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PRÉSENTATION DU ROMAN

Bel-Ami est un roman d'apprentissage écrit par Guy de Maupassant.


L'action se déroule à Paris au XIX°siécle.
Il a été publié en 1885 sous forme de feuilleton dans Gil Blas. 
Le roman montre l'ascension sociale de Georges Du Roy de Cantel (ou Georges Duroy),
c'est un homme ambitieux et séducteur avéré.
PERSONNAGES DU ROMAN
Les personnages principaux du roman sont : Georges Duroy, Charles Forestier, Madeleine
Forestier, Clothilde de Marelle, Monsieur Walter, Virginie Walter,
Suzanne Walter.
THÈME DU ROMAN

L’INCIPIT
L'incipit est le début du roman (en général, la première page).
Ce passage répond aux questions du lecteur (questions qui permettent d'entrer dans
le roman) : Qui est le personnage ? Où et quand se passe l'action ? De plus,
Maupassant met en scène son personnage, Georges Duroy, et dresse son portrait.
L'incipit met en place le cadre du récit, avec l'évocation du lieu et de
l'époque de l'action, du personnage principal du roman :
Le nom du personnage est émis dès la première phrase.
une date est donnée (le 28 juin) mais sans indication d'année. La rue est
nommée mais sans indication de ville. C'est au lecteur de chercher
d'autres indices pour trouver les réponses.
L'évocation de l'état des finances de Duroy (« il lui restait juste en poche
trois francs quarante pour finir le mois ») et le prix des repas (« les repas
du matin étant de vingt-deux sous, au lieu de trente que coûtaient ceux
du soir ») peuvent permettre de délimiter l'époque de l'action. De
même, les mots « gargote » et « chapeau haut de forme » permettent de
situer l'époque : il s'agit de l'époque de la date de parution du roman.
Duroy est dans la rue Notre-Dame-de-Lorette, dans le 9 earrondissement
de Paris, non loin des Grands Boulevards. Un « boulevard » est évoqué.
On peut en déduire le lieu de l'action : Paris.
Hormis Duroy, quelques personnages sont évoqués (les six femmes de
la gargote, la caissière) mais Maupassant ne s'attarde pas à les décrire :
le lecteur comprend que Duroy est le personnage principal.
PORTRAIT DE DUROY
dans le deuxième paragraphe, fait une description physique de Duroy.
Le personnage est présenté comme un bel homme (« il portait beau »,
« joli garçon »).
Le personnage, de par son allure et ses gestes, a une attitude de
supériorité et de domination (« il cambra sa taille, frisa sa moustache
d'un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard
rapide et circulaire »).
Après le portrait physique, Maupassant dresse un portrait moral de
Duroy, en mettant en avant, par l'évocation de son allure, un trait de
caractère : le désir de dominer et de séduire.
Le personnage est montré en action (« il avançait brutalement »,
« poussant les gens », il « battait le pavé de son talon »). Les verbes
d'action montrent l'aspect brutal et hautain du personnage (« il avait l'air
de toujours défier quelqu'un »).
Un autre aspect est mis en avant : son rapport avec l'argent.
Les réflexions de Duroy sur la gestion de ses derniers sous montrent que
l'argent est un problème central chez lui.
Le champ lexical de l'argent est omniprésent dans cet incipit (« la
monnaie », « pièce de cent sous », « trois francs quarante »,
« caissière », « restaurant », «un franc vingt centimes », « boni »,
« grande dépense »), ce qui esquisse l'importance du thème de l'argent
dans le roman et l'obsession de Duroy de s'enrichir.

Le passé militaire de Duroy est mis en avant (« par nature et par pose
d'ancien sous-officier », « frisa sa moustache d'un geste militaire », « Il
marchait ainsi qu'au temps où il portait l'uniforme des hussards »). Cela
suggère un personnage au caractère droit et sérieux.

A partir de cet incipit, on peut faire l'hypothèse des grandes orientations du roman :
Duroy est un beau jeune homme, fier et ambitieux, ayant peu d'argent mais une
grande soif de réussir et de séduire. C'est un personnage conquérant.
L'incipit donne des indices au lecteur pour percevoir la suite du roman et ses
orientations.

LE NARRATEUR
Le narrateur est omniscient. Il sait tout du personnage (son passé, l'état de ses
finances, ses préoccupations), que ce soit d'un point de vue interne (les pensées de
Duroy) ou externe (ses actions, ses gestes). Le récit est à la troisième personne. Il
donne son point de vue (« Il avait l'air de toujours défier quelqu'un ») et commente
les actions de Duroy (« C'était là sa grande dépense et son grand plaisir des nuits »).

