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Chapitre II: Essais d’identification

UE412 CONSTRUCTION EN TERRE


Chapitre II: ESSAIS D’IDENTIFICATION ET CLASSIFICATION

2.1 Procédures et Matériels d’identification


2.2 Analyse et classification

Quelle que soit l’utilisation envisagée d’un sol, il est important de connaître sa nature, sa composition
et la répartition des grains de différentes tailles qui le compose.

Identifier un sol c’est connaître sa nature, sa composition et la répartition des grains de


différentes tailles qui le composent. Autrement dit c’est déterminer un ensemble de propriétés
physiques, mécaniques ou chimiques qui permettent de le caractériser.
 Ces propriétés sont déterminées par des essais simples et rapides appelés ESSAIS
D’IDENTIFICATION.
Les essais d’identification aboutissent à la description chiffrée du sol donc à sa classification.

2.1 Procédures et matériels d’identification:

Il ya 02 grandes catégories d’essais d’identification


 Essais qui caractérisent l’état du sol (échantillons intacts) comme l’arrangement, texture,
Répartition des phases solide, liquide et gazeuse
L’état du sol peut être défini par :
Trois paramètres s’il n’est pas saturé : indice des vides, degré de saturation (ou par la
teneur en eau), la masse volumique des grains solides
Deux paramètres s’il est saturé ;
Par 2 ou 1 paramètre si par ailleurs la masse volumique des grains solides est
constante.

 Essais qui traduisent les propriétés des particules du sol et l’intensité de leurs liaisons avec
l’eau (échantillons intacts ou remanié)

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Les propriétés des particules du sol
La granularité est la répartition de la dimension moyenne des particules du sol exprimée en
pourcentage de la masse totale (sèche) du matériau. Elle est exprimée par la courbe granulométrique
(log diamètre moyen Dmoy, pourcentage des éléments de diamètres inférieure ou égal à Dmoy.
Ses paramètres sont D10 (diamètre efficace) ; coefficient d’uniformité (Hazen) Cu, Coefficient de
courbure Cc.
La granularité peut être uniforme, étalée, continue, discontinue.

Le matériel d’identification peut être simple ou relativement sophistiqué.


2.2 Les essais usuels
 Essais préliminaires (goût, toucher, odorat, vue
 Classes granulaires
 Analyse granulométrique et sedimentométrique
 Limites d’Atterberg
 Teneur en carbonate de calcium
 Teneur en matière organique
 (Essais au Bleu de méthylène
 Equivalent de sable)

2.2.1 Essais préliminaires (goût, toucher, odorat, vue)


Essais préliminaires Classification de la terre
organique sableuse silteuse argileuse
Visuel fraction fine
(on apprécie la fraction)
Odeur Moisi, et
(on hume la terre qu’on vient davantage
d’extraire) lorsqu’elle est
chauffée
Morsure sensation sans une aucune sensation lisse ou
(on écrase légèrement entre les désagréable sensation farineuse, partie sèche
dents une pincée de terre) désagréable est collante à la langue
Toucher Rugosité sans Faible cohésion, Les mottes sèches
(effriter la terre entre les doigts cohésion moyennement résistent à l’écrasement,
pour la débarrasser de ses grosses plastique si Plastique collante si
particules) humidifié humidifiée
Lavage (terre légèrement mouillée) Les mains se Parait pulvérulent Sensation savonneuse,
rincent + rinçage facile rinçage difficile
facilement
Eclat (boule de terre sectionnée) La surface Si sa l’entaille est
entaillée est terre brillante
Sédimentation Laisser reposer le me flacon pendant quelques minutes, agiter en prenant soin de
(La terre est contenue dans un fermer. Laisser le mélange se décanter sur une surface horizontale. 1 heure après
flacon et complétée au ¾ par l’eau) l’agiter de niveau et laisser décanter pendant 45 minutes.
On constate que les sables sont déposés au fond, surmontés d’une couche de silt
couronnée par une couche d’argile. Au dessus de l’eau surnagent les débris
organiques.

