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Fiche mémo Kobus

LA SCOLIOSE
DOMAINE PÉDIATRIE

La scoliose est une déformation tridimensionnelle du rachis associant à la fois


l'extension, l'inclinaison latérale et la rotation (composante essentielle),
impliquant des déformations structurales sur les vertèbres et les disques.

La scoliose se définit par exemple de cette manière :


• la zone du rachis concernée, ex : thoracique
• la vertèbre sommet donne le niveau, ex : T6
• par la gibbosité (donc par la convexité) : le corps vertébral tourne du côté de la
convexité et de la gibbosité, ex : gibbosité droite

Dans cet exemple, cela donne une "scoliose thoracique T6 à gibbosité droite".
Son étiologie peut être primaire (scoliose idiopathique), ou secondaire
(neuro-musculaire ex : myopathies de Duchenne, congénitale, tumorale,
infectieux, post-trauma...). Elle peut être présente dès la naissance ou se
développer durant l'enfance.

Le diagnostic et le suivi sont radiographiques notamment grâce au procédé EOS limitant l'exposition aux
rayons des enfants.

La scoliose intéresse donc le jeune enfant (4% d'entre eux) qui, dans la plupart des cas, ne présente pas de
rachialgies et consulte suite à la remarque de la gibbosité par l'entourage ou le médecin.
Le traitement à visée antalgique pourra fonctionner sans avoir de modifications de la scoliose. Il faut bien
dissocier les rachialgies de l'enfant, de la scoliose.

La scoliose étant une déformation rachidienne non douloureuse dans tous les plans partiellement
réductible, elle peut entraîner des déformations au niveau des vertèbres, des côtes à l'origine de la
gibbosité.

et red flags
Il sera parfois nécessaire de participer à identifier les affections osseuses comme les spondylites, les
tumeurs bénignes et malignes et les dystrophies de croissance, spondylolyse et cyphose de Scheuermann
face à des tableaux cliniques atypiques. Pensez aux affections du disque dont la spondylodiscite qui est
Auteurs : Benoit Sibileau et Margaux Dacquin

une urgence médicale, l’hernie discale et les calcifications discales idiopathiques. Enfin les pathologies
tumorales, kystes arachnoidien, épendymome, neuroblastome intracanalaires seront du ressort des
neurochirurgiens.

Si la scoliose est secondaire, surveillez les éléments autres liés à un possible traumatisme, une pathologie
neuro-musculaire, ou encore les suites d'une intervention chirurgicale d'ablation tumorale. Il faudra veiller
aux troubles respiratoires et à leur évolution surtout si l'angle de Cobb est supérieur à 40°.

Une augmentation de taille de 7 à 10 cm sur une année est un facteur de risque supplémentaire.
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Lors de l'examen clinique, on cherche à confirmer et à documenter la présence d'une gibbosité.


On pourra relever les amplitudes lombaires/thoraciques/cervicales, l'ampliation thoracique, la longueur des
membres inférieurs, mesurer la gibbosité thoracique et la mesure des flèches rachidiennes.
Mais aussi l'hypo-extensibilité globale avec la distance doigt sol, la douleur (ex : EVA), la localisation de
symptômes avec le body-chart.
On veillera aux signes respiratoire dès lors que l'angle de Cobb sera > à 40°.

Bon dans la majorité des cas. Celui-ci dépend du niveau de déformation et de la période de début de prise
en charge. Une prise en charge précoce permet de limiter l'évolution des déformations avec une
rééducation et un appareillage adapté. La capacité d'évolution dépend de l'angle initial mais aussi du
potentiel de croissance de l'enfant et donc de l'indice de Risser. Un angle > à 30° sera plus à risque de
s'aggraver.

La période d'aggravation entoure la période pubertaire, chez les filles entre 11 et 13 ans, et chez les
garçons entre 13 et 15 ans. Les filles sont 8x plus touchées que les garçons.

Il s'agit principalement d'essayer de limiter l'aggravation de la déformation par des exercices actifs et des
techniques de mobilité. Une surveillance régulière et un accompagnement vers la reprise d'activité
physique (si elle est possible ou souhaitable) seront nécessaires.

• Traitement orthopédique : plâtre ou corset (Milwaukee, monovalve, nocturne, Garchois, Lyonnais,


Auteurs : Benoit Sibileau et Margaux Dacquin

d'hyper-correction...)
• Rééducation :
- éducation des parents et de l'enfant, surtout en présence d'un corset ;
- renforcement musculaire ;
- activité physique régulière adaptée ;
- mobilité articulaire, étirements, assouplissements ;
- proprioceptive, prise de conscience posturale ;
- kinésithérapie respiratoire
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La réévaluation de l'enfant ou de l'adolescent sera plus ou moins rapprochée dans le temps, notamment
suivant le potentiel de croissance évalué grâce à l'indice de Risser.

L'angle de Cobb à la radiographie, la mesure de gibbosité à l'examen clinique, l'âge du patient associé à son
stade de croissance (grâce à l'indice de Risser) sont les principaux éléments de suivi. Avec la mesure de la
taille debout et de la taille assise :

Exemple d’un tableau de mesures de suivi

Mesures de suivi Valeurs

Taille debout
Taille assise
Ampliation thoracique
Angle de Cobb
Indice de Risser
Auteurs : Benoit Sibileau et Margaux Dacquin

Ratio Sorensen/shirado-Ito

La bonne collaboration entre kinésithérapeute, orthoprothésiste et médecin pédiatre (général), le lien avec
la famille, la pédagogie, permettent la qualité du traitement conservateur.

L'assiduité, l'attention des parents et de l'enfant auront un rôle primordial dépendant surtout de l'éducation
apportée par le thérapeute et l'ensemble de l'équipe thérapeutique.