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TITRE du cours : Introduction générale au droit


Niveau : Licence S1-
Spécialité : DROIT
Intervenant : Mr SANGARE Walama
Volume horaire : Cours magistral de 20 heures soit 3 heures par semaines pendant
6 à 7 semaines.

OBJECTIFS ET DESCRIPTIONS DU COURS

Objectif général

Ce cours constitue une introduction au droit. Il s’étale sur sept semaines de L1. Il
vise à fournir aux étudiants un panorama de la discipline et l’acquisition du
vocabulaire et des concepts nécessaires à l’analyse du droit. L’objectif général se
subdivise en plusieurs objectifs spécifiques.

Objectifs spécifiques

Au bout des sept semaines du cours, les étudiants devront être en mesure :

- de connaitre et d’exposer les caractères de la règle de droit ;

- de distinguer les divisions et les sources du droit ;

- d’exposer les prérogatives accordées aux sujets de droit ;

- d’expliquer son domaine d’application ;

- de se familiariser à l’organisation judiciaire au Mali.

DESCRIPTIONS DU COURS
Le cours sera divisé en deux grandes parties.
-La première partie examinera ; le caractère de la règle de droit ; la division et les
sources du droit.
-La deuxième partie sera consacrée à l'étude de l'organisation judiciaire au Mali.

METHODE D’ENSEIGNEMENT
L’enseignement est certes basé sur la méthode du cours magistral, mais il met
l’accent sur la discussion avec les étudiants qui sont fortement encouragés à
intervenir. Le cours est conceptuel et théorique. Le débat a pour but de trouver un
arbitrage harmonieux entre ces dimensions fondamentales et leur traduction
concrète.

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PLAN DU COURS
Introduction générale au droit
Première partie. La notion de droit
Chapitre I. Les définitions de la règle de droit
- Le droit objectif
- Le droit subjectif
Chapitre II. La notion de la règle de droit
Section I. Les caractères spécifiques de la règle de droit
Paragraphe I. Le caractère général et abstrait de la règle de droit
Paragraphe II. Le caractère obligatoire de la règle de droit
Paragraphe III. Le caractère sanctionnateur de la règle de droit
Section II. Rapports des règles de droit et d’autres règles de conduites sociales
Paragraphe I. Rapports entre le droit et la morale
Paragraphe II. Rapports entre les règles de droit et les règles de bienséances et
religieuses
Section III. Les fondements et la finalité de la règle de droit
Paragraphe I. La question du fondement de la règle de droit
Paragraphe II. La finalité de la règle de droit
Chapitre III. Les divisions du droit
Section I. Le droit prive
Paragraphe I. Le droit prive interne
Paragraphe II. Le droit international prive
Section II. Le droit public
Paragraphe I. Le droit public interne
Paragraphe II. Le droit international public
Section III. Les branches mixtes
Chapitre IV. Les sources du droit
Section I. La loi
Paragraphe I. La hiérarchie des normes
Paragraphe II. La force obligatoire de la loi
Paragraphe III. Le domaine d’application de la loi
Section II. La coutume
Section III. La jurisprudence
Section IV. La doctrine

Deuxième partie. L’organisation judiciaire au Mali


Chapitre I. L’organisation des tribunaux
Section I. Les juridictions de premier degré
Paragraphe I. Les juridictions civiles
Paragraphe II. Les juridictions répressives
Section II. Les juridictions de deuxième degré
Paragraphe I. La Cour d’Appel
Paragraphe II. La Cour d’Assises
Chapitre II. Les juridictions Spéciales

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Section I. La Haute Cour de Justice


Section II. La Cour Constitutionnelle
Chapitre III. La Cour Suprême
Section I. Une Section Judiciaire
Section II. Une Section Administrative
Section III. Une Section des Comptes

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
1) TRAITES, MANUELS et PRECIS
- J.-L. AUBERT, Introduction au droit et thèmes fondamentaux du droit civil, Armand Colin, Collection U, 8e
édition, 2000.
- Ch. BEAUDET, Introduction générale et historique à l’étude du droit, Centre de publications universitaires,
1997.
- J. BONNARD, Introduction au droit, éd. Ellipses, coll. Universités Droit, 2e éd., 1998.
- M. BONNECHERE, Introduction au droit, La découverte, coll. Repères, n°156, 1994.
- CABRILLAC (R.), Introduction générale au droit, Cours Dalloz, 3e éd., 1999.
- J. CAILLOSSE, Introduire au droit, Montchrestien, coll. Clefs, 1999.
- J. CARBONNIER, Droit civil, tome 1, Introduction, P.U..F., Collection Thémis, 26e édition, 1999.
- G. CORNU, Droit civil, Introduction, Les personnes, Les biens, Montchrestien, 8e édition, 1997.
- DEFRENOIS-SOULEAU (I.), Je veux réussir mon droit, Méthodes de travail et clés du succès, Dalloz, 3e éd.,
1998.
- J. GHESTIN ET G. GOUBEAUX avec la collaboration de M. FABRE-MAGNAN, Traité de droit civil,
Introduction générale, L.G.D.J., 4e édition, 1995.
- J.-P. GRIDEL, Introduction au droit et au droit français, notions fondamentales, méthodologie, synthèse,
Dalloz, 2e édition, 1994.
- JESTAZ (Ph.), Le droit, Connaissances du droit, Dalloz, 3e éd., 1996.
- X. LABBEE, Introduction générale au droit. Pour une approche éthique, Presses universitaires du
Septentrion, coll. Droit/Manuels, 1998.
- Ch. LARROUMET, Droit civil, tome 1, Introduction à l’étude du droit privé, Economica, 3 éd., 1998.
- D. MAINGUY, Introduction générale au droit, Litec, coll. Objectif Droit, 1997.
- Ph. MALAURIE et L. AYNES, Droit civil, Introduction générale, par Ph. MALAURIE, CUJAS, 2e édition,
1994/1995.
- Ph. MALINVAUD, Introduction à l’étude du droit, Litec, 8e éd., 1998.
- G. MARTY et P. RAYNAUD, Droit civil, Introduction générale à l’étude du droit, Sirey, 2e édition, 1972.
- H., L. et J. MAZEAUD et F. CHABAS, Leçons de droit civil, tome 1, Introduction à l’étude du droit,
Montchrestien, 11e édition, 1996.
- M. PARQUET, Introduction générale au droit, Collection Lexifac, Bréal, 1996.
- J.-L. SOURIOUX, Introduction au droit civil, P.U.F., Collection Droit fondamental, 2e édition, 1990.
- B. STARCK, H. ROLAND et L. BOYER, Introduction au droit, Litec, 4e édition, 1996.
- F. TERRE, Introduction générale au droit, Précis Dalloz, 4e édition, 2000.
2) RECUEIL DE DECISIONS
- H. CAPITANT, Les grands arrêts de la jurisprudence civile, 11e édition par F. TERRE et Y. LEQUETTE,
Dalloz, 2000, 2 tomes.
3) VOCUBULAIRE, LEXIQUES
- CORNU (G.), Vocabulaire juridique, Association Henri Capitant, Dalloz, 8e éd., 2000.
- GUINCHARD et MONTAGNIER, Lexique de termes juridiques, Dalloz, 12e éd. 1999.

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INTRODUCTION GENERALE AU DROIT


Qu'est-ce que le droit ?
Les règles de droit sont destinées à régir les rapports humains. Le droit régit naturellement les
rapports économiques, les rapports des individus avec l’Etat, les rapports des Etats entre eux,
mais aussi les rapports sociaux.
Partout, il y a du droit…. Parce que le droit est consubstantiel à l’existence d’une société. Dès
qu’il y a une société, il y a du droit.
En effet, à partir du moment où plusieurs personnes vivent ensembles, naît aussitôt un besoin
d'ordonner leurs conduites. Ces règles de conduites, éparses (répandu en divers endroit) et diverses,
composent un ensemble: le Droit.
Dans cette première partie il sera d’abord question de la notion de droit, ensuite on envisagera
l’organisation judiciaire au Mali dans la deuxième partie

PREMIERE PARTIE : LA NOTION DE DROIT


Le droit est un phénomène vivant. Les règles naissent, vivent, meurent, évoluent dans leur
contenu, parce que la société et les hommes qui la composent, évolue. Egalement les rapports
humains sont complexes, le droit aussi est complexe.
Le droit a plusieurs sens qui ne doivent pas être confondus mais mis en relation.

