, on trouve six éléments ou étapes très importantes.
1 – La chambre basse est élue au suffrage direct.
2 – La chambre haute – la seconde chambre – est élue de façon différente et
représente les États fédérés dans les États fédéraux.
3 – Le chef de l’État est élu par les chambres ou désigné par l’hérédité, dans les
monarchies parlementaires.
4 – Le chef du Gouvernement est nommé par le chef de l’État.
5 – Le chef du Gouvernement est responsable devant la chambre basse. La chambre
basse peut renverser le gouvernement.
6 – Le chef de l’État peut en général dissoudre la chambre basse.
II. Les mutations du régime parlementaire : l’exemple britannique
Dans cette deuxième partie, on va parler de la situation du régime parlementaire
britannique, en faisant une comparaison entre théorie (A – Un régime parlementaire en
théorie) et pratique (B – Un régime parlementaire non rationalisé, ou présidentiel en
pratique).

A. Un régime parlementaire en théorie


Les relations entre le Parlement et le Gouvernement sont organisés sur le modèle de
la séparation souple des pouvoirs, donc on parle d’un équilibre entre les pouvoirs exécutif et
législatif.
Même si les deux fonctions (législatif et exécutif) sont confiées aux deux organes
différentes et principales, chacun des organes peut intervenir, à titre secondaire, dans
l’exercice de la fonction de l’autre organe. Il existe aussi une dépendance réciproque entre
les pouvoirs législatif et exécutif, parce que chacun dispose à l’encontre de l’autre d’une
arme qui peut être fatale au niveau politique.
L’exécutif a une structure bicéphale : il est représenté par le Chef de l’État et le Chef
du Gouvernement – le Premier-ministre. En ce qui concerne le chef de l’État, sa légitimité est
moindre, parce qu’il n’est pas élu au suffrage universel. Le chef du gouvernement est le chef
du parti qui a gagné les élections et il a une légitimité démocratique.
Le chef de l’État a peu de pouvoir politique, il représente la Nation et l’identité du
pays, et il est dit irresponsable parce qu’il n’est pas responsable des actes du Gouvernement.
Au contraire, le chef du gouvernement endosse la responsabilité de l’ensemble des
actes de l’exécutif, il dirige l’action du gouvernement en mettant en œuvre la politique
nationale et il est à l’initiative des lois.
En ce qui concerne le pouvoir législatif, on parle du phénomène du bicamérisme;
dans le Parlement anglais on trouve deux chambres : la Chambre basse, élue au suffrage
universel direct, qui a plus de légitimité que la Chambre haute, élue au suffrage universel
indirect/ nommée – par exemple : la Chambre de Lords.
Le Parlement propose, amende, et vote les lois et il vote aussi le budget de l’État. La
Chambre basse débat et vote les lois, en tant que la Chambre haute est un modérateur qui a
des réflexions avant l’instauration des lois.
Le Parlement a une pouvoir de contrôle du Gouvernement, grâce aux commissions et
questions orales – la Chambre basse a deux moyens d’action sur le Gouvernement : les
membres du gouvernement sont le plus souvent choisis parmi les parlementaires, et le
Gouvernement est responsable devant elle et il doit remettre sa démission s’il ne dispose
plus d’une majorité.
Le Gouvernement ouvre et clôture les sessions parlementaires, il a un droit d’entrée
et de parole devant les chambres et il peut dissoudre la Chambre basse.

B. Un régime parlementaire non rationalisé, ou présidentiel en pratique


Le Cabinet et la pièce-clé du régime britannique. Il exerce toutes les pouvoirs de la
Couronne, détient toujours une majorité parlementaire et est désigné de façon
démocratique.
Le premier-ministre compose et remanie le Cabinet, il est le chef d’exécutif et du
Gouvernement. Il n’est jamais lié par les avis d’autres ministres, il préside les réunions du
Cabinet – en déterminant l’ordre du jour – et tranche les conflits entre les ministres.
La dissolution est une attribution du premier ministre qui peut être utilisée dans
trois cas : conforter ou assurer une plus grande majorité au parti politique du premier-
ministre, à l’occasion pour le premier-ministre d’obtenir une ratification populaire sur un
programme de politique général nouveau ou en choisir le moment le plus propice pour des
élections compte tenu de la popularité du gouvernement. La seule limite de ce droit de
dissolution est que le premier-ministre doit attendre d’avoir réalisé son programme
législatif.
Le statut de premier-ministre est prédominant car il est irresponsable politiquement
devant les communes et détient presque toutes les pouvoirs, et c’est pour ça pourquoi
certains auteurs considèrent qu’il y a une déviation vers le régime présidentiel.
Un autre argument qui soutienne l’idée d’un régime parlementaire non rationalisé
est l’évolution politique récente, marquée par trois évènements signifiants :la domination de
Margaret Thatcher, le gouvernement de John Major et l’arrivée au pouvoir des travaillistes.
Margaret Thatcher arrive au pouvoir en 1979, en tant que chef du parti conservateur,
et va rester jusqu’en 1990. Elle a mis en place un capitalisme populaire, avec des graves
conséquences sociales. En novembre 1990, des membres de son parti vont la faire chuter car
sa politique économique est trope dure socialement.
John Major est désigné en 1990, suite à son élection comme nouveau chef du parti
conservateur; il avait une attitude plus européenne, moins ultra libérale, même s’il maintient
les grands objectifs du programme conservateur.
En mai 1997 a été la victoire des travaillistes, quand Tony Blair e été nommée
premier-ministre; la politique c’était encore moins europhobe et plus sociale.
Le régime parlementaire britannique est non-rationalisé parce qu’il n’y a aucune
technique pour tenter d’argumenter l’efficacité du gouvernement, mais il est capable de
fonctionner sans rationalisation. Il a subi des altérations avec la pratique : la responsabilité
politique n’est plus jamais mise en œuvre, la dissolution est détournée et le bipartisme
anglais n’implique pas une collaboration souple entre les pouvoirs.

Sources d’inspiration :
 https://www.ladissertation.com/Divers/Divers/Le-r%C3%A9gime-Parlementaire-55428.html
 http://www.toupie.org/Dictionnaire/Regime.htm
 «Droit Constitutionnel »– Éric Oliva, Sandrine Giummarra
 http://langlois.blog.lemonde.fr/2008/11/17/regimes_politiques/
 www.etudier.com
 www.studility.com
 https://fr.wikipedia.org/wiki/Régime_parlementaire#R.C3.B4le_des_partis_et_formations_p
olitiques_dans_le_fonctionnement_d.E2.80.99un_r.C3.A9gime_parlementaire