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Départementes affair~SAISTAT/SER.

F/71

Etudes,méth’odologiques
Manuel? des systèmes
d’enregistrement des faits
d’état civil et de statistiques
de I’etat civil -
Série F, no 71

Manuel
des systèmes d’enregistrement
des faits d’état civil
et de statistiques de l’état civil
Elaboration
d’un cadre juridique

Nations Unies
New York, 2000
NOTE

Les appellations employdes dans cette publication et la prhentation des éléments


d’information n’impliquent, de la part du Secrhiat de l’Organisation des Nations Unies,
aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou
de leurs aukit&, ni quant au tracé de leurs frontiéres ou limites.

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l STiESAiSTATISER.FI7 1

PUBLICATION DES NATIONS UNIES


Numéro de vente : F.98.XVII.7

ISBN 92-I-261 170-2


.

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Le prkent Manuel concernant les systèmes d’en&stre- finit le rôle de ce systeme d’enregistrement dans l’tkablisse-
ment des faits d’état civil et d’établissement des statistiques ment de statistiques de l,*état civil, ses relations avec d’au-
,. de l’état- civil : élabotution d’un cadre juridique propose tres institutions du pays qui s’appuient sur cette source d’in-
une methode pour définir le cadre juridique approprié ‘d’un formations pour s’acquitter de leurs propres tâches et les
système national d’enregistrement des faits d%tat civil qui services qu’il devrait fournir aux pays. 11 importera d’étu-
met en évidence la fonction statistique de ce systéme et son dier et d’analyser ce cadre dans tout programme national vi-
rôle dans le programme national de statistiques de l’état ci- sant ii améliorer ces systemes. Le p&ent Manuel prksente
vil. Objectif est de fournir aux pays les éléments et procé- en conséquence A l’intention des agents des bureaux natio-
dures nécessaires pour les aider ii élaborer une loi organique naux de statistique et d’enregistrement des faits d’état civil,
sur l’enregistrement des faits d’État civil, qui assure que ’ ainsi que des organisnies chargés de leur fonctionnement,
tous les Cvénements et actes affectant l’&at civil dans un un ensemble ‘de~mesures à suivre pour l’élaboration d’une
_ pays sont enregistres dans les délais legaux, tout en respec- loi organique sur l’enregistrement des faits d’etat civil et
tant pleinement les régies établies. Ce Manuel a été mis au montre comment une telle loi s’intégre dans le systéme na-
point dans Ie cadre du Programme international pour l’amé- tional de statistique de l’état civil et se relie aux autres prin-
lioration des systémes de statistiques de l’état civil et d’en- cipaux utilisateurs. Les actions et stratégies suggerkes dans
registrement des faits d’etat civil. le present manuel, le contenu de la loi et la partie illustrant
Lè Programme international, conçu conjoinfement par la la façon de rédiger les r&glementS ne sont que des exemples
Division de statistique de l’Organisation des Nations Unies, qui peuvent être aisément adaptbs aux citionstances et A la
le Fonds des Nations Unies pour la population, I’Organisa- situation de tout pays. I
tion mondiale de la santé et l’Institut international de l’etat Le prksent Manuel doit être utilisé conjqintement avec
civil et des statistiques, a et6 approuvé par la Commission les quatre autres Manuels,du Programme international :
de statistique de I’ONU 8 ses vingt-cinquitme et vingt- a) Le Manuel wncemant les systèmes d’enregistre-
sixiéme sessions, tenues respectivement en 1,989 et 1991. Il ment des faits d’état civil et d’établissement des statistiques
’ vise à encourager les pays & élaborer et 8 mener A bien des de 1‘état civil : gestion, explottation et mise à jour;
reformes & long terme, fiicées sur leurs propres ressour-
ces, pour renforcer 1eSsystemes d’enregistrement des faits b) Le Manuel ~oncemak les sys&mes d’enregistre-
d’&at civil et d’établissement des statistiques de I’&at civil. ment des faits d’état civil et d ‘établissement des statistiques
de l’état civil : ptipamtion de programmes d’information.
Dans cette optique, entre autres, il fournit une assistance
technique par le biais de manuels et d’autres rapports et ac- de communication et d’enseignement;
tivités de formation, Il est mis en oeuvre en différentes &.a- c) Le Manuel Concernant les systèmes d’enregistrement
pes par la Division de statistique de I’ONU, avec la coope- des faits d’état civil et d’établissement des statistiques de
ration des commissions r6gionales des Nations Unies et 1‘état civil : informatisation;
d’équipes de soutien du Fonds des Nations Unies pour la d) Le Manuel concernant les systèmes d’enregi&-
population, et avec l’aide financiére de ce,Fonds essentiel- ment des faits d’état civil et l’établissement de statistiques
lement. ’ de 1‘état civil : mesures et protocoles concernant la com-
Une activité centrale rklisée durant la Premiere phase du munication et 1‘archivage de données individuelles.
Programme international, avec le concours financier du Les Manuels du Prvgrumme international complètent les
Fonds des Nations Unies pour la population, a et6 la prépa- Principes et recommandations pour un système de statisti-
ration d’une skie de cinq Manuels concernant l’enregistre- que de l’état civil *, adoptés par la Commission de statisti-
ment des faits d’état civil et l’établissement des statistiques que A sa seizieme session en 19703 ainsi que le Manuel de
de lëfat civil, consacrés à des themes particuliers, afin statistiques de l’état civil : aspects jut&iiques, otganisation-
d’aider les pays dans les efforts qu’ils font pour ameliorer nek et techniques, volume I4 et volume II : Examen des
l’organisation et le fonctionnement de leurs systtmes d’en- pratiques nationales 5, publiés afin de servir de guide aux
registrement des faits d’état civil et d’établissement de sta- Etats Membres, aux organisations et aux individus intéms-
tistiques de l’État civil; Une autre activite essentielle a étk ses par l’application de ces principes et recommandations.
l’organisation de cinq ateliers dans différentes @ions du Un systéme national de statistique de l’état civil peut être
monde entre 1991 et 1995’. fondé sur des donnees venant de sources diverses, mais
Le cadre juridique, qui fait l’objet du présent Manuel est c’est l’enregistrement des faits d’état civil qui offre le plus
un él&ment indispensable B l’effkacité de la gestion, du d’avantages comme moyen de rassembler des informations
fonctionnement et du maintien du service d’enregistrement sur les Bvenements de l’&at civil. Cet aspect s’est donc vu
des faits d’état civil, car, entre autres choses, il établit les ré- accorder une attention toute particuliére dans plusieurs do-
gles et les r&glements necessaims pour enregistrer les évt- cuments methodologiques des Nations Unies. Il est recom-
nements et les actes affectant l’état civil des individus et dé- mandé aux pays de consulter ces publications.

...
111
L’étude des donnees rassemblées par l’Organisation des La publication du present Manuel, qui vise à aider les
Nations Unies pour la publication du volume II du Manuel pays à r6viser leurs legislations sur l’enregistrement des
de statistiques de Z’étut civil et les rapports nationaux pré- faits d’état civil et les statistiques de l’état civil afin de les
sentés lors des ateliers organisés entre 1991 et 1995 par le mettre à jour et d’améliorer leur cohérence et leur efficaci-
Programme international conduisent 4 afftrmer que, dans té, se justifie donc pour de nombreuses raisons.;Moyennant
l’ensemble, les lois organiques sur l’enregistrement des un appui approprié et indispensable de I’Ëtat, cessystemes
faits d’état civil en vigueur dans les pays presentent d’im- devraient pouvoir rkaliser des objectifs essentiels en termes
portantes deficiences. La plupart d’entre elles sont ancien- de fiabilite et d’inskntanéité. L’enregistrement des faita
nes et prt%oient un de@5 trop important de reglementation, d’état civil est sans aucun doute une source très prkcieuse
ce qui dorme moins de marge de manœuvre pour la gestion de données et d’informations démographiques pour tout un
et gêne l’adoption des nouveaux principes d’organisation, ensemble de services fournis aux individus, à la commu-
de fonctionnement et de modernisation. naute locale, aux pays et à la communauté~intemationale.
Un avant-projet de manuel a éte établi par Adolfo Gaete
Rares sont les lois qui contiennent des définitions claires Darbo (Chili), ex-dirccteur du Projet régional pour l’Améri-
des objectifs et des fonctions assignés aux organismes con- que latine et les Caraïbes, engagé comme consultant à cette
cernés. En outre, dans nombre de cas, les r&gles ont et6 pu- fin. Le présent volume a et6 achevé par le Secr&ariat de
bliées dans plusieurs textes lkgislatifs différents, ce qui les l’Organisation des Nations Unies avec l’aide précieuse de
rend plus difficiles & trouver, étudier et appliquer. Surtout, il Susana Salvador Gutierrez, magistrat responsable-du Regis-
n’est pas rare que d’importantes divergences existent entre tre civil consolidé de Madrid (Espagne), qui a révisé le ma-
‘les procédures legales et les méthodes effectives de fonc- nuscrit. Le Secrétariat de ‘I’ONU remercie les personnes
tionnement, ce qui tend a indiquer que la loi n’est plus uti- suivantes qui ont fait des commentaires sur le manuscrit :
lisée en raison de ses graves lacunes. Alejandro Giusti; directeur des statistiques de population,
Les dispositions concernant la cohaboration que doit ap- Institut des statistiques et des recensements (Argentine) et
porter l’enregistrement des faits d’état civil a la mise en Violeta Gonzales Diaz, Division de statistique de I’ONU.
oeuvre du dispositif de gestion correspondant, qui figurent
dans les lois sur les systèmes statistiques et les systémes de Notes
santé publique, doivent aussi être modernisées et modifiées. t Tenue B Buenos Aires (Argehine), i991; Damas (R6publique arabe sy-
La grande majorité de ces systbmes pr&voient simplement rienne), 1993; Beijing (Chine), 1993; Addisabeba (Ethiopie), 1994; Rabat
que l’enregistrement des faits d’état civil doit collecter cer- (Maroc), 1995.
z Publication des Nations Unies, &&o de vente : F.73.XVII.9.
taines données statistiques à leur intention, sans lui donner 3 Voir Documents oflciels du Conseil économique et social. dnquan-
voix au chapitre dans l’élaboration des décisions. Cela cr6e tiéme session. mpplhment no 2 (W493g), par. 100 à 106. ”
une forme de subordination qui, dans la pratique, n’a pas ’ Publication des Nations Unies, numéro de vente : F.91.XVII.S.
conduit à de bons rkultats. ’ s Publication des Nations Unies, numéro de vente : F.84.XVII. Il.

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Table des matières

cfwim Pamgtquhes pege


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Ptiface ........................................................................... 111

Introduction ....................................................................... l-22 1


1. - LA THÉORIE DE L’ENREGISTIiEMENT DIiS FAITS D’ÉTAT CIVIL ..................... 23-170 6
A. -Le concept d’enregistrement des faits d’état civil ......................... 23-24 6
B. - Le concept d’état civil ............................................... 25 6
C. - Fondements dé l’enregistrement des faits d’état civil ...................... 26-3 1 6
D. - Principes de la législation relative à l’enregistrement ...................... 32-44 8
1. Principe de légalité ............................................. 33-35 8
2. Protection des int8rêts des individus ............................... 36-39 9
3. Principe du caract&e offkiel ..................................... 40 11
4. Caractére obligatoire de l’enregistrement ........................... 41 11
5. Simplification ................................................. 42-43 11
6. Gratuité du service ............................................. 44 12
E. - Faits et actes juridiques .............................................. 45-63 12
1. Naissance vivante .............................................. 48 13
2. Mort fœtale ................................................... 49 13
3. Dé& ........................................................ 50 13
4. Mariage ....................................................... 51 14
5. Divorce ...................................................... 52 14
6. Annulation ................................................... 53 14
7. Skparation judiciaire ............................................ 54 14
8. Adoption ..................................................... 55 14
9. Légitimation .................................................. 5 . 56 14
.. 10. Reconnaissance ........................... ...................... 57 14
E- Situation des morts foetales ........................................... 64 16
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G. - Méthode d’enregistrement ........................................... 65-68 16
1. Continuité .................................................... 66 16
2. Permanence ................................................... 67 17
3. Caract&e obligatoire .................. .... . ...................... 68 17
H. - R61e de la communautb ............................................. 69-71 17
1. - Fonctions de l’enregistrement des faits d’&at civil ........................ 72-84 18
1. Fonction juridique .............................................. 74-77 18
2. Fonction statistique ............................................. 78-8 1 19
3. Fonction de coopération ......................................... 82-84 20
J. - Structure et organisation ............................................. 85-106 21
1. Direction de l’enregistrement des faits d’etat civil .................... 90-92 23
2. Archives centrales .............................................. 93-94 23
3. Bureaux locaux de l’enregistrement des faits d’état civil ............... 95-97 24
4. L’offkier local de l’état civil ...................................... 98-104 25
5. Services consulaires ............................................ 105-106 27
K. -Principes juridictiomrels applicables H l’enregistrement des faits d’état civil. ... 107-l 10 28

V
Table des matières (suite)

L.- Documentation de base .............................................. 11 l-165 30


1. Le document .original ........................................... :119-135 31
2. Le registre de l’état civil ......................................... 136-160 37
a) L’acte de l’état civil ......................................... 136-152 37 .
b) Certificats ................................................ 153-158 42
.. c) Livret defamille ............................................. 159-160 43
3. Le bulletin statistique ........................................... 161-165 44
lk -Modifications du registre de l’&at civii ................................. i66-170 46
II. -C~N~~B~TIONSDE~ENREGI~REMENTDESFAITSD'ÉTATCIVILAUFONCI~ONNEMENT
NORMALDESSOClÉTl% . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..*....... 171-190 70
: ,,
A. -Identité des personnes . . . . . ..b....................................... 174-179 70
B. - Organisation de la famille. . . ‘. . . . . . . . . . . . . . . . ..‘...................... 180-182 72
C . - Suivi des tendances démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183-186 72
D. - Protection sociale . . . . . . . . . , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . i87-189 73
E . - Logement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190 73
III. -DRO~~SDEL'HOMMEETENREGISTREMENTDESFA~TSD'ETATCIVIL .."..: ........... ,191-284 74
A. -Droit d’enregistrer les événements d’état civil ...................... .:i .... 202 -215 75
1. Droit d’enregistrer une naissance .................................. 202-204 75
2. Droit d’enregistrer un décés ......................... ; .............. 205-207 76
3. Droit d’enregistrer une mort fœtale ................................ 208 76
4. Droit d’enregistrer un mariage .................................... 209-212 76
5. Droit d’enregistrer un divorce ............................. ..i .... 213-215 77
B . - Droits de l’homme pouvant d4pendre de l’enregistrement des événements d’ttat
civil ............................................................. .216-284 77
. 1. Droit B sa propre identite ........................................ .217-218 77
2. Droit de l’enfant de connaître ses parents ....... . ................... 219-220 78
.... 3. Droit B la nondiscrimination en raison de la naissance. .............. i .. .221-223 78
4. Dmit de l’enfant a un nom .............................. ..T ...... 224-227 79
5. Dmit de l’enfant a une nationalité ................................. 228-230 79
6. Dmit à la santé ................................................. _ .231-233 80
7. Droit de la famille a la pmtection .................................. 234-236 80
8. Droits des délinquants juvéniles ................................... .237-239 80
. 9. Droit i l’éducation ............................................. ‘240-242 81
10. Droit a l’entretien et à la protection ................................ 243-245 81
11. Droit de se marier ................................................ 246-248 81
12. Droit des mineurs B la protectioqcontre le nuuiage ................... 249-25 1 Si
13. Droit à la protection contre le mariage force. .............. :. ......... 252-254 81
... 14. Droit de s’alimenter, ............................................ 255-257 82
. 15. Droit de se vêtir ................................................ 258-260 82
16. Droit de se loger .................................................. 261-263 82
-17. Droit au travail (a l’emploi) ...................................... 264-266 82
18. Dmit a la pmprieté .. ..‘......-.....:..........s ................ 267-269 83’
19. Dmit d’hériter ................................................... 270-272 83
20. Droit de migrer ................................................ 273-275 83
21. Droit B la skrrit~~sociale ... ..<.........a...; ..................... 276-278 83

vi
Table des matiéres (sufie)

22. Droit des époux a la garde des enfants .............................. 279-28 1 84


23. Droit d’élire (de voter) et d’être élu ................................ 282-284 84
~-LESYSTÈMEADMIMSTRATIFDESTATlSTIQUESDEL%TATCIVIL ................... ‘285-310 85
A. -Historique ......................................................... 285-286 85
B. - Concept et éléments constitutifs ....................................... 287-310 85
1. Fonctions de l’organisme collecteur ................................ 297 87
2. Fonctions de l’organisme de traitement ............................. 298 87
3. Fonctions de l’organe responsable de la coordination du systkme ........ 299300 87
4. Diagrammes concernant le fonctionnement du syst8me. ............... 301-310 88
V,-- DE ~AMANLÈRED.ÉLABORERUNELOIORGANIQUESUR~>ENREGI~REMENTDESFA~S. 31 l-333 95
A. -Domaine matériel de la loi et domaine matériel du tiglement ............... 311315 95
B . - Genése de la loi organique sur l’enregistrement des faits d’6tat civil : l’équipe in-
terdisciplinaire ..................................................... 316-318 95
c.- Le rôle de la loi .................................................... 319-326 96
D. - Mesures & prendre avant l’klaboration de la loi ........................... 327-333 97
1. Justification de la nouvelle loi .............. ..i ................... 328 97
2. Définition des objectifs du nouveau service de l’état civil .............. 329 97
3. Enumération des fonctions h r6aliser pour atteindre les objectifs defins. , . 330-333 98
VI. - GRANDESLIGNES,DÉCLARATIONINTRODUCI~VEETARTICLESDUPROJETDELOIORGA-
NIQUESURL'ENREGI~MENTDESFAITSD'ÉTATCIVIL ......................... 334-403 99
A. -Historique ........................................................ 338-447 99
B . - Aspects théoriques de l’enregistrement des faits d’état civil. ................ 348-353 100
C. - Les articles ....................................................... 354-391 100
D. - Déclaration explicative .............................................. 392402 106
E. - Projet de loi : articles ............................................... 403 110
VII. -ELABORATIONDESRÈGLEMENTSD'APPLICATIONDEWL~ISURL'ENREGISTREMENTDES
FA~D'ÉTATCIVIL ...................................................... 404405 129

vii
STlESABTAT/SER.F/71

Introduction

1. Tous les vavs du monde doivent connaître les carac- versitb inévitable qui existe dans les systémes d’organisa-
tkistiques de 1eÛrpopulation et leur évolution. Les études tion et les dtfinitions et méthodes utilisées par les pays et
realisees dans le cadre des travaux menés par la Division de les régions couverts par 1’Etude des Nations Unies. h4is à
statistique du Secrkuiat de l’Organisation des Nations Unies part les résultats de cette étude, l’Organisation des Nations
en application du Programme mondial des Nations Unies Unies sollicite chaque année des pays des statistiques dé-
pour l’amélioration des statistiques de l’état civil mettent en mographiques par le biais des Questionnaires sur les statis-
évidence le fait que pays développes comme pays en déve- tiques de l’état civil de 1’Annuaire démographique. D’aprés
loppement suivent efficacement les niveaux et les tendances les données de l’étude et celles des questionnaires, il appa-
de la fécondité et de la mortalité, tout en faisant apparaître rati qu’environ 150,pays ont des systemes d’enregistrement
les correlations avec différentes situations demographi- des faits d’état civil et de statistiques de l’état civil et répon-
ques, économiques et sociales. Les statistiques sont ainsi dent tigulièrement aux demandes de I’ONU. Parmi ces
indispensables à la réalisation des objectifs de planifica- pays, il existe de grandes différences dans le degre de cou-
tion publique dans divers domaines : santé, recherche, étu- verture, en fonction de l’état d’avancement de chaque sys-
des démographiques, etc. L’objectif final est d’améliorer les téme. D’autres pays ou régions, au nombre de 40 environ, et
conditions de vie. Plusieurs méthodes ont été .utilisées pour situés essentiellement en Afrique et en Asie, ne répondent
collecter et rassembler les données nécessaires i l’établisse- pas à la demande annuelle de l’ONU, de sorte que l’on ne
ment de statistiques de l’état civil : le dénombrement, qui sait pas s’ils ont mis en place un système d’enregistrement
est utilisé dans les recensements de population; les enquêtes des faits d’état civil ou si des statistiques de 1’6tat civil sont
périodiques, qui utilisent la même méthode; et l’enregistre- disponibles.
ment. Les autres sources importantes de données à des fins 4. -Même lorsque les pays disposent bien de systémes
statistiques sont les fichiers sanitaires et judiciaires. ~d’enregistrement des faits d’état civil et d’établissement de
2. Pour des raisons qu’il n’est pas besoin d’analyser ‘statistiques de l’état civil, ces systémes ne fonctionnent pas
dans le present Manuel, car elles ont été étudiées en dttail toujours de façon adequate et ne fournissent pas toujours
dans d’autres documents du Secrkiat, on est arrivé a la des informations de qualit& Contrairement aux autres orga-
conclusion que le meilleur moyen de réaliser l’objectif visé nismes de l’administration publique du pays, il n’est pas
est la méthode de l’enregistrement, qui devrait être mise en rare que le système d’enregistrement des farts d’état civil
œuvre par un organisme d’Etat, normalement appel6 Bu- n’ait pas de bureau central pour le gérer et que, lorsqu’il a
reau de l’enregistrement des faits d’état civil. Il convient bien un bureau central, celui-ci ne soit pas toujours à même
néanmoins de ne pas oublier que, même en partant du prin- de gérer les officiers locaux de l’état civil qui relévent d’au-
cipe éprouvé selon lequel le systeme d’enregistrement des tres ministères. Le probleme est encore plus grave si le pro-
faits d’état civil est la source essentielle de statistiques de cessus d’enregistrement est décentralisé du fait de l’organi-
l’état civil des pays, les autres méthodes complémentaires sation politique fkdérale du pays. Si les conditions locales
de rassemblement des donntes sur les événements d’état ci- sont plus ou moins celles décrites, il est peu probable que
vil, fondées sur les dénombrements, les enquêtes par son- le processus d’enregistrement des faits d’état civil puisse
dage aupms des menages, les recensements de population, mpondre aux attentes de 1’Etat pour ce qui est de l’organi-
etc., ont aussi leurs avantages; d’autant qu’il est admis que sation de la famille, ou aux attentes des organismes qui uti-
les pays en développement qui rencontrent d’importantes lisent les donnees statistiques que le systéme d’enregistre-
diffkult6s pour &ablir un systéme complet d’enregistre- ment des faits d’état civil est censé rassembler. L’un des
ment des faits d’état civil peuvent adopter g titre provisoire principaux problémes rencontrés par les organismes inter-
ces techniques élémentaires de rassemblement de l’infor- nationaux cherchant à organiser ou à rcorganiser les systè-
mation, tout en poursuivant leur objectif ultime de mise sur mes d’enregistrement des faits d’état civil et de statistiques
pied d’un tel systeme. de l’état civil dans les pays tient à la necessité d’établir des
normes, classifications et définitions générales, qui prépa-
3. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, nom- reront le terrain à une plus grande comparabilité au niveau
bre de pays ne disposent pas encore d’un systéme d’enre- international des systèmes nationaux.
gistrement des faits d’état civil bien structure et organisé,
fonctionnant sur la base d’objectifs clairs et doté d’un per- 5. L’existence d’un systeme d’enregistrement des faits
sonnel bien formé et bien rémunéré, eu égard B la com- d’&at civil devrait découler de, et être étayé par, une loi or-
plexité des tâches qu’il a à accomplir et qui sont pour l’es- ganique g6nérale qui n’impose pas un trop grand nombre de
sentiel liées et subordonnées au droit de la famille de régies. .Par «générale » on entend une loi contenant, au
chaque pays. Les études des Nations Unies sur les systémes moins, des dispositions relatives à la base structurelle du
d’enregistrement des faits d’état civil et les méthodes d’éta- systeme, à ses objectifs, fonctions et liens, aux principales
blissement de statistiques de l’état civil de 105 pays ou r& caractéristiques de son organisation et de sa méthode de
gions du monde entre 1979 et 1997 mettent en relief la di- fonctionnement, à son dispositif de financement ainsi que,

1
ST/ESASTAT/SERF/71

si un organisme antérieur est remplacé, des dispositions en développement les instruments.et procédures ntcessaires
transitoires. Ne pas trop mglemcnter signifie prendre des pour définir le cadre juridique approprié d’un systtme d’en-
décisions bien pesees quant à la liberte d’action qui doit registrement des faits d’état civil, autrement dit un cadre qui
être laissée aux gestionnaires du systeme. La base de tout mette en évidence la fonction statistique du systeme et son
systeme d’enregistrement des faits d’état civil et de statisti- r6le dans le systeme de gestion des statistiques de l’état ci-
ques de l’état civil devrait donc être une législation adaptée vil. Les études de l’Organisation des Nations Unies dans ce
à chaque cas définissant les grandes lignes des systbmes, domaine ont fait ressortir la diversité des législations natio-
établissant leur organisation et precisant les catégories nales sur l’enregistrement des faits d’état civil ainsi que des
d’événements d’etat civil qui doivent êtna enregistrees, les .méthodes d’organisation et de gestion des systémes d’enre-
informations de base A collecter et les obligations cn ma- gistrement des faits d’état civil et d’établissement de statis-
tiere d’enregistrement ainsi que par qui, quand et comment tiques de l’état civil. Les différences constatées découlent
les différents évenements doivent être enregist&. En outre, davantage des traditions historiques et des conditions socio-
la ltgislation devrait clairement définir : les pouvoirs et les économiques particuliéres A chaque pays. Les éléments
ressources des organismes responsables des fonctions d’en- culturels, la distribution géographique de la population, la
registrement; les modalités d’établissement des actes de géographie physique et la disponibilité des ressources fi-
l’état civil et des documents statistiques; les contrôles de nancières et humaines sont, pour leur part, des facteurs dé-
qualité de l’information obtenue en utilisant la méthode de terminanta dans. l’organisation d’un système d’enregistre-
l’enregistrement des faits d’état civil, afin d’assurer son ef- ment des faits d’état civil et de statistiques de l’état civil.
ficacité en droit comme moyen privilegié de preuve de la Cette diversité fait qu’il est diffkile de développer un seul
realité des événements d’&at civil enregistrk et dans l’opti- modtle lorsqu’on conçoit un systeme d’enregistrement des
que de l’utilisation ultérieure de ces donnees A des fins sta- faits d’état civil pouvant être utilisé dans tous les pays. Ce-
tistiques, c’est-Mire pour Elaborer et mettre en œuvre les pendant,‘les études des diverses pratiques d’enregistrement
programmes de 1’Etat dans des domaines comme la sante .et ,des divers systémes de statistiques de l’état civil des dif-
publique, la nutrition, la planification de la famille, les &u- férents pays permettent la conception d’un modèle d’enre-
des sociales et démographiques, les études de fécondité et gistrement répondant aux besoins de la plupart des pays et
de mortalite, l’education, le logement public, etc. La plupart repr&entant l’objectif B atteindre pour les pays en dévelop-
des pays qui ont des systemes d’enregistrement des faits pement, B l’intention de qui est essentiellement coiw le
d’état civil assez sophistiqués ont en g&kal adopte des pmsent Manuel.
lois sur l’enregistrement des faits d’état civil ainsi ‘que 7. Compte tenu de la diversité des situations observees
des dispositions administratives. I.!&ablissement, ou, le cas dans les différents pays auxquels s’adresse le présent Mu-
échéant, l’amélioration, du systéme d’enregistrement des ?rueZ,le modele de loi organique doit nécessairement faire
faits d’état civil et d’établissement de statistiques de l’état référence $ un type particulier de systcme d’enregistrement
civil devrait donc être précédé de l’adoption- d’une loi sur .des faits d’état civil. Il n’est paspossible dans un seul projet
l’enregistrement des faits d’etat civil, condition indispensa- de loi de prendre en compte toutes les formes d’organisa-
ble au bon fonctionnement du sy&ne. Cette loi devrait .tion actuellement en place dans les pays à des fins d’enre-
rendre obligatoire l’enregistrement des faits d’etat civil, dé- gistrement des faits d’état civil. Le chapitre 1 du Munuel dé-
finis de manière uniforme, et devrait etablir le cadre juridi- crit donc le systéme d’enregistrement des faits d’état civil
que nécessaire pour développer l’enregistrement des faits utilisé comme exemple, c’est-à-dire celui fondé sur l’une
d’état civil dans chaque pays, compte dûment tenu de sa si- des options prksentées dans les principes et recommanda-
tuation sptcifique. Cet aspect r&glementaire devrait être tions internationaux; le chapitre VI contient le projet de loi
abordé, quelle que soit l’efficacité avec laquelle les disposi- organique concernant cet exemple. Un modèle centralisé de
tions légales sont actuellement appliquées, ou devraient être gestion du systéme d’enregistrement des faits d’état civil a
appliquées en tant qu’objectif ultime, même si leur mise en été choisi; cela suppose l’établissement d’un organisme
œuvre est subordonnée aux besoins du pays et aux ressour- central au niveau national qui sera chargé de diriger, coor-
ces dont il dispose. Lorsqu’on cherche 21d&ire dans leurs donner et surveiller les travaux d’enregistrement des faits
-grandes lignes les modalités d’elaboration d’un projet de loi d’état civil dans l’ensemble du pays. Compte tenu de .ce
organique pour un systeme d’enregistrement des faits d’état type centralisé d’organisation, le projet de loi revêt un ca-
civil, qui est l’objectif du présent volume, il importe de rap- ractérc national, c’est-a-dire qu’il s’applique B l’ensemble
peler que dans le domaine du droit-la sagesse acceptée de- du territoire et & l’ensemble de la population du pays. Pour
puis des siécles veut que le seul devoir du lcgislateur et de ce qui est de la fonction statistique dont s’acquitte aussi le
la loi est de rkglementer les cas génkiques et, par conse- systéme d’enregistrement des faits d’état civil, le point de
quent, de s’exprimer de manière abstraite et génkale. Tous départ est également un systéme national centralisé, même
ceux à qui il est demande de mettre en œuvre des disposi- lorsque la gestion des statistiques de l’état civil est confiée
tions de droit, comme les juges et les administrateurs sont B un organisme statistique national différent et indépendant
inévitablement appelés, chacun dans leur propre domaine, ?I de l’organisme national responsable de l’enregistrement des
opérer dans un cadre qui mglemente ces caractéristiques et faits d’état civil; dans ces conditions, une coordination con-
doivent donc, par leurs decisions, compléter le processus de tinue est indispensable entre les deux organismes publics
création juridique entamé prkédemment par le législateur. afin de baliser effkacement tous les objectifs propres A
6. Comme on l’a dit plus haut dans la préface, l’objectif servir leurs intérêts communs. Néanmoins, étant donné que
du présent Manuel est essentiellement de fournir aux pays les différentes modalités d’organisation existantes peuvent

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avoir des racines historiques qu’il est difficile de changer, pertinentes. Toutefois, des recherches scientifiques devant
les pays doivent se sentir libres d’adopter la totalité ou cer- être réalisées à partir des données contenues dans ces actes,
taines parties des propositions contenues dans le présent il est essentiel que la loi prescrive des critères de confiden-
Manuel ou de les adapter s’ils le jugent nécessaire. En tout tialité qui ne gênent pas la transmission d’informations sur
état de cause, ce manuel fait toujours mférence aux autres les individus g des chercheurs responsables. Les mesures
réformes et modalités d’organisation. nécessaires doivent être prises pour garantir le respect des
8. -Précisément parce qu’il s’adresse aux pays en déve- droits de chacun à la protection de sa vie privée, familiale
loppement, le projet de loi ne couvre pas l’introduction im- et personnelle, en évitant un accès informatique non’con-
médiate de moyens technologiques, mais prepare quand tralé a l’information; cet accès peut ,permettre de croiser les
même le terrain il une telle évolution. Toute analyse des données du système d’enregistrement des faits d’état civil
procédures d’enregistrement utilisées pour l’établissement avec d’autres banques de données, les ordinateurs pouvant
des documents juridiques et statistiques devrait s’inscrire stocker de vastes quantités de données détaillées sur chaque
dans une optique à long terme afin d’ouvrir la voie B individu en liant différentes sources d’informations, ce qui
la mise en place, en temps voulu et en fonction du déve- transforme l’individu en ce qu’on a’ appelé un « homme de
loppement technologique du pays, d’aides technologiques, verre ». Ce risque semble s’accroître avec l’introduction par
y compris l’informatique, dans le systéme d’enrcgistre- certains pays de numéros d’identification uniques assignés
ment prévu par la loi. Le recours à la technologie pour l’en- a chacun a la naissance et utilisés par la suite a des fins
registrement des faits civils n’est donc pas couvert dans d’identification durant toute leur vie. Ce systéme d’identifi-
le présent Manuel mais dans un autre de la ‘même série cation, qui est sans doute avantageux a des fii de traite-
(voir préface). Toutefois, pour préparer l’avenir, la loi sur ment informatique de l’information, car il facilite la ré-
l’enregistrement des faits d’état civil doit donner 4 l’orga- cupération des données et les comparaisons croisées entre
nisme central de l’enregistrement des faits d’état civil de différentes sources, doit être envisagé avec la plus grande
larges pouvoirs généraux pour incorporer dans la procédure prudence dans l’intérêt de la protection des droits de I’indi-
d’enregistrement les technologies jugées nécessaires au ser- vidu.
vice de l’enregistrement lui-même, de façon que le systeme 11. En bref, ce manuel présente les principaux instru-
soit efficace et que les actes de l’état civil qui sont établis ments nécessaires à tout pays souhaitant entreprendre des
soient fiables et confidentiels. réformes pour renforcer et améliorer son systéme d’enregis-
9. En tant que principe de base, il faut rappeler que la trement des faits d’état civil, y compris en introduisant des
technologie est un instrument de gestion et, qu’en tant que technologies informatiques et d’autres aides. Singapour
tel, elle doit être au service de l’organisme et non l’inverse. peut être considéré comme un pays développé n’ayant pas
C’est pourquoi on estime qu’avant de se préoccuper de la grand chose à apprendre du présent Manuel. Son systeme
technologie le systeme doit pouvoir fonctionner normale- est plus proche d’un registre de population .que d’un sys-
ment. Aussi utiles soient-ils, les supports technologiques de téme d’enregistrement des faits d’état civil. Il utilise des
pointe, comme l’informatique, ne peuvent pas en eux-mê- technologies modernes et ses autorités ont déclaré que leur
mes ni en une nuit résoudre certains des problémes les plus ,législation est suffisante et adaptée, que l’enregistrement
graves de l’enregistrement des faits d’état civil. Ifautoma- des faits d’état civil offre des avantages juridiques et so-
tisation ne peut pas faire grand-chose pour encourager les ciaux, que les staestiques de l’état civil sont pratiquement
gens à venir enregistrer les évenements des faits d’état civil completes et, qu’en ci>nséquence, il ne voyait pas la néces-
auprés de l’autorité compétente; un probleme rencontre par sité de reformer le système ou de faire des plans pour ratio-
la plupart des pays en developpement. Il serait fallacieux de naliser et améliorer sa couver-tu&.
croire qu’une technologie peut par elle-même induire des 12. Cela contraste avec le cas de l’Indonésie, qui n’a
changements dans la couverture de l’enregistrement. Penser pas mis en place de systeme d’enregistrement des faits
autrement ne fait que détourner l’attention d’un probléme d’état civil pour une population de 186 millions d’âmes
qui doit être abordé, vigoureusement et continuellement’. jusqu’en 1977. On ,dénombre aujourd’hui dans ce pays
Cependant, la technologie peut contribuer & améliorer la 66 603 bureaux locaux, dont beaucoup sont difficiles d’ac-
gestion du système et la rapidité de traitement des actes et cès; ,sur ces bureaux environ la moitié sont gérés par des
bulletins statistiques, permettant d’identifier les bureaux lo- employés de I¶Etat et le reste par des bénévoles. La couver-
caux qui ne pmsentent pas leur documentation périodique B ture est encore tres peu satisfaisante du point de vue de
temps, ne font pas de rapports du tout et ont des niveaux l’enregistrement des naissances et des décès et les taux
d’enregistrement inférieurs à la norme. C’est sur ce point d’enregistrement dans certaines parties de Java sont infé-
que les gestionnaires devraient faire porter leurs efforts rieurs à 50 % des taux estimés par des méthodes indirectes
afin d’améliorer I’etTicience et la couvertnre de l’enregis- d’analyse démographique. L’Indonésie reconnaît que ses
trement. principaux problemes sont dus à la faiblesse de l’organisa-
10. L’une des principales questions soulevées par la tion du systéme et au manque de financement. Les autorités
possibilité d’introduire de nouvelles technologies dans le nationales adoptent à juste titre des mesures .visant l’étude
syst&me d’enregistrement des faits d’état civil concerne la d’une nouvelle loi organique pour le systeme, la formation
confidentialité des données personnelles, qui peut être com- du personnel, le réexamen de la documentation et le renfor-
-promise par l’informatisation des actes de l’état civil. Les cement des bureaux locaux d’enregistrement. Cependant, il
informations contenues dans les actes de l’état civil et bul- n’a pas été décidé d’équiper le systéme de moyens techno-
letins statistiques sont généraiement protégées par les lois logiques de pointes.
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13. En mai 1995, une équipe-de techniciens du Bureau lesquelles il repose. A partir du concept d’état civil envisagé
of Census des Etats-Unis et de l’Institut international d’en- dans cette optique, il établit les bases d’une expansion pro-
registrement des faits d’état civil et des statistiques de l’état gressive du champ couvert par le syst&me d’enregistrement
civil se sont rendus dans 1’Etat d’Uttar Pradesh, en Inde des faits d’état civil, de façon à concevoir un systéme qui
(Lucknow, Varanasi et Nianital), en vue de preparer le ter- puisse être mis en place peu B peu’ l’objectif ultime étant de
rain a un programme d’amélioration de l’enregistrement des couvrir tous les événements et les actes juridiques concer-
faits d’état civil et des statistiques de l’état civil. On estime nant l’existence et l’identité des individus ainsi que la si-
qu’environ 7 millions de naissances et de décés intervien- tuation qu’ils occupent au sein de la famille, considéme
nent dans la région chaque année, dont seulement 25 a comme la pierre angulaire de la société. Dans le même or-
30 % sont recensés. L’équipe a note que le système d’enre- dre d’idées, est étudiée de façon plus approfondie dans ce
gistrement des faits d’état civil et de statistiques de l’état ci- chapitre la fonction juridique exercée- par l’enregistrement
vil était organisé essentiellement comme un systeme de des faits d’état civil dans la sociéte contemporaine, ce sys-
transmission de données statistiques et non comme un sys- terne étant le service public sur lequel 1’Etat s’appuie pour
téme interactif d’enregistrement des faits d’état civil. Dans délivrer aux individus les papiers offkiels qui leur permet-
ces conditions, il a été suggéré de commencer par réaliser tent de documenter, quel que soit le temps écoulé depuis
une étude pour mettre en évidence la structure du systeme que les événements enregistrables se sont matériellement ou
d’enregistrement des faits d’état civil, en vue de renforcer légalement produits, les circonstances auxquelles se rappor-
les services qu’il rend à la population4. tent les actes de l’état civil. La fonction statistique de I’en-
14. Informatiser un systéme d’enregistrement des faits registrement des faits d’état civil est assurée simultanément
d’état civil ou un registre de population est une opération de avec la fonction d’enregistrement, de façon B simplifier la
longue haleine qui appelle un effort considérable. Le Dane- procédure de rkupération des informations requises à des
mark5 a consacre trois années à la planification du systeme fins statistiques, qui ont la même origine que les informa-
qu’il a mis en place en 1968 et, depuis lors, l’a continuelle- tions juridiques recueillies a des fins d’enregistrement uni-
ment amélioré, renforcé et rationalisé. La Finlande6 a fait de quement. On estime que la pleine intégration des deux
même : eir 1973, elle a transféré toutes les informations de fonctions est le mieux réalisée en déléguant aux officiers
ses archives sur fiches à un ordinateur central et n’a cessé locaux de l’état civil de larges pouvairs, dont ils sont direc-
de développer et d’améliorer le systtme jusqu’en .1992. En tement investis par la loi, sans pmjuger de la possibilite de
Afrique du Sud7, le système d’enregistrement a informatisé poser des questions B la direction ni du fait que les déci-
l’enregistrement des naissances dans certains groupes de sions des offrciem de l’état civiI peuvent faire l’objet d’un
population en 1972; en 1986, l’informatisation a éte intro- appel par les voies de recours pertinentes, la décision finale
duite pour les personnes de couleur et, en 1990, les maria- revenant B la direction, dans l’exercice. des fonctions qui lui
ges et les déc& dans le même groupe de population ont etté sont confémes par la loi en tant qu’organisme central res-
couverts par le système. On peut donc affhmer avec certi- ponsable de diriger et de surveiller la politique du ministere
tude que l’introduction de moyens technologiques dans les concernant le service d’enregistrement. Le pr&sent chapitre
systèmes d’enregistrement des faits d’état civil appelle un comporte une annexe pmsentant des modèles d’actes de
personnel ,spécialisé et une planification longue et attentive. naissance, de mariage, de divorce. et de décès, ainsi. que des
15. Les thèmes couverts dans le Manuel ont et6 grou- modéles d’arinotations complémentaires et de certificats.
pés en sept chapitres. Le premier examine le concept d’en- 16. Le chapitre II explique comment l’enregistrement
registrement des faits d’état civil eu égard a la doctrine juri- des faits d’état civil contribue au fonctionnement normal de
dique actuelle et aux organismes internationaux. Il déftit la société pour ce qui est de l’organisation de la famille; des
les événements et les actes juridiques à l’origine de l’état ci- tendances démographiques, de la protëction sociale et du
vil, en tenant compte du cas particulier des morts fœtales, et logement. Pour les autres utilisations et applications, les lec-
indique que, du point de vue statistique, les évenements teurs peuvent consulter les publications connexes de I’ONU
d’état civil correspondent B ces événements et actes, autres où ces questions sont traitées en détail Il a été jugkappro-
que les morts fœtales, en précisant leur nature. Il examine la prié de mettre en évidence, en tant que contribution essen-
méthode d’enregistrement et le n31e clé de la population tielle de l’enregistrement des faits d’état civil, les avantages
en ce qui concerne l’enregistrement des .faits d’état civil. découlant de la possibilité d’identifier les individus grâce
Pour faciliter les choses, les définitions des événements aux registres prouvant leur existence et leur identité, les
d’état civil données par I’ONU sont reproduites. Le chapitre données essentielles étant consignées dans l’acte de nais-
examine ensuite en les commentant les fonctions de l’enre- sance, selon la méthode traditionnelle suivie dans la prati-
gistrement des faits d’état civil et prtkente des idées sur sa que par toutes les sociétés où les individus se voient attri-
structure et son organisation ainsi que sur la documentation buer un nom qui permet de les identifier. La fonction
de base. Le principal apport du chapitre 1 est qu’il établit les d’identification de l’enregistrement des faits d’état civil est
bases du modele d’enregistrement pouvant être utilisé lors- considéme comme une priorité pour le bon fonctionnement
qu’un pays cherche il mettre en place un nouveau systéme de toute société, ‘tant du point de vue de l’intérêt personnel
ou a améliorer le système existant. A plusieurs reprises, des individus, qui peuvent grâce B cette identification se
conformément aux recommandations de l’Organisation des -prkaloir de droits et d’obligations spécifiques, que du point
Nations Unies, le chapitre examine tous les aspects qu’il est de vue de l’intérêt public, qui exige une identification cor-
indispensable de prendre en compte lorsqu’on cherche à ré- recte de la population afin d’assurer sa pleine intégration à
glementer le processus d’enregistrement et les données sur 1’Etat auquel elle appartient et dans lequel eIle vit.

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17. Le chanitre III du arksent Manuel concerne la rela- 19. Le chapitre v du Manuel explique comment élabo-
tion entre I’orgkisme d’enregistrement des faits d’état civil rer une loi organique pour un systtme national d’enregistre-
et les droits de l’homme consac& dans diverses déclara- ment des faits d’état civil et présente des informations sur
tions et conventions internationales et montre le rôle décisif plusieurs pmbiémes auxquels il faut remédier avant que les
joue par cet organisme- dans le respect d’un large éventail articles puissent être rédigés; ii decrit les thèmes relevant de
de ces droits. Dans cette optique, une distinction est faite la loi et ceux relevant des dispositions réglementaires, ex-
entre les droits qui découlent precisément de l’acte d’enre- plique comment une loi organique est créée ainsi que le r6le
gistrement, comme le droit d’enregistrer les événements de la législation dans le service national d’enregistrement
d’état civil prioritaires, et les autres droits qui découlent, di- des faits d’état civil, définit les objectifs de ce systeme‘d
rectement ou indirectement, de l’enregistrement des éve- énumère ses fonctions.
nements d’état civil correspondants. S’agissant de l’iden- 20. Le ‘chapitre VII présente les grandes lignes du projet
tification, considéree dans le chapitre II comme l’une des de loi ainsi qu’une déclaration explicative sur le texte de loi
contributions fondamentales de l’enregistrement des faits complet applicable au niveau national pmposé à la suite,
d’état civil aux fonctions normales de la sociéte, le chapi- qui est fondé sur l’approche préconisée au chapitre 1 con-
tre III passe en revue plusieurs droits de l’homme qui sont cernant l’organisation administrative d’un système cen-
indissociables de ce droit fondamental et dépendent à leur tralisé d’enregistrement des faits d’état civil et d’établisse-
tour de l’enregistrement des événements. Premiérement, il ment de statistiques de l’état civil ainsi que les pouvoirs
est fait rkférence au. droit de chacun B une identité propre, délégués à l’officier local de l’état civil, afin d’assurer un
qui est désormais internationalement reconnu dans la Con- enregistrement et des statistiques de qualité, ce qui ne peut
vention relative aux droits .de l’enfant, approuvée par l’Or- être rkalis$ qu’aprés un contrale et une sélectioqpréalables
ganisation des Nations Unies le 20 novembre 1989 et qui, des données à consigner ou à notifier à des fins statistiques.
dans la pratique, decouie fondamentalement de l’acte de Le projet de loi comprend 177 articles, 12 clauses transitoi-
naissance de l’individu. Le droit qu’a un enfant de connaîîe res et 2 clauses d’abrogation. r
ses parents et le droit à la non-discrimination sur la base de
naissance, tous deux reconnus dans la Convention de 1989, 21. Le chapitre VIII présente à titre d’exemple des dis-
sont aussi des droits de la personne humaine qui sont affec- positions réglementaires destinées à mettre en œuvre la loi.
tes par l’acte d’enregistrement et etablis lorsque le système Compte tenu du grand nombre de procédures et de méca-
d’enregistrement des faits d’ttat civil opere correctement et nismes nécessaires à l’activité d’enregistrement, il est es-
uormalement. sentiel de mettre au point des reglements qui permettent de
tenir compte de façon intrinsèque de l’évolution détaillée et
au cas par cas des différents préceptes légaux. La loi se li-
18. Le chapitre IV examine les systémes de gestion du
point de vue thhéorique afin de montrer que leur develop- mitera ici à établir des principes généraux, sans chercher à
réglementer des questions qui en raison de leur caractke
pement est fonction de l’évolution de 1’Etat et non de dé- détaillé rel&vent davantage des règlements, plus faciles à ré-
ficiences au niveau de l’organisation et qu’il s’agit d’ins- former face aux changements apportés aux dispositions lé-
truments prkciew permettant de rkaiiser des fonctions
gales ou à Ceux jugés souhaitables pour améliorer la fonc-
complexes en regroupant les efforts de plusieurs orga- tion de réglementation. .
nismes publics. Il a été tenu compte des études d&aiilées
sur les différents systèmes de gestion de l’enregistrement 22. En bref, l’objectif a été d’établir un cadre juridique
des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil passés approprié pour illustrer l’une des options d’organisation et
en revue dans le Manuel concernant la gestion, I’expZoitu- de gestion du systeme d’enregistrement des faits d’état civil
tion et la mise à jour des systèmes d’enregistrement des et ses interactions avec le système de statistique de l’état ci-
faits d’état civil et de stàtistiques de I’ktat civil (voir pré- vif. Ce cadre devrait servir de guide aux pays qui souhaitent
face). Le modele choisi pour élaborer la loi est fondé sur introduire leur propre systéme ou améliorer le systéme exis-
itexistence d’un systéme centralisé d’enregistrement des tant, eu égard à leurs dispositifs juridiques internes, à leur
faits d’État civil et de statistiques de l’état civil et attribue situation et à leurs besoins spécifiques.
les diverses fonctions remplies par chaque systeme à des or-
ganismes administratifs separés et indépendants. Le sys- Notes
téme d’enregistrement des faits d’état civil est confié à la ’ VI& Institut international de l’état civil et des statistiques, Chronicle,
direction de l’enregistrement des faits d’état civil sous la tu- no 103,juin 1996.
telle du ministère correspondant (santé, justice, intérieur, 2 Voir Lohman Yew et Kenneth W.Goh, Singupore Coz%y Report an Ci-
etc.) et estdesigné comme l’organisme qui collecte les don- vil Regkmtion and VitalStatistics Systemsin btdonesio (Lljakatta, 1993).
nées statistiques. La fonction d’&ablissement et de produc- 3 Voir Indonésie, Bureau central de statistique, COU~@~Report on Civil
tion des statistiques est confi&e au service national de sta- Registration and Vital Statistics Systemsin Indonesia (Djaku@ 1993).
tistique. L’interaction et la coopération entre ces deux 4 Voir Institut international de l’état civil et des statistiques, Chmnick,
organismes sont indispensables pour que le dispositif puisse no 102 (mars 1986).
fônctionner effIcacement. Le chapitre prkente egaIement ’ Voir James Bloch, Experiences with Computerization of Civil Regis-
tmtion @anema&, Data centr$en, 1991).
cinq diagrammes montrant comment fonctionne le systéme 6 Voir Finlande, Centre d’enregistrement de la population, Popuiution
de gestion des statistiques de l’état civil de façon à illustrer Registmtion Systemand Vital Statistics in Finland (1994).
les différents moyensd’acheminer les flux de données des ’ Wir Afrique du Sud Service central de statisti&e, The Curent Status
bureaux d’enregistrement vers les bureaux de statistique. of Civil Registration and YiraI Statistics .Qstems in Sbuth Africa (1994). ,

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1. -LA THÉORIE DE L’ENREGISTREMENT DES de ce moment-la, le concept d’état civil a peu à peu ‘évolué
FAITS D’ÉTAT CIVIL et désigne maintenant généralement les qualités d’une per-
soMe déterminant sa capacité d’agir, c’est-a-dire son apti-
A. - Le concept d’enregistrement tude à accomplir effectivement certains actes juridiques
des faits d%tat civil (sexe, filiation dans le mariage et hors mariage, mariage).
La personnalité et l’égalité juridiques sont désormais recon-
23. L’enregistrement des faits d’état civil est une institu- nues internationalement aux termes de la Déclaratioii uni-
tion publique gén5e par I’Etat qui sert à la fois les intérêts verselle de droits de l’homme de 1948 (articles 1,2,6 et 7).
généraux et les intérêts individuels, en collectant, filtrant, Aujourd’hui que les formes traditionnelles de discrimina-
documentant, classant, conservant, corrigeant, mettant a tion sur la base du sexe, du type de filiation et de la situa-
jour et certifiant les données sur les événements d’état civil tion matrimoniale ont été proscrites dans le domaine inter-
concernant les individus et leur famille, ainsi que les carac- national et; dans une large mesure, au niveau interne, des
téristiques de ces évbnements, et en fournissant les preuves propositions sont faites pour modifier le concept d’état civil
documentaires officielles et permanentes de l’existence, de de façon qu’il continue de recouvrir les différentes situa-
l’identité ainsi que des circonstances personnelles et fami- tions dans lesquelles les personnes peuvent se trouver et qui
liales. L’objectif de ce systtme est donc de stocker, préser- influent sur leur aptitude à agir, avec des gradations justi-
ver et rkcupérer les informations sur les faits d’état civil fiées dans cette capacité (par exemple en fonction de l’âge,
chaque fois que cela est nécessaire à des fins juridiques, ad- de handicaps), mais aussi les situations qui créent des droits
ministratives, statistiques ou autres. Parfois, l’enregistre- et devoirs spécifiques (situation matrimoniale, relations dé-
ment des faits d’état civil joue un rôle dans la création de coulant des liens entre le père et le fils).
certains actes, c’est le cas notamment des cérémonies de
mariage civil. L’ensemble des données de l’enregistrement
des faits d’état civil permet d’établir des séries continues de C. - Fondements de l’enregistrement
statistiques de l’état civil. des faits d’ktat civil

24. L’enregistrement des faits d’état civil constitue donc 26. Etant donné qu’il s’agit d’un service essentiel aussi
la principale source des données nécessaires g un syst&me bien pour 1’Etat que pour l’individu, l’enregistrement des
fiable, continu, permanent et de qualité de statistiques de faits d’état civil doit être reglementé par un texte de loi dé-
l’état civil. Les informations consignées dans le systeme finissant, dans chaque pays, le modéIe d’enregistrement
d’enregistrement des faits d’état civil d’un pays servent de considéré comme idéal. Il a été dit que la meilleure garantie
fondement a son système de statistiques de l’état civil. Les d’un enregistrement continu et permanent des faits d’état ci-
autres sources de données qui permettent d’établir des sta- vil est une loi bien adaptée. Il est indispensable de veiller,
tistiques de l’état civil, comme les enquêtes par sondage et en soumettant entièrement ce service a.des dispositions lé-
les recensements de population, sont considérées comme gales, à éviter la dispersion, les procédures non systémati-
des techniques indirectes ou supplémentaires qui peuvent ques et les multiples ‘&glementations à divers niveaux, qui
être utilisées B titre provisoire, en attendant de mettre en ne font qu’engendrer complexité, confusion et contradic-
place un système complet d’enregistrement des faits d’état tions inutiles pour l’identification des r&gles particuliéres
civil, ou bien pour faciliter l’évaluation du degré de couver- applicables à l’enregistrement. Les lois qui établissent ce
ture du systeme d’enregistrement existant. service ou y introduisent des améliorations devraient énon-
cer les régles et principes fondamentaux concernant la
B . - Le concept d’état civil structure essentielle de l’activité d’enregistrement de cha-
que pays. Elles devraient contenir des dispositions techni-
25. Bien qu’en théorie, l’état civil soit considéré ques et juridiques minimales définissant clairement et’de
comme une notion vague et imprécise et que le droit positif façon systématique les principes organiques ‘du système
n’en donne généralement pas une définition claire mais d’enregistrement choisi. La loi sur l’enregistrement des faits
prend plutôt comme point de départ son existence tradition- d’état civil doit créer le service d’enregistrement des faits
nelle historique et l’intérêt pratique de son maintien en tant d’état civil, définir son organisation et ses liens administra-
qu’institution légale, étant donné que c’est le domaine sur tifs et établir ses organes constitutifs ainsi que leurs rela-
lequel porte l’activité d’enregistrement, un effort doit être tions hiérarchiques respectives, la composition et les tâches
fait pour bien cerner le concept actuel d’état civil de façon de chacun des organismes d’enregistrement et le’ statut du
à déterminer, dans la mesure du possible, le champ d’appli- personnel du service d’enregistrement des faits d’état civil.
cation de cette activité. Si l’on part de sa signification his- Elle doit également définir, de manière uniforme, les types
torique, telle qu’elle découle du droit romain, l’état civil dé- d’événements d’état civil B enregistrer, rendant cet enregis-
terminait la capacité des individus d’agir légalement en tant trement obligatoire et précisant les délais pertinents ainsi
qu’hommes libres, citoyens et membres d’une famille. Le que les personnes qui doivent fournir les informations de
principe selon lequel tous les hommes naissent égaux en nature juridique à consigner et les données à collecter à des
droit ayant été proclamé lors de la revolution française, la fins statistiques sur chaque événement d’état civil et ses ca-
signification historique de l’état civil a perdu presque tout ractéristiques essentielles. La loi réglemente aussi de façon
son intérêt en tant qu’ensemble de données pouvant déter- détaillde la procédure d’enregistrement, notamment les
miner la capacité juridique, c’est-a-dire l’aptitude des indi- moyens d’enregistrement et de stockage des informations à
vidus a détenir des droits et obligations. Néanmoins, a partir garder dans le système d’enregistrement des faits d’état ci-

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STlESAfSTATISER.FI71

vil ainsi que les instruments a produire à partir des informa- questions spécifiques relevant plus particulièrement d’une
tions consignées et la valeur juridique des actes de l’état ci- loi organique. Si l’on considere qu’une loi organique se si-
vil et des certificats correspondants. Les modalités selon tue A mi-chemin entre le droit ordinaire et la constitution,
lesquelles le registre d’état civil peut être mis à jour et/ou l’utilisation de l’adjectif « organique » pour decrire une loi
modifi6 peuvent aussi être établies par la loi. Des disposi- pourrait, sauf si les réserves précédentes sont prises en
tions doivent aussi être prkvues concernant les recours à compte, donner lieu à une certaine confusion quant à sa va-
l’encontre de décisions prises par les offkiers de l’état civil, leur normative et à sa place relative parmi les autres types
les modalités de financement du service d’enregistrement et de législation reconnus dans les systèmes juridiques recon-
les responsabilites des officiers ,de l’état civil dans l’exécu- naissant à une pluralité d’instruments normatifs la même
tion des tâches qui leur incombent en vertu de la loi. place et la même force que la loi. Néanmoins, cette plurahté
27. Etant donné que le modèle de loi proposé est fondé n’est géneralement pas résolue en classant les différentes
sur la gestion décentralisée à la fois du syst&me d’enregis- ,lois, malgré les différences dans la façon .dont elles sont
trement des faits d’état civil et du systéme de statistique de établies ou le fait que. certaines d’entre elles puissent être
l’état civil, les deux fonctions étant assignées A des orga- assujetties à des réserves expresses concernant certains do-
nismes publics indépendants, et compte tenu de l’impor- maines, car toutes sont considérées comme ayant le même
tante fonction statistique assignée au système d’enregistre- rang.
ment des faits d’état civil, il ne faut pas perdre de vue que -29. Pour réglementer le système d”enregistrement, on a
tous les pays qui ont déjà un systeme obligatoire d’enregis- le choix entre élaborer un seul texte de loi ou bien s’en tenir
trement des faits d’état civil ne sont pas nécessairement à l’approche traditionnelle associant dispositions ltgislati-
dotés d’un systéme de statistiques de l’état civil qui fonc- ves et dispositions réglèmentaires. Compte tenu de l’impor-
tionne ni d’un systeme qui collecte ou publie des statisti- tance des procédures et des aspects techniques dans l’ac-
ques de l’état civil de façon adéquate et régulière. La loi ré- tivité d’enregistrement, il semble souhaitable et raisonnable
gissant le systéme d’enregistrement des faits d’état civil de choisir la deuxième option, la loi qui institue et &gle-
.devrait donc être rédigée en tenant compte de la législation mente l’enregistrement des faits d’état civil abordant en ter-
nationale existante en matiére de statistiques ou, A défaut, mes généraux l’aspect réglementaire mais renvoyant aux rè-
devrait contenir des dispositions pour couvrir les aspects in- glements pour ce qui est des aspects au cas par cas plus
téressant la collecte de données a des fins statistiques qui détaillés et techniques; les règlements élargissent, complé-
entrent dans le domaine de compétence des organes d’enre- tent et interprètent les dispositions de la loi mais evitent
gistrement. Les lois applicables aux statistiques viseraient scrupuleusement toutes antinomies ou contradictions avec
dans ces conditions a rkglementer de maniére générale la la loi, qui seraient en tout.etat de cause résolues par le prin-
production de statistiques de l’état civil, c’est-à-dire le re- cipe de la hiérarchie normative. L’utilisation des règlements
groupement, le traitement, l’évaluation, l’analyse, la publi- en tant qu’instruments d’exécution et de mise en œuvre de
cation et la diffùsion des données statistiques collectées. la loi se justifie essentiellement par la nécessité de donner
L’objectif de l’élaboration de dispositions législatives et ré- au système. d’enregistrement une plus grande souplesse et
glementaires propres B la fonction d’enregistrement est une plus grande réactivité face à l’évolution des questions
d’assurer la coordination centralisée des services d’enregis- affectant l’état civil, car les procédures de modification de
trement des faits d’état civil et d’établissement de statisti- la loi sont plus rigides, alors que les rkglements permettent
ques de l’État civil, en tant qu’entitk chargées, respecti- des réactions plus rapides pour adapter le système normatif
vement, de collecter et de traiter les données, de façon B aux évolutions sociales. La répartition des themes entre les
assurer que les deux systémes fonctionnent correctement et dispositions législatives et les dispositions réglementaires
produisent effectivement des statistiques fondées sur des sera déterminée dans une large mesure par le niveau de dé-
concepts, definitions et classifications uniformes qui per- veloppement du pays et la mesure dans iaquelle sa popula-
mettent la comparaison des statistiques de l’état civil aux tion est socialement et juridiquement intégrke. Plus le ni-
niveaux national et international. veau de developpement est faible, plus grande sera la
28. Le texte de loi applicable à l’enregistrement des nécessité de bien préciser les dispositions de la loi afin
faits d’état civil concerne surtout les procédures et les as- d’éviter des pratiques administratives peu souhaitables, en-
pects techniques, la réglementation de fond des questions core qu’il ne soit pas indiqué de tiglementer dans la loi les
relatives a l’état civil relevant normalement des dispositions aspects les plus détaillés du service d’enregistrement, car
normatives du code civil : rkglementation de la filiation, du cela peut nuire à son organisation et à son efficacité. Le
mariage, de la capacite, de la nationalité, etc. L’orientation contenu des dispositions réglementaires devrait être compa-
d’une loi qui établit la structure et les fondations du sys- tible avec les objectifs et les limites fixés par la loi, dont
téme d’enregistrement d’un pays et qui organise ce système l’incidence sur les droits des citoyens, pour certains très élé-
tient prkisément au sens que l’on donne a l’adjectif « orga- mentaires, exige que les règlements constituent bien un
nique », car, dans certains pays, dire d’une loi qu’elle est texte venant compléter, en vertu d’une autorisation spécifi-
organique c’est faire rkférence 31une législation decou- que contenue dans celle-ci.. Les règlements devront com-
lant directement de la Constitution, contrairement à une loi porter des règles d’organisation et de procédure qui n’affec-
normale. La loi organique, dans cette optique, est assujettie tent pas le- contenu normatif fondamental de la loi qu’ils
à un ensemble de proctdures formelles, avec des clauses as- appliquent. Compte tenu de la nature technique du système
sez rigides en matiére d’approbation, de modification et de de l’enregistrement, il est souhaitable que la loi elle-même
suppression, et s’applique quasi exclusivement à quelques prévoit l’adoption de règlements, de façon que les deux sé-

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STIESASTATISERFI71

ries de dispositions normatives puissent entrer en vigueur ternes du service qui ne revêtent pas Un caractbre stricte-
en même temps. La structure formelle des règlements doit ment organisationnel. Compte teni du principe du respect
s’articuler avec la structure systémique de l’organisme des lois en vigueur dans l’administration, ces critéres revê-
d’enregistrement des faits d’état civil lui-même. tiront un cara&re contraignant pour les entités relevant de
30. La loi devrait aussi Pr&iser le pouvoir réglemen- la direction mais n’auront pas de valeur normative pour les
taire de la direction de l’enregistrement des faits d’état civil citoyens et les tribunaux. De toute évideke, si les règle-
en tant qu’organisme central responsable du service d’enre- ments relatifs à l’enregistrement des faits d’état civil sont
gistrement des faits d’état civil.. Dans ce cas, le pouvoir r& un texte annexe, subordonné ?I la loi qu’ils ne peuvent ni
glementaire du directeur général, agissant en vertu de l’au- contredire ni remplacer les pouvoirs en matiere d’organisa-
torité B lui conférde par le ministre compétent, sera limit6 à tion confi& a la direction par les dispositions législatives
l’organisation et B la gestion du registre par le biais de cir- ou réglementaires ne peuvent pas non plus dépasser ces li-
culaires, instructions et décisions, en vue d’assurer que les mites. .
procédures d’enregistrement et de d6livrance de certificats
sont uniformes sur l’ensemble du territoire national, ainsi D. -Principes de la législation
qu’a ,la kolution des incidents et requêtes auxquels peu- relative 31l’enregistrement
vent donner lieu l’application et la mise en œuvre de la
législation sur l’enregistrement par chacun des officiers 32. Avant de passer au contenu sptcifïque de la loi, il
locaux de l’état civil. Les larges pouvoirs confits au direc- paraît approprié de formuler quelques principes généraux
teur général dans l’exercice de l’autorité régiemenraire qui concernant le système d’enregistrement, de façon d faciliter
lui est confér&e lui permettent, lorsqu’il le juge utile pour son interprétation et son intégration. Les principes de base
améliorer le service d’enregistrement : de t’organiser le bu- énoncés ci-après, qui sous-tendent la planification et les
reau de l’enregistrement; d’élaborer et d’approuver les modalités opérationnelles de la fonction d’enregistrement
modbles offkiels des documents d’enregistrement, dont le dans chaque texte de loi et, plus précisément, dans le mo-
contenu minimum sera spécifié dans la loi ou les r&gle- dèle proposé, ne sont en aucune manière exhaustifs, mais
ments, mais le libellé spécifique sera énoncé dans les dispo- peuvent être considérés comme les axes principaux du ser-
sitions réglementaires, de façon que ces documents restent vice d’enregistrement choisi et gardés à l’esprit lors de l’éla
flexibles et puissent être rapidement modifiés pour faire boration de la loi rkglementant le système d’enregistrement
face aux probl&mes renconmk dans la pratique; de prbparer des faits d’état civil :
des instructions écrites générales visant g améliorer l’effica-
cité des officiers locaux de l’état civil dans l’exécution de 1. PRINCIPEDELÉGALITÉ
leurs tâches; de participer évidemment à l’établissement des
bulletins statistiques, en coopération avec’le service statisti- 33. Comme on l’a souligné précédemment lors de
que national du pays, en publiant les instructions nécessai- l’examen de la fonction juridique de l’enregistrement des
res dans son domaine de compétence afin de coordonner faits d’état civil, l’objectif essentiel de l’enregistrement est
les fonctions juridiques et statistiques.du service d’enregis- d’attester de façon fiable des événements concernant I’état
trement. civil en fournissant de véritables instruments de preuve.
3 1. Ces pouvoirs organisationnels confiés Ztla direction Cela conduit & la conclusion irrt!futable et indispensable
pr6pareront le terrain à la mise en place progressive de nou- que la façon dont ces éléments de preuve sont générés doit
velles technologies dans le syst&me d’enregistrement des être expressément r6gie par la loi. La loi sur l’enregistre-
faits d’état civil afin d’améliorer la performance de ce ser- ment des faits d’état civil et ses reglements d’application
vice. Dans les pays en développement, on peut s’attendre doivent donc être fondés sur la nkessité d’assurer que l’en-
que l’activité d’enregistrement soit au départ exkcutke uni- registrement des faits d’état civil refléte exactement la réa-
quement manuellement, les actes étant établis par écrit, lité, en établissant des r&gles spécifiques à cet effet et en
mais il est souhaitable qu’& moyen ou à long terme ces actes rendant l’offkier de l’état civil largement responsable de
soient dactylographiés pour qu’en fin de compte puissent garantir et de vérifier que les événements consignés sont
être introduites des méthodes de saisie informatique. Les conformes à la vie réelle : possibilité de vérifkations sup-
pouvoirs r6glementaires confiés au directeur génkal lui plémentaires, examen des documents originaux, etc. En ce
permettront de g&er les ressources matérielles et en person- qui concerne la vétification de la validit6 et de la réalité des
nel nécessaires pour introduire les nouveaux outils mécani- actes juridiques à consigner, l’offkier local de l’état civil
ques dans l’activité d’enregistrement, ainsi que pour publier devrait aussi être investi de pouvoirs généraux de validation
les instructions jugées nécessaires pour établir des critères légale, ses actions devant être compatibles avec la législa-
uniformes dans l’application de nouvelles technologies, en tion en vigueur dans son pays. La conformité de l’activité
élaborant des programmes de formation destinés ?Sfaciliter d’enregistrement à la loi devrait être garantie par des méca-
l’adaptation du personnel aux améliorations introduites nismes appropriés mis en place par l’organisme responsa-
dans le bureau d’enregistrement du fait du recours aux nou- ble de l’inspection du service de l’enregistrement, par des
veaux outils techniques. Malgré les limites imposées au sanctions et un système de recours contre les décisions des
pouvoir réglementaire du directeur g6néra1, qui concerne officiers locaux de l’état civil, ces derniers pouvant être as-
essentiellement comme on l’a dit l’organisation du service, sujettis à des mesures disciplinaires et pénales, en cas de
les instructions ou circulaires qu’il publie contiennent par- manquements à la mission d’enregistrement qui leur a été
fois des critères qui interprétent ou Pr&isent des aspects in- confiée par la loi.

