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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère De L'enseignement Supérieur Et De La Recherche Scientifique

Mémoire de Magister

Présenté à l'Université du 20 - Août 1955 - SKIKDA

Faculté des Sciences et Sciences de l'Ingéniorat

Département des Sciences Fondamentales

Spécialité : Chimie

Option : Pollution chimique & Environnement

Par Hilana SAKER

ANALYSE ET DOSAGE DES


HYDROCARBURES PRESENTS
DANS LES EAUX DE MER DU
LITTORAL DE SKIKDA
Soutenu le :

Devant le jury :

M.S.MEDJRAM Professeur Université du 20 Août 55 - Skikda Président


M.SOLTAN Maître de conférences Centre Universitaire – El Taref Examinateur
F.DJAZI Professeur Université du 20 Août 55 - Skikda Examinateur
R.ZAGHDOUDI Maître de conférences Université du 20 Août 55 - Skikda Rapporteur

Année Universitaire : 2006/2007


REMERCIEMENT

Ce travail vient pour couronner un parcours de prés de 4ans d’études et de recherches.


Malgré les diverses contraintes rencontrées, l’étude est menée à terme grâce à dieu.
 Je remercie très chaleureusement mon encadreur Mme Rachida ZAGHDOUDI,
maître de conférences à l'université du 20 Août 55 de Skikda, pour avoir acceptée de
diriger mes travaux et pour son aide très précieuse, tant matérielle, qu’intellectuelle et
morale. Son regard à la fois critique et bienveillant sur mes textes, son immense
culture, les discussions que nous avons pu avoir lors de nos quelques rencontres, ont
nourri et approfondi ma réflexion, m’ont ouvert des pistes de recherche, et, avec ses
encouragements, ont grandement contribué à la réalisation de ce travail.
 Je suis très honorée que Mr Faysal DJAZI, professeur et doyen à l’université du 20
Août 55 de Skikda, ait accepté de présider mon jury et je le remercie sincèrement pour
le soutien et les encouragements qu’il m’a apportés.
 Je suis très sensible à l’honneur que m’ont fait, Mr… et Mr … pour m’avoir honoré
de leur présence en acceptant d’être examinateurs de ce travail et de le juger.

Il est de mon devoir de présenter mes remerciements aux personnes qui m’ont porté aide :
 Mr Hamide BOULAAROUK, officier douane et contrôleur économique de
l’entreprise UTE, pour l’intérêt qu’il a manifesté pour ma recherche ainsi que pour
son aide.
 Mr DERDERE, de laboratoire du complexe UTE, pour la confiance qu’il m’a
témoignée en m’accueillant au sein de son laboratoire et m’avoir facilité mon
intégration au sein de son équipe.
 Mr Chaabane BOURACHEK, du complexe pétrochimique CP1/K, pour son aide
documentaire.
 Mme Nesrine AMMOUCHI, maître assistant et cheve de département sciences
fondamentales de l’université du 20 Août 55 de Skikda, pour m’avoir accueilli dans
leur laboratoire et les moyens mis à ma disposition pour réaliser ce travail.
DEDICACE

Je dédie ce modeste mémoire :

 A ma très chère mère, qui m’a accordé soutien et confiance

durant toute la durée de mes études, que je remercie dieu de

l’avoir protéger pour être témoin de ma réussite.

 Un spéciale dédicace à mes défunts père et frère qui auraient

été si fiers de voir ce que je suis devenue.

 A mes frères et mes sœurs qui ont été un soutient morale

généreux et précieux pendant toutes mes années d’études.

 A tous le reste de la famille, oncle, tante, cousin(e)s, neveux et

nièces qui ont cru en moi.

 A tous mes vrais ami(e)s, qui de prés ou de loin, m’ont

accompagnée et soutenue au cours de ces quatre années

écoulées.

Hilana
TABLE DES MATIERES

ABREVIATION

INTRODUCTION………………………….………………………………..1

CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

I.1. ESPACE STRATEGIQUE…………………………………………………….……..4

I.1.1. Localisation……………………………………………………………………….….4

I.1.2. Organisation territoriale ……………………………………………………………...5

I.2. CLIMAT…………………………………………………………………………….…8

I.3. POTENTIEL NATUREL ET BIOLOGIQUE RICHE ET VARIE…………….....8

I.3.1. Potentiel hydrologique important……………………………………………………8

I.3.2. Ressources halieutiques abondantes……………………………………………….10

I.4. POTENTIEL ECONOMIQUE CONSIDERABLE……………………………….12

I.4.1. Lieu d’implantation des plus importantes industries…………………………...…12

I.4.2. Lieu d’accueil touristique…………………………………………………………19


CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION DU LITTORAL DE

SKIKDA

II.1. GENERALITES SUR LA POLLUTION MARINE……………………………..27

II.1.2. Définitions…………………………………………………………………………27

II.1.2. Classification et sources……………………………………………………….…..28

II.2. CLASSIFICATION DES HYDROCARBURES …………………………………30

II.2.1. Les composés pétroliers…………………………………………………………....33

II.2.2. Les hydrocarbures biogènes………………………………………………………36

II.3. COMPORTEMENT DES HYDROCARBURES DANS LE MILIEU

MARIN…………………………………………………………………………………....38

II.3.1. Evaporation…………………………….………………………………………….39

II.3.2. Emulsion…………………………..……………………………………………….39

II.3.3. Dissolution………………………………………………………………………....40

II.3.4. Sédimentation………………………………………………………….………..…40

II.3.5. Photo oxydation……………………………………………………….…….…..…40

II.3.6. Biodégradation………………………………………………….………….…..….41

II.3.7.Pénétration dans la chaîne alimentaire……………………..….………………….44


II.3.8. La persistance………………………………………………..…………………….45

II.4. CONSEQUENCES DE CETTE MENACE………………………….……………46

II.4.1 Conséquences physiques…………………………………………………………...46

II.4.2 Conséquences biologiques………………………………………………………...46

II.4.3. Conséquences pour la santé de l’homme…………………………………………48

II.4.4 Toxicité des produits pétroliers dans les espaces fermés …………………………49

II.4.5 Toxicité de l’hydrogène sulfuré…………………………………………………..50

II.4.6 Risques résultant de la présence de gaz inerte/faible teneur en oxygène …….…51

II.5. MESURE DE PROTECTION CONTRE LA POLLUTION………………...….52

II.5.1. Règlementations…………………………………………………………………...52

II.5.2. Moyens de luttes…………………………………………………………………...54

CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

III.1. STATIONS DE PRELEVEMENTS……………………………………………...59

III.1.1. Commune de Ain Zouit ………………………………………………………….59

III.1.2. Commune de Stora………………………………………………………………59

III.1.3. Commune de Skikda……………………………………………………………...59

III.1.4. La commune de Ben Mhidi………………………………………………………65


III.1.5. la commune de Filfila………………………………………………………….....65

III.2. PRELEVEMENTS ET CONSERVATIONS .........................…………………..67

III.3. METHODES D’ANALYSE……………………………………………………….69

III.3.1. Extraction : selon la norme AFNOR T 90-114 ……………………….…….….69

III.3.2. Analyse quantitative…..………………………………………………………….70

III .3.3. Analyse qualitative par spectrométrie ultraviolet………………………………71

III.4. RESULTATS …………………………………………………..………………….80

III.4.1. Résultats quantitatifs ………………………………………..…………………..80

II.4.2.Rrésultats qualitatifs ……………………………………...………………………82

III.5. L’INTERPRETATION ET DISCUSSION …………………………………….83

III.5.1. Interprétation des résultats quantitatifs………………………………………….83

III.5.2. Interprétation des résultats qualitatifs ………………………………………….88

CONCLUSION GENERALE…………………………………..…………………89

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES…………………………………….…92
N° de la figure Titre de la figure N° de la page

I.1 Vue générale de Skikda. 4

I.2 Situation géographique de la willaya de Skikda. 5

I.3 Division administrative de la wilaya de Skikda. 6

I.4 Oued El Kebir. 9

I.5 Présentation de la zone industrielle de Skikda. 13

I.6 Vue de l’ancien port de Skikda. 15

I.7 Vue du nouveau port de Skikda. 15

I.8 Voies de communication avec l'hinterland. 17

I.9 port de pèche Stora. 17

I.10 Port de pèche collo. 18

I.11 Port de pèche de Marsa. 18

I.12 Présentation de quelques vues pélagiques de la wilaya

de Skikda. 22

I.13 Vue de la région de Collo. 23

I.14 Vue de Stora. 24

I.15 Vue de serigena. 24

I.16 Vue de la plage de Ben m’hidi. 25

I.17 Vue de la plage d’El Marsa. 26

II.1 Les sources des hydrocarbures polluantes la mer. 32

II.2 Composés hydrocarbonés et non hydrocarbonés

présents dans le pétrole brut. 35

II.3 Processus physico-chimiques et biologiques

intervenant dans l’évolution d’une nappe de pétrole en

milieu marin. 38
III.1 Situations du port de Stora, l’Ancien port, le Nouveau

port et la zone industrielle sur le littoral de Skikda. 58

III.2 vue satellitaire de oued Saf Saf. 65

III.3 Situation des sites de prélèvement. 66

III.4 Schéma d’un dispositif pour le prélèvement

d’échantillon d’eau. 68

III.5 Analyseur d'hydrocarbures de type HORIBA OCMA-

220. 70

III.6 Schéma de principe du spectromètre UV 75

III.7 Nature des transitions électroniques 77

III.8 Variation temporelle des hydrocarbures totaux dans les

sites : S1, S3, S4, S8, S10, S11, S12. 81

III.9 Variation temporelle des hydrocarbures totaux dans les

sites : S2, S5, S6, S7, S9. 81

III.10 Variation spatiale des hydrocarbures totaux (valeurs

moyennes). 81

III. 11 Présentation de la situation des zones de prélèvements 87


N° du tableau Titre du tableau N° de page

I.1 Les différentes communes de la wilaya de Skikda. 7

I.2 Répartition des précipitation par bassin versant. 8

I.3 Capacités des barrages. 9

I.4 Espèces animales péchées dans la baie de Skikda. 10

I.5 Espèces animales non domestiques de la wilaya de Skikda. 10

I.6 Espèces présentes dans la wilaya de Skikda. 11

I.7 Les unités implantés sur le pôle des hydrocarbures. 14

I.8 Les principales plages de la wilaya de Skikda. 19

II.1 Apports d’hydrocarbures pétroliers dans les océans. 31

II.2 Evaporation approximative pour différentes catégories

d'hydrocarbures. 39

II.3 Persistance d'hydrocarbures selon diverses caractéristiques 45

II.4.a Effets des hydrocarbures sur certaines populations. 47

II.4.b La suite des effets des hydrocarbures sur certaines

populations. 48

II.5 Effets possibles de l’inhalation de vapeurs

d’hydrocarbures avec l’air respiré. 49

II.6 Effets possibles de l’inhalation d’hydrogène sulfuré avec

l’air respiré. 51

.III.1 Accidents signalés au REMPEC entre août 1977 et

décembre 2003 qui ont provoqué ou auraient pu provoquer

une pollution de la mer algérienne par les hydrocarbures. 64

III.2 Quelques solvants utilisés pour la spectroscopie ultraviolet 75

III.3 Evaluation spatio-temporelle des HCT dans l’eau de mer


au niveau des sites de prélèvement (2006). 80

III.4 Longueurs d’ondes d’absorption des différents

échantillons analysés. 82

Conclusion Bilan d’analyses des hydrocarbures dans l’eau de mer du

littoral de la wilaya de Skikda. 89


ABREVIATIONS

ANPE : Agence Nationale pour la Protection de l’Environnement.


Art : Article.
CP1/K : Complexe Pétrochimique de Skikda.
CTE : Centrale Thermique Electrique.
DWT : Poids à Vide en Tonnes.
E : Est.
E.P.S : Entreprise Portuaire de Skikda.
FNE : Fonds National de l’Environnement.
GL1/K : Complexe de Liquéfaction du Gaz Naturel.
HAP : Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques.
HCT : Hydrocarbures Totaux.
IR : Infrarouge.
J.O : Journal Officiel.
L.E.M : Laboratoire d’Etudes Maritimes.
LIE : limite Inférieure d’Explosivité.
N : Nord.
PEHD : Polyéthylène à Haute Densité.
ppm : partie par million
RA1/ K : Raffinerie de Skikda.
REMPEC : Centre de Réaction en Urgence à la Pollution Marine Régionale pour la Mer
Méditerranée.
RMN : Résonance Magnétique Nucléaire.
Si : Site i.
SNAT : Schéma National d’Aménagement du Territoire
T : Transmittance.
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture.
UTE : Unité de Transport des Hydrocarbures.
UV : Ultraviolet.
V.L : Valeur Limite.
Z.E.T : Zone d’Expansion Touristique.
Introduction

INTRODUCTION

Le littoral du Skikda recèle un potentiel biologique important, une flore et une


faune riches et variés, des sites naturels exceptionnels, un tel littoral devrait faire l’objet
d’un soin minutieux. Or tel n’est malheureusement pas le cas ; cet espace ne suscite
toujours pas l’attention qu’il mérite ni au niveau de l’aménagement ni au niveau de la
protection.

Lorsque on parle de ça on évoque souvent les déchets que nous produisons et


qui se retrouvent sur les plages. Biensûr, on ne pense pas aux déchets naturels que sont
les bois morts et les feuilles mortes de posidonies, mais à des déchets auxquels on ne
pense pas forcément, ce sont les hydrocarbures qui ne sont pourtant pas les moins
nuisibles !

Les hydrocarbures représentent la plus importante source de pollution des eaux


de mers et d’océans. Cette pollution résulte de plusieurs activités liées surtout à
l’extraction du pétrole, à son transport et en aval à l’utilisation des produits finis.

Les conséquences écologiques de la pollution par les hydrocarbures sont


difficiles à évaluer, mais une chose est certaine, il est clair qu’ils compromettent
l’équilibre des écosystèmes aquatiques. Lorsqu’ils sont déversés massivement, ces
produits sont très nocifs aussi bien pour la faune et la flore que pour l’homme,
provoquant des dégâts physiques importants et durables.

En effet, de nombreuses études ont permis d’observer l’apparition de problèmes


de santé lors de la baignade ou de pratique de sports aquatiques en eau contaminées. Les
plus fréquents sont des troubles digestifs et des infections cutanées.

Cette pollution a retenue l’attention de l’opinion mondiale et a suscité de


nombreuses conventions internationales tel que la convention internationale de Londres
du 12 mai 1954 la prévention de la pollution des eaux de la mer par les hydrocarbures »
et la convention internationale de Bruxelles de 1971 relative à la création d’un fonds
international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les
hydrocarbures. En mai 1974, l’Algérie porta ratification de la convention de Bruxelles,
puis, elle adopta le décret n°94-279 du 17 septembre 1994, portant organisation de lutte

1
Introduction

contre les pollutions marines et institutions de plans d’urgence. Enfin, le 05 février 2002
la loi algérienne n°02-02 relative à la protection et à la valorisation du littoral est
promulguée.

Théoriquement la législation protège la baie algérienne, cependant la réalité est


toute autre. Les textes de la loi restent inappliqués, puisque sur le terrain rien n’est
respecté. Les rejets des déchets riches en hydrocarbures émanant des zones industrielles
se déversent directement dans la grande bleue et sans parler de ceux émanant des
bateaux poubelles et les navires de ballastage qui traversent quotidiennement la côte,
comme ce fut le cas en 1989 par le pétrolier ‘MAAS LUIS’ et en 2003 par le navire
italien ‘VALBRUNA’[1].

En attendant l’application de ces textes et la concrétisation de ces projets, seule


l’état de la faune et la flore pourra témoigner de la triste vérité.

En fait, les eaux de mer du littoral de Skikda ont fait l’objet de quelques études.
[2]
Parmi lesquelles on cite celle de S.ROUIDI en 2002 qui lui a permis d’établi une
cartographie de la pollution par les hydrocarbures totaux au niveau de la plateforme
[3]
industrielle de Skikda et celle de D.GUEDDAH en 2003 qui consistait à évaluer la
pollution industrielles et urbaines dans la région de Skikda. Il y a eu aussi des études
menées par le laboratoire d’études maritimes (L.E.M) en 1998[4].

Cependant, il apparaît que personne n’a cherché à connaître l’identité de ces


hydrocarbures, qui est un élément important pour définir le degré du danger qu’ils
constituent.

C’est pourquoi, dans notre travail nous nous sommes intéressés à la


détermination du taux voire la nature des hydrocarbures présents dans les eaux du
littoral de Skikda afin de localiser les différentes sources de cette pollution et par
conséquent prévenir des risques courus dans l’avenir.

Ce document comporte trois chapitres. Le premier chapitre est consacré à la


présentation de la ville de Skikda en mettant l’accent sur les ressources et les richesses
qui caractérisent cette ville. Le deuxième chapitre comporte un rappel bibliographique
concernant la pollution marine par les hydrocarbures et ses conséquences. Le troisième
et dernier chapitre est réservé à la partie expérimentale, dans laquelle nous exposons :

 les principales sources suspectes d’être polluantes à travers le littoral de Skikda ;

2
Introduction

 l’ensemble du matériel et des méthodes utilisés pour le prélèvement et les analyses


quantitatives et qualitatives des hydrocarbures ;

 les résultats obtenus et les commentaires avancés.

3
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Le littoral est généralement défini comme une zone de contact entre le continent et la
mer [5]. Il comprend le domaine public maritime, les bassins versants et les zones d’habitation.
A Skikda, cet espace exigu a une grande importance commerciale (accès à la navigation,
exploitations touristiques, installations industrielles et portuaires).

A la fois zone de peuplement humain et réservoir d'activité économique, ce littoral


abrite un patrimoine environnemental varié comprenant flore et faune, paysages et sites
naturels.

Figure I.1: Vue générale de Skikda

I.1. UN ESPACE STRATEGIQUE :

I.1.1. Localisation : [6]. [7]

Située au nord-est du pays entre les latitudes 36°5 N et 36°15’N et les longitudes
7°15’E et 7°30’E, la wilaya de Skikda s’étend sur une superficie de 4137 ,68 km2, pour un
nombre d’habitants de 804697. Elle fait face, au nord, à la méditerranée et dispose de
frontières communes avec la wilaya d’Annaba à l’est, la wilaya de Jijel à l’ouest, les wilayas
de Constantine de Guelma et de Mila au sud.

Elle dispose de 130km de côtes qui s'étalent de la Marsa à l'est jusqu'à Oued Z'hour

4
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

aux fins fonds du massif de Collo à l'ouest.

Figure I.2 : Situation géographique de la willaya de Skikda

I.1.2. Organisation territoriale:

La Wilaya de Skikda est issue du découpage administratif de 1974. Elle comprend


treize dairates regroupant trente huit communes et s'étendant sur une superficie de 4137,68
km² avec 130 km de côtes.

