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COURS D’HISTOIRE-GEOGRAPHIE 2015 - 2016

PROGRAMME OFFICIEL : HISTOIRE


Partie I : Les relations internationales de 1945 à nos jours

 Le bilan de la deuxième guerre mondiale et ses conséquences

 L’Organisation des Nations Unies

 La formations des blocs et l’évolution de la guerre froide : 1947-1962

 La détente : 1962 -1975

 Le monde en crise : 1973- 1985

 La nouvelle détente : 1985 – 1991

Partie II : La Décolonisation depuis 1945 et l’émergence du tiers monde

 La décolonisation

 L’Emergence du tiers monde dans les relations internationales

Partie III : Madagascar depuis 1945 : décolonisation et recherche d’une voie de développement

 Le processus de décolonisation de Madagascar (1945 -1960)

 La structure et le fonctionnement des institutions sous les différentes républiques depuis 1960

 Les grands traits de l’économie malgache depuis 1945

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PARTIE I : LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1945 A NOS JOURS

BILAN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

La deuxième guerre mondiale s’achève en Septembre 1945 après 6 ans de conflit. L’effondrement de l’Allemagne nazie en Avril
1945 et la capitulation du Japon après le lancement des deux bombes atomiques sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki, ont
marqué la fin de cette seconde guerre mondiale. Cette victoire alliée est cependant très lourde en sacrifice humain et en
destructions matérielles. Ce conflit international a laissé un lourd héritage.

I- BILAN HUMAIN

1) La perte de vie humaine


Avec les évaluations variant de 50 à 60 millions de morts, la deuxième guerre mondiale apparait comme le conflit le plus meurtrier
de l’histoire de l’humanité. L’Europe, avec plus de 30 millions de morts est le continent le plus atteint. D’autant plus, la guerre a
laissé des millions d’invalides, de veuves et des orphelins.

2) Conséquences démographiques
La guerre a également entrainé un déséquilibre démographique:
 La féminisation de la population car les hommes ont été les plus victimes de la guerre.
Exemple. En URSS ; 115 millions de femme pour 94 millions d’homme en 1945.
 Le vieillissement de la population et la diminution de la population active.
 La Seconde Guerre mondiale et son règlement ont donné lieu à des transferts de populations considérables. Ces
déplacements concernent près de 30 millions de personnes : ce sont des gens qui sont transférés dans leur pays
d'origine. Exemple : plus de 15 millions d’allemands sont rapatriés dans leur pays.

3) Bilan moral
L'utilisation des armes destructives durant la guerre, les horreurs et les exterminations des juifs par des nazis, les traitements
inhumains, les kamikazes japonais… ont causé un traumatisme moral important et la dégradation de la conscience humaine.

II- BILAN ECONOMIQUE

1) Le bilan matériel
Conséquence d’une longue guerre, le bilan matériel est considérable. Dans les régions très touchées par les combats, les
destructions des infrastructures sont totales ; immeubles, usines, voie de communication… détruits, champs de culture dévastés.

2) Bilan financier
La guerre a laissé un bilan financier catastrophique, surtout pour les européens. A cause des dépenses colossales durant la guerre
et les emprunts ; l’économie de l’Europe est ruinée, on assiste à l’endettement de nombreux pays européens et leur dépendance à
l’égard des Etats-Unis et des pays neufs.

III- Bilan politique


- La guerre a entrainée l’effondrement des puissances européennes et asiatiques telles que la France, la Grande Bretagne,
l’Allemagne, l’Italie et le japon et la Chine. Ainsi que La modification des frontières en Europe et en Asie
Exemples :
 L'Allemagne perd un quart de sa superficie il diminue de 24 % par rapport à 1937. Il ne couvre plus que 357 000 km² et la
ligne Oder-Neisse devient sa nouvelle frontière avec la Pologne
 Le Japon perd toutes ses dépendances sur le continent asiatique ; La Mandchourie et Formose reviennent à la Chine
 La Corée, redevenue indépendante, est occupée au nord du 38° parallèle par les Soviétiques et au sud par les Etats-Unis
- Au niveau international, la guerre a engendré l’amorce de la décolonisation et la montée des deux supergrands (Etats-Unis-
URSS)

IV- LE NOUVEL ORDRE MONDIAL D’APRES GUERRE


A- Le nouveau rapport de force

1) Le déclin de l'Europe
ème
La Seconde Guerre mondiale consacre au milieu du XX siècle le déclin de l'Europe. En effet, la guerre accélère le processus de
la décadence européenne.
Sur le plan économique, Elle a perdu tous les fondements de sa domination mondiale. Les ruines démographiques, économiques
et financières la placent dans une situation de dépendance totale vis-à-vis des Etats- Unis et des pays neufs comme le Canada,
l’Australie, la Nouvelle Zélande … seuls capables de lui fournir les produits indispensables à la survie et à la reconstruction.
Sur le plan politique, l’Europe n’est plus une puissance dominante. La plupart des pays d’Europe centrale et orientale sont soumis à
l’occupation militaire des alliés et les puissances coloniales sont ébranlées.

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2) L'émergence des deux "Grands"


La nouvelle situation géographique du monde d’après-guerre a été caractérisée par la montée de nouvelles puissances : les Etats
Unis et l’URSS.

a) La confirmation de la puissance américaine


Les Etats Unis sont les principaux bénéficiaires de la deuxième guerre mondiale. Cette guerre a considérablement enrichi ce pays.
D’abord, Leurs production industrielle a doublé de 1939 à 1945. Ensuite, La guerre a engendré une formidable prospérité à ce
pays ; le chômage a presque disparu, le revenu national américain a plus que doublé et le budget de l’Etat fédéral est équilibré. En
plus, la puissance financière, ils possèdent les 80 % du stock d’or mondial et le dollar est devenu une monnaie internationale. Les
Etats unis sont devenus aussi la banque du monde entier : ils sont les seuls capables de financer les reconstructions et les aides
financières après la guerre. Enfin, cette puissance économique va renforcer davantage l’influence internationale des Etats Unis sur
tout le plan diplomatique, militaire, idéologique.

b) La montée de l’URSS
L’économie soviétique a été ruinée par la guerre, mais l'URSS est devenue à la fin de la guerre une grande puissance. La
puissance militaire, surtout la victoire de l’armée rouge sur l’Allemagne Nazi renforce sa place en ce qui concerne politique
internationale. Ensuite, elle a gagné d’immense des territoires et devient l’Etat le plus vaste du monde. En plus, Leur influence
idéologique conduit à une domination de nombreux pays de l'Europe de l'Est.
Grâce à sa puissance militaire et idéologique, l’URSS est devenu un « super grand ».

B - La nouvelle réorganisation politique mondiale.

La nouvelle géographie mondiale a été définie lors d'une série de conférences qui se sont déroulées à partir de 1943 entre le trois
principaux pays alliés (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni). Ces conférences ont pour but essentiel de s'entendre sur une
réorganisation du monde après la guerre.

1) les bases de la réorganisation politique mondiale.


a) La Conférence de Yalta 4-11 Février 1945
C’est la deuxième conférence tripartite après Téhéran en 1943. A ce moment-là, l’Allemagne était presque battu.
Elle rassemble Staline (l'URSS), Roosevelt (Etats-Unis) et Churchill (pour le Royaume-Uni). A Yalta, les vainqueurs ont conclus
notamment
- les modalités d'occupation de l'Allemagne et la division de ce pays en 4 zones d’occupation,
- les principes politiques et démocratiques qui doivent être établis en Europe et dans le monde après la guerre ; la
nécessité d’organisation d’élection libre en Europe et l’adoption des grandes lignes de la future ONU.
-
b) La Conférence de Potsdam ; du 17 juillet au 2 août 1945
Elle réunit Staline, Truman et Attlee. Elle consiste à préciser et de mettre en œuvre les accords de Yalta et pour fixer le sort des
ennemis des forces alliées après la capitulation de l’Allemagne (8mai 1945). Les questions de l'occupation de l'Allemagne, les
modifications territoriales, les réparations de guerre, et de la dénazification sont définitivement réglées. La conférence de Potsdam
marque la séparation de l'Allemagne en quatre zones distinctes, sous la surveillance des puissances occupantes : Union
soviétique, États-Unis, Royaume-Uni et France.

c) Les modifications territoriales


Elles sont très importantes en Europe. L'URSS retrouve à l'ouest des territoires perdus pendant la révolution de 1917. L'Italie cède
des territoires à la Grèce et à la Yougoslavie…
D'autres modifications dans le reste du monde : L'Italie perd ses colonies africaines, le japon perd toutes ses dépendances sur le
continent asiatique…

2) Les bases de la reconstruction de l’économie mondiale


 Les accords de Breton Woods en 1944 consiste à mettre en place un nouveau système monétaire internationale
.Pour assurer la stabilité monétaire et pour faciliter la circulation des capitaux, Le dollar, la seule monnaie convertible
en or depuis 1945, est promue monnaie internationale.
 Une coopération monétaire mondiale est créée avec la mise en place du Fond Monétaire International (FMI). Installé
à Washington. Il joue un rôle de stabilisateur à l'égard des monnaies et accorde des prêts aux pays connaissant des
difficultés passagères.
 Une Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) ou Banque mondiale est mise en
place. Elle sera chargée d'aider les pays dévastés par la guerre (elle aide aujourd'hui les pays en voie de
développement).
 Pour la réorganisation des échanges, les accords GATT en 1947 consiste à mettre en place le libre-échange.

Conclusion
En bref, le monde sort de la deuxième guerre mondiale avec d’importantes hécatombes humaines, d’énormes pertes matérielles et
économiques. Grace à la guerre ; les Etats Unis et l’URSS sont devenus des puissances dominantes dans tous les domaines. Ces

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pays vont dominer les relations internationales de l’après-guerre. Cependant, le nouvel ordre d’après-guerre n’a pas empêché le
désaccord entre les pays vainqueurs.

L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES

Introduction
Après l’échec de la SDN qui n’a pas pu empêcher la seconde guerre mondiale, les vainqueurs ont décidé de crée l’ONU. C’est une
organisation internationale d’États nations fondée en 1945, dans le but d’assurer la paix, la sécurité et la coopération
internationales.

I- LES ETAPES DE LA CREATION DE L’ONU


1) Les phases durant la guerre
 Charte de l’Atlantique (Août 1941) ; Elaborée par Roosevelt et Churchill, proposant l’établissement « un système plus
vaste et permanent de sécurité ».
 La Déclaration des Nations unies, signée en janvier 1942, par les représentants les nations alliées, prévoit la mise en
place d’un « système de paix et de sécurité »
 La conférence de Téhéran en 1943 lancé par les 3 grands (Roosevelt, Churchill, Staline), insiste sur la nécessité
d’établir une « paix durable dans le monde »
 La conférence de Dumbarton Oaks (septembre-octobre 1944), Les travaux de la conférence aboutissent à un projet de
charte.

2) Les étapes d’après-guerre


 La conférence de Yalta (4-11 Février 1945) consiste à adopter des grandes lignes de la future ONU
 La charte de San Francisco le 26 Juin 1945. : signature de la charte de l’ONU par les 51 pays membres fondateur de
l’organisation.
 Adoption de la charte des Nations Unies le 28 Octobre 1945

II- LES OBJECTIFS ET PRINCIPES DE L’ONU


1) Dans le domaine de maintien de l’ordre
 Maintenir la paix et la sécurité internationale : résoudre les conflits par la négociation avant d’une éventuelle intervention
armée des casques bleus.
 Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droit des peuples et
de leur droit à disposer d’eux-mêmes.

2) Dans le domaine économique et social


 Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, culturel et
humanitaire
 Développer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
 Constituer un centre ou s’harmonisent les efforts des nations vers des fins communes

3) Les principes de l’ONU


Les grands principes mis en avant dans la Charte de l'ONU sont les suivants :
 l'égalité souveraine de tous les Etats, quelques soit leur taille ou leur puissance
 la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque pays
 le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
 le règlement pacifique des litiges entre les pays.

III- STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DE L’ONU


L'Organisation des Nations Unies est un ensemble complexe d'organismes internationaux, chacun ayant un rôle bien précis :
 l'Assemblée générale : organe délibératif qui se réunit ordinairement une fois par an et examine toutes les questions
relevant de la charte.
 Le secrétariat général : il s’occupe de l’administration et assure le bon fonctionnement de l’organisation. Il est placé sous
la responsabilité du Secrétaire général, élu pur un mandat de 5 ans.
 Le Conseil de Sécurité : il est chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationale. il est formé de 15 membres
dont 5 membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, URSS) disposant d'un droit de veto. Les 10
autres membres du Conseil de Sécurité sont élus par l'Assemblée générale pour 2 ans. Les membres permanents
disposent chacun d’un droit de véto.
 La Cour internationale de justice c’est l’organe judiciaire de l’ONU. Elle est chargée de régler les conflits juridiques entre
les Etats membres.
 Conseil de tutelle : il est chargé du contrôle de l’administration des territoires non autonome.

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 Le Conseil économique et Social : également élu par l'Assemblée générale pour 3 ans, Il coordonne les activités
économiques et sociales. De nombreux organes connexes et d’institutions spécialisées sont placés sous son égide pour
atteindre les objectifs de l’ONU.
 Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) II coordonne des actions permettant d'améliorer
les niveaux de développement des pays pauvres.
 UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) Elle assure le développement de
l’éducation, de la culture, de la communication, de l'éducation, et des sciences sociales et humaines.
 FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l’agriculture) elle est chargée de régler les problèmes
alimentaires.
 OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'UNICEF (Fonds de Nations Unies pour l'Enfance) consistent d'amener
tous les peuples au « niveau de santé le plus élevé possible ».
 La Banque Mondiale : a pour objectif de réguler les désordres monétaires internationaux…

IV- LE BILAN DE L’ONU


L’ONU a pour mission essentielles le maintien de la paix, de la sécurité internationales, et les actions humanitaires.

1) Les actions en faveur de la paix et de la sécurité.


Les actions peuvent être diplomatiques ou militaires.
a- Efficacité
Les interventions de l’ONU sont relativement positives car elle a résolu de nombreux problèmes
- Dans le domaine de la prévention, elle a multiplié des actions pour faire régner la paix. Ses succès se manifestent par la
mise sur pied des forces d’urgences appelés casques bleues. Par exemples la résolution armée lors de la guerre opposant
l’Iran et l’Irak en 1988, la guerre du golfe en 1991(tempête de désert), la guerre civile au Mozambique entre 1992-1994 et au
Somalie entre 1992-1995…
- L’ONU a réussi avec succès le rôle de médiateur important. Exemple : la détente entre les USA et l’URSS entre 1985 à
1989, le rapprochement des belligérants au Congo en 1997…
b- Echec

L’ONU a échoué dans certaines entreprises :


- le monde n’a connu une année de paix depuis la création de l’ONU. Tout au long de la guerre froide, il était dans
l’impossibilité de d’œuvrer réellement la sécurité collective car les deux grands mènent le jeu. Aujourd’hui, de nombreux
conflits et menace de paix se localisent toujours à travers le monde. Exemple : la guerre civile, la montée de terrorisme…
- La médiation, les résolutions et suggestions de l’ONU ont été rarement appliqués et parfois source de nouveaux conflits.
Exemple ; la partage de la Palestine en 1949 a déstabilisé la région du proche orient, la résolution 242 en 1967 lors des
conflits israélo arabe a aggravé la situation, l’intervention en Angola entre 1989 à 1997 a ravagé le pays…
- L’ONU n’arrive pas à assurer le désarmement.
- A cause du droit de véto, il n’intervient qu’après les accords des grandes puissances.

2) Les actions sur le plan économique et social


Le conseil économique et social s’occupe notamment l’aide au pays pauvres.
a- Efficacité
Plusieurs actions de l’ONU sont couronnées de succès. Dans le domaine économique et social, l’ONU a pu résoudre plusieurs
problèmes ; réduction de nombre des analphabètes (UNESCO), résolution de la famine dans plusieurs régions du globe (FAO),
l’accès de nombreuses personnes à l’emploi (OIT), l’accès de nombreux pays développement (PNUD)… en plus elle a pu imposer
le respect du droit de l’homme…
b- Echec
L’inefficacité de l’ONU se présente sous plusieurs aspects. Les échecs de ses organismes s’explique plus clairement à partir de la
persistance des problèmes internationaux ; la faim, l’ignorance, le chômage, l’existence de plusieurs sortes de maladies dans le
monde ; paludisme, cholera …

3) Le rôle de l’ONU dans la décolonisation et l’aide au Tiers-monde


L’ONU a favorisé l’émancipation et l’indépendance des territoires sous-tutelle et colonisés par les Européens
- Elle joue un rôle dans le processus de décolonisation : le 16 décembre 1956, l’Assemblée générale proclame le droit des
territoires colonisés et sous tutelle à disposer d’eux même.
- Le 14 décembre 1960, l’ONU devient une tribune de l’anticolonialisme car elle a favorisé le mouvement d’émancipation.

