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Karl Bühler, une théorie

du langage redécouverte
Karl Bühler, eine Sprach-
theorie wiederentdeckt
Karl Bühler, a theory
of language rediscovered

TRAVAUX DU CERCLE
LINGUISTIQUE
DE PRAGUE
nouvelle série, vol. 7
2018
Participants de la Réunion phonologique, première rencontre internationale organisée par le Cercle
linguistique de Prague, tenue à Prague du 18 au 21 décembre 1930.
debout, de gauche à droite :
Roman Jakobson, Prague; Nikolaj Trubeckoj, Vienne; Dmytro Čyževśkyj, Freiburg im Breisgau;
Serge Karcevskij, Genève; Albert Willem de Groot, Amsterdam; Alf Sommerfelt, Oslo; Pëtr Bo-
gatyrëv, Prague; František Oberpfalcer, Prague; Bohumil Trnka, Prague; Jan Mukařovský, Prague;
Gojko Ružičić, Prague
assis, de gauche à droite :
Witold Doroszewski, Varsovie ; Vilém Mathesius, Prague ; Kazimierz Nitsch, Cracovie ; Aleksandar
Belić, Belgrade ; Henryk Ułaszyn, Poznań ; Stojan Romanski, Sofia ; Karl Bühler, Vienne
Karl Bühler, une théorie du langage redécouverte
Karl Bühler, eine Sprachtheorie wiederentdeckt
Karl Bühler, a theory of language rediscovered

Travaux du Cercle linguistique de Prague


nouvelle série, volume 7

préparé par Tomáš Hoskovec, avec le concours de


Savina Raynaud, Federico Albano Leoni et Jürgen Trabant

OPS, Kanina — PLK, Praha

2018
Die Herausgabe dieses Bandes wurde von der
Fritz-Thyssen-Stiftung gefördert.

Pour les travaux de rédaction finale de l'ensemble du


volume, le Cercle linguistique de Prague a bénéfi-
cié de l'appui du ministère tchèque de la culture.

© OPS, 2018 (pour la présente édition)


© PLK, 2018 (Cercle linguistique de Prague, pour l'ensemble du volume)
© Les auteurs détiennent leurs droits pour leur contribution respective.

Couverture, page de titre: Tereza Unzeitigová


Composition typographique: † Bohumil Bednář, Luboš Bejček

Cette édition a été préparée par Michal V. Hanzelín.

Achevé d'imprimer en septembre 2018 sur les presses


de PowerPrint pour le compte des éditions OPS.

Diffusion-distribution: OPS, CZ–27735 Kanina 3, Tchéquie, www.o-p-s.cz

ISBN 978–80–87269–52–7

Dépôt légal à la Bibliothèque nationale de la République Tchèque

KATALOGIZACE V KNIZE - NÁRODNÍ KNIHOVNA ČR

Karl Bühler, une théorie du langage redécouverte = Karl Bühler, eine Sprachtheorie wiederent-
deckt = Karl Bühler, a theory of language rediscovered / préparé par Tomáš Hoskovec, avec le
concours de Savina Raynaud, Federico Albano Leoni et Jürgen Trabant. -- Kanina : OPS ; Praha :
PLK, 2018. -- (Travauxdu Cercle linguistique de Prague, nouvelle série , volume 7)
Částečně německý a anglický text
ISBN 978-80-87269-52-7 (OPS)

81'1-051 * 81 * (430) * (062.552)


- Bühler, Karl, 1879-1963
- lingvisté -- Německo -- 19.-20. století
- teorie jazyka
- sborníky
- linguists -- Germany -- 19th-20th centuries
- theory of language
- papers

81 - Lingvistika. Jazyky [11]


410 - Linguistics [11]
TABLE DES MATIERÈS

Avant-propos 7

POINTS D'ACTUALITÉ
De Philipp Wegener à Karl Bühler et après :
plaidoyer pour une linguistique non catégorielle
Federico A lbano Leoni, Rome 11
L'énigme de la subjectivité entre deux prophètes :
la philosophie et la psychologie
M arina De Palo, Rome 31
Bühler, Reichling, Coseriu und die Vieldeutigkeit
von Sprachzeichen
Von K laas Willems, Gent 55

INTERPRÉTATION DE LA THÉORIE DE BÜHLER


Connotatio und Symbolfeld in Karl Bühlers Sprachtheorie
Clemens K nobloch, Siegen 85
Métaphore et sphères de signification chez Bühler
Perrine M arthelot, Clermont-Ferrand 117
Bühler über Deixis : Exposition und Kritik
M artin Pokorný, Prag 137
La deixis bühlerienne : résumé et réception
Sandrine Persyn-Vialard, Le Mans 151
Karl Bühler's “Construction of Human Speech”.
A Survey of Part IV of Bühler's Sprachtheorie
Frank Vonk, Arnhem 161

HISTOIRE DE L'ŒUVRE
Über die Zerstreuung, Zusammenführung und Auswertung des
Bühler-Nachlasses
Achim Eschbach, Essen 193
Bühlers Sprachtheorie in Übersetzungen: einige Zeugnisse
Savina R aynaud, Mailand 209
Anmerkungen zur Übersetzung von Umfeld ins Italienische
mit campitura
M aria Paola Tenchini, Brescia 221
Die Nachgeschichte der Sprachtheorie. Einige Hypothesen
Janette Friedrich, Genf 231

CONTEXTE HISTORIQUE
Auf Humboldts Spuren in Karl Bühlers Sprachtheorie
Jürgen Trabant, Berlin 255
Bühler, la Gestalt et le béhaviorisme
Didier Samain, Paris 267
Karl Bühler and the Notion of Expression
Fiorenza Toccafondi, Parma 297
La « réception manquée » de Bühler par le Cercle linguistique
de Copenhague
Lorenzo Cigana, Liège 309
Karl Bühler et le programme sémiologique
du Cercle linguistique de Prague
Tomáš Hoskovec, Prague 335

PARALLÉLISMES HISTORIQUES
Karl Bühler im historischen Kontext
der Experimentalpsychologie
Serena Cattaruzza, Triest 389
Karl Bühler (1879–1963) et Agostino Gemelli (1878–1959) :
deux médecins-psychologues cherchant à saisir
le langage humain
Enrica Galazzi, Milan 399
From the 1929 Prague Theses to the Axioms of
Bühler's Sprachtheorie
Savina R aynaud, Milan 415
Avant-propos
Ce volume présente vingt études recueillies autour de la Théorie du
langage de Karl Bühler (1934), provenant d’auteurs de l’Europe entière.
La plupart d’entre elles ont été lues et débattues sous leur forme pre-
mière au colloque international « Karl Bühler, 80 Jahre Sprachtheorie »,
or­ga­nisé avec le soutien de la Fritz-Thyssen-Stiftung par le Cercle lin-
guistique de Prague les 9 et 10 juin 2014, l’année de l’anniversaire de
la parution de l’œuvre magistrale de Bühler ; d’autres études ont été de-
mandées aux chercheurs spécialisés dans le domaine. Elles ont toutes
été dis­cu­tées par la suite au sein du Cercle de Prague, ce qui fait que
l’ensemble en résultant peut être qua­li­fié de monographie collective.
Fondé en 1926, le Cercle linguistique de Prague, société érudite pri-
vée qui se tient con­sci­em­ment à l’écart des structures académiques in-
stitutionnalisées, est un lieu éminent de dis­cus­sions méthodologiques.
Que dans les années 30 du xxe siècle, Karl Bühler, alors professeur à
l’Uni­ver­sité de Vienne, et le Cercle de Prague se soient rencontrés et
reconnus d’emblée comme par­te­naires intellectuels, n’a en soi rien
de surprenant : ils partageaient l’intelligence de la nature fon­da­men­
talement communicative et processuelle du langage. Que dans la deu-
xième décennie du xxie siècle le Cercle de Prague, toujours actif, re-
vienne à la théorie de Bühler, ne devrait pas sur­prendre non plus : il est
devenu vital de rappeler aux sciences du langage, la linguistique n’é­tant
plus perçue comme une et intégrale, que le langage est un environne-
ment communicatif, et que le sens communiqué est toujours résultat
d’un processus interprétatif. La perspective de Bühler, son intuition
première aussi bien que ses expériences suivies abondent en matière à
ali­men­ter de nos jours le débat sur la méthode.
Siégeant à Prague mais cosmopolite de par sa nature, le Cercle lin-
guistique de Prague est un milieu foncièrement plurilingue ; le tchèque
local est loin d’être la seule langue utilisée lors du contact quotidien
entre les membres. Le minimum garanti dans les rapports internatio-
naux of­fi­ciels comprend français, allemand, anglais, acceptés tous les
trois sur un pied d’égalité. Le Cercle invite ses auteurs à écarter toute
spéculation sur la langue dans laquelle ils seront le plus pro­ba­ble­ment
compris : il n’y a point de compréhension sans effort déployé active-
ment de la part du destinataire ; qui veut effectivement être compris,
doit être sûr de ce qu’il dit, et doit le dire avec clarté. La pluralité lin-
guistique des publications scientifiques est par conséquent un en­ri­chis­
se­ment pour la recherche. Aussi sommes-nous heureux de voir que la

7
presque moitié des con­tri­bu­tions au présent volume ont été rédigées
en allemand, langue originelle de la Sprachtheorie de Bühler, et jadis
langue par excellence de la science. Nous avons bien évidemment lais-
sé aux au­teurs s’exprimant en allemand le choix entre l’orthographe
nouvelle, ancienne, ou à la suisse.
Le Cercle linguistique de Prague est le forum institutionnel du foyer
pragois du struc­tu­ra­lisme fonctionnel, lequel structuralisme fonction-
nel est à concevoir comme un corpus, structuré et annoté, des textes
scientifiques produits au cours d’un siècle tout entier. Le lecteur est
invité à se méfier de certaines acceptions du mot « structuralisme »,
qui sont cependant courantes, no­tam­ment dans l’usage français. Elles
font du structuralisme un mouvement idéologique cherchant à déceler,
derrière les phénomènes superficiels, flous et opaques, des structures
profondes, claires et rigides, qui seraient insensibles à l’homme faisant
usage de sa langue à un moment donné de l’his­toire. Dans le foyer
pragois, ceci n’a jamais été le cas : là, le structuralisme consiste à relier
in­ti­me­ment système et valeur (la valeur ne résulte que des relations
systémiques), et le fonc­tion­na­lisme consiste à scruter les effets que
produisent toute sorte de moyens linguistiques lors d’une si­tu­ation
particulière de communication. Dans ce volume des Travaux du Cercle
linguistique de Prague, il n’y a pas lieu de développer ce sujet, mais le
Cercle de Prague y prête constamment at­ten­tion.
Le présent volume s’inscrit discrètement dans le programme nommé
Atlas du struc­tu­ra­lis­me européen, animé par le Cercle linguistique de
Prague, qui cherche à relier la réflexion ac­tu­elle sur la méthodologie de
la recherche linguistique à la compréhension adéquate de l’his­to­ri­ci­té
de la recherche linguistique.

8
POINTS D’ACTUALITÉ
De Philipp Wegener à Karl Bühler et après :
plaidoyer pour une linguistique non catégorielle

Federico Albano Leoni


Rome

En ouvrant ce volume destiné à repenser la théorie du langage de Karl


Bühler, je présenterai quel­ques observations à propos d’une ligne de
pensée linguistique qui se développa entre les der­ni­ères dé­cades du
XIXe siècle et les premières du XXe, mais qui resta longtemps marginale
et pres­que mé­con­nue de la plupart des linguistes militants des grands
courants modernes, structuralisme et gé­né­ra­tivisme.
En effet, ces deux courants partagent, hormis d’évidentes différences,
une conception selon la­quel­le la langue serait entièrement constituée
par un certain ensemble de composantes, nommé, se­lon la perspective
adoptée, « structure » ou « grammaire », autonome par rapport au sujet
parlant et au monde. Cette conception a deux corollaires. Le premier
est que tout savoir nécessaire à l’é­chan­ge linguistique entre humains
doit être con­te­nu dans une proposition logique-prédicative ex­pli­cite ou
sous-jacente. Tout le reste serait, se­lon les goûts, extralinguistique ou
para-linguistique, at­teint de psychologisme, en somme, non « lin­guis­
ti­que » tout-court. Le deuxième est que la per­ti­nen­ce, c’est-à-dire la pro-
priété qui permet de distinguer et donc de connaître, est intérieure au
système, ponctuelle, catégorielle, localisée dans un point de la chaîne,
com­me le montrent, par exemple, le principe non seulement phono-
logique des paires minimales et de la commutation, la représentation
des phénomènes sous forme de matrices binaires, ou d’ar­bo­res­cences
où chaque nœud est un choix oui/non.1
Par contre, la ligne théorique à laquelle est consacrée mon exposé – qui
a ses racines d’un cô­té dans l’intérêt naissant, dès les dernières décades du
XIXe siècle, pour les langues vivantes et leurs manifestations parlées, et
de l’autre pour le comportement psycho-physique des sujets parlants –, a

1 À vrai dire, la linguistique du XXe siècle et encore plus de ce début du XXIe est évidemment
bien plus complexe : il suffit d’évoquer l’école de Genève, Benveniste, les actes de langage, l’eth-
nographie de la communication, l’a­na­lyse du discours, la pragmatique linguistique et les plus
récentes usage-based theories et la construction grammar, pour ne pas dire des multiformes lin-
guistiques cognitives et de la reprise des études saussuriennes. Et pour­tant il n’est pas moins vrai
qu’aucun de ces auteurs et aucune de ces théories n’ont modifié, ni ont envisagé de le faire, les
mo­dèles de représentation des niveaux d’analyse classiques (phonologie, morphologie, lexique),
leur cible étant sur­tout les modèles de la négociation du sens.

11
FEDERICO ALBANO LEONI

ses points focaux dans la reconnaissance a) de la nature dialogique et coo-


pérative des langues ; b) de l’importance de la deixis, du contexte et de la
situation pour la génération et l’interprétation des sens ; c) du rôle créatif
du récepteur-interprète, et enfin d) de la vision de la langue comme praxis.
Cette ligne – qui trouve son accomplissement et ses résultats les
plus mûrs et complexes dans l’œuvre de Karl Bühler (1879-1963), no-
tamment en ce qui concerne les concepts de Zeigfeld et de praxis et sa
théorie du signe, surtout dans les axiomes A et D (Bühler 1934 : 24-
33, 69-78) –, compte parmi ses représentants Philipp Wegener (1848-
1916), avec Hermann Paul (1846-1921) en ar­rière-plan, Karl Brugmann
(1849-1919) et Alan H.Gardiner (1879-1963). En outre, au moins dans
le cas de Gardiner, on observe une proximité explicite avec la pensée de
l’anthropologue an­glo-polonais Bronisław Malinowski (1884-1942).2
Enfin, on y trouve d’intéressants éléments de voi­si­nage avec quelques
passages de Michel Bréal (1832-1915), ainsi que des éléments des Écrits
de linguistique générale de Ferdinand de Saussure (1857-1913) et des
Recherches philosophiques de Ludwig Wittgenstein (1889-1951).
L’œuvre de Karl Bühler, qui est le point d’arrivée de cette filière, re-
présente en même temps le point de départ d’une linguistique dont
le centre est constitué par les sujets parlants/écoutants :3 la lan­gue
(comme instrument de la Darstellung du monde) et l’activité langagière
sont intimement et ré­ci­pro­quement liées, de sorte qu’il n’y aucun es-
pace pour les conceptions autonomistes ou inné­istes. Cela est d’autant
plus vrai que le signe est à son tour intégré dans la théorie des deux
champs, où l’activité symbolique de l’homme et le monde vécu et par-
tagé fusionnent l’une dans l’autre : la lan­gue est donc une propriété des
hommes, immanente à leur condition de participants au monde.
Il s’agit là d’une ligne de pensées explicitement partagées, et non de
consonances fortuites entre les auteurs nommés ; cela apparaît claire-
ment avant tout dans les citations : tous, à partir de Brug­mann (1904 :
5), reconnaissent en Wegener un initiateur ; il est par ailleurs l’un des
rares lin­guistes cités par Malinowski (1923 : 297).4 Gardiner (1932),

2 Cette ligne, quoique marginale, n’avait pas échappé à l’attention des historiens de la linguis-
tique (Morpurgo Davies 1994 ; Graffi 2001 ; Sornicola 1995), de la pragmatique et de la séman-
tique (Nerlich 1986, 1990 ; Nerlich & Clarke 1996 ; Conte 2011), tout comme des ethnolinguis-
tes (Godwin & Duranti 1992). Sur Wegener v. Knobloch (1991) et Ten­chini (2008) ; sur Bühler v.
ci-dessous, note 3.
3 La bibliographie récente sur Bühler est très riche. Je me borne ici à rappeler Friedrich et
Samain (2004), Per­syn- Via­lard (2005), Albano Leoni (2011, 2012, 2014), Marthelot (2012) et,
évidemment, les essais recueillis dans ce vo­lume. Pour les rapports entre Bühler et le Cercle lin-
guistique de Prague v. Albano Leoni (2009).
4 Il est intéressant d’observer que même Mathesius (1936-37 [1991: 81]), un grand linguiste

12
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

comme on le sait, ne se borne pas à citer Wegener à main­tes reprises,


mais il lui dédie son livre : « This book is dedicated to the memory of […]
Philipp We­ge­ner, a pioneer of linguistic theory ». Par ailleurs, Gardiner
connaît et cite Brugmann, Malinowski et Bühler, et reconnaît ses af­fi­ni­
tés avec ce dernier. Bühler, à son tour, cite souvent Wegener avec respect
et le place à côté de Brug­mann et de Gardiner :

Das Organon-Modell der Sprache bringt jene Ergänzung der al-


ten Grammatik, die Forscher wie Wegener, Brugmann, Gardiner
und vor ihnen in gewissem Ausmaß auch andere wie H. Paul als
notwendig empfunden haben... (Bühler 1934 : 22)

Mais cette ligne commune apparaît aussi et surtout dans les argu-
ments proposés par ces auteurs-là, dans les situations langagières
qu’ils représentent et dans les exemples qu’ils citent, comme nous le
ver­rons bientôt.
En conclusion de ma mon exposé je dirai encore quelques mots sur
les points de contact, peut-être souterrains, avec Bréal, Saussure et
Wittgenstein, traces d’un esprit du temps et d’un par­cours brus­que­
ment interrompu.5
Il me semble enfin que les arguments présentés par tous ces auteurs et
notamment par Büh­ler, contiennent, même si c’est d’une façon parfois
implicite, un point d’un grand poids thé­o­rique, à sa­voir celui de la nature
de la pertinence distinctive qui, d’après un sens commun très répandu
qui vient de la Vulgate structuraliste, serait ponctuelle et binaire, mais
qui d’après les suggestions de Büh­ler, serait plutôt variable et diffuse.

Les auteurs et les textes


A travers un choix de citations, j’essaierai de montrer les points sail-
lants de cette ligne en me bor­nant, pour des raisons d’espace, à pré-
senter d’une façon schématique surtout les aspects prag­ma­ti­ques, en
laissant de côté, pour le moment, les aspects syntaxiques.

dont la pensée s’entre­mêle parfois avec la ligne que je suis en train de discuter, reconnaît Wegener
parmi ses maîtres.
5 Je ne veux pas tracer ici l’histoire détaillée de la fortune de ces auteurs et me borne à rappeler
que Wegener est resté long­temps méconnu, Brugmann n’est reconnu que comme indo-germanis-
te, Malinowski n’apparaît que dans la lin­guis­tique britannique (p. ex. chez Halliday), Gardiner
doit sa renommée à ses études d’égyptologie, Bühler est nom­mé presque exclusivement pour les
trois fonctions de l’Organon-Modell et que la place de tous ces auteurs dans les his­toi­res générales
contemporaines des idées linguistiques est presque nulle.

13
FEDERICO ALBANO LEONI

1. Wegener (1885)
Disons en prémisse que je n’ai pas beaucoup à ajouter à ce qu’ont écrit
sur lui Knobloch (1991) et ré­cem­ment Tenchini (2008). L’auteur qui, on
le sait, est lié au modèle de la psychologie as­so­cia­tion­niste de Herbart et
de Stein­thal, dominante à ces temps-là en Allemagne et ailleurs, présente
quatre éléments, qu’il appelle Si­tu­a­tionen, et qui, selon lui, concourent à
la génération et à l’in­ter­pré­ta­tion du sens au cours d’un é­change verbal.
Situation der Anschauung […] Stehe ich mit Jemandem vor einem
Baum, so genügt vollständig das Wort Linde, um zu sagen: dieser Baum
ist eine Linde. […] Die lebendige Anschauung, prä­ci­siert durch den
Gestus, ist die Situation und das Subject. […] Der Gestus und die Rich-
tung der Augen geben Anhaltepunkte für die Aus­schei­dung eines Teiles
aus dieser complicierten Matasse. (Wegener 1885 : 21)

Situation der Erinnerung […] Die Situation der Erinnerung besteht in


den Vorstellungen, die un­mit­tel­bar vor dem Sprechen oder dem Hö-
ren des Gesprochenen bewusst gewesen sind, an die sich unmittelbar
in der Zeit eine sprachliche Aeusserung anschliesst. Wegen des Präva-
lierens der un­mit­telbar in der Zeit vorausgegangenen Vorstellungen
wird die expositionslose Aeusserung aus ihnen ergänzt. (ibid. : 22)

Situation des Bewusstseins […] Schon so viel ist jetzt ersichtlich, dass die
Bewusst­seins­ele­men­te oder Vorstellungsgruppen, welchen im Augen-
blick das grösste Interesse zugewandt ist, auch die grösste Fähigkeit be-
sitzen müssen die expositionellen Elemente abzugeben. (ibid. : 22-24)

Wegener se réfère ici à la capacité associative (Associationsfähigkeit)


du parlant qui intègre et com­prend le signifié de ce qui est dit en s’ap-
puyant sur ses expériences et ses attentes.6
Enfin, la Cultursituation (ibid. : 25-27) désigne les savoirs, les juge-
ments collectifs partagés par une com­mu­nau­té, c’est-à-dire les « her-
rschende Ideen einer Zeit » (ibid. : 25). Ces présupposés sont très co-
hérents, et au fond ils parlent de ce que nous appellerions au­jour­d’hui
l’in­té­gra­tion entre la langue et le monde vécu, pensé et partagé par les
sujets parlants, et sou­li­gnent l’im­por­tance du rôle du récepteur.

On arrive ainsi à trois corollaires et aux conclusions.

6 Par exemple, en écoutant la phrase « Die Bretter sind heute frisch gestrichen » l’homme de la
rue pensera au par­quet de chez lui, mais l’acteur pensera au plancher de la scène (ibid. : 23).

14
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

Le premier corollaire affirme que:

Der gesammte Inhalt der Worte von allen Thätigkeiten, Lebensfor-


men und Werkzeugen, also den Dingen, die jenem Wandel unterste-
hen, ist bedingt von diesen Voraussetzungen der Welt­an­schau­ung
und des Culturlebens. (ibid. : 27)

Le deuxième, très proche d’un passage de Bühler (1934 : 284-285)


que je cite ci-dessous, nous rap­pel­le qu’il n’y a pas de forme idéelle de
l’énoncé (et que donc l’ellipse n’existe pas) :

Je klarer und vollständiger die Situation durch die Anschauung ge-


geben ist, um so weniger sprach­li­cher Mittel bedarf es. (ibid. : 27)

Le troisième enfin affirme que:

Der Roman und überhaupt die Erzählung braucht die meisten


Worte, weil er die meisten ex­po­si­tionel­len Mitteilungen zu machen
hat. (ibid. : 28)

Dans le deuxième et troisième de ces corollaires sont déjà présents


les fondements thé­ori­ques de la dis­tinc­tion entre écrit et parlé, au-
jourd’hui courants.
Les conclusions, consacrées à l’auditeur, sont d’une clarté exem-
plaire ; j’en cite les points sail­lants en soulignant la centralité du mot
Schluss, qu’on pourrait traduire comme « déduction » :

Das Verständniss […] geschiet durch Schlüsse, welche der Hörende


aus der Situation, gewissen sprach­ lichen Andeutungen des
Sprechenden und den Empfindungserscheinungen an ihm zieht.
[…] Die Schlüsse des Hörers werden durch Häufigkeit und Uebung
mechanisiert, sie com­pri­mie­ren sich zu momentansten Vorgängen
und verlaufen unbewusst. […] Erwartung und Zweck­ vor­
stel­
lung
der Bewegungsreihen sind wichtige Factoren für das Verständniss
der Handlung. Aus ihnen und aus den durch die Abstraction der
Erfahrung gewonnenen Musterbildern von Alle dem, was den In-
halt unserer Erfahrung bildet, erschliessen wir die Handlung, aus
der Er­fah­rung über den realen Inhalt der mitgeteilten Thätigkeiten
die zeitliche Ordnung, aus der Er­fah­rung erschliessen wir den gene-
rellen oder individuellen Character der Gruppen und Reihen, von
denen Mitteilung gemacht wird. […] Unser genaues Sprachverstän-
dniss beruht auf Schlüs­se. […] Durch Schlüsse sind wir im stande
aus den Empfindungstonen die seelischen Zu­ stän­
de ei­ner ge-

15
FEDERICO ALBANO LEONI

genwärtigen Person zu erkennen und den Satzinhalt der Wortmittel


zu verstehen. (ibid. : 180-183)

Il y a là, selon moi, le cœur de la ligne dont je suis en train de parler :


la centralité de l’écoute et de ses inférences, la situation partagée, la
finalité primaire de la compréhension, l’entremêlement entre seelische
Zustände et Satzinhalt.

2. Brugmann (1904)
Je serai très bref car la monographie de Brugmann (1904) sur les pro-
noms démonstratifs dans les lan­gues indo-européennes nous intéresse
ici surtout pour ce qu’il écrit dans les Vorbemerkungen. Il con­naît et
cite Wegener (Brug­mann 1904 : 5), en évoque certains points et pro-
pose certains exem­ples sem­bla­bles à ceux de Bühler.

Was im Alltagsverkehr der Sprechende mit dem, was er sagt, meint,


wird von den Angeredeten ge­wöhn­lich nicht aus den Worten, die
er vernimmt, allein erkannt, sondern zugleich und soweit es sich
um kurze Mitteilungen, Aufforderungen, Fragen usw. handelt, aller-
meistens erst aus der Si­tua­tion, in der die Äusserung geschieht, d.
h. aus der Örtlichkeit, wo das Gespräch stattfindet, den umgeben-
den Gegenständen, dem Beruf und Geschäft des Redenden, die dem
Angeredeten be­kannt sind, usw. (Brugmann 1904 : 3)

Il s’agit ici évidemment d’une reprise synthétique de Wegener :

Je reicher und klarer das Wahrnehmungsbild ist, das dem Angerede-


ten teils durch die Situation, teils durch die Gebärden des Sprechen-
den geboten wird, um so weniger Worte bedarf es, um so spar­sa­mer
kann der Mitteilende mit seinen sprachlichen Ausdrucksbewegungen
sein. Daher die so­genannten Ellipsen in der Alltagssprache, die nur
andeutende Redeweise, die in unzähligen gleich­mässig wiederkehren-
den Lagen des Verkehrsleben nicht nur gelegentlich vorkommt, son­
dern allgemein üblich und geradezu Regel ist. Sie grenzt an jenen
ganz wortlosen Verkehr an, bei dem Situation und nicht-sprachliche
Handlung allein dasselbe wirken, was sonst die Sprache im Verein
mit ihnen wirkt: wie z. B. wenn der Stammgast seinen Platz in der
Wirtsstube ein­nimmt, dem Kellner winkt, dieser das gewohnte Glas
Bier bringt und die Bezahlung ent­ge­gen­nimmt. (ibid. : 4)

Ce passage de Brugmann avec l’exemple de la brasserie seront repris


par Bühler presque à la lettre, comme nous le verrons plus loin.

16
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

3. Malinowski (1923)
La proximité entre Malinowski, l’un des pères de l’anthropologie cultu-
relle moderne, et nos auteurs est d’autant plus frappante qu’il vient
d’un milieu scientifique tout à fait différent. Mais en lisant ce qu’il
écrit sur le langage comme mode of action et sur le rôle du context of
situation, on ne s’éton­nera pas du fait qu’il cite Wegener (Malinowski
1923 : 297) et qu’il soit cité par Gardiner (ainsi que par d’autres lin-
guistes anglais, tels que Firth et Halliday). Je cite trois passages qui
concernent les points que je viens de souligner. Le premier passage est
tiré du résumé:

Language, in its primitive function, to be regarded as a mode of


action, rather than as a counter­sign of thought. Analysis of a com-
plex speech-situation among savages. The essential primitive uses
of speech: speech-in-action, ritual handling of words, the narra-
tive, ‘phatic communion’ (speech in social intercourse). (Mali-
nowski 1923 : 296)

Le deuxième et le troisième viennent du commentaire de l’analyse d’un


cas étudié :

What I have tried to make clear by analysis of a primitive linguistic


text is that language is es­sen­tially rooted in the reality of the cul-
ture, the tribal life and customs of a people, and that it cannot be
explained without constant reference to these broader contexts of
verbal utterance. (ibid. : 305)

Again, it is equally clear that the meaning of the expression “we


arrive near the village (of our des­tination)” literally : “we paddle in
place”, is determined only by taking it in the context of the whole
utterance. This latter again, becomes only intelligible when it is
placed within its con­text of situation, if I may be allowed to coin
an expression which indicates on the one hand that the conception
of context has to be broadened and on the other that the situation
in which words are uttered can never be passed over as irrelevant
to the linguistic expression. We see how the con­ception of context
must be substantially widened, if it is to furnish us with its full
utility. In fact it must burst the bonds of mere linguistics and be
carried over into the analysis of the general conditions under which
a language is spoken. (ibid. : 306)

17
FEDERICO ALBANO LEONI

4. Gardiner (1932)
Célèbre comme égyptologue, il est à mon avis trop peu connu comme
théoricien du langage. En fait, sa monographie de 1932 est un ouvrage
complexe qui présente une théorie générale du langage qu’il voit comme
un développement des intuitions de Wegener. Malheureusement, je
n’ai pas l’es­pace ici de commenter divers points très intéressants,7 et je
me bornerai à n’en souligner que deux.
Le premier est celui de la nature coopérative de l’activité langagière
et de sa relation avec le monde, aussi bien le monde extérieur, que le
monde intérieur des parlants:
The points which I wish to stress are, firstly, the co-operative charac-
ter of speech, and, secondly, the fact that it is always concerned with
things, that is to say with the realities both of the exter­nal world and of
man’s inner experience. (Gardiner 1932 : 18)
Tout cela a lieu dans une situation (ibid. : 49 ss., 127), où le act of
speech est défini comme « a par­ticular, transient occurrence invol-
ving definite individuals and tied down to a special time and place »
(ibid. : 71).
Le deuxième point, présenté avec un petit dessin, est une histo-
riette, d’ailleurs très amu­sante, un échange laconique entre un mari
et sa femme (ibid. : 72-86), où les deux fragments pro­non­cés (Rain! et
What a bore!) sont comme le sommet d’un iceberg fait du non-dit et
des im­pli­ca­tions, dont le sens général est que la pluie empêchera une
promenade prévue.
Il est facile d’observer qu’on est ici en face de trois des situations de
Wegener: Anschauung, Er­in­nerung et Bewusstsein.

5. Bühler (1934)
C’est chez cet auteur que ces thèmes ont été développés et incorporés
dans une théorie organique. Il a­joute par ailleurs aux questions concer-
nant la deixis et le champ (environnant), qu’il partage avec les autres
auteurs, un point de vue très original où, grâce aux suggestions de la
physiognomonique et de la Gestalt, il arrive à envisager un concept de
pertinence distinctive tout à fait original.

7 Par exemple : la distinction entre speech et language (ibid. : 86 s., 106 s.), celle entre me-
aning, thing et thing meant (ibid. : 29 s.), les quatre éléments qui concourent au act of speech,
à savoir speaker, listener, words et things, (ibid. : 62 s.), la critique de la conception logiciste de
la syntaxe et la discussion du problème des phrases monorhéma­tiques et de la prédication non
verbale (ibid : 212 s.).

18
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

Encore une fois, je n’ai pas l’espace ici pour commenter tous les as-
pects généraux (pour les­quels je ren­voie aux auteurs cités ci-dessus à
la note 3), et me bornerai à proposer quelques pas­sa­ges liés aux deux
ordres de questions que je viens de souligner.

5.1 Le champ
Le premier de ces passages introduit le concept-clef de Feld, emprunté
à la théorie de la perception des couleurs,8 dont il faut reconnaître
l’importance pour la linguistique parce qu’il ouvre une per­spec­tive
dynamique non seulement pour les relations entre les unités, mais
aussi pour les unités en soi.9 Le concept de Feld se spécifie dans la
Zweifelderlehre qui, avec l’Organon-Modell est l’un des points sail-
lants de la théorie de Bühler:

Der Feldbegriff […] ist ein Erzeugnis der modernen Psychologie


[…]. Wir werden […] die Um­fel­der der Sprachzeichen systematisch
bestimmen und aus den weitesten Bereichen der den Sprach­sinn
[…] mitbestimmenden Umstände das Zeigfeld und das Symbolfeld
der Sprache lo­gisch reinlich herausarbeiten. Daß es nicht nur ein
Feld, sondern zwei Felder in der Sprache gibt, ist eine neue Lehre.
[…] sie zeigt, wie das Sprechdenken die genannten zwei Faktoren,
welche zur vollendeten Erkenntnis gehören, in merkwürdiger aber
durchschaubarer Ver­schlin­gung zugleich mobilisiert. Was Cassirer
[…] als die zwei Entwicklungsphasen der Men­schen­spra­che be-
schreibt, ist eine Zweiheit von Momenten, die uneliminierbar in
jedem Sprach­phä­no­men enthalten ist und heute noch so gut wie
je zum Ganzen der Sprache gehört. […] Einst­wei­len behauptet die
Zweifelderlehre, daß das anschauliche Zeigen und Präsentieren
in meh­re­ren Mo­dis genau so zum Wesen der natürlichen Sprache
gehört und ihm nicht ferner steht wie die Abs­trak­tion und das
begriffliche Erfassen der Welt. Das ist die Quintessenz der hier
ent­wickel­ten Sprachtheorie. (Bühler 1934: xxii-xxiii)

8 Le concept de champ avait été introduit en linguistique aussi par la inhaltsbezogene Gram-
matik et notamment par Jost Trier sous forme de Wortfeld, le champ y étant plutôt le réseau
associatif saussurien ; à ce sujet je renvoie à Schmidt (1973). Ce concept est central dans les étu-
des syntactiques de l’école de Prague (Sornicola et Svoboda 1991) : dans ce dernier cas le modèle
pourrait être le champ électromagnétique.
9 Je souligne ici la différence entre l’idée qu’une perception ne soit définissable que par rapport
au contexte qui varie sans cesse, et le concept courant de structure, où il est vrai que les parties ne
sont définies que par le rapport avec les autres parties et par leur altérité, mais cette relation, une
fois définie, est statique, jusqu’au moment où un événe­ment extérieur provoque une crise et une
réorganisation qui produit une nouvelle structure.

19
FEDERICO ALBANO LEONI

Bühler souligne encore que l’importance sémiotique du Zeigfeld10 a été


sous-estimée par les lin­guis­tes qui, par contre, ont surestimé le Symbolfeld:

Vielleicht überschätzen wir die Erlösung vom Zeigfeld, vielleicht


unterschätzen wir das Fak­tum der prinzipiellen Offenheit und das
Ergänzungsbedürfnis jeder sprachlichen Darstellung eines Sach­ver­
haltes vom Wissen her um diesen Sachverhalt. Oder was dasselbe
ist: vielleicht gibt es eine Ergänzung alles sprachlich gefaßten Wis-
sens aus einer Quelle, die sich nicht in die Ka­näle des sprachlichen
Symbolsystemes ergießt und trotzdem ein echtes Wissen erzeugt.
(Büh­ler 1934: 255)

5.2 La prinzipielle Offenheit et le Ergänzungsbedürfnis


On pourrait reformuler ces deux concepts, que Bühler convoque dans
le passage que je viens de citer, en disant qu’on a ici affaire à la nature
vague, non déterminée et non auto-suffisante de la lan­gue, caractéris-
tique qui reviendra aussi à propos du concept de jeu et de la physiogno-
monique. Ce qui nous intéresse ici, c’est l’affirmation que la langue, ou
mieux le Sprechen, c’est-à-dire l’activité lan­ga­gière, est une Handlung/
Praxis, ce qui représente un élément de contiguïté avec Witt­gen­stein et
peut-être avec les Thätigkeiten de Wegener:

Mich dünkt, es sei so etwas wie ein Ariadnefaden, der aus allerhand
nur halbbegriffenen Ver­ wick­lungen herausführt, gefunden, wenn
man das Sprechen entschlossen als Handlung (und das ist die volle
Praxis im Sinne des Aristoteles) bestimmt. Im Vorblick auf Späteres
sei an­ge­merkt, daß der Einbau des Sprechens in anderes sinnvolles
Verhalten einen eigenen Namen ver­dient; wir werden empraktische
Reden, die unvollendet anmuten, als eine Hauptgruppe der so­ge­
nann­ten Ellipsen kennen lernen und von da aus die ganze Ellipsen-
frage ordentlich be­rei­ni­gen. (Bühler 1934 : 52)11

10 On trouve beaucoup de suggestions à propos de la deixis, chez Bühler et ailleurs, dans les
essais recueillis par Ray­naud (2006).
11 La façon dont Bühler parle, ici et ailleurs, de l’ellipse est très proche de celle de Wittgenstein,
comme l’ont souligné Mulligan (2004) et De Palo (2013). Le texte de Wittgenstein le plus in-
téressant à ce sujet est celui (1953: § 19) dans lequel le philosophe autrichien, en commentant
la situation où un maçon demande une dalle à son as­sis­tant en di­sant simplement « Dalle ! »,
soutient que ce n’est pas l’énoncé elliptique qui serait abrégé mais que, au con­traire, c’est la phra-
se “complète” « Passe-moi une dalle ! » qui serait allongée. Sur les rapports entre Bühler et Witt­
genstein v. aussi ci-dessous, note 12. Au sujet de l’ellipse il est intéressant de (re)lire Mathesius
(1911 [2013]).

20
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

Dans les passages suivants Bühler reprend et explicite le rôle du


Zeigfeld à travers ce qu’il ap­pelle Umfeld : la situation et le contexte
sont parties intégrales du message et de l’activité lan­ga­gi­ère et, comme
nous le verrons après, peuvent tenir lieu de tout un cortège de signes
linguistiques (eines Hofes von weiteren Sprachzeichen) :

Tatsache ist, daß ein wortkarger Gast im Kaffeehaus zum Kellner


„einen schwarzen“ oder der Pas­sa­gier im Straßenbahnwagen zum
Schaffner „gerade aus“ oder „umsteigen“ sagt, womit bei­de eine
praktisch ausreichende Rede aus dem Gehege der Zähne entlassen
haben. (Bühler 1934: 155)

Der erwachsen Mensch ist zwar ein sprechendes Wesen, aber nicht
in dem Grade, wie die Ellip­ ti­
ker stillschweigend anzunehmen
scheinen, ein homo loquax. Wozu auch sprechen, wenns ohne dies
ebensogut oder besser geht in der Lebenspraxis? Wo ein diakri-
tisches Wortzeichen ein­ge­baut wird in die Handlung, da bedarf es
in vielen Fällen keines Hofes von weiteren Sprach­zei­chen um sich.
Denn statt der stellvertretenden Zeichen hat es das sonst Vertretene
selbst um sich und kann sich darauf stützen. (Bühler 1934: 158)

Le monde partagé permet d’ailleurs une communication silencieuse :

Daß es auch einen restlos stummen seelischen Verkehr zwischen


Menschen gibt und daß in ihm nur dann und wann einmal ein
Lautzeichen wie eine Insel im Meer auftauchen kann, dies Fak­tum
ist es, von dem man ausgehen muß. Solch lautarmer Verkehr darf
nicht summarisch und für alle Umstände als armseliges, primi-
tives, unvollendetes Sprechen gekennzeichnet werden. […] Son­dern
es kann höchstes Raffinement [in ihm] liegen. Es gibt auch eine
Hochkultur des „el­lip­ti­schen“ Sprechens, wobei zur Erfüllung und
Präzisierung des Sinnes der Lautinsel die Feld­wer­te der Situation
ausgenützt werden. (Bühler 1934: 88)

Enfin le modèle de langue que Bühler nous présente, permet de renver-


ser de fond en comble le prin­cipe de la pauvreté du stimulus :

Ein Code globaler Symbole, ob geschrieben oder ungeschrieben,


muß wie das geschriebene oder ungeschriebene Lexikon einer ges-
prochenen Sprache und aus denselben Gründen be­schränkt sein,
aus Gründen einfach der beschränkten Kapazität des menschlichen
Ge­dächt­nis­ses. […] Denn wir alle können nicht darum praktisch
ins Unabsehbare Neues und immer wieder Neues intersubjektiv
verständlich sprachlich zur Darstellung bringen, weil wir und die

21
FEDERICO ALBANO LEONI

anderen Akro­baten der Mnemotechnik wären, sondern weil dies bei


einem Feldsystem vom Typus der Spra­che gar nicht verlangt wird.
(Bühler 1934: 77)

5.3 La notion de « jeu » (linguistique)


Les passages qui suivent, tirés de Bréal, Saussure, Bühler et Wit-
tgenstein, révèlent des con­ver­gences souterraines parmi des auteurs,
relativement éloignés les uns des autres, autour du thème du be­soin
que les langues ont de quelque chose d’extérieur qui les détermine, et
autour du concept, im­pli­cite ou explicite, de « jeu ».12
Je commence par Bréal : le mot « jeu » y est absent mais l’idée
qu’une expression doit tou­jours s’ajuster aux circonstances y est clai-
rement affirmée:

Un fait qui domine toute la matière, c’est que nos langues, par une
nécessité dont on verra les rai­sons, sont condamnées à un perpétuel
manque de proportion entre le mot et la chose. L’ex­pres­sion est tan-
tôt trop large, tantôt trop étroite. Nous ne nous apercevons pas de
ce défaut de jus­tesse, parce que l’expression, pour celui qui parle, se
proportionne d’elle-même à la chose grâ­ce à l’ensemble des circons-
tances, grâce au lieu, au moment, à l’intention visible du dis­cours,
et parce que chez l’auditeur, qui est de moitié dans tout langage,
l’attention, allant droit à la pensée, sans s’arrêter à la portée littérale
du mot, la restreint ou l’étends selon l’intention de ce­lui qui parle.
(Bréal 1897: 92 ; pour un commentaire v. De Palo 2001: 86-88)

Chez Saussure le mot, absent du Cours, est employé de façon explicite


dans les Écrits de lin­guis­tique générale :

Une forme est une figure vocale qui est pour la conscience des su-
jets parlants déterminée, c’est-à-dire à la fois existante et délimitée.
Elle n’est rien de plus ; comme elle n’est rien de moins. Elle n’a

12 À vrai dire, des relations certaines n’existent qu’entre Bréal et Saussure, et entre ce dernier et
Bühler, tandis que la con­nais­sance de Saussure et de Bühler de la part de Wittgenstein n’est pas
documentée, sauf par la mention fugace d’une rencontre entre Bühler et Wittgenstein à Vienne
en présence de Schlick, évoquée par Friedrich (2009 : 31 et note 1) et par Edmonds et Eidinow
(2001 : 62) qui soutiennent, mais sans document à l’appui, que Witt­gen­stein ju­geait la producti-
on de Bühler comme un véritable fatras. On pourrait donc penser à l’esprit du temps et du lieu,
sans oublier pourtant que dans ce domaine il peut y avoir des surprises : Lo Piparo a récemment
montré les rapports entre Wittgenstein et Gramsci par la médiation de Sraffa, économiste italien
actif à Londres et ami de Wittgenstein. Je signale ici que n’ayant accès qu’aux éditions française
et italienne des Recherches philosophiques, je cite Witt­gen­stein non pas selon les indications de
pages mais selon les paragraphes dont la numération est constante dans tou­tes les éditions.

22
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

pas nécessairement un sens précis ; mais elle est ressentie comme


quelque chose qui est ; qui de plus ne serait plus la même chose, si
on changeait quoi que ce soit à son exacte con­fi­gu­ration. (Saussure
2002: 37 ; souligné par FAL)

Une figure vocale devient une forme depuis l’instant crucial où on


l’introduit dans le jeu de si­gnes appelé langue. (ibidem: 38)

Chez Bühler le mot apparaît dans le composé Spielraum « espace de


jeu » mais le sens est le même, avec en plus l’affirmation importante
de l’indétermination du signifié :

Die sprachliche Darstellung läßt allenthalben Spielräume der Be-


deutungsunbestimmtheit offen, die auf keine andere Weise wie
durch den Hinblick auf die „objektiven Möglichkeiten“ ge­schlos­
sen werden können und in jeder menschlichen Reden auch faktisch
geschlossen werden. (Bühler 1934: 66)

Enfin Wittgenstein, apparemment le plus éloigné des autres auteurs,


est en fait très proche au moins à ce sujet :

Nous pouvons aussi penser que l’ensemble du processus d’emploi


des mots du § 2 [l’exemple cé­lèbre du maçon et de son assistant] est
l’un de ces jeux par lesquels les enfants apprennent leur langue ma-
ternelle. Ces jeux, je les appellerai des « jeux de langage ». […] J’ap-
pellerai aussi « jeu de langage » l’ensemble formé par le langage et
les activités avec lesquelles il est entre­lacé. (Wittgenstein 1953 : § 7)

L’expression « jeu de langage » doit ici faire ressortir que parler un


langage fait partie d’une ac­ti­vi­té, ou d’une forme de vie. (ibidem § 23)

On peut dire qu’en dénommant une chose, on n’a encore rien fait.
Celle-ci n’a de nom que dans le jeu. C’est aussi ce que voulait
dire Frege en affirmant qu’un mot n’a de signification que dans le
contexte d’une phrase. (ibidem § 49)

5.4 La physionomie acoustique et la pertinence distinctive


Mais le dernier mot est à donner à Bühler qui nous montre comment le
jeu linguistique arrive à met­tre en discussion la abstraktive Relevanz,
au moins dans le sens qu’on lui attribue dans l’usage cou­rant.

23
FEDERICO ALBANO LEONI

Tatsache ist, daß diese Komplexcharaktere [scil. Gestaltqualitäten]


zusammen oft schon ge­nü­gen, um die herabgesetzten diakritische
Anforderungen zu erfüllen. Die Wortbilder werden dann vor­wiegend
an ihrem akustischen Gesicht und keineswegs allein an ihrem Si-
gnalement erkannt. Ähn­lich werden die Ansprüche der Diakrise he-
rabgesetzt, wo das Klangbild eines Wortes em­prak­tisch eingebaut ist.
(Bühler 1934: 284-285)

Je juge ce passage très important car d’un côté il nous rappelle encore
une fois l’importance du con­texte (le mot empraktisch), et de l’autre
il introduit le point de vue de la nature physiognomonique des mots
(akustisches Gesicht). En somme, Bühler affirme que le contexte
(dans son sens le plus ample) et la physionomie acoustique des mots
réduisent ou, dirais-je, très souvent annulent, surtout dans le parlé
spontané, le besoin de la Diakrise, c’est-à-dire de ce pouvoir distinc-
tif qu’on attribue en gé­né­ral aux phonèmes et aux morphèmes, par
exemple dans les paires minimales.
Pour mieux comprendre la portée de cette affirmation et ses consé-
quences théoriques, il est utile de nous rappeler certains aspects de la
perception visuelle et de la reconnaissance physio­gno­mo­nique.13
En fait Bühler semble envisager une forme de reconnaissance, et donc
de distinction, qui res­semble beaucoup à la façon dont nous distinguons,
reconnaissons et mémorisons un très grand nom­bre de visages, images,
lieux, paysages ou autres choses. Nous reconnaissons, en le distinguant de
tous les autres, le visage d’une personne connue d’après sa physionomie,
qui n’est pas la somme des traits physiques qui constituent le visage, au
point que nous le reconnaissons même si la per­sonne se laisse pousser les
moustaches ou si elle met des lunettes, ou bien encore si elle grossit ou
mai­grit, si elle se teint les cheveux, si elle vieillit, si elle rit ou bien si elle
pleure. Évidemment la re­con­nais­sance successive d’un visage ou d’une
personne sera d’autant plus facile que le nombre d’é­lé­ments contextuels
dont nous disposerons (par exemple, si nous en entendons la voix, ou si le
lieu et la situation de la rencontre sont les mêmes) sera important.
Ceci revient à dire qu’un trait particulier donné (tel que la longueur
du nez ou la couleur des yeux, équivalents d’un phonème ou d’un trait)
n’est pas décisif pour la reconnaissance.

13 Sans oublier naturellement que la perception physiognomonique visuelle s’exerce sur un objet
qui se trouve dans l’es­pace et dont les constituants sont perçus de manière simultanée, alors que
la perception physiognomonique au­di­ti­ve s’exerce sur un objet qui se révèle dans le temps et dont
les constituants sont perçus en succession. Mais cela ne con­sti­tue pas un obstacle, considérant
aussi bien ce que l’on dit sur le rapport entre mélodie et notes, dans la ci­ta­tion de Wertheimer re-
portée ci-dessous, que le principe de la sequential integration (Bregman 1990: 47-211, 472-473).

24
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

La nature active et gestaltique de la perception et de la reconnais-


sance visuelles trouve sa con­fir­ma­tion dans le phénomène de la per-
ception bistable (Wittgenstein 1953 [2004: 274-301] ; Gregory 1998:
passim ; Fortuna 2002: passim). Le fait qu’une même image phy-
sique puisse être vue com­me la tête d’un lapin ou comme celle d’un
canard, démontre la prévalence du rôle actif de ce­lui qui perçoit, de
ses schémas et peut-être de ses attentes, plutôt que des portions du
perçu phy­si­que en soi qui, dans le processus de reconnaissance, ne
sont pas déterminantes.14
Donner une importance particulière au concept de physionomie
(phonique) signifie évi­dem­ment rediscuter le problème de la relation
parties/tout, en récupérant aussi la Gestalt.15
A propos de la Gestalt, Rosenthal et Visetti, dans un ouvrage consacré à
l’œuvre de Köhler, re­portent en la paraphrasant une formulation de Wer-
theimer qui synthétise bien le point de vue au­quel nous nous référons :

[…] bien souvent nous appréhendons les ensembles avant même de


discerner leurs parties – si tant est que nous les discernions jamais.
Il se trouve en effet que nous lisons très bien, sans pour au­tant in-
dividualiser chaque mot, a fortiori toutes les lettres ; nous écoutons
aussi des mélodies, sans pour autant en détacher chaque note ; et
nous reconnaissons bien tel ou tel regard, ironique ou engageant,
sans pour autant noter la couleur des yeux, que nous serions bien
incapables d’é­vo­quer. […] nous affirmerons ensuite que les formes,
c’est-à-dire les unités organisant les champs perceptifs, ne sont pas
moins immédiatement données que leurs parties. (Rosenthal et Vi-
setti 2003: 65-66)

Enfin, si l’on partage l’affirmation selon laquelle « la symbolisation


humaine a avant tout une ar­ti­culation sensorielle et que de là s’ensuit
la propriété de l’indétermination » (Fortuna 2005: 11), il sera possible
de chercher à étendre du domaine du signifié à celui du signifiant le
champ d’ap­pli­ca­tion de cette propriété.

14 Il n’existe à ma connaissance aucune expérience analogue sur la perception auditive. Mais si


l’on prononce de ma­ni­ère répétée et sur un ton monotone la succession des deux syllabes [sa] et
[ra], au point de produire une séquence [sarasarasarasarasara…] on observera que la séquence se
présente alors tantôt comme [sara], tantôt comme [rasa], tan­tôt comme [sa’ra].
15 Une Gestalt qui ne soit pas rigide mais qui soit sujette aux principes de la totalité perceptive,
de la « meilleure for­me » et de l’« équilibration » (Piaget 1968 [2007: 51-53]).

25
FEDERICO ALBANO LEONI

Pour conclure : qu’en est-il de la pertinence distinctive ?


On voit aisément que Bühler a une position complexe, sinon contra-
dictoire, par rapport au principe de la abstraktive Relevanz, de la per-
tinence abstractive, au moins dans le sens que lui donnent les pho­no­
logues. D’un côté il a sans doute théorisé la pertinence distinctive, par
exemple au niveau pho­no­logique, en prêtant à Troubetzkoy un soutien
important pour sa théorie du phonème (dès Bühler 1931). Mais d’un
autre côté il affirme que ce principe n’a pas une valeur absolue et con­
stante, là où il parle, comme nous l’avons vu, de herabgesetzte diakriti-
sche Anforderungen et évo­que les Gestaltqualitäten, niant ou limitant
ainsi la centralité de la pertinence distinctive ponc­tuelle, lo­ca­lisée dans
un phonème ou dans un trait.
En fait, suivant ce point de vue, la pertinence n’appartient guère, en
tant que propriété struc­tu­rale, à une unité en soi (qu’il s’agisse d’un
phonème, d’un morphème ou autre), découpé artificiel­le­ment par le
linguiste ; elle appartient plutôt à une unité sémiotique, aux limites
parfois indéfinis­sables, vue dans son ensemble gestaltique et qui ré-
sulte de l’entremêlement du champ symbolique et du champ déictique.
Soustraite au monde, c’est-à-dire à un jeu linguistique et à une forme
de vie, la per­tinence abstractive n’est qu’un outil métalinguistique.
La position de Bühler que je viens de résumer, ou au moins ce que j’y
vois, n’est donc pas sans conséquences sur les modèles de langue. En fait,
tandis que les pragmatistes, qui ont évi­dem­ment le monde bien présent
à l’esprit, pensent que ceci ne concourt qu’à la génération et à l’in­ter­pré­
ta­tion des sens et n’atteint pas le fonctionnement de la langue comme
instrument, le modèle qu’on pourrait faire dériver de Bühler montre que
l’entremêlement du champ symbolique et du champ déictique (le monde
environnant) amène à un modèle de langue où celle-ci est vague et in­dé­
ter­mi­née (comme la plupart de nos sensations, de nos émotions, de nos
expériences, de nos idées) et non obligatoirement catégorielle, recevant
sa détermination de la Umwelt à chaque échange entre les partenaires.
Les conséquences de ce point de vue sur les règles phonologiques, mor-
phologiques, syn­ta­xiques sont évidentes parce qu’il ne serait plus néces-
saire de les concevoir comme des al­go­rith­mes déterministes.

26
DE PHILIPP WEGENER À KARL BÜHLER ET APRÈS

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29
L’énigme de la subjectivité entre deux
prophètes :
la philosophie et la psychologie

Marina De Palo
Rome

J’essaierai de dessiner les voies du développement du thème de la sub-


jectivité chez Bühler, en me concentrant sur deux points de repères
de la Théorie du langage : la réflexion linguistique de Saussure (sur-
tout en ce qui concerne les rapports complexes entre linguistique et
psychologie) et la phénoménologie husserlienne, et donc les rapports
entre philosophie et psychologie. Le titre de mon exposé est en fait
la paraphrase d’un passage de la Théorie du langage où Bühler (2009
[1934] : 65) affirme que lorsqu’on étudie le langage, il faut se ménager
entre deux prophètes : un prophète à droite, la philosophie, et un pro-
phète à gauche, la psychologie. Peu après (ibid. : 72) il affirme encore :
« Ce qui m’a ramené à l’analyse objective du langage chez les Anciens
fut l’intuition que la subjectivité voulue et un temps prônée par les Mo-
dernes demandait à être complétée ». Ses interlocuteurs fondamentaux
à ce sujet sont Hermann Paul, le Cours de Ferdinand de Saussure et les
Recherches logiques de Edmund Husserl :

Nous allons donc faire appel à trois remarquables tentatives d’hier


touchant la théorie du langage pour mettre en évidence les impasses
auxquelles conduit inévitablement une analyse purement subjecti-
viste du langage. Ce sera ensuite la tâche du livre tout entier que
de montrer comment on peut les éviter. (Bühler 2009 [1934] : 74)1

La relation entre individu et société est chez Bühler une question


omniprésente, à partir de ses études comparées sur les langages des
animaux, exposées dans Die Krise der Psychologie (contact, coordina-

1 Dans cet article je laisserai de côté Hermann Paul qui, selon Bühler, s’insère dans le sillage
de l’individualisme cartésien d’où il tirerait « la recette qui nous prescrit de placer dans notre
analyse l’individu avant la société […] Comme tous ses contemporains, Paul est un individualiste
convaincu et, dans ses Prinzipien, il s’attelle avec honnêteté à la tache de jeter un pont entre les
deux pôles, ce dont aucune approche monadique ne peut se dispenser – puisqu’il faut ‘dériver’
expressément tout ce qui est social, dès lors qu’on a prétendu opérer au départ une répartition
exhaustive de toutes les com­po­san­tes de la vie en les attribuant au seul domaine de l’individu, et
qu’ont donc occulté cet aspect » (Bühler 2009 [1934] : 76).

31
MARINA DE PALO

tion dynamique, contrôle, empathie), puis résumées dans la Théorie


du langage :

[…] l’échange de signes chez les hommes et les animaux est devenu
un problème central de la psychologie comparée […] Aucune com-
munauté animale n’est dépourvue de moyens de guider le compor-
tement social de ses membres. Il n’y a aucune communauté sans
échange de signes, lequel est dans le monde animal aussi ancien
que l’échange matériel. (Bühler 2009 [1934] : 65)

La nature sociale des signes est une sorte d’universel bio-sémiotique.


L’action animale et humaine est en effet guidée par les signaux (ibid. :
66) et déjà dans Die Krise der Psychologie l’attention à la nature sociale
des valeurs linguistiques se relie à l’anti-béhaviorisme et à l’antimaté-
rialisme (ou anti-physicalisme). Les thèses de Wundt, et avant lui celles
de Darwin sur les mouvements expressifs, sont critiquées par Bühler
précisément parce qu’elles n’ont pas expliqué le nécessaire passage de
l’individu à la communauté. En effet,

Wir folgen einem aus intimer Kenntnis der Dinge oft ausgesproche-
nen aber niemals methodisch restlos fruktifizierten Satz, wenn wir
den Ursprung der Semantik nicht beim Individuum, sondern bei
der Gemeinschaft suchen». (Bühler 2000 [1927] : 59)

Par ailleurs Bühler défend ses convictions anti-béhavioristes et anti-ma-


térialistes dans une sorte de corps à corps avec Husserl et la phénomé-
nologie, théorie qui certes offre maintes suggestions pour réintroduire
le thème de la subjectivité dans l’analyse linguistique, mais qui prête
aussi le flanc à de nombreuses critiques.

1. Les rapports entre Bühler et Saussure: une épistémologie


du sens
Tandis que dans ces derniers années, j’ai souvent utilisé Bühler pour
lire Saussure d’un point de vue psycho-philosophique (De Palo 2006 ;
2007), je me demanderai ici ce que Bühler retient des conceptions
saussuriennes. Dans cette optique un caractère saillant de la réflexion
saussurienne est sa tension épistémologique profonde, déterminée sur-
tout par l’exigence d’inclure la signification dans l’objet d’étude de la
linguistique naissante. Michel Bréal avait dénoncé l’insuffisance de
l’objet empirique de la Grammaire comparée dont le domaine d’ana-
lyse était exclusivement celui de la face phonique des langues, et vou-

32
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

lait déplacer l’attention de la linguistique de la forme à la fonction des


mots (De Palo 2016 a,b ; De Palo & Formigari 2010a). Avec la relance
du lien entre les formes et les fonctions du langage, le problème devient
inévitablement celui de la reconstruction de la voie qui remonte des
formes aux fonctions et de celles-ci aux structures psychophysiques
des sujets locuteurs, une voie difficile qui impose une épistémologie du
sens et de la subjectivité.
La psychologie contemporaine est elle aussi traversée par cette même
tension épistémologique déterminée par une superfétation empirique
qui ne trouve pas appui dans un édifice théorique unitaire. Dans La
psychologie de 1850 à 1950, Foucault (1957) décrit un progressif aban-
don de l’objectivité naturaliste ainsi que du positivisme, qui reliaient la
psychologie aux sciences de la nature. La « découverte du sens » s’est
imposée à la fin du XIXe siècle par divers chemins et a entraîné une
crise épistémologique de la psychologie dont témoignent deux œuvres
de la même année, sous deux titres pareils, qui dessinent une sorte de
bilan de la psychologie et de ses méthodes : Bühler (Die Krise der Psy-
chologie, 1927) et Vygotskij (La signification historique de la crise de la
psychologie, 1927).
Die Krise der Psychologie prend position en faveur d’une psycholo-
gie humaniste (geisteswissenschaftliche Psychologie) qui reconnaît une
place centrale au thème et à l’épistémologie du sens dans une pers-
pective anti-béhavioriste. On ne peut pas définir le concept de sens en
psychologie sans le rapporter à l’émetteur (le sujet parlant) et au récep-
teur (auditeur) (Bühler 1927 [2000] : 157). En effet, « Die Sprache ist
wie andere Geräte des Lebens ein menschliches Zweckgebilde » (ibid. :
151). Bühler critique ainsi le modèle épistémologique de l’objectivisme
radical, et notamment le béhaviorisme et le physicalisme, qui poussent
à des conséquences extrêmes l’écart entre point de vue objectif et point
de vue subjectif. Le béhaviorisme psychologique introduit l’observation
purement extérieure du comportement des hommes et des animaux
(ibid. : 38), en se bornant à ce qu’on perçoit avec les sens mais sans
saisir la notion de signification (ibid. : 90). Alors que

der neue Physikalismus das Zweckproblem der Biologie und mit


ihm die Sinn- und Wertbegriffe der Psychologie mit Hilfe eines phy-
sikalisch definierten Strukturbegriffes zu bewältigen hofft. (Bühler
1927 [2000] : 136)

dans Die Krise der Psychologie, l’unité d’analyse de base est l’action dans
laquelle se manifeste la dimension téléologique du fonctionnement hu-

33
MARINA DE PALO

main. C’est l’étude objective des mécanismes de « pilotage » ou de « ré-


gulation » de l’action humaine, qui devient centrale. La métaphore du
pilotage d’un navire, que la tradition aristotélique et scolastique avait
attribuée à Platon et qui en général est mise en relation avec le modèle
dualistique de l’union âme-et-corps, est employée par Bühler (ibid. :
102–103) dans un sens anti-béhavioriste parce que le commandant de
bord doit savoir guider le navire dans des conditions qui varient sans
cesse, qui ne sont pas prévisibles et qui donc ne sont pas à ramener à
des associations aveugles. Les comportements des animaux et des êtres
humains ont un caractère sensé car ils sont guidés : autrement dit, car
on peut identifier dans leur fonctionnement l’existence d’un « levier de
guidage » (Steuerhebel). Il y a un passage dans lequel Bühler (ibid. : 89)
présente explicitement son concept d’intentionnalité et, s’écartant par
là de Brentano, affirme que l’intentionnalité n’est pas quelque chose de
statique mais qu’il faut l’identifier à une coordination dynamique,2 en
d’autres termes, avec une coordination dans le déroulement. Il s’agit
d’une coordination dans le temps, en train de se faire, qui se constitue
dans le déroulement d’une activité et dans laquelle l’intention est un
levier de guidage, une manette, en quelque sorte (Friedrich 2010 : 104).
Face au problème de la nature spécifique du psychique, Bühler (2000
[1927] : 104) invoque la fonction d’interprétation (cf. Bühler 2009
[1934] : 92 ; voir § 2) et le rôle de l’intentionnalité (Bühler, 2000 [1927] :
89). Mais le regard porté par un psychologue sur un comportement ou
une activité doit toujours être sélectif, il doit discriminer tout d’abord
ce qui est porteur de sens (Friedrich 2010 : 93). Le but de Bühler est
d’ailleurs esquisser une épistémologie du sens en psychologie.
Bühler (2000 [1927] : 149–150) observe qu’en philosophie comme
en psychologie on fait souvent apparaître une distinction entre un sens
usuel et un sens occasionnel, ou entre un “sens pur” (ce dernier faisant
allusion aux significations idéales de la première Recherche logique de
Husserl) et le sens que les mots assument dans la variabilité infinie
des usages, des situations, des contextes. Mais Bühler, tout en recon-
naissant que ces distinctions sont nécessaires et que la notion de sens
usuel est indispensable au niveau des constructions métalinguistiques,
affirme avec décision qu’une valeur sémantique en soi n’existe pas :

Der reine usuelle Sprachsinn, auf den man abzielt, ist nicht wie
das Destillat oder die Quintessenz etwas besonders Höheres oder

2 À propos du terme de coordination (en allemand : Zuordnung), voir les explications de Didier
Sa­main dans le glossaire de la Théorie du langage (Bühler 2009 [1934] : 626).

34
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

Gehaltvolles, sondern oft etwas hilflos Unbestimmtes, der Prägung,


der Präzision Entbehrendes. Bühler (2000 [1927] : 149–150)

Donc selon Bühler il n’est pas possible d’analyser la signification des


mots en la séparant des sujets concrets qui participent à l’échange
communicatif et sans tenir compte des aspects extra-linguistiques
(perceptifs et culturels) où ils sont insérés. On reconnaît ici une corres-
pondance avec les idées que Saussure présente dans l’Essence double
du langage, selon lesquelles il faut absolument refuser la «supposition
traditionnelle que le mot possède une signification absolue» (ELG : 75)
et par contre tenir compte de la situation de discours hic et nunc. Il
faudra donc, par conséquence, reconnaître que la liberté de l’acte créatif
et l’unicité de l’acte de parole, sont des éléments marquants pour la
théorie (Bühler 2000 [1927] : 150).

2. Un objet d’étude complet et concret chez Saussure et Bühler


La dichotomie concret :: abstrait est une distinction qui circule dans le
débat linguistique à la fin du XIXe siècle (par exemple chez Victor Hen-
ry, 1896) et qui chez Saussure présente une stratification complexe.
L’exigence d’identifier des catégories d’analyse qui rendent compte du
caractère à la fois abstrait et concret de l’objet linguistique devient un
point critique. Le concept de langue formulé par Saussure suppose un
objet qui n’est pas immédiatement observable et en ce sens donc abs-
trait. Je me borne ici à dresser une liste de quelques acceptions de la
notion de concret qu’on retrouve dans les textes de Saussure (cf. De
Palo & Formigari 2010b : 7–8) :
a) La nature concrète des langues vivantes et des paroles. Ceci déter-
mine l’assomption d’une méthode qui se rapporte aux données obser-
vables et aux langues vivantes.
b) La nature concrète anthropo-biologique du sujet parlant. Saussure,
dans le sillage de Broca, se réfère à la « faculté de langage localisée
dans la troisième circonvolution frontale gauche du cerveau » (CL-
G/E : 182.IIIC).
c) La nature concrète du sens. “Concret” représente le lien entre signi-
fié et signifiant s’opposant donc à “abstrait”, qui désigne un concept
sans support sonore ou vice versa : « concret, ici signifie que l’idée a son
unité dans le support sonore » (CLG/E : 2195. IIIS).
d) La nature concrète de la conscience du sujet parlant définit et iden-
tifie les unités de la langue (s’opposant donc à “abstrait”, qui désigne
ce qui n’a de valeur que pour le grammairien) ; en effet, « ce qui est

35
MARINA DE PALO

réel c’est ce dont les sujets parlants ont conscience à un degré quel-
conque » (CLG/E : 2779 N7).
e) La nature concrète du jeu de signes (et la nature abstraite du sys-
tème). C’est seulement dans le jeu de(s) signes, « le jeu de signes,
au moyen de leurs différences à un moment donné » (ELG : 35),
c’est-à-dire dans l’emploi concret des mots qui s’associent et s’op-
posent, que quelque chose peut devenir forme du signe. Le jeu
linguistique appelé langue peut être une alternative à la notion
structurale de système en configurant une version faible de la sys-
tématicité de la forme.
Le rappel du caractère concret de l’objet linguistique est sans équi-
voque un indice contre une linguistique qui étudie de façon abstraite
les formes sans considérer leurs fonctions sémantiques (ou vice versa)
et qui coupe le lien entre sujet et langue.
Les acceptions du terme “concret” que j’ai énumérées sont plus ou
moins directement reprises par Bühler, à l’exception de (b) qui est la
seule complètement exclue et contrecarrée (v. § 4). L’acception (e), à
laquelle font allusion le champ déictique, le champ empratique et le
thème de l’ellipse, est envisagée par Bühler sans citer Saussure (§ 6).
Dans les pages consacrées à l’axiomatique, Bühler introduit la ques-
tion de la nature « concrète » de l’objet linguistique d’après Saussure.
Il y rappelle la tension épistémologique saussurienne et la difficulté de
définir l’objet linguistique :

C’est là le leitmotiv de la plainte méthodologique de Saussure: j’ai


en main des disiecta membra issus de domaines du savoir d’origines
totalement différentes, et il me faut en créer quelque chose d’ho-
mogène, portant le nom d’une science unique, à savoir la mienne.
(Bühler 2009 [1934] : 82)

En effet Saussure avait exprimé l’exigence de délimiter un objet d’étude


complet et concret :

[…] il faut un objet concret. Mais il faut éviter de se mettre devant


quelque chose de partiel. Il faut voir l’objet tout entier. (CLG/E :
123.IIID)

Et Bühler pose cette même question :

Quel est l’objet à la fois intégral et concret de la linguistique? (Büh-


ler 2009 [1934] : 81)

36
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

C’est une question de vie ou de mort pour une science comme la


linguistique « qui est par définition contrainte de recourir à l’observa-
tion » soit de documents écrits, soit d’enregistrements des événements
de parole audibles (Bühler 2009 [1934] : 89). Donc,

Nous appellerons ce qui affecte ou qui est susceptible d’affecter les


sens du linguiste l’événement de parole concret. Ce dernier est,
tout comme chaque éclair, chaque coup de tonnerre, comme le
franchissement du Rubicon par César, quelque chose d’unique, un
pur événement hic et nunc, pourvu d’une place déterminée dans
l’espace géographique et dans le calendrier grégorien. C’est à partir
d’événements de parole concrets que le linguiste effectue ses obser-
vations, dont il fixe le résultat dans les propositions primaires de
la science. Jusque là toutes les sciences empiriques sont logées à la
même enseigne. (Bühler 2009 [1934] : 92)

Même si le linguiste doit partir de l’observation, il doit la dépasser pour


saisir le sens:

Car l’événement de parole complet, c’est-à-dire complet par le sens,


complet par la signification contient bien davantage que le seul au-
dible. Mais comment ce contenu supplémentaire est-il également
appréhendé et rendu accessible à l’observation exacte ? On peut
tourner le problème comme on voudra, il reste que l’observateur
qui pratique la science du langage doit comprendre ce qu’il a perçu
par ses oreilles et par ses yeux […] tout autrement que ne le fait le
physicien. (Bühler 2009 [1934] : 89)

Le caractère objectif de ce qui est observé est différent pour un physi-


cien ou pour un linguiste:

Le problème méthodologique que soulève le thème du « comprendre »


pour la science du langage a pour conséquence pratique qu’on ne peut
se passer de la capacité spécifique du philologue dans aucun enregis-
trement linguistique initial. Même là où nul texte n’est à restituer,
où ne se pose nulle question d’authenticité, dans l’événement de pa-
role concret saisi in vivo, il faut là aussi effectuer ce qu’au chevet du
malade on attend du médecin, et qu’on appelle alors un diagnostic,
ce que dans le texte on attend du tact philologique et qu’on désigne
comme interprétation (ou herméneutique). (ibid. : 92)

Le problème subjectivité vs objectivité est le problème méthodologique


de l’épistémologie de la linguistique introduit par Saussure:

37
MARINA DE PALO

C’est donc en dernière instance l’univers conceptuel du linguiste


qu’il faut analyser, afin de comprendre comment et pourquoi ce-
lui-ci est en mesure de donner à un domaine de faits bien circons-
crit mais inépuisable en déterminations concrètes – le domaine des
événements de parole concrets – la forme d’un cosmos accessible à
l’investigation scientifique. (Bühler 2009 [1934] : 94)

Il faut identifier un appareil conceptuel adapté à l’objet. En accord avec


Saussure, « l’examen des concepts fondamentaux de la science du lan-
gage devrait donc commencer par les énoncés les plus quotidiens des
linguistes » (ibid. : 96). Mais,

Je n’ai pas connaissance qu’on ait jamais conçu en ces termes


la tâche globale de la théorie du langage, en tant qu’elle est une
branche de la philosophie de la science, ni qu’elle ait jamais été
effectuée sous cette forme. C’est-à-dire en pratiquant systématique-
ment un examen des concepts, et comparant l’appareillage concep-
tuel propre à la linguistique avec celui d’autres disciplines. (Bühler
2009 [1934] : 97)

Bühler propose qu’on travaille en quelque sorte avec des axiomes, des
principes fondamentaux d’une science empirique, obtenus à partir
« d’une réduction du matériel récolté par la science du langage fruc-
tueuse elle-même » (ibid. : 98).
L’‘événement de parole’ concret (konkretes Sprechereignis) est un
phénomène empirique, un point de départ, qui doit être modélisé. Les
sciences empiriques doivent se rapporter à « un objet de départ dont les
données concrètes susceptibles d’être déterminées sont d’une richesse
inépuisable» mais le linguiste « se réserve d’opérer selon ses propres
critères la sélection de ce qu’il veut observer » (Bühler 2009 [1934] :
93). Le modèle instrumental restitue « toute la multiplicité des rela-
tions fondamentales, multiplicité qui n’est susceptible d’être mise en
évidence que dans l’événement de parole concret » (ibid. : 101). Cette
perspective a déjà été mise en valeur par un courant théorique auquel
appartiennent Wegener, Brugmann, Paul et Gardiner : « Le modèle ins-
trumental du langage apporte à l’ancienne grammaire le complément
dont la nécessité avait été perçue» par ces chercheurs (ibid. : 100–101 ;
cf. Albano Leoni dans ce volume).
Par rapport à la distinction langue :: parole et au circuit de la parole
de Saussure, le modèle instrumental a l’avantage de prendre en charge
la notion de langage comme action: « l’événement de parole concret »
est « une action humaine complexe » (Bühler 2009 [1934] : 175).

38
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

La sématologie développe le projet sémiologique de Saussure au cœur


duquel on retrouve le principe de la pertinence abstractive :

Quant à la propriété d’être un signe, c’est toujours uniquement par


et avec des traits abstraits que l’élément concret fonctionne « en
tant que » signe. Il s’agit là d’un fait fondamental pour la théorie du
langage que j’ai appelé le principe de pertinence abstractive. (Bühler
2009 [1934] : 124)

En effet, « Le phénomène de l’abstraction exprime une position clef de


la sématologie » (Bühler 2009 [1934] : 129). Ajoutons qu’en concevant
la « pertinence abstractive » comme sélection de traits sur un support
concret, il suivait une tradition empiriste issue de Herbart, voire de
Locke, indépendante des thèses phonologiques de Trubeckoj (cf. Sa-
main dans ce volume). Dire que le langage humain est un organon « ne
signifie rien d’autre que l’aborder par rapport à ceux qui interagissent
avec lui et sont ses auteurs » (ibid. : 133).

La science du langage rencontre donc, avec l’axiome de la nature sé-


miotique du langage le modèle conceptuel de l’homo faber, fabricant
et utilisateurs d’outils. […] nous pouvons provisoirement caractéri-
ser ce qui présente un caractère de signe, qui est mis en œuvre dans
la communication intersubjective, comme un instrument d’orien-
tation pour la vie en communauté. (Bühler 2009 [1934] : 132–133)

3. Les actions de parole et « l’homme tout entier »


Le corps à corps avec Saussure se développe amplement dans la partie de
la Théorie du langage consacrée au troisième axiome, où l’on récupère
la distinction humboldtienne entre energeia et ergon et la distinction
saussurienne entre linguistique de la langue et linguistique de la parole.
L’action de parole (Sprechhandlung) et l’œuvre langagière
(Sprachwerk), l’acte de parole (Sprechakt) et la structure langagière
(Sprachgebilde) constituent un quadrifolium que Bühler (2009
[1934] : 135) résume dans un schéma qui met en évidence deux
dichotomies : une première dichotomie selon laquelle on peut dé-
terminer les phénomènes linguistiques : 1) en relation au sujet ou
2) déconnectés du sujet, pourvus pour cette raison d’une fixation
intersubjective (ibid. : 135). En ce qui concerne l’autre dichotomie,
le linguiste peut définir ce qui est susceptible d’« affecter ses sens » :
1) à un niveau inférieur de formalisation, comme des actions et des

39
MARINA DE PALO

œuvres ; 2) à un niveau supérieur de formalisation, comme des actes


et des structures (ibid. : 136).
Le Sprachgebilde est une théorie des formes linguistiques dans laquelle
les objets linguistiques sont envisagés indépendamment des contextes
et de la situation. Par contre dans le concept d’action de parole (Spre-
chandlung), la caractéristique qu’il faut souligner est « le fait que la
parole est ‘effectuée’ (accomplie) dans la mesure où elle a accompli la
tâche de résoudre le problème pratique lié à la situation » (ibid. : 140).
Il faut souligner la singularité concrète dans laquelle Bühler voit une
composante non réductible du fonctionnement langagier (Friedrich
2009 : 618). « Il y a des situations dans lesquelles le problème du mo-
ment, la tâche issue de la situation de l’existence, est effectué en par-
lant : actions de parole » (Bühler 2009 [1934] : 140).
L’œuvre langagière (Sprachwerk) est envisagé au contraire « en la
déliant de sa position dans la vie et du vécu individuel de son produc-
teur. Le produit en tant qu’œuvre de la personne exige toujours d’être
délivré de son terroir d’origine et d’acquérir son autonomie» (ibid. :
140). Dans ce passage consacré à la distinction entre l’action de pa-
role et l’œuvre, Bühler se demande quel genre de théorie linguistique
est une théorie de la parole, en explicitant très bien la centralité de la
notion d’action humaine :

[…] il est possible de considérer chaque formule sous l’aspect d’une


action humaine. Car chaque parole concrète se trouve parmi les
actions, elle est elle-même une action. Dans une situation donnée,
nous voyons que tantôt un homme saisit quelque chose avec les
mains, et qu’il manipule l’entité saisissable, les choses matérielles,
qu’il exerce son activité. Une autre fois nous le voyons ouvrir la
bouche et parler. Dans les deux cas l’événement que nous pouvons
observer se révèle dirigé vers un but, vers quelque chose qui doit être
atteint. Et ceci est exactement ce que le psychologue appelle une
action. L’allemand courant a préparé et fourni le terme scientifique
de Handlung, « action » [dérivé de Hand, « action ». Déjà dans la
vie quotidienne nous pratiquons des généralisations : nous ne nom-
mons pas seulement « actions » [Handlungen] ‘les manipulations’
dans lesquelles les mains sont effectivement en jeu et agissent, mais
aussi d’autres – nous nommons actions l’ensemble des activités té-
liques de l’homme tout entier. (Bühler 2009 [1934] : 138–139)

Nous trouvons ici le cœur de la réflexion de Bühler sur le sujet parlant,


qui n’est pas seulement un homme parlant, mais un homme vivant,
concret, envisagé dans l’ensemble des activités téliques qui dessinent

40
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

« l’homme tout entier ». Il sera utile de rappeler ici les mots conclusifs
de Langage et pensée de Henri Delacroix :

Le langage ne se rattache exclusivement et ne se réduit à aucune


fonction particulière, […] il est l’œuvre de l’homme tout entier. (De-
lacroix 1924 : 587)

En effet, définir la parole comme une action est une sorte de virage
pour la linguistique :

En définissant résolument la parole comme une action (ce qui est


pleinement le sens de la praxis chez Aristote), il me semble qu’on
dispose d’une sorte de fil d’Ariane qui dépêtre de toutes sortes de
complications qui n’étaient que partiellement appréhendées. En je-
tant un coup d’œil préliminaire à ce qui va suivre, signalons que
l’intégration de la parole dans un autre comportement pourvu de
sens mérite une appellation spécifique. Nous allons découvrir les
énoncés empratiques, énoncés paraissant inachevés, que nous
identifierons comme l’un des principaux groupes des prétendues el-
lipses, ce que nous permettra de régler pour de bon la question de
l’ellipse dans son ensemble. (Bühler 2009 [1934] : 139)

À ce propos on peut trouver des correspondances avec Benveniste (1974 :


234) qui écrit : « À partir du moment où la langue est considérée comme
action, comme réalisation, elle suppose nécessairement un locuteur et
elle suppose la situation de ce locuteur dans le monde ».
L’importance de la notion de praxis à l’intérieur de laquelle se greffent
les usages langagiers, qui apparaissait déjà dans Die Krise der Psychologie,
est confirmée par les passages où Bühler s’arrête sur le concept de situa-
tion, en consonance avec les réflexions de l’ethnologue Malinowski, auteur
qu’il connaissait et qui, dans son essai The problem of meaning in primitive
languages (1923), avait élaboré le concept de ‘contexte de situation’. Ainsi,
quand les énoncés empratiques (ellipses, anacoluthes etc.) sont abordés en
tant que produit détachés de leur origine pratique et individuelle, il s’opère
un changement de point de vue : « les choses deviennent différentes […]
quand ces produits sont formés dans la perspective de pouvoir être affranchis
de leur terroir individuel pratique » (Bühler 2009 [1934] : 141). Mais c’est
seulement une question de point de vue : le Sprechakt correspond à la no-
tion de parole, à laquelle on a soustrait les aspects phonatoires et psycholo-
giques, alors que la Sprechhandlung, l’action de parole, qui renvoie au sujet
empirique et psychologique, correspond à la notion saussurienne de parole
et elle n’est pas l’objet de la linguistique mais de la psycholinguistique.