RESUME PAR CHAPITRE


CHAP.1
En une chaude journée du mois de juin, Georges Duroy erre dans Paris.
Cet ancien sous-officier qui travaille aux chemins de fer du nord
est sans le sou. Il se balade sur les grands boulevards, non sans
maudire les bourgeois qui se prélassent aux terrasses des cafés.
Sur la place de l'Opéra, il croise un ancien camarade de
l'armée, Charles Forestier. Celui-ci ne le reconnaît d'abord pas puis
c'est avec enthousiasme qu'il lui propose de l'amener avec lui à La Vie
Française, le journal où il travaille et doit se rendre.
Au café, Duroy conte à Forestier ses médiocres conditions de vie : celui-
ci lui propose de s'essayer au journalisme, malgré l'inexpérience de
Duroy dans ce domaine. Forestier l'invite à venir dîner chez lui le
lendemain soir afin de le présenter à quelques collègues.
Ils continuent leur balade jusqu'aux Folies Bergères où Forestier peut
entrer gratuitement, grâce à son métier de rédacteur politique.
Chapitre 1:
Le 28 juin 1880, Georges Duroy, fils d'aubergistes normands, sous-officier démobilisé
du sixième hussard après avoir servi quelques temps en Afrique, réduit à travailler dans
une compagnie de chemin de fer pour un tout petit salaire et vivant dans un
appartement pitoyable, erre sur les boulevards de Paris où il est venu tenter sa
chance. Il ne lui reste que très peu d'argent pour finir le mois. À partir de ce constat,
lui, qui a un esprit résolu et prompt, qui est arriviste et ambitieux, se donne l'objectif
d'échapper à cette vie de misère et d'être riche. Par hasard, il rencontre son ancien
camarade de régiment, Charles Forestier, qui s'est fait une brillante situation dans le
journalisme, étant devenu rédacteur politique au journal "La vie française". Il lui prête
quarante francs, somme que Duroy dépense en quelques jours pour se retrouver de
nouveau sans argent. Mais il l'invite à dîner chez Forestier.

CHAP.2
Duroy se rend au dîner de Forestier. Mal à l'aise, c'est la première fois
de sa vie qu'il porte un costume (qu'il a pu louer grâce à l'argent prêté
par Forestier). Dans le miroir du hall de l'immeuble de son ami, Duroy ne
se reconnaît pas : ce reflet d'un élégant jeune homme le surprend à tel
point qu'il pense avoir en face de lui une autre personne. Cela le rassure
de se voir si différent.
C'est donc plein d'assurance qu'il entre chez les Forestier. Mme
Forestier vient à sa rencontre et le présente aux autres convives : Mme
de Marelle et sa fille Laurine, M. Walter, le président du journal et sa
femme, Jacques Rival et Norbert de Varenne, journalistes au journal.
Duroy n'ose pas lors du repas rentrer dans les conversations mondaines
dont il n'a pas l'habitude. Mais une discussion sur l'Algérie lui permet
de prendre la parole et d'obtenir l'attention de tous. Duroy qui a passé
deux ans en Algérie pour l'armée connaît bien le pays. Impressionné par
sa verve et grâce à une intervention de Forestier, Walter propose
immédiatement à Duroy de venir le voir dans son bureau le lendemain,
afin que celui-ci travaille pour son journal. Il débutera donc en écrivant
des articles sur l'Algérie, en cette période de tensions coloniales.
A la fin du repas, Duroy, de plus en plus en confiance, flatte Mme de
Marelle et sa jeune fille Laurine.
Cette première entrée dans la société parisienne est un succès pour
Duroy.
Chapitre 2:
À ce dîner, Duroy rencontre des femmes du monde plus belles mais plus difficiles à
séduire que celles auxquelles il est habitué. Mais il est séduisant et est donc sûr de
réussir grâce aux femmes, en usant de son charme puis en les trahissant avec une
complète absence de scrupules. Forestier le présente à son directeur, Walter, un
homme d'affaires juif, rusé, riche et influent politiquement, qui lui propose des piges. 

