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CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET

METIERS

CHAIRE DE TRAVAUX PUBLICS ET BATIMENT

___________

" BETON ARME "


Chapitre 12
Dimensionnement des Poutres-Voiles

(Code CCV226)

Enseignant: Joseph PAIS 2016-2017


CNAM CCV226 – Béton armé avancé 2

Sommaire
12. BIELLES ET TIRANTS - DIMENSIONNEMENT DES POUTRES VOILES .............................. 3
12.1. DEFINITION .............................................................................................................................. 3
12.2. FONCTIONNEMENT MECANIQUE ................................................................................................. 4
12.3. MODELE BT DANS LE CAS D’UN CHARGEMENT EN PARTIE SUPERIEURE ........................................ 5
12.4. VERIFICATION DES CONTRAINTES DANS LES BIELLES COMPRIMEES .............................................. 7
12.4.1. Vérification des contraintes dans le nœud d’appui ....................................................... 7
12.4.2. Vérification des contraintes dans la bielle d’appui ........................................................ 9
12.5. DETERMINATION DU FERRAILLAGE ........................................................................................... 10
12.5.1. Armatures inférieures principales ................................................................................ 10
12.5.2. Armatures secondaires horizontales et verticales ....................................................... 11
12.5.3. Ferraillage minimum (art. 9.7) ..................................................................................... 13
12.5.4. Parois fléchies chargées en pied ................................................................................ 14
12.5.1. Schéma de ferraillage ................................................................................................. 14
12.6. PRISE EN COMPTE D’UNE OUVERTURE ..................................................................................... 15
12.6.1. Modélisation BT à droite de la charge concentrée ...................................................... 15
12.6.2. Modélisation BT à gauche de la charge concentrée ................................................... 16
12.6.3. Modélisation BT complète de la poutre-voile .............................................................. 17
12.7. EXERCICE D’APPLICATION : POUTRE-VOILE A UNE TRAVEE......................................................... 19
12.7.1. Calcul des armatures inférieures principales .............................................................. 19
12.7.1. Vérification des contraintes dans le nœud d’appui. .................................................... 20
12.7.2. Vérification des contraintes dans la bielle d’appui. ..................................................... 22
12.7.3. Calcul des armatures secondaires horizontales. ........................................................ 24
12.7.4. Calcul des armatures secondaires verticales. ............................................................. 24
12.7.5. Vérification du pourcentage minimum ......................................................................... 24
12.7.6. Ferraillage des armatures verticales et horizontales en TS ........................................ 25
12.7.7. Plan de ferraillage........................................................................................................ 25

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12. Bielles et tirants - Dimensionnement des poutres voiles

12.1. Définition
L’article 5.3.1(3) de l’EN 1992-1-1 définit une poutre-voile appelée « poutre-cloison » comme un
élément dont la portée entre-axes est inférieure 3 fois la hauteur totale de la section et supérieure à
quatre fois son épaisseur.

On peut avoir des parois fléchies à une travée, dites isostatiques, ou des parois fléchies continues à
plusieurs travées.

Les parois fléchies peuvent être chargées à différentes altitudes :

 Paroi fléchie chargée en fibre supérieure :

 Paroi fléchie chargée en fibre inférieure :

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 Paroi fléchie chargée par plusieurs planchers intermédiaires :

Lorsque la poutre-voile doit reprendre des charges appliquées en partie inférieure, il est nécessaire de
considérer des armatures de suspente afin de remonter ces charges suspendues. Nous aborderons ce
cas un peu plus loin dans ce document.

12.2. Fonctionnement mécanique


On peut schématiser le fonctionnement RDM d’une paroi-fléchie (soumise à une charge répartie
verticale) de la façon suivante :

Butons en tête (sollicité en compression)

Montant verticaux
comprimés

Diagonales comprimées
ou tendues

Tirant en pied (sollicité en traction)

On voit donc bien sur ce schéma que les armatures dites « réparties » contribuent activement à la
distribution des efforts et donc à la résistance de la paroi. Elles ont également un rôle important vis-à-
vis de la fissuration.