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ST/ESA/STAT/SER.FRl

34. Pour ce qui est des possibilités de faire appel, il est d:enregistrement, elle peut, en fonction de sa gravité, être
évident que, si de larges pouvoirs d’action et de décision assujettie non seulement a l’imposition d’une amende mais
sont conferés A l’offkier de l’état civil, sans qu’il ait à con- aussi a la sanction disciplinaire correspondante, a savoir la
sulter au préalable la direction, il faut que de telles actions suspension de l’emploi et la perte du traitement pour la pé-
puissent être vérifiées aux termes des dispositions prévues riode prescrite par la loi sur l’enregistrement des faits d’état
à cet effet dans la loi sur l’enregistrement des faits d’état ci- civil, voire le licenciement. La personne -responsable doit
vil, en établissant que toute decision de l’officier local de être entendue de façon que puisse être pris en compte tous
l’état civil peut, dans le délai prévu, disons 30 jours, faire les facteurs pouvant constituer des circonstances atténuan-
l’objet d’un appel auprès de la direction, qui aura compé- tes. Pour ce qui est des infractions commises par des per-
tence pour statuer sur la demande d’appel dans le cadre de sonnes privées - non-respect de la déclaration obligatoire
la procédure d’enregistrement, encore que dans tous les cas dans les délais prévus - des sanctions monétaires peuvent
la voie judiciaire normale reste ouverte. Les règlements re- être imposées, même si, dans la pratique, ce systéme n’est
latifs à l’enregistrement des faits d’état civil peuvent conte- pas trés efficace lorsque l’on essaie d’inciter les individus à
nir des instructions détaillées concernant les procédures. faire des déclarations à des fins d’enregistrement des faits
35. Un systéme d’inspection du service d’em-egistre- d’état civil.
ment doit être établi de façon A assurer que les prestations
fournies ont été efficaces. L’inspection sera rklisée par la 2. PROTECTION DES INTERETS DES INDIVIDUS
direction, par l’intermédiaire d’agents appartenant au corps
technique et nommés par le directeur général, qui auront le 36. I!enregistrement des faits d’état civil sert des inté-
statut et les pouvoirs d’inspecteurs centraux, sans préjudice rêts de nature générale, mais devrait, comme tout autre
des pouvoirs plus larges du directeur général. Ce dernier, service public, tenir compte de la nécessité de protéger les
dans l’exercice de ses pouvoirs de mglementation, pourra intérêts individuels dans le cadre de la fonction d’enregis-
formuler des instructions générales sur le système d’inspec- trement. La loi sur l’enregistrement des faits d’état civil et
tion. La fonction d’inspection sera assurée au moyen de vi- ses mglements d’application devraient donc contenir des
sites normales, qui peuvent être annuelles, ou de visites dispositions visant à donner A chacun un accés facile au ser-
spéciales, chaque fois que cela est jugé souhaitable ou lors- vice, ainsi que des informations adaptées sur leurs droits en
qu’il a été signale que le service a agi de façon inadaptte, matière d’enregistrement des faits d’état civil et sur les
visant ii vérifier que l’activité d’enregistrement est exécutée règlements régissant la fonction d’enregistrement. Il faut
normalement et conformément à la législation pertinente. aussi protéger la vie privée et la vie familiale des parties in-
Les inspections ordinaires seront axées sur le respect par le téressées; la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil
personnel d’enregistrement des règles concernant les en- doit en conséquence contenir des régies garantissant le rcs-
trées manuscrites dans le registre et l’établissement d’un pect de la vie privée, en trouvant un juste milieu entre la
double pour transmission aux archives centrales. Elles se- fonction de délivrance de certificats - objectif ultime de
ront l’occasion de vérifier que les données requises a des l’enregistrement des faits d’état civil en ce sens que les ac-
fins d’enregistrement et a des fins statistiques sont bien tes d’état civil visent essentiellement A servir d’instruments
consignées et que les bulletins statistiques correspondants juridiques prouvant que les événements consignés sont
sont transmis à l’organisme compétent dans les délais pre- bien intervenus et les circonstances dans lesquelles ils sont
vus. Elles permettront en outre de passer en revue les pro- intervenus -et I’attestation d’événements concernant des
cédures de classement et de garde des documents d’enregis- questions privées personnelles et familiales, dont la divul-
trement et de tous les originanx qui sont conservés dans le gation dans le public peut gêner la personne concernée. La
bureau d’enregistrement, de vérifier les procédures de di- meilleure option à des fins d’enregistrement semble être
vulgation des données d’enregistrement par la délivrance de d’établir le caractere public de l’enregistrement des faits
certificats, dans le respect de la vie privée, et de s’assurer d’état civil en reconnaissant que les certificats peuvent être
que l’offkier de l’état civil concerné s’acquitte bien de ses demandés seulement par les parties intéressées ou leurs re-
fonctions, etc. Les inspecteurs qui ont connaissance d’un pnkentants légaux et, bien entendu, a tout moment par les
manquement aux régies de l’enregistrement des faits d’état autorités judiciaires. En revanche, seul le personnel d’eme-
civil seront tenus de contrôler les irrégularités, d’essayer gistrement dûment autorisé peut avoir accés aux actes archi-
d’y remédier, de rendre compte des violations au directeur vés. La consultation directe des actes de l’état civil par les
général et de proposer la sanction monétaire appropriée, en autorités publiques peut être autorisée par l’officier de l’état
identifiant l’officier local de l’état civil, l’agent public ou le civil s’il le juge utile, lorsque l’information recherchée con-
particulier responsable des erreurs commises. Il ne faut pas cerne les objectifs de l’entité gouvernementale demandant 21
perdre de vue que seules les infractions résultant d’actions Ies consulter.
non passibles de sanctions pénales feront l’objet de sanc- 37. Pour ce qui est du statut de service public de l’enre-
tions dans le cadre de la procédure d’enregistrement. Lors- gistrement, la meilleure option est celle qui établira un juste
que l’inspection met en évidence un comportement consi- équilibre entre le caractere officiel du contenu du registre
déré comme un délit, le directeur genéral en sera averti et il de l’état civil et la nécessité de protéger le droit de la per-
devra en rendre compte A l’autorité judiciaire compétente. sonne concernée au respect de sa vie privée et familiale. Il
Lorsqu’il s’agit d’une infraction administrative, l’amende devrait être reconnu que les actes contiennent certaines ré-
imposée doit être versée en monnaie nationale. Si l’erreur a férences A l’identité appartenant au domaine public, de
été commise par l’offkier de l’état civil ou le personnel sorte que leur divulgation devrait en principe n’être limitée

9
STfESASTATISER.F/i?

en aucune manière - nom patronymique, nom des parents veau d’instruction, etc. Dans ces cas, le fait que les deux ty-
à des fins d’identification, sexe, lieu et date de naissance, pes de documents - actes de l’état civil et bulletins statis-
de mariage et de dé&. D’autres actes peuvent contenir des tiques -soient établis séparément permet de rassembler
informations sensibles qui peuvent affecter directement le plus facilement ces informations statistiques strictement
droit & la protection de la vie privée - filiation en dehors personnelles, car la confidentialité des données statistiques
du mariage, reconnaissances, légitimation; la divulgation est généralement protégée par la loi dans la plupart des pays
des données dans ces cas devrait en principe être limitée et la législation en matière d’enregistrement elle-même peut
.aux individus susmentionnés. En revanche, compte tenu du décider de l’anonymat de la personne établissant le bulletin
principe de certitude légale qui doit prévaloir dans le do- statistique.
maine du droit, des tierces parties péuvent à certaines occa- 39. L’introduction d’outils informatiques dans les ~y&&-.
sions avoir légitimement intérêt à connaître des événements mes d’enregistrement des faits d’état civil P&ente des avanta-
consignés dans le registre; par exemple, modification de la ges indéniables car ces outils permettent d’améliorer le ser-
capacité d’agir, situation financière d’un mariage, etc. C’est vice d’enregistrement pour les individus; il paraît justifié,
la un argument convaincant en faveur de l’extension des toutefois, de se méfier des Gsques que peut présenter l’uti-
motifs qui peuvent être légitimement invoqués pour de- lisation incontrôlée des informations stockées dans les dif-
mander des certificats, sous réserve de leur justification. En férentes bases de données personnelles, publiques’ et pri-
conséquence, outre les personnes ayant un droit légitime a vées. Il a déjà été signalé que la technologie et, dans ce cas
obtenir la divulgation des actes de l’état civil par des certi- particulier, les technologies informatiques devraient être
ficats intégraux ou partiels contenant des informations con- conçues pour servir l’individu et proteger sa vie privée. Ce
fidentielles, on peut envisager de divulguer ces informa- principe de base devrait guider toute approche de la ques-
tions non seulement aux parties intéressées elles-mêmes, ou tion de la mise en place d’un seul numéro d’identification
à leurs représentants légaux ou non contestés, ainsi qu’à dans l’enregistrement des faits d’état civil, que les milieux
l’autorité judiciaire demanderesse, mais aussi, dans certains technologiques encouragent comme une mesure nécessaire
cas, et toujours sous réserve d’une autorisation préalable, pour accélérer et fluidifier la circulation des données entre
aux conjoints, aux parents ou aux héritiers, voire à des tier- les systémes d’enregistrement ‘des faits d’état civil et les
ces parties pouvant justifier leur intérêt lég.itime et obtenir systèmes statistiques de l’état civil. Dans cette optique, il a
une autorisation auprès de l’autorité compétente. Cette sug- été suggéré, pour donner a chaque individu une identifica-
gestion tient compte de la tendance observée actuellement tion exclusive afin d’éviter les erreurs, les omissions ou ies
en Europe concernant la divulgation des actes de l’état civil, doubles -emplois peu souhaitables, parce qu’ils faussent le
sur la base du droit de chacun a la protection de sa vie pri- résultat des statistiques de l’état civil, qu’un num&o d’iden-
vée, personnelle et familiale, tel que reconnu a l’article 8 de tification unique lui soit attribué au moment de l’enregistre-
la Convention relative à la protection des droits de l’homme ment de la naissance. L’individu est ainsi identifié de façon
et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre permanente dans l’administration par un numéro et ce nu-
1950 (Recommandation ri’ 4, adoptte par l’Assemblée gé- méro unique qui lui est attribué est le lien idéal entre le sys-
nérale de la Commission de la fonction publique internatio- tème d’enregistrement et le systéme statistique du pays aux
nale, à Rome, le 5 septembre 1984). fins de la ticupération de toutes les informations fîgu-
38. En ce qui concerne la certification des entrbes dans rant dans le dossier de la personne en question. Il est re-
le. registre, il est indispensable d’accorder toute l’attention commandé que I’utiIisation de ce systéme d’identification,
voulue à l’incidence sur le systbme d’enregistrement des fondé sur un seul numéro, soit élargi a tout organisme pu-
faits d’état civil de la mise en place de nouvelles technolo- blic jusqu’à devenir universel, permettant ainsi une ihter-
gies impliquant l’utilisation d’ordinateurs pour stocker de connexion facile et rapide avec toutes les bases de don-
très grandes quantités de données sur chaque personne dans nées et éliminant, ce faisant, tout systeme de contrôle sur
différentes bases, ce qui permet a son tour une récupération l’échange de données. Cet argument est pr&senté comme un
rapide des données et la vérification croisée des différentes avantage pour l’individu, qui peut ainsi être aisément iden-
sources d’information. Les actes de l’état civil, dont le con- tifié par tout organisme public grâce à son numéro unique
tenu revêt un caractére essentiellement juridique, peuvent d’identification, ce qui évite d’avoir recours à la méthode
être reliés aux fichiers administratifs, sanitaires, fiscaux et traditionnelle d’identification par le nom et le prt%om
autres pour obtenir un profil complet d’un individu, en vio- comme cela est fait dans la plupart des pays. La facilité
lant ainsi son droit g la protection de sa vie personnelle et avec laquelle les données peuvent être transféties ‘entre les
privée du fait de l’utilisation incontrôlée d’informations différents organismes gouvernementaux grâce B ce numéro
personnelles et confidentielles. L’Organisation des Nations d’identification a suscité un large débat dans certains pays
Unies recommande l’adoption de critères de confidentialité compte tenu des risques liés à l’introduction d’un tel sys-
ne faisant pas obstacle à la transmission de données person- tème, qui gomme la personnalitk de I’individu, le trans-
nelles aux chercheurs responsables qui souhaitent disposer forme en un numéro qui, lorsqu’il est introduit dans un
d’informations à des fins scientifiques. Pour ce qui est des systtme informatique, relégue son nom et sa vie à ~l’arriére-
objectifs $tatistiques de l’enregistrement des faits d’état ci- plan et supprime les caractéristiques personnelles qui ont
‘vil, il ne faut pas oublier que les données légales contenues traditionnellement servi à établir son identité. Des expres-
dans les actes d’état civil ne correspondent pas toujours aux sions comme « homme de verre » sont utilisées et l’atien-
informations nécessaires pour établir les statistiques de tion est appelée sur le danger potentiel pour I’in&vîdu qui
l’état civil, comme la race, la religion, la profession, le ni- risque, du fait de la masse de données stock-ées dans diffé-

10
STIESABTATtSERFRl

rentes bases et de la facilite d’accès et de communication de ces événements n’ait pas un caractére constitutif, on ne
grâce à son numéro unique, d’être observé et donc contralé peut nier qu’il existe une incitation à les enregistrer, car
par toute branche de l’administration. En Suéde, des numé- l’enregistrement joue un r6le unique dans l’établissement
ros d’identification sont utilisés et suivent tous les Suédois du de la preuve des faits d’etat civil et devient ainsi l’instru-
berceau 6 la tombe. La Constitution du Portugal interdit ex- ment classique pour prouver la réalité des événements enre-
pmsskment Mtriiution d’un numkro unique au citoyen. Le dé- gistres, prioritairement à tous les autres. En tout état de
bat quant B l’utilité, les avantages et les risques du systéme cause, la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil peut
de numéro d’identification unique bat encore son plein dans expressément, à titre d’exception à la r&gle générale, pr&
nombre de pays, qui considérent comme une menace pour voir la nécessité d’un enregistrement pn5alable en tant que
la protection de la vie privée le fait que le numCro universel condition nécessaire pour prouver l’acte vis-à-vis de parties
soit une voie d’accés facile aux données personnelles. tierces, voire, dans certains cas, pour reconstituer l’acte à .
l’aide du registre. La force probante sans précédent des ac-
3. PRINCIPEDUCARACT~I~~FFICIEL tes de l’état civil pour les parties tierces explique donc
pourquoi les individus se sentent obligés de s’enregistrer
40. Si, d’apres le principe de légalité défini plus haut, s’ils veulent ultérieurement utiliser à leur avantage la valeur
l’offkier de l’état civil est investi de larges pouvoirs pour de preuve du systéme d’enregistrement. Ce sera là vraisem-
assurer que les données consignCes sont conformes à la blablement la véritable incitation à l’application du principe
realité en dehors du bureau d’enregistrement, les entités du caract&e obligatoire de l’enregistrement, plutôt que les
d’enregistrement doivent nécessairement utiliser leur statut sanctions prévues en cas de non-respect du devoir d’enre-
officiel pour inciter à l’enregistrement. La loi sur l’enregis- gistrement, sanctions qui, en tout état de cause, seront ex-
trement des faits d’état civil doit donner à l’organisme d’en- clusivement monétaires et doivent être strictement rkgle-
registrement le pouvoir d’encourager, de mettre à jour et de mentees pour ce qui est de leur montant.
corriger les entrkes dans le registre, ainsi que d’établir les
connexions necessaires entre les entrées des registres con- 5. SIMPLIFICATION
cernant le même individu afin d’assurer l’intégrité du sys-
téme dans son.ensemble. 42. La legislation en matiére ‘d’enregistrement devrait
viser à assurer que le service fonctionne sans heurt grâce à
‘i. &ACIiREOBLIGATOIREDEL'ENREGISTREMENT des rkgles qui permettent la plus grande rationalisation et
simplification possibles du mécanisme d’enregistrement, en
41. Pour que l’enregistrement des faits d’état civil soit mettant au point des formules pour assurer des enties clai-
complet, pour que, considér6 du point de vue de sa fonction res et précises évitant les données inutiles. Des modèles
juridique, il donne une image offkielle de l’existence, de uniformes devraient être établis pour les déclarations perti-
l’identité et de la situation personnelle et familiale de tout nentes et les constats médicaux et pour les actes concernant
individu et pour que, du point de vue statistique, il permette chaque événement enregistrable, ainsi que des modeles pour la
de collecter des informations complètes et fiables sur les délivrance des certificats correspondants. Simplifier les pro&
éwkements d%tat civil consignés, il doit être obiigatoire. dures et normaliser le traitement des entrees faciliteront
La loi sur l’enregistrement des faits d’état civil doit contenir l’informatisation du service ultCrieurement. Pour accéker
des régles kablissant l’obligation pour certaines personnes le traitement, des mesures devraient aussi être prises pour
de faire les déclarations ‘pertinentes et de presenter les do- faciliter les communications offkielles directes tant entre
cuments nécessaires comme base de l’acte de l’état civil les diff&ents officiers de l’état civil, locaux ou consulaires
correspondant. Le fait que l’enregistrement soit obligatoire qu’avec les archives centrales. Dans le cadre de la simplifi-
ne signifie pas qu’il soit constitutif, c’est-à-dire qu’il s’agit cation du service, il est nécessaire de pr&voir des disposi-
d’une partie nécessaire et intkgrante de l’acte juridique lui- tions habilitant les organismes d’enregistrement à corriger
même. Le critére gkukal est que, eu égard à la fonction ju- les erreurs qui, compte tenu de la nature des méthodes d’en-
ridique confiée au service de l’enregistrement des Eaits registrement, tendent à être communes; elles peuvent être
d’état civil, les actes d’état civil constituent le fondement attribuées parfois aux individus notifiant les &enements
privilégit et le seul fondement officiel de l’état civil, ‘ce qui enregistrables et parfois à des erreurs de procédure faites
ne signifie pas que l’événement ou l’acte juridique ne par les fonctionnaires responsables de consigner les don-
puisse avoir lieu s’il n’est pas consigné dans le registre. De nées. Etant donné que le contenu des actes d’état civil revêt
toute évidence, les naissances et les deces, événements de- une importance fondamentale pour les individus lorsqu’ils
cisifs dans l’acquisition et la perte de la personnalité juridi- souhaitent 6tablir leur état civil et pour la reconnaissance et
que, ont lieu hors du domaine de l’enregistrement des faits l’exercice de leurs droits individuels fondamentaux, la ré-
d’état civil; de même, les lois intérieures disposent gen&a- glementation des procédures d’enregistrement de façon 8
lement que les déclarations de divorce; d’annulation et de permettre la correction directe des actes par les bureaux de
separation deviennent effectives entre les parties lors de la l’enregistrement simplifierait beaucoup les choses, car de-
signature de l’arrêt pertinent par les tribunaux; les recon- mander aux tribunaux de corriger les erreurs d’enregistre-
naissances de filiation ou les décisions légales correspon- ment gênererait et ralentirait de façon indue le service, qui
dantes sont aussi jugées effectives entre les parties dés doit au contraire être fourni aux individus de façon rapide et
qu’elles ont été formalistes conformément aux dispositions à un coût raisonnable. En ce qui concerne la possibilite pour
de la législation pertinente, etc. Bien que l’emegistrement les bureaux d’enregistrement de corriger eux-mêmes les en-

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ST/ESASTAT/SER.F/71

trées, comme cela se fait pour la mise SIjour des domiees 6. GRATUITÉ DU SERVICE
sur le registre de l’état civil, il n’est pas juge nécessaire de
fixer un delai à cet égard, car le registre de l’état civil doit 44. L’enregistrement des faits-d’état civil étant un ser-
par définition être un registre dynamique qui reflète les vice public qui répond a la fois B des intérêts généraux et à
données concernant tout changement dans l’état civil d’une des intérêts particuliers, la plupart des pays tendent à avoir
personne, quel que soit le moment ‘où il intervient. De un système mixte pour ce qui est du financement : en gé.né-
même, le registre de l’état civil devant viser à donner une ral, le service est gratuit pour les principaux actes de,l’état
image véritable, et exacte, si l’on constate qu’il y a eu ,er- civil - naissance, mariage et dé& - et pour les mnota-
reur, celle-ci devrait être corrigée immédiatement. tions complémentaires; exceptionnellement, les particuliers
paient lorsqu’ils demandent, la délivrance d’un certificat,
43. La possibilité de corriger les. registres ou d’y appor- ainsi que pour les actes pour lesquels- il est expresstment
ter les annotations supplémentaires pertinentes ne devrait précisé dans la loi qu’ils ne bénéficient qu’a eux. Demander
être assujettie à aucune contrainte ou restriction sous le pré- le paiement de droits pour l’établissement d’actes de l’état
texte que les entrées doivent être maintenues stables à des civil doit être Considéré comme une exception au principe
fins de transfert sur microfilms ou de rédu@on d’archives, général de la gratuité du service, qui devrait s’étendre peu à
car cela serait aller à l’encontre des objectifs fondamentaux peu a toutes les activités d’enregistrement compte tenu du
de l’enregistrement en le subordonnant a l’utilisation de caractére public et obligatoire de l’institution, qui exige des
technologies, ce qui est inconcevable. L’une des diffkultés individus qu’ils aillent au bureau de l’enregistrement des
t que pose un passage éventuel au traitement informatique faits d’état civil et qu’ils obtiennent par la suite des certifï-
des registres de l’état civil est prkisément le fait qu’il s’agit cats pertinents prouvant leur état civil. Ainsi, lorsque le ser-
de fichiers « vivants » qui doivent être continuellement inis vice est introduit et compte tenu des diffkultés budgetaires
à jour. Il ne faut pas perdre de vue que le contenu des actes du financement de cette opération,,iI pourrait être néces-
de naissances peut être modifié tout au long de la vie de la saire d’imposer certaines charges, dont le montant sera dé-
personne concernée, par des annotations complémentaires fini en détail dans les r&glements; toutefois, B mesure que le
concernant la filiation - reconnaissances volontaires, déci- .syst&me évolue, l’enregistrement devrait devenir totalement
sions des tribtmaux sur la filiation comme suite à des ac- gratuit pour les utilisateurs. Cela,favorisera la coopération
tions en demande ou refus de filiation, adoptions, légitima- de l’ensemble des citoyens et amtliorera l’intégrith du re-
tions, etc. - ou les modifications de la capacité d’agir du gistre. En tout état de cause, on estime que la réglementa-
déclarant, qui devraient aussi être consignées dans les anno- tion du financement devrait être simplifiée grâce à la for-
tations complémentaires qu’il est obligatoire d’apposer mulation de directives générales fondées sur les concepts
dans l’acte de naissance de la personne concernée. Même ,définis par l’Organisation des Nations Unies, sans s’embar-
après le décbs de celle-ci, si sa naissance n’a jamais été en- rasser de longues listes détaillées au cas par cas qui, en tout
registrke, elle peut l’être afin d’obtenir la preuve nécessaire état de cause, peuvent faire l’objet de r&glements précis.
. que la personne décédée a bien existé. De même, les modi-
fications concernant la situation matrimoniale- annula-
tion, séparation judiciaire ou divorce - ainsi que celles re- E. - Faits et.actes juridiques
,latives au régime financier du mariage peuvent donner lieu
à des annotations complémentaires dans l’acte de mariage 45. Du point de vue juridique, tous les événements qui
aussi longtemps que celui-ci est valide : aprés le dé& interviennent n’ont pas. la même signification ni la même
d’une partie et après que le décés a été consigné dans le re- portée. Ceux qui n’ont pas de conséquences juridiquessont
gistre, même si la personnalité juridique a été éteinte, ce qui les simples évknements physiques, par exemple le fait qu’il
de toute évidence signifie qu’aucune autre annotation ne pleuve ou qu’il fasse soleil, le fait de ‘marcher ou de courir
peut être apportée concernant des événements ultérieurs au pour faire de l’exercice, etc. Ceux qui ont bien des consé-
décès, il peut sans nul doute y avoir des personnes, par quences juridiques sont appelésfaitsjuridiqu et sont clas-
exemple des héritiers, ayant un intérêt légitime & corriger sés en deux groupes : les faits juridiques proprement dits, si
les erreurs d’enregistrement éventuellement dans l’un ou l’intention ne joue pas un rôle direct dans la survenue de
l’autre des actes de naissance, mariage ou déc&. Le carac- tels événements, par exemple un déc& dû @,descauses na-
tère essentiellement ponctuel et variable de l’enregistrement turelles, et les actes juridiques, si I’intention doit jouer di-
des faits d’état civil empêche de fixer des délais pour la rectement pour que ces actes interviennent, par exemple un
consignation de ‘nouvelles données sur le registre. Une mariage ou une légitimation. Dans le domaine des statisti-
question distincte est celle de savoir si la loi doit prévoir ques de l’état civil, les unités statistiques qui. peuvent être
que les actes de l’étatcivil seront stockés dans des archives comptées, décrites et analysées sont-les faits ou mténements
spéciales, avec le statut de documents historiques, jusqu’a d’état civil qui correspondent précisément aux événements
l’expiration d’une période prédéterminée suffisamment lon- et actes d’état civil qui sont couverts a des fins juridiques
gue pour que l’on puisse affirmer de façon stke qu’il n’y par l’activité-d’enregistrement. Nous nous trouvons donc en
aura pas d’autres modifications a leur apporter parce que face de deux termes pour les mêmes- événements, suivant
plus aucune des parties intéresstes n’est vivante; une telle qu’ils sont envisag&+du point de vue juridique ou du point
période, qui pourrait être définie dans les réglements, de- de vue statistique. Les définitions de chaque fait d’état civil
vrait donc tenir comme de la durée de vie movenne des in- sur lesquels des informations sont rassemblées devraient
dividus et des parti& directement concernées, comme les dans la mesure du possible être alignées sur les définitions
parents et les héritiers. établies g des fins statistiques par l’Organisation des Na-

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ST/ESA/STAT/SER.F/71

tions Unies, qui sont reproduites ci-apres. Les concepts, dé- ments relatifs a l’état civil », ou bien de fournir une liste
finitions et classifications utilises strictement dans les do- plus ou moins exhaustive de ces événements et actes juridi-
maines de l’enregistrement et des statistiques devraient ques:Pour ce qui est de cette derniére option, il est souhai-
donc être concertes et normalisés, pour assurer l’efficacité table du point de vue de la loi d’énumérer les principaux
des systémes d’enregistrement des faits d’état civil et de événements enregistres, établissant ainsi un contenu mini-
statistiques de l’état civil, m&me si les préoccupations de mal et nécessaire pour les événements qui présentent le plus
base ne sont pas exactement identiques dans les deux do- d’intérêt du point de vue de l’existence et de la situation
maines. Cela revêtira un caractére déterminant dans le personnelle et familiale. Il convient de rappeler à cet égard
choix du type de document statistique à utiliser, c’est-adire que les événements d’état civil ont été initialement définis
lorsqu’on cherchera a determiner si le bulletin statistique et par le Bureau de statistique de I’ONU dans Principes et re-
le formulaire d’enregistrement doivent être un seul et même commandarionspour un systèmenational de statistiquesde
document ou s’il est pmférable d’avoir deux documents sé- I’&at civil l. Ces définitions ont été reproduites par la suite
pares avec des contenus différents pour atteindre les objec- avec de légéres modifications dans le Manuel de stati.sti-
tifs juridiques et statistiques de l’enregistrement des faits quesde l’état civil : aspectsjuridiques, organisationnelset
d’état civil. Cette question sera examinee de nouveau ulte- techniques,vol. 1. Pour faciliter les choses, elles sont repri-
rieurement. ses ci-apms :
46. Cn a constaté que les événements d’état civil qui in-
teressent le. plus les pays et qui sont enregistrés à des frfis 1. NAISSANCE VIVANTE
juridiques et statistiques sont essentiellement les naissances
vivantes, les mariages, les déc&, les morts fœtales, les an- 48. «Naissance vivante » : l’expulsion ou l’extraction
nulations de mariage, les divorces, les séparations judiciai- compléte dù corps de la mère, indépendamment de la dume
res, les ad-options, les Itgitimations et les reconnaissances. de gestation, d’un produit de la conception qui, après cette
D’autres évenements, bien qu’intéressants du point de vue
séparation, respïre ou manifeste tout autre signe de vie, tel
statistique, peuvent néamnoins ne pas être saisis dans le re- que battements de cceur, pulsations du cordon ombilical ou
gistre, du moins tant que le systéme d’enregistrement des contractions effectives d’un muscle soumis à l’action de la
faits d’état civil ne deviendra pas plus sophistique : les volonté, que le cordon ombilical ait été coupé ou non et que
mouvements migratoires, les changements de nationalité et le placenta.soit ou non demeure attaché; tout produit d’une
1.wchangements de nom. Du point de vue de l'enregistre- telle naissance est considéré « enfant né vivant ». Tous les
ment, il est souhaitable que tous les évenements d’état civil enfants nés vivants devront être enregistres et comptés
mentionnés pmcédemment soient consignés. Cependant, comme tels, quelle que soit la durée de la gestation, qu’ils
tous les pays n’ayant pas encore des systémes d’enregistre- soient morts ou ‘vivants à l’époque de l’enregistrement;
ment et de statistiques suff&nnnent développés, il faut, ceux d’entre eux qui décédent A n’importe quel moment
lorsque les systèmes d’enregistrement .des faits d’état civil apms la naissance devront également être enregistrés et
sont etablis ou amelion% dans les pays en developpement, comptés comme décédés.
etablir un ordre de priorité pour l’enregistrement de ces
évenements. Le niveau le plus Clevé de priorité devrait être
accordé aux naissances vivantes et. aux décés car ce sont les 2. MORT FETALE
événements qui déterminent au premier. chef l’accroisse-
ment naturel de la population. Un ordre général de priorité 49. « Mort foetale’». : le dbcès d’un produit de la con-
devrait être accordé aux naissances vivantes, aux déc&, aux ception avant l’impulsion ou l’extraction compléte du corps
mariages et aux divorces. L’enregistrement de données sur de la mer-e, quelle que soit la durée de la grossesse. Le dé-
les morts fœtales devrait avoir un rang de priorité inférieur. c& est indiqué par le fait qu’aprés cette séparation le foetus
E&m, l’enregistrement des adoptions, legitimations, recon- ne respire ni ne manifeste aucun autre signe de vie, tel que
naissances, annulations et &parations judiciaires devrait re- battement de cœur, pulsation du cordon ombilical ou con-
. cevoir un rang plus faible de priorité lors de l’établissement tractions effectives d’un muscle soumis .31l’action de la vo-
des systèmes d’enregistrement et du classement des types lonté. On distingue trois grandes catégories de morts fœta-
d’événements d’état civil A consigner. les : les morts fœtales précoces, les morts intervenant avant
47. Du fait de la nature de l’état civil, fondé sur le con- 20 semaines complètes de gestation; les morts fœtales inter-
‘cept dt5crit plus haut qui le place en dehors du domaine de .-médiaires, les morts entre 20 et 28 semaines de gestation,
la libre volonté, les événements devant être enregistres sont, 1et les morts fœtales tardives, les morts intervenant apres
il faut le reconnaître, tr&s limités, qu’il s’agisse d’événe- 28 semaines complétes ou.plus de gestation.
ments matériels, comme une naissance ou un déc&, ou
d’actes juridiques affectant l’état civil qui sont déja cou-
verts par des lois de fond - décisions sur la filiation dans ._ 3. DÉCÈS
les tribunaux ou en dehors des tribunaux, adoptions, maria-
ges* etc. Pour préciser les Wnements devant être assujettis 50. I-e «décès » est la disparition permanente de tout
a fenregistrement, une option consiste à déclarer de ma- signe de vie à un moment quelconque postérieur à la nais-
nière géntrale dans la loi sur l’enregistrement des faits sance vivante (cessation des fonctions vitales apms la nais-
d’état civil que : «L’objectif de l’enregistrement des faits sance sans possibilite de reanimation). Cette définition ne
d’état civil est de collecter, stocker et certifier les événe- comprend donc pas les morts fœtales.

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ST/ESASTAT/SERFi;Il

4. MARIAGE vant : « Tous les autres événements relatifs à l’état civil


déjà visés par la loi ou les reglements devraient aussi être
51. Le « mariage » est l’acte, la cérémonie ou la procé- consignés dans le registre de l’état civil. » Cette clause gé-
dure qui etablit un rapport légal entre mari et femme. nérale permet ultérieurement d’étendre progressivement la
L’union peut être rendue légale par une procédure civile ou liste initiale, en élargissant le systtme d’ënregistrement à
religieuse ou par toute autre procédure conforme à la légis- d’autres domaines qui concernent aussi l’état civil mais
lation du pays. peuvent initialement, en fonction du niveau de développe-
ment de chaque pays et de l’ampleur du système d’enregis-
5. ‘DIVORCE trement déjà en place, ne pas être consignés dans le registre.
52. Le « divorce » est la dissolution légale et définitive 59. Une question d’une grande importance, qu’il a été
des liens du mariage, c’est-à-dire la séparation de l’époux et jugé préférable.de ne pas inclure dans le registre de l’état ci-
de l’épouse, qui confke aux parties le droit de se remarier vil dans le modtle proposé, est celle de lafikztion. Même
civilement ou religieusement ou selon toute autre procé- si les reconnaissances de filiation, les légitimations et les
dure, conformément g la législation du pays. adoptions sont considérkes comme des éléments devant être
consignés sous la forme d’annotations complémentaires
6. ANNULATION dans l’acte de naissance, bien qu’avec une priorite plus fai-
ble que les naissances vivantes, les dé&, les mariages, les
53. L’« annulation » est la déclaration de l’invalidité ou divorces et les morts fœtales, la rkglementation g&témIe de
nullité d’un mariage prononcé par une autorité compétente, la question de la filiation a été considérée comme l’un des
conformément à la législation du pays : l’annulation rend sujets les plus complexes du droit de la famille de chaque
aux parties le statut qu’elles avaient avant le mariage. pays; les liens entre la filiation’et l’enregistrement des faits
d’état civil seront donc déterminés par des reglements de
7. SÉPARATION JIJDIC~RE fond dans ce domaine conformément au droit interne du
54. La « séparation judiciaire » est la séparation des pays, qui établira les méthodes pour détèrminer la filiation,
kpoux à la suite d’une décision judiciaire prise conformé- dans le mariage, et hors mariage, et devant les tribunaux ou
ment aux législations du pays. La séparation judiciaire ne en dehors des tribunaux, ce qui dans certains pays exige
contère jamais aux parties le droit de se remarier. l’accès aux informations fournies à l’officier de l’état civil
au moment ou la naissance est déclarée. Etant donné la di-
8. ADOPTION versité des législations dans ce domaine, il a été décidé que
le projet de loi maintiendrait une distinction entre la preuve
55. L’« adoption » consiste à prendre en charge légale- de la filiation et la déclaration de naissance. Il convient bien
ment et volontairement l’enfant d’une autre personne et à entendu de ne pas perdre de vue que la filiation biologique,
l’élever comme son propre enfant, conformément à la légis- du moins du c&é de la mére, quelle que soit sa situation
lation du pays. matrimoniale, est généralement établie. au départ par l’acte
effectif de naissance, sur la base du principe général de ma-
9. LÉGITIMATION ter semper certa est qui s’applique dans la plupart des pays,
car l’identité de la mére apparaît sur le certificat médical
56. La « legitimation » consiste à conférer officielle- délivré au moment de l’accouchement. Ainsi, l’identité de
ment à une personne les statuts et droits afférents à la légi- la’mére fondée sur le fait matériel vérifiable de la naissance
timité, conformément à la législation du pays. permet d’établir directement à des fins d’enregistrement la
filiation maternelle, que la mére soit ou non mariée, et indé-
10. RECONNAISSANCE pendamment de la filiation paternelle; dans le mariage ou
57. La « reconnaissance » consiste à reconnaître légale- hors de celui-ci. En revanche, à des fins d’identification, il
ment, soit volontairement, soit obligatoirement, la paternité est jugé essentiel de déclarer sur l’acte de naissance le nom
d’un enfant ne hors mariage. et le prénom des parents, sauf dans des cas exceptionnels oh
la filiation n’a pas été précédemment etabhe. Dans ces cas,
*** l’acte doit mentionner les noms donnés par le déclarant ou
ceux imposés par l’offkier de l’état civil à~titre offkiei. En
58. Une fois que la loi sur l’enregistrement des faits outre, la loi établit l’obligation pour la mtre de notifier la
d’état civil a défini la liste minimale des événements à con- naissance au bureau d’enregistrement des faits d’état civil
signer obligatoirement dans le registre d’état civil, qui doit en demandant qu’elle soit consignée dans le registre. Noti-
comprendre conformément aux recommandations des Na- fier ces données dans l’acte de naissance revient en quelque
tions Unies les événements énumérés plus haut, encore que sorte à établir une filiation, m&me si la déclaration effective
ce contenu puisse être imposé graduellement, elle pourrait de naissance peut ne pas être reconnue comme une preuve
pr&oir la possibilité d’une extension ultkieure de cette suffisante pour ce qui est de la filiation, qui doit être accré-
liste, au moyen d’une clause spéciale dans la loi, voire dans ditée par d’autres moyens probatoires, complémentaires à la
les règlements, afin de faciliter l’évolution par étapes du déclaration de naissance et généralement fondés aussi sur
systéme d’enregistrement du pays et de rkaliser ainsi des les actes de l’état civil : l’acte selon lequel le mariage des
objectifs plus ambitieux que ceux établis au départ. Le li- -parents a été enregistré avant la naissance accrédite le fait
bellé classique pouvant être inséré dans la loi serait le sui- que la filiation a lieu dans le cadre du mariage. La filiation

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hors mariage et les moyens de la determiner seront assujet- vmit donc réglementer les procédures cadres pour la natio-
tis aux différents règlements des pays en la matiérc, selon nalite et faciliter l’obtention de preuves de la nationalité,
que la légitimation intervient par le mariage ultérieur des qui est l’un des éléments fondamentaux a consigner dans le
parents de l’enfant ou par une reconnaissance volontaire ou registre de l’état civil malgré les diffkultés que cela sou-
décidée par les tribunaux. lève dans nombre de cas et qui exigeront, comme pour
.60. I.!enregistrcrnent des faits d’état civil devrait viser B d’autres domaines, du personnel qualifié ayant de larges at-
créer un registre intégrk qui prouve l’existence et l’identité tributions concernant l’évaluation juridique des éléments
des individus ainsi que les circonstances qui influent sur enregistrables.
leur situation juridique en tant que membres d’une famille 62. Pour ce qui est des moyens de preuve, il est noté
fondée sur le mariage ou d’une famille de facto : relations que la plupart des pays ne disposent pas de documents spé-
de filiation maritales ou extramaritales, relations parentales, cifiques pour prouver la nationalité, dont la détermination
liens matrimoniawr, etc., autant d’élements pour lesquels il semble être étroitement liée 4 l’acte de naissance, duquel
a éte précisé plus haut qu’ils constituaient le contenu mini- dans la plupart des cas elle est dérivée, soit directement par
mal requis des actes de l’état civil. Dans une perspective l’application du principe du droit du sol soit, indirectement,
plus large, devraient aussi être consignées dans le registre par la présentation de documents d’enregistrement supplé-
d’état civil les circonstances qui modifient la capacité juri- mentaires, comme les actes de naissance des parents. Ce
dique et qui peuvent affecter la capacité d’agir - emanci- lien entre la nationalité et l’enregistrement des faits d’état
pation, décisions de tribunaux déclarant l’incompétence, le civil pour ce qui est de la preuve est fonction des I-égle-
degrk d’incompétence, la tutelle et la reprksentation légale, ments de fond sur la question existants dans la panoplie lé-
le rétablissement de la capacitk Il est de toute évidence im- gislative du pays concerné. Cependant, maigre la faiblesse
portantque ces différentes circonstances qui déterminent la de l’élément de preuve qui peut dans certains systémes juri-
capacité d’un individu d’agir soient consignees dans le re- diques r&.tIter du lien entre la nationalité et l’enregistre-
gistre pour protéger l’intégrité des poursuites judiciaires et ment des faits d’état civil, il est souhaitable que ce dernier
des int&%s publics et individuels; elles devraient donc faire soit consid& comme un instrument important de preuve
l’objet d’annotations complémentaires dans l’acte de nais- concernant la nationalité, car il donne crédit B certains des
sance de l’individu concerné ou, le cas échéant, être inclu- éléments de base de l’attribution initiale de la nationalité,
ses dans le registre dans une section spéciale consacrée Zila comme on l’a noté prkédemment, au moyen de l’acte ef-
situation genkale en matiere de capacité. fectif de naissance de l’individu interessé. Cela permet, en
61. Il existe une autre circonstance qui, bien qu’appa- effet, d’avoir la trace du lieu de naissance,* sali, et de la
remment étroitement liée à l’état civil et traditionnellement filiation,. jus sanguinis, qui, bien que non fondés unique-
et historiquement identifiée a celui-ci, a été exclue du sys- ment sur l’acte de naissance, sont des élements générale-
téme d’enregistrement des faits d’état civil envisagé, mais ment accrklités sur présentation de l’acte pertinent, accom-
dont l’importance et les liens au regard de la fonction d’en- pagné .de toutes les mentions complémentaires, en cas de
registrement méritent néanmoins d’être notes. Nous vou- détermination tardive des liens entre parents et enfants-
lons parler de la nationalité, considéree comme le lien légal reconnaissance, déclaration juridique, adoption - ou bien
et politique qui relie chaque individu B un Etat particulier, Sur pnkentation du Certificat de mariage des parents. En ou-
qui fait que cet individu est assujetti a un ensemble particu- tre, pour ce qui est des suppositions concernant I’acquisi-
lier de lois qui l’investit d’un ensemble de droits et d’obli- tion, la perte et la mintégration dans la nationalité, parce
gations privés et publics. Pour ce qui est de la nationalité, que l’enregistrement des faits d’état civil établit le caracttre
c’est 1’Etat qui a la responsabilité d’établir dans la constitu- obligatoire de l’enregistrement de ces événements, soit par
tion ou par la loi qui sont ses ressortissants et de déterminer une mention complementaire sur l’acte de naissance, aftn
les critéres d’attribution, d’acquisition, de perte ou de reat- d’assurer un meilleur croisement des données, soit en
tribution de ia nationalité. Dans le domaine international, créant une section spécifique dans le registre de l’état civil
la nationalité eonstitue un droit individuel fondamental, pour tous les Xwenements concernant la nationalité de l’in-
comme on peut le Gir clairement dans la Convention rela- dividu, il pourrait être souhaitable, à des fins d’enregistre-
tive aux droits de l’enfant, approuvée par l’Organisation des ment, d’introduire un principe selon lequel,. sauf preuve du
Nations Unies le 20 novembre 1989; les articles 7 et 8 font contraire, les enfants nés sur le territoire national de parents
de la nationalité une partie intégrante de l’identitf: de l’en- possédant la nationalité de ce territoire sont eux-mêmes des
fant en établissant unlien direct entre la’déclaration de nais- ressortissants de ce pays. Un tel principe couvrirait la vaste
sance et le droit d’acquérir une nationalite. Au niveau prive, majorité des cas ou la nationalité initiale’ est attribute par
la nationalité constitue un élement essentiel de l’état civiI, une conjugaison des principes du droit ‘du sang et droit du
en ce sens qu’elle détermine les autres droits et obligations sol, sans interférer normalement avec la rkglementation de
de l’individu au regard de ses liens avec un Etat particulier. fond concernant la nationalité.
L’importance de la nationalité ainsi établie, il est clair que 63. Pour ce qui est du « nom », son lien étroit avec
l’enregistrement des faits d’état civil, compte tenu de son l’acte de naissance, qui a été mis au premier plan au niveau
contenu et de ses objectifs, constitue l’instrument approprié international en tant que droit de l’enfant et par conséquent
pour prcndrc acte de la nationalité, qu’elle découle de la de chaque être humain, y compris le droit a sa propre iden-
naissance ou qu’elle ait été acquise ultérieurement, ainsi tité, présuppose que cet instrument fondamental d’identifi-
que la perte de la nationalité ou la rkintégration dans cette cation personnelle soit initialement consigné comme élé-
nationalité. La législation en matiére d’enregistrement de- ment indissociable de l’acte de naissance, dont il est un

15
ST/ESASTAT/SER.F/71

élément central; les modifications ultérieures du nom de- biologiques; nar exemple, on peut faire référence aux morts
vraient aussi être consignees pour assurer et sauvegarder les pér&tales,~qui incluent aussi les morts fœtales tardives, à
contrôles nécessaires concernant l’identification des per- savoir les naissances apms une période de gestation donnée
sonnes, domaine dans lequel s’entrecroisent intérêts publics considérée comme une limite pour la viabilité fœtale, géné-
et intérêts privés. Bien que les reglements de fond concer- ralement plus de 28 semaines; cela conduimit aussi à consi-
nant les noms de famille soient assujettis au droit interne, la dérer comme mort fœtale un fœtus qui décéde après six
loi sur l’enregistrement des faits d’état civil devrait établir mois ou plus de gestation et, dans certaines législations, A
des régles concernant le nom initial de façon a eviter des si- ne notifier uniquement que ces morts fœtales A des fins
tuations discriminatoires pouvant r&eler indirectement une d’enregistrement puis à des fins statistiques, mais pas celles
filiation indeterminée, par exemple si des reférences obliga- intervenant avant les périodes définies précédemment. Dans
toires A l’identité manquent dans l’acte - nom de famille les morts périnatales entreraient aussi les enfants nés vi-
et prénoms des parents - lorsqu’un certificat est ultérieu- vants mais décédant après une période spécifiée définie
rement demandé pour obtenir le document d’identification dans la législation interne du pays, dont il n’est pas obliga-
utilisé dans le pays concerné. En outre, même si le principe toire de déclarer la naissance, car ils sont considérés comme
général veut que le nom soit immuable, le droit interne peut des créatures avortées. Quel que soit le concept légal de
pmvoir la possibilité exceptionnelle d’y apporter des chan- mort fœtale dans le pays considéré; la solution A des fins
gements à tout moment A la demande de la personne con- d’enregistrement et de statistique, pour être complete, doit
cernée. Dans ces cas, les organes judiciaires ou les orga- pmvoir la notification de toutes les morts fœtales quelle que
nismes administratifs devraient être désignés comme soit la durée de gestation, eu égard au concept de naissances
compétents pour statuer. Pour juger de la compétence d’un vivantes défini par les Nations Unies, afin d’établir les ac-
organisme administratif, la relation tres directe qui existe tes de naissance, sans préjuger de la possibilité d’un dé&
entre le nom et l’enregistrement des faits d’état civil impli- prémat& ultérieur.
que que la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil peut
habiliter les organismes d’enregistrement B modifier le nom
consigné initialement, précisant soigneusement les circons- G. - Méthode d’enregistrement
tances dans lesquelles un changement de nom peut être de-
65. Pour accomplir ses objectifs essentiels, a savoir la
mandé, ainsi que les procédures d’enregistrement néces-
saires pour donner suite A ces requêtes. Il devrait être collecte, le stockage et la ticupémtion d’informations sur
les événements d’état civil et leurs caractéristiques à des
obligatoire de noter la décision administrative correspon-
dante sur l’acte de naissance de l’individu concerné. fins légales, statistiques, administratives et autres, le service
de l’état civil utilise la méthode de l’enregistrement. Cette
méthode consiste en la transcription sur registre de façon
F. - Situation des morts fœtales continue, permanente et obligatoire des faits d’état civil et
de leurs caractéristiques. Cette définition comporte trois
64. L’enregistrement n’est obligatoire que pour les nais- éléments : la continuité, la permanence et le caractére obli-
sances vivantes, car la naissance marque le début de la per- gatoire, qui ont été analysées dans d’autres publications
sonnalité. L’expulsion, spontanée ou induite, d’un foetus de I’ONU et qui peuvent, en résumé, être déftis comme
mort ne doit pas faire l’objet d’un enregistrement car elle suit :
n’affecte en aucune manitre l’état civil; elle ne conduit pas
a l’acquisition de la personnalité et n’a donc pas d’intérêt en
tant que moyen de faire valoir des droits, qui est la fonction 1. CONTINIJIT~~
juridique de l’enregistrement des faits d’état civil. Cepen-
dant, l’enregistrement de toutes les fausses couches ou 66. La continuité implique que l’utihsation de la mé-
morts fœtales en tant qu’événement physique est de toute thode ne peut être interrompue. Une fois cteé, le systbme
évidence important du point de vue statistique et a des fins d’enregistrement d’état civil doit être a la disposition du pu-
de santé publique afin d’établir : la cause de la mort fœtale, blic comme toute autre institution publique. Les faits d’état
naturelle ou induite, autorisée ou non autorisée; le moment civil peuvent être enregistrés au moment o&ils surviennent
auquel la grossesse s’est terminée; la dume de la grossesse, alors que les données statistiques doivent être collectées au
et la situation sociale et médicale de la mbre. Pour faciliter moment de l’enregistrement. Cela permet aux statistiques
la collecte de ces données par les services statistiques, les de l’état civil de refléter les modifications qui interviennent
morts fœtales devraient être enregistrées, encore que non en permanence dans la condition physique (Sge, sexe, fé-
sous la forme d’inscription principale; la loi sur l’enregis- condité, fertilité, cause du déces) et l’état civil (profession,
trement des faits d’état civil devrait en conséquence rendre éducation, occupation, état civil) de la population, ce que ne
obligatoire la notification des morts fœtales de façon peuvent faire ni les recensements ni- les enquêtes, sauf pé-
qu’elles puissent être enregistrées et les données stockées à riodiquement dans le meilleur des cas. Cette caracféristique
des fins essentiellement statistiques, dans tme section, un li- est presque entièrement tributaire de la population, car si
vre ou un fichier spécial. Eu égard aux définitions de la celle-ci ne collabore pas, les faits d’état civil sont enregis-
naissance vivante et de la mort fœtale données par l’ONU, trés en retard ou ne sont pas enregistrés du tout. Cette colla-
il ne faut pas oublier que les lois nationales sur cette ques- boration est à son tour tri% tributaire de l’effrcience de I’of-
tion ne coïncident pas toujours pmcisément avec les défïni- fîcier de l’état civil et des installations disponibles pour
tions internationales fondées sur des critéres médicaux et l’enregistrement des événements.

16
STlESAtSTATISER.FI71

2. PERMANENCE trement. Il importe également, donc, de maintenir à jour


l’enregistrement des faits.d’état civil.
67. La permanence implique que soit mis en place un 70. Bien que la loi sur l’enregistrement des faits d’état
organisme ayant une stabilité administrative suffisante et civil doive rendre l’enregistrement obligatoire, tout en ré-
dont le fonctionnement n’est pas limité dans le temps. Cette glementant les délais autorisés pour faire les déclarations
caractéristique dépend de l’autorité donnée à l’administra- nécessaires ainsi que les pénalités pour non-respect de ces
tion de l’état civil par la loi organique. Il serait extrêmement dispositions, le fait demeure que ces pénalités, même si
surprenant, toutefois, qu’une loi crée un organisme public elles sont exclusivement financiéres et même si leur mon-
et, dans le même temps, limite son existence A une période tant, est réglementé, ne se sont pas révélées efficaces
donnée. Il a été souligné que la permanence ne peut qu’être compte tenu du cadre administratif dans lequel s’inscrit la
renforcée lorsque les fonctionnaires de l’état civil sont des fonction dtenregistrement. Les citoyens devraient être en-
professionnels qui ont reçu une formation spéciale. couragés à s’acquitter de leurs obligations d’enregistrement
et cet effort de sensibilisation est étroitement lié aux fonc-
3. CARACTÈREOBLIGATOIRE tions attribuées A l’enregistrement des faits d’état civil et à
ses objectifs dans la société. Il sera probablement diffkile
68. Le caractére obligatoire est un complément ‘essen- d’encourager quiconque en mettant en avant les objectifs
tiel des deux caractéristiques précédentes pour assurer le statistiques ou coopératifs de l’enregistrement des faits
fonctionnement sans heurt de la méthode d’enregistrement. d’état civil, car ces objectifs, bien qu’ils aient une impor-
L’enregistrement des faits d’état civil devrait être rendu tance vitale à moyen et à long terme pour le développement
obligatoire par la loi; en conséquence des dispositions juri- national de la société, n’intéressent généralement pas les
diques devraient déterminer les personnes tenues de fournir gens dans leur vie de tous les jours. Cependant, la fonction
les informations au bureau de l’enregistrement, les délais juridique de l’enregistrement des faits d’état civil en tant
pïévus pour l’enregistrement et les pénalités en cas de non- qu’instrument de création de documents faisant foi sur les
enregistrement dans les délais. Sans ces procédures, l’as- événements d’état civil et la supériorité de cette preuve par
pect obligatoire de l’enregistrement des faits d’état civil rapport B d’autres éléments de preuve, compte tenu de la
perd tout son sens. Toutefois, on a constaté que les pénalités pmsomption qui existe quant à l’exactitude, la véracité et la
allaient à l’encontre du but recherché. Il est préférable qu’il légalite des actes, encouragera la,population à s’acquitter de
s’agisse de pénalités monétaires et d’un montant régle- ses obligations d’enregistrement, car, dans ses relations
menté par la loi. En tout état de cause, il doit être établi avec des parties tierces, elle ne pourra autrement se préva-
clairement que les I-égles concernant le caractbre obligatoire loir des données relatives à sa propre existence, identité et
et les pénalités doivent être appliquées dans les limites ter- situation personnelle et familiale, facilement, rapidement et
ritoriales du pays à tous les groupes de population et.pour avec une garantie correcte d’authenticité. Conjointement
tous les événements d’état civil qui surviennent. avec le fonctionnement sans heurt et efficace du système
d’enregistrement des faits d’état civil, les réglementations
nécessaires pour faciliter le respect par chacun de ses obli-
H.- Rôle de la communauté
gations en matière d’enregistrement, et l’accès rapide aux
69. Le modele d’enregistrement des faits d’état civil services, la fonction juridique de l’enregistrement devrait
choisi devrait de toute évidence constituer un service tech- faire l’objet d’une publicité plus large car elle contribue à la
nique, efficient et rapide donnant aux citoyens un accès fa- participation et à l’intégration de la collectivité, évitant
cile au bureau de l’enregistrement de l’état civil, mais le ainsi la création de groupes marginaux.
fonctionnement adapté et effrcient du service est tributaire 71. Le Manuel des statistiques de l’état civil : aspects
de la coopération de la ‘population, qui dépend dans une juridiques, organisationnels et techniques, vol. Iz, énumére
large mesure des structures sociale, juridique et administra- les principaux avantages de l’enregistrement des faits d’état
tive de chaque pays, voire de ses caractéristiques géographi- civil du point de vue des droits individuels et de la société
ques, ainsi que de la façon dont le service est organisé au elle-même. Les chapitres II et III du présent Manue exami-
sein du territoire. Par ailleurs, toutefois, la pratique de l’en- nent certaines des utilisations les plus courantes des actes et
registrement volontaire des evénements et actes de l’état ci- certificats de l’état civil. Les principales incitations pour
vil semble, d’apres les sociologues, être un indicateur de l’individu tiennent à la possibilité de prouver que sont sur-
l’intégration des individus et des groupes dans le système venus des événements d’état civil ainsi que les circonstan-
juridique et social ou de la paticipation de la population à ces dans lesquelles ils ont eu lieu afin d’établir l’identité; de
la vie sociale du pays. La loi acquiert ainsi une validité so- donner la preuve de liens de parenté et de droit d’héritage,
ciale car ces regles sont appliquées, au lieu de tomber en de prouver le droit A des pensions et à des prestations socia-
désuétude comme suite A des violations rkpétées. Inverse- les, de s’inscrire dans des écoles ou de rejoindre la popula-
ment, si les règles juridiques ne sont pas respectées, des tion active, de demander des permis de port d’arme ou des
groupes marginaux apparaîtront qui pourraient être au cen- permis de conduire, d’établir la nationalité, de demander la
tre de tensions. Cette marginalité peut être volontaire, si elle délivrance d’un passeport ou de cartes de crédit, de recou-
dépend seulement de la position de personnes ou de grou- vrer une assurance, etc. L’introduction d’un nouveau sys-
pes; ou induite, si elle est due à des déficiences dans le tème d’enregistrement des faits d’état civil, ou l’améliora-
fonctionnement du systeme d’enregistrement ou à des diffi- tion du système existant, exige la participation active non
cultés juridiques dans l’exécution de la fonction d’enregis- seulement de la population, qui doit recevoir des informa-

17
STlESASTATtSERJV71

tions sur la façon d’acckder aux ,registres et sur les avanta- étroitement liés entre eux mais il n’est pas toujours facile
ges qui découlent du respect de ses obligations d’enregistre- d%ablir entre eux une ligne de partage nette.
ment, mais aussi de toutes les organisations publiques et
privées, qui devraient recormaître egalement le travail im- 1. FONCTION JURIDIQUE
portant accompli par l’enregistrement des faits d’etat civil
dans la societté, en exigeant et en admettant les actes de ?4. Si l’on considére l’enregistrement dës faits~d’état civil
l’etat civil comme documents juridiques constituant un eh?- et la méthode de l’enregistrement comme la source de don-
ment de preuve normal des faits d’état civil. Une telle rela- nées la plus importante et la plus.pticieuse sur l’état’civil,
tion entra la population dans son ensemble et les différents l’objectif essentiel de l’enregistrement est de fournir des ins-
organismes publics et institutions publiques et privées est le truments juridiques présentant un intérêt direct pour l’in-
seul moyen d’assurer un service d’enregistrement qui’fonc- dividu. Les sociétés d’aujourd’hui, même les moins déve-
tienne de façon adaptée, normale, continue et permanente. loppées d’entre elles, se distinguent par une complexité
considérable des relations entre les personnes et une bu-
1. - Fonctions de l’enregistrement des faits d’état civil reaucratisation de plus en plus grande des relations entre les
individus et 1’Etat; d’ou l’importance, afin d’assurer une
72. Les principes prônés par l’Organisation des Nations certaine certitude dans les transactions juridiques, de four-
Unies donnent à l’enregistrement des faits d’état civil deux nir à chaque individu des instruments de preuve spéciaux
fonctions fondamentales d’importance a peu prés identi- qui lui permette de démontrer, avec tme certitude totale, les
ques : a) une fonction juridique, qui consiste à enregistrer faits relatifs d son existence, son identité, sà situation per-
Ies événements et actes juridiques qui sont a l’origine de sonnelle et familiale. L’objectif essentiel de l’enregistrement
l’état civil et forment la base de l’organisation de la famille; des faits d’état civil, objectif qui doit être encouragé par
et b) une fonction statistique, qui part du principe que les l’Etat, est d’assurer la diffusion d’informations sur les faits
bureaux d’enregistrement ‘sont legaIement charg6s de col- relatifs a l’état civil, sur la base de principes juridiques et
lecter des données statistiques supplémentaires pour chacun techniques, afin de permettre aux individus de prouver à
des événements et actes a consigner ou il notifier. Cepen- d’autres individus ou à l’administration elle-même la Iégiti-
dant, contrairement aux autres services de l’administration mité et l’authenticité des faits d’état civi1 les concernant, au
publique, le systtme d’enregistrement des faits d’&at civil moyen de certificats. L’objectif de l’activité. d’enregistre-
est appelé d prêter son concours B d’autres organismes pour ment, et de la méthode d’enregistrement, qui consiste en la
les aider a r&aliser leurs propres objectifs. 11 importe donc collecte et l’enregistrement obligatoire, continu et perma-
de faire en sorte que le systéme soit organist et fwcé de nent des données sur l’état civil en vue de leur stockage, est
telle manière qu’il puisse fournir une telle coopération et pmcisément la possibilité d’une utilisation ultérieure de ces
ambliorer ainsi son intérêt global pour la societé. Une fois données à tout moment et en-toutes circonstances, lorsqu’il
què l’enregistrement des faits d’état civil est devenu une ac- s’agit de prouver la véracité et la légalité des faits de façon
tivité routinière, cette fonction de collaboration peut ,être authentique et avec les garanties nécessaires.
considérée comme une autre fonction fondamentale du sys- 75. Pour être efficace, la fonction juridique de I’enregis-
téme, 8 c6te de celles mentiomees plus haut. trement des faits d’état civil en tant qu’instrument de &a-
73. La Premiere tâche consiste $ décider quels sont les tion de preuves, l’une des principales fonctions de l’enregistre-
intérêts ou les objectifs publics et personnels que l’on se ment, exige que les événements consignés dans le registre
propose d’atteindre dans le cadre du’systeme d’enregistre- soient d’abord légalement validés par l’officier de l’état ci-
ment. Après que les objectifs ont été définis et precis&, vil pour garantir, dans la mesure du possible, que seuls les
l’autorité et les pouvoirs correspondants sont ensuite attri- événements dignes de foi, exacts et juridiques sont pris en
bués. Une fois les objectifs définis et lés pouvoirs attribués, compte. Pour que l’enregistrement des faits d’état civil &G-
la derniére mesure consiste à organiser le service d’enregis- complisse ses objectifs juridiques essentiels en termes de
trement des faits d’État civil par fonction et par zone géo- certification, de statistique et de ‘collaboration, il ne suffit.
graphique. En pariant des fonctions de l’enregistrement des donc pas simplement de compiler et d’accumuler les don-
faits d’&at 6vil dans le contexte des Nations Unies, nous nées sans discrimin&on ni contrôle; il faut au contraire que
nous rkférons aux objectifs fondamentaux que remplit I’en- des contrôles soient réalisés lors de l’entree des données,
registrement des faits d’état civil ou qu’il devrait remplir @ce à l’exercice du jugement juridique critique qu’on doit
dans la societté : & savoir des objectifs juridiques concernant nécessairement attendre de l’officier de l’état civil, afin que
essentiellement la creation d’instruments officiels prouvant les données puissent être converties ultérieurement, au
l’état civil des individus; des objectifs statistiques - la col- moyen de l’emegistrement, en faits &test& par l’autorité pu-
lecte de donnees pour l’établissement de statistiques de blique et en séries indispensables aux fins statistiques et de
l’état civil - et, enfin, la coopération, dans la mesure oh la collaboration que sert aussi l’enregistrement des faits d’état
fonction dferiregistrement des faits d’état civil permet de civil. Dans cette optique, l’officier de l’état civil. doit être in-
fournir des données aux autres organismes pour leur per- vesti de larges pouvoirs juridiques pour vérifier que les événe-
mettre de répondre ii leurs propres objectifs. Une fois que ments et actes juridiques qu’il est censé enregistrer sont bien
les objectifs ont été définis, les pouvoirs, l’autorité, les intervenus et sont conformes B la législation en vigueur dans
compétences ou les fonctions que chaque organe d’enregis- le systtme juridique concerné. C’est le seul moyen d’assu-
trement devrait se voir attribuer pour realiser ces objectifs rer que les actes de l’état civil deviennent des documents
seront légalement établis. Les objectifs et compétences sont publics authentiques avec tme valeur de preuve qui permet

18
STtESAiSTATlSERFl71

a l’individu de ne pas avoir a recourir il d’autres moyens de liter l’offkier local de l’état civil, avant l’enregistrement ef-
preuve ordinaires pour accrkliter son état civil. fectif, à vérifier l’application de la législati& pertinente
76. L’instrument de preuve délivré par le bureau de concernant l’attribution des noms et prknoms. Pour ce qui
l’enregistrement des faits d’état civil présuppose que le do- est de la possibilité d’apporter ultérieurement des change-
cument original, traité par la méthode d’enregistrement, de- ments aux nom et prknoms initialement dom&, la loi sur
vienne du fait de l’enregistrement une forme privil&iée de l’enregistrement des faits d’état civil peut donner à l’off&
preuve qui l’emporte sur toute autre preuve, y compris le cier de l’état civil le pouvoir exprés d’autoriser ces change-
document.initial, sauf dans le cas d’une correction en bonne ments, en établissant des procédures adaptées conformes à
et due forme conformkment aux pticédures expressément la législation nationale du pays. La délégation ou non de ces
P&ues dans-la loi. Autrement dit, une fois qu’un acte a éte fonctions et d’autres fonctions non liées à l’enregistrement
&abli en accord avec les règles pertinentes, il jouit d’une dépendra dans une large mesure de l’importance que l’on
ptésomption d’exactitude, de l&alité et de valeur qui ne souhaite donner au service d’enregistrement ainsi que des
peut être contestée qu’en suivant les procédures judiciaires qualifications juridiques de son personnel; ces fonctions
ou d’enregistrement établies. Eu t5gard B la valeur de preuve peuvent être introduites progressivement à mesure que la lé-
des-actes de Mat civil, qui fait que ce sont les seuls docu- gislation du pays devient plus élaborke, mais on peut consi-
ments admis pour attester de l’état civil de l’individu, il est dérer qu’elles facilitent et simplifient l’inscription dans le
évident que des mesures legales doivent être mises au point registre de l’état civil de donnees qu’il est obligatoire d’en-
pour permettre- l’insertion des inscriptions omises;quel que registrer et qui peuvent être officialisées en prksence de
soit le délai écoulé depuis le moment oti elles auraient dû l’offkier local de l’état civil lui-même, qui est habilité à les
être enregistrées, ainsi que pour réglementer l’admission B authentifier, ce qui de toute évidence améliore la réactivité
titre de donnees complémentaires, pouvant être reconnues et l’intégrité des services d’enregistrement.
comme preuve, B des fins d’enregistrement, des hypothéses
sur la base desquelles il n’est pas possible d’obtenir le cer- 2. FONIXION STATISTIQUE
tificat pertinent, soit parce que. l’acte n’a pas été établi à
temps, ce qui est en général la faute du dklarant qùi a pour 78. Comme on l’a dit, la fonction statistique consiste à
devoir de communiquer l’information au bureau de l’état ci- collecter, au moment où les faits d’état civil sont enregis-
vil, soit parce que la certification- n’est pas possible pour trks, les données nécessaires pour établir les statistiques de
d’autres raisons : destruction d’archives, etc. En outre, si le l’état civil faisant partie intégrante des statistiques dimo-
probkme tient B la validité de l’acte en raison d’une mise graphiques. La nature dynamique des statistiques de l’état
en cause de la v6racité et de la légalitk des données offkiel- civil tient non seulement à la possibilité de les établir au
lement enregistrkes et devant être divulguées sous la forme moment &I les événements interviennent et sont consignés,
d’un certificat, il sera nkessaire de corriger l’acte par les mais aussi au fait que les données de base nécessaires pour
voies judiciaires ou administratives appropriées. &Pondre aux besoins des organismes statistiques peuvent
77. La fonction juridique de l’enregistrement des faits varier. C’est là de toute évidence le principal avantage dé-
d’état civil ne s’arrête pas nécessairement avec la transposi- coulant du fait que les statistiques ne sont pas établies sur la
tion dans les registres, & partir des documents originaux, base des registres eux-mêmes mais des données qui sont
des événements enregistrables et leur stockage afin de ser- collectées au moment o& les événements d’état civil sont
vir de moyens de preuve offkiels et permanents de l’état ci- enregistrés ou consignés. Il est difficile pour un gouveme-
vil des individus. Dans certains cas, en fonction de la légis- ment aujourd’hui de planifier, mener à bien et évaluer. les
lation nationale du pays et dans une optique large du programmes de développement social et économique sans
systéme d’enregistrement, l’offkier de l’&at civil, dans son avoir accès à des statistiques de l’état civil continues. Les
r61e de certification, peut se voir attribuer d’autres pouvoirs recensements fournissent au mieux des estimations pkiodi-
juridiques lui permettant de participer à la création de cer- ques tous les dix ans et les enquêtes par échantillonnage ne
tains documents juridiques. Un cas typique est celui du ma- sont repnkentatives qu’au niveau national et pour de gran-
riage civil, pour lequel la plupart des pays autorisent les of- des régions. Les principales études démographiques qui
ficiers de Mat civil a v&ifier dans le fichier pertinent la peuvent être rkalisées sur la base de sta$stiques de l’état ci-
capacité des parties contractantes et & autoriser la célébra- vil, au niveau national et pour les régions et les localités, en
tion du mariage. De même, conformCment à la législation supposant toujours que les bonnes données sont collectées,
du pays, les offkiers locaux de 1’Btat civil peuvent se voir sont les suivantes :
attribuer divers pouvoirs, dans leur r6le de certification, a) Estimations démographiques : nombre d’habitants et
afin decontribuer B l’élaboration d’autres documents juridi- composition et distribution de la population, aux fins d’uti-
ques .fondés sur des déclarations d’intention, comme dans lisation dans les programmes concernant la santé publique,
les cas oh la reconnaissance de la filiation hors du mariage le logement, la main-d’œuvre, les transports, la production,
est autorisée si une déclaration expresse de la partie int&es- la distribution et l’échange de produits agricoles et de biens
sCe est officialisbe en présence de l’officier de l’état civil. de consommation;
En outre, compte tenu du lien inévitable entre l’acte de 6) Prévisions démographiques : nombre d’habitants et
naissance et l’enregistrement du nom du déclarant, l’identi- composition et distribution de la population à une date fu-
fication initiale étant ainsi l’une des données clés de l’acte ture, afin de déterminer les besoins en mat& de loge-
de naissance permettant d’individualiser et d’identifier l’en- ments, d’établissements scolaires, d’enseignants, d’hôpi-
fant, on considère comme une pratique raisonnable d’habi- taux, de personnel médical et paramédical, etc.

