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Evaluation des tendances migratoires brésiliennes

et du programme d’assistance au retour volontaire


depuis les Etats membres européens sélectionnés
vers le Brésil

RAPPORT DE RECHERCHE

Septembre 2007- Février 2009


Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Cette publication a été produite avec le soutien financier du programme RETURN 2006 -
Actions Préparatoires de la Commission Européenne, DG JLS. Les opinions et les
analyses exprimées dans ce document ne reflètent pas nécessairement les positions et les
politiques officielles de l’Union Européenne, de l’Organisation internationale pour les
Migrations ou de ses États membres.

Sauf indication contraire, le recours linguistique au genre masculin inclut à la fois les
hommes et les femmes.

Éditeur responsable : Pascal Reyntjens

Ont collaboré à ce document :

Pedro Góis (Chercheur en Chef)


Pascal Reyntjens (Coordinateur du projet, OIM Bruxelles)
Annika Lenz (Responsable de la Recherche, OIM Bruxelles)
Christiane Coelho (Responsable de la Recherche, OIM Lisbonne)
Diana Gouveia (Responsable de la Recherche, OIM Dublin)

Edition : International Organization for Migration


Regional Liaison and Coordination Office to the European Union
Rue Montoyerstraat 40
1000 Brussels
Belgium
Tel. +32 2 287 7000
Fax. +32 2 287 7006
Email: mrfbrussels@iom.int
Web: http://www.belgium.iom.int

Mise en page et impression : IPEX Digital Solutions

© Copyright International Organization for Migration, 2009


Tous droits réservés. Le présent document ne peut faire l’objet d’aucune reproduction ou transmission
totale ou partielle sous quelque forme ou par quelque moyen électronique, mécanique, de photocopie,
d’enregistrement ou autre, sans le consentement préalable de l’éditeur.

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Table des matières


Avant-propos....................................................................................................................... 5
Introduction....................................................................................................................... 11
1. Présentation générale du rapport................................................................................... 15
2. Caractéristiques sociales et démographiques de l’échantillon...................................... 34
3. Trajectoires migratoires et raisons de la Migration ...................................................... 48
4. Statuts des migrants ...................................................................................................... 58
5. Modèles socio-économiques......................................................................................... 61
6. Envois de fonds et autres pratiques transnationales...................................................... 68
7. Projets à long terme et besoins pour le retour............................................................... 70
8. Les Brésiliens utilisant les programmes ARV .............................................................. 76
9. Conclusions................................................................................................................... 79
10. Recommandations....................................................................................................... 82
Les auteurs ........................................................................................................................ 84
Bibliographie..................................................................................................................... 85
Annexes............................................................................................................................. 90

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Table des graphiques


Tableau 1: Principaux cachets d’immigration en Irlande ..Error! Bookmark not defined.
Tableau 2 : Répartition par sexe ....................................................................................... 34
Tableau 3 : Répartition par sexe par pays......................................................................... 35
Tableau 4 : Répartition par âge......................................................................................... 36
Tableau 5 : Etat civil par pays........................................................................................... 37
Tableau 6 : Migrants et descendance par pays (%)........................................................... 38
Tableau 7 : Enfants en Irlande et au Brésil (%) ................................................................ 38
Tableau 8 : Enfants au Portugal et au Brésil (%).............................................................. 39
Tableau 9 : Enfants en Belgique et au Brésil (%) ............................................................. 39
Tableau 10 : Etat d’origine des Brésiliens en Irlande, Belgique et Portugal .................... 42
Tableau 11 : Carte du Brésil ............................................................................................. 43
Tableau 12 : Niveau d’éducation par pays........................................................................ 46
Tableau 13 : Année de départ du Brésil (%)..................................................................... 48
Tableau 14 : Principales raisons pour quitter le Brésil par pays de résidence.................. 49
Tableau 15 : Principales portes d’entrée de l’UE ............................................................. 50
Tableau 16 : Liens entre les systèmes de migrations internationales ............................... 53
Tableau 17 : Durée initiale prévue de la migration........................................................... 57
Graphique/tableau 18 : Fréquence des visites au Brésil (%) ............................................ 58
Tableau 19 : Migrants en situation régulière par rapport aux migrants en situation
irrégulière (%)................................................................................................................... 59
Tableau 20 : Principales difficultés rencontrées dans les pays de l’UE sélectionnés, en %
........................................................................................................................................... 61
Tableau 21 : Secteur d’activité professionnelle actuel ..................................................... 64
Tableau 22 : Secteur d’activité professionnelle actuel par rapport au secteur d’activité au
Brésil (Belgique)............................................................................................................... 65
Tableau 23 : Secteur d’activité professionnelle actuel par rapport au secteur d’activité au
Brésil (Irlande) .................................................................................................................. 65
Tableau 24 : Secteur d’activité professionnelle actuel par rapport au secteur d’activité au
Brésil (Portugal)................................................................................................................ 66
Tableau 25 : Migrants brésiliens dans l’économie informelle.......................................... 67
Tableau 26 : Moyennes mensuelles d’envoi de fonds, depuis le Portugal, l’Irlande et la
Belgique ............................................................................................................................ 69
Tableau 27 : Comment utiliser l’assistance financière pour retourner au Brésil.............. 72
Tableau 28 : Sources d’information sur le programme ARV de l’OIM ........................... 75

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Avant-propos
Dans le contexte de la gestion des migrations et sur la base du soutien particulier accordé
par l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) aux migrants brésiliens par
ses différents types d’interventions, il s’avérait important de mieux comprendre le profil
de cette population.

Dans le contexte de migrations de dimension internationale et en tenant compte des


développements des politiques migratoires incluant des schémas de migration de travail,
de migrations circulaires, de migrations liées au développement et de migration de retour,
cette recherche a visé à mieux définir le profil des migrants brésiliens résidant
actuellement dans différents pays membres de l’UE.

Les résultats de cette recherche peuvent être considérés comme une contribution au
développement de politiques, d’actions et de recherches universitaires plus approfondies
sur cette population en question. En effet, prolongeant par là son ambition d’assister les
migrants et de répondre aux besoins de tous les Etats impliqués dans les mouvements
migratoires, l’OIM cherche à permettre aux décideurs politiques, chercheurs et autres
acteurs concernés de développer leurs stratégies respectives mais aussi à fournir une
assistance directe aux migrants.

Cette recherche a été permise par la collecte de données quantitatives et représente la


première et la plus conséquente étude quantitative produite sur les Brésiliens séjournant
en situation irrégulière en Irlande, au Portugal et en Belgique.

Ce fut un véritable défi que d’atteindre le nombre de 1300 personnes ayant répondu au
questionnaire. Cette étude n’aurait pas été possible sans l’implication et l’engagement du
Directeur de recherche Pedro Góis et de l’équipe de la mission de l’OIM à Dublin,
Lisbonne et Bruxelles. Le soutien des différents acteurs concernés dans ces trois pays a
grandement facilité le rassemblement des données ainsi que les contacts avec les migrants
en situation irrégulière.

Je souhaite aussi remercier Mme Monica Pereira de l’ONG Abraço en Belgique pour son
appréciable contribution et ses commentaires constructifs sur l’étude ainsi que toutes les
personnes ayant pris part à la recherche dans les trois pays.

Enfin, le soutien du siège de l’OIM et la coopération avec le Bureau de l’OIM à Buenos


Aires ont aussi contribué à consolider les différentes observations sur la migration
brésilienne en Europe.

Mes remerciements s’adressent aussi à la Commission européenne (DG Justice, Liberté et


Sécurité) ainsi qu’aux gouvernements de Belgique, d’Irlande et du Portugal qui ont rendu
possible cette recherche par leur contribution financière.

Pascal Reyntjens

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Remerciements
Merci à Pascal Reyntjens pour avoir initié ce projet et avoir permis mon investissement
dans celui-ci, ainsi que pour sa très appréciable contribution en tant que chef de projet.
Merci aussi à Annika Lenz, Christine Coelho et Diana Gouveia, mes collègues pour cette
recherche, pour leur travail acharné en tant qu’assistant de projet et Référents Recherche
Nationaux respectivement en Belgique, au Portugal et en Irlande. Mes remerciements
infinis à Monica Goracci et Marta Bronzin de l’OIM Lisbonne qui ont dirigé la partie
portugaise du projet ainsi qu’à Théodora Suter et Dug Cubie qui ont tous deux tenu le
rôle de Directeur de projet pour l’OIM Dublin. Mes remerciements spéciaux vont à Henk
Vandamme, notre soutien pour la base de données auprès de l’OIM Bruxelles ainsi qu’à
la Commission européenne qui a financé ce projet avec les gouvernements belges,
irlandais et portugais.

Cette recherche n’aurait pas été possible sans l’aide, l’assistance les conseils et le soutien
de ceux qui travaillent avec et pour les Brésiliens de Belgique, du Portugal et d’Irlande
qui ont soutenu la recherche et ont donné de leur temps pour rencontrer les membres de
l’équipe de recherche, commenter les exemplaires du questionnaire et en bien des cas
distribué et publié le questionnaire. Mes remerciements s’adressent aussi à tous ceux qui
ont aidé et soutenu la recherche et à toutes les personnes ayant pris la peine de remplir le
questionnaire dont sont issues les données sur lesquelles ce rapport est basé.

Pedro Góis

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Résumé
Le projet de 18 mois « Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du
programme d’Assistance au Retour Volontaire depuis les Etats membres européens
sélectionnés vers le Brésil » a été financé par la ligne de financement « RETURN 2006 –
Actions préparatoires » de l’Union européenne et co-financé par les gouvernements de
Belgique, du Portugal et d’Irlande.

L’objectif de cette évaluation des tendances migratoires brésiliennes au Portugal, en


Belgique et en Irlande était d’identifier les caractéristiques du flux récent de migrants
brésiliens et l’impact des programmes de retour volontaire ouverts aux demandeurs
d’asile et migrants en situation irrégulière. Le but ultime de cet exercice d’évaluation était
d’aider l’OIM à redéfinir et/ou améliorer ses programmes d’Assistance au Retour
Volontaire (ARV) s’adressant aux Brésiliens d’Europe.

Un questionnaire anonyme a été développé afin de permettre aux chercheurs d’évaluer les
caractéristiques, les stratégies migratoires, l’incorporation et l’insertion dans le marché du
travail des migrants brésiliens récemment arrivés en Belgique, au Portugal et en Irlande.
Il inclut des questions visant les catégories d’informations suivantes : caractéristiques
biographiques, conditions de vie sur les lieux d’origine, processus de migration,
incorporation au sein du marché du travail à la fois dans le pays d’origine et dans le pays
de destination, difficultés éprouvées par le migrant, niveau d’insertion au sein de la
société d’accueil, questions relatives à la santé et aux futures perspectives du migrant, y
compris des questions relatives aux intentions de retour au pays et aux programmes ARV
de l’OIM.

Le travail de recherche a couvert la période allant d’août à mi-octobre 2008. Ce rapport


est fondé sur une enquête faite auprès de 1257 Brésiliens – 372 consultés en Belgique,
400 en Irlande et 485 au Portugal.

Conclusions principales

L’enquête auprès des 1257 individus comprenait 49% d’hommes et 51% de femmes. Les
deux tiers des personnes interrogées étaient âgées de moins de 35 ans, 21% avaient entre
36 et 45 ans, 8% avaient 46 ans ou plus et 5% ont décidé de ne pas répondre à la question
de l’âge. En termes de statut d’immigration, 40% ont déclaré se trouver en situation
administrative régulière, 56% étaient en situation irrégulière et 4% n’ont pas répondu à
cette question. Les différences entre les trois pays participants étaient significatives. Le
Portugal détient le plus grand nombre de Brésiliens en situation régulière (56%) et la
Belgique le taux le plus bas avec seulement 24%. En Irlande, le nombre de migrants
brésiliens réguliers représente 39% de l’échantillon.

Les motifs économiques, d’emploi (de chômage) ou d’opportunités professionnelles ont


été donnés comme raisons principales de l’émigration par presque la moitié des
personnes interrogées, tous pays de destination confondus. Concernant la question du

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statut marital, le nombre de célibataires est élevé, soit environ 40% ; cependant, la part
des mariés ou conjoints représente 50% du total. Plus de la moitié de l’échantillon a un
enfant (51%), ce qui est un indicateur pertinent pour nous aider à dessiner le profil des
migrants et le type de stratégie migratoire adopté.

La phase de regroupement familial, qui a lieu habituellement après un premier temps de


migration pour motif de travail, est plus avancée en Belgique ou au Portugal qu’en
Irlande. Si cela n’a rien d’étonnant dans le cas portugais car la dernière vague
d’immigration brésilienne (après 2000) peut être expliquée par une intense activité de
regroupement familial, pour la Belgique cela semble indiquer un raccourcissement dans
les différentes étapes du cycle du processus migratoire. En Belgique, la migration
individuelle et la migration dans le cadre du regroupement familial semblent se
chevaucher dans le temps, démontrant une tendance à la migration de longue durée.

Une analyse de l’origine des migrants brésiliens en Belgique et en Irlande, conduite dans
la perspective du projet de recherche, montre l’émergence de ces pays en tant que
destinations alternatives à l’autre destination traditionnelle que sont les Etats-Unis, du
moins pour les migrants en provenance du Goiás. Pour les Brésiliens vivant en Belgique
et en Irlande, l’Etat du Goiás était indiqué comme le pays d’origine du plus fort
pourcentage de personnes : 33% des Brésiliens en Belgique et 44% en Irlande en sont
originaires, confirmant ainsi l’expérience acquise par l’OIM auprès des Brésiliens se
portant candidats aux programmes d’Assistance au Retour Volontaire en Belgique et en
Irlande. Cette similarité entre l’Irlande et la Belgique dans l’accueil des « Goianos »
devrait être prise en compte dans de futures études pour aider à comprendre ses
dimensions réelles ainsi que les types de réseaux autorisés par ces connections. Pour le
moment, les données suggèrent la présence d’une « industrie de la migration 1 »
directement liée au flux migratoire.

La mise en rapport entre les Etats d’origine au Brésil et les types de visa accordés dans
les différents pays n’est en rien pertinente. Le fait que les Brésiliens n’aient pas besoin de
visa d’entrée pour les pays étudiés invalide l’établissement d’une corrélation directe entre
ces deux variables et rend l’analyse d’une éventuelle migration organisée plus complexe.
Même si l’on considère les individus détenteurs d’un visa étudiant (le plus souvent dans
le cas irlandais), la relation avec l’Etat d’origine ne semble pas évidente.

Le niveau d’éducation des Brésiliens dans les trois pays est très proche. Il existe une
majorité de personnes interrogées disposant d’un niveau d’éducation secondaire, ce qui
correspond à un maximum de 12 ans de suivi scolaire, et une part de 40% des personnes
interrogées ayant suivi des études techniques et ayant achevé ou non des études
supérieures. Ces deux types de profils d’éducation devraient être considérés en parallèle –
il y a autant de Brésiliens sans qualification qu’il y en a de qualifiés ou hautement
qualifiés – et à chacun doit être accordée une attention particulière. Pour les migrants

1
L’industrie de la migration peut se définir comme le cadre induit par les entrepreneurs et les services qui,
motivés par la poursuite du gain financier, fournissent des services facilitant et motivant les migrations
internationales et ses comportements corrélés : l’emploi, la mobilité, l’installation, la communication et les
transferts de ressources.

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qualifiés, une analyse détaillée montre que 13% des personnes interrogées disposent
d’une formation technique, 12% n’ont pas achevé leurs études supérieures et 15% les ont
achevées, parfois avec une spécialisation ou un diplôme de troisième cycle (5%). Ces
données traduisent un profil plus qualifié chez les Brésiliens que chez les nationalités
alimentant les traditionnels flux migratoires professionnels (par exemple l’Afrique
centrale ou de l’Ouest ou les autres pays d’Amérique du Sud).

Les principales portes d’entrée des Brésiliens dans l’Union européenne sont la France
(24,4%), le Portugal (21,6%), l’Espagne (18%) et les Pays-Bas (8,6%). Dans le cas de la
Belgique, la principale porte d’entrée était la France (44%), suivie de la Belgique (14%)
puis du Portugal (13%).

Concernant l’Irlande, étant donné l’absence de vols directs depuis le Brésil, 22% des
ressortissants brésiliens ont transité par Paris, 20% par Amsterdam et 16% par Madrid.

En dépit de la proximité géographique entre le Royaume-Uni et l’Irlande, moins de 5%


ont décidé d’emprunter cette route.

Etre en situation irrégulière était décrit comme l’une des principales difficultés de la
communauté brésilienne. La peur d’être identifié par la police et en conséquence être
expulsé/reconduit, la non reconnaissance des qualifications en raison de la situation
irrégulière et être victime de l’exploitation d’employeurs étaient cités comme les
principaux problèmes résultant de cette situation.

La majorité des migrants irréguliers étaient indécis lorsqu’il leur était demandé combien
de temps ils comptaient rester au Portugal, en Belgique ou en Irlande ou quand ils
quitteraient l’UE. En fonction de ces données, nous soulignons différents types de
migration entre les pays ; l’Irlande illustre l’exemple d’une vague migratoire soudaine qui
reflue actuellement, la Belgique se caractérise par une indécision entre ceux qui veulent
rester et ceux qui sont forcés de partir ; le Portugal est une destination finale, un pays de
transit et de ré-émigration mais au sein duquel plusieurs vagues de migrants brésiliens
permettront de renouveler et de rajeunir le contingent migratoire.

Si l’on considère la situation professionnelle des personnes interrogées avant leur


migration, nous pouvons avancer le fait qu’environ 38% des interviewés ayant répondu à
cette question ne travaillaient pas avant de migrer en Europe. Il est clair que le manque de
travail n’est pas le principal mécanisme déclencheur de la migration, mais les conditions
précaires de rémunération dans le pays d’origine comparées aux rémunérations dans le
pays d’accueil. En fait si l’on mène une analyse un peu plus avancée, l’émigration des
Brésiliens peut être expliquée par le manque d’opportunités sur le marché du travail, la
croissance du secteur informel et les faibles niveaux de salaires au Brésil. D’un autre
côté, dans les pays d’accueil, la disponibilité du travail non qualifié, à savoir pour les
hommes les emplois dans la construction et pour les femmes dans le secteur du ménage,
étaient des facteurs déclencheurs (pull factors). Bien qu’ils ne disposaient pas de contrats
de travail (ou même de promesses de contrats) lorsqu’ils étaient dans leur pays d’origine,
les migrants brésiliens savaient qu’il était relativement facile pour eux de trouver un

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travail dans chacun des pays étudiés, surtout par l’intermédiaire des sous-traitants. En
témoignent les exemples de sous-traitants brésiliens au Portugal et des sous-traitants
portugais en Belgique ou en Irlande.

Au Portugal, en Irlande ou en Belgique, il existe une corrélation positive entre le type de


visa et l’existence d’un contrat de travail. Dans le cas irlandais, la délivrance d’un visa
d’étudiant permet à un étudiant de travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant une
période donnée et plus de 40 heures durant les vacances. Cependant plus de 20% des
étudiants travaillant ne possèdent pas de contrat avec leur employeur. Entrer en tant que
touriste puis prolonger le séjour, d’un autre côté, semble conduire directement à un
emploi dans l’économie informelle. Il faut souligner l’intense activité de ce secteur telle
que le suggèrent ces données, surtout en Belgique où presque 70% des Brésiliens
travaillent dans l’économie informelle. Au Portugal, le grand nombre de travailleurs
disposant d’un contrat de travail peut être relié à l’obligation légale de détenir un contrat
de travail en règle pour obtenir un permis de résidence. Cette exigence a pour la première
fois été établie en 1996 et a été suivie par des campagnes de régularisation successives
s’appuyant sur la même règle (Góis et Marques, 2005). Malgré cela, presque 32% des
Brésiliens au Portugal ne possèdent pas de contrat de travail.

L’existence d’une vaste économie souterraine constitue apparemment un facteur


particulièrement attrayant aux yeux des résidents de pays tiers souhaitant obtenir un
permis de travail et un permis de séjour dans l’UE. Ceux privés d’un permis de travail se
retrouvent de fait évincés du marché du travail formel. L’économie souterraine qui ne
requiert aucun document encourage directement l’immigration irrégulière. Loin de
constituer un effet de ce type de migration, l’économie souterraine apparaitrait comme
l’une de ses causes. On peut en déduire une relation entre la force et l’importance de
l’économie informelle et l’attraction exercée sur les immigrants brésiliens. La migration
irrégulière, dans le cas des Brésiliens prolongeant leur séjour en Europe, et « l’économie
informelle » sont directement liées.

La migration brésilienne vers les pays européens sélectionnés étudiés peut être divisée en
au moins deux types. Le premier peut être défini comme une (stratégie de) migration pour
raison familiale et tend à se réaliser au Portugal et en Belgique. Le second type est une
(stratégie de) migration individuelle illustrée par le cas irlandais. La phase de
réunification familiale qui succède habituellement à celle de migration professionnelle est
déjà très avancée dans les cas belge et portugais si on la compare à l’Irlande. Pour ces
seules raisons on prévoit un accroissement du volume total des Brésiliens arrivant au
Portugal et en Belgique à moyen et long terme aussi bien qu’un déclin du volume total
des migrants brésiliens en Irlande à court et moyen terme.

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Introduction
La République fédérale du Brésil est située au centre-est de l’Amérique du Sud. Le Brésil
est un pays vaste couvrant près de 45% de la surface de l’Amérique du Sud. Il est bordé
par la Guyane française, la Guyane, le Venezuela et le Suriname au nord, la Colombie au
nord-ouest, le Pérou, la Bolivie, le Paraguay et l’Argentine à l’ouest, l’Uruguay au sud et
l’océan Atlantique à l’est. Le pays est divisé en 26 Etats et un district fédéral où se situe
la capitale, Brasilia (Jefferson, 2005).

Le Brésil est aussi un pays d’une infinie diversité. Sa culture puise dans les traditions des
Portugais, des peuples africains ainsi que dans les multiples traditions indigènes. Depuis
le dix-neuvième siècle, des vagues de migrants (Italiens, Allemands, Espagnols, Libanais,
Ukrainiens et autres) ont contribué à cette diversité. Bien que les données disponibles ne
soient pas totalement fiables, on sait qu’entre 1836 et 1968, les contingents de migrants
les plus importants vers le Brésil ont été les Portugais et les Italiens – soit 1,38 million de
personnes. Ce groupe était suivi par les migrants espagnols, allemands et japonais, qui
ensemble ont représenté environ 1 220 000 personnes, puis par un troisième groupe de
migrants : Russes, Autrichiens, Turcs, Polonais et Français – représentant un total de
400 000 personnes. En tout, cela signifie qu’environ cinq millions de personnes de
différentes parties d’Europe et d’Asie ont immigré au Brésil. Il faut aussi prendre en
considération le fait que la période suivant la Seconde Guerre mondiale fut une période
de restriction des migrations au Brésil, entraînant un flux migratoire net proche de zéro
entre l’après-Seconde Guerre mondiale et les années 1970.

L’expérience historique relative aux migrations fait du Brésil un pays d’accueil classique
sans tradition d’émigration. Cependant en 2000, selon Baeninger et Fusco (2005), le
Recensement Démographique enregistrait seulement 683 830 étrangers, pour la majorité
(213 203) des personnes nées au Portugal. Ainsi, une inversion récente des tendances
migratoires peut être observée, au point que le Brésil peut aujourd’hui être considéré
comme un pays de départ.

Selon plusieurs études (Sales 1992 et 1999, Assis 1999 et 2002, Martes 1999, Margolis
1993), le flux migratoire brésilien, qui commença par des mouvements sporadiques dans
les années 1970, s’est transformé en un mouvement migratoire démographiquement
significatif. Après les années 1980, il y a environ trente ans, le Brésil expérimenta pour la
première fois un flux migratoire net négatif, révélant que le pays vivait depuis cette
période un flux d’émigration important et continu. On estime qu’au moins 4 millions de
Brésiliens ont migré vers les Etats-Unis, l’Europe et le Japon ces dernières années.

En Europe, des communautés significatives de migrants brésiliens sont implantées en


Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse, de même qu’on observe une forte présence au
Portugal, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni et en France.

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Malgré le manque de données officielles sur la récente migration brésilienne, les


estimations de José Carvalho (1996) indiquent une forte augmentation de ces flux depuis
les années 1980. Selon l’auteur, les changements en matière de sexe et d’âge révélés par
le Recensement Démographique de 1991 pourraient s’expliquer par une perte de
population due aux facteurs migratoires. Si cela était le cas, entre 1981 et 1991, 1 180 000
femmes et 1 380 000 hommes de plus de 10 ans auraient quitté le pays. Des estimations
plus récentes (janvier 2001) du Ministère des Affaires étrangères montrent une baisse du
nombre de migrants brésiliens résidant à l’étranger, celui-ci restant néanmoins très élevé:
1 887 893 personnes ; leurs principales destinations étaient les Etats-Unis (799 203
individus); le Paraguay (454 501); le Japon (224 970); l’Allemagne (60 403); le Portugal
(51 590) et l’Italie (37 121). En 2008, lors d’une réunion tenue à Rio de Janeiro 2 (la
première conférence des communautés de Brésiliens résidant à l’étranger), une estimation
maximale d’environ 3,8 millions de migrants brésiliens fut présentée, dont les principales
communautés étaient installées aux Etats-Unis (1 190 000), au Paraguay (515 000), au
Royaume-Uni (300 000), au Japon (311 000), au Portugal (160 000), et en Espagne
(150 000).

La migration brésilienne vers les pays de l’Union européenne diffère partiellement des
schémas de migration vers les Etats-Unis et substantiellement de ceux vers le Japon et le
Paraguay. Il ne s’agit pas seulement d’un mouvement en grande partie composé de
Brésiliens issus de la classe moyenne et provenant des grands centres urbains. Elle
comprend également un grand nombre de personnes issues des classes moyennes
inférieures, de jeunes hommes et femmes semi ou non qualifiés, provenant à la fois des
centres urbains et des zones rurales, des Etats du littoral et de l’intérieur du Brésil 3
(Laheiros, 2007). Les flux migratoires brésiliens comportent des spécificités selon les
lieux de destination et reflètent de nombreuses différences en fonction des Etats brésiliens
dont ils sont issus.

Concernant le Portugal, le nombre de Brésiliens y résidant ne fut jamais très important


mais depuis les années 1980 cette situation s’est inversée et le Portugal a été témoin
d’une augmentation régulière du flux de migrants brésiliens. Le choix du Portugal comme
pays de destination a été probablement favorisé par la langue commune et les affinités
culturelles partagées entre Portugais et Brésiliens, de même que par le facteur émotionnel
de l’existence possible – réelle ou imaginaire – d’un ancêtre portugais. Des facteurs plus
concrets pourraient résider dans l’espoir d’une familiarité et les bénéfices du statut
spécial accordé par le Portugal aux citoyens brésiliens. Comme destination, le Portugal
offre également d’autres avantages tels que la facilité pour des migrants brésiliens en

2
Cf. I Conferência das Comunidades Brasileiras no Exterior
http://www.abe.mre.gov.br/mundo/america-do-sul/republica-federativa-do-brasil/subsecretaria-geral-das-
comunidades-brasileiras-no-exterior/informacoes/i-seminario-sobre-as-comunidades-brasileiras-no-exterior
3
Le Brésil est un des plus grands pays du monde, il couvre plus de 8 millions de km², soit à peu près la
taille des Etats-Unis d’Amérique. Il est divisé en 5 grandes régions et en 26 Etats ainsi qu’un district
fédéral: la Région Nord (Rondônia, Acre, Amazonas, Roraima, Pará, Amapá et Tocantins), le Nord-Est
(Maranhão, Piauí, Ceará, Rio Grande do Norte, Paraíba, Pernambuco, Alagoas, Sergipe et Bahia), le Sud-
Est (Espírito Santo, Minas Gerais, Rio de Janeiro et São Paulo), le Sud (Paraná, Santa Catarina et Rio
Grande do Sul) et le Centre-Ouest (Distrito Federal, Goiás, Mato Grosso do Sul et Mato Grosso).

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situation irrégulière de vivre dans le pays étant donné qu’ils ont la possibilité de se fondre
rapidement dans la société. La première vague de migration brésilienne au Portugal dans
les années 1980 était essentiellement constituée de jeunes travailleurs hautement qualifiés
tels que des dentistes, publicitaires, ingénieurs et médecins. Cependant, le flux de
migrants brésiliens s’est modifié au cours des années 1990 essentiellement à cause de la
demande du marché du travail portugais et les migrants commencèrent dès lors à se
concentrer sur les secteurs de la construction et des services (la restauration, le nettoyage
et le commerce).

Si le Portugal représente pour beaucoup de Brésiliens un pays de destination pour les


raisons mentionnées ci-dessus, d’autres le considèrent souvent comme un pays de transit
pour rentrer sur le territoire européen ou comme une étape vers d’autres destinations tels
les Etats-Unis. D’autres pays européens sont également concernés par le phénomène de la
migration irrégulière brésilienne, soit comme pays de transit ou comme pays de
destination finale. La Belgique et l’Irlande appartiennent à ce dernier groupe de pays visé
par la nouvelle migration brésilienne.

L’Irlande, jusqu’à très récemment, était un pays marqué par un fort taux d’émigration.
Cependant, au cours des 15 dernières années le pays a connu une période de croissance
économique rapide, devenant l’une des économies les plus riches du monde et une
destination privilégiée pour de nombreux migrants. En moins de 20 ans, le niveau
d’immigration a atteint un tel point qu’il constitue désormais une caractéristique
incontournable de la démographie du pays.

La première vague de migrants brésiliens arriva en Irlande en 1999. En provenance de


l’Etat de Goiás, ce groupe de travailleurs brésiliens fut directement recruté au Brésil par
des compagnies irlandaises de transformation de la viande. Trois ans plus tard, en 2002,
le recensement enregistrait 1 075 Brésiliens dans le pays (CSO 2002) et en 2006 ce
chiffre atteignait les 4 388 (CSO 2006). Aujourd’hui, les représentants de la communauté
et les ONG estiment qu’environ 20 000 à 30 000 Brésiliens résident dans le pays.