CHAPITRE I : LES DEFINITIONS DU DROIT


On reconnait au mot droit deux sens principaux, à la fois antinomiques et complémentaires : le
droit objectif d’une part et d’autre part, les droits subjectifs.

- LE DROIT OBJECTIF
Le droit est, en premier lieu, un ensemble de règles destinées à organiser la vie en société.
Cet ensemble est appelé Droit objectif. Ce qualificatif « objectif » est tiré du mot objet
Dans ce cas, il s'agit de délimiter la part de liberté et de contrainte de chacun. Il faut définir ce
qui est permis ou pas pour que la vie sociale soit possible. La société établit des règles
destinées à régir son fonctionnement, et par voie de conséquence, à organiser les relations des
personnes qui la composent.
Ces règles sont, en principe, uniques pour les individus d’une même communauté :
- Ces règles peuvent concerner un pays. On parlera de droit malien, de droit ivoirien ou français.
- Ces règles peuvent concerner un système juridique. On évoquera les droits anglo-saxons ou du
droit romain.
- Ces règles peuvent aussi concerner une matière, tel le droit civil ou le droit administratif

- LES DROITS SUBJECTIFS


- Le mot droit a une seconde signification. Le Droit objectif reconnaît, en effet, des
prérogatives aux individus. Ces prérogatives sont des droits subjectifs dont les individus
peuvent se prévaloir dans leurs relations avec les autres. Il ne faut pas perdre de vue que le droit
a pour but d'organiser la vie en société, donc de régir des personnes qu'on appelle sujets droit.
Dans ce second sens, le droit est envisagé de façon plus concrète et particulière. On examine les
droits dont une personne est titulaire, les prérogatives individuelles que les personnes
peuvent puiser dans le corps de règles constitué par le droit objectif.
- Le droit, pris dans son sens subjectif, désigne alors une prérogative accordée à telle ou telle
personne. Il s'agit par exemple du droit de propriété, de droit de vote, du droit de grève, du droit
d'exercer l'autorité parentale sur ses enfants, etc...

CHAPITRE II. LA NOTION DE LA REGLE DE DROIT


La règle de droit est une règle de conduite sociale dont la violation est sanctionnée par l’autorité
publique. Il convient d’expliquer cette définition en déterminant les caractères spécifiques de la
règle de droit, caractères qui permettent de la distinguer d’autres règles

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SECTION I : LES CARACTERES SPECIFIQUES DE LA REGLE DE


DROIT
La règle de droit présente trois caractères essentiels. Elle est générale et abstraite, elle comporte
une sanction et elle est obligatoire.

PARAGRAPHE I : LE CARACTERE GENERAL ET ABSTRAIT DE LA


REGLE DE DROIT
Le caractère général de la règle de droit signifie qu'elle a vocation à s'appliquer à toutes les
personnes qui forment la société. C’est pourquoi elle est toujours formulée de manière générale
et impersonnelle, avec souvent les formules : "Quiconque..." ; "Toute personne...".
La règle de droit concerne chacun et ne vise personne en particulier.
Par exemple l’article 488 du code civil qui énonce : « la majorité est fixée à dix huit (18) ans
accomplis». Ce texte ne désigne personne en particulier, au contraire, il suppose, d’une façon
générale qu’une personne âgée de dix huit (18) ans jouit d’une maturité intellectuelle suffisante
pour être traitée en adulte.
Mais parfois la règle de droit s'applique à un groupe de personnes : les salariés, les
employeurs, les médecins, les consommateurs, les propriétaires, les conducteurs d'automobiles,
les époux, les commerçants, etc. Mais, même dans cette hypothèse, la règle est générale parce
qu'elle a vocation à s'appliquer à toute personne appartenant à cette catégorie.
En principe, le caractère général de la règle de droit constitue une garantie contre
l'arbitraire, contre la discrimination individuelle. Mais souvent la règle de droit peut être
discriminatoire à l'égard d'un groupe de personnes pour des motifs bien déterminés. En outre, la
généralité de la règle de droit est une protection nécessaire mais insuffisante contre l'arbitraire.

PARAGRAPHE II : LE CARACTERE OBLIGATOIRE DE LA REGLE DE


DROIT
La règle de droit, comme toute règle, a un caractère obligatoire. Elle constitue un
commandement ; elle veut être obéie et respectée. Elle exprime un ordre soit en imposant
l’accomplissement d’un acte (porter secours à une personne en danger), soit en interdisant d’en
accomplir un autre (voler la chose d’autrui, causer un préjudice à autrui, …).
La règle de droit est un ordre adressé à tous et que ceux-ci sont tenus de respecter. Mais toute
règle de droit est assortie de sanction.

PARAGRAPHE III : LE CARACTERE SANCTIONNATEUR DE LA


REGLE DE DROIT
Pour garantir le caractère obligatoire de la règle de droit, sa violation est assortie de
sanctions. La règle de droit a un caractère coercitif, elle est sanctionnée par l'Etat. C'est cette
consécration par l'Etat qui fait la spécificité de la règle de droit.
Lorsque l'autorité judiciaire constate la violation d'une règle de droit, elle requiert la force
publique pour que celle-ci contraigne le contrevenant à respecter le droit. Il est possible d'exiger
l'exécution de la règle de droit, au besoin en recourant à la machine de contrainte instituée par
l'Etat (ex. la police, la gendarmerie, l’armée, etc...).
La sanction étatique reste souvent une menace, une contrainte potentielle, car en général, on
rencontre le respect volontaire de la règle de droit. Ce n'est pas seulement la peur des forces de
l’ordre qui inspire ce respect volontaire du droit. Ex. : entre époux qui s'aiment, on peut penser
que la fidélité ne repose pas seulement sur la peur d'une sanction de l'adultère. De même, ce ne
sont pas seulement les sanctions prévues par le Code pénal qui nous empêche de voler ou de
tuer.

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SECTION II : RAPPORTS DES REGLES DE DROIT ET D’AUTRES


REGLES DE CONDUITE
La règle de droit se distinguent des autres règles sociales par le fait que leur non-respect est
sanctionne par la contrainte étatique. Le droit tout comme la morale et les règles religieuses sont
des modes d’organisation de la vie des hommes en société, qui sont également générales et
obligatoires pour ceux qui s’y soumettent.

PARAGRAPHE I : RAPPORTS ENTRE LE DROIT ET LA MORALE


Entre le droit et la morale il y a beaucoup de points de convergence. La plupart des règles de
droit sont empruntées à la morale.
Les rapports entre le droit et la morale peuvent être présentés de plusieurs façons. Le droit et la
morale poursuivent un idéal de justice, mais elles diffèrent par bien d’autres points quant à leur
fondement, leur domaine et leur sanction.
A - Quant à leur fondement : Si la règle de droit est fondée sur la justice et l’ordre social ; le
fondement de la règle morale est plus large : il englobe la justice, mais aussi la charité. La règle
de droit essaie parfois de répondre à des règles de charité, notamment avec l’obligation
alimentaire au sein de la famille.

B – Quant à leur domaine : Contrairement à la règle de droit qui a pour but de faciliter la vie
en société, la règle morale tend au perfectionnement individuel, c’est le domaine de la
conscience. La règle morale s’attache au devoir de l’homme envers lui-même et envers son
prochain.
Parfois le domaine des deux règles coïncide lorsqu’elles envisagent les mêmes devoirs, même si
elles ne peuvent le faire de la même façon, avec le même degré de précision ni les mêmes
sanctions comme par exemple la prohibition du meurtre, du vol, le devoir de fidélité entre
époux, l’obligation de respecter la parole donnée.
Mais, il existe aussi des domaines entiers du droit qui n’ont rien voir avec la morale, par exemple
la réglementation économique, la réglementation de la circulation, etc.…

C – Quant à leur sanction : C’est là que réside la principale différence entre le droit et la
morale. La morale ne comporte qu’une sanction interne, le remords, les affres de la conscience,
suffisantes pour retenir certains, mais inopérantes pour d’autres. La règle de droit, en revanche
est assortie d’une sanction externe, seule susceptible d’assurer la sécurité dans les rapports de la
vie en société.

