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ŒSOPHAGE CERVICAL

I. Introduction
 Définition : Segment supérieur du tube digestif qui fait suite au pharynx et traverse verticalement
la partie basse du cou jusqu’à l’orifice supérieur du thorax où il prend le nom d’œsophage
thoracique. C’est un tube musculaire impair, profond et peu mobile, situé en avant de la région
prévertébrale et en arrière de la trachée et du corps thyroïde
 Caractéristiques : permet le passage alimentaire par un pouvoir péristaltique
 Intérêt de la question :
 Anatomique : rapports avec (trachée, thyroïde, Nerf récurrents, Chaine récurrentielle, Artère
Thyroïdienne Inférieure)
 Physiologique : déglutition par passage bol alimentaire grâce au péristaltisme œsophagien.
 Pathologique :
 Inflammatoire : œsophagites, brûlures caustiques.
 Corps étrangers.
 Traumatique : Interne (extraction d’un corps etranger), externe (arme blanche, arme à
feu).
 Malformations : atrésie chez le n-né, sténose, diverticule de Zenker.
 Chirurgical : cervicotomie gauche, chirurgie endoscopique.
 Clinique : organe profond seule la dysphagie avec l’hypersalivation permet d’évoquer une
pathologie pharyngo-œsophagienne
 Paraclinique : TDM, IRM, TOGD, endoscopie rigide sous anesthésie générale ou souple
sous anesthésie locale (oesophagoscopie), manométrie…
 Chirurgical : plusieurs abords ; endoscopique ou externe
II. Rappel embryologique
 Dérive du tube cervical primitif qui apparaît à la 3 ème semaine du développement et qui comprend
2 compartiments :
 Initial à l’origine du pharynx.
 Un autre compartiment : avec 2 tubes, ventral (trachée), dorsal (œsophage).
III. Histologie : de dedans en dehors
A. Muqueuse : lisse, roses pale, épaisse et résistante, constituée par :
 Un épithélium malpighien non kératinisé
 Chorion : tissu conjonctif 
B. Sous muqueuse :
 Tissus conjonctif lâche adhère intimement à la muqueuse. Elle contient des vaisseaux, des nerfs,
des amas lymphoïdes et des glandes muqueuses
C. Musculeuse : comprend 2 couches
 Circulaire interne : fait suite aux fibres du constricteur inférieur du pharynx qui forme un
véritable sphincter autour de la bouche œsophagienne.
 Longitudinale externe : absente dans les 3-4 cm au dessous du cricoïde et au niveau de sa paroi
postérieure
D. Adventice : couche externe de tissu conjonctif lâche contenant les gros vaisseaux et les nerfs
 Note Clinique  :
 Pas de séreuse →fragilité œsophagienne → complications des perforations.
 La musculeuse se prête mal à la suture, la tunique la plus solide = la muqueuse.
 Zone de Laimer Haeckerman : triangle au début de la paroi postérieure de l’œsophage qui
présente une seule couche musculaire circulaire → risque de perforation lors de
l’oesophagoscopie.
IV. Généralités
A. Situation :
 Placé à la partie postéro-inférieure du cou à l’intérieur de la gaine viscérale qui englobe la trachée
et la thyroïde (lame prétrachéale viscérale du fascia cervical ou ancien nom faisceau profond de
l’Aponévrose Cervicale Moyenne) :
 En avant : trachée cervicale.
 En arrière : de la région pré vertébrale.