41
MARINA DE PALO

4. Bühler, Husserl et le psychologisme saussurien


Bühler envisage ainsi la théorie de la structure, qu’on peut ramener,
avec Saussure, à la linguistique de la langue :

Aucun linguiste moderne n’a décrit le caractère logique des struc-


tures langagières (Sprachgebilde) avec autant de pertinence, et en
exploitant directement les fruits de son propre travail de recherche,
que ne l’a fait F. De Saussure. Mais le niveau est resté « descriptif »,
et il n’en est ressorti aucune compréhension conceptuelle consé-
quente. (Bühler 2009 [1934] : 145)

La linguistique de la langue esquissée par Saussure se fonde sur quatre


points (Bühler 2009 [1934] : 145) :
1) « la reconnaissance du caractère strictement séparable de l’ ‘objet’
de la linguistique de la langue ». Il s’agit de la reconnaissance que les
structures langagières (selon leur valeur fonctionnelle) sont affranchies
de la situation de la parole concrète ;
2) la nature biface du signe : « l’application de l’énoncé clef de la nature
sémiotique du langage : ‘la langue est un système de signes où il n’y a
d’essentiel que l’union du sens et de l’image acoustique’ ». Bühler sou-
haite « qu’on cesse d’interpréter inutilement cette ‘union’ comme une
association », terme avec une connotation trop psychologique, « pour la
remplacer par quelque chose de meilleur ». La prise de conscience que
les relations constituent de fait l’objet ‘langue’ reste valide ;
3) la distinction entre phonétique et phonologie ;
4) « le caractère intersubjectif des structures langagières et, en liaison à
cela, son indépendance par rapport au locuteur individuel d’une com-
munauté linguistique ».
Le noyau de la langue chez Saussure est, selon Bühler (2009 [1934] :
148), « détachable de la multitude d’éléments non pertinents liés aux
événements de parole concrets » et « présente un caractère supra indivi-
duel ». Bühler (2009 [1934] :148) arrive alors à affirmer que « les struc-
tures langagières sont, en langage platonicien, des objets apparentés à
des idées, ce sont en langage logique des classes, des classes de classes
comme les nombres ». Le point critique de l’analyse de Saussure est
l’idée anti-abstraite :

que la langue soit « un objet de nature concrète » et qu’on puisse


« la localiser dans la portion déterminée du circuit où une image
auditive vient s’associer à une représentation mentale (i.e. une re-
présentation de chose, une Sachvorstellung). » En opposition radi-

42
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

cale à ce fourvoiement substantialiste le plus funeste de tous, il va


nous falloir, premièrement, défendre la thèse de l’idéalité de l’objet
« langue », telle qu’il est habituellement compris et utilisé par la
science du langage ; et, deuxièmement, il nous faudra mettre à jour,
et démasquer comme telle, la méprise fondamentale qu’ont com-
mise tous ceux qui, subjugués par la théorie associationniste clas-
sique, confondent les chaînes qui constituent les complexes et les
séquences dans notre vie mentale, et dont on peut indubitablement
démontrer l’existence, avec l’expérience de signification. (Bühler
2009 [1934] : 146–147)

Bühler identifie une évidente contradiction chez Saussure entre la théo-


rie des formes et l’hypothèse de la localisation cérébrale de la faculté
du langage qui semble renier l’idéalité de la langue.3 Saussure, d’après
Bühler (2009 [1934] : 83) qui reconnaît l’erreur des penseurs substan-
tialistes, n’avait pas pu trouver l’élan pour affirmer que déjà « dans les
données initiales de la linguistique, ce n’est ni à de la physique ni à de
la physiologie ou de la psychologie qu’on a affaire, mais à des faits lin-
guistiques et rien d’autre ».4
Selon Bühler la notion de parole chez Saussure évoque la notion de
sujet empirique :: psychologique et révèle l’influence de la psycholo-
gie associationniste. La notion de langage (incluant langue et parole)
ne permet pas une approche scientifique et prête le flanc au psycholo-
gisme. La quintessence de cet agglomérat hétérogène de phénomènes
psycho-physiques serait « la conception simpliste du ‘circuit de la
parole’ que Saussure reprend à la vieille psychophysique » (Bühler
2009 [1934] : 106). Evidemment Bühler avait beau jeu de critiquer
Saussure qui insérait à côté d’aspects de caractère universel et subper-
sonnel comme la faculté de langage, des références à la psychologie
représentationnelle (la notion de Vorstellung). Ces problèmes fragi-
lisent l’autonomie de la linguistique et contaminent le thème de la
signification avec les traces et les renvois au monde sensible et extra-
linguistique. Dans ce contexte théorique, la comparaison des trois ob-
jets de la communication sociale – que sont les produits de marque,

3 Ce n’est pas un hasard si ce passage est utilisé par Michael Dummett, grand exégète de la
pensée de Frege, in Origins of Analytical Philosophy (1993), pour interpréter Saussure comme un
re­pré­sen­tant de ce que l’on a appelé le psychologisme. Le schéma du circuit de la parole imite,
selon Dummett, l’explication associationniste des empiristes britanniques.
4 Bühler (2009 [1934] : 278) critique en outre Saussure parce qu’il n’a pas distingué trois ni-
veaux dif­fé­rents : la « coordination idéelle », l’« association psychophysique dans le cadre des
dispositions à la parole d’un individu » et l’« objet nommé par une dénomination dans les vécus
linguistiques » qui fait l’« objet d’une visée intentionnelle ».

43
MARINA DE PALO

les pièces de monnaies et les mots –, vise à affirmer la nature idéelle


des formes symboliques :

[…] les mots fonctionnent dans l’interaction verbale de manière


encore plus indifférente à la matière (de manière encore plus déma-
térialisée, plus abstraite) que le dollar. (Bühler 2009 [1934] : 149)

Ce thème avait été déjà développé dans Die Krise der Psychologie où
Bühler (2000 [1927] : 75) envisage deux caractères des choses qui
fonctionnent en tant que signes : la dématérialisation des moyens de
communication, la séparabilité des contextes et la nature idéelle de la
« coordination » entre les mots et les choses. Cette relation de coordi-
nation entre les mots et le monde, caractéristique pour l’emploi des
signes langagiers, comporte un trait que Bühler ne manque pas de sou-
ligner, à savoir qu’elle est purement idéelle (Friedrich 2010 : 104).

5. Recherches logiques et Méditations cartésiennes


Les Recherches logiques de Husserl ont eu le mérite de réagir aux
grammairiens qui ont cédé « aux sirènes de la psychologie du langage
revivifiée et prometteuse » (Bühler 2009 [1934] : 84) au point de mé-
connaître la spécificité de la problématique grammaticale :

Au reste, la phénoménologie de Husserl me semble de fait apte à


démêler et à résoudre en la complétant une difficulté propre à cette
analyse linguistique objective, difficulté que, dans le chapitre sur les
structures langagières, nous avons décrite chez des hommes comme
Saussure et pour ainsi dire dans toute la grammaire depuis l’Anti-
quité. (Bühler 2009 [1934] : 157)

Une grammaire pure, une théorie des formes, est-elle possible? Le


tournant opéré par Husserl dans les Méditations cartésiennes de 1931
impose un nouveau modèle du langage, le modèle instrumental :

L’ancien modèle husserlien du langage contient juste assez de fon-


dements relationnels pour lui permettre d’expliquer logiquement le
discours d’une monade, le discours que se tiendrait à lui-même dans
son tonneau un Diogène doué pour les plus hautes abstractions. En
revanche, le nouveau modèle du langage humain, dont les conces-
sions des Méditations cartésiennes imposent de tracer les lignes, pré-
sente toute la richesse requise par la théorie du langage et c’est, dans
la pratique, celui qu’elle a toujours appliqué depuis Platon : c’est le
modèle instrumental du langage. (Bühler 2009 [1934] : 86)

44
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

La critique de la conception monologique du langage déclenchera la


théorie du champ déictique de Bühler. Dans ces passages consacrés à
la théories des actes de paroles (Sprechakte) de Husserl il y a une cri-
tique à l’encontre des « subtiles analyses sur les actes d’attribution des
significations » des Recherches logiques (Bühler 2009 [1934] : 152).
On ne peut guère parvenir à une pleine compréhension théorique de
la communication verbale avec seulement les termes dénominatifs. Il
n’est certes pas indifférent que dans un texte le mot cheval désigne un
individu où l’espèce du zoologue :

Force est de se comporter en détective en inférant, soit du contexte,


soit des circonstances de la situation de parole, si c’est un cas ou
l’autre que le locuteur a en vue et qu’il veut dire. (Bühler 2009
[1934] : 152)

La détermination du sens a besoin d’un contexte (et d’un récepteur)


« dans un autre sens que notre Diogène dans un tonneau » (ibid. : 156).
Non seulement les termes déictiques sont plurivoques mais la repré-
sentation symbolique présente elle aussi plusieurs indéterminations :

[…] la représentation symbolique verbale laisse partout ouverts


des espaces de jeu à l’indétermination de la signification et qui ne
peuvent être refermés d’aucune manière, si ce n’est par la prise en
compte des “possibilités objectives” : ils se referment effectivement
dans chaque énoncé humain. (Bühler 2009 [1934] : 156)

Un point théorique important est l’appel explicite au thème de la na-


ture indéterminée du langage et au rôle de la situation contextuelle
pour la constitution du sens : « la langue opère avec des symboles large-
ment polysémiques » (ibid. : 157). Husserl édifie « le monde entier des
significations par rapport au sujet » sur la base « des caractères d’actes »
mais il n’est pas possible de dominer l’ensemble de la théorie de la
signification en la fondant sur l’acte comme les Recherches logiques
tentent de faire (ibid. : 160) et sans la lier à une théorie de la réception :

[…] mais réception et création individuelle (prendre et instaurer)


sont deux choses distinctes. Si la liberté husserlienne propre à l’acte
d’attribution de signification relève de l’instauration, alors la fixa-
tion due à la réception, au moment de la réception, en fait égale-
ment partie, comme borne mise à cette liberté et comme son corré-
latif. (Bühler (2009 [1934] : 159)

45
MARINA DE PALO

Bühler est persuadé de la fécondité de la méthode phénoménolo-


gique et la « sématologie ‘pure’ peut s’en trouver stimulée » (2009
[1934] :158). Mais,

Il faut à côté de la théorie de l’acte et pour la compléter, une théorie


des structures, laquelle ne peut être modifiée que de la manière dont
la grammaire l’a fait à toutes les époques. (Bühler 2009 [1934] :
159)

L’Organonmodell exprime une orientation explicitement comporte-


mentale que Bühler ramène de manière générale à une analyse « ob-
jective », privilégiant le cas échéant le facteur social sur la dimension
husserlienne d’acte (cf. Samain dans ce volume).

6. Les énoncés empratiques et l’ellipse


Comme nous avons remarqué, Saussure est très cité dans la pre-
mière partie de la Théorie du langage. Par contre, dans la deuxième
partie de l’œuvre, la plus riche et intéressante, surtout quand on
sort de l’axiomatique et là où on expose la notion de champ em-
pratique et d’ellipse, Bühler ne le cite pas.5 Les notions de champ
déictique et de champ symbolique sont résumées dans la préface de
la Théorie du langage :

Chaque fois qu’il y a parole, nous dégagerons, en les différenciant


rigoureusement, le champ déictique et le champ symbolique dans
le langage. La théorie qui affirme l’existence, non pas d’un, mais
de deux champs dans le langage est nouvelle. […] Ce que Cassi-
rer décrit (du moins dans le schéma de la représentation symbo-
lique) comme deux stades du langage humain forme une dualité de
facteurs inhérente à toute phénomène langagier et de tout temps
constitutive du langage dans sa globalité. (Bühler 2009 [1934] : 63)

Chez Bühler l’intégration entre les deux champs ne se réfère pas seule-
ment au contexte d’utilisation de la langue, mais appartient à sa nature
profonde (Albano Leoni 2014 : 145–146) et dévoile l’inconsistance de
la notion d’ellipse.6 C’est seulement à travers la notion de contexte,

5 Saussure est pourtant la source d’un autre phénoménologue, Merleau Ponty, qui le lit avec
finesse même sans avoir accès aux éditions critiques.
6 Au sujet de l’ellipse, voir Mathesius (1911) et Raynaud (2013). Jakobson (1971 [1963] : 282)
re­pro­che à la linguistique de graves omissions et il se plaint du fait qu’il y a une « nearly unex­
plored ques­tion of the interrelation between message and context », et que « the structural laws
of el­lip­sis have not yet been subjected to a thorough analysis ». Ses reproches sont surprenants si

46
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

étudiée par Bühler (2009 [1934] : 268) en introduisant la notion de


champ environnant (Umfeld), empruntée à la théorie des couleurs, que
l’on peut éclaircir une vieille question qui taraude le théoricien du lan-
gage. L’usage ordinaire du langage implique toujours que l’on prenne en
compte la situation comme une des sources où puiser pour interpréter
les expressions langagières.
Dans la Théorie du langage la question de l’ellipse est envisagée sur-
tout à propos des énoncés humains empratiquement intégrés, où les
mots sont greffés dans les actions. Cela apparaît dans la partie consa-
crée à l’action de parole :

[…] ce n’est pas un hasard si le champ déictique du langage nous


apparaît le plus clairement dans l’action de parole et le champ sym-
bolique dans l’œuvre langagière déliée [de la situation de parole].
(Bühler 2009 [1934] : 284)

Les mots ont besoin d’un contexte pour signifier, mais il n’est pas né-
cessaire que ce contexte soit un contexte propositionnel, parce que: « Il
y a des cas d’apparition de signes dépourvus certes de contexte, mais
aucunement dépourvus de champ environnant » (ibid. : 268). Il est
nécessaire qu’il y ait un espace ou un champ avec les relations internes
qui lui sont associées, mais il faut accepter les champs physiques et
comportementaux en plus des champs propositionnels :

L’homme adulte est certes un être parlant, mais il n’est pas, autant
que les elliptiqueurs ne semblent tacitement le croire, un homo lo-
quax. Et à quoi bon parler si dans la vie pratique les choses vont tout
aussi bien, ou mieux, sans parler? Quand un signe verbal diacritique
est inséré dans l’action, il n’y a dans bien des cas nul besoin d’être
entouré d’une cour d’autres signes linguistiques. […] Le fait qu’un
client dans un café ait l’intention de prendre une consommation,
qu’un homme qui fait la queue à la caisse d’un théâtre et s’avance
vers le guichet ouvert quand c’est son tour veut acheter quelque
chose, et la marchandise qu’il veut acheter, tout cela va de soi pour
son partenaire (derrière le guichet). L’acheteur n’a besoin d’un signe
linguistique que comme trait différenciateur au point équivoque (à
la croisée des chemins pour filer la métaphore) de son comporte-
ment silencieux et porteur de sens. Le client l’insère et la polysémie
est supprimée. Voilà un emploi empratique des signes linguistiques.
Dans ce cas, le champ environnant pertinent dans lequel se trouve
le signe est une pratique. (Bühler 2009 [1934] : 271)

on pense à Ma­the­sius (1911) et à Bühler (cf. Albano Leoni 2015 : 33).

47
MARINA DE PALO

Il y a, écrit Bühler (ibid. : 157), une tentation à laquelle succombe le


« sectateur endurci de l’idée générale d’ellipse ». La forme que cette ten-
tation prend est celle d’une surgénéralisation d’un phénomène :

Bien sûr qu’il existe des ellipses. Il existe des constructions incom-
plètes (pensons aux cathédrales du Moyen Age), et du reste toutes
sortes d’œuvres humaines dont la réalisation est restée inachevée,
et, parmi ces dernières, il y aussi des discours incomplets. Loin de
moi l’idée de contester le fait des ellipses au sens large, […] Mais
tout cela reste inintéressant pour la théorie du langage tant qu’on
ne met pas à jour des productions qui, pour dire vite, vues sous
un angle et sans forcer les faits, semblent incomplètes, et qui pa-
raissent cependant à nouveau fermées et complètes si on les voit
sous l’angle opposé. (Bühler 2009 [1934] : 281)

La « seule cure radicale contre la plaie bimillénaire de l’ellipse » (ibid. :


283) est de se référer au plan contextuel pour décrire la signification
et résoudre finalement une ancienne crux des théoriciens du langage.
Quand un signe linguistique est inséré dans une action, souvent il n’est
pas nécessaire d’ajouter des signes linguistiques :

Celui qui passe en revue sans idée préconçue l’ensemble des emplois
de signes linguistiques suscités par la vie quotidienne disposera ra-
pidement d’une longue liste de cas à contexte pauvre, […] C’est un
fait qu’un client taciturne au café qui dit « un noir » au serveur, ou
le passager en tramway qui dit « direct » ou « avec correspondance »,
en desserrant à peine les dents, ont laissé échapper un discours qui
suffit dans la pratique. (Bühler 2009 [1934] : 268)

On retrouve les mêmes observations chez Saussure. Les remarques de


Saussure sur la notion d’ellipse dénoncent la « puérilité absolue » d’une
taxinomie des unités de base de la langue tenant hors considération le
niveau d’énonciation :

Un seul mot d’ellipse a un sens qui devrait faire réfléchir. Un tel


terme paraît supposer que nous savons initialement de combien
de termes devrait se composer la phrase et que nous y comparons
les termes dont, en fait, elle se compose, pour constater les défi-
cits. Mais si un terme est indéfinissablement extensible dans son
sens, on voit que le compte que nous croyons établir entre n idées
et n termes est d’une puérilité absolue. Et si quittant la phrase par-
ticulière nous raisonnons en général, on verra probablement très
vite que rien du tout n’est ellipse, par le simple fait que les signes

48
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

du langage sont toujours adéquats à ce qu’ils expriment. (CLG/E :


Item 3308)

Il s’agit d’une prise de position critique par rapport à la définition en


positif du sens propre, au sein d’une métaphysique des idées. On lit
dans l’Essence double (§ 26 ; ELG : 75) : nous combattons la présomp-
tion « que le mot possède une signification absolue ». Dans une autre
note on arrive à affirmer :

Les limites de l’ellipse (la fameuse ellipse) ne s’arrêtent qu’au mo-


ment où il n’y aurait plus aucun son articulé, et où le langage cesse-
rait pour faire place à la pensé pure. (CLG/E : Item 3307)

Mais le thème de l’ellipse apparaît encore à propos de la syntaxe et


du rôle des entités abstraites dans la grammaire. La question générale
abordée par Saussure est la suivante :

Ce serait une erreur de croire qu’il y a une syntaxe incorporelle en


dehors de ces unités matérielles distribuées dans l’espace. En an-
glais the man I have seen (« l’homme que j’ai vu ») nous montre un
fait de syntaxe qui semble représenté par zéro tandis que le français
le rend par que. Mais c’est justement la comparaison avec le fait de
syntaxe française qui produit cette illusion que le néant peut expri-
mer quelque chose; en réalité les unités matérielles, alignées dans
un certain ordre, créent seules cette valeur. (CLG/E : 2193–2196)

La référence à la notion d’ellipse devient explicite dans les notes de


Gautier du deuxième cours :

L’idée que nous avons qu’il manque un mot est une présomption
que nous tirons d’autres faits. C’est d’après un modèle donné que
nous disons qu’il manque que. On ne peut en réalité pas dire ce qui
manque. Mais surtout, on ne peut tout supprimer. Qu’il y ait ellipse
ou non, le rapport nécessaire est exprimé». (CLG/E : 2196 IIG)7

Saussure renverse donc la question de l’ellipse quand il observe: « Il n’y


aurait un seul mot doué de sens sans ellipse » (CLG/E : 3308) et affirme
qu’il est nécessaire de considérer les phénomènes d’ellipses comme
physiologiques et permanents. Dans Le langage indirect et les voix du

7 Wittgenstein (RPhi § 20 : 37) affirme lui aussi ce point de vue lorsqu’il affirme que la notion
d’el­lipse suppose un vide dans la phrase « par rapport à un modèle déterminé de notre grammai-
re » (cf. Mulligan 2004).

49
MARINA DE PALO

silence, texte recueilli dans Signes (1960), Merleau-Ponty montre que


le nœud de la question est dans la relation entre le langage et la pensée :

Or si nous chassons de notre esprit l’idée d’un texte original dont


notre langage serait la traduction ou la version chiffrée, nous ver-
rons que l’idée d’une expression complète fait non-sens, que tout
langage est indirect ou allusif, est, si l’on veut, silence. Le rapport
du sens à la parole ne peut plus être cette correspondance point par
point que nous avons toujours en vue. (Merleau-Ponty 1960 : 70)

Merleau-Ponty (ibid. : 70) cite les mêmes exemples que Saussure et


critique la notion de sous-entendu :

Il y a donc toujours du sous-entendu dans l’expression – ou plutôt


la notion de sous-entendu est à rejeter : elle n’a sens que si nous
prenons pour modèle et pour absolu de l’expression une langue
(d’ordinaire la nôtre) qui, en fait, comme toutes les autres, ne peut
jamais nous conduire “comme par la main” jusqu’à la signification,
jusqu’aux choses mêmes. (Merleau-Ponty 1960 : 146)

En effet la parole « tâtonne autour d’une intention de signifier qui ne se


guide pas sur un texte » (Merleau-Ponty 1960 : 74). Quand on compare
le langage à une sorte de code de la pensée, nous le détruisons :

Le langage ne serait pas […] notre élément, comme l’eau est l’élé-
ment des poissons, s’il doublait du dehors une pensée qui légifère
dans sa solitude pour toute autre pensée possible. (Merleau Ponty
1960 : 32)

Donc « l’idée même d’un énoncé complet est inconsistante : ce n’est


pas parce qu’il est en soi complet que nous le comprenons, c’est parce
que nous avons compris que nous le disons complet ou suffisant»
(ibid. : 32). Selon Merleau-Ponty, ne disons pas « que toute expression
est imparfaite parce qu’elle sous-entend, disons que toute expression
est parfaite dans la mesure où elle est comprise sans équivoque ». Il n’y
a aucune loi qui soit supérieure à la loi du présent vivant. L’ellipse et le
sous-entendu représentent donc le point de vue atemporel qui analyse
le système linguistique indépendamment de l’énonciation.

50
L'ÉNIGME DE LA SUBJECTIVITÉ ENTRE DEUX PROPHÈTES

Conclusions
La recherche d’un objet d’étude complet et concret est une véritable
Auseinandersetzung avec Saussure : d’une part la notion de concret de
l’objet linguistique chez Saussure présente plusieurs correspondances
avec Bühler quand on envisage la nature concrète du sens (et l’abstrait
qui désigne un son envisagé indépendamment du concept comme pour
les béhavioristes) et la nature concrète du jeu de signes (et le caractère
abstrait du système) qui rend l’ellipse un pseudo-concept (cf. De Palo
2013) ; mais d’autre part, il y a aussi plusieurs points polémiques en ce
qui concerne la nature concrète et anthropo-biologique du sujet parlant
(qui remet en question l’idéalité de la langue) et la complexe recherche
d’un notion non psychologiste de sujet.
Le concept de « sujet parlant » est au centre d’un champ de pré-
sence (ici-maintenant-je) qui déborde le niveau purement logique
des significations possibles. La phénoménologie du langage envisa-
gée par Bühler s’éloigne donc de la dimension strictement eidétique
et vise à un retour au sujet parlant, à notre « champ de présence »
linguistique, à la nature intentionnelle des sons et des sens et à leur
rôle d’outils de l’intercompréhension.
La saison béhavioriste n’a pas produit une synthèse de l’homme
tout entier qui dépasse l’anthropologie biologique (à laquelle se réfère
Saussure quand il cite Broca, critiqué par Bühler) pour devenir une
discipline qui pourrait fournir une synthèse et saisir cette totalité que
Bühler appelle l’homme tout entier.
L’apport de la phénoménologie à la réflexion sur le langage vise à
agir comme savoir critique contre les ontologisations abstraites de la
langue (l’objet langue) qui ignorent le lien entre sujet et langue, renon-
çant ainsi à cet objet d’étude « complet et concret » auquel s’adresse
l’analyse de Bühler et contre la séparation radicale entre linguistique et
philosophie du langage. La linguistique, la psychologie et la sociologie
invoquent souvent seulement des abstractions et éludent le sens dans
sa dimension concrète où ce qui est concret est complet : le sens est
une synthèse qui atteint l’unité vivante, le langage dans sa totalité.

51
MARINA DE PALO

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“Sapienza”, Università di Roma

53
Bühler, Reichling, Coseriu und die
Vieldeutigkeit von Sprachzeichen

Klaas Willems
Gent

1. Historischer und thematischer Hintergrund


Den Anlass für diesen Beitrag bilden zwei Feststellungen. Die erste
Feststellung ist nicht neu: In der modernen Sprachwissenschaft ist die
Ansicht weit verbreitet, dass Sprachzeichen, insbesondere Wörter, in
der Regel vieldeutig (“polysem”) seien, und vor etwa 130 Jahren war
das unter Sprachforschern ebenfalls die herrschende Meinung. Nicht
nur prägte Michel Bréal am Ende des 19. Jh. den Begriff “polysémie”
im Rahmen seiner historischen Semantik, sondern Autoren wie Phi-
lipp Wegener (1885: 47-50), Hermann Paul (51920: 78) und Karl Otto
Erdmann (41925: 2-5) plädierten z.T. auch von einem synchronischen
Standpunkt aus für die These, dass man “die Annahme der Einheit der
Wortbedeutung fallen lassen” müsse (Wegener 1885: 50). Ganz norma-
le Wörter wie Schloss, Strauß, Sammlung, Flügel, Gewerbe, Tisch und
die Kopula sein hätten “zahlreiche Bedeutungen” (Erdmann 41925: 42-
43; vgl. Paul 51920: 78). Eine ähnliche Argumentation findet man in
der modernen kognitiven Semantik wieder, in Texten von Autoren wie
Labov (1973), Fillmore (1977), Lakoff (1987), Langacker (1987, 2005,
2007), Taylor (1995, 2002, 2012), Geeraerts (2010) u.a. Die Ansicht,
die meisten Sprachzeichen seien polysem, fußt in der modernen Lin-
guistik meist auf der Überzeugung, dass sich zwischen Bedeutungen
und enzyklopädischen Konzepten grundsätzlich keine Unterscheidung
treffen lasse (s. Haiman 1980, Langacker 1987: 63, 2005: 164 u.a.),
zumal man Bedeutungen nur relativ zu nichtsprachlichen kognitiven
Domänen definieren könne (“mental spaces”, s. Taylor 2002: 72-74,
189; 2012: §12). Zwar gibt es unter kognitiv orientierten Linguisten
Vertreter der sog. “Zwei-Ebenen-Semantik”, die meinen, dass man
modular zwischen einer sprachlich-semantischen und einer kommu-
nikativ-konzeptuellen Ebene unterscheiden müsse. Aber das “Zwei-
stufenmodell” ist weit weniger verbreitet als das holistische “Einstufen-
modell”, und außerdem geht man in beiden Modellen davon aus, dass
man “sprachliche Bedeutungen” und “nicht-sprachliches Weltwissen”

55
KLAAS WILLEMS

nicht voneinander trennen könne (Schwarz 1994: 12). Die polyseme


Struktur von Sprachzeichen wird in der modernen kognitiven Seman-
tik aufgrund der psychologischen Theorie der “Prototypikalitätsef-
fekte” erklärt, die auf E. Rosch (s. Rosch 1975 und Rosch & Mervis
1975) zurückgeht. Einige auffällige Übereinstimmungen zwischen der
heutigen kognitiven Semantik und den vorstellungs­psychologischen
Bedeutungstheorien um 1900 sind bereits wissen­schaftsgeschichtlich
aufgearbeitet (s. Nerlich 1992, Nerlich & Clarke 1997, 2007, Gee-
raerts 2010), eine angemessene Würdigung des Zusammenhangs mit
der Sprachtheorie Karl Bühlers und anderer Sprachwissenschaftler, die
Bühler Tribut zollen, steht aber noch aus. Weil allgemein anerkannt
ist, dass Bühler einen “gewichtigen Beitrag zum Umsturz der vorstel-
lungspsychologischen Se­mantik” (Knobloch 1988: 315) des 19. Jh. ge-
liefert hat, bilden einschlägige Ansichten Bühlers die Leitmotive der
nachfolgenden Überlegungen.
Die zweite Feststellung ist, dass es auf den ersten Blick ebenfalls
eine Übereinstimmung zwischen der heutigen kognitiven Semantik
und der ehemaligen strukturalistischen Semantik gibt. Bekanntlich
war es für den Strukturalismus grundlegend, dass man in der Se-
mantik zwischen “Bedeutung” und “Bezeichnung” unterscheiden
müsse, d.h. zwischen dem eigentlichen “signifié” (Saussure) ei-
nes jeden Sprachzeichens und dem, was Sprecher in der unabseh-
baren Vielfalt von Äußerungen und Dialogen mittels Sprachzei-
chen meinen. Diese Unterscheidung verweist darauf, dass mit dem
Sprachgebrauch semantische Variation einhergeht, die über die den
Sprachzeichen inhärenten Bedeutungen hinausgeht und außer all-
gemeinem Weltwissen auch pragmatische Inferenzen umfasst (s.
u.a. Bloomfield 1933: 140-151, Hjelmslev 1935: 135, Jakobson
1959: 236). Auch kognitive Semantiker heben zwar hervor, dass
die Interpretation von Sprachzeichen in kon­kre­ten Äußerungen in
der Regel von Wissensfaktoren enzyklopädischer Art gesteuert wird
(s. u.a. Langacker 1987: 157, Taylor 2002: 98-99, Coulson 2006:
252). Was aber unter Struk­tu­ra­lis­ten als das Verhältnis zwischen ein-
zelsprachspezifischer Bedeutung und übereinzel­sprachlicher se­man­
tischer Variation im Sprachgebrauch aufgefasst wird, wird in der ko-
gnitiven Semantik unter einer ganz anderen Prämisse gedeutet, die
dem strukturalistischen Ansatz schlicht entgegengesetzt ist. Kogni-
tive Linguisten gehen davon aus, dass die Interpretation einen Teil
der Bedeutung selbst darstellt. Von Sprachzeichen wird denn auch je
nach außersprachlichem und/oder pragmatischem Kontext behaup-

56
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

tet, sie hätten in der Regel nicht eine, sondern mehrere Be­deu­tungen;
einige Beispiele:
– Taylor (2002: 98, 110; 2003: 638-639) schreibt, das englische Verb run
sei polysem, weil immer erst aus der Kombination mit anderen Wörtern
hervorgehe, welche Bedeutung in einer Äußerung je­weils gemeint sei,
z.B. humans run, mice run, horses run, jaguars run; auch eat sei poly-
sem, denn es bedeute jeweils etwas anderes, wenn man sage: he is eating
a steak, he is eating an ice-cream, dogs eat bones, snakes eat birds;
– die Bedeutung von lion in small lion und stone lion sei ganz verschie-
den, denn nur in small lion sei ein echter Löwe gemeint, in stone lion
ändere das Adjektiv ‘steinern’ die Bedeutung von lion von Grund auf
(Taylor 2002: 100); nach Coulson (2006: 258) hat das Wort millionaire
in einem Satz wie Ursula wants to marry a millionaire but she’ll never
find one eine andere Bedeutung als normal, das Wort bedeute einen
fiktiven, nicht real existierenden Menschen, drückt doch der Satz aus,
dass Ursula den Millionär nicht finden wird;
– Geeraerts (2010: 192-195) schließlich meint, das Wort fruit habe in
einer Fügung wie fruits of his labour eine metaphorische Bedeutung,
die sich von der Bedeutung von fruit unterscheide, wenn das Wort zur
normalen Bezeichnung von Obst verwendet werde.
Die solchermaßen konzipierte Vieldeutigkeit von Wörtern ist für ko-
gnitive Linguisten eine der zentralen Eigenschaften von natürlichen
Sprachen (s. Geeraerts 1993, 2010, Sandra & Rice 1995, Brugmann
1997, Cuyckens & Zawada, Hgg. 2001, Taylor 2002, 2003, Nerlich
u.a., Hgg. 2003). Sie hat wichtige Konsequenzen für das Verständnis
von Kompositionalität, das in seiner strikten Auslegung abgelehnt
wird, und für das Verhältnis zwischen Semasiologie und Onomasio-
logie. Es ist jedoch unklar, wie man einerseits behaupten kann, die
Interpretation von Sprachzeichen im Kontext geschehe aufgrund von
“conceptual knowledge that goes beyond what is actually symbolized
in a complex expression” (Taylor 2002: 98), während man andererseits
zugleich die Ansicht ver­tritt, dass man sprachliche Bedeutungen nicht
von Weltwissen und pragmatischen Inhalten unter­ scheiden könne.
Eine solche Position erinnert wohl nicht zufällig an

den Widerspruch, in dem sich die meisten psychologischen Se-


mantiker der Zeit [1850–1920, KW] bewegen: Bestimmtheit und
Unbestimmtheit der Wort- und Ausdrucksbedeutungen, Eindeu-
tigkeit und Vieldeutigkeit. Hinter diesem Gegensatz verbergen sich
die vielen ungeschiedenen Lesarten des Terminus ‘Bedeutung’.
(Knobloch 1988: 311)

57
KLAAS WILLEMS

2. Fragestellung und Vorgehen


Weil die Ursprünge der modernen kognitiven Theorie sprachlicher
Vieldeutigkeit offensichtlich mehr als anderthalb Jahrhunderte zurück-
reichen und weil die Übereinstimmungen zwischen den vor­stellungs­
psychologischen Bedeutungstheorien in der zweiten Hälfte des 19. Jh.
und der mo­der­nen kognitiven Semantik nicht zufällig sein dürften, stel-
le ich in diesem Beitrag die folgende sprach­wis­senschaftsgeschichtliche
Frage: Was schreibt Karl Bühler (1879–1963) zu der an­geb­lichen Viel-
deutigkeit von Sprachzeichen, die bereits zu seiner Zeit ausdrücklich
und in vielerlei Gestalt vertreten wurde; und was schreiben andere
Sprachwissenschaftler, die sich intensiv mit Karl Bühlers Texten aus-
einandergesetzt haben und sich z.T. auf ihn berufen, dazu? Ich be-
schränke mich neben Bühler auf zwei aus unterschiedlichen Gründen
wichtige Sprachtheoretiker: den weitgehend in Vergessenheit geratenen
niederländischen allgemeinen Sprachwissenschaftler Anton Reichling
(1898–1986), an den man sich heute höchstens noch wegen seiner frü-
hen Kritik an Chomskys gene­ra­tiver Grammatik erinnert (vgl. Vonk
1989, Noordegraaf 1994, Elffers 1999, 2005b), und den Ro­ma­nis­ten
und allgemeinen Sprachwissenschaftler Eugenio Coseriu (1921–2002).
Die Publikationen der drei Gelehrten erstrecken sich über das ganze
20. Jh. Wie schon Bühler (vgl. Eschbach Hg. 1984 und 1988) gehörten
auch Reichling und Coseriu zu den Kennern der Sprachwissenschaft,
Sprach­psychologie und Sprachphilosophie.
Obwohl Reichling und Coseriu die Verdienste Bühlers für die Ent-
wicklung der Sprach­theorie ausdrücklich anerkennen, soll nicht un-
erwähnt bleiben, dass sie sich zu bestimmten Aspekten von Bühlers
Theorie kritisch äußern, u.a. zu dessen Ausführungen über Deixis
und zum Stellenwert der “Darstellung” in Bühlers Organonmodell (zu
Reichlings Kritik vgl. Elffers 2005a, 2005b). Vor allem die Kritik am
Begriff der “Darstellung” ist wichtig, weil sie unmittelbar den Pro­blem­
kreis der Bedeutung betrifft. Reichling (1935: 23, 29-32, 265, 305-307)
und Coseriu (³1994: 72) zufolge verbindet Bühler die drei Funktionen
“Ausdruck”, “Appell” und “Darstellung” im Organonmodell nicht mit
dem Sprachzeichen, das aus einer phonetischen Form und einer Be-
deutung besteht, sondern mit den “Schallwellen”, d.h. lediglich mit der
äußerlichen Form des Sprach­zeichens als “materiellem Faktum” (Co-
seriu 1994: 72). Es stimmt zwar, dass Bühler (1934: 28-29) erst die drei
Funktionen als “semantische Funktionen” kennzeichnet. Reichling und
Coseriu be­rück­sich­ti­gen aber nicht, dass Bühler mit der Unterschei-

58
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

dung zwischen dem Kreis, der das kon­kre­te Schallphänomen symboli-


siert, und dem eingezeichneten Dreieck das Verhältnis zwischen “ab­
strak­tiver Relevanz” und “apperzeptiver Ergänzung” (1934: 28) erfasst,
was zumindest theoretisch die Bilateralität und Intersubjektivität des
Sprachzeichens im Sinne Saussures voraussetzt (s. auch Bühler 1934:
7-9, 58). Kainz (1965: xii-xiv) hebt zu Recht hervor, dass das Organon-
modell die konkrete kom­munikative Sprechhandlung modelliert und
dass auch Bühler selber die “Dominanz der Darstel­lungsfunktion” aus-
drücklich anerkennt (Bühler 1934: 30). Die von Kainz innerhalb der
Bühler’schen “Darstellung” vorgenommene Unterscheidung zwischen
der sprachlichen “Dar­stel­lung” stricto sensu und der kommunikativen
Funktion “Bericht” (s. Coseriu ³1979: 25) dürfte also bei Bühler selber
vorgeprägt sein. Wir werden sehen, dass es hierfür bei Bühler viele wei-
tere An­halts­punkte gibt.
Die Ansichten der drei Autoren über die Vieldeutigkeit von Sprach-
zeichen finden sich verstreut in verschiedenen Publikationen. Von
Bühler müssen in erster Linie natürlich die Sprachtheorie (1934) und
die Axiomatik (1933) herangezogen werden, daneben auch die 2012
von A. Eschbach herausgegebenen Schriften zur Sprachtheorie; von
Reichling (der zeit seines Lebens nur wenig veröffentlicht hat) dessen
Opus magnum Het woord (1935) und einige kürzere Artikel sowie sei-
ne Verzamelde studies (41966); von Coseriu schließlich u.a. Sprach-
theorie und allgemeine Sprachwissenschaft (1975), Sprache: Struk-
turen und Funktionen (³1979), Formen und Funktionen (1987), Ein-
führung in die Allgemeine Sprachwissenschaft (1988), Geschichte der
Sprachphilosophie (2003) und weitere Einzelartikel, die seit den 60er
Jahren erschienen sind.
Ich habe bei der historiographischen Lektüre ein dreifaches Augenmerk:
– Wie erfassen die drei Autoren die Tatsache, dass Wörter multi-
funktionell sind (um einen heute be­lieb­ten Begriff zu gebrauchen,
der neutraler ist als “vieldeutig”, “mehrdeutig”, “polysem”, s. Wil-
lems 2011; 2015: 265), d.h. die Tatsache, dass Wörter in vielfältigen
Verwendungen und mit variierender Semantik in Sätzen und Texten
realisiert werden?
– Welche Positionen nehmen die Autoren ein gegenüber der traditi-
onellen Konzeption von Vieldeutigkeit, wie man sie in den psycholo-
gischen Bedeutungstheorien des ausgehenden 19. und frühen 20. Jh.
vorfindet und die in den letzten Jahrzehnten seit der kognitiven Wende
wieder vermehrt Zuspruch gefunden haben?
– Welche wichtigen erkenntnistheoretischen Einflüsse findet man in den

59
KLAAS WILLEMS

Schriften von Bühler, Reichling und Coseriu wieder, die für ihre Erörterun-
gen über Vieldeutigkeit maßgeblich sind, und gibt es bestimmte Argumen-
tationslinien, die von Bühler über Reichling bis zu Coseriu laufen?
Im Folgenden bilden einige von Bühler vertretene Standpunkte den
Ausgangspunkt der Diskussion, die ich daraufhin zum Anlass nehme
für eine vergleichende Lektüre der drei Autoren.

3. Vieldeutigkeit und semantische Variation


Vordergründig beschäftigt sich Bühler – im Gegensatz zu manchen
Sprachforschern in der zweiten Hälfte des 19. Jh. – nicht ausführ-
lich mit dem Phänomen der sprachlichen Vieldeutigkeit. Die Termini
“vieldeutig” und “mehrdeutig” verwendet Bühler in der Sprachtheorie
(1934) und anderen Schriften entsprechend selten (in der Sprachtheo-
rie z.B. weniger als zehnmal). Der Terminus “Polysemie” kommt in der
Sprachtheorie überhaupt nicht vor, das Wort “vage” im Hinblick auf
Bedeutung dagegen zweimal (wovon einmal zwischen Anführungszei-
chen). Reichling verwendet den Begriff “polyseem” in Het woord (1935)
nur zweimal, in einem Artikel aus den 60er Jahren aber diskutiert er
ihn ausführlich. Den Standpunkt von u.a. Erdmann, Bedeutung sei
ein “vager” Komplex von Vorstellungen, lehnt Reichling (1935: 356)
ausdrücklich ab. Coseriu schließlich versteht unter “Polysemie” etwas
ganz anderes, als was man heute meist damit benennt. Der Terminus
ist bei ihm bedeutungsidentisch mit “Homophonie” (bzw. “Homony-
mie”), wofür es übrigens Vorläufer in der Geschichte der Sprachwis-
senschaft gibt, so bereits in der griechischen Antike (s. Lallot 1988),
danach auch bei Paul (51920), Erdmann (41925) u.a. (vgl. neuerdings
auch Frisson & Pickering 2001: 151-153, Frisson 2009: 114). Auch
Coseriu lehnt die Ansicht ab, Bedeutungen seien “vage”. Er meint, dass
die mögliche Vagheit von Konzeptualisierungen und die “Polyvalenz”
von Sprachzeichen, deren Bedeutungen genau genommen “Bedeu-
tungszonen” darstellen, nicht miteinander verwechselt werden dürfen
(s. Abschnitt 3.4).

3.1 Bühlers Kritik am sog. “Stoffdenken” und die Rolle der


“Sachsteuerung”
Bühler hält es für die Etablierung einer kohärenten Sprachtheorie für
notwendig, den Psy­cho­lo­gis­mus vieler seiner Vorgänger zu überwin-
den. Ihnen wirft Bühler ein inadäquates Stoffden­ken bzw. “Stoffentglei-
sungen” vor. Damit meint er die Ansicht, dass die “Ausgangsdaten der

60
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

Linguistik” in Disziplinen wie der Physik, Physiologie und Psychologie


vorzufinden seien. Im Gegensatz dazu plädiert Bühler dafür, im An-
schluss an Saussure der “Idealität des Gegenstandes ‘Sprache’” (1934:
58; kursiv im Original) gebührend Rechnung zu tragen. Das bedeutet
nicht, dass der Stoff für Bühler keine Rolle spielt, ganz im Gegenteil.
Die Tatsache, dass Bühler eine Synthese des “Ideellen” und “Konkre-
ten” in der Sprache anstrebt, dürfte eine seiner großen Leistungen für
die Sprachtheorie darstellen – und es erklärt auch, weshalb sich andere
Sprachtheoretiker wie Reichling und Coseriu auf ihn berufen.
Es gehört Bühler (1934: 65) zufolge zu den “Grundeinrichtungen der
natürlichen Sprache”, dass es zwischen dem “allgemeinen Charakter
der Ausdrücke als solcher” und der Sachsteuerung bzw. “stofflichen
Steuerung” (1934: 172) des “Bedeutungsaufbaus” durch den Kontext
keinen Gegensatz gibt, vielmehr bedingen sich beide gegenseitig:

die sprachliche Darstellung läßt allenthalben Spielräume der Bedeu-


tungsunbestimmtheit offen, die auf keine andere Weise wie durch den
Hinblick auf die “objektiven Möglichkeiten” geschlossen werden kön-
nen und in jeder menschlichen Rede auch faktisch geschlossen wer-
den. Wäre dem nicht so, dann hätten es die Lexikographen leichter;
das ist wahr. Aber die natürliche Sprache wäre um das Erstaunlichste
und praktisch Wertvollste, was ihr eignet, verarmt. Verarmt um die
erstaunliche Anpassungsfähigkeit an den unerschöpflichen Reichtum
des im konkreten Falle sprachlich zu Fassenden. (Bühler 1934: 66)

Die “sprachliche Darstellung” setzt voraus, dass die Bedeutungen un-


bestimmt sind. Diese seman­ti­sche Indeterminiertheit wird von Bühler
positiv als “Spielraum” und “Anpassungsfähigkeit” cha­rak­terisiert, und
es ist das Sachwissen, das die ergänzenden Bestimmungen beisteuert,
welche die adä­ quate Interpretation von Äußerungen im konkreten
Sprachgebrauch ermöglichen. In diesem Zu­sam­menhang kommt Büh-
ler nun auch auf die Vieldeutigkeit von Sprachzeichen zu sprechen:

Gerade darum, weil sie [die Sprache] mit weitgehend vieldeutigen


Symbolen operiert und eine Präzisierung oder Modifikation dieser
Bedeutungen von der Sache her erwartet, muß sie auf der anderen
Seite mehrfache Korrekturhilfen vorsehen. (Bühler 1934: 66)

So z.B. im Hinblick auf die Verbsemantik:

wir sagen: ‘er hat den Schnupfen’ – ‘er hat ein Haus’ – ‘er hat Un-
glück’ und variieren dabei dreimal den Charakter des dargestellten

61
KLAAS WILLEMS

Sachverhaltes; der Freund, von dem wir sprechen, hat den Schnup-
fen gewiß nicht so, wie er sein Haus und wieder anders, als er sei-
ne Frau oder Unglück hat. Aber die Spezifikation bleibt jeweils der
Stoffhilfe überlassen. (Bühler 1934: 173- 174)

Und in der Wortbildung:

‘Backstein — Backofen — Backholz’ variieren dreimal die sachliche


Relation der gefügten Glie­der; die Spezifikation bleibt jeweils der
Sachkenntnis (= Stoffhilfe) überlassen. (Bühler 1934: 174)

Eine ähnliche Argumentation entwickelt Bühler im Hinblick auf die


Kasustheorie. Zu den Verwendungen des Akkusativs im Lateinischen
(z.B. Romam proficisci ‘nach Rom aufbrechen’, Romam defendere ‘Rom
verteidigen’, Romam fugere ‘Rom entfliehen’, Romam videre ‘Rom se-
hen’ usw.) schreibt Bühler (1934: 250), es komme “nicht darauf an, daß
man die Verhältnisse erlebnispsy­chologisch charakterisiert und von In-
tentionen spricht”. Denn die “erlebnispsychologische Interpre­ta­tion”
und die Bedeutung des Kasus sind zweierlei.
Der Unterschied zu den kognitiven Ausführungen über die angebli-
che Polysemie von run und eat (s. Abschnitt 1) könnte kaum größer
sein. Aus Bühlers Erörterungen geht hervor, dass das Sprach­zeichen
auf viele Weisen gedeutet werden kann, was aber etwas ganz Anderes
ist als die Meinung, ein Sprachzeichen habe “viele Bedeutungen” (bei
nominalen Wortbildungen meint Taylor (2002: 99) allerdings, dass das
Verhältnis zwischen den beiden Gliedern “vage” sei). Für Bühler hat
ein Sprachzeichen nicht viele Bedeutungen, sondern der Bedeutungs-
unbestimmtheit von Sprach­zeichen entsprechen im Diskurs vielfälti-
ge sachlich gesteuerte Interpretationen, die gerade keine Bedeutungen
darstellen. Diese Unterscheidung ist nicht nur für die Sprachtheorie
und für die empirische Sprachwissenschaft wichtig, sondern auch für
die linguistische Pragmatik (s. Levinson 2000) und die Sprachpsycho-
logie, zumal es für sie auch überzeugende psycholinguistische Evidenz
gibt (s. Frisson & Pickering 1999 und Frisson 2009). In der englischen
linguistischen Terminologie wird die Unterscheidung gelegentlich
durch die Begriffe “meaning” (Bedeutung) und “sense” (Interpretation,
‘Lesart’) wiedergegeben. Fasst man diese beiden Begriffe hingegen als
Synonyme auf (vgl. Cuyckens & Zawada, Hgg. 2001: x, Taylor 2012:
§10, u.a.), dann führt das zu heilloser Verwirrung.
Das Verhältnis zwischen Bedeutungsunbestimmtheit und stoffli-
cher Steuerung gehört zu den Merkmalen, die Bühlers Unterscheidung

62
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

zwischen “abstraktiver Relevanz” und “apperzeptiver Ergänzung” in


der Besprechung seines Organonmodells (Bühler 1934: 28) weitere
Prägnanz verleihen: Was Sprachzeichen von sich aus als Inhalt besi-
tzen, unterscheidet sich vom Inhalt, der in der Sprechhandlung auf-
grund der Steuerung durch das Weltwissen und den Dialog zwischen
den Gesprächspartnern zustande kommt. Im Gegensatz zu manchen
Bedeutungstheorien des ausgehenden 19. und frühen 20. Jh. sowie der
heutigen kognitiven Semantik wird damit allerdings nicht die angeb-
liche Polysemie von Sprachzeichen, sondern die Multifunktionalität
ihrer einheitlichen Bedeutungen begründet. Es ist vielsagend, dass
Bühler bereits 1908 (s. 2012 [1908]: 22-23) in seinem Artikel über das
“Sprachverständnis” auf der einen Seite anerkennend auf Philipp We-
gener Bezug nimmt, der erläutert, dass das Verb haben in Kombinati-
onen wie ein eigenes Haus haben, einen scharfen Verstand haben, den
Typhus haben nicht verschiedene “Bedeutungen” hat (Wegener 1885:
114). Das Verb erfährt auch keine Bedeutungserweiterung, wenn es
zur Bezeichnung von unterschiedlichen Verhältnissen gebraucht wird.
Vielmehr muss der Hörer die durch haben “nur unbestimmt ausge-
drückte Beziehung zwischen Subjekt und Objekt” selbst – wie Bühler
(2012 [1908]: 23) schreibt – “produzieren”, weil die genaue Beziehung
nicht in der sprachlichen Äußerung ausgedrückt ist und somit nicht
als Bestandteil des Gesagten “rezipiert” werden kann, sondern viel-
mehr vom Hörer ergänzt werden muss. Insofern ist es auch gar nicht
überraschend, dass Bühler (1934: 22, 81) sein Organonmodell aus-
drücklich in die Tradition Wegeners und dessen Fokus auf das “kon-
krete Sprechereignis” stellt. Mit keinem Wort aber erwähnt Bühler
Wegeners bekannte Analyse der Bedeutung des Wortes Löwe, die eine
andere Seite von Wegeners “kommunikationswissenschaftlichem”
(Knobloch 1988: 293-294) Ansatz in der Semantik belegt. Am Bei-
spiel von Löwe entwickelt Wegener den Gedanken, dass verschiedene
Individuen mit ein und demselben Wort zum Teil sehr verschiedene
“Vorstellungen” verbinden, was für Wegener darauf hinausläuft, dass
man “die Annahme der Einheit der Wortbedeutung fallen lassen” müs-
se (Wegener 1885: 50). Die Vorstellungstheorie der Bedeutung war die
opinio communis im 19. Jh. (wobei die verschiedenen Autoren unter
“Vorstellung” aber oft Verschiedenes verstehen, s. dazu ausführlich
Knobloch 1988: §4). Bühler lehnt die Konzeption von Bedeutung als
“Vorstellung” bzw. “Vorstellungsgruppe” jedoch ab. Die Bedeutungsun-
bestimmtheit eines Wortes impliziert für Bühler weder, dass es keine
einheitliche Wortbedeutung gäbe, noch dass das Wort mehrere Bedeu-

63
KLAAS WILLEMS

tungen hätte. Im Gegenteil impliziert sie, dass die Bedeutung in der


Sprechhandlung apperzeptiv ergänzt wird, und zwar nicht nur sym-
praktisch, symphysisch und synsemantisch (Bühler 1934: 154-159),
sondern im grundsätzlichen Sinne, dass die nicht in der Sprache aus-
gedrückten Beziehungen “von dem Hörer aus seinen Kenntnissen von
den Tatbeständen, um die es sich in den Sätzen handelt, heraus hinzu
gedacht werden” (Bühler 2012 [1908]: 21). Zugleich hebt Bühler her-
vor – und das bereits 1908! –, dass es “im Einzelfalle oft sehr schwierig
sein kann zu bestimmen, was wirklich sprachlich ausgedrückt ist und
was nicht” (ebd., Fußnote). Hiermit nimmt Bühler eine Schwierigkeit
der späteren (Merkmal-)Analyse der strukturellen Semantik vorweg,
die auf die Abgrenzung und Bestimmung von Bedeutungsinvarianten
abzielt (s. Abschnitt 3.2). Das ist für Bühler aber kein Grund, die Un-
terscheidung zwischen sprachlich vorgegebenen Bedeutungen und im
Zusammenhang interpretierten Inhalten in Frage zu stellen. Aus sei-
nen Ausführungen geht hervor, dass Bedeutungsunbestimmtheit und
viele Bedeutungen haben zwei verschiedene Dinge sind, und das eine
impliziert nicht das andere. Bei Bühlers Vorläufern wurde beides meist
nicht voneinander unterschieden (abgesehen von einigen Ausnahmen,
etwa August Friedrich Pott; s. Knobloch 1988: 252, 272, 428 und Mor-
purgo Davies 1998: 336), und dasselbe gilt wie wir sahen für die mo-
derne kognitive Semantik.
Reichling und Coseriu stimmen darin mit Bühler überein, dass auch
sie die Bedeutung von Sprachzeichen als “Spielraum” verstehen und
die Unbestimmtheit allgemeiner Bedeutungen zum Phänomen der
“Steuerung” durch Weltwissen in Beziehung setzen (zur Geschichte
des Konzepts der Bedeutungsunbestimmtheit seit dem 18. Jh., ins-
besondere in der Sprachtheorie Wilhelm von Humboldts, s. Trabant
1986: 77-80 und Haßler 1991: 86, 124). Dass es darüber hinaus bis
in die verwendeten Termini hinein wesentliche Übereinstimmungen
zwischen Reichling und Coseriu gibt, ist kein Zufall. Zwar gibt es bei
Coseriu nur indirekte Verweise auf Reichling (vgl. aber Texte von Co-
seriu-Schülern wie H. Geckeler und J. Albrecht), in einem Gespräch
im Sommer 1992 in Tübingen erklärte mir Coseriu aber, dass er außer
den skandinavischen Sprachen auch Niederländisch gelernt habe, weil
er unbedingt auch Het woord (1935) von Reichling studieren wollte,
zumal es von diesem wichtigen aber komplizierten Buch keine Über-
setzung gibt.

64
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

3.2 Bedeutungsunterscheidungen und semantische Merkmale

Das Verhältnis zwischen der “invarianten” Bedeutung von Sprachzei-


chen und ihrer Variation in unterschiedlichen Kontexten und Situati-
onen, die zu ihrer Viel-Deutigkeit führt, wird von Bühler theoretisch
klar herausgearbeitet. Damit leistet Bühler vom Standpunkt der Syn-
chronie aus einen entscheidenden Beitrag zur Theorie der Sprachbe-
deutung, die bis dahin die Flexibilität der Bedeutung in erster Linie
im Hinblick auf Bedeutungswandel theoretisiert hatte (Knobloch 1988:
240-241; Morpurgo Davies 1998: 323). Reichling und Coseriu gehen
insofern über Bühler hinaus, als sie bestrebt sind, die Variation lin-
guistisch weiter zu präzisieren. Reichling führt dazu sog. “Bedeutungs-
unterscheidungen” ein, während Coseriu eine lexematische Methode
für synchronische und diachronische Semantik entwickelt, die auf der
Bestimmung “semantischer Merkmale” beruht.
Einige Autoren (Geeraerts 1983, Swiggers 1997, Elffers 1999, 2005a)
gehen davon aus, dass Reichlings Bedeutungsunterscheidungen mit
den semantischen Merkmalen der strukturellen Semantik mehr oder
weniger identisch sind. Das ist aber anachronistisch und stimmt so
nicht. Eher stellt Reichlings Theorie der Bedeutungsunterscheidun-
gen eine Weiterführung und Uminterpretation von Erdmanns vor-
stellungspsychologischer “Merkmaltheorie” dar (s. Erdmann 41925:
30-33). Um in der “Darstellung” Bühlers die eigentliche Bedeutung
von Wörtern als “Moment” zu unterscheiden, nimmt Reichling an,
dass ein Wort nicht nur eine Bedeutungseinheit (“betekenis-een­
heid”) darstellt, sondern auch Bedeutungsunterscheidungen (“beteke-
nis-onderscheidingen”) aufweist (Reichling 1935: 319); vgl. Reichling
(1937) und (41966: 40-47). Bedeutungsunterscheidungen sind laut
Reichling “disjunktiv relevant”, d.h. eine Bedeutungseinheit kann
zu verschiedenen Be­stimmungen Anlass geben, die sich anhand von
Bedeutungsunterscheidungen beschreiben lassen. Bei­ spielsweise
kann ein Kind das Wort Kuh mit ‘Tier, das Muh macht’ verknüpfen,
während ein Zoo­loge die Unterscheidung ‘Säugetier mit bestimm-
ten Gebissmerkmalen’ aktivieren kann. Solche Be­stimmungen sind
für sich genommen selbstverständlich nicht “notwendig” (Reichling
1935: 319, 323); darüber hinaus können immer andere Bestimmun-
gen hinzugedacht werden. Aus diesem Grund äußert sich Reichling
über konkrete Bedeutungsunterscheidungen immer nur annähernd,
und sie sind prinzipiell nicht abzählbar, weil je nach Situation un-
terschiedliche Unterscheidungen relevant werden können (Reichling

65
KLAAS WILLEMS

4
1966: 44). Außerdem ist es unmöglich, alle Bedeutungsunterschei-
dungen ein für allemal zu aktualisieren.
Reichling entwickelt seine Theorie der “disjunktiven Relevanz” von
Bedeutungsunterscheidungen in Anlehnung an Bühlers Erörterungen
über das “Prinzip der abstraktiven Relevanz” (Bühler ²1969: 116, 1934:
28). Bedeutungsunterscheidungen können demnach auf unterschiedli-
che Weisen angewendet werden; in Het woord (1935) diskutiert Reich-
ling zunächst nur zwei Anwendungsweisen, später (Reichling 41966:
43-45) sind es drei:
– auf “konjunkte” Weise, z.B. wenn man mit Tisch das Möbelstück meint;
– auf “disjunkte” Weise, z.B. wenn man ein Wort metaphorisch ver-
wendet, etwa wenn man einen Baumstumpf, auf dem man Sachen
zum Essen ausgebreitet hat, einen Tisch nennt;
– auf “distributive” Weise, z.B. wenn man mit Tisch die Personen meint,
die an einem Tisch sitzen (vgl. der ganze Tisch brach in Gelächter aus).
Freilich können Bedeutungsunterscheidungen in der Bedeutungsein-
heit selbst als “notwendige” Unterscheidungen bestimmbar sein. So de-
finiert Reichling z.B. den Kontrast zwischen nl. boot und schip aufgrund
der Bestimmung ‘vaartuig, dat ’n bepaalde dienst onderhoudt’ (‘Fahrzeug,
das im Fährendienst eingesetzt wird’) im Wort boot (1935: 325), die
auf das Wort schip nicht zutreffe. Dennoch können beide Wörter in be-
stimmten Fällen mit denselben Bedeutungsunterscheidungen gebraucht
werden, wenn nämlich die Unterscheidung zwischen boot (≈ ‘Boot’) und
schip (≈ ‘Schiff ’) unberücksichtigt bleiben kann. Eine ähnliche Unter-
scheidung ist auch für die Lexematik Coserius von großer Bedeutung,
sie bildet die Basis für die Abgrenzung und Bestimmung funktioneller
Einheiten in der Einzelsprache, d.h. von Bedeutungen im Gegensatz zu
bloßen semantischen Varianten (s. Coseriu 1988 und 2001).
Reichling versteht Bedeutungsunterscheidungen somit nicht-restrik-
tiv als Faktoren der (synchronischen) Begründung für bestimmte Ver-
wendungen einer einheitlichen Bedeutung in unterschiedlichen Kon-
texten und Situationen. Coseriu geht einen Schritt weiter. Ihm zufolge
lässt sich aufgrund der Kommutation darüber hinaus herausfinden,
welche Bedeutungsunterscheidungen der invarianten Bedeutung eines
Sprachzeichens eignen, wodurch sie als semantische Merkmale gelten
können, und welche Unterscheidungen nur in der Rede oder im kon-
ventionalisierten Sprachgebrauch – in der “Norm” – “funktionell” sind
(Coseriu 1988: 185-198). Die Geschichte der Semantik hat gezeigt,
dass es oft schwierig ist, diese Unterscheidung strikt durchzuführen,
was Bühler wie gesagt in seinem frühen Artikel über das “Sprachver-

66
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

ständnis” (2012 [1908]: 21-22) bereits vorhersieht. Man darf aber


nicht vergessen, dass Coseriu, wie zuvor schon Reichling, die seman-
tischen Unterscheidungen bzw. Merkmale nicht als “Bausteine” der
Bedeutungseinheiten betrachtet. Sie sind analytischer Natur, und also
nicht als konstitutive semantische “Elemente” zu verstehen, sondern
als die “Momente” einer einheitlichen Bedeutung, die sich aus einer
Metaperspektive an den ursprünglichen, intuitiv vorgängigen Bedeu-
tungseinheiten unterscheiden lassen:

l’analysabilité en traits distinctifs […] n’implique pas que les


lexèmes ‘se composent’ de traits distinctifs ni qu’ils soient synthé-
tisés à partir de ces traits dans l’acte de parole (ou de ‘production de
phrases’). En eux-mêmes les lexèmes primaires correspondent à des
intuitions unitaires et ils ne sont dans aucun sens le produit d’un
assemblage de traits distinctifs déjà donnés. (Coseriu 2001: 364)

In diesem Zusammenhang sei darauf hingewiesen, dass Coseriu


als einziger auch N. Trubeckojs und R. Jakobsons Theorie der Neu-
tralisierung für seine Bedeutungstheorie nutzbar macht und auf diese
Weise versucht, einen weiteren Teilaspekt desjenigen, was traditionell
unter Polysemie/Vieldeutigkeit verstanden wird, auf eine neuartige
Weise zu beschreiben. Demnach kommt Neutralisierung nicht nur in
der Phonologie, sondern auch im Lexikon und in der Grammatik vor,
und sogar im Diskurs (Coseriu 1985). Coseriu zufolge gibt es tatsäch-
lich Sprachzeichen, die nicht eine einheitliche Bedeutung haben, son-
dern zwei Bedeutungen. Es handelt sich um Sprachzeichen, die zwar
im Sprachsystem jeweils in einer distinktiven Opposition zu einem
anderen Sprachzeichen stehen, jedoch in bestimmten Kontexten oder
Situationen auftreten, in denen die Opposition “aufgehoben”, d.h. neu-
tralisiert, wird (Coseriu 1988: 212). Semantische Neutralisierung – die
bekannten Beispiele Coserius sind u.a. Tag/Nacht, fr. dominer/maîtri-
ser, sp. hombre/mujer, padres/madres usw., wobei jeweils nur das erste
Wort einen weiten Skopus haben kann, der auch die Bedeutung des
zweiten Wortes umfasst – bildet einen integralen Bestandteil von Co-
serius Theorie über die “Mehrdeutigkeit” von Sprachzeichen. Von Po-
lysemie im landläufigen Sinne kann abermals nicht die Rede sein, weil
Neutralisierung im Sprachsystem vorgeprägt ist und sich ganz exakt
auf zwei Sprachwerte im selben Sprachzeichen bezieht, nämlich eine
oppositionelle Bedeutung und eine hyperonymische Bedeutung, die
beide Glieder des Wortpaares umfasst. Das Prinzip der Neutralisierung
erklärt Coseriu zufolge somit eine ganz spezifische Form von seman-

67
KLAAS WILLEMS

tischer Multifunktionalität. Dass semantische Neutralisierung nicht


befriedigend als ‘Autohyponymie’ im Sinne der kognitiven Semantik (s.
Cruse 2000: 110-111) beschrieben werden kann, hat De Backer (2010)
unter Rekurs auf Coseriu nachgewiesen.

3.3 Metaphorische Bedeutung: Abdeckung und


Untersummativität
Auch die besondere Semantik von Metaphern erklären Bühler, Reich-
ling und Coseriu auf ähnliche Weise – und wiederum in Übereinstim-
mung mit ihrer allgemeinen Kritik an der vorstellungspsychologischen
Polysemietheorie. Gute Einführungen in Bühlers Metapherntheorie
bietet Innis (1982: 43-53; 1984: 137-142; 1988: 92-97). Bühler meint,
das Metaphorische in der Sprache offenbare uns, “wie tief und unmit-
telbar die sachgesteuerten Selektionen jeden Bedeutungsaufbau mit-
bestimmen” (Bühler 1934: 65; Hervorhebung im Original). Die Meta-
pher stellt für ihn “keine Sondererscheinung” (1934: 343) dar, und er
vergleicht sie mit visuellen “Differenzphänomenen” beim Projizieren
von Mustern auf eine Leinwand (Bühler 1934: 348). Wenn man bei-
spielsweise zwei Pappscheiben mit unterschiedlichen Mustern zusam-
men in ein Projektionsapparat schiebt, dann erhält man ein drittes
Muster wie in der folgenden Figur:

Fig. 1: Ein “Differenzbild” (Bühler 1934: 348)

So verhält es sich nach Bühler auch bei metaphorischen Ausdrücken


wie Hölzlekönig und Salonlöwe. Es tritt eine selektive Wirkung der
Sphärendeckung ein, die Sphäre ‘Salon’ z.B. deckt bestimmte Eigen-
schaften ab, die man sonst mit ‘Löwe’ verbindet (etwa Blutgier, Kampf-
geist usw.). Dieses “Gesetz der Abdeckung” stellt Bühler unter dem
Begriff der “Untersummativität” dem bekannten Prinzip der “Über-
summativität” der Gestaltpsychologen (u.a. Christian von Ehrenfels
1890) gegenüber, das besagt, dass ein strukturiertes Ganzes mehr ist
als die einfache Summe seiner Teile. Die Spielräume der Bedeutungs-

68
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

unbestimmtheit implizieren für Bühler somit nicht nur, dass im kon-


kreten Sprechen Präzisierungen und Modifikationen an den Bedeutun-
gen “von der Sache her” (dem “Stoff”) erforderlich sind, sondern auch,
dass der denotative bzw. referenzielle Bereich von Ausdrücken einge-
schränkt werden kann, wenn man Wörter zwecks metaphorischer Be-
zeichnung miteinander kombiniert. Auch das “Gesetz der Abdeckung”
setzt jedoch die Bedeutungsunbestimmtheit und -invarianz voraus.
Reichlings Erörterungen zur Metapher stimmen mit denen Büh-
lers überein. Reichling unterscheidet die “konjunkte” Anwendung von
Bedeutungsunterscheidungen von deren “disjunkter” Anwendung, je
nachdem, wie ein Wort gebraucht wird. Wenn z.B. jemand das nl. Wort
pap (≈ ‘Brei’) verwendet, um damit eine dickflüssige Speise zu bezeich-
nen, dann werden die relevanten Bedeutungsunterscheidungen zusam-
men (“konjunkt”) angewendet bzw. vom Gegenstand “prädiziert”. So-
bald jemand aber dasselbe Wort metaphorisch etwa zur Bezeichnung
von Schlamm auf dem Boden verwendet, werden nur einige Bedeu-
tungsunterscheidungen (“disjunkt”) angewendet (Reichling 1935: 329;
1937: 314; 41966: 44). Denn in diesem Fall ist zwar die Unterschei-
dung ‘dickflüssig’, nicht aber die Unterscheidung ‘Speise’ anwendbar
(1935: 329). Sowohl der metaphorische als auch der nicht-metaphori-
sche Gebrauch eines Wortes setzen die “Identität” der “Bedeutungsein-
heit” voraus (1935: 339).
Für Coseriu (³1979: 26) stellen Metaphern eine ursprüngliche, schöp-
ferische, “aus Bildern ge­won­nene Erkenntnis” dar. Zugleich hebt er her-
vor, dass eine Metapher wie fr. chauve-souris zwar buchstäblich ‘kahle
Maus’ bedeutet, da die Bedeutungen der Bestandteile nach wie vor “als
sol­che verstanden” werden können, der Ausdruck im Französischen
aber eine eigenständige metapho­ri­sche Funktion hat (³1979: 28). Dar-
aus kann man schließen, so Coseriu, “dass das bildliche Zei­chen erst
beim völligen Verlust jeglicher erkennbaren semantischen Beziehung zu
den übrigen Zeichen auch seinen metaphorischen Wert vollkommen
verliert” (ebd.). Metaphorischer Sprachgebrauch setzt also voraus, dass
die Vorlagebedeutungen der Wörter (die “signifiés”) weiterhin präsent
sind. Nur bei Entmetaphorisierung ist eine solche semantische Persis-
tenz nicht mehr vorhanden, z.B. im Erstglied Fleder- in Fledermaus,
dessen Bezug zum ursprünglichen ‘flattern’ verloren gegangen ist. Im
Anschluss an eine Tradition im 19. Jh. (vgl. Knobloch 1988: 267) spricht
Coseriu in diesem Zusammenhang auch vom Unterschied zwischen
dem “signifié” als der “eigentlichen Bedeutung” und der metaphori-
schen Funktion als der “uneigentlichen Bedeutung” eines Ausdrucks:

69
KLAAS WILLEMS

Eine metaphorische Verwendung ist nicht etwa eine andere Funk-


tion neben der einzelsprachlichen Funktion, sondern eben eine
Verwendung dieser letzteren ohne deren Aufhebung. Das Charak-
teristikum der Metapher besteht nämlich darin, daß dabei die “ei-
gentliche”, durch die Einzelsprache gegebene, und die “uneigentli-
che”, durch Kontext oder Situation gegebene Bedeutung zugleich
anwesend sind. Dies auch bei traditionellen Metaphern. In dem
Augenblick, in dem nur noch die metaphorische Bedeutung vorhan-
den ist, ist diese eine neue “eigentliche” Bedeutung, und die Me-
tapher hat aufgehört, eine Metapher zu sein. (Coseriu 1987: 109;
Hervorhebungen im Original)

Der fundamentale Gedanke, dass dasjenige, was “abgedeckt” wird,


nach wie vor präsent ist als funktionelle Grundlage, geht aus Büh-
lers Fig. 1 der Projektionsmuster deutlich hervor. Das Wort Salonlö-
we etwa kann als Metapher nur verstanden werden, wenn Salon und
Löwe als vollwerti­ge Symbole mit ihren ursprünglichen Bedeutungen
in die Metapher eingehen, weil es ansonsten ja gar nichts abzude-
cken gibt. Das hebt Reichling (41966: 44) in seinen Erläuterungen der
“dis­junk­ten” Anwendung von Bedeutungsunterscheidungen ebenfalls
hervor, indem er schreibt:

die rest, die ontoepasselijk is, geeft ons juist datgene te weten
waaróver niet gesproken wordt, maar dat een tegenstelling tot de
wel toegepaste onderscheidingen vormt [durch diesen nicht ein­
schlägigen Rest wissen wir gerade, worüber nicht gesprochen wird,
das aber einen Gegensatz zu den einschlägigen Unterscheidungen
bildet]. (meine Übersetzung, KW)

In metaphorischen Fügungen wie fruits of his labour, the fruit of the


womb (Geeraerts 2010: 192-195) ist das Wort fruit selber somit gar
nicht metaphorisch. Im Gegenteil kann man die “Bildlich­keit” solcher
Fügungen nur verstehen kraft der Tatsache, dass das Wort fruit selber ge-
rade seine u­rsprüngliche, noch keineswegs figürliche Bedeutung behält.
Weil metaphorischer Sprachgebrauch auf der invarianten Bedeutungsun-
bestimmtheit von Wörtern aufbaut, kann die Unterscheidung zwischen
“buchstäblich” und “figürlich” darüber hinaus keine Bedeutungsunter-
scheidung sein, sie betrifft vielmehr die Interpretation – d.h. also den
“Sinn” (engl. “sense”) – der Wörter im Diskurs oder Text. Diese Einsicht
wird auch durch neuere psycholinguistische Analysen von metaphori-
schem Sprachgebrauch eindrücklich bestätigt, freilich ohne Bezug auf
Bühler (s. Frisson & Pickering 2001: 158-166, Frisson 2009: 114-118).

