Vous êtes sur la page 1sur 18

Algèbre de Boole et Circuits

CHAPITRE II. Représentation de


l’information

I. Généralités
Le système le plus couramment utilisé est le système décimal qui utilise les chiffres
de 0 à 9, c'est le système de référence. Le nombre de chiffres utilisés dans un système
s'appelle sa base. Les machines digitales ou numériques fonctionnent en binaire,
c'est-à-dire selon le système de base 2.
En particulier on a :
0 et 1 : base 2
0à7: base 8
0 à 9 et de A à F : base 16
Si B est la base, alors un nombre entier N en base B s'exprime sous la forme :

Ou
en notation de position. La position d'un chiffre rappelle la
puissance de la base qui multiplie ce chiffre. Dans le cas des ai c'est Bi.
En base 10
152 = 1 x 102 + 5 x 101+ 2 x 100 ce qui s'écrit encore :
a2a1a0 = a2102 + a1101+a0100
Un nombre fractionnaire P, c'est-à-dire compris entre 0 et 1 s'exprime sous la forme
suivante dans la base B:

Ou
en notation de position.
On fait précéder le premier chiffre non nul de "0." pour signifier que c'est un nombre
décimal. La puissance de la base qui correspond à un rang donné s'appelle le poids
de ce nombre. Pour éviter des confusions, du fait que les mêmes chiffres sont
communs à plusieurs bases, on spécifie la base de la manière suivante :
13  (13)10  (1101)2  (15)8  (D)16
Ou
13  1310  11012  158  D16

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 16


Algèbre de Boole et Circuits

II. Représentation des nombres dans les trois (3) systèmes


Nous nous intéresserons particulièrement à trois systèmes
Binaire ou base 2 : chiffres 0 et 1
Octal ou base 8 : chiffres de 0 à 7
Hexadécimal ou base 16 : chiffres de 0 à 9 et lettres de A à F
On peut dresser le tableau de correspondance suivant entre différentes bases :

Décimal Binaire Octal Hexadécimal


0 0 0 0
1 1 1 1
2 10 2 2
3 11 3 3
4 100 4 4
5 101 5 5
6 110 6 6
7 111 7 7
8 1000 10 8
9 1001 11 9
10 1010 12 A
11 1011 13 B
12 1100 14 C
13 1101 15 D
14 1110 16 E
15 1111 17 F
III. Conversion d’une base à une autre (nombres positifs)

III.1Partie entière
On a [N]= (anan-1…a1a0) on veut avoir [N]=(cmcm-1…c1c0)
Il y a deux méthodes :
i. On connait la table de conversion de chiffre entre les deux bases, on connait la table
de multiplication dans la base . On connait la table de l’addition dans la base . On
ecrit N dans sa base polynômiale qui est :

N=a0+ (a1+ (a2+… (an-1+ an))) puis on remplace et chaque ai par leur
représentation en puis on fait l’arithmétique en base .
Exemple : convertir X = (2BAD)16 en base 10
On a X= D+16(A+16(B+16 2))

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 17


Algèbre de Boole et Circuits

=13+16(10+16(11+16 2)) =(11181)10


Rq : la difficulté de cette approche vient du fait qu’il faut une table de conversion et
les tables des opérations arithmétiques.
ii. On constate que N=a0+ (a1+ (a2+… (an-1+ an)))
=c0+ (c1+ (c2+…+ (cm-1+ cm)))
La division Q=c1+ (c2+ (c3…+ (cm-1+ cm)))

R c0 R=reste
Si on divise N par on a le quotient Q et le reste c0. En répétant le processeur on
retrouve c0 jusqu’à cm le processus s’arrête lorsque le quotient est 0. Il faut retenir que
les chiffres de la représentation de sont retenus dans l’ordre inverse.
Exemple : convertir (3781)10 en base 2
3781 2
1890 2 1 c0
945 2 0 c1
472 2 1 c2

c11
On a donc (111011000101)2
En base 8 on a
3781 8
472 8 5
59 8 0 qui donne (7305)8
7 8 3
7 8 7
0
En base 16 on a
3781 16 5
236 16 C d’où (EC5)16

