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L’Université Mohammed VI Faculté

des Sciences Juridiques


Economiques et Sociales - Salé

Mémoire de fin d’études

Pour l’obtention du diplôme de Master :

Management Bancaire et Finance Internationale

Sous le thème :

L’impact du taux de change sur la balance des paiements :


Étude économétrique sur le cas du Maroc
Présente par : Dirigé par :
Ismail HASNAOUY Mme Kenza
cherkaoui

Année universitaire : 2020 / 2021


Remerciement
Avant tout, Je remercie Allah le miséricordieux, le très miséricordieux, qui m'a donné la
force, l'espoir et le courage et d'avoir veillé tout autour de ceux qui ont accepté m'aider dans
l'accomplissement de ce travail.

‫الحمد والشكر هلل‬

Je tiens à remercier de tout mon cœur ma mère RABHA, mes frères et mes sœurs qui m'ont
toujours soutenu dans cette aventure et n'ont reculé devant aucune épreuve. Je leur serai
toujours reconnaissant pour tous ce qu'ils ont bien voulu faire de moi.

Mes sincères remerciements s’adressent à mon professeur et encadreur


Mme KENZA CHARKAOUI pour son encadrement et ses orientations qui m’ont permis de
mener à bien ce travail.
Mes remerciements s’adressent également à ma chère amie, Maryam EL FATEHY et mes
chers amis, Brahim ALAOUI, Anas KHATTABI, Soufiane FALLATE, et Anas KRIMI qui
m’ont soutenu tout au long de la préparation de ce travail.

En fin, je tiens à remercier toute personne qui a participé de près ou de loin à l’exécution de
ce modeste travail.

Merci

Chapitre I :

Régime de change et taux de change


(théories et définitions)

Introduction :
Le taux de change est la base des relations économiques internationales et fait partie
intégrante de la situation quotidienne des opérateurs économiques. Le développement
vigoureux des relations commerciales et financières internationales et l'interdépendance qui
en résulte sont la première explication de l'importance stratégique de cette variable. Outre ses
aspects économiques et financiers, les taux de change jouent également un rôle clé. En tant
qu'outil ou objectif de la politique économique, même en tant que symbole du pouvoir
politique. Dans un monde complètement mondialisé sans règles formelles, les économistes
tentent de comprendre l'évolution et les conditions des taux de change, et les changements et
conditions des taux de change deviennent de plus en plus instables et incontrôlables. Les
médias professionnels commentent quotidiennement le développement des principales devises
internationales telles que le dollar américain, le yen japonais et l'euro, et analysent les
turbulences que le système monétaire international (SMI) a connues ces dernières années et la
crise financière et des taux de change du système financier. Pays émergents. Chaque pays a
une monnaie qui indique le prix des transactions effectuées sur son territoire. Cette transaction
est un contrat entre un acheteur et un vendeur pour une quantité et une devise spécifique. Le
contrat sera échangé dans une autre quantité de devise à un taux de change prédéterminé.
Chaque fois que les commerçants veulent acheter ou vendre leurs propres devises pour le
commerce, le marché des changes peut suivre l'offre et la demande de devises.
Afin de comprendre ces taux de change, il s'avère que les médias ont mentionné le taux de
change de chaque devise presque tous les jours : le taux de change de l'euro par rapport au
dollar a augmenté, l'euro a affaibli la crise de l'économie grecque.
Le taux de change peut être exprimé selon deux méthodes :
 Les cotations au certain et à l’incertain1 :
En règle générale, les cotations sont dites « à l'incertain », c'est-à-dire établies en unités de
monnaie locale nécessaires pour acheter une unité de monnaie étrangère.
 Par exemple, Au Maroc, le dollar est coté de la façon suivante :

L’incertain est la quantité de la monnaie nationale (la cote) équivalente à une unité
étrangère (la base) ; une unité de monnaie étrangère = X monnaies nationales , à titre
d’exemple le cours du Dollar est de 9,8437 Dirham marocaine et celui de l’Euro est de
10,8457 Dirham.
 Le certain est le nombre d’unités de monnaie étrangère que l’on peut obtenir
avec une unité de monnaie nationale, le cours du Dirham est de 0.101587
Dollar.
Le taux de change est également un outil de politique de stabilité macroéconomique. Face
à la finance internationale, c'est un objectif inaccessible. Le premier chapitre présentera
spécifiquement les principes de base et l'historique du taux de change, du marché des changes,
du système de taux de change et des déterminants du taux de change.
La première partie traitera du système de change et de taux de change. La deuxième partie
discutera des taux de change et des marchés des taux de change, et la dernière partie définira
la théorie de l'interprétation des taux de change.

1
Patrice FONTAINE, Sciences de gestion Synthèse de cours exercices corrigés « Marchés des changes »,
paris,2009, page 20
Section 01 : Le change et les régimes de change.

L'un des objectifs de la politique économique est de choisir le régime de change


approprié pour réaliser la croissance la plus rapide et la plus stable possible.
Le régime de change affecte en effet la stabilité et la compétitivité de l'économie. Bien que le
choix du régime de change soit d'une grande importance, il sape la politique économique du
pays. Les autorités choisissent leur système de change en fonction de leurs objectifs, ceci est
dû à la fois aux objectifs économiques et aux restrictions qu'il doit supporter.

1- Définition du change

L'échange est l'opération de devise étrangère contre la devise nationale. Si deux devises
sont impliquées, l'échange s'appelle l'échange direct. Si plusieurs devises sont impliquées,
cela s'appelle l'échange croisé. L'échange est l'acte d'échanger des devises de différents pays.

La forme de la monnaie est la même que la monnaie d'un pays. La plupart des actifs en
devises négociés sur le marché des changes sont des dépôts à vue des banques.

1) Les formes de change

Le change peut se faire selon trois modalités, qui répondent à des besoins différents :
manuel, au comptant et à terme.

1-1-Le change manuel

Il concerne principalement les particuliers et les entreprises. Ils l'utilisent


uniquement lors de voyages d'affaires.
 Par exemple : une bourse est un marché autonome géré par une banque ou un
bureau de change. Les clients qui souhaitent acheter ou vendre des billets en
devises étrangères se tournent vers une banque ou un bureau de change, qui
négocie généralement avec de l'argent en caisse.
Dans ce type d'échange, le profit du changeur est dû à la différence entre le prix d'achat
et le prix demandé, cette différence est appelée la marge (ou spread).

2-2-Le change au comptant

Le change au comptant (ou spot) consiste en l’échange, avec livraison immédiate, de


deux dépôts bancaires libellés dans deux monnaies différentes (en fait, le délai de livraison,
standard est de deux jours ouvrables). L’opération se déroule entre le client et son banquier et
Les modalités des changes au comptant :
Le change au comptant fonctionne selon deux modalités : le fixage et le gré à gré.

a- Le fixage

Négociation et cotation d'un titre financier à un cours d'équilibre, dégagé en regroupant


tous les ordres d'achat et de vente, une ou plusieurs fois par jour. Ce type de cotation, qui
s'oppose à la cotation en continu, est adapté au traitement des petits ordres ou aux valeurs
d'une liquidité moindre.
b- Le gré à gré

Dans un marché de gré à gré, la transaction étant conclue directement entre le vendeur
et l’acheteur, ces derniers peuvent s’entendre librement sur les termes de l’échange (quantité,
prix ...). Les opérations sont moins standardisées et moins normalisées, et s’effectuent dans
un cadre réglementaire plus souple. Les échanges de gré à gré représentent, de loin, les
volumes les plus importants, notamment parce qu’ils concernent la quasi-totalité des échanges
sur les devises dont les montants de transaction dépassent très largement les montants
observés pour les actions ou les obligations par exemple.
 Exemple : L'un des marchés le plus connu de gré à gré est le marché des devises.
Sur ce marché, une entreprise ou un investisseur qui va avoir besoin de dollars
va appeler un agent de change lui demander son spread, éventuellement le
négocier en fonction du montant et échanger directement avec lui la somme de
devise qu'il souhaite convertir.
2- Historique des régimes de change :

2.1-Le système monétaire international (SMI) 

Le SMI est l’ensemble des pratiques et des institutions régissant : Le règlement des
transactions entre les pays, la création de monnaie au niveau international.

a- Le régime de l’étalon-or2

1870-1914 : le temps de l’étalon-or est caractérisé par un système de changes fixes car les taux de
change variaient très peu autour du pair. Les limites des variations étaient fixées par les points d’entrée
et de sortie d’or (gold points) au-delà desquels se produisaient des transferts d’or, censés exercer des
effets autorégulateurs sur la balance des paiements.
1914-1945 : l’instabilité monétaire marque l’entre-deux guerres. La guerre de 1914-1918 et
les tensions qui en résultent amènent la rupture du système de l’étalon-or. Les États
belligérants décident les cours forcés et l’inconvertibilité en or des monnaies.

b) Les principes du régime de l’étalon-or :

Chaque monnaie est définie par un poids d’or (1 franc = 0,322 grammes d’or). Les
banques centrales détiennent la réserve d’or et d’argent capable d’assurer la couverture de la
monnaie fiduciaire. La monnaie fiduciaire d’un pays étant couverte par l’or, elle peut circuler
librement à travers les frontières sans aucune restriction.
Le fonctionnement du système : Les mécanismes permettant d’empêcher que des
déséquilibres durables puissent s’installer sont :
 La stabilité des changes : toutes les monnaies sont soumises aux lois du marché
mais les fluctuations monétaires sont de faible amplitude ;
2
Dominique Plihon, Les taux de change, septième édition, paris,2017, page 7
 L’équilibre automatique de la balance des paiements par la diminution des
importations et la hausse des exportations.
c) Les limites du système :

Les parités-or étant trop rigides, elles sont impossibles à tenir à long terme à cause
des contraintes qu’elles imposent aux économies nationales et à leurs politiques économiques.
Ainsi, un pays connaissant un problème de balance des paiements doit augmenter ses taux
d’intérêt afin de favoriser l’entrée des capitaux internationaux.

2-2-Le système de Bretton-Woods 

Le but de la conférence de Bretton Woods (1944 États-Unis) était de déterminer les


principales caractéristiques des organisations monétaires d'après-guerre. Le compromis anglo-
américain implique : Un système de taux de change fixe (parité devise fixe) et la création
d'une institution internationale chargée de financer le déficit de la balance des paiements ; Le
dollar américain est devenu la seule monnaie de référence pour fixer la parité des autres
devises.
1945-1971 : le temps des parités fixes débute au lendemain de la Seconde Guerre mondiale
avec la signature des accords de Bretton Woods (B-W) en juillet 1944.
Le système monétaire international (SMI) mis en place est un étalon de change or dans lequel
le dollar joue le rôle de devise clé, par suite de la position dominante des États-Unis.
L’objectif de ce nouveau SMI est triple : restaurer la liberté du commerce international,
assurer la stabilité des monnaies et l’équilibre des balances des paiements, promouvoir la
croissance et l’emploi.

a) L’effondrement du système de Bretton-Woods :


Les conséquences de l’écart grandissant entre la dette en dollars du gouvernement
américain et les réserves d’or se manifesteront à la fin des années 1960 : spéculation contre le
dollar, dévaluation de plusieurs devises (la livre sterling en 1967, le franc français en 1969) ;
les fluctuations des devises (Canada, Allemagne). En août 1971, le président américain Nixon
a décidé de suspendre l'échange de dollars américains contre de l'or.

En décembre 1971, à Washington, un compromis a été signé entre les pays du Groupe
des Dix (G10) (Smithsonian Agreement) qui prévoit la dépréciation du dollar américain, la
réévaluation de certaines devises par rapport au dollar américain et d'autres devises par
rapport au dollar américain L'éventail des fluctuations s'est élargi. Dollars américains.
Depuis 1985 : la coopération monétaire internationale se développe pour atténuer les
mouvements désordonnés des changes.
Septembre 1985 : les accords du Plaza consacrent le changement d’attitude des États-Unis
qui abandonnent leur doctrine du laisser-faire (benign neglect) en matière de change ; ceux-ci
décident de participer à des interventions concertées des banques centrales pour stabiliser les
changes.
Mai 1986 : au sommet de Tokyo, les principaux pays industrialisés décident d’entamer une
réflexion sur le nouveau SMI. Ils font référence à une meilleure coordination des politiques
économiques afin de promouvoir une « croissance globale plus équilibrée ».
Février 1987 : lors des accords du Louvre, le « Groupe des Cinq » grandes puissances
monétaires et le Canada conviennent de coopérer pour stabiliser les cours de change à
l’intérieur de « zones-cibles ».
Ces déclarations n’ont pas empêché les changes de continuer à fluctuer amplement.
1979-1993 : le système monétaire européen constitue la dernière expérience de changes fixes
instaurant la stabilité des monnaies à l’intérieur d’une bande de variations autorisées de +/–
2,25 %.
Ce système de changes fixes mais ajustables a contribué à la stabilisation monétaire dans
l’Union européenne. Le SME a implosé en 1993 car les changes fixes sont incompatibles avec
la forte mobilité des capitaux organisée par le marché unique des capitaux créé en 1990.

À partir de 1999 : la mise en place de l’Union monétaire européenne rétablit une fixité
désormais irréversible des parités intra-européennes. La création de l’euro, susceptible de
concurrencer le dollar, poses en des termes renouvelés la question du fonctionnement du SMI.

3) Le Fonds monétaire international


3.1- Définition3 

Le FMI est une organisation regroupant 184 pays. Il a pour mission de promouvoir
la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les
échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi et à la stabilité économique
et de faire reculer la pauvreté.
3.2- Objectif4 :

L’institution vise à prévenir les crises systémiques en encourageant les pays à


adopter des politiques économiques saines. Comme son nom l'indique, c'est également un
3
Julio R. Prego, Joseph A. Kumar,Alicia Etchebarne-Bourdin ,Division des services multimédias du FMI , Guide du
FMI,2004,page1
4
Julio R. Prego, Joseph A. Kumar,Alicia Etchebarne-Bourdin ,Division des services multimédias du FMI , Guide du
FMI,2004,page2-3
fonds disponible pour les États membres ayant des besoins de financement temporaires.
Résoudre leurs problèmes de balance des paiements. Selon ses "Statuts", le FMI a pour
objectif de promouvoir le développement harmonieux du commerce mondial et de la stabilité
des changes, de décourager le recours à la déficience concurrentielle et de résoudre de
manière ordonnée le problème de la balance des paiements.

3.3- Le Fonds monétaire international et le régime de Bretton Woods 


« Le système idéal consisterait sûrement dans la fondation d’une banque supranationale qui
aurait avec les banques centrales nationales des relations semblables à celles qui existent entre
chaque banque centrale et ses banques subordonnées5. »

3-3-1- Le rôle du FMI6 

Le FMI est fondé comme une institution permanente chargée de maintenir un


fonctionnement harmonieux du système monétaire international. Pour cela, il doit favoriser
les échanges d’information entre les pays membres, encourager la concertation entre les
responsables monétaires et mettre sur pied des mécanismes de coopération internationale afin
d’empêcher les actions unilatérales. Ce « code de conduite » que le FMI doit faire respecter
n’est pas une fin en soi. Il vise avant tout à contribuer à l’expansion du commerce
international et donc à créer des emplois dans les pays membres. Plus spécifiquement, le
Fonds doit contribuer à la mise en place d’un système de parités fixes (dans la version de
Bretton Woods) et au rétablissement de la libre convertibilité des monnaies pour les
opérations courantes.

3-3-2- Les statuts du FMI7 

Régime de taux de change fixe et stabilité du taux de change Les pays qui ont
approuvé
La "Constitution du FMI" ont promis de ne pas procéder à une dévaluation compétitive et de
faire tout leur possible pour assurer la stabilité de leurs monnaies nationales (édition 1945)
stipule que les États membres annoncent officiellement leurs prix médians au FMI. Ces
parités doivent être exprimées en or, mais le plus souvent exprimées en dollars américains. En
fait, le dollar américain est devenu la norme du système car c'est la seule monnaie qui peut
être entièrement convertie en or à un taux de change fixe (35 dollars américains par once

5
Patrick Lenain, « LE FMI », Quatrième édition, La Découverte, paris, page 8
6
Patrick Lenain, « LE FMI », Quatrième édition, La Découverte, paris, page 10-11
7
Patrick Lenain, « LE FMI », Quatrième édition, La Découverte, paris, page 10-11
d'or).
À moins que le pays ne soit occupé par des forces ennemies pendant la guerre, la
parité doit être notifiée au FMI dans les 30 jours suivant le début des opérations. Après avoir
annoncé la comparaison des prix, les pays membres doivent maintenir leurs prix en devises à
l'intérieur d'une fluctuation de 1% autour du prix médian officiel. Cependant, la stabilité du
taux de change n'est pas considérée comme un synonyme rigide irrévocable dans la
constitution du FMI. Le système envisagé est un système à taux de change fixe, mais il peut
être ajusté en cas de déséquilibres économiques de base.
Les pays membres peuvent obtenir à l'avance l'approbation du FMI pour modifier leur
ratio officiel des prix. Les pays membres qui modifient leurs taux de change sans le
consentement du FMI ne pourront obtenir de crédit de fonds au cours des prochaines années
et seront même soumis à des sanctions plus strictes, telles que l'obligation de se retirer de
l'institution. En outre, chaque pays membre a l'obligation de "consulter" le Fonds monétaire
international chaque année pour discuter de l'élaboration de ses politiques économiques.
a) Des facilités de crédit 

La charte du FMI offre aux membres la possibilité d’utiliser leurs ressources


financières. L'objectif de la ligne de crédit est de promouvoir l'adoption de politiques ouvertes
et de politiques de libéralisation pour rassurer les autorités sur le fait qu'il y aura des fonds
pour compenser l'impact possible de ces politiques sur la balance des paiements. Par
conséquent, en accordant ces crédits, le Fonds monétaire international encourage les
politiques visant à convertir librement les devises, à libéraliser le commerce extérieur et à
promouvoir les flux de capitaux internationaux. De même, ces crédits visent à encourager les
pays confrontés à des déficits de balance des paiements à ne pas mettre en œuvre des
politiques préjudiciables à la communauté internationale, telles que la dévaluation compétitive
ou la fermeture du commerce extérieur.

b) Convertibilité des monnaies 

La charte du fonds prévoit une deuxième obligation : tous les membres doivent
rendre leur devise convertible en leur activité actuelle. À cette fin, ils promettent de supprimer
les restrictions sur les achats de devises par les résidents et les non-résidents dans les
transactions courantes (c'est-à-dire les transactions impliquant des biens et des services).
Cependant, des clauses de protection sont prévues pour que les États membres dont la balance
des paiements est difficile puissent maintenir le contrôle du taux de change pendant cinq ans
après la création du fonds et pour les prochaines années. La clause de garantie permettra aux
pays européens de maintenir des restrictions sur la convertibilité de leurs devises jusqu'en
1961.

4-1-Types de régimes de change

Un régime de change est un ensemble de mécanismes et de règles qui assurent les


relations entre les monnaies des pays membres de ce régime. Ces règles peuvent découler
d’accords internationaux (cas du système monétaire européen instauré en 1979) ou résulter
d’un simple état de fait et des rapports de force qui se tissent entre les États, les marchés et les
espaces économiques.

a) Le FMI classe les régimes de change en trois catégories

 Les régimes de changes fixes ;


 Les régimes de changes flottants librement ; Les régimes de changes à flottement dirigé
; Les régimes de changes à flexibilité limitée ;
 Le peg ;
Avant la définition de ces régimes on va définir quelque notion pour comprendre le principe :
Appréciation, réévaluation, dépréciation, dévaluation8
Selon la direction de la cotation, un accroissement du cours d'une devise signifie une
appréciation ou une dépréciation de la monnaie.
Par exemple, en France, si le dollar est coté 1,4480 USD pour un EUR le 8 février 2008 et
1,4542 USD / 1 EUR le 11 février 2008, la valeur de l’euro a augmenté, il s'est donc apprécié.
En revanche, le dollar s'est déprécié. Le taux d'appréciation de l’euro est égal à : [(1,4542 -
1,4480) /1,4480] × 100 = 0,4281 %. En résumé, dans le cas d'une cotation au certain, comme
dans la zone euro, si le cours d'une devise (la monnaie étrangère, par exemple le dollar)
augmente, cela signifie que cette monnaie étrangère se déprécie et qu’en revanche, la monnaie
nationale s’apprécie.
Dans le cas d’une cotation à l’incertain, comme en Suisse, lorsque le cours augmente,
cela signifie que la monnaie étrangère, par exemple le dollar, s’apprécie et qu’en
revanche, la monnaie nationale se déprécie. La distinction entre dépréciation et
dévaluation et entre appréciation et réévaluation est liée à la manière dont s'établit le
cours d'une monnaie.
Dans un système de parités fixes, les cours des monnaies sont établis par les autorités
8
Patrice FONTAINE, Sciences de gestion Synthèse de cours exercices corrigés « Marchés des
changes », paris,2009, page 21
gouvernementales ; en cas de hausse de la valeur de la monnaie, on parle de
réévaluation et, en cas de baisse, de dévaluation. Dans un système à taux de change
flottants, les cours des monnaies résultent de la confrontation de l'offre et de la
demande ; en cas de hausse de la valeur de la monnaie, le terme « appréciation » est
utilisé ; en cas de baisse, le terme « dépréciation » est utilisé.

4-1-1- Les régimes de change fixes 

Les principes des régimes de changes fixes Dans un système de taux de change fixes,
les taux sont maintenus constants (régime de changes fixes purs) ou peuvent aussi fluctuer à
l’intérieur d’une fourchette étroite (régime de changes fixes impur).
Les banques centrales s’engagent à maintenir la parité de leurs monnaies à un niveau fixe
selon des règles préalablement définies.
Les pays membres d’un régime de change fixes définissent leurs monnaies par rapport
à un étalon (or, devise comme l’euro ou le dollar US ou encore un panier de devises, tel que
les DTS, Droits de Tirage Spéciaux). Chaque monnaie a alors un taux de change officiel par
rapport à cet étalon de référence. Dans sa version « pure », un régime de change fixe interdit à
tout pays membre de modifier le taux de change fixe par une dévaluation (modification à la
baisse du taux de change) ou par une réévaluation (modification à la hausse du taux de
change).
On parle dans ce cas d’une parité fixe irrévocable :
 Les avantages et les inconvénients des régimes de changes fixes
Ce régime de changes présente plusieurs avantages :
 Il confère une certaine confiance en la devise du pays dans la mesure où celle-ci est
rattachée à une devise déterminée ou à un panier de devises ;
 Il permet aux banques centrales de mener une politique monétaire plus indépendante ;
 Il oblige les États à être plus disciplinés dans la conduite des politiques économiques.
 Les inconvénients des régimes de taux de change fixes sont les suivants :
 Les politiques monétaires des pays sont moins libres. Les pays peuvent avoir un
déficit de la balance des paiements tant que la communauté internationale accepte de
le financer
 Les réserves internationales (devises étrangères) doivent être importantes.
Pour comprendre l’intervention d’une banque centrale sur le marché des changes, en régime
de changes fixes, il faut prendre en compte le niveau de la monnaie nationale par rapport aux
autres monnaies.
 Si la monnaie est sous-évaluée, les marchés, qui anticipent sa réévaluation, en
achètent, ce qui tend à en faire remonter le cours.
La banque centrale doit prendre la position contraire, vendre sa propre monnaie et acheter les
devises vendues.

4-1-2- Les régimes de change flottants (ou flexibles) 

En régime de changes flexibles ou flottants, la banque centrale n’a pas d’objectif de


change, l’ajustement se fait sur le marché des changes en fonction du libre jeu de l’offre et de
la demande. Dès lors, le taux de change peut s’apprécier ou se déprécier.
Dans la pratique, les banques centrales interviennent dans certains cas.

a) Les types de régimes de changes flexibles 

Il existe plusieurs types de régimes de change flexibles.


Les régimes de change flexibles libres :
Dans le régime de change flexible libre, c’est le marché des changes qui détermine seul les
parités des monnaies des pays membres. Les banques centrales s’abstiennent de toute
intervention.
Les régimes de change à flexibilité dirigée :
Dans ce régime de change à flexibilité dirigée, les pays membres décident de limiter les
fluctuations du taux de change à l’intérieur d’une certaine marge de fluctuation.
Les régimes de change à flexibilité limitée9 :
En régime de change à flexibilité limitée, les fluctuations du taux de change sont définies par
rapport à une seule devise ou selon certains accords (cas du SME, Système Monétaire
Européen).
 Les avantages et les inconvénients du système de changes flexibles :
Les avantages Le système de changes flexibles permet :
 Un ajustement constant, plus rapide des cours de change ;
 Les politiques monétaire et fiscale des pays peuvent être plus flexibles et plus
autonomes.
 Les banques centrales n’ont plus besoin de conserver des réserves importantes
pour défendre le cours de la monnaie. Elles peuvent également s’endetter.
Les inconvénients
Les inconvénients des systèmes de changes flexibles sont les suivants :

9
Gendron, Bruno, Saker, Abderrahmane, « Carrés DCG 5 - Économie 2013-2014 », Gualino,2013,
paris, page 191
 Les cours de change enregistrent une volatilité plus grande et cela peut avoir une
influence négative sur le commerce international ;
 Les fluctuations dues aux mouvements de capitaux à court terme sont
importantes
 La devise du pays peut être considérée avec moins de confiance qu’une devise à
taux d’échange fixe.

4-1-3- Le peg10 

Le peg est un système d’arrimage non officiel d’une devise à une autre devise. Deux
raisons principales peuvent inciter un pays à accrocher sa monnaie à une devise de référence :
 La volonté de protéger la compétitivité- prix de son économie. C’est par exemple le
cas
de la Chine, dont l’excédent structurel de la balance commerciale aurait dû mécaniquement
entraîner une hausse du yuan contre la plupart des monnaies, dont principalement le dollar. La
politique de la Chine a consisté à freiner la hausse de sa monnaie domestique afin de favoriser
le développement de son économie par les exportations.
 La volonté de rendre sa monnaie attractive aux yeux des investisseurs, afin de faciliter
Les entrées de capitaux, recherchées pour leur contribution au développement économique.

a) Les régimes de change selon le FMI Après les crises asiatiques (1997-1998)11 

Le FMI a proposé un nouveau classement des régimes de change, en huit groupes, du plus
rigide au plus flexible.
 Sans monnaie propre : dollarisation ou union monétaire ;
Caisse d'émission (currency board) : constituent une solution radicale. Leur principe est le
même que celui qui gouvernait l'étalon-or jusqu'à la Première Guerre mondiale, à ceci près
qu'une devise forte, généralement le dollar, est substituée à l'or dans le rôle d'étalon.
 Change fixe : monnaie rattachée, formellement ou de facto, à une ou plusieurs
monnaies
Et fluctuant au maximum de +/ 1 % par rapport à un cours pivot fixé à l'avance (système de
Bretton Woods) ;
 Bandes de fluctuations : le taux de change varie dans une bande plus large que +/ 1 %
(Cas du système monétaire européen) ;
 Change glissant : principe du change fixe avec une évolution périodique du cours
10
MARTEAU, Didier, « Les marchés de capitaux Ed. 2 », Armand Colin, paris,2016, page 143
11
Dominique Plihon, Les taux de change, septième édition, paris,2017, page 21-23
pivot
 Bandes glissantes : le principe de la fourchette de fluctuation est maintenu autour d'un
Cours pivot qui, lui, évolue ;
 Flottement géré : le taux de change est fixé par le marché, mais les autorités
Interviennent activement, sans que l'objectif de change soit précisé ;
 Flottement pur : les marchés déterminent le taux de change ; les autorités
n'interviennent

Que pour éviter les fluctuations excessives.

5-1- Typologie des régimes de change :


L'expérience historique montre qu'entre ces deux cas extrêmes extrêmement purs
flottants et absolument fixes, il existe une série de systèmes basés sur différents accords
internationaux, comme. Le montre l'encadré p (système d'échange historique). Plus
précisément, la fonction du système de change dépend de la nature du système monétaire
international (SMI) auquel il participe. Le concept de « système » renvoie à l'idée de
supervision et d'organisation. En fait, SMI fonctionne selon une série d'institutions, de règles
et d'accords destinés à organiser les opérations de change entre les pays. Trois critères
permettent de classer de façon éclairée le SMI et le système de taux de change qui y est
associé : la rigueur des règles de taux de change (des taux de change flottants purs aux taux de
change strictement fixes) ; le degré des flux de capitaux (du flux nul au flux parfait) ; la
monnaie Sensibilité des objectifs politiques aux contraintes externes :

Schéma : Typologie des régimes de change, Le triangle de Mundell.


Autorité financière

Bretton woods
1944-1971

Autonomie de La politique monétaire

Stabilité Des taux de change


SMI Post Bretton Woods Années
1970

SME
1979-1993
SMI libéralisé instable Année 1960
1999
Union Monétaire Mobilités des mouvements des capitaux Flottement des Taux de
change
Source : Dominique Plihon, opcit, p. 79

Ce triangle illustre la leçon de base de la théorie monétaire internationale : c'est un théorème


impossible : il est impossible de combiner un taux de change fixe, une parfaite liquidité du
capital et une politique monétaire indépendante. L'image ci-dessus est basée sur le triangle de
Mundell (ou triangle incompatible) et représente les différents régimes de change et leur
évolution depuis la Seconde Guerre mondiale. Le système de change au sein du triangle est
très décentralisé. Le système de Bretton Woods (1944-1971) est au sommet du triangle car le
SMI est basé sur un système de taux de change fixe, et l'État est obligé de corriger les
déséquilibres de son solde actuel (fortes contraintes externes).

6-1- Le choix du bon régime de change :

 Quel régime choisir ?12 :

Le choix du régime de change est crucial pour la politique économique de tout pays.
Après avoir étudié l'impact de chaque système sur les résultats économiques et proposé ses
avantages et ses inconvénients, comment répondre à cette question ?
En fait, il n'y a pas de meilleure alimentation que les autres régimes. Mais les pays qui ont
réussi à contenir l'inflation sont ceux qui ont adopté un système de taux de change plus
flexible. Cependant, les pays qui ont maintenu un taux de change fixe ont connu une
appréciation réelle de leurs devises et une détérioration de leur solde monétaire. Transaction
en cours. Pendant longtemps, le système de taux de change fixe s’est révélé intenable ; au
contraire, l’expérience du Mexique montre qu’un grand pays peut réussir à adopter un
système de taux de change flexible. À un moment précis d'un pays, il existe un système qui
s'adapte aux conditions économiques et politiques du pays. Tout au plus, nous pouvons
fournir le profil de pays correct pour l'un ou l'autre de ces deux systèmes.

a) Profil de pays adéquat pour le change flottant :

12
Liby, Guillaume, « Economie pour tous : Pour tout comprendre », Le Harmattan, paris,2019,pp
Avoir une base industrielle importante (grand pays industrialisé ou émergent) ;
Jouer un rôle de premier plan dans le commerce international avec une monnaie bien
acceptée au plan international ;
Être doté de marchés financiers (marché des changes et marché des capitaux) profonds
et bien régulés.

b) Profil de pays adéquat pour le change fixe :

Une production industrielle limitée avec des produits d’exportation constitués de


matières premières peu diversifiées ;
Un marché financier local peu profond, peu sophistiqué et insuffisamment intégré aux
marchés financiers internationaux ;
Un niveau d’inflation historiquement très élevé.
 Critères de choix d'un régime de change :

La question du choix du régime de change « approprie » ou du régime de change optimal


constitue une préoccupation majeure de la politique économique. Elle est directement liée aux
autres soucis des pays en développement notamment ceux de libéraliser et stabiliser leurs
économies. Le choix d'un régime de change influence le processus de libéralisation à travers
le mode et la vitesse de transmission des prix mondiaux sur les marchés locaux. Il influence
également le processus de stabilisation puisque le régime de change contribue à la
détermination des équilibres macroéconomiques interne et externe.

Principaux critères de choix d'un régime de change :


Tableau : pays utilisant des formes variées du régime de change fixe :
Caractéristiques de I ’économie Implication en termes de chois de régime
de change l'économie
Taille de l'économie Le régime de change fixe est d'autant plus
recommandé que l'économie est de petite
taille.
Niveau d'ouverture Le régime de change fixe est d'autant plus
recommandé que l'économie est ouverte.
Niveau de diversification de la production Le régime de change fixe est d'autant plus
ou des exportations recommandé production ou des exportations
que l'économie n'est pas très diversifiée.
Concentration géographique du commerce Le régime de change fixe est d'autant plus
extérieur recommandé que le commerce extérieur
rapports principaux que géographiquement
concentré.
Le différentiel d'inflation par rapport aux Le régime de change fixe est d'autant plus
principaux partenaires. recommandé rapports principaux que le
différentiel d'inflation avec les principaux
aux partenaires est faible.
Développement financier Le régime de change fixe est d'autant plus
recommandé que le degré de développement
financier est faible.
Degré de mobilité du travail Le régime de change fixe est d'autant plus
recommandé que la mobilité du travail est
élevée.
Degré de mobilité du capital Le régime de change fixe est d'autant plus
recommandé que la mobilité du capital est
faible.
Chocs extérieurs nominaux change Lorsque les chocs nominaux extérieurs sont
dominants, il est recommandé d'opter pour
un régime de change flexible.
La crédibilité des décideurs économique Lorsque la crédibilité des autorités
monétaire en matière de lutte contre
l’inflation et faible le régime de change fixe
et plus approprié.

