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MANDIBULE

I. Introduction
 Définition : Os impair et médian, la mandibule forme à elle seule la partie inférieure du massif facial.
 Caractéristique : C’est le seul os mobile de la face, s’articule en haut avec les 2 os temporaux par
l’intermédiaire des articulations temporo-mandibulaires, et avec l’os maxillaire par l’intermédiaire de
l’arcade dentaire
 Intérêt de la question :
 Anatomique : nerf alvéolaire inférieure, vaisseaux :
 Physiologique : 3 types de mouvements
 Pathologique : tumorale, traumatique, infectieuse
 Clinique : accessible à l’examen clinique (examen endo et exo buccal)
 Paraclinique : radiographie panoramique, TDM
 Chirurgical : tumorale, traumatique, infectieuse
II. Histologie
 Couche d’os compact en forme de gouttière aplatie à concavité supérieure entourant des travées d’os
spongieux appelé os alvéolaires et qui englobe les dents.
A. Os compact ou Haversien :
 os lamellaire, formé de lamelles osseuses superposées formant un ensemble circulaire nommés ostéons ou
système de Havers.
 Chaque ostéon est centré par un canal, le canal de Havers, au sein duquel circulent des capillaires sanguins
et des fibres nerveuses.
 Les ostéoblastes cellules produisant l’os se situent à la périphérie de l’ostéon et les ostéocytes à l’intérieur et
communiquent entre eux par des canalicules.
 Les ostéoclastes sont des grosses cellules situées à la périphérie de l’ostéon et qui détruisent l’os vieilli.
B. Os spongieux ou alvéolaire :
 Formé par un réseau de trabécules osseuses délimitant une multitude d’espaces libres.
 Ces cavités renferment des vaisseaux et de la moelle osseuse rouge (moelle osseuse hématopoïétique).
 Il est plus vascularisé
C. Périoste :
 Recouvre la corticale osseuse et se compose de 2 couches :
 Externe fibreuse riche en fibres, vaisseaux et nerfs
 Interne, cellulaire, riche en ostéoblastesjoue un rôle important dans la régénération de l’os en cas de
fracture ou de plaie chirurgicale.
III. Généralités : comprend 1 corps et 2 branches et porte l’arcade dentaire inférieure
A. Corps mandibulaire :
 Portion médiane et dentée, en forme de fer à cheval à concavité postérieure.
 Il présente :
 Deux faces : externe ou antérolatérale et interne ou postéro-médiale
 Deux bords : Supérieur et Inférieur.
 Divisé en 3 parties de part et d’autre de la ligne médiane appelée symphyse mandibulaire :
 Partie para-symphysaire : entre la ligne médiane (symphyse) et la face distale de la canine
 Branches horizontales : entre la face mésiale de la 1ère prémolaire ou distale de la canine et la face
distale de la 2ème molaire
 Partie angulaire : entre la face mésiale de la 3ème molaire ou distale de la 2ème molaire en avant et la
ligne horizontale du trigone rétromolaire en arrière
B. Branches montantes ou ramus :
 Deux lames osseuses rectangulaires à grand axe vertical et aplaties dans le plan sagittal.
 Chaque branche verticale s’articule en haut avec l’os temporal formant l’articulation temporo-mandibulaire.
Divisée en 3 parties :
 Ramus ou branches verticales proprement dit : entre la ligne horizontale inférieure (trigone) et
supérieure reliant la base du condyle et de la coronoïde
 Processus condylaire ou condyle
 Processus coronoïde
 Note clinique  : La mandibule présente 3 zones de faiblesse : Axe de la canine, axe oblique de la dent de
sagesse et le col du condyle.

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IV. Corps de la mandibule
A. Faces :
1. Face antérolatérale ou externe : (Figure 1)
 Superficielle, marquée sur la ligne médiane par la symphyse mentonnière et latéralement par la ligne
oblique :
 Symphyse mentonnière :
 Crête verticale correspond au vestige de soudure des 2 hémi mandibules, se poursuit en bas par une
saillie triangulaire à sommet supérieur = protubérance mentonnière, les angles saillants de sa base
forment les tubercules mentonniers.