19
ST/ESASTAT/SER.F’/71

c) Etudes analytiques spéciales : analyse des situations nisme, ce qui évite des données contradictoires. L’objectif
et tendances concernant l’incidence absolue et relative des de l’enregistrement des faits d’étatcivil est donc de faciliter
causes des dé&, de la fécondite, de la nuptialité, de la lé- la collecte des données lors de l’enregistrement otide la sai-
gitimation, des adoptions, etc. sie par écrit des événements d’état civil enles consignant de
79. Le chapitre Il du pnkent Manuel examine certains deux manieres : premièrement, en préparant le document
des principaux avantages de l’enregistrement des faits d’état d’enregistrement, l’entrée dans le registre- ou l’acte d’état
civil, du point de vue du bon fonctionnement de la société, civil de chaque événement, ce qui sert l’objectif juridique
qui ont été analysés dans d’autres manuels, comme le Ma- de l’enregistrement, et deuxitmement en établissant le bul-
nuel des statistiques de l’état civil : aspects juridiques, or- letin statistique individuel correspondant il chaque acte
ganisationnels ettechniques, vol. 12. -1 d’État civil soumis B l’organisme compétent aux fins du
80. Outre sa fon@on juridique essentielle; l’enregistre- traitement statistique des données fournies par le- systéme
ment des faits d’état civil a été distingué comme une source d’enregistrement, ce qui permet un préfiltrage des données
irremplaçable pour la collecte de donnees pour les statisti- dont l’exactitude et la .véracité ont bté vérifi6es. Dans. le,
ques de l’état civil. Bien que d’autres moyens existent de systbme administratif modéie pour lès statistiques de l’ttat
rassembler les donnees ‘il des fins statistiques, tels le dénom- civil proposé au chapitre IV du présent Manuel, Ie service
brement (recensements et enquêtes), les ‘informations consi- de l’enregistrement des faits d’État civil me-participe. pas g la.
gnées dans le systeme d’enregistrement des faits d’état civil collecte de statistiques compte tenu de la complexité. du
constituent, de l’avis des Nations Unies, l’axe central du processus statistique, mais, en tant qu’organisme collecteur
systeme de statistiques de l’état civil d’un pays. Sur la base de donnees, est tenu de participer au filtrage.des données
de ce principe, lorsqu’un pays met en place ou réforme un rassemblées, l’une des principales fonctionsqui lui-est assi-
système d’enregistrement, il doit tirer parti de la possibilité gnée dans le cadre de sa fonction juridique, en s’efforçant
ainsi offerte de realiser les objectifs statistiques établis aux d’assurer l’intégrité et la qualité des entrees dans les regis+
niveaux national et local. A partir des données collectees tres, ce qui signifie nécessairement que les. informations
dans les registres de l’état civil au moment de la saisie de statistiques à fournirdans le cadre de la fonction d’enregis-
chacun des événements d’état civil soumis & l’enregistre- trement des faits d’état civil revêtent la même intégrité et
ment, des statistiques peuvent être établies sur les mouve- qualité. Avec la méthode de l’enregistrement, l’officier local.
ments naturels de la population - naissances, mariages et de l’état civil doit établir simultantmentun bulletin statisti-
décès, principaux événements d’état civil enregistres -ce que individuel pour chaque Cvenement d’&at civil enregis-
qui permet de planifier les programmes de développement tré et soumettre r&ulierement ces bulletins g l’organisme
économique et social du pays dans des domaines comme la qui établit les statistiques .de l’&at civil. La loi sur l’enregis-,
santé publique, le logement, le developpement urbain, la trement des faits d’état civil devrait expressément pr6voir
main-d’œuvre, les transports et les communications, l’édu;’ que les offkiers de. l’état civil sont tenus de soumettre pé-
cation, la protection sociale, les services, la culture, l’exer- riodiquement il l’organisme statistique concerné, et par les
cice des droits politiques, les obligations militaires, la con- voies administratives établies, les bulletins statistiques sur
sommation, les indices de fécondité, la structure sociale et les naissances, les mariages, les décès et les morts fœtales,
familiale, etc. Pour rkaiiser ces objectifs de planification; les divorces et les autres événementsenregistrables.
les bulletins statistiques doivent couvrir tous les édne-
ments d’état civil intervenus dans fa zone de I’enregistre-
ment durant la période couverte et fournir. les donnees né- 3.. FONCTION.DE COOPÉRATION
cessaires pour établir les statistiques nationales.
81. Un grand nombre des faits et actes juridiques 82. L’objectif partagé de tous les organismes qui font
qui sont au centre de l’enregistrement des faits d’état civil partie de l’adrnini&ation publique d’un pays.est de.servir.la
- événements d’état civil - étant identiques aux données population. De ce point de vue, l’enregistrement des faits
utilisées pour établir des statistiques de l’état civil, unités d’état Civil devrait aider les autres organismes à accomplir
statistiques, il est évident que l’un des objectifs fondamen- leurs tâches respectives. Il devrait en .conséquence être doté
taux des activités d’enregistrement devrait être de collecter des ressources humaines et matérielles nécessaires B cette
des données à des tins statistiques. Etant donné qu’il est fii. Sa coopération sera ainsi efficace‘et les informations
obligatoire d’enregistrer les événements d’état civil, il est qui seront fournies ne conduiront pas g deserreurs. Autre-
ainsi possible d’utiliser ces registres directement pour ras- ment diG,il importe d’assurer, premiérement, que lèsystéme
sembler les données nécessaires B l’accomplissement des d’enregistrement des faits d’état civil est armé pour r&liser
objectifs statistiques envisagés. Se servir B cette fin du ser- ses propres objectifs, notamment IYntégrité ef la qualité dès
vice public d’enregistrement des faits d’état civil évite un actes de naissance et de d6ces et des donnkes statistiques
chevauchement inutile et coûteux des activités que suppose qu’il collecte. S’il realise ces objectifs, l’enregistrement des
la collecte de données d’état civil g des fii de traitement faits d’état civil peut fournir des moyens de preuve pour at-’
statistique et rend cette collecte plus facile car les individus tester de l’âge, de l’état civil, des liens de parent& de la na-
sont obligés de s’enregistrer, les informations de base sont tionalité et de la date du déc& des individus et permettre
ainsi fournies en une seule fois - simultanément et généra- ainsi le fonctionnement eficace de services comme l’assu-
lement à un moment trés proche de celui ou l’év6nement rance sociale, la sécurite sociale, le recrutement militaire,
enregistrable est intervenu, ce qui assure l’exactitude et la les listes électorales, la protection sociale- et l’identification
véracité des informations fournies -et & un seul orga- civile, la délivrance de passeports, de visas, etc.

20
83. Son importante fonction de collecte des données à pas reconnu l’importance des fonctions qu’il exerce. Dans
des fins juridiques et statistiques implique qu’en tant le domaine administratif, structure et organisation vont tou-
qu’institution un service de l’enregistrement des faits d’état jours de pair. La prerniere est l’architecture organique de l’ins-
civil, adéquatement gtrk, constitue une source irremplaça- titution, qui lui donne sa forme et ses caractéristiques. La se-
ble des donnees de haute qualité, utiles à d’autres entités conde est la disposition systématique de ses éléments humains.
administratives et judiciaires pour la réalisation de leurs et matériels dont l’objectif est de permettre et de faciliter
propres objectifs, évitant ainsi des efforts administratifs fai- la transmission des instructions, requêtes et réponses. Les
sant double emploi dans le même domaine. Cette fonction deux, sont fondées sur deux principes de base : la division
de coopération est exercée par ie service d’enregistrement du travail et l’organisation hikrarchique des fonctions en r&ul-
des faits d’+%at civil en apportant la preuve de la réalité des. tant. Ce n’est qu’en adoptant une loi organique qu’un orga-
événements concernant l’état civil des individus. Pour en- nisme public peut être doté de sa propre structure.et orga-
courager une telle coopération, la loi et les mglements rela- nisation. Les lois de ce type prévoient toujours la méthode
tifs, à l’enregistrement des faits d’état civil devraient pré- de financement et l’organe qui administre I’Etat, c’est%-
voir I’obligation pour les systemes d’enregistrement des dire l’exécutif, est implicitement habilité à affecter Bl’orga-
faits d’état, civil de communiquer gratuitement aux orga- nisme son budget et a le doter de ressources en personnel et
nismes offkiels les données pouvant les intéresser conce& des autres ressources nécessaires pour fonctionner.
nant la bonne marche de leurs fonctions respectives - ser- 86. Il convient de souligner que le fait qu’un pays dis-
vice d’identification, prestations sociales, service militaire, pose d’un système d’enregistrement ne signifie pas néces;
établissement des listes électorales, procédures judiciaires, sairement qu’il dispose aussi d’un systéme de statistiques
etç. Ces données pourraient être consignées par le service de l’état civil ou que le système existant est complet pour ce
d’enregistrement en fonction des besoins de l’organisme qui est des données enregistrées. Que le systeme d’enregis;
demandeur : âge, sexe, nationalité, date de naissance, iden- trement soit centralisé ou décentralisé, l’Organisation des
tité, date du déc&, état civil, etc., soit sous la forme d’un Nations Unies estime qu’il convient d’adopter une organi-
seul document soit en délivrant des certificats individuali- sation statistique centralisée de façon à coordonner les dif-
sés, tout en respectant le principe de la protection’de la vie férents services statistiques du pays et à assurer ainsi que le
privée personnelle et familiale. En outre, même sans impo- systéme d’enregistrement et le systeme statistique fonction-
ser une demande préalable, la loi sur l’enregistrement des nent de façon effkace en fournissant des statistiques fon-
faits d’état civil pourrait établir,l’obligation de soumettre dées sur des concepts, définitions et classifications unifor-
periodiquement aux organismes offkiels toutes les données mes, de faGon a éviter les doubles emplois ou les omissions
prkédemment visées par la loi, les réglements et le direc- qui nuiraient aux conclusions statistiques. Le systeme privi-
teur général lui-même. légié dans le présent Munud est une organisation adminis-
84. Parall&lement à la fonction de coopération du ser- trative nationale, chargée de rassembler et de regrouper les
vice d’enregistrement, les organismes administratifs de tout statistiques nationales de I’état civil établies par des orga-
type, ainsi que les autorités judiciaires, devraient aussi prê- nismes dispersés et indépendants les uns des autres. Dans
ter aux systemes d’enregistrement des faits d’état civil la cette division administrative des responsabilités, la fonction
coopération dont ils ont besoin pour s’acquitter efficace- de collecte des données est assignée à l’enregistrement des
ment de leurs tâches. A cet égard, la loi sur l’enregistrement faits d’état civil et la tâche de rassemblement de données à
des faits d’état civil pourrait prévoir que les autorités judi- des fins statistiques est assignée à un organisme différent au
ciaires et administratives-chargees des questions concernant sein de l’administration centrale;le service national desta-
l’état civil et soumises à enregistrement soient officielle- tistique. Ces deux organismes publics devraient travailler
ment tenues de communiquer leurs décisions aux bureaux ensemble. Conformément à ce systeme centralisé, il est lar-
locaux d’enregistrement des-faits d’état civil ou sont établis gement recommandé, pour assurer la circulation des don-
les actes dont le contenu a maintenant changt; par exemple, nées entreles deux organismes, que les bureaux locaux de
une autorité judiciaire qui prononce un jugement, de di- l’enregistrement des faits- d’état civil renvoient périodique-
vorce, d’anaulation ou de séparation doit envoyer une copie ment des données statistiques sur tous les événements
authentifiée- de sa décision au bureau local de l’enregistre- .d’état civil enregistres à un organisme national responsa-
ment des faits d’État civil où le mariage en question a pré- ble d’établir et de publier les statistiques de l’état civil de
cédemment eu lieu, de façon que cela puisse être noté dans l’ensemble du pays. Les bureaux locaux d’enregistrement
le registre. Dans le même ordre d’idée, tout instrument pu- jouent ainsi exclusivement le r6le d’entités de collecte des
blic affectant l’état civil du déclarant - reconnaissance, lé- données et n’ont absolument rien à voir dans l’établisse-
gitimation, adoption ou restriction de la capacité, modifica- ment des statistiques.
tion des données d’enregistrement, modification du nom ou [
des pmnoms, etc. - doit être communiqué au registre de 87. Les avantages et les inconvénients de l’adoption
I’état civil par l’autorité comp&ente. d’un systéme d’enregistrement des faits d’état civil cen-
tralisé par rapport à un système décentralisé ont été exami-
J. - Structure et organisation nés dans d’autres études de l’Organisation des Nations
Unies et il a été recommandé que, dans les pays organisés
85. Dans nombre de pays, lknregistrement des faits d’état selon des lignes unitaires, l’enregistrement des faits d’état
civil n’a encore pas sa propre structure ni sa propre organi- civil revête la forme d’un organisme ayant les caractéristi-
sation, ce qui signifie que les gouvernements en cause n’ont ques suivantes, identiques à celles utilisées comme point de
ST/JZSASTAT/SER.F/71

départ dans 1’6laboration du cadre juridique présent6 dans constaté, lorsqu’on a ,effectivement attribué ces fonctions à
le present Manuel : ces institutions, que cela ne fonctionnait pas de façon satis-
a) L’organisme devrait avoir une envergure nationale, faisante car il ne pouvait y avoir de progres techniques de la
car ses activités devraient en théorie et en pratique couvrir fonction d’enregistrement d’état civil, ces institutions consi-
l’ensemble du territoire et l’ensemble de la population du derant cette fonction comme une tâche secondaire, confiée
pays, de 1’Etat ou de la province, selon le cas; à des agents ayant d’autres tâches A réaliser dans le même
b) Tout en pouvant être rattaché A un ministère, il de- temps. Les raisons budgétaires généralement invoquées ne
vrait être indépendant de tout autre organisme au même ni- sont pas valables, car, s’il est bien géré; un systéme d’enre-
veau d’administration; gistrement des faits d’état civil est une institution qui peut
c) Il devrait être administre de façon centralisée, c’est- couvrir l’int6gralité de ses dépenses de fonctionnement
klire qu’un organe central devrait diriger, orienter et sur- grke aux .fonds qu’il collecte. Bien qu’i1 soit souhaitable
veiller la bonne execution de ses fonctions; que l’enregistrement des faits d’État civil soit confié a des
d) Il devrait dans le même temps être fonctionnellement organismes relevant directement de ~I’administration et régis
decentralis6, c’est-a-dire que l’enregistrement des évene- par les principes d’une chaîne de commandement hiérarchi-
ments et actes qui sont à la base de l’état civil et des don- que et de l’autonomie d’organisation qui conduisent génera-
nees statistiques correspondantes devrait être realisé direc- lement à plus d’efficience et plus d’uniformité, les-possibi-
tement et exclusivement dans les bureaux locaux situés en lités et avantages qui peuvent parfois-resulter des options
des points commodes et stratégiques du territoire; cela si- mentionnées’ prkédemment ne devraient pas être négliges
gnifïe que l’ensemble du territoire national devrait être dans la mesure ou ils supposent le rattachement A une infia-
divisé en zones à des fi d’enregistrement des faits d’etat structure du pays qui fonctionne d6jà. Cette pratique est
civil. En régie gtnérale, on a initialement utilisé les divi- courante dans les pays ou le service d’enregistrement est
sions politiques ou administratives établies B d’autres fins et déjà organisé sur la base de la structure fonctionnelle et
ces subdivisions ont ensuite été baptisées « zones d’enregis- géographique de ses organismes, qui, outre leurs propres
trement ». Il a parfois été necessaire de faire des ajuste- missions, se sont vu confier par la loi la fonction d’enregis-
ments, soit en regroupant deux ou plusieurs de ces subdivi- trement. La prise de conscience de l’importance de cette
sions en une seule zone soit en les subdivisant en deux ou fonction dépendra dans une large mésnre du poidsque ies
plusieurs zones; autorités responsables dans chaque pays attachent A son-rôle
e) Les actes devraient être établis en double de façon dans le système judiciaire; I’Etat devrait prendre les mesu-
qu’un fichier local et un fichier central puissent être crkés, res nécessaires pour faire en sorte que ces organismes ac-
que les actes soient établis à la main ou sur ordinateur, ce quiérent les compétences specialisees nécessaires a cette tâ-
qui ameliore la sécurit6 et l’effkience du service fourni a la che, qui’ ne doit pas être considérée comme une tâche
communaute; et subalterne mais comme une tâche compltmentaire ii celles
fi Dans les pays ayant une organisation fédérale, ces ca- qu’ils Alisent dejà. Dans ces cas, la 16gislation sur l’enre-
ract&istiques pourraient être adaptées à chaque Etat, pro- gistrement devra être concertée avec les regles applicables
vince, etc., couvertes par une loi sur l’enregistrement des aux fonctions déjà attribuées aux organismes à qui est en
faits d’état civil. outre confiee la fonction d’enregistrement. Par exemple, si
88. Lorsqu’un Etat repose sur la séparation des pou- l’enregistrement des faits d’état civil dépend des organes ju-
voirs et sur une structure planifiée des organismes et fonc- diciaires, la loi reglemcntant l’organisation et le fonctionne-
tions, l’administration publique;en tant qu’instrument orga- ment du judiciaire devrait expressément confier aux tribu-
nisationnel creé pour servir la communaute, repond à de naux la fonction d’enregistrement, en tant que, fonction
larges intérêts et, dans le domaine de l’enregistrement, ac- distincte de leur fonction judiciaire. La spécialisation et la
complit des objectifs sp&Siques qui, conformement aux formation nécessaires des juges et des représentants de la
principes pr&n% par l’Organisation des Nations Unies, trou- loi dans le domaine de l’enregistrement devraient être
vent leur expression dans l’attribution de deux fonctions alors organisees à la fois par le judiciaire et lkdministration
fondamentales A l’enregistrement des faits d’ttat civil : une elle-même, car des institutions indépendantes de L’adminis-
fonction juridique et une fonction statistique, outre la fonc- tration s’occuperaient essentiellement de fonctions adminis-
tion de cooperation avec d’autres organismes. Les tâches tratives. Lorsqu’un pays met en place un service d?enregis-
administratives liées A la fonction d’enregistrement peuvent trement pour la premiére fois, il sera de toute bvidence tenté
être confiées aux organes administratifs eux-mêmes e& d’ajouter 1a fonction d’enregistrement a d’autres fonctions
dans ce cas, l’enregistrement des faits d’état civil sera un confiées 8 d’autres organismes qui ont déja leur propre
organisme faisant partie intégrante de l’administration pu- structure et organisation - bureaux de notaire, tribunaux,
blique; Btant donné que son domaine d’action spécialisé re- conseils municipaux -ce qui diminuera les coûts de dé-
18ve du droit ptive, il semble logique que le Ministére de la marrage en termes de personnel et de ressourcesen matk-
justice assume la gestion globale du service. riels nécessaires pour s’acquitter du travail d’enregistrement
89. Malgré les remarques formulees sur l’autonomie du avec le maximum de garanties. L’option consistant à confi-
service, la fonction d’enregistrement peut aussi être attri- ner le service d’enregistrement à d’autres institutions peut
buee B des institutions chargees d’autres fonctions en vertu avoir ses avantages, sans que cela n’exclue la possibilité
de la constitution ou de la loi : bureaux des notaires, tribu- d’un autofinancement de l’enregistrement des faits d’état
naux, services municipawr, services sociaux, etc. On a civil.

22
ST/ESA/STAT/SER.F/71

1. DIRECTION DEL'ENREGISTREMENT gies dans les bureaux d’enregistrement; k) le pouvoir de


DESFAITSD'ÉTATCIVIL conclure des accords interinstitutionnels avec d’autres orga-
nismes publics pour 1’6change d’informations; r) la respon-
90. L’organisation fonctionnelle de l’em-egistrcment des sabilité de la sauvegarde et de la préservation des archives
faits d’état civil devrait couvrir uniformément l’ensemble d’enregistrement, assurant leur sécurité et la confidentialité
du territoire d’un pays et devrait donc dans l’idéal avoir des actes qu’elles contiennent; m) le pouvoir d’établir les li-
une envergure nationale. Dans les pays ik structure fédérale, mites territoriales de chaque bureau local d’enregistrement
elle devrait relever exclusivement de 1’Etat dans la mesure des faits d’état civil; n) le pouvoir de mettre en place des
oh l’activité d’enregistrement concerne la gestion des regis- unités secondaires d’enregistrement d’état civil pour faire
tres et instruments publics couverts par le droit privé de face à des circonstances concurrentes particuliéres, en déli-
la famille. Compte tenu du caract&re civil des questions mitant nettement leur compétence juridictionnelle; et o) la
d’enregistrement, il semblerait souhaitable que l’enrcgistre- promotion de programmes de formation pour le personnel
ment des faits d’état civil rekve du Minist&re de la justice chargé des bureaux d’enregistrement, etc. ..
- dans certains pays, il reléve du Ministère de l’intérieur 92. Dans l’exercice de ses fonctions, le directeur géné-
ou semble être lié au Département de la santé publique - ral sera assisté de cadres techniques qualifiés dans le do-
qui agira dans ce domaine par l’intermédiaire d’une direc- maine juridique, leur nombre et leur organisation dépendant
tion de I’&at civil, organe central du service, responsable des besoins du service. Les domaines de comp&ence.pour
de la gestion de toutes les questions relatives ti l’enmgistre- ce qui est de l’activité d’enregistrement peuvent être rkpar-
ment des faits d’état civil et ayant g sa tête un directeur tis comme suit : section de la gestion des ressources maté-
général, devant posseder de larges connaissances du droit rielles et en personnel; section des incidents, requêtes et
privé; le directeur g&&al devra au moins être un juriste ex- rapports; section de l’inspection; section du personnel; sec-
pkimenté. La loi sur l’enregistrement des faits d’état civil tion de la formation continue; section de la gestion finan-
definira les rcsponsabilitbs de la direction dans le domaine cière; section juridique; section statistique, etc. Ces diffé-
de l’enregistrement, ainsi que les modal& de nomination rentes sections devraient faire partie intégrante du service,
du directeur g6néra1, sa situation personnelle et les respon- rendant compte techniquement et administrativement au bu-
sabilites qui lui seront affectées en ce qui concerne le ser- reau du directeur général. La loi sur l’enregistrement des
vice d’enregistrement. faits d’État civil précisera en conséquence les organes tech-
91. En tant que centre de gestion, et conformément aux niques qui devront constituer la direction, en prévoyant tou-
dispositions de la Mgislation en vigueur (principe selon le- tefois la possibilité de se n5férer aux réglements pertinents
quel tous les actes de I’admiistration sont assujettis à la sur l’organisation et le fonctionnement de la direction et
loi), le bureau. du directeur gén&al sera l’organe chargé de aux déckions de celle-ci concernant la structure, les fonc-
l’application de la législation sur l’enregistrement aux ques- tions et les compétences de ces unités techniques. Les tmi-
tions relatives au droit privé et habilite à accréditer les do- tés constituant la direction n’empêchent pas le directeur
cuments publics. Dans cette optique, le directeur gén&al se général de rechercher des avis àuprès d’experts extkkurs
verra confier par la loi certaines responsabilités visant B qu’il juge particulièrement qualifiés dans certains domai-
l’accomplissement des objectifs du service d’enregistre- nes. Outre les unités techniques, il sera nécessaire de do-
ment et du service statistique du pays, notamment : a) la ter le centre de gestion du personnel d’appui administratif
gestion et l’inspection du service d’enregistrement; b) le voulu, qui rclévera directement de la direction pour ce qui
traitement de tous les incidents et de toutes les requêtes des règles de sélection, des règles administratives et des rè-
auxquels peuvent donner lieu l’application et l’exécution de gles disciplinaires et qui sera chargé de l’aspect matériel
la loi sur l’enregistrement; c) la participation à la redaction des activités de gestion : traitement des appels, incidents,
de tous les projets de-loi @Gminaires et des régies annexes documentation, etc.
qui intéressent les questions relevant de sa competence;
d) le choix du personnel employe par le service d’enregis- 2. ARCHIVESCEN~ALES
trement des faits d’état civil et l’élaboration du mglement .-
du personnel; e) la gestion des ressources en personnel ‘et 93. Sous la direction du directeur général, le service
des ressources matérielles necessaires pour gérer le service d’enregistrement comportera egalement un autre organe
d’enregistrement;f) l’examen de toutes les procedures d’ap- centralisé connu sous le nom d’archives centrales, dont la
pel pouvant être lancées dans le domaine de l’enregistre- compétence S’étendra sur l’ensemble du territoire national.
ment par les parties intéressées; ‘g) la prkparation des ins- Suivant le volume du travail et les domaines de compétence
tructions générales sur le fonctionnement et l’organisation qui lui seront assignés, cet organisme sera dirigé par un ou
de l’enregistrement des faits d’état civil; h) l’évaluation du. plusieurs officiers de l’état civil, ayant le même rang et sans
degré de couverture du systbme d’enregistrement; i) la pro- supériorité hiérarchique de l’un sur l’autre. Lorsque plu-
motion de programmes d’information publique sur les be- sieurs offkiers de l’état civil sont responsables des services
soins et procédures d’enregistrement et sur les avantages de assures par les archives centrales, c’est au directeur géneml
l’enregistrement pour les individus et la sociéte; J) la capa- qu’il appartiendra d’établir la division interne des tiches.
cite de mettre en œuvre de nouvelles technologies dans le Les domaines de compétence de cet organisme devraient
systéme d’enregistrement des faits d’état civil afin d’opti- être clairement définis dans la loi sur l’enregistrement ,des
miser son efficience, en fournissant les ressources matériel- faits d’état civil. La principale fonction des archives centra-
les et en personnel nécessaires pour utiliser ces techuolo- les est de chier un registre centralisé des faits d’état civil

23
STIESASTAT/SER.F/71

pour stocker toutes les données consignées dans les diffé- chargé des archives centrales, qui se trouvera ainsi sur un
rents registres locaux sur l’ensemble du territoire national. pied d’égalité avec les officiers locaux de l’état civil pour ce
A cette fin, chaque acte dressé dans les registres locaux doit qui est de la possibilité de vérifier l’exactitude, la véracité et la
être établi en double exemplaire de façon que l’une des co- légalité des données enregistrées. La division et l’organisa-
pies originales puisse être envoyée aux archives centrales, tion des archives centrales seraient arrêtées en fonction des
oh elle sera stockée conformément à l’organisation interne responsabilités attribuées et du volume des actes établis sur
établie pour le bureau de l’enregistrement - naissance, le territoire national, sa fonction primaire, ainsi que du
mariage, divorce et décès - et à la division geographique nombre de naturalisations enregistrées dans le pays et le
du bureau d’enregistrement - unités territoriales, provin- nombre de ressortissants n5sidents à l’étranger, pour le cas
ces, districts municipaux, bureaux locaux, types d’enregis- où les responsabilités couvrent ces deux domaines.
trement. Les archives doivent donc être maintenues à jour et
complétes. L’établissement de doubles et la centralisation 3. BUREAUXLOCAUXDEL'ENREGI~TREMCNT
sont des éléments déterminants de la sécurité de la docu- DESFAITSD'ÉTATCIVIL
mentation et de la fourniture d’un service public dynamique
qui est une nécessité compte tenu de la mobilité de la popu- 95. Le mécanisme de centralisation dans des archives
lation; en outre, ils contribuent de façon décisive à l’infor- nationales, avec les avantages que repn5sente le stockage
matisation ultérieure du service d’enregistrement. Ces ar- des données en un même endroit pour ce qui est de la faci-
chives centrales devront revêtir un caractère dynamique; lité de recherche et de la divulgation des actes, de la sé-
c’est-àdire qu’elles devront être continuellement mises à curité et de la préservation des documents, de l’introduction
jour eu égard aux annotations complémentaires portées intérieure de procédures informatisées et de meilleures pos-
dans les actes par les officiers locaux de l’état civil, afin de sibilités de formation du personnel et de gestion des res-
s’assurer qu’elles sont totalement et exactement compati- sources matérielles, devrait de toute évidence être associe à
bles avec les archives locales. Le domaine de competence un dispositif visant à permettre à la population d’accéder ra-
de l’officier de l’état civil chargé des archives centrales ne pidement à l’enregistrement des faits d’état civil et à assurer
doit pas être limité B la reception, au classement et a la sau- la notification prompte et immédiate des événements enre-
vegarde des doubles envoyés par les bureaux locaux de l’en- gistrables, ce qui permet de disposer de données plus sûres
registrement et à la délivrance de certificats fondés sur les et plus exactes. Conjugués, ces facteurs signifient que quel
rapports qu’il reçoit. Il devrait avoir les mêmes tâches que que soit le type d’administration nationale établie, l’activité
celles attribuées aux officiers locaux de l’état civil en cc qui d’enregistrement devrait être décentralisée au moyen de bu-
concerne la vérification et la validation légales des données reaux locaux, même là où les avantages représentés par un
enregistrables, ainsi que la cr6ation de documents d’état ci- systéme délocalisé sont annulés par les inconvénients liés à
vil. La fonction des archives centrales ne devrait donc pas la difficulté de doter en personnel et en matériel un grand
être limitée 8 la simple r&ption des domrtes et à la déli- nombre de bureaux locaux. Les bureaux locaux d’état civil,
vrance de certificats d’enregistrement. dans leur domaine de compétence géographique, c’est-à-
94. Eu égard zl la portee des fonctions attribuées aux ar- dire les zones primaires d’enregistrement, opérent confor-
chives centrales dans la loi sur l’enregistrement des faits mtment aux principes des divisions géographiques, c’est-à-
d’état civil, cet organisme peut assurer le lien nécessaire en- dire qu’ils couvriront tous les événements d’état civil
tre les consuls et les actes de l’état civil établis à l’étranger touchant l’ensemble des habitants du pays sur le territoire
en ce qui concerne des nationaux du pays. Les consuls peu- national, en fonction des zones établies pour repondre. aux
vent envoyer directement aux archives centrales pour stoc- caractéristiques particulières de la population de chaque ré-
kage les actes consulaires établis, ou les données nécessai- gion. En effet, les événements d’état civil sont enregistrés
res pour les établir, suivant les responsabilitts qui ont été sur la base du heu où ils interviennent et peuvent concerner
attribuees au service consulaire du pays en matière d’enre- des non-nationaux ainsi que sur la base du principe de la
gistrement. Cela permettrait de ‘centraliser tous les actes personnalité juridique, c’est-à-dire qu’ils couvrent tous les
d’état civil concernant les nationaux qui interviennent à ressortissants du pays meme si ceux-ci ne sont pas sur le
l’étranger, ce qui 4 son tour résoudrait le probleme de la territoire national. En établissant les districts géographiques
compétence territoriale en matiére d’enregistrement et sim- qui définissent les limites de compétences des bureaux lo-
plifierait les recherches ultérieures. En outre, dans le cas ou caux de laenre$strement des faits d’état civil et garantissent
le systtme d’enregistrement des faits d’état civil du pays est que l’attention voulue est accordée à la mise en place d’un
responsable de tout ce qui touche a la nationalité, les archi- registre complet et efficace, il faut tenir compte à la fois du
ves centrales pourraient être l’organisme idéal pour établir nombre d’habitants dans chaque zone et de la distance
les actes correspondants de naturalisation dans les cas pré- moyenne que devront parcourir les citoyens pour avoir ac-
vus par la législation interieure ordinaire concernant l’ac- ces au registre, compte tenu des caractéristiques géographi-
quisition de la nationalité, constituant ainsi un registre cen- ques du pays et des moyens de communication existants.
tralisé sur les étrangers naturalisés. Attribuer aux archives L’évaluation de ces facteurs implique nécessairement le ré-
centrales ces deux fonctions- centralisation des données examen du statu quo avant que la loi sur l’enregistrement
sur les événements affectant les ressortissants à l’étranger des faits d’état civil ne soit adoptée compte non tenu des
et envoyées par le service consulaire et centralisation des besoins r6els du point de vue de la taille de la population
données sur les étrangers naturalisés - implique l’élargisse- dans chaque zone et de toutes les caracteristiques physi-
ment des responsabilités confites a l’officier de l’état civil ques particulières de chaque district gtographique, qui au-

24
ST/ESAfSTAT/SERFl71

ront certainement une incidence sur la façon dont le terri- blir les dispositifs nécessaires pour assurer le remplacement
toire est divisé. D’autres facteurs peuvent être pris en de l’agent en question s’il n’est pas en mesure de travailler
compte pour déterminer le nombre de bureaux locaux, y pour des raisons de maladie, congé, etc. Pour résoudre ce
compris la disponibilité en ressources materielles et humai- probltme, il est souhaitable, chaque fois que possible, que
nes, la formation du personnel chargé des registres, le niveau les divisions territoriales adoptees comptent au moins deux
d’instruction de la population, la simplicité des procédures bureaux locaux afin de permettre la substitution d’agents
d’enregistrement, etc. L’établissement de bureaux locaux également qualifiés, ayant le même champ de compétence
ainsi que leur nombre et leur emplacement constituent des et les mêmes obligations en matiere de notification, et éga-
décisions importantes pour le fonctionnement efficient du lement d’assurer une répartition des tâches dans les zones
systéme d’enregistrement des faits d’état civil dans son en- les plus peuplées où le nombre d’enregistrements est le plus
semble. La décision adoptée dépendra donc des besoins de nombreux.. Lorsqu’une telle organisation n’est pas possible,
la population et de la nécessité d’assurer un service public c’est l’officier légal du bureau le plus proche qui devra as-
tres actif et efficace qui permettra de réaliser l’objectif de la surer la vacance. En outre, c’est au directeur général qu’il
creation d’un systeme d’enregistrement des faits d’état civil appartiendra, en fonction de la taille de la population dans
aussi complet que possible. La répartition de la fonction certains centres urbains, et pour faciliter le travail, d’établir
d’enregistrement coïncidera g&%alement avec les divisions plusieurs bureaux locaux afin de fournir un service d’enre-
politiques et administratives déjà en place dans le pays, sans gistrement du même groupe de population, divisé à des fins
que cela empêche de donner à chaque bureau d’enregistre- juridictionnelles en districts ou zones d’enregistrement. Si
ment sa propre zone de compétence géographique, et c’est l’on souhaite éviter une trop grande dispersion des donnees
au directeur général qu’il appartiendra de le faire. d’enregistrement relatives au même groupe, une autre op-
96. Quelle que soit l’approche utilisée pour décider des tion pourrait être de créer un seul bureau local couvrant
zones géographiques, lorsque des bureaux d’enregistrement l’ensemble du noyau urbain et de confier sa gestion A plu-
locaux ne peuvent être établis en raison du manque de per- sieurs officiers locaux de l’état civil dans le cadre d’un ar-
sonnel et lorsque des zones ne sont pas couvertes, car la di- rangement interne de partage des tâches établi par le direc-
vision adoptee couvre une trop large région et les difficultés teur général eu égard aux besoins du service.
de communication empêchent un accès facile au bureau
d’enregistrement le plus proche, la loi sur l’enregistrement 4. C~FFNZIERL~~ALDEL>ÉTATCML
d’état civii peut prévoir l’établissement de succursales de
façon que la population touchée n’ait pas r# voyager. L’éta- 98. L’officier local de l’état civil est l’agent autorisé par
blissement et la gestion de ces succursales chargées de la loi à consigner les événements d’état civil intervenant
l’établissement des actes les plus coumnts constituent des dans sa juridiction et investi de l’autorite juridique de l’ad-
fonctions supplémentaires attribuées au directeur général ministration centrale du système d’enregistrement des faits
dans l’exercice de ses fonctions d’enregistrement, lequel d’état civil. Etant donné que les pratiques varient suivant les
peut tenir compte aussi de questions d’opportunité dans des pays, il a aussi été recommande que l’officier local de l’état
circonstances particuliéres. Ces zones d’enregistrement civil soit employé il plein temps, soit doté du même statut
sont appelées unités d’enregistrement secondaires. Des uni- que les fonctionnaires employés par l’administration publi-
tes d’enregistrement secondaires peuvent être établies, par que et soit convenablement mmunéré. Pour determiner le
exemple, dans les hôpitaux, à condition que les limites de domaine de compétence des officiers locaux, la loi sur l’en-
compétence soient nettement définies. Dans des cas excep- registrement des faits d’état civil devrait défiir clairement
tionnels, des dispositions peuvent être aussi prises pour la les tâches à réaliser concernant le service d’enregistrement,
mise en place de bureaux d’enregistrement mobiles, qui en faisant référence aux principes de la division géographi-
permettront plus facilement d’enregistrer les événements que et de la personnalité juridique qui d&ïnissent leur com-
d’état civil qui interviennent dans des emplacements très pétence dans les divisions territoriales qui leur ont éte attri-
éloignés des bureaux locaux. buées. Il n’est pas jugé souhaitable d’avoir des officiers
97. Un systéme de stockage central des données fondé locaux de rang inférieur, c’est-a-dire des agents ayant des
sur l’établissement des .doubles envoyés aux archives cen- compétences restreintes en termes de tâche d’enregistre-
trales et fonctionnant parallélement B un grand nombre de ment, car cette division des responsabilitbs generait et com-
bureaux locaux de l’enregistrement des faits d’état civil est pliquerait inutilement la fonction d’enregistrement en &a-
considtré comme l’organisation la plus souhaitable pour ce blissant une hiérarchie. Même dans les cas ou les bureaux
qui est des objectifs recherchés, car elle permet de rétablir d’enregistrement sont gérés comme des unités d’enregistre-
l’équilibre nécessaire entre les avantages et les inconvé- ment secondaires, les personnes qui en ont la charge de-
nients de systemes d’enregistrement entiérement fondés sur vraient avoir des responsabilit& identiques à celles athi-
la centralisation ou reposant exclusivement sur la décentra- buées par la loi aux officiers locaux de l’état civil chargés
lisation. La loi sur l’enregistrement des faits d’état civil éta- de leur propre division territoriale, qui sont rattachés hiérar-
blira le règlement applicable aux officiers locaux de l’état chiquement au seul directeur général.
civil afin d’assurer qu’ils aient la formation technique re- 99. Les tâches suivantes seront attribuées aux offkiers
quise en droit, ainsi que les dispositions voulues en cas de de l’état civil pour ce qui est du service d’enregistrement :
remplacement, de conflit de tâches ainsi que de durée des u) établir les actes primaires de naissance, de mariage, de
nominations. Les bureaux locaux sont géms par une seule dé& et de divorce et les authentifier avec leur signature,
personne dans la plupart des pays; il faut donc veiller à éta- b) apposer et signer toutes les annotations complémentaires

25
ST/ESASTAT/SER.F/71

pertinentes : adoptions, reconnaissances de filiation, déci- sable que l’officier local de l’état civil soit en mesure de
sion des tribunaux concernant la filiation, légitimations, an- porter un jugement juridique critique sur la question.. Sur la
nulations de mariage, séparations judiciaires, restrictions ou foi de cette stricte évaluation juridique concernant les évé-
modifications de la capacité d’agir, etc., afin d’assurer l’in- nements enregistrables, l’officier local de l’état civil sera
tégrité du registre; c) vérifier la capacité d’agir des. parties habilité A accepter ou refuser l’enregistrement, alors que
contractantes et célébrer des mariages civils; d) stocker et l’individu aura, en cas de refus, le droit légitime de faim ap-
maintenir en sécurité les documents qui leur sont confiés; pel auprés de la direction, qui est l’organe compétent pour
e) établir les bulletins statistiques fondés sur les actes de statuer sur les ‘appels pr&sentés dans le cadre des procédures
l’état civil et les communiquer aux organismes compétents ‘d’enregistrement jusqu’a épuisement. L’administration reste
pour analyse, compilation et divulgation ultérieures;J déli- ‘cependant assujettie à la loi car tout individu a la possibilité
vrer, en tant que fonction essentielle inhérente à leur r6le de de faire appel devant les tribunaux ordinaires pour obtenir
certification, des expéditions ou extraits des actes insérés une décision sur le droit refusé à l’enregistrement. Si ce
dans le registre local dont ils ont la charge, en prenant les pouvoir de procéder à une évaluation ne faisait pas partie
mesures nécessaires pour assurer le respect de la vie privée des pouvoirs conférés à un officier de Mat civil dans l’exé-
des personnes concernées; g) envoyer périodiquement aux cution de ses tâches, l’ensemble du processus d’enregistre-
archives centrales des doubles de chacun des actes primai- ment deviendrait extrêmement complexe car l’officier de
res ou des annotations complémentaires figurant dans le re- l’état civil devrait consulter la direction dans tous les cas ou
gistre local, aux intervalles fixés par la loi sur l’enregistre- il a un doute. La contrepartie de L’attribution de ces larges
ment des faits d’état civil ou les règlements y afférents; pouvoirs aux officiers locaux de l’état civil est que ceux-ci
h) se conformer aux instructions de la direction concernant ont nécessairement des responsabilités correspondantes
l’organisation et le fonctionnement du service d’enregistre- dans la malisation de leurs tâches et qu’un systéme d’ins-
ment; f) informer le public qu’il est A la fois obligatoire et pections et de pénalités doit être établi pour les cas où il est
dans son intérêt d’enregistrer les événements d’état civil prouvé, d’apms les piéces fïgurant dans le dossier adminis-
afin de pouvoir exercer ses droits et l’informer des procédu- tratif pertinent, que l’officier de l’état civil ne s’est pas ac-
res à suivre; et j) assurer l’établissement des bulletins statis- quitté de ses tâches d’enregistrement, sans parler des res-
tiques individuels correspondants A chaque événement d’état ponsabilités pénales qu’il peut avoir encouru dans
civil enregistre et envoyer régulièrement ces bulletins à l’or- l’exercice de ses fonctions.
ganisme responsable de l’établissement des statistiques de 102. Bien que les officiers locaux de l’état civil soient
l’état civil aux niveaux national ou régional. investis de larges pouvoirs en ce qui concerne l’examen et
100. La fonction d’enregistrement devant être envisa- la vérification des déclarations et documents utilisés
gée dans une large optique, lorsque des plans sont élaborés comme base de l’établissement des actes de l’état civil des
pour introduire un système d’enregistrement ou améliorer le individus, leur r61e de certification peut de toute évidence
systeme existant, l’officier de l’état civil devrait être investi ne garantir que la légalité extrinsèque de l’acte- célébra-
de larges pouvoirs afin d’être en mesure d’assurer l’exacti- tion d’un mariage civil, déclaration de reconnaissance d’une
tude, la véracité et la conformité aux lois en vigueur du re- filiation, déclarations concernant les naissances ou les dé-
gistre d’état civil et de permettre à celui-ci de réaliser ses cès prononcés par ceux tenus par la Toi de le faire ou par des
objectifs juridiques et statistiques, notamment en ce qui témoins dans des cas ou les certificats médicaux sont dispo-
concerne la délivrance de certificats des actes d’emegistre- nibles, etc. -mais pas la veracité des déclarations elles-
ment. Ce qui garantit à l’enregistrement des faits d’état civil mêmes. En outre, pour ce qui est de l’obligation d’exami-
sa valeur de preuve dans le modèle d’enregistrement que ner, dans la mesure du possible, la capacité et l’identité des
nous avons considéré comme idéal, le distinguant d’une ap- déclarants et la question de savoir si l’acte est conforme A la
proche limitée au seul stockage de données non vérifiées, legislation nationale, aux fins de l’enregistrement des seuls
c’est précisément le fait que les officiers locaux de l’état ci- actes légalement valides, les officiers de Mat civil ne peu-
vil ont à la fois le pouvoir et le devoir de vérifier la validité vent être tenus responsables de la fraude commise par des
du point de vue juridique des événements et des actes enre- individus qui se prévalent de fausses identités ou présentent
gistrables avant de les consigner. Dans cette optique, et pour des documents falsifiés ou irréguliers. C’est. aux tribunaux
faciliter les procédures d’enregistrement, les officiers lo- qu’il appartiendra, conformément A la classification des dé-
caux de l’état civil doivent être habilités A vérifier l’identité lits dans la législation nationale à la rubrique pr&sentation
.des déclarants, ainsi que l’exactitude des déclarations et do- d’un document public falsifié, de décider qu’une fraude a
cuments soumis au bureau d’enregistrement aux fins de été commise et de punir le délit, auquel cas la décision pé-
l’établissement des actes, en réalisant, dans les délais auto- nale finale servira de document public faisant foi pour cor-
.risés par la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil ou riger l’acte établi sur la base d’une déclaration ou d’une ac-
par les rt%glements y afférents, les recherches plus approfon- tivité jugée frauduleuse. En revanche, dans les cas où il n’y
dies qu’ils jugent nécessaires pour completer ou vérifier les a pas de responsabilité pénale, l’acte peut aussi être déclaré
données notifiées. Ils peuvent $ cette fin rechercher l’assis- légalement nul en suivant les dispositions appropriées; par
tance d’autres autorités et organismes administratifs, qui exemple, lorsqu’un tribunal prononce, I’annulation d’un ma-
doivent être tenus de coopérer avec le service d’enregistre- riage célébré et consigné dans le. registre, pour une raison
ment des faits d’état civil. prévue dans la législation du pays, cette décision.peut cons-
101. Pour ce qui est de la question de savoir si l’acte a tituer un document public faisant foi pour annuler l’inscrip-
enregistrer est conforme aux lois en vigueur, il est indispen- tion dans le registre relative au mariageannulé. Dans un cas

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ST/ESA/STAT/SER.IWl

comme dans l’autre, il ne faut pas perdre de vue que, tant prévus par la loi. Dans le même objectif de simplification
que l’acte certifié n’est pas rt%usé et que l’inscription fon- des procédures bureaucratiques, le principe de communica-
dee sur les données falsifiées n’a pas été modifiée ou annu- tion officielle directe devra être établi entre les divers bu-
lée, la force probatoire de l’acte de l’état civil reposant sur reaux locaux, de façon que les données nécessaires pour in-
la presomption de l’exactitude, de la véracite et de la Iéga- tégrer les differents actes puissent être transmises; le même
lit& qui garantissent la confiance du public dans le registre, principe de communication directe vaut aussi pour les ar-
restera pleine et entiére. Nous avons fait reférence jusqu’ici, chives centrales, à qui doivent être transmis les doubles des
bien évidemment, aux cas de fraude non imputablesà I’of- actes établis dans chaque bureau local. Compte tenu de
ficier de l’état civil ou aux agents chargés de l’enregistre- l’importance que revêt l’attribution du pouvoir de corriger
ment des faits d’état civil; dans les autres cas, toutefois, ces les actes de l’ttat civil à l’officier de l’état civil du bureau
conduites donneraient heu, le cas éch&mt, aux sanctions pB- ou est situé l’acte à modifier, il est justifié de consacrer un
nales ou administratives correspondantes. paragraphe distinct à cette question.
103. En conclusion, il ne faut pas oublier que les pays
sont, de plus en plus inquiets de l’incidence croissante des 5. SERVICESCONSULAIRES
fraudes dans le domaine de l’état civil, commises par les in-
dividus et concernant surtout la célébration de mariages dits 105. Une mention expresse doit être faite du service
de convenance afin d’acquérir la nationalite de certains consulaire du pays et de ses liens importants avec les événe-
pays ou d’obtenir des permis d’ent.t%e et de séjour, le risque ments et actes juridiques qui intéressent les nationaux vi-
existe aussi de fausses reconnaissances de filiation afin de vant ou voyageant parfois à l’&ranger. Etant donne que le
conférer la nationalité à la personne reconnue ou de faciliter modèle d’enregistrement adopté est fondé sur le principe de
la reconstitution des familles afin de tirer parti des pr%fé- la personnalité juridique en tant que critere d’enregistre-
rentes accordées dans ce cas en matière de permis d’entrée ment, rendant obligatoire l’enregistrement des naissances,
et de séjour; les autres cas de fraude qui ont et6 découverts mariages et dé& des ressortissants survenant à l’&ranger,
impliquent des changements dans l’identité des individus. il est de toute évidence dans l’intérêt public et privé d’eta-
Le fait que les différents types de fraude en mat& d’enre- blir des tiglementations adaptées pour couvrir le travail
gistrement consistent essentiellement en la prr%entation de consulaire concernant la fonction d’enregistrement. Dans
fausses dMuations à l’officier de l’état civil par les parties certains pays, la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil
concernees ou en la soumission de documents falsifiés ou dorme aux consuls des tâches identiques à ceux des ofi-
irréguliers constitue une raison supplementaire en faveur de tiers locaux de l’état civil pour ce qui est de l’inscription
l’octroi de larges pouvoirs aux officiers de l’état civil, pour dans les registres, à savoir assurer que les événements enre-
-v&ifier, dans la mesure du possible, que seules des données gistrables sont bien consignes dans le registre de l’état civil,
exactes et légalement valides sont inscrites dans le registre participer à la cr&ation des actes de l’état civil en jouant un
de l’état civil. rôle de certification, par exemple en celebrant et en autori-
104. Pour simplifier le processus d’enregistrement, tout sant des mariages civils à I’&ranger de ressortissants du
en offrant aux individus un service de meilleure qualité et pays d’origine, et délivrer des certificats des actes figurant
plus efficace, les officiers locaux de l’état civil devraient dans le registre consulaire. Dans ce cas, qui permet de toute
aussi être habilites de mani&re gén&ale à modifier 1~ con- évidence aux nationaux n%idant à l’étranger de se confor-
tenu du registre dont ils ont la charge en suivant les procé- mer plus facilement à leurs obligations et de jouir des droits
dures légalement établies, sans avoir besoin de recourir a que leur confère l’enregistrement des faits d’état civil, les
des actions exterieures - tribunaux ordinaires - pour cor- consuls agissent en leur capacité d’officiers de l’état ci-
riger les actes, ce qui prolongerait inutilement le processus vil - que l’acte correspondant ait ette ou non dresse par le
de correction et entraînerait des coûts inutiles. Uexptrience bureau de l’état civil du lieu où les événements sont inter-
montre que la plupart des erreurs d’enregistrement peuvent venus - en procédant à l’inscription des jactes, sur la foi
être attribuées soit au faible niveau d’instruction des décla- des déclarations et documents présentés au consulat, direc-
rants, qui dorment par erreur des données qui peuvent être tement dans le registre consulaire ou, à des fii de certitï-
directement vt5rifiees dans les documents originaux, soit à cation, un exemplaire du document d’enregistrement sera
des erreurs commises par le personnel d’enregistrement lui- stocké et gardé en sécurité, et pour lequel un double sera
même en procédant aux inscriptions. Dans un cas comme dans tous les cas communiqué à l’organe compétent du
dans l’autre, il semble excessif de devoir aller devant un tri- pays d’origine qui, comme on l’a vu précédemment, sera
bunal pour faire des corrections. Néanmoins, afin d’assurer vraisemblablement les archives centrales, compte tenu de
la valid$é au regard de la loi de la procedure administrative leur compétence en matiere de stockage, de garde et de pu-
de correction des erreurs figurant dans les actes, la loi sur blicité des doubles pour l’ensemble des bureaux d’enregis-
l’enregistrement des faits d’état civil et les reglements y af- trement, comprenant dans ce cas aussi les registres consu-
férents devrait préciser les cas dans lesquels les corrections laires. Pour ce qui est de l’établissement des bulletins
peuvent être apportces par les voies normales. En outre, statistiques sur les événements d’état civil intéressant des
conformément au caract&e officiel de la fonction d’enre- ressortissants vivant a l’étranger, il ne faut pas perdre de
gistrement, les officiers locaux de l’état civil seront autori- vue que le pays ou les événements enregistrables sont inter-
sés en raison de leur position de représentant de la force pu- venus aura g&&alement aussi son propre systeme obliga-
blique 8 compléter, corriger et integrer les actes dont ils ont toire d’enregistrement des faits d’état civil et de statistiques
la charge, ainsi qu’à annuler des inscriptions dans les cas de l’état civil, de sorte que ce sera une obligation légale

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ST/ESASTAT/SER.F/71

d’enregistrer les événements dans les bureaux locaux d’en- rkiproques directes entre les consulats et les archives cen-
registrement et de préparer le bulletin statistique correspon- trales ainsi que leur fréquence, sans exiger I?ntervention du
dant pour communication aux organismes qui établissent Minist&re des affaires étrangéres dans- les cas prevUs par la
les statistiques du pays. Cela n’empêche pas les consuls, loi sur t’enregistrement des faits d’etat civil, qui peut tenir ..
lorsqu’ils proctdent aux inscriptions dans les registres de compte du fait que les ‘documents sont transmis par des
l’état civil, ou lorsqu’ils rassemblent ces données ‘à partir de voies offkielles, c’est-à-dire directement, cela nkmpêohant
documents à des fms d’enregistrement, d’établir aussi les pas, toutefois, tout offkier de l’état civil ayant des doutes
bulletins statistiques correspondants pour communication à sur l’authenticité d’un document de procéder a~ vérifica-
leurs pays d’origine, afin de g&rérer les dormees statistiques tions qu’il juge nécessaire, y compris, entre autres mesures,
nécessaires sur les nationaux rklant 51l’&ranger. L’Btablis- la legalisation du document par les voies normales; dont
sement en deux exemplaires des bulletins statistiques sur les l’authentification de la signature figurant sur undocument \
mêmes événements est considéré comme nécessaire compte public. Dans l’exercice de ses fonctions, l’offkier de Rtat
tenu de la nécessite d’assurer la couverture statistique des civil chargé des archives centrales examine les données
pays concernés par l’enregistrement des faits d’état civil, reçues du consulat 1 des fins d’enregistrement, vérifiant
conformément aux principes de la territorialitb et de la per- dans la mesure du possible que le registre étranger est au-
sonnalité juridique utilisés comme point de départ dans le thentique et en bonne et due, forme au regard des mesures
systeme modèle d?enregistrement des faits d’état civil pro- de garantie $Vues par la legislation du pays; ainsi que la
posé dans le présent projet de loi. compatibilité de l’événement enregistrable avec cette l&is-
106. Nonobstant les avantages indéniables d’un tel sys- lation, et décidera d’accepter ou de rejeter cet enregistre-
tème d’enregistrement consulaire, son introduction devrait ment aux conditions qu’il juge appropriees, cette décision
tenir compte de la législation nationale de chaque pays et de pourra faire l’objet d’un appel, sur lequel statuera le direc-
la façon dont elle defiit les devoirs attribues à ses agents teur génCm1 du service de l’enregistrement des faits d’état
diplomatiques’a l’étranger, ainsi que tous les accords de ré- civil et, le cas échéant, les organes judiciaires. En tout état
ciprocité pouvant exister entre le pays d’origine et le pays de cause, le fait qu’un événement ne soit pas enregistre
d’accréditation. Compte tenu de la diversité des différentes dans le registre local appropri& it l’&ranger ne doit pas
lois réglementant les fonctions d’enregistrement des con- empêcher cet événement d’être enregistré dans le pays
suls, la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil propo- d’origine de la personne concernée, 13condition que les. do-
sée ici ne reconnaît pas le rhIe d’officier de l’état civil des cuments voulus soient présentés soit au consulat soit direc-
consuls. A des fins d’enregistrement, les consuls ont exclu- tement aux archives centrales.
sivement un rôle de certification a l’égard de tout document :
qu’ils contribuent à offtcialiser et sont chargés de transmet- Ii . - Principes jnridictiotinels applicables
tre les certificats locaux correspondants à leurs autoritts. Il h l’enregistrementdes faits d’état civil
faut souligner que cette option conduit à une sous-utilisa-
tion du service consulaire du pays, car, dans la pratique-et 107. Dans l’idéal, la loi sur l’enregistrement des faits
dans la plupart des pays, ce service, étant le lien le plus pro- d’état civil devrait définir, en termes clairs et simples, les
che et le plus direct entre les nationaux et leur Etat respec- principes juridictionnels généraux applicables au registre de
tif, Jest généralement B même de s’acquitter des fonctions l’état civil de chaque pays de façon 4 assurer une cowerture
d’enregistrement concernant les ressortissants du pays. L!in- universelle de l’ensemble du territoire. national et des diffé-
traduction d’un systeme d’enregistrement ou l’amélioration rents groupes constituant la population. Dans cette optique,
du systéme. existant est l’occasion de r&W&ir a la question deux principes de base sont en général ut.&& simultané-
générale du lien entre les consuls et la fonction d’enregis- ment : a) la competence decoule du fait que les événements
trement; dans la mesure du possible, les tâches d’enregistre- enregistrés concernent des nationaux du pays,. soit par ori-
ment attribuées aux consuls devraient être élargies de façon gine, soit par naturalisation, soit en. tant .que détenteurs
à leur permettre de procéder a des inscriptions dans le regis- d’une double nationalité; et b) la compi5tence repose sur le
tre sur la base des m&mes procedures que celles utilisees caracttre obligatoire de l’enregistrement de. tous les~événe-
par les offkiers locaux de l’état civil. S’ils ne sont autorisés ments d’état civil intervenant sur le tetitoire national, quel
qu’a communiquer les donnees à l’organisme Comp&tent de que soit le groupe de population qu’ils concernent et qu’il
façon que celui-ci puisse procbder a l’enregistrement - ce s’agisse de nationaux ou d’étrangers, de &idents ou-autres.
qui en tout état de cause exige la pkentation d’un certifi- La loi sur l’enregistrement des faits d’état civiLdevrait défï-
cat en bonne et due forme de l’acte antérieur dans le regis- nir de maniére générale ces principes afin d’dviter des énu-
* tre local, certificat qui en tant que document étranger devra mérations longues et au cas par cas.des.&&rements. soumis
être offkialisé par le consul dans son r8le de certifica- rI l’enregistrement, alors que le cara&re obligatoire de ce-
tion -point n’est besoin d’insister sur le fait que la procé- lui-ci est lié au fait que l’événement est intervenu sur-le- sol
dure de transmission .devra être simplifiée; le document national ou qu’il concerne des ressortissants.
peut être transmis directement par le consul a I’offkier de 108. Eu égard à ces principes de la.personnalité juridi-
l’état civil charge des archives &entrales ou à l’officier de que et de la territorialité, il faut consigner ce. qui suit dans
l’état civil chargé du bureau considW comme compétent, le registre d’état civil du pays :
aux fins de la validation lkgale des données et de leur enre- a) Tous les Wnements concernant des nationaux,
gistrement. La loi sur l’enregistrement des faits d’état civil qu’ils interviennent sur le territoire national ‘ou a lWranger,
ou les réglements y afférents dEfiniront les communications dans ce dernier cas, il est justifié que l’enregistrement ait

28
ST/ESA/STAT/SER.Ffll
~... __

lieu par le biais du service consulaire accrédite aupr&s du Unis, ‘se référent à la population résidente lorsqu’ils établis-
pays-dans lequel l’événement à enregistrer est intervenu, ce sent leurs séries démographiques totales. En régie générale,
qui dépendra, comme on l’a vu précédemment, des pou- la r6sidence ne présente- pas d’intérêt du point de vue de
voirs quiont &té attriiu~s-aux consuls en ce qui concerne le l’enregistrement des faits d’état civil; si on souhaite, pour le
service d’enregistrement; ainsi, soit .des actes consulaires calcul des taux démographiques, ne retenir que les événe-
sont créés et les doubles. en sont communiqués g Poea- ments survenus sur le territoire national à des rkidents du
nisme competent, soit les données nécessaires B l’établisse- pays, par opposition aux événements touchant des non-rési-
ment des actes sont communiquées pour enregistrement par dents séjournant dans le pays, on peut le faire en insérant un
l’autorité- competente du pays d’origine, ce qui n’empêche code dans le bulletin statistique pour faire apparaître les
pas que des inscriptions identiques puissent être faites dans données relatives au lieu habituel de résidence. Le pro-
le registre local approprié du pays de msidence, ni qu’un tel bléme se pose lorsque l’objectif est d’obtenir des informa-
enregistrement puisse être obligatoire et indispensable pour tions statistiques sur les événements touchant des rkidents
que le consul puisse communiquer la documentation étran- alors qu’ils séjournent temporairement en ‘dehors de leur
g&e correspondante en tant que base pour l’inscription pays de rt%idence, car ni le principe de la personnalité juri-
dans ie<pays d’origine. Pour ce qui est des événements con- dique fondé sur la nationalité, ni celui de la territorialite ne
cernant des nationaux et intervenant a l’étranger, étant sont applicables dans ces cas, qui restent en conséquence en
donné qu’il n’y a pas de lien territorial pour déterminer dehors du champ d’application du système d’enregistre-
quelest le bureau local Comp&tent à des fms d’enregistre- ment. Néanmoins, si l’on jugeait nécessaire de comptabili-
ment, ii sera necessaire d’etabhr dans la loi qui sera le bu- ser ces événements pour des estimations de la population
reau competent, ce peut-être les archives centrales, auxquel- résidente totale, ils pourraient être pris en compte en ren-
les les consuls peuvent communiquer directement l’acte, dant obligatoire la déclaration par Les résidents.à l’étranger
son double ou les données B utiliser pour enregistrer l’évé- des événements d’état civil à un consul aux fins de leur en-
nement, en fonction des tâches qui leur sont assignées; registrement ou, du moins, de la préparation et de la com-
b) Tous les evénements enregistrables survenus sur le munication du bulletin statistique correspondant au bureau
territoire national, même s’ils intéressent des étrangers; compétent du pays d’origine.
dans ces cas l’enregistrement peut être assujetti a la pré- 110. Une fois que la compétence générale a été établie
sence legaie de L%anger dans le pays et au fait qu’il soit en pour l’enregistrement des faits d’état civil, chaque pays doit
possession des papiers appropribs. Si les évenements .enre- aussi déterminer les criteres juridictionnels spécifïques qui
gistrables. comportent des élements ne concernant pas des détermineront dans quel bureau, au sein du territoire cou-
nationaux, 6tant donne que le statut personnel est intema- vert par ,le service, l’enregistrement doit avoir lieu : ‘deux
tionalement reconnu comme un élément ~$6 de l’état civil, criteres sont généralement utilisés pour déterminer le bu-
l’offkier de Mat civil doit tenir compte de la façon dont la reau local auquel l’événement d’état civil doit être enregis-
loi nationale de la partie concernée s’applique à l’acte; par tré : le lieu où il intervient ou le lieu de tisidence. La néces-
exemple, dans le cas d’un mariage célebre sur le territoire sité de mettre l’enregistrement d’état civil à la portée de la
national entre deux sujets étrangers, l’acte confirmera le population, de façon qu’elle puisse y accéder rapidement et
fait que le mariage est valide à des fins d’enregistrement respecter ainsi plus facilement l’obligation d’enregistre-
conformement & la loi applicable aux parties contractantes :ment, outre l’aptitude de l’officier d’état civil a vétifier
en tant qu’individus. Un autre cas courant ou la loi applica- promptement les données consignées, milite en faveur de
ble doit être vkifiée B l’avance concerne l’enregistrement l’attribution de la compétence pour l’enregistrement. des
de la naissance d’un ressortissant étranger sur le territoire principaux événements d’état civil au bureau local le plus
national, ou le nom et les pr&wms de la personne concer- proche de l’endroit ou l’événement enregistrable a eu lieu.
n6e sont dors r&is par sa loi nationale. Les parties intéres- C’est là le principe SU@~dans le modèle d’enregistrement
s6es doivent donc présenter les documents nkessaires pour proposé. Les naissances, les mariages et les décés devraient
attester que l’évenement ou le document est conforme d la donc être consignés au bureau du lieu où ils interviennent,
loi &rangbre applicable 8 leur situation personnelle, ce quel que soit le domicile. Les divorces seront enregistrés au
qu’ils font normalement au moyen d’un certificat délivrk bureau local où le décret de divorce a été publié. La loi sur
par le reprkentant consulaire du.pays dont les parties con- l’enregistrement des faits d’état civil devrait donc claire-
tractantes sont des ressortissants. S’il n’est pas possible de ment et de maniere générale définir le principe de la com-
déterminer quelle loi étrangere est applicable, l’offkier lo- pétence territoriale, sans préjuger de la possibilité d’excep-
cal ,de l’état civil appliquera le.principe de la légalité. Il doit tions, définies dans la loi où les règlements correspondants,
être prkvu que l’acte ainsi établi peut &re modifié ulttrieu- lorsqu’il est diffkile de faire la connexion territoriale né-
rement, au moyen d’une simple procédure consistant géné- cessaire entre l’événement et un bureau local spécifique,
rakment & pr6senter les documents nécessaires à une date par exemple lorsque l’événement a eu lieu pendant des va-
ult&ieure pour attester de la loi nationale applicable, a con- cances, lorsqu’on ne sait pas ou l’événement est intervenu,
: dition que celle-ci ne soulève sucune objection pour des rai- ou lorsque, pour une raison ou une autre, il est impossible
sons de sCcurit6. d’atteindre le bureau d’enregistrement competent pour en-
109. A des fins statistiques, ii peut être intéressant de registrer l’événement en raison, par exemple, de la topogra-
faire une distinction entre l’enregistrement des évenements phie. Pour ce qui est des annotations complémentaires aux
intéressant des rksidents de droit et ceux touchant des non- actes primaires, le principe du lien devrait être établi pour
résidents. Certains pays, comme le Canada et les Etats- maintenir l’intégrité de l’acte concernant un individu. No-
STtESASTATISERFPIl .

