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Section II : Les charges déductibles

Les charges à déduire des produits bruts imposables doivent satisfaire à un certain nombre de conditions
générales:

 Etre exposées dans l’intérêt de l’entreprise ou se rattacher à la gestion normale de


la société. Pour la détermination du résultat fiscal, cette condition a pour effet d’interdire la
prise en charge de dépenses personnelles, ayant un caractère somptuaire, ne se rattachant pas
à l’exploitation ou celles ne procédant pas d’un acte normal de gestion commerciale ;

 Correspondre à une charge effective et être appuyées de justifications suffisantes.


Ces justifications peuvent revêtir des formes diverses : factures, livres-journaux, grands- livres,
balances, bulletins de paie, contrats, bons de commande ou de livraisons… Il s’agit, pour l’es-
sentiel, de preuves comptables ou de justifications de la réalité de l’opération ;

 Se traduire par une diminution de l’actif net ou être destinées à parer une diminution
de l’actif net. Les charges ne doivent avoir pour résultat ni l’entrée d’un nouvel élément dans
l’actif immobilisé, ni la prolongation de la durée probable d’utilisation d’un élément d’actif. Les
dépenses supportées à ce titre doivent être portées non pas parmi les frais généraux, mais à un
compte d’immobilisation et donner lieu, le cas échéant, à un amortissement. Si une immobilisa-
tion a été comptabilisée à tort en frais généraux, le prix d’acquisition doit être rapporté au ré-
sultat. S’il s’agit d’une immobilisation amortissable, il est admis que l’entreprise retrouve le droit
de pratiquer un amortissement dans les conditions de droit commun dès la régularisation de ses
écritures comptables, par l’inscription à l’actif, de l’élément considéré ;

 Etre comprises dans les charges de l’exercice au cours duquel elles ont été engagées.
Les charges doivent être rattachées au résultat de l’exercice au cours duquel elles ont été enga-
gées, dès lors qu’elles présentent le caractère de dettes certaines dans leur principe et dans leur
montant. C’est une conséquence du principe de spécialisation des exercices.

 Concourir à la formation d’un produit non exonéré d’impôt assis sur les bénéfices.
Les charges déductibles doivent concourir à la formation d’un produit soumis à l’impôt sur les
sociétés, c'est-à-dire non exonéré par une disposition expresse tel que certains produits finan-
ciers. Dans le cas contraire, elles ne sont pas acceptées en déduction. Dans le cas où la comp-
tabilité ne permettrait pas de dissocier les charges à réintégrer, la loi ou, lorsqu’elle l’y autorise,
l’Administration peut recourir à des méthodes de ratios ou de clé de répartition pour les déter-
miner forfaitairement (quote-part de 5% des produits bruts des dividendes d’une filiale par
exemple …).

En dehors de ces conditions générales, il peut être exigé la satisfaction d’autres conditions spécifiques pour
la déductibilité de certaines charges. Lorsqu’une charge ne réunit pas les conditions générales ou
spécifiques requises par le CGI, il est procédé à sa réintégration extracomptable.

Paragraphe I- Les frais généraux

Le point 1.a de l’article 9 du CGI pose le principe de la déductibilité des frais généraux de toute nature, des
dépenses de personnel, de main d’œuvre, du loyer des immeubles dont la société est locataire. Toutefois,
Le ministre chargé des Finances peut prendre par arrêté, toutes dispositions en vue de limiter la déduction
des charges susvisées

Les frais généraux sont des dépenses faites pour le bon fonctionnement de l’exploitation (transport et ser-
vices extérieurs dont le montant des déductions ne connait de limite autre que les conditions générales de
déductibilité des charges).
On comprendra dans ce lot, la prise en location par une entreprise de locaux utilisés pour l’exercice de la
profession constitue une charge déductible du bénéfice imposable. Aux loyers bruts, il faut ajouter les charges
accessoires.

De même, les assurances contractées au profit de l’entreprise constituent des charges déductibles si les
risques couverts se rattachent à l’exploitation. Il s’agit notamment des polices pour lesquelles la réalisation
du risque couvert se traduit par une diminution de l’actif net de l’entreprise. En conséquence, les primes
versées pour assurer les risques personnels d’un associé par exemple ne peuvent être déductibles du béné-
fice imposable.

