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UNIVERSITÉ DE DSCHANG UNIVERSITY OF DSCHANG

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FACULTÉ D’AGRONOMIE FACULTY OF AGRONOMY
ET DES SCIENCES AGRICOLES AND AGRICULTURAL SCIENCES
***** **
ANTENNE D’EBOLOWA EBOLOWA BRANCH
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Support de Cours

SCIENCE DES MATERIAUX ET


CALCUL DES STRCTURES
(PEA431)
Master 1

par

Dr. TANESSONG Roméo Stève, PhD


Chargé de Cours, UDs

Septembre 2019
PARTIE A
Science des Matériaux Chap1 : Généralités sur les matériaux

CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LES MATERIAUX

1.1 Introduction
Toute matière entrant dans une construction devient un matériau. Autrement dit : Un
matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des
objets. A nos jours, il y a environ 50000 à 80000 matériaux disponibles pour l’ingénieur et 3000
procédés de fabrication et de mise en œuvre de ces matériaux.
Ces matériaux proviennent soit du sol ou du sous-sol, comme montré ci-dessous :

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Science des Matériaux Chap1 : Généralités sur les matériaux

1.2 Classification des matériaux


Les matériaux peuvent être classés de plusieurs manières selon les critères qu’on veut
prendre en considération (résistance, légèreté, mise en œuvre, applications,….), le classement qu’on
va considérer est celui qui se base sur l’interaction entre atomes ou molécules.
Ainsi les matériaux sont classés en cinq familles :

1.2.1. Les matériaux métalliques :


Ce sont des métaux ou des alliages (mélange) de métaux. (Fer, acier, aluminium, cuivre,
bronze, fonte, etc.). On peut distinguer deux sous-groupes qui sont :
a) Les matériaux ferreux : Ce sont des alliages à base de fer (aciers et fontes) ; ils jouent un rôle
capital sur le plan technologique. Ils ont un fort module d’élasticité E et une forte limite d’élasticité
𝜎𝑒, parmi eux on trouve :
- Les aciers d’usage général, (S355, E335). En fonction de leurs utilisations, ces aciers sont
produits sous la forme de profilés (produits longs : les poutrelles, les profilés de sections diverses,
les fers marchands, les tubes, les fils, les câbles et les rails) ou sous la forme de tôles (produits plats
: comprennent les tôles fortes, les plaques (épaisseurs supérieure à 5 mm), les tôles minces pour
l’emboutissage).
- Les aciers de traitement thermique, (C 32, 20 Ni Cr 6, 35 Ni Cr Mo 16), ce sont des aciers au
carbone, destinés à subir des traitements thermiques pour aboutir à des caractéristiques bien
déterminées selon leurs utilisations.

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Science des Matériaux Chap1 : Généralités sur les matériaux

- Les aciers à outils, (35 Cr Mo 4, 100 Cr 6), ce sont en général des aciers fortement alliés de
chrome (entre 5 et 12 %) pour éviter la corrosion. Ils doivent posséder la dureté la plus élevée
possible, une très bonne résistance à l'usure et une grande ténacité.
- Les aciers inoxydables, (X 30 Cr 13, X 8 Cr Ni 18-12) Les aciers inoxydables comprennent un
ensemble de familles d'alliages à base de fer dont la principale propriété est la résistance à la
corrosion généralisée, ils sont utilisés en visserie, pour les ressorts, pour les arbres de pompes, la
coutellerie, les soupapes ...
- Les fontes (EN-GJL 150, EN-GJS 400-18) ce sont des alliages fer-carbone de très forte teneur en
carbone (> 2 %), ce qui les rend fragiles et interdit toute déformation plastique. On les utilise donc
principalement en fonderie (bâtis, la petite quincaillerie, les raccords de plomberie, la fabrication
des carters de pompes, des vannes, des vilebrequins, des engrenages ...
b) Les matériaux non ferreux : ils possèdent une masse volumique faible, de bonnes propriétés
électriques et résistance à la corrosion et à l’oxydation, ainsi qu’une facilité de mise en œuvre.
Parmi eux on trouve:

- L’aluminium et ses alliages : ce sont des alliages à base d’aluminium principalement utilisés en
aéronautique, dans l’industrie alimentaire et cryogénique, pour les articles de sport et les structures
utilisées en atmosphère marine.

- Le cuivre et ses alliages : ce sont des alliages à base de cuivre : parmi eux on trouve les laitons
utilisés en fonderie, les cupro-aluminiums (construction navale), les cupro-nickels (construction
navale), les bronzes (fonderie).

- Le zinc et ses alliages : ce sont des alliages à base de zinc ayant une faible température de fusion
(420°C), et sont largement utilisés dans l’automobile (carburateur, pompe à essences...), dans
l’électroménager, en quincaillerie et en mécanique de précision (appareils photographiques,
horlogerie...).

- Le titane et ses alliages : Ce sont des alliages à base de titane, utilisés dans le domaine
aéronautique.

1.2.2. Les verres et les céramiques


Ce sont tous les matériaux à liaisons iono-covalentes, tels que les roches, les bétons, les
verres, les carbures, nitrures, ils sont utilisés (en plus du domaine traditionnel) en électrotechnique,

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en construction mécanique, pour les outils de coupe, soupape, billes, en biomécanique


remplacement d’os, de dents, les céramiques sont aussi utilisés dans le domaine nucléaire
(protection thermique et neutronique).

1.2.3. Les polymères


Les polymères (matières plastiques) sont constitués d’un grand nombre d’unités
fondamentales, appelées monomères. Ce sont des molécules organiques dont le noyau est
essentiellement constitué d’un atome de carbone (ou de silicium dans le cas des polymères
siliconés). Ci-dessous quelques polymères et leurs utilisations :

Appellation courante et abréviation Noms commerciaux utilisations


normalisé
Polyéthylène (PE) Lactène, Hostalen, Dowlex
Sacs plastique (PEHD/PEBD), Réservoirs de
voitures, bouteilles, flacons, bidons, films
d’emballage,
Appryl, Novolen
Polypropylène (PP) Films d’emballage alimentaire, bouteilles
rigides, intérieur de lave-vaisselle, cordes et
ficelles
Lacovyl, Vinidur, Vinnolit
Polychlorure de vinyle (PVC) Tuyauterie, pots de margarine, blisters,
bouteilles d’eau minérale, barrières extérieures,
films d’emballage alimentaire
Lacqrène, Novodur, Styrol
Polystyrène (PS) emballages, pots de yaourt, armoire de toilette,
cassettes audio, brosses à dents, boites à œufs,
isolants

Polyméthacrylate de méthyle Plexiglas, Altuglas, Lucryl...


(PMMA) Plaques pour vitres, globes, feux arrière de
voiture, lentilles d’appareils photo

Polytétrafluoroéthylène (PTFE) Téflon, Hostaflon


Tuyaux, joints et raccords. Robinet et vannes
pour matériel de laboratoire, revêtements anti-
adhérents

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1.2.4. Les matériaux naturels :


Les matériaux naturels sont, comme leur nom l'indique, issus de la nature. Ils sont ensuite
utilisés directement par l'homme.
Les matériaux naturels peuvent être d’origine animale comme la laine ou le cuir, d’origine végétale
comme le coton ou le bois, d’origine minérale comme la pierre ou l'argile.

1.2.5. Les matériaux composites


Ce sont des assemblages d'au moins deux matériaux non miscibles. Un matériau composite
est constitué de trois éléments principaux :
matrice, généralement une résine thermoplastique (polyamide, PEEK, PEI) ou
thermodurcissable (vinylester, polyester, époxyde), qui va servir de liant et va permettre de répartir
les contraintes.
u l’essentiel de ses propriétés
mécaniques. Ces fibres sont coupées (quelques millimètres à quelques décimètres) ou continues et
peuvent être de nature minérale (verre, basalte), synthétique organique (carbone, aramide) ou
biosourcée (lin, chanvre).
dditifs afin de modifier certaines caractéristiques du matériau (coloration, surface,
propriétés rhéologiques, etc.)

Les composites trouvent leur application dans tous les domaines tels que : l’aéronautique,
l’automobile, bâtiment et travaux public, industrie et sport et loisirs.
1.3 Choix des matériaux
Le choix des matériaux est l’un des problèmes essentiels qui se posent aux concepteurs ; vu
la diversité des paramètres qui caractérisent tout matériau. Le choix doit être basé sur deux types
d’éléments :
a) Compte tenu des sollicitations diverses que le matériau subi, quelles réponses doit-on
attendre ?
b) Comment concilier les impératifs de durabilité et de fiabilité avec ceux liés aux prix de
revient et à la rareté de certaine matière.
1.4 Caractéristiques des matériaux
Les matériaux peuvent avoir des caractéristiques physiques, mécaniques et chimiques diverses :
1.4.1 Caractéristiques physiques
Elles se rapportent à :
a) Couleur : C’est l’aspect naturel du matériau non oxydé.
b) Masse volumique : notée par la lettre 𝜌 elle exprime la masse par unité de volume et elle

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est très importante dans toutes les recherches. Exemple 𝜌𝑎𝑐𝑖𝑒𝑟 = 7850𝑘𝑔/𝑚3.
c) Point de fusion : C’est la température à laquelle le métal chauffé passe de l’état solide à
l’état liquide ; exemples 𝑇𝑓 𝐹𝑒𝑟 = 1530°𝐶; 𝑇𝑓 𝑎𝑐𝑖𝑒𝑟 = 1300 à 1500°𝐶; 𝑇𝑓 𝑐𝑢𝑖𝑣𝑟𝑒 = 1080°𝐶;
𝑇𝑓 𝐴𝑙𝑢𝑚𝑖𝑛𝑖𝑢𝑚 = 650°𝐶
d) Conductivité électrique : c’est la capacité d’un matériau à être plus ou moins conducteur
de courant électrique ; exemple le cuivre est un matériau bon conducteur, le plastique est un
matériau mauvais conducteur (isolant)
e) Conductivité thermique : C’est l’aptitude d’un matériau à véhiculer un flux thermique,
c’est-à-dire un flux de chaleur, exemple l’Aluminium et le Cuivre possèdent une
conductivité thermique élevée.
f) Propriété magnétique (ferromagnétisme) : C’est l’aptitude d’un matériau à la
production d’un champ magnétique, c’est une caractéristique très importante en
construction électrique de bobine, moteur, appareils téléphoniques, etc….
g) Propriété acoustique : C’est l’aptitude d’un matériau à transmettre plus ou moins
facilement les ondes sonores exemple : la fibre optique possède des propriétés acoustiques
élevée.

1.4.2 Caractéristiques mécaniques :


Elles définissent le comportement du matériau pendant l’utilisation, c’est-à-dire elles
permettent à l’utilisateur de connaitre si ce matériau va résister ou non aux efforts auxquels il serait
soumis.
a) Ténacité : C’est la résistance aux efforts de traction, de compression, et de cisaillement
c’est-à-dire la propriété de s’opposer à l’action destructive des sollicitations extérieures.
b) Elasticité : C’est l’aptitude d’un matériau à revenir à son état initial après déformation,
autrement dit c’est la résistance à la déformation permanente (déformation plastique)
c) Dureté : C’est la capacité d’un matériau à résister à la pénétration par un autre matériau.
d) Résilience : C’est l’aptitude d’un matériau à résister au choc.
e) Fragilité : C’est la facilité de rupture (cassure) sous l’action de choc, un corps fragile
n’est pas résilient (verre).

1.4.3 Caractéristiques chimiques :


Elles définissent le comportement d’un matériau dans une ambiance ou il y a des agents
chimiques en contact (gaz, acide, air, etc…), c’est-à-dire est-ce-que le matériau va résister ou non à
la corrosion par l’oxygène et les agents chimiques.