2.2.2 Classes granulaires


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2.2.3 Analyse granulométrique-Tamisage et sedimentometrie

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Afin d'éviter toute ambiguïté, un tamis est une passoire dont les diamètres équivalents ont été désignés
par un même numéro de module. Les dimensions nominales normalisées des tamis, seuls appareils
utilisés actuellement, sont les suivantes :

Tableau 3.1.1 : Dimensions nominales des


tamis.

Module M=10 log (maille) + 1, avec la maille en microns pour les tamis.

Préparation de l'échantillon : La quantité à utiliser doit répondre à différents impératifs qui sont
contradictoires:
- Il faut une quantité assez grande pour que l'échantillon soit représentatif.
- Il faut une quantité assez faible pour que la durée de l'essai soit acceptable et que les tamis ne soient
pas saturés et donc inopérants.
Dans la pratique, la masse à utiliser sera telle que : M = 0,2 D avec M, masse de l'échantillon en Kg et
D diamètre du plus gros granulat exprimé en mm.
Description de l'essai : Le matériau sera séché à l'étuve à une température maximale de 105 °C. On
emboite les tamis les uns sur les autres, dans un ordre tel que la progression des ouvertures soit
croissante du bas de la colonne vers le haut. En partie inférieure, on dispose un fond étanche qui
permettra de récupérer les fillers pour une analyse complémentaire. Un couvercle sera disposé en haut
de la colonne afin d'interdire toute perte de matériau pendant le tamisage.
On appellera tamisât le poids du matériau passant à travers un tamis donné et refus le poids de
matériau retenu par ce même tamis. Le matériau étudié est versé en haut de la colonne de tamis et
celle-ci entre en vibration à l'aide de la tamiseuse électrique. Le temps de tamisage varie avec le type
de machine utilisé, mais dépend également de la charge de matériau présente sur le tamis et son
ouverture. Un étalonnage de la machine est donc nécessaire. On considère que le tamisage est terminé
lorsque les refus ne varient pas de plus de 1 % entre deux séquences de vibrations de la tamiseuse.
Le refus du tamis ayant la plus grande maille est pesé. Soit R1 la masse de ce refus.

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fig. 3.1.2: Colonne de tamis

Les résultats peuvent être présentés selon l'exemple suivant :

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Expression des résultats l’ANALYSE granulométrique :


Un mode de représentation commode des résultats de l’analyse granulométrique est la
COURBE GRANULOMETRIQUE. Elle représente pour chaque dimension de particule, le
poids (ou masse) des particules de cette taille ou de tailles inférieures. Ce poids est exprimé en
pourcentage par rapport au poids total de la matière sèche de l’échantillon étudié. Cette
courbe est tracée en coordonnées semilogarithmique.

La courbe est tracée de manière continue et ne peut pas passer rigoureusement par tous les points.

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Dy = dimension du tamis correspondant à y% de passants

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La courbe granulométrique est caractérisée par:
 Le Dmax = dimension du plus gros élément présent à moins de 1 % dans le sol. Il détermine
les possibilités pratiques de mélange du sol avec l'agent de traitement.
 Le tamisât (passant) à 63 μm: il détermine la teneur en fines et permet d'évaluer le degré de
sensibilité à l'eau. Cette caractéristique oriente en partie le choix de l'agent de
traitement.
 Le tamisât à 2 mm: il permet de différencier les sols fins, granulaires et mixtes.
 Coefficient de courbure: Cc = (D30)2/(D10Xd60).
1 < Cc < 3 Pour un sol bien gradué.
 Le coefficient d'uniformité (Cu): Cu = D60/D10 (où D60 = diamètre équivalent correspondant à
60 % du passant et D10 = diamètre équivalent correspondant à 10 % du passant).
Le coefficient d'uniformité (Cu): permet d'apprécier quantitativement la forme de la courbe
granulométrique
o Cu > 15, courbe bien graduée
o Cu = 6 - 15, moyennement graduée
o Cu < 6, mal graduée:
o Cu généralement élevé ; granularité discontinue:
o Cu > 2, pour la granulométrie étalée (variée)
o Cu < 2 pour la granulométrie uniforme (serrée)
La valeur du coefficient d'uniformité fournit une indication sur les quantités d'agents de traitement qui
seront nécessaires pour atteindre le niveau de performance visé.
Plus ce coefficient est faible (granularité uniforme), plus les quantités de produits de traitement seront
élevées.