Conclusion :
En bref, l’ONU a déjà accompli, en un peu d’un demi-siècle, une œuvre considérable. Prenant un caractère universel, son rôle n’est
pas limité seulement au maintien de la paix et de la sécurité internationale. Ses tâches planétaires sont d’une importance capitale
dans la mesure où elle a aussi joué un rôle capital dans la décolonisation et aide au tiers monde. L’œuvre de l’ONU se traduit aussi
par des tentatives d’intégration économique et sociale, dans l’espoir de réaliser l’unification politique du globe. Cependant, les
problèmes de fonctionnement, et le problème politico-financier entrainent ses multiples échecs. .

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LA FORMATION DES BLOCS ET L’EVOLUTION DE LA GUERRE FROIDE: 1947-1962

Introduction
Après la deuxième guerre mondiale, la grande alliance s’arrête vite. Les relations entre les Etats - Unis et l’URSS se détériorent et
entrainent un face à face dangereux entre les deux blocs rivaux. Un système bipolaire s’installe dans le monde : Le « bloc de
l’Ouest » ou bloc capitaliste dirigé par les Etats Unis et le « bloc de l’Est » ou bloc communiste sous l’égide de l’URSS.
Définition
La guerre froide est une guerre indirecte ou interposé, sans affrontement armée directe entre les Etats-Unis et
l’URSS. Elle se manifeste par : l’affrontement idéologique, la course aux armements et les grandes crises
internationales.

I- LES ORIGINES DE LA GUERRE FROIDE

1) La rupture de la grande alliance depuis 1945


L’escalade de la méfiance depuis la conférence de Potsdam entre les deux supergrands a été l’une des causes fondamentales de
la rupture de la grande alliance entre eux.
D’une part, Les Etats Unis craignent :
- L’expansion du communisme ou la « satellisation politique » contre l’idéologie libérale des Etats-Unis.
- La stalinisation du monde oriental et l’imposition du communisme en Europe de l’Est par l’URSS.
- Le non-respect des accords de Yalta et de Potsdam par l’URSS qui a entrainé la division de l’Europe en 2 « rideau de fer »
De son côté, l’URSS :
- Redoute le monopole nucléaire américain et s’inquiète de la réaction américaine avec la rupture de la coopération
économique ; « prêt bail » pour la reconstruction après la guerre.
- L’adoption de l’attitude anti- communiste des Etats Unis.

2) La rupture de 1947
Les divergences fondamentales entre les deux supergrands se précisent lorsque les Etats Unis utilisent l’arme
économique pour freiner l’expansion du communisme.

a) La Doctrine de Truman : Mars 1947


La poussé communiste inquiète de plus en plus les américains, les pays libérés par l’armée rouge sont tous devenus
des démocraties populaires et les partis communistes s’organisent partout. Face à cette situation, le 12 Mars 1947,
Harry Truman ; président américain, propose une aide financière et militaire à tous les pays qui veulent se défendre
contre le communisme. « C’est la politique d’endiguement ». Plus tard le 5 juin 1947, le général Marshall, secrétaire
d’Etat américain, propose à tous les pays Européens, y compris l’URSS l’aide américaine (plan Marshall)

b) Les réactions soviétiques


Staline craint que les américains exercent une pression politique sur l’Europe rejette le plan Marshall et oblige tous les
pays communistes à refuser l’aide américaine. La rupture totale entre les pro-américain et les communistes est
consommé en Octobre 1947 lorsque l’URSS adopte la doctrine e Jdanov « le monde est divisé en deux dont toute
entente n’est plus possible »

3) La bipolarisation : la formation des blocs

A partir de 1947, le monde est désormais divisé en deux blocs :


 Le bloc capitaliste à l’OUEST dirigé par les Etats-Unis.
 Le bloc communiste à l’EST sous l’égide de l’URSS.

BLOC DE L’OUEST BLOC DE L’EST


Chef de file Etats- Unis URSS
Membres les Etats-Unis et ses alliés L’URSS et ses alliés
Idéologie Capitaliste Communiste ou Socialiste
Il adopte la Démocratie libérale fondée
Il adopte la « démocratie populaire » basé sur le
Système politique sur le pluralisme politique, l’existence de
monopartisme.
plusieurs formes de liberté.
Système il adopte le libéralisme économique : les communistes adoptent le dirigisme
économique libre échange, libre concurrence… économique
O.E.C.E (1948), C.E.C.A (1951), C.E.E
le CAEM ou COMECON, qui est chargé de
(1957) et des accords
Alliance économique coordonner les économies des pays
économiques comme le : F.M.I, G.A.T.T
communistes.
ont été créés.
OTAN : 1949, l’ANZUS :1951, OTASE :
1954, le pacte de Bagdad (1955)… Les
le pacte de Varsovie, créé en 1955 est
Alliances militaires pays signataires s’engagent à s’aider
l’organisation militaire du bloc
mutuellement en cas d’agression
communiste
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II- Les affrontements des blocs


Après 1947, les deux superpuissances sont au bord du conflit. Mais les affrontements directs paraissent dangereux
lorsque l’URSS commence à disposer d’arme nucléaire en 1949. Les deux grands se combattent alors par
adversaires interposés ; c’est la guerre froide.

A- La période des grandes crises : 1947 - 1953


Cette période a été marquée par des vifs affrontements entre les deux blocs, surtout en Europe et en Asie.
1) La guerre froide en Europe.
a- Le coup de Prague : Février 1948.
En Tchécoslovaquie, le gouvernement socialiste se divise sur l’offre du Plan Marshall. Le président Benes était
favorable à l’aide américaine, or la réaction de l’URSS fut hostile à l’égard de ce plan. En février 1948, l’armée rouge
de l’URSS intervient avec vigueur en Tchécoslovaquie pour renverser le président Benes et de remettre en place
l’ordre communiste.

b- La première crise de Berlin: juin 1948-mai 1949


En février 1948, les Occidentaux décident d’unifier leurs trois zones d’occupation en un État souverain Ouest-allemand lors de la
conférence de Londres, en juin 1948. Pour protester contre cette réunification Staline déclenche le « blocus terrestre total de
Berlin ». La réaction des Etats Unis est immédiate avec la mise en place d’un « pont aérien » pour assurer le ravitaillement de
Berlin Ouest. Finalement, Staline abandonne le blocus en mai 1949.
 La division de l’Allemagne en deux.
La division de l’Allemagne est confirmée en 1949 après une année de tension. La RFA, affilié au bloc de l’Ouest est crée en Mai
1946 et la RDA, affilié au bloc de l’Est en Octobre 1949.

2) La guerre froide en Asie (Extrême Orient)


a- La guerre civile en Chine 1949
C’est une guerre entre les communistes dirigés par Mao Tse Toung et les capitalistes dirigés par Tchang Kaichek. Après la victoire
des communistes, la république populaire de Chine est proclamée Le 1 er Octobre 1949. La Chine a conclu un « traité d’assistance
et d’amitié mutuelle »avec l’URSS.

ere
b- La guerre coloniale d’Indochine : 1946 - 1954 (1 guerre d’Indochine)
La guerre coloniale des indochinois contre les français, se dégénère en une crise de la guerre froide. Depuis 1950, la
France, aidée par les Etats-Unis mène un combat difficile contre les indochinois, appuyé par la Chine et l’URSS. Elle
subit une défaite décisive à Dien Bien Phu en Mai 1954. L’armistice de Genève du 20 Juillet 1954 marque la fin de
cette guerre. Elle consacre à l’indépendance de l’Indochine et la partition du Viet Nam en deux états au 17é parallèle
Nord ; le Viet Nam du Nord (Communiste) et le Viet Nam du Sud (Capitaliste).

c- La guerre de Corée : 1950 - 1953


Après la deuxième guerre mondiale, la Corée est divisé en deux états au niveau du 38é parallèle Nord : La Corée du
Nord : communiste et la Corée du Sud capitaliste. Le 25 Juin 1950, l’armée Nord-coréenne soutenue militairement par
la Chine, appuyé matériellement par l’URSS a envahi la Corée du Sud. Devant cette situation, les Etats Unis décident
d’intervenir en Corée par l’envoi d’une force armée internationale au nom de l’ONU pour aider les sud-coréens. Après
3 ans de guerre, qui a failli planer un grave risque nucléaire, l’armistice de Pan Mun Jon signé le 22 Juillet 1953,
consacre une paix entre les deux Corée et la fin de la guerre.

B- Le dégel : 1953 - 1962 (La marche vers la détente)


Introduction :
La mort de Staline a marqué la première étape du dégel dans les relations Est - Ouest. La volonté des Etats Unis et de l’URSS,
acteurs de la guerre froide, de chercher un équilibre dont le rapport de force aboutit progressivement à une détente incertaine :
c’est la coexistence pacifique.

I- LES ORIGINES DU DEGEL

1) Changement des dirigeants des deux supergrands.


- Après la mort de Staline le 05 Mars 1953, Nikita Khrouchtchev accède au pouvoir et adopte une attitude plus souple à l’égard
des occidentaux et la déstalinisation.
- Aux Etats Unis, D.W Eisenhower succède à Truman. Il adopte aussi une attitude diplomatique plus ouverte aux communistes
malgré la fermeté de son opposition au communisme. Il a abandonné le Maccarthisme (propagande anti - communiste lancé
par le sénateur Mc Cathy en 1950)

2) La nouvelle orientation politique extérieure soviétique


e
- Adoption de la coexistence pacifique. C’est une politique lancé par Khrouchtchev le 14 Février 1956, lors du XX congrès
du PCUS. Il s’agit de maintenir des relations pacifiques tendant à la paix entre les deux superpuissances. « Communisme et
capitalistes restent rivaux mais la concurrence doit être pacifique ». Le KOMINFORM est dissout.
- L’équilibre de la terreur ou « la paix par la peur », constitue un fondement capital de la marche vers la détente. Pour éviter
la destruction mutuelle assurée, les deux superpuissances se livrent à une politique d’équilibre. En effet, elles ont des
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arsenaux nucléaires capables de détruire le monde : « overkilling capacity ». par conséquent, les deux camps adverses sont
condamnés à s’entendre et à être partenaire.

3) L’émergence du Tiers monde


La prise de position du tiers monde qui se réunit à Bandung en 1955 condamne la domination des deux grands et revendique la
paix durable dans le monde.

4) Les difficultés économiques de chaque bloc


Les Etats-Unis, concurrencé commercialement par le Japon et les européens cherchent à élargir leurs débouchés. L’URSS
cherche également à relancer son économie.

II- LES REALITES DU DEGEL


1) Le règlement des conflits en Asie
La guerre de Corée et celle d’Indochine ont pris fin respectivement en juillet 1953 et en juillet 1954 grâce à la suite des accords
entre les deux blocs.

2) Les échanges de visite entre chefs d’état


Les échanges et les visites témoignent le rapprochement des deux « supergrands ». Ils cherchent à enterrer les « haches » de la
guerre froide. Elle se manifeste par :
- La reprise de dialogue entre les deux grands lors de l’arrivée de Khrouchtchev et Eisenhower au pouvoir.
- La visite de Khrouchtchev aux Etats Unis en septembre 1959 et en France en mars 1960.
- La rencontre Kennedy - Khrouchtchev à Vienne le 3 juin 1961.

3) La concurrence économique et technologique.


Grace à l’adoption de la coexistence pacifique, les deux grands ont abandonnées provisoirement la course aux armements et les
affrontements armés, au profit de la concurrence économique et technologique. En effet ils s’affrontent de nouveau avec la
conquête de l’espace.
Exemple : En 1957, l’URSS lance le premier satellite artificiel Spoutnik, le 12 Avril 1961, Youri Gagarine devient le premier homme
dans l’espace. Les américains n’arriveront pas à riposter que dans les années 60.

III- LES LIMITES DU DEGEL


En réalité le bilan de la coexistence pacifique est négatif, et le désaccord se généralise malgré le rapprochement diplomatique des
deux blocs. La persistance des crises internationales attestent cela. D’une part les crises inter- communistes à causes de la
déstalinisation et d’autre part les crises dans les relations Est - Ouest.

1) Les crises internationales entre 1956 à 1962


a) La crise de Suez : 1956
La nationalisation du canal de Suez par Nasser, président Egyptien, est à l’origine des hostilités entre l’Egypte et le Royaume-Uni
et la France. Ces derniers ont mené conjointement une opération militaire avec l’Israël contre l’Egypte. Mais en décembre 1956,
cette opération fut stoppée par la menace soviétique et la pression américaine.

b) La deuxième crise de Berlin : 1958 - 1961


 Le rebondissement du problème allemand : 1958
En 1958, Khrouchtchev remet en cause le statut quadripartite de Berlin et exige le retrait occidentale de Berlin Ouest et proposent
de transformer Berlin en une ville libre et démilitarisée.
 La construction du mur de Berlin : Aout 1961.
Après le refus de la proposition soviétique par les américains, Khrouchtchev fait construire un mur infranchissable de 113 km entre
les deux parties de la cité dans la nuit du 13 août 1961 pour empêcher l’exode des allemands de la RDA vers la RFA et pour
séparer définitivement la ville.

c) La crise de’ Cuba : 1962


La crise des fusées de Cuba marque l’apogée des crises de la guerre froide. En effet elle a failli éclater la troisième guerre
mondiale. Cuba devient un pays communiste depuis 1959 ou Fidel Castro a pris le pouvoir après avoir chassé le dictateur pro-
américain Batista.
Devant les hostilités des américains, Cuba se rapproche de l’URSS. Vers mi - Octobre 1962, les soviétiques installent à Cuba des
rampes de lancement de fusées nucléaire pointée vers les Etats-Unis. Devant cette menace, Kennedy adopte le blocus de l’ile pour
empêcher l’arrivée d’armement atomique soviétique et exige le retrait des fusées. Craignant l’affrontement direct, Khrouchtchev
cède le 26 et le 27 Octobre, et retire les missiles. En contrepartie, les Américains devraient s’engager à ne pas renverser le régime
cubain et à retirer leurs missiles nucléaires installés en Turquie, pointés vers l’URSS. Le 28 octobre, Kennedy accepte ce
compromis in extremis.

Conclusion :

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De 1947 à 1962, on assiste à la première guerre froide entre les 2 blocs. Cette période de tension était marqué par deux phases ;
la période des grandes tensions : 1947 -1953 et le dégel entre 1953 -1962. Après la crise de Cuba de 1962, les deux
superpuissances privilégient la discussion, même si elles ne renoncent pas à la dissuasion nucléaire.

LA DETENTE : 1962-1975

Introduction
Au lendemain de la crise de Cuba qui a failli éclater la guerre nucléaire, les Etats Unis et l’URSS s’efforce d’éviter ce type de
confrontation majeure. N’étant pas disposé à la guerre, ces superpuissance tentent d’améliorer leur relation et de promouvoir la
détente.

I- LES FACTEURS DE LA DETENTE


1) La prise de conscience des deux grands face aux risques nucléaires
Face aux potentiels dangers que représentent-leurs armements nucléaires comme la Bombe A, Bombe H, armements nucléaires
tactiques… en cas d’affrontements, les deux grands ne veulent pas prendre des risques irrémédiables et se livre à une politique
d’équilibre. Pour établir cet équilibre, l’un et l’autre sacrifie des budgets militaires qui pèsent sur l’économie du pays.

2) Les difficultés de chaque bloc


a- Pour les Occidentaux
Le leadership américain est contesté au sein du bloc. La France de Charles De Gaulle affirme son émancipation vis-à-vis des
américains. Dès 1960, il lance l’armement atomique (Bombe H en 1960, Bombe H en 1968) et améliore ses relations avec les pays
de l’Est (Voyage en URSS, reconnaissance de la Chine en 1964). En plus, La France se retire de l’OTAN en 1966.

b- Pour le bloc de l’Est


La domination soviétique est sérieusement secouée par les satellites de l’URSS après la déstalinisation. Le divorce sino-soviétique
amorce la division du bloc. Les démocraties populaires sont maintenues dans la sphère d’influence soviétique au prix de grandes
difficultés. Des pays du Tiers monde sont attirés par l’exemple chinois.

3) Le poids du non-alignement
Les pays non alignés issue de la conférence de Belgrade en 1961 proclament leurs neutralités vis-à-vis des blocs. Leur nombre ne
cessent d’augmenter et ils réclament le droit de tous les peuples à l’indépendance et un Nouvel Ordre Economique International.

