Vous êtes sur la page 1sur 7

Les antalgiques en odontostomatologie

Introduction :
La douleur est une notion quotidiennement rencontré en médecine buccale, quel soit symptomatique d’une
pathologie ou secondaire a un acte. La prévention et le traitement de la douleur nécessitent une approche la
plus globale possible. Les thérapeutiques médicamenteuses font partie des moyens possibles à mettre en
œuvre, tout en gardant à l’esprit que le traitement premier de la douleur reste étiologique (pulpotomie,
extraction, drainage, curetage, etc…)
Devant le nombre important de molécules antalgiques actuellement disponible, le choix du ou des
médicaments prescrits se fait en fonction des différents critères : l’état de santé du patient, la physiologie
de la douleur, son intensité et l’évaluation scientifique de traitement.

1-neurophysiologie de la douleur :
De manière à mieux appréhender la pharmacologie des médicaments antalgiques il est important d’en
connaitre les principales cibles c’est-à-dire les différentes voies nerveuses de la douleur et les médicaments
qui y sont associés. Les douleurs liées à une pathologie infectieuse (maladie parodontale, pathologie
pulpaire) ou consécutives à un acte opératoire sont essentiellement les douleurs inflammatoires aigues.
L’intérêt de telles douleurs est absolument essentiel pour l’individu comme pour l’espèces puisqu’il s’agit
d’un signal d’alarme indiquant la présence qu’un danger potentiel ou réel qu’il convient de maitriser
rapidement. La sensation de douleur aigue débute au site de traumatisme tissulaire, l’agression est
détectée par les nocicepteur (terminaison nerveuses libres des neurones A et C dont les fibres véhicules
ensuite les influx nociceptifs. Ce qui caractérise la cavité buccale et les organes dentaires est la présences
d’un nombre particulièrement important de nocicepteurs (muqueuse buccale, la pulpe dentaire,
desmodonte, tissus osseux, et vasculaires).
L’inflammation aigue est principalement constituée par une réaction microcirculatoire intense entretenue
par la libération des médiateurs de nature et de quantité très variables qualifies de « soupe inflammatoire ».
Pour la zone orofaciale, les afférences nerveuses se font principalement vers le complexe sensitif de
trijumeau. A partir de celui-ci, les messages nociceptifs sont transmis vers le cortex cérébrales, l’amygdales
ou l’hypothalamus par l’intermédiaires de relais situées dans le thalamus la formation réticulée bulbaire, Le
noyau parabrachial ou le noyau de faisceau solitaire.
Associés à ces voies de la douleur, il existe des systèmes naturels de modulation de la douleur. Ces voies
sont présentes à tous les « étages » des voies de la douleur : périphériques, segmentaire, bulbospinale et
corticales. Trois systèmes inhibiteur sont particulièrement. Il s’agit :
Du contrôle médullaire (théorie du porillon).
Du contrôle inhibiteur diffus.
Du contrôle exercé par les centres supérieurs du système nerveuse central.

2- classification des antalgiques :


La connaissance de la classification des médicaments antalgiques est un élément important qui permettre
au praticien de faire un choix entre les différentes molécules. De nombreuse classification sont possibles. Il y
a longtemps été décrit une classification en fonction du lien d’action présumé des médicaments qui
dissociait les antalgiques à action périphériques de ceux a action centrale. On sait aujourd’hui que tous les
médicaments antalgiques agissent à la fois au niveau périphériques et centrale.
Une seconde classification a été proposé par WHO e 1986 sous formes de paliers d’analgésiques pour le
traitement des douleurs cancéreuse. Cette échelle établie dans les douleurs cancéreuses prend en compte
l’évolution de l’intensité de la douleur au cours de ces maladies et permet d’adapter progressivement la
puissance antalgique en passant des antalgiques non opioïdes (palier 1) aux opioïdes faibles (palier 2) puis
enfin aux opioïdes fortes (palier 3). L’intérêt de cette classification de WHO apparait moins pertinent
concernant des douleurs aigues à forte composante inflammatoire comme en l’observe en rhumatologie, en
postopératoire des chirurgies abdominales ou des chirurgies orales.