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1.4.4 Caractéristiques technologiques :


Elles expriment l’aptitude d’un matériau à subir les différents procédés de fabrication.
a) Malléabilité : C’est la possibilité de se donner et de se soumettre à la déformation plastique d’un
matériau à chaud ou à froid sans se détruire par choc ou par pression.
b) Ductilité : (super malléabilité) c’est l’aptitude d’un matériau à être étiré en fil de faible section.
c) Fusibilité : C’est l’aptitude à passer de l’état solide à l’état liquide.
d) Fluidité : C’est l’aptitude à l’écoulement progressif, un matériau fusible et fluide possède une
bonne coulabilité.
e) Soudabilité : C’est l’aptitude d’un matériau à former une liaison intime avec un autre matériau
par fusion.
f) Usinabilité : C’est l’aptitude d’un matériau au façonnage par enlèvement de copeaux par outil de
coupe.

1.5 Notions de cristallographie


La cristallographie est la science qui se consacre à l'étude des substances cristallines à
l'échelle atomique. Les propriétés physico-chimiques d'un cristal sont étroitement liées à
l'arrangement spatial des atomes dans la matière. Il est donc important de savoir comment les
atomes sont organisés dans une structure cristalline.

1.5.1 Corps amorphe et corps cristallin :


Un corps cristallin est un corps solide qui a une structure réticulaire : les atomes se
disposent suivant une configuration à trois dimensions dans laquelle on peut identifier des rangées
orientées dans diverses directions sur lesquelles les atomes sont régulièrement orientés. Les
matériaux métalliques à l’état solides sont des corps cristallin.

Figure 1.1 : Structure réticulaires

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Science des Matériaux Chap1 : Généralités sur les matériaux

Un corps amorphe (amorphe veut dire sans forme) est un corps qui n’a pas de forme géométrique
particulière, ni de structure interne ordonnée, ses éléments sont répartis en désordre. Les verres, les
élastomères et les liquides sont des composés amorphes

Figure 1.2 : structure amorphe

Le refroidissement des corps amorphes se traduit par une courbe décroissante et continue (absence
de température de fusion nettement déterminée), tandis que celui des corps cristallins présente un
palier en température qui marque le début et la fin de la cristallisation (figure 1.3)

Figure 1.3 : Courbes de refroidissement

1.5.2 : Réseau cristallin


Un réseau cristallin à trois dimensions est constitué par un assemblage d’atomes arrangés
suivant un motif qui se répète périodiquement dans l’espace. On peut le représenter par une infinité
de parallélépipèdes identiques disposés parallèlement les uns par rapport aux autres sans laisser de
vide.

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Figure 1.4 : Réseau cristallin

Les sommets de ces parallélépipèdes sont appelés les nœuds du réseau,


es : rangées,
famille de plans parallèles équidistants est appelé
plans réticulaires,
distance interréticulaire,
maille du réseau.

Figure 1.5 : Maille élémentaire


Les lettres a, b et c désignent respectivement les arrêtes de la maille suivants les
directions ox, oy et oz ; α, β et γ sont les angles entre les arrêtes.
coordinance ou nombre de coordination le nombre d’atomes voisins les plus
proches de chaque atome dans une structure donnée.
compacité (taux de remplissage) du réseau le volume occupé par les atomes
divisé par le volume de la maille.

Un atome situé sur un nœud à l’intérieur d’une maille


compte pour : 1
 Un atome au sommet compte pour : 1/8
 Un atome sur une arrête compte pour : 1/4
 Un atome sur une face compte pour : 1/2

Figure 1.6 : Disposition des atomes dans une structure CC

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1.5.3. Systèmes cristallins


Il existe sept systèmes cristallins pour décrire une structure cristalline qui sont :

Figure 1.7 : Réseaux cristallin

Systèmes cristallins de quelques matériaux

ianite).

1.5.4 Structures CC, CFC, HC :


La plupart des métaux ont une structure hautement symétrique (cubique, hexagonale)

1.5.4.1 Structure cubique centré (CC)


Dans cette structure un (01) atome occupe le centre du cube, et un atome pour chaque
sommet du cube, les atomes de sommets de cube sont partagés par les cubes qui lui sont adjacents,
ainsi chaque maille possède 2 atomes : 1 atome du centre et un atome pour les atomes de sommets
(8 x1 /8 =1).

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 Le nombre de coordination est : 8 ;


3
 La distance minimale entre les atomes est : 𝑎
2

 La compacité est de 68 %
Matériaux : Li, Na, K, Ba, V, Nb, Mo, Fe(α), . . .

Figure 1.8 : Structure CC

1.5.4.2 Structure cubique à face centrée (CFC) :


Dans cette structure un (01) atome occupe chaque sommet du cube, et un atome occupe
chaque centre de face.
Le nombre d’atomes que contient cette structure est : 4 atomes (8 x1/8 pour les atomes de sommets)
et 6 x1/2 par face).

 Le nombre de coordination est : 12 ;


2
 La distance minimale entre les atomes est : 𝑎
2

 La compacité est de 74 %
Matériaux : Cu, Ag, Au, Ca, Al, Pb, . . .

Figure 1.9 : Structure CFC

15.4.3 Structure hexagonale compacte (HC) :


Cette structure contient 6 atomes : 3 atomes du centre, 2 x1/2 atomes du centre des faces et
12 x 1/6 atomes des sommets.

 La structure hexagonale compacte ayant le rapport


c/a =1,633 a un nombre de coordination de : 12
 La compacité est de 74 %
Matériaux : Be, Mg, Zn, . . .

Figure 1.10 : Structure HC

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1.5.5. Indexation cristallographique (système cubique)


L’orientation dans l’espace des directions et plans cristallographiques sont nécessaire pour
l’étude des cristaux, des indices dits indices de Miller sont universellement adoptés pour la
représentation de cette orientation :

1.5.5.1 Indice de direction :


On entend par direction cristallographique la ligne droite qui joint au minimum deux
nœuds. Pour déterminer les indices de direction dans un système d’axes de coordonnées, on choisit
la ligne parallèle à la direction et qui passe par l’origine. Par la suite on détermine les coordonnées
du nœud le plus proche, les nombres ainsi déterminés sont appelés indices cristallographiques de
Miller et sont notés [𝑢 𝑣 𝑤]

 Les indices de Miller se mettent


toujours entre crochets ;
 Un indice négatif (−𝑢) est noté par
𝑢, 𝑢 𝑣 𝑤
 Une famille de directions 𝑢 𝑣 𝑤
est notée par 𝑢 𝑣 𝑤

Figure 1.11 : Indice de direction cristallographique

1.5.5.2 Indice de plan


Miller a proposé une méthode qui permet de déterminer la position des faces (plans)
cristallines dans l’espace au moyen de trois nombre entiers, cette méthode consiste à :
,

voir figure 1.12.

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Science des Matériaux Chap1 : Généralités sur les matériaux

Figure 1.12 : Indice de plan cristallographique

Les indices de plan ou de faces sont toujours mis entre parenthèses ;

Remarque : Dans le système cubique et dans le système cubique seulement, un plan quelconque et
la direction qui lui est perpendiculaire s’expriment par les mêmes indices.

Exemples de directions et plans cristallines

Figure 1.13 : Exemples d’indices de directions et plans cristallographiques


Exercice : Un plan cristallographique coupe les axes ox, oy, oz respectivement aux coordonnées
1/3, 3/2 et 1, trouver ses indices de Miller.
1. On prend l’inverse des coordonnées d’intersections : 3, 2/3 et 1
2. On réduit au même dénominateur 9/3, 2/3 et 3/3
3. Les indices de Miller sont (923)
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1.5.6. Indexation cristallographique (système hexagonal) :

Dans le système hexagonal les plans et les directions sont repérés par 4 indices (hkil), [uvtw].
Le plan de base est définit à l’aide de trois axes ox, oy et oz séparés par des angles de 120°, la
hauteur est repérée par l’axe oz.
Dans ce cas particulier du système hexagonal on a :
- (h+k)
- (u+v)

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

CHAPITRE 2 : DIAGRAMMES D’EQUILIBRE

2.1. Introduction
Les diagrammes d’équilibre sont des représentations graphiques qui montrent la
composition de phases et les structure présentes dans un corps pur ou un alliage à l’équilibre
thermodynamique, en fonction de la composition chimique, de la température et de la pression.
Un alliage : est un matériau obtenu soit par fusion, soit par frittage de deux ou plusieurs éléments.
L’addition à un métal pur d’un ou plusieurs éléments (métallique ou non) peut modifier
profondément ses propriétés. L’acier est un alliage fer-carbone.
Un composant : est une substance qui entre dans la composition d’un alliage, on parle d’alliage
binaire : lorsqu’il est composé de deux composants ; un alliage ternaire est formé de trois
composants, alors qu’un alliage quaternaire est composé de quatre composants.
Une phase : c’est une partie homogène du système (alliage) caractérisée par une composition
chimique, un type de réseau cristallin (structure) et les propriétés résultantes. Les phases différentes
dans un système sont séparées par une interface.
Une phase peut être : une solution solide, une solution liquide ou une combinaison chimique de type
AnBm.

2.2. Cristallisation de matériaux


2.2.1 Principe de la cristallisation et courbe de refroidissement
Soit le refroidissement d’un corps ne subissant aucune transformation, on pose :
T : température du corps
T0 : température ambiante
C : capacité calorifique.
Une faible baisse de température correspond au dégagement d’une certaine quantité de chaleur
telle que : .
Si l’on admet que la quantité est proportionnelle au temps d’une part, et à la différence de
température d’autre part, on peut écrire :

Ainsi d’où ( ) avec ..

Cela veut dire que la variation de la température du corps en fonction du temps est une fonction
exponentielle. Si le corps étudié subit une transformation avec changement de phase, un
dégagement de chaleur se produit et modifie l’allure de la courbe de refroidissement (figure 2.1).

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

Figure 2.1 Courbe de refroidissement T=F(T)

1 : sans changement de phase

2 : avec changement de phase

T1 : indique le début de la transformation

T2 : indique la fin de la transformation

La technique qui permet l’étude du refroidissement d’un système en observant la variation de la


température en fonction du temps est dite : analyse thermique.
Pour étudier la cristallisation d’un corps, on le fond et puis on le place à l’état liquide dans un
creuset lui-même enfermé dans une enceinte isotherme afin de limiter la vitesse de refroidissement
(Figure II.2). La température à l’intérieur du creuset est mesurée à l’aide d’un thermocouple qui est
relié à un enregistreur. Ce dernier permet de tracer la courbe de refroidissement T = f(t).

Figure 2.2 Dispositif d’analyse thermique

2.2.2 Cristallisation d’un métal pur


Pour un métal pur, la température reste constante pendant toute la durée de solidification, en
effet entre T et Tf, le corps est à l’état liquide, il y a un seul constituant (le corps pur) et une seule
phase (la phase liquide).
A la température Tf apparaissent les premiers cristaux solides, ainsi le constituant reste le même,
alors qu’il y a deux phases : la phase liquide et la phase solide.
La température reste constante pendant toute la durée de solidification, ceci est traduit par un palier
sur la courbe de refroidissement T = f(t) appelé palier de solidification. La longueur de ce palier est
proportionnelle à la quantité de métal solidifié.

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

Figure 2.3 Courbe de refroidissement d’un système mono constituant pur

Les métaux à l’état pur ne cristallisent que difficilement. La cristallisation s’amorce au-dessous de
la température de fusion Tf (Figure II.3) : on dit que le métal est en surfusion.
La cristallisation commence par la formation de germes et se poursuit avec leur développement et
l’augmentation de leur nombre (voir Figure II.4)

Figure 2.4 Etapes de cristallisation d’un métal

2.2.3 Cristallisation d’un alliage


On entend par alliage binaire, un mélange homogène de deux métaux A et B. A l’état liquide la
solubilité de la plupart des métaux qui forment une solution liquide est illimitée. Sauf pour le fer et
le plomb, ils sont immiscibles et se séparent en deux couches (différence de densité).
La cristallisation d’un alliage se produit lorsqu’il y a une surfusion et formation de germes
stables c’est-à-dire aptes à la croissance).
L’analyse thermique, dans ce cas, permet de suivre la solidification d’un alliage de l’état liquide à
l’état solide (voir figure 2.5)
La solidification débute à la température T1, elle se manifeste par un changement de pente, entre T1
et T2 on a un domaine biphasé : une phase solide qui se développe aux dépens de la phase liquide
lorsque la température baisse. A partir de T2 jusqu’à la température ambiante, la phase présente est
complètement solidifiée.
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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

Figure 2.5 Courbe de refroidissement d’un alliage

2.3. Diagrammes d’équilibre binaires


Les diagrammes d’équilibre binaires définissent tous les domaines de phases en fonction de la
température et de la composition chimique. Ils sont représentés par :
Un axe horizontal qui correspond à la variation de la composition depuis le composant
pur A (100% A, 0% B) jusqu’au composant pur B (0% A , 100% B),

température.

