Vous êtes sur la page 1sur 12

La balance FICHE 4

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
des paiements

I Objectifs
Aucun pays ne dispose de tous les biens nécessaires à la satisfaction des besoins de sa
population et de ses entreprises. De plus, la capacité de production des entreprises
nationales dépasse le plus souvent les besoins nationaux, il faut donc bien chercher des
marchés pour écouler la production. Importations et exportations sont la règle. Il
convient alors d’enregistrer l’ensemble de ces mouvements.
Pour cela, la balance des paiements est indispensable. Elle comptabilise toutes les opé-
rations commerciales, financières et monétaires entre un pays donné et le reste du
monde, au cours d’une période donnée.

A. Présentation générale
La balance des paiements retrace donc les flux réels, financiers et monétaires entre les
résidents d’une économie et les non résidents. Les non résidents constituent l’exté-
rieur. Sont considérées comme non résidents les personnes physiques étrangères rési-
dant en France depuis moins de deux ans et les personnes de nationalité française rési-
dant à l’étranger depuis plus de deux ans.
Le territoire français comprend le territoire géographique métropolitain et les départe-
ments d’outre-mer, à l’exclusion des enclaves territoriales telles que les ambassades.

1. Les principes comptables


Ce sont ceux de la comptabilité en partie double. Une valeur portée en positif (crédit)
traduit une diminution des avoirs, c’est le cas des exportations. Par contre, cette dimi-
nution des avoirs est compensée par un gain en devise équivalent.
De même, toute valeur portée en négatif (débit) est la conséquence d’une augmenta-
tion des avoirs, c’est le cas des importations. Cette augmentation des avoirs aura pour
conséquence une perte en devise équivalente.
Toute opération donne donc lieu à une double inscription, traduisant sa nature (impor-
tation ou exportation) et ses conséquences monétaires (augmentation ou diminution
des devises).

22 Macroéconomie
4
Par définition, la balance des paiements est toujours équilibrée puisque toute sortie de
capitaux doit trouver financement et toute entrée de capitaux vient nécessairement de

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
l’étranger.

2. Approche structurelle
La balance des paiements procède d’une double approche, celle des transactions cou-
rantes et celle des mouvements de capitaux. Chacune de ces approches est elle-même
divisée en deux. C’est ainsi que la balance des transactions courantes est composée de
la balance commerciale et de la balance des invisibles. De même, la balance des capi-
taux à long terme majorée de la balance des capitaux à court terme constitue la balan-
ce des capitaux. Enfin, si on ajoute aux
transactions courantes les mouvements de Balance des paiements
capitaux à long terme, on obtient la balan- ¾ Transactions courantes :
ce de base. o Balance commerciale
Si la balance des paiements est toujours o Balance des invisibles
équilibrée, il n’en est pas de même des
¾ Mouvement de capitaux
balances intermédiaires telles que la balan- o Capitaux à long terme
ce commerciale, la balance des invisibles, o Capitaux à court terme
etc.

a. La balance des transactions courantes


Elle rassemble l’ensemble des opérations courantes d’un pays vers l’extérieur. Elle
regroupe deux balances intermédiaires.
La balance commerciale, appelée encore balance du commerce extérieur, porte sur
l’échange des marchandises. Les importations peuvent être évaluées FOB (Free on
Board) ou CAF (Coût Assurance Fret). Les exportations seront toujours calculées
FOB. Le solde de cette balance est le solde du commerce extérieur. Il est très impor-
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

tant car il mesure à la fois le degré de compétitivité et le degré de dépendance du pays.


La balance des invisibles se distingue de la balance commerciale en ce sens qu’elle ne
porte pas sur les échanges de biens matériels, mais regroupe les échanges de service,
les transferts de revenus et les dons (mouvement unilatéral). En ce qui concerne les
transferts de revenus, ils comprennent les revenus des travailleurs saisonniers ou fron-
taliers ainsi que les revenus des investissements réalisés (investissement direct et
investissement de portefeuille).

b. Les mouvements de capitaux


Les mouvements de capitaux à long terme (balance des capitaux à long terme) concer-
ne les mouvements dont l’échéance est supérieure à un an : crédits commerciaux,
investissements directs, investissements de portefeuille, prêts accordés ou reçus.