Tableau : pays utilisant des formes variées du régime de change fixe :


Utilisation du Caisse d'Emission Arrimage Arrimage au
dollar monnaie (masse monétaire convention dollar avec
nationale nationale égale nelle au une marge de
aux montants des Dollar stabilité de
15 Congo 15 Laos
réserves de 2%
Kinshasa
changes en dollar)
16 Pakistan
1 Equateur 1 Djibouti 1 Aruba 1 Angola
17 Soudan
2 San Salvador 2 Hong Kong 2 Les Bahamas 2 Guyane
3 Arrimage
îles Marshall
au 3 Antigua et Barbade 3 Bahreïn 3 Liban
4 dollar avec
Micronesia 4 Dominique Utilisati 4 Barbade 4 Maldives
variation Arrangeme on de
5 Palau 5 Grenade l'Euro 5 Belize 5 Trinidad Arrimage
et
limitée du taux nts Arrimage
comme Tobago a un
de change dans spéciaux conventionnelle à panier
monnaie
une bande avec Curaçao
L'Euroet
6 Panama 6 leSt.Kitts et Nevis
nationale 6 6 de
Bangladesh
precise dollar Sint Maarten monnaie
1 7 Honduras
Timor-Leste 1 7 Ste Lucie1
Cambodge Kosovo 7 1Erythrée
Cap Vert 7 Bolivie
1 Fiji
2 Nicaragua 2 Liberia 2 San Marino 2 les îles Comores 2 Koweït
3 Zimbabwe 8 IraKSao Tomé et Principe
8 Malawi Maroc
3 Burundi 6 3 3
. 9 Jordanie 9 Nigeria
4 Ethiopie 4 Benin 4
PapouasieLybie
5 Rwanda 1 5Oman
Cote d'Ivoire 1 Nouvelle Singapour
5
0 0
6 Ouzbékistan 6 Guinée Bissau Guinée
6 Botswana
République 1 Qatar 1 Tajikistan
7 Dominicaine 1 7 Mali 1 7 Iran
8 Costa Rica 1 8Arabie
Niger 1 Tanzanie
8 Chine
9 Jamaïque 2 9Saoudite
Sénégal 2 9 Tonga
1 Turkménistan 1 Vietnam
3 3
Source : FMI Octobre 2017
Tableau : pays utilisant des formes variées du régime de change flottant
Régime de change flexible Pur Régime de Change flexible gérée
(très peu d’intervention de la ( Interventions assez régulières de la
Banque Centrale sur le Banque Centrale sur le marché des changes)
Marché des changes)
1 Australie 1 Afghanistan
2 Canada 2 Madagascar
3 Chili 3 Seychelles
4 Japon 4 Albanie
5 Mexique 5 Argentine
6 Norvège 6 Arménie
7 Pologne 7 Colombie
8 Russie 8 Géorgie
9 Suède 9 Guatemala
10 Royaume-Uni 1 Hongrie
0
1 USA 1 Ireland
1 1
1 Autriche 1 Ghana
2 2
1 Union Européenne (27 pays) 1 Inde
3 3
1 Indonésie
4
1 Israël
5
1 Kazakhstan
6
1 Corée du Sud
7
1 Moldavie
8

Source : FMI Octobre 2017

Selon le rapport 2017 du FMI sur les arrangements monétaires dans le monde, sur 163 pays,
76 pays utilisent le régime de change flottant, soit 47 % tandis que 87 utilisent une forme ou
une autre du régime de change fixe, soit 53 %. Le dollar et l’Euro sont les principales
monnaies de réserve auxquelles s’arriment les pays qui utilisent le change fixe. On compte 39
pays qui s’arriment au dollar et 25 pays pour l’Euro dont les 14 pays africains de la Zone
Franc.
Section 02 : Le taux de change et le marché de change :
Le passage d’une monnaie à l’autre se fait par l’intermédiaire du taux de change.
Celui-ci est obtenu par confrontation de l’offre et de la demande d’une monnaie sur le marché
des changes. Le change est l’opération qui permet d’obtenir une monnaie étrangère à partir
d’une monnaie nationale, ou inversement. Ainsi, le taux de change n’est qu’un prix de
marché. Il convient donc d’étudier dans un premier temps le prix particulier que représente le
taux de change, avant d’analyser dans un deuxième temps, le marché des changes.

1- Le marché des changes :

Le marché des changes est le lieu de rencontre entre les offreurs et les demandeurs en
vue d’un échange de devises, et qui aboutit à la fixation des prix des devises exprimés entre
elles, le taux de Change.
Il n’y a qu’un seul marché des changes dans le monde dans la mesure où les transactions,
qui se font en même temps en plusieurs points de la planète, s’opèrent par téléphone, télex et
informatique. C’est également un marché en continu puisque les cours de change sont cotés
24heures/24h : en raison des décalages horaires il y a toujours une place financière ouverte.
Les opérations de change constituent un élément important de la finance internationale. D’un
point de vue pratique, tout d’abord, dans la mesure où elles assurent le passage d’une monnaie
à une autre.
Les marchés de changes permettent d’échanger des monnaies. Ces échanges peuvent avoir
lieu aujourd’hui, c’est-à-dire au comptant, Ils peuvent aussi être négociés aujourd’hui mais
pour une livraison ultérieure. Ces échanges se dénouant dans le futur peuvent être
irrévocables, ils ont alors lieu sur les marchés de changes à terme traités. Toute entreprise
ayant une activité internationale est obligée, pour régler ses transactions avec l'étranger, de
vendre des unités de sa monnaie de référence pour acheter des devises, et inversement
lorsqu'une entreprise étrangère lui achète un produit ou un service.

2- Comprendre le fonctionnement des marchés de changes


2.1- Les intervenants13:
Parmi les principaux intervenants sur le marché des changes on trouve tout d’abord les
entreprises et les particuliers qui transmettent aux courtiers et aux banques des ordres d’achat
et de vente de devises. Les banques et les courtiers jouent alors un rôle d’intermédiaire.
Enfin, les banques centrales interviennent sur le marché des changes pour réguler les

13
Patrice FONTAINE, Sciences de gestion Synthèse de cours exercices corrigés « Marchés des changes »,
paris,2009, page15-17
fluctuations de cours et contrôler les changes. Il est à noter que de grandes entreprises ont
développé une activité bancaire dans le cadre de ce que l’on appelle communément des salles
de marché. Cependant, le marché des changes est surtout un marché interbancaire, dans le
sens où ce sont surtout les banques qui y interviennent. Les individus qui négocient sur le
marché des changes sont appelés cambistes. Ils réalisent au mieux les ordres de leur clientèle
et s’efforcent d’obtenir des gains de change pour le compte de leur banque.

2.2- Les banques :

Le marché des changes est un large marché entre banques. Seules les grandes
banques sont admises à ce club lié par téléphone et télex.
Les spécialistes de ces banques sont appelés les cambistes, parmi lesquels on distingue :
Les cambistes teneurs de marché (market makers), dont le rôle est de coter les cours
Des devises directement sur le marché interbancaire pour le compte de l’institution qui les
emploie ;
Les cambistes clientèle (ou sales), qui sont des vendeurs chargés de répondre à
La demande des clients entreprises. Les banques peuvent donc agir pour leur compte ou pour
celui de leurs clients. Lorsqu'elles interviennent pour leur compte, elles peuvent agir soit pour
couvrir leur risque de change à la suite d'opérations avec leur clientèle, soit pour résoudre des
problèmes de trésorerie à court ou moyen terme, soit encore pour réaliser des gains de change
en pratiquant de l'arbitrage qui consiste à acheter et à vendre des devises n'ayant pas le même
prix à deux endroits différents. Les banques peuvent éventuellement spéculer, c'est-à-dire
acheter des devises, les détenir en attendant que leurs cours montent, et les revendre.
Théoriquement, les banques ont pour politique de ne pas spéculer. En réalité, il arrive à
certaines d'être en position de change en fin de journée (le cas où les banques ont ou doivent
des devises), et donc de spéculer. Les directions des différentes banques imposent des limites
à ces opérations.

2.3- Les courtiers :

Certains utilisateurs préfèrent recourir au service de courtiers plutôt qu’à celui de leurs
banques. Les courtiers sont des intermédiaires qui, contre rémunération, s'efforcent de trouver
une contrepartie à la demande qui leur est faite. Leurs positions d'intermédiaires leur
permettent de grouper les opérations et d'assurer l'anonymat des transactions. Ils sont
principalement localisés à Londres et à New York ; il existe une vingtaine de courtiers à Paris.
Le coût de leurs services dépend du montant et de la devise négociée, il est de l'ordre de 0,01
%.
2.4- Les banques centrales 

Elles interviennent principalement pour influencer la valeur de leur monnaie soit


pour des raisons de politique économique interne, soit pour respecter des parités fixées dans
des engagements pris par exemple anciennement dans le cadre du SME. En France, ces
interventions se font par l'intermédiaire du fonds de stabilisation des changes, créé en 1936 et
géré pour le compte de l'État par la Banque de France. Normalement, les opérations de ce
fonds sont secrètes afin de ne pas influencer les spéculateurs. En fait, elles sont visibles en
examinant les variations des postes de la Banque de France « Disponibilités à vue à l'étranger
» et « Avance au fonds de stabilisation des changes ». Compte tenu de l'ampleur du marché
des changes et des réserves des banques centrales, leurs interventions sont limitées. Pour
qu'elles soient efficaces, il faut que les interventions des banques centrales soient
coordonnées. Les marchés des changes au comptant et à terme

2.5- Les clients 

Ils peuvent se décomposer en trois catégories : Les entreprises industrielles et


commerciales, les institutions financières ne participant pas directement au marché et les
particuliers.
Par définition, ils n'interviennent pas directement sur le marché des changes, ils le font par
l'intermédiaire de banques. Les entreprises industrielles et commerciales, qui représentent la
catégorie la plus importante des clients, offrent ou demandent des devises en contrepartie
d'opérations commerciales (importations ou exportations) ou financières (prêts, emprunts et
investissements) avec l'étranger. Certaines de ces entreprises ont créé leur propre salle de
marché afin de pouvoir intervenir directement sur le marché pour leur propre compte.

3- La notion de taux de change 14:

L'échange de biens, de services et de capitaux entraîne des paiements internationaux, c'est-


à-dire le règlement de dettes contractées en devises étrangères et nationales.
Par conséquent, comme il n'y a pas de monnaie unique dans le contexte international, il doit
être possible d'échanger des devises entre elles.
Cela entraîne inévitablement des problèmes de change : comment et à quels prix les devises
sont-elles échangées ? Ici, nous sentons le défi, car la détermination du taux de change a un
impact sur l'économie réelle et la compétitivité économique du pays. Cet effet est visible à la
lecture de la balance des paiements.
14
Castaing, Sébastien,Coulomb, François,Vanhove, Pascal, « DCG 5 - Économie : Manuel  », Ed. 6,Dunod,
Paris, 2017, page 328-330
De même, il semble nécessaire de définir d'abord la notion de taux de change et de taux de
change. Ensuite, nous devons montrer comment le taux de change est formé, en d'autres
termes, ce qui explique l'appréciation ou la dépréciation de la monnaie. Enfin, nous verrons
que les pays peuvent adopter une politique de taux de change pour affecter leur niveau de
parité monétaire nationale afin de prendre des mesures sur l'activité économique intérieure.

3.1- Taux de change et marché des changes :

L'échange d'une devise à l'autre se fait par le biais des taux de change. Ceci est obtenu en
comparant l'offre et la demande d'une certaine devise sur le marché des changes. Le change
est une opération qui peut obtenir des devises étrangères de la monnaie nationale, et vice
versa. Le taux de change n'est donc que le prix du marché. Par conséquent, il est recommandé
d'étudier le prix spécifique exprimé en taux de change avant d'analyser le marché des changes.

3.1.1- Le taux de change nominal :

Définition :
Le taux de change est le prix d’une monnaie exprimé en une autre monnaie. C’est le nombre
d’unités monétaires que l’on peut obtenir en échange d’une unité d’une autre monnaie.
« Le taux de change est un taux nominal bilatéral.
 Bilatéral parce qu’il est établi entre deux monnaies ; un pays a autant de taux de
change
Bilatéraux qu’il y a de pays.
 Nominal parce qu’il est exprimé monétairement.
 Les notions de taux de change réel (à la place de nominal) et de taux de change effectif
(Unique pour un pays) seront introduites un peu plus loin. Lorsque le taux de change E
(indirect, tel qu’il vient d’être défini) diminue et passe de 0,86 € à 0,80 €, la quantité de
dollars que permet d’acheter 1€ augmente ; on dit alors que l’euro s’apprécie par rapport au
dollar. Les marchandises américaines (ou libellées en dollars, comme beaucoup de
marchandises qui s’échangent sur le marché mondial) valent alors moins cher pour les
Français (et Européens).
Exemple :
Un baril de pétrole dont le prix de marché est de 100 $ va voir son prix en euros passer de 86
à 80. Mais un Airbus qui est vendu 100 millions de dollars va rapporter 80 millions d’euros à
la place de 86.
L’appréciation de la monnaie fait baisser le prix des importations qui deviennent moins
chères et des exportations qui rapportent moins. Par contre, si l’on observe le mouvement
inverse, on dit que l’euro se déprécie par rapport au dollar. La dépréciation de la monnaie fait
monter le prix des importations et des exportations, avec les effets inverses de l’appréciation.
Sur la base des observations qui précèdent, il est possible d’écrire la formule plus générale
suivante : P=E . P∗¿ où P représente le prix d’une marchandise en Europe, P* le prix de la
même marchandise à l’étranger et E le taux de change nominal bilatéral indirect entre les deux
pays concernés. Cette formule s’appelle la « Loi du prix unique » quand elle est appliquée à
une marchandise particulière échangée sur le marché mondial (pétrole, Airbus, etc.) ; elle se
transforme en un principe, la « parité des pouvoirs d’achat » (PPA), quand on l’applique à des
pays entiers dont on compare les indices des prix à la consommation. »15

3.1.2- Le taux de change réel :

Définition :
« Le taux de change réel est obtenu en multipliant le taux de change nominal par le rapport
des niveaux de prix des deux pays mesurés à partir d’une année de base commune. »16
La définition qui précède ne reflète pas les différences de pouvoir d’achat qui existent entre
les monnaies. Pour cela, il faut calculer un taux de change réel qui permet de comparer les
prix des biens entre deux pays.
Si l’on suppose qu’un bien unique se vend 1000$ aux États-Unis et 1200€ en Europe, et que
le taux de change nominal (e), observé sur le marché des changes est 1$ =0,90€, le calcul du
taux de change réel (er) s’obtient de la manière suivante :
er =(e × Prix du bien aux États-Unis/Prix du bien en Europe)= Prix du bien américain en
euros/Prix du bien européen en euros ce qui donne:
er =0,9.(1000/1200)
D’où er =0,75 C’est-à-dire que 1 dollar ne permettrait d’obtenir que 0,75 euro de ce bien
en Europe.
Le taux de change réel correspond à un indice de compétitivité-prix de l’économie
domestique par rapport à l’économie de la devise concernée. Un taux de change réel inférieur
à 1 illustre une sous compétitivité prix de l’économie domestique, ou encore une
surévaluation de la monnaie domestique par rapport à la devise étrangère. En passant d’un
bien unique à un panier de bien, le prix est remplacé par l’indice des prix respectif de chaque
pays P, pour la zone euro et P* pour l’étranger.
Le taux de change réel est alors : er =e . P∗¿ P
15
Duchêne, Gérard, Constant, Karine, Domingues, Patrick, « Economie internationale : Cours et applications »
Ed.1, Vuibert, paris,2018, page 60-61.
16
Duchêne, Gérard, Constant, Karine, Domingues, Patrick, « Economie internationale : Cours et applications »
Ed.1, Vuibert, paris,2018, page 62.
Hausse de (er) traduit une amélioration de la compétitivité-prix des produits nationaux, une
baisse de er indique une détérioration de la compétitivité prix des produits nationaux (la
compétitivité dépend à la fois des évolutions de e, P* et P).
 Cotation au certain, cotation à l’incertain.
Dans le cadre d’une cotation au certain le taux de change s’exprime comme le nombre
d’unités de la devise étrangère que l’on peut obtenir avec une unité de monnaie
domestique (par exemple, 1€=1,25$).
Dans le cadre d’une cotation à l’incertain, le taux de change s’exprime comme le
nombre d’unités de monnaie domestique qu’il faut dépenser pour obtenir une unité de
devise étrangère (1$ =0,80€).
3.1.3 Le taux de change effectif :

Définition :
« Le taux de change effectif est un instrument qui permet de synthétiser tous les taux
de change bilatéraux d’un même pays en une seule donnée, en construisant ainsi une sorte de
moyenne des taux de change par rapport à tous ses partenaires. »17
Au cours d’une même période, une monnaie peut s’apprécier par rapport à certaines devises et
se déprécier par rapport à d’autres. Il convient donc de calculer le taux de change moyen
d’une monnaie avec un ensemble de devises, en tenant compte du fait que, pour un pays, les
différentes devises n’ont pas la même importance. Ainsi, le taux de change effectif est une
moyenne pondérée (par le poids de chaque pays dans le commerce extérieur du pays
concerné) des taux de change bilatéraux.
On peut bien entendu calculer un taux de change effectif réel, moyenne pondérée des
taux de change réels bilatéraux.
Enfin, on distingue habituellement les taux de change fixes et les taux de change flexibles.
Un taux de change fixe est un taux de change (ou une parité) fixé à l’avance dans le cadre
d’accords internationaux, par référence à un étalon (l’or, une autre devise, un panier de
devises).
Un taux de change flexible, ou flottant, est un taux de change qui varie librement sur le
marché des changes en fonction des offres et des demandes pour cette monnaie. Ainsi, depuis
les accords de la Jamaïque (1976), la couronne danoise flotte par rapport au dollar mais est
fixe (ou quasiment fixe) par rapport à l’euro (en raison de la coopération monétaire
européenne dans le cadre du mécanisme de change européen et de l’euro).
17
Duchêne, Gérard, Constant, Karine, Domingues, Patrick, « Economie internationale : Cours et applications »
Ed.1,Vuibert,paris,2018,page 63.
La généralisation des changes flexibles nous conduit naturellement à nous intéresser au
marché des changes.

3.1.4 Taux de change nominal et taux de change réel

Considérons deux pays, la France et les États-Unis, et raisonnons à une date donnée.
Le 1er janvier 2011, l’indice des prix d’un panier de référence en France est P EUR = 100 (euros)
alors qu’aux États-Unis, il faut PUSD = 137 (dollars) pour acheter ce même panier.
Le taux de change PPA d’équilibre est ainsi : EUR/USD = 137/100 = 1,37 soit 1 EUR = 1,37
USD
« Le taux de change réel, généralement noté q permet de comparer le prix des biens
nationaux à celui des biens étrangers après conversion dans une même monnaie à l’aide du
taux de change courant. On a PEUR = 100 et PUSD = 137, et prenons comme valeur du taux de
change nominal SEUR/USD = 1,17. En multipliant PEUR par le taux de change courant SEUR/USD, on
obtient l’indice de prix français exprimé en dollars : PEUR × SEUR/USD = 100 × 1,17 = 117.
En divisant ensuite par l’indice des prix des biens américains P USD, on obtient le taux de
change réel q :
q =(PEUR/PUSD)*SEUR/USD = 117/137=0,8540

Qui est lui exprimé en


dollars et peut s’interpréter comme un indicateur de compétitivité des biens français par
rapport aux biens américains : cette valeur étant inférieure à 1, cela signifie que les biens
français sont plus compétitifs. Ce résultat est logique puisqu’avec un taux de change nominal
de 1,17, l’euro est sous-évalué par rapport au taux de change PPA d’équilibre 1,37. Si les
deux étaient équivalents, alors le taux de change réel serait égal à 137/137 = 1, soit un euro
Si la PPA absolue équivaut à un taux de change réel égal à l’unité, la PPA relative
équivaut, elle à un taux de change réel constant (même s’il n’est plus forcément égal à 1, le
taux de change réel est fixe et ne varie donc pas dans le temps).
Considérons deux pays, la France et les États-Unis, et raisonnons à une date donnée.
Le 1er janvier 2011, l’indice des prix d’un panier de référence en France est P EUR = 100
(euros) alors qu’aux États-Unis, il faut PUSD = 137 (dollars) pour acheter ce même panier. Le
taux de change PPA d’équilibre est ainsi : EUR/USD = 137/100 = 1,37 soit 1 EUR = 1,37
USD »18

3.1.5 Marché au comptant et le marché à terme 

18
Laurence, ABADIE. Catherine, MERCIER-SUISSA, « Finance internationale : Marchés des changes et
gestion des risques », Armand Colin, paris,2011, page 73.
Le marché des changes est composé de deux marchés :
 Le marché au comptant ;
 Le marché à terme ;
« Les marchés organisés comme sur les marchés de gré à gré, les transactions peuvent avoir
lieu au comptant ou à terme. Dans un marché au comptant, la livraison des biens échangés et
leur paiement ont lieu pratiquement simultanément. Par exemple, sur un marché actions au
comptant, la livraison des titres et leur règlement ont lieu au maximum dans les deux jours
ouvrés suivant l’accord entre les parties. Sur un marché à terme, les intervenants fixent
aujourd’hui un prix pour une transaction qui interviendra à une date future donnée. Par
exemple, dans une opération à terme à un mois, la transaction est conclue aujourd’hui mais le
règlement et la livraison en contrepartie ne se feront que dans un mois. »19
« Le marché au comptant, la livraison des devises, par transfert de compte à compte se fait
dans les deux jours ouvrables qui suivent la négociation. Sur le marché à terme, la livraison
est reportée à une échéance et à un cours convenu à l’avance, appelé cours à terme. »20

a) Le marché des changes au comptant (spot) 

« Sur le marché au comptant, les conditions de l’échange des devises (prix et quantités) sont
fixées par les co-contractants, le jour j, et la transaction effective (remise des devises) a lieu
au plus tard deux jours ouvrables après le jour j. » 21
Sur le marché des changes au comptant, appelé spot, ont lieu les achats et ventes de devises
au comptant, c’est-à-dire avec un dénouement de l’opération immédiat. A cette fin, sont
affichés les prix d’achat (Bid) et les prix de vente (Ask) pour chaque devise. Le bid
correspond au prix acheteur, c’est le cours auquel la banque est prête à acheter du dollar
contre de l’euro.
Le ask correspond au prix vendeur, c’est le cours auquel la banque est prête à vendre du
dollarcontre de l’euro. L’écart entre les deux prix est appelé écart Bid/Ask ou spread.
Spread = [(Cours vendeur – Cours acheteur) /Cours vendeur] × 100
Les cours sont donnés avec 4 chiffres après la virgule. La deuxième décimale est appelée la
figure. La dernière décimale est appelée le pip (ou point). Une baisse de 10 pips signifie donc
que le cours passe de 1,4318 à 1,4308.

19
DUPUY, Philippe, FONTAINE, Patrice, HAMET, joanne, « Les marchés de capitaux français », EMS
Editions, paris,2018, page 22.
20
Castaing, Sébastien,Coulomb, François,Vanhove, Pascal, « DCG 5 - Économie : Manuel  », Ed. 6,Dunod,
Paris, 2017, page 330
21
Guillochon, Bernard, Kawecki, Annie, Venet, Baptiste « Économie internationale : Cours et exercices corrigés
Ed. 8 », Dunod, paris,2016, pages 329
b) Le fonctionnement du marché des changes au comptant22 :

L'objet du marché des changes au comptant est de permettre l'échange de devises


instantanément. Concrètement, la livraison des devises a lieu deux jours après la date de
négociation, sauf pour les échanges entre les dollars canadien et américain, livrés un jour plus
tard. Le prix auquel l'échange se fait entre deux devises est le taux de change au comptant ou
le cours de change au comptant d'une devise exprimé en unités de l'autre devise. Par exemple,
le cours de l’euro à Paris le 11 février 2008 était égal à 1,4542 dollars.

c) Le marché des changes à terme (forward)23 :

« Sur le marché à terme, les conditions de la transaction sont fixées le jour j, et l’exécution
de la transaction a lieu après le deuxième jour ouvrable qui suit j. » 24
Le marché des changes à terme, appelé forward, est le marché qui permet de se couvrir contre
le risque de variation du cours d’une devise. Il permet donc à une entreprise de fixer en date
d’aujourd’hui le cours d’une devise pour une date ultérieure. Les échéances cotées sont 1
mois, 3 mois, 6 mois, 1 an.
Il y a la cotation en valeur (outright rate) qui est la cotation donnée aux clients des banques,
et la cotation en point (celle du marché interbancaire) qui est la différence entre le cours à
terme et le cours au comptant.
La cotation en points indique le nombre de points à rajouter (report ou premium) ou à
retrancher (déport ou discount) au cours au comptant pour obtenir le cours à terme.
 Si le cours à terme est supérieur au comptant, on dit que la devise est en report par
Rapport à la monnaie nationale.
 Si le cours à terme est inférieur au cours au comptant, on dit que la devise est en
déport
Par rapport à la monnaie nationale.
La fixation des cours à terme s’effectue via les cours du spot et les taux d’intérêt. Pour
connaître les cours acheteur et vendeur à terme, il faut connaître les cours au comptant et les
taux d’intérêt. Deux méthodes principales peuvent être utilisées pour calculer les cours à
terme : le calcul direct ou le calcul par le biais du report et déport.
Exemple :

22
Patrice FONTAINE, Sciences de gestion Synthèse de cours exercices corrigés « Marchés des changes »,
paris,2009, page19
23
KARYOTIS, Catherine, « L'essentiel de la bourse et des marchés de capitaux », Ed. 8, Gualino, paris,2020,
pages 125-128
24
Guillochon, Bernard, Kawecki, Annie, Venet, Baptiste « Économie internationale : Cours et exercices corrigés
Ed. 8 », Dunod, paris,2016, pages 329-330
Soit les taux suivants :
Taux emprunteur Taux prêteur
Taux 1 an $ 4℅ 4,25 ℅
Taux 1 an € 5,25 ℅ 5,75 ℅
Cours comptant 1,053 1,054
0,9497 0,9487
1re méthode : calcul direct du cours à terme
 Calcul du cours acheteur $/€ : Une banque s’engage à acheter 1 000 000 $
contre de l’euro.
 La banque emprunte des dollars au taux prêteur, soit :1 000 000/ (1 + 4, 25 %) = 959
232,61$.
 Elle transforme ses dollars en euros au cours comptant, soit :959 232,61 × 0,9497 = 910
983,21 €.
La banque place ces euros sur les marchés pour une durée d’un an (au taux emprunteur),
Soit : 910 983,21 × (1 + 5, 75 %) = 963 364,74
 Dans un an, la banque fournit 961 087,29 € contre 1 000 000 $
Le cours acheteur à terme sera : 961 087,29/1 000 000 = 0,9611.
 Calcul du cours vendeur $/€ : Une banque s’engage à vendre 1 000 000 $
contre de l’euro.
 La banque emprunte des euros au taux prêteur, soit : 1 000 000/ (1+ 4 %) = 961
538,46 $
 Le montant en euros sera : 961 538,46 × 0,9487= 912 211,54 €
 Dans un an, le placement aura donné : 912 211,54 × (1+ 0, 0575) = 964 663,70 € Le
cours vendeur à terme sera : 964 663,70/1 000 000 = 0,9647.
2e méthode : déport/report :
Le report et le déport reflètent la différence de taux d’intérêt, et sont calculés à partir du cours
comptant et de la différence de taux (il y a report si la différence de taux est positive, et déport
dans le cas inverse).
 Calcul du report/déport pour le cours acheteur CCA = cours comptant acheteur
Report/déport= [CCA × (taux emprunteur €–taux prêt $) × J] / [36 000 + (Taux prêteur
$ × J)] = [0,9497 × (5,50 % – 4,25 %) × 360] / [36 000 + (4,25 % × 360)] = 0, 01139,
soit 114 points swaps
 Calcul du report/déport pour le cours vendeur CCV = cours comptant vendeur
Report/déport= [CCV × (taux prêteur €–taux emprunteur $) × J] / [36 000 + (Taux
emprunteur $ × 360)] = [0,9487 × (5,75 % – 4%) × 360] / [36 000 + (4 % × 360)] = 0, 01596,
soit 116 points swaps
Au final, selon, cette technique de calcul, on a :
Achat Vente
Cours comptant $/ 0,9497 0,9487

Points swaps 114 160
Cours à terme €/$ 0,9611 0,9647

Section 3 : Les théories explicatives du taux de change.

La volonté de trouver un modèle acceptable qui explique le mouvement de taux de


change en fonction d’autres variables macroéconomiques, est l’un des objectifs principaux de
l’étude des taux de change. La présente section, abordera les concepts de la parité des
pouvoirs d’achat (PPA) à long terme, et la parité des taux d’intérêt (PTI) à court terme et
autres approches déterminantes de taux de change.

1.1- Les principaux déterminants à long terme des taux de change 

Les premières théories sont apparues au début du XX e siècle, dans un contexte de


changes fixes et de croissance rapide du commerce international.
Elles avaient tendance à supposer que seuls les échanges de biens et services, ainsi que leurs
prix, étaient les facteurs déterminants des taux de change. Mais avec le développement des
mouvements de capitaux et la généralisation des changes flottants dès le début des années
1970, un second groupe de théories mettra l’accent sur l’importance des facteurs financiers
dans l’évolution des taux de change.
Depuis, les travaux sur le sujet n’ont cessé de progresser et les économistes ont proposé de
nouvelles méthodes de modélisation fondées sur des cadres d’analyse plus complexes mais
également plus réalistes.

1.1.1- Les théories de la parité de pouvoir d’achat (PPA) 

McKinnon (1979), dans son traité sur la PPA, estime qu’« il est commode de prendre
comme point de départ la conception selon laquelle les monnaies nationales ont des pouvoirs
d’achat, en termes de biens et services réels, qui tendent à s’égaliser ». C’est l’hypothèse
d’arbitrage complet sur le marché des biens commercialisables amenant une relation
prévisible entre les niveaux des prix et des taux de change. Plus précisément, cette théorie
(associée à l’économiste suédois Gustav Cassel, 1918), prédit qu’une monnaie se dévalue de
la même ampleur que la hausse du niveau des prix du pays, en comparaison de celle des
autres pays. Deux versions de cette théorie sont présentées : version absolue et version
relative (McKinnon, 1979 ; Baillie et McMahon, 1989 ; Anne Krueger, 1983 ; Lindert,
1989)25.
Sa forme la plus simple, mais néanmoins rigoureuse, est la théorie de la PPA absolue : celle-ci
stipule qu’en l’absence de coûts de transport et de barrières à l’échange international (et plus
généralement dans un régime de concurrence pure et parfaite), le prix d’un même bien est
identique dans tous les pays, dès lors qu’on l’exprime dans une monnaie commune.
Plus généralement, lorsque l’on considère plusieurs biens, il convient de s’intéresser au
25
Emmanuel Nyahoho, « finance internationales THÉORIE, POLITIQUE ET PRATIQUE », 2e édition,2002,
canada, page 106
niveau général des prix (et donc aux indices de prix pour un même panier de biens), et le taux
de change découlant de la PPA absolue assure qu’une unité de devise a le même pouvoir
d’achat dans le pays d’origine et à l’étranger.
Si ce n’était pas le cas, il serait possible d’exécuter des arbitrages : un bien serait
acheté là où il est meilleur marché (compte tenu du taux de conversion) pour être revendu là
où il est le plus cher, le mécanisme d’arbitrage rétablissant l’équilibre sur tous les marchés, et
par là même la parité de pouvoir d’achat.

1.1.2- PPA absolue et taux de change 

En considérant deux pays, A et B, et en choisissant le pays B comme pays « étranger »,


alors nous noterons :
eA/B : taux de change nominal de la monnaie A (monnaie domestique) ;
PA : le niveau des prix dans le pays A exprimé en monnaie domestique ;
PB : le niveau des prix dans le pays B exprimé en devise étrangère.
La PPA absolue : en notant e A/B le taux de change nominal de la monnaie domestique, alors la
loi du prix unique implique que e A /B × P A=P B.
PB
Le taux de change d’équilibre est donc eA / B= Ce taux de change d’équilibre corrige
PA
les écarts de niveaux de prix entre les pays, en même temps qu’il constitue un taux de
conversion pour les devises concernées. L’intérêt de cette théorie est de permettre d’évaluer le
taux de change théorique (le taux de change PPA d’équilibre) vers lequel devrait normalement
converger, à plus ou moins long terme, le taux de change observé.
En comparant le taux de change courant (taux de change nominal observé) avec ce taux
PPA d’équilibre, il est alors possible de voir si une devise est surévaluée ou bien sous-
évaluée, et d’anticiper par là même sa dépréciation ou son appréciation future.

1.1.3- Illustration de la théorie de la PPA absolue 

Considérons deux pays, la France et les États-Unis, et raisonnons à une date donnée. Le
1er janvier 2011, l’indice des prix d’un panier de référence en France est P EUR = 100 (euros)
alors qu’aux États-Unis, il faut PUSD = 137 (dollars) pour acheter ce même panier.
Le taux de change PPA d’équilibre est ainsi : EUR /USD=137 /100=1,37 soit 1 EUR = 1,37
USD Si ce taux de change PPA (1,37) est différent du taux de change nominal à un instant
donné (taux de change courant), alors cela signifie que l’euro n’est pas correctement évalué à
ce moment précis. Cependant, 1er jeu de l’offre et de la demande devrait permettre rapidement
au taux de change nominal de se rapprocher de la valeur PPA, i . e qu’il devrait converger vers
le taux de change d’équilibre eEUR/USD. Prenons un exemple pour illustrer ce mécanisme.
En notant SEUR/USD le taux de change courant, et en supposant qu’au 1er janvier SEUR/USD
= 1,17, alors 1,17 < 1,37, et l’euro est clairement sous-évalué par rapport à la PPA.
Il existe ainsi une opportunité d’arbitrage qui consiste à acheter le panier de biens en France
(au prix de 100 EUR) et à le revendre aux États-Unis au prix de 137 USD (soit l’équivalent de
137/1,17 = 117 EUR) dégageant ainsi un gain de 7 EUR.
La possibilité d’arbitrage entraîne une augmentation de la demande pour les biens
domestiques au détriment des biens importés, et donc une demande accrue pour la devise
nationale (ici l’euro), ce qui contribue à l’appréciation de l’euro par rapport au dollar et à la
convergence vers la valeur d’équilibre PPA :
eEUR/USD = 1,37. A Contradiction, si le taux nominal s’établissait à SEUR/USD = 1,45 > 1,37, l’euro
serait surévalué et on assisterait à une dépréciation de l’euro jusqu’à ce que le taux de change
nominal atteigne son point d’équilibre. Dans la réalité, cette théorie souffre de quelques
faiblesses (nous y reviendrons), notamment parce qu’elle considère comme déterminant
unique du taux de change le seul niveau des prix. Or, les prix qui prévalent dans un pays ou
une région donnée dépendent eux-mêmes de la structure de marché qui y prévaut
(concurrence plus ou moins vive), des coûts d’approvisionnement ou de distribution…
Le niveau des prix ne tend donc pas en réalité à s’égaliser de manière absolue (e A/B × PA ≠PB).
Une autre version de la PPA, dite théorie de la PPA relative, permet de lever cette
dernière limite, en supposant que le taux de change entre deux pays s’ajuste pour refléter les
variations du niveau des prix dans le temps. Elle consiste à expliquer non pas le niveau même
du taux de change à un moment donné, mais son évolution entre deux périodes.