Du fait de ce mode de fonctionnement, les poutres voiles peuvent être calculées par la méthode de la
« voûte de décharge » qui consiste à ramener les charges directement aux appuis.

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Le schéma de fonctionnement de la voûte de décharge est le suivant :

Les différentes vérifications seront donc menées selon les principes de la méthode des bielles-tirants
décrite aux chapitres précédents.

Les étapes de dimensionnement d’une poutre-voile seront donc les suivantes :


 Calcul des armatures inférieures de tirant.
 Calcul des armatures réparties horizontales et verticales pour couturer les bielles et également
de suspendre les charges qui sont situées sous la voûte.
 Vérification des contraintes dans les bielles comprimées.

12.3. Modèle BT dans le cas d’un chargement en partie supérieure


Dans le cas d’une poutre-voile avec un chargement en partie supérieure, on peut retenir le schéma
suivant :

Le bras de levier Z du schéma BT dépend de l’élancement de la poutre-voile. En faisant une étude à


partir d’un modèle élastique, on peut établir:
 Z= 0.6L pour un élancement L/h ≤ 1.
 Z= 0.54h + 0.06L pour un élancement 1 ≤ L/h ≤ 2
 Z= 2/3h pour un élancement 2 ≤ L/h ≤ 3

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Prenons le cas d’une poutre-voile dont l’élancement h/L < 1. On applique le modèle BT suivant (dans
le cas d’un chargement en partie supérieure) :

Plusieurs remarques concernant ce schéma :


 On voit sur ce schéma que l’on va s’intéresser à une zone active de la poutre-voile sur une
hauteur limité à L, ce qui correspond à un bras de levier Z= 0.6L
 Sur cette hauteur Z, on peut considérer une demi-bielle, correspondant à la zone D de
discontinuité partielle, telle que définit au chapitre 10.
 Le tirant principal inférieur est considéré sur une hauteur de 0.15L et centré sur cette hauteur.
On déterminera à partir de l’effort dans ce tirant les armatures nécessaires à mettre en place.
 La transmission des charges aux appuis est donc assurée par l’équivalent de deux demi-bielles
sous charges concentrées engendrant un effort de traction transversal. Nous verrons un peu
plus loin la détermination de cet effort de traction transversale et la reprise par des armatures
de répartition horizontales et verticales.

A partir du schéma précédent, on peut établir la largeur maximale de la bielle b’ comme étant
égale à :
′ 𝑳+𝒂 𝟏
 𝒃 =( ) .
𝟐 𝒔𝒊𝒏𝜽

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12.4. Vérification des contraintes dans les bielles comprimées


12.4.1. Vérification des contraintes dans le nœud d’appui

Le nœud d’appui est sollicité en compression-traction avec un tirant ancré dans une direction. Nous
avons vu au chapitre 10 que dans ce cas, la résistance maximale en compression est donnée dans la
clause 6.5.4 de l’EC2 :

 Rd max  k 2 ' f cd
Avec :

 k 2  0.85
 f 
  '  1  ck 
 250 

Prenons le schéma suivant de la zone d’appui :

Il faut vérifier que les efforts de compression Fcd1 et Fcd2 ne dépasse pas la valeur  Rd max .

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Vérification sous effort Fcd1

L’effort Fcd1 correspond à la réaction d’appui de la poutre-voile, soit Fcd1= R.

Fcd ,1
On peut donc en déduire la contrainte correspondante :  Rd ,1 
a.b
Attention, dans cette formule, les termes a et b représente les dimensions de l’élément d’appui (et non
pas les dimensions de la poutre-voile. Dans le cas d’une poutre-voile avec des renforts de poteaux en
extrémité, on peut considérer la section du poteau :

On doit donc vérifier :  Rd ,1   Rd , max

Vérification sous effort Fcd2

L’effort Fcd2 correspond à l’effort de compression à la naissance de la bielle et dépend donc de l’angle
 d’inclinaison de cette bielle. On a donc :
R
 Fcd , 2 
sin 
Cet effort de compression est appliqué sur une largeur de compression a2 qui s’obtient par projection
géométrique :
 a2  a.sin   h'.cos (h’ étant la hauteur de répartition des armatures du tirant principal).