FICHE 4 – La balance des paiements 23


La balance des capitaux à court terme regroupe donc toutes les opérations financières
inférieures à un an : opérations du secteur privé bancaire, opérations du secteur privé

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
non bancaire, opérations de termaillage, etc. Les opérations de termaillage visent à
accélérer ou, au contraire, à retarder les paiements internationaux afin de profiter
d’éventuelles variations de change.
L’équilibre de la balance des paiements est obtenu par la position monétaire du pays.
Supposons, par exemple, qu’à la fin de l’exercice on constate un désendettement du
secteur bancaire de 60 milliards d’euros et une diminution des avoirs du secteur public
de 50 milliards d’euros. Cela signifie que le pays a gagné 10 milliards d’euros. Pour
équilibrer le solde de la balance des paiements et compte tenu des principes comp-
tables retenus, le gain financier est affecté du signe –. À l’inverse, une perte financiè-
re serait affectée du signe +.

B. Lecture et appréciation
de la balance des paiements
Balance Capitaux long Capitaux court
commerciale Invisibles terme terme
– 60 Mds + 30 Mds + 15 Mds + 20 Mds

Transactions Balance globale Mouvements de


courantes + 5 Mds capitaux
– 30 Mds + 35 Mds

Variation de la position monétaire


– 5 Mds

1. Présentation schématique
Dans cette présentation, nous avons supposé pour simplifier qu’il n’y a pas d’ajuste-
ments monétaires. Ces ajustements monétaires sont cependant indispensables pour
tenir compte aussi précisément que possible de la situation réelle, c’est-à-dire du déca-
lage entre la position monétaire extérieure telle qu’elle est comptabilisée et l’enregis-
trement d’opérations donnant lieu à paiement avec l’étranger. Ce poste enregistre les
inévitables retards de paiement ainsi que les fluctuations des taux de change euros/dol-
lar. Ce poste peut être positif, il vient alors en enrichissement de la balance globale, ou
négatif, il y aura alors appauvrissement de cette même balance globale.

2. Interprétation
L’interprétation de la balance des paiements devra se faire globalement, et ensuite
balance par balance. Au global, cela concerne exclusivement la position monétaire du
pays, dont la variation vient compenser le solde des autres balances (commerciale,

24 Macroéconomie
4
transactions courantes, etc.). Comme le solde général, compte tenu de la position
monétaire, est toujours égal à zéro, on en déduira que tout mouvement dans un poste

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
se traduit par un mouvement en sens contraire sur un autre poste. Ainsi, si nous enre-
gistrons une exportation de 10 milliards d’euros, cela se traduira par une diminution
de 10 milliards de la position monétaire extérieure mais aussi, ne l’oublions pas, une
rentrée en devises à équivalente 10 milliards. Il ne faut donc pas interpréter négative-
ment une diminution de la position monétaire extérieure.
Si maintenant, on procède à l’analyse balance par balance de la situation. Dans notre
exemple, la balance des transactions courantes est déficitaire de 30 Mds d’euros, il
conviendra alors de s’interroger sur les origines de ce déficit. Commercial ?
Invisibles ? Autres ?
Les conclusions ne seront bien sûr pas les mêmes, selon que l’on retient l’une ou l’autre,
voire l’une et l’autre. Par contre, toujours dans notre exemple, ce déficit des transactions
courantes est plus que compensé par l’excédent de la balance des paiements.
L’analyse des balances intermédiaires des opérations courantes et des mouvements de
capitaux est, dans le cas présent, très éclairante. En effet, l’excédent des invisibles est
la moitié du déficit du commerce extérieur. Ce qui signifie que le pays manque de
compétitivité et est dépendant de certaines importations, comme le pétrole. À l’inver-
se, que cela soit la balance des capitaux à court terme ou à long terme, toutes deux sont
excédentaires, voire largement excédentaires, ce qui permet le résultat final.
La balance des paiements est donc un document indispensable, comparable au TES ou
au TEE, à la compréhension et l’analyse de la situation économique d’un pays.