70
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

3.4 Synchyse, Bedeutungskerne, “Normbedeutungen”


Bühlers Überlegungen über “synchytische Begriffsbildung” im An-
schluss an von Kries’ Logik (1916) weisen bekanntlich Übereinstim-
mungen mit Ludwig Wittgensteins Konzept der “Familienähn­ lich­
keiten” auf (s. Eschbach 1984: 178-181). Mit “Synchyse” wird gemeint,
dass bestimmte “Gegenstände” (z.B. die Gegenstände, die wir Haus,
Buch oder Satz nennen) in unserer Kultur derma­ßen “vielgestaltig” ge-
worden sind, dass “Gruppen von Gegenständen” “nach einer mehrfa-
chen, d. h. nicht nur von einem einzigen Gesichtspunkt aus bestimm-
ten Ähnlichkeit” gebildet werden (Bühler 1934: 222; Hervorhebung im
Orig.). Hieraus geht hervor, dass Bühlers Konzeption von Sprach­be­
deu­tung und -interpretation (“meaning” und “sense”) dynamisch und
flexibel ist, sodass auch Aspekte mehrfacher Begriffsbildung darin ver-
ortet werden können. Es ist aber wichtig, Bühlers Erläuterungen über
“synchytische Begriffsbildung” nicht mit seinen Erläuterungen über die
Bedeu­tungsunbestimmtheit von Sprachzeichen zu verwechseln, wofür
es in den Schriften Wittgensteins keinerlei Entsprechungen gibt (vgl.
Wittgenstein 1953: §§65-69).
Auch bei Reichling und Coseriu gibt es verschiedene Ansätze, die
strukturierte Variabilität von Inhalten – “Begriffen” im weiteren,
nicht-logischen Sinne – zu erfassen, sofern sie mit Sprachbedeutun-
gen verbunden und zum Teil darin begründet sind. Bei Reichling wird
man in diesem Zusam­men­hang in erster Linie an seine ausgezeich-
neten kritischen Erörterungen über den sog. “Kern” einer Bedeutung
erinnert, wie ihn u.a. Karl Otto Erdmann (41925: 5) postuliert. Erd-
mann meint, dass die “Grenzen der Wortbedeutung” “verwaschen,
verschwommen, zerfließend” seien, und die Pro­to­ty­pentheorie vor-
wegnehmend, fügt er hinzu, dass es in der Wortbedeutung so etwas
gibt wie ein “Grenzgebiet, das einen Kern einschließt”. Reichling hält
diese Sichtweise für linguistisch nicht stichhaltig (Reichling 1935:
341), weil Sprecher “met elk ‘woord’, ook iets heel precies bepaalds
bedoelen” [mit jedem ‘Wort’ auch etwas ganz genau Bestimmtes mei-
nen] (Reichling 1935: 234; Hervorhebung im Orig.). Den Kernbe-
griff möchte Reichling aber nicht insgesamt über Bord werfen, weil
er durchaus zutreffend auf ein strukturierendes Prinzip im Sprach-
wandel anwendbar ist (s. Geeraerts 1983). Ein einziges Wort kann in
einem diachronischen Sinne laut Reichling nämlich mehrere Kerne
entwickeln (Reichling 1935: 320). So ist die häufigste Gebrauchs-
form eines Wortes im Hinblick auf Bedeutungswandel als ein solcher
“Kern” zu bezeichnen, der dazu führen kann, dass sich die Bedeutung

71
KLAAS WILLEMS

selber ändert aufgrund der variierenden Gewichtung unterschiedli-


cher Bedeutungsunterscheidungen. Reichling erläutert einen solchen
Prozess am Beispiel des nl. Wortes spel – am Beispiel von ‘Spiel’ wird
Wittgenstein etwa zwei Jahrzehnte später auch sein Konzept der “Fa­
mi­lien­ähnlichkeiten” entwickeln (vgl. Elffers 2005b: 33). Nl. spel be-
zeichnet nach Reichling z.B. zunächst eine Handlung und erst danach
die Instrumente, mit denen das Spiel gespielt wird. Diese Verschie-
bung weist darauf hin, dass sich aufgrund der Verwendungen eines
Wortes im Laufe der Zeit ein spezifischer Kern entwickelt hat, der die
Grundlage für eine neue Bedeutung bildet. Auf diese Weise entsteht
im Prozess des Bedeutungswandels Reichling zufolge “een veelheid,
laten we zeggen rondom de eenheid” [eine Vielheit, sagen wir um die
Einheit herum] (Reichling 1935: 235; Hervorhebung im Orig.), wobei
die ursprüngliche Einheit dann den Status einer historischen “aan­
vangs-betekenis” [Anfangsbedeutung] hat (Reichling 1935: 342; vgl.
die “Grundbedeutung” bei Erd­mann 41925: 11).
In Coserius Bedeutungstheorie gibt es gleich mehrere Zugänge zum
Phänomen der strukturierten Variabilität von Inhalten, die über sprach-
liche Bedeutungen hinausreichen und diese zugleich voraussetzen. Ich
möchte davon nur einige nennen. Erstens erklärt Coseriu (1988: 76,
186), dass eine einheitliche Bedeutung – ein Saussure’sches “signifié”
– “nicht punktuell” (76) aufgefasst wer­den darf, sondern als eine “se-
mantische Variabilitätszone” (76) bzw. “Bedeutungszone” (186): “eine
‘einheitliche Bedeutung’ ist kein Punkt, sondern eine durch die Spra-
che umgrenzte Zone der Bedeutung” (188). Das ist für Coseriu die
Grundlage nicht für die Polysemie (Vieldeutigkeit) von Sprachzeichen,
sondern für deren “Polyvalenz” (s. Coseriu 1979: 435-436). Damit
greift Coseriu auf einen Terminus zurück, den bereits Husserl verwen-
det, wenn er in seinen Logischen Untersuchungen zwischen “vieldeu-
tigen (äquivoken)” und “vielwertigen (vielumfangenden, universellen)
Namen” unterscheidet (Husserl ²1913, II, I: 48): Eigennamen können
“vieldeutig” sein, weil z.B. ver­schie­dene Personen denselben Namen
haben können, aber Gattungsnamen sind nicht “vieldeutig”, sondern
“vielwertig” oder “polyvalent” (s. Dietrich 1997: 234), weil sie sowohl
eine Klasse be­nen­nen als auch ein Individuum bezeichnen können.
Zweitens trennt Coseriu die systematische Bedeutung von Sprach-
zeichen von deren Realisierungen, die er “Redebedeutungen” nennt.
Wird aber eine Redebedeutung üblich, dann kann sie zu einer sog.
“Normbedeutung” (s. Dietrich 1997: 229) werden, d.h. zu einer Fixie-
rung der Bedeutung gemäß einer bestimmten Diskurstradition oder

72
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

eines bestimmten Referenzbereichs. Beispielsweise bringen bestimmte


Komposita mit dem Erstglied Holz- im normalen Sprachgebrauch die
Beziehung ‘aus Holz’ zum Ausdruck (Holzkiste, Holzhammer, Holz-
figur usw.), andere Komposita dagegen in der Regel die Beziehung ‘für
Holz’ (Holzbohrer, Holzlack, Holzkorb usw.) (s. Coseriu 1970: 13-14;
vgl. Willems 2001). Wie Bühler (1934: 75), Reichling (1935: 377-391)
und Coseriu (1970, 1977) aber unisono hervorheben, ist die struktu-
rell-semantische Beziehung in allen diesen Komposita mit Holz- die
gleiche, weil die Wortbildungskonstruktion selber semantisch unbe-
stimmt bzw. unterspezifiziert ist (s. Willems 1994). Bühler, Coseriu
und Reichling heben ebenfalls hervor, dass die sprachliche Kompositi-
on ein eigenständiges Strukturprinzip “sekundärer Wortbildung” mit
einer ganz spezifischen “Eigenfunktion” darstellt, das nicht auf Mecha-
nismen syntagmatischer Satz­bildung reduzierbar ist.
Drittens gibt es nach Coseriu unterschiedliche “Grundtypen” von
Realisierungen einheitlicher Bedeutungen (1988: 188-194). Beim ers-
ten Typ enthält die einheitliche Bedeutung die Redebedeutungen; wir
haben es in dem Fall mit einer einheitlichen Bedeutung im Jakob-
son’schen Sinne einer “Gesamtbedeutung” zu tun (vgl. Jakobson 1971
[1936]: 27). Eine Redebedeutung, oder semantische Variante, ist dann
nichts anderes als eine einheitliche Bedeutung mit einer Kontextbe-
stimmung. Hierzu gehören Coseriu zufolge in der Regel grammatische
Bedeutungen wie Verbaltempora (z.B. das Imperfekt), die Bedeutungen
von Präpositionen usw. Diese einheitlichen Bedeutungen sind allge-
mein und von sich aus in hohem Maße auf Kontexte und Situationen,
d.h. auf “stoffliche Steuerungen”, angewiesen. Beim zweiten Typ han-
delt es sich ebenfalls um eine Gesamtbedeutung, die Redebedeutungen
sind darüber hinaus aber über Ähnlichkeitsstufen hierarchisch geord-
net, sodass z.B. zwar Redebedeutung 1 und Redebedeutung 3 nicht un-
mittelbar miteinander zusammenhängen, Redebedeutung 2 dafür aber
das Verbindungsglied in der Sprachnorm darstellt. Coseriu erläutert
diesen Typ anhand des Reflexivums im Spanischen, dessen verschie-
dene kontextbedingte Realisierungen dergestalt miteinander zusam-
menhängen, dass es einen Zusammenhang gibt von der eigentlichen
reflexiven Verwendung (Juan se lava) und der reziproken Verwendung
(Juan y María se quieren) über die passivische (La puerta se abre) bis
zur unpersönlichen Funktion (Se abre a las cinco) (Coseriu 1988: 192).
Im Sprachvergleich hat sich diese funktionelle Abstufung aus onoma-
siologischer Sicht als hochgradig stabil erwiesen (s. Haspelmath 2003:
223-226). Beim dritten Typ schließlich enthält die einheitliche Bedeu-

73
KLAAS WILLEMS

tung nicht die Redebedeutungen, sondern sie bildet dazu ausschließ-


lich die “Grundlage”. Wir haben es dann mit einer einheitlichen Be-
deutung im Hjelmslev’schen Sinne einer “Grundbedeutung” zu tun
(s. Hjelmslev 1935: 37, 59, 84-90 und 1937: 45-46). Die Grundbe-
deutung kann zwar in reiner Funktion, als Sprachwert (“valeur”), vor-
kommen, aber bestimmte konventionelle Verwendungen im Einklang
mit bestimmten Diskurstraditionen stellen in der Regel doch die häu-
figsten Realisierungen der einheitlichen Bedeutung dar. Coseriu (1988:
189-191) erwähnt die Bedeutung des Diminutivums, das zwar objekti-
ve Verkleinerung signalisiert, aber in bestimmten Sprachen meist mit
einem expressiven oder emotionalen Wert verwendet wird, wie z.B. im
Spanischen (profesorcito).

4. Erkenntnistheoretische Quellen und Einflüsse


Bühler, Reichling und Coseriu setzen sich in ihren Texten eingehend
mit Einsichten von Vorgängern auseinander, denen sie zwar kritisch,
aber meist auch konstruktiv gegenüberstehen. Unter den wichtigen
Quellen aus dem 20. Jh. müssen u.a. Untersuchungen von A. Marty, K.
O. Erdmann, F. de Saussure, N. Trubetzkoy und A. Gardiner erwähnt
werden (s. u.a. Kainz 1965, Koerner 1984, Innis 1984, Cesalli & Fried-
rich Hg. 2014). Daneben ist unverkennbar, dass die drei Autoren auch
Edmund Husserl gründlich – und zumindest Bühler auch kritisch (s.
Kainz 1965: x-xi) – rezipieren. Dieser erkenntnistheoretische Einfluss
sei eigens hervorgehoben. Husserl reiht den Sprachgebrauch unter die
intentionalen Aktivitäten des Menschen und trifft in den Logischen
Untersuchungen die wichtige Unterscheidung zwischen Bedeutungs-
intention und Bedeutungserfüllung (Husserl ²1913, II, 1: 38). Husserl
spricht bald vom Unterschied zwischen bedeuten und nennen, bald
von bedeuten und bezeichnen, und das sind auch Begriffspaare, die
Reichling und Coseriu verwenden. Geradezu in Husserl’scher Manier
schreibt Reichling:

We gebruiken onze woorden altijd voor ‘iets’, ’n ‘zaak’, ’n ‘niet-ik’.


Door de woorden leven we in ‘zaken’ [Wir verwenden unsere Wörter
immer für ‘etwas’, eine ‘Sache’, ein ‘Nicht-Ich’. Durch die Wörter
leben wir in ‘Sachen’] (Reichling 1935: 238). […] in het taalgebruik
leven wij in de werkelikheid; niet in de betekenissen der woorden
[im Sprachgebrauch leben wir in der Wirklichkeit; nicht in den Be-
deutungen der Wörter]. (Reichling 1935: 415; Hervorhebungen im
Orig.; vgl. Reichling 1962: 337)

74
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

Für die Konzeption sprachlicher Multifunktionalität ist damit eine


grundlegende Unterscheidung ange­sprochen, denn sie impliziert für
Reichling, dass die Bedeutung eines Wortes in allen seinen Ver­wen­
dungen “konstant” ist. Nicht weniger wichtig ist freilich die seman-
tische Variation, die im in­ ten­
tionalen Bezug auf die Gegenstände
und Sachverhalte zustande kommt und die auch die Grund­lage für
den Bedeutungswandel bildet. Die semantische Variation, die zu der
“Viel-Deu­tig­keit” von Sprachzeichen Anlass gibt, reicht somit über
das sprachlich Vorgegebene, die “Be­deu­tungs­ein­hei­ten”, hinaus, ohne
sie aber aufzuheben. Genau so argumentiert auch Coseriu, der von
den mannigfal­tigen sog. “Redebedeutungen” die “einheitliche Bedeu-
tung” abhebt. “Re­ de­
be­
deu­
tun­
gen” sind die Pro­ dukte der “parole”,
die “einheitlichen Bedeutungen” sind die sy­ste­ma­tisch funk­tionel­len
Bedeutungen, die in der “langue” sprachspezifisch abgegrenzt sind.
Bedeutungs­wandel kommt dadurch zu­stande, dass sich die paradigma-
tischen Beziehungen zwischen den be­deu­tungs­ver­wandten Wörtern in
der “langue” ändern aufgrund der Realisierungen der einheitlichen Be­
deu­tungen als Redebedeutungen (s. Coseriu 1974, 1987 und 1988).
Bühler, Reichling und Coseriu befürworten jedoch kein simples
einsinniges Verhältnis zwischen Bedeutung im Sprachsystem und Be-
zeichnung in der Rede, und auch in dieser Hinsicht gibt es wichtige
Konvergenzen zwischen ihnen. Alle drei gehen sie vom Sprechakt als
dem alleinigen Ort der Manifestierung von Sprache aus. Die Sprache
wird von Sprachwissenschaftlern nicht etwa “konstruiert”, sondern
aus der Rede “abgeleitet” (Coseriu 1988: 67). Das konkrete Sprechen
setzt die “Idealität des Gegenstandes ‘Sprache’” (Bühler 1934: 58,
Hervorhebung im Original) in dem Maße voraus, als das Sprechen
auf eben diese Idealität angewiesen ist. Die lexikalische und gram-
matische Kompetenz einerseits und die kommunikative, dialogische,
auf Kontexte und Situationen bezogene Kompetenz andererseits sind
für die drei Autoren mithin keine “nacheinandergeschalteten Kom-
petenzen” (Ortner 1988: 159), sie situieren das Sprachzeichen von
Anfang an in seiner konkreten Wirklichkeit des Sprechens. Bei Büh-
ler wird das am Organonmodell klargemacht, bei Reichling, insofern
er das Wort durchgehend als “gebruiks-teken” [Gebrauchs-Zeichen]
versteht (Reichling 1935: 136, 143, 260 u.ö.; 1937: 314), und bei Co-
seriu, insofern er Sprache ihrem Wesen nach nicht als Ergon, sondern
als Energeia im Sinne Humboldts auffasst (hier sei insbesondere auf
Coserius Neun­felderschema der Sprechtätigkeit und des Sprachwis-
sens hingewiesen, s. Coseriu ²2007: 69-75).

75
KLAAS WILLEMS

Aus Husserls Erfahrung und Urteil (1939a: 26-27) übernimmt Co-


seriu (1988: 50) u.a. den Begriff “Vorwissen”. Damit ist gemeint, dass
jede Erfahrung ihren “Erfahrungshorizont” hat, den Coseriu (2001: 22-
28) als “sprachlich gestaltet” auslegt. Diese Ansicht teilen auch Büh-
ler und Reichling. Das Vorwissen um die Bedeutungen markiert den
“hermeneutischen” Vorrang der Bedeutungen vor deren Realisierung
mittels der Korrekturhilfen aus Kontext und Situation. Die drei Au-
toren vermeiden jedoch die logizistischen Fehler des frühen Husserl
(“Diogenes im Fass”, wie Bühler ihn manchmal nennt). Husserl hatte
Bedeutungen in den Logischen Untersuchungen als Einheiten aufge-
fasst, die mathematischen Größen vergleichbar sind; erst später, etwa
ab den Cartesianischen Meditationen, hebt Husserl die soziale und ge-
schichtliche Dimension von Sprachzeichen hervor (vgl. auch den Text
zum “Ursprung der Geometrie”, Husserl 1939b). Es ist kein Zufall,
dass man bei Bühler, Reichling und Coseriu dem Wortlaut nach na-
hezu identische Stellen finden kann, in denen sie betonen, dass die
natürliche Sprache kein “Code” ist, d.h. kein System von Zeichen,
wie man sie aus der Arithmetik und Logik oder dem Bereich der Ver-
kehrszeichen kennt (s. Bühler 1934: 71-74, Reichling 1963: 14, Co-
seriu 1974: 24, 1975: 186). Die erkenntnistheoretische Basis dieser
Einsicht, die Bühler 1936 zutreffend als “synthetisches” Strukturmo-
dell der Sprache (Bühler 2012 [1936]: 228) bezeichnet, reicht letztlich
bis zu Kants Kritik der reinen Vernunft zurück. Kants Bestreben ist es
ja, die Interdependenz von Verstandesbegriffen (Kategorien) und An-
schauung hervorzuheben, so wie er auch, in seiner transzendentalen
Ästhetik, einerseits die empirische Realität von Raum und Zeit im
Hinblick auf die Gegenstände der Erfahrung behauptet, zugleich aber
auf der transzendentalen Idealität von Raum und Zeit besteht – dass
sie nämlich “nichts seien”, sobald man die Bedingung der Möglichkeit
ihrer sinnlichen Erfahrung weglässt (Kant, KrV: B 44). So ist es im
Wesentlichen für Bühler, Reichling und Coseriu auch mit Bedeutun-
gen in der Sprache: real ist die Sprache als Diskurs, d.h. als Sprechen
bzw. Sprachgebrauch, ohne “ideale” Bedeutungen kann es die Sprache
als Diskurs aber nicht geben (s. Bühler 1934: 154-159, 367, Reich-
ling 41966: 21, Coseriu 1988: 67). Darauf, dass man die Sprache dann
streng genommen in Analogie zu Kants Lehre vom “Schematismus der
Verstandesbegriffe” als vermittelnde Instanz, als ihrem Wesen nach
einerseits “intellektuell”, andererseits “sinnlich” (Kant, KrV: B 177),
beschreiben müsste, sei hier nur hingewiesen.

76
BÜHLER, REICHLING, COSERIU UND DIE VIELDEUTIGKEIT VON SPRACHZEICHEN

5. Schlussbetrachtungen
Ich habe in diesem Beitrag versucht, einen knappen Überblick zu ge-
ben über die Art und Weise, wie sich drei wichtige Sprach- und Be-
deutungstheoretiker des 20. Jh. mit der Poly­se­mie-Auf­fas­sung ausei-
nandersetzen, die in der zweiten Hälfte des 19. Jh. ihren Ursprung
findet. Ich habe darauf hingewiesen, dass diese Auffassung, gemäß der
“ein Sprachzeichen” in der Regel “viele Bedeutungen” habe, seit der
kognitiven Wende in den 80er Jahren von vielen Sprachwissenschaft-
lern erneut ver­treten wird, und zwar aufgrund von z.T. sehr ähnlichen
Überlegungen wie vor 130 Jahren (vgl. Willems 2015). Diese Konti-
nuität bis in die Gegenwart bestätigt die “verblüffende” Langlebigkeit
der “psychologistischen Spielarten der Semantik”, auf die Knobloch
(1988: 255) aufmerksam macht. Umso mehr erscheint eine erneute
Beschäftigung mit den Schriften von Bühler, Reichling und Coseriu an-
gebracht, da sie sich kritisch, aber nuanciert mit den vorstellungspsy-
chologischen Prä­missen der Polysemietheorie beschäftigt haben.
Noch stärker als Autoren wie Ph. Wegener, M. Bréal, K. O. Erdmann,
F. de Saussure u.a. hat Bühler mit seinen vielschichtigen Überlegungen
über Bedeutungsunbestimmtheit, Bedeutungskon­ stanz, das Gesetz
der Abdeckung im metaphorischen Sprachgebrauch und die Rolle von
Stoffhilfen und Intentionalität in der Kommunikation und im Sprach-
verstehen einen Weg für eine Beschäf­tigung mit der Multifunktionalität
von Sprachzeichen vorbereitet, in der Bedeutung und Vieldeutigkeit auf
eine dynamische und zugleich systematische Weise aufeinander bezo-
gen werden. Das ist möglich, weil Bühler konsequent vom faktischen
Sprechen ausgeht und das Sprachzeichen vom Ort seines konkreten
Funktionierens aus analysiert, ohne jedoch in einen oberflächlichen
Instru­mentalismus zu verfallen. Reichling und Coseriu erweisen sich
in dieser Hinsicht beide als Schüler Bühlers, Reichling sofern er die
Bedeutungseinheit hervorhebt und Multifunktionalität zugleich als die
variable Verwendung von Bedeutungsunterscheidungen fasst, Coseriu
indem er mit Kon­zepten wie Redebedeutungen, konventionalisierten
Verwendungen (“Normen”), Typen einheitlicher Bedeutungen und se-
mantische Neutralisierung eine Typologie strukturierter Variabilität
von sprachlich vermittelten Inhalten entwirft.
Ihre Leistung für die Bedeutungstheorie besteht darin, dass die drei
Autoren die Multifunktionalität von Sprachzeichen nicht verkennen
oder herunterspielen, sondern sie im Gegenteil derart auf einen sowohl
sprachtheoretisch als auch methodologisch begründeten Bedeutungsbe-

77
KLAAS WILLEMS

griff beziehen, dass deutlich wird, warum semantische Flexibilität und


Einheitlichkeit der Bedeutung einander nicht widersprechen, geschwei-
ge denn einander ausschließen, sondern einander vielmehr implizie-
ren und ergänzen. Zu diesem Zweck erläutern Bühler, Reichling und
Coseriu eine Reihe von Strukturprinzipien, die sowohl synchronisch
als auch diachronisch eine kohärente Beschreibung der Multifunktio-
nalität von Sprachzeichen gestatten und es zugleich ermöglichen, die
erkenntnistheoretischen Grenzen des holistischen “Einstufenmodells”
zu überwinden.

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Klaas Willems, Universiteit Gent, Vakgroep Taalkunde,


Afdeling Algemene Taalwetenschap
Blandijnberg 2, B-9000 Gent (Belgien)

82
INTERPRÉTATION
DE LA THÉORIE DE BÜHLER
Connotatio und Symbolfeld
in Karl Bühlers Sprachtheorie

Clemens Knobloch
Siegen

Vorab
Der folgende Text ist nicht als historiographischer Beitrag zur Bühler-
forschung gedacht. Es geht mir nicht um eine geschichtliche Rekon-
struktion der Begriffs-, Problem- oder Theoriegeschichte von Konnota-
tion und Symbolfeld. Das wäre eine andere Aufgabe. Die quaestio der
folgenden Überlegungen ist eher systematisch als historiographisch:
Wo und wie können gegenwärtige Versuche zu einer prozessrealisti-
schen Modellierung von Sprachverarbeitungsprozessen an den Gedan-
kenreihen anknüpfen, die sich bei Bühler terminologisch verdichten in
den beiden Ausdrücken Konnotation und Symbolfeld?

Das Feldermodell
In der Standardversion besteht das Zweifeldermodell Bühlers aus dem
pragmatisch-in­ de­
xi­
kalisch gedachten Zeigfeld, zu welchem Deiktika
und Indizes gehören, und dem syntak­tisch-syn­se­mantisch gedachten
Symbolfeld, in welchem die wasbestimmten Begriffszeichen zu Hause
sind und die Axiomatik der sprachlichen Werk- und Gebildeordnun-
gen gilt. Nun ope­rieren auch Deiktika nicht nur im Zeigfeld, sondern
zugleich auch mehrfach im Sym­bol­feld. <Hier, jetzt, ich> sind nicht
nur origodifferent und als shifter gebrauchte Zeigzeichen, <hier> und
<jetzt> sind auch Symbolfeldwörter mit einem modifizierenden slot für
Prä­di­kats­aus­drücke, verfügen also über alle kategorialen Eigenschaften,
die für das Funktionieren im Sym­bol­feld erforderlich sind. Kurz: Sie sind
Adverbien. Analoges gilt für die Sprech­rol­len­zeiger, die zugleich NP-Indi-
zes sind und im Symbolfeld die Rollen referentieller NPs spielen kön­nen.
Schon die Namengebung „Pronomen“ indiziert, dass die herkömmliche
Grammatik gerade an den Symbolfeldeigenschaften der Zeigwörter in-
teressiert war! Anders gesagt: Das Zeigfeld dient mit seinen Signalme-
chanismen nicht nur dem „Steuerungsaspekt“ der Krise (Bühler 1927),
es im­portiert und implementiert die Signal- und Steuerfunktionen auch

85
CLEMENS KNOBLOCH

zugleich im Symbolfeld. Bühler (1934) entwickelt diesen Gedanken, wo


er im Zusammen­hang der Anaphora vom „Zeigen auf Plätze im Auf-
bau der Rede“ spricht (Bühler 1934: 121). Das große Symbol­feldkapitel
in der Sprachtheorie ist voll mit Hinweisen auf sekundäre Sym­bol­feld­
effekte des sprachlichen Zeigens, auf Zeigwörter, die im Symbolfeld als
„Ge­lenk­wör­ter“ fungieren wie die Relativpronomina oder als Vertreter
eines folgenden Teilsatzes im Matrix­satz wie die „Korrelate“.
Das ist jedoch bei weitem noch nicht alles. Auch in anderen Hinsich-
ten partizipieren die (unsachgemäß scharf von den wasbestimmten Be-
griffszeichen abgegrenzten) Zeigzeichen durchaus an den Regularitäten
und Mechanismen des Symbolfeldes. Ihr deiktischer valeur er­gibt sich
keineswegs allein aus dem, worauf sie konkret (ad oculos, am Phantas-
ma oder in der Re­de­ket­te) zeigen, sondern auch ganz systemisch aus
der Gesamtheit ihrer paradig­ma­ti­schen Alternativen (<hier> : <da>
: <dort>) und syntagmatischen Affinitäten. Ganz ebenso wie im Ge­
gen­zug eine wasbestimmte Phrase wie <gib mal eben das Salz!> ohne
Zeigfeld und ohne ei­nen konkreten Aktionsraum kaum bündig inter-
pretierbar (bzw. beantwortbar) sein dürfte. Und während es allgemein
akzeptiert ist, dass z.B. die substantivischen Personalpronomina der 3.
Person (<er, sie, es>) „Zeighilfen“ sowohl aus der referenziellen Welt
der natürlichen Ge­schlechts­unterschiede als auch phorisch aus der spra-
cheigenen Zugehörigkeit der Begriffs­wör­ter zu Genusklassen beziehen,
hört und liest man wenig davon, dass auch die syntag­ma­ti­schen Verket-
tungen dieser Zeigwörter bereitwillig quasi-konnotative Stützen für de-
ren Interpretation als terms liefern. Wenn ich sage: <psst, der schläft>,
dann kann sich <der> nur auf einen Referenten beziehen lassen, der
eben gerade schläft. Jedenfalls dann, wenn der Re­ferent solchermaßen
erstmals in den Fokus genommen wird. Ist er dagegen bereits aktuell,
wird die konnotative Zeighilfe für seine Identifikation nicht benötigt, das
Zeigelement kon­ti­nu­iert dann lediglich einen aktuellen Referenten. Be-
kanntlich können Deiktika (im weiten Sinne) zur Neufokussierung und
zur bloßen Fokuskontinuierung eingesetzt werden, was viel­fach auch
zur terminologischen Unterscheidung zwischen „Deixis“ (=Neufokus-
sierung) und „Anapher“ (=Fokuskontinuierung) eingesetzt wird (z.B. in
den Arbeiten von Konrad Ehlich). Keine prozessrealistische Modellie-
rung des Sprechens kommt aus ohne die Erkenntnis vom Feldopportu-
nismus unseres Redeprozessors, der bereitwillig nutzt, was auch immer
mit den Elementen der Redekette verbindbar und potentiell relevant ist.
Rein terminologisch existiert neben dem Zeigfeld-Symbolfeld-Dua-
lismus in Bühlers Sprach­theorie aber auch noch die Dreierreihe vom

86
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

sympraktischen, symphysischen und syn­ seman­tischen Umfeld der


Sprachzeichen (Bühler 1934: 154-168). Vielfach wird das sym­prak­
tische Umfeld umstandslos mit dem Zeigfeld zusammengelegt und
das synsemantische Um­feld mit dem Symbolfeld, während das sym-
physische Umfeld von Sprach- bzw. meist eher Schrift­zeichen neuer-
dings erst eingehender untersucht wird (unter dem Stichwort Linguis-
tic Land­scapes etc.). Man geht wohl nicht ganz fehl mit der Deutung,
dass sich die drei Umfelder eher auf die je aktuelle empirisch-perzep-
tive Umgebung beziehen, in der und aus der heraus die Sprachzeichen
interpretiert werden, während Zeig- und Symbolfeld für axiomatisch
in Op­po­sition gesetzte allgemeine Funktionsmechanismen der Sprache
stehen. Darauf komme ich zurück.
Idealtypisch im Weberschen Sinne ist die abstraktive Analyse von
Symbol- und Zeig­ feld. Empirisch haben wir Anlass zu der (auch
von Bühler selbst geäußerten) Vermutung, dass wir aus den prag-
matisch-perzeptiven Umfeldern der Deutung von Sprechakten und
Sprach­werken nicht herauskönnen, dass uns also „reine“ Symbol-
feld-Phänomene im wirklichen Le­ben nicht begegnen, weil diese zwar
integral zur Darstellungstechnik natürlicher Sprachen ge­hören, aber
nicht isoliert von anderen Ebenen der Beziehbarkeit im Sprechen vor-
kommen. Dennoch ist deren abstraktive Isolierung ein vernünftiger
fachlicher Brauch: „In einem ge­schlos­senen Symbolfeld gilt der Wert
der einzelnen Elemente nur im Verhältnis zu den an­de­ren, die Ganz-
heit des Feldes bestimmt dessen Teile“, heißt es bei Pléh (1984: 303).
Und bei Bühler (1934: 299) selbst können wir lesen: „Wörter stehen
im Symbolfeld, füllen Plätze dort aus, sie nehmen auch Feldzeichen an
sich und in sich auf.“ Das gilt freilich nur, insofern die Elemente ihren
Funktions- und Gebrauchswert aus dem Symbolfeld beziehen. Bühlers
Wortdefinition freilich ist nicht exklusiv auf das Symbolfeld bezogen,
sie kreist um die Merkmale „Klangbild mit phonematischer Prägung“
und „Feldfähigkeit“ ganz allgemein. Da nämlich „sortenreine“ Feld-
bezüge zwar für eine grammatische Gebildelehre in Ordnung sind
(Bühlers Satzdefinition macht Gebrauch vom geschlossenen und gut
besetzten Symbolfeld!), nicht aber für eine prozessrealistische Linguis-
tik des Sprechens, trägt Bühlers Definition des Wortes von vornherein
der Tatsache Rechnung, dass auch grammatisch auf das Symbolfeld
hin „formatierte“ Wörter im Sprechen selbst multipel feldfähig bleiben
und gewissermaßen feld­op­portunistisch prozessiert werden müssen:
Sie verbinden und vernetzen die Bezieh­bar­keiten in mehreren Feldern.
Diesem Leitgedanken aus Bühlers Sprachtheorie möchte ich in den fol-

87
CLEMENS KNOBLOCH

genden Abschnitten nachgehen. In der kanonischen Bühlerrezeption


kann man den Eindruck haben, Zeigfeld, Aktionsfeld und Symbolfeld
seien Räume, die ihre jeweiligen Zeichen mehr oder minder exklusiv
für sich rekrutieren – als Deiktika (<hier, jetzt, ich>), als Imperative
(<halt, geh, stop>) oder eben als bloße darstellende Symbole (<Haus,
Baum, Mensch>). Für eine prozessrealistische Linguistik des Spre-
chens hängt aber alles davon ab, dass sich Feldbezüge nicht ausschlie-
ßen, sondern eben fallweise vermischen und überlagern. Dass sich die
Feld­bezüge der Sprachzeichen nicht endgültig ordnen lassen, ist kein
Mangel, son­dern unerläss­liche Bedingung dafür, dass wir sprechend
beinahe alle Angelegenheiten un­se­res sozialen Le­bens bearbeiten kön-
nen (nicht nur kognitive, sondern auch aktionale, affek­tive, motivatio-
nale, Gemeinschaftsbildung etc.).
Was die Geschichte der metaphorischen Nutzung des Feldbegriffs
in Sprach­wissenschaft und Psychologie betrifft, kann ich mich kurz
fassen. Ehlich (2007) rekonstruiert penibel die Quellen und Traditi-
onslinien, die für Bühler und für die (zunächst deutlich wirkmächtige-
re), auf Jost Trier zurückführende Lehre von den „Wortfeldern“ relevant
geworden ist. Allerdings entgeht auch das von Ehlich vorgeschlagene
funktionalpragmatische Feldmodell, das neben einem Zeig- und einem
Symbolfeld noch ein „operatives Feld“, ein „Lenk­feld“ und ein „Mal-
feld“ vorsieht, nicht der Suggestion, man könne bestimmte Sprach­
mittel eindeutig einem der Felder zuordnen (etwa Artikelwörter, die im
Deutschen auch Träger von Symbolfeldinformation sind, dem „opera-
tiven Feld“ etc.).
Einen weiteren an Bühler anknüpfenden Systematisierungsversuch
mit Hilfe eines Um­felder-Modells unternimmt Coseriu (1981), der in
seiner Textlinguistik die sprachinternen und sprachexternen Ressour-
cen der Sinnproduktion systematisiert. Neben der (durch den Re­de­
akt selbst hervorgebrachten) „Situation“ unterscheidet er verschiedene
Unterarten „kon­tex­tu­el­ler“ Ressourcen: vom einzelsprachlichen Kon-
text über die schon oder noch aktivierbaren Zei­chen in der Redeket-
te bis zum „Außer-Rede-Kontext“, „der durch alle nicht-sprachlichen
Um­stän­de konstituiert wird, die von den Sprechern entweder direkt
wahrgenommen werden oder ihnen bekannt sind“ (Coseriu 1981: 95).
Was Coserius „Linguistik der Rede“ zweifellos mit Bühler verbindet,
ist der axiomatische Ansatz vom Sprechen her, der Saussures bekannte
For­de­rung, sich in allen Fragen konsequent auf den Boden der langue
zu stellen, gewis­ser­ma­ßen vom Kopf auf die Füße dreht und alle Fragen
konsequent vom Standpunkt des Sprechens zu betrachten sucht.

88
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

Anmerkungen zur Begriffsgeschichte von connotatio


Als sprachtheoretischer Terminus hat Konnotation eine lange, wech-
selhafte und wider­sprüch­li­che Geschichte. Da es hier um Bühler geht
und um seine Bezugnahme auf die Traditionen des Konnotationsbe-
griffs, beschränke ich die historiographischen Bemerkungen auf das,
was für ein Verständnis Bühlers erforderlich ist. Auffällig ist zunächst,
dass die connotatio als sprach­theoretischer Ausdruck alles andere als
„ebenenrein“ gebraucht wird. Der Ausdruck gehört seit der Scholastik
sowohl in das Feld der theoretischen Semantik als auch in die (mo­dis­
ti­sche) Syntax und Wortartenlehre, und er berührt (über die von Karl
Otto Erdmann um 1900 herum erneuerte Traditionslinie) auch die
pragmatischen und emotional-affektiven Wahl­ver­wandtschaften von
Wörtern. Diese Indifferenz würde zweifellos für einen gra­vie­ren­den
Nachteil gelten, da sie die Konnotation strukturell schwer operationa-
lisierbar hält; nicht umsonst fin­det man oft die Bemerkung, Konnota-
tion sei eine Art Mülleimer- oder Rumpel­kam­mer­ka­te­gor­ie, in der das
untergebracht werde, was anderswo – insbesondere bei der ver­meint­
lich prä­zi­sier­baren denotatio – keinen Platz findet (vgl. Dieckmann
1981). Allerdings wird diese E­be­nen­indifferenz der Konnotation genau
dann zu einer interessanten Eigenschaft, wenn es um eine prozessrea-
listische Modellierung der Rede- und Redeverarbeitungsprozesse geht,
wie sie dem Psychologen Bühler ohne Zweifel vorgeschwebt hat. Nur
Naive können glau­ben, dass den Strukturebenen der Systemlinguistik
von vornherein separate Verar­bei­tungs­module der Pro­zes­sebene ent-
sprechen. Empirisch plausibel sind strukturspezifische Verar­bei­tungs­
mo­dule, wenn überhaupt, nur als späte Differenzierungsprodukte, als
Ergebnis ak­tiver „Modularisierung“ der synkretischen und feldindiffe-
renten Sprachverarbeitung (vgl. Kar­miloff-Smith 1992).
In der spätscholastischen Sprach- und Zeichenphilosophie etab-
lieren sich Formen der ter­minologischen Differenzierung zwischen
Bedeutung und Bezeichnung. Bei Wilhelm von Ockham, im 14. Jahr-
hundert, finden wir bereits die Gewohnheit, zwischen „absoluten“
und „kon­no­tativen“ Namen zu unterscheiden. Nebenher läuft als
zweite einschlägige termino­lo­gi­sche Traditionslinie die der „consig-
nificatio“. Als connotatio gilt, was das Zeichen über den Re­fe­renz­
bezug hinaus zur Kennzeichnung des Referenten vermittelt. Hier
beginnt ein Strang, der unter connotatio just das versteht, was die
moderne Semantik als Intension eines Zeichens von dessen (außer-
sprachlicher) Extension und von der Referenz abgrenzt. Die Sache ist

89
CLEMENS KNOBLOCH

je­doch von Anfang an nicht konsequent, sondern mit allerlei ande-


ren Zutaten vermischt. Teils er­schei­nen etikettierende Benennungen
(einfache, arbiträre Basiszeichen) als „absolut“ und nur deskriptive
und motivierte (abgeleitete, morphologisch komplexe Zeichen) als
darüber hin­aus konnotativ. Im Eintrag Konnotation in Glück (2000)
werden „justus“ und „pater“ als kon­no­tative Bezeichnungen genannt,
weil sie mit Relationen behaftet sind („Vater“ ist immer Vater von je-
mandem) oder den Referenten über seine Standardsortalisierung hin-
aus kenn­zeichnen (per „justus“ z.B. als einen Gerechten), während
die Sortalisierung als „Mensch“ gar nicht explizit kodiert ist, sondern
in einem abgewandelten Sinne auch mitbezeichnet. Als pure konno-
tative Ausdrücke gelten jedenfalls Adjektive, da sie für sich keine nen-
nende, be­zeich­nende, referenz­identifizerende Eigenschaft aufweisen.
Das ist im Grunde auch die Konstellation, die wir bei John Stuart Mill
in der Mitte des 19. Jahrhunderts immer noch vorfinden. Ohne konnota-
tive Bedeutung sind für Mill Aus­drücke, bei denen sich Benennung und
Bedeutung nicht voneinander trennen lassen: Eigen­na­men (nomina pro-
pria), weil sie ihren Referenten nicht charakterisieren (was späterhin be-
kanntlich vielfach kritisiert und bestritten worden ist, z.B. von Gardiner)
und Abstrakta wie „Schönheit“, weil deren Bedeutung zugleich das ist,
was sie bezeichnen, wodurch die innere Polarisierung zwischen Referent
und Begriff entfällt. Auch das ist scholastische Tradition: Ein abstractum
präsentiert eine Merkmalsbedeutung „per modum per se stantis“, als für
sich bestehend, und ist daher absolut (Molino 1971: 5). Mill modernisiert
und ordnet diese spät­scho­lastische Konstellation, indem er die Denota-
tion im heutigen Sinne einführt und damit die Kon­no­tation einhegt und
ordnet im Sinne dessen, was heute Intension heißt (und mit allen sorta-
lisierenden, wasbestimmten Zeichen verbunden wird). Damit entstehen
dann freilich die aus Semantiklehrbüchern bekannten Sekundärproble-
me wie die Frage, ob Ab­strakta und Ad­jek­tive eine Extension haben, die
z.B. alle Referenten umfasst, denen ihre Intension zu­ge­sprochen werden
kann. Aber dem kann ich hier natürlich nicht nachgehen.
Als Lehre von allen möglichen Formen der „Mitbezeichnung“ und
„Mitbedeutung“ bleibt die Konnotation auf eigentümliche Weise
schwammig. Einmal wird sie kategorial und syn­tak­tisch interpretiert
(z.B. als der für Adjektive typische modus significandi), dann aber auch
lexikalisch und semantisch als Intension oder Motivbedeutung, die „ne-
ben“ dem Re­fe­renz­bezug (und diesen zusätzlich charakterisierend) her-
läuft. Wir werden sehen, dass es diese etwas unbestimmte terminologi-
sche Tradition ist, an die Bühlers Gebrauch des Ausdrucks an­schließt.

90
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

Vorgefunden hat er jedoch, als er die Sprachtheorie schrieb, eine


weitere Tra­di­tions­li­nie: die von Karl Otto Erdmann um 1900 herum
erneuerte semantische Lesart von Kon­no­ta­tion, bei der es um Ne-
bensinn und Gefühlswert der Wortbedeutungen und um die sprachli-
che Be­wer­tung der Referenten geht. Auch in diesem Anwendungsfeld
bleibt der Gebrauch von „Kon­no­tation“ undeutlich. Es geht hier (vgl.
über Erdmanns „Konnotation“ Dieckmann 1981) teils um Phänome-
ne wie die Zuordnung sprachlicher Ausdrücke zu unterschiedlichen
Re­gis­tern und Stilebenen, die nolens volens mitkommuniziert wird,
teils um (objektive, syste­mi­sche) evaluative Zeichenwerte, teils um
vage mitkommunizierte Andeutungen, Anspielungen, um kommuni-
kativen „Nebensinn“.
Strukturalistisch und in der Saussure-Tradition systematisiert
wird der Konnotations­begriff dann erst in der Glossematik von Louis
Hjelmslev (hier knüpft Maas 1985 an). Für die Sprachtheorie kann
das freilich schon aus Gründen der Chronologie keine Rolle mehr
spielen. Hjelmslevs einschlägige Arbeiten stammen aus den 50er und
60er Jahren des vorigen Jahr­hunderts. Wirkungsgeschichtliche Fol-
gen dieses Konnotationsbegriffs findet man eher in der Kultur- und
Literatursemiotik als in der eigentlichen Sprachtheorie, z.B. bei Ro-
land Barthes und Umberto Eco. Als konnotative Zeichen definiert
Hjelmslev alle Arten sekundärer Zeichen­bil­dung, für die gilt, dass
ihre Ausdrucksseite selbst schon ein komplettes bilaterales Zei­chen
mit Ausdruck und Inhalt ist. In der Kultur- und Literatursemiotik ist
dieser Gedanke so verstanden worden, dass überall da, wo Ausdrücke
mehrstufige Interpretation erfordern, solche sekundären Semiotisie-
rungen angenommen werden. Um ein beliebtes Beispiel an­zu­füh­ren:
Das Lexem <Nacht> ist denotativ dem <Tag> entgegengesetzt, kon-
notativ kann es die Se­kun­där­bedeutungen der „Rückständigkeit“, der
„romantischen Zweisamkeit“, der „Ein­sam­keit“, der „Hoffnungslo-
sigkeit“ etc. mitkodieren. Soweit die kanonische Lesart. Wer jedoch
Hjelms­levs „harte“ Definition ernst nimmt, der müsste einige Weite-
rungen in Kauf nehmen, die ich hier nur andeuten kann:
[a] Wer das sprachliche Systemzeichen als logisch primär setzt, der
muss auch dessen Re­fe­renz- und Denotationsbezüge, soweit sie sich
dem Systemzeichen anlagern, der Kon­notation zurechnen. Es ist aber
sehr die Frage, ob es axiomatisch zu rechtfertigen ist, das parole-Zei­
chen, das in eine bestimmte gemeinsame Praxis eingebettete „Zei-
chen in Funktion“, als bloße Aktualisierung eines Systemzeichens zu
verstehen (wie es etwa Bally 1965 versucht). Der Systemperspektive

91
CLEMENS KNOBLOCH

entsprechen eher die allgemein tradierten Tech­ni­ken des Sprechens


(worunter auch die der Aktualisierung zählen), die in allen Praktiken
zum Einsatz kommen.
[b] Sekundäre Zeichenbildung des fraglichen Typs gibt es nicht allein
in Kultur und Literatur, sie ist vielmehr die harte und eigentlich dem
sprachsystemischen valeur (im Sinne Saussures) logisch vorgelagerte
Alltagsrealität der Sprachzeichen, die ja nicht für sich kommuniziert
werden, sondern in actu immer mit den realen kulturellen Praktiken
der gesellschaftlichen und privaten Kommunikation verzahnt sind.
[c] Die notwendige Reflexivität des Sprechens, die auf „vergangene“
Verwendungs­situatio­nen des Zeichens zurückgreift und diese gewis-
sermaßen „mitschleppt“, macht die kon­no­tative Bedeutungsschicht
zur primären und letztlich nicht hintergehbaren Realität des Spre-
chens (vgl. Maas 1985: 87), die denotativ-kognitive Systembedeutung
der Sprach­zeichen wird vor diesem Hintergrund zum eigentlichen „Ne-
bensinn“, zum sekun­ dä­
ren Rationalisierungsversuch gegenüber den
vielschichtigen und kaum einzu­gren­zen­den Verwendungslogiken eines
Sprachzeichens, das sich ja als „identisches“ nur mühsam und zwangs-
weise und in der sekundären Zuwendung gegen seine pragmatischen
und kon­struk­tio­na­len Verwendungen absetzen lässt (sprachpsycholo-
gisch hierzu erstmals Werner & Kaplan 1963).
[d] Die Heterogenität und Vielfalt sekundärer Zeichenbildung ist nicht
auf die Sach- und Pra­xis­bezüge gesellschaftlichen Sprechens begrenzt,
sie findet (wie die Konstruktions­gram­matiker erkannt haben) auch in
der Ebene der syntagmatischen Verkettung der Sprach­zeichen bestän-
dig statt: in der mehr oder minder ausgeprägten Konstruktions­bindung
von Ausdrücken, in ihren kollokativen und sonstigen Affiliationen, in
ihrer kate­go­ri­alen Prägung.
Bei Bühler ist connotatio dann ein Feldprinzip, das hilft, Verkettungen
zwischen Sym­bolen zu ordnen, und mit Spielarten von „Valenz“ oder
syntaktischer Relationalität verglichen werden kann. Bühler spricht
davon, dass Verben ihre Aktantenrollen im Handlungsklischee kon­
notieren – aber eben auch Kollokation und kumulierte Praxisbezüge.
Der Passus aus der Sprachtheorie, der in diesem Zusammenhang
häufig zitiert wird, lautet:

Es bestehen in jeder Sprache Wahlverwandtschaften; das Adverb


sucht sein Verbum und ähn­lich die anderen. Das lässt sich auch so
ausdrücken, dass die Wörter einer bestimmten Wortklasse eine oder
mehrere Leerstellen um sich eröffnen, die durch Wörter bestimmter
ande­rer Wortklassen ausgefüllt werden müssen. Es ist der wichtige,

92
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

schon den Scholas­tikern bekannte Tatbestand der Connotatio, den


wir im Auge haben. Er ist neben den Stoff­hilfen das zweite wichtige
und generelle Kontextmittel. (Bühler 1934: 173)

Zweifellos werden Stoffhilfen und Wortklassen nicht zufällig in einem


Atemzug genannt. Diese beiden Ordnungssysteme verhalten sich zuei-
nander wie lebens­weltlich-prak­ti­sche und sach­lich-stoffliche Beziehbar-
keiten auf der einen, kategorialisierte Symbolfeld­be­zieh­barkeiten auf der
anderen Seite. Anerkannt und berücksichtigt ist der Umstand, dass bei-
de Ord­nungs­sy­ste­me, beide Arten von Beziehbarkeit, interagieren: Die
Wahlverwandtschaften der Wortarten müssen mit den sachlich-stoffli-
chen Beziehbarkeiten der Sach- und der Sym­bol­sphäre enggeführt wer-
den – wobei es genauer zu bestimmen gilt, was mit „sach­lich-stofflich“
gemeint sein kann in Bühlers Sprachtheorie. Nach dieser Seite betrach-
tet ist die connotatio ein Oberbegriff dessen, was die neuere Sprachwis-
senschaft als grammatische Rela­ tio­
na­lität bezeichnen würde (hierzu
Lehmann 1985, 1991), oder, anders gesagt: Die strikt gram­ma­tische
Relationalität ist die Symbolfeldvariante der (allgemeiner und feldindif-
ferent kon­zi­pierten) connotatio, der pau­scha­len „Beziehbarkeiten“ von
Sprachzeichen auf die Um­fel­der ihrer Verwendung.
Der zweite längere Passus, in dem Bühler (1934: 226ff) auf den Kon-
notationsbegriff zu­rück­greift, steht auf den ersten Blick durchaus in an-
deren Bezügen. Da geht es um den Un­ter­schied zwischen Eigennamen
(nomina propria) und sortalen Begriffszeichen und um die Fra­ge, wie
und ob beider Funktionsweisen im Sprechen hart gegen einander ge-
setzt werden müssen (wie bei Mill durch die Opposition: Eigennamen
= ohne connotatio, appellativa = mit con­no­tatio), oder ob es sich im
Ganzen um ein und denselben Fall handelt (eben um Begriffs­zeichen).
Bühlers eigene Antwort bleibt skeptisch und offen. Ich zitiere:

Wer in aller Welt sagt denn, dass Nennzeichen stets auf den Umfang
befragt werden müssen und faktisch befragt werden, wo immer wir
sie im Sprechverkehr verwenden? Das Leben, auch das Leben der
sprachlichen Nennzeichen, ist reicher als das einzige Denk­schema,
dem die Logistik alles einzwingen will. Es gibt offenbar deiktische
Namens­verleihungen. (Bühler 1934: 236)

Auch in dieser (durchaus unbestimmten!) Antwort liegt Bühlers Er-


kenntnis, dass im Sprech­ verkehr die einzelnen Feldmechanismen
nicht rein und unvermischt zu haben sind. Deut­li­cher wird, was Büh-
lers Version der connotatio ausmacht, bei der nächstfolgenden Ver­

93
CLEMENS KNOBLOCH

wen­dung des Ausdrucks in der Sprachtheorie: Im Zusammenhang der


Wundtschen Kasus­theorie (hierzu Ungeheuer 1984) diskutiert Bühler
(1934: 236-251) die Unterschiede zwi­schen attributiven und prädikati-
ven Feldmechanismen. So wie Adjektive im Symbolfeld kate­go­rial den
Bezug auf ein Substantiv konnotieren, so konnotiert im Rahmen eines
Determinativkompositums mit dem Grundwort <Schlüssel> dieses
eine Relation auf das „Wo­für“ dieses Gegenstands, so dass die Kompo-
sita <Kofferschlüssel, Haustürschlüssel, Auto­schlüssel> etc. mittels
dieser Kon­no­tation leicht eine plausible Lesart erhalten. Wir be­we­gen
uns hier bereits im Umfeld der sehr viel späteren Debatte über „Rek-
tionskomposita“ und die Reichweite ihres Bauprinzips (vgl. z.B. Fan-
selow 1981). Andere Determinativ­kom­po­sita (so Bühler 1934: 245f)
leben um­ ge­
kehrt von den Konnotationen des Bestimmungswortes:
<Kirch­turm, Haustür, Garagendach> leben als Komposita davon, dass
das Grundwort jeweils durch das Bestimmungswort mit impliziert ist.
Eine Kirche hat einen Turm, ein Haus eine Tür, eine Garage ein Dach.
Offensichtlich haben wir es hier (im Unterschied zum Adjektiv) mit
Konnotationen zu tun, die durch die sortale Konzeptualisierung von
Referenten mitgesetzt sind, nicht durch die (ebenfalls) symbolfeldei-
gene kategoriale Schematisierung der was­be­stimm­ten Wörter. Bei den
Beispielgruppen aus der Komposition können wir nicht recht unter­
scheiden, was referenz- und denotationsgesteuerte „Sach- und Stoffhil-
fen“ sind und was kon­zept- und systemgesteuerte Wahlverwandtschaf-
ten. „Mitgesetzt“ entspricht hier ungefähr und in groben Zügen einer
framesemantischen Konzeption: Ein „Turm“ gehört in den seman­ti­
schen frame von „Kirche“, eine „Tür“ zum „Haus“ etc.
Und hier haben wir dann auch das gedankliche Scharnier zwischen
den beiden (auf den ersten Blick zusammenhangslosen) Teilproble-
men, bei denen jeweils der Konnotations­ge­danke einspringt: Eigen-
namen im strengen Sinne sind (und bleiben) konnotativ weitgehend
isoliert als Nennzeichen. Ihre Wahlverwandtschaften (und zweifellos
haben sie welche!) speisen sich aus referentenbezogenem Weltwissen,
nicht aus sprachsystembezogenem Feld­wissen. Oder? Doch, auch das
spielt eine Rolle, wissen doch Linguisten von jeher Bescheid über die
eingeschränkte attributive Valenz von Eigennamen (und deiktischen
Pronomina) – was ja nur heißt, dass die Wahlverwandtschaften von
nomina propria selbst unter dem ge­mein­samen Dach der „Substanti-
ve“ andere sind als die der sortalen Begriffszeichen. Offenbar ge­hört
es zur Sprachtechnik typischer Eigennamen, dass sie ihre nomina-
ta/Referenten so prä­sen­tieren, dass sie tendenziell „außerhalb“ der

94
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

sprachlichen Charakterisierung stehen (Kno­bloch 1992). Und dazu


gehören Beobachtungen wie die eingeschränkte attributive Valenz
ebenso wie die im „tip-of-the-tongue-Phänomen“ dokumentierte er-
schwerte Zugänglichkeit seltener Eigennamen im mentalen Lexikon.
Jedenfalls dann, wenn man davon ausgeht, dass die konnotativen
Verknüpfungen eines Ausdrucks mit dessen operativer Adressierung
im mentalen Lexikon eng verknüpft sind. Dagegen hat noch nie je-
mand davon gehört, dass hoch­frequente Deiktika, Pronomina schwer
zu adressieren wären: Sie sind selbst, als Formen (an­ders als ihre lo-
kal aktualisierbaren Referenzbezüge) maximal eingebettet in das Ge-
flecht der gram­matikalisierten konnotativen Bezüge.
Was sich als gemeinsamer Nenner abzeichnet bei der (mehr oder
minder) ter­mi­no­lo­gi­schen Verwendung von connotatio in der Lin-
guistik, das ist der Versuch, all das zusammen­zu­fassen, was durch die
Versprachlichung einer referenziellen Bezugnahme dieser selbst hin­
zu­gefügt wird, entweder qua Konzeptualisierung und Merkmalszu-
schreibung oder qua orga­ni­sierter Beziehbarkeit des Zeichens, das den
referenziellen Bezug trägt. Operational vage Definitionen und Formu-
lierungen, wie man sie in diesem Zusammenhang häufig findet (vgl.
„Con­notations are associations having acquired a social status“; Sand-
mann 1954: 37), in­di­zieren ein strukturell ungeordnetes Ensemble von
Beziehbarkeiten, vergleichbar eventuell mit dem psycholinguistischen
Begriff des priming (oder mit der denotativ beinahe deckungs­glei­chen,
aber heute merkwürdigerweise verpönten Assoziation). Das konnotati-
ve Netz eines sprach­lichen Zeichens besteht aus all den anderen Zei-
chen (und sonstigen Bezügen), die die Zugän­glich­keitsschwelle dieses
Zeichens senken oder deren Zugänglichkeitsschwelle um­ge­kehrt durch
es gesenkt wird. Eine solche weite Definition würde es durchaus auch
erlauben, das der connotatio zuzurechnen, was Bühler den „Sphären-
geruch“ eines Sprachzeichens nennt: dessen mitgeführte Verweisun-
gen auf Text-, Themen- und Genretraditionen des Spre­chens. Auch die
Zugehörigkeit von Ausdrücken zu soziolinguistischen „Registern“ und
zu so­zia­len Sprechergruppen ist gelegentlich der connotatio zugerech-
net worden, z.B. bei Bloom­field (vgl. Molino 1971: 10). Wirksam und
sichtbar werden diese Konotationen in der Haup­tsache da, wo Register
vermischt oder unangemessen bzw. deplatziert eingesetzt werden.
Prozessual, in der empirischen Sprachverarbeitung, dürften die Dinge
so liegen, dass im Normalfall situative, empraktische, synattentiona-
le „Außenbeziehbarkeiten“ von katego­ri­alen, stofflichen, kollokativen
„Innenbeziehungen“ kaum sauber abzuheben sein dürften. In diesem

95
CLEMENS KNOBLOCH

synkretischen Mix von Beziehbarkeiten repräsentieren die kategorial


ausgrammati­ka­li­sier­ten Symbolfeldwerte der tradierten „Wortarten“
oder „Redeteile“ eine nur idealtypisch ab­hebbare Schicht der organi-
sierten grammatischen Relationalität.

Der Felderopportunismus sprachlicher Systemzeichen


Die Formschemata des Symbolfeldes, die wir gewohnheitsmäßig kate-
gorial beschreiben, funktionieren in der Rede quasi-mechanisch und
automatisch. Das können sie aber nur, weil sie selbst mit Bezug auf
die Kategorien des Gemeinten neutralisiert oder doch wenigstens stark
unterspezifiziert sind. Sie dienen uns als Gefäße für mannigfache In-
halte, weil ihr „eigener“ Inhalt durch ihre analogisch-metaphorische
Expansion zu einem Instrument der Darstellungs­ technik herabge-
drückt worden ist. Sandmann (1954) spricht in diesem Zusammen-
hang von der Grammatik der Repräsentation und nennt Schematisie-
rungen des Typs [Akteur – Aktion – Ziel/Ort; Exposition – Ereignis;
Possessor – Possessum; thing – identical thing; thing – property etc.].
Die neuere (zumal kognitive) Linguistik würde in diesem Zusammen-
hang entweder von kognitiven Schematisierungen oder von Konstruk-
tionsbedeutungen sprechen wollen. Frame- und Tiefenkasuskonzepte
haben ebenfalls eine Affinität zu Bühlers Symbolfeld und zu Sand-
manns Grammatik der Repräsentation.
Eine ziemlich grundsätzliche (und in ihrer ebenfalls ziemlich grund-
sätzlichen Besserwisserei fast an Anton Marty erinnernde) Kritik an
Bühlers Feldgedanken findet man bei dem heute weitgehend verges-
senen Alfons Nehring (1963). Neben zahllosen Einzelheiten, auf die
ich hier nicht eingehen kann, findet sich jedoch auch ein axiomatisch
fruchtbarer und programmatisch weiterführender lakonischer Satz,
der gegen Bühlers strikte Trennung von Zeigfeld und Symbolfeld ge-
richtet ist: „Viel eher könnte man“, schreibt Nehring (1963: 143), „die
gesamte Sphäre des ‘Sprechens’ als ‘Zeigfeld’ bezeichnen.“ Das trägt
jedenfalls der Tatsache Rechnung, dass interaktiv situierte, orate (im
Sinne von Maas 2010) Praktiken in dem von ihnen vorgefundenen und
in dem von ihnen selbst aufgespannten Orientierungsraum exzessiv
„zei­gen“ müssen – und das auch tun, wenn sie sich der entwickelten
Techniken des Symbolfeldes bedienen. Ich werde argumentieren, dass
man diesen gegen Bühler gerichteten Satz eigent­lich zwanglos in Büh-
lers Feldkonzept integrieren kann. Nehring (1963) trägt der Tatsache
Rech­nung, dass nicht allein der Gebrauch der deiktischen Ausdrücke
unter der Bedingung (re­aler oder symbolisch-textueller) Kopräsenz von

96
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

Sprecher und Hörer an der origo und an der ak­tuellen Orientierung des
Rezipienten orientiert ist, sondern durchaus auch der Gebrauch eigen­
sinniger sortaler Symbolfeldausdrücke und Konstruktionen.
Das Wort, das der Sprachwissenschaftler zu Gesicht bekommt, ist
bereits so etwas wie ein Präparat, sorgfältig herausgelöst aus den Bezü-
gen und Vollzügen der Kommunikation. Und was dann bleibt, ist ein
Schatten, ein Potential, ein kategorial bestimmtes Abstraktum. Dieses
Gespenst scheint am Anfang des Sprechens zu stehen, es ist aber ein
extrakommunikatives Konstrukt und verdankt sich der Herauslösung
aus allen funktionstragenden zeichenhaften Bezügen. In dieser Her-
auslösung und durch sie wird es zu einem Symbol mit mehr oder min-
der festen semantischen und kategorialen Werten, das auf „Feldkräfte“
angewiesen scheint, die ihm erst kommunikatives Leben einhauchen.
Dabei ist es die (tendenziell an Schrift und optische Vergegenständli-
chung gebundene, grundsätzlich aber auch in reflexiver Münd­lichkeit
mögliche) metapragmatische Thematisierung des Sprachzeichens, die
ihm diesen An­schein verleiht, indem sie es aus den kommunikativen
Funktionsfeldern herausnimmt und als solches re-repräsentiert.
Wenn man nämlich Sprachzeichen nicht im System, sondern in
kommunikativen Vollzügen, in der Zirkulation, betrachtet, so ist das
erste, was ihnen dabei verloren geht, ihre Identi­tät als Zeichen. Nie-
mand wusste besser als de Saussure, dass es nichts Prekäreres gibt als
die (syn­chronische oder diachronische) Identität eines Zeichens. Das
nämlich steht lediglich für eine (durch ausdrucksseitige Schematisie-
rung plausibilisierte) Identitätssuggestion. Da es das gleiche Ensemb-
le von kommunikativen Beziehbarkeit niemals exakt mehr als einmal
gibt, lässt sich die Identität eines Sprachzeichens bestenfalls auf der
Ebene der Darstellungstechnik be­haup­ten, nicht jedoch auf der Ebene
des fallweise Dargestellten. In der Zirkulation betrachtet sehen Sprach-
zeichen so aus, als stünden sie für einen festen, invarianten „Wert“, der
sich im Wechsel der Umfelder gleich bleibt, kurz: als seien sie echte
Symbole. Das ist indes eine op­ti­sche Täuschung, geschuldet dem ex-
trakommunikativen Blick des (reflektirenden, linguistischen etc.) Be-
trachters, der sich auf das Zeichen richtet und von dessen wechselnden
Umfeldern abzusehen sucht. „Empirically there are no two identical
signs“, schreibt Sandmann (1954: 31), denn die Identität des Zeichens
im Vollzug basiere auf der Gleichheit des Gemeinten (thing-meant im
Sinne von Gardiner ²1951), das seinerseits nie vollständig repräsentiert,
sondern durch die sprachlichen Verfahren nur angedeutet sei. Gegen
Bühlers Appell- und Steuerfunk­tion argumentiert Sandmann (1954:

97
CLEMENS KNOBLOCH

40), diese beiden seien nur in der Kommunikation gegeben, nicht in


der Sprache (ganz ähnlich: Coseriu 1981: 67), zugleich jedoch erklärt
er (1954: 60), das Sprachzeichen sei „steuernd“ und „gesteuert“ auf das
thing-meant hin. Im kom­mu­nikativen Vollzug, so könnte man diesen
Komplex paraphrasieren, ist auch die Symbol- und Darstellungsleis-
tung der Sprachzeichen indexikalisch mit gesteuert (und die Aufmerk­
samkeit des Rezipienten steuernd) durch lokale Beziehbarkeiten in den
Feldern der geteilten Aufmerksamkeit, und in diesen Feldern bilden
die geteilt bekannten und vertrauten Sprach­zeichen so etwas wie den
immer verfügbaren common ground. Als Bausteine in der Technik des
Sprechens sind sie stets anschließbar an geteilte Erfahrungsbestände,
und neue und einmalige lokale Bezüge werden indexikalisch adressiert
„im Lichte“ der vertrauten sprach­technischen Bedeutungen.
Aufmerksamkeitstechnisch mäandern Sprecher und Hörer zwischen
meaning und thing-meant. Und zwar dergestalt, dass die prädikative,
wasbestimmte Seite der Sprachzeichen sie auf den geteilten „Eigen-
sinn“ der Sprache und in diesen hinein zieht, während die indikative
Seite der Sprachzeichen (dominierend bei origobezogenen Deiktika,
aperspektivischen Eigennamen etc., aber prozessual immer beteiligt)
sie aus dem sprachlichen Eigensinn heraus in die Sphäre des lokal kul-
turell und situativ „Meinbaren“ lenkt.
Die Tatsache, dass etwa eine Standardnominalphrase in einer Arti-
kelsprache wie dem Deutschen explizit einen indikativen und einen
sortal-symbolischen Kern hat, wenn sie aus ART + N besteht, un-
terstreicht die indikativ/prädikativ-Polarität auf der Ebene der Reali-
sierung von Argumenten/Aktanten. Kategorial existiert die nämliche
Polarität im Nebeneinander von substantivischen Pronomina und sor-
talen Substantivlexemen. Wichtig ist aber der Umstand, dass die struk-
turelle Repräsentation dieser Polarität (in der Nominalphrase und in
den Re­de­teilen) keine Voraussetzung für die prozessuale Realität dieser
Polarität darstellt. Letztere ist verankert in der Dynamik der geteilten
Aufmerksamkeit, an der alle Versprachlichungstechniken, indexika-
lische wie prädikative, andocken. Auch in einer artikellosen Sprache
(oder in der Anfangsphase des Spracherwerbs) können Bezugspunkte
der geteilten Aufmerksamkeit zugleich indiziert und sortalisiert wer-
den. Strukturell, in den darstellungstechnischen Schemata des Sym-
bolfeldes, kann diese prozessuale Polarität aber ganz unterschiedlich
re-repräsentiert sein. Ein Eigenname z.B. ist autodeterminativ, sein Ge-
brauch unterstellt die Identifizierbarkeit eines bestimmten Referenten,
weshalb der Artikel, wenn er gesetzt wird, für andere Funktionen frei

98
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

(oder auf andere Funktionen beschränkt) wird. Bei continuativa/Stoff-


substantiven determiniert der Artikel, wenn er gesetzt wird, nicht nur
die referenzielle, sondern auch die sortale Identität des thing-meant,
um die es auch bei der generischen Definitheit geht, etc.
Meine These zum prozessualen „Feldopportunismus“ der Sprach-
zeichen in der Redekette lautet ungefähr folgendermaßen: Was der
linguistische Blick auf „Sprachgebilde“ (auf Sätze, Phrasen, Wortar-
ten, Lexeme, Morpheme) zu sehen bekommt, das ist (um das Bild des
Platonischen Höhlengleichnisses zu verwenden) der einzelsprachlich
geordnete Schatten, den der prozessuale Feldopportunismus im Sym-
bolfeld der Einzelsprache wirft. Wir sehen in der immer noch vorherr-
schenden Praxis des geschriebenen Beispielsatzes genau das, was von
den dar­stellungstechnischen Mitteln des einzelsprachlichen Symbol-
feldes her geordnet und differenziert werden kann. Während der Sinn
des Gesprochenen prozessual bündig wird im Ensemble der „Umfel-
der“ mit ihren multiplen Bezügen und Beziehbarkeiten (und zur Ent-
schlüsselung weit mehr voraussetzt als die bloße Sprachkenntnis, näm-
lich Vertrautheit mit der kommunikativen Kultur und Ökonomie der
Sprachgemeinschaft), geht der linguistische Blick in die entgegenge-
setzte Richtung: auf die im Symbolfeld organisierten und gebündelten
Techniken der Sinndifferenzierung. Die Linguistik sieht das, was man
mit den Mitteln des Symbolfeldes „meinen“ kann, und die Bündigkeit
ihrer Analysen liegt ungefähr in der Ebene, die von Koschmieder (1965)
als noetisch bezeichnet wird.
Nehring (1963), der ja durchaus in Bühlerschem Geiste einem ähn-
lichen Problem nachgeht, differenziert die Symbol/Feld-Dimension der
sprachlichen Darstellung nach drei Bezugsfeldern aus. Einmal ist die
Darstellung auf den Sprecher bezogen, als dessen Handlung, dann auf
das Sprachsystem selbst und schließlich noch auf das referenziell-situ-
ative Bezugssystem der aktuellen Redesituation. Relationiert auf das
Sprachsystem gibt uns die sprachliche Darstellung einen „Sinnverhalt“
(der Ausdruck stammt m.W. von Dempe 1930), im referenziell-situ-
ativen Bezugssystem verweist die sprachliche Darstellung auf einen
„Sachverhalt“ (Nehring 1963: 39). Die Ebene des „Sinnverhalts“ ent-
spricht ungefähr der „Noetik“ Kosch­mie­ders. Sie entsteht gewisserma-
ßen durch eine Projektion der einzelsprachlichen Symbolfeld­techniken
in eine sprachübergreifende Ebene, in der genannt, referiert, verzeitet,
modalisiert etc. wird. Sie ist nicht ein Abbild der kulturellen Praktiken,
der Pragmatik im weiten Sinne des Wortes, da sie von den darstel-
lungstechnischen Mitteln des Symbolfeldes der Einzelsprache her per-

99
CLEMENS KNOBLOCH

spektiviert ist. Die Affinität dieser Ebene zur medialen Schriftlichkeit


rührt daher, dass Schrift einen Teil der kontextuellen Ressourcen des
Sprechens nicht nutzen kann, sondern noetisch, mit den Mitteln des
Symbolfeldes, substituieren muss. Die Schrift erzwingt gewissermaßen
eine Umkehr der Blickrichtung, eine Reperspektivierung der Sinnpro-
duktion auf die Mittel des Symbolfeldes. In mündlich-interaktiven Si-
tuationen, die durch hohe wechselseitige Erwartungsschematisierung
geprägt sind, verständigt man sich dagegen ganz gut auch ohne exzessi-
ven Rückgriff auf die darstellungstechnischen Ressourcen des Symbol-
feldes, weil die Ressourcen der anderen „Umfelder“ reichlich sprudeln.
Es ist aber auch ganz leicht, empirisch plausible Beispiele dafür zu
finden, dass der Fel­deropportunismus unserer Sprachverarbeitung kei-
neswegs an der Mündlichkeit haftet, sondern vielmehr im Medium der
Schrift (gewissermaßen umgepolt) fortdauert. Symphysisch angehefte-
te Kleinsttexte des Typs <Feuerwehrzufahrt>, <keine Wendemöglich-
keit> etc., wie sie meist unter dem Schlagwort linguistic landscapes
untersucht werden (Auer 2010, Habscheid 2009), belegen gut, wie
routiniert wir auch Geschriebenes in unsere laufenden Handlungsori-
entierungen einzubauen vermögen. Dass wir etwa <von>-Präpositio-
nalphrasen mit Eigennamen-NP im Kopf von Zeitungsartikeln routi-
nemäßig als Autorenangabe interpretieren (und ergo aus der Linearität
des Symbolfeldes herausnehmen), zeigt sich vor allem da, wo auch eine
syntaktische Ankopplung (naturgemäß mit ganz anderer Bedeutung)
möglich wäre: <Anmaßende Behauptungen – von Klaus-Dieter Mül-
ler>. Der asyntaktische Gebrauch evaluativer Ausdrücke (vielfach Ad-
jektive): <klasse, schön, so’n Mist..> fordert vom Rezipienten, dass der
einen lokal verfügbaren und geeigneten Andockpunkt für den sprachli-
chen Wertungsakt findet etc.
Koschmieder (1965) fundiert seine Noetik nicht zufällig problemtheore-
tisch in den Möglichkeiten und Grenzen des Übersetzens von Texten. In
der Tat ist jede ernsthafte Übersetzung auf die Annahme angewiesen, dass
es so etwas wie eine noetische Äquivalenz von Dar­stellungen in verschie-
denen Sprachsystemen gibt, obwohl natürlich die indexikalischen Fäden,
die das Gesprochene mit einzelkulturellen Wert- und Sinnsystemen ver-
binden, kaum echte Äquivalenzen in anderen Sprachen haben dürften.
Ein Beispiel mag diese „Noetisierung“ des linguistischen Blicks ver-
deutlichen. Die würde-Konstruktion in Frageform kann benutzt wer-
den, um eine höfliche Bitte um eine Handlung oder um eine Frage
nach Rat zu artikulieren: <Würdest Du das machen?> kann beant-
wortet werden mit <mache ich> + Handlung oder aber mit <Ja, das

100
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

würde ich (an Deiner Stelle) machen>. Diesen Umstand identifiziert


der linguistische Blick als noetische Uneindeutigkeit entweder der wür-
de-Form selbst oder der ganzen Konstruktion. Der Blick geht von den
Formoptionen zurück in die (grammatisch zumeist „latenten“) Um-
felder des Sprechens, der Redepraxis. In dieser Redepraxis mit ihren
reichen, weit über das Symbolfeld hinausgehenden Ressourcen, dürfte
jedoch diese Uneindeutigkeit nur ausnahmsweise sichtbar werden. Sie
verschwindet auch für den linguistischen Blick, wenn Zusätze oder di-
rekte Redekontexte den Wert vereindeutigen (etwa: <Würdest Du das
bitte machen?>) etc. Solche Beobachtungen, die sich natürlich leicht
vervielfachen ließen, sprechen für eine selektive und distinktive Re-
kodierung der reichen, auf ungeordneten Beziehbarkeiten beruhenden
Ressourcen der Redeumfelder im einzelsprachlichen Symbolfeld. Des-
sen Regeln entscheiden (um die bewährte Einsicht von Franz Boas zu
zitieren) darüber, was der Sprecher der Einzelsprache qua verbindlicher
Paradigmatisierung explizit kodieren muss und was nicht.

Feldtranspositionen und Feldwechsel


Ausdrucksseitig verzahnt die Maschinerie des Sprechens stets nur
sprachliche Elemente mit einander, entweder (im Rahmen ein und des-
selben turn) in der Redekette eines Sprechers oder aber (bei turn-Wech-
sel) in der Sequenz von Redebeiträgen. Inhaltsseitig docken die artiku-
lierten Sprachzeichen indessen nicht nur aneinander an, sie verbinden
sich vielmehr opportunistisch mit allen Bezügen, die für die laufende
Aufmerksamkeitskoordination lokal verfügbar sind (wobei „lokal“ eine
höchst variable Größe kodiert, deren Erstreckung vom gerade für die
Wahrnehmung der Teilnehmer Erreichbaren bis zu kulturell oder in-
teraktionsgeschichtlich geteilten Wissensbeständen reicht). Die größte
Asymmetrie bezüglich der für die Teilnehmer verfügbaren Umfeldres-
sourcen dürfte wohl in der sozialisatorischen Interaktion (Maas 2010)
des kindlichen Erstspracherwerbs zu finden sein. Hier erfahren die
Kinder aus der Reaktion der Erwachsenen, wie und als was ihre Äuße-
rungen interpretiert werden. Der kommunikative „Sinn“, den sie spre-
chend herstellen, wird von den Empfängern her kontrolliert. Die dar-
stellungstechnischen Ressourcen des Symbolfeldes stehen dem Kind
ebenso wenig zur Verfügung wie die Ressourcen der geteilten kulturel-
len Tradition. Die Tatsache, dass gleichwohl Verständigung im Rah-
men der lebensweltlich geteilten Bezüge einigermaßen funktioniert,
darf als Beleg dafür gewertet werden, dass es Äquivalenzen und Trans-
positionen gibt, die aus der Sphäre allgemeiner Beziehbarkeiten in die

101
CLEMENS KNOBLOCH

(relativ geordnete) Welt der Symbolfeldressourcen hinüberführen. Das


alte (von Grace de Laguna 1963 [1927] formulierte) Prinzip: in order to
understand what the baby is saying, you have to see what the baby is
doing, unterstreicht die frühe Einbindung des kindlichen Sprechens in
das Aufmerksamkeitsfeld der laufenden Handlungen (empraktisches
Feld). Die erwachsenen Deuter kindlicher Einwortäußerungen (Mo-
norheme) ersetzen das, was an genuin symbolischer Darstellungstech-
nik fehlt, durch (salopp gesagt) Einfühlung in die Gegebenheiten der
laufenden Praxis/Kooperation und in das Relevanzsystem der kindli-
chen Orientierung.
Auch hier wiederum ist es leicht, plausible empirische Beispiele zu-
sammenzustellen: Die Demonstrativa <der, die das>, die als fokus-
sierende Deiktika beginnen, werden als Artikelwörter grammatische
Indikatoren für den diskursiven Status textueller Referenten, sie unter-
stellen diese als mühelos identifizierbar für den Hörer. Als Relativpro-
nomina hingegen werden sie zu reinen Symbolfeldzeichen, zu „Gelen-
ken“ in der Redekette, welche einen (aktualisierenden etc.) Attributsatz
an ein Substantiv bzw. eine NP koppeln. Diese reine Gelenkfunktion
für das Symbolfeld hindert aber nicht den fortdauernden Gebrauch
der nämlichen Ausdrücke als allgemeine linker zwischen Symbol- und
Zeigfeld oder auch als echte Deiktika. In der (ohnehin ziemlich hetero-
genen) Wortklasse der Adverbien findet man zahllose Ausdrücke, die
alternativ neben ihrer Symbolfeldeigenschaft (einem zentripetalen mo-
difizierenden slot für Prädikate) auch quasi-imperativische Werte im
Handlungsfeld annehmen können: <auf, weg da, weiter, voran…>.
Man wird sich die Reorganisation und Transpositionen allgemei-
ner Umfeldbeziehbarkeiten in Ressourcen des Symbolfeldes zweifellos
als einen komplexen und vielschichtigen Prozess vorstellen müssen.
Für einzelne Aspekte dieser Transposition gibt es aber durchaus be-
reits Modellgedanken. Ich denke z.B. an Michael Silversteins (1979)
Modell der codereflexiven Etablierung metapragmatischer Zeichen.
Deren Charakteristik besteht darin, dass sie implizite Ressourcen
der situierten Kommunikation sprachlich explizieren. Wie etwa die
Sprechrollendeiktika metapragmatische Explikationen der drei „Pole“
bilden, ohne die sprachliche Interaktion nicht geht: Sprecher, Hörer
und Besprochenes, oder Modalausdrücke (und Sprechaktverben) me-
tapragmatische Explikationen situativer sympraktischer Handlungs-
werte etc. (aus <Arm> wird <ich will Arm>, <ich will auf ’n Arm>
etc.). Dem kann ich hier nicht in Einzelheiten nachgehen. Fest steht,
dass die Metapragmatik-Perspektiv dem Umstand Rechnung trägt,

102
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

dass rekurrente, halbwegs regelmäßige Beziehbarkeiten aus den Um-


feldern der Sprechhandlung transformiert und rekodiert in das Sym-
bolfeld eintreten können. Was implizit „mitläuft“ an Beziehbarkeiten
wird per organisierter Reflexivität des Sprechens in das Symbolfeld in-
tegriert und damit adressiebar - während dann der „noetische“ Blick
umgekehrt wiederum auf das schaut, was mit dem metapragmatischen
Ausdruck selbst einigermaßen fest an distinktiven Eigenschaften ver-
knüpft werden kann. Fest steht auch, dass solche metapragmatischen
Zeichen formatiert und eingefädelt werden müssen im Hinblick auf
die einzelsprachlichen Normen kategorial geordneter grammatischer
Relationalität. Die „Personen“ des Sprechrollensystems im Deutschen
sind einesteils Nuklei (attributiv eingeschränkter) Nominalphrasen,
anderenteils kongruenzaktiv für das finite Verb, wenn sie in der Rolle
des Satzsubjektes stehen etc.
Für die einzelsprachlichen Regularitäten der geordneten grammati-
schen Relationalität gilt, dass sie von den Novizen nicht erzeugt, son-
dern bloß analogisch-imitativ „nacherzeugt“ werden müssen. Erzeugt
worden sind sie in den kollektiven „Traditionen des Sprechens“ der
Sprachgemeinschaft. Nacherzeugt werden sie von den Novizen in Pro-
zessen des schritt- und stufenweisen „Absehens“ von konkreten lexikali-
schen items in Konstruktionen zugunsten abstrakterer paradigmatischer
Klassen. Ich verwende hier bewusst den Komparativ „abstrakter“, weil
ich mit der Mehrzahl der Konstruktionsgrammatiker vermute, dass eine
halbwegs prozessrealistische Grammatik ohne die Annahme völlig ab-
strakter kategorialer Größen auskommen kann. Der Sprecher und der
Hörer operieren immer mit je bestimmtem lexikalischem Ma­te­rial, das
auch zu spezifischeren analogischen item-Klassen gehört, nicht bloß zu
den ganz abstrakten Klassen Nomen, Verb, Adjektiv, Präposition etc.
Konnotativ spezifiziert ist ein Lexem ja eben nicht nur auf der kate-
gorialen Ebene, sondern auch durch seine ganz spezifische Kombina-
tions- und Verwendungsgeschichte. Und während der klassifizierende
Grammatiker mit kleinen Klassen sich analog verhaltender Ausdrücke
nicht zufrieden ist, hat es der Spre­cher in der Redekette doch stets gera-
de mit solchen kleinen und beschränkteren paradigmatischen Klassen
(und ihren syntagmatischen Kombinationsgeschichten, die im Sprecher-
und Hörerhirn vorgebahnt sind) zu tun. Und das vom Sprecher gewählte
item hat stets neben den kategorial-allgemeinen auch höchst spezifische
konnotative Wahlverwandtschaften.
Ein weiteres Denkmodell, das sich mit der schritt- und stufen-
weisen Konstruktion der Symbolfeldtechniken aus unspezifischen

103
CLEMENS KNOBLOCH

Beziehbarkeiten der Sprechzeichen in der Ontogenese beschäftigt,


stammt von Karmiloff-Smith (1992). Die Autorin hat ein klares Be-
wusstsein davon, dass ausdrucksseitige Regularitäten und deren in-
haltsseitige kognitive Beherrschung auf unterschiedliche Weise am
Erwerb der Symbolfeldtechniken beteiligt sind. Ein Muster kann in
analogisch begrenztem Umkreis operativ unauffällig beherrscht wer-
den („behavioral mastery“), ohne dass die mit ihm kodierbaren noeti-
schen Distinktionen kognitiv bereits vollständig kontrolliert werden.
Vermutlich beginnen Einsatz und Differenzierung der sechs Formen
des bestimmten Artikels (<der, die, das, des, dem, den>) quasi-me-
chanisch, determiniert durch die „stoffliche“ syntagmatische Um-
gebung. In dieser ersten, datengetriebenen Phase imitiert das Kind
die Formeln und Schemata des Input. Die allmähliche Beherrschung
der Symbolfeldtechniken gleicht (oder gliche) dann einer immer un-
vollkommenen Modularisierung, und der Anfangszustand der Verar-
beitung von sprachlichen Symbolen durch Novizen wäre eben durch
seinen vormodularen und komplett feldopportunistischen Charakter
geprägt. Gleichwohl sieht bereits die begrenzte Produktion „richti-
ger“ grammatischer Formen für die Erwerbsoptik so aus, als ob die
entsprechende Domäne beherrscht werde. Erwerbsforscher machen
sich in der Regel nicht klar, dass die „richtige“ Form auf ganz unter-
schiedliche Produktionsdynamiken zurückgeführt werden kann – von
strikt lokaler Imitation bis zur Beherrschung des Systems. Die kogni-
tionswissenschaftliche Pointe wäre dann eben nicht das angeborene
Modul, sondern die Modularisierung als eine asymptotische Annähe-
rung an geschlossene Verarbeitungsbereiche.
Dass Grammatik von darstellungstechnischen Distinktionen
handelt, die operativ beherrscht, „gekonnt“, aber nicht deklarativ
überschaut oder „gekannt“ werden, ist notorisch. Für den Sprecher/
Hörer existieren sie ausschließlich in der Ebene des Könnens, nicht
in der des deklarativen Wissens. Man weiß, dass die Ausdrücke <gib
mir mal die Zigarette> und <gib mir mal eine Zigarette> nicht
das gleiche bedeuten, dass sie unterschiedliche Interaktionsfolgen
kommandieren. Man weiß, wann man das eine und wann man das
andere zu sagen hat. Aber die Regeln, denen man dabei folgt, kann
man nicht formulieren. Dass man als Individuum sprachlich viel
mehr „kann“ als man „weiß“, hat zweifellos damit zu tun, dass in
den Techniken des Zeig- und Symbolfeldes nicht allein die kogniti-
ve Intelligenz des Individuums, sondern die kumulierte Erfahrung
der Sprachgemeinschaft steckt, die sich der Sprecher anzueignen

104
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

hat. Dass man auch im Bereich der individuellen Kognition viel


mehr „kann“, als man „weiß“, versteht sich. Um Fahrrad fahren zu
können, muss man nicht die Physik des Gleichgewichts kennen.
Aber der Vergleich mit dem Sprechen hinkt gleichwohl, denn in der
„Beherrschung“ einer Sprache steckt kein Jota Naturgesetz (sieht
man vom artikulatorischen und akustischen Strang der Phonetik
ab!), und in der „Beherrschung“ des Fahrradfahrens steckt zwar
auch eine kulturelle Tradition, aber operativ auseinandersetzen
muss sich der Fahrradnovize (sieht man von den Verkehrsregeln
ab!) nur mit dem Wirken physikalischer Kräfte.

