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Une synthèse Chapitre
14
macro-économique : IS-LM

La théorie macro-économique moderne a été élaborée par la synthèse d’éléments tirés des analyses classiques
et keynésiennes. La présentation la plus connue est le modèle d’équilibre général IS-LM : I pour investissement
(Investment), S pour épargne (Saving), L pour désigner les encaisses monétaires (Liquidity) et M représentant
l’offre de monnaie (Money) qui présente le processus de détermination simultanée et indépendante du
revenu et du taux d’intérêt.
La détermination de l’équilibre du marché des biens et services, l’équilibre réel et de l’équilibre du marché de
la monnaie fait apparaître une variable commune : le taux d’intérêt. À partir de cette liaison entre la sphère
monétaire et la sphère réelle, deux économistes, J.R. Hicks et A.H. Hansen ont mis au point un schéma qui
montre l’ensemble des combinaisons taux d’intérêt-revenu qui assure le double équilibre du marché moné-
taire et du marché des biens et services. La construction de ce schéma fera l’objet d’un premier point, son
fonctionnement dans le cadre des politiques macro-économiques d’inspiration keynésienne sera analysé dans
un deuxième temps.

1 L’équilibre du marché des biens et services et l’équilibre


monétaire
Nous allons examiner l’équilibre du marché des biens et services et construire la courbe
IS. L’équilibre monétaire et la courbe LM seront examinés ensuite.
On raisonne sous l’hypothèse d’une économie fermée où le niveau général des prix est constant et
l’offre de monnaie donnée. Le gouvernement n’apparaît pas explicitement dans l’analyse. La
consommation est celle des ménages et des administrations ; l’investissement concerne à la fois
les entreprises et les administrations.
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156 L’ESSENTIEL DE LA MACRO-ÉCONOMIE

■ La courbe IS et l’équilibre du marché des biens et services


Après avoir construit la courbe IS, nous montrerons comment s’effectuent ses déplacements.

a) La construction de IS
Soit la fonction de consommation keynésienne affine : C = Ca + c.Y. Il en découle que la fonction
d’épargne est : S = -Ca + s.Y.
L’épargne S est une fonction croissante du revenu, l’investissement I est une fonction décroissante
du taux d’intérêt.
L’équilibre sur le marché des biens et services est décrit par la relation : Y = C + I et est équivalent
à un équilibre entre l’épargne et l’investissement : I = S.
Cette condition d’équilibre signifie que pour tout taux d’intérêt donné, il existe une seule valeur
de Y pour laquelle l’épargne est égale à l’investissement. Ainsi, Y et i sont liés. La construction
peut être représentée de la manière suivante.
Figure 1. La construction de IS

Le cadran Nord-Ouest représente l’investissement comme une fonction décroissante du taux


d’intérêt.
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CHAPITRE 14 – Une synthèse macro-économique : IS-LM 157

Le cadran Sud-Ouest représente l’égalité entre l’épargne et l’investissement. Dans le repère ortho-
gonal, les points se retrouvent sur la première bissectrice.
Le cadran Sud-Est représente la fonction d’épargne S = -Ca + s.Y.
Le cadran Nord-Est donne la courbe IS.
Si le taux d’intérêt est fixé à un niveau i0, le montant de l’investissement est I0. Ce dernier est égal
à un montant d’épargne S0. La propension marginale à épargner étant donnée, cette épargne est
compatible avec un niveau de revenu Y0. Ainsi, au taux d’intérêt i0 correspond, à l’équilibre, le
niveau de revenu Y0.
La courbe IS représente l’ensemble des couples (Y, i) qui assurent l’équilibre du marché des biens
et services.
Par exemple, si la fonction de consommation est C = 0,8Y – 400 et la fonction d’investissement
est I = 6 000 – 20 000i, alors l’équation de la courbe IS est donnée par :
Y = C + I = 0,8Y – 400 + 6 000 – 20 000i ⇒Y = 28 000 – 100 000i
b) Les déplacements de IS
Pour un taux d’intérêt donné, toute augmentation d’une composante de la demande autonome
par rapport au revenu (Consommation, Investissement, Transferts sociaux) et toute baisse des
impôts autonomes se traduit par un déplacement parallèle et vers la droite de la courbe IS. Il
vient alors une augmentation du revenu d’équilibre.
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158 L’ESSENTIEL DE LA MACRO-ÉCONOMIE

Figure 2. Une augmentation d’une composante autonome de la demande

Inversement, toute diminution d’une composante de la demande autonome et toute augmenta-


tion des impôts autonomes se traduit, pour un taux d’intérêt inchangé, par un déplacement paral-
lèle et vers la gauche de la courbe IS et le revenu d’équilibre diminue.