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2.2.4 Etats de consistance - Limites d’Atterberg (NF P 94-051 : 0-


0.4mm)
Les limites d’ATTERBERG sont déterminées uniquement pour les éléments fins d’un sol (fraction
passant au tamis de 0,4 mm), car se sont les seuls éléments sur lesquels l’eau agit en modifiant la
consistance du sol. L’essai consiste donc à faire varier la teneur en eau de cette fraction de sol et en
observer sa consistance.

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Dans les sols en place, la teneur en eau naturelle wn est généralement comprise entre
ws et wp, très près de wp.

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1
 La limite de liquidité (wl) caractérise la transition entre un état plastique et un état liquide.
C'est la teneur en eau pondérale, exprimée en pourcentage, au-dessus de laquelle le sol s'écoule
comme un liquide visqueux sous l'influence de son propre poids.

1
Le sol est mélangé à une quantité d'eau. La pâte obtenue est placée dans une coupelle de 100 mm de diamètre environ. On
trace sur la pâte lissée une rainure normalisée avec un outil spécial. A l'aide d'une canne, on fait subir une série de chocs à
la coupelle. On observe en fin d'expérience le contact des deux lèvres de la rainure. La limite de liquidité est la teneur en eau
en % qui correspond à une fermeture en 25 chocs.

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 La limite de plasticité2 (wp) caractérise la transition entre un état solide et un état plastique.
Cette limite indique la teneur en eau pondérale, en pourcentage, maximale pour travailler un sol et
éviter la compaction.
En dessous de cette limite, le sol est friable.

2
On mélange l'échantillon avec des quantités variables d'eau; on façonne avec la pâte un rouleau de 6 mm de diamètre pour
une centaine de mm de longueur. Puis on atteint 3mm de diamètre en le roulant (souvent avec les doigts), après 5 à 10
allers/retour maximum. La limite de plasticité est la teneur en eau en % du rouleau qui se fissure et se brise lorsqu'il atteint
un diamètre de 3 mm).

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Indice de plasticité
L’Indice de plasticité (limites d'Atterberg ou de consistance) est une mesure de l'argilosité. La
connaissance de l'argilosité d'un sol est indispensable pour choisir l'agent de traitement adapté au sol
considéré. Il représente la plage de teneurs en eau d'un sol donné correspondant à un comportement
plastique de ce sol.
Ainsi, les variations de volume d’un sol argileux peuvent être importantes en fonction de la
modification de la teneur en eau du sol.
L'indice de plasticité est le critère le mieux adapté pour les sols dont l'Ip est ≥12.

 Indice de consistance : Il s’agit d’un indicateur dérivé : Ic = (wl - w) / Ip, où w=w normale de
l'échantillon
Ic ≤0,7: sols peu consistants avec problèmes de traficabilité); -
Ic ≥1,3: sols de consistance élevée avec problèmes d'extraction.

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L'indice de consistance est bien adapté pour caractériser l'état hydrique des sols dont le passant
au tamis de 63 μm est > 35 % et dont l'Ip est > 12.

wR ;..wp; wl …w
 Indice de consistance = (wl-w)/(wl-wp)
 Indice de plasticité(%) =( wl-wp)
 A= Ip/% argile (d inférieur à 2μ)
 Indice de liquidité : Il = (W-Wp) / (Ip)

En fonction de Ip, Ic ou A on donne les classifications suivantes:

Ip plasticité
0-10 faible
10-20 moyenne
20-40 élevée
Plus de 40 Très élevée

Ic Consistance
0-0.25 Pâteux
0.25-0.50 Molle
0.5-0.75 Ferme
0.75-1 mi-dure
Plus de 1 dure

A Type
Inférieur ou égale à 0.75 Terre inactive
0.75-1.25 Activité argileuse moyenne
1.25-2 Activité argileuse forte
Sup à 2 Activité argileuse très forte

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Autres seuils indicatifs:
- Ip < 12: sol peu argileux;
- Ip = 12 - 25: sol moyennement argileux;
- Ip = 25 - 40: sol argileux;
- Ip > 40: sol très argileux.