nobstant l’option choisie à des fins d’enregistrement, le lieu aire le divorce a été déclaré au-bureau local comnétent.. l’of-
de résidence refléte mieux que le lieu où l’événement est Acier local de l’état civil enverra offrciellemen~ un c&tifi-
intervenu les modifications demographiques de la popula- cat de divorce au bureau local ou le mariage:dissous a été
tion residente. Bien que, dans la pratique, les deux Cri&es enregistre, pour l’entrée des annotations complémentaires
coïncident généralement, si les deux endroits sont diffé- pertinentes et l’établissement -du lien d’enregistrement
rents, le lieu de résidence devrait figurer obligatoirement nécessaire entre le mariage et sa dissolution pour raison de
dans les informations consignees dans le bulletin statisti- divorce. Pour ce qui est des annulations et des séparations
que, conformtment aux recommandations de I’ONU. judiciaires, elles ne font l’objet que d’une annotation com-
plémentaire sur l’acte de mariage correspondant. Cela per-
L.- Documentation de base met de relier en permanence les deux actes, épargnant.ainsi
beaucoup de travail.
111. Le type d’organisation et la méthode. de fonction- 116. Le document original ou la preuve documentaire
nement choisis pour un service d’enregistrement des faits des reconnaissances, légitimations volontaires et adoptions
d’état civil ont une incidence dicte sur la documentation constitue un instrument juridique ou une décision de justice,
utilisee, dont depend fortement son effkience. Cependant, qui se traduit simplement par une annotation complémen-
en regle gCnérale, les pays n’ont gukre accordé attention & taire dans l’acte correspondant de naissance, avec les mê-
cet aspect. La documentation est souvent de conception an- mes avantages que ceux décrits dans le paragraphe préçé-
cienne et contient des données inutiles qui creent du travail dent. Cependant, dans les pays où -les adoptions sont
supplémentaire et ralentissent les rkactions du public. Le considérées comme confidentielles, un nouvel acte de nais-
projet de loi Pr&ésentédans ce Manue consacre la distinc- sance devra être établi pour y consigner les noms des pa-
tion, qui figure dans la législation de nombre de pays, entre rents adoptifs, tout en maintenant l’original strictement con-
la collecte des données et leur traitement. En conséquence, fidentiel, de façon que les certificats fassent toujours
l’acte d’état civil et le rapport statistique sont deux docu- apparaître les noms des parents adoptifs. Dans certaines lé-
ments distincts. Pour les autres options concernant I’enre- gislations, il n’y a pas de document original pour les légiti-
gistrement et la collecte de données if des fm statistiques, mations ipso jure parce qu’elles servent en vertu de la *loi B
voir les paragraphes 174 i 252 du Manuel des statistiques répondre a des obligations légales. Il serait trop long dans le
de l’état civil : aspects légaux, organisationnels et techni- prksent Manuel de commenter les caractéristiques particu-
ques, vol. Iz. lières des lois ou législations nationales sur les légitima-
112. On compte trois documents fondamentaux dans le / tions, les adoptions et les reconnaissances, mais lorsque
domaine de l’enregistrement des faits d’état civil : a) le do- l’on élabore une loi nationale sur l’enregistrement des faits
cument initial (preuve documentaire); 41)l’acte (inscription, d’état civil, il est indispensable de prendre ces aspects en
rubrique ou document d’enregistrement); et c) le bulletin compte de façon & assurer leur cohérence.
statistique. Avant d’examiner chacun de ces documents, on 117. Pour tous les événements d’état civil mentionnés,
peut souligner les points suivants : qu’ils supposent ou non un document initial ou qu’ils don-
113. Pour ce qui est des morts foetales, la tendance ac- nent lieu a un acte d’état civil ou à une annotation complé-
tuelle est de ne pas les enregistrer à des fins juridiques, mentaire dans un acte, un bulletin statistique individuel doit
c’est&dire de ne pas avoir d’acte d’état civil pour ce type obligatoirement être établi car c’est une condition indispen-
d’événement, car ils ne constituent ni un événement ni un sable pour assurer que les statistiques de l’état civil sont vé-
acte affectant l’état civil; dans le même temps, toutefois, ritablement le reflet de la réalité.
l’obligation de notification devrait être énoncée le plus clai- 118. Les fonctions juridiques et statistiques essentielles
rement possible, de façon B collecter les données statisti- de l’enregistrement des f&s d’état civil sont remplies par
ques nécessaires pour quantifier ces événements et étudier l’inscription obligatoire dans le registre de Mat civil, sur la
leurs ~caractéristiques et circonstances. Il est particuliére- base de documents les authentifiant, des données concer-
ment important d’avoir des informations sur ces décts a des nant l’existence, l’identité et la situation personnelle et fa-
fins de santé publique. miliale, de façon consistant à constituer une preuve fiable
114. S’agissant des mariages, il peut y avoir un docu- des enregistrements enregistrk. Dans ces conditions, les
ment original, suivant qui célébre le mariage et qui l’enre- questions pratiques consistent a savoir comment établi les
gistre & des fins juridiques. Point n’est besoin de preuve do- meilleurs instruments et modalités par lesquels les divers
cumentaire lorsqu’un mariage est célébre et enregistré en événements et actes juridiques affectant l’état civil seront
même temps; cependant, il est indispensable lorsqu’un consignés dans le registre de l’état civil et quels sont-les do-
fonctionnaire célébre le mariage et un autre l’enregistre, cuments à fournir pour étayer les données $ recueillir B
comme c’est le cas dans les cérkmonies religieuses accom- des fins d’enregistrement et de statistique. Il s’agit donc
pagnées d’un mariage civil, car les deux éléments sont sé- de déterminer quelle est la documentation de base qui doit
parés dans le temps. Dans ces cas, une copie authentifiée de être présentée a chaque phase du processus d’enregistre-
l’inscription du mariage religieux sert de document original ment. Pour ce faire, il faut prkiser ce que I’on entend par
pour l’entrée dans le registre civil. documents originaux, c’est-klire les divers moyens de
115. Le document original ou la preuve documentaire preuve qui établissent le lien nécessaire entre la dalité phy-
des divorces, annulations et séparations judiciaires est cons- sique - naissances, dé& - et la réalité juridique- déci-
titué par la décision pertinente du tribunal. Dans le projet de sions des tribunaux, documents publics, etc. - et- la façon
loi proposé, les divorces ont leur propre registre. Une fois dont ils sont pris en compte dans le registre. Une fois que

30 -1. ..-
STIESAISTATISERFI71

les documents originaux ont etté validés et dûment vkifiés avec les individus concernés. La loi devrait désigner les dé-
par l’offkier de l’état civil afin de s’assurer de leur exacti- clarants pour chaque événement d’état civil conformément
tude, véracitb et légalité, l’étape suivante consiste A préparer aux recommandations de l’Organisation des Nations Unies.
l’acte d’état civil correspondant, qui consiste A consigner Pour ce -faire, on peut adopter le principe de la légitimité
dans le registre de l’état civil les données sur les événe- restreinte, en vertu duquel une seule personne est désign6e
ments intervenant en dehors du bureau de l’officier de l’état commè responsable principal de la coinmunikation des in-
civil par l’acte d’enregistrement, qui convertit les docu- formations nécessaires A l’enregistrement et à des fins sta-
ments originaux en preuves oficielles, permanentes et ordi- tistiques, tout en établissant dans le même temps un ordre
‘naires des éléments factuels de l’état civil; cela confk au strict pour les remplaçants, de façon que chacune des par-
registre la présomption d’exactitude, de légalité et de va- ties désignées comme dklarant puisse assumer ses respon-
lidite, une présomption qui ne peut être r&ùtee qu’en re- sabilités; une autre option est d’opter pour une large appro-
courant aux procédures legales établies par la voie de l’en- che de la légitimation Sm de rendre l’enregistrement aussi
registrement ou la voie judiciaire. Independamment des facile que possible, en désignant une série de personnes,
registres, bien qu’ils soient fondés sur la même source, à sa- sans ordre de priorité particulier, qui peuvent déclarer les
voir le document initial, en tant qu’instrument ou moyen de événements sur la foi de certaines connaissances quant à la
preuve concernant l’événement ,affectant l’état. civil, l’acte rkalité de chaque événement d’état civil enregistré. Le pro-
d’état civil permet aussi d’établir le bulletin ou rapport sta- jet de loi adopte cette derniére approche. L’Organisation des
tistique, dont l’objectif est de collecter et d’enregistrer des Nations Unies propose comme déclarants un cercle d’indi-
séries de données sur chaque événement d’état civil soumis vidus, choisis en fonction de leur association étroite avec
4 enregistrement et, ainsi, de remplir les objectifs statisti- l’événement enregistre. Par exemple, dans le cas des nais-
ques assignes également A l’enregistrement des faits d’état sances, les déclarants primaires seront la mke, le père ou
civil; étant donné que les fins sont multiples, les données les deux, les parents les plus proches de la mére. Pour les
ne sont pas strictement identiques et le bulletin statistique dé&, les déclarants sont défmis en termes généraux
devrait, dans l’idéal, être plus souple, de façon B pouvoir comme les parents les plus proches du défunt, c’est-a-dire
être adapté Btoute nouvelle situation qu’il pourrait être sou- ceux qui sont proches et qui ont une connaissance directe
;haitable de suivre; il est donc recommandé d’établir les do- du déc&. En tout état de cause, le déclarant doit être dû-
cmnents .totalement séparés même si leur élaboration est ment identifié par les moyens prkus, et ses coordonnées et
confiée au même organisme, A savoir le service d’enregis- sa signature doivent apparaître sur le registre pertinent, en
trement des faits d’état civil. tant que garantie pour le cas ou de fausses déclarations don-
neraient lieu & une responsabilité pénale.
1. LE DOCUMENT ORIGINAL 120. %ependant, au moment où la déclaration orale ou
écrite est faite par le déclarant légalement désigné, il doit de
,119. Lorsqu’un événement d’état civil intervient quel- façon fiable prouver son identité A l’.offkier local de l’état
que part sur le territoire d’un pays, on peut s’interroger sur civil, car l’enregistrement, de l’événement constitue la
le point de savoir qui a intérêt a en avoir connaissance. Plus preuve légale de sa rkalité. Bien entendu, aucune preuve
personne ne conteste aujourd’hui ‘que l’intérêt de l’Etat, qui n’est nécessaire pour les mariages célébrks devant l’officier
représente la population dans son ensemble, passe avant ce- local de l’état civil car il y participe, mais la procédure est
lui de l’individu. Cependant, il faut prkciser comment 1’Etat différente pour les mariages religieux ayant une valeur ci-
prend connaissance ,de la réalité de chaque évknement vile, dont la célébration devra être documentée par le certi-
d’État civil et comment cet évenement est documenté. Les ficat correspondant fourni par l’autorité religieuse. Pour ce
naissances, les déc&, les morts fœtales sont enregistrés sur qui est de l’enregistrement des naissances et des déc&,
la foi de preuves spécifiques prkres par la loi. Les maria- mise à part l’obligation du déclarant désigné de faire consi-
ges, les divorces et les annotations complémentaires exigent gner les événements dans le registre approprié, la déclara-
. tous leur propre moyen d”accr&litation afin d’être enregis- tion s’accompagne du certificat médical concernant la aais-
trés. Les recommandations internationales et la législation sance vivante ou la cause de la mort, fœtale ou autre. La loi
de nombre de pays utilisent le terme déclarant pour dési- doit pr&voir que le médecin, l’infirmi&e, l’obstétricien, la
gner la personne qui est tenue par la loi de notifier A I’auto- sage-femme ou I’équivalent, pr&ent a la naissance ou au
rité comp&ente tous les faits d%tat civil et leurs principales déc&, est tenu de délivrer un certificat attestant qu’il a bien
caractéristiques de façon qu’ils puissent être enregistrés. eu lieu, et prkisant ses caractéristiques et ses circonstances,
Cette autorité est l’offkier local de l’état civil, nommé pr& qui servira de preuve A l’offkier local de l’état civil con-
cisément pour consigner dans un document permanent, le jointement avec la déclaration. Ces événements ont bien sGr
registre, tous les événements d’état civil qui ont heu dans sa pu intervenir sans assistance médicale, auquel cas la loi doit
. juridiction ou dans la zone d’enregistrement. Le déclarant trouver d’autres moyens de vérifier les déclarations. Les
est la personne désignée par la loi pour fournir des informa- preuves documentaires sont de toute tvidence pr&férables a
tions exactes eu égard aux objectifs juridiques de l’emegis- celles d’un témoin et ce dernier ne devrait être accepté
trement, ainsi que les données requises A des fms statisti- qu’en l’absence des prern&es.
‘ques, d’où l’obligation qui est généralement faite de notifier 121. Nous avons déjà fait allusion au grand nombre
les événements d’état civil aux personnes qui sont les d’événements et actes juridiques dif&ents qui doivent être
mieux placées pour connaître la rkalité de l’évkrement et consignés dans le registre de l’état. civil, ce qui porte B
ses circonstances du fait de leur proximité ou de leurs liens croire qu’ils présentent tous des caractéristiques différentes

31
ST/ESASTAT/SER.F+îil

et ne sont pas documentés de la même façon. On est en ef- médical voulu ou, A defaut, que les mesures jugées appro-
fet confronté à une diversité d’&nements, qui sont tous en priées pour le vérifier soient prises. Le principe de base du
apparence différents de sorte que les moyens ou instruments modtle proposé est que la relation légale des personnes te-
sur la base desquels ils sont enregistres sont différents, les nues de faire les déclarations ne devraient pas pmsumer un
caractéristiques de chacun devant être prises en considéra- ordre de préséance, étant entendu que, dans les délais éta-
tion : blis dans la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil,
a) Il y a, d’une part, les événements purement physi- l’une ou l’autre des personnes désignées peut notifier l’évé-
ques, comme la naissance ou le décès, dont la réalité sera nement en question. Les naissances et les décés devraient
normalement prouvée sur la base d’une déclaration de la être notifiés dans les délais prescrits par la loi et, de toute
personne légalement désignée indiquant qu’elle a eu con- évidence, le délai autorisé pour notifier une naissance peut
naissance des faits, accompagnée du certificat médical cor- être plus long de façon à permettre au déclarant d’aller jus-
respondant de naissance ou de décès; qu’au bureau de l’offkier de l’état civil, généralement
ZI) Pour certains actes juridiques, c’est l’officier de 30 jours. Cependant, compte tenu de la nature intrinsèque
l’état civil locat lui-même qui devra fournir les preuves ju- de l’événement et pour des raisons de santé publique, les
ridiques, car il les a authentifiés par sa prksence en tant que dé& devraient être. notifiés aussi rapidement que possible,
vérificateur public : on peut citer A cet égard les mariages car tant que le décés n’a pas été consigné sur le registre, le
civils ou les reconnaissances volontaires de filiation, -dont permis d’inhumer ne sera pas délivré, sauf dans des cir-
l’existence à des fins d’enregistrement est fondée sur les constances exceptionnelles lorsqu’une dérogation aux ré-
déclarations faites par les .parties intéressées au bureau glementations habituelles est autorisée sur instruction des
même d’enregistrement ou ils sont consignés; autorités sanitaires ou du directeur général lui-même; en
c) On peut citer aussi les actes juridiques affectant I’état outre, toutes les vérifications necessaires doivent avoir lieu
civil qui découlent de décisions des tribunaux ayant un ca- dans le délai établi, qui ne devrait pas dépasser 48 heures B
ra&re constitutif ou déclaratif: décisions des tribunaux sur partir du déc&, encore que dans ce cas aussi une période
l’adoption, la détermination de la filiation, les annulations, minimale devrait être respectée ‘pour les inhumations afin
etc.; de s’assurer que le dé& est effectivement intervenu; ce dé-
d) Il y a aussi les instruments juridiques notariés : ac- lai pourrait être fixé à 24 heures, car un délai de 12 heures
cord de mariage, reconnaissance; ne serait pas facile à respecter du fait que l’enregistrement
e) Les instruments juridiques de caractére religieux : prkalable est requis dans tous les cas. Nonobstant le carac-
les certificats documentant la célébration des mariages reli- tére strictement oral de ces déclarations de fait, les inscrip-
gieux reco~us par 1’Etat; et tions dans le registre peuvent être accélérées, sans passer
n Les certificats de registres établis A l’étranger, le do- outre les mesures de sauvegarde nécessaires, si elles sont
cument se rkférant dans ce cas A la dalité d’un événement accompagnées de questionnaires demandant les mêmes in-
survenu a l’étranger ou A un acte juridique affectant un res- formations que celles nécessaires pour l’enregistrement et
sortissant du pays dans lequel il doit être enregistré, etc. si elles sont signées et tamponnées par l’officier de l’état ci-
Compte tenu de la liste ci-dessus qui n’est pas exhaus- vil, ou le personnel délégué à cette. fin, car elles constituent
tive, il faut bien se rendre compte des problémes’soulevés alors un document public qui, avec le certificat médical,
par la diversité des documents dits originaux, de façon 8 ne sont les éléments de preuve nécessaires pour l’enregistre-
pas attacher une importance exclusive aux certificats médi- ment ultérieur de la naissance, permettant ensuite toute.vé-
caux délivrés par des professionnels ayant assiste à une rifïcation nécessaire. Dans ce cas, les doubles entrées .dans
naissance ou apporté des soins à une personne décédée, en le registre doivent aussi être signées en personne par le dé-
tant que documents originaux accréditant le fait physique de clarant, ou par ses remplaçants légalement autorisés, sans
la naissance ou du décès; car dans les documents originaux que cela n’empêche l’offkier de l’état civil de les signer
figurent aussi d’autres catégories de documents publics, les plus tard lorsque l’acte est totalement établi, et pas précisé-
documents privés étant en principe non recevables dans le ment aumoment ou la déclaration pertinente est reçue, ce
cadre de l’emegistrement des faits d’état civil. qui dans la pratique serait physiquement impossible, en par-
122. Lors de l’enregistrement des naissances et des dé- ticulier dans les grands centres urbains ou l’offkier de l’état
cès - événements physiques qui déterminent le début et la civil n’est vraisemblablement pas présent tout le temps, at-
fin de la personnalité juridique -la preuve essentielle dans tendant que les déclarants se prksentent.
les deux cas est la déclaration obligatoire de la connais- 123. Bien que la déclaration soit obligatoire, la plupart
sance des événements prononcée par les individus considé- des pays ne considérent pas la déclaration elle-même
rés par la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil comme une preuve suffisante pour enregistrer la naissance
comme les mieux placés pour avoir une connaissance di- ou le décés d’un enfant : pour l’enregistrement, ils exigent
recte de la rkalité des événements, compte tenu de leur rela- un certificat médical en bonne et due forme délivré par des
tion ou de leur activité professionnelle. En tout état de professionnels médicaux autorisés qui ont participé A la
cause, et même lorsque la loi prévoit des restrictions quant naissance ou examiné le défunt. Le certificat délivré par les
aux personnes autorisées à faire des déclarations concernant professionnels sur la base de leur prksence B la naissance,
des faits scientifiques, il est évident que toute personne au dé& ou à la mort fœtale est l’un des documents origi-
ayant une certaine connaissance d’une naissance ou d’un naux, ou pike documentaire, les plus importants pouvant
déces peut le notifier A l’officier local de Mat civil, 8 con- être utilisés pour documenter la rklité de l’événement civil
dition que cette déclaration soit accompagnée du certificat auquel il se rapporte. S’agissant de ces documents origi-

32
STlESAlSTATlSER.Ft71

naux, il devrait être prkisé : a) qu’ils ne peuvent être pré- tion complexe, non seulement paru que l’éventail des pos-
pares que par les professionnels autorisés a les delivrer par sibilités s’blargit a mesure que h science médicale pro-
la loi de chaque pays; b) que seuls les medecins peuvent in- gresse, mais aussi parce que tres sawent deux ou plusieurs
tervenir et dWrer des certificats des naissances, deces et processus pathologiques peuvent apliquer le décès d’une
morts fcetales, les infirmibres et les sages-femmes ne peu- personne. Apres la sixi&me Conféruuz internationale char-
vent jamais jouer un rôle ou d&rer un certitïcat concer- gée d’examiner la nomenclature &s maladies et causes de
nant les dé& et les morts fœtales; et que c) l’objectif des déc& (1948), I’OMS est convenue de désigner, à des fins
documents originaux est de servir de preuve devant l’offr- de mise en tableaux, « la cause prkipale du décés », défi-
cier de l’état civil et non de tierces parties. Il y a donc un nie comme la maladie ou la blessure qui a entraîn la chaîne
lien entre la r&tlitB de l’événement d’état civil et son ins- d’6vénements pathologiques ayant conduit directement B la
cription dans le registre. Apres l’enregistrement, I’Wne- mort. Dans le même temps, elle a recommandé un modele
ment d’6tat civil ne peut être prouvé que par l’inscription t de certificat médical de décés visant a faciliter la mise en
correspondante ou par des copies ou certifkats de cette en- évidence de la cause principale lorsque deux ou plusieurs
trée. entités nosologiques sont en cause et & formuler une série
124. Ces dbtails médicaux forment le constat obliga- de rkgles par lesquelles la principale cause du décts pour-
toire présenté sur ces événements par les professionnels de rait être identifiée en utilisant des critères uniformes dans
la santé pkents. Ils sont établis gratuitement sur un seul tous les pays. La classification internationale des maladies
document offkiel, le même dans l’ensemble du pays, qui, et causes de dé& est révisée tous les dix ans pour tenir
pour eviter les irr&uhuit~s, ne doit être mis à la disposition compte des progn% continus de la medecine. La dixiéme et
que des membres du corps médical et du personnel soi- la plus rkente des rkisions a &té approuvée par I’Assem-
gnant; une fois signes, ces constats sont remis B l’individu blée mondiale de la santé en 1990 et est actuellement mise
qui doit se rendre au bureau de l’État civil. En effet, c’est en œuvre dans l’ensemble du monde pour encourager et as-
gWralement le déclarant lui-même qui emporte le certifi- surer la comparabilite internationale.
cat médical avec lui lorsqu’il va au bureau de 1’6tat civil, 126. La partie médicale du certificat de décés devrait
sans que le professionnel ait B apparaître en personne, sauf contenir des informations sur l’identité personnelle et pro-
B la demande de l’offkier local de l’état civil si l’écriture ou fessionnelle du médecin qui, par sa déclaration offkielle,
le contenu n’est pas clair. L’obligation de delivrer le certifi- atteste de l’existence de signes sans équivoques de decés,
cat mkiical, gratuitement, devrait être pr&ue dans les r&- de la cause principale du dé& ainsi que de sa cause immé-
gles g6nnéralesde même que des penalités pour non-respect diate et des circonstances qui doivent être consignees dans
des obligations d’enregistrement. La véracite des déclara- le registre de l’état civil pour ce qui est de la date, de
tions concernant les événements et les circonstances docu- l’heure et du lieu du déc&, de l’identité du défunt, si elle
mentés dans les certificats médicaux est garantie par la res- est connue, et des preuves existantes. S’il y a des signes de
ponsabilité pénale liée a la certification des documents mort violente, le médecin notifiera immédiatement l’offi-
publics, dont font partie les certificats médicaux. Ceux-ci cier de l’état civil, qui suspendra la délivrance du permis
peuvent contenir l’identification personnelle et profession- d’inhumer et rendra compte des faits g l’autorite judiciaire
nelle du médecin les ayant signés, ainsi que les circonstan- compétente en matiére penale. Le médecin devant delivrer
ces principales des Cvénements certifies. Le certificat de le certificat sera le médecin qui a accompagné le défunt du-
naissance devrait être délivre par le médecin qui a participé rant sa demiere maladie, même s’il n’était pas présent au
d la naissance, car il a une certaine connaissance de l’ac- moment du décès; si le décés n’est pas intervenu dans un
couchement; autrement, il peut déclarer qu’il a connais- centre de sante privb ou public, il sera certifie par le mede-
sance de I’év6nement comme suite & un examen ultkieur. cin de district ou par un médecin qui, a un moment ou à un .
Le certificat devrait Pr&iser, outre l’heure et le lieu de nais- autre, a assisté le défunt dans sa maladie; enfin, si le defimt
sance, les données sur l’identité de la mbre et les sources de n’a reçu aucun traitement médical, le certificat sera délivre
cette identité. En tant que document original sur les événe- par le médecin 16giste ou, à défaut par tout medecin vivant
ments que constituent la naissance et le dé&, les certifi- dans la zone de l’enregistrement dans lequel le dé& est in-
cats m6dicaux et les déclarations des parties int&ess&es de- tervenu, à la demande de l’offtcier de l’état civil ou en son
vraient être conserves en dcurite dans les registres de l’état nom. Surtout dans ce dernier cas, lorsqu’il n’y a pas de cer-
civil du lieu ou les actes de l’état civil correspondants ont été tificat médical, l’officier de l’état civil peut, en sa capacité
dressés, car il n’y a pas d’autres archives pour les garder. officielle, faire les vérifications qu’il juge appropriées avant
125. Les certificats de dé&, qui, moyennant quelques d’enregistrer le décés comme on l’a vu plus haut et il est
modifications mineures, sont aussi utilis8s pour les morts même autorisé, avec l’aide d’un médecin y’il requiert, à
f-les, ont des earactkktiques particuli&es qui appellent vkifier les circonstances de la mort. Le certificat médical
des commentaires supplémentaires. Ils sont extrêmement de décés Pr&ise à la fois la cause principale et sa cause im-
importants du point de vue de la sante publique car ils per- médiate. Ces données sont indispensables dans l’optique
mettent de collecter des informations directes sur nombre des objectifs statistiques de l’enregistrement des faits d’état
des variables utilisees pour btudier les risques de mortalité civil qui intéressent la santé publique. La cause du dé&
auxquels la population est exposée. L’Organisation mon- n’est pas une donnée essentielle aux fiis juridiques de l’en-
diale de la sante (OMS) a accordé une attention particuliére registrement et, compte tenu de l’obligation de préserver la
à cet aspect, en particulier du point de vue des causes des vie privée du défunt et des membres de sa famille, il n’est
décès. La classification des eauses des décès est une ques- donc pas nécessaire, ni même souhaitable, qu’elle soit con-

33
ST/ESASTAT/SEWnl

signée dans l’acte; en conséquence, elle ne devrait être con- uuiation, ou l’éloignement géographique, qui font que les
signée que dans le bulletin statistique qui devrait être un do- gens ont du mal à se rendre da& les hôpitaux ou a recevoir
cument distinct de l’acte de l’état civil. Le certificat mddi- des soins médicaux appropriés. Plus couramment, i! peut y
cal de décbs ainsi que la declaration de décbs dûment avoir contradiction entre la déclaration et les données figu-
documentée devraient être conserves en s&rité dans le bu- rant sur le certificat médical qui a été délivre. Dans ces
reau de l’état civil ou l’enregistrement a eu lieu, en tant que deux cas, donner a i’offrcier local de l’état civil I’autarité de
preuve documentaire du décès d’un individu, de façon que vérifier les faits l’habilite dans le délai prescrit dans .la loi
des corrections puissent être apportées ult6rieurement dans sur l’enregistrement des faits d’état civil ou les reglements
le cas d’erreurs d’enregistrement ou d’enquétes sur un delit y afférents, à prendre les mesures qu’il juge nécessaires
de falsification et aussi de façon que les parties qui ont un pour confirmer les faits, ou retrouver les données manquan-
intérêt légitime puissent, sous r&erve , de l’autorisation tes, et ainsi remplir les rubriques laissées en blanc ou résou-
prealable de l’officier de l’état civil, obtenir un certificat de dre les divergences. Dans cette optique, l’officier de l’état
la cause du décès. civil devrait pouvoir faire appel au personnel médical auxi-
127. Pour ce qui est des morts fœtales, on a déjà appelé liaire nécessaire, affecté au bureau local, qu’il chargera de
l’attention sur l’importance de leur enregistrement obliga- realiser .ces vérifications et de fournir les données man-
toire, quelle ‘que soit la durée de la gestation,‘& des fins de quantes ou de les compléter. S’il ne peut faire appel B du
statistiques ou de santé publique. Les personnes qui sont te- personnel médical, il ‘peut rechercher l’aide du médecinlé-
nues de déclarer une naissance sont aussi tenues de déclarer giste travaillant avec les autorités judiciaires, ou du médecin
l’accouchement d’un foetus mort La déclaration d’une vivant à proximite de l’endroit où P4venement enregistrable
mort fœtale n’entraîne pas d’inscription dans le registre de a <eu lieu, qui sera tenu de fournir son concours. Faute
l’état civil car elle ne P&ente pas d’intérêt à des fins juri- d’aide médicale d’un Qpe ou de l’autre au moment où a eu
diques, mais elle est couverte par Ies regles générales Con- lieu l’événement enregistrable ou a une date ultérieure, ia
cernant les déces, en ce sens que le médecin qui s’est oc- loi sur l’enregistrement des faits d’état civil pr&voira d’au-
cupé de la mére doit certifier la mort fœtale et la notifier tres éléments de preuve possibles, fondés généralement-sur
directement a l’officier de l’état civil de façon que le bulle- les déclarations de connaissance de deuxpersonnes presen-
tin statistique puisse être établi. Dans ce cas, la -délivrance tes lors des événements à déclarer - naissances et déces -
du permis d’inhumer n’est pas assujettie B l’enregistrement, ou en ayant une certaine connaissance. Pour les naissances
qui n’est pas obligatoire mais a la prepàmtion du bulletin comme pour les déc&, il pourrait être nécessaire de faire
statistique. Dans la mesure du possible; :la declaration de- des vérifications supplémentaires afinde documenter adé-
vrait Pr&iser la date et l’heure approximatives de la mort et quatement l’événement et ses circonstances. De ce fait,
si celle-ci est intervenue avant, apr&s ou lors de l’accouche- l’événement. à déclarer pourrait ne pas être consigné immé-
ment, ainsi que les autres circonstances intéressant la mort diatement en attendant que, ces.vérifications aient bté- faites.
du fœurs. Malgré ces dispositions, il ‘n’en demeure pas 129. Les éléments de preuve attestant la célébration d’un
moins, comme on l’a déjà vu en ce qui concerne les proble- mariage varieront en fonction des formes de célébration au-
mes généraux concernant les morts f&tales, que l’absence iorisées par lti loi du pays. Dans le cas d’un ‘mariage civil
d’uniformité dans les différents pays concernant le concept autorisé par l’officier de’ l’état civil conformément a la loi
juridique et la période de gestation apies laquelle il est obli- des faits d’état civil, aucune certification n’est requise car
gatoire de rendre compte des morts fœtales ainsi que l’ab- la célébration et l’enregistrement constituent un seul’ et
sente de présence médicale dans nombre de cas, en particu- même acte; l’acte d’état civil.est pr6paré au moment même
lier pour les morts fœndes intervenant dans les premiers ou le mariage est céIébré et contient- toutes les données lé-
mois de ‘gestation sont autant de facteurs qui faussent le galement requises, encore que certaines formalités- préala-
systeme de collecte de données sur ces.déc&, ce qui gêne bles doivent être faites pour établir que les parties contrac-
l’établissement de statistiques fiables car il est difficile dans tantes se marient de leur plein gié et sont légalement aptes
la pratique d’introduire des mesures pour obliger la déclara- à se marier, ces aspects concernent gén&alement l’aptitude
tion de ces événements, Le moins que l’on puisse faire pour mentale et l’absence de liens matrimoniaux antérieurs, ainsi
assurer l’enregistrement des morts fœtales chaque fois que que des obstacles particuliers dus a des liens de parentétrop
possible est d’exiger du medecin’qu’il etablisse un certificat proches et devraient être r6glés avec l’officier de l’état Sivil
attestant la-mort fœtale et qu’il le communique au bureau compétent avant que le mariage.ne puisse avoir lieu légale-
de l’offrcîer de l’état civil, quelle que soit la durée de la ment. Ils devraient aussi être attestes par des documents B
gestation, encore que, comme on peut le voir dans le projet stocker ultérieurement dans le bureau de l’officier de 1Ytat
de loi, cela ne peut s’appliquer qu’au cas ou une aide médi- civil. Les formalités doivent avoir lieu devant l’offrcier.de
cale a été fournie, il n’est pas r6aliste de s’attendre que les l’état civil du bureau de l’état civil du domicile de l’une des
parties concernées fournissent des informations, car leurs parties contractantes, qui est considém comme le seul bu-
espoirs ont été déçus et elles laissent généralement le fœtus reau de l’état civil compétent pour autoriser la célébration
mort à l’hôpital. du mariage. Pour ce qui est du lieu, il semble rationnel de pt’é-
128. Il ne faut pas perdre de vue qu’il sera parfois im- voir qu’en régie génerale les mariages ne peuvent avoir lieu
possible d’obtenir un certificat médical pour attester de la qu’au bureau de l’état civil lui-même, au jour et a l’heure
r6alité d’un accouchement ou d’un déc&. L’absence des fxés par l’officier de l’état civil, encore qu’a titre exceptionnel
certificats habituels peut être due à des situations spécifr- les mariages puissent avoir lieu en dehors du bureau. de
ques, par exemple l’existence de groupes marginaux de po- l’état civiL Le caractere exceptionnel de cette autorisation

34 \ ‘\
“\
STIESAISTATBERFI71

s’explique par le fait que, dans les grandes villes, le grand forme à la législation interne du pays. Les documents origi-
nombre de mariages qui auraient lieu en dehors du bureau de naux devront être stockés’ et gardés en lieu scir dans les ar-
l’état civil empêcherait l’officier de l’état civil de s’acquitter chives centrales. Dans tous les cas, une décision refusant
de ses tâches normales. Grâce aux principes de territorialité l’enregistrement d’un mariage qui a dejà eu lieu peut faire
et de personnalite juridiques qui régissent la fonction d’en- l’objet d’un appel aupres du directeur général, avec possibi-
registrement des faits d’état civil, il est possible de célebrcr lité de recourir aux tribunaux ordinaires pour confiier la
et d’enregistrer aussi bien les mariages civils entre natio- validite du mariage, auquel cas la décision finale du tribu-
naux ayant lieu dans le pays ou- à l’étranger et les mariages nal à cet effet devrait être enregistrée en tant que preuve do-
civils entre &rangers ayant lieu sur le territoire national. cumentaire originale du mariage, le lieu approprié d’un tel
130. Dans le cas des mariages religieux ou tout autre enregistrement étant le registre de l’état civil du lieu ou le
mariage sanctionne par I’Etat, l’enregistrement est limité 8 mariage a &étécélébré, si- le mariage a eu lieu a l’étranger,
ceux qui sont conformes aux normes de I¶Etat, telles les archives centrales, à condition qu’elles soient légale-
qu’elles msultent des accords avec les différentes confes- ment autorisées a enregistrer les événements affectant I’état
sions religieuses, ou bien des caractéristiques culturelles de civil de nationaux msidents d l’étranger. Pour ce qui est des
groupes ethniques particuliers; il sera donc nécessaire de re- mariages a l’étranger entre étrangers légalement residents,
voir les dispositions de ces accords afin d’établir quel est le il ne semble pas que leur enregistrement présente de l’inté-
statut civil accordé aux mariages cCl6bms conformément rêt, dans l’optique juridique de l’enregistrement des faits
aux normes de la confession religieuse reconnue par 1’Etat d’état civil, car ils ne &Pondent ni au critere de la territoria-
ou aux caract6ristiques culturelles concernées. Dans ces cas Iite ni à celui de la personnalité juridique qui devraient,
la preuve documentaire originale d’un mariage religieux comme on l’a vu pmcédemment, mgir la fonction d’enre-
sanctionné par 1’Etat sera le certificat religieux délivré par gistrement, quel que soit l’intérêt que cela puisse présenter
la personne.qui a ctlébm le mariage, qui doit être commu- 8 des fins statistiques. Des dispositions légales peuvent tou-
niqué au bureau de l’état civil du lieu ou il a etté c616bm à tefois être prises pour rendre obligatoire la déclaration de
des fii d’enregistrement, soit par l’autorité religieuse, soit ces événements à des fins d’enregistrement ou, du moins,
par les parties contractantes elles-mêmes. Ces certificats, pour établir le bulletin statistique correspondant. Si ces ma-
qui constituent la documentation originale, doivent contenir riages ne sont pas enregistres, les parties concernées peu-
les données requises 4 des fins d’enregistremént, c’est-à- vent prouver à des parties tierces qu’ils ont bien eu lieu en
dire qu’ils doivent permettre d’identifier les parties contrac- pmsentant les certificats correspondants établis conformé-
tantes et toutes les personnes qui peuvent avoir contribue a ment à la législation de leur pays d’origine. C’est là un cas
Mblir leur capacite, le notaire le cas écheant, en pmcisant différent de celui où un &ranger a pris la nationalité de son
les noms des témoins, le lieu, l’heure et la date de la céré- pays de msidence; dans une telle situation, un mariage célé-
monie, l’avis de consentement prescrit par la loi, l’identité br& à l’&anger conformément à la loi du pays d’accueil de
de l’autorite ayant célébm le mariage et sa signature. Ces l’individu devrait .être enregistr6 car il concerne une per-
documents originaux devraient être stockés et conserv6s a sonne naturalisee. Tout mariage validement célebré devrait
l’abri dans le bureau de Mat civil où l’enregistrement a eu être enregistre à tout moment, même apms le déces des par-
lieu. A des fins juridictionnelles, tous les mariages religieux ties contractantes, à la demande d’une partie intéressée sur
ou legaIement reconnus c6lebr6s sur le sol national entre pr6sentation du certificat attestant qu’il a bien eu lieu.
ressortissants ou étrangers doivent être enregistres, 132. Il faut faire mférence aux pratiques traditionnelles
131. De même, les mariages célebrés B l’étranger par en vigueur dans nombre de pays, surtout en Afrique et en
des ressortissants dans le cadre de toute cémmonie civile ou Asie, où l’on rencontre des formes de mariages présentant
religieuse acceptée par le pays d’accueil doivent aussi être des caract&istiques exceptionnelles ancrees dans la cou-
enregistrés dans le registre de Mat civil, selon le principe tume. Ces mariages peuvent être décrits comme consen-
de la personnalité juridique, par l’intermédiaire des consu- suels, traditionnels, sociologiques ou coutumiers. Nombre
lats correspondants, qui doivent se porter garants du fait de mariages céleb& dans le cadre de cémmonies religieu-
que toutes les formalités locales et legales ont etté accom- ses ou tribales ne sont pas reconnus par la législation civile
plies et que les conditions pmalables indispensables au ma- de 1’Etat et ne sont donc pas enregistres; ainsi, la méthode
riage, d savoir la capacité, l’absence d’obstacles il l’union, d’enregistrement ne fournit pas de données fiables sur ces
de relations illégales, etc. et le consentement mutuel, sont mariages qui ont lieu en dehors du cadre de la loi. Bien que
compatibles avec les mglementations en matiere de mariage ces formes consensuelles de mariage ne doivent pas être en-
du pays d’origine des parties; ces aspects seront générale- registr6es, on pourrait rechercher les moyens d’assurer
ment couverts dans le certificat delivré par l’autorité locale qu’elles sont déclarées à des fins statistiques de façon à dis-
compétente se portant garante de la célébration valide du poser des informations necessaires pour les études démo-
mariage en application de la loi locale, qui sera g6nérale- graphiques et sociologiques. Dans ces conditions, il faudrait
ment aussi accréditee par l’entrée dans le registre local de rendre obligatoire la d&uation par les parties contractan-
Mat civil ou le mariage a eu lieu, ainsi que le certificat tes d’un mariage coutumier au bureau de l’officier de l’état
correspondant delivre par I’entite donnant l’autorisation. civil seulement à des fins d’établissement du bulletin statis-
Ces documents seront présentés au consul pour communi- tique, comme cela se fait pour les.morts fœtales.
cation aux archives centrales ou indirectement au registre 133. Bien que ce soit un cas exceptionnel, il faut aussi
consulaire, pour, enregistrement, apres qu’il a éte v&ifié faire mférence aux mariages célébres en cas de risque im-
que les documents sont authentiques et que l’acte est con- minent de déc&. Conformément à la mgle gént%ale selon

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ST/ESASTAT/SER.F/71

laquelle les mariages devraient être. célébms apres que concernant le stockage des documents initiaux peuventdif-
le dossier correspondant a été établi pour attester de la ca- férer de celles concernant les annotations complémentaites
pacité des parties a contracter un mariage, au bureau de qui doivent être faites ‘sur les actes correspondants- de nais-
l’état civil du domicile de l’une ou l’autre des parties, il faut sance et de mariage, car dans ces cas, précisés dans la Ioi
comprendre que, pour qu’un mariage célébré de cette façon sur l’enregistrement des faits d’état civil; il faut reconnaître
‘soit légal, à titre d’exception aux r&gles générales, aucun que les certificats originaux attestant ‘des &vénements. qui
établissement de dossier préalable n’est requis et le mariage doivent être. annotés dans le registre de l’état civil où figu-
d’un individu ne n%idant pas dans la localité peut être auto- rent les entrées correspondantes revêtent un caractère public
risé; une simple maladie n’est pas suf?ïsante; il faut une rai- car ils ont été délivrés par les autorités, judiciaires, notaria-
son grave de bonne foi, documentée par les parties concer- les ou administratives compétentes. : décision :des triiunaux
nées, ou une raison qui présuppose un risque de déc& sur l’adoption, détermination de la fihation, divorce, amer-
imminent. C’est à l’officier de -l’état civil qu’il appartiendra lation, séparation judiciaire, etc.; les instruments légaux de
de déterminer si les circonstances sont ou non contraignan- la reconnaissance, les accords de- mariageY etc.; les déci-
tes; il pourra pour cela demander que lui soit présenté un sions administratives ou les changements de nomou la na-
certificat médical attestant le risque de décès. Une fois que tionalité. En conséquence, et seulement dans les cas où les
l’urgence de la célébration du mariage a été établie et que la archives correspondantes sont disponibles, il suffi de.pré-
possibilité de se présenter en personne au bureau de l’enre- senter une copie authentifiée du document original pour
gistrement des faits d’état civil a été exclue, les formalités faire apporter les annotations complémentaires, sans qu’il
pmalables au mariage peuvent être réduites au minimum; soit nécessaire au registre de l’état civil où ces annotations
l’officier local de l’état civil devrait se rendre là où la partie sont apportées de stocker ces documents, car-ces originaux
contractante risquant de décéder vit afin de célébrer le ma- tïgurent dans les dossiers des tribunaux, des notaires-ou des
riage selon les modalités ordinaires, en présence de deux té- institutions administratives, selon les cas, où ils peuvent
moins qualifiés comme le requiert la législation du pays; être consultés à tout moment a la demande des .parties inté-
dans tous les cas, il doit exister un acte du consentement ressées ou, d’office, par l’officier de l’état civil, quel que
mutuel des deux époux, ce qui peut parfois exiger la vérifi- soit le délai écoulé depuis l’enregistrement.
cation de la capacité mentale de la personne malade, éven- 135. II faut garder a l’esprit que; ‘même si la Ioi sur
tuellement avec l’aide d’un médecin pour déterminer l’état l’enregistrement des faits d”état civil rend obligatoire pour
mental de la partie contractante et de sa capacité de consen- les déclarants de fournir des informations sur les évene-
tir librement et en toute connaissance de cause au mariage. ‘ments principaux concernant l’état civil dans un délai spéci-
L’ofTicier de l’état civil doit célébrer ces mariages. même s’il fié, imposant des pénalités pour non-respect de ces délais,
ne dispose pas au pmalabie des documents permettant de le fait que les délais prévus s’éconlent sans entraîner un en-
prouver que les parties sont libres de contracter un mariage registrement ne peut en aucune circonstance empêcher les
et que celui-ci puisse constituer un acte civil valide immé- événements d’être enregistr6s ii une date ultérieure pour que
diatement aprés. La documentation de l’acte de mariage le registre puisse refléter aussi exactement que possible les
doit être fondée sur un relevé des données et exigences es- malités et accomplir ainsi sa mission. La direction du sys-
sentielles établi sur un formulaire modéle imprimé, identi- tirne d’enregistrement des faits d’état civil et le pubhc dans
que à celui utilisé pour enregistrer un mariage; ce document son ensemble doivent ‘travrdller ensemble pour tiduire le
sera signé par les parties contractantes, les temoins et l’offi- phénomène d’enregistrement tardif; auquel contribuent di-
cier de l’état civil et constituera la do&inentation originale -vers facteurs : parfois, il est attribuaMe Q des déficiences
qui conduira le moment venu à l’enregistrement, car le ma- structurelles ou physiques du systéme d’enregistrement lui-
riage ne doit pas être enregistre tant qu’il n’est pas prouvé même; parfois i~ la différence ou B l’ignorance oa~t’indi@-
qu’il répond aux critéres requis pour être valide en fonction rente manifestées par l’individu quant aux,avantages &nmé-
.du droit du sol- capacité, absence d’obstacles, etc. Une diats et aux avantages à moyen et B long terme de
fois que ces formalités ont été accomplies, et même si la l’enregistrement des faits d’état civil, tant pour lui-même
partie contractante malade décéde, l’enregistrement du ma- que pour la société: La complexité des cas dans la-vieréelle
riage sera effectué, accompagné d’une r&férence expresse et l’existence de groupes de population marginaux font-que
au fait qu’il a été célébm face 8 un risque imminent de dé- la législation sur l’enregistrement devrait pmvoir les mesu-
ces et que l’union a été ultérieurement vérifiée comme va- res nécessaires pour assurer l’enregistrement des bvéne-
lide. Dans tous les cas, le mariage sera valide à partir du ments qui :n’ont pas été déclarés B temps. Par- exemple,
moment où il a été célébré. p apres l’expiration du délai normal de 30 jours suivant. une
134. Bien que l’enregistrement des faits d’état civil cor- naissance, qui, en vertu de la loi sur l’enregistrement des
roboré par les documents orignaux correspondants convertit faits d’état civil, est le délai normai autoris pour que. les
le registre d’état civil en Premiere preuve documentaire, en personnes désignées la déclarent, aucuneeontrainte-ou délai
regle générale, et pour ce qui est des documents originaux ne devrait être placé sur les demandes d’enregistrement de
concernant l’enregistrement des naissances, mariages et de- naissancesnon déclaties, encore qu’ilfaille dans ce cas sui-
tés fondés sur les déclarations des pays intéressés au bureau vre les procedures d’enregistrement prescrites puisqu’une
de l’état civil ou dans les certificats délivrés par les autori- simple déclaration et le certificat m&liiial.correspondantne
tés compétentes ou le personnel- médical, il est indispensa- suffiront plus; en effet, il sera nécessaire de realiser plu-
ble de rendre obligatoirele stockage et la garde en sécurité sieurs vérifications pour déterminer la véracité etl’exacti-
des registres de l’état civil~eux-m&es. Toutefois, les r&gles tude des événements notifïés apr&s le délai imparti. Le pro-

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cessus d’enregistrement devrait faciliter ces déclarations ces de filiation, le fait que les inscriptions aient un caractére
tardives et ne pas négliger les mesures de sauvegarde néces- constitutif peut être considéré comme une incitation à amé-
saires pour éviter les doubles inscriptions dans le registre liorer l’intégrité de l’enregistrement des faits d’état civil.
d’un seul et même Événement, qui pourrait conduire à des Autrement dit, les actes juridiques en question n’ont pas
identités multiples afin de cacher la véritable identité, ainsi de validité entre les parties ou vis-à-vis de parties tierces
que d’bviter l’enregistrement d’év6nements qui n’ont pas eu tant qu’ils n’ont pas été enregistres selon les r&gles prescri-
lieu-sur le sol national, ce qui peut avoir des n5percussions tes par la loi. L’inscription dans le registre donne donc à’
en termes de réglementations applicables ii l’attribution ou ces événements une. valeur constitutive et est considérée
d l’acquisition de la nationalité du pays dans lequel ces in& comme un élément consolidant l’acte juridique concerné.
criptions sont demandées. Dans cette optique, et pour ratio- 138. Un acte de l’état civil est la preuve legale de la
-naliser le traitement de ces enregistrements, l’offkier local r4alité des. faits d’état civil et des actes juridiques et revêt
de l’état civil- responsable du bureau oh l’inscription man- un caractére central dans le régime juridique sur la base du-
quante doit être réalisée devrait être doté des pleins pou- quel les familles sont organisées. Il devrait donc être con-
voirs-il cet égard et pourrait en sa capacité officielle mener serve en permanence et toujours contenir l’identité et les si-
une enquête sur les faits par l’intermédiaire des organismes gn&rres du déclarant et de l’officier iocal de l’état civil. Un
publics compétents notamment les services judiciaires et les acte de l’état civil devrait être établi pour chaque événement
services d’identification. La coordination nkessaire entre et ces actes devraient être uniformes dans l’ensemble du
les services d’enregistrement des faits d’Qat civil et les ser- pays. Le registre peut revêtir la forme d’un classeur cons-
vices-d’identification exige que ce dernier service fournisse titué de feuilles individuelles (volantes) ou de fiches, sur
la carte d’identite correspondante fondée sur un certificat lesquels l’officier local de l’état civil inscrit l’événement in-
d’enregistrement délivrk à cette seule fin et que la déli- tervenu ainsi que les actes à des fins juridiques. Le livre-re-
vrance- de cette carte fasse l’objet d’une annotation obliga- gistre est encore utilisé dans nombre de pays, apparemment
toire sur l’acte de naissance. La décision de l’offkier de pour des raisons historiques, car le précurseur immédiat du
l’état civil d’accepter ou de refuser l’inscription manquante registre de l’état civil est le registre des paroisses, qui a tou-
pourra faire l’objet d’un appel dans le cadre du dispositif jours utilisé des livres. Toutefois, cette préférence ne veut
normal. pas dire que c’est la méthode la mieux adaptée a l’âge ac-
tuel, compte tenu en particulier des technologies disponi-
2. LE REGISTRE DE L’ÉTAT CIVIL bles aujourd’hui. Le principal avantage des fiches est qu’un
simple classement par ordre alphabétique fournit un excel-
‘a) L’acte de Z’étar civil lent index des inscriptions, sans cotit supplémentaire et sans
erreur de. transcription. Cela résout une fois pour toute l’un
136. Une fois qu’un événement d’état civil a eu lieu et des plus diffrciies problemes auquel est confronté le sys-
que le document original (document probatoire) a 6th etabli, téme d’enregistrement : l’incapacité de retrouver une ins-
ou, d défaut, une fois que des témoins ont pkenté leur dé- cription particuliére rapidement et de façon fiable lors des
position à l’offkier local de l’&at civil pour garantir la r6a- demandes de copies et de certificats.
lit6 de l’événement, 1’Etat prend acte officiellement du fait 139. Les recommandations internationales-sur les actes
en question en l’emegistrant dans un document speciaie- de l’état civil sont nombreuses, mais il n’en existe pas pré-
‘ment conçu à cet effet, le registre de l’état civil, qui est per- cisément sur le type de registre à adopter. Le choix est
manent et conçu exciusivement à des fins juridiques. Les laissé aux pays de façon qu’ils-puissent tenir compte de
données qu’il contient viennent en partie du document ori- tous les facteurs en jeu, comme les subdivisions politiques
ginal et en partie du déclarant. S’il n’y a pas de document et administratives, le degré de sophistication de l’enregistre-
original, .les temoins se portent garants de l’évenement et ment des faits d’état civil, le niveau d’instruction, les com-
aident le declarant à fournir les données nécessaires. pétences techniques des employés, etc. Toutefois, le facteur
137. IXtablissement des actes de l’&at civil est la fonc- jouant le r6ie .le plus dkterminant semble être le droit de la
tion juridique essentielle du systéme de l’état civil, car toute famille de chaque pays. Dans les pays où la législation de la
la documentation est conservee en tant que preuve coutu- famille remonte au code Napoléon, ,ou a été influencée par
mitre de l’ensemble des faits d’état civil enregist&s. Mise à ce code ou par des lois anciennes de l’Espagne ou du Portu-
part la valeur universelle de ces preuves, la législation sur gal qui ont beaucoup en commun avec ce code, peut-être en
l’enregistrement peut prevoir que les inscriptions -n’ont raison de la proximité géographique des pays en cause,
qu’un caracttre déclaratif, ou considker que les inscrip- l’enregistrement des faits d’état civil a ‘d’abord été conçu
tions sont les éléments indispensables à l’effet utile des ac- comme.un moyen d’organiser la famille, fonction plus tard
tes juridiques qui sont documentts par l’enregistrement. élargie au rassemblement de données sur l’état civil. On re-
Dans le cas des naissances vivantes, des décés et des morts trouve la même situation dans les territoires qui étaient au-
fœtales, il est évident qu’en tant qu’événements physiques paravant des colonies de ces pays, comme l’Angola, le Mo-
d’intérêt juridique (ils interviennent qu’ils soient enregistres zambique et d’autres, car ils ont repris en bloc et laissé
ou non) de sorte que l’enregistrement de ces tvénements pratiquement inchangée la législation de la ‘puissance coio-
n’a qu’une valeur déclarative de toute façon. Dans les au- niale. Inversement, les pays anglo-saxons, non influencés
tres cas, comme la célébration d’un mariage dans tm cadre par la législation française et ayant leurs propres traditions
légal, les décisions des tribunaux sur les divorces, les annu- bien établies, ont initialement voulu faire face à la nécessité
lations ou les séparations, les adoptions et les recomraissan- de quantifier et d’identifier les caractéristiques de leur po-
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pulation grâce B des statistiques de l’état civil. Ils utilisaient 142. Quel que soit le systéme choisi pour enregistrerles
la m&hode de l’enregistrement, mais n’ont pas fait de l’en- faits d’état civil ainsi officiellement reconnus par 1’Etat en
registrement des faits d’état civil un service g part entière. vertu de leur inscription dans le registre de Ntat civil, l’es-
Les pays de l’Est, quant à eux, qui ont des traditions sentiel est d’établir les rbgles formelles applicables aux
vieillies de plusieurs siécles dans le domaine de la famille documents auxquels les événements vont donner lieu. Le
et des noms, ont gardé leurs coutumes et leur forme d’orga- choix principal se situe entre le systéme de transcription, ou
nisation, qui différent de celles du monde occidental. Uap- au moins la partie principale de l’acte est une copie littérale
proche la plus viable consiste .donc à laisser chaque pays du document initial, et ce qui est connu comme la m&hode
mettre au point peu à peu son propre système, plutôt que de l’inscription, ou les données essentielles sont reprises du
d’abandonner les modalites organisationnelles ancrees des document original et transférées dans une série d’encadr6s
traditions et législations sp6cifiques pour adopter celles sur les formulaires officiels préparés et distribues par la di-
d’un autre pays. rection. Le crittre gén&al de simplification qui devrait
140. Le Manuel des statistiques de l’état civil : aspects s’appliquer au travail administratif fait pencher en faveur de
)miliques, organisationnels et techniques, vol. Ia, dans ses la mdthode de l’inscription, qui rend de toute évidence plus
paragraphes 194 a 252, décrit le registre de l’État civil et facile la transcription des données essentielles sur l’tvéne-
compare les trois formes qu’il peut revêtir du point de vue ment ou l’acte à enregistrer, car l’inscription des données
de l’espace et du stockage, de la sécurité, du tout et de la est predéterminée par la disposition des encadrés. La con-
facilité de manutention. Il est recommandé de consulter ce ception de formulaires imprimés officiels permettant l’ins-
manuel. Ses conclusions peuvent être n%umées comme cription des données dans les différents encadres facilitera
suit : aussi l’introduction des nouvelles technologiques. Les. ins-
a) Les trois formes se valent pour ce qui est des problè- criptions deviennent ainsi les actes d’&at civil utilisés pour
mes d’espace, de stockage et de s6curite; certifier les événements d’etat civil de façon coherente et
b) A long terme, Les fiches peuvent se r&ler moins comme forme privil6giée de preuve; en conséquence, bien
cofiteuses que les livres-registres ou les classeurs; et que différents termes puissent être utilisés pour désigner les
c) Il est plus facile de manipuler des fiches et des inscriptions et les annotations complémentaires, il devrait
feuilles volantes qu’un livre-registre, aspect qui est examine être entendu que le contenu de ces deux formes d’entr6es
longuement dans le Manuel. Un nouveau facteur à prendre concerne les aspects essentiels de l’événement auquel elles
en compte B cet égard est la disponibilité de formulaires ont trait et sont toutes deux valides comme preuve de IYwé-
sous forme électronique. nement en question. Il est donc souhaitable d’utiliser l’ex-
141. Bien que les systémes sur feuilles volantes ou sur pression « inscription dans le registre » pour designer il la
fiches soient jugés avantageux car ils permettent de &upé- fois les ~inscriptions et les annotations complémentaires.
ret facilement les données, les actes pouvant &re classés Dans le même ordre d’idbes, les deux types d’inscriptions
par ordre alphabétique, et facilitent la manipulation, il faut doivent être cohérentes et permanentes, même si elles peu-
rappeler que les deux systémes ont l’inconv6nient d’être vent être modiftées par la suite sur la base des procédures
plus sujets 51des irrégularités du fait de la substitution ou de appropriées si cela ,se r6vele nécessaire. En tout état de
la falsification des fiches ou des feuilles, ainsi que d’un cause, l’enregistrement des faits d’ttat civil n’utilisera que
simple mauvais classement, rendant les démarches ult&ieu- les formulaires officiels approuvés distribués par la direc-
rement difficiles. Par rapport & la mobilité et a la vitesse tion, qui devraient être imprimés sur du papier de bonne
évidentes associées aux systèmes fondés sur les fiches et qualite afin de pouvoir être stockés pendant une longue pé-
les feuilles volantes, avec les livres-registres on est davan- riode; des mesures de sécurit6 peuvent aussi être prises pour
tage assur que les actes seront plus étroitement reliés aux rendre le papier utilisé dans les bureaux de l’état civil diffr-
dates auxquelles les inscriptions ont été faites, rendant plus cile ii falsifier, ce qui est particuliérement important si on
difficile leur perte, encore que la rigidité de manipulation décide d’utiliser le systeme de fiches ou de feuilles volan-
des livres présente de sérieux inconvénients lorsque l’on tes. Les formulaires d’enregistrement pour chaque registre
- naissances, mariages, divorces - seront identiques dans
souhaite moderniser le registre de l’état civil; sans mention-
ner les diflïcultés que cela pose lorsque la fonction d’enre- l’ensemble du pays et doivent être numérotés consécutive-
gistrement des faits d’état civil est informatis6e. Malgm ment par annbe z+des fins de contrôle.
tout, et en dépit de ces inconvénients évidents, la plupart 143. Les registres de l’état civil sont confiés & l’officier
des pays tendent a s’en tenir au systéme de livres-registres de l’état civil, qui notifie la direction en’cas de menace sur
- un pour les différents types d’&&ements d’état civil en- leur intégrité - risques de feu, d’inondation, etc. - de fa-
registres, qui, utilisés conjointement avec un syst&me adapté çon que les mesures appropri6es puissent être prises. Les
d’indexation sur fiches pour chaque inscription de base, actes de 1’6tat civil seront établis en double et les officiers
naissance, mariage, déc&, divorce -permet la consulta- de l’état civil des bureaux locaux devront envoyer périodi-
tion rapide des actes de l’état civil. C’est le nom de famille quement aux archives centrales l’une des copies pour stoc-
qui permettra le classement par ordre alphab&ique des fi- kage et mise en lieu sûr, celle-ci étant désormais confiée à
ches atu lesquelles figureront d’autres indications comme la la garde du directeur des archives centmles. Des mesures
date de l’événement auquel I?nscription se rapporte et des doivent en cons8quence être prises pour s’assurer que les
informations sur l’endroit ou il a été enregistn5 - livres, deux copies sont bien identiques. Pour ce faire on utilisera
pages, etc. Ces fiches devraient être de format uniforme et des photocopies qui reproduisent fidèlement les données es-
imprimées par les services officiels. sentielles figurant sur l’inscription et. les deux exemplaires

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devront être signés par les déciarants et l’officier de l’état Pacte de l’état civil est annulé, mais dans ces cas il faut in-
civil. Si l’on ne dispose pas de photocopies, l’inscription troduire une annotation faisant référence a la décision judi-
sera faite sur du papier carbone afm d’établir une seule co- ciaire ou administrative autorisant l’armulation; par exem-
pie supplémentaire de l’inscription. Enfin, si’les deux co- ple, un décret de justice annulant un mariage signifie que
pies sont ecrites separement, elles doivent être vérifiées l’acte de l’état civil pertinent est invalide et peut être an-
‘pour évitert ou t e du‘vergence pouvant modifier le contenu de nulé. Tous les actes inutilisés ou annulés doivent être con-
l’une ou de l’autre; les deux copies étant relues au déclarant servés, classés par ordre numérique et transmis également
et, le cas echéant, aux temoins, qui les signeront ensuite. aux archives centrales. .
Bien que les deux copies aient la même valeur de preuve, 145. Quel que soit le systéme d’enregistrement adopte,
dans le cas d’une divergence entre elles, c’est celle envoyée les conventions en matiére de classement doivent être sui-
aux archives centrales qui est considéree comme étant l’ori- vies il des fins de stockage et de récupération ultérieure
ginal dans le projet de .loi. Etant dorme que la même ins- pour certification. Le système de livres-registres permet à
cription principale peut faire l’objet de plusieurs annota- chaque bureau local de garder des fichiers en fonction des
tions complémentaires, il faudra faire en sorte de laisser différents types de registres officiels; constitués en reliant
plus d’une page blanche sur lesquelles ces annotations ensemble les formulaires de chaque section du registre -
pourront être apportées; le numero de ces pages devra être naissances, mariages, divorces et dé&; les inscriptions
relié à celui de l’inscription à laquelle elles se rapportent, dans ces registres se feront par ordre chronologique, un in-
ou bien des documents en double devront être établis dans dex alphabétique étant ajouté g la fin de chaque livre-regis-
un classeur pour faciliter l’inscription de toutes les annota- tre et un système de fiches classées par ordre alphabétique
tions complémentaires, sans cn5er des probiémes d’espaces précisant la date de l’inscription ainsi que la zone d’enregis-
blancs ou de feuilles supplémentaires qui pourraient donner trement, le volume et le numéro de page du registre pour fa-
lieu a des falsifications. Pour contribuer à l’uniformité des ciliter la récupération. Si des livres-registres sont utilisés, ils
inscriptions dans le registre, le directeur général devrait sont maintenus en double de façon qu’une copie puisse être
aussi préparer des modèles ou des stencils des annotations envoyée aux archives centrales une fois que toutes les pages
complémentaires prévues dans la loi, de façon qu’avec ont été utilisées; la regle générale dans ce cas est que les li-
l’aide de timbres il soit possible de ne remplir que les espa- vres-registres ne peuvent être déplacés du bureau de l’offr-
ces laissés en blanc pour saisir les données spécifiques à cier de l’état civil sauf s’ils risquent d’être détruits, par
chaque annotation; ces annatations seront ensuite datées et exemple en raison d’inondations, de feu, de rongeurs, etc.
signées par i’offrcier de l’état civil sur la base du document Cette interdiction, qui est assujettie a l’obligation de garde
officiel soumis. Cela accélere et normalise la procédure et incombant à l’officier de l’état civil, implique que le travail
évite les erreurs. d’enregistrement qui doit être r&alisé en dehors du bureau,
144. Les autres regles formelles pour l’établissement par exemple le mariage d’un individu sur le point de décé-
des actes de l’état civil sont notamment l’obligation d’une der, fera l’objet d’un formulaire qui deviendra le document
écriture claire avec une encre indélébile, lorsque les actes initial sur la base duquel l’inscription sera ultérieurement
sont établis a la main en l’absence d’aides mécaniques, qui apportée dans le registre, une fois qu’il a été établi que les
améliorent la lisibilité et la préservation. Etant donné que conditions légales prealables à la validité et a la dalité
l’acte de l’état civil est utilisé comme preuve, il devrait être du mariage ont été réunies. Les systemes de fiches et de
conçu de façon 21éviter les changements, ce qui signifie que feuilles volantes fondés sur des formulaires imprimés off%
la loi ou les règlements y afférents devraient interdire les ra- ciels, dûment numérotés par année, peuvent 2tre classés al-
tures, les ajouts, les insertions entre les lignes, etc. Cepen- phabétiquement et chronologiquement en fonction des dif-
dant, pour tenir compte de la possibilité d’erreurs lors des férentes inscriptions principales. Avec le systéme de feuilles
inscriptions, des regles formelles devraient être adoptées volantes, les actes qui doivent être dressés en dehors du bu-
pour permettre des exceptions en cas d’erreur dans l’acte reau de l’état civil peuvent être établis directement et en
mi-même, par exemple en prévoyant que le mot qui est faux double sur le formulaire officiel, qui est ensuite classé et
ou superflu puisse être souligné, l’erreur ou l’omission stocké au bureau de l’état civil.-
étant ensuife signalée à la fin avant que l’acte ne soit daté et 146. Le projet de loi présenté dans le présent Manuel
signé par l’officier de l’état civil et les déclarants. Aucune ne privilégie aucun type particulier de registres de l’état ci-
inscription ne sera signée par l’officier de l’état civil avant vil, de façon à laisser le directeur général de l’enregistre-
que le déclarant ‘n’ait pris personnellement connaissance de ment des faits d’état civil libre de recommander et d’adop-
son contenu ou, s’il n’est pas en mesure de lire, avant que la ter celui qui convient le mieux à un pays à un moment
personne chargée d’apporter les inscriptions sur les regis- donné. Toutefois, il suggtre bien qu’un index alphabétique
tres n’ait lu le contenu de l’inscription. Une fois que les ac- soit établi pour chaque type d’év&rement d’état civil, dans
tes de l’état civi! ont été signés, aucun changement quel chaque zone d’enregistrement, afin d’aider l’offtcier de
qu’il soit ne peut leur être apporté autrement que par une l’état civil à localiser rapidement les inscriptions à des fins
décision judiciaire ou suivant les procédures prescrites. Si de certification ou pour fournir d’autres services au public.
l’erreur est trop grave pour être &Parée, la feuille devrait Cet index est extrêmement utile à la fois pour des archives
être retiree de l’ùtilisation mais pas detruite, par exemple en géI-ées manuellement et pour des archives utilisant des sup-
la barrant 8 l’encre de façon qu”elle ne puisse pas être r&ti- ports informatiques ou d’autres instruments de stockage
lisée, même si son contenu est encore lisible, ou en y appo- modernes. L’index sera normalement construit à partir du
sant un timbre « nul » ou annulé. On peut faire de même si nom et des prénoms. La façon dont les noms sont formés