1.1.4- PPA relative et taux de change

Tout comme nous avions eA/B × PA = PB, si l’on s’intéresse à présent aux variations des
indices de prix entre deux dates t et t-1, alors la variation du taux de change qui permet
d’assurer la PPA relative est donc :
• (etA/B/e t-1A/B) × (Pt A/Pt-1A) = (PtB/Pt-1B)

Que l’on peut encore écrire : (et A/B/et-1A/B) = (PtB/Pt-1B) / (PtA/Pt-1A)


Pour illustrer cette relation, reprenons l’exemple de précèdent : le 1er janvier 2011, les
indices de prix étaient P2011EUR = 100 et P2011USD = 137.
Supposons qu’en 2010, le même panier de référence valait P2010EUR = 95 et P2010USD = 135.
En parité de pouvoir d’achat, la variation du taux de change euro-dollar devrait être de :
• (e2011EUR/USD/e2010EUR/USD) = (137 /135) / (100/95) = 0,9640 et on devrait donc constater une
dépréciation de l’euro par rapport au dollar entre 2010 et 2011.
Pour mieux comprendre le mécanisme, nous pouvons également faire apparaître les
variations relatives des indices de prix, c’est-à-dire les taux d’inflation calculés entre ces deux
dates
t et t-1.Le taux d’inflation domestique est alors :
InfA = (PtA-Pt-1 A) / P t – 1 A Et InfB = (PtB-Pt-1 B) / P t – 1 B

Pour l’autre devise. La variation relative du taux de change qui permet d’assurer la PPA
relative est donc :
  (e t A/B – et-1 A/B/e t-1A/B) = (et A/B/e t-1A/B) – 1 ce qui vaut (Pt B/P t- 1 B)/(PtA /Pt- 1A) – 1

Nous pouvons alors simplifier et faire apparaître des taux d’inflation :


 Ce qui en considérant que le taux d’inflation étranger n’est pas très élevé peut
S’approximer par : (e t A/B – et-1 A/B/e t-1 A/B) = (1+infA/1 + infB) – 1 ≈ infA –
infB
La variation relative du taux de change est alors approximativement égale au
différentiel d’inflation. La PPA relative traduit alors l’idée que les variations des taux de
change compensent les différences d’inflation entre les pays.
Si nous prenons à nouveau notre exemple numérique, nous pouvons évaluer les taux
d’inflation en France et aux États-Unis :
Inf EUR = (100-95) /95 ≈ 5,26% En France contre Inf USD = (137-135) /135 ≈ 1,48%
Aux Etats-Unis. En parité de pouvoir d’achat, la variation relative du taux de change euro-

1+ 5,26 %
dollar devrait donc être de −1 soit une appréciation de l’euro de 3,72 % entre 2010
1+ 1,48 %
et 2011. Nous aurions pu retrouver par approximation ce résultat puisque inf EUR – infUSD =
5,26 % – 1,48 % ≈ 3,78 % soit proche de 3,72 %.
Les variations du taux de change permettent donc de compenser les variations des prix liées à
l’inflation. Cela signifie que des pays ayant des taux d’inflation différents doivent s’attendre à
ce que leur taux de change bilatéral s’ajuste dans le long terme, de façon à compenser ces
écarts d’inflation : cela se traduit par une appréciation de la monnaie du pays ayant le taux
d’inflation le plus bas au détriment de l’autre.
On retrouve le principe selon lequel un pays présentant un taux d’inflation supérieur à celui
des autres pays devrait légitimement voir sa monnaie se déprécier. Ces deux versions de la
PPA peuvent également être formulées à partir d’un indicateur synthétique, le taux de change
réel. Celui-ci se définit comme le rapport de niveaux de prix exprimés dans une monnaie
commune.
Le prix d’un produit en euro x cours de l’euro = prix du même produit en devises étrangères.
Si dans un pays A, le taux d’inflation InfA > taux d’inflation du pays B, InfB, les exportations
du pays B vers le pays A se développeront. En effet, les prix des produits du pays A seront
moins élevés et les exportations du pays A vers le pays B diminueront.
Conséquences26 :
Cette évolution des flux d’échanges entraîne un déficit de la balance commerciale du
pays A et donc une baisse de la valeur de la monnaie A par rapport à la monnaie B ;
Les cours de change devront alors s’ajuster pour que l’équilibre soit rétabli.

1.1.5- L’indice Big Mac :

L’indice Big Mac est une mesure officieuse de la parité de pouvoir d’achat, mise au
point par le magazine The Economist en 1986. Cet indice réduit la mesure du taux de change
PPA au simple prix d’un Big Mac, en partant d’un constat simple :
McDonald’s est présent dans tous les pays du monde, y compris les plus pauvres, et le
prix d’un Big Mac est donc un élément qui permet de comparer le coût de la vie entre les
pays. Par ailleurs, ce produit rassemble plusieurs facteurs de L’évolution économique d’un
pays à savoir les matières premières (produits importés ou non) et les services (cuisiniers,
vendeurs). De plus, McDonald’s étant l’une des plus grandes entreprises du monde, les coûts
de production sont tirés au maximum vers le bas (de par leur pouvoir de négociation). L’autre
grand avantage, et qui contre l’un des défauts de la PPA, est que les prix de vente sont fixés
nationalement par la firme : le prix d’un Big Mac est donc le même en ville ou à la campagne
même si quelques écarts peuvent subsister. Chaque année, l’hebdomadaire The Economist
effectue un tour de globe et relève les différents prix du Big Mac. Pour l’année 2020, les
index Big Mac dans une vingtaine de pays étaient les suivants :

26
GENDRON, Bruno, SAKER, Abderrahmane, « Carrés DCG 5 - Économie 2013-2014 », Gualino,2013, paris,
page 187
Figure : la comparaison de prix de Big Mac dans quelque pays

Source : www.statista.com27
Si l’indice Big Mac élimine certes certains défauts de la PPA (à savoir l’homogénéité
des prix dans un pays et la qualité du produit), de nouveaux sont créés. Ainsi le prix d’un Big
Mac est en fonction de la demande pour ce produit, or certains pays consomment beaucoup
moins de Big Mac dans leurs habitudes alimentaires, le prix est donc plus cher. De plus,
certains pays, afin de protéger leur marché local, établissent des barrières commerciales
(taxes) a afin de limiter l’implantation de certaines entreprises étrangères, dont McDonald’s,
amenant à des prix plus élevés. Le prix du Big Mac n’est donc pas l’indice parfait espéré.

1.1.6- L’approche de Balassa et Samuelson 

Dans deux articles distincts, Paul Samuelson et Béla Balassa (1964) partent du constat
suivant : l’existence de biens non-échangeables conduit à remettre en cause la validité de la
PPA quand les niveaux de revenu des pays sont différents. L’une des principales limites à la
théorie de la parité de pouvoir d’achat des taux de change a trait à l’existence dans tous les
pays d’un secteur structurellement abrité de la concurrence internationale.
En effet, de multiples facteurs (barrière linguistique et distance géographique pour les services
domestiques, coûts de transport pour le bâtiment…) font que de nombreux biens mais surtout
Services sont, de facto, non-échangeables à l’échelle internationale.
La PPA, fondée sur l’arbitrage, ne peut donc être vérifier sur ce type de biens.
Les auteurs proposent alors un modèle, plus connu sous le nom de « Modèle Balassa-
Samuelson », dont le point de départ est la constatation suivante : les niveaux de revenus par
tête d’un pays répètent grossièrement les déférences de productivité du travail. Les pays en
voie de développement présentent ainsi des niveaux de productivité inférieurs aux autres pays
développés. De plus, les différences de productivité constatée sont plus grandes dans le
secteur des biens échangeables que dans le secteur protégé. Au cours du processus de
27
développement des pays à faible revenu, la productivité augmente, et elle a tendance à
augmenter plus vite dans le secteur des biens échangeables que dans le secteur protégé.
Les prix des biens échangeables étant fixes par la concurrence internationale, une
augmentation de la productivité dans ce secteur y entraîne une hausse des salaires, non-
préjudiciable à la compétitivité, hausse qui se diffuse à l’ensemble de l’économie (de par la
mobilité supposée du travail entre tous les secteurs).
Il en résulte une montée des prix relatifs dans le secteur des biens non-échangeables.
L’indice des prix étant une moyenne entre les deux secteurs, il y a augmentation des prix
des biens nationaux par rapport à ceux de l’étranger, traduisant, par définition, une
appréciation du taux de change réel.
L’effet Balassa désigne cette appréciation tendancielle du taux de change réel des pays
au cours de leur processus de rattrapage économique, sous l’effet des gains de productivité
relatifs dans le secteur des biens échangeables. De plus, selon les auteurs, alors que l’arbitrage
entre les prix et le taux de change égaliserait les prix des biens échangés d’un pays à l’autre,
cela ne serait pas le cas pour les biens non-négociés :
Les déférentiels de productivité entre les secteurs exposés et ceux abrités de la
concurrence internationale expliquent alors que le taux de change réel soit différents du taux
de change PPA d’équilibre. Au niveau agrégé, les prix ayant augmenté par rapport au reste du
monde, le taux de change réel du pays à faible revenu s’apprécie, le pays à productivité
supérieure se retrouvant alors avec une monnaie surévaluée par rapport à la PPA. La
surévaluation d’une monnaie peut donc s’expliquer, comme c’est le cas ici, par des motifs
purement structurels.
1.1.7- L’appréciation de la théorie28 :
 La vérification :
De nombreux auteurs ont testé cette théorie qui se vérifie plutôt dans le long terme que sur
le court terme. On constate de nombreux écarts fréquents et prolongés de certaines monnaies
par rapport à la parité des pouvoirs d’achat. Le modèle fonctionnerait plus mal pour les
devises ayant un poids important dans les mouvements de capitaux que pour les autres.
 Les incertitudes Plusieurs questions restent en suspens :
 La mesure de l’inflation diffère
Selon les prix considérés : à la consommation, à la production, des exportations ou des
importations ;

28
Avenel, Jean-David, Peyrard, Max, « L'essentiel du risque de change et de ses instruments de couverture », Ed.
1, Gualino, paris,2016, page 36-37
 La durée de la période d’ajustement des cours par rapport aux prix, tout
comme
Le choix de l’année de base, est mal définie ;
– d’autres facteurs que les prix interviennent dans la balance commerciale et la balance des
Paiements en particulier ;
– l’élasticité par rapport au revenu et aux prix de la demande d’exportations et d’importations
– la théorie ne concerne que la balance des transactions courantes et non la totalité de la
balance des paiements ;
– la théorie suppose que l’on peut anticiper les taux d’inflation dans les différents pays ;
– les gouvernements disposent d’autres moyens que la variation des cours de change pour
réagir face à un déficit de la balance des paiements, en particulier les interventions de la
banque centrale.
Les indices de change nominaux et réels :
Un indice de taux de change effectif calcule la valeur d’une devise à différents moments.
Comme un pays possède différents partenaires pour commercer, il importe de savoir si la
devise du pays est surévaluée ou sous-évaluée en termes de parité de pouvoir d’achat. Le
cours de change effectif réel donne l’évolution du cours de change moyen par rapport aux
monnaies des partenaires commerciaux pondéré en fonction de l’importance des flux
commerciaux.
Les indices de taux de change réels sont obtenus en pondérant les taux de change bilatéraux
entre le pays étudié et ses principaux partenaires. Ils indiquent de combien le pouvoir d’achat
pondéré a changé par rapport à une année de base. Ils permettent d’apprécier la pression à la
hausse ou à la baisse des cours de change sur la balance des paiements et de connaître l’indice
de compétitivité du pays. Les indices de cours réels effectifs seraient de 100 si les variations
de change compensaient exactement les différentiels de taux d’inflation. Le cours de change
sera considéré comme surévalué du point de vue de la compétitivité s’il se renforce plus que
ne le justifie le taux d’inflation et si l’indice est supérieur à 100. Inversement le cours sera
considéré comme sous-évalué du point de vue de la compétitivité si l’indice est inférieur à
100. Dans la pratique, on utilise souvent l’indice Morgan publié par le journal Financial
Times.

2- A court terme :
2.1- La parité des taux d’intérêt (PTI)29 :

29
Cherif, Mondher, « Les taux de change », RB édition, paris,2002, page 48
Développée par J.M. Keynes en 1923, cette théorie s’appuie sur les comportements
d’arbitrage tendant à limiter les écarts entre les taux de change au comptant et à terme.
La parité des taux d’intérêt Développée par Keynes, la théorie de la parité des taux d’intérêt
(PTI) s’explique par les possibilités d’arbitrage entre les marchés financiers.
« Pour transférer des fonds d’un pays à l’autre dans le but de placement rémunérateur,
l’investisseur doit convertir ses avoirs dans la monnaie du pays où il investit. De même,
lorsqu’il rapatrie son capital et ses bénéfices, il lui faut reconvertir ces sommes dans sa
monnaie nationale. Comme tous les investisseurs opèrent de la même manière, ces
mouvements internationaux de capitaux influencent nécessairement l’évolution à court terme
des taux de change.
La conduite de l’investisseur est dictée par les deux déterminants qui affectent la rentabilité de
son placement :
 L’écart de rendement entre le pays étranger et l’économie nationale, donné par le
différentiel entre les taux d’intérêt nominaux (hors inflation) ;
 L’évolution supposée du taux de change, entre le moment où il investit à l’étranger et
le moment où il rapatrie ses avoirs. »30
Le différentiel des taux d’intérêt entre deux pays doit compenser l’évolution des cours de
change. Elle exprime l’idée que la différence entre le cours d’échange au comptant et le cours
de change à terme, exprimée en pourcentage du cours au comptant, tend à égaler l’écart de
taux d’intérêt entre les placements à des termes similaires dans les monnaies en cause, soit :
Y ( 1+ i ) =Y ¿
Ou encore : i – i∗¿(F−S)/ S
Où Y représente un capital exprimé en monnaie domestique, i et i* les taux d’intérêt
respectifs domestiquent et étranger, F le taux de change à terme et S le taux de change
courant.
Il s’agit de comparer le rendement en monnaie domestique d’un placement en actifs
domestiques et d’un placement en actifs étrangers après couverture à terme. L’investisseur
sera indifférent à détenir l’un ou l’autre des actifs lorsque leurs rendements seront égaux.
En d’autres termes, les différentiels de taux entre deux pays devraient refléter le taux de
dévaluation ou de réévaluation anticipée d’une monnaie par rapport à l’autre. Dans la
pratique, les cours à terme sont de peu d’utilité pour les prévisions des cours de change. Des
études empiriques montrent que plus de 90 % des modifications des cours d’échange ne sont

30
Gendron, Bruno, Saker, « Abderrahmane, DCG 5 - Economie : Manuel complet, applications et corrigés »,
Gualino, paris,2007, page 289
pas prévues par le cours à terme.
« Le principe de la PTI stipule que si deux devises ont des taux d’intérêt différents, alors cette
différence se reflétera dans les taux de change à terme et dans les taux de change futur
anticipé par les acteurs du marché.
Il existe en réalité deux versions de la parité des taux d’intérêt :
La parité des taux d’intérêt non couverte en change (PTINC) : qui introduit le taux
De change futur anticipé dans la relation entre les taux de change (au comptant et à terme) et
les taux d’intérêt. 
La parité des taux d’intérêt couverte en change (PTIC) : qui établit un lien entre
taux
De change courant et taux de change forward (le taux forward est le taux de change déterminé
aujourd’hui sur le marché à terme, pour une opération de change future) et les taux d’intérêt
des deux devises concernées. »31
2.1.2- La parité des taux d’intérêt non couverte (PTINC)32
Les transactions sur devises liées au commerce international sont considérées ici
comme négligeables par rapport à celles qui résultent des comportements d’arbitrage entre
actifs libellés dans des monnaies différentes.
L’équilibre du marché des changes est réalisé lorsque les actifs domestiques et étrangers
offrent le même taux de rendement.
Considérons le cas d’un opérateur qui a le choix de placer pour un an 1 euro dans un actif
libellé en euros pour lequel le taux d’intérêt est r, ou dans un actif libellé en dollar, pour
lequel le taux d’intérêt est r*.
On note e le taux de change actuel de l’euro par rapport au dollar (1 euro = e dollar), et
ea le taux de change au comptant anticipé à échéance d’un an. Le taux de rendement du
placement en euro est r.
L’évaluation, en euros, du taux de rendement du placement en dollars, fait intervenir le taux
de change actuel et le taux de change futur anticipé :
1 euro procure aujourd’hui e dollars, qui, placés à 1 an au taux r*, procureront à l’échéance un
capital de e (1 + r*) dollars, dont la valeur anticipée en euros est :
e ¿¿

31
Abadie, Laurence, Mercier-Suissa, Catherine, « Finance internationale : Marchés des changes et gestion des
risques », Armand Colin, paris,2011, page 79
32
Guillochon, Bernard, Kawecki, Annie, Venet, Baptiste, « Economie internationale : Cours et exercices
corrigés Ed. 8 », Dunod, paris,2016, page 342-343
Où e°a = ea – e  e est le taux anticipé d’appréciation (si e°a  0) ou de dépréciation

(Si eº a  0) de l’euro par rapport au dollar.

En conséquence, le taux de rendement anticipé du placement en dollars est,


33
Approximativement , égal à r∗– e ° a

C’est-à-dire au taux d’intérêt servi sur les placements en dollars, diminué du taux
d’appréciation anticipé (ou augmenté du taux de dépréciation anticipé) de l’euro par rapport
au dollar.
Tant que subsiste une différence entre le taux de rendement des actifs libellés en monnaie

domestique (r) et celui des actifs libellés en monnaie étrangère r – e° a , les transferts de
capitaux offrent des possibilités de gain.
L’équilibre est la situation où l’égalisation des taux de rendement élimine

Toute occasion d’arbitrage : r =r∗– e ⃘ Cette relation constitue la « parité non


couverte des taux d’intérêt » (PTINC).
L’expression « non couverte » est utilisée pour indiquer que les opérateurs ne se couvrent pas
contre le risque engendré par la variation non anticipée du taux de change.
Exemples :
Les placements en euros à 1 an procurent un intérêt de 3 %, et ceux en dollars un intérêt de 2
%, la PTI non couverte implique que le taux de dépréciation anticipé de l’euro est de 1 %.

2.1.3- La parité des taux d’intérêt couverte (PTIC)34 :

Les comportements d’arbitrage qui fondent la condition de parité non couverte de taux
d’intérêt impliquent que les opérateurs supportent un risque de change, puisque le taux de
change futur est inconnu au moment où est prise la décision. Ce risque peut être évité en
recourant au marché à terme.
Dans le cas de transactions à terme, le contrat, établi aujourd’hui, stipule que
l’exécution de la transaction aura lieu à une date ultérieure, à un prix, le taux de change à
terme, noté f, fixé dès aujourd’hui, au moment où le contrat est négocié. La différence,

f −e
exprimée en termes relatifs, entre le taux au comptant et le taux à terme :
e

33
Le taux de rendement attendu sur le placement en dollar est x tel que 1 + x = 1 + r  1 + e°a
soit x = r – e°a – xe°a, et, en considérant le dernier terme comme négligeable x  r – e°a.
34
Guillochon, Bernard, Kawecki, Annie, Venet, Baptiste, « Economie internationale : Cours et
exercices corrigés Ed. 8 », Dunod, paris,2016, page 345-346
Est appelée taux de report si elle est positive, ou taux de déport si elle est négative.
Le placement à l’étranger, avec couverture sur le marché à terme, implique l’achat de
monnaie nationale au taux actuel au comptant (e), le placement au taux r*, et la vente à terme
de monnaie étrangère contre monnaie nationale au taux à terme (f) connu aujourd’hui, soit un
rendement en monnaie nationale égal à : e ¿¿
(Le taux de change à terme et les taux d’intérêt concernent des échéances identiques).
En utilisant l’approximation indiquée précédemment 1 l’équilibre est la situation où
l’égalisation des taux de rendement supprime toute occasion d’arbitrage :
r∗−f −e
r=
e
 Exemple
Si les placements en euros à 1 an procurent un intérêt de 3 %, et ceux en dollars un
Intérêt de 2 %, la PTI couverte implique que le taux de report de l’euro est de 1 % : si le taux
au comptant de l’euro est de 1 euro = 1,05 dollar, Le taux à terme (à échéance d’un an) est de
1,06 dollar.
Cette relation constitue la « parité couverte des taux d’intérêt » (PTIC) : Le qualificatif de «
couverte » indique que les arbitrages ne comportent pas de risque puisqu’ils s’appuient sur
des taux à terme, connus dès aujourd’hui, et non sur des taux anticipés.
Parité des taux d’intérêt couverte Le taux d’intérêt domestique est égal au taux d’intérêt
étranger, diminué du taux de report, ou augmenté du taux de déport, de la monnaie
domestique.

Formule théorique du cours à terme :

Si on appelle S 0 le cours spot de l’euro- dollar en 0, F 0,T le cours à terme en 0 échéance


T (exprimée en fraction d’année), i$ le taux du marché monétaire dollar sur la période T, iE le
taux du marché monétaire euro sur la période T, on obtient à l’échéance l’égalité suivante,
entre, d’une part, le montant en dollars reçu du client, et, d’autre part, le montant en dollars à

Montant nominal
rembourser : F × Montant nominal=
( ( 1+iE × T ) )
∗S 0∗(1+i $ × T )

D’où :
0∗(1+is× T )
F (0 , T )=S
(1+iE ×T )
 Si le taux d’intérêt dollar est plus élevé que le taux d’intérêt euro, l’euro- dollar à
terme
Cote plus chère que l’euro- dollar spot. On dit que l’euro- dollar est en report. La couverture
de la position a en effet un coût, le taux d’emprunt des dollars étant plus élevé que le taux de
placement des euros ;
 Si le taux d’intérêt dollar est plus bas que le taux d’intérêt euro, l’euro- dollar à terme
Cote moins chère que l’euro- dollar spot. On dit que l’euro- dollar est en déport. Ce n’est pas
un cadeau fait à l’acheteur à terme, la couverture de la position s’accompagne d’un gain, le
taux d’emprunt des dollars étant plus bas que le taux de placement des euros ;
 Si les taux d’intérêt dollar et euro sont identiques, le cours à terme est égal au cours
Comptant. On dit que l’euro- dollar est à parité.
Mais comment rattacher cette formule à celle du différentiel de taux d’intérêt… ?
Le coût de portage d’une devise est le différentiel de taux d’intérêt.
On retrouve cette idée en calculant l’écart relatif entre le cours à terme et le cours comptant,
Soit on obtient :

0∗( 1+iE × T )
S −S 0
(F (0 , T )– S 0) ( 1+is ×T ) t
= =S 0∗([(is – iE )]× T ¿¿¿ ( 1+iE × T ) )
S0 S0
La différence relative entre le cours à terme de l’euro et son cours comptant est bien égale au
différentiel des taux d’intérêt, actualisé au taux euro.
Du calcul du cours à terme à la théorie de la parité des taux d’intérêt :
Même si vous êtes désormais convaincu(e) que le cours à terme est égal au cours
comptant majoré ou minoré du différentiel des taux d’intérêt, vous vous interrogez
probablement encore sur le lien entre le cours à terme et le cours comptant anticipé, en ne
comprenant toujours pas pourquoi le cours à terme n’est pas égal au cours comptant anticipé
par le marché.
Votre idée n’était pas illégitime, et s’inscrit en fait dans le cadre de la théorie des anticipations
pures.
Un raisonnement par l’absurde permet en effet d’affirmer que le cours à terme est égal, sous
certaines hypothèses, au cours comptant anticipé :
 Si le marché pensait, à l’instant 0, que le cours spot anticipé en T, ST, allait être
Supérieur au cours à terme d’échéance T, F 0, T, il achèterait les euros à terme, dans l’espoir de
les revendre à un cours spot plus élevé. Cette opération augmenterait le cours à terme de
l’euro jusqu’à ce que le profit anticipé s’annule. Donc, disent les adeptes de la théorie des
anticipations, le cours à terme ne peut être inférieur au cours comptant anticipé ;
 Si le marché pensait, à l’instant 0, que le cours spot anticipé en T, ST, allait être
Inférieur au cours à terme d’échéance T, F0, T, il vendrait les euros à terme, dans l’espoir de les
racheter à un cours spot plus bas. Cette opération baisserait le cours à terme de l’euro jusqu’à
ce que le profit anticipé s’annule. Donc, disent les adeptes de la théorie des anticipations, le
cours à terme ne peut être supérieur au cours comptant anticipé.
Cours à terme =cours comptant anticipé +prime de risque La théorie pure des
anticipations s’inscrit dans un univers de neutralité au risque des agents économiques et est
souvent illustrée par l’identité entre le cours à terme et le cours comptant anticipé.

Mais comment articuler cette affirmation avec le calcul effectif du cours à terme ?
Dans le cadre de la théorie pure des anticipations, on a :
F (0, T) = Se (0, T) = S0 + ∆Se
Où Se 0, T est le cours comptant anticipé en T à l’instant 0, et ∆ S e la variation anticipée du
cours spot entre 0 et T.
On sait par ailleurs que le cours à terme est toujours égal au cours comptant majoré ou minoré
du différentiel des taux d’intérêt :
Les deux modes d’estimation du cours à terme conduisent au même résultat si :
F0, T = S0 × [1 + (is – iE) × T] et F0, T = S0 + ∆Se
C’est- à- dire si la variation anticipée du cours de change est égale au différentiel de
taux d’intérêt. C’est précisément ce qu’écrit Keynes lorsqu’il développe la théorie de la parité
des taux d’intérêt et affirme que le différentiel des taux d’intérêt entre deux monnaies est égal
à la variation anticipée du cours de change.
En conséquence, le cours à terme est nécessairement égal au cours comptant anticipé.
Appréciation de la théorie de la parité des taux d’intérêt35 :
La théorie permet de relier les marchés monétaires nationaux et les marchés des
changes. Il suffit de comparer le taux de déport ou de report à différentes échéances avec les
taux d’intérêt aux mêmes échéances pour tester la théorie. En revanche, il est difficile
d’obtenir les données correspondant au même moment. Les études tendent cependant à
vérifier la théorie malgré quelques écarts. Les arbitrages de taux d’intérêt couvert

35
Avenel, Jean-David, Peyrard, Max, « L'essentiel du risque de change et de ses instruments de couverture », Ed.
1, Gualino, paris,2016, page 38
ramèneraient les cours vers l’équilibre sur le marché des changes si les écarts entre taux de
déport (ou report) et le différentiel de taux d’intérêt étaient trop élevés.

1-1-8- La théorie de l’effet Fisher International (EFI)36:


Irving Fischer (1867-1947), Professeur d’Économie aux États-Unis, est connu pour sa
théorie du capital et de l’intérêt.
L’effet Fisher :
La théorie de Fisher s’énonce de la façon suivante : le taux d’intérêt nominal dans chaque
pays est égal au taux d’intérêt réel requis par l’investisseur augmenté du taux d’inflation
anticipé. S’il y a libre accès aux marchés des capitaux, les taux d’intérêt réels dans les
différents pays devraient tendre vers l’égalité alors que les taux d’intérêt nominaux devraient
différer en fonction des taux d’inflation prévus. Supposons que les taux d’intérêt sur des titres
comparables à un an soient de 3 % en France et de 5 % au Canada. La différence de 2 %
devrait refléter un différentiel d’inflation anticipé de 2 % entre les pays. Le pays ayant le taux
d’intérêt le plus élevé devant enregistrer le taux d’inflation le plus fort, la différence de 2 %
serait compatible avec des taux d’inflation anticipée de 2 % en France et de 4 % au Canada
par exemple.
L’effet Fisher international :
La théorie édicte que le cours de change au comptant devrait varier d’un pourcentage égal au
différentiel, mais de sens opposé. Elle devrait donc refléter le taux de dépréciation, ou
d’appréciation, anticipé de la devise étrangère par rapport à la monnaie nationale. Si le taux
d’intérêt sur la livre sterling est de 6 % et si le taux d’intérêt sur l’euro est de 4 %, cela
signifie que la livre devrait se déprécier de 2 % par rapport à l’euro. Le raisonnement est le
suivant : s’il n’y a aucune restriction à la liberté des capitaux, un taux d’intérêt plus élevé dans
un pays amènera, si l’on n’anticipe pas de dépréciation de cette devise, une augmentation des
flux de capitaux vers ce pays. Il se poursuivra tant qu’il n’y a pas égalité entre les taux
d’intérêt. Bien que la théorie utilise les taux d’intérêt pour expliquer les variations des cours
de change, elle est étroitement reliée à la théorie de la parité des pouvoirs d’achat car taux
d’inflation et d’intérêt sont liés entre eux. L’investisseur n’aura pas intérêt à placer ses fonds à
l’étranger si la théorie est vérifiée puisque les taux de change s’ajusteront pour compenser les
36
Avenel, Jean-David, Peyrard, Max, « L'essentiel du risque de change et de ses instruments de couverture », Ed.
1, Gualino, paris,2016, page 38-39
différentiels de taux d’intérêt.
Appréciation de l’effet Fisher :
La théorie, qui a été l’objet de nombreux tests, est plus ou moins bien vérifiée selon les
périodes et les pays. Les devises les plus fortes bénéficient d’une prime de risque de change et
les variations de cours de change attendues sont alors plus élevées que le différentiel de taux
d’intérêt. Une des critiques faites à la théorie est que si un flux de capitaux important entre
dans un pays, il en résultera une appréciation de la devise puisqu’avant d’être placés dans le
marché il aura été transformé en monnaie du pays.
Les approches financières du taux de change37 :
L’une des principales limites des analyses théoriques du taux de change fondées sur les
échanges internationaux de biens et services est que celles-ci ignorent, ou à tout le moins
sous- estiment, le rôle des facteurs financiers. Il est vrai que la plupart de ces approches «
réelles » ont été élaborées à un moment où les transactions financières internationales étaient
encore peu importantes et très réglementées.
La détermination des taux de change dépend surtout des facteurs financiers à court
terme et davantage des facteurs réels à plus long terme. L’analyse des déterminants financiers
des taux de change a fait l’objet de deux types d’approches théoriques :
Les analyses qui montrent l’influence des variables monétaires et financières :
Le modèle monétaire à prix flexibles et les modèles de choix de portefeuille et la
théorie de l’efficience des marchés ;
Les analyses qui cherchent à expliquer l’instabilité des taux de change :
Les modèles de « surréaction » des taux de change et La théorie des bulles spéculatives
rationnelles et Les approches en termes de mimétisme et d’hétérogénéité des comportements ;

2.1.4- Les modèles de change fondés sur les variables financières 


a) Le modèle monétaire à prix flexibles 

L'approche monétariste est très différente de l'analyse "réelle" des devises : Selon ce
dernier, la détermination du taux de change reflète d'abord l'équilibre du marché monétaire.
Le développement de l'échange est lié à l'équilibre des réglementations officielles et n'a rien à
voir avec les transactions courantes. De plus, la théorie monétaire du monétarisme a été
développée notamment par Frenkel [1976] dans les années 1970. Elle se situe dans le cadre
d'un système de taux de change flexible qui cherche à prouver qu'il est supérieur au système
de taux de change fixe Supériorité.

37
Dominique Plihon, Les taux de change, septième édition, paris,2017, page 51-55
Le point de départ du raisonnement monétariste est la demande de monnaie, considérée
comme la relation macro-économique la plus stable et la plus importante. Cette fonction
dépend, d’une manière classique, du revenu, des prix et du taux d’intérêt,
Comme suit :
(1) M =P . L(Y ,i)
(2) M∗¿ P∗. L ¿
Où :
 M et M* sont les stocks de monnaie domestique et étranger ;
 P et P* sont le niveau général des prix domestique et étranger ;
 Y et Y* sont le niveau du revenu réel domestique et étranger ;
 i et i* sont les taux d’intérêt réels domestique et étranger.
Les équations (1) et (2) décrivent l’équilibre sur les marchés monétaires domestique et
étranger à partir des stocks de monnaies offerts (M et M*), considérés comme exogènes
(contrôlés par les autorités monétaires), du niveau des prix (P et P*) supposés flexibles, et des
fonctions de demande d’encaisses réelles L () supposées semblables dans les différents pays
pour simplifier.
On notera que, dans ce modèle, les agents économiques ne détiennent que de la
monnaie nationale. Les arbitrages s’effectuent entre actifs monétaires nationaux, d’une part, et
actifs réels et financiers domestiques et étrangers, d’autre part. Il y a donc absence de
substituabilité entre les actifs monétaires domestiques et étrangers, mais parfaite substitution
entre actifs réels et financiers domestiques et étrangers. Le taux de change est introduit dans le
modèle de base en postulant la PPA, ce qui donne :
(3) P=E . P∗¿
Où E est le cours d’une unité de devise étrangère en monnaie nationale
(Cotation à l’incertain : une hausse de E correspond à une dépréciation de la monnaie
nationale).
En combinant les équations (1) à (3), et par élimination des prix, on obtient :
M
E=
(4) La relation M∗¿∗L(Y , i)
¿
L¿¿
(4) fait ainsi dépendre le taux de change des offres et demandes de monnaie, la détermination
du taux de change étant expliquée par les évolutions relatives entre pays des masses
monétaires, des revenus réels et des taux d’intérêt. Le taux de change, qui est le prix relatif
des monnaies, est déterminé par l’offre de monnaie contrôlée par les autorités monétaires,
d’une part, et par les comportements des détenteurs d’encaisses monétaires, d’autre part. Il
apparaît en particulier que, pour des taux d’intérêt et des revenus réels donnés, le taux de
dépréciation de la monnaie nationale est égal à la différence entre les taux de croissance.