PARAGRAPHE II : RAPPORTS ENTRE LES REGLES DE DROIT ET LES REGLES


DE BIENSEANCE ET REGLES RELIGIEUSES

A - REGLES DE DROIT ET LES REGLES DE BIENSEANCE


Les règles de bienséance ne sont pas sanctionnées par une action en justice et manquent de ce
fait de l’appui de la force étatique. Il s’agit entre autre, des règles de courtoisie (les visites
protocolaires, les salutations), les règles d’honneur. Ces règles extra-juridiques tendent comme
les règles juridiques, à imposer des comportements extérieurs, pour que soit assure un ordre dans
les relations humaines.

B – REGLES DE DROIT ET REGLES RELIGIEUSES


On retrouve entre le droit et la religion les mêmes types de rapport qu’entre le droit et la morale :
de nombreuses règles juridiques sont inspirées des règles religieuses (l’octroi de délais
supplémentaires par le juge est ainsi inspire par la charité), certains commandements religieux
sont des interdictions au sens juridique (« tu ne tueras pas », « tu ne voleras pas »… sont autant
de prohibitions pénales).

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Le droit et la religion n’ont pas la même finalité (le droit se préoccupe de l’organisation de la vie
en société alors que la religion vise le salut de l’individu), ni les mêmes sanctions (la sanction
religieuse met uniquement en cause l’homme dans ses relation avec Dieu et non avec les
institutions religieuses). Cette dualité entre le droit et la religion se traduit par une dualité de
règles, parfois superposées (mariage religieux et civil), parfois contradictoires (le divorce civil
est admis alors que le mariage religieux est, en principe, célèbre pour l’éternité, il est
normalement indissoluble).

SECTION III. LES FONDEMENTS ET LA FINALITE DE LA REGLE DE


Le fondement de la règle de droit répond à la question : pourquoi cette règle est-elle légitime et
pourquoi doit-on la respecter ? Quant à la finalité de la règle de droit, elle répond à la question
relative au but poursuivi par cette règle c’est-à-dire de quoi vise t-elle une règle ?

PARAGRAPHE I : LA QUESTION DU FONDEMENT DU DROIT


Au sujet du fondement de la règle de droit, deux conceptions s’opposent en essayant d’apporter
des réponses. La conception idéaliste, qui considère que le fondement du droit réside dans la loi
naturelle, s’oppose au positivisme, qui soutient la théorie du droit positif.

A) L’IDEALISME (THEORIE DU DROIT NATUREL)


L’idéalisme fait allusion à la nature humaine : le droit naturel est celui qui aurait comme
fondement les caractéristiques inhérentes à l’être humain. La théorie idéaliste considère que si le
droit existe, c’est qu’il manifeste ce qu’il y a de plus profond chez l’être humain.
Cette explication reste dangereuse car il y a un présupposé comme quoi il existerait un droit
absolu qui serait universel et qui représenterait le mieux la nature humaine.
Sous l’effet du temps, cette doctrine a été critiquée par les positivistes et son fondement contesté
par le fait qu’à la diversité des hommes des groupes humains dans le temps et dans l’espace ne
correspondent pas une notion aussi universelle du juste.

B) LE POSITIVISME (THEORIE DU POSITIVISME JURIDIQUE OU


SOCIOLOGIQUE)
Pour les tenants de cette conception, le fondement de la règle de droit serait le droit positif.
Ainsi, ils excluraient toute métaphysique ou encore tout rêve. Ainsi, la règle de droit a pour
fondement son texte concret. Le positivisme juridique est le courant de pensée selon lequel la
règle de droit s’impose du seul fait qu’elle émane de l’Etat. Cette théorie est défendue par
Kelsen considéré comme étant à son origine. Le positivisme sociologique est cette conception
qui estime que la règle de droit s’impose parce qu’elle est l’expression de la société à un moment
donné.

PARAGRAPHE II : LA FINALITE DE LA REGLE DE DROIT


La règle de droit a essentiellement une finalité sociale puisqu’elle a pour objectif de permettre
aux membres d’une société de vivre en harmonie ensemble. Cette finalité peut se présenter sous
deux formes : l’ordre et la sécurité ou alors la justice.

A). L’ORDRE ET LA SECURITE


Comme on l’a déjà indiqué, la règle de droit a pour but de répondre à un besoin de sécurité entre
les humains. Elle permet donc d’éviter le conflit en précisant ce que l’on peut faire ou non, ce
qui est interdit ou pas. Cependant, dans le souci d’éviter les conflits, le souci de sécurité ne va
pas toujours avec le juste, il arrive que le droit sacrifie la justice au profit de la sécurité
(exemple : la prescription acquisitive).

B). LA JUSTICE

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Les règles de droit accordent des prérogatives. Si nous respectons ces règles, c’est parce qu’elles
traduisent un sentiment de justice. Cette justice peut prendre deux formes : la justice corrective et
la justice distributive. La première est sensée corriger les déséquilibres les plus flagrants dans les
échanges interhumains, tandis que l’autre est sensée répartir les richesses au sens général en
fonction des besoins et du mérite des individus. Ce qui pourrait rappeler l’idéal de liberté,
d’égalité et de fraternité entre les citoyens.

CHAPITRE III : LES DIVISIONS DU DROIT


Compte tenu de la diversité des règles de droit, leur classification s’avère
indispensable. Traditionnellement, on distingue le droit privé (Section I) et le droit
public (Section II). Mais cette distinction n’est pas toujours tranchée, c’est
pourquoi il existe des disciplines dites mixtes (Section III).

SECTION I : LE DROIT PRIVE


Le droit privé est celui qui régit les rapports entre particuliers ou avec les
collectivités privées, telles que les associations, les sociétés et qui assure
prioritairement la sauvegarde des intérêts individuels.
Au sein du droit privé on distingue les branches du droit interne à côté de celles du
droit international privé.

PARAGRAPHE I : LE DROIT PRIVE INTERNE


A) - Le droit civil occupe une place privilégiée : il a une valeur générale et donne
les principes généraux. Le droit civil constitue le droit commun. Cela signifie
qu'il s'applique, en principe, à tous les rapports de droit privé, sauf si un droit
spécial a été édicté pour une matière déterminée. Cette fonction particulière
s'explique par le fait que le droit civil est la branche la plus ancienne du droit. Le
droit civil régit d'abord la famille (aspects extrapatrimoniaux: mariage-divorce-
filiation et aspects patrimoniaux : régimes matrimoniaux (régime qui règle la répartition et la gestion
des biens entre époux)-successions (transmission légale a des personnes vivantes des biens et obligations d’une personne décédée) ,

libéralités (acte par lequel qqn procure a autrui un avantage sans contrepartie)), ensuite les biens et enfin le droit
des obligations (contrat-responsabilité civile).

B) - Le droit commercial contient les règles applicables soit aux actes de


commerce, soit aux commerçants personnes physiques ou personnes morales. Il
s’est détaché du droit civil pour constituer un ensemble de règles adaptées à la
vie des affaires. Il comprend le droit commercial général, le droit des sociétés, le
droit des entreprises en difficulté, le droit bancaire et financier, le droit de la
concurrence, le droit de la consommation, etc.
- Mais il y a à ce niveau certaines disciplines qui sont à cheval entre le droit civil et
le droit commercial. On peut citer par exemple, le droit de la propriété
intellectuelle (propriété industrielle et propriété littéraire et artistique, le droit des
assurances, le droit des transports, etc.

PARAGRAPHE II : LE DROIT INTERNATIONAL PRIVE

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- Le droit international privé est l’ensemble des règles régissant les rapports des
particuliers entre eux lorsqu'il existe un élément d’extranéité. Ex. : un divorce entre
un français et une malienne, mariés au Sénégal et domiciliés au Mali, peuvent-ils
divorcer et si oui, selon quelles règles ?
Le droit international privé détermine aussi les droits dont les étrangers peuvent se
prévaloir dans le pays d’accueil.
Il existe aussi des règles de droit international privé qui organisent d’autres
rapports de droit privé sur le plan international (ex. : Convention de Varsovie du
12/10/1929 sur les transports aériens internes ou internationaux ou la convention
de Bruxelles du 29/04/1961 sur le transport maritime).

SECTION II : LE DROIT PUBLIC


Le droit public est l’ensemble des règles organisant l'Etat et des collectivités
publiques ainsi que ses agents dans leurs rapports avec les particuliers.
Là également on distingue le droit public interne (Paragraphe I) et le droit
international public (Paragraphe II).

