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CHAPITRE 1 L’ACIER MATERIAU DE CONSTRUCTION.

(ELABORATION ET CARACTERISTIQUES)

1. Introduction :
Le matériau Acier, tel connu actuellement, est un produit relativement moderne. Son
utilisation dans le moulage du fer, est la plus ancienne (en Chine au 4è siècle A.J.C). Le fer se
retrouve dans la nature dans un état impure, c’est les impuretés qu’il contient qui lui associent des
caractéristiques très variables.
L’acier est l’alliage le plus commun du fer ; Il est obtenu lors d’un chauffage répété d’un bloc
de fer pur « débarrassé de ces impuretés » suite à une association accidentelle d’une faible
proportion de carbone à ce fer provenant du charbon de chauffage.
L’âge de l’acier en ce qui concerne son utilisation de façon expansive, a réellement commencé au
milieu du 15è siècle quant il fallait attendre la découverte d’un procédé économique de
production qui est le convertisseur Bessemer (développé par Sir Henry Bessemer). Ce procédé
permettait de se débarrasser des impuretés y compris les quantités de carbone en excès et aussi
introduire juste les quantités désirées de carbone et de manganèse.
L’utilisation de l’acier s’est accrue avec la découverte des techniques qui permettaient de
comprendre et de prévoir son comportement lorsqu’il est soumis à des charges. (Lois de Hooke
au 17é siècle et Euler au 19 é).
Depuis sa création l’acier n’a pas cessé d’être amélioré dans ses propriétés mécaniques (à
froid ou à chaud) ou chimiques (résistance à la corrosion) en jouant sur le (%) des éléments
d’addition et impuretés des aciers à savoir le Carbone (C), le manganèse (Mn), le Chrome (Cr),
Le Nickel (Ni), le Molybdène (Mo), le Cuivre (Cu), le silicium (Si) et l’aluminium (Al), le
Soufre (S) et le Phosphore (P). Actuellement on compte plus de 200 types d’acier.
Il n’a aussi cessé d’être amélioré dans les domaines de construction comme par exemple :
dans les ponts : (on cite le pont Akashi Kaikyo au Japon avec une travée centrale suspendue de
1991m), les pylônes : (on cite celui de radio en Pologne avec une hauteur de 650 m, maintenant
détruit), les bâtiments : gratte-ciel (Tours jumelles détruites en 2001, et les structures à treillis
multiples (Tour Eiffel), le viaduc de Millau.

2. Les procédés d’élaboration de l’acier :

2.1 Des matières premières à l’acier liquide :

Cette première étape sert à combiner selon des dosages précis, les composants chimiques de
l’acier : fer et carbone (composants de base) et éventuels additifs, qui, vont nuancer les qualités
de l’acier en fonction de d’utilisation future. Il existe deux possibles procédés.

• Filière fonte et aciérie à l’oxygène (convertisseur) : les opérations effectuées sont :


a) l’assimilation du minerai par le haut fourneau,
b) enlèvement des impuretés pour libérer le fer pur, production de la fonte ( 94 à 96 % de fer,
3 à 4 % de carbone et 1 à 2 % de d’éléments non ferreux : S, Si, P …),

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c) - éliminer les éléments indésirables de la fonte liquide afin d’obtenir l’acier (fer presque pur à
l’état liquide), cette conversion de la fonte liquide (à 1250 °C fy ≈ 240N/mm2) en acier liquide (à
1600 °C) s’effectue dans une cornue géante (le convertisseur qui est le cœur d’une aciérie) en
insufflant de l’oxygène dans la fonte.
d) - Enfin ajuster la composition chimique de l’acier et lui donner sa pureté optimale au sein du
four de métallurgie secondaire (réactions chimique sous vide ou atmosphère contrôlée).

• Filière ferraille et four électrique :

Indéfiniment recyclé, grâce au four électrique, l’acier participe à l’environnement et à la


sauvegarde des ressources naturelles. Dans cette filière la matière première est l’acier et le
produit fini est l’acier… Le processus court consiste à :
- préparer les ferrailles (tri, calibrage, broyage …) qui proviennent des véhicules, navires,
bâtiments, machines, emballages…
- Fondre la matière première dans un four à l’aide d’arcs électriques puissants.
- Ajuster la composition chimique et lui donner sa pureté optimale.

Observation : en comparaison à la filière « fonte » la filière « ferraille » fait économie


d’équipements lourds, elle est plus économique en énergie, cependant la capacité de production
d’une aciérie électrique (5.000 à 800.000 t/an) est inférieure à celle de l’aciérie à l’oxygène
(1.000.000 t/an).

