Vous êtes sur la page 1sur 21

Cours droit commercial et des

sociétés
FSJES – Agadir
Semestre IV
Economie Gestion
2019/2020
Séances 1, 2, 3, 4, 5 et 6
Introduction générale :
- Définition
- Droit commercial, Droit des affaires, Droit civil.
- Code et textes de lois
- Historique
- Source du droit commercial
- Liberté de commerce et conditions
- Tribunaux de commerce.

Définition :

Dans un sens strict, le droit commercial se définit comme le corps de règles


applicables aux commerçants et aux activités commerciales.
Le commerce visé par ce droit concerne :
- les activités commerciales proprement dite ( ex : distribution, achats, reventes),
- les activités de la production industrielle (ex : manufacture),
- diverses activités de services (ex : banque, assurance)

Ses caractéristiques :
- Un droit qui couvre un domaine très vaste.
- Un droit en perpétuelle mutation à mesure que les techniques du commerce
évoluent. Ce n’est pas un droit figé
- Un droit original par les solutions qu’il propose (ex : le bail commercial)
- Un droit international : Un commerçant qui voit ses affaires atteindre un
certain seuil de développement est appelé à importer et à exporter. Les contrats
conclus peuvent être soumis à une loi étrangère et les litiges tranchés par des
instances judiciaires étrangères.
- Un droit pragmatique et moins théorique que le droit civil car son objet est de

permettre aux commerçants les moyens de réaliser leurs affaires.


Son importance :
Notre société moderne est fondée sur une économie libérale de marché. Le droit
commercial régit l’essentiel des échanges économiques de la vie des affaires.
►Sa vocation est d’intervenir pour rétablir un minimum d’ordre, d’honnêteté et
de sécurité dans les relations entre professionnels du commerce.
► Le droit civil ne répond pas aux exigences de sécurité et de rapidité de la vie
économique.
►Il constitue un instrument d’une politique juridique sinon économique.
Droit commercial, Droit des affaires, Droit civil :
La définition classique du droit commercial n’engage que l’étude de la
commercialité ;
Alors que la vision moderne met en évidence les liens entre le droit commercial
et d’autres disciplines.
C’est aisni que l’on a commencé à parler du droit des affaires. Appelé aussi «droit
économique » ou « droit de l'entreprise », le droit des affaires est un droit privé
d'exception en ce sens qu'il a édicté des règles spéciales en vue de régir les
relations des personnes qui exercent une activité économique.

Le droit des affaires est un droit pluridisciplinaire qui s'étend aux activités
suivantes :
Le Droit Commercial - Le Droit du Travail – Le droit de la concurrence
Le Droit de la Consommation - Les Droits Intellectuels – Le droit des sociétés
Le Droit Pénal des Affaires - Le Droit de la Publicité – Le droit bancaire.

- Le droit commercial déroge à certaines règles du droit civil.


1er exemple : bail civil et bail commercial
Le locataire qui loue pour habiter ne peut pas exercer une activité
commerciale dans le lieu de location. ≠ En revanche, le locataire commerçant
peut adjoindre à son activité principale des activités connexes. Par exemple,
un boulanger peut devenir pâtissier.

En droit civil, une fois le contrat arrivé à son terme, le bailleur peut refuser de
renouveler le contrat si certaines conditions juridiques sont réunies sans devoir
verser d’indemnités au locataire. ≠ Par contre, le locataire commerçant a droit
soit au renouvellement du bail, soit à une indemnité d’éviction réparant la
perte de la clientèle causée par le déplacement du fonds de commerce. On dit
que le locataire commercial a un droit perpétuel.

2ème exemple : le débiteur en cessation de paiement.


En droit civil et en droit commercial Une personne non commerçante qui a des
dettes reste à la tête de son patrimoine et de ses biens ce qui lui permet de
gérer son insolvabilité comme bon lui semble. Si la personne est malhonnête,
cette faveur peut causer des préjudices à ses créanciers.
En droit commercial lorsque le commerçant est en cessation de paiement, une
procédure judiciaire le dessaisit de l’administration et de la gestion de ses
biens et un syndic procède sur contrôle du juge au paiement des créanciers.