■ La courbe LM et l’équilibre du marché monétaire


La construction de la courbe LM sera suivie de l’analyse de ses déplacements.
a) La construction de LM
Il s’agit d’exprimer sur le marché de la monnaie une relation d’équilibre qui détermine la quantité
de monnaie disponible dans l’économie en fonction des valeurs du revenu et du taux d’intérêt.
Cette relation doit traduire la relation quantitative entre le revenu et le taux d’intérêt lorsque la
demande de monnaie est égale à l’offre de monnaie.
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CHAPITRE 14 – Une synthèse macro-économique : IS-LM 159

L’équilibre du marché monétaire entre l’offre et la demande de monnaie s’écrit :


MO = MD = Mt(Y) + Ms(i). Si l’offre de monnaie est fixée, cette équation montre qu’à l’équilibre il
existe une relation entre le revenu national et le taux d’intérêt.
Figure 3. La construction de LM

Le cadran Nord-Ouest exprime que la demande de monnaie spéculative est une fonction décrois-
sante du taux d’intérêt.
Le cadran Sud-Ouest représente l’égalité entre l’offre et la demande totale de monnaie. Pour une
quantité totale de monnaie donnée, toute variation de la quantité de monnaie détenue à des fins
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160 L’ESSENTIEL DE LA MACRO-ÉCONOMIE

spéculatives entraîne une variation d’un même montant mais de sens opposé de monnaie détenue
à des fins transactionnelles.
Le cadran Sud-Est représente la demande de monnaie transactionnelle.
Le cadran Nord-Est donne la courbe LM.
Si le taux d’intérêt est fixé à un niveau i0, la quantité de monnaie demandée à des fins spécula-
tives est Ms0. La quantité de monnaie en circulation MO étant constante, si l’on consacre Ms0 à la
spéculation, il reste MO – Ms0 = Mt0 disponible pour assurer les transactions. Cette quantité de
monnaie transactionnelle correspond à un niveau de revenu Y0. Ainsi, au taux d’intérêt i0 corres-
pond le niveau de revenu Y0.
La courbe LM représente l’ensemble des couples (Y, i) qui assurent l’équilibre du marché
monétaire.
Cette construction permet de délimiter trois zones caractéristiques sur la courbe LM.
Figure 4. Les trois zones de LM

La zone intermédiaire représente les couples assurant un équilibre monétaire lorsque la demande
de monnaie comporte une demande spéculative finie et non nulle par rapport au taux d’intérêt.
La zone de la trappe à liquidité signale une demande de monnaie spéculative infiniment élastique
au taux d’intérêt.
La zone classique satisfait la théorie classique selon laquelle la demande de monnaie est indépen-
dante du taux d’intérêt.
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CHAPITRE 14 – Une synthèse macro-économique : IS-LM 161

Il faut noter que la courbe LM appartient tout entière au modèle keynésien dont elle exprime les
différentes possibilités. La théorie classique apparaît comme un cas particulier, un cas extrême du
modèle keynésien.
b) Les déplacements de LM
Il se produit une variation de l’offre de monnaie. Toute augmentation de l’offre de monnaie se
traduit graphiquement par un déplacement parallèle et vers la droite de la courbe LM. Une dimi-
nution a un effet opposé et entraîne un déplacement parallèle et vers la gauche de la courbe LM.
Figure 5. Les déplacements de LM

S’il n’y a pas de demande de monnaie spéculative, la demande de monnaie est seulement fonc-
tion du revenu. La courbe LM est alors verticale (c’est le cas classique).
Une application est la suivante. On a :
– l’offre de monnaie : MO = 6 000 ;
– la demande de monnaie transactionnelle : Mt = (1/3)Y ;
– la demande de monnaie spéculative : MS = 1 500 – 15 000i.
La demande totale de monnaie est :
MD = Mt + Ms = (1/3)Y + 1 500 – 15 000i
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162 L’ESSENTIEL DE LA MACRO-ÉCONOMIE

L’équilibre du marché monétaire est :


MO = MD ⇒ 6 000 = (1/3)Y + 1 500 – 15 000i
L’équation de la courbe LM est : Y = 13 500 + 45 000i. Il nous reste à présenter l’équilibre des
deux marchés.