Il est important de mentionner que les caractéristiques sociales et démographiques des


communautés brésiliennes de la zone de Dublin varient considérablement de celles des
autres communautés établies dans d’autres centres urbains du pays ou dans des zones
rurales ou semi-rurales. Selon les représentants communautaires, les migrants brésiliens
vivant dans la zone du grand Dublin sont, dans leur majorité, de jeunes adultes éduqués
ayant obtenu des visas d’étudiants. D’un autre côté, les communautés en dehors de la
zone du grand Dublin sont, selon ces mêmes sources, généralement des travailleurs
migrants étant arrivés sur le sol irlandais avec un visa de tourisme et s’étant maintenus
sur le territoire au-delà de la période légale de séjour. Ce sont aussi des migrants ayant pu
entrer sur le territoire avec un permis de travail et s’étant retrouvés par la suite en
situation irrégulière.

L’immigration brésilienne en Belgique a débuté dans les années 1960 avec l’arrivée de
réfugiés politiques, d’artistes, de joueurs de football et d’étudiants. Depuis les années
1980, du fait des changements politiques qui ont eu lieu au Brésil, cette première vague

13
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

est retournée au Brésil et a diffusé l’idée que le Brésil était un lieu de migration
intéressant. Dans le même temps, les développements de relations entre les deux pays a
favorisé la migration de personnes qualifiées, s’installant avec leur famille dans le pays et
travaillant pour des multinationales ou les institutions internationales. La crise
économique au Brésil dans les années 1990 a encouragé une nouvelle vague de migration
vers la Belgique ; les migrants comptaient à la fois des travailleurs qualifiés et peu
qualifiés qui, dans certains cas, ont amené leur famille avec eux. Cette dernière vague est
intervenue après 2001 et peut s’expliquer par le fait qu’elle résulte d’une modification des
flux de migration qui privilégiaient auparavant d’autres destinations migratoires et qui
désormais en choisissent de nouvelles.

Seules des estimations peuvent être obtenues sur la taille réelle de la communauté en
Belgique, mais aucune de celles que nous avons entendues n’était basée sur une méthode
de traçabilité. Les estimations mentionnées par les représentants communautaires
variaient entre 10000 et 50000 individus. Au début 2008, seuls 4000 Brésiliens étaient
enregistrés auprès des Communes.

14
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

1. Présentation générale du rapport


L’objectif de ce projet de recherche de 6 mois, ainsi que du projet de 12 mois lui
succédant, sur l’Assistance au Retour Volontaire est de contribuer aux efforts de l’Union
européenne et des Etats participants, à savoir la Belgique, l’Irlande et le Portugal, pour
renforcer les mécanismes existants dans le domaine de l’assistance des migrants
brésiliens en situation irrégulière en vue de leur retour volontaire au Brésil. La recherche
constitue une source riche d’information sur le développement de contacts approfondis
avec les migrants brésiliens en situation irrégulière et la manière d’adapter les
programmes d’assistance au retour volontaire à cette communauté. En outre, elle fournit
des indicateurs sur les moyens de transmettre l’information à cette communauté
particulière de migrants.

Objectifs du Projet

Ce projet de 18 mois réalisé par l’OIM cherche à renforcer les efforts de l’Union
européenne et des Etats membres sélectionnés dans la promotion de l’option du retour
volontaire vers les pays d’origine des migrants en situation irrégulière et désireux d’y
prendre part. Ce projet s’adresse aux ressortissants brésiliens résidant ou travaillant en
Belgique, au Portugal et en Irlande, plus particulièrement aux migrants en situation
irrégulière.

A travers une approche intégrée, le projet comprend les composantes suivantes :


1. Mener une recherche sur les schémas de migrations brésiliennes vers et à
l’intérieur de l’Union européenne, avec un accent particulier sur les Etats
membres participants ;
2. Partager les résultats de la recherche et les recommandations avec les partenaires
appropriés impliqués dans l’accueil, l’assistance et le conseil aux migrants
brésiliens en situation irrégulière dans les pays participants.
3. Organiser l’assistance au retour volontaire des migrants en situation irrégulière
depuis les pays sélectionnés vers le Brésil.

Afin de remplir l’objectif de cette recherche, le projet repose sur une variété de
méthodologies. L’équipe de recherche dans les trois pays de destination a associé l’usage
de données quantitatives avec des entretiens qualitatifs d’informateurs-clé. La
combinaison de ces différentes méthodologies a permis de rassembler des données à la
fois quantitatives et qualitatives déterminantes pour accroître la compréhension de la
récente migration brésilienne au Portugal, en Irlande ou en Belgique, et particulièrement
pour les migrants en situation irrégulière vivant dans ces pays.

Les trois pays-hôtes choisis, la Belgique, l’Irlande et le Portugal, sont des pays où le
groupe-cible possède une présence importante et grandissante et où on peut observer une
demande croissante pour les programmes d’Assistance au Retour Volontaire (ARV) de la
part de migrants brésiliens en situation irrégulière. Les partenaires impliqués dans le
projet sont le Service des Etrangers et de Frontières au Portugal (Serviço de Estrangeiros

15
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

e Fronteiras, SEF), le Ministère de la Justice irlandais (Department of Justice, Equality


and Law Reform) et l’Agence Fédérale pour la Réception des Demandeurs d’Asile
(FEDASIL) en Belgique.

Définition du groupe-cible

Pour les besoins de cette recherche, les « migrants en situation irrégulière » sont définis
comme une catégorie d’individus ayant pénétré et/ou s’étant maintenue dans un des pays
sélectionnés de l’Union européenne en dehors des voies officielles réglementées et
approuvées pour l’entrée, le travail et/ou la résidence. Un migrant en situation irrégulière
est une personne entrée dans l’un des pays sélectionnés de l’UE sans les documents
légaux requis ou étant arrivée dans les pays de l’UE sélectionnés légalement, par exemple
comme étudiant ou touriste, mais s’étant maintenue dans le pays après l’expiration du
visa. En termes pratiques, ce groupe est constitué des personnes passibles d’expulsion
pour des motifs liés à leur statut migratoire.

Définition de « migrant en situation irrégulière » à l’OIM

Selon le Glossaire des Migrations de l’OIM, un migrant en situation irrégulière est une
personne qui, en raison d’une arrivée irrégulière ou de l’expiration de son visa, ne jouit
pas d’un statut légal dans le pays de transit ou de destination. Cette appellation inclut les
migrants qui ne respectent pas les règles d’admission d’un pays ou toute autre personne
non autorisée à rester dans un pays d’accueil (également appelés clandestins/migrants
illégaux/sans papiers).

La migration irrégulière est définie comme un mouvement contrevenant aux normes de


régulation du pays d’origine, de transit ou de destination. Il n’y a pas de définition
universellement acceptée de la migration irrégulière. Dans la perspective du pays de
destination, il s’agit de l’entrée, du séjour et du travail illégal dans le pays, impliquant
que le migrant n’a pas les autorisations nécessaires ou les documents requis selon les lois
d’immigration pour entrer, résider et travailler dans le pays en question. Dans la
perspective du pays d’origine, l’irrégularité est avérée par exemple lorsqu’une personne
franchit une frontière internationale sans un passeport ou document de voyage valide ou
ne remplit pas les exigences administratives pour quitter le pays. Il existe une tendance à
restreindre l’usage du terme « migration illégale » aux cas de traite des personnes et au
trafic illicite de migrants.

Définition en Belgique

En Belgique, plusieurs articles de la loi de 1980 4 réglementent l’accès et le séjour sur le


territoire belge. Dans cette loi, aucune définition concrète de « migrant en situation
irrégulière » ou de « séjour irrégulier » n’a pu être trouvée. Cependant, en pratique, tous
4
Loi du 15 décembre 1980 sur l’accès au territoire, le séjour, l’établissement et l’éloignement des
étrangers.

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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

les étrangers ne se conformant pas au règlement sur l’accès légal et le séjour sur le
territoire belge sont considérés comme « migrants en situation irrégulière ». Dans le cas
des Brésiliens arrivant en Belgique, ils peuvent entrer dans le pays avec un passeport
valide et séjourner en tant que touristes pour une période de trois mois. S’ils ne possèdent
pas de visa valide et restent sur le territoire au-delà des trois mois, leur situation
administrative devient irrégulière. Pendant les trois mois de séjour touristique, les
étrangers ne sont pas autorisés à travailler.

Définition en Irlande 5

En droit irlandais, il n’y a pas en soi de définition du migrant irrégulier en tant que telle.
Il existe cependant deux définitions en vigueur encadrant le concept d’irrégularité dans
l’Etat irlandais. L’Illegal Immigrants (Trafficking) Act de 2000, définit un « immigrant
illégal » comme un ressortissant étranger entrant, cherchant à entrer ou étant entré sur le
territoire illégalement. Un ressortissant étranger est une personne citoyenne d’un pays
différent de son lieu de résidence et est défini dans l’Acte d’Immigration de 1999 comme
« une personne n’étant pas un citoyen d’Irlande », remplaçant le terme d’« étranger »
employé dans l’Aliens Act de 1935.

Afin de rester sur le territoire irlandais, un ressortissant d’un pays tiers non membre de
l’UE devra y être autorisé et obtenir un cachet d’immigration. Néanmoins, les services
d’immigration se réservent le droit de délivrer ou de refuser les cachets aux différentes
catégories d’individus, et cela à leur discrétion. Les services d’immigration ont le droit de
délivrer ou de refuser la permission de rester sur la base du cas par cas. Une personne
peut se voir autoriser à demeurer sur le territoire bien que la description sur le cachet
d’immigration (voir le tableau ci-dessous) ne donne aucune assurance qu’un individu
correspondant à l’une des catégories obtiendra le cachet indiqué.

5
Notons que la loi sur l’Immigration, la Résidence et la Protection est actuellement en cours de discussion
au sein des Chambres irlandaises du Parlement, et, une fois adoptée, présentera une révision majeure de
toutes les lois sur l’immigration et les réfugiés.

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Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Tableau 1 6 : Principaux cachets d’immigration en Irlande


- Les parents non ressortissants de l’EEE d’un enfant irlandais
Principaux cachets d’immigration Principales catégories
s’étant vus accorder de personnes de
l’autorisation autorisées à séjourner
rester dans l’Etat
Cachet 1
- La famille non ressortissante de l’EEE d’un citoyen de l’UE
- Non ressortissant de l’EEE en possession d’un permis de travail
Cette personne est autorisée à demeurer/rester en Irlande à lorsque les membres de la famille remplissent les conditions des
condition que le titulaire ne travaille pas sauf si l’employeur a - Non ressortissant
Régulations de Communautés
2006 des l’EEE en possession d’une Carte
européennes Verte
(Liberté de
obtenu un permis, ne s’engage dans aucune affaire ou - Non ress
circulation
ortissantdes
de personnes
l’EEE ayant– N°2
obtenu
– S.I
la 656
permission
de 2006)
de gérer
profession sans la permission du Ministère de la Justice une affaire dans l’Etat
(Department of Justice, Equality and Law Reform) et ne s’y - Les personnes en possession d’une autorisation de travail en
maintienne pas au-delà de la date indiquée. vacances, saisonnier
Cachet 1A
Cette personne est autorisée à rester en Irlande dans le but - Non ressortissant de l’EEE étudiant la comptabilité
d’une formation à temps complet avec un organisme
déterminé et jusqu’à une date indiquée.
Cachet 2
Cette personne est autorisée à rester en Irlande pour
poursuivre ses études à la condition que le titulaire ne
s’engage dans aucune affaire ou profession autre que du
travail temporaire (définit comme 20 heures par semaine - Non ressortissant de l’EEE suivant des études à plein temps
pendant la période scolaire et jusqu’à 40 heures par semaine
pendant les vacances) et ne s’y maintienne pas au-delà de la
date indiquée. De plus, la personne n’a recours à aucun
financement public sauf indication contraire.
Cachet 2A
Cette personne est autorisée à rester en Irlande pour
poursuivre ses études à la condition que le titulaire ne - Non ressortissant de l’EEE suivant des études non reconnues par
travaille pas, ne s’engage dans aucune affaire ou profession, le Ministère de l’Education et des Sciences
n’ait recours à aucun financement public et ne s’y maintienne
pas au-delà de la date indiquée.
Cachet 3
- Les visiteurs non ressortissants de l’EEE
- Les personnes retraitées indépendantes financièrement non
Cette personne est autorisée à rester en Irlande à condition ressortissantes de l’EEE
qu’elle ne travaille pas, ne s’engage dans aucune affaire ou
profession et ne s’y maintienne pas au-delà de la date - Les Membres d’ordres religieux et de Ministères religieux non
indiquée. ressortissants de l’EEE
- Les épouses/personnes à charge d’un détenteur d’un permis de
travail
Cachet 4
- Les membres de la famille non ressortissants de l’EEE d’un
Cette personne est autorisée à rester en Irlande jusqu’à une citoyen de l’EEE
date déterminée. - L’épouse non ressortissante de l’EEE d’un citoyen irlandais
- Les réfugiés
- Les personnes non ressortissantes de l’EEE accédant au
regroupement familial en vertu du “Refugee Act” de 1996
- Le programme Réfugié

6
http://www.inis.gov.ie/en/INIS/Pages/Stamps

18
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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Définition d’un « migrant en situation irrégulière » au Portugal

Au Portugal, la Loi 23 de 2007 régule l’entrée, la résidence, la sortie et le séjour des


migrants. Selon l’article 14 de la Loi 23 de 2007, le citoyen étranger entrant au Portugal
par une frontière sans être contrôlé a l’obligation de déclarer son entrée dans un délai
maximum de trois jours. Sous cette loi, les types de visas ont été simplifiés : les huit
sortes de visas (permis de travail, d’études, de séjour temporaire, autorisation de travail,
autorisation de résidence et autorisation de séjour) que la loi portugaise prévoyait sont
actuellement regroupés dans un système à deux volets, comprenant seulement un permis
de résidence temporaire et un permis de résidence permanente.

Selon le Service portugais des Etrangers et de Frontières (SEF), il n’existe pas de


définition d’« immigration irrégulière » dans la loi portugaise. Toutefois, la loi définit les
conditions de régularisation pour un migrant ayant dépassé la période de validité de son
visa. Et contrairement aux critères établis par la Loi 23 de 2007, il est possible de
distinguer les situations dans lesquelles un migrant peut être considéré comme étant en
« situation irrégulière ».

Etapes de la recherche

Afin de recueillir de l’information et des données, le segment recherche du projet fut


développé en plusieurs étapes : la première, qui se déroula de mars à juillet 2008, se
concentra sur les sources secondaires, la tenue d’entretiens qualitatifs et la mise en place
du réseau de contacts ; la seconde phase, d’août à mi-octobre 2008, comprenait la
conception et la finalisation des questionnaires ; et la troisième et dernière phase, de mi-
octobre 2008 à début février 2009, se centrait sur l’analyse des données ainsi que la
présentation de la recherche à la conférence internationale de Lisbonne en novembre
2008 et au workshop national à l’OIM Bruxelles en janvier 2009.

Première phase : entretiens, contacts et réseau

Cette phase fut définie comme une première évaluation, bien que non
représentative/déterminante, dans le but de cerner les principales caractéristiques et les
principaux problèmes des migrants brésiliens en situation irrégulière au Portugal, en
Belgique et en Irlande. La principale méthodologie de recherche adoptée fut la réalisation
d’entretiens informels avec des personnes travaillant avec ou appartenant à la
communauté brésilienne ainsi qu’avec des représentants d’organisations
gouvernementales ou non-gouvernementales. Ce panel comprenait les agences
gouvernementales portugaises, belges et irlandaises s’occupant des étrangers et de la
politique migratoire aux niveaux national et local, les associations de migrants,
particulièrement celles mettant l’accent ou traitant habituellement avec la migration
brésilienne et les migrants brésiliens, d’autres associations non-gouvernementales, y
compris des associations sans but lucratif s’occupant des minorités ethniques, et les
ambassades et consulats brésiliens au Portugal, en Belgique et en Irlande.

19
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

L’objectif principal était de recueillir des informations déterminantes sur la migration


brésilienne provenant d’informateurs-clé et d’acteurs institutionnels. En parallèle, ces
éléments ont permis de mieux définir la recherche au sein de l’enquête globale et ont
également contribué à concevoir le questionnaire puisque le contenu et le nombre total de
questionnaires distribués allaient dépendre de certaines informations décisives recueillies
lors de cette phase.

Les premières réunions avec les représentants de la communauté au Portugal, en Belgique


et en Irlande eurent lieu dans le but d’élaborer le profil des Brésiliens dans ces pays, y
compris leur situation géographique, la taille des communautés, l’équilibre hommes-
femmes et le statut socio-économique. Ces réunions ont également fourni de
l’information générale sur les schémas de migration des Brésiliens dans les trois pays
étudiés. Vu le caractère sensible de la recherche – en raison des nombreux travailleurs
brésiliens sans documents légaux ou en situation irrégulière en Belgique, en Irlande et au
Portugal -, les autorités religieuses, les représentants et dirigeants communautaires se sont
révélés des sources d’information déterminantes. Ils ont également fourni des conseils
pour les questionnaires, sur les types de questions pouvant être inappropriés et
susceptibles de créer des problèmes pour obtenir des réponses. Les principaux résultats de
cette phase de la recherche sont présentés dans les cadres suivants.

20
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Cadre 1
Premières conclusions tirées des entretiens avec les chefs de la communauté en
Belgique

Les rencontres avec les dirigeants communautaires tels que les pasteurs brésiliens ont
permis de recueillir des informations générales sur la communauté. A la question sur le
nombre de Brésiliens fréquentant leur église, plusieurs pasteurs répondirent entre 20 et
600. Ils ont décrit leur communauté comme constituée d’hommes et de femmes
célibataires, de couples et de foyers jeunes, avec des enfants amenés depuis le Brésil ou
nés en Belgique. Les ménages, la construction ou la garde d’enfants/personnes âgées
furent mentionnés comme les secteurs professionnels de la communauté, avec souvent
des employeurs de nationalité portugaise ou brésilienne. Un pasteur expliqua qu’il était
plus simple pour les femmes que pour les hommes de trouver un travail. Selon les
pasteurs, les problèmes les plus fréquemment rencontrés par les Brésiliens sont le
chômage, les employeurs ne versant pas le salaire promis, la difficulté d’obtenir la
régularisation du séjour et les contrôles de police pouvant déboucher sur la détention et
l’expulsion de ceux se trouvant en situation irrégulière.

« La plupart des Brésiliens souhaitent rester en Belgique » fut la substance commune aux
discours des pasteurs. Ceux-ci expliquèrent qu’après avoir séjourné en Belgique pendant
quelques années de manière provisoire, les personnes commençaient à s’intégrer et ne
souhaitaient plus repartir. Les raisons principales évoquées pour demeurer en Belgique
étaient la scolarisation des enfants, les difficultés à améliorer la situation économique au
Brésil ainsi que les problèmes de sécurité rencontrés là-bas. Une autre raison était la
difficulté à se réintégrer et à trouver un travail au Brésil, « ce qui est toujours difficile et
presque impossible si vous avez plus de 40 ans ou si vous avez quitté le pays », selon l’un
des pasteurs. Un autre pasteur expliqua que certaines personnes étaient rentrées au Brésil
après quelques années, mais étaient revenues une fois de plus en Belgique après avoir
constaté sur place que la situation économique ne s’était pas améliorée.

Le fait d’être en situation irrégulière fut cité comme l’une des principales difficultés
rencontrées par la communauté brésilienne. La peur d’être identifié par la police et
expulsé en conséquence, la non-reconnaissance des qualifications du fait de la situation
irrégulière, et le fait d’être victimes d’exploitation de la part des employeurs furent
mentionnés comme les principales conséquences négatives de cette situation. Un pasteur
mentionna qu’il était au courant que de nombreux Brésiliens avaient entamé leur
demande de régularisation auprès des Communes, mais qu’ils étaient toujours en attente
de réponse.

Selon les pasteurs, les Brésiliens ne sont pas bien informés des possibilités légales
offertes et il semble qu’il existe un malentendu commun au sein de la communauté : une
famille pourrait régulariser son séjour en donnant naissance à un enfant sur le territoire.
Cependant, en réalité, un enfant né en Belgique de parents étrangers en situation
irrégulière peut uniquement obtenir la nationalité belge s'il n'arrive pas à obtenir d'autre
nationalité et se retrouverait donc apatride. Depuis la réforme de la loi en 2006, la

21
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

nationalité belge ne peut plus être obtenue uniquement parce que les parents ne se sont
pas rendus à leur consulat afin d’octroyer la nationalité au le nouveau-né 7 . Néanmoins,
les enfants en situation irrégulière ont le droit d’être scolarisés en Belgique.

Cadre 2
Premières conclusions tirées des entretiens avec les dirigeants communautaires en
Irlande

C’est une remarque commune à toutes les ONG et prestataires contactés : les Brésiliens
n’accèdent à l’assistance qu’au moment où ils rencontrent un problème et tous
s’accordent à dire que la plupart du temps il est alors trop tard pour agir. Les migrants
sont dans l’incapacité d’accéder à ces services du fait de leur situation irrégulière, mais
aussi parce qu’ils vivent dans la peur, en marge de la société, isolés. Cette situation est
aggravée par le fait que les migrants en situation irrégulière tendent à se concentrer dans
les zones rurales, travaillant habituellement dans la construction ou dans les fermes où il
est facile de rester discret et « invisible ». L’accès aux soins médicaux est un autre
problème majeur. Beaucoup de Brésiliens préféreraient rester en Irlande, continuer à
travailler et ne pas recevoir de traitement plutôt que de rentrer au Brésil et de perdre
l’opportunité de séjourner et de travailler. Ils sont conscients que très probablement un
permis de séjour ne leur sera pas accordé la prochaine fois qu’ils essayeront d’entrer sur
le territoire.

Selon un dirigeant communautaire interrogé, « la manière dont l’information est


transmise à la communauté brésilienne pose problème ». Cela devient particulièrement
problématique en raison de l’influence des passeurs et des intermédiaires, qui sont
généralement eux-mêmes mal informés. Ainsi, même si une petite partie de ces
connaissances se répand loin, cette situation peut s’avérer dangereuse. La relation entre
information et pouvoir doit être examinée de près lorsque l’on traite d’une communauté.
Les Brésiliens se fient au bouche-à-oreille et aux intermédiaires, laissant généralement la
porte ouverte aux malentendus et aux mauvaises interprétations. Par conséquent,
l’information devrait toujours être accompagnée par des supports imprimés et des
sessions d’informations devraient toujours être organisées par un membre extérieur, sans
lien direct avec la communauté.

En raison de la nature de la communauté brésilienne, généralement organisée autour des


réseaux sociaux, l’information sur les programmes de l’OIM est communiquée de façon
informelle dans les communautés locales par le biais du CABI (Centro de Apoio aos
Brasileiros na Irlanda), des prêtres catholiques irlandais et des pasteurs évangéliques.
Bien que des sessions d’information soient organisées par l’OIM avec les principales
ONG et les prestataires de services à travers le pays, les migrants brésiliens tendent à
privilégier l’information transmise par les sources informelles mentionnées ci-dessus
plutôt que d’approcher les organisations officielles.

7
Article 10 du Code de la nationalité belge

22
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Seconde phase : Conception de la recherche et échantillonnage

Cette recherche fut menée en utilisant des approches multiples pour le recueil des
données, à travers des sources secondaires de documentation et des entretiens
exploratoires. En outre, une enquête fut menée à partir de questionnaires sur papier à
remplir individuellement ou au cours d’entretiens en face-à-face pour les personnes
illettrées ou rencontrant d’autres besoins spécifiques. Les différentes caractéristiques de
la population étudiée, la nature à la fois simultanée et internationale de la recherche ainsi
que la répartition géographique des personnes ayant répondu aux dits questionnaires dans
les pays étudiés ont rendu nécessaire l’utilisation de différents modes de recueil des
données. Cette méthodologie fut adoptée afin d’atteindre des catégories aussi diverses
que possible, cela dans le but de remplir l’objectif fixé, à savoir obtenir des réponses
reflétant cette diversité.

En essayant d’identifier les personnes de référence capables de diffuser l’information à la


communauté brésilienne en Belgique et en Irlande, il est clairement apparu qu’il existait
un manque de réseaux brésiliens bien établis en comparaison avec le Portugal. Un long
travail de proximité fut ensuite effectué, identifiant les organisations et les individus
travaillant avec les Brésiliens. Tous les contacts furent enregistrés dans une base de
données qui pourrait être mise à disposition pour des projets futurs, selon les principes de
protection des données de l’OIM. Les données recueillies au cours de cette recherche et à
travers ses différentes phases, comparant différents pays à un moment donné, en utilisant
les mêmes méthodologies et avec les mêmes objectifs, représentent une première
approche dans la compréhension de la migration brésilienne en Europe.

L’échantillon

Dans la proposition de recherche à l’origine de cette étude, le groupe-cible était défini


comme « les migrants en situation irrégulière » en provenance du Brésil.

« Au commencement du projet, une recherche sur la migration irrégulière en provenance


du Brésil vers et au sein de l’Europe sera conduite dans l’objectif de disposer d’une
compréhension plus approfondie des mécanismes de migration irrégulière en provenance
du Brésil vers et à travers l’Europe et de formuler des suggestions appropriées à
destination de tous les acteurs concernés »

La terminologie liée à la migration irrégulière est sujette à controverse. Sont largement


employés les termes « illégal » (« illegal »), « sans-papier » (« undocumented »), « non-
autorisée » (« unauthorized ») et « irrégulière » (« irregular »). L’utilisation du terme
« illégale » est contraire aux recommandations de l’Organisation Internationale du
Travail qui a appelé tous ses Etats membres à éviter cette terminologie (OIT, 2001). Dans
cette recherche, l’emploi du terme « irrégulier » a été préféré pour décrire de la façon la
plus appropriée la catégorie d’individus étant entrés et/ou restant dans un des pays

23
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

européens sélectionnés, en dehors des voies officiellement règlementées et autorisées


pour l’entrée et le séjour. En outre le terme de « migrant illégal » occulte les nombreuses
représentations que les individus se font de leur situation. Ainsi que les gouvernants et les
chercheurs le reconnaissent, ceux qui entrent avec des documents frauduleux ou falsifiés
ne représentent pas la totalité des individus, ils ne représentent même pas la majorité des
migrants irréguliers. Bien des migrants irréguliers sont des résidents irréguliers, non des
entrants irréguliers – soit des gens étant entrés de façon régulière mais dont la permission
de rester dans le pays a expiré ou été invalidée (Gibney, 2000). De plus, les frontières
entre migration régulière et irrégulière sont tout sauf statiques. En effet, la recherche
récente montre qu’au cours d’un même voyage ou processus migratoire, un migrant peut
évoluer de la régularité à l’irrégularité ou vice-versa (IPR, 2006).

Eviter le piège de « l’échantillonnage selon une variable dépendante »

Les questions sur les meilleurs moyens d’étudier la migration irrégulière soulèvent des
problèmes méthodologiques et éthiques complexes. On pourrait paraphraser Alejandro
Portes et al. (2002) qui ont radicalement critiqué la confiance des chercheurs dans les
études de cas qualitatives excluant des approches quantitatives aussi bien que
l’échantillonnage selon une seule variable dépendante – deux tendances qui rendent
difficile la mesure de l’importance du phénomène de la migration irrégulière. L’approche
selon une méthodologie mêlant le qualitatif et le quantitatif a déjà été expliquée
précédemment. Faire une recherche sur la migration irrégulière soulève aussi des
questions sur des méthodes éthiques et sur l’acquisition ou l’adéquation des données sur
des populations irrégulières ou vivant cachées.

D’abord émerge la question méthodologique des moyens d’éviter ce que dans la


littérature scientifique l’on connaît comme l’échantillonnage selon le piège d’une variable
dépendante. Bien des gens font l’erreur de se pencher sur les causes après avoir trouvé les
effets et une « Evaluation des modèles de migration brésilienne » qui aurait pour
intention de mener une recherche exclusivement sur les migrants irréguliers
correspondrait parfaitement à cette définition.

Deuxièmement, un des principaux défis portait, s’il avait fallu conduire une recherche
ayant pour objet le même groupe initial (les migrants brésiliens en situation irrégulière),
sur les moyens d’entrer en contact avec les répondants potentiels. Il n’aurait pas été
possible de commencer l’entretien par la question « êtes-vous un migrant régulier ? » Par
ailleurs nous ne disposions pas d’assez de temps pour interroger un grand nombre de
personnes puis de sélectionner par la suite les « migrants irréguliers ».

Afin d’éviter à la fois « le piège de l’échantillonnage selon une variable dépendante » et


de relever le défi que représentait le fait de trouver des migrants irréguliers, il a été décidé
d’interroger à la fois les migrants brésiliens réguliers et irréguliers dans chaque pays. Ces
stratégies ont permis de disposer d’un groupe de référence (control group) et de rendre
l’enquête réalisable dans un laps de temps court. L’enquête de terrain a débuté à la fin du
mois d’août et s’est achevée à la mi-octobre 2008.

24
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Des migrants brésiliens résidant au Portugal, en Belgique et en Irlande aussi bien en


situation administrative régulière qu’irrégulière ont été interrogés. L’enquête a été
conduite selon des approches multiples et s’est développée au moyen d’entretiens avec
les personnes-clé de la communauté, d’entretiens avec des personnes de référence 8
(leaders d’opinion) et au moyen de la dissémination et de la collecte de questionnaires.
Les personnes interrogées étaient habituellement recrutées par le biais de « personnes
clé » ainsi que nous l’avons ci-dessus expliqué. Un important travail d’établissement de
contacts a été effectué par les Responsables de recherche pour identifier les médias, les
églises, les ONG, les associations de migrants et autres types d’organisations ainsi que les
individus interagissant avec les Brésiliens et qui ont été préparés à participer à cette
recherche et/ou à distribuer des questionnaires.

Les données ont été collectées en utilisant à la fois des questionnaires à compléter soi-
même et, pour les personnes ayant des soucis d’alphabétisation ou d’autres besoins
spécifiques, des questionnaires ont été remplis lors d’entretiens en face-à-face. En
Belgique, du fait des difficultés éprouvées pour trouver des migrants brésiliens
disponibles pour répondre au questionnaire, la technique de l’entretien téléphonique a
aussi été utilisée. Différents modes de collecte de données se sont aussi avérés
nécessaires du fait de la diversité des personnes pouvant potentiellement être interrogées
et de l’objectif posé consistant à obtenir des réponses reflétant cette diversité.