PARAGRAPHE I : LE DROIT PUBLIC INTERNE


Le droit public interne organise le pouvoir à l'intérieur de la sphère de l'Etat. C'est un droit de prérogatives de l'Etat et un droit
de subordination en ce sens qu'il s'impose aux diverses collectivités publiques ou privées qui existent au sein de l'Etat une fois
que les règles de droit ont été décidées dans les formes requises.
Le droit public se subdivise aussi en plusieurs branches. Il comprend
principalement :
A) - le droit constitutionnel qui fixe les règles de base d'organisation de l'Etat. Il
occupe une place prééminente parmi les branches spécialisées du droit public interne du fait qu'il concerne l'organisation et les
activités politiques de l'Etat, c'est-à-dire « l'appareil politique » proprement dit.
Il y a plusieurs définitions possibles du droit constitutionnel. Certaines mettent l'accent sur la notion d'Etat là où d'autres insistent
sur le pouvoir politique.
Une partie de la doctrine réduit le droit constitutionnel à l'étude des règles fondamentales concernant l'organisation de l'Etat et le
fonctionnement des gouvernements. D'autres théoriciens ramènent la matière à l'ensemble des règles de droit concernant
;
l'acquisition, l'exercice et la transmission du pouvoir politique
B) - le droit administratif : qui réglemente la structure de l'Administration et ses
rapports avec les particuliers. Le droit administratif est le droit applicable à l'organisation et aux activités de
l'Administration des personnes publiques ;
C) - les finances publiques et le droit fiscal : qui réunissent les règles gouvernant
les dépenses et les recettes des collectivités publiques. Finances Publiques, se préoccupe
essentiellement de la recherche des moyens budgétaires permettant à l'Etat de s'acquitter de ses tâches. Il étudie les ressources et
;
les charges financières de l'Etat, ainsi que les grands principes autour desquels s'articulent les opérations budgétaires de l'Etat
D) - les libertés publiques : qui définissent les droits fondamentaux de l'individu
dans la société et les modalités de leur protection.
* Le droit public interne
Le droit public interne organise le pouvoir à l'intérieur de la sphère de l'Etat. C'est un droit de prérogatives de l'Etat et un droit
de subordination en ce sens qu'il s'impose aux diverses collectivités publiques ou privées qui existent au sein de l'Etat une fois
que les règles de droit ont été décidées dans les formes requises.

* Le droit public international

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Le droit international ou "droit des gens" régit les rapports entre les sujets de droit international, c'est-à-dire principalement les
Etats, les organisations internationales gouvernementales ou non gouvernementales, tels qu'ils s'expriment dans les relations
internationales.
Le droit public international est un droit de coordination, c'est-à-dire un droit qui ne peut s'appliquer aux autres sujets qu'avec
leur accord. En effet, les relations internationales sont fondées sur le principe de l'égalité des Etats impliquant par là celui de la
non immixtion d'un Etat dans les affaires intérieures d'un autre Etat.

PARAGRAPHE II : LE DROIT INTERNATIONAL PUBLIC


Le droit international public, appelé aussi le droit des gens, contient les règles
applicables dans les rapports des Etats entre eux et définit l'organisation, le
fonctionnement, la compétence et les pouvoirs des organisations
internationales (Ex. : O.N.U.).
L’existence du droit international public est contestée par certains auteurs qui
invoquent son inefficacité tenant à l’absence d’une véritable autorité de contrainte
à l’échelle internationale pour garantir le respect des règles de droit dans ce
domaine.
Le droit communautaire (ensemble de règles applicables au sein d’une
communauté d’Etats) est le plus souvent cité parmi les branches du droit public.
Mais il concerne en fait aussi bien des aspects de droit public que des aspects de
droit privé. En réalité, en tenant des domaines régis, le droit communautaire peut
être privé, public ou même mixte.
Le Mali est concerné par plusieurs droits communautaires : le droit communautaire
de l’UMOA/UEMOA, de la CEDEAO, de l’OHADA, de la CIMA, etc.

Nota Bene. La distinction entre le droit privé et le droit public se fonde se repose sur la
nature des domaines régis. Elle se retrouve aussi au niveau des caractères de ces
deux branches du droit : le droit public est un droit impératif, voire plus
contraignant que le droit privé. Une autre distinction entre les deux se retrouve au
niveau l’application des sanctions : l’exécution forcée n’est pas possible contre
l’Etat, ce qui n’est pas le cas dans les rapports de droit privé.
En outre, les juridictions compétentes ne sont pas généralement les mêmes : l’ordre
judiciaire en droit privé ; en droit public on retrouve les juridictions
administratives, la Cour constitutionnelle, la Section des comptes de la Cour
suprême, etc.
La distinction droit privé et droit public est très pratique, mais elle a été critiquée
comme étant trop vague, et parfois inexacte car ne rendant pas compte de toute la
réalité. Il faut bien reconnaître l’existence de branches mixtes. D’ailleurs
l’interdisciplinarité est une importante tendance dont on doit tenir compte dans la
classification actuelle des règles de droit.

SECTION III : LES BRANCHES MIXTES


Il existe des règles de droit dites mixtes parce qu'elles combinent des règles
relevant, pour les unes du droit public, et pour les autres, du droit privé.

- Le droit pénal, appelé aussi "droit criminel" est un droit mixte. Il a pour
principal objet de définir les comportements constitutifs d'infractions, et de fixer
les sanctions applicables à leurs auteurs. Le droit pénal a un lien étroit avec le droit
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public puisque les infractions sont définies en considération de l'intérêt général et


c'est la puissance publique qui assure l'exécution de la sanction. Le procès n'oppose
pas deux particuliers, la victime et le délinquant mais le délinquant et la société.
Le droit pénal est néanmoins traditionnellement rattaché au droit privé et enseigné
dans les facultés par des professeurs de droit privé. Il faut également noter que le
droit pénal sauvegarde des intérêts privés. Il protège les individus dans leur vie,
leur honneur, leur propriété... et en ce sens, peut être considéré comme la sanction
ultime du droit privé. Le droit pénal a donc une nature mixte.

- Le droit processuel regroupe la procédure civile, dite aussi le droit judiciaire


privé, la procédure pénale et la procédure administrative. Ces trois branches du
droit ont respectivement pour objet l'organisation et le fonctionnement des organes
de justice civile, pénale et administrative. Ces règles déterminent la procédure à
respecter lors du déroulement du procès. Ces différentes branches du droit ont un
lien étroit avec le droit public puisque la procédure a pour objet la mise en place et
le fonctionnement d'un service public, celui de la justice. Il n'en demeure pas
moins que la procédure pénale et la procédure civile sont traditionnellement
rattachées au droit privé et enseignées par des professeurs de droit privé, en raison
de la nature des juridictions devant lesquelles elles ont vocation à s'appliquer.

- Le droit social regroupe le droit du travail et le droit de la sécurité sociale.


Le droit du travail recouvre l'ensemble des règles qui définissent les relations de
travail entre particuliers ; tandis que le droit de la sécurité sociale réunit un
ensemble de règles destinées à garantir les travailleurs contre divers risques
sociaux, mais aussi pour jouer un rôle de solidarité par l'octroi de prestations
familiales. Le droit social revêt les caractères d'un droit mixte en raison des
nombreux éléments de droit public qui y interviennent, notamment pour protéger
les salariés.

- Le droit économique désigne l’ensemble des règles applicables à l’économie.


Il comporte plusieurs éléments de droit privé, mais aussi plusieurs éléments de
droit public, compte tenu de la nature de l’économie car elle intéresse tout le
monde.

- Le droit de l’environnement est l’ensemble des règles concernant


l’environnement fait aussi partie des branches mixtes, compte tenu du fait regroupe
aussi bien des règles de droit privé que des règles de droit public.

CHAPITRE III : LES SOURCES DU DROIT


Il existe traditionnellement quatre sources du droit : la loi, la coutume, la
jurisprudence et la doctrine. Mais ces quatre sources ne doivent pas être placées sur
le même plan. Il faut distinguer entre :
- d’une part la loi et la coutume, sources officielles, qui ont un caractère obligatoire
et s’imposent aux tribunaux (ce sont des sources directes);

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- et d’autre part la jurisprudence et la doctrine qui n’ont pas de force obligatoire


mais qui sont tout de même des facteurs essentiels et indispensables dans
l’évolution du droit, parce qu’elles influent sur les décisions des tribunaux et même
sur la loi et la coutume (ce sont des sources indirectes ou d’inspiration).
Il convient d’examiner successivement ces différentes sources.
SECTION I : LA LOI
Le terme loi connaît deux sens. Dans un sens étroit ou formel, la loi désigne toutes
règles de droit émanant de l’organe étatique investi du pouvoir législatif par la
constitution, notamment l’Assemblée Nationale. Dans un sens large ou matériel,
elle désigne toutes règles de droit écrites émanant, d’une part, du pouvoir législatif,
et d’autre part du pouvoir exécutif.