Paragraphe II- les versements au profit du personnel de l’entreprise

Les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, avantages en nature et remboursements
de frais, sont admises en déduction des résultats, à condition qu’elles correspondent à un travail effectif et
ne soient pas excessives, eu égard à l’importance du service rendu. Elles sont soumises à la retenue à la
source sur les salaires et traitements.

L’appréciation du caractère effectif des fonctions rémunérées dépend des circonstances de fait propres à
chaque affaire. Dans certaines situations, cette appréciation se trouve facilitée par l’existence de circons-
tances particulières rendant impossible l’exercice de la fonction rémunérée.

L’appréciation du caractère exagéré d’une rémunération doit être faite suivant des critères qui peuvent varier
d’une situation à une autre. Il peut s’agir notamment des rémunérations attribuées au personnel occupant
des emplois analogues dans des entreprises similaires exerçant dans le même secteur, de la nature des
fonctions exercées par le bénéficiaire et de l’importance de ses responsabilités…

Quant à l’exercice d’imputation, il faut souligner qu’en principe, seules les rémunérations dont l’entreprise
est devenue débitrice au cours d’un exercice déterminé sont susceptibles d’être portées en déduction des
bénéfices imposables de cet exercice. A ce titre, les avances ou acomptes au personnel constituent des prêts
et ne sont pas déductibles pour la détermination du bénéfice imposable, des résultats de l’exercice au cours
duquel ils ont été consentis.

Par contre, les dépenses de personnel non encore réglées à la clôture d’un exercice sont déductibles du
résultat imposable de cet exercice. Les sommes correspondant à cette créance représentent dans ce cas des
frais à payer normalement compris dans les frais généraux de l’entreprise.

Il faut noter enfin que les jetons de présence (indemnités de fonction) attribués à tous les administrateurs
en tant que membres du conseil d’administration sont déductibles pour la détermination de l’assiette de
l’impôt. Ils sont néanmoins soumis à la retenue à la source au titre des revenus de valeurs mobilières

A. Les rémunérations des associés-gérants majoritaires

Les salaires versés aux actionnaires et administrateurs constituent des charges déductibles dès lors qu’ils
correspondent à un travail effectif et ne sont pas exagérés.

En ce qui concerne les sociétés à responsabilité limitée, les sociétés en commandite simple, les rémunéra-
tions allouées aux associés-gérants majoritaires, aux associés- gérants commandités et figurant dans les
frais et charges sont admises en déduction du bénéfice de la société pour l'établissement de l'impôt, à
condition que ces rémunérations correspondent à un travail effectif et ne soient pas exagérées.

Ces rémunérations sont soumises, au nom de ces derniers, dans la catégorie des traitements et salaires.

B. Les allocations forfaitaires

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Les allocations forfaitaires représentatives de frais qu'une société attribue à ses dirigeants ou aux cadres de
son entreprise, admises en déduction sans justification, ne sont pas cumulables avec la déduction des frais
réels justifiés. Il s’agit d’une mesure destinée à contrarier les cumuls de charges au profit des cadres de
l’entreprise.

Les intéressés sont tenus d’exercer à cet égard une option valable pour l'année entière et pour les années
suivantes, tant qu'elle n'est pas expressément dénoncée par ces derniers.

C. Les loyers supportés au profit du personnel

En ce qui concerne les entreprises qui logent leur personnel dans des locaux pris en location, un arrêté du
ministre chargé des Finances fixait une limite de déductibilité des loyers à 100 000 f par mois par pièce
d’habitation principale sans pouvoir excéder quatre (4) pièces principales.

D. Les abondements et versements complémentaires

Les abondements ou versements complémentaires à l’occasion de l’émission et l’achat de parts de fonds


commun de placement d’entreprise sont déductibles à la condition que ledit fonds soit établi au Sénégal et
dans la limite de 10% du salaire brut imposable du bénéficiaire.