Application

É n o n c é
Connaissant les soldes suivants :
Acquisitions de brevets – 111
Avoirs en droits de tirages spéciaux – 91
Avoirs (crédits commerciaux, prêts, etc.) – 34 370
Biens + 10 137
Devises étrangères + 4 995
Engagements (crédits commerciaux, prêts) + 25 519
Investissements directs – 11 732
Investissements de portefeuille – 19 447
Position de réserve au FMI – 603
Produits financiers dérivés + 5 531
Revenus + 13 604
Services + 18 175
Transferts courants – 15 000
Transferts en capital – 61

FICHE 4 – La balance des paiements 25


1. Établir la balance des paiements de l’exercice.
2. Faire apparaître la compte de transactions courantes, le compte de capital et le

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
compte financier.
3. Cette balance est-elle équilibrée ? Si non, comment l’équilibrer ?

S o l u t i o n
1. et 2.
a) Compte de transactions courantes = 27 456
A - Biens 10 137
B - Services 18 715
C - Revenus 13 604
D - Transferts courants – 15 000

b) Compte de capital = – 172


A - Transfert en capital – 61
B - Acquisition de brevets – 111

c) Compte financier = – 30 298


A - Investissements directs – 11 732
B - Investissements de portefeuille – 19 447
C - Produits financiers dérivés 5 531
D - Autres investissements – 8 851
1. Avoirs (crédits commerciaux, prêts) – 34 370
2. Engagements (crédits commerciaux, prêts) 25 519
E - Avoirs et réserve 4 201
Avoirs D.T.S. – 91
Positions de réserve – 603
Devises étrangères 4 895
d) Erreurs et ommissions = 3 014

3. C’est le compte « Erreurs et ommissions » qui vient équilibrer cette balance des
paiements, ici égal à + 3 014.

26 Macroéconomie
FICHE 5

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
Les agrégats

I Objectifs
La comptabilité nationale et la balance des paiements mettent en évidence des résul-
tats significatifs comme la formation brute de capital fixe, la consommation finale des
ménages, le besoin ou la capacité de financement de l’économie nationale, etc.
Ces résultats significatifs sont appelés agrégats. Ce sont des indicateurs synthétiques
de l’activité économique. Leur nombre peut être très important, tout solde de compte
est un agrégat, mais tous ne sont pas significatifs. Dans cette fiche, nous avons distin-
gué deux grandes familles d’agrégats : les agrégats macroéconomiques (II.A) et les
agrégats financiers (II.B).

II L’essentiel à savoir
A. Les agrégats macroéconomiques
Le plus important d’entre eux est la valeur ajoutée car c’est à partir de cet agrégat que
nous pourrons définir le PIB et le PNB, auxquels nous ajouterons le revenu national,
l’investissement, l’épargne et l’indice de développement humain (IDH).

1. La valeur ajoutée
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Définie comme la valeur nouvelle créée au cours du processus de production, elle est
égale à la différence entre la valeur marchande de la production et la valeur des
consommations intermédiaires nécessitées par cette production. Elle est le solde du
compte de production. La valeur ajoutée de l’économie nationale peut être aussi cal-
culée à partir du TES.

2. Le produit intérieur brut (PIB)


Le produit intérieur brut est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes de l’ensemble
des agents économiques résidant sur le territoire national, à laquelle viennent s’ajou-
ter les subventions accordées dans le cadre de cette production, déduction faite des
impôts liés à ces produits.