3ème exemple : La preuve.


La preuve est libre en matière commerciale (principe de liberté de la preuve).
Le rythme du droit commercial est plus rapide que le droit civil, il est
incompatible avec un système de preuve civile (La preuve littérale, les témoins,
l’aveu ou le serment)
Il en résulte, qu’entre commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver
par tout moyen.
►Des moyens tels que la correspondance, enregistrements, témoignages, devis,
de l’émission de factures, les commandes passées par email…
L’adoption de ce principe s’explique par trois raisons :
- par la nécessité de favoriser la conclusion rapide des actes de commerce, (et
donc la circulation rapide des richesses) ;
- par l’obligation faite aux commerçants de tenir des documents comptables
pouvant servir de moyen de preuve ;
- par l’aptitude plus grande des intéressés à mesurer les conséquences des
engagements qu’ils prennent.
≠ Exceptions au principe : Ce principe peut recevoir exception pour certains
actes qui supposent la rédaction d’un écrit avec mentions obligatoires ;
Ex : cession et nantissement d’un fonds de commerce, lettre de change, les
contrats maritimes, les contrats de bourse, le bail commercial…

►On peut ajouter d’autres solutions qui dérogent aux règle du


droit civil notamment :
- Délais de paiement et indemnités de retard ;
- Possibilité de prévoir des intérêts sur les créances ;
- Mise en demeure par tout moyen (et même sans mise en
demeure !) ;
- La prescription quinquénnale (la durée au-delà de laquelle une action
en justice plus recevable).

Résumé :

Le droit commercial recherche la rapidité, la


promotion du crédit, la ponctualité des paiements :
« Le temps, c’est de l’argent »
Les échanges commerciaux supposent la confiance, la
sécurité et l’honnêteté.

Code et textes de lois


- La loi n° 15-95 formant le Code de commerce (1 août 1996).
- La loi N° 17-95 relative aux sociétés anonymes (30 août 1996).
- La loi n° 5-96 sur la société en nom collectif, la société en commandite simple,
la société en commandite par actions, la société à responsabilité limitée et la
société en participation (13 février 1997).
- Loi n° 53-95 instituant les juridictions de commerce (12 février 1997).
- La loi n° 06-99 du 6 juillet 2000 sur la liberté des prix et de la concurrence. Etc.
Historique :
Ce sont des considérations historiques qui expliquent en bonne partie l'existence
d'un droit commercial distinct du droit civil.
Les commerçants ont toujours été régis par un droit spécifique, car ils avaient
recours au crédit beaucoup plus systématiquement que les simples particuliers.
- Au Moyen Âge : En Flandres et en Italie :
►Procédure de faillite, l’utilisation des premières lettres de change ou encore la
création des tribunaux des foires (tribunaux forains), premières juridictions
commerciales.
- Le code de commerce français de 1807 : première codification.
- Le libéralisme du XIXe siècle fut spécialement favorable à l'essor des moyens
juridiques qui ont permis le développement du capitalisme moderne :
►Sociétés par actions, chèques, droit de la banque et de la Bourse, ventes
commerciales internes et internationales, reconnaissance du fonds de commerce,
etc.
- L’interventionnisme de l'État au XXe siècle. Le droit plus réglementaire et plus
impératif.
►sanctions pénales admettre à côté des commerçants privés les activités
commerciales des personnes morales de droit public, notamment des sociétés
nationales et des sociétés d'économie mixte.
►depuis 1970 à nos jours : Protectionnisme des tiers consommateurs.
Sources du droit commercial

Le droit commercial connaît une grande diversité de sources.


A. Les sources internes
Par le truchement du code de commerce, l’essentiel du droit commercial positif
est écrit.
1. La loi
Article 71 de la constitution : « Sont du domaine de la loi…
- le régime des obligations civiles et commerciales, le droit des sociétés et des
coopératives… ».

- L’essentiel de la loi commerciale figure dans le code de commerce.