1|Page
Dans tous ces cas si le paracétamol reste le traitement de première ligne pour la prévention des douleurs
légères a modérées. Le second palier est le plus souvent les AINS lorsque cela est médicalement possible,
en effet ils sont plus efficaces que le paracétamol seul et même que l’association opioïdes faibles (codéine,
tramadol) paracétamol. En outre, contrairement à ce que préconise WHO dans la douleur aigue
postopératoire, l’association de paracétamol à un AINS semble présenter une efficacité antalgique
supérieure aux traitement pris séparément.
La classification la plus judicieuse et pragmatique soit celle qui s’appuie sur la structure chimique et/ou sur
les propriétés pharmacologiques des médicaments. Cette classification distingue les antalgiques non
morphiniques, les opioïdes faibles et les opioïdes fortes.

2-1 les antalgiques non morphiniques :


Cette classe pharmacologique regroupe l’ensemble des médicaments dont ni la structure chimique ni le
mécanisme d’action ne s’apparentent à ceux des antalgiques morphiniques. De nombreuse molécules
appartiennent à cette classe. Elles sont de natures très divers, mais seuls le paracétamol et les AINS
présentent un intérêt thérapeutique en médecine buccale.
Paracétamol :
Le paracétamol (N-acétyl-para-aminophénol) est le métabolite actif de l’acétanilide et de la phénacétine
dont il partage les propriétés antalgiques et antipyrétiques. Il est indiqué dans la prévention et le traitement
symptomatologique des douleur d’intensité légère a modérée .
Cet antalgique est le plus prescrit au monde et le plus vendu sans ordonnance. Cependant malgré cette très
large utilisation, le mécanismes d’action précis du paracétamol est encore mal connu.
Propriétés pharmacologique :
Il semblerait que la principale action du paracétamol se fasse au niveau du SNC, en diminuant la synthèse de
prostaglandines par l’inhibition d’une cycle cyclo-oxygénase (Cox-3), a laquelle s’ajoute un éventuel effet
sérotoninergique. Il semble peu probable que son action antalgique puisse s’expliquer par une inhibition des
Cox périphériques.
Apres administration orale, la concentration maximale plasmatique de principe actif est obtenue en 15 à 60
minutes selon la forme galénique, après absorbation gastrique. La biodisponibilité de paracétamol est de
60% à 90% avec un faible taux de liaison aux protéines plasmatiques, de l’ordre de 10% . sa diffusion dans
les tissus est rapide et uniforme.
Le métabolisme du paracétamol se fait au niveau du foie. Il est en effet soumis à l’effet de premier passage
hépatique, ou près de 90% est alors métabolisé par glycoroconjugaison ou sulfuconjugaison.
Son élimination se fait principalement sous forme de métabolites par voie rénale.
Effet indésirables et contre-indication :
Les principaux effets indésirables sont quelques cas d’accident allergiques (simples rashs cutanée avec
érythème ou urticaire) et des très exceptionnels cas de thrombopénie. Ces effets indésirables sont
relativement rares, ce qui confère au paracétamol un excellent rapport bénéfice/risque.
Les contre-indication a à l’administration de paracétamol sont l’hypersensibilité et l’insuffisance
hépatocellulaire sévère.
Modalités de prescription :
La posologie adulte est de 1000 mg par prise, espacé de 6 heures. Il est nécessaire de ne pas excéder 4 g de
paracétamol par 24 heures. En effet le principal risque lié à l’utilisation de paracétamol est celui de
l’intoxication par le surdosage. Cette intoxication peut entrainer une cytolyse hépatique, aboutissent parfois
à une nécrose hépatique, une insuffisance hépatocellulaire, une acidose métabolique, une encéphalopathie,
pouvant aller jusqu’au coma et à ma mort.
Chez l’insuffisance rénal sévère, la posologie est de 500 à 1000 mg par prise, espacées d’au minimum 8
heures, et la dose journalière ne doit pas excéder les 3 g.
Femme enceinte et l’allaitement :
Chez la femme enceinte et qui allaite, le paracétamol est le traitement antalgique de choix en premier
intension. Les quantités excrétées dans le lait maternel sont inférieur à 2% de la dose ingéré.