5
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Figure I.3 : Division administrative de la wilaya de Skikda

6
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Tableau I.1: Les différentes communes de la wilaya de Skikda

Nombre Superficie
Daïra Communes
d'habitant (Km2 )

Ben Azzouz, El Marsa, Bekkouche


Ben Azzouz 45 139 504,19
Lakhdar.
Azzaba, Es Sebt, Laghdir, Djendel, Ain
Azzaba 92 339 805,34
Charchar.
Ramdane
32 120 158,99 Ramdane Djamel, Beni Bechir
Djamel

Skikda 199 921 162,33 Skikda, Hamadi Krouma, Fil Fila.

El Hadaik 23 605 271,75 El Hadaik , Bouchetata, Ain Zouit.

El Harouche, salah Bouchaour, Mzedj ed-


El Harrouch 104 835 572,40
chich, Zardeza, Ouled h'beba.

Sidi Sidi Mezghiche, Ain Bouziane, Beni


50 615 332,23
Mezghiche ouelbane.

Tamalous 80 936 368,09 Tamalous, Kerkera, Bin El Ouidene

Oum Toub 31 089 179,38 Oum Toub

Ain kechra 26 093 213,21 Ain kechra, Ouldja Boulbalout.

Zitouna 14 990 102,45 Zitouna, Kenoua.

Ouled Attia, Khenak Mayoune, Oued


Ouled Attia 21 580 239,04
Zhour.

Collo 53 337 Collo, Beni Zid, Cherai.

7
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

I.2.LE CLIMAT [8] :

La wilaya de Skikda appartient aux domaines bioclimatiques humide et subhumide, ainsi :

 L’étage humide couvre toute la zone occidentale montagneuse ainsi que les sommets de l’est
et du sud, il est à variante douce ou tempérée sur le littoral et froide à l’intérieur,

 L’étage subhumide couvre le reste de la wilaya, notamment les pleines,

Le golfe de stora est ouvert à tous les vents du large depuis le nord-ouest jusqu’au nord-
est. Du mois d’octobre au mois de mai, les vents dominants sont ceux de la partie ouest ; ils
soufflent généralement avec force. Alors que pendant l’été, du mois de mai au mois de
septembre, les vents les plus fréquents sont ceux de la partie est ; ils accompagnent ordinairement
le beau temps.

I.3. UN POTENTIEL NATUREL ET BIOLOGIQUE RICHE ET VARIE :

I.3.1. Un potentiel hydrologique important :

Les principaux oueds sont permanents et prennent leur source à quelques kilomètres de la
mer. Les oueds les plus importants sont : oued El-Kebir à l'est, Oued Saf-Saf au centre et Oued
Guebli à l'ouest, avec sept bassins hydrographiques dont la répartition des précipitations par
bassin versant est représentée succinctement dans le tableau suivant :

Tableau I.2 : Répartition des précipitation par bassin versant.

Situation Ouest Centre Est


Oued El Kabir
Bassin Cotier cap Oued Oued Oued Côtier
Kebir Côte
versant Bougaroun Guebli Bibi Safsaf Fil fila
ouest Magroun
Superficie 1419
497 988 203 1 165 134
(km2)
Apports
annuels 477 490 75,50 150 37 148 148
(hm3/an)
Source : ANPE, 1994

8
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Figure I.4 : Oued El Kebir

Les potentialités reconnues en eau sont évaluées à 1 674 millions m3, avec des ressources
mobilisées de l’ordre de 270 millions m3.

Tableau I.3 [9]: Capacités des barrages

Situation Barrage Capacité (millions m3 )

Guenitra
125
Barrage en fonction
Zerdezas 20

Zit Embaa 120


Barrage en finition :
Beni Zid 50

Ces barrages, au même titre que les principaux cours d'eau, confèrent à la Wilaya la
possibilité de développer les activités d'aquaculture et d'ostréiculture, de plusieurs espèces de
poisson, de moules et huîtres d'eau douce.

9
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

I.3.2. Ressources halieutiques abondantes :

I.3.2.1. La faune :

La ville de Skikda recèle d’une grande richesse en faune marine qui se trouve représentée
par prés de cinquante espèces péchées dans les eaux territoriales de la wilaya et un nombre non
déterminé d’espèces non péchées et donc non recensées.( voir le tableau suivant).

Tableau I.4: Espèces animales péchées dans la baie de Skikda [10]-[13].

Groupe Nom commun


Sardine, Allache, Anchois, Ghinchard, Limon, Maquereau, Thon et bonite,
Pélagique
Espadon.

Squale Roussette, Raies, Requin et chien de mer.

Crustacé Homard, Langouste, Crevette rouge, Crevette blanche, Cigale.

Mollusque Seiche, Calmar, Poulpe.

Merlu, Poutasou, Motelle, Capelan, Muges, Picarels, Rougets, Loup, Merou,


Demersal Corvinas, Rascasse, Bogue et saupe, Denté et pagre, Sar, Besoug et pageot,
Dorade, Vives, Grandins, Baudroie, Saint-pierre, Limande, Gardiner, Soles.

La faune terrestre de la région est celle qui caractérise, généralement, la forêt algérienne.

Tableau I.5 : Espèces animales non domestiques de la wilaya de Skikda[13].

Oiseaux rares ou en voie de Oiseaux nocturnes, diurnes et charognards Mammifères


disparition
Avocette, Cigogne blanche, Babusard pécheur, Milan royal, Cicaete, Buse Belette, Chat
Cormoran huppé, Echasse feroce, Aigles, Vautours, Busard des roseaux sauvage, Hyène
blanche, Etourneau unicolore Faucons, Hiboux, Chouettes, Chauves-souris,.. rayée, Loutre
Flaman rose, Grand cormoran Porc-épic, Singe
Oie cendrée, Poulpe sultane,.. maggot,
Sanglier,
Chacal.

10
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

I.3.2.2. La flore :

45,2% de la surface totale de la wilaya est occupée par des maquis de chêne liège soit
une surface globale de l’ordre de 187 100 ha. Cette surface a largement souffert des incendies en
période estivale d’où le niveau de dégradation parfois avancé de ces espèces forestières.

D’une façon générale, la flore de la région de Skikda est assez riche et comporte plusieurs
espèces rares. Nous présentons ci-dessous les espèces végétales qui colonisent la baie de Skikda
(espèces marines) et les terrains (continent).

Tableau I.6 : Espèces présentes dans la wilaya de Skikda [14]

Genre et espèces Localisation Observation


Polygonacées
Sable littoral Espèces rares
Rumex aristidis
Caryophyllacées
Polycarpon Rochers maritimes à l’est de Skikda. Espèces rares
Poploides

Silenoidées
Dianthus
Caryophyllus Rochers maritimes de Skikda à Annaba. Espèces rares
Ssp siculus
Ssp arostii
Ssp artificieuse

Crucifères
Très rare à Skikda. Espèces très rares
Lypeola jontheaspi
Macro carpa

Les forêts couvrent une superficie de 194 364 ha composée de [15] :

- chêne liège 153 372 ha dont 53 000 productif.

- Pin maritime 3 000 ha dont 21 000 reboisés artificiellement.

- Chêne Zeen 10 000 ha, y compris eucalyptus, acacia et autres.

Le sous-bois est constitue en majorité de bruyère.

11
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

I.4. POTENTIEL ECONOMIQUE CONSIDERABLE :

Skikda renferme également d’incommensurables potentialités économiques et


touristiques, avec, en prime, une façade maritime de 130 Km, où se succèdent des plages
féeriques allant de Tamanart à l’ouest jusqu’à El Marsa à l’est. Cette position géographique
stratégique combinée à l’importance de ses infrastructures techniques (routes nationales, ports et
voies ferrées) lui permet de jouer un rôle de premier plan dans les échanges et flux économiques.

I.2.1-Un lieu d’implantation des plus importantes industries

I.4.1.1. Principales industrie [16], [17] :

L’intensité de l’activité industrielle dans la willaya de Skikda et plus particulièrement le


chef lieu, est le résultat de la mise en œuvre de toute une stratégie de développement national qui
s’exprime à travers les différents plans successifs qui ont permis à cette wilaya d’être aujourd’hui
une plate-forme privilège à la variation des ressources en hydrocarbures.

En effets, le secteur industriel dans la wilaya de Skikda se caractérise par une


prédominance de l’activité pétrochimique représentée par le complexe des matières plastiques
(CP1/K), le complexe de raffinage (RA1/K), le complexe de liquéfaction de gaz naturel (GL1/K),
l’unité de transport par canalisation des hydrocarbures (UTE), l’entreprise nationale des gaz
industriels, l’unité PEHD, la central thermoélectronique. Il y a d’autres secteurs industriels dont
l’importance économique considérable : la cimenterie de HJAR ESSOUD, le complexe
MERCURIAL d’Azzaba et l’ENAMARBRE.

12
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Figure I.5 : Présentation de la zone industrielle de Skikda

13
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

A cela s’ajoute des unités implantées à travers le territoire de la willaya, l’unité de


transformation et de fabrication des pâtes alimentaires, les conserveries de tomates et l’ENAJUS,
l’unité d’emballage métallique et de récupération.

Tableau I.7 : Les unités implantés sur le pôle des hydrocarbures [18]

Unité Observation

Complexe
Gaz naturel liquéfié.
GL1/K
Complexe
Raffinerie.
RA1/K
Complexe
Matière plastique.
CP1/K

Polyéthylène à haute densité et ligne, alcyne,


P.E.H.D
benzine.
Transport des hydrocarbures par
U.T.E
canalisations.

C.T.E Centrale thermique électrique.

E.N.G.I Entreprise nationale des gaz industriels.

F.I.R Force d’intervention rapide.

Entreprise de la gestion de la zone


EGZIK
industrielle.

SOMIK Société de maintenance industrielle.

14
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

I.4.1.2. Zones portuaires :

Jouissant d’une localisation stratégique et d’une frange côtière de 130 Km, Skikda est
une véritable porte ouverte sur la mer, dont elle compte 05 ports :

Deux ports commerciaux [19]-[22]:

 Le " Port Mixte " : qui constitue l’ancien port qui s’étend sur48 ha, il permet
 d’assurer le transit des marchandises et des hydrocarbures.

Figure I.6 : Vue de l’ancien port de Skikda

 Le nouveau port : d’une superficie de 61 ha, il est orienté essentiellement vers le


trafic du pétrole brut et des hydrocarbures raffinés liquide et gazeux liquéfiés.

Figure I.7 : Vue du nouveau port de Skikda

15
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Le tonnage réalisé annuellement est de 26,58 millions de tonnes dont 24,85 Millions de
tonnes d’hydrocarbures.

Sur le plan national, Skikda est le 5ème port Algérien d’importation de marchandises et le
2ème port Algérien d’exportation des hydrocarbures.

Pour la communauté portuaire, la place occupée dans le domaine du transport des


marchandises diverses (biens d’équipements, articles, objets manufacturés et transactions
spéciales) et des produits métallurgiques est une garantie :

 1er Port de débarquement des marchandises diverses au niveau des ports de l’Est
Algérien avec une part du marché de 55% ;

 2ème port de débarquement des produits métallurgiques au niveau national. Près de 34%
des importations de produits métallurgiques de l’Algérie par voie maritime transite par le
port Mixte de Skikda. Ce Port fait bénéficier à ses clients d’indéniables atouts
économiques que favorisent :

- La rapidité d’acheminement du fret à l’intérieur du Pays grâce à la multiplicité des


voies de dessertes routières et ferroviaires ;

- La possibilité de traiter tous les types de navires (navires conventionnels, Ro/Ro, semi
porte- conteneurs…) ;

- La disponibilité des superficies commerciales et notamment de magasins modernes de


création récente pour répondre aux besoins d’entreposage de tous les types de
marchandises ;

- Le haut degré de fiabilité, de qualité et de rapidité des services offerts que permet un
parc engins de manutention moderne et adapté au traitement de tous les trafics ;

- Le réseau de lignes régulières qui se développent et se diversifient sans cesse.

16
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Figure I.8: Voies de communication avec l'hinterland

Trois ports de pèches [19]-[23]:

 Le port de Stora d’une superficie de 3,4 ha, a une grande capacité d'accueil de
chalutiers et de sardiniers ainsi que toutes les commodités nécessaires : station de
carburant, fabrique de glace, cases à pêche, point de vente de matériel de pêche et
pièces de rechange, une unité de salaison traditionnelle et 4 chambres froides.

Figure I.9 : Port de pèche Stora

17
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

 Le port de Collo d’une superficie de 1 ha, il est réputé par sa flottille de sardiniers
et de petits métiers. La ville dispose aussi d'un institut de pêche qui forme des
techniciens, des spécialistes en aquaculture, et des marins pêcheurs.

Figure I.10 : Port de pèche Collo

 Le port de la Marsa, avec une superficie de 4,1 ha, dispose d'une flottille de
chalutiers, sardiniers et petits métiers et possède une fabrique de glace, une
chambre froide, un atelier de mécanique, et des cases à pêche.

Figure I.11 : Port de pèche de Marsa

18
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

I.2.2. Un lieu d’accueil touristique [24] :

La wilaya renferme d'immenses potentialités touristiques du fait de l'existence de 130 Km


de côtes sur laquelle viennent se succéder des plages allant de tamanart à l'Ouest à la Marsa à
l'Est et ou l'on peut dénombrer pas moins de huit Zones d'expansion touristique (ZET) au niveau
des principales communes côtières, d'une superficie totale d'environ 2000 hectares.

Les zones touristiques ont été créées à travers des sites de la wilaya en application de
l’ordonnance n°66-62 du 26 mars 1966, relative aux zones et aux sites touristiques.

La diversité des sites de Skikda donne à la région une vocation touristique exceptionnelle.
Ses plages d'une rare beauté arrivent jusqu'aux pieds des montagnes. De la presqu'île de Collo au
golf de Stora, s'étalent des criques et des plages de sable doré. La grande plage à 17 km de Stora,
et un peu plus loin la " Z.E.T " de Oued Bibi, offrent aux estivants des baignades dans des eaux
limpides. Pour les amateurs de marche, des sentiers sinueux mènent au " Ravin des lions " en
passant par Miramar et le Ravin des singes a l'autre extrémité " Ben M'hidi ". Le voyageur à
Skikda s'attardera aussi devant les sites culturels, le théâtre romain, le théâtre municipal avec son
style rappelant la Scala, l'hôtel de ville qui abrite d'admirables fresques et des tableaux à
l'empreinte de grands maîtres. Parmi les autres richesses de la wilaya on peut citer les sources
thermales de la zone de Azzaba.

Tableau I.8 : Les principales plages de la wilaya de Skikda [25]

Daïra Communes Plages Longitude Longueur Latitude Type de


(m) plage
Azouz
Ben

Kef Fatima 7°17'19'' 5 000 37°04'09'' Sableuse

Cheikh Rabah 7°15'12'' 1 000 37°00'27'' Sableuse


Ben Azzouz

Marsadelle (R'milla) 7°15'12'' 500 37°30'00'' Sableuse


El Marsa

Marsa 7°15'21'' 500 37°00'30'' Sableuse

Bou marouane 7°15'00'' 100 37°01'25'' Rocheuse

Sidi Akocha 7°17'19'' 5000 37°04'09'' Sableuse

19
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Guerbes 7°09'32'' 1000 36°55'00'' Sableuse

Djendel
Azzaba
Oued Dissia 7°09'32'' 500 36°12'6'' Sableuse

Fil Fila Les platanes 7°03'48'' 4 000 36°54'33'' Sableuse

Oued Righa 7°3'42'' 500 36°54'40'' Sableuse

Oued Saboune 6°7'11'' 1 250 36°54'18'' Sableuse

Miramar 6°53'25'' 200 36°53'22'' Sableuse

Molo 6°53'8'' 200 36°54'32'' Sableuse

Stora (biquini) 6°53'27'' 150 36°53'22'' Sableuse

paradis 6°53'29'' 300 36°53'29'' Sableuse

Militaire 6°27'00'' 300 36°53'25'' Sableuse

Embouchure oued 6°55'51" 300 36°52'48" Sableuse


Saf Saf
Ilot de chèvres 6°55'35" 200 36°52'30" Sableuse
Skikda

Château vert 6°53'25" 600 36°53'22" Sableuse


Skikda

Marquette 6°53'41" 200 36°53'30" Sableuse

Casino 6°53'24" 200 36°53'22" Sableuse

Sirène 02 6°57'23" 500 36°52'54" Sableuse

Sirène 01 6°56'20" 200 36°52'34" Sableuse

Ben Mhidi 03 6°7'11" 1 000 36°54'18" Sableuse

Ben Mhidi 6°59'19" 800 36°53'14" Sableuse

Militaire 02 6°53'24" 100 36°53'29" Sableuse

Guigue 6°59'42" 4 000 36°53'20" Sableuse

La carrière 6°52'50" 100 36°53'57" Sableuse

20
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Oued Bibi 6°44'48" 2 000 36°56'56" Sableuse

Oued Tanger 6°53'30" 200 36°53'18" Sableuse


El Hadaik

Ain Zouit La grande plage 6°43'53" 1 000 36°56'53" Sableuse

Ravin du Lion 6°53'18" 350 36°56'39" Sableuse

Oued Sekker 6°41'32" 850 36°56'52" Sableuse


Tamalous

Belhadj 6°43'31" 350 36°56'39" Sableuse

Ben Zouit 6°37'18" 2 200 36°58'12" Sableuse


Tamalous

Ben Zouit(coté du 6°37'18" 50 36°58'31" Sableuse


Kerkera

rocher)
Ras El Markeb 6°38'42" 300 37°57'37" Sableuse

Oued El Assel 6°39'15" 200 36°57'20" Sableuse

Oued Zhour 6°15’42’’ 400 36°57’25’’ Sableuse


mayoum
Khenat
Ouled
Attia

Merset Zitoune 6°15’46’’ 1000 36°57’42’’ Sableuse

Ain Doula 6°33’53’’ 1030 37°00’56’’ Sableuse

Baie de jeunes 6°34’15’’ 1030 37°01’40’’ Sableuse

R'mimla 6°35’00’’ 100 37°3’00’’ Sableuse

Kser El Bez 6°34’13’’ 300 36°59’47’’ Sableuse


Collo

Ain Oum El kssab 6°33’52’’ 1500 36°59’27’’ Sableuse


Collo

Taleza 6°37’13’’ 3000 36°58’13’’ Sableuse

Tamanart 6°31’37’’ 1000 37°0316’’ Sableuse


Cheraia

Zraoue 6°31’37’’ 300 37°03’07’’ Sableuse

21
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Vue de la plage de stora Front de mer Plage de miramar

Plage de molot L’il de chèvre (l’ilot)

Plage Ravin du Lion Plage de la carrière Plage de Marquette

La petite plage La grande plage La plage de château


vert

Figure I.12 : Présentation de quelques vues pélagiques de la wilaya de Skikda

22
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Collo :

Situé dans la partie ouest de la Wilaya de Skikda, c'est une région hautement touristique
avec ses plages de sable fin, ses sites panoramiques avec vue imprenables sur la mer, ses vestiges
historiques à très grande valeur historique et culturelle. La baie de Collo est considérée comme
l'une des plus belles d'Algérie, la région renferme également un imposant massif forestier où peut
se développer le tourisme de montagne, de randonnée, de découverte, de chasse.