En cas de cumul avec le paiement de primes ou cotisations relatives aux pensions de retraite complémentaire
supportées au cours de l’exercice sous forme de rente ou de capital, le total des montants versés ne peut
excéder 10% du revenu salarial brut imposable de l’employé.

E. Les œuvres sociales

Le principe de la déductibilité des libéralités octroyées sous forme d’œuvres sociales consenties au profit du
personnel est désormais admis. Toutefois, la loi renvoie à une décision du ministre chargé des Finances
pour la définition de la liste et ses limites de déduction.

A ce propos, l’arrêté n° 12912 du 31/07/2013 admet en déduction

Libéralités déductibles Montant admis en déduction


Prime de médaille du travail Jusqu’à l’équivalent du salaire mensuel de base brut
du bénéficiaire, sans dépasser 100.000 francs
Frais de pèlerinage aux lieux saints de l’Islam et de Dans la limite du tarif officiel fixé par les pouvoirs
la Chrétienté publics
Dons à l’occasion de décès d’un employé ou d’un de Jusqu’à 100.000 francs
ses parents au premier degré

F. Les frais d’assurance au profit du personnel

Sont déductibles, les primes d’assurance versées à des compagnies d’assurance agréées et établies au Sé-
négal ou à la Caisse de Retraite par Répartition avec Epargne de l’Union Monétaire Ouest Africain (CRRAE-
UMOA) en vue de couvrir :

a) des indemnités légales de fin de carrière, de décès ou de départ à la retraite acquises au cours de
l’exercice. Toutefois, les primes d’assurances dues pour couvrir les droits acquis antérieurement sont
déductibles par fraction de 20%, à compter du 1er janvier 2013 ;

b) des cotisations relatives aux pensions de retraite complémentaire supportées au cours de l’exercice
sous forme de rente ou de capital, dans la mesure où elles n’excèdent pas 10 % du salaire du
bénéficiaire. Toutefois, en cas de versement sous forme de capital de l’indemnité à l’assuré bénéfi-
ciant de dix ans de cotisations au moins, l’assureur doit prélever un impôt libératoire de 7,5 % sur
les sommes versées.

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c) des cotisations relatives à l’assurance-maladie ou à l’assurance-décès versées au cours de l’exercice.
supportées au profit du personnel et versées au cours de l’exercice ;

Pour être déductibles, les cotisations ou primes visées aux a), b) et c) doivent bénéficier à l’ensemble ou à
une ou plusieurs catégories de personnel.

Le montant des primes relatives aux pensions de retraite complémentaire et à l’assurance-maladie ou l’as-
surance-décès mentionnées aux b) et c), ne peut excéder en cas de cumul, pour un même employé, 10 %
du salaire brut imposable du bénéficiaire.

En dehors de ces cas, les primes versées ne peuvent être considérées comme des charges d’exploitation et
ne sont donc déductibles que si les deux (2) conditions suivantes sont remplies :

 Le bénéficiaire doit être salarié de l’entreprise ;

 Les primes versées doivent constituer un élément normal de la rémunération de l’intéressé.

Il apparaît ainsi que les primes versées en exécution de contrats d’assurance souscrits au profit des membres
du personnel de l’entreprise (personnel subalterne, cadres ou dirigeants) doivent être considérées comme
un élément de la rémunération des bénéficiaires. A ce titre, elles sont déductibles dans les conditions et
limites prévues pour la déduction des rémunérations.

Il faut cependant noter que si le bénéficiaire d’une assurance n’est pas salarié de l’entreprise, on est en
présence d’une libéralité : la prime n’est pas acceptée en déduction.

Paragraphe III- les libéralités au profit de personnes étrangères à l’entreprise

A. Les dons

Dans le principe, les dons ne sont pas déductibles parce qu’ils ne constituent pas des dépenses nécessitées
par l’exercice de la profession, mais représentent plutôt des libéralités.

Toutefois, l’article 9 du CGI, en son point 3, pose le principe de la déductibilité des versements effectués au
profit d’organismes, fondations, waqf ou associations reconnus d’utilité publique par arrêté du Ministre
chargé des finances. La déduction de ces frais est cependant limitée à 0,5 du chiffre d’affaire de l’entreprise.