2|Page
2-2 antalgiques morphiniques :
Les antalgiques morphiniques ont pour chef de file la morphine. Les molécules qui appartient à cette famille
partagent soit les mêmes structures chimiques(codéine), soit les mêmes propriétés pharmacologiques soit
les deux.
Mécanismes d’action et propriétés pharmacologique :
L’ensemble des médicaments antalgiques opioïdes possède le même mécanisme d’action. Ils se fixent avec
une affinité plus ou moins forte sur des récepteurs aux opioïdes. Cette différence d’affinité permet de
classer les médicaments opioïdes en opioïdes fortes (morphine) et faibles (codéine, tramadol,
dextropropoxyphène).
Ainsi, il existe une relation proportionnelle entre l’importance de l’affinité de ces médicaments avec leurs
récepteurs et leurs effets pharmacologiques.
Classiquement on distingue trois types de récepteur aux opioïdes qui sont appelés (pour morphine), (pour
vas déférés) et (pour kétocyclazocine). La localisation anatomique (SNC,SNP, système digestif etc..) et la
physiologie de ces récepteurs expliquent les effets pharmacologiques pléthoriques des médicaments
opioïdes.
Très majoritairement, l’activité antalgique des opioïdes est obtenue par leur fixation et l’activation des
récepteurs. Il n’en reste pas moins que ces opioïdes se fixent également sur les autres types de récepteur et
expliquant en partie leurs effets non désirés (constipation, somnolence, etc.). Concernant leurs propriétés
analgésiques, les récepteurs aux opioïdes sont retrouvés à des localisations anatomiques stratégiques pour
permettre un contrôle central et périphérique des voies de la douleur. Ainsi les antalgiques opioïdes
produisent une action antalgique à tous les niveaux des voies de la douleur : central, spinal et périphérique.

221antalgique morphinique faible :


Les antalgique Morphinique faible sont représentés par trois principe actifs :la codéine, le tramadol et le
dextropropoxyphène
Ce dernier a été retiré du marché en mars 2011 en raison des controverses sur son activité et ses effets
potentiellement toxique. Les agences sanitaires européenne ne recommandant plus son utilisation.
Cette classe d’antalgique est caractérisée comme son nom l’indique par une activité morphinique plus faible
que celle de la morphine associée des effets indésirable beaucoup moins fréquents et moins intenses que
ceux de la morphine elle-même.
Codéine :
D’un point de vue chimique, la codéine est un alcaloïde du pavot a opium (papaver somniferum ou pavot
somnifère) et bien qu’étant naturellement présente dans ce dernier, elle est actuellement obtenue pour une
bonne partie (85%A 90%)à partir de la morphine par un procède semi synthétique.
La codéine ne diffère de la morphine que par la présences d’un groupement méthyle d’où son nom de
3methyle morphine cette différence entraine des conséquences pharmacologique et thérapeutique
fondamentales
Particularités pharmacologique :
la codéine en tant que telle possède une affinité extrêmement faible pour les récepteur aux opioïdes, son
activité antalgique est essentiellement due à sa transformation hépatiques morphine par un mécanisme de
o-demetylation .seuls 5%A15% d’une dose de codéine se transformes en morphine .ce qui explique en
partie qu’a dose équivalente l’efficacité analgésique de la codéine est 1/10e à 1/12e celle de la morphine
(120mg de codéine équivalent à 10mg de morphing ) la codéine présente des effets indésirable
qualitativement et quantitativement bien moins important que ceux de la morphine .
Cette transformation de la codéine rn morphine au niveau du foie est un élément essentiel à prendre en
compte.
Effets indésirable et contre-indications :
Les effets indésirables de la codéine sont les mêmes que ceux de la morphine, mais avec une intensité et
une fréquence bien moins importantes. Les contre-indications à l'utilisation de la codéine découlent
directement de ces effets indésirables