La région du grand massif de Collo contient 90 Km de littoral, dont la plage Aïn Oum
Lakssab dans la baie des sangliers, longue de 7 Km, celle de Collo même, Bahr Ença dans la baie
des Jeunes filles, celle de Tamanart dans la baie du même nom et celle de Oued Ezouhour.

Figure I.13 : Vue de la région de Collo

En dehors de ces grandes plages, le littoral colliotte est parsemé d’une multitude de belles
petites plages de dimension diverses qui s’adaptent à tous les besoins des estivants.

Stora :

Ancien comptoir Phénicien puis Romain, port de pêche et de plaisance, plages de sable
fin et infrastructures balnéaires diverses. La corniche de Stora offre aux promeneurs sur trois
kilomètres une vue imprenable sur la mer et l'horizon.

23
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Figure I.14: Vue de Stora

On peut également y admirer l'ancien refuge des galères phéniciennes, l'île de Serigina, à
quelques encablures de la côte et le phare imposant qui s'y dresse, ancien repère pour les vieux
bateaux de l'histoire en quête d'accostage.

Figure I.15 : Vue de serigena

24
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Ben m'hidi :

Plages de sable fin à perte de vue, sur 10 km jusqu'au mont de Fil-Fila, d'où on peut
admirer les couchers de soleil les soirs d'été.

Figure I.16: Vue de la plage de Ben m’hidi

El marsa :

Station Balnéaire située à 65 km à l'est de la Wilaya, avec ses plages d'une rare beauté,
dispose d'un port de pêche et de plaisance et d'une diversité de faune et de flore proliférant à la
faveur d'une vaste zone humide composées de rivières et de lacs favorables au développement du
tourisme scientifique et sportif. , de pêche, de chasse.

Figure I.17 : Vue de la plage d’El Marsa

25
CHAPITRE I : PRESENTATION DU LITTORAL DE SKIKDA

Sources thermales :

Existence dans la région de Azzaba (à l'est de la Wilaya) de deux sources thermales à


vertu thérapeutique confirmée :

 Source de Hammam salihine 9 km à l'Ouest de Azzaba.

 Source de Hammam el hama 18 km au Nord/Est de Azzaba.

26
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

En Algérie, comme dans tous les pays méditerranéens, le littoral tend à devenir un
espace sur occupé et sur utilisé par l’urbanisation, les activités industrielles, portuaires,
halieutiques et de loisirs.

Le développement et l’industrialisation du littoral ont pour conséquence une


pollution non maîtrisée, qui se manifeste par des rejets divers (eau usée, ordures
ménagères, déchets industriels). La plupart des déchets sont déversés en mer sans
traitement. Certaines substances chimiques tels que les métaux lourds et les hydrocarbures
menacent la santé des populations, directement (maladies) ou indirectement (destruction de
l’écosystème marin).

II.1. GENERALITES SUR LA POLLUTION MARINE

II.1.1. Définitions

La pollution est l’introduction ou la présence d’un altéragène dans un milieu y


compris le milieu aquatique et le résultat de son action. Cette pollution est essentiellement
attribuée aux activités humaines, mais quand on analyse les différentes pollutions
produites, on s’aperçoit qu’en dehors de l’homme qui est au centre de cette responsabilité,
il y a des causes naturelles (les volcans, les orages, les tremblements de terre, etc.).
Plusieurs définitions ont été proposées pour le terme « pollution », parmi lesquelles :

II.1.1.2. Définition de l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Education,


la Science et la Culture) :

La pollution marine est « tout rejet à la mer direct ou indirect, de substances ou


d'énergie d’origine humaine qui a un effet nuisible sur les organismes vivants, dangereuse
pour la santé humaine, empêche l’utilisation de la mer, altère la qualité de l’eau de la mer
ou qui réduit les possibilités d’utilisation aux fins de loisirs » [26].

II.1.1.3. Selon la loi n° 03– 10 du journal officiel algérien n°43 du 19juillet 2003 sur la
protection de l’environnement [27] :

La pollution des eaux est « l’introduction dans le milieu aquatique de toute


substance susceptible de modifier les caractéristiques physiques, chimiques et/ou

27
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

biologiques de l’eau et de créer des risques pour la santé de l’homme, de nuire à la faune et
à la flore terrestres et aquatiques, de porter atteinte à l’agrément des sites ou de gêner toute
autre utilisation normale des eaux ».

II.1.1.4. Définition admise par le Comité Scientifique Officiel de la Maison-Blanche


pour la protection de l’environnement en 1965 [28] :

La pollution est une modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en


totalité ou en partie comme le sous-produit de l'action humaine, au travers d'effets directs
ou indirects altérant les modalités de répartition des flux d'énergie, des niveaux de
radiation, de la constitution physico-chimique du milieu naturel et de l'abondance des
espèces vivantes. Ces modifications peuvent affecter l'homme directement ou à travers des
ressources en produits agricoles, en eau, et autres produits biologiques. Elles peuvent aussi
l'affecter en altérant les objets physiques qu'il détient, les possibilités récréatives du milieu
ou encore en enlaidissant la nature.

D'après toutes ces différentes définitions, on distingue que la pollution de l’eau est
due essentiellement aux activités humaines ainsi qu’aux phénomènes naturels. Elle a des
effets multiples qui touchent aussi bien la santé publique que les organismes aquatiques.

II.1.2. Classification et sources

La pollution est un problème d’actualité, elle affecte pratiquement tous les


écosystèmes y compris l’environnement marin. Elle présente un risque pour la santé
humaine, des mortalités de poissons, la prolifération anarchique d’algues, la multiplication
de certaines espèces bactériennes contaminant aussi bien l’eau et les espèces
consommables.

Il existe plusieurs manières de classer la pollution :

II.1.2.1. Selon l’origine

 Pollution accidentelle [29], [30] : Elle provient :

En mer : De collision, échouage de navire, perte de conteneurs, accidents sur plate-


forme de forage.

28
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

A terre : D'accident dans une usine, d’accident de transport.

[31]
 Pollution chronique : Est faite de déversements volontaires, ou inconscients, et
étalés dans le temps:

En mer : Rinçage des cuves de pétroliers, des ordures et eaux usées des navires (y
compris la navigation de plaisance), déversement volontaire de déchets solides à
partir de navires, rejet d'effluents par canalisation immergée.

A terre : Eaux usées des réseaux d'assainissement et des industries côtières, eaux de
ruissellement des terres agricoles, eaux pluviales des zones urbaines et des axes
routiers.

 Pollution continentale (tellurique) [32]: Ce sont des polluants apportés à partir du


continent par les rejets d’effluents ou les dépôts de déchets solides sur la côte, par les
apports par les fleuves et les eaux de ruissellement en secteur urbain et agricole.

[33]
 Pollution marine : Les polluants sont apportés par les courants marins; ils sont
introduits au large, par les activités des transports maritimes et les exploitations des
fonds marins (plates-formes pétrolières), ou encore ils proviennent d'autres zones
côtières par l'action des courants littoraux.

II.1.2.2. Selon la nature [33], [34] :

 Pollution physique : On parle de ce type de pollution quand le milieu marin est


modifié dans sa structure physique par divers facteurs. Elle regroupe la pollution
mécanique (effluents solides), la pollution thermique (réchauffement de l’eau par des
usines) et la pollution atomique (retombées de radioéléments issus des explosions
d’armes nucléaires, résidus des usines atomiques et accidents nucléaires).

 Pollution chimique : Due au déversement des rejets industriels apportant de grandes


quantités de substances chimiques dont certaines sont non dégradables.

 Pollution biologique : C’est un phénomène naturel. Il s’agit de la pollution par les


micro-organismes (bactéries, virus, parasites, champignons, efflorescences
planctoniques, etc.)

29
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

Généralement, les différents types de pollution sont mélangés et agissent les uns sur
les autres. En effet, un rejet n'est jamais une source unique et un égout rejette des déchets
de différentes natures.

Dans notre étude nous nous sommes intéressés à la pollution marine par les
hydrocarbures.

II.2. CLASSIFICATION DES HYDROCARBURES

Les hydrocarbures dans l’environnement marin peuvent avoir trois origines


principales [35]:

 Apports indépendants de toute activité humaine :

 Eruption d’un puits de pétrole, accidents de puits sous marins : avec


l’augmentation des forages off-shore ;

 Suintements naturels des sous sols ;

 Gisements de pétrole d’origine marin ou terrestre ;

 Les végétaux aquatiques (phytoplancton, macrophytes) et organismes hétéro


trophiques (zooplancton, bacterioplancton) ;

 Les végétaux supérieurs terrestres via la matière organique détrique des sols,
résultant du drainage des bassins versants.

 Causes accidentelles:

 Naufrage ;

 Echouage ;

 Collisions de pétroliers.

30
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

 Rejets des hydrocarbures liés à l’activité humaine :

 Par voie atmosphérique : à partir de fumées industrielles, gaz d’échappement des


moteurs, rabattues par les eaux de pluie ;

 Apport des rivières et installations industrielles côtières (raffinerie et terminal


pétroliers, activités portuaires, transport routier, opération de transfert et de
stockage) ;

 Déversement en mer liés au transport maritime et rejets systématiques des eaux


de vidange des soutes, des eaux de rinçage des citernes, des eaux de déballastage,
rejets de circuits de refroidissement des navires, vidange des eaux de cale,etc.

Notons que la première origine est biogénique, donc issue de la biosynthèse


récente, alors que les deux dernières sont anthropiques.

Pour illustrer la diversité des sources, on présente dans le tableau II.1 les taux
d’hydrocarbures dans les océans.

Tableau II.1 : Apports d’hydrocarbures pétroliers dans les océans [36], [37]

Estimations (millions de
Sources d’hydrocarbures
tonnes par an)
Sources naturelles: suintement marin, érosion des sédiments 0,25*
Atmosphère 0,3*
Production offshore 0,5*
Transport 1,47**
Eaux usées urbaines et industrielles et ruissellement 1,14*

*: d’après National Academy of sciences-Ocean management, septembre 1984.

**:d’après l’organisation maritime intergouvernementale bulletin du cèdre, 1982.

31
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

Figure II.1 : Les sources de la pollution marine

32
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

II.2.1. Les composés pétroliers [38]. [39] :

Les pétroles bruts sont constitués de différentes familles des composés (Figure II.2) dont la
composition chimique varie énormément selon leur origine géographique et géologique (Tissot et
Welte, 1984). Les hydrocarbures constituent la fraction la plus importante d'un brut pétrolier ; ils
représentent entre 65 et 95 % de la plupart des pétroles bruts. Les composés pétroliers peuvent être
classés en quatre familles principales qui sont présentes en proportions variables selon l’origine: les
hydrocarbures saturés (30 à 70 %), les hydrocarbures aromatiques et polyaromatiques (20 à 40 %),
les composés polaires (5 à 25 %) et les asphaltènes (0 à 10 %).

Les produits pétroliers sont aussi introduits dans l’environnement marin sous forme de
produits raffinés: carburants et huiles, leurs compositions dépendent de l’origine du pétrole et des
opérations subies au cours du raffinage. On dénombre environ 230 composants pour l’essence et
environ 2000 pour un fuel lourd.

II.2.1.1. Les hydrocarbures saturés : Parmi lesquels, on distingue :

 Les alcanes linéaires (n-alcanes, CnH2n+2), dont la longueur de chaîne varie de 7 à 40 atomes
de carbone, constituent une des classes les plus abondantes des hydrocarbures totaux d'un brut
pétrolier).

 Les alcanes ramifiés: les plus abondants sont les alcanes ramifiés. Ces composés se trouvent
dans le pétrole brut dans des proportions sensiblement égales à celles des alcanes linéaires.

 Les cycloalcanes: renferment des composés cycliques saturés ayant 5 ou 6 atomes de carbone
et le plus souvent substitués. Quelques dérivés polycycliques sont aussi présents et certains
d’entre eux sont caractéristiques d’un pétrole brut. Cette famille peut représenter entre 30 et
50 % des hydrocarbures totaux d’un pétrole brut.

II.2.1.2. Les hydrocarbures aromatiques : Plusieurs familles d'hydrocarbures aromatiques et


polyaromatiques dont le nombre de noyaux varie de 2 à 6 sont présentes dans les pétroles. En
général, les hydrocarbures aromatiques sont moins abondants que les alcanes, et ne représentent que
10 à 30 % des hydrocarbures totaux d'un brut pétrolier.

33
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

II.2.1.3. Les composés polaires : Cette fraction correspond à des molécules renfermant des hétéro
atomes, telles que:

 Des composés oxygénés: phénols, acides carboxyliques, alcools, aldéhydes,…

 Des composés soufrés: mercaptans, sulfures, disulfures,…

 Des composés azotés: pyridines, quinoléines,…

Les dérivés soufrés sont dans la plupart des cas plus abondants que les composés oxygénés
ou azotés.

II.2.1.4. Les asphaltènes : Ils correspondent à une classe de composés de hauts poids moléculaires,
insolubles dans le pentane ou l’hexane. La structure de ces composés est mal connue du fait, d’une
part de leur composition chimique complexe, d’autre part de méthodes analytiques difficilement
utilisables.

Les métaux sont également présents mais à l’état de traces. Les plus abondants sont le
vanadium et le nickel, mais du fer, du sodium, du cuivre et de l’uranium ont également été détectés.

34
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

35
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

II.2.2. Les hydrocarbures biogènes [40]-[51]

Les organismes vivants biosynthétisent des hydrocarbures aliphatiques, aromatiques et


polyaromatiques condensés. Le développement des techniques analytiques a démontré la
complexité de ces composés présents en faibles quantités dans les colonnes d’eau et les
sédiments. En effet, la biosynthèse et les mécanismes des transformations (dissolution,
évaporation, photo-oxydation, transformations biologiques, …) conduisent à un mélange de
composés dont la spécificité dépend des organismes producteurs et des conditions
physicochimiques du milieu. Ainsi, la stabilité de ces composés a fait d’eux des marqueurs
biologiques et géochimiques d’une très grande valeur.

Plusieurs travaux de recherche portant sur la distribution et l’abondance des


hydrocarbures dans les environnements marins, ont permis d’évaluer les niveaux de pollution,
d’estimer une éventuelle augmentation en concentration suite aux phénomènes de transport et
aux activités industrielles et de prédire les effets des hydrocarbures anthropogéniques sur les
processus physiques, chimiques et biologiques (Saliot, 1981).

II.2.2.1. Les hydrocarbures aliphatiques saturés :

 Les alcanes linéaires (n-alcanes): Les n-alcanes sont des constituants prédominants dans
la distribution des hydrocarbures dans l’environnement marin. Les espèces
phytoplanctoniques et les macro-algues synthétisent des n-alcanes dont les longueurs de
chaînes varient respectivement de n-C14 à n-C32 et de n-C20 à n-C30 (Saliot, 1981), avec
un maximum à n-C15 ou n-C17 (Blumer et al. 1971; Gelpi et al., 1970; Clark et Blumer,
1967; Youngblood et al., 1971). Une distribution des n-alcanes sans prédominance paire
/ impaire a été observée chez les bactéries (C13 à C31) et les plantes inférieures terrestres
(C15 à C23) avec un maximum dans la zone de C17 à C20 pour les bactéries (Han and
Calvin, 1969; Oro et al., 1967). Cependant, les plantes supérieures synthétisent des n-
alcanes de haut poids moléculaire (C23 à C33) à prédominance impaire.

 Les alcanes ramifiés: Les hydrocarbures isopréniques sont les plus fréquents dans
l’environnement marin et ils présentent plusieurs origines (Saliot, 1981). Le pristane
(2,6,10,14-tetraméthylpentadécane) a été identifié en faible quantité chez les
phytoplanctons, chez les macro-algues, les zooplanctons et pourrait être l’hydrocarbure
majeur chez certaines bactéries anaérobies. Han et Clavin (1969), ont identifié le
phytane (2,6,10,14-tetramethylhexadecane) en faibles concentrations chez des bactéries,

36
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

qui a été aussi identifié chez des micro-algues (Volkman et al., 1980). On trouve
également d’autres composés comme le 7-méthylheptadécane et 8-méthylheptadécane,
identifiés chez les micro-algues. Les alcanes portant une ramification sont absents chez
les autres organismes et en particulier les bactéries. Ces dernières sont caractérisées par
des hydrocarbures à courtes chaînes, avec une prédominance marquée de composés à
nombre impair d’atomes de carbone (Kolattukudy, 1976). D’autres sources peuvent être
à l’origine des hydrocarbures ramifiés notamment les plantes dont les iso-alcanes
pourraient constituer dans certains cas plus de 50 % des hydrocarbures totaux (Eglinton
et al., 1962; Saliot, 1981).

II.2.2.2. Les hydrocarbures aliphatiques insaturés :

Les organismes marins synthétisent un grand nombre d’oléfines à chaînes droites,


possédant jusqu'à six doubles liaisons, où prédominent les composés suivants (Saliot, 1981;
Volkman et al., 1980, 1981):

 n-C17:1, n-C18:1, n-C19:1, n-C21:5 et n-C21:6 chez les micro-algues.

 n-C17:1, n-C19:5, n-C21:5 et n-C21:6 chez les macro-algues.

 n-C21:6, n-C14:1, n-C19:1, n-C22:1 et n-C30:1 chez le zooplancton.

 n-C17:1 et n-C17:2 chez les bactéries.

Des polyoléfines ramifiées telles que le squalène et les carotènes ont été également
identifiées.

II.2.2.3. Les cycloalcanes et les cycloalcènes :

Le plus simple hydrocarbure cyclique est un alkylcyclopropane identifié dans des


algues marines (Youngblood et al., 1971) mais la plupart de ces composés sont des
terpénoïdes comme les triterpénoïdes pentacycliques (Saliot, 1981).

II.2.2.4. Les hydrocarbures aromatiques :

La biosynthèse directe de ces composés par des microorganismes ou des végétaux est
un sujet controversé. En effet, à l’exception d’une faible contribution des algues, des bactéries
et des plantes, les hydrocarbures aromatiques sont généralement considérés comme produits

37
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

de pyrolyse des activités humaines et des phénomènes naturels (incendies de forêts, éruptions
volcaniques) (Bouchez et al., 1996; Saliot, 1981).

II.3. COMPORTEMENT DES HYDROCARBURES DANS LE MILIEU MARIN :

Du fait de l’état liquide des hydrocarbures et de leur faible solubilité dans l’eau, les
hydrocarbures déversés dans l’eau s’étalent immédiatement à la surface, ensuite ils subissent
plusieurs modifications (figure II.3), parmi lesquels nous citons :

EVAPORATION
aérosol

Oxydation
Mousse au
Surface BIODEGRADATION chocolat

Dispersion Dissolution

Émulsion

Adsorption
et
Sédimentation Chaînes
alimentaires

Détritus

(Bio)dégradation anaérobie?

