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DROIT ADMINISTRATIF

THEME 1 :
Les relations entre l’administration publique et les individus
GENERALITÉS SUR LE (les administrés) ne peuvent pas relever du droit commun, du droit civil.
DROIT ADMINISTRATIF Il faut qu’elle relève du droit spécifique, le droit autonome : le droit
ET SUR LA administratif. Ainsi, les relations (administration/Administré) ne sont pas
JURIDICTION soumises au droit commun mais ne relèvent pas non plus de la même
juridiction.
ADMINISTRATIVE
En France on a une dualité de droit/d’ordre juridique (droit privé et droit
public) mais aussi une dualité de juridiction ordre administratif (CE) et
ordre judiciaire (CC), pour appliquer ces deux droits. C’est la conception française de la séparation des
pouvoirs : existence de deux ordres de juridiction qui appliquent deux droits différents.
L’administration est soumise au droit. Ce n’est pas parce que l’administration n’est pas soumise au droit
privé/commun, qu’elle n’est pas soumise au droit. Elle n’est juste pas soumise au même droit. C’est le principe
de légalité. Donc distinction entre droit public et droit privé + dualité d’ordre juridique mais néanmoins
soumission au droit.
Question de savoir jusqu’à quel point ces deux droits sont distincts.
La jurisprudence joue en droit administratif un rôle bcp plus essentiel qu’en droit privé. Le juge administratif
(CE en particulier) a joué un rôle essentiel dans la constitution du droit administratif.
Il s’agit de comprendre la distinction entre le droit public et le droit privé et surtout la dualité des ordres
juridiques.

Chapitre 1
LA JURIDICTION ADMINISTRATIVE
On ne peut comprendre le droit administratif sans dire qu’il y a une juridiction administrative qui va concevoir le
droit spécifique à l’administration.
DROIT ADMINISTRATIF

SECTION 1.
HISTORIQUE

Dicey : « Droit administratif ! nous n’avons rien de pareil en Angleterre, nous ne voulons rien avoir de
semblable ». Dicey n’a jamais apprécié Napoléon ou ce qui se rattache. Idée qu’en Angleterre on ne veut pas de
droit administratif. Il y a bien une administration mais elle est soumise au même droit que les particuliers.
Contrairement au modèle de Common Law, la France s’inscrit, du fait de son histoire, dans le refus de voir
l’administration soumise au juge judiciaire et au droit civil. Cette volonté politique date de l’Ancien Régime va
entrainer l’élaboration d’un droit spécial et autonome : le droit administratif.
I. Les origines de la dualité
Dès l’ancien régime, a compté du milieu du 17 e s, on assiste à un renforcement du pouvoir du roi et à une
administration royale de plus en plus importante. Mise en place dans les provinces d’agents du roi chargés de le
représenter : les intendants. Le pouvoir royal va, au nom du bien commun, vouloir exclure l’action publique du
contrôle des tribunaux judiciaires : parlements de l’AR. A cette époque le pouvoir royale va s’attribuer un
privilège de juridiction (privilège de droit dans le but de garantir l’autorité de l’État) c’est-à-dire un
traitement différent de celui réservé aux particuliers. Ce privilège est double : de juridiction et de droit. Il
ne voulait pas que le droit qui lui est applicable soit le même pour tous.