Indice de plasticité Degré de plasticité

0 < Ip < 5 Non plastique (l’essai perd sa signification dans cette zone de valeurs)

5 < Ip < 15 Moyennement plastique

15 < Ip < 40 Plastique

Ip > 40 Très plastique

2.2.5 La valeur de bleu, pour une détermination indirecte de la surface


spécifique des grains solides (0-2mm)/ NP94-068

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La valeur de bleu de méthylène (VBS) est une autre mesure de l'argilosité. Cet essai est une mesure
indirecte de la surface spécifique des grains solides par adsorption d’une solution de bleu de
méthylène jusqu’à saturation. En d’autres termes, il exprime la quantité de bleu de méthylène pouvant
être absorbée par les surfaces des particules de sols. Etant donné que ce sont les particules argileuses
(< 2 μm) qui ont la plus grande capacité d'adsorber le bleu de méthylène, on a donc par cet essai une
estimation globale de la quantité et de l'activité des argiles contenues dans le sol. La VBS s'exprime en
g de bleu par unité de masse de sol sec.
Le résultat VBS s’exprime donc en grammes de bleu pour 100g de sol.
On considère que cet essai exprime globalement la quantité et la qualité de l’argile contenue dans un
sol. Il est effectué sur la fraction 0/2 mm du sol et on distingue les valeurs suivantes :
VBS ≤ 0,2 : sols sableux (sol insensible à l’eau)
0,2 < VBS ≤2,5 : sols limoneux (sol peu plastique et sensible à l’eau)
2,5 < VBS ≤6 : sols limono-arglileux, (sol de plasticité moyenne)
6 < VBS ≤ 8 : sols argileux
VBS > 8 : sols très argileux

2.2.6 l'équivalent de sable, pour caractériser les sols sableux contenant


peu de particules fines (NF P 18-598 : 0-5mm)

L’essai d’équivalent de sable, que l’on réalise sur les sols peu plastiques, contenant peu de
particules fines, permet de caractériser globalement la proportion des particules fines ou très
fines dans le sol. Il prolonge en fait la notion d’indice de plasticité pour les valeurs faibles de
cet indice, où il perd sa signification.

L’essai d’équivalent de sable permet de déterminer dans un sol la proportion relative de sol fin et de
sol grenu. Cet essai est important, car la présence d’éléments fins peut modifier le comportement de
ces sols. En particulier la présence de particules argileuses dans le sable d’un mortier ou béton, en
abaissant l’adhérence « pâte de ciment/granulats », est défavorable à la mise en oeuvre et aux
performances finales du béton ou mortier (micro-fissuration). Il est effectué sur les éléments de
dimensions inférieures à 5 mm (fraction 0/5 mm du sol).

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Il consiste à laver énergiquement (avec agitation) le sol dans une solution floculante
normalisée à base de Cl2Ca. Les éléments fins ou très fins, séparés des grains plus gros par
agitation mécanique, entrent en suspension
et floculent dans la solution chargée en électrolyte. Après un léger repos (20 min), on mesure
les niveaux supérieurs h 1 du sédiment et h 2 du floculat.