FICHE 5 – Les agrégats 27


On distinguera le PIB marchand et le PIB non marchand. On dira qu’une production
est marchande si elle se négocie sur un marché et si le produit de cette négociation

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
couvre au moins 50 % de ses coûts de production. C’est le cas de la quasi totalité des
biens marchands. Par contre, il n’en est pas de même des services où les recettes tirées
du marché peuvent être inférieures à 50 % des coûts de production.
Le PIB peut être calculé soit par référence à la production, soit par référence au revenu.
Dans l’optique de la production on dira que :
PIB = Valeur ajoutée de l’ensemble des branches + TVA + Droits de douane
Dans l’optique du revenu :
PIB = Rémunération des salariés + Excédent brut d’exploitation
– Subventions d’exploitation reçues + Impôts liés à la production et à l’importation.

3. Le produit national brut (PNB)


C’est l’agrégat retenu par la comptabilité nationale des Nations unies. Le critère réfé-
rent n’est plus celui du résident, mais celui de la nationalité. Ce qui est privilégié, c’est
la nationalité de celui qui produit, sur ou en dehors du territoire national.
PNB = PIB + Revenus du travail et de la propriété reçus du reste du monde – Revenus
du travail et de la propriété versés au reste du monde.

4. Le revenu national
Selon l’optique privilégiée, production ou utilisation de la production, on distinguera
le revenu national et le revenu national disponible brut.

a. Le revenu national = somme des revenus primaires


Dans cette approche privilégiant la production, on dira que le revenu national (RN) est
égal à :
Ensemble des rémunérations des salariés + Excédents d’exploitation, des revenus de
la propriété reçus du reste du monde + Impôts liés à la production versée aux admi-
nistrations

b. Le revenu national disponible brut


Il est égal à la somme de la consommation finale et de l’épargne nationale. Cette
approche vient préciser l’utilisation qui en est faite entre consommation et épargne.

5. L'indicateur de développement humain (IDH)


Trop quantitatif, le produit intérieur brut (PIB) est aujourd'hui contesté comme indi-
cateur du développement. Aussi, à partir des travaux de Sen, prix Nobel d'économie en
1998, on a mis en place un indicateur de développement humain (IDH), calculé par le

28 Macroéconomie
5
Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Cet indicateur est un
indicateur composite, prenant en compte la longévité, l'instruction, les conditions. La

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
longévité est appréhendée à partir de l'espérance de vie à la naissance. L'instruction est
identifiée à partir du taux d'alphabétisation des adultes et d'un taux combiné de scola-
risation dans le primaire et le supérieur. Enfin, le PIB par habitant, mesuré en parité du
pouvoir d'achat est l'indicateur des conditions de vie.

6. Investissement
On dira encore formation brute de capital fixe. Il comprend le renouvellement des
équipements mais aussi leur enrichissement au cours de l’exercice. Le compte capital
permet de connaître, secteur par secteur, le montant de l’investissement réalisé au
cours de ce même exercice.

7. Épargne
L’épargne, part du revenu qui n’est pas consommé, a longtemps été identifiée à l’investis-
sement, même si, depuis Keynes, on sait que ceux qui épargnent ne sont pas nécessairement
ceux qui investissent et que les motivations de l’un et de l’autre ne sont pas identiques. Dans
la comptabilité nationale, l’épargne est le solde du compte d’utilisation du revenu.

8. Croissance et taux croissance


Pour l’entreprise, la croissance s’identifie à une augmentation durable de ses activités.
Elle pourra être d’origine interne (recours à l’autofinancement, incorporation des
réserves au capital par exemples) ou externe (recours à l’emprunt).
Pour l’économie nationale, elle se traduit par l’augmentation, sur longue période, du
produit national brut par tête. La croissance est une approche quantitative du PNB
qu’il ne faut pas confondre avec le développement qui est de nature qualitative. Les
deux approches se complètent et sont liées.
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Le taux de croissance s’identifie à la variation du PIB sur une année. On doit tenir
compte de l’évolution des prix durant l’année et utiliser un déflateur pour raisonner en
prix réel et non en nominal.
Le taux de croissance sera donc égale à :
P I Bt+1 − P I Bt
× 100
P I Bt
avec P I Bt = Valeur nominale en période t
et P I Bt+1 = Valeur réelle du PIB en t + 1
où la valeur réelle est égale à la valeur nominale, minorée de ce qui est imputable à l’inflation.