4) L’intérêt économique
Pour relancer son développement, l’URSS a besoin d’importer des produits et des équipements de l’occident. Pour les Etats Unis
et les pays occidentaux, l’URSS et les pays de l’Est constitue un vaste marché.

II- LES REALITES DE LA DETENTE


1) La négociation et la dialogue entre les deux grands
Au lendemain de la crise de Cuba, les États-Unis et l’URSS décident de se rapprocher. Dès juin 1963, le « téléphone rouge » ;
assure la liaison permanente entre le Kremlin (Moscou) et la Maison Blanche (Washington) leur permet de se concerter
directement pour éviter d’éventuelle conflit. En plus, la détente est marquée par des visites réciproques entre les chefs
d’état comme la visite de Nixon à Moscou en 1972 et celle de Brejnev à Washington en 1973.

2) Les accords sur l’armement


Devant les menaces que représentent les armes nucléaires, plusieurs accords ont été conclus :
 En août 1963, ils signent le traité de Moscou, qui interdit les essais nucléaires atmosphériques et sous-marins.
 En janvier 1968, par le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ils s’engagent, à ne transférer ni armes ni technologie
nucléaires aux États non dotés d’armes nucléaires.
 En mai 1972, les accords SALT I (Strategic Armements Limitation Talks), signés par Nixon et Brejnev, à Moscou limitent
les armements anti balistiques (ABM) ,les armes nucléaires offensives, c’est-à-dire les rampes de lancement fixes pour
missiles intercontinentaux (ICBM) et les missiles installés sur sous-marins. Ces accords sont prolongés par les Accords de
SALT II, négociés depuis 1974.

3) Les accords politiques


a) L’OST Politik en 1969
Willy Brandt , chancelier de la RFA depuis 1969 engage une politique de rapprochement et d’ouverture envers la RDA. Les
deux États se reconnaissent mutuellement en 1972, établissent des relations étroites et entrent ensemble à l’ONU en 1973.

b) Les accords d’Helsinki en 1975


Accords signés par 33 États européens, URSS, le Canada et les États-Unis. Lors de l’acte final signé le 01 Aout 1975, ces pays
s’engagent à conclure des nouvelles bases des relations en Europe et pour établir un climat de paix et de coopération sur le
continent.

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c) Le rapprochement sino-américain
En 1971, les Etats-Unis ont reconnu la Chine communiste. Pour consolider les relations entre les deux pays, Richard Nixon a
effectué une visite officielle à Pékin en 1972.

4) La coopération commerciale entre les deux blocs


Après la signature de l’accord commercial entre les 2 grands à Moscou en 1972, les Etats unis assurent le ravitaillement des
produits agricoles (blé), des machines industrielles, de la haute technologie envers les pays communistes et l’URSS.

III- LES LIMITES DE LA DETENTE

La détente est superficielle, les accords n’atteignent que partiellement leurs objectifs. Elle n’exclut pas la confrontation des deux
blocs.
1) La poursuite de la course aux armements
Malgré la volonté des deux supergrands de limiter le recours aux armements, les deux grands se lancent toujours dans la course
aux armements. En effet, ils ont multiplié leurs arsenaux nucléaires en fabriquant des sous-marins nucléaires, fusées nucléaires et
d’autres armements intermédiaires.

2) La persistance des crises internationales

a) La guerre du Vietnam (1964 - 1973)

La guerre du Viêt Nam a opposé le Viêt Nam-du-Sud libéral et son principal allié, les États-Unis au Viêt Nam-du-Nord
communiste ; soutenu par la Chine et l’URSS.
Le Vietnam du Nord a envahi le Sud après leur refus de l’organisation des élections visant à réunifier le pays. Face à cette
situation, les Etats-Unis ont décidé d’intervenir directement au Vietnam par l’envoi des troupes pour aider les sud-vietnamiens
e
contre les Viêt-Cong du Vietnam du Nord. Cette guerre se termine en 1973 par la défaite américaine qui a perdu les 8/10 de ses
hommes, malgré l’utilisation des armes perfectionnés. La fin de cette guerre est marquée par la réunification du Vietnam sous
l’autorité communiste.

b) Les guerres israélo arabes

 La guerre de 6 jours 1967 (Troisième guerre israélo-arabe)


Troisième conflit armé qui a opposé, en juin 1967 l’Israël aux pays arabes, soit l'Égypte, la Jordanie et la Syrie, soutenues par
plusieurs pays arabes et l’URSS. Ces derniers veulent soutenir l’O.L.P pour la libération de la Palestine. La victoire israélienne
conduit en 6 jours à l’occupation du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie. L’occupation israélienne des terres arabes amplifie le
problème palestinien. Malgré la « résolution 242 » voté en novembre 1967 par le conseil de sécurité de l’ONU qui réclame la paix
et la négociation entre les belligérants, l’Israël décide de garder les territoires.

 La guerre de Kippour : Octobre 1973 (Quatrième guerre Israélo-arabe)


En 1973, le président égyptien Sadate soutenu par l’URSS cherche à imposer la résolution « 242 du Novembre 1967 » à l’Israël
par la force. Le 06 Octobre 1973, en plein ramadan, le jour même des jeunes des juifs de Yoon Kippour, l’Egypte et la Syrie ont
attaqué par surprise l’Israël mais le 11 Octobre, l’armée israélienne a écrasé les armées égypto-syrienne. La défaite des arabes
marque la fin de cette guerre.

Conclusion :
Au total, la détente de 1962-1975 résulte des efforts déployés par les deux grands pour maintenir l’équilibre de la terreur. Les
réalités de cette détente se définissent par le rapprochement et les accords entre les deux grands d’une part et les deux blocs
d’autre part. Cependant, elle est superficielle, les accords n’atteignent que partiellement leurs objectifs. Elle n’exclut pas la
continuité de la confrontation des deux blocs.

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LE MONDE EN CRISE : 1975-1985

Introduction : Depuis 1975, les relations internationales se dégradent à nouveau. En effet, les crises économiques occasionnées
par la dévaluation du dollar en 1971 et les chocs pétroliers depuis 1973, ont conduit le monde vers une deuxième guerre froide.

A- LA CRISE ECONOMIQUE
Introduction :
La crise économique qui a éclaté en fin de 1973 a secoué l’économie mondiale. Elle marque la fin des 30 années glorieuses après
la seconde guerre mondiale. Nombreux sont les facteurs qui expliquent origines et les manifestations de cette crise et le freinage
de la croissance économique depuis 1973.

I- Les origines de la crise économique


1) Le flottement du dollar depuis 1971 (Dévaluation du dollar)
La crise monétaire mondial éclate le 15 aout 1971, lorsque le président Nixon décide de mettre fin à la convertibilité du dollar en or
à cause de son dévaluation à cause du Vietnam et l’ampleur de la concurrence commerciale dans le monde. L’abandon du
système monétaire mondial établi à Breton Woods en 1944, lors de la conférence de Jamaïque en Janvier 1976, contribue à
déstabiliser l’économie mondiale. L’or perd toute fonction monétaire.

2) Les chocs pétroliers (réveil du monde arabe et l’arme du pétrole)


L’augmentation des prix du pétrole, vient brusquement aggraver la crise économique.

a) Le premier choc pétrolier : Octobre 1973


Pour les états arabes, le pétrole peut être utilisé comme un moyen politique pour faire céder les occidentaux, alliés de l’Israël. En
effet, la guerre de Kippour donne aux pays arabes l’occasion de réaliser immédiatement l’augmentation de tarif. Le 16 octobre
er
1973, les pays arabes décident sous l’initiative du chah d’Iran de relever les prix du petrole à 70%. A partir du 1 janvier 1974, le
prix du baril du pétrole brut passe de 3 dollar à 12 dollar.

b) Le second choc pétrolier 1979 - 1980


La révolution Islamique en Iran : 1978-1979, entraine le triplement de prix. En effet, le prix du baril passe de 13 dollars en janvier
1979 à 24 dollar et de 32 dollars à la fin de 1980. A la suite de la guerre opposant l’Irak et l’Iran, l’OPEP a décidé d’augmenter le
prix du pétrole à 43 dollar au début de 1981.

II- Les manifestations de la crise


La crise a frappé durement l’économie des pays occidentaux. Cette crise est caractérisée par le ralentissement de la croissance
avec la montée du chômage. (Stagflation)

II - LES MANIFESTATIONS

1- Les difficultés économiques des pays occidentaux (marasme économique)


La croissance s’est ralentie sérieusement dans l’ensemble du monde occidental : elle passe d’un peu plus de 5% à 2,5%. La crise
énergétique (pétrole) est à l’origine de nombreuses crises. En plus, La stagnation de la production est associée à une inflation
galopante : taux moyen de 10 %.

2- Crise industrielle et commerciale :


Les industries connaissent des difficultés graves; des branches entières enregistrent des pertes énormes, on assiste aux
réductions de la production, licenciement massif des personnels, arrêt des investissements … Le commerce international se fige,
les faillites se multiplient et les cours des actions fléchissent en bourse.

Exemple : aux Etats Unis, la production annuelle d’automobile s’est effondrée, de 13 millions en 1973 à 7 millions en 1982.

3- La progression du chômage

Les chutes de la production, les fermetures d’entreprises et le déclin des activités et la crise de l’endettement ont aggravé le
chômage. Il dépasse le taux de 10 % de la population active depuis le milieu des années 1980.
Exemple : en France, le nombre de chômeurs qui se situait en 1970 vers 250 000, a bondi à plus de 900 000 en 1975.

Conclusion :
En somme, le désordre du système financier international et les chocs pétroliers étaient à l’origine de la crise économique
mondiale depuis 1973. Elle se manifeste par des marasmes économiques caractérisés par le ralentissement de la croissance et de
la production industrielle, la montée du chômage, les difficultés de la vie quotidienne chez les pays occidentaux.

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B- LA GUERRE FRAICHE (SECONDE GUERRE FROIDE) 1975-1985

Introduction :
La volonté des deux supergrands, acteurs de la guerre froide, d’atténuer les tensions n’a pas exclu la dégradation de la détente
dans les relations internationales.

I- Les facteurs de la dégradation de la détente

1) La crise économique
Le réveil du monde arabe à l’issue de leur défaite lors de la guerre de Kippour en 1973, se manifeste par la prise au piège de
l’économie du monde occidentale, désormais prisonnière de l’or noir. En effet la facture pétrolière était à l’origine de la crise
économique qui a frappé durement les pays occidentaux ; ce qui a entrainé depuis 1973 leurs reculs sur la scène internationale.

2) La politique expansionniste soviétique


L’URSS a profité les difficultés des occidentaux pour reprendre l’expansionnisme. En effet, la présence soviétique s’amplifie dans
tous les continents.

 Sur le plan politique ; plusieurs pays d’Afrique comme, l’Ethiopie, l’Angola, le Mozambique, Benin, Madagascar se
proclament socialistes et privilégient leurs relations avec l’URSS. En Asie, la Chine qui a normalisé ses relations avec les
Etats-Unis, fut encerclée par des pays satellites de l’URSS comme l’Inde, le Vietnam. En Amérique Latine, les guérillas
sandinistes soutenues financièrement et militairement par l’URSS triomphent au Nicaragua, au Salvador et au Guatemala. En
1979, les soviétiques ont envahis l’Afghanistan, dans le but de se rapprocher de l’Océan Indien.

 Sur le plan militaire ; la marine de guerre soviétique se renforce et les bases se multiplient à travers le monde comme à
Aden, A Da Nang … En plus, l’URSS décide de s’engager également dans la course aux armements avec l’installation des
missiles nucléaires SS20, S4 en Europe de L’Est, pointés vers l’Ouest.

3) Les ripostes américaines


Les ripostes américaines sont immédiates ;
 Sur le plan politique et diplomatique, les rections américaines sont spontanées. Contre l’intervention soviétique en
Afghanistan : embargo des ventes de céréales à l’URSS, boycott des jeux olympiques de Moscou en 1980. Ils ont intensifié la
campagne en faveur de droit de l’homme par le soutient du dissident soviétique Sakharov, prix Nobel de la paix en 1975. Enfin
les Etats Unis parviennent à réconcilier l’Egypte et l’Israël par les accords de Camp David en Septembre 1978.

 Sur le plan militaire, les Etats-Unis ont refusé de ratifier les accords Salt II en 1979. l’arrivée de Reagan au pouvoir en 1981
raffermit les positions américaines et marque le retour des Etats-Unis sur la scène international. Il se manifeste par sa volonté
de renforcer la puissance militaire des Etats-Unis face à l’URSS, en augmentant le budget de la défense à 25% : lancement de
l’IDS (Initiative de la Défense Stratégique) ou guerre des étoiles en 1983, implantation des missiles Pershing II en Europe pour
riposter aux SS20 et SS 4 soviétique.

4) Affaiblissement des systèmes d’alliance

 Les Etats-Unis éprouvent des difficultés à maintenir leur rôle de leadership au sein du bloc capitaliste. La CEE et le Japon
deviennent ses concurrents directs sur le plan économique et commercial. En outre, plusieurs pays du bloc contestent sa
préservation de dialogue avec l’Est.

 Les soviétiques connaissent aussi des difficultés : Le confit sino-soviétique se maintient au sein du bloc, les pays de
l’Europe de l’Est qui ont connu des difficultés économiques contestent le modèle soviétique de développement et les partis
communistes qui s’installent en Europe de l’Ouest (en France, en Italie, en Espagne…) affirment leur indépendance à
l’égard du P.C.U.S.

II- Les crises internationales entre 1975-1985


Les tensions se multiplient à travers le monde ; dans les anciennes et dans les nouvelles zones de conflits.
A- Le regain des tensions à l’échelle internationale
En général ce sont des : Tensions au sein de chaque bloc, des offensives soviétiques et contre-offensive américaine. (logique de la
guerre froide)

1- Le retour des anciens conflits


a- La crise en Indochine : 1976- 1990
Apres la réunification du Vietnam en 1976, la socialisation du Sud a entrainé une guerre civile entre pro-capitaliste et pro -
communiste et la fuite d’une partie de la population. En outre, l’invasion du Vietnam au Cambodge pour renverser les Khmers
rouge a entrainé un conflit entre le Vietnam et la Chine et une rupture diplomatique entre les deux pays/ entre la Chine et l’URSS.

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b- Les conflits au Proche-Orient depuis 1978


Les accords de Camp David en Septembre 1978 n’ont pas pour autant pu résoudre le conflit israélo arabe. L’Egypte qui a conclu
les accords avec l’Israël est isolée du monde arabe, Sadate est assassinée en 1981 et les guerres civiles et les attentats sévissent
partout
En 1982, l’Israël a envahi le Liban pour liquider l’OLP dirigé par Yasser Arafat.

2- Les nouveaux foyers de Tensions


a- En Asie
 La guerre d’Afghanistan 1979-1989
La prise de pouvoir des communistes en 1978 a entrainé le mécontentement d’une partie de la population, surtout les
moudjahidines. Appuyés par les Etats-Unis et le Pakistan, Ils ont lancé une révolte contre le régime en place. Pour briser ce
mouvement contre-révolutionnaire, l’URSS a envoyé l’Armée rouge en Afghanistan pour remettre l’ordre. La guerre entre les
belligérants a durée 10 ans.

 Les problèmes au Moyen-Orient (1979-1988)


Devenu république Islamique depuis 1979, l’Iran dirigé par Ayatollah KHOMEINY entre en guerre avec les Etats-Unis ; considéré
comme le « grand Satan ». L’hostilité des iraniens envers les occidentaux s’explique plus clairement à travers la prise d’Otage des
personnels d’ambassadeur américaine, le financement secret des attentats terroristes contre le monde occidental. Pour riposter les
hostilités iraniens, les Etats-Unis ont soutenu l’Irak avec l’URSS et quelques pays arabes lors de la guerre entre l’Iran et l’Irak.

b - En Amérique Latine
 Le coup d’Etat Sandiniste au Nicaragua
Au Nicaragua, l’URSS a aidé financièrement et matériellement les sandinistes pour s’emparer du pouvoir en …. Face à cette
situation, les Etats-Unis ont aidé à leur tour les contras, guérillas d’opposition au sandinistes. Leurs affrontements ou leur guerre
civile a duré plus de 10 ans.

 Le coup d’Etat militaire au Chili en 1973


Les Etats-Unis ont aidé financièrement et matériellement le coup d’Etat militaire dirigé par le général Pinochet contre le président
pro - soviétique Allende.

c- En Afrique
Vers les milieux des années 70, le continent Africain était un théâtre de plusieurs d’affrontements Est-Ouest.