Du fait de l’objectif préétabli d’obtenir un échantillon provisoirement représentatif et du


fait des contraintes temporelle et budgétaire ainsi que des difficultés pour atteindre la
taille de l’échantillon théorique requis (l’enquête vise une population inconnue et parfois
cachée) 9 , il a été initialement choisi de travailler avec un taux maximal de fiabilité de
95,5% (5% de marge d’erreur). Cependant, comme il n’existe pas de cadre
d’échantillonnage pour les Brésiliens migrants irréguliers présents au Portugal, en
Belgique ou en Irlande, il n’a pas été possible de faire un usage direct des techniques
habituelles de probabilité pour l’échantillonnage. Les quotas dans l’échantillonnage ont
donc été réalisés en fonction des dernières données statistiques disponibles sur les
migrants brésiliens légaux dans les trois pays. La sélection de la taille de l’échantillon
était à la fois liée aux « formules statistiques pour une très large population » (plus de
50000 individus) et basée sur les estimations maximales de « Brésiliens en situation
irrégulière » pour chaque pays, obtenues à partir des anciens entretiens qualitatifs réalisés
par le Responsable de recherche dans chaque pays. Ceci a l’avantage de la flexibilité mais
l’inconvénient de rendre difficile la validation de la représentativité et donc l’application
des conclusions aux sous-groupes.

8
Le terme personne de référence (multipliers) est ici utilisé pour désigner des individus ou des
organisations bien connus des Brésiliens au Portugal, en Belgique ou en Irlande et pouvant par là jouer un
rôle-clé dans la délivrance d’informations.
9
Avec ce type de population, le traditionnel échantillonnage limité de population n’est pas permis
essentiellement pour les raisons suivantes : la taille de la population N est inconnue et des listes exhaustives
de la population cible ne sont pas facilement disponibles, aussi la validation n’est pas possible ; de plus les
personnes requièrent généralement l’anonymat, et il se pose un problème de détectabilité.

25
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

La taille minimale de l’échantillon initialement calculée était de 1200 personnes, ce qui


garantissait une fiabilité de 95,5% et une marge d’erreur de 5% 10 . 1257 questionnaires
ont été validés. Malgré les efforts réalisés pour disposer du même nombre de
questionnaires dans chaque pays, 400 questionnaires ont été collectés en Irlande, 485 au
Portugal et 372 en Belgique.

Répartition régionale

La répartition régionale initiale des questionnaires à l’intérieur des trois pays était basée
sur les dernières statistiques disponibles de répartition régionale des résidents brésiliens
en situation régulière, selon le NUTS II 11,12 au Portugal et en Belgique, et selon la
répartition régionale, par province, enregistrée lors du recensement de 2006 en Irlande
(CSO 2006). Une distribution idéale des questionnaires fut élaborée en fonction de la
proportion des Brésiliens résidant légalement dans chaque région :

Pour le Portugal : Nord (68 questionnaires); Centro (68); Lisbonne et Vale do Tejo
(192); Alentejo (12), Algarve (48), Madeira (8) et Azores (4).
Pour l’Irlande, par Province: Leinster (156 questionnaires); Munster (52); Connacht
(176), partie d’Ulster (16).
Pour la Belgique: Région de Bruxelles-Capitale (187 questionnaires); Prov. d’Anvers
(52); Prov. du Limbourg (10); Prov. de Flandre orientale (22); Prov. du Brabant wallon
(19); Prov. du Hainaut (21); Prov. de Liège (24); Prov. du Luxembourg (5); Prov. de
Namur (5); Prov. du Brabant flamand (41); Prov. de Flandre occidentale (14).

Ces objectifs ne furent pas facilement atteints sur le terrain, cependant, à l’exception de la
Belgique où un nombre supplémentaire de questionnaires fut demandé à Bruxelles, les
différences constatées ne furent pas si importantes.

Le questionnaire et son contenu

Un questionnaire anonyme a été développé afin d’évaluer les caractéristiques, les


stratégies migratoires, l’insertion dans le marché du travail et l’intégration des migrants
brésiliens récemment arrivés en Belgique, au Portugal et en Irlande. La première ébauche
du questionnaire fut conçue en collaboration avec les trois responsables de recherche au

10
Etant donné le manque de chiffres exacts sur les migrants brésiliens résidant au Portugal, en Belgique et
en Irlande, il été fait appel à une formule statistique de calcul de l’échantillon destinée à des populations
infinies ou très importantes.
11
La classification a été introduite par l’Office statistique des communautés européennes (Eurostat) en
coopération avec les autres institutions européennes pour les besoins de classement des structures
territoriales unifiées. La structure de classification s’est basée sur les principes méthodologiques unifiés et
prend en compte la structure administrative de chaque pays (voir
http://ec.europa.eu/eurostat/ramon/nuts/basicnuts_regions_en.html).
12
Voir la liste de codes Eurostat disponible sur :
http://ec.europa.eu/eurostat/ramon/nuts/codelist_en.cfm?list=nuts

26
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Portugal, en Belgique et en Irlande et fut le résultat d’une série de discussions sur les
questions spécifiques à poser dans chaque pays.

La version précédant la version finale du questionnaire fut testée en organisant une série
de rendez-vous au cours desquels le document a été complété et détaillé et a donné lieu à
des réactions orales et écrites. Il a également été distribué pour connaitre les réactions
qu’il suscitait et pour être rempli par les représentants de la communauté et les migrants
brésiliens. La phase pilote consistait en la distribution d’une trentaine de questionnaires,
soit 10 par pays et était destinée à mieux définir la lisibilité et l’adaptabilité du
questionnaire aux contextes des différents pays. Il fut ensuite revu à partir des
commentaires recueillis. La version finale du questionnaire fut le résultat d’un consensus
après de nombreuses discussions entre les chercheurs et les chefs de projets dans les trois
pays. Le questionnaire fut adapté en portugais du Brésil afin de faciliter son utilisation.

Le questionnaire collectait essentiellement des données quantitatives mais comprenait


aussi des questions ouvertes. Les questions ciblaient les catégories suivantes
d’information : caractéristiques biographiques, conditions de vie dans le pays d’origine,
étapes de la migration, insertion sur le marché du travail dans le pays d’origine et dans le
pays d’accueil, difficultés rencontrées par le migrant, insertion dans la société d’accueil,
questions sanitaires et perspectives du migrant, y compris des questions sur les intentions
de retour et sur les programmes ARV de l’OIM. Le questionnaire consistait en une partie
centrale de 66 questions communes à chacun des trois pays et comprenait cinq questions
supplémentaires pour la Belgique et quatre pour l’Irlande. Les questions complémentaires
portaient, entre autres, sur les compétences linguistiques.

Afin d’atténuer la crainte ressentie par les Brésilien lorsqu’on les invitait à répondre, la
section du questionnaire conçue pour rassembler des données de référence sur chaque
personne telles que l’âge, le genre, les compétences linguistiques et de communication
venaient à la fin du questionnaire plutôt qu’au début selon la méthode traditionnelle. Il a
également été essayé de réduire au minimum le nombre de questions sur les informations
personnelles et cette catégorie d’informations recueillie pendant l’enquête fut traitée de
manière strictement confidentielle 13 .

La caractérisation démographique et géographique comprenait le sexe et l’âge, les types


de relations de couple et la vie de famille, la ville et la région d’origine au Brésil.

L’enquête sur les aspects socio-économique comprenait des questions relatives au


parcours éducatif et à la situation sur le marché du travail, dans le pays d’origine et dans
celui d’accueil. Cette évaluation englobait les conditions d’emploi réglementaire,
d’emploi informel et de chômage ; les caractéristiques professionnelles, les qualifications
professionnelles, le métier et le secteur d’activité ainsi que la durée de la semaine de
travail.

La caractérisation des formes d’intégration sociale des migrants comprenait des questions
sur le statut légal des migrants et sur les conditions de santé et de logement.
13
Cf. copie du questionnaire dans le dossier annexe

27
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

La caractérisation du type de stratégie migratoire comprenait l’expérience migratoire, le


degré d’autonomie du projet de migration individuelle ou son insertion dans une stratégie
familiale (particulièrement important dans l’analyse en fonction du sexe), la durée prévue
de séjour dans le pays d’accueil et la perspective d’implantation ou de retour.

La caractérisation des connaissances portant sur les programmes de retour volontaire de


l’OIM concernait les besoins potentiels d’une assistance au retour volontaire et d’une
réintégration réussie dans le pays d’origine.

Distribution et modes de réponse au questionnaire

Le questionnaire fut distribué et rempli en utilisant des méthodes différentes en Belgique,


en l’Irlande et au Portugal, en raison des différentes caractéristiques des populations
ciblées. Le questionnaire fut soumis sur un document en papier à remplir
individuellement, en outre des entretiens en face-à-face furent réalisés. En Belgique, du
fait de l’immense difficulté pour trouver des migrants brésiliens prêts à répondre au
questionnaire, des entretiens téléphoniques furent aussi effectués. Si l’utilisation de
différentes méthodes de recueil des données pouvait entraîner certains biais, la diversité
des populations ciblées et la question de l’accès à ces populations rendaient l’exercice
nécessaire (De Vaus, 2002). Le mode individuel de remplissage entraîna certaines
défaillances telles que la non réponse à certaines questions mais ces éléments furent
dûment pris en compte lors de la présentation des conclusions.

En Belgique, au Portugal et en Irlande, plus de 2 000 questionnaires furent imprimés et


distribués. Dans les trois pays les questionnaires furent distribués via différents types
d’organisations travaillant avec les Brésiliens ou remis directement par les membres de
l’OIM ou par des consultants extérieurs. Les organisations ciblées étaient les groupes de
la communauté brésilienne, les églises catholiques et évangéliques, les responsables de
formation, les groupes et forums politiques, les organisateurs d’événements culturels, les
services consulaires et ambassades, les ONG et d’autres organisations de services ainsi
que les particuliers disposant d’un grand nombre de contacts brésiliens. La raison de
l’utilisation d’un grand éventail d’organisations et d’endroits s’explique par la volonté de
garantir que l’échantillon soit aussi hétérogène que possible. Comme dans toute enquête,
le risque était de ne recevoir qu’un nombre limité de réponses. Le nombre de
questionnaires reçus fut plutôt satisfaisant, bien que 40% des questionnaires distribués ne
furent pas renvoyés.

La soumission de questionnaires à une population inconnue ou cachée représente toujours


un défi méthodologique et le faire d’une manière simultanée et comparative dans trois
pays différents afin d’en assurer la diversité, le caractère aléatoire et crédible se révéla
particulièrement complexe. La diversité des endroits (par exemple dans les
ambassades/consulats, les cafés ou associations de migrants, aux abords des églises ou
des temples), la variété des enquêteurs (par ex. des hommes ou des femmes), la diversité
des moments de remplissage du questionnaire (par ex. en semaine ou durant le weekend,

28
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

le matin ou l’après-midi), tout ces éléments représentaient des préoccupations que


l’équipe de recherche traita de manière à la fois pragmatique et homogène afin de remplir
les 1 200 questionnaires requis.

Le questionnaire fut soumis dans les trois pays participants en utilisant la technique de
l’échantillon décrite ci-dessus et complétée sur le terrain par la technique de la boule-de-
neige. Cette technique fut essentiellement choisie pour recueillir l’information sur la
population. En effet, elle est considérée comme la plus adaptée pour obtenir des
échantillons lorsqu’il n’y existe pas de liste sur laquelle se baser pour élaborer un
échantillon représentatif ou lorsque les individus à interroger représentent une part
minoritaire de la population 14 .

Limites de la recherche

L’une des principales limites de la recherche et de l’analyse des données a résulté de


l’absence d’un cadre d’échantillonnage pour les Brésiliens au Portugal, en Belgique et en
Irlande comme mentionné ci-dessus. En pratique – et malgré l’établissement d’un quota
par sexe et le critère de répartition régionale – la recherche reposait donc sur les réseaux
et le questionnaire fut complété uniquement par les personnes ayant accepté de le faire.
L’information recueillie dans l’étude l’a été sur le mode du rapport auto-administré, ce
qui a pu entraîner quelques inexactitudes dues à des souvenirs faussés, au manque
d’information ou à l’embarras de dévoiler sa situation. Il y eut également certains refus de
la part des individus sélectionnés de répondre à des questions spécifiques et/ou à
compléter le questionnaire en lui-même, avec comme conséquence un échantillon
potentiellement biaisé, et ce, de manière pas toujours évidente. Par ailleurs, les
changements rapides intervenus dans l’économie européenne entre la conception de
l’étude et sa conduite ont des implications dans les résultats présentés ici. Les difficultés à
« photographier » une réalité qui devrait être étudiée de manière longitudinale peuvent
être illustrées par le cas des Brésiliens en Irlande. En effet, il semble qu’ils soient
actuellement en train de se concentrer de plus en plus dans la ville de Dublin et moins
dans les zones rurales en raison de leur évolution du secteur de l’industrie aux services.
Ce changement, cependant, n’a pas pu être étudié dans cette recherche.

Comme dans toutes les enquêtes, les limites de ce que la recherche est capable de montrer
sont liées à la quantité d’information fournie par les personnes interrogées. L’analyse
statistique peut combiner les réponses de nombreuses personnes et comparer, faire
ressortir et recouper différents domaines et informations. Cependant, dans l’analyse finale
de cette enquête, l’étude se limite aux questions posées et aux réponses données.

La partie quantitative de la recherche était constituée d’une enquête à usage unique


permettant d’établir un profil des schémas de la migration brésilienne au Portugal, en

14
Sur la question de la méthodologie à utiliser pour l’enquête de populations peu nombreuses et difficiles à
atteindre (mieux connues sous le nom en anglais de ‘hidden populations’(« populations cachées ») voir,
entre autres, Franck et Snijders (1994), Heckathom (1997), Kaltom et Anderson (1986) et Sudman et al.
(1988).

29
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Belgique et en Irlande. L’étude fut menée sur deux mois et demi (août-octobre 2008),
fournissant un instantané de la migration brésilienne au cours de cette période donnée. Il
était admis que les schémas de la migration brésilienne puissent différer selon la période
de l’année (par exemple en lien avec les secteurs de travail des saisonniers ou avec les
vacances des étudiants). De plus, il est probable que les schémas de la migration
brésilienne soient modifiés dans l’avenir en réponse aux évolutions des conditions
sociales et économiques des pays sélectionnés. Cette recherche s’est déroulée dans une
période de changements rapides dans de nombreux domaines, à savoir de crise financière
et économique à travers l’Europe avec des implications directes et indirectes pour les
migrants brésiliens.

Une autre contrainte en terme de recueil et d’analyse des données résulte de ces questions
ayant reçu bien trop peu de réponses ; dans certains cas il était possible de les rassembler
par groupes (par ex. sur la religion des personnes interrogées), dans d’autres cas cela
n’était pas possible et donc les données ne purent être utilisées pour la recherche (par ex.
la profession dans le pays d’origine et de destination).

La conséquence principale s’avère être l’impossibilité de généraliser ces données à


l’ensemble de la population brésilienne dans les trois pays. En outre, il n’est pas non plus
possible de mesurer la distorsion dans l’échantillon ou l’amplitude avec laquelle
l’échantillon dans cette étude diffère probablement des Brésiliens du Portugal, de
Belgique ou en Irlande dans leur ensemble. Aucune conclusion ne peut être émise avec
une certitude absolue et seules des tendances basées sur les données disponibles peuvent
être avancées. Néanmoins, les tendances sont assez fortes pour dessiner une image
convaincante qui devrait être inévitablement confirmée par des recherches futures.

Veuillez noter qu’il ne s’agit pas là d’une étude comparative mais d’un d’aperçu d’une
recherche comparable faite dans trois différents pays. Ce rapport est un point de départ
majeur dans l’analyse des tendances récentes et des logiques de la migration brésilienne
au Portugal, en Belgique et en Irlande telle qu’elle a eu lieu entre août et octobre 2008 et
ne peut être considéré comme présentant des analyses finales et à jour de l’immigration
vers les pays sélectionnés.

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Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Cadre 3
Principales difficultés rencontrées en Belgique

En Belgique, trois principales difficultés ont été rencontrées lors de la mise en œuvre de
la recherche de terrain :
La première est liée au fait que la communauté brésilienne en Belgique est
composée essentiellement de personnes arrivées récemment (77% des personnes
interrogées sont arrivées en Belgique entre 2002 et 2008) et qui n’ont pas encore eu le
temps d’établir de grands réseaux. En conséquence, la première difficulté fut d’identifier
les organisations brésiliennes : il a été constaté que la plupart sont de taille plutôt réduite
et reliées entre elles (par exemple des ONG gérées par une seule personne, de petites
églises provisoires, des associations culturelles ciblant l’Amérique latine dans son
ensemble et non spécialement les Brésiliens).
La seconde difficulté rencontrée fut la forte concentration de Brésiliens (en
situation irrégulière) à Bruxelles qui rendit extrêmement difficile de respecter la
répartition régionale idéale des questionnaires en Belgique. En fait, plusieurs
représentants communautaires et travailleurs sociaux ont confirmé l’hypothèse qu’il y
avait effectivement des Brésiliens vivant hors de Bruxelles, mais qu’il s’agissait
essentiellement de personnes mariées à des citoyens belges et qui sont en règle d’un point
de vue administratif. Comme expliqué par les représentants, les Brésiliens en situation
irrégulière ont tendance à vivre à Bruxelles car ils sont attirés par les opportunités
d’emploi et par la communauté brésilienne déjà préétablie dans certains secteurs de la
capitale. Cette difficulté est reflétée dans l’échantillon qui montre une surreprésentation
de la région bruxelloise (72%).
La troisième difficulté rencontrée est liée au caractère volontaire de la
participation à la recherche. De nombreux responsables communautaires ont promis leur
assistance et se portaient volontaires pour promouvoir la recherche dans leur communauté
mais souvent le résultat final était moins encourageant que prévu. Etant donné que la
contribution à la recherche n’était pas souvent une priorité pour les dirigeants
communautaires, les réunions furent parfois repoussées ou annulées ou certains
questionnaires ne furent jamais remis. Ce problème est également lié au fait que les
migrants en situation irrégulière sont souvent réticents à communiquer des informations
personnelles. La longueur du questionnaire distribué les a aussi parfois découragés (neuf
pages, environ 25 minutes pour le remplir). En outre, le faible niveau d’éducation de
certains Brésiliens interrogés rendit difficile pour eux le remplissage correct du
questionnaire.

En Belgique essentiellement, les associations culturelles, les communes et églises furent


contactées. Au total, 17 pasteurs furent rencontrés à Bruxelles et Anvers. Toutes les
communes belges et les organisations partenaires du Programme belge d’Assistance au
Retour Volontaire furent informées du projet, de même que le Consulat du Brésil à
Bruxelles. Plusieurs réunions supplémentaires eurent lieu pour informer les travailleurs
sociaux, les chercheurs et les ONG à propos du projet. Au total, 702 questionnaires furent
distribués, et 372 reçus en Belgique (dont 10 furent invalidés).

31
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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Cadre 4
Principales contraintes et limites rencontrées pendant la recherche en Irlande

La population brésilienne en Irlande est dispersée à travers le pays, créant des difficultés
pour l’identification, la prise de contact et la liaison avec cette communauté. Pour aider
dans le processus de recherche, l’OIM Dublin a établi un Groupe de Travail pour la durée
de la phase de recherche du projet, comprenant des chefs de communautés brésiliens et
irlandais ayant des liens forts avec la population brésilienne en Irlande ainsi qu’un
représentant de l’ambassade du Brésil.

De plus, et après consultation avec le Groupe de Travail et d’autres dirigeants


communautaires, il est apparu clairement qu’à cause de la longueur du questionnaire il
aurait été infaisable et peu fiable d’employer des enquêteurs volontaires pour les
distribuer et les gérer. Cela eut comme conséquence un impact sur les ressources
humaines et financières nécessaires au bouclage de cette phase de la recherche dans les
temps et selon la manière qui aurait été la plus appropriée.

Interroger les mineurs (personnes de moins de 18 ans) fut aussi une limite car en raison
des procédures internes de l’OIM, il aurait fallu l’accord parental de la personne
responsable pour que le mineur puisse remplir le questionnaire. Cela était toutefois
incompatible avec la nature anonyme du questionnaire et pour cette raison seulement
deux questionnaires remplis par des mineurs furent reçus.

Aide aux contacts en Irlande. En Irlande, les personnes ayant facilité le contact avec les
migrants et transmis les 184 questionnaires ont été les autorités à l’ambassade, les
dignitaires religieux et dirigeants communautaires à travers le pays (Cavan dans la
Province d’Ulster ; Naas, Dublin et Athlone dans la Province de Leinster ; Roscommon,
Gort et Ballinasloe dans la Province de Connacht; et Fermoy, Ennis et Limerick dans la
Province de Munster). Des questionnaires supplémentaires furent transmis par le
Responsable de Recherche dans les locaux de l’Ambassade du Brésil et dans un magasin
appelé “Brasil for All”.

32
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Cadre 5
Principales contraintes et limites rencontrées pendant la recherche au Portugal

Au Portugal, un important travail de facilitation des contacts a mené à s’adresser à


diverses associations brésiliennes, par exemple l’Association Brésilienne de la Bande Sud
de Tagus et l’Association des Amis du Brésil, la Section du Parti des Travailleurs au
Portugal, l’association Casa Grande/CNAI Porto, l’église baptiste Oeiras, l’église
évangélique à Faro, l’Association Communidaria et surtout l’Ambassade et le Consulat
du Brésil au Portugal. Les dirigeants communautaires furent contactés partout au Portugal
afin de distribuer des questionnaires. Les questionnaires restants furent distribués par le
Responsable de recherche essentiellement dans la zone de Lisbonne. Les questionnaires
étaient remplis entre autres dans les locaux de l’Ambassade et dans ceux de l’OIM.

Les migrants brésiliens sont l’une des plus grandes communautés de migrants au
Portugal. Ils ont une visibilité considérable dans le pays. Contrairement aux Brésiliens en
Belgique et en Irlande, la communauté est installée au Portugal depuis les années 1960 et
plus particulièrement depuis les années 1980.

Certaines difficultés furent rencontrées lors de la mise en œuvre de la recherche de


terrain. De nombreux Brésiliens n’avaient pas le temps de remplir le questionnaire
comme ils travaillaient beaucoup ; d’autres craignaient d’expliquer leur situation, parfois
à cause de leur situation irrégulière. Ces facteurs rendirent plus difficile la participation
des migrants brésiliens à la recherche. Le cadre institutionnel et une bonne
compréhension des buts de la recherche menèrent généralement à une plus grande
participation. Le réseau de contacts établis pendant la première phase de la recherche fut
d’une grande aide lorsqu’il fallut convaincre les migrants brésiliens de participer au
projet.

33
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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

2. Caractéristiques sociales et démographiques de l’échantillon


2.1 Sexe et âge

Au total, un peu plus de la moitié de l’échantillon était composé de femmes (52%), les
hommes représentaient 48%. Si l’échantillon est analysé pays par pays, au Portugal 45%
des personnes interrogées étaient des hommes et 55% des femmes. En Belgique, 47% des
personnes interrogées étaient des hommes et 53% des femmes, alors qu’en Irlande les
proportions étaient respectivement 55% et 45%. La répartition par sexe dans les trois
sous-échantillons est proche et en accord avec les résultats attendus basés sur la
construction théorique de l’échantillon.

Le pourcentage supérieur d’hommes ayant répondu au questionnaire dans l’échantillon


irlandais peut s’expliquer par le fait que la première vague de migrants brésiliens en
Irlande (datant de 1999) fut le résultat d’un recrutement direct au Brésil de jeunes
hommes afin de travailler dans l’industrie de transformation de la viande (voir Leal,
2004).

Tableau 2 : Répartition par sexe

34
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Tableau 3 : Répartition par sexe par pays

Quant à la répartition par tranches d’âge, la plupart des personnes interrogées se situent
dans ce qu’on appelle l’âge actif (de 18 à 65 ans). C’est une caractéristique déterminante
de la migration professionnelle. Il existe aussi une différenciation entre les pays. En
Irlande, les personnes ayant répondu au questionnaire appartiennent aux tranches les plus
jeunes, avec 75% âgées de 35 ans ou moins. En Belgique, seulement 54% appartiennent à
cette tranche d’âge. Comme le montre le tableau 4, en Belgique, plus de 27% des
personnes interrogées ont entre 36 et 45 ans. Le Portugal et l’Irlande montrent un grand
pourcentage de personnes de moins de 35 ans (les 2/3). En comparant toutes les tranches
d’âge des migrants brésiliens dans les pays étudiés, le groupe le plus représenté est celui
des personnes de moins de 35 ans en Irlande, ce qui confirme les conclusions d’autres
études (par ex. Gouveia, 2006).

35
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Tableau 4 : Répartition par âge

Lorsque l’on recoupe les variables « sexe » et « âge », on constate un équilibre général à
l’exception des plus jeunes (16-17 ans) et des plus âgés. Ces exceptions sont dues au
faible nombre de personnes ayant répondu au questionnaire appartenant à ces tranches
d’âge. Il existe également une disproportion relative dans la tranche d’âge des 36-45 ans,
ce qui semble être un premier indicateur d’une migration féminine indépendante qui sera
étudiée plus tard. Le cas des migrantes brésiliennes en Belgique semble indiquer une
migration féminine indépendante liée aux ménages et aux services domestiques. Cette
donnée, cependant, devra être confirmée par des études futures. Cela reste néanmoins un
indicateur important puisqu’il est en accord avec des flux migratoires similaires (par ex.
depuis le Pérou ou l’Equateur vers l’Espagne ; des Philippines et de l’Erythrée vers
l’Italie). L’ethnicisation de certaines professions (par ex. les ménages, les services à la
personne et domestiques) est devenue une tendance dans plusieurs pays européens.

2.2 Etat civil et famille

Concernant l’état civil des personnes ayant répondu au questionnaire, le nombre


d’individus célibataires dans l’échantillon global est élevé, autour de 40%, puisque les
migrants brésiliens représentent une population relativement jeune. Néanmoins, les
individus mariés ou en concubinage représentent 50% de l’échantillon total. En analysant
de plus près les données sur l’état civil des personnes interrogées dans chaque pays, il
apparaît qu’en Irlande près de 50% d’entre eux sont célibataires, alors qu’en Belgique la
majorité est mariée ou vit en couple (c.-à-d. en cohabitation ou en foyer de personnes non
mariées). Le Portugal a un profil intermédiaire entre ces deux extrêmes. Cette différence
fournit un nouvel indice pour l’élaboration des différents profils migratoires dans les trois
pays ; les migrants en Irlande sont plus jeunes qu’au Portugal et qu’en Belgique parce que
ces deux derniers pays sont en train de devenir des destinations pour la migration
familiale. Dans le cas de l’Irlande, les données sur la répartition par âge et par sexe

36
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

semblent constituer un indicateur classique d’une amorce d’un flux migratoire,


contrairement à une phase plus avancée en Belgique et au Portugal.

Tableau 5 : Etat civil par pays 15

2.2.1 Enfants et lieu de résidence des enfants

Plus de la moitié des personnes interrogées dans l’échantillon ont des enfants (51%),
constituant un indicateur pertinent pour la conception des profils migratoires et la
classification des différents types de stratégies migratoires. Si cet indicateur est analysé
selon le pays de destination, on observe des différences notoires : environ 60% des
Brésiliens interrogés au Portugal et en Belgique ont des enfants, alors qu’en Irlande
seulement 46% en ont. Le croisement de ces données démographiques avec les données
sur les stratégies individuelles de migration aide à distinguer différentes catégories
migratoires. Il est connu que la migration est souvent le résultat d’une stratégie familiale
et, dans la plupart des cas, le premier membre à migrer est le mari, suivi par l’épouse et
enfin les enfants. Cette étude confirme cette théorie. Les hommes comme les femmes
migrent dans le contexte d’une stratégie familiale. La plupart des hommes interrogés sont
mariés ou vivent en couple et ont des enfants dont ils doivent s’occuper, le même schéma
étant valable pour les femmes. Leurs enfants vivent le plus souvent dans le pays d’origine
ou, dans une moindre mesure, dans le pays de destination.

15
“DK/NA”signifie « ne sait pas/n’a pas répondu »

37
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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Tableau 6 : Migrants et descendance par pays (%)

Les données de l’enquête montrent également que 55% des Brésiliens en Irlande ayant
des enfants ont laissé leur premier enfant au Brésil, et presque les deux tiers y ont aussi
laissé leur troisième. Selon ces données il est possible de conclure que la réunification
familiale n’a pas toujours lieu simultanément et qu’il existe différentes stratégies pour le
premier enfant et pour les autres. Au regard des migrants brésiliens au Portugal, 50% des
parents interrogés vivent avec leur premier enfant, 44% vivent avec deux enfants au
Portugal et 32% avec trois.

Tableau 7 : Enfants en Irlande et au Brésil (%)

38
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
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Tableau 8 : Enfants au Portugal et au Brésil (%)

Le profil des migrants brésiliens en Belgique diffère de celui des Brésiliens dans d’autres
pays, puisque les deux tiers des personnes interrogées vivent avec leur premier enfant,
plus de 50% avec leur second et seulement 30% avec leur troisième. Ces chiffres
indiquent une plus grande stabilité du projet migratoire familial des migrants brésiliens en
Belgique, mieux consolidé qu’en Irlande. La différence entre les systèmes de protection
sociale peut contribuer à expliquer les différences entre ces deux pays. Dans les deux cas,
la présence des enfants révèle une tendance à la migration à long terme étant donné que le
regroupement familial est rarement effectué en cas de migration à court terme.

Tableau 9 : Enfants en Belgique et au Brésil (%)

39
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Si l’on analyse les données relatives au sexe, il est possible d’observer que dans les trois
pays, la plupart des femmes ont des enfants vivant avec elles dans le pays de destination,
et les hommes ont des enfants dans le pays d’origine. Cela suggère que dans le cas de la
migration brésilienne, il existe une relation mère-enfant forte, faisant de la migration des
enfants avec leur mère un phénomène plus commun. Cela nous place dans le cas de la
famille traditionnelle, structurée autour d’une conception traditionnelle du mariage et de
cohabitation. Les données ne sont pas significativement différentes dans les trois pays
étudiés.

Il y a une corrélation directe entre le statut administratif des parents (réguliers contre
irréguliers) et la présence des enfants dans le pays de destination. Les Brésiliens en
situation irrégulière tendent à laisser leurs enfants au Brésil (60%), tandis que les
migrants en situation régulière tendent à conserver leur famille unie dans le pays où ils se
rendent. Quoi qu’il en soit un nombre significatif de migrants brésiliens en situation
irrégulière dans les trois pays ont fait venir leurs enfants. Une analyse plus détaillée
montre que trois enfants sur dix en Belgique et au Portugal ont leur parent (père, mère ou
les deux) en situation irrégulière et quatre sur dix en Irlande. Le fait que les migrants
brésiliens en Union européenne n’aient pas besoin de visa pour entrer en tant que touriste
est important et explique cette stratégie ancienne de migration familiale.