PARAGRAPHE I : LA HIERARCHIE DES NORMES


Au sommet de la pyramide, se situe le texte fondamental à savoir la constitution.
Deux raisons expliquent cette prééminence :
- d’une part, la constitution contient les règles constitutives de la société ;
- d’autre part, elle organise la production des normes juridiques. En effet, c’est la
Constitution qui donne à l’Assemblée Nationale, au Gouvernement le pouvoir
d’édicter des règles de droit.
A partir de la constitution, les autres règles s’ordonnent en une hiérarchie
décroissante. La hiérarchie des normes signifie que la règle inférieure est
subordonnée à la règle supérieure qu’elle est tenue de respecter.

A- LES REGLES CONSTITUTIONNELLES ECRITES: Les règles


constitutionnelles écrites qui sont au sommet de la hiérarchie des normes
comprennent la constitution proprement dite du 25 février 1992 et toutes les lois
constitutionnelles qui viendront la modifier ou la compléter.

B – LES TRAITES ET LES CONVENTIONS INTERNATIONALES : La


Constitution du 25 février 1992 dispose en son article 116 que « les traités ou
accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité
supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque traité ou accord de son
application par l’autre partie ». Mais, il faut rappeler que les traités et les
conventions en la matière ne peuvent être ratifiés que s’ils ne sont pas contraires à
la constitution, d’où leur infériorité à cette dernière, ce qui est admis par plusieurs
auteurs.

C- LOIS ORGANIQUES: Plusieurs articles de la constitution renvoient à des lois


organiques pour préciser les règles d’organisation et de fonctionnement des
institutions comme la Cour constitutionnelle, l’Assemblée Nationale, la Cour
suprême, le Conseil économique social et culturel, etc.
Les lois organiques sont votées dans les conditions suivantes :
- la proposition ou le projet n'est soumis à la délibération et au vote de l'Assemblée
Nationale qu'après l'expiration d'un délai de quinze jours après son dépôt sur le
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bureau de l'Assemblée Nationale. Le texte ne peut être adopté qu'à la majorité


absolue des membres composant l'Assemblée Nationale. Les lois organiques ne
peuvent être promulguées qu'après déclaration par la Cour Constitutionnelle de
leur conformité à la Constitution.

D- LES LOIS ORDINAIRES : Se sont des lois qui sont votées par l’Assemblée
Nationale dans les matières prévues par l’article 70 de la Constitution. L’initiative
en revient soit à l’exécutif, auquel cas on parle de « Projet de loi », soit à
l’Assemblée Nationale, il s’agit alors de « proposition de lois ».

E- LES ORDONNANCES : (C’est l’acte pris par le gouvernement dans le domaine de la loi sur l’habilitation du
parlement pour un délai limite en vu d’exécuter son programme) Aux lois ordinaires, il faut assimiler les

ordonnances de l’article 74 de la Constitution. Avec ces ordonnances, le


gouvernement, autrement dit le pouvoir exécutif, peut légiférer dans des matières
qui, selon l’article 70 de la Constitution, sont normalement du domaine de la loi
c’est-à-dire sont réservées à l’Assemblée Nationale. Toutefois, lorsque le
gouvernement demande la permission d’empiéter sur le domaine du législatif,
l’Assemblée nationale vote une loi d’habilitation. Une fois l’ordonnance prise en
Conseil des Ministres, après avis de la Cour suprême, elle doit être ratifiée par
l’Assemblée Nationale. Dès que ratifiée, elle acquiert valeur de loi. Dans le cas
contraire, elle n’a qu’une valeur réglementaire.

F- LES REGLEMENTS : (se sont des actes de porter général et impersonnel édicte par les autorités
gouvernementales et administratives : présidt de la Rep, 1 ministre, ministres, préfets, maires)  Il s’agit des règles de
er

droit écrites qui émanent du pouvoir exécutif. Ces actes administratifs


réglementaires ou règlements font eux-mêmes l’objet d’une hiérarchie.
Il y a d’abord les décrets du Prédisent de la République, ils sont en quelque sorte
au sommet de la hiérarchie des règlements.
Il y a ensuite les décrets du premier Ministre : ils peuvent être de deux sortes :
- d’une part, il peut s’agir de décrets autonomes pris dans des matières qui sont
exclusivement réservées au gouvernement. Les règlements sont dits autonomes
parce qu’ils ne sont pas pris en application d’une loi.
- d’autre part, il peut s’agir précisément de décrets d’application, qui viennent
préciser les détails d’application d’une loi ordinaire

G- LES ARRETES : Ils sont au dernier niveau de la hiérarchie des normes


écrites. Il existe divers sortes d’arrêtés selon le niveau de l’autorité dont ils
émanent. Les arrêtés ministériels, des arrêtés des maires, des arrêtés du
gouverneur.

NB. Les circulaires (lettre, avis administratifs, professionnels ou diplomatiques, tires a plusieurs exemplaires pour
communiquer une même information a plusieurs personnes) et les réponses ministérielles ne sont pas

généralement classées parmi les sources, ce que nient certains auteurs. En tout état
de cause, elles peuvent jouer un rôle important dans l’interprétation des textes.

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PARAGRAPHE II : LA FORCE OBLIGATOIRE DE LA LOI


La force obligatoire de la loi pose le problème de la naissance et de sa disparition,
à partir de quel moment une loi entre-t-elle en vigueur, comment disparaît-elle ? Et
jusqu’à quand reste t-elle obligatoire ?

1- L’ENTREE EN VIGUEUR DE LA LOI :


Pour que la loi entre en vigueur, il faut qu’elle soit adoptée, promulguée et publiée.

- L’adoption de la loi par l’Assemblée Nationale : Le projet de loi ou la


proposition de loi doit être adoptée par l’A.N. Mais la loi ainsi adoptée n’est pas
encore dotée de force obligatoire pour les justiciables. Il faut que l’apparition de la
nouvelle loi soit certifiée d’une manière authentique à travers la promulgation.

- La promulgation de la loi : C’est le Chef de l’Etat qui assure cette promulgation


par décret, en principe dans les quinze jours. La promulgation est l’acte par lequel
le président de la République donne l’ordre d’exécuter la loi. La date du décret de
promulgation devient celle de la loi.
Mais même promulguée, la loi n’entre pas encore en vigueur, elle doit en plus être
publiée.

- La publication de la loi : La publication est l’opération matérielle qui tend à


porter les lois, décrets et arrêtés à la connaissance de ceux auxquels ils doivent
s’appliquer, ce qui est évidemment indispensable pour qu’ils deviennent
exécutoires. Cette publication est effectuée au J.0., dont c’est la fonction officielle.
Mais à compter de la publication, un certain délai est nécessaire pour l’entrée en
vigueur de la loi. Il faut en effet, qu’un jour franc (de 00heure à 00heure), se passe
pour que la nouvelle loi soit applicable à Bamako, et ses environs immédiats. En
dehors de Bamako, il faut tenir compte du délai nécessaire pour que le J. 0. Arrive
au chef lieu de régions en tenant compte du retard provenant de l’expédition du J.
0. C’est à partir de cette arrivée du J.O. que le délai de 24 h commence à courir.
Alors s’applique la maxime « nul n’est censé ignorer la loi » qui connaît toutefois
certaines exceptions : en matière de contravention et d’erreur de droit.
- En matière de contravention, l’infraction n’est punissable qu’à compter de 3 jours
francs à partir du texte l’instituant.
- Lorsqu’on peut évoquer une erreur de droit : la jurisprudence admet en effet, que
celui qui s’est engagé dans l’ignorance (contrat) peut demander la nullité de l’acte
qui l’oblige.

2- L’ABROGATION DE LA LOI : Une fois promulguée et publiée, la loi reste


en vigueur jusqu’à son abrogation. L’abrogation est l’acte par lequel l’autorité de
qui émane un texte, lui retire sa force obligatoire. Elle peut être expresse ou tacite.