16 E
0

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 18


Algèbre de Boole et Circuits

III.2 La partie fractionnaire

On peut extraire la partie entière de on obtient c1


On peut extraire la partie décimale de on obtient c2 ainsi de suite jusqu’à cm.
Soit x le nombre, on définit par E(x) la partie entière de x et F(x) la partie
fractionnaire de x avec . La conversion de x en base se fait de la manière
suivante :
On définit d0=x et d1=F( d0),c1=E( d0),d2=F( d1),c2=E( d1) jusqu’à
dm=F( dn-1), cm=E( dm-1). Obtient ainsi la représentation de x=(0.c1c2…cm)
Exemple : x=(0,825)10

d0= c0=1

d1= c1=1 d3= c3=1

d2= c2=0 d4= c4=0

d5= c5=0 d6= c6=1

d7=0.600=d3 d’où c7=1, c8=0, c9=0


d’où on a (0.825)10 = (0.1101001100110011…)

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 19


Algèbre de Boole et Circuits

Remarques : La multiplication précédente pour la conversion de la partie décimale peut


durer longuement, alors se pose le problème de s'arrêter à la même précision que celle du
nombre de départ. Si la partie décimale a m chiffres, sa conversion aura n chiffres de façon
que :
Base 2 : n=3,32 m
Base 8 : n=1,11 m
Base 16 : n=0,8 m
bn= 10m → n logb = m
n = m / logb
Ainsi par exemple, si m = 2, on aura respectivement n = 7 en binaire, 3 en octal
et 2 en hexa.

a. Conversion 2 8 16
(i) 2 8

Etant donné un nombre en base 2 la conversion en base 8 se fait en subdivision de la


représentation en binaire en groupe de 3 bits par sa valeur en base 8.la subdivision
précède du point décimal vers la gauche pour la partie entière, vers la droite pour la
partie décimale.
Dans les deux cas on peut avoir à compléter le dernier groupe de 3 bits par des zéros
Exemple : 001101101001 . 110010100
On a donc en base 8 (1551.624)8
De façon générale on a
E(x) peut se mettre sous la forme suivante

On suppose que n+1 est un multiple de 3 sinon on adjoint des zéros au début pour en
faire. On constate alors que les puissances de 2 dans la nouvelle expression peuvent
se mettre sous forme d’une puissance de 8. Les coefficients de chacune de ces
puissances sont des chiffres de la base 8. Chacun étant constitué de 3 chiffres
binaires, on retrouve la subdivision précédente
F
En remarquant dans cette décomposition que les puissances négatives de 2 sont en
même temps ceux de 8 et que les coefficients de ces puissances sont les chiffres de la
base 8 ce qui justifie la subdivision précédente.

(ii) 2

La subdivision ou décomposition est identique au précédent mais en groupe de 4


bits. On remplace chaque bit par sa valeur en base 16

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 20


Algèbre de Boole et Circuits

(iii) La conversion entre la base 8 et 16 se fait en passant par la base 2 on a


ou on a

IV. Les opérations arithmétiques


On distingue 4 opérations arithmétiques : l’addition, la multiplication, la division, la
soustraction
a) Addition

0 0 0 0
0 1 1 0
1 0 1 0
1 1 0 1

b) Multiplication

0 0 0
0 1 0
1 0 0
1 1 1

c) Division

0 0 !
0 1 0
1 0 !
1 1 1

d) Soustraction

0 0 0 0
0 1 1 1
1 0 1 0
1 1 0 0

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 21


Algèbre de Boole et Circuits

IV.1 Notion de chiffre significatif


On a 3 règles:
1) Un chiffre non nul est toujours significatif
2) Le chiffre 0 est significatif quand il est placé entre deux chiffres, tandis qu'il n'est
jamais significatif quand il précède tous les chiffres non nuls.

Exemples:
123 trois chiffres significatifs
42.51 quatre chiffres significatifs
621.042 six chiffres significatifs
10.004 cinq chiffres significatifs
0.00051 cinq chiffres significatifs
11.0000700 neuf chiffres significatifs
3) Tous les zéros placés en fin de nombre sont significatifs si le nombre comporte une
virgule
Exemple : les nombres
230.10 2.3000 et 0.02300 ont chacun cinq chiffres significatifs.