Tableau. Fonctionnement des modèles monétaires et de choix de


portefeuille
Effets sur le taux de Modèle Modèle de
change monétaire à prix choix
flexibles De
portefeuille

Accroissement de l’offre de Dépréciation Dépréciation


monnaie intérieure

Hausse du taux d’intérêt intérieur Dépréciation Appréciation


Accroissement du revenu réel Appréciation ——
domestique
Accroissement du portefeuille de —— Dépréciation
titres détenus par les étrangers
Source : Dominique Plihon, opcit, p. 54
Des masses monétaires. Par conséquent, dans toutes les autres conditions étant égales,
l'augmentation du revenu intérieur réel entraîne une demande supplémentaire de monnaie
nationale, ce qui se traduit par une appréciation de la monnaie nationale. Il est vrai que pour
un stock de monnaie nominale (M) donné, la demande de liquidités réelles supplémentaires ne
peut être satisfaite qu'en abaissant les prix intérieurs, et la baisse des prix intérieurs due au
PPA entraînera l'appréciation de la monnaie nationale. Ce résultat contraste avec la logique du
modèle « keynésien » où, dans toutes les autres conditions étant égales, une augmentation du
revenu intérieur réel entraîne une dépréciation de la monnaie nationale due à une
augmentation induite des importations. Cette différence provient du fait que lors de l'analyse
des déterminants des taux de change, les monétaristes mettent l'accent sur le rôle de la
demande monétaire, tandis que les keynésiens ont tendance à importer. L'une des principales
conclusions de la méthode monétariste a été spécifiquement défendue par Johnson (1977).
Selon le paradigme monétariste, elle suppose que tout le domaine monétaire au sens strict
peut être résolu par une politique monétaire stricte. Peut être contrôlé par l'argent. Comme
l'ont montré Baillie et McMahon [1990], les tests empiriques de la plupart des méthodes de
taux de change pour la relation entre nombreux pays (4) sont décevants.
L'une des principales raisons est l'instabilité de la fonction de demande de monnaie : il
s'agit d'une limitation bien connue du modèle monétariste. En théorie, les modèles monétaires
peuvent également être critiqués pour leurs hypothèses irréalistes sur la parité du pouvoir
d'achat et la parfaite substituabilité des actifs financiers. Le principal avantage de cette
méthode est de souligner l'importance des variables boursières (devises et actifs financiers) et
leur relation avec les variables de flux (notamment les revenus) lors de la détermination des
taux de change.
Par conséquent, le modèle monétaire ouvre la voie à une méthode de négociation plus
générale en termes de demande d'actifs, comme le propose le modèle de sélection de
portefeuille.

b) Les modèles de choix de portefeuille38

Le modèle de portefeuille est désormais la référence théorique pour la plupart des


théoriciens des devises. L'économie mondiale est considérée comme un groupe de marchés
d'actifs, principalement la monnaie et la finance. Les opérateurs doivent effectuer des
transactions sur ces marchés pour maximiser le rôle de leur portefeuille d'actifs. Par
conséquent, l'évolution du taux de change est une logique traditionnelle, reflétant la nécessité
d'un arbitrage permanent entre les actifs sur le marché des changes. Inspirés de la théorie de la
sélection de portefeuille proposée par Tobin et Markowitz dans les années 1950, ces modèles
expliquent l'allocation optimale d'un portefeuille unique en fonction des rendements et des
risques relatifs à chaque type placement.
L’introduction de risques différenciés sur les actifs financiers permet de lever
l’hypothèse trop restrictive, retenue par l’approche monétaire du change, de parfaite
substituabilité des actifs financiers. Les premiers modèles d’équilibre de portefeuille ont été
développés par McKinnon [1969], Branson [1975] et Kouri [1976]. Dans la version la plus
simple, on postule un modèle à un pays, dans lequel les agents économiques ne peuvent pas
détenir de devises étrangères, et dont les équations de base sont les suivantes :
(5) M =a¿
(6) B=b ¿
(7) E F=c ¿
(8) W =M + B+ E F
Où :
c) M est le stock de monnaie nationale ;
d) B est l’offre d’actifs nationaux ;
e) F représente les détentions nettes d’actifs en devises étrangères ;
f) W est la richesse totale ;
g) E est le cours des devises étrangères exprimé en monnaie nationale ;

38
Dominique Plihon, Les taux de change, septième édition, paris,2017, page 56-58
h) i et i* sont les taux d’intérêt des titres domestiques et étrangers ;
i) r et r* sont les risques sur les titres domestiques et étrangers.
Les équations (5) à (7) décrivent les conditions d’équilibre de marché et les
comportements de demande de monnaie nationale, de titres nationaux et de titres étrangers qui
sont les trois actifs à la disposition des agents. Les demandes de ces trois actifs sont une
fonction positive de la richesse existante.
Par ailleurs, il est supposé que la demande de monnaie nationale donnée par l’équation
(5) décroît avec les hausses de taux d’intérêt soit nationaux, soit étrangers. La demande de
titres nationaux donnée par l’équation (6) augmente avec le taux d’intérêt domestique et le
risque sur les titres étrangers ; elle décroît avec le taux d’intérêt étranger et le risque sur les
titres nationaux. Symétriquement la demande de titres étrangers décrite par l’équation (7)
s’accroît avec les taux d’intérêt étrangers et les risques des titres nationaux ; elle diminue avec
les taux d’intérêt nationaux et les risques sur les titres étrangers. La relation comptable (8)
définit la contrainte budgétaire des investisseurs, mesurée par leur richesse globale. D’après
cette relation, on doit avoir : a + b + c = ( ) 39, de telle sorte que les équations de
comportement (5) à (7) ne sont pas indépendantes.
Par ailleurs, F peut être positif ou négatif, selon que le pays considéré est créditeur ou
débiteur net par rapport à l’étranger. En combinant les équations (5) à (8), on obtient la forme
réduite suivante du modèle :
(9) E F=(1 – a – b)W =f ¿
Cette relation peut être réécrite sous la forme :
(10) E=f ¿
La relation (10) fait apparaître le taux de change comme une variable déterminée par le
processus des choix de portefeuille qui permet une répartition de la richesse entre monnaie
nationale, titres nationaux et étrangers conforme aux désirs des investisseurs.
En d’autres termes, le taux de change est le prix qui assure l’équilibre sur les différents
marchés d’actifs nationaux et étrangers.
Dans le cadre du modèle de choix de portefeuille, Le taux de change est donc
déterminé par les facteurs qui affectent l’offre et la demande d’actifs monétaires et financiers.
Partant d’un équilibre initial, on peut étudier l’impact des variations de certains de ces
facteurs sur le change. Une hausse du taux d’intérêt domestique élève la part
désirée de richesse détenue sous forme d’actifs nationaux, ce qui accroît la demande de

39
La formulation retenue ici suppose également que les fonctions de demande sont homogènes de degré 1 par
rapport à W, c’est-à-dire que toute variation relative de W induit une variation relative identique de M, B et F.
monnaie nationale et conduit à l’appréciation de celle-ci (la variable E diminue dans
l’équation (10)).Ce résultat est opposé, il faut le souligner, à celui du modèle monétaire
(tableau).
La dépréciation du change se produit évidemment en cas de hausse du taux d’intérêt
étranger.
Un accroissement du stock de monnaie nationale décidée par les autorités monétaires
engendre un excès d’offre de monnaie, ainsi qu’un excès de demande de titres nationaux et
étrangers.
Il y a une sortie de capital, correspondant aux achats de titres étrangers, ce qui amène une
dépréciation de la monnaie nationale.
Portée des modèles de portefeuille40 :
En raison du manque de données statistiques fiables sur la richesse, en particulier les
avoirs étrangers, il est souvent difficile de vérifier empiriquement les modèles de choix de
portefeuille. Des estimations complètes de ces modèles sont parfois impossibles, ce qui
conduit généralement à des équations simplifiées et incertaines, notamment comme le montre
Melitz [1981]. L'objectif principal de la méthode en termes de sélection de portefeuille est de
fournir une vision riche et très générale du processus de détermination du taux de change,
notamment en raison d'hypothèses "réalistes", telles que l'imperfection de la remplaçabilité
des titres.
Pour cette raison, le modèle de choix de portefeuille constitue aujourd’hui un cadre
d’analyse très « consensuel ». Le modèle de Branson [1975] illustre bien cet enrichissement
de l’analyse.
Deux idées principales y sous-tendent la formalisation de la détermination du taux de
change :
 À long terme, le taux de change est un processus dans lequel les devises
Interagissent entre elles. Flux réel et marché des stocks d'actifs. Pour illustrer cette idée,
supposons qu'une innovation technologique entraîne une réduction de la demande
d'importation.
En raison de l'amélioration du compte courant, cela a entraîné une augmentation de
l'actif net étranger. Pour rétablir l'équilibre de son portefeuille de placements, les résidents
canadiens chercheront à réduire leurs avoirs étrangers et à accroître leurs avoirs en titres
nationaux. Des titres étrangers sont vendus, ce qui entraîne une offre excédentaire de devises
et une appréciation du taux de change. Par conséquent, dans le modèle de choix de
40
Dominique Plihon, Les taux de change septième édition, paris,2017, page 65-67
portefeuille, l'échange de biens et de services affecte le taux de change par le biais de l'impact
sur les avoirs étrangers.
 A court terme, le taux de change est déterminé en fonction de la situation au moment
Marché d'inventaire d'actifs. L'un des aspects les plus innovants de la méthode en termes de
portefeuille est de toujours montrer qu'il est possible d'échanger des titres contre des ordres de
grandeur libellés dans d'autres devises. Il est beaucoup plus important que le flux des achats et des
ventes de devises liés à la transaction en cours. En revanche, dans des circonstances normales, le
marché des actifs peut s'adapter aux changements de la situation plus rapidement que le marché des
matières premières. Comme nous le savons tous, correspondant à l'ajustement de la marge dans la
composition du portefeuille, un flux important de capitaux parfois appelé « capitaux flottant » peut se
produire immédiatement, par exemple, après un resserrement des fonds. Politique monétaire.
La substitution entre monnaies :
Le modèle de choix de portefeuille comme le modèle monétaire supposent que les
résidents de chaque pays ne détiennent que leur monnaie nationale, ce qui revient à postuler
une absence de substitution entre les monnaies. Cette caractéristique est apparue peu
conforme à la situation actuelle. L’internationalisation des échanges amène, en effet, les
entreprises et les banques à détenir une trésorerie multidevise dont elles cherchent en
permanence à optimiser la composition.
Une nouvelle génération de modèles monétaires a été élaborée, notamment par Miles
[1978], dans laquelle les monnaies sont substituables entre elles. La demande de monnaie
reflète un comportement « mondial » au sens où chaque devise est désirée non seulement en
fonction du taux d’intérêt domestique, mais également des taux d’intérêt étrangers. Ces
modèles mettent l’accent sur les conséquences qu’entraînent, pour la détermination des taux
de change, les substitutions qui s’opèrent entre monnaies lorsque les coûts relatifs de leur
détention varient. Ils montrent que, si la substituabilité entre monnaies devient très forte,
les taux de change deviennent extrêmement instables. Les travaux dont le retentissement a été
le plus grand à ce sujet sont ceux de McKinnon [1982].
Ils aboutissent à la conclusion qu’il faut raisonner en termes de demande mondiale de
monnaie, car celle-ci est stable tandis que les demandes nationales d’euros, de yens ou de
dollars, etc. ne le sont pas à cause des comportements de substitution entre devises. Ces
résultats ont d’importantes conséquences en termes de conduite des politiques économiques.
En particulier, il apparaît que le régime de flottement des monnaies n’a pas le rôle
stabilisateur dont on l’a souvent paré ; par ailleurs, les politiques monétaires nationales ne
bénéficient pas de l’autonomie annoncée par les défenseurs de ce régime de change.
Le modèle à substitution de devises conclut, au contraire, à l’interdépendance des politiques
monétaires et à la nécessité d’une coopération monétaire internationale.

2.1.5- Les explications théoriques de l’instabilité des changes :

La fin du système de Bretton Woods a conduit à l'abandon du système de taux de


change fixe au début des années 1970, entraînant une forte instabilité du taux de change, ce
qui a posé des défis aux économistes. Pour expliquer cette instabilité, deux méthodes ont été
développées :
 La première méthode décrit la « surréaction » du taux de change par la différence de
Vitesse d'ajustement entre les marchés des biens et services et le marché des actifs financiers :
 Le deuxième type de travail met l'accent sur la psychologie Facteurs et effets attendus.
La théorie "psychologique" de l'échange limite le rôle clé aux rumeurs (news) et aux
imitations que Keynes a dites il y a quelques années.

a) Théorie de la surréaction du taux de change41 :

Cette théorie a été proposée par Dornbush en 1976 et représente la première méthode
cohérente des fluctuations du taux de change, qui est une synthèse de l'analyse réelle et
financière de la détermination du taux de change. L'idée est que l'instabilité du taux de change
s'explique par la différence entre la rapidité des ajustements sur les marchés des biens et
services et des marchés financiers. Dornbush a émis l'hypothèse que les prix sur les marchés
financiers seraient ajustés immédiatement à mesure que l'offre et la demande changent, et que
les prix des biens et services seraient rigides à court terme. À long terme, la trajectoire du taux
de change d'équilibre est déterminée par la PPA : l'évolution du taux de change s'explique par
la différence d'inflation entre les pays.
Parmi les variables qui ont été mentionnées et qui interagissent, toutes n’ont pas la même
réactivité. Il est admis par exemple que la variable prix s’ajuste lentement aux conditions des
marchés, en particulier si on la compare aux variables à réaction quasi immédiate que sont le
taux d’intérêt et le taux de change. Cette différence dans les temps d’ajustement est à la
source de la différence de volatilité que l’on observe entre taux de change et prix (et qui est
une des raisons de la faible pertinence du critère de la PPA pour déterminer le change).
Si par exemple les autorités d’un pays décident de mettre en œuvre une politique
monétaire expansionniste, le taux d’intérêt va immédiatement baisser, mais les prix ne
réagiront pas tout de suite. Il reste néanmoins qu’à moyen terme le niveau général des prix va

41
Duchêne, Gérard, Constant, Karine, Domingues, Patrick, Economie internationale : Cours et applications Ed.
1, Vuibert, paris,2018, page 72-73
augmenter et que cette hausse, qui va s’opérer graduellement, va être anticipée.
Quant au taux d’intérêt, si les conditions de production et de revenu ne changent pas, c’est-à-
dire si le pays revient à son équilibre de long terme, il va remonter graduellement à son niveau
initial. Comment le taux de change réagit-il à ces diverses variations ?
La baisse initiale du taux d’intérêt va se traduire par une dépréciation immédiate de la
monnaie, c’est-à-dire par une hausse du taux de change ; cette hausse devrait être relativement
forte, en raison de deux facteurs :
(1) la hausse du taux de change anticipé, qui, à moyen terme, engendre une hausse des
prix par rapport à l’étranger supposé fixe (on doit donc anticiper une dépréciation
correspondante) ;
(2) la baisse immédiate du taux d’intérêt, qui joue dans le même sens en aggravant la
dépréciation. On doit donc attendre une très forte hausse immédiate du taux de change, même
si, à moyen terme, ce taux de change redescendra au niveau d’équilibre de PPA (déterminé
par la hausse des prix). Au total, la monnaie du pays commence par se déprécier fortement,
avant de se réapprécier progressivement (sans toutefois revenir à son niveau initial). On dit
alors que le taux de change « surréagit » : cette expression décrit une situation dans laquelle la
réponse immédiate du taux de change à un changement exogène est supérieure à sa réponse à
long terme.
La conclusion centrale des modèles de surréaction est que les déséquilibres qui prennent
place sur le marché des changes ne se résolvent pas nécessairement par un processus de
convergence régulière vers l’équilibre. La théorie de l’overshooting a marqué une étape
importante dans la compréhension des changes flexibles en proposant un cadre d’analyse
permettant d’expliquer la volatilité des changes. Cette approche a d’ailleurs fourni un
argument théorique de poids pour montrer les effets pervers du flottement des monnaies.
b) La théorie des bulles spéculatives rationnelles42 :
La surévaluation du dollar au milieu des années 1980 ainsi que le krach boursier
d’octobre 1987 ont contribué à susciter une nouvelle approche théorique de l’instabilité.
L’idée de départ est qu’il peut exister des écarts durables entre le taux de change (ou le prix
des actifs financiers) qui se forme sur le marché et sa valeur d’équilibre correspondant aux
déterminants économiques « fondamentaux » (inflation, taux d’intérêt, balance des paiements,
etc.). Cet écart est appelé « bulle spéculative » car il tend à se gonfler, pour se résorber ensuite
brutalement. Formellement, on a :
(15) E = E* + B
42
Dominique Plihon, Les taux de change, septième édition, paris,2017, page 64-65
Où E est le taux de change du marché, E* est le taux de change d’équilibre, et B est la bulle
spéculative. Un certain nombre de travaux, menés en particulier par Blanchard et Watson
[1984], ont montré que les bulles pouvaient être compatibles avec l’hypothèse d’efficience
des marchés et notamment les anticipations rationnelles. Cette théorie des bulles rationnelles a
connu un certain succès car elle a permis, sans remettre en cause la théorie dominante,
d’établir trois résultats qui semblent bien correspondre à l’expérience récente du
fonctionnement des marchés :
 À court terme, le marché des changes peut connaître une multiplicité de solutions
d’équilibre ;
 La divergence entre le taux de change du marché et sa valeur « fondamentale » peut
être croissante ;
 Le taux de change dépend alors de sa propre valeur anticipée : les anticipations
deviennent « autoréalisatrices ». Le processus de la bulle de change est le suivant : la
plupart des opérateurs anticipent l’appréciation d’une monnaie sans prendre en compte
les « fondamentaux » ; il en résulte une demande excédentaire en faveur de cette
monnaie dont le taux de change s’apprécie et s’éloigne de sa valeur économique
fondamentale.
Les anticipations s’autoréalisent et le marché est efficient au sens où il anticipe
correctement l’évolution du change. Mais comme les rumeurs versatiles l’emportent sur les
calculs rationnels, les anticipations se retournent et la bulle finit par éclater. Ce concept de «
bulle rationnelle » apparaît en fait largement antinomique car les notions de bulles et de
rationalité, au sens où l’entend la théorie orthodoxe, sont peu compatibles.
L’étude des phénomènes de « bulles de change » suggère en effet que les opérateurs ne
semblent pas faire usage de toute l’information disponible dans de telles situations. Le cas de
la bulle observée sur le dollar de 1980 à 1985 est éclairant : comme l’a indiqué Krugman
[1986], « le marché n’a pas bien fait ses comptes » ; les opérateurs qui jouaient alors le dollar
à la hausse n’ont pas exploité les informations disponibles sur le caractère « insoutenable » de
l’appréciation continue de la monnaie américaine, notamment avec l’aggravation des déficits
« jumeaux » (budgétaire et extérieur) des États-Unis.

c) Hétérogénéité des comportements et anticipations mimétiques43 :

Une autre explication des bulles et des fluctuations des taux de change a été proposée.
D'une part, elle oblige les acteurs du marché à adopter différentes stratégies, d'autre part, son

43
Cherif, Mondher,« Les taux de change”, RB édition,paris,2002,page 60-61
comportement attendu est plus conforme à la logique du marché des changes (Cartapanis,
1996). En fait, il existe deux types de participants sur le marché des changes : d'une part, les
opérateurs qui prennent des décisions basées sur des fondamentaux, tels que les décideurs
commerciaux, et d'autre part, les gestionnaires financiers (commerçants) qui ont une vision
courte et recherchent le plus petit Opportunités de profit. Leur poids continue d'augmenter.
Par conséquent, si la parité est effectivement déterminée par une stratégie décidée par ces
commerçants une fois par heure, il peut être raisonnable d'ignorer les fondamentaux dans un
court laps de temps. Ces professionnels forment un environnement très fermé, "chacun pense
à la même chose en même temps". En raison de la « myopie » de l'opérateur, le moins
d'informations ou de « nouvelles » à une importance considérable. Dans un tel cadre, des
attentes sont formées en fonction du mécanisme de simulation. Chaque agence ne fait pas ses
prévisions en fonction de la valeur "économique" du taux de change, mais en fonction des
opinions du marché à l'époque. Keynes avait précédemment défini la spéculation comme «
une activité qui prédit la psychologie du marché ». En cas d'incertitude totale sur l'imitation
elle-même, l'imitation est un comportement rationnel car elle peut exploiter pleinement les
informations détenues par des opérateurs avertis. La dernière analyse de la bulle spéculative a
adopté la pensée keynésienne. Comme l'a souligné Orléan (1989), les bulles spéculatives
peuvent être analysées à partir du processus d'infection simulé attendu. Lorsqu'un opérateur
choisit entre obtenir des informations de paiement ou obtenir gratuitement des informations
de paiement en fonction des prix du marché pour former des attentes, il s'agit généralement de
la deuxième solution.
Si nous sommes dans une situation où un opérateur duplique un autre opérateur,
pensant qu'il détient les informations sans en avertir aucun agent, le prix formé ne reflète que
la "psychologie du marché" et ne contient aucune information. Ensuite, nous sommes dans un
processus d'attentes auto-réalisatrices, même si le prix s'écarte de plus en plus de son niveau
d'équilibre de base, le prix sera déterminé par lui-même. Il s'agit du développement de bulles
d'échange entretenues par un comportement simulé. Il existe donc deux paradigmes de
concurrence sur le marché des changes (Plihon, 1999). D'une part, la méthode basée sur le
walrasianisme repose sur trois hypothèses : l'homogénéité des comportements, l'équilibre
général et les attentes rationnelles.
D’un autre côté, il existe une méthode théorique inspirée de Keynes qui introduit le
comportement d'imitation et met en évidence l'hétérogénéité des opérateurs et de leurs
interactions. La seconde méthode semble plus réaliste car elle fournit une base
microéconomique plus adaptée au fonctionnement observé du marché et semble plus adaptée
à l'explication de l'instabilité du taux de change. Plusieurs études empiriques, notamment
celles menées par De Grauwe et al. (1993), montrent que l'interaction entre les opérateurs «
fondamentalistes » et « chartistes » conduit à une dynamique de marché instable, à des
caractéristiques de type « chaotiques » Très similaire à ceux-là. Observez par expérience.

Tableau. Deux représentations théoriques alternatives du marché des changes


Modèle I d’inspiration Modèle II d’inspiration
walrassienne keynésienne

Agrégation : Hypothèse de l’agent Prise en compte de l’interaction entre


Passage micro- représentatif agents hétérogènes
macro

Rationalité des Rationalité individuelle et Deux types de rationalité : —


agents optimisatrice sur la base des fondamentaliste
« fondamentaux » — chartiste : rationalité collective et
mimétique

Environnement — Lois économiques stables — Les processus économiques sont


des opérateurs et connues de tous complexes, irréguliers et ne sont que
— Les événements partiellement connus
économiques sont — Les événements économiques
probabilisables futurs sont incertains et ne sont pas
toujours probabilisables

Conception de Équilibre général et — Équilibres multiples,


l’équilibre convergence vers un état indétermination de l’équilibre
stationnaire optimal
— Possibilité de processus
divergents et explosifs
Source : Dominique Plihon, opcit, p.67
D’opérateurs est essentielle. De plus, ce cadre théorique est plus en mesure d’expliquer
l’instabilité des changes que l’approche walrassienne selon laquelle les marchés convergent
spontanément vers un équilibre général stationnaire. Plusieurs analyses, notamment par De
Grauwe et al. [1993], ont ainsi montré que l’interaction entre opérateurs « fondamentalistes »
et « chartistes » engendre une dynamique de marché instable, de type « chaotique », dont les
caractéristiques sont très proches de celles constatées empiriquement. À court terme, le
marché ne converge pas spontanément vers un équilibre général ; il y a une multiplicité
d’équilibres possibles selon les configurations du marché et les anticipations.

Conclusion :

Le choix du régime de change dépend principalement à des objectifs économiques du


gouvernement et de la source des chocs survenant sur l’économie, comme l’on a vu
précédemment, que le classement de ces régimes de change est basé sur la répartition décidée
par le FMI, Ils sont classés selon des catégories. Le classement de ces régimes est toutefois très
difficile, on distingue généralement deux types de régime de change, le régime fixe, où la
banque centrale intervient au niveau de marché de change et, elle joue un rôle clé pour
maintenir la parité de sa monnaie à un niveau fixe. Le régime de change flottant, où la banque
centrale n’intervient pas et laisse le taux de change fluctue librement selon la force de l’offre et
de la demande de la monnaie du marché de change. À fin de maîtriser l’équilibre
macroéconomique des pays, les gouvernements cherchent la stabilité de ses taux de changes,
donc, cette variable macro-économique revêt une importance particulière, c’est qu’à partir
qu’on juge l’état de santé du pays, et qu’à partir de cette variable, l’état fixe sa stratégie et ses
politiques d’investissement à court, à moyen et qu’à long terme, on a vu auparavant comment
s’évolue et se détermine cette variable à court et à long terme. Comme on l’a expliqué. Ces
différentes approches et les écoles tenantes de ses approches et comment se réalise l’équilibre
du taux de change à court ou à long terme et quelles sont les hypothèses éditées par chaque
école, ce qui nous intéresse la relation taux de change BDP, que l’on verra prochainement au
chapitre II.

Introduction :

Dès le Moyen Âge, les Britanniques ont établi leurs records de commerce extérieur.
Cependant, c'est l'économiste britannique James Denham Stewart, fondé au XVIIIe siècle. Le
concept de balance des paiements (mercantilisme) s'est développé au XIXe siècle, en
particulier au Royaume-Uni et aux États-Unis, complétant progressivement les statistiques du
commerce extérieur "tangibles" par des transactions "intangibles" (reflétées dans les
transactions de change), telles que les taux de fret, et les marchands à l'étranger Frais de
voyage, intérêts, flux de capitaux. La consolidation des États-nations et le développement des
marchés mondiaux ont accru le commerce international et la dette, ce qui a conduit à la
perfection d'un outil pour indiquer comment financer les importations.
La balance des paiements enregistre tous les flux de marchandises, de services et de capitaux
(commerce extérieur) entre un pays et le reste du monde.
Échanges entre un pays et le reste du monde La balance des paiements est l'une des
sources statistiques les plus utilisées dans le domaine financier international. En tant qu’outil
comptable, la balance des paiements tente d’enregistrer Dans une période de temps donnée
(généralement un an), d'autres pays du monde. Par conséquent, les gouvernements de divers
pays se réfèrent à ce bilan pour évaluer la compétitivité internationale de leurs économies, et
Identifier les principales routes commerciales, les finances, les devises et industrie
Aujourd'hui, la balance des paiements est devenue un outil indispensable pour analyser la
situation relative de n'importe quel pays. Il fournit beaucoup d'informations. C'est également
un indicateur précieux pour la mise en œuvre des politiques économiques. Le PDB révèle les
caractéristiques équilibrées des relations du pays avec le monde extérieur et constitue un outil
utile pour juger de l’ampleur et de la nature des déséquilibres mondiaux. Il est en déficit, en
excédent ou en équilibre. Quand on veut vraiment dire que le compte courant (balance
commerciale) est un excédent (exportations plus importantes) ou un déficit (les importations
sont plus importantes que les exportations).
Les normes de construction des comptes extérieurs sont définies par le Fonds Monétaire
International (FMI). Ces normes sont consignées dans un document de 371 pages intitulé «
Balance of Payments and International Investment Position Manual » qui est maintenant à sa
sixième édition. Le texte qui suit s’inspire largement de ce document.
La structure de ce chapitre est la suivante : La première partie décrit le BPD, sa structure
et son équilibre important. La deuxième partie décrit les différentes méthodes, à savoir la
phase BPD. Dans la troisième partie, ce problème s'explique par l'explication du solde
important affecté par les variations des taux de change et par la dispersion de l'impact et des
conséquences de ces variations sur la balance générale des paiements.
Nous savons bien que les pays très ouverts au marché international et leur processus de
développement sont basés sur le commerce international (certains pays en développement en
sont des exemples). Pour ces pays, la stabilité du TCR est la priorité absolue pour assurer la
compétitivité de leurs produits d'exportation et réduire l'incertitude associée aux fluctuations
du TCR. En outre, la libéralisation financière dans ces pays, associée à la flexibilité du TCR, a
posé le problème du choix de la bonne politique économique pour stabiliser leurs fluctuations
des taux de change.
Section 01 : La balance des paiements.

L'évolution de la balance des paiements est conforme au thème de l'unification


internationale prôné par le Fonds monétaire international (FMI). Le cadre actuel est la sixième
édition du Manuel de la balance des paiements publié par le Fonds monétaire international en
2009 et adopté par les pays de l'Union européenne en 2014. Par rapport à la cinquième édition
publiée en 1993, son objectif principal est de prendre en compte le fort développement du
commerce international depuis le début des années 1990, notamment celui impliquant
l'intégration des « pays ateliers », c'est-à-dire des pays. C’est-à-dire les pays (beaucoup sont
des économies émergentes) qui exportent des matières premières mais qui importent et
réexportent des biens manufacturés, éventuellement sophistiqués. Il s'agit également de
prendre en compte la diversité des instruments financiers (titres, produits dérivés, etc.) et
l'hétérogénéité de leurs utilisateurs. Enfin, nous devons tenir compte de la croissance du
commerce international de marchandises entre les pays.
Définition de la balance des paiements BDP :

La balance des paiements est un état statistique qui enregistre tous les flux d'actifs réels,
financiers et monétaires entre les résidents et les non-résidents d'un pays au cours d'une
période donnée dans un format comptable. Il s'agit d'un compte de flux, et non stocks. Il
montre les variations des actifs et des dettes d’un pays au cours d’une période donnée, et non
le montant de ces actifs et dettes. Le terme résident désigne une personne physique, quelle que
soit sa nationalité, qui a sa résidence principale dans le pays, mais les fonctionnaires étrangers
et les personnes morales de nationalité française ou étrangère ayant des institutions dans le
pays, à l'exception des représentants diplomatiques et consulaires. Le terme non-résident fait
référence à d'autres personnes physiques et morales.
Par exemple, selon la règle, les transactions entre la société mère et une filiale d'une
société multinationale sont considérées comme des transactions internationales et apparaissent
dans la balance des paiements du pays où la filiale est située et du pays où la société mère est
située.
Exemple 44 : L'administration publique vit toujours dans son pays d'origine. Cela est
particulièrement vrai pour les ambassades et les consulats : leurs achats locaux proviennent
des exportations de leurs économies.
Par conséquent, les véhicules achetés par l'ambassade des États-Unis en France sont
considérés comme des exportations françaises vers les États-Unis. Il en va de même pour les
responsables militaires et étrangers.
a) Aspects conceptuels45
Le principe de l'enregistrement des entrées en double, de l'ordre chronologique, de
l'évaluation et du changement de propriétaire reste inchangé. Cependant, MBP6 a clarifié la
définition de plusieurs concepts développés dans la cinquième édition. Il s'agit notamment des
notions de « territoire économique », de « résidence », de « transaction » et de « financement
exceptionnel ».
 Territoire économique : le territoire économique comprend l'espace aérien et les eaux
Un pays a des droits exclusifs sur son territoire ou plateau continental ou exerce sa juridiction
pour pêcher ou utiliser le carburant ou les minéraux présents dans les océans de l'océan et les
44
Marc Raffinot Baptiste Venet, « La balance des paiements », La Découverte, paris,2006, page 7
45
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR L'ELABORATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS ET DE
LA POSITION EXTERIEURE GLOBALE DANS LES PAYS DE L'UEMOA SELON LA SIXIEME EDITION
DU MANUEL DU FMI, Mai2013, Dakar Sénégal, disponible en ligne www.bceao.int, page 8.
sols sous-marins, les îles attachées et les territoires étrangers. La définition du champ
économique n'a plus besoin de personnes, où les biens et les capitaux circulent librement.
Afin d'établir une balance des paiements régionale, les unions économiques et les unions
monétaires sont considérées comme des territoires économiques.
 Domicile : Le domicile de l'unité institutionnelle est lié au domaine économique, il a «
Le principal centre d'intérêt économique. Le nouveau "Manuel" ne modifie pas
substantiellement le concept de résidence. Cependant, l'ajout du mot « primaire » permet de
reconnaître que certaines unités peuvent avoir des intérêts économiques dans deux ou
plusieurs régions. Pour mieux définir le niveau de résidence de la population flottante, la
définition de résidence est déterminée par le pays dans la 5e édition.
 Transactions : les transactions enregistrées dans la sixième édition du Manuel de la
Balance des paiements correspond à l'interaction entre une unité résidente et une unité non
résidente, impliquant des échanges entre elles, impliquant une valeur d'échange ou une valeur
de transfert.
La cinquième édition du manuel conserve la définition de « flux économique dû à la
conversion, l'échange, le transfert ou l'extinction de la valeur économique » en tant que
transaction. On peut conclure de la nouvelle définition que, à proprement parler, les arriérés
de paiements extérieurs accumulés et les transferts d'immigration ne sont plus considérés
comme des transactions. Les variations des actifs et passifs financiers causées par les
changements de résidence des particuliers (individus et ménages) sont reclassées en positions
d'investissement international, mais ne sont pas prises en compte dans la balance des
paiements46.
Composantes type du MBP647 

Tenant compte de ces modifications, la structure de la balance des paiements selon


l'optique du MBP6 se présente comme suit :

Présentation synthétique des composantes de la balance des paiements


Compte des transactions courantes
Biens et services
Biens
Services
Compte du revenu primaire (anciennement compte « revenu »)
46
Compte du revenu secondaire (anciennement « transferts courants »)
Il s'agit des Compte
mouvements d'effets personnels à l'occasion des déplacements des migrants. Ils sont désormais
capitale
enregistrés dans les « Autres flux » au niveau de la position extérieure globale.
47 Acquisition et cession
GUIDE METHODOLOGIQUE POURd'actifs non produits
L'ELABORATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS ET DE
Transferts en capital
LA POSITION EXTERIEURE GLOBALE DANS LES PAYS DE L'UEMOA SELON LA SIXIEME EDITION
DU MANUELCompte DU FMI,financier
Mai2013, (anciennement compteend'opérations
Dakar Sénégal, disponible financières)
ligne www.bceao.int, page 8.
Investissements directs Investissements de portefeuille
Produits financiers dérivés (traité comme sous-rubrique des investissements de
portefeuille dans le MBP5)
Autres investissements
Avoirs de réserve
De façon générale, l’utilisation de signes dans la présentation du MBP6 s'opère comme suit :
 Dans les comptes des transactions courantes et de capital, crédits et débits sont
enregistrés avec des signes positifs (à l’exception des revenus issus de l’investissement
direct et du négoce international, qui peuvent produire des inscriptions négatives) ;
 Dans le compte financier, les augmentations des actifs et passifs sont enregistrées avec
des signes positifs, les diminutions avec des signes négatifs. On va voir ça dans les
principes d’enregistrements :

Objectifs

Aucun pays ne possède tous les biens nécessaires pour répondre aux besoins de ses
habitants et de ses entreprises. En outre, la capacité de production des entreprises nationales
dépasse généralement la demande nationale, il est donc nécessaire de trouver des moyens de
vendre les produits. L'importation et l'exportation sont les règles. Par conséquent, tous ces
mouvements doivent être enregistrés.
Pour cette raison, la balance des paiements est cruciale. Il considère toutes les transactions
commerciales, financières et monétaires entre un pays donné et le reste du monde dans une
période de temps donnée.

Les principes comptables :

Ce sont ceux de la comptabilité en partie double. Une valeur portée en positif


(crédit)traduit une diminution des avoirs, c’est le cas des exportations. Par contre, cette
diminution des avoirs est compensée par un gain en devise équivalent. De même, toute valeur
portée en négatif (débit) est la conséquence d’une augmentation des avoirs, c’est le cas des
importations. Cette augmentation des avoirs aura pour conséquence une perte en devise
équivalente. Toute opération donne donc lieu à une double inscription, traduisant sa nature
(importation ou exportation) et ses conséquences monétaires (augmentation ou diminution des
devises).

c) Principes d’enregistrement des données 48:

Pour 6 ème édition :


Dans la 6 e édition du manuel de la balance des paiements, il y a une distinction entre le
compte des transactions courantes et le compte de capital d’une part et le compte financier
d’autre part.