2.2.2 Pays de résidence du conjoint

La question du lieu de résidence du conjoint/époux a été posée aux personnes interrogées.


Environ 72% des personnes interrogées en Irlande et 77% au Portugal et en Belgique
avaient un époux ou un conjoint dans leur pays de résidence. La majorité des époux ou
conjoints étaient brésiliens (83%), 7% portugais, 6% belges et moins de 1% irlandais.
Cette donnée, associée aux indicateurs sur le lieu de résidence des enfants, démontre un
profil migratoire similaire pour les migrants brésiliens en Belgique et au Portugal et un
profil différent pour l’Irlande. La phase de regroupement familial, qui a lieu en général
après la première phase de migration professionnelle, se trouve à un stade plus avancé en
Belgique et au Portugal qu’en Irlande. Si cela n’a rien de surprenant dans le cas du
Portugal – la dernière vague de migration brésilienne (après 2000) peut être expliquée par
l’activation du processus de regroupement familial –, concernant la Belgique il semble
que cela implique d’être passé outre plusieurs étapes du processus habituel de migration.
En Belgique, la migration individuelle et le regroupement familial semblent se
chevaucher dans le temps, révélant une tendance accélérée vers la migration de long
terme.

2.3 Région d’origine au Brésil

L’estimation, présentée par le Gouvernement de Goiás 16 en 2004, montre qu’environ 1%


de la population vit à l’étranger, soit environ 400 à 500 000 personnes : environ 250 000
aux Etats-Unis et 100 000 en Europe (Carvalho, 2007). Une analyse de l’origine des
16
L’Etat du Goiás compte presque 6 millions d’habitants, ce qui en fait le 12e état le plus peuplé du Brésil.

40
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

migrants brésiliens en Belgique et en Irlande, menée dans le cadre de ce projet de


recherche, montre l’émergence de ces pays comme alternative à la destination
traditionnelle que représentent les Etats-Unis, au moins pour les migrants en provenance
du Goiás.

Le Goiás fut cité comme le premier Etat d’origine des migrants par les Brésiliens résidant
en Belgique et en Irlande : 33% des Brésiliens en Belgique et 44% des Brésiliens en
Irlande en sont issus, confirmant l’expérience de l’OIM avec les Brésiliens postulant pour
les programmes de retour volontaire en Belgique et en Irlande. Cette similarité entre
l’Irlande et la Belgique dans la réception des “Goianos” devrait être prise en compte dans
les recherches futures pour aider à comprendre ses dimensions réelles et le type de
réseaux favorisant ces connections. Pour le moment, il pourrait y avoir une “industrie
migratoire 17 ” naissante en lien direct avec ce flux migratoire.

Cadre 6
Une industrie de la migration?

Selon Castles et Miller (2003), des mésostructures tendant à se former autour des réseaux
migratoires peuvent avoir un rôle significatif dans les systèmes de migration temporaire.
A l’intérieur de ces mésostructures, certains individus, groupes ou institutions
(habituellement des organisations de recrutement, des avocats, agents, passeurs et autres
intermédiaires) peuvent jouer un rôle de médiateurs entre les migrants, leurs employeurs
et les institutions politiques/économiques, en en tirant souvent profit. Il existe également
un nombre d’intermédiaires n’agissant pas nécessairement dans l’intérêt des travailleurs
mais qui leur fournissent des services, comme l’envoi de fonds au pays, des agences de
voyage, etc.

Dans les pays concernés par la recherche, semblent exister des signes d’une industrie de
migration grandissante, ciblant à la fois les migrants et les employés. Cette industrie
semble fournir différents services allant du recrutement et de la médiation entre
employeurs et gouvernements aux services d’envoi de fonds proposés aux migrants et à
leurs familles. Très peu de ces services représentent l’intérêt des migrants brésiliens sans
profiter directement de leur participation. Ces acteurs peuvent aussi assurer la médiation
entre les migrants et leurs familles et communautés au Brésil. L’étendue de cette
« industrie de la migration » (Castles et Miller, 2003 :28) née autour de la migration
brésilienne au Portugal, en Belgique et en Irlande, devra être étudiée en profondeur dans
une recherche future.

Concernant l’origine des migrants brésiliens en Belgique, la part de ceux provenant de


l’Etat de Minas Gerais est également significative. Plus de 57% des Brésiliens en
Belgique proviennent des Etats de Goias et de Minas Gerais alors qu’en Irlande, environ
60% des migrants sont originaires des Etats de Goais et de Sao Paulo. L’examen des états

17
L’industrie de la migration peut être définie comme le fait d’entrepreneurs et de services qui, motivés par
la poursuite du gain financier, offrent des possibilités et facilitent la migration internationale et ses
comportements corrélés qui incluent le travail, la mobilité, l’établissement, la communication et le transfert
de ressources.

41
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d’origine au Brésil et des types de visas d’entrée pour les différents pays européens ne
montre pas de corrélation pertinente. Le fait que les Brésiliens n’aient pas besoin de visa
pour pénétrer dans les pays étudiés invalide le lien direct entre ces deux variables et rend
l’analyse de possibles réseaux migratoires encore plus complexe. Même en examinant les
individus en possession d’un visa étudiant (le plus souvent dans le cas irlandais), la
relation avec l’état d’origine n’est pas établie.

Tableau 10 : Etat d’origine des Brésiliens en Irlande, Belgique et Portugal

Irlande Belgique Portugal


Alagoas 0 0.6 0.5
Amazonas 0.2 0.3 0.2
Bahia 1.5 2.9 3.4
Ceará 0.2 1.1 0.5
Espírito Santo 0.5 1.4 6.5
Goiás 43.8 33.4 8.4
Maranhão 1.5 0.9 1.2
Mato Grosso 2.2 1.4 2.2
Mato Grosso do Sul 1.2 2.6 3.4
Minas Gerais 6.5 24 24.5
Pará 1.2 2.9 0.7
Paraíba 0 0 0.7
Paraná 6 3.1 12.1
Pernambuco 0.8 1.7 5.8
Piau 1.2 0 0.2
Rio de Janeiro 0.2 4 3.1
Rio Grande do Norte 0.2 0 0.2
Rio Grande do Sul 3 1.1 0.7
Rondônia 0.5 0 1.2
Roraima 0 0 0.2
Santa Catarina 0.8 0.6 1.2
São Paulo 15.8 6.3 16.7
Sergipe 0.5 0 0.2
Tocantins 1.5 0.6 0
Distrito Federal 6.2 2.6 1.5
DK/NA 4.2 8.6 4.6

Quant au Portugal, le Minas Gerais 18 est l’Etat d’origine le plus important pour la vague
récente de migration brésilienne, suivi par l’Etat de Sao Paulo et de Parana. L’Etat de
Goias est l’état d’origine d’environ 8% des migrants brésiliens interrogés. Au Portugal,
on retrouve des migrants de presque tous les états brésiliens ; cependant, les Etats de

18
L’Etat du Minas Gerais compte près de 20 000 000 d’habitants et est le deuxième Etat le plus peuplé du
Brésil. L’Etat de Sao Paulo comprend presque 40 000 000 d’habitants et celui de Paraná plus de 10 000
000.

42
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Mina Gerais, Sao Paulo, Parana et Goias représentent les états d’origine de presque 60%
des migrants brésiliens.

Malgré la dispersion des personnes interrogées dans tous les états fédéraux brésiliens, il
est possible de démontrer la prédominance de quatre états fédéraux d’où sont originaires
les migrants brésiliens : Goias, Minas Gerais, Sao Paulo et Parana. Au total, ces états ont
une population de plus de 95 000 000 habitants.

Tableau 11 : Carte du Brésil 19

2.4 Ville d’origine au Brésil

Les migrants brésiliens proviennent tous des mêmes états du Brésil, à quelques
exceptions près : chaque Etat brésilien est représenté dans l’enquête, bien que certains
d’entre eux le soient seulement par un faible pourcentage. Toutefois il est révélateur
d’analyser les données concernant la ville d’origine. Un grand nombre de villes furent
19
http://www.mapsofworld.com/brazil/brazil-political-map.html

43
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mentionnées comme villes d’origine par les Brésiliens interrogés mais certaines villes
sont clairement surreprésentées. Les raisons de cette surreprésentation seront examinées
dans cette partie.

Tel que souligné par Katia Téchio dans ses études sur le Portugal et l’Espagne, « dans le
cas brésilien, les principales zones géographiques propices à l’émigration sont
précisément celles où il existe un écart entre les opportunités économiques et les
structures de création d’emploi, essentiellement dans la région du sud-est, comme Minas
Gerias et Sao Paulo » (Téchio, 2006 :41). Cela est également vérifié pour cette étude, où
les principales villes d’origine sont situées dans les états brésiliens avec un faible
développement économique ainsi que certaines villes ou micro-régions affectées par cet
écart entre opportunités économiques et professionnelles. L’exemple de la micro-région
de Governador Valadares 20 dans l’Etat de Minas Gerais est intéressant à citer car celui-ci
est un fournisseur traditionnel de main d’œuvre vers les Etats-Unis et apparaît ici comme
l’un des lieux d’origine des migrants au Portugal et en Belgique.

La division territoriale brésilienne inclut lesdites micro-régions, dans lesquelles s’insèrent


villes et agglomérations. A partir de l’enquête, il est possible de conclure que la plupart
des migrants brésiliens proviennent de petites agglomérations et de petites villes.
Concrètement, les grandes villes brésiliennes sont clairement sous-représentées dans
l’échantillon. En raison de l’importance des chiffres, ce fait ne peut être considéré comme
accidentel. Cinq exemples doivent être mentionnés : Governador Valadares, Anapolis,
Londrina, Uberlandia et Vitoria. Toutes ces villes comptent moins de 700 000 habitants et
sont parmi les principales villes d’origine des migrants brésiliens citées dans l’enquête.
Anapolis constitue un très bon exemple au regard de sa population de 325 544 21
habitants. Dans l’échantillon, 92 migrants proviennent de cette ville et douze autres
d’autres villes au sein de cette micro-région22 . Un total de 104 migrants pour un
échantillon de 1 250 constitue un taux élevé comparé à d’autres villes. Deux hypothèses
peuvent être énoncées: la première souligne que l’échantillon fut constitué via l’effet
« boule-de-neige »; la deuxième suppose qu’il existe un réseau établi reliant les micro-
régions d’origine au Brésil aux pays de destination. Ces deux hypothèses devront être
vérifiées dans une recherche future.

2.5 Religion

Concernant la religion des personnes interrogées, le catholicisme est la plus fréquemment


citée, suivie de près par les Eglises évangéliques. Dans une moindre mesure d’autres
églises et/ou croyances ont été citées, attestant l’importance locale et contextuelle de
certaines d’entre elles auprès des migrants brésiliens. Bien que les croyances liées à
l’église évangélique dans les trois pays soient évidentes, les données recueillies montrent
20
Micro-Région Governador Valadares: Alpercata, Campanário, Capitão Andrade, Coaraci, Divino das
Laranjeiras, Engenheiro Caldas, Fernandes Tourinho, Frei Inocêncio, Galiléia, Itambacuri, Itanhomi,
Jampruca, Marilac, Mathias Lobato, Nacip Raydan, Nova Módica, Pescador, São Geraldo da Piedade, São
Geraldo do Baixio, São José da Safira, São José do Divino, Sobrália, Tumiritinga, Virgolândia.
21
Données 2007 selon l’Institut brésilien de Géographie et de Statistiques (IBGS)
22
Municipalités d’Inhumas, Itaberaí, Itaguaru, Jaraguá, Ouro Verde de Goiás, Petrolina de Goiás, Santa
Rosa de Goiás et de São Francisco de Goiás

44
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la prédominance de l’Eglise catholique. Dans le cas du Portugal, par exemple, l’Eglise


catholique a plus d’importance que les Eglises évangéliques. Les migrants brésiliens au
Portugal sont majoritairement catholiques (52,3%) et évangéliques (29,3%). Dans le cas
de migrants brésiliens en Irlande et en Belgique, l’importance des Eglises évangéliques
est plus souvent mentionnée, avec environ 36% dans chaque pays.

Le rôle des Eglises occupe une place très importante dans les processus de socialisation et
d’intégration des migrants. Dans certains cas, l’Eglise joue un rôle plus important pour
les migrants dans le pays d’accueil qu’au Brésil. Les Eglises représentent des endroits
vitaux et des espaces de socialisation. Elles sont une source d’information pour les
processus de recherche d’emploi ou d’hébergement et un endroit pour résoudre les
questions liées à l’administration ou à l’accès aux soins. Contrairement à d’autres
communautés de migrants pouvant s’exprimer politiquement par le biais d’associations,
d’actions communautaires et d’organisations de soutien, les Brésiliens semblent avoir une
participation sociale à travers la religion (Martes, 1999). Par ailleurs, les dirigeants de ces
institutions sont des intermédiaires privilégiés. Ils peuvent constituer un point d’entrée
pour la recherche sur les communautés moins visibles ou fermées puisqu’ils ont la
confiance des individus fréquentant leurs églises.

2.6 Profil socio-éducatif

Le niveau d’éducation des migrants brésiliens est très similaire dans les trois pays – la
majorité des personnes interrogées (environ 40%) ont eu accès à l’éducation secondaire,
ce qui, si elle fut menée à terme, correspond à un maximum de 12 années passées à
l’école. En outre, environ 40% des personnes interrogées ont suivi une formation
technique et un cursus avancé, qu’il ait été complété ou non. Ces deux profils éducatifs
devraient être mis en parallèle – il existe autant de Brésiliens non qualifiés que de
Brésiliens qualifiés et hautement qualifiés – et chacun devrait recevoir une attention
particulière. Concernant les migrants qualifiés, une analyse détaillée montre qu’en
moyenne, 13% des personnes interrogées ont reçu une éducation technique, 12% une
éducation avancée incomplète et 15% une éducation avancée complète, parfois avec une
spécialisation ou une poursuite au-delà du diplôme (5%). Ces données démontrent un
profil de migration plus qualifié que celui des traditionnelles migrations professionnelles
(par ex. depuis l’Afrique centrale ou de l’ouest ou en provenance des autres pays
d’Amérique du Sud) (Pellegrino, 2001 ; Mendoza, 2003 ; OCDE, 2007).

45
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Tableau 12 : Niveau d’éducation par pays

On observe quelques différences entre les migrants en Belgique et en Irlande. En


Belgique, la plus grande part de migrants disent posséder un diplôme du secondaire
(35%), 15% affirment disposer d’un diplôme universitaire, d’un Master ou d’un doctorat.
Environ 18% des migrants de l’échantillon belge ne possède aucun niveau d’étude ou se
sont arrêtés à l’école primaire. En Irlande, 20% des personnes ayant répondu sont soit
illettrées, soit se sont arrêtées à l’école primaire. 34% ont été dans le secondaire (ce qui
ne signifie pas qu’elles possèdent un diplôme d’étude secondaires). 14% ont effectué une
formation professionnelle et 32% ont été jusqu’au 3e degré de formation. Une des
caractéristiques ne pouvant être ignorée de cette population de migrants brésiliens en
Irlande et qui constitue aussi un motif important tient dans le fait que 19% de ces
personnes interrogées ont répondu avoir étudié en Irlande. Plus intéressant est le fait que
80% de ceux-ci vivent à Dublin ; lorsque par ailleurs nous nous intéressons aux
personnes ayant d’autres intentions que les études, nous constatons que seulement 10%
vivent à Dublin et que les autres 90% sont éparpillés ailleurs dans le pays.

En examinant le profil des migrants brésiliens possédant une formation technique, il


apparaît que celle-ci se rapporte aux domaines des services (10%), de la construction
(9%), aux professions liées à l’industrie (6%), à l’éducation (6%), à la santé (5%) ou aux
ménages/services domestiques. La catégorie « autres » (17%) renferme une grande
diversité : artistes, coiffeurs, comptables, joueurs de football, mécaniciens, photographes,
etc. Ce genre de données montre également la diversité potentielle parmi ce groupe
migratoire.

2.7 Maîtrise des langues des pays de destination

La question de la maîtrise de la langue du pays de destination fut également étudiée dans


le questionnaire. Le questionnaire demandait quel niveau de maîtrise de l’anglais

46
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possédaient les migrants en Irlande et, en Belgique, du français et du néerlandais.


Concernant la maîtrise de la langue anglaise en Irlande, 9% ont déclaré ne pas le parler,
69% ont déclaré le parler à un niveau « débutant » ou « intermédiaire », et seulement
20% ont déclaré le parler couramment ou avoir une maîtrise avancée de l’anglais parlé.

En Belgique une différence importante existe entre le niveau de connaissance du français


et du néerlandais. La plupart des personnes interrogées ont déclaré parler français avec un
niveau « débutant » ou « intermédiaire », et qu’ils étaient plus à l’aise pour le parler que
pour l’écrire. Une petite minorité a déclaré parler français couramment, et un très faible
pourcentage (5%) a déclaré l’écrire couramment.

Concernant la connaissance du néerlandais, le tableau est différent : près des trois quarts
(72%) déclarent n’avoir aucune connaissance de la langue, moins de 5% être à un niveau
intermédiaire, moins d’un pourcent (0,6%) être à un niveau avancé et un peu plus d’un
pourcent (1,4%) ont déclaré le parler couramment ou en avoir une maîtrise avancée à
l’oral.

De récentes analyses menées dans différents pays montrent qu’une maîtrise courante et
une alphabétisation dans la langue dominante du pays était une composante importante
pour expliquer la réussite sur le marché du travail (Dustmann et Fabri 2003). En fait,
divers auteurs ont montré que la langue avait un effet puissant et positif sur les
probabilités de recevoir un emploi. De plus, un manque d’aisance dans la langue locale
signifie des pertes substantielles de revenus pour les migrants. La langue en tant que
capital, pour reprendre le concept issu de l’économie sociale, est une des composantes du
capital humain les plus importantes (Dustmann et Casey, 2005). Dans cette recherche, les
migrants Brésiliens présentent un bas niveau de maîtrise et d’alphabétisation dans les
langues des pays hôtes (anglais, français ou néerlandais) et ceci peut compromettre leurs
chances d’intégration sociale.

La période nécessaire pour la maîtrise d’une langue dépend, entre autres, de l’âge du
migrant à l’arrivée et du temps qu’il ou elle pense rester dans le pays de destination. Par
conséquent, les plus jeunes migrants devraient avoir de plus grandes facilités à apprendre
une langue et les plus âgés devraient suivre des cours intensifs pour acquérir une maîtrise
comparable en un temps plus restreint. L’apprentissage d’une langue peut, en outre,
dépendre de la fréquence à laquelle les individus y sont exposés. La réclusion sociale au
sein d’un groupe de migrants en raison d’une situation irrégulière, le cantonnement à
certaines professions limitant les échanges avec les populations autochtones (par exemple
la construction) constituent une explication des difficultés linguistiques rencontrées par
les Brésiliens. L’écriture étant perçue comme encore plus compliquée que l’expression
orale dans une langue étrangère, cette difficulté constitue une limite supplémentaire pour
le choix de la profession.

47
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3. Trajectoires migratoires et raisons de la migration


Afin de pouvoir étudier les trajectoires migratoires, les personnes interrogées devaient
indiquer, entre autres, la date de leur départ du Brésil, la date de leur entrée dans le
premier pays européen, la date d’entrée dans le pays de destination et comment elles
avaient financé leur voyage.

3.1 Départ du Brésil

Le tableau 13 montre que la vague d’immigration brésilienne en Irlande est plus récente
que celle vers le Portugal et la Belgique. Quelques migrants pionniers sont arrivés en
Irlande avant l’an 2000, puis le nombre des nouveaux arrivants a augmenté entre 2000 et
2008 avec des pics au cours des dernières années. Environ 60% des migrants brésiliens en
Irlande sont arrivés ces trois dernières années ; environ 20% en 2008 seulement (entre
janvier et octobre) et environ 20% en 2007.

En Belgique, les premiers flux migratoires ont eu lieu dans les années 1980 et 1990,
établissant les premiers contacts pour les flux les plus récents. La même observation peut
être faite pour le Portugal.

Tableau 13 : Année de départ du Brésil (%)

En comparant la date de départ du Brésil et la date d’entrée en Europe, il est possible


d’observer que ces dates se chevauchent. On peut donc conclure que lorsque les
Brésiliens voyagent au Portugal, en Belgique ou en Irlande, ils considèrent ces pays
comme leur destination finale. Quant à la période à laquelle ont lieu ces migrations, il
faut souligner que la plupart des personnes interrogées se sont dirigées directement ou
indirectement vers le Portugal, la Belgique et l’Irlande – la date d’entrée dans chacun de

48
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ces pays est très proche de celle d’entrée dans l’Union européenne (voir les tableaux).
Dans le cas des Brésiliens, on ne trouve pas de signe d’une migration procédant étape par
étape ou de l’usage d’un pays tiers comme pays de transit. Le fait que les Brésiliens
n’aient pas besoin de visa pour pénétrer dans ces pays de l’Union européenne est
certainement un des facteurs pouvant expliquer cette caractéristique. Les opportunités
existantes dans le marché du travail, les réseaux migratoires actifs et une communauté
déjà présente dans le pays représentent d’autres facteurs pouvant expliquer le choix des
destinations de la migration.

3.2 Principales raisons pour quitter le Brésil

On a demandé aux personnes interrogées les principales raisons qui les poussaient à
quitter le Brésil. Vu les faibles revenus au Brésil, la majorité a en premier lieu mentionné
des raisons économiques. L’économie, le travail ou le chômage, ou encore les
opportunités professionnelles furent cités comme les principaux motifs par près de la
moitié des personnes interrogées, tous pays de destination confondus. Toutefois, certains
motifs pour quitter le Brésil diffèrent entre le Portugal, la Belgique et l’Irlande : environ
17% en Belgique, 15% au Portugal et seulement 7% en Irlande ont invoqué le
regroupement familial comme leur principal motif pour quitter le Brésil, montrant que les
réseaux familiaux avaient peu d’influence sur la migration en Irlande comparé au
Portugal et à la Belgique. Environ 18% des personnes interrogées en Irlande ont quitté le
Brésil pour des motifs d’études, alors que ces données sont de 7% et de moins de 10%
respectivement en Belgique et au Portugal. Le tableau 14 montre les raisons invoquées
par les personnes interrogées pour quitter le Brésil.

Tableau 14 : Principales raisons pour quitter le Brésil par pays de résidence

40
35
30
25
20
15 Belgium
10 Portugal
5 Ireland
0
A
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St
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un
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En Irlande, plus de 50% des personnes interrogées ont déclaré que leur décision
d’émigrer était principalement liée aux difficultés économiques, suivi par le motif du
chômage. 18% des personnes interrogées ont invoqué les motifs d’études. Un autre

49
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chiffre vaut la peine d’être examiné : seulement 7% des personnes interrogées sont
arrivées dans le cadre du regroupement familial. Ces données semblent indiquer une
politique migratoire de facto restrictive (et non nécessairement de jure) quant au
regroupement familial et également une situation économique instable et une précarité du
travail dans ce pays spécifique, ne permettant pas aux familles de se regrouper aisément.

3.3 Premier pays européen / porte d’entrée

Les principales portes d’entrée de l’Union européenne pour les Brésiliens sont la France
(24,4%), le Portugal (21,6%), l’Espagne (18%) et les Pays-Bas (8,6%). Dans le cas des
migrants en Belgique, la principale porte d’entrée citée fut la France (44%), suivie de la
Belgique (14%) et du Portugal (13%). Pour le Portugal, la plupart des migrants Brésiliens
sont soit arrivés directement (47%), soit par l’Espagne (32%). Pour l’Irlande, vu
l’absence de vols directs depuis le Brésil, 22% des ressortissants brésiliens ont transité
par Paris, 20% par Amsterdam et 16% par Madrid.

Malgré la proximité géographique du Royaume-Uni et de l’Irlande, moins de 5%


décidèrent d’emprunter cette route. Ce chiffre peut être expliqué par les contrôles
d’immigration stricts menés dans les aéroports internationaux britanniques auxquels un
ressortissant brésilien devra se soumettre à deux reprises avant d’être autorisé à
embarquer dans un vol pour l’Irlande. Quant au pourcentage des personnes interrogées
ayant répondu que l’Irlande avait été leur première porte d’entrée en Europe, puisqu’il
n’existe pas de liaison directe avec le Brésil, cette donnée peut être expliquée par un
malentendu à propos de la question ou par une réticence à répondre à ce point particulier.

Tableau 15 : Principales portes d’entrée de l’UE

50
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La logique sous-tendant ces données suggère que les migrants voyagent de leur pays vers
une destination finale après être entrés par un aéroport d’où ils pensent pouvoir le plus
probablement repartir au pays. Ce parcours est caractéristique des migrants qui pénètrent
légalement dans l’Union européenne et prévoient de dépasser la limite de validité de leur
visa (overstay). Ce plan de voyage prend en compte l’absence possible de l’imposition du
cachet lors de l’arrivée dans l’espace Schengen avec un passeport valide. En conséquence
il devient plus compliqué d’identifier la date d’entrée et donc les « prolongateurs » de
séjour.

3.4 Voyager seul

Etudier l’existence d’une migration familiale ou de groupe se révèle utile afin de pouvoir
classer les différentes étapes caractéristiques de la migration. Découvrir avec qui les
migrants ont voyagé permet une évaluation indirecte de l’existence d’un groupe
migratoire organisé. En général, la plupart des personnes interrogées ont voyagé seules,
surtout les hommes, représentant un indicateur évident de flux migratoire pour motifs
professionnels.

Au Portugal et en Belgique, on dénombre un plus grand nombre de cas de migration en


présence de parents (indiquant une phase plus avancée de regroupement familial), ou
d’amis.

En Irlande, la migration se passe le plus souvent entre amis plutôt qu’en famille,
phénomène en accord avec le jeune âge des migrants brésiliens dans le pays. Environ
56% des personnes interrogées en Irlande ont voyagé seules et 43% accompagnées. Des
personnes ayant voyagé accompagnées, 62% l’ont fait entre amis ou en famille.

La grande majorité des migrants brésiliens interrogés sont arrivés seuls au Portugal
(60%). Parmi ceux n’ayant pas voyagé seuls, la grande majorité est venue en famille
(78%), suivie par ceux venus entre amis (16%). Quant au sexe, les hommes migrent seuls
(71,5%) dans un plus grand pourcentage que les femmes (57%), en accord avec la
logique traditionnelle de la migration professionnelle.

3.5 Financement de la migration

Lorsque on leur demande comment ils financent leur projet de migration, ils répondent :
« par leurs propres économies » (31,5%), « des emprunts à la famille » (25,5%), « la
vente de leurs biens » (voiture ou maison) (17,3%), « des emprunts faits auprès d’amis »
(6,9%), des « emprunts bancaires » (7,6%), « des emprunts auprès de spéculateurs »
(2,2%). Si l’on considère la vente des biens, certaines réponses ont été « j’ai vendu ma
voiture » ou « j’ai vendu ma maison », ce qui illustre le niveau d’investissement dans
l’acte de migration vers l’Europe. Certaines autres réponses possibles ont été « une
bourse », « un crédit avec une agence de voyage », « l’usage d’une indemnité suite à
l’interruption d’un contrat professionnel au Brésil » et « l’employeur en Europe a envoyé
le billet d’avion». L’ensemble des économies et des emprunts familiaux constituaient les
principales ressources utilisées dans les trois pays. Ces emprunts étaient principalement

51
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faits au Brésil, ce qui correspond à la vague initiale de ce flux migratoire. Dans un certain
nombre de cas cependant, particulièrement ces dernières années, ces emprunts étaient
faits d’envois depuis l’Europe, surtout dans les cas de réunification familiale. En
Belgique, on dénombre plus de cas de vente des biens afin de rendre le processus de
migration possible, ce qui suggère une perspective de migration de long terme. Lorsque
l’on croise la variable « décision de partir seul ou dans la perspective d’une stratégie
familiale », les sources de financements demeurent en majorité des économies
individuelles et/ou d’emprunts auprès de la famille ou des amis. Quoi qu’il en soit, une
part significative des migrants utilisent des emprunts faits auprès des banques ou des
spéculateurs.

3.6 Choix des pays de destination

En analysant les migrations, on suppose généralement que les réseaux bien implantés
comme ceux rencontrés en Irlande ou en Belgique nécessitent normalement plus de temps
pour se développer que cela ne fut le cas dans ces pays. Les théories de la migration
montrent qu’il existe cinq catégories potentielles de structures intermédiaires reliant
l’immigration avec les zones d’émigration : (1) les relations entre états ; (2) les relations
économiques ; (3) les relations culturelles ; (4) les relations personnelles ou familiales ;
(5) les activités professionnelles (cf. tableau 31) (Goedings, 2000 :13) 23 . Ces structures
tissent des liens entre les pays et entraînent des connexions légales et matérielles
fournissant des opportunités pour la migration et soutenant le mouvement en lui-même à
travers la transmission d’informations, le transport, l’assistance financière et pratique. Les
structures intermédiaires sont également importantes dans le processus de prise de
décision des migrants potentiels. La migration et la migration professionnelle en
particulier peuvent être considérées comme un investissement pour lequel les personnes
évaluent les avantages et les inconvénients de leur situation professionnelle et de
résidence présente et future face aux alternatives potentielles à l’étranger. Après avoir
pris en considération les risques et les coûts liés à la migration, ils décident de rester ou
de partir. Des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail, un emploi stable, la
croissance économique et les faibles taux de chômage sont les principaux avantages
pouvant attirer les migrants potentiels. En plus d’offrir des avantages significatifs, les
bénéfices de la migration doivent dépasser le coût du déplacement et la tendance à
l’inertie. Inclure les réseaux migratoires dans l’analyse modifie considérablement la
situation. Les structures intermédiaires s’occupant des nombreux problèmes pratiques
rencontrés sont des mécanismes de réduction des coûts extrêmement efficaces et
augmentent les possibilités de migration (Goedings, 2000 :14).

23
Parmi ces 5 catégories, le lien le plus fort existant entre zones d’émigration et d’immigration est la
présence d’une population migrante dans le pays hôte (M. Boyd 1989). Cette population fonctionne comme
un pont entre le pays d’origine et celui de destination en fournissant aux nouveaux immigrants des
informations et un support financier pratique, tels que le logement initial et l’aide pour trouver un emploi.
D’autres « ponts » incluent des entreprises détenues par des migrants recrutant dans leur pays d’origine, et
en général des agences de migrants qui assistent les gouvernements dans leurs politiques de recrutement ou
interviennent pour le compte d’entreprises privées ou de particuliers. En plus d’établir un contact entre
travailleurs et employés, ces agences aident les migrants en leur proposant des informations, des logements
et une assistance financière (Goedings, 2000 : 13).