On doit donc également vérifier :


Fcd 2
  Rd , 2    Rd , max
a 2 .b

De la même façon que précédemment, dans le cas d’un renfort d’extrémité, il est tout à fait possible
d’évaluer la section réelle de reprise de l’effort Fcd2 (voir exercice un peu plus loin).

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12.4.2. Vérification des contraintes dans la bielle d’appui

Nous avons vu au chapitre 10 que dans le cas d’une bielle de compression soumise à une traction
transversale, la clause 6.5.2(2) indique qu’il convient de réduire la résistance de compression du béton
de la façon suivante :

On voit que pour un béton C25/30, on a ’= 1-25/250= 0.9, soit Rd,max= 0.54*fcd.

On peut déterminer Rd,max en fonction de la qualité de béton :

Classe C20/25 C25/30 C30/37 C35/40 C40/45 C50/60 C60/75 C80/95 C90
Rd,max(Mpa) 7.3 9 10.6 12 13.5 16 18.2 21.7 24.6

Dans le cas d’une poutre-voile, on va effectuer cette vérification à partir de la section moyenne de la
bielle :
 De largeur minimale a2.
 De largeur maximale b’

Ce qui nous donne :


Fcd 2
  c2    Rd ,max
S
(b.b' a2 .b)
 S
2
Ou b représente toujours l’épaisseur de la poutre-voile.

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12.5. Détermination du ferraillage


Comme nous venons de le voir, le ferraillage est composé :
 D'armatures inférieures principales pour reprendre les efforts dans le tirant en pied.
 D'armatures secondaires horizontales et verticales pour éviter la fissuration et suspendre les
éventuelles charges appliquées en partie inférieure de la poutre-voile.

12.5.1. Armatures inférieures principales

Nous avons vu qu’une poutre-voile fonctionne comme un voûte de décharge. Les aciers inférieurs
reprennent l'effort de traction en pied de cette voûte.

A partir de la réaction d’appui issue d’un simple calcul RDM, on peut déterminer l'effort T de traction
dans le tirant :
R
 T
tan 
avec :
 R : réaction d'appui
 θ : inclinaison des bielles par rapport à l'horizontale

On voit donc que l’effort de traction dans le tirant, et donc la quantité d’armatures à mettre en place, est
directement lié à l’angle d’inclinaison des bielles. Nous verrons un peu plus loin que l’effort qui passe
dans la bielle de compression dépend également de cet angle, on peut donc être amené à modifier cet
angle pour satisfaire la vérification de la contrainte de compression dans la bielle.

L’angle θ d’inclinaison de la bielle doit être tel que :


 2  tan   3 , ce qui correspond à un angle 63.4    71.6

Par défaut, on peut initialiser les calculs avec tan   2.5    68 *

Remarque : le fait d'avoir une inclinaison des bielles supérieure à 55° donnera droit à une tolérance de
10% lors de la vérification de la contrainte limite, conformément à l’article 6.5.4 (5) de l’EN 1992-1-1 :

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La section d'armatures correspondant à l'effort de traction T est donnée par :


T
A
f yd
Cette section peut être répartie sur plusieurs lits sur une distance de h’=0.15 L (hauteur de répartition
identique à ce qui est préconisé au BAEL91, à défaut d’indication plus précise dans l’EC2).

Remarque : Les aciers doivent être ancrés aux extrémités (ancrages droits, courbes ou mise en place
de U).

12.5.2. Armatures secondaires horizontales et verticales

Par déformation transversale, chaque bielle de béton comprimée va également générer des efforts
transversaux de traction (en rouge ci-dessous), tel que nous l’avons vu au chapitre 10 sur la méthode
des bielles-tirants.