 Ligne oblique : part de chaque côté du tubercule mentonnier et se dirige en haut, en arrière et en
dehors. Elle se continue avec la lèvre externe du bord antérieur de la branche montante. Elle donne
insertion aux muscles abaisseurs de la lèvre inférieure et buccinateurs
 Foramen mentonnier : situé au dessus de la ligne oblique à mi-hauteur du corps et au-dessous de la
2ème prémolaire (35/45). Il correspond à l’orifice de sortie du canal dentaire inférieur et du nerf
alvéolaire inférieur et vaisseaux mentonniers.
 Note chirurgicale  :
- Lors de l’abord vestibulaire d’une fracture du corps mandibulaire, il faut être prudent avec ce
foramen pour ne pas léser le nerf. la 2ème prémolaire et un repère important+++
- Il est très important en préopératoire d’évaluer l’intégrité du nerf lors d’une fracture
mandibulaire car un fracture passant par ce foramen peut léser le nerf
2. Face postéro-médiale ou interne : profonde, concave et présente (Figure 2)
 Epines mentonnières ou apophyses géni : 2 saillies osseuses situées de part et d’autre de la ligne médiane
 2 supérieures : insertion des muscles génio-glosses
 2 inférieures : insertion des muscles génio-hyoïdiens
 Ligne mylo-hyoïdienne : de chaque coté des épines naît la ligne mylo-hyoïdienne qui se porte en haut et en
arrière pour se continuer avec la lèvre médiale du bord antérieur de la branche de mandibule
 Partie antérieure : insertion du muscle mylo-hyoïdien
 Partie postérieure : insertion du faisceau maxillaire du constricteur supérieur du pharynx et du ligament
pterygo-mandibulaire
 Fossette sublinguale : au dessus de la partie antérieure de la ligne, où se loge la glande sublinguale
 Fossette submandibulaire : au dessous de la partie postérieure de la ligne, où se loge la glande
submandibulaire
 Sillon mylo-hyoïdien : situé le long et au dessous de la ligne mylo-hyoïdienne (passage du pédicule mylo-
hyoïdien)
 Fossette digastrique : située au dessous de la ligne mylo-hyoïdienne près de la base, donne insertion au
muscle digastrique De part et d’autre
B. Bords :
1. Bord supérieur ou alvéolaire :
 Large et creusé de 16 alvéoles pour les racines dentaires mandibulaires (8 de chaque coté). Leurs saillies sur
la face externe correspondent aux jugums alvéolaires et sur la face interne en regard des racines des
prémolaires correspondent au torus mandibulaire
 Note clinique  :
 L’importance de ce bord alvéolaire varie selon l’âge et la denture, il est développé chez l’enfant et tend
à se résorber chez le sujet âgé et l’édenté.
 Le torus mandibulaire peut être un obstacle aux prothèses dentaires
2. Bord inférieur ou basilaire : épais et mousse, présente 2 échancrures de chaque coté :
 Fossette digastrique : en avant, insertion du ventre antérieur du muscle digastrique
 Empreinte ou sillon de l’artère faciale : en arrière.
Il donne insertion au muscle peaucier du cou.
V. Branches montantes de la mandibule ou ramus
A. Faces :
1. Face latérale :
 Plan et croisé par une crête oblique en bas et en avant d’étend du condyle et descend pour se perdre sur le
bord antérieur : (Figure 2)
 Au-dessus et en avant : zone lisse, donne insertion du faisceau profond du Masséter.
 Au-dessous et en arrière : zone rugueuse, donne insertion du faisceau superficiel du Masséter.