52
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Tableau 16 : Liens entre les systèmes de migrations internationales

Catégories Liens
D’état à état 1 Relations internationales: relations diplomatiques et d’échange,
d’assistance, programmes de coopération...
2 Passé colonial et liens présents quasi ou néo-colonialistes
3 Immigration présente et politiques d’émigration
Liens économiques 1 Internationalisation économique: production délocalisée,
multinationales…
2 Marchés du travail complémentaires
Connections culturelles 1 Produits de communication de masse: journaux, télévision, films...
2 Attitude de la population locale vis-à-vis de l’émigration et de
l’immigration
3 Similarités entre cultures et langues
Population 1 Cercle de la famille et des amis
migrante 2 Entreprises de migrants
3 Statut d’émigrants à l’étranger et jouant le rôle de modèle auprès
des futurs immigrants
Activités des agences de 1 Institutions administratives
migrants 2 Organisations privées
Source : Goedings, 2000 : 13

Dans le cas de la migration brésilienne vers l’Europe (Portugal et Italie mis à part), la
plupart de ces liens n’existaient pas avant la fin des années 1990. Certains auteurs
(Padilla 2004a, 2006b ; Braga Martes et Fleischer 2003) avancent qu’après les attaques
terroristes du 11 septembre 2001, le scénario migratoire se modifia et le choix des Etats-
Unis comme pays de destination se raréfia. Cette hypothèse pourrait être étudiée dans le
futur.

Concernant l’Irlande, on trouve une preuve empirique de l’existence de liens


économiques entre les deux pays, avec, en particulier, l’attraction des migrants brésiliens
dans l’industrie de la viande à la fin des années 1990. En Belgique cependant, les liens
économiques ne sont pas assez forts pour constituer le point de départ d’une migration
aussi importante en une période de temps réduite.

Il existe de nombreuses raisons pour expliquer ce phénomène. Premièrement, le début des


flux migratoires peut être expliqué par le fait que des relations économiques étaient déjà
établies, que des embauches avaient lieu directement depuis le Brésil, qu’il était plus
facile de migrer au Portugal et en Irlande qu’au Royaume-Uni mais également par la
migration de certains pionniers aventureux.

Deuxièmement, la facilité d’insertion dans le marché du travail, les salaires élevés en


comparaison avec ceux du pays d’origine et les dynamiques des réseaux de migration
constituent particulièrement des facteurs aidant à expliquer la croissance rapide des flux
migratoires. Des facteurs supplémentaires peuvent être avancés : la possibilité de
régularisation dans le cas portugais ; la possibilité de travailler dans l’économie
informelle en Irlande, en Belgique et au Portugal ; l’existence de réseaux sociaux

53
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informels aidant à la recherche d’emploi ; l’acceptation relative par le pays-hôte d’une


communauté sans problème, de taille réduite et socialement invisible. Toutes ces raisons
contribuent à la croissance rapide de la migration brésilienne dans les pays étudiés.

Selon les données quantitatives et qualitatives recueillies par l’enquête, l’entrée au


Portugal, en Belgique et en Irlande de la plupart des migrants brésiliens se fait
habituellement via un ami ou un membre de la famille et dans certains cas, c.-à-d. celui
des premiers migrants brésiliens en Irlande, par un acteur privé rémunéré pour le service.
Une autre raison intervenant dans le choix du pays de destination est l’information
émanant d’autres migrants affirmant que le pays représente une bonne option pour la
migration.

Dans le cas des migrants brésiliens au Portugal, la proximité linguistique et culturelle fut
aussi citée comme l’une des raisons principales. Le réseau familial ou d’amis déjà installé
dans le pays de destination est particulièrement important puisqu’il suggère que la
migration actuelle représente la seconde vague de migration brésilienne en Europe.

Dans le cas portugais, la complexité sociale et politique des relations avec la Brésil a
conduit à une phase de régularisations exceptionnelles pour les Brésiliens en situation
irrégulière (voir Peixoto, 2002 ; Baganha, 2005 ; Góis et Marques, 2005). Ces moments
de régularisation fournissent une incitation supplémentaire aux migrants et à leurs
intermédiaires pour orienter leur choix de destination à fin migratoire. Au Portugal, les
épisodes de régularisation de facto ou de jure ont eu lieu en 1992, 1996, 2001, 2003,
2004 et 2007.

Les raisons invoquées pour avoir choisi le Portugal comme destination sont
principalement liées à la présence de parents ou d’amis vivant dans le pays (34%), suivies
par des motifs linguistiques et culturels (17%) et par le fait que certains amis au Brésil
avaient mentionné ce pays (13%). Ces résultats font ressortir l’importance des réseaux
sociaux – famille et amis – dans le processus migratoire, la présence de parents résidant
dans le pays pouvant aider à obtenir de plus amples informations. Les proximités
linguistiques et culturelles entre le Portugal et le Brésil constituent également
d’importants facteurs mais n’entrent pas en ligne de compte pour l’Irlande et la Belgique
(la situation étant différente). La relation entre le Portugal et le Brésil, le fait que le Brésil
soit une ancienne colonie portugaise et que les deux pays partagent une même langue et
une culture similaire sont des éléments importants. Les autres raisons indiquées pour
avoir choisi le Portugal comme destination furent les études et la possibilité d’une
régularisation future (8% chacune).

Malgré des motivations similaires animant la majorité des migrants, qu’ils soient en
situation régulière ou non (les push factors), il semble clair qu’il existe également des
pull factors influencés par des réseaux de personnes et d’information. De façon
significative, 9% des personnes interrogées ont déclaré que leur destination finale était au
départ un pays autre que le Portugal, la Belgique ou l’Irlande. De ces personnes, 24%
voulaient migrer au Royaume-Uni, 23% en Espagne, 9% en l’Italie et 8% aux Etats-Unis.

54
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3.7 Réseaux affinitaires et autres intermédiaires

Les migrations brésiliennes vers l’Europe n’ont pas été associées à l’existence de réseaux
de connaissances importants et organisés (à l’exception des cas de trafic d’êtres humains
et de prostitution) ; cependant, les tendances futures s’orientent vers une meilleure
organisation des réseaux migratoires en lien avec la migration professionnelle.

Au Brésil, le manque de réseaux informels d’assistance destinés aux migrants potentiels,


de même que la réalité des politiques migratoires européennes, pourraient amener les
migrants à se servir de réseaux organisés comme d’intermédiaires ou même de passeurs,
en particulier pour les nouvelles destinations de la migration.

Des études récentes démontrent que les réseaux de trafic d’êtres humains sont très actifs
au Brésil, en particulier dans les zones à forte tradition migratoire – telles que certaines
régions d’origine des migrants au Portugal, en Belgique et en Irlande (Peixoto, 2007).
Pour cette raison, dans un futur proche une présence renforcée de ces réseaux est à
prévoir dans les pays européens étudiés 24 .

Cette organisation des réseaux migratoires, partie intégrante de l’« industrie migratoire »
mentionnée plus haut, devrait être analysée dans des études à venir. Les « agences de
voyage » devraient également être étudiées dans le cadre des réseaux professionnels
soutenant les migrants. Cette institutionnalisation peut être observée, par exemple, à
travers les prêts accordés par les agences de voyage pour aider les Brésiliens à migrer.
Ces organisations jouent aussi un rôle important pour les Brésiliens avant leur départ
puisqu’elles les informent, par exemple, des portes d’entrée de l’Union européenne, ou
sur la manière de réussir les entretiens avec les services d’immigration dans le pays de
destination. Concernant ces entretiens, les organisations peuvent donner des conseils
détaillés à propos des réponses attendues, de la tenue appropriée à avoir, sur ce qu’il faut
mettre dans ses bagages et sur la manière d’éviter d’être suspecté de dépasser la période
de validité de son titre de séjour. Elles semblent également conseiller certains aéroports
de transit et peuvent expliquer comment emprunter le réseau ferroviaire ou les bus en
Europe (Padilla, 2006).

Les réseaux sociaux contribuent à maintenir le lien entre le pays d’origine et de


destination en établissant des connexions entre les migrants et les conditions structurelles
pour la migration. Le réseau migratoire formel et payant organise une partie ou
l’ensemble du processus de migration. Cela peut être l’intégralité du processus –
obtention des visas, voyage, hébergement et/ou travail – ou seulement une partie. Les
réseaux migratoires informels, composés de parents (membres de la famille nucléaire ou
non), amis et connaissances, ont un impact important et décisif sur plusieurs étapes du
processus, en aidant le migrant potentiel à surmonter les différents obstacles susceptibles
d’apparaître.

24
Si l’on s’en tient aux affirmations de l’association bruxelloise ‘Pag-Asa’ spécialisée dans le soutien aux
victimes de la traite d’être humains, en 2007, les Brésiliens étaient la nationalité la plus représentée parmi
les victimes (18 Brésiliens sur 51 cas en 2007) (Pereira 2008).

55
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La migration internationale devient un processus auto-alimenté lorsque le nombre de


migrants d’une communauté atteint un certain niveau. Dès lors, chaque nouveau migrant
réduit le coût de la migration à venir pour un groupe de parents ou d’amis. Un migrant
établi pourra encourager certains de ses amis ou parents à migrer à leur tour, élargissant
ainsi encore le réseau, etc. Les mouvements migratoires peuvent donc s’affranchir des
conditions les ayant déclenché et arriver à une dynamique autonome, indépendamment
des conditions extérieures. Cela semble être le cas de la migration brésilienne au Portugal
et en Belgique. Concernant l’Irlande, le futur révélera si la présence brésilienne était
fondée sur un réseau migratoire solide ou si le phénomène était juste une vague
migratoire de courte durée menée par des réseaux organisés d’aide à la migration
encourageant la migration brésilienne en Irlande, en utilisant le manque de main d’œuvre
dans certains secteurs de l’économie irlandaise (essentiellement la construction, le secteur
commercial, l’industrie des services et de la viande).

3.8 Durée initiale envisagée de la migration

L’une des questions de l’enquête portait sur la durée de séjour envisagée au début du
processus migratoire.

Bien que des études sur les migrations aient déjà démontré qu’il existait souvent
d’importantes différences entre les attentes et la réalité, il est possible d’observer que les
attentes des migrants brésiliens diffèrent en fonction de leur pays de destination.

Au Portugal, la plupart des migrants ont affirmé qu’ils n’avaient rien planifié ; la
deuxième réponse la plus fréquemment donnée était « un ou deux ans de durée de séjour
envisagé ».

En Irlande, 75% des Brésiliens migrants ont répondu qu’ils partaient avec l’intention
d’une migration courte, pouvant atteindre au maximum cinq ans. En fait 51% ont affirmé
ne pas vouloir rester plus de deux ans. Ces durées de séjour indiquées correspondent au
but de la migration des Brésiliens en Irlande, ayant lieu essentiellement pour des raisons
économiques.

56
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Tableau 17 : Durée initiale prévue de la migration

En Irlande, la grande majorité des Brésiliens (62%) ont prévu de rester entre 7 mois et 3
ans, bien qu’il faille mentionner que plus de 20% d’entre eux ont déclaré qu’ils n’avaient
prévu aucune durée spécifique. Dans les trois pays, certains migrants n’ont pas exprimé
l’intention de rentrer au Brésil (6% en Belgique et 5% au Portugal mais seulement 1% en
Irlande).

3.9 Séjours au Brésil

59% des Brésiliens de l’échantillon total et dans les trois pays confondus ne sont jamais
rentrés au Brésil, 16% y sont retournés une seule fois, 6% deux fois et 9% trois fois ou
plus, alors que 9% ont choisi de ne pas répondre à cette question. Si l’on examine de plus
près les différences entre les pays, 73% des Brésiliens en Irlande ne sont jamais rentrés au
Brésil et 11% déclarent y être retournés une seule fois, comparé avec les 52% en
Belgique et 50% au Portugal n’y étant jamais retournés.

Le nombre de visites au Brésil peut être un indicateur du transnationalisme ou d’un flux


de migration circulaire mais le nombre de visites n’est pas très haut pour ce groupe de
personnes interrogées. En moyenne, les migrants établis de longue date semblent visiter
le Brésil tous les 2 à 3 ans tandis que les nouveaux arrivants ne sont jamais retournés au
pays. Le plus grand nombre de visites entre le Portugal et le Brésil est dû en partie aux
meilleures connections aériennes mais est aussi un indicateur de migrations de différents
types et d’une histoire particulière. D’un point de vue irlandais il s’est avéré lors des
entretiens qualitatifs que les migrants en situation irrégulière ne rentreraient pas au pays
tant qu’ils ne seraient pas sûrs que les responsables de l’immigration ne les autoriseraient
à rentrer dans le pays au point d’entrée duquel ils se présentent à leur retour du Brésil.

57
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Le fait que la migration brésilienne analysée dans cette recherche soit relativement
récente peut expliquer le nombre limité de visites au Brésil. Les autres raisons sont la
distance et le prix des vols que peuvent difficilement se permettre de payer les migrants
qui ont déjà des difficultés financières ou qui travaillent dans des situations précaires.
Une autre raison pourrait résider dans les contraintes posées par le processus de
régularisation. Un migrant en situation irrégulière pourrait craindre de quitter le pays
pendant qu’a lieu la procédure de sa régularisation et pourrait aussi avoir peur des
difficultés posées par un retour au pays après l’avoir quitté – comme l’attestent les
chiffres de l’Irlande portant sur le refus de revenir au pays.

Tableau 18 : Fréquence des visites au Brésil (%)

4. Statuts des migrants


Comme indiqué précédemment, les Brésiliens n’ont pas besoin de visa pour entrer dans
l’UE. Avec un passeport valide, ils peuvent demeurer légalement sur le territoire pour une
période de 90 jours mais ils ne sont pas autorisés à travailler au cours de cette période.
Leur situation ne devient irrégulière que s’ils demeurent au-delà des 90 jours ou/et s’ils
commencent à travailler. Dans le cadre de l’enquête, les catégories suivantes de migrants
en situation irrégulière ont été identifiées : des personnes restant sur le territoire au-delà
de la limite autorisée ou des travailleurs migrants en possession d’un statut de touriste.

Se trouver en situation irrégulière fut décrit comme l’une des principales difficultés pour
les migrants brésiliens en Europe. La peur d’être identifié par la police et en conséquence
expulsé, la non-reconnaissance des qualifications du fait de leur situation irrégulière et

58
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devenir la victime de l’exploitation des employeurs furent mentionnés comme les


conséquences les plus problématiques de cette situation.

Sur la question de la durée du séjour des Brésiliens en situation irrégulière, 15% d’entre
eux avaient séjourné moins de trois mois au Portugal (en raison de leur arrivée récente).
Un grand nombre de Brésiliens séjournaient en Irlande depuis moins de deux ans.
Beaucoup de Brésiliens en situation irrégulière séjournaient au Portugal (34%), en
Belgique (38%) et en Irlande (30%) depuis 3 à 10 ans.

Dans le cas du Portugal, malgré plusieurs campagnes de régularisation passées,


l’échantillon montre que 41% des Brésiliens séjournent en situation irrégulière. Dans le
cas de l’Irlande et de la Belgique, la plupart des Brésiliens séjournant en situation
irrégulière ont affirmé qu’ils n’avaient pas l’intention de rentrer dans leur pays à court
terme. En conséquence, ces migrants restent plus longuement en situation irrégulière. En
Belgique et au Portugal, cela peut être rattaché à l’espoir d’une possible régularisation de
leur statut.

Tableau 19 : Migrants en situation régulière et migrants en situation irrégulière (%)

4.1 Durée de séjour et statut légal

La longueur du séjour pendant laquelle les personnes interrogées sont restées dans les
trois pays a une conséquence sur leur statut migratoire. Celles arrivées en Belgique et en
Irlande après 2000 avaient plus de chance de se trouver en situation irrégulière que celles
arrivées au Portugal durant la même période.

Au Portugal, plusieurs campagnes de régularisation ont offert la possibilité aux Brésiliens


en situation irrégulière d’obtenir un permis de résidence régulier. Ces possibilités étaient
quasi inexistantes en Irlande et en Belgique ces dernières années, aussi l’enquête reflète

59
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un plus grand nombre de Brésiliens en situation irrégulière en Irlande et en Belgique


qu’au Portugal.

Presque 60% des personnes interrogées en Irlande ont fait part du fait qu’elles étaient
dans le pays avec un statut irrégulier et 38% ont affirmé posséder un document
d’immigration valide. Dans le cas de l’Irlande, la loi permet aux étudiants de travailler
jusqu’à 20 heures par semaine pendant l’année universitaire et jusqu’à 40 heures pendant
les vacances. Lorsque l’on croise ces données avec les données de personnes qui se
déclarent en situation régulière (avec un visa étudiant) mais qui travaillent plus de 20
heures par semaine, le pourcentage passe de 60 à 72%. En se penchant sur la distinction
faite par les personnes interrogées entre statut régulier et irrégulier, les différences sont
aussi marquées entre les trois pays. Les migrants ont établi des relations distinctes entre
les différents cadres légaux actuels.

Dans le cadre du Portugal, la grande majorité des migrants brésiliens et en situation


irrégulière sont des « prolongateurs » (personnes restant sur le territoire au-delà de la
limite autorisée) ce qui signifie qu’elles sont entrées de façon régulière sur le territoire
avec l’autorisation de rester 90 jours comme touristes mais sont restées plus longtemps et
n’ont pas été capables de régulariser leur situation. En fait, 88% de tous les migrants
brésiliens au Portugal interrogées dans l’enquête sont entrés sur le territoire en tant que
touristes. Quoi qu’il en soit la Loi 23 de 2007 ouvre la possibilité à une régularisation
exceptionnelle aux migrants possédant un contrat de travail. Respectueux de cette loi,
beaucoup de migrants brésiliens se sont lancés dans le processus de régularisation et en
attendent les résultats. Ainsi il est possible que parmi les 40% de migrants brésiliens en
situation irrégulière rencontrés pendant cette enquête, certains soient en mesure de
régulariser leur situation dans un futur proche. Malgré cela, les principales difficultés
rencontrées par la communauté brésilienne au Portugal tiennent au marché du travail :
obtenir un contrat de travail ne s’avère pas toujours possible. Obtenir un contrat de travail
constitue de toute façon une condition préalable pour la procédure de régularisation.

4.2 Principales difficultés rencontrées au Portugal, en Belgique et en Irlande

L’absence de famille et les problèmes liés à la régularisation sont les deux principales
difficultés partagées par les migrants brésiliens interrogés dans les trois pays. Au
Portugal, les discriminations sont évoquées comme étant le motif principal d’inquiétude ;
la régularisation est moins évoquée du fait des occasions qui se sont succédées depuis les
années 1990. Ce phénomène n’a été observé ni en Belgique ni en Irlande. D’un autre côté
la langue était la difficulté la plus citée par les personnes interrogées.

60
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
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Tableau 20 : Principales difficultés rencontrées dans les pays de l’UE sélectionnés, en %

Dans l’échantillon examiné, les principales difficultés expérimentées par les migrants
brésiliens au Portugal étaient liées à l’absence de famille (22%), aux difficultés de
régularisation (19%) et aux discriminations. De façon remarquable, le niveau de
discrimination ressenti par les migrants brésiliens au Portugal ou en Belgique (15,6%) est
très élevé par rapport à celui ressenti en Irlande (4,7%). Les problèmes liés au travail
(10% au Portugal, 9,3% en Belgique et 8,5% en Irlande) ou au chômage (6,6% au
Portugal, 10% en Belgique et 8% en Irlande), au logement (8% - 7% - 0,2%) et les
difficultés économiques (8% ;15,4% ; 4,4%), sont aussi mentionnés. Les difficultés liées
au climat (5%) sont moins courantes au Portugal qu’en Irlande (15,7%) mais plus hautes
qu’en Belgique (2,4%). La langue est un problème en Irlande (15,8%) et à un niveau plus
faible en Belgique (9,6%).

5. Modèles socio-économiques
Concernant le statut professionnel précédant le processus migratoire des personnes
interrogées, il faut souligner le fait que 38% d’entre elles étaient sans emploi avant leur
migration vers l’Europe. Les principaux facteurs déclencheurs de l’émigration sont le
manque de travail et les salaires précaires dans le pays d’origine comparé aux salaires du
pays-hôte. De plus, l’émigration des Brésiliens peut s’expliquer par le manque
d’opportunités sur le marché du travail brésilien et par la croissance de l’économie
informelle.

Les opportunités d’emploi pour les travailleurs non-qualifiés, par exemple dans la
construction pour les hommes et dans les ménages pour les femmes, ont été identifiées

61
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comme des facteurs d’attraction (pull factors). Selon certains représentants


communautaires, bien que n’ayant pas signé de contrats (ou même n’ayant pas reçu
d’offres) dans leur pays d’origine, les migrants brésiliens savaient qu’il serait
relativement facile pour eux de trouver un emploi dans les trois pays étudiés,
particulièrement par le biais de sous-traitants (par exemple des sous-traitants brésiliens au
Portugal ou des sous-traitants portugais en Belgique et en Irlande).

Dans cette enquête, une part importante des migrants brésiliens vivant au Portugal
travaillait dans le secteur commercial avant d’émigrer (24,5%), suivis par les sans-emploi
et les personnes inactives (23,5%). En Belgique, 26% des personnes interrogées
travaillaient également dans le secteur commercial au Brésil.

En examinant les revenus au Brésil, force est de constater qu’ils étaient très faibles
comparés aux revenus moyens en Europe. En convertissant le Real en Euro 25 , il apparaît
que les revenus étaient dans 50% des cas inférieurs à 300€ par mois et dans 24% des cas
inférieurs à 200€ par mois. La différence de revenus entre le Brésil et l’Europe peut être
considérée comme l’une des raisons principales de la migration.

En analysant de manière individuelle les variables concernant la situation professionnelle


et les métiers des personnes interrogées, il est possible d’interpréter les flux migratoires
des Brésiliens vers le Portugal, l’Irlande ou la Belgique selon les théories du marché du
travail. Dans ces cas précis, les flux migratoires sont interprétés comme étant une
conséquence de la division internationale du travail. Les théories du marché du travail
(Harris et Todaro, 1970 ; Todaro, 1976 ; Borjas, 1989, 1990), qui à l’origine sont
tributaires du modèle d’attraction/répulsion, centrent leurs analyses sur cette variable,
considérant que les migrations humaines obéissent aux conditions structurelles d’un
marché du travail mondial. Ces théories fondent leurs hypothèses sur l’idée d’un équilibre
systémique potentiel, c.-à-d. d’un équilibre des niveaux de salaires, à partir du moment où
les différences entre l’offre et la demande au niveau national seraient compensées par les
migrations des travailleurs.

Cependant, ce modèle de liberté de circulation est inexistant dans les migrations


internationales du fait des restrictions imposées, par dessus tout, par les états (Zolberg,
1983) 26 . La libre circulation des travailleurs, lorsqu’elle est acceptée par les
gouvernements des pays de destination, est conditionnée par une série de lois spécifiques
en limitant sa réalisation complète. Toutefois, cette « non liberté » de circulation des

25
Taux de conversion au 31 août 2008
26
La réponse politique faite à la question de l’immigration peut consister en un encouragement des
politiques de « la porte ouverte » afin de maximiser l’offre de travail ; adopter une politique de « la porte
fermée », ou encore adopter des systèmes de quota afin d’aider à préserver l’intégrité culturelle et politique
du pays ou pour promouvoir l’incorporation de compétences spéciales ou du capital intellectuel. De plus la
réponse politique à l’immigration peut conduire à la sélection, la promotion ou la restriction des départs
d’émigrants qui pourraient - et en général le font effectivement - distordre la composition du flux
migratoire, affectant directement le niveau de réexpédition de fonds que cela engendre et par là donc
l’impact de l’émigration sur l’économie d’envoi de fonds. L’adoption de l’un de ces types de politiques par
un état d’accueil ou pourvoyeur de migration a varié historiquement selon la perception que l’état a de ses
intérêts domestiques.

62
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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

travailleurs peut être surmontée en utilisant certaines techniques de migration (par


exemple, les réseaux formels ou informels, les stratégies d’obtention de visas, la
migration clandestine, etc.). Au final, pénétrer le marché du travail des pays-hôtes dépend
du marché du travail lui-même.

Concernant la migration des Brésiliens au Portugal, en Belgique et en Irlande, les


principaux facteurs d’attraction (pull factors) se révèlent être les salaires, suivis par les
possibilités de travail, par la facilité et la rapidité d’entrer sur le marché du travail, et
l’existence d’une structure facilitant l’émigration (par exemple l’exemption de permis).
D’un autre côté, les principales difficultés sont la non-transférabilité du capital humain
obtenu au Brésil ; la barrière de la langue en Belgique et en Irlande ; l’économie
souterraine des pays-hôtes entraînant de longues journées de travail et des salaires
inférieurs et le refus d’accorder un statut légal.

5.1. Statut professionnel

Concernant le statut professionnel, il faut souligner le taux élevé d’activité des Brésiliens
dans les trois pays, spécialement en Irlande, où il atteint un niveau proche de 76%. Le
recueil des données a été réalisé dans une période de croissance économique très faible
voire même négative dans les trois pays, influençant certainement les conditions d’emploi
pour les personnes interrogées. Par conséquent, les Brésiliens interrogés montrent une
activité professionnelle importante, dépassant même le taux d’activité des ressortissants
nationaux.

De tous les migrants interrogés en Belgique, 68% ont indiqué travailler au moment de
l’enquête ; 28% se sont déclarés inactifs et 4% n’ont pas répondu à la question. En
comparaison, le taux d’activité en Belgique pour l’année 2007 était de 62% 27 . 25% de
tous les Brésiliens ont déclaré être sans emploi, et 10% être étudiants. En outre, 9% ont
indiqué qu’ils travaillaient à leur compte. Le taux d’activité des migrants brésiliens
semble donc indiquer une migration de nature professionnelle ou, plus précisément, une
migration professionnelle à petits revenus non saisonnière. Le principal secteur d’activité
économique en Belgique est le celui du ménage/employé de maison (36% de l’ensemble
des migrants), suivi par le secteur de la construction (34%). Ces secteurs d’activité des
migrants diffèrent grandement entre la Belgique et le Brésil, puisqu’au Brésil, 34% du
total des migrants travaillaient dans le secteur du commerce et seulement 4% dans celui
du ménage.

Si l’on considère la situation actuelle sur le marché du travail, les migrants brésiliens
interrogés au Portugal sont soit : employés (46,6%), sans-emploi (19%), étudiants (10%),
indépendants (10%), employés de maison (6%) ou propriétaires d’entreprise/employeurs
(4%). Si l’on considère l’Irlande, les immigrants brésiliens interrogés sont soit : employés
(46%), sans-emploi (19%), étudiants (17%), indépendants (5,5%), employés de maison
(8,8%) ou propriétaires d’entreprise/employeurs (0,2%). En Belgique, les chiffres sont :
employés (29%), sans-emploi (25%), étudiants (10%), indépendants (9%), employés de
maison (14%) ou chefs d’entreprise/employeurs (0,8%).
27
http://www.statbel.fgov.be/figures/d31_fr.asp#1

63
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5.2 Secteur d’activité professionnelle actuel

En observant le secteur professionnel actuel des migrants, les situations varient entre les
trois pays. Les services sont le premier secteur professionnel des Brésiliens au Portugal
(par exemple le secteur commercial, les restaurants et hôtels) mais la construction civile,
les services domestiques et les ménages sont aussi importants. Dans le cas irlandais, les
Brésiliens se concentrent essentiellement sur trois secteurs : les services, la construction
et les services à la personne et domestiques.

Tableau 21 : Secteur d’activité professionnelle actuel

En examinant les secteurs professionnels des migrants au Brésil et ceux qui les emploient
actuellement dans les pays-hôtes, les différences en fonction des destinations sont
remarquables. Par exemple, en Belgique il existe un transfert considérable entre le secteur
commercial et ceux de la construction, des ménages et des services domestiques. Il faut
souligner que ces derniers sont traditionnellement des secteurs d’entrée pour les migrants.
En outre, un fait important est le nombre en hausse de personnes inactives et sans emploi
entre le Brésil et la Belgique, c.-à-d., selon l’enquête, qu’en Belgique les migrants
brésiliens sont plus souvent sans emploi qu’ils ne l’étaient au Brésil.

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Tableau 22 : Secteur d’activité professionnelle actuel et secteur d’activité au Brésil


(Belgique)

Dans le cas irlandais, il y a eu un transfert depuis le secteur des services au Brésil vers la
construction, les services domestiques et du ménage en Irlande. On constate également un
nombre significatif d’étudiants débutant une activité professionnelle en Irlande et
beaucoup de travailleurs reprenant leurs études (en langue anglaise) en Irlande, ce qui
explique les chiffres du secteur de l’éducation.

Tableau 23 : Secteur d’activité professionnelle actuel et secteur d’activité au Brésil


(Irlande)

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Dans le cas portugais, il y a moins de changements importants mais il existe toutefois une
baisse du secteur commercial et un transfert vers les secteurs de la construction et du
ménage. La langue commune aux deux pays joue un rôle significatif puisque le contact
avec les clients est généralement nécessaire pour travailler dans le secteur commercial.

Tableau 24 : Secteur d’activité professionnelle actuel et secteur d’activité au Brésil


(Portugal)

En examinant la relation entre sexe et secteur d’insertion économique dans les pays-
hôtes, on peut remarquer que le secteur de la construction concentre la majorité des
hommes, les ménages et les services domestiques la majorité des femmes.

5.3 L’insertion des migrants dans l’économie informelle

Au Portugal, en Belgique et en Irlande, il existe une corrélation positive entre le type de


visa et l’existence d’un contrat de travail. Dans le cas de l’Irlande, la délivrance d’un visa
étudiant donne droit à l’étudiant de travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant
l’année scolaire et jusqu’à 40 heures par semaine pendant les vacances. Cependant, plus
de 20% des étudiants ayant un travail ne possèdent pas de contrat avec leurs employeurs.
D’un autre côté, pénétrer sur le territoire en tant que touriste et y demeurer au-delà de la
période autorisée semble constituer un accès direct pour obtenir un travail dans
l’économie informelle. Le taux élevé d’activité dans le secteur informel suggéré par ces
données doit être souligné, en particulier pour la Belgique où 70% des Brésiliens y
travaillent. Au Portugal, le nombre élevé de Brésiliens ayant un contrat de travail peut
être expliqué par l’obligation légale de posséder un contrat en bonne et due forme pour
obtenir un permis de résidence. Cette obligation fut établie en 1996 et fut suivie par des
campagnes de régularisation successives établies sur la même règle (Góis et Marques,
2005). Cependant, près de 32% des Brésiliens au Portugal ne possèdent pas de contrat de
travail.