3|Page
Modalités de prescription :
Chez l'adulte, il n'existe aucune spécialité pharmaceutique indiquée comme antalgique ne contenant que de
la codéine. Celle-ci est toujours associée soit avec du paracétamol, soit avec de l'acide acétylsalicylique. Une
des particularités des spécialités à base de codéine est leur grande diversité de dosages qui s'étendent de 20
mg (Compralgyl@) à 50 mg (par exemple Klipal codéine@) par comprimé, Contrairement à la morphine,
l'augmentation des doses est limitée par un effet plafond au-delà duquel l'analgésie n'augmente plus et les
effets indésirables sont majorés. Cette dose est de 180 mg/j, en sachant que dans des cas de douleurs
importantes, on peut en prescrire jusqu'à 240 mg/j. En outre, toutes les spécialités contenant du
paracétamol, la dose de 4 g/j de paracétamol ne doit pas être dépassée.
Femme enceinte et qui allaite :
Chez la femme enceinte, la codéine peut être prescrite aux doses usuelles quel que soit le terme de la
grossesse : il n’existe aucun risque de malformation ou de fœtotoxicité connu. Lors d'une utilisation à des
doses supra thérapeutiques jusqu'à l'accouchement, il est possible d'observer un syndrome de sevrage chez
le nouveau-né.
La codéine est contre-indiquée chez la femme qui allaite. En effet, lors de l'allaitement, si la mère
métabolise fortement la codéine en morphine, des quantités non négligeables de morphine peuvent passer
dans le lait et entraîner une intoxication du nouveau-né.
Tramadol propriétés pharmacologique :
Mécanisme d’action :
Le tramadol est un analogue synthétique de la codéine qui possède des propriétés d'agoniste faible pour les
récepteurs morphiniques. Il se lie avec une affinité 6 000 fois moins importante que la morphine et 10 fois
moins importante que la codéine. Son principal métabolite actif, le O-diméthyle tramadol (Ml), se lie avec
une affinité 200 fois plus importante sur les récepteurs opioïdes que la molécule mère.
L'activité antalgique du tramadol n'est antagonisme que partiellement (30 0/0) par la naloxone, suggérant
un autre mécanisme d'action du tramadol. Ainsi, aux mêmes concentrations qui permettent l'activation des
récepteurs opioïdes, le tramadol inhibe la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine. Les
mécanismes d'actions opioïdes et non opioïdes agiraient de manière synergique sur les voies descendantes
inhibitrices de la douleur. Ce double mécanisme d'action serait dû au fait que le tramadol est un mélange
racémique (association de deux énantiomères) plus efficace que l'un des deux énantiomères seuls. Ainsi,
l'énantiomère (+) possède une plus forte affinité pour les récepteurs morphiniques et inhibe la recapture de
sérotonine, l'énantiomère (-) inhibe la recapture de noradrénaline et les récepteurs Œ-2-adrénergiques.
Propriétés pharmacocinétiques :
La biodisponibilité du tramadol après une administration unique de 100 mg voie orale est de 68 % et
supérieure à 90 % après plusieurs administrations. Ce phénomène serait expliqué par une saturation de
l'effet de premier passage hépatique. Son excrétion est essentiellement urinaire (90 0/0). Sa demi-vie
d’élimination est de 6 heures et de 7,5 heures pour son métabolite actif.L'effet antalgique est obtenu 1
heure après la prise avec un pic maximal au bout de 2 à 3 heures. L'analgésie dure en moyenne 6 heures
pour une prise de 100 mg.

Modalités de prescription :
Le tramadol peut être prescrit seul à des doses de 50mg toutes les 4 heures ou de 100 mg toutes les 6
heures, sans dépasser 400 mg par 24heures.
Il existe une association de paracétamol et de tramadol dans un rapport de 37,5 mg de tramadol pour 325
mg de paracétamol. Dans ce cas, la posologie par prise est de 2 comprimés toutes les 6 heures, soit 8
comprimés par jour.
Femme enceinte et qui allaite
Il n'existe pas de donnée suffisante pour évaluer l'effet tératogène du tramadol au cours du premier
trimestre de la grossesse. Une fœtotoxicité due à une toxicité maternelle a été observée. Il est alors
préférable de ne pas utiliser le tramadol pendant cette période. À partir du deuxième trimestre, une
utilisation prudente est ponctuellement possible. Comme pour les autres antalgiques opiacés, durant le

4|Page
dernier trimestre, l'utilisation chronique du tramadol peut induire, quelle que soit la dose, un syndrome de
sevrage chez le nouveau-né.
Effets indésirables et contre-indication :
Les effets indésirables sont essentiellement dominés par les nausées et vomissements qui peuvent être
relativement fréquents. Les contre-indications à l'utilisation du tramadol ; Les molécules ayant une
interaction médicamenteuse avec le tramadol.