La puissance publique impose que les relations avec les sujets reposent sur un fondement inégalitaire. Une
expression émerge à cette époque le privilège du préalable : pouvoir unilatérale des autorités administratives
d’imposer des décisions.
Ce qui caractérise le droit administratif dès cette époque c’est que le pouvoir peut imposer, sans le consentement
des sujets, un certain nombre de règles de droit.
Des conflits sont apparus entre le pouvoir royal et le pouvoir judiciaire. Dans ces cas-là, le roi invoquait qu’il
était souverain en son Royaume et donc qu’il était source de toute justice. Ainsi, il était en mesure de régler lui-
même tous les litiges. Le roi se reconnaissait le droit d’invoquer les litiges en son Conseil. Ce conseil est
l’ancêtre du CE. Le roi avait le droit de casser toutes les décisions des parlements et de prendre des arrêts de
règlement.
L’ancrage du droit administratif est une opposition au pouvoir judiciaire par le roi. Le premier texte qui le dit
expressément est un édit : édit de st germain en 1641, interdit aux juridictions judiciaires d’avoir connaissance
des affaires de l’état et de l’administration. « Rien ne doit arrêter le bon fonctionnement des pouvoirs publics ».
Au XVIIIème siècle, les juridictions administratives cherchent à écarter le droit commun. La justification
principale de cela est la spécificité de l’administration. D’une part en vertu de sa nature, d’autre part en vertu de
son objectif. En vertu de sa nature, l’administration est la puissance publique, ainsi elle ne saurait être assimilée à
un particulier. De plus l’administration agit dans l’intérêt général. Plus précisément elle agit dans un but de
service public. Ainsi les relations administrés/administration ne peuvent dépendre du droit civil. Cette logique va
conduire, à partir de la Révolution française, à la formulation d’un principe : séparation des autorités
administratives et autorités judiciaires.

II. Le principe de séparation des autorités administratives et judiciaires


Ce principe explique la dualité des droits et des juridictions
A) L’affirmation du principe
Des textes vont exclure l’intervention du juge judiciaire dans les affaires de l’administration.
Selon l’article 16 de la DDHC « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la
séparation des pouvoirs déterminée n’a point de constitution » : pose le principe de séparation des pouvoirs
mais pas de la séparation des autorités administratives et judiciaires.
Loi des 16 et 24 août 1790 : « Les tribunaux judiciaires et les fonctions judiciaires sont distinctes et
demeureront toujours séparées des fonctions administratives. Les juges de pourront à peine de forfaiture,
DROIT ADMINISTRATIF

troubler de quelques manières que ce soit les opérations des corps administratifs » : le juge judiciaire est écarté
et ce n’est pas lui qui peut connaitre des affaires administratives. Loi qui sera confirmée par le décret du 16
fructidor an III : ce n’est pas au juge judiciaire de connaitre des affaires de l’administration.
Mais qui va régler les litiges de l’administration ? Pendant longtemps, c’est l’administration elle-même qui va
régler les litiges : c’est l’administrateur juge. On s’adresse plus précisément au ministre en charge de cette
administration. Va progressivement se construire un ordre administratif et une juridiction administrative
autonome avec le CE au sommet.
Privilège de juridiction et privilège de droit.

B) L’affirmation d’un ordre administratif autonome


Dès 1800 on assiste à une spécialisation du contentieux des affaires administratives.
Au sein de l’adm se créé un organe chargé de traiter des litiges. Ce n’est pas encore un organe juridictionnel, un
juge. C’est le conseil d’état : joue un rôle important dans l’élaboration du droit administratif.
En l’an 8 est créé le CE par NB, progressivement il prend un autre rôle que celui de la rédaction du CC. Lorsque
l’on a un litige avec l’administration on fait ce que l’on apl un recours gracieux (on dmd a l’autorité qui a pris
l’acte de le réexaminer pcq on estime qu’il n’est pas effectué). L’administré pourra, s’il rencontre un refus, faire
un recours hiérarchique auprès du ministre. Le ministre ou même le chef de l’état peut faire réexaminer l’arrêt. A
cette occasion dès 1800 les ministres prennent l’habitude de consulter le CE même si a cette époque il n’est pas
le juge. On prend l’habitude de toujours signer un décret conforme à l’avis du CE. Dès cette période le CE va
élaborer une jurisprudence.
Jusqu’à la loi du 24 mai 1872 il n’existe pas un juge autonome et indépendant, le CE par les avis qu’il rend,
élabore un droit adm. Le CE n’est qu’un organe adm. Cependant à partir de la loi du 24 mai 1872 le conseil
d’état, qui n’était qu’un organe consultatif, devient une juridiction se prononçant au nom du peuple français  : il
devient une juridiction à part entière. On passe d’un système de justice reconnue a un système de justice
délégué.
Système de justice retenue : système dans leql le roi ou le chef de l’état est à la source de la justice et rend les
décisions de la justice. Il est le juge de l’adm lui-même. On s’auto-juge.

