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DROIT DES AFFAIRES

DROIT COMMERCIAL / DROIT DES SOCIETES

INTRODUCTION AU DROIT DES AFFAIRES

Le droit des affaires c’est l’ensemble des règles relatives aux activités de production,
d’échanges effectuées par les entreprises commerciales. Il est souvent appelé droit
commercial.

Depuis plusieurs années, on entend parler de droit économique ou de droit de l’entreprise


plutôt que de droit des affaires.

Le droit des affaires et un droit particulier :

- Il est associé à rapidité et simplicité : la preuve par tous les moyens est acceptée, la
procédure judiciaire est simplifiée.

- Il exige du formalisme : il doit protéger les plus faibles c’est-à-dire les consommateurs
et la sécurité des affaires est importante donc le formalisme est essentiel

- Il exige de la transparence : la publicité est très importante en droit des affaires.

- Il permet le crédit : les commerçants ont besoin de bénéficier de crédits.

Au sens large, le droit des affaires regroupe le droit commercial, le droit fiscal, le droit des
sociétés, le droit pénal des affaires, le droit du travail etc.

En L3, nous étudierons le droit des affaires à travers le droit commercial et le droit des
sociétés (première heure du cours) et le droit du travail (seconde heure du cours).

I. Un peu d’histoire …

- Antiquité : existence du prêt à intérêt, des commissions, d’usages commerciaux, de


mandat, d’opérations de change et de banque

- Moyen Age ; droit des foires, lettre de change, développement des corporations,
apparition de la faillite, développement des usages, création des juridictions
consulaires (on y reviendra)

- Révolution et premier Empire : proclamation du principe de la liberté du commerce de


l’industrie. Interdiction des corporations. Apparition du Code de commerce.

- Révolution industrielle : développement des sociétés par actions. Protection de la


propriété industrielle. Développement des fonds de commerce.
- Jusqu’à nos jours : production et consommation de masse. Libéralisation de la
circulation des marchandises. Mondialisation. Développement du commerce
électronique. Concentrations économiques.

II. Les sources du droit des affaires :

- Sources internes :

o Lois et règlements

o Jurisprudence : ensemble des décisions de justice

o La doctrine : pensées et études des juristes (ouvrages par exemple)

o Les usages de droit ou coutumes : ils doivent s’appliquer que s’ils sont
reconnus par la jurisprudence

o Les usages conventionnels : ce sont des pratiques professionnelles qui sont


appliquées dans les contrats entre commerçants

- Sources européennes :

o Le traité de Romme de 1957 a créé au sein de l’Europe un espace économique


commun appelé « marché commun ».

o Acte unique européen de 1986

o Traité de Maastricht de 1992

o Traité de Nice puis de Lisbonne en 2009

o Etc.

Un processus de rapprochement des législations des États membres a été recherché : il faut
distinguer les directives des règlements européens (voir dans votre dictionnaire juridique).

o Jurisprudence la Cour de Justice de l’Union Européenne. Cette Cour assure le


respect du droit dans l’interprétation et dans l’application des traités. Elle peut
être saisie de différents recours : recours directs ou renvoi préjudiciel (nous en
reparlerons).

o Remarque importante : le droit de l’Union européenne prime sur le droit


national. Une loi communautaire prime sur une loi française.

- Sources internationales :

o Traités internationaux : convention de Vienne, convention de Rome,


convention de Genève
o Usages internationaux : la chambre de commerce internationale établit des
règlements ou encore des incoterms (international commercial terms).

o Organisations internationales : FMI, BIRD, CNUDCI etc. Nous étudierons ces


organisations internationales en M1.

III. Le tribunal de commerce (TC) ou la juridiction consulaire

Le TC est un tribunal d’exception.

Attribution : juger les litiges entre commerçants et les contestations relatives aux actes
commerciaux.

Ce ne sont pas des magistrats professionnels (comme les magistrats du conseil des


prud’hommes) : ce sont des personnes immatriculées au registre du commerce et des sociétés
depuis au moins 5 ans qui sont élues par leurs pairs. Chaque TC a un président.

Compétence :

o Compétence d’attribution : sont compétents pour les contestations relatives aux


:

o Engagements entre commerçants, entre établissements de crédit ou


entre eux

o Sociétés commerciales

o Actes de commerce

Le tableau qui suit est très important :

Commerçant Non-commerçant Juridiction compétente


Demandeur Défendeur Tribunaux civils
Défendeur Demandeur : le non- TC ou tribunaux civils, selon
commerçant a le choix du l’importance du litige
tribunal

o Compétence territoriale : le tribunal compétent est celui du domicile du


défendeur.

o ATTENTION : il existe des clauses dérogatoires de compétence dans les


contrats mais elles ne sont valables que si le contrat est conclu entre
commerçants. Elles ne sont donc pas valables si l’une des parties est un
non-commerçant.

Procédure et recours :

La représentation par avocat n’est pas obligatoire.


Le président du TC peut statuer par voie d’ordonnance de référé quand il y a urgence et qu’il
n’y a pas de contestation sérieuse quant au fond du dossier.

Les parties peuvent faire appel de la décision rendue par le TC devant la cour d’appel lorsque
l’intérêt du litige dépasse 5000 €.

Les parties peuvent se pourvoir en cassation c’est-à-dire saisir la Cour de cassation : elles
contestent les décisions rendues par la cour d’appel ou par le TC pour les litiges dont l’intérêt
est inférieur à 5000 €.

ATTENTION / ! / l’arbitrage a une place importante en droit commercial. Il consiste à


confier la solution d’un conflit à un arbitre choisi contractuellement par les parties. Il permet
donc de ne pas recourir au tribunal.

Les avantages de l’arbitrage :

- La justice est plus rapide (en principe : certains arbitrages sont plus longs qu’une
procédure devant le TC)

- La justice est plus simple (il y a moins de formalisme)

- La justice est moins coûteuse (mais les arbitres doivent être rémunérés)

- La justice est plus confidentielle (la confidentialité est importante dans le monde des
affaires).

Remarque : il existe aussi des arbitrages internationaux (nous le verrons en M1).

CHAPITRE I : LE COMMERCANT & LES ACTES DE COMMERCES

I. La qualité de commerçant : Quand bénéficie-t-on du statut de commerçant ?

1. La qualité de commerçant

Des règles particulières sont applicables aux commerçants qui ont pour profession
d’accomplir des actes de commerce. Toute entreprise qui fait affaire avec une autre personne
doit veiller à ce que cette autre personne ait la qualité de commerçant. Les sociétés
commerciales ont cette qualité de commerçant (c’est la loi qui le prévoit). En dehors des
sociétés commerciales, bénéficie de la qualité de commerçant, toute personne qui accomplie
des actes de commerce à titre de profession : code du commerce art L121-1.

 Les actes de commerce


Définition : Elles sont énumérées par l’article L110.1 & L110.2, dans la loi il n’y a pas de
définition de l’acte de commerce c’est donc la jurisprudence (toutes les décisions des
tribunaux) qui a estimé qu’il y a acte de commerce quand il y a achat pour revendre.

Exemple : Si on achète une baguette, on ne la revend pas donc ce n’est pas un acte de
commerce. L’acte doit démontrer la volonté d’un profit (on doit tirer, un bénéfice de cette
revente).

Catégorie 1, les actes de commerces isolés. On achète pour revendre donc il faut un achat :
acquisition de la propriété d’une chose en payant le prix de cette chose. Il faut que l’achat
porte sur un meuble (soit corporel soit incorporel (une action, une obligation). Il peut aussi
porter sur des immeubles. Quand la personne achète, elle doit avoir l’intention de revendre
avec un bénéfice. Exemple 1 : toutes opérations de banque sont des actes de commerce.
Exemple 2 : un courtier en œuvre d’art qui achète un tableau et le revend avec un bénéfice :
c’est un acte de commerce, il avait l’intention de le revendre.

Catégorie 2, les actes de commerces en entreprise. Exemple : une entreprise de location de


meuble qui effectue des actes de commerce consistant à louer des meubles, exerce des actes
de commerce. Une entreprise de spectacle : organise des spectacles pour le public, moyennant
une rétribution : les actes de cette entreprise sont des actes de commerce. Acte de commerce
fait dans les entreprises d‘assurance : on souscrit à un contrat d’assurance.

Catégorie 3, les actes de commerces par accesoire. Lorsqu’un commerçant effectue un acte
civil (exemple : un commerçant, vendeur d’ordinateur qui achète un camion pour livrer sa
marchandise, les livrer : le fait d’acheter ce camion est-il un acte de commerce ?), il commet
l’acte civil mais il est requalifié d’acte de commerce parce qu’il est considéré comme
accessoire à son activité commerciale. Exemple : un médecin est dans un village, dans ce
village il n’y a pas de médicaments donc il va jouer le rôle de pharmacien : il vend aux
villageois des médicaments, est-ce un acte de commerce ? = un médecin de campagne qui a
une activité civile, qui pour dépanner ses villageois a une activité accessoire consistant à
acheter des médicaments pour les revendre aux villageois : ces actes normalement
commerciaux seront considérés comme civils parce que liés à l’activité civile du médecin.
(Les professions médicales ne font pas de commerce : le pharmacien est un commerçant parce
qu’il effectue des achats de médicaments pour les revendre.)

Catégorie 4, les activités effectuées pour autrui Exemple : un salarié d’une entreprise ne
fait pas des actes de commerce car il ne travaille pas pour son compte. Les salariés d’une
entreprise ne font pas des actes de commerce car ils n’exercent pas leur activité de façon
indépendante, pour leur compte : ils sont sous la direction d’un employeur, ils travaillent pour
son compte. Exemple : un VRP, représentant de commerce, n’est pas un commerçant car il
représente des commerçants, il n’agit pas pour son propre compte, les VRP font des activités
pour autrui. Exemple : les agents commerciaux agissent au nom de leur mandants, leur
activité n’est pas exercée d’une manière indépendante donc ils n’effectuent pas d’actes de
commerce

 D’une manière générale, toute personne qui n’agit pas en son propre nom ne fait pas
d’acte de commerce.
 Pour être commerçant, il faut des actes de commerce exercés d’une manière
professionnelle : il faut un exercice professionnel des actes de commerce.

L’exercice des actes de commerce est habituel lorsque ces actes sont répétés et
constituent une activité procurant les ressources principales de son auteur. (ex : un
chauffeur de taxi est un artisan, ce n’est pas un commerçant, pareil pour un boulanger : il
n’achète pas la farine pour la revendre mais pour s’adonner à son art de rendre ça en baguette
ou autre donc il « vend son art »)

 Lorsqu’on bénéficie de la qualité d’acte de commerçant, de quoi est-on attribué ?

Le commerçant est immatriculé au registre du commerce et des sociétés (numéro


d’immatriculation).

II. Commerçant, application des règles commerciales

 Qui a le droit d’exercer une activité commerciale / le commerce

Condition 1 : En avoir la capacité (être majeur) le mineur émancipé peut néanmoins être
commerçant.
Condition 2 : Ne pas avoir été condamné civilement ou pénalement, certaines condamnations
vous interdisent de bénéficier du statut de commerçant, ex : prison.
Condition 3 : Il y a des incompatibilités, ex un fonctionnaire ne peut pas exercer à titre
professionnel une activité commerciale lucrative : les auxiliaires de justice (avocat huissier
notaire) ne peuvent pas exercer une activité à caractère commerciale car ils exercent une
profession civile. (Cas particuliers : les étrangers et les époux)

 Quel est le régime juridique du commerçant ? Droit/obligation

 La personne physique ayant la qualité de commerçant doit s’inscrire au registre du


commerce. La demande d’immatriculation doit contenir plusieurs mentions énoncées
dans le code du commerce. La demande d’immatriculation doit être faite dans un
délai de 15 jours à compter de début de l’activité commerciale. (Si elle n’est pas
immatriculée sur la carte de visite, elle n’a pas encore le statut commerçant donc il
faut éviter de traiter avec elle).

Le BODAC bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, diffuse toutes les
informations relatives à l’immatriculation (sur @ on peut vérifier ça). Des sanctions sont
appliquées si l’immatriculation n’est pas demandée dans les 15 jours.

 Tout commerçant doit avoir une comptabilité.


 Entre commerçants (principe de la liberté de la preuve), les actes de commerce
peuvent se prouver par tous moyens. (En droit civil, la preuve doit être écrite, en droit
commerciale, la preuve : tout moyen)
 La prescription en droit civil (10 ans): action prescrite : on a dépassé le délai pour agir.
En droit commerciale la prescription est de 5 ans
 Litige/contentieux entre personne non commerçante : tribunaux de commerce
 Solidarité (n’existe pas en droit civil) : les commerçants qui ensemble contractent une
dette commerciale : si cette dette n’est pas payée, le créancier (celui qui bénéficie de la
créance) pourra faire recours (to check) à l’encontre des 2 commerçants et l’1 d’entre
eux pourra être condamné à payer l’intégralité de la dette.
 La protection sociale des commerçants : ils bénéficient d’un système de protection
sociale spécifique (bcp moins favorable que la protection sociale d’un salarié)

 Quelles sont les règles commerciales qui sont applicables à des non-commerçants ?

J’achète un ordinateur à un commerçant : je fais un acte civil. Par contre le commerçant lui
me vend un ordinateur et le fait à titre professionnel et tire un profit : pour le commerçant
c’est un acte de commerce. La partie la plus forte est le commerçant La preuve par tous les
moyens est plus simple à apporter. La partie faible est le consommateur, donc on facilite son
régime de preuve s’il a un litige avec le commerçant et le commerçant ne pourra le faire que
par écrit.
Un acte mixte est un acte passé entre un commerçant et un non-commerçant ( =le
consommateur) exemple : un consommateur fait un acte civil en achetant un ordinateur pour
son compte. L’autre parti qui vend l’ordinateur moyennant profit, effectue un acte de
commerce. Par principe si le commerçant a un litige à l’encontre du consommateur, le
commerçant, partie considérée comme fort, bénéficiera de l’application du régime juridique le
moins favorable : à l’inverse le consommateur qui agit contre le commerçant bénéficiera du
régime juridique le plus favorable. Exemple : le consommateur pourra prouver par tout moyen
la faute du commerçant. Le commerçant ne pourra prouver la faute du consommateur que par
écrit.