2.2 De l’acier liquide aux demi-produits :

A la fin de l’opération d’élaboration (« à l’oxygène » ou « électrique ») l’acier est recueilli à l’état


liquide dans une poche métallique garnie de briques réfractaires et transporté jusqu’au lieu de
coulée qui est toujours dans l’aciérie ; on distingue d’ailleurs la coulée continue (dans moules en
cuivre) qui est un procédé récent et prédominant, et la coulée en lingots (dans des moules en
fonte) procédé en voie de régression. Cette étape assure la solidification de l’acier et l’ébauche
des formes.

2.3 Des demi-produits aux produits sidérurgiques finis :


Cette transformation consiste principalement à laminer les demi-produits c.à.d à étirer, écraser le
métal préalablement réchauffé afin de lui donner les dimensions et les formes souhaitées. Les
plaques (épaisses) et tôles (minces) en feuilles ou en bobines forment la famille des « produits
plats ». Les rails, poutrelles, palplanches fils et barres de diverses sections composent la famille
des « produits longs ».
Le laminage s’effectue à chaud (de 800 à 1200°C). La vitesse de sortie des produits du laminoir
à chaud atteint 360 km/h pour le fil et 90 km/h pour la tôle. Certains produits plats subissent
ensuite un amincissement complémentaire effectué par laminage à froid. On obtient à la fin du
laminage deux (2) familles de produits finis (figure1) qui sont :
• la famille des plats : on y trouve les plaques (largeur allant jusqu’à 5m avec une épaisseur
entre 15 et 25 mm (voire 150mm), puis les tôles à chaud (en feuilles ou en bobines) d’épaisseur
entre 2 et 10 mm et les produits plats laminés à froid d’épaisseur inférieure à 3 mm.
• la famille des produits longs : rails, poutrelles, palplanches, fils machine, rond à béton, laminés
marchands ….

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3. Traitements thermiques et /ou mécaniques :

Il est possible par des traitements appropriés, effectués sur les produits finis, d’améliorer et de
modifier les propriétés de l’acier. Citons simplement :
 Les traitements thermiques: On distingue

- Le recuit de régénération: chauffer l’acier à une température (T+∆ t), suivi d’un court maintien
à cette température, puis refroidi à l’air (lent). T ≈ (727 à 912°C) et ∆ t ≈ 30 à 50 °C
- Le recuit de détente : chauffer l’acier à une température à 550°C  T  650°C suivi d’un court
maintien à cette température, puis d’un refroidissement lent. but : atténuer les contraintes
résiduelles de moulage, forgeage, soudage et laminage.
- La trempe : chauffer l’acier à une température (T+∆ t) comme en recuit, suivi d’un court
maintien à cette température, puis d’un refroidissement rapide. L’intérêt est d’augmenter les
caractéristiques mécaniques de résistance. Néanmoins la dureté élevée s’accompagne de fragilité
(moins de ductilité).
- Le revenu après trempe : ajuste la ténacité de l’acier trempé (atténue sa fragilité), la ténacité
c’est d’être à la fois déformable et résistant [la ténacité correspond à la surface sous la courbe
contraintes- déformations     de la figure 1.3 ].

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 Les traitements mécaniques:

- Le laminage : améliore les propriétés mécaniques de l’acier dans la direction du laminage


(mais les diminue dans le sens perpendiculaire; phénomène appelé corroyage).
- Les opérations de pliage ou d’étirage, souvent effectués à froid, engendrent l’écrouissage de
l’acier (augmentation de fy , mais diminution de ductilité et ténacité ; Fig 1.3 )

4. Résultats des transformations :

Pour répondre à tous les besoins et élargir l’éventail des possibilités de construction, de très
nombreux produits en acier sont proposés, on dresse ci-après un tableau général des principaux
produits ; on cite :
• Les profilés : - poutrelles classiques I,U,H
- profilés minces formés à froid
- profils creux
- profilés reconstitués soudés , on a aussi :
- les pieux en forme de H
- les profils angulaires
- les tubes
• Les barres et fils : ronds, carrés, hexagonaux, plats
• Les produits plats : plaques, tôles ……..
• Les produits spécifiques : tôles profilées, palplanches, poutrelles de soutènement et rails …

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5. Les aspects normatifs des aciers :

Du fait du passage progressif des normes nationales à la réglementation européenne, le


classement de ces normes se fait depuis 1994. Les normes européennes relatives aux produits en
acier sont pour la plupart numérotées EN 10XXX précédée du sigle national (exemple: NF).
On distingue principalement deux catégories de normes, les normes définissant les nuances
d’acier et les normes spécifiques aux produits. On cite essentiellement ci- dessous :

 Les normes des aciers de construction d’usage courant : Elles désignent

i) Les aciers de construction d’usage courant

• les aciers livrés à l’état « normalisé » repérés par la lettre N.