- ou dans le code civil, exemple, l’action en concurrence déloyale relève de la
responsabilité délictuelle.
- le code de la consommation, la protection du consommateur mais aussi nombre
d’obligations imposées aux commerçants (la loi n° 31-08 édictant des mesures
pour la protection des consommateurs enttrée en vigueur en 2011).
2. Les règlements
Le rôle des décrets et règlements en matière commerciale est fondamental.
Ils sont particulièrement nombreux et constituent la traduction pratique des lois
commerciales.
Exemples :
- Décret n° 2-96-906 du 9 ramadan 1417 pris pour l'application du chapitre II -
relatif au registre du commerce - du titre IV du livre premier de la loi n° 15-95
formant Code de commerce.
- Décret n° 2-99-71 du 9 hija 1420 (16 mars 2000) pris pour l'application de la
loi n° 13-99 portant création de l'Office marocain de la propriété Industrielle et
commerciale.
3. La jurisprudence
Les juges interviennent pour appliquer et interpréter la loi.
Les juges doivent œuvrer afin de régler les litiges ;
Les juges ont également un rôle fondamental dans la création du droit (la
concurrence déloyale).
4. La coutume et les usages
La coutume et les usages en commerce :
• Très important en matière commerciale ;
• Le droit commercial a été un droit purement coutumier ;
• Ce sont des sources non-écrites.
• Ce sont les pratiques considérés comme « normales » dans un milieu
professionnel déterminé. L’usage se définit comme une pratique
constante et acceptée ;
• Il doit présenter un caractère de généralité ;
• L’usage est limité à une profession ; une localité ou à une opération
déterminée ;
• L’usage acquiert les qualités d’une norme juridique lorsqu’il y a
répétition et obligation.

Ex : délais, modes de paiement, unité de mesure (denrée)…

Ex : Entre commerçants on se facture Hors Taxe.

Ex : l’usage bancaire veut que le solde débiteur du compte courant produise de


plein droit des intérêts ce qui déroge à la règle selon laquelle les intérêts doivent
avoir été stipulés.

Article 2 c.com : Il est statué en matière commerciale conformément aux lois,


coutumes et usages du commerce, ou au droit civil dans la mesure où il ne
contredit pas les principes fondamentaux du droit commercial.
Article 3 c.com : Les coutumes et usages spéciaux et locaux priment sur les
coutumes et usages généraux.

Exemple 1 : L’usage selon lequel la solidarité se présume entre


commerçants, principe en contradiction avec l’Article 164 D.O.C selon lequel
« La solidarité entre les débiteurs ne se présume point ; elle doit résulter
expressément du titre constitutif de l'obligation, de la loi… ».
≠l’article 335 C. commerce : « En matière d'obligations commerciales, la
solidarité se présume. »
►Il y a solidarité de la part des débiteurs, lorsqu’ils sont obligés à une même
chose, de manière que chacun puisse être contraint pour la totalité, et que le
paiement fait par un seul libère les autres envers le créancier.
Exemple 2 : En droit civil, si on reçoit une marchandise qui n’est pas conforme,
soit on refuse de payer en rendant la marchandise, soit on reçoit une autre
marchandise conforme. En droit commercial, l’acheteur qui n’est pas satisfait
peut conserver la marchandise mais en payant un prix inférieur selon l’usage.

Les codes de conduite professionnelle (R.S.E)


Une création des pays de la common law (Commonwealth ?!!) et qui réserve une
place importante aux règles issues de la pratique professionnelle.
► Normaliser la morale des affaires.
Définition :
Le code de conduite (et d’éthique) consiste en un «engagement pris
volontairement par une société ou une organisation d’appliquer certains principes
et normes de comportement à la conduite de ses activités ou opérations» (OCDE).
Sa valeur : se limite au champ de la régulation privée (interne).
Sa portée : Les codes d’entreprise peuvent porter sur des domaines très variés:
- droits humains, éthique commerciale,
- environnement, respect de la communauté,
- concurrence, conditions de travail,
- santé et sécurité, recherche scientifique et technologie.
Exemple :
- Respect de la loi
- Relations avec le public
- Image de soi
- Restrictions relatives à l’acceptation de cadeaux, de gratifications,
d’invitations etc.
- Conflits d’intérêt
- Restrictions relatives aux activités politiques
- Confidentialité et utilisation de renseignements officiels
- Utilisation de biens ou de services de l’organisation
- Achats à des fins privées de biens appartenant à l’entreprise
- Environnement de travail
- Relationnel entre employés.