Figure II.3: Processus physico-chimiques et biologiques intervenant dans l’évolution


d’une nappe de pétrole en milieu marin [52]-[54]

38
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

II.3.1. Evaporation [55]:

Dès les premiers jours de déversement des hydrocarbures, les fractions de faible
masse moléculaire ayant 4 à 12 atomes de carbone (Teb < 270°) sont éparpillées dans
l’atmosphère à une vitesse qui dépend :

Des conditions atmosphériques :

 Les mers fortes augmentes le taux d’évaporation des hydrocarbures,

 La crête et l’écume des vagues agissant comme aérosol,

 Les grandes vagues et les températures élevés augmentent le taux d’évaporation.

Du type des hydrocarbures : Les hydrocarbures plus légers s’évaporent plus


rapidement.

Tableau II.2 : Evaporation approximative pour différentes catégories d'hydrocarbures


(ITOPF, 1987) [55]

Type Évaporation de 12 Évaporation de 48 Fraction totale


d’hydrocarbure heures* heures* évaporée

Essence 50-100% 100% 100%


Pétrole brut moyen 10-40% 25-80% 100%
Pétrole lourd 5-15% 10-25% 35%
Basse densité AP 1-3% 5-10% 15%
Diesel 0-2% 1-5% 10%

*: la limite basse est donnée pour 5°C et la limite supérieure pour 30°C et une vitesse
modérée du vent de 5m/sec.

II.3.2. Emulsion [55]-[57] :

En générale les hydrocarbures lourds s’émulsionnent plus rapidement que les


hydrocarbures légers. Et pour émulsionner les hydrocarbures, il faut un apport d’énergie
externe comme celle des vagues. Il existe deux formes d’émulsions :

 Emulsion d’hydrocarbure dans l’eau : c’est l’élimination des hydrocarbures de la


surface de l’eau en les intégrant sous forme de petites gouttelettes dans l’eau par l’action
des vagues. Le taux d’émulsion dépend de l’énergie des vagues à la surface de l’eau. En

39
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

mer agitée, cette émulsion peut être très importante et peut entraîner l’élimination de la
plupart des hydrocarbures en quelques heures.

 Emulsion de l’eau dans les hydrocarbures : c’est l’incorporation de l’eau introduite


dans l’huile sous l’action des vagues. Cette émulsion peut contenir jusqu’à 90% d’eau
(VOIRIN, 1987) et peut avoir une viscosité et une densité plus élevées à celles des
hydrocarbures d’origine. Ce type d’émulsion est souvent appelées « mousse au
chocolat » (résidus goudronneux retrouvés sur les plages). Vu leur grande viscosité, les
hydrocarbures émulsionnés sont difficiles à enlever de la surface de l’eau. Cette
émulsion augmente l’adhésion des hydrocarbures, ce qui influence considérablement les
opérations de récupération sur l’eau qui réduit l’adhésion des hydrocarbures.

II.3.3. La dissolution [55], [56]:

La plupart des hydrocarbures sont peu solubles dans l’eau, cependant certains se
dissolvent facilement dans l’eau et s’intègrent alors dans la colonne d’eau ; ils sont difficiles à
éliminer et sont absorbés par la faune et la flore. Il est important de noter que les
hydrocarbures qui se dissolvent aisément dans l’eau sont les mêmes que ceux qui s’évaporent
rapidement, ces deux processus jouent donc l’un contre l’autre.

II.3.4. La sédimentation [55], [56]:

C’est le coulage de la fraction pétrolière la plus lourde et dont la densité est supérieure
à celle de l’eau de mer vers le fond. Ce processus conduit à la constitution d’agrégats de
haute densité difficilement dégradable par voie naturelle.

II.3.5. La photo oxydation [52]-[62]:

Est observée au niveau de la surface de l’eau où l’air (oxygène) et la lumière


(radiations solaires) sont présents pour la transformation des hydrocarbures (Payne et Phillips,
1985). L’efficacité de ce phénomène dépend de la nature des hydrocarbures et de la présence
de composés non hydrocarbonés (Bertrand et Mille, 1989). Ainsi, la photooxydation touche
plus particulièrement les composés aromatiques qui sont plus photosensibles que les
composés aliphatiques. Parmi ces derniers, les composés ramifiés sont plus facilement photo-
oxydés que les n-alcanes (Rontani et Giusti, 1987). La photo-oxydation conduit à la formation
de composés solubles dans l’eau (acides, alcools, cétones, peroxides et sulfoxides) et certains

40
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

travaux de recherche ont montré leur toxicité pour les communautés microbiennes (Payne and
Phillips, 1985; Larson et al., 1979; Maki et al., 2001). Certains travaux (Rontani et al., 1987et
1992) ont montré l’existence d’interactions entre la photo-oxydation et la biodégradation pour
l’élimination des alkylbenzènes et de l’anthracène. L’action simultanée de ces deux
phénomènes permet une élimination plus rapide de ces deux familles de composés.

II.3.6. Biodégradation [55], [56] :

La biodégradation est le processus naturel le plus important dans la dépollution de


l’environnement marin. Les bactéries, les fongus et levures marins sont responsables à la
transformation des hydrocarbures en produits moins toxiques. Les travaux de recherches sur
la biodégradation des hydrocarbures ont montré que ce processus dépend de la structure
chimique des hydrocarbures et des conditions environnementales.

II.3.6.1. Composition chimique des hydrocarbures [63]- [65] :

Atlas (1981) et Leahy et Colwell (1990), ont classé les composés du pétrole en quatre
familles: les hydrocarbures saturés, les aromatiques, les asphaltènes (phénols, acides gras,
cétones, esters et porphyrines) et les résines (pyridines, quinoléines, carbazoles, sulfoxydes, et
amides). Ces composés différents par leur susceptibilité à l’attaque microbienne. Ainsi la
vitesse de leur biodégradation est plus élevée pour celle des hydrocarbures saturés et des
aromatiques. Les composés polaires quant à eux, ils ont la vitesse de dégradation la plus
faible.

La biodégradabilité des pétroles bruts est très fortement dépendante de leur


composition (Atlas, 1975); à une température déterminée, un pétrole léger est plus susceptible
d’être biodégradé qu’un pétrole lourd.

II.3.6.2. La température [65]- [72] :

A basse température, la viscosité du pétrole augmente, la volatilisation des composés


toxiques pour les microorganismes tels que les alcanes de faibles poids moléculaires est
réduite et leur solubilité dans l’eau augmente par diminution de leur volatilisation, ce qui
entraîne un ralentissement du métabolisme des microorganismes (Atlas et Bartha, 1972;
Atlas, 1975). Une diminution de la température est généralement accompagnée d’une
diminution de la vitesse de biodégradation qui peut être expliquée par une décroissance de

41
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

l’activité enzymatique. Des températures plus élevées ont pour effet d’augmenter la vitesse de
biodégradation (Walworth et al., 2001; Sandvik et al., 1986; Song et al., 1990). Si l’oxydation
des hydrocarbures a été observée à des températures inférieures à 0°C (Rike et al., 2003) ou
élevées variant entre 70-80°C (Annweiler et al, 2000), le maximum de l’activité métabolique
des microorganismes est généralement observé à une température comprise entre 30 et 40 °C
(Bossard et Bartha, 1984). Au delà de la température optimale de croissance et de
biodégradation on assiste à une augmentation de la toxicité des hydrocarbures et à une
diminution de l’activité métabolique.

II.36.3. L’oxygène [63]-[78] :

L’étape initiale du catabolisme des hydrocarbures par les microorganismes inclut


l’oxydation de ces substrats par l’intermédiaire d’hydroxylases et d’oxygénases, pour
lesquelles l’oxygène moléculaire est indispensable (Leahy et Colwell, 1990; Atlas, 1981;
Bertrand et Mille, 1989). Les conditions aérobies sont nécessaires pour cette voie d’oxydation
microbienne des hydrocarbures dans l’environnement. Théoriquement, 3,5 g d’oxygène sont
nécessaires pour l’oxydation complète de 1 g de pétrole. Selon Zobell (1969), la quantité
d’oxygène dissoute dans 320 m3 d’eau de mer est nécessaire pour l’oxydation de 1 litre de
pétrole brut.

Dans un site très pollué, on aboutira fréquemment à un ralentissement de la


biodégradation par suite d’une carence en oxygène. En étudiant les facteurs influençant la
biodégradation des hydrocarbures par la bactérie Acinetobacter calcoaceticus Marin et al.
(1996) ont constaté une augmentation de la dégradation des hydrocarbures totaux et des n-
alcanes de 10 % après un apport supplémentaire d’oxygène par agitation.

Les sédiments aquatiques, sont par contre généralement anoxiques, à l’exception de la


fine couche superficielle (Leahy et Colwell, 1990). L’étude de l’évolution des différents
hydrocarbures en fonction de la concentration en oxygène, dans des systèmes à flux continu, a
montré que la dégradation des hydrocarbures a lieu essentiellement dans la partie superficielle
des sédiments (0-1 cm), où la concentration en oxygène est de 8 ppm, alors qu’elle est plus
faible en profondeur (Bertrand et al., 1986). Par contre aucune dégradation n’a été observée
dans des conditions anaérobies (0,2-0,3 ppm), en dépit d’une activité sulfato-réductrice très
élevée dans les sédiments.

42
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

La concentration en oxygène a été identifiée comme une variable limitante de la


vitesse de la biodégradation du pétrole dans les sols (Hurst et al., 1996, El-Kadi, 2001) et les
eaux souterraines (Boyd et al., 2001).

La dégradation anaérobie des hydrocarbures par les microorganismes peut se produire


mais à des vitesses négligeables et son importance écologique est moindre.

II.3.36.4. Les éléments nutritifs [64]-[80] :

Le rejet des hydrocarbures dans les environnements aquatiques contenant des


éléments nutritifs inorganiques en faibles concentrations, conduit généralement à des rapports
carbone/azote et carbone/phosphore très élevés, défavorables pour la croissance microbienne
(Leahy et Colwell, 1990). Le pétrole lui-même contient de tels nutriments en petites quantités,
mais ils sont toujours présents sous forme de composés hétérocycliques (exemple: dérivés de
la pyridine et du pyrrole pour l’azote) ou organométalliques complexes; ils ne sont donc pas
utilisables par les microorganismes (Bertrand et Mille, 1989). Les sources d’azote et de
phosphore sont toujours faibles, surtout pendant les périodes de forte activité des organismes
photosynthétiques.

L’azote et le phosphore sont aussi des facteurs limitant la biodégradation des


hydrocarbures dans les sols (Walworth et al., 2001, 2003; Mohn et Stewart, 2000).

II.3.6.5. La salinité et du pH [52], [81]-[84] :

La salinité moyenne des milieux océaniques est de l’ordre de 3,5 % et l’intervalle de


variation se situe en général entre les limites de 3,3% et 3,7%. Ces concentrations en sels sont
compatibles avec la croissance des microorganismes hydrocarbonoclastes (Bertrand et Mille,
1989). Quand la concentration en chlorure de sodium dépasse 1 M, l’élimination du pétrole
brut diminue rapidement. Pour ce type de substrat, les fortes salinités constituent donc une
barrière naturelle pour la biodégradation (Al Mallah, 1988; Tagger et al.1976; Bertrand et al.,
1990). Bertrand et ses collaborateurs. (1993) ont étudié l’influence de la concentration en
chlorure de sodium sur la biodégradation des hydrocarbures par deux communautés
microbiennes, ils ont trouvé que la biodégradation est maximale pour une concentration de 0,4
M et diminue lentement pour des valeurs supérieures et inférieures à celle-ci. Ward et Brock
(1978) ont montré que la vitesse de la biodégradation des hydrocarbures décroît lorsque la

43
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

salinité passe de 3,3 à 28,4%, et ils ont attribué ces résultats à une réduction générale des
vitesses métaboliques des microorganismes.

L’influence du pH a été très peu étudiée, mais il ne semble jouer qu’un rôle
relativement mineur en milieu marin. Contrairement à la plupart des écosystèmes aquatiques,
les sols peuvent avoir des valeurs de pH très variables, allant de 2,5 à 11,0.[63], [84], [85]

Quel qu’il soit, le pH des milieux marins n’atteint jamais des valeurs suffisamment
extrêmes pour inhiber la biodégradation.

II.3.6.6. La pression [51], [62], [63]:

La pression n’est considérée comme une variable dans la biodégradation des


hydrocarbures que dans les profondeurs des océans (Leahy et Colwell, 1990; Bertrand et
Mille, 1989; Atlas, 1981). En effet, le pétrole qui n’est pas dégradé dans les eaux de surface
va progressivement s’enfoncer, en subissant une lente transformation, et ce sont les molécules
difficilement dégradables qui atteindront le fond des océans. La profondeur moyenne de ceux-
ci est de 3800 m (ce qui correspond à une pression de 380 bars) et la température est
inférieure à 5°C (Bertrand et Mille, 1989). L’étude de la croissance et l’utilisation des
hydrocarbures par les bactéries isolées de sédiments marins profonds en fonction de la
pression (Schwarz et al. (1974, 1975)), a montré que la vitesse d’utilisation des hydrocarbures
est fortement diminuée à hautes pressions. Sous une pression de 1 bar (pression
atmosphérique), ces bactéries dégradent 94 % de l’hexadécane en 8 semaines alors qu’il leur
faut 40 semaines pour arriver au même résultat à 500 bars. Il apparaît donc, que les
hydrocarbures qui parviennent aux grandes profondeurs océaniques sont très lentement
dégradés par les microorganismes et par conséquent peuvent persister pendant de longues
périodes.

II.3.7. Pénétration des hydrocarbures dans la chaîne alimentaire [87], [88], [52]:

Les produits pétroliers rejetés dans l’environnement ont des répercussions sur les
plantes, animaux et êtres humains. Les conséquences de la contamination dépendent des
organismes eux-mêmes et de la structure chimique des hydrocarbures. Certaines espèces
éprouvent des changements de comportement à peine perceptibles ou des problèmes de santé
à court terme. Certaines d’entre elles éprouvent des effets toxiques instantanés et aigus,
parfois mortels, tandis que chez d’autres espèces, les répercussions se manifestent lentement à

44
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

long terme (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, communique de presse, 6
Janvier 2000). Face à ces polluants, les organismes susceptibles d’être contaminés doivent
être considérés en fonction de leur capacité de réponse spécifique. Les bactéries, nourriture de
nombreuses espèces aquatiques, peuvent être des vecteurs de contamination par lesquels les
hydrocarbures peuvent entrer dans la chaîne alimentaire (Bertrand et Mille, 1989 et articles
cités). Les connaissances les plus nombreuses portent sur les hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAPs) dont la toxicité la plus souvent rapportée correspond à leur potentiel
carcinogène.

II.3.8. La persistance [89]:

La persistance des hydrocarbures dépend des facteurs suivants (TableauII.3) :

 Les propriétés des hydrocarbures ;

 Les propriétés physiques du littoral ;

 Les phénomènes littoraux.

Tableau II.3: Persistance d'hydrocarbures selon diverses caractéristiques

Caractéristiques Faible persistance Haute persistance

Type d’hydrocarbure Léger, volatil Lourd ou goudronneux

Épaisseur de la couche d’hydrocarbures


Mince (<1 cm) Épaisse (> 10 cm)
sur les rivages
Profondeur de la pénétration des
Hydrocarbures en surface Enfouis sous la surface
hydrocarbures

Vents dominants Vers la côte Vers le large

Exposition côtière Directe (ouverte) Échancrée (abritée)

Énergie des vagues Forte, côte exposée Basse, côte abritée

45
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

II.4. CONSEQUENCES DE CETTE MENACE :

Les principales conséquences ont trait à la dégradation du milieu biologique. Celle-ci


se mesure en comparant l’état du milieu pollué par rapport à ce qu’il aurait été sans pollution.
[90]

Les hydrocarbures (ainsi que les produits qui servent à leur nettoyage) font partie des
polluants reconnus comme dangereux pour l’environnement et pour la santé humaine, au
même titre que divers produits organiques, les pesticides et les métaux lourds.

Il convient de distinguer la toxicité à court terme et la toxicité à long terme. Dans les
deux cas, cette toxicité dépend de la composition du produit toxique et de son devenir dans le
[91]
milieu.

II.4.1 Conséquences physiques :

Un film d’hydrocarbures étalé à la surface de la mer empêche les échanges air/mer


nécessaires à de nombreux cycles biologiques marins. Par conséquent:

 Il diminue le renouvellement de l’oxygène;

 Il est un obstacle aux rayons du soleil, limitant ainsi la photosynthèse;

 Il entraîne une augmentation de la température et favorise la prolifération de micro-


organismes consommateurs d’oxygène.

II.4.2 Conséquences biologiques :

Les effets des hydrocarbures sur l’environnement sont variés et complexes. Certains
se manifestent immédiatement, d’autres après une période plus longue. Ils affectent à des
titres divers le règne animal et végétal de la surface et de l’intérieur de la mer. Les
TableauxII.4.a et II.4.b résument ces effets sur certaines populations marines
caractéristiques. Dans le cas des pétroles bruts, les fractions les plus volatiles et les composés
aromatiques sont les plus toxiques. Pour les produits raffinés, les effets les plus nuisibles
proviennent généralement des produits qui ont un point d’ébullition bas; le pétrole qui
contient du tétra éthyle de plomb est considéré comme le plus toxique de tous, suivi par le
kérosène, le gazole et le fuel Nº 6 (huile lourde pour moteurs Nº 6).

46
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

Tableau II.4.a : Effets des hydrocarbures sur certaines populations [92]

Population Sensibilité Effets à court terme Effets à long terme


Revêtement et brûlures
des tissus, s’il y a
Algues Faible Généralement bon rétablissement.
contact direct avec le
produit.
Le revêtement des
Marais Variable selon Rétablissement relativement
parties exposées va
salants le stade de rapide (2 à trois ans) s’il y a un
causer la suffocation.
ou développement renouvellement de l’eau et une
Impact dû aux travaux
flore des plantes et la alimentation en nutriments.
de lutte contre la
estuarienn période de Rétablissement plus lent si rien
pollution, personnel et
e l’année. n’est entrepris pour le faciliter.
machines.
Accumulation par les organismes
filtreurs. Même un faible
pourcentage d’hydrocarbures
résiduels dans les sédiments va
Mollusque
rendre les espèces commerciales
s dans Généralement Suffocation et
impropres à la consommation.
les zones élevée intoxication
La possibilité d’une purification
Intertidal
dans de l’eau propre va dépendre
de la durée du contact avec le
polluant. Diminution de la
reproduction.
Dépendent de la durée du contact
avec le polluant. Dans les zones
Faune
Généralement Suffocation et exposées, la sensibilité est moins
fixée sur
élevée intoxication prononcée grâce au
les rochers
renouvellement rapide de l’eau et
l’effet de nettoyage.

