Vous êtes sur la page 1sur 2

populations animales et de leur système d’élevage, qui peuvent être exploités

pour les
valoriser et quelles sont les éventuelles contraintes ?
Au Maroc, la consommation de viande a en effet un fort contenu identitaire et
culturel. Les
marocains, et les musulmans en général, ne mangent que la viande issue d’animaux
abattus
selon des procédures rituelles. D’autre part, manger un bon plat pour le
consommateur
marocain, c’est très concrètement manger un plat à base de viande (viande rouge en
particulier). Ainsi, la viande constitue un produit à double fonction, d’une part une
fonction
purement nutritive, d’autre part symbolique (rituelle, festive et identitaire). Ce double
caractère est constamment présent dans les fondements de la consommation de la
viande au
Maroc. Après les céréales, les produits carnés occupent le 2ème rang dans les
dépenses des
ménages marocains. Par ailleurs, on assiste actuellement à un certain nombre de
changements
qui s’opèrent dans ce pays. D’une part la grande distribution ne cesse de se
répandre dans les
zones urbaines, à grande vitesse, et domine peu à peu les formes de
commercialisation
traditionnelles. Pour le secteur de la viande, ces nouveaux modes de distribution
rompent avec
la convention « domestique » de confiance qui prédominait au travers de la relation
interpersonnelle entre le boucher et son client. Chaque client estimait qu’il
consommait de la
bonne viande, parce qu’il avait un bon boucher. Un nouveau mode de confiance
basé sur
l’étiquetage des produits et l’affichage de l’information est en train de voir le jour.
D’autre
part, le progrès de l’urbanisation et l’occidentalisation des habitudes alimentaires
modifient
sensiblement les modes de consommation des marocains. On assiste ainsi à
l’arrivée de la
découpe dite « parisienne » (ou européenne) dans les boucheries (urbaines surtout)
et des
préparations rapides dans les ménages. De plus, une grande partie des
consommateurs urbains
devient de plus en plus attentive aux questions de qualité de la viande (hygiénique,
diététique,
…) (Foursa, 2001). Cette catégorie de consommateurs demande des produits de
qualité sûre et
constante. Dans cette optique, on s’est posé les questions suivantes :
Quelle place pour l’éleveur traditionnel dans un contexte de commercialisation
de plus
en plus dominée par la grande distribution? Comment se positionne la viande
issue du
système allaitant dans les circuits de commercialisation en mutation ?
Comment la
filière doit-elle se réorganiser en fonction des nouvelles évolutions du marché
? En quoi
ces recompositions affectent-elles l’élevage traditionnel ?
La filière de la viande bovine est une représentation de systèmes complexes qui
conduit à
l'offre de produits animaux aux consommateurs. Son analyse permet de rendre
compte de