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INTRODUCTION :

L’épuration biologique des eaux usées a pour but d’éliminer les matières organiques
biodégradables. Cette élimination est confiée à des micro-organismes utilisant les matières
organiques comme nutriments. Cette dégradation biologique entraîne donc une transformation
de matière. Il s’agit là d’un avantage important des procédés biologiques par rapport à
d’autres procédés. Ainsi, lors de l’adsorption, les matières à éliminer ne font que se déplacer
des eaux usées vers l’adsorbant (transport de matière). La dégradation biologique peut se
dérouler dans des conditions aérobies ou anaérobies. Il existe toute une série de procédés pour
mettre en contact les eaux usées à nettoyer avec les micro- organismes (biomasse). De ce fait,
on distingue la biomasse en suspension de la biomasse fixe.
I. LES ETAPES DE TRAITEMENT BIOLOGIQUE DES EAUX USEES
INDUSTRIELLES :

Les procédés biologiques d’épuration sont multiples et de conceptions variées, mais sont
fondés sur le même principe que tout polluant organique biodégradable peut etre utilisé
comme élément nutritif et/ou comme source énergétique pour certains organismes vivants.
Les trois grands types de méthodes sont :
I.1. La biodégradation :
Il existe une biodégradation naturelle appelée autoépuration qui est assuré au sein des milieux
naturels par les microorganismes, les végétaux et les animaux, à condition que les polluants
ne dépassent pas une centaine concentration. Si ce seuil est dépassé, une biodégradation
induite par l’homme est nécessaire pour assurer une dépollution complète. La biodégradation
peut être soit complète (le polluant est détruit), soit incomplète (le polluant est dégradé
partiellement ou transformé en métabolites), en fonction de l’effluent à traiter (nature et
concentration du polluant) et du type de microorganismes utilisés. Les paramètres à prendre
en considération sont essentiellement : la nature du polluant, sa concentration, sa toxicité ainsi
que le volume à traiter
Tableau 1  : exemples de prétraitement exigé avant l’application d’un procédé biologique

POLLUANT TRAITEMENTS
Matières en suspension Décantation et flottation
Alcalinité et acidité Neutralisation
Traces d’hydrocarbure Séparation/déshuilage
Métaux Physico-chimique et/ou chimique
Molécules toxiques Coagulation-floculation
Effluent riche en matière Oxydation
organique
Sulfures Précipitation, stripping

L’épuration biologique en aérobie par boues activées est un des techniques de


biodégradation largement utilisé à l’échelle industrielle, elle consiste à développer une culture
bactérienne en suspension dans un bassin d’aération alimenté en continu par l’effluent à
épurer (ayant subi un prétraitement préalable). Le procédé reproduit l’action d’une rivière
avec une dynamique intense de populations microbiennes aérobies maintenues en suspension.
L’effluent séjourne pendant un certain temps dans un bassin d’aération ou a lieu le traitement
secondaire. Un brassage et une oxygénation continue sont indispensables pour l’activité des
microorganismes. Les composés organiques sont progressivement détruits, et les flocs formés
sont décantés et filtrés (boues).
Il existe également des procédés d’épuration biologique en anaérobie qui sont
particulièrement adaptés aux eaux usées industrielles souvent très chargées en matières
organiques (par ex. industrie alimentaire). Du biogaz, constitué essentiellement de méthane se
forme durant la dégradation des matières organiques dans des conditions anaérobies. Ce
procédé produit moins de boues, économise l’énergie et est mieux adapté à l’élimination des
polluants minéraux.
I.2. Epuration biologique par lagunage :
Il s’agit d’une méthode biologique rustique qui consiste à faire séjourner l’effluent dans
plusieurs bassins successifs(en général trois ) de traitement puis d’affinage, de grandes tailles
et peu profonds, ou, celui celui-ci sera épurer par l’action commune des bactéries et des
végétaux. Certaines plantes et légumes sont en effet capables de tolérer, stabiliser et/ou
accumuler les polluants organiques et métalliques dans leur appareil digestif. Le lagunage
consiste alors à cultiver ces plantes in situ sur les effluents contenant divers polluants. La
culture des plantes aquatiques contribue à diminuer le stock de métaux par bio-extraction
(phytoextraction) ou bio-fixation (phytostabilisation), et se fait en coopération avec des
bactéries pour une plus grande efficacité. Il est donc important de déterminer le couple
microorganisme/plante les plus performant. Certains champignons tolérants sont également
capables d’atténuer la toxicité des métaux pour les plantes. Ils favorisent la dégradation des
polluants et améliorent la survie des plantes. L’ajustement optimal des conditions de vie des
organismes vivants (plantes, bactéries, champignons) est la donnée fondamentale à maitriser.
I.3. L’adsorption sur charbon actif :
Il s’agit d’un processus de séparation au cours duquel des molécules d’un fluide (liquide ou
gaz) viennent se fixer sur la surface d’un matériau solide appelé adsorbant. C’est une des
techniques de séparation les plus utilisées pour séparer, complexer et purifier des liquides et
des gazs dans des domaines variés, allant des industries chimiques et pharmaceutiques aux
applications environnementales. En particulier l’adsorption liquide-solide est l’un des deux
traitements (avec la biodégradation) les plus répandus. La séparation par adsorption est basée
sur une adsorption sélective (thermodynamique et/ ou cinétique) des polluants (adsorbats) par
un adsorbant, grâce à des interactions spécifiques entre la surface du matériau adsorbant et les
polluants adsorbés : il s’agit d’un simple transfert de masse à partir de la phase liquide vers la
surface du solide. La capacité d’adsorption de l’adsorbant dépend de la surface spécifique du
matériau (surface de contact interne et externe), de la concentration du polluant en solution,
des caractéristiques hydrodynamiques de l’échange (temps de contact) et de l’affinité de la
surface de l’adsorbant pour le polluant. Cette affinité (énergie de liaison) dépend elle-même
de nombreux facteurs dont le pH et la température. Généralement, cette technique est utilisée
pour éliminer des matières (organiques) non dégradables et réfractaires aux traitements
classiques.