IV.2 Notion d'arrondi et d'erreur d'arrondi


Problème: on voudrait représenter un nombre par un autre comportant moins de
chiffres décimaux ou un nombre donné de chiffres significatifs.
On va donc laisser tomber une certaine quantité de chiffres significatifs et arrondir au
niveau du dernier chiffre significatif abandonné: celui-ci est appelé : le chiffre test.
On va arrondir :
- à la valeur inférieure si le chiffre test est inférieur à 5,
- à la valeur supérieure si le chiffre test est supérieur à 5.
Exemples: Soit à arrondir à deux décimales après la virgule :
152.432617 = 152.43
0.002724 = 0.00
0.01841 = 0.02
125.4370 = 125.44
La différence entre la véritable valeur et la valeur après arrondi est l'erreur d'arrondi.
Elle est toujours inférieure à 0.5

IV.3 Notion de troncature et d'erreur de troncature


Ici on coupe le nombre pour ne conserver qu'une quantité fixe de chiffres. Il s'agit de
négliger les chiffres les moins significatifs.

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 22


Algèbre de Boole et Circuits

Exemple: soit à réduire ces nombres à une seule décimale après la virgule
75.87 6.6798 -199.251 -0.0387624
75.8 6.6 -199.2 -0.0

V.Représentation des entiers

V.1 Nombre en complément


La représentation des nombres en complément facilite l’opération de soustraction dans les
ordinateurs. Ainsi, au lieu de soustraire, on ajoute le complément.
Exemple : .
Pour chaque base , il existe 2 types de complément d’un nombre.
- Le complément à
- Le complément à
Exemple : base 10 : complément à 10, à 9
Base 2 : complément à 2, à 1

i) complément à

Soit x un nombre à n bits, le complément à de x est : .


L’opération revient à soustraire chaque chiffre de de ainsi le complément à
de c’est le nombre obtenu en remplaçant chaque chiffre de x par son
complément par rapport à Le complément est de la forme

Exemple : si
Le complément à 1 c’est le nombre qu’on obtient en remplaçant chaque chiffre par
son complément. On remplace 1 par 0 et 0 par 1.

Soit N=1010 sur 4 bits N’= (24 - 1)-N


donc son complément à un de N :
N’=(16-1 )-(1010)2= (15 ) - (1010)2 = (1111)2 – (1010)2 = 0101

ii) complément à

Soit un nombre x représenté avec n bits. x se mettant sous la


forme : . Le complément à est égal à :

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 23


Algèbre de Boole et Circuits

Le complément à d’un nombre x est défini comme en l’exprimant sous la


forme . On en déduit que le complément à est égal au complément
à

Exemple : complément à 10 de 72945


On a

Pour

Pour trouver le complément d’un nombre à on parcoure le nombre de la droite vers


la gauche en copiant tous les 1ers zéros rencontrés avant la premier chiffre non nul
qui sera remplacé par son complément à et le reste des chiffres par leur
complément à .

Exemple :

Remarque : Dans la représentation en complément il faut toujours fixer le nombre de


bits au départ avant de chercher le complément d’un nombre.

V.2 Soustraction en complément

a) Nombres sans signe


i) Complément à r
Pour l’opération on a l’opération suivante
- Ajouter à M le complément à r de N
- Si la somme génère une retenue ( c.a.d. M>=N), il faut ignorer
- Si la somme ne génère pas de retenue, le résultat est obtenu en prenant le
complément à r de la somme et en précédant du signe –
Exemple : n=5
1) 72532 – 03250 3) 1010100 – 1000011
+ 96750 + 0111101
1 69282 1 0010001

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 24


Algèbre de Boole et Circuits

2) 1250 – 9456 4) 01001 – 11100


+ 0544 + 00100
1794 01101 résultat : - (01101)
-(8206)
Le résultat cherché est - 8206

ii) complément à r-1


- On ajoute à M le complément à r-1 de N
- S’il y a retenue, on ajoute la retenue à la somme
- S’il n’y a pas de retenue, le résultat est le complément à r-1 de la somme en
précédent du signe -

Exemple : 1) 72532 – 03250 3) 1010100 – 1000011


+ 96749 + 0111100
1 69281 1 0010000
+ 1 + 1
69282 0010001
2) 1250 – 9456 4) 01001 – 11100
+ 0543 + 00011
1793 01100
-(8206) -(10011)

L’inconvénient avec cette approche (nombre sans signe) c’est qu’il faut comparer M
et N pour savoir ce qu’il faut faire du résultat. On contourne cette difficulté en
représentant les nombres avec signe.