Système de justice délégué : choix de confier au CE organe juridiction, statuer souverainement sur les recours
contentieux.
Article 9 de la loi du 24 mai 1872 le CE statu souverainement sur les recours en matière contentieuse,
administratif et sur les demandes d’annulations pour excès de pouvoir former contre les actes des diverses
autorités adm. Désormais lorsqu’il y’a un acte il y’a possibilité de faire un recours devant le CE pour
demander annulation. La décision qu’il prendra s’imposera à l’adm car il fait au nom du peuple français.
C’est à lui de rendre la justice.

Cette loi va donner lieu à des divergences d’appréciation. Le pouvoir exécutif défendait l’idée que malgré la loi
de 1872, les requérants devaient soumettre leurs litiges aux autorités administratives avant toute saisie du CE.
C’est ce qu’on appelle la théorie du ministre juge. Le but est de limiter la portée de la loi de 1872.

 L’arrêt (5) du 13.10.1889, Cadot : le Conseil d’État affirme que les requérants peuvent saisir directement
le Conseil d’État sans passer par les autorités administratives. Cet arrêt du Conseil d’État est un arrêt qui
abandonne la théorie du ministre juge. Du fait de la jurisprudence Cadot, tout requérant peut saisir directement le
juge. Il n’y a plus besoin de saisir le ministre. Le Conseil d’État devient donc juge de droit commun, à l’époque
en premier, et dernier ressors sans recours administratif préalable. En premier et en dernier ressors, le juge
administratif est saisi tout de suite et est le seul à statuer : pas d’appel, pas de recours.
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Le commissaire du gouv « partout où il existe une autorité ayant un pouvoir de décision propre, pouvant
prendre des décisions adm, exécutoire, un débat contentieux peut naître et le CE peut être directement saisit ».
L’adm n’est plus juge, c’est le CE qui est seul compétent.
Le CE est donc le juge du droit commun  création, émergence d’un ordre juridique administratif. A côté de
l’ordre juridictionnel judiciaire il y’a un ordre administratif. S’il y’a un juge adm, un ordre adm autonome ce
n’est pas pour appliquer le même droit que le juge judiciaire.

C) La constitutionnalisation du juge administratif


Le Conseil constitutionnel, par ses décisions, va consacrer la valeur constitutionnelle du juge administratif. Mais
le CC va aller plus loin puisqu’il va consacrer une compétence propre au juge adm.

Plusieurs décisions importantes du CC :


CC, décision n°80-119 DC 22 juillet 1980 : va dans un premier temps consacrer l’indépendance du juge
adm au niv constitutionnel. Le CC dans cette décision a jugé en se fondant sur la loi du 24 mai 1872 que
« l’indépendance de la juridiction administrative est un principe fondamentale reconnu par les lois de la
république ». Et donc qu’il avait une valeur constitutionnelle.

 CC, décision n°86-224 DC,23 janvier 1987 : loi transférant a la juridiction judiciaire le contentieux des
décision du conseil de la concurrence. Consacre un nouveau principe fondamental reconnu par les lois de la
République. Il était question d’une loi qui transférait au juge judiciaire les recours contre les décisions d’une
autorité administrative indépendante qui pose question de la place dans la hiérarchie des normes des lois des 16
et 24 août 1790.
Le Conseil constitutionnel devait se demander si cette loi avait valeur constitutionnelle. Le Conseil
constitutionnel a dit que « les dispositions de la loi des 16 et 24 août 1790 n’ont pas en elle-même valeur
constitutionnel ».