• les aciers livrés après traitement « thermomécanique », repérés par la lettre M.
• les aciers livrés à l’état « trempé et revenu », repérés par la lettre Q.
Le mode de désignation des aciers de construction, définit dans la norme NF EN 10027, se
présente comme dans le tableau suivant.

lettre chiffre Symbole1 Symbole2


exemple S 355 J2 N ou …

Les caractéristiques générales de livraison des aciers de construction sont définies par les trois
principales normes européennes suivantes :
- NF EN 10025 : laminés à chaud avec une limite d’élasticité variant de 235 à 355 N/mm2.
Aciers livrés bruts de laminage ou à l’état normalisé.
- NF EN 10113 : laminés à chaud avec une limite d’élasticité variant de 275 à 460 N/mm2.
Aciers livrés à l’état normalisé ou obtenus par laminage thermomécanique.
- NF EN 10137 : Tôles et larges plats aciers à haute limite d’élasticité de 460 à 690 N/mm2.
Aciers livrés soit à l’état trempé revenu soit durcis par précipitation.

ii) Les aciers inoxydables d’usage courant : addition d’éléments d’alliage Cr, Ni, Mo … définies
dans la norme EN 10088

 Les normes des produits sidérurgiques :


De très nombreux produits existent. Ils sont classés par famille suivant leur forme. Pour exemple
dans la famille des poutrelles, celles en forme de I et H , elles sont définies par la norme EN
10034 …

6. Les caractéristiques mécaniques des aciers :

• Résistance à la traction :

- La courbe de traction (fig 1.5) d’éprouvettes d’acier normalisées représentées sur la figure 1.4,
décrit plusieurs domaines, qui sont celui des déformations élastiques, celui de l’allongement
réparti permanent et celui de la striction suivi de la rupture.

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b d 2
(rectangulaire) avec So = a.b et 8 (circulaire) S 0  avec : d  4
a 4

Fig. 1.4 éprouvettes d’acier normalisées avec L0  5.65 S 0 Lc  L0  1.5 S 0 
(Une partie calibrée de longueur l0(mm) et de section S0(mm2) est définie entre deux têtes d’amarrage)

Ces domaines sont représentés sur les courbes de la figure 1.5. Le tronçon OA de la courbe décrit
le domaine élastique, le point A représente la limite d’élasticité à la traction notée (ReH ou Rp,0.2)
ou fy . les déformations sont linéaires et réversibles suivant la loi de Hooke :

P L
  E.    E.  E.
A0 L0

Fig. 1.5 courbes de traction

- Le domaine de l’allongement permanent réparti : il est décrit par le tronçon AC, à noter que
lorsque la charge au point B’ est supprimé le retour après déchargement se fait suivant le trajet
B’O’ (la pente de O’B’ = La pente de OA). Si de nouveau on recharge la déformation est
élastique mais suit le trajet O’B’ ; il subsiste alors une déformation irréversible et permanente
OO’ qualifiée de « déformation plastique ».

- Le domaine de la striction suivi de la rupture est décrit par le tronçon CR où le point C


représente la limite de résistance à la traction notée Rm ou fu ; le métal continue de s’allonger
avec une diminution de résistance.
L’essai de traction définit aussi une autre caractéristique fondamentale du matériau qui est la
capacité de déformation plastique qui mesure l’aptitude du métal à subir des déformations
Le tableau 1.4 ci-dessous (en bas du cours) fournit les valeurs de fy (limite d'élasticité de l'acier)
et de fu (résistante ultime à la traction) pour les différentes nuances d'acier.
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on donne aussi ci-après les caractéristiques de l'acier qui sont : le module d'élasticité longitudinal
ou module de Young noté E , le module d'élasticité transversal (ou de cisaillement) noté G, le
coefficient de Poisson µ , la masse volumique ρ et le coefficient de dilatation thermique α de
l'acier.

E
E  2.1x105 N / mm 2 G  81000 N / mm 2   0.3
2(1   )
mm / mm
  7850 kg / m 3   1.2 x10 5 o
C

• Résistance à la compression :
Le comportement est quasiment symétrique de celui décrit pour la traction. Mais force est de
reconnaître que la ruine par compression pure d’un élément métallique est peu susceptible de se
rencontrer.