L’arrêté n° 17598 MEF/DGFID du 24/11/2014 fixe ainsi qu’il suit la liste des organismes reconnus d’utilité
publique qui ouvrent droit à la déduction des versements effectués à leur profit :
- l’Association Sénégalaise pour les Nations-Unies (ASNU),
- la Fondation Nationale d’Action Sociale du Sénégal (FNASS),
- l’Association Sénégalaise d’Assistance aux Lépreux (ASAL),
- Caritas Sénégal,
- l’Union Nationale des Aveugles du Sénégal (UNAS),
- et la Croix-Rouge Sénégalaise,
- Fondation Marie Louise MIMRAN.

B. Les versements en cas de catastrophe

En cas de situation de catastrophe déclarée par l’autorité publique, les aides consenties sous forme de ver-
sements opérés par les entreprises dans des comptes ouverts au nom de l’Etat sont également déductibles
en totalité, sous réserve que soient jointes à la déclaration des résultats les pièces justificatives attestant de
la date et du montant de chaque versement

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Paragraphe IV-les charges fiscales

Sont déductibles les impôts à la charge de l’entreprise mis en recouvrement au cours de l’exercice, à l’ex-
ception de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le minimum forfaitaire sur les sociétés, de la taxe sur les
excédents de provisions, de la taxe spéciale sur les voitures particulières des personnes morales. Aussi, parce
qu’elle n’est pas à la charge de l’entreprise, la taxe sur la valeur ajoutée récupérable ne fait pas partie des
charges déductibles.

Il convient de signaler que la taxe sur la valeur ajoutée non récupérable et les droits de douane supportés
sur les acquisitions d’immobilisations doivent être compris dans le prix de revient de celles-ci. Ils ne viennent
en diminution du bénéfice imposable que par le biais des amortissements

Le principe reste que sont déductibles tous les impôts professionnels qui sont à la charge de l’entreprise,
qu’il s’agisse d’impôts directs ou indirects dans la mesure où ils trouvent leur source dans les opérations
effectuées par l’entreprise.

Il faut rappeler que les dégrèvements se rapportant en tout ou partie à des impôts déjà comptabilisés au
titre d’un exercice clos doivent faire l’objet de réintégrations extracomptables.

Paragraphe V- les sanctions pécuniaires

Les transactions, amendes, confiscations, pénalités de toute nature notamment celles mises à la charge des
contrevenants à la réglementation régissant les prix, le contrôle des changes ainsi que l'assiette, la liquidation
et le recouvrement des impôts, contributions, taxes et tous droits d'entrée, de sortie, de circulation ou de
consommation, ne sont pas admises en déduction des bénéfices soumis à l'impôt.

Ne sont pas visées les sanctions commerciales conventionnelles (qu’elles soient appelées amende, pénalité
ou intérêts de retard) qu’un créancier applique à son débiteur pour défaut de respect de clauses contrac-
tuelles.

Paragraphe VI- les frais de siège

Pour les entreprises qui exercent leur activité au Sénégal et dont le siège social est situé à l'étranger, une
quote-part des frais de siège incombant aux dites entreprises calculée, sous réserve des conventions inter-
nationales, au prorata du chiffre d'affaires global de ces mêmes entreprises sans pouvoir excéder 20% du
bénéfice comptable réalisé au Sénégal avant déduction de la quote-part des frais de siège.

Sont concernés, les entreprises qui exercent leur activité au Sénégal et dont le siège social se trouve à
l’Etranger. C'est-à-dire les succursales de sociétés étrangères.

Paragraphe VII- les dépenses d’étude et de prospection

Les dépenses d'études et de prospection exposées en vue de l'installation à l'étranger d'un établissement de
vente, d'un bureau de renseignements ainsi que les frais supportés pour le fonctionnement dudit établisse-
ment ou bureau pendant les trois premiers exercices, peuvent être admises en déduction pour la détermi-
nation du bénéfice net imposable afférent à ces exercices.