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- L’abrogation expresse : Elle intervient lorsque la loi nouvelle déclare


formellement abrogée, les dispositions antérieures. La portée de l’abrogation est
fixée dans le texte qui l’édicte c’est-à-dire ; l’abrogation peut être totale ou
partielle (dans ce cas elle porte sur un point précis). Généralement les dispositions
transitoires et finales de la loi nouvelle déclarent abrogées toutes dispositions
antérieures contraires.

- L’abrogation tacite : Elle résulte de l’incompatibilité qu’il y a entre une loi


nouvelle et la loi ancienne. L’application simultanée de ces deux textes n’est pas
possible et dans ce cas la préférence est donnée à la loi nouvelle supposée être
meilleure.
La question s’est posée de savoir si une loi peut être abrogée par désuétude,
c’est-à-dire suite à une longue période d’inapplication. La réponse est négative, la
question se posant très souvent dans les rapports entre la loi et une coutume
contraire.

PARAGRAPHE III : LE DOMAINE D’APPLICATION DE LA LOI


La loi s’applique dans le temps et dans l’espace.

A- L’APPLICATION DE LA LOI DANS L’ESPACE


La loi est applicable sur l’ensemble du territoire national, à tous ceux qui y vivent.
Le territoire national s’étend également aux représentations diplomatiques et
consulaires de l’Etat concerné. Cependant, on doit tenir compte de la présence de
personnes d’autres nationalités.
Dans ce cas, la compétence des règles maliennes peut être limitée par les règles de
conflit de lois et des conflits de juridictions en droit international privé.

B- L’APPLICATION DE LA LOI DANS LE TEMPS


Comment se pose le problème de l’application de la loi dans le temps et quelles en
sont les solutions ?
1- Position du Problème
Il y a conflit de loi dans le temps, lorsque dans un même domaine il existe deux
lois susceptibles de s’appliquer : une loi ancienne et une loi nouvelle. La question
qui se pose est de savoir laquelle de ces deux lois va s’appliquer.

2- Solutions
Le code civil donne un élément de solution dans son article 2 qui dispose que « la
loi ne dispose que pour l’avenir, elle n’a point d’effet rétroactif
ce que l’on peut traduire par une proposition en deux branches :
- la loi nouvelle a un effet immédiat,
- la loi nouvelle n’a pas d’effet rétroactif.
Deux théories ont été successivement dégagées par la doctrine: la théorie classique
et la théorie moderne.

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La théorie classique : Selon la théorie classique, on fait une distinction entre les
droits acquis et les simples expectatives. Le droit acquis est un droit définitivement
créé, c’est-à-dire définitivement entré dans le patrimoine de son titulaire. Ainsi
l’héritier a un droit acquis lorsque la succession à laquelle il est appelé est ouverte,
des époux divorcés ont une situation acquise dès que le jugement de divorce est
devenu définitif. Au contraire, une expectative n’est qu’une espérance non encore
réalisée, un droit simplement espéré.
Les droits acquis ne doivent pas être remis en cause par une loi nouvelle : celle-ci
ne saurait priver d’un droit, les personnes qui en ont été définitivement investies; à
l’inverse, les simples expectatives cèdent devant la loi nouvelle qui peut les
remettre en cause et les rendre sans effet.
La théorie classique a été critiquée car la distinction entre droit acquis et simple
expectative est parfois difficile à établir, c’est pourquoi une autre théorie a été
proposée : la théorie moderne.

La théorie moderne : Cette théorie a été élaborée par le doyen P. ROUBIER. Pour
résoudre le conflit de lois dans le temps, il propose de distinguer entre les
situations juridiques légales et les situations juridiques contractuelles.
Mais selon la théorie moderne, on peut écarter déjà deux sortes de situations pour
lesquelles il n’y a aucune difficulté, ce sont celles qui naissent postérieurement à
l’entrée en vigueur de la loi nouvelle qui, alors, leur sera applicable ; et celles qui
sont nées et qui se sont entièrement réalisées avant cette entrée en vigueur et qui
restent sous l’empire de la loi ancienne.
La seule difficulté concerne donc les situations juridiques en cours, c’est-à-dire
celles qui sont nées sous l’empire de la loi ancienne mais qui continuent à produire
des effets après l’entrée en vigueur de la loi nouvelle.

En matière de situation légale, s’applique le principe posé par l’article 2, c’est-à-


dire que la loi nouvelle ne régira que les effets futurs sans modifier les effets
passés de la situation concernée.

En matière de situation contractuelle, par contre, le principe de l’autonomie de


la volonté, selon lequel les parties ont fait leurs prévisions respectives par rapport à
l’économie de leur contrat, s’oppose à ce qu’une loi nouvelle puisse remettre ces
prévisions en cause. C’est pourquoi, en matière contractuelle, on admet la
suivie de la loi ancienne qui régissait le contrat et qui restera applicable jusqu’à sa
l’exécution complète du contrat en question.
Toutefois, il existe une exception à la survie de la loi ancienne : en effet, si la
nouvelle loi est considérée comme d’ordre public, elle est impérative et s’applique
immédiatement aux effets futurs des contrats en cours. Les lois fixant les règles
relatives à l’organisation de l’Etat ou de la famille, à la morale sexuelle à la dignité
de la personne humaine … appartiennent à l’ordre public classique. Encore appelé
ordre public politique et moral, l’ordre public classique vise ainsi à protéger

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l’organisation fondamentale de la société et en particulier l’Etat, la famille et la vie


sociale.
Ainsi, à côté de l’ordre public classique, on distingue l’ordre public économique et
social qui se décompose en un ordre public de direction et un ordre public de
protection. L’ordre public économique et social de direction régit l’activité
économique à travers l’intervention de l’Etat afin de préserver l’intérêt général :
(taxation des prix, planification de la production, etc.).
L’ordre public économique et social de protection vise à protéger la partie la plus
faible face à la partie sensée être économiquement la plus puissante (protection du
consommateur contre le professionnel, du salarié contre l’employeur, du locataire
contre le bailleur, etc.). Il permet de faire face à certains déséquilibres contractuels.
Une deuxième exception (en plus de la survie de la loi ancienne en matière
contractuelle) au principe posé par l’article 2 concerne les cas dans lesquelles la
loi nouvelle est exceptionnellement rétroactive. En effet, la loi nouvelle peut être
rétroactive dans certains cas, mais c’est assez rare, compte tenu du danger de la
rétroactivité pour les droits et libertés des citoyens.
Il existe essentiellement les cas suivants de rétroactivité de la loi nouvelle :
- la loi pénale plus douce,
- la loi confirmative ;
- la loi interprétative ;
- les lois de compétence et de procédure ;
- la loi expressément rétroactive.

SECTION II : LA COUTUME

« On appelle coutume des lois que l’usage a établie et qui se sont conservées sans
écrit par une longue tradition ». Phénomène collectif comme la loi. La coutume, à
la différence de la loi n’émane pas de l’Etat ; elle naît spontanément par un long
usage de la vie du groupe social. La règle coutumière, à la différence de la règle
légale, n’est pas imposée d’un coup aux sujets de droit ; elle repose sur un
consentement populaire, sur un consensus social, sur le comportement des
intéressés et se développe progressivement dans le temps jusqu'à se raffermir, elle
s’établit par l’habitude.

SECTION III : LA JURISPRUDENCE

L’expression jurisprudence peut être prise dans deux sens différents.


Dans un sens large, elle désigne l’ensemble des décisions qui sont rendues par les
tribunaux dans les litiges qu’ils ont à connaitre.
Dans un sens étroit, elle désigne la façon dont un problème de droit est
habituellement tranché par les tribunaux.

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SECTION IV : LA DOCTRINE

La doctrine est constituée par l’ensemble des ouvrages, des travaux ou opinions
des théoriciens et praticiens de droit. Leurs réflexions et commentaires sur des
textes ou des décisions de justice peuvent influencer les tribunaux et le législateur.
La doctrine n’est pas seulement descriptive ; elle a une fonction critique à l’égard
des règles, de leur interprétation et des concepts juridiques. Les juristes peuvent en
effet mettre en évidence les lacunes et imperfections du droit objectif et proposer
des solutions nouvelles ou des interprétations innovantes. Les tribunaux qui ont à
trancher une nouvelle difficulté peuvent s’inspirer des opinions émises par les
auteurs.

DEUXIEME PARTIE : L’ORGANISATION JUDICIAIRE AU MALI

INTRODUCTION

Qu'est-ce qu'être juge?