48
Guillochon, Bernard, Kawecki, Annie, Venet, Baptiste, Économie internationale : Cours et exercices corrigés
Ed. 8, Dunod,2016, paris, page 208-210
Débit

R
és
id
en
ts

N
on
Crédit

-ré
si
de
nt
s
Figure : L’enregistrement des données dans le compte des transactions courantes et dans le
compte de capital
Dans les comptes courants et de capital, les transactions Selon le principe de la partie double,
enregistrez avec crédit (+ signe) et débit (signe -).
Toutes actions sur ces comptes L'enregistrement entre le pays déclarant et le reste du
monde a entraîné deux Le même nombre et les signes opposés. L'un reflète l'essence de
l'économie Transaction (par exemple : exportation ou importation de marchandises), une autre
méthode de règlement qui a converti la transaction (par exemple : paiement par virement
bancaire Un compte bancaire). Les principes d'enregistrement sont les suivants :
Débit du résident vers le registre des non-résidents, flux de débit du non-résident vers le
registre des résidents.
Par conséquent, la valeur créditée reflète la diminution des actifs externes (ou une
augmentation des engagements externes), tandis que la valeur enregistrée par le débit reflète
l'augmentation des actifs externes (ou une diminution des engagements externes).
Les transactions sont enregistrées différemment dans les comptes financiers. Ce dernier
détermine l'achat et la cession nets d'actifs et de passifs financiers. Il comprend notamment les
transactions liées aux investissements directs, aux investissements en valeurs mobilières et
aux dérivés financiers. Les transactions sont enregistrées en « actifs » et « engagements », qui
peuvent augmenter ou diminuer en fonction de l'acquisition et de la cession d'actifs et de
passifs financiers.
Pour 5 ème édition :

Dans 5e édition du manuel, Les signes des transactions financières sont déterminés par le
sens des flux de capitaux : les sorties (des résidents vers les non-résidents) sont affectées Un
flux entrant avec un signe négatif et un signe positif. Dans la 6 e édition Dans ce manuel, les
nombres positifs indiquent une augmentation de l'actif ou du passif, tandis que les nombres
négatifs indiquent une diminution de l'actif ou du passif. Actif ou passif.
Par conséquent, chaque solde de compte financier reflète tous les engagements, et
s'inscrivent dans la logique patrimoniale : processus Un nombre net positif correspond à une
augmentation des actifs français à l'étranger et un montant net correspond à une augmentation
de la dette française par rapport aux pays étrangers :
Le tableau indique les signes pour le compte des transactions courantes et le compte financier.

Tableau : Convention de signe


-- +
Transactions Débit Recette : (Par exemple : Dépense :
courantes exportation, réception d’un (Acquisition de biens lors
Dividende ou d’une prestation.) d’une
Transaction de négoce
international.)
Crédit Dépense
(Par exemple : importation,
envoi de fonds.)
Solde Excédent Déficit

Augmentation des avoirs Diminution des avoirs


(Par exemple, un (Par exemple, une
Avoirs investissement direct à cession de bons du Trésor
l’étranger représente la américains par un résident
constitution d’un actif sur français constitue une
l’étranger diminution de créance de
la
France sur les États-
Compte Unis.)
financiers Augmentation des Diminution des
engagements engagements
(Par exemple un emprunt (Par exemple,
auprès de banques étrangères l’amortissement
Engagements constitue une augmentation d’obligations d’État
des engagements vis-à-vis françaises détenues par
de l’étranger.) des non-résidents est une
opération de
remboursement se
traduisant par une
réduction de la dette
publique de la France vis-
à-vis de l’étranger, donc
une
Réduction des
engagements de la
France.)
Net Accroissement des avoirs Diminution des avoirs
nets de la France nets de la France
Source : Économie internationale : Cours et exercices corrigés Ed. 8,2016, page 210

Légende La contrepartie est une entrée de capitaux.


La contrepartie est une sortie de capitaux.
En principe,
les comptes de la balance des paiements sont équilibrés. Le solde financier est égal à la
somme du solde des transactions courantes et du solde du compte de capital, et de même
signe.

Lire la balance des paiements :

Ce tableau vise à permettre au lecteur de décrypter l’information disponible dans la BP, qui
est établie suivant une méthodologie précise et conventionnellement répartie entre différents
comptes et sous-comptes. Comme on a commencé à établir des BP bien avant qu’une
coordination internationale ne soit envisagée, les normes sont longtemps restées nationales. Il
était alors difficile de lire et d’interpréter les différentes BP, et encore plus d’établir une
certaine cohérence au niveau international. À partir de 1944, le FMI a essayé de standardiser
les présentations.

1. Balance courante 1.1. Balance des biens et 1.1.1. Balance des biens
services (balance
commerciale)
1.1.2. Balance des services
1.2. Balance des revenues 1.2.1. Revenus du travail
1.2.2. Revenus du capital
1.3. Balance des transferts
courants

2. Compte de capital et 2.1. Compete de capital


des
opérations financières
2.2. Compte financier 2.2.1. Investissement
direct
2.2.2. Investissement de
portefeuille
2.2.3. Produits financiers
dérivés
2.2.4. Autres
investissements
2.2.5. Avoirs de réserves

3. Erreurs et omissions
nettes

Détail des comptes de la balance des paiements49 :

La balance des paiements est composée de trois sous-comptes qui répertorient les différentes
catégories d’échanges internationaux : le compte courant, le compte capital et le compte
financier.
a) La balance courante (ou compte courant) 
Le compte courant répertorie d’abord les transactions liées à l’importation et à l’exportation
de biens et services, dont le solde constitue la balance commerciale du pays. Cependant, les
revenus des facteurs de production opérant à l'étranger sont également portés au crédit du
compte courant. Et les intérêts et dividendes perçus par les sociétés opérant à l'étranger.
Enfin, les transferts courants est enregistré dans le compte courant. Ces transferts ne sont
pas liés aux échanges, tels que les envois de fonds opérés par les immigrants ou le paiement
de l'impôt sur le revenu. Le compte courant comprend la balance commerciale, la balance des
services (ils constituent ensemble la balance des biens et services)
La balance commerciale (BC)
La BC comprend les exportations et les importations de Biens. Il s’agit de mouvements
de marchandises qui font l’objet d’un transfert de propriété d’un résident vers un non-résident.
Ils sont enregistrés FAB Dans les transactions commerciales internationales, on distingue des
valeurs FAB50 (franco à bord) et CAF51 (coût assurance fret) ou FOB (free on board) et CIF
49
Karine Constant, Patrick Domingues, Gérard Duchêne, Amélie Guillin, Sandrine Kablan, Patrick Lenain et
Julie Lochard, « Economie internationale : Cours et applications », Ed. 1, Vuibert,2018, paris, page 46-48
50
FAB est la valeur du bien lorsqu’il passe la frontière à la sortie du pays (le prix à la sortie de l’unité de
production, plus les coûts encourus pour le transporter à la frontière et l’assurer jusque-là).
51
CAF est la valeur du bien lorsqu’il entre dans un pays (y compris donc le fret et l’assurance qu’il a fallu payer
(cost insurance freight) d’après les sigles anglais. Les données produites par la douane sont
corrigées pour tenir compte, en particulier, des passages qui n’ont donné lieu ni à paiement
(comme les échantillons) ni à transfert de propriété (comme les réparations).
Le transport et l’assurance sont comptabilisés dans la balance des services. Certaines
transactions plus spécifiques sur des biens peuvent être décrites à part lorsqu’elles sont
importantes pour une économie : l’avitaillement (fourniture de biens et services à des bateaux,
ou des avions),
La balance des services
Elle comprend tous les services (produits immatériels) vendus à des non-résidents (crédit) et
les services achetés à des non-résidents (débit). Les services forment un ensemble très
hétérogène de onze catégories : transports (aériens, maritimes, etc.), voyages, services de
communication (croissants du fait des règlements internationaux liés aux téléphones mobiles).
La balance des revenus
Cet équilibre retracera toutes les transactions entre résidents et non-résidents
correspondant à la rémunération des facteurs de production (travail, capital, terre, etc.). Le
revenu du travail est versé rétroactivement aux travailleurs non-résidents (principalement les
travailleurs transfrontaliers, les emprunteurs) et aux travailleurs résidents (y compris les
partenaires, par le biais du crédit) pour la rémunération reçue en dehors de l'économie. Ce
poste ne comprend pas les paiements effectués ou reçus par les travailleurs qui ont vécu ou
vécu pendant plus d'un an (quelle que soit leur nationalité) (ces paiements apparaissent dans le
"transfert").
La balance des transferts courants 
Cette balance comprend les transferts sans contrepartie publics et privés, en espèces et en
nature, à l’exclusion des transferts en capital (qui figurent dans le compte de capital). On y
distingue les transferts publics courants (subventions publiques à des non-résidents en débit,
ou vice versa en crédit). Sous cette rubrique figurent les dons (en monnaie ou en nature) au
titre de l’aide au développement.
Le compte capital recense les opérations d’achat ou de vente d’actifs non financiers, comme
les brevets, ainsi que des transferts de capital, tels que les remises de dette et les aides à
l’investissement.

b) Le compte de capital

aux non-résidents en plus de la valeur FAB).


Ce compte (d’un montant généralement très faible) retrace les flux de cessions d’actifs
fixes, ou d’annulations d’un engagement financier par accord mutuel entre débiteur et
créancier, sans contrepartie pour ce dernier. Il comprend les transferts en capital (subventions
pour investissements), les remises de dette, les acquisitions et cessions de brevets, de droits
d’auteur, de franchises.

c) Le compte financier 

Mesure les achats et les ventes d’actifs à des non-résidents. Ces actifs sont enregistrés à
plusieurs postes du compte financier. Ce sont : les investissements directs étrangers, les
investissements en portefeuille, les instruments financiers dérivés, les autres investissements
et les avoirs de réserve.
Premièrement :
 Les investissements directs :
Les étrangers (IDE) impliquent plus de transactions 10% d'actions de sociétés étrangères
achetées par des entités résidentes. L'idée est que cet achat puisse exercer un contrôle sur la
gestion de l'entreprise et sa participation à la prise de décision. Dans les pays industrialisés où
la plupart des investissements directs sont concentrés, ces derniers sont relativement limités
en nombre, mais sont liés aux gros investissements habituellement réalisés sous forme d'offres
publiques d'achat (OPA). (ID) comprend également les transactions sur les bâtiments et les
terrains, comme il est d'usage, en supposant qu'elles sont détenues par des entités financières.
 Les investissements de portefeuille :
Lié à l'achat d'obligations ou d'actions qui ne visent que la rentabilité (ne contrôlent pas
l'entreprise). Bien entendu, pour que les investisseurs étrangers achètent des actions de
sociétés françaises, les transactions précédentes peuvent être relues (ces transactions seront
enregistrées en augmentation du passif). Les deux types d'investissement procurent un revenu
(revenu factoriel) crédité sur leur compte courant.
 Les produits financiers dérivés :
Il s'agit d'un produit utilisé pour couvrir les risques des marchés financiers (tels que les
futures et les options). Après 1993, ils ont été présentés à BP en tant que catégorie distincte.
 Les avoirs de réserve (variation)
Les avoirs de réserve correspondent aux réserves officielles internationales des banques
centrales. Les banques centrales conservent des réserves officielles de change pour se
prémunir contre les aléas de la conjoncture économique. Ces réserves sont constituées d’or, de
dépôts bancaires en monnaies internationales de réserve telles que le dollar, la livre sterling, le
yen et aussi l’euro quand le pays considéré ne fait pas partie de la zone euro. Ce sont ces
réserves, qui sont utilisées par les banques centrales pour acheter ou vendre des actifs sur le
marché de capitaux et, ce faisant, contrôler la masse monétaire en circulation.
Les droits de tirage spéciaux, Le poste « Transactions sur avoirs de réserve » ne comprend
que des flux, il exclut donc les réévaluations des actifs (qui peuvent être importantes, par
exemple après une dévaluation), ainsi que les allocations de DTS. « Le DTS a été inventé en
1967. Il s’agit en premier lieu d’un moyen de paiement international (on craignait à l’époque
un manque de liquidités internationales), comme l’or ou les devises. Il est créé et géré par le
FMI. Il ne peut être utilisé que pour le paiement de transactions entre États, ou détenteurs
agréés de DTS comme la plupart des banques de développement »52. Ces derniers éléments
sont enregistrés dans la position extérieure pour réconcilier les flux et les encours. Dans
certaines présentations de la BP apparaît un poste de financement exceptionnel en dessous des
avoirs de réserve.
 Le poste « Erreurs et omissions nettes » n’existe que pour permettre l’équilibre
De la Balance des paiements. Cette balance devrait être équilibrée au sens de l’égalité entre
les soldes. Cependant, en pratique, la balance des paiements est constituée à partir de
nombreuses sources, qui comportent des décalages temporels d’enregistrement, des erreurs de
mesure. De plus, certaines opérations peuvent être mal recensées, ou non déclarées, pour des
raisons d’évasion fiscale. Au final, l’équilibre de la balance des paiements peut ne pas être
respecté. Le poste « Erreurs et omissions », obtenu par différence.
Par construction, la balance des paiements devrait être toujours équilibrée.
En effet, chaque opération est enregistrée deux fois, si bien que les soldes du compte courant
et en capital, d’une part, et les soldes du compte financier, d’autre part, devraient être égaux
(aux erreur et omissions près).
Tableaux : Présentation de la balance des paiements
Présentation de la balance des paiements
Compte Balance commerciale échange de biens et services
des
Revenus principalement des transferts de capitaux et des
transaction
retours sur investissement
s courantes
Transferts courants transferts sans contrepartie
Compte de Transfert en capital transfert de propriété, remise sur une
capital dette…
52
Marc Raffinot Baptiste Venet, « La balance des paiements », La Découverte, paris,2006, page 30
Acquisition d’actifs non financiers brevets par exemple
Compte IDE plus de 10% du capital social d’une entreprise
financier
Investissements de portefeuille moins de 10% du capital social
d’une entreprise
Autres investissements crédits commerciaux, prêts, et autres
avoirs ou engagement
Avoirs de réserves transactions sur les réserves des autorités
monétaires
Erreurs et Correction des erreurs statistiques permettant de retrouver
omissions l’équilibre comptable de la BP
Source :
Les soldes significatifs de la balance des paiements
Comme nous l'avons vu précédemment, la balance des paiements est un document
comptable équilibré. Quand on parle d'excédent (déficit), c'est en traçant une ligne à un niveau
donné (théoriquement) que l'on efface le groupe d'opération, et donc une partie du solde.
Ceux-ci montrent le solde "au-dessus de la ligne", qui doit être compensé par le solde "au-
dessous de la ligne". Par conséquent, une certaine balance des paiements peut être
déséquilibrée. Six soldes partiels sont affichés de haut en bas :
1- Le solde commercial
Il est égal à la différence entre les exportations et les importations de marchandises. Ce
solde permet de calculer le taux de couverture (part des importations de biens couvertes par
les exportations de biens).
2- Le solde des biens et services
Il est obtenu en ajoutant la balance commerciale à la balance des services. Cet équilibre,
ajusté en fonction des cycles économiques et des variations des taux de change, est considéré
comme un indicateur de la compétitivité d'un pays ou d'une zone économique.
3- Le solde des transactions courantes
Il sert de base à l'analyse de la balance des paiements. Le viser souvent - ce n'est pas
approprié, car lorsque les gens parlent du « déficit » ou de « l ‘ excédent » de la balance des
paiements, il s'agit d'un solde partiel. Le solde du compte courant est obtenu en ajoutant les
revenus courants et les soldes transférés au solde des biens et services.
4- Le solde des transactions courantes et du compte de capital (capacité ou besoin
de financement de la nation)
Il est obtenu en additionnant le solde de la transaction courante et le compte de capital.
Hormis les erreurs et les omissions, la valeur absolue de la capacité ou de la demande de
financement du pays est égale au solde du compte financier. L'augmentation du solde du
compte courant du solde du compte de capital est directement liée au compte national car elle
est égale au solde de financement cumulé des différents secteurs institutionnels (ménages,
entreprises, sociétés financières, administrations publiques…etc.).
5- Le solde à financer :
Le solde comprend le solde de la transaction en cours, le solde du compte de capital et le
solde des investissements directs étrangers. C'est l'équilibre de l'opération économique la plus
durable et la plus stable. Il remplace le solde du solde de base pour mesurer le degré
d'intégration internationale d'un pays. Contrairement au solde du solde de base, il n'inclut pas
les placements en titres considérés comme plus volatils que les autres flux de capitaux.
6- Le solde de la balance globale
Il est égal au solde du compte courant, du compte de capital et des flux financiers hors
ceux à court terme et long terme du secteur bancaire et de la banque centrale. Il correspond à
la création monétaire due à l’extérieur, c’est-à-dire à la création monétaire qui résulte de
l’impact sur la liquidité de l’ensemble des opérations avec l’extérieur, à court terme et long
terme, des agents non financiers résidents. Le complément du solde de la balance globale est
appelé la variation de la position monétaire extérieure ou le financement monétaire de la
balance des paiements.
Tableau : Les principaux soldes de la balance des paiements

Les grands soldes de la balance des paiements

Biens et services Mesure le solde des échanges commerciaux

Transactions courants Mesure le solde des opérations non financières

À financer Mesure le solde des opérations « réelles » de la nation

Flux Mesure le solde des opérations financières internationales

Intègre les erreurs et omissions.


Balance globale Indique la création monétaire induite par l’extérieur, c’est-à-dire le
financement de la BP. Balance globale > 0 = création monétaire et vice
versa
Source :
La balance des paiements comme source d’information 
La balance partielle de la balance des paiements définie ci-dessus peut être liée à de nombreux
agrégats internes qui fournissent des informations précieuses sur les conditions économiques
et financières d'un pays. Afin d'établir un lien entre une partie de la balance des paiements et
les soldes financiers internes, l'identité comptable de base fournie par les comptes nationaux
est généralement utilisée. Nous savons tout d'abord qu'au niveau national, tous les biens et
ressources de service sont garantis pour pouvoir être utilisés par la suite. Dans une économie
ouverte, l'équilibre emplois :
 Ressources en biens et services s’écrit alors : Y + M = C + I + G + X (1)
Avec (Y) le (PIB), (M) les importations de biens et services, C la consommation
privée,
I l’investissement privé, (G) les dépenses publiques et (X) les exportations de biens et
services.
Par ailleurs, dans une optique d’utilisation de revenu, on considère que le revenu issu de la
production nationale (Y) augmenté des revenus nets perçus du reste du monde (U = solde du
compte revenu et du compte transferts courants) est dépensé en consommation (C), épargné
(S) et sert à payer les impôts nets de transferts publics(T) :
Y + U = C + S + T (2)
En combinant les identités comptables précédentes, on obtient :
(S – I) + (T – G) = X – M + U (3)
Avec (S – I) l’épargne nette du secteur privé, (T – G) le solde budgétaire et (X – M + U)
Le solde des transactions courantes (BOC = X – M + U).
On observe que le solde des transactions courantes est égal à la somme des capacités
et/ou des besoins de financement du secteur privé et du secteur public.
On peut réécrire l’identité (3) en faisant apparaître l’épargne nationale, S N définie comme
étant égale à la somme de l’épargne du secteur privé, S, et du secteur public (T-G) : SN= S+ (T
– G) On obtient alors :
SN– I = BOC (4) Le solde des opérations courantes reflète l’écart entre l’épargne
nationale et l’investissement domestique.
La balance des paiements étant nécessairement équilibrée, on a BOC + SCF = 0 (on suppose
ici que le solde du compte de capital est égal à zéro), avec SCF le solde du compte financier.
La condition d’équilibre épargne égale a l’investissement s’écrit alors :
SN– I = BOC = – SCF (5)
Cette dernière identité comptable montre clairement que les déséquilibres externes sont le
reflet de déséquilibres internes.
Deux cas sont alors possibles :
 Si l’épargne nationale est supérieure à l’investissement domestique (SN>I), le pays
considéré dégage une capacité de financement qu’il met à la disposition du reste du
monde. Ce pays est donc exportateur net de capitaux (SCF<0) et dégage, en
contrepartie, un excédent courant (BOC > 0).
 Si l’épargne nationale est inférieure à l’investissement domestique (SN< I), le pays
considéré vit « au-dessus de ses moyens » et dégage alors un besoin de financement
qui est satisfait par le reste du monde. Le pays est donc importateur net de capitaux
(SCF > 0) et dégage, en contrepartie, un déficit courant (BOC < 0).

Section 02 : Les approches de la Balance des Paiements.

La méthode monétaire initialement développée par le Fonds monétaire international (FMI),


par rapport aux pays en développement statistiquement sous-développés, le plus grand prix est
la simple relation entre l'offre de devises et la balance des paiements (Polak, 1957), cette
approche fut ensuite approfondie par R. Mundell (1968) et par Frenkel et Johnson (1976). Elle
occupa pendant plusieurs années une place très importante.

L’ajustement par le taux de change


a) Les effets attendus de la dévaluation (dépréciation)
De toute dévaluation (dépréciation) du cours de change ayant son effet normal, devrait
résulter un double effet essentiel de détournement(switching) de l’offre domestique vers le
marché étranger et de la demande domestique vers les produits locaux, de façon à vendre
davantage à l’étranger et à lui acheter moins afin de rétablir le solde courant. Pour y parvenir,
on tablerait sur trois effets :
Effet de détérioration des termes de l’échange
En monnaie nationale, les prix doivent ne pas changer pour les exportations et augmenter pour

p∗¿
les importations, d’où une dégradation du ratio ¿. En monnaie étrangère, les prix des
p
exportations baisseront et ceux des importations resteront inchangés. Il convient donc de bien
noter que le premier effet d’une dévaluation dépréciation est défavorable. La modification de
ce change, en renchérissant les prix des importations et en diminuant ceux des exportations,
obliges-en quelque sorte le pays qui la subit à accepter de fournir davantage de contre-valeur
domestique par unité importée. De plus, la détérioration des termes de l’échange
(importations plus chères et exportations à prix inchangé en monnaie nationale) affecte la
valorisation de toutes les exportations et importations préexistantes à la modification du
change.
Effets volumes
ds
Avec la dépréciation du cours de change ( >0à l’incertain), on devrait toutes choses égales
s

dX dM
d’ailleurs – obtenir : >0 et <0
X M
Avec X Le volume des exportations et M celui des importations.
Soit :
– une stimulation des exportations dont la contre-valeur en monnaie étrangère baisse ;
– un freinage des importations dont les prix en monnaie nationale ont augmenté.
Cet effet d’accroissement des exportations et de diminution des importations devra être
suffisamment fort pour compenser – et au-delà – l’effet précédent de détérioration des termes
de l’échange. De ces deux effets contrariés dépendra le résultat de la modification du change.
Rentrées de capitaux
Ces derniers, fréquemment affectés avant la dévaluation par des sorties spéculatives ou par le
jeu des termes de paiement (avances et retards), devraient eux-mêmes revenir dans le pays «
dévaluateur » après avoir profité de la prime de dévaluation.

b) Le théorème des élasticités critiques :

Les importations en volume (M) augmentent avec le revenu national (Y) et le taux de
change réel (q) tandis que les exportations en volume (X) augmentent avec le revenu étranger
(Y*) et diminuent avec le taux de change réel (q).
Le solde en valeur de la balance courante (BC) est égal à la différence entre la valeur des
exportations et la valeur des importations. Il s’écrit donc :
BC=PX ((Y +¿ , q –))– Pe∗M ¿

eP
Avec q= e : taux de change nominal,
P∗¿ ¿
P : niveau général des prix domestiques,
P* : niveau général des prix étrangers,
La dépréciation (respectivement l’appréciation) de la monnaie nationale a un effet
favorable (respectivement défavorable) sur le solde de la balance courante si la somme des
valeurs absolues des élasticités-prix des demandes d’importations et d’exportations est
supérieure à 1.
Mathématiquement, ce résultat peut être présenté comme suit :
dX q dM q
ƐX =
dq X⟨0 et ƐM =
dq M ⟩
0

Les élasticités respectives des exportations et des importations par rapport au taux de change
réel. La différentielle de l’équation (2) donne, en supposant Y* et Y constants :
Avec
p∗¿
dBC = M∗¿ ¿
e
dq de dP dP∗¿
Avec = + − ¿
q e P p∗¿ ¿

Si l’on raisonne au voisinage de l’équilibre de la balance courante

¿)

dq
<0 ⟾ dBC >0
q
Pour que la dévaluation (dépréciation) ait un effet normal, il convient que certaines
conditions strictes soient remplies en matière d’élasticité-prix. Le théorème des élasticités
critiques dit souvent Marshall-Lerner-Robinson (M-L-R) stipule que :
« Pour qu’une dévaluation soit efficace en termes de prix, il faut que la somme des élasticités-
prix de la demande (étrangère) d’exportation et de la demande nationale d’importation soit
supérieure à un ».
ηX +ηM >1
Avec ηX l’élasticité-prix de la demande d’exportation et ηM l’élasticité-prix de la
demande d’importation (les élasticités sont définies positivement).
L’établissement du théorème suppose que l’on parte de quatre conditions d’élasticité-prix
(élasticité de la demande étrangère d’exportation, de la demande nationale d’importation plus
élasticité de l’offre nationale d’exportation et de l’offre étrangère d’exportation) ramenées à
deux (demande étrangère d’exportation et nationale d’importation) en supposant les élasticités
d’offre infinies.
A. L’approche monétaires de la balance des paiements
L’idée de départ de l’approche monétaires que « tout déséquilibre de la balance des
paiements est monétaire dans son essence » (H. Johnson). L’excédent (ou le déficit) (B) est
pris ici globalement comme celui qui résulte de la somme des opérations courantes et de celle
du compte capital autres que celles des autorités monétaires. Ce solde de la balance globale ne
ferait que refléter le déséquilibre du marché de la monnaie. Dans une économie de plein
emploi où il y aurait flexibilité parfaite des prix et des salaires (concurrence parfaite), on
pourrait en changes fixes représenter la situation d’un petit pays (preneur du prix
international) par cinq équations simples :
(1) Md= PK(Y)
(2) P = SP*
(3) Ms {D + Ȓ S
(4) Ȓ {(Md– Ms)/S
(5) Ȓ = B avec Md
La quantité de monnaie demandée, Ms la quantité offerte, P le niveau des prix
domestiques, P* celui de l’étranger, S le cours du change à l’incertain, Ȓ la variation des
réserves de change mesurées en monnaie étrangère, D le crédit domestique. L’équation (1)
représente une fonction de demande de monnaie habituelle dans laquelle Md dépend du
revenu réel et des prix. L’équation (2) figure la relation de parité des pouvoirs d’achat selon
laquelle le prix est le même dans les deux pays au cours de change près. L’identité (3) stipule
que l’offre de monnaie est nécessairement égale à la somme du crédit domestique et de la
quantité de réserves détenue par les autorités monétaires. Elle exclut par conséquent toute idée
de stérilisation des variations des réserves au niveau du crédit domestique. La variation des
réserves R est égale à la différence entre la demande et l’offre de monnaie (éq. 4). De cette
équation (5) on infère que tout déséquilibre ex ante entre offre et demande de monnaie se
traduit par un déséquilibre correspondant du solde (global) des paiements. Dans un système
où le niveau des prix est donné de façon exogène (par le cours du change et le niveau des prix
étrangers), le solde de la balance des paiements reflète le déséquilibre (de stock) du marché de
la monnaie. On peut aussi écrire en monnaie nationale :
(6) B = h (Md– Ms)
(7) Md– Ms< 0 ⇔ B < 0 (déficit)
(8) Md– Ms> 0 ⇔ B > 0 (excédent).
En somme, le solde de la balance des paiements joue un rôle de soupape.
Le déficit (changes fixes) signifie (éq. 7) que s’il y a excès de monnaie, les agents s’en
débarrassent ; d’après la loi de Walras, il doit y avoir une réduction du stock de monnaie
(processus d’ajustement combiné stock-flux) dont la contrepartie est égale à l’excédent de la
valeur des biens et services importés, mesurée au taux de change en vigueur. Inversement (éq.
8), en cas d’excédent de la demande de monnaie, le compte extérieur fournira la quantité de
monnaie manquante.
Ces conditions permettent de comprendre comment doit se réaliser le retour à l’équilibre
en cas de déficit de la balance des paiements. Celui-ci ne devrait d’ailleurs avoir, dans
l’optique monétaire, qu’un effet purement transitoire. S’il y a déficit par excès d’offre de
monnaie, la baisse du change aurait pour effet d’élever le niveau général des prix, ce qui
obligerait les agents résidents à restaurer leurs encaisses réelles en comprimant leur dépense.
Il y aurait alors excès du revenu par rapport à la dépense et rétablissement de l’équilibre
extérieur (reconstitution des réserves). Inversement, en cas d’excédent.
2) Effets revenus : l’optique de l’absorption :
Pour réussir à détourner une part de la production sur le marché étranger et une partie de la
demande vers les biens et services domestiques, on sent bien, intuitivement, que la dépense
domestique doit être « tenue ». Cela a été en particulier démontré par Alexander (1952et
1959).
A. Les effets d’une dévaluation
Pour que la dévaluation réussisse à améliorer le solde des biens et services, il faut qu’elle
réduise la dépense domestique.
Rappelons pour ce faire que l’on a nécessairement en économie ouverte :
X – M = Y – A (1)
Avec X la valeur des exportations et M celle des importations, Y le revenu national et A
l’absorption ou dépense domestique globale (A = C + I + G)
Si l’on désigne par B le solde des biens et services, en variations, on peut écrire :
ΔB= ΔY – ΔA (2)
Ce qui signifie que la dévaluation agit de deux façons (équation 2) :
 Indirectement, à travers la variation des revenus induite par la dévaluation ;
 Directement, à travers l’effet qu’exerce la dévaluation sur la dépense domestique (à
niveau de revenu inchangé).
Pour l’établir, constatons que, s’il y a sous-emploi des capacités, le supplément
D’exportation dû à la dévaluation doit stimuler le revenu national (effet multiplicateur
externe).
L’augmentation de l’absorption est alors égale α : ΔY
Avec α la propension marginale à absorber le revenu et où α= c+ i+ g (on voit que par rapport
au modèle keynésien simplifié, on ajoute i qui est la propension marginale à développer
l’investissement induit ;
Dès lors 1 – [c+ i+ g] = 1 – α correspond non pas à la propension marginale à épargner, mais
à ce que l’on peut appeler la propension marginale à la « non-dépense » (thésaurisation).
Cependant, à ce premier effet positif de stimulation du revenu s’en ajoutera un second, négatif
cette fois, et qui tiendra à la diminution induite de Y imputable à la détérioration des termes
de l’échange.
Si l’effet d’accroissement du revenu, dû à la mise en œuvre des capacités oisives(exportation)
ou à l’expansion des activités domestiques substituts des importations, l’emporte sur la
réduction du revenu tenant à la dégradation des termes de l’échange : ΔY > 0.
On peut écrire :
ΔA = αΔY + δA (8)
Où δA représente l’effet direct de la dévaluation sur l’absorption En portant (8) dans (7), il
vient : ΔB = ΔY – [αΔY + δA] ΔB = (1 – α) ΔY – δA (9)
Effet indirect Effet direct sur l’absorption sur en passant par le revenu On retrouve les deux
niveaux d’influence de la dévaluation.
A / Effet indirect par le revenu
En supposant que la dévaluation augmente le revenu national (la variation du solde courant
jouant le rôle d’une dépense autonome additionnelle d’où l’effet final dépend du
multiplicateur externe avec kE= avec m la propension marginale à importer et s la propension
marginale à la non-dépense.
On constate que si (1 – α > 0, la dévaluation a un effet positif sur le solde de la balance. Cela
implique alors que α < 1 : la propension marginale à absorber doit être inférieure à l’unité (ou,
si l’on préfère, la propension marginale à la non-dépense 1 – α > 0).
En conséquence, on peut dire que pour que la dévaluation soit réussie, la condition nécessaire
que l’absorption interne soit « tenue » par les autorités. Cependant, ce n’est pas la condition
suffisante du succès, car il convient encore de réintroduire l’effet direct de la variation du
change sur l’absorption.
b) Effet direct sur l’absorption
Il convient en effet, pour qu’il y ait réussite de la dévaluation, que la variation de l’absorption
ne passant pas par la hausse du revenu national soit négative. Soit encore que la dévaluation –
même à niveau de revenu national inchangé, si par exemple toutes les capacités étaient
utilisées (plein emploi) – « déprime » l’absorption. Pour avoir δA < 0, on aurait en principe à
compter sur trois mécanismes :
 Un effet d’encaisse réelle : la dévaluation devrait en effet élever le niveau général des
prix. Si l’offre de monnaie n’augmente pas, les agents devraient réduire leurs dépenses
ou vendre des titres ce qui provoquerait une baisse de leurs cours, donc une hausse des
taux d’intérêt, ce qui aurait un effet déflationniste sur l’absorption ;
 Un effet d’illusion monétaire tenant à ce que les agents, se basant sur leur niveau de
revenu nominal accru, devraient en tirer argument pour augmenter leur épargne ;
 Un effet de redistribution venant de ce que la dévaluation
 Dépréciation améliore davantage les revenus des groupes qui ont une propension
marginale à épargner élevée, au détriment (salariés en particulier) de ceux qui
consomment davantage. Cet effet suppose que l’indexation des salaires sur les prix ne
soit pas parfaite. Au total, selon Alexander (1952), si la dévaluation intervient alors
que l’absorption se trouve freinée et que l’effet direct va dans ce même sens,
l’opération doit améliorer le solde de la balance.
La courbe en j :
Cette courbe est une représentation graphique de l'évolution de la balance commerciale après
la dévaluation de la monnaie nationale. En fait, nous avons observé que le solde réel d'un pays
s'est détérioré immédiatement après la dévaluation réelle de sa monnaie. Ce n'est que quelques
mois (environ 6 mois) à un an plus tard que le solde a commencé à s'améliorer, alors que les
importations augmentaient et diminuaient Le théorème d'élasticité critique de la "courbe en J"
a-t-il été vérifié dans la réalité ?
Tout dépend du temps écoulé depuis la dépréciation du taux de change réel. On commence
généralement par observer la dégradation du solde courant (passage du point 1 au point 2) :
l'effet prix est d'abord supérieur à l'effet quantité. Ensuite, l'équilibre s'est progressivement
amélioré et est devenu positif après un certain temps. Ce phénomène est appelé "courbe J" en
raison de l'évolution du solde courant (graphique). Dès la dévaluation, l'importateur
répercutera l'augmentation des prix sur le consommateur (en supposant un comportement de
profit extrême). Il y a ensuite l'effet quantitatif (augmentation des exportations et diminution
des importations) sur l'importation et l'exportation de produits manufacturés.
Graphique : la courbe en j
Source :
L'effet prix est immédiat. Une baisse du taux de change signifie une augmentation des
importations, exprimées en monnaie locale. Le prix des devises étrangères exportées est
moins cher, mais en raison de la devise locale, il n'est pas visible dans la balance des
paiements. Par conséquent, une fois que le taux de change baisse, le solde du compte courant
se détériore / l'effet de quantité n'est pas généré immédiatement. Il correspond au
comportement des acheteurs locaux et étrangers s'adaptant progressivement aux nouveaux
prix relatifs résultant des variations des taux de change. Par conséquent, pour les produits dont
le commerce dépend essentiellement du prix, le volume des importations devrait être réduit et
le volume des exportations devrait être augmenté, améliorant ainsi pour la deuxième fois la
différence du solde courante, d’où l’expression de courbe en j.