SE ou ES =100 x h1/ (h1 + h2)


Les préconisations en matière de propreté pour les sables utilisés dans les bétons sont les suivantes:

SE Nature et qualité du sable


Sable argileux - Risque de retrait ou de gonflement, à rejeter pour des bétons de
SE<60
qualité
Sable légèrement argileux - de propreté admissible pour béton de qualité quand ou
60<=SE<70
ne craint pas particulièrement de retrait
Sable propre - à faible pourcentage de fines argileuses Convenant Parfaitement pour
70<=SE < 80
les bétons de haute qualité.
Sable très propre - l'absence presque totale de fines argileuses risque d'entraîner un
SE >80 défaut de plasticité du béton qu'il faudra rattraper par une augmentation du dosage
en eau.

L’équivalent de sable d’un sable propre, voisin de 100, tombe à 40 et moins en présence de quelques
pour-cent de fines argileuses. Au-dessous de 40, l’équivalent de sable n’est plus une grandeur
significative.

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2.2.7 la teneur en carbonate de calcium CaCO3.
La teneur en carbonate de calcium CaCO3 d’un sol est déterminée par attaque à l’acide
chlorhydrique d’une certaine quantité de sol sec. La mesure de la quantité de gaz
carbonique dégagé permet de calculer la masse de carbonate de calcium dissoute et donc
la teneur en carbonates de calcium du sol, exprimée en pourcentage de la masse de la
phase solide du sol.

2.2.8 la teneur en matières organiques.


Détermination de la teneur en matières organiques et autres constituants chimiques particuliers
(sulfates, sulfures, phosphates, nitrates, chlorures)
La présence de certaines substances peut avoir un effet négatif sur l'efficacité de l'agent de traitement:
- matières organiques: elles peuvent retarder ou annuler l'effet du traitement en consommant une
quantité plus ou moins grande de l'agent de traitement pour neutraliser l'acidité du milieu. Si la teneur
en matières organiques d'un sol est supérieure à 3%, une étude spécifique doit être réalisée (pour
estimer les effets des matières organiques sur le traitement);
- sulfates (gypse, plâtre), sulfures (pyrites): ils peuvent entraîner des gonflements par formation
d'ettringite (espèce cristalline très gonflante). Leur présence dans le sol est susceptible d'entraîner une
instabilité volumique en milieu humide et la destruction de la prise hydraulique. On admet qu'au-delà
d'une teneur en soufre total de l'ordre de 1 % on risque de rencontrer des problèmes de gonflement;
- phosphates, nitrates (engrais): ils inhibent ou retardent la prise hydraulique;
- chlorures (sel de gemme): ils accélèrent la prise et le durcissement avec possibilité de gonflement
(par création de chloro-aluminates).

La teneur en matières organiques CMO est le rapport de la masse de la matière organique présente
dans le sol à la masse totale des matières solides du sol. La méthode classique de détermination de la
masse des matières organiques consiste à les oxyder par un mélange d’acide sulfurique concentré et de

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bichromate de potassium porté à ébullition. La mesure de la « perte au feu » remplace souvent la
méthode précédente. Elle consiste à sécher le sol à l’étuve à 105 oC, puis à le passer au four à 550 oC
pour brûler toute la matière organique.
La teneur en matières organiques CMO et la perte au feu CPF sont liées par la relation expérimentale :
CMO = 100 – 1,04 (100 – CPF)
Suivant leur teneur en matières organiques, les sols peuvent être qualifiés de :
— faiblement organiques si CMO < 10 %
— moyennement organiques si 10 % < CMO < 30 %
— fortement organiques si 30 % < CMO
Les tourbes ont des teneurs en matières organiques comprises entre 50 et 100 %.

Les matières organiques d’origine végétale présentes dans le sol peuvent être dans un état de
décomposition plus ou moins avancée.
Le test d’humification de von Post permet de décrire l’état de décomposition de ces matières
organiques par référence à une échelle empirique à 10 classes notées H1 à H10 (la classe H1
correspond à une masse végétale peu humifiée, dans laquelle la matière végétale a conservé sa
structure, et la classe H10 à un sol organique totalement humifié, constitué d’une pâte de
particules de très faibles dimensions).
L’essai consiste à comprimer un certain volume de matériau et à observer la nature et la
couleur du liquide qui en sort, que l’on compare à une échelle de couleurs préétablie. La
compression peut être réalisée à la main ou au moyen d’un système mécanique