 La guerre civile au Mozambique : 1974-1991 et en Angola de 1975-1992


Après le départ des colonisateurs portugais, les partis nationalistes se disputent du pouvoir. Le FRELIMO, soutenus par l’URSS et
le Cuba s’empare du pouvoir mais très vite il a heurté une violente opposition de la part des RENAMO, soutenus par les Etats-Unis.
Pendant 17 ans, une guerre civile sanglante a eu lieu entre les partisans de ces partis. Le même scenario a eu lieu en Angola entre
le MPLA ; parti au pouvoir, soutenu par l’URSS et l’UNITA ; parti d’opposition, soutenu par les USA.

RQ : Les guerres civiles s’achèvent en 1991 et en 1992 par le rapprochement entre les opposants avec les accords de Lisbonne

 La guerre frontalière entre le Tchad et la Lybie

B- l’intensification de la course aux armements

1- la crise des Euromissiles


 En 1977, les soviétiques installent des missiles SS20-SS4 en Europe de L’Est, pointés vers l’Ouest
 Pour riposter cette menace, les Etats-Unis installent des missiles Pershing II en Europe de l’Ouest en 1983

2- lancement de l’IDS par les USA


 programme militaire initié par Reagan en 1983, visant à mettre en place un bouclier spatial pour la protection des USA.

Conclusion :
A partir de 1971, plusieurs facteurs étaient à l’origine de la dégradation de la détente ; la crise économique, la politique
expansionniste soviétique, les ripostes américaines et l’affaiblissement des systèmes d’alliances. Depuis 1975 la deuxième guerre
froide se manifeste par le retour des crises internationales et le recours aux armements.

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LA NOUVELLE DETENTE DEPUIS 1985

Introduction :
Depuis le début de 1985, les relations internationales s’acheminent vers une nouvelle période d’apaisement. L’arrivée de Mikhaïl
GORBATCHEV à la tête de l’Union soviétique est à l’origine de ce nouveau tournant de l’histoire.

I- Les origines de la nouvelle détente


1) L’arrivée de Gorbatchev au pouvoir
En Mars 1985, il devient le secrétaire général du PCUS après la mort de Tchernenko. Grand novateur, il a lancé une politique de
réforme au système soviétique. En plus, il est favorable à l’instauration d’une coopération et détente durable avec les occidentaux.

2) La politique intérieur et extérieur de Gorbatchev


c) La politique intérieur de Gorbatchev
Elle a facilité l’ouverture de l’ère de la nouvelle détente. En effet, Gorbatchev s’engage à des réformes politiques et économiques.
 La perestroïka
C’est la restructuration de l’économie soviétique vers la libéralisation. Il s’agit de transformer l’économie socialiste en une économie
libérale. C’est un moyen visant à sortir l’URSS du marasme économique.
 Le Glasnost
C’est un changement politique vers la transparence qui se caractérise par la mise en œuvre des différentes formes de liberté
comme la liberté de la presse, l’instauration d’une élection libre et du pluralisme politique en URSS…
d) La politique extérieur de Gorbatchev
Les reformes de Gorbatchev accorde une politique d’ouverture aux occidentaux. Il a façonné une nouvelle image du dirigeant
soviétique car il est favorable à l’abandon de toute compétition avec les occidentaux. Il a demandé l’instauration d’une coopération
et détente durable avec les occidentaux.

1) L’infléchissement de Reagan aux Etats-Unis


Face aux difficultés liées à l’accroissement des dépenses militaires au cours des années 70 et 80, aux déficits commerciaux et aux
impacts de la crise économique des années 70, le président Reagan se montre de plus en plus favorable à la relance de l’entente
avec l’URSS.
Remarque : les difficultés économiques ont favorisé le rapprochement des deux grands.

II- Les réalités de la nouvelle détente


1) La relance des accords sur le désarmement
Lors des rencontres au sommet entre les deux grands entre 1985-1993, des accords militaires ont été conclus
a- Les accords de Genève en Novembre 1985
Gorbatchev et Reagan ont conclu des accords de principe sur la réduction à 50% des armements nucléaires offensifs.
b- Le traité de FNI (Force Nucléaires Intermédiaires) en Décembre 1987
Ce traité propose la destruction des missiles nucléaires de moyenne et de longue portée (500 à 6000 km). Effectivement, cet
accord élimine tous les euromissiles : SS20 et Pershing II
c- Les Traités de START I en 1991
Ce sont des accords portant sur la réduction des armements stratégiques ; missiles balistiques et intercontinentale.

Ces volontés de désarmement entre les deux grands s’accompagnent des signes positifs dans les relations internationales.
2) Le règlement des conflits régionaux
a) Au Proche-Orient
 La fin de la guerre entre l’Iran et l’Irak en 1988
Après le cesser le feu exigé par les deux grands et l’ONU, un accord de paix est signé entre ces deux pays, en guerre depuis 1988.
 La relance de paix entre l’Israël et la Palestine

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COURS D’HISTOIRE-GEOGRAPHIE 2015 - 2016

Après la signature des accords de Washington, l’OLP reconnait l’Etat d’Israël et en contrepartie, l’autonomie palestinienne en
Cisjordanie et au Gaza est reconnu par la communauté internationale.
b) En Asie
 La fin de la guerre d’Afghanistan 1989
Le retrait des troupes soviétiques marque la fin de cette crise.
 La fin de la crise d’Indochine 1991
Le retrait des troupes vietnamien au Cambodge marque la fin de cette crise.
c) En Afrique
Après les accords de Lisbonne en 1991 et en 1992, on assiste a la fin des guerres civiles au Mozambique et en Angola.
d) En Amérique Latine
Les guérillas sandinistes et les contras s’engagent dans la voie des négociations.
3) Autres signes de renouveau
a) La disparition du bloc de l’Est
Entre 1988 à 1990, l’évolution politique dans le monde est rapide. A cause de l’adoption de la perestroïka et la glasnost, le contrôle
de l’URSS sur ses alliés se relâche. En Effet les régimes socialistes alliés de l’URSS s’effondrent.
 En Europe, les démocraties populaires mise en place depuis plus de 40 ans s’écroulent en moins de 6 mois. En Effet,
plusieurs pays de l’Europe de l’Est comme la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie adoptent la libéralisation du
régime.
 La chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989 est une manifestation spectaculaire de la disparition du bloc de l’Est en
Europe. Le régime Est-allemand le plus solide s’écroule et l’Allemagne est réunifié en Septembre 1990.
 Les autres régimes communistes dans le monde adoptent la démocratie libérale.
 La dissolution du CAEM et la Pacte de Varsovie.
b) L’éclatement de l’URSS
 Le PCUS (parti Communiste de l’Union Soviétique) n’arrive plus à gérer le pays depuis 1988 à cause de la libéralisation
du régime.
 Depuis 1989, les revendications d’indépendance des républiques qui constituaient l’URSS ont gagné du terrain.
 En 1991, le Putsch militaire échoué qui a voulu renverser Gorbatchev, a accéléré l’éclatement de l’URSS. Après la
création du CEI (Communauté des Etats Indépendants) le 08 décembre, l’URSS n’existe plus en tant qu’Etat et
Gorbatchev démissionne de son poste le 25 décembre 1991.
III- La fin de la guerre froide et de la bipolarisation
 La fin de la guerre froide
La disparition du bloc de l’Est et l’éclatement de l’URSS marquent la fin de la bipolarisation et de la guerre froide. Les Etats Unis
sortent vainqueurs de cette guerre par défaut d’adversaire.
 Le nouvel ordre mondial depuis 1991
Les relations internationales ont connu des profondes mutations depuis 1991
 Les Etats-Unis restent la seule superpuissance qui domine le monde entier sur tout le plan
 Les Etats-Unis et l’OTAN sont devenus les gendarmes du monde.
 L’ONU devient une organisation de première importance dans le monde
 La démocratie libérale et le système capitaliste règnent dans le monde entier.
 La fin de l’Apartheid en Afrique du Sud et la libération de Nelson Mandela après 27 ans d’emprisonnement attestent
l’adoption de la démocratie et du droit de l’Homme sur le continent africain.
 La mondialisation, la globalisation ou l’internationalisation devient le système unique qui uni le monde entier sur le plan
politique, économique, culturelle, sociale.
IV- Les limites de la nouvelle détente
 Malgré la fin de l’affrontement Est-Ouest, on assiste toujours à des problèmes qui constituent des menaces de la paix
mondiale. On assiste à des conflits régionaux (la guerre du Golfe en 1991, la guerre des Balkans…), des guerres civiles
en Afrique (au Somalie depuis 1991, au Rwanda en 1994-1995…), la montée du terrorisme internationale.
 En Afrique, la difficile marche vers la démocratie s’explique plus clairement à travers les crises politiques qui enfoncent
encore certaines paix vers l’instabilité politique et la pauvreté.

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PARTIE II : LA DECOLONISATION ET L’EMERGENCE DU TIERS MONDE

LA DECOLONISATION ET L’EMERGENCE DU TIERS-MONDE

A- LA DECOLONISATION DEPUIS 1945

Introduction : l’ère de la décolonisation a marqué aussi l’histoire mondiale d’après-guerre. Elle correspond à l’effondrement des
empires coloniaux et à l’accession des colonies à l’indépendance.

I- Les origines de la décolonisation


1) Les facteurs internes

a- Le réveil des colonies


Ayant pris conscience des injustices, de l’exploitation et des abus perpétrés par le pouvoir colonial, les élites indigènes ont dénoncé
les méfaits de la colonisation : exploitation économique, aliénation culturelle, inégalité sociale. Face à ces situations, ils ont mobilisé
leurs compatriotes à rejeter la colonisation à travers des partis politiques nationalistes tels que la FLN, MDRM.

b- Le rejet de l’ordre colonial


Des sentiments de frustrations ont poussé les peuples colonisés à mobiliser des revendications. Au début elle s’agit d’une
réclamation d’autonomie, puis l’indépendance intégrale par la suite. En plus, on assiste au développement des mouvements
nationalistes partout dans les colonies.
2) Les facteurs externes
a- Les conséquences de la seconde guerre mondiale
Après la guerre, on assiste aux affaiblissements économiques des pays colonisateurs. En plus les défaites militaires durant la
guerre ont entrainé la perte de prestige des métropoles. Ces situations ont favorisé le rejet de l’ordre colonial.

b- L’anticolonialisme de l’ONU
L’ONU a joué un rôle majeur dans le processus de la décolonisation. En effet, les principes de l’ONU selon la charte s’opposent à
la colonisation. Elle impose l’égalité souveraine de toutes les nations, le droit de chaque peuple de choisir la forme de
gouvernement sous laquelle il désire vivre.

c- l’anticolonialisme des deux grands


 les USA soutiennent la décolonisation au nom du monde libre. En tant qu’ancienne colonie, ils sont anticolonialistes de
principe. En plus ils font pression sur leurs alliés européens pour les inciter à décoloniser.
 L’URSS soutient l’émancipation des peuples colonisés au nom de la lutte anti impérialiste. Il appelle ouvertement les
peuples colonisés à la révolte. En plus il soutient les luttes de quelques peuples colonisés et arme certains mouvements
afin de provoquer une révolution socialiste.

II- Les forme de décolonisation


1- Le processus pacifique
 Indépendance acquise par la négociation entre les puissances coloniales et les nationalistes
 Les colonies britanniques et les colonies françaises d’Afrique noire ont opté pour cette voie
2- Le processus violent
 Certaines colonies ont choisi la lutte armée pour accéder à l’indépendance face à l’intransigeance des colonisateurs
 Les indochinois (1946-1954) et les algériens (1954-1962) ont opté pour cette voie.
III- Les étapes de la décolonisation
1- L’émancipation de l’Asie : 1945-1956
Durant cette étape, toutes les colonies asiatiques ont obtenues leurs indépendance
 Les colonies britanniques : Inde et le Pakistan en 1947, le Sri Lanka et la Birmanie en 1948…
 La colonie hollandaise : Indonésie en 1949
 Les colonies françaises : le Vietnam, le Cambodge, le Laos en 1954 (Indochine)

2- L’émancipation de l’Afrique : 1956-1990


Durant cette phase, la majorité des colonies asiatiques ont obtenues leurs indépendance
 Les colonies britanniques : Ghana en 1957, Egypte en 1957, le Nigéria en 1960, la Tanzanie en 1962, le Kenya en 1963…
 Les colonies françaises : le Maroc et la Tunisie en 1956, L’Algérie en 1962, Madagascar, Togo, Sénégal en 1960, Mali en
1962...
 Les colonies portugaises : Mozambique en 1974, l’Angola en 1945 et le Cap Vert en 1975…
 Les territoires sous tutelle : Zimbabwe en 1980, Namibie en 1989…

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B- LE TIERS- MONDE

Le Tiers-Monde est le troisième bloc politique des pays nouvellement indépendant, issus de la décolonisation.

I- LA NAISSANCE DU TIERS-MONDE

1- La conférence de Bandung en avril 1955


- Elle a donné naissance au Tiers-Monde. 29 pays africains et asiatique ont participé à cette conférence.
- Cette conférence a marqué l’émergence du Tiers-Monde sur la Scène internationale (naissance du troisième bloc)
- Bandoeng inaugure en matière des relations internationales une nouvelle attitude collective : le neutralisme

2- La conférence de Belgrade en Septembre 1961


- Elle marque la naissance du non-alignement qui représente la principale force politique du Tiers-monde.
- Tito, Nasser, Nehru sont les promoteurs du mouvement des pays non alignés.
- Le neutralisme de Bandoeng est érigé en une véritable doctrine et les pays membres proclament ses volontés de se
maintenir en dehors des blocs.

II- LES OBJECTIFS DU TIERS-MONDE

Ses objectifs sont basés sur la logique de Bandoeng en 1955.


 Sur le plan politique ;
- Condamnation du colonialisme, du racisme.
- Soutient aux mouvements de libération nationale ;
- Le neutralisme vis-à-vis des deux blocs rivaux.
- Lutte pour la démocratisation des relations internationales…

 Sur le plan économique.


- Encouragement des actions pour les intérêts mutuels entre les pays membres.
- Les pays du Tiers-monde ont cherché à promouvoir un N.O.E.I et une véritable coopération entre les pays membres.
- Les efforts étaient orientés vers la définition d’une stratégie pour le développement adaptée au 1/3Monde.

III- LES FAIBLESSES DU TIERS-MONDE


 Sur le plan politique
- L’hétérogénéité politique et idéologique entre les pays membres qui sont très nombreux (110 en 1978)
- Les querelles entre certains pays membres et les dirigeants (Nasser-Nehru)
- La dépendance économique envers les grandes puissances a divisé les pays entre le capitalisme et le communisme.
- Le tiers Monde : un enjeu de la guerre froide (théâtre d’affrontement des blocs malgré leur neutralisme).

 Sur le plan économique


- La pauvreté est la principale cause de l’échec du Tiers-monde dans ses actions.
- La dualité économique entre les pays membres.
- La dépendance vis-à-vis des grandes puissances explique plus clairement sa faiblesse.
- La domination des grandes puissances sur le plan économique.

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MADAGASCAR DEPUIS 1945

A- LA MARCHE VERS l’INDEPENDANCE


L’attitude des colonisateurs après les événements de 1947 est caractérisée par un durcissement de l’oppression. Mais sous la
pression de l’ONU, et des deux supergrands de l’après-guerre, la marche vers l’indépendance de Madagascar est certaine.

1- Madagascar durant l’Union Française


 Lutte politique à travers la création des partis politiques : M.D.R.M, PADESM
 Proposition de la loi déposée à l’assemblée nationale française en vue d’une indépendance de Madagascar par les trois
députés MDRM.
 Insurrection du 29 Mars 1947 suivie d’une répression et de la suppression du MDRM.

2- Madagascar sous la loi cadre du 23 Juin 1956 (accord de l’autonomie)


 Elle a transformée Madagascar en territoire d’Outre-mer (intégration au sein de la république française)
 Les malgaches devenaient des citoyens français et le suffrage universel était proclamé dans la grande ile.

3- Le référendum 28 Septembre 1958 et la naissance du république malgache le 14 Octobre 1985


Après la victoire du OUI (intégration au sein de la communauté française) à 77%, Madagascar est devenu une république. Le 14
Octobre 1958 et la loi d’annexion est abolie. Le 16 octobre, le drapeau et l’hymne nationale fut créé.

4- L’indépendance de Madagascar : 26 Juin 1960.