1.1- Méthode de balance des paiements et son utilisation par le Fonds monétaire
international53 :
L’approche monétaire de la balance des paiements constitue un cadre théorique
permettant d’identifier les éléments des déséquilibres de la balance des paiements. À l’aide du
modèle de POLAK, l’évaluation de certains paramètres et la compréhension des interactions
existant entre les différentes variables de l’économie, nous aiderons à mieux percevoir la
nature de ces déséquilibres. Le FMI, a toujours attribué une importance aux théories de
l’ajustement externe. Ces théories s’inspirent avant tout des œuvres de l’économiste Jacques
POLAK.
Dans cette approche, le solde de la balance des paiements reflète les déséquilibres internes du

53
Marc Raffinot Baptiste Venet, « La balance des paiements », La Découverte, paris,2006, page 72
marché de la monnaie. Le solde de la balance courante ne fait que « refléter les
comportements monétaires des agents » [Parent, 1996].
Le modèle permet de déterminer les valeurs successives du revenu national (Y), de la masse
monétaire, des réserves de change et des importations. En pratique, le modèle est utilisé au
FMI pour déterminer l’accroissement du crédit intérieur compatible avec un niveau de
réserves extérieures et un taux de croissance du revenu national (exogène), ces deux variables
constituant des objectifs. L’élaboration de projections suivant cette logique est désignée au
FMI sous le nom de « programmation financière » En cas de crise de balance des paiements, le FMI
détermine ainsi le montant de crédit intérieur à ne pas dépasser.
1-1-2-L’approche monétaire de la balance des paiements et l’approche en termes
d’absorption54
 Le modèle de Polak
« Le modèle de Polak offre un cadre méthodologique simple permettant à la banque
centrale de définir les montants de crédit compatibles avec ses objectifs pour la balance des
paiements. Le modèle de Polak est limité toutefois par ses hypothèses restrictives : change
fixe, mobilité parfaite des capitaux et absence d’anticipations. Par ailleurs, le modèle a montré
ses limites, dans les années quatre-vingt, avec les phénomènes de substitution monétaire : les
phénomènes de dollarisation de l’économie provoquent en effet des mouvements de la masse
monétaire sans lien avec le solde de la balance des paiements. Les phénomènes d’entrées
massives d’investissement de portefeuille, par lesquels la balance des paiements perd un lien
direct avec le crédit intérieur, ont aussi réduit la validité du modèle de Polak. Celui-ci reste
toutefois essentiel comme cadre d’analyse de base. »55
a) L’approche monétaire de la balance des paiements56
L’approche monétaire s’est développée surtout au cours des années 1970 en vue d’expliquer
l’origine du déséquilibre de la balance des paiements. Dans cette approche, les déséquilibres
de la BP sont mis en relation avec l’excès de création monétaire : le modèle très simple,
permet de calculer le montant de crédit compatible avec un objectif fixé de niveau des
réserves extérieures.
Il repose sur deux hypothèses :
 Stabilité de la demande de monnaie, qui ne dépendrait que des besoins de transaction
et
54
Revue des Sciences Economiques, « Application du modèle de POLAK au cas de l’Algérie période 2000-
2013 », juin 2016, Algérie, page 18-21
55
Patrick Lenain, « LE FMI », Quatrième édition, La Découverte, paris, page 73
56
Correspondrait à une fraction du revenu nominal que les agents souhaitent détenir sous forme
liquide. Cette stabilité ne doit pas être comprise comme postulant une relation totalement fixe
entre masse monétaire et PIB, mais comme postulant simplement une relation réglée entre ces
deux grandeurs (par exemple, existence de deux valeurs différentes en cas de crise et en cas
de croissance régulière) ;
 Caractère exogène de l’offre de monnaie, conçue comme résultant d’une décision
Autonome des autorités monétaires qui fixent le niveau de la composante interne de la base
monétaire. Il en résulte que toute expansion du crédit intérieur se traduit par une diminution
du niveau des avoirs extérieurs nets. Si l’offre de monnaie est supérieure à ce que les agents
souhaitent détenir sous forme liquide, l’excédent sera utilisé pour acheter des biens (importés,
puisque la production, à court terme, est supposé fixe) ou pour faire des placements à
l’étranger (dans la mesure où le marché financier interne ne permet pas de réaliser de tels
placements).
Dans le cadre d’une petite économie ouverte, (le modèle de Polak) pose comme principales
hypothèses :
 L’absence d’un marché de capitaux ;
 Les prix et le taux de change son fixe ;
 Les variables exportations et crédit intérieur sont exogènes. De plus, le crédit est
rationné et les avoirs en monnaie sont des soldes de transactions sans relation avec le
taux d’intérêt.
 La vitesse de circulation de la monnaie est stable.
Dans cette approche, on attribue l'origine des déséquilibres de la balance des paiements à
l'excès de création monétaire.
« En économie fermée, la théorie quantitative de la monnaie établit que tout accroissement de
l’offre de monnaie conduit nécessairement à une hausse des prix lorsque l’économie est au
plein emploi. En économie ouverte et en régime de changes fixes, le modèle Polak établit que
tout accroissement excessif de l’offre de crédit conduit nécessairement à un déficit de la
balance des paiements et donc à une perte de réserves officielles. L’innovation de ce modèle
est de montrer qu’un déséquilibre de la balance des paiements est le plus souvent le résultat
d’une politique monétaire inadaptée, qui augmente excessivement l’absorption interne et donc
les importations. Pour rétablir une situation externe équilibrée, il est donc nécessaire de
réduire l’expansion du crédit, en agissant sur les taux d’intérêt et sur le financement monétaire
du déficit budgétaire. Dans sa version très simplifiée, en changes fixes (ce qui est le cas de
beaucoup de pays en développement), le modèle peut être ramené aux équations suivantes :
 La production est fixée à un niveau déterminé par le potentiel de l’appareil productif
du pays Y = Ŷ »57
Le modèle, qui permet de calculer le montant de crédit compatible avec un objectif fixé de
niveau des réserves extérieures, comprend 5 équations.
Md=PY/V (1)
MO=h(Cr+R) (2)
P=e.P* (3)
Md=MO (4)
B=R
Avec Md : demande de monnaie ; O : offre de monnaie ; P : niveau des prix ; P*: niveau des
prix étrangers ; Y : revenu national (assimilé au PIB) ; Cr : contreparties internes de la base
monétaire (crédit à l’économie et à l’Etat) ; R : réserves extérieures nettes (indique une
variation) ; B : solde de la balance des paiements ; V : vitesse de circulation-revenu de la
monnaie ; h : inverse du coefficient de réserve appliqué par les banques de second rang ;
e : taux de change. L’équation (1) traduit l’idée que la demande de monnaie est stable,
proportionnelle au revenu (elle ne dépend donc pas du taux d’intérêt). L’équation (2) traduit
l’idée que l’offre de monnaie dépend de la contrepartie interne et externe de la base
monétaire, par le jeu d’un multiplicateur (inverse du coefficient de réserve appliqué par les
banques du fait d’une réglementation ou du respect de normes prudentielles). L’équation (3)
reprend l’hypothèse du prix unique.
L’équation (4) postule l’existence d’un équilibre sur le marché de la monnaie et l’équation
(5), qui est une simple identité comptable, énoncé que le solde de balance des paiements est
égal à la variation des réserves de change.
Ceci permet d’écrire la relation souhaitée entre création monétaire et niveau des réserves
(pour un niveau du taux de change donné) :
R=(vh)eP* Y- Cr (6)
Le niveau des réserves, et donc le solde de la balance des paiements, en taux de change fixes
et à un niveau fixe (à court terme) ne dépend que du niveau de crédit interne accordé par la
banque centrale (en supposant fixes les coefficients et). Dans cette optique, tout déséquilibre
de balance des paiements a donc son origine dans un excès d’offre de monnaie.
Le modèle de POLAK (1957) qui constitue l’ossature des programmes du FMI ajoute à
l’équation (3) une équation explicite de balance des paiements :
57
Marc Raffinot Baptiste Venet, « La balance des paiements », La Découverte, paris,2006, page 7
R=( X −mY )+ R
Ou
M =mY
Avec
X : niveau des importations ; m : propension marginale à importer ; F : flux des capitaux
(emprunt extérieur net).
Néanmoins, la simplicité de l’AMBP a une contrepartie : Elle ne permet pas d’identifier
les causes de crédit qui est la source du déséquilibre externe, et néglige l’impact de la
réduction du crédit sur les variables réelles. En outre, elle repose sur la conception d’une offre
de monnaie exogène alors que l’on constate dans beaucoup de PED, comme l’indique la
théorie postkeynésienne du « circuit » que c’est en fait la demande de crédit qui détermine le
niveau des avoirs intérieurs de la banque centrale.
1.1. L’approche en termes d’absorption :
L’approche de l’absorption est d’origine keynésienne. Elle explique le déficit de la
balance des paiements par un excès de la demande intérieure (absorption) sur la production
locale. L’équilibre interne et externe peut se résumer par les équations de (MUNDELL, 1977)
:
Y+M =C+I+G+X (1)

S’écrit comme ça : Y- C+I+G = X-M


A BC
Ou encore Y-A= BC (2)
BC = X – M =Y – A (3)
Avec
A : absorption nationale ; Y : revenu national (assimilé au PIB ou au PNB ; I : investissements
; C : consommation privée ; G : consommation publique ; M : importations ; M :
exportations ; BC : solde de la balance commerciale.
L’équation (1) présente le déficit extérieur comme le simple reflet du déséquilibre
intérieur, caractérisé par un excès d’absorption par rapport à la production : la fixité d’un
niveau trop élevé de consommation privée ou publique ou de l’investissement (du fait, par
exemple, de taux d’intérêts réels trop bas) conduira à un niveau de PIB élevé, et donc (en
admettant une proportionnalité au moins approximative entre Y et M ) à un niveau
d’importations trop élevé par rapport aux exportations, considérées comme exogène et fixes à
court terme.
Les origines du déséquilibre devront donc être recherchées au niveau de la demande
interne « effective », et renvoient à des niveaux de revenu trop élevés (nécessite d’une
réduction des salaires réels) ou de l’épargne trop faible (nécessite de relever les taux
d’intérêt). L’approche monétaire de la balance des paiements et l’approche de l’absorption
sont d’ailleurs compatibles et complémentaires, dès que, l’on se place à court terme, avec une
offre inélastique et que l’on considère la vitesse de circulation de la monnaie comme
constante. Mais ces deux approches ont l’inconvénient de ne pas intégrer directement le rôle
du taux de change, auquel est en principe dévolu un rôle considérable dans les politiques
d’ajustement. C’est pourquoi les aspects concernant les taux de change et les stratégies
d’ouverture font l’objet d’approches spécifiques.
« Les critiques sur l’AMBP ne doivent cependant pas conduire à ignorer l’intérêt d’une
lecture par le bas de la balance des paiements. Ainsi le solde de la balance courante peut-il
être considéré comme le simple reflet des réallocations permanentes de portefeuille des agents
résidents et non-résidents. Cette manière de voir les choses s’est progressivement imposée au
fur et à mesure que se réduisaient les obstacles à la mobilité internationale des capitaux.
Dans ce type d’analyse, le solde du compte courant apparaît comme l’accroissement ou la
diminution des actifs nets détenus par les résidents sur le RDM : un déficit du compte courant
s’explique alors par le faible intérêt des non-résidents pour les actifs du pays considéré, ou par
l’attrait des placements à l’étranger pour les résidents. »58

58
Marc Raffinot Baptiste Venet, « La balance des paiements », La Découverte, paris,2006, page 74
Section 03 : L’équilibre et l’ajustement de la BP par le taux de change dans un économie
Ouvert le modelé IS-LM-BP.
Toute l’étude des relations économiques internationales est centrée sur l’équilibre de la BDP,
tout le monde le sait qu’une activité économique se juge en fonction de deux équilibres, l’un
interne et l’autre externe, l’équilibre de la BDP est le problème clef de l’économie internationale,
des questions demeurent très importantes à poser, comment réaliser cet équilibre ? Quelles sont
les politiques nécessaires pour obtenir cet équilibre ? Pourquoi cet équilibre est très difficile à
réaliser ?
La présente section présente l’étude économique de la BDP, on présentera des différents
déséquilibres de la BDP, et nous allons voir aussi, les effets d’une variation du taux de change
sur le commerce extérieur à travers les exportations et les importations, ou exactement
l’impact sur le compte courant de la BDP.
1- Les processus de retour à l’équilibre de la balance des paiements
1.1- Les classiques et le rééquilibrage automatique des balances des paiements dans le
régime d’étalon-or59
Les économistes classiques ont élaboré une théorie décrivant un mécanisme de
rééquilibrage automatique de la balance des paiements via les flux internationaux de métaux
précieux qui accompagnent les déséquilibres temporaires de la balance courante. Il s’agissait
pour eux de prouver l’inanité des théories mercantilistes qui pensaient souhaitable (et
possible) qu’un pays accumule durablement des réserves d’or. Dans De la balance du
commerce (1752), Hume décrit le retour à l’équilibre de la balance des paiements par un
mouvement de prix relatifs. Stuart Mill a formulé ce qui deviendra la théorie classique du
rééquilibrage des balances des paiements. Dans cette approche, un déficit de la balance
courante se traduit par une sortie d’or du pays, c’est-à-dire par une variation négative des
réserves en métaux précieux. Or la diminution des réserves officielles entraîne généralement
une réduction de la masse monétaire en circulation dans le régime d’étalon-or.
La sortie d’or provoque une pression à la baisse sur les prix nationaux et restaure la
compétitivité de l’économie via la diminution du taux de change réel (q). Les exportations
s’accroissent tandis que les importations diminuent (Le théorème des élasticités critiques).
Ainsi serait assuré le retour automatique à l’équilibre de la balance courante. Ce mécanisme a
été décrit dans un cadre qui tient compte du développement de la monnaie scripturale et
fiduciaire.

59
Marc Raffinot Baptiste Venet, « La balance des paiements », La Découverte, paris,2006, page
2- La prise en compte de l’extérieur dans le modèle IS-LM60
2.1- Définition du modèle

Le modèle Mundell-Fleming est une extension économique du modèle bien connu


d'équilibre macroéconomique IS-LM : John R. Hicks en 1937 (British Economist, 1904-1989)
et Alvin Hansen (Économiste américain, 1887-1975). Conférenciers Les économistes célèbres
Robert Mundell (Robert Mundell) et Marcus Fleming (Marcus Fleming) sont des économistes
écossais (1911-1976), il peut analyser les flux de capitaux internationaux sous différents
systèmes de taux de change L'impact de l'efficacité des politiques macroéconomiques.
Considération externe dans le modèle IS-LM L'introduction de relations économiques et
financières avec le monde extérieur dans le modèle IS-LM a trois conséquences.
Premièrement, il y a une courbe supplémentaire, la courbe BP, qui représente l'équilibre
externe, c'est-à-dire l'équilibre dans l'économie ouverte, c'est-à-dire le modèle IS-LM-BP, qui
réalise simultanément un marché de produits équilibré (IS), un marché monétaire (LM) et un
marché externe (BP). Ensuite, l'ouverture extérieure modifiera l'équilibre du marché des
produits (SI) en considérant les importations et les exportations. Enfin, l'équilibre du marché
monétaire (LM) doit désormais tenir compte de la création de devises liée à l'intervention de
l'autorité monétaire sur le marché des changes dans le cadre d'un système de change fixe.
2.2- La construction de la courbe de la balance des paiements (courbe BP)
Pour saisir les conséquences des échanges internationaux sur l'équilibre intérieur, il
faut, ainsi que l'ont montré Robert Mundellet Marcus Fleming, intégrer l'équilibre de la
balance des paiements au modèle IS-LM.
Du fait du double enregistrement des flux, le solde de la balance des paiements est toujours
nul. Si nous désignons par BP le solde global de la balance des paiements, par BTC le solde
de la balance des transactions courantes, et par BK le solde de la balance des capitaux, nous
pouvons écrire : BP = BTC + BK = 0
Soit BTC = - BK
La courbe BP représente l’ensemble des combinaisons du revenu (Y) et du taux d’intérêt (i)
qui permettent l’équilibre de la balance des paiements.
 Le niveau d'équilibre de la balance des transactions courantes dépend du revenu
national
Y (BTC = BTC(Y)).
Plus le produit national est élevé, plus la capacité d'exporter et d'importer est grande. La

60
Brana, Sophie, Bergouignan, Marie-Claude, « TD Macroéconomie Ed. 5 », Dunod, paris,2015, page
balance des capitaux est précédée du signe négatif car les mouvements monétaires sont
comptés dans la balance financière au sens large.
Les mouvements de capitaux, quant à eux, dépendent du taux d'intérêt.
En réalité, ces mouvements sont fonction du différentiel entre le taux d'intérêt intérieur et les
taux d'intérêt extérieurs. Toutefois par souci de simplification, nous ne tenons compte que du
taux d'intérêt intérieur et de ses variations.
De même, nous faisons abstraction des variations possibles du cours de la monnaie nationale
(hypothèse du taux de change) et supposons que les prix intérieurs sont fixes. Nous pouvons
donc raisonnablement écrire :
BK = BK (0)
En sait que l'équilibre de la balance des paiements (BP),
Peut s’écrire BP (Y, i) = BTC(Y) + BK (i) = 0
Soit BTC(Y) = -BKO
La courbe SP représente l'ensemble des couples (Y, Z) pour lesquels est réalisé l’équilibre de
la balance des paiements. Pour sa construction, nous n’avons pas tenu compte des variations
possibles du cours de monnaie nationale et suppose que les prix intérieurs étaient fixes De
même, nous faisons abstraction des variations possibles du cours de la monnaie nationale
(hypothèse du taux de change) et supposons que les prix intérieurs sont fixes. Nous pouvons
donc raisonnablement écrire :
La courbe

Figure

Grâce à la droite de la balance des paiements, il est possible de caractériser les liens de cause
à effet qui peuvent s'établir entre l'activité intérieure d'un pays et les échanges que ce dernier
réalise avec le reste du monde. Ainsi, pour un taux d'intérêt intérieur donné, toute
augmentation du revenu national se traduira par une augmentation des importations qui, si
elles ne sont pas compensées par une augmentation des exportations, provoquera une
dégradation de la balance des transactions courantes et donc de la balance des paiements.
Comme expliqué plus haut, une hausse du taux d'intérêt entraînera un ralentissement de
l'investissement intérieur.
Il convient de noter que la pente de la courbe BP dépend dans une large mesure de la mobilité
internationale des capitaux mobilité qui elle-même dépend du différentiel entre le taux
d'intérêt domestique et les taux d'intérêt pratiqués dans les autres pays, mais aussi des
restrictions éventuelles imposées par les pays au niveau de l'entrée ou de la sortie des capitaux
du territoire national.
 Si la balance des paiements est déficitaire (BP <0), l'agent national exige plus de
biens étrangers et / ou de droits de propriété que l'agent étranger n'a besoin de
biens nationaux et / ou de droits de propriété. Par conséquent, sur le marché des
changes, il y a trop de demande de devises étrangères dans la monnaie locale. Au
contraire.
 Si l'excédent de la balance des paiements (BP> 0), les agents étrangers ont
généralement besoin de plus de biens nationaux et / ou de droits de propriété que
les agents nationaux ont besoin de biens étrangers et / ou de droits de propriété.
Sur le marché des changes, l'offre de devises étrangères aux monnaies locales est
excessive.
2.3- La balance courante
Les exportations dépendent positivement du taux de change réel (incertain) et positivement de
la demande des non-résidents.
Taux de change réel : er =e . P∗¿ P on pose : P = P* =1 ⟾ er = e
Le solde de la balance courante est égal aux exportations moins les importations de la nation :
 L'exportation est directement proportionnelle au taux de change (e) Plus la croissance
e est importante, plus la monnaie nationale se dépréciera et plus la compétitivité-prix
du pays sera élevée : nous exportons plus et la demande des non-résidents (Y *). Y *
est déterminé en dehors du modèle, il n'est donc pas pris en compte dans notre modèle
simplifié :

X = x(e) + X 0, avec X’ > 0, e étant défini comme le nombre d’unités de


monnaie nationale nécessaires pour obtenir une unité de monnaie étrangère (cotation à
l’incertain) ;
 Les importations sont fonction croissante du revenu national (Y) et décroissante du
taux de change : H = h(e)Y + H0
Avec h : la propension marginale à importer de la nation, H0 : le montant des importations
indépendantes du revenu. D’où, la balance.

2.4- La balance des capitaux

Le solde de la balance des capitaux est généré par les changements de capital. Nous
trouverons des changements dans le capital (investissement direct étranger, investissement en
titres), des changements dans le crédit et les dépôts et les réserves de change. Ce dernier
dépend de la différence de revenu entre l'investissement sur le territoire national (au taux
d'intérêt national i) et l'investissement en devises (au taux d'intérêt étranger i * ajusté des
fluctuations attendues du taux de change ê) dans les pays étrangers. Soit :

BK=f [(i – i∗¿+ê )]+ F ο considère i∗exogène


Là encore, nous simplifions l’équation en négligeant les variations anticipées du taux de
change ainsi que le taux d’intérêt étranger, déterminé hors modèle :
BK=f (i)+ F 0
Avec f, la sensibilité des entrées de capitaux au taux d’intérêt et F0 qui synthétise tous les

paramètres exogènes (fiscalité, risque …etc.).


Le modèle IS-LM est un modèle de flux et ne tient pas compte des stocks et des dettes.
a) Interprétation et déplacement de la courbe BP
3 cas de figure selon le degré de mobilité des capitaux

La mobilité des capitaux c’est représenté par trois situations :


 K tend vers 0. Il n'y a pas de liquidité en capital. Les pays ne peuvent pas être
transférés d'un pays à un autre. Il s'agit d'un cas extrême car certaines lois interdisent
aux capitaux de quitter le pays.
Par exemple, même si j'ai un taux d'intérêt élevé, le capital ne peut pas me trouver. La
balance des paiements est déterminée par Y.
 K ⟾ + infini : parfaite mobilité des capitaux, par conséquent, de petites variations des
taux d'intérêt entraînera des flux de capitaux vers l'intérieur ou vers l'extérieur. K place
le facteur dans l'équation près de 0, donc i * déterminera la ligne BP.
 K entre 0 et + infini : Le cas intermédiaire.
2- Présentation du modèle de Mundell-Fleming61
Les hypothèses à la base du modèle doivent être les suivantes :
Petite économie ouverte (en référence à la taille de l'économie nationale comparée à celle du
monde) ;
 Parfaite mobilité des capitaux ; taux d'intérêt et taux de change parfaitement flexibles
(plus ou moins contrôlé par les autorités monétaires) ;
 Prix supposés constants ; capacité des investisseurs à anticiper le taux de change
futur ;
 Rigidité à la baisse des prix et salaires (équilibre de sous-emploi parfaite mobilité des
capitaux ; taux d'intérêt et taux de change parfaitement flexibles (plus ou moins
contrôlé par les autorités monétaires) prix supposés constants ;
 Capacité des investisseurs à anticiper le taux de change futurs rigidité à la baisse des
prix et salaires (équilibre de sous-emploi des facteurs de production).
Le modèle de Mundell-Fleming permet d'analyser le rôle joué par la mobilité internationale
des capitaux dans l'efficacité de la politique macroéconomique sous différents régimes de
changes. Nous pouvons des lors représenter l'équilibre macroéconomique en économie
ouverte par la superposition du schéma IS-LM et de la courbe de la balance des paiements
(BP).
Comme exposé plus haut :
2.1- La courbe IS
Représente l'ensemble des combinaisons de taux d'intérêt (i) et de revenus (Y) qui assurent
l'équilibre sur le marché des biens et des services ;
IS: I(i) = S(Y)
2.2- La courbe LM

61
Jean Blaise Mimbang, « Le modèle Mundell-Fleming : Au cœur de la macroéconomie internationale »,50
Minutes,2015, page
Représente l'ensemble des combinaisons de taux d'intérêt (i) et de revenus (Y) qui assurent
l'équilibre sur le marché monétaire.
LM : M = L1(Y )+ L2(i)
Enfin, la courbe de la balance de paiements (BP) est aussi fonction du revenu (Y) et du taux
d'intérêt (i) :
BP=BTC (Y )+ BK (C)
Sachant que la balance des transactions courantes (BTC) est égale à la balance commerciale
(X-M), la balance des paiements peut encore s'exprimée de la manière suivante :
BP = X - M(Y) + BK (1)
L’équilibre macroéconomique globale se présente comme suite :

Figure :
L'équilibre global correspond à l'équilibre simultané sur le marché des biens et des
services (courbe IS représentée sous forme d'une droite par soucis de clarté), le marché de la
monnaie (courbe LM représentée sous forme d'une droite par souci de clarté) et le marché des
échanges avec l'extérieur (courbe BP).
Cet équilibre est défini à l'intersection des courbes IS-LM-BP. En ce point E, les trois
marchés sont simultanément en équilibre pour un couple unique (Y", i"), mais aussi pour un
taux de change donné. Bien qu'il n'apparaisse pas dans le graphique car ne dépendant pas
directement du taux d'intérêt (i) et du niveau de production (7), le taux de change (e) participe
bien à l'équilibre macroéconomique global. Son influence dépend du régime auquel il est
soumis. :
 En régime de taux de change flexible, (e) intervient comme une variable d'ajustement
des flux de biens et services avec l'extérieur et influence la courbe BP qui se déplace
selon son évolution : vers la droite lorsque e augmente (on parle de dépréciation) et
vers la gauche lorsque e diminue (on parle d'appréciation). Ces variations entrainent
des déplacements de la courbe IS.
 En régime de taux de changes fixes en revanche, (e) étant déterminé indépendamment
des échanges avec l'extérieur, la courbe BP ne se déplace pas et les ajustements se font
par l'intermédiaire des mesures affectant le taux d'intérêt et la quantité de monnaie.
Ces variations affectent la courbe LM.
2.3- Les nouvelles courbes IS-LM
2-3-1- La courbe IS
L’équilibre sur le marché des produits doit désormais tenir compte des relations
commerciales avec l’extérieur : les importations s’ajoutent à la production nationale pour
constituer l’offre, la demande extérieure (exportations nationales) s’ajoute à la demande
intérieure. Y =C + I + G+( X −H )
¿ [cY + C 0]+[I 0− ji]+G 0+[x ( e)+ X 0−h(e) Y −H 0]
−J 1
¿ + [Cο+ Iο+ x ( e )+ Xο−Hο]
1−c +h 1−C+ h

Le multiplicateur réel est réduit par la propension à importer (h). Une partie de l’effet de
relance bénéficie à la production étrangère et non à la production nationale.
2-3-2- La courbe LM
En économie ouverte, l’offre de monnaie n’est plus nécessairement exogène, c’est-à-dire
parfaitement contrôlée par les autorités monétaires. La création monétaire a deux origines (ou
contreparties) :
 Le crédit interne (M0) : ce sont les crédits à l’économie (c’est-à-dire aux ménages et
aux sociétés non financières) et les créances sur le Trésor.
Cette composante de l’offre de monnaie Ms est exogène : son montant exprime les choix
discrétionnaires des autorités monétaires ;
 Les créances sur l’extérieur, ou réserves de change. L’incidence des réserves de
change sur la création monétaire va dépendre du régime de change.
3- Les conséquences en termes d’efficacité de la politique économique de
l’ouverture internationale62 :
Les politiques économiques, outre leur impact initial sur les courbes IS et LM, vont
modifier le solde de la balance des paiements.
En change flexible, ce dernier va influencer le taux de change et donc la demande : IS et BP
se déplacent.
En change fixe, le solde de la balance des paiements modifie l’offre de monnaie et, donc, fait

62
Brana, Sophie, Bergouignan, Marie-Claude, « TD Macroéconomie Ed. 5 », Dunod, paris,2015, page
se déplacer LM.
3.1- La politique budgétaire
Comme en économie fermée, une relance budgétaire augmente la demande autonome, ce qui
provoque une hausse du revenu national et une hausse du taux d’intérêt national. Cette double
hausse va avoir un impact sur la balance des paiements.
BP=x (e)+ X 0 – [h( e)Y + H 0]+ f (i)+ F 0
La hausse de Y va entraîner une hausse des importations, d’autant plus forte que la propension
à importer est élevée, et donc un déficit commercial. Si les capitaux sont mobiles, la hausse
du taux d’intérêt national entraîne un afflux de capitaux (puisque les placements en monnaie
nationale deviennent, toutes choses égales par ailleurs, relativement mieux rémunérés) et donc
un excédent de la balance des capitaux. L’effet net sur la balance des paiements dépend du
degré de mobilité des capitaux. Une situation de forte mobilité des capitaux est illustrée par
une courbe BP de pente plus faible que la courbe LM.
3.1.1- En régime de change fixe
La politique de dépenses publiques augmente le revenu national, ce qui favorise les
importations, et augmente le taux d’intérêt. Si les capitaux sont immobiles, seule la
balance courante est touchée. La balance courante, et donc la balance des paiements,
devient déficitaire. La Banque centrale doit intervenir pour éviter la dépréciation de la
monnaie nationale. Elle soutient sa monnaie en l’achetant contre des devises :
La destruction monétaire déplace LM vers la gauche (figure 1).
La relance budgétaire déplace l’équilibre du point A au point B : c’est l’équilibre en économie
fermée. Le revenu et le taux d’intérêt ont tous deux augmenté. Le point B ne correspond pas
cependant à l’équilibre extérieur : situé à droite de la courbe BP, il indique un déficit de la
balance des paiements. Pour éviter la dépréciation du taux de change, les autorités monétaires
détruisent de la monnaie. LM se déplace vers la gauche jusqu’au point C : le revenu revient au
point de départ tandis que le taux d’intérêt a fortement augmenté. Dans le cas extrême où le
taux de change est fixe et où les capitaux sont parfaitement immobiles, la politique
budgétaire est totalement inefficace en économie ouverte.
Figure 1
Dans le cas extrême opposé, où les capitaux sont parfaitement mobiles, la relance budgétaire,
en augmentant le taux d’intérêt national favorise les entrées de capitaux. Ces dernières
provoquent un excédent de la balance des capitaux, et donc de la balance des paiements, ce
qui tend à faire apprécier le taux de change.
La Banque centrale intervient en créant de la monnaie, jusqu’à ce que le taux d’intérêt
national revienne à son niveau initial, qui correspond à celui du taux d’intérêt mondial.
La politique budgétaire est dans ce cas particulièrement efficace, l’intervention monétaire
justifiée par le maintien de la fixité du change évitant l’effet d’éviction financière.

Figure 3
La relance budgétaire fait ainsi déplacer IS1 vers IS2 (figure 3). Le point balance des
paiements. La création monétaire (LM1 → LM2) porte le nouveau B (point d’équilibre en
économie fermée) correspond à un excédent du point d’équilibre en économie ouverte au
point C.
3.1.2- En régime de change flottant
En régime de change flottant, le taux de change s’ajuste : BP va se déplacer pour assurer
l’équilibre simultané sur les trois marchés, tandis que l’offre de monnaie redevient exogène
(LM ne bouge plus).
Dans le cas où les capitaux sont immobiles (figure 3), l’effet de relance (déplacement de IS1 à
IS2) se traduit par une dépréciation du taux de change (à travers la hausse des importations
provoquée par la hausse du revenu national). Celle-ci favorise les exportations, ce qui rétablit
l’équilibre extérieur. La politique budgétaire est, dans ce cas précis, plus efficace qu’en
économie fermée : l’effet de relance de la demande publique est renforcé par l’augmentation
des exportations. Ainsi, la dépréciation du change provoque un déplacement de BP1 à BP2 et
de IS2 à IS3. On passe donc de A à C et de Y1 à Y3.

Figure : 4
Dans le cas extrême (figure 4) où les capitaux sont parfaitement mobiles, la hausse des taux
d’intérêt suite à la relance budgétaire (déplacement de IS1 à IS2) attire les capitaux, ce qui fait
s’apprécier le taux de change. Cela réduit les exportations rendues plus coûteuses, jusqu’à ce
que le déficit courant compense l’excédent de la balance des capitaux. La balance des
paiements redevient équilibrée, mais l’effet de relance est annulé (retour au point A) : la
relance de l’activité par la dépense budgétaire est compensée par la baisse des exportations.

Figure : 5
3.2- La politique monétaire
3.2.1- En régime de change fixe
En régime de change fixe, la politique monétaire est totalement inefficace. Elle est
l’instrument qui sert à maintenir le taux de change fixe, ce qui est incompatible avec la
poursuite d’objectifs internes.
Si les capitaux sont parfaitement mobiles, le taux d’intérêt national ne peut différer du taux
d’intérêt mondial. Ainsi une création monétaire visant à baisser le taux d’intérêt national pour
relancer l’investissement privé provoque des sorties de capitaux et une tendance à la
dépréciation du taux de change que la Banque centrale doit combattre en détruisant de la
monnaie. LM revient au point de départ. L’effet de relance est nul.
On retrouve le triangle d’incompatibilité de Mundell, selon lequel il ne peut y avoir à la fois
fixité des changes, libre circulation des capitaux et autonomie de la politique monétaire.
Si les capitaux sont immobiles, la politique monétaire, en relançant l’économie, via la baisse
des taux d’intérêt, relance par là même les importations, ce qui dégrade la balance
commerciale. Pour éviter la dépréciation du change que cette dégradation commerciale induit,
la Banque centrale doit acheter sa monnaie nationale sur le marché des changes contre
devises, LM se déplace vers la gauche et revient au point initial. Là encore, une politique
monétaire autonome est impossible.
3.2.2- En régime de change flottant
En régime de change flottant, la politique monétaire retrouve toute son efficacité, qui apparaît
même renforcée en économie ouverte par rapport à l’économie fermée. Dans le cas où les
capitaux sont immobiles (figure 6), la relance de l’activité économique par le biais d’une
politique monétaire expansive provoque une dégradation de la balance courante, fonction de
h, la propension marginale à importer. La monnaie nationale se déprécie, ce qui restaure
l’équilibre

Figure : 6
Extérieur en favorisant les exportations nationales. À l’effet de relance par l’investissement
observé en économie fermée, s’ajoute, en économie ouverte, l’effet de relance des
exportations, suite à la dépréciation du taux de change. La politique monétaire déplace LM
jusqu’au point d’équilibre en économie fermée B. Ce point correspond à un déficit de la
balance courante qui fait se déprécier le taux de change (BP et IS se déplacent vers la droite).
Les exportations sont stimulées, jusqu’au point d’équilibre en économie ouverte C.
Dans le cas où les capitaux sont mobiles, la baisse du taux d’intérêt liée à la politique
monétaire expansive fait fuir les capitaux. Le déficit de la balance des capitaux provoque une
dépréciation de la monnaie nationale, qui favorise les exportations. Au nouveau point
d’équilibre, l’excédent courant compense le déficit de la balance des capitaux.
L’augmentation de la demande étrangère fait déplacer IS vers la droite. Le nouveau point
d’équilibre (C) correspond à une forte hausse du revenu national, supérieure à ce qu’elle serait
en économie fermée (point B).
Dans le cas où les capitaux sont parfaitement mobiles (figure 7), le taux d’intérêt revient à
son niveau initial, mettant fin aux sorties de capitaux.