Antalgiques morphiniques forts : Morphine :


Propriétés pharmacologiques :
La morphine est l'analgésique de référence dans le traitement de la douleur postopératoire. Dans ce cadre,
elle peut être administrée par voies intraveineuse, sous-cutanée ou médullaire. La place de la voie orale
pour l'administration de la morphine durant cette période est limitée et n'est pas évaluée dans la prise en
charge de la douleur postopératoire en chirurgie buccale. Elle reste cependant la seule voie facilement
utilisable en ambulatoire.
L'absorption de la morphine administrée par voie orale est importante et rapide, mais elle subit un
important effet de premier passage hépatique et sa biodisponibilité est relativement réduite, à environ 30 %
36. Le pic de concentration plasmatique de chlorhydrate de morphine sous forme aqueuse est atteint en 30
à 60 minutes et les concentrations plasmatiques demeurent efficaces pendant 4 heures. Ainsi, la recherche
de la dose efficace est habituellement effectuée toutes les 4 heures avec de la morphine orale à libération
immédiate.
Les recommandations actuelles concernant la prise en charge de la douleur postopératoire en chirurgie
buccale préconisent l'usage des opioïdes forts dans le cas de douleur persistante et résistante aux
antalgiques non morphiniques associés aux opioïdes faibles. En outre, il est sans doute moins nocif pour le
patient d'utiliser de petites doses de morphine (40 à 50 mg/j) que des doses élevées d'opioïdes faibles qui
présentent de surcroît des doses plafond.
Les principaux avantages de la voie orale sont le caractère non invasif de la prise, la simplicité d'utilisation et
le coût moindre, tant organisationnel que financier. Il n'en reste pas moins que l'utilisation de la morphine
en ambulatoire n'est pas sans poser certaines questions dont notamment la surveillance des effets
indésirables, etc.
Il apparaît que si un traitement par morphine doit être envisagé soit parce que l'importance de la chirurgie
nécessite un opioïde fort, soit parce que la douleur du patient résiste aux stratégies usuelles, celui-ci doit se
faire avec une morphine orale à libération immédiate aux doses les plus faibles préconisées (10 mg de
morphine) toutes les 4 heures. Les différentes morphines orales à libération immédiate sont reprises dans le
Tableau 12. Si la douleur n'est pas contrôlée, la dose unitaire de morphine peut être augmentée de 25 % à
50 % selon étage et l'état physiologique du patient. Dans ces processus d'ajustement des doses, il n'y a pas
de limite supérieure tant que les effets indésirables peuvent être contrôlés.
Effets indésirables et précautions d'emploi
Un traitement par morphine peut entraîner différents types d'effets indésirables le plus souvent en rapport
direct avec son mécanisme d’action. Parmi les effets les plus fréquents lors de l'initiation du traitement, la
somnolence, une confusion, des nausées et vomissements sont rapportés. Ils peuvent être transitoires, mais
leur persistance doit faire rechercher une cause associée ou un surdosage. La constipation, en revanche, est
tenace et ne cède pas à la poursuite du traitement, Tous ces effets sont prévisibles et nécessitent d'être
traités. Il est impératif de s'assurer de l'absence de syndrome occlusif avant de mettre en route le
traitement. La constipation est un effet indésirable connu de la morphine.
Il convient également d'être particulièrement prudent concernant le surdosage. Ainsi, la somnolence qu'il
entraîne constitue un signe d'appel précoce de l'apparition d’une dépression respiratoire. D'autres signes
sont également observés qui associent un myosis extrême, une hypotension, une hypothermie et un coma.
Les situations cliniques où il est contre-indiqué de prescrire de la morphine Tableau 13.