B. Les agrégats financiers


On distinguera les agrégats monétaires et les agrégats de placement

FICHE 5 – Les agrégats 29


1. Les agrégats monétaires
La Banque de France en retient quatre, la zone Euro trois, c’est cette dernière que nous

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
avons privilégiée1.

a. M1
Agrégat monétaire regroupant l’ensemble des moyens de paiement immédiats et
directs. M1 est constitué de la monnaie divisionnaire, des billets de banque et des
dépôts mobilisables par chèque auprès des établissements de crédit, du Trésor public
et de la Poste.

b. M2
M2 est égal à M1 augmenté des placements à vue et des dépôts à court terme, d’une
durée initiale inférieure à deux ans (comptes sur livret, bons de caisse d’épargne, etc.),
ce que l’on appelait hier la quasi-monnaie.

c. M3
M3 = M2 + les prises en pension, les titres des organismes de placement collectif
(OPVCM), les instruments de marché monétaire (certificats de dépôts, bons du Trésor,
billets de trésorerie) et les titres de créances dont la durée initiale est inférieure à 2 ans.
M3 est l’agrégat référent de la zone Euro, servant de base à la définition et à la mise en
place de la politique monétaire, mise en place et administrée par le Système européen
des Banques centrales.

2. Les agrégats de placement


Au nombre de trois, ils regroupent l’ensemble des placements.
P1 regroupe l’épargne contractuelle et les bons de capitalisation émis par les compa-
gnies d’assurance.
P2 rassemble les obligations, les parts de SICAV obligatoires détenues par les agents
financiers, les réserves techniques.
P3 est égal aux valeurs des actions et des parts de SICAV.

1La Banque de France décompose M3 en M3 et M4 ou M4 = M3 + les billets de trésorerie et les


bons du Trésor.

30 Macroéconomie
5
Application

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
É n o n c é
1. Une entreprise produit 10 000 unités d’un bien vendu 30 € connaissant la
consommation intermédiaire moyenne de chacun d’entre eux, 10 € par unité, quelle
est la valeur ajoutée produite de cette entreprise si la totalité de la production est ven-
due ?
2. Tous les secteurs institutionnels ont-ils un compte de production ?
3. À partir des données statistiques monétaires suivantes, établir les agrégats moné-
taires de la zone Euro.
Billets et pièces en circulation : 270 Mds d’euros
Monnaie scripturale : 2 700 Mds d’euros
Dépôts à vue : 2 316 Mds d’euros
Dépôts à terme < 2 ans : 1 000 Mds d’euros
Dépôts avec préavis < 3 mois : 1 500 Mds d’euros
OPVCM monétaires : 600 Mds d’euros
Titres de créances < 2 ans : 90 Mds d’euros

S o l u t i o n
1. La valeur marchande de la production est de 10 000 × 30 € = 300 000 €, la valeur
des consommations intermédiaires est de 10 000 × 10 € = 100 000 €. La valeur ajou-
tée dégagée par l’entreprise est donc de :
300 000 € – 100 000 € = 200 000 €

(Valeur marchande) – (Consommation intermédiaire)


