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Conclusion Gremlin

Gremlin est une société en croissance régulière et globalement très forte (+ 53 % pour le
chiffre d’affaires entre 1996 et 1998). Ceci est totalement dû à une augmentation du volume
des ventes et une augmentation de la surface de l’entreprise par rachat de certains concurrents
(croissance externe). La plus grande partie des ventes est due à l’adhésion massive des clients
européens représentant globalement et en moyenne, 76% des ventes. Cette croissance semble
bien gérée et bien tenue si l’on considère la forte marge d’exploitation se maintenant autour
de 20% des ventes sur les 3 ans (même si une baisse légère est constatée à partir de 1997).
Ceci constitue une apparente prouesse eu égard à la hausse de la concurrence due à une
floraison d’entreprises œuvrant dans ce même secteur. La dynamique de croissance interne et
externe forte de Gremlin s’accompagne globalement d’investissements supérieurs aux
dotations aux amortissements (dans un rapport de 2,4 environ) sur les trois ans ; ce qui est
bien salutaire pour une entreprise qui veut garder un certain niveau élevé de croissance et de
compétitivité. Mais néanmoins, la grande inquiétude se trouve dans le mode de financement
de ces investissements eu égard à la montée du déficit de trésorerie en 1998 due à une hausse
du BFR plus qu’au prorata de celle du CA (dans un rapport de 3,4 c'est-à-dire 167% pour le
BFR contre 49% pour le CA).
La montée fulgurante du BFR d’exploitation est tributaire du modèle économique promu par
l’entreprise ces dernières années qui privilégie plus l’augmentation des délais clients (100
jours en 1998). Ceci est donc susceptible d’engager l’entreprise dans une spirale
d’endettement pour combler ce déficit abyssal de trésorerie dégradant dans le même temps la
flexibilité financière de Gremlin.
Explicitement, les flux de trésorerie d’exploitation sont en net recul et témoignent de la
mauvaise politique de gestion des créances en déphasage avec une stratégie de croissance
suivie et auto entretenue. Les flux de trésorerie disponibles se dégradent également sur toute
la période indiquant ainsi un recours à l’endettement et aux augmentations successives de
capital pour financer ses lourds investissements. Cette baisse considérable des flux de
trésorerie et donc de la capacité réelle de remboursement augmentant visiblement la grande
dépendance de l’entreprise à la dette (pour absorber des déficits d’exploitation et de
financement des investissements) pourrait évidemment exposer Gremlin à un effet boule de
neige ou un tassement sans fin de dettes financières. Ce manque déplorable de flexibilité
financière est finalement inhérent à une mauvaise politique d’adaptation des ambitions de
croissance (pour satisfaire une demande en forte croissance) à une politique de génération
interne du cash à travers des délais clients raisonnables.
Il est donc évident, que Gremlin qui maintenait depuis deux ans (1996 et 1997) un montant
élevé de liquidités à l’actif de son bilan (1 506 M€ cumulés sur les 2 ans) lui octroyant une
bonne flexibilité financière et une haute capacité de saisir éventuellement d’autres nouvelles
opportunités de croissance organique et externe, n’arrive plus à le faire et s’est lourdement
endettée sur la dernière année (2 800 pour la seule année 1998).
Mais nonobstant des investissements globalement en croissance et un degré palpable de
rentabilité financière importants (et ce malgré le tassement des capitaux propres lié à
l’importance du résultat net sur les trois années), la rentabilité économique même si elle
baisse à cause de l’effritement des marges et du taux de rotation de l’actif économique, se
maintient néanmoins à un niveau raisonnable (48% en moyenne sur les trois ans). Ces effets
conjugués permettent à vue d’œil à Gremlin de créer abondamment de la richesse pour ses
actionnaires, eu égard à l’importance relative de la rentabilité financière qui se monte à 34%
en moyenne sur les trois ans.
Quant au risque d’exploitation de Gremlin il est plus que contenu actuellement en se fiant à la
faiblesse de la sensibilité du résultat au CA et surtout à l’importance de la marge de sécurité
caractérisé par l’éloignement du CA au point mort ( 34% en moyenne sur les trois ans). Mais,
le poids élevé des charges fixes (3 fois environ les charges variables sur les trois ans) pourrait
faire basculer toutes ces performances en cas de mévente considérable.
L’analyse financière globale de Gremlin met certes en relief le triomphe d’une stratégie
industrielle visible à travers ses marges importantes (malgré leur baisse relative), mais
témoigne dans le même temps de l’échec d’un modèle économique privilégiant les ventes
abondantes à crédit au moyen des délais clients qui vont augmentant (68 jours en moyenne sur
les trois ans avec 100 jours pour la seule année 3) corsant d’avantage la très grande
dépendance de l’entreprise à des financements externes qui ne sont pas sans coûts. Cette
situation met Gremlin dans une situation hautement inconfortable au point où, elle ne pourra
plus à la longue honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers car manquant
visiblement de politique interne ardue de génération du cash.

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