5|Page
Interactions médicamenteuses
Il faut prendre en compte le fait que de nombreux médicaments ou substances peuvent additionner leurs
effets dépresseurs du système nerveux central et contribuer à diminuer la vigilance. Il s'agit des dérivés
morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitements de substitution), des neuroleptiques, des
barbituriques, des benzodiazépines, des anxiolytiques autres que les benzodiazépines (par exemple le
méprobamate), des hypnotiques, des antidépresseurs sédatifs (amitriptyline, doxépine, miansérine,
mirtazapine, trimipramine), des antihistaminiques HI sédatifs, des antihypertenseurs centraux, du
baclofène et de la thalidomide.
En outre sont contre-indiqués avec la morphine tous les antalgiques agonistes-antagonistes
(buprénorphine, nalbuphine) qui peuvent entraîner un phénomène de sevrage en inhibant l'action de la
morphine ainsi que la naltrexone (Révia
Modalités de prescription
La morphine étant un stupéfiant, les prescriptions ne peuvent dépasser 28 jours et doivent impérativement
être rédigées sur des ordonnances sécurisées (spécifications fixées par arrêté).
Application raisonnée en médecine buccale
En médecine buccodentaire, le praticien est confronté essentiellement à deux types de douleur : la douleur
postopératoire et celle symptomatologique d’une pathologie, en général d'origine infectieuse et/ou
traumatique (péricoronarite, alvéolite, etc.). Cependant, les mécanismes physiopathologiques de ces
douleurs sont semblables.
La douleur postopératoire est prévisible et, dans la majorité des cas, de courte durée (maximum 72 heures).
La douleur en tant que symptôme requiert, quant à elle, l’association d'un traitement chirurgical et d'une
prescription antalgique.
Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) de 2005, la prescription antalgique après
un acte doit répondre à certains critères.
la première prise doit tenir compte de la durée prévisible de l’anesthésie (concept d'analgésie anticipée) ,
La posologie doit couvrir l'ensemble du nycthémère ; o les antalgiques doivent être prescrits sur une durée
suffisante, 48 à 72 heures en moyenne.
Il est nécessaire de rappeler que le concept d'analgésie préventive, à savoir l'administration d’antalgiques en
préopératoire, n'a montré à ce jour aucun bénéfice antalgique supplémentaire.
Ci-après sont présentés différents actes ou pathologies couramment rencontrés en médecine buccale. Nous
détaillons les caractéristiques de la douleur rencontrée, en termes d'intensité et de durée, qui modulent
alors la prescription antalgique.
Evaluation de la douleur aiguë
L’intensité de la douleur doit être évaluée, d’une part, pour permettre le choix du traitement et, d'autre
parc, pour juger de l'efficacité de la thérapeutique. Dans le cadre des douleurs aiguës, différentes échelles
dévaluation sont à la disposition du prescripteur. L'autoévaluation est la méthode la plus répandue et
repose sur l'utilisation de divers scores validés.
Échelle visuelle analogique (EVA) de 0-100 mm ;
Échelle catégorielle de douleur ou échelle verbale simple (EVS) en quatre points : absente, faible, modérée
ou sévère, de 0 à 3 ;
Échelle numérique de douleur (EN) en 1 1 points de 0 à 10 ;
Score d'efficacité analgésique en cinq points : absente, douteuse, faible, modérée, bonne ou excellente (0-
4). Si IEVA est une des échelles les plus sensibles et les plus spécifiques, elle nécessite d'être avec le patient,
l'EVS et IEN ont l'avantage de pouvoir être utilisées au téléphone, ce qui permet d'évaluer l'intensité de la
douleur à distance.
Extraction simple :
L'extraction simple est un acte quotidien et parfois banalisé. Cependant, il ne s'agit en aucun cas de le sous-
estimer, notamment en ce qui concerne la prise en charge de la douleur postopératoire. Les extractions
simples sont, dans la plupart des cas, responsables de douleur d’intensité légère à modérée, qui dure entre
48 et 72 heures. Ainsi, une prescription de paracétamol, à raison de 1 000 mg par prise toutes les 6 heures
durant 2 à 3jours, est suffisante dans la plupart des cas.