66
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Tableau 25: Migrants brésiliens dans l’économie informelle

En Irlande, 76% des personnes interrogées affirmaient avoir un travail au moment de


l’enquête alors que seulement 32% déclaraient être en possession d’un contrat de travail
en règle de leur employeur. En moyenne, 42% travaillaient entre 21 et 40 heures par
semaine. Les trois principaux secteurs professionnels des migrants brésiliens en Irlande
sont les travaux domestiques (24%), suivis par la construction (21%) et les services
(19%).

Même si entrer en Europe en tant que touriste, prolonger le séjour au-delà de la période
de 90 jours autorisée et trouver un travail dans l’économie informelle peut sembler plutôt
facile, cela ne veut pas pour autant dire que tous les migrants brésiliens vivent en accord
avec leurs attentes. Les emplois informels et occasionnels permettent aux migrants de
survivre mais grèvent leurs espoirs. Néanmoins, l’impact sur les flux migratoires semble
inexistant et un consensus semble exister sur le fait que leur expérience négative ne
suffira pas à empêcher leurs amis et proches au Brésil d’émigrer aussi. L’émigration est
source d’une convention passionnée entre ceux qui restent et ceux qui partent.
L’émigration peut être le fruit d’un investissement familial ou d’une fuite, ceux qui s’en
vont se sentent en général obligés de démontrer à ceux demeurant au Brésil que la
souffrance en valait la peine (Reyneri 1999). Le migrant évitera alors de revenir à la
maison sans économies, ce qui serait pour lui le signe qu’il n’a pas été à la hauteur des
attentes émises par la famille et les amis. Il ou elle sera alors forcé(e) de prolonger son
séjour même si la vie se fait de plus en plus difficile. D’après ces observations les
migrants pourraient donc avoir des réticences à faire état de leur situation auprès de ceux
demeurés au pays. De grandes attentes sont un facteur encourageant le migrant à ne pas
divulguer les aspects négatifs de la vie et du travail dans le pays de destination. Il faut
savoir que la chaîne migratoire encourage des mouvements migratoires supplémentaires
sans égard pour les informations transmises. Le nouveau flux d’immigration depuis le
Brésil vers l’Irlande, le Portugal et la Belgique a rarement des effets positifs pour les

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migrants. Quoi qu’il en soit l’effet bien connu d’auto-entrainement de la chaîne


migratoire prévaut (Portes, 1995).

Toutes les données recueillies au cours du projet confirment l’hypothèse d’un effet
d’attraction de l’économie souterraine du côté de la demande 28 . Comme démontré
précédemment, la plupart des migrants brésiliens ne sont pas en situation désespérée sans
moyen de subsistance mais des personnes s’efforçant d’améliorer leur vie. Cela rend les
migrants profondément concernés par l’information portant sur ce qu’il peuvent attendre
du pays d’accueil.

Apparemment, une économie souterraine étendue semble être particulièrement attractive


dans le contexte des possibilités limitées pour les ressortissants de pays tiers d’obtenir un
permis de travail et un permis de résidence dans l’UE. Les personnes n’ayant pas en leur
possession de permis de travail sont par conséquent privées du marché du travail officiel.
L’économie souterraine, ne demandant aucun document, encourage directement la
migration irrégulière. Loin d’être une conséquence de la migration irrégulière,
l’économie informelle apparaît comme en étant une des causes.

Les éléments empiriques recueillis dans cette étude montrent que les travailleurs
brésiliens évoluent sur un marché du travail restreint (un nombre limité de professions et
de secteurs), n’exigeant aucune éducation ou formation professionnelle. Ce type
d’insertion professionnelle concentré sur quelques secteurs (commercial, construction et
ménages) confirme l’hypothèse d’une segmentation du marché du travail. Selon cette
théorie, le marché du travail est composé de sous-marchés ou segments, avec à
l’extrémité de ce marché un segment négativement connoté dans la société, occupé par
les migrants en situation irrégulière (par ex. des Brésiliens) travaillant dans le marché
informel.

6. Envois de fonds et autres pratiques transnationales


Comparer les envois de fonds peut s’avérer édifiant. Les différences de revenus, le niveau
de connexions et les dépendances existants avec le pays d’origine sont tous des facteurs
importants. De plus, l’envoi de fonds implique d’autres relations plus complexes, comme
celles des pratiques bancaires, c.-à-d. le maintien d’un compte en banque au Brésil, la
consommation ou l’habitude d’épargner ainsi que les stratégies migratoires respectives
associées à ces comportements mais aussi d’autres relations moins visibles, telles que la
possibilité d’ouvrir un compte dans le pays-hôte. L’information obtenue dans
l’échantillon montre qu’un plus grand pourcentage de migrants brésiliens en Irlande
(56%) envoie de l’argent au Brésil, comparé aux migrants brésiliens au Portugal (49%)
ou en Belgique (46%). Il n’existe pas de différence significative entre femmes et hommes
sur ce point.

28
Des développements récents montrent que la demande de travail (offre d’emploi) a disparu en Irlande et
nous pouvons constater le départ du pays d’un grand nombre de ressortissants ou non-ressortissants
irlandais.

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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

De manière générale, au cours de chaque cycle migratoire, il est possible d’observer à


partir d’un certain stade une tendance à la réduction des envois de fonds. Cette tendance
n’a pas encore été constatée dans les pays étudiés, phénomène pouvant s’expliquer par la
jeunesse de ce flux migratoire.

Comme les migrants exercent généralement des professions non qualifiées, les revenus
leur paraissent élevés tant que leur point de référence reste le niveau de vie dans leur pays
d’origine. Au cours des premières années de vie à l’étranger, l’objectif d’envoyer autant
de fonds que possible oblige les migrants à restreindre leur consommation. Plus tard, si
les travailleurs migrants sont rejoints par leurs parents, leurs revenus, bien qu’augmentant
avec les années, se révèlent insuffisants pour maintenir un train de vie décent.

Dans le cas des familles nombreuses, la nécessité de subvenir à leurs besoins accapare la
totalité des revenus, avec pour conséquence l’impossibilité de réaliser l’objectif
d’épargne et l’extension de la période de séjour. En conséquence, la migration peut se
transformer en une manière durable de subvenir aux besoins d’un vaste groupe de parents
restés au pays comme cela a été démontré plus haut.

En outre, un projet de « migration temporaire » est affecté négativement par la situation


de séjour irrégulier, empêchant les visites au pays. Cet aspect affaiblit les liens familiaux
et communautaires, contribuant à modifier le projet en une migration permanente avec
pour seul but le soutien à la famille restée dans le pays d’origine. Ce piège pouvant
sembler peu probable apparaît clairement dans les informations recueillies par l’étude,
avec les indicateurs « visites au Brésil, regroupement familial, envois de fonds » ou par la
question sur les facteurs pouvant les faire rester dans le pays-hôte ou rentrer au Brésil.

Tableau 26 : Moyennes mensuelles d’envoi de fonds, depuis le Portugal, l’Irlande et la


Belgique

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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Au Portugal le pourcentage de migrants brésiliens envoyant des fonds (ou n’en envoyant
pas) au Brésil est équilibré. La moitié des immigrants brésiliens interrogés (50,6%)
n’envoient pas de fonds au pays. Parmi ceux qui le font (49%), le montant est
principalement estimé entre 101€ et 200€ (38%). Ceux qui envoient moins de 100€ et
entre 201 et 300€ sont en nombre équivalent (21,4% dans les deux cas). Seulement 20%
des migrants brésiliens interviewés envoient des montants supérieurs à 300€ par mois.

Plus de la moitié des immigrants brésiliens interrogés en Belgique envoient des fonds au
pays. Les valeurs sont principalement situées entre 1 et 200€ (50%). Ceux qui envoient
entre 201 et 300€ sont 19%, entre 301 et 400€ 12% ils sont 19% à envoyer plus de 400€
par mois.

En Irlande, le pourcentage d’immigrants brésiliens envoyant des fonds au Brésil est de


44%. Plus de la moitié des immigrants brésiliens interrogés (56%) n’envoient pas de
fonds au pays. Parmi ceux qui en envoient, la part de ceux envoyant des montants
supérieurs à 200€ est de 43% du total, ceux qui envoient entre 201 et 300€ sont 20%,
13% entre 301 et 400 € et ils sont 23% à envoyer plus de 400€ par mois.

7. Projets à long terme et besoins pour le retour


Dans l’échantillon, le travail est ressorti comme l’une des principales raisons pour rester
dans le pays-hôte, confirmant la classification antérieure de la migration brésilienne
comme migration professionnelle.

L’accès possible à une régularisation apparaît comme la seconde raison la plus pertinente
pour demeurer. Dans le cas des migrants brésiliens, le changement de statut peut entraîner
l’abandon de l’économie informelle ou du segment secondaire du marché du travail.

En Belgique, les possibilités d’éducation pour les enfants furent aussi mentionnées
comme une raison de demeurer dans le pays. Cela correspond au profil de migration
familiale caractérisant la migration brésilienne dans ce pays.

Le manque de travail est une raison importante entraînant le retour au Brésil,


particulièrement dans le cas de l’Irlande. Dans le contexte actuel de crise économique et
financière, le scénario semble favorable pour un retour au pays de cette vague migratoire.

Le profil des migrants brésiliens en Irlande suggère que ces migrants, au lieu de rentrer
au Brésil, pourraient envisager de choisir une nouvelle destination, c.-à-d. d’autres pays
européens ou des pays tiers anglophones.

Malgré les résultats de l’étude montrant que seul un migrant sur dix souhaite migrer à
nouveau vers un autre pays, des expériences similaires d’autres groupes de migrants
(comme les Portugais par le passé) laissent à penser que la réadaptation au pays d’origine
n’est pas évidente et dans de nombreux cas entraîne une ré-émigration.

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Obtenir un travail (8%), la régularisation (15%) et le regroupement familial (13%) sont


les principales raisons invoquées par les migrants brésiliens interrogés pour rester au
Portugal. La possibilité d’obtenir un soutien social (8%) et la possibilité de scolarisation
pour les enfants (4%) apparaissent moins fréquemment. Le manque de travail (18%), le
fait de pouvoir vivre en famille (17%), l’amélioration des conditions de vie au Brésil
(14%), la régularisation de leur situation (12%) et être parvenus à atteindre les objectifs
de leur projet migratoire (11%) sont les principales raisons mentionnées par les migrants
brésiliens vivant au Portugal pour rentrer au Brésil.

Concernant le retour, les raisons possibles comprennent une amélioration anticipée des
conditions sociales et économiques au Brésil, les questions liées à l’accomplissement du
processus migratoire et l’achèvement des objectifs fixés par les migrants. D’autres
raisons, telles que « rejoindre la famille au pays », celles liées à la viabilité financière, se
retrouver sans emploi ou ne pas gagner assez pour couvrir le coût humain de la migration,
peuvent également aider à expliquer ce choix de retour.

La majorité des migrants en situation irrégulière étaient incertains quant à la durée de leur
séjour au Portugal, en Belgique, en Irlande ou dans l’UE en général. Concernant cette
donnée, il faut souligner les différentes tendances migratoires dans ces pays ; l’Irlande
comme l’exemple d’une vague migratoire soudaine se retirant à présent ; la Belgique
comme un exemple d’indécision parmi ceux qui souhaitent rester et ceux forcés de
partir ; le Portugal comme destination finale, un pays de transit et de ré-immigration mais
dans lequel des vagues successives de migrants brésiliens permettront de renouveler le
stock migratoire et de rajeunir la migration.

L’Irlande : un flux migratoire en forme de vague

Parmi les personnes interrogées, 56% souhaitent rester un temps en Irlande avant de
repartir au Brésil (phénomène appelé migration à temps et but défini) alors que 29%
n’avaient pas encore décidé de leur futur au moment de la distribution du questionnaire. Il
est également intéressant de mentionner que seule une minorité (autour de 6%) souhaite
s’établir de manière permanente en Irlande.

A la question de ce que les migrants feraient de l’allocation d’un soutien financier, 26%
ont répondu qu’ils voudraient monter une petite affaire et 18% qu’ils l’utiliseraient pour
financer leur voyage de retour au Brésil. 19% ont également répondu qu’ils s’en
serviraient pour suivre une formation. Un résultat également intéressant montre que
seulement 3% d’entre eux ne savaient pas à quoi ils pourraient l’utiliser, ce qui pourrait
signifier que la plupart des migrants brésiliens en Irlande pensent déjà à leur retour.

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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Tableau 27 : Comment utiliser l’assistance financière pour retourner au Brésil

En Belgique : « Should I stay or should I go… »

« La plupart de gens veulent rester » fut le discours commun aux informateurs-clé


interrogés lors de la première phase du projet de recherche. Nombre d’entre eux ont
expliqué qu’après avoir résidé en Belgique pendant quelques années, les personnes
commençaient à s’intégrer et ne voulaient plus repartir. La scolarisation des enfants et la
stagnation de la situation économique et sécuritaire au Brésil étaient les principales
raisons invoquées pour rester en Belgique. Une autre raison mentionnée fut la difficulté
de se réintégrer et de trouver un travail au Brésil, « ce qui fut toujours difficile et presque
impossible après 40 ans ou si vous avez quitté le pays », selon l’un des informateurs-clé.

Beaucoup d’informateurs-clé avaient déjà entendu parler du programme d’Assistance au


Retour Volontaire (ARV) de l’OIM, bien qu’aucun d’entre eux n’en possédait une
connaissance précise. Il fut souvent affirmé que ce programme était nécessaire pour aider
les migrants en situation très précaire (qui sont également considérés comme un fardeau
potentiel pour la communauté). Certains informateurs-clé ont aussi mentionné un possible
abus lié à ce programme, par exemple des Brésiliens rentrant au Brésil grâce au
programme et revenant en Belgique peu de temps après. Cependant, la même pratique fut
mentionnée avec les migrants expulsés de Belgique : n’ayant pas besoin de visa pour
pénétrer sur le territoire européen, ils reviendraient juste après avoir été expulsés.
Certains informateurs-clé ont également expliqué que les migrants rentrés au Brésil
répandaient des récits de réussite exagérés ayant peu à voir avec la réalité des migrants en
situation irrégulière en Belgique.

La majorité des Brésiliens interrogés en Belgique ont indiqué qu’ils prévoyaient de


rentrer au Brésil après quelques temps. Ce plan correspond à l’impression générale de la
migration brésilienne en Belgique : une migration professionnelle dans le but d’améliorer

72
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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

sa situation économique, d’économiser de l’argent ou d’envoyer des fonds et de rentrer


au Brésil après une période relativement courte. Au jour d’aujourd’hui, peu de
possibilités légales s’offrent aux Brésiliens pour entrer en Belgique et y débuter une
activité économique. Afin d’obtenir un permis de travail, les migrants doivent rentrer
dans une « catégorie exceptionnelle », en étant ou hautement qualifié, ou chercheur,
sportif professionnel ou artiste avec un salaire supérieur à la moyenne belge 29 .

A propos de leurs projets à long terme, 35% des migrants interrogés en Belgique ont
déclaré vouloir rester en Belgique encore un temps avant de repartir au Brésil, tandis que
26% ont déclaré vouloir rester en Belgique de manière permanente. 25% des réponses
indiquaient que la personne n’avait pas encore décidé de ses plans futurs.

A propos de leurs projets de retour, 16% des personnes ont répondu vouloir rentrer au
Brésil dans les trois prochains mois. 14% des personnes ont confié vouloir rentrer dans un
ou deux ans, et 20% dans trois ou quatre ans. 44% des personnes interrogées n’ont pas
répondu à cette question.

Concernant les moyens de financement d’un retour potentiel à court terme, 35% des
Brésiliens en Belgique ont indiqué qu’ils utiliseraient leurs propres économies, 22% ont
déclaré qu’ils effectueraient un emprunt auprès de leur famille, amis, prêteurs ou de la
banque. 4% ont affirmé qu’ils vendraient leurs biens afin de pouvoir rentrer et 14% ont
avancé d’autres possibilités, y compris les programme d’AVR ou autre aide sociale. 16%
ont déclaré ne pas vouloir rentrer et n’ont donc pas répondu à la question et 10% ont
refusé d’y répondre.

28% des personnes interrogées ont indiqué vouloir ouvrir une petite affaire s’ils avaient la
possibilité de recevoir une subvention au Brésil. 11% ont déclaré qu’ils utiliseraient cette
subvention pour une formation/des études et autant ont déclaré qu’ils s’en serviraient
pour aider leur famille ; 9% l’utiliseraient pour aider à la recherche d’un travail.

Concernant la somme nécessaire pour commencer une nouvelle vie au Brésil, 2% ont
répondu avoir besoin de 1 000€ et 7% de 3 000€. 28% ont déclaré avoir besoin de plus de
10 000€ et 26% ont indiqué ne pas savoir combien. Ces résultats montrent non seulement
les attentes élevées quant aux ressources nécessaires dont ils auront besoin dans leur
pays, mais aussi une absence de plan clairement établi et même une certaine opposition
au retour, du moins sans ressources financières adéquates.

29
Monica Pereira: Brasileiros recém-chegados na Bélgica. Percurso entre direitos e estratégias de
(sobre)vivência. 2008 (mimeo).

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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Cadre 7
Connaissance de l’existence du Programme d’Assistance au Retour Volontaire
(ARV) en Belgique.

45% des personnes interrogées à qui il était demandé si elles étaient au courant de
l’existence du programme ARV ont indiqué en avoir déjà entendu parler. Cependant ce
chiffre doit être pris avec précaution étant donné que 17% des questionnaires étaient
distribués aux Brésiliens dans des associations où ils pouvaient se porter candidat au
programme d’Assistance au Retour Volontaire et il est clair que ces personnes avaient
déjà connaissance de ce programme. Certaines personnes ayant rempli le questionnaire
l’ont fait après avoir reçu une présentation sur l’OIM et le programme d’Assistance au
Retour Volontaire (ARV) qu’elles venaient de découvrir. 15% ont indiqué qu’elles
avaient déjà entendu parler du programme au Brésil.

Connaissance de l’existence du programme d’Assistance au Retour Volontaire en


Irlande

42% des personnes ayant répondu à la question de savoir si elles étaient au courant de
l’existence du programme ARV ont indiqué en avoir déjà entendu parler. 10% ont
indiqué avoir déjà entendu parler du programme au Brésil.

Connaissance de l’existence du programme d’Assistance au Retour Volontaire au


Portugal

Au Portugal seulement 15% des personnes à qui il était demandé si elles étaient au
courant de l’existence du programme ARV ont indiqué en avoir déjà entendu parler et
parmi elles seulement 3% ont indiqué en avoir déjà entendu parler au Brésil.

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Tableau 28 Sources d’information sur le programme ARV de l’OIM

Portugal : un petit Brésil en Europe ?

Le nombre de Brésiliens vivant au Portugal a augmenté de façon significative depuis les


années 1990. Ces dix dernières années, la population brésilienne s’est accrue de manière
exponentielle. Entre 1998 et 2007, le nombre de migrants brésiliens vivant dans le pays
s’est multiplié par plus de dix (Malheiros, 2007). En 2005, il était estimé qu’environ
90 000 migrants brésiliens vivaient au Portugal. En 2009, une estimation de 130 000
pouvait être encore en dessous de la réalité.

Concernant les résultats de la recherche au Portugal, la majorité des migrants brésiliens


interrogés ont l’intention d’y rester un certain temps avant de rentrer au Brésil (34%).
Toutefois, un nombre important de migrants brésiliens n’ont pas encore pris de décision
quant à leurs projets futurs (28%) et un pourcentage assez important, en ayant à l’esprit
qu’il s’agit d’une vague migratoire très récente, a l’intention de s’y installer de manière
permanente (21%). L’intention de changer de pays est mentionnée moins fréquemment
(10%), bien que tout de même plus souvent qu’en Irlande ou en Belgique.

Le retour volontaire est considéré par les migrants brésiliens au Portugal comme le
dernier recours et cette option est habituellement choisie par ceux se trouvant en situation
de grande pauvreté ou risquant d’être expulsés.

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Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

8. Les Brésiliens utilisant les programmes ARV


Plus de 62% des migrants interrogés en Belgique, au Portugal et en Irlande ne
connaissaient pas les programmes d’assistance ARV de l’OIM. Parmi les 34% en
connaissant l’existence, 9% en avaient entendu parler avant leur départ du Brésil.

L’information fut fournie dans le pays de destination par le biais d’associations de


migrants, d’ONG, de services en lien avec l’immigration (comme le SEF) ou par des
amis et connaissances. Cette donnée permet de conclure que l’information circule en
circuit fermé, particulièrement dans les pays de destination. Ce fait limite inévitablement
l’accès au programme de retour volontaire aux individus ayant accès à ce réseau
d’information.

8.1 Les Brésiliens utilisant les programmes ARV en Belgique

Ces dernières années, les Brésiliens sont devenus le groupe de migrants le plus important
demandant à bénéficier des programmes d’Assistance au Retour Volontaire (ARV) mis
en œuvre par l’OIM Bruxelles. Entre 2003 et 2007, 3 669 Brésiliens furent assistés par
l’OIM en Belgique pour retourner au Brésil. 60% d’entre eux étaient des hommes. En
2005, 714 Brésiliens sont partis avec le Programme ARV, en 2006 706 Brésiliens en ont
bénéficié (25% de tous les départs ARV) et en 2007 805 Brésiliens ont quitté la Belgique
par ce biais (31% de l’ensemble des départs). En 2008, 697 Brésiliens sont repartis grâce
au programme (OIM Bruxelles, 2007).

De tous les Brésiliens ayant quitté la Belgique avec l’OIM, la destination de retour la plus
fréquente était Goiânia, suivie par Uberlândia et São Paulo, Belo Horizonte et Brasilia.
95% des Brésiliens rentrés au Brésil avec l’assistance de l’OIM Bruxelles vivaient dans la
capitale avant leur départ, 1% à Anvers et 4% dans d’autres provinces belges. Le profile
type du candidat ARV est celui d’un homme, originaire du Brésil, ne demandant pas
l’asile et ayant résidé à Bruxelles pendant environ 14 mois avant de postuler pour l’ARV
(OIM Bruxelles 2007).

8.2 Les Brésiliens utilisant les programmes ARV en Irlande.

Une augmentation spectaculaire des candidatures brésiliennes a été observée par l’OIM
Dublin ces deux dernières années. De 2001 à 2006, 26 Brésiliens sont repartis grâce au
programme ; en 2007, le nombre avait augmenté de plus de 400%, avec 106 retours et en
2008, le nombre des retours était de 246.

En étudiant le nombre moyen de candidats depuis 2006 jusqu’à la fin du mois de mai
2008, le profil type du candidat s’avère être un homme (66,5%), âgé d’une trentaine
d’années, marié et venant de l’Etat de Goiás au Brésil ; la majorité des candidatures
proviennent de Brésiliens résidant à County Galway, Irlande. 36% des candidats au
programme ARV ont vécu moins de deux ans en Irlande et la grande majorité des
candidatures, 83%, furent transmises à l’OIM par le CABI (Centro de Apoio aos

76
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Brésileiros na Irlanda). La principale raison invoquée pour vouloir quitter l’Irlande est
habituellement la situation irrégulière/l’absence de documents légaux et le manque de
travail. Il est intéressant de mentionner que 25% des candidats brésiliens se sont vus
confisquer leurs passeports par la An Garda Síochána (la police nationale).

8.3 Les Brésiliens utilisant les programmes ARV au Portugal

Au Portugal, le Programme d’Assistance au Retour Volontaire existe depuis 1997 et a


déjà aidé plus de 2 000 personnes à retourner dans 40 pays différents. Le Programme est
le résultat de la coopération entre l’OIM et le Gouvernement portugais. En décembre
2006, le réseau SuRRIA (SOURIR) fut crée, en tant que « réseau de conseil et
d’information », résultat de la coopération entre l’OIM et le Serviço de Estrangeiros e
Fronteiras (Service des Frontières et des Etrangers ou SFE), dans le but d’améliorer
l’accès à l’information sur le retour volontaire et l’assistance aux bénéficiaires potentiels
du programme sur l’ensemble du territoire. Le programme ARV au Portugal fonctionne
aujourd’hui à travers un réseau décentralisé dans lequel les entités d’aide sociale et les
délégations du SFE ont un rôle d’égale importance dans le conseil et l’information. Au
Portugal, seuls les migrants en situation irrégulière peuvent bénéficier du Programme
ARV. Habituellement, le migrant approche l’OIM ou l’un de ses partenaires du réseau de
conseil, comme le Centre National pour l’Aide aux Migrants (Centro Nacional de Apoio
ao Imigrante – CNAI), les Centres Locaux pour l’Aide à l’Intégration des Migrants
(Centros Locais de Apoio à Integraçao de Imigrantes – CLAII) ou les Délégations
Régionales du Service des Etrangers et des Frontières ((Delegações Regionais do Serviço
de Estrangeiros e Fronteiras - SEF).

Les demandes brésiliennes pour l’assistance au retour volontaire ont augmenté de


manière constante depuis 1999. Les Brésiliens représentent maintenant la première
nationalité à demander le retour volontaire et ces demandes augmentent progressivement
(20% en 2002, 29% en 2003, 33% en 2004, 37% en 2005, 69% en 2007 et les 279
Brésiliens partis en 2008 représentaient 80% de l’ensemble des retours). En 2007, ils
étaient suivis par les Angolais et les Ukrainiens, avec un pourcentage bien moindre
(respectivement 12% et 5% du total des candidats). Les données globales du Programme
ARV montrent qu’en 2007, 394 personnes ont demandé à bénéficier de l’assistance du
programme au Portugal. Dans la grande majorité des cas (69%), le Programme fut utilisé
par des ressortissants brésiliens (194 personnes). Généralement, parmi les personnes
repartant et sans tenir compte de la nationalité, 67% sont des hommes. 66% des
bénéficiaires du programme (soit 148 personnes) qui demeuraient dans le pays sans visa,
90% (134 personnes) étaient des Brésiliens ayant bénéficié du système d’exemption de
visa pour les touristes et demeurés sur le territoire après les 90 jours autorisés dans cette
situation (OIM Lisbonne, 2008).

8.4 La réintégration

Depuis plusieurs années, les bureaux de l’OIM ont été en mesure dans de nombreux pays
de faciliter le retour des migrants par le biais de différents programmes d’assistance au
retour volontaire. Une telle assistance s’est vue complétée par la fourniture d’une

77
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

assistance à la réintégration consistant en des soutiens financiers limités afin d’autoriser


des activités génératrice de revenus.

Les outils-clé pour le retour et l’assistance à la réintégration incluent : le profilage dans


les pays hôtes des candidats au retour afin d’évaluer leurs besoins et motivations, couplé
à une évaluation des conditions et des perspectives dans le pays de retour afin de soutenir
la décision du migrant, la fourniture de conseils et d’information liées à ce retour à eux
ainsi qu’aux conseillers au retour, afin de faciliter leur préparation au retour et leur
réintégration ; le suivi de la phase consécutive au retour afin de s’assurer d’un pourvoi
adéquat et durable de l’assistance à la réintégration et de la réalisation des ajustements
nécessaires aux programmes d’assistance au retour volontaire.

En Belgique
Depuis mi-2008, faisant face à un nombre croissant de demandes d’aide à la réintégration
et dans l’attente du résultat final de la recherche, l’OIM Bruxelles a décidé de restreindre
l’accès des Brésiliens migrants à ce programme, en donnant la priorité aux candidats
ayant initié une procédure de demande d’asile. De plus, deux critères supplémentaires ont
été définis pour les Brésiliens en situation irrégulière pour avoir accès au programme de
réintégration: ils doivent être bénéficiaires de prestations sociales accordées par l’Etat
belge ou appartenir à l’une des catégories de migrants vulnérables.

Les migrants brésiliens autorisés à bénéficier du soutien à la réintégration de l’OIM


Bruxelles sont assistés par le biais de « schémas de réintégration » définis préalablement
au cours des sessions de conseils précédant le départ. Selon les besoins des migrants, les
types d’aide à la réintégration suivants peuvent être fournis : assistance matérielle,
médicale, assistance à la création de micro-entreprises, pour trouver un logement
temporaire et pour un hébergement, assistance pour la formation et l’éducation, pour se
procurer un équipement professionnel. L’assistance peut aussi être juridique ou encore
liée aux frais des bagages supplémentaires. Le soutien à la réintégration est fourni via
l’achat de services et/ou de biens au Brésil, sans que ne soit distribué de sommes en
espèce.

Irlande
Depuis mars 2009, en Irlande, le programme ARV n’est plus ouvert qu’aux candidats en
procédure de demande d’asile et migrants irréguliers jugés vulnérables. L’assistance à la
réintégration varie selon les cas bien que le montant global soit d’environ 600€ par
personne. Aucune somme n’est confiée en espèce aux candidats et toute la réintégration
est effectuée sous la forme d’attributions de biens ou de remboursements.

Portugal
Au Portugal, depuis juin 2008, le programme ARV assiste tous les ressortissants de pays
tiers en situation de vulnérabilité qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière. Pour le
moment l’assistance à la réintégration est fournie par une aide financière à la
réintégration à hauteur de 400€ par personne et 150€ par enfant avec un maximum de
1100€ par famille.

78
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Le subside est fourni en plusieurs étapes aux candidats en situation de particulière


vulnérabilité et à ceux souhaitant monter une petite affaire à leur retour au pays et qui ont
soumis un projet d’entreprise au bureau de l’OIM. Au cours de l’année 2009, les services
de réintégration seront augmentés et l’assistance à la réintégration accrue. L’OIM
Lisbonne augmentera et diversifiera ses services de conseils à la préparation au départ
dans la perspective de les rendre plus flexibles et de les adapter aux besoins des candidats
au retour (par ex. conseils sur des plans individuels de réintégration, référencement des
formations, aiguillages sur les opportunités d’emploi et de micro-entreprises). De la
même façon les attributions des subsides à la réintégration seront validées au cas par cas
et en fonction des plans individuels de réintégration (avec un plafond préétabli).

Durant les entretiens avec les représentants communautaires en Belgique, l’assistance à la


réintégration fut qualifiée d’importante et d’utile aux migrants souhaitant rentrer au pays,
la réintégration étant jugée plutôt difficile, surtout pour ce qui était de trouver un travail.
Le salaire minimal mensuel au Brésil étant de 415 R$ 30 (170€) 31 , une assistance à la
réintégration dépassant ce montant fut jugée utile par ces derniers.