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2. Face médiale : en rapport avec la glande parotide dans sa ½ postérieure, elle présente
 Foramen mandibulaire : situé au milieu et représente l’orifice d’entrée du canal dentaire ou alvéolaire
inférieur ou canal mandibulaire qui se termine par le foramen mentonnier, passage du pédicule alvéolaire
inférieur (V3)
 Note chirurgicale  : dans l’anesthésie tronculaire lors des soins et extractions dentaire, le repère de ce
foramen se fait à l’intersection du bord antérieur du ramus et du bord supérieur du corps à 18 mm en
arrière de la 3ème molaire inférieure. A ce niveau une crête issue du bord antérieur du ramus appelée
lingula ou épine de spix est palpable au toucher oral
 Sillon mylo-hyoïdien : par du foramen en avant et en bas, passage du pédicule mylo-hyoïdien
 Tubérosité ptérygoïdienne : zone rugueuse située en bas et en arrière, donne insertion au muscle
ptérygoïdien interne
B. Bords :
1. Bord antérieur : mince et tranchant, divisé en 2 lèvres :
 Médiale : se continue avec la ligne mylo-hyoïdienne
 Latérale : se continue avec la ligne oblique
 Gouttière : entre les 2 lèvres, donne insertion au muscle buccinateur.
2. Bord postérieur : épais et rugueux, oblique en bas en avant, donne insertion du ligament stylo-
mandibulaire. En rapport avec la parotide
3. Bord supérieur :
 Fait communiquer la région massétérienne et zygomatique. Présente 2 saillies séparées par une échancrure
 Processus coronoïde :
 Situé en avant, lame osseuse triangulaire aplatie de dehors en dedans,
 2 bords :
 Postérieur continu avec l’échancrure sigmoïde
 Antérieur convexe qui se continue avec le bord antérieur de la branche montante
 2 faces/ interne et externe
 Sommet est arrondi et projeté en arrière.
 Donne insertion du muscle temporal sur ces deux faces (externe lisse et interne qui présente la crête
temporale)
 Processus condylaire ou condyle :
 Situé en arrière, présente :
 Tête : antérieure, oblongue à grand axe transversal, légèrement déjetée en dedans, s’articule par
l’intermédiaire d’un ménisque avec l’os temporal.
 Col : supporte la tête, cylindrique, légèrement aplati dans le sens antéropostérieur, il présente la
fosse ptérygoïdienne donnant insertion au muscle ptérygoïdien latéral sur sa face antérieure.
 Incisure ou échancrure mandibulaire : concave en haut, passage du pédicule massétérique
4. Bord inférieur :
 Se continue en arrière avec le bord inférieur du corps, l’angle réalisé par le bord postérieur est appelé : angle
de la mandibule. Il est plus au moins arrondi et donne insertion à la bandelette mandibulaire.
VI. Vascularisation-innervation
A. Artérielle :
 Type terminale et principalement assurée par l’artère alvéolaire inférieure branche de la carotide externe,
l’apport périosté est mineur
 Note chirurgicale  : même si l’apport périosté est mineur, mais le périoste doit être préservé au maximum
lors de l’abord chirurgical d’une fracture mandibulaire car il permet la régénération osseuse
B. Veineuse : satellite aux artères
C. Innervation :
 Nerf alvéolaire inférieur (branche du V3) puis le nerf mentonnier après sa sortie du trou mentonnier
 Note chirurgicale  : le nerf mentonnier est plus exposé chez le sujet âgé après résorption de l’os alvéolaire
(chirurgie+++).
VII. Exploration
A. Clinique :
B. Paraclinique :
 Radiographie panoramique dentaire : corps, ramus et dents
 TDM : condyle et ATM