2 IS-LM et les politiques conjoncturelles


Après avoir présenté l’équilibre simultané du marché des biens et services et du marché monétaire,
nous examinerons le rôle et les conséquences des politiques conjoncturelles.

■ IS-LM et l’équilibre des marchés


Les analyses précédentes ont montré qu’il existe une infinité de couples (Y, i) qui assurent l’équi-
libre sur le marché des biens et services ou sur celui de la monnaie. Mais il existe un couple unique
qui assure l’équilibre simultané sur les deux marchés.

a) La représentation de l’équilibre
L’équilibre du marché des biens et services et du marché monétaire est obtenu à l’intersection des
courbes IS et LM.
Figure 6. IS-LM ou l’équilibre simultané sur les deux marchés
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CHAPITRE 14 – Une synthèse macro-économique : IS-LM 163

Le point E donne le couple (Y*, i*) qui assure l’équilibre des deux marchés. Ce couple est tel que
la demande de monnaie égalise l’offre de monnaie et l’épargne égalise l’investissement.
Toutes autres combinaisons de couple (Y, i) caractérisent des situations de déséquilibre sur l’un ou
sur les deux marchés.
b) L’interprétation des déséquilibres
On peut situer et analyser ces couples dans quatre zones A, B, C et D.
Figure 7. Les déséquilibres des deux marchés

Tout couple (Y, i) situé dans la zone A indique un excès d’offre sur le marché des biens et services
et un excès d’offre sur le marché monétaire.
Tout couple situé dans la zone B retrace un excès d’offre de biens et services et un excès de
demande de monnaie.
Tout couple situé dans la zone C retrace un excès de demande de biens et services et un excès de
demande de monnaie.
Tout couple situé dans la zone D retrace un excès de demande de biens et services et un excès
d’offre de monnaie.
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■ Les politiques conjoncturelles


Nous allons à partir du schéma IS-LM étudier l’impact sur le revenu et le taux d’intérêt d’équilibre
de différentes politiques macro-économiques.

a) La politique budgétaire et fiscale


Nous avons vu précédemment que toute augmentation d’une composante de la demande auto-
nome par rapport au revenu se traduit par un déplacement vers la droite de la courbe IS. C’est
en particulier le cas d’une politique d’augmentation des dépenses publiques ou des transferts
sociaux ou encore d’une politique fiscale de réduction des impôts.
Figure 8. La politique budgétaire et fiscale

Trois cas de figure peuvent être distingués.


1. L’équilibre initial se situe dans la zone de la trappe à liquidité, c’est-à-dire lorsque la courbe IS
coupe la courbe LM dans sa partie infiniment élastique au taux d’intérêt. Dans cette situation
keynésienne extrême, le revenu (Y1) augmente fortement car le processus multiplicateur n’est pas
freiné par une augmentation quelconque du taux d’intérêt. Ce dernier reste à un niveau faible et
n’a pas d’influence négative sur l’investissement. L’effet d’éviction est nul.
Il vient ainsi que le déplacement de IS1 est très efficace. Dans cette zone, la demande de monnaie
est infiniment élastique au taux d’intérêt qui est à son minimum. Suite à une politique budgétaire
expansive, l’augmentation du revenu disponible des ménages va se traduire par une augmentation
de la demande de monnaie transactionnelle et n’aura pas d’influence sur la demande de monnaie
spéculative. Le taux d’intérêt restera stable et n’aura pas d’influence négative sur l’investissement.
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CHAPITRE 14 – Une synthèse macro-économique : IS-LM 165

L’augmentation du revenu disponible se traduit par l’ouverture de débouchés commerciaux pour