V.3 Nombre avec signe


On fixe au départ le chiffre qu’il faut pour représenter un nombre avec pour
convention que le 1er chiffre représente le signe pour la base 2. 0 pour + et 1 pour -
Il y a 3 types de représentation pour les nombres avec signe
- Signe + | |
- Complément à 1 avec signe
- Complément à 2 avec signe

i) Signe suivi de valeur absolue (| |)

Le premier bit représente le signe, le reste c.-à-d. n-1 la valeur absolue du nombre
Exemple : n=8 représentation de 5 et -5
00000101 et 10000101 respectivement

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 25


Algèbre de Boole et Circuits

ii) complément à 1 avec le signe


On représente la valeur absolue du nombre sur les n bits et on le remplace par son
complément à r y compris le 1er bit(s’il est négatif on le remplace par son complément à r)

Exemple : n=8 représentation de 5 et -5

11111010 et 00000101

(-5) (5)

Exemple : n=4 complément à 2 complément à 1 signe + | |

7 0111 0111 0111


6 0110 0110 0110
5 0101 0101 0101
4 0100 0100 0100
3 0011 0011 0011
2 0010 0010 0010
1 0001 0001 0001
0 0000 0000 0000
-0 - 1111 1000
-1 1111 1110 1001
-2 1110 1101 1010
-3 1101 1100 1011
-4 1100 1011 1100
-5 1011 1010 1101
-6 1010 1001 1110
-7 1001 1000 1111
-8 1000 - -

De façon générale, pour n bits (base 2) on peut représenter les nombres compris entre
[-2n-1,2n-1-1] complément à 2, [-(2n-1-1),2n-1-1] complément à 1 et signe + | |

Exemple : n=4

-(23-1)[-7,7] complément à 1 et signe + | |

[-8,7] complément à 2

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 26


Algèbre de Boole et Circuits

Soustraction (nombre avec signe)


 complément à r
- On ajoute à M le complément à r de N, on ignore la retenue
- Si la retenue qui se propage dans la position signe est différente de celle qui se
propage hors de cette position, le résultat est mauvais
- Si les retenues sont identiques, le résultat est bon
 complément à r-1
On procède de la même façon mais on ajoute à la somme toute retenue générée. Si

rn #rn+1 le résultat est mauvais. i.e. on peut avoir

Lorsque rn#rn+1 il y a dépassement de mémoire parce que les résultats de l’opération ne


peuvent pas être représentés avec les n bits.

Remarque :

• Nous avons un débordement si la somme de deux nombres positifs donne un


nombre négatif.

• Ou la somme de deux nombres négatifs donne un Nombre positif

• Il n’y a jamais un débordement si les deux nombres sont de signes différents.

VI. Représentation des réels


Un nombre réel est constitué de deux parties : la partie entière et la partie
fractionnelle (les deux parties sont séparées par une virgule). Problème c’est
comment indiquer à la machine la position de la virgule ?
Il existe deux méthodes pour représenter les nombre réel :
– Virgule fixe : la position de la virgule est fixe
– Virgule flottante : la position de la virgule change (dynamique)

VI.1 Virgule fixe


Dans cette représentation la partie entière est représentée sur n bits et la partie
fractionnelle sur p bits, en plus un bit est utilisé pour le signe.
Exemple : si n=3 et p=2 on va avoir les valeurs suivantes

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 27


Algèbre de Boole et Circuits

Signe P.E P.F Valeur

0 000 00 + 0,0
0 000 01 + 0,25
0 000 10 + 0,5
0 000 11 + 0,75
0 001 .00 + 1,0
. . . .
. . . .