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, /
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varie d’une mgion à l’autre et d’un pays à l’autre. En Amé- civil et du bureau local d’enregistrement facilitera leur récu-
rique latine et dans certains pays européens un ou plusieurs pération immédiate; les fiches concernant les mariages peu-
noms sont utilises, si possible les noms de famille de la vent être classées en fonction du nom du mari ou de la
mhre et du pere, l’idée étant de faire apparaître la descen- femme, suivant la tradition du pays, .à condition que la
dance familiale. En Chine, les noms utilisés sont tradition- même procédure soit suivie dans tous les bureaux locaux
nels, remontant B plus de 2 000 ans, et sont indiqués dans d’enregistrement et dans les archives Centrales. Dans le cas
l’ordre inverse, c’est-à-dire le nom d’abord suivi de un ou des livres-registres, elles seront classées par type d’événe-
plusieurs prénoms; le langage écrit est composé d’idéo- ment d’état civil, par ordre chronologique d’enregistrement
grammes et les pr6noms et noms sont généralement compo- ainsi que par zone d’enregistrement. Les feuilles volantes
sés de trois idéogrammes, le premier étant le nom et le offrent davantage de flexibilité pour le classement : par or-
deuxiéme et le troisième constituant le prénom. Les noms dre alphabétique, par date, etc. Pour des pmcisions supplé-
ne découlent pas des noms des parents mais peuvent être mentaires sur la façon de dresser et de stocker les actes
choisis librement. En Suéde, les noms ne viennent pas né- de l’état civil, voir le Manuel statistiques de l’état civil : as-
cessairement des parents et peuvent, sous certaines condi- pects juridiques, organisationnels et techniques, vol. l*, pa-
tions, être changés, par exemple a l’occasion d’un mariage. ragraphes 194 à 230;
Dans certains pays d’Asie et d’Afrique et également dans d) Un espace peut être réservé dans le coin supérieur
certaines communautés indigenes d’Amérique centrale et droit des actes pour imprimer le numéro de série que l’acte
du Sud, les noms du pere et de la mère ne font pas partie de recevra dans les archives. Cela permet aussi une vérifica-
la structure du nom et dans les pays arabes on utilise géné- tion administrative dans le bureau local et dans les archi-
ralement plusieurs noms. Le point essentiel de ce qui pré- ves centrales à la fin de chaque année civile; si des fiches
céde est que, quelque soit les conventions, chacun & un nom sont utilisées, le numéro sera ajouté aprés qu’elles ont été
qui permet de l’identifier. Si le registre est fondé sur des fi- classées par ordre alphabétique. Ce numéro montre combien
ches, les actes de l’état civil peuvent être classés et stockés d’actes ont été établis chaque année et, par conséquent, le
par nom dans un index alphabétique ou un index équivalent. nombre d’actes dont les archives centrales et le bureau local
Il convient de noter que les mêmes difficultés devront être ont la garde. En outre, si des fiches sont utilisées, ce numéro
surmontées s’il est pl-évu d’utiliser des moyens électroni- permettra une meilleure gestion des archives, et, par consé-
ques pour établir l’index alphabétique. L’essentiel est d’uti- quent, une maintenance satisfaisante de l’index par fiche; et
liser une méthode uniforme dans tous les registres civils e) Les actes de l’état civil devraient être classés chaque
locaux du pays de façon à ce que les actes soient correcte- jour par ordre alphabétique et par type d’événements, s’ils
ment classés tant au niveau local que dans les archives cen- sont composés de fiches ou de feuilles volantes, tant dans
trales. Les archives centrales devront apporter des contribu- les bureaux locaux que dans les archives centrales. Dans les
tions à la base de données de l’enregistrement des faits livres-registres, le classement par date d’enregistrement et
d’état civil (et à celle des statistiques de l’état civil si néces- par type d’événement est automatique.
saire) lorsque les technologies informatiques et d’autres 148. Nous examinerons ci-après une série de cas spé-
technologies sont introduites. ciaux, afin d’analyser les caractéristiques particulibres des
147. Pour ce qui est de la manipulation des’ actes de actes de l’état civil produits par la méthode d’enregistre-
l’état civil, les précautions suivantes, qui sont aussi préci- ment pn5conisée dans le projet de loi.
sées dans le projet de loi, devront être prises : 149. Le projet de loi part de l’hypothèse que les princi-
a) Lorsqu’ils sont établis sur des fiches, feuilles volan- paux actes de l’état civil concerneront les naissances vivan-
tes ou livres-registres, les actes de l’état civil sont imprimés tes, les décès, les mariages et les divorces et que les autres
et numérotés consécutivement à des fins administratives et événements de l’état civil que l’Organisation des Nations
pour permettre un conti6le strict. Cette numérotation ne Unies recommande d’enregistrer, c’est-à-dire les Iégitima-
doit pas faire partie de l’inscription mais peut être placée, tions, les reconnaissances, les séparations et les annulations,
par exemple, dans le coin inférieur gauche, de préférence en seront enregistrés sous forme d’annotations complémentai-
dehors de la marge. Cela permet de savoir combien d’actes res, sauf dans le cas de l’adoption, comme nous le verrons
et quels types d’actes sont dressés par chaque bureau local ci-apres. S’agissant de la filiation, toutefois, rien n’empê-
de l’état civil; che de dresser un nouvel acte de naissance contenant les
b) En aucun cas, l’offtcier de l’état civil ne peut dé- nouvelles données sur la filiation de la personne concernée,
truire un acte. Ce serait un délit. S’il oublie une page par er- tout en assurant le lien nécessaire entre les deux actes.
reur, il doit l’annuler et l’envoyer avec le reste (s’il s’agit 150. Pour ce qui est de l’enregistrement des adoptions,
d’une fiche ou d’une feuille Sépar&e, ou porter la mention il faut tenir compte de la sensibilité sociale entourant cet
annulée sur la page en question s’il s’agit d’un livre-regis- acte juridique, ce qui signifie que l’enregistrement devrait
tre) dans ses envois périodiques; être opéré sur la base de procédures spéciales tenant tou-
c) Dans le registre local comme dans les archives cen- jours compte des mgles du pays concernant l’institution de
trales, les actes doivent être classés conformément à la pro- l’adoption, des types d’adoption reconnus et des consé-
cédure adoptée par la direction de l’enregistrement des faits quences civiles de chacune d’entre elles. Le document ori-
d’état civil en vue d’une utilisation dans l’ensemble du ginal utilisé pour informer le service de l’état civil d’une
pays. Il faut rappeler que, si des fiches sont utilisées pour le adoption devrait être un instrument juridique délivré par
registre, leur simple classement par ordre alphabétique en une autorité reconnue par l’Etat, c’est-à-dire généralement
fonction du nom du yclarant, du type d’événement d’état une décision d’un tribunal ou un document notarié. Apres
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soumission de ces documents originaux à l’officier local de chives centrales, en supposant que celles-ci ont compétence
l’état civil, l’acte peut être dressé par l’une ou l’autre de sur les actes de l’état civil touchant des nationaux et inter-
deux méthodes : u) simplement en apposant l’annotation venant à l’étranger. Pour etablir l’acte de naissance corres-
complementairc correspondante sur l’acte de naissance de pondant dans le registre afin de tenir compte de l’adoption
l’enfant adopté, sans qu’il y ait besoin de procéder a d’au- a l’étranger par des parents adoptifs qui sont des nationaux,
tres formalites d’enregistrement, notamment d’établir un il faut d’abord déterminer si l’adoption, en tant qu’institu-
nouvel acte fondé sur les informations résultant de l’adop- tion légale, est essentiellement la même du point de vue de
tion, et en imposant des r&gles de divulgation restreintes ses reglementations et effets que dans le pays d’origine. Les
afin que seules quelques personnes autorisées puissent ob- documents originaux a présenter dans ce cas seront la déci-
tenir le certificat d’enregistrement correspondant; et b) en sion pertinente de l’autorité étrangére compétente pour offr-
procédant, ce qui est considéti comme la meilleure mé- cidiser les adoptions et le certificat de naissance étranger
thode pour sauvegarder le droit à la vie privée des person- de l’enfant adopté, qui permettra de déterminer les données
nes et des familles directement concernées par l’adoption, essentielles sur la naissance. Apres que ces documents
à l’annotation complémentaire concernant l’adoption sur t%rangers auront été authentifiés et que l’acte d’adoption
l’acte de naissance original de l’enfant adopté, sauf que aura été jugé légal aux termes du droit interne, l’acte de
cette annotation annule ce dernier, et en établissant un nou- naissance de l’enfant adopté sera établi; il contiendra seule-
vel acte de naissance comportant uniquement les données ment les données relatives à l’adoption et ne fera pas de
concernant les parents adoptifs et d’autres circonstances en- référence aux données biologiques concernant l’adopté
registmbles reflétant la forme de l’adoption, par exemple, si pouvant apparaître sur l’acte de naissance initial. Les docu-
elle suppose une modification des noms de l’enfant adopté. ments originaux sur lesquels est fondée l’adoption seront
Ce nouvel acte restera toujours assujetti aux régies généra- stockés par l’organisme compétent pour enregistrer la nou-
les en matière de certification établies dans la loi sur l’enre- velle naissance, afin de sauvegarder l’intérêt que peut avoir
gistrement des faits d’état civil, de sorte que ceux ayant des l’enfant adopté a connaître ulttrieurement ses origines bio-
interêts ltgitimes pourront obtenir des expéditions ou des logiques, soit directement, si l’adoption est choisie, soit en
extraits de cet acte. Pour ce qui est de l’acte initiai qui a été établissant la règle selon laquelle les documents originaux
annulé conformément aux règles formelles applicables éta- qui ont conduit à l’établissement du nouvel acte de nais-
blies par la loi ou la réglementation et afin d’assurer que le sance comme suite à l’adoption ne peuvent être diffusés
statut d’adopté est maintenu strictement confidentiel, aucun qu’à la demande d’une autorité judiciaire.
certificat ne peut être délivre autrement qu’a la demande di- 152. Pour enregistrer la dissolution des liens matrimo-
recte d’une autorité judiciaire. Nonobstant ce qui précède, il niaux en raison du divorce, il est jugé souhaitable, confor-
pourrait aussi être juge souhaitable que les enfants adoptes, mément ‘aux recommandations internationales pertinentes,
lorsqu’ils atteignent leur major36 et sous n%erve de l’auto- de créer un registre spécial distinct exclusivement pour les
risation préalable de l’officier de l’état civil, puissent avoir divorces. Apres que la décision de justice finale attestant le
directement accés B l’acte original afin que soit ainsi ga- divorce entre les parties a été soumise a l’officier local de
ranti leur droit de connaître leur propre identité biologique. l’état civil, deux entrees seront faites dans le registre :
Lorsque l’acte original est annulé et un nouvel acte établi, a) Premierement, le divorce sera consigné séparement
des renvois appropriés sont inscrits sur chaque acte afin de dans le registre des divorces correspondant, en utilisant le
permettre les rapprochements nécessaires entre eux. Le rcn- formulaire imprimé officiel prépare à cette fm en fonction
voi figurant sur le nouvel acte de naissance n’apparaîtra en du systéme choisi pour l’enregistrement écrit des événe-
aucun cas sur un certificat, afin d’assurer que la partie inté- ments - fiche, feuille volante ou livre-registre. Cet acte
ressee n’apprenne pas son statut d’enfant adoptif du fait des contiendra les données de base sur l’identité des parties
données apparaissant sur l’acte. n faut souhgner qu’il s’agit contractantes, les circonstances essentielles du mariage dis-
la de la procédure la plus adaptée pour sauvegarder le droit sous, eu égard B l’acte de l’état civil pertinent, ainsi que les
a la vie privée des personnes et des familles concernées par données de fond concernant l’autorité judiciaire ayant pro-
l’adoption, mais on insiste aussi sur le fait que si cette pro- noncé le divorce et la date. C’est le bureau local ou le juge-
cédure est utilisée elle doit dans tous les cas tenir compte ment de divorce a été remis qui sera compétent pour reaii-
des effets que l’institution d’adoption a dans la legislation ser cette entrée indépendante. Compte tenu de l’importance
interne du pays et si l’adoption est considerée comme en- extrême, en termes de certitude des modalités juridiques
tiere et irrévocable, au sens ou elle représente une rupture concernant la dissolution des liens matrimoniaux et le chan-
complète de tous les liens avec la famille biologique, car gement du statut financier précédemment applicable au ma-
tous les arrangements internationaux d’adoption n’ont pas riage, il existe des raisons d’élargir le cercle de personnes
les mêmes effets juridiques. ayant un intérêt légitime 8 obtenir la certification d’un di-
151. Pour ce qui est des questions qui se posent lors- vorce, sans limiter exclusivement ce droit aux époux eux-
qu’on enregistre les adoptions internationales, c’est-àdirc mêmes ou a leurs représentants légaux. L’équilibre néces-
lorsqu’un enfant étranger est adopté par des nationaux et saire entre les intérêts des tierces parties et le droit au
que l’adoption a lieu 81l’étranger en application des règles respect de la vie privée exige que, si un certificat est de-
en vigueur dans le lieu d’adoption, la premiére mesure con- mandé par une personne autre que les parties intéresstes,
siste à établir quel est l’organe d’enregistrement qui est l’officier local de l’état civil peut autoriser la divulgation
compétent en la matiére; conformement à la structure orga- s’il est prouvé que cette demande répond à des raisons légi-
nisationnelle décrite precédemment, ce peuvent être les ar- times;

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e) Outre l’établissement d’un acte de l’état civil distinct d’autres représentants ltgaux mais aussi les épouses, les as-
attestant le divorce, le document original concernant le ju- cendants et les descendants et les heritiers, voire ,des parties
gement de divorce fera aussi l’objet d’une annotation com- tierces en mesure de prouver qu’elles ont un interêt légitime
plementaire dans l’acte de mariage correspondant afin a cette demande. Dans ces cas, l’officier de l’état civil peut
d’établir le lien nécessaire entre le mariage et sa dissolution autoriser la délivrance de certificats api-& avoir vérifié la
par le divorce. Si un certificat ou un extrait partiel du ma- relation par rapport au déclarant ou la’légitimité d’une de-
riage est demandé, il doit toujours contenir une indication mande de certificat.
du divorce, notamment les élements permettant d’identifier 155. Les certificats peuvent être intégraux ou partiels.
l’autorité qui l’a prononcé et a quelle date, ainsi que les ré- Les certificats intégraux ou expeditions consistent en la
férences appropriees au registre des divorces; pour cette transcription integrale de l’acte de l’état civil auquel ils se
raison, cet acte doit être etabli d’abord, de façon que les an- rapportent,. c’est-a-dire la retranscription de toutes les rubri-
notations correspondantes puissent ultérieurement être ap- ques figurant sur l’acte. Dans les cas supposant une adop-
‘portees dans le registre de l’état civil du lieu ou le mariage tion qui, dans la plupart des pays, sont ceux ou la sensibilité
a été enregistré. sociale est la plus forte, le principe directeur est d’observer
la stricte confidentialite en optant-pour un système d’enre-
b) Certificats gistrement qui annule l’acte original et:crée un nouvel acte
de naissance ne contenant des rkferences qu’a l’identité des
153. Une fois que le contenu des documents originaux parents adoptifs et non au fait de l’adoption. La délivrance
a été dûment noté, donnant lieu soit à des inscriptions soit A de certificats sur la base de ce nouvel acte auxpersonnes lt-
des annotations complémentaires, selon le cas, l’acte d’en- -gaiement habilitées a les obtenir ne pose pas de probléme,
registrement transforme ces documents en actes de l’étatci- car, en aucun cas, l’adoption n’apparaît. En tout &at de
vil qui ont la force probatoire pretminente que leur confere cause, comme on l’a deja explique dans la discussion sur la
la loi sur la base du principe que l’enregistrement des faits façon dont les adoptions devraient être enregistrees, il faut
d’état civil assure la vkracité, l’exactitude et la legalité, don- tenir compte des rkglementations du pays en la matiere et
nant ainsi aux individus des moyens officiels et permanents des types d’adoption reconnus, notamment de la question
de prouver la réalité d’événements affectant leur état civil. de savoir si tous les liens avec la famille biologique de l’en-
Cependant, le travail d’enregistrement suppose davantage fant adopte sont rompus. Les-certificats portant sur les actes
que le simple suivi des procédures prescrites: L’objectif es- de naissance originaux anuulks en raison de l’adoption ne
sentiel de l’enregistrement des faits d’état civil, fournir une peuvent être delivres qu’a la demande, ou apr8.sautorisation
preuve legale, signifie que les individus ayant des intérêts préalable;de l’autorite judiciaire encore qu’il devrait être
légitimes peuvent obtenir auprés du registre de l’état civil prévu que les parties intéressées, à la majorité, peuvent ob-
des actes de l’état civil qui reflétent son contenu. Le princi- tenir personnellement un-certificat de l’acte annule pour sa-
,pal moyen d’extraire des données du registre est l’établisse- tisfaire leur droit fondamental de connaître îeur origine bio-
ment d’un certificat, qui peut aussi être considéré comme logique.
un acte de l’état civil car c’est l’instrument normal pour di- .156. Les certificats partiels ou extraits ne concernent
vulguer les. informations contenues dans le registre; Il s’agit que les donnees essentielles de chaque rubrique de lkcte de
d’une copie ou d’une retranscription, inttgrale ou partielle, l’état civil, étant entendu que, s’il y a des annotations com-
des inscriptions figurant dans le registre, authentifiees par plémentaires qui modifient le contenu essentiel de l’inscrlp-
l’officier local de l’état civil ou par l’offkier de l’état civil tion, celles-ci doivent être prkistes sur le certificat partiel;
chargé des archives centrales, ou par les personnes ayant le ainsi, pour un extrait de mariage, S?I y a des annotations
pouvoir de signature. Dans les grandes villes, le nombre de complémentaires sur l’acte faisant référence à des accords
certificats délivres chaque jour fait qu’il est souhaitable de matrimoniaux ou B un jugement de divorce, d’annulation ou
mettre au point des modalités pour déléguer les pouvoirs de de séparation judiciaire, ces annotations doivent touj~ours
signature à du personnel qualifie afin de faciliter et d’accé- être prkistes. De même, dans les extraits de naissance,
16rer la delivrance des certificats. L’authentification impli- même si l’acte de naissance ne prouve pas en lui-même
que la confirmation que le certificat délivré de bonne foi est la filiation-du déclarant, doivent aussi apparaître toutes les
conforme a l’acte d’état civil auquel il se rapporte et qui, en annotations complémentaires impliqmmt des changements
cas de divergence dans le contenu des documents, est con- dans le nom ou le prenom, en application de la legisla-
sidére comme la copie d’origine. tion du pays sur l’&ablissement de la filiation, et ayant des
i54. Pour ce qui est des personnes habilitées & deman- repercussions sur l’identite de la personne légitimée ou re-
der des certificats, il est impératif de sauvegarder le droit à comme.
la vie privée, mais ce droit doit être mis en paralléle avec la 157. La dtlivrance de certificats devra être adaptée aux
necessité de donner le pouvoir, dans le cadre du systeme spécificités techniques du système d’enregistrement en vi-
d’enregistrement des faits d’état civil, de délivrer des certi- gueur, si celui-ci est rudimentaire et s’il n’existe pas de
ficats des actes de l’état civil concernant des évenements possibilites de faire des photocopies, les expéditions de-
pouvant affecter des parties tierces, en fonction du principe vront être écrites B la main ou tapees ala machine; dans la
de la certitude des transactions juridiques. Il est donc sou- .pratique, cela ralentira la procedure, augmentant la de-
haitable que le cercle des personnes admises ii demander la mande d’extraits. Inversement, dans les systémes dknregis-
divulgation d’actes de l’état civil soit élargi de façon a in- trement où les installations~ techniques sont meilleures, il
clure non seulement les parties intéressées elles-mêmes, sera plus facile de reproduire des inscriptions en délivrant

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ST/ESABTATlSElLFl71

des certificats inttgraux sous la forme de copies des actes tracté par des personnes, sous toutes formes recommes par
de l’état civil effectifs. Les deux types de certificats de- ’ la loi de PEtat, ainsi que la naissance de tous les enfants nés
vraient être delivres sur les formulaires officiels approuvés dans le mariage ou hors mariage. Sur le livret seront aussi
par la diction, dtiment-numérotés et sur du papier adapté enregistrt%, sous la forme de cértificats partiels, les évene-
qui sera aussi fourni par le centre de gestion. Les expedi- ments intervenant ult&ieurement dans le mariage, divorce,
tions, quelle que soit la façon dont elles sont ‘établies, seront separation, annulation, et le régime financier applicable.
invariablement delivrées sur du papier officiel, tamponnées, Lorsqu’il n’y a pas de mariage préalable, seront enregis-
chronologiquement numérotées et portant un cachet. trées sur le livret de famille, sous la forme d’extraits, les
158. La loi devrait déterminer -le délai pour la dtli- naissances de tous enfants communs au couple‘de facto qui
vrance des expéditions ou des extraits, par -exemple cinq ont été conjointement reconnus. Dans le cas de familles B
jours; si une demande est refusée pour des raisons de divul- parent unique, c’est-A-dii lorsque la filiation a éte légale-
gation restreinte, le refus devrait être notifié dans le même ment établie uniquement par rapport à la mére ou au ptre,
délai. Si une demande de certificat est refusée, la personne le livret de famille peut être délivre au parent concerne. Un
qui en fait la,demande peut faire appel de la decision aupres livret de famille peut être aussi délivré dans les cas d’adop-
de la direction, qui est compétente pour statuer sur les ap- tion. Les livrets de famille peuvent en outre être utilisés
pels présentes dans le cadre des procédures d’enrcgistre- pour consigner les dé& de leurs détenteurs. L’utilite prati-
ment. .Lcs certificats délivres sont des documents publics que de ces livrets est qu’ils constituent une sorte de rkapi-
qui attestent vis-à-vis de parties tierces la realité de l’évene- tulatif de la structure familiale, équivalent, dans l’optique
ment et les circonstances certifiees; ils sont donc considérés de la preuve, a un certificat officiel de chaque Bvénement
comme l’instrument ordinaire de la preuve des évenements enregistre, ce qui permettra parfois de se dispenser de la ne-
d’etat civil. En cas de divergence entre le certificat et l’acte cessite de présenter les certificats correspondants. L’officier
auquel il se rapporte, c’est ce dernier qui est considerk de l’état civil remet normalement le livret au couple immé-
comme l’original. En outre, .il ne faut pas perdre de vue diatement après que leur mariage a été enregistre et ce livret
que, étant donné que la population peut bouger, les indivi- sert de certificat partiel; si un enfant a été légitim6 par le
dus peuvent parfois avoir besoin de prouver leur état civil ii mariage, une fois que son acte de naissance a été prouve et
l’étranger; pour faire face à cette nkessité, la direction est annoté pour tenir compte du mariage entre les parents, il
habilitée a &ablir des formulaires imprimés officiels en plu- sera aussi rajouté au livret. S’il n’y a pas de mariage, le li-
sieurs langues pour chaque type d’evenement enregistre. vret de famille sera remis à l’un ou l’autre des parents,
Pour rendre l’enregistrement des faits d’état civil plus ac- après que la filiation a fait l’objet de l’acte de naissance
cessible aux individus et faire en sorte que le registre de correspondant et de l’annotation complémentaire sur la re-
l’état civil soit aussi complet que possible, le financement connaissance. En cas de divergence entre livret de famille et
du service d’enregistrement devrait être fondé sur le prin- l’acte de l’état civil, c’est ce dernier qui pr&aut.
cipe gCnéra1 selon lequel les inscriptions et les annotations 160. Compte tenu du caractère géneral et du large pu-
complémentaires sont gratuites alors qu’un droit est de- blic potentiel du present Manuel, le modèle d’enregistre-
mandé pour l’établissement de certificats, sauf-ceux déli- ment ideal devrait tenir compte de toutes les caractéristi-
vrés Jt la demande des autorites publiques a des fins of- ques qui ont conduit A des améliorations indéniables dans
ficielles, qui devraient être établis gratuitement et sur les pays oh les services d’enregistrement sont en place de
lesquels la mention officielle devrait être apposte afin longue date. L’un des premiers objectifs du pnkent volume
d’éviter une utilisation indue par les individus. est de favoriser, grâce a l’kablissement de formulaires.mo-
déles, une certaine harmonisation des modalites d’enregis-
c) Livtzt defamille trement offkielles de façon ;i standardiser le travail de base
de l’enregistrement, dans toute fa mesure possible, dans les
159. Bien que le projet stipule que chaque pays a la li- différents pays s’efforçant actuellement d’introduire un ser-
berte de reglementer la question des « livrets de famille », vice d’enregistrement ou d’ankliorer le service existant.
la legislation inteme.sur la filiation devrait prevoir ce type Nous partirons donc du principe que certains élements sont
de livret, car il peut avoir tme incidence directe sur la considerks essentiels dans la plupart des pays pour l’établis-
preuve de la descendance. Il est utile de faire reférence A sement des actes de naissance, de mariage et de déc&; il
ces livrets, car ils représentent un instrument important de s’agit de l’identite de la partie interessée et des circonstan-
preuve, souvent profondément enraciné dans la sociéte, ces essentielles .de l’événement - nom et prenoms, nom
.pour ce qui est des relations familiales, matrimoniales ou des parents pour l’identification seulement, lieu et date de
autres, considérkes comme une pierre angulaire, naturelle et l’événement, sexe. Pour ce qui est des éléments de l’identité
fondamentale de la societe. Dans le contexte européen, la qui peuvent faire l’objet de certificats partiels, on peut assu-
Commission internationale sur l’état civil a établi la Con- rer avec certitude qu’il n’y a aucune raison de limiter leur
vention no 15 sur le livret international ‘de famille, signée a divulgation, car il s’agit de données prksentant un intérêt
Paris le 14 septembre 1974. Le livret de famille devrait être public. En tout état de cause, il appartient A la 16gislation in-
un document officiel, établi par la direction et uniforme terne de chaque Etat de défimù la portce et les limites de la
dans l’ensemble du pays. Il consiste en une série de feuilles protection de la vie privée des personnes et des familles et
imprimees numerottes consécutivement, en fonction du la façon dont le contenu des actes peut être divulgué. En re-
: format adopte, en vue d’enregistrer avec le même statut ju- vanche, certaines donnees de caract&re administratif doivent
ridique que les certificats ou les extraits un mariage con- obligatoirement figurer sur tous les actes d’enregistrement,

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1
STIESASTATISERF171

notamment le lieu et la date de l’acte de l’état civil, ainsi l’organisme statistique.compétent dans le systeme centra-
que l’identité des officiers de I’état civil compétents; dans lisé de statistiques de l’état civil auquel il appartient - sys-
le las des mariages, par exemple, une distinction peut Btre tème national de statistiques, systsme national de santé,
faite entre l’officier de l’état ‘civil qui établit l’acte de ma- etc. -directement ou aux bureaux locaux de l’enregistre-
riage et l’officier de l’etat civiI présent lorsque le fùtur cou- ment, ou également par l’internkliaire de--la direction elle-
pie a 0ffkielIement consenti a se marier. Les dispositions même, dont l’une des fonctions officielles sera dans ce cas
doivent aussi être prises pour des modifications ~ulttrieures de’ fournir des formulaires g tuus les bureaux locaux. :
des inscriptions sous la forme d’annotations compltmentai- 162. Pour garantir l’exactitude des donnees, Iës bulle-
res; les formulaires officiels devraient donc toujours conte- tins statistiques devraient être établis au moment ou les in-
nir des parties laissées en blanc, si possible sur une feuille formations sont fournies pour l%tabIissement de l’acte de
séparke de celle contenant les inscriptions essentielles, de Mat civil.. Pour assurer un classement adéquat, les bulletins
façon à pouvoir consigner les annotations conformément i# statistiques devraient être etablis par le personnel chargé
la ltgislation interne d’un pays. Il est trks important que les de l’enregistrement des faits d’état &il dans les bureaux
fornudaires officiels soient construits sous la forme d’enca- ,où les données d’enregistrement sont recueillies : date de
drks et que des espaces libres soient aménagés sur le côté l’acte, numero de l’acte, etc.; compte tenu de la variabilite
opposé des inscriptions principales afin de pouvoir apporter du caractére personneIdes autres donntes~ celles-ci peuvent
les mentions completives si l’on prévoit d’utiliser ultérieu- être fournies par les individus tenus légaIement de-faire les
rement des moyens technologiques pour délivrer des certifi- declarations correspondantes de nakrance, mariage ou dé-
Ms. La photocopie facilite de toute évidence la délivrance cès, car ce sont ies mieux pIa& pour fournir l‘es informa-
des certificats, mais il est difficile d’tviter de reproduire tions requises, qui autrement peuvent I’être aussi par le per-
des informations confidentielles dont la divulgation est in- sonnel d’enregistrement vise dans Ia mesure ou îes~donnees
terdite en vertu de la législation interne de chaque pays et nécessaires sont indisponibles. Pour ce qui est des infor-
concernant, par exemple, la filiation, le motif du.divorce, de mations statistiques concernant des mentions complétives
la separation, de l’annulation, etc. En règle générale, en comme les recomnissances de filiation, ies légitimations,
conséquence, les inscriptions devraient dans toute la mesure les adoptions, etc., il sera plus facile qu’elles, soient re-
du possible être apportées sur des formulaires officiels con- cueillies par le personnel du bureau d’enregistrement, car
çus pour faciliter la reproduction partielle des énonciations elles supposent dans leur majorité desdonneesquantitatives
essentielles de l’acte, tout en reservant le dos des formulai- qui sont fournies lorsque les mentions sont apportées. Si
res pour toute mention marginale. On trouvera a ht fin du l’on cherche B s’assurer le concours des citoyeris dans Ma-
pmsent chapitre des modtles de formulaires et de Certificats blissement des formulaires statistiques, il faut être tres at-
pour l’enregistrement des faits d’état civil. tentif a k façon dont ces formulaires sont conçus. En tout
état de cause, pour assurer des données de haute qualite, les
3. LE BULLETIN SiATISTIQUE
individus devraient être aidés lorsqu’ils remplissent le bul-
letin et I’offkier de l’état civil est tenu de fourniriës ins-
.161. Les données présentées au bureau de l’état %%il tructions nécessaires pour que le bulletin soit établi par le
comme base de l’acte de l’etat civil principal qui, comme ‘même déclarant que celui qui vient notifier I%v&ment
on l’a vu, est utilisé a des fins juridiques, servent aussi à d’état civif enregistre. ‘Pour faciliter les choses, il est souhai-
établir des bulletins statistiques, car la collecte de donnees table d’utiliser des formulaires comportant des encadr6s et
statistiques est aussi l’une des fonctions attribuées par la loi énumérant des questions auxquellës on peut répondre dans
à l’enregistrement de,sfaits d’état civil. Compte tenu des ca- la plupart des cas en plaçant une croix,dans le cadre appro-
ractéristiques intrinstques de ce bulletin, dont le contenu est prié. Aux intervalles prescrits par la loi ou les. règlements,
beaucoup plus souple et peut varier en fonction de la cou- les bureaux locaux enverront les bulletins statistiques, soit
verture statistique souhaitée, il est recommandé d’utiliser directement soit par l’intermédiaire de la direction, BI’orga-
un formulaire separé, contenant des données sur chaque nisme de statistique, qui peut formukr toute questionçon-
événement d’btat civil enregistre. La façon dont ces bulle- cernant les données dans le rapport directementau bureau
tins sont établis, à l’aide des formulaires officiels adaptes d’enregistrement des faits d’état civil.
qui devraient être les mêmes sur PensembIe du territoire na- 163. En régie générale, la fonction statistique de classi-
tional et différents pour chaque Bvénement d’état civil au- fication, d’analyse, d’évaluation, de publication des don-
quel ils se rapportent, sera déterminée par l’organisme na- nées démographiques, c’est-àdire la production dé, sta-
tional responsable du traitement statistique des données tistiques de l’état civil, n’est pas confiée au systeme
,fourriies par le bureau de l’enregistrement des faits d’état d’enregistrement des faits d’état civil mais à d’autres orga-
civil, encore que la necessite de coordonner les travaux des nismes administratifs, soit au niveau national, dans le cas
divers organismes responsables de la collecte et du traite- d’un systéme centralisé de statistiques de l’état civil, soit au
ment statistique ultérieur des données fait qu’il est indis- niveau régional, dans le- cadre d’un systeme décentralisé de
pensable que la direction approuve la présentation ou le . statistiques de l’état civil, qui est celui rencontré le plus
contenu des buIletins statistiques, car la nature des objectifs couramment dans les pays à structure fédérale. Dans les
statistiques est telle que la portee des statistiques peut être systèmes décentralisés, les bureaux locaux d’enregistrement
élargie pour couvrir d’autres donntes identiques aux don- communiquent les bulletins statistiques au registre national
nées de fond nécessaires aux fins juridiques de l’enregistre- ou au bureau de statistique pour traitement au niveau Iocal,
ment. Les bulletins statistiques vierges seront fournis par puis, ultérieurement, un bureau national de statistique ras-

44
ST/ESA/STAT/SER.Ffll

semble les donnees régionales et publie les statistiques na- caractère juridique, exige une garantie de permanence et ne
tionales de l’État civil. Ces deux systtmes administratifs ont peut être changé que sur la base de procédures expressé-
des avantages et des inconvénients, qui ont été analysés ment pr&ues par la loi. Il n’est donc pas souhaitable que le
dans d’autres documents de l’Organisation des Nations bulletin statistique soit une reproduction de l’acte de l’état
Unies*. Il a été recommandé que les données statistiques civil; il faudrait plutôt que les deux soient des documents
concernant les. événements d’état civil soient collect6es au distincts et séparés, encore que naturellement, compte tenu
niveau central par l’organisme responsable du traitement de la coordination nécessaire entre les services d’enregistre-
statistique. Dans l’un et l’autre cas, il est évident que, ment et les services de statistiques, le directeur général~de-
compte tenu du lien etroit qui existe entre la collecte de vrait participer à la conception des bulletins statistiques et
.donnCes et leur traitement a des fiis statistiques, les dit%- que. la loi devrait expressément le prévoir. En outre, l’éta-
rents otgatiismes concernes devraient coordonner leurs ef- blissement, de deux formulaires séparés, permet ‘de traiter
forts, dans l’intérêt du bon accomplissement de la mission différemment les informations collejes compte tenu de
qui leur a Bt& respectivement confiée par la loi, en s’effor- leur caractere confidentiel et eu bgard au principe général
çant d’assurer l’uniformité des concepts, definitions, classi- selon lequel les informations statistiques sont eonfidentiel-
fications et formulaires et en Evitant tout chevauchement les et normalement protkgees par les dispositions légales re-
qui entraîne des distorsions dans le systéme de statistiques latives aux statistiques, alors que les actes de l’état civil
de l’état civil. Cette coordination peut être assuree en éta- contiennent génkalement des informations qui peuvent être
blissant un comité national permanent sur la coordination communiquées directement aux -individus concernés, leurs
institutionnelle, ainsi que par diverses autres mesures, no- -proches ou les organismes publics autorisés qui doivent dis-
tamment l’adoption de dispositions lkgales et rkglementai- poser d’exemplaires des actes de l’état civil pour s’acquitter
res garantissant l’uniformit6 des systtmes .d’enregistrement des fonctions qui leur sont confiées.
des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil. 165. Pour ce qui est des naissances, mises A part les
.164. Le bulletin statistique devrait kre conçu paralléle- énonciations qu’il est obligatoire d’enregistrer, dont le con-
,ment à l’acte ou formulaire d’enregistrement des faits d’&at tenu est essentiellement juridique, comme l’identité du dé-
civil, car les donntes qu’il exige sont tities immédiate- clarant et le lieu et la date de l’événement de l’état civil, il
ment des actes de l’état civil. Toutefois, seules les données est courant, à des fins statistiques, d’inclure diverses autres
essentielles B des fins statistiques devraient être collectées données n’ayant pas d’intkêt du point de vue de la fonc-
de façon B ne pas surcharger le bulletin avec des données tion juridique de l’enregistrement des faits d’état civil.
inutiles; Les données a faire figurer dans les bulletins statis- L’Organisation des Nations Unies a recommandé 12 rubri-
tiques dépendront des besoins statistiques du’pays, ainsi que ques prioritaires pour les naissances vivantes : personnes
de la volontt5 d’assurer la comparabilit6 r@ionale et inter- ayant assisté l’accouchée, date et lieu de l’événement, date
nationale. Pour determiner le contenu des bulletins statisti- de l’enregistrement, type de filiation, sexe, poids à la nais-
ques; il faut aussi tenir compte des données sur lesquelles sance, ‘âge de la mère, date, durée du mariage (pour les
des informations dignes de foi et completes peuvent être naissances légitimes), nombre d’enfants nés vivants chez la
obtenues auprés du déclarant, auquel on devrait poser des mére concernée et lieu de résidence habituelle de la mère.
questions faciles a répondre. En outre, certaines ‘donnees La collecte de ces données permettra d’étudier les caracté-
statistiques ne seront pas prkisément les mêmes ‘que les ristiques médicales ainsi que les caractéristiques sociodé-
données de base nécessaires a l’enregistrement, par exem- mographiques et économiques de la naissance. Dans le cas
ple les donnees concernant l’espacement des naissances, la des mariages, la plupart des données recueillies pour l’enre-
durée de gestation, le nombre de naissances, la profession gistrement coïncident avec les sept rubriques prioritaires
des parents, etc. L’Organisation des Nations Unies a recom- déterminées par l’Organisation des Nations Unies; à savoir
mandé un contenu minimal mais snfIîsant a des fms jutidi- le lieu et la date du mariage, le type de mariage - eivil, re-
ques, pour les actes de l’état civil des naissances ‘vivantes, :Iigieux, etc. - la situation matrimoniale du marié et de la
des dé& et mariages, ainsi que les données à inclure dans mariée au moment du mariage et la date de l’enregistre-
les bulletins statistiques pour les mêmes évknements de ment. Cependant, d’autres données d’importance statistique
. l’état civil, qui devraient aussi concerner les morts fketales peuvent ne pas figurer dans le registre de l’état civil, par
et les divorces (voir Manuel des stgisfiques de Z’éfut civil : exemple l’âge du marié et de la mariée, le lieu de résidence
aspects juridiques, organisationnels et techniques, vol. l’$ habituelle du couple, etc. et seront donc recueillies dans le
Pour ce qui est du contenu recommandé des bulletins statis- bulletin statistique correspondant:Pour ce qui est des dé&,
tiques, une s&ie de questions prioritaires a aussi été 6tablie on compte également neuf rubriques prioritaires à des fins
pour faire apparaître l’objectif immkliat de la collecte de statistiques : date et lieu du déc&, date de~l’emegistrement,
statistiques de l’état civil: elles seront reproduites ultérieu- âge de la personne dkédée, situation matrimoniale, sexe,
rement. La comparaison entre ces deux listes de recomman- personne ayant établi le certificat et cause du déc&. La
dations fait apparaître la disparité entre les actes de l’ttat ci- principale source de controverses est la cause ,du déc&, qui
vil et les bulletins statistiques du point de vue du contenu doit être précisée dans le certificat médical de décés et être
idéal de’chacun d’entre’eux. Cela ajoute du-poids a la con- ~étudiée A des fins statistiques et sanitaires même si elle ne
clusion selon laquelle le bulletin statistique individuel de- figure pas sur l’acte de décès. La cause du décés peut en
vrait être flexible, de façon B pouvoir être tiamtnagb en général être considérée comme n’entrant pas’ dans le cadre
fonction de l’évolution des besoins, ce qui le distingue de de l’enregistrement des faits d’état civil, qui a pour fonction
toute évidence de.l’acte de l’ttat civil qui, en raison de son essentielle de prouver le de&; pour ce faire, il n’est neces-

45
ST/ESASTATISER.W71

saire.que de vtkifier que l’identité du défunt et la date et le vent, notamment en raison du transfert ou de la transcrip
lieu du décès. Par respect pour la vie privée personnelle du tion erronke de donnkes dans les documents~originaux utili-
défunt et de sa famille, en cons+uence, il ne semble pas sés comme base d’enregistrement. La nkessit8 de préserver
souhaitable ,de préciser la cause du décés dans l’acte de le critère de la légal&5 comme principe directeur du travail
l’état civil, celle-ci ne devant être comme qu’a des fins sta- d’enregistrement signifie que la procédure à suivre pour la
tistiques. C’est 121un autre argument en faveur de l’utilisa- modification du registre de l’état civil, et les cas oh cette
tion de formulaires distincts à des fins statistiques et d’en- proc6dure doit être mise en route, doit être définie en détail
registrement. Dans l’optique juridique, pour le cas où des dans la loi sur l’enregistrement des faits dT&at civil et les
héritiers de la personne déctdée doivent connaître la cause Aglements correspondants. La d&ïnition des principales
du dé& enregistr&, la loi devrait pl-évoir expressément, proctdures de modification dans le. cadre des attributions
s’ils sont habilités A demander au bureau de l’enregistre- normales des offkiers locaux de l’état civil est assujettie à
ment des faits d’&t civil, que cette cause leur soit commu- l’analyse des cas dans lesquels une modification s’impose,
niquée; étant donn6 qu’elle ne figure pas sur l’acte de l’état sous réserve du principe fondamental. selon lequel, même si
civil mais doit sans nul doute figurer sur le certificat mbdi- des procédures adéquates sont pr&ues pour permettre la
cal de dé&, c’est l’offkier de l’état civil qui est responsa- modification dans le cadre du syst&me d’enregistrement lui-
ble de classer et de conserver en permanence ce document même, en vertu d’une décision administrative des organes
original. Pour ce qui est des morts fœtales, qu’il n’est pas responsables de la gestion de l’enregistrement qui peut être
obligatoire d’enregistrer mais qui doivent être déclarkes B contestée par une action auprks des tribunaux ord&aires,
des fins statistiques, on compte 11 rubriques prioritaires cela n’empêche pas la décision de justice correspondante de
pour l’établissement de statistiques de l’état civil : lieu et constituer un document public légalement valide justifiant
date de l’év6nement, date de l’enregistrement, type de nais- l’introduction de modifications, quelles qu’elles soient,
sance (unique ou multiple), âge de gestation, légitimité, dans un acte d’état civil. L’individu souhaitant que le re$s-
sexe, âge de la mtre, durke du mariage (pour les grossesses tre de l’état civil soit corrigé est libre d’opter pour l’une ou
légitimes), nombre d’enfants nés vivants chez la mère con- l’autre pro&dure : syst&me d’enregistrement ou systime ju-
cernée et nombre de morts fartales précédentes pour la m&e diciaire. Et on peut affirmer avec certitude qu’il choisira le
Concemee. Dans le cas des divorces, les donnks prioritaires moyen le plus facile et le plus direct.
à des fins statistiques concernent la date et le lieu du di- 167. Parmi les nombreuses formes possibles d’erreurs
vorce, la date de l’enregistrement, 1’3ge des personnes di- d’enregistrement, celles qui peuvent être corrigbes au bu-
vorckes, la duree du mariage, le nombre d’enfants à charge reau de l*&at civil correspondent à celles &uun&~es ci-
des personnes divorcées et le lieu habituel de résidence. Il apr&s, qui sont les plus courantes et les plus évidentes; elles
faut aussi ne pas perdre de vue que les donnees statistiques peuvent .être @es à la fourniture de donnbes erronées par
requises pour suivre les mouvements naturels de la popula- les individus au moment de l’enregiswement ou à la prkn-
tion doivent respecter le droit à la vie privbe des parties in- tation de documents erronés, à des erreurs administratives,
t&ess&es; il est donc souhaitable que le bulletin statistique lorsque le personnel du bureau d’enregistrement recopie de
établi prkserve l’anonymat, car l’objectif statistique pour- mani&re incorrecte les données fournies par les individus.
suivi peut être réalisk simplement par la collecte de don- Dans tous les cas examinés ci-apr&s,.la çorrection est appor-
nbes quantitatives, sans qu’il soit besoin d’identifier les dé- tke simplement en substituant l’infotmation correcte à i’in-
clarants. formation erronée qui a &té consign&e pour différentes rai-
sons :
M . - Modifications du registre de l’état civil a) Erreurs dans les données d’enregistrement qui peu-
vent être compaties avec d’autres &nonciations ayant une
166. Une attention pkticuli&re doit être accordbe à la valeur probatoire; par exemple, si l’acte de naissance d’une
ntcessité de pl-évoir dans la loi sur l’enregistrement des personne indique une date de naissance errorke ou une date
faits d’&at civil la possibilit&, dans le cadre du sy&me de mariage erronke des parents, il est évident que la sim-
d’enregistrement, de modifier les actes de l’état civil s’il ple présentation d’un certificat correspondant à l’acte de
apparaît qu’ils contiennent des données erronbes, L’expb naissance ou de mariage pertinent, étant.dorm6 que. les don-
rience pratique a montre que s’en tenir à des principes juri- nbes sur le certificat ont une valeur probatoire à des fm
diques selon lesquels les énonciations sont intouchables, d’enregistrement, fera apparaître l’errew, qui pourra alors
autrement que par une décision de justice prononcee dans le être corrigbe par une simple prockdure. d’enregistrement;
cadre d’une procédure civile ordinaire, est une approche b) Les erreurs dans les donnees dknregistrement qui
trop stricte incompatible avec le caractére dynamique du peuvent être comp&es avec les documents utilisés comme
service public que l’enregistrement des faits d’état civil est base pour procéder aux énonciations; par exemple, si une
cens8 fournir. Comme on l’a vu préc&demment, le renvoi 6nonciation donne une mauvaise date pour la dissolution
devant les tribunaux de toutes les modifications du registre d’un mariage par une dkision de justice, la simple prkn-
de l’état civil ralentit la procedure, freinant et augmentant tation du document original, c’est-à-dire le jugement de di-
le cofït du travail d’enregistrement. Pour placer I’enregistre- .vorce, fera apparaîtfz l’erreur dans l’énonciation qui pourra
ment dans un contexte plus rdaliste, on devrait prbvoir des être Corrig&e immkliatement au bureau-,de l’état civil. Dans
procédures simples pour modifier les énonciations, en par- ces cas d’erreurs administraGves qui peuvent être v&ifi&es
ticulier lorsque le travail quotidien des .bureaux d’enregis- par rapport au document original Nilis pour procéder aux
trement montre què des erreurs s’introduisent assez sou- inscriptions originales, les documents en question doivent

,46
ST/ESA/STAT/SER.F/71

de toute évidence être conservés pour permettre une correc- l’inscription ou de fichiers d’enregistrement prouvant que
tion ultbrieure de toutes les erreurs ‘qui ont été faites. Que les données ont été incorrectement reproduites. Ces docu-
ces documents soient stockés ou non au bureau de l’état ci- ments sous forme de preuve auront la force probatoire que
vii ou dans les archives appropriées des organes competents leur confère la loi.
dépendront de leur nature : les documents judiciaires, nota- 168. Outre les erreurs d’enregistrement proprement di-
riaux ou administratifs seront. probablement stockés dans tes examinées plus haut, il est possible-d’envisager d’autres
les archives judiciaires notariales ou administratives corres- cas de correction des registres qui peuvent’être confïés au
pondantes mais, dans le cas des déclarations prononcées bureau de l’enregistrement et qui peuvent donner lieu, entre
devant l’officier de l’état civil et pour lesquelles des docu- autres, $I la suppression d’inscriptions incorrectement intro-
ments ont été présentes au bureau de l’état civil (reconnais- duites car concernant des événements non existants, c’est-&-
sance de. filiation ou déclaration de naissance ou de decés dire des événements qui n’ont pas effectivement eu lieu
.notifiCe par écrit sur le formulaire correspondant, certifi- dans le monde del, par exemple, si un acte est etabli pour
cats médicaux, etc.), il est évident que c’est le bureau d’en- une naissance ou une mort fœtale qui n’a pas eu lieu. Il est
registrement lui-m”eme qui doit être responsable du stoc- aussi légitime de supprimer tout acte établi indûment soit
kage et de la garde permanente des documents originaux parce qu’il concerne une question non soumise obligatoire-
pour la période prescrite par les dispositions légales ou ré- ment à l’enregistrement, soit parce qu’il a été établi sans ré-
glementaires; ‘/ férence a la documentation légalement requise comme base
c) D’autres erreurs ne sont pas dues à des problèmes de de l’enregistrement; par exemple, un acte de naissance éta-
~transcription B partir du document original mais à des er- bli aprés le délai prescrit sur la foi de documents préparés
reurs contenues dans le document original utilisé comme pour l’enregistrement dans le délai légalement prescrit, sans
base de l’inscription. Si ce document original est dfiment suivre la procédure pn5vue pour l’enregistrement tardif. Par-
corrigé ultérieurement dans le cadre d’une procédure légale fois, les corrections ne concernent pas des erreurs ou la
appropriée et si ce fait est vérifié au bureau de l’état civil, suppression d’inscription, mais visent plut& a compléter
l’acte de l’état civil peut être modifié; par exemple, si un des inscriptions avec des données non connues au moment
,accord prénuptial particulier a été enregistré sur la base où elles ont été faites; les données sont alors ajoutées à
d’un document notarié erroné, la mention figurant dans le l’acte existant par une simple procédure d’enregistrement
registre ne peut être corrigée qu’apr&s qu’il a été vérifié par visant à compléter l’inscription; par exemple, lorsqu’un acte
l’officier local de l’état civil que le document original ou la de décés a été établi sans connaître l’identité de la personne
copie principale du protocole notarié a été corrigé dans le décédée, il devra être complété lorsque son identité est con-
cadre de la procédure juridique appropriée; et nue. Un autre cas d’annulation d’une inscription se P&ente
d) D’autres erreurs, plus sensibles, sont celles qui con- lorsqu’un nouvel acte de naissance est établi en cas d’adop-
cernent l’identité d’un individu. Lorsque ces erreurs figu- tion, encore que des reférences croisées adaptées doivent
rent dans les actes de mariage ou de décès, cela ne P&ente être consignées de façon si établir le lien entre l’acte annulé
en général pas de difficultés, car les données concernant et le nouveau, aux fins d’une diffusion ultérieure H la de-
l’identité du couple ou de la personne décédée, selon le cas, mande d’une autorité judiciaire ou de la personne adoptée a
‘peuvent être vérifiées par rapport au certificat de naissance sa majorité. Enfin, il ne faut pas oublier dans cet énoncé des
correspondant, qui donne les noms et prénoms, date et lieu cas possibles de correction des actes de l’état civil ceux où,
de’ naissance, noms des parents, etc. Par exemple, si l’acte en raison de la destruction totale ou partielle des inscrip-
de décés indique que la personne décédée était mariée, c’est tions dans un registre de l’état civil, les actes en question
le certificat de décès de sa femme qui permettra de prouver doivent être reconstitués.
son caract&rc de veuf. Cependant, la correction des données 169. La procédure de correction des actes de l’état civil
concernant l’identité sur l’acte de naissance lui-même pose pour l’une ou l’autre des raisons énumérées plus haut peut
des difficultés plus grandes, car il s’agit d’énonciations sub- être engagée par des individus ou par l’offtcier de l’état ci-
stantielles et le plus grand soin devrait donc être pris pour vil, qui doit veiller à l’intégrité et a l’exactitude de registres
vérifier que l’erreur concerne les données sur l’identité de de l’état civil. C’est aux officiers locaux de l’état civil, dans
la personne et non pas la personne elleimême, ce qui crée- l’exercice des tiches qui leur sont assignées dans le cadre
rait un problème de double personnalité qui ne peut bien en- de leur travail d’enregistrement, qu’il appartient de confier
tendu’ être’ envisageable pour toute correction d’un acte de la charge de procéder a ces corrections et de résoudre les
l’état civil. Il est indispensable d’empêcher qu’une mesure probltmes pouvant se poser. Le pouvoir de décision sera
prise pour corriger un acte de l’état civil n’entraîne des donné à l’officier local de l’état civil du bureau où l’acte de
changements dans l’identité des individus. Aussi difficile l’état civil B corriger se situe et la correction sera apportée
-soit-il de prouver ces cas, la compétence de l’officier de sur la foi de la décision prise par l’officier de l’état civil
l’état civil pour la correction de ces erreurs doit absolument conformément fi la procédure prescrite. Les principes de
être maintenue chaque fois que cela est possible, car il n’y base applicables 4 cette procédure d’enregistrement de-
a aucune raison de penser qu’une rigueur plus grande en vraient être énoncés dans la loi : engagement d’office de la
matitre de vérification des preuves est exercée dans le ca- procédure ou B la demande d’une partie; suivi officiel de la
dre de la procédure judiciaire que dans le cadre du tra- procédure; enquête d’offrce pour vérifier l’exactitude des
vail d’enregistrement. En dernitre analyse, le r&.rltat sera faits et attribution de larges pouvoirs de décision ?al’orga-
fondé essentiellement sur les preuves documentaires, qu’il nisme concerné qui devra vérifier les faits et rassembler les
s’agisse de documents originaux utilisés pour procéder a preuves nécessaires; absence d’un trop grand formalisme
ST/ESASTAT/SER.F/71

dans la procédure, qui suivra normalement les regles écri- modifiée et annulée, conformément aux @es formelles
tes; souplesse de la procedure sans delais prescrits pour pr& P&ues ZI cet effet, en tirant un trait A l’encre sur la page
senter les r&Amations, fournir les éléments de preuve, etc.; sans nuire à sa lisibilite, ou simplement en y imposant la
gratuité; garantie de notification aux parties intéresstes que mention « ammlé », en la gardant dans le fichier et en &a:
la procedure. est en cours, de façon A leur permettre de faire blissant un nouvel acte corrigé. ll est nécessaire d’indiquer
valoir les arguments qu’elles jugent appropriés; décision de les renvois voulus sur la page annulée du registre et la nou-
.l’organisme d’enregistrement Comp&tent de mettre fin B la velle entr6e de façon que, lorsqu’on fait une recherche,
procédure et accord, le cas écheant, concernant la modifica- l’une des inscriptions permette d’acceder B l’autre. Toute
tion pertinente; notification de la décision aux parties inté- modification des registres de Mat civil devrait être notifiée
ressées, avec r6férence expresse aux recours disponibles, à aux archives centrales de façon que celles-ci puissent ap
l’organisme et aux delais autorisés pour prksenter un appel; porter les modifications nécessaires au document original.
et indication de l’organisme responsable de statuer sur cet ll est extrêmement important que les deux registres, celui
appel. En conclusion, il faut prendre note des considéra- gardé dans les archives centrales et celui gardé au niveau lo-
tions examinées plus haut concernant le fait qu’il n’est pas cal, soient identiques, afin de sauvegarder les intérêts juridi-
souhaitable de fixer des délais pour la correction des ins- ques des individus; les deux bureaux &ant autorisés à déli-
criptions, ou de rendre cette procédure trop onereuse en rai- vrer des certificats et à s’acquitter d’autres fonctions, la
son de formalités administratives inutiles. fiabilite et la véracité des informations sont d’une impor-
170. Dans tous les cas où des inscriptions sont corri- tance vitale.
gées ou annulées par une décision de justice ou une action
administrative, le mieux, pour tviter la confksion dans le re- Nom
gistre de l’état civil et les donnees couvertes par la force t Publication des Nations Unies, numho de vente : F.73 XVII.9.
probatoire du registre, consiste à supprimer l’inscription ’ Publication des Nations Unies, numéro de vente : F.91.XVILS.

48
ST/ESA/STAT/SER.F/71

Exemples d’actes de l’état civil


Exemples d’annotations complémentaires
Exemples de certificats

-REGISTRES DES NAISSANCES


PAYS 1A

ZONE D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL NUMkRO D’ENRECbREMENT

RENSEIGNEMENTS CONCERNANT L’ENFANT


NOM PATRoNyMIQUE :
DEUXDh4E NOM (s’il v a lieu1 :
PRÉNOM: : .
DATE ET HEURE DE NAISSANCE :
LIEU DE NAISSANCE : I
SEXE:
NATIONALm :
NOM DU PÈRE :
NOM DE LA M&E :

LIEU ET DATE DE L’ENREGISTREMENT :


NOM, SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER D’I?TAT CIVIL

49
ST/ESABTATISER.IWl

VERSO

RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE PÈRE


NOM PATRoNyMQUE :
DEUXIlhE NOM (s’il y a lieu) :
PRÉNOM :
LIEU ET DATE DE NAISSANCE : I (

NATIONALIT& :
PIÈCE D’IDENTIti :
RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LA MÈRE
NOM PATRONYMIQUE :
DEUXlkME NOM (s’il y a lieu) :
PtiNOM:
LIEU ET DATE DE NAISSANCE : ’

NATIONALITÉ :
LIEU HABITUEL DE RÉSIDENCE :
PIl?XE D’IDENTIti : .
RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE DhXARANT .,
NOM PATRONYMIOUE :
DEUXIkME NOM (s’il y a lieu) :
PR&NOM : .
I
PIÈCE D’IDENTIT6 :
1
1NOM PATRONYMIQUE :
RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE MEDECIN
I

DEUXIkME NOM (s’il y a lku) :


PRÉNOM :
NUM&RO D’IDENTIFICATION OU DU CERTIFICAT D’ACCRl?DITATION :
IDENTItiDESl’itMOINS
NOM PATRONYMIQUE : NOM PATRONYMIQUE :
DEUXIkME NOM (s’il y a lieu) : DEUXIl%fE NOM (s’il y a lieu) :
PRÉNOM : PRl?NOM :
PIlkE D’IDENTITk : PIÈCE D’IDENTITl? :

1 SIGNATURE DES DlhARANTS


OFFICIER DE I.&TAT CML 1 I

50
ST/ESA/STATISERFI71

REGISTRE DES NAISSANCES -


PAYS 1B

1’ ZONE D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL INUM&RO D’E?iREGISTREMENT

COMMENTAIRES’ ..

ANNOTATIONS COMPLl%E~AIRES*

t Le cas &h&mt, indiquer si l’acte est établi apr&s l’expiration du délai pr&vu ainsi que la data de la dkision et 1; nom de l’autorité qui l’a prise. Dans le
css d’une adoption, prkiser ks domtbs d’emegistmnent de l’acte de nsissance qui est annulé. Pour duque annotation ccmpl~mentaire doivent figurer la
date A laquelle elle a 6th apposkeet la signature de t’officier de Mat civil.
2 Pour chaque annotation wmpknentaire doivent &urer la date & laquelle elle a W apposée et la signsture de I’offier de Wtst civil.

51
ST/ESA/STAT/SERF/Il

REGISTRE DES MARiAGES


PAYS 2A
ZONED'ENREGISTRÉMENT BUREAULOCAL ~~NUMliROD'ENREGISlWMENT
: '.

t RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE MARI&


1
NOM PATRONYMIQUE : :
DEUXIÈME NOM (s’il Y a lieu) :
NOMS DES P&RE ET M&E :
1
DATEETLIEUDENAISSANCE:
DONN&ESDUREGISTREDESNAISSANCES:
PIÈCED'IDENTITÉ:
SITUATIoNMATRIMONIALE:
L~JHABIT~ELDER&SIDENCE:
NOMS APRÈS LE MARIAGE :
1

I RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LA MAdE


i
INOM PATRoNyMIQuE :
DEUXIkME NOM (s’il y a lieu) :
PRl?NOM:
NOMS DES PÈRE ET I&RE :
DATE ET LIEU DE NAISSANCE :

IP&CE D’IDENTITÉ :
DONNÉES DU REGISTRE DES NAISSANCES
I
I
SITUATION MATRIMONIALE :
1
LIEU HABITUEL DE Rl%IDENCE :
NOMS AP&!3 LE MARIAGE :

rxum R&IDENcEc~~~~~~NEDu~~~~R&ETDELA~~A~~E:
LIEUETDATEDUMARIAGE:
FORMEDUhJARIAGE:
PERSONNEAUTORISANTLEMARIAGE:

52
STIESA/STAT/SER.F171.

.VERSO .:: :

I RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LES TkMOINS I


,
NOM PATRoNyMIQtJE :. NOMPATRONYMIQUE: . ~
~EUXIhIB NOM (s’il y a”lieu) : 1 DEUXIhIB NOM (s’il y a lie<) :
: ‘.
PRÉNOM : PRÉNOM : -’
PIIkE D’IDENTITÉ : PIÈCE D’IDENTITÉ : J’

RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE REPRltSENTANT IiU MARUDELAFEMME

NOM PAtiONYMIQUE : NOM PATRONYMIQUE :


DEUXIlh4E NOM (s’il y a lieu) : DEUXIÈME NOM (s’il y a lieu) : ”
PRÉNOM: PRÉNOM:
PIÈCE D’IDENTITÉ : PIÈCE D’IDENTITÉ : ’

RENSEIGNEMENTS CONCERNANT L’IFdTJZRPRkTE DU MARI/DE LA FEMME I

NOM PATRONYMIQUE : NOM PATRONYMIQUE :


.DEUXII%E NOM (s’il y a lieu) : DEUX&ME NOM (s’il y a lieu) :
PRÉNOM : PRÉNOM :
PIÈCE D’IDENTITÉ : PIÈCE D’IDENTITk :

LES PARTIES CONTRACTANTES ONT ACCEPti LES OBLIGATIONS PRESCRITES PAR LA LOI INTERNE
LIEU ET DATE DE L’ENREGISTREMENT :
COMMENTAIRES’
I

SIGNATURES DES PR@ENTS

IDENTITÉ, SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER D’ÉTAT CIVIL CÉLÉBRANT OU ENREGISTRANT LE


MARIAGE

t Pr&iser si le mariage a & &ébrt? lorsque l’une ou l’autre des partieskit endanger de mort ou si le mariage a Ctéc&br& pour toute autre raison en
dehors du bureau de Mat civil. Pr&iser @lement si le mariage a tté cnmgistr6 en dehors de la période pr&ue B c-eteffet. I

53
ST/ESA/!3TATISER.F/71

REGISTRE DES MARIiGES


PAYS 1 2B 1
ZONE D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL NUMÉRO D’ENRECWI’REMENT

I RENSiZIGNEMENTS CONCERNANT LES ENFANTS LÉGITIMES


- ,.
1

NOM NAISSANCE DONNÉES D’ENREGISTREMENT


NOM NAISSANCE DONNÉES D’ENREGISTREMJ3IT
NOM _ : NAISSANCE DOmES D’ENREGISmbiENT
NOM NAISSANCE DONNÉES D’ENREGISTRJWENT

I COMMENTAIRES
1
SIGNATURES DES PRÉSENTS _

ANNOTATIONS COMPLÉMENTAIRES’

’ Pour chaque annotation comp!émentaire doiit figura la date oh elle a tté appoh et la signature de I’oîlkier de Mat civil.

54
ST/ESi/STAT/SERF/71

REGISTRE DES DÉ@S


PAYS 3A
i
ZONE D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL NUMkRO D’ENREGISTREMENT

I RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE DÉFUNT 1


NOM PATRONYMIQUE : 1
DEUXIh4E NOM (s’il y a lieu) : . . .
PRÉNOM : l
PIÈCE D’IDENTITÉ :
NOM DU PÈRE : ..,
,NOMDELAh&RE:
SEXE: .
STATUT MATRIMONIAL :
NOM DE L’ÉPOUX(SE) :
L~~~B~~UELDER&DENCE: 1
DATE ET LIEU DU DIk&S :
DATE ET LIEU DE NAISSANCE : --.

I
DONNÉES D’ENREGISTREMENT DE I!ACIE DE NAISSANCE : I

1LIEU ET DATE DE IXNREGISTREiMENT : I


I l
IDENTITÉ, SIGNA- ET CACHET DE L’OFFICIti DE L’&TAT CIVIL
ST/ESA/STAT/SER.F’PIl

VERSO

I RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE DÉCLARANT 1

NOM PATRONYMIQUE :.
DEUXIEME NOM (s’il y a lieu) :
PRÉNOM :
PIÈCE D’IDENTITÉ :

I RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LE MÉDECIN I

1NOM PAmONYMIOUE : 1
DEUXIhfE NOM (s’il y a lieu) :
PRÉNOM :
PnÈCE D’IDENTITÉ :

RENSEIGNEMENTS CONCERNANT LES TÉMOINS 1

NOM PATRONYMIQUE : NOM PATRONYMIQUE :


DEUXIJh4E NOM (s’if y a lieu) : DEUXIÈME NOM (s’il y a lieu) :
PRÉNOM : PRÉNOM :
P&CE D’IDhTIti : PIÈCE D’IDENTITÉ :

SIGNATURES DES PRÉSENTS

IDENTIT& SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER D’&TAT CIVIL

’ Indiquer si le déchs a & enregisaé eonfonnhent A une décision de justice. FTkiser &akment s’il a ttk entqistd epr&s le dblai p&u

56
sTI%SNSTATiSER.F/71

REGISTRE DES DÉ&S


PAYS WP

ZONE D’ENREGISTREMBNT BUREAULOCAL NT.h&RO D’ENRE~IS~MENT

ANNOTATIONS COMPLblENTAIRES’

’ Pour chaque amotation compk%nentaire doivent figura la date B laquelle elle a été apposb et la signature de I’offkier de l’état civil

57
ST/ESA/STAT/SERFf71

REGISTRE DES DIVORCES : ‘.


I PAYS ‘. i4Ai

ZONE D'ENREGW'REhkNT : BUREAU LOCAL NW&RO D’ENRE~IST&E&IENT

RENSEIGNEMENTS SUR LE MARIAGE DISSOUS


DATE DU MARIAGE :
LIEU Oti IL. A ÉTÉ &LkBR& : I
MARI FEMME
NOM PATRONYMIQUE : NOM PATRONYMIQUE :
DEUXIh4E NOM (s’il y a lieu) : DEUXIÈME NOM (s’il y a lieu) :
PtiNOM : PRÉNOM :
LIEU ET DATE DE NAISSANCE : LIEU ET DATE DE NAISSANCE :
1 DONN&ES D’ENREGISTREMENT DE L’ACTE t DONNÉES D’ENREGISTREMENT DE L’ACTE
DE NAISSANCE : 1DE NAISSANCE :
1PnÈCE D’IDENTIti : 1 PIÈCE D’lDENTIti :
NOMS APRÈS LE MARIAGE : NOMS APRÈS LE MARIAGE :
NATIONALlT’& : NATIONALITÉ :

I RENSEIGNEMENTS SUR LE DIVORCE 1


AUTORITÉ QUI A DÉCIDI? DU DIVORCE :
LIEU ET DATE DU DIVORCE :
DONNÉES RELATIVES AUX ARCHIVES DU TRIBUNAL :
I
LIEU ET DATE DE L’ENREGISTREMENT :

l IDENTIT&, SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER DE IJÉTAT CIVIL


J
DONNÉES D’ENREGISTREMENT DE L’ACTE DE MARIAGE :

1
ST/ESA/STAT/SER.Fpll

VERSO ’

I I

ANNOTATIONS COh4PLfiMENTMRES

-.
J Pr6he-r qui le motif du divorce sst recevable en wrtu
. _- I’autoritQmrentde oula garde des -enfants. - ..du droit local. On pwt indiquer si la décision de divorce contient des dispositions touchant

59
-.
STJESAlSTATISER.F~l f
‘. -., ,,(,
.,

EXEMPLES D’ANNOTATIONS COMPLÉMENTAIRES

ANNOTATION COMPLhlENTAIRE POUR UNE RECONNAISSANCE :‘


LE SOUSSIGNli@~i+l ÉT PRItNOM ESTLE FILS DE (NOM ETPtiNOM[&DU PI?RE ET DE.LA M&i)~
SUITE À LA CONNAISSANCE QUI ‘A EU LIEU CONFO&&ENT A OUTES FORMES LÉGALES
ADMISES PAR L%TAT : DÉCLARATION, DOCUMENT JURIDIQUE, D f CISION DE JUSTICE, ETC.,
MENTIONNANT LA DATE ET YIDENTITÉ DE L’AUTORITI? AYANT AGI). LA RECONNAISSANCE .REMpLIT
LES CONDITIONS (DE VALIDITfi PRÉVUES DANS LA LÉGISLATION NATIONALE : CONSENTEMENT DU
REPRÉSENTANT LÉGAL DU MINEUR OU DE LA PERSONNE QUI EST RECONNUE SI ELLE EST
MAJEURE, ETC.). LE[S] NOM S] DE LA PERSONNE RECONNUE SERONT DORENAVANT LE[S] SUIVANT[S]
(INDIQUER LE[S] NOM[S] Ri SULTANT DE LA RECONNAISSANCE AU CAS Où LA RECONNAISSANCE
ENTRAINE UN CHANGEMENT DU [DES] NOM[S] DU SOUSSIGNÉ). DATE D’ENREGISTREMENT,
IDENTITE, SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER D’ETAT CIVIL.

ANNOTATION COMPL&fENTAIRE POUR UNE ADOPTION


LE SOUSSIGNE (NOM et PRÉNOM[S]) A BTE ADOPTE CONFORMEMENT A (TOUTES FORMES LgGALES
ADMISES PAR E&TAT : DIkISION DE JUSTICE, ACTE NOTARIÉ, ETC., MENTIONNANT LA DATE ET
I’IDENTITÉ DE CAUTORITk AYANT AGI) PAR (NOM ET PRÉNOM[S) DE LA [DES] PARTIE[S]
ADOPTANTE[S]). LE[S] NOM[S] DU SOUSSIGNE SERA[ONTl DORENAVANT LE[S] SUIVANT[S] (INDIQUER
LE[S] NOM[S] RÉSULTANT DE L’ADOPTION AU CAS Où UADOPTION ENTRAhE UN CHANGEMENT
DU [DES] NOM[SJ DU SOUSSIGNIt). A LA SUITE DE L’ADOPTION, L’ACTE DE NAISSANCE ACTUEL EST
ANNULE ET EST REMPLACÉ PAR UN NOUVEL ACTE INDIQUANT L’IDENTITE DES PARENTS ADOPTIFS.
SUR L’ACTE ANNULE SONT REPORTEES LES DONNÉES CORRESPONDANT AU NOUVEL ACTE DE
NAISSANCE (AFIN DE PERMETTRE DES ~~FI~N~ES CROISEES ENTRE LES DEUX ACTES mmrrs
AU REGISTRE DES NAISSANCES POUR LA MÊME PERSONNE). DE MEME, LE NOUVEL ACTE CONTIENT
LES DONNEES D’ENREGISTREMENT RELATIVES A L’ACTE ANNULE. DATE D’ENREGISTREMEN.Ti
IDENTITE, SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER DE CI?TAT CIVIL.

ANNOTATION COMPLEMENTAIRE POUR UNE LBGTTIMA~ON


LE SOUSSIGNE (NOM ET PRÉNOM[S]) A ETÉ LEGITIME PAR LE MARIAGE DE SES PARENTS (NOM ET
PRÉNOM S] DU PERE ET DE LA MÈRE) CELEBRE A (INDIQUER LE LIEU ET LA DATE DU MARIAGE) ET
AUTORIS k PAR (INDIQUER L’AUTORITIt RECEVANT LE CONSENTEMENT AU MARIAGE). LE MARIAGE A
J?ti ENREGISTRE (DONNÉES D’ENREGISTREMENT DE L’ACTE DE MARIAGE). DATE DE
L’ENREGISTREMENT, IDENTITE, SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER DE L’ÉTAT CIVIL.