Après des négociations à Paris entre la France et Madagascar sur divers accords de coopération, l’indépendance fut proclamée
d’une manière officielle le 26 Juin 1960.Le 21 Septembre 1960, Madagascar fut admise à l’ONU

B- LES REPUBLIQUES SUCCESSIVES


De 1958 à 2009 Madagascar a connu trois républiques successives et trois périodes de transition.

1) La première république : 1958 – 1972 (période néocoloniale)


Durant cette période, le pays était dirigé par Philibert TSIRANANA

ORIENTATION POLITIQUE ORIENTATION ECONOMIQUE


La politique intérieure
 Mise en place des institutions
 Renforcement du pouvoir du président
La politique extérieure  Priorité du développement rural, industriel et du secteur du
 Relation étroite avec la France à cause de l’accord de transport
coopération  Intégration dans le zone franc (monnaie)
 Relation avec les pays capitalistes, l’Israël et de la Chine
Formose (Taiwan)

2) La deuxième République : 1975 – 1991


Durant cette période, le pays était dirigé par Didier RATSIRAKA

ORIENTATION POLITIQUE ORIENTATION ECONOMIQUE


La politique intérieure
 Adoption du régime communiste  Adoption de l’économie socialiste : nationalisation des
 Restructuration social et culturel : Malgachisation secteurs clé de l’économie ; grandes compagnies, banques,
La politique extérieure assurances…
 La diplomatie de « tous azimuts » (ouverture avec tous les  La création de plusieurs entreprises
pays du monde entier)  La mise en place des coopératives socialistes.
 Relation privilégié avec les pays communistes : Chine  Lancement des politiques des grands travaux (construction
populaire, Cuba, Corée du Nord, URSS… des routes, barrages…)

3) La troisième république : 1993 – 2009


Durant cette période, le pays était dirigé par Albert ZAFY (1993-1996), Norbert Lala RATSIRAHONANA (1996-1997), Didier
RATSIRAKA (1997-2001), Marc RAVALOMANANA (2002-2009)

ORIENTATION POLITIQUE ORIENTATION ECONOMIQUE


La politique intérieure
 La restructuration des institutions ; mise en place du Sénat
 Renforcement des relations avec bailleurs de fonds
et de la décentralisation du pouvoir.
traditionnelles ; Banque Mondiale, FMI, Union Européenne
 Renforcement de la démocratie et de la lutte contre la
 La privatisation de l’économie
corruption.
 Priorité du développement industriel, agricole et du
La politique extérieure
tourisme.
 La diplomatie multidirectionnelle.

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PARTIE I : LE MONDE D’AUJOURD’HUI

LE NOUVEL ORDRE MONDIAL DEPUIS 1991

Introduction :
La fin de la bipolarisation depuis 1989, l’effondrement du communisme à l’échelle mondiale et l’éclatement de l’URSS ont engendré
la fin de la guerre froide et la mise en place d’un nouvel ordre mondial sur le plan géopolitique et géoéconomique.

I- La fin de la bipolarisation
1) Effondrement du bloc de l’Est
Plusieurs événements marquent l’éclatement du bloc communiste entre 1989 - 1991.
 La chute des régimes communistes en Europe et dans le monde à la suite des manifestations populaires revendiquant la
mise en place d’une véritable démocratie.
 L’éclatement de l’URSS le 25 décembre 1991.

2) L’hégémonie américaine et des pays occidentaux


A la suite de la disparition du bloc de l’Est et l’éclatement de l’URSS :
 les Etats unis sont devenus « les gendarmes du monde » : la seule superpuissance qui domine le monde sur tout le plan :
politique, économique, financière, militaire et culturelle.
 Le monde est désormais sous la domination des pays occidentaux, notamment les pays riches ; la Triade et le G8
(groupement des 8 pays le plus riches de la planète)

II- Accélération de la mondialisation


Après l’éclatement du bloc de l’Est, les pays du monde entrent dans un système unique : la mondialisation /globalisation
/internationalisation. En effet, le modèle capitalisme et le système de libre échange et l’économie du marché régit la vie planétaire
depuis 1991.

1) Définition :
 La mondialisation ; c’est la liberté des échanges sur tout le plan : politique, économique, social et culturel.
 La globalisation ; c’est la mondialisation de l’économie
2) Les facteurs de la mondialisation
a- La révolution des transports
Elle s’explique plus clairement à travers le progrès des moyens de transports : accroissement de la vitesse et augmentation de la
capacité. Elle a facilité l’échange car les migrations humaines et les échanges des produits sont plus rapides et plus surs.
b- Les progrès technologiques
Les nouveaux procédés des moyens de communication et des moyens de transmissions des informations ont également contribué
au développement des échanges : téléphone, internet télévision… ces progrès ont rendu le monde comme un « village planétaire »
(abolition de distance)
c- la libéralisation des échanges
La mise en place des accords de libre-échange par l’OMC en 1995 ont favorisés l’expansion du commerce multilatéral en assurant
une réduction ou suppression des barrières à l’échange, mais également de faciliter le règlement des différends commerciaux
internationaux.

3) Les acteurs de la mondialisation


 Les Etats du monde : tous les pays du monde participent à la mondialisation par l’intermédiaire des échanges et des
coopérations internationales.
 Les firmes multinationales : ce sont des grandes entreprises ou société des pays industrialisés qui possèdent et
contrôlent, des filiales situées à l’étranger, et qui est en mesure d’élaborer une stratégie industrielle et commerciale
mondiale.
 Les organisations internationales : les OIG comme l’ONU, PNUD… et les ONG comme Croix rouge international
participent activement dans la coopération et solidarité internationale.
 Les médias : grâce aux progrès technologique, l’internet et les chaines de radio, télévisions assurent la communication et
la diffusion des informations à l’échelle planétaire.

3 conséquences de la mondialisation
a) Les bienfaits de la mondialisation
- Internationalisation des échanges et intensification de la concurrence
- Accès de nombreux pays au développement : économique, culturelle…
- Rôle de plus en plus important des façades maritimes.
- Accentuation des interdépendances entre états.

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COURS D’HISTOIRE-GEOGRAPHIE 2015 - 2016

b) Les effets pervers de la mondialisation


- Choc de civilisation
- La hiérarchisation des espaces : espaces intégrés et espace non intégrés
- La discrimination commerciale envers les pays pauvres
- La domination des pays riches envers les pays pauvres sur tout le plan.
- Renforcement des contrastes et des inégalités entre les pays du Nord et les pays du Sud
Conclusion :
En bref, le monde d’aujourd’hui est caractérisé par la mondialisation. Elle se manifeste par l’adoption de certains modèles
communs à l’échelle mondiale : la démocratie libérale en politique, le libéralisme en économie, l’uniformisation du mode de vie sur
le plan social… la marginalisation de certains pays, la persistance du protectionnisme et la multiplication des mouvements
altermondialistes constituent ses limites.

LES CONTRASTES ET LES INEGALITES DANS LE


MONDE D’AUJOURD’HUI

Introduction :

Le monde d’aujourd’hui est caractérisé par des contrastes et des inégalités de développement entre les pays riches et les pays
pauvres. 15 % de la population mondiale contrôlent 85 % de la richesse mondiale ; soit entre 75 % à 90 % des industries, du
commerce, des capitaux, des technologies et informations dans le monde.

I- Définitions

1) Le Nord

Il regroupe les pays riches les pays riches, industrialisés, développés, qui se localisent essentiellement dans l’hémisphère Nord du
globe terrestre.

2) Le Sud

Le Sud regroupe tous les pays pauvres, sous-développés situés pour la plupart dans l’hémisphère Sud du globe terrestre. Leur
point commun c’est le sous-développement.

3) Le sous-développement

C’est le niveau de développement inférieur par rapport à la normale. Il se caractérise dans un état par une insuffisance de la
production globale des biens, principalement de la production industrielle. Il se marque par la faiblesse de revenu individuel et une
grande inégalité dans la distribution des revenus.

II- Caractéristiques des pays développés et des pays en développement

1) Évaluation de la richesse et du développement

Pour évaluer la richesse d'un État, on s'appuie généralement sur des critères socio - économiques. Pour le savoir, on a besoin de
quelques indicateurs.

- Le PIB (ou le PNB) par habitant, donne une idée de la richesse moyenne d'une population.
- Le PIB : évaluation monétaire de la somme des valeurs ajoutées créées en une année par tous les secteurs d’activités,
entreprises nationales et étrangères, implantées sur le territoire d’un pays.
- l'indicateur de développement humain, l'IDH. C'est un indice qui prend en compte plusieurs facteurs : l'espérance de
vie, le niveau d'instruction et le niveau de vie. Il varie de 0 à 1 (au-delà de 0,8, on estime qu'il est élevé ; au-dessous de
0,5, on estime qu'il est faible).
- l’indice de pauvreté humaine (IPH) qui prend en compte le pourcentage de la population d’un pays vivant sous le seuil
de pauvreté.

2) Pays riches et pays pauvres

On distingue globalement deux groupes de pays dans le monde : le Nord regroupant les pays développés et le Sud qui rassemble
les pays en voie de développement (PVD), aussi appelés pays en développement (PED). Plusieurs éléments les opposent :

NORD SUD
LES CONTRASTES DEMOGRAPHIQUES
 Accroissement naturel faible : 0,5%  Accroissement naturel élevée : > 2,5%
 Vieillissement de la population  Population jeune : 50% moins de 20 ans
 Population urbanisée  Population à majorité rurale

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COURS D’HISTOIRE-GEOGRAPHIE 2015 - 2016

LES CONTRASTES SOCIAUX


 Alimentation équilibrée et suffisante  Carence alimentaire
 Couverture sanitaire suffisante et efficace  Vulnérabilité sur le plan sanitaire
 Niveau d’instruction élevée  Importance de l’analphabétisme
 Niveau de vie de la population : élevé  Niveau de vie de la population : faible
LES CONTRASTES ECONOMIQUES
 Agriculture moderne et performante  Agriculture traditionnelle à faible rendement
 Industrialisation très avancée  Faible et retard de l’industrialisation
 Economie puissante et performante  Economie extravertie (tournée vers l’extérieur)

I- LES UNITES ET LES DIVERSITES NORD-SUD

A- LE NORD
Le Nord comprend les 48 Etats développés dont 23 se trouvent en Europe, 9 en Asie, 2 en Amérique et 2 en Océanie. Ils
possèdent les 80% de la richesse mondiale et regroupent les 19% de la population mondiale.

1) Unité du Nord
Plusieurs traits communs rassemblent les pays du Nord
 Ils sont des pays riches, qui possèdent les PNB les plus élevé dans le monde
 Ils dominent le monde entier sur le plan économique, commercial, technologique et culturel
 Leurs économies sont basées sur le secteur tertiaire.
 Leurs populations possèdent un niveau de vie élevée PNB /hab. /an > 8000 dollar et un niveau d’instruction élevée.
 La croissance démographique est parfaitement maitrisée.

2) La diversité du Nord
a) La prépondérance de la Triade
Le niveau de développement de la triade est très avancé par rapport aux autres pays du Nord ; ils possèdent les 75% du PNB
mondial. Elle se classe au premier rang des puissances agricole, industrielle et financière. Leur domination dans les domaines
clefs : informatique et télécommunications et leur maîtrise de la haute technologie leur permettent d'être bien placés dans les
échanges mondiaux. Depuis 1991, ils connaissent une croissance économique continue.

b) Les espaces moins développés du Nord


La pauvreté n'est pas absente des pays du Nord. Certains états du Nord comme les anciens pays communistes sont en retard sur
le plan industriel et technologique. D’autre pays nordistes ont un niveau de développement inférieur à celui des certains pays du
Sud.
Exemple : l’IDH du Portugal : est inférieur à celui du Chili.

3) Les facteurs de la richesse du Nord


Les pays du Nord sont des États anciennement industrialisés et leurs atouts sont multiples.
- Ils possèdent des industries de pointes et un secteur tertiaire très puissant.
- Ils sont les grands investisseurs de la planète. Les pays du Nord disposent des capitaux nécessaires pour mieux s'intégrer
dans les échanges mondiaux, moderniser sans cesse leur économie et favoriser le développement de la recherche.
- Ils maîtrisent la technologie de pointe en détenant 90 % du potentiel scientifique mondial.
- Ils contrôlent bien souvent la diffusion des découvertes dans le reste du monde.
- Leur dernier atout est constitué par les FMN ou firmes multinationales : elles produisent 40 % de la richesse créée chaque
année. Toutes appartiennent aux pays du Nord.
- Les pays du nord sont les principaux bénéficiaires de la mondialisation.

B- LE SUD
1) Unité du Sud
Plusieurs traits communs rassemblent les pays du Sud
 Ils sont des pays pauvres, sous - développés et à économie agricole. Ils ne possèdent que les 15 % de la richesse
mondiale
 Ils sont dépendants à l’égard du Nord sur le plan économique, commercial, technologique et culturel
 Leurs économies sont basées sur le secteur primaire.
 Leurs populations possèdent un niveau de vie faible PNB /hab. /an < 8000 dollar
 La croissance démographique est très rapide, galopante.

2) La diversité du Sud
On peut grouper les pays du sud en plusieurs catégories sur le plan économique.

 Les pays pétroliers


Les pays de l’OPEP comme l’Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Iran… sont des pays à revenus élevée, qui ont pu accéder
rapidement à la croissance du fait de la masse des petro dollar. Ce sont les nouveaux riches du monde contemporain avec un
PIB/hab. variant de 10000 à 35000 dollar. Mais en raison des structures sociales et politiques, il n’appartient pas pour autant au
monde développé.

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COURS D’HISTOIRE-GEOGRAPHIE 2015 - 2016

 Les pays émergents ou intermédiaires


Ce sont des véritables pays en voie de développement même si leur essor est fragile. Le NPI est le groupe le plus avancé du
monde en développement, auquel appartenaient les 4 dragons d’Asie du Sud - Est : Corée du Sud, Taiwan, Singapour, Hong-
Kong. Leur PNB/hab. se situe entre 1400 à 15000 dollar, ces pays ont connu un effort industriel, une maitrise démographique et un
progrès de l’éducation. Ces pays sont actuellement au nombre de 65 pays.

 Les pays moins avancés


C’est le groupe des pays le plus pauvre et les plus démunis qui ne peuvent survivre que de l’aide ou de la solidarité internationale.
Ils sont pour la plupart en proie de l’instabilité politique et des problèmes socio-économiques. Actuellement, la majorité de ces pays
se localisent en Afrique noire, et quelques dizaines d’Etats en Asie et en Amérique latine. Ils forment actuellement le quarts-monde.

LE SOUS - DEVELOPPEMENT

Introduction :

En ce troisième millénaire, tous les pays du Sud sont concernés par le sous-développement.

I- LES CARACTERES DU SOUS-DEVELOPPEMENT


1) Les indicateurs économiques
a- Le poids du secteur primaire
Dans les pays du Sud, on note la prédominance du secteur primaire qui fait travailler les 80% de la population active. En plus, on
assiste à la sous-production agricole.

c- La faiblesse de l’industrialisation
Le secteur secondaire des PVD n’occupe que 20% des actifs et les industries ne sont pas performantes, rentables et à faible
productivité.

b. Le surendettement
La fragilité du commerce des pays sous-développés se traduit par un déficit permanent de la balance commerciale. Cette situation
oblige les pays sous-développés de s’endetter.

c. Extraversion de l’économie
L’économie des PSD est tournée vers l’extérieur. En effet, ils sont vis-à vis des pays riches sur le plan matériel, technologique,
financière et commercial.

d. La prépondérance du secteur informel


Dues a l’importance du chômage et du sous-emploi, les activités économiques illicites se rencontrent partout telles que : marchand
de rue, petites industries fictifs…

2) Les indicateurs sociaux


 Le problème alimentaire
Il est très préoccupant dans les pays sous-développés. Il se manifeste sous trois formes principales : la malnutrition chronique, la
sous-nutrition et la disette. Actuellement, plus de 500 millions de personnes souffrent de la faim dans ces pays.

c) L’analphabétisme
L’analphabétisme touche une forte proportion de la population dans les pays sous-développés > 20 %.

d) L’insuffisance de la couverture sanitaire


Le nombre des médecins est largement insuffisant dans les pays pauvres. Selon l’OMS, un médecin occupe 35000 personne en
moyenne s’il soigne 300 personnes dans les pays développés. Par ailleurs, les centres de soins et les matériels médicaux sont
largement insuffisants.

e) L’importance du chômage et du sous -emploi


Dans les PSD, le taux de chômage est assez élevé. Il touche les 50% des actifs. On note également l’importance du sous emploi
qui touche la plupart des actifs.

f) La mauvaise qualité du logement et de l’habitat


Dans le milieu rural, elle se traduit par l’absence du confort tel que l’eau courante, électricité. Dans les milieux urbains, cette
mauvaise qualité est matérialisée par l’existence des quartiers pauvres, des bidonvilles.