les entreprises qui auront tendance à investir.
Le mécanisme du multiplicateur keynésien joue pleinement et le revenu Y1 augmente fortement.
2. La courbe IS coupe la courbe LM dans la zone intermédiaire. Les politiques énoncées restent
efficaces mais un peu moins que précédemment. En effet, le revenu Y2 augmente plus faiblement
que dans la situation keynésienne extrême car l’élévation du taux d’intérêt i2 vient freiner l’inves-
tissement. L’accroissement de la dépense gouvernementale réduit la dépense privée. On a un effet
d’éviction partiel.
Suite à la politique budgétaire expansive et à l’augmentation du revenu qui en découle, une partie
de la monnaie nouvellement disponible va alimenter la demande de monnaie spéculative, ce qui
se traduit par une augmentation du taux d’intérêt.
Cette hausse du i va freiner l’investissement privé ce qui limite l’effet expansionniste.
Plus l’investissement est sensible au taux d’intérêt, plus la pente de IS est faible et plus cela limitera
l’augmentation du revenu.
3. L’intersection de IS et de LM a lieu dans la zone classique. Les politiques keynésiennes expan-
sives n’exercent aucune variation du revenu d’équilibre qui reste à son niveau Y3. Seul le taux
d’intérêt augmente, l’inefficacité de la politique est ici totale. L’effet d’éviction des dépenses
privées par les dépenses publiques est complet.
b) La politique monétaire
Nous avons vu précédemment qu’une augmentation de l’offre de monnaie déplace la courbe LM
vers la droite alors qu’une diminution entraîne une translation vers la gauche.
Comme pour la politique budgétaire et fiscale, trois cas de figure peuvent être distingués pour
analyser la politique monétaire.
Nous allons étudier les effets d’une politique monétaire expansive. Une politique monétaire restric-
tive conduit simplement aux résultats inverses.
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166 L’ESSENTIEL DE LA MACRO-ÉCONOMIE

Figure 9. La politique monétaire

1. Dans la zone de trappe à liquidité, toute augmentation de l’offre de monnaie ne provoque


aucune variation du taux d’intérêt. Une politique monétaire expansionniste est totalement ineffi-
cace, Y1 ne varie pas. Le taux d’intérêt étant très bas et donc le cours des obligations très élevé,
les agents ne peuvent pas anticiper une baisse supplémentaire de ce taux. Ils vont donc garder ce
supplément de monnaie sous forme d’encaisses oisives. Ils ne vont pas le placer mais le
thésauriser.
2. Dans la zone intermédiaire, la politique monétaire devient efficace. Une augmentation de l’offre
de monnaie entraîne une diminution du taux d’intérêt, une augmentation de l’investissement et
donc une augmentation du revenu d’équilibre Y2. Notons que si l’investissement est peu élastique
au taux d’intérêt, la courbe IS est proche de la verticale, l’effet de la politique monétaire sur le
revenu sera de moins grande amplitude que si l’investissement est très sensible au taux d’intérêt,
c’est-à-dire si la courbe IS est proche de l’horizontale.
3. Dans la zone classique l’augmentation de l’offre de monnaie entraîne une diminution plus
importante du taux d’intérêt que dans la zone intermédiaire. L’impact sur le revenu (Y3) via l’effet
multiplicateur sera alors plus important. La politique monétaire expansive semble ici très efficace.
L’augmentation de l’offre de monnaie aura l’effet le plus important sur le taux d’intérêt. La baisse
du taux d’intérêt étant forte, elle favorisera fortement l’investissement et de ce fait le revenu via le
mécanisme du multiplicateur.
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CHAPITRE 14 – Une synthèse macro-économique : IS-LM 167

L’effet sera le même sur le revenu quelle que soit la pente de IS.
L’efficacité de la politique monétaire dépend fortement de la sensibilité de l’investissement au taux
d’intérêt. Plus la pente de IS est forte, plus l’effet sur le revenu sera faible.
Dans les faits il est très difficile de dissocier la politique budgétaire et la politique monétaire, ces
deux politiques étant souvent utilisées en même temps. On a alors une combinaison de ces deux
politiques : la policy-mix.

c) La policy-mix
Nous pouvons faire apparaître les principales conclusions de la politique mixte en nous plaçant
dans une volonté d’augmenter le revenu d’équilibre. Pour ce faire, nous allons sur un même
graphique juxtaposer les résultats issus de l’analyse de la politique budgétaire et de la politique
monétaire.
Figure 10. La policy-mix