Néanmoins le doyen Vedel a réussi à dégager un principe non écrit qui protège le juge administratif. Bien que les
deux lois n’aient pas valeur constitutionnelle, « conformément à la conception française de la conception des
pouvoirs, il existe un principe constitutionnel qui réserve au juge administratif la compétence pour statuer sur
les demandes d’annulation des décisions prises dans l’exercice de prérogatives de puissance publique ».
 Le Conseil constitutionnel identifie un fondement constitutionnel de la compétence du juge
administratif. La compétence du juge administratif est protégée constitutionnellement.
Cette décision ne fait pas référence aux services publics. Parmi les « critères » de compétence du juge
administratif, le Conseil constitutionnel ne fait pas référence aux services publics mais seulement aux
« prérogatives de puissances publiques ». Le juge administratif est compétent pour annuler ou réformer
les décisions prise dans l’exercice des prérogatives de puissance publique. Ce qui justifie pour le CC que l’on
reconnaisse une valeur constitutionnelle au juge administratif c’est le fait qu’il exerce des prérogatives de
puissance publique, et non pas du service public.
Il existe en effet deux écoles : l’école de Bordeaux qui est l’école du service du public (Léon Duguit) et l’école
de Toulouse (Maurice Aurioux) qui est l’école de la puissance publique. Le Conseil constitutionnel semble avoir
choisi l’école de Toulouse

Pourrait-on supprimer l’organe administratif ? Non car la loi serait inconstitutionnelle. Il faudrait réviser la
Constitution.
La loi qui était soumise au CC et donc il devait juger de la Constitutionnalité présente des exceptions et des
aménagements :
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- Article 66 de la C : principe selon lequel c’est à l’autorité judiciaire de protéger les libertés individuelles.
Exception a ce principe prévu par la C.

- Loi 87 il est possible au nom de la bonne administration de la justice d’aménager le principe dégager par
le CC = le CC admet que dans certains cas le parlement peut préférer transférer aux juges judiciaires
certaines affaires pcq il estime qu’il le fait au nom de la bonne administration de la justice. Le CC a admis
que l’on puisse confier au juge jud le contentieux des décisions du C de la concurrence au nom de la bonne
adm de la justice. Aménagement.

III. De la séparation des juges a la distinction des droits


Le point important que nous allons développer est l’autonomie du juge administratif, du droit administratif.
Chaque juge (jud, adm) va appliquer ses propres règles. Autrement dit le droit administratif appliquer par le
juge administratif c’est un droit autonome différent du droit privé. C’est le CE et le tribunal des conflits qui joue
un rôle essentiel dans la construction et l’élaboration du droit administratif.
Au début du XIXe les particuliers qui étaient victimes de dommage causés par l’administration n’acceptait pas le
principe de l’irresponsabilité de l’état. Ils ont cherché à engager la responsabilité de l’administration . Les
particuliers estimaient que lorsqu’ils subissaient un préjudice fait par l’administration ils devaient
pouvoir obtenir réparation. Ils ont porté leur action en responsabilité devant le juge judiciaire. Ils
invoquaient le code civil « l’état doit ê assimilé à un commettant responsable de ses agents assimilé a des
préposés » : si un agent de l’état commet un acte de façon à causer un dommage on peut dmd au juge jud de
réparer ce dommage.
Les tribunaux judiciaires auraient dû se déclarer incompétent, principe de séparation des autorités
administratives et judiciaires. Cependant, au XIXe le juge judiciaire cherche à lutter contre le principe de la
séparation des autorités, cherche à avoir le droit de juger l’adm. Le juge jud va accepter recours en réparation du
fait d’agissement de l’état = dans plusieurs décisions condamner l’état à payer des DI.

 Tout cela va mener l’arrêt Blanco du tribunal des conflits 8 février 1873 : S’agissait d’une
petite fille Agnès Blanco blessée par un wagonnet poussé par des agents de l’état, son père cherche à engager la
responsabilité de l’état. Il saisit le juge judiciaire et demande réparation du préjudice subi par sa fille au tribunal
jud.