47
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

Tableau II.4.b : La suite des effets des hydrocarbures sur certaines populations [92]

Population Sensibilité Effets à court terme Effets à long terme


Par le contact direct avec les Blessures sur les
Faible pour les
hydrocarbures: suffocation poissons qui fouillent
adultes.
causée par le mazoutage et les les sédiments même
Poissons Élevée pour les
effets tensioactifs sur les légèrement pollués
larves et les
branchies. Les poissons quittent (par exemple les
juvéniles.
rapidement les zones polluées. poissons plats).
Engluage du plumage,
Variable (élevée
empoisonnement par ingestion, Évacuation des zones
Oiseaux pour les oiseaux
destruction des nids et des oeufs polluées.
plongeurs)
par contact.

II.4.3. Conséquences pour la santé de l’homme [93], [94]-[97]:

Outre une intoxication directe, par inhalation ou ingestion massive de produits


pétroliers, la consommation de certains animaux marins (poissons, crustacés, coquillages)
qui ont été en contact avec des hydrocarbures peut être dangereuse pour l’Homme en raison
des effets cumulatifs.

Toutefois, la plupart du temps, les effets nocifs de la pollution sont ressentis


indirectement par le truchement de l’impact économique et écologique :

 Dommage aux ressources biologiques: flore et faune marines, avec comme


conséquence des entraves à certaines activités maritimes;

 Dégradation des installations et atteinte au tourisme qui constitue une valeur


économique fondamentale;

 Diminution de la qualité de l’eau qui se répercute sur ses multiples usages.

II.4.4 Toxicité des produits pétroliers dans les espaces fermés :

Pendant les opérations de dépollution en mer et à l’air libre, les effets toxiques des
hydrocarbures que l’on peut craindre, sont peu nombreux:

48
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

 Très faible toxicité;

 Limite de tolérance supérieure inaccessible.

Toutefois, en cas d’intervention à bord de pétroliers, par exemple pendant des


opérations d’allègement, les risques encourus peuvent augmenter, spécialement si le pétrole
brut, contient d’autres substances et notamment de l’hydrogène sulfuré H2S.

Dans des espaces fermés, l’organisme humain peut être affecté par les hydrocarbures
de trois façons:

a) Par inhalation de gaz : L’odeur des vapeurs d’hydrocarbures peut varier de façon
significative. Dans certains cas, les hydrocarbures peuvent causer des troubles de
l’odorat. En conséquence, l’absence d’odeur ne doit jamais être considérée comme une
absence de gaz. Les effets sont réversibles si le sujet est traité à temps. [92]

[92]
Tableau II.5 : Effets possibles de l’inhalation de vapeurs d’hydrocarbures avec l’air
respiré

CONCENTRATION
Durée Remarques
*
% gaz ppm LIE

0,016 à 160 2%
8 heures Très légère irritation des yeux et de la gorge.
0.027 à 270 3%

0.05 500 5% 1 heure Pas d’effet significatif

Légère irritation des yeux, de la gorge et du nez.


0.09 900 10% 1 heure
Légère sensation de lassitude.

0.2 2000 20% 1 heure Symptômes d’anesthésie après 30 minutes.

Irritation de la gorge et du nez après 2 minutes.


1.0 10 000 100% 10 min Lassitude après 4 minutes. Symptômes d’ébriété
après 4 à 10 minutes. DANGER – coma.

*
: Limite inférieure d’explosivité” (mesurée avec l’explosimètre): 100 LIE = 1% de
gaz.

49
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

En principe, il n’y pas d’effets à long terme causés par les hydrocarbures eux-mêmes,
sauf pour le benzène. Par ailleurs, il peut y avoir des effets à long terme qui résultent des
conditions généralement associées à la présence de d’hydrocarbures gazeux, manque
d’oxygène, présence d’hydrogène sulfuré. [92]

b) Par contact de la peau avec des liquides :

 Effets à court terme: Les hydrocarbures dessèchent la peau et peuvent provoquer une
dermatose. Ils peuvent provoquer de l’eczéma en bloquant les pores de la peau.

 Effets à long terme: Les hydrocarbures lourds, spécialement les hydrocarbures


aromatiques, peuvent provoquer un cancer de la peau à la suite d’un contact prolongé.
Ces produits attaquent le caoutchouc, en particulier le néoprène qui, en conséquence,
n’assure pas une protection suffisante.

c) Par ingestion accidentelle : Dans ces cas, une intervention médicale est nécessaire. Ne
jamais essayer de faire vomir la personne malade afin d’éviter une pénétration accrue
dans les poumons et les bronches.

II.4.5 Toxicité de l’hydrogène sulfuré (H2 S)

La plupart des types de pétrole brut contiennent de l’hydrogène sulfuré. Il est


définitivement dangereux d’inhaler des gaz émis par des bruts sulfureux. L’hydrogène
sulfuré est un gaz incolore, qui a une odeur d’oeufs pourris. Toutefois, l’odeur n’est pas une
preuve suffisante de sa présence. En fait, des fortes concentrations du gaz paralysent l’odorat

L’inhalation d’hydrogène sulfuré peut causer des lésions cérébrales et des affections
rénales.

50
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

Tableau II.6 : Effets possibles de l’inhalation d’hydrogène sulfuré avec l’air respiré [92]

CONCENTRATION
Durée Remarques
% gaz ppm

Irritation des yeux, du nez, de la gorge et des


0.005 à bronches. Une inhalation prolongée
50 à 100 1 heure
0.01 de concentrations de l’ordre de 100 ppm
peut mener à la mort dans les 4 à 48 heures.
Irritation immédiate des yeux, du nez de la
0.02 à 0.03 200 à 300 1 heure gorge et des bronches. Une plus longue
exposition est intolérable.

0.05 à 0.07 500 à 700 ½ heure à 1 heure Coma avec mort possible

De quelques
0.07 à 0.09 700 à 900 Coma avec mort qui intervient rapidement.
minutes à ½ heure.

0.1 à 0.2 103 à 2000 Quelques minutes Mort immédiate.

Effets à long terme: Une exposition répétée à des faibles concentrations d’hydrogène
sulfuré peut causer une irritation des yeux et faire tousser. Toutefois, l’hydrogène sulfuré ne
s’accumule pas dans l’organisme humain et, en règle générale, n’a pas d’effets à long terme.
[92]

II.4.6 Risques résultant de la présence de gaz inertes/faible teneur en oxygène [92]

Le risque principal que pose le gaz inerte est le manque d’oxygène. Par ailleurs, les
gaz de combustion peuvent également contenir des composés toxiques, en particulier du
monoxyde de carbone (CO). Une fois que la citerne est suffisamment ventilée et que l’on a
obtenu une teneur correcte en oxygène (21%), les éléments toxiques sont réduits à des traces
acceptables. C’est une règle impérative de toujours mesurer la teneur en oxygène avant de
pénétrer dans un espace fermé et de n’entrer que si l’on obtient un relevé de 20,6%.
L’appareil de mesure devrait toujours être vérifié avant et après la prise de relevé.

51
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

II.5. MESURE DE PROTECTION CONTRE LA POLLUTION

II.5.1. Règlementations :

Le littoral algérien n’est pas totalement dépourvu de réglementation. Il est couvert


directement ou indirectement par une pluralité de textes dont certains sont très anciens et
d’autres plus récents et qui touchent à des domaines très variés.

[98]
L’Algérie a élaboré une loi-cadre pour l’environnement en 1983 , établissant des
principes généraux de gestion et de protection de l’environnement. Des mesures
[99]
réglementaires ont vu le jour (Loi des finances 1992, Art 117) portant sur l’institution de
taxes sur les activités polluantes et dangereuses. Ces taxes servent à alimenter le Fonds
National de l’Environnement (FNE). Ce fonds vise la promotion d’actions de sensibilisation
dans le champ environnemental et de soutien financier concret à toute activité et mesure de
protection de l’environnement.

Bien que la réglementation instaurée en matière de protection de l’environnement soit


complète et détaillée, elle reste, cependant, inefficace sur le terrain pour plusieurs raisons:

Manque de procédures spécifiques d’application,

Manque de moyens d’intervention au niveau des inspections de l’environnement,

Contraintes d’ordre social liées à la prise de mesures environnementales,

Manque de sensibilisation des décideurs et des acteurs sociaux.

Les dispositions juridiques ne permettent pas le contrôle intégré des pollutions et la


gestion adéquate des déchets. Elles sont insuffisantes pour protéger le littoral et assurer
[97]
l’exercice effectif de la puissance publique. Le Code des Eaux, réaménagé en 1996 ,
constitue une base suffisante pour une gestion rationnelle et intégrée des ressources en eaux,
mais il est encore peu appliqué.

Elle a continué à chercher d’autres instruments législatifs à fin de mieux protéger son
[98]
environnement, alors elle a adopté en 2002 une nouvelle loi relative à la protection et la
valorisation de l’environnement qui incite à préserver les espaces terrestres et marins
remarquables ou nécessaires au maintien des équilibres naturels et à l’interdiction de toute

52
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

implantation d’activité industrielles nouvelles sur le littoral.

C’est en 2003 que l’Algérie a conçu la loi n°03-10 relative à la protection de


[102]
l’environnement dans le cadre du développement durable , où elle interdit toute
déversement, immersion et incinération dans les eaux maritimes sous juridiction algérienne,
de substances et matières susceptibles de nuire l’environnement.

Concernant les normes algériennes sur les hydrocarbures, il existe le décret exécutif n°
93-160 du juillet 1993 (J.O n°46 du 14 juillet 1993) [103] qui fixe la valeur limite maximale des
hydrocarbures rejetés des installations de déversements industriels à 20 mg/l. Il y a aussi le
[104]
décret exécutif n° 06-141 du 19 avril 2006 qui définit les valeurs limites des rejets
d'effluents liquides industriels au niveau des anciennes installations pétrolières par 15mg/L
des hydrocarbures totaux en attendant la mise à niveau des installations dans un délai de sept
(7) ans (conformément aux dispositions législatives en vigueur, et notamment celles de la loi
[105]
n° 05-07 du 28 avril 2005 ). Après ce délai la valeur limite des hydrocarbures totaux
devient 10mg/L.

Plusieurs programmes d’actions, pour la protection nationale et la valorisation du


littoral, sont mis en œuvre :

[102]
 Programme de l’aménagement côtier : Il consiste à protéger et à assurer une
utilisation rationnelle et durable des ressources côtières à travers l’identification des
solutions aux problèmes environnementaux les plus urgents.

[25], [107]
 Le plan d’urgence TELBAHR (national, régional et de Wilaya) : C’est le
plan d’urgence pour la lutte contre la pollution accidentelle dans la zone de la
Méditerranée du Sud Ouest, adopté à Alger le 20 juin 2005, qui permet de prévenir les
pollutions massives accidentelles de la mer et de mobiliser, en cas de situation
critiques, les moyens humains et matériels requis pour les opérations de lutte anti-
pollution.

[24]
 Le programme national de maîtrise et d’évaluation de la pollution marine :
L’objectif de ce programme est l’évaluation fiable de l’état et des variations dans le
temps des apports et niveaux de contaminants dans l’écosystème littoral et l’état de
dégradation des zones côtières. Il se base sur la surveillance continue des sources de
pollution située à terre, des points chauds de pollution estuaires, émissaires d’eaux

53
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

usées, ports, etc.

II.5.2. Moyens de luttes

La stratégie d'intervention consiste à déterminer le plus rapidement possible l'ampleur


de la pollution et les principales caractéristiques des polluants afin d'adapter les moyens de
lutte à la menace. La lutte se fait aussi bien en mer qu'en zone côtière et sur le littoral.

II.5.2.1. Lutte en mer :

Après un déversement de pétrole dans l’océan, différents traitements peuvent être mis
en œuvre pour lutter contre la pollution qui en résulte, sachant que ce sont les premières
heures et les premières actions qui seront déterminantes.

A. Confiner les nappes avant leur récupération : Cette méthode consiste à agglomérer
le polluant et à le rendre plus consistant afin de le récupérer.

 Les barrages flottants : Le barrage doit être mis en œuvre le plus rapidement
possible, tout en respectant un certain nombre de règles. Placé sur un plan d’eau, le
barrage est un dispositif destiné à limiter l’étalement des nappes polluantes. Ce
confinement contribue à épaissir la nappe ou à la dévier vers des zones plus calmes
afin d’en faciliter la récupération. Dans une mer plus agitée on assistera à la
submersion des barrages, qui ne suivront plus l’amplitude de la houle [108]. Ce type de
protection est forcement limité et assez inefficace en général.

 Les produits absorbants : Les produits absorbants permettent de rendre le polluant


plus consistant et de faciliter son pompage. Cette technique est efficace et couramment
employée sur les plans d'eau calmes et dans les ports pour récupérer de petites
pollutions [109].

 Pomper les nappes : Cette méthode demande des navires sophistiqués, conçus
spécifiquement pour cette tâche, et qui sont, par conséquent, très coûteux. De plus, la
[109]
viscosité des produits pétroliers peut compliquer la mission . Le pompage doit se
faire avant une tempête, car après les nappes sont fragmentées et dispersées, ce qui
rend leur récupération quasi impossible.

B. Disperser les nappes inaccessibles : Lorsque les circonstances ne permettent pas de

54
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

récupérer le pétrole, il est préférable d’aider la nature à le disséminer dans la masse


d’eau, par un traitement avec des dispersants. Les dispersants chimiques ont connu des
débuts très difficiles car ils étaient beaucoup trop toxiques pour l’environnement. Ils le
sont moins aujourd’hui. Ils agissent en fragmentant la nappe de pétrole en une myriade
de microgouttelettes. La dispersion augmente considérablement l’interface eau-
pétrole, favorisant ainsi les processus naturels de dégradation du polluant. Mais, la
dispersion du pétrole augmente sa toxicité en le rendant biodisponible dans le milieu
marin. Si les concentrations en polluant dispersé sont faibles, sa biodégradation est
favorisée et l’effet toxique reste modéré. A l’inverse, si la concentration du polluant
est forte, l’augmentation de sa toxicité due à la dispersion peut être inacceptable [111].

C. Réduire l’effet d’émulsion du pétrole : Les désémulsifiants sont des produits


liquides utilisés pour briser les émulsions pâteuses d’eau dans le pétrole. Les produits
pétroliers soumis à une agitation en présence d'eau forment des émulsions par
incorporation de gouttelettes d'eau dans la phase huileuse. Ces émulsions peuvent
contenir jusqu'à 80 % d'eau. Elles se présentent sous l'aspect d'une masse collante,
visqueuse, de couleur marron, d'où son surnom de “ mousse au chocolat ”. Le
traitement des émulsions avec un produit désémulsifiant permet de séparer les
hydrocarbures de l'eau et des débris divers emprisonnés dans l'émulsion, allégeant
ainsi considérablement les opérations de pompage et de transfert du polluant. Après
décantation, le volume de pétrole à éliminer peut être notablement réduit et l’eau de
décantation est rejetée dans le milieu [109].

D. Brûler les nappes en pleine mer : La combustion d’une nappe déplace la pollution de
l'eau vers l'atmosphère. Après un déversement d’hydrocarbure, les composés les plus
légers se volatilisent rapidement, tandis que les molécules plus lourdes persistent en
surface. Lors de la combustion du pétrole, l'évaporation des composés légers est plus
limitée, mais ce sont les plus lourds et les plus toxiques qui sont introduits dans
l'atmosphère. Si la pollution atmosphérique est acceptable, le brûlage peut
théoriquement venir à bout d'une marée noire. Mais pour brûler une nappe de pétrole,
celle-ci doit avoir plus de trois millimètres d'épaisseur, ne pas être émulsionnée avec
un composé non combustible comme l'eau de mer, et il faut également disposer des
[92]
barrages ignifugés permettant de confiner la nappe . Cette solution peut être
efficace pour un pétrole frais, lorsque les produits volatils et hautement inflammables
sont encore présents dans la nappe. Lorsqu’il s’agit de fioul lourd, il est très difficile

55
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

[107]
d’avoir des résultats satisfaisants . En cas de tempête, ce système s’est montré
impossible à mettre en œuvre.

E. Couler les nappes : Couler une nappe, est possible en appliquant du sable ou de la
limaille de manière uniforme pour augmenter le poids de la nappe. La coulée de la
nappe doit se faire de façon horizontale, ce qui n’est pas aisé en haute mer car les
vagues et les remous amènent la nappe à se plier et à se déformer. Le problème de
cette méthode est qu’une fois la nappe au fond de la mer, elle pollue les fonds marins
et à terme, le sable et la limaille traversent la nappe la laissant remonter à la surface,
revenant ainsi au point de départ. [110]

[93]
F. Repérer les nappes par la télédétection : Un projet prometteur : Les
technologies de télédétection contribueront à localiser les zones les plus épaisses d'une
nappe. Plusieurs systèmes fonctionnent déjà aux Etats-Unis et en Europe.

 Des dispositifs à rayons ultraviolets : Ils sont capables d'identifier la présence de


pétrole, dont le pouvoir réfléchissant dans l'ultraviolet est supérieur à celui de l'eau ;
les zones recouvertes de pétrole apparaissent plus brillantes. Malheureusement, les
ultraviolets détectent des films de quelques dixièmes de micromètres d'épaisseur, ainsi
que des reflets dus au vent et au soleil.

 Les systèmes à infrarouges : Ils permettent de détecter les différences de température


à la surface des eaux que produit une nappe de plusieurs dizaines de micromètres
d'épaisseur. Cependant, la chute nocturne des températures altère les images.

 On utilise également le radar : Mais là encore, les résultats sont perturbés par la vie
marine. Le problème majeur de tous ces systèmes est leur incapacité à mesurer
l'épaisseur d'une nappe de pétrole.

 Une autre nouvelle technologie utilise le laser : Le pétrole absorbe la lumière d'un
faisceau laser ultraviolet et émet une fluorescence visible. L'avantage de ce système
est que la fluorescence varie selon la matière qui l'émet, ce qui permet de distinguer le
pétrole des algues ou de tout autre élément flottant à la surface de l'eau.

Porteuses de grands espoirs, la plupart de ces techniques n'en sont pas moins
onéreuses, de disponibilité limitée et de fiabilité encore insuffisante.

56
CHAPITRE II : SOURCES DE POLLUTION MARINE

[109], [112], [57]


II.5.2.2. En zone côtière et sur le littoral :

Quels que soient les moyens mis en oeuvre pour traiter une pollution en mer, les
expériences ont montré qu'une grande partie de la pollution finit toujours par toucher le
littoral.

 Protection des sites sensibles par des barrages: la pose de barrages côtiers est
généralement conçue comme une technique destinée à confiner le pétrole en vue de le
récupérer plus facilement ;

 Utilisation d'absorbants ;

 Nettoyage des plages ;

 Ramassage manuel: par matériels légers et très maniables qui permettent de récupérer le
pétrole dans des zones difficilement accessibles ;

 Restauration des plages ;

 Nettoyage des rochers: à l'aide de jets d'eau chaude ou par produits efficaces et peu
toxiques ;

 Traitement des déchets de pétrole: par la chaux vive.