2. Les comptes de production concernent les secteurs ayant, ou considérés comme
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

ayant, une activité marchante. Aujourd’hui, la définition élargie d’activité marchande


permet à l’ensemble des secteurs institutionnels d’avoir un compte de production donc
de générer de la valeur ajoutée. Certains ont cependant comme ressources essentielle-
ment une production non marchande, venant s’ajouter à une production marchande mar-
ginale. Cela concerne les administrations publiques et les institutions sans but lucratif.
3. La zone Euro retient trois agrégats :
M1, M2 et M3
M1 = 2 700 + 270 = 2 970
M2 = M1 + 2 316 + 1 000 +1 500 = 7 786
M3 = M2 + 600 + 90 = 8476

FICHE 5 – Les agrégats 31


La consommation FICHE 6

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
I Objectifs
On parle souvent de société de consommation, d’économie de l’offre, de politique de
relance etc. Au cœur de ces problématiques, la consommation, chère à Malthus puis à
Keynes, demeure plus que jamais un sujet d’actualité. De son niveau atteint, de son
évolution, dépendent pour beaucoup la croissance, la récession, le pouvoir d’achat etc.
ou son absence, etc.
Mais, avant toutes choses, que faut-il entendre par consommation ?

A. Définitions
Consommation finale, consommations intermédiaires, élasticité consommation prix,
élasticité consommation revenu, partout « consommation », mais pour autant elles ne
disent pas toutes la même chose.

1. Consommation finale, consommation intermédiaire


a. Par consommation finale, il faut comprendre la valeur des biens et ser-
vices consommés pour la satisfaction directe et immédiate des besoins. Le système
Européen de comptabilité nationale, base 1995 (SECN), définit un concept étroit et un
concept large. Le concept étroit distingue consommation finale marchande et consom-
mation finale non marchande.
La consommation finale marchande comprend la dépense totale hors prélèvements
obligatoires et investissements, à laquelle s’ajoute l’autoconsommation des produits
du jardinage, les prestations en nature fournies par les employeurs et les loyers fictifs
des logements occupés par leur propriétaire.
La consommation finale, non marchande, se compose de services domestiques fournis
par le personnel salarié des ménages et des paiements partiels des services collectifs,
proposés par les administrations privées ou publiques. Le concept large, on parle de
consommation effective, regroupe les dépenses de consommation finale des ménages
et la valeur des services non marchands, hors paiements partiels. Ces derniers sont
alors estimés à leur coût pour la collectivité.

b. Par consommation intermédiaire, on entend la valeur des biens et


services achetés par les entreprises, destinés à la production. Ces biens sont ou
détruits, lors du process, ou se retrouvent dans les produits finis.

32 Macroéconomie
6
2. Les propensions à consommer

www.scholarvox.com:ENCG El Jadida:200362993:88805386:105.159.193.36:1591188733
Keynes va distinguer la propension moyenne à consommer et la propension margina-
le à consommer.

a. La propension moyenne à consommer


Elle se définit comme le rapport de la consommation totale au revenu national, soit
encore :
C  = C/Y

b. La propension marginale à consommer


Définie comme le rapport entre l’accroissement de la consommation (C) où l’ac-
croissement du revenu (Y) entre deux exercices ou deux périodes, soit c avec :
C
c=
Y

3. Les élasticités de consommation


On distinguera les élasticités prix et les élasticités revenu.

a. Les élasticités prix


L’élasticités prix/consommation se définit comme la variation relative de la consom-
mation, suite à la variation relative du prix du bien ou du service consommé. Elle est
individualisée et égale à :
C
C P
E P/cons = C = ×
P C P
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

P
b. L’élasticité Revenu
Définie comme la variation relative de la consommation, suite cette fois à la variation
relative du revenu, soit encore :
C/C C  (Propension moyenne à consomm)
E R/cons = =
Y/Y c (Propension marginale à consommer)

B. Les analyses explicatives


On distinguera celles des précurseurs (Engel, Giffen, Veblen) privilégiant l’approche
catégorielle (biens inférieurs, biens normaux, biens supérieurs) et celles privilégiant la

FICHE 6 – La consommation 33

Vous aimerez peut-être aussi