6|Page
Une douleur postopératoire non soulagée par la prise de paracétamol doit conduire à une réévaluation, afin
d'écarter toute cause locale (alvéolite, fracture alvéolaire, apex résiduel).
Extraction complexe et dents de sagesse :
L'extraction de dent de sagesse mandibulaire est un modèle largement exploré et utilisé dans les études sur
la douleur. Ainsi, les douleurs postopératoires, après extraction chirurgicale de dents de sagesse ou autre,
sont d'intensité modérée à sévère. Celle-ci, comme pour tout acte chirurgical, dépend également du sexe
du patient, de sa consommation de tabac, de l'éventuelle douleur préopératoire ou de la durée de
l'intervention Si l’on prévoit une douleur postopératoire modérée, une prescription de paracétamol associé
à un opioïde faible ou un AINS est suffisante et ces pour une durée d'environ 3 à 4jours. Lorsque l'on
suppose une douleur plus intense, il est possible d'associer le paracétamol à un opioïde faible et un AINS. Il
est tout de même nécessaire de se souvenir que les prescriptions coantalgiques à type d'antiinflammatoires
stéroïdiens permettent aussi de gérer partiellement cette douleur postopératoire.
Implantologie :
De nombreuses études ont montré que les douleurs ressenties après une chirurgie implantaire varient d'une
intensité légère à modérée, rarement sévère. Différents facteurs influencent l'intensité de cette douleur
postopératoire ; le sexe, le tabac, l'expérience du praticien, le nombre et la localisation des implants en font
partie. Si l'intensité prévue de la douleur est légère à modérée, une prescription de paracétamol est
suffisante (1 000 mg par prise toutes les 6 heures durant 3 à 4 jours). Si l'on prévoit une douleur d'intensité
supérieure, un AINS ou une association paracétamol/opioïde faible peuvent être prescrits.
Chirurgie endodontique :
En cas de chirurgie endodontique, différentes études ont montré que la douleur postopératoire pouvait
durer entre 2 et 4 jours, celle-ci étant généralement d'intensité modérée.
L'on peut alors réaliser une prescription d'AINS (exemple : ibuprofène à raison de 400 mg toutes les 6
heures durant 3 à 4jours). En cas de contre-indication aux AINS, du paracétamol simple ou associé à un
opioïde faible peut être prescrit.
Chirurgie parodontale-lambeaux et greffes :
Ce type de chirurgie est généralement associé à des douleurs d'intensité modérée et ce, durant environ les
trois premiers jours postopératoires. Il peut être prescrit au patient un AINS ou du paracétamol simple ou
associé à un opioïde.
Biopsie :
Après une biopsie au niveau de la muqueuse orale, la douleur postopératoire est le plus souvent d'intensité
légère, et n'excède que rarement les 48 heures. Une prescription standard de paracétamol seul est donc
suffisante.
Accidents infectieux :
Les accidents infectieux les plus couramment rencontrés en chirurgie buccale sont la péricoronarite et
l'alvéolite suppurée.
Elle est généralement modérée à sévère, d’une durée de 2 à 3jours après instauration d'un traitement
adéquat (chirurgical et/ou médicamenteux).
Selon l'intensité de la douleur rapportée par le patient, l'on peut prescrire du paracétamol seul (douleur
légère à modérée) ou associé à un antalgique morphinique faible ou un AINS (douleur modérée à sévère)
Conclusion :
La prévention et le traitement de la douleur aiguë en médecine buccale doivent avant tout s'appuyer sur
une prise en charge étiologique. L'approche plurifactorielle nécessite l'utilisation rationnelle de
médicaments antalgiques qui doit être adaptée à l'état médical du patient et à l'intensité de la douleur.
D’une façon générale, il est important de ne prescrire que les médicaments dont la pharmacologie et les
effets thérapeutiques sont les mieux connus et évalués, en veillant toujours à choisir celui dont le rapport
bénéfice/risque est le plus favorable.

7|Page