57
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

Les hydrocarbures algériens ont été nationalises jus(i)17( 758 322()T

58
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

III.1. STATIONS DE PRELEVEMENTS

Manque de moyen et de sécurité, notre étude prend en considération la zone littorale


située au niveau des cinq communes de Ain Zouit, Stora, Skikda, Ben Mhidi et Filfila.

III.1.1. Commune de Ain Zouit

Au niveau de cette commune, on a pris un point assez éloigné de toute sources de


pollution (sauf pollution accidentelle occasionnée par le trafic maritime).

III.1.2. Commune de Stora

Au niveau de cette commune, notre étude prend en considération le port de pêche en


plus de la plage de stora.

III.1.2.1.Le port de pêche

Il se trouve au sud-ouest de la baie de Skikda et à l’ouest des deux ports de commerce,


et exactement entre la longitude est 6°52’56’’ et l’altitude nord 36°54’00’’.

Le port de pêche est soumis à diverses sources de pollutions dont les plus importantes
sont :

 Les rejets opérationnels tels que les fuites d’huiles du moteur et eaux de lavage.

 Les rejets accidentels liées à l’explosion, collision et échouage.

III.1.2.2-La plage de Stora :

Cette plage est située à l’est du port de la pêche, à quelques kilomètres à l’ouest de
l’ancien port. Alors, elle subie une importante pression sachant qu’elle est très fréquentées en
saison estivale.

III.1.3. Commune de Skikda

Les sources de pollutions les plus importantes de la wilaya de Skikda sont localisées
au niveau de la commune de Skikda du fait de la forte concentration de l’industrie.

En effet, notre zone d’étude comprend ; diverses unités et complexes de la zone

59
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

industrielle de Skikda, les deux ports commerciaux (ancien et le nouveau) et l’oued Saf Saf.

III.1.3. 1.La zone industrielle

La zone industrielle de Skikda a été crée par décret n°84/35 du 3 mars 1984 relatif à
l’administration des zones industrielles. Elle a été concrétisée par l’ordonnance 7013 du 22
janvier 1970.

La zone industrielle est située à 4 Km à l’est de la ville de Skikda et s’étend sur une
superficie de 1 200 ha. Elle est bordée au nord par la mer méditerranée, à l’est par la
commune de Ben M’hidi et au sud par la vallée de l’oued Saf Saf et de la commune de
Hamrouche Hamoudi.

Elle regroupe des unités industrielles dans le domaine des hydrocarbures (transport,
raffinage et transformation) dont la gestion est assurée par l’EGZK (Entreprise de Gestion de
la Zone Industrielle).

a- Transport des hydrocarbures liquides et gazeux par canalisation (UTE)

Avec une superficie de 104 ha, l’unité UTE se situe à l’extrême sud de la zone
industrielle.

C’est cette unité qui transporte par canalisation des hydrocarbures liquides et gazeux à
partir des centres du dispatching de haoud el hamra (CDHL) et de hassi R’mel (CNDG) vers
les centres de consommation, de transformation et les ports pétroliers de Skikda.

Les quantités de gaz naturel transportées sont livrées à Sonalgaz et à l’usine de


liquéfaction (GL1K). Le pétrole brut, 15 millions de tonnes/an est livré à la raffinerie de
Skikda (RA1K), le reste est exporté.

Les eaux usées, générées par l’unité UTE qui sont contaminées par les hydrocarbures,
sont dirigées vers un décanteur avant leur évacuation vers oued Sef Saf.

La décantation se fait par gravimétrie, les huiles sont récupérées et stockées dans les
bacs de recyclage.

60
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

b- Liquéfaction et traitement des gaz par le complexe GL1/K

Le complexe GL1/K situé au niveau de la plate forme pétrochimique, à 2,5 km de la


ville de Skikda et s’étend de la rive Est de l’oued Saf Saf jusqu’à l’embouchure sur la mer.

Avec une superficie de 92 ha, il avoisine à l’est le complexe CP1/K, au sud et sud-
ouest des terrains vagues et à l’ouest la Centrale Thermique Electrique (CTE).

Le GL1/K s’occupe essentiellement de la liquéfaction du gaz naturel acheminé de


Hassi R’mel par le pipe.

Utilisant de grandes quantités d’eau de mer (traitée) lors du cycle de production, le


GL1/K génère des eaux industrielles particulièrement chargées en hydrocarbures dont :

Les eaux déshuilées évacuées par le canal de rejet vers la mer (risque de
contamination des eaux pluviales dans le bassin de collecte par une infime partie
d’huile).

Les hydrocarbures, aboutissant des chaînes de production et de l’unité de transport,


sont dirigés vers un décanteur d’une capacité de 800 m3/h. Les huiles récupérées sont
dirigées vers l’école à feu pour les manœuvres de simulation et les eaux sont évacuées
vers l’oued Saf Saf.

c- Transformation des hydrocarbures par le complexe pétrochimique CP1/K

Situé à 5 km à l’Est de Skikda, le complexe CP1/K s’étend sur 54ha. Ce complexe est
composé d’un ensemble d’unités qui sont destinées à la fabrication de produits
thermoplastique de base pour les besoins de l’industrie nationale de la transformation du
plastique et ses dérivés.

Possédant une sous station de traitement des eaux, chaque unité du CP1/K procède à
un prétraitement des eaux de rejets (contaminées durant les diverses phases de production)
puis les évacuent vers la station d’effluents pour subir un traitement complet avant de les
rejeter vers la mer.

d- L’unité POLYMED

Complexe de production de 130.000 tonnes/an de polyéthylène à haute densité


(PEHD), destiné au secteur de la transformation, conditionnements, conduite de gaz et d’eau

61
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

et articles de ménages, à partir de :

 L’éthylène du CP1/K ;

 L’isobutane du GNL ;

 L’hexene de l’étranger.

Les effluents liquides du l’unité PEHD sont jetés vers la mer après traitements
biologiques et chimiques.

e- Raffinerie du pétrole brut (RA1/K)

Le complexe RA1/K, avec une superficie de 190 ha, est situé à l’extrême est de la
zone industrielle. Ses principales activités sont le raffinage du pétrole brut, le traitement du
naphta ainsi que du brut réduit. Les divers produits du RA1/K sont représentés par la figure.

Toutes les eaux de usées de la raffinerie et les eaux du laboratoire sont collectées
(après neutralisation) dans un bassin d’où elles sont transférées, grâce au réseau des eaux
huileuses, vers la station de traitement des effluents liquides du complexe. Après traitement,
ces eaux sont évacuées vers l’oued Marhoun rejoignant l’oued Saf Saf et atteignant finalement
la mer.

III.1.3. 2.Les ports de commerces :

La ville de Skikda assure l’exportation des produits raffinés et du pétrole brut au


moyen de deux ports pétroliers :

a- L’ancien port (le port mixte), qui se trouve au chef lieu de la ville de Skikda, est
situé entre longitude Est 6°54’30’’ et la latitude Nord 36°53’20’’.

b- Le nouveau port, qui se trouve à l’Est de la ville de Skikda et au Nord-Ouest de la


plate forme industrielle, est situé entre longitude Est 6°57’00’’ et la latitude Nord 36°55’53’’.

Afin de faire face aux contraintes d’exploitation et pour conquérir les nouveaux
marchés, SONATRACH a réalisé des postes de chargement en haute mer. Ces postes
permettrent le chargement des navires citernes de 320 000 DWT. Ce qui démontre
l’importance stratégique qu’occupent ces deux ports pour l’évacuation des hydrocarbures.

62
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

Les activités maritimes sont à l’origine d’une proportion importante de la pollution


pétrolière.

Les sources de pollution possibles au niveau des ces deux ports sont :

1. Rejets opérationnels provenant de :

Vidange de cales et le nettoyage des résidus de cargaisons effectué au retour du


navire au port.

Rejets de ballasts : Les pétroliers qui naviguent à vide doivent remplir


certaines de leurs cuves avec de l’eau de mer pour se stabiliser. A l’approche du
port, ils vident leurs cuves et l’eau qu’ils déversent est mélangée de pétrole ou de
fuel. Tous les navires devraient être équipés de séparateurs permettant d’isoler le
pétrole ou le fuel, de le garder à bord et de le décharger à l’arrivée au port dans des
installations de recyclage spécialisées (les stations de déballastage).
Malheureusement peu de navires ont des séparateurs en état de marche, peu de
ports ont des stations de déballastage opérationnelles (il existe une station de
déballastage de 3x500 m3 au nouveau port de Skikda mais les résultats d’un point
de vue traitement des eaux semblent peu satisfaisants) et les capitaines peu
scrupuleux qui déballastent des eaux huileuses en mer sont encore nombreux.

2. Rejets accidentels :

Les accidents des navires citernes sont les source les plus connues de pollution du
milieu marin, les déversements liés à ces accidents sont soudains, occasionnels (explosion,
collision, échouage) avec d’importantes quantités et souvent dévastatrices. Les accidents
survenus au niveau des côtes algériennes entre août 1977 et décembre 2003 sont représentés
dans le tableau III.1.

63
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

Tableau III.1: Accidents signalés au REMPEC entre août 1977 et décembre 2003
qui ont provoqué ou auraient pu provoquer une pollution de la mer algérienne par les
hydrocarbures [1]

Le type de polluant La
Type de
La date Type d’accident déversé ou libéré dans quantité La zone affectée
navire
l’accident (tonne)
Incendie et/ou
31/10/1980 Pétrolier explosion à bord Aucun 0 Côtes est
du navire
L’accident a provoqué une
28/12/1980 Pétrolier Echouage 39 000 Port d’Arzew
libération du pétrole brut
Incendie et/ou
21/06/1981 Pétrolier explosion à bord Aucun 0 Côtes algériennes
du navire
Incendie et/ou
04/06/1986 Pétrolier explosion à bord Aucun 0 Skikda
du navire
Echec de
18/12/1986 Pétrolier transfert de bitume 15 Alger
cargaison
Déversement du carburant
31/05/1987 Pétrolier Du carburant inconnue Côtes algériennes
du navire
Incendie et/ou
22/12/1988 Vraquier explosion à bord Aucun 0 Arzew
du navire
Naufrage du
navire (du à des Déversement du carburant
15/02/1989 pétrolier 1 Skikda
conditions météo du navire
défavorable)
Incendie et/ou
Nord est de
13/04/1989 pétrolier explosion à bord Aucun 0
Bejaia
du navire
Fuites de
15/06/1997 pétrolier Libération du pétrole brut 100 Skikda
pipelines
Incendie et/ou
Navire
17/02/2000 explosion à bord Aucun 0 Côtes algériennes
cargo
du navire
Naufrage du Déversement du carburant Tipaza, ouest
29/01/2003 vraquier 250
navire du navire d’Alger
01/02/2003 pétrolier Echouage Aucun 0 Skikda
01/02/2003 pétrolier Echouage inconnue inconnue Skikda
01/02/2003 pétrolier Echouage Aucun 0 Skikda

64
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

III.1.3. 3.Oued Saf Saf

Prenant sa source dans le sud de la commune d’El Harrouch, l’oued Saf Saf rejoint la
méditerranée au lieu appelé l’îlot de chèvre sur une distance d’environ 60 km, son bassin
versant est de l’ordre de 1165 km2.

En plus du drainage des eaux usées domestiques (des agglomérations d’El Harrouch,
Ramdane Djamel, Salah Bouchaour, Beni Bechir et quelques rejets de la commune de Skikda
par le biais de l’oued Zeramna qui déverse dans l’oued Saf Saf), l’oued Saf Saf est soumis à
plusieurs sources de pollutions tel que les rejets de la raffinerie, les rejets de GL1/K et les
rejets de l’UTE.

Oued Saf Saf

Figure III.2 : vue satellitaire de oued Saf Saf.

III.1.4. La commune de Ben Mhidi

Dans cette zone on a pris la plage du camp de toile, assez proche de la zone
industrielle et qui est caractérisée par un flux assez important des vacanciers en saison
estivale, pour évaluer l’étendue de cette pollution.

III.1.5. la commune de Filfila

Au niveau de cette commune on s’est intéressé à l’embouchure d’oued Righa, malgré


que cette zone est surtout caractérisée par la pollution bactérienne (la plupart des rejets
urbains de la commune de Filfila se déversent dans l’oued Righa). Ce qui nous permet de faire
une comparaison entre les deux oueds (Righa et Saf Saf).

Alors on a localisé en totale 12 sites à travers la wilaya de Skikda et selon la


figureIII.3.

65
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

66
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

67
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

III.2. PRELEVEMENTS ET CONSERVATIONS SELON LA NORME AFNOR T


90-100 : [113]

Le dispositif illustré dans la figure III.4 est recommandé pour le prélèvement des
échantillons d'eau. I1 se compose d'une bouteille en verre fumé, d’une capacité de 250ml,
propre, placée sur un support lesté. On choisit une bouteille à goulot étroit pour qu'elle se
remplisse lentement lorsqu’on l’enfonce dans l'eau. La bouteille doit être préalablement
parfaitement nettoyée comme indiqué suit :

- lavée avec un détergent ;

- rincée sous l'eau du robinet ;

- rincée à l'acétone ;

- rincée au tétrachlorure de carbone (CCl4) pur.

68
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

Ech n°

A : Bouteille d’échantillonnage avec son bouchon

B : support de la bouteille avec son flotteur

FigureIII.4 : Schéma d’un dispositif pour le prélèvement d’échantillon d’eau

69
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

On place dans le bouchon un garnissage en téflon afin d'éviter la contamination et


d’assurer l’étanchéité du flacon.

La bouteille débouchonnée est attachée à un flotteur par une ligne d'un mètre de
long (la figure III.4).

Une seconde ligne de récupération est attachée au flotteur pour permettre de


ramener l’échantillon prélevé à bords du chalutier.

Le dispositif de prélèvement est lancé par dessus bord (à l’avant du chalutier) aussi
loin que possible pendant que le chalutier dérive lentement. La bouteille s'enfonce
immédiatement et se remplit d'eau.

La bouteille qui ne doit pas être complètement remplie afin de pouvoir ajouter le
solvant. La bouteille est alors bouchée, étiquetée, placée dans une glacière puis ramenée
au laboratoire pour effectuer les analyses le plutôt possible.

Quatre vingt quatre échantillons ont été ainsi prélevés, sur une période de sept mois
(de mars jusqu’à septembre 2006) à partir des 12 sites cibles.

III.3. METHODES D’ANALYSE

Les hydrocarbures totaux sont extraits de l’eau avec le tétrachlorure de carbone


(CCl4) comme solvant, l’analyse quantitative des échantillons est assurée par l’analyseur
des hydrocarbures HORIBA OCMA-220 et l’analyse qualitative par spectrométrie
ultraviolet (UV).

III.3.1. Extraction : selon la norme AFNOR T 90-114 [114]

L’extraction des hydrocarbures à partir des échantillons est effectuée selon la


norme AFNOR T 90-114.

Dans une ampoule à décanter de 250 ml, menu d’un bouchon, on introduit 50 ml de
l’eau prélevée à laquelle on ajoute 3 gouttes d’HCl (à 50%) et 5ml du CCl4. Le mélange
est alors agité en secouant l’ampoule pendant 10 minutes, tout en dégazant. On repose
l’ampoule sur le support, on retire le bouchon et on laisse décanter. On constate la
formation de deux phases :

70
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

 La partie inférieure constitue la phase organique.

 La partie supérieure constitue la phase aqueuse.

On récupère la phase organique dans un bécher et on répète l’opération encore deux


fois. Les phases organiques récoltées sont alors séchées en filtrant la solution sur un papier
filtre contenant 1g de sulfate du sodium (Na2 SO4) anhydre.

Cette opération d’extraction est faite pour chaque échantillon, alors on a obtenue au
totale 84 extraits qui contiennent seulement des hydrocarbures totaux et le solvant (CCl4).

III.3.2. Analyse quantitative

Pour ce type d’analyse on a utilisé un analyseur quantitatif d’hydrocarbures de type


HORIBA OCMA-220 (voir figureIII.5).

FigureIII.5: Analyseur d'hydrocarbures de type HORIBA OCMA-220

71
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

 Le principe : [115]

L’analyseur d’hydrocarbures OCMA 220 permet de mesurer les quantités infines


d’hydrocarbures (à l’état de traces) dans les sols et l’eau, et aussi dans les produits finis.

Le principe de la technique repose sur l’absorption d’une gamme d’onde d’une


source infra rouge non dispersive. La gamme considérée est située entre 3,4 et 3,5 µm, et
constitue la bande d’absorption spécifique de tous les hydrocarbures y compris les huiles.
L’appareil mesure donc tous les hydrocarbures rapidement et précisément.

L’OCMA 220 est équipé d’un détecteur pyro-électrique assurant une gamme de 0 à
200 mg/l. Cela élimine les risques dû au changement d’échelle et assure une mesure rapide,
précise quel que soit le type d’échantillon quelle que soit sa concentration.

 Technique d’analyse

Pour l’utilisation de cet appareil il faut tout d’abord l’étalonner (voir l’annexe I)
après on peut faire nos mesures.

On injecte alors une quantité de l’extrait dans la colonne de l’appareil puis on lit la
mesure exprimée en mg/l. les résultats obtenus pour nous échantillons sont présentés dans
le tableau III.3.

III .3.3. Analyse qualitative par spectrométrie ultraviolet [116] et [117]


Les spectres ultraviolets (UV) fournissent généralement moins de renseignements
sur la structure moléculaire de composés organiques comparés aux spectres RMN ou IR.
Néanmoins, on les utilise soit pour une confirmation de la structure, soit pour une
identification grâce à des règles empiriques et à la comparaison avec des spectres
références.

Dans notre cas nous n’avons pas le choix, puisque les spectres IR n’ont rien donnés
et nous n’avons à notre disposition que la spectroscopie UV.

III .3.3. 1. L’obtention d’un spectre UV-visible :

Lorsqu'une substance absorbe de la lumière dans le domaine de l'ultraviolet et du


visible, l'énergie absorbée provoque des perturbations dans la structure électronique des
atomes, ions ou molécules. Un ou plusieurs électrons utilisent cette énergie E pour passer

72
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

d'un niveau de basse énergie E1 à un niveau de plus haute énergie E2. Ces transitions
électroniques se font dans le domaine du visible, de 350 à 800 nm et de l'ultraviolet entre
200 et 350 nm.

Un milieu homogène traversé par de la lumière absorbe une partie de celle-ci ; les
différentes radiations constituant le faisceau incident sont différemment absorbées suivant
leur longueur d'onde, et les radiations transmises sont alors caractéristiques du milieu.

Une onde électromagnétique est régie par deux équations fondamentales, l’une relie
son énergie à la fréquence et l’autre exprime le fait que le produit de la fréquence par la
longueur d’onde est une constante, la vitesse de la lumière dans le milieu dans lequel
l’onde se propage:

c
E  E2  E1  h    
n

Avec:

 E : quantité d'énergie en Joule.