3) Les indicateurs démographiques


a. L’accroissement élevé de la population
Le taux d’accroissement naturel des pays du Tiers monde est assez élevé. Il est de l’ordre de 3,8%, alors que dans les pays riches,
il n’est que de 0,8%. En général le nombre de la population se double tous les 18 ans.

b. La jeunesse de la population
La forte proportion de la population jeune aggrave aussi la situation des pays sous-développés. Plus de 50% de la population ont
moins de 20 ans. Cette situation alourdit les charges des actifs.

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c. La mortalité infantile élevée


La mortalité infantile s’élève souvent à 1,5% dans les pays pauvres si elle est en moyenne de 0,17 %

d. La faiblesse de l’espérance de vie.


L’espérance de vie est faible dans le tiers monde, il n’est que de 50 ans en moyenne chez les pays sous-developpés. Les
conditions de vie, les problèmes alimentaires et d’accès aux soins expliquent en grande partie cette courte dureté de vie.

2- LES FACTEURS DU SOUS-DEVELOPPEMENT

 Les causes internes


 La domination de plusieurs phénomènes:
- Des traditions comme la mentalité, techniques, plusieurs interdits
- De mentalités exportées
- Des produits importés sur le marché local
- Des cultures d’exportations et des industries extractives.

 La dépendance à l’étranger
- La dépendance financière aggrave l’endettement
- La dépendance technique, technologique et commerciale renforce le déficit commercial.

 Les autres causes


- Le poids de la colonisation qui a engendré le néocolonialisme économique et la domination politique.
- L’impérialisme socioculturel qui se traduit par la fuite des cerveaux.
- Les conditions géographiques et fléaux naturels : climat aride, cyclones, inondations…
- La faiblesse des niveaux intellectuels et techniques
- L’insécurité et l’instabilité politique
- Corruption, tribalisme, régionalisme…
-
 Les causes externes
 La domination économique des pays riches
- Les prêts et les investissements étrangers axés sur les intérêts étrangers comme les FMN
- L’échange inégal et la détérioration du terme de l’échange : l’échange mondial consacre à avantager les pays riches. La DIT
vise cet objectif : les … (poid volume, valeur)
-
 La domination politique et socioculturelle
- Traités d’aide et de coopération axée sur les intérêts étrangers.
- La diffusion des modes de vie et des valeurs étrangères : mentalité, habillement, langage…
-
c) La domination militaire
- Les interventions militaires et les installations de bases militaires étrangères aggravent l’insécurité.
- Les achats d’armes pénalisent encore l’économie des pays pauvres.

LES ECHANGES MONDIAUX

Introduction : le commerce mondial a connu un essor sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale. De 1950 à 2000,
la valeur des échanges internationaux ont été multiplié par 50 et leur volume par 30. Des causes nombreuses ont été à l’origine de
ce progrès du commerce mondial : la révolution des transports, la révolution de la technologie, les accords de libre échanges et
l’expansion des firmes multinationales.

I- Les facteurs qui ont favorisé le commerce mondial

1) La libéralisation des échanges


 La mise en place des accords de libre-échange par le GATT en 1947, relayés par l’OMC en 1995 ont favorisé l’expansion du
commerce à l’échelle mondiale en assurant la régulation des échanges.
 La mise en place des zones de libres échanges par des organisations régionales, comme l’AELE (Europe), ALENA (Amérique
du Nord), MERCOSUR (Amérique du Sud), ASEAN (Asie), SADC, COMESA, CEDEAO, COI (Afrique) ont favorisé également
la libre circulation des marchandises.

2) La révolution des transports


Elle a rendu les échanges internationaux plus faciles et onéreux. Les inventions des nouveaux moyens de transports tels que les
avions supersoniques, les cargo et porte containeurs ont rendu les échanges de produits et les migrations humaines plus rapides et
plus sures. Elle a aussi accéléré la DIT (la division internationale de Travail).

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3) La révolution technologique
Les nouveaux procédés des moyens de communication et des moyens de transmissions des informations ont également contribué
au progrès du commerce mondial. Ils ont facilités les négociations et les transactions commerciales.

4) Les firmes internationales


Les multinationales ou FMN (les firmes multinationales) sont, généralement des industries de grandes dimensions, qui développent
leurs activités à l'étranger. Leurs délocalisations dans plusieurs pays entrainent l’internationalisation de la production et de
l’économie.
II- L’évolution des échanges

1) Les diversifications des échanges


De 1945 à nos jours, plusieurs produits sont échangés entre les 5 continents du globe. A savoir ; les produits agricoles, les
minerais, les hydrocarbures, les produits manufacturés, les capitaux, les services, les informations et les marchandises invisibles
(assurance,)

2) La progression des échanges


 Avant 1990 le commerce des produits primaires représente 45% des exportations mondiales. Le Tiers – monde a réalisé
près de 50% des exportations mondiales des produits primaires dont 38% sont des hydrocarbures effectuées par les pays de
l’OPEP. En revanche les pays développés sont les principaux importateurs des 80% des produits de bases.
 Le pétrole est un produit primaire qui occupe une place importante dans le commerce international car, à lui seul, il
représente 15% de la valeur du commerce mondial.
 La part des produits manufacturés (industriels) augmente progressivement. S’ils ne représentent que 55% des échanges en
1990, Ils représentent actuellement les trois quarts ; 75% des exportations mondiales (80 % des exportations des pays
développés)
 Les années 1990 sont marquées par l'augmentation des échanges de services, Les échanges de capitaux et d’’information.
(Les nouvelles technologies permettant d'échanger davantage d'informations, en des temps très courts, ne cessent de
progresser

III- Les inégalités des partenaires

1) La prépondérance des pays industrialisés


 Les pays développés dominent dans les échanges mondiaux. La triade réalise à elle seule les 2/3 des échanges.
 Cette prépondérance s’explique par les liens établis avec les anciennes colonies et la volonté d’ouverture commerciale. En
plus, les pays développés possèdent des fonds nécessaires aux échanges.

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2) La percée de certains pays en développement


Quelques pays du Sud, ayant réalisé une performance économique spectaculaire commencent à jouer un rôle important dans les
échanges. La Chine est devenue un acteur de taille dans le commerce mondiale. D’autres pays asiatiques comme les NPI,
les« bébés tigres » se montrent également très compétitifs. Leurs efforts sur l’industrialisation et l’exportation des produits
manufacturés expliquent en grande partie cette réussite.

3) La marginalisation de nombreux pays


Plusieurs pays, notamment ceux d’Afrique noire et d’Asie centrale restent marginalisés. Leur part dans les échanges reste très
faible.
Cette situation résulte des difficultés que rencontrent ces pays à s’adapter aux nouvelles donnes de l’interdépendance mondiale
auxquelles s’ajoute la détérioration des termes de l’échange.

IV- Les grands courants des échanges planétaires

Les échanges commerciaux sont désormais planétaires. Pour l'essentiel, cependant, ils ne concernent que trois pôles qui
constituent le centre économique du monde. Ils assurent à eux seuls plus de 87 % des échanges mondiaux. Ils exportent des
marchandises (des produits manufacturés), des services mais aussi des capitaux et de l'information (dans ce domaine, leur
supériorité est totale).
Il existe deux types de flux dans le monde

1) Les flux interzones


Ce sont des échanges qui s’effectuent à l’échelle internationale
- Les flux transatlantiques qui unissent l’Europe et l’Amérique du Nord ; ce sont des importants marchandises, dirigés surtout
vers l’Ouest.

- Les flux transpacifique unissent l’Amérique du Nord, le japon et les NPI. Le Japon et les NPI exportent beaucoup plus vers
l’Amérique qu’ils n’importent

- Les flux commerciaux entre le Japon et les NPI sont à l’avantage du Japon

2) Les flux intra-zones

Ils font aussi partie des grands courants des échanges dans le monde qui s’effectuent à l’intérieur d’une zone économique ou d’un
continent.
- Le commerce intereuropéen est très intense grâce à la mise en place de l’Union Européenne.
- Le commerce inter-asiatique : commerce entre les pays asiatique mais dominé par le Japon. Exemple ASEAN
- Le commerce inter-latino-africain se fait par le biais de l’ALENA
- Le commerce inter africain commence à se développer à travers les organismes régionaux comme la CEDEAO, COMESA,
COI, SADC

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PARTIE II: LES GRANDS CENTRES DES PUISSANCES MONDIALES

LA TRIADE

Introduction
La Triade regroupe les trois pôles les plus riches et les plus développés de la planète : Les Etats-Unis, L’Union Européenne et le
Japon. Elle domine le monde actuel sur tout le plan. Les pays de la Triade réalisent entre eux environ 80 % du commerce mondial
(70 % de la production mondiale, 90 % des opérations financières et 80 % des nouvelles connaissances scientifiques).

I- Les facteurs de la puissance de la triade


L'intensité des échanges entre les pays de la triade s'explique principalement par les liens historiques, culturels, politiques
puissants, marginalisant ainsi les autres espaces du système-monde.
- Ils contrôlent l'essentiel du pouvoir politique et économique du monde.
- Ils possèdent les capitaux et maîtrisent les technologies et l'information.
- Ils disposent les 80 % du PNB, 70 % de l’industrie mondiale, 85 % de la recherche développement, 60 % des services de
transports.
- Ils sont les principaux investigateurs des lois du commerce mondial, destinées principalement à favoriser leurs intérêts.

II- La Triade : une puissance économique majeure


1) La puissance industrielle
La Triade est avant tout une puissance industrielle, cœur de l'industrie mondiale de haute technologie. Elle concentre en 2012,
74 % des 500 premières entreprises du monde. Ces pôles accueillent les principaux sièges sociaux des firmes multinationales ou
transnationales :
 de l'automobile (Toyota, General Motors, Kia Motors...),
 de la chimie (BASF, Dow Chemical...),
 de l'aéronautique civile et militaire (EADS, Boeing, Airbus),
 des services financiers (Citigroup, Bank of America...),
 de l'agroalimentaire (Nestlé, Danone...),
 de la cosmétique (L'Oréal...)....

2) La puissance commerciale
La triade est un centre d’impulsion de la mondialisation ; acteur essentiels de la globalisation. Elle réalise à elle seule les 87% des
échanges commerciaux dans le monde. La mise en réseau de ces pôles permet à la triade de représenter plus de 75 % du trafic
mondial. Par ailleurs, les principaux ports à conteneurs se trouvent sur ces espaces.

3) La puissance financière
La triade est également le cœur financier du monde. Elle détient :
 les trois principales monnaies mondiales : dollar US, euro et yen (parfois représenté ironiquement par le sigle ¥€$)
 les trois plus grandes bourses du monde : NYSE Euronext, Bourse de Londres et Bourse de Tokyo
 les plus grandes banques du monde : Bank of America, HSBC, Crédit Agricole, Mitsui...
En plus, les pays de la triade sont les principaux investisseurs du monde dans tous les domaines. Ces investissements s’expliquent
plus clairement par l’implantation des firmes multinationales dans plusieurs pays du monde…

III- la puissance militaire et diplomatique et intellectuel


1) la puissance militaire
Par l’intérmédiaire des Etats-Unis, la triade est la gendarme du monde. La triade compte la première puissance militaire mondiale :
autre que les forces armées, elle possède les 70% de dépenses du budget militaire mondial. C'est aussi le lieu d'implantation des
grandes firmes de défense : Boeing, EADS, Raytheon, BAE System, Lockheed Martin...

2) La puissance politique
- la triade est le centre du commandement mondial : centre décisionnel
- Pour des raisons souvent historiques, les organisations politiques internationales ont souvent été créées grâce à des
initiatives et des accords entre pays de la triade.
- Elle dirige la majeure partie des organisations internationales
- Les pays de la triade peuvent exercer des pressions sur les pays pauvres par le biais des annulations de dette, et
participent à la résolution des conflits militaires à l'ONU.

3) La puissance culturelle et intellectuelle


 Aujourd'hui, l'anglais domine le monde entier dans tous les domaines : la langue des échanges, la langue des affaires privées
(grandes entreprises, commerce...) et publiques (langue officielle des grands institutions internationales)
 La triade possède les 100 premières meilleures et les plus prestigieuses universités du monde.

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IV- Limite de la puissance de la Triade


1) Sur le plan sociopolitique
La Triade est accusée :
 d'être responsable du réchauffement climatique avec ses pollutions
 de piller les richesses des pays moins riches directement ou indirectement par le soutien de gouvernement corrompu
 d'imposer un impérialisme politique et économique.
 de mépriser les cultures non occidentales...

2) Sur le plan économique


 L'entrée de la Chine, de la Russie, de l'Inde, du Brésil et de l'Afrique du Sud dans l'économie mondiale tend à redistribuer les
cartes de la puissance économique et financière. La concurrence commerciale à l’échelle mondiale limite la domination des
pays de la triade sur le plan commercial, le développement des industries des NPI entraine des difficultés pour leurs
entreprises…
 La multiplication des crises économique d’ordre interne et externes tels que : la faillite des industries, la baisse progressive du
niveau de vie de la population, l’endettement des pays fragilise leur puissance économique.

LE JAPON

La réussite économique du Japon est si impressionnante, qu’elle a été qualifiée de « miracle ». Entrée tardivement dans
l’ère industrielle, écrasée par la défaite en 1945, il a rattrapé son retard avec une grande rapidité. Actuellement, il se place
à la deuxième puissance économique du monde.

I- les fondements de la puissance japonaise


Le développement de l’économie de ce pays a été rendu possible par l’action conjuguée de plusieurs facteurs.

1) La population
Elle constitue la première richesse du pays. Il bénéficie d’une situation démographique très favorable avec beaucoup d’actif, peu de
vieillard et des jeunes. Ces perspectives sont compensées par le haut niveau de formation ; 90% de la classe d’âge obtient le
baccalauréat, 30% diplômés d’étude supérieur. Par ailleurs le fort pouvoir d’achat des Japonais : PNB : 35000 dollar/hab./an. fait du
pays la deuxième société de consommation de la planète.

2) La mentalité de la population
Elle constitue aussi un atout fondamental dans le développement économique. C’est une population qui valorise la solidarité ;
l’intérêt collectif par rapport à l’intérêt individuel. En plus, c’est une population qui valorise le travail et pratique le nationalisme
économique : elle achète en priorité des produits japonais. Les valeurs du shintoïsme (soumission de l’individu à la société,
vénération de la nature) et du confucianisme (modestie individuelle, respect de la hiérarchie) prônent ce consensus et la
solidarité.

3) L’organisation économique efficace


Elle constitue un atout particulier dans le développement du pays.
a) Le rôle de l’Etat dans l’économie.
L'État joue un rôle très actif par l'intermédiaire de ses ministères, comme le MITI. Il définit les grandes orientations de l'économie
(stratégies de développement), encourage la recherche et aménage le territoire. Ses échanges avec les entreprises sont constants.

b) La structure dualiste et pyramidale des entreprises (coexistence entre deux secteurs opposés)
Le système économique japonais est dual : de grandes entreprises (les keiretsu) s'appuient sur de nombreuses PME (petites et
moyennes entreprises).
Les grandes entreprises, comme Toyota ou Mitsubishi, regroupent des industries liées par une banque ou une sogo-sosha
(maison de commerce), servant d'intermédiaire dans les échanges commerciaux. Elles assurent 50 % de la production japonaise
mais n'emploient que 30 % des salariés.
Les PME sont très dépendantes des grandes entreprises par le biais de la sous-traitance.

c) Adoption des stratégies efficaces

 Malgré l'absence de ressources naturelles, le Japon a développé l'industrie, fer de lance de l'économie entre 1945 à 1975.
Les capitaux nécessaires à l'industrialisation ont été fournis par les exportations. Dès l'origine, celles-ci ont joué un rôle
majeur dans le dynamisme japonais. Cette stratégie a entraîné le transfert des activités sur le littoral (littoralisation de
l'économie) afin de diminuer les coûts de transport.
 La crise des années 1980 a contraint le Japon à s'adapter pour faire face à la concurrence. Il a alors mis l'accent sur la
haute technologie (permettant de concevoir de nouveaux produits) : c'est le pays qui dépense le plus au monde en
recherche-développement par habitant. Il a adopté d'autres méthodes de production (robotisation). Il procède également à
des délocalisations dans des pays où la main d'œuvre est moins chère. Parallèlement, il investit dans de nouvelles
régions du monde (création d'usines), ce qui lui permet d'entrer sur de nouveaux marchés

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II- La puissance japonaise


1) La puissance industrielle
- L'industrie lourde reste l'une des plus puissantes au monde : dominant la construction navale, le pays est le deuxième
producteur d'acier du monde (2003) avec 12 % du marché. L'industrie textile est en repli. Le Japon se spécialise dans les
tissus innovants (polyester doux et résistant aux taches).
- Pour l'industrie mécanique : le Japon est la deuxième dans le secteur automobile (Toyota), derrière les États-Unis il fournit
les trois-quarts des motos du monde.
- Les industries de haute technologie connaissent un essor considérable et symbolisent la réussite japonaise : le Japon occupe
le premier rang pour l'électronique destinée au grand public (téléviseurs, hi-fi, magnétoscopes) et pour la robotique, le
deuxième pour l'informatique et les télécommunications.