Le juge jud se considère capable d’examiner l’affaire. Le préfet de la Gironde estime que ce n’est pas au juge
jud, il porte l’affaire devant le tribunal des conflits. En effet, il considère que l’action intenté par MR Blanco ne
relève pas du juge jud pcq c’est des agissements de l’état et de ses agents.

A l’occasion de cette affaire le tribunal des conflits va rendre l’arrêt Blanco « Considérant que la responsabilité́ ,
qui peut incomber à l'État, pour les dommages causés aux particuliers par le fait des personnes qu'il emploie
dans le service public, ne peut être régie par les principes qui sont établis dans le Code civil pour les rapports
de particulier à̀ particulier Que cette responsabilité́ n'est ni générale, ni absolue ; qu'elle a ses règles spéciales
». Le tribunal des conflits ne dit pas ici que l’état n’est pas responsable, juste qu’on ne peut pas se fonder sur le
code civil pour engager sa responsabilité.

 Il ressort que :

- Toute action en responsabilité dirigé contre d’une personne publique doit ê dirigé devant un juge adm

- Les règles juridiques applicable en la matière ne peuvent ê celle du code civil. Il faut appliquer des
règles propres, spécifique aux règles publiques prévu par le CE. Pcq les règles civiles sont créé uniquement
pour les rapports de particulier à particulier.

C’est le Conseil d’État qui a construit lui-même le régime de responsabilité administratif. Il n’y a aucune loi de
portée général qui est venu proclamer le principe que l’administration peut être déclaré responsable des
préjudices qu’elle causé à des particuliers. La création du régime de responsabilité administrative s’est faite par
voie prétorienne : c’est le juge lui-même, le CE lui-même qui va dégager les règles applicables en la matière. Les
règles autonome, spécial, propre aux droits adms.
DROIT ADMINISTRATIF

L’autonomie du droit administratif est le fait qu’on n’applique pas à l’adm les mêmes règles que l’on applique
aux particuliers, on applique des règles autonomes dégagées par le juge administratif.
Le terme « service public » qui figure dans l’arrêt est important. Le tribunal des conflits nous explique que c’est
pcq les agents en cause étaient employé dans le service publique que c’est au juge adm d’ê compétent et qu’on
utilise des règles spéciales. L’arrêt Blanco repose sur le principe selon lequel il y’a liaison entre la compétence
et le fond : si le juge administratif est compétent, il applique le droit adm et si le juge jud est compétent, il
applique le droit privé.
Un droit fait par le juge vaut ce que vaut le juge qui le fait. Le droit adm a l’origine c’est un droit fait par le juge
adm et plus précisément par le CE. Le droit adm puisque c’est un droit qui est à l’origine fait par le juge, il est
tributaire du juge qui le fait et donc du CE. La valeur du droit adm tient à ce qu’il a été fait pas le CE.

SECTION 2.
ORGANISATION

I. Les tribunaux de l’ordre administratif


La justice administrative est une justice de masse. L’année dernière selon le rapport du Conseil d’État, les
tribunaux ont rendu 260 000 décisions. Il existe trois types de tribunaux :

