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CONSEJERÍA DE EDUCACIÓN, CULTURA Y DEPORTES

PRUEBAS DE CERTIFICACIÓN LINGÜÍSTICA JUNIO 2013

Première tâche
Lisez ce texte et choisissez la bonne réponse. (7 points)

ALIMENTATION : COMMENT ON NOUS MANIPULE

Excès de graisse, de sel, de sucre, risques liés aux polluants chimiques…L’industrie


agroalimentaire nuit-elle à la santé ? Elle dispose en tout cas de puissants lobbys, actifs auprès des
pouvoirs publics. Dans la lutte contre l’obésité et la malbouffe, la bataille fait rage. Nouvelles du
front.
Propriété privée. A Bruxelles, l'hôtel Tassel, bijou de l'Art nouveau classé au Patrimoine
mondial, abrite désormais les bureaux du Conseil européen de l'information sur l'alimentation
(Eufic), faux nez de l'industrie alimentaire. Il n'est pas seul dans le quartier. Deux rues plus loin, le
puissant lobby officiel du secteur, Food Drink Europe, occupe un immeuble. Et le cabinet d'avocats
Fleisbman-Hillard, l'un des plus influents du monde, est tout proche. C'est vers lui que Food Drink
Europe s'est tourné, en 2010, lorsqu'il a fallu déminer le projet de label « santé » initié par plusieurs
députés européens. Que les accros aux plats sous vide se rassurent : le projet a été enterré. Il
s'agissait d'indiquer sur l'emballage du produit, dans une pastille verte (sain), orange (moins sain)
ou rouge (pas sain du tout), les quantités de graisse, de sel et de sucre contenues dans chaque
produit. Impensable ! A force d'invitations à déjeuner dans les meilleurs restaurants de la ville, de
conférences d'experts et de publications scientifiques, les industriels ont réussi à convaincre une
majorité des 736 élus européens de renoncer à cette idée, pourtant appuyée par une solide étude
réalisée en Australie.
Les industriels auraient dépensé pas moins d’un milliard d'euros dans cette bataille. Pour le
bien-être général ? Eux seuls l'affirment. Les croisés de la santé publique sont moins sûrs. Fléau de
la malbouffe et de la sédentarité, l'obésité menace désormais tous les continents. En France, le
nombre d'adultes obèses a quasi doublé en vingt ans.
Or rien ne change, ou si lentement ! Dix ans après le lancement du Programme national
nutrition santé (PNNS) et ses incontournables « cinq fruits et légumes par jour », le lobby de
l'industrie a certes lâché du lest, mais contraint et forcé. Il aura fallu plusieurs années de bras de fer
avant que les distributeurs de confiseries disparaissent, enfin, des écoles. Idem pour la taxe sur les
sodas, appliquée depuis le 1er janvier après moult tergiversations. Quant aux promesses d'aliments
prétendument capables de faire baisser le cholestérol ou de renforcer les défenses immunitaires,
elles sont actuellement passées au crible par les autorités sanitaires européennes, mais après deux
décennies d'un laxisme effarant. 94 % des 4000 déjà analysées se révèlent infondées!
Les industriels ont six mois pour revoir leur copie. Mais, en attendant, d'autres sujets graves
restent en jachère. Comme la présence de polluants chimiques dans les produits alimentaires, sur
lesquels commencent à sortir des études fiables et indépendantes. Ainsi, on attend toujours une
décision sur le bisphénol A, qui tapisse l'intérieur des canettes et des boîtes de conserve : cette
substance perturbe le fonctionnement hormonal. Pas d'avancées non plus concernant l'acrylamide
retrouvée dans chips et biscuits, ou encore l'aspartame, soupçonnées toutes deux d'être
cancérigènes. Il y a urgence pourtant. Publié en mars par le collectif citoyen Réseau environnement
santé, un rapport révèle que ces toxiques favorisent l'obésité et le diabète. Deux fléaux, attribués
jusque-là uniquement à l'alimentation et à la sédentarité...
Fort de ses 200 rendez-vous par an auprès des pouvoirs publics, la puissante Association
nationale des industries alimentaires (Ania) défend efficacement les intérêts de ses membres. Le
documentaire Les Alimenteurs, programmé sur France 5 le 19 juin, en apporte un brillant aperçu. Il
raconte, notamment, l'un des échecs les plus cuisants de la politique de lutte contre l'obésité menée
par les pouvoirs publics : la surexposition des enfants aux publicités alimentaires.
Là encore, les fabricants sont en ligne de mire. En dépit de leurs engagements, leurs
investissements publicitaires à la télévision n'ont pas diminué. Au contraire, ils ont augmenté de 20
% entre 2006 et 2010 et plus encore pour les marques plébiscitées par les enfants, comme Ferrero
(Nutella, Kinder bueno...) ou Coca-Cola, affirme l'association de consommateurs UFC Que choisir.
L'analyse est contestée par l'Ania, pour qui les enfants sont moins exposés depuis quelques
années. Mais les chiffres fournis par le syndicat ne portent que sur les chaînes jeunesse, comme