• Essais de flexion par choc ou essai de résilience:


Ces essais ont servi à l’étude du caractère fragile de certaines constructions soudées où l’acier
pouvait être sensible à des ruptures brutales (ruptures fragiles). La caractéristique mesurée est la
résilience qui mesure l’énergie absorbée par une éprouvette entaillée (ISO) à sa rupture ou bien,
le rapport de l’énergie (en joules) absorbée par la rupture d’une éprouvette (ISO) à l’aire de sa
section entaillée (en cm²).

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7. La soudabilité :
L’organisation internationale de normalisation (ISO) a adopté la définition suivante de la
soudabilité : un matériau métallique est soudable quand on peut le souder en conférant au joint
des qualités satisfaisantes du point de vue de l’usage, et notamment une résistance suffisante.
Les aciers sont des alliages de fer auxquelles on ajoute certains éléments d’addition afin de leur
conférer des propriétés mécaniques ou chimiques (exemple : résistance à la corrosion)
particulières. A titre d’exemple on cite ci-après, le rôle de quelques éléments d’addition. On cite :
- Carbone(C) : élément le plus influent en soudage, il améliore les propriétés mécaniques de
l’acier; il accroît fy, fu et la dureté des aciers . Cependant il favorise la trempe de l’acier.
- Manganèse (Mn) : il augmente les propriétés mécaniques de l’acier et il lui confère une forte
résistance à l’usure et aux chocs.
- Chrome (Cr) : il augmente la résistance à la traction.
- Nickel (Ni) : …………
- Molybdène (Mo) : il diminue la fragilité de l’acier.
- Cuivre (Cu) : il s’oppose à la corrosion en eau de mer ; allié au Cr et Mo, il constitue les aciers
inoxydables.
- Aluminium (Al) : il permet un affinage du grain.

8. Les avantages et inconvénients de l’acier dans la construction :

Les avantages :

• Les aciers présentant des performances mécaniques très intéressantes, leur limite d’élasticité
est bien plus importante que celle du béton.
• Les paliers de plasticité sont importants, ils permettent ainsi une adaptation plastique des
sections. Ceci empêche des ruptures brutales des éléments porteurs de la structure.
• Une résistance identique aussi bien à la traction qu’à la compression, ainsi le rendement
des éléments résistants est important.
• La démontabilité, légèreté, rapidité d’exécution et l’aspect recyclable du matériau.

Les inconvénients :
• L’acier est très sensible à la corrosion, il nécessite des travaux réguliers de maintenance.
• L’acier présente une médiocre résistance au feu, dans quelques cas certains travaux
d’isolation thermique sur l’acier doivent être effectués.
• L’acier est relativement cher, particulièrement dans les pays du tiers monde.

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Observation :

une série d'exercices de rappels notée No1 suit ce cours.


Afin de traiter la partie (b) de l'Exo 1, il est nécessaire d'apprendre à lire dans des tableaux les
caractéristiques propres des profilés laminés sidérurgiques (exemples : IPE - HE - UPE -
Cornières appelées aussi des L etc ...) .
on peut télécharger les caractéristiques de ces profilés en se rendant sur le site :
www.arcelor mital.com
on insinue par caractéristique propre d'un profilé laminé celle déterminée par rapport à l'axe
principal d'inertie pour une forme en I ou en H ou par rapport à un axe d'inertie non propre
passant par le centre de gravité du profilé (exemple : profilé en U ou en L)
La solution des exercices suivra prochainement

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SERIE D’ EXERCICES N°1 -- RAPPELS

EXO1 :
a) Déterminer la position du centre de gravité et les moments d’inertie par rapport aux axes Gy
et Gz des sections suivantes, et les rayons de giration iy et iz . Déterminer le moment statique Sy
de la moitié (au dessus de l'axe yy) de la section en I.
zo z
zo z
zo

150 yo yo yo(y) yo(y)


80 G yo G G yo(y) yo(y)

80mm e =10mm
zo 70 e =10mm
zo zo z z
(1) (2) (3) (4) (5)

b) Pour les 2 sections mono-symétriques (par rapport à l'axe global zz) suivantes , Positionner
leurs centres de gravité et calculer leurs moments d’inertie par rapport à leurs axes globaux
d'inertie Gy et Gz

(z)zo
30 30 2L100x100x10 (z) zo Plat180x14

y G y y G y

HEA 340 IPE200

(z) zo (z) zo
(6) (7)

EXO2 :
Déterminer le moment de flexion maximal et l’effort tranchant maximal des poutres chargées ci-
dessous représentées. On donne P = 1 kN et q = 2.5 kN/m

z z

P P P
q q
x x
1 2 1 1.5

z P

q
x
4m 2

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