I ANNOTATION COMPLh4ENTAIRE POUR UN CHANGEMENT DE NOM


LE NOM DU SOUSSIGNÉ (NOM ET PRÉNOM[S] FIGURANT SUR L’ACTE DE NAISSANCE) A 8T.k CHANGÉ
COMME SUIT NOM ET PRÉNOM[S]). L’ENREGISTREMENT EST EFFECTUE
coNFoRIvn2MENT MODALITÉ ADMISE PAR CÉTAT POUR RECONNAhRE UN CHANGEMENT
DE NOM ET DE P NOM[S] : DÉCISION DE JUSTICE, DÉCISION ADMINISTRATIV& DÉCLARATION
AUTHENTIFIÉE, ETC. MENTIONNANT LA DATE A LAQUELLE ELLE A &TÉ EFFECTUÉE ET
L’IDENTITÉ DE LA PERSONNE L’AUTORISANT). DATE D’ENREGISTREMENT, IDENTITE, SIGNATURE ET
CACHET DE L’OFFICIER DE L’ÉTAT CIVIL.

ANNOTATION COMPLEMENTAIRE POUR UN CONTRAT DE MARIAGE


LE COUPLE MARIE (NOM ET PRÉNOM[S] DU COUPLE) A PRESENTE UN DOCUMENT JURIDIQUE FIXANT
LES CONDITIONS FINANCIERES DU MARIAGE (DONNÉES RELATIVES AU DOCUMENT, DATE ET LIEU
DE SIGNATURE, IDENTITÉ DE L’AUTORITÉ, NUMÉRO D’ENREGISTREMENT DU NOTAIRE). DA=
D’ENREGISTREMENT IDENTITÉ. SIGNATURE ET CACHET DE COFFICIER DE L’ÉTAT CIVIL. -

. .>

60
ST;IESAlSTATISER.FPIl

ANNOTATION Ct.$fPLJhENTAkE POUR UN DIVORCE


l
LE MARIAGE, l&REGISTR& EN BONNE ET DUE FORME, DE (NOM ET PR&NOM(S) DES ÉPOUX), A kti
DkCLAR& DISSOUS COMME SUITE AU DIVORCE PRONONCÉ PAR (AUTORITE JUDICIAIRE PRO-
NONÇANT LE JUGEMENT) ET ENREGISTRÉ DANS LES ACTES DU TRIBUNAL (DONNÉES RELATIVES
‘AUX ACTES DU TRIBUNALj:LE DIVORCE A &-I? ENREGISTRÉ DANS LE REGISTRE DE J&TAT CIVIL DE
(BUREAU D’ETAT CML Où LZACTJ3 PRINCIPAL DE DIVORCE -A &TÉ ÉTABLI) LE (DATE
DTENREGISTREMENT DU DIVORCE) SOUS LE NUMÉRO (DONNkES DE L’ACTE D’ETAT CIVIL). DATE
D’ENREGISTREMENT IDENTITJk SIGNATURE ET CACHET DE L’OFFICIER DE CI?TAT CIVIL.

_
_ <. _

.<

. .

61
STfESABTATISER.FJ71

EXEMPLES DECERTIFICATS
REGISTRE DES NAISSANCES
PAYS .. I
NUklkRO DTNRE&STItEMENT/
ZONE D’ENREGISTREMEti.. BUREAULOCAL.
.
..
CERTIFICAT PARTIEL D’UN ACTE DE NAISSANCE
NUM&RO D’ENREGISTREMENT :
DAE, HEURE ET LIEU DE LA NAISSANCE :
NOM PATRONYMIQUE :
DEUXIkME NOM (s’il y a lieu) :
PtiNOM :
SEXE :
NOM DU PÈRE f
NOMDELAMÈRE:

WTRES DONNÉES RELATlVES A E&TAT CIVIL

LIEU ET DATE D’ÉTABLISSEMENT DU CERTIFICAT :

IDENTIT&, SIGNATURE ET CACHET DE L’AUTORIT& lh4ET’llUCE

62
ST/ESABTATISER.FE71

VERSO

ZONE D’ENREGISTREMENT I BUREAU LOCAL I NUMkRO D’ENR&STREMENT/


- I
l I I -. 1
CERTIFICAT PARTIEL D’UN ACTE DE NAISSANCE
NUhdROD’ENREGISTREMENT . --
I 1
.,
ANNOTATIONS COMF%l?MENTAIRES

I LIEU ET DATE D’JhlISSION DU CERTIFICAT :

IDENTIT& SIGNATURE ET CACHET DE CAUTORITI? D&¶ISSION

63
STtESABTAT/sER.F/71

REGISTRE DES IiURIAGES


PAYS I
NUMl?RO D’E/$l3$STREMENT~
ZONE D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL

CERTIFICAT PmTIÉL D’UN ACTE DE MARIAGE


NUM.&RO D’ENREGISTREMENT :
DATE, HEURE ET LIEU DU MARIAGE :

IDENTITÉ MARI& MAI&E


PRÉNOM:
NOM(S) AVANT LE MARIAGE : I I I
NOM(S) APRÈS LE MARIAGE :
LIEU DE NAISSANCE :
DATE DE NAISSANCE :
PIlkE D’IDENTITÉ : I 1- I

AUTRES DONNfiES RELATIVES A L’ACTE D’ltTAT CIVIL

LIEU ET DATE D’ÉTABLISSEMENT DU CERTIFICAT :

IDENTITÉ, SIGNATURE ET CACHET DE L’AUTORITk h4ETTRICE

64
VERSO

NUMl?RO D’;NR&GfTREMENT/
.ZONB D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL

.CERTIFICAT PARTIEL D’UN ACTE DE NAISSANCE


NfJ&RO D’ENREGISTREMENT

ANNOTATIONS COMPLÉMFlNTAIRES

LIEU ET DATE D’l?TABLISSEMENT DU CERTIFICAT :

IDENTITÉ, SIGNATURE ET CACHET DE L’AUTORIT& D’ÉMISSION

65
ST/ESA/STAT/SER.F/71

REGISTRE DE$ DfiCÈS


PAYS
NUMÉRO D’ENRl&WREMENT/
ZONE D’ENREGISTREMENT BURFXU L&U

CERTIFICAT PARTIEL D’UN’ACTE DE.DJkÈS


NUMÉRO D’ENREGISTRBMENT
A
1DATE ET LIEU DU Dl%% : I
PRÉNOM :
NOM PATRONYMIQUE :
DEUXihE NOM (s’il y a lieu) :
SEXE :
DATE ET LIEU DE NAISSANCE :
SITUATION MATRIMOk4LE :
PIÈCE D’lDENTITl? :

ILIEU ET DATE D’ÉTABLISSEMENT DU CERTIFICAT :

IDENTITÉ, SIGNATURE ET CACHET DE L’AUTORIT& kMETl”RICE


ST/ESA/STAT/SERF/71

VERSO

NUtiR D’ENJXE&lSTREMENT/
ZONE D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL

CERTIFICAT PARTIEL D’UN ACTE DE DÉCÈS


&RO D’F3JREGISTREMEN’f

ANNOTATIONS COMPLJhIENTAIRES

LIEU ET Dk’E D’ltTmLISSEMENT DU CERTIFICAT :

IDBNTIT& SIGNATURE ET CACHET DE L’AUTORTTÉ D’ÉMISSION

67
ST/ESABTAT/SER.F/71

REGISTREDESDIY~RCES
- PAYS
NUMliRO D’ENltE&STREMENT/
ZONE D’ENREGISTREtiNT BUREAU LOCAL

CERTIFICAT PiRTIEL D’UN ACTE i2E DiVORCE


NUM6RO D’ENREGISTREMENT :
LIEU ET DATE DU DIVORCE :
AUTORITI? PRONONCANT LE JUGEMENT DE DIVORCE :
LIEU ET DATE DU MARIAGE :
DONNÉES RELATIVES À L’ACTE DE MARIAGE :

IDENTITk MAR&E
PRÉNOM :
NOM(S) AVANT LE MARIAGE :
NOM(S) AP& LE MARIAGE :
LIEU DE NAISSANCE :
DATE DE NAISSANCE :
PI&E D’IDENTITI? :

WTRES DOmES RELATIVES A L’ACTE D’ÉTAT CIVIL

LIEU ET DATE D’l?TABLISSBMBNT DU CliRTFICAT :

IDENTITÉ, SIGNATURE ET CACHET DE L’AUTORITÉ hlEITRICE

68
STlESAlSTATISER.FJil

VERSQ
NUMÉRO “‘~‘+JSTREMENT/
ZONE D’ENREGISTREMENT BUREAU LOCAL

CERTIFICAT PARTIEL D’UN ACTE DE DIVORCE


tiROD’ENREGISTREMENT > ’

ANNOTiI’IONS COMPLh4ENTAIRJ3
: ,

LIEU ET DATE D’ÉTABLISSEMENT DU CERTIFICAT :. ..

IDENTITÉ, SIGNATURE ET CACHET DE L’AUTORITti D’ÉMISSION

‘.

.I
:

.
.’ ,.

69
ST/ESA/STAT/SERFMl

II. - CONTRIBUTIONS DE UENREGISTREMENT surance maladie, de l’obtention d’un permis de conduire,


DES FAITS D>ÉTAT CIVIL AU FONCTIONNE- etc. Reconnaître que les individus possédent et peuvent
MENT NORMAL DES SOCIÉTÉS exercer ces droits dépend dans une large mesure de I’emw
gistrement des faits d’état civil sous-jacents et de la possibi-
171. Lorsqu’un systbme d’enregistrement des faits lité d’en obtenir des certificats dans un cadre juridique et
d’état civil et d’établissement de statistiques de l’état civil administratif. Si chacun comprend la fonction juridique es-
fonctionne adéquatement et normalement, il constitue une sentielle que l’enregistrement des faits d’état civil est ap-
source tr&s prkieuse d’informations-Il permet une utilisa- pelé à exercer de par la loi, il n’y a pas de meilleures inci-
tion constante et permanente de données collectées une tations à une participation active à ce systéme. Mis à part
seule fois, c’est-àdire lorsque les événements d’état civil cet intérêt direct pour l’individu, les informations rassem-
et leurs caractkristiques sont consignés au moyen de la blées par .la méthode d’enregistrement prksentent aussi
m&hode d’enregistrement, conformkment aux recomman- d’importants avantages pour le fonctionnement adéquat de
dations de l’Organisation des Nations Unies énonckes es- la société à laquelle appartiennent l’individu et la famille,
sentiellement dans Principes et recommandations pour un de sorte qu’à moyen et à long terme chacun a tout à gagner
systéme national de statistiques de l’état civil’, paragra- de l’élaboration et de l’exécution de programmes publics
phes 13 à 36, et dans le Manuel des statistiques de l’état ci- fondés sur les statistiques établies à partir des données
vil : aspectrjuridiqties, organisationnels et techniques, vol. I2, d’enregistrement. La fonction statistique confiée au sys-
paragraphes 80 à 102. t&me d’enregistrement des faits d’état civil permet de dispo-
ser d’informations complètes et fiables qui revêtent une va-
172. Comme on l’a souligné prkédemment, le respect leur irremplaçable dans le domaine de la politique et des
par tous et dans les délais des obligations d’enregistrement programmes publics. Ces doMées statistiques ont de nom-
en communiquant au bureau local d’enregistrement des breuses utilisations dans le domaine de la sante publique,
faits d’état civil des informations immédiates et exactes sur des services et programmes sociaux, de la planification
les événements d’état civil et leurs caract&istiques sert familiale, de la recherche médicale, de la recherche sociale
aussi bien l’intérêt public que les intérêts individuels. Dans et démographique, des programmes de santé, maternelle et
cette optique, l’enregistrement des faits d’état civil est infantile, des études génétiques, du contrôle des maladies
rendu obligatoire et des amendes sont fixbes en cas de man- infectieuses, des études et causes de la mortalité, etc. A titre
quement à ces obligations. Par ailleurs, des mesures incita- d’exemple et d’illustration, sont passées en revue ci-apr*s
tives sont pr&ues comme la gratuit4 de l’enregistrement, certaines des contributions les plus importantes de l’enre-
même si les délais légaux ont expiré. Cependant, la princi- gistrement des faits d’état civil au fonctionnement de la so-
pale incitation consiste à souligner les avantages que l’enre- ciété.
gistrement présente pour l’individu et la famille; ainsi, il
est indispensable que l’organisme administrant le syst&me
d’enregistrement des faits d’état civil encourage la popuia- A.- Identité des personnes
tien, volontairement dans la mesure du possible et sans
mesure coercitive, à prendre conscikce des objectifs du 174. Parallèlement au principe selon lequel tous les
syst&me d’enregistrement des faits d’état civil et d’établis- êtres humains sont égaux en droit, qui est reconnu au-
sement de statistiques de l’état civil ainsi que des avantages jourd’hui au niveau international et dans les sy&mes juri-
pour chacun de l’enregistrement des faits d’état civil et ac- diques internes de la plupart des pays, on observe un fait
tes juridiques concernant l’état civil. Le meilleur moyen évident et indéniable qui se manifeste inévitablement dans
d’encourager cette sensibilisation consiste à tialiser des l’interaction de chacun avec la sociétb : le besoin inhérent
programmes d’informatiqn publique sur les besoins et pro- et la volonté profonde de se différencier de l’autre, d’affir-
cédures en matiérc d’enregistrement ainsi que sur l’intérêt mer sa propre individualité, d’être soi-même, distinct et dif-
que P&ente l’eiuegistrement des faits d’état civil pour les férent de tous les autres. La manifestation extérieure de ce
individus qui peuvent ainsi obtenir à tout moment et pour besoin est la nécessité corollaire d’individualiser tous les
quelque raison que ce soit des preuves offkielles de la réa- êtres humains par les moyens prévus par la loi et, en les
lité de ces événements de même que pour les organismes identifiant, de les distinguer les uns des auties. Des la nais-
publics et privés qui sont tenus d’accepter les certificats sance d’un individu, son Égalité naturelle et, par consé-
d’enregistrement en tant que documents publics attestant quent, sa valeur identique à celle de tous les autres hommes
l’information qu’ils contiennent. Voir le Manuel concernant sont reconnues par la loi. A partir du moment oh la person-
la prépamtion de pmgrammes d’information, de communi- nalité d’un être humain est reconnue, l’une des manifesta-
cation et d’enseignement pour des systèmes eflcaces d’en- tions immédiates et essentielles de cette personnalité est le
registrement des faits d’état civil et de statistiques de 1‘état droit fondamental de la personne à son identité, à savoir :
civil (préface). l’individualisation de façon à le distinguer des autres et
l’identification de façon à prouver qu’il est encore la même
173. Le chapitre III du présent Manuel passe en revue personne. L’individualisation le distingue, l’identification
les principaux avantages que peuvent tirer les individus des donne la preuve. Chaque être humain doit être en mesure
actes de l’état civil qui visent à protéger leurs droits du d’affier sa propre individualité avec l’assurance de pou-
point de vue de leur identité, des relations familiales, des voir épanouir pleinement sa personnalité. C’est à l’article 8
droits d’héritage, de la citoyenneté, de la scolarisation, du de la Convention relative aux droits de l’enfant, adbptke par-
droit au travail, des avantages sociaux, des indemnités d’as- l’Assemblée g6nérale des Nations Unies le 20 novembre

70
ST/ESA/STAT/SER.F/71 -

.?
1989, qu’a Cte reconnu pour la premi&re fois expressement 178. Etant donné que les références à l’identité du dt-
le droit à l’identité dans un document international, quoique clarant sont si importantes pour une identification absolue,
: de caractère sectoriel : les Etats parties s’engagent à respec- la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil peut contenir
ter le droit de l’enfant à préserver son identite, y compris sa des r&gles sur l’attribution des noms, même si les r&gle-
nationalite, son nom et ses relations familiales, tels qu’ils ments de fond relévent du droit civil correspondant, auquel
sont reconnus par la loi, sans ingerence illégale. la loi sur l’enregistrement des faits d%tat civil devra faire
référence. Pour éviter une discrimination peu souhaitable
175. Faute de méthodes gdnéralisées permettant de dé- lors de l’enregistrement des données requises pour établir
terminer la personnalité individuelle à partir d’attributs in- l’acte de naissance, par exemple entre les enfants dont la fi-
trinseques (mesures anthropométriques, empreintes digita- liation semble être initialement déterminée par leurs liens
les, profil génétique), le droit à l’identitb personnelle repose de sang paternel et maternel et les enfants dont la filiation
traditionnellement, dans la vie sociale et à des fins juridi- ne semble être déterminée ni par un lien ou ni par l’autre, la
ques, sur le nom de la personne, entendu au sens large, loi sur l’enregistrement des faits d’état civil pnkoit l’attri-
c’est-àdire sur son nom et ses pr&noms, consignés offtciel- bution obligatoire à l’enfant d’un nom et de prénom(s)
lement au moment de l’établissement de l’acte de nais- d’usage habituel, choisis par la personne déclarant la nais-
sance, sur lequel il constitue des inscriptions essentielles. sance ou, à défaut, par l’officier de l’état civil responsable
Aujourd’hui, même si on tient compte des pratiques trés di- de l’établissement de l’acte de naissance. Si les noms de
verses observées dans les différents pays pour ce qui est des l’un ou des deux des parents ne sont pas enregistres, l’acte
dispositions rkglementaires de fond concernant les noms, de naissance doit aussi contenir, en tant que n5férence obli-
.l’enregistrement du nom d’une personne est donc la mani- gatoire à l’identité, des noms paternel ou maternel commu-
festation directe de sondroit à l’identité. Cela constitue un nément utilisés à des fins d’identification de la personne.
droit primaire en ce sens que l’ensemble du développement Cet expédient permet de maintenir intactes les rkfkences
de la persomtalite d’un individu dépend de lui, car il I’assu- essentielles à l’identite pour l’individualisation des person-
jettit à des droits et obligations. nes, car ce sont elles qui apparaîtront sur fous les certificats
de naissance delivrks, y compris, le cas échéant, ceux requis
176. Il découle de ce qui prkcéde que la contribution pour obtenir une carte d’identité. Pour ce qui est de l’attri-
essentielle de l’enregistrement des faits d’état civil aux bution du nom, les règlements de fond de chaque pays doi-
fonctions normales de la sociCt6 est qu’il permet à cha- vent être respectés, même si, pour des raisons de dignité hu-
cun, individualisé dans un acte d’état civil concernant maine et d’ordre public, certaines r&gles gCn6rales en
des circonstances spécifiques, de pouvoir disposer d’un ins- matiére d’enregistrement doivent être établies à la fois pour
trument officiel permanent grâce auquel il peut à tout mo- empêcher toute confusion dans l’identification des person-
ment prouver sa propre identité à l’egard de parties tier- nes et pour prévenir le choix de noms, qui consid&es objec-
ces sans crainte d’être confondu avec une autre personne tivement peuvent porter atteinte à la dignité. Dans tous ces
dans l’exercice de ses droits et obligations privés et pu- cas, I’offkier de l’état civil aura pour devoir de veiller à
blics. Cette identification correcte de la personne est aussi l’application des &glements en matiére d’attribution de
dans l’intérêt de.l’Etat pour des raisons d’ordre public, ce nom.
qui explique’pourquoi les conventions en matiére d’attribu-
tion de ‘noms sont généralement reglementees, de même 179. Pour ce qui est de la tioordination indispensable
que la portte des amendements ultkieurs, de façon à éviter .entre l’enregistrement des faits d’état civil et les services
tout changement dans l’identité qui pourrait constituer d’identification du pays, s’ils existent, et en partant du prin-
une fraude et nuire par conséquent à la certitude des trans- *cipe que le service d’enregistrement des faits d’etat civil
actions juridiques. fonctionne normalement et de façon continue, il ne faut pas
perdre de vue que, compte tenu de la valeur probatoire re-
177. Le droit a l’identité personnelle découle donc de connue des actes de l’état civil, les certificats de naissance
donnees essentielles qui doivent être consignbes sur l’acte constitueront Je moyen évident de prouver les éléments de
de naissance comme la date, l’heure et le lieu de naissance, l’identité qui seront utilisés comme base pour la délivrance
le sexe de l’enfant, l’ensemble du nom de l’enfant et de ses des documents d’identification officiels. II est en cons&
parents ainsi que la nationalite et la date de naissance des quence souhaitable d’établir un lien étroit entre les actes de
parents. Même si le nom est la marque la plus importante naissance et la délivrance de documents d’identité qui per-
de l’individualite, infernationalement recouru comme un mettront d’établir des contrôles pour éviter les chevauche-
droit fondamental de chaque être humain, toutes ces rubri- ments dans la publication de documents d’identification. A
ques sont indispensables pour identifier l’enfant par rapport cette fin, chaque fois qu’un certificat de naissance est déli-
à des déterminants dans l’espace et dans le temps qui singu- vre contenant des références essentielles à l’identité de la
larisent l’événement physique de la naissance et par rapport personne concernée en vue de l’obtention d’un document
à une unité familiale particuli&re, même si en vertu du droit d’identité, ou si le certificat est d&rk sur un formulaire of-
interne du pays l’acte de naissance seul peut ne pas suffire ficiel exclusivement destiné à cette fin et représentant nor-
à prouver la filiation de l’enfant et qu’il doit être associé malement un certificat partiel ou s’il est délivré sur un for-
aux autres actes figurant dans le registre - acte de mariage mulaire ordinaire, il devrait y être expressément déclare
des parents de l’enfant, mention supplétive de sa reconnais- qu’il est délivré seulement dans ce but. Chaque fois qu’un
sance, décision de justice sur l?affiliation, etc. -pour bien certificat est délivré, cela devrait être signalé à titre de men-
constituez une preuve à des fins d’enregistrement. tion supplétive sur l’acte de naissance. S’il était nécessaire

71
ST/ESAlSTAT/SER.F/71

..*.v
par la suite de délivrer un second certificat afin d’obtenir C. - Suivi des tendances démographiques
un document d’identite, car le premier a et6 perdu ou dé- .
183. Les statistiques ne sont pas en régie générale une
truit - la délivrance de ce deuxiéme certificat devrait être
fin en soi mais un instrument nécessaire pour etndier et
signalée ~3la fois sur le deuxiéme certificat dtlivre et sur comprendre un grand nombre de phenoménes sociaux et
l’acte de naissance lui-même. économiques. Elles n’ont d’intérêt qu’en tant que moyens
d’interpr&er ou de prevoir différents aspects de la vie. Si
B.- Organisation.de la famille l’on pense que leur objectif est atteint par le simple fait
de les publier, elles ne rkpondent A leur véritable finalité,
180. Le principe général fondamental est que la famille qui est d’être utiles en fournissant des informations quanti-
est la cellule naturelle et essentielle de la societté et doit être tatives. ,
protegée à la fois par la societe et par 1’Etat. L’article 10 du ,184. Il‘en va de même avec les statistiques de l’état ci-
Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux vil en tant que sous-ensembles des statistiques démogra-
et culturels se fait l’Echo de cette idee, ajoutant qu’u une phiques. Ces statistiques ont des utilisations multiples et
protection et une assistance aussi larges que possible doi- peuvent être regroupées par sujet en données sanitaires,
vent être accordées à la famille, ... en particulier pour sa économiques, sociales et démographiques. Du point de vue
formation et aussi longtemps qu’elle a la responsabilité de de la programmation, elles sont tout aussi nécessaires du-
l’entretien et de l’education d’enfants à charge ». La consti- rant la planification que durant l’exécution et l’évaluation.
tution juridique des familles est la responsabilité de l’enre- Pour ce qui est de la planification des activités de I’Etat,
gistrement des faits d’état civil et est realisée non seulement elles sont utilisées au niveau local dans des programmes
par la célébration et l’enregistrement du mariage mais aussi d’action directe; aux niveaux des Etats et des provinces,
par l’enregistrement de toutes les naissances, quelle que elles servent de base à des programmes de surveillance et
soit leur légitimitt, ainsi que par sa contribution A la prise parfois aussi à des actions directes; au-niveau national, elles
en compte des légitimations, reconnaissances et adoptions. contribuent à la planification de politiques gouvemementa-
La protection de la famille commence donc par des. mesu- les à large assise et parfois à des activités de surveillance;
ES enfin, au niveau international, elles servent 8 des fins de
comparaison ainsi que pour des programmes de planifica-
visant à faciliter sa constitution grâce & l’amélioration de tion conjoints impliquant deux ou plusieurs pays, ou un ou
l’institution responsable de cette fonction. Un systéme plusieurs organismes internationaux avec un ou plusieurs
d’enregistrement des faits d’état civil inetkace, soit parce pays.
que ses procedures sont trop complexes, soit parce qu’il n’y 185. Les statistiques de l’état civil ont une valeur irrem-
a pas de personnel adéquatement formé, soit parce qu’il plaçable dans le domaine de la santé publique car, du fait de
manque des ressources essentielles, nuit en permanence B leur caractére dynamique, elles sont la seule source d’infor-
l’organisation de la famille. mations sur les événements qui interviennent. On trouvera
ci-après certains exemples :
181. La famille est, en outre, indispensable car, sans a) La mortalité maternelle et infantile est reflétée dans
son appui, il est pratiquement impossible aux enfants de les taux pertinents. Il est reconnu que les taux de mortalité
grandir de façon équilibree et de s’épanouir. Les êtres hu- des nouveau-nés sont la meilleure mesure de l’efficacité
mains naissent sans défense et le restent aussi longtemps des programmes de santé publique. Des taux excessifs de
qu’ils ne peuvent survivre sans aide exttrieure. La protec- mortalité maternelle, pour leur part, mettent en évidenie la
tion est l’un de leurs besoins vitaux. Les deux parents, mais nécessité d’étudier non seulement les causes mais aussi les
en particulier la mtre, apportent ce soutien, qui semble dé- circonstances. Par exemple, établir des graphiques des dé-
couler d’une force génetique qui lie l’homme et la femme cès maternels par type d’assistance à la naissance peut faire
l’un & l’autre, du moins temporairement, assurant ainsi la apparaître que l’incidence de ces décés est excessive pour
survie de l’enfant et la perpetuation des especes. les naissances à domicile, justifiant ainsi des mesures pré-
182. Sans minimiser en aucune maniére la necessité de ventives ou l’extension des services hospitaliers;
certaines formes de protection pour les femmes enceintes, b) Il est généralement reconnn que les statistiques sur la
afin de proteger les enfants qu’elles portent, les probltmes mortalité sont de meilleure qualité que les statistiques sur la
des enfants commencent véritablement A la naissance. Il est morbidité, de sorte que, lorsqu’on ne dispose pas de ces
reconnu aujourd’hui que les soins aux enfants devraient être dernitres, les mesures de planification visant à prévenir la
complets et mpondre à trois besoins fondamentaux : tuberculose, le cancer, le paludisme et le sida, par exemple,
a) physiques ou materiels, comme le logement, l’habille- reposent sur les taux de mortalité par cause;
ment, l’alimentation et la santé; b) émotionnels et psycholo- c) Les statistiques concernant les dé& dus à I’empoi-
giques, comme l’affection de la mere, une stimulation pre- sonnement ont contribué, entre autres choses, à interdire
cote, exigeant dans l’idéal la prksence des deux parents, et l’utilisation de plomb dans les peintures utilisées pour fabri-
l’éducation; et c) sociaux, c’est-a-dire la socialisation dans quer les jouets et les meubles pour enfant;
un contexte familial. II est reconnu que les enfants nés et d) Les maladies transmissibles, comme la fiévre ty-
élevés dans des familles bien organisées arrivent mieux à phoïde et le paludisme posent encore de sérieux problemes
s’épanouir et ont moins de problémes de santé et de com- de santé dans certaines parties du monde; les statistiques de
portement. l’état civil contribuent à déterminer leurs incidences et leur

72
STlESAlSTATtSERlVl1

emplacement et à évaluer les progrès des programmes en- E .- Logement


trepris pour combattre ces maladies; et
190. Des modifications démographiques ont lieu par-
e) D’autres domaines, comme les systèmes de sécurité
sociale, fondent leurs calculs actuariels sur les tableaux &a- tout dans le monde a tout moment. Nous ferons référence
ici à deux d’entre elles qui sont indissociables du théme du
blis à partir des estimations d&mographiques et des taux de
présent Manuel :
mortalité.
186. Dans le domaine international, les principaux utili- a) Chaque année dans chaque pays, nombre de familles
sateurs des statistiques de l’état civil sont les organismes in- sont constituées qui ont besoin d’outils, de services et, en
ternationaux, qui soulignent a juste titre la nécessité de sta- particulier, de logements. Le secteur de la construction est
tistiques fiables et comparables comme base de leurs de toute évidence très intéressé par la quantification off&
travaux. Pour commencer, ils doivent connaître la gravit6 cielle du nombre de ces familles de façon a savoir combien
relative du problème qu’ils peuvent contribuer à rksoudre, d’unités sont nécessaires et combien peuvent être vendues.
dans les différents pays ou régions. Ils ont besoin aussi de D’aprés la Commission économique pour l’Amérique latine
donnkes statistiques pour planifier les programmes d’assis- et les Caraïbes, la formation de nouvelles familles est de
tance technique et financiére, mesurer leurs progrks et éva- loin le facteur le plus dynamique déterminant la nécessité
luer leurs rkltats. de nouveaux logements et le plus utile à suivre statistique-
ment. Les données sont rassemblées par l’organisme d’en-
D. -Protection sociale registrement des faits d’état civil, qui peut rendre compte du
nombre de mariages célébrés et enregistrés durant la pé-
187. Les programmes de protection sociale s’appuient riode. Néanmoins, il est indispensable de souligner que des
sur l’enregistrement des faits d’état civil pour réaliser leurs familles de facto sont aussi constituées, dont bon nombre
objectifs, g savoir le bien-être des populations. Toutefois, d’entre elles sont stables et ont à peu pr&s les mêmes be-
l’aide sociale considere l’individu comme le membre d’une soins que les familles conventionnelles, qui ne sont pas cou-
famille et la famille comme le contexte dans lequel le bien- vertes par le registre de l’état civil et faussent et diminuent
être de l’individu se rkalise. Il a donc été dit que, de tous les par conséquent la valeur de l’information. Il importe en
services techniques qui constituent l’administration publi- conséquence que l’organisme d’enregistrement des faits
que d’un pays, aucun n’attache plus d’importance à la fa- d’état civil ait les moyens d’encourager chacun B se rendre
mille que l’aide sociale. dans les bureaux locaux de l’enregistrement des faits d’état
188. Il est indispensable pour les organismes’ de protec- civil et a tirer parti de leurs services; et
tion sociale de reconnaître légalement la famille comme
une unit6 sociale irremplaçable, mais aussi de connaître b) Le monde devient de plus en plus urbanisé, bien que
l’état civil de chacun de ses membres, car la preuve juridi- les taux d’urbanisation ne soient pas les niêmes dans les dif-
que qu’une personne existe et est membre d’une famille est férents pays et r&gions. Des transferts progressifs de popu-
une condition essentielle de l’octroi des prestations fournies lation des zones rurales vers les centres urbains se produi-
par la protection sociale, l’assurance sociale et la sécurite sent ainsi. La population des deux zones continue de
sociale dans les pays où ces prestations sont consid&es s’accroître, mais plus lentement dans les zones rurales que
comme des droits et non comme des actes de charitk. dans les zones urbaines. Ce transfert implique une nouvelle
189. C’est à l’enregistrement des faits d’état civil qu’il façon de vivre pour les immigrants, avec de nouvelles exi-
appartient de fournir la preuve de l’existence légale d’une gences et de nouveaux besoins, notamment bien évidem-
famille et de chacun de ses membres, de leur âge et de leur ment un besoin de logement. Cependant, a mesure qu’ils
position au sein de la famille. Autrement dit, les certificats s’intégrent plus étroitement à leur nouvelle vie dans la so-
de naissance, de mariage et de décès sont les documents ciété, ils sont contraints de s’appuyer plus que jamais sur la
qui permettent de déterminer les droits et ,obligations de documentation que leur fournit l’enregistrement des faits
chaque membre d’une famille par rapport aux autres, et de d’état civil.
la famille par rapport à la société dont elle fait partie. Sans
ces preuves, il est tr&s difficile pour le dispositif d’assis-
Notes
tance sociale d’un pays de fonctionner, les bénéfices qu’il
est censé fournir à l’ensemble de la population n’étant à ce ’ Publication des Nations Unies, numéro de vente : F.73.XVII.9.
moment là qu’illusoires. * Publication des Nations Unies, numéro de vente : E91.XV11.5.

73
STtESAlSTATISERF171

IH.- DROITS DE CHOMME ET ENREGISTRE- e) Convention sur le consentement au mariage, Yfige


MENT DES FAITS D’ÉTAT CIVIL minimal du mariage et l’enregistrement des mariages, adop-
tée par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations
191. La fonction juridique remplie par l’enregistrement Unies le 7 novembre 1962;
des faits d’état civil, au moyen essentiellement de la crea- fl Convention internationale sur l’élimination de toutes
tion d’instruments juridiques présentant un intérêt direct les formes de discrimination raciale, adoptée par l’Assem-
pour les individus gdce à l’enregistrement obligatoire des blée générale de l’Organisation des Nations Unies le 2! .dé-
événements d’état civil et de leurs caractéristiques, consti- cembre 1965;
tue le principal avantage de l’enregistrement et l’aspect qui
incite au premier chef les gens à s’enregistrer. Il a été dit g) Déclaration sur l’élimination de la discriminatian à
que « l’enregistrement est encouragé au premier chef, bien l’égard des femmes, ‘roclamée par l’Assemblée générale
entendu, par les privilbges et droits ‘qui découlent de la de l’Organisation des K ations Unies le 7 novembre 1967;
preuve de l’enregistrement ». Les actes de naissance, de h) Convention sur l’élimination de toutes les formesde
mariage, de décés et de divorce sont essentiellement desti- discrimination à l’égard des femmes, adoptée par I’Assem-
nés à sauvegarder les droits des individus en tant que mem- blée générale de l’Organisation des Nations Unies le 10 dé-
bres de la société. Les individus utilisent ces certificats cembre 1979;
pour leur vie courante à condition que le systéme d’enrcgis-
trement établisse bien la valeur probatoire générale des ac- i) Convention sur la rkduction des cas d’apatride, adop-
tes de l’état civil et de leurs certificats en tant que docu- tee par l’Assemblée générale des Nations Unies le 30 ao0t
ments publics, de façon que ceux-ci puissent être utilises en 1961; et
tant que preuves légales permanentes des événements enre- ;1> Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée
gistrés et certitïts. par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novem-
bre 1989.
192. Outre l’importance capitale directe de l’enregistre-
ment~des faits d’état civil pour les autorités publiques - du 194. Le lien fondamental entre les droits de l’homme et
fait que l’informa$on rassemblée à l’aide de la méthode l’enregistrement des faits d’état civil a été consacré par le
d’enregistrement fournit des donntes essentielles pour la Pacte international relatif aux droits. civils et politiques qui
planification nationale ou rkgionale et la preparation des a proclamé que « tout enfant doit être enregistré immédiate-
programmes mtdicaux et de sante, des programmes de pla- ment ap&s sa naissance et avoir un nom »; et par la Con-
nification et de soins aux familles, des services de santé vention sur le consentement au mariage, l’âge minimal du
maternelle et -infantile, d’autres services sociaux, des pro- mariage-et l’enregistrement des mariages, qui a proclamé
grammes de santé publique pour le contr6le des maladies que « tous les mariages devront Etre inscrits par l’autorité
infectieuses, des programmes de recherche sanitaire, des compétente sur un registre officiel ».
&udes sociales et demographiques, etc. - il convient de 195. Ce lien a et& par la suite souligné dans. le Plan
souligner que le rôle joué par l’enregistrement des faits d’action mondial sur la population adopté en 1974 par l’Or-
d’état civil pour prouver et établir, mettre en œuvre et con- ganisation des Nations Unies, et dans le cadre duquel l’une
cretiser un grand nombre des droits de l’homme prônes des études rkalisées comme ‘suite aux recommandations
dans les déclarations et conventions internationales est d’action a jeté les bases de l’identification de deux groupes
l’une de ses contributions les plus importantes au fonction- de droits de l’homme :
nement normal des sociétés. C’est pourquoi la description
de ce rôle, de façon sommaire toutefois, fait ici l’objet d’un a) Ceux qui exigent des Etats qu’ils assurent l’enregis-
chapitre distinct. trement des faits d’état civil; et
193. Les droits de l’homme sur lesquels sont fondés les b) Ceux qui peuvent dépendre de l’enregistremeut des
commentaires des paragraphes qui suivent sont ceux pro- faits d’état civil.
clamés dans les instruments suivants : 196. Depuis son 6tablissement en 1946, la Commission
des droits de l’homme de I’ONU a été chargée de promou-
a) Déclaration universelle des droits de l’homme, adop- voir, encourager et faire appliquer les droits de l’homme et
tée par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations
Unies le 10 décembre 1948; les libertés fondamentales. En outre, en 1966, Ie Conseil
économique et social a demandé à la Commission de consi-
b) Déclaration relative aux droits de l’enfant, procla- dérer comme une question importante et urgente le pro-
mée par l’Assemblée générale de l’Organisation des Na- blème des violations des droits de l’homme, afii d’éIaborer
tions Unies le 20 novembre 1959; des mesures pour mettre fin à ces violations. Ainsi, la Com-
mission est aujourd’hui globalement chargée de la question
c) Pacte international relatif aux droits économiques, des droits de l’homme, tant du point de vue de ses aspects
sociaux et culturels, adopté par l’Assemblée genérale de positifs, à savoir la promotion, l’encouragement et la nuse
l’Organisation des Nations Unies le 18 décembre 1966; en œuvre, que de ses aspects passifs ou des violations.
d) Pacte international relatif aux droits civils et politi- 197. Il doit être admis que l’obligation contractée par
ques, adopté par l’Assemblée générale de l’Organisation les Etats qui ont signé les pactes internationaux relatifs aux
des Nations Unies le 16 décembre 1966; droits de l’homme d’encourager leur application suppose

74
ST/ESA/STAT/SER.F/71

l’obligation corollaire de modifier ou d’éliminer toutes les Magna Carta des enfants. En revanche, il s’agit d’une cadi-
lois ou politiques qui empêchent cette application. Aucune fication des droits à la protection de l’enfant déjà proclamés
autre position n’aurait de sens. ou reconnus dans d’autres textes internationaux génériques
ou sectoriels, qui a été conçue comme un instrument inter-
198. Cependant, une véritable protection des droits de national revêtant un caractere contraignant-pour les Etats si-
l’homme dépend non seulement de la législation adoptee gnataires et assujetti à des mécanismes de contrôle de sa
pour lui donner effet, mais aussi des procédures administra- mise en œuvre, c’est-à-dire au contrôle du Comité relatif”
tives conçues pour mettre en œuvre les dispositions législa- aux droits de l’enfant mentionné à l’article 43 de la Con-
tives. Le droit d’enregistrer les événements d’état civil en vention. En outre, la Convention de 1989 ne se limite pas à
est un bon exemple. Chacun sait que trés peu de pays n’ont récapituler, cette fois avec une force contraignante à l’égard
pas de loi fondamentale sur l’enregistrement rendant obli- des Etats parties, les droits déjà reconnus au niveau interna-
gatoires la notification et l’enregistrement des naissances et tional et ayant une force plus ou moins grande en fonction
des déc&, au moins. Cependant, nul ne peut contester que de la nature de l’instrument international par lequel ils sont
ces seules mesures n’ont pas rkussi P conduire a l’établisse- consacrés; elle introduit aussi certaines caractéristiques
ment de registres complets. Au contraire, un examen de la nouvelles que nous pouvons considérer comme déterminan-
situation dans les pays qui disposent bien de ces disposi- tés dans l’optique de l’enregistrement et qui concernent, en-
tions législatives fondamentales fait apparaître que les sys- tre autres, le droit de l’enfant à prkserver son identité, droit
ternes couvrant environ 70 % de la population mondiale ne que les Etats s’engagent à l’article 8.1 à respecter en accor-
fonctionnent pas de façon effkace. On peut donc en déduire dant à l’enfant une assistance et une protection appropriées;
avec certitude que le probléme tient aux procédures admi- et le droit de l’enfant de connaître ses parents, proclamé à
nistratives, qui sont soit non existantes soit inefficaces et in- l’article 7.1. Les Etats parties ont pour obligation de proté-
complétes; on peut ajouter que les secteurs les plus défavo- ger et de respecter ces droits, agissant à tout moment dans
risés de la population rurale connaissent des diffkultés au l’intérêt de -l’enfant, qui est le principe fondamental devant
niveau des communications et des transports. guider l’application de la Convention, conformément à l’ar-
ticle 3, et à observer à tout moment le principe de la non-
199. C’est là une grave lacune, car le droit a l’enregis- discrimination, énoncé à l’article 2.
trement des faits d’état civil n’est pas de ce fait assu& dans
tous les pays. Dans ces conditions, un grand nombre de per- 201. Les sections suivantes sont consacrées :
somes sont privkes du droit il détenir la preuve de la réalité
d’une naissance, d’un décès, d’un mariage ou d’un divorce. a) Au droit d’enregistrer officiellement les événements
Les individus concernés sont donc privés des droits garantis d’état civil entrant dans les deux groupes prioritaires, c’est-
à-dire les naissances, les décès, les morts fœtales, les maria-
par les conventions internationales, car le respect de ces
droits dépend de la capacité de prouver son identité, son ges et les divorces; et
gtge, ses liens de parenté, sa nationalité et son statut matri- b) Aux droits de l’homme qui peuvent dépendre de l’Eve-
monial, qui sont autant de caract6ristiques traditionnelle- gistrement des événements correspondants d’état civil.
ment certifiées dans les documents délivrés par le service
d’enregistrement des faits d’état civil. A. - Droit d’enregistrer les Wnementi d’état civil
200. Ainsi, la simple reconnaissance des droits de 1 1. DROIT D’ENREGISTRER UNE NAISSANCE
l’homme, aux niveaux international et national, ne suffit 202. Ce droit a été proclamé à l’article 24 du Pactê in-
pas a garantir leur effkacité, car il est indispensable de met- temational relatif aux droits civils et politiques, en recon-
tre en œuvre les mesures nécessaires pour établir des meca- naissance du fait que l’acte de naissance est la preuve légale
nismes de contrôle permettant de garantir que les droits de cet événement et des circonstances notées sur l’acte qui,
énonces dans les conventions internationales et dans les comme on le verra, peuvent devenir indispensables pour
chartes fondamentales des Etats peuvent se matérialiser. protéger certains droits de l’homme. Pour assurer cette pro-
Les mécanismes internationaux classiques sont caractérisés tection, le Pacte précise que PEtat à l’obligation d’assurer
par leur « faiblesse », en ce sens que les Etats s’opposent à que «chaque enfant doit être enregistre immédiatement
un vkitable contrôle supranational. Neanmoins, les Etats aprés sa naissance... ».
parties aux conventions internationales relatives aux droits
de l’homme se sont legalement engagés, pas seulement mo- 203. Les actes de naissance contiennent’ des informa-
ralement ou politiquement comme dans les declarations, à tions qui, bien que variant d’un pays à l’autre, &nstituent la
respecter et à assurer la mise en œuvre des droits reconnus preuve légale de la naissance et contribuent à identifier
et à prendre les mesures nécessaires à cette fin. A l’heure l’enfant nouveau-né, son nom et celui de ses parents, la date
actuelle, mis à part les instruments internationaux tradition- et le lieu de la naissance, le nom du déclarant et du médecin
nels que l’on vient de mentionner, une grande importance ayant assisté l’accouchée ou à defaut des témoins, le nom et
est attachée à la Convention relative aux droits de l’enfant, la signature de l’offkier de l’état civil qui a établi et authen-
adoptée par l’Organisation des Nations Unies le’ 20 novem- tifié et autorisé l’acte. Toutes ces données, qui ont éte four-
bre 1989. L’inter& et le merite de cette convention tiennent, nies au moment où la naissance a été enregistrée, seront dis-
d’abord, au fait simplement qu’elle existe, car il s’agit de ponibles en permanence pour l’individu concerné, par
l’instrument international le plus important pour la protec- le biais de certificats delivrés par le bureau de l’enregis-
tion des droits de l’enfant et, à cet égard, a été appelée la trement des faits d’état civil, chaque fois qu’il a besoin

75
ST/ESA/!ZTAT/SER.F+PIl

de les prouver pour protéger ses droits ou pour toute autre casion de l’enregistrement d’un dé& devrait toujoursêtre
raison. utilisée pourrassembler des informations sur la cause du
décès, qui est signalée sur le registre lui-même s’il sert éga-
204. Les utilisations les plus courantes des actes de lement de bulletin statistique, ou autrement seulement sur
naissance pour l’exercice des droits et priviléges concernent ce dernier.
la date de naissance : par exemple, lorsque les individus
cherchent une preuve légale de leur fige car le droit interne
pmcise qu’ils doivent avoir un certain âge pour pouvoir bé- 3. DROITD'ENREGIST~ER~JNEMORTFCETALE
néficier d’un droit particulier : scolarisation, obtenir un per-’ 208. Comme c’est le cas pour les dé&, ce droit est,
mis de travail, servir dans les forces armées ou en ttre aussi implicite dans l’article 12 (2) a, du Pacte international
exempté, voter, se marier, passer un contrat, etc. Les autres relatif aux.droits économiques, sociaux et culturels. La ré-
droits étroitement lies B l’acte de naissance ne peuvent étre duction du taux de mortalité infantile est. l’unë des mesures
reconnus ou exercés sans qu’ait 6té prouvé le fait et les ca- que les Etats signataires doivent adopter pour assurer le
ractéristiques de la naissance concernant les liens paren- plein respect du droit Q la santé. Il ne faut pas perdre devue
taux, l’identification, les droits d’heritage, les indernnites que les données nécessaires pour calculer le taux de morta-
de naissance et de matemite, le conge de maternité, la lité infantile peuvent être obtenues & partir d’un registmdes
preuve de la nationalité, l’obtention d’un passeport, le ver- morts fœtales, oudu moins des morts-fœtalests (avec
sement d’une assurance, la demande de carte de credit, etc. une dur6e de gestion de plus de 28 semaines), conjointe-
ment avec un registre des décés d’enfants nés vivants.
2. DROITD'ENREGISTRJZRUNDÉCÈS
205. Ni la Déclaration universelle des droits de 4. DROITD'ENREGISTRERUNMARIAGE
l’homme ni les pactes internationaux connexes ne font spé- 209. Ce droit n’est pas couvert en tant que tel.dans les
cifiquement référence au droit d’enregistrer un déc&. Tou- pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme. Toute-
tefois, on peut confirmer que ce’ droit existe car il est impli- fois, il est implicitement reconnu comme indispensable B
cite dans l’article 12 du Pacte international relatif aux droits l’exercice de plusieurs des droits consacres dansces pactes.
~économiques, sociaux et culturels, qui stipule que, pour as-
surer le plein exercice du droit qu’a toute personne de jouir 210. L’enregistrement du mariage est devenu une obli-
d’un meilleur ttat de santé physique et mental, les Etats gation pour les Etats avec l’approbation.en 1964 de la Con-
parties devront prendre, entre autres, les mesures nécessai- ‘vention sur le consentement au mariage, l’âge minimal du
res pour assurer « la diminution de la mortinatalité et de la mariage et l’enregistrement des mariages, qui d&lare dans
mortalité infantile, ainsi que le développement sain de l’en- son article 3 que « tous les mariages devront être inscrits
fant... ». Or, comme nous le savons, le registre des décts par l’autorite compétente sur un registre officiel ». L’AS-
peut indiquer le nombre des décès B moins de 1 an, ce qui semblée génerale des Nations Unies a precédemment ap-
est la base pour la mesure de la mortalité infantile. Sans ce prouvé quatre msolutions recommandant lkmegistrement
chiffre, qui est obtenu a partir du registre des dé& et du offkiel des mariages. La premi&e était la. &O~U:
nombre de naissances vivantes tire du registre des.naissan- tion 843 (IX) de 1954, intitulee « La condition de la femme
ces, il serait impossible de calculer le taux de mortalité in- en droit prive : coutumes, anciennes lois et pratiques por-
fantile au fil du temps et pour les différents groupes de po- tant atteinte B la dignité de personne humaine de la
pulation. Il ne serait pas possible non plus, de ce fait, de femme », qui priait instamment tous les Etats de prendre
corroborer les tendances des taux ou de planifier et d’éva- toutes les mesures utiles dans les pays ou territoires.soumis
luer leur réduction. .a leur juridiction en vue d’abolir ces coutumes, anciennes
lois et pratiques..., en créant un service de l’état civil ou
206. Le droit d’enregistrer les déces est aussi implicite d’autres services qui enregistrent tous les mariages et di-
B l’exercice des autres droits de l’homme, comme le droit vorces.
d’héritage et les droits decoulant des systémes de sécurite
sociale et du versement d’une assurance. Le dé& devra 211. La déclaration la plus récente. de PAssemblée gé-
aussi &re enregistre afin de prouver légalement le veuvage nérale des Nations Unies sur la question de l’enregistrement
et le droit de se remarier. En outre, la principale motivation des mariages est la Déclaration sur l’&nination-de la dis-
qu’ont les individus d’enregistrer un decès tient, comme on crimination B l’égard des femmes (1967), qui déclare dans
l’a note, g ‘la nécessit& d’obtenir un permis d’inhumer ou son article 6.3 que « toutes les mesures nécessaires, y com-
d’incinérer, car dans la plupart des pays ce permis ne sera pris des dispositions législatives, sont prises, afm de fuer
pas délivre sans que le décts ait ette legalement attesté au un âge minimal pour le mariage et de rendre obligatoire
moyen du certificat pertinent. On peut donc en deduire que l’inscription du mariage.sur nn registreofficiel ». Ce libellé
le droit d’enregistrer offkiellement un déc& est aussi un est repris de l’article 16.2 de la Convention sur l’élimina-
droit de l’homme, comme l’est le droit d’enregistrer une tion de toutes les formes de discrimination g l’égard des
naissance vivante. femmes.
‘.
207. L’acte de deces contient. aussi des données telles 2 12. _ Mises à part les différences existant entre les pays,
que le nom et les çaractéristiques du défimt, la date, le lieu l’enregistrement des mariages civils permet de recueillir
et les certifications du deces, l’identite du temoin, le cas des données sur les deux epoux, comme le nom, la preuve
échéant, des déclarants et de l’officier de l’état civil. Uoc- de l’identite, l’âge, la situation matrimoniale préctdente, la

76
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.-
profession, la date du mariage, la date de l’enregistrement, qu’inscription indépendante dans le registre pertinent des
s’il stagit d’un mariage civil ou religieux ayant un statut ci- divorces et simultanement de porter une mention marginale
vil, le domicile ou. la residence du marié et de la mariée, le sur l’acte de mariage dissous par le jugement de divorce.
lieudu mariage, Jes coordonnees des témoins et le nom et la 215. Le jugement de divorce contient toujours des don-
signature de I’offtcier de l’état civil. Par des copies ou des nées suffkntes sur les parties et la plupartdes.données sta-
certificats, l’organisme d’enregistrement des faits d’état ci- tistiques requises’ peuvent en être extraites.’ Les autres dou-
vil délivre des preuves du mariage et de ses caractéristiques, nées sont demandées au déclarant, c’est-à-dire à la personne
ce qui donne aux époux par la suite les moyens de préserver demandant I’inscription ou la mention, selon le cas. Les
plusieurs de leurs droits de l’homme. Les principaux droits principaux droits décou1ant de l’enregistrement du divorce
individuels associes a la preuve légale du mariage sont la sont le droit de se remarier, fondé sur la preuve légale que
Iégitimité de tous les enfants, la preuve de leur origine bio- le précédent mariage a été dissous, de recouvrer une indem-
logique, les droits d’héritage, la demande de prestations ia- nité alimentaire, d’établir la garde des enfants mineurs sous
miliales, les indemnites de mariage, le recouvrement de rkserve de l’autorité parentale, etc.
pensions.& d’assurance, l’acquisition de la nationalité par le
conjoint, etc.
: B.- Dr-bits de l’homme pouvant, dépendre
de I’enregistrement des événements d’état civil
5. .DROITD'ENRECZTRERUNDNORCE
216. Plusieurs droits de l’homme émanant de déclara-
2 J3. La rksolution 843 (Jx) de 1954 de I’AssembIée gé- tions et pactes internationaux impliquent d’une manitre ou
nerale des Nations Unies concernant la condition des fem- dune autre l’enregistrement des faits d’état civil, ce qui dé-
mes en droit. privé demande aussi instaxnment aux gouver- montre la portée de la contribution de celui-ci au fonetion-
nements d’etablir un registre des divorces. En outre, dans sa nement normal des sociétés. Certains de ces droits ne sont
résolution 1068 F du 10 juillet 1965, le Conseil Cconomique pas étroitement liés aux objectifs du prksent Man&, mais
et social recommande ce qui suit .: « Le divorce ou la @a- sont tous couverts de façon assez cursive par souci de com-
ration dé corps ne peuvent êtreprononcés que par une auto- plétude et de façon que ceux qui sont intéressés par une
rité judiciaire competente et doivent être enregistres dans étude plus détaillée puissent facilement le faire. Dans tous
les conditions prevues par la loi... » les cas, les conditions pdalables sont que les partiesinté-
214. En règle g6nérale, la procbdure de .divorce a lieu ressées doivent être en mesure de prouver leur âge, leur lieu
dans une cour de justice et les divorces sont prononcés par de naissance, leur nationalité, leur identité et leur situation
M tribunal. Si, en vertu du droit interne, ce tribunal est un civile ou matrimoniale. Dans certains cas, la preuve d’une
tibunal de premiére instance, la dkision doit nurmalemént seule caractéristique figurant sur un seul acte est requise,
être approuvée par un’tribunal supérieur (Cour d’appel) Ce alors que, dans d’autres, il faut la preuve de plus d’une ca-
qui témoigne de l’importance attachte à la procédure. Apres ractéristique figurant sur un ou plusieurs actes du registre
son traitement, le dossier est renvoyé au Tribunal de pre- de l’état civil. Les pages qui suivent indiquent, dans chaque
miére instance et, de là, aux archives des tribunaux. Le ju- cas, un concept, les dispositions des déclarations, pactes et
gement est la preuve légale du divorce et de ses caract&is- conventions internationaux duquel il découle (voir pamgra-
tiques et les parties intkessées peuvent en obtenir une copie phe 193 ci-dessus) et les actes de l’état civil concernés.
à tout moment pour leur propre besoin. ,Toutefois, sauf si
une disposition legaie pr&voit,que le tribunal doit communi- 1. DROITASAPROPREIDENTITÉ .
quer une copie de la décision au registre de l’état civil per- Concept et origine
tinent, elle ne peut être invoquée- dans un tribunal ou dans
toute autre poursuite judiciaire ou adminktmtive. En outre, 217. Aujourd’hui, les actes de naissance‘sont Je moyen
si la decision n’a pas d’abord été enregistree dans le registre essentiel d’identifier les individus, car les données J@urant
de Mat civil, il ne sera pas possiblede maintenir des-statis- sur l’acte, en particulier le nom et les prénoms, sont les si-
tiques de cet év&ment.-Pour sa part, h procbdure suivie gnes qui individualisent l’identité d’une personne, empê-
dans le registre de l’état civil dépendra des lois de chaque chant la confusion avec quiconque d’autres. Le droit a l’en-
pays. Dans certains, le jugement est consigné, comme on le registrement immédiat a été proclamé B l’article 24.2 du
fait pour un mariage ou une naissance, parfois dans un re- Pacte international relatif aux droits civils et politiques I
gistre sépare et parfois par le biais d’une mention supplétive « Chaque enfant doit être enregistré immédiatement apr2.v
dans le registre des mariages. Dans les systèmes d’enregis- sa naissance... »:L’article 7 de la Convention relative aux
trement d’état civil plus sophistiques, il est simplement pris droits de l’enfant a réaffirmé ce droit à l’enregistrement de .
note du jugement de divorce en consignant les principales la manitre suivante : « 1. Lénjant est enregistré atkkitôt
données relatives dans la marge ou au dos de l’acte de ma- sa naissance et a dès celle-ci le dmit à un nom, le droit
rJage auquel il se rapporte. En outre, si les données utiles d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible,
aux diverses statistiques sont notées sur un bulletin statisti- le droit de .connaître ses parents et d’être élevé par eux. »
que, il n’est pas necessaire de garder une copie de la deci- Ce droit à J’enregistrement d’une naissance apparaît donc
sion dans les dossiers car les parties intkessées peuvent étroitement lié au respect du droit.à sa propre identité, éga;
toujours se rkférer & celles conservées dans les archives des lement expressément reconnu pour la première fois dans un .
tribunaux. Jl est aussi possible de conjuguer les systèmes, instrument international à l’article 8 de la Convention en
autrement dit d’enregistrer le divorce separement en tant question, qui fait référence, à hi nationalité, au nom et-aux

77
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.-
relations familiales : « 1. Les Etats parties s’engagent à hi5 i la filiation, la détermination de la filiation dépendant
respecter le droit de l’enfant et ,à préserver son identité, y enfin de compte des r6glementations en vigueur dans cha-
compris sa nationalité, son nom et ses relations familiales, que pays sur cette question complexe et sensible. En tout
tels qu ‘ils sont reconnu.9 par la loi, sans ingérence illégale. état de cause, soit l’afftliation est btablie au moment de
2. Si un enfant est illégalement privé des éléments consti- l’acte de naissance, soit les deux événements sont dissociés
tutifs de son identité ou de certains d’entre eux, les Etats pour ce qui est de la valeur probatoireactuelle de l’acte. de
parties doivent lui accorder une assistance et une protec- naissance, qui n’attestera de façon fiable que de l’existence
tion apprvprihs pour que sont identité soit rétablie aussi et de l’identité; l’acte de naissance, soit dans sa partie cen-
mpidement quepossible. » La mise en œuvre par les Etats trale soit dans les mentions supplétives, fournira normale-
des recommandations des Nations Unies pour la réglemen- ment des informations sur les noms des parents, ainsi que
tation des services d’enregistrement assure que les actes de des doutées sur la date et le lieu de leur naissance et leur
naissance nécessaires seront etablis, remplissant ainsi la nationalité respective. La personne concernée doit toujoum
fonction juridique du systéme d’état civil et donnant aux in- avoir librement accbs aux données figurant sur l’acte de
dividus un moyen privilégié de prouver de façon offkielle naissance et aux mentions supplétives, ainsi qu’aux docu-
et permanente les événements qui d&erminent leur état ci- ments conservés dans le registre pertinent de l’état civil qui
vil, y compris tout d’abord leur propre identité. L’impor- concernent l’identité de ses parents biologiques. Par exem-
tance de ce droit est mise nettement en évidence par le fait ple, on part de l’hypothése que la maternité biologique peut
que le respect de tous les autres droits dépend pour une per- être déduite du certificat médical d’accouchement, qui a été
sorme de la possibilité qu’elle a eue 8 une date ult&ieure de classe dans le registre de l’état civil. Dans le cas oil le nom
prouver pleinement son identité, ce qui dépend B son tour de la mere n’apparaît pas sur le registre car il peut en vertu
de l’inclusion dans son acte de naissance des reférences ne- du droit interne être gardé anonyme, il est possible d’avoir
cessaires a son identite, notamment le nom et les prenoms accès au document original pour vérifier les données con-
donnés en application du droit interne, le sexe, les circons- cernant la mere. Dans les cas d’adoption, l’enfant adopté a
tances de la naissance physique, les noms et prknoms des le droit a sa maiorité de poursuivre les recherches nécessai-
_I 1

parents et leur nationalité au moment ou ils sont nés. La res pour obtenir des informations sur ses parents biologi-
preuve de l’identité d’une personne dans tout acte juridique ques et, par conséquent, même si un nouvel acte de nais-
où elle est partie - mariage, détermination de la filiation, sance a été établi ne contenant des rkférences qu’a l’identité
signature des instruments juridiques légaux, proc6dures ju- de ses parents adoptifs et si le document original a été an-
diciaires ou administratives, etc. -sera fondee sur son nulé, il doit être en mesure d’obtenir uncertificat-de l’ins-
identification pr6alable dans son acte .de naissance, qui doit cription annulée, qui contiendra vraisemblablement des
être accepte comme l’instrument de preuve primaire par les doutées sur sa véritable filiation biologique, lui permettant
services d’identification de 1’Etat lorsqu’il d&re le docu- ainsi de r&liser son droit B sa propre identité.
ment d’identité correspondant. Lc droit de chaque être hu-
main a sa propre identité constitue une priorité logique lors- Acte vis&
qu’on en vient a établir et B attribuer les droits et 220. Naissance.
obligations pertinents.
3. DROITALANON-DISCRIMINATION
Acte vis& ENRAISONDELANAISSANCE
218. Naissance.
Concept et origine
2. Dr& DEL'ENFANTDECONNAfTRESESPARENTS 221. Ce droit est expressément reco~u il htic~e 2 de
la Convention relative aux droits de l’enfant et est =&oite-
Concept et origine ment lié aux méthodes permettant de- déterminer la filiation
219. D’apr&s l’article 7 de la Convention relative aux maternelle et paternelle, dans ou hors mariage. Le libellé de
droits de l’enfant, un enfant a le droit d&s sa naissance a ce prkepte reprend presque intégralement Yesd&&wations
avoir un nom et, dans la mesure du possible, celui de con- internationales prkédentes sur la question. La Déclaration
naître ses parents. Comme pour le droit d’un mineur a une universelle des droits de l’homme : «Article 2. Chacun
identité, cela représente une idée nouvelle en droit intema- peut se prévaloir de tous les dtvits et de toutes les-libertés
tional : le droit de l’enfant de connaître ses parents biologi- proclamks dans la présente Déclaration, sans distinction
ques, en tant qu’6lément essentiel de son identite biologi- aucune, notamment de race, de coukw de sexe; de langue,
que, un principe international sans précedent lié au principe de religion, d’opinions politiques ou de toute autre opi-
de la recherche illimitée de pater& qui pr6vaut dans de nion, d’origine nationale ou sociale. de fortune, de nais-
nombreux pays aujourd’hui : «Article 7.1. L’enfant est sance ou de toute autre situation. » Déclaration des droits
enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le dmit à dé l’enfant : «Principe premier. L’enfant doit jouir de
un nom... et, dans le mesure du possible, le drriit de connaî- tous les droits knoncés dans la présente Déclanition. Ces
tre ses parents et d ‘êtw ékv& par ~XX. » Du point de vue de ._ -..dmits doivent être wconnus à toux ies enfants sans excep-
l’enregistrement, ce droit apparaît lie B l’acte de naissance;), tion aucune, et sans distinction ou discrimination fondée
bien qu’il soit reconnu que celui-ci n’a pas la même force sur la tuce. la couleur le sexe, la langue, la retigion, les
probatoire en ce qui concerne la filiation. Le principe sous- opinions politiques et autres, l’origine nationale ou so-
tendant le projet de loi est que l’acte de naissance n’est pas ciale, la fortune, la nahsance ou sur toute autre situation,

78
STlESAlSTATJSER.Fi71

-
que celle-ci s’applique à l’enfant lui-même ou à sa fa- civil lui-m&me et we, faute de quoi, un nom d’usage com-
mille. » Pacte international relatif aux-droits civils et politi- mun sera imposé d’offke. Toujours afin de -donner SIl’en-.
ques : « Article 2. Les Etats parties au prkent Pacte s’en- fant toutes les coordonnbes permettant de l’identifier, elle
gagent à respecter et gamntir à tous les individus +e prkvoit aussi que des noms fictifs seront attribués & la mére
Mouvant sur leur territoire et relevant de leurs compétences et au pére a des fins d’identification.. -
les dmits reconnus da.ns le pn+ent-Pacte, sans distinction
aucune, notamment de race, de cotdeu~ de sexe, de langue, Acte visé
de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, 223. Naissance.
d’origine nationale ou sociale, de fortune, dé iaissance ou
de toute autre situation... Article 24.1. Tout enfant, sans .4. DROIT~EL'ENFANTA&NOM
discrimination aucune fondée sur la mce, la couleur le
sexe, la langue. la relation, i,‘origine nationale ou sociale, Concept ei origine
la fortune ou la naissance a droit, de la part de .safamille, 224. Les droits dé l’enfant devraikt coi& quatre do-
de la société, de I’Etat. aux mesues de protection qu ‘exige maines principaux, tous li6s au principe fondamtmtal qui est
sa condition de mineur: ‘» Convention eurofitenne de sauve- de servir son « inttrêt supérieur »,, à savoir la survie, la
garde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, croissance, .la protection et la participation. Dans le cas de
signée par le Conseil de l’Europe SI Rome le 4 novembre la survie, ainsi que du droit inh&ent 4 la vie, i’enfint a le
1953. « Article 14. La jouissante des droits et liber& re- droit, comme on l’a indiqué plus haut, ri un nom et à une,
connus dans la prhente Convention doit êtm (Issude, sans nationalité. Il a le droit dés sa naissance à un nom et à une
distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la mce, nationalité. Chaque enfant doit être enregistré immédiate-
la couleur; la langue, Ia religion, les opinions politiques ou ment apr&s sa naissance et doit avoir un nom.
toute autre opinion, J’origine nationale ou sociale, t’appar-
tenante à une minorité nationale, la fortune, la naissance 225: L+ Déclaration des droits de l’homme et les pactes
ou toute autre situation. » Enfin, l’article 2 de la Con- et conventions internationaux ne disent rien d’autre quant
vention relative aux droits de l’enfant pr&oit ce qui suit : au nom. Ils ne pr&sent aucune norme ou directive devant
« 1. Les Etats parties s ‘engagent h respecter les dmits qui être suivie pour l’attribution d’un nom 8 une personne. Ce-
sont énoncés dans la prhente Convention et h les gamntir pendant, le dénominateur commun ressortant de toutes ces
à tout enfant relevant de leurjutidiction, sans distinction conventions est la notion fondamentale selon laquelle le li-
aucune, indépendamment de toute wnsidémtion de race, belle de la législation, quelle que soit sa forme, ne doit pas
de couleur de sexe, de langue, de religion, d’opinions poli- être discriminatoire. Un enfant mineur .ne peut pas faire.
tiques ou autres de l’enfant ou de ses parents ou mprésen- l’objet d’une discrimination. Or, dans nombre de pays, des
tants légaux, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, rkgles sont encore en vigueur qui rendent obligatoire l’utili-
de ieur, situation de fortune, de leur incapacité, de kur sation d’une formule pour nommer les enfants légitimes et
naissance ou de toute autre situation. 2. Les Etats parties d’une formule différente pour nommer un enfant né hors
prennent toutes les mesures appmprtéek pour que l’enfant mariage.
soit gectivement protégé contre toutes formes de discrimi- i26. Le droit g un nom a été proclamé pok la Premiere
nations ou de sanctions motivth par la situation jurùiique. fois au niveau~intemational danS le principe 3 de la Dkla-
les activités, les opinions déclan% ou les wnvictions des ration des droits de l’enfant et a été ult&ieurem&t reco~u
sesparents, de ses mprésentanis légaux ou.des membres de comme droit dans l’article’24 (2) du Pacte international re-
sa famille. » latif aux droits civils et politiques. Les articles 7 et 8 de la
222. Même si l’on opte ‘pour un modèle d’enregistre- Convention relative aüx droits de l’enfant reconnaissent le
ment qui ne fait pas ap@Stre la fïIiation dans l’acte de droit de tout enfant B un nom et l’obligation des Etats par-
I’Btat civil, le droit à la nondiscrimination pour raison de ties de veiller 8 mettre ce droit en œuvre conformément 8
filiation devient immédiatement un probl&me d’enregistre- leur législation nationale et aux obligations que leur impo-
ment des faits d’état civil dans la mesure oti sur l’acte de sent les instruments internationaux applicables en la ma-
naissance doivent figurer des inscriptions essentielles tière. On citera aussi B cet égard les articles 1 et 25 (2) de la
comme le nom et les pnkoms des parents de l’enfant ainsi Déclaration universelle des droits de I’homine, qui interdi-
que d’autres tiférences permettant l’identification, notam- sent toutes formes de discrimination.
ment leur date de naissance et leur nationalitk. Dans les cas ‘.