Figure 7
En résume dans ces tableaux les deux politiques :

Politique budgétaire Changes


Fixe Flottants

Faible Faiblement Très efficace


Mobilité efficace

Forte Très efficace Inefficace


Changes
Politique Monétaire
Fixe Flottants

Faible Impossible Très efficace


Mobilité

Forte Très efficace Très efficace

3.3- Le triangle des incompatibilités de Mundell63


Nous enseignons que les gens ne peuvent pas respecter un taux de change fixe, une
parfaite liquidité du capital et une politique monétaire indépendante (ce qui permet de fixer la
masse monétaire au niveau souhaité). Un de ces trois éléments doit être abandonné. Par
exemple, supposons que nous soyons dans un système de taux de change fixes et de flux de
capitaux libres. Cela signifie que la banque centrale doit convertir la monnaie étrangère de
tout agent économique souhaitant entrer sur le marché intérieur dans la monnaie nationale.
Compte tenu du taux de change, il est obligatoire de créer de la monnaie nationale pour
répondre à cette demande étrangère sans maintenir la stabilité des prix. En conséquence, la
politique monétaire n'est plus autonome (elle peut compter sur la masse monétaire pour
maintenir la stabilité des prix).
De même, si l'institution nationale transfère une grande quantité de capitaux à l'étranger,
convertissant ainsi de nombreuses monnaies nationales en devises étrangères, la banque
centrale ne peut que réduire impuissante l'offre de monnaie nationale.
Par conséquent, la politique monétaire d'un pays dépend dans une large mesure de
l'internationalisation de son économie. Dans ce cas, le rôle de la Banque nationale peut être
essentiellement attribué aux courtiers en valeurs mobilières.

63
Jean Blaise Mimbang, « Le modèle Mundell-Fleming : Au cœur de la macroéconomie internationale »,50
Minutes,2015, page
Triangle d’incompatibilité de Mundell
3.4- Le modèle IS-LM-BP est mal adapté aux économies contemporaines64 :
Face à la complexité de l'économie contemporaine, les politiques économiques sont difficiles
à mettre en œuvre et leur efficacité est discutable. Le modèle IS-LM-BP est très adapté à
l'économie des années 1960, il est désormais moins efficace et a fait l'objet de nombreuses
critiques. Il ne permet pas une analyse significative de l'économie contemporaine. Dans
l'économie moderne, le poids des marchés financiers et de la dette publique restreint
fortement les politiques conjoncturelles.
Tableaux : Efficacité respective des politiques conjoncturelles en économie fermée et en
économie ouverte, en changes fixes et en changes flottants.
Politique budgétaire de relance Politique monétaire de relance
En économie Très efficace si : Pas efficace car :
ouverte et en  Les capitaux sont mobiles.  Au déficit de BTC s’ajoute
taux de
changes fixes  En cas de faible mobilité
Celui de BCA, ce qui déprécie la
Des capitaux, déficit extérieur et
monnaie et oblige les pouvoirs
dépréciation de la monnaie
publics à mener une politique
exigeant une politique monétaire
monétaire restrictive.
restrictive.
En économie Peu efficace car : Efficace car :
ouverte et en  Éviction par le taux de  La dépréciation du taux de
taux de
Change.
changes Change renforce l’effet de relance
 Appréciation du taux de
flottants initial.
Change qui déplace vers la gauche
IS et BP.  Mais les échanges extérieurs

Doivent obéir aux conditions de


Marshall-Lerner (sensibilité des
importations et des exportations à la
variation du taux de change).

64
Fenet, Catherine, Waquet, Isabelle, Combes, Alain, « ECE 1 ET 2 - Economie, Sociologie, Histoire du monde
contemporain », Dunod,2016, page 706
4- Le triangle des incompatibilités de Mundell65
Nous enseignons que les gens ne peuvent pas respecter un taux de change fixe, une
parfaite liquidité du capital et une politique monétaire indépendante (ce qui permet de fixer la
masse monétaire au niveau souhaité). Un de ces trois éléments doit être abandonné. Par
exemple, supposons que nous soyons dans un système de taux de change fixes et de flux de
capitaux libres. Cela signifie que la banque centrale doit convertir la monnaie étrangère de
tout agent économique souhaitant entrer sur le marché intérieur dans la monnaie nationale.
Compte tenu du taux de change, il est obligatoire de créer de la monnaie nationale pour
répondre à cette demande étrangère sans maintenir la stabilité des prix. En conséquence, la
politique monétaire n'est plus autonome (elle peut compter sur la masse monétaire pour
maintenir la stabilité des prix).
De même, si l'institution nationale transfère une grande quantité de capitaux à l'étranger,
convertissant ainsi de nombreuses monnaies nationales en devises étrangères, la banque
centrale ne peut que réduire impuissante l'offre de monnaie nationale.
Par conséquent, la politique monétaire d'un pays dépend dans une large mesure de
l'internationalisation de son économie. Dans ce cas, le rôle de la Banque nationale peut être
essentiellement attribué aux courtiers en valeurs mobilières.

Triangle d’incompatibilité de Mundell

65
Jean Blaise Mimbang, « Le modèle Mundell-Fleming : Au cœur de la macroéconomie internationale »,50
Minutes,2015, page
Conclusion :

Nous avons déjà déclaré que la balance des paiements est un état statique, qui enregistre
tous les flux d'actifs réels, financiers et monétaires entre résidents et non-résidents d'un pays
au cours d'une période donnée sous une forme comptable. La déclaration de BP suit le
principe de la double comptabilité.
Il existe de nombreuses raisons aux problèmes et aux carences de BP. D'une part, ils
augmentent les sorties de capitaux et réduisent les entrées de capitaux ; d'autre part, ils
augmentent les importations et réduisent les exportations. Les solutions peuvent être :
Promouvoir les exportations grâce aux subventions aux producteurs.
La stratégie de substitution des importations vise à produire des biens précédemment
importés.
Encourager les investisseurs étrangers.
La dépréciation encourage les exportations.

Chaque modèle d'analyse décrit ci-dessus à ses avantages et ses inconvénients. Les
méthodes d'élasticité et d'absorption soulignent l'importance de l'élasticité de la demande
d'exportation et d'importation, mais elles sont basées sur des hypothèses qui sont
généralement considérées comme l'élasticité-prix et l'ajustement automatique du marché. Les
modèles d'inspiration keynésienne mettent en évidence l'incompatibilité des objectifs internes
et externes de la gestion économique. La méthode monétaire attribue le déséquilibre du
compte courant à la politique monétaire, ignorant ainsi les facteurs structurels liés à l'offre et à
la demande de biens et services.

Par conséquent, en résumé, la politique monétaire n'est pas efficace à un taux de change
fixe (que les capitaux circulent ou non), et elle est particulièrement efficace dans un système
de taux de change flexible (la dépréciation du taux de change renforce l'impact de la baisse du
taux de change) pour stimuler la demande). Quant à la politique budgétaire, il s'avère que les
échanges flexibles sont plus efficaces que les capitaux peu liquides. Au contraire, son
efficacité augmente dans les échanges fixes au fur et à mesure que le flux de capitaux
augmente. Dans les deux cas, l'efficacité de la politique budgétaire dépend de la sensibilité
relative des courbes LM et BP aux taux d'intérêt.
1) Méthodologie d’établissement de la balance des paiements marocaine :

Définition :
La balance des paiements est un état statistique qui enregistre selon une classification
déterminée, l’ensemble des flux économiques et financiers intervenus pendant une période
donnée entre résidents et non-résidents d’une économie. Le Maroc, à l’instar des autres pays
membres du FMI, établit la balance des paiements selon la méthodologie du Manuel édité par
cette institution, lequel est régulièrement mis à jour en vue d’appréhender dans la balance des
paiements, l’ensemble des transactions internationales. Ainsi, la balance des paiements
marocaine est établie depuis l’année 1995, selon les normes internationales prévues par la
cinquième édition publiée en 1993 et la sixième édition publiée en 2014 du Manuel de la
balance des paiements du FMI.
5- Objectif de la balance des paiements 
Les objectifs recherchés par le F.M.I à travers cette nouvelle édition, il convient de souligner :
 L’élargissement du cadre conceptuel de la balance des paiements afin d’aboutir à une
meilleure appréhension de toutes les transactions d’une économie avec le reste du
Monde ;
 L’harmonisation du système d’établissement de la balance des paiements et de la
position extérieure globale avec le système de la comptabilité nationale ;
 La prise en considération des innovations financières et des nouveaux instruments
financiers apparus depuis la publication de la quatrième édition en 1977 ;
 L’affirmation de la position extérieure globale en tant que partie essentielle des
comptes extérieurs d’une économie.
6- Les principales caractéristiques de la balance des paiements marocaine :
La balance des paiements a gardé ses principales caractéristiques malgré les innovations
introduites au niveau de l'architecture, ces Caractéristiques sont les suivantes
a) Balance des transactions :
La balance des paiements n 'enregistre pas uniquement les règlements entre les résidents et es
non-résidents d'une économie, elle reprend toutes les transactions qu'il y ait ou non règlement,
ou que ce règlement soit différé d'une période à l'autre.
b) Principe de la partie double
Chaque transaction adonnant lieu à deux inscriptions du même montant mais en sens opposés
La balance des paiements est scindée en deux parties : la balance de base qui enregistre toutes
les transactions et la partie monétaire qui regroupe les règlements afférents à ces transactions,
les deux parties dégagent ensemble un solde nul, compte tenu de l'écart statistique.
c) Les informations nécessaires
L'établissement de la balance des paiements est fait sur la base d'un ensemble d’informations
puisées principalement dans les comptes rendus bancaires établis à l'occasion de chaque
opération d'achat ou de cession de devises et dans les déclarations douanières tant à I
‘importation qu'à l'exportation.
7- Classification générale des comptes 

La balance des paiements, présentée selon les recommandations de la cinquième édition du


Manuel du FMI comporte deux parties :
 Le compte des transactions courantes
 Le compte de capital et d’opérations financières.
1) Le compte des transactions courantes
Regroupe toutes les transactions portant sur des échanges matériels et immatériels ainsi que
les transferts sans contrepartie.
Il est divisé en quatre rubriques :
Les biens :
Les services ;
Les revenus ;
Les transferts courants.
 Les biens :
Ils reprennent toutes les transactions sue marchandises entre le Maroc et l'étranger
donnant lieu à un transfert de propriété ou non. On distingue alors trois lignes de biens :
 La ligne de marchandises générales,
 La ligne des biens importés sans contrepartie et réexportés après transformation.
 La ligne des achats de biens dans les ports.

a) Les marchandises générales :


C'est l'ensemble des mouvements de biens qui sont déterminés à partir des documents
douaniers conformément aux méthodes en usage sur le plan international.
Dans la balance des paiements, les importations et les exportations sont évaluées en FOB
alors que dans les statistiques du commerce extérieur, les importations sont évaluées en CAF
et les exportations en FOB.
b) Les biens importés sans paiement et réexportés après transformation :
Ils concernent les transactions effectuées dans le cadre du régime douanier de l'admission
temporaire sans paiement.
c) Les achats de biens dans les ports marocains :
Ils concernent à la fois les achats effectués par marocaines et les achats effectués par le
pavillon marocain de marchandises étrangères.
Les services :
La balance des paiements marocaine comporte sept postes de services pour lesquels
transactions ont eu lieu à savoir :
 Les transports
 Les voyages
 Les services de communication ;
 Les services d'assurance
 Les redevances ont droits de licence
 Les autres services aux entreprises
 Les services fournis ou reçus par les administrations publiques
a) Les transports :
Ce poste enregistre, en recettes, les règlements afférents à des services de transports de
marchandises, des passagers et de bagages (maritime, arien ct terrestre). En dépenses, 1l
enregistre la différence entre l'évaluation FOB et CAF des importations, ainsi que les
dépenses à l'étranger des compagnies nationales
b) Les voyages :
Ce poste Comprend les recettes voyages qui correspondent aux biens et services fournis par
notre économie aux voyageurs non-résidents à l'occasion des voyages touristiques. En
dépenses, il compte les services fournis par un économie étranger aux voyageurs résidents au
titre des voyages touristiques, des stages et missions, des études, du pèlerinage et omra, des
voyages d'affaires et des soins médicaux.
c) Les services de communication :
Ce poste reprend les recettes et les dépenses au titre des télécommunications, des messages et
autres services de la poste.
d) Les services d'assurance :
Ce poste reprend en recettes, les services d'assurances sur marchandises facturés par les
exportateurs à l'ordre de leurs clients étrangers, ainsi que les recettes des autres opérations
d'assurances.
En dépenses, il enregistre l'évaluation de l'assurance pour le passage de la valeur CAF a la
valeur FOB des importations et les frais afférents aux autres types d'assurances.
e) Les redevances et droits de licence :
Le poste redevances et droits de licence enregistre les flux relatifs à l'utilisation d actns
incorporels non financiers et droits de propriété. II s'agit des opérations d'assistance technique
privée, des revenus de la propriété intellectuelle tels que la location de brevets et les
redevances cinématographiques, radio et télévision.
f) Les autres services aux entreprises :
Ils reprennent différentes prestations de services fournies par les non-résidents aux entreprises
résidentes. IL s'agit principalement de services liés au commerce international tels que les
commissions de représentations, les frais des délégations commerciales, les frais bancaires,
les frais de publicité...
g) Les services fournis ou reçus par les administrations publiques :
Ils recouvrent les transactions effectuées par les administrations publiques, parmi ces
transactions on peut trouver les services relatifs aux représentations diplomatiques et aux
institutions gouvernementales étrangères établies au Maroc.
Les revenus :
Ils reprennent d'une part, les revenus des investissements et prêts privés y compris les revenus
réinvestis au Maroc et d'autre part, le service de la dette extérieure publique.
Les transferts courants :
Appelés dans l'ancienne présentation de la balance des paiements marocaine « paiements de
transferts ». Cette rubrique enregistre essentiellement les rapatriements effectués par les
ressortissants marocains établis à l'étranger ainsi que les transferts sans contrepartie reçus par
le secteur public.

2) Le compte de capital et d'opérations financières :


Les principales composantes de ce compte sont :
 Le compte de capital
 Le compte des opérations financières et la variation des engagements extérieurs
a) Le compte de capital :
Il comprend l'ensemble des transactions sur les actifs non financiers non produits. Il s'agit
notamment des opérations qui donnent lieu à un transfert de propriété d'actif non financiers
non produits (tels que les avoirs incorporels : les brevets, les marques, le droit de bail, et les
avoirs corporels : les terrains ...). Des transferts des migrants et des remises de dettes.
Pour la balance des paiements marocaine, il s'agit principalement des transferts effectués par
les migrants.
b) Le compte des opérations financières :
Ce compte regroupe les opérations du secteur privé investissements directs, investissements
de portefeuille. Prêts, crédits commerciaux ...). Les opérations du secteur public (tirage et
remboursement en principal de la dette), ainsi que la variation des engagements extérieurs qui
concerne en particulier les disponibilités des comptes en dirhams convertibles tenus au nom
des étrangers ou des MRI et celles des comptes convertibles à terme.
En fin, la rubrique intitulée « Ecart statistique » est destinée à équilibrer la balance des
paiements selon les recommandations du Manuel du FMI.
1- Le cadre des exportations au Maroc :
Les produits agricole et miniers (phosphates et dérivés) et manufacturés au Maroc a continué
à représenter l’essentiel de ses exportations avec plus de 96,53% du total des exportations,
c’est l’exemple de la période allant de 2004 à 2020. En outre, la part des exportations de
produits bruts et de l’énergie et lubrifiante reste minoritaire et très faible.
Quant au reste, la part, déjà faible, par exemple, les exportations de produits bruts et
énergie et lubrifiante sont devenues presque négligeables en 2018 avec seulement 3,47 % du
volume global des exportations hors agricole et miniers et manufacturés.
Les principaux exportés, sont constitués essentiellement par le groupe « demi-produit » qui
représente une part de 22 % du volume global des exportations soit l’équivalent de 60 MDH.
Le groupe « produits finis d’équipements » vient en seconde position avec une part de 19,7 %
soit 54 MDH suivi par les groupes « alimentaires, boissons et tabacs » et « produits bruts »
avec les parts respectives de 7,3% en valeur de 20 MDH et enfin le groupe « énergie et
lubrifiants » avec une part de 1,2 %.
Le problème que pose l’économie marocaine, est le manque de la spécialisation des
exportations hors phosphate…etc. c’est une économie mon productrice dans le phosphate et les
produits manufacturés, majoritaires dans la formation des exportations du pays.
Le Maroc a suivi une politique économique pour diversifier ses exportations et pour libérer
un peu l’économie de sa dépendance à l’égard de phosphate.
Le graphique suivant présente l'évolution des exportations marocaine durant la période 1999 à 2008.
Graphe N° : Evolution des exportations au Maroc (2004-2019)
450000
Exportation en milliard de dh

400000
350000
300000
250000
200000
Exportation M
150000
100000
50000
0
2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018
Année

2- Le cadre des importations :


Les importations ont continué à se caractériser par la part prépondérante des biens destinés à
la production et à l’investissement. Les importations de produits finis de consommation et
d’équipements ont enregistré, en termes de variation, les taux les plus élevés.
3-2-1- Les produits alimentaires :
La baisse de leur part dans la structure des importations. Ce recul est imputable à la baisse
des importations en valeur des céréales et le maïs et le soja, du sucre. La bonne performance
des grandes cultures (poisson ainsi que de fruits et légumes) a contribué à la contraction
constatée dans les flux à l’importation de ces produits.
3-2-2- Les biens intermédiaires :
On constate une progression des importations en termes de structure. A l’origine de la
progression constatée, se trouve notamment le ciment, le bois, les constructions préfabriquées
et le rond à béton.
Résultats de la balance de paiements :
La balance des paiements a dégagé pour la quatrième année consécutive un excédent qui s’est
élevé à 16.790MDH. Cet excédent provient des soldes positifs du compte des transactions
courantes et du compte de capital et d’opérations financières.
L’excédent du compte de capital et d’opérations financières a plus que triplé d’une année à
l’autre s’établissant à +10.731,7MDH contre +3.479,5MDH en 2003 soit +7.252,2MDH.
L’excédent du compte des transactions courantes a accusé, en revanche, une baisse de 43,9%
ou - 6.686,3MDH par rapport à l’année 2003 : +8.551,3MDH contre +15.237,6MDH.
La balance des paiements a enregistré un solde excédentaire qui s’est établi en 2005 à
+20.888,1MDH dépassant de 24,4% ou +4.098,1MDH celui réalisé en 2004 soit
+16.790MDH. L’amélioration de l’excédent de la balance des paiements est due aux résultats
enregistrés tant par le compte des transactions courantes que par le compte de capital et
d’opérations financières.
La balance des paiements de l’année 2006 a enregistré, un excédent qui s’est établi à
+23.635MDH, en augmentation de 13,2% ou +2.746,9MDH par rapport à celui réalisé en
2005, soit +20.888,1MDH.
L’amélioration de l’excédent de la balance des paiements en 2006 est imputable à
l’accroissement de l’excédent du compte des transactions courantes et du compte de capital et
d’opérations financières. L’excédent du compte des transactions courantes s’est élevé à
+12.423,5MDH contre +9.431,5MDH en 2005, réalisant ainsi une progression de 31,7% ou
+2.992MDH. Le compte de capital et d’opérations financières a dégagé une position
créditrice de 15.697MDH contre +15.076,5MDH en progression de 4,1% ou +620,5MDH par
rapport à l’année 2005.
La balance des paiements a enregistré en 2007 un nouvel excédent qui a permis de consolider
les avoirs extérieurs. Cet excédent s’est établi à 16.937,5MDH contre +23.635MDH en 2006,
soit une baisse de 28,3% ou -6.697,5MDH. Comparé à la moyenne des années 2002 à 2006,
soit +16.814,7MDH, cet excédent demeure relativement stable (+0,7% ou +122,8MDH).
La balance des paiements de l’année 2008 a dégagé un déficit qui s’est traduit par une baisse
des avoirs extérieurs et ce, à la différence des sept dernières années (2001-2007) ayant connu
des excédents successifs. Le déficit enregistré s’est établi à -11.478,4MDH contre
+16.937,5MDH en 2007.
Ce résultat est dû à l’aggravation du déficit du compte des transactions courantes et ce, en
dépit d’une importante amélioration de l’excédent du compte de capital et d’opérations
financières. En effet, après avoir été largement excédentaire au titre des années 2001 à 2006 et
dégagé une position quasiment équilibrée en 2007 (-571MDH), le compte des transactions
courantes a enregistré en 2008 un déficit de 35.936,7MDH. Le compte de capital et
d’opérations financières a dégagé, quant à lui, une position créditrice de 27.620,9MDH contre
+16.635,1MDH en 2007, en amélioration de 66% ou +10.985,8MDH.
Les résultats de la balance des paiements établie au titre de l’année 2009 font ressortir un
déficit du compte des transactions courantes. Ce déficit a été néanmoins largement absorbé
par l’excédent enregistré au niveau du compte de capital et d’opérations financières. En effet,
le compte des transactions courantes s’est soldé en 2009 par un déficit de -39.873,9MDH
contre -35.936,7MDH en 2008, soit une aggravation de 11% ou 3.937,2MDH. Cette évolution
enregistrée en dépit de l’allégement du déficit des transactions sur marchandises, est
imputable essentiellement à la baisse de l’excédent au titre des services et des transferts
courants conjuguée à la détérioration du déficit des revenus. En effet, le déficit résultant des
transactions sur marchandises a enregistré, au cours de l’année 2009, un allégement de 13,1%
ou +19.800,3MDH pour se situer à -131.163MDH contre -150.963,3MDH en 2008. En
revanche, le solde excédentaire des échanges de services a régressé de 15,6% ou
-8.025,2MDH, s’établissant à +43.449,6MDH contre +51.474,8MDH en 2008 et
+55.179,3MDH en 2007.
En 2010, la balance des paiements a enregistré, pour la quatrième année consécutive, un
déficit du compte courant, en allégement néanmoins par rapport à l’année précédente. En
effet, le compte des transactions courantes s’est soldé en 2010 par un déficit de
-34.321,9MDH contre -39.873,9MDH en 2009, en allègement de 13,9% ou 5.552MDH. Cette
évolution trouve son origine principalement dans le recul du déficit des transactions sur
marchandises conjugué à l’augmentation de l’excèdent des transferts courants et ce, en dépit
de la baisse de l’excédent des services et de l’aggravation du déficit dégagé au titre des
revenus. Le déficit des transactions sur marchandises a connu, en 2010, un allégement de
3,9% ou 5.130,3MDH, pour se situer à -126.032,7MDH contre -131.163MDH en 2009. De
son côté, l’excédent des échanges de services a baissé de 1,4% ou -612,2MDH, s’établissant à
+42.837,4MDH contre +43.449,6MDH en 2009.
Quant aux transferts courants, leur excédent s’est apprécié de 3,1% ou 1.819,2MDH, soit
+61.428,6MDH en 2010 contre +59.609,4MDH en 2009. Ce résultat est dû à la hausse du
solde des transferts courants privés. S’agissant du poste des revenus, son solde déficitaire s’est
aggravé de 6,7% ou 785,3MDH, se situant en 2010 à -12.555,2MDH contre -11.769,9MDH
en 2009. Balance des paiements 2010 le financement du déficit du compte des transactions
courantes s’est effectué par le compte d’opérations financières qui a dégagé une position
créditrice de 37.193,7MDH contre 44.041,9MDH en 2009, en régression de 15,5% ou
-6.848,2MDH. Cette évolution est imputable à la baisse de l’excédent de la rubrique "
investissements directs", lequel est passé à +8.291,6MDH en 2010 contre +11.937,3MDH une
année auparavant, et ce, en dépit de la hausse du solde positif des "Autres investissements".
Les avoirs de réserve se sont, quant à eux, appréciés de 10.147,7MDH contre une baisse de
1.583,6MDH en 2009.
Quant aux transferts courants, ils ont vu leur solde baisser de 11,8% ou -8.012,2MDH, soit
+59.609,4MDH en 2009 contre +67.621,6MDH en 2008. Cette situation résulte
principalement de la baisse du solde des transferts courants publics. Le solde déficitaire
enregistré par le poste revenu s’est nettement creusé, se situant en 2009 à -11.769,9MDH
contre -4.069,8MDH en 2008. En revanche, le compte d’opérations financières a dégagé une
position créditrice de 44.041,9MDH contre 39.114,7MDH en 2008, en progression de 12,6%
ou +4.927,2MDH.
La balance des paiements de l’année 2011 a enregistré un déficit du compte courant qui s’est
dégradé par rapport à l’année précédente, sous l’effet des résultats des transactions sur
marchandises. En effet, le compte des transactions courantes s’est soldé en 2011 par un déficit
de -64.602,7MDH contre -34.321,9MDH en 2010, en accentuation de 88,2% ou
-30.280,8MDH. Cette situation est due principalement à l’aggravation du déficit des
transactions sur marchandises conjuguée à la dégradation du déficit des revenus et ce, en dépit
de l’amélioration de l’excédent enregistré au niveau des transferts courants et des services. Le
déficit des transactions sur marchandises continue de se creuser en 2011 en s’établissant à
-155.942,5MDH contre -126.032,7MDH en 2010, soit une augmentation de 23,7% ou
29.909,8MDH.
Au terme de l’année 2013, les résultats des comptes internationaux ont été marqués par une
atténuation du déficit du compte courant de la balance des paiements par rapport à 2012. Cette
évolution s’explique essentiellement, par la quasi-stagnation du déficit commercial au titre
des biens et service, l’allègement du déficit des revenus des investissements et prêts et par
l’amélioration de l’excédent des transferts courants publics et privés.
En 2015, le solde des transactions courantes est déficitaire de 21,1Mds DH, nettement
moindre que celui de 2014 (-55,2Mds DH). Rapporté au PIB, ce solde s’établit à 2,2 %, après
6% du PIB en 2014 et 7,9 % en 2013.
En 2017, le solde déficitaire des transactions courantes s’allège de 4,2MdsDH (38,6Mds DH
contre 42,8Mds DH en 2016). Rapporté au PIB, ce solde s’établit à 3,6% du PIB, contre 4,2%
en 2016.
Dans un contexte de crise sanitaire mondiale Covid-19, les comptes provisoires de l’année
2019 et les données actualisées au titre de l’année 2018.
Les résultats de la balance des paiements au titre de l’année 2019 font ressortir un allègement
du déficit du compte des transactions courantes de 19% se situant à 47,3 Mds DH contre -58,4
Mds DH pour l’année 2018. Cette évolution s’explique par l’amélioration de l’excédent des
services de 12,1 Mds DH et par l’allègement du solde du revenu primaire de 1,1 Md DH et ce,
en dépit de l’aggravation du déficit au titre des échanges de biens (-2,2 Mds DH). Quant à
l’excédent du revenu secondaire, il est demeuré stable d’une année à l’autre. Ainsi, le compte
des transactions courantes s’est soldé par un déficit de 47,3 Mds DH, en baisse de 19% ou de
11,1 Mds DH.
La balance des paiements marocaine et la dévaluation :
Si l’économie marocaine est victime de la dépression européenne, c’est sa balance
commerciale qui le traduit directement par un déficit qui ne cesse de se creuser du fait de
l’augmentation plus que proportionnelle des importations par rapport aux exportations. Ce
déficit commercial s’accentue au niveau de la balance des paiements. Et les solutions
politiques à ce problème ne consistent en autre chose que d’attendre des jours meilleurs…
Pourtant, dans l’édition de Janvier-Février 2013 des Cahiers du Plan, du HCP, MM. Jamal
Bakhti et Moulay Ali Sadiki publient une étude sur un instrument de politique économique
connu pour corriger une telle situation, la dévaluation du dirham. Ils en mesurent les effets à
travers une simulation économique pointue. La dévaluation du dirham pourrait être
doublement pertinente, d’une part parce que la situation du Maroc vis-à-vis de l’extérieur
pose le problème très actuel de la compétitivité de l’économie marocaine et, d’autre part,
parce qu’expliquer économiquement la dévaluation d’une monnaie permet de mieux
l’envisager comme une des solutions adéquates pour sortir notre pays de sa situation de
dépendance économique envers l’extérieur. Le modèle PRESIMO En partant d’une définition
claire selon laquelle « la dévaluation est un changement de parité d’une monnaie nationale par
rapport à celles d’autres pays », les auteurs présentent cet instrument de politique économique
comme étant susceptible de redresser la situation de la balance commerciale et celle des
paiements d’un pays. Par une simulation basée sur l’hypothèse d’une dévaluation du dirham
marocain de 10 % par rapport aux autres monnaies, ils en évaluent les effets sur la balance
commerciale, la croissance économique, la création d’emplois et l’inflation. La balance
commerciale marocaine est toutefois déficitaire les importations excédent de loin les
exportations, parce que les premières sont nécessaires à la satisfaction des besoins des
entreprises, des ménages et pour la consommation des produits énergétiques. La dévaluation
du dirham pourrait être une politique de rééquilibrage de la balance commerciale par une
stimulation des exportations pour réduire les déficits. Pour en prouver la portée, les auteurs
ont procédé à une simulation par le modèle macro-économique PRESIMO. Pour faire simple,
il faut savoir que le régime de change marocain est actuellement un régime dit de transit,
c’est-à-dire qu’il est censé faciliter le passage d’un régime de change fixe vers un régime de
change flottant. La dévaluation d’une monnaie se traduit par la dépréciation de son taux de
change par rapport au panier de monnaies auquel elle se réfère. Une telle opération, relevant
d’une décision de politique monétaire, se traduit par une baisse des prix des produits
nationaux exprimés en devises et une hausse des prix des produits importés exprimés en
dirhams. Ainsi les produits à l’export deviennent plus compétitifs et les produits à
l’importation plus chers. Rabat, Bank al-Maghrib L’impact d’une dévaluation Logiquement,
cela entraine une augmentation des exportations et une réduction des importations et donc une
amélioration du solde de la balance commerciale. De plus la cherté des importations réoriente
la demande vers la production intérieure relançant ainsi l’activité économique,
l’investissement et l’emploi. Le revers de la médaille c’est le fait que cette même dévaluation
contribue à la création d’inflation imposée par la cherté des produits importés pour la
consommation ou des entrants pour la production de biens nationaux. L’autre inconvénient
provient du fait que la hausse des prix à l’importation et la baisse de ceux à l’export entrainent
une détérioration des changes qui se traduit par une perte de richesse nationale au profit du
reste du monde. Toutefois, après une dévaluation, la balance commerciale évolue en deux
temps, une dévaluation immédiate du solde extérieur suivi d’un redressement de la balance
commerciale comme le conclut l’étude du HCR en ces termes : « En définitive, la dévaluation
du dirham n’est productive que si elle améliore le solde de la balance commerciale ». Les
auteurs montré effets de la dévaluation du dirham sur l’économie marocaine. En effet, à court
terme, la production dépend de la demande globale qu’elle provienne de la consommation, de
l’investissement ou des exportations. Mais, à long terme, la production est déterminée par
l’offre et dépend des capacités de production disponibles. Sur la base des réalités de
l’économie marocaine, le modèle distingue le secteur agricole (qu’il divise artisanal et
moderne) de ceux des services et de l’industrie, séparant les importations et exportations
respectivement des produits énergétiques et miniers des autres biens importés ou exportés. Et,
dans l’hypothèse d’une dévaluation de 10 % du DH par rapport à toutes les autres monnaies,
quels seraient les « chocs » produits sur la croissance économique, la balance commerciale,
l’emploi et l’inflation à l’horizon 2013-2018 ?
– Premier constat : la dévaluation du dirham s’accompagne d’une baisse des prix à l’export et
d’une hausse sur les importations. La demande est donc réorientée naturellement sur la base
des prix vers l’activité économique marocaine.
– Second constat : Une hausse des prix est induite par le renchérissement des importations sur
la consommation ou la production, inflation qui va engendrer une spirale prix-salaires. Sur les
deux premières années de la simulation, une dévaluation de 10 % du dirham va donc affecter
positivement la balance commerciale et l’activité économique. Mais, dès la troisième année,
elle va propager des effets inflationnistes au niveau de l’économie marocaine et donc
supprimer peu à peu le gain de productivité.
Des chiffres sur l’aggravation des déficits extérieurs. En effet, cette politique se traduirait
notamment par une hausse de la demande stimulant ainsi l’activité des entreprises et
engendrerait un surplus de croissance du PIB de 0,93 % en 2013, 1,17 % en 2015 et 0,88 % en
2018. Cette croissance s’accompagnerait de surcroît d’investissement, respectivement de
+1,43 % en 2013, +3,39 % en 2016 et +2,31 % en 2018 et de création d’emplois de 25 250
postes en 2013, 29 810 en 2015 et 24 610 en 2018. Que l’économie marocaine rèverait de
réaliser dans les circonstances actuelles où elle connaît de réelles difficultés ! Pourquoi il ne
faut pas dévaluer En somme, les conclusions de l’étude du HCP devraient pousser le
gouvernement marocain à procéder sans tarder à une dévaluation de 10 % au moins, sauf que
l’étude en question ne conclut pas à l’introduction d’une telle mesure de politique économique
pour deux raisons de grande importance : La première et ce n’est pas la moindre, concerne le
renchérissement des devises qui accompagnerait la dévaluation du dirham, et donc celui de la
dette extérieure marocaine, en capital et en intérêts. La seconde, bien plus grave encore,
relève de la nature des importations et exportations du Maroc. En effet, nos importations sont
constituées essentiellement de produits énergétiques, de biens d’équipement et de première
nécessité. Elles sont, de ce fait, incompressibles. Et concernant nos exportations, les
phosphates en sont une composante très importante, près de 90 %, avec des prix déterminés
par les marchés internationaux sur lesquels une dévaluation n’aurait donc pas d’impact. Ainsi,
la solution au premier chef attrayante, de la dévaluation du dirham comme instrument de
redressement de la balance commerciale et de dynamisation de l’économie du Maroc, n’en est
pas vraiment une…. Afifa Dassouli Encadré : Les projections chiffrées d’une dévaluation de
10 % En chiffres, les projections de la dévaluation de 10 % du dirham donnent les résultats
suivants : La dévaluation du taux de change du dirham de 10% devrait se traduire par une
hausse de 10% des prix étrangers exprimés en dirhams. Elle aurait pour effet d’augmenter les
prix des importations qui seraient de 8,9 % dès la deuxième année et atteindrait 9,8 % au bout
de 6 ans, en 2018. Cette hausse, combinée à la baisse des prix à l’exportation, devrait se
traduire par un gain de productivité de 0,72 % en 2013 et aller progressivement à 1,44 % en
2016, avant de connaître un ralentissement pour n’augmenter que de 1,32 % en 2018. De leur
côté, les importations baisseraient de 2,39 % en 2013, taux qui se réduirait à 0,02 % en 2018.
– En conséquence, le solde de la balance commerciale s’améliorerait dès 2014 se limitant à un
déficit de 0,06 % en en 2013 avant de devenir excédentaire de 0,17 % en 2014 et se
maintiendrait à un excédent moyen de 0,10 % entre 2014 et 2018.
Section 03 : modélisation économétrique de la relation entre TCR et TCN et les soldes de
la BP

Dans cette section nous allons à étudier l’impact du taux de change nominale et le taux de
change réel sur le solde de la balance des paiements c’est à dire la balance commerciale (les
exportations et les importations). Pour cela, nous allons tester la sensibilité de ses composantes
(exportations, importations) par rapport au TCR et TCN et le PIB (PIB de la France pour les
exportations et PIB marocaine pour les importations).
Nous allons estimer les fonctions, X, M, à travers données statistiques du FMI, pour
la période de (2004-2019) (le tableau N° ci-dessous). Notre analyse sera faite à l’aide du
logiciel EVIEWS, c’est un système complet pour gérer, analyser, réaliser des statistiques, et
produire des graphiques (version 11).