Konnektionismus als Metapher:


Felder = Im Kopf und/oder um ihn herum?
Zu den (erstaunlich wenigen) axiomatischen Entwicklungen, die un-
ser Bild komplexer psychischer Prozesse wie der des Sprechens und
Verstehens seit den Tagen Karl Bühlers radikal verändert haben, ge-
hört die unter dem Etikett „Konnektionismus“ zirkulierende Ein-
sicht, wonach ein nicht unerheblicher Teil sprachmäßiger Leistungen
subsymbolisch modelliert (und das Lernen dieser Leistungen auch
subsymbolisch simuliert) werden kann. Seit „Konnektionismus“ und
„Symbolverarbeitung“ konkurrierende sprachpsychologische Erklä-
rungsmodelle für Aspekte der Sprachverarbeitung bereitstellen, ist es
zumindest denkbar, Symbolverarbeitung (durchaus im Bühleschen
Sinne eines Symbol-Feld-Systems mit Einheiten und Regeln für deren
Kombination) als emergentes (und nur im Grenzfall „erreichbares“)
Produkt subsymbolischer Verarbeitungsprozesse zu verstehen. Dabei
werden in der Regel subsymbolische Verarbeitungsprozesse mit dem
oraten, symbolische Verarbeitungsprozesse mit dem literaten Pol der
Sprache in Verbindung gebracht (m.E. bis heute am schlüssigsten von
Scheerer 1996). Scheerer argumentiert, dass die Herausbildung ge-
nuin symbolischer kognitiver Modalitäten an die „äußere“ Existenz
dauerhafter Aufzeichnungssysteme gebunden sei, weil erst solche
Systeme freie Umstellung und Manipulation für alle semiotischen
„Korngrößen“ (vom Buchstaben über das Wort bis zu Syntagma und
Satz) ermöglichen. Symbolische Ordnungen werden „von außen nach
innen“ etabliert. Orates Sprechen dagegen ist flüchtig, formulaisch,
nichtpropositional, der Sprecher kann sich Silben und Prosodie be-
wusst machen, hat aber keinen Zugang zu Phonemen. Konnektionis-
tische „Repräsentationen“ werden aktivierbar, wenn eine hinreichen-

105
CLEMENS KNOBLOCH

de Zahl konvergenter Vektoren (bildlich gesprochen) auf sie zeigt, sie


sind holistisch und adressierbar „von außen“ durch Sinneseindrücke
wie „von innen“ durch Bahnung und Übung. Was zählt, ist der Ge-
samtbetrag der Aktivierungen. Sie arbeiten nicht nach festen Regeln
und auch auf der Grundlage unvollständiger Informationen. Der Aus-
druck „Repräsentation“ steht freilich darum in Anführungszeichen,
weil die Vertreter der Symbolverarbeitung mit einigem Recht sagen,
dass es sich bei solchermaßen extern fundierten und opportunisti-
schen Gebilden nicht um wirkliche Repräsentationen handeln könne.
Aber wo die Repräsentation „eigentlich“ beginnt, ist gewiss eine Frage
der terminologischen Konvention und der Definition.
Die wenigstens partielle und sukzessive Formalisierung der multi-
plen und offenen Beziehbarkeiten (proto-) sprachlicher Ausdrücke in
der Ebene der Redekette selbst würde jedenfalls einen Entwicklungs-
pfad eröffnen, der von holistischen und feldopportunistischen „Reprä-
sentationen“ weg und in Richtung auf eine interne Autonomisierung
und Automatisierung der sprachlichen Sinnproduktion führt. Das
vom Modell der algorithmischen Programmiersprache her inspirierte
reine Symbolverarbeitungsprogramm (mit festen Symbolwerten und
kompositionalen Regeln) freilich bliebe ein oberer Grenzfall der litera-
ten Genres. Scheerer (1996: 242) gibt die Formel von der „Extraktion
von Invarianz durch die Entdeckung von Kovarianz“: Novizen gliedern
den Redestrom anfänglich mit Hilfe phonotaktischer und prosodi-
scher cues. Solchermaßen segmentierte Einheiten der Redekette kön-
nen (in allen Korngrößen) kovariieren mit Situationen, Handlungen,
Ereignissen, die selbst perzeptuell segmentierbar, in Faktoren zerleg-
bar sind bzw. von bereits entdeckten Kovarianzen aus zerlegt werden.
Protosymbole entstehen durch das Entdecken und Festhalten sol-
cher Kovarianzmuster. Genuine Symbolfeldmechanismen hingegen
können erst aus der Redekette extrahiert werden, wenn Invarianzen
„zweiter Ordnung“ greifbar und organisierbar werden, die die codein-
terne Herausbildung sprachlicher Invarianzklassen spiegeln: konstel-
lative, konstruktionale, morphologische Außenstützen befördern die
Entdeckung und Extraktion solcher Invarianzen „zweiter Ordnung“.
Mit deren Hilfe lässt sich das Darstellungspotenzial der Sprache, die
propositionale und kompositionale Eigenschaften gewinnt, von den
Erfahrungen „erster Ordnung“ absetzen. Aber nur durch die „befreite“
Rekombinierbarkeit von Symbolen, die grundsätzlich subsym­bolisch
geerdet bleiben und doch offen für wechselnde Aufladungen aus mul-
tiplen Umfeldern. Und wären die Beziehungen und Beziehbarkeiten

106
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

innerhalb der Symbolfeldordnungen ausschließlich abstrakt-kategori-


al geregelt, so dürfte es keine ausgeprägten kollokativen Prä­ferenzen
und Konstruktionsbindungen einzelner Lexeme geben, die doch jeder
Blick in eine KWIC-Konkordanz1 zweifelsfrei belegt. Die prinzipielle
Unabgeschlossenheit textueller Sinn­potentiale belegt ebenfalls, dass
im Symbolfeld eingebundene Sprachzeichen für die Wirkungen der
nichtsymbolischen Umfelder in hohem Maße empfänglich bleiben
(hierzu ausführlich Coseriu 1981).
Und an dieser Stelle schließt ein weiterer Argumentationsstrang an,
der das Sprachdenken in multiplen und prinzipiell opportunistischen
Feldbeziehbarkeiten (partiell aufgeordnet in den internen Systemre-
geln des Symbolfeldes) vom kognitivistischen mainstream absetzt: Der
nämlich lokalisiert die Steuerung und Programmierung des Sprechens
und Verstehens grundsätzlich „innen“, im Kopf, im Gehirn oder auch
in den Genen. Wer freilich anerkennt, dass unser kognitiver Apparat
im Dienste der Verhaltensorientierung in einer wechselhaften und
gefährlichen äußeren Umgebung evolviert ist, der müsste zumindest
auch in Betracht ziehen, dass Elemente von Außensteuerung in die
Sprachverarbeitung einschießen. Wer ohne einen „passenden“ Außen-
reiz (was immer hier „passend“ heißen mag) initiativ spricht, der doku-
mentiert eine stark „nach innen genommene“ Steuer- und Leitinstanz
des Sprechens. Wer laut aus einem Buch vorliest, der dokumentiert die
entgegengesetzte Möglichkeit der weitgehenden Außensteuerung der
Sprechmechanismen. Und wer George Herbert Meads Definition des
„signifikanten Symbols“ erinnert, das darin bestehe, dass ein Zeichen
auf den Benutzer die gleiche Wirkung ausübt wie auf den Adressaten,
der wird vielleicht bezweifeln, ob ein ganz „von innen“ eingesetztes
Symbol etwas anderes sein kann als eine lediglich „nach innen genom-
mene“, eine interiorisierte Vorwegnahme der Außenwirkung.
Und wer schließlich Beobachtungserfahrung im kindlichen Erst-
spracherwerb hat, der wird die Annahme plausibel finden, das Spre-
chen des Kindes werde über „verteilte“ Steuerinstanzen gelenkt und
verfüge sowohl über „innere“ als auch über „äußere“ Stützpunkte. Sol-
che Modelle einer „verteilten“ Kontrolle des Sprechens sind im Rah-
men des Konnektionismus diskutiert worden (vgl. z.B. Bechtel 1996).
Sie leben insgesamt von der Generalhypothese einer stufenweisen
Verlagerung der Steuer- und Kontrollpotentiale nach innen, sie leben

1 KWIC steht für „key word in context” und bezeichnet ein Format der maschinellen Aufberei-
tung von Textkorpora, bei der das Suchwort mit seinen Kollokaten und syntaktischen Umgebun-
gen präsentiert wird.

107
CLEMENS KNOBLOCH

auch von der selektiven codereflexiven Rerepräsentation ungeordne-


ter Umfeldrelationen, und sie stehen und fallen mit der unumgäng-
lichen Präzisierung dessen, was mit Steuerung „von außen“ und „von
innen“ genau gemeint ist. Einen sicheren Beleg für die Innensteuerung
einer grammatischen Regularität liefert (vgl. Karmiloff-Smith’s Mo-
dell der U-Kurven im sprachlichen Lernprozess) die Produktion einer
„falschen“ Form bzw. Konstruktion, die nicht auf Imitation des Input
zurückgehen kann. Mit Elementen der Außensteuerung haben wir es
zweifellos zu tun, wenn sich eine Äußerung als „zweite Paarhälfte“
konditional relevant auf eine andere bezieht, wenn sie eine Situati-
on komplettiert („einen Bekannten identifizieren und grüßen“ etc.). In
Bühlers Buch über den Steuerungsaspekt der Sprache (Bühler 1927)
ist es ein Grundgedanke, dass sprachliche Signale als Zusatzsteuerung
eine Koordination da gestaltartig komplettieren, schließen, wo es un-
terschiedlich „weitergehen“ kann. Solche Modelle einer „verteilten“
Steuerung haben den unschätzbaren Vorteil, dass sie keine in irgend
einer Weise „vollständige“ Repräsentation der darstellungstechnischen
Regeln des Sprechens im Kopf des jeweiligen Sprechers brauchen, um
das „geregelte“ Redeverhalten zu erklären. Vollständig existieren die
fraglichen Regeln nur „außen“, extern, in der Gesamtheit des Gespro-
chenen, und was der Sprecher fallweise „im Kopf“ haben muss, ist
der zur Komplettierung der äußeren Lage lokal erforderliche „Extrakt“
daraus. Mehr noch: Indem der Sprecher in einer gegebenen Lage an-
fängt zu sprechen, produziert er zugleich die Außendaten, an denen
die Redekette konnotativ weiter organisiert und gebahnt werden kann.
Ohne ein (natürlich viel genaueres) Modell solcher verteilter Steu-
erungen des Sprechens wird die Sprachpsychologie nie aus dem Laby-
rinth nativistischer Paradoxien herausfinden. Es ist relativ banal,
verdient aber in Erinnerung gerufen zu werden, dass einem Sprecher,
der (sagen wir) eine kurze Ansprache improvisieren muss, mit einer
mentalen Repräsentation kategorialer Kompositionsregeln für Sub-
stantive, Verben etc. wenig geholfen ist. Was er indessen aufrufen
können muss, das sind Formeln, Wendungen, Bestände, welche die
Schemata ihrer formalen (symbolfeldbezogenen) Schließung in sich
tragen uns insgesamt konnotativ (jetzt im Sinne von Maas 1985)
zum Sprechanlass passen.
Methodisch aufschlussreich wäre in diesem Zusammenhang eine
Wiederaufnahme der Studien zum inneren Sprechen und zum sprach-
lichen Denken, die seit den Pionierarbeiten Lev Vygotskijs von Zeit
zu Zeit wieder Konjunktur haben. Einerseits nährt unsere Fähigkeit,

108
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

ganz „für uns“ zu sprechen und einen Text innerlich zu formulieren


(wie es schreibende Wissenschaftler ständig tun), die Vorstellung einer
kompletten inneren Repräsentation der sprachlichen Systemregeln in
unserem kognitiven Apparat. Andererseits führen die darstellungstech-
nischen Verkürzungen und Verdichtungen des sprachlichen Denkens
„für uns“ vor, welche Symbolfeldmittel entbehrlich werden, wenn die
Darstellung „für andere“ entfällt und nur der jeweilige Problemrahmen
den kognitiven Prozess vorantreibt. So können (wenigstens tendenziell
und teilweise) kognitive Inhalte und deren kommunikative Aktualisie-
rung entmischt werden.
Solche Modellgedanken, die mit einer „verteilten“ Steuerung des
Sprechens und Verstehens rechnen, erlauben es, nicht allein die tech-
nischen Möglichkeiten parallel-distributiven Prozessierens durchzu-
spielen, sie befördern auch ein psychologisches Sprachverständnis mit
dem Tenor, „[that] language is an emergent product of cognitive sys-
tems, external symbols, and communities of language users“ (Bechtel
1996: 74). Zudem befördert und erleichtert der Konnektionismus kraft
seiner „metaphorischen“ Eigenschaften einen Blick auf das Sprachzei-
chen, der dessen praktische Ordnungs- und Orientierungsleistung auf
die Verbindungen zurückführt, die das Wort selbst im laufenden Erfah-
rungszusammenhang stiftet und organisiert. Und prima facie spricht
nichts gegen die Annahme, dass es Zusammenhänge in und zwischen
äußeren Erfahrungsgegebenheiten sind, die von den sprachlichen Äu-
ßerungen gestiftet, verbunden (und womöglich dann auch repräsen-
tiert) werden.
Ein solches Modell (wie es z.B. von Bechtel 1996 propagiert wird) hat
die auf den ersten Blick paradoxe Eigenschaft, dass es Sprechen und
sprachliche Kommunikation axiomatisch enger mit der Sensomotorik
(mit deren klassischem Zuschnitt in der Piaget-Tradition) verbindet.
Dass sensomotorische Kreisprozesse von außen und von innen gesteu-
ert werden, dass sie die „Reize“ für ihre eigene Fortführung mit produ-
zieren, dass die Eigenschaften der „Gegenstände“ des Handelns in des-
sen Orientierung eingebaut werden, all das ist ein Gemeinplatz, und
man darf sich getrost fragen, warum es für das Sprechen nicht gelten
soll, das sich ja auch an den „äußeren“ Symbolen und den geordneten
Handlungen ihrer Benutzer herauszubilden und zu formen hat. Nie-
mand wird bezweifeln, dass Sprechen „auf die Dauer“ seinen senso-
motorischen Grundlagen ebenso entwächst wie den Beschränkungen
seiner interaktiven Außensteuerung. Niemand wird auch bezweifeln,
dass „Wörter“ einen ganz eigenen Typus „äußerer“ Objekte bilden:

109
CLEMENS KNOBLOCH

jederzeit willkürlich reproduzierbar und doch (ohne Aufzeichnungs-


system) niemals „da“ im Sinne konstanter und permanenter senso-
motorischer Objekte. Der „Eigensinn“, den sie in die Handlungen der
Benutzer einbringen, besteht in dem Zwang, sie so zu verwenden, wie
es die anderen Benutzer tun, bzw. so, dass Adressaten den mit ihnen
gemeinten Zusammenhang verstehen. Bechtel schreibt über ein sol-
ches „Sprechsystem“:

Such a system would presumably develop the capacity to use sym-


bols semantically before it began to focus on the syntax of linguistic
structures. Once the system had developed the processing ability to
recognize the semantic import of linguistic structures, though, it
might notice that the grammatical structure provided additional in-
formation, and it might learn to respect the grammatical structure
as it sought to extract information. (Bechtel 1996: 75)

Common ground und joint attention:


ein “Reißverschluss”-Modell
Die Redekette mit ihren aufgereihten und geformten Elementen und
deren Beziehbarkeiten „ver­zahnt“ gewissermaßen äußere und innere
Feldorganisatoren des Sprechens. Das bereits Ar­ti­ku­lierte (und damit
in den „äußeren“ Bereich Übergetretene) wirkt dabei wie ein Schar-
nier, wie ein Schwungrad, es kombiniert und bündelt innere (durch das
Symbolfeld geordnete) und äußere (auf lokal erreichbare Bezüge gerich-
tete) Elemente des laufenden Themas, der geteilten Aufmerksamkeit.
Dadurch erzeugt es Impulse und Vektoren für seine eigene Fortsetzung.
Spätestens hier werden orthodoxe Kognitivisten aufschreien und
„Naiv!“ rufen. Situation und Thema, die „äußeren“ Vektoren und Steu-
ergrößen, so werden sie sagen, sind nur inso­weit wirksam, als sie eben-
falls im kognitiven Apparat des Sprechers, also „innen“, repräsentiert
sind. Dieser Einwand ist richtig und falsch. Richtig ist er aber nur in dem
trivialen Sinne, dass alles, was steuernd auf unsere Handlungen wirkt,
durch unsere (sensorische) Auffas­sung hindurch und von uns bearbeitet
werden muss. Das ändert aber nichts daran, dass „innen“ und „außen“
auch beim Sprechen zwei getrennte Determinationsreihen bilden.
Die Funktionsweise eines solchen „Reißverschluss“-Modells kann
man sich empirisch wiederum an verschiedenen Klassen und Eigen-
schaften sprachlicher Ausdrücke klar machen. Ich gebe einige Beispiele:
[a] Deiktika sind offenbar darauf spezialisiert, äußere Bezüge zu kon-

110
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

trahieren und in das Symbolfeld einzubauen. Dagegen haben sie we-


der ausgeprägte kollokative Konturen noch ausgeprägte konnotative
oder evokative Potenziale, es fehlt ihnen an „Eigengewicht“ für den
Fort­
gang der Redekette. Ihre Beziehbarkeiten im Symbolfeld sind
wirklich so, wie sie die Linguistik auch für alle sortalen Symbole ima-
giniert: rein kategorial und grammatisch. Ausgerichtet werden sie in
dem Orientierungsraum, der entsteht, sobald jemand zu jemandem
über etwas zu sprechen beginnt, und den Coseriu als „Situation“ (im
engeren Sinne) bezeichnet:

Die Situation ist also das Umfeld, durch das ich und du, hier und
dort, jetzt und damals entstehen, das Raum-Zeit-Kontinuum, das
das durch den Redeakt ‘um den Sprecher herum’ aufgebaut wird
und durch das die […] Deiktika über ihre kategorielle Bedeutung
hinaus etwas Konkretes bezeichnen können. (Coseriu 1981: 94)

[b] Dagegen haben nicht wenige sortale Ausdrücke (Wörter ebenso wie
größere Konstruktionen), gewissermaßen als noetischen Spiegel der
kommunikativen Praktiken, in denen sie verwendet werden, die Fä-
higkeit, eigene Verwendungskontexte konnotativ mit aufzurufen. Man
kann sich das semiotisch so vorstellen, dass kumulierte Indexikalität
in rudimentäre oder redu­zierte Symboleigenschaften transformiert wird.
Diese Eigenschaften sprachlicher Ausdrücke sind in verschiedenen The-
orietraditionen thematisiert worden (vgl. Feilke 1994 für eine ausführli-
che Diskussion), als Selbstkontextualisierung oder idiomatische Prägung
(oder eben auch als connotatio in der Lesart von Maas 1985).
[c] In den idiomatischen und konstruktionalen Bahnungen und den kol-
lokativen Wahlverwandtschaften treibt sich das Sprechen an den eigenen
Traditionen weiter. Die Verzahnung mit den Umfeldern geschieht hier
über deren interne Variabilität, über variable slots, Aus- und Umbau-
möglichkeiten etc. Weiterhin kann es als halbwegs gesichert gelten, dass
sich Sprachmittel und konstruktionale Techniken auf einem Kontinuum
zwischen den Polen „Indikativität“ und „Prädikativität“ anordnen lassen
(theoretisch am weitesten ausgefolgert in den Arbeiten von Hansjakob
Seilers UNITYP-Gruppe; vgl. jetzt Seiler 2008). Beide Techniken stehen,
wohlgemerkt, für Optionen des Symbolfeldes, oder genauer: Nur mit ei-
nem gestuften Mix aus indikativen und prädikativen Techniken kann im
einzelsprachlichen Symbolfeld die Vielfalt der kulturell-indexikalischen
Umfelder bearbeitet und gebändigt werden. Die Polarität von Indikati-
vität und Prädikativität prägt bekanntermaßen die Nomen-Verb-Oppo-

111
CLEMENS KNOBLOCH

sition, gleich ob diese Opposition einzelsprachlich durch Lexemklassen


oder durch morphosyntaktische Konstruk­tions­techniken „repräsentiert“
ist. Sie durchzieht aber auch die Wortklassen selbst. So stehen prototy-
pische appellative Substantive zwischen ausgeprägt indikativen Ausdrü-
cken (Ei­gen­namen/stable labels, Pronomina/shifting labels) auf der einen
und ausgeprägt prädikativen Ausdrücken (Abstrakta, deprädikativen
Substantiven, deskriptiven Benennungen). Je komplexer und ausgebau-
ter eine Nominalphrase ist, desto prädikativer wird sie, desto stärker tritt
„Referenz“ zurück gegen prädikative Charakterisierung und Deskription
des (dann textuellen) Referenten. Selbst die technischen, auf die Binnen-
relationalität des Symbolfeldes spezi­ali­sierten Wortklassen (Präpositio-
nen, Sub- und Konjunktionen) lassen sich solchermaßen zwi­schen in-
dikativ und prädikativ polarisieren. Rein distinktive Relatoren („Kasus“)
stehen le­xi­kalischen Relatoren gegenüber, die mehr oder weniger über
die von ihnen kodierten Relationen prädizieren.
Dabei steht die indikativ dominierte Seite letztlich für die (im Sym-
bolfeld geordneten) nicht- und außersprachlichen Beziehbarkeiten des
Sprechens, die solchermaßen einschießen in die sprachlichen Darstel-
lungen. Mit raum-zeitlich-kultureller Distanz des Rezipienten gehen
diese Beziehbarkeiten leicht verloren, Philologie und Hermeneutik
suchen sie zu rekonstruieren. Die prädikativ dominierte Seite steht
im Gegenzug für die (ziemlich begrenzten) „Rück­wir­kungen“ sprach-
licher Strukturen auf das Bild, das sich die Sprecher von ihrer „Welt“
machen, für den Boas-Sapir-Whorf-Komplex. Wenn wir keine anderen
Quellen haben, dann folgen wir kognitiv und kommunikativ den Sug-
gestionen der konventionellen einzel­sprachlichen „Sortalisierung“ der
Welt – oder anderen sprachinduzierten linguistic ideologies (Silverstein
1979). Auf features, die grammatisch paradigmatisiert sind und beim
Sprechen obligatorisch spezifiziert werden müssen, müssen Sprecher
eben auch achten, gleich ob sie das Sprecher-Hörer-Verhältnis (Höflich-
keit, Distanz etc.), die Raumorientierung oder die Dinge betreffen.
Es handelt sich bei all diesen Beispielen um Belege (oder „Indikato-
ren“) dafür, dass die konkreten und jeweils lokal bestimmten Sprech-
vorgänge einer „verteilten“ Steuerung und Or­ga­ni­sation unterliegen.
Gegebenheiten der Umfelder des Sprechens werden mit den vom In­
dividuum angeeigneten und generalisierten Symbolfeldtraditionen des
Sprechens verzahnt und in eine Ebene gezogen.

112
CONNOTATIO UND SYMBOLFELD IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

Fazit
Für das Bewusstsein der Sprecher verdichtet sich die Bedeutung sprach-
licher Ausdrücke in deren lokalen Welt- und Handlungsbezügen, und
sie verdünnt und verdunkelt sich im Gegenzug just da, wo es um die
darstellungstechnische Seite des Sprechens, um dessen Techniken,
geht. Für diese Techniken des Sprechens (Coseriu) interessiert sich aber
gerade die Sprachwissenschaft, während die Welt- und Handlungsbe-
züge, die das Sprechen indexikalisch erreichen und vermitteln kann,
eben gerade keinen sprachwissenschaftlichen Gegenstand bilden kön-
nen, wie de Saussure schlüssig feststellt. In das Sprechen gehen eben
außer den darstellungstechnischen Mitteln der Einzelsprache auch
ganz andere, kontingente, heterogene, außersprachliche Ressourcen
der Sinngebung ein. Dass gerade diese „außersprachlichen“ Bezüge und
Beziehbarkeiten in das Zentrum des spontanen Sprachbewusstseins
treten, ist ein folgenreicher Teil unserer linguistic ideology (Silverstein
1979) – und zugleich ein Hindernis für eine realistische fachliche Mo-
dellierung der Sprachverarbeitung. Da wir uns den Sinn unserer Ein­
rich­tungen nur sprachlich (mit den Mitteln des Symbolfeldes) geformt
kommunizieren, scheint er an den sprachlichen Ausdrücken zu haften.
Philosophisch fördert das radikal sprach­kon­struk­ti­vis­tische Weltbilder,
nach denen die Grenzen unserer Sprache die Grenzen unserer Welt
sind (um einen prominenten Vertreter einer solchen Sprachphilosophie
zu zitieren) und alle unsere Vor-Urteile und Irrtümer ebenfalls sprach-
lich induziert sind.
Ein handgreiflich forschungspraktisches Programm, das sich an
eine solchermaßen umrissene Perspektive anschließen lassen würde,
müsste sich wohl oder übel in den „Zwischenräumen“ der linguis-
tischen Forschungspraxis ansiedeln: zwischen den strikt induktiven
Prozeduren der Gesprächslinguistik und den Massendaten der Kor-
puslinguistik, zwischen den kategorialen Modellen grammatischer
Relationalität und den viel spezifischeren synsemantischen Präferen-
zen und Restriktionen der Kombinatorik und Kollokation auf der Ebe-
ne von item-based constructions. Für die Mechanismen der Feldver-
schränkung ist möglicherweise die Binnengliederung der Wortarten
aufschlussreicher als der Versuch, den Abstraktionsgrad der Modelle
voranzutreiben. Online bleibt jeder Sprechakt eingespannt zwischen
den Redeanlässen und den Techniken und Traditionen des Sprechens.
Von beiden Seiten wird er konditioniert. „Gebrauchsbasiert“ (usage
based) ist ein innerfachliches Fahnenwort, hinter dem sich viele An-

113
CLEMENS KNOBLOCH

sätze sammeln. Diskursiven Schwung verleiht diesem Fahnenwort


die semantische Opposition gegen den intuitiv basierten Modellfor-
malismus (vor allem) der generativen Schule. Ob es darüber hinaus
auch eine programmatische Richtung zu weisen vermag, muss sich
noch zeigen.

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<knobloch@germanistik.uni-siegen.de>

116
Métaphores et sphères de signification
chez Bühler

Perrine Marthelot
Clermont-Ferrand

Le paragraphe 23 que Bühler consacre à la métaphore dans la qua-


trième partie de la Théorie du langage, aussi bref soit-il, est cependant
investi d’un double enjeu : celui de proposer un modèle capable de
rendre compte de la manière par laquelle se réalisent les significations
de certains composés d’une part, et conjointement, celui de mettre
en évidence le rôle de guidage joué par la connaissance de certaines
« relations matérielles » dans les compositions nominales, et dans la
compréhension des significations. Dès la première partie de la Théorie
du langage, alors qu’il remet en cause la possibilité d’ériger des lois de
formation des complexes totalement indépendantes de tout recours à
une forme de donné sensible – forme que l’étude des composés et de la
métaphore devront mettre en évidence – Bühler fait de la métaphore la
clef de voûte de sa démonstration :

Quant à l’élément métaphorique de la langue, il va nous montrer


avec quelle profondeur et quelle immédiateté les sélections sou-
mises à un guidage par la réalité factuelle (Sachsteuerung) contri-
buent à déterminer l’édification de chaque signification. (Bühler
2009 [1934] : 155)

Dans la troisième partie de la Théorie du langage, Bühler introduit


la possibilité d’étendre la validité du concept de guidage (Steuerung) –
opératoire dans le champ déictique du langage – au champ symbolique,
par le biais d’auxiliaires matériels.
Un tel programme repose en grande partie sur la réactivation du concept
de sphère, développé au début du vingtième siècle par les psychologues de
Würzburg et auquel Bühler confère une portée nouvelle dans la Théorie du
langage. Or, Bühler – à la suite de Wilhelm Stählin – définit la métaphore
comme un mode de composition par mélange de sphères. Quelles sont les
conséquences d’une telle définition pour la Théorie du langage ?
Bühler définit en premier lieu la métaphore comme un mode de com-
position, et à ce titre, le paragraphe 23 prend place dans la quatrième
partie de la Théorie du langage, toute entière consacrée à l’analyse des
éléments et des composés, depuis les phonèmes jusqu’aux phrases

117
PERRINE MARTHELOT

complexes. Dans cette quatrième partie, Bühler insiste sur la néces-


sité de considérer ensemble les paragraphes 21 à 23 consacrés respec-
tivement à l’étude des liaisons-et (Undverbindungen), des composés
nominaux (comme Backstein [brique ; littéralement « pierre-cuite »]),
et de la métaphore (comme Salonlöwe [un mondain ; littéralement
« lion de salon »], ou « rat de bibliothèque »). Ces trois formes du
composé mettent en jeu des mots (et ne se situent donc ni au niveau
des phonèmes ni à celui de la phrase). Mais pourquoi faudrait-il les
considérer l’une par rapport aux autres ? L’enjeu relève du programme
méthodologique (sématologique)1 propre à la Théorie du langage :

Le noyau sématologique d’une théorie bien construite de la mé-


taphore auquel je songe est quelque chose qu’il faut réaliser en
connexion directe avec les liaisons-et et le composé. Car, métapho-
rique, chaque composé linguistique l’est dans une certaine mesure,
et le caractère métaphorique n’est pas un phénomène à part. (Bühler
2009 [1934] : 505)

L’originalité du traitement de la métaphore dans la Théorie du lan-


gage consiste tout d’abord à la considérer résolument comme un mode
de composition parmi d’autres. Loin d’être un outil de contournement
des voies normales du dire, la métaphore est un phénomène banal de
l’emploi du langage. Il y a selon Bühler (2009 [1934] : 504-506) au-
tant de métaphores dans la langue que d’arbres dans la Forêt Noire,
et autant de catachrèses (ou, pour reprendre les termes de Bühler, de
métaphores fanées),2 sur lesquelles il faut s’arrêter pour voir à l’œuvre
le mode de composition particulier de la métaphore, tellement il est en-
tré dans l’usage. Mais, s’il faut considérer ensemble les trois formes du
composé, c’est aussi parce que l’étude de la métaphore a quelque chose
à nous enseigner sur la manière par laquelle nous comprenons d’autres
formes du composé.

La question qui nous permettra d’avancer est la suivante : qu’ac-


complit en propre la composition par mélange de sphères, comparée
à la liaison-et et au composé ordinaire ? (Bühler 2009 [1934] : 507)

Si la métaphore est un mode de composition comme un autre, elle


se distingue cependant des deux autres formes du composé étudiées en

1 Le rappel de la sématologie au moment de proposer une théorie des métaphores porte en


creux une ré­fé­rence à la pertinence abstractive, cf. Cattaruzza (2009).
2 Bühler reprend cette métaphore de la métaphore fanée au poète romantique Jean-Paul.

118
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

ce qu’elle met en jeu des « sphères de signification ». À première vue,


des composés comme Salonlöwe [lit. « lion de salon »] ou Hölzlekönig
[lit. « Roi des bois »] semblent étranges : comment parvenir à former
un sens à partir d’un arbre et d’un roi, ou d’un lion et d’un salon ?
Pourtant, lorsque je parle d’un rat de bibliothèque ou d’un torrent de
larmes, l’auditeur comprend qu’il n’est ni question d’un animal cou-
rant entre les rayonnages, ni d’un cours d’eau salé. Sur quoi alors l’au-
diteur s’appuie-t-il lorsqu’il comprend le sens et réalise la métaphore ?
Et qu’implique une telle composition ? C’est ce qui constitue le cœur
de l’analyse de la métaphore.
L’objectif de Bühler est de parvenir à rendre compte de la manière par
laquelle les sphères de signification impliquées dans la métaphore s’en-
trelacent ou se recoupent, afin d’en tirer des conclusions qui excèdent
les simples frontières de la métaphore. Il nous faudra donc revenir en
premier lieu sur le concept de sphère afin de caractériser la dimension
matérielle que Bühler lui prête dans la Théorie du langage, avant d’étu-
dier la manière par laquelle cette dimension matérielle joue un rôle
dans le mélange des sphères impliquées dans la métaphore, sous la
forme du savoir factuel apporté par l’auditeur (ou celui qui comprend).
Il est alors particulièrement intéressant d’observer la manière par
laquelle Bühler se réapproprie le critère de sur-sommativité (que l’école
de Graz opposait à l’ensemble amorphe dans sa théorie de la produc-
tion des formes) : il caractérise le travail de recouvrement (propre à la
métaphore et à certaines formes du composé),3 auquel il adjoint ce-
lui de sous-sommativité afin de rendre compte du travail d’abstraction
propre à la métaphore – et avec lui l’importance du rôle actif, produc-
tif – de celui qui comprend les métaphores, les composés, et plus géné-
ralement, le langage, dans ses omissions et ses suggestions.
C’est depuis ce modèle enfin que Bühler devient capable de rendre
compte du rôle joué par la connaissance de certaines relations maté-

3 Bühler cite un article d’Ameseder intitulé « Beiträge zur Grundlegung der Ge­gen­stands­the­o ­
rie », paru dans un volume dirigé par Meinong portant sur la théorie de l’objet : Untersuchungen
zur Ge­gen­stand­stheorie und Psychologie. Selon Ameseder (1904), la par­ti­cu­le « et » serait à l’ori-
gine d’un en­tas­sement, ou d’un agrégat, lequel ne correspondrait à au­cune règle de composition
décelable, et sur­tout pas au premier critère développé par Ehrenfels dans son analyse des formes
musicales : celui de la sur-sommativité. Or, Bühler (1934 : § 21) entend re­met­tre en question le
caractère aléatoire de l’agrégat, insérant les liaisons-et dans un modèle capable de leur conférer
une place aux côtés des deux autres formes du composé, que sont les composés no­mi­naux qu’il
qualifie de véritables, et les mé­ta­pho­res :
Les problèmes de la théorie gestaltiste sembleront alors passer à l‘arrière-plan au re-
gard de l‘ex­trême intérêt que présente le (véritable) composé pour la Théorie du langa-
ge, ainsi qu‘au re­gard de la métaphore. (Bühler 2009 [1934] : 468)

119
PERRINE MARTHELOT

rielles, et de la manière par laquelle l’auditeur (ou celui qui comprend)


se laisse guider par ce qu’il sait du monde, par le réseau de relations
compris dans les sphères de significations, qui joue un rôle non négli-
geable dans le développement de toute signification.
Les métaphores n’ont donc pas un statut particulier, elles sont un mode
de composition comme un autre, mais un mode tel qu’en elles devient
visible la manière dont se réalisent les significations – y compris lors-
qu’elles ne sont pas métaphoriques – puisqu’elles sont le lieu depuis
lequel devient explicite le rôle joué par la sphère, et par cette forme de
guidage par la réalité factuelle, qu’il reste à caractériser.

Bühler et Stahlin : la source du concept de sphère dans les


travaux de Würzburg
Que se passe-t-il lorsque, à l’évocation d’un pied de table, l’auditeur
comprend que l’on parle du poteau qui soutient le plateau de la table,
un tel pied ne partageant avec le pied humain que cette caractéristique
de soutenir et de porter (le reste du corps ou de la table), sans en avoir
la forme ni d’autres particularités ? Et pourquoi, lorsque l’alpiniste se
trouve au pied de la montagne, le caractère de soutien n’est-il plus
prédominant, mais plutôt le fait que l’on considère la montagne d’en
bas, alors que l’on n’a pas commencé à la gravir encore et que l’on se
trouve à son plus bas niveau comme le pied sur le sol ? Quelles sont
ces relations sur lesquelles jouent les métaphores et comment ces der-
nières composent-elles une signification nouvelle à partir de deux mots
relevant de sphères à première vue hétérogènes ?
Bühler reprend à Wilhelm Stählin la caractérisation de la métaphore
comme composition par mélange de sphères, tout en soulignant la
différence méthodologique qui sépare leurs deux programmes de re-
cherche.4 Stählin est l’auteur d’un travail de psychologie expérimentale
mené au laboratoire de psychologie de Würzburg et paru en 1914 sous
le titre Zur Psychologie und Statistik der Metaphern. Eine methodolo-
gische Untersuchung, dans lequel il examine les vécus impliqués dans

4 Heike Hülzer-Vogt est l’auteur de nombreux travaux sur la métaphore, et en particulier de


« Karl Bühler (1879-1963) und Wilhelm Stählin (1883-1975) : Psychologische Fundamente der
Meta­phern­the­orie im ersten Drittel des 20. Jahrhunderts », auquel on pourra se reporter pour
une ana­ly­se plus dé­ve­lop­pée des relations entre Stählin et Bühler. Elle rappelle que Wilhelm
Stählin a sui­vi des études de théologie de 1901 à 1905 à Erlangen, Rostock et Berlin, avant d’ar-
river au se­mest­re d’é­té 1909 à l’université de Würzburg. C’est à cette même époque que Bühler
a suivi Külpe à Bonn, ce qui n’em­pêche pas Stählin de connaître leurs travaux et de les citer
dans ses écrits, parus sous le titre Zur Psy­cho­lo­gie und Statistik der Metaphern. Eine metho­do­
lo­gische Unter­suchung.

120
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

la compréhension des métaphores. Bühler connaît bien le concept de


sphère employé par Stählin, puisqu’il compte parmi les auteurs que
cite ce dernier (Stahlin 1914 : 15-16) pour le définir. Stählin en effet
reprend aux travaux d’August Messer (1906), ainsi qu’à la thèse d’ha-
bilitation que Bühler (1908-1909) avait réalisée à Würzburg, le concept
de conscience de sphère (Sphärenbewusstsein) afin de caractériser là un
mode de compréhension lors duquel un sujet affirme avoir conscience
du domaine auquel appartient un mot — ou du domaine que vise la si-
gnification. Comprendre un mot suppose d’être conscient de la sphère
à laquelle il appartient ou dans laquelle il prend place.5 Peu importe la
variété des formes de la sphère, son principal trait consiste dans le fait
qu’elle constitue un domaine (Gebiet) dans lequel le mot s’inscrit. Il y
a un domaine de ce que l’on vise, et c’est quelque chose qui ne relève
ni du sensible ni de la représentation de chose, mais de la pensée et
dans la pensée, d’une certaine forme de mise en ordre des éléments de
la signification.6
Dans son travail sur la métaphore, Stählin décrit la sphère comme
l’ensemble des éléments de signification compris avec un mot et la
métaphore comme la rencontre de deux sphères à première vue hétéro-
gènes. La métaphore qui évoque un vieillard au visage raviné entremêle
la sphère du corps, laquelle comprend la texture ou le grain de la peau
mais aussi le vieillissement et la transformation physique avec celle de
la « muraille et des rochers » (Bühler 2009 [1934] : 505) travaillés par
les éléments et le temps qui passe.
Pour Stählin, qui réfléchit en termes de psychologie du vécu et
cherche à comprendre les vécus impliqués dans la compréhension de la
métaphore, le problème est de parvenir à déterminer le type de relation
impliqué dans la tension (Spannung)7 qu’il identifie dans la signifi-

5 Häu­fig verstehen wir nämlich ein Wort dadurch, dass wir uns der Sphäre bewusst wer­den,
in die das Wort, bzw. sein Inhalt hineingehört. Gleichviel, ob diese Sphäre als ein über­ge­ord­ne­ter
Begriff oder als ein zeitlicher oder lokaler Zusammenhang oder als ein bestimmtes Ge­biet von
Gegenständen, als ein bestimmtes Gebiet unseres prak­ti­schen Lebens oder unserer Ge­dan­ken­
welt aufgefasst wird; das Gemeinsame an allen die­sen oder noch anderen Formen des « Sphä­
ren­bewusst­seins » ist das Be­wusst­sein, das gehörte bzw. gelesene Wort in irgendein en­ge­res oder
weiteres Gebiet richtig einreihen oder einordnen zu können. (Stählin 1914 : 20)
6 Dans des situations expérimentales offrant toutes les garanties mé­tho­do­lo­gi­ques de ri­gueur
et de fi­a­bi­li­té, des observateurs entraînés ont régulièrement constaté qu’il leur est souvent im­
pos­si­ble d’in­di­quer aucune représentation (intuitive) de chose ; ils con­sta­tent plutôt chez le sujet
en train de penser l’e­xis­tence d’une relation (d’une in­ten­tion) à un fragment ou à un élément du
monde représenté dans son savoir latent. (Bühler 2009 [1934] : 349)
7 Die Bewusstseinslage der doppelten Bedeutung beruht auf der Spannung zwischen Bild- und
Sach­sphäre, und die Bewusstseinslage des metaphorischen Verstehens auf dem Bewusstsein, ei-
nen be­frie­di­gen­den Ausgleich dieser Spannung gefunden zu haben. (Stählin 1914 : 30)

121
PERRINE MARTHELOT

cation dédoublée (doppelte Bedeutung) issue du mélange des sphères.


Lorsque deux mots appartenant à des sphères distinctes sont ainsi as-
sociés, il faut comprendre comment l’auditeur parvient à faire entrer
dans la visée (meinen) d’un objet cet autre élément qui semble lui être
complètement hétérogène afin de réaliser la signification de la méta-
phore.8 Or, Stählin introduit dans cette tension une nouvelle distinc-
tion entre une sphère de chose et une sphère d’image, lesquelles se
rejoignent et se fondent dans la réalisation de la métaphore (Stahlin
1914 : 27 ; cf. Hülzer-Vogt 1989 : 23 ss).
Bühler au contraire ne se positionne pas sur le terrain de la psy-
chologie des vécus, mais sur celui de la Théorie du langage,9 cher-
chant à produire un modèle capable de rendre compte de la ma-
nière dont les sphères se recoupent. Le but premier est de fournir
un modèle sématologique de la métaphore,10 c’est-à-dire de com-
prendre les phénomènes d’abstraction (ou de pertinence abstractive)
à l’œuvre dans la métaphore, et de rendre compte de la manière
dont les sphères s’articulent. Il s’éloigne donc des développements
de Stählin, ne suivant ni le modèle de la tension et de sa résolution,
ni le dédoublement entre deux types de sphères dont l’une serait
sphère d’objet et l’autre sphère d’image — pour ne considérer qu’une
seule sphère de signification (Bedeutungssphäre), tenant à distance
l’évocation de la chose comme de l’image dans la réalisation de la
signification. La question est alors de savoir premièrement en quoi
consistent ces sphères de signification, et deuxièmement comment
se réalise leur composition.

Le concept de sphère dans la Théorie du langage


Bühler réactive le concept de sphère à plusieurs endroits stratégiques de
la Théorie du langage, lesquels composent la partition d’une hypothèse
remarquable, portant sur le type de complément provenant du savoir
factuel de l’auditeur mis en jeu dans la compréhension ou la réalisation

8 Der metaphorische Ausdruck steht jedesmal in einer gewissen Spannung mit dem Zu­sam­
men­hang. Er stammt aus einem Gebiet, von dem hier nicht die Rede ist, und wird auf ein Gebiet
angewendet, auf dem er nicht daheim ist. (Stählin 1914 : 25–26)
9 Il cherche à « comprendre en théoricien du langage en quoi consiste l’universalité des tournu-
res et des techniques métaphoriques employées dans le langage de la représentation symbolique ».
(Bühler 2009 [1934] : 506)
10 Le phénomène de l’abstraction exprime une position clef de la sématologie, sur la­quel­le il
nous faud­ra régulièrement revenir. Un tel retour sera par avance annoncé lorsque nous abor­de­
rons, par exem­ple, l’analyse de la métaphore ou la théorie des noms. (Bühler 1934 [2009 : 129])

122
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

de certaines significations.11 Or, l’étude qu’il consacre à la métaphore


joue un rôle clef dans le développement de cette hypothèse.
Ainsi, au paragraphe 11, lorsqu’il met en évidence dans le champ
symbolique de la représentation le rôle que jouent les auxiliaires ma-
tériels,12 Bühler fait explicitement référence au concept de sphère em-
ployé dans les travaux de Würzburg, tout en lui offrant une teneur et
une portée nouvelles. Bühler cite les résultats d’expériences menées par
Charlotte Bühler (1918, 1919) lorsqu’elle demandait à des sujets de re-
constituer des phrases à partir de mots dénués de tout signe de champ
(ou de toute marque de syntaxe), rappelant que les sujets s’appuient
alors sur certaines relations matérielles contenues dans les sphères de
signification des mots. La reconstruction d’une phrase douée de sens
ne s’appuie pas sur l’ordre de la syntaxe (lequel a été gommé dans les
expériences de Charlotte Bühler) mais sur une autre forme de mise en
ordre, laquelle provient de la teneur matérielle des sphères de significa-
tion.13 Les auditeurs s’appuient sur ce qu’ils savent des mots, et qui est
compris dans leur sphère : pour reconstituer un texte à partir de mots
épars, ils rassemblent ceux qui partagent la même sphère (comme, dans
l’exemple de Bühler : le rangement, les volumes et la bibliothèque) puis
les insèrent dans une forme syntaxique. Et dans la reconstruction, la
matière elle-même peut jouer un rôle, en suggérant par exemple « un
schéma relationnel plus riche (couple d’opposés, série croissante,…) dont
s’aperçoit celui qui cherche la solution» (Bühler 2009 [1934] : 289). Le
schéma relationnel n’est pas compris dans la forme des mots (dans leur
position dans un ordre syntaxique) mais par ce qu’ils portent avec eux,
dans leur sphère.
Le mode d’organisation porté par le concept de sphère est explicite-
ment investi d’une portée matérielle, non pas au sens de la matérialité
du mot, mais plutôt au sens de l’ensemble cohérent de ce qu’un locu-
teur (ou un auditeur) sait du mot.

11 Bühler introduit le concept de savoir factuel dès son article portant sur la compréhension en
1908, sous la forme d’une hypothèse, et développe le concept au paragraphe 11 de la Théorie du
langage, lors­qu’il traite des auxiliaires matériels du champ symbolique.
12 Le champ déictique comporte ses auxiliaires matériels, mais il n’en a pas l’apanage : il existe
aussi des auxiliaires matériels dans le champ symbolique – et ces derniers exportent avec eux
d’autres par­ti­cu­la­ri­tés du déictique dans le champ symbolique de la représentation.
13 Bühler (2009 [1934] : 288) donne l’exemple suivant : bibliothèque – volumes – cerveau – tab­
let­tes – pensées – 100 000 – générations – gigantesque – semblable/semblablement – disparu –
ranger ; que le sujet d’analyse a reconstitué de la manière suivante : « Tout comme sont rangées
sur les tab­let­tes d’une gigantesque bibliothèque en 100 000 volumes les pensées des générations
disparues, il en va sem­bla­ble­ment dans notre cerveau ».

123
PERRINE MARTHELOT

... à quoi s’ajoute le concours de cet autre facteur que j’indique en


bref sous le nom de matière. Quand le mot radis apparaît quelque
part, le lecteur est aussitôt transporté à table ou au jardin ; dans
une toute autre sphère donc […] que par exemple quand c’est le mot
océan qui apparaît. (Bühler 2009 [1934] : 289)

La sphère du mot radis constitue une forme d’ordre dans lequel sont
compris des éléments propres à ce qu’est un radis, et à ce que le locu-
teur et l’auditeur savent de ce qu’est un radis. Or, et c’est le point cru-
cial de la modification du concept de sphère : ce savoir comporte une
dimension factuelle (cf. Bühler 2009 [1934] : 155), c’est-à-dire qu’il
provient de notre fréquentation du monde, et de ce que l’on sait des
relations matérielles propres aux choses du monde. La sphère de signi-
fication du radis comporte des éléments de ce que je sais d’un radis,
lesquels proviennent de ma familiarité avec certains faits du monde : le
fait que ce soit un légume, qu’il pousse dans la terre au printemps, qu’il
soit comestible, qu’il soit rose blanc et croquant ; tous ces éléments
sont compris dans la sphère, ils y ont leur place, même s’ils ne sont pas
tous pertinents lorsque j’entends le mot radis.

La convergence d’un problème et d’un concept


Dans la Théorie du langage, Bühler introduit le concept de sphère dans
la présentation qu’il donne des « auxiliaires matériels » à l’œuvre dans
le champ symbolique de la représentation. Ce faisant, il fait conver-
ger l’ancien concept de sphère avec une question non moins ancienne,
mais qui n’avait jusqu’alors pas de rapport particulier avec les dévelop-
pements impliquant les sphères de signification. Déjà, en 1922, dans
un texte intitulé Vom Wesen der Syntax [L’essence de la syntaxe], alors
qu’il étudiait la liste des auxiliaires syntaxiques établie par Hermann
Paul, Bühler avait émis l’hypothèse selon laquelle il était nécessaire de
considérer, aux côtés des lois formelles de la composition, le rôle joué
par la connaissance que l’auditeur avait de certaines relations maté-
rielles, connaissance active dans la compréhension de certaines formes
du composé. Cependant, à cette époque, l’hypothèse ne reste que briè-
vement esquissée.
Il est alors particulièrement intéressant d’observer la manière par
laquelle Bühler réactive cette hypothèse, en l’associant au concept de
sphère de signification à deux moments complémentaires et straté-
giques de la Théorie du langage : au paragraphe 11 lors de la présenta-
tion des auxiliaires matériels du champ symbolique et dans la série des

124
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

trois paragraphes traitant du composé, parmi lesquels la métaphore est


appelée à jouer un rôle remarquable.

Le savoir factuel et la connaissance des relations matérielles


Il faut ainsi lire ensemble les deux remarques particulièrement impor-
tantes qui viennent conclure les paragraphes 21 et 22, et qui dialoguent
directement avec l’analyse des auxiliaires matériels du champ symbo-
lique au paragraphe 11.
Concluant l’analyse des composés au paragraphe 22, Bühler rappelle
le rôle sémantique joué par la matière, sans alors préciser sous quelle
forme il agit :

Mais un principe touchant au contenu devrait finalement s’ajou-


ter à toute analyse systématique, en posant que, dans les compo-
sés, une part importante de ce contenu est seulement suggérée, et
demande à être précisée sémantiquement par la matière, comme
dans notre série dont l’utilité ne se dément toujours pas : Backofen
« four » [lit. « four à cuir »], Backstein « brique » [lit. « pierre cuite »],
Backobst « fruit(s) séché(s) », etc. (Bühler 2009 [1934] : 501)

Sous quelle forme la matière peut-elle jouer un rôle sémantique ? Pour


le comprendre, il faut se reporter à un passage majeur du paragraphe
11, dans lequel Bühler souligne le rôle de guidage matériel opéré par les
auxiliaires matériels dans le champ symbolique :

Mais la spécification est à chaque fois laissée aux auxiliaires ma-


tériels. Backstein « brique » [lit. « pierre cuite »], Backofen « four »
[lit. « four à cuir »], Backholz « bois à brûler » font varier trois fois la
relation objective qui relie les membres du mot composé ; la spéci-
fication est à chaque fois laissée à la connaissance objective (= aux
auxiliaires matériels). (Bühler 2009 [1934] : 292)

La matière, sous la forme des relations matérielles que l’usager de la


langue connaît, est capable de jouer un rôle discriminant dans la préci-
sion de la signification de certains composés. Il faut alors comprendre
quel est le statut de cette connaissance des relations matérielles.
La série de mots composés sur la racine backen provient d’une très
ancienne analyse et trouve dans la Théorie du langage un développe-
ment intéressant. Dès 1909 en effet, Bühler avait émis brièvement
l’hypothèse selon laquelle il était nécessaire pour comprendre une ex-
pression comme « Heisse Bitte, Kalter Dank » (Bühler 1909 : 119),

125
PERRINE MARTHELOT

d’envisager un complément apporté par l’auditeur, sans préciser ni sous


quelle forme, ni son rôle. En 1922, la réflexion se précise dans le cadre
d’une étude de la syntaxe. Etudiant la liste des auxiliaires syntaxiques
établie par H. Paul, Bühler constate que ce dernier n’est pas capable
de rendre compte des variations entre les différentes formations syn-
taxiques (syntaktische Gebilde). C’est en cherchant à caractériser la
différence entre le mot composé Backofen à partir de backen et de Ofen
— par opposition à la phrase qui énoncerait que le four chauffe ou cuit
(der Ofen backt) que Bühler (1922 : 57, 69) introduit aux côtés des lois
formelles de la composition (et de la syntaxe), la possibilité d’envisager
des lois matérielle, lesquelles tiendraient compte de ce que l’auditeur
connaît à propos des relations matérielles impliquées dans la forma-
tion de certains composés.

Il est évident que l’on ne doit pas seulement connaître les nombres,
mais également savoir quelque chose des opérations arithmétiques
pour saisir exactement […] la totalité de la signification de deux élevé
au cube. Nous ajoutons à présent des composés allemands comme
[…] brique (Back-stein), pierre commémorative (Gedenk-stein),
calculs vésicaux (Blasen-stein) ; brique (Back-stein), four (Back-
ofen), et nous demandons si, ici comme dans le cas précédent, une
certaine quantité de connaissance des relations matérielles et des
opérations n’est pas impliquée dans la réalisation correcte de la syn-
thèse. La réponse n’admet pas de doutes ; il ne reste qu’à l’exprimer
comme règle, comme loi.14 (Bühler 1922 : 69)

Dans le cas de vingt-et-un ou de deux élevé au cube la connaissance


des opérations arithmétique est transparente, puisque le composé (ou
l’expression de la puissance) indiquent l’opération à effectuer et qu’il
n’est donc pas besoin de rajouter quoi que ce soit, les relations maté-
rielles étant directement exprimées dans la composition. Or, s’il insiste
sur la nécessité de prendre en compte « une certaine quantité de rela-
tions matérielles » dans la connaissance des composés, cette connais-
sance permettant de discriminer à chaque fois, dans la série des mots
composés sur une racine commune, l’élément pertinent dans la forma-
tion du composé, Bühler ne peut rendre compte de cette quantité, pas

14 Dass man nicht nur die Zahlen kennen, sondern auch von arithmetischen Operationen etwas
wis­sen muss, um das Bedeutungsganze von zwei hoch drei […] exakt zu erfassen, ist klar. Wir
stellen nun deutsche Komposita da­ne­ben wie […] Backstein, Gedenkstein, Blasenstein; Back­
stein, Backofen und über­legen, ob nicht zum richtigen Voll­zug der Synthese hier genau wie dort
ein gewisses Mass von Kennt­nis der stoffliche Verhältnisse und Ope­ra­ti­onen gehört. Die Antwort
ist nicht zweifelhaft; es gilt nur, sie als Regel, als Gesetz auszusprechen.

126
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

plus que de la liaison entre la connaissance et les relations matérielles


comprises dans le mot, ou de la manière par laquelle un mot porte avec
lui une certaine quantité de relations matérielles, avant d’introduire
dans cette réflexion le concept de sphère.
C’est en cela que la Théorie du langage vient offrir un nouvel es-
sor et renforcer cette hypothèse qui n’était que jusqu’alors esquissée.
Une brique (une « pierre cuite » en allemand) et un calcul vésical (une
« pierre de vessie » en allemand) n’ont en commun qu’une partie de ce
que Bühler va caractériser comme la sphère de la pierre, c’est-à-dire le
réseau de relations matérielles comprises dans ce qu’un locuteur sait de
ce qu’est une pierre. Or Bühler (2009 [1934] : 292) accorde une valeur
sémantique et discriminante à la connaissance de ces relations maté-
rielles. C’est en cela que « la spécification est laissée à la connaissance
objective » : il existe dans notre usage du langage une place, que Bühler
caractérise sous la forme d’espaces de jeu (Spielräume), laissée ouverte
pour des compléments de ce genre. C’est sur la base de ce qu’il connaît
des propriétés des pierres que l’auditeur comprend ce qu’est une brique,
ou un calcul vésical (l’exemple fonctionne en allemand autour de la va-
riation de composition autour du mot Stein, pierre). La compréhension
même de cette forme du composé suppose une intervention de cette
connaissance des relations matérielles, ou des auxiliaires matériels du
champ symbolique, qui guident l’auditeur en direction du sens du mot.
C’est là le rôle de guidage opéré par la matière.
De quelle matière s’agit-il alors ? Revenons pour le comprendre aux
exemples développés par Bühler dans la Théorie du langage et en pre-
mier lieu sur

le moyen matériel de combinaison qu’est la répétition de termes


dénominatifs porteurs de sens [...] : Abraham engendra Isaac. Isaac
engendra Jacob. Jacob...… Une structure caténaire sans termes de
liaison. Les intervalles temporels entre les procréations vont ma-
tériellement de soi et (tout comme les partenaires féminins) sont
omis. (Bühler 2009 [1934] : 568)

Dans l’évangile de Matthieu, la filiation est marquée par la juxtaposi-


tion des pères et des fils et la répétition du nom des fils devenus père.
Or, lorsque Isaac devient sujet de la phrase, ce n’est pas uniquement
son statut syntaxique qui se voit modifié, mais tout un ensemble de
relations matérielles touchant à la procréation, et à la temporalité de
la succession généalogique, lesquelles sont toutes comprises dans le
nouveau statut (de père), impliqué par le verbe.

127
PERRINE MARTHELOT

Il y a là deux niveaux de référence à la matière : tout d’abord, Bühler


évoque un « moyen matériel de combinaison », lequel convoque l’une
des trois catégories qu’il a distinguées dans la liste des auxiliaires syn-
taxiques établie par H. Paul. Mais si la répétition joue un rôle, c’est
surtout parce qu’elle joue sur les omissions, et sur la condensation du
temps et des acteurs impliqués dans la série des naissances. L’omission
n’est pas ici gênante, parce que l’auditeur connaît les relations maté-
rielles impliquées par la naissance et la filiation. Il comprend dans la
formulation brève et resserrée, ce qui n’y est pas exprimé et qui pour-
tant est présent, porté par le seul verbe engendrer (puisque tous les
autres termes sont des noms propres). Le verbe engendrer porte avec
lui tout un réseau de relations matérielles, comprenant un couple, une
mère, le temps d’une grossesse, et plus largement le temps écoulé entre
la naissance d’un enfant et son accession au statut de père : tout ceci
est compris dans le verbe et dans la variation des positions des noms
dans la répétition.
Lorsque l’auditeur comprend un mot, il n’accède pas à une signifi-
cation unique, laquelle serait rattachée au mot (ou à une quelconque
représentation sensible de ce mot)15 mais il met en jeu tout un réseau de
relations matérielles comprises avec le mot. Ces relations, ce sont ce que
tout locuteur ou tout usager de la langue connaît du mot et que les mots
portent avec eux : ce que Bühler caractérise comme le « savoir factuel »
nécessaire à la compréhension et même à la réalisation du sens.
L’exemple du composé binaire développé à la fin du paragraphe 21
(Bühler 2009 [1934] : 473) est de ce point de vue particulièrement ins-
tructif puisque la relation matérielle est comprise dans le mot même :
lorsqu’un locuteur évoque un week-end, un couple ou un couvert, l’au-
diteur rétablit les relations matérielles comprises dans le mot même :
il faut deux jours en fin de semaine pour former un week-end, deux
personnes pour former un couple, un couteau et une fourchette pour
constituer un couvert. Le composé binaire n’en est pas un : il s’agit d’un
simple mot, et pourtant, il renferme en lui la composition matérielle, ou
l’association de relations matérielles entre deux autres mots, qui consti-
tuent le troisième terme sans que rien d’autre qu’un savoir factuel des
relations matérielles entre ces choses du monde ne puisse permettre de
les déceler. Si je ne sais pas ce qu’est un couteau et une fourchette, je
ne peux pas comprendre ce qu’est un couvert, et si je ne sais pas ce que
signifie un couvert, je ne peux pas deviner qu’il renferme l’association
d’un couteau et d’une fourchette. Pour répondre à l’injonction de mettre

15 Selon la critique du fourvoiement substantialiste, cf. Bühler (2009 [1934] : 64).

128
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

le couvert, il faut que je connaisse quelque chose non seulement du mot,


mais aussi des relations matérielles qu’il implique.
Or, Bühler étend le rôle des relations matérielles, assez transparent
dans le cas des composés binaires et des relations impliquant un et
de colligation, aux composés nominaux, à la métaphore et plus large-
ment, à une grande partie des significations, et ce à travers le concept
de sphère d’une part et d’autre part à travers l’insistance sur le rôle joué
par l’auditeur dans la compréhension (et la construction) des significa-
tions. L’activité de l’auditeur – largement soulignée par Bühler – joue en
effet un rôle capital pour la suite de l’analyse.16
C’est la métaphore en effet qui permet de rendre compte de la manière
par laquelle se composent les sphères de signification, et plus large-
ment, de la manière par laquelle se réalise le phénomène de guidage
mis en évidence dans le chapitre portant sur les auxiliaires matériels du
champ symbolique, et dans les formes du composé nominal.

Au delà de ce que Paul s’était contenté de suggérer, les reconstruc-


tions textuelles effectuées par les sujets expérimentaux de Charlotte
Bühler ont mis en évidence l’existence et les modalités d’une asso-
ciation purement matérielle et d’une adaptation réciproque entre
les unités lexicales réunies dans une phrase ; les effets de recouvre-
ment et d’abstraction produits par la métaphore l’ont également
montré d’une autre façon. (Bühler 2009 [1934] : 564)

La métaphore rend très explicite le contenu des sphères puisqu’en elle


devient visible la manière par laquelle un auditeur est capable d’extraire
de chaque sphère les éléments pertinents – capables de se composer – à
partir de deux sphères à première vue hétérogènes.

Retour à la métaphore : le double filtre (matériel),


recouvrement et abstraction
On l’aura compris, le paragraphe 23 de la Théorie du langage cristal-
lise de nombreux enjeux annoncés à plusieurs reprises : l’analyse de

16 La conclusion à tirer du phénomène des auxiliaires matériels d’organisation est ni plus ni moins
qu’il existe chez lutilisateur habituel de signes linguistiques une habitude profondément ancrée
d’ac­cor­der à ce dont ils sont les symboles toute son attention et toute l’activité interne pro­duc­trice
ou re­pro­duc­trice qui lui est propre en tant que locuteur ou auditeur. (Bühler 2009 [1934] : 289)
Une fois la pensée propre de l’auditeur mise en route, un discours humain dont la technique
lin­guis­ti­que est au point lâche les rêne et ne fournit plus que par­ci­mo­ni­eu­se­ment des in­struc­tions
vrai­ment nouvelles. […] Nous affirmons que la pensée con­struc­ti­ve propre du récepteur n’est pas
éli­mi­nable et que, dans une large mesure, elle n’est pas dom­mageable ; qu’elle est même très pro­
fi­table à la plupart des buts langagiers. (Bühler 2009 [1934] : 290)

129
PERRINE MARTHELOT

la métaphore doit permettre de mettre à jour un modèle valable pour


toutes les formes du composé d’une part, et porte également la charge
d’une élucidation du phénomène de guidage matériel opéré dans la ré-
alisation de toute signification. Or, ceci est possible parce que la mé-
taphore opère directement avec les sphères de signification : elle agit
donc comme un révélateur du fonctionnement de sélection et d’omis-
sion propre à toute signification.
Afin d’analyser le phénomène à l’œuvre dans la métaphore, Bühler
a recours à deux comparaisons avec des « techniques de représentation
symboliques » et à un modèle perceptif. La première comparaison est
celle de l’image générique obtenue par la méthode de la photographie
composite développée par Galton: il s’agissait de produire l’image ty-
pique d’un sujet en superposant sur une même plaque photographique
un grand nombre de portraits afin d’en faire apparaître les traits princi-
paux. Or, si on la lit à la lumière de l’autre exemple et du modèle qu’il
développe par la suite, on comprend ce qui intéresse Bühler dans le phé-
nomène de superposition des images sur une même plaque photogra-
phique : l’image typique qui en résulte comporte la double particularité
d’estomper les traits qui ne sont pas communs tout en accentuant au
contraire ceux qui participent à l’esquisser (Bühler 2009 [1934] : 508).
Le deuxième exemple, celui de la vision binoculaire, affine un peu
le grain du problème puisqu’il met en évidence le phénomène d’omis-
sion que Bühler cherche à caractériser. La vision binoculaire suppose
de considérer un seul objet depuis deux sources distinctes – c’est-à-dire
la vision de chaque œil – lesquelles produisent une image unique. Voir
une pomme suppose d’articuler les images des deux rétines (et des deux
points de vus sur la pomme) pour n’en produire qu’une, articulation
dans laquelle a lieu un phénomène – capital selon Bühler – d’omis-
sion des éléments disparates. Cependant, la vision binoculaire propose
deux points de vus distincts sur le même objet, ce qui ne rend pas en-
core totalement compte de l’existence des deux sphères distinctes de
signification que l’on retrouve dans la métaphore.
Au contraire, le modèle du double filtre permet de rendre compte
de la particularité du jeu des sphères dans la métaphore.17 L’objectif de
Bühler est de rendre compte de la manière par laquelle les deux sphères
de signification s’entremêlent dans la métaphore. Que se passe-t-il
lorsque Homère évoque les mielleuses paroles que Pénélope adresse
aux prétendants alors qu’elle ignore encore le retour d’Ulysse ? Afin

17 Pour une présentation très claire de ce modèle, on pourra se reporter à Cattaruzza (2009),
ainsi qu’à Innis (1982).

130
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

de présenter le modèle du double filtre, Bühler emploie une image pro-


jective, imaginant une source lumineuse devant laquelle seraient pro-
jetées deux grilles, l’une constituée de droites parallèles horizontales
et l’autre de droites parallèles verticales. Le résultat de la projection
produit une image faite des deux processus concomitants d’abstraction
(ou d’obstruction lumineuse) de certains éléments et de recouvrement
(et de présentation lumineuse) d’autres éléments.
En termes de langage, lorsque la sphère du miel rencontre la sphère
des paroles, pour que la métaphore prenne sens, il est nécessaire de re-
tenir certaines caractéristiques contenues dans ce que l’auditeur sait du
miel. Il sait que le miel est doré, un peu collant, très sucré, doux, pro-
duit par des abeilles dans une ruche à partir du pollen des fleurs. Toutes
ces caractéristiques ne rentrent pas dans la métaphore, il est nécessaire
de trier les éléments pertinents de ceux qui ne le sont pas, c’est-à-
dire d’opérer le travail d’abstraction propre à la pertinence abstractive
(un travail de sématologie donc). Les mielleuses paroles omettent les
abeilles et les fleurs mais tiennent compte de la douceur du miel, et
peut-être aussi de sa texture collante, qualités que recouvrent certains
traits de la parole adressée, pour composer le sens de la métaphore.
Il revient donc à l’auditeur de s’impliquer, c’est-à-dire de convoquer ce
qu’il sait du miel (des relations matérielles comprises dans la sphère de
signification du miel) et des paroles, afin d’opérer un double processus
d’abstraction et de recouvrement, ou pour reprendre les termes de Büh-
ler, de sur-sommativité et de sous-sommativité. La reprise d’un concept
dont Ehrenfels (1890) avait fait l’un des critères de détermination des
formes (Gestalten), auquel Bühler adjoint l’opération inverse afin de
qualifier ce qui dans le processus est omis parce que non pertinent,
est particulièrement intéressante. Bühler, dans la continuité de l’école
de Graz à laquelle il se réfère à plusieurs reprises, l’article d’Ameseder
(1904) constituant une toile de fond de toute la réflexion amorcée au
paragraphe 21 avec les liaisons-et, souligne en effet par là l’activité
de production propre à l’auditeur. Lorsqu’il comprend une métaphore,
l’auditeur effectue conjointement deux tâches : il est capable de réaliser
une signification métaphorique à partir des éléments contenus dans
les deux sphères de signification des mots qui composent la métaphore
parce qu’il fait abstraction des éléments qui ne se composent pas, c’est-
à-dire qui n’entrent pas dans le jeu de recouvrement. S’il y a recouvre-
ment d’éléments pertinents, il faut que tout à la fois, d’autres relations
comprises dans la sphère soient omises : les deux sphères n’entrent pas
tout entières dans la métaphore.

131
PERRINE MARTHELOT

La métaphore en appelle donc à l’activité de l’auditeur, et Bühler (2009


[1934] : 510) la présente alors comme une forme de jeu, ludique, souli-
gnant le « plaisir fonctionnel » du jeu de l’abstraction propre à la signi-
fication métaphorique.
Loin d’être une tournure employée afin de dire ce qui ne se dit pas,
loin d’être donc un outil de contournement des voies « normales » du
dire, Bühler traite au contraire la métaphore comme une composition
dans laquelle une certaine forme de jeu à l’œuvre dans la compréhen-
sion (et dans la réalisation de la signification) devient en quelque sorte
visible. Contre les hypothèses de Werner (1919), selon lequel la méta-
phore serait exclusivement un phénomène de voilement, lié aux inter-
dits du tabou, Bühler soutient la position selon laquelle la métaphore
est avant tout un phénomène d’abstraction.18 Non pas qu’il ne puisse
exister de métaphores de voilement, mais cette définition n’épuise pas
les possibilités de la métaphore, tandis que l’abstraction en constitue
l’un des pôles fondamentaux.
Afin de défendre les métaphores créées par Homère, dans lesquelles
se révèle le plaisir fonctionnel d’une certaine forme de jeu avec les effets
d’abstraction opérés par la dualité des sphères de signification, Bühler
met en avant le caractère ludique du jeu de la métaphore :

L’interaction verbale humaine regorge d’allusions de tous genres.


Elles sont couronnées de succès entre A et B, lorsqu’au moment où
A retient sa langue et prend la tangente, B participe à la situation
interne et comprend le jeu. (Bühler 2009 [1934] : 518)

A ne prend pas la tangente par obligation, mais Bühler introduit bien


là une composante ludique – un jeu avec le langage : A contourne les
voies routinières en jouant avec la plasticité des significations, que per-
met l’entrelacs des sphères. Et B comprend la solennité des branches
entremêlées d’une « forêt ancestrale » (greiser Wald) parce qu’il accepte
de prendre part au jeu (comprendre, c’est alors jouer le jeu de la com-
préhension, prendre part à la situation) et qu’il part du principe que
A produit une expression pleine de sens (sinnvoll), cf. Bühler (2009
[1934] : 513).19 A ne prend pas la tangente tout seul, mais il entraîne
son interlocuteur qui « participe à la situation interne » et cherche à

18 Bühler s’intéresse au paragraphe 23 à la métaphore verbale, rappelant qu’il a traité dans son
Aus­drucks­theorie des métaphores sensorielles, lesquelles se dis­tin­guent des métaphores ici con-
sidérées en ce qu’elles ne sont pas « pro­duc­ti­ves », c’est-à-dire qu’elles traduisent une forme de
sensation au moyen du langage.
19 À cet endroit, Bühler parle explicitement de l’auditeur « désireux de comprendre ».

132
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

réaliser le travail d’abstraction par lequel l’entrelacs des sphères donne


accès à la signification de la métaphore. Si l’on caractérise telle per-
sonne comme un Salonlöwe, ou comme un rat de bibliothèque il est
nécessaire pour comprendre la métaphore, de ne pas la prendre au pied
de la lettre, de ne pas voir un lion dans un salon ni un rat lisant des
livres – ou du moins pas complètement – mais de jouer le jeu de l’abs-
traction et de la composition que suppose la métaphore.
Quels sont les éléments qui entrent dans ces deux processus ? Que
faut-il sur- et sous-sommer ? Que faut-il prendre en considération et
que faut-il omettre ? Le travail de l’auditeur (ou de celui qui comprend)
porte sur les éléments contenus dans la sphère, sur les relations maté-
rielles portées par les mots dans leur sphère de signification : ni donc
sur le mot, ni directement sur une signification qui lui serait associée,
mais sur le matériau qui l’accompagne, dans le réseau de relations por-
té par le savoir factuel.
Les mielleuses paroles de Pénélope deviennent presque palpables :
elles sont dorées et douces mais aussi gluantes et un peu dangereuses.
C’est parce que j’ai déjà goûté du miel que je comprends que les paroles
de Pénélope sont douces et sucrées, peut-être un peu enjôleuses, mais
c’est aussi parce que j’ai déjà vu une guêpe s’y noyer que je perçois le
danger qu’elles recèlent.
Les éléments qui entrent dans les procédés de sur-sommation et de
sous-sommation, c’est-à-dire dans l’effet de recouvrement des éléments
pertinents et d’omission ou d’abstraction des éléments non pertinents
pour la réalisation de la métaphore sont les relations matérielles (ou le
savoir factuel) comprises dans la sphère de signification des mots qui
composent cette dernière. C’est la raison pour laquelle Bühler peut
évoquer le guidage par la réalité factuelle propre à la métaphore, car
cette dernière joue sur la souplesse des sphères de signification. Le sens
de la métaphore provient de l’ajustage non pas de deux valeurs de sym-
boles (comme dans le cas de la composition) mais de deux sphères de
significations — dans lesquelles l’auditeur sélectionne selon le double
processus d’abstraction et de recouvrement, les relations matérielles
pertinentes pour la réalisation du sens de la métaphore.
Or, Bühler referme le paragraphe 23 sur l’extension du modèle du
double filtre aux deux formes des liaisons-et et du composé : l’ensei-
gnement découvert dans l’analyse de la composition par mélange de
sphère – c’est-à-dire le rôle de guidage joué par les relations matérielles
dans l’abstraction et le recouvrement – permet donc de répondre au
problème posé dès les années 1920. C’est le caractère matériel (au sens

133
PERRINE MARTHELOT

des relations matérielles comprises dans le savoir factuel porté par les
sphères) qui joue le rôle de pivot véritable dans l’analyse de la mé-
taphore. Car, en déployant le modèle du double filtre, en supposant
que se joue dans la composition métaphorique un double travail d’abs-
traction et de recouvrement d’éléments contenus dans les sphères de
signification, Bühler agence une réponse à la vielle question de la place
accordée aux relations matérielles dans les trois formes du composé
dont il traite dans les paragraphes 21 à 23.

Et si on les rapporte à l’axiome de Leibniz il est possible d’exposer


très simplement les deux principes de modification de la matière
qui se sont clairement manifestés à nous dans le composé et la mé-
taphore. Le premier parle de la sur-sommativité et le second de la
sous-sommativité des combinaisons sémantiques, car on pratique
addition et soustraction dans une seule et même combinaison.
(Bühler 2009 [1934] : 520)

La métaphore offre un modèle capable non seulement de rendre


compte de la manière dont opère le guidage matériel dans le jeu des
sphères de signification, mais également de comprendre comment
la loi de recouvrement (ou le phénomène de sur-sommativité) est à
l’œuvre dans les composés nominaux du type Backstein, Backobst,
Backofen. Les liaisons-et forment le degré zéro du modèle parce
qu’elles n’impliquent ni sur- ni sous-sommativité. Les listes des com-
posés formés sur une racine commune mettent en évidence le prin-
cipe de sur-sommativité. C’est par ce principe-là que l’auditeur sélec-
tionne dans le fait de chauffer certains traits pertinents : on ne cuit
pas une brique comme un abricot sec. C’est là qu’intervient le savoir
factuel, les relations matérielles et le guidage par la réalité factuelle.
Si l’on suit patiemment l’analyse du rôle joué par les auxiliaires ma-
tériels du champ symbolique, puis par les sphères de signification et
enfin le développement de la manière par laquelle les sphères s’entre-
croisent dans la métaphore, c’est tout un pan nouveau de la Théorie du
langage qui se révèle : celui dans lequel Bühler rappelle que la significa-
tion n’est ni idéale ni univoque mais « plastique »,20 et que les auditeurs
et ceux qui comprennent la langue suivent certains fils d’Ariane, s’en-
gouffrent dans certains espaces de jeux laissés ouverts dans l’emploi
des mots et comptent sur un supplément matériel (compris dans les
mots eux-mêmes, le problème étant de savoir comment, et en quoi il

20 Bühler évoque à plusieurs reprises la « plasticité des significations », y compris au § 23.

134
MÉTAPHORES ET SPHÈRES DE SIGNIFICATION CHEZ BÜHLER

consiste) pour rétablir ou comprendre le sens de ce qui est dit – à tra-


vers le jeu banal des omission, des suggestions et des métaphores.
Ce faisant, Bühler établit une thèse très importante : celle selon la-
quelle il n’y a pas, et il ne peut pas y avoir d’idéalité des significations,
car la signification compose essentiellement avec une ouverture fonda-
mentale sur des éléments non linguistiques, que les mots portent avec
eux, dans leur sphère. Dès l’introduction de la Théorie du langage – et
bien avant cela, dès l’article de 1922 consacré à l’essence de la syntaxe,
dont on retrouve nombre de réflexions dans la quatrième partie – Büh-
ler positionne le traitement du composé linguistique dans un dialogue
avec les lois de la grammaire pure logique développées dans la qua-
trième Recherche logique. Là où Husserl entendait développer la théo-
rie de la grammaire pure logique, la théorie de la formation correcte
des expressions complexes en liant des règles à l’existence de catégories
syntaxiques, Bühler introduit au contraire le mention de cette forme
du « donné minimal », en lui conférant le rôle de substrat au dévelop-
pement des lois structurelles de la composition.
Or, tout ce réseau de convergences, dont la portée est extrêmement
importante puisqu’il permet de définir un type de signification ouvert et
souple, capable de jouer sur ce que les interlocuteurs savent du réel et des
choses pour ne pas tout dire, omettre ou prendre des voies de traverses,
est particulièrement visible dans le fonctionnement de la métaphore.