A) Le Conseil d’État
Le Conseil d’État créé en l’An VIII par Napoléon est aujourd’hui la juridiction suprême de l’ordre
administratif. Le Conseil d’État comprend environ 300 membres qui n’ont pas la qualité de magistrat. Ils sont
recrutés par la voie de l’ENA parmi les meilleurs. En outre, il y a un recrutement extérieur. Le Gouvernement
peut nommer un certain nombre de membres au sein du Conseil d’État. Le Conseil d’État repose sur un système
hiérarchique.
En théorie le président du Conseil d’État est le Premier ministre. En pratique la présidence est assurée par le
vice-président. Viennent ensuite les présidents de section. Il existe six sections au sein du Conseil d’État.
La section administrative est consultée par le gouvernement sur un certain nombre de textes. Il peut également,
en tant qu’organe administratif, se voir poser des questions par le Gouvernement.
Il fonctionne selon un principe de sections : il y a 5 sections administratives, et 1 section du contentieux.
Au sein de la section du contentieux, il y a 10 chambres qui traitent différents types d’affaires.
Lorsque le Conseil d’État est amené à juger des affaires, il peut se réunir dans le cadre de plusieurs formations de
jugement. En fonction de la difficulté ou de l’importance de l’affaire, le ce peut adapter la formation de
jugement.
Lorsque l’affaire est complexe, pose des questions techniques délicates on met en place une formation de
section, plusieurs chambres sont réunies pour juger l’affaire.
Si l’affaire est particulièrement importante : formation d’assemblée, la plus solennelle. S’il faut opérer un
revirement de jurisprudence.
CE, arrêt 20 octobre 1989, Nicolo : rendu par l’assemblée du contentieux du Conseil d’État. En tant que juge le
Conseil d’État peut intervenir de deux manières :
- En tant que juge de cassation : on lui soumet comme à la CC un arrêt d’une cour administrative d’appel.
C’est le cas le plus courant.

- Il peut aussi être appelé à statuer en premier et dernier ressort : il y’a des affaires où il est directement saisi.
Quand on veut attaquer un décret, une ordonnance, on doit aller directement devant le CE.

B) Les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel

1. Les tribunaux administratifs


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Ils ont une longue histoire. Créent par la loi du 28 Pluviôse An VIII, appelés à l’époque les conseils de
préfecture. Depuis 1953 le tribunal administratif est juge de droit commun en premier ressort (entreprise vs une
adm le juge devant leql elle va c’est le tribunal adm).
Les tribunaux adm ont une compétence territoriale.
Le tribunal administratif est une formation collégiale : il y’a plusieurs jugent qui siègent simultanément pour
trancher une affaire (un président et des assesseurs). Dans certain cas le juge doit statuer en urgence, il statue
seul, mais ce n’est pas le principe.
Il existe une compétence consultative des TA : on peut saisir le TA pour obtenir un avis.

2. Les cours administratives d’appel


Elles sont récentes : loi du 31 décembre 1987. En charge de l’appel des décisions des TA. Il en existe
actuellement 8, bientôt 9.
En tant que juge d’appel elles peuvent annuler le jugement du TA et réexaminer l’affaire : effets dévolutifs
de l’appel. Autrement dit si la CAdA estime que l’affaire n’a pas été correctement jugé par le TA elle réexamine
les faits.
Les CAdA ont un rôle qui s’est accrue aujourd’hui : elles sont présidées par un conseillé d’état.

II. L’impartialité du juge administratif


Sujet récurent que de savoir si l’impartialité est garantie devant le juge administratif. Il y’a des doutes qui
existent. Cette question a connu un renouveau du fait de l’importance prise par la Convention européenne des
sauvegardes des droits de l’homme CESDH.
C’est une convention signée par la Fr après la 2GM qui contient un article : l’article 6 procès équitable « toute
personne a le droit à un procès équitable dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant ».
Cet article est essentiel dans le fonctionnement des juridictions. Se pose la qst du caractère indépendant, et donc
impartial, du juge adm. La Cour européenne des droits de l’Homme va devoir se prononcer sur un certain nb
d’affaires mettant en cause le juge administratif.
La Cour va devoir examiner si l’article 6 est respecté.
Deux sujets vont poser problème :
A) La question de la dualité fonctionnelle
La dualité fonctionnelle c’est le fait que le même organe a à la fois des fonctions consultatives auprès du
gouvernement et des fonctions de juge. Ex : Le CE est à la fois le conseil du
gouvernement et le juge des affaires administrative.
Au sein d’un même organe peut-il y avoir ses deux organes ?

CE luxembourgeois Arrêt du 28 septembre 1995, Procola (même conseil d’état qu’en France). La question
posée à la cour est de savoir s’il était compatible avec l’article 6 de donner une dualité de fonction au
Conseil d’État.