2.3.1 Diagramme d’équilibre de deux métaux complètement miscibles


Des essais d’analyse thermique réalisés sur des alliages obtenus à partir des composants A et
B ont abouti aux résultats suivants :
Composition (% de B) 0 25 70 100
T de liquéfaction [°C] 600 580 400 200
T de solidification [°C] 600 420 250 200

1. Construire le diagramme d’équilibre A-B et indiquer les différentes phases présentes.


2. Donner la composition et les fractions de phases des alliages 25% B à T=500 °C, et 70%
B à T=300°C.
3. Donner la composition de phase de l’alliage 25% B à T=650°C et à T=300°C.
4. Etablir les courbes de refroidissement des alliages 30% B et 100% A.

Solution :
1. Construction du diagramme d’équilibre A-B

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

Figure 2.5 Diagramme d’équilibre A-B

La ligne Tf(A)QNTf(B) est dite liquidus, il marque la fin de la solution liquide.


La ligne Tf(A)RLTf(B) est dite solidus, il marque la fin de la cristallisation (solidification).
2. Composition et fraction de phase : il y a des règles qui permettent l’interprétation et la lecture des
diagrammes :
1 (état
liquide), le solide est représenté par un point P2 sur la même verticale quel que soit le trajet P1P2.

solide) sont données par l’abscisse des intersections de l’horizontale avec les deux branches solidus
et liquidus.
Exemple : l’alliage 25% B à 500°C : représenté par le point P, cet alliage présente 2 phases, l’une
liquide et l’autre solide ;

point d’intersection avec le liquidus, c’est-à-dire l’abscisse du point Q ;


Composition de la phase solide : 12% de B et 100-12=88% de A. (abscisse du point R)
règle des segments inverses :
Fraction de la phase liquide : ∅𝑙𝑖 =𝑅𝑃/𝑅𝑄=(25−12)/(48−12) = 36.11%
Fraction de la phase solide : ∅𝑠𝑜𝑙 = 𝑃𝑄/𝑅𝑄= (48−25)/(48−12) = 63.89%
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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

Ceci veut dire que l’alliage représenté par le point P contient 36.11% de liquide (ce liquide est
composé de48% de l’élément B et 52% de A) et 63.89% de solide (ce solide est composé de 12% de
B et 88% de A).
L’alliage 70% B à 300°C : représenté par le point M, cet alliage présente 2 phases, l’une liquide et
l’autre solide ;
Composition de la phase liquide : 87% de B et 13% de A. (nous avons pris l’abscisse du point
d’intersection avec le liquidus, c’est-à-dire l’abscisse du point N ;
Composition de la phase solide : 53% de B et 100-53= 47% de A. (abscisse du point L)
Fraction de phases : on applique la règle des segments inverses :
Fraction de la phase liquide : ∅𝑙𝑖 =𝐿𝑀/𝐿𝑁 = (70−53)/(87−53) = 50%
Fraction de la phase solide : ∅𝑠𝑜𝑙=𝑀𝑁/𝐿𝑁= (87−70)/(87−53) = 50%
Ceci veut dire que l’alliage représenté par le point M contient 50% de liquide (ce liquide est
composé de 87% B et 13% de A) et 50% de solide (ce solide est composé de 53% de B et 47% de
A).
3- l’alliage 25% B à 650°C : % liquide : 100% , % solide 0% la phase est liquide contient 25% de
B et 75% de A
A 300°C, on a 0% liquide et 100% de solide, la phase solide contient 25% de B et 75% de A
4- Courbes de refroidissement :

Courbe de refroidissement de
Courbe de refroidissement de
l’élément pur 100% A
l’alliage 30% B

Figure 2.6 Courbes de refroidissement

2.3.2 Diagramme d’équilibre de deux métaux partiellement miscibles


Dans les alliages métalliques la solubilité limitée est très fréquente (Pb-Sn, Ag-Cu, etc…), il existe
deux types de diagrammes d’équilibre des solutions limitées :
1. Les diagrammes à transformations eutectique
2. Les diagrammes à transformation péritectique

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

2.3.2.1 Diagrammes à transformation eutectique :


Ce type de diagramme très répandu et est schématisé par la figure 2.7où les branches acb et
adceb sont appelées respectivement : liquidus et solidus.

Figure 2.7 Diagramme binaire à transformation eutectique et courbes de refroidissement

Entre le liquidus et le solidus, deux phases sont en équilibre : (α+L) d’un côté et (β+L) de l’autre.
Lorsqu’au cours du refroidissement, la température atteint le niveau de la courbe ac, la solution
liquide L dégage les premiers cristaux de la solution solide α. Il en est de même pour la courbe cb et
le dégagement des premiers cristaux β.
La branche df marque la limite de solubilité du composant B dans le composant A.
La branche ek marque la limite de solubilité du composant A dans le composant B.
Le diagramme d’équilibre binaire à transformation eutectique comporte deux solutions solides
homogènes :

L’alliage qui correspond à la composition du point c (38% de B et 62% de A) se solidifie à la


température Tc. Le point c appartient au deux branches du liquidus ac et cb. Il en résulte qu’à la
température Tc, la solution liquide coexiste avec les cristaux à saturation limité en solutions solides
α (de composition d) et β (de composition e) qui forment une structure hétérogène.
L’alliage qui est le siège d’une cristallisation simultanée des phases α et β à la température
constante Tc est dit « eutectique ». La réaction eutectique s’écrit : L(𝑐) ↔𝛼 +𝛽𝑒
Cette réaction correspond à une co-solidification simultanée des phases α et β, qui se traduit
généralement par l’obtention d’un agrégat très fin appelé « l’eutectique ».

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

Les alliages de composition cd sont appelés « hypoeutectique » et les alliages de composition ce


sont appelés « hypereutectique ».
Cristallisation de l’alliage 1 : les cristaux de la phase α (solution solide riche en composant A)
apparaissent et poussent en premiers. Le liquide qui entoure ces cristaux s’enrichit naturellement en
composant B, ce qui entraine la précipitation des cristaux β. Ces derniers sont favorisés par le fait
que les cristaux α leur servent de support. Par la suite le liquide qui entoure les cristaux β s’enrichit
à son tour en composant A, ce qui entraine la formation de cristaux α, etc…..
La phase α est dite phase primaire tandis que la phase β est dite phase secondaire.

2.5. Exercices
Exercice n°1 : Deux métaux A et B ayant les points de fusion Tf(A) = 700°C et Tf(B) = 900°C, sont
solubles à l’état liquide et partiellement solubles à l’état solide.
A 400 °C, la solubilité de B dans A est 14% (poids), celle de A dans B est 9%. A 0°C la solubilité
de B dans A est 10%, et celle de A dans B est 1%.
L’analyse thermique de cet alliage a donné les résultats indiqués sur le tableau suivants :
%B T°C (liquidus) T°C (solidus)
10 640 490
20 572 400
40 435 400
50 445 400
70 660 400
90 840 400
95 875 650

a) Construire le diagramme d’équilibre A-B.


b) Indiquer les phases et les points de transformation.
c) Tracer les courbes de refroidissement des alliages 5% de B; 75% de B,
d) Donner les fractions de phases et les compositions de l’alliage 75% de B aux
températures 500°C puis à la température 200°C.

Solution n°1 :
1) Construction du diagramme A-B et indication des phases présentes

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

2) Courbes de refroidissement des alliages 5%B et 75%B

3) Fraction de phase et composition chimique de l’alliage 75%B à :

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

La composition du liquide (lire les abscisses du point L) : 55% de B et 45% de A


La composition de la solution solide β (lire les abscisses du point N) :92% de B et 8% de A
200°C : composé de deux phases solution solide α et solution solide β et leur fraction est :

La composition de la solution solide α (lire les abscisses du point L) :12% de B et 88% de A


La composition de la solution solide β (lire les abscisses du point N) :95% de B et 5% de A

Exercice n°2 : Le cuivre et le nickel sont solubles à l’état liquide et à l’état solide, la température
de fusion du cuivre est Tf(Cu) = 1085°C et celle du Nickel est Tf(Ni) = 1455°C.
L’analyse thermique de cet alliage a donné les résultats indiqués sur le tableau suivants :
%Ni T°C (solidus) T°C (liquidus)
20 1115 1225
40 1145 1315
60 1200 1365
80 1315 1425

a) Construire le diagramme d’équilibre Cu-Ni.


b) Indiquer les phases présentes.
c) Quel est l’intervalle de solidification de l’alliage à 50% de Ni ?
d) quelle sa composition à 1265°C ?

Solution n°2 :
a) Construction du diagramme binaire Cu-Ni (voir figure ci-dessous)
b) indication des phases présentes (voir figure ci-dessous)
c) Intervalle de solidification : l’alliage se solidifie entre les températures 1340°C et 1165°C

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Science des Matériaux Chap2 : Diagrammes d’équilibre

d) A 1265 °C l’alliage est composé de liquide plus une solution solide Cu-Ni dont les fractions
sont les suivantes :

La composition de la solution liquide (lire les abscisses du point L) :30% de Ni et 70% de Cu


La composition de la solution solide (lire les abscisses du point N) :70% de Ni et 30% de Cu

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Science des Matériaux Chap3 : Diagramme d’équilibre Fer-Carbone

CHAPITRE 3 : DIAGRAMME D’EQUILIBRE


FER-CARBONE

Les aciers et les fontes sont des alliages de fer et de carbone, ils trouvent une large
application dans l’industrie, à cause de leurs bonnes propriétés. Le diagramme d’équilibre Fe-C est
relativement compliqué en raison du comportement différent des deux constituants.

3.1 Caractéristiques du fer et du carbone


Le fer existe sous deux formes allotropiques différentes, c’est-à-dire avec deux formes
cristallines : CC et CFC.
Entre la température ambiante et 912 °C, les atomes de fer sont disposés suivant un réseau cubique
centré (CC) : on l’appelle le fer α.
A des températures au-dessus de 912°C et jusqu’à 1394°C, ses atomes sont disposés suivant un
réseau cubique à face centré (CFC), on l’appelle le fer γ.
Au-dessus de 1394°C et jusqu’au point de fusion 1538°C, le fer a structure cubique centré (CC) on
l’appelle le fer δ.
Aux températures inférieures à 768°C (température de Curie) le fer est ferromagnétique (peut
prendre une forte aimantation), au-dessus de cette température il devient paramagnétique.

Figure 3.1 : Formes


allotropiques du fer
pur

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Science des Matériaux Chap3 : Diagramme d’équilibre Fer-Carbone

Le carbone est un élément non métallique peu abondant (0.1% en masse dans l’écorce terrestre).
Il existe sous deux variétés cristallines : le diamant et le graphite.
Le diamant est une macromolécule métastable du type cristal covalent parce que tous ses atomes
sont associés les uns aux autres par des liaisons covalentes. Sa forme cristalline est cubique à face
centrées et il est classé comme le plus dur des corps solides. C’est un isolant électrique.
Le graphite a une structure lamellaire qui très facilement clivable. Il est formé de molécules géantes
planes ayant des atomes placés aux nœuds d’un réseau hexagonal régulier. C’est un matériau
réfractaire qui est relativement bon conducteur d’électricité. On l’utilise à l’état de poudre pour
mines de crayon.
3.2 Diagramme d’équilibre fer-carbone
Les alliages Fe-C sont de deux types :
s fer- graphite : correspondent à un état stable et contiennent du carbone libre sous
forme de graphite ;
s fer-cémentite : correspondent à un état métastable et contiennent du carbone sous
forme de combinaison chimique Fe3C.