-34
 h : constante de Planck = 6,626.10 J·s

-1
 ν : fréquence de l'onde en s ou Hz

 n : indice de réfraction (n = 1 pour le vide, 1,0023 pour l’air et 1,33 pour l’eau par

exemple)

 c : est la vitesse de la lumière dans le vide (2,998·108 m·s-1)

III .3.3. 2. La loi de l’absorption :

Soit un rayon lumineux monochromatique de longueur d'onde  traversant un


milieu homogène d'épaisseur l. Le taux de décroissance de l'intensité lumineuse en
fonction de l'épaisseur du milieu absorbant est donné par la loi de Lambert :

73
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

I0 Ix I
S D

Source dx Détecteur

Cuve

dIx
  k   dx
Ix

k' : coefficient d'absorption caractéristique du milieu absorbant pour la longueur d'onde


étudiée.

En intégrant entre les limites 0 correspondant à l'intensité incidente Io et l


correspondant à l'intensité transmise I, on obtient :

I I I0 k
 In  In 0  k   l ou log  k  l avec k 
I0 I I 2,303

Avec :

k : coefficient d'absorption,

I
: La transmission,
I0

I
log :absorbance A .
I0

Si le milieu homogène est une solution d'une substance à la concentration molaire C


(exprimée en mol.l-1), absorbant dans un solvant transparent on a alors : k    C

74
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

L’intensité des radiations transmises est donnée par la loi de Beer - Lambert :

I0
log  A   C l
I

 est le coefficient d'extinction molaire. C'est une grandeur intrinsèque d'un


composé dans des conditions données.  dépend de la longueur d’onde utilisée, de la
température et aussi de la nature du solvant, il s'exprime en l.mol-1.cm-1.

l : étant exprimé en cm.

III .3.3. 3. Appareillage :

a - Choix des cuves

Les cuves d’une longueur de centimètre doivent être transparentes à la lumière qui
les traverse. Suivant la nature du matériau utilisé : plastique (polystyrène ou PMMA),
verre ou quartz, le domaine de longueur d'onde utilisable est différent (le prix aussi
d'ailleurs).

Dans notre cas on a utilisé des cuves en quartz avec un domaine de longueur
d’onde de 200 à 800 nm.

b – Choix du solvant

Lorsque l'on travaille dans l'ultraviolet il faut vérifier que le solvant utilisé absorbe
peu. En effet, même des solvants apparemment transparents peuvent absorber dans l'UV
proche. Comme le montre le tableau III.2, l'utilisation des solvants chlorés comme CCl4 ,
CHCl3 et CH2Cl2 ne permettra guère de descendre en dessous de 250 nm.

75
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

Tableau III.2 : Quelques solvants utilisés pour la spectroscopie ultraviolet

Solvant Longueur d’onde pour une cellule de 1 cm (nm)

Acétonitrile 190
Eau 191
Cyclohexane 195
Hexane 201
Méthanol 203
Ethanol 204
Ether 215
Dichlorure de méthylène 220
Chloroforme 237
Tétrachlorure de carbone 257

c- Spectrophotomètre

L'appareil utilisé est un spectrophotomètre double faisceau de type


SHIMATZU 1605 dont le schéma de principe est détaillé dans la figure suivante :

Figure III.6 : schéma de principe du spectromètre UV

La source de lumière S est polychromatique et est donc dispersée à l'aide d'un


réseau A. Le monochromateur B permet ensuite d'avoir un faisceau monochromatique. A
la sortie du monochromateur, un miroir tournant Mt hache le faisceau et l'envoie

76
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

alternativement sur les miroirs M1 et M2, chacun des faisceaux traversant ensuite soit la
cuve de mesure Cm, soit la cuve de référence Cr. Ensuite les deux faisceaux sont envoyés
sur les deux détecteurs à photomultiplicateur.

d - Ligne de base

L'appareil mesure l'absorption sans se préoccuper s'il s'agit de celle de l'air, de la


cuve, du solvant ou du soluté, c'est pourquoi il faut faire un blanc c'est à dire que l'on doit
balayer en longueur d'onde le domaine choisi avec les deux cuves remplies de solvant
(CCl4).

Les deux cuves n'étant pas rigoureusement identiques dans tout le domaine du
spectre, l'appareil va compenser la différence d'absorption. Ce blanc doit se faire avec des
cuves pleines de solvant pour éviter les pertes par réflexions.

e - Bande passante

Le faisceau à la sortie du monochromateur n’est pas rigoureusement


monochromatique. La bande passante correspond à la largeur  du faisceau. Si le réseau
A, le monochromateur B et le détecteur D sont de bonne qualité, on pourra séparer deux
radiations dont les longueurs d'onde diffèrent entre elles d'un nanomètre. Plus l'appareil est
bon marché, plus la bande passante est large.

C'est pourquoi, quelle que soit la qualité de l'appareil, on travaille toujours, quand
c'est possible, sur un sommet et non sur un flanc de bande car, pour une même bande
passante  les variations d'absorbances A sont plus faibles .

III .3.3. 4. Types de bandes d'absorption

a- Définitions :

o Chromophores : ce sont des groupements chimiques insaturés covalents qui

donnent lieu à une absorption dans l'ultraviolet.

o Auxochromes: ce sont des groupements saturés qui, lorsqu'ils sont liés à un

chromophore, modifient la longueur d'onde max et l'intensité du maximum d'absorption.

77
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

b- Les bandes d'absorption.

On distingue 4 types de bandes d'absorption dans les spectres UV des molécules


organiques. Elles sont caractérisées par la longueur d'onde de leur maximum d'absorption
( max ) et par l'intensité de ce maximum.


Orbitales
Etat excité  
n anti-liantes


 
n





Orbitales
 liantes
Etat fondamentale


Figure III.7 : Nature des transitions électroniques

o Bandes R :

  .
 Elles sont dues à une transition électronique n 

 Lorsqu'un hétéroatome, porteur d'électrons libres n, fait partie d'un système


insaturé ou est conjugué avec un tel système, une transition de faible énergie peut
se produire : passage d'un électron n non liant dans une orbitale anti-liante   .

 Caractéristiques de ces bandes R: faible absorption molaire,  max <100.

o Bandes K (Konjugierte) :

  .
 Elles sont dues à une transition électronique  

 Elles apparaissent :

78
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

 dans les spectres de molécules possédant un système de doubles liaisons


conjuguées :

C C C C

double simple double

conjugaison

 dans les spectres de molécules aromatiques possédant des substituants


chromophoriques :

C C

conjugaison

 Caractéristiques de ces bandes K : forte absorption molaire :  max >10 000.

 Bandes B (Benzénoïdes) :

  .
 Elles sont également dûes à une transition électronique  

 Elles apparaissent dans les spectres de molécules aromatiques ou


hétéroatomiques.

 Caractéristiques de ces bandes B :  max <1 000 et structure fine.

 Bandes E (Ethyléniques) :

  .
 Elles sont également dûes à une transition électronique  

79
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

 Elles apparaissent dans les spectres de molécules aromatiques substituées par


des groupements auxochromes: les substituants dits auxochromes sont des
groupements liés au cycle aromatique par un hétéroatome porteur d'électrons libres
n:

O R X

avec X,
un hologène

…et… etc..

 Caractéristiques de ces bandes E : leurs  max varient entre 2 000 et 14 000.

o Remarques diverses :

 S'il n'y a pas de perturbation amenée par la présence d'un hétéroatome ou d'une
conjugaison, tous les composés qui renferment le même chromophore absorbent
pratiquement à la même longueur d'onde.

 Lorsque plusieurs chromophores sont séparés les uns des autres par au moins 2
liaisons, ils se comportent comme des chromophores isolés.

 Par contre, lorsque 2 chromophores sont conjugués, ils se comportent comme une
nouvelle individualité et leurs spectres se trouvent totalement transformé.

 Les substituant chromophores déplacent l'absorption vers les grandes longueurs


d'onde avec normalement une augmentation du coefficient d'absorbance.

80
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

III.4. RESULTATS

III.4.1.Résultats quantitatifs

Le tableau suivant représente les résultats quantitatifs :

Tableau III.3 : Evaluation spatio-temporelle des HCT dans l’eau de mer au niveau
des sites de prélèvement (2006).

S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12 V.L

Mars 2,33 14,33 6,33 9,50 15,93 15,13 25,07 10,83 25,5 7,93 6,53 3,53 20.00

Avril 2,30 14,57 6,60 9,67 16,60 14,83 22,27 10,33 25,33 9,73 6,67 3,5 20,00

Mai 2,37 16,43 6,70 9,90 18,70 20,47 25,47 11,27 20,00 8,8 6,40 3,79 20,00

Juin 2,30 20,30 6,63 10,23 20,07 16,27 28,37 10,17 22,13 8,07 6,80 3,53 20,00

Juillet 2,30 20,03 6,57 12,07 22,67 18,67 25,03 10,63 23,07 7,93 6,43 3,37 20,00

Août 2,33 19,97 6,47 12,97 23,03 19,47 26,00 9,93 22,07 8,00 6,27 3,27 20,00

Septembre 2,37 19,70 6,55 12,77 22,93 19,97 24,37 9,53 21,83 6,50 6,52 3,43 20,00

Moyenne 2,33 17,90 6,55 11,02 19,99 17,83 25,23 10,38 22,85 8,14 6,52 3,49 20,00

A partir de ce tableau on peut tracer les trois figures III.8, III.9 et III.10.

 La figure III.8 laisse apparaître que les variations temporelles des hydrocarbures
totaux au niveau des sept sites sont très significatives et que les valeurs enregistrées
durant tout le cycle d’étude sont conforment à la norme algérienne (V.L) [102].

 La figure III.9 montre que les variations des hydrocarbures totaux sont
significatives. Cependant, durant tout le cycle d’étude, les valeurs enregistrées sont
au dessus de la valeur limite.

 La figureIII.10 représente la valeur spatiale des hydrocarbures totaux qui est


exprimée sous forme de moyennes. Dans cette représentation, seules les valeurs
moyennes des HCT des sites S7 et S9 dépassent la valeur limite.

81
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

22
20
S1

concentration des HCT (mg/l)


18 S3
16 S4
S8
14 S 10
12 S 11
10 S 12
V .L
8
6
4
2
0
M ars A v r il M ai J u in J u i ll e t A o û t S e p te m b r e

FigureIII.8 : variation temporelle des hydrocarbures totaux dans les sites : S1, S3, S4,
S8, S10, S11, S12.

29
28
27
concentration des HCT(mg/l)

26
25
24 S2
23 S5
22 S7
21
20 S9
19 S6
18 V .L
17
16
15
14
13
12
11
10
M ars A v r il M ai J u in J u ille t A o û t S e p te m b r e

Figure III. 9 : Variation temporelle des hydrocarbures totaux dans les sites : S2, S5, S6, S7, S9.

25
concentration des HCT (mg/l)

20

15 HCT
V .L
10

0
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S 9 S10 S 11 S 12 --

Figure III.10 : variation spatial des hydrocarbures totaux (valeurs moyennes)

82
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

III.4.2. Résultats qualitatifs

A partir des spectres UV (voir l’annexe II) nous avons obtenues les résultats
représentés dans le tableau suivant :

Tableau III.4 : Longueur d’ondes maximales des différents échantillons


analysés

Site Période Longueur d’onde  ( nm) Absorbance (A)

283,8 2,723
203,0 0,086
Juillet
257,0 0,052
S1 224,0 0,031
277,0 0,021
Août
257,4 0,055

270,2 0,287
Juillet
212,0 0,029
S2
270,8 0,142
Août
224,0 0,108

Juillet 274,6 0,051


S3
Août 283,4 3,025
285,6 0,088
257,8 0,009
Juillet
211,4 0,006
208,2 0,029
S4
276,2 0,085
224,0 0,111
Août
214,2 0,122
208,0 0,099

Juillet 224,8 0,108


277,4 1,795
S5 254,8 0,059
Août 250,2 0,061
236,2 0,054
224,8 0,103
Juillet 223,0 0,125
S6
Août 212,8 0,169

83
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

271,4 0,031
Juillet 224,4 0,093
S7 214,2 0,142
Août 276,0 1,435

284 0,065
Juillet
223,8 0,138
S8
283,6 0,066
Août 254,4 0,063
224,6 0,105
Juillet 284,0 0,060
S9
276,6 1,284
Août
253,6 0,089
270,4 0,102
Juillet
232,6 0,059
S10
Août 276,0 0,859

Juillet 276,0 1,125


S11 271,6 0,115
Août 224,0 0,059
217,0 0,058
333,0 0,022
Juillet
275,6 0,445
S12
265,6 0,047
Août
216,2 0,092

III.5. L’INTERPRETATION ET DISCUSSION

III.5.1. Interprétation des résultats quantitatifs

L’analyse des résultats obtenus lors du suivi de l’évolution temporelle des


hydrocarbures totaux nous a permis de mettre en évidence une conformité avec les normes
en vigueur, notamment pour les sites S1, S3, S4, S8, S10, S11 et S12.

 Le site 1 : Grande plage (tableau IIi.4, figuresIII.8 et III.10)

Au niveau de ce site on remarque une variation presque constante avec une moyenne
de 2.33mg/l. Ce qui nous permet de mettre en évidence une nette conformité avec la

84
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

norme algérienne. Ça prouve que le site n’est pas contaminé puisqu’il est situé loin de
toute sources de pollution hydrocarbures.

 Le site 2 : port de pêche de Stora (tableauIII.4, figures III.9 et III.10)

Ce site est caractérisé par une variation croissante : de 14,33 mg/l au mois de Mars
jusqu’à 20.30 mg/l au mois de Juin, puis elle reste presque constante pendant le reste
des mois. Cette période est caractérisée par un beau temps ce qui favorise les sorties
des pêcheurs. Et malgré l’intensité des sorties des chalutiers le taux des HCT dans le
port de pêche de Stora ne dépasse pas la norme algérienne.

 Le site 3 : la plage de Stora (tableauIII.4, figures III.8 et III.10)

Au niveau ce site, la variation des HCT est presque constante avec une moyenne de
6,55 mg/l.

Mais si on compare entre la Grande plage et la plage de Stora, on remarque que la


quantité des HCT dans la plage de Stora est plus importante que celle de la Grande
plage. Ça s’explique par l’existence de S1 entre le port de pêche Stora et l’ancien port
qui ne sont pas moins nuisibles.

 Le site 4 : l’ancien port (tableauIII.4, figures III.8 etIII.10)

Ce site est caractérisé par une variation au début croissante de 9,50 mg/l au mois de
Mars jusqu’à 12.97 mg/l au moi d’Août. Malgré que ce port soit caractérisé par des
activités portuaires diverses (transport des hydrocarbures, des marchandises et des
voyageurs), la moyenne des HCT durant cette période (Mars jusqu’à Septembre) est
de 11,02 mg/l et elle ne dépasse pas la valeur limite.

 Le site5 :l’embouchure de oued Saf Saf (tableauIII.4, figures 9 et 10)

Ce site est caractérisé par

 Une augmentation des HCT de 15,93 mg/l au mois Mars jusqu’à 20,07 mg/l au moi
de Juin : pendant cette période le taux des HCT est conforme avec la valeur limite.

 Une augmentation des HCT de 20,07 mg/l au mois de Juin jusqu’à 23,03 mg/l au

85
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

mois d’Août puis la valeur reste constante jusqu’au moi du Septembre : pendant
cette période le taux des HCT dépasse la valeur limite.

Cette augmentation est produite par les différents rejets occasionnés par l’industrie
pétrochimique (rejets de GNL1/K, rejets de RA1/K, rejets de UTE).

 Le site 6 : le nouveau port (tableauIII.4, figures 9 et 10)

Au niveau de ce site les quantités des hydrocarbures sont conformes à la valeur limite
(20 mg/l) sauf pour le mois de Mai qui dépasse la norme algérienne avec 20, 47 mg/l
d’HCT.

 Le site7 : le nouveau quai de chargement des hydrocarbures en haute mer


(tableauIII.4, figures 9 et 10)

Ce site est caractérisé par des quantités d’HCT importantes dépassant la valeur limite.
Ceci est dû au nombre important de pétroliers qui accostent pour charger les
hydrocarbures.

 Le site8 : le rejet de GNL1/K (tableauIII.4, figures 8 et 10)

Au niveau de site la variation des HCT est presque constante avec une valeur moyenne
de 10,38 mg/l qu’elle est en dessous de la valeur limite. Sachant que durant cette
période il y a des arrêts de quelques unités de ce complexe.

 Le site 9 : le rejet de CP1/K (tableauIII.4, figures 9 et 10)

Les taux des HCT, au niveau de ce site, sont au dessus (une moyenne de 22,85 mg/l) de
la valeur limite exigée par la loi algérienne, sachant que CP1/ K est le plus grand
complexe d’activité pétrochimique qui existe à Skikda.

 Le site 10 : le rejet de PEHD (tableauIII.4, figures 8 et 10)

Au niveau de ce site les taux des HCT restent en dessous de la valeur limite car la plus
part du temps cette unité est en arrêt.

86
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

 Le site11 : camp de toile de Larbi Ben M’hidi (tableauIII.4, figures 8 et 10)

La variation des HCT, au niveau de ce site, est presque constante avec une moyenne de
6,52 mg/l, ce qui est conforme avec la valeur limite. Mais si on compare ce site avec le
site S1, qui est aussi prés d’une plage fréquentée par un nombre important de
vacanciers en saison estivale, on remarque une différence qui revient à l’existence de
S11 près de la zone industrielle.

 Le site 12 : Embouchure de oued Righa (tableauIII.4, figures 8 et 10)

Ce site est caractérisé par une variation des HCT presque constante avec une moyenne
de 3,49 mg/l qui est au dessous de la valeur limitée par la loi algérienne. Si on compare
ce site avec l’embouchure de oued Saf Saf on remarque une énorme différence ce qui
confirme que la source polluante oued Saf SAf est la zone industrielle.

A partir de ces résultats on peut établir une carte (figure III.11) représentant la
situation des zones prélèvement :

S1: Grande plage


S2: port de pêche de Stora
S3: plage de Stora
S4:ancien port
S5: embouchure de oued Saf Saf
S6: nouveau port
S7: nouveau quai de chargement des HC
S8: rejets GNL1/K
S9: rejets CP1/K
S10: rejets PEHD
S11: Larbi ben M’hidi (camp de toile)
S12: embouchure de oued Righa

Eau faiblement polluée


Eau polluée
Eau fortement polluée

87
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

Figure III.11 : présentation de la situation des zones de prélèvements


88
CHAPITRE III : ETUDE EXPERIMENTALE

III.5.2. Interprétation des résultats qualitatifs

L’analyse des spectres UV, nous permet de constater la présence de différentes


molécules absorbent entre 270 – 333. Ce qui coïncide avec la bande d’absorption de
certaines composés aromatiques tel que le phénol (  max =270 nm) et d’autre
chromophores aliphatiques. Notons que les mélanges détectés diffèrent généralement par
leurs compositions et leur qualité d’un site à un autre.