Acte Yisé
où la filiation n’est &ablie ni d’un côté ni de l’autre,~l’acte
de. naissance ne contiendra pas de r&fkences permettant 227. Naissance. :i ‘, S
d’identifier les parents, car ils ne sont pas legaIement déter-
mi&; dans ces conditions, la documentation officielle fera 5. DROITDEL'ENFANT~UNENATIONAL~~ .
apparaltre imm&liatement le fait que l’origine n’est pas
connue. La loi sur l’enregistrement des faits d’6tat civil pr& Concept et oryigine ‘. ‘ I
voit des disposition qui tiennent compte de ces situations 228. Ce droit fait I’objet du même libelle dans quatre‘
de façon & t!viter des discriminations B compter du moment textes internationaux, ce qui prouve bien l’importance qui y
oti la naissance est officiellement enregistt$e. A cette fin, est attachée. Tout individu’& le droit a une nationalité, tout
sans prkjuger de la filiation effective, elle dispose qu’un enfant a le droit d’acqukir une nationalitk L’enfant a droit
fiorn devra Ctre choisi par le’déclarant ou l’offkier de l’&at d&s sa naissance à un nom et d une ‘nationalité. L’enfant sera

79
ST/ESA/STAT/SER.F/71

._
enregistré immédiatement apr&s sa naissance et aura d&s sa b&Scier du meilleur &at de sante possible et avoir actes
naissance le droit A un nom, le droit d’acquérir une nationa- aux equipements voulus pour le traitement des maladies et
lité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses le Aablissement de la sante.
parents et d’être elevé par eux. Ni la célébration ni la disso- 232. Les principaux instruments internationaux dans
lution d’un mariage entre un ressortissant d’un Etat partie et lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : la Déclara-
un étranger ni un changement de nationalité du mari durant tion universelle des droits de l’homme, article 25 (1); la Dé-
le mariage ne modifie automatiquement la nationalité de claration des droits de l’enfant, principe 4; le Pacte interna-
l’épouse. tional relatif aux droits civils et politiques, article 12 et la
229. Les principaux instruments internationaux dans Convention relative aux droits de L’enfant, article 24.
lesquels ce droit A la nationalité est reconnu sont les sui-
vants : Déclaration universelle des droits de l’homme, arti- Actes vis&
cle 15; Pacte international relatif aux droits civils et politi- 233. I’&issance; déc&; mort foetale.
ques, article 24 (3); D&Aration des droits de l’enfant de
1959, principe 3; Convention des Nations Unies relative 7. DROITDELAFAMILLEÀLAPROTECTION
aux droits de l’enfant de 1990, article 1; et Convention sur
la I-éduction des cas d’apatridie, article 1, qui établit l’enga- Concept et origine
gement de tous. les Etats contractants A accorder leur natio-
nalité A toute personne née sur leur territoire qui serait au- 234. La famille, en tant que cellule constitutive natu-
trement apatride. relle de la société, est habilitbe A recevoir la protection de la
societé et de l’Etat. La famille, qui est l’élément fondamen-
Acte vis& tal et naturel -de la société, doit jouir de la plus large protec-
tion et assistance possible, en particulier pour son établisse-
230. Naissance : pour bien apprkier le rijle que les ac- ment et pendant tout le temps où.elle est responsable du
tesde naissancejouent dans la preuve de la nationalité, il soin et de i’6ducation d’enfants A charge. Comme on le sait,
faut souligner que c’est généralement la constitution politi- la constitution légale de la famille, qui commence au ma-
que d’un pays ou la charte fondatrice qui détermine qui sont riage et est prouvée par son enregistrement, est la véritable
les ressortissants et qui sont les &rangers et comment la na- tâche de l’enregistrement des faits d%tat civil. Les. formes
tionalité est acquise et perdue. G&ains suivent le principe les plus courantes de protection de la famille sont l’apport
du jw sali et d’autres celui du jus sunguini. En vertu du r&ulier de compléments au revenu, appelés communement.
premier principe, les personnes nées sur le territoire du pays allocations familiales; une somme forfaitaire versée B la
sont des nationaux même si leurs patents sont des étran- naissance de l’enfant et une réduction fiscale fondée sur la
gers; en vertu du deuxibme principe, les enfants des ressor- preuve de l’existence d’un ou plusieurs enfants A charge
tissants d’un pays sont généralement aussi des ressortis- dans la famille devant être entretenus, aidés et soignés jus-
sants de ce pays, quel que soit le lieu 03 ils sont nés. Dans qu’à leur majorit6 ou jusqu’a l’âge prescrit par la loi si l’en-
le premier cas, l’acte de naissance suffit a attester d’une na- fant est encore &udiant.
tionalité particulibre, alors que, dans le second, la partie in-
téressée doit prouver la nationalit8 de l’un de ses parents, au 235. Les principaux instruments internationaux dans
moins au moyen d’un certificat de naissance et, le cas lesquels ce dnGt est reconnu sont les suivants : Déclaration
echéant, d’un certificat de mariage. universelle des droits de l’homme, article 16; Pacte interna-
tional relatif aux droits civils et politiques, article 23 (9; et
6. DROITALASANTÉ. Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux
et culturels, article 10 (1).
Concept et origine Actes vis&
23 1. Chacun a droit B un niveau de vie adéquat qui lui
permet ainsi qu’a sa famille de vivre bien et en bonne santé 236. Naissance; mariage. >
et d’avoir acc&s & une assistance médicale et aux services
sociaux essentiels. Tous les enfants ont le droit de grandir et 8. DROITSDESDÉLINQUANTSJWÉNILES
de se développer en bonne sa&; 4 cette fin, des soins spé- Concept et origine
ciaux doivent leur être fournis ainsi qu’a leur m&re y com-
pris des soins prkataux. Il est reconnu que chacun a le 237. Droit A la justice. Proc&dure spéciale, en fonction
droit de bénéficier du niveau le plus élev& possible de santé de l’âge du mineur, afin d’encourager sa reinsertion. Déten-
physique et mentale. Dans cette optique, il est essentiel de tion dans un endroit distinct de celui où sont détenus les
prendre des mesures pour n5duire les taux de mortalité ma- adultes. Les jeunes faisant l’objet d’une accusation.doivent
ternelle et infantile, ainsi que pour améliorer tous les as- être détenus sépanSment des adultes et un traitement adapté
pects de l’hygitne environnemcntale ct industrielle, pour & leur âge et 8 leur situation légale doit leur être accordé.
prévenir, traiter et endiguer les maladies épid&niques, en- Une sentence de mort ne peut être prononcée B l’encontre
démiques et professio.nnelles et pour &ablir les conditions des personnes de moins de 18 ans. Les mineurs accusés
nécessaires pour assurer A tous des services d’assistance et d’avoir enfreint la législation pénale ont droit 8 un traite-
des services médicaux en cas de maladies. Il est reconnu ment visant à leur redonner un sentiment de dignité et a fa-
que chaque enfant a ledroit inhérent B la vie et doit pouvoir voriser leur rGnsertion sociale. Ils sont aussi habilités a une

80
STlESNSTATfSERFI71

.i
série de mesures protectrices énonEées en détail dans l’arti- ques, article 24 (1); et Convention relative aux droits de
cle 40 de la Convention relative aux droits de l’enfant. l’enfant de 1989, articles 18,26,31, 32,33,34.
238. Les principaux instruments internationaux dans Actes visés
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : DBclaration
universelle des droits de l’homme, article 6 (5); Pacte inter- 245. Naissance : preuve de l’âge; preuve de la filiation
national relatif aux droits civils et politiques, article 10 naturelle ou du moins de la filiation maternelle. Mariage,
(2) b; Pacte international relatif aux droits civils et politi- preuve de la filiation légitime.
ques, article 14 (4); et Convention relative aux droits de ., ., ..,I ,.., _ ,.
l’enfant, article 40. 11.. DROI~'&SE MAI&

Acte visé Concept etorigine


239. Naissance. La preuve de l’age est indispensable 246. Pour se marier, les hommes et les Qmmes doivent
pour déterminer les conditions du traitement des mineurs. avoir atteint l’âge minimal prescrit par la loi. Cet âge mini-
mal est aussi utilisé pour interdire le mariage des mineurs.
9. DROITÀL'EDUCATION La Déclaration universelle des droits de l’homme fait de
l’âge de la puberté l’âge minimal, mais certaines Iégisla-
Concept et origine tions nationales ont fixé un seuil plus élevé.
240. Chacun a droit à l’éducation L’éducation primaire 247. Les principaux instruments internationaux’ dans
est obligatoire et gratuite pour tous. L’égalité des droits en- lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : Déclaration
tre garçons et filles est obligatoire. universelle des droits de l’homme, article 16 (1); Pacte in-
241. Les principaux instruments internationaux dans ternational relatif aux droits civils et politiques, article 23
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : Pacte inter- (2); et Convention sur le consentement au mariage, l’âge
national relatif aux droits économiques, sociaux et culturek, minimal du mariage et l’enregistrement des mariages, arti-
article 13 (1) et (2); Déclaration relative aux droits de l’en- cle 2.
fant de 1959, principe 7; Déclaration universelle relative Actes visés
aux droits de l’homme, article 26 et Convention relative aux
droits de l’enfant de 1989, article 28 (1) (1. 248. Naissance : L’acte de naissance est indispensable
pour prouver que l’âge minimal prescrit par la loi a été at-
Acte visé teint et qu’il n’y a pas d’empêchement au mariage des
242. Naissance : les registres des naissances peuvent époux prospectifs en raison de liens de famille. Dé&s : les
permettre d’établir une liste des étudiants primaires pros- époux prospectifs doivent aussi prouver que leur situation
pectifs, sans laquelle la scolarité obligatoire n’aurait aucun personnelle leur permet de se marier, c’est-a-dire qu’ils
sens; ils permettent aussi au système d’enseignement de n’ont jamais été mariés, sont veufs ou sont légalement di-
connaître la taille de la population d’enfants du sexe mascu- vorcés. Dans le cas des veufs, la preuve du dé& du con-
lin et du sexe féminin à des fins de parité. joint précédent est requise. Divorce : les époux prospectifs
doivent toujours prouver qu’ils sont libres de se ma-
10. DROITAL'ENTRETIENETÀLAPROTECXION rier, C’est-A-dire, dans les sociétés monogames, qu’ils ne
sont pas légalement mariés au moment où ils se remarient.
Concept et origine
243. Chaque enfant A une protection spéciale afin d’as- 12. DROITDESMINEURSÀLAPROTECMON
CONTRELEMARIAGE
surer son plein épanouissement. Chaque enfant a le droit,
sans discrimin ation, a bénéficier de mesures protectrices de Concept et origine
la part de sa famille, de la société et de I’Etat. Les deux pa-
rents sont également responsables d’assurer la protection et 249. La puberté est une condition prealable à un ma-
l’entretien de leurs enfants mineurs. Chaque enfant a le riage valide, sauf dérogation. Les législations nationales doi-
droit de bénéficier de la sécurité sociale, y compris l’assu- vent interdire le mariage avant la puberté.
rance sociale. Chaque enfant a le droit au repos et aux loi- 250. La Déclaration universelle des droits de l’homme,
sirs. Tous les enfants ont le droit d’être protégés contre l’ex- article 16 (1); le Pacte international relatif aux droits civils
ploitation économique et le travail dangereux. Tous ont le et politiques, article 23 (2); et la Convention sur le consen-
droit d’être protégés contre l’usage illicite de produits stu- tement au mariage, l’âge minimal du mariage et l’enregis-
péfiants et narcotiques en général. Tous ont le droit d’être trement des mariages, article 2.
protégés de toutes les formes d’exploitation et d’abus
sexuels. Actes visés
244. Les principaux instruments internationaux dans 25 1. Naissance : la capacité de prouver au moins que la
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : Déclaration puberté est atteinte est une condition indispensable à la cé-
des droits de l’enfant, article 2; Déclaration des droits de lébration d’un mariage valide. Mariage : l’acte de mariage
l’enfant, article 7; Déclaration des droits de l’enfant, arti- contient l’âge des parties contractantes et par conséquent
cle 9; Pacte international relatif aux droits civils et politi- sert également de preuve de l’âge; il consigne aussi l’exis-

81
ST/ESABTAT/SER.F/71

tente de toute dispense, normalement accordée pour des universelle des droits & l’homme, article 25 (1) et Pacte
raisons graves dans l’intérêt des parties. international relatif aux droits économiques, sociaux et-c&
turels, article 11 (1). ’
13. DROITÀ~LAPROTECTIO~CON~ELEMARIAGEFORCÉ
Actesvh% :
Concept et origine
260. .,Naissance 1: le registre des -tiaissapces fournit la
252. Les deux époux prospectifs doivent consentir li- preuve du nombre d’enfants pouvant donner droit aux pres-
brement et pleinement au mariage. Le consentement de seu- tations différentielles dans les pays qui modulent les indem-
lement l’une des parties n’est pas suffisant. Les pactes sont ni& au titre de l’habillement et des auues biensen fonc$on
explicites et catégoriques sur ce point. du niveau de revenu et de l’age de l’enfant. Mariage : dans
253. Les principaux instruments internationaux dans certains pays, la ptiférence est génkalement donnee pour
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : Déclaration l’octroi des prestations aux familles légalement &ablies. ’
universeJle de%!droits de l’homme, article 16 (2); Pacte in-
ternational relatif aux droits économiques, sociaux et cultu- 16. DROITDBSELOGER
rels, article 10 (1);. Pacte international relatif aux droits ci- Concept et originf
vils et politiques, article 23 (3); et Convention sur le
consentement au mariage, l%ge minimal du mariage et 261. Ce droit, comme le droit A l’alimentation et le
l’enregistrement des mariages, article 1 (1). droit de se vêtir, est un cornUaire d’un niveau de vie adé-
quat. Les programmes ptiblics visant B assurer un-logement
Actevisé . _ aux groupes A faible revenu revêtent différentes formes, no-
254. Mariage : La prksence de témoins et de l’offkier tamment des subventions pour l’achat ou la location de
de l’état titi constitue la preuve que le mariage a été CW maisons, des indemnités locatives, des dons, des prêts, des
bré avec le plein consentement des deux‘époux prospectifs. allégements fiscaux, etc. Le droit de b&fïcier de ces pro-
grammes est g&kalement déterminé par une formule dans
14. DROITDES'ALIMENTER laquelle le nombre de &rsomes dans le mknage ,et leurs re-
lations au chef de m6ntige jouent un rôle important.-
Concept et origine
262. Les principaux i&rnments internationaux dans
255. Ce droit fait partie du droit de tout individu A un lesquels ce droit est recomm sont les suivants : Déclaration
niveau de vie adéquat pour lui et sa famille, qui recouvre universelle des droits de l’homme, article 25 (1) et Pacte in-
aussi le droit de se vêtir et de se loger. Les pactes interna- ternational relatif aux droits économiques, Sociaux et cultu-
tionaux souli&ent le droit de la mère et de l’enfant B des rels, article 11 (1).
soins et une aide spéciale en ce qui concerne l’alimentation.
256: -Lés principaux instniments internationaux dans Actesvis&
lesquels ce droit est retionnu sont lés suivants :. Déclaration 263:. Naissance : lé riombie d’enfants mineurs-dans la
universelIe des droits de l’homme, article 25 (1) et Pacte in- famille, leur âge et leurs relations au chef de ménage sont
ternational relatif aux droits &ono@ques, sociaux et cultu- g&kalement des facteurs déterminants du droit a% pr+t-
rels,‘article 11 (1). :. _ tions. Ces informations peuvent aussi &k utilisées pour dé-
Actes visés terminer le type et la taille du logement auquel une f?@le
? &oit. Mariage : d’apr&s la législation, le droit A l’alde au
257. Naissance : permet de dresser la liste des nouveau- logement dépénd de la preuve de l’établissement légal de la
nés pour la mise en œuvre de ptigrammes de suppléments famille, c’est-A-dire de la présentation, d’un. certificat de
alimentaires. Si les enfants ne sont pas enregistis, ni eux ni mariage déliMe par le bureau de l’enregistrement des faits
leur mére n’auront droit A ce programme. Dé&s : le registre d’état civil. ,. .
des’dtkés permet de maintenir à jour la‘liste des bénéficiai-
res. En ,outre, l’incidence de -certaines maladies nutrition- 17. DROTT A~~TRAVAIL(~~L*EMPI.&) L
nelIes ptiuvant être mortelles fait ?bparaBre la nkessitb de
l’inclusion. de tyPes particuliers d’aliments dans le pro- Concept et origine
gramme. < 264. Chacun a le .droit a un emploi qu’il choisit (ou ac-
cepte) librement, A des conditions et des taux de timunéra-
15. DR~~TDESE~~TIR tion équitables ainsi qu’à la protection contre le chômage.
Concept et origine Chacun a. le droit, sans discrimination, il une rt5munération
égale pour u[1 travail Cgal et chacun aussi a le.droit au repos,
258. Ce droit fait partie du droit de ihacun B un niveau A du temps libre, B une durée de travail raisonnable et A des
de vie adéquat pour lui-même et sa famille, qui recouvre congés pkriodiques fimunérks. Les Etats doivent &ablir un
aussi le droit à l’alimentation et au logement. Il est indisso- age minimal au-dessous duquei le travail est interdit par la
ciable aussi .du droit à l’amélioration Continue des condi- loi et les violations sont punies. Les Etatsdoivent protéger
tions ‘dcvie. les enfants contre toutes formes d’exploitation au travail et
259., Les principaux instruments internationaux dans doivent s’abstenir de recruter les moins de 15 ans dans les
lesquels ce droit est recomm sont les suivants : Déclaration forces armées.

82
ST/ESABTAT/SERF/71

265. Les principaux instrume& internationaux dans nal sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : D&Aaration raciale, article 5, d; D&tration sur l’blimination de la dis-
universelle des droits de l’homme, article 23 (2) et (3); DB- crimination A l’egard des femmes, article 5, (1) a; et Con-
claration universelle des droits de l’homme, article 24; vention relative aux droits de l’enfaut, article 26.
Pacte international relatif aux droits tconomiques, sociaux
et culturels, article 6; Pacte international relatif aux droits Actes VA!S&
economiques, sociaux et culturels, article 10 (3); Déclara- 272. Naissance : la preuve de la parente est tir& des re-
tion des droits de l’enfant de 1959, principe 9; Convention gistres de naissance. Deces : dans le cas des successions in-
relative aux droits de l’enfant, article 32 (2), u, b et c; et testat, la premiere preuve requise est celle du dkès, celle
Convention relative aux droits de l’enfant, article 38. fournie par le registre des de&, suivie de la preuve de la
relation de l’heritier prkume avec le defkt, -est-adire
Actes vis& l’acte de naissance de l’heritier. Mariage : le registre de ma-
266. Naissance : l’acte de naissance fournit la preuve riage est un registre officiel qui assure automatiquement les
de 1’Sge minimal (entrke) et maximal (retraite). Ce dernier droits d’heritage du conjoint swvivant, homme ou femme,
permet de mettre fm B l’emploi sans &istance ou diffé- et atteste aussi les droits des enfants survivants.
rends. Il fournit aussi la preuve de la nationalite (si 1’Etat
applique le principe du droit du sol) lors d’une demande 20. DROITDEMIGRER
d’emploi, y compris dans les forces armees. Mariage : la
prkférence pour certains emplois peut dependre de la ques- Concept et origine
tion de savoir si le candidat est marie ou célibataire. Déces : 273. Chacun a le droit de quitter un pays, y compris le
pour les mêmes objectifs que dans le point précedent et sien, et de retourner chez lui.
pour prouver le veuvage. 274. Les principaux instruments internationaux dans
lesquels ce droit est reconnu sont la IXclaration universelle
18. DROITALAPROPRIÉTÉ des droits de l’homme, article 13 (2) et le Pacte intematio-
na1 relatif aux droits civils et politiques, article 12 (2).
Concept et origine
267. Chacun a le droit A la propriét& individuellement Acte visé
et collectivement. Chacun peut donc acquerîr, administrer, 275. Naissance : si quelqu’un veut passer d’un pays &
Céder et hériter des propriétbs et des biens, y compris ceux l’autre, les droits et la liberté de mouvement et de Aidence
acquis durant le mariage. Les Etats parties aux declarations sont limités par la necessite de disposer d’un passeport et
et pactes internationaux s’engagent A garantir aux hommes d’un visa. Dans les pays r@is par le droit du sol, l’acte de
et aux femmes l’Égalité dans la jouissance de ce droit. Per- naissance accr&lite la nationalite; mais dansceux rbgis par
sonne ne peut &tre arbitrairement privé de ses biens. le droit du sang, outre l’acte de naissance contenant les
268. Les principaux instruments internationaux dans noms des parents, les parents doivent faire la preuve de leur
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : D&uation propre nationalité, qu’ils transmettent A leurs enfants par le
universelle des droits de l’homme, article 3; Pacte interna- sang, quel que soit le lieu de naissance. Les personnes natu-
tional relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ralisees doivent soumettre un certificat authentifié du juge-
article 3; Declaration sur l’élimination de la discrimination ment ou de la décision leur accordant la nationalite et, sur
A l’eganl des femmes, article 6 (1) a; et Convention sur cette base, peuvent obtenir un passeport ou un visa. .
l’blimination de toutes les formes de discrimination raciale,
article 5, d et v. 21. DROITALASIICURI~~SOCIALE
Acte visé Concept et origine
269. Naissance : Preuve d’avoir atteint Page prescrit 276. Les Etats parties aux déclarations et pactes inter-
par la loi pour bk&ïcier du droit à la propriété (capacite). nationaux reconnaissent le droit de chacun P la dcuritk so-
Peut aussi contribuer A etablir l’identite. chie, y compris l’assurance sociale. Chacun a le droit &
l’assurance en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de
19. DROITD'HÉRITER veuvage, de vieillesse ou d’autres formes de perte des
moyens d’existence due & des circonstances hors de son
Concept et origine contrôle. Une protection speciale devrait être accordee aux
270. Les Etats doivent garantir le droit d’heriter ab in- mbres durant une petiode raisonnable avant et apr&s la nais-
‘testat et, par Cons@ent, d’acqukir, administrer, exploiter sance. Durant cette pbriode, les mkres qui travaillent doi-
et céder des biens hérités. L’établissement formel de la pa- vent avoir droit B un conge paye ou A un conge assorti
renté et de la filiation revêt une importance décisive pour d’indemnitbs de sécurite sociale adequates. Les enfants de-
les droits d’héritage. Ni la Déclaration universelle des droits vraient aussi b&ficier de la sktrite sociale, y compris
de l’homme ni les Pactes internationaux relatifs aux droits l’assurance sociale. Les enfants handicapes mentaux ou
de l’homme ne mentionnent expressément le droit d’lnkiter. moteurs ou ceux souffrant d’un handicap social doivent re-
271. Les principaux instruments internationaux dans cevoir un traitement spkial, une éducation et des soins
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : Declaration adaptés a leur cas particulier et doivent pouvoir vivre plei-
des droits de l’enfant de 1959, principe 4; Pacte internatio- nement.

83
,277. Les principaux instruments internationaux dans et du sexe de l’enfant.et de la situationfinancitre et des cir-
lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : Déclaration constances personnelles de chaque-2conjoint.
universelle des droits de l’homme, article 25 ‘(1); Pacte in- 280. Le principal instrument international dans lequel
ternational relatif aux droits economiques, sociaux et cultu- ce droit est reconnu est le Pacte international relatif aux
rels, article 9; Pacte international relatif aux droits écono- droits civils et politiques, article 23 (4).
miques, sociaux et culturels, article 10 (2); Déclaration des
‘droits de l’enfant, principes 4 et 5; êt Convention relative A&s&% ”
aux dmits de l’enfant, .article 26. ‘.
28 1. Dtcés : l’exercice du droit du conjoint survivant ii
A&x&é.~ ., .., _’ assurer la garde des enfants dépend de la preuve, dÙ dé&
278. Naissance :’ le registre des naissances, qui docu- de l’autre conjoint,.qui est apportée par le registre des de-
mente l’âge, la nationalité et-larelation au.chef de ménage, cès. Mariàge : le certificat de mariage ,protège le conjoint
test utilisé comme base pour la demande de ,nombreuses survivant de traitement illégal en ce qui concerne la garde
prestations de sécurite sociale. Si la prestation est limitée des enfants,
aux mineurs, la preuve de l’âge- est indispensable et il en va
de même pour les pensions de vieillesse et les pensions ,23. DROITD'ÉLIRE(DEVOTER)ETD'~RF,ÉLU
d’orphelins, qui sont versees, respectivement, à compter de
et jusqu’a un certain âge. Les pensions de reversion dépen- Conrzep($ origine
dent souvent de la nationalité de l’épouse, de son âge, ou de 282. La volonté du peuple est la.base de l’autorité de
la présence de.$usieurs enfants à charge. Dans tous ces cas, 1’Etat. Elle est exprimée lors d’tlections périodiques-au-suf-
l’existence du droit dépend des certificats délivrks par le re- frage universel et égalitaire ainsi que par bulletin secret 0-u
gistre de l’etat civil. Décès : avec le certificat de décès du d’autres procédures équivalentes gàrantissant la liberté de
chef de ménage, L’unit6 familiale peut demander le verse- vote. Tous les individus, sans distinction ou restriction in-
ment de pensions ou d’une assurance auxquelles la per- due, ont le droit de voter et d’être élus et peuvent exercer un
sonne decédée avait droit; Mariage : le certificat de mariage emploi public dans leur pays.
fournit la preuve que le conjoint survivant est habilité à re-
cevoir des pensions de reversion. 283. Les principaux instruments internationaux dans
. ‘. - lesquels ce droit est reconnu sont les suivants : D$claration
22. D~oITDEs~oU~ÀLAGARDE~DESEF~ANTS universelle des droits de l’homme. article 21 (3).et Pacte
international relatif aux droits civils et politiques, arti-
C&cept et origirzf : cle 25, b. ”
.. 279. .Gs époux o.nt lës mêmes droits et responsabilités Actes visés
dans le- cadre, du mariage, durant le mariage et en cas de .
dissolution, lorsque les arrangements ont été pris pour assu- _. 284, Naissance : un’âge minimal et uwnationalité spe-
rer. la necessaire protection de leurs enfants. Si la dissolu- citïque sont les exigences habituelles pour pouvoir. voter et
tion est due aud&&de l’un d’entre eux, la protection et la être élu. Le registre des naissances fournit les preuvés né-
garde sont normalement transférees au survivant; mais. si cessaires, Si le pays a adopté. le princiPe du droit du sang, il
elle est .due audivorce ou B la separation judiciaire, la pro- est aussi nécessaire de faire la preuve de la nationalite des
tection et la garde. sont decidees .en tenant compte de l’âge géniteurs de la partie interessee. . ;

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.84
;STIESA/STATISERFI71

trement des faits d’état civil les plus avancés ayant des ins-
~QUESDECÉTATCIVIL' tallations informatiques puissantes pourraient aussi traiter
: .les statistiques de Mat civil, si on le souhaitait; ou transfé-
A;- Historique ' ' rer .les donnees brutes sur support magn@ique de façon à
‘permettre à l’organisme de collecte de gén&er les tableaux
, 285. Dak les statistiques de Mat civil, les unités sta- requis pour ses propres besoins de planification.
tistiques .qui doivent être mesurées, décrites et analysées
sont-les faits d’ttat civil qui correspondent aux évenements B. - Concept et élémeats constitutifs
et actes. que l’enregistrement des faits d’etat civil a légaie-
ment pour fonctiond’enregistre~ il :y a donc deux noms dif- 287. Notre principal point de départ est l’analyse pr&
férents pour désigner les m&mes élements, suivant qu’ils sèntbe dans le Manuel des systèmes‘ d’enre&tremt+nt des
sont considérk du point de vue juridique ou du point de faits d’étai &vil et de statistiqzies de I’étaf civil .-’gestion,
vue statistiqué. Ce n’est donc ni ‘un hasard ni un caprice’si exptoitath et mise à jour (voir prkface) des’difTérents sys-
l’enregistrement des faits d’état civil a été chargé de coilec- ternes administratifs qui peuvent être adoPtes pour ttablir
ter les domees de base sousYfendantles statistiques-de l’etat une administration permanente de l’enregistrement des faits
civil, car celles-ci reprksentent des données complementai- d’état civil et des statistiques de l’état civil; le choix essen-
res a celles relatives a chaque évenement enregistré: De ..-,tiei consiste à savoir si une telle administration peut être or-
cette façon, un seul déplacement est nécessaire’au bureau ganisée et doit fonctionner de ‘façon centralisée ou décentra-
de Mat civil pour enregistrer les évenements et les actes liséeY Le choix ,entre les différents moyens d’orgatiser le
: qui Ies concernent et fournir les données necessaires pour systéme est fondé sur la consideration selon laquelle celui-
établir les statistiques. de l’&at civil du pays. Il faut s’effor- ci doit couvrir l’ensemble du pays, m&me si les fonctions
ter d’éviter de mettre en place un organisme paralléle à d’enregistrement des faits d’état civil et d’étabiissemént de
l’enregistrement des faits d’etat civil pour collecter ces don- statistiques de l’état civil sont. reparties entre des orga-
fiées, de façon que l’on ait pas a répeter deux ,fois, voire nismes administratifs différents et indépendants; il est donc
tiok ou-quatre, la même opération. Dans la pratique, cepen- nécessaire d’établir des mécanismes pour assurer une colla-
dant, un grand nombre de pays maintkment, a côté du re- boration permanente entre eux afin que l’un et l’autre tirent
gistre de I’etat civil, un registre de population; un registre des’ avantages communs. Dans le domaine des statistiques
des citoyens, unservice d’identification, etc. De sorte que demographiques, le systeme national d’enregistrement des
ces fonctions se chevauchent souvent et ,@ie les CO& sont faits d’état civil et d’établissement de statistiques de l’état
demultiplik En outre, les résultats ne sont pas compatibles. civil repnkente une mise en œuvre de la conception du sys-
tème administratif et peut être considéré comme un effort
286. Cependant, l’enregistrement des faits d’etat civil conjoint, harmonikx et syst&riatique des organismes qui
est, tout d’abord, une organisation de caractère juridique; collectent, traitent, analysent et publient les donnees tirees
ceux qui sont charges des bureaux locaux, -notamment, doi- ‘de ces statistiques,.afin de s’assurer qu’elles sont complè-
vent avoir une bonne connaissance du droit de la famille de tes, dignes de foi, actualisbes et comparables. Lorsque deux
leur pays s’ils veulent jouer un r6le efficace dans le proces- organismes ou plusieurs collaborent notamment pour la col-
sus de formation de la famille. Le chapitre premier du pré- lecte de données (enregistrement des ‘faits -d’&at civil) et
sent Manuel a analysé longuement le r81e de l’officier local leur traitement (statistiques, santé ou les deux), ii est indis-
de l’etat civil, lui attribuant de larges pouvoirs pour s’ac- pensable d’établir des m&nismes pour .une collaboration
quitter de ses tâches d’enregistrement en vertu de la loi. étroite et permanente en vue de la bonne.marche des opéra-
Cette formation juridique et l’établissement d’un systéme tions, en faisant en sorte que les informations soient compa-
de responsabilités qui les aménent8 rendre compte des tra- tibles et que les ressources disponibles soient utilisées le
vaux realisés dans leur juridiction impliquent que les 00% mieux possible. Les activitbs; procedures;rdocumentations
cierslocaux~de I’etat- civil, Ainsi que les autres agents affec- et les problemes hue peuvent rencontrer ces’organismes exi-
‘tés au bureau local de l’enregistrement, peuvent, et doivent, gent une surveillance permanente, des accords qui se pro-
’ participeràla collecte de donnéesstatistiques de base 4 par- longent et leur strict respect.- Un systéme administratif con-
tir des informations obtenues au moment air l’évenement cernant les statistiques ,de l’état civil a toujours des
d’état civil est enregistr& Cette fonction de collecte des questions à examiner et des problémes à résoudre. :
données entralne aussi la vérification ‘de la veracité et de
l’exactitude dès données déclarees. Cependant, on ne peut 288. Plusieurs modalités ont été testees pour établir ou
attendre :d’un systeme d’enregistrement opére manuelle- ‘améliorer la coordination entre l’organisme de collecte et
ment et qui utilise des formulaires s@n% à des fins statis- les organismes responsables du traitement,“aIlant de rk-
tiques et à des fins juridiques qu’il participe aussi au traite- nions ptriodiques entre les organismes intéressés à, ce qui
ment des dom&es pour l’établissement de statistiques. est plus, souhaitable, des &mions périodiques des comités
Cétablissement,des séries de statistiquesTde l’état civil est de statistiques de l’état civil et de statistiques sanitaires. Les
un processus complexe qui constitue une specialité à pays à structure fedérale, comme .I’Argentine, le Canàda,
part exigeant des études, et des connaissances approfon- les Etats-Unis d’Amérique, I’hrde ,et.Ie.Mexique, ont. orga-
dies. C’est pourquoi dans nombre .de pays, le traitement, nisé.des rkunions périodiques, entre les hauts fonctionnaires
l’analyse et la publication des statistiques de l’état civil sont intéresses afm d’examiner les problémes liés à l’enregistre-
confi& à un organisme distinct, indépendant de l’enregis- ment et au traitement des statistiques de l’&at civil. Les bu-
trement des faits d’état civil. Seuls les systémes d’enregis- reaux fédtraux ont pris l’initiative de n%iser la conception

85
ST/h/STAT/!3ER.F/71

et le contenu de la documentation et de mettre au point des .’291. Plus rkemment, les cinq ateliers des Nations
formulaires types, ainsi que des lois modéles sur les statis- Unies sur les stratégies visant g accélérer l’amélioration des
tiques de Wtat ~civil. Aux Etats-Unis d’Am&ique, des con- systémes de statistiques de l’ktat civil et d’enregistrement
férences biennales sur le sujet ont aussi été tenues auxquel- des faits d’état civil, organis&s par la Division de statistique
les ont participé des agents des Etats et des agents fédéraux, de 1’ONU entre 1991 et 1995 sous les auspices du pm-
ainsi que les principaux utilisateurs, afin de rendre compte gramme international- consacr& 8: cetté question, ont vive-
de leurs besoins. ment recommandé I’établissement de- comités nationaux
d’enregistrement des faits d’&at civil et de statktiques de
289. Depuis 1948, I’O&ankation mondiale de la santé l’état civil en raison de l’importance de leur rôle dans la
a demandé g plusieurs reprises l’&kblissement de comit&s coordination et la coop&ation rkipmques entre institutions
nationaux de la sante et des statistiques de 1’6tat civil, qui participantes.
doivent permettre de coordonner les activit& communes
des organismes kionaux participant g la production de sta- 292. Dans ce domaine, comme d’autres, la ferme vo-
tistiques de 1Wat civil. Une &ude de la fonction de coordi- lont6 d’encourager et de mettre en oeuvre des initiatives est
nation de ces comités, réalisée par I’OMS en 1979, a conclu plus importante que la rareté de l’offre de ressources, une
entres autres ce qui suit : excuse trop souvent avancbe. Il est toujours possible de
mieux utiliser les ressources existantes, en étant ctiatif et
a) L’expMence du travail de ces comit&s de plusieurs en appIiquant des techniques administratives.
pays a mont& qu’ils contribuent & des progrks techniques
au niveau des statistiques de I%tat civil et des statistiques 293. La mise en place d’un syst&me national d’émegis-
sanitaires; trement des faits d’&at civil et de statistiques de l’&at civil
sur la base des critires énon& ci-dessus exige ce qui suit :
a) Jusqu’ici, l’utilité et la productivité de ces comités
ont &ti variables, en fonction des circonstances; ‘a) L’existence de deux ou plusieurs orgkismes publics
constituants, qui ne devraient pas être subordonn& l’un a
c) Pour ambliorer la situation, le syst&me d’enregistre- l’autre. Qn peut envisager plus de deux Orga@smes consti-
ment des faits d%tat civil et les organismes de statistiques tutifs, par exemple, dans les Cas ois l~knregistrement des
et de sante dewaient 6e montrer tr&s d&ermin&s B mettre au faits d%tat civil collecte toutes les données, si le systéme
point et ambliorer les statistiques de I*&at civil; national de santé est responsable exclusivement de traiter,
d) Il devrait y avoir une bonne comptihension de leurs analyser et publier les statistiques sur les dé& et les morts
objectifs et leurs contraintes opkationnelles connexes; et faetales et si le s&vice de statistique est responsabk du
reste;
e) En tout &at de cause, les membres et, en parkdier,
le président de ces comités devrait &tre choisi avec soin. b) Une collaboration continue entre ces organismes, ou
du moins la reconnaissance du fait qu’une collaboration est
290. Un document pr6par6 en 1983 par le Comitb spb- -souhaitable; et t
cial parrain6 par l’Institut interamtricain des enfants et
l’I.nstitut international de I’&at civil et des statistiques a c) Cette collaboration aoit avoir pour objectif l’intérêt
aussi prôné I’&ablissement de comités nationaux de l’enre- général, qu’aucun organisme ne peut efficacement atteindre
gistrement des faits d’&at civil et de J’&ablissement de sta- par lui-même.
tistiques de l%tat civil comme moyen d’assurer la coordina- 294. On estime génkalement qu’une loi est-nécessaire
tion entre les organismes int&es& et a recommandé que pour mettre en place un syst&me admi&tratif, de sorte que
les conditions suivantes soient r&mies : la décision est remise tant que la loi n’est pas adoptée. Mais
a) En principe, les reprkntants des institutions consti- ce n’est pas le cas. Un systéme administratif ne modifie ni
tuantes doivent être les plus hauts responsables de chaque les objectifs oi les structures des organismes çonstituants; il
organisme concerné ou, à~défaut, les responsables désignts modifie simplement les procédures ou les méthodes de tra-
investis de l’autorité nécessaire pour que les r&soluti&s vail. Cela n’exige pas une loi, mais &npkment un accord
des comités soient contraignantes pOiu les organismes res- sign6 entre les institutions concernées et la volonté d’œu-
pectifs; Mer dans l’intérêt de la communaut& N&ninoins, s’il&it
.possible d’assurer l’adoption d’un large cadre juridique
b) Lés comitk ne doivent &re constitues que des orga- pour créer le système, l’occasion devrait être saisie car cela
nismes directement concer& afin d’empécher une pl& ajouterait du poids, de la permanence et de la stabilitk.
thore de participants, de prolonger les études, de compli-
quer les discussions et de gêner l’adoption des n%olutions; 295. Un système administratif nafional d’ekegistre-
ment des faits d’&at civil et de statistiques de I’&at civil
c) Les membres devraient s’efforcer d’&ablir des rela- exige l’adoption de plusieurs r&glements administratifs afin
tions g&&aIes de loyauté en tant que reprkentants des d’assurer que les organismes concerk soient en mesure de
Etats souhaitant atteindre les plus hauts objectifs, et pas travailler ensemble pour produire ces statistiques. Ces ri+
seulement les objectifs de leurs propres organismes; et glements devraient être adoptés par.accord mutuel et cou-
d) Les membres devraient de ptifkrence aussi &tre des vrir les domaines suivants :
techniciens connaissant bien la nature et I’ampIeur des pro- a) Choix et dbftition des donnbes d collecter. L?mpor-
bkmes qu’ils doivent r&oudre. tance de cette mesure tient au fait que les besoins statisti-

86
ST/ESA/!3TAT/SERF171

ques peuvent changer tr&s souvent et le document util& g) Etablir des mkanismes pour fournir des informa-
pour collecter les donntes devrait permettre des change- tions statistiques complémentaires aux personnes et institu-
ments chaque fois que nkessaire. Le chapitre premier du tions compbtentes.
prksent Manuel a analys6 la recommandation de I’Organisa-
tion des Nations Unies selon laquelle l’acte de l’&at civil et ,3. FONC~TONSDEL'ORGANERESPONSABLE
le bulletin statistique devraient être des documents sbparb; DE LA COORDINATIONDUSYSTÈME
b) Définition de la zone géographique que .l’informaT 299. Ce comitb national est chargé des tâches suivan-
tion -doit couvrir, cette zone devant correspondre chaque tes :
fois que possible B l’ensemble du territoire du pays;
a) Proposer des mesiues pour organiser, renforcer et
” c) Modaïitks d’organisation du syst6me; c’est-a-dire la surveiller le fonctionnement du syst&me et la mesure dans
définition de ses organismes constititifs et de ses principa- laquelle il ‘respecte les tigles juridiques applicables aux or-
les fonctions, responsabilites et pouvoirs; et gani%es de collecte et de traitement;
d) Etablissement d’un organe de coordination compos4 6) Publier les rbgles techniques et administratives né-
des repl-ésentants des organismes participants, qui serait cessaires, y compris celles. concernant le transfert de l’in-
responsable, au moins, de mettre au point les procédures de formation;
fonctionnement et de tioordination et dWaluef le systeme.
c) Etablir les mécanismes de coordination entre les oxga-
296. Chaque organe constitutif et l’&gane de coordina- Msmes du sy&me et avec d’autres organismes int&essés;
tion devraient s’acquitter des fonctions &nonc+s ci-ap&.
Ces différetites fonctions considérk dans leur ensemble cor- d) Proposer des r&gles budgétaires pour d&ii la res-
respondent aux fonctions du systéme. ponsabilite financicre de chaque organisme;
e) Etablir systématiquement les besoins statistiques du
‘1. FONCTIONSDEL'ORGANISMECOLLECTEUR pays, r&i.ser les bulletins statistiques en con&quence et
planifier les activit& du syst&me conformément B ses be-
297. Cet organisme est kponsable; dans le cadre du soins et aux ressources disponibles;
systtme, des tâches suivantes : j) Evaluer périodiquement la performance du syst&me;
a) Contibuer a l’intégrité de l’enregis&mek des W- g) Etudier les moyens d’améliorer les proc&dures et les
nements et actes de l’état civil d des fins juridiques, car cela techniques,-y compris en introduisant des techniques infor-
.favorise l’int&grité de l’information statistique qu’il doit matiques et d’autres techniques de pointe, et de mettre en
fournir B l’organisme de traitement; place et de cr&er des bases de dormées B des fins juridiques,
b) Recueillir les informations statistiques convenues statistiques et sanitaires; et
pour chaque événement d%tat civil qu’il enregistre et les Iz) Encourager l’utilisation des inGorn&ions statisti-
communiquer sans tarder a l’organisme de traitement; ques;
c) Participer aux procédures mises en place B l’&helle 300. En rkum&, l’analyse des modalités de fonctionne-
du syst&me pour corriger les erreurs trouv6es dans les don- ment du modéle d’enregistrement des faits d’&at civil
nbes collectées; et Choisi milite en faveur de l’adoption d’un systéme adminis-
d) Etablir des mécanismes internes pour mesurer sa tratif de statistiques de l’ttat civil fond& sur la coexistence
performance du point de vue de l’intkgrité, de la vkaciti~et et la coordination de deux Orga&smes publics distincts et
de l’actualité. indépendants l’un de l’autre, faisant tous ‘deux partie de
l’appareil gouvernemental, de p&f&rence au niveau natio-
2. FONIXIONSDEL'ORGANISMEDETRAITEMENT nal. La mhhode d’enrt@trement, considétie ‘comme la
meilleure source d’information pour la collecte de donn&es
298. Cet organisme .est responsable, dans le cadre du B des fins juridiques, statistiques et autres suppose que l’on
systéme, des taches suivantes : fasse du syst&me d’enregistrement des faits d’&at civil la
u) Recevoir et assembler les bulletins statisti&es en- pierre angulaire du systbme de statistiques de l’ttat civil, en
voyés par l’organisme de .collecte; tant qu’organisme qui collecte les donn6eF poti analyse,
b) Revoir l’informatiori; tvaluation et diffusion ult&ieures par les organismès statis-
c)’ Mettre en ‘œuvre les procédkes p&ues p&&m- tiques nationaux ou locaux. Les deux organismes publics
ment dans le cadre du systeme pour corriger toutes les cr- responsables de la production de statistiques de l’état civil
reurs que c& informations peuvent contenit; du pays devraient s’acquitter de leurs fonctions individuel-
les dans leur domaine de comp&ence respectif. De toute
d) Coder, Cvaluer la qualité et la cohkence de I’infor-
Mbznce, dans l’inf&& de l’effkience du systeme, ils doi-
mation, classer et mettre en tableaux les informations con- vent agir de façon Concert&e afin d%viter le chevauchement
formtment au programme’ptiapprouv~; des fiches et d’assurer l’uniformité des m&hodes et procé-
e) Analyser et publier les informations et les diffuser dures ainsi que des informations de haute qualité. La coor-
entre les individus concemk et les institutions locales, na- dination n&xssaire peut être r&ali&e sur la base de l’une
tionales et internationales en application des accords exis- des mhhodes priMes dans le Manuel des statistiques de
tants et de tout arrangement d’khanges convenus; I ëtat civil : aspects juridiques, organîsationne~ et techni-
j) Etablir des proc&res internes pour mesurer la qualit ques, vol. 1’. Il importe 4 cet &gard de mettre en place un co-
des différentes phases de traitement; et mit& interinstitutionnel permanent au niveau national pour

87
ST/ESA/STAT/SER.F/71

coordonner les activités d’enregistrement ‘des faits d’état célérer la communication des bulletins statistioues. En ou-
civil et d’établissement de statistiques de l’&at civil. Les tre, le renforcement de l’autorité de l’officier local de l’&at
autres moyens de coordination sont fondés sur la communi- civil, qui est chargé de vérifier l’exactitude et la véracité
cation et l’échange d’informations continu entre les orga- des déclarations des données fournies pour s’acquitter des
nismes publics chargés de la collecte et du traitement des fonctions juridiques et des fonctions statistiques affectees a
données, dans le cadre de séminaires et de conférences, l’enregistrement des faits d’état civil, ‘en fonction du mo-
ainsi que le bulletin d’information periodique sur les ques- dele choisi; le fait que l’officier de l’état civil peut toujours
tions d’enregistrement et de statistique. avoir à rendre compte de la facon dont il s’acquitte des
fonctions qui lui ont été attribuées par la loi, par le biais des
4. DIACXA~MES mecanismes d’inspection et des mécanismes disciplinaires
~~NCE~ANTLEF~NCTIONNEMENTDUSY~TÈME pertinents;. l’obligation faite B l’offkier de l’état civil de
chaque cas d’aider la personne déclarant les Cvénements en-
301. ~ Dans les pages qui suivent, sont prksentés cinq registrables à remplir les bulletins statistiques et la partici-
diagrammes, dont le premier montre les organismes consti- pation directe A cet égard a la fois des professionnels qui
‘tuant un systtme administratif national pour l’emegistre- ont participé à l’évkrement déclare et de l’officier de Mat
ment des faits d’état civil et l’établissement des statistiques civil’lui-même, ainsi que la possibilité que les services sta-
d’etat civil et la façon dont ce système fonctionne. Les qua- tistiques eux-mêmes contactent les bureaux locaux pour
tre autres illustrent les différentes options concernant la cir- clarifier les domrees sur les bulletins statistiques qui leur
culation des dormees statistiques. sont communiquées, constituent la meilleure assurance pos-
sible de l’exactitude et de la qualit des donnees communi-
302. Le principal probléme que pose le systtme admi- quées directement aux organismes statistiques, de sorte
nistratif d’enregistrement des faits d’état civil et de sta- qu’il n’y a pas de raison de croire que ces donnees n’ont
tistiques d’Ctat civil concerne le meilleur moyen de com- pas été vérifiees par l’organisme de collecte lui-même. De
muniquer les données collectées par les bureaux locaux plus, le r81e des consultants sur le terrain, en tant qu’agents
d’enregistrement aux organismes responsables du traite- de liaison entre le bureau de statistiques de I’etat civil et les
ment et de la diffusion des statistiques de l’&at civil. Cette bureaux locaux d’enregistrement des faits d’état civil, per-
question sera en fin de compte resolue conformement A la met la coordination entre les deux organismes, même si les
législation interne du pays concerne. Les différences entre bureaux de l’enregistrement ne relévent pas de l’autorité
les diverses procédures indiquees dans les diagrammes con- administrative de l’organisme central de statistiques de
cernent essentiellement les diagrammes 3 et 4 qui donnent l’état civil. Cela garantit la collaboration entre les deux or-
à l’organisme. de collecte la double tâche de collecter les ganismes, B commencer par la communication des donntes
données et de vérifier leur qualité, avant de communiquer dont la qualité sera dûment assurée par la méthode de col-
les bulletins statistiques rkisés non pas directement mais lecte des donnbes sur la base de l’enregistrement, tout en
par l’interm&Gire de la ‘direction de l’enregistrement des permettant une intervention directe sur le terrain des orga-
faits d’état civil ou des bureaux r6gionaux; apr&s l’achève- nismes de traitement dont le personne1 technique peut aller
ment du processus d’examen et du contAle de la qualité, poser des questions et demander des eclaircissements sur
ces bulletins sont communiquts aux différents organismes les données fournies par les bureaux d’enregistrement. Les
de traitement établis dans le cadre du systeme. Oùtre le ser- deux organismes publics seraient donc conjointement res-
vice national de statistique, ces organismes peuvent être le ponsables du contrôle de la qualite de la base de donnees de
systéme national de santé, en tant qu’organisme responsa- statistiques de l’État civil.
ble du traitement et de la publication de statistiques de l’état
civil concernant essentiellement les deces, de façon & assu- 304. Dans le système administratif pris comme exem-
rer une prompte action des autorit& de sante publique dans ple (diagramme l)* le r61e de l’enregistrement des faits
la détection et le contrôle des maladies contagieuses. d’état civil est de collecter les donnees, alors que le systeme
national de statistiques et le systeme national de santé sont
303. Outre cette communication indirecte des données les organismes de traitement:L’organe coordonnant le sys-
aux organismes statistiques, l’autre option essentielle. pre- terne est au centre du diagramme et est composé de repre-
sentee dans les diagrammes 1 et 2 consiste à communiquer sentants des organismes constituants. II adopte des resohr-
les donnees collectees-par les bureaux locaux de I’enregis- tions qui constituent la base opérationnelle du systeme et
trement des faits d,‘&at civil directement, et en principe sans sont communiqu6es aux organismes constituants pour mise
révision, & l’organisme national ou régional de traitement en ceuvre. On suppose que ces &olutions. sont adoptbes par
statistique. Bien que ce dernier systkrne présente a certains consensus et que les reprksentants ont une autorité suffi-
égards des dysfonctionnements, car il est relié aux bureaux sante pour que les resohrtions soient contraignantes, ce qui
locaux et, a cet égard, rend ceux-ci tributaires de l’orga- ameliore considérablement l’ef%$nce du systéme.
nisme de traitement, ce qui est regrettable du point de vue
de la gestion en transférant a l’organisme de. traitement la 305. Dans le diagramme 1, et dans celui ilIustrant-l’op-
charge de surveiller l’actualité et la qualité des transferts de tion 4.(diagramnre !5), le systeme national de santé sert A la
données et en compliquant éventuellement le processus de fois d’organisme de traitement et d’organisme utilisateur,
srirveillance~des officiers locaux de I’Ctat civil inefficaces - car dans certains pays il est totalement ou partiellement res-
c’est celui qui est néanmoins le plus couramment utilisé pensable de la. collecte et de la publication des statistiques
dans les pays et qui offre des avantages incontestts pour ac- de l’état civil. En outre, même lorsqu’il ne porte pas cette

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ST/ESNSTATISERF/71

responsabilitt, il doit en tout état de cause connaître, au ni- 309. Dans l’option 4 (diagramme 5), la surveillance de
veau local, tous les décès qui ont lieu dans la zone d’enre- la qualité et de l’actualité des bulletins envoyés par les bu-
gistrement, afin de pouvoir mieux contrôler les maladies reaux locaux de l’enregistrement est confiée A l’organisme
presentant des risques d’épidémie, qui doivent être obliga- lui-même, de sorte que les organismes de traitement reçoi-
toirement notifiés. vent les bulletins déjà corrigés. La responsabilité de leur
306. Dans l’option 1 (diagramme 2), les bureaux d’en- examen est confiée aux bureaux régionaux de l’enregistre-
registrement communiquent les données non corrigées A ment des faits d’état civil et les données distribuées sont
J’organisme de traitement. ventilées entre le système national de statistiques et le sys-
307. Dans l’optique 2 (diagramme 3), la rkvision des terne sanitaire national, étant entendu que ce dernier ne re-
bulletins statistiques continue d’être A la charge de l’orga- cevra que ceux concernant les décés et les morts fœtales.
nisme de collecte, mais dans ses bureaux rkgionaux, ce qui 310. Cutre ces différentes options, le Manuel des systè-
décentralise la charge et permet de gagner du temps sur le mes d’enregistrement des faits d’état civil et de statistiques
transfert des documents. Cette option ne prevoit pas la par- de i’état civil : gestion, fonctioknement et maintenance
ticipation du systeme national de santé. (voir préface) donne une description d&aillee du systéme
308. Dans l’option 3 (diagramme 4), l’organisme de intégn5 d’enregistrement des faits d’etat civil et de statisti-
collecte assume B la fois la tâche de collecte et l’examen de ques de l’état civil au sein d’une seule administration. Les
la qualité des donnees. Les bureaux locaux de l’enregistre- pays peuvent choisir l’option qui convient le mieux à leur
ment des faits d’état civil doivent envoyer les bulletins sta- disposition légale et rkglementaire, leur dispositif adminis-
tistiques a un échelon plus éleve de leur propre organisme, tratif et leurs ressources.
soit & la direction de l’enregistrement des faits d’état civil
soit aux bureaux regionaux correspondants, en vue de leur
transmission ultkieure A l’organisme de collecte lorsque le Note
processus d’examen est achevé. ’ Publication des Nations Unies, numéro de vente : E91.XWi.S.

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ST/ESA/!iGTAT/SER.F/71
STIESAISTATISERFRI
ST/ESA/STAT/SER.tiril
ST/ESA/STAT/SER.F/71
.. ..

?
P

DIAGRAMME 5

SYSTÈME ADMINISTRATIP NATIONAL FOUR L’ENREGISTREMENT DES FAIT!4 D’ÉTAT CIVIL ET L’ÉTABLISSEMENT IiE STATISTIQUES DE L’ETAT CIVIL :
FLUX PÉRIODIQUE DB DONNÉES

Option 4

Organisme collecteur Organisme de tmitement Organisme de traitement

Bureaux locaux Bulletins statistiques Bureaux régionaux Bulletins statistiques Direction des statistiques
d’enregistmment ----mm----------> dknregistrement
Co&on sur les naissances, les maria- t
<---------------- ges, jes divorces, les sépara- Bulletins statistiques
tions, les adoptions, les recon- 1
naissances, etc. Organisme de la santé pu-
Bulletins corrigh
----------------> blique

Bulletins corrigh
--,----------‘s--> Centra de santé locaux
suriea décés
et lea morts fœales Utilisation locale des données
~
ST/ESA/STATISER.FIIl

K- DE LA MANI&RE D’ÉLABORER UNE LOI OR- en revanche, est lent, en particulier lorsqu’il concerne des
GANIQUE SUR L’ENREGISTREMENT DES lois complexes et techniques comme les lois organiques. La
FAITS D’ÉTAT CIVIL .< loi sur l’enregistrement des faits d’état civil en est un bon
exemple. Le projet de loi proposé au chapitre Vl du prksent
A.- Domaine matériel de la loi Manuel est complet mais ne régkmente pas. II peut donc
et domaine matbrie du rhglement être plus aisément adapte aux législations ñationales.
315. De manike générale, la plupart des dispositions
311. Toutes les lois ont force obligatoire, mais elles constitutionnelles concernent le fond; trks peu concément
n’ont pas toutes le même rang. Au sommet de la hiérarchie, les procédures. Dans les lois, il ‘y a davantage de disposi-
on trouve la charte fondatrice du pays ou sa constitution po- tions concernant le fond que de dispositions concernant les
litique. Celle-ci concerne généralement la nationalité et la procédures; dans les rkglements c’est l’inverse.
citoyenneté, les droits individuels et l’organisation des bran-
ches du gouvernement. Ses dispositions sont de caract&re
gMrlque et laissent g&ralement l’articulation de ses &- B . - Gensse de la loi organique sur l’enregistrement
gles aux lois B adopter. Viennent ensuite les lois, qui cou- des faits d’état civil : Nquipe interdisciplinaire
vrent des domaines d’action tr&s larges. Leur seule limite 316. Il a été déclaré plus tôt que l’enregistrement des
est la Constitution, en ce sens que leurs dispositions Be peu- faits d’état civil est un domaine complexe. Pour bien le gé-
vent pas la contredire. Les lois sont utilisées pour étendre et rer, il faut connaître. plusieurs disciplines. Parmi ceux que
mettre en œuvre les dispositions de la Constitution. Dans le concerne le fonctionnement efficace de ce service, on peut
même temps, toutefois, les parlements ou les congrés, qui citer les organismes qui établissent les statistiques de l’état
sont les organismes chargés de les adopter, ne peuvent, de civil du pays (statistiques, santé publique) et les principaux
leur propre chef, r&glementer jusque dans le moindre détail utilisateurs de ces statistiques, notamment les ministéres de
tous les comportements pouvant kventuellement intervenir la santé et de la planification, les universités et les centres
dans la socikttb. Il est impossible pour ces organismes de de recherche. Il faut aussi mentionner des services publics
mettre au point un plan administratif très détaillé. C’est a la comme l’identification, l’établissement des listes électora-
branche exécutive, en tant qti’administrateur de YEtat, dans les, le recrutement militaire et la sécurité sociale, qui ont
les pays qui ont adopte la sép-tion des pouvoirs entre exé- g&ralement besoin’des données que le registre de l’état ci-
cutif, 16gislatif et judiciaire, qu’il appartient de compl6ter vil peut fournir.. Quasiment chacun de ces services a ses
les travaux des l&islateurs en énonçant une série de r&gles propres vues sur Ce.qui pourrait utilement être change et
complémentaires connues sous le nom de r6glements. De tous doivent être entendus. L’idée fondamentale est que plus
manike gén&ale, l’administration détient le pouvoir de le soutien au projet de loi organique sera large, plus une
concevoir et d’exkuter les lois ainsi que des pouvoirs r& telle loi aura de chance d’être rapidement examinée et
glementaires inhérents pour mener à bien ses foktions. A adoptée par le congrés ou le parlement. En tout état de
titre exceptionnel, comme dans les administrations anglo- cause, il est souhaitable que toutes les disciplines concer-
saxonnes, l’adoption de r&glements exige dans chaque cas nées soient repkséntées au sein du comité chargé d’élabo-
l’autorisation expresse du parlement. En tout &at de cause, rer la loi organique.
‘c’est la loi qui détermine jusqu’où peuvent aller les n%gle-
ments, car les dispositions de ceux-ci ne peuvent la contre- 317. Lorsqu’on pr&oit de mettre en place un système
dire. Les r&glements peuvent compléter la loi, en particulier national d’enregistrement des faits d’état’ civil ou de refor-
du point de vue des procédures, mis ils ne peuvent entrer mer le systtme existant, il est donc suggérk de commencer
en concurrence avec ses dispositions. par constituer un comité ad hoc rkunissant des représentants
de toutes les institutions véritablement concernées. Cette
312. Lorsqu’elle attribue des fonctions particuli&es, la initiative devrait venir du service d’enregistrement des faits
Constitution ou la loi dorinent aussi le pouvoir de les rbgle- d’état civil, qui devrait le présider en’ tant qu’organisme
menter. Ce pouvoir peut être consacré dans une loi ou dé- directement en cause; mais le comité pourrait aussi être pré-
couler directement de la Constitution. On peut donc en dé- sidé par le représentant d’un organisme de traitement statis-
duire que l’administration (branche ex&tive) est habilitbe tique. Dans les pays qui ont mis en place de tels comités, on
a réglementer toutes les questions dont la Constitution ou la a pu se rendre compte qu’il fonctionnait bien, que leurs
loi lui confient implicitement ou explicitement la responsa- membres faisaient des contributions valables fondées sur
bilitk leur propre expérience et qu’ils avaient rempli leurs objec-
3 13. Si une loi est indûment ou inutilement détaillée, tifs, du moins’ au niveau technique. Mais le travail ne, s’ar-
elle empiète en fait sur le domaine des r&glements, annule rête pas là. Il est indispensable de ne pas négliger non plus’
son aspect discr&ionnaire intrinséque et empêche Tadmi- le niveau politique, Car plus d’un projet de loi de l’enregis-
nistration d’utiliser ses pouvoirs pour servir de façon effl- trement des faits d’état civil a été définitivement enterré au
ciente la communauté en modifiant rapidement les procé- congrès ou au parlement. Il est diflïcile d’en déterminer les
dures chaque fois qu’elle le juge nécessaire. Par aspect raisons mais on pebt penser qu’il s’agit, des suivantes :
discrétionnaire, on entend le degré de liberté d’action que la charge de travail excessive dans ces instances; faible prio-
loi confke a l’administration. rité accordde 3 l’enregistrement des faits d’état civil par les
314. L’importance du pouvoir tiglementair& tient au fait échelons supérieurs de 1’Etat et manque de familiarité avec
qu’il permet de simplifier les activités de 1’Etat car les r& le sujet, étant donné que dans la vaste majorité des pays ces
glements sont approuvks par décret. Le processus législatif, questions ne sont pas enseignées 4 l’université; or, personne
ST/ESA/STAT/SER.FPIl

n’aime travailler dans un domaine qu’il ne connaît pas.. Cela 320. Mal& les remarques faites au naragranhe 313
rend d’autant plus necessaire l’organisation d’un comitt quant à l’aspkt discr&iorkaire, il est par?oisioÛhaitable
formel et la recherche de l’appui le plus large possible pour que la loi ne soit pas trop g&nkale. Si elle ne doit pas être
le projet de loi. Il est aussi sage de contacter les membres constitu6e d’une série de reglements, elle ne doit pas conte-
du parlement afin de susciter leur intérêt direct et de les nir non plus que des concepts généraux. Dans les pays dé-
persuader d’appuyer le projet. On pourrait aussi envisager veloppks ayant un niveau éleve d’instruction et des admi-
de donner la prksidence du comité A un membre bien intro- nistrations matures, les lois sont breves et ne contiennent
duit au gouvernement, au congres ou au parlement dans un que les normes minimales nécessaires pour constituer un
contexte politique particulier. organisme, c’est-ii-dire les définitions.de ses objectifs et des
318. En resumé, toute loi organique sur l’enregistre- références à ses fonctions primaires et aux moyens de fi-
ment des faits d’état civil qui doit aussi rkpondre aux pr&oc- nancement. Tout le reste est laisse Ala discrétion de l’admi-
cupations du systéme national de statistiques de l’état civil ~nistration (la branche exécutive ou son équivalent). De cette
dont elle est partie int@ante devrait être d’abord une initia- manière, tous les organismes qui constituent l’administra-
tive de l’organisme inttressé lui-même. L’avant-projet de loi tion publique du pays font preuve du civisme et de la matu-
est d’abord approuvé par le ministére comp&nt, de la jus- rit6 administrative de ceux qu’ils repmsentent. Dans les
tice, de l’int&ieur ou tout autre ministke auquel l’enregis- pays en développement, toutefois, ces conditions ne sont
trement des faits d’état civil est rattaché, avant de devenir le pas Amies et les décisions administratives d’un grand
projet du gouvernement, c’est-A-dire de l’exécutif, qui est nombre de responsables au sein du gouvernement sont sou-
responsable d’administrer [‘Etat. Un aspect trt% important vent hésitantes et parfois motivees par des int&êts particu-
de l’avant-projet est l’étude des dépenses en cause, qui sont liers, ce qui ne contribue guere & l’efficience du processus
normalement examintes et approuvées par le Ministere des administratif. L’existence d’une loi organique adéquate
finances ou son équivalent. Les Etudes balisées pour plu- ‘tombe donc sous le sens, car elle permet d’éviter un grand
sieurs pays ayant une population et un niveau de développe- nombre de ces inconvénients. La loi établit les orientations
ment différents ont demontre que l’enregistrement des faits à suivre et guide toutes les actions administratives. La ques-
d’état civil peut financer ses operations courantes sur les tion de savoir si une loi doit revêtir un caractere plus ou
fonds qu’ils collectent, de sorte que cette question ne de- moins r6glementaire est donc délicate et devrait être exami-
vrait pas être un-obstacle B la téalisation des études condui- née sous tous les angles possibles.
sant aux réformes nécessaires. Une fois que l’avant-projet a 32 1. Dans des conditions normales, le systbme national
Cté élabon5, revu et approuvé par le gouvernement, il peut d’enregistrement des faits d’état civil doit avoir sa propre
être presenté au congres et au parlement pour examen et loi organique. Il ne doit pas être couvert par la loi organique
adoption. Il est souhaitable que le ministre competent et les ’ d’un autre organisme. Les principales dispositions de la loi
conseillers, ainsi que le directeur de l’enregistrement des doivent viser ce qui suit :
faits d’état civil, si une telle position existe déjà, participent a) Déftir ses objectifs;
à tour derôle auxdiscussions sur le projet de.loi au congres
b) Rendre obligatoire l’enregistrement des faits et actes
ou au parlement, de façon à pouvoir r6pondre A toute ques-
tion posée par leurs membres et à défendre les principales d’État civil dans le pays, les Etats oules provinces selon les
reformes contenues dans le projet, auxquelles parfois fait cas;
seulement obstacle l’inertie administrative. c) Pénaliser le nonrespect de cette obligation ou d’au-
tres dispositions de la loi;
d) Pr&iser les fonctions du systéme;
C.- Le rôle de la loi e) Indiquer les systémes administratifs auxquels il doit
participer, et
319. Outre ses nronres objectifs, le svstéme national
d’enregistrement des faits d’étk civil doit-collaborer avec fi Prévoir son financement.
plusieurs autres organismes en leur fournissant des infor- 322. Il importe aussi que la loi organique prévoit de fa-
mations indispensables. Il importe, en conséquence, de’dé- con claire et nette que le, système d’enregistrement est ap-
finir ses objectifs, ses fonctions, sa structure et son organi- plicable A tous les Evénements d’etat civil intervenant dans
sation et de décider de son mode de fonctionnement. Les les fronti&res du pays et A l’ensemble de la population, na-
définitions adoptées constituent l’essence et le contenu de tionale ou étrangére. Dans l’idéal, il devrait y avoir un seul
la loi organique du systéme. Les objectifs devraient être dé- système d’enregistrement des faitsd’état civil au niveau na-
finis d’abord, car sans les définitions on ne peut prkciser les tional, même dans les pays organisés sur une base fédérale
fonctions que l’on s’attend A le voir s’acquitter. et c’est seu- qui commissent géntkalement des diffkultés à cet égard.
lement lorsque ces fonctions ont été définies que l’on peut Donner au systeme d’enregistrement des faits d’état civil
commencer A penser B la structure et a l’organisation. Uen- une envergure fédérale devrait rkoudre tous ces problèmes,
registrement des faits d’état civil ne devrait pas être consi- car une seule loi-pourrait alors être adoptee pour. tous les
dér6 comme un organisme isolé. Des efforts doivent être Etats et toutes les provinces. Entre-temps, toutefois, rien
faits pour relier ses activités aux objectifs de développe- n’empêche chaque territoire d’adopter une loi ayant le
ment konomique et social généraux du pays, de façon qu’il même contenu que les autres, du moins dans ses aspects es-
puisse être véritablement intégr6 aux services contribuant à sentiels, ce qui devrait rendre. pI.us facile leur intercon-
la rkalisation de ces objectifs. nexion.