3.2.1 Diagramme d’équilibre fer-cémentite


Le diagramme d’équilibre représenté sur la figure 3.2 est le diagramme fer-cémentite qui
traduit la composition de phases et la structure des alliages dont la concentration varie du fer pur à
la cémentite (6.67%C).
Les phases susceptibles d’être présentes dans les alliages binaires fer-cémentite sont les suivantes :

’insertion du carbone dans le fer δ de structure CC.

3C de composition égale à 6.67% en masse de carbone, ce


carbone est un composé interstitiel à maille orthorhombique.

Points et lignes caractéristiques :

fer pur

liquidus qui marque le début de la cristallisation de l’austénite γ à partir du liquide ;

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Science des Matériaux Chap3 : Diagramme d’équilibre Fer-Carbone

Points P H I B S E C
%C 0,02 0,10 0,16 0,51 0,8 2,14 4,3

Figure 3.2 Diagramme d’équilibre Fe-Cm

-dessus) et les cristaux de la ferrite δ (au-


dessous) ;

L 𝐵 + 𝛿𝐻 → 𝛾 𝐼 ;
𝐿𝐶 → 𝛾𝐸 + 𝐹𝑒3𝐶;
10 % C marque la limite de solubilité du carbone dans le fer δ ;
14 % C marque la limite de solubilité du carbone dans le fer γ ;
P : 0,02 % C marque la limite de solubilité du carbone dans le fer α.

Exemple : Refroidissement de l’acier contenant 0.16% de cémentite :

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Science des Matériaux Chap3 : Diagramme d’équilibre Fer-Carbone

Figure 3.3 : Refroidissement d’un acier à 0.16% de cémentite

Figure 3.4 : Structures correspondantes dans différents intervalles de refroidissement de l’acier à


0.16% Cm
III.2.2 Diagramme d’équilibre fer-graphite
Le diagramme fer-graphite est analogue au diagramme fer-cémentite (voir figure III.5).
Dans le système stable fer-graphite, le graphite primaire cristallise aux températures inférieures à
celle de la courbe CD, et le graphite secondaire (eutectique) à celles de la courbe ECF. La courbe
SE délimite le domaine de précipitation du graphite secondaire. PSK délimite le graphite eutectoide.

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Science des Matériaux Chap3 : Diagramme d’équilibre Fer-Carbone

Figure 3.5 Diagramme fer - graphite

3.3 Désignation normalisée des aciers


La désignation normalisée des matériaux, a pour objet de rassembler, sous la forme la plus
simple possible l’ensemble des renseignements et des caractéristiques des nuances.
3.3.1 Aciers non alliés d’usage général
Exemple : GS 355 NL
G : Acier moulé (si nécessaire)
S : Destination S : acier de construction
E : acier de construction mécanique
P : acier pour appareil à pression
B : acier à béton
H : produit plat pour formage etc…
355 : Limite élastique Re [N/mm2]
NL : Indication complémentaire F : forgeage
N : normalisé
M : laminage
Q : trempé et revenu
L : basse température

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Science des Matériaux Chap3 : Diagramme d’équilibre Fer-Carbone

3.3.2 Aciers spéciaux non alliés


Exemples : GC 35 E
G : acier moulé (si nécessaire)
C : type de ces aciers
35 :0.35% de carbone
E : indice complémentaire E : teneur en soufre spécifiée
C : pour formage à froid
S : pour ressorts
U : pour outillage
D : pour tréfilage

3.3.3 Aciers faiblement alliés


Ces aciers contiennent des éléments d’addition introduits volontairement, ces éléments sont
désignés par des lettres comme mentionner sur le tableau suivant :

Coefficient : est un multiplicateur des pourcentages d’éléments d’addition des aciers faiblement
allies.

Exemples : G 35 Ni Cr Mo 16
G : acier moulé (si nécessaire)
35 : teneur en de carbone 0.35%C
Ni Cr Mo : principaux éléments d’addition (dans l’ordre des teneurs)
16 : teneur du premier élément (Nickel) multiplié par 4 donc % Ni = 16/4 = 4%

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Science des Matériaux Chap3 : Diagramme d’équilibre Fer-Carbone

3.3.4 Aciers fortement alliés


Pour ces aciers, un élément au moins atteint une teneur de 5%. Parmi ces aciers on trouve les aciers
rapides pour la confection des outils de coupe et les aciers inoxydables.
Exemple : GX 6 Cr Ni Ti 18-11
G : acier moulé (si nécessaire)
X : symbole de catégorie
6 : teneur en carbone multipliée par 100 (0.06%C)
Cr Ni Ti : principaux éléments d’addition dans l’ordre des teneurs
18-11 : teneurs en pourcentage des éléments d’addition (dans le même ordre des éléments)
c’est-à-dire 18% Cr et 11% Ni

3.4 Désignation normalisée des fontes


Exemple : EN-GJS-400-18
EN : préfixe
GJ : symbole des fontes
S : type de fonte L : lamellaire
S : sphéroïdale
MW : malléable à cœur blanc
MB : malléable à cœur noir
V : vermiculaire
N : absence de graphite
Y : structure spéciale
400 : résistance à la rupture par traction [N/mm2]

18 : allongement en pourcentage (Δl = 18%)

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Science des Matériaux Chap4 : Traitements thermiques

CHAPITRE 4 : TRAITEMENTS THERMIQUES

4.1 Introduction
Un traitement thermique est une opération ou une succession d’opérations pendant laquelle
(lesquelles) un alliage métallique, à l’état solide, est soumis à un ou plusieurs cycles thermiques.
Les traitements thermiques ont pour but de donner à la pièce traitée les propriétés les plus
convenables pour sa mise en œuvre et son emploi. D’une manière générale les traitements
thermiques ne modifient pas la composition chimique mais apporte des modifications du point de
vue constitution (état du carbone, forme allotropique), structure (taille de grain, répartition des
constituants) et état de contrainte.
Un traitement thermique comporte obligatoirement :
1. Un chauffage ;
2. Un maintien pendant un temps à la température de traitement ;
3. Un refroidissement (retour à la température ambiante).

Figure 4.1 Cycles thermique d'un traitement

4.2 Traitement thermiques des aciers

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Science des Matériaux Chap4 : Traitements thermiques

Les aciers ont un caractère le plus frappant qui est celui d’être aptes à acquérir, grâce à des
traitements thermiques variés, toute une gamme de propriétés très différentes.

4.2.1 Trempe
La trempe est un traitement thermique qui permet l’augmentation de la dureté, de la
résistance à la rupture et de la tenue à l’usure, cependant elle fait diminuer la résilience et
l’allongement avec l’apparition des tensions internes. Le cycle opératoire de la trempe comporte :
1. Un chauffage à une température d’austénisation ;
2. Un maintien à cette température pour une austénisation complète ;
3. Un refroidissement brusque (rapide) dans un milieu réfrigérant (eau, huile).

La température de chauffage est déterminée en fonction de la composition chimique de l’acier et de


ses dimensions.

Figure 4.2 Température de trempe en fonction de la teneur en carbone (domaine d'austénisation


des aciers)
NB : La trempe n’est pas un traitement thermique final elle est suivie d’un revenu.

4.2.2 Revenu

Le revenu est le traitement qui suit généralement la trempe. En effet, une pièce trempée est
très dure et cassante (fragile). Le revenu permet alors de diminuer la fragilité de la pièce, tout en lui
conservant sa dureté, et de réduire les tensions internes provoquées par le refroidissement rapide

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Science des Matériaux Chap4 : Traitements thermiques

lors de la trempe. Le revenu permet donc de maintenir la dureté et d’augmenter la résistance aux
chocs de la pièce qui a été trempée.
Ce traitement consiste à chauffer la pièce à des températures plus basses que celles de la trempe. Le
cycle opératoire du revenu est comme suit :

1. Chauffage à une température 𝑇∈ [250,680°𝐶] ;


2. Maintien à cette température ;
3. Refroidissement (la vitesse de refroidissement n’a aucune influence sur la structure du
métal).

4.2.2.1 Types de revenu

Revenu à basses températures : température voisine de 250 °C. Ce type de revenu est utilisé pour
diminuer les contraintes internes, augmenter la résistance et améliorer la ductilité. Cependant la
dureté n’est pas altérée. Il est appliqué aux outils de coupe, aux instruments de mesure en acier au
carbone et faiblement alliés.
Revenu à températures intermédiaires : effectué aux températures comprises entre 350 et 500°C
avec un refroidissement à l’eau. Il permet d’augmenter la limite élastique et la résistance à la
fatigue. Il est appliqué aux aciers à ressorts.
Revenu à haute température : effectué aux températures comprises entre 500 et 680°C, appliqué
aux aciers de construction. Il crée le meilleur compromis entre la résistance et la ductilité
(plasticité).
Une trempe suivi d’un revenu à haute température est appelé traitement d’amélioration.

4.2.3 Recuit
Le recuit est un traitement qui a tendance à rapprocher l’acier de son état d’équilibre sur le
plan physico-chimique. Il a pour but de réduire les contraintes internes dans le métal. Ces
contraintes peuvent provenir d’un laminage, d’un étirage, d’un soudage ou d’un autre traitement
thermique (trempe, revenu). Le recuit permet de rendre l’acier plus mou, donc plus facile à usiner.
Le cycle opératoire du recuit comprend les étapes suivantes :
1. Chauffage jusqu’à une température dite de recuit (qui dépend du type de recuit) ;
2. Maintien isotherme à la température de recuit ou à des oscillations autour de cette
température ;
3. Un refroidissement très lent (à l’air calme).

4.2.3.1 Types de recuit

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Science des Matériaux Chap4 : Traitements thermiques

Selon le but recherché, il existe différents types de recuit qui se distinguent par leurs
températures de chauffage et de maintien (figure 4.3)

Figure 4.3 Température de chauffage des différents types de recuit

Recuit d’homogénéisation : dit aussi de diffusion, il est appliqué aux aciers de coulée (moulage),
pour lesquels le refroidissement a entrainé l’hétérogénéité chimique.
Recuit de recristallisation : il consiste à reformer les cristaux ou les grains du métal déformé. il est
appliqué aux pièces déformées à froid et il élimine l’écrouissage (Opération consistant à travailler
un métal afin d'améliorer sa résistance à la déformation ou encore durcissement d'un métal sous
l'effet de sa déformation plastique).
Recuit de détente : dit aussi recuit de stabilisation, il est appliqué aux pièces forgées. Il fait
disparaitre les tensions internes.
Recuit d’adoucissement : dit aussi recuit complet, il s’applique aux pièces traitées thermiquement.
Il détruit les effets des traitements thermiques antérieurs, il provoque une structure favorable pour
l’usinage ou la déformation à froid.
Recuit de régénération : dit aussi recuit d’affinage, il affine les grains du métal et s’applique aux
pièces forgées.

4.3 Traitement thermochimiques

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Science des Matériaux Chap4 : Traitements thermiques

On entend par traitement thermochimique, la saturation superficielle de l’acier par un


élément chimique (C, N, Al, Cr……). Cette saturation se produit par diffusion à l’état atomique à
partir d’un milieu extérieur porté à une température convenablement choisie. Le traitement
thermochimique consiste à chauffer les pièces, dans un milieu solide, liquide ou gazeux, capable de
lui céder l’élément diffusant, à les maintenir à cette température, puis à les refroidir. Ce traitement
permet de changer la structure de l’acier et la composition chimique des couches superficielles, ce
qui entraine une large variation des propriétés.
La vitesse de diffusion des atomes diffusants dans le fer n’est pas la même. La vitesse de saturation
en atomes d’insertion (C et N) est plus rapide que celle en atomes de substitution (métaux) ; c’est
pourquoi les températures dans ce dernier cas doivent être plus élevées.