Les projets possibles de réintégration évoqués par les personnes sondées incluaient : se
lancer dans un petit commerce (27%), financer le voyage de retour (19%), une aide à la
recherche d’emploi (7%) ou encore acheter des meubles (7%).

La discussion sur la réintégration au Brésil qui a suivi la présentation des résultats en


novembre 2008 a fait apparaître que le problème du niveau d’éducation et des
compétences entrepreneuriales, en moyenne faibles, constituaient des obstacles à une
réintégration durable. Il a été établi que même ayant reçu une assistance, les personnes ne
savaient souvent pas comment monter une petite entreprise ou s’intégrer avec succès dans
la vie active. De plus a été pointée la nécessité d’informer sur les possibilités de
migration légale avant l’entrée des personnes en Europe.

9. Conclusions
1. Cette recherche constitue la première comparaison des modèles de migration
brésilienne vers l’Union européenne et plus particulièrement au Portugal, en Belgique et
en Irlande. Elle est une tentative de compréhension des flux et des trajectoires de
migration et de comparaison des profils de migrants dans ces différents pays.

2. Les profils des migrants brésiliens au Portugal, en Irlande et en Belgique ont montré
des similarités autant que des différences. Dans ces trois pays, les types de migrations
brésiliennes vers l’Europe semblaient connectés.

Le Portugal apparait comme le pays hôte le plus ancien et celui dont l’immigration
brésilienne est la plus diverse et la plus nombreuse.

30
Lei N 11.709 de 19 de junho de 2008, http://www.jusbrasil.com.br/legislacao/60071/lei-11709-08
31
Selon les taux de change d’octobre 2008 fournis par l’OIM

79
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

L’Irlande présente une immigration plus récente et moins diverse, jeune et se concentrant
de plus en plus autour de Dublin.

La Belgique présente un profil différent. Dans ce pays, la migration brésilienne est plus
ancienne mais moins nombreuse, dénotant l’amorce d’un nouveau cycle de migration.
Les migrants sont principalement concentrés dans la région bruxelloise avec des groupes
plus limités vivant dans les régions francophones et flamandes.

3. Les états d’origine au Brésil sont divers mais une concentration majeure dans quatre
états peut être relevée : Goiás, Minas Gerais, São Paulo et Paraná. Dans cette recherche, il
est aussi possible de relever que de nombreux migrants provenaient d’agglomérations de
taille réduite. Ceci pourrait être l’indice de l’existence de facteurs facilitant de tels
mouvements tels que des réseaux organisés.

4. La migration vers les pays étudiés dans cette recherche est apparue comme étant une
migration directe sans transit par quelconque autre pays. Les points d’entrée des migrants
brésiliens dans l’espace Schengen sont limités aux aéroports, perçus par la communauté
brésilienne comme autorisant les meilleures conditions générales pour une migration
réussie. Ces aéroports peuvent être considérés comme étant le premier obstacle sur la
route de la migration vers l’UE. Ce premier point d’accès préfigure généralement la
traversée des terres jusqu’à destination finale.

5. Dans les trois pays, les Brésiliens se concentrent dans un nombre limité de secteurs
économiques et au sein de ceux-ci dans les professions les moins qualifiées. Le secteur
des services en Irlande et au Portugal avec le secteur de l’industrie, de la construction et
du nettoyage à domicile sont dans les trois pays les principaux domaines d’activité.
L’ethnicisation de certains secteurs et de certaines professions est une tendance pouvant
être observée dans toute l’Europe. Elle apparaît parfois via la création de segments
spécifiques occupés par certaines nationalités. Dans le cas des Brésiliens en Belgique et
en Irlande, la compétition avec les autres groupes de migrants établis de plus longue date
semble arbitrée par les ressortissants portugais. Cette médiation permet aux Brésiliens de
se montrer plus compétitifs.

6. La migration brésilienne dans les trois pays peut être divisée en deux types. Le premier
type peut être défini comme une migration familiale tendant à se développer au Portugal
et en Belgique. Le second type est une migration individuelle, caractéristique du cas
irlandais. La phase de migration familiale qui a en général lieu après une première phase
de migration de travail est déjà très avancée dans les cas belges et portugais comparés à
l’Irlande.

Pour cette raison, un volume croissant du nombre total de Brésiliens au Portugal et en


Belgique peut être attendu, aussi bien qu’un déclin du volume total de migrants brésiliens
en Irlande.

7. Au Portugal, les migrants brésiliens en situation irrégulière interrogés étaient moins


nombreux qu’en Belgique et en Irlande (environ 60% dans les deux pays). Dans le cas

80
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

portugais, malgré les nombreuses campagnes de régularisation ayant eu lieu par le passé,
l’échantillon montre que 41% des Brésiliens y résident en situation irrégulière.

8. Dans les pays où la recherche a été menée, une corrélation positive entre la possession
d’un visa et d’un contrat de travail peut être observée. Dans le cas de l’Irlande, la
possession d’un visa étudiant permet d’accéder à un contrat de travail, néanmoins 20%
des étudiants qui travaillent ne possèdent pas de contrat de travail. D’autre part, les
migrants entrant en tant que touristes et qui prolongent leur durée de séjour travaillent
presque tous dans le secteur de l’économie informelle et sans contrat de travail.

Cette recherche a mis en évidence la prédominance du secteur informel, spécialement


dans le cas belge où presque 70% des Brésiliens travaillent. D’où la conclusion qui peut
être établie portant sur la corrélation entre la force et l’importance du secteur informel
d’une part et l’attraction des migrants brésiliens d’autre part.

Dans le cas des Brésiliens en Europe, la migration irrégulière découlant de séjours


prolongés (overstaying) et « l’économie informelle » sont directement liés.

9. Le bond en Europe d’une « industrie de la migration » a tendance à s’accroitre si l’on


s’en réfère aux preuves empiriques récoltées. Pour le moment si l’on s’en tient aux seules
activités légales, cette « industrie » pourvoit déjà le voyage, le choix de la destination, des
conseils sur les moyens d’éviter les services de la police de l’immigration dans les pays
de destination, des conseils sur les meilleurs parcours pour parvenir aux destinations
souhaitées, des visas étudiants, des inscriptions à des cours de langue, des services
financiers, etc.

Dans certains cas, les programmes d’Assistance au Retour Volontaire de l’OIM sont
accaparés par cette industrie de la migration. Certaines données disponibles laissent à
penser que cette possibilité est déjà une réalité : par exemple lorsque l’on compare le
profil des migrants brésiliens ayant posé leur candidature au programme d’Assistance au
Retour Volontaire ces dernières années en Belgique avec celui des Brésiliens interrogés
pour cette recherche. Le profil des Brésiliens interrogés varie de façon significative de
celui de ceux ayant candidaté pour le programme de retour. Il existe des distorsions
inattendues dans le sexe, la région d’origine et l’âge des personnes.

10. Le retour des Brésiliens depuis les trois pays étudiés ne dépend pas tant de
l’assistance fournie par les gouvernements des pays hôtes que des conditions liées à leur
capacité de réaliser les attentes qui ont motivé leur projet migratoire. Le manque de
travail, les difficultés à obtenir un statut régulier ou encore des salaires trop bas
constituent les principales raisons de leur retour potentiel. Même la régularisation ne
garantit pas en soi de meilleurs revenus ou de meilleurs emplois.

11. Les programmes d’Assistance au Retour Volontaire de l’OIM ne sont pas encore bien
connus et n’apparaissent pas pour l’instant comme un moyen alternatif potentiel pour un
retour mais plutôt comme une solution de dernier ressort, c.-à-d. un moyen d’éviter
l’expulsion ou le chômage.

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Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Bien que l’OIM n’organise pas de sessions d’information spécifiques au sujet de ses
activités d’ARV à destination des ressortissants brésiliens, ces programmes restent
victimes de certains mauvais usages.

Ceci peut s’expliquer par le besoin d’une amélioration plus poussée des critères de
sélection des candidats au retour. De plus les informations liées aux programmes ARV
devraient systématiquement clarifier les critères de sélection auprès des différentes entités
travaillant avec les migrants brésiliens dans les pays de destination, comme les ONG, les
associations de la diaspora, les administrations, l’OIM, etc.

12. Si l’on considère la possible réintégration des Brésiliens ayant vécu en Belgique, au
Portugal et en Irlande, l’assistance a été jugée importante et utile pour les migrants
souhaitant revenir, l’intégration étant considérée comme plutôt difficile, surtout pour ce
qui est de trouver un emploi. Cependant la recherche a aussi montré que l’assistance à la
réintégration que les migrants pouvaient recevoir par le passé n’était pas toujours à la
hauteur de leurs besoins.

Etant donné l’actuelle augmentation du coût de la vie au Brésil, la plupart des migrants
ont indiqué avoir besoin de bien plus d’argent que l’actuel soutien à la réintégration
disponible dans les trois pays (entre 250 et 700€).

13. La question de la pérennité du retour à moyen et long terme devrait être examinée en
profondeur dans une autre étude. Dans cette recherche, les résultats se sont concentrés sur
le concept de projet migratoire temporaire à durée limitée – où le retour apparait comme
le résultat de difficultés de régularisation du séjour et d’obtention d’un emploi.

Le retour ne pourra jamais devenir définitif s’il n’est pas correctement soutenu par des
politiques effectives de réintégration. Du fait de ses insuffisances, dans bien des cas, le
retour signifie simplement un retour temporaire dans le pays d’origine s’en suivant d’un
nouveau départ ou d’une ré-immigration vers un pays tiers.

10. Recommandations
1. La création de mécanismes légaux de migration pour proposer une alternative à la
migration irrégulière. Ainsi la croissance de l’économie souterraine pourrait être enrayée
et la protection des droits des migrants améliorée. Dans tous les cas, si l’on s’en réfère à
cette enquête, certains Brésiliens sembleraient vouloir rejoindre l’UE au prix de rester en
situation irrégulière.

Un tel mécanisme de migration régulière diminuerait la mise en place de réseaux de


criminalité dont les activités profitent du désir de migration des Brésiliens. A cela
s’ajoute le fait qu’un tel mécanisme constituerait un outil d’amélioration de la gestion des
migrations et serait également bénéfique pour la société hôte. Permettre aux migrants
brésiliens d’avoir une activité légale dans le pays de réception diminuerait l’importance

82
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

de l’économie invisible. Il permettrait aussi l’engrangement par l’Etat des recettes


d’impôts et des cotisations à la sécurité sociale des migrants.

D’après cette recherche, un programme de migration circulaire visant la migration à bas


revenu non-saisonnière pourrait aussi s’avérer dans l’intérêt des migrants ; la plupart
d’entre eux ne souhaitent rejoindre l’UE que pour une période limitée avec l’intention de
rassembler quelques économies ou de renvoyer de l’argent au Brésil. Une opportunité
donnée de résider et de travailler légalement dans le pays pour des périodes allant jusqu’à
trois ans puis de revenir au Brésil, préviendrait une grande partie des problèmes actuels
rencontrés par la communauté (tels que l’exploitation de la main d’œuvre, les salaires non
payés par l’employeur, la peur de la police et des expulsions ou encore les incertitudes
liées au futur).

2. Un bas niveau de qualification ayant été identifié comme un obstacle majeur à une
intégration réussie sur tous ces marchés du travail, un programme offrant aux Brésiliens
de l’UE des formations professionnelles – éventuellement combiné à un programme de
migration circulaire – pourrait aider ces migrants à mieux contribuer à l’économie
européenne et à s’intégrer avec succès sur le marché du travail brésilien à leur retour.

3. Un autre problème lié au statut administratif irrégulier de beaucoup de Brésiliens dans


les pays de l’UE est le déficit de protection des droits des travailleurs, l’exploitation au
travail et l’inadaptation des logements. Selon la législation de l’UE et de ses Etats
Membres, les travailleurs étrangers peuvent porter plainte contre un employeur dans les
mêmes conditions que les autres travailleurs mais en pratique il y a peu de chance, pour
les travailleurs en situation irrégulière, de recevoir leur salaire si l’employeur le leur
refuse. De plus, autant la Belgique que le Portugal ou l’Irlande n’ont signé la Convention
internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres
de leur famille qui pourrait donner un cadre international à la protection des travailleurs
migrants.

4. Les programmes de réintégration pour les volontaires au retour au Brésil devraient


viser les migrants avec des besoins particuliers tels que ceux atteints de problèmes de
santé, les parents isolés, les mineurs non accompagnés, les victimes de la traite, les
personnes âgées et les femmes enceintes. L’aide à la réintégration pourrait être fournie
par l’activation du réseau de partenaires de l’OIM, y compris la société civile.

Afin d’assurer un retour durable, il pourrait être envisagé de créer des mécanismes de
microcrédits pour les migrants de retour au pays. Ainsi la responsabilité des fonds pour la
réintégration et de leur utilisation pourrait être partagée entre les migrants repartant et les
organisations les soutenant.

83
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Les auteurs
Pedro Góis est professeur de sociologie et de méthodologie à l’Université de Porto et
chercheur au Centre for Social Studies à l’Université de Coimbra. Il est spécialiste de la
sociologie de la migration et de méthodologie (pedrogois@ces.uc.pt). Il a été directeur de
recherche de ce projet.

Diana Gouveia a été la responsable de ce projet pour l’Irlande.

Annika Lenz détient un M.A. de sciences politiques, journalisme et philologie de


l’Université de Göttingen, Allemagne et travaille en tant que chercheur et assistante de
projet au sein de l’Organisation Internationale pour les Migrations à Bruxelles, en
Belgique. Elle a été responsable de recherche en Belgique et a assisté la coordination
finale du projet.

Christiane Coelho est post-doctorante et chercheuse au Centre of Research and Study in


Sociology (CIES-ISCTE à Lisbon, Portugal). Elle possède un doctorat de sociologie
(EHESS, Paris) et un Master de psychologie sociale (EHESS, Paris). Elle est spécialiste
de sociologie des migrations et des études urbaines. Elle était responsable de recherche,
au sein de l’OIM, sur les sujets touchant à la migration brésilienne au Portugal.

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Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

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89
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

Annexes:
3 versions des questionnaires (Belgique, Irlande et Portugal).

90
Caro/a Sr./Sra.!

A Organização Internacional para as Migrações (OIM) lançou o Projecto “Assessment of Brazilian


Migration Patterns and Assisted Voluntary Return Programme from selected European Member States to
Brazil”, PROJECTO INTEGRADO DE PESQUISA E APOIO AO RETORNO VOLUNTÁRIO DIRIGIDO À
COMUNIDADE BRASILEIRA RESIDENTE NA BÉLGICA, IRLANDA E PORTUGAL.

Este Projecto, co-financiado pela União Europeia, inclui a realização de um estudo que traçará o perfil
dos imigrantes brasileiros que residem na Bélgica, Portugal e Irlanda visando uma melhor adaptação
dos programas da IOM para estes imigrantes.

Para tal, agradecíamos que respondesse às perguntas colocadas neste questionário. O anonimato e a
confidencialidade da nossa pesquisa estão completamente assegurados. As suas respostas
serão exclusivamente utilizadas para fins científicos.

Gostaríamos também de enfatizar que não existem respostas certas ou erradas para qualquer pergunta,
pelo que deve exprimir as suas próprias opiniões.

Ao responder a determinadas perguntas, assinale a opção que corresponde à sua opinião ou escreva a
sua resposta no espaço sublinhado.

Muito obrigado pela sua colaboração!

Organização Internacional para as Migrações (OIM) Bruxelas


Rue Montoyer 40
1000 Bruxelles
Tel. 02 282 45 60
www.belgium.iom.int
PERCURSO MIGRATÓRIO

1. Quando saiu do Brasil?_________________(mês/ano)

2. Quais são as principais razões para ter deixado o Brasil? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Dificuldades econômicas … 6. Razões familiares/pessoais …
2. Desemprego … 7. Reunificação familiar …
3. Oportunidade profissional … 8. Estudos/formação …
4. Motivos políticos … 9. Outras razões … 2.1. Quais?____
5. Razões de segurança/violência …

3. Quando deixou o Brasil quanto tempo planejava estar fora do mesmo?:

1. Até três meses … 5. Até 3 anos … 9. Para Sempre …


2. Quatro a seis meses … 6. Até 5 anos … 10. Não planejei …
3. Sete meses a um ano … 7. Até 10 anos …
4. Um a dois anos … 8. Mais de 10 anos …

4. Quando saiu do Brasil qual era o seu destino final?_______________________

5. Porque escolheu viver na Bélgica? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Familiares ou amigos a residirem aqui …
2. Amigos no Brasil me tinham falado do país …
3. Tinha estado anteriormente aqui …
4. Estava informado de que a entrada não seria difícil …
5. Recrutamento no Brasil …
6. Possibilidade de regularização …
7. Possibilidade de obter nacionalidade …
8. Razões Lingüísticas e Culturais …
9. Estudos/Formação …
10. Outra razão … 5.1 Qual?__________

6. País da primeira entrada na União Europeia _____________________________________

7. Data de entrada na União Europeia (mês e ano) _________________________________

8. Data de entrada na Bélgica? (mês e ano) ___________________________________

9. Você veio para a Europa sozinho?


1. Sim … 2. Não … 9.3 Quem lhe acompanhou:___________

10. Quanto você gastou para sair do Brasil? (passagem de avião + reserva de hotel + visto, etc.)
Valor em___________________€ ou ______________USD$ ou_____________R$

11. Como obteve o dinheiro necessário para emigrar?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Poupanças pessoais … (passe à pergunta 14)
2. Empréstimo dos familiares … (passe à pergunta 12)
3. Empréstimo dos amigos … (passe à pergunta 12)
4. Empréstimo dum agiota … (passe à pergunta 12)
5. Crédito bancário / cartão de crédito … (passe à pergunta 13)
6. Venda de algum bem (moto, carro, casa, etc.) … (passe à pergunta 14)
7. Outro … 11.1. Por favor especifique ________

1
12. Quem lhe emprestou o dinheiro estava:
1. Na Bélgica … 3. Em outro país … 12.4 Por favor especifique______
2. No Brasil …

13. Quanto tempo levou /levará para pagar o empréstimo?


1. Três meses … 5. Três anos …
2. Seis meses … 6. Cinco anos …
3. Um ano … 7. Mais de cinco anos …
4. Dois anos … 8. Outro prazo … 13.9. Qual? __________

14. Possui outra nacionalidade além da Brasileira?


1. Sim … 14.3 Qual?_______________ 2.Não …

15. Desde que se encontra na Bélgica alguma vez foi de visita ao Brasil?
1. Sim … 15.3 Quantas vezes?________ 2. Não …

16. Costuma enviar dinheiro para a sua família (ou para alguém) no Brasil?
1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 18)

17. Em media, quanto é que envia mensalmente para o Brasil?


1. Até 100 euros … 4. De 301 a 400 Euros …
2. De 101 a 200 Euros … 5. Mais de 400 Euros …
3. De 201 a 300 Euros …

18. Que tipo de visto/ documento tinha quando chegou à Bélgica?


1. Vim como turista (sem necessidade de visto) …
2. Visto de estudante …
3. Visto de trabalho …
4. Sem qualquer documento …
5. Outro tipo de visto/ documento … 18.6. Por favor precise __________

19. A sua situação na Bélgica está regularizada?


1. Sim … (passe à pergunta 22) 2. Não … 19.3 Porquê?_______

20. Considera que será possível a legalização?


1. Sim … 20.3 Como?__________________________
2. Não … 20.4 Porquê?_________________________

21. Há quanto tempo está em situação irregular na Bélgica?


_______________meses ou _______________anos

22. Antes de sair do Brasil qual o seu nível de conhecimento sobre:

Não sabia Sabia o Estava bem


nada suficiente informado/a
Sistema de Saúde na Bélgica
Sistema de Educação na Bélgica
Acesso à Moradia na Bélgica
O mercado de trabalho na Bélgica
Possibilidade de Trabalhar estando irregular
na Bélgica
Possibilidades de se regularizar no futuro na
Bélgica

2
BEL 3. Com quantos Brasileiros você se dá na Bélgica? _______________

BEL 4. Desses quantos se nacionalizaram Belgas_____________________

BEL 5. Desses quantos estão irregulares na Bélgica?___________________

23. Você estava trabalhando nos últimos três meses antes de sair do Brasil?
1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 28)

24. Qual a ocupação:____________________

25. Qual o setor de trabalho no Brasil:


1. Agricultura … 7. Saúde …
2. Indústria … 8. Setor público …
3. Comércio … 9. Outros Serviços …
4. Construção Civil … 10. Independente …
5. Serviço doméstico/limpeza … 11. Outro …
6. Educação …

26. Remuneração mensal no Brasil


Valor em___________________€
ou _________________USD$
ou_________________R$

27. Jornada semanal de trabalho no Brasil:


1. até 20 Horas … 4. de 45 a 52 horas …
2. de 21 a 40 Horas … 5. Mais de 52 horas …
3. de 41 a 44 horas …

28. Já alguma vez trabalhou na Bélgica?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 37)

29. Quanto tempo após chegar à Bélgica esteve à procura de trabalho?__________meses


ou _____semanas
ou______dias

30. Está a trabalhar neste momento?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 37)

31. Há quanto tempo está no atual trabalho?_______________meses

32. Qual a ocupação atual:____________________

33. Qual o setor de trabalho atual na Bélgica:


1. Agricultura … 7. Saúde …
2. Indústria … 8. Setor público …
3. Comércio … 9. Outros Serviços …
4. Construção Civil … 10. Independente …
5. Serviço doméstico/limpeza … 11. Outro …
6. Educação …

3
34. Possui contrato legal de trabalho?
1. Sim … 2. Não …

35. Jornada total semanal de trabalho na Bélgica:

1. até 20 Horas … 4. de 45 a 52 horas …


2. de 21 a 40 Horas … 5. Mais de 52 horas …
3. de 41 a 44 horas …

36. Remuneração mensal na Bélgica? Valor em____________€

37. Qual a sua situação atual?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Desempregado …
2. Estudante … (passe á pergunta 39)
3. Doméstica … (passe á pergunta 39)
4. Aposentado/a … (passe á pergunta 39)
5. Empregador/a (dono/a de empresa) … (passe á pergunta 39)
6. Trabalhador/a por conta própria/profissional liberal … (passe à pergunta 39)
7. Empregado … (passe á pergunta 39)

38. Há quanto tempo está desempregado?__________________meses

39. Em que cidade vive atualmente ? ____________________________________________

40. Teve (ou tem) ao longo da sua estadia na Bélgica algum problema de saúde?
1. Sim … 40.3. Qual?___________________ 2. Não …

41. Recebe algum apoio da assistência social na Bélgica?


1. Sim … 41.3. Qual?___________________ 2. Não …

42. Quais as principais dificuldades encontradas na Bélgica?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Relacionados com a Moradia … 7. Discriminação/Racismo …
2. Relacionados com o Emprego … 8. Saúde …
3. Desemprego … 9. Clima …
4. Regularização … 10. Língua diferente …
5. Dificuldades econômicas … 11. Outra … 42.1 Qual:___________
6. Ausência da família …

43. Quais são os seus planos a longo prazo?


1. Ficar permanentemente na Bélgica … (passe à pergunta 48)
2. Emigrar para um outro país … 43.5. Qual? ____________
3. Ficar na Bélgica por algum tempo e regressar ao Brasil …
4. Ainda não estão definidos …

44. Durante quanto tempo pensa ficar ainda na Bélgica?


_______________meses ou _______________anos

45. Daqui a quanto tempo gostaria de retornar ao Brasil?


_______________meses ou _______________anos

4
46. Se quisesse retornar no curto prazo ao Brasil como obteria o dinheiro necessário para a viagem? (pode
escolher MAIS do que uma opção)
1. Poupanças pessoais …
2. Empréstimo dos familiares …
3. Empréstimo dos amigos …
4. Empréstimo dum agiota …
5. Crédito bancário / cartão de crédito …
6. Venda de algum bem (moto, carro, casa, etc.) …
7. Outro … 46.1. Por favor especifique ________

47. Em que condições permaneceria na Bélgica?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Ter trabalho …
2. Ter apoio do sistema social …
3. Obter a regularização …
4. Reunir a família aqui …
5. Constituir família aqui …
6. Possibilidade de escolarização para as crianças …
7. Outra … 47.1Qual?__________
8. Nenhuma …

48. Quais são as razões que o levariam a regressar?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Estar em situação irregular … 6. Já cumpri os meus objetivos …
2. Falta de trabalho … 7. Saúde …
3. Estar com a família … 8. Melhoria das condições no Brasil …
4. Dificuldades financeiras … 9. Outras … 48.1Quais_______________
5. Cursos/formação …

49. Conhece o programa de retorno voluntário?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 52)

50. Já conhecia o programa de retorno voluntário no Brasil?


1. Sim … 2. Não …

51. Como conheceu o programa de retorno voluntário da IOM? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Amigos … 7. Hospital …
2. Familiares … 8. Igreja …
3. Embaixada do Brasil … 9. Policia …
4. Organização de Brasileiros na Bélgica … 10. Publicidade …
5. OIM Bruxelas … 11. Midia …
6. Website da OIM Bruxelas … 12. Outro meio … 51.1 Qual?_______________

52. Se tivesse algum apoio financeiro para o retorno ao Brasil de que forma o utilizaria?
(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Pagar a viagem … 6. Comprar um carro\uma motocicleta …
2. Pagar empréstimo … 7. Ajudar à família …
3. Comprar mobiliário … 8. Abrir um negócio …
4. Ajuda para encontrar um trabalho … 9. Outro …52.1. Qual?___________
5. Cursos/formação …

5
53. De quanto necessitaria para começar de novo no Brasil?
1. Até 1.000€ … 5. De 7.501 a 10.000€ …
2. De 1.001 a 3.000€ … 6. Mais de 10.001€ …
3. De 3.001 a 5.000€ … 7. Não voltaria …
4. De 5.001 a 7.500€ … 8. Não sabe …

54. Sexo: 1. Masculino … 2. Feminino …

55. Idade:
16-17 … 46-50 …
18-25 … 51-65 …
26-35 … 65+ …
36-45 …

56.1. Cidade de ORIGEM ___________________ 56.2. Estado de ORIGEM (UF) __________

57. Qual é a sua religião?


1. Católica _________________________________________
2. Evangélica_______________________________________
3. Esotérica ________________________________________
4. Outra____________________________________________
5. Nenhuma …

58. Tem filhos?


1. Sim … 58.3 Quantos?_____ 2. Não … (passe à pergunta 61)

59. Em que país vivem os filhos


Filho Bélgica Brasil Outro País




Outro(s)

60. Quais são as suas expectativas no futuro próximo para os seus filhos?
1. Eles continuarão a viver na Bélgica …
2. Eles virão para a Bélgica …
3. Eles nunca virão para a Bélgica …
4 Eles voltarão para o Brasil …
5. Ainda não estão definidas …
6. Outras situações … 60.7. Quais?_______________

61. Estado civil:


1. Solteiro/a … (passe à pergunta 65)
2. Casado/a …
3. Vivendo Junto/União consensual …
4. Divorciado/a; Separado/a; Viúvo/a … (passe à pergunta 65)

62. Em que país vive atualmente o cônjuge ou companheiro(a)?


1. Brasil …
2. Bélgica …
3. Outro … 62.4. Qual? ___________________

6
63. Nacionalidade do cônjuge ou companheiro(a) atual
1. Brasileira … 3. Outra … 63.4. Qual? __________________
2. Belga …

64. Quais são as suas expectativas no futuro próximo para o/a seu/sua cônjuge/companheiro/a?
1. Ele/ela continuará a viver na Bélgica …
2. Ele/ela virá para a Bélgica …
3. Ele/ela nunca virá para a Bélgica …
4 Ele voltará para o Brasil …
5. Ainda não estão definidas …
6. Outras situações … 64.7. Qual?__________

65. Qual é a Instrução de você?


(por favor assinale o último nível de instrução concluído que é certificado pelo diploma correspondente)
1. Sem instrução (Analfabeto) … (passe à pergunta 67)
2. Fundamental até a 4ª série completa … (passe à pergunta 67)
3. Fundamental … (passe à pergunta 67)
4. Médio … (passe à pergunta 67)
5. Curso técnico profissional … (passe à pergunta 66)
6. Superior incompleto … (passe à pergunta 67)
7. Superior completo … (passe à pergunta 67)
8. Superior com especialização … (passe à pergunta 67)
9. Superior com mestrado … (passe à pergunta 67)
10. Superior com doutorado … (passe à pergunta 67)

66. Qual é a formação profissional de você?


1. Construção … 6. Educação …
2. Serviço doméstico/limpeza … 7. Saúde …
3. Gastronomia … 8. Setor público…
4. Agricultura … 9. Serviços …
5. Indústria … 10. Outra … 66.11 Qual __________

BEL 1. Qual é o seu nível de Francês?

1. Fluente 2. Alto 3. Médio 4. Baixo 5. Nenhum


Falar
Escrever
Ler

BEL 2. Qual é o seu nível de Holandês/Flamengo?

1. Fluente 2. Alto 3. Médio 4. Baixo 5. Nenhum


Falar
Escrever
Ler

(Muito obrigado pela sua colaboração.)


N.º do Questionário |BE___|_____|_____|_____|(a preencher pela IOM)
Local de realização__________________________
Data________________________
Entrevistador_________________________________

7
Prezado Sr./Sra.

A Organização Internacional para as Migrações foi fundada em 1951 e desde 2001 que trabalhamos directamente
na Irlanda. O trabalho da OIM (IOM em Inglês) na Irlanda está especialmente focalizado na assistência de retorno
voluntário a migrantes em situação de trabalho e residência irregular, assim como o acompanhamento e assistência
de reintegração no país de origem desses mesmos migrantes.

A OIM está neste momento a conduzir uma pesquisa “Assessment of Brazilian Migration Patterns and Assisted
Voluntary Return Programme from selected European Member States to Brazil”que tem como objectivo entender
de forma mais adequada as necessidades e expectativas do migrante Brasileiro na Irlanda e depois proceder a fazer
recomendações de como é que o nosso programa pode ser melhorado.

Para isto, gostaríamos de pedir a sua ajuda para completar o seguinte questionário. O questionário é
CONFIDENCIAL e ANÓNIMO.

O objectivo desta pesquisa é o de melhor informar e dar assistência aos migrantes Brasileiros que desejam retornar
ao Brasil com a ajuda da OIM e, portanto, apenas o relatório geral e as recomendações ao programa de retorno
voluntário serão comunicadas aos financiadores da pesquisa, neste caso a União Europeia e os governos da Irlanda,
Portugal e Bélgica.