89
CONCLUSION

CONCLUSION

Les analyses quantitatives et qualitatives des hydrocarbures totaux dans les eaux
marines superficielles de la zone côtières de Skikda nous ont permis d’établir un
diagnostique préliminaire de l’état des eaux de mer du Skikda. (Tableau ci-dessous)

Tableau : Bilan d’analyses des hydrocarbures dans l’eau de mer du littoral de


la wilaya de Skikda.

Sites 1988à1993* 1998** 2002*** 2003**** 2006*****

Grande plage 2 mg/l / / / 2,33 mg/l

Le port de Stora 2 mg/l 3.91 mg/l / 2,02 mg/l 17,90 mg/l

La plage de stora / / / / 6,55 mg/l

L’ancien port 25 mg/l 1,48mg/l / 2,87 mg/l 11,02 mg/l

Embouchure de oued saf-Saf 18 mg/l / 32,21 mg/l 1,11 mg/l 19,99 mg/l

Le nouveau port / / 33,35 mg/l 1,82 mg/l 17,83 mg/l

Le nouveau quai de chargement


/ / / / 25,23 mg/l
en haute mer

Rejet GNL1/K / / 23,62 mg/l 2.33 10,38 mg/l

Rejet CP1/K 20 mg/l / 69 ,14mg/l 1.738 22,85 mg/l

Rejet PEHD / / / / 8,14 mg/l

Larbi ben M’hidi (camp de toile) / / / / 6,52 mg/l

Embouchure de oued Righa / / / / 3,49 mg/l

V.L 20mg/l

* : Résultats données par l’agence nationale de protection de l’environnement


(ANPE).
** : Résultats données par LEM
*** : Résultats données par S ROUIDI.
**** : Résultats données par D.GUEDDAH

89
CONCLUSION

***** : Résultats données par H.SAKER

D’après ce tableau on remarque durant les cinq séries d’analyses de l’année 1988
jusqu’à l’année 2006, le complexe CP1/K reste toujours le plus important pollueur du
littoral de Skikda malgré les efforts effectués par ce complexe au niveau de la protection de
l’environnement. Suivi de l’embouchure de oued Saf Saf qui représente la décharge de la
Raffinerie (RA1/K), de GNL, du centrale thermique (CTE ) et de RTE.

L’analyse de nos résultats nous permet de constater une croissance notable des
hydrocarbures totaux aux niveaux des différents sites étudiés. Bien Sûre, la zone
industrielle (CP1/K, RA1/K, GNL, CTE, RTE) joue un rôle important dans la
contamination du littoral.

En ce qui concerne la zone portuaire (le nouveau port et l’ancien port) la pollution
est entrain de se déplacer vers le large et exactement aux environs du nouveau quai de
chargement des hydrocarbures (sea-line).

Pour toutes ces raisons, les eaux portuaires et côtières de Skikda et ses environs
présentent de fortes teneurs en hydrocarbures totaux et se trouvent, aujourd’hui, menacées
par une sérieuse pollution due aux hydrocarbures aromatiques et polyaromatiques de plus
en plus croissante.

Alors que, la nécessité de gérer la mer comme source de vie et comme support
d'activités économiques exige une approche multidisciplinaire aux implications multiples.
L’Algérie a besoin aujourd’hui d’une vraie stratégie du littoral avec des points-clés sur
lesquels agir, notamment par :

 La télédétection ;

 Création de zones écologiques protégées ;

 Maîtrise de l’information et des données environnementales ;

 Création de laboratoires spécialisés ;

 Définition des responsabilité et autorités ;

 Du personnels qualifiés, communicatifs, informatifs et motives ;

 Mise en place d’un système de révision/évaluation ;

 Moyens matériels appropriés ;

 Création d’une banque de données environnementales ;

90
CONCLUSION

 Réalisation d’un réseau d’information et de documentation ;

 Institutionnalisation du rapport annuel sur l’état de l’environnement en


Algérie, dont l’élaboration se fera en collaboration avec l’Université, afin
d’actualiser en permanence les divers méthodes d’analyses selon un point de
vue scientifique et technique ;

 Sensibilisation et éveille de la conscience environnementale.

91
Annexe I

L’étalonnage de l’appareil 'oil content analyzer' de type HORIBA OCMA-220.

L’étalonnage de l’appareil est effectué chaque jour, et pour cela il faut suivre les
étapes suivantes :

1) Préparation de la solution étalons

Au moyen d’une seringue on prend 5ppm des hydrocarbures (leur composition est
inconnue), on les met dans une fiole de 100ml et on l’ajuste avec du CCl4. Le mélange
obtenu constitue l’étalon d’une concentration de 50 ppm.

2) Réglage de l’appareil entre 0 et 50 ppm

Pour cela on injecte le CCl4 (le blanc) dans la colonne de l’appareil, on obtient une
mesure x et au moyen d’un bouton on règle cette mesure à 0. Ensuite on décharge cette
colonne pour la remplir par l’étalon afin de régler l’appareil à 50 ppm.

On refaite le teste à blanc (CCl4) si la mesure nous donne le 0 le réglage de l’appareil


est confirmé si non il faut refaire l’étalonnage à nouveau.
Annexe II

PERIODE DE JUILLET
Annexe II

4.0

0.25
Abs
Abs S2
S1
3.0 0.2

0.15

2.0 0.1

0.05

1.0 0.0

-0.05

0.0 -0.1
200.0 220.0 240.0 260.0 280.0 300.0 320.0 340.0 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon 1 nm echantillon 2
0.1
0.05 Abs
Abs S3 0.08 S4
0.025
0.0 0.06

-0.025 0.04
-0.05
0.02
-0.075
-0.1 0.0

-0.125 -0.02
-0.15
-0.04
-0.175
-0.2 -0.06

-0.225 -0.08
-0.25
200.0210.0220.0230.0240.0250.0260.0270.0280.0290.0300.0310.0320.0330.0340.0350.0 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 350.0
echantillon 3 nm echantillon 4 nm
Annexe II

0.14 0.14
Abs Abs
0.12 S5 0.12 S6
0.1 0.1
0.08 0.08
0.06
0.06
0.04
0.04
0.02
0.02
0.0
0.0
-0.02
-0.02
-0.04
-0.04
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon 5 echantillon 4

0.2 0.06
Abs
Abs
0.04
S8
0.175 S7
0.02
0.15
0.0
0.125
-0.02
0.1
-0.04
0.075
-0.06

0.05 -0.08

0.025 -0.1

0.0 -0.12
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon 9
-0.025
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon 4
Annexe II

0.1
0.15 Abs
Abs 0.075
S10
0.125 S9
0.05
0.1
0.025
0.075
0.0
0.05

0.025 -0.025

0.0 -0.05

-0.025 -0.075

-0.05 -0.1

200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon 9 echantillon10

1.1 0.45
Abs Abs
1.0 0.4 S12
0.9
S11
0.35
0.8
0.7 0.3

0.6 0.25
0.5 0.2
0.4
0.15
0.3
0.1
0.2
0.1 0.05
0.0 0.0
-0.1
-0.05
-0.2
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon11 echantillon 12
Annexe II

PERIODE D’ AOÛT
Annexe II

0.1
Abs 0.14
0.08 Abs
0.12 S2
0.06 S1 0.1
0.04 0.08
0.02 0.06

0.0 0.04
0.02
-0.02
0.0
-0.04
-0.02
-0.06 -0.04
-0.08 -0.06
-0.1 -0.08
-0.1
200.0210.0220.0230.0240.0250.0260.0270.0280.0290.0300.0310.0320.0330.0340.0350.0
echantillon 1 nm 200.0210.0220.0230.0240.0250.0260.0270.0280.0290.0300.0310.0320.0330.0340.0350.0
echantillon 2 nm
3.0
Abs
2.8 0.075
Abs
2.6 S3 0.05 S4
2.4
2.2 0.025
2.0 0.0
1.8
1.6 -0.025
1.4 -0.05
1.2
1.0 -0.075
0.8 -0.1
0.6
0.4 -0.125
0.2 -0.15
0.0
-0.175
200.0 210.0 220.0 230.0240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0320.0 330.0 340.0 350.0
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 350.0
echantillon 3 nm echantillon 4 nm
Annexe II

1.8 0.12
Abs Abs
1.6 0.1

1.4 S5 0.08 S6
1.2 0.06

0.04
1.0
0.02
0.8
0.0
0.6
-0.02
0.4
-0.04
0.2
-0.06
0.0
-0.08
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon 5 echantillon 6
1.4
Abs
1.3 0.05
Abs
S8
1.2
0.025
1.1 S7
1.0 0.0
0.9
-0.025
0.8
0.7 -0.05
0.6 -0.075
0.5
0.4 -0.1

0.3 -0.125
0.2
-0.15
0.1
0.0 -0.175
-0.1
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0
echantillon 7 echantillon 8
Annexe II

1.3
Abs
1.2 0.8
1.1 Abs
S9 0.7
S10
1.0
0.9
0.8
0.6

0.7
0.5
0.6
0.5 0.4
0.4
0.3 0.3
0.2
0.1 0.2
0.0
0.1
-0.1
-0.2
0.0
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 350.0
echantillon 9 nm 200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 350.0
echantillon 10 nm
0.05
0.1 Abs
Abs
0.075
0.025 S12
S11
0.05 0.0
0.025
-0.025
0.0
-0.05
-0.025
-0.05 -0.075
-0.075
-0.1
-0.1
-0.125 -0.125
-0.15 -0.15
-0.175
-0.175
-0.2
-0.2
200.0 210.0 220.0 230.0 240.0 250.0 260.0 270.0 280.0 290.0 300.0 310.0 320.0 330.0 340.0 350.0
echantillon 11 nm
200.0210.0220.0230.0240.0 250.0260.0270.0 280.0290.0300.0310.0 320.0330.0340.0 350.0
echantillon 12 nm
Résumé :
La mer constitue la plus importante ressource naturelle et nous fournisse la plus
grande partie de notre alimentation ainsi que l’air que nous respirons. A Skikda cet
espace est utilisé pour le transport maritime, la pêche, les activités touristiques et
industrielles et aussi pour les rejets urbains, et pour le déballastage des navires
pétroliers.
Sous l’effet conjugué de ces différentes formes de pollution, on assiste
aujourd’hui à une grave détérioration des conditions environnementales de ce littoral
par les hydrocarbures.
Notre travail consiste à suivre la pollution marine par les hydrocarbures le long
du littoral de Skikda. Pour cela des échantillons d’eau de mer ont été prélevés entre
mars et Septembre 2006 sur 12 zones de la côte de Skikda et au moyen d’un analyseur
des hydrocarbures et d’un spectroscope ultraviolet nous avons effectué des analyses
quantitatives et qualitatives des hydrocarbures.
Ce processus d’identification du polluant a pour objet la détermination, de façon
aussi précise que possible, la nature et l’origine des hydrocarbures déversés. En
comparant les résultats de l’analyse du polluant et ceux obtenus de l’analyse des
échantillons prélevés sur la source suspecte, on peut déterminer l’identité du délinquant
et le poursuivre.
En effet les résultats obtenus ont montrés l’existence de cette pollution à travers
le littoral de Skikda, avec la présence des hydrocarbures aromatiques.
L’état du littoral de Skikda est devenu alarmant il faut donc agir le plutôt
possible.

Mots clés : Hydrocarbures, analyses , eaux de mer, littoral de Skikda.


Abstract:
The sea constitutes the most significant natural resource and provides us most of
our food as well as the air which we breathe. In Skikda this space is used for the
maritime transport, fishing, the tourist activities and industrial and also for the urban
rejections, and the ballasting of the oil tankers.
Under the combined effect of these various forms of pollution, one attends today
a serious deterioration of the environmental conditions of this littoral by hydrocarbons.
Our work consists in following marine pollution by hydrocarbons along the
littoral of Skikda. For that of the sea water samples were taken between March and
September 2006 out of 12 zones of the coast of Skikda and by means of an analyzer of
hydrocarbons and of an ultraviolet spectroscope we carried out quantitative analyses
and qualitative of hydrocarbons.
This process of identification of the pollutant has as an aim the determination, in
a way as precise as possible, the nature and the origin of poured hydrocarbons.By
comparing the results of the analysis of the pollutant and those obtained from the
analysis of the samples taken on the suspect source, one can determine the identity of
the delinquent and continue it.
Indeed the results obtained showed the existence of this pollution through the
littoral of Skikda, with the presence of aromatic hydrocarbons.
The state of the littoral of Skikda became alarming it is thus necessary to act the
rather possible one.

Key words: hydrocarbons, analyzes, sea waters, littoral of Skikda.


‫ﻣﻠﺨﺺ‪:‬‬

‫ھﺬا‬ ‫ﯾﺸﻜﻞ اﻟﺒﺤﺮ أھﻢ اﻟﻤﻮارد اﻟﻄﺒﯿﻌﯿﺔ ‪ ،‬وﯾﻮﻓﺮ ﻟﻨﺎ ﻣﻌﻈﻢ ﻏﺬاﺋﻨﺎ وﻛﺬﻟﻚ اﻟﮭﻮاء اﻟﺬي ﻧﺘﻨﻔﺴﮫ‪.‬ﻓﻲ ﻣﺪﯾﻨﺔ ﺳﻜﯿﻜﺪة‬

‫اﻟﻔﻀﺎء ﯾﺴﺘﺨﺪم ﻟﻠﻨﻘﻞ اﻟﺒﺤﺮي ‪،‬اﻟﺼﯿﺪ اﻟﺒﺤﺮي ‪ ،‬واﻻﻧﺸﻄﮫ اﻟﺴﯿﺎﺣﯿﺔ واﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ وﻛﺬﻟﻚ ﻟﻠﻨﻔﺎﯾﺎت اﻟﺤﻀﺮﯾﺔ‪.‬‬

‫ﺗﺤﺖ اﻟﺘﺄﺛﯿﺮ اﻟﻤﺸﺘﺮك ﻟﮭﺬه اﻷﺷﻜﺎل اﻟﻤﺨﺘﻠﻔﺔ ﻣﻦ اﻟﺘﻠﻮث ‪ ،‬ﻧﺸﮭﺪ اﻟﯿﻮم ﺣﺪوث ﺗﺪھﻮر ﺧﻄﯿﺮ ﻟﻸوﺿﺎع اﻟﺒﯿﺌﯿﺔ ﻟﮭﺬا‬

‫اﻟﺴﺎﺣﻞ ﺑﺎﻟﮭﯿﺪروﻛﺮﺑﻮﻧﺎت ‪..‬‬

‫ﯾﺘﻤﺜﻞ ﻋﻤﻠﻨﺎ ﻓﻲ إﺗﺒﺎع اﻟﺘﻠﻮث اﻟﺒﺤﺮي اﻟﻨﺎﺟﻢ ﻋﻦ اﻟﻤﻮاد اﻟﮭﯿﺪروﻛﺮﺑﻮﻧﯿﺔ طﻮل اﻟﺴﺎﺣﻠﻲ ﻟﻤﺪﯾﻨﺔ ﺳﻜﯿﻜﺪة‪ .‬ﻟﺬﻟﻚ أﺧﺬﻧﺎ‬

‫ﻋﯿﻨﺎت ﻣﻦ ﻣﯿﺎه اﻟﺒﺤﺮ ﺑﯿﻦ ﻣﺎرس وﺳﺒﺘﻤﺒﺮ ‪ 2006‬ﻣﻦ ‪ 12‬ﻣﻨﻄﻘﺔ ﺳﺎﺣﻠﯿﺔ ﻓﻲ ﺳﻜﯿﻜﺪة‪ .‬وﺑﻮاﺳﻄﺔ ﺟﮭﺎز ﺗﺤﻠﯿﻞ‬

‫ﻟﻠﮭﯿﺪروﻛﺮﺑﻮﻧﺎت و ﻛﺎﺷﻒ اﻟﻄﯿﻒ ﻟﻸﺷﻌﺔ ﻓﻮق اﻟﺒﻨﻔﺴﺠﯿﺔ ﻗﻤﻨﺎ ﺑﺈﺟﺮاء ﺗﺤﻠﯿﻞ ﻛﻤﯿﺔ وﻧﻮﻋﯿﺔ ﻟﻠﮭﯿﺪروﻛﺮﺑﻮﻧﺎت‪.‬‬

‫ﺗﮭﺪف ھﺬه اﻟﻄﺮﯾﻘﺔ ﻟﺘﺤﺪﯾﺪ اﻟﻤﻠﻮﺛﺎت ﺑﻄﺮﯾﻘﺔ ﻣﺤﺪدة ﺑﻘﺪر اﻹﻣﻜﺎن ‪ ،‬طﺒﯿﻌﺔ وأﺻﻞ ﺳﻜﺐ اﻟﻤﻮاد اﻟﮭﯿﺪروﻛﺮﺑﻮﻧﯿﺔ‪.‬‬

‫ﺑﻤﻘﺎرﻧﺔ ﻧﺘﺎﺋﺞ ﺗﺤﻠﯿﻞ اﻟﻤﻠﻮﺛﺎت واﻟﺘﻲ ﯾﺘﻢ اﻟﺤﺼﻮل ﻋﻠﯿﮭﺎ ﻣﻦ ﺗﺤﻠﯿﻞ اﻟﻌﯿﻨﺎت اﻟﺘﻲ اﺧﺬت ﻣﻦ اﻷﻣﺎﻛﻦ اﻟﻤﺸﺘﺒﮫ ﻓﯿﮭﺎ‪ ،‬ﯾﻤﻜﻦ ﺗﺤﺪﯾﺪ‬

‫ھﻮﯾﺔ اﻟﺠﺎﻧﺢ ‪.‬‬

‫ﻓﻲ اﻟﻮاﻗﻊ اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﻟﻤﺘﺤﺼﻞ ﻋﻠﯿﮭﺎ ﺗﺪل ﻋﻠﻰ وﺟﻮد ھﺬا اﻟﺘﻠﻮث طﻮل اﻟﺴﺎﺣﻞ ‪ ،‬ﻣﻊ وﺟﻮد اﻟﮭﯿﺪروﻛﺮﺑﻮﻧﺎت‬

‫اﻟﻌﻄﺮﯾﺔ‪ .‬ﺣﺎﻟﺔ اﻟﺴﺎﺣﻞ أﺻﺒﺤﺖ ﻣﻘﻠﻘﺔ وﺑﺎﻟﺘﺎﻟﻲ ﻣﻦ اﻟﻀﺮوري اﻟﺘﺤﺮك ﻓﻲ أﻗﺮب وﻗﺖ ﻣﻤﻜﻦ‪.‬‬

‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﺮﺋﯿﺴﯿﺔ ‪ :‬اﻟﮭﯿﺪروﻛﺮﺑﻮﻧﺎت ‪ ،‬ﺗﺤﺎﻟﯿﻞ‪ ،‬ﻣﯿﺎه اﻟﺒﺤﺮ ‪ ،‬ﺳﺎﺣﻞ ﺳﻜﯿﻜﺪة‪.‬‬

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