4.3.1 Cémentation

La cémentation est une opération de durcissement par accroissement de la teneur en carbone


suivie de la trempe. Le but principal consiste à obtenir à partir d’un acier doux (0.1 à 0.2)% de
carbone, une couche superficielle plus ou moins profonde à structure quasi-eutectique (0.8 à 0.9)%
de carbone en chauffant les pièces dans un milieu capable de leur fournir du carbone, appelé
cément.
La diffusion du carbone vers l’intérieur des pièces est possible à l’état atomique. La cémentation
s’obtient suite à une réaction chimique dans le cément qui donne le carbone actif ou bien suite à une
diffusion de ce carbone dans l’acier porté à des températures comprises entre 920 et 950°C.
Il faut noter qu’une concentration en carbone dépassant 1.1% de carbone dégrade les propriétés
mécaniques des pièces cémentées.

4.3.2 Nitruration

La nitruration est un procédé de durcissement superficiel à l’azote, appliquée à certains


aciers et certaines fontes (contenant jusqu’à 1.5% Al, 2% Cr, 2% Ni et 0.5% Mo). L’agent
durcissant donne au-dessus de 500°C, le nitrure de fer qui est un corps très dur, mais fragile.
On utilise comme agent de nitruration le gaz ammoniac, qui doit baigner les pièces qui sont
chauffées à 550°C. Au contact du fer, le gaz ammoniac se dissocie en azote et hydrogène. Une
partie de l’azote est absorbée par le métal tandis que les gaz H2, NH3 et N2 en excès sont évacués.
La dureté de la couche nitrurée est obtenue sans trempe.
La pénétration de l’azote dans les aciers est plus rapide que celle du carbone à la température
550°C. L’addition de chrome et d’aluminium dans l’acier permet la création de nitrure d’aluminium
et de chrome qui augmentent la dureté des pièces nitrurées.

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Science des Matériaux Chap4 : Traitements thermiques

Les fontes à nitrurer subissent, avant la nitruration, une trempe et un revenu pour leur donner une
structure dure et tenace.
La nitruration n’est suivie d’aucun traitement thermique, ce qui permet d’éviter toute oxydation du
métal et toute déformation des pièces. Elle présente des avantages sur la cémentation tels qu’une
dureté plus grande (1100 HV : dureté Vickers au lieu de 800 HV, HV est la dureté Vickers. 90 HV
=310 N/mm2), qui se conserve jusqu’à 500°C, alors que la dureté d’une couche cémentée chute à
partir de 200°C. La nitruration donne aussi le maximum de résistance à l’usure et une certaine
résistance à la corrosion. Par contre la nitruration revient plus chère que la cémentation.

4.3.3 Carbonitruration
La carbonitruration est un procédé de durcissement superficiel des pièces en acier que l’on
chauffe dans une atmosphère gazeuse (CO + N2 + C3H8), permettant au métal d’absorber
simultanément du carbone et de l’azote. Ce traitement est suivi d’une trempe. Ce procédé est donc
un compromis entre la cémentation et la nitruration. Le durcissement provient surtout de la
cémentation par carburation de la couche superficielle des pièces. Le rôle de l’azote est surtout
d’abaisser le point de transformation Ac3. C’est pourquoi la température de chauffage lors de la
trempe est moins élevée (700 à 850°C) que pour la cémentation.
Une trempe peu énergique, généralement à l’huile ou à l’air, est effectuée soit à la sortie des pièces
du four après refroidissement, soit après un deuxième chauffage. On recourt par la suite à un revenu
à basse température (180°C). La dureté obtenue est de l’ordre de 62 HRC (dureté Rockwell : 28
HRC = 900 N/mm2). Une épaisseur cémentée de 0,5 à 0,7 mm demande environ 3 heures de
traitement. La couche carbonitrurée doit avoir une structure martensitique à grains fins, une faible
quantité de carbonitrures et environ 20 à 30 % d’austénite résiduelle.
La carbonitruration gazeuse est généralement appliquée aux pièces de formes complexes. C’est un
traitement qui est de plus en plus adopté par les industries de mécanique de précision : pièces pour
automobiles, avions, métrologie, etc…

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Science des Matériaux Chap5 : Désignation normalisée des matériaux

CHAPITRE 5 : DESIGNATION NORMALISEE


DES MATERIAUX

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PARTIE B
Calcul des structures Chap1 : Introduction générale au béton armé

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION AU BETON ARME

1- Généralités
Le B.A est un élément mélangé par plusieurs matériaux. Il est constitué par la réunion
de deux matériaux que nous supposons simple; c’est le béton et l’acier, disposés
d’une façon à utiliser d’une manière économique la résistance de chacun d’eux. On appelle béton,
le mélange dans des proportions convenable des éléments suivants : i) liant hydraulique (ciment) ;
ii) granulats (agrégats) (sable, gravier,.....) ; iii) l’eau
liant hydraulique (ciment)
béton granulats (agrégats) (sable, gravier,.....)
l’eau
On appelle béton armé le matériau obtenu en ajoutant au béton des barres en acier. Ces barres en
acier sont généralement appelées armatures.

Figure 1 : Armatures (le ferraillage c’est l’ensemble de toutes les armatures)


Dans l’association béton + acier, le béton résiste aux efforts de compression et l’acier résiste aux
efforts de traction et éventuellement aux efforts de compression si le béton ne suffit pas pour
prendre tous les efforts de compression qui existent.
Béton Compression (Résistance à la compression = 20 MPa à 40MPa)
(Résistance à la traction = 2 MPa à 4MPa)
Acier Traction ou compression (200 MPa à 500 MPa)
Une construction sera appelée en béton armé si les deux matériaux participent à la
résistance de l’ensemble.

2- Avantages et inconvénients du béton armé


2.1- Avantages :
2.1.1. L’intérêt économique : Le béton est le moins coûteux des matériaux résistant à la
compression et susceptible d’être associé à d’autres éléments.
On dit que l’acier est actuellement le seul matériau utilisé dans la fabrication des armatures parce
que c’est l’un des matériaux moins coûteux pouvant bien résistés à la traction.
2.1.2. La souplesse d’utilisation : le béton étant mis en place (dans des moules : coffrage)
à l’état pâteux ; il est possible de réaliser des constructions aux formes les plus variées et les

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Calcul des structures Chap1 : Introduction générale au béton armé

armatures peuvent être facilement liées. Les assemblages entre différents éléments en béton se
réalisent par simple contact.
Le béton armé se traite facilement à la préfabrication en usine.
2.1.3. Economie d’entretien : les constructions en béton armé nécessitent moins entretien
tandis que les constructions métalliques ont besoins d’être peintes régulièrement.
2.1.4. Résistance au feu : les constructions en béton armé se comportent beaucoup mieux en cas
d’incendie que les constructions métalliques. Le béton, grâce à sa mauvaise conductibilité
thermique retarde les effets de la chaleur sur les armatures, il est possible de remettre en service
la construction après les réparations superficielles ce qui est impossible pour les constructions
métalliques. Cette propriété a permis d’utiliser le béton armé dans certaines parties des fours.
2.1.5. Résistance aux efforts accidentels : le béton armé en raison de son poids important
est moins sensible aux variations de surcharges que d’autres modes de constructions.
2.1.6. Durabilité : le béton armé résiste bien à l’action de l ‘eau et de l’air.

2.2. Les inconvénients du béton armé


2.2.1. Le poids : les ouvrages en B.A sont plus lourds que les autres modes de constructions.
2.2.2. L’exécution : pour exécuter un ouvrage en béton armé il faut :
- la préparation de coffrage qui demande beaucoup de temps et un travail de charpente important.
Ce coffrage doit rester en place jusqu'à ce que le béton atteint une résistance suffisante.
- le placement des armatures
- pendant et après les mises en place du béton, il faut prendre des précautions pour le protéger
contre le gel et l’évaporation de l’eau.
2.2.3. Brutalité des accidents : les accidents qui surviennent d’un ouvrage en béton armé sont en
général soudains ou brutaux, en général ces accidents sont dus à des erreurs de calculs ou de
réalisations.
2.2.4. Difficulté de modification d’un ouvrage déjà réalisé : il est difficile de modifier un
élément déjà réalisé.

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Calcul des Structures Chap2 : Sécurité et Réglementation

CHAPITRE 2 : SECURITE ET REGLEMENTATION

1- Généralités
La sécurité est définit comme l’absence de risque. Dans le domaine de la construction, cela
implique la stabilité, la durabilité et l’aptitude à l’emploi. La sécurité absolue n’existe pas; il faut
accepter une probabilité non négligeable d’accident.
Le dimensionnement des ouvrages et la vérification de la sécurité ne peuvent pas se faire de
manière empirique. Ils sont basés sur des règles de calculs bien précises.

2- Règlements classiques - coefficient de sécurité


Ces règlements utilisent la méthode des contraintes admissibles qui consiste à vérifier les
contraintes de calculs par la R.D.M en tout point d‘une structure sous une contrainte
admissible obtenue en divisant la contrainte de ruine (destruction d’une structure) du matériau
par un coefficient de sécurité fixé à l’avance.

̅ ̅

3- Théorie probabiliste de la sécurité


Les ingénieurs ont défini la sécurité par un seuil de probabilité; un ouvrage sera acceptable si
la probabilité de ruine reste inférieure à une probabilité fixée à l’avance. Cette valeur varie en
fonction de la durée de vie de la construction, du risque et du coût. Cette méthode à multiples
difficultés.
1- On ne peut pas définir la probabilité de ruine et son évolution dans le temps.
2- On ne peut pas recenser tous les facteurs aléatoires d’une incertitude.

4- Théorie semi -probabiliste - Etats limites : (B.A.E.L : Béton Armé aux Etats Limites)
Cette théorie consiste à :
1- Définir les phénomènes que l’on veut éviter (l’état limite), ces phénomènes sont :
- Ouverture des fissures soit par :
a- Compression successive dans le béton.
b- Traction successive dans l’acier.
- Déformation importante dans l’ensemble.
2- Estimer la gravité des risques liés à ces phénomènes (on distingue les états limites ultimes et les
états limites de services).

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Calcul des Structures Chap2 : Sécurité et Réglementation

3- Dimensionner les éléments de la construction de telle manière que la probabilité


d’atteindre l’un de ces phénomènes reste faible.
4.1. Etat limite ultime (E.L.U) :
Il correspond à la valeur maximale de la capacité portante de la construction et dont le
déplacement entraîne la ruine de la construction.
Exemple :
a- Etat limite ultime d’équilibre statique de l’ouvrage : c’est la perte de la stabilité
d’une partie ou de l’ensemble de la construction (le renversement).
b- Etat limite ultime de résistance de l’un des matériaux de construction : c’est la perte
de résistance soit du béton soit de l’acier.
c- Etat limite ultime de stabilité de forme (flambement) : les pièces élancées soumises à des
efforts de compression subissent des déformations importantes et deviennent instables.

4.2. Etat limite de service (E.L.S) :


Il constitue des limites au-delà desquelles les conditions normales d’exploitation ne sont plus
satisfaites sans qu’il y’est ruine.
Exemple :
a- Etat limite de service de compression de béton : cette limitation a pour but d’empêcher la
formation des fissures.
b- Etat limite de service d’ouverture des fissures : il consiste à assurer que les armatures sont
convenablement disposées dans la section et les contraintes ne dépassent pas la valeur limite.
c- Etat limite de service de déformation : il consiste à vérifier que les déformations sont
inférieures à des déformations limites.

5- Actions et sollicitations
5.1- Les actions : On appelle actions, les forces et les charges appliquées aux structures.
On distingue trois types d'actions :
- actions permanentes.
-actions variables (d'exploitations).
-actions accidentelles.
5.1.1- Actions permanentes (G) :
Ce sont des actions continues dont l'intensité est constante ou très peu variable dans le temps.
Exemple : le poids propre.
5.1.2- Actions variables (Q) :

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Calcul des Structures Chap2 : Sécurité et Réglementation

Ce sont des actions dont l'intensité varie fréquemment et d'une façon importante dans le
temps. La durée d'application est très faible par rapport aux durées de vie de constructions. Les
valeurs de ces charges sont fixées par le règlement, en fonction des conditions d'exploitation
de la construction.
5.1.3- Actions accidentelles (FA) :
Ce sont des actions provenant de phénomènes se produisant rarement avec une faible durée
d'application.
Exemple : Vent, séisme…

5.2- Les sollicitations


Ce sont les efforts normaux et tranchants et les moments fléchissant et de torsions qui sont calculés
à partir des actions en utilisant les procédés de la RDM.