Les sommes déduites des bénéfices devront en pareil cas faire l'objet d'un relevé spécial détaillé annexé à
la déclaration annuelle d’impôt sur les sociétés

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Elles seront rapportées, par fractions égales, aux bénéfices imposables des trois exercices consécutifs à partir
du quatrième suivant celui de la création de l'établissement ou du bureau.

Paragraphe VIII- les versements dans les sociétés coopératives

Sont également admis en déduction :

a) en ce qui concerne les sociétés coopératives de consommation, le bonus provenant des opérations
faites avec les associés et distribués à ces derniers, au prorata de la commande de chacun d'eux ;

b) en ce qui concerne les sociétés coopératives et unions de coopératives d'industriels, de commerçants


et d'artisans, la fraction de leur bénéfice répartie entre leurs adhérents, au prorata des opérations
traitées avec chacun d'eux ou du travail fourni par lui ;

c) en ce qui concerne les sociétés coopératives de production, la part des bénéfices nets qui est dis-
tribuée aux travailleurs.

Paragraphe IX - Limitation de déduction de sommes versées dans un régime fiscal privilégié

Les intérêts, arrérages et autres produits des obligations, créances, dépôts et cautionnements, les rede-
vances de cession ou concession de licences d'exploitation, de brevets d'invention, de marques de fabrique,
procédés ou formules de fabrication et autres droits analogues ou les rémunérations de services, payés ou
dus par une personne physique ou morale domiciliée ou établie au Sénégal à des personnes physiques ou
morales qui sont domiciliées ou établies dans un Etat étranger ou un territoire situé hors du Sénégal et y
sont soumises à un régime fiscal privilégié, ou un pays non coopératif, ne sont admis comme charges dé-
ductibles pour l'établissement de l'impôt que si le débiteur apporte la preuve que les dépenses correspondent
à des opérations réelles et qu'elles ne présentent pas un caractère anormal ou exagéré.

Il en est de même pour tout versement effectué sur un compte tenu dans un organisme financier établi dans
un des Etats ou territoires non coopératifs ou à fiscalité privilégiée.

Les personnes sont considérées comme soumises à un régime fiscal privilégié dans l'Etat ou le territoire
considéré si elles n'y sont pas imposables ou si elles y sont assujetties à des impôts sur les bénéfices ou les
revenus dont le montant est inférieur de plus de la moitié à celui de l'impôt sur les bénéfices ou sur les
revenus dont elles auraient été redevables dans les conditions de droit commun au Sénégal, si elles y avaient
été domiciliées ou établies.

Sont considérés comme non coopératifs, les Etats et territoires qui ne se conforment pas aux standards
internationaux en matière de transparence et d'échange d'informations dans le domaine fiscal, de manière
à favoriser l'assistance administrative nécessaire à l'application de la législation fiscale sénégalaise. La liste
desdits Etats est fixée par décision du Ministre chargé des finances.

Paragraphe X- Les amortissements

L’amortissement constate la dépréciation d’un bien immobilisé par l’entreprise du fait de son utilisation. Il
n’est pas possible, toutefois, d’amortir un terrain, sauf le cas d’un terrain de carrière.

A. Le mode linéaire: le principe :

L’amortissement des biens d'équipement effectué par l'entreprise est déductible dans les limites de ceux qui
sont généralement admis d'après les usages de chaque nature d'industrie, de commerce ou d'exploitation,
y compris ceux qui ayant été régulièrement comptabilisés en période déficitaire, sont réputés différés.

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Les taux usuels d’amortissement

- Immeubles bâtis : 3 à 5%
- Mobilier : 10%
- Matériel : 10 à 15%
- Matériel roulant d’utilisation urbaine : 20 à 25%
- Matériel roulant utilisé en brousse : 33%

B. L’amortissement accéléré

Pourront toutefois faire l'objet d'un amortissement accéléré, les matériels et outillages neufs remplissant à
la fois la double condition :

a) d'être utilisés exclusivement pour les opérations industrielles de fabrication, de manutention, de


transport, de tourisme, de pêche, d'élevage et d'exploitation agricole, ou de remplir une fonction
anti-polluante, sous réserve dans ce dernier cas, que l'équipement ait été agréé par le département
ministériel compétent

b) d'être normalement utilisables pendant au moins cinq ans.