Dans cette représentation les valeurs sont limitées et nous n’avons pas une grande
précision

VI.2 Virgule Flottante


En interne, les nombres réels sont représentés à l’aide d’une notation spéciale appelée
virgule flottante. La représentation se fait à l’aide d’un mot en précision simple et de
plusieurs mots en grande précision.
Pour un mot de n bits, la représentation se décompose de la façon suivante :

1 n1 n2

Signe de la
mantisse
Mantisse
Exposant
sur n2 bits
sur n1 bits
n=1+n1+n2 (nombre de chiffres qu’il faut pour la représentation)

Un nombre flottant a donc la représentation suivante :

- La mantisse est comprise entre et 1. , elle est normalisée c.a.d si

alors d’où on a pour

Pour
Si est égal à zéro alors

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 28


Algèbre de Boole et Circuits

- L’exposant t est un entier relatif, il peut être représenté sous la forme à complément
ou sous la forme signe + | | ou sous une forme spéciale dite biaisée.

Forme Complément à 2 (CA2)


On veut représenter les nombres (0,015)8 et -(15, 01)8 en virgule flottante dans une
machine ayant le format suivant :
Signe mantisse Exposant en CA2 Mantisse normalisée

1bit 4bits 8bits


(i) (0,015)8=(0,000001101)2= 0,1101 * 2-5

Signe mantisse : positif (0)


Mantisse normalisé : 0,1101
Exposant = -5  utiliser le complément à deux pour représenter le -5
Sur 4 bits CA2(0101)=1011
0 1 0 1 1 1 1 0 1 0 0 0 0

(ii) - (15,01)8 = - (001101,000001)2= - 0,1101000001 * 24

Signe mantisse : négatif (1)


Mantisse normalisée : 0,1101000001
Exposant = 4 , en complément à deux il garde la même valeur (0100)
On remarque que la mantisse est sur 10 bits (1101 0000 01), et dans la machine
seulement 8 bits sont utilisés pour la mantisse. Dans ce cas on va prendre les 8
premiers bits de la mantisse.

1 0 1 0 0 1 1 0 1 0 0 0 0
Remarque : si la mantisse est sur k bits et si elle est représentée dans la machine
sur k’ bits tel que k> k’, alors la mantisse sera tronquée : on va prendre uniquement
k’ bits  perdre dans la précision.

Forme biaisée
En complément à 2, l’intervalle des valeurs qu’on peut représenter sur p bits :
2 (p -1) ≤ N ≤ 2 (p -1) -1
Si on rajoute la valeur 2 (p -1) à tous les termes de cette inégalité :
- 2 (p -1) + 2 (p -1) ≤ N + 2 (p -1) ≤ 2 (p -1) - 1 + 2 (p -1)

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 29


Algèbre de Boole et Circuits

0 ≤ N + 2 (p -1) ≤ 2p - 1
On pose N’= N + 2 (p -1) donc : 0 ≤ N’ ≤ 2p -1
Dans ce cas on obtient des valeurs positives.
La valeur 2p-1 s’appelle le biais ou le décalage
On a donc ainsi :
Exposant Biaisé = Exposant réel + Biais ou encore N’= N + 2 (p -1)

Exemple :
On veut représenter les nombres (0,015)8 et -(15, 01)8 en virgule flottante dans une
machine ayant le format suivant :
Signe mantisse Exposant biaisé Mantisse normalisée
1bit 4bits 11bits
(i) (0,015)8=(0,000001101)2= 0,1101 * 2-5

Signe mantisse : positif ( 0)


Mantisse normalisé : 0,1101
Exposant réel = -5
Calculer le biais : b= 24-1 = 8
Exposant Biaisé = -5 + 8 = +3 = ( 0011)2
0 0011 1 1 0 1 0 0 0 0 0 0 0

(ii) - (15,01)8=(001101,000001)2= 0,1101000001 * 24

Signe mantisse : négatif ( 1)


Mantisse normalisée : 0,1101000001
Exposant réel = + 4
Calculer le biais : b= 24-1 = 8
Exposant Biaisé = 4 + 8 = +12 = ( 1100)2
1 1100 1 1 0 1 0 0 0 0 0 1 0

Convention IEEE : Format simple précision (32 bits)

Un nombre flottant simple précision est stocké dans un mot de 32 bit : 1 bit de signe,
8 bits pour l'exposant et 23 pour la mantisse.