5.3- Les combinaisons d'actions


Pour déterminer les sollicitations, on utilise les combinaisons d'actions suivantes:

5.3.1- Etats limites ultimes : (E.L.U)

: coefficient multiplicateur = 1,5 dans le cas général.


Généralement la combinaison s'écrit : 1,35 . G + 1,5 . Q
Lorsque nous introduisons les actions accidentelles elle s'écrit :

Avec : action accidentelle.

5.3.2- Etats limites de services : (E.L.S)

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Calcul des Structures Chap2 : Sécurité et Réglementation

: coefficient multiplicateur.
Généralement la combinaison s'écrit : G + Q.

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

CHAPITRE 3 : LES COMPOSANTS DU BETON ARMÉ

1- Le béton
1.1- Définition : C’est un mélange de :
- Liant hydraulique (ciment)
- granulats (sable, gravier)
- eau
- adjuvants : ce sont des produits chimiques qu’on ajoute au mélange pour améliorer
sa qualité.
Qualités recherchées pour un bon béton :
- Résistance mécanique élevée (25 - 40 MPa).
- Imperméabilité à l’eau et absence de réaction chimique avec l’acier.
- Bonne mise en œuvre (facile à couler).
- Bonne tenue dans le temps
Ces résultats seront obtenus, en jouant sur les paramètres suivants :
- La qualité ciment, granulats.
- Le dosage (quantité).
- Un bon mélange (homogénéité).

1.2- Caractéristiques physiques et mécaniques du béton


1.2.1- Masse volumique
- La masse volumique béton à granulats courants (normal) → 2200 ÷ 2400 kg/m3.
- La masse volumique béton à granulats légers → 700 - 1500 kg/m3.
- La masse volumique béton à granulats lourds → 3500 - 4000 kg/m3.
- La masse volumique du béton armé → 2500 kg/m3.
1.2.2- Déformations du béton indépendantes des charges appliquées
1- Déformation thermique : le coefficient de dilatation du béton varie de 7.10-6 à 12.10-6 ; le
coefficient de dilatation de l’acier est de 11.10-6, d’où le béton armé 10.10-6.

2- Le retrait hygrométrique : le béton après sa confection (fabrication) contient un excès

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

d’eau, si le durcissement se fait à l’air libre l’eau va s’évaporer. Cette évaporation


s’accompagne automatiquement par une diminution du volume. Cette diminution s’appelle le
retrait.
3- Facteur et influence du retrait : le retrait augmente avec :
- la proportion d’éléments fins : le retrait augmente si l’élément est fin.
- la quantité du ciment : le retrait augmente si la quantité du ciment augmente.
- addition des adjuvants : plus d’eau qui réagit.
- la sécheresse de l’air : plus le climat est sec plus il y’a du retrait.
Pour les constructions courantes, les effets dus aux variations de température et au retrait seront
négligés, si on prévoit des joints de dilatation tous les 20 à 30 mètres.

1.2.3- Déformation du béton sous actions courte durée (< 28 jours) :


1- Résistance à la compression :
a- Essai de compression : l'essai est effectué sur des cylindres en béton comme suit :

b- Evolution de la résistance à la compression avec l’âge du béton :


La résistance à la compression varie dans le temps selon la loi suivante :

: la résistance à la compression à j jours.

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

: la résistance à la compression à 28 jours ; on l’appelle aussi la résistance caractéristique du


béton.

1.3- Résistance à la traction :


a- Traction par fendage :

b- Traction par flexion :


a : une valeur donnée.
Fr : force de rupture.

c- Résistance caractéristique à la traction :

1.4- Module de déformation instantanée :


Le béton n’est pas un matériau élastique, pendant le déchargement de l’éprouvette, on observe que
la courbe de déchargement est décalée par rapport à la courbe de chargement.

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

On admet la relation suivante sous des contraintes normales d’une durée d’application < 28 jours.

1.5- Déformation du béton sous actions de longues durées : (le fluage)


1.5.1. Définition : le fluage c’est l’augmentation dans le temps de la déformation relative sous des
contraintes permanentes; ça veut dire si on maintient l’effort constant l’éprouvette va se
déformer.

1.5.2- Facteurs influençant le fluage : le fluage augmente avec la quantité d’eau ajoutée et
la sécheresse de l’eau. Il diminue si le dosage en ciment augmente et avec l’âge de
l’échantillon à l’essai.
1.5.3- Module de déformation différée : il est donné par la relation suivante :
(différé ie longue durée ≠ instantané).

1.6- Diagramme contrainte - déformation de calcul


E .L .S :

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

E .L .U : On adopte le diagramme parabole-rectangle.

[ ]

: coefficient de sécurité qui prend les valeurs


= 1,5 cas général
= 1,15 cas accidentel
1.7- Condition de pénétration du béton dans les moules :
Durant sa mise en place, le béton doit passer à travers les mailles qui sont obtenus avec le

ferraillage. Ces mailles sont caractérisées par un rayon

La difficulté opposée au remplissage d’un moule augmente à mesure que :


1. La dimension maximale du grain augmente (Cg) Cg = 25 mm.
2. Le pourcentage des graviers est élevé.
3. Si les graviers sont anguleux.
4. La consistance du béton est plus ferme.
5. Les moyens de vibration n’existent pas.
Le règlement B.A.E.L donne les dispositions suivantes pour avoir un bétonnage correct :

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

1.8- Ouvrabilité :
Elle se définit comme la facilité de mise en œuvre du béton pour le remplissage parfait des
coffrages. L’ouvrabilité dépend la plupart du temps de la qualité de l’ouvrage :
1. la résistance.
2. l’enrobage et l’adhérence des armatures.
Elle se mesure avec les essais suivants :
- cône d’ABRAHAMS.
- table à secousse.
- maniablimètre.

2- Acier

2.1. Généralité
C’est l’alliage fer et carbone. On distingue des aciers doux, des aciers mi-durs et des aciers durs.
Acier doux → % carbone 0,15 - 0,25 %
Acier mi-dur et dur → % carbone 0,25 - 0,45 %

2.2. Essai de traction

Le diagramme contrainte - déformation pour les aciers doux aura l’allure suivante :

La contrainte correspondante à la limite de proportionnalité entre contrainte et déformation


est appelée limite élastique ou limite d’élasticité, elle est notée par Fe.
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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

Dans la zone de raffermissement la contrainte atteint un maximum; on appelle contrainte de rupture


et elle sera notée par Fr.

3- Différents types d’aciers :


- Acier rond lisse.
- Acier haute adhérence.
- Treillis soudés.
3.1. Acier rond lisse : l’acier se forme de barre, en principe d’une longueur de 12 m et
une section circulaire et il a une surface qui est lisse. Les diamètres généralement utilisés
sont les suivants :
6 ; 8 ; 10 ; 12 ; 14 ; 16 ; 20 ; 25 ; 32 ; 40 mm.
Les ronds lisses sont utilisés en deux nuances (catégories).
Qui sont notées par : FeE220 ou FeE215 Fe = 215 MPa.
FeE240 ou FeE235 Fe = 235 MPa.

3.2. Acier haute adhérence : les barres à haute adhérence ont une section sensiblement
circulaire qui présente des nervures d’une hauteur de 0,5 à 3 mm (la hauteur est suivant le diamètre)
pour améliorer l’adhérence entre l’acier et le béton. Les diamètres ou les barres à haute adhérence
utilisés sont : 6 ; 8 ; 10 ; 12 ; 14 ; 16 ; 20 ; 25 ; 25 ; 32 ; 40 mm.
Les hautes adhérences se divisent en deux nuances :
FeE400 → Fe = 400 MPa.
FeE500 → Fe = 500 MPa.

Le diagramme contrainte - déformation pour les hautes adhérences sont les suivant :

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

3.3- Les treillis soudés : certains éléments dans le B.A tels que les dalles, les murs voile sont
armés suivant deux directions perpendiculaire. On utilise pour cela les treillis soudés qui sont
constitués par des fils se croisant et qui seront soudés aux points de croisement.
Les treillis soudés sont composés de fils porteurs de diamètre plus important disposés dans
le sens des efforts principaux et de fils de répartition de diamètre plus faible, disposés
dans le sens perpendiculaire.
Les diamètres couramment utilisés sont les suivants :
3 - 3,5 - 4 - 4,5 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 12 mm.
Les espacements entre fils porteurs : 75 - 100 - 125 - 150 - 200 mm.
Les espacements entre fils de répartition : 100 - 150 - 200 - 250 - 300 mm.

3.4- Désignation des aciers :

Exemple :

Haute adhérence (HA, T) :

Les treillis soudés (TS) :

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Calcul des Structures Chap3 : Les composants du béton armé

5- Diagramme Contrainte - Déformation de calcul :


5.1- E .L . U : en limite d’allongement des aciers à la valeur à 10 %.

5.2- ELS : On adopte le diagramme linéaire précédent.

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

CHAPITRE 4 : ASSOCIATION BETON - ACIER

1- Généralité
L’association béton - acier est efficace pour les raisons suivantes :
- Le béton résiste aux essais à la compression.
- L ‘acier résiste aux essais à la traction.
- L ‘acier adhère au béton, ce qui permet la transmission des efforts d’un matériau à l’autre.
- Il n’y a pas de réaction chimique entre l’acier et le béton et en plus le béton protège l’acier de la
corrosion.
- Le coefficient de dilatation des deux matériaux est pratiquement le même.

2- L’adhérence
2.1-Définition
Dans les constructions en béton armé, les efforts sont appliqués au béton et non pas aux aciers.
Ceux-ci seront sollicités grâce aux liaisons avec le béton. La transmission des efforts à lieu le
long de la surface latérale des barres grâce au phénomène d’adhérence. L’adhérence désigne
l’action des forces de liaisons qui s’opposent au glissement des barres suivant l’axe par rapport
au béton qui l’entoure. Ces forces de liaisons sont mesurées par la contrainte d’adhérence qui
est définie comme étant le rapport entre la variation par unité de longueur de l’effort axial équilibré
par la barre et le périmètre de cette barre.

2.2. Fonctions d’adhérence


2.2.1. Entraînement des barres
L’association entre le béton et l’acier est efficace parce qu’il y a adhérence entre les deux matériaux
; ce qui permet le transfert des efforts entre eux.
2.2.2. Ancrage des barres

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

Appelé scellement, si la barre est trop courte, elle risque de s’arracher du béton sous l’effet de
l’effort de traction. La barre doit être suffisamment longue pour être convenablement ancrée
(scellée) et pour reprendre tous les efforts de traction.

2.2.3. Distribution de la fissuration


L’adhérence permet de répartir les fissures. Plus l’adhérence est grande (meilleure), plus le
nombre de fissures augmente mais la largeur cumulée reste la même, donc l’adhérence
évite la formation de grandes fissures concentrées.

2.3. Facteurs agissant sur l’adhérence


2.3.1. Etat de surface des barres
Les surfaces rugueuses augmentent le frottement entre le béton et l’acier et par conséquent
augmente l’adhérence. La résistance de barres au glissement est caractérisée par deux coefficients :

2.3.2. Forme des barres


L’adhérence circulaire (rond) est supérieure à celle des barres ayant une autre forme.
2.3.3. Groupement d’armatures
- l’adhérence d’une barre individuelle est supérieure à l’adhérence de deux barres groupée.
- l’adhérence de deux barres groupée dans le sens verticale est supérieure à l’adhérence de
deux barres groupées horizontalement.

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

2.3.4. La résistance du béton


L’adhérence augmente avec l’augmentation de la résistance à la compression du béton.
2.3.5. La compression transversale
Dans une pièce comprimée, l’adhérence va augmenter par la contrainte créée (le serrage).