2.2.9 Indice de densité ou densité relative (sol grenu).


Pour caractériser l’état de densité d’un dépôt de sol pulvérulent (type gravier et sable), on est
amené à calculer son indice de densité (ID) ou densité relative (Dr).
emin : indice des vides dans l’état le plus compact ;
emax : indice des vides dans l’état le moins compact ;
e : indice des vides in situ
Indice de densité : ID = (emax - e) / (emax - emin)x100

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2.2.10 SYNTHESE

A travers les essais d’identification, on dispose d’un certain nombre d’outils (basés soit sur les
essais de laboratoire, soit l’observation) permettant d’augmenter l’efficacité de l’ingénieur en
présence de problèmes pratiques sur l’utilisation de la terre (choix de la terre, choix de l’agent
de traitement,…..).

Exemples :

Technologie PISE Adobe BTC BTS ciment

Teneur en eau Inf A 16% Plastique avec plus Inf A 16%


de 13 % deau
matieres argileuses peu assez

Limite de liquidite 23 et 40 30 et 50 25 et 50 20 et 50
entre

Indice de plasticitE 8 et 30 18 et 35 5 ET 30 Inf A 20


(%) entre

Fuseau 0 et 35 % de matieres 10 et 25 10 et 35 0 et 15
argileuses

Pour un sol Pulvérulent (grenu ; 50% d’éléments en poids sont de diamètres équivalents
supérieurs à 80 microns de m ; INSENSIBLES A L’EAU).)

Granularité (analyse granulométrique)


Indice des vides
Équivalent de sable
Teneur en eau
Teneur en carbonates
Indice de densité
Masse volumique des particules

Pour un sol Cohérent (fin ; 50% d’éléments en poids sont inférieurs à 80 microns, SENSIBLES A
L’EAU)
Granularité (sédimentométrie)
Indice des vides
Limites d’Atterberg
Teneur en eau
Activité
Degré de saturation
Teneur en carbonates
Indice de consistance
Teneur en matières organiques
Masse volumique des particules

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2. Classification
2.1. But de la classification.
Il est important de caractériser un sol mais aussi de les classer. La classification consiste à situer un sol
dans un groupe ayant des comportements similaires. La classification est basée sur des corrélations
empiriques, elles-mêmes basées sur une grande expérience. Il existe de par le monde de nombreuses
classifications basées sur les critères tels que:
- l’analyse granulométrique,
- limites d’Atterberg; Pourcentage d’argile (coef d’activité); L’activité d'une argile AC est
donnée par: AC = IP /% éléments inférieurs à 2 μm.
- Pourcentage en matières organiques;
- Les résultats des essais de formulations: Les caractéristiques de La portance (CBR) Californian
Bearing Ratio pour les travaux de terrassements : Résistance au poinçonnement CBR : L'essai CBR
permet de mesurer la portance d'un matériau compacté. Il consiste à comparer la résistance au
poinçonnement d'un matériau à tester à celle d'un matériau de référence californien (grave naturelle).
- Les caractéristiques de compactage (Proctor): pour les travaux de chaussée. L'essai Proctor est un essai
de compactage exécuté en laboratoire qui a pour but de déterminer l'influence de la teneur en eau (w
exprimée en %) d'un matériau sur sa compactibilité (exprimée par la masse volumique sèche)

- 2.2 Quelques exemples de classifications:


 Classification par la taille des grains solides d’un sol. En considérant le diamètre moyen D
des grains, on distingue grossièrement :
- Blocs rocheux (supérieur à 200 mm)
- cailloux (entre 20 et 200mm),
- graviers (de 20 mm à 5 mm),
- sables (5 mm à 0,06 mm),
- silts (0,06 mm à 2 µm),
- argiles (plaquettes de taille inférieure à 2 µm),
- limons (entre 0.002 et 0.02 mm)
- d'oxydes métalliques qui ont des propriétés colorantes (taille inférieure à 2 µm).
 Classification par le comportement du sol.
- Les sols pulvérulents (ou encore grenu : D > 20 microns de m) : sable, gravier,
cailloux, blocs sont constitués essentiellement de la silice (quartz), du calcaire et
d’autres roches inertes. Les effets capillaires dus à l’eau sont négligeables ; Les grains
se comportent comme les granulats inertes du béton.
- Les sols cohérents (ou encore sol fin : D < 20 microns de m =0,02 mm) : le
comportement d’un sol fin est fonction de sa composition minéralogique, de sa teneur
en eau, et de sa structure (disposition et orientation des particules) .
- Les argiles proviennent de l’altération chimique des roches et plus exactement des
minéraux Silicates (Feldpaths, mica….), sa structure cristalline de base peut être telle
qu’en présence d’eau elle augmente de volume (3 à 4fois). On parle alors d’argile
active.

Argiles
kaolinite Illite montmorillonite
Si 2 Al2O5 (OH ) 4 S i 4  x A lx A l2O10 (O H ) 2 K x ; Si 4 Al2x MgxO10 (OH)2 KxCExnH2O;
0  x  4 0 x 2
Stables en Retrait++++ (laterites) Instables au contact de l’eau,

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Chapitre II: Essais d’identification
contact de l’eau comportement intermédiaire gonflement

 SYSTÈME de Classification USCS


Unifield Soil Classification System a été mis au point par le « Bureau of reclamation » et le «
Corps of Engineers » aux Etats Unis.

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Chapitre II: Essais d’identification
 SYSTÈME de Classification GTR
Guide Technique pour la réalisation des Remblais et couches de forme.

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Chapitre II: Essais d’identification

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Chapitre II: Essais d’identification
 SYSTÈME de classification LPC

Il a été mis au point par le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées et utilisée dans les pays
d’Afrique francophone. Cette classification est une adaptation de la classification U.S.C.S. Suivant la
classification LPC, on distingue trois grands types de sols :

- les sols grenus dont 50% d’éléments en poids sont supérieurs à 80 microns (de m).
INSENSIBLES A L’EAU ;
- Les sols fins dont 50% d’éléments en poids sont inférieurs à 80 microns, SENSIBLES
A L’EAU ;
- les sols organiques dont la teneur en matière organique est élevée.

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Chapitre II: Essais d’identification
Latérites: un lessivage total de SiO2 et les alcalis (Na, K, Ca, Mg) conduisent à une accumulation des
hydrates d’alumine d’oxydes et d’hydrate de fer qui donnent la couleur rouge caractéristique de
latérite. La présente importante de l’aluminium donne la couleur rouge –vert; rose-blanc et ocre
Les Sables sont caractérisés par: l’Absence de cohésion, une très forte perméabilité.
Les sols sont désignés par le type suivi d'un adjectif donnant le type secondaire. Par exemple: grave
argileuse, argile sableuse, sable limoneux.

La classification complète qui s’utilise avec le diagramme de plasticité associée

En revenant à la granulométrie, on utilise quelquefois des diagrammes triangulaires tels que celui de la
figure 4.1 dans lequel on distingue 3 pôles :

 sable : éléments supérieurs à 0,05 mm`


 silt : éléments compris entre 0,05 et 0,005 mm
 argile : éléments inférieurs à 0,005 mm

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Chapitre II: Essais d’identification

Il faut noter que les coupures choisies ici ne sont pas celles définies au chapitre 2, ce qui souligne bien
leur caractère arbitraire. En fait, les valeurs affectées aux pôles doivent être choisies en fonction des
circonstances locales.

 SYSTÈME de classification américaine des sols HRB (Highway Research Board)

L’identification et la classification permettent de connaître la nature d’un matériau, sa composition, sa


structure. La connaissance de la composition du matériau terre permet de prédire l’aptitude de ce
matériau aux traitements d’amélioration ou de stabilisation.

Notes de cours CT 1 Pr MANJIA Page 29

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