Références
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Meinong, Alexius (Hg.): Untersuchungen zur Gegenstandstheorie und Psychologie,
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135
PERRINE MARTHELOT

Bühler, Karl. 1934. Sprachtheorie. Die Darstellungsfunktion der Sprache. Gustav


Fischer, Jena. — Théorie du langage. La fonction représentationnelle. Préface de
Jacques Bouveresse, présentation par Janette Friedrich, traduction, notes et glossaire
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Cattaruzza, Serena. 2009. Métaphore et connaissance dans la sématologie bühle-
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Ehrenfels, Christian von. 1890. Über Gestaltqualitäten. Vierteljahrsschrift für wis-
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Hülzer-Vogt, Heike. 1989. Karl Bühler (1879-1963) und Wilhelm Stählin (1883-
1975) : Psychologische Fundamente der Metapherntheorie im ersten Drittel des 20.
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logie. Veröffentlichungen des Forchungsinstituts für Psychologie zu Leipzig (hrsg
von F. Krueger), 3. Heft. Leipzig, W.Engelmann.

136
Bühler über Deixis: Exposition und Kritik

Martin Pokorný
Prag

Karl Bühlers Sprachtheorie gehört bis heute zu den subtilsten Analysen


der spezifischen Formen sprach­licher Situationsverankerung,1 und es
ließe sich auch behaupten, daß dieses Thema das längste einheitliche
Textstück des Werkes bildet. Im Kontrast dazu aber steht die Tatsache,
daß zu den wichtigsten Befunden der von Bühler vorgelegten Sprach-
theorie der angebliche Ausweis einer nicht-situativen Satzform gehört
und daß auch die Darstellungsfunktion der Sprache, die im Un­ter­titel
des Buches steht, im Symbol als dem Zeichentyp, der in keiner Situ-
ation verankert ist, be­stehen soll. Ist das ein echter Widerspruch, ein
tatsächliches Paradox? Und wenn es hier einen Wi­der­spruch gibt, was
verursacht ihn denn, und wie ist er zu überwinden? Das ist die allge-
meine Fra­ge­stellung, die der folgende Beitrag zu beantworten sucht.
Die Fragestellung, die gerade im Großen aufgeworfen wurde, ist
auch im Kleinen nützlich. Die Trajektorie der Bühlerschen Ausfüh-
rungen über das Zeigfeld und die Zeigwörter ist ja oft ziem­lich verwir-
rend, und um die Sequenz der Einsichten adäquat zu enträtseln und
zu interpretieren, muß man über die allgemeine Motivation ins Klare
kommen. Ein gutes Beispiel ist das folgende befrem­dend aus­gesonnene
Argument, das wir im § 25 („Der Satz ohne Zeigfeld“) lesen. Der Pas­
sus betrifft die Sätze amo te und amas me und behauptet:

Rein lokalistisch darstellende Sprachen könnten die Projektion des Er-


eignisses auf die Po­sitionen der Sprechsituation vornehmen: die Liebe
strahlt vom Senderort hier zum Emp­fän­ger­ort da (wo du bist), latei-
nisch etwa: amatur (es wird geliebt, man liebt) hinc istuc im ersten
oder istinc huc im zweiten Fall. Oder die Konstruktion könnte wieder
in­stru­men­tal-dativisch erf­ol­gen wie in dem konstruktiv ersonnenen
,Caio nex leoni‘: amatur me (Instrumentalis) tibi (Da­tivus com­modi).
Das alles ist ohne weiteres im Rah­men der Sachverhaltsprojektion auf
die ak­tuelle Sprech­handlung möglich. (Bühler 1934: 380)

In Wirklichkeit hat sich doch niemand je so ausgedrückt. Was meint


Bühler mit der Proklamation, daß man sich so ausdrücken könnte?

1 Die ausführlichste Lektüre aus dieser Sicht ist vor kurzem von Perrine Marthelot geliefert
worden (Marthelot 2012).

137
MARTIN POKORNÝ

Welchen Status haben für ihn solche imaginäre Sätze, ja imaginäre


Sprachen? Wofür diese Spekulation?
Meine Antwort auf die zwei korrelierten Fragestellungen gliedert
sich folgendermaßen. Erstens lege ich eine Rekonstruktion – oder, mit
Peirce zu reden, eine Abduktion – vor: ich möchte eine Lektüre vor-
schlagen, die, wie es mir scheint, am besten mit der Gesamtheit der
„Daten“ des Bühler­schen Textes – samt seiner Betonungen, Exkurse
und Ausweichungen – stimmt. Ich setze dabei voraus, daß Bühler pa-
rallel verschiedene sprachtheoretische, psychologische und empirisch
lin­guis­tische Leitfäden verfolgte und daß sein Streben um ausführliche
Systematisierung, obwohl stets anwesend, nie ganz dominant ist.2 An-
schließend möchte ich auf einige Probleme des Bühler­schen Zuganges
kritisch hinweisen, und zum Schluß einen möglichen Ausweg vor-
schlagen.

I.
Die systematischen Hauptdimensionen des von Bühler entfalteten
Zeigfeld-Begriffes, wie sie aus Teil II der Sprachtheorie zu rekonstruie-
ren sind,3 sind die folgenden.
Das Zeigfeld besteht in einer notwendigen Strukturierung des Wahr-
nehmungsfeldes: das Wahrnehmungsfeld ist eben so, daß bestimmte
da-seiende Dinge gezeigt – d. h. durch eine Zeiggeste erreicht – werden
können. Die Struktur der Korrespondenz zwischen der aktiven und der
passiven Möglichkeit, d. h. dem „Zeigenkönnen“ und dem „Gezeigt-
werdenkönnen“, bildet das Zeigfeld.
Während die einzelnen deiktischen Akte nur sporadisch oder epi-
sodisch sind, ist die Struktur des Zeigenkönnens stabil: unsere Er-
fahrung gliedert sich spontan in Zonen, denen bestimmte Zeigwei-
sen zugeordnet sind.
Auf das Zeigfeld wird verwiesen, indem eine spezifische Zeigwei-
se benutzt wird, um eine spezifische Zone des Wahrnehmungsfeldes
intersubjektiv zu erreichen. Das Zeigen wird von einem Zeigenden
durchgeführt in der Absicht, daß es von einem individuierten Rezi-
pienten akzeptiert oder beachtet oder verstanden wird.
Während also das Zeigeninstrumentarium von Sprache zu Sprache
breit variieren kann, gibt es – dem Gesagten zufolge – einige Zeigwei-

2 Oder genauer, hermeneutisch zirkulär: ich setze es voraus, um es aufweisen und erklären zu
können.
3 Besonders auf der Basis von Brugmann (1904), wie Bühler offen bekennt.

138
BÜHLER ÜBER DEIXIS: EXPOSITION UND KRITIK

sen, die strukturell privilegiert sind. Diese privilegierten Zeig­weisen


haben als Zielpunkt gerade (a) den Zeigenden, (b) den Rezipienten (den
Adressaten) und (c) das, was sich im Moment zum Zeigen schickt.
Der Zeigende ist aktiv, das Zeigen wird von ihm geleistet; also bestimmt
er, eher als der Ad­res­sat, den Brennpunkt – die Origo – des Zeigfeldes.
Der Zeigende wie auch der Adressat betreten das Zeigfeld nicht in
ihrer vollen In­di­vi­du­a­li­tät; insofern sie sich in dem Zeigfeld bewegen
und benehmen, tun sie das als Träger spezifischer Rol­len (Bühler 1934:
79-80). Der Zeigende ist – auch in eigener Sicht – immer wieder der,
der ge­ra­de zeigt, und der Adressat ist immer wieder der, dem gerade
gezeigt wird (Bühler 1934: 90). Wäh­rend also das Zeigfeld (wie schon
gesagt) nicht episodisch strukturiert ist, ist es episodisch er­füllt.
Das inhaltliche Gebiet dessen, was sich zum Zeigen schickt, ist
maßgeblich von der geteilten Ori­en­ta­tion und Wahrnehmungsposition
der beiden Sprechpartner bestimmt.
Aus dem Gesagten folgt, erstens, daß das Zeigfeld durch freie Ersetz-
barkeit charakterisiert ist. Dies ist gemeint in dem genauen Sinne, daß
alle Zeigpositionen – einschließlich eben der hoc- und hic-Zonen – in
der Regel nur momentan besetzt sind. Die Besetzung des Zeigfeldes
ist, bei aller Sta­bi­lität der Grundstrukturen, in ihrem ganzen Umfang
wesentlich mobil.
Diese Mobilität weist auf die zweite Charakteristik des Zeigfel-
des hin: sie korrespondiert mit der Charakteristik der Zeiggeste als
inhaltloser (nichtdarstellender) Steuerung. Die Zeiggeste will eine
Verschiebung der Aufmerksamkeit hervorrufen, und insofern die ver-
langte Verschiebung wirk­lich stattfindet, wird die Zeiggeste verstan-
den (beachtet, akzeptiert).
Die Grundstrukturen des Zeigfeldes, wie sie eben beschrieben wor-
den sind, sind im Prinzip au­ßer­sprach­lich. Bühler widmet sich sehr
energisch der Aufgabe aufzuzeigen, daß alle Grund­for­men der de­mon­
stratio ad oculos sich an rein sinnlichen Leitfäden richten können
(Bühler 1934: 88-101). Wenn wir von einem Zeigfeld der Sprache re-
den, heißt es vornehmlich, daß sich eine jede Spra­che in einem Zeig-
feld entfalten muß – daß sie in einem Zeigfeld benutzt wird.
Oder noch einmal, mit einer unterschiedlichen Betonung: das
sprachliche Zeig-Repertoire ist eine Mischgestalt. Wesentlich ist es
eine Grundstruktur der Signalisation; in konkret historisch ent­fal­teten
Sprachen ist es aber regelmäßig so, daß diese Grundstruktur sich durch-
setzt und realisiert als eine Ingredienz in einem strukturell gemischten
Instrumentarium, dessen zweite Quelle ein Sym­bol-Re­pertoire liefert.

139
MARTIN POKORNÝ

II.
Vom Phänomen des Zeigens im Allgemeinen schreiten wir zu seinen
Modalitäten vor. Alles eben An­geführte ist auf ein gemeinsames Wahr-
nehmungsfeld bezogen. Wahrnehmung im strengen Sinne ist Wahr-
nehmung daseiender Dinge im reellen Raum. Die Zeigweise, die sich
zu diesem genuinen Wahr­nehmen bezieht, ist (aus der psychologischen
Sicht) notwendig primär. Es ist „das Zeigen dem leib­lichen Auge“, de-
monstratio ad oculos.
Vom genuinen Wahrnehmen ist das phantasierte Wahrnehmen
strukturell abgeleitet, wobei die Dinge spontan hervorgerufen (eher
als reell gegeben) sind. Die Unterscheidung drei elementarer Phan­ta­
sierensarten, wie sie von Bühler entwickelt wird, hängt davon ab, wie
und zu welchem Grad wir die momentan sinnlich gegebene Umgebung
weiterbenutzen: entweder benutzen wir sie als Rah­men („Berg zum
Mohammed“); oder lassen wir sie spontan expandieren („der dritte
Haupt­fall“); oder wir lassen sie einfach inhaltlich beiseite, bedienen
uns ihrer nur formal und lassen auf diese Weise eine neue, ganz her-
beiphantasierte Umgebung entstehen („Mohammed zum Berge“). Es
handelt sich also um drei Grade abschwächender Exklusivität betref-
fend der kontinuierlichen Gül­tig­keit der im Moment gegebenen genui-
nen Wahrnehmung: entweder bleibt das genuine Wahr­neh­men inhalt-
lich dominant; oder es bleibt inhaltlich im Spiel; oder es wird zu einem
bloßen Hilfs­mittel und bleibt nur formal – als eine teilweise analoge
Besetzung des Zeigfeldes – im Spiel. Die Kri­terien sind, ganz eindeu-
tig, psychologisch – aus der Psychologie der (genuinen und bildhaften)
Wahr­nehmung genommen.
Bei der Deixis am Phantasma also behalten wir die Struktur des
Zeigfeldes und liefern min­des­tens teilweise den Inhalt. Oder genauer:
bei einer demonstratio ad oculos drückt das Zeigen ein „ist“ aus, es
stellt fest; dagegen drückt es bei einer Deixis am Phantasma ein „sei“
aus, es befiehlt, ruft eine Als-Ob-Existenz hervor. Während bei der
demonstratio ad oculos lediglich unsere Auf­merk­sam­keit gesteuert
ist, ist bei Deixis am Phantasma auch unsere retrospektive und pro-
jektive Kraft gesteuert – mit der Folge, daß wir uns hier (mindestens
teilweise) einen so-und-so-besetzten Raum erfinden, statt uns in ei-
nem Raume zu befinden.
Endlich kommt die dritte Art des Zeigens nach dem reellen (ad
oculos) und dem bildhaften (am Phantasma), von Bühler „Anaphora“
genannt, vor, wenn das Strömen des Sprechens als dis­tinkt wahrge-

140
BÜHLER ÜBER DEIXIS: EXPOSITION UND KRITIK

nommen wird und, als Wahrnehmungsfeld, zum Zeigfeld wird. Das


temporale Nach­ein­an­der der gesprochenen Rede wird dann zu einem
Raum sui generis, worin man zurück- und vor­aus­wei­sen kann. Bei der
Anaphora findet also ein transformatives, erfassendes Wahrnehmen
statt, das eine neuartige Simultaneität herstellt.

III.
Der leitende Gedanke der oben gelieferten Rekonstruktion ist, daß Zei-
gen für Bühler immer und am eng­sten mit aktiver und passiver Raum-
orientation zusammenhängt und daß es fast exklusiv diese Raum­
orientation ist (zum Zeitmoment siehe unten), die Bühler mit dem
Terminus „Situation“ meint. Zugleich, wie bekannt, klassifiziert Büh-
ler Zeigwörter als Signale, im Gegensatz zu Sym­bo­len.
Dies könnte alles nur eine Sache der gewählten Terminologie, also
einwandfrei sein. Das Pro­blem aber steckt in der Stärke der Thesen, wie
sie Bühler effektiv auf­faßt. Sein Gedankengang wird nämlich immer
mindestens implizit und manchmal auch explizit von einer Überzeu-
gung ge­lei­tet, die man durch die folgenden vier Gleichungen beschrei-
ben kann: (a) alles Zeigen besteht in der Er­schaf­fung gemeinsamer
Raumorientation, also „Situation“; (b) jede neuerschaffene gemeinsa-
me Raum­orien­tation, also „Situation“, korrespondiert mit einer Zei-
gensleistung; (c) alle Zeigwörter sind wesentlich Signale; (d) das Reper-
toire sprachlicher Signale ist im Prinzip durch Zeigwörter er­schöpft.
Summarisch: Zeigen = Raumorientierung = Übergang von Situation
zu Situation = Sig­na­li­sa­tion; sprachliches Zeigen = sprachliche Raum-
orientierung = sprachlich vorgerufener Über­gang von Situation zu Sit-
uation = Redesignalisation = Gebrauch von Zeigwörter.
Es liegt nahe zu protestieren, daß Bühler doch auch eine Theorie der
zeitlichen Deixis hat. Dies ist jedoch eine Illusion, und es lohnt sich, sie zu
widerlegen. Die zeitliche Deixis wird zwar von Bühler mehrmals erwähnt,
doch aber nie theoretisch erfaßt. Das zeitliche Jetzt ist für ihn immer nur
ein Index der räumlichen Konstellation, ein Index dessen, daß die leibge-
bunden räumliche Kon­stel­la­tion wesentlich momentan ist. (Sie ist auch
wesentlich subjektiv, und darin erschöpft sich die Rol­le der Ich-Origo.)4
Eine ausgearbeitete und haltbare theoretische Analyse dessen, wie wir ei­
gent­lich auf verschiedene Momente zeigen können, ist in der Sprachtheo-
rie nicht zu finden. Das Ein­zi­ge, was Bühler zum Thema anbieten könnte,
ist eine Erklärung auf der Basis der Anaphora in epi­scher Rede: das Wort

4 Vgl. die Kritik bei Hörmann (1978: 402-403).

141
MARTIN POKORNÝ

„damals“ würde dann dasselbe wie „da hinten in dem Redestrom“ heißen.
Es ist aber implausibel zu behaupten, daß für uns jede temporale Deixis
außerhalb des aktuellen Jetzt mit einer thematischen Vorstellung eines
Redestromes verbunden ist;5 und in jedem Fall finden wir bei Bühler zu
diesem Punkt nur obiter dicta, keine einheitliche Stellungnahme.

IV.
Bevor ich zur ausführlicheren kritischen Argumentation schreite,
möchte ich einiges zu Bühlers be­son­derem Gebrauch der Begriffe „Zei-
gen“ und „Situation“ allgemein bemerken.
Bühler versteht Zeigen als Richtungsangabe, als pointing. Unter
„Zeigen“ verstehen wir aber nor­ma­lerweise auch showing in dem in-
haltlich reicheren Sinn von showing what und showing how: wir sind
imstande zu zeigen, wie etwas aussieht oder aussehen soll, was damit
anzufangen ist und wie. Bühler ist sich der Tatsache bewußt,6 integriert
sie aber nicht in seine Auffassung. Wenn ich je­man­dem zeige, wie ein
Pferd aussieht oder wie man ein Sonett schreibt, ist es sicher nicht evi-
dent, daß es sich um Steuerung durch Signale und keine Symbole han-
delt, und wenn ich z. B. bei einem sol­chen Zeigen sage „So mußt du es
machen, genauso wie ich es jetzt gerade gemacht habe“, ist es sicher
nicht evident, daß die Wörter „so“, „ich“, „es“ primär eine räumliche
Referenz tragen.
Was Situationen angeht, so verstehen wir sie normalerweise nicht
als auf die Raum­orien­ta­tion begrenzt; wir sind auch psychisch, profes-
sionell, politisch usw. situiert.7 Das manifestiert sich sprach­lich: wenn
das Wort „hier“ aus meinem Mund „in Prag“ heißt, wenn das Wort
„unten“ aus mei­nem Mund „in der Hölle“ heißt,8 hängt das nicht nur

5 Damit ist nicht ausgeschlossen, daß die allgemeine Vorstellung der Zeitlinie oder des Zeitstro-
mes aus der Vor‑stellung des (zeitlich verlaufenden) Redestromes abgeleitet werden kann; und in
dem Bühlerschen Text steht vie­les, was uns zu dieser Vermutung bewegen könnte. Bühler selbst
vertritt sie aber wahrscheinlich nicht, und in je­dem Fall ist sie an sich selbst keine Theorie der
temporalen Deixis. Für eine solche Theorie bräuchte man einen Be­griff des Ereignisses, und den
hat Bühler nicht.
6 Siehe besonders die Stelle, die er der so-Deixis widmet (Bühler 1934: 313-315, bes. 314): man
soll nicht „un­zweck­mä­ßig den Begriff des Zeigens auf die Positionszeigwörter“ einengen; „wenn
ich ad oculos demonstrierend so sage, wird der Hörer auf irgendein aus der Wahrnehmung abzu-
lesendes Wie verwiesen“. Es ist aber symptomatisch, daß sie sich nicht in dem Hauptstück über
das Zeigfeld findet, sondern in dem Kapitel über Funktionen des Artikels.
7 Und so war es schon für Bühlers Zeitgenossen. Der von Bühler (1934: 84) zitierte Brugmann
(1904: 3) cha­rak­te­ri­siert „Situation“ als die „Örtlichkeit, wo das Gespräch stattfindet, [die] umgeben-
den Gegen­ständ[e], [der] Beruf und Ge­schäft des Redenden, die dem Angeredeten bekannt sind, usw.“
8 Diese Tatsachen werden von Bühler selbstverständlich auch thematisiert, jedoch nicht in der
relevanten Richtung theo­re­tisch untersucht.

142
BÜHLER ÜBER DEIXIS: EXPOSITION UND KRITIK

mit meiner Raumposition, sondern auch mit meiner Identität zusam-


men. Für Bühler ist aber diese Identität kein Teil der Situation, wie er
den Be­griff benutzt.
Beides könnte eine bloße terminologische Entscheidung sein; infol-
ge der oben formulierten Di­cho­to­mien und Gleichungen ist dem aber
nicht so. Unsere zwei Bemerkungen umreißen einen Be­fund, den ich
unten zu präzisieren versuche: was nämlich in Bühlers Konzept vom
Zeigen fehlt, ist Zeigen auf Sachverhalte als durch Interessen geformte
Topologien der Relevanz.9

V.
Ich möchte jetzt drei Problemfälle besprechen, die die Wirkung der
oben postulierten Gleichungen (siehe Teil III) bei Bühler belegen.
a) Die Syntax, die einen visuellen Vorgang artikuliert, ist für Bühler
kategorial unterschieden von jeder Syntax, die einen nicht-visuellen
Vorgang artikuliert. Konkret gesagt, ein Ausdruck wie z. B.
(1) Man geht entlang der Brücke, dann rechts.
leistet eine Deixis am Phantasma, während ein Ausdruck wie z. B.
(2) Man hat Dessert, dann Kaffee.
eine Anaphora ist: nach Bühler bezieht sich das „dann“ im Fall (1)

9 Das Wort „Sachverhalt“, damals noch mehr als heute ein Fachterminus, wird in der Sprach-
theorie geläufig benutzt; siehe schon unser einleitendes Zitat über amo te und amas me. Die
Autorschaft des Neologismus wird Carl Stumpf zu­ge­schrieben, der ihn 1888 in Halle in seinen
Vorlesungen über Logik benutzte, und das Wort wurde dann ein Teil der Diskussionen (zwischen
Stumpf, Brentano, Husserl u.a.) über die Philosophie und Psychologie der Logik. Eine Cha­rak­
terisation, die Bühler sicher kannte, findet sich bei Gomperz (1908: 65-66): „In unserem Beispiel
[= ,Dieser Vo­gel fliegt’] ist der ausgesagte Vorgang eine Tätigkeit. In anderen Fällen ist er ein
Leiden. In wieder anderen Fällen ist das Ausgesagte überhaupt kein Vorgang, sondern das Haben
einer Eigenschaft oder das Identischsein mit einer bestimmten Art von Gegenständen, z. B. bei
den Aussagen ,Diese Fahne ist Rot‘ oder ,Dieses Tier ist ein Vogel‘; denn hier ist ausgesagt das
,Rotsein dieser Fahne‘ und das ,Ein-Vogel-Sein dieses Tieres‘. Fragen wir nun, wie solche Ausge-
sagte passend zu benennen seien, so werden wir erwidern dürfen: das Fliegen eines Vogels, das
Rot­sein einer Fahne, das Vogelsein eines Tieres sind Sachverhalte.“ Vgl. Bühler (1918: 3-4): „Ich
nehme ... einen be­lie­bigen Satz aus einer Wissenschaftlichen Abhandlung... Wir finden die we-
sentliche Leistung dieses Satzes, wenn wir ihn für richtig oder falsch erklären, und richtig oder
falsch ist er nicht durch sein Verhältnis zum Sprecher oder Hörer, sondern durch sein Verhältnis
zu einem geographischen Sachverhalt.“ Im Lichte dieser Tatsache ist es be­mer­kenswert, daß er
den Begriff gerade in seiner Anaphora-Lehre nicht benutzt, obwohl vgl. Bühler (1934: 390): „Was
die anaphorischen Pfeile direkt treffen, sind nicht die Dinge, von denen die Rede ist, sondern
es sind entweder die sprachlichen Fassungen dieser Dinge, also Sätze oder Satzteile, wie es Paul
schon völlig korrekt angibt. Oder es sind doch die Dinge, aber so wie sie gefaßt sind; die Dinge
und Sachverhalte also, wie sie von den Ge­sprächs­part­nern bereits als das und das charakterisiert
worden sind.“

143
MARTIN POKORNÝ

auf eine quasi-visuelle Vor­stel­lung, im Fall (2) auf einen Redeabschnitt.


Solch eine Behauptung – daß wir es hier mit zwei Typen des dann-Ge-
brauchs zu tun haben, von denen sich der eine auf „die Sachen“ (in un-
serer Vor­stel­lung) und der andere auf „Rede“ bezieht – ist aber höchst
fragwürdig. Beide Ausdrücke beschreiben doch eine Sequenz von Leis-
tungen, wobei das „dann“ den Übergang zu einer späteren Phase mar­
kiert. Die Tatsache, daß der erste Satz eine leibliche Bewegung im
Raum beschreibt, liefert uns kei­nen guten Grund, um einen spezifi-
schen „dann“-Gebrauch zu postulieren; die Differenz der beiden Aus­
drücke (Visualität gegenüber Nicht-Visualität usw.) liegt gerade in den
sonstigen Elementen. Ähn­lich ist die angebliche Differenz zwischen
Rede und vorgestellter Realität zu beurteilen: man kann zwar behaup-
ten, daß das zweite „dann“ sich in gewissem Sinne zu dem vorange-
henden Re­de­teil bezieht, aber insofern eine solche Charakterisierung
stimmt, stimmt sie genauso gut von dem er­sten Beispiel.10
Eigentlich liegt die Vermutung nahe, daß jede Phantasma-Sequenz,
wenn sie sprachlich ver­mit­telt ist, zugleich anaphorisch sein muß; und
auch jede Anaphora, insofern sie vom Nicht-ak­tu­el­len redet, muß zu-
gleich phantasmatisch sein. Bühlers Beschreibung dieser Phänomene
ist aber um­ge­kehrt im Postulat eines eindeutigen Unterschieds zwi-
schen der Deixis am Phantasma und der Ana­phora gegründet.
b) Rede, die im Prozess einer direkten räumlichen Steuerung benutzt
wird, ist von Bühler als ein se­mio­lo­gischer Sonderfall erfaßt. Konkret:
wenn man in der Kavallerie einen Befehl wie „Richtung Wald­spitze“
oder „Pappelbaum“ gibt, sei das – so Bühler – ein Fall, in dem „Nomina
für Zeig­zei­chen“ eintreten, und man sollte angeblich diesbezüglich von
Prodemonstrativa (als Korrelat zu Pro­no­mina) sprechen. Der Grundge-
danke hinter dieser Behauptung ist, daß der Ausdruck in dem er­wähn­
ten Fall als Angabe eines Raumpunkts dient, der beachtet und erreicht
werden soll (Bühler 1934: 82, 146-147).
Es erscheint aber implausibel, daraus eine neue Wortklasse machen
zu wollen: der Kom­man­dant, der durch die Landschaft reitet, hat die
Wörter „Richtung“ und „Waldspitze“ zur Verfügung als allgemeine
Namen, und in dem skizzierten Zusammenhang benutzt er sie ohne
jeden Be­deu­tungs­wandel. Daß er sie gegebenenfalls zur eindeutigen
Steuerung benutzen kann, ist eine Tatsache des Wahrnehmungsfeldes
(und des praktischen Milieu), nicht der Wortklasse. Auch die Bedeu-
tung von Eigennamen ändert sich doch nicht, wenn ich den sachlichen

10 Ausführlicher vgl. Sennholz (1985: 235 ff).

144
BÜHLER ÜBER DEIXIS: EXPOSITION UND KRITIK

oder personalen Träger in con­cre­to11 vor mir sehe und ihn zu einer
eindeutigen Anweisung – z. B. „Geh zu Maria!“ oder „Richtung Karls­
brücke!“ – benutze.12 Die Rubrik der eindeutigen praktischen räumli-
chen Anweisung gehört zur Sprechhandlung, vielleicht zum Sprach-
werk, aber sicher nicht zum Sprachgebilde.
c) Die visuell suggestive Kraft von Namen wird von Bühler nie behan-
delt. Sätze wie „Die Breite der Ozeane macht schwindelig“ erwecken ei-
nen quasi-visuellen Effekt, der die Bühlersche De­fi­ni­tion der Versetzung
erfüllt: „[Mohammeds] präsentes Körpertastbild [wird] mit einer phanta-
sierten op­ti­schen Szene verknüpft“ (Bühler 1934: 137). Man dürfte wohl
erwarten, daß gerade ein Psy­cho­lo­ge dazu Einiges zu sagen haben wird.
Das Thema wird aber in der Sprachtheorie ganz ver­schwie­gen, und das
ist kein Zufall. Ein systematischer Druck zwingt Bühler, das räumliche
Gefühl, das sich durch bloße Nennwörter hervorrufen läßt, außer Acht
zu lassen. Bühlers angebliche Vorstellung davon, wie die Schilderung „ei-
ner homerischen Rauferei“ aussieht, lautet folgendermaßen: „Ich hier –
er dort – da ist der Bach“ (Bühler 1934: 139). Es ist aber ziemlich evident
(und durch Sätze wie „Die Breite der Ozeane macht schwindelig“ erweis-
bar), daß auch Nennwörter wie z. B. „Krieger“, „Schwert“, „Schlacht“
usw. zu der Bildhaftigkeit solch einer Schilderung erheblich beitragen.
Die drei eben angeführten Problemfälle belegen Bühlers Bestreben,
alle Bedeutungen, die mit vi­su­el­ler/räumlicher Orientation zu tun ha-
ben, als gesondert zu fassen und sie mit dem Zeigfeld zu iden­ti­fi­zieren.

VI.
Es ist jetzt an der Zeit, die Lehre von der Deixis explizit in ihren breite-
ren Kontext einzureihen, wo­bei die Begriffe des empraktischen und sym-
physischen Redegebrauchs einen prominenten Platz an­neh­men müssen.
Aus dem Titel des fünfundzwanzigsten Paragraphen, „Der Satz ohne

11 Oder vielleicht auch nur phantasmatisch: wenn die Truppe die Landschaft schon kennt, kann
doch der Befehl „Richtung Waldspitze“ gegeben werden, auch wenn die Waldspitze im Moment
noch nicht zu sehen ist.
12 Wie so oft, finden wir denselben Gedanken auch in diesem Fall schon bei Bühler formuliert
(Bühler 1934: 388): „Ob dies Lied, von dem ich weiter sprechen will, faktisch gesungen worden
oder nur als Gesprächsgegenstand mir und meinem Redepartner soeben noch präsent gewesen
ist? Wir stimmen Brugmann bei: ob wahrgenommen oder nur gedacht, ist schlechthin irrele-
vant.“ Es geschieht aber in einem anderen Kontext, nicht im Zusammenhang mit den angeb-
lichen Prodemonstrativa. – Ich erwähne die Tatsache hier als Beispiel einer Charakteristik des
Bühler­schen Denkens, die man auch bei vielen anderen Punkten dieser Untersuchung feststellen
könnte: Bühler bemerkt, in einem oder anderen Kontext, sehr vieles – auch vieles, was wir hier
gegen ihm kritisch benutzen. Die Frage lau­tet aber immer, inwiefern die lokale Einsicht systema-
tisch integriert wird.

145
MARTIN POKORNÝ

Zeigfeld“, folgt, daß der empraktische und der symphysische Gebrauch


als Formen von sprachlicher Signalisation im Zeig­feld anzusehen sind,
also von Deixis. Bühler selbst aber zieht diesen Schluß nie in aller
Stren­ge, und dazu hat er seine Gründe: neben ihrer Verwandtschaft
spürt er auch einen Unterschied. Es ist zwar evident, daß der emprak-
tische und der symphysische Gebrauch in einem orientierten Raum
statt­finden, und orientierter Raum – wie es aus dem oben Gesagten
scheint – heißt so viel wie Zeig­feld; bei näherem Hinsehen aber finden
wir, daß es doch nicht ganz dieselbe Räumlichkeit ist, von der in den
Ausführungen über das Zeigfeld die Rede war.
Der Raum des Zeigfeldes ist wesentlich von der leiblichen Positi-
on des Einzelnen mit ihrer per­ma­nenten Labilität bestimmt: unsere
„hier“ und „dort“ ändern sich ständig, und oft schnell. Da­ge­gen die
Räume der gemeinen Praxis – und es ließe sich leicht nachweisen, daß
auch der sym­phy­si­sche Gebrauch immer in einer gemeinen Praxis ver-
ankert ist –13 sind aber nicht so subjektiv und la­bil. Sie weisen eine
Topologie auf, die relativ wenig von der momentanen Leibposition und
viel we­sent­licher von der angenommenen Rolle innerhalb einer spezi-
fischen Praxis (z. B. der Praxis des Stra­ßen­bahnverkehrs oder des Ca-
fé-Verkehrs) bestimmt ist.
Die Ausführungen über den empraktischen und symphysischen Ge-
brauch werden von Büh­ler als Einleitung zu seiner eigentlichen Satz-
lehre vorgestellt. Dabei ist aber zu betonen, daß es sich für Bühler um
eine kontrastive, negative Einleitung handelt: die Satzform muß von
dem em­prak­ti­schen und dem symphysischen Gebrauch gereinigt sein.
Obwohl er die Einzelheiten ungeklärt läßt, be­wer­tet Bühler den em-
praktischen und den symphysischen Gebrauch als irgendwie verwandt
mit Deixis und Zeigfeld. Und weil er Deixis wesentlich als Signalisa-
tion ansieht, während das Spe­zi­fi­sche der menschlichen Sprache – i.e.
ihre Darstellungsfunktion – in Symbolisation besteht, hält er für klar,
daß das Wesen des Satzes im eigentlichen Sinne irgendwie jenseits des
empraktischen und des symphysischen Gebrauchs liegen muß.

13 Ob der Pfeil die Richtung, wo das Ziel liegt, oder die Richtung, in welcher der Pfad zum
Ziel aus der Kreuzung ver­läuft – das läßt sich nicht aus dem Wegweiser selbst oder aus seiner
Umgebung herauslesen; und beide Al­ter­na­tiven sind realistisch möglich. In allen komplexeren
Beispielen ist die Lage analog.

146
BÜHLER ÜBER DEIXIS: EXPOSITION UND KRITIK

VII.
Bühlers Beispiel eines eigentlichen, völlig geformten Satzes lautet be-
kannterweise: „Der Papst ist ge­storben.“ Ein Satz solcher Art, behaup-
tet Bühler (Bühler 1934: 367), ist von Situationshilfen be­freit.14 In wel-
chem Sinne ist das gemeint, und warum hält es Bühler für evident?
Die angegebene Charakterisierung ist in der Tat leicht einsehbar,
wenn wir – wie oben dar­ge­legt – den Begriff „Situation“ primär mit
momentaner örtlicher Position gleichstellen. Dann ist es wirklich of­
fen­sicht­lich, daß die Bedeutung oder die Verständlichkeit des zitierten
Satzes nicht von unserer ge­nauen Raumposition abhängig ist. Der Satz
verlangt für sein Verständnis auch keine vage To­po­lo­gie, wie sie dem
empraktischen und symphysischen Gebrauche eigen ist. In allen die-
sen Be­zie­hun­gen ist er situationsentbunden: er steuert uns nicht, er
leistet keine (selbstständige) Diakrise.
Darauf möchte ich aber folgendes einwenden. Der Grad und die
Form der Situations­ent­bun­den­heit ist ganz identisch, wenn ich z. B.
überhöre, daß sich der Herr am nächsten Tisch „eine Fla­sche“ oder
„noch mal dasselbe“ bestellt. Der Ausdruck nämlich, den der unbe-
kannte Gast aus­spricht, steuert mich nicht, leistet in meiner eigenen
Umgebung keine selbstständige Diakrise: mei­ne Leibposition oder ihre
Änderung ist für die Bedeutung des Ausdrucks, wie ich ihn verstehe,
ganz be­lang­los, und ich beteilige mich durch ihn an keiner Topologie
und keiner Praxis. Insofern ich aber den Ausdruck verstehe, und das
tue ich doch, verstehe ich, daß er für die (topologisch und prak­tisch)
Beteiligten (also z. B. für den Kellner und den Gast) diakritisch ist, und
ich verstehe auch min­des­tens zum Teil, wie die Diakrise geleistet wird.
Mein Gegenvorschlag zu Bühlers These also ist, daß die angebliche
Situationsentbundenheit gar nichts mit der Vollständigkeit oder Un-
vollständigkeit des Satzes zu tun hat. Die Ausdrücke „Dort!“, „Einen
schwarzen“ und „Der Papst ist gestorben“ sind für mich als Hörer
völlig diakritisch eben dann, wenn ich an der Lage, in der der Aus-
druck verwendet wird, so oder so direkt beteiligt bin; die Diakrisis ist
schwächer oder distanziert, wenn ich z. B. am nächsten Tisch sitze
oder nur ruhig und unbewegt alles in der Zeitung lese; und es gibt
noch weitere Grade der Distanz, z. B. wenn ich in einem sprachtheo-

14 Die Metaphorik der Befreiung wird von Bühler emphatisch benutzt. Siehe bes. Bühler (1934:
255): „Die mensch­li­che Spra­che als Darstellungsgerät, wie wir sie heute kennen, hat einige Ent-
wicklungsschritte hinter sich, die alle da­hin ver­stan­den werden können, daß sie sich mehr und
mehr befreite aus dem Zeigen und weiter und weiter entfernte vom Malen.“

147
MARTIN POKORNÝ

retischen Werk das Beispiel „Ein Sprechender: ,Dort!‘“ lese.15 Mit der
Satz­form hat das alles aber nichts zu tun.
Es liegt aber in puncto Satzform eine alternative Hypothese nahe, die
sozusagen „im Geiste Bühlers“ ist. Die Satzform – oder allgemeiner: die
Form des synsemantischen Feldes – liegt, wie es scheint, nicht jenseits
des empraktischen und des symphysischen Gebrauchs; eher schließt
sie die vage praktische Topologie, die einem solchen Gebrauch eigen
ist, in sich ein – ganz im Sinne des da-Vinci-Aphorismus, den Bühler
als Motivation für seine eigene Auffassung zitiert.16 Der voll­stän­di­ge
Satz „Ich bestelle eine Flasche Rotwein, bitte“ besetzt alle „Plätze“, die
für den typischen prak­ti­schen Zusammenhang des Gebrauchs dieses
Ausdrucks relevant sind, und verbindet sie auf eine Weise, die mit den
typischen reellen Beziehungen übereinstimmt. Die praktische Topolo-
gie ist hier die­sel­be wie im empraktischen Gebrauch; der Unterschied
besteht darin, daß in einem vollständigen Satz oder Formulation alle
„Plätze“ explizit und nicht implizit, d.h. von der Lage her, besetzt sind.
Bühler hat offensichtlich geglaubt, daß eine solche Auffassung der
Satzform, und allgemein ge­sagt: des synsemantischen Feldes – eine
Auffassung, die hier selbstverständlich nur blitzschnell und grob skiz-
ziert ist – aus prinzipiellen Gründen ausgeschlossen ist: wenn das
synsemantische Feld etwas mit der praktischen Topologie zu tun hät-
te, dann hätte es in der letzten Instanz auch ir­gend­wie mit unserer
Leibposition zu tun, also wäre es dann ein Fall der Steuerung durch
Signale, und das Spezifische der menschlichen Rede – d.h. ihre Dar-
stellungsfunktion, die durch Symbole ge­leis­tet wird – ginge verloren.
Das ist aber ein Fehlschluß, und Bühler verwischt in diesem Punkt den
Unter­schied zwischen der Struktur eines Feldes und der Besetzung des
Feldes. Die Differenz zwi­schen Struktur und Besetzung wird von ihm
eigentlich betreffend des Zeigfeldes faktisch ge­macht; er thematisiert
sie aber nie,17 und wenn er dann zum (syn)semantischen Feld übergeht,
über­sieht er sie ganz. Während nämlich die Besetzung des Zeigfeldes

15 Also sind z. B. nicht nur die logischen Formeln, sondern schon die logischen Beispiele aus
jeder aktiven Ver­an­ke­rung entbunden.
16 Bühler (1934: 370, Betonung im Original): „Leonardo da Vinci setzt in seinem Malerbuch
auseinander, daß das Ge­mäl­de alles mit sich führt, was es braucht, daß es einen hohen Grad von
Selbständigkeit (Selbstgenügsamkeit) be­sitzt.“
17 Deshalb kommt er auch nie ins Klare darüber, in welcher Hinsicht die Zeigwörter Symbole
und in welcher Hinsicht sie Signale sind (vgl. bes. Bühler 1934: 90). Dazu schon Dempe (1935:
262): „Mag dem sein, wie ihm wolle, je­den­falls erkennt hier [= auf S. 90] Bühler den Nenncha-
rakter der Zeigzeichen an und stellt nur empirisch ihren Zeig­cha­rak­ter über ihren Nenncharakter.
So bleibt nur festzustellen, daß es sich in systematisch-kategorialer Beziehung um­gekehrt verhält
und nicht ihr Zeigcharakter, sondern allein ihr Nenncharakter sie zu Sprachzeichen macht.“

148
BÜHLER ÜBER DEIXIS: EXPOSITION UND KRITIK

sich fast stetig ändert, zusammen mit un­se­rer momentanen Leibposi-


tion, weist die Struktur des Zeigfeldes verschiedene Grade von Per­ma­
nenz aus. Genauso ist es möglich zuzulassen, daß jede Besetzung des
(syn)semantischen Feldes etwas mit unserer praktischen Topologie zu
tun hat, und es folgt daraus doch keineswegs, daß auch die Struktur
des (syn)semantischen Feldes praktisch und topologisch ist, i.e. daß sie
eine Hand­lung leis­tet und sich im Raum ereignet.
Ist einmal diese Einsicht erreicht, können wir ohne Sorgen die Al-
ternative untersuchen, daß das zweite Feld, das für das Funktionieren
der menschlichen Rede notwendig erscheint, weitgehend i­den­tisch ist
mit dem Feld der Sachverhalte, die in dem empraktischen und sym-
physischen Ge­brauch „zu Worte kommen“. Bühler hat sich in seinem
Hauptwerk diesen Weg verschlossen; doch hat er ihn paradoxerweise
zugleich für uns erschlossen.

Literaturhinweise
Brugmann, Karl. 1904. Die Demonstrativpronomina der indogermanischen Sprachen.
Leipzig, B. G. Teubner.
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Stuttgart, Gustav Fischer Verlag.
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Sennholz, Klaus. 1985. Grundzüge der Deixis. Bochumer Beiträge zur Semiotik, Bd.
9. Bochum, Brockmeyer.

149
La deixis bühlerienne : résumé et réception

Sandrine Persyn-Vialard
Le Mans

Après avoir établi les fondements épistémologiques de la linguistique,


Bühler expose ses considérations sur le langage (chapitres 2 à 4 de la
Sprachtheorie), dont la clé de voûte est la théorie des deux champs.
Cette dernière stipule que le sens est le fruit de l’interaction entre les
signes linguistiques et leur environnement (situation ou contexte).
En effet, tout signe linguistique s’inscrit dans un niveau d’organisa-
tion supérieur, qu’il soit d’ordre linguistique (champ symbolique ou
contexte) ou extralinguistique (champ déictique ou situation). On peut
définir le champ déictique comme l’environnement des déictiques, qui
représentent une partie du réel en la désignant, alors que le champ
symbolique est le champ environnant dans lequel apparaissent les dé-
nominatifs, qui représentent le réel en le nommant. À la différence des
déictiques dont le référent est identifiable dans le champ déictique, les
dénominatifs trouvent le remplissement de leur signification dans le
champ symbolique, assimilable au contexte et subdivisé en trois caté-
gories : synsémantique, empratique et symphysique.
Il s’agit avant tout pour Bühler de redonner aux déictiques leurs lettres
de noblesse en reconnaissant la spécificité de leur statut sémantique,
comme en témoigne la position première du chapitre 2 consacré à l’étude
des déictiques et du champ déictique. Bühler établit une typologie de la
deixis, répartie en trois modes : deixis ad oculos, deixis de l’imaginaire
et deixis anaphorique. La deixis de l’imaginaire est à son tour subdivisée
en trois catégories : la deixis subjective correspond à la transposition du
sujet dans un espace imaginaire, la deixis objective renvoie au transfert
d’un objet imaginaire dans l’espace réel de l’acte de parole, et enfin, dans
le troisième cas, le sujet est transposé dans une partie de l’espace réel
située hors du champ perceptif visuel des partenaires de l’interlocution.
L’étude des différentes catégories de deixis fait apparaître une constante :
les auxiliaires sensibles – geste indicateur ou ses équivalents – sont in-
dispensables pour identifier le référent des déictiques.
Le but du présent exposé est de résumer la deixis bühlerienne pour
montrer comment elle est reprise dans le mainstream de la linguis-
tique contemporaine, qu’on traite le plus souvent sous les dénomina-
tions d’anaphore et de cohésion textuelle.

151
SANDRINE PERSYN-VIALARD

Le champ déictique
Le champ déictique peut être défini comme la situation dans laquelle un
énoncé est produit. Celle-ci est caractérisée par plusieurs paramètres :
sa relation au locuteur (je), au lieu (ici) et au moment de l’énonciation
(maintenant). Alors que le référent des déictiques se détermine à l’inté-
rieur du champ déictique, celui des dénominatifs est indépendant de la
situation de parole concrète.

Les déictiques n’ont pas besoin du champ symbolique du langage


pour réaliser pleinement et précisément leur performance, mais ils
ont besoin du champ déictique et de la détermination, qui, variant
selon les cas, provient du champ déictique, ou encore pour reprendre
les termes de Wegener et Brugmann : des paramètres concrets d’une
situation de parole donnée.1

Le champ déictique se définit par des coordonnées spatio-temporelles in-


cluant le sujet de l’énonciation. Il s’articule autour de l’origine des coor-
données constituées par le système du « je », « ici » et « maintenant ».

Le champ déictique du langage dans la communication verbale di-


recte est le système du « ici - maintenant - je » de l’orientation
subjective...2

Il semble pertinent de s’interroger sur les catégories syntaxiques englo-


bées par la classe des déictiques. Loin de réduire cette classe aux seuls
articles et pronoms démonstratifs, Bühler adopte une acception plus
large du terme, puisqu’il renvoie à l’ensemble des éléments linguis-
tiques dont le référent est déterminé par la situation de communica-
tion : cette classe sémantique regroupe donc des catégories syntaxiques
très diverses telles que des adverbes de lieu, de temps, des déictiques
de personne et des particules verbales (« hin », « her », « ein », « aus ») ;
quelle que soit la fonction syntaxique assumée par les déictiques, ils
ont comme dénominateur commun une fonction pragmatique : celle
de guider le regard de l’interlocuteur vers le référent visé. Il s’agit donc
là d’une définition fonctionnelle des déictiques, qui servent à orienter

1 Die Zeigwörter bedürfen nicht des Symbolfeldes der Sprache, um ihre volle und präzise Leis-
tung zu erfüllen; sie bedürfen aber des Zeigfeldes und der Determination von Fall zu Fall aus dem
Zeigfeld oder, wie Wegener–Brugmann noch sagten: der anschaulichen Momente einer gegebenen
Sprechsituation. (Bühler 1934: 119)
2 Das Zeigfeld der Sprache im direkten Sprechverkehr ist das hier-jetzt-ich-System der subjek-
tiven Orientierung... (Bühler 1934: 149)

152
LA DEIXIS BÜHLERIENNE : RÉSUMÉ ET RÉCEPTION

le partenaire de l’interlocution dans la situation de communication,


dans leur environnement. Or cette fonction pragmatique des déictiques
ne peut être réalisée qu’à l’aide d’un auxiliaire sensible, extralinguis-
tique (geste ou équivalent), qui est présent dans les trois modes de
deixis répertoriés par Bühler : la deixis visuelle (« Deixis ad oculos »
ou « ad aures »), la deixis de l’imaginaire (« Deixis am Phantasma ») et
la deixis anaphorique (« die Anaphora »). Cette classification est fon-
dée sur le degré décroissant de la présence sensible du référant dans le
champ perceptif des partenaires de l’interlocution.

Il existe différents modes de deixis ; je peux montrer visuellement


et utiliser de façon anaphorique les mêmes déictiques dans un dis-
cours éloigné de la situation de parole ; il y a encore un troisième
mode, que nous nommerons deixis de l’imaginaire.3

Les trois modes de deixis


Alors que la deixis ad oculos ou deixis « par excellence » (Conte 1988:
240) renvoie à un référent présent dans le champ perceptif commun aux
partenaires de l’interlocution, la deixis de l’imaginaire se réalise dans
l’« espace mémoriel ou dans un espace construit dans l’imaginaire »
(Conte 1992: 93). Il s’agit du « domaine des souvenirs achevés et de
l’imagination constructive ».4 La deixis anaphorique (« anaphorisches
Zeigen ») s’exerce dans le domaine de la perception plus abstraite du
discours ou du texte, c’est-à-dire dans le champ déictique contextuel.

[…] le contexte discursif qui se forme est érigé lui-même en champ


déictique quand nous montrons de façon anaphorique.5

La fonction de pilotage (« Steuerungsfunktion ») est commune à ces


trois modes de deixis : les expressions déictiques guident l’interlocu-
teur, en lui permettant d’identifier le référent de l’expression déictique
car elles sont associées à des indices sensibles.

3 Die Modi des Zeigens sind verschieden; ich kann ad oculos demonstrieren und in der situati-
onsfernen Rede dieselben Zeigwörter anaphorisch gebrauchen. Es gibt noch einen dritten Modus,
den wir als Deixis am Phantasma charakterisieren werden. (Bühler 1934: 80)
4 […] im Bereiche der ausgewachsenen Erinnerungen und der konstruktiven Phantasie. (Bühler
1934: 123)
5 […] daß der werdende Kontext einer Rede selbst zum Zeigfeld erhoben wird, wenn wir ana-
phorisch zeigen... (Bühler 1934: 124)

153
SANDRINE PERSYN-VIALARD

1. La deixis ad oculos
Reprenant la théorie de Brugmann exposée dans son article paru en
1904, Bühler subdivise la deixis ad oculos en quatre sous-catégories,
définies en fonction de l’éloignement géographique du référent par rap-
port au locuteur : la deixis du celui-ci (« der-Deixis ») renvoie à une
tierce personne située à proximité du locuteur, la « hic-Deixis » désigne
le lieu où se trouve le locuteur, la « istic-Deixis » réfère au lieu où est
situé l’interlocuteur, enfin la deixis du celui-là (« jener-Deixis ») renvoie
à un tiers éloigné du locuteur dans l’espace ou dans le temps.
Dans le cas de la deixis du celui-ci c’est le geste du doigt indicateur
qui constitue l’auxiliaire sensible nécessaire à l’identification du référent,
comme le montre l’analyse de l’exemple « der Hut » (« ce chapeau »).
En ce qui concerne la « hic-Deixis », la présence du signifiant isolé ne
suffit pas à identifier le référent auquel renvoie l’expression déictique :
celle-ci nécessite des indices situationnels, qui sont la provenance spa-
tiale et une caractéristique individuelle. Ainsi dans une réunion chaque
participant répond par « présent » à l’appel de son nom ; cet auto-si-
gnalement montre que les sons produits par l’appareil vocal humain
possèdent des qualités d’origine spatiale et des caractéristiques indivi-
duelles qui permettent d’identifier le référent de l’expression déictique.
Bühler en conclut que la propriété de provenance spatiale, carac-
téristique fondamentale de la « hic-Deixis », joue un rôle similaire
au geste indicateur accompagnant la deixis du celui-ci. De même
l’étude de la « istic-Deixis » révèle l’existence d’une profusion d’in-
dices indirects tels que les gestes indicateurs ou les propriétés vo-
cales, sans qu’aucun paramètre constant, spécifique à cette catégo-
rie de deixis, ne soit décelable.
L’auteur de la Sprachtheorie affirme donc que l’identification du ré-
férent des déictiques dans le champ perceptif concret commun aux
partenaires de l’interlocution nécessite un auxiliaire sensible ou indice
concret comme le geste indicateur (intervenant dans la deixis du ce-
lui-ci) ou la qualité d’origine spatiale du son (mise en œuvre dans la
« hic-Deixis » et dans la « istic-Deixis »). Les signes déictiques associés
à cet indice sensible ont donc une fonction de guide ou de pilotage
(« Steuerungsfunktion ») de l’attention de l’auditeur ou du lecteur. Il
s’agit là d’une thèse d’importance capitale dans la théorie linguistique
de Karl Bühler.

Qu’il n’y a dans la langue qu’un seul champ déictique et comment


le remplissement de la signification des déictiques est liée à des au-

154
LA DEIXIS BÜHLERIENNE : RÉSUMÉ ET RÉCEPTION

xiliaires déictiques sensibles et reste tributaire de ces derniers et de


leurs équivalents, telle est l’affirmation fondamentale qui doit être
commentée et justifiée.6

Comment cette fonction d’orientation s’exerce-t-elle dans une repré-


sentation imaginaire, où les indices sensibles font apparemment défaut,
car elle n’est pas liée à une perception visuelle concrète, mais se présente
comme le fruit d’une construction mentale (souvenir ou imagination) ?

2. La deixis de l’imaginaire
Bühler affirme que l’indication in absentia n’est possible que dans l’hy-
pothèse d’un déplacement (« Versetzung ») de l’objet imaginé dans l’es-
pace réel ou du sujet dans un espace imaginaire. Le premier type de
deixis, appelé par Conte deixis objective, désigne la transposition d’un
objet imaginaire dans l’espace perceptif commun aux partenaires de
l’interlocution. Il est illustré par l’exemple du meuble que le sujet de
la perception introduit mentalement dans la pièce présente dans son
champ perceptif réel, ou dans l’exemple de la pièce de théâtre. La deixis
de l’imaginaire permet donc de s’orienter dans l’imaginaire, elle sert
de support de l’imaginaire (« Phantasiesteuerung ») : elle permet de
« présenter quelque chose d’absent à autrui dans l’imaginaire avec des
moyens linguistiques. »7
Or cette projection ne concerne pas seulement l’objet, mais aussi le
sujet : la deuxième catégorie de deixis de l’imaginaire correspond à la
transposition du sujet de la perception dans un univers imaginaire, pur
produit de l’esprit. C’est la raison pour laquelle on peut la qualifier, à la
suite de Conte, de deixis subjective.
Outre ces deux cas de deixis de l’imaginaire, Bühler met en évidence
un troisième type, plus rare et intermédiaire entre les deux premiers :
la transposition du locuteur dans une partie de l’espace réel située hors
du champ visuel du locuteur. Bühler donne l’exemple d’un passant qui
indique à quelqu’un l’itinéraire à suivre pour se rendre à la gare, alors
que celle-ci est absente du champ visuel des interlocuteurs.
L’étude du fonctionnement de la deixis de l’imaginaire d’une part in-
firme l’hypothèse initiale, stipulant l’absence d’auxiliaires situationnels

6 Daß es in der Sprache nur ein einziges Zeigfeld gibt und wie die Bedeutungserfüllung der
Zeigwöter an sinnliche Zeighilfen gebunden, auf sie und ihre Äquivalente angewiesen bleibt, ist
die tragende Behauptung, die ausgelegt und begründet werden soll. (Bühler 1934: 80)
7 […] mit sprachlichen Mitteln Abwesendes einem anderen im Phantasma zu präsentieren...
(Bühler 1934: 139)

155
SANDRINE PERSYN-VIALARD

concrets dans la deixis de l’imaginaire, d’autre part renforce la thèse de


Bühler selon laquelle intuition et signification sont complémentaires,
car l’intuition est indispensable pour garantir l’identification du référent
des déictiques dans une situation de communication concrète.
Si la deixis de l’imaginaire et la deixis ad oculos sont exophoriques,
car elles désignent un élément extra-discursif, en revanche la deixis
anaphorique est endophorique, car elle renvoie à un élément du dis-
cours. Ce statut spécifique de l’anaphore a été parfaitement perçu par
Bühler qui la traite à part.

3. La deixis anaphorique
Dans la deixis anaphorique c’est le discours lui-même et non pas la si-
tuation d’énonciation qui est érigé en champ déictique. L’anaphore, qui
se trouve à la jonction entre la deixis et la dénomination conceptuelle,
transcende la différence irréductible entre champ déictique et symbo-
lique en créant le champ déictique conceptuel, qui réalise en quelque
sorte leur synthèse. Bühler distingue entre l’anaphore, renvoyant à un
élément du discours situé en amont de l’expression anaphorique et la
cataphore, référant à un élément discursif qui se trouve en aval de l’ex-
pression anaphorique.
Néanmoins il faut relever une incohérence théorique contenue en
germe dans la terminologie « deixis anaphorique », qui dénote une
confusion entre anaphore et deixis,8 comme l’atteste la définition büh-
lerienne de l’anaphore :

En un mot : ils [les déictiques] sont toujours là en contexte, mais


leurs bras ou leurs flèches ne renvoient plus directement aux choses
que l’on doit chercher du regard et que l’on trouve dans le champ vi-
suel, mais ils renvoient à des parties de contexte et à des fragments
de contexte.9

Or cette définition correspond à celle que les linguistes contempo-


rains donneront plus tard de la deixis textuelle.10 Il importe en effet
de distinguer entre anaphore et deixis textuelle, qui ont des propriétés
différentes : la deixis textuelle, qui utilise une terminologie topo-déic-

8 Voir Braunmüller (1977: 119-125, 133, 149) et Hebermann (1988: 75ss).


9 Mit einem Wort: sie stehen immer noch da im Kontexte, aber ihre Arme und Pfeile weisen
nicht mehr direkt auf Dinge, die man mit den Augen im Blickfeld suchen soll und findet, sondern
sie deuten auf Kontextstellen und Kontextstücke hin, wo man findet, was am Platze der Zeigzei-
chen selbst nicht geboten werden kann. (Bühler 1934: 390)
10 Voir Fillmore (1972: 164), Braunmüller (1977: 117) et Lyons (1980: 667).

156
LA DEIXIS BÜHLERIENNE : RÉSUMÉ ET RÉCEPTION

tique (« plus haut ») ou chrono-déictique (« plus tard »), renvoie à un


segment du texte : les éléments anaphoriques, eux, reprennent l’anté-
cédent qu’ils remplacent. Ainsi l’anaphore est fondée sur une relation
d’identité, alors que la deixis textuelle repose sur un rapport spatial.11

Actualité de la théorie bühlerienne de la deixis


Dans le cadre de la distinction, qui est toujours de mise, entre dénomi-
nation et désignation (ou deixis),12 la théorie bühlerienne de la deixis est
tout à fait moderne et profondément novatrice pour son époque à deux
égards. Certes, Bühler s’inspire très largement de la théorie de Wege-
ner (1885) et de Brugmann (1904) sur la deixis, mais la Sprachtheorie
constitue dans l’histoire de la linguistique la première théorie globale
de la deixis, dont la pertinence pour la linguistique est de nos jours
communément admise, puisqu’elle constitue la base commune de la
majorité des théories actuelles sur la deixis.13 De plus, le concept de
deixis de l’imaginaire est innovant : introduit par Bühler au début du
XXe siècle, il sera repris par la linguistique contemporaine. D’une part
les deux modes de deixis (deixis ad oculos et deixis de l’imaginaire)
distingués dans la Sprachtheorie se retrouvent dans toutes les publi-
cations récentes sur la deixis. D’autre part la monographie de Sitta
intitulée Deixis am Phantasma (1991), entièrement consacrée à la re-
définition du concept de deixis de l’imaginaire, témoigne à la fois de la
pertinence de la pensée linguistique de Bühler, qui n’a rien perdu de son
actualité, et du regain d’intérêt qu’elle suscite auprès des linguistes.
Néanmoins certains aspects de la théorie bühlerienne de la deixis de
l’imaginaire sont sujets à caution. D’une part Bühler qualifie de façon
erronée la troisième catégorie de deixis de l’imaginaire de « translation
intermédiaire » entre la deixis subjective et la deixis objective. Outre
le plus-que-parfait et le futur antérieur (Bühler 1934: 138), l’auteur de
la Sprachtheorie cite également des descriptions d’itinéraires. Toute-
fois l’exemple qu’il cite n’est pas représentatif des descriptions d’itiné-
raire courantes, où locuteur et récepteur se trouvent au même endroit.
C’est pourquoi Klein (1979: 51) analyse une description d’itinéraire
typique, où le lieu où se trouvent les interlocuteurs coïncide avec le
point de départ de l’itinéraire indiqué. Le locuteur informe des tou-

11 Cette catégorisation erronée de l‘anaphore dans la deixis est critiquée en particulier par Lyons
(1980: 669), Axel Bühler (1988: 290), Conte (1988: 240) et Sitta (1991: 260-261).
12 Voir Lemaréchal (1992: 109).
13 Voir Sitta (1991: 1).

157
SANDRINE PERSYN-VIALARD

ristes sur l’itinéraire à emprunter pour se rendre à la maison de Goethe


à Francfort. Cette description s’articule en deux étapes successives : la
première étape met en œuvre une deixis ad oculos et la deuxième une
deixis de l’imaginaire, fondée sur le souvenir pour le locuteur et sur le
souvenir ou dans l’imaginaire pour le destinataire. Dans un deuxième
temps, l’orientation est réalisée par rapport à un repère indépendant de
l’énonciateur, car l’origine du lieu de l’énonciation est transférée vers
un autre lieu où se trouve une tierce instance. Cette orientation qui
s’opère à partir d’une instance distincte des partenaires de la conver-
sation, est désignée par l’appellation d’« orientation intrinsèque ». Or
celle-ci ne présente pas les caractéristiques de la deixis (Sitta 1991: 68).
Par conséquent, la troisième catégorie de deixis de l’imaginaire distin-
guée par Bühler est dénuée de tout bien-fondé, car le troisième cas cité
par Bühler ne relève pas de la deixis de l’imaginaire mais seulement
d’une combinaison de la deixis ad oculos et de l’orientation fondée sur
une perspective intrinsèque (c’est le cas des descriptions d’itinéraire
typiques).
Il n’est pas non plus légitime de classer, comme le fait Bühler, la
deixis du discours rapporté dans la deixis de l’imaginaire. Cette clas-
sification, commune à Bühler et à Sennholz, est en fait récusée par
Halliday (1976), qui considère que les expressions déictiques dans le
discours rapporté relèvent de l’anaphore. Ainsi Halliday admet deux
possibilités d’interprétation pour l’énoncé : « Et ensuite Pierre dit [1] :
Je ne peux pas supporter ce type. [2] ». On peut prendre en compte
uniquement le segment [2] et dans ce cas « je » est un déictique exo-
phorique relevant de la deixis ad oculos. Mais si l’on prend en compte
la totalité de la séquence discursive constituée par les segments [1] et
[2], alors « je » est un anaphorique, car il est coréférent à Pierre. Cette
dernière interprétation, retenue par Halliday, nous semble la plus per-
tinente. Il nous semble dès lors légitime de classer cet exemple dans
une troisième catégorie de deixis, la métadeixis en invoquant le fait
que le discours rapporté relève du métalangage. L’expression « je » dans
la citation et son antécédent « Pierre » dans le texte cadre sont co-
référentielles. Or la métadeixis n’appartient ni à la deixis ad oculos
ni à la deixis de l’imaginaire, car entre l’expression métadéictique et
le référent auquel elle renvoie il existe une relation endophorique et
non exophorique. C’est pourquoi il nous semble préférable de classer
la deixis du discours rapporté dans la catégorie de la métadeixis et non
de la deixis de l’imaginaire.

158
LA DEIXIS BÜHLERIENNE : RÉSUMÉ ET RÉCEPTION

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159
Karl Bühler’s
“Construction of Human Speech”
A Survey of Part IV
of Bühler’s Sprachtheorie

Frank Vonk
Arnhem

Introduction: questions on elements and compositions,


parts and wholes
Before focusing on Part IV of Bühler’s Theory of Language (Sprach-
theorie. Die Dar­stel­lungs­funk­tion der Sprache) I will deal with some
questions relating to its status and to the former parts of his main
work, his principles of language research, the deictic field and deictic
words, and the symbolic field and naming words. Did Bühler add this
final part, which seems to have been written between 1929 and 1934
if one looks at the references, as an illustration of the effect of his
principles on deictic and symbolic fields? Is it a logical follow-up of all
these parts? Should one read them as continuous, or is it possible to
read and study Part IV separately? Is there any relation with, or a devel-
opment of, Bühler’s earlier studies on language, psychology or related
topics? Furthermore, how do the topics or disciplines addressed in Part
IV contribute to Bühler’s multidisciplinary research programme, given
that most of them are fairly conventional in linguistic work (words,
sentences, phonemes, sounds, etc.)? They seem to stand quite isolat-
ed here and are neither explicitly part of earlier studies nor of later,
post-Sprachtheorie ones. Concerning the books used or referred to it
shows that Bühler’s readings and interpretations in part IV are mainly
concerned with texts from the late 1920s and early 1930s, probably to
support the relevance of his language and speech theoretical studies
within contemporary research and theoretical or systemic findings in
parts I to III, which do go back to Bühler’s earlier research activities.
More generally, one might ask what kind of book Bühler’s Sprach-
theorie is? Why did he write and publish it in 1934, having announced
it in the Krise derPsychologie in 1927 (cf. Bühler 1927 [2000: 49]) and
even long before that in the introduction to Die geistige Ent­wick­lung

161
FRANK VONK

des Kindes (1918) where he, working on the development of the human
intellect, explicit­ly proclaims his interests in a general theory of lan-
guage, for instance when linking the scribbling and drawing of children
with the basic functions of language (Grundfunktionen der Sprache):

Ihre Verfolgung führte geraden Weges hin zu bestimmten Prinzipien


einer allgemeinen Sprachtheorie, die den Verfasser im Anschluß an
Marty und Husserl seit einem Jahrzehnt beschäftigen; was hier nur
angedeutet werden konnte, soll nun bald explizite in einer zusam-
menfassenden Arbeit gesagt werden. (Bühler 1918, 31922: VI; cf.
Kamp 1977: 89)

Why then did it take so long to complete this book? What was his
audience? Was it clear from the beginning (1908) what would be
the result of Bühler ’s language theoretical reflections? Has it been
positively or negatively reviewed and by whom? What has been its
impact, for in­stance on bio-linguistics or communication studies, in
the development of linguistics as a scien­tific discipline of its own?
Furthermore, is it still a worthwhile reading in 2014?1 Did it really
contribute to a discussion of fundamental insights (Grund­lagen­dis­
kus­sion) in Bühler ’s sematological (i.e. language-theoretical) app-
roach or to the discussion of the foundations of those sciences which
actually played a role in Bühler ’s scientific approach, i.e. psychology,
sociology, linguistics (and linguistic sub-disciplines), medicine and
biology? Should his later work on language, navigation and the ge-
stalt principle be understood as a con­tinuation of his Sprachtheorie?
Are there links between these studies and his language-theoretical
work, or did he rather (more or less forced by the circumstances
in the late 1930s) choose another di­rec­tion? What were Bühler ’s
platforms for the publication of his ideas? And, was there in the
1920s and 1930s a kind of mainstream scientific discourse on this
abstract, more philo­sophi­cal level which was affected by his studies,
apart from the impact of his lectures and other scien­tific activities
(such as public lectures) at the University of Vienna?2

1 There have been many positive and critical longer and shorter reviews and announcements of
Bühler’s Sprachtheorie. As well in the German academic as in Italian, Spanish, and French jour-
nals. The book has been reviewed by, among others, Hermann Ammann (1885-1956), Ramón
Ceñal Lorente, Helmuth Dempe (1904-1990), Joseph Fröbes S.J. (1866-1947), Agostino Gemelli
(1878-1959), Eduard Hermann (1869-1950), Eino Kaila (1890-1959), Ernst Mally (1879-1944),
Hans Schwarz, Carlos Valderrama Andrade, and Emil Winkler (1891-1942) (cf. Kamp 1977).
2 Kamp (1977: 90) outlines the development of Bühler’s theory of language and distinguishes
four phases: its genesis (1907-1918; a psychology of language), the preparation (1918-1928; lin-

162
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

One final question which often comes to mind is, whether the first
three parts wouldn’t have sufficed to make Bühler ’s reputation as a
language theoretician or sematologist the outstanding one as it seems
to be–especially–today. Can we do without Part IV? Or is it necessary
to read this part today as an inevitable and necessary part of Bühler ’s
whole Theory of Language?
All these questions are linked to the impact all topics, theories,
and ideas collected in Part IV had on the scientific context in which
these studies on (in particular) sound and language structures must
be situated, and on the epistemological principles underlying this
part. There seems to be a scientific justification of adding this part to
his Sprachtheorie in showing how parts (elements) and wholes (com-
posites) go together and indeed presuppose each other in adequately
addressing phenomena of language, including the semantic and prag-
matic dimensions of using speech in communicative situations and
addressing its content in interaction.3
The texts assembled in Part IV discuss issues which are highly rel-
evant, it seems, to topics dealt with in a multidisciplinary approach
in language research, showing an intense collaboration of linguists,
philosophers, psychologists and sociologists on the single (although
complex) object which is the particular speech event. From the very
beginning it is clear that Bühler didn’t contribute to linguistics in a
narrow, exclusive sense, an autonomous discipline as later linguists

guistics in the broad sense), the systematization (1929-1938; philosophy of language, reflective,
looking back and trying to systematize the findings up to then), and finally its expansion (1951-
1960; theory of communication): Kamp (1977: 92) con­siders Bühler’s Sprachtheorie to be one of
the „bedeutendsten Beiträgen zur Grundlagenreflexion der Sprach­forschung und als Kerngebiet
seines wissenschaftlichen Gesamtwerks“.
3 It is tempting to approach these issues from a modern (or even postmodern) point of view
and to address questions relating to for instance a sociology of scientific knowledge, which seems
to be rather relevant here: did Bühler write his Sprachtheorie on his own or was it a joint venture
of specialists from different fields of expertise – regardless of the many scientific references in the
texts (134 authors mentioned, a lot of them, i.e. 112, only once or twice on 162 pages) – reading
and commenting on these texts.
From the correspondence in the Grazer Forschungsstelle und Dokumentationszentrum für Öster­
reichische Philosophie some letters from Bruno Sonneck could be retrieved showing that Sonneck
read parts of Bühler’s work and wrote to Bühler about his findings. Not much could be found on
Sonneck himself, apart from his 1933 Vienna dissertation Das Satzproblem im Rahmen der Büh-
lerschen Sprachtheorie and a separate study on Der Satz als Einheit und die Satzarten (Sonneck
1935: 446-477). In this article Sonneck de­velops and elaborates on Bühler’s „Untersuchung d[er]
Darlegungen Karl Bühlers über den Satz (Sprachth. 356ff.)“. His letters from November 8 and 11,
1934, show that Sonneck read Bühler’s manu­scripts carefully and critically adding to Bühler’s
interpretation of authors referred to in the main text. Other Viennese names listed in Part IV
include Karl Brenner, Ernst Locker, Paul Kretschmer, Max Hermann Jelli­nek, Konrad Lorenz,
Nikolaj Trubeckoj, Wilhelm Diemke, Heinrich Gomperz, and many more.

163
FRANK VONK

would have it. He borrowed extensively and eclectically from contem-


porary as well as earlier methodological and scientific discourses and
contributed to them himself in most of his works, papers, and lectures
up to the Sprachtheorie. One might say that his language-theoretical
thought jumps out of the box of classical disciplines, which proceed
in a fairly isolated way following strict methodological rules. How-
ever, concerning Part IV, Bühler corresponded with several specialists
in linguistics such as Max Hermann Jellinek (1868-1938), Professor
of German language and literature, to whom Bühler sent his book and
who replied by a friendly yet critical letter in November 1934,4 or Bru-
no Sonneck (fl. 1933), in those days supposed to be completing his
Sprachliche Untersuchungen zur Zeichentheorie, as it is maintained
in a footnote in the Sprachtheorie (Bühler 1934 [1990: 44]), and co­
oper­ating with Bühler on his theory of language by discussing specif-
ic linguistic matters. Also men­tioned in Part IV are Dr. Ernst Locker,
a classical philologist from Vienna, who helped Bühler in assembling
suitable examples to illustrate “materially collecting ‘and-complexes’”
(Bühler 1934 [1990: 363]), and the Indo-Germanic scholar and clas-
sical philologist Paul Kretsch­mer (1866-1956), whose article Sprache
(1927) was used by Bühler in section 27 on the compound sentence.
But first, I will outline some of the scientific and methodological
aspects of Bühler’s theory of language as a theory which addresses the
main object of multidisciplinary research: the particular speech event
(das konkrete Sprechereignis).

Scientific and methodological preliminaries:


a science of the particular speech event
There seems to be no doubt that the particular (concrete or realistic)
speech event is the main “linguistic” phenomenon which Bühler ad-
dressed in his language theoretical and psy­cho­logical work. Already
in his contribution to the twelfth Congress of the German Society of
Psychol­ogy in 1931, “Das Ganze der Sprachtheorie, ihr Aufbau und
ihre Teile” cf. Bühler 1932 [2012]), Bühler designed his scientific under-
standing of language as a social phe­nom­enon, enabling in­di­viduals
to contact each other, to interact, and to influence the mutual con­
tribution to human society (Gemeinschaft) as such (cf. Ungeheuer

4 Jellinek in a hand-written letter, wrote Bühler, after having received his Sprachtheorie: „Alles
war für mich höchst interessant; nur möchte ich die Bemerkung wagen, daß der § 4 an die Hus-
serl-Kenntnis von uns armen Linguisten zu große Anforderungen stellt.“

164
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

1967). Bühler had already focused on the social aspect of language in


his Krise der Psychologie and before in earlier work, and the formu-
lation of three axioms which outline his construction of a more or
less em­piri­cally and logically coherent theory of perception-depend-
ent and perception-in­de­pen­dent semantic in­stitutions which guide
human behaviour.5
In this contribution he situated his theory of language within a broader
range of the human and natural sciences. A further reflection on the ob-
ject and the principles of language research is necessary, based upon the
results of language oriented research in different disciplines: linguistics,
psychology, sociology, philosophy, and biology, to name only those dis-
ciplines which are conceptually clearly dominant in this outline of a
fruitful and effective theory of language – thus it may also have had an
effect on the scientifically complex understanding and study of language
as a material and mental phenomenon. The one and only object of
these disciplines, however, remains the same: particular speech events
in their con­texts. It is the starting point of quite various and wide-rang-
ing research activities, intended to reveal different aspects of the speech
event. Thus, every speech event is variously perceived or understood
based upon the particular goals pursued by researchers in different dis­
ci­plines: language structures [Sprachgebilde], the speech act [Sprech-
handlung], and the human com­munication of signs [Zeichen-Verkehr]
(cf. Bühler 1932 [2012: 152]), each of these dimen­sions or aspects
covering the main disciplines which are concerned with language as a
means of interaction and communication (and thus of human knowl-
edge and understanding of reality in a broader sense).
Linguists mainly focus on the structural dimensions of language, psy-
chologists on speech acts and speech events, and sociologists on the func-
tion of language within a community: language is a means of enabling
and ideally establishing contact and com­muni­ca­tion. Only by “bringing
together these approaches” Bühler foresees promising developments in

5 His theory of social interaction contains the following pre-linguistic and linguistic principles:
I. Wo immer ein echtes Gemeinschaftsleben besteht, muß es eine gegenseitige Steuerung des
sinnvollen Benehmens der Gemeinschaftsglieder geben. Wo die Richtpunkte der Steuerung
nicht in der gemeinsamen Wahrnehmungssituation gegeben sind, müssen sie durch einen
Kontakt höherer Ordnung, durch spezifische semantische Einrichtungen vermittelt werden.
II. Soll der Eigenbedarf und die Eigenstimmung der an einem Gemeinschaftsleben beteiligten
Individuen bei der gegenseitigen Steuerung zur Geltung gelangen, so müssen sie zur Kund-
gabe und Kundnahme gelangen.
III. Durch Zuordnung der Ausdruckszeichen zu den Gegenständen und Sachverhalten ge-
winnen sie eine neue Sinndimension. damit eine unabsehbare Steigerung ihrer Leistungs-
fähigkeit als Kommunikationsmittel. Das eine durch das andere. (Bühler 1927 [2000: 71])

165
FRANK VONK

language research in a broader sense, thus presenting a plea for multidis-


ciplinary language research.
What is relevant here is the mutual positioning of these disciplines
and the effects research has upon the complete domain of language
research as a whole. Every discipline con­tributes to a particular appear-
ance (Erscheinungsweise) of language,6 on the one hand in its materi-
alized version and on the other hand in its function as a sign. A general
semeology (or sematology) shows the ideal or abstract functions of lan-
guage and relates them to the particular material speech event:

Eine allgemeine Semeologie, in der die konstitutiven Begriffe ex-


akt definiert werden und allem, was Zeichenfunktionen trägt und
erfüllt in der Welt, ein systematischer Platz an­ge­wiesen wäre, das
wäre in der Tat sowohl für die Psychologie wie für die Sprachfor-
schung eine Hilfe von kaum zu überschätzender Bedeutung. (Bühler
1932 [2012: 154])

Because of its theoretical complexity, language should be consid-


ered as a sign system con­tributing to both psychology and linguis-
tics and to the domain of logic or a theory of objects. Because of its
complexity, Bühler shows in his sematological approach that a pre-
sema­tol­ogical or naturalistic and positivistic account of speech fails
to reach an under­standing of its meaning:

Das Spezifische an der Sprache, ihre Zeichenfunktion muß un-


ter den Tisch fallen, wenn man von vornherein - sagen wir einmal
kurz: nur das Stoffliche an ihr betrachtet. So war es mit dem alten
Schema der Analyse. Es sind aber prinzipiell zwei Betrachtungen
von­nö­ten. Man kann auch ein Wohnhaus entweder auf Steine und
Balken und die anderen Ma­terialien hin, aus denen es gebildet ist,
und wie sie zusammenhängen, untersuchen, oder auf die Räume
hin, die es dem Bewohner bietet, und alle Wohnzwecke, die es er­
füllt. (Bühler 1932 [2012: 155])

The sign function of language combines the material approach


with the functional or goal- oriented one, related to the aim of specific
material combinations:

6 In an earlier work, his Handbuch der Psychologie. Erster Teil: Die Struktur der Wahrnehmun-
gen. Erstes Heft: Die Erscheinungsweisen der Farben, Bühler (1922) had already outlined the con-
ditions of the ap­pear­ance of colour in space. There is a parallel with his theory of language in that
language as such does not ap­pear but it needs some clear sematological conditions with makes it
possible to use language as a mean­ing­ful in­strument within human interaction. In its preface he
had also announced a second part on Sprechen und Denken.

166
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

Genauso unentbehrlich ist für den Sprachforscher beides, die


Stoffkenntnis und die Funk­tions­betrachtung, schon bei der Beob-
achtung und Beschreibung des konkreten Sprech­er­eignisses. (Büh-
ler 1932 [2012: 155]).