2.3.6. L’épaisseur du béton


Plus l’élément est épais plus l’adhérence est assurée car l’épaisseur du béton évite l’éclatement.

3. Ancrage des barres


3.1. Définition
La longueur d’ancrage sera la longueur nécessaire pour équilibrer l’effort axial exercé sur la
barre. Sur la longueur d’ancrage, la contrainte d’adhérence sera supposée constante et égale à sa
valeur limite ultime qui est la suivante :

3.2- Ancrages rectilignes


3.2.1- Variation de l’effort axial le long d’une barre droite :
La variation de l’effort FA - FB sera transmise au béton qui équilibre cet effort par l’adhérence.

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

3.2.2- Longueur de scellement droit

La longueur de scellement droit ls sera la longueur nécessaire pour qu’une barre rectiligne de
diamètre ∅ soumise à une contrainte égale à sa limite élastique soit convenablement ancrée
(ancrage total).

3.3- Les ancrages courbes


La longueur Ls est souvent trop importante par rapport à ce que l'on dispose pour cela, on utilise les
ancrages courbes.
3.3.1- Variation de l'effort axial le long d'une barre courbe
Le long d'une barre courbe, l'effort axial varie en fonction de deux choses :
1. l'adhérence entre le béton et l'acier.
2. en fonction du frottement résultant de la réaction du béton sur la barre, le coefficient de
frottement Acier-Béton sera noté :

• FA et FB sont des efforts aux extrémités du tronçon courbe.


• N et N+dN sont les efforts aux extrémités d'un petit élément.
• dR et dR sont les composantes normale et tangentielle
de la réaction du béton sur la barre.
• dF est la force d'adhérence qui sera donnée par :

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

dF = τs . π.∅ .r . dθ avec r : le rayon de courbure.

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

3.3.2- Calcul d'un ancrage courbe

4 - Dispositions constructives:
4.1- Dénomination des armatures

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

On distingue deux types d'armatures:

a- Les armatures longitudinales : on utilise généralement de la haute adhérence avec de diamètres


supérieurs ou égales à 12 mm, elles seront disposées dans la partie tendue de la poutre pour

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

reprendre les efforts de traction (armatures principales). Dans la partie comprimée les barres de
montage qui peuvent éventuellement reprendre une partie des efforts de compression lorsque le
béton ne suffit pas. Pour les armatures de traction, il peut y avoir plusieurs nappes dans la partie ou
le moment est maximum.

b- Les armatures transversales : sont appelées armatures de couture puisqu'elles coudent les
fissures. Elles ont un diamètre inférieur à 10 mm. Il existe trois sortes d'armatures transversales :

• Les armatures transversales sont disposées le long de la poutre, elles sont très rapprochées au
niveau des appuis parce que l'effort tranchant est maximum.
• Les armatures transversales sont attachées aux barres longitudinales en maintenant leurs
écartements.

4.2- Dispositions constructives génératives


a- Protection des armatures : cette protection appelée l'enrobage "c". L'enrobage de toute
armature doit au moins être égal à 5cm pour les ouvrages de mer ou exposés aux atmosphères très
agressives.
3 cm : pour les ouvrages soumis à des actions agressives et des ouvrages exposés aux intempéries
(pluie, neige) ou en contact avec un liquide (pont…).
1 cm : pour les parois situées dans des locaux ouverts.

b- Distance entre barres :


- barres isolées :

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

- groupement des barres :

c- Poussée dans le vide : la présence d'ancrage courbe tente à faire fléchir la barre au point de
changement de courbure. Il peut en résulter la poussée au vide capable de faire éclater le béton,
alors trois solutions existent :

1. supprimer cette poussée en modifiant le ferraillage :


2. réduire le risque d'éclatement en inclinant la barre:

3. équilibrer la poussée, en attachant la barre par des ligatures.

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

4.3- Condition de non écrasement du béton : (rayon de courbure minimal)


Pour que la condition de non écrasement du béton soit assurée, il faut vérifier l'inégalité suivante:

- Ancrage d'une barre comprimée : l'ancrage d'une barre comprimée courbée (ancrage courbe) est
interdit. Pour une barre rectiligne l'ancrage en compression sera calculé comme suit :

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Calcul des Structures Chap4 : Association béton - acier

4.4- Les recouvrements


Le recouvrement est la distance de chevauchement entre deux barres adjacentes afin d'assurer la
continuité lors de la transmission des sollicitations.

- recouvrement rectiligne : (droit)

Application : Voir exercice 4.

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Calcul des Structures Chap5 : Les hypothèses de calcul

CHAPITRE 5 : LES HYPOTHESES DE CALCUL


1- Hypothèses à L’E .L .U
Hypothèse (1) : Toute section plane avant déformation reste plane après déformation.

Hypothèse (2) : Il n ‘ y a pas de glissement relatif entre le béton et l’acier. La déformation


de deux matériaux est la même. Il résulte de cette hypothèse que les déformations des
fibres sont proportionnelles à leurs distances par rapport à l’axe neutre.

Hypothèse (3) : La résistance du béton tendu est négligée.


Hypothèse (4) : On suppose concentré en leur centre de gravité la section d’un groupe de
plusieurs barres tendues ou comprimées, si l’erreur commise sur les déformations unitaires
ne dépassent pas 15% .

Dr TANESSONG Roméo S, PhD Université de Dschang FASA/FMBEE Page 66


Calcul des Structures Chap5 : Les hypothèses de calcul

Hypothèse (5) : Le diagramme contrainte-déformation du béton pouvant être utilisé dans tous les
cas sera le diagramme parabole-rectangle. Lorsque la section n’est pas entièrement comprimée, on
peut utiliser le diagramme rectangulaire simplifié définit comme suit : sur une distance de
à partir de l’axe neutre, la contrainte sera considérée comme nulle.

Hypothèse (6) : le raccourcissement unitaire du béton est limité à 3,5% en compression et


l’allongement unitaire des aciers sera limité à 10%.
Règle des 3 pivots : Le diagramme de déformation d’une section à l’état limite ultime
de résistance représenté par une droite doit obligatoirement passer par l’un des pivots
A - B - C, dont la position sera définit sur la figure ci-après. Cette règle se fixe comme
objectif pour utiliser au mieux le béton et l’acier.

Dr TANESSONG Roméo S, PhD Université de Dschang FASA/FMBEE Page 67


Calcul des Structures Chap5 : Les hypothèses de calcul

Ce diagramme sera devisé en 3 domaines


Le domaine (1) : les diagrammes passent par le pivot A qui correspond à un
allongement maximum de 10%, les armatures tendues supposées concentrées en leur centre de
gravité. On distingue deux sous domaines.

Le sous domaine 1-a : le béton est toujours tendue et ne participe pas à la résistance de la
section.

Le sous domaine 1-b : le béton est partiellement comprimé.

Le domaine (1) sera décrit par la condition suivant :

Le domaine (2) : les diagrammes passent par le pivot B qui correspond à un raccourcissement
de 3,5% de la fibre la plus comprimée. On distingue 3 sous domaines.

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Calcul des Structures Chap5 : Les hypothèses de calcul

Sous domaine 2-a : l’allongement des armatures est supérieur à l’allongement élastique ( )
donc les armatures sont plastifiée.
Sous domaine 2-b : L’allongement des armatures tendues est inférieure à
l’allongement étatique ( ) et la contrainte dans les aciers sera inférieure à .
Sous domaine 2-c : les armatures seront comprimées et le domaine (2) sera d’écrit par la
condition :

Le domaine (3) : les diagrammes passent par le pivot qui correspond à un raccourcissement de 2%
de la fibre du béton située à de la fibre supérieure. La section est entièrement comprimée.

Le domaine (3) se décrit par la condition : α ≤ h/d.

2- Hypothèses à l’E .L .S (durabilité de la structure) :


Hypothèse (1) : les sections droites planes avant déformation restent planes après
déformation. Il n’ y a pas de glissement relatif entre le béton et l’acier .
Hypothèse (2) : le béton tendu est négligé.
Hypothèse (3) : le béton et l’acier seront considéré comme des matériaux linéaires élastiques,
donc on leur applique la loi de HOOKE
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Calcul des Structures Chap5 : Les hypothèses de calcul

- Homogénéisation de la section : pour pouvoir appliquer au béton armé qui est un


matériau hétérogène les règles de RDM pour les corps homogènes, Il sera nécessaire
d’homogénéiser la section de béton armé. Une section d’acier travaille n fois plus qu’une
même section de béton. Donc une section d’acier ⇔ fois qu’une section de béton. Pour
homogénéiser la section de béton armé, on remplace la section d’acier par n fois la section
de béton.

Hypothèse (4) : On ne tient pas compte du fluage de béton et du retrait.


Hypothèse (5) : On suppose concentré en leur centre de gravité un ensemble de plusieurs barres.

3- Hypothèses à l’E .L .S de compression du béton


La contrainte de compression du béton est limitée à 0,6.fc28.

Ce risque n’existe que dans le cas où le pourcentage d’armature est élevé.

4- Hypothèse à l’ E .L .S de déformation
La flèche d’une poutre ne doit pas être dépassée.

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Calcul des Structures Chap5 : Les hypothèses de calcul

5- Hypothèse à l’ E .L .S d’ouverture des fissures


1°- Si la fissuration est peu préjudiciable : Aucune vérification n’est demandé et la contrainte
dans les aciers n’est pas limitée. La fissuration est considérée comme peu préjudiciable, lorsque
l’élément à vérifier est situé dans les locaux ouverts.
2°- Si la fissuration est préjudiciable : la fissuration considérée comme préjudiciable si les
éléments sont exposés aux intempéries (pluie, neige, vent...) ou bien en contact avec l’eau. La
contrainte de traction dans les armatures tendues sera limitée à la valeur suivante :

3°- Si la fissuration est très préjudiciable : la fissuration sera considérée comme très préjudiciable
si l’élément est soumis à un milieu agressif. La contrainte de traction des armatures tendues
sera limitée par la valeur suivante :

Application : Voir exercice 5.

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Calcul des Structures Chap6 : La traction simple

CHAPITRE 6 : LA TRACTION SIMPLE


1- Définition
Une pièce est sollicitée en traction simple si l’ensemble des forces extérieures agissant d’un même
côté d’une section se réduisant à une force normale volumique est perpendiculaire à la surface et
appliquée au centre de gravité.
Dans chaque section droite le centre de gravité des armatures longitudinales coïncide avec le centre
de gravité du béton et avec le point d’application de la force de traction.
Les pièces soumises à la traction seront appelées des tirants.

1.1. Tirants rectilignes : ils sont normalement utilisés pour les couvertures voûtées des bâtiments
industriels ou bien pour les mosquées. Les armatures résistent à l’effort de traction selon les
armatures longitudinales. Les armatures transversales ne jouent qu’un rôle de montage. La section
de béton devra être aussi petite que possible et les barres doivent être réparties uniformément
dans la section (il faut respecter le symétrie et choisir un nombre paire).

1.2. Tirants circulaires : ils sont normalement utilisés dans les parois de réservoirs circulaires et
des silos.

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Calcul des Structures Chap6 : La traction simple

Projection verticale :

2- Détermination des armatures


2.1. Condition de non-fragilité
La section tendue ou fléchie est considérée comme non fragile si les armatures travaillants à
leur limite élastique peuvent équilibrer les sollicitations provoquant la fissuration du béton dans
cette section.
Les pièces fragiles sont justifiables par le règlement. La condition suivante est appelée
« Condition de non fragilité » et doit être vérifiée comme suit :

Du point de vue résistance B peut être quelconque, mais pour que la pièce ne soit pas fragile, il faut
que B vérifie la condition de non fragilité.
Remarque : si B est imposé, il faut que vérifie la condition de non fragilité.

2.2. E.L.U
Etant donné que le béton est négligé, il résulte que les armatures longitudinales doivent équilibrer à
elles seules les efforts appliqués.