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 En haut : hypo-pharynx.
 En bas : médiastin postérieur.
 En dehors : les deux régions carotidiennes.
B. Limites :
 Supérieure : bord inférieur du Cartilage cricoïde à hauteur de C6. → A l’endoscopie : à 15 cm des
arcades dentaires supérieures.
 Inférieure : orifice supérieur du thorax = bord supérieur de la fourchette sternale et en arrière par le
du bord supérieur de D2.
C. Forme : un conduit musculo-membraneux souple et dépressible. Aplatie en haut et cylindriques
vers le bas. Sa cavité est virtuelle au repos, ses parois antérieure et postérieure étant accolées.
D. Dimensions : Longueur = 5 cm (1/5 de la totalité de la longueur de l’oesophage), Calibre : 5 à 12
mm à l’état de vacuité, jusqu’à 2 cm en réplétion. A l’origine, présente un rétrécissement =
rétrécissement cricoïdien (Bouche Œsophage de Killian).
E. Direction : 
 Dans un plan frontal : vertical et médian
 Dans un plan sagittal : oblique en bas et en arrière et de plus en plus profond vers le bas
F. Moyens de fixité :
 En haut : par sa continuité avec le pharynx.
 En avant : il est unis à la trachée par le muscle trachéo-œsophagien.
 En arrière : il est amarré à la lame pré vertébrale du fascia cervical
V. Zones de rétrécissement
 Au niveau cervical, il y a un seul rétrécissement appelé bouche de l’œsophage (bouche de killian)
A. Situation : zone de haute pression étendue sur 3 cm de la jonction hypo-pharynx-œsophage
cervical au niveau du bord inférieur du cricoïde, à 15 cm de l’arcade dentaire inférieure.
B. Constitution : Fibres inférieures du constricteur inférieur du pharynx forment autour bouche
d’œsophage un véritable sphincter = muscle crico-pharyngien → maintient la bouche d’œsophage
fermée en permanence sauf au moment de la déglutition, les vomissements, l’éructation et les
régurgitations.
 Note clinique  : Diverticule pharyngo-œsophagien de Zenker : hernie muqueuse entre le
constricteur inférieur et le muscle crico-pharyngien (zone de faiblesse musculaire).
VI. Rapports 
A. En avant :
 La trachée :
 l’œsophage déborde à gauche et s’unit par la muscle trachéo-œsophagien.
 A ce niveau, ils forment l’angle trachéo-œsophagien, où la face antérieure de l’œsophage
cervical entre en rapport avec :
 Récurrent gauche et les ganglions de la chaine récurrentielle.
 Face postérieure du lobe thyroïdien gauche, longé par les parathyroïdes.
 Artère thyroïdienne inférieure qui passe en avant du récurrent gauche.
 Note Clinique  : C’est du côté gauche que l’on pratique l’oesophagotomie cervicale
(diverticules, Corps etranger...).
 Incision le long du bord antérieur du muscle Sterno-cléido-mastoïdien gauche, ligature
de la veine thyroïdienne moyenne.
 l’œsophage cervical se trouve en dedans de l’axe Vasculaire
 Plan pré vertébral est le meilleur guide pour trouver l’œsophage,
 Le repérage de ce dernier peut être facilité par la mise en place d’une Sonde naso-
gastrique
 Le décollement de l’œsophage de la trachée est plus difficile.
B. En arrière :
 Région pré vertébrale (aponévrose + muscles pré vertébraux) et au rachis (C6-D1).
 Séparé de la région prévertébrale par un espace celluleux graisseux rétro-œsophagien → plan de
clivage facile.
 Note Clinique  :
 Cet espace est le siège de fusée des abcès rétro-pharyngiens.

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 Tubercule de Chassaignac (apophyse transverse C6) → repère l’origine de l’œsophage.
C. Latéralement :
1. Les rapports immédiats :
a. A droite :
 Face postérieure du lobe thyroïdien droit, parathyroïdes restent assez distants
 Nerf récurrent droit le croise obliquement.
 Artère thyroïdienne inférieure passe en arrière du récurrent et à proximité du bord œsophagien.
b. A gauche :
 Le corps thyroïde vient au contact même du bord œsophagien.
 Canal thoracique reste éloigné de l’œsophage cervical.
2. Les rapports à distance : Identiques à droite et à gauche : axe vasculaire du cou, chaine
ganglionnaire jugulaire interne, muscles sous hyoïdiens et le muscle Sterno-cléido-mastoïdien
VII. Vascularisation et innervation 
A. Artérielle : Artère thyroïdienne inferieure.
B. Veineuse : Se jettent dans les veines thyroïdiennes inferieures.
C. Lymphatique : Réseau sous muqueux ganglions de la chaine récurrentielle.
D. Innervation : Nerf récurrent et plexus sympathique cervical.
 Note Clinique  : l’achalasie est un trouble moteur primitif de l'œsophage → absence du
péristaltisme + relaxation du Sphincter œsophagien inférieur absente ou incomplète lors de la
déglutition.
VIII. Exploration
A. Clinique : dysphagie ++, régurgitations, douleur thoracique.
B. Paraclinique : endoscopie, transit baryté, écho-endoscopie, TDM, manométrie,…
IX. Voies d’abord
A. Chirurgie endoscopique :
 Extractions des Corps étranger de l’œsophage cervical au tube rigide.
 Divertuculoplexie : chirurgie des diverticules de Zenker.
B. Cervicotomie :
 Latéral gauche : plaies, diverticules, fistules oeso-trachéales hautes, Tumeur oeso-cervical.
 Abords bilatéral : diverticules volumineux.
X. Conclusion
 L’œsophage cervical est l’organe le plus post et profond du cou.
 La disposition anatomique à gauche de l’artère Thyroïdienne inférieure et le nerf récurrent ainsi
que le corps thyroïde rend son abord chirurgical plus facile et classique.