Donnée statistique selon le fonds monétaire international du commerce extérieur et du taux


de change effectif réel et nominal durant la période (2004-2020)
Taux
Taux du
de
Années Importations Exportatio PIB PIB Maroc change
(M) ns(X) France chang
effectif
e
réel
effecti
f
Nominal
2004 157058,7 116911,2 1704019 528763,55 107,01 101,97
2005 182264,1 136934,4 1765905 552670,9 104,07 100,71
2006 209525,9 148879,3 1848151 603737,29 104,55 100,66
2007 256017,3 180308,78 1941360 647532 103,63 100,59
2008 334782,4 220004,9 1992380 716959 103,37 101,29
2009 280605 192650,47 1936422 748483 104,83 103
2010 312854,23 229657,78 1995289 784624 100 100
2011 371075,42 258211,09 2058369 820077 97,49 100,25
2012 404299,76 275149,97 2088804 847881 95,38 99,76
2013 410896,7 280225,3 2117189 897923 96,96 101,81
2014 414948 300878 2149765 925376 97,04 102,98
2015 402548,3 325112,1 2198432 987950 96,78 102,13
2016 442622,6 337289,51 2234129 1013559 98,83 103,85
2017 478210,9 375712,6 2295063 1063297 98,46 105
2018 519561,4 404720 2353090 1112567,7 99,38 106,7
7
2019 491015 282020 2418997 1151170 99,89 109,32

Le modèle linéaire général est une généralisation du modèle de régression simple dans lequel
figurent plusieurs variables explicatives :
yt = b1x1t+ b2x2t+ ···+ b k−1x k−1,t+ bk+ et t =1,...,T (a)
On explique le phénomène y par un modèle linéaire, en fonction des k − 1variables
explicatives x1t, x2t, x k−1, t, des k paramètres b1, b2, ..., b k−1, b k et d’une perturbation aléatoire
ut qui intervient additivement. Le modèle est qualifié de linéaire, car y test une fonction
linéaire des paramètres.
Parmi les k paramètres figure une constante, bk. Pour des raisons exposées plus loin, il est
conseillé (mais non obligatoire) d’inclure une constante dans le modèle (a). L’interprétation
de la perturbation ut est la même que dans le cas du modèle linéaire simple : e t « contient »
l’ensemble des déterminants du phénomène yt qui ne figurent pas dans la liste de ses variables
explicatives : x1t, x 2t,...,x k−1, t
 b1, b2 : sont les paramètres du modèle à estimer, (coefficients de régression) ;
 Yt : Variable expliquée au temps t (variable endogène), à notre exemple le Yt varie
entre M, X.
 XK-1, t : Variable explicative au temps K-1, t (variable exogène), dans notre exemple
représente le TCN, TCR, PIB (le produit intérieur brut du Maroc) et PIBE. Où : PIBE :
représente le PIB étranger (le PIB de la France dans notre exemple)
 T : nombre d’observations (T=16)
Test bilatéral
Soit à tester, à un seuil de 5 %, l’hypothèse H0 : X1=0 contre l’hypothèse H1 : X1≠0.
Ẍit −X 1
Nous savons que suit une loi de Student à T–2 degrés de liberté. Sous H0 (X1= 0) le
δ^ x 1

Ẍ 1−0
ratio appelé ratio de Student suit donc une loi de Student à T - 2 degrés de liberté.
δ^
Le test d’hypothèses bilatéral consiste donc à comparer le ratio de Student empirique

| Ẍ 1|
t∗¿ à la valeur du t de Student lue dans la table à T–2 degrés de liberté 66et pour un
δ^ Ẍ 1

66
Si le degré de liberté est supérieur à 30, la loi de Student peut être approximée par une loi normale.
seuil de probabilité égal à 5 %, soit si T–2 >30, t ∞0,05 =1,96. Si t* > t∞0,05 =1, 96, nous rejetons
l’hypothèse H0 le coefficient théorique et inconnu a1 est significativement différent de 0.
Le coefficient de détermination :
R est appelé le coefficient de détermination, et R le coefficient de corrélation multiple. R
mesure la proportion de la variance de Y expliquée par la régression de Y sur X.

(yˆt   et2
t
R2  y)2  1
t  (yt 
(yt  que l'on
Cette qualité de l'ajustement et l'appréciation y)2a du R doivent être tempérées par le
t

degré de liberté de l'estimation. En y


t
)2 lorsque le degré de liberté est faible', il convient de
effet.,
corriger le R afin de tenir compte du relativement faible nombre d'observations comparé au
nombre de facteurs explicatifs par le calcul d'un R « corrigé » noté R.

R2  1  n  1 (1  R2)
n k
1
On Ȓ2 < R2 et si n est grand Ȓ2 = R2.
Le t de Student et le F de Ficher
 t Student
Test d’hypothèses : H0 : X=Xi hypothèse nulle
H1 : X≠Xi hypothèse alternative.

Sous l’hypothèses H0, avec t suit la loi de Student t → (T-3, α/2)


Si t*xi> t /2 T-k-1 alors nous rejetons l’hypothèse H0, Xi est significativement différent de Xi (au
seuil de ). Pour un seuil choisi, en général   5%.
Si t*≤ t /2
T-k-1 alors nous acceptons l’hypothèse H0, Xi n’est pas significativement différent
de Xi (au seuil de ). Pour un seuil choisi, en général   5%.
Le paramètre Xi et nulle : accepte H0 et rejette H1 avec t suit la loi de Student t → (T-3, α/2)
 F de Ficher :

(yˆt  y)2 R2 / k
F*  t
e/ t2 k/ (n  k  1)(1  R2 ) / (n  k
t  1)

L’hypothèse de normalité des erreurs implique que sous l’hypothèse H0, F* suit une loi de
Fisher (rapport de deux chi-deux). Nous comparons donc ce F* calculé au F théorique à k et
(T- k -1) degrés de liberté : si F* > F nous rejetons l’hypothèse H0, le modèle est globalement
explicatif.
En fait, en raison de la connaissance du coefficient de détermination R2 (uniquement si le
modèle contient des termes constants), ce test peut être effectué immédiatement, de sorte que
le Fisher (calculé) empirique peut être calculé.
 F suit la loi de Fisher  F (K-1, T-K, α)
 K : Le nombre des paramètres y compris la constante (K= 4 dans les tests de notre
étude).

La décision après les résultats : H0 : t ≤ t (n-3, α/2)


H1 : t > t (n-3, α/2)
H0 : F ≤ F (K-1, T-K, α)
H1 : F > F (K-1, T-K, α)
Où :
t et F sont des valeurs calculées à travers le modèle.
t (n-2, α/2) et F(K-1, n-K, α) sont des valeurs tabulaires de t et F.
Ftab et ttab avec un seuil de confiance α=5%.
1- La fonction des exportations marocaine
1.1- Modélisation de modèle

Log XPTt = X0+ X1*LogPIBFt + X2*LogTCRt + X3*LogTCNt+ Ɛ t


LogXt : est le logarithme de la somme annuelle des exportations des biens à prix constant
(exportations).
LogTCR : est le logarithme du taux de change réel MDH/USD.
LogPIBF : est le logarithme du produit intérieur brut France.
LogTCN : est le logarithme du taux de change nominale MDH/USD.
Le résultat de l’estimation de modèle comme suit :
LogEXPTt = -21.941964638 + 3.7709735419*LogPIBFt - 1.06353151983*LogTCRt -
3.36760949171*LogTCNt
Avec : R2=0,93 Durbin-Watson stat =1,58 F-statistique=62,33
Dependent Variable: LEXPT
Method: Least Squares
Date: 06/16/20 Time: 18:54
Sample: 2004 2019 Les variables
Included observations: 16
explicatives LPIBF
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  
et LTCR et LTCN ne
C -21.94196 11.97932 -1.831654 0.0919 sont pas
LPIBF 3.770974 0.876771 4.300977 0.0010
LTCR -1.063532 1.790378 -0.594026 0.5635 significatives,
LTCN -3.367609 2.391434 -1.408197 0.1844
puisque la valeur
R-squared 0.939702    Mean dependent var 12.38665
Adjusted R-squared 0.924627    S.D. dependent var 0.365764 calculée du t du
S.E. of regression 0.100417    Akaike info criterion -1.546651
Sum squared resid 0.121003    Schwarz criterion -1.353504 Student de de
Log likelihood 16.37321    Hannan-Quinn criter. -1.536760
F-statistic 62.33712    Durbin-Watson stat 1.586875
variable LTCN et
Prob(F-statistic) 0.000000 LTCR variable en
particulier est
inférieure à la valeur tabulaire (ttab =2.1199). Mais pour le LPIBF significatives t-
statistique=4,30 > ttab=2.1199.
Pour avoir un bon résultat, nous avons estimé un deuxième modèle, en introduisant les variables
exogènes retardées de TCR et TCN à TCR t-1 et TCNt-1, mais nous n’avons pas à améliorer le
modèle. Nous avons estimé de nouveau le modèle en introduisant les variables exogènes
retardées, mais avec un retard d’un an TCRt-1 et PIBFt-1.
Test de la normalité :
Normalité des erreurs :
Graphe N° : Normalité des erreurs pour la fonction des
exportations

7
Series: LEXPT
6 Sample 2004 2019
Observations 16
5
Mean 12.38665
4 Median 12.49330
Maximum 12.91095
3 Minimum 11.66917
Std. Dev. 0.365764
2 Skewness -0.505632
Kurtosis 2.250040
1
Jarque-Bera 1.056732
0 Probability 0.589568
11.50 11.75 12.00 12.25 12.50 12.75 13.00
La normalité des erreurs relative à la statistique de Jarque-Bera est supérieur à 0,05 (>0,05),
donc, nous avons une normalité des erreurs (H0 est acceptée).

Normalité de la variable LPIBF :


Graphe N°17 : Normalité pour la variable LPIBF2

Graphe N°18 : Normalité pour la variable LPIBF

4
Series: LPIBF
Sample 2004 2019
Observations 16
3

Mean 14.53773
Median 14.54476
2 Maximum 14.69886
Minimum 14.34850
Std. Dev. 0.099909
1
Skewness -0.233950
Kurtosis 2.284106

Jarque-Bera 0.487623
0 Probability 0.783635
14.30 14.35 14.40 14.45 14.50 14.55 14.60 14.65 14.70

Normalité de la variable LTCN :


Graphe N°18 : Normalité pour la variable LTCN
5
Series: LTCN
Sample 2004 2019
4 Observations 16

Mean 4.629572
3 Median 4.623893
Maximum 4.694279
Minimum 4.602767
2
Std. Dev. 0.025316
Skewness 1.233973
Kurtosis 3.813077
1

Jarque-Bera 4.501232
0 Probability 0.105334
4.60 4.61 4.62 4.63 4.64 4.65 4.66 4.67 4.68 4.69 4.70

Normalité de la variable LTCR :

Graphe N°18 : Normalité pour la variable LTCR

6
Series: LTCR
Sample 2004 2019
5
Observations 16

4 Mean 4.609366
Median 4.601510
3 Maximum 4.672922
Minimum 4.557869
Std. Dev. 0.035313
2
Skewness 0.302051
Kurtosis 1.758257
1
Jarque-Bera 1.271245
0 Probability 0.529606
4.550 4.575 4.600 4.625 4.650 4.675

Test de signification des coefficients :


Test du Student :
La valeur tabulaire de t : ttab (n-3, α/2) = ttab (12. 0,025) ttab=2.1788
Et : H0 : Hypothèse nulle
H1 : Hypothèse alternative
D’après les résultats du test de Student du tableau N° de notre résultat économétrique, on
constate que la valeur du t de chaque cœfficients de régression y compris la constante en
particulier (X0, X1 etX2) est supérieure à la valeur du t théorique.
Test de Fisher :
La valeur tabulaire de F est :
Ftab (K-1, n-K, α) =Ftab (2. 12. 0,05) Ftab =3,89
Le Fcal du modèle d’après le tableau N°18 est de 4,88 F cal=4,88=Ftab=3,89, l’hypothèse
alternative est acceptée, ce qui signifie qu’il existe une relation significative entre TCRt-2,
PIBFt-2 et X. donc, statistiquement le modèle est accepté.
L’interprétation des résultats du modèle 2 :

La fonction des importations marocaine :


1.1- L’estimation du modèle (modèle 1) :
LogMt = X0+X1log PIBMt+X2logTCRt+X3logTCNt+Ɛt
LogMt : est le logarithme de la somme annuelle des importations des biens à prix réel.
LogPIBM : est le logarithme du produit intérieur brut marocaine.
LogTCR : est le logarithme du taux de change nominal (DH/USD.
LogTCR : est le logarithme du taux de change réel (DH/USD).
LogIMPORT = 3.07674781279 + 1.70358157357*logPIBM + 0.359839487078*logTCR -
3.28346536522*logTCN
Résultat :
Avec : R2=0,96 Durbin-Watson stat =1,67 F-statistique=104,55

Tableau N°: Résultat d’estimation de la fonction des importations.


Dependent Variable: LIMPORT
Method: Least Squares
Date: 06/16/20 Time: 22:30
Sample: 2004 2019
Included observations: 16

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

C 3.076748 5.532515 0.556121 0.5883


LPIBM 1.703582 0.308790 5.516954 0.0001
LTCR 0.359839 1.594696 0.225648 0.8253
LTCN -3.283465 1.961502 -1.673955 0.1200

R-squared 0.963154    Mean dependent var 12.72172


Adjusted R-squared 0.953942    S.D. dependent var 0.363597
S.E. of regression 0.078032    Akaike info criterion -2.051084
Sum squared resid 0.073067    Schwarz criterion -1.857937
Log likelihood 20.40868    Hannan-Quinn criter -2.041194
F-statistic 104.5593    Durbin-Watson stat 1.675877
Prob(F-statistic) 0.000000

La variable explicative LTCR et LTCN n’est pas significative, puisque la valeur calculée du t du test
de Student est inférieure à la valeur tabulaire ( ttab  2.1788).

Pour régler ce problème et pour avoir un bon résultat, nous allons estimer un deuxième modèle, en
introduisant la variable exogène retardée du TCR, où TCRt-1=TCR (-1).

Section 1 :
Méthodologie d’analyse Cette section sera consacrer à la présentation des sources des
données qu’on va utiliser au niveau de notre étude, ainsi, au niveau d’un deuxième paragraphe
nous présenterons la méthode économétrique effectué pour la détermination de l’impact de
taux de change sur le solde de la balance des paiements.
Présentation de la méthode économétrique
Nous utiliserons les développements récents de l’économétrie des séries temporelles pour
analyser les relations de causalité entre développement financier, et la croissance économique
au Maroc. Cette approche se fera en trois étapes :
Tests de racine unitaire,
Etude de la Co-intégration
Estimation du Modèle à Correction d’Erreur
1-Tests de racine unitaire
Une série chronologique est stationnaire si elle ne comporte ni tendance ni saisonnalité. Le
test de Dickey-Fuller Augmenté sera employé à cette fin. C’est un test de la racine unitaire qui
permet de déterminer le type de la non stationnarité, soit qu’il est de type trend stationnary TS
ou bien Difference stationnary DS.
Le test se fait selon le Schéma suivant67 :
MOD 3 : y t  j yt 1   y j yt  j  t avec Ɛt un bruit Blanc
gaussien
j=2
MOD 2 :  yt   y t 1   y j  yt  j  c  t avec Ɛt un bruit Blanc gaussien
j2
MOD 3 : y t  j yt 1   y j  yt  j 1  c  bt  t avec Ɛt un bruit Blanc gaussien
j2

2. Etude de Co-intégration
L’étude de la Co-intégration permet de tester l’existence d’une relation stable de long terme
entre deux variables non stationnaires, en incluant des variables retards et des variables
exogènes. Il existe plusieurs tests de la Co-intégration, comme celui au sens de d’Engel et
Granger (1987). Ce test n’a de signification que sur des séries non stationnaires longues.
Par conséquent, l’analyse de la Co-intégration permet d’identifier clairement la relation
véritable entre deux variables, en recherchant l’existence d’un vecteur de Co-intégration et en
éliminant son effet le cas échéant.
 Deux séries x et y sont dites Co-intégrées si les deux conditions suivantes sont
vérifiées :
 Elles sont affectées d’une tendance stochastique de même ordre d’intégration ;
 Une combinaison linéaire de ces séries permet de se ramener à une série d’ordre
d’intégration inférieur68.
Enfin, le test de Co-intégration selon l’approche d’Engel et Granger (1987) contient deux
étapes :
 Etape 1 : Elle consiste à vérifier si les variables explicatives sont intégrées de même
ordre que la variable à expliquer. A cet effet on utilise le test ADF par exemple. A
Remarquer que si les séries ne sont pas intégrées de même ordre, il n’y a pas de risque
de Co-intégration. La procédure s’arrête à la première étape, en conséquence, une telle
régression n’est pas fallacieuse.

67
Régis BOURBONNAIS, « Économétrie », DUNOD, 2018, p 267
68
Louis Dupont, « Co-intégration et causalité », The George Washington University, 2009, p.11
 Etape 2 : Elle consiste à estimer l’équation qui représente la relation de long terme,
l’équation (1) qu’on va estimer est la suivante :

Mt, Xt=β0+β1PIBMt+β2PIBFt+β3TCRt+β4TCNt+EPSt

Avec EPSt : le terme d'erreurs associé à ce modèle. Ainsi, pour dire qu’il existe une relation
de long terme, il faut les résidus de cette régression soient stationnaires.
3. Estimation du Modèle à correction d’erreur et vérification causalité au sens de
Granger
La présence d’une relation de Co-intégration entre deux variables engendre l’existence d’une
relation causale entre celles-ci dans, au moins une direction. Cette relation causale peut être
analysée grâce au test de causalité de Granger qui s’appuie sur le modèle à correction
d’erreurs (Error Correction Model)69. Selon le théorème de représentation de Granger, tout
système Co-intégré implique l’existence d’un mécanisme à correction d’erreur qui empêche
les variables de trop s’écarter de leur équilibre à long terme. Dans notre cas, si les cinq
variables sont Co-intégrées, on déduit qu’il existe un mécanisme à correction d’erreurs. Ainsi,
pour étudier le lien causal entre les variables du modèle, nous avons utilisé un test de causalité
initiée par GRANGER en 1969 qui est devenu au fil du temps un cadre de réflexion aussi
intéressant que celui relatif à la mise en évidence des liaisons économétriques. A partir de ce
test, nous pouvons montrer s'il s'agit d'un lien étroit entre le PIB et les autres variables
étudiées.
Section 2 : Présentation et analyse des résultats.
Cette section est dédiée à la présentation et à l'analyse des résultats des régressions
économétriques effectuées dans le cadre de l'étude l’impact du taux de change sur les soldes
de la balance des paiements. Dans ce cadre, nous consacrerons la première partie de cette
section à une série de statistiques descriptives afin de mettre en évidence les ordres de
grandeurs de nos variables mais aussi les différents types de corrélations entre les variables
pertinentes.
La deuxième partie, sera consacrée à la présentation et l’analyse des résultats de la régression.
A l'issue de cet exercice, nous pourrons confirmer ou infirmer notre hypothèse qui consiste à
l’existence d’un lien entre l’impact du taux de change sur les soldes de la balance des
paiements.
I. Analyse descriptive des différentes variables

69
Julien Moussavi, « Qu'est-ce qu'un modèle à correction d'erreur ? », publié sur www.bsi-economics.org, le
17/03/2014
1. Statistiques descriptives
Au niveau du tableau ci-dessous, nous présenterons les différentes mesures de la tendance
centrale et de la dispersion des variables étudiées.
Tableau 2 : Statistique descriptive
IMPORTMS EXPORTMS
  A A PIBMSA PIBFSA TCNSA TCRSA
Moyenne 103924.6 78407.05 223775.1 533005.9 102.6781 99.36631
Mediane 105716.1 73983.58 224163.9 528896.4 102.3365 98.65622
Maximum 140861.0 111639.5 285028.6 608945.1 109.9566 105.9756
Minimum 64580.63 50075.91 158815.3 478011.0 99.40856 95.07046
Ecart-Type 20394.67 18071.13 37200.53 37363.20 2.691270 2.949180
Skewness -0.013271 0.319893 0.035879 0.369230 1.072527 0.665585
probabilité 0.582390 0.291957 0.254919 0.224263 0.005399 0.098411
Somme 5300154. 3998760. 11412531 27183301 5236.583 5067.682
Source : Nos estimations sous Eviews

Au niveau de ce tableau, et en se basant sur les coefficients de variation, on peut constater que
l’ensemble des variables ont une dispersion relativement faible. Concernant les indicateurs
liés à la performance des intermédiaires financiers, le ratio BANK fluctue dans une étendu
réduite entre 73% (en 2004) et 83% (en 2014), soit 10% de différence entre la valeur
maximale et la valeur minimale. Ainsi, qu’en moyenne l’actif des banques commerciales
représente 79% du totale de l’actif avec la BAM, ce qui constitue un bon indicateur de la
qualité des banque. la même chose pour le ratio de la liquidité M3/PIB, sa fluctuation est
relativement faible avec un coefficient de variation de 12% et une moyenne de la période de
1,08 soit une supériorité de la masse monétaire M3 par rapport au PIB de 8%, cet indicateur
est aussi important et confirme le bon chemin de secteur bancaire marocain. Cependant, les
variations de la capitalisation boursière et l’indice MASI, même s’elles sont importantes, mais
elles restent encore modestes. En effet, ces deux indicateurs ont atteint leurs valeurs critiques
respectivement en 2017, et 2007. En ce qui concerne le PIB, il a passé de 422,37 Milliard de
Dirhams en 2002, à 1 086,88 Milliards en 2018, soit une augmentation de 664,51 milliards
durant la période étudiée.
2. Analyse de la corrélation
L’analyse de la corrélation va nous permettre de déterminer le degré de la liaison entre les
variables étudiées

Correlation
IMPORTMS EXPORTMS
Probability A  A  PIBMSA  PIBFSA  TCNSA  TCRSA 
IMPORTMSA  1.000000
----- 
EXPORTMSA  0.959958 1.000000
0.0000 ----- 

PIBMSA  0.940035 0.956402 1.000000


0.0000 0.0000 ----- 

PIBFSA  0.960531 0.987706 0.977570 1.000000


0.0000 0.0000 0.0000 ----- 

TCNSA  0.718546 0.765201 0.770281 0.800061 1.000000


0.0000 0.0000 0.0000 0.0000 ----- 

TCRSA  -0.545591 -0.455644 -0.505015 -0.455364 0.092839 1.000000


0.0000 0.0008 0.0002 0.0008 0.5170 ----- 

Source : Nos estimations sous Eviews

On constate au niveau de tableau ci-dessus, que la plus forte corrélation sont entre PIBF et
PIBM avec un coefficient qui égale 99 % en compare avec les importations et les exportations
marocaine, et celle entre qui atteint respectivement, 92 et 98 % et 97 et 94%. La première
relation est normale vue que le PIBF et Le PIBM représente la totalité de la richesse crée par
les deux pays avec une relation de l’échange du commerce extérieur entre elle.
Concernant la relation des importations et des exportations avec les autres variables, on
constate qu’il est fortement corrélé avec l’indicateur qui représente la valeur réelle c’est-à-dire
le prix d’un bien que ça soit dans le territoire nationale ou dans l’étranger avec un coefficient
qui égale respectives pour l’importation 78% et pour l’exportation 77%. Cependant la relation
des importations et des exportations avec le taux de change nominale est relativement faible,
mais qui reste significative.
II) Analyse de la cointégration et l’estimation du Modèle à Correction d’Erreur
Nous allons procéder au niveau de ce paragraphe à une étude de la stationnarité des variables
étudiées avant de tester la relation de Co-intégration et estimer le modèle à correction
d’erreur. 1. Etude de la stationnarité et le degré d’intégration des séries étudiées
Le traitement d’une série chronologique nécessite dans un premier lieu d’étudier ses
caractéristiques stochastiques notamment la stationnarité de la série. Or Une série est dite
stationnaire, si ses paramètres ne varient pas en fonction du temps. Au niveau de cette
paragraphe nous étudions la stationnarité des séries des variables traitées au niveau de notre
étude via le test ADF qui permet de déterminer le type de la non stationnarité et le degré
d’intégration de chaque série. Pour ce faire nous allons suivre le schéma simplifié des tests de
racine unitaire (voir annexe).
a) Etude de la série du PIB Tableau 4 :
Test ADF : modèle 3 pour la série « PIBMSA »
PIBMSA au niveau (Avec Tendance+constante)

t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -4.232994  0.0081


Test critical values: 5% level -3.502373

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

@TREND("2007Q1") 1349.359 321.7493 4.193820 0.0001

Source : Nos estimations sous Eviews


On comparant la t-statistique de la tendance à sa valeur critique qui est de 3.18 sur la table
ADF (voir annexe) alors qu’on rejette l’hypothèse nulle et donc la tendance est significative.
Par conséquence, on ne passera pas au deuxième. Ainsi, sur la comparaison entre la valeur
calculée de ADF et la valeur critique à 5%, (-4,23 < -3,50), on va rejeter l’existence d’une
racine unitaire alors que la série du PIBMSA est un processus TS. Nous allons passer au test
de la racine unitaire pour la série du PIBMSA à la première différence.
Tableau 5 : Test ADF : modèle 3 pour la série « PIB au première différence (D(PIBMSA)) »
PIB à la première différence (Avec Tendance+constante)

t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.196229  0.0006


Test critical values: 5% level -3.510740

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

@TREND("2007Q1") 1.794424 26.08372 0.068795 0.9455

Source : Nos estimations sous Eviews


Le tableau ci-dessous nous permet de conclure qu’à la première différence, la tendance n’est
pas significative avec une probabilité critique qui dépasse largement le seuil de confiance de
0,94 > 0,05. Alors qu’on doit tester cette série en éliminant la tendance en passant au
deuxième modèle.

Tableau 6 : Test ADF : modèle 2 pour la série « PIB au première différence (D(PIBMSA)) »

PIBMSA à la première différence (constante)


t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.281885  0.0001


Test critical values : 5% level -2.926622

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

D (PIBMSA (-1)) -1.931706 0.365723 -5.281885 0.0000


Source :
Nos estimations sous Eviews

Deux constatations peuvent être tirées de ce tableau ; premièrement, la constante est


statistiquement significative avec une probabilité critique inférieure à 5%. Deuxièmement,
cette série est stationnaire vue que la valeur calculée de ADF (- 5,28) est inférieure à la valeur
critique (-2,92), ce qui signifie qu’on va rejeter l’hypothèse nulle et donc, selon le schéma
annexé, la série d(PIBMSA) avec constante est stationnaire. Par conséquence la série du PIB
est intégrée d’ordre 1 (il faut la différencier une fois pour la rendre stationnaire). On note
PIBMSA⁓I(1)..
d) Etude de la série MASI Tableau 19 :
Test ADF : modèle 3 pour la série « PIBFSA »
PIBFSA au niveau (Avec Tendance+constante)

t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.954068  0.9411


Test critical values: 5% level -3.502373

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

@TREND("2007Q1") 193.0380 152.0671 1.269427 0.2105

Source : Nos estimations sous Eviews


On comparant la valeur de t-statistique de la tendance (1,26) avec celle dans le tableau ADF
(3,18), on remarque que 1,26 < 3,18, alors qu’on accepte l’hypothèse nulle, et donc la
tendance dans ce cas n’est pas significative. On passera au test du modèle 2.

Tableau 20 : Test ADF : modèle 2 pour la série « PIBFSA »


PIBFSA au niveau (Avec constante)

t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic  1.333639  0.9985


Test critical values : 5% level -2.921175

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

C -6716.274 7015.431 -0.957357 0.3432

Source : Nos estimations sous Eviews


Pour ce modèle, la constante est statistiquement nulle, car t-statistique (-0,95) est inférieure à
t-tabulé au seuil de 5% (2,89). Alors qu’on doit passer à la vérification du modèle 1.
Tableau 21 : Test ADF : modèle 1 pour la série « PIBFSA »
PIBFSA au niveau (Sans tendance et Sans constante)

t-Statistic   Prob. *

Augmented Dickey-Fuller test statistic  5.643050  1.0000


Test critical values : 5% level -1.947520

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

PIBFSA (-1) 0.004984 0.000883 5.643050 0.0000

Source : Nos estimations sous Eviews


Le test lié au modèle 1 de la série PIBFSA, nous permet de conclure que cette série est non
stationnaire de type DS vue que la statistique ADF calculée est supérieur de sa valeur critique
au seuil de 5%. D’où on doit tester la série PIBFSA à la première différence.
Tableau 22 : Test ADF : modèle 1 pour la série « PIBFSA au première différence
D(PIBFSA) ».

MASI à la première différence (Sans tendance et Sans constante)

t-Statistic   Prob. *

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.164245  0.0307


Test critical values : 5% level -1.947975

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  


D (PIBFSA (-1)) -0.304752 0.140812 -2.164245 0.0359

Source : Nos estimations sous Eviews


Au niveau de ce tableau, on peut dire que la série D(PIBFSA) est stationnaire, car on a
-2,16< -1,94. Ainsi, pour que la série PIBFSA soit stationnaire, il faut la différencier une fois.
On conclue qu’elle est intégrée d’ordre 1 et on note PIBFSA⁓I(1)..
a) Etude de la série IMPORTM Tableau 19 :
Test ADF : modèle 3 pour la série « IMPORTMSA »
IMPORTAMSA au niveau (Avec Tendance+constante)

t-Statistic   Prob. *

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.598039  0.2830


Test critical values : 5% level -3.502373

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

@TREND("2007Q1") 294.4703 126.7537 2.323170 0.0245

Source : Nos estimations sous Eviews


On comparant la valeur de t-statistique de la tendance (2,32) avec celle dans le tableau ADF
(3,18), on remarque que 2,32 < 3,18, alors qu’on accepte l’hypothèse nulle, et donc la
tendance dans ce cas n’est pas significative. On passera au test du modèle 2.
Tableau 20 : Test ADF : modèle 2 pour la série « PIBFSA »
PIBFSA au niveau (Avec constante)

t-Statistic   Prob. *

Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.153273  0.6873


Test critical values : 5% level -2.921175

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

C 5480.866 3550.518 1.543681 0.1292

Source : Nos estimations sous Eviews


Pour ce modèle, la constante est statistiquement nulle, car t-statistique (1,54) est inférieure à t-
tabulé au seuil de 5% (2,89). Alors qu’on doit passer à la vérification du modèle 1.
Tableau 21 : Test ADF : modèle 1 pour la série « IMPORTMSA »
Tableau 9 : Test ADF : modèle 1 pour la série « IMPORTMSA »
IMPORTMSA au niveau (Sans Tendance et sans constante)

t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic  1.897458  0.9850


Test critical values: 5% level -1.947520

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

IMPORTMSA (-1) 0.012249 0.006456 1.897458 0.0637


Source : Nos estimations sous Eviews

L’acceptation de l’hypothèse nulle relative ce test permet de conclure que la série


IMPORTMSA est non stationnaire de type DS. En effet la valeur de l’ADF calculé est
supérieure à la valeur critique. Donc on différenciera la série à la première différence afin de
savoir s’elle est stationnaire ou non.
Tableau 10 : Test ADF : modèle 1 pour la série « IMPORTMSA au première différence
D(IMPORTMSA) »
IMPORTMSA au première différence (Sans Tendance et sans constante)

t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.476771  0.0000


Test critical values: 5% level -1.947665

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

D (IMPORTMSA (-1)) -0.767262 0.140094 -5.476771 0.0000

Source : Nos estimations sous Eviews


Le test ADF relatif à la série IMPORTMSA à la première différence nous a permis de
conclure qu’elle est stationnaire vue que ADF-calculée (-2,37) est inférieure à ADF- critique
(-1,94). Ainsi, la série BANK nécessite une différenciation à la première différence afin de la
rendre stationnaire. On note IMPORTMSA⁓I(1)..
a) Etude de la série EXPORTMSA Tableau 19 :
Test ADF :
Modèle 3 pour la série « EXPORTMSA »

EXPORTMSA au niveau (Avec Tendance+constante)

t-Statistic   Prob. *

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.587263  0.2876


Test critical values : 5% level -3.502373

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

@TREND("2007Q1") 299.7398 111.9321 2.677871 0.0102


Source : Nos estimations sous Eviews
On comparant la valeur de t-statistique de la tendance (2,67) avec celle dans le tableau ADF
(3,18), on remarque que 2,67 < 3,18, alors qu’on accepte l’hypothèse nulle, et donc la
tendance dans ce cas n’est pas significative. On passera au test du modèle 2.
EXPORTMSA au niveau (Avec constante)
t-Statistic   Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.124734  0.9408


Test critical values: 5% level -2.921175

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  


C 1402.664 2425.610 0.578273 0.5658

Source : Nos estimations sous Eviews


Pour ce modèle, la constante est statistiquement nulle, car t-statistique (0,56) est inférieure à t-
tabulé au seuil de 5% (2,89). Alors qu’on doit passer à la vérification du modèle 1.
Tableau 21 : Test ADF : modèle 1 pour la série « EXPORTMSA »
EXPORTMSA au niveau (Sans Tendance et sans constante)

t-Statistic   Prob. *

Augmented Dickey-Fuller test statistic  2.019826  0.9887


Test critical values : 5% level -1.947520

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

EXPORTMSA (-1) 0.013377 0.006623 2.019826 0.0489

Source : Nos estimations sous Eviews


Le test lié au modèle 1 de la série EXPORTMSA, nous permet de conclure que cette série est
non stationnaire de type DS vue que la statistique ADF calculée est supérieur de sa valeur
critique au seuil de 5%. D’où on doit tester la série PIBFSA à la première différence.
Tableau 22 : Test ADF : modèle 1 pour la série « PIBFSA au première différence
D(PEXPOTMSA) »

EXPORTMSA à la première différence (Sans tendance et Sans constante)

t-Statistic   Prob. *

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.274657  0.0000


Test critical values : 5% level -1.947665

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.  

D (EXPORTMSA (-1)) -0.730667 0.138524 -5.274657 0.0000


Source : Nos estimations sous Eviews

Le test ADF relatif à la série IMPORTMSA à la première différence nous a permis de


conclure qu’elle est stationnaire vue que ADF-calculée (-5,27) est inférieure à ADF- critique
(-1,94). Ainsi, la série EXPORTMSA nécessite une différenciation à la première différence
afin de la rendre stationnaire. On note EXPORTMSA⁓I(1).