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Gulli. Alors que les gamins dévorent les émissions pour adultes et les journaux télévisés...
Pour le candidat Hollande, les bandeaux sanitaires inscrits sous chaque spot étaient bien
loin du compte. «C'est se donner bonne conscience. La législation en la matière devra évoluer »,
promettait-il à l'Ania, un mois avant la présidentielle. Il abordait alors, dans la foulée, un autre sujet
sensible : « Le secteur de l'agro-alimentaire ne peut échapper à ses responsabilités au travers des
choix de fabrication par l'ajout de graisses, de sel ou encore de sucres. La qualité des produits,
l'équilibre nutritionnel des populations sont des enjeux avec lesquels on ne peut pas jouer. » Le
président François Hollande fera-t-il mieux que ses prédécesseurs?

JULIE JOLY ET ESTELLE SAGET, L’Express, juin 2012 (adapté)

Questions
Exemple
0. D’après le texte, Le Conseil européen de l’information sur l’alimentation est un « faux nez »
de l’industrie alimentaire. Cela veut dire que…
a) le Conseil contre-expertise l’information sur l’alimentation que fournit l’industrie
alimentaire.
b) le Conseil n’est pas d’accord avec l’information sur l’alimentation que fournit l’industrie
alimentaire
c) le Conseil ne vérifie pas l’information sur l’alimentation que fournit l’industrie alimentaire
d) le Conseil suit de près l’information sur l’alimentation que fournit l’industrie alimentaire

1. D’après le texte, en 2010, Food Drink a réussi …


a) à décharger le projet de label « Santé ».
b) à déterrer le projet de label « Santé ».
c) à disqualifier le projet de label « Santé ».
d) à éliminer le projet de label « Santé ».

2. D’après le texte, une étude réalisée en Australie affirme…


a) que c’est négatif pour la santé d’indiquer les contenus de graisse, de sel et de sucre
contenus dans chaque produit.
b) que c’est positif pour la santé d’indiquer les contenus de graisse, de sel et de sucre
contenus dans chaque produit.
c) qu’il n’y a pas d’influence sur la santé d’indiquer les contenus de graisse, de sel et de
sucre contenus dans chaque produit.
d) qu’on ne peut pas prouver l’influence de la mesure.

3. D’après le texte, l’industrie agroalimentaire…


a) a dû faire des concessions.
b) a dû se libérer de ses contraintes.
c) a été libérée de ses contraintes.
d) a fait volontiers des concessions.

4. D’après le texte, actuellement, les autorités sanitaires…


a) examinent avec soin les aliments médicaments
b) interdisent les aliments médicaments
c) suppriment les interdits des aliments médicaments
d) tolèrent sans autre les aliments médicaments

5. D’après le texte, le documentaire « Les Alimenteurs »…


a) a été subventionné par le Ministère de la Santé.
b) défend l’Association nationale des industries alimentaires.
c) défend la campagne contre l’obésité menée par l’administration.

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d) dénonce les excès de l’industrie alimentaire en matière de publicité.

6. D’après le texte, les investissements publicitaires des fabricants ont augmenté…


a) analysant leurs engagements.
b) considérant leurs engagements.
c) méprisant leurs engagements.
d) soutenant leurs engagements.

7. D’après le texte, l’UFC Que choisir n’est pas d’accord avec Ania parce que …
a) les enfants regardent avidement les émissions pour adultes.
b) les enfants regardent essentiellement les chaînes jeunesse.
c) les enfants ne regardent que les émissions jeunesse.
d) les enfants ne regardent que les journaux télévisés.