The functional approach takes into account the inductive idea of


the sign nature of language. The particular speech situation, ana-
lyzed and described by many earlier linguists like von Humboldt or
de Saussure, constitutes linguistic research as such. In his focus on
the audible lin­guistic sign and its material substrate Bühler imme-
diately brings up its complexity of the function of signs in human
communication – which can already be deduced from the de­velop­
ment of the organon model in his Sprachtheorie. Sound waves are
exchanged by and between senders and receivers in complex contexts
and situations and are assigned meaning not only because of these
sound waves but mainly because of the representative function of
signs within a logical system (framework) in which signs have their
place (Platzhalten). Only an under­standing of this complexity and
the logical preconditions creates meaningful and under­ standable
utterances. In exchanging sound waves, these waves become func-
tional only when raised to a different, systemic level. Phonemes,
words, sentences do not represent sound waves but rather stand for
what is perceived (das sinnlich wahrnehmbare Sprachzeichen) and
represent logically what they should represent: the world of more
or less complex objects and states of affairs, by means of linguistic
structures. An interesting comparison was made by Bühler in using
saccharin instead of sugar and thus creating the same effect in the
one who takes this surrogate as sugar would. What he refers to is a
kind of “order” (Ordnung), in this particular case the order of tastes,
which makes it possible for saccharin to replace sugar. The principle
of order can also be transferred to a solicitor representing a client
within a legal system or to colour stains representing a scenery in a
painting. The same goes for language signs representing objects or
states of affairs, free of any metaphysics.
A soundly constructed theory of language, as Bühler maintains,
takes into account this representation of the world in terms of signifi-
cation and it orders e.g. spots or sounds/ phonemes on a more syntag-
matic level within a logical framework which combines meaning­less
elements into meaningful structures which then enter communicative
interaction between language users within a social context:

167
FRANK VONK

Die Sprachtheorie [or sematology! - F. V.] muß systematisch und


reinlich die Ordnungen be­stimmen, in deren Rahmen die Sprach-
zeichen als Stellvertreter fungieren. Und sie muß zei­gen, auf welche
Art und Weise sie das tun. Das ist eine Angelegenheit der ausge-
bauten Se­meo­logie, die in bestimmten Grenzen frei von jeder Me-
taphysik und frei sogar von den dif­fe­renten Grundhaltungen der
Erkenntnistheoretiker gefördert werden kann. Sie ist da­ge­gen nahe
verwandt mit dem Unternehmen der Husserlschen Phänomenolo-
gie, soweit ich verstehe. (Bühler 1932 [2012: 156f.])

Although there is no clear-cut meaning of the term “phenomenology” in


Bühler’s work (cf. Kamp 1977: 239-262),7 here is at stake one of the six
meanings of phenomenology which Ru­dolf Kamp has found in Bühler’s
work: a general sign theory or semeology which might function as an
approach towards the particular speech event, combining the representa-
tional order of things in signs on the one hand and indications of a signal
or symptom of what the sender or receiver expresses or perceives on
the other. It is obvious that in this particular case the “real world” and
its representation in language can be perceived as a meaning-conferring
act (bedeutungs­verleihender Akt), a subjective correlate in this particu-
lar case, giving meaning to speech events. However, there is one thing
which does not meet modern ideas about what language is able to do.

7 There are also letters exchanged between Bühler and Husserl; they knew one another perso-
nally. In a letter from June 28, 1927, Husserl wrote Bühler regarding his Krise der Psychologie,
which Bühler had sent Husserl and is in his library in Louvain that it is very useful to discuss
methods and aims in current psy­chol­ogy and to show how this crisis has developed. Nevertheless,
Husserl sticks to his transcendental phe­nom­enol­ogy which goes back to his opinion that tran-
scendental phenomenology is as useful to grasping reality in its essence as is a universal a priori
psychology to empirical psychology:
Vielleicht ist es jetzt für den Psychologen Zeit, einmal die ganze bisherige Problematik
und Leistung be­sinn­lich zurückzustellen und das wieder zu überlegen, was doch aller the-
oretischen Arbeit voranliegt: die uni­ver­sale vorwissenschaftliche Erfahrung, in der die Er-
fahrungswelt des Lebens konkret-lebendig gegeben ist. Was in dieser Korrelation vorliegt
systematisch in seinen We­sens­notwendigkeiten zur Aussprache zu bringen, das ist der
Grundsinn der transzendentalen Phäno­menologie, und es müssen darin enthalten sein
die prin­zi­piell­sten Richtlinien für alle Wis­senschaften hinsichtlich ihrer universalen Auf-
gabenstellung (nämlich derjenigen, die vor allen be­son­de­ren Aufgaben liegen und allen
besonderen Methoden). Solange die Psycho­logie nicht be­sinn­lich zurückgeht auf dieses
vorpsychologische, aber auch völlig konkret erfasste Leben, bleibt sie in der his­to­rischen
Naivität und befangen in den Vorurteilen, die die Neuzeit seit Descartes gross ge­züch­
tet und fast un­über­windlich gemacht hat. (Brief Husserls an Bühler; in Schuhmann ed.:
Brief­wech­sel Edmund Husserl. Bd 7: Wissenschaftlerkorrespondenz)

It is clear that Bühler in his Krise der Psychologie addressed just the last problem Husserl had
outlined: the fact that modern psychology since Descartes hadn’t paid enough attention to this
pre-psychological concrete life to which Bühler’s particular speech event belongs as well.

168
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

Isn’t it a common opinion that language, while lacking the power to


represent objects or states of affairs directly, creates the possibility to
refer, by using words, sentences etc., to a particular world or context in
which these words and sentences become meaningful? However, this
would raise a discussion of the existence of objects and states of affairs
in and for Bühler’s construction of a theory of language which only par-
tially addresses concrete objects - which, while part of the Leibnizian and
Ehrenfelsian epistemological positions, combines the functional re-ar-
rangement of objects of reference within a communicative setting in a
tricky way which as such (also from a theoretical point of view) is of no
use to Bühler’s worldview.8
From an epistemological point of view it is rewarding, based on the
principles of abstraction and form (Gestalt), to have a closer look at the
way in which scientific “facts” are (re-)constructed in Bühler’s scien-
tific practice.9 An example is the impact of Bühler on Lorenz’ evol-

8 In a letter to his former collaborator Paul Lazarsfeld (1901-1976) from August 24, 1953, he
explains his two-level theory which can be found in his later research on guided locomotion:
animal steering (cf. Esch­bach 1984a: 58ff.). Both levels, the constituting situational factors or ele-
ments and the logical or symbolic field of language, come together in the idea that language is, like
animal steering, an essential part in com­muni­cation as a syntactical steering of human speech.
Steering is essential in moving towards certain directions by animals, insects for instance, which
make use of the arrow moment in landmark steering and steering makes use of syntactic means
(cf. Bühler 1922) making meaning possible in human communication: we need signs to connect
language with an internal and external reality and to relate them to the intention, understanding
or feeling accompanying the expression and perception of signs.
Thus Bühler’s thoughts go in the direction of a “comparative cybernetics” which shows a remark­
able drive of unifying psychology, language theory, biology, sociology and contemporary ideas in
animal and human behaviour (vgl. Ungeheuer 1967; Knobloch 1984). The central notion of “fun-
ction” seems to have been the main trigger here which presupposes basic notions as “orientation”
and “direction” which seem essential in human contact and interaction as well.
9 This scientific practice, the view from the outside, relate to the way he and Charlotte Bühler
organized their Psychological Institute in Vienna, the topics of his lectures in Vienna, and before in
Dresden, Munich, Bonn, and Würzburg: did he modify the topic and/or contents of his lectures in
Vienna and before, was he able to speak freely, without paper (it seems that he wrote his lectures
out in full), and offer the latest ideas on the topics he lectured on, and seminars and the scientific
discussions in journals or during the many conferences he visited? Thus, the sociology of scientif-
ic knowledge considers science as a social institution and is looking for social determinants like
scientific communities, their social structure or the organizational impact on the development of
science. Next to this, the content of scientific knowledge should be considered a social phenom-
enon: the (peer) evaluation of knowledge, its acceptance or rejection, and the idea that facts are not
the objective building blocks of knowledge. Facts are the results of negotiations between scientists (a
kind of transactional approach), social constructions, and therefore topics such as power or the use
of catchy metaphors might turn out to be decisive in what theory, model or empirical study comes
out as leading in particular domains, whether these are linked to the humanities or the natural
sciences. Dominant concepts in the sociology of scientific knowledge are: interpretations of data,
theories, experiments, etc., the ways in which discussions lead to consensus, and finally relating the
outcome of these discussions to a wider social and cultural context. This more relativist approach
towards the scientific practices, now and in the past, mainly addresses the ways in which scientific

169
FRANK VONK

utionary epistemology. Bühler had praised Lorenz for his evolution-


ary e­pis­te­mol­ogy. Lorenz develops this idea in his Die Rückseite des
Spiegels (1973). This epis­te­mol­ogy, acknowledged by Bühler, connects
the knowing subject and reality. It is the fundamental relation between
the knowing subject (das erkennende Subjekt) and reality which grad-
ually becomes known by the active knowing subject. This epistemol-
ogy can be summarized as a hypothetical realism, which states that
knowledge increases both onto- and phylogenetically, based on induc-
tion and the gradual approximation of the phenomenal and the real,
objective world, The history of mankind, its evolution, shows a gradual
adaptation to environmental con­ditions which contributes to the pres-
ervation of our species:

Alles, was wir Menschen über die reale Welt wissen, in der wir
leben, verdanken wir stam­ mes­geschichtlich entstandenen, Rele-
vantes vermeldenden Apparaten des In­ for­
ma­
tions­
gewinns, die
zwar sehr viel komplexer, aber nach gleichen Prinzipien gebaut sind
wie jene, welche die Fluchtreaktion des Pantoffeltierchens bewir-
ken. Nichts, was Gegen­stand der Naturwissenschaft sein kann, ist
auf einem anderen Wege zu unserer Kenntnis ge­langt als auf eben
diesem. Aus dieser Einsicht folgt, daß wir die menschlichen Fähig­
kei­ten zum Erkennen der Wirklichkeit anders beurteilen, als es die
Erkenntnistheoretiker bis­ her getan haben. Wir sind, was unsere
Hoffnung betrifft, den Sinn und die letzten Wer­te dieser Welt zu
verstehen, sehr bescheiden. An unserer Überzeugung dagegen, daß
alles, was unser Erkenntnisapparat uns meldet, wirklichen Gege-
benheiten der au­ßer­sub­jek­tiven Welt entspricht, halten wir uner-
schütterlich fest. (Lorenz 1973 [41983: 16])

It seems that Lorenz, following Bühler, created an evolutionary


epistemology by borrow­i ng from Bühler the idea that evolutionary
theory will contribute to the development of psy­chology of which
Bühler in the second half of the 1920s had said that it was in cri-
sis. The com­p lexity of human interaction is based upon the idea
that the development and im­prove­ment of knowledge consists in
addressing the ontological reality of the known by the knowing

knowledge develops and contributes to wider social and cultural developments – and therefore how
science becomes relevant in and for society from which it takes its main research questions. One
might ask: did Bühler’s scientific work represent the scientific discourses of (say) the 1920s and
1930s, or was his scientific work in a way atypical of these? The best way to find out is, as a mat-
ter of fact, to study the consequences of his work for the disciplines he was working in, the topics
taken over by contemporary scientists, whether psychologists, linguists or philosophers, and the
productive comments or reviews written after 1934.

170
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

sub­ject. Our knowledge then seems to have a hypothetical charac-


ter which presupposes the reality of the world. The impact of the
environment of the knowing subject and the pre­sup­p o­sition of a
real world leads to a hypothetical realism which appears nowadays
rather outdated. It is, however, what the principles of abstraction
and the gestalt principle have contributed to a de­v el­o pment of our
understanding of the real world.

The constructions or building blocks of human speech:


parts and wholes
1. The introduction to Part IV: Leibniz, Aristotle, and von Ehrenfels
It is relevant to point out that the “Introduction” to Part IV (Bühler
1934 [1990: 289-293]) shows some revealing preliminaries concern-
ing the rest: it seems that this introduction outlines the idea of (lin-
guistic) complexity and how this complexity, based on contemporary
research, could or should be understood and made applicable to top-
ics addressed in Part IV. It is therefore surprising that Bühler started
his Introduction with one of the main ideas in Gottfried Wilhelm
Leibniz’ (1646-1716) Monadology (1714) on individual or simple sub­
stances and their combination, and Christian von Ehrenfels’ (1859-
1932) articles on Ge­stalt­qualitäten (1890/1932) dealing with the
possibility of explaining the perception of com­plex phenomena in a
non-elementarist way. Both can be considered as extreme positions
rep­re­sent­ing two essential or crucial ideas in philosophy and psychol-
ogy: that of the relation between parts and wholes and the ways in
which their interplay constitute the meaning of words and sentences
in human speech (situations).
Bühler starts immediately with one of the most complex metaphys-
ical texts in modern Western philosophy: Leibniz’ Monadology. In
this opuscule, the concept of monads as simple sub­stances is hypo-
thetically introduced:

Et il faut qu’il y ait des substances simples, puisqu’il y a des com-


posés; car le composé n’est autre chose qu’un amas ou aggregatum
des simples. (Bühler 1934: 256f. [1990: 290]; Leibniz 1996: 438)10

10 Cf. Busche (1990: 6-10) for a critical approach to Leibniz’ Monadology and the issue of what
exactly monads “are” and how they can be composites when they are indivisible, invisible and
simple. For a closer look at the beginning of Leibniz’ Monadology cf. Rutherford (2009).

171
FRANK VONK

By stating that there are simple substances, Leibniz concludes that


there must be composites, since composites are nothing but a loose com-
bination of elements or simple substances which do exist, so it seems (cf.
Rutherford 2009: 37); Bühler considers this a “for­mal maxim” (for­ma­ler
Leitgedanke; Bühler 1934 [1990: 289]) in Leibniz’ work, but it is not
very clear why Bühler decided to start with Leibniz’ metaphysical man-
ifesto here which as such has raised a lot of interpretational issues over
the centuries.11 He could have started, for instance, with 19th-century
associationist, empirical psychology in which elementarism, based on
pres­en­tations and the construction of complex ideas, was rather domi-
nant and would have made his point just as well.12
In Part I, “The Principles of Language Research”, Bühler had already
shown that the “Cartesian, Spinozistic, Leibnizian or Lotzean” con-
tribution to the philosophy of science has led to “an intimate under-
standing of a whole group of sciences that must remain het­ero­ge­neous”
(Bühler 1934 [1990: 22]). One is in need a method to overcome this het-
erogeneity and to show that the elements, or constituting parts, must
- from a logical point of view - be necessarily completed or connected
on a higher, more abstract scientific level: there must be a “different”

11 The introduction to the Monadology, for instance, raises the analysis-and-construction prob-
lem:
1. On what grounds does Leibniz hold that any composite is, in fact, a mass or aggregate
of simples?
2. How do simple, mind-like substance [lacking extended parts] and their relations ex-
plain the ap­parent existence of material things. [...], how can any aggregation of such
substances determine the existence of an extended material thing, whether that thing be
a corporeal substance (the living body of a plant or animal) or merely a mass of inorganic
matter [like heaps of sand]. (Rutherford 2009: 38)

The issue here is the role of what cannot be divided into parts. These are the “simple substances”
which cannot be analyzed into elements any further. So, “whatever is an aggregate is one only on
account of the mind and has no reality except that which is borrowed from the things from which
it is aggregated” (Rutherford 2009: 42). These are the true and real unities (of the mind).
12 Leibniz’ name can be found in earlier work like Bühler’s Krise der Psychologie or Die geistige
Entwicklung des Kindes. The concept of a mechanical process constituting mental life can be re-
lated to the “idea of a cosmic teleology” which is caused by a meaningful order of this mechanical
process. This is what Bühler denies: this cosmic teleology cannot explain the “Seelenmechanik
der klassischen Assoziationstheorie” (Bühler 1927 [2000: 25]). Mainly the windowlessness of the
monads seems to be the fundamental point of critique on Leibniz. Bühler’s starting point is the
concrete interaction between two or more people (and their minds) via a material substrate which
is completed by the human intellect or his unique possibility to think and assign (zuordnen) mean-
ing to objects and states of affairs. Assigning words, symbols, drawings etc. to real objects which
are represented by mental, intellectual acts, culminating in words, maps, floor plans, paintings
etc. The biological use of presentations thus may be found in the act(ivity) of presenting: pres­en­
ta­tions are structures (Gebilde) or events, whose essence is to be assigned to something different
from what they are and represent (vertreten).

172
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

scientific approach which reconsiders the structural contributions of


this group of heterogeneous sciences in a more spontaneity-based one,
also enabling the construction of meaningful units.
Concerning the distinction between phonetics and phonology, Carl
Stumpf (1848-1936) in his book Die Sprachlaute (1926), for instance,
had not recognized the specific linguistic or sematol­ogical task, thus
failing to “make the transition to phonology” and to a linguistically
relevant dimension of sounds (cf. Bühler 1934 [1990: 22f.]). Bühler in
his article “Phonetik und Phonologie” (1931) elaborates on the quite
familiar scientific demarcation of phonetic and phonological approach
in linguistics and relates these to specific deficits in Stumpf ’s book.
Stumpf only touches upon one of both views of the same initial object
(Aus­gangs­gegen­stand), “human speech sounds”. According to Bühler,
phoneticians focus on physical aspects of sounds, phonologists do take
into account, based upon a comparative study of sounds, the relevance
of some of the main characteristics (like saturation, melody or inten-
sity) for a system of sounds (vowels for instance), leading to a sign-
based or sematological view of speech sounds:

Mit den Zeichen, die eine Bedeutung tragen, ist es also so bestellt,
daß das Sinnending, dies wahrnehmbare Etwas hic et nunc nicht
mit der ganzen Fülle seiner konkreten Eigen­schaf­ten in die seman-
tische Funktion eingehen muß. Vielmehr kann es sein, daß nur dies
oder jenes abstrakte Moment für seinen Beruf als Zeichen zu fun-
gieren relevant wird. Das ist in einfache Worte gefaßt das Prinzip
der abstraktiven Relevanz. (Bühler 1931 [2012: 189])

If we relate this to Bühler ’s remark in his overview of phonetic research,


its study of acoustic phenomena, a study of the aspect of meaning
of these phenomena, this part is lacking in Stumpf ’s account. As he
had already stated in his Krise der Psychologie, phonetics stays away
from the linguistic meaning of its initial object of study. However,
the selection of those sounds and their characteristics functioning as
meaningful signs is part of another discipline and thus taken over, on
a higher level of abstraction, by sematology which studies the meaning
of signs and its functioning within society. Psychology and linguis-
tics (and sociol­ogy as well) complete the study of signs as meaningful
parts in human communication. This does not mean, however, that
phonetics is a meaningless, material part in his scientific lin­guistic or
language theoretical panorama. On the contrary, it lays bare the main
material (physical) aspects which characterize sounds as fundamental,

173
FRANK VONK

material and audible parts and moments, necessary in and for human
communication:

Aus der vieldimensionalen und kontinuierlichen Mannigfaltigkeit


der mit dem mensch­li­chen Stimmapparat erzeugbaren Laute, aus
dem kaum übersehbaren Bereich des Mögli­chen, verwendet jede
menschliche Sprache nur eine abzählbare Menge wohl charak­te­ri­
sier­ter Elemente und Komplexe. (Bühler 1927 [2000: 67])

In their contextual, social use these sounds emerge and become in their
connection and per­ception on a higher, more abstract level meaningful
(they show a face, based on relevant characteristics, a description one
might say) as signs being assigned to objects and states of affairs, and
thus represented by signs.
But let us continue with Leibniz: The accumulation of simple sub-
stances is without any impact or effect on other simple substances, as
monads are not extended, have no form and cannot be divided, hav-
ing no parts: they are, as it were, wholes or units. Monads are eternal
substances which have been created and set at once by God. Although
monads are windowless, meaning that nothing can come in or go out
(they are impervious), they do have their own qualities from the outset.
Otherwise they would not be real or differ from each other. Therefore,
monads do have different qualities but they do not affect one another.
They are individuals in a strict sense.
What is remarkable here is still Bühler’s rather unspecific reference
to Leibniz’ Monadol­ogy and his suggestion that the account of monads
would suffice to support his ar­gu­ment that Leibniz’ view formally op-
poses the notion of synthesis (or combination, as it has in Aristotle’s
Categories and De Interpretatione).13 This example is used to oppose
the idea of a collection of sounds, words or sentences with the psycho-
logical idea of a Gestalt. Thus, Gestalt psychologists oppose the idea
of an atomist or elementarist conception of language in this particular
case. Leibniz had suggested the idea of a monad as a windowless unit
in or from which nothing enters or leaves without forgetting about

13 Even when one takes into account the fact that Leibniz
had intense linguistic interests throughout his life, and was concerned as much with the
general theory of language (especially in its relation to thought and knowledge), as with
empirical research in the field of language comparison, dialectological and etymological
research, word collection and defining linguistic families. (Simone 1998: 183)

The idea behind this interest is fairly different from Bühler’s but still has an anthropological
dimension, which is part of Bühler’s interest in language as well.

174
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

the issue of the ex­change of what is, from the outset, integrated in
every monad on a particular level of individual con­scious­ness: percep-
tive powers are part of every single monad. Now, individual monads,
while indivisible since immaterial, are interconnected, based on in-
born capacities which are initially created and universal. Materiality
then would make them divisible and therefore temporal, analyzable
and thus understandable. While monads transcend experience (they
cannot be per­ceived), they seem to be, as stated above, mind-like sub-
stances, con­stitut­ing and/or linked to material bodies which exist as
well, are divisible, and can be infinitely analyzed. This division is not
like a heap of sand but it is in fact what is originally folded in, meaning
that every point in space and time, in its ‘infoldedness’, is connected
with all other individuals, like a folded sheet of paper: this implies that
the whole is in a way informed in this sheet of paper, and the number
of folds is infinite.
Every monad or simple substance needs a material body to enable per-
ception: and in­cluding the material body a monad forms an ‘animal’, a
soul and body, and the combination of monad and body is a harmonious
one from the beginning. Bodies are aggregations of dominant simple sub-
stances and a subordinate material body, necessary for men or animals to
have perceptions (conscious perceptions or apperceptions as well, which
represent the uni­ver­sal or the eternal) and thus to communicate with
other men and animals. One might say that there is a material substrate
which is the precondition for created substances to have any contact with
others and there is a pre-stabilized simple substance, a monad, which has
the in­born possibility to perceive and to trigger thinking based upon some
inner qualities or predi­cates. A further and more detailed analysis of Leib-
niz’ Monadology would lead to a different account of Leibniz’ position,
compared to those mentioned (cf. Mugnai 2005: 79-85).
Now, Leibniz’ approach apparently contradicts or opposes the pos-
sibility of a synthesis (com­bination) which can be found in Aristotle’s
doctrine of the judgment or of the com­bination of names and verbs
in sentences and thus generating an affirmative or negative sentence
(cf. Aristotle’s De Interpretatione, 16a9ff.). Although names and verbs
do have a proper meaning separately (as symbols),14 we cannot ex-
press truth or falsity if we do not com­bine these individual names
and verbs into sentences (syntheses or synthemata). Bühler maintains
that the concept of synthesis as opposite to that of an aggregate of

14 It is interesting here to notice that, like Aristotle, Bühler is mainly concerned with speech or
spoken lan­guage (the particular speech event) as well.

175
FRANK VONK

simple sub­stances can be found in the work of Immanuel Kant (1724-


1804), Gottfried Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831), or Ernst Cassirer
(1875-1945), and in Wilhelm Wundt’s (1832-1920) concept of creative
synthesis (schöpferische Synthese) as anticipating the gestalt principle:

Jede Wahrnehmung ist zerlegbar in elementare Empfindungen. Aber


sie ist niemals bloß die Summe dieser Empfindungen, sondern aus
der Verbindung derselben entsteht ein Neues mit eigentümlichen
Merkmalen, die in den Empfindungen nicht enthalten waren. So
setzen wir aus einer Menge von Lichteindrücken die Vorstellung
einer räumlichen Ge­stalt zusammen. Dieses Prinzip bewährt sich
in allen psychischen Kausal­ver­bindungen, es begleitet die geistige
Entwicklung von ihren ersten bis zu den vollkommensten Stufen.15

By taking up this principle of creative synthesis in an article on psychic


causality (Über die psy­chi­sche Kausalität und das Prinzip des psycho-
physischen Paralelismus, 1894), Wundt an­tici­pates the ideas of Gestalt
psychology which can be found in the work of von Ehrenfels, although
he changed it into a different conception which abstracts from the con-
stituting el­ements and focuses on that which is brought to conscious-
ness and which is different from a com­plex of presentational contents
(Vorstellungsinhalte). Bühler agrees and maintains that “it is said that
the sentence is obviously more than and different from an aggregate of
words” (Bühler 1934 [1990: 289f.]).
Von Ehrenfels’ idea of Gestaltqualitäten tries to overcome the ele-
mentarist psy­cho­logi­cal movements of the 19th century. By introduc-
ing the notion of Gestalt, he was able to explain the “perception of
complex formations such as spatial figures” (Smith 1994: 244). It was
his initial idea that the perception of forms or Gestalten is different
from the ex­peri­ence of mere aggregates, as stated by Bühler in the in-
troduction to Part IV. Form- or Ge­stalt­ex­peri­ences add something to
the sensory elements, thus creating a two-level theory of per­ception:

In sensing the elements and their spatial determinations we are


able to apprehend the shape as an additional object (quality, attrib-
ute) as it were side by side with its associated elements. Our total
experience is therefore something distinct from the experience of a

15 Cf. http://de.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Wundt#cite_note-54. Wundt’s creative synthesis


has been formu­lated, in the line of Leibniz, as a principle of knowledge in empirical psychology.
Creative synthesis is the idea that for instance words of speech are not the decoding of stimuli or
what has been perceived or stored in the brain - from the outside - but it is the “brain’s subjective
reactions to events in our sensory system” (Blu­men­thal 2001: 129).

176
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

mere sum or aggregate of sensory elements. [...]: we can recognize a


given shape, for ex­ample, by looking at an enlargement or reduction
of the shape, [...]. (Smith 1994: 245f.)

Thus, Bühler’s principle of constancy is an illustration of this gestaltist


approach as well. Ir­re­spec­tive of certain qualities being more or less vis-
ible, we see the “same” object when it is nearer or further away. Then
the elements as such do not influence our perception of the object.
Concerning the perception of the complex speech event, von Ehrenfels
makes the same argument: perceiving sounds is different from perceiv-
ing tones or noises, meaning that, based on the distinction of “relevant”
noises, words emerge and can even be called “Gestalt qual­ities”. Thus,
they can be compared to the sound shape (Klanggesicht) and the item-
ized phonematic descriptions (phonematische Signalemente) which
go beyond the separate, material dimension and thus form language
signs, using the principle of abstractive relevance. The itemized pho-
nematic descriptions form a kind of fixed structure which determines
the oftentimes fluctuating character of sound shapes (Klanggesichter)
or sound structures (cf. Bühler 1936: 163):

[Ich behaupte:] Auch die Phoneme sind Konstanzerscheinungen.


Nur wohnen sie im psy­cho­physischen Aufbau ein Stockwerk höher.
Bei ihnen handelt es sich nicht mehr um ein Wie­der­erkennen der
Dinge bei wechselnder Entfernung, sondern um ein Wieder­er­ken­
nen jener Klanggebilde, die man Wörter zu nennen pflegt, wenn de-
ren Klanggesicht sich än­dert. Die Phoneme bilden ein Signalement
der Wörter. Und es gilt der Satz von der Si­gnale­ment-Konstanz der
Wörter im Wechsel ihres Klanggesichts. (Bühler 1936: 165)

2. The identification of meaningful entities in speech:


the gestalt principle
It is worth noticing that Bühler, in section 18 of his Sprachtheorie,
“Sound shape and item­ized phonematic description” (Das Klanggesicht
und das phonematische Signalement), takes up his 1931 article on
phonetics and phonology, showing the input Nikolaj Trubeckoj (1890-
1938) and Stumpf have provided to the discussion of a systematic ac-
count of sounds and of a systemic way to address them. A further step,
according to Bühler, should be made:

Die Phonologie von heute lost die Aufgabe einer systematisch auf-

177
FRANK VONK

gebauten Dia­kri­sen­leh­re nur im ersten Schritt und wird beim zwei-


ten zur Gestaltpsychologie in die Lehre gehen müs­sen. Dazu das
Folgende. (Bühler 1934: 283 [1990: 320])

The gestaltist approach which adds to the phonological structure of


words is characterized as an “auditory whole” of a word which “springs
or bursts open” (Aufplatzen, Sanskrit: sphota;16 Bühler 1934: 283 [1990:
321])) at the very moment when the auditory whole has been given
un­equivocally (eindeutig). However, the “effortless understanding” of
speech is not ex­peri­enced by most of us as a kind of machine-gun fire
leading to a bursting open (aufplatzen) of under­standing. Many factors
in using words in everyday speech reduce the complexity of under­
standing the speech event: contextual clues, melody or rhythm, stress,
or some other minimal complex matters (Komplexmerkmale), and the
notion of constancy in speech: although the sound shape is never iden-
tical in speech, the itemized phonematic description of words remains
and makes it possible to fairly easily distinguish and identify what has
been said and meant.
One of Bühler’s basic issues here is that sound shapes or marks are
warranted by this principle of constancy of the diacritical description
contained in the changes of those sound shapes and the constancy of
the description as an outstanding characteristic. The description (Signa-
lement) remains more or less identifiable in the continuous floating
and streaming of sound shapes (Lautgesichter). This phenomenon was
already acknowledged by the end of the 19th century when psychol-
ogists, including Benno Erdmann (1851-1921) and Raymond Dodge
(1871-1942) in opposition to Wilhelm Wundt (1832-1920), started an
analysis of the process of reading:

Das Gesicht, von dem wir sprechen, geht nahezu verloren und wird
fadenscheinig bei der op­ti­schen Symbolisierung der Wortbilder in
unserer Druckschrift, das Signalement da­ge­gen bleibt mehr oder
minder gut erhalten. Als die Psychologen vor vierzig Jahren den er­
sten Vorstoß machten zu einer modernen Analyse der Prozesse des
Lesens von Druck­schrif­ten, war dies der erste Punkt, über den sie
sich nicht sofort zu einigen wußten, ob das gedruckte Wortbild am
Gesicht oder am Signalement erkannt wird. B. Erdmann und Dod-

16 This concept can be linked to the 5th-century Indian grammarian Bhartrhari. He reflected
on the role of the vernacular, spoken language, in relation to Sanskrit and designed a theory of
speech acts, made up of three stages: the idea (conceptualization of the speaker), the medium (the
performance of speaking), and complete utterance (when the interpreter comprehends the idea of
the speaker) (cf. Cardona 1994: 48ff).

178
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

ge waren Vertreter einer Gestaltstheorie, sie nannten das Ent­schei­


dende die opti­sche ‚Ge­samt­form‘, während Wundt die Gegenthese
verfocht, daß das Wortbild am Si­gna­le­ment der ‚determinierenden
Buchstaben‘ erfaßt wird. Die Diskussion verlief da­mals im Sand
und verdient heute nicht mehr so unzulänglich, wie sie geführt
wurde, er­neuert zu wer­den. Wohl aber verdient das feinere Finger-
spitzengefühl Wundts im Rück­ blick volle An­er­
kennung. (Bühler
1934: 277 [1990: 314f.])

Now, since the controversy over the thought psychological experi-


ments, set by Oswald Külpe and his research group (cf. Pongratz 1997;
Massen, Bredenkamp 2005), Bühler and Wundt were no “pals”; yet
this passage shows that Bühler does not cling to former controversies
and academic turf-wars and acknowledges that Wundt’s view on this
issue needs to be re­con­sidered. It becomes clear here that both dimen-
sion of reading and hearing are complementary and necessary in un-
derstanding signs. Part IV, however, has more to say about the gestaltist
approach in a theory of language.

3. The Gestalt approach


In the introduction to Part IV the notion of Gestalt had already been
introduced as an ele­men­tary addition to the atomist or elementarist
approach, i.e. Leibniz and many 19th-century psy­chol­ogists such as
Herbart and Lotze, as far as Bühler ’s perception of their ideas is con-
cerned. The idea is that for instance a sentence “is obviously more
than and different from an ag­gre­gate [aggregatum] of words” (Bühler
1934 [1990: 289f.]). In the school of Alexius Meinong (1853-1920)
this opposition has become common practice as it has become in the
synthesis of judgments, of words as elements in sentences as aggre-
gates und thus syntheses of com­bi­nations of the subject and predi-
cate.17 Bühler ’s sematological project, it becomes obvious from the

17 Bühler refers to Rudolf Ameseder’s (1877-1937) “Beiträgen zur Grundlegung der Gegen-
standstheorie” (1904) to outline the meaning of “Gestaltkomplexe” in relation to phenomena of
language (cf. Bühler 1934 [1990: 290]). Ameseder represents the Graz school of production theory
of gestalts which had been initiated by Alexius von Meinong (1853-1920), with whom Bühler
corresponded until short before Meinongs death (cf. Vonk 1992: 273-292):
Meinong nahm in seinen Schriften Ende der achtziger Jahre, Anfang der neunziger Jahre
bereits an, daß von der Summe der Bestandteile (z.B. einer Wahrnehmung) zusammen-
hängende Ge­samt­hei­ten zu unterscheiden sei­en, die aus den Bestandteilen allein nicht
zu erklären seien. Diese Ge­samt­heiten nannte Meinong Kom­ple­xi­onen. Diese Komple-
xionen erklärte Meinong mit Ak­ti­vi­tä­ten des Betrachters. Erst durch diese Aktivitäten
(„Pro­duktionen“ - daher Produktionstheorie) ent­steht aus Einzelelementen beim Be-

179
FRANK VONK

chapters of Part IV, is intended to do justice to both significant struc-


tures: the claim that “these structures are aggregates in one respect”
and that they are “synthemata [com­po­si­tions] in another” (Bühler
1934 [1990: 290]). After having ordered the elements into words or
sentences we need a “shift of attitude”. When the sematologist pre-
supposes symbols and fields in the constitution of any sentence, we
gain the following argument:

Wenn es zweierlei, nämlich Symbole und ein Feld gibt im Satze, so


kann eine zweimalige Zäh­lung widerspruchsfrei dort zum Ergebnis
n und hier zum Ergebnis 1 gelangen. Und das n darf und muß sich
Ebenso von Leibniz, dem produktiven Mathematiker, sach­ge­recht
als eine Summe wie die Feldeinheit als etwas anderes den eine Sym-
bolsumme be­stim­men lassen. (Bühler 1934: 257 [1990: 290])

With regard to sentences and compounds, the above can be summa-


rized as a com­bi­na­tion of elements within or related to a formal sen-
tential structure which steers the under­standing of the meaning of the
whole as one; without a sort of supersummative approach, a Gestalt
or form, shape or figure, as was suggested by von Ehrenfels (cf. Smith
1994: 245), it seems im­possi­ble to create meaningful unities merely by
combining the material and the formal con­stitu­ents which lie at the
heart both of the smallest meaningful units, i.e. the phonemes, and the
more complex ones, i.e. the sentence compounds.
Bühler illustrates the function of Gestalten and the principles of
Ehrenfels’ super­sum­mativity and subsummativity on the basis of meta-
phor (section 23). Metaphors combine the meanings of the compound
elements (a coincidence of spheres, Sphärenmischung) and thus they
create a new experience, a new meaning, abstracting from some of the
constituting properties:

Die selektive Wirkung der Sphärendeckung braucht kaum eigens


herausgearbeitet zu werden; man halte irgendein neugeschliffenes
anderes Beispiel oder die abgegriffene Me­ta­pher ‘Salonlöwe’ [a kind
of woman-killer – fv] daneben. […]. Es gibt am Wüsten­be­woh­ner
‘Löwe’ gar viele sprichwörtlich fixierte Eigenschaften, darunter auch
Blutgier und Kampfgeist. Die Sphäre ‘Salon’ aber deckt sie ab, genau
wie die Baumsphäre alle nicht passenden Königseigenschaften ab-
deckt; ich werde auf dem Spaziergang im Schwar­zwald zum Hölzle-
könig nicht Krone und Purpurmantel und beim Rendez-vous beim

trachter der ganzheitliche Ein­druck. (Lück 1991:71)

180
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

Freund Salonlöwe nicht Blutdurst und männlichen Kampfgeist er-


warten. Wie sol­ches Abdecken zustande kommt im psychophysi-
schen System ist eine der zentralen Fra­gen an die Sprachpsycholo-
gie. (Bühler 1934: [1990: 399])

The law of suppression is a universal phenomenon which shows the ef-


fect of super- and sub­sum­mativity: the first consists in new properties
which do not inhere in the spheres combined, the second in the law of
suppression, leaving out or selecting from what the combination of the
elements, individually compounded, brings to mind. Thus the Gestalt
is an additional object which generates properties of the compound
which are not covered by the combined con­cepts. It is nevertheless
the specific knowledge of the speaker-hearer and the experience of the
communicators which makes this knowledge transferable and access-
ible. Some of the prop­erties of both spheres are covered this way, others
are highlighted and generate a new con­cept which adds to the separate
parts and are highlighted because some of the properties more or less
accidentally collide (cf. Musolff 2013: 116-118).

4. A chapter on the compound sentence


Another relevant chapter in Part IV is concerned with compound
sentences (Satzgefüge) and with Bühler ’s analysis of a gestaltist
versus an elementarist approach towards words and sentences. In
compound sentences the linguist Paul Kretschmer maintains that
the relation between hypotactic and paratactic sentence structures
is quite relevant:

„Es ist eine für die Geschichte der Satzgefüge grundlegende, übri-
gens bis auf Adelung zu­rück­gehende Erkenntnis, daß es ursprüng-
lich nur einfache Sätze gegeben hat und das hy­po­taktische Satzver-
hältnis aus dem parataktischen hervorgegangen ist.“ (Quote from
Kretsch­mers Sprache (1927); Bühler 1934: 398 [1990: 452])

In this chapter he discusses the emergence of compound sentences,


conjunctions and relative clauses from the Proto-Indogermanic. In the
Vienna dissertation of Willy Diemke, Die Ent­ste­hung hypotaktischer
Sätze. Dargestellt an der Entwicklung des Relativsatzes in der Sprache
der alten Ägypter (Vienna 1934), this issue had been addressed and
Bühler took it up in order to show the language-theoretical issue at
stake here. When we compare Greek, Latin, and Old Egyptian texts,
the number of hypotactic clauses in Egyptian is lower, and thus it is

181
FRANK VONK

syn­tactically less complex than Indogermanic languages such as Greek:

Für unsern Zweck genügt es, die deutsche Wiedergabe beider Re-
den [of an Old-Egyptian text and a period in Thucydides - fv],
wie sie der Autor selbst bringt, zu vergleichen. Die ägyp­tische ist
das Paradigma einer lapidaren Sprache, die griechische ein Bei-
spiel jener reich­ge­gliederten (polyarthrischen) Perioden, die uns
aus der Kunstwerkstätte der grie­chi­schen und lateinischen Klassi-
ker bekannt sind und im Vergleich mit modernen Texten wie die
weiland hochgetakelten Fregatten der alten Seefahrer anmuten.
(Bühler 1934: 399 [1990: 453])

What is theoretically important for Bühler is what Kretschmer said


about the de­vel­opment of hypotactic clauses in different language fam-
ilies and what Diemke has shown in his detailed analysis of Old-Egyp-
tian sentence constructions - meaning that there is something correct
in Kretschmer’s suggestion about the idea that originally there were
only simple sentences.
The theoretically interesting question, however, regards the way of
referring to other simple sentences in Egyptian [“linked” in hieroglyphs
in a particular way] and how it is done in the „vielgelenkige, durchglie-
derte Wesen des Griechentums“ (Bühler 1934: 400 [1990: 455]). He had
already outlined, in Part II, his three modes of reference in language to
1. particular visible objects (demonstratio ad oculos), 2. objects which
are not visible and need deictic clues (Zeighilfen) in order to steer one’s
imagination towards the right object (Deixis am Phantasma), and 3.
references within complex written or oral texts removed from the sit-
uation (Anaphora). This functional analysis of modes of reference can
be found in Bühler’s distinction between the relative clause and ‘imag-
ination-oriented deixis’ which he illustrates by using some examples
from Diemke’s dissertation and from Karl Brugmann’s (1849-1919)
approach,18 using the deictic word “dér” in “dér hat’s gemacht” or “dér

18 Brugmann is one of the main linguists dealt with in Part II with regard to the deictic field and
deictic words: he and Philipp Wegener (1848-1916) are the main predecessors in Bühler’s study of
the concept of field in relation to the particular speech event. Brugmann has written a „program-
matische Abhandlung über die De­mon­stra­ti­va [der indogermanischen Sprachen]“ (Bühler 1934:
81 [1990: 95]) and outlined the wider contexts of the four modes of positional deixis (Positionszeig-
arten): hic- und istic-deixis, this- and yonder-deixis. From these modes of deixis Bühler develops
a model which covers all modes of deixis in all languages (being a universal phenomenon). Brug-
mann has come close to the notion of deictic field, using the concept “every­day human contact”
(Alltagsverkehr), meaning that:
was der Sprechende sagt, vom Angeredeten weitgehend „aus der Situation, in der die
Äu­ße­rung ge­schieht, das heißt aus der Örtlichkeit, wo das Gespräch stattfindet, den

182
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

Hut”. The difference between the imagination-oriented deixis and the


relative pronoun dér or das in Old-Egyptian is that the one is anaphor-
ic, the other kataphoric, and that in referring back to what has been
said before one needs a relative pronoun, an “anaphoric deictic word in
the strict sense” (Bühler 1934 [1990: 457]).

Das ist sprachtheoretisch der interessanteste Befund der Arbeit,


auf die wir uns stützen. Denn die Deixis am Phantasma hätte ein
Zusatzzeichen nicht nötig gehabt; wenn das gemeinte mir, dem
Sprecher, und meinem Hörer innerlich vor Augen steht, genügt ein
schlichtes to, um es zu treffen. Anders dagegen, wenn ich mich in
der Rede zurückwende und ein gerade ausgesprochenes Wort zei-
gend noch einmal treffen und durch den Nenn­wert dieses Wortes
denselben Gegenstand erreichen will. Eine solche Zurück­wendung
ist der erste Schritt in der Konstitution eines Relativums; er führt
zur Relativpartikel. (Bühler 1934: 401f. [1990: 456])

This chapter thus is mainly about the development and function of the
hypotactic sentence: a historical account of important contributions to
his theory of language (by Hermann Paul, Paul Kretschmer and Anton
Marty, to name just a few).
On the other hand, the opposition of expansive and contractive
compounds (Paul versus Kretschmer) is extensively dealt with in
Bühler ’s description of what is phenomenologically wrong with Paul’s
approach and with Kretschmer ’s focus on the expressive and appella-
tive function of language. Contrary to Kretschmer, Paul’s focus is on
the relation of several states of affairs determining the combination
of main and relative clauses and thus rather stresses the representa-
tional function of compounds:

In Kretschmers Typus ist es die Intentions-Einheit des zweimal Wort


gewordenen Er­leb­nis­ses, in Pauls Typus dagegen ist es eine Sachver-
halts-Relation, was die Fügung kon­sti­tu­iert. Die Erzählung er fiel um
und starb schildert zwei Ereignisse, die Schlag auf Schlag den­selben
Menschen trafen, und überläßt es dem Hörer, die Sachverhalts-Re-
lation spe­zi­
fisch auszudenken. Soll man das schon eine Hypotaxe
nennen? Tatsache ist, daß wenig da­zu­gehört, um die durch und nur
angedeutete Relation sprachlich nuancierter zu fassen und komplexer
zu gestalten: ‘er fiel um aber sprang wieder auf; die Tauern sind sehr
schön aber schwer zu erklettern‘. Ein solches aber setzt im Hörer ein

umgebenden Ge­gen­ständen, dem Be­ruf und Geschäft des Redenden, die dem Angerede-
ten bekannt sind, usw.“ (Bühler 1934: 84 [1990: 99])

183
FRANK VONK

Weiterdenken vor­aus und korrigiert oder bremst; es spricht zum Hö-


rer ungefähr so: ‚vielleicht hast du er­war­tet, daß der Gestürzte liegen
blieb? Nein, sondern …; vielleicht reizt Dich die Schön­heit der Tauern,
allein bedenke auch das Folgende.‘ Es sind im Wesentlichen solche Sub­
kon­struk­tionen, welche die Interpretation Pauls stützen; […]. (Bühler
1934: 409 [1990: 463f.])

After a concise section on Paul’s and Marty’s analyses of hypotactic con-


structions as a kind of Gestalten representing a relationship between
states of affairs, the idea of a sub­or­di­nate or hy­po­tactic clause as a part
of a sentence, the coordinate allows for a breach in the symbolic field (cf.
the example given before) and thus create two separate symbolic fields,
whereas the sub­ordinate clause belongs in a way to the symbolic field of
the main clause. Bühler concludes this chapter with a proposal for a the-
ory of types, showing how compound sentences within his theory of the
symbolic field, a kind of theory of syntactic valence which offers a kind of
scheme to be filled in with some grammatical categories showing in what
way the joints of speech are symphysically or synsemantically at stake.

5. What is a sentence?
To give another example of Bühler’s method in Part IV, in section 24
“The Problem of the Sentence” he deals with the book of John Ries, Was
ist ein Satz? Beitrag zur Grundlegung der Syntax. In this book, published
in 1931, Ries lists approximately 150 definitions of a sentence (cf. Elffers
2004: 187), which show some overlap or irrelevant definitions but still
show different traits „oder ein ganz neues Gesicht [des Satzes, das man]
der Menschensprache abgewinnen konnte“ (Bühler 1934: 356 [1990:
407]). This is only possible, Bühler maintains, in the case of

sehr bezeichnungsreichen und hochgradig synchytisch angelegten


Zen­tral­be­griffen eines Sach­bereiches, wie sie in der Umgangsspra-
che gebildet werden und bis tief in die Wissen­schaften hinein un­de­
fi­niert bleiben. (Bühler 1934: 356 [1990: 407]; cf. Eschbach 1984b)

Thus the definitions offer a varied and vague picture of what the term
“sentence” in a well-defined domain like linguistics should mean and
how it is used in different contexts: the notion of sentence is undeter-
mined, undefined or vague. From his axiomatic point of view, related
to the four-celled pattern in his axiom “speech action and language
work; speech act and language structure”, axiom C, he shows that sen-
tences can be ordered according to their more or less formal and more

184
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

or less subjective point of view. The different approaches appear in the


definition of a sentence combining three different features or aspects of
sentences, appearing in the synchytic definition given by Ries:

„Ein Satz ist ein grammatisch geformte kleinste Redeeinheit, die


ihren Inhalt im Hinblick auf sein Verhältnis zur Wirklichkeit zum
Ausdruck bringt.“ (Bühler 1934: 358 [1990: 408])

Bühler picks out the aspects ‘grammatically formed’, ‘smallest unit of


speech’, and ‘expressing its content with respect to its relationship to re-
ality’. He links the first aspect to the speech act, the latter to the language
structure and the middle might have its „logische Heimat im Rahmen einer
Lehre von der Sprechhandlung“ (Bühler 1934: 358 [1990: 409]). Thus, he
shows the importance of his four-cell model as an underlying principle of
order or structure. In 1918 Bühler himself, in his “Kritische Musterung der
neuern Theorien des Satzes” and in discussion with Wundt, Berthold Del-
brück (1842-1922), Aristotle (384-322 B.C.), Bernard Bolzano (1781-1848),
Edmund Husserl (1859-1938), Paul, and Marty had al­ready dis­tin­guished
between a one-sided approach towards sentences: theorists of ex­pression or
of re­pre­sen­tation (Kund­gabe­theo­re­ti­ker or Darstellungstheoretiker), and his
own multi- func­tional approach towards language. This approach is main-
tained in his definition of sentences as „die (kleinsten selbständigen) Sinn­
ein­heiten der Rede“ (Bühler 1934: 359 [1990: 409]). What is added here,
is the notion of “sense unit” (Sinneinheit) which completes Ries’s defini-
tion and shows Bühler’s insistence on this double approach towards lan-
guage which offers not only a formal linguistic unit but also the underlying
principles and fields which con­stitute meaning­ful entities like sentences or
compounds. Ries’s city of the Subject-Predicate palace and the surrounding
„Dorf von Me­töken­häuschen [‘abodes for the alien citizens’ – fv]“ (Bühler
1934: 359 [1990: 410]), such as in­ter‑jections and vocatives, shows the
problem of these „angeblich halbechten und un­voll­en­de­ten Satzerschein-
ungen“ (Bühler 1934: 359 [1990: 410]). These are language structures but
not sentences, they are like wedding gifts: „sie sind schön und man kann
sie nicht brauchen“ (Bühler 1934: 361 [1990: 412]). Linking, finally, his
criticism of Ries’s study as an “ele­men­tary immediate work of language”
is far too imprecise to cover the role of sentences as “sense or meaningful
units of speech”. What is missing in the discussion of sentences is the role
of sur­rounding fields which determine the full sentence:

Die Angabe der Riesschen Definition, ein Vollsatz sei „gramma-


tisch geform“, ist viel zu un­be­stimmt und vage. Wir ersetzen sie

185
FRANK VONK

durch die präzise andere Angabe, daß der Vollsatz ein geschlossenes
und wohlbesetztes Symbolfeld aufweist. Dies ist das Fundament,
auf wel­ches die rein grammatische Satzlehre gebaut werden muß.
(Bühler 1934: 366 [1990: 417])

This clarifies Bühler’s aim in Part IV of his Sprachtheorie to develop a


scientific sound way of analysis and synthesis showing their effects on
a sematological approach towards linguistic phe­nom­ena and the speci-
fic problems of a monofunctional approach towards these phe­nom­ena.
They cannot become meaningful units without considering the
underlying axioms and sym­bolic or deictic fields in which these phe-
nomena regain their status as essential and ef­fec­tive in the commu-
nity of language users.

Concluding remarks
When we survey the chapters of Part IV of Bühler’s Theory of Language,
it is clear that he combines his earlier theoretical ideas and research in-
sights with the most important results of con­temporary interdisciplinary
research in the domain of language. Also, he shows the principles of his
language theory at work in the different sections of Part IV. He is keen to
demonstrate the structural dimension of language phenomena, whether
syllables, phonemes, words or sentences but also the contextuality of
language use (the focus on the particular speech events, functioning as
raw data for anyone busy with language). He shows how the principle of
abstractive relevance and the gestalt principle of perceiving and under-
standing forms, instead of elements, monads or atoms, functions as
boosting scientific progress work: sciences develop because of the human
cognitive ability to go beyond the actual and factual and to construct
new knowledge based on the insights of past giants and on critical foot-
notes showing how and why sematology is able to improve the former
stadia of scientific knowl­edge. The main idea here is that language and
interaction presuppose a functional and con­structional idea which can
be found and analyzed in the axioms of Bühler’s theory of language.

186
KARL BÜHLER’S “CONSTRUCTION OF HUMAN SPEECH”

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Hogeschool van Arnhem en Nijmegen


(Arnhem Business School)
Arnhem

189
HISTOIRE DE L’ŒUVRE
Über die Zerstreuung, Zusammenführung und...
Auswertung des Bühler-Nachlasses

Achim Eschbach
Essen

Professor Karl Bühler ist im direkten Gefolge des Einfalls der Nazi-
truppen von drei Gestapo-Leuten verhaftet worden, weil sich sein
Name auf der von langer Hand vorbereiteten Verhaftungsliste be­fand,
der zehntausende führende österreichische Persönlichkeiten zum Op-
fer fielen. Bühler selbst spricht in einem Essayentwurf zu dem Thema
„Mein Leben in Deutschland vor und nach dem 30. Ja­nuar 1933“ von
„Schock-Lähmung“:

Hitlers Taktik ist der Blitzschlag. Als er Österreich nahm, war alles
peinlich genau auf Tod und Lähmung des Feindes vorbereitet. Ich
weiß nicht, wieviele den physischen Tod erlitten, ich weiß nicht,
wieviele nach Dachau in Konzentrationslager kamen; auch das be-
deutet eine Art von Tod. Dagegen kann ich eine Angabe machen
über die Zahl derer, denen eine Schock-Lähmung zu­ge­dacht war, es
waren in den ersten Wochen schon zwischen 30.000 und 60.000,
d.i. ½ bis 1% der Bevölkerung. Der unschuldige Ausdruck dafür ist
Schutzhaft; man wird in ‘Schutzhaft’ ge­nom­men, es bleibt offen,
ob das Individuum oder die Gemeinschaft vor dem Individuum be-
schützt wer­den soll. (Bühler, 2005: 12f)

Durch die sorgfältigen Recherchen einiger kritischer Journalisten (z.B.


B. Föger und K. Taschwer 2001) ist man heute einigermaßen umfas-
send über die Anschuldigungen informiert, die gegen Büh­ler erhoben
wurden: Philosemitismus (sic!), Freimaurerei, Tolerierung oder Förde-
rung mar­xis­ti­scher Ak­tivitäten,1 Unregelmäßigkeiten im Um­gang mit
Forschungsmitteln der Rockefeller-Foundation, etc. Summa summa-
rum dienten die De­nun­ziationen und bösartigen Verleumdungen dazu,
einen po­li­tisch mißliebigen Konkurrenten zu ver­drängen, um selbst
dessen Professur zu übernehmen (das gilt vor allem für Konrad Lorenz,
Fried­rich Kainz, Arnold Gehlen und Gunter Ipsen) oder sich an Büh­
lers Besitztümern (Bibliothek, Kunst­werke etc.) zu bereichern.

1 Marie Jahoda schrieb mir einmal, sie befürchte, daß ihre politischen Aktionen und die­je­nigen
ihrer Genossen zu Karl Bühlers Verhaftung beigetragen hätten.

193
ACHIM ESCHBACH

I.
Als Karl Bühler nach wochenlanger Gestapohaft aus dem Gefängnis
entlassen werden sollte, wurde ihm ein von Fehlern nur so strotzender
„Lebenslauf“ zur Unterschrift vorgelegt,2 die Bühler ebenso ver­wei­ger­te
wie er das Ansinnen zurückwies, sich von seiner – nach den Nürnber-
ger Ras­sen­ge­se­tzen – jüdischen, de facto aber protestantischen Ehefrau
Charlotte scheiden zu lassen, die sich zu die­sem Zeitpunkt mit ihrem
Liebhaber Oswald Schwarz (Urologe, 1883-1949) in London aufhielt,
und einen neuen Diensteid auf Adolf Hitler abzulegen.
In der Folgezeit hat Karl Bühler gemeinsam mit seiner Tochter In-
geborg den Hausstand in der Wei­ma­rer Str. 100 aufgelöst und bei der
internationalen Transportfirma Schenker & Co. ein­ge­la­gert. In­ge­borg
Bühler berichtet darüber ihrer Mutter in ausführlichen handschriftli-
chen Briefen, die im Büh­ler-E­ditions-Projekt (BEP) im Original vorlie-
gen. Ingeborg Bühlers Berichte an die Mutter wur­den in dem ausführ-
lichen Interview mit der langjährigen Haushälterin Emmy Leitner in
vollem Um­fang bestätigt und durch zahlreiche Details ergänzt (ein
Protokoll dieses Interviews befindet sich eben­falls im BEP). Ingeborg
Bühler und Frau Leitner befassen sich ausdrücklich mit der Büh­ler-
Bi­blio­thek (bei Schenker & Co.) sowie der umfangreichen Sonder-
drucksammlung, die Karl Bühler im Lau­fe der Jahre von seinen in-
ternationalen Kollegen erhalten hatte. Als Karl und Ingeborg Bühler
Wien bereits mit einem Rucksack auf dem Rücken, in dem man in
dieser Situation sicherlich weder Bi­bliothek noch Sonderdrucksamm-
lung transportiert, in Richtung Oslo verlassen hatten, sind Fried­rich
Kainz und Viktor Kraft mit der wertmäßigen Einschätzung der Büh-
ler-Bibliothek be­auf­tragt wor­den.
Erstaunlicher Weise ist der Umfang der Bühler-Bibliothek zum Zeit-
punkt der Begutachtung be­reits beträchtlich geschrumpft, denn während
Kainz und Kraft in ihrem Gutachten von ca. 900 Bän­den sprechen, erin-
nern sich Ingeborg und ihr Bruder Rolf Dietrich Bühler sowie Frau Emmy
Leit­ner unabhängig voneinander in persönlichen Gesprächen an rund
fünftausend Bände. Ingeborg Bühler verweist in diesem Zusammenhang
darauf, daß sie sich gerne in der Nähe des Vaters in des­sen Arbeitszim-

2 Thomas A. Sebeok hat sich nicht gescheut, die plumpe Nazifälschung noch durch einige
dümmliche Kommentare zu verschlimmern; so sprach er von einer „inneren Krankheit“ und
„quälende[r] Melancholie“ (cf. Sebeok, 1981: 228f); ich habe bereits vor Jahren (cf. Eschbach,
1983: 150f) auf die eklatantesten Ungereimtheiten in diesem sog. Le­bens­lauf hingewiesen, be-
dauerlicher Weise ohne daß sich T. A. Sebeok, der sich vor dem Naziterror in das ame­ri­ka­nische
Exil gerettet hatte, bemüßigt gefühlt hätte, seine diffamierenden Bemerkungen zurückzunehmen.

194
ÜBER DIE ZERSTREUUNG UND... DES BÜHLER-NACHLASSES

mer aufgehalten habe, an das sie eine lebhafte Erinnerung besäße, und
Professor Rolf D. Bühler betrachtete dieses Problem mit dem Auge des
Naturwissenschaftlers. Übrig geblieben sind von der Bühler-Bibliothek
bis heute ca. dreihundert Bände; wohin der gesamte Rest gelangt ist,
muß in Ermangelung belastbarer Daten bislang offen bleiben.
Bei Gelegenheit der feierlichen Emeritierung von Willem Levelt, des
Direktors des Max Planck Institutes für Psycholinguistik, an dem jah-
relang das Bühler-Editions-Projekt vorangetrieben wor­den ist, habe ich
eine ganze Reihe von Indizien vorgetragen, die insgesamt in Richtung
Fried­rich Kainz deuten. Ganz besonders bemerkenswert erscheint mir
die Tatsache, daß Kainz nur kurze Zeit nach Bühlers Emigration damit
beginnt, seine sechsbändige Psychologie der Sprache in dem po­litisch
einschlägig bekannten Stuttgarter Enke-Verlag zu publizieren; ganz be-
sonders pikant dürfte in diesem Zusammenhang der Hinweis sein, daß
Kainz kein Fachpsychologe war, sondern aus­ge­bildeter Bibliothekar und
daß er in dieser Funktion an Bühlers pädagogischem Institut an­ge­stellt
war. Gerhard Gelbmann fabuliert in seinem unsäglichen Buch über
Friedrich Kainz von anti­na­zis­tischen Äußerungen der Schwester von
Kainz, die ihm sehr geschadet hätten – so sehr, daß er zum Nachfolger auf
den Bühlerlehrstuhl berufen wurde (cf. Gelbmann 2004). Es wird wohl
auch ei­nen Grund gehabt haben, weshalb er nach 1945 aus der Öster-
reichischen Akademie der Wissen­schaf­ten ausgeschlossen worden ist.

II.
Professor Lajos Kardos, der 1922 bei Karl Bühler in Wien promoviert
hatte und eng mit des­sen Chef-As­sis­tenten Egon Brunswik befreundet
war, erzählte mir 1980 in einem vierstündigen Ge­spräch, daß sich die
Bühlersche Sonderdrucksammlung in seinem psychologischen Institut
an der Eöt­vös-Lo­ránd-Universität befände. Ich habe diese Sonderdruck-
sammlung sofort unter per­sön­li­chen Augenschein genommen und pho-
tographiert. 1980 umfaßte die Sonderdrucksammlung vier­und­sechzig
Schuber im DIN A4-Format, woraus sich ein geschätzter Umfang von
wenigstens drei­tau­send Sonderdrucken ermitteln läßt. 1980 existierte
außerdem eine dicke Kladde, in der in säuber­licher Handschrift jeder
einzelne Sonderdruck verzeichnet war – ein unglaublicher Schatz für
die Re­kon­struk­tion der wissenschaftlichen Kontakte Karl Bühlers.
Professor Kardos hatte 1980 berichtet, daß sein ungarischer Kollege
Ferenc Lénárd (1911- 1988) die Sonderdrucke aus Wien abgeholt habe,
wobei ihm eine weitere Person behilflich war. Wes­halb Professor Kar-
dos ausgerechnet F. Lénárd mit dem Transport der Sonderdrucke von

195
ACHIM ESCHBACH

Wien nach Budapest hätte beauftragen sollen, weil er nicht persönlich


nach Budapest reisen konnte, wenn er sich nicht in Lebensgefahr brin-
gen wollte, ist nicht recht plausibel zu machen, denn F. Lénárd trug zu
dem damaligen Zeitpunkt die Uniform der ungarischen Pfeilkreuzler,
mit dem ein rassisch be­drohter Ungar kaum gesprochen haben dürfte;
viel wahrscheinlicher dürfte eine andere Fährte sein: F. Lénárd war zu
dem damaligen Zeitpunkt mit der Mitarbeiterin von Professor Pál Har­
kai-Schiller (1908-1949) verheiratet, der Frau Dr. Wolfner Tarcsay, die
wiederum mit Charlotte Bühler gut bekannt war, der die vermögende
Frau Dr. Wolfner Tarcsay kurz vor dem Sonder­druck­trans­port ein un-
verhältnismäßig hohes Aufsatzhonorar von mehreren hundert Pengö
gezahlt hatte (cf. Pléh 1997). Und dann tauchten in der Wiener Weima-
rerstraße zwei Ungarn auf, die die Heraus­gabe der Sonderdrucke und
des umfangreichen Bühlerschen Tafelsilbers forderten, wie sich Inge­
borg Bühler und Frau Leitner übereinstimmend erinnerten.
Als sich Herr Dr. Karoly Kokai vom Wiener Kreis Institut im Herbst
2013 daran machte, dem Verbleib der Sonderdrucke nachzuspüren,
lautete die erste Information, daß diese Sammlung be­dauer­licher Wei-
se zerstört worden sei; die zweite Information lautete, daß zumindest
ein Teil der Samm­lung erhalten geblieben sei und die Bereitschaft be-
stünde, diesen Teil zu restituieren. Weil ich im Laufe der Jahre so mei-
ne Erfahrungen gemacht habe, erwarte ich jetzt ein sich anschließen-
des „Aber“, das die Lage noch einmal in einem völlig anderen Licht
erscheinen läßt.
Zusammenfassend lässt sich festhalten, daß sich nach langen
Jahren der fortschreitenden Zer­ stücke­lung (und Vernichtung) des
Bühler-Nachlasses erste Schritte der Restitution und Wieder­zu­sam­
men­füh­rung abzuzeichnen beginnen. Es sollte allerdings nicht ver-
schwiegen werden, daß neben der Kenntnis weiterer Depositorien des
Bühler-Nachlasses weiterhin Unkenntnis über den Auf­bewah­rungs­ort
der wissenschaftlichen Korrespondenz und der (Vorlesungs-) Manu-
skripte bis 1938 be­steht. Selbstverständlich ist jeder weiterführende
Hinweis hochwillkommen.

III.
Nachdem Karl Bühler im Oktober 1963 in Los Angeles verstorben war,
hat Charlotte Bühler ge­mein­sam mit ihrem Sohn Rolf, ihrer Privatse-
kretärin Jette Toft sowie einigen Freunden den Nachlaß in verschiedene
Portionen aufgeteilt: Ein Teil ist in Los Angeles geblieben, von wo aus
er bei Char­lottes späterer Übersiedlung nach Stuttgart in Rolf Bühlers

196
ÜBER DIE ZERSTREUUNG UND... DES BÜHLER-NACHLASSES

Institut für Luft- und Raumfahrtantriebe ge­lang­te. Dieser Nachlaßteil,


der u.a. ca. 8.000 Briefe enthält, befindet sich heute im Essener BEP.
Ein weiterer Teil ist der Bibliothek der University of Southern Califor-
nia überlassen worden. Ein dritter Teil ist nach Israel gegangen und
ein vierter Teil wurde Professor Rohracher von der Uni­ver­si­tät Wien
zur weiteren Edition übergeben. Dieser Teil hatte nach einer persön-
lichen Auskunft von Pro­fessor Kurt Pawlik, der damals Assistent von
Professor Rohracher war, ein Volumen von ca. sechs Kubikmetern, was
ca. 25 Umzugskartons entsprechen dürfte. Der Wiener Nachlaßteil ist
über Hu­bert Razinger an Gustav Lebzeltern gelangt, der die wenig aus-
sagekräftige Publikation Die Uh­ren der Lebewesen zustande gebracht
hat. Letztlich ist dieser Nachlaß ohne jeden Rechts­an­spruch in Graz
im Grazer Dokumentationszentrum für österreichische Philosophie
gelandet; allerdings sind von den sechs ursprünglichen Kubikmeter
nur noch ca. 5.000 Seiten übergeblieben, was Frau Dr. Fried­rich aus
eigenem Augenschein bestätigen kann. Diese 5.000 Seiten liegen uns
im BEP in Ko­pie vor und wurden von Frau Gabi Willenberg und mir
vollständig digitalisiert und für die Edition vor­be­reitet. Das Geschick
bzw. eher Mißgeschick der weiteren Bühler-Edition muß aber hier aus­
ge­klam­mert bleiben.

IV.
Wie ich zuvor geschrieben habe, ist der allergrößte Teil des Büh-
ler-Nachlasses 1938 ver­schwun­den und bis heu­te verschollen. Die Bu-
dapester Sonderdrucksammlung gestattet uns einen auß­er­or­dent­li­chen
Über­blick über die wissenschaftlichen Kontakte, die Karl Bühler bis
1938 unter­hal­ten hat. Das wür­de in noch weitaus stärkerem Maße für
Bühlers wissenschaftliche Kor­res­pon­denz zutreffen, die al­ler­dings – wie
bereits angedeutet – 1938 in Wien zurückgelassen werden muß­te und
seitdem nicht wie­der aufgetaucht ist. Unter dem Projekttitel Psycholo-
genbriefe haben wir ei­ne Datei potentieller Kor­res­pondenzpartner Karl
Bühlers aufgebaut und suchen in deren Nach­läs­sen nach einschlägiger
Kor­res­pondenz; diese Arbeit ist zwar mühselig und langwierig, hat aber
be­reits span­nen­de und wert­volle Resultate erbracht.
Zum Abschluß meiner Ausführungen möchte ich noch eine kurze
Bemerkung zu der allent­hal­ben seit geraumer Zeit zu beobachtenden
Bühler-Renaissance anfügen: Es ist vor allen Din­gen den zahl­rei­chen
Übersetzern zu verdanken, daß die Wirkung von Karl Bühlers vor acht-
zig Jah­ren er­schie­ne­nes Meisterwerk nicht auf die engen Grenzen des
deutschen Sprachraumes ein­ge­schränkt ge­blie­ben ist.

197
ACHIM ESCHBACH

Literaturhinweise
Bühler, Karl. 2005. Mein Leben in Deutschland vor und nach dem 30. Januar 1933. In
Achim Eschbach (Hrsg.): Karl Bühler (= Kodikas 28.1-2), 7-13. Tübingen.
Eschbach, Achim. 1983. Einige kritische Notizen zur neuesten Bühler-Forschung. In
Historiographia Linguistica 10, 149-158. Amsterdam.
Föger, Benedikt und Klaus Taschwer. 2001. Die andere Seite des Spiegels. Konrad Lo-
renz und der Nationalsozialismus. Wien.
Gelbmann, Gerhard. 2004. Sprachphilosophie und Sprachpsychologie. Der sprachkri-
tische Ansatz von Friedrich Kainz. Eu­ro­päische Hochschulschriften Reihe 20, Phi-
losophie, Band 681. Frankfurt am Main.
Pléh, Csaba. 1997. Hungarian Contributions to modern Psychology. Budapest.
Sebeok, Thomas A. 1981. Karl Bühler. In Martin Krampen u.a. (Hrsg.): Die Welt als
Zeichen. Klassiker der modernen Se­miotik, 205-232. Berlin.

Beilagen
Bild 1: Bühlers biographische Notizen
Bild 2a,b: „Lebenslauf“, der Bühler zur Unterschrift vorgelegt wurde (recto, verso)
Bild 3a,b: Entlassungsurkunde (an Bühler, mit einer Kopie an das Unterrichtsministerium)
Bild 4: Beurlaubung
Bild 5: Kainz/Kraft-Expertise
Bild 6a,b: Bühlers Sonderdrucksammlung (Zustand 1980, jetzt verschollen)

198
ÜBER DIE ZERSTREUUNG UND... DES BÜHLER-NACHLASSES

Bild 1: Bühlers biographische Notizen

199
ACHIM ESCHBACH

Bild 2a: „Lebenslauf“, der Bühler zur Unterschrift vorgelegt wurde (recto)

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ÜBER DIE ZERSTREUUNG UND... DES BÜHLER-NACHLASSES

Bild 2b: „Lebenslauf“, der Bühler zur Unterschrift vorgelegt wurde (verso)

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ACHIM ESCHBACH

Bild 3a: Entlassungsurkunde (an Bühler)

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ÜBER DIE ZERSTREUUNG UND... DES BÜHLER-NACHLASSES

Bild 3b: Entlassungsurkunde (Kopie an das Unterrichtsministerium)

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ACHIM ESCHBACH

Bild 4: Beurlaubung

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ÜBER DIE ZERSTREUUNG UND... DES BÜHLER-NACHLASSES

Bild 5: Kainz/Kraft-Expertise

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ACHIM ESCHBACH

Bild 6a: Bühlers Sonderdrucksammlung (Zustand 1980, jetzt verschollen)

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ÜBER DIE ZERSTREUUNG UND... DES BÜHLER-NACHLASSES

Bild 6b: Bühlers Sonderdrucksammlung (Zustand 1980, jetzt verschollen)

207
Bühlers Sprachtheorie in Übersetzungen:
einige Zeugnisse

Savina Raynaud
Mailand

Es gehört zu den Zielen der Bühler-Renaissance, „[de] circonscrire la


propagation ou éventuellement la non-propagation de [l]a Sprachthe-
orie dans la linguistique du XXe siècle“. So klingte die Versandanzeige
der vom Cercle linguistique de Prague am 9–10. Juni 2014 veranstalte-
ten internationalen Tagung „Karl Bühler, 80 Jahre Sprachtheorie“, im
Rahmen deren auch eine table ronde organisiert wurde unter dem Titel
„Schicksal und Verbreitung von Bühlers Werken“. Schicksal ~ fortu-
ne, destin; Verbreitung ~ propagation, dissémination sind nicht völlig
gleichbedeutende Ausdrücke; sie tragen aber dazu bei, jenes beharrliche
und hartnäckige, bisweilen unwägbare und schlussendlich unkontrol-
lierbare Tun von verschiedenen Seiten zu beleuchten, in dem, sei es
zu Lebzeiten des Autors, sei es umso mehr nach seinem Scheiden aus
dieser Welt, das Zirkulieren eines geistiges Werkes besteht.
Hier soll das Augenmerk hauptsächlich auf die beharrlichen und hart-
näckigen Bemühungen um die Verbreitung Bühlers Sprachtheorie ge-
richtet werden; gleichzeitig soll ein Nachdenken über Voraussetzungen
und Ergebnisse, über Projekte und ihre Wirksamkeit angestoßen werden.
Betrachten wir zunächst die Reihenfolge der sieben Übersetzungen:

1. die spanische: Teoría del lenguaje. Madrid 1950. Übersetzer: Julián Marías;
2. die italienische: Teoria del linguaggio. La funzione rappresentativa
del linguaggio. Rom 1983. Übersetzer: Serena Cattaruzza Derossi;
3. die japanische: Gengo riron — Gengo no jojutsu kinō. Tokio
1983–1985. Übersetzer: Yutaka Wakisaka, mit Mitarbeitern; *

* Der Prager Linguistenkreis schenkt der systemadäquaten Transkription, bzw. Transliteration


von Sprachen, die keine Lateinschrift benutzen, seine ständige Aufmerksamkeit. Unter Berück-
sichtigung der Umstände wählen wir jedoch in diesem Fall keine einheitliche Lösung aus: der
Titel Sprachtheorie. Die Darstellungsfunktion der Sprache wird im revidierten Hepburn-System
wiedergegeben, das in der gegenwärtigen deutschen Japanologie am meisten verwendet wird, ob-
wohl es für das Deutsche nicht geeignet ist, während der Name der Hauptstadt in der üblich
verdeutschten Fassung Tokio, nicht also Tōkyō geschrieben wird. Desgleichen schreiben wir den
Namen des Übersetzers als Yutaka Wakisaka, und denjenigen seines Mitarbeiters, von dem später
gesprochen wird, als Yasunari Ueda, obwohl beide Personennamen auf Deutsch besser als Jutaka
und Jasunari wiederzugeben wären. — Redaktionsnotiz.

209
SAVINA RAYNAUD

4. die englische: Theory of Language. The representational function of


language. Amsterdam – Philadelphia 1990, 22011. Übersetzer: Do-
nald Fraser Goodwin, unter Mitwirkung von Achim Eschbach;
5. die russische: Теория языка. Репрезентативная функция языка. Moskau
1993. Sieben Übersetzer unter der Leitung von Tatjana V. Bulygina;
6. die polnische: Teoria języka. O językowej funkcji przedstawiania.
Krakau 2004. Übersetzer: Jan Koźbiał;
7. die französische: Théorie du langage. La fonction représentationnel-
le. Marseille 2009. Übersetzer: Didier Samain.
Die geistige, aber auch die emotionale Verbundenheit, die zwischen
Übersetzung und Übersetzer entsteht, wurde bezeugt durch die spontane Zusa-
ge und die persönliche Anwesenheit an der Festlichen Sitzung des Prager Lin-
guistenkreises (9.vi 2014) einiger der herausragenden Vertreter, die dem
Unterfangen, allein oder im Team, ihre besten Kräfte gewidmet hatten.
Ich stelle sie in der chronologischen Reihenfolge der Erscheinung ih-
rer Übersetzungen vor: Serena Cattaruzza Derossi, Achim Eschbach,
Paola Tenchini, Janette Friedrich und Didier Samain, jeweils Autoren
oder Initiatoren der italienischen, englischen, beziehungsweise franzö-
sischen Übersetzung.
Für andere werde ich stellvertretend sprechen, so Yasunari Ueda,
Vladimir Plungjan, Jan Koźbiał, die ersten beiden damals junge Mitar-
beiter bei einem in Kooperation entstehenden Werk, letzterer in jün-
gerer Zeit und selbständig arbeitender Übersetzer, jeweils der japani-
schen, russischen und polnischen Übersetzung.
Die einzige, soweit mir bekannt ist, tatsächlich fehlende Stimme
ist die des Hauptvertreters jener glücklichen Reihe enger Mitarbeiter
unseres Autors. Tatsächlich war die allererste Übersetzung der Sprach-
theorie die 1950 publizierte Übersetzung ins Spanische. Juan Marías,
der die entsprechende Anregung Ortega Y Gassets umsetzte, ist 2005
im stattlichen Alter von 91 Jahren verstorben.
Ich beginne daher mit Spanien, mit Ortega y Gasset, um in Umris-
sen das erste Umfeld aufzuzeigen, in dem die Idee reifte, die Mauer
niederzureißen, die den Zugang der spanischsprachigen Öffentlichkeit
zur Sprachtheorie verhinderte, einer Leserschaft, die mit Sicherheit
über Spanien im eigentlichen Sinn hinausging. Ich meine die Mauer
der so reichen und kunstvollen deutschen Sprache, die für viele doch
ein unüberwindbares Hindernis darstellt.
Die Vielgestaltigkeit des geistigen Hintergrunds und der Produktion
Bühlers spiegelt sich auch in der wechselvollen Geschichte seiner Über-
setzungen. Die spanische Übersetzung ist ganz im Bereich der Philo-

210
BÜHLERS SPRACHTHEORIE IN ÜBERSETZUNGEN: EINIGE ZEUGNISSE

sophie zu verorten. Ortega, der Auftraggeber, ist in der Tat Philosoph,


ebenso wie sein Schüler Julián Marías, der das Projekt umsetzt. Die
Übersetzung enthält eine Nota preliminar (Seiten vii–viii) von Marías,
in welcher er Ziele und Umstände der Übersetzung erläutert. 1973
publiziert Marías einen Artikel über das Werk und den Autor.
Dank eines Schriftwechsels mit José Ramón Carriazo Ruiz, Mitglied
des Forscherteams des Centro de Estudios Orteguianos und Herausge-
ber der neuen Ausgabe von las Obras completas de José Ortega y Gasset
(2004–2010), kann ich Folgendes berichten:

Ortega war von den Zwanziger- bis zu den Vierzigerjahren als Be-
rater an der Tätigkeit des ESPASA-Verlags, später Espasa-Calpe, be-
teiligt. In dieser Eigenschaft hat er verschiedene Bücher und Texte
nicht-spanischsprachiger Autoren für die Übersetzung ins Spani-
sche ausgewählt, darunter Kant (übersetzt von Manuel García Mo-
rente), Heidegger (übersetzt von Xavier Zubiri) und eben auch Büh-
ler, an dem Julián Marías gearbeitet hat. Diese drei Schüler wurden
bedeutende Philosophen und Lehrer an spanischen Universitäten.
Julián Marías war der jüngste der drei. Er hat mit Ortega in seinem
Instituto de Humanidades gearbeitet, einer Hochschuleinrichtung,
die Ende der Vierziger- Anfang der Fünfzigerjahre Kurse über aktu-
elle Themen anbot. An diesem Institut gaben Ortega und Marías
Kurse und Seminare in Philosophie, Soziologie, Kunstgeschichte,
Linguistik…. Bei einem dieser Kurse, so berichtet Julio Casares (ei-
ner der Teilnehmer), wurde im Zusammenhang mit Phraseologie
und Sprachfunktionen auch von Bühler und seinen Theorien ge-
sprochen. Für sprachwissenschaftliche Themen interessierte sich
Ortega vor allem in den Vierziger- und Fünfzigerjahren, gegen Ende
seiner Karriere, als er sein teilweise linguistischen Fragen gewid-
metes Werk El hombre y la gente verfasste.1 Er kannte die deutsche
Philosophie und Soziologie. Er hatte (zwischen 1905 und 1907)
in Leipzig, Berlin und Marburg studiert; 1949 und 1951 war er
in Hamburg, Berlin, Stuttgart und München. Ortega war also mit
dem Bühlerschen Werk vertraut. Wahrscheinlich hat Ortega Marías
beauftragt, die Übersetzung anzufertigen; sie wurde vom Verlag
Revista de Occidente herausgebracht, die Ortega und seiner Fa-
milie gehörte. In diesem Verlag erschien zwischen 1946 und 1950

1 Ortega continúa en su reflexión lingüística las fuentes filológicas que ya actuaban en el tras-
fondo de la fenomenología de Husserl con el precedente de Humboldt, cuyo legado llega también
a Amor Ruibal y se extiende de E.Cassirer, K.Bühler y L.Spitzer. La génesis del pensamiento lin-
güístico antecede los presupuestos epistemológicos que la Lingüística o la Filosofía del Lenguaje
pretenden con rango de ciencia. He aquí, pues, un libro de lectura inevitable para entender el ver-
dadero aporte del pensamiento de Ortega y Gasset a la orientación social del hombre en el mundo
desde la vivencia originaria del lenguaje. (D‘Olhaberriague Ruiz de Aguirre 2009: 15)

211
SAVINA RAYNAUD

[Erstausgabe; zweite Ausgabe 1951–1952, dritte Ausgabe 1953–54]


auch das Gesamtwerk Ortegas. Er selbst hatte zwischen 1923 und
1936 eine Zeitschrift dieses Namens Revista de Occidente, die der
Ursprung des Verlags war, gegründet (cf. López Campillo 1972).