2.3. E.L.S
Du moment qu’il s’agit de fissuration du béton en traction; nous devons passer par la vérification à
l’ E.L.S. Ns : l'effort de traction à l'E.L.S.

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Calcul des Structures Chap6 : La traction simple

La section des armatures longitudinales sera la suivante :

4. Armatures transversales :
Elles n’ont aucun rôle dans la résistance à la traction. Leur diamètre est calculé comme suit :

Application : Voir exercice 6.

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Calcul des Structures Chap7 : La compression simple

CHAPITRE 7 : LA COMPRESSION SIMPLE


1- Compression centrée
Pour avoir une compression centrée il faut vérifier les conditions suivantes :
- Il faut que le centre de gravité (CDG) soit centré.

- Il faut que la force soit appliquée dans le noyau central.

- Définition du noyau central :

- L'élancement est limité à λ ≤ 70.

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Calcul des Structures Chap7 : La compression simple

2- Longueur de flambement et élancement


2.1- La longueur de flambement (Lf ) :
Elle dépend de la longueur de l'élément (L) et du type de la liaison.
a- Evaluation de la longueur de flambement et la longueur libre :
- Cas des poteaux isolés :

- Cas des poteaux dans des bâtiments à étages multiples :


Lf = 0,7 . L0 : si le poteau est encastré dans un massif de fondation ou bien assemblé à des
poutres de plancher ayant au moins la même raideur (E.I) dans le sens de flambement.
- ou dans le cas de poteaux d'étages multiples.

2.2- L'élancement de λ

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Calcul des Structures Chap7 : La compression simple

3- Etat limite de service (E.L.S)


Les règles usuelles n'imposent aucune hypothèse.

4- Etat limite Ultime (E.L.U)


Soit : Nu : La force extérieure de compression.
B : La surface de l'élément.
Fb : La résistance du béton.
Fe : La résistance de l'acier.
Asc : La section de l'acier.
Nous écrivons l'équilibre entre l'action et la résistance comme suit :

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Calcul des Structures Chap7 : La compression simple

Pour plus de sécurité, on minore la résistance par un coefficient α. Puis on réduit la section
en éliminant 1 cm de chaque bordure. On appelle alors la section réduite.

Remarque :
1- Si la moitié de la charge est appliquée avant 90 jours α sera divisé par 1,1 ⇒ α /1,1.
2- Lorsque la majorité de la charge est appliquée avant 28 jours, on prend la contrainte du
béton fcj et en même temps α sera divisé par 1,2 ⇒ α /1,2

5 - Détermination des armatures


5.1- Armatures longitudinales

- Si λ ≤ 35 : Asc représente l'aire de toutes les armatures longitudinales à disposer


sur tout le périmètre de la section considérée.
- Si λ > 35 : Asc représente l'aire des armatures qui augmente efficacement la rigidité dans le
sens ou le moment d'inertie est le plus faible.

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Calcul des Structures Chap7 : La compression simple

5.2- Pourcentage d'armatures minimum


Le C.B.A exige : Ascmin = 0,1 % de la section du béton avec ∅min = 12 mm.
Le R.P.A exige : Ascmin = 0,7 % . B → Zone I
Ascmin = 0,8 % . B → Zone IIa
Ascmin = 0,9 % . B → Zones IIb et III
5.3- Pourcentage d'armatures maximum :
Le C.B.A et le R.P.A exigent :
Ascmax = 4 % de la section du béton en dehors de la zone de recouvrement.
Ascmax = 6 % de la section du béton dans la zone de recouvrement.
Alors pour les armatures longitudinales nous avons trois cas :
1- Amin < Asc calculée < Amax ⇒ On ferraille avec Asc calculée.
2- Asc calculée < Amin ⇒ On ferraille avec Amin avec ∅min = 12 mm.
3- Asc calculée > Amax ⇒ On augmente la section du béton B et on recalcule un nouveau Asc .
5.4- Armatures transversales : elles n'ont aucun rôle de résistance, le rôle principale c'est
d'empêcher le flambement des armatures longitudinales.

5.5- Dispositions constructives


-Section rectangulaire :

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Calcul des Structures Chap7 : La compression simple

-Section circulaire :

-Section polygonale :

6 – Prédimensionnement des poteaux :


Pour une section rectangulaire :

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Calcul des Structures Chap7 : La compression simple

Pour le prédimensionnement le R.P.A exige :


Pour un poteau rectangulaire :

Pour un poteau circulaire :

Application : Voir Exercice 7

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

CHAPITRE 8 : LA FLEXION SIMPLE


1 – Définition
Une poutre sera sollicitée en flexion simple lorsqu'elle sera soumise à l'action de forces
disposées symétriquement par rapport au plan moyen.

La réduction de cette force au centre de gravité de la section se décompose en moment


fléchissant et un effort tranchant.

2- Etat limite ultime de résistance pour une section rectangulaire


2.1- Equilibre d'une section fléchie

2.2 – Section à armatures simple


L'équilibre des efforts : Nst = Nbc

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

Si α > αl ⇔ ε < εes : alors les aciers ne travaillent pas suffisamment.


Les domaines définis par la règle des 3 pivots sont :
Domaine 1 → µ ≤ 0,186 ⇔ 0 < α ≤ 0,259
Domaine 2-a → 0,186 < µ ≤ µl ⇔ 0,259 < α ≤ αl
Domaine 2-b → µl < µ ≤ 0,48 ⇔ αl < α ≤ 1
Donc l'état limite ultime peut être atteint de deux manières :
- Par écoulement plastique des aciers.
- Par écrasement du béton.
- Etat limite ultime par écoulement plastique des aciers :
Pivot A : Cet état limite sera caractérisé par les déformations suivantes :

- Etat limite ultime par écrasement du béton :


Pivot B : Cet état limite sera caractérisé par les déformations suivantes :

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

Le mode d'obtention de l'état limite ultime sera déterminé en comparant α et 0,259; la valeur qui
correspond à l'état limite atteint simultanément par l'écoulement de l'acier et l'écrasement du béton.
- Position particulière de l'axe neutre :
- si α < 0,167 ⇒ le béton travail mal et nous avons alors une section surdimensionnée.
- si 0,167 < α < αl ⇒ le domine le plus économique du béton.

3- Détermination des armatures pour une section donnée


a- Section à armatures simple :

Application : Voir exercice 8, question 1).

b- Section à armatures double :


µu ≤ µl ⇒ Section à simple armatures (S.S.A)
µu > µl ⇒ Section à double armatures (S.D.A)
De la règle des 3 pivots nous savons que, quand le moment réduit "µu " dépasse le moment

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

réduit limite "µl ", le travail des armatures inférieures est très faible, l'acier est donc mal
utilisé. Plusieurs solutions sont possibles :
- Augmenter b et h.
- Utilisation d'un béton qui a une grande résistance.
- Ajouter les armatures comprimées.
- Laisser la section et la calculer avec comme ferraillée armatures simple.
• Moment résistant et moment résiduel :
Le moment résistant du béton sera le moment qui peut équilibrer : MR = µl .b.d².σbc
Le moment résiduel sera la différence entre le moment sollicitant et le moment résistant :
Mr = Mu - MR
• Détermination des armatures :
On choisit comme origine de l'axe "z" le centre de gravité des armatures inférieures Ast:

Application : Voir exercice 8, question 2)

4- Etat limite de service :


Il est nécessaire de vérifier à l' E .L.S que la compression du béton reste admissible ainsi que la
traction dans les armatures en fonction de la préjudiciabilité de la fissuration :
σbc = 0,6.fc28

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

1- Détermination des contraintes :


a- détermination de l'axe neutre :

Par l'équilibre des moments statiques :

b- détermination des contraintes :


Sous l'action du moment, la section se déforme jusqu'à obtenir un état de contrainte qui
équilibre le moment :
Σ Mi = MS (moment de service)

Si l'une ou les deux conditions ne sont pas vérifiée alors l'E.L.S n'est pas vérifié.

Application : Voir exercice 8, question 3)

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

5- Etat limite ultime pour une section en " Té "


5.1 – Définition

5.2 – Détermination du ferraillage

1er cas : Si Mu Mt ⇒ La table n'est pas entièrement comprimée. La détermination des


armatures sera identique à une section rectangulaire (b × h).

2ème cas : Si Mu Mt ⇒ La table est entièrement comprimée. Le calcul de ferraillage sera en


décomposant la section en Té de la manière suivante :

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

- Moment équilibré par les débords :

- Moment équilibré par la section b0 ; h0 : le moment résiduel sera

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Calcul des Structures Chap8 : La flexion simple

6- Etat limite de service


a- Détermination de l'axe neutre :
Par l'équilibre des moments statiques :

b- Détermination des contraintes :


Les moments d'inerties s'écriront :

Si l'une ou les deux conditions ne sont pas vérifiée alors l'E.L.S n'est pas vérifié.

Application : Voir exercice 8, question 4)

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Calcul des Structures Chap9 : L’effort tranchant

CHAPITRE 9 : L'EFFORT TRANCHANT


1- Généralités
Dans une poutre en béton armé, l'effort tranchant est équilibré par les armatures
transversales.
2- Contrainte tangentielle conventionnelle
L'effort tranchant fait glisser les plans les uns par rapport aux autre, les plans
perpendiculaires et les plans parallèles.

La contrainte tangentielle (contrainte de cisaillement) dans la section ou se produit l'effort


tranchant est donnée par l'équation suivante :

Avec :
T : l'effort tranchant.
S : Moment statique de la section.
b : la largeur de la section.
I : le moment d'inertie de la section.
Le règlement C.B.A admet par simplification le principe de la tangente conventionnelle ultime:

3- Comportement des poutres sous l'action de l'effort tranchant


3.1- Etat de contrainte provoqué par l'effort tranchant

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Calcul des Structures Chap9 : L’effort tranchant

Les contraintes normales dans le béton aux appuis (isostatique) sont nulles. Donc nous avons un
cisaillement pur.
3.2- Nécessité d'armatures transversales
Le béton par sa faible résistance à la traction ne peut équilibrer les contraintes de
traction engendrées par l'effort tranchant. Il est donc nécessaire de renforcer cette
insuffisance par des armatures qui vont coudre ces fissures leur disposition logique sera :

Parce que leur efficacité reste la même et pour faciliter l'exécution; les armatures seront disposées
de la manière suivant le 2ème cas. On notera le ferraillage comme suit :
At : La quantité d'acier d'armature.
At = n . ∅ avec : n : le nombre de brin. ∅ = le diamètre du brin en général ∅6 ou ∅8.

Exemple :

3- Justification des poutres sous sollicitations tangentes


a- Justification du béton :
La contrainte tangentielle τu doit satisfaire les conditions suivantes
• Cas d'armatures droites :

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Calcul des Structures Chap9 : L’effort tranchant

• Cas d'armatures inclinées :

3- Justification des poutres sous sollicitations tangentes

En remplaçant toutes ces forces et en faisant la transformation nécessaire et en utilisant des


approximations, on obtient :

• Conditions complémentaires :

• Effort tranchant pour une section en Té :

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Calcul des Structures Chap9 : L’effort tranchant

6- Répartition des cadres le long de la poutre :


a - Position du 1er cadre :

b – Répartition des cadres :


• Méthode forfaitaire de Caquot :
Cette méthode est applicable qu'aux poutres de section constante et soumises à des charges
uniformément réparties.
1°- On calcule St0
2°- On prendra l'espacement immédiatement inférieur à St0 dans la série de
Caquot suivantes : 7 ; 8 ; 9 ; 10 ; 13 ; 16 ; 20 ; 25 ; 25 ; 35. (cm)
On choisit les espacements successivement qu'on respectera autant de fois en nombre entier compris
dans la demi porté de la poutre ou la portée d'une console.
Exemple : St = 9,68 cm → de la série on prend St = 9 cm
3 × 9 ; 3 × 10 ; 3 × 11 ; … jusqu'à la demi porté.
• Epure de répartition : aucune condition n'est imposée.

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Calcul des Structures Chap9 : L’effort tranchant

-Application : Voir exercice 9.

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