1. Dans la zone de la trappe à liquidité, la politique budgétaire est très efficace alors que la poli-
tique monétaire est inefficace. Une politique mixte est dangereuse dans cette situation car l’aug-
mentation de l’offre de monnaie peut conduire à de l’inflation qui pourrait venir annuler les
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168 L’ESSENTIEL DE LA MACRO-ÉCONOMIE

effets bénéfiques de la politique budgétaire. L’augmentation du revenu résulte uniquement du


déplacement de IS. L’augmentation de la quantité de monnaie va favoriser l’inflation.
2. Dans la zone intermédiaire, la politique budgétaire expansive entraîne une augmentation du
revenu et du taux d’intérêt. La politique monétaire vient alors accentuer l’effet d’augmentation
du revenu car elle favorise la baisse du taux d’intérêt. L’augmentation de l’offre de monnaie vient
d’une part amplifier l’augmentation du revenu et d’autre part atténuer l’élévation du taux
d’intérêt. L’efficacité des deux politiques dépend des pentes respectives de IS et de LM.
3. Dans la zone classique, seule la politique monétaire est efficace, la politique budgétaire ne
contribue qu’à une élévation du taux d’intérêt d’équilibre. L’augmentation de la dépense publique
tend à faire augmenter le taux d’intérêt sans variation du revenu d’équilibre. L’augmentation de la
quantité va avoir pour conséquence d’augmenter le revenu et de faire baisser le taux d’intérêt.
L’impact sur le revenu d’équilibre est ici lié à la pente de IS. En fait, la mise en place d’une poli-
tique mixte est délicate, et son impact est largement lié à l’élasticité de l’investissement et de la
demande de monnaie aux taux d’intérêt.
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Économie de l’offre
ou économie Conclusion

de la demande ?

L’analyse macro-économique cherche à expliquer le fonctionnement d’une économie de marché


en appréhendant les problèmes à un niveau global. Elle est apparue en tant que discours distinct
au sein de la théorie économique avec la parution en 1936 de l’œuvre majeure de John Maynard
Keynes intitulée Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie.
Là où les classiques proposent une analyse macro-économique par agrégation des décisions indivi-
duelles, donc qui repose sur des fondements micro-économiques, Keynes se situe d’emblée dans
une perspective macro-économique. À cette différence de fondements d’analyse va s’ajouter le
conflit historique entre la loi des débouchés des classiques et le principe de la demande effective
des keynésiens.
D’un côté, la tradition classique montre comment la flexibilité des prix vient ajuster l’offre et la
demande sur les différents marchés, que ce prix s’appelle salaire réel pour le marché du travail
ou taux d’intérêt réel pour le marché des fonds prêtables. Dans cet univers, la monnaie a pour
fonction principale d’assurer les transactions. Ces économistes ratifient la théorie quantitative de
la monnaie. Toute variation de cette dernière se répercute intégralement sur le niveau général
des prix et est sans incidence sur les autres variables de l’économie. Il existe une dichotomie
entre la sphère réelle et la sphère monétaire. La monnaie est neutre et les politiques macro-écono-
miques n’ont ici guère de place. De plus, leur mise en œuvre peut impulser des effets pervers sur
les variables explicatives de l’offre de biens et services.
D’un autre côté, Keynes et les keynésiens vont remettre en cause cet ajustement spontané sur
l’ensemble des marchés par la flexibilité généralisée des prix. Ils montrent en particulier la possibi-
lité d’existence d’un sous-emploi durable qu’une baisse du salaire ne parviendrait pas à résorber.
Par l’existence d’une fonction de consommation globale reliée au revenu global, Keynes et sa « loi
psychologique fondamentale » suppose l’existence d’une propension marginale à consommer infé-
rieure à l’unité. Ceci va, avec le principe de la demande effective, former la pierre angulaire d’un
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170 L’ESSENTIEL DE LA MACRO-ÉCONOMIE

processus multiplicateur du revenu d’équilibre. De plus, la théorie quantitative de la monnaie et la


neutralité de cette dernière vont être remises en cause. La monnaie va devenir un instrument au
service des autorités monétaires.
Avec le multiplicateur de la dépense et le rôle actif que la monnaie peut exercer sur les variables
réelles, le dispositif keynésien va recevoir toutes ses lettres de noblesse. Puisque l’économie de
marché ne tend pas spontanément vers des équilibres satisfaisants, l’État se doit de pallier ces
insuffisances en intervenant par des politiques de stabilisation qui peuvent être d’ordre budgétaire,
social, fiscal ou monétaire. La politique économique n’entend pas se substituer aux décisions
privées, mais tend à les orienter en leur offrant un système d’information, d’incitation voire d’inter-
diction, de telle sorte que les résultats macro-économiques apparaissent ex post plus favorables.
Sommes-nous dans une économie de l’offre où il faut d’abord produire pour pouvoir consommer
et investir, comme le montrent les classiques, ou dans une économie de la demande où ce sont les
dépenses de consommateurs et d’investissement qui vont déclencher la production ?