Pour ces matériels et outillages, le montant de la première annuité d'amortissement calculé d'après leur
durée d'utilisation normale pourra être doublé, cette durée étant réduite d'une année.

C. L’amortissement dégressif

L'amortissement des biens d'équipement autres que les immeubles d'habitation, les chantiers et les locaux
servant à l'exercice de la profession, acquis ou fabriqués depuis le 1er janvier 1987 par les entreprises
industrielles peut être calculé suivant un système d'amortissement dégressif. Le taux applicable pour le
calcul de l'amortissement dégressif est obtenu en multipliant le taux d'amortissement linéaire correspondant
à la durée normale d'utilisation du bien par un coefficient fixé à 2 lorsque la durée normale d'utilisation est
de cinq ans et à 2,5 lorsque cette durée est supérieure à cinq ans.

A la clôture de chaque exercice, le total des amortissements dégressifs pratiqués depuis l'acquisition ou la
fabrication des biens d'équipement ne peut être inférieur au montant cumulé des amortissements opérés
suivant le mode linéaire et répartis sur la durée normale d'utilisation.

Le non respect de cette obligation entraîne pour le contribuable la perte du droit de déduire la fraction des
amortissements qui a été ainsi différée.

D. L’amortissement de biens pris en crédit-bail

Les biens d’équipement amortissables s’entendent de ceux acquis par l’entreprise, ainsi que de ceux loués
par celle-ci dans le cadre d’un contrat de crédit-bail et inscrits à l’actif du bilan.

Toutefois, chez le crédit-bailleur, les amortissements relatifs aux biens donnés en crédit-bail ne sont pas
admis en déduction des bénéfices soumis à l’impôt

E. Les amortissements dans le cadre de partenariat public-privé

Sont également imputés du résultat imposable les amortissements relatifs à l’exécution d’une convention de
partenariat public-privé calculés selon les conditions suivantes :

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a) dans le cadre d’une telle convention, le concessionnaire peut, en compensation de la remise gratuite
des biens au concédant en fin de contrat, pratiquer sur les investissements en actifs immobilisés qu’il
a réalisés, un amortissement de caducité déductible du résultat et compris, le cas échéant, dans les
amortissements réputés différés.
b) la constitution de l’amortissement de caducité est faite selon les méthodes suivantes :

- linéaire sur la durée de la concession ou ;

- progressive sur la durée de la concession, en fonction de l’évolution prévisionnelle de l’activité (me-


surée par les recettes ou par les excédents bruts d’exploitation).

Relativement à la subvention d’investissement versée par le concédant, le concessionnaire opère une reprise
en déduction de l’amortissement de caducité. Le montant à doter en amortissement de caducité est alors
égal à la valeur de l’immobilisation, déduction faite de la subvention.

c) Les dotations aux amortissements constituées durant la phase d’exonération au titre d’exercices
dont le résultat fiscal est déficitaire sont réputées différées.

Paragraphe XI- les provisions

A. Les conditions générales de déductibilité des provisions

La provision est une déduction destinée à faire face soit à une dépréciation d’un élément d’actif, soit à une
charge. Il doit s’agir d’une dépréciation ou charge précise quant à son objet, incertaine mais probable quant
à sa réalisation.

Il ressort, en effet, des dispositions de l’article 11 du CGI que sont déductibles « Les provisions constituées
en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que les événements en cours rendent
probables, à condition quelles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice et figurent
au relevé des provisions. »

Les provisions ont pour objet de couvrir des pertes ou charges futures, mais ayant leur origine dans l’exercice.
En ce qui les concerne, une certitude existe sur un seul point, à savoir l’élément d’actif auquel s’applique la
provision. Il y a incertitude quant à la réalisation effective et au montant exact de la perte. Cette dernière
doit cependant être probable. La déduction ainsi autorisée n’est que provisoire et sera ultérieurement rap-
portée au résultat si la perte ou la charge envisagée ne se réalise pas.