Toute vie en société entraîne inévitablement des contestations. Et cela pour


plusieurs raisons.
Ainsi pour différents motifs des prétentions s'affrontent. Il est alors indispensable,
qu'une personne impartiale, respectée pour son autorité personnelle ou en raison
des pouvoirs qu'elle tient de la loi, se prononce sur les prétentions en conflit et
déclare publiquement laquelle des deux est justifiée, il faut « dire le droit». Le
juge a alors pour fonction de trancher les litiges. Cette fonction nécessaire dans
toute société civilisée repose sur un principe fondamental qui veut que « nul ne se
fasse justice soi -même)}, pour éviter le désordre et l'anarchie. La fonction de
juger est devenue elle-même arborescence car, pour faire œuvre de justice; l’Etat
agit par l'intermédiaire d'organes juridictionnels auxquels participe tout un
personnel spécialisé, l'ensemble composant l'ordonnancement judiciaire.
L'Etat à la responsabilité de l'ordre public, et la justice est en réalité un devoir de
l'Etat. Ainsi pour faire face aux multiples responsabilités, l'Etat a organisé un
véritable service public .Un service public est une activité destinée à satisfaire un
besoin d’intérêt général et qui, en tant que telle, doit être assurée ou contrôlée par
l’administration. Cette administration organise des moyens matériels et humains en
vue de l’exécution de cette tâche. Le service public de la justice est composé de
multiples organes auxquels participent de nombreuses personnes dont l'ensemble
forme ce que l'on a coutume d'appeler « les Institutions Judiciaires ».

Dans l'expression « Institutions Judiciaires» le mot judiciaire est utilisé dans son

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sens étymologique pour désigner ({ ce qui est relatif à l'administration de la


justice ».
Par l'expression « Institutions Judiciaires» on pense tout de suite aux juridictions
(aux cours et tribunaux). Une juridiction est un organe crée par la loi qui a pour
but de trancher des litiges en droit et dont la décision a une autorité qui s'impose
aux parties au litige. Mais pour répondre à la diversité des attributions de la justice
moderne, les juridictions sont elles mêmes très diversifiées.
La justice civile: justice entre les particuliers, étant précisé que cette expression
n'exclut pas les litiges en matière commerciale et sociale.
La justice pénale: exercée par les tribunaux de police, les tribunaux correctionnels
et les cours d'assises dont l'objectif est de réprimer tes infractions qui ont été
commises.
la justice administrative: a pour trait caractéristique de juger les
litiges concernant l'administration.
A chacun de ces types de justice correspondent des juridictions très différentes par
leur esprit et leurs structures. Mais quelles que soient les particularités de chacune
d'elles, toutes les juridictions ont pour trait commun d'être appelées à trancher des
·contestations au moyen d'un acte solennel que l'on appelle un jugement.

Un important personnel assure le fonctionnement des juridictions. Le terme


"magistrat" désigne à la fois les juges du siège et les membres du parquet
représentant le ministère public. Les magistrats du siège et du parquet ne forment
qu'un seul corps et sont recrutés et formés de la même manière mais ils ne sont pas
soumis aux mêmes obligations et ne bénéficient pas des mêmes droits. Les juges,
mais aussi d'autres personnes comme les avocats, les huissiers de justice, les
greffiers dont l'ensemble forme ce que l'on a coutume d'appeler les « auxiliaires de
justice ».

Ensuite on ne saurait négliger le fait même du Procès. Le juge statue à la suite


d'une procédure, destinée à permettre une meilleure recherche de la vérité dans des
conditions sereines et loyales et le procès obéit à certains principes qui animent le
fonctionnement des juridictions.
Quand, dans un sens très large on parle des « Institutions Judiciaires» on désigne
donc par là cet ensemble très disparate que constituent les juridictions, le personnel
judiciaire et aussi les principes fondamentaux qui régissent le procès.

Sur le territoire de la République du Mali, la justice est rendue par :


1 – Une Cour Suprême, qui est des Tribunaux de première instance
2 – Une Cour d’Appel, qui est Des Justices de Paix à Compétence Etendue
3 – Une Cour d’Assises. Des Sections détachées du Tribunal de 1ere inst
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4 – Des Tribunaux de Travail. Des Tribunaux de Commerce

A l’origine du recours au juge se trouve généralement un litige. C’est le cas d’un


citoyen contrarié dans ses droits qu’il tient de la loi ou des conventions. De la
même manière qu’un individu peut être contrarié, la société tout entière peut se
sentir menacée par les agissements d’un individu comme un voleur, un criminel ou
un grand escroc.

Cet individu sera poursuivi devant les tribunaux par l’autorité publique qui
représente et défend les intérêts de la société : le Ministère Public. C’est le
déclenchement de l’action publique par les soins du procureur de la République
représentant le Ministère public. Mais tout cela s’opère selon certaines formes
précisées par la loi et qui constituent la procédure. Ces formes sont organisées de
manière à assurer la bonne marche de la justice, mais surtout pour garantir la
liberté et les droits des citoyens plaideurs.
Exemple : Il n’est pas conséquent de coordonner quelqu’un sans avoir dûment
averti qu’il était poursuivi et sans qu’il soit mis en demeure et en mesure de se
défendre’

CHAPITRE I : L’ORGANISATION DES TRIBUNAUX

Notre organisation judiciaire est soumise au principe du double degré de


juridiction, c’est- à -dire qu’en principe, tout litige peut être jugé deux fois à la
demande de l’une des parties au procès.
Une fois en premier ressort devant les juridictions de première instance et une fois
en deuxième ressort devant l’unique juridiction de deuxième instance (la Cour
d’Appel).
Les juridictions sont réparties en deux ordres :
Les juridictions de l’ordre judiciaires pour trancher les litiges entre particuliers et
celle de l’ordre administratif pour les conflits entre un particulier et
l’Administration.
Au Mali, puisqu’il n’existe pas de tribunal administratif de base, tous les conflits
entre un particulier et l’Administration sont tranches en premier et dernier ressort
par la section administrative de la Cour suprême.

SECTION I : LES JURIDICTIONS DE PREMIER DEGRE

Il s’agit des juridictions civiles et des juridictions répressives.

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PARAGRAPHE I : LES JURIDICTIONS CIVILES

A – LE TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE OU T.P.I. : Il est la


juridiction fondamentale et existe dans chaque Chef-lieu de région au Mali.
Sa compétence ratione loci (en raison de la situation géographique) s’étend à tout
le territoire de la région.
Sa compétence ratione materiae (en raison de la nature de l’importance de
l’affaire) s’étend à toutes les actions civiles, commerciales et coutumières
inférieures ou égales à 50.000 F CFA en premier et dernier ressort (on tranche une
fois pour toutes) et, seulement en premier ressort pour les affaires relatives à l’état
des personnes (mariage, divorce, état civil) et toutes celles supérieures à 50.000 F
CFA ainsi que les successions et les donations.
Sa composition est la suivante :

- Un président, - Un juge d’instruction, - Un procureur de la République, - Un


Substitut du procureur de la République, - Un Greffier en Chef,- Quatre Greffiers

B – LES SECTIONS DETACHEES DU T.P.I. DE BAMAKO


Elles ont été instituées par la loi n88-39/AN-RM du 08/02/1988 portant
réorganisation judiciaire au Mali.
Elles constituent une particularité en ce sens qu’elles n’existent que dans les six
communes du District de Bamako et ont la même compétence ratione materiae que
le T.P.I. alors que leur compétence ratione loci est déterminée par la limite de la
Commune.

C – LES JUSTICES DE PAIX A COMPETENCE ETENDUE :


Elles existent dans tous les chefs-lieux de cercle (excepté les chefs-lieux centraux)
avec une compétence ratione loci limitée par la limite administrative et une
compétence ratione materiae identique à celle du T.P.I.
Sa composition est d’un seul juge assumant les fonctions de juge de siège, de
magistrat d’instruction et de procureur de la République. IL est le fameux
« monstre à trois tête ».

D – LES TRIBUNAUX DE TRAVAIL :


Il existe un tribunal de travail dans chaque chef-lieu de région.
Sa compétence ratione materiae englobe tous les litiges tant individuels que
collectifs relatif aux contrats de travail, aux accidents de travail, aux différends
désaccord entre l’INPS et les Employeurs ou les employés.
Elle est composée d’un Magistrat et de deux Assesseurs (un employé et un
employeur) nommés par Arrêté du Ministre du Travail.