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VIII. Voies d’abord
A. Vestibulaire : surtout pour le corps mandibulaire : Inférieure latérale ou Inférieure médiane : en « V »
B. Cutanée : Voie sous angulaire et voies d’abord de l’ATM.
IX. Anatomie fonctionnelle :
 Cinétique mandibulaire est complexe, elle fait intervenir 3 éléments : l’ATM, Système musculaire, Système
dentaire par l’occlusion
 Parmi les articulations les plus sollicitées, elles participent à 2 fonctions essentielles : ouverture buccale et
mastication. Chaque articulation est permet un double mouvement:
 Articulation ménisco-temporale : mouvements de glissement
 Articulation ménisco-mandibulaire : mouvements de rotation
 Fonctionnent simultanément et présentent 3 degrés de liberté avec 3 types de mouvements :
A. Mouvements mandibulaires :
1. Propulsion-rétro pulsion : (Figure 3)
a. Propulsion ou translation antérieure :
 Mouvement de glissement vers l’avant et en bas de la mandibule
 Mouvement de l’articulation ménisco-temporale : ménisque avec la tête mandibulaire glissent en avant et en
bas et deviennent au dessous du tubercule articulaire
 Mouvement limité par le frein temporo-méniscal
 Muscles : muscles ptérygoïdiens latéraux et médiaux
b. Rétropulsion ou translation postérieure :
 Mouvement inversé de glissement en arrière et en bas
 Muscles : fibres postérieures des temporaux et muscles digastriques
2. Abaissement-élévation : plus importants et se traduisent par l’ouverture et fermeture buccale+++
a. Abaissement de la mandibule: l’ouverture buccale. Du point de vue biomécanique se fait en 2 temps:
 1 temps : propulsion à bouche fermée ou peu ouverte de l’articulation ménisco-temporale, Muscles :
er

ptérygoïdiens latéraux (Figure 4)


 2ème temps : rotation antéropostérieure de la tête mandibulaire autour d’un axe transversal dans l’articulation
ménisco-mandibulaire, muscles : digastriques, mylo-hyoïdiens, génio-hyoïdiens
b. Elévation de la mandibule : se traduit par la fermeture buccale. Du point de vue biomécanique se fait
en 2 temps inverse de la précédente :
 1ertemps: rotation de l’articul ménisco-mandibulaire, muscles: masséters, ptérygoïdiens médiaux, temporaux
 2ème temps : rétropulsion par glissement de l’articu ménisco-temporale, muscle: fibre postérieure temporaux
 Note clinique et chirurgicale  : les muscles abaisseurs exercent une force au niveau de la partie antérieure de
la mandibule et les élévateurs au niveau de la partie postérieure, donc une fracture dont le trait est oblique
en avant et en haut est instable sous l’effet des forces exercées par ces muscles et vis versa
3. Diduction : mouvements complexes portant la mandibule latéralement (Figure 5)
 Déplacements : associe simultanément des mouvements différents des 2 côtés
 Côté travaillant: côté ou se déplace la mandibule, mouvement de rotation latérale autour d’axe vertical
 Côté non travaillant : côté controlatéral, mouvement de translation antérieure
 Muscles moteurs : action alternée des muscles ptérygoïdiens latéraux et accessoirement médiaux
B. Occlusion dentaire : l’ATM et l’articulation dentaire sont en relation intime et l’une influence l’autre, ainsi
un bon fonctionnement des 2 ATM nécessite l’intégrité de l’articulé dentaire
 De type engrenant : dent d’une arcade s’articule avec 2 dents de l’arcade antagoniste
 Arcade dentaire inférieure est plus étroite et s’inscrit dans l’arcade supérieure
 Les incisives supérieures recouvrent le 1/3 de la couronne des incisives inférieures correspondantes
C. Biomécanique mandibulaire : lors des mouvements mandibulaire surtout lors de la mastication plusieurs
forces sont exercées : Force de tension (exercée sur le bord supérieur), Force de compression (exercée sur le
bord inférieur), Force de torsion (exercée surtout au niveau de la partie antérieure en avant de la canine)
 Lignes de tension de Champy : ligne définit de zéro force, c’est la ligne de transition entre les forces de
tension et les forces de compression où la mise en place de plaque est préférable pour plus de stabilité, en
général parallèle au canal alvéolaire inférieur (Figure 6)
 Note chirurgicale  :
 Une fracture symphysaire et/ou para-symphysaire nécessite une ostéosynthèse par 2 miniplaques
parallèle dont l’inférieure doit être la plus basse possible
 Une fracture au niveau angulaire nécessite une ostéosynthèse par une seule miniplaque, mais posée le
plus haut possible (Champy)