2) La puissance commerciale
Le Japon est la troisième puissance marchande du monde : en 2002, il représentait 7,4 % des exportations mondiales. Les
exportations de produits manufacturés sont le moteur de l'économie japonaise : automobile, audiovisuel, matériel de bureau
(photocopieur), produits de pointe (robot).
Le pays possède les réseaux de transports nécessaires pour l'acheminement de ces produits : la flotte marchande japonaise est la
deuxième au monde (2003). En outre, les japonais possèdent des réseaux commerciaux à travers tous les pays du monde.

3) La puissance financière
- Le Japon demeure le premier créancier du monde. Grâce à l'épargne, qui est forte, et aux exportations, il a accumulé des
capitaux considérables.
- Le Japon est ainsi le premier investisseur international ; il investit dans tous les secteurs : immobilier, industrie de pointe et
les services en Asie aux États-Unis et en Europe.
- Le japon est le premier banquier du monde ; les 11 des 25 banques mondiales sont japonaises. Grace à cette puissance, il est
le premier investisseur d’aide publique au développement.

III- Les limites de la puissance japonaise

Plusieurs problèmes constituent les limites de la puissance économique du japon


1) Les contraintes géographiques
a- L’exigüité du territoire
2
Le japon possède un territoire de 377000 km . Sur ce territoire, les chaines de montagnes qui occupent les 85% du territoire et les
plaines qui longent les cotes ne représentent que moins de 15%.

b- La fréquence des catastrophes naturelles


Ils constituent des obstacles au développement du japon. En effet, il existe plusieurs catastrophes au japon : séisme, tsunami,
typhon, inondation…

2) Les problèmes d’ordre internes et externes


a- La dépendance vis-à-vis de l’extérieur
- Au plan des ressources, l’archipel est très pauvre. Le japon importe les 89% de ses matières premières et 90% de ses besoins
en énergie : gaz, pétrole, charbon.
- Sur le plan commercial, la concurrence entraine le déclin des industries japonaises. En réalité, elle menace les ressources
financières du pays, basé sur le commerce.
-
b- Le vieillissement de la population
Il pose actuellement un problème de la pénurie de la main d’œuvre. En plus, les charges sociales de l’Etat ne cesse d’augmenter ;
caisses retraites, assurances maladies…

c- La rupture envers les cultures ancestrales


- Au japon, la montée des tensions internes liées à une attitude de plus en plus critique de la jeunesse à l’égard de la tradit ion
constitue une menace sur la solidarité. Les revendications salariales accentuent les tensions entre le patronat et les salariées.

3) Le rayonnement limité sur le plan politique


Sur le plan politique, le rôle du Japon est moins important que les autres pays de la Triade. Il ne dispose pas de droit de véto et
d’influence majeure sur le plan international.

Conclusion
La réussite économique du japon résulte de l’action conjuguée de plusieurs facteurs. En ce troisième millénaire, le japon figure
parmi les pôles majeurs de l’économie mondiale. Cependant, la puissance japonaise est limitée dues aux problèmes de l’espace,
les faiblesses de ressources naturelles …

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L’UNION EUROPEENNE

L’Union Européenne est un pôle économique majeur de la planète. Elle est actuellement la deuxième puissance économique
mondiale.

I- LE PROCESSUS DE L’EDIFICATION DE L’UNION


L’édification de l’Union Européenne se faisait par étape de 1948 à 1992.

1) Les débuts 1948-1951


Les débuts de la construction européenne ont été d’abord marqués par la naissance de l’Europe des six.
a) L’OECE (Organisation Européenne de Coopération Economique) 1948
Elle comprend en 1948, les 16 Pays qui ont accepté le Plan Marshall. Ils se sont engagés à collaborer économiquement ; échange
commerciaux, réduction des tarifs douanier …
b) La CECA (Communauté Européenne de Charbon et de L’Acier) 1951
Six pays de l’OECE ont constitué cette organisation : L’Allemagne, La France, Les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et l’Italie.
Il s’agit d’un marché commun de Charbon et de l’Acier entre les pays membres. L’objectif est d’accroitre la productivité, faciliter la
libre circulation des produits entre les pays membres. L’Europe des six est ainsi constituée.

2) La CEE (Communauté Economique Européenne) : 1957


Le traité de Rome en 1957 entre les six pays membres de la CECA, a créé la CEE. Son objectif est de mettre en place un tarif
douanier commun et de supprimer tous les obstacles à la circulation des marchandises, des capitaux, des services et des
personnes. L’ambition du traité de Rome est de réaliser une union économique avant une éventuelle union politique.
 A partir de 1958, la CEE s’est élargie et comprend 12 membres en 1986 avec l’entrée de la Grande Bretagne, L’Irlande,
Danemark, Grèce, Espagne et le Portugal.
 En 1972, le SME (Système Monétaire Européen) est crée pour permettre aux pays de la CEE d’échapper au flottement du
dollar, en 1979, l’ECU (Européen Currency Unit) est crée. C’est une monnaie de compte européenne et une unité
monétaire de référence.

3) La naissance de l’Union Européenne : 1992


En 1986, l’acte signé entre les pays membres de la CEE a pour but la réalisation du marché économique, ainsi que la création de
l’Union Européenne. Le traité de Maastricht signé en Février 1992 marque la naissance de l’Union Européenne. Ce traité définit
l’union Economique et Monétaire (UEM) et l’Union Politique.
 L’Europe des 15 est constituée en 1995 avec l’Adhésion de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède. L’Union Européenne
compte 25 membres en 2004, 27 membres en 2007 et 28 membres à partir du 3 Juillet 2013.
 Le passage à l’Euro se fait entre 199 à 2002. L’Euro est la monnaie unique des pays membres de l’UEM à partir de 2002.
La Grande Bretagne, La Suède, le Danemark sont exclus.

II- LA SITUATION DE L’UNION EUROPEENNE DANS LE CONTEXTE GEO-ECONOMIQUE (PUISSANCE)

1) Première puissance commerciale


L’Union Européenne assure les 39 % du volume du commerce mondial. Elle est la plus vaste marché de la planète, le plus grand
consommateur et une plaque tournante du commerce mondial. En 2012, les six des dix premières puissances commerciales du
monde appartiennent à l’Europe Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Pays-bas, Belgique-Luxembourg

2) Une puissance agricole


Grace à la réussite du PAC (Politique Agricole Commune) l’Union Européenne est la deuxième puissance agricole mondiale
derrière les Etats-Unis.

3) Une puissance financière


L’union Européenne assure les 42% des émissions d’obligations internationales. Les banques Européens s’imposent sur le marché
des « eurocrédits ». Si le dollar reste le roi, l’Euro est de plus en plus utilisé. D’autant plus, l’Union Européenne fait partie des
premiers investisseurs de la planète et occupe la première place dans les échanges internationaux de services : 25%.

4) Deuxième puissance industrielle mondiale


L’Union Européenne assure les 22% de la production industrielle mondiale. En Effet, les industries européennes sont les ancêtres
de toutes les industries mondiales, dont l’Europe bénéficie d’une longue tradition de savoir faire en la matière. Plus de 1000
entreprises européennes se sont implantés hors de l’Europe (délocalisation des firmes).
5) L’Europe : Un centre décisionnel mondial
L’Union Européenne occupe aussi un rôle primordial dans la diplomatie mondiale. Deux pays de l’Union disposent le droit de Véto
au sein de l’ONU ; La France et le Royaume – Uni. Ces pays de l’Union dominent le monde entier avec les Etats-Unis sur le plan
politique et économique ; ils sont les principaux organisateurs de la vie internationale.

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6) L’Europe : Un centre d’intérêt culturelle du monde entier


La culture européenne rayonne sur le monde entier. Les langues européennes sont utilisées dans le monde entier : français,
anglais, espagnols, portugais, allemand, italien. Le prestige des Grandes Universités européens : Sorbonne, Oxford, Cambridge est
reconnue partout. D’autant plus, l’Europe attire les touristes du monde entier, grâce à ses monuments et sites historiques : tour
Eiffel, Porte de Brandebourg, Colisée de Rome, London Tower…

III- LES FAIBLESSES DE L’UNION EUROPEENNE

1) Le vieillissement de la population
Actuellement, le vieillissement de la population engendre plusieurs problèmes : la pénurie de la main d’œuvre, les lourdes charges
pour l’Etat.

2) La dépendance extérieure
L’Europe est dépendant vis-à-vis le reste du monde pour ses approvisionnements en matière premières ; 75% et énergétique ;
45%. Elle est de ce fait, obligée de vendre partout les produits de son agriculture et de ses industries.

3) La concurrence étrangère
Sur le plan économique, la place de l’Union Européenne se dégrade sur le marché mondial. Elle subit la concurrence des Etats-
Unis, le japon et les NPI à l’échelle mondiale.

4) Problème de cohésion et de solidarité


L’Union Européenne rencontre plusieurs problèmes internes :
 La diversité économique, du système politique, religieuse, langue, culture … entre les Pays membres constituent des
obstacles à la solidarité européenne (manque de cohésion)
 A cause de la diversité politique, la constitution européenne n’est pas encore conclue.
 Tous les pays membres n’adoptent pas l’Euro comme une monnaie unique

L’Union Européenne parviendra-t-elle à renverser la situation, et de dominer le nouvel ordre mondial à ses avantages ?

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PARTIE II : LES ETATS-UNIS D’AMERIQUE : LAPREMIERE PUISSANCE MONDIALE

LE MILIEU NATUREL DES ETATS-UNIS

Les Etats Unis sont formés par 50 républiques. Avec une superficie de 9 363 000 km2, le pays fait partie des quatre pays les plus
immenses de la planète. La superficie des États-Unis équivaut à celle du continent européen : 4 500 kilomètres séparent la côte
Est de la côte Ouest, 2 500 la frontière nord de celle du sud.

1) Le relief
On peut classifier en 3 grands ensembles le relief des Etats-Unis, selon une direction Est-Ouest
 A l’ Est.
Les Appalaches dominent à l’Est. C’est une chaine de montagne qui s’étend du Nord au Sud sur 2000 km. On rencontre aussi la
plaine de l’Atlantique qui longe la côte Ouest.

 Au Centre
Les grandes plaines caractérisent la partie centrale du pays. C’est un vaste bassin sédimentaire qui s’étend des plateaux
appalachiens aux montagnes rocheuses.
Exemple : la grande plaine de Mississipi-Missouri

 A l’Ouest
A l’Ouest, les montagnes rocheuses, les plateaux centraux comme le plateau de Columbia et de Colorado, les chaines de pacifique
tels que ; le Sierra Nevada, la chaine de Cascade constituent les éléments essentiels du relief. A cela s’ajoutent le grand bassin
occidentale, la coast Range ; étroites chaines de montagnes côtières et la plaine étroite de pacifique ; large de 2 à 3 km.

2) Le climat
Les Etats-Unis se caractérisent par une grande diversité climatique.
 Continental humide dans le Nord Est; caractérisé par un été chaud et hiver rudes.
 Subtropical humide dans le Sud Est; caractérisé par un hiver doux et un été chaud et humide.
 Le climat tempéré océanique du Nord-Ouest est caractérisé par un été frais et un hiver doux
 Au Sud-Ouest, le climat méditerranéen est marqué par un été frais sur le littoral, mais à l’intérieur, le climat est très chaud.
 Le climat aride et désertique se rencontre à l’Ouest ; du Sud du grand bassin et au Sud ; Texas.

3) L’abondance des resources naturelles.


Les États-Unis disposent de ressources naturelles considérables.
 Ils sont ainsi la première puissance énergétique du monde : ils possèdent 25,5 % des réserves mondiales de charbon
(130 milliards de tonnes 5,3 % des réserves de pétrole et 4,6 % des réserves de gaz. Le centre du pays est la principale
zone de production d'énergie. (hydroélectricité…)
La plupart des ressources minières sont présentes dans le sous-sol américain : fer, bauxite, cuivre, titane, or, uranium,
bronze…
 les Etats-Unis disposent les 18% des sols les plus fertiles du monde.
 La variété du climat permet la pratique de plusieurs sortes d’agriculture.
 Les conditions climatiques et topographiques sont favorables à la production d’énergie: électricité…

4) La maitrise de l’espace
 Grace aux réseaux de transport et de communication dense, moderne et diversifié, l’espace est parfaitement maitrisé aux
Etats-Unis. En effet, le pays dispose le premier parc automobile du monde et le quart du réseau routier mondial, 40% du
trafic aérien mondial, 330 000 km de voies ferrées
 Les richesses naturelles sont parfaitement exploitées. Cela s’explique plus clairement à travers la puissance agricole,
industrielle du pays.

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LA POPULATION AMERICAINE

Les Etats-Unis sont le troisième pays le plus peuplé du monde après la chine et l’Inde. La population américaine s’élève aujourd’hui
à 315000 000 d’habitants.

I- Le peuplement des Etats-Unis


Les Etats-Unis sont une terre d’immigrations, une nation d’immigrants car la population est venue du monde entier. Le peuplement
de l’espace américain est lié aux grandes migrations mondiales depuis les XVIIe siècles. L’Europe est le principal réservoir de
l’immigration.
 Au début du XVIIe siècle, on assiste à l’arrivée des premiers contingents de blancs ; les britanniques et des noirs ;
esclaves déportés d’Afrique.
 Depuis le XVIIIe siècle, plusieurs vagues d’immigrations se sont succédé. Ce sont notamment des Européens ; français,
italiens, irlandais, hollandais… attirés par les conditions économiques très favorables, les libertés politiques et religieuses
ou simplement poussées par la pauvreté ou la famine qui sévissait dans leurs pays d’origine.
 Les hispaniques ; immigrants originaire d’Amérique Latine et les Asiatiques ; chinois, japonais, coréen… débarquent en
Amérique depuis le XVIIIe siècle pour la recherche d’emploi et de condition de vie meilleure.
 Depuis le début des années 60, les Etats-Unis encouragent le « brain drain » ou l’immigration des matières grises. Ce sont
des personnes ayant un niveau d’instruction élevé ; ingénieur, chercheurs, médecins… pouvant etre utiles pour les Etats-
Unis.

Evolution de la croissance de la population de 1789-2010

II- Les caractères de la population


1) Une population cosmopolite
La population américaine est une population cosmopolite, multiraciale. Elle s’est formé à partir d’un mélange de peuples d’origines
diverses ; melting pot. Elle est composée par des blancs européens à 73% dont les WASP, des noirs à 12%, des hispaniques à
10%, des asiatiques à 3%, des amérindiens à 2%.
2) Une population urbanisée
Les 80% des américains vivent en milieu urbain. L’importance des mégalopoles (Nord - Est : Boston à Washington, Sud -Ouest :
Seattle à Los Angeles…) sur les plans économiques, social et politique est particulièrement à souligner.
3) Une population mobile
La population est mobile dans l’espace. Cette mobilité est liée à des facteurs d’ordre professionnel comme la recherche d’un emploi
mieux rémunéré… ou personnel tel que la recherche d’un cadre de vie plus agréable, attractif…

III- La répartition de la population


1) La répartition spatiale
La population est inégalement répartie sur le territoire.
e
 160 millions de personnes ; près de 2 américain sur 3 vivent dans les régions situés à l’Est du 100 méridien. La densité
2
de la population est souvent supérieure à 100 habitants par km . A l’Ouest la densité est faible environ 15 habitant par
2
km , sauf pour quelques Etats situés à l’Ouest comme l’Utah, Californie.
 Les 80% de la population se concentrent dans les milieux urbains.

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2) Répartition des actifs par secteur d’activité


Le secteur primaire rassemble les 3% des actifs, le secteur secondaire 20% et le secteur tertiaire 77%.

IV- Les atouts de la population pour l’économie américaine

 C’est une population nombreuse, dynamique, bien formée et riche. Ces caractéristiques sont la base de l’efficacité des
travailleurs et hommes d’affaires américains.

 C’est une population mobile : cette mobilité stimule le développement des secteurs d’activités à l’échelle régionale.

 C’est une population possédant un haut niveau de vie ; PNB/hab./an 40 000 dollar. Elle forme donc une société de
consommation capable de stimuler l’expansion de l’économie de marché

V- Les problèmes de la population


1) Les inégalités sociales.
On assiste à une forte disparité sociale aux Etats-Unis. Le niveau de revenu détermine la catégorisation sociale. La classe aisée
représente 1% de la population : elle détient les 37% des richesses dans le pays. La classe moyenne est majoritaire à 62%. La
pauvreté touche les 12% des américains, surtout les noirs.
1) Les problèmes des minorités
Les noirs, les hispaniques, les asiatiques vivent dans la précarité. Ils continuent à être victimes d’un traitement discriminatoires
dans certains Etats.

LE SYSTEME ECONOMIQUE DES ETATS-UNIS

Pays du capitalisme, les Etats Unis sont un modèle d’économie libérale et de l’esprit d’entreprise. Ce capitalisme est basé sur
l’importance du capital : Argent, bâtiment, usine …

1) Libéralisme :
La grande liberté régie l’économie américaine. Elle est fondé sur :

a) La propriété privée des moyens de productions


Tous les secteurs d’activités : terres, entreprises, grandes compagnies, société de transports, media… sont entre les mains d’une
personne, d’un groupe privé ou d’une association.

b) Liberté d’entreprise.
L’esprit d’entreprise domine aux Etats-Unis. C’est le capitalisme qui permet le développement des activités industrielles.

c) la libre concurrence.
Dans le cadre du libre-échange, chaque entreprise, producteurs, s’efforce de produire des meilleures qualités de produit afin de
vendre aux meilleurs prix afin de conquérir les consommateurs.

d) la recherche de profit personnel.


Les investissements des capitaux afin de réaliser le maximum de bénéfice possible.

2) Le rôle de l’Etat dans le système économique :

a) Organisateur de l’économie
Le gouvernement fédéral définit la politique économique du pays. Il impose des règles pour protéger la libre concurrence et
contrôlent et réglemente les entreprises pour qu’elles servent bien aux intérêts de la population. Enfin, il s’efforce de corriger
certains excès du système et certaines déréglementations : la surproduction, monopole…

b) Aide les secteurs en difficultés,


L’Etat apporte de l’aide aux entreprises et aux particuliers sous des formes très diverses. Aide financière : compensation de déficit,
subvention des activités, financement des recherches. En plus l’Etat achète les stocks (industrielle et agricole).

c) l’Etat fédéral est aussi client des entreprises,


L’Etat américain est le principal client des entreprises américaines, surtout les industries d’armements et aérospatiales : NASA.

d) l’Etat défend les intérêts financiers américains dans le monde…


L’Etat assure la défense des intérêts américains dans le monde : la politique de la diplomatie du dollar, les débouchés
commerciaux…

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L’AGRICULTURE AMERICAINE

Les Etats-Unis sont le pays agricole le plus puissant du monde. Bien que la production agricole n’intervienne que 3% dans le PNB
et n’occupe que de 2,5% des actifs, les Etats-Unis se classent au premier rang mondial.

I. La puissance de l'agriculture américaine


1) La forte capacité de production
L'agriculture américaine n'emploie que 2,5 % des actifs, mais sa productivité est très élevée : un agriculteur nourrit en moyenne
75 personnes. Elle occupe le premier rang mondial pour le maïs (avec près de 40 % de la production mondiale), le soja (41,3 %)
et la viande bovine ; le deuxième rang pour le lait, le coton (20 % de la production mondiale), le tabac et le porc ; le troisième pour
le tournesol et l'arachide et le quatrième pour le blé.
La production est quantitativement considérable et qualitativement très variée

2) L'agribusiness
La richesse crée par l'agriculture américaine ne se limite pas à la production de denrées agricoles. L'agriculture se trouve ainsi
au cœur d'un important complexe agro-industriel. A l’amont, l’agriculture utilise plusieurs industries comme les fournisseurs des
machines, industrie pétrolière, industrie chimique et des services comme le transport et la banque pour produire. A l’aval, elle se
collabore avec les industries de transformation, restauration, de distribution et des services comme la publicité, transports… pour
écouler ses produits. L'agribussiness représente 20 millions d'emplois et 18 % du PNB américain.

II- Les facteurs de la puissance


1) Les facteurs naturels
 Les Etats-Unis disposent des conditions pédologiques et climatiques favorable à l’agriculture. Les États-Unis possèdent
une vaste surface agricole utile (SAU) : 429 millions d'hectares de terres sont exploités. en plus les Etats-Unis disposent
les 18% des terres arables du monde.
 La diversité climatique du pays permet une grande variété de cultures : culture tempérée : blé, betterave…, culture
méditerranéen : vigne, olive, agrumes…, culture tropicale : tabac, coton, canne à sucre…

2) Facteurs techniques
Les Américains ont développé une agriculture intégrée qui bénéficie des avancées technologiques de l'industrie :
 Elle est hyper mécanisée ; outre les machines agricoles extrêmement perfectionnées : moissonneuse, batteuse,
sarcleuses, tracteurs… les plus gros exploitants utilisent l'avion ou l'hélicoptère ;
 Elle s'appuie sur la recherche agronomique (qui met au point de nouvelles espèces à haut rendement, moins sensibles
aux maladies) ; elle développe activement la production des OGM ;
 Elle utilise massivement les engrais chimiques (alors que l'usage des pesticides diminue).

3) Facteurs humain
 Le pays possède un capital humain important. Elle représente une main d’œuvre important et qualifiée grâce à son niveau
intellectuel et son savoir-faire.
 Cette population dispose d’un pouvoir d’achat élevé, capable de consommer les produits locaux.

III- Caractères de l’agriculture


1) Une agriculture moderne et à forte productivité
 L’agriculture américaine produit les 25% de la production agricole mondiale.
 La production de l’agriculture est quantitativement énorme et qualitativement très variée.

2) Une agriculture diversifiée


L'espace agricole américain est diversifié en plusieurs zones de culture spécialisée. Évolue :
 la division en belts « ceintures », ou régions spécialisées dans un type de culture, comme la corn belt, ou « ceinture du
maïs), weat belt : monoculture de blé se rencontrent dans la partie centrale. Le cotton belt et tobacco belts au Sud…
 Actuellement la polyculture est aussi très développé partout dans le pays..

IV- Les problèmes de l’Agriculture


1) La surproduction
L’agriculture américaine est victime de son succès. En effet la surproduction entraine la chute de prix des produits agricoles et
l’endettement, faillite des agriculteurs.

2)
La dépendance commerciale
Le marché interne est lié à la conjoncture économique ; pouvoir d’achat des consommateurs. Actuellement il stagne à
cause de difficultés sociales ; baisse du pouvoir d’achat.
 Sur le marché extérieur, les États-Unis se heurtent à une concurrence accrue, notamment de la part de l'Union
européenne et du tiers-monde.
3) Le problème de l’environnement
Actuellement, des problèmes d’équilibre écologique et d’environnement se posent. On assiste à la dégradation des sols, la
réduction de sa fertilité à causes des progrès technologiques. Par ailleurs l’érosion arrache plus de 5 millions de tonnes de terres
arables chaque année.

V- Solutions
L’intervention de l’Etat resta la seule solution pour les problèmes de l’agriculture. Il accorde des compensations financières aux
agriculteurs qui acceptent de réduire leurs productions, il assure par ailleurs le remboursement des déficits. En plus il assure l’achat
des stocks des produits agricoles. Enfin, il règlemente la commercialisation des produits agricoles dans le but de faire monter les
prix.

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L’INDUSTRIE AMERICAINE

I- LES FACTEURS DE L’EFFICACITE DE L’INDUSTRIE AMERICAINE

1) Abondance des ressources minières et énergétiques


Elles offrent de solide fondement aux industries américaines. Dans le domaine énergétique, les Etats-Unis produisent les 20% du
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charbon mondial (900 millions de tonnes), les 36% du gaz naturel mondial (568 milliards de m ), les 15% du pétrole mondial. En
plus, les conditions climatiques et topographiques du sol américain sont favorables à la production d’électricité. Dans le domaine
minéral, le sous-sol américain contient presque toutes les richesses minérales : fer, cuivre, bauxite, platine, or…

2) La population
C’est un agent déterminant de la puissance industrielle.
- Les Etats Unis disposent d’énorme potentiel humain car la population active compte plus de 120 millions ; 45% de la
population totale.
- Grace à son pouvoir d’achat élevé, cette population représente une clientèle disposant d’une grande capacité de
consommation.

3) L’adoption des technologies modernes


Elle explique l’efficacité de l’industrie américaine. En effet, la grande capacité d’innovation des industries est favorisée par le
partenariat entre les entreprises et les instituts de recherche ou université.

4) La puissance financière
Elle est à l’origine de la réussite de l’industrie américaine. La continuité et la régularité des investissements se traduisent par
l’expansion des industries ; fer de lance de l’économie (firmes multinationales)

II- LES ESPACES INDUSTRIELS ET LES TYPES D’INDUSTRIES


1) Les espaces industriels
a- Le manufacturing belt du Nord-Est
C’est la bastillon de l’industrie américaine. Dans cette zone, on rencontre les industries traditionnelles comme la sidérurgie, textile,
automobile. Actuellement, cette région est en déclin malgré la reconversion vers la haute technologie des branches industrielles.

b- Le Sun Belt ou croissant périphérique


C’est un immense espace qui s’étend de la Floride au Sud- Ouest jusqu’au Nord-Ouest. La délocalisation des industries, la
migration humaine est à l’origine du développement industriel. Dans ces régions, on rencontre les industries modernes telles que :
l’électrique, l’électronique, l’informatique, l’aéronautique et aérospatiales…

2) Les types d’industries


a- Industrie en déclin
Ce sont les industries traditionnelles du Nord Est. L’industrie sidérurgique comme Us Steel, Big Steel, Industrie textile comme
Converse, Industrie automobile telle que DaimlerChrysler.
Actuellement, ces industries subissent des crises, licencient des salariés et adoptent la reconversion et la concentration.

b- L’industrie en expansion
Ce sont des industries qui utilisent des techniques modernes de très haut niveau, des investissements des capitaux très
importants.
- Industrie aéronautique (Boeing, Mc Donnell…) aérospatiale (NASA)
- Industrie électrique (général électrique…) informatique (IBM, HP, Microsoft, Motorola…)

III- LA PUISSANCE INDUSTRIELLE


1) La forte productivité
Première puissance industrielle, les Etats-Unis fournissent les 25% de la production mondiale. Ils tiennent le premier rang dans de
nombreuses branches : informatique, électrique, aéronautique et aérospatiales

2) La diversification de la production industrielle


La production industrielle est quantitativement très importante et qualitativement très variées. Pour l’industrie automobile, les Etats-
Unis restent le premier producteur mondial (25%). Pour l’industrie aéronautique et aérospatiales, les Etats-Unis assurent plus de
60% de la production des avions et des navettes spatiales mondiales. Grace à ses firmes informatiques ; Microsoft, IBM… le pays
reste le premier producteur mondial. Pour l’industrie agroalimentaire, les firmes américaines comme coca-cola domine la
production de boisson à l’échelle planétaire.

IV- LES PROBLEMES DE L’INDUSTRIE


1) Les difficultés des secteurs d’activités
- Pour les industries traditionnelles, elles souffrent de maque de capitaux, vieillissement des installations et accumule un
grand retard sur le plan technologique. En plus elles souffrent des concurrences étrangères.
- Pour les industries modernes, les Etats-Unis sont concurrencés par l’Union Européenne et le Japon et l’électronique pour
grand publique échappe complètement aux américains
-
2) Les problèmes d’ordre interne et externe
La crise et problème des industries américaines se présentent sous plusieurs aspects.
- La stagnation du marché intérieur et l’ampleur de la concurrence fragilisent les industries américaines. Elles entrainent des
problèmes majeures comme la faillite, l’endettement, la fermeture des entreprises.

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- La hausse du cout du pétrole par l’OPEP sur le marché mondial gène particulièrement la production industrielle, elle réduit
les bénéfices et renforce davantage les faillites…

Remarque : l’intervention de l’Etat, la reconversion vers la technologie moderne et la délocalisation à l’étranger restent les
solutions pour les problèmes des industries.

LA PRESENCE PLANETAIRE DES ETATS-UNIS

La présence américaine est partout. Sa suprématie s'exerce à la fois dans les domaines économique, politique, militaire et culturel.
Les Etats-Unis dominent le monde sur tout le plan.

I- LE ROLE POLITIQUE ET DIPLOMATIQUE


Les Etats Unis jouissent incontestablement d’une grande autorité politique sur le plan international. Membre permanent du Conseil
de Sécurité des nations Unies, Les Etats-Unis sont, de ce fait, un acteur de poids de la diplomatie planétaire.
Les États-Unis occupent une place de premier plan au sein des organisations internationales telles que : l’ONU et ses branches :
PNUD,OMS, FAO…

II- LA PRESENCE MILITAIRE

Les Etats-Unis sont les « gendarmes du monde ». Aujourd'hui, ils disposent d'un arsenal de pointe (missiles guidés, avions furtifs,
satellites, etc.) qui leur confère une incontestable suprématie militaire. Ils peuvent en outre mobiliser des troupes considérables. En
plus, la présence militaire des Etats-Unis s’explique plus clairement à travers la position prédominante de l’armée américaine au
sein des alliances militaires, dont Ils ont d'ailleurs contribué à la création de nombre d'entre elles : OTAN, OTASE, ANZUS…

III- LE POIDS ECONOMIQUE


 Sur le plan financier, la prépondérance américaine au sein des grandes institutions financières internationales (FMI,
Banque Mondiale) et la domination du dollar dans le système monétaire international témoignent la suprématie américaine
sur le plan financier. Grace a sa puissance financière, les Etats Unis font partie des grands investisseur de la planète ;
25% de la part mondial avec 1400 milliards de dollar
 Sur le plan commercial, les Etats-Unis sont un acteur de poids dans l’échange mondial. En effet, ils assurent les 11% des
exportations mondiales, ils contrôlent les 80% du marché pétrolier et des flux stratégiques. Ils sont encore très puissants
dans le domaine des télécommunications et cherchent à maintenir leur hégémonie dans le secteur de l'information, un
élément clé pour la conquête de nouveaux marchés.
 Sur le plan industriel, la puissance et le dynamisme des firmes multinationales américaines comme ; Coca-Cola, Nike,
Microsoft font des Etats-Unis un centre important de l’économie mondiale.

IV- LA PRESENCE HUMANITAIRE


La mise en place d’un système d’aide en faveur des pays en voie de développement comme le MCA (Milleniun Challenge
Account), USAID et les actions entreprises par les « peace corps » dans plusieurs pays du monde montrent d’une manière tangible
une présence très conséquente des Etats-Unis sur le plan humanitaire.

V- LE RAYONNEMENT CULTUREL
Le poids de la culture américaine est considérable dans le monde. De façon plus ou moins directe, sa diffusion renforce les
échanges commerciaux et contribue au dynamisme économique du pays. L’utilisation de l’Anglais comme une langue
internationale, les programmes télévisés et le cinéma participent dans un large mesure à l'expansion de la culture américaine.
Actuellement, on assiste à l’américanisation du monde car l'American way of life (« mode de vie à l’Américaine est adoptée par la
population du globe.

VI- LES LIMITES DE LA PUISSANCE AMERICAINE


 Sur le plan politique, l’émergence de l’Union Européenne sur la scène internationale limite l’influence diplomatique des
Etats-Unis. En plus les réactions identitaires face à l’hégémonie américaine comme la mobilisation anti-américaine dans le
monde arabe depuis 2003 fragilise la domination américaine.
 Sur le plan commercial, Les États-Unis se trouvent de plus en plus confrontés à la concurrence de l’Union Européenne,
Japon, NPI..
 Les dépenses liées à la politique étrangère et à la défense nationale ont profondément creusé le déficit budgétaire. Pour le
financer, l'État emprunte des capitaux sur le marché international. La dette américaine s'élève à 5 174 milliards de
dollars (à la fin 2004), dont 3 024 milliards pour la dette extérieure. Son ampleur ne choque pas outre mesure les
Américains (un compteur électronique, à New York, en donne le chiffre en temps réel, comme s'il s'agissait d'un record),
mais inquiète ses partenaires : les États-Unis perdent les moyens financiers de leur croissance.
 Les crises internes : accentuation des inégalités sociales et des fractures internes, problèmes des secteurs d’activités…

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