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E – LES TRIBUNAUX DE COMMERCE :


Ces tribunaux existent pour le moment à Bamako, Kayes et Mopti.
Le tribunal de commerce est composé de juges professionnels et de juges élus.
Les juges élus sont des commerçants. Ils sont élus pour leurs expériences dans
l’exercice des transactions commerciales.
Sa compétence ratione materiae est relative aux contestations entre commerçants et
tous litiges relatifs aux actes de commerce entre toutes personnes ainsi qu’en
matière de :
- règlement judiciaire (procédure s’appliquant au débiteur en vue du paiement
collectif de ces créances)
- liquidation (procédure s’appliquant au débiteur personnes physique ou morale en
vue du paiement des créances si l’entreprise est en faillite)
- et de faillite personnelle (ensemble des échéances et interdictions frappant un
commerçant en règlement judiciaire ou en liquidation de biens).

F – LES TRIBUNAUX POUR ENFANTS :


IL existe un tribunal pour enfants dans chaque chef-lieu de région.
Sa compétence ratione loci est le territoire de la région.
Sa compétence ratione materiae couvre les délits et contraventions commis par les
mineurs.
Sa composition est la suivante :
- Un président, - Un juge d’instruction, - Un greffier, -Deux assesseurs,
- Le procureur de la République près du T.P.I. ou un de ses substituts.

PARAGRAPHE II : LES JURIDICTIONS REPRESSIVES

Ces juridictions connaissent des infractions au Droit Pénal et comprennent :

A – LES TRIBUNAUX DE SIMPLE POLICE :


Ils jugent les contraventions aux termes de la loi n62 66/AN-RM du 06/08/1962.

B – LES TRIBUNAUX CORRECTIONNELS :


Ils statuent sur les délits correctionnels comme par exemple le vol.

SECTION II : LES JURIDICTIONS DE DEUXIEME DEGRE


Les cours d’Appel sont au Mali les juridictions de deuxième degré. Il s’agit d’une
part de la Cour d’Appel et d’autre part, de la Cour d’Assise.

PARAGRAPHE I : LA COUR D’APPEL


Il existe trois Cours d’Appel au Mali (Bamako, Kayes et Mopti).
Cette Cour a une compétence ratione materiae très large.

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Elle connaît de l’appel de tous les jugements des juridictions de base. Elle
comprend cinq chambres :

A – LA CHAMBRE CIVILE ET COMMERCIALE qui connaît des appels


formés contre les décisions rendues en matière civile et commerciale par les
juridictions de base.

B – LA CHAMBRE SOCIALE qui connaît de l’appel des jugements rendus par


les tribunaux de travail.

C - LA CHAMBRE CORRECTIONNELLE connaissant des appels contre les


décisions des tribunaux de simple police et correctionnel.

D – LA CHAMBRE D’ACCUSATION connaît des appels contre les


Ordonnances rendues par les juges d’Instruction et des renvois devant la Cour
d’Assises en procédure criminelle. Elle statue aussi sur les demandes d’extradition
et de réhabilitation des personnes condamnées. Elle contrôle aussi l’activité des
Officiers de Police Judiciaire.

E – LA CHAMBRE SPECIALE DES MINEURS jugeant, en cas d’appel contre


les décisions rendues par les tribunaux pour enfants.
Son président est désigné parmi les Conseillers de la Cour d’Appel par
Ordonnance du président de la Cour d’Appel.
Il est assisté de deux assesseurs, deux magistrats d’instance ou deux conseillers.
Sa composition est déterminée comme suit. Selon l’article 24 de la loi 68 17 du
17/02/1968.
– Un premier président, - Huit conseillers, - Un procureur général, - Un avocat
général, - Un greffier en chef, - Trois greffiers.

N.B. : Chaque chambre de la Cour d’Appel a un président mais c’est le président


de la chambre civile et commerciale qui est le premier président de la Cour
d’Appel.

PARAGRAPHE II : LA COUR D’ASSISES


Elle est une juridiction de même niveau que de la Cour d’Appel.
Elle connaît des crimes (assassinat, coups ayant provoqué la mort) et est présidée
par le premier président de la Cour d’Appel ou tout conseiller de cette Cour
nomme par Ordonnance du premier président.
Les Assisses ne sont closes que quand toute les affaires criminelles en état, lors de
leur ouverture, y ont été portées.
Sa composition est de deux conseillers (magistrats), deux assesseurs désignés par
tirage, au sort sur une liste nationale faisant l’objet d’un arrêté du Ministre de la

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Justice. Le banc du Ministère Public est occupé par le Procureur Général, l’Avocat
Général et le Substitut Général.
Il existe aussi une Cour d’Assises des Mineurs composée du premier président de
la Cour d’Appel ou du conseiller le plus ancien, de deux juges des enfants désignés
par Ordonnance du premier président de la Cour d’Appel, de deux assesseurs tirés
au sort les listes régionales des juridictions pour enfants.

N.B. : La Cour d’Assises est fixée à Bamako, mais le Ministre de la Justice peut
après l’avis du procureur Général et du président de la Cour d’Appel transporter ce
siège en toute autre localité. Elle a, en principe, une session par trimestre.

CHAPITRE II : LES JURIDICTIONS SPECIALES


Il s’agit de la Haute Cour de Justice et de la Cour Constitutionnelle.

SECTION I : LA HAUTE COUR DE JUSTICE


Elle est compétente pour juger le Président de la République et les Ministres mis
en accusation devant elle par l’Assemblée Nationale sur vote des 2/3 de ses
membres pour haute trahison ou à raison de faits qualifiés de crimes ou délits dans
l’exercice de leurs fonctions.
Elle siège à Bamako. Ses membres sont désignés par l’Assemblée Nationales.

SECTION II : LA COUR CONSTITUTIONNELLE


Elle connaît de la constitutionnalité de toutes les lois de la République avant leur
promulgation ainsi que des engagements internationaux.
Elle est saisie soit par le Président de la République soit par le Premier Ministre,
soit par le Président de l’Assemblée Nationale ou un dixième des députés.
Les décisions de la Cour Constitutionnelle sont insusceptibles de recours.
Elle est composée de neuf membres désignés pour sept ans renouvelables une fois
et portant le titre de conseillers.
Ces conseillers sont choisis à titre principal parmi les professeurs de droit. Les
avocats et les magistrats ayant au moins 15 ans d’activités ainsi que les
personnalités qualifiées qui ont honorés le service de l’Etat.

N.B. : Les 9 membres composant la Cour Constitutionnelle sont désignés comme


suit :
- 3 par le Président de la République dont au moins 2 juristes,
- 3 par le Président de l’Assemblée Nationale dont au moins 2 juristes,
- 3 Magistrats désignés par le Conseil Supérieur de la Magistrature.

CHAPITRE III : LA COUR SUPREME


Elle est la plus haute instance juridictionnelle de la République.

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Elle connaît des pourvois formulés contre les décisions de la Cour d’Appel, de la
Cour d’Assises, des jugements rendus en premier et dernier ressort par les T.P.I.,
leurs sections détachées et les J.P.C.E. Elle est composée par :
- Un premier président,
- Un vice-président,
- Trois présidents de sections,
- Un procureur général,
- Deux substituts généraux et vingt trois conseillers.
Elle comprend 3 sections.

SECTION I : UNE SECTION JUDICIAIRE


divisée en 3 chambres :
- Une chambre civile et commerciale,
- Une chambre criminelle,
- Une chambre sociale.
Elle contrôle la légalité des décisions rendues en matière civile, sociale,
commerciale et criminelle et celles contre lesquelles il n’ya pas d’autres voies de
recours.

SECTION II : UNE SECTION ADMINISTRATIVE


Elle connaît des litiges rentrant dans les contentieux administratifs et se prononce
sur les recours en annulation pour excès de pouvoirs dirigés contre les autorités
administratives et sur les recours en interprétation de ses actes.

SECTION III : UNE SECTION DES COMPTES


Elle connaît des comptes des comptables publics, vérifié et contrôle la gestion et
l’exécution financière et comptable des organisations dotées de la personnalité
civile et de l’autonomie financière et dans lesquelles l’Etat ou les collectivités
publiques ont un intérêt.

N.B. : La Cour Suprême « n’est pas un troisième degré de juridiction » puisque son


rôle consiste à vérifier si la loi a été bien appliquée.
Elle ne juge pas en fait, mais seulement en droit.
La Cour Suprême est compétente sur toute l’étendue du territoire de la République.

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