1- Les Conditions de Fond

Il faut que la provision ait un objet nettement précisé. Il faut qu’il y ait individualisa-
tion précise de l’élément d’actif objet de la perte probable ou de la nature de la charge à
prévoir. N’est pas déductible à ce titre, la provision pour créance douteuse calculée en ap-
pliquant un abattement ou un pourcentage forfaitaire au montant des créances à recouvrer.

Il faut que les pertes ou charges soient probables et non purement éventuelles.
L’éventualité d’une perte ou d’une charge résulte d’un simple risque d’ordre général, alors
que sa probabilité est établie par des circonstances précises, particulières. Aucune créance
de l’entreprise ne donne de crainte en particulier, mais un risque général existe sur l’en-
semble des créances. Une ou plusieurs d’entre elles peuvent devenir irrécouvrables. On est
en présence d’une perte éventuelle : pas de provisions possibles.

Par contre, si un débiteur montre des signes notoires de défaillance (société en liquidation, procé-
dures judiciaires …), la perte est probable et il est possible de passer une provision.

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Les pertes ou charges doivent trouver leur origine dans l’exercice en cours. C’est
le principe de la séparation des exercices comptables qui sert de fondement à la constitution
de provisions. Il faut rattacher à un exercice toutes les charges qui trouvent leur source,
notamment celles que les évènements en cours rendent probables. La probabilité de la perte
ou de la charge doit résulter des évènements en cours à la clôture de l’exercice. Une provi-
sion motivée par un évènement ayant eu naissance après la clôture de l’exercice sera par
conséquent rejetée. C’est l’exercice suivant qui devra supporter la charge.

Les pertes ou charges provisionnées doivent être déductibles. On ne peut déduire


par le biais d’une provision, une somme qui ne correspondrait pas à une perte ou charge
déductible si l’évènement envisagé se réalisait (provision pour impôt sur les sociétés, provi-
sion pour amende et pénalité par exemple).

2- Les Conditions de Forme

Pour être déductible, une provision doit être constatée effectivement dans les écritures comptables et figurer
sur le relevé des provisions qui doit être joint à la déclaration des résultats.

3 – Surveillance de l’Affectation définitive de la Provision

La provision est une déduction motivée par une perte ou charge dont la réalisation n’est pas certaine et dont
le montant n’est qu’estimé. Elle n’a donc qu’un caractère provisoire et doit être par conséquent surveillée.

a- La Perte ou Charge se réalise pour un montant supérieur à la Provision

La déduction devient définitive par la passation de la charge définitive et il est ajouté un supplément de
déduction égal à la différence entre le montant effectif de la perte ou charge et celui de la provision initiale-
ment comptabilisée.

b- La provision reçoit un emploi non conforme ou devient sans objet

Les provisions qui, en tout ou en partie reçoivent un emploi non conforme à leur destination ou deviennent
sans objet au cours d'un exercice ultérieur sont rapportées aux recettes dudit exercice, sauf disposition
réglementaire contraire. On acquiert la certitude que la perte ou charge ne se réalise pas ou ne se réalise
que partiellement (la créance douteuse est recouvrée en totalité ou en partie par exemple).

Dans ce cas, l’entreprise doit réintégrer la provision, en totalité ou en partie, dans les bénéfices de l’exercice
au cours duquel elle est devenue sans objet. Dans le cas contraire, l’Administration peut procéder à cette
réintégration même si l’exercice en cause est atteint par la prescription (la provision est alors rattachée au
bénéfice du plus ancien exercice non prescrit).

4 – Les Provisions Irrégulièrement Constatée

Lorsqu’elle ne répond pas aux conditions requises, la provision doit être réintégrée par voir extra comptable
dans le résultat fiscal de l’exercice au cours duquel elle a été passée en comptabilité.

En conséquence de la réintégration des provisions non déductibles, l’entreprise doit également déduire par
voie extra comptable les provisions qui viendraient à être réintégrées dans les résultats comptables. Au point
de vue fiscal, les provisions non déductibles sont considérées comme n’ayant jamais existé.