En projetant ces efforts horizontalement et verticalement, on peut déterminer les armatures secondaires
horizontales et verticales :

Comme nous l’avons vu au chapitre 10, la valeur de l'effort de traction T dans la bielle dépend du type
de bielle :
 Bielle à discontinuité partielle si b < H/2.
 Bielle à discontinuité totale si b > H/2.

b représente la largeur disponible pour la bielle (la largeur de la pièce)

H représente la longueur de la bielle.

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1 ba 1 a
T F T  1  0.7  F
4 b 4 H
R
avec l'effort de compression dans la bielle : F 
sin 
Nous venons de voir précédemment que dans le cas courant d’une poutre-voile avec L-h < 1, on a
une discontinuité partielle.

En reprenant donc le schéma du paragraphe 12.4.1, on écrire la formule de T de la façon suivante :

1 b'a2
T F
4 b'

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Armatures horizontales

Les armatures horizontales secondaires sont données par :

T sin 
Ah 
f yd

Elles sont réparties sur une hauteur de 0.8Z (Z : hauteur de la bielle). L’EC2 ne précise pas ou
commence cette répartition. On retiendra le même principe de ferraillage qu’au BAEL en considérant
que cette répartition commence au-dessus des armatures principales (voir schéma un peu plus loin).

Armatures verticales

Les armatures verticales secondaires sont données par :


T cos 
Av 
f yd
0.8𝑍
Elles sont réparties sur une longueur de .
𝑡𝑎𝑛

Ces armatures sont à répartir à chaque extrémité de la poutre-voile, lieu où les bielles sont les plus
sollicitées.

Remarque : Les aciers doivent être ancrés (ancrages droits, courbes ou mise en place de U).

Ces armatures sont à placer sur chaque face de la poutre-voile.

12.5.3. Ferraillage minimum (art. 9.7)

Le ferraillage minimum est donné par :


Amin = min [0.1% de la section de béton ; 1.5cm²/m par face et par direction]

L'espacement maximum est donné par


smin = min (30cm ; 2e) (e : épaisseur de la poutre-voile)

Les aciers doivent être ancrés (ancrages droits, courbes ou mise en place de U).

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12.5.4. Parois fléchies chargées en pied

Dans ce cas, on parle de charges suspendues car ces dernières doivent être transmises à la partie
supérieure de la zone sur appuis. On parle alors de « remonter la charge sur appui ».

Si on note pi la charge à suspendre, la section d’armatures à prévoir par unité de longueur est donnée
par la formule :

pi
Avi 
f yd
s

Ces armatures sont à cumuler avec les armatures de répartition verticales définies précédemment. Elles
doivent remonter au moins jusqu’à la hauteur de bielle, soit 0.6L.

Attention, dans le cas d’une poutre-voile qui reprend plusieurs niveaux de planchers, ces armatures
devront être placées en conséquence.

12.5.1. Schéma de ferraillage

Les armatures à mettre en place sont représentées sur le schéma ci-dessous :

Av=T.cos/fyd
Amin=min(0,1% ;1,5 cm² par face) répartie sur 0,8 Z / tan à chaque extrémité
Dans les deux directions
et sur chaque face
smin=min(30cm ;2.e) e
smin=min(30cm ;2.e)
répartie sur 0,8 Z = 0,48 L
Ah=T.sin/fyd

H
0.15 L

Amin=min(0,1% ;1,5 cm² par face)

Attention, ce schéma a été établi en considérant une hauteur de bielle => Z= 0.6L.

On peut faire varier la hauteur de la bielle entre 0.6L et 0.8L.

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12.6. Prise en compte d’une ouverture


La présence d’une ouverture dans une poutre voile, fonction de sa position, peut modifier le tracé des
isostatiques de compression et il convient alors de définir le modèle BT le plus adapté (fonction des
critères qui ont été abordés au chapitre 10).