Muito obrigado pela sua colaboração!

International Organization for Migration


7 Hill Street
Dublin 1

Tel. 01 87 87 900
http://www.iomdublin.org/
PERCURSO MIGRATÓRIO

1. Quando saiu do Brasil?_________________(mês/ano)

2. Quais são as principais razões para ter deixado o Brasil? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Dificuldades econômicas … 6. Razões familiares/pessoais …
2. Desemprego … 7. Reunificação familiar …
3. Oportunidade profissional … 8. Estudos/formação …
4. Motivos políticos … 9. Outras razões … 2.1. Quais?_________
5. Razões de segurança/violência …

3. Quando deixou o Brasil quanto tempo planejava estar fora do mesmo?:


1. Até três meses … 5. Até 3 anos … 9. Para Sempre …
2. Quatro a seis meses … 6. Até 5 anos … 10. Não planejei …
3. Sete meses a um ano … 7. Até 10 anos …
4. Um a dois anos … 8. Mais de 10 anos …

4. Quando saiu do Brasil qual era o seu destino final?_______________________

5. Porque escolheu viver na Irlanda? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Familiares ou amigos a residirem aqui …
2. Amigos no Brasil me tinham falado do país …
3. Tinha estado anteriormente aqui …
4. Estava informado de que a entrada não seria difícil …
5. Recrutamento no Brasil …
6. Possibilidade de regularização …
7. Possibilidade de obter nacionalidade …
8. Razões Lingüísticas e Culturais …
9. Estudos/Formação …
10. Outra razão … 5.1 Qual?_________________

6. País da primeira entrada na União Europeia _____________________________________

7. Data de entrada na União Europeia (mês e ano) __________________________________

8. Data de entrada na Irlanda? (mês e ano) _______________________________________

9. Você veio para a Europa sozinho?


1. Sim … 2. Não … 9.3 Quem lhe acompanhou:___________

10. Quanto você gastou para sair do Brasil? (passagem de avião + reserva de hotel + visto, etc.)
Valor em___________________€ ou ______________USD$ ou_____________R$

11. Como obteve o dinheiro necessário para emigrar?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Poupanças pessoais … (passe à pergunta 14)
2. Empréstimo dos familiares … (passe à pergunta 12)
3. Empréstimo dos amigos … (passe à pergunta 12)
4. Empréstimo dum agiota … (passe à pergunta 12)
5. Crédito bancário / cartão de crédito … (passe à pergunta 13)
6. Venda de algum bem (moto, carro, casa, etc.) … (passe à pergunta 14)
7. Outro … 11.1. Por favor especifique ___________________

1
12. Quem lhe emprestou o dinheiro estava:
1. Na Irlanda …
2. No Brasil …
3. Em outro país … 12.4 Por favor especifique_______________

13. Quanto tempo levou /levará para pagar o empréstimo?


1. Três meses … 5. Três anos …
2. Seis meses … 6. Cinco anos …
3. Um ano … 7. Mais de cinco anos …
4. Dois anos … 8. Outro prazo … 13.9. Qual? __________

14. Possui outra nacionalidade além da Brasileira?


1. Sim … 14.3 Qual?_______________ 2.Não …

15. Desde que se encontra na Irlanda alguma vez foi de visita ao Brasil?
1. Sim … 15.3 Quantas vezes?______ 2. Não …

16. Costuma enviar dinheiro para a sua família (ou para alguém) no Brasil?
1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 18)

17. Em media, quanto é que envia mensalmente para o Brasil?


1. Até 100 euros … 4. De 301 a 400 Euros …
2. De 101 a 200 Euros … 5. Mais de 400 Euros …
3. De 201 a 300 Euros …

18. Que tipo de visto/ documento tinha quando chegou à Irlanda?


1. Vim como turista (sem necessidade de visto) …
2. Visto de estudante …
3. Visto de trabalho …
4. Sem qualquer documento …
5. Outro tipo de visto/ documento … 18.6. Por favor precise __________

19. A sua situação na Irlanda está regularizada?


1. Sim … (passe à pergunta 22) 2. Não … 19.3 Porquê?_________________

20. Considera que será possível a legalização?


1. Sim … 20.3 Como?____________ 2. Não … 20.4 Porquê?___________

21. Há quanto tempo está em situação irregular na Irlanda? _______meses ou _________anos

22. Antes de sair do Brasil qual o seu nível de conhecimento sobre:

Não sabia Sabia o Estava bem


nada suficiente informado/a
O sistema de Saúde na Irlanda
O sistema de Educação na Irlanda
O acesso à Moradia na Irlanda
O mercado de trabalho na Irlanda
A possibilidade de Trabalhar estando
irregular na Irlanda
As possibilidades de se regularizar no futuro
na Irlanda

2
IRL 1. Que documentos possui atualmente?
1. Autorização de Residência Caducada …
2. Autorização de Trabalho Caducada …
3. PPS Number …
4. Passaporte …
5. Passaporte Caducado …
6. Carimbo de entrada no Passaporte Caducado …
7. Visto de turista Válido …
6. Outro … IRL 1.7 Qual?_____________________

IRL 2. A policia retém algum dos seus documentos?


1. Sim … IRL 2.3 Quais?_____________________ 2. Não … (passe á pergunta 23)

IRL 3. Há quanto tempo está sem os seus documentos?


1. Entre 1 e 3 meses … 4. Entre 1 e 2 anos …
2. Entre 4 e 6 meses … 5. Entre 3 e 10 anos …
3. Entre 7 meses e 11 meses … 6. Mais de 11 anos …

23. Você estava trabalhando nos últimos três meses antes de sair do Brasil?
1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 28)

24. Qual era a ocupação:____________________

25. Qual o setor de trabalho no Brasil:


1. Agricultura … 7. Saúde …
2. Indústria … 8. Setor público …
3. Comércio … 9. Outros Serviços …
4. Construção Civil … 10. Independente …
5. Serviço doméstico/limpeza … 11. Outro …
6. Educação …

26. Remuneração mensal no Brasil


Valor em___________________€
ou _________________USD$
ou__________________R$

27. Jornada semanal de trabalho no Brasil:


1. Até 20 Horas … 4. De 45 a 52 horas …
2. De 21 a 40 Horas … 5. Mais de 52 horas …
3. De 41 a 44 horas …

28. Já alguma vez trabalhou na Irlanda?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 37)

29. Quanto tempo após chegar à Irlanda esteve à procura de trabalho?


__________meses ou _____semanas ou______dias

30. Está a trabalhar neste momento?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 37)

31. Há quanto tempo está no atual trabalho?_______________meses

32. Qual a ocupação atual:____________________

3
33. Qual o setor de trabalho atual na Irlanda:
1. Agricultura … 7. Saúde …
2. Indústria … 8. Setor público …
3. Comércio … 9. Outros Serviços …
4. Construção Civil … 10. Independente …
5. Serviço doméstico/limpeza … 11. Outro …
6. Educação …

34. Possui contrato legal de trabalho?


1. Sim … 2. Não …

35. Jornada total semanal de trabalho na Irlanda:

1. Até 20 Horas … 4. De 45 a 52 horas …


2. De 21 a 40 Horas … 5. Mais de 52 horas …
3. De 41 a 44 horas …

36. Remuneração mensal na Irlanda? Valor em____________€

37. Qual a sua situação atual?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Desempregado …
2. Estudante … (passe á pergunta 39)
3. Doméstica … (passe á pergunta 39)
4. Aposentado/a … (passe á pergunta 39)
5. Empregador/a (dono/a de empresa) … (passe á pergunta 39)
6. Trabalhador/a por conta própria/profissional liberal … (passe à pergunta 39)
7. Empregado … (passe á pergunta 39)

38. Há quanto tempo está desempregado?__________________meses

39. Em que cidade vive atualmente ? ____________________________________________

40. Teve (ou tem) ao longo da sua estadia na Irlanda algum problema de saúde?
1. Sim … 40.3. Qual?___________________ 2. Não …

41. Recebe algum apoio da assistência social na Irlanda?


1. Sim … 41.3. Qual?___________________ 2. Não …

42. Quais as principais dificuldades encontradas na Irlanda?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Relacionados com a moradia …
2. Relacionados com o emprego …
3. Desemprego …
4. Regularização …
5. Dificuldades econômicas …
6. Ausência da família …
7. Discriminação/Racismo …
8. Saúde …
9. Clima …
10. Língua diferente …
11. Outra … 42.1 Qual:___________________________

4
43. Quais são os seus planos a longo prazo?
1. Ficar permanentemente na Irlanda … (passe à pergunta 48)
2. Emigrar para um outro país … 43.5. Qual? ____________
3. Ficar na Irlanda por algum tempo e regressar ao Brasil …
4. Ainda não estão definidos …

44. Durante quanto tempo pensa ficar ainda na Irlanda?


_______________meses ou _______________anos

45. Daqui a quanto tempo gostaria de retornar ao Brasil?


_______________meses ou _______________anos

46. Se quisesse retornar no curto prazo ao Brasil como obteria o dinheiro necessário para a viagem? (pode
escolher MAIS do que uma opção)
1. Poupanças pessoais …
2. Empréstimo dos familiares …
3. Empréstimo dos amigos …
4. Empréstimo dum agiota …
5. Crédito bancário / cartão de crédito …
6. Venda de algum bem (moto, carro, casa, etc.) …
7. Outro … 46.1. Por favor especifique ________

47. Em que condições permaneceria na Irlanda?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Ter trabalho …
2. Ter apoio do sistema social …
3. Obter a regularização …
4. Reunir a família aqui …
5. Constituir família aqui …
6. Possibilidade de escolarização para as crianças …
7. Outra … 47.1Qual?__________
8. Nenhuma …

48. Quais são as razões que o levariam a regressar?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Estar em situação irregular … 6. Já cumpri os meus objetivos …
2. Falta de trabalho … 7. Saúde …
3. Estar com a família … 8. Melhoria das condições no Brasil …
4. Dificuldades financeiras … 9. Outras … 48.1Quais_______________
5. Cursos/formação …

49. Conhece o programa de retorno voluntário?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 52)

50. Já conhecia o programa de retorno voluntário no Brasil?


1. Sim … 2. Não …

51. Como conheceu o programa de retorno voluntário da IOM? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Amigos … 7. Hospital …
2. Familiares … 8. Igreja …
3. Embaixada do Brasil … 9. Policia …
4. Organização de Brasileiros na Irlanda… 10. Publicidade …
5. OIM Dublin … 11. Midia …
6. Website da OIM Dublin … 12. Outro meio … 51.1 Qual?_________

5
52. Se tivesse algum apoio financeiro para o retorno ao Brasil de que forma o utilizaria?
(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Pagar a viagem … 6. Comprar um carro\uma motocicleta …
2. Pagar empréstimo … 7. Ajudar à família …
3. Comprar mobiliário … 8. Abrir um negócio …
4. Ajuda para encontrar um trabalho … 9. Outro …52.1. Qual?___________
5. Cursos/formação …

53. De quanto necessitaria para começar de novo no Brasil?


1. Até 1.000€ … 5. De 7.501 a 10.000€ …
2. De 1.001 a 3.000€ … 6. Mais de 10.001€ …
3. De 3.001 a 5.000€ … 7. Não voltaria …
4. De 5.001 a 7.500€ … 8. Não sabe …

54. Sexo: 1. Masculino … 2. Feminino …

55. Idade:
16-17 … 46-50 …
18-25 … 51-65 …
26-35 … 65+ …
36-45 …

56.1. Cidade de ORIGEM ___________________ 56.2. Estado de ORIGEM (UF) __________

57. Qual é a sua religião?


1. Católica _________________________________________
2. Evangélica_______________________________________
3. Esotérica ________________________________________
4. Outra____________________________________________
5. Nenhuma …

58. Tem filhos?


1. Sim … 58.3 Quantos?_____ 2. Não … (passe à pergunta 61)

59. Em que país vivem os filhos


Filho Irlanda Brasil Outro País




Outro(s)

60. Quais são as suas expectativas no futuro próximo para os seus filhos?
1. Eles continuarão a viver na Irlanda …
2. Eles virão para a Irlanda …
3. Eles nunca virão para a Irlanda …
4. Eles voltarão para o Brasil …
5. Ainda não estão definidas …
6. Outras situações … 60.7. Quais?_______________

6
61. Estado civil:
1. Solteiro/a … (passe à pergunta 65)
2. Casado/a …
3. Vivendo Junto/União consensual …
4. Divorciado/a; Separado/a; Viúvo/a … (passe à pergunta 65)

62. Em que país vive atualmente o cônjuge ou companheiro(a)?


1. Brasil … 3. Outro … 62.4. Qual? _______________
2. Irlanda …

63. Nacionalidade do cônjuge ou companheiro(a) atual


1. Brasileira … 3. Outra … 63.4. Qual? ______________
2. Irlandesa …

64. Quais são as suas expectativas no futuro próximo para o/a seu/sua cônjuge/companheiro/a?
1. Ele/ela continuará a viver na Irlanda … 4. Ele voltará para o Brasil …
2. Ele/ela virá para a Irlanda … 5. Ainda não estão definidas …
3. Ele/ela nunca virá para a Irlanda … 6. Outras situações … 64.7. Qual?__________

65. Qual é a Instrução de você?


(por favor assinale o último nível de instrução concluído que é certificado pelo diploma correspondente)
1. Sem instrução (Analfabeto) … (passe à pergunta 67)
2. Fundamental até a 4ª série completa … (passe à pergunta 67)
3. Fundamental … (passe à pergunta 67)
4. Médio … (passe à pergunta 67)
5. Curso técnico profissional … (passe à pergunta 66)
6. Superior incompleto … (passe à pergunta 67)
7. Superior completo … (passe à pergunta 67)
8. Superior com especialização … (passe à pergunta 67)
9. Superior com mestrado … (passe à pergunta 67)
10. Superior com doutorado … (passe à pergunta 67)

66. Qual é a formação profissional de você?.....


1. Construção … 6. Educação …
2. Serviço doméstico/limpeza … 7. Saúde …
3. Gastronomia … 8. Setor público…
4. Agricultura … 9. Serviços …
5. Indústria … 10. Outra … 66.11 Qual __________

67. Qual é o seu nível de Inglês?

1. Fluente 2. Alto 3. Médio 4. Baixo 5. Nenhum


Falar
Escrever
Ler

(Muito obrigado pela sua colaboração.)


N.º do Questionário |IE___|_____|_____|_____|(a preencher pela IOM)
Local de realização__________________________
Data________________________
Entrevistador_________________________________

7
Caro/a Sr./Sra.!

A Organização Internacional para as Migrações (OIM) lançou o Projecto “Assessment of Brazilian


Migration Patterns and Assisted Voluntary Return Programme from selected European Member States to
Brazil”, PROJECTO INTEGRADO DE PESQUISA E APOIO AO RETORNO VOLUNTÁRIO DIRIGIDO À
COMUNIDADE BRASILEIRA RESIDENTE NA BÈLGICA, IRLANDA E PORTUGAL.

Este Projecto, co-financiado pela União Europeia, inclui a realização de um estudo que traçará o perfil
dos imigrantes brasileiros que residem na Bélgica, Portugal e Irlanda visando uma melhor adaptação
dos programas da IOM para estes imigrantes.

Para tal, agradecíamos que respondesse às perguntas colocadas neste questionário. O anonimato e a
confidencialidade da nossa pesquisa estão completamente assegurados. As suas respostas
serão exclusivamente utilizadas para fins científicos.

Gostaríamos também de enfatizar que não existem respostas certas ou erradas para qualquer pergunta,
pelo que deve exprimir as suas próprias opiniões.

Ao responder a determinadas perguntas, assinale a opção que corresponde à sua opinião ou escreva a
sua resposta no espaço sublinhado.

Muito obrigado pela sua colaboração!

OIM Lisboa
Rua Jose Estevao, no. 137
1150-201 Lisboa
Tel. 21 324 29 40
PERCURSO MIGRATÓRIO

1. Quando saiu do Brasil?_________________(mês/ano)

2. Quais são as principais razões para ter deixado o Brasil? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Dificuldades econômicas … 6. Razões familiares/pessoais …
2. Desemprego … 7. Reunificação familiar …
3. Oportunidade profissional … 8. Estudos/formação …
4. Motivos políticos … 9. Outras razões … 2.1. Quais?____
5. Razões de segurança/violência …

3. Quando deixou o Brasil quanto tempo planejava estar fora do mesmo?:

1. Até três meses … 5. Até 3 anos … 9. Para Sempre …


2. Quatro a seis meses … 6. Até 5 anos … 10. Não planejei …
3. Sete meses a um ano … 7. Até 10 anos …
4. Um a dois anos … 8. Mais de 10 anos …

4. Quando saiu do Brasil qual era o seu destino final?_______________________

5. Porque escolheu viver em Portugal? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Familiares ou amigos a residirem aqui …
2. Amigos no Brasil me tinham falado do país …
3. Tinha estado anteriormente aqui …
4. Estava informado de que a entrada não seria difícil …
5. Recrutamento no Brasil …
6. Possibilidade de regularização …
7. Possibilidade de obter nacionalidade …
8. Razões Lingüísticas e Culturais …
9. Estudos/Formação …
10. Outra razão … 5.1 Qual?__________

6. País da primeira entrada na União Europeia _____________________________________

7. Data de entrada na União Europeia (mês e ano) _________________________________

8. Data de entrada em Portugal? (mês e ano) ___________________________________

9. Você veio para a Europa sozinho?


1. Sim … 2. Não … 9.3 Quem lhe acompanhou:___________

10. Quanto você gastou para sair do Brasil? (passagem de avião + reserva de hotel + visto, etc.)
Valor em___________________€ ou ______________USD$ ou_____________R$

11. Como obteve o dinheiro necessário para emigrar?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Poupanças pessoais … (passe à pergunta 14)
2. Empréstimo dos familiares … (passe à pergunta 12)
3. Empréstimo dos amigos … (passe à pergunta 12)
4. Empréstimo dum agiota … (passe à pergunta 12)
5. Crédito bancário / cartão de crédito … (passe à pergunta 13)
6. Venda de algum bem (moto, carro, casa, etc.) … (passe à pergunta 14)
7. Outro … 11.1. Por favor especifique ________

1
12. Quem lhe emprestou o dinheiro estava:
1. Em Portugal …
2. No Brasil …
3. Em outro país … 12.1 Por favor especifique_______________

13. Quanto tempo levou /levará para pagar o empréstimo?


1. Três meses … 5. Três anos …
2. Seis meses … 6. Cinco anos …
3. Um ano … 7. Mais de cinco anos …
4. Dois anos … 8. Outro prazo … 13.9. Qual_________

14. Possui outra nacionalidade além da Brasileira?


1. Sim … 14.3 Qual?_______________ 2.Não …

15. Desde que se encontra em Portugal alguma vez foi de visita ao Brasil?
1. Sim … 15.3 Quantas vezes?_________ 2. Não …

16. Costuma enviar dinheiro para a sua família (ou para alguém) no Brasil?
1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 18)

17. Em media, quanto é que envia mensalmente para o Brasil?


1. Até 100 euros … 4. De 301 a 400 Euros …
2. De 101 a 200 Euros … 5. Mais de 400 Euros …
3. De 201 a 300 Euros …

18. Que tipo de visto/ documento tinha quando chegou a Portugal?


1. Vim como turista (sem necessidade de visto) …
2. Visto de estudante …
3. Visto de trabalho …
4. Sem qualquer documento …
5. Outro tipo de visto/ documento … 18.6. Por favor precise __________

19. A sua situação em Portugal está regularizada?


1. Sim … (passe à pergunta 22) 2. Não … 19.3 Porquê?_________________________

20. Considera que será possível a legalização?


1. Sim … 20.3 Como?__________________________
2. Não … 20.4 Porquê?_________________________

21. Há quanto tempo está em situação irregular em Portugal? _________meses ou _______anos

22. Antes de sair do Brasil qual o seu nível de conhecimento sobre:

Não sabia Sabia o Estava bem


nada suficiente informado/a
O sistema de Saúde em Portugal
O sistema de Educação em Portugal
O acesso à Moradia em Portugal
O mercado de trabalho em Portugal
A possibilidade de Trabalhar estando
irregular em Portugal
As possibilidades de se regularizar no futuro
em Portugal

2
23. Você estava trabalhando nos últimos três meses antes de sair do Brasil?
1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 28)

24. Qual era a sua ocupação:____________________

25. Qual o setor de trabalho no Brasil:


1. Agricultura … 7. Saúde …
2. Indústria … 8. Setor público …
3. Comércio … 9. Outros Serviços …
4. Construção Civil … 10. Independente …
5. Serviço doméstico/limpeza … 11. Outro …
6. Educação …

26. Remuneração mensal no Brasil


Valor em___________________€
ou _________________USD$
ou__________________R$

27. Jornada semanal de trabalho no Brasil:


1. até 20 Horas … 4. de 45 a 52 horas …
2. de 21 a 40 Horas … 5. Mais de 52 horas …
3. de 41 a 44 horas …

28. Já alguma vez trabalhou em Portugal?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 37)

29. Quanto tempo após chegar a Portugal esteve à procura de trabalho?


__________meses ou _____semanas ou______dias

30. Está a trabalhar neste momento?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 37)

31. Há quanto tempo está no atual trabalho?_______________meses

32. Qual a ocupação atual:____________________

33. Qual o setor de trabalho atual em Portugal:


1. Agricultura … 7. Saúde …
2. Indústria … 8. Setor público …
3. Comércio … 9. Outros Serviços …
4. Construção Civil … 10. Independente …
5. Serviço doméstico/limpeza … 11. Outro …
6. Educação …

34. Possui contrato legal de trabalho?


1. Sim … 2. Não …

35. Jornada total semanal de trabalho em Portugal:

1. até 20 Horas … 4. de 45 a 52 horas …


2. de 21 a 40 Horas … 5. Mais de 52 horas …
3. de 41 a 44 horas …

3
36. Remuneração mensal em Portugal? Valor em____________€

37. Qual a sua situação atual?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Desempregado …
2. Estudante … (passe á pergunta 39)
3. Doméstica … (passe á pergunta 39)
4. Aposentado/a … (passe á pergunta 39)
5. Empregador/a (dono/a de empresa) … (passe á pergunta 39)
6. Trabalhador/a por conta própria/profissional liberal … (passe à pergunta 39)
7. Empregado … (passe á pergunta 39)

38. Há quanto tempo está desempregado?__________________meses

39. Em que cidade vive atualmente ? ____________________________________________

40. Teve (ou tem) ao longo da sua estadia em Portugal algum problema de saúde?
1. Sim … 40.3. Qual?___________________ 2. Não …

41. Recebe algum apoio da assistência social em Portugal?


1. Sim … 41.3. Qual?___________________ 2. Não …

42. Quais as principais dificuldades encontradas em Portugal?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Relacionados com a moradia … 7. Discriminação/Racismo …
2. Relacionados com o emprego … 8. Saúde …
3. Desemprego … 9. Clima …
4. Regularização … 10. Língua diferente …
5. Dificuldades econômicas … 11. Outra … 42.1
6. Ausência da família … Qual:___________________________

43. Quais são os seus planos a longo prazo?


1. Ficar permanentemente em Portugal … (passe à pergunta 48)
2. Emigrar para um outro país … 43.5. Qual? ____________
3. Ficar em Portugal por algum tempo e regressar ao Brasil …
4. Ainda não estão definidos …

44. Durante quanto tempo pensa ficar ainda em Portugal?


_______________meses ou _______________anos

45. Daqui a quanto tempo gostaria de retornar ao Brasil?


_______________meses ou _______________anos

46. Se quisesse retornar no curto prazo ao Brasil como obteria o dinheiro necessário para a viagem? (pode
escolher MAIS do que uma opção)
1. Poupanças pessoais …
2. Empréstimo dos familiares …
3. Empréstimo dos amigos …
4. Empréstimo dum agiota …
5. Crédito bancário / cartão de crédito …
6. Venda de algum bem (moto, carro, casa, etc.) …
7. Outro … 46.1. Por favor especifique ________

4
47. Em que condições permaneceria em Portugal?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Ter trabalho …
2. Ter apoio do sistema social …
3. Obter a regularização …
4. Reunir a família aqui …
5. Constituir família aqui …
6. Possibilidade de escolarização para as crianças …
7. Outra … 47.1Qual?__________
8. Nenhuma …

48. Quais são as razões que o levariam a regressar?(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Estar em situação irregular … 6. Já cumpri os meus objetivos …
2. Falta de trabalho … 7. Saúde …
3. Estar com a família … 8. Melhoria das condições no Brasil …
4. Dificuldades financeiras … 9. Outras … 48.1Quais_______________
5. Cursos/formação …

49. Conhece o programa de retorno voluntário?


1. Sim … 2. Não … (passe à pergunta 52)

50. Já conhecia o programa de retorno voluntário no Brasil?


1. Sim … 2. Não …

51. Como conheceu o programa de retorno voluntário da IOM? (pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Amigos … 7. Hospital …
2. Familiares … 8. Igreja …
3. Embaixada do Brasil … 9. Policia …
4. Organização de Brasileiros em Portugal … 10. Publicidade …
5. OIM Lisboa … 11. Midia …
6. Website da OIM … 12. Outro meio … 51.1 Qual?_______________

52. Se tivesse algum apoio financeiro para o retorno ao Brasil de que forma o utilizaria?
(pode escolher MAIS do que uma opção)
1. Pagar a viagem … 6. Comprar um carro\uma motocicleta …
2. Pagar empréstimo … 7. Ajudar à família …
3. Comprar mobiliário … 8. Abrir um negócio …
4. Ajuda para encontrar um trabalho … 9. Outro …52.1. Qual?___________
5. Cursos/formação …

53. De quanto necessitaria para começar de novo no Brasil?


1. Até 1.000€ … 5. De 7.501 a 10.000€ …
2. De 1.001 a 3.000€ … 6. Mais de 10.001€ …
3. De 3.001 a 5.000€ … 7. Não voltaria …
4. De 5.001 a 7.500€ … 8. Não sabe …

54. Sexo: 1. Masculino … 2. Feminino …

55. Idade:
16-17 … 46-50 …
18-25 … 51-65 …
26-35 … 65+ …
36-45 …

5
56.1. Cidade de ORIGEM ___________________ 56.2. Estado de ORIGEM (UF) __________

57. Qual é a sua religião?


1. Católica _________________________________________
2. Evangélica_______________________________________
3. Esotérica ________________________________________
4. Outra____________________________________________
5. Nenhuma …

58. Tem filhos?


1. Sim … 58.3 Quantos?_____ 2. Não … (passe à pergunta 61)

59. Em que país vivem os filhos


Filho Portugal Brasil Outro País




Outro(s)

60. Quais são as suas expectativas no futuro próximo para os seus filhos?
1. Eles continuarão a viver em Portugal …
2. Eles virão para a Portugal …
3. Eles nunca virão para Portugal …
4. Eles voltarão para o Brasil …
5. Ainda não estão definidas …
6. Outras situações … 60.7. Quais?_______________

61. Estado civil:


1. Solteiro/a … (passe à pergunta 65)
2. Casado/a …
3. Vivendo Junto/União consensual …
4. Divorciado/a; Separado/a; Viúvo/a … (passe à pergunta 65)

62. Em que país vive atualmente o cônjuge ou companheiro(a)?


1. Brasil …
2. Portugal …
3. Outro … 62.4. Qual? ___________________

63. Nacionalidade do cônjuge ou companheiro(a) atual


1. Brasileira …
2. Portuguesa …
3. Outra … 63.1. Qual? ______________________________________

64. Quais são as suas expectativas no futuro próximo para o/a seu/sua cônjuge/companheiro/a?
1. Ele/ela continuará a viver em Portugal …
2. Ele/ela virá para Portugal …
3. Ele/ela nunca virá para Portugal …
4. Ele voltará para o Brasil …
5. Ainda não estão definidas …
6. Outras situações … 64.7. Qual?__________

6
65. Qual é a Instrução de você?
(por favor assinale o último nível de instrução concluído que é certificado pelo diploma correspondente)
1. Sem instrução (Analfabeto) …
2. Fundamental até a 4ª série completa …
3. Fundamental …
4. Médio …
5. Curso técnico profissional … (passe à pergunta 66)
6. Superior incompleto …
7. Superior completo …
8. Superior com especialização …
9. Superior com mestrado …
10. Superior com doutorado …

66. Qual é a formação profissional de você?.....


1. Construção … 6. Educação …
2. Serviço doméstico/limpeza … 7. Saúde …
3. Gastronomia … 8. Setor público…
4. Agricultura … 9. Serviços …
5. Indústria … 10. Outra … 66.11 Qual __________

(Muito obrigado pela sua colaboração.)


N.º do Questionário |PT___|_____|_____|_____|(a preencher pela IOM)
Local de realização__________________________
Data________________________
Entrevistador_________________________________

7
Evaluation des tendances migratoires brésiliennes et du programme d’Assistance au Retour
Volontaire depuis les Etats membres européens sélectionnés vers le Brésil

L’objectif de cette évaluation des tendances migratoires brésiliennes au Portugal, en


Belgique et en Irlande était d’identifier les caractéristiques du flux récent de migrants
brésiliens et l’impact des programmes de retour volontaire ouvert aux demandeurs d’asile
et migrants en situation irrégulière. Le but ultime de cet exercice d’évaluation était
d’aider l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) à redéfinir et/ou
améliorer ses programmes d’Assistance au Retour Volontaire (ARV) eu égard aux
Brésiliens d’Europe.

Cette étude s’est basée sur un questionnaire anonyme pour évaluer les caractéristiques,
les stratégies migratoires, l’incorporation et l’insertion dans le marché du travail des
migrants brésiliens récemment arrivés en Belgique, au Portugal et en Irlande. Celui-ci
comprend des questions visant les catégories d’informations suivantes : caractéristiques
biographiques, conditions de vie sur les lieux d’origine, processus de migration,
incorporation au sein du marché du travail à la fois dans le pays d’origine et dans le pays
de destination, difficultés éprouvées par le migrant, niveau d’insertion au sein de la
société hôte, questions relatives à la santé et aux futures perspectives du migrant, y
compris des questions relatives aux intentions de retour au pays et aux programmes ARV
de l’OIM.

Le travail de recherche a couvert la période allant de fin août à mi-octobre 2008. Ce


rapport est fondé sur une enquête faite auprès de 1257 Brésiliens – 372 consultés en
Belgique, 400 en Irlande et 485 au Portugal.

Organisation Internationale pour les Migrations


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