In einer Rezension der spanischen Übersetzung aus dem Jahr 1952


heißt es:

Die von Julián Marías vorgelegte Übersetzung der Teoría del lengu-
aje wurde mit besserem Ergebnis vollendet als die der Teoría de la
expresión durch Hilario Rodríguez Sanz. Leider ist jedoch – und dies
gewiss aus den vom Übersetzer in seiner Nota preliminar (vii–viii)
angeführten Gründen – der Text eher schwerfällig, und man hat
bisweilen den Eindruck, der Übersetzer habe das Gedankengut des
Verfassers nicht in vollem Umfang und ganzer Tiefe erfasst. Eine
solche Kritik mag man an einem Buch üben, das zudem von zu
großer Bedeutung ist in der Welt der Sprachwissenschaft, als dass
man nicht seine eigenen herausragenden Eigenschaften wie auch
die Redlichkeit, mit der es ins Spanische übertragen worden ist, er-
kennen würde. (Valderrama 1952: 213)

Weiter kommt da sicher Serena Cattaruzza Derossi, die 1983 die itali-
enische Übersetzung der Sprachtheorie veröffentlicht hat, der sie eine
umfangreiche, von ihr verfasste Einführung voranstellt (Seiten 13–24):

Unterschiedlich und vielfältig sind die Ursachen für das Inter-


esse, das dazu geführt hat, dass Anfang der Achtzigerjahre des
letzten Jahrhunderts eine Übersetzung der Sprachtheorie ins Ita-
lienische auf den Weg gebracht wurde. Vor allem die Erkenntnis,
dass man es mit einem Autor zu tun hatte, der in unterschiedli-
chen Kontexten als Meister angeführt wurde, der aber, von weni-
gen Ausnahmen abgesehen, kaum erforscht war. Obwohl Bühler
nämlich in der ersten Hälfte des zwanzigsten Jahrhunderts Leiter
und spiritus rector des renommierten Wiener Psychologischen In-
stituts war, standen er und seine Schule im Vergleich zu anderen
europäischen Institutionen, wie der Grazer Schule von Meinong
und der Berliner Schule von Wertheimer, eher im Hintergrund.
Vom eher philosophischen Standpunkt aus galt es zudem ei-
nerseits, seine Position im Verhältnis zu den verschiedenen Ver-
tretern des Wiener Kreises von Schlick bis Carnap und Witt-
genstein zu klären; andererseits waren seine Beziehungen zu
seinem berühmten Schüler Karl Popper zu analysieren. Bekannt
war, dass er mit ihnen das starke Interesse für Sprache teil-
te; gleichzeitig war aber klar, dass sein theoretisch-empirischer

212
BÜHLERS SPRACHTHEORIE IN ÜBERSETZUNGEN: EINIGE ZEUGNISSE

Denkansatz sich vom vorwiegend logischen und logisch-ana-


lytischen Ansatz der Vertreter des Wiener Kreises unterschied.
Stattdessen näherte er sich den bahnbrechenden Forschungen
zur Phonologie durch den Prager Kreis und schenkte – rara avis –
den Arbeiten zur historischen und wissenschaftlichen Linguistik,
von den Vertretern des neunzehnten Jahrhunderts (unter denen We-
gener ihm als herausragend galt) bis de Saussure, und sogar einem
Ägyptologen wie Gardiner die ihnen gebührende Aufmerksamkeit.
Dies sind alles Ausrichtungen und Autoren, die besonders im Rah-
men der sprachphilosophischen und psychologischen Studien an
der Universität Triest in den Blick genommen werden, deren Anlie-
gen es ist, die Grenzen logisch und strukturalistisch formalistischen
Denkens zu überwinden. Für diese Grenzüberschreitung schien
der ausgesprochen interdisziplinäre, originelle und experimentel-
le Ansatz des komplexen Bühlerschen Werkes, wie er mit akribi-
scher Systematik in der Sprachtheorie dargelegt ist, entscheidend.
Bekanntlich war die Publikation der Sprachtheorie von Schwie-
rigkeiten begleitet und wurde am Ende beschleunigt durch das
Eingreifen und die Unterstützung eines, wie Bühler sich selbst
erinnert, lieben Freundes in der Stunde der Not. Dies bedeutet,
dass wahrscheinlich eine endgültige stilistisch-literarische Revi-
sion nicht stattfand. Der Text ist stets dicht, prägnant, reich an
Begriffsbestimmungen, neuen Theorieansätzen und ständiger
kritischer Auseinandersetzung. In dieser Stärke des Werks liegt
auch seine Schwierigkeit. Es handelt sich also um ein umfas-
sendes, in den kleinsten Details organisiertes System, das je-
doch zahlreiche Kompetenzen erfordert und bisweilen etwas ver-
langt, was Bühler selbst italienisch als „salti mortali“ bezeichnet.
Die Schlüsselwörter sind zahlreich, angefangen vom Terminus
“Sprache” im Titel, der mit “linguaggio” wiedergegeben ist, bis zum
Terminus “Darstellung”, wiedergegeben mit “rappresentazione” im
Sinne von Beschreibung, Diagramm, objektive Inszenierung. Auf
der anderen Seite „Vorstellung“, übersetzt mit „rappresentazione,
immagine mentale“. Aber auch „Kundgabe“ und „Auslösung“ ha-
ben nicht wenig Kopfzerbrechen bereitet, angesichts der Nähe des
ersten Begriffs zu „Mitteilung“ und der sich daraus ergebenden Un-
möglichkeit der Übersetzung mit „comunicazione“ und der statt-
dessen gewählten, neutralen, aber diskutablen Lösung „notifica“.
Nicht zufällig ersetzte Bühler ihn später mit „Ausdruck“, also „es-
pressione“. Der zweite Begriff stammt aus der biologisch-natur-
wissenschaftlichen Terminologie („scatenamento, richiamo“) und
wurde später durch den stärker sprachwissenschaftlichen Terminus
„Appell“, „appello“ ersetzt.

213
SAVINA RAYNAUD

Das vierte Axiom mag zunächst weniger einschneidend erscheinen


als die ersten drei, ist aber für Bühler vielleicht das entscheidendste,
denn es bildet die Grundlage des Zwei-Klassen-Systems, das eine
phonologische Sprachstruktur von einer phonetischen unterschei-
det, und steht damit im Zentrum seiner kritischen Auseinanderse-
tzung mit der unter anderen Aspekten geschätzten Darwinschen Aus-
druckstheorie. Außerdem rechtfertigt es das sogenannte „Dogma von
Lexikon und Syntax“, das von Bühler vor Carnap (!) erarbeitet wurde.
Die am stärksten fachlichen, vorwiegend aus dem Altgriechi-
schen stammenden Ausdrücke (z.B. synchytisch, symphysisch,
usw.) mussten, da es keinen entsprechenden Gebrauch im Italie-
nischen gibt, irgendwie durch Kontextualisierung geklärt werden.
Selbst die grundlegende Bezeichnung „Organon-Modell“ erwies sich
aufgrund der Bedeutungsfülle als für die Übersetzung sehr proble-
matisch und wurde schließlich mit „modello strumentale“ wieder-
gegeben. Ähnliches gilt für idiomatische Wendungen des Deutschen
(z.B. „Aha-Erlebnis“, usw.). (Schriftwechsel mit Serena Cattaruzza)

Fast gleichzeitig (1983) kommt in Japan der erste von zwei Bänden der
japanischen Übersetzung heraus. Ich referiere hier aus dem Schrift-
wechsel mit dem Übersetzer eines Teils der Sprachtheorie, Yasunari
Ueda, vom Dezember 2013:

Von einem Symposium zum Hauptthema „Übersetzer und Über-


setzung“ im Zusammenhang mit Karl Bühler im kommenden
Juni 2014 in Prag habe ich von Herrn Prof. emeritus Yutaka Wa-
kisaka erfahren. […] Da Herr Wakisaka einmal die Sprachtheorie
Karl Bühlers ins Japanische übersetzt hat (erster Teil 1983, zwei-
ter Teil 1985), […] [aber] leider andersweitig beschäftigt ist und
am Symposium deshalb schwerlich teilnehmen würde, hat er
mich (d.h. Ueda) als möglichen Teilnehmer […] vorgeschlagen.
[…] Ich habe auch damals mit Herrn Prof. Wakisaka und den an-
deren Kollegen die Sprachtheorie Karl Bühlers ins Japanische über-
setzt, vor allem das zweite Kapitel „Das Zeigfeld der Sprache und die
Zeigwörter“ (§§ 6–9). Aus diesem Grund hat Herr Prof. Wakisaka
mich als einen möglichen Beiträger zum Symposium vorgeschlagen.
Ich bin im Bereich der germanistischen Linguistik tätig. Seit nun
über zwanzig Jahren beschäftige ich mich mit der deutsch-japani-
schen kontrastiven Phraseologie. Dabei habe ich immer die beiden
Prinzipien der „Unter- und Übersummativität“, die Bühler seiner
Überlegungen über die sprachliche Metapher (§23) und das Kompo-
situm (§22) zugrundelegt, im Auge. Auch diese beiden Abschnitte
habe ich ins Japanische übersetzt.

214
BÜHLERS SPRACHTHEORIE IN ÜBERSETZUNGEN: EINIGE ZEUGNISSE

[…] über die Rezeptionsgeschichte der Sprachtheorie und Psycholo-


gie Karl Bühlers in Japan […] gibt es schon eine Arbeit von Viktória
Eschbach-Szabó (1984) im Zusammenhang mit der Deixis-Theorie
von Kanae Sakuma. (Schriftwechsel mit Yasunari Ueda)

Es ist nun aber an der Zeit, sich mit der englischen Übersetzung von
Donald Fraser Goodwin zu beschäftigen. Das Vorwort der zweiten
Ausgabe von 2011 ist von Werner Abraham. Wie der Einführung von
Achim Eschbach zu diesem 1990 bei Benjamins erschienenen Band
zu entnehmen ist, war er es aber vor allem, der darauf gedrängt hat.
Ist es nicht überraschend, dass mehr als ein halbes Jahrhundert nach
der Veröffentlichung der Sprachtheorie und fast ein Vierteljahrhundert
nach dem Ableben seines Autors in den Vereinigten Staaten, das Buch
nicht auf Englisch verfügbar war? Bemerkenswert scheint mir auch,
dass der Plan der englischen Übersetzung weder in den USA, noch
in Großbritannien entstanden ist. Ohne Achim Eschbachs Bemühung
und die großartige Mitarbeit der Autoren des Vorworts und der Einlei-
tung und des Übersetzers, wäre das Unterfangen noch nicht wirklich
geworden, und das Meisterwerk für zahllose Leser und Forscher noch
nicht zugänglich. Erstaunlich scheint mir das auch, wo doch Gustav
Lebzeltern schreibt:

Es war eine Woche nach Karls Tod [1963], dass Paul L. Garvin, ein
junger Semantiker, kam, ihm zu berichten, dass […] die University
of Indiana seine Sprachtheorie in englischer Übersetzung heraus-
bringen würde. (Lebzeltern 1969: 54)

Um nicht nur bei Mutmaßungen zu verbleiben, sei hier zu unserer Fra-


ge zitiert, was Keuth über Popper und die 1959 erschienene englische
Übersetzung seiner Logik der Forschung aus dem Jahr 1935 schreibt:

In the thirties, conditions were not favourable for the Logik to have
influence on a wide audience. True, Popper reports in his auto-
biography on its surprising success. […] But in 1960, Warnock wel-
comes the translation of the Logik “for that influential book has
been, in the twenty-five years after its publication in Vienna, often
misrepresented and too seldom read” [Warnock 1960: 99]. Popper
himself states that until the publication of the English edition, “phil-
osophers in England and America (with only a few exceptions, such
as J.R. Weinberg) seem to have taken [him] for a logical positivist”
(Popper 1974: 69). And in 1959, when The Logic of Scientific Disco-
very was published, an anonymous reviewer in The Times Literary

215
SAVINA RAYNAUD

Supplement described it as a ‘remarkable book’ and declared: ‘One


cannot help feeling that if it had been translated as soon as it was
originally published, philosophy in this country might have been
saved some detours.’ (Miller 1995: 121) 23

Drei Jahre nach der Übersetzung ins Englische – 1993 – kommt die rus-
sische Fassung heraus. Seit dem Fall der Mauer waren vier Jahre ver-
gangen. Lange zuvor waren aber einige psychologische Schriften Büh-
lers recht schnell erschienen: 1924 die Übersetzung der dritten Ausgabe
(1922) von Die geistige Entwicklung des Kindes (11918), und 1930 die
des Abriss der geistigen Entwicklung des Kindes (11919); die zweite Über-
setzung stammt von keinem Geringeren als Lev S. Vygotskij.
Koordiniert wird die Übersetzung der Sprachtheorie von einer her-
ausragenden Sprachwissenschaftlerin, Tatjana V. Bulygina (die 2000
verstorben ist). Wie im Fall der japanischen Übersetzung, haben wir es
mit einem „mehrhändigen“ Werk zu tun. Von den Übersetzern konn-
ten wir mit Vladimir Plungjan Verbindung aufnehmen, dessen erste
Antwort ich nunmehr wiedergebe:

The Russian translation of Sprachtheorie appeared in 1993, at the


very beginning of the post-Soviet period of Russian history. The idea
of this project belonged to Tatjana Bulygina (1929–2000), one of the
outstanding Russian linguists with a wide range of interests: among
them were the history of linguistics (especially the Prague Circle
and the 1930‘s in general), morphological models and grammatical
categories, Baltic languages – to name but a few. No wonder that Bu-
lygina, with her constant interest in the early structuralism, choose
Bühler, whose work was hardly known to a wider audience in Soviet
period and who certainly was at that time an underestimated figure.
Bulygina actively participated in the process of translation,
discussing and proposing many variants of a ‘Russian Bühler ’,
providing deep comments and even small research related to
some aspects of Bühler‘s linguistic conception. However, many
people‘s efforts were needed to complete the task, and the group
of translators increased considerably by the end of this enter-
prise. (I was one of them; I remember that I joined the project
at one of its final stages, taking for translation Chapter IV.)
We all considered Bühler as a very insightful but ‘difficult’ au-
thor – in the sense that his texts were very far from being trans-
parent and immediately accessible to the readers. Both the style
and the content were responsible for this impression. The con-

2 Zitiert nach Keuth (2005: 4).

216
BÜHLERS SPRACHTHEORIE IN ÜBERSETZUNGEN: EINIGE ZEUGNISSE

tent was new and uncommon; the style, opaque and, if you
will, multi-layered. To render all this in a genuine Russian aca-
demic way was an extremely hard job. I remember that trans-
lating one relatively small paragraph could take the whole day
of intensive work, yielding many variants – very often, none
of these survived, and the next day saw the story repeating…
Since I was not responsible for the whole translation, I would
not take the responsibility to answering all the questions about
the terminological details. But I remember that Bylugina herself
(who always appreciated the spirit of ‘small facts’ and keen obser-
vation in linguistics) considered as the most innovative part of
Bühler‘s views his theory of deixis and especially his treatment
of definite articles. Consequently, the most vivid discussions con-
cerned the terminology related to these issues. On the other hand,
more ‘abstract’ parts of Bühler‘s thought probably provoked less
enthusiasm. However, the entire terminological system was care-
fully rendered in Russian by this large team – it was undoubtedly
a collective effort guided by Bulygina.

Die polnische Übersetzung folgt im Jahr 2004. Hier haben wir leider
vom – in diesem Fall – Alleinübersetzer Jan Koźbiał keine Antworten
auf unsere Fragen erhalten.
2006 kommt auch die italienische Übersetzung von Paola Tenchi-
ni eines Artikels von Bühler, Das Strukturmodell der Sprache, heraus,
der 1936 in den Travaux du Cercle linguistique de Prague publiziert
worden war (und der 1965 ins Russische und 1992 ins Französische
übersetzt worden war). Diese Übersetzung, obwohl von einem kleine-
ren Text, bietet interessante terminologische Lösungen an. (Siehe dazu
Tenchini in diesem Band.)
Abgerundet wird das Bild durch das rezente und wichtige (cf. Vonk
2010) Unterfangen der französischen Übersetzung der Sprachtheorie
von Didier Samian aus dem Jahr 2009, mit einem Vorwort von Ja-
cques Bouveresse, einer historisch-theoretischen Darstellung von Ja-
nette Friedrich (S. 21–58) und einem Glossar (S. 617–667) von Didier
Samain, dem akribischen und erfinderischen Übersetzer.
Ich überlasse nun Henrik Becker, einem vielsprachigen Referenten
der ersten Tagung des Kreises vom 6. Oktober 1926 zum Thema „Der
europäische Sprachgeist“ und zehn Jahre später Autor eines Beitrag in
den Travaux, die Aufgabe, sowohl die Herausforderung aufzuzeigen, die
jeder abgeschlossene Diskurs annehmen muss – und eine Übersetzung
ist gewiss ein solcher –, als auch die Genugtuung, die er hervorrufen
will in dem, der ihn verfasst wie auch in dem, der ihn empfängt.

217
SAVINA RAYNAUD

Gegenstand des ganzen Sprachvorganges: Welche Sprachmittel die-


nen der Gedankengestaltung und Mitteilung?
1. Frage: Welchen Schatz an Ausdrucksmitteln hat die Sprache? […]
2. Frage: Welche Sonderformen sind bevorzugt? Die Fügungswörter,
Ableiter, Endungen usw. haben meist enge Beziehungen zu Grund-
formen der Welt, zu Menge, Raum, Zeit, Ursache und Wirkung, Ge-
schlecht usw., so daß sich hier oft eine kleine Welt für sich auftut.
3. Frage: Welche Neuerungen sind üblich? Neben den eigentlichen
Neuerungen ist hier vor allem aufs Mitverstehen (innere Sprach-
form) und die Bildhaftigkeit der Sprache zu achten.
4. Frage: Welche Rolle spielt das Wort? […]
Das ist das Sprachgebäude, wie es aus der Gebrauchssprachkunde
hervorgeht, wie ich glaube, in einer leidlich endgültigen Form. Es
faßt in seinem Rahmen mehr als den doppelten Stoff wie die her-
kömmliche Sprachlehre. Was bisher heimatlos war, hat einen festen
Platz. (Becker 1936: 22)

Ich schließe mit dem Aufruf, immer wieder die Aufgabe zu bedenken,
den so überarbeiteten und vervielfältigten erga neue energeia zu verlei-
hen. Verba volant, scripta manent, heißt es in einem Sprichwort des Al-
tertums. Und sie zu verstehen – wie mich Enrica Galazzi gelehrt hat –,
nicht nur als Beifall für die Fähigkeit der Schrift, die Erinnerung zu
bewahren, sondern auch – oder vielmehr – als Lobpreisung und Wert-
schätzung des gesprochenen Wortes, das sich in die Lüfte schwingt und
immer neue Empfänger erreicht.

218
BÜHLERS SPRACHTHEORIE IN ÜBERSETZUNGEN: EINIGE ZEUGNISSE

Litteraturverzeichnis
Bühlers Sprachtheorie in Übersetzungen
Karl Bühler: Teoría del lenguaje. Madrid, Revista de Occidente (Biblioteca Conoci-
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zione e presentazione di Serena Cattaruzza Derossi. Roma, Armando Armando, 1983.
Kāru Byūrā: Gengo riron — Gengo no jojutsu kinō. Tokio, Kuronosu [= Chronos] Ver-
lag, 1983 (1. Teil), 1985 (2. Teil).**4
Karl Bühler: Theory of Language. The representational function of language. Trans-
lated by Donald Fraser Goodwin. Amsterdam – Philadelphia, John Benjamins,
1990. — Theory of Language. The representational function of language. Translated
by Donald Fraser Goodwin in collaboration with Achim Eschbach; preface by Wer-
ner Abraham. Amsterdam – Philadelphia, John Benjamins, 2011.
Карл Бюлер: Теория языка. Репрезентативная функция языка [Sprachtheorie. Die Dar-
stellungsfunktion der Sprache]. Перевод с немецкого [übersetzt aus dem Deutschen].
Москва [Moskau], Прогресс [Progress], 1993.
Karl Bühler: Teoria języka. Kraków, Universitas, 2004.
Karl Bühler: Théorie du langage. Préface par Jacques Bouveresse. Présentation par
Janette Friedrich. Traduction de l‘allemand, notes et glossaire par Didier Samain.
Marseille, Agone, 2009.

Hinweise
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Congrès de linguistes. Travaux du Cercle linguistique de Prague vi, 12–23.
D’Olhaberriague Ruiz de Aguirre, Concha. 2009. El pensamiento lingüístico de José Orte-
ga y Gasset. A Coruña, Espiral Maior.
Eschbach-Szabó, Viktória. 1984. Karl Bühler und Sakuma Kanae. In Achim Eschbach (Hg.):
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Keuth, Herbert. 2005. The Philosophy of Karl Popper. Cambridge University Press.
Lebzeltern, Gustav. 1969. Karl Bühler — Leben und Werk. In Karl Bühler: Die Uhren der Le-
bewesen und Fragmente aus dem Nachlaß, 9–70. Wien, Hermann Böhlaus Nachfolger.
López Campillo, Evelyne. 1972. La Revista de Occidente y la formación de minorías
(1923–1936). Madrid, Taurus.
Miller, David. 1995. Propensities and indeterminism. In Anthony O‘Hear (ed.): Karl
Popper: Philosophy and Problems, 121–147. Cambridge, Cambridge University Press.
Popper, Karl Raimund. 1974. Autobiography of Karl Popper. In Paul A.Schilpp (ed.):
The Philosophy of Karl Popper, 1–181. The Library of Living Philosophers, Open
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Valderrama Audrade, Carlos. 1952. Reseña a Karl Bühler, Teoría del lenguaje. Thesau-
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** カール・ビューラー(1983–1985)『言語理論―言語の叙述機能』(脇阪豊ほか訳)東京:クロノス.

219
SAVINA RAYNAUD

Vonk, Frank. 2010. Compte rendu [Karl Bühler, Théorie du langage. La fonction re-
présentationnelle. Préface de Jacques Bouveresse, présentation de Janette Friedrich.
Traduction de l’allemand, notes et glossaire de Didier Samain. Marseille, Agone
2009]. Philosophiques 372, 566–573.
Warnock, Geoffrey James. 1960. Review of The Logic of Scientific Discovery by Karl
Popper. Mind lxix, 99–101.

220
Anmerkungen zur Übersetzung von Umfeld
ins Italienische mit campitura

Maria Paola Tenchini


Brescia

Einleitung
2006 wurde ich mit der Übersetzung von Bühlers Artikel Das Struk-
turmodell der Sprache für einen Band über Deixis beauftragt, der in
demselben Jahr mit dem Titel Tu, io, qui, ora. Quale semantica per gli
indicali? erschienen ist (Raynaud 2006). In solch einem Band konnte
ein Beitrag Bühlers, der mit der Theorie der Zweifelder und deren enger
(Wechsel-)Beziehung innerhalb seiner Axiomatik neue Wege zur For-
schung der deiktischen Wörter gebahnt hat, nicht fehlen. Mit der Aus-
wahl dieses Artikels, der 1936 in den Travaux du Cercle linguistique
de Prague erschienen war, sollte auch der Bühlersche Beitrag innerhalb
der Prager Schule hervorgehoben werden.
Von einer linguistischen Perspektive aus zeichnet sich diese kurze
Schrift Bühlers, wie übrigens alle seine Schriften, durch eine beachtli-
che Komplexität aus: Einerseits die theoretische Dichte, die terminolo-
gische Dichte und die Dichte der geforderten Sachkenntnisse, die man
als Stärken betrachten kann; andererseits die Dichte der synthetischen
und manchmal enthymemischen Ausdrucksform (das bedeutet, dass
in der argumentativen Struktur die Proposition, eine der Prämissen
oder auch die Konklusion vom Leser ergänzt werden müssen), die den
Textzugang erschweren kann. Auch die (scheinbar?) einfache syntakti-
sche Struktur verlangt Vorsicht bei der Interpretation, denn sie kann
bzw. könnte, zumindest was mich angeht, bei der Übersetzung zu
Missverständnissen oder Fehlern führen: keine zu komplizierten oder
umfangreichen Satzgefüge, aber wiederum eine dichte Struktur. Dichte
und Einfachheit schließen also bei Bühler einander nicht aus und das
betrifft auch die lexikalische Wahl. Man bedenke z.B. das Wort Umfeld:
Die gemeine Bedeutung des Begriffs ist ja jedem klar und bekannt,
Schwierigkeiten aber könnten entstehen, wenn man den Begriff in das
Modell der Bühlerschen Theorie einsetzt.
In der italienischen Übersetzung der Sprachtheorie (Cattaruzza De-
rossi 1983) wurde Umfeld mit campo periferico übertragen und das hat

221
MARIA PAOLA TENCHINI

sich als eine glückliche Wahl erwiesen, da es auch im Französischen


(champ environnnant: Samain 2009) und im Englischen (surrounding
field: Goodwin 2011) mit einer ähnlichen ‚Ort-Metapher‘ übersetzt
worden ist. Der Anfang des 10. Absatzes des dritten Teils der Sprach-
theorie mit den Worten „Ausdruck und Begriff Umfeld, wie sie hier
verwendet werden, stammen aus der Lehre von den Farben“ (Bühler
[1934] 1982: 154) hat mich jedoch dazu gebracht, einen Ausdruck aus
dem Feld der Farben, und zwar aus dem der Malerei, zu suchen, der
dem Begriff Umfeld entsprechen könnte. Das habe ich natürlich mit
aller Vorsicht gemacht, mit dem Bewusstsein, dass solch eine Operati-
on wegen der konsolidierten terminologischen Tradition gewagt schei-
nen könnte. In diesem Beitrag wird erklärt, warum in meiner Überse-
tzung von Das Strukturmodell der Sprache der Begriff Umfeld zum Teil
mit dem italienischen Terminus campitura wiedergegeben wird und
teils einfach mit campo.

Das Umfeld in Das Strukturmodell der Sprache


In diesem Artikel kommt der Ausdruck Umfeld dreimal vor:

a) Es gibt viele Möglichkeiten, eine Lautäußerung derart abgerundet


und so eindeutig in ein Umfeld zu setzen, dass wir interpretierend
sagen können, es sei ein Satz. (Bühler 1936: 3; Hervorhebung meine)

b) Kehren wir zu der für den Sprachforscher selbstverständlichen Fra-


ge zurück, wie dies Innere manifestiert wird, so stellt sich der Feldbe-
griff ein. Irgendein Umfeld im weitesten Sinne des Wortes ist immer
da und wird relevant, wo ein Sprachlaut geboren und sinnvoll in die
Welt gesetzt wird. (Bühler 1936: 10; zweite Hervorhebung meine)

c) Aber gewahrt bleibt und sorgfältig gepflegt erscheint dafür der


synsemantische Halt des Zeichens; es will dann aus dem Kontext
erdeutet und feinverstanden sein. Im Extremfall ist das synseman-
tische sein einziges relevantes Umfeld. (Bühler 1936: 11; Hervor-
hebung meine)

Die italienische Übersetzung der drei Passagen lautet:

a1) Ci sono molte possibilità di inserire in un campo un’espressione


sonora in modo così completo e univoco che noi, interpretando,
possiamo dire che si tratti di un enunciato. (it. Übers. 2006: 175)

222
ANMERKUNGEN ZUR ÜBERSETZUNG VON UMFELD

b1) Ritorniamo alla questione ovvia per gli studiosi del linguaggio,
vale a dire così come si manifesta questa struttura interna, allo stes-
so modo si presenta il concetto di campo. Una qualsiasi campitura
nel senso più ampio del termine è sempre presente e diventa rile-
vante quando un suono linguistico viene generato e collocato nel
mondo sensatamente. (it. Übers. 2006: 180-181)

c1) Ma in cambio l’appoggio sinsemantico del segno rimane eviden-


te e viene scrupolosamente curato; il segno poi richiede di essere
interpretato e compreso fino in fondo a partire dal contesto. Nel
caso estremo quello sinsemantico è il suo unico campo rilevante.
(it. Übers. 2008: 181)

Umfeld wird also der Reihe nach mit a) campo, b) campitura, c) cam-
po übersetzt.1
Die Wahl, die erste Okkurrenz des Wortes (Zitat a) einfach mit cam-
po zu übersetzen, bezieht sich auf das Symbol-Feld-System des Axioms
D Bühlers. Laut der Umschreibung von Albano Leoni (2011: 128) sind
die Sprachen

S/F (Symbol/Feld) Systeme, zwischen deren Begriffen eine gegensei-


tige Voraussetzung besteht und wo das Wort das Symbol und der
Satz das Feld ist, in das sich das Wort notwendigerweise setzt.

Die in der Passage ausgedrückte Analogie zwischen Feld und Satz und
die Tatsache, dass sich ein Wort in ein Feld (Umfeld) bzw. einen Satz
notwendigerweise setzt, lassen m. E. die Übersetzung mit campo für
ausreichend gelten.
In der dritten Passage (Zitat c) zeigt der Kontext deutlich, dass es um
das synsemantische Umfeld geht und aus diesem Grund habe ich den
Ausdruck campo auch für ausreichend gehalten.
Kommen wir jetzt zum zweiten Zitat (b) und zur Wahl des Terminus
campitura.
Unter dem Lemma Umfeld findet man in Wörterbüchern z.B. Fol-
gendes: „die Gesamtheit der gesellschaftlichen, politischen und wirt-
schaftlichen Einflüsse, die auf j-n [jemanden] einwirken“ (Langen-
scheidt Großwörterbuch DaF 2003); „Gesamtheit der gesellschaftl.
und/oder Umwelteinflüsse, die auf jmdn. einwirken“ (Wahrig 1997);

1 Der französische Übersetzer desselben Artikels, Pierre Caussat (1992), hat sich einmal für
champ contextuel, einmal für champ englobant und einmal für champ entschieden. Im Ver-
gleich dazu erscheint meine Wahl „ärmer“.

223
MARIA PAOLA TENCHINI

„(bes. Psych., Soziol.) auf jemanden, etwas unmittelbar einwirkende


Umwelt“ (Duden Deutsches Universalwörterbuch 1996); „(besonders
Psychologie, Soziologie) auf jemanden, etwas unmittelbar einwirkende
Umgebung“ (Duden online).
Der Kern der Bedeutung dieser (natürlich sehr ähnlichen) Defini-
tionen ist dem Bereich Einfluss/Einflüsse einwirken entnommen, an-
ders gesagt, dem Bereich etwas/jemanden gezielt beeinflussen. Diese
Idee stimmt gewissermaßen mit den Worten überein, mit denen Büh-
ler den (fachsprachlich verwendeten) Begriff und Ausdruck Umfeld in
dem schon erwähnten Anfang des 10. Absatzes des dritten Teils der
Sprachtheorie einführt: Dort kommen nämlich die Ausdrücke Einfluß,
mitbeeinflußt, Umgebungseinflüssen als Kernwörter vor (vgl. Bühler
[1934] 1982: 154-155).
Als Synonyme zu Umfeld werden in den Wörterbüchern folgen-
de Ausdrücke erwähnt: Ambiente, Milieu, Nachbarschaft, Rahmen,
Reichweite, Sphäre, Umgebung, Umkreis, Umwelt, Welt (Duden on-
line; Duden Deutsches Universalwörterbuch 1996). Die italienischen
Übersetzungen von Umfeld können ambiente, contesto, zona circo-
stante, zona periferica, quadro (d’insieme), panorama, zone geogra-
ficamente circostanti, milieu lauten (Sansoni 2006, Zanichelli 2014,
Pons online, bab.la dizionario online).2 Man findet also in einigen
Ausdrücken den unterliegenden Begriff periferia (Peripherie): zona
periferica (periphere Zone), zona circostante (umgebende Zone, Um-
kreis, Umgebung), der eine Übersetzung mit campo periferico nahe-
legt. Auch das Präfix Um- begünstigt übrigens die Lesart von Umfeld
als campo periferico:

Dieses Präfix ordnet eine Bedeutung hauptsächlich in einen kom-


munikativ-räumlichen Wirkungskreis ein, wobei die Kreisförmig-
keit keine Richtung privilegiert. (Weinrich 1993: 1069)

Im Grunde genommen kann man also gegen die Übersetzung von Um-
feld mit campo periferico bzw. engl. surrounding field oder fr. champ
environnant nichts einwenden, nicht zuletzt deswegen, weil diesem
Ausdruck die semantische Last eines Fachterminus fehlt.
Für die Übersetzung von Umfeld habe ich dagegen gerade einen Aus-
druck gesucht, der aus dem Feld der Farben entstammt, um idealerwei-
se eine Entsprechung zu Bühlers Voraussetzungen zu finden:

2 In den verwendeten zweisprachigen Wörterbüchern sind keine Ausdrücke für das wörtliche
Äquivalent von Welt (mondo) zu finden, einen Begriff, der übrigens in Bühlers System vorkommt
(vgl. z.B. Zitat b).

224
ANMERKUNGEN ZUR ÜBERSETZUNG VON UMFELD

Ausdruck und Begriff Umfeld, wie sie hier verwendet werden,


stammen aus der Lehre von den Farben. Es waren Schüler Ewald
Herings, welche das wichtige Phänomen des Farbenkontrastes in
einfacher Art beschrieben und exakt bestimmt haben durch die An-
gabe, daß jedes Fleckchen Farbe auf einer Fläche dem Eindruck nach
mitbeeinflußt wird von dem ‚Umfeld‘ des Fleckchens. Der Einfluß
von ‚Infeld‘ und ‚Umfeld‘ ist, was kaum betont zu werden braucht,
wechselseitig. (Bühler [1934] 1982:154)

Die campitura
Den Ausdruck campitura habe ich der Maltechnik entnommen. Der
etymologische Ursprung von campitura ist neu (1970), aber nicht der
Ursprung des Verbs campire (1550) (De Mauro 2000). Die campitura
(auf deutsch Grundierung, grundieren) besteht darin, dass auf die Lein-
wand eine Farbschicht als (einheitlicher) Malgrund aufgetragen wird.
Diese Technik bietet zwei Vorteile: a) sie beeinflusst den weiteren Far-
bauftrag, indem sie Einheit und Harmonie im Gemälde schafft; b) im
Vergleich zu dem „Weiß“ der Leinwand erlaubt die Grundierung, die
weiteren Farbschichten besser zu deuten.
Auf Italienisch findet man zwei Verben im Wortfeld von grundieren:
campire und campare. Im Wörterbuch Treccani online werden campire
und campare folgendermaßen erläutert:

campire: in pittura, fare il campo, dare cioè risalto al fondo, o a una


zona delimitata, segnata in precedenza da un contorno, stendendo
il colore in modo uniforme; nel disegno può farsi anche mediante
tratteggio [(vereinfacht) in der Malerei: grundieren, also den Hinter-
grund oder einen durch Konturen vorgezeichneten Teil durch eine
geglättete Farbschicht hervorheben […]];

campare: mettere in rilievo, far risaltare dallo sfondo: il Sansovino ... ha


campato nel marmo la grossezza che ’l naturale fa nelle pieghe (Vasari)
[campare: vom Hintergrund hervorheben: Sansovino hat im Marmor
das hervorgehoben, was die Natur durch die Falten schafft (Vasari)].

Im Wörterbuch von Nicolò Tommaseo und Bernardo Bellini (1861-1874)


wird die Beziehung zwischen campire und campo explizit gemacht:

campire: dare il colore del quale ha da essere il campo [die Farbe


auftragen, die das Feld haben muss].

225
MARIA PAOLA TENCHINI

Und campo wird folgendermassen erläutert:

campo: pittorescamente parlando, vuol dire quel luogo che avanza


in un quadro fuori dalle figure ed altro che vi sia dipinto [(verein-
facht) das, was sich in einem Gemälde gegenüber den Figuren und
anderen gemalten Dingen/Objekten hervorhebt].

Die deutschen Äquivalente von campitura und campire sind aber


Grundierung, farbig unterlegtes Feld (und nicht Umfeld) und grundie-
ren; die englischen sind painting in (of the background), a painted back-
ground und paint the background, die französischen peinture du fond
d‘un tableau (zona campita), fond und appliquer des teintes plates (au
fond, aux figures d’un tableau). Nur im Französischen wird auch der
italienische Ausdruck zona campita verwendet. Wie meine Auswahl
von campitura erklären, warum lieber den Wert auf den Hintergrund
legen als auf die Umgebung?
Weil der Hintergrund notwendig und wesentlich ist, da er integrie-
render Bestandteil der Semantik des Gesamtbildes ist. Gestaltpsycho-
logen haben sich ständig mit der Frage beschäftigt, welche abstrakten
Qualitäten von Linien, Flächen und Farben das Sehen als Figur nahe
legen. Wie einer der Begründer der Gestalttheorie hervorhebt:

Bis man die radikale Frage gestellt hat: Liegt es nicht etwa so, daß
es gar nicht wahr ist, daß ich »bei einem bestimmten Reiz eine be-
stimmte Empfindung habe«, sondern daß dort dann das entsteht,
was an diesem Teil seines Ganzen zu entstehen Tendenz hat? Das
ist eine einfache Formulierung. Sie führt zum Experiment; es zeigt
sich im exakten Experiment, daß die Frage, ob ich zwei Farben oder
eine Farbe sehe, extrem von der figuralen Ganzbedingung - und an-
deren Ganzbedingungen - des Feldes abhängt. Man kann bei den-
selben Stück-Reizen einerseits in einer erstaunlich extremen Weise
vollständig gleiches erzeugen - homogenes - bei bestimmten figura-
len Ganzbedingungen, die von innen her auf die Einheit drängen,
und bei anderen figuralen Ganzbedingungen, die von innen her auf
die Trennung, auf ein Sichsondern, auf ein Sichabheben drängen,
zwei verschiedene Farben. Und es entsteht die Aufgabe, die Art je-
ner »Ganzbedingungen« - in ihrer Wirksamkeit - zu erforschen.

Ein Schritt weiter: es ergibt sich die Frage: kann man nicht allge-
meiner nun prüfen, ob das, was ich in einem Feldteil sehe, davon
abhängt, Teil welches Ganzen es ist? Davon, wie es im Ganzen
steht, was für eine »Rolle« es als Teil in diesem Ganzen spielt? Wie-

226
ANMERKUNGEN ZUR ÜBERSETZUNG VON UMFELD

der das Experiment zeigt (sic): das ist der Fall. Was ich da meine,
sind Dinge, die jeder gute Maler längst - im Gefühl - weiß. Es sind
keine eigentlichen Neuigkeiten, obzwar kein Wissenschaftler vor
den Ergebnissen wohl bedacht hat, daß die Abhängigkeit so kraß
sein werde, daß man gesetzlich z. B. zwei Feldteile, den einen in
einen helleren, den anderen in einen dunkleren verwandeln kann,
wobei stückhaft reizmäßig dasselbe vorliegt, bloß dadurch, daß man
die Ganzbedingung verändert. (Wertheimer 1925: o.S.)

Jeder Reiz, der als Figur fungiert, setzt sich nur in Bezug auf einen
Hintergrund durch: keine Figur ohne Hintergrund.3 Jede Stimulierung
muss inhomogen sein und braucht einen Figur-Hintergrund-Wechsel:

„Figur“ bezeichnet das, was in unserer Aufmerksamkeit in den


Vordergrund tritt. Alles übrige bildet so lange den Hintergrund,
bis sich unser Fokus etwas anderem zuwendet und dies nun aus
dem Hintergrund hervortritt und zur Figur wird. (Gestalt-Forum
Freiburg, online)

Wie Samain (2009: 29) betont:

Bref, s’y esquisse cette généralisation de la notion de contexte que


Wegener appelle la situation, que Bühler appelle un champ, et qui
correspond dans le métalangage de la Gestalt à l’opposition entre
figure et fond.

Bei der Gewichtung von wahrgenommenen Reizen braucht man also


Vordergrund und Hintergrund und mir scheint es, dass der Ausdruck
campitura die Dynamik dieses Figur-Hintergrund-Wechsels mit einer
gewissen Genauigkeit im Bühlerschen Kontext ausdrücken kann. Übri-
gens hatte Bühler, in Hinsicht auf seine Studien über die Farbwahrneh-
mung und Gemäldeoptik, unter Farbenkontrast einerseits und Kontext
der Bildwerte im Ganzen eines Gemäldes andererseits unterschieden,
und sein Bezug auf die Malerei in folgender Passage der Sprachtheorie
hat einigermaßen zur Wahl des Ausdrucks campitura beigetragen:

3 Das berühmteste Beispiel in dieser Hinsicht ist Rubins Kelch, als „Rubinscher Becher“ oder
„Rubinsche Vase“ bekannt, dessen Umrisse als zwei einander zugewandte menschliche Profile
gesehen werden können. Die Konturlinie gehört entweder den Profilen oder dem Kelch: Wenn
man die Profile sieht, verwandelt sich die weiße Fläche in Hintergrund, wenn man den Kelch
wahr nimmt, sieht man keine Schattenrisse von menschlichen Gesichtern, sondern nur einen
dunklen Hintergrund, der sich hinter einem Gefäß fortsetzt. Es handelt sich um „Kippbilder“
oder „Kippfiguren“.

227
MARIA PAOLA TENCHINI

Der Farbenkontrast ist, wie wir heute wissen, eine relativ periphere
Angelegenheit, er ist so gut wie vollständig eine einfache Funkti-
on der Nachbarschaft gereizter Netzhautstellen. Es ist, wie wir in
unserem Zusammenhang auch sagen können, zum mindesten der
Hauptsache nach eine Erscheinung, die abzulesen ist dem symphy-
sischen Umfeld der Farbflecken. Wesentlich anders dagegen steht
es mit dem ‚Kontext‘ der Bildwerte im Ganzen eines Gemäldes.
Wenn ein Maler auf der Palette dreimal dasselbe Grau mischt und
dreimal physisch denselben Graufleck einsetzt in ein werdendes
Bild, so kann dieser Fleck dreimal (oder noch öfter) einen verschie-
denen Bildwert im Kontexte des Gemäldes erhalten; er kann z.
B. als Schatten oder Lichtreflex oder als Gegenstandfarbe (als ein
Schmutzfleck z. B. auf weißem Tischtuch) imponieren. Durchaus
gesetzmäßig und zwingend für den Betrachter in normaler Aufnah-
mebereitschaft. Das Strukturgesetz der Bildwerte eines Gemäldes
ist ganz und gar etwas anderes wie der Farbenkontrast; diese Bild-
werte stehen in einem synsemantischen Umfeld und erhalten in
ihm bestimmte Feldwerte. Damit solche Strukturen in Erscheinung
treten, müssen die Farbflecken (allgemein: die Sinnesdaten) einen
Zeichenwert erhalten. Den erhalten Farbflecke in hervorragendem
Maße und systematisch, wenn nicht der Anstreicher, sondern der
Maler mit dem Instrument des Pinsels Farbmaterie aufträgt, und
etwas durch Farben „zur Darstellung bringt“. Der Kontext von
Bildwerten in einem Gemälde ist das Analogon zum Kontext der
Sprachzeichen; dort und hier gibt es ein synsemantisches Umfeld.
(Bühler [1934] 1982: 165)

Schlussbemerkung
In diesem Beitrag wird erläutert, warum in meiner Übersetzung von
Das Strukturmodell der Sprache der Begriff Umfeld zum Teil mit
dem italienischen Terminus campitura wiedergegeben wird und teils
einfach mit campo. Mein Vorschlag zielt nicht darauf ab, die bereits
bestehenden Übersetzungen zu ersetzen, sondern eher Denkanstö-
ße zu geben, dass es verschiedene Standpunkte gibt, von denen aus
man die begriffliche und terminologische Dichte der Bühlerschen
Prosa beim Übersetzen berücksichtigen kann. Oft schließt eine
terminologische Wahl eine andere nicht aus und oft können beide
gleichwertig sein: Das widerspiegelt die Komplexität des translato-
rischen Handelns, die sich nicht nur in dem Übersetzen, sondern
auch in dem Übersetzen verbirgt.

228
ANMERKUNGEN ZUR ÜBERSETZUNG VON UMFELD

Literaturverzeichnis
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Bühler, Karl. 1936. Das Strukturmodell der Sprache. In Travaux du Cercle linguis-
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229
MARIA PAOLA TENCHINI

Tommaseo Nicolò & Bellini Bernardo. 1861-1874, Dizionario della lingua italiana, 8
Bd., Roma-Torino-Napoli, Unione Tipografico Editrice, <http://www.dizionario.org>.

Adresse:
Paola Tenchini, Università Cattolica del Sacro Cuore,
via Trieste 17, I-25123 Brescia, Italia
<paola.tenchini@unicatt.it>

230
Die Nachgeschichte der Sprachtheorie. Einige
Hypothesen

Janette Friedrich
Genf

Der Gegenstand
1934 erscheint Bühlers Sprachtheorie, die zu einem Klassiker der
Sprachwissenschaften avancierte und für mindestens zwei turn’s als
Quelle herangezogen wurde, in den 70er Jahren für den semiotic turn
und in den 80er Jahren für den ihm folgenden pragmatic turn.1 Ein
Buch hat immer eine Vor- und eine Nachgeschichte, es passt sich in ei-
nen Werkkontext ein und besitzt einen ganz konkreten Arbeitskontext.
Beginnen wir mit dem ersten Kontext, dem Platz der Sprachtheorie im
Werk Bühlers.2 Bei der Einführung seiner Drei-Aspekten-Lehre in der
Krise der Psychologie schreibt er 1927:

Zur Geschichte dieser Überlegungen sei nur das eine bemerkt, dass
sie über zwei Jahrzehnte zurückreichen. Ich bin nicht ausgezogen, um
die Psychologie zu reformieren, sondern um die Axiome der Sprach-
theorie zu finden. Ein nahezu vollendetes Buch „Theorie der Spra-
che“ wird darüber genaue Rechenschaft ablegen. (Bühler 1927: 29)

Diese Aussage mag Verwunderung hervorrufen, da Bühlers erste Ar-


beiten eindeutig der Denk- und Gestaltpsychologie zuzurechnen sind.
1907 und 1908 erscheint seine Habilitation Tatsachen und Probleme
der Denkpsychologie, die eine Debatte mit dem Nestor der deutschen
Psychologie, Wilhelm Wundt, auslöste; 1911 schreibt er einen aus-
führlichen Handbuchartikel zur Kinderpsychologie; 1913 wird sein
Buch Die Gestaltwahrnehmungen. Experimentelle Untersuchungen
zur psychologischen und ästhetischen Analyse der Raum- und Zeitan-

1 Cf. z.B. Eschbach (1984), Nerlich & Clarke (1996: 224–239).


2 Oft wird die Sprachtheorie als Hauptwerk Bühlers betrachtet. Charlotte Bühler schreibt 1969
in ei­nem Brief an Lebzeltern: „Karl’s ‚Sprachtheorie’ wird von Ihnen nur genannt, jedoch nicht
be­spro­chen. Wie Hedda Bolgar, so betrachten auch viele andere und ich selbst dieses als Karl’s
grösstes Werk.“ — Brief Charlotte Bühler an Gustav Lebzeltern, 16. Januar 1969, in dem sie ihm
eine „Liste von Ver­bes­se­run­gen und Vorschlägen“ zum Manuskript der Karl Bühler Biographie
schickt. In: Karl Bühler-Nachlass, Forschungsstelle und Dokumentationszentrum für österreichi-
sche Philosophie in Graz (im Folgenden Bühler-Nachlass Graz), Ko 2-3a13 (5133).

231
JANETTE FRIEDRICH

schauung herausgegeben, zur gleichen Zeit publiziert er Studien zum


Denken und zur Aufmerksamkeit. Bühler beharrt jedoch auf einer Kon-
tinuität zwischen der Sprachtheorie und seinen ersten psychologischen
Arbeiten. So behauptet er auch im Vorwort zu dieser:

Wenn ich von seinem Schlusspunkt aus zurückdenke an die Anfän-


ge, so scheint mir, das System sei 1907 nach der Entdeckung der
‚syntaktischen Schemata’ im Sprechdenken (s. § 16) und 1908 nach
dem Herausheben der Darstellungsfunktion der Sprache in meinem
Sammelreferat über die Prozesse des Verstehens (3. Kongr. Ber. f.
Psych.) begründet gewesen. (Bühler 1934: xxviii)

In diesen Aussagen deutet sich an, was m.E. für Bühlers Arbeitswei-
se charakteristisch ist. Auch wenn seine Texte und Bücher eindeutig
in ein bestimmtes Themengebiet eingeordnet werden können und
sich auf ganz spezifische Debatten beziehen, verfolgt Bühler Prob-
lemstellungen, die Disziplinen und Themen übergreifend sind. Auf
bestimmte Fragen und Arbeitsideen kommt er immer wieder zu-
rück, egal ob er zur Kinderpsychologie, zur theoretischen Psycholo-
gie oder zur Sprachtheorie arbeitet. Genau unter diesem Gesichts-
punkt scheint mir die Nachgeschichte der Sprachtheorie interessant,
die bisher kaum untersucht wurde. Dies könnte darin liegen, dass
sie scheinbar wenig Kontinuität mit den vorhergehenden Arbeiten
Bühlers aufweist. Aber diese Behauptung bedarf einer genaueren Un-
tersuchung, die im zweiten Teil meines Beitrages geleistet wird. Ein
anderer Grund für das fehlende Interesse an der Nachgeschichte der
Sprachtheorie ist die vorhandene Quellenlage. Die von Bühler nach
1934 veröffentlichten Artikel geben nur beschränkt Auskunft über
seine zu diesem Zeitpunkt laufenden Forschungen. Deshalb werde
ich im Folgenden versuchen, mit Hilfe historischer Dokumente und
Manuskripte, die Vor- und die Nachgeschichte der Sprachtheorie zu
rekonstruieren. In einem zweiten Schritt geht es dann darum, an-
hand der von Bühler nach 1934 geschriebenen Texte, meine These
von einer Kontinuität in seinem Schaffen zu untermauern.

1. Der Arbeitskontext
1.1 Um die Sprachtheorie herum…
Das Schreiben eines Buches findet immer in einem bestimmten, ganz
konkreten Arbeitskontext statt. Im Falle Bühlers war dies die Tätigkeit
als Ordinarius der Philosophie mit besonderer Berücksichtigung der Psy-

232
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

chologie und der experimentellen Pädagogik, sowie als Leiter des psycho-
logischen Institutes der Universität Wien.3 Spuren seiner Arbeit vor und
nach der Veröffentlichung der Sprachtheorie können also in den Vorle-
sungen, in den von ihn betreuten Doktorarbeiten, in den Protokollen der
Forschungssitzungen, in Manuskripten wie auch in den Arbeiten seiner
Mitarbeiter zu finden sein. Bei unseren Recherchen im Archiv der Fach-
bereichsbibliothek Psychologie der Universität Wien, in der Universitäts-
bibliothek Wien, im Archiv der Universität Wien und in der Forschungs-
und Dokumentationsstelle für österreichische Philosophie in Graz sind
wir dabei auf ein umfangreiches Material gestossen, das einer weiteren
Auswertung harrt.4 Beginnen wir mit Bühlers Vorlesungstätigkeit. Im
Wintersemester 1928/29 und 1929/30 hält Bühler eine vierstündige Vor-
lesung zur Psychologie. Im Sommersemester 1930, 1931 und 1934 ist
diese Vorlesung dann der Sprachtheorie gewidmet. Sein zweistündiges
psychologisches Praktikum hat im Wintersemester 1934/1935 und im
Sommersemester 1937 die Ausdruckstheorie zum Gegenstand; im Win-
tersemester 1935/36 und 1937/1938 steht die Sprachtheorie im Mittel-
punkt. Im Sommersemester 1936 wird eine vierstündige Vorlesung un-
ter dem Titel Kurzgefasste Sprachtheorie. Eine Einführung in die Logik
der Geisteswissenschaften angeboten, im Wintersemester gibt es einen
zweistündigen Einführungskurs in die Sprachtheorie. Im Sommerse-
mester 1938 war die Hauptvorlesung zum Thema Die vier Hauptsätze
der Sprachtheorie angekündigt und das psychologische Praktikum soll-
te dem biologischen Modellgedanken gewidmet werden. Beide Lehrver-
anstaltungen wurden nach der Zwangspensionierung Bühlers im Mai
1938 jedoch nicht mehr durchgeführt.5 Es lässt sich also zeigen, dass
die Sprachtheorie und die mit ihr verbundenen Themen sowohl vor als
auch nach ihrem Erscheinen einen breiten Raum in Bühlers Lehrveran-
staltungen eingenommen haben.
1935 gibt Bühler im Archiv der Psychologie eine thematische Num-
mer mit dem Titel Forschungen zur Sprachtheorie heraus. Bei den in
dieser Nummer publizierenden Autoren handelt es sich ausschliesslich
um ehemalige Doktoranden Bühlers. Ein Überblick über die zwischen
1928 und 1938 unter der Leitung von Bühler in Wien verteidigten Dok-
torarbeiten zeigt, dass ungefähr 26 Arbeiten sich mit Gegenständen der

3 Vgl. zur Geschichte des Wiener Instituts für Psychologie, Benetka (1995).
4 Der Bühler-Nachlass in Graz beinhaltet eine grosse Anzahl von Manuskripten zum Thema
der Sprach­theorie. Siehe auch Vonk (1992), der auf Dokumente aus dem Nachlass Bezug nimmt.
5 Quelle: Öffentliche Vorlesungen an der Universität zu Wien, Sommer­ se­
mes­
ter 1923 bis
Sommer­se­mes­ter 1938, hg. vom Akademischen Senat.

233
JANETTE FRIEDRICH

f prachtheorie auseinandersetzen.6 Die von Bühler herausgegebenen


S
Artikel stellen exemplarisch die Brandbreite der behandelten Themen
dar. So findet man folgende Texte versammelt: Julius Klanfer „Theorie
der heraldischen Zeichen“, Bruno Sonneck „Der Satz als Einheit und
die Satzarten“, Sybill Mandell und Bruno Sonneck „Phonographische
Aufnahme und Analyse der ersten Sprachäusserungen von Kindern“
und Maria Bonavantura „Ausdruck der Persönlichkeit in der Sprech-
stimme und im Photogramm“.7 In der Einleitung schreibt Bühler:

Voll von Symbolen ist die Welt, in der wir Menschen leben; die Wis-
senschaft von den Zeichen, die allgemeine Sematologie ist gut beraten,
wenn sie sich stets vor Augen hält, dass der Mutterboden der Symbole
das Menschlichste am Menschen, die Sprache, ist. (Bühler 1935: 401)

Nach 1934 veröffentlicht Bühler noch einige kurze Texte zur Sprach-
theorie, es handelt sich grösstenteils um auf Kongressen gehaltene
Vorträge: 1936 „Psychologie der Phoneme“ (Proceedings of the Second
International Congress of Phonetic Sciences, Cambridge); 1936 „Das
Strukturmodell der Sprache“ (Travaux du Cercle linguistique de Prague
6); 1936 „Der vierte Hauptsatz der Sprachtheorie, Anschauung und
Denken im Sprechverkehr“ (Xème Congrès international de psychologie,
Paris). Es existiert eine Broschüre „Veröffentlichungen des Psychologi-
schen Instituts der Universität Wien seit dem Jahre 1924“, die sich im
Bühler-Archiv der Fachbereichsbibliothek Psychologie der Universität
Wien befindet. Hier gibt es eine Aufstellung aller von den Mitarbei-
tern des Institutes getätigten Veröffentlichungen und Übersetzungen
zwischen 1924 und 1937. Dort werden auch die sich in Vorbereitung
befindenden Texte erwähnt. So erfährt man auf Seite 15, dass ein Text
Karl Bühlers mit dem Titel „Film und Sprache“ in russischer Sprache
für eine Vygotsky-Gedenkschrift geplant war.8

6 Ich verdanke diese Informationen folgenden drei Listen: 1. Verzeichnis der von Karl Bühler
be­treu­ten Dissertationen Wien 1922–1938, nach dem Rigorosenprotokollen aus dem Universi-
tätsarchiv Wien, zu­sam­men­ge­stellt von Gabi Willenberg; 2.Verzeichnis der von Karl Bühler be-
treuten Dissertationen Wien 1922–1938, zusammengestellt von Gerhard Benetka; 3. Verzeichnis
der von Karl Bühler be­treu­ten Dis­ser­ta­tionen Wien 1922–1938, zusammengestellt von Sabine
Koch. Die ersten beiden Listen be­fin­den sich im Bühler-Archiv der Fachbereichsbibliothek Psy-
chologie der Universität Wien und wur­den mir freundlicherweise von Frau Dr. Michaela Zema-
nek zur Verfügung gestellt. Für die dritte Lis­te bedanke ich mich herzlich bei Frau Sabine Koch.
7 Mandell hat ihre Dissertation „Der Übergang vom Lallen zum Sprechen, beobachtet an drei
Kin­dern“ im Juni 1933 verteidigt. Sonneck legt im Juli 1933 seine Doktorarbeit „Das Satzprob-
lem im Rah­men der Bühlerschen Sprachtheorie“ vor. Die Verteidigung von Klanfers Arbeit ist mit
März 1934 datiert.
8 Siehe auch die Analyse von Maria Czwik 2018 zu den Untersuchungen zum Film, die am

234
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

1.2 ... und über sie hinaus


Neben den letztgenannten, zur Nachgeschichte der Sprachtheorie ge-
hörenden Texten, gibt es noch einen, von Bühler in diesem Zeitraum
veröffentlichten Text. Er erscheint 1936 in den Schriften des Pädagogi-
schen Institutes der Stadt Wien, im Heft 11, und trägt den Titel „Die
Zukunft der Psychologie und die Schule“. Er ist eindeutig einem neuen
Thema in Bühlers Schaffen gewidmet: dem Modellgedanken der Psy-
chologie. Zu diesem Text gibt es eine kuriose Bemerkung eines seiner
ehemaligen Studenten. Als Lebzeltern 1967 und 1968 zur Biographie
Karl Bühlers recherchierte und ehemalige Kollegen und Studenten um
Informationen und Details zur Persönlichkeit Karl Bühlers bat, war
Peter R. Hofstätter einer der wenigen, die auf Lebzelterns Anfrage aus-
führlicher antworteten.9 Er schreibt in seinem Brief:

Als akademischer Lehrer hat Bühler uns alle sehr beeindruckt; er


sprach ausgezeichnet und – wie man meinte – ganz frei; tatsächlich
scheint er sich auf den Text jedoch ungemein genau vorbereitet zu
haben. Zuletzt habe ich Karl und Charlotte Bühler 1960 in Ham-
burg gesehen, wo ihn die Universität zu einem Vortrag eingeladen
hatte. Damals ergab sich etwas Seltsames: er hatte [auf] seinen
programmatischen Aufsatz „Die Zukunft der Psychologie und die
Schule“ (erschienen als Heft 11 der Schriften des Pädagogischen In-
stitutes der Stadt Wien, 1936) völlig vergessen und war sehr erfreut,
als ich ihm davon eine Photokopie anfertigen liess. Nach meinen
Eindruck hing das mit dem Bruch in seinem Leben zusammen, den
der März 1938 und seine Verhaftung bedeutet hatten.10

Über die weiteren Arbeiten Bühlers nach der Sprachtheorie und vor
dem Verlassen Österreichs muss in den erhalten gebliebenen Manu-
skripten nach Auskunft gesucht werden. Im Bühler-Nachlass in Graz
befindet sich der Briefverkehr, den Charlotte Bühler mit Gustav Lebzel-
tern über die erwähnte Erarbeitung einer wissenschaftlichen Biographie
Karl Bühlers führte. In diesen Briefen gibt sie Lebzeltern Hinweise, wen
der noch lebenden Kollegen und Schüler Bühlers er für die Biographie
interviewen könnte, sie antwortet auf seine Fragen, gibt Kommentare

Psy­cho­lo­gi­schen Institut der Universität Wien in den 1930er Jahren stattgefunden haben.
9 Prof. P.R.Hofstätter arbeitete seit 1959 am Psychologischen Institut der Universität Ham-
burg. Er ver­tei­digte im November 1936 in Wien bei Karl Bühler und Richard Meister eine Disser-
tation zum The­ma „Testuntersuchungen an japanischen Kindern und das Reifungsproblem“.
10 Brief von Prof. Dr. P.R.Hofstätter an Gustav Lebzeltern, 27. Oktober 1968. In Bühler-Nach-
lass Graz, Ko.2–13 (12913).

235
JANETTE FRIEDRICH

und Informationen und bewertet die von ihm gemachten Vorschläge.


Gustav Lebzeltern benutzte für die Biographie die Vorarbeiten Hubert
Razingers, der zuerst mit dieser Aufgabe betraut war und leider ver-
starb. In einem am 28. Juli 1967 an Razinger gerichteten Brief, kündigt
Charlotte Bühler den Versand von Materialien an. Sie schreibt:

Lieber Doktor Razinger,


Wir fanden 29 Umschläge mit Vorlesungen und Vorträgen von mei-
nem Mann. Darunter sind sprachpsychologische Kapitel sowie the-
oretische Psychologie in Deutsch und Englisch. Wie vollständig die
Manuskripte sind, kann ich leider nicht feststellen. Aber es ist viel
Material und ich schicke es Ihnen als Paket.
[…]
Gustav Fischer in Stuttgart drückte Interesse daran aus, doch hat
sich der Verlag vorläufig noch nicht definitiv geäussert.11

Hubert Rohracher (1969: 5) schreibt im Vorwort zum Band der österrei-


chischen Akademie der Wissenschaften, der Karl Bühler gewidmet ist:

Frau Prof. Dr. Charlotte Bühler hat mir die nachgelassenen Ma-
nuskripte ihres Mannes Karl Bühler anvertraut und den Wunsch
ausgesprochen, dass die Teile, die fast druckfertig vorliegen, in Ös-
terreich publiziert werden; sie war dankbar und ausserordentlich
erfreut darüber, dass die Österreichische Akademie der Wissen-
schaften, deren korrespondierendes Mitglied Karl Bühler war, die
Publikation in ihren Veröffentlichungen ermöglicht hat.

Aus den hier angesprochenen Materialien, wählte Gustav Lebzeltern


dann die Schrift Die Uhren der Lebewesen aus. Dieser Text lässt sich
klar datieren, er stammt aus der amerikanischen Zeit. So spricht Büh-
ler in einem am 3. Mai 1956 an Herrn Kramer von der Vogelwarte Wil-
helmshaven gerichteten Brief, von einem fast vollendeten Manuskript
zu den Uhren der Lebewesen. Er kündigt seinen Besuch in Deutsch-
land an, der für Juni 1956 geplant war und sucht ein Treffen mit Herrn
Kramer zu organisieren.12 Zur Auswahl dieses Textes durch Lebzeltern
gibt es eine kurze Bemerkung Charlotte Bühlers, die auf einen weite-
ren, von Bühler kontaktierten Gesprächspartner aufmerksam macht:

11 Brief von Charlotte Bühler an Dr. Hubert Razinger, 28. Juli 1967. In Bühler-Nachlass Graz,
Ko2-3c (12878).
12 Brief von Karl Bühler an Herrn Dr. G. Kramer, 26. Mai 1956. In Bühler-Nachlass Graz, Ko1-4.
c3 (12825).

236
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

Ich bin ganz Ihrer Ansicht, dass „Die Uhren der Lebewesen“ am
wichtigsten sind. Karl liebte diese Arbeit. Was ihn an der Publika-
tion verhinderte, war ein sehr scharfer, kritischer Brief von K. von
Frisch, dem Karl das Manuskript zur Begutachtung geschickt hatte.
Von Frisch verdonnerte es in Grund und Boden, weil Karl angeblich
ein Dilettant auf diesem Gebiet war, nicht ein Spezialist wie er, und
weil die Literaturberücksichtigung unvollständig war.13

Der zweite aus dem Nachlass publizierte Text trägt den Titel Zum
Modellgedanken der Psychologie. Auch zu diesem gibt es eine Bemer-
kung Charlotte Bühlers. Sie schreibt am 10. Juni 1968 an Lebzeltern:
„Die ,Modellgedanken’ haben Karl immer beschäftigt. Ich selbst habe
nichts Geschriebenes darüber gesehen.“14 Diese Bemerkung verwun-
dert, da Bühler unmittelbar nach der Sprachtheorie, also noch in Wien,
an einem umfangreichen Manuskript zum Modellgedanken der Psy-
chologie arbeitete. Es scheint sogar, wie es Lebzeltern in seiner Bio-
graphie konstatiert, dass Bühler vorhatte, ein Buch zu diesem The-
ma zu schreiben.15 Davon zeugen sowohl die von Hofstätter erwähnte
Schrift, wie auch die von Lebzeltern ausgewählten Fragmente. Im Büh-
ler-Nachlass in Graz finden sich mehrere Versionen eines Inhaltsver-
zeichnisses des Modellgedankens, die ebenfalls für die These eines in
Arbeit befindlichen Buches sprechen. Ausserdem widmete sich Bühler
vor allem in seinen Vorlesungen zur theoretischen Psychologie dieser
Problematik.16 Im Wintersemester 1935/1936 und 1937/1938 liest
Bühler 4 Stunden zur Theoretischen Psychologie, im Wintersemester
1936/1937 trägt die Hauptvorlesung den Titel Allgemeine Psycholo-
gie. Und wie schon erwähnt, sollte das psychologische Praktikum im
Sommersemester 1938 dem biologischen Modellgedanken gewidmet
werden. Dieses Material zeigt, dass Bühler zwischen 1935 und 1938
intensiv zum Thema des Modellgedankens der Psychologie arbeitete.17

13 Brief Charlotte Bühler an Gustav Lebzeltern, 20. Mai 1968. In Bühler-Nachlass Graz, Ko2-3.
a2, (12841).
14 Brief Charlotte Bühler an Gustav Lebzeltern, 10. Juni 1968. In Bühler-Nachlass Graz, Ko2-3.
a5 (12848).
15 So schreibt Lebzeltern (1969: 47) in der Biographie Bühlers: „Durch die jähe Zäsur in seinem
Le­ben war Karl Bühler nicht dazu gekommen, sein Werk über den Modellgedanken in der Psycho-
logie zu vollenden.“
16 Vgl. Karl Bühler. Theoretische Psychologie (Nach den Vorlesungen des H. Prof. K. Bühler),
Wien 1937/1938. In Bühler-Nachlass Graz, Ps.Anh. 2.
17 In der Bühler-Forschung wird übrigens von noch einem weiteren Buch gesprochen. Es gibt
eine Mit­tei­lung Lebzelterns darüber, dass Bühler während seiner Inhaftierung durch die Nazis,
vom 23. März bis zum 7. Mai 1938, ein Buch schrieb. „Als Karl Bühler wieder entlassen wurde,
hatte er auf die­sem Papier – ein neues Werk vollständig entworfen gehabt“ (Lebzeltern 1969:

237
JANETTE FRIEDRICH

Die erwähnten Texte, Manuskripte und Vorlesungsmitschriften, die


sich in Graz befinden und wohl grösstenteils zu der von Charlotte Büh-
ler angekündigten Sendung an Razinger gehörten, liefern noch einen
weiteren Beweis. Es gibt seit Jahren eine von Achim Eschbach initiierte
Diskussion um den Verbleib der damals in Wien von Bühler zurückge-
lassenen Materialien. So schreibt Eschbach (1986: 27):

Karl Bühler hatte im Sommer 1938 nach seiner Befreiung aus dem
Nazigefängnis zusammen mit seiner Tochter den Hausstand der Fa-
milie aufgelöst. Seine recht umfangreiche Bibliothek, die ca. 3000–
5000 Bände umfasst haben soll, Manuskripte und seine Korrespon-
denz wurden eingelagert, damit sie ihm später nachgesandt werden
konnten. [...] Bibliothek, Manuskripte und die Korrespondenz bis
1938 sind ihm jedoch niemals nachgeschickt worden, sondern seit-
her verschwunden.18

Zwei Jahre später ist Eschbach etwas vorsichtiger in seiner Formulierung:

Ein zweiter Bruch, der die Fortsetzung der wissenschaftlichen Ar-


beit massiv behinderte, bestand darin, dass Bühler 1938 nicht nur
seine gesamte bis dahin geführte wissenschaftliche Korrespondenz
und wahrscheinlich einen Teil seiner Manuskripte, sondern auch
seine Privatbibliothek in Wien zurücklassen musste. (Eschbach und
Willenberg 1988: 301)

Meines Erachtens zeugen der Briefverkehr zwischen Charlotte Bühler


und Gustav Lebzeltern, sowie die vom letzteren zur Publikation aus-
gewählten Schriften eindeutig davon, dass einige der aus den Wiener
Jahren datierten Manuskripte den Weg in die USA gefunden haben.19
Es soll hier noch ein letztes Manuskript erwähnt werden. Es handelt
sich um die aus dem Jahre 1937 stammenden Druckfahnen eines Tex-
tes, dem Bühler den Titel „Psychologie“ gab und der, wie es aussieht,
für einen Sammelband bestimmt war. Er befindet sich ebenfalls in Graz

49). Eschbach (1987: 171) gibt an: „Dieses Ge­fäng­nis­buch, das sprach- und denkpsychologische
Probleme be­han­del­te und in die Ein­la­ge­rungs­kis­ten der Firma Schenker & Co. gekommen ist, ist
verschwunden.“ Die Fra­ge, ob es sich bei diesem Buch vielleicht um die Fertigstellung der For-
schungen zum Mo­dell­ge­dan­ken handelte oder ob es, wie Eschbach angibt, sich doch eher um die
Sprachtheorie drehte, bleibt zu überprüfen.
18 Eschbach wiederholt diese Feststellung noch einmal (1987a: 169): „Der alle anderen Fakten
do­mi­nie­ren­de Tatbestand ist darin zu sehen, dass der Nachlass Karl Bühlers aus der Zeit vor 1938
bis heu­te verschollen ist.“
19 Markus Stumpf 2018 kommt in seiner Studie, die aktuelle Forschungen zur Bib­li­o­thek Karl
und Charlotte Bühlers resümiert, ebenfalls zu dieser Schlussfolgerung.

238
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

und wurde 1988 von A. Eschbach und G. Willenberg herausgegeben. Er


gehört zu den Arbeiten, in denen Bühler das „neue Programm der Le-
benspsychologie“ resümierte, dem die Modellgedanken der Psychologie
gewidmet waren.20

2. Die These von der Kontinuität


2.1 Die Sprachtheorie als Unterbrechung?
Der uns zur Verfügung stehende Platz reicht nicht aus, dieses neue
Programm vorzustellen und näher zu analysieren.21 Dies ist auch nicht
das Ziel meines Beitrages. Mir geht es im zweiten Teil darum, einige
Hypothesen zu formulieren, die eine Kontinuität in Bühlers Schaffen
andeuten sollen; eine Kontinuität, die vielleicht nicht nur unter biogra-
phischen und ideengeschichtlichen Gesichtspunkten von Interesse sein
kann. Beginnen wir dazu mit der Rezeptionsgeschichte. Eine Reihe von
Autoren interpretiert die Sprachtheorie als Bruch in Bühlers psycholo-
gischem Werk oder wie es Vonk (1992: 152) ausdrückt als „Unterbre-
chung seiner biologischen und psychologischen Forschungen“. Dabei
wird zum einem auf Bühlers Interesse am Steuerungsbegriff hingewie-
sen, der in der Krise der Psychologie eine zentrale Rolle spielte, aber
in der Sprachtheorie und vor allem bei der Behandlung der Darstel-
lungsfunktion scheinbar keine Beachtung mehr findet. Diese Meinung
äussert z.B. Graumann (1988: 117), der von einer „psychologischen,
speziell sozialpsychologischen Unterbestimmtheit der Darstellungs-
funktion“ spricht und gleichzeitig darauf hinweist, dass sich die Paral-
lelität, die Bühler zwischen dem psychologischen Aspektenmodell und
dem linguistischen Organonmodell konstruieren wollte, nicht halten
lässt (Graumann 1988: 112). Diese Einschätzung wird auch von Vonk
(1992: 149, 151) geteilt, für den die durch die Sprachtheorie ausgelöste
Gegenstandsverschiebung in den Forschungen Bühlers aus der Spezifik
der menschlichen Sprache selbst erklärt werden kann. Er bezieht sich
auf Bühler selbst:

dass die Sprache als ‚symbolische Form’ ein „eigenes Buch for-
dert“ – nämlich das der Darstellungsfunktion der Sprache (vgl. Büh-
ler 1934: 33), die mit den biologischen Überlegungen zum Intellekt

20 Karl Bühler. 1937. Psychologie (Druckfahnen). In Bühler-Nachlass Graz, Ps. 9 (7599/1).


21 Man findet eine Diskussion der von Lebzeltern herausgegebenen Manuskripte zum Modell­ge­
dan­ken der Psychologie bei Lebzeltern selbst (1969: 46–47), sowie u.a. bei Vonk (1992: 157–162),
Un­ge­heu­er (1984) und Eschbach & Willenberg (1987).

239
JANETTE FRIEDRICH

und den psychologischen zum Werk/Geist/Gebilde-Aspekt der Psy-


chologie zwar bestimmte gemeinsame Merkmale aufwies, als spezi-
fisch menschliche Sprachfunktion aber eine intensive Auseinander-
setzung mit den Forschungsergebnissen der Sprachwissenschaften
voraussetzte. (Vonk 1992: 152)

Unter diesem Blickwinkel scheint es folgerichtig, die Arbeiten zum


Modellgedanken der Psychologie als Aufhebung des durch die Sprach-
theorie hervorgerufenen Bruchs in Bühlers Schaffen zu betrachten.
Vonk (1992: 263) fragt sogar: „Ob mit diesem erneuten Interesse Büh-
lers für psychologische und biologische Fragestellungen sein sprach-
theoretisches, darstellungsorientiertes Forschungsprogramm endgültig
gescheitert ist?“ Er antwortet darauf, dass dies „aus seinen Nachlass-
manuskripten eigentlich schon hervor[geht].“
Der Sprachtheoretiker Ehlich formuliert einen ähnlichen Bruch, dis-
kutiert ihn jedoch nicht von einem psychologischen sondern von einem
sprachwissenschaftlichen Gesichtspunkt und lokalisiert ihn innerhalb
der Sprachtheorie selbst. Er unterscheidet in dieser zwei Begründungs-
linien: eine handlungs- und eine zeichen- oder strukturtheoretische.
Während die letztere sich vor allem im ersten Teil der Sprachtheorie
zeige, den Ehlich (2007: 408) als „Kreis jener verengten semiotischen
Grundlegungen aus der Sache heraus, von den ‚sprachlichen Phäno-
menen’ selbst her“ charakterisiert,22 gehe Bühler vor allem im zweiten,
dem Zeigfeld gewidmeten Teil des Buches, über eine semiotische Fun-
dierung des Zeichens hinaus. Das Zeigzeichen wird hier handlungs-
theoretisch diskutiert, als ein Orientierungsleistungen vermittelndes
Medium, das immer in einem bestimmten Feld funktioniert und an
eine Wahrnehmungsleistung der Handelnden gebunden ist. Für Ehlich
findet diese Doppelgleisigkeit in Bühlers sprachtheoretischen Denken
keine produktive Lösung; der Widerspruch zwischen beiden Herange-
hensweisen bleibe unaufgelöst. Er sieht den Grund dafür darin, dass
Bühlers Schaffen durch das aufgezwungene Exil eine jähe Wende und
einen Abbruch erfahren hat. Ihm zufolge ist Bühler um die Gelegenheit
gebracht worden:

die Doppellinigkeit seiner Begründungen später aufzunehmen und


sein Denken so weiterzuentwickeln, dass das eigentliche Novum
seiner Theorie, nämlich die handlungstheoretische Grundlegung
der Sprachanalyse, in einer anderen Weise zum Zuge gekommen
wäre, als es noch in der Sprachthorie der Fall ist. (Ehlich 2007: 411)

22 Eine ähnliche Einschätzung findet sich bei Majolino (2014).

240
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

Bühler war sich dieser Doppellinigkeit in seinem Denken und sei-


nen Analysen selbst bewusst und wies in seinen Argumentationen im-
mer wieder darauf hin. So schreibt er in der schon zitierten Einleitung
zu den Forschungen zur Sprachtheorie: „Unerlässlich ist, dass jeweils
angegeben wird, ob die Satzhandlung oder das Satzgebilde ins Auge
gefasst und besprochen wird“ (Bühler 1935: 407). Gleichzeitig unter-
streicht er, dass beides, sowohl das Gebilde (Struktur), in diesem Fall
die grammatische Form eines Darstellungssatzes, die aus Subjekt und
Prädikat besteht, wie auch jeder neue und konkrete Satz, der in einer
Sprechsituation hic et nunc produziert wird, das Organon sind. Beide
sind das Organon, da selbst der grammatikalisch eigentümlichste Satz
nichts „am Konzepte dessen, der das Satzgebilde in Subjekt und Prädi-
kat aufgliedert“ ändert (Bühler 1935: 410). Subjekt und Prädikat sind
Momente am Gebilde und nicht an der Sprechhandlung, was jedoch
auch heisst dass sie, egal welche Form die Sprechhandlung annimmt,
diese orientieren.
Auf die Orientierungsleistung der syntaktischen Schemata hatte
Bühler schon in seiner Denkpsychologie hingewiesen. Bei der Unter-
suchung der beim Lösen von Aufgaben hervorgerufenen Denkprozesse
„entdeckte“ er eigentümliche Bestandteile der Denkererlebnisse, wie
z.B. das Regelbewusstsein. Dieses wurde als die Lösung hervorbrin-
gendes und sie orientierendes Moment nachgewiesen. Bühler betonte,
dass dieses Regelbewusstein phänomenaler Natur ist, es bildet ein ak-
tuelles, gegenwärtiges Wissen und sei nicht mit einem propositionalen
Wissen, einem Wissen über die Regel zu verwechseln. Das gleiche trifft
auf die syntaktischen Schemata zu, die, so Bühler, „in uns lebendig
sind“. So schreibt er in der Denkpsychologie:

Vielmehr wird die Eigenartigkeit der grammatischen Gesetze so-


wohl den logischen als den Assoziationsgesetzen gegenüber voll-
ständig erklärbar durch eigenartige Erlebnisse, die sich zwischen die
Gedanken und die Worte einschieben und als ihre Träger betrachtet
werden müssen. Wenn wir einen schwierigeren Gedanken ausdrü-
cken wollen, dann wählen wir erst die Satzform für ihn, wir werden
uns innerlich erst des Operationsplanes bewusst, und dieser Plan
ist es dann, der erst die Worte meistert. Wenn wir ein kompliziertes
Satzgefüge durchschauen, so ist das ein Wissen um seine gramma-
tische Struktur, wir wissen um die Beziehungen, die zwischen den
einzelnen Teilen der ganzen Form bestehen. Das kommt auch wäh-
rend wir selbst sprechen vor, z.B. wenn wir nach einem Zwischen-
satz den schon aus dem Bewusstsein entschwundenen Satzanfang
gedanklich wieder aufnehmen. Wenn wir einen Satz mit „als“ be-

241
JANETTE FRIEDRICH

ginnen und am Schluss des Nebensatzes plötzlich abbrechen, dann


kommt uns zum Bewusstsein, dass wir etwas erwartet haben; das
ist nicht nur eine sachliche Ergänzung, sondern auch eine gramma-
tische, wir erwarten einen Hauptsatz. In all diesen Fällen kommt
uns das gesondert zu Bewusstsein, was nebenher und ohne beson-
ders beachtet zu werden, stets oder fast stets zwischen Gedanken
und Worten vermittelt, ein Wissen um die Satzform und das Ver-
hältnis der Satzteile unter sich, etwas was als direkter Ausdruck
der grammatischen Regeln, die in uns lebendig sind, zu gelten hat.
(Bühler 1908b: 86)23

Dieses syntaktische Schema sei im Sprechenden lebendig, ohne dass


es als Wissen bewusst zu werden braucht. Seine Funktion besteht da-
rin, das Sprechen zu leiten, zu orientieren. Einer seiner Versuchsper-
sonen sagte es ganz klar: „Die Worte kamen unter dem leitenden Be-
wusstsein der Satzform“ (Bühler 1908b: 86).
Meine Hypothese ist also folgende. Auch wenn der behauptete Wi-
derspruch zwischen handlungs- und strukturtheoretischer Betrach-
tungsweise eine bestimmte Plausibilität besitzt, verhindert diese Lesart
jedoch, eine zentrale Idee Bühlers zu erfassen. Wenn man den Gebil-
deaspekt und den Handlungsaspekt voneinander trennt, besteht die
Gefahr, dass eine psychologistische Erklärung die Oberhand gewinnt.
Bühler diskutiert dies an der zur damaligen Zeit so beliebten Unter-
scheidung zwischen psychologischen und grammatischen Subjekt und
Prädikat.24 In den zur Illustrierung dieses Phänomens herangezogenen
Sätzen nimmt das Prädikat den Platz ein, der eigentlich dem Subjekt
zukommt. Dies passiert über eine, von einigen Psychologen so genann-
te „logische Betonung“, die den Rollentausch „sichtbar“ mache und
die psychologische Dimension des Satzes unterstreiche. Bühler zufol-
ge kann jedoch auf der psychologischen Ebene von einer Differenzie-
rung zwischen Subjekt und Prädikat gar keine Rede sein, denn diese
liege einzig im Gebilde begründet: „Denn Subjekt und Prädikat sind
Momente am Gebilde und niemals etwas anderes, niemals Momente
an der Sprechhandlung“ (Bühler 1935: 410). Das bedeutet auch, dass
Bühler sich nie für den Handlungsaspekt allein interessiert hat und
dies wohl auch nicht vorhatte. Der Grund dafür ist m.E. in einer Pro-
blemstellung zu finden, die er schon in der Denkpsychologie formu-

23 Bühler führt dieses lange Zitat im letzten Paragraphen (§16) des dritten Teiles der Sprach­
theorie, der dem Symbolfeld der Sprache und den Nennwörtern gewidmet ist, nochmals an (Büh-
ler 1934: 253).
24 Cf. z.B. Vygotsky (1934: 402–406).