La cour va appliquer une théorie très importante : la théorie des apparences. « Justice must not only be done it
must also be seen to be done » : il ne faut pas simplement que justice soit faite, mais il faut avoir l’impression
que la justice soit rendue dans des conditions équitables.
Un Conseil d’État organisé sur la base d’une dualité fonctionnelle ne respecte pas le principe d’impartialité au
regard de la théorie des apparences. La CEDH doute sur le respect du principe d’impartialité lorsque le même
organe a les deux fonctions.
DROIT ADMINISTRATIF

Finalement a été adopté un décret le 6 mars 2008 relatif à l’organisation et au fonctionnement du CE : on a
réorganisé le conseil d’état français pour garantir une meilleure impartialité « désormais les membres du conseil
d’état ne peuvent participer au jugement des recours dirigé contre les actes pris après avis du CE s’ils ont pris
part à la délibération de cet avis ». Si un membre du CE à participer à un avis il ne peut pas ensuite juger l’acte
pris sur la base de cet avis.
C’est ce que l’on appelle la « muraille de Chine » entre le Conseil d’État juge de l’administration et le Conseil
d’État conseil du Gouvernement.

B) La fonction du commissaire du gouvernement


Il existe au sein des TA, du CE le commissaire du gouvernement : personne importante qui a pour but
d’exposer les questions qui doivent ê jugé, à faire connaitre son opinion et proposer des solutions en toute
indépendance. Il pouvait être considéré par une des parties comme un adversaire objectif.
La qst qui s’est posé a été celle de la comptabilité du commissaire du gouvernement avec la convention
européenne des droits de l’homme.
Arrêt de la CEDH 7 juin 2001 Kress vs France Concernant le commissaire du gouvernement et la théorie
des apparences :
La CEDH a considéré que la théorie des apparences n’était pas respectée à partir du moment où le
commissaire du gouvernement, lorsqu’il il avait fait ses observations, laissait sans réponses des arguments
qu’il avait pu développer.
 La CEDH dit dans l’arrêt KRESS que le commissaire du gouvernement ne respecte pas la théorie des
apparences et le droit à un procès équitable car une fois qu’il a prononcé ses conclusions, à l’époque, l’affaire
était close et on ne pouvait pas répondre à ce qu’il avait dit.
 
Après l’arrêt KRESS, une réforme s’agissant du commissaire du gouvernement va être adoptée par décret du 7
janvier 2009 :

 Le nom va changer il devient le rapporteur public.

 Désormais possible pour les avocats, une fois que le rapporteur public a parlé,
d’intervenir. Après qu’il ait donné ses conclusions, les avocats peuvent prendre la parole et le
contredire. Il y a désormais une possibilité de discussion des conclusions du rapporteur public. On a un
nouvel espace qui s’ouvre permettant aux avocats des parties de revenir sur la conclusion du
rapporteur public. Les avocats peuvent même déposer une note en délibéré : lorsque le rapporteur
public a donné ses ccl et que les avocats sont intervenus, que l’audience publique est close, l’affaire est
en délibéré (les juges délibèrent et tranchent). Pendant ce temps possible pour les avocats de déposer un
document auprès du juge pour donner l’argumentation qu’ils souhaitent voir être prise en compte par le
juge (et qui peut contredire le rapporteur public). On octroie plus de place à la prise de parole en droit
administratif lors d’un procès lorsque le procès admin est très largement écrit.

 Le rapporteur public ne participe plus au délibéré. Quand les juges se retirent, le rapporteur public ne
les rejoint pas, il ne fait pas partie de la formation de jugement, les juges statuent seuls. Volonté
d’accroitre la possibilité de discuter ce qui a été dit par le rapporteur public. On doit cette évolution à la
CEDH et à la nécessité de garantir une meilleure impartialité, en conformité avec la théorie des
apparences.