Prenons, en guise d’illustration, l’exemple d’une poutre voile soumise à une charge ponctuelle et
présentant une ouverture proche de l’appui (qui perturbe l’équilibre de la bielle comprimée) :

On voit, sur la figure (b) que le tracé des isostatiques de compression est perturbé et le modèle BT doit
en tenir compte.

12.6.1. Modélisation BT à droite de la charge concentrée

La bielle d’appui transporte à l’appui de droite une partie « B » de la charge ponctuelle F :

La partie « B » de la charge ponctuelle F, qui est


transmise à l’appui de droite, est fonction de la position
de la charge ponctuelle et donc des réactions d’appuis
A et B indiquées sur le schéma (a) précédent :
 F= A + B
 A= F*2.5/7
 B= F*4.5/7

La charge B agit sur une longueur de 0.45m,


proportionnellement à la charge F répartie sur la
longueur de plaque qui est de 0.70m

L’équilibre de cette partie de droite impose l’intervention d’un effort de compression C (biellette
horizontale) dans le nœud sous la charge B, et d’un effort de traction T (tirant inférieur) dans le nœud
au-dessus de l’appui de droite

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12.6.2. Modélisation BT à gauche de la charge concentrée

La partie de gauche possède deux zones continues formant des éléments de poutre :
 D’une part, verticalement à l’aplomb de l’appui, à gauche de l’ouverture (repéré en bleu ci-
dessous).
 D’autre part, horizontalement sous l’ouverture (repéré en rouge sur le schéma ci-dessous).

L’élément horizontal, de faible rigidité de flexion, peut être négligé dans la modélisation BT.

L’élément vertical, de forte rigidité axiale, est soumis à un effort de compression et constitue un appui
dans le coin supérieure gauche de la trémie.

De ce fait, cette partie de la poutre-voile peut être considérée de manière analogue à l’about d’une
poutre modélisée par la combinaison de deux modèle BT (les schémas ci-dessous représentent la demi-
portée de la poutre):

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Dans cette double modélisation BT, les bielles convergent pour transporter, à l’appui de gauche, une
partie A de la force B (voir paragraphe précédent), agissant donc sur une longueur de plaque de 0.25m.

On a alors :
 A= A1 + A2
 A1 et A2 sont les réactions de l’appui de gauche pour les modèles BT 1 et 2.
 A1= k1*A
 A2= k2*A

Les coefficients k1 et k2 sont les coefficients de raideur relative des modèles 1 et 2. En admettant que
la raideur est inversement proportionnelle à la longueur développée, L1 ou L2, des tirants de chacun
des modèles 1 et 2 (voir chapitre10), les coefficients de raideur relative k1 et k2 peuvent être évalué en
considérant les rapports :
 k1= L2/(L1+L2)= 0.4
 k2= L1/(L1+L2)= 0.6

L’équilibre de cette partie de gauche impose (voir schéma précédent) :


 L’intervention d’un effort de compression C (avec C=C1+C2, C1=k1*C et C2=k2*C) dans le
nœud sous la charge.
 Et l’intervention d’un effort de traction T (avec T=T1+T2, T1=k1*T et T2=k2*T) dans le nœud
au-dessus de l’appui de gauche.

12.6.3. Modélisation BT complète de la poutre-voile

La superposition des modèles BT précédents permet d’obtenir la modélisation complète de la poutre-


voile en présence d’une ouverture :

A partir de ces modèles BT, il est possible de déterminer les efforts de traction équilibrés par les tirants
et de déterminer les armatures principales nécessaires.

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On obtient ainsi le schéma de ferraillage suivant (hors armatures secondaires) :

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12.7. Exercice d’application : poutre-voile à une travée


On se propose de calculer la poutre-voile suivante, d’une épaisseur de 20cm :

7.10 m

20cm

6.60 m

7.10 m

0.50 m

Cette poutre-voile a une poutre entre-nus d’appui de 6.60m et repose sur deux poteaux de 50x60cm².

Ces poteaux filent sur toute la hauteur de la poutre voile et font office de raidisseurs d’about.