242
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

lierte und die auch in seinen späteren Arbeiten einen zentralen Platz
einnimmt. Es handelt sich um eine philosophischen These, die er bei
seiner Beschäftigung mit den Arbeiten der Brentano-Schüler aufstellte:
„Das Regelbewusstsein ist ein Gedanke, in dem bestimmte Gegenstän-
de, die der Logiker als Gesetze bezeichnet adäquat gedacht werden“
(Bühler 1907: 168). Die sich aus dieser These für die Sprachtheorie
ergebende Fragestellung ist folgende: was ist in der Sprechhandlung
das, was adäquat auf das verweist, was die Sprachwissenschaftler als
grammatikalische Gesetze bezeichnen. Bühler spricht von der Existenz
eines syntaktischen Schemas, das auf der Ebene des Phänomenalen,
des Sprecherlebnisses zu verorten sei. In diesem das Sprechen orientie-
rendem syntaktischen Schema erscheinen die „Gegenstände“, die der
Grammatiker als Gesetze (Gebilde) bezeichnet, sie sind „in ihm leben-
dig“. Diese Betrachtungsweise ist eindeutig durch die in der Denkpsy-
chologie begonnenen Untersuchungen inspiriert. Bühler macht selbst
auf den Zusammenhang zwischen seiner Analyse der Symbolfunktion
der Sprache und seinen psychologischen Untersuchungen zum Den-
ken im § 16 der Sprachtheorie aufmerksam (Bühler 1934: 252–255).
Damit wäre ich bei meiner zweiten (Hypo)these. Sie behauptet, dass
es keinen Bruch in Bühlers Werk gibt: weder zwischen der Krise der
Psychologie und der Sprachtheorie, noch zwischen seinen frühen psy-
chologischen und biologischen Interessen und der Sprachtheorie. Dass
dies ebenfalls auf die Sprachtheorie und seine späteren Arbeiten zum
Modellgedanken der Psychologie zutrifft, soll im Abschluss durch eini-
ge Argumente angedeutet werden.

2.2 Parallelen, Entsprechungen und Kontinuitäten zwischen Tier


und Mensch – das Projekt einer biologischen Psychologie
In den noch in den Wiener Jahren geschriebenen Texten zum Modellge-
danken der Psychologie findet man vor allem Überlegungen zu den bio-
logischen Modellgedanken. Diesen liegt ein Grundpostulat zugrunde,
das er schon im Vorwort zur zweiten Auflage der Krise der Psychologie
formulierte:25

Die Psychologie ist die Wissenschaft vom sinnvollen Leben und ist
nicht, wie es seit Descartes behauptet wird, die Wissenschaft von
den Bewusstseinsvorgängen oder von den mentalen Phänomenen.
(Bühler 1936a: 3)

25 Hier spricht er von einer „Theorie der tierischen und menschlichen Handlung“ (Bühler 1927: xi).

243
JANETTE FRIEDRICH

Nun werden für diese Wissenschaft laut Bühler ganz bestimmte Begrif-
fe wichtig, die diesem Projekt gerecht werden und das zu thematisieren
suchen, was den Psychologen zu interessieren hat. Zu diesen Begriffen
zählt er den der Selbststeuerung (-regulierung). Er ist der Physik ent-
lehnt und beinhaltet die für Bühler so wichtige Idee eines „maschinel-
len Momentes“ (z.B. das Pendel als Gangregulator in den Uhren), das
die Selbststeuerung garantiert und ermöglicht. Bei dem Chemiker Ro-
bert Boyle findet Bühler diese Idee schon im 17. Jh. auf die Lebewesen
vorausgeahnt. Trotzdem habe sie sich in der Physiologie noch nicht
wirklich durchgesetzt:

[...] so ist zwar das erste aber nicht das letzte Wort gesprochen,
wenn man das rein maschinelle Moment in all den grossen Selbst-
steuerungsangelegenheiten des Organismus als nachgewiesen vor
sich sieht oder es als ein noch nachzuweisendes postuliert. (Bühler
1936a: 23–24)

In dem 1956 in den USA vollendeten Manuskript „Die Uhren der Le-
bewesen“ hat Bühler sich ganz offensichtlich der Analyse dieses „ma-
schinellen Moments“ (der Uhr) verschrieben, ohne das, die an Krab-
ben, Vögeln, u.a. beobachtbaren Verhaltensweisen nicht zu erklären
seien.26 Aber es gibt noch einen zweiten Begriff, der ebenso wichtig für
die biologische Psychologie ist. Es handelt sich um den Signalbegriff,
der von Bühler immer zusammen mit dem Feldbegriff diskutiert wird.
„Das zweite Wort heisst dann Signale: auch sie und ihre Auswertung
im Dienste der Lebenserhaltung sind eine Tatsache“ (Bühler 1936a:
24).27 Die mit dem Signalbegriff im Rahmen der von Bühler projizier-
ten Lebenswissenschaft diskutierten Phänomene machen nun den ei-
gentlichen Gegenstandsbereich des Psychologen aus.
Diese doppelte Betrachtungsweise des Lebens als Selbstregulierungs-
prozess und als Signalverkehr findet sich in den verschiedenen biologi-
schen Modellgedanken präzisiert. Der erste biologische Modellgedanke
enthält das sogenannte Situationsmodell der Handlung, demzufolge
jede Handlung sowohl von einem Innenfaktor (Bedürfnis des Lebewe-
sens) wie auch einem Aussenfaktor (die sich bietende Gelegenheit) zu-
gleich bestimmt wird. Eine Handlung kann nie aus nur einem Faktor

26 Vgl. Bühler (1969a).


27 Für Bühler besteht das Problem der aristotelischen Psychologie, die sich ja ebenfalls als Le­
bens­wis­sen­schaft verstand, darin, dass „die antike Physik das Gleichgewichtsmodell und den
Feldbegriff nicht kannte und darum in allem versagte, was wir diesen Konstruktionen verdanken“
(Bühler 1936a: 28).

244
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

heraus erklärt werden, deshalb spricht Bühler vom Zweifaktoren-An-


satz der tierischen und menschlichen Handlung und sucht die „Orte“
zu bestimmen, an denen die Kooperation oder Synchronisierung zwi-
schen beiden erfolgt. Das in jeder Handlung enthaltene aktive Moment
thematisiert Bühler (1936a: 8) mit Hilfe des Begriffs der „orientierten
Bezugswendungen“,28 die für ihn „ein genereller Tatbestand am Leben-
digen“ sind. Ein Lebewesen gibt sich nicht passiv einem inneren oder
äusseren Zustand hin, es bewegt sich vielmehr zu etwas hin oder von
etwas weg. Bei der Einführung dieses Begriffs bezieht sich Bühler auf
die menschliche Handlung und stellt davon ausgehend eine Parallele
zur Tierwelt her:

Hinwendungen zu einem Ding im Wahrnehmungsfelde führt der


Mensch z.B. mit seinen Augen aus; man trifft und fixiert das Ding
mit dem Blick. Das Wichtigste in unserem Zusammenhang ist das
Treffen, das nicht erfolgt, niemals erfolgen könnte (mit einer Si-
cherheit, die über Zufallswerte hinausgeht), wenn der Blickende in
Relation zum Treffenden völlig unorientiert wäre. Darum ist dem
Begriffswort „Bezugswendungen“ die nähere Bestimmung „orien-
tierte“ hinzugefügt. Dass dies Beiwort sachrichtig ist, bedarf für den
Menschen und die höheren Tiere kaum eines ausführlichen Bewei-
ses. Wenn die am Ofen schnurrende Katze auf ein psst! das einer
mit dem Munde hervorbringt, „aufhorcht“ kurz gesagt und sogar
mit den Augen sucht, so kann sie das, weil sie auch Akustisches
sehr genau, wie man aus Experimenten weiss, zu lokalisieren ver-
mag; sie ist im Wahrnehmungsfelde „orientiert“. (Bühler 1936a: 24)

Dieses Zitat ermöglicht es, eine weitere Parallele aufzumachen. Man


braucht nur die in der Sprachtheorie entwickelten Überlegungen zum
Zeigfeld nachzulesen, um zu sehen, dass für Bühler auch die Benutzung
von Zeigwörtern eine jeweilige Orientierung im Zeigfeld erfordert und
es das Körpertastbild ist, dass diese Funktion im Allgemeinen erfüllt.29
Die Behauptung, dass alle Bewegungen der Lebewesen, die als orien-
tierte in einem Wahrnehmungsfeld identifiziert werden können, zum ei-
gentlichen Gegenstandsbereich des Psychologen gehören, wird im zwei-
ten Modellgedanken30 wieder aufgenommen und um den Signalbegriff

28 Bühler benutzt den Begriff der orientierten Bezugswendungen schon in seiner Ausdrucksthe-
orie, un­ter anderem bei seiner Diskussion des Theatertheoretikers Johann Jakob Engel (Bühler
1933: 43–44). Siehe auch Friedrich (2011).
29 Siehe Friedrich (2009, 2011).
30 Es liegen mehrere Versionen eines Inhaltsverzeichnisses zum Modellgedanken der Psycholo-
gie vor. Was Bühler hier als zweiten Modellgedanken bezeichnet, erscheint in anderen Versionen

245
JANETTE FRIEDRICH

erweitert. Der hier diskutierte Inhalt passt unter die Kapitelüberschrift:


„Der Lebensraum und die Heimkehr des Individuums“. Die Lebewesen
besitzen systemeigene Regulierungsmechanismen (Uhren) und sind so-
mit orientiert in ihrem Lebensraum. Dies reicht jedoch zum sinnvollen
Verhalten nicht aus, denn letzteres beruht auch immer auf einem Signal-
verkehr. Bühler bemüht hier das Lotsenbeispiel, das er schon in der Kri-
se der Psychologie entwickelt hatte. Auf hoher See steuert der Seefahrer
das Schiff mit Hilfe eines Kompasses (eines maschinellen Momentes),
kommt er jedoch in die Nähe der Küste, orientiert er sich nicht mehr an
der Maschine, sondern an den Land- und Seemarken (vgl. Bühler 1927:
80). Bühler macht erneut eine Parallele auf:

Und genau so gibt es im Wegfinden der Tiere ein Richtung-Ein-


halten (und Apparaturen dazu) nach dem Kompassprinzip und da-
neben die Lotsensteuerung nach Landmarken. Es gibt Wegzeichen,
Signale, nach denen sich die Tiere richten. Wir merken uns diese
Tatsache für später: Alle psychophysischen Systeme sprechen auf
Signale an; das ist eine Grunderkenntnis der neuen Psychologie.
(Bühler 1936a: 14)

Bühler wollte dem Signalverhalten ein eigenes Kapitel widmen.


Im 1936 veröffentlichten Text spricht er zum Abschluss von zwei
Modellgedanken, die zusammengehören: der eine betreffe die Si-
gnale, der andere das Formproblem. In dem 1969 von Lebzeltern
veröffentlichten Manuskript zum Modellgedanken sind genau die-
se zwei Paragraphen im Inhaltsverzeichnis angegeben, jedoch im
Text nicht enthalten:

4. Signale und Formen


H. Signale im Verhalten der Tiere und Menschen
I. Das Formproblem in der Psychologie31

Im Bühler-Nachlass Graz finden sich weitere Entwürfe des geplanten


Inhaltsverzeichnisses, in denen die Titel jeweils leicht variieren:

G. Der Signalverkehr
H. Das Formproblem der Psychologie32

als dritter oder vierter Modellgedanke. Vgl. Bühler (1969b: 171), auch Bühler-Nachlass Graz: In­
halts­ver­zeich­nisse Biologische Modellgedanken (10016); (9974); (9976); (0015).
31 Bühler (1969b: 171).
32 Bühler-Nachlass Graz (10016).

246
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

Es handelt sich fast immer um die letzten beiden Paragraphen des


dem biologischen Modellgedanken gewidmeten Kapitels. Dabei findet
man zum Formproblem wenig Geschriebenes. Im Grazer Nachlass gibt
es einige Manuskriptseiten, die diesem Problem gewidmet sind. Bühler
kündigt selbst an, dass das Formproblem nochmals neu durchdacht
werden müsse, da der Formbegriff in der Psychologie des beginnenden
20. Jahrhundert immer in Zusammenhang mit dem Gestaltbegriff dis-
kutiert wurde, dieser jedoch „noch unvollendet“ sei (vgl. Bühler 1936a:
18). Der den Signalen gewidmete Paragraph enthält dagegen mehr In-
formationen und verweist ausserdem auf ein Forschungsprogramm.
Bühler beginnt hier mit der Diskussion der einfachen Stoffwechselpro-
zesse, in denen „Signalstoffe“ orientierend wirken und fährt fort, dass
nirgendwo ein sinnvolles Verhalten, „eine Planwirtschaft der Stoffpro-
zesse“ ohne Signale und Zeichenverkehr auskomme. Die menschliche
Sprache erweist sich in diesem Zusammenhang als ein Signal- und
Zeichensystem neben vielen anderen. Dies zeigt sich schon in der
Sprachtheorie. Bühler diskutiert hier die Sprache nicht nur in ihrer
Symbolfunktion, sondern auch in ihrem Funktionieren als orientieren-
des Signalsystem. Davon zeugt seine Diskussion der Zeigwörter aber
auch, wie oben angedeutet, die der syntaktischen Schemata. Es ist üb-
rigens genau die Syntax, auf die er 1953 in einem an seinen ehema-
ligen Mitarbeiter Kurt Lazarsfeld geschriebenen Brief zurückkommt.
Dieser Brief ist deshalb interessant, da Bühler hier erneut eine Parallele
aufmacht, die ihn von der „Syntax der animalischen Steuerung“ spre-
chen lässt. Er kann als weiterer Beweis gegen den behaupteten Bruch
zwischen der Sprachtheorie und Bühlers biologischen und psychologi-
schen Forschungen angeführt werden. Auch aus diesem Grunde möch-
te ich ihn im Folgenden ausführlich zitieren. Bühler schickt 1953 an
Lazarsfeld zwei von ihm erarbeitete Artikel zur Navigation (= guided
locomotion) und kommentiert sie folgendermassen:

[…]
Und ganz am Schluss von V ist wenigstens angedeutet, worauf ich
letzten Endes hinaus will. Die Syntaxien in animalischer Steue-
rung bereiten auf die syntaktische Steuerung der menschlichen
Rede vor. Die Sprachtheorie liegt dazwischen und hat die Analogie
vorbereitet. Da ist das Zeigfeld der Sprache und das Symbolfeld;
das ist dort das Koordinationssystem. Das „arrow-moment“ in der
landmark-Steuerung ist, was in der syntaktischen Steuerung der
Rede die Zeigwoerter leisten. Das Symbolfeld natuerlich ist nur im
Menschlichen aufweisbar und haengt an den zwei grossen Klassen

247
JANETTE FRIEDRICH

syntaktischer Mittel, die in allen Menschensprachen vorkommen.


Denken Sie fuer den Sukzessionsfaktor im Englischen (noch mehr
im Chinesischen) wo
parents love children und
children love parents
zwei recht verschiedene Tatbestaende treffen, waehrend lateinisch
filius amat patrem und
patrem amat filius
dasselbe trifft.

Oder denken Sie, da Sie ein guter Lateiner sind, an Horaz, wo die
zweite Strophe von Integer vitae lautet:
Namque me silva lupus in Sabina
Dum meam canto Lalagen et ultra
Terminum curis vagor expeditis
Fugit inermem.
Und finden heraus, wie eindeutig die Woerter sich zusammenfin-
den zu einer definitiven Sinnsteuerung.

Schlussfolgerung: Die Evolution entwickelte Steuerungsmittel


nachweisbar schon in den gesteuerten Ortsbewegungen der Insek-
ten. Und Vergleichbares dazu liegt in den syntaktischen Steuerun-
gen vor. Es gibt bekanntlich auch eine logische Syntax (Carnap)
[…]33

Dass die Syntax der menschlichen Sprache unter dem Gesichtspunkt


eines orientierenden Signales, eines Steuerungsmittels diskutiert wer-
den kann, steht also für Bühler ausser Zweifel.

3. Ein Schlusswort
Die hier andiskutierten biologischen Modellgedanken zeugen jeden-
falls von einer interessanten Verfahrensweise. Bühler, der ja Medizin
studierte, sich in seiner Habilitation dann einer psychologischen Ana-
lyse des Denkens zuwandte und fast 20 Jahre später eine Sprachtheorie
vorlegte, nutzt die von ihm am Menschen gewonnenen Erkenntnisse
und den in diesem Zusammenhang entwickelten Begriffsapparat und
wendet letzteren heuristisch bei der Analyse tierischen Handelns an.
Es geht ihm dabei nicht um eine anthropomorphisierende Feststel-
lung von Parallelitäten, auch evolutionstheoretische Interessen ste-

33 Brief von Karl Bühler an Dr. Paul Lazarsfeld, 24. August 1953. In Bühler-Nachlass Graz
(068502-068504).

248
DIE NACHGESCHICHTE DER SPRACHTHEORIE.

hen nicht im Vordergrund, er verfolgt das viel ambitiösere Projekt ei-


ner vergleichenden Psychologie.34 Diese sucht die im Menschenreich
gewonnenen Erkenntnisse in einer Psychologie des Lebens, in einer
Psychologie des sinnvollen Verhaltens der Lebewesen neu zu verorten
und stützt sich dabei auf die Idee vom Menschen und vom Tier als
Signalwesen. Dass dies möglich ist, davon zeugen vor allem die bei-
den von Bühler avancierten Grundbegriffe: der des maschinellen Mo-
mentes der Selbstregulierung (die Uhr) und der der Signalsteuerung.
Sie thematisieren wie schon der Handlungs- und der Gebildebegriff,
die Untrennbarkeit von Orientiertsein und signalvermitteltem Ori-
entieren. Ich hatte behauptet, dass in der Bühlerschen Sprachtheo-
rie der Handlungs- und Gebildeaspekt nicht voneinander zu trennen
sind. Die selbstregulierende „Maschine“, die gleichzeitig an Signalen
orientierte Steuerungsleistungen vollbringt, kann weder durch den
Handlungsaspekt noch durch den Gebildeaspekt allein verstanden
werden. Der geplante Paragraph zum Formproblem hätte zu dieser
Frage wahrscheinlich genauer Auskunft gegeben. Nun wäre es inte-
ressant, dieses Bühlersche Projekt einer vergleichenden Psychologie
als Lebenswissenschaft mit den heute in der biologischen Psycholo-
gie herrschenden Debatten zu konfrontieren. Doch vorher muss die
begonnene Rekonstruktion seiner nach 1934 durchgeführten Studien
fortgesetzt werden. Die in den amerikanischen Jahren geschriebenen
Texte sind bisher noch keiner genauen Analyse unterworfen worden.
Ausserdem wartet noch ein Teil der bisher von Achim Eschbach ver-
walteten und jetzt im Universitätsarchiv Wien zugänglichen Nach-
lasssammlung einer detaillierten Aufarbeitung.

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34 Dass Bühler eine kontinuistische Entwicklungstheorie verfolgte, zeigt sich schon in seinem
Buch zur „Geistigen Entwicklung des Kindes“, vgl. Bühler (1930, bes. Kapitel 8); siehe auch Fried­
rich (2013).

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252
CONTEXTE HISTORIQUE
Auf Humboldts Spuren in Karl Bühlers
Sprachtheorie

Jürgen Trabant
Berlin

1. Neunmal Humboldt
Ausweislich des Namenregisters der deutschen Ausgabe kommt Wil-
helm von Humboldt sechsmal in Karl Bühlers Sprachtheorie (1934)
vor. Das Register der französischen Ausgabe (Bühler 2009) ist präziser.
Es sind neun Vorkommnisse:
1. Gleich auf der zweiten Seite des Vorworts (S. XXII) stellt sich Bühler in
die Tradition Wilhelm von Humboldts. Wir befinden uns 1934 in einer

Phase des universellen Vergleichs der Menschensprachen, in der


auf höherer Plattform verwirklicht werden soll, was einem W. von
Humboldt und seinen Zeitgenossen schon vorschwebte (Bühler
1934: XXII).

2. Auf der Seite 1 der Einleitung des Buches wird Humboldt als einer
der Väter einer wissenschaftlichen Sprachtheorie erwähnt, zusammen
mit Platon, Wundt, Cassirer, Gomperz und Marty.
3. Auf Seite 7 werden im Zusammenhang des Kapitels über Saussure
die beiden Humboldtschen Theoreme erwähnt, die Bühler dann wei-
terhin beschäftigen werden: erstens die sogenannten Weltansichts-The-
se Humboldts: «Humboldt, der von der Sprache aus das verschiedene
Weltbild der Völker begreifen will», und zweitens «die Humboldtschen
Aspekte von ergon und energeia». Diesen «Aspekten» sei Ferdinand de
Saussure nachgegangen und habe daran an­schließend die Unterschei-
dung einer linguistique de la langue von einer linguistique de la parole
«fast entscheidungsreif vordiskutiert».
4. Die Unterscheidung von Ergon und Energeia wird dann auf S. 48f.
im Zusammenhang mit dem Vierfelder-Axiom aufgegriffen.
5. 6. 7. Das Thema der Sprachen als Weltansichten wird im Kapitel
über das Symbolfeld auf S. 152 auf einer halben Seite thematisiert und
mit dem Humboldtschen Theorie-Element der «inneren Sprachform»
kombiniert. Auf Humboldts «innere Sprachform» verweist Bühler dann
noch einmal auf S. 190 und 194, ebenfalls im Symbolfeld-Kapitel.

255
JÜRGEN TRABANT

8. 9. Die achte und neunte Erwähnung Humboldts sind indirekte Ver-


weise: S. 108: Der Indogermanist Karl Brugmann bezieht sich auf Hum-
boldts Thematisierung der Pronomina im Armenischen. S. 197: Heinz
Werner kritisiert in einem Buch über Sprachphysiognomik Humboldt,
weil dieser dem mimetischen Aspekt der Sprache nicht genügend Auf-
merksamkeit geschenkt habe. Beiden Erwähnungen geht Bühler nicht
nach. Das ist bedauerlich. Die Pronomina im Armenischen hätten ihn
zu Humboldts Thematisierung der Origo geführt, also ins Herz der
Theorie der Deixis (Ich Du Hier Jetzt). Und Humboldts ausführliche
Erörterungen der mimetischen Kraft des Sprachlauts (Humboldt VII:
53ff. )1, auf die sich Werner bezieht, wären sicher ebenso interessant
gewesen wie Werners Überlegungen zur rezeptiven Anmutung der Lau-
te, und sie hätten Bühler vielleicht auch zu Humboldts Haupt-These
von der Spra­che als dem «bildenden Organ des Gedanken» (Humboldt
VII: 53) geführt, an die sie unmit­telbar anschließen.
Der Bezug auf Humboldt ist also nicht gerade omnipräsent, aber
er ist doch einigermaßen gewichtig: Er ist erstens prominent plaziert
an entscheidenden Stellen des Buchs, im Vorwort und in der Einlei-
tung. Und er betrifft zweitens zwei wichtige theoretische Punkte: Er-
gon-Energeia und «Weltansichten», also Axiom C und die Gestaltung
des Symbolfeldes. Daher geistert auch durch die Bühler-Literatur der
Topos vom Einfluss Humboldts auf Bühlers Werk.2
Die Art und Weise, wie Bühler auf Humboldt verweist, zeigt aber
klar, dass er keine di­rekte Textkenntnis dieses Autors hatte: Keine Ar-
beit Humboldts wird angeführt. Dabei koin­zidiert Bühlers aktive wis-
senschaftliche Zeit immerhin mit dem Erscheinen der 17 Bände der
Gesammelten Schriften Humboldts zwischen 1903 und 1936. Es wird
auch kein einziger Satz von Humboldt zitiert. Die erwähnten beiden
Theorie-Elemente (Ergon-Energeia und Welt­ansicht/innere Form) wer-
den nicht diskutiert, d.h. ihr Potential wird überhaupt nicht geborgen.
Und schließlich kommen für die Sprachtheorie zentrale Humboldtsche
Theoreme nicht vor, die der Autor der Sprachtheorie bei einer direkten
Textlektüre überhaupt nicht hätte übe­rsehen können. Ich meine insbe-
sondere 1. die Humboldtsche Variante des Organon-Be­griffs, das heißt
die Sprache als «bildendes Organ des Gedanken», 2. die Problematik
dieser «Bil­dung des Gedanken» und 3. den sogenannten «unabänderli-
chen Dualismus» von Ich und Du, den Humboldt auch den «Urtypus

1 Ich beziehe mich im Folgenden bei den Humboldt-Zitaten immer auf Band und Seiten von
Humboldt 1903-36.
2 Vgl. hierzu den Namen-Index in den Bühler-Studien (Eschbach Hrsg. 1984).

256
AUF HUMBOLDTS SPUREN IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

aller Sprachen» nennt (Humboldt VI: 26). Insgesamt han­delt es sich


bei der Begegnung Bühlers mit Humboldt daher eher um eine verpasste
Gelegen­heit. Dies möchte ich im Folgenden näher ausführen.

2. Zwei Themen Humboldts in der Sprachtheorie


2. 1. Ergon-Energeia
Die für die Sprachtheorie Bühlers bedeutendste Bezugnahme ist die auf
Humboldts Ergon-Energeia-Paar. Sie führt direkt in das dritte der vier
Axiome. Bühler erwähnt S. 48f., wie schon im Saussure-Abschnitt S. 7,
ergon und energeia und langue und parole, die er dann auf den folgen-
den Seiten in seinem Vierfelderschema differenziert. Bühlers Kapitel 4
über «Sprech­handlung und Sprachwerk; Sprechakt und Sprachgebilde»
beginnt folgendermaßen:

Es sind nicht zwei, sondern vier Momente (Seiten), vier Fronten


sozusagen, am Gesamtgegenstand der Sprachwissenschaft, die im
Axiom C aufgezeigt und erläutert werden müssen. Vier, weil es die
Sache so verlangt und irgend zwei aus der Schar nicht scharf ge-
nug definierbar sind. W. von Humboldt sagte energeia und ergon,
de Saussure griff die im Französischen lebendige Opposition von
la parole und la langue (englisch speech und language) auf, um sie
als Sprachforscher in einer linguistique de la parole parallel zur her-
kömmlichen linguistique de la langue zu thematisieren. Seit Hum-
boldt gab es so gut wie keinen Sachverständigen von Format, der
nicht verspürt hätte, es sei etwas sehr Beachtenswertes mit ener-
geia und ergon berührt, und keinen seit de Saussure, der sich nicht
schon Gedanken gemacht hätte über la parole und la langue. Aber
weder das alte noch das neue Paar ist richtig produktiv geworden
im Reich der sprachwissenschaftlichen Grundbegriffe. Da und dort
wird heute noch versucht, bald psychologisch, bald erkenntnisthe-
oretisch, dem einen von beiden Gliedern des Paares energeia und
ergon eine Priorität zu vindizieren. (Bühler 1934: 48)

Eine Prioritätensuche wird also zurückgewiesen und dem Hum-


boldtschen Dualismus das Bühlersche Vierblatt von Sprechhandlung,
Sprachwerk, Sprechakt und Sprachgebilde gegenübergestellt.
Lesen wir, was an der berühmten Energeia-Stelle bei Humboldt steht:

Die Sprache, in ihrem wirklichen Wesen aufgefasst, ist etwas be-


ständig und in jedem Augenblick Vorübergehendes. Selbst ihre Er-
haltung durch die Schrift ist immer nur eine unvollständige, mu-
mienartige Aufbewahrung, die es doch erst wieder bedarf, dass man

257
JÜRGEN TRABANT

dabei den lebendigen Vortrag zu versinnlichen sucht. Sie selbst ist


kein Werk (Ergon), sondern eine Thätigkeit (Energeia). Ihre wahre
Definition kann daher nur eine genetische sein. Sie ist nämlich die
sich ewig wiederholende Arbeit des Geistes, den articulirten Laut
zum Ausdruck des Gedanken fähig zu machen. Unmittelbar und
streng genommen ist dies die Definition des jedesmaligen Spre-
chens; aber im wahren und wesentlichen Sinne kann man auch nur
gleichsam die Totalität dieses Sprechens als die Sprache ansehen.
(Humboldt VII: 45f.)

Humboldts Opposition von Energeia und Ergon betrifft in Bühler-


schen Termini die Opposition von Sprech-Handlung einerseits und
Sprach-Werk und Sprach-Gebilde andererseits. Wichtig ist nun aber
Humboldts Feststellung, dass die Sprache kein Ergon ist! Dies ist so­
gar die polemische Zielrichtung der ganzen Passage. Humboldt richtet
sich gegen die gängige Auffassung seiner Zeit, welche Sprache geradezu
exklusiv als Ergon versteht, weil sie diese nämlich an die Schrift bindet:
in Form des geschriebenen Textes einerseits und in Form von Gram-
matiken und Wörterbüchern andererseits. Die schriftliche Fixierung
der Rede, das Sprach-Werk, ist aber nur die «Mumie», die erst eine
neue Handlung wieder zum Leben erwecken muss. Sprache ist dagegen
Tätigkeit, Arbeit, «genetisch», jedesmaliges Sprechen, «Act ihres wirk-
lichen Hervorbringens» (Humboldt VII: 46), Rede.
Humboldt (VII: 46) fährt daher an dieser berühmten Stelle fort:

Nur sie [die Rede] muss man sich überhaupt in allen Untersuchungen,
welche in die lebendige Wesenheit der Sprache eindringen sollen, im-
mer als das Wahre und Erste denken. Das Zerschlagen in Wörter und
Regeln ist nur ein todtes Machwerk wissenschaftlicher Zergliederung.

Wörterbücher und Grammatiken, also das Sprach-Gebilde, sind nur


«todtes Machwerk». Die Linguistik muss dies Gebilde zwar konstruie-
ren, aber es ist nur das «todte Gerippe» der Sprache:

Die Sprache liegt nur in der verbundenen Rede, Grammatik


und Wörterbuch sind kaum ihrem todten Gerippe vergleichbar.
(Humboldt VI: 147)

Das todte Gerippe entspricht nicht dem Wesen der Sprache, welches,
lebendig, Energeia, Tätigkeit ist. Humboldt setzt also ontologisch die
Sprech-Handlung ins absolute Zentrum:

258
AUF HUMBOLDTS SPUREN IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

Die Sprache, in ihrem wirklichen Wesen aufgefasst, ist etwas bestän-


dig und in jedem Augenblicke Vorübergehendes. Sie selbst ist kein
Werk (Ergon), sondern eine Thätigkeit (Energeia).(Humboldt VII: 45)

Im Gegensatz zu dem, was Bühler uns zu verstehen gibt, sind Ergon


und Energeia also nicht zwei irgendwie gleichberechtigte «Aspekte» des
Sprachlichen, sondern Humboldt legt größten Wert auf die Feststel-
lung, dass Sprache wesentlich Energeia ist. Hier wird eine Priorität vin-
diziert – und zwar leidenschaftlich.
Das Zentrum aller Sprachwissenschaft, das Zentrum, zu dem sie
immer wieder zurückkehren muss, ist bei Humboldt die konkrete le-
bendige Sprech-Handlung. Das unterscheidet ihn deutlich von Bühler,
der mit seinem Vierblatt eine ökumenische Gleichberechtigung aller
vier Aspekte etabliert. Die absolute Priorität der Energeia unterscheidet
Humboldt auch von Saussure, oder sagen wir besser vom Cours, der
von den Herausgebern radikal auf langue ausgerichtet worden ist. Da-
von, dass der Cours eine linguistique de la parole skizziere, wie Bühler
glaubt, kann ja nicht die Rede sein. Die linguistique de la parole ist
gerade der blinde Fleck des Cours; «à la rigueur» könne man so etwas
«Linguistik» nennen, schreibt der Cours (Saussure 1975: 38), also bes-
ser doch nicht. Die Herausgeber des Cours haben die «la langue envi-
sagée en elle-même et pour elle-même» (Saussure 1975: 317), also das
«todte Gerippe», zum eigentlichen Gegenstand der Linguistik gemacht.
Bühler diskutiert gern und ausführlich andere Autoren (Eschbach
1990: xxxvii). Ja, dieser charakteristische Zug seines Werkes macht oft
die Lektüre seiner ansonsten schwungvollen Prosa mühsam. Mit großer
Sorgfalt beugt er sich zum Beispiel über Karl Brugmann, John Ries oder
Heinz Werner. Umso bedauerlicher ist es, dass er Wilhelm von Hum-
boldt nicht dieselbe Sorgfalt angedeihen lässt. Bühler verfährt in der
Sprachtheorie – anders als in der Ausdruckstheorie (Bühler 1933) – ganz
offensichtlich wie ein Naturwissenschaftler, der nur Aktuelles diskutiert,
den sogenannten Stand der Forschung, und der dabei die Aktualität gro-
ßen Denkens verpasst, weil es hundert Jahre alt ist. Hätte Bühler Hum-
boldt gelesen, hätte er erläutern müssen, wie und warum sein axioma-
tisches Kleeblatt den energetischen Dynamismus der Humboldtschen
Sprachauffassung bremst. Vielleicht hätte er dabei auch die große Frage
der Humboldtschen Sprachwissenschaft gelöst, nämlich wie denn eine
Linguistik des Sprechens überhaupt aussehen soll, wie sie wissenschaft-
lich vorgehen kann. Das ist nämlich eine der Fragen, mit denen uns
Humboldt ziemlich allein lässt. Vielleicht enthalten Bühlers dunkle Sei-
ten über den Sprechakt Antworten auf diese Frage?

259
JÜRGEN TRABANT

2.2. Weltansicht
Das zweite Theorieelement, das Bühler aus Humboldt aufgreift, ist die
sogenannte Weltansichts-These. Sie erscheint zunächst als Moment
einer Kritik an Saussure:

Wo wäre z. B. in seinem Buche [also im Cours] ein Aufstieg zu finden


zu Perspektiven eines W. von Humboldt, der von der Sprache aus das
verschiedene Weltbild der Völker be­greifen will? (Bühler 1934: 7)

Diese Kritik ist sicher berechtigt. Die Sprachen der Welt waren in
der Tat nicht Saussures Interesse. Allerdings ist dieser Satz Bühlers
hinsichtlich Humboldts zumindest missverständlich. Humboldt will
nämlich mitnichten die «Weltbilder» verschiedener Völker von der
Sprache aus begreifen. Bühlers Satz erweckt den Eindruck, als seien
die Sprachen Dokumente für «Weltanschauungen», also für ideologi-
sche Systeme der Völker. Das ist es aber nicht, was Humboldts Weltan-
sichts-These meint. Schon die terminologische Differenz ist wichtig:
Humboldt spricht nicht von «Weltbild», sondern von «Weltansicht».
Bei «Ansichten» geht es – bescheidener als beim «Bild» – eher nur um
verschieden perspektivierte Blicke.
In der Einleitung zum Teil III der Sprachtheorie über das Symbolfeld
und die Nennwörter schreibt Bühler (1934: 152):

Es springt an der Stelle, bis zu der wir gelangen, die weltanschaulich


bedingte Verschiedenheit der Menschensprachen auf; jene Verschie-
denheit, die W. von Humboldt als erster innerlich vor sich sah und
mit dem [...] Begriff der inneren Sprachform ausgezeichnet hat. Das
ist [...] der Kern der inneren Sprachform, dass verschiedene Sprach-
familien verschiedene Mittler- und Symbolfelder bevorzugen, weil
sie das Darzustellende, die Welt, in der alle Sprechenden leben, mit
verschiedenen Augen sehen. Vergleichbar ist das Ganze der Ver-
schiedenheiten vielleicht am nächsten mit den uns gut bekannten
Unterschieden im Blick des Malerauges. Weniger ist es nicht, es
dürfte aber auch nicht mehr sein.

Auffällig ist, dass Bühler das Humboldtsche Wort nicht verwendet,


um das es hier geht, nämlich das einigermaßen aparte Wort «Weltan-
sicht». Dies ist sicher eines der Indizien dafür, dass er Humboldt nur
aus zweiter Hand kennt. «Weltansicht» ist der das ganze Werk durch­
ziehende, auffällige terminus technicus bei Humboldt. Im schon zitier-
ten Hauptwerk liest man zum Beispiel:

260
AUF HUMBOLDTS SPUREN IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

[...] und da auch auf die Sprache in derselben Nation eine gleichar-
tige Subjectivität einwirkt, so liegt in jeder Sprache eine eigenthüm-
liche Weltansicht. (Humboldt VII: 60)

Bühler folgt des weiteren einer verbreiteten Humboldt-Lektüre,


die den Begriff der «inneren Sprachform» (Humboldt VII: 82) mit der
Humboldtschen Idee der «Weltansicht» iden­tifiziert. Gemeint ist mit
«Weltansicht» jedenfalls – ob man sie «innere Sprachform» nennt oder
nicht – die verschiedene semantische Strukturierung der Welt durch
die Sprachen. Pro­blematisch ist es nun aber, diese als «weltanschaulich
bedingte Verschiedenheit» zu bezeichnen, als ob irgendwelche ideolo-
gischen Systeme – Weltanschauungen eben – diese Verschiedenheiten
erzeugten. Das ist aber bei Humboldt nicht gemeint.
Da für Bühler Sprachwissenschaft im wesentlichen Indogermanis-
tik ist (Brugmann, Delbrück), bezieht er außerdem die «innere Sprach-
form» (Weltansicht) auf Sprach-Familien. In der Tat sind Sprachfami-
lien, nicht die einzelnen Sprachen, der Fokus dieser Linguistik, der
historisch-vergleichenden Sprachwissenschaft des 19. Jahrhunderts.
Humboldt sagt aber immer ausdrücklich, so auch im obigen Zitat, dass
jede einzelne Sprache eine eigentümliche Weltansicht habe. Das ist
ein ganz entscheidender Unterschied, der radikal über die traditionelle
deutsche historische Wissenschaft von «Sprach-Familien» hinausweist,
eben auf einzelne Sprache, auf sprachliche Individuen. Im weiteren hat
dann allerdings Bühler ziemlich genau getroffen, was Humboldt mit
«Weltansichten» meint: Wie jeder Maler verschiedene Blicke auf die
Welt wirft, so sehen eben auch die Sprachen die Welt «mit verschiede-
nen Augen». Bühler bewertet auch das Ausmaß der Verschiedenheiten
der Sprachen ganz im Sinne Humboldts: Sprachliche Verschiedenhei-
ten sind keine unüberbrückbaren Abgründe des Denkens, wie es der
sprachliche Relativismus meint, sondern «Bevorzugungen»: «Und es
ist und bleibt nach meiner Meinung auch nicht mehr als eine Bevor-
zugung» (Bühler 1943: 152). Und man kann, von einem bestimmten
Blick auf die Welt ausgehend, auch einen anderen Blick einnehmen.
Bühler (ebd.) fährt fort: «Denn unmöglich ist uns Indogermanen [also
der ganzen Sprach­familie] das Nachdenken fremder Symbolfelder kei-
neswegs». Das ist tatsächlich ganz hum­boldtisch und verweigert sich
der unseligen relativistischen Radikalisierung der Weltansichts-These
etwa bei Whorf oder bei linguistischen Rassisten.
Also: Das zweite Humboldtsche Theoriemoment, die Weltansichts-
these, erscheint bei Bühler als ein Charakteristikum der Gestaltung
des Symbolfeldes. Anders als bei der Ergon-Energeia-Opposition gehört

261
JÜRGEN TRABANT

das Thema der sprachlichen Verschiedenheit aber nicht eigentlich zum


Zentrum seiner Sprachtheorie. Bühlers Sprachtheorie ist im wesent-
lichen eine allgemeine Theorie des Sprechens: Es geht ihm um die
universellen Konstituenten des Sprechens, Saus­surisch gesagt, um lan-
gage: Axiome (Organon, Zeichen, vier Felder, SF-Charakter), Zeig­feld,
Symbolfeld, Aufbau der Rede vom Phonem bis zum Text.
Humboldt zielt dagegen auf die je individuelle Verschiedenheit der
menschlichen Sprachen. Sein Hauptwerk trägt den Titel: Über die
Verschiedenheit des menschlichen Sprach­baues. Diese verschiedenen
Formen der einzelnen Sprachen werden im Sprechen immer wieder
neu geschaffen und transformiert, sie basieren ja auf der sprachlichen
Energeia. Humboldt will nun aber genau wissen, wie die verschiedenen
Sprachgemeinschaften oder Nationen die ihnen als Menschen gestellte
Aufgabe der energetischen Sprachbildung bzw. der Bil­dung des Gedan-
ken jeweils realisieren. Sein Projekt ist das «vergleichende Sprachstu-
dium», eine Vergleichung aller Sprachen der Welt als Individuen. Die
Weltansichtsthese ist damit das Herz seiner sprachtheoretischen Be-
mühungen. Humboldt ist nämlich wirklich ein (phi­lo­sophischer) Lin-
guist. Und die Aufgabe der Linguistik ist seit Leibniz, die wunderbare
Varietät des menschlichen Geistes in seinen Sprachen zu erfassen, «la
merveilleuse variété de ses opérations» (Leibniz 1765/1966: 293). Die-
se wunderbare Vielfalt sprachlichen Denkens ist bei dem Psychologen
Bühler aber nicht der thematische Fokus. Ihm geht es gerade um das
Gemeinsame sprachlichen Tuns, das er im übrigen im wesentlichen
als eine kommunikative und technische Angelegenheit ansieht.

3. Verpasst: Organon – Schema – Ich und Du


Da Bühler Humboldt nicht gelesen hat, verpasst er die Begegnung mit
diesem Sprachdenker. Es wäre eine höchst spannende Konfrontation ge-
wesen. Schon an den beiden Theorieelementen, die Bühler als Bezugs-
punkte seiner Sprachtheorie aufruft, lassen sich hinter den oberfläch­
lichen Übereinstimmungen tiefe Differenzen aufzeigen: Humboldt
insistiert auf der En­er­geia als dem eigentlichen Wesen der menschlichen
Sprache (das ist nicht nur ein «As­pekt»). Und diese Energeia ist Arbeit
des Geistes, Bildung des Gedanken in unendlicher Verschie­denheit, in
individuellen Weltansichten. Über diese beiden Themen hinaus hätte
eine Beschäf­tigung Bühlers mit Humboldt an drei weiteren zentralen
Punkten eine aufregende Begegnung werden können.
3.1. Bühler wäre, wenn er mit der Ergon-Energeia-Stelle anfangend § 8
und § 9 des Hauptwerks gelesen hätte (Humboldt VII: 44-65, «Natur

262
AUF HUMBOLDTS SPUREN IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

und Beschaffenheit der Sprache», nur zwanzig Seiten!), seinem zen-


tralen Terminus begegnet, dem Organon: «Die Sprache ist das bil­dende
Organ des Gedanken» (Humboldt VII: 53). In diesem gemeinsamen
Wort, das natürlich auch bei Humboldt auf Platons Kratylos verweist,
scheint zunächst die Differenz auf, die Bühler von Humboldt trennt:
«Organ» bei Humboldt ist, im Anschluss an Kants Kritik der Urteils-
kraft, ein Lebendiges. Sprache ist generatives Glied eines schöpferi-
schen Geistes. Seine Funktion ist die Erzeugung des Denkens. Das Pla-
tonische organon ist bei Bühler das «organum, um einer dem andern
etwas mitzuteilen über die Dinge» (Bühler 1934: 24). Einmal abgese-
hen davon, dass Platon im Kratylos etwas ziemlich Anderes sagt,3 ist
die Funktion des Büh­lerschen Organons Sprache primär die Kommu-
nikation, und Sprache ist ein «Gerät» (Bühler 1934: xxi). Mit dem Ge-
räthaften der Sprache ist Bühler tatsächlich Platon näher als Hum­boldt
(wenn auch dieser die Sprache manchmal als «Werkzeug» bezeichnet).
Und wir sind mit diesem «Gerät» bei Bühler dann auch schon in der
Technik der Informationsübertragung – davon sprechen ja auch seine
zentralen Ausdrücke «Sender und Empfänger» –, also weit ab von der
dritten Kantischen Kritik und dem dort verhandelten Lebendigen, auf
das Hum­boldts «Organ» verweist.
3.2. Dabei wäre aber andererseits, hätte Bühler Humboldt gelesen,
gerade hier – Sprache als bildendes Organ des Gedanken, als Arbeit
des Geistes – wohl auch eine wichtige philosophische Gemeinsamkeit
ihrer Sprachtheorie deutlich geworden: die Produktion des Denkens
durch Sprache, das Symbolfeld-System der Sprache als das spezifisch
Menschliche der Sprache. Im Kapitel über das Symbolfeld macht sich
Bühler ja Gedanken darüber, wie eigentlich sprachliche Bedeutungen
gebildet werden. Und er sagt im Rückblick, dass Kant ihn zu diesen
Überlegungen angeregt habe. Zurecht bemerkt er, dass bei Kant die
Bildung sprachlicher Bedeutungen in der Kritik der reinen Vernunft in
den Überlegungen zum «Schematismus» vorgedacht worden sei:

Dort ist expressis verbis an verschiedenen Systemstellen ein Mittler


eingeführt und dieser Mittler wird regelmäßig als Schema charak-
terisiert und bezeichnet. [...] Die Erkenntnis der Konstanzmomente
im Wechsel der äußeren und inneren Wahrnehmungsumstände ist
in modernem Gewande eine Erfüllung dessen, was dem Analytiker

3 Nämlich: ὄνομα ἄρα διδασκαλικόν τί ἐστιν ὄργανον καὶ διακριτικὸν τῆς οὐσίας (Krat.
388b/c). Schleier­macher übersetzt: «Das Wort ist also ein belehrendes Werkzeug und ein das
Wesen unterscheidendes und son­dern­des» (Platon 1974: 413).

263
JÜRGEN TRABANT

Kant im Prinzip schon damals einsichtig war und wofür er die Idee
vermittelnder, ordnender Schemata brauchte. (Bühler 1934: 251f.)

Schon Hamann und Herder hatten bemerkt, dass Kant nicht sieht,
dass die Schemata der Einbildungskraft die Wörter mit ihren Bedeu-
tungen sind. Bühler hätte die linguistische Aus­formulierung der Syn-
thesis der Einbildungskraft bei Humboldt lesen können, und zwar in
der Passage zwischen der Ergon-Energeia-Stelle und der zitierten Welt-
ansichts-Stelle aus dem § 9 des Hauptwerks:

Subjective Thätigkeit bildet im Denken ein Object. [...] Die Thä-


tigkeit der Sinne muss sich mit der inneren Handlung des Geistes
synthetisch verbinden, und aus dieser Verbindung reisst sich die
Vorstellung los, wird, der subjectiven Kraft gegenüber, zum Object
und kehrt, als solches aufs neue wahrgenommen, in jene zurück.
Hierzu aber ist die Sprache unentbehrlich. Denn indem in ihr das
geistige Streben sich Bahn durch die Lippen bricht, kehrt das Er-
zeugniss desselben zum eignen Ohre zurück. Die Vorstellung wird
also in wirkliche Objectivität hinüberversetzt, ohne darum der Sub-
jectivität entzogen zu werden. Dies vermag nur die Sprache; und
ohne diese, wo Sprache mitwirkt, auch stillschweigend immer vor-
gehende Versetzung in zum Subject zurückkehrende Objectivität ist
die Bildung des Begriffs, mithin alles wahre Denken unmöglich.4
(Humboldt VII: 55)

3.3. Weiterlesend hätte Bühler schließlich ein weiteres zentrales Ele-


ment seiner Sprachtheorie ent­deckt: Ich und Du. Ich und Du sind aber
bei Humboldt nicht ins Zeigfeld ausgegliedert, da Zeig­feld und Sym-
bolfeld bei ihm untrennbar zusammen gehören, bzw. weil Humboldt
diese Unterscheidung gar nicht kennt. Die Synthese des Begriffs, die
Genese des Nennworts, ist bei ihm eingebettet in die Dualität von Ich
und Du. Der Mensch weist nicht nur auf die Objektivität hin (Deixis)
und gestaltet sie semantisch (Darstellung), sondern er tut dies immer
in der Dimension des Anderen, in der Dimension des Du. An der so-
eben zitierten Stelle fährt Humboldt fort:

In der Erscheinung entwickelt sich jedoch die Sprache nur gesell-


schaftlich, und der Mensch versteht sich selbst nur, indem er die
Verstehbarkeit seiner Worte an Andren versuchend geprüft hat.
Denn die Objectivität wird gesteigert, wenn das selbstgebildete
Wort aus fremdem Munde wiedertönt. (Humboldt VII: 55f.)

4 Eine weitere Erläuterung der Stelle findet sich in Trabant 2013.

264
AUF HUMBOLDTS SPUREN IN KARL BÜHLERS SPRACHTHEORIE

Oder deutlicher im Aufsatz über den Dualis:

Es liegt aber in dem ursprünglichen Wesen der Sprache ein unab-


änderlicher Dualismus, und die Möglichkeit des Sprechens selbst
wird durch Anrede und Erwiederung bedingt. Schon das Denken
ist wesentlich von Neigung zu gesellschaftlichem Daseyn begleitet,
und der Mensch sehnt sich, abgesehen von allen körperlichen und
Empfindungsbeziehungen, auch zum Behuf seines blossen Denkens
nach einem dem Ich entsprechenden Du, der Begriff scheint ihm
erst seine Bestimmtheit und Gewissheit durch das Zurückstrahlen
aus einer fremden Denkkraft zu erreichen. (Humboldt VI: 26)

Ich und Du sind also konstitutive Bestandteile jener Arbeit des Geis-
tes, welche das gedan­kenbildende Organ leistet. Schon «zum Behuf des
bloßen Denkens» braucht der Mensch den An­deren, das Ich braucht
das Du zum Denken überhaupt.
Das Sprach-Organ bildet Schemata im «unabänderlichen Dualis-
mus» von Ich und Du. So ließe sich Humboldts Version der Plato-
nischen Wort-Definition – ὄνομα ἄρα διδασ­κα­λι­κόν τί ἐστιν ὄργανον καὶ
διακριτικὸν τῆς οὐσίας – zusammenfassen, die bei Bühler zum «organum,
um einer dem andern etwas mitzuteilen über die Dinge» geworden war.

4. Fazit
Meine Suche nach Humboldts Spuren in Bühlers Sprachtheorie hatte
keineswegs eine Kritik der Sprachtheorie zum Ziel. Dieses Werk hat
seine Größe und seine Wirkungskraft mit oder ohne Humboldt. Ich
wollte nur einmal der von Bühler selbst gelegten Spur nachgehen. Ich
bin dabei zu dem Ergebnis gelangt, dass Bühler nur sehr oberflächlich
mit Humboldt verbunden ist, ganz offensichtlich nicht durch direkte
Lektüre. Bühler grüßt Humboldt als einen Freund, aber doch eher von
fern. Das schmälert das Werk Bühlers natürlich in keiner Weise. Es er-
zeugt aber ein Bedauern darüber, dass der große Sprachtheoretiker des
20. Jahrhunderts dem großen Sprachdenker des 19. Jahrhunderts nicht
wirklich begegnet ist. Ich hoffe, durch die Kontrastierung der beiden
Autoren einige zentrale Punkt der Theorie der Sprache erhellt zu ha-
ben. Auf jeden Fall aber sollte meine kleine Studie das oft gehörte Vor-
urteil erschüttern, dass Bühler ein von Humboldt beeinflusster Denker
gewesen sei. Das war er bestimmt nicht.

265
JÜRGEN TRABANT

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Saussure, Ferdinand de. 1975. Cours de linguistique générale (éd. critique Tullio De
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Trabant, Jürgen. 2013. Arbeit des Geistes. In Ute Tintemann / Jürgen Trabant (Hrsg.):
Wilhelm von Humboldt: Uni­versalität und Individualität, 13-29. München, Fink.

266
Bühler, la Gestalt et le béhaviorisme

Didier Samain
Paris

Ne vous interrogez plus sur les « êtres », leurs mysté-


rieuses et insondables essences ! Bornez-vous au plus
périphérique — leur seule façon de se situer les uns
par rapport aux autres, c’est-à-dire leur distribution.
[…] Ne quittons pas le sol, c’est-à-dire, l’inscription,
l’habitat, le paysage, là où s’implantent les vivants,
les matériaux, les données, sinon même les sociétés.

F. Dagognet, Le nombre et le lieu, p. 123–124.

I. L’analyse « objectiviste »
I.1 Un texte tardif de Bühler
On peut appréhender une courbe par ses propriétés numériques, mais
aussi de façon plus intuitive et immédiate. C’est là l’un des fonde-
ments de la Gestalt, une thématique apparue tôt dans l’œuvre de Büh-
ler (Die Gestaltwahrnehmungen, 1913), également présente dans la
Sprachtheorie (1934), et que l’on retrouve dans l’un des derniers textes,
consacré au « principe de Gestalt dans la vie de l’homme et des ani-
maux » (Das Gestaltprinzip im Leben des Menschen und der Tiere,
1960). Les Gestalten, écrit-il, ne relèvent pas de la pensée abstraite
conceptuelle [Gedanken] mais de l’intuition immédiate (Bühler 1960 :
passim). Cependant ce ne sont pas non plus de pures données sensibles,
plutôt des structures grâce auxquelles le donné est organisé, et donc co-
gnitivement accessible. À telle enseigne que Bühler semble parfois voir
dans la Gestalt une sorte d’équivalent empiriste du schématisme kan-
tien : « Le principe gestaltiste [se révèle donc] un intermédiaire entre
ce que perçoivent les sens et la connaissance conceptuelle » (Bühler
1960 : 88). Les Gestalten offrent donc une voie d’accès spécifique au
monde, antérieure à la connaissance qu’il qualifie de « scientifique »,
soit celle qui fait appel au calcul.
La distinction ici mise en place apparaît donc voisine de celle qui s’es-
quissait vers la même époque sous la distinction entre « analogue » et
« digital ». Si la victoire technologique du numérique devait rapidement
apparaître inéluctable, elle ne permet pas plus aujourd’hui qu’hier d’en

267
DIDIER SAMAIN

inférer quelque conclusion que ce soit sur le fonctionnement effectif de


la cognition humaine ou animale et, dans tous les cas, cette distinction
entre une intuition naturelle des formes et l’appréhension calculatoire
des phénomènes apparaît rétrospectivement comme une constante de
la pensée de Bühler, lequel, assez régulièrement, et pour ces mêmes
raisons, rapproche les langues des Gestalten.
Les lecteurs de la Sprachtheorie connaissent les critiques que Büh-
ler adresse à la conception combinatoire – différentielle – du phonème
(Bühler 1934 : 282–283 ; 2009 : 428), en lui objectant en substance
son invraisemblance pratique, compte tenu du coût cognitif que repré-
senterait en l’occurrence son traitement calculatoire. Bühler en conclut
que, pour identifier des formes tant lexicales que phonétiques, le sujet
fait donc probablement appel à des raccourcis de type gestaltiste. Une
autre thèse bien connue de la Sprachtheorie concerne la fonction d’in-
terface des dispositifs langagiers, y compris de structures aussi élémen-
taires que l’alphabet, dont le caractère arbitraire n’empêche nullement,
selon Bühler, de véhiculer une information. Un polygone quelconque
peut, par exemple, être transcrit en mode digital si on associe de façon
ordonnée ses sommets à des lettres, mais ce n’est pas possible si l’on
substitue une notation aléatoire à l’ordre alphabétique (Bühler 1934 :
192 ; 2009 : 314). Il s’agit là d’une illustration simple de la problé-
matique qui fait l’objet central de cet ouvrage : la Darstellung, soit la
technique de figuration symbolique, notamment par le langage.
On retrouve des arguments semblables dans le texte de 1960, où
Bühler s’appuie cette fois sur l’autorité « philosophique » d’Einstein.
« Il n’y a de mon point de vue, écrit en effet ce dernier, strictement
rien à dire a priori de la manière dont il nous faut former et associer
les concepts, ni comment il faut les apparier aux données sensibles.
La seule chose décisive est le succès dans l’établissement d’un ordre
des données sensibles » (Einstein 1936, cité par Bühler 1960 : 85). Les
règles du jeu sont arbitraires, poursuit-il, mais le jeu est rendu possible
par le fait qu’elles sont déterminées.
Bühler revient en outre dans cet essai sur les deux caractéristiques
qui viennent d’être rappelées – celle, à ses yeux définitoire de la Dars-
tellung, d’être une interface entre le perçu et le monde, et celle d’avoir
une configuration de type plutôt gestaltiste que computationnelle – et il
les attribue aux langues. À vrai dire, tout comme dans la Sprachtheorie,
le rapport entre langue et Gestalt est en fait plutôt évoqué que vérita-
blement argumenté, mais le propos n’en est pas moins dénué d’am-
biguïté : il y aurait donc, d’un côté, la logique, la langue du calcul,

268
BÜHLER, LA GESTALT ET LE BÉHAVIORISME

qui est apprise, et, de l’autre, la psychologie, les langues naturelles et


une connaissance non réflexive. Et d’en appeler aussi à von Neumann
(Bühler 1960 : 74–76), selon lequel, lorsque nous raisonnons mathé-
matiquement, nous n’utilisons qu’en apparence la langue de l’interac-
tion ordinaire, la Verkehrssprache, alors qu’en réalité nous utilisons
une deuxième langue construite à partir d’elle. À la date, pareil propos
eût été trivial s’il était question pour Bühler de définir les traits cette
« deuxième » langue. Or c'est de la première dont il essaie d'esquisser,
au moins négativement, les contours.
Au fil du livre, les formulations et références varient mais le lecteur
reste un peu sur sa faim, car Bühler multiplie les rapprochements avec
des travaux de psychologues ou d’éthologues qui lui semblent illustrer,
voire corroborer, ses propres conceptions, sans pour autant proposer une
définition positive de ce qu’est dans ce cas pour lui une langue ou un
langage. À défaut de formulation explicite, il s’en dégage néanmoins un
faisceau de caractéristiques, dont la première est cette connaissance im-
médiate, distincte du savoir réflexif, et notamment de celui obtenu par
le calcul. – Une connaissance intuitive enracinée dans des praxis : les ar-
chitectes des pyramides, souligne Bühler, ont utilisé pour les construire
des formes géométriques simples, triangles, carrés, et cela a suffi. Et elle
assure un savoir psychologique et social immédiat, qui permet au sujet
de s’orienter dans son environnement physique et humain.

Car les hommes sont intuitivement (appelons cela ainsi) au fait de


leurs vécus propres et de ceux des autres […]. Dans le cas contraire,
ils ne s’y retrouveraient pas de manière humaine dans ce qui, à
longueur de temps, a lieu en eux. À l’état de veille, même le plus
primitif homo sapiens ne vagabonde pas au hasard dans son milieu
comme s’il rêvait. (1960 : 100 ; souligné dans le texte)

Tout cela est clair, mais risquons-nous à poser une question sau-
grenue : pourquoi la métaphore du vagabondage (ou du voyage orien-
té) dans un milieu ? Et tentons quelques rapprochements fondés, non
pas seulement sur le contenu explicite des thèses, mais sur une méta-
phorique, explicite et récurrente chez Bühler, celle de l’itinéraire. Cer-
tains exemples célèbres de la Sprachtheorie – einen Schwarzen (pour
demander un café), geradeaus (dans le tramway)1 – ont souvent été

1 Il suffit parfois d’un mot, d’un signe linguistique quelconque tel que à droite, tout droit […]
pour opérer le supplément de guidage [Zusatzsteuerung] nécessaire au comportement du récep-
teur. […] Pour dire les choses de manière figurée, il en est de leur apparition comme des pote-
aux indicateurs normalement installés sur les chemins des hommes. Tant qu’on identifie sans

269
DIDIER SAMAIN

compris comme des illustrations de réglage pragmatique du sens par


le contexte. Ce n’est pas faux, quoiqu’un peu réducteur. En revanche
les métaphores et, plus généralement, les analogies utilisées ont sus-
cité peu de commentaires. Elles ne sont pourtant pas indifférentes car,
traitant des signes, elles supposent au moins implicitement qu’une
priorité soit accordée à leur fonction de signal sur celle de symbole.
Bühler y compare en effet les mots à des poteaux indicateurs ou à des
aiguillages sur un itinéraire. Ces analogies sont sans doute favorisées
par les exemples eux-mêmes, mais cela ne suffit sans doute pas à ex-
pliquer leur récurrence, et, surtout, il n’est pas certain qu’il s’agisse
toujours d’une simple analogie commode. Voici en l’occurrence ce que
cela donne dans le texte de 1960 :

Selon la conception moderne des physiologistes, il y a dans le sys-


tème nerveux central des centres d’interrupteurs, comparables aux
aiguillages couplés en séries des chemins de fer, ou aux sémaphores
et signaux lumineux couplés automatiquement qui régissent la cir-
culation automobile. (Bühler 1960 : 99 ; souligné dans le texte)

Autrement dit, si analogie il y a, elle est, du moins dans ce cas présent,


directement associée à des caractéristiques physiques du système (ner-
veux en l’occurrence). Et cela implique par ailleurs que la langue relève,
non sans doute exclusivement, mais aussi de la Verhaltensforschung,
de l’analyse comportementale. C’est là en effet une troisième caracté-
ristique mentionnée par Bühler, qui reprend longuement les analyses
d’Uexküll. Les langues, dit-il,

sont des moyens de communication humains, mais la vie so-


ciale des animaux offre quelque chose de comparable. En d’autres
termes, dans le domaine humain, il est question d’interprétation,
de mise en ordre, et de réinterprétations ; et du point de vue com-
portemental [behavioristisch], il y a aussi quelque chose à glaner en
la matière dans la façon dont les animaux mènent leur existence.
(Bühler 1960 : 98)

Indépendamment de cette référence à l’éthologie d’Uexküll, l’ima-


ginaire géographique présentait quelques antécédents et a en outre
connu une postérité en béhaviorisme. En voici une illustration, peut-

ambiguïté un seul itinéraire possible, il n’est nul besoin de poteau indicateur. En revanche, aux
carrefours, lorsque la situation devient ambiguë, ils sont fort bienvenus. (Bühler 1934 : 39 ; 2009 :
122–123)

270
BÜHLER, LA GESTALT ET LE BÉHAVIORISME

être moins intéressante par ses positions épistémologiques2 que par


sa métaphorique : « Tant que notre maîtrise de notre langage satisfait
à tous les points de contrôle extérieurs [external checkpoints], à l’oc-
casion desquels notre énoncé ou notre réaction à l’énoncé d’un autre
peuvent être évalués à la lumière d’une situation partagée, tant qu’il en
va ainsi, tout va bien », écrit Quine (1987 : 5). En revanche « notre vie
mentale entre les points de contrôle est indifférente à notre évaluation
d’individus maîtrisant le langage. Il n’y a rien dans la signification lin-
guistique au-delà de ce qui peut être inféré du comportement objectif
dans des situations observables » (suite de la même citation). Il ne
s’agit là que d’un exemple. Quine reprend ici des propos déjà formulés
en termes voisins chez Tolman.3 Ils produisent un effet de similitude
avec les carrefours bühlériens.

I.2 Le programme d’une Verhaltensforschung


Poursuivons. Bühler reprochait à l’école berlinoise de la Gestalt une
conception des formes qu’il jugeait substantialiste, qui rompait donc
avec la notion de Gestaltqualitäten, de qualités de forme, proposée
par Ehrenfels et différait de la perspective plus kantienne adoptée par
l’école dite de Graz.4 Cela toutefois n’empêche pas des convergences
sur d’autres points, qu’on peut juger plus essentiels. Des gens comme
Koffka ou Lewin tenaient notamment à distinguer monde comporte-
mental et monde des stimuli, insistant sur le fait que, contrairement
au monde des stimuli (entendons l’ordre causal et matériel) le monde
comportemental est tout à la fois cognitivement stable et non divisible
à l’infini. Si je veux donner à manger à un très jeune enfant qui refuse,
écrit Koffka (1935 : 163–164), pour aucun des deux participants, le
nombre de positions possibles n’est infini : avancer la cuillère, la porter
à la bouche, ouvrir/ne pas ouvrir la bouche, et c’est à peu près tout.
Koffka en conclut que la division de l’espace psychologique aboutit à
des espaces discrets et indivisibles, qui correspondent à autant d’uni-
tés de comportement. À la différence des stimuli matériels, ces unités
comportementales ou phénoménologiques seraient donc strictement
dénombrables. Cette thèse n’est en fait pas spécifique à la Gestalt, car

2 Elles correspondent aux standards du béhaviorisme : empirisme, « non scrutabilité » de la


référence, etc. J'y reviendrai dans un instant.
3 Cf. par exemple Tolman (1926), repris dans Tolman (1951 : 48–62).
4 Il importe, écrit-il dans la Sprachtheorie, de « contrer les tendances au monisme en matière
de fondements [Prinzipien]. Je songe en particulier à la psychologie gestaltiste berlinoise » (Bühler
1934 : 56 ; 2009 : 143).

271
DIDIER SAMAIN

on la trouve également chez Wegener (1885), l’une des sources ma-


jeures de Bühler, mais aussi chez Uexküll, puis, plus tard, chez des
héritiers français de la Gestalt comme R. Thom ou J. Petitot. D’où
par exemple la notion de Bestimmungspunkt, de « point de repère »,
chez Wegener, lequel ne cesse de répéter que signifier n’est pas décrire.5
Si Homère dépeint le héros partant au combat, il n’en brosse pas une
description complète, il ne choisit que certains traits, certains points de
repère, – en nombre forcément limité – sans s’épuiser à pister une im-
possible exhaustivité, et en laissant l’auditeur compléter les intervalles
(Wegener 1885 : 154). Non par la nature des arguments mais par la
conception des signes qui en résulte, voilà qui apparaît étonnamment
similaire aux thèses avancées de leur côté par les tenants du béhavio-
risme ou de la Gestalt.6
Il ne sera pas possible de nous attarder dans le cadre de cet article sur
cette énumérabilité stricte des Merkzeichen, des « signes distinctifs »
et des Bestimmungspunkten, des « points de repère ». Nous rejoignons
pourtant par là une thèse centrale de Bühler. Que de fois en effet n’écrit-
il pas qu’un système de signes suppose formellement l’existence d’un
petit nombre d’éléments stables ! Ce qui précède suffit en revanche à
constater qu'il s'agit là d'une thèse forte, dont le champ excède large-
ment le cadre historique et conceptuel de la phonologie, par exemple.
En bref, l'espace comportemental, Verhalten, behavior, n’est pas l’es-
pace causal et cela permet déjà d’entrevoir le malentendu qui a oblitéré
la notion ou le mot béhaviorisme.
Comme nous allons le voir dans un instant, l’appellation elle-même
pose donc au moins un problème d’étiquetage, selon qu’on désigne par
là une école particulière qui a occupé la scène universitaire américaine
pendant quelques décennies – auquel cas il s’agit effectivement d’une
étiquette, au demeurant réductrice, puisqu’elle ne couvre pas tout le
béhaviorisme, même américain –, ou que ce mot traduit tout sim-
plement ce qui se disait en allemand Verhaltensforschung, recherche
comportementale. Dans ce cas, il s’agit d’une méthode qui pratique
l’objectivisme et la neutralité épistémologique, tout en cherchant si-

5 Cf. par exemple Wegener (1885 : 143). La thèse de Wegener, proche à cet égard de la Gestalt,
est que la discrétisation du monde induite par les signes du langage a pour conséquence nécessaire
qu’un énoncé se structure sur un nombre inévitablement limité de points de repère. On observera
au passage que le critère est informationnel et non grammatical : dans cette perspective, le lexème
verbal ne présente par lui-même aucun caractère de nécessité, comme en attestent selon lui des
tournures du type ich will nach Hamburg, où seuls sont indiqués les points de repère et la direc-
tion, tandis que le verbe (e.g. fahren) disparaît sans problème.
6 L’argument est épistémologique chez Quine, cognitif chez Koffka et n’est véritablement sé-
mantique que chez Wegener seulement. Mais cela ne doit pas nous préoccuper outre mesure.

272
BÜHLER, LA GESTALT ET LE BÉHAVIORISME

multanément à rendre compte de phénomènes jugés non réductibles à


une causalité mécanique. Le choix d'une analyse tout à la fois compor-
tementale et non causaliste a été illustré par les travaux éthologiques
d'Uexküll, mais aussi par ceux de certains béhavioristes américains
comme Tolman.
Tout cela invite à réévaluer le rôle exact du béhaviorisme chez Bühler.
À première vue, la question aurait pu sembler réglée. Bühler en effet ne
cache pas son hostilité radicale à l’égard du physicalisme, sans compter
qu’ainsi compris, le béhaviorisme ignore selon lui la dimension d’acte
qu’il juge constitutive de la signification. Tout au plus le béhaviorisme
lui apparaît-il donc comme l’un des accès possibles à la psychologie,
parallèlement à la Denkpsychologie et la Geisteswissenschaft, dans
le cadre d’un choix méthodologique qui évite le monisme épistémo-
logique et tend à faire feu de tout bois : « Celui qui peut observer de
trois côtés un objet extrêmement compliqué serait stupide et agirait de
manière inappropriée en voulant renoncer à l’avantage de les utiliser
tous les trois », observe-t-il, faisant preuve d’un indéniable pragma-
tisme (Bühler 1930 : 103).7
Qu’il y ait simultanément chez lui des analyses comportementales
dans l’acception étroitement béhavioriste du terme est par ailleurs in-
discutable. C’est le cas de l’exemple de la pluie qui tombe (Bühler 1934 :
25 ; 2009 : 104–105), qu’on trouve à la même époque chez Gardiner
(1932), et en version climatique régionale chez Vološinov (1926)8 : le
bruit de la pluie déclenche entre les partenaires de la conversation un
cycle stimulus-réponse sur un mode qui n’est pas sans rappeler la fable
bloomfieldienne de Jack et Jill. « Il est clair, écrit Rousseau (2005), que
Bloomfield et Bühler abordent les faits linguistiques par le biais d’une
expérience comportementale, et qu’ils mettent délibérément le sens
entre parenthèses au profit du comportement. » Comme ci-dessus, à
propos du réglage du sens en contexte, l’observation est juste, mais à
un niveau élémentaire, et elle appelle quelques précisions.
S’il est vrai que l’antimentalisme de principe des héritiers de Watson ne
visait ni plus ni moins qu’à réduire l’espace comportemental à une re-
lation mécanique entre un stimulus et une réponse, nous avons vu que
cette position étroitement causaliste est loin de représenter toutes les
formes prises historiquement par l’analyse comportementale. Bühler
(1934 : 27 ; 2009 : 107–108) concède du reste lui-même que certains

7
Voir toutefois Samain (2005).
8
V. Vološinov : « Slovo v žizni i slovo v poèzii : k voprosam sociologičeskoj poètiki », Zvezda vi,
1926, 244-267 ; cité et traduit par Inna Tylkowski in Tylkowski (2010 : 271).

273
DIDIER SAMAIN

béhaviorismes intègrent au contraire le concept de signal. C’est no-


tamment le cas de l’éthologie systémique d’Uexküll,9 qu’il évoque plus
longuement dans l’essai de 1960, mais à laquelle il se référait déjà dans
la Sprachtheorie (Bühler 1934 : 27 ; 2009 : 108). L’idée, constamment
reprise et développée par Uexküll dans ses travaux, est en effet que la
relation d’un animal, même primitif, à son milieu n’est pas simple
réaction physique à un environnement matériel (Umgebung), mais ré-
ponse à un univers de signaux spécifiques à chaque espèce (Umwelt).
Bühler évoque notamment (1960 : 47) la célèbre analyse sur la tique,
où Uexküll précise que « ce n’est pas l’excitation chimique de l’acide
butyrique qui est en question [lorsque la tique se laisse tomber sur un
mammifère], pas plus que l’excitation mécanique (provoquée par les
poils), ni l’excitation thermique de la peau, mais simplement le fait que
parmi les centaines d’effets qui proviennent du corps du mammifère
trois seulement deviennent pour la tique des porteurs de caractères per-
ceptifs. […]. Nous n’avons pas affaire à un échange de forces entre deux
objets, mais aux relations entre un sujet vivant et son objet, et celles-ci
se jouent sur un tout autre plan, c’est-à-dire entre le signe perceptif du
sujet et l’excitation provenant de l’objet. » (Uexküll (1965 : 23). Plus
généralement, dit Bühler,

une fois le locuteur isolé réintroduit dans la communauté de ses


compagnons de langage, toute objection à l’encontre de l’approche
de Platon et de Mill disparaît, c’est-à-dire toute objection à l’en-
contre de la démarche objectiviste. Aujourd’hui on peut même ima-
giner de la réaliser en deux variantes, qu’on fait bien de prendre
toutes deux en compte pour les faire coopérer de façon appropriée ;
en l’occurrence une analyse du type de celle de Mill, et, parallèle-
ment, une application à l’analyse du langage humain du mode de
pensée béhavioriste, qui s’est révélé dans une certaine mesure indis-
pensable et si fécond en psychologie animale. (Bühler 1934 : 232 ;
2009 : 374 ; souligné dans le texte)

Cette déclaration d’œcuménisme épistémologique (elle n’est pas,


loin s’en faut, exceptionnelle chez Bühler) n’impliquait pas pour son
auteur que tous les phénomènes langagiers fussent justificiables d’une
analyse objectiviste, ni que celle-ci pût intégralement se formuler dans
le langage du béhaviorisme. Le béhaviorisme aborde le langage comme
9
La terminologie d’Uexküll n’est pas entièrement stabilisée. (Mais les concepts le sont.) Um-
gebung désigne tendanciellement l'environnement matériel et Umwelt, l’environnement tel qu’il
fait sens pour une espèce donnée. Pour maintenir cette distinction, je traduis plus loin Umwelt
par milieu, et j’emploie environnement de façon non spécifique.

274
BÜHLER, LA GESTALT ET LE BÉHAVIORISME

signal. Or il n’est pas, chez Bühler, uniquement question de signal –


c’est-à-dire de ce que l’analyse comportementale juge accessible à l’ob-
servation –, mais aussi de symbole, et plus précisément de Darstellung,
c’est-à-dire de la reproduction symbolique par le langage. Notons toute-
fois que l’analyse se veut objective, j’y reviendrai in fine, et surtout que
la manière dont Bühler aborde la question des contenus sémantiques
n’est pas dénuée d’intérêt. La notion de sphère de signification, issue
des travaux de Stählin (1914), puis de Charlotte Bühler (1918) en four-
nit une bonne illustration. En pareil cas, Bühler évoque effectivement
un guidage par la « matière » sémantique, c’est-à-dire le contenu ; à
cela près qu’une sphère de signification ne représente pas un contenu
notionnel précis, mais plutôt une relation « à un fragment ou à un élé-
ment du monde » (Bühler 1934 : 220 ; 2009 : 349). Un résultat général
de ces travaux, écrit-il, est que

la signification intentionnelle [Meinen] doit être circonscrite et


décrite indépendamment de la représentation [Vorstellen] (intui-
tive). Un autre de leurs résultats s’est maintenu dans le concept de
« sphère », tel que nombre de psychologues de la pensée qui travail-
laient à l’époque l'ont utilisé, et dont Charlotte Bühler a finalement
proposé l'interprétation la plus adéquate. Dans des situations expé-
rimentales offrant toutes les garanties méthodologiques de rigueur
et de fiabilité, des observateurs entraînés ont régulièrement consta-
té qu’il leur est souvent impossible d’indiquer aucune représenta-
tion (intuitive) de chose ; ils constatent plutôt chez le sujet en train
de penser l’existence d’une relation (d’une intention [Intention]) à
un fragment ou à un élément du monde représenté dans son savoir
latent. (Bühler 1934 : 220 ; 2009 : 349)

La « sphère » désigne donc, de manière plus générale, l’ensemble des


relations qu’un mot ou une notion entretient avec d’autres éléments
dans l’esprit du sujet. Cette conception apparaît donc voisine de celle
que la psychologie empirique avait auparavant développée sous la no-
tion de « groupes de représentations » (Vorstellungsgruppen),10 et force
est de constater que ces phénomènes semblent au premier abord diffi-
cilement traductibles en langage comportemental. Néanmoins, l’origi-
nalité de ce concept, comme de ses correspondants ou préfigurations
d’inspiration herbartienne, est de privilégier la relation à quelque chose
sur le contenu lui-même. — Il s’agit plutôt de valence : chaque mot,

10
Voir par exemple Biunde (1831), qui met en évidence des lois associatives voisines de celles
évoquées par le couple Bühler. Cf. citation suivante de Bühler et note 11.

275
DIDIER SAMAIN

ou chaque signification, est relié, sous l’effet de l’expérience à un « élé-


ment du monde ». « Un élément en apporte un autre », ajoute Bühler,

Et il suffit d’un seul point de cristallisation, autour duquel tout le


reste vient se regrouper (« loi de centralisation »), ou que la m