B. Les sources internationales - Les traités internationaux


Les conventions internationales sont certes nombreuses mais ont une importance
relative.
Par exemple, la convention de Vienne du 11 mai 1980 sur la vente internationale
de marchandises (ne s’applique pas aux ventes internes mais aux seules ventes
internationales).

Le prinicipe de la liberté de commerce et d’industrie (1791)


Principe constitutionnel :
Le principe constitutionnel stipule que toute personne est libre d’exercer une
activité commerciale. Article 35, alinéa 2 de la constitution :
« ..L’État garantit la liberté d’entreprendre et la libre concurrence… »
Le principe de liberté du commerce et de l'industrie repose sur 3 principes
fondateurs : la liberté d'entreprendre, d'exploiter et de concurrencer :

- La liberté d’entreprendre qui reconnaît à toute personne physique ou


morale le droit d’accéder et de se livrer à toute activité commerciale ou
industrielle de son choix sous réserve de remplir les conditions légales.
- La liberté d’exploiter qui implique le droit pour tous commerçants ou
industriels de conduire son affaire comme il l’entend, de créer, d’organiser
et de gérer son entreprise comme il le désire sous réserve de respecter les
règles en vigueur.
- La liberté de concurrencer donne à l'entrepreneur le droit d'entrer en
compétition dans le cadre d'une relation loyale et légale avec d'autres
entreprises et de pouvoir commercer librement.

Encouragement des pouvoirs publics :


Les pouvoirs publics favorisent cette liberté
►►un certain nombre d’incitations financières (fiscales, aides à la création
d’entreprises...ou de simplifications administratives...).

Deux figures limitant ce principe de liberté de commerce et d’industrie :


1. Les conditions juridiques limitant l’exercice du commerce
La loi interdit l’exercice d’une activité commerciale à une personne donnée dans
une finalité de protection de l’ordre public à travers de véritables obligations
légales.
1. L’incompatibilité consiste à se trouver simultanément dans deux conditions
juridiques ou deux statuts dont les règles ne peuvent recevoir application en
même temps (profession libérale, fonctionnaire, juge, notaire…)
2. L’interdiction est une défense pure et simple, posée par la loi, d’exercer
l’activité commerciale. Il s’agit des activités qui nécessitent soit :
- des autorisations (transport routier),
- soit des qualifications professionnelles (agence de voyage)
- ou les deux (les pharmacies, les laboratoires d'analyses médicales).
Les interdictions s’appliquent très largement aux étrangers pour des raisons
politiques, sociales et sécuritaires.
Exemple : le commerce des armes et explosifs, reproduction des billets de
banque.
3. La déchéance commerciale est définie par l’article 711 du Code de
commerce : « La déchéance commerciale emporte interdiction de diriger,
gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement, toute
entreprise commerciale ou artisanale, et toute société commerciale ayant
une activité économique ».
Exemple : personnes ayant été condamnées pénalement pour des infractions
contre les biens comme le vol, l’abus de confiance, le détournement,
l’escroquerie, banqueroute, fraude fiscale …
N.B :
Article 11 C. COM : Toute personne qui, en dépit d'une interdiction, d'une
déchéance ou d'une incompatibilité, exerce habituellement une activité
commerciale, est réputée commerçant.
Distinguer commerçant de droit et commerçant de fait :
Un commerçant de droit est celui qui exerce une activité commerciale à titre
professionnel et qui s’est acquitté régulièrement de toutes les obligations légales
d’accès à la profession commerciale notamment l’immatriculation au RC.
Un commerçant de fait est celui qui exerce une activité commerciale mais sans
être immatriculé au RC car il refuse ou néglige de se plier à cette obligation ou
bien il ne peut pas le faire en raison de son activité illicite (ex : une association
qui se livre de manière régulière à des activités commerciales : Affaire Mosquée
de Paris Chambre commerciale 17 mars 1981).