III. Les principes gouvernant la juridiction administrative

 Principe de la bonne administration de la justice : énoncé par le CC dans la décision du 23 janvier


1987, Conseil de la concurrence.

Principe qui va jouer dans le fonctionnement de la juridiction administrative.


Ce principe de bonne administration de la justice signifie que la justice doit fonctionner rapidement et être
rendue dans un délai raisonnable, pour qu’elle soit efficace. (Or grand problème de notre justice française :
lente). Si les décisions de justice ne sont pas rendues dans un délai raisonnable, on pourra engager la
DROIT ADMINISTRATIF

responsabilité de l’État. Il y a désormais des arrêts de jurisprudence dans lesquels la responsabilité de l’État est
engagée. C’est aussi la possibilité de confier à un juge différent le soin de trancher l’affaire.
Dans la décision du CC du 23 janvier 87. On a accepté dans cette affaire, au nom de la bonne administration de
la justice, que ce soit le juge judiciaire et non pas administratif qui connaisse des recours contre les
décisions du conseil de la concurrence (la question était de savoir si on pouvait confier au juge judiciaire des
recours contre des décisions administratives prises par le conseil de la concurrence, voir plus haut dans le cours).
Donc la bonne administration de la justice permet dans certains cas de confier à un juge judiciaire les recours
contre des décisions administratives, en l’espèce celles du Conseil de la concurrence qui tranche en droit des
affaires qui relève plus naturellement du juge judiciaire que de l’administratif.

Trois principes importants issus de la jurisprudence arrêt TERY du 20 juin 1913

- Principe du contradictoire et des droits de la défense  


Très tôt le CC a annoncé un certain nombre de règles de procédures en posant des règles qui valent pour tous
types de procédures devant le juge administratif.

Le CC a posé ces règles un grand arrêt de la juridiction administrative du 20 juin 1913 arrêt TERY (gaja 25).
Le CC pose des principes qui valent pour tout le fonctionnement des juridictions administration :

- Principe du caractère contradictoire : les personnes qui sont mises en cause devant le juge doivent pouvoir
être informées de ce qu’on leur reproche et être informées suffisamment tôt (accès aux documents du
dossier) et qu’elles aient un temps pour préparer leur défense (arguments). Principe essentiel.

- Principe de la publicité des débats 


Le juge ne statue pas à huis clos mais en audience publique : tout le monde peut venir assister au procès, le
juge écoute les parties et rend ses décisions en public. La justice ne se fait pas dans le secret mais à la
connaissance de tous.
Concernant la composition de la juridiction. On retrouve le principe d’impartialité : il faut que la juridiction soit
composée de personne en lesquelles on ait confiance et qui soient impartiales. Ce qui permet d’avoir l’assurance
que la juridiction est impartiale auprès des parties.
191 audio
 
 Principe du double degré de juridiction
Il n’existe pas de principe à valeur constitutionnelle qui garantisse le double degré de juridiction. Cela veut dire
qu’il peut exister des hypothèses où on ne peut pas faire appel ou qu’il n’existe pas de possibilité de faire appel
car pas de juridiction. Et cela est bien conforme à la constitution.
MAIS, le CE dans un arrêt du 7 février 1947 important, l’arrêt d’Aillères (gaja 54), a posé le principe selon
lequel il y avait toujours la possibilité d’introduire un recours en cassation (=/= appel) contre une décision
de première instance. Même si aucun appel n’est possible.
Ex : la cour des comptes (rend des arrêt), juridiction spécialisée : seul recours possible = recours en cassation
devant le CE, en application de la jurisprudence d’Aillères.
 L’arrêt du CE nous dit que s’il n’existe pas de droit à un double degré de juridiction, il y a toujours un droit
de pourvoi en cassation, même sans texte.
Si affaire particulièrement importante, direct au CE.
 

En résumé :
- Il existe des cas où CE parce que pas de double degré
- D’autres exceptionnels ou CE direct (même si double degré)