Les charges sont appliquées au sommet de la poutre-voile :


 Charges permanentes : G= 604.2 kN/ml.
 Surcharges d’exploitation : Q= 175.5 kN/ml.

Les hypothèses de matériaux sont les suivantes :


 Béton : C25/30
 Acier : B500A

12.7.1. Calcul des armatures inférieures principales

Pour déterminer l’effort de traction à reprendre dans le tirant inférieur, on va considérer un treillis avec
une hauteur de 0.6L :

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On se fixe un angle de bielle correspondant à Tan = 2.5, soit un angle = 68.2°.

On peut ensuite déterminer les armatures inférieures par la formule :


T
A
f yd

L’effort T correspond à la réaction d’appui de la poutre-voile :


R
 T
tan 
R  Pu .  1.35  604.2  1.50  175.5.
l 7.10
  3830kN
2 2
3830
 T  1532kN
2.50
Soit une section d’armatures à mettre en place de :
1.532
 A  35.24cm²
434.78
Cette section est répartie sur plusieurs lits sur une distance de 0.15 L.

On peut mettre en place 6 lits de 2 HA20 (As-réelle= 37.7cm²) que l’on répartie sur une hauteur de
0.15L, soit environ 1m (0.15x7.10= 1.06m).

12.7.1. Vérification des contraintes dans le nœud d’appui.

Comme nous l’avons vu dans le cours, on part du schéma suivant :

 Rd max  k 2 ' f cd
Avec :

 k 2  0.85
 f 
  '  1  ck 
 250 

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Vérification sous effort Fcd1

L’effort Fcd1 correspond à la réaction d’appui de la poutre-voile, soit Fcd1= R= 3830 KN.

Fcd ,1 3.83
On peut donc en déduire la contrainte correspondante :  Rd ,1    12.77 Mpa
a.b 0.50  0.60
Comme nous l’avons vu précédemment, les termes a et b correspondent aux dimensions des poteaux,
appuis de la poutre voile :

La contrainte limite vaut :


 25 
  Rd max  k2 ' f cd  0.85  1   16.67  12.75Mpa
 250 
On peut majorer cette résistance de 10% du fait de l’angle d’inclinaison des bielles supérieur à 55°.

On a donc  Rd max  1.10 12.75  14.03Mpa

On vérifie bien  Rd ,1   Rd , max .

Vérification sous effort Fcd2

L’effort Fcd2 correspond à l’effort de compression à la naissance de la bielle et dépend donc de l’angle
 d’inclinaison de cette bielle. On a donc :
R 3.83
 Fcd , 2    4.12MN
sin  sin 68.2
Cet effort de compression est appliqué sur une largeur de compression a2 qui s’obtient par projection
géométrique :
 a2  a.sin   h'.cos  0.50.sin 68.2  1. cos 68.2  0.84m

Fcd 2
Ce qui nous donne une contrainte de compression  Rd , 2    Rd , max
a 2 .b

Il serait trop défavorable de considérer uniquement l’épaisseur de la poutre-voile :


4.12
  Rd , 2   24.52Mpa   Rd ,max
0.84  0.20

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On peut considérer la surface réelle de reprise de l’effort de compression Fcd2 en tenant compte de la
présence des poteaux d’extrémité, ce qui nous donne :

Avec :
 a2= 0.84m
 a’’2=a/sin= 0.50/sin68.2= 0.54m => on considère a’’2= 0.50m qui est la dimension du poteau.
 a’2= 0.84-0.50= 0.34m

D’où une section d’appui de S2=0.60x0.50+0.20x0.34= 0.368m²

4.12
Et une contrainte  Rd , 2   11.19Mpa   Rd , max  14.03Mpa
0.364

12.7.2. Vérification des contraintes dans la bielle d’appui.

Pour ce qui est de la bielle qui transporte la charge verticale à l’appui, nous avons vu que la contrainte
maximale est définie par :

Pour un béton C25/30, on a ’= 1-25/250= 0.9, soit Rd,max= 0.54*fcd= 9 Mpa.