4. La capacité commerciale : Le mineur et le majeur incapable ne peuvent


exercer le commerce.
Article 229 code de la famille :
« La représentation légale du mineur est assurée au titre de la tutelle
légale, la tutelle testamentaire ou la tutelle dative. »

Article 13 c.com : L'autorisation d'exercer le commerce par le mineur et la


déclaration anticipée de majorité prévues par le code du statut personnel,
doivent être inscrites au registre du commerce.
Article 14 c.com : Le tuteur testamentaire ou datif ne peut exploiter les biens
du mineur dans le commerce, qu'après autorisation spéciale du juge
conformément aux dispositions du code du statut personnel.

5. Les clauses contractuelles de limitation d’activité : sont deux sortes :


– les clauses de non-rétablissement, insérées dans un contrat de vente d’un fonds
de commerce. Elle interdit au vendeur de se rétablir à proximité du fonds de
commerce qu’il vend ;
– les clauses d’exclusivité, insérées dans un contrat et qui obligent un
commerçant à ne vendre exclusivement qu’un certain type de produit.
** la clause de non concurrence (pour les salariés).

2.La concurrence déloyale (la loi 17-97 du 15 février 2000 relative à la protection de
la propriété industrielle)

Le droit de la concurrence constitue un ensemble de règles juridiques gouovernant


les rivalités entre agents économiques dans la recherche et la conservation d’une
clientèle (entente et l’abus de position dominante).
La concurrence déloyale :
Est un abus des pratiques commerciales, d'une société envers ses concurrents.
C’est un acte de concurrence contraire aux usages honnêtes en matière industrielle
ou commerciale.

(La loi 17-97 du 15 février 2000 relative à la protection de la propriété industrielle) .

Article 184 :
Constitue un acte de concurrence déloyale, tout acte de concurrence contraire
aux usages honnêtes en matière industrielle ou commerciale…
Article 185 :
Les faits de concurrence déloyale ne peuvent donner lieu qu'à une action civile
en cessation des actes qui la constituent et en dommages intérêts.

Différents modes de concurrence déloyale :

- Dénigrement ‫التحقير‬: comportement de commerçants qui jettent le discrédit sur


un concurrent, en répandant à son propos, ou au sujet de ses produits ou services,
des informations malveillantes.

Ou bien dénigrer indirectement en s’attribuant des qualités que n’ont pas les
produits ou entreprises concurrentes. On parle alors de dénigrement par omission.
►Pour pouvoir être sanctionné le dénigrement doit être public.
- Imitation ‫التقليد‬: consiste à utiliser la réputation d'un concurrent en créant une
confusion avec ce dernier, afin d'en capter la clientèle notamment par l'utilisation
du nom commercial ou de l'enseigne. (≠contrefaçon)
- Désorganisation ‫الخلط‬: vise principalement les hypothèses de débauchage de
personnel du concurrent ou du démarchage de sa clientèle. (grève,
augmentation, divulgation de secrets, séduction, détournement de clients,
désorganisation du marché : période des soldes, les dimanches, les horaires).
- Parasitisme ‫التطفل‬: C'est l'ensemble des comportements par lesquels un agent
économique s'immisce dans le sillage d'un autre afin de tirer profit, sans rien
dépenser, de ses efforts et de son savoir-faire (le cas L’OREAL ET CARTIER
Cour d'appel Paris 21 Octobre 2015).
Tribunaux de commerce (loi 53.95) :
- Tribunal spécialisé ;
- Tribunal non répressif.

Nombre des juridictions de commerce :


- Huit (8) tribunaux de commerce (Rabat, Casablanca, Fès, Meknès, Tanger,
Marrakech, Agadir, Oujda).
- Trois (3) cours d’appel de commerce (Casablanca, Fès, Marrakech). Rabat ?!!

Le tribunal de commerce comprend :


- un président, des vice-présidents et des magistrats.
- un ministère public composé du procureur du Roi et de un ou
plusieurs substituts.
- un greffe et un secrétariat du ministère public.

Le tribunal de commerce peut être divisé en chambres.