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STlESAlSTATtSER.F/71

323. Les lois organiques sur l’enregistrement des faits les étapes ulterieures : justifier la nouvehe loi, définir les objec-
d’état civil varient d’un pays B l’autre, car chacun à ses pro- tifs du nouvel organisme; énumérer les fonctions nécessai-
pres caractéristiques dont la législation doit tenir compte, res pour accomplir ces objectifs et prkparer un organigramme.
mais sur l’essentiel elles pourraient bien être tr&s similaires. ‘.
Les principes et recommandations internationaux .pour- 1. Jvs~mc~r& DELANOUVELLELOI
raient se r&veler très utiles & cet égard.
328. Il ne faut pas confondre cette mesure avec la de-
324. Dans la préface, on a fait mention des caractériti- claration explicative. II s’agit d’un exercice visant à rassem-
ques générales des services actuels d’enregistrement des bler et il organiser des donnéeschronologiques sur la situa-
faits d’état civil dans le monde. Il importe d’éviter une pro- tion de l’enregistrement des faits d’état civil avant de
lifération de textes juridiques (lois, décrets, r&glements) sur commencer des études visant g réformer l’organisme exis-
l’enregistrement des faits d’état civil, car il devient alors tant ou 4 constituer un nouvel organisme, ainsi qu’& pr&pa-
plus difficile de les &udier et de les mettre en œuvre. Si rer le terrain ,à la déclaration explicative. En conséquence,
l’un des problémes les plus pressants auxquels est confronté durant cet exercice, des informations générales peuvent être
l’enregistrement des faits d’état civil est la formation des rassemblées, entre autres sur les points suivants :
agents, éviter un nombre excessif de textes juridiques peut
rendre la t%che beaucoup plus facile. u) Caractéristiques de la législation actuelle : les muta-
tions sociales intervenues depuis que la loi a été adoptée;
325. On peut résumer ainsi l’importance d’une loi orga- les objectifs de l’enregistrement de l’état civil mentionnés
nique sur l’enregistrement des faits d’état civil : dans la législation actuelle et la nécessité de les revoir et de
a) Il est indispensable de constituer un comité de rklac- les modifier, l’existence d’une ou plusieurs lois et, dans ce
tion interdisciplinaire, au plus haut niveau possible, d’abord dernier cas, la nécessité de les codifier, c’est-à-dire de les
parce que l’enregistrement des faits d’état civil est interdis- fusionner en un seul texte en réorganisant leurs dispositions
ciplinaire et parce que le projet de loi doit bénéficier d’un par sujet; caracthe général ou réglementaire de la loi (des
soutien suffkamment large pour pouvoir être adopté; et lois) et diffkulté il adopter des amendements, etc.;

b) La loi ne devrait pas trop empiéter sur le domaine b) Commentaires concernant la structure administrative
des mglements de façon 4 ne pas nuire ii la liberté de l’ad- en vigueur et comparaison avec celle recommandée par
ministration d’adapter l’organisation et les procédures en l’Organisation des Nations Unies (voir les Manuels men-
fonction de l’évolution des besoins sociaux. Pour décider du tionnés dans la préface); et
caractére réglementaire que doit revêtir la loi, il faut rkaliser c) Commentaires et comparaisons avec les recomman-
des études afin de déterminer les niveaux de développement dations, sur des aspects organisationnels comme :
et la maturité administrative du pays, car moins un pays est
développé et mature, plus il faudra de réglements pour sou- 0 Le niveau de qualification des offkiers locaux de
l’état civil;
tenir et orienter l’administration, et inversement; ii) Le r&le de certification;
c) Les objectifs du service doivent toujours être définis iii) La stabilité de la charge;
dans la loi, car autrement ses fonctions ne peuvent être pré- iv) La rtkmnération sous la forme de traitements, salai-
cisées et, sans la définition de ses fonctions, il est impossi- res ou commissions;
ble de définir sa structure et son organisation. 9 Les actes de l’état civil sous forme de livres-registres,
326. Dans les paragraphes qui suivent et dans les arti- de formulaires ou de fiches;
cles du projet de loi qui figurent dans le chapitre Iy les hy- vi) L’existence d’archives centrales;
pothéses ci-aprés sont posées : vii) Les événements devant être enregistres et ceux devant
faire l’objet d’annotations complémentaires;
u) La loi s’appliquera & un système d’enregistrement
des faits d’état civil national et central dans un pays organi- viii) Uexistence, le type et la qualité des index;
sé de façon centralisée. Les pays B structure fédérale pour- ix) Les modalités de financement et les comparaisons
raient aussi l’utiliser comme modele pour une application avec les recommandations internationales; et
dans chaque Etat, province ou région, selon le cas; xl Tous les autres aspects jugés intéressants.
b) Un systéme d’enregistrement des faits d’état civil de
2. D~FINITIONDESOBJECTIFS
ce type doit nécessairement faire partie intégrante du sys- DUNOUVEAUSERVICEDEL%TATCIVfL
téme administratif pour l’enregistrement des faits d’état ci-
vil et l’établissement des statistiques de l’état civil; et 329. Dans la théorie juridique, il appartient à l’enregis-
c) Dans le pays oh c’est possible, l’enregistrement des trement des faits d’état civil de fournir aux individus les
faits d’état civil et l’établissement de .statistiques d’état civil instruments juridiques leur permettant d’établir leur identité
sont confiés à des organismes distincts. et de prouver leur existence et les circonstances concernant
leur état civil, ainsi que de participer à l’établissement légal
de la famille en enregistrant les événements et actes de
D. -Mesures B prendre avant I%laboration de la loi l’état civil (objectif juridique); de participer a la production
327. Avant de commencer a élaborer les articles, il est de statistiques nationales de l’état civil en rassemblant les
souhaitable de mener à bien les tâches ci-aprés pour faciliter données de base (objectif statistique); et de fournir des in-

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ST/ESA/STATISER.F/71

formations à partir des registres figurant dans ses archives : n) Garder les actes et la documentation, assurer leur
aux autres organismes de 1’Etat (objectif g6néral de colla- confidentialite, verifier leur authenticite et assurer leur pre-
boration). Cependant, le langage de la theorie juridique servation;
n’est pas le même que le langage du droit qui a ses propres 0) Planifier le programme d’inspection et les services
caractkistiques. En conséquence, ces objectifs devront être consultatifs de la direction;
libellés dans des termes très diff&ents lorsqu’ils seront in-
corporés dans la loi. Les différences de forme sont tr&s im- p) Former systématiquement le personnel avec la colla-
portantes, mais iI est encore plus important que la substance boration de (des) organisme(s) de traitement des statistiques
soit identique dans les deux cas. de l’&at civil;
/
, q) Publier des instructions et des manuels methodologi-
ques pour le personnel B des intervalles r&uliers;
3. ENUMÉRATIONDESFONCTIONSAR~ALISER
POURA'ITEINDRELESOBJECWSDÉFINIS r) Délivrer et maintenir d jour les livrets de famille,.(op-
tionnel);
330. On trouvera ci-apres une énumtration directe de s) Etablir et maintenir à jour le registre de la population
l’ensemble des fonctions à rkrliser pour atteindre ces objec- survivante du pays; et
tifs et qui seront executées par le directeur g6n&al, les dif- ‘1
fercnts responsables de la direction, les archives centrales et t) Faire en sorte que les concepts et définitions soient
les ~offkiers locaux de l’état civil, et surtout par ces der- compatibles avec celles des autres sources de donnees sur la
’ niers. Il faut préciser dans la liste quel responsable doit population dans le pays et s’efforcer dassurer la compara-
s’acquitter de telles fonctions, et il est pr&férable de regrou- bihté internationale.
per celles-ci par objectifs, comme on le verra ci-apr&s, pour 332. Pour cc qui est de l’objectifstatistique :
faciliter la préparation ulterieure des organigrammes.
a) Pour chaque ‘acte de l’état civil, rassembler les don-
33 1. Pour ce qui est de l’objectif juridique : ntes necessaires pour établir les statistiques de l’état civil
du pays et les consigner sur le bullet+ statistique corres-
’ a) Enregistrer les naissances et les de&;
pondant;
21) Célébrer et enregistrer ies mariages civils; b) Communiquer réguliérement les bulletins statisti-
c) Enregistrer les mariages religieux s’ils sont reconnus ques complets et corrigés II (aux) l’organisme(s) de traite-
comme civils par la loi; ment statistique;
d) Délivrer des permis d’inhumer qui, suivant la cou- c) Participer B l’étude et a la conception dé contenu du
tume du pays, peuvent être des permis d’incinérer; bulktin statistique et décider de la périodicité et des moda-
lités de leur communication;
e) Apporter des mentions concernant l’état civil sur le
registre. approprie; . . d) Coordonner les activites avec les organismes r6ali-
sant des tâches d’interêt commun;
‘fi Delivrer des copies et des certificats des inscriptions;
e) Planifier les programmes de.gestion, les inspections
g) Signer les actes immédiatement apr&s qu’ils sont &a- et les services consultatifs;
blis;
J Former systématiquement 1e~personne.lavec la colla-
h) Se conformer aux décisions et règles administratives boration de (des) organisme(s) de traitement des statistiques
visant a annuler, corriger ou reconstituer des actes; de F&at civil; et
z) Statuer sur les demandes de corrections administrati- g) Publier des instructions et des manuels méthodologi-
ves des actes; ques pour le personnel il intervalles:p&iodiques.
J) Rendre compte devant les tribunaux dans le cas de 333. Pour ce qui est de I’objecfif gén&aI de collabom-
demandes de correction des actes par voie de justice; tion, la nature, la portee et les caractéristiques des fonc-
tions de collaboration remplies par le systeme national
k) Encourager l’enregistrement universel des naissances d’enregistrement des faits d’état civil devraient être établies
et des dé& et la célébration des mariages; par consentement mutuel, sous la forme d’accord avec les
l) Réaliser des programmes periodiques d’information, organismes b&u%ciaires. Ces fonctions consistent gtkéra-
d’éducation et de communication en vue de sensibiliser lement en la dtlivrance de certificats ou decopies des actes
l’opinion publique B l’importance et au r6le de I’cnregistre- de 1’6tat civil ou en la communication des donnees nkes-
’ ment des faits d’état civil et de bien faire comprendre les r& saires pour mettre à jour le registre de population ou recou-
gles juridiques normales déftissant les obligations, les dé- vrer des pensions de réversion, de vieiliesse ou d’orphelin;
lais et le lieu de l’enregistrement et les sanctions en cas,de ou bien encore elles peuvent revêtir la forme-de listes pkio-
non-respect de ces regles; diques contenant des informations sur Page de I’individu,
.’ par exemple le nombre de naissances et les décés durant
m) Mettre en œuvre les modalités de financement et les une année civile, B des fins de service militaire ou des fins
sanctions prescrites; klectorales.

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VI. - GRANDES LIGNES, DÉCLARATION INTRO- de technologies de pointe, laissant toute liberté au directeur
DUCTIVE ET ARTICLES DU PROJET DE général pour introduire ces technologies lorsque le pays le
LOI ORGANI souhaite.
340. Dans le projet, l’enregistrement des faits d’état ci-
334. Le projet de loi qui est présente dans les pages sui- vil est organisé conformément B ses objectifs et fonctions.
vantes comprend une déclaration explicative, 178 articles, Les sujets couverts sont traités de façon ordonnée et métho-
12 dispositions. transitoires et 23 dispositions dérogatoires. dique. Il est tenu compte du fait que le service devra parti-
Bien que la déclaration explicative vienne avant les articles, ciper au fonctionnement du systéme administratif pour
dans la pratique elle est redigée apres eux, car elle s’y ré- l’établissement de statistiques de l’état civil et les bases
tère, commente leurs dispositions cl& et explique et justifie sont jetées en vue de la mise en place de technologies de
les dispositions les plus nouvelles. pointe le moment venu, c’est-à-dire, lorsque la nouvelle loi
aura été adoptée, l’infrastructure fonctionnera normalement
335. Bien qu’il soit theoriquement considtré comme in- dans l’ensemble du pays, les registres seront pratiquement
dispensable de definir les objectifs g accomplir par le ser- complets et fiables et le pays disposera des ressources fi-
vice d’enregistrement des faits d’état civil d’un pays, en tant nanciéres, humaines et physiques nécessaires.
que premitre étape pour la détermination des fonctions né-
cessaires pour les rkaliser, et de laisser pour la fm la défmi- 341. Il ne faut pas oublier que la technologie est un ou-
tion de l’organisation matkielle et en personnel, il n’en til de gestion qui devrait être au service de l’organisation, et
reste pas moins que, pour des raisons pratiques et par souci non l’inverse. Si l’organisation est ineffkiente, il est difft-
de clarté, la loi sur l’enregistrement des faits d’état civil de- cile d’introduire avec succés de nouvelles technologies.
vrait de prkférence commencer par définir ses principaux 342. Au cours des périodes passées, les pays ont évolué
objectifs et l’efficacité de l’enregistrement en tant que de façon différente dans le domaine de l’enregistrement des
preuve, compte tenu a cet égard des recommandations de faits d’état civil. Ils n’ont pas tous de service de l’état civil
l’Organisation des Nations Unies. Apres quoi, la structure en tant que tel, avec sa propre stmcture, sa propre organisa-
organique du service d’enregistrement pourrait être établie tion, son propre personnel et des ressources adéquates pour
en définissant chaque organe et en précisant les fonctions assumer la responsabilité de l’enregistrement des faits
particuliéres à accomplir pour realiser les objectifs, ainsi d’état civil.
que le statut du personnel. Une troisiéme étape pourrait
consister a élaborer les reglements généraux applicables au 343. Certains pays disposent d’un bureau d’enregistre-
travail d’enregistrement requis pour consigner officielle- ment des faits d’état civil central ou national, mais c’est
ment les événements et actes juridiques dans le registre de seulement dans 65 % des cas que ce bureau surveille et
l’état civil sur la foi des documents originaux et des décla- contrôle le processus d’enregistrement. Dans les 35 autres
rations, afin d’établir les actes de l’état civil et les bulletins pour cent, le bureau central, pour s’acquitter de ses tâches,
statistiques. Les reglements détaillés applicables & chacun doit s’appuyer sur du personnel sur lequel il n’a aucun con-
des registres - naissances, mariages, déc&, divorces - fe- trôle ni aucune autorité, car il appartient a un ministére ou
ront l’objet des chapitres ultérieurs. En dernier viendront les un organisme différent.
reglements applicables aux modifications si apporter aux re-
gistres et à la procédure d’enregistrement correspondante. 344. Le probléme est encore plus grave si le processus
Systeme d’inspection, pénalités et modalités de finance- d’enregistrement d’un pays est décentralisé et relève des
ment viendront ensuite. systemes sanitaires et statistiques publics, qui ne sont ni in-
t&essés ni suffkunment au fait des problémes complexes
336. Les grandes lignes du projet de loi ressortent de la que pose l’enregistrement des faits d’état civil.
table des matiéres des articles (voir paragraphe 403 ci-
apnk). 345. Il est impossible dans un seul projet de loi organi-
que de couvrir toutes les structures organisationnelles men-
337. On trouvera ci-apres un bref examen du contenu tionnées dans les paragraphes précédents. C’est pourquoi la
de la loi, la déclaration explicative et le corps du projet du version qui sera offerte plus loin dans le pmsent Manuel a
loi étant proposés B titre d’exemples. été conçue pour une application dans un pays, de préférence
il structure administrative décentralisée, ayant besoin d’un
A. - Historlque systeme d’enregistrement des faits d’état civil relevant d’un
338. Le projet de loi ci-apr&s est présenté aux pays a ti- bureau national, avec un nombre approprié de bureaux lo-
tre d’exemple pour faciliter leurs efforts législatifs dans caux d’enregistrement et une administration distincte pour
le domaine de l’enregistrement des ‘faits d’État civil. Il est le traitement des statistiques de l’etat civil, et qui utiliserait
fondé sur les principes et recommandations de I’Organisa- donc des formulaires séparés pour l’enregistrement des faits
tion des Nations Unies, qui jouent un rôle déterminant dans d’état civil et l’établissement de données statistiques.
les nouvelles Mexions engagées dans ce domaine. 346. Outre le problème de l’organisation, les fonctions
339. Presque tous les pays en développement doivent et procédures de base de l’enregistrement des faits d’état ci-
moderniser leur système d’enregistrement des faits d’état vil ne different pas beaucoup d’un pays à l’autre, encore
- -civil-pour le rendre efficace--et facile à-gérer. Le projet vise que, dans certains d’entre eux, toutes les fonctions recom-
ces pays et ne prévoit donc pas l’incorporation immédiate mandées ne sont pas exécutées et que, dans d’autres, des

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ST/ESAJSTAT/SERFJ71

fonctions ont été ajoutées au systeme qui n’ont pas grand 35 1. La fonction statistique consiste. à rassembler les
chose, ou rien à voir avec l’état civil, ce qui pourrait bien données nécessaires sur ces mêmes événemenfs et actes
interférer avec la réalisation des fonctions propres du sys- afm d’établir les statistiques de Mat civil du pays, qui re-
terne sans le plein appui financier et politique de 1’Etat. fletent les tendances démographiqueset les caracttristiques
347. Dans tous les pays,.ie déclarant désigné par la loi des mutations sociales en cours.
doit informer l!offkier local de l’état civil et lui fournir les 352. L’objectif commun de tous ‘les organismes qui
donnees nécessaires ii l’enregistrement de l’évenement et a constituent l’administration publique d’un pays est de servir
l’établissement des statistiques de l’état civiL Suitint la fa- la population. De ce point ,de vue; siriknregistrement des
çon dont le pays a évolué B cet égard, des documents sépa- faits d’État civil dispose de ressources humaines et physi-
rés sont demandes pour chacun de ces deux objectifs s’il ques adéquates, il doit collaborer pour permettre aux autres
existe un organisme d’enregistrement des faits d’état civil entites publiques d’accomplir leurs objectifs. C’est la fonc-
dans le pays. Un seul bulletin contenant à la fois des in- tion de collaboration.
formations juridiques et des informations statistiques est 353. L’enregistrement,des faits d’état civil ne peut s’ac-
utilisé dans les pays qui ont une forme ou une autre d’enre- quitter de ses missions de manitre addquate sansl’aide de
gistrement des faits d’état civil mais n’ont pas mis en place la population. La methode utilisée et Ies mecanismes mis au
un organisme globalement responsable de ce service. point pour établir une, relation étroite devraient être fondés
sur une organisation simple et efficace et sur une: attitude
réactive de la part des responsables. Autrement dit, le sys-
B.- Aspects theoriques de l’enregistrement
des faits d’&at civil terne doit pouvoir offrir il la population un service bien in-
formé et effkace de façon que l’enregistrement régulier
3.48. Le projet de loi, conformément aux recommanda- des faits d’état civil devienne une- nécessit& bien comprise
tions internationales, attribue au systeme d’enregistrement même parmi les groupes les plus defavorisés du pays.
des faits d’état civil trois fonctions : juridique, statistique et
de collaboration. C.‘-- Les aficles
349. La fonction juridique consiste à enregistrer les 354. Le projet de loi envisagé crée un systeme d’enre-
événements et actes qui sont à l’origine de l’état civil; cet gistrement des faits d’état civil rattache au minist&e et géré
enregistrement sert à son tour de base à l’organisation et au par un directeur g+kal nommé par le. Président de la- IV-
fonctionnement du systtme juridique gouvernant les rela- publique, à la demande du ministre. Le systeme comprend
tions des individus organisés en famille et leurs liens avec une direction de l’enregistrement des. faits d’etat. civil, des
l’Etat., Ce systtme est fondé sur le fait juridique de la nais- archives centrales et des bureaux locaux ou zones d’enre-
sance, qui est le point de dtpart de la personnalité légale et gistrement qui, pris ensemble, doivent &vrir l’ensemble
du statut et de l’état civil; sur l’événement juridique du dé- de la population et l’ensemble du territoire national. Les
ces, qui met fin a la personnalité légale et crée des droits fonctions du systéme et des officiers l.ocaux de l’état civil
d’héritage; et sur les actes juridiques de mariage, divorce, ont été soigneusement définies.
séparation judiciaire, annulation, adoption, légitimation et 355. Seuls quatre registres sont maintenus’: naissauce,
reconnaissance, qui créent, modifient ou éliminent le statut mariage, divorce et décès, car les-autres actes sont enregis-
de l’état civil et autres droits et obligations. Les morts fœta- tres en tant qu’annotations complémentaires sur les regis-
les n’intéressent pas l’état civil, mais les notifier à l’officier tres correspondants. Cette. option a ete arrêtée sur la base
local de l’état civil devrait être obligatoire h des fins statis- des considérations suivantes :
tiques (bien qu’il ne soit pas nécessaire de preparer un a) Elle relie les évenements et les actes affectant lrétat
acte), en raison de, leur importance fondamentale pour la ckil d’un individu sans compliquer Te fonctionnement du
santé publique. Pour arriver à l’uniformité au sein du sys- systéme, ce qui est un avantage non négligeable;
terne et il la comparabilité des systémes aux niveaux natio-
nal et international, les définitions de ces évenements et ac- b) Les actes qui donnent lieu à des annotations compl&
tes juridiques devraient être fondées sur les concepts établis mentaires sont toujours Consignés sur des instruments juri-
par l’Organisation des Nations Uniës. diques (décision des tribunaux, documents notariés ou déci-
sion du directeur général hri-même), qui sont gardés en
350. La fonction de preuve des événements et actes af- permanence dans les archives du registre de façon que, si
fectant l’état civil grâce aux actes de l’état civil ou aux ins- leur diffusion est requise, il soit possible de simplement
criptions suppose la reconnaissance du fait-que l’organisme en prendre note sans les copier,- car cela constituerait un
concerné contribue 4 la stabilité des relations entre les indi- double; et
vidus ainsi qu’entre eux et.l’Etat. Sans stabilité a cet égard c) -Cette méthode de fonctionnement. permet d’econo-
il n’y- a pas d’ordre juridique et sans ordre juridique le dé- miser de la main-d’œuvre dans les bureaux locaux d’enre-
veloppement social et économique. est freiné. Du point de gistrement des faits d’état civil et les archives centrales et
vue sociologique, la rapidité et la bonne volonté avec accélere le service pour le public.
laquelle les événements et les actes affectant Mat civil sont
enregistrb témoignent sans doute de la participationdes in- 356. Le projet de loi reprend cinqcaract&istiques orga-
dividus et des groupes au systéme en vigueur de regles juri- nisationnelles et opérationnelles fortement recommandées :
diques et, par conséquent, de la mesure .dans laquelle ils a) Les officiers locaux de Mat civil doivent avoir un
font partie intégrante de. la vie sociale et culturelle. rôle de certification car ‘ils délivrent et autorisent, sous leur

100
ST/ESA/STAT/SER.F/71

signature ou leur cachet, des documents publics qui ont .358. Le projet de loi considère que les actes de l’état ci-
pleine valeur probante concernant les événements auxquels vil ou les inscriptions sont des documents d’enregistrement
ils se rapportent. Dans la pratique, ils ont actuellement cette constituant la preuve légale des événements et actes de
valeur, niaissans reconnaissance juridique. Les notaires ont l’état civil ainsi que le fondement du systéme juridique
le même statut pour ce qui est des documents, généralement d’établissement des familles. Il ne fait.aucune recommanda-’
financiers, dont ils traitent. Le travail des officiers locaux tion spécifique concernant la forme de- ces documents - li-
de l’état civil dans le domaine du droit de la famille n’est vre-registre, feuilles volantes ou fiches. Le choix est laissé
pas moins important; aux pays, qui doivent évaluer l’es avantages et les inconvé-
b)- Les registres des naissances, mariages et décés doi- nients de chaque type de document, en se t-éférant aux ana-
‘vent être établis en double exemplaire de façon qu’une GO- lyses réalisées par l’Organisation des Nations Unies.
pie puisse être stockee au niveau local et l’autm dans les ar- 359. Le chapitre 1 du projet de loi présente les disposi-
chives centrales, à la fois pour des raisons de sécurite et tions générales, définissant. l’objectif de l’enregistrement
pour assurer au public un meilleur service car, comme on le des faits d’état civil ainsi que les faits d’état civil qui doi-
sait, la population tend 8 migrer vers la ville, la province, la vent être enregistrés pour obtenir des informations juridi-
région ou 1’Etat principal du pays, selon le cas; ques et statistiques sur la réalité des Mnements et leurs
c) Le caractére obligatoire est l’une des trois caract&is- caractéristiques (article 1). Il inclut les définitions des év&-
tiques de la méthode d’enregistrement. Ni la continuité ni la nements d’état civil élaborées par l’Organisation des.Na-
permanence ne suffisent pour assurer que cette méthode tions Unies (article 2). Il prévoit des dispositions générales
fonctio-nne adéquatement. Les événements de l’état civil sur le camctére obligatoire de l’enregistrement et son inté-
doivent être enregistrés dans le délai prescrit et le non-res- rêt en tant que preuve publique des événements enregis-
pect de ces delais doit être sanctionné par des amendes d’un trés et établit que l’acte de l’état civil a une valeur contitu-
montant etabli par le mglement. Les mentions additives sont tive dans la mesure ou l’enregistrement de certains actes
également obligatoires. Dans le même temps, il ne faut pas juridiques est considéré comme un élément intégral de la
perdre de vue que les sanctions ne font rien pour inciter à preuve de l’acte pour les parties en cause et vis-à-vis de
l’enregistrement des faits d’état civil et que la participation parties tierces (articles 4 et 5). Il établit en tant que principe
active de la population, qui est indispensable d l’enregistre- général l’autorité de d&rer des certificats des actes de
ment universel, soit encouragée par d’autres moyens, repo- l’état civil et précise qui peut légitimement obtenir des cer-
sant fondamentalement sur les informations disponibles tificats (articles 8 et 9). II établit également le caractère
quant aux m&hodes d?enregistrement et les avantages qui obligatoire de l’établissement d’un double des actes et la
découlent pour l’individu et la société de ce systeme; nécessité d’établir un bulletin statistique pour chaque évé-
nement &état civil enregistré (articles 6 et 13).
d) La gratuité de l’enregistrement est une incitation
puissante à l’enregistrement universel. Le projet est fondé 360. Le chapitre II précise l’organisation de la fonction
sur le principe général selon lequel l’enregistrement est gra- d’enregistrement, indiquant les organismes qui constituent
tuit et aucun droit n’est prélevé pour les certificats; et le système d’enregistrement des faits d’état civil dans le
pays et les fonctions qu’ils sont appelés a réaliser dans le
e) L’enregistrement des faits d’état civil est un ‘orga- systéme. L’accent est mis sur les aspects-suivants : existence
nisme au service du public. ISndividu concerne par un acte d’un organe central pour gérer, diriger, guider et maintenir
de l’étatcivil, ou tout membre de sa famille biologique (nu- à jour le systeme; existence de bureaux locaux ou de zo-
cléaire), peut obtenir un certificat en le demandant aupres nes d’enregistrement répartis de façon à couvrir l’ensemble
du responsable, sous la forme d’une transcription écrite, de la population et du territoire; et, en particulier, condi-
d’une photocopie ou d’un certificat partiel. En ce qui con- tions de travail des officiers locaux de l’état civil et des au-
cerne les statistiques de l’état civil, rassemblées au moment tres personnels, qui doivent avoir le statut de fonctionnaire
de l’enregistrement, par exemple sur un formulaire distinct public.
de l’acte de l’état civil, elles sont strictement confidentiel-
les. Il est de la plus haute importance d’assurer le déclarant 361. A’ l’heure ,actuelle, les plus grandes faiblesses de
l’enregistrement des faits d’état civil se situent au niveau lo-
que les données qu’il a fournies & des fins statistiques sont
absolument secretes, de façon qu’il fournisse des informa- cal et se traduisent par : des omissions dans les registres des
naissances et des décès, des inscriptions illisibles, des don-
tions fiables. Il est beaucoup plus difftcile de garantir adé-
-quatement la confidentialité des données personnelles col- nées incomplètes ou Contenant des erreurs dues à l’igno-
lectées dans les actes de Yetat civil et sur les bulletins rance des n?gles de fond du droit de la famille; et l’indiffé-
statistiques lorsque les deux documents sont établis sur le rence manifestée par les individus qui ne souhaitent pas
même formulaire. aller au bureau d’enregistrement des faits d’état civil pour
obtenir des actes et des conseils. familiaux. En conséquence,
357. Une attention particulitre a été portée dans le pro- dans l’intérêt de l’efficacité du systeme d’enregistrement, il
jet aux morts foztales, qui n’affectent en rien l’état civil. Le faut prêter une grande attention aux activités menées au ni-
projet prkvoit en constquence que ces morts ne doivent pas veau local et a l’officier local de l’état civil, sur lequel re-
être légalement enregistrées mais qu’il y a lieu de les noti- pose le travail d’enregistrement; ses qualités personnelles et
fier au bureau de l’état civil car elles sont tr&s importantes ses connaissances juridiques doivent recevoir toute l’atten-
pour les autorités de la santé publique. Un bulletin statisti- tion voulue. Pour ce qui est du r6le important des officiers
que devrait être Ctabli pour chaque mort foztale. locaux de l’état civil, on constate généralement dans les

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ST/ESA/STAT/SER.F/71

pays qu’ils ne jouent qu’un r81e passif vis-&ris des décia- s?ment des actes de i’&at civil. L’article 65 vise à éviter la
Ïaks & ne sont tenus &e de recekoir leurs déclarations. En croissance débridée et inutile des archives, en permettant la
vertu du projet de loi, i’offkier local de l’état civil doit être restitution aux parties intéressées des documents qu’elles
un fonctionnaire ayant un niveau élevé d’instruction et de ont soumis et qui ont été utilisés comme base pour une an-
formation et doit posséder le statut de vérificateur public. notation compi~mentaire. La raison de cette disposition est
De ce fait, il est investi de larges pouvoirs concernant la vé- que ces annotations ne peuvent être fond&% que.sur un do-
rification au préalable de la véracité, de l’exactitude et de la cument juridique, une décision d’un tribunal ou-une déci-
légalité des kvénements enregi~trks (article 31). La partici- sion administrative du directeur général. L’original de ces
pation active de l’officier local de i’&at civil en tant que deux premiers documents êtant normaIementconserv&dans
professikmei hautement quaiifik %l’exécution de i’impor- les archives des tribunaux et l’original du dernier document
tante fonction juridique qui lui est assignée dans I’exercice dans les archives de la direction elle-même, conserver la
des pouvoirs que lui donne la loi permet le filtrage des don- copie pt-esentke par la partie intéressee à l’officier local de
nées, c’est-a-dire une étude plus attentive de: l’authenticité l’état civil ou aux archives centrales ferait inutilement dou-
et de la qualité des actes de l’état civil et des informations ble emploi avec les archives préc&dentes.
statistiques. Les ressources affectees au bureau local sont 366. Le chapitre V concerne l’enregistremeo des nais-
aussi importantes. Si ces aspects sont négligks, on ne tirera sances. 11 établit le deiai normai pour la déclaration obiiga-
pas grand avantage de la mise en place de matériels infor- toire et. designe les personnes qui sont tenues de notifier
matiques ou d’autres technologies modernes (microfilms, (articles 66 et 67). Il tigiemente aussi les cwtificats medi-
disques optiques, etc.). Pour ce qui est du personnel, sa for- Caux complémentaires requis pour établir L’acte de nais-
mation et ses conditions de travail, le projet est fondé sur sance et les autres moyens de preuve acceptés en cas d’ab-
i’hypoth&se que les agents en question recevront une forma- sence de certificat (articles 68 et 69). L’article 76. pr&O;it
tion spécifique aux fonctions d’enregistrement qu’ils seront que les actes de naissances prouvent la réalit de la nais-
appel& B exkuter, en tant que fonctionnaires publics spé- sance et ses circonstances mais ne documentent pas par
cialists. eux-mêmes la fiIiation; il indique aussi comment celle-ci
362. Le projet tient compte du fait que les divisions et peut être documentée.
sous-divisions territoriales d’un pays &Pondent il des consi-
367. Certaines des dispositions les plus importantes du
dérations .poiitiques, écqnomiques et administratives mais
n’ont guère &tBconçues pour faire face aux besoins de I’en- projet, qui figurent dans le chapitre y sont celles. relatives
au nom qui doit être attribué a l’enfant sur l’acte de nais-
registrement des faits d’&at civil. Elles doivent donc natu- sance. L’objectif est d’assurer le droit fondamental de cha-
rellement être adapGes dans l’intérêt des citoyens. Dans
cette optique, des pouvoirs sufTisamment larges ont éte ac- que enfant de porter un nom et, dans la mesure du possible,
d’éviter toute discrimination & son encontre s’il esf né hors
cordés au directeur génkai. Cela permet d’bviter d’avoir & mariage. Les l&isiations nationales qui ne sont pas adap-
adopter une lois processus long et lourd chaque fois qu’il est
souhaitable, d- fait de mouvements migratoires ou pour tées pour éviter toute discrimination à cet egard ne sont pas
toute autre raison, de crber ou de tipprimer une zone d’en- conformes aux dispositions des articles 1 et 7 de la DBcla-
ration universelle des droits de l’homme concernant la di-
registrement ou de redéfinir ses limites. gnité et le droit de chacun d’être prothgé contre toutes les
363. Des dispositions sont incluses concernant la font- formes de discrimination. Ces principes sont repris dans les
tion de certification des documents exercke par les consuls articles 7 et 8 de la Convention relative aux droits de i’en-
(article 36). Le projet adopte une vue large de la fonction fant, adoptée par l’Organisation des Nations Unies le 20 no-
consulaire en ce qui concerne les événements enregistrabi~s vembre 1989.
affectant à l’étranger des nationaux dans un pays oti il y a
un consul accrédité. Si les consuls n’ont pas le statut local 368. La façon dont les noms sont formés varie d’une
d’offkier de l’état civil, ce qui dépend de la législation in- région a l’autre et d’un pays g l’autre. En Amérique tatbe et
terne, la procédure appropri6e consiste zl soumettre au con- dans certains pays europkens, un ou plusieurs noms sont
sul un certificat de l’acte d’enregistrement en vue de son donnés et, si possible, les noms de la mère-et du pére, l’idée
authentification et de sa communication aux autorités com- étant de faire apparaître la descendance. En Chine, les noms
@tentes du pays B des fins d’enregistrement. utilisés sont traditionnels, datant de plus de 2 000 ans, et fi-
gurent en sens inverse, c’estkliie que le nom de famille
364. Le chapitre III énonce les rkgles g&kales relati- est donnb d’abord suivi par un ou plusieurs prknoms; la ian-
ves à la compétence du service d’enregistrement des faits gue écrite est compos6e de caractkes et les prknoms et nom
d’état civil dans le pays, sur la base des principes de natio- sont g&&alement composés de 3 caract&es, Te premier
nalité (article 39) et de territorialité (article 40), afin d’as- étant le nom et le deuxième et le troisi&me le prenom. Les
surer la couverture de l’ensemble du pays et de sa popu- noms ne sont pas dérivés des noms des parents mais peu-
lation. Ce chapitre établit aussi des r&gies concernant vent être choisis librement. En Su&de, les noms ne viennent
l’autorité territoriale qui visent à délimiter la compktence pas nécessairement des parents et, sous certaines condi-
de chaque bureau local d’enregistrement des faits d’état ci- tions, peuvent être modifiés, par exemple & l’occasion du
vil, sur la base du principe selon lequel l’enregistrement mariage. Dans certains pays d’Asie et d’Afrique, et égale-
doit avoir lieu là oti intervient l’événement (article 4 1). ment dans certaines communautés indigénes d’Amérique
365. Le chapitre IV définit les mécanismes de i’enre- centrale et du Sud, les noms du pére et de la mère ne font
gistrement en établissant des règles formelles pour Mablis- pas partie de la structure du nom, alors que damles pays

102
arabes on utilise généralement plusieurs pr&oms, mais pas «,prix de la marite » chez les Quechuas est semblable à la
de nom. Globalement, dans la plupart des pays et quelles coutume de la dot des peuples Bantous, mals ce sont des
que soient les conventions, chacun a un nom qui I’identi- coutumes un peu différentes de celle du servinacuy des
fie. Si le registre est fonde sur des fiches ou des feuilles Quechuas et Aymams. Il s’agit dans les trois cas de formes
volantes, les actes de l’état civil peuvent être classés et de mariage et leurs caract&istiques communes est que le
stockés par nom afin de constituer un index alphabetique mariage n’a pas lieu en une seule cérémonie mais a l’issue
équivalent. de longs pourparlers servant, entre autres, h unir les groupes
369. L’expedient qui consiste, lorsque I’affiiation n’est familiaux. Ces mariages conduisent aussi à des familles ex-
pas établie, à prendre le nom fourni par le déclarant ou, à ceptionnellement stables. Ces coutumes ne peuvent conti-
défaut, celui attribué par l’officier de l’état civil, n’est pas nuer à être negiigées par l’ordre juridique établi des pays
nouveau (articles 74 et 75). Ii est utilisé, par exemple, dans concernés. Ii est indispensable d’associer ces groupes plus
la législation de l’Angleterre ct de I’Espagne. Ce qui est étroitement au systeme juridique en place même si ces
nouveau, c’est l’idée de noter les noms des parents (choisis unions matrimoniales ne sont pas considérees comme assu-
au hasard) dans l’acte de naissance, sans que cela n’ait un jetties à l’enregistrement vu que la loi du pays ne reconnaît
effet juridique autre que d’empêcher la persomie concernée pas leur validité en droit. Néanmoins, pour obtenir les infor-
de faire son entree dans la sociéte sans parents, ce qui est mations pouvant s’avérer nécessaires a des fins statistiques,
contraire à la nature des choses (article 77). En fonction de la loi peut prévoir que l’un ou l’autre des époux ou les deux
la r&ion ou du pays, la discrimination peut peser plus ou doivent se rendre au bureau local compétent de i’enregistre-
moins lourdement sur un enfant mineur, mais elle affecte ment des faits d’état civil de façon que note puisse être
toujours le développement de sa personnaiite, avec toutes prise de leur mariage et que le bulletin statistique corres-
les conséquences regrettables que cela entraîne. pondant puisse être établi, même si cette démarche ne se
traduit pas par l’établissement d’un acte d’état civil. La pro-
370. La loi est fondée .sur le principe que i’enregistre- cedure serait analogue dans le cas des morts fœtaies.
ment d’une naissance est obligatoire dans le délai normai 372. Le chapitre VII a trait aux divorces.
prescrit pour la dUu-ation; toutefois, étant donné que le
Manuel vise une trés large diversité de pays, il a été juge 373. Le chapitre VIII concerne le registre des dé& et
souhaitable dans la version proposée, dans l’intérêt du sys- le traitement spécial des morts fœtaies. Ii contient des dis-
terne d’enregistrement des faits d’état civil et de statistiques positions détaillees relatives au certificat médical de déces
de l’état civil, de prévoir des procédures suppiementaires en tant que document complémentaire de la déclaration du
pour l’enregistrement tardif en ‘invoquant l’autorité de i’of- dé& par les personnes légalement désignées, ainsi que les
fîcier’ local de l’état civil de vérifier la reaiité de l’evéne- autres moyens de prouver les décès (article 108). Pour ce
ment et de ses circonstances et ainsi d’eviter la fraude ou qui est de la preuve du déces, la responsabilité Premiere en
les chevauchements et les doubles emplois. incombe au médecin. L’ensemble du corps médical, même
s’il n’a pas eu de relations professionnelles avec la personne
371. Le chapitre VI concerne l’enregistrement des ma- décédée, est tenu de délivrer gratuitement le certificat qui
-riages. En régie générale, pour ce qui est des mariages, on doit être présent6 à l’officier local de l’état civil Cette obii-
tend à simplifier les obligations et les procédures. afin d’in- gation est justifiée par la nécessite de collecter des données
citer les personnes moins favorisées sur le plan cuiturci d fiables sur les causes des décès qui, lorsqu’elles sont con-
s’enregistrer. Les règles concernant les formalités et la céi6- nues, quantifiées et classées, servent de base a la majorité
bration des mariages civils sont indiquées, en donnant a des programmes sanitaires publics. Des dispositions interdi-
i’offrcier local de l’état civil compétent le pouvolrd’autori- sent aussi l’inhumation des dépouilles, ou leur incinération
ser les mariages en tant que v&ificateur public (article 86). si la législation du pays le permet, sans enregistrement préa-
Des dispositions sont aussi prevues pour les personnes en lable, lequel est requis pour obtenir le permis pertinent (ar;
danger de mort et celles ne pouvant sortir des hôpitaux, des ticie 111).
prisons, etc. (articles 90 et 9 1). Pour ce qui est des mariages
religieux, quelle que soit la croyance, qui sont reconnus par 374. Les fœtus morts dans le ventre de la mére ou.avant
1’Etat comme valides B des fins civiles, la loi rend leur en- d’être complètement séparés de la mtre, ou qui n’ont pas
registrement obligatoire et reconnaît la valeur de preuve des survécu a la séparation même pendant un instant ne font pas
certificats délivres par les autorit& religieuses reconnues l’objet d’un acte de décts car leur mort ne modifie en rien
par 1’Etat (article 92). S’agissant des mariages consensuels, l’état civil- Toutefois, étant donné que ces évenements juri-
traditionnels, sociologiques et coutumiers, ii ne faut pas diques revêtent un net intérêt a des fins de santé publique,
perdre de vue qu’il existe un grand nombre de groupes eth- les mgies en matiére de décès devraient être suivies point
niques importants qui ont continue-a adhérer a leurs anciens par point, ce qui signifie qu’il est toujours nécessaire de
rites, habitudes ou mgies pour tout ce qui concerne la fa- remplir un bulletin statistique avant d’obtenir un permis
mille. On peut citer à cet égard le peuple Bantou, qui d’inhumer; dans le même ordre d’idée, si le pays autorise la
compte quelque 150 millions de personnes, réparties au Sud cremation, le permis pertinent doit être obtenu. De toute
de l’Afrique équatoriale (Nigeria, Cameroun, Angola), les évidence, pour des raisons pratiques, si l’accouchement a
descendants des Rongas au Mozambique et, sur le continent lieu dans un hôpital, le chef ou le directeur de cet étabiisse-
américain, les Quechuas et Aymaras du Pérou, de Bolivie et ment est responsable de déclarer l’événement à l’officier de
du nord de l’Argentine. Leurs coutumes sont fortement an- l’État civil compétent pour l’établissement du bulletin statis-
crees, en particulier en ce qui concerne le mariage. ,Le tique correspondant et s’occupera d’éliminer la dépouille si

103
STlESA/STAT/SERFI71

celle-ci n’est pas demandée par les membres de la famille. dans ces conditions de procéder à une traduction, ce qui fait
Cette r&gle se justifie pour deux raisons. D’une part, il est gagner du temps aux parties interessées et diminue les for-
dans l’intérêt de hapital de rendre les choses plus faciles malités et le coût. Chaque pays décide des langues qu’il lui
pour la mère dont les espoirs ont éte déçus et de pouvoir ré- semble rationnel d’utiliser, eu égard à ses relations intema-
utiliser rapidement les installations hospitaliéres qu’elle uti- tionales et g sa situation géographique. -
lise; de l’autre, certains segments de la population sont peu 377. Un grand nombre de services publics, y compris
enclins, ce qui est d’une certaine maniére compréhensible, à les tribunaux, ont besoin de certificats ou de copies des
se plier à des formalités administratives et à engager des dé- actes de l’état civil pour leurs propres activités. Confor-
penses lorsque l’accouchement a eu une issue malheureuse. mément à son objectif de collaboration le systeme doit ré-
375. Le chapitre X couvre les procédures judiciaires et pondre à ces besoins. En consequence, la loi prévoit l’éta-
administratives pour corriger, annuler ou reconstituer les blissement de certificats gratuitement à la demande de ces
actes de l’état civil. Il prévoit deux procédures pour la cor- services et pour leur utilisation exclusive (article 14). Dans
rection des actes; l’une judiciaire, qui s’applique à tous les le même ordre d’idée, l’article 15 fait obligation aux au-
cas, et l’autre administrative qui est nkervée à la correction torites et services publics de communiquer d’office aux bu-
des erreurs évidentes. Aussi bien les décisions des tribu- reaux locaux compétents de l’enregistrement des faits d’état
naux que les arrêtes administratifs visant la correction d’er- civil toute la documentation dont ils ont besoin pour procé-
reurs sont appliques au moyen de l’établissement d’un nou- der aux inscriptions dans les registres.
vel acte de l’état civil sans erreur et de l’annulation de 378. Compte tenu du niveau d’évolution technologique
l’ancien. De cette manière, des copies et des certificats peu- du pays dans lequel le systeme d’enregistrement des faits
vent être établis sous la forme de photocopies, qui ne con- d’état civil est introduit, et tant que n’a pas démarre I’infor-
tiennent jamais d’erreurs de transcription. Dans l’acte an- matisation du systeme conformément aux pouvoirs confé-
cien qui a et& annulé, le nom et l’année du nouvel acte qui rés à cet égard au directeur gtnéral, les certificats peuvent
le remplace sont indiqués dans le cadre reserve aux com- être délivres par écrit, sous une forme dactylographiee ou
mentaires, le nouvel acte renvoyant aussi de la même façon sous la forme de photocopies des actes et, à la demande des
à l’ancien (article 131). Le pouvoir de corriger d’offke le parties, peuvent être des reproductions intégrales des actes
registre de l’état civil est donné directement aux officiers de l’état civil (expéditions), ou des certificats d’un ou plu-
.locaux de l’état civil dans l’exercice des pouvoirs qui leur sieurs événements ou circonstances (extraits). Toutefois,
sont conférés par la loi dans des cas expressément visés (ar- compte tenu de leur importance et des effets possibles vis-
ticle 121). Ce pouvoir direct facilite beaucoup les choses à-vis de parties tierces, les extraits doivent obhgatoirement
dans les pays géographiquement étendus car il évite l’envoi préciser tout ce qui développe, restreint ou modifie les don-
de documents et accélère la procédure. Dans tous les cas, ntes figurant sur l’acte de l’état civil (article 135).
les dtcisions des officiers de l’état civil peuvent être revues
par la direction (article 34). 379. Les actes de l’état civil annulés ou corrigés ne
peuvent faire l’objet d’aucun certificat, sauf par decision de
376. Le chapitre X concerne le systeme de délivrance justice. En cas de délivrance de tels certificats, ceux-ci doi-
de certificats complets ou partiels des actes de l’état civil vent toujours préciser la situation concernant Pacte de l’État
(article 135). Ces certificats ont le statut de documents pu- civil pertinent.
blics attestant la réalité des circonstances de l’événement 380. Le chapitre XI concerne les bulletins statistiques
auquel ils se rapportent (article 13); toutefois, le contenu de et la façon dont ils doivent être etablis, I’étabIissement de
l’acte de l’état civil prevaut invariablement en cas de diver- ‘ces bulletins étant l’une des tâches assignées aux offkiers
gences entre cet acte et le certificat délivre (article 8). L’une locaux de l’état civil dans la mesure oti le systeme d’enre-
des raisons pour lesquelles les actes de l’état civil concer- gistrement des faits d’état civil est etabli en tant qu’orga-
nant les naissances, les mariages et les décès sont organisés nisme responsable de la collecte et de la communication
de façon à laisser libre le verso de la feuille pour des anno- des donnees pour l’établissement des statistiques de l’état
tations complémentaires, comme on peut le voir dans les civil.
formulaires modèles figurant dans les pages ant&ieurs du
prksent volume, est qu’il doit être possible de délivrer des 381. Dans nombre de pays, I’enrcgistrement des faits
certificats en photocopiant le recto des actes, ce qui a le d’état civil visait au depart l’organisation juridique de la fa-
double avantage d’éviter les erreurs de transcription et mille, ce qui était un héritage d’abord des registres des or-
d’éliminer la nécessité de revoir leur contenu. Si les pays dres religieux puis du code napoléonien puis de la législa-
dans lesquels le systbme d’enregistrement est introduit n’a tion ancienne de l’Espagne. Corganisation juridique de la
pas encore atteint un niveau de développement suffisant famille a été pendant longtemps le seul objectif de l’enre-
pour reproduire les actes de l’état civil à l’aide de photoco- gistrement des faits d’état civil. Plus tard du fait des dispo-
pieuses, les certificats, complets ou partiels, sont délivres sitions @urant dans les lois sur les statistiques et la santé
sur le formulaire officiel uniforme élaboré par le directeur publique, ou les deux, ce service a eu pour tâche de collec-
général (article 135). Le service d’enregistrement des faits ter les données de base necessaires à l’etablissement des
d’état civil est autorisé à délivrer des certificats des actes de statistiques du pays, dont se sont toujours charges les orga-
l’état civil dans plusieurs langues simultanement aux fins nismes de statistiques et de sante publique. C’est ainsi que
de leur utilisation en dehors du pays ou ils sont délivres. s’est créée et s’est maintenue la distinction entre la fonction
Cela est de toute évidence tres utile car point n’a besoin de collecte des données, assumée par le systeme d’enregis-

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STlESAlSTATISER.FI71

trement des faits d’état civil, et celle de traitement ou d’éta- nement du systéme administratif pour les statistiques de
blissement des données, assumée par les organismes statis- l’état civil ne se heurte jamais à des contraintes juridiques
tiques ou de santé publique, ou les deux, qui se sont parta- et que sa direction soit en mesure de modifier les formulai-
gés cette responsabilité. res et les procédures chaque fois qu’elle le juge nécessaire,
382. Lorsque le systéme d’enregistrement des faits A la fois pour maintenir son efficacité et s’assurer que les
d’état civil s’est charge de la collecte des données à des fins statistiques de l’état civil qu’elle produit rëflètent les condi-
statistiques, il avait déji mis en place sa propre documenta- tions effectives dans le pays (articles 143 et 144).
tion, notamment le registre des faits d’état civil, établit dans 386. Le changement proposé dans le projet est positif et
une optique juridique et dont le contenu était prescrit par la important. Traditionnellement, c’est l’organisme de traite-
loi de même que la nécessité de stockage permanent. Qn ment statistique qui a imposé ses règles au système d’enre-
peut déduire de ce qui précéde que les données ntcessaires gistrement des faits d’etat civil pour la collecte et la com-
à la fonction de statistiques de l’état civil doivent faire I’ob- munication des données statistiques, mais l’expérience a
jet d’un formulaire spécial et séparé, bulletin statistique, montré que cet arrangement ne fonctionne pas bien. Le sys-
dont le contenu doit être flexible de façon à pouvoir s’adap- tème d’enregistrement des faits d’état civil a jugé qu’il était
ter B la nécessité de suivre une population aux caractéristi- exploité et a manqué de motivation. Dans le projet, en con-
ques .en constante mutation. séquence, tous les organismes qui constituent le systéme
383. Il convient de souligner que les documents en administratif participent en tant que partenaires à un effort
question different a la fois pour ce qui est des objectifs, du commun en vue de la production de statistiques de l’état ci-
contenu et du traitement. Les premiers sont utilisés à des vil fiables et, dans ces conditions, on espère qu’ils auront
fii juridiques liées à l’organisation de la famille; les se- tous la possibilité de faire comraître leurs vues.
‘tonds à des fiis statistiques. Le contenu de chacun d’entre 387. Du point de vue de la loi organique sur l’enregis-
eux devrait donc êtne adapte à son objectif particulier; l’un trement des faits d’état civil, il n’est pas possible de préciser
doit être conservé de façon permanente alors que l’autre davantage ces dispositions sans empiéter sur d’autres lois
peut être détruit une fois que le traitement des données est organiques, comme celles applicables aux organismes de
réalisé. Enfin, l’un est géré conformément au droit de la fa- statistique. Dans l’idéal, ces lois devraient comporter des
mille du pays et stocké de façon permanente dans le registre dispositions similaires et réciproques, encore que cela ne
de l’état civil, alors que l’autre est fondé sur les principes et soit pas dans les faits strictement nécessaire car, en droit, il
définitions démographiques et conservé seulement pendant est entendu qu’une loi ultérieure modifie tacitement les lois
une courte période dans l’un des organismes statistiques. Il antérieures sur la même question.
est donc assez difficile de conjuguer les deux documents 388. ,Le chapitre XII couvre les dispositifs d’inspec-
sur un même formulaire et de trouver un équilibre entre tions et les sanctions dans le systéme d’enregistrement des
l’importance attachée A l’organisation de la famille, d’une faits d’état civil. L’inspection du systeme est confiée à la di-
part, et la production de statistiques de l’état civil, de l’au- rection qui intervient par l’intermédiaire du service d’ins-
tre. Le pmjet part du principe que l’enregistrement des faits pection; un roulement normal et périodique est organisé
d’état .civil devrait utiliser des formulaires séparés, l’un, pour inspecter les bureaux locaux de l’enregistrement des
l’acte de l’état civil, pour exécuter sa fonction juridique et faits d’état civil et les archives centrales, des inspections
l’autre pour s’acquitter de sa fonction statistique, le bulletin spéciales pouvant avoir lieu le cas échéant. Les sanctions
statistique, qui est établi pour chaque événement d’état civil imposées seront monétaires ou disciplinaires, selon le cas,
enregistre (article 141). sans préjudice de l’incrimination possible de certains actes
384. Le chapitre Xl du projet de loi décrit la façon dont considérés comme des délits.
fonctionne le systtme administratif de statistiques de l’état 389. Le chapitre XIII concerne le financement du scr-
civil; il opte pour la communication directe des bulletins vice d’enregistrement des faits d’état civil. Pour simplifier
statistiques des bureaux locaux d’enregistrement des faits les choses, le projet évite de dresser des listes au cas par
d’état civil aux organismes statistiques compttents à des cas, qui compliquent le processus, et part du principe géné-
fins d’&abhssement, de traitement et de diffusion des statis- ral que l’enregistrement des faits d’état civil est gratuit s’il
tiques. Quelle que soit l’option choisie, les modalites exac- est réalisé dans les délais prescrits par la loi. En cas d’enre-
tes selon lesquelles les bulletins statistiques doivent être gistrement tardif, il est jugé souhaitable, du moins lors de
transmis aux organismes de traitement constituent une l’introduction du système d’enregistrement des faits d’état
question complexe qui devra être tranchée sur la base de la civil, d’imposer des amendes. Le projet établit aussi le prin-
situation propre à chaque pays. Il peut donc déjii être prévu cipe général selon lequel des droits seront demandés pour
que les dispositions pour la communication des informa- les certificats, sauf si ceux-ci sont requis par d’autres orga-
tions statistiques à l’organisme de traitement seront arrêtées nismes publics. La fixation du baréme des droits est confiée
d’un cormmm accord entre l’organisme de collecte et l’or- à la réglementation et le montant de ces droits dépendra de
ganisme de traitement. De cette maniére, les pays sont li- la mesure dans laquelle le système d’enregistrement des
bres de choisir l’une ou l’autre des options analysees dans faits d’état civil dans chaque pays doit s’autofinancer.
le chapitre IV du pmsent Manuel. L’idéal est d’affecter suffisamment de ressources dans le
385. Les organismes doivent aussi s’entendre sur le budget chaque année pour que le système d’enregistrement
contenu du bulletin statistique et les instructions pour leur des faits d’état civil puisse fonctionner de façon adéquate et
utilisation et leur traitement. L’objectif est que le fonction- eftïcace.

105
STlESAlSTATlSER.Fî71

390. Il importe que le directeur g&&al ait le pouvoir ments sont subordonnés. La nécessité de maintenir une cer-
d’ajuster les droits initialement prkisés dans la loi jusqu’a taine souplesse, qui doit imprkgner l’ensemble du systéme
concurrence du pourcentage requis pour préserver leur pou- d’enregistrement pour lui permettre de s’adapter aux nou-
voir d’achat. II est souligné que cette mesure n’implique velles situations découlant des changements dans la lé-
pas nécessairement une augmentation de leur montant r&el gislation de fond, fait qu’il est indispensable de recourir a
mais vise seulement a empêcher qu’ils ne soient réduits a des r&glements. Il faut aussi dans cette optique donner au
néant par l’inflation. Elle doit aussi permettre d’assurer que directeur général de larges pouvoirs réglementaires qui,
le systéme puisse continuer ;i fonctionner normalement, du dans le domaine de compétence que lui attribue la loi, lui
point de vue fmancier, si son financement dépend entiere- permettent d’ajuster rapidement. le système d’enregistre-
ment ou partiellement des recettes qu’il genére. ment établi par la loi pour faire face à l’evolution des réali-
39 1. Le chapitre XIV contient les dispositions transitoi- tés, reflétées par des modifications de la ltgislation natio-
res et les dispositions d’abrogation nécessaires pour per- nale, en adoptant des dispositions réglementaires qui
mettre à la loi d’entrer en vigueur. La troisitme disposition permettent aux bureaux d’enregistrement d’être bien orga-
transitoire vise B couvrir la question complexe de la docu- nisés, équipés et dotés en personnel et de s’acquitter en per-
mentation d’enregistrement existante dans le cadre du sys- manence de nouvelles tâches de façon 4 répondre pleine-
terne juridique en vigueur avant la mise en œuvre du nou- ment aux finalit6s de l’enregistrement. L’objectif est aussi
veau systéme conformément à la nouvelle loi sur de moderniser le systtme en tirant parti des données d’ex-
l’enregistrement des faits d’état civil. Il est prévu dans le périence accumulées dans le cadre d’autres textes juridi-
projet que les archives locales préexistantes a la garde des ques concernant l’enregistrement, en s’efforçant d’intro-
autorités responsables du systeme d’enregistrement des duire de nouveaux criteres dans la façon de gérer le travail
faits d’état civil du pays jusqu’à l’entree en vigueur de la loi d’enregistrement et en tenant compte de la possibilité de
sont transférées aux nouveaux bureaux locaux d’enregistre- mettre en place de nouvelles technologies d’enregistrement
ment des faits d’état civil compétents, avec une copie de des faits d’état civil, ou du moins de préparer le terrain a
l’inventaire requis, P transmettre à la direction, de tous les cette mise en place; dans cette perspective, une large auto-
actes établis dans le cadre de l’ancien @me. Apres le nomie est laissée au directeur général dans l’exercice de son
transfert des archives, les certificats des événements enre- pouvoir d’auton5glementation, de façon à ce que l’ensemble
gistrés avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi seront de la population puisse bénéficier d’un service public régu-
délivrés par les fonctionnaires du service d’enregistrement lier, continu, r6actif et efficace, qui est l’objectif uitime qui
des faits d’état civil responsables de la garde de ces docu- devrait inspirer tout travail administratif.
ments. 393. La loi présentée ici place l’enregistrement dans
l’optique des recommandations internationales, attribuant
D. - Déclaration explicative au systéme une fonction triple :
a) Une fonction juridique, qui couvre le rôle tradition-
392. La loi sur l’enregistrement des faits d’état civil nel de l’enregistrement des faits d’état civil en tant que ser-
pr6sentée ici vise il améliorer le systéme d’enregistrement vice public fournissant aux individus des moyens de preuve
du pays en regroupant toutes les r&gles en matiére d’eme- officiels et authentiques des circonstances relatives à leur
gistrement en un seul texte juridique, de façon a remplacer existence, leur identité, leur situation personnelle et fami-
les dispositions existantes en matiere d’enregistrement, qui liale. Dans cette optique, le service ‘d’enregistrement des
n’ont pas toutes la même force et réglementent les choses faits d’état civil est considéré comme un organisme collec-
de façon aléatoire, ce qui conduit a une certaine confusion tant des données sur l’état civil des individus, documenté
dans la mise en œuvre et nuit à l’efficacité de la législation officiellement par l’acte d’enregistrement, en vertu duquel
relative à l’enregistrement. Le libellé de la loi repose sur les actes de l’état civil sont investis d’une pleine valeur pro-
des principes systématiques et simplificateurs permettant batoire du fait de la prksomption de leur validité, exactitude
l’établissement de régies d’enregistrement 8 même d’assu- et légalité, sauf preuve du contraire. Les inscriptions, actes
rer l’intégration du modéle d’enregistrement adopté par le et annotations complémentaires constituent donc la preuve
pays. Le critere selon lequel le travail d’enregistrement doit des événements enregistres sauf s’ils sont modifiés par une
être assujetti B la loi garantit le fonctionnement adéquat et décision de justice ou par les procédures légales prescrites
normal du service d’état civil; la nécessité de sauvegarder en cas de modifications. Le caractére officie1 du registre de
les intérêts des individus sous-tend le système mis en place l’état civil est corroboré par les certificats, intégraux ou
pour la certification des actes de l’état civil; la possibilité partiels, qui sont des documents publics; les réglementa-
d’agir ex ofi& permet de maintenir des registres aussi tions applicables aux certificats, c’est-à-dire qui peut légiti-
complets que possible, alors que la simplification bureau- mement les demander, tiennent pleinement compte de la
cratique et administrative ainsi que la gratuité de l’enregis- nécessité de protéger la vie privée des personnes et des fa-
trement pour les principaux événements facilitent le respect milles. Satisfaire cette exigence juridique de façon simple
par tous de leurs obligations en la matiere. La nature du tra- et rapide est indispensable pour amener les gens à participer
vail d’enregistrement est telle que c’est aux réglements et a respecter g la lettre leurs obligations en matiere d’enre-
qu’il appartient d’établir les procédures détaillées et au cas gistrement;
par cas requises pour appliquer les dispositions de la loi, B
l’aide de clauses complémentaires et interprétatives qui res- ZJ) Une fonction statistique, qui dépend de la fonction
tent toujours dans les limites de la loi, a laquelle les r&gle- juridique et dont s’acquitte le service d’enregistrement des

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faits d’état civil en collectant simultanément les données Ministre. La direction est resnonsable de gérer. surveiller.
sur les evénements d’état civil enregistrables et les actes ju- maintenir et superviser l’org&sme d’enregistrement dont
ridiques correspondants nécessaires a 1’Btablissement des elle a la charge. Le systeme comprend aussi des archives
statistiques de l’état civil par les organismes statistiques centrales et les bureaux locaux. L’organisation interne des
comp&ents, avec lesquels les entit6s chargées de l’enregis- bureaux locaux refléte la tipartition entre les quatre princi-
trement doivent collaborer et coordonner leurs activit&s au- paux registres à savoir, les naissances, les mariages, les .di-
tant que possible. Attribuer des fonctions statistiques au vorces et les déc&. Les autres événements affectant .l’état
syst&me d’enregistrement des faits d’&at civil permet d’ob- civil sont enregistrés sous la forme d’annotations compl&
tenir, dans le même temps, des informations sur les circons- mentaires. Le rôle de l’officier local de l’état civil est iden-
tances démographiques qui faciliteront les efforts de plani- tique dans tous les bureaux par l’intermédiaire desquels le
fication du pays dans les domaines de la santé, du systéme faurnit ses services - archives centrales, bureaux
logement, des services, de l’infrastructure, etc. Pour ce locaux ou bureaux intermédiaires - les mêmes pouvoirs
faire, le service d’enregistrement des faits d’état civil est lé- lui étant confiés dans tous- les cas. L’officier de l’état civil
galement tenu d’enregistrer les événements visés dans la n’a pas un rôle passif, limité à recevoir des informations et
double optique de l’enregistrement et des statistiques, dans à préparer, maintenir et stocker les registres, ses tâches dans
ce dernier cas afm d’établir le bulletin statistique; et le domaine d’enregistrement ayant été élargies dans toute la
c) Une fonction de collaboration, qui decoule naturelle- mesure possible dans l’intérêt d’une information de haute
ment du travail d’enregistrement exigé par la collecte, le qualité. On estime que c’est seulement avec une participa-
stockage et la garde de données sur l’état civil et fait du sys- tion active de l’officier de l’état civil qu’il est possible d’at-
tème d’enregistrement des faits d’état civil une source es; teindre les objectifs fixés à l’enregistrement des faits d’état
sentielle d’informations’pour les autres organismes publics civil, notamment donner aux informations fournies par le
qui doivent avoir accés a ces données pour accomplir leur service d’enregistrement des faits d’état civil aux orga-
propre mission. Cette collaboration doit dans tous les cas nismes publics et aux individus la plus grande valeur proba-
être réciproque, car les autorités et agents sont également toire possible en vertu de la loi. L’officier de l’état civil est
tenus par la loi de prêter leur concours au syst&ne d’enre-’ donc habilité, dans la mesure du possible, a vérifier person-
gistrement des faits d’état civil afin d’arriver a maintenir un nellement la véracité et l’exactitude de l’acte et sa confor-
registre digne de foi, continu et permanent. mité avec la législation en vigueur et, a cette fin, a procéder
394. Le syst&me administratif pour l’enregistrement des. aux mesures de vérification qu’il juge appropriées. L’offi-
faits d’état civil et l’établissement des statistiques de l’état cier local de l’état civil a aussi compétence pour rcglemen-
civil établi en vertu de la loi pn%entée ici part du principe ter toute question qui se pose, y compris la possibilité de
que les deux fonctions sont centralisées; le projet de loi re- modifier le registre dans les cas autorisés par la loi, sans
vêt donc une portée nationale et s’applique a l’ensemble du avoir à consulter le directeur général au préalable - encore
territoire et ii l’ensemble de la population. L’organisation que, bien sûr, il soit libre de le faire. Les décisions de l’of-
des deux systémes a éti dissociée, Mdée étant d’avoir deux ficier de l’état civil peuvent toujours faire l’objet d’un ap-
organismes distincts et mutuellement indépendants tenus de pel, sur lequel statue le directeur général dont la décision au
coordonner leurs activités pour assurer un service efficace, niveau de l’enregistrement est jugée définitive. Habiliter les
continu et permanent d’enregistrement des faits d’état civil officiers locaux de l’état civil - qui, de ce fait, doivent
et de statistique. Dans le cadre de cette division des tâches, posséder de hautes qualifications juridiques soit en tant
l’enregistrement des faits d’état civil a pour fonction du qu’avocat soit .en tant qu’expert du droit de la- famille y
point de vue statistique de collecter des données au moment vise à faciliter un service de meilleure qualité et plus rapide
où les événements d’état civil sont enregistrés, alors que les en offrant malgré tout toutes les garanties, puisque les offi-
organismes statistiques ont pour tache de traiter les infor- ciers de l’état civil sont assujettis à la loi et que, le cas
mations rassemblées par I’intermédiaire des bureaux locaux échéant, ils peuvent être tenus pour responsables de l’exé-
d’enregistrement des faits d’état civil. Dans le systtme pro- cution de leur tâche d’enregistrement - même si cela en-
posé, la production des statistiques est confiée au service traîne une responsabilité pénale - dans le cadre du sys-
national de statistique, encore que des dispositions puissent téme d’appel et du système d’inspection établi.
aussi être prises pour faire du systeme national de santé un 395. Il a aussi été jugé souhaitable,de renforcer la font-
organisme de traitement statistique dans l’int&êt d’une 16 tion des archives centrales en tant qu’organe central compé-
ponse locale plus mpide aux données statistiques sur les dé- tent non seulement pour le stockage et la garde des doubles
cès et de la mise en place de mesures sanitaires et d’autres de tous les actes de l’état civil établis dans les différents bu-
mesures d’urgence pour maîtriser des épidémies éventuel- reaux locaux du pays et de la délivrance des certificats cor-
les. Les données statistiques collectées par les bureaux lo- respondants, mais aussi pour la malisation des tâchès que
caux d’enregistrement au moment de l’enregistrement des suppose l’enregistrement des faits d’état civil affectant
faits d’état civil sont communiquées directement par les bu- l’état civil des nationaux résidant ou voyageant 8 l’étranger
reaux d’enregistrement aux bureaux statistiques correspon- et pour l’établissement des actes correspondants dans les
dants responsables de leur traitement. L’enregistrement des cas ou des étrangers sont naturalisés conformément & la loi
faits d’état civil relève du minist&e compétent (justice, in- du pays. Cela permet de centraliser ces données, évitant
térieur, etc.), qui travaille par l’intermédiaire d’un orga- ainsi les problémes de compétence, et de faciliter leur récu-
nisme central, la direction, qui a a sa tête un directeur géné- pération par la suite. En outre, sans préjudice de la compé-
ral nommé par le gouvernement sur proposition du tence accordée par la législation-nationale au service consu-

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laire du pays, on estime: que les consuls occupent une posi- gles identiques en matiére de divulgation 4 celles en vi-
tion privilégiée pour ce qui est de l’enregistrement d’infor- gueur pour la délivrance de certificat.
mations sur l’état civil des nationaux résidant dans leur 398. Compte tenu de la complexité inhérente a la déter-
zone consulaire. En conséquence, même sans leur attribuer mination de la filiation, question relevant.d.udroit civil fon-
les mêmes tâches d’enregistrement que les officiers locaux damental du pays, le formulaire d’enregistrement choisi
de l’état civil, il faudra au moins s’efforcer de simplifier les dissocie la filiation de Pacte de naissance, qui est considér.4
procédures qu’implique la communication obligatoire de comme une preuve pleine et suffisante de l’événement ef-
données nécessaires a l’établissement des actes de l’état ci- fectif de la naissance et de ses principales ca&t&istiques,
vildans les archives centrales. Les archives centrales sont.la ainsi que de l’identité de l’enfant. ll neifaut pasoublier, fou-
source d’informat