Deuxième tâche
Lisez et complétez le texte avec des phrases du tableau. Attention ! Il y a 4 phrases en trop.
Le 0 est un exemple. (7 points)

Une approche marketing révolutionnaire

La nouvelle est passée inaperçue dans le monde musical. Elle est pourtant d’une grande
ampleur, pour le monde musical, et pour l’économie de la musique, des multimédias et des loisirs.
Pour la première fois un artiste, de son plein gré, a proposé son album en écoute libre sur internet.
Alors que l’industrie de la musique 0 avec des ventes de CD en chute libre, un artiste et son
studio de production viennent de briser toutes les conventions en proposant l’écoute libre et gratuite
d’un CD complet. Carla Bruni et sa boîte de production ont-ils créé une innovation révolutionnaire
dans le marketing de la musique ou cette stratégie répond-elle à d’autres objectifs ?
Dans un contexte économique de plus en plus flou, Radiohead avait innové en la matière en
proposant que les internautes fixent un prix variable (pouvant être nul) pour acheter leur CD sur
internet. Ce n’est pourtant pas la stratégie adoptée par Bruni. Il n’y a pas de monétarisation
possible sur son site. Peut-être espèrent-ils que cette stratégie augmentera les ventes de CD en
magasin. Ce qui étonne dans ce raisonnement, c’est 1 . Pourquoi ceux qui l’ont écouté
gratuitement auraient envie de payer à la suite pour l’écouter à nouveau ? Ceux qui l’ont écouté sur
leur ordinateur sont des consommateurs plus technophiles que la moyenne, donc plus enclins de
télécharger ensuite gratuitement. Peut-être la logique économique sous-jacente est-elle différente.
En distribuant, explicitement, leur produit de façon gratuite, les distributeurs chercheront à
rentabiliser sur des produits dérivés sur lesquels il n’y a pas de produit substituable : concerts,
produits « brandés ». En effet, 2 , mais permet, de façon globale, d’augmenter la valeur de la
marque « Carla » en augmentant l’implication des consommateurs à la marque. Il y a quarante ans,
les Grateful Dead avaient adopté la même logique économique. Ils encourageaient l’enregistrement
gratuit de leurs concerts par leurs fans. En effet, ils pariaient 3 et vendraient à la suite plus de
tee-shirts et de tickets de concert et de produits dérivés. Ce modèle économique a réussi.
Pourtant la démarche de Bruni est complètement inédite. On l’imagine mal rentabiliser son
CD 4 . Peut-on supputer que Mme Monmari ait d’autres intentions en tête ? Dispositif central de
la publicité du président (les « relations publiques » il faut dire en langage politiquement correct),
son image, à l’instar de celle de son mari, est contrôlée par le gouvernement sous tous les angles.
Les services de communication ont pris une part de plus en plus importante dans la vie (et le
budget) des hommes politiques depuis vingt ans; 5 . Le troisième CD de Mme Monmari a
sûrement été envisagé, pour assurer la continuité du système communicatif, pour mettre en valeur,
ensuite, certains thèmes dans la presse.
Cette femme m’impressionne. Elle a su charmer, 6 , les grands de la musique (Eric
Clapton, Mick Jagger) pour ensuite ravir quelques années plus tard le cœur des hommes les plus
puissants de la terre (Donald Trump, Nicolas Sarkozy). J’ai la conviction que la mise à disposition

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gratuite de son CD sur internet ne correspond pas à une logique commerciale, mais plutôt à une
volonté d’améliorer sa « marque », si l’on peut parler ainsi du personnage public que se
construisent dans la presse et par leurs interventions médiatisées les hommes politiques. Dans les
deux cas, publicitaire ou politique, l’approche est analogue. On remarque d’ailleurs, dans notre
monde contemporain, de plus en plus de marques qui sont des personnes (Richard Branson,
Gucci, Michael Jordan) et qui « brandent » leur nom hors de leur secteur d’activité économique de
base. Pour revenir au cas Bruni, la gratuité de son disque semble d’autant plus incongrue que cette
approche marketing 7 . D’un côté, le gouvernement essaie de convaincre les Français que,
pour la musique, « la gratuité, c’est du vol », de l’autre la femme du chef de l’exécutif montre
l’exemple contraire ! Il semble donc, en conclusion, que le but de cette approche marketing de Bruni
n’est pas d’améliorer ses ventes de CD, mais de générer de l’audience et d’améliorer son image de
marque.

Adapté de www.agoravox.fr

A alors qu’elle n’avait que 21 ans


B aucun détail n’est laissé au hasard
C et que la publicité fasse le reste
D en vendant des tee-shirts avec son nom dessus
E est en accord avec l’idée du gouvernement sur le téléchargement
F est en pleine déconfiture
G la distribution gratuite affaiblit les ventes du distributeur
H même si elle le savait parfaitement
I qu’ils généreraient un plus grand intérêt pour leur groupe
J qu’on suppose une démarche contradictoire des consommateurs
K que les consommateurs achèteront plus de CD
L s’inscrit en faux contre l’approche du gouvernement au téléchargement gratuit

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