Vous êtes sur la page 1sur 2

Lycee officiel de Arabsalim Etude de texte Classe : eb8/semaine du 12au 17 mars 2020

Un navigateur solitaire
Le 6 juin, à midi, je levai l’ancre. La grande aventure commençait. Avant de quitter
France, j’avais fait l’acquisition des cartes qui montrent la direction et l’intensité des vents dans
l’Atlantique Nord. Un bateau faisant route vers le sud-ouest à la sortie du détroit de Gibraltar
doit rencontrer les vents du nord-ouest et descendre sous les îles Bermudes, avant de rencontrer
New -York.
Je quittai donc Gibraltar. Il faisait très beau. Laissant derrière moi le port et, poussé
par une brise légère, j’étais étendu sur le pont, rêvant des jours qui allaient venir.J’avais une
confiance absolue dans le Vaillant et ma navigation. J’envisageais avec joie mon passage dans
les vents du nord, où je trouverais un soleil ardent et les poissons volants des mers tropicales. Je
jetai mes derniers regards à la terre. La brise augmentait lorsque, sortant de la baie d’Algésiras,
je mis le cap sur la sortie du détroit.Les poissons étaient si nombreux autour de moi, que l’eau
semblait bouillonner, des marsouins jouaient autour de mon bateau et les albatros
plongeaient…
Voici quelle était la routine de ma vie dans ces premiers jours. Le matin, à 5 heures, je sautais
de ma couchette pour cuire mon déjeuner. Je faisais la cuisine sur un réchaud à pétrole, dans le
poste d’équipage. La gîte du bateau était souvent si grande que la poêle à frire tombait du
réchaud, inondant mes jambes d’huile bouillante.Pendant les douze heures de navigation, sous
des vents très frais, je devais exercer une attention soutenue. Il ne m’était pas possible de lire, et
cependant je ne m’ennuyais jamais. J’admirais la beauté de la mer et des vagues, la tenue de
monnavire, et disais tout haut les oeuvres de mes poètes préférés.
Quand venait la nuit, j’étais mort de fatigue. Je réduisais la voilure de ma grand- voile,
attachant la barre, je préparais mon deuxième repas de la journée, qui consistait
habituellement en boeuf salé et en pommes de terre bouillies dans l’eau de mer, dont
elles prenaient une délicieuse saveur. L’air marin me donnait un appétit féroce.Enfin je tombais
épuisé dans ma couchette et dormais, durement bercé par les vagues.

Alain GERBAULT, Seul à travers l’Atlantique

Questions :
1) Le narrateur voyage d’un continent à l’autre. Quels sont ces deux continents ?
2) Voyage-t-il seul ou accompagné ?Justifiez votre réponse
3) Comment s’appelle le navire à bord duquel le narrateur voyage ? Que signifie ce mot ?
4) Avec quels sentiments le navigateur envisage-t-il son voyage ?
5) Précisez les occupations du narrateur pendant les semaines qu’il passe au milieu de
l’océan ,en relevant les indices chronologiques correspondants.
6) Pourquoi le narrateur est-il épuisé de fatigue chaque soir ?
7)Dites si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses en citant le texte :
- En quittant Gibraltar,le narrateur est surpris par un orage-
-Le narrateur était heureux de ce départ-
- Le matin il se levait très tard.
- Il passait son temps à lire des romans-
- Il mangeait ses repas avec gourmandise –
8-Précisez : a)La valeur du temps verbal entre L13-L16
b) la valeur du temps verbal dominant à partir de la ligne 17-
9) Relevez dans le texte : 2 indices temporels-2 indices spatiaux-4 expansions nominales
différentes- un cc de but-un cc de manière-
10) D’après toi, le voyage du narrateur constitue-t-il vraiment une «grande aventure»?