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 30


Algèbre de Boole et Circuits

L'exposant est décalé de 28 − 1 − 1 = 127 dans ce cas. L'exposant va donc de -126 à


+127. Un exposant de -127 serait décalé vers la valeur 0, mais celle-ci est réservée
pour 0 et les nombres dé-normalisés. Un exposant de 128 serait décalé vers 255, qui
est réservé pour coder les infinis, et les NaNs (Not a Numbers). Il y a trois cas
particuliers :

 si l'exposant et la mantisse sont tous deux nuls, le nombre est ±0 (selon le bit
de signe)
 si l'exposant est égal à 2e – 1 (1 sur tous les bits de l’exposant), et si la mantisse
est nulle, le nombre est ±infini (selon le bit de signe)
 si l'exposant est égal à 2e − 1, mais que la mantisse n'est pas nulle, le nombre
est NaN (not a number : pas un nombre)

Remarque :

La version 1985 de la norme IEEE 754 définit 4 formats pour représenter des nombres à
virgule flottante :

 simple précision (32 bits : 1 bit de signe, 8 bits d'exposant (-126 à 127), 23 bits de
mantisse, avec bit 1 implicite),
 simple précision étendue (≥ 43 bits, obsolète, implémenté en pratique par la double
précision),
 double précision (64 bits : 1 bit de signe, 11 bits d'exposant (-1022 à 1023), 52 bits de
mantisse, avec bit 1 implicite),
 double précision étendue (≥ 79 bits, souvent implémenté avec 80 bits : 1 bit de signe,
15 bits d'exposant (-16382 à 16383), 64 bits de mantisse, sans bit 1 implicite).

VI.3 Opérations arithmétiques en virgule flottante


Soit deux nombres réels N1 et N2 tel que
N1=M1*be1 et N2=M2*be2
On veut calculer N1+N2 ?
Deux cas se présentent :
– Si e1 = e2 alors N3= (M1+M2) be1
– Si e1 < > e2 alors élevé au plus grand exposant et faire l’addition des mantisses et par
la suite normalisée la mantisse du résultat.

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 31


Algèbre de Boole et Circuits

Exemple : Effectuer l’opération suivante : (0,15)8+ (1,5)8=(?) :


(0,15)8= (0,001101) = 0,1101 *2-2
(1,5)8= (001, 1 01) = 0,1101 *21
(0,15)8+ (1,5)8 = 0,1101 *2-2 + 0,1101 *21
= 0,0001101 *21 + 0,1101 *21
= 0, 1110101 * 21

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 32


Algèbre de Boole et Circuits

Exercice : (i) Donner la représentation des deux nombres N1= (-0,014)8 et N2=(0,14)8
sur la machine suivante :
Signe mantisse Exposant baisé Mantisse normalisée
1bit 5bits 10bits
(ii) Calculer N2-N1 ; montrer qu’on a le même résultat en utilisant l’exposant réel d’une
part et l’exposant biaisé d’autre part.

Solution :
Avant de représenter les deux nombres on doit calculer le biais (décalage)
B = 2 5-1 = 24 = 16
N1 = (-0,014) 8 = (-0,000001100) 2= (-0,1100) 2 . 2 - 5
ExpB= -5 + 16 = 11 = (01011)2
N2 = (0,14)8 = (0,001100)2= (0,1100)2. 2 -2
ExpB = -2 + 16 = 14 = (01110) 2
Donc on va avoir la représentation suivante pour N1 et N2:

N1 1 01011 1100000000

N2 0 01110 1100000000

N2 - N1 = 0,14 – (-0,014) = 0,14 + 0,014


N2 - N1 = (0,1100)2. 2-2 +(0,1100) 2 . 2-5
= (0,1100)2. 2-2 +(0,0001100) 2 . 2-2
= (0,1101100)2. 2-2
• Si on fait les calculs avec l’exposant biaisé :
N2 - N1 = (0,1100)2. 214 + (0,1100) 2 . 211
= (0,1100)2. 214 + (0,0001100) 2 . 214
= (0,1101100)2. 214
Exposant biaisé = 14
Exposant réel = Exposant biaisé – Biais
Exposant réel = 14 – 16 = -2
Donc on trouve le même résultat que la première opération.

Dr Anne Marie CHANA LEMALE Page 33