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Avis n° A 17.S8.

9 du 07-06-1977
Rabat, le 07/06/1977
ROYAUME DU MAROC
MINISTERE DES AFFAIRES
ADMINISTRATIVES
SECRETARIAT GENERAL
DU GOUVERNEMENT
Commission des Marchés
N° 20-18/CM

Avis n° A17.S8.9

EXTRAIT DU PROCES-VERBAL
DES SEANCES EN DATE DES 20 Mai et 31 Mai 1977

LA COMMISSION DES MARCHES

Vu la lettre n° 2.0463 en date du 6 avril 1977 par laquelle le Ministère des Finances
(Service du contrôle financier) demande l'avis de la Commission des Marchés :

- D'une part, sur les modalités suivant lesquelles des index étrangers peuvent être
utilisés dans la formule de révision de prix en cas de marché passé avec une entreprise
étrangère (application de la formule au montant total du marché, à la part payable en
devises ou à une valeur relative du marché déterminée au préalable) ;

- D'autre part, sur le principe de recours aux index étrangers lorsqu'il s'agit de conclure
un marché avec un société nationale approvisionnée par les firmes étrangères ou qui
bénéficie conventionnellement des services d'experts étrangers sur la base d'une
assistance technique agréée par les autorités compétentes ;

Vu le décret n° 2-75-840 du 27 hija 1395 (30 décembre 1975) portant réforme de la


commission des marchés et notamment ses articles 7, al.2, et 11, §3) ;

Vu l'article 33 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés


de travaux à exécuter pour le compte du Ministère des Travaux Publics et des
Communications approuvé par le décret royal n° 209-65 du 23 joumada II 1395 (19
octobre 1965) et rendu applicable aux autres administrations de l'Etat par le décret royal
n° 151-66 du 29 safar 1386 (18 juin 1966) ;

Vu la circulaire n° 821.SGG du 26 août 1953 relative à la révision du prix des travaux ;

Vu le dahir n° 1-59-271 du 17 chaoual 1379 (14 avril 1960) organisant le contrôle


financier de l'Etat sur les offices, établissements publics et sociétés concessionnaires ainsi
que les sociétés et organismes bénéficiant du concours financier de l'Etat ou des
collectivités publiques et notamment ses articles 3 et 4 ;

Après avoir entendu M. MEDAOUI Ahmed, Inspecteur des Finances, représentant le


service du contrôle financier au Ministère des Finances.

I - SUR LE PRINCIPE DU RECOURS A DES INDEX ETRANGERS

Considérant que les clauses relatives au prix du cahier des clauses et conditions
administratives générales (CCAG) ont le caractère contractuel et qu'il peut, de ce fait, y
être dérogé en application de l'article 2 du décret royal susvisé n° 151.66 du 29 safar
1386 (18 juin 1966) ;

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Considérant qu'il a toujours été admis que les marchés d'une certaine durée passés par
l'Etat ou par les établissements publics avec une entreprise étrangère peuvent
comprendre, pour les prestations effectuées à l'Etranger, une formule de révision établie
sur la base des index nationaux de l'entreprise, pratique justifiée par le fait que la
variation du prix de revient de cette entreprise dépend de la variation du prix de la main
d’œuvre qu'elle emploie et des achats qu'elle réalise sur ses propres marchés ;

Considérant par ailleurs, qu'en imposant à un entrepreneur étranger un index marocain,


l'administration lui ouvrirait, en cas de hausse de salaires au Maroc, le droit de réclamer
une révision en hausse de son marché quant bien même les salaires seraient demeurés
stables dans son pays d'origine ; et qu'en sens inverse, elle serait fondée à appliquer une
révision en baisse sur la base d'une situation économique sans influence sur le prix de
revient ou à refuser d'appliquer une hausse effective puisque le lieu de cette hausse n'est
pas l'origine de l'index retenue dans le marché.

II - SUR LES CONDITIONS D’APPLICATION DE CES INDEX :

Considérant que le principe d’admettre un index étranger dans un marché avec une
société étrangère conduit nécessairement, au cas où cette société est appelée à payer à
la fois dans son pays et au Maroc les prestations qui concourent à la formation de son
prix, à une dualité de paramètres dans la mesure où les dites prestations (salaires et
fournitures) sont soumises à des conditions économiques différentes ;

Considérant toutefois que les clauses monétaires prévues habituellement dans les
marchés passés avec l’Etranger (paiement en devises et en monnaie nationale) tiennent
compte justement de l’origine des facteurs qui déterminent le prix de l’entreprise
contractante et peuvent de ce fait servir de critère pour déterminer la part révisable
selon chacun des index marocain et étranger ;

III - SUR LE CAS D’UNE SOCIETE MAROCAINE APPROVISIONNEE PAR UNE


FIRME ETRANGERE OU BENEFICIANT D’UNE PRESTATION DE PERSONNEL A
L’ETRANGER.

Considérant qu’une société marocaine approvisionnée par une firme étrangère ou


bénéficiant d’une prestation de personnel à l’Etranger est placée, en ce qui concerne une
partie de ses prix, dans les mêmes conditions économiques qu’une entreprise étrangère ;

Considérant que si ladite société marocaine n’était pas admise à tenir compte des
possibilités de hausse dans le pays qui l’approvisionne ou lui fournit des prestations de
personnel à l’Etranger, ne manquerait pas de se couvrir à l’avance contre un tel aléa, ce
qui pourrait même entraîner une hausse injustifiée des prix en cas de stabilité
économique ;

Considérant toutefois que, pour prévenir toute difficulté, la révision sur la base de l’index
étranger de la partie du prix payable en devises et correspondant aux prestations
réalisées à l’étranger (salaires et fournitures) et, exceptionnellement, dans les marchés
importants payables intégralement en dirhams, devrait être subordonnée à la
justification des prestations effectuées à l’étranger.

EMET L’AVIS QU’IL SOIT PROPOSE :

1°) de confirmer la pratique consacrée en ce domaine, qui autorise l’utilisation des index
étrangers dans les formules de révision du prix des marchés passés avec les entreprises
étrangères pour les prestations effectuées à l’Etranger ;

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2°) de retenir les clauses monétaires comme critère d’application des index marocains et
étrangers dans la mesure où ces clauses tiennent compte justement des conditions de
formation du prix des entreprises étrangères ;

3°) de permettre aux sociétés nationales approvisionnées par une firme étrangère ou
bénéficiant de prestations de personnel à l’Etranger ainsi qu’aux sociétés marocaines
soumissionnaires pour des marchés importants dont tout ou partie des prestations est à
effectuer à l’Etranger, l’utilisation d’index étrangers au prorata des prestations exécutées
à l’Etranger sous réserve toutefois de la justification de la réalité de ces prestations à
l’Etranger ;

4°) de recommander aux services contractants de veiller à ce que la valeur des index
étrangers soit vérifiée avant toute révision ;

5°) d’appliquer uniformément les recommandations ci-dessus aussi bien aux


administrations de l’Etat qu’aux organismes décentralisés.
Le Président de la Commission des Marchés
Signé : CHERKAOUI Abdelaziz.

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