Chaque chambre peut instruire les affaires soumises au tribunal et y statuer.
La cour d'appel de commerce comprend :
- un premier président, des présidents de chambres et des conseillers.
- un ministère public composé d'un procureur général du Roi et de ses
substituts.
- un greffe et un secrétariat du ministère public.

La cour d'appel de commerce peut être divisée en chambres. Chaque chambre peut
instruire les affaires soumises à la cour et y statuer.

Les audiences sont tenues et leurs jugements rendus par trois magistrats (système
collégial), dont un président, assistés d'un greffier.
Le tribunal de commerce est saisi par requête écrite et signée par un avocat (≠
droit français) inscrit au tableau de l'un des barreaux du Maroc (article 15 loi
53.95).

Les tribunaux de commerce sont compétents pour connaître :


1 - des actions relatives aux contrats commerciaux;
2 - des actions entre commerçants à l'occasion de leurs activités commerciales;
3 - des actions relatives aux effets de commerce;
4 - des différends entre associés d'une société commerciale;
5 - des différends à raison de fonds de commerce ;
6- des actions relatives au bail commercial ;
7. des actions relatives aux difficultés d’entreprise ;
8. les différends pour concurrence déloyale.
≠ Sont exclues de la compétence des tribunaux de commerce les affaires
relatives aux accidents de la circulation.

Les tribunaux de commerce ►les demandes excèdant la valeur de 20.000


dirhams.
(article 306 C. commerce = tout paiement entre commerçant = virement ou chèque
barré).

Compétence d’attribution (quel type de tribunal est compétent ?)


Litiges entre commerçants (lorsqu’ils se rattachent à leur activité
commerçante) ;
Litige qui peut naître aussi en dehors de tout contrat à la suite d’un fait juridique
(manœuvre de concurrence déloyale d’un commerçant envers un autre).
Litiges relatifs aux lettres de change entre toutes personnes ;
Litiges qui surgissent entre les associés d’une société commerciale ;
Procédure visant les entreprises en difficulté : uniquement quand l’entreprise
en difficulté est pour les personnes physiques, un commerçant et pour les
personnes morales, une société commerciale.
≠ Pour un agriculteur, une profession libérale, une société civile, un groupement
à but non lucratif (association, syndicat, mutuelles) : relève du TPI.

Les demandes en paiement d’un billet à ordre s’il comporte la signature d’au
moins un commerçant.

Les actes mixtes : acte dont la nature est différente pour chacune des parties à
l’acte.
Le tribunal compétent : chercher qui est demandeur (celui qui intente le procès)
et qui est défendeur. Si le procès est intenté par le commerçant (le défendeur est
le particulier) : tribunal ordinaire.
Si le procès est intenté par le non commerçant, l’attaquant a le choix entre porter
son action devant le tribunal ordinaire ou le tribunal de commerce.

Les voies de recours qui s’offrent au plaideur :


- possibilité de recours devant la Cour d’Appel de commerce
- puis en Cassation.

La compétence territoriale (tribunal de quelle ville ?)


Règle de droit commun : valable pour n’importe quel type de procès

La juridiction compétente territorialement est celle du lieu où


demeure le défendeur.
Règles spécifiques au droit commercial :
Litige entre associés à l’intérieur d’une société commerciale : le tribunal
compétent est celui du lieu du siège de la société.
Procédures visant les entreprises en difficulté : le tribunal compétent est celui
dans le ressort duquel le débiteur (celui en difficulté) a le siège de son entreprise.

Exception :
Les clauses d’attribution territoriales de compétence sont des clauses d’un contrat
dans lesquelles les parties au contrat décident de donner compétence au tribunal
d’une ville nommée dans le contrat.
Trois conditions doivent être remplies :
1- La clause doit être convenue entre des personnes dont l’une au moins possède
la qualité de commerçant (un commerçant et un particulier)
≠ Un architecte et son client = activités civiles.
2- La clause n’est opposable qu’à la partie qui en a eu connaissance et qui l’a
acceptée au moment de la conclusion du contrat
3- La clause doit être écrite et spécifiée en des termes clairs et précis, en
caractères très apparents (gras, souligné, encadré) et dans le corps du contrat
(≠facture, bon de livraison, bon de commande)