B. Les provisions non déductibles

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Au regard des dispositions fiscales, l’indemnité de congés payés constitue une charge normale de l’exercice
au cours duquel le salarié prend le congé correspondant. Les dispositions de l’article 11 du CGI précisent en
effet que les provisions pour congés payés ne sont déductibles qu’au titre de l’exercice de leur paiement
effectif. Les entreprises doivent par conséquent réintégrer de manière extra comptable la dotation au compte
de provision pour congés payés.

Il convient de noter une divergence entre l’approche fiscale et l’approche comptable. La loi fiscale considère
que les congés payés sont des charges futures, certaines et non probables, et ne peuvent par conséquent
faire l’objet de provisions.

C. Les provisions règlementées

Sont également admises en déduction :

1. La provision constituée par les banques, les systèmes financiers décentralisés et les
établissements financiers

La provision constituée par les banques, les systèmes financiers décentralisés et les établissements financiers
effectuant des prêts à moyen ou à long terme, ainsi que par les sociétés se livrant à des opérations de crédit
foncier et destinées à faire face aux risques particuliers afférents à ces prêts ou opérations.

La dotation annuelle de la provision prévue ci-dessus peut atteindre 5% du bénéfice comptable de chaque
exercice, sans que le montant de ladite provision puisse excéder 5% du total des crédits à moyen ou à long
terme effectivement utilisés;

Cette provision n’est pas cumulable avec une provision pour dépréciation des créances constituée en appli-
cation des normes de prudence édictées par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ;

2. Les provisions techniques constituées par les compagnies d’assurance

Les provisions techniques constituées par les compagnies d’assurances, conformément aux prescriptions du
Code de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA)

3. Les provisions pour grosses réparations pour les entreprises de navigation maritime
agréées

les provisions pour grosses réparations effectuées dans les conditions fixées à l'annexe III du Livre I du CGI
par les entreprises de navigation maritime agréées par décret.

4. Les provisions constituées par le concessionnaire d’une convention de partenariat pu-


blic-privé

Le concessionnaire d’une convention de partenariat public-privé peut déduire :

a) Les provisions constituées par le concessionnaire d’une convention de partenariat public-privé telle
que prévue par la loi relative aux contrats de construction (CET) au cours de la période d’exonération
à l’impôt et reprises postérieurement à cette période. Les provisions en cause font l’objet d’une
déduction extracomptable ;

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b) les provisions pour renouvellement des biens prévues par le SYSCOA et comptabilisées par le con-
cessionnaire conformément à l’obligation de renouvellement des biens d’investissement prévus.

La dotation aux provisions de renouvellement est calculée pour chaque exercice ainsi qu’il suit, sur la base
d’une estimation ajustée du coût de remplacement :
- pour une immobilisation apportée par le concédant, la dotation est égale à la valeur de remplacement
diminuée des provisions de renouvellement déjà constituées et des éventuelles subventions d’inves-
tissement accordées au concessionnaire au titre de ce renouvellement, divisée par la durée de vie
restante du bien ;
- pour une immobilisation constituée par le concessionnaire, la dotation annuelle est égale à la diffé-
rence entre la valeur de remplacement et la valeur de première acquisition (ou la valeur du précédent
renouvellement dans le cas d’un renouvellement multiple), diminuée des provisions de renouvelle-
ment déjà constituées et des éventuelles subventions d’investissement accordées au concessionnaire
au titre de ce renouvellement, divisée par la durée de vie restante de ce bien.

Dans le cas où le total provisionné jusqu’à la clôture du dernier exercice avant le renouvellement est différent
du coût effectif d’acquisition du nouveau bien, il convient de passer un ajustement (dotation ou reprise) au
compte de résultat pour assurer la concordance entre la provision de renouvellement constituée et la valeur
de remplacement effective de ce bien ;

c) les provisions pour grosses réparations comptabilisées par le concessionnaire calculées selon la modalité
suivante : montant prévisionnel de la réparation, déduction faite de la provision déjà constituée, divisé par
la durée restant à courir avant la grosse réparation.

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