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Nous avons vu également que cette vérification est effectuée à partir de la section moyenne de la bielle :
 De largeur minimale a2.
 De largeur maximale b’

La valeur de a2 a été calculée précédemment => a2= 0.84m.

Il nous faut calculer la valeur de b’, qui est la largeur maximale de la bielle. Pour cela, on applique le
modèle suivant :

𝑳+𝒂 𝟏 𝟕. 𝟏𝟎 + 𝟎. 𝟓𝟎 𝟏
𝒃′ = ( ). =( ). = 𝟒. 𝟎𝟗𝒎
𝟐 𝒔𝒊𝒏𝜽 𝟐 𝒔𝒊𝒏𝟔𝟖. 𝟐

Nous avons vu que la section moyenne de la bielle est déterminée à partir de la


(b.b' a2 .b)
formule S .
2
Dans notre cas, en présence de poteaux raidisseurs d’about, on remplace le terme « a2.b » par la
section S2 calculée précédemment, ce qui nous donne :

(b.b' S 2 ) 0.20  4.09  0.384


 S   0.601m²
2 2
Ce qui nous donne :
Fcd 2 4.12
  c2    6.86Mpa   Rd ,max  9Mpa
S 0.601

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12.7.3. Calcul des armatures secondaires horizontales.

Les armatures secondaires horizontales sont calculées à partir de la formule :


T sin 
 Ah 
f yd

En considérant une discontinuité partielle, on a un effort de traction transversale dans la bielle qui vaut:
1 b'a2 1 4.09  0.84
 T F . .4.12  0.82MN
4 b' 4 4.09
Les armatures horizontales secondaires sont données par :
T sin  0.82  sin 68.2
Ah    17.51cm²
f yd 434.78

Ces armatures doivent être réparties sur une hauteur de 0.8Z (Z étant la hauteur de la bielle), soit
0.8x4.26= 3.41m (voir schéma précédent), soit une section de 17.51/3.41= 5.13cm²/ml, qui
correspond à 2.56cm²/ml par face.

On peut mettre en place 4 lits de 2HA10 par mètre, soit une section réelle de 6.28cm²/ml, ce qui
correspond à 3.14cm²/ml par face.

12.7.4. Calcul des armatures secondaires verticales.

Les armatures verticales secondaires sont données par :


T cos  0.82  cos 68.2
 Av    7cm² , soit 3.5cm²/face
f yd 434.78

0.8𝑍 0.8×4.26
Elles sont réparties sur une longueur de = = 1.36𝑚, ce qui nous donne 3.5/1.36=
𝑡𝑎𝑛 𝑡𝑎𝑛68.2
2.57cm²/m/face.

On peut donc mettre en place 4HA10/m/face.

Ces armatures sont à répartir à chaque extrémité de la poutre-voile, lieu où les bielles sont les plus
sollicitées.

Remarque : Les aciers doivent être ancrés (ancrages droits, courbes ou mise en place de U).

12.7.5. Vérification du pourcentage minimum

Le ferraillage minimum est donné par :


 Amin = min [0.1% de la section de béton ; 1.5cm²/m par face et par direction]
 Amin= min[0.001*0.20*1= 2cm²/ml ; 1.50cm²/m]= 2cm²/m/face/direction

L'espacement maximum est donné par


 smin = min (30cm ; 2e), soit 30cm dans notre cas.

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12.7.6. Ferraillage des armatures verticales et horizontales en TS

Nous avons déterminé les quantités suivantes pour les armatures de répartition :
 2.56 cm²/ml/face pour les armatures horizontales.
 2.57 cm²/ml par face pour les armatures verticales.

Ces valeurs étant assez proches du pourcentage minimum à mettre en place par direction
(2cm²/ml/face), il est pertinent de mettre en place des treillis soudés pour reprendre ces armatures de
répartition.

Dans ce cas, on pourra mettre en place des ST25C (treillis à maille carrée) :

12.7.7. Plan de ferraillage

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