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Analyse et stratégie

Le texte source fait partie du site touristique officiel du Gouvernement de la Ville


de Buenos Aires, dont le public original est un public de touristes étrangers (dans le
cas des versions en langue étrangère du site), où des touristes d’autres provinces de
l’Argentine (pour la version en espagnol). Il s’agit d’un texte du type descriptif, qui
cherche à attirer l’attention du touriste en lui donnant des informations qui puissent
provoquer sa curiosité avec le but de le convaincre de visiter les lieux publicités. On
observe dans le cas de la version traduite vers l’anglais ou le portugais, par contre,
beaucoup moins d’information disponible que pour les touristes hispanophones, parce
que dans ces versions les informations trop locales ont été éliminés, suivant le principe
de la réduction en traduction publicitaire comme le proposent Gonzalez Bailador et
Ventura. On pourrait dire que la traductions de ces autres versions du site ont pris une
position moins “ethnocentrique”. Nous pensons, par contre, que le visitant à ces lieux a
l’intention de connaître plus, et donc le fait de laisser plus d’information (mais pas
nécessairement toute!) qui puisse lui être d'intérêt serait une bonne stratégie de
traduction. Dans ce sens, nous traduisons d’une manière assez directe, mais en
présentant les faits d’une manière plus explicative que dans la version hispanophone.
Dans ce cas, il s’agit d’un texte adjacent aux textes publicitaires, voir
équivalent. Sa fonction est de convaincre le public de faire quelque chose, dans ce
cas, visiter la Casa Rosada ou le Teatro Colón. Le texte en espagnol essaie, aussi,
d’attirer l’attention des lecteurs avec des données “curieuses” qui cherchent à créer
une ambiance de lieu unique. À cet effet, la description architectonique des lieux et
leurs caractéristiques joue un rôle très important dont nous ne pouvons pas nous
débarrasser. Ce type de descriptions relève du connotatif dans le texte, ce qui fait
possible, aussi, ce type de traduction plutôt directe, quand même dans les passages
involucrés. D’après Gonzalez Bailador et Ventura, la traduction directe est la plus
improbable pour la traduction publicitaire. Bien que cette traduction laisse beaucoup
des informations qui peuvent être considérées superflues pour le touriste, nous
sommes de l’avis que pour ce “produit” spécifique la logique du “produit du terroir”
(Ventura) peut s’appliquer: donner des éléments locales pour provoquer un effet
d'étrangeté sert à distinguer les bâtiments dont on parle dans les textes. Il est
intéressant de noter aussi que les références à Europe, surtout dans la section sur le
théâtre, ont une fonction dans la version originale, celle de expliciter l’influence que la
culture européenne et surtout française ont eu sur notre pays ; dans notre traduction,
ce type de références peuvent aussi susciter la curiosité du touriste européen qui peut
se voir interpellé “de l’autre côté”.

Problèmes de traduction

Un des problèmes de traduction posés par le texte sont les références à des
rues de Buenos Aires (“Balcarce 50”), dans la première partie du texte. La référence
étant trop locale et spécifique pour être d’intérêt pour le touriste, nous avons décidé de
nous en débarrasser. Par contre, l'anecdote du président qui a vécu dans la Casa
Rosada a été laissé tel quel, non pas parce que le président soit important, mais parce
que le segment immédiatement postérieur met en relief l’influence de la culture
française en Argentine. Suivant l'exemple des autres versions du site, nous avons
décidé de laisser de côté le “Casa de Gobierno” du titre, qui alourdissait beaucoup la
lecture et ne sert pas, en français non plus, à attirer l’attention.
Un autre problème de traduction a été le choix des majuscules pour certains
institutions ou lieux, surtout “Fuerte de Buenos Aires”. Nous avons choisi de ne pas le
laisser avec de majuscules parce que la normative sur les majuscules en français parle
surtout des institutions, et dans ce cas il s’agit d’un lieu qui n’existe plus et qui n’est
pas connu en français. Laisser la majuscule créerait un excès d’information pour le
touriste (dans le sens de quantité de noms propres à rappeler), mais aussi un vide.
Dans la ligne des collocations le francais “nommé en honneur de” est distinct
du “nombrado en honor a” ou encore “así nombrado por” et requiert quelque recherche
avant de traduire. Du côté des expressions: l’espagnol “opacar” a été changé pour un
plus simple “était beaucoup plus riche”. Par contre, nous avons décidé de maintenir le
“con algunas reformas” (“avec quelques réformes”), accidentellement ambigu, car il
peut référer tant à la politique comme à l’architecture. Un autre cas est celui de
“gobiernos patrios”, collocation qu’en Argentine réfère toujours aux premiers
gouvernements de l’Argentine indépendante et que nous avons donc traduit par
“gouvernements indépendants” par contraposition à “l’époque coloniale” qui est ajouté
à la notion de vice-roi en avance.
Quelques adaptations ont été faites dans la traduction: c’est le cas de
l’explication du nom du Teatro Colón (“Nommé en l’honneur de Christophe Colomb”,
entre parenthèses), ou “Maison rose”, pour expliciter le nom de la Casa Rosada. Dans
ce sens, on conserve la “couleur locale” de l’original, en poursuivant la politique du
“terroir”, sans pour autant laisser des vides lexicales à cause de l’excès de
nominalisation propre.