CHAP.3
Duroy retourne dans sa chambre qu'il loue dans une pension malfamée.
Il loge au 5e étage et a vue sur les chemins de fer, ce qui lui rappelle
sans cesse son travail misérable aux chemins de fer du nord.
Il essaie de se mettre au travail et d'écrire l'article sur
l'Algérie commandé par Walter. L'inspiration ne vient paset c'est avec
grand peine qu'il tente d'écrire quelques lignes. Découragé, il décide de
remettre la rédaction de l'article au lendemain.
Le lendemain, de bonne heure, il essaye à nouveau d'écrire mais en
vain. Dépité, il se rend chez Forestier pour lui demander de l'aide. Celui-
ci, pressé, lui propose aimablement de se faire aider par sa femme
Madeleine qui a l'habitude de seconder son mari dans la rédaction
d'articles pour le journal. Grâce à son aide et sous son influence, Duroy
réussit à rédiger l'article.
Tombé sous le charme de Mme Forestier, il ne se décide à partir qu'à
l'arrivée dans l'appartement du comte de Vaudrec, un vieil et riche ami
de Madeleine.
Madeleine, l'intelligente femme de Forestier, l'aide à rédiger son premier article.
L'argent qu'il lui rapporte, ajouté à son salaire mensuel, élève sa modeste fortune à
trois cent quarante francs. Tellement heureux de cette réussite, il le dilapide
rapidement. Mais il a ainsi plu à Walter qui l'engage. 

CHAP.4
L'article de Duroy paraît dans le journal : une immense joie l'envahit.
Attablé dans un café, il lit son propre article en s'exclamant et en louant
les mérites de l'auteur...
Fort de ce premier succès, il démissionne de son poste aux chemins de
fer du nord, non sans impertinence : il clame haut et fort qu'il est
désormais journaliste et gagne 500 francs par mois, et considère sa
démission comme une vengeance sociale. En réalité, Duroy a été
engagé au journal pour 200 francs par mois, en tant que reporter.
Au journal, Forestier l'envoie suivre un reporter, Saint-Potin, pour qu'il
apprenne son métier. Saint-Potin se trouve être un journaliste peu
sérieux, qui ne fait jamais ses enquêtes ou interviews, et se contente
d'écrire ses articles en s'inspirant d'anciens articles. Telle est la première
image que Duroy aura du journalisme.
De retour chez lui, Duroy n'arrive pas, encore une fois, à écrire la suite
de son article sur l'Algérie. Le lendemain, il repart chez Mme Forestier
afin de lui demander à nouveau de l'aide. Mais Forestier est là et,
exaspéré par le culot de Duroy qui comptait à nouveau se faire écrire
l'article par Mme Forestier, le renvoie chez lui. Il doit se débrouiller seul
mais cela lui est difficile : l'article sera refusé trois fois au journal.
Conscient de son échec en tant que journaliste, Duroy se concentre sur
ses activités de reporter où il excelle. Cela lui ouvre les portes
des soirées parisiennes, du monde du théâtre et de la politique. Mais
ce métier ne lui apporte toujours pas la richesse qu'il espère tant.
Chapitre 4:
Il se familiarise avec les mœurs de la presse parisienne et, deux mois plus tard, il est
promu reporter. Mais, toujours sans argent, il vit au jour le jour.

CHAP.5
En septembre, trois mois après sa rencontre avec Forestier, Duroy est
toujours sans le sou et en est désespéré.
Il devient l'amant de Mme de Marelle, avec laquelle il entame une
relation fougueuse. Celle-ci lui loue un appartement rue de
Constantinople. Ils sortent beaucoup, notamment dans les endroits
populaires que Mme de Marelle affectionne beaucoup, ravie de « se
déguiser en ouvrière ». Un jour qu'il se trouve aux Folies Bergères avec
Mme De Marelle, Duroy rencontre une ancienne amante, Rachel : Mme
de Marelle fait un scandale et renvoie Duroy de l'appartement qu'elle lui
paie.
Pendant ce temps-là, Forestier, souffrant des poumons depuis son retour
de l'armée, voit sa santé s'aggraver.
Chapitre 5:
Il fait la conquête d'une amie des Forestier, la charmante Clotilde de Marelle dont la
fille, Laurine, l'appelle Bel-Ami. Jeune femme élégante et corrompue, grande
bourgeoise insouciante qui, son époux étant toujours absent, souhaite s'encanailler,
Clotilde est émue par sa détresse et sa misère, lui procure un appartement et lui donne
de l'argent. On comprend alors qu'il sera prêt à toutes les bassesses pour obtenir de
l'argent ou de la reconnaissance. Malgré cette gentillesse, il se retrouve encore très
vite démuni et, en plus, avec des dettes envers les uns et les autres.

Chapitre 6:
Sa carrière journalistique progresse, son audace suppléant à son manque de culture.
Walter le charge de la « Chronique » et des « Échos ». Il tente de séduire Madeleine
Forestier puis Virginie de Walter, la femme de son patron que Madeleine, qui est
passionnée de politique, le pousse à courtiser, pour qu'il soit bien vu de celui-ci.

CHAP.6
Duroy traverse une période difficile et emprunte de l'argent à toutes les
personnes qu'il connaît.
Se retrouvant seul, Mme de Marelle l'ayant quitté, il retourne voir Rachel
mais celle-ci l'éconduit.
Au journal, Forestier n'est pas tendre avec Duroy et pour se venger de
son comportement, Duroy projette de devenirl'amant de Mme Forestier.
Mais celle-ci, irréprochable, lui fait comprendre qu'il n'a aucune chance :
elle n'est pas comme toutes ces femmes légères et frivoles de la société
parisienne. Mme Forestier conseille à Duroy de s'introduire chez Mme
Walter s'il veut monter en grade au journal. C'est vite chose faite et
Duroy, qui connaît de mieux en mieux les femmes mondaines, se fait
rapidement apprécier de Mme Walter.
Une semaine après sa visite à Mme Walter, il est nommé chef des
échos, devenant ainsi responsable des reporters du journal. Cette
ascension lui vaut d'être convié à une réception chez les Walter où il
retrouve les Forestier, Jacques Rival, Norbert de Varenne et Mme de
Marelle. Forestier est de plus en plus faible et s'apprête à partir pour le
sud de la France pour se reposer.
Lors du dîner, Duroy fait la connaissance des deux filles de Mme Walter,
Rose, et Suzanne. Celle-ci est aussi charmante et belle que sa sœur est
sans charme. Il se réconcilie avec Mme de Marelle qui l'invite à déjeuner
chez elle le lendemain même. En quittant la soirée, Duroy raccompagne
Norbert de Varenne qui lui tient un discours fort pessimiste sur la vie et
lui conseille de se marier afin de ne pas finir sa vie seul comme lui.
Le lendemain, chez Mme de Marelle, il fait la connaissance de son mari,
M. de Marelle, un vieil homme qui part sans cesse pour son travail.
Chapitre 6:
Sa carrière journalistique progresse, son audace suppléant à son manque de culture.
Walter le charge de la « Chronique » et des « Échos ». Il tente de séduire Madeleine
Forestier puis Virginie de Walter, la femme de son patron que Madeleine, qui est
passionnée de politique, le pousse à courtiser, pour qu'il soit bien vu de celui-ci.

CHAP.7
Forestier parti en convalescence à Cannes, Duroy en profite pour
prendre une plus grande importance au journal.
Il est attaqué par un journal concurrent, La Plume, dont un rédacteur,
Louis Langremont, l'accuse de perfidie et de mensonge. Duroy répond
par un article à ces attaques, disant qu'il méprise ces insinuations.
Langremont réplique encore une fois : aux yeux de Walter, il n'existe
qu'une solution pour sortir de ce conflit, un duel entre Duroy et
Langremont. Rival se charge d'organiser le duel, en prenant soin des
intérêts de Duroy.
La veille du combat, terrifié à l'idée de mourir lors du duel, Duroy ne
trouve pas le sommeil et se réfugie dans l'alcool. Toute la journée, il a
feint de ne pas être affecté par le duel qui se profilait, provoquant de la
sorte l'admiration de tous ses collègues.
A l'aube, Rival vient le chercher. Tout se passe alors très vite pour
Duroy, qui garde un souvenir très flou du duel, si ce n'est avoir entendu
« feu », puis plus rien. Aucun des deux journalistes n'a été
blessé ; Duroy rentre en vainqueur au journal, vivement félicité par
Walter, pour qui Duroy a défendu l'honneur de la Vie Française.
Le soir, Duroy parade dans tous les cafés des grands boulevards et
enjolive le récit de son duel, auprès notamment de Mme de Marelle qui
redouble d'amour et de tendresse pour son amant. Duroy est cependant
quelque peu lassé par le caractère fougueux et frivole de Mme de
Marelle ; mais il en conclut qu'il a tout de même intérêt à rester avec elle,
s'il veut se voir ouvrir les portes de la vie mondaine parisienne.
Chapitre 7:
Il doit se battre en duel contre un confrère et, comme cela se termine à son avantage,
son prestige en est accru.

CHAP.8
Duroy, qui s'est réinstallé rue de Constantinople, dîne tous les jeudis
chez M. et Mme de Marelle. Il gagne la confiance de M. de Marelle et est
toujours autant apprécié par Laurine qui le surnomme Bel-Ami.
Fin février, il reçoit un mot de Mme Forestier, toujours à Cannes, lui
apprenant que Charles est agonisant. Elle lui demande de venir l'aider.
Etre auprès de Charles Forestier lors de ses derniers jours permet à
Duroy d'être estimé par Madeleine.
Forestier meurt. Duroy et Madeleine le veillent ensemble. Duroy
n'hésite pas à rappeler à Madeleine qu'elle lui plaît et qu'il est prêt à
l'attendre. Elle ne lui répond pas mais y réfléchit.
Duroy rentre à Paris ; les adieux sur le quai de la gare à Cannes avec
Madeleine lui laisse espérer qu'il a une chance avec elle.
Chapitre 8:
Au chevet de Forestier qui est poitrinaire et mourant, il conclut « un pacte
d'entraide » avec Madeleine.

QUESTIONS IMPORTANTES
1. Expliquez le titre. Quels sont les différents noms du héros ? Pourquoi en change-t-il peu
à peu ?
Surnom donné au héros par Laurine, fille de Mme de Marelle (p.109), sa maîtresse. Ce nom
démontre le côté don Juan du personnage et souligne son physique avantageux qui plaît aux
femmes. Dès le titre, l’idée que le héros arrivera par les femmes est annoncée. Laurine est
d’ailleurs le seul personnage féminin qui, grâce à son jeune âge, échappera aux griffes de ce
séducteur. Son vrai nom est Prosper-Georges Duroy, mais il anoblit peu à peu son nom en
Du Roy de Cantel (du nom de son village de naissance, Canteleu, en Normandie près de
Rouen).
2. Quel point de vue le narrateur adopte-t-il dans ce roman ? Quel intérêt cela présente-t-
il pour le lecteur ?
Le narrateur adopte un point de vue omniscient qui nous permet de saisir le cynisme du
héros lorsque ses pensées nous sont dévoilées, mais aussi le désespoir de certains
personnages féminins (Mme Walter par exemple). De plus, cela permet à l’auteur de glisser
certaines réflexions sur le monde du journalisme ou de la finance.

3. En quoi peut-on dire qu’il s’agit d’un roman d’apprentissage ?


Ascension fulgurante de Bel-Ami, personnage sans complexes ni scrupules (p.VI), prêt à
abandonner ses femmes au gré de ses ambitions. On suit les traces du héros de ses débuts dans
la société à son triomphe (mariage à la Madeleine avec une héritière richement dotée, poste
directorial à La Vie française, futur député…).

4. Quels aspects de la société de son temps Maupassant critique-t-il dans ce roman ?


Triomphe du mensonge, de la trahison, du reniement et de l’opportunisme dans cette
société (p.VI). La femme n’est qu’un objet, le mariage ou le journalisme une sorte de
prostitution légale. Les articles sont des armes politiques ou financières. L’idéal
journalistique est bafoué au nom d’intérêts ou d’ambitions (p.IX). Le roman dénonce aussi le
colonialisme français de l’époque.
5. Bel-Ami ou la réussite par les femmes : présentez-les et indiquez leurs relations avec le
héros.
Mme de Marelle (Clotilde), maîtresse de Georges Duroy. Mariée à un homme presque
toujours absent. Gaie, vive, intelligente, charmante. A loué un appartement rue de
Constantinople pour abriter leurs amours. Elle sera sa maîtresse presque tout au long du
roman. Lors de son mariage avec Suzanne Walter, à la fin du récit, Georges songe à nouveau
à tromper sa femme avec Mme de Marelle. Celle-ci lui donne de l’argent lorsqu’il est sans le
sou.
Madeleine Forestier : c’est la femme de son ami Charles Forestier. Rusée, intelligente, jolie…
C’est elle qui écrit les articles de Charles, puis de Georges. Elle hérite du comte de Vaudrec
mais Georges réussit à lui soutirer la moitié de l’héritage. Elle a pour amant M. Laroche-
Mathieu, député puis ministre des Affaires étrangères, qui donnera la légion d’honneur à
Georges mais que celui-ci fera surprendre en flagrant délit d’adultère en compagnie de sa
femme. Celle-ci est très indépendante et active. Elle refuse de subir le mariage comme une
servitude.
Mme Walter : c’est la femme du patron de Georges. Moins jolie que Madeleine ou Clotilde.
Elle n’a jamais eu d’amant. Elle se montre très pieuse, en partie pour compenser le fait
d’avoir épousé un Juif. Georges la séduit, comme toutes les autres. Elle lui dévoile un coup
financier de son mari, afin qu’il s’enrichisse et que, reconnaissant, il poursuive sa relation
avec elle. A partir du moment où elle lui cède, elle s’accroche à lui et refuse de rompre
lorsque, lassé, il veut la quitter. Mme de Marelle découvre qu’il a des relations avec une
« vieille » (Mme Walter) et elle le quitte.
Suzanne Walter : fille du patron de Georges. Fine, menue, toujours comparée à une poupée.
Georges la séduit, il cherche à capter sa dot et son héritage futur. Il l’enlève et les parents,
pensant qu’elle a été déshonorée, sont contraints de la donner en mariage à Georges. C’est
pour lui un triomphe social. Dès son mariage, il envisage de la tromper avec Mme de
Marelle. Elle est donc promise à un avenir malheureux. Sa mère s’est opposée à ce mariage
mais elle n’a rien pu faire.
6. Faites le portrait physique et psychologique de Bel-Ami.
Bel homme. Allusions répétées à sa moustache qui séduit beaucoup les femmes. Allure fière,
taille fine, jambes droites (p.394). Il sait cacher ses sentiments pour plaire. Pour lui, les
femmes sont un moyen d’ascension sociale. Sa seule véritable énergie est le désir : de
femmes, d’argent, de promotion, d’honneur… C’est Madeleine Forestier (puis Duroy) qui
écrit ses articles. Mme de Marelle l’aide financièrement pendant un temps. Mme Walter lui
donne des informations financières. Suzanne Walter lui apporte la richesse et la possibilité
de se présenter comme député. Homme sans scrupules ni complexes, profondément
égoïste. Il veut parvenir par tous les moyens. Il y réussit d’ailleurs.

7. Qui est Louis Langremont ?


C’est un autre journaliste qui provoque Duroy en duel. Celui-ci choisit le pistolet. Il est
terrorisé par la perspective de ce duel. Mais finalement, les deux adversaires se manquent et
l’affaire est close. Après coup, Duroy prétend qu’il n’a éprouvé aucune crainte. A l’époque, le
duel était un moyen, pour les journalistes, de se faire connaître (p.172).

8. Peut-on dire de Bel-Ami qu’il est un véritable journaliste ? Expliquez.


C’est Madeleine qui rédige ses articles. Il prend peu à peu de l’assurance, mais il reste moins
doué qu’elle pour ce métier. Il est devenu journaliste parce que l’opportunité s’en présentait et
que cela lui permettait d’accéder aux honneurs, mais il n’avait au départ aucun goût
particulier ni aucune aptitude pour cette profession. Le journalisme est, pour lui, manipulation
politique ou financière de l’opinion. Ses articles sur l’Algérie travestissent la réalité.

9. En quoi la mort de Forestier sert-elle Bel-Ami ? Donnez deux éléments de réponse.


Il épouse sa femme, qui continue ainsi à rédiger ses articles, comme elle le faisait avec son
premier mari. Il hérite des fonctions et du traitement de Forestier à La Vie Française

10. Voici le dernier paragraphe du roman : Il descendit avec lenteur les marches du haut
perron entre deux haies de spectateurs. Mais il ne les voyait point ; sa pensée
maintenant revenait en arrière, et devant ses yeux éblouis par l’éclatant soleil flottait
l’image de Mme de Marelle rajustant en face de la glace les petits cheveux frisés de ses
tempes, toujours défaits au sortir du lit. Commentez-le en indiquant quelle suite
s’annonce dans ces quelques lignes.
Triomphe de l’arriviste qui reçoit les honneurs de la haute société lors de son mariage avec
Suzanne Walter. Image du soleil, liée à la fois à Apollon (beauté, séduction), aux richesses, à
l’or et à la gloire. C’est donc la démonstration du succès de sa stratégie et l’aboutissement
heureux pour le héros de ce roman d’apprentissage. En même temps, Georges est environné
de cette foule prestigieuse mais il voit l’image de sa maîtresse. On a là, encore une fois, la
preuve de sa duplicité : il se marie avec Suzanne mais envisage déjà de la tromper avec Mme
de Marelle. Il trahit à la fois les gens qui assistent à son mariage (il ne les voit pas ; il